Vous parlez comme un livre!! Mais avec moins de page!! Voilà un récit réel et ça change de vos remarques de Vahazas qui ne se mouille pas trop! Des gens comme vous n'apportent rien à Madagascar ( J'habite mada moi)
Tananarive le 25 mai 2015.Lundi de Pentecôte... Il est 17h30.
Comme chaque soir, la nuit tombe brutalement sur la ville. Les rues, pourtant si animées au cœur de la journée, se vident rapidement. Les rangées de fragiles échoppes en plastique disparaissent et les vendeurs de trottoirs ramassent leurs trésors pour les entasser dans des sacs usés. Avec un maigre bénéfice, ils vont rentrer chez eux dans des bus horriblement bondés. Entassés dans des fourgons Mercedes préhistoriques, le trajet du retour sera souvent long et pénible.
Avant 20 heures, cette capitale sera aussi morte que s'il y avait un couvre- feu.Rejoignant mon hôtel, je croise VOZA. La quarantaine osseuse, silhouette efflanquée chargée d'un lourd sac, il arpente la ville depuis deux jours. Père de 3 enfants, il est menuisier ébéniste. Il fabrique des coffrets à bijoux en palissandre. Il a peu fréquenté l'école et tient son savoir de son père. Son travail est minutieux et il vous explique ce qui en fait la qualité. Il en parle avec simplicité. Tout est limpide et on comprend que ses objets sont fabriqués avec la foi et l'honnêteté du travail bien fait. Et il vrai que ses coffrets sont beaux. Pourtant, il n'arrive pas à les vendre.
Il est venu de loin, du sud d'Antsirabe, à 280 kilomètres d'ici. Ne rien vendre est synonyme de désespoir voire de détresse. Il faut payer le taxi-brousse pour rentrer à la maison.Mais aussi l'école des enfants, l'électricité, le riz quotidien...
Tout ça coûte cher.!
Naufragé solitaire dans cette grande ville, Voza est proche de la misère. Cette sale misère qui dévaste le pays au profit d'une minorité riche et corrompue depuis tant d'années. Implacable, elle détruit ceux que la naissance ou l'accident ont laissé en chemin, elle broie l'espoir, brise les corps. Jeune ou vieux, elle vous fait souffrir de la faim, du froid parfois de la peur. Elle vous asservi sans pitié, piétine votre dignité, vous soumet à la mendicité ou à la prostitution. Elle remplit aussi les prisons.
Il ne fait jamais bon être dans la misère mais je jurerais que c'est encore plus vrai à Madagascar...Cette nuit, comme hier, VOZA confesse à demi-mots qu'il dormira dans la rue.
Quelle ironie de la vie que de fabriquer des coffres à bijoux quand on est sans le sous..!Avant que l'on ne se sépare, je lui offre un modeste repas. Une soupe claire agrémentée de nouilles. Pas de quoi combattre sa maigreur mais lui donner un peu de chaleur au ventre.
Il me remercie pudiquement. Enfin, son estomac plutôt... car ses yeux me demandent plus. Souvent j'ai croisé ces regards presque suppliants mais pourtant muets. Ils me culpabilisent.
Ça m'est difficile de tourner les talons, partir et oublier cet homme. Je ne peux pas... J'ai ce soir dans ma valise un beau coffret en palissandre qui vaut bien plus que son prix d'achat. Il vaut quelques livres d'école, des cahiers, des crayons. Une assiette remplie, des sourires d'enfants. Il vaut un bout de misère contrariée.
Même pas l'honnêteté de citer l'auteur du post sur voyageforum,
http://voyageforum.com/discussion/ile-rouge-tananarive-25-mai-2015-d7292597/
charognard va !