Le castillan est une langue ibéro-romane, comme le portugais, le galicien, le bable, et l'aragonais.
Le catalan est une langue occitano-romane comme l'occitan. Ce n'est que depuis le XIV°s que le catalan et l'occitan se sont différenciés.
Il a 12 traits qui le différencient des dialectes languedocien et gascon, sans que l'intercompréhension soit rompue avec un Toulousain ou un Tarbais parlant la langue de leur région.
Le catalan comporte cependant de nombreuses ressemblances avec les langues ibéro-romanes, avec lesquelles il a été constamment en contact: l'aragonais au Moyen-Age, dans le vaste ensemble qu'était le Royaume d'Aragon, puis le castillan après l'unification de l'Espagne.
La hargne de certains Catalans à refuser de parler castillan, qui va souvent jusqu'à rejeter le locuteur hispanophone, ou lui donner un renseignement erroné, s'explique par la violence avec laquelle l'Etat espagnol a jadis combattu cette langue, d'abord en la retirant de l'usage officiel, et finalement en la cantonnant à un souvenir littéraire, et en la réprimant dans sa plus simple expression orale: beaucoup de Catalans passèrent la nuit au poste, sous le régime franquiste, pour avoir parlé leur langue devant un garde civil.
Les Catalans ont aussi conscience d'être les dépositaires d'une langue qui fut celle d'une grande puissance dans le passé, quand ils étaient maîtres de toute la Méditerranée occidentale, de Valence à Naples, de la Sicile aux Baléares, en débordant parfois jusqu'à Athènes.
Et même si cela n'était pas le cas, pourquoi n'aurait-ils pas le droit de promouvoir leur langue chez eux? Faut-il produire des lettres de noblesse pour légitimer une culture?
La constitution espagnole, en tous cas dit que tout Espagnol a le devoir de connaître le castillan, mais seulement le droit de le parler.
Quand on voit ce qui se passe dans les écoles de Catalogne, où le castillan est traîté en langue étrangère, on voit que le devoir de le connaître est de plus en plus bafoué. Il ne s'agit là que de l'un des moyens dont la Catalogne use pour rogner chaque jour un peu plus le lien avec l'Espagne. Certains peuvent s'en désoler, mais les Catalans, comme tout peuple, sont libres de choisir leur destin, et de voter pour les partis pro-espagnols ou catalanistes.
En tous cas, si la Catalogne fait sécession, ce ne sera pas plus grave que l'indépendance de l'Ukraine, de la Slovénie, de la Slovaquie ou des Pays Baltes.
Même s'il est redevenu langue officielle, le catalan n'a pas pour autant triomphé à 100% sur le terrain. Un grand nombre de Catalans ne savent pas écrire leur langue correctement, plus de 30 ans après la mort de Franco. Les immigrés qui s'installent en Catalogne préfèrent apprendre l'espagnol, qui leur permet de s'exprimer dans toute l'Espagne. Cela ne plait pas du tout aux Catalanistes les plus durs, mais ces derniers n'en sont pas encore à se comporter comme les Flamands de Belgique à l'égard de leurs compatriotes francophones.
Si tu ouvres tes yeux d'enfant, le voyage commence au seuil de ta maison