Lundi 3 juin 2019
Welland - Buffalo : USA, on n'entre pas comme çà !
Belle journée pour le vélo. Je rejoins le chutes du Niagara et longe ensuite la rivière plein sud. Itinéraire en piste cyclable très agréable, bordée de luxueuses demeures.

Navette gratuite pour traverser le Welland canal
Le pont de Buffalo était fermé
Normalement, le passage de la frontière entre Fort Erié et Buffalo se fait par un pont routier avec une piste cyclable. Je me dirige donc vers l'entrée du pont par la piste cyclable. Fermé ! Closed ! Barré !
Les nouvelles directives protectionnistes de Trump sans doute... Il y a un message en anglais indiquant qu'il faut appeler un numéro de téléphone. J'ai trop peur de rien piger si j'appelle. Moi, l'anglais, il faut qu'on me le parle lentement, avec des mots simples et de préférence sans accent.

Ca, tout le monde connaît...
Alors tant pis, j'y vais au culot... Je fais comme si j'avais rien vu. Je me faufile comme je peux jusqu'aux portiques de passage des camions. Là, il y a des caméras de surveillance. Je me poste sous l'une d'elles, bien en évidence, en faisant même des petits coucous. Ca loupe pas...
En moins de deux minutes, une douanière rapplique en m'expliquant que je ne peux passer (ça je m'en doutais). Mais elle me dit d'attendre. Au bout de cinq minutes, pas plus, un pick-up arrive, conduit par une charmante jeune canadienne. Et hop! On embarque le vélo et le passager. La communication avec ma belle conductrice est difficile, je suis à l'arrière, à moitié caché par une grille protectrice. On traverse le pont qui en fait était en travaux. Rien à voir avec mister Trump.
USA : on n'entre pas comme ça !
La frontière Canada - USA, vu d'ici, en Europe, on pense que c'est comme chez nous entre la France et nos voisins. Que non!
Tout le monde est contrôlé, c'est simplement plus rapide pour les citoyens des deux pays. Pour les autres, le contrôle est sévère, même si on passe à vélo. Je dois donc donner mon passeport au poste de douane, puis patienter 30 minutes pour qu'il passe par un guichet et me revienne dûment tamponné. J'aime pas trop qu'on me prenne mon passeport. Mais ça y est, me voilà à Buffalo.
Vous avez dit lugubre ?
Avant de retrouver mon hébergeur, j'ai le temps d'aller en ville à la gare routière prendre mon billet pour Boston.
Le centre ville de Buffalo est une zone de grands immeubles à l'américaine, fréquentée par des hommes et femmes d'affaires pressés, dédiée entièrement à la sacro sainte bagnole, avec parfois quelques traces de couleur qui font office de piste cyclable. On n'est pas nombreux les vélos !
Le bus pour Boston, si c'est pour le passager, pas de problème. Mais pour le vélo, il faut absolument un carton d'emballage. Et des cartons d'emballage, ben ici, yen a pas ! Le vélo, on connaît vraiment pas...
- Si vous voulez, vous pouvez aller en récupérer un et le déposer ici jusqu'à demain, vous serez plus tranquille.

L'entraide Warmshowers
Marshall vit dans un quartier modeste de la ville. Il est paysagiste. Pratique car avec son aide précieuse et son pick-up, on file chez son vélociste récupérer un carton.
Retour à la station de bus avec mon carton sur le porte-bagages. Marshall m'avait prévenu :
- Tu sais, à partir de 5 heures, le centre ville est désert.
Je n'y croyais qu'à moitié, et pourtant... Ne restent plus dans les rues que quelques clochards et autres zombies errants. Pas rassurant pour le promeneur. En plus, avec le vent glacial qui s'engoufre dans les rues, ça en rajoute une couche. Finalement, avec mon carton plié sur le vélo, je me fonds très bien dans le paysage. J'en ai même oublié de faire des photos!...
Avant de sortir, Marshall m'a confié qu'il aimait sa ville. Tant mieux pour lui, il en faut.