Ethiopie: avis et conseils après cinq semaines de voyage
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JN
Trois mois après mon retour d'un séjour de 5 semaines en Ethiopie je trouve enfin le temps de donner quelques avis et conseils aux nombreux membres du forum intéressés par ce fascinant pays qu'est l'ancienne Abyssinie. Sans être un expert de l'Ethiopie je m'autorise cependant ce genre d'exercice, estimant que mes six séjours et mes contacts permanents tant avec ma famille sur place qu'avec mes nombreux amis habesha (au pays et dans la diaspora) me donnent une certaine légitimité.

Voici donc quelques conseils tirés de me notes pour ceux qui veulent visiter ou revisiter la fabuleuse Ethiopie.

Visas et frontières Comme déjà annoncé sur le forum (voir ici) les visas de 3 mois à multiple entrées-sorties ne peuvent plus être obtenus à l'arrivée à l'aéroport de Bole. Seuls les visas d'un mois (1 entrée-sortie) peuvent facilement s'obtenir pour le prix de 17€ (avoir la somme exacte avec soi).Il est fortement recommandé de demander un visa de 3 mois auprès de la représentation éthiopienne dans son pays de résidence.Il est impossible d'obtenir une modification de visa en cours auprès du ministère de l'immigration sur Churchill Road. Seules les prolongations de visa peuvent être obtenues deux jours avant la fin de validité du visa en cours.Les frontières avec l'Erythrée et la Somalie ne peuvent pas être franchies par voie terrestre par les étrangers. Pour l'Erythrée il est nécessaire de passer par un des pays de la péninsule arabique ou du Golfe (la frontière Erythrée-Djibouti est complètement fermée).La frontière avec le Soudan semble toujours ouverte mais les modalités sont très fluctuantes, se renseigner à temps.Aéroport de Bole Les vols internes d'Ethiopian Airlines se font au départ du nouvel aéroport de Bole. Contrairement à certaines indications routières dans les environs de Bole l'ancienne aérogare n'est plus en service pour les vols internes.Si vos bagages ne sont pas arrivés à Addis Abeba (cas fréquent avec Turkish Airways, dû au temps de transfert trop court à Istanbul) ne paniquez pas. Le service des bagages perdus est situé à côté des tapis roulants délivrant les bagages (juste après le passage de l'émigration), les employés sont très compétents et le système complètement informatisé. Le papier que vous recevez vous permet d'accéder ensuite au service depuis le hall de l'aéroport lorsque vos bagages arrivent le lendemain (avec Turkish A.) ou plus tard.Les contrôles de sécurité sont sérieux à l'aéroport de Bole. Inutile donc de s'exciter si l'on vous demande trois fois d'enlever vos chaussures et/ou votre ceinture avant de passer un portique de sécurité. La Somalie n'est pas si loin!Vols Ethiopian Airlines Toutes les agences EA à Addis Abeba sont maintenant équipées de lecteurs de carte de crédit. Le personnel y est très compétent. Mais la palme revient au bureau EA de l'hôtel Hilton où le personnel se met réellement en quatre pour vous satisfaire.Prix et coût de la vie La situation économique catastrophique de l'Ethiopie induit une forte inflation. Les prix des produits de base ont plus que doublé en 12 mois. Par exemple un bœuf qui se négociait aux alentours de 3'500 birr il y a deux ans se vend aujourd'hui 10'000 birr!Cette inflation se ressent fortement dans les prix des hôtels et des restaurants. Un café à 1 birr il y a deux ans coûte aujourd'hui 3 birr, et même 26 birr à l'hôtel Hilton, havre de luxe au milieu d'Addis.Dans presque tous les hôtels, même les plus reculés de province, les prix pour les touristes (prix "farenj") sont souvent deux à trois fois plus élevés que pour les locaux (prix "habesha"). Il en va parfois de même pour les restaurants. D'aucun crierons au scandale, mais c'est oublier un peu vite que 1º ces prix restent très bas par rapport à notre niveau de vie d'occidentaux, et 2º que les devises du tourisme profitent directement à l'économie locale, alors que l'aide humanitaire est très fortement ponctionnée par la chaîne de corruption.Climat Alors que nous n'avons jamais vu une goutte de pluie en décembre-janvier lors de nos 5 précédents séjours en Ethiopie, l'hiver 2009-2010 est malheureusement venu démontrer que les changements climatiques se font aussi sentir dans la Corne de l'Afrique. Des pluies soutenues ont arrosé les hauts-plateaux, le Sud Omo, Dire Dawa et bien sûr Addis Abeba.Les statistiques de cet hiver montrent que les températures sont restées bien en-dessous de la moyenne à Addis Abeba.Internet Les cybercafés permettant l'accès à Internet pullulent dans tout le pays, mais le débit d'accès reste faible à très faible en province. Seuls certains shops et restaurants à Addis permettent un accès "normal" aux messageries classiques. Evitez de charger des pages riches en images, vous allez y perdre votre temps.La vitesse d'accès aux sites internet n'est pas fonction du matériel (PCs) mais des lignes téléphoniques bifilaires toujours en fonction en Ethiopie. Seules certaines entreprises ou administrations sont équipées de liaisons à fibre optique, dans la capitale. Les liaisons avec les villes reculées se font encore souvent par faisceaux hertziens, ce qui limite fortement le débit des accès vers la toile.La plupart des PC des cybercafés sont puissants, équipés de Windows XP ou Vista, avec des connecteurs USB bien utiles pour télécharger ses photos.Les sites de la diaspora et de l'opposition éthiopienne sont bloqués en Ethiopie, inutile donc de vouloir lire les nouvelles sur l'excellent Abbay Media.Un outil très utile et puissant pour utiliser vos programmes favoris sur un PC de cybercafé, à l'aide d'une clé USB: Liberkey, un ensemble génial de programmes préinstallés vous permettant aussi de charger vos applications favorites.A Addis un cybercafé très bon marché (5 birr pour 30 min) et au débit rapide: au bas de l'immeuble Arada (aussi appelé Twin's), dans une boutique partiellement cachée par des jouets.A Awassa le restaurant Lewi 3 sur la route de Moyale offre un accès acceptable, en plus d'être un endroit agréable pour boire un verre au milieu des nombreux étudiants de l'université proche.A Arba Minch plusieurs cybercafés ont été installés dans les nouveaux immeubles (pas encore sur la vue satellite) du campus au centre de Sikela.Même à Jinka, en plein Sud Omo, il est possible de lire ses courriels, certes avec une vitesse en relation avec la distance qui sépare les lieux de la capitale!Bières et autres boissons roboratives Les différentes bières éthiopiennes sont très bonnes, brassées selon des recettes allemandes, belges ou scandinaves éprouvées. Des marques comme Saint-Georges, Bedele (la fameuse Bedele Special), Harar Beer, Meta ou Bati font le bonheur des assoiffés et des connaisseurs. Seule la bière Dashen, appartenant au Sheikh Al-Moudi proche du gouvernement, est laissée de côté par la majorité des Ethiopiens.Le vin local Guder est distribué dans toute l'Ethiopie, mais les aléas de la vinification, du transport et surtout du stockage rendent la qualité très inconstante. Mais on ne fait pas la fine bouche lorsqu'on en boit un verre avec le dîner au fin fond du Sud Omo!Addis Abeba Les trajets en minibus Toyota Hiace (bleus et blancs) coûtent moins de 1 birr pour les trajets courts et au maximum 2 birr, par exemple pour un trajet Piazza-Meskel.Un endroit tranquille pour boire un verre ou manger dans un grand jardin au centre ville: l'Ambassador Park entre Ras Desta St. et l'hôtel Sheraton. Peu d'étrangers et beaucoup de verdure.Parmi les meilleurs magasins de souvenirs, toujours à des prix négociables: au coin de Churchill Rd. et de Nigeria Rd. au-dessus de l'immeuble d'Ethiopian Telecom. On y trouve de tout, du kitch et des antiquités plus ou moins vraies.Un must pour se rendre compte de la grandeur de la capitale: les collines d'Entoto, facilement atteignables en taxi ou en minibus. Ne pas hésiter à s'y promener, loin des harassements (you-you, give me money) de la ville. Deux kilomètre après la belle église d'Entoto Raguel un sentier permet de rejoindre les hauts d'Addis Abeba en traversant la forêt d'eucalyptus et en longeant des petits ruisseaux. C'est une façon intéressante de redescendre sur la ville, sans aucun danger et en faisant parfois de magnifiques rencontres. Me contacter en PM pour l'itinéraire exact.La plaine de Sululta située à une dizaine de kilomètres d'Addis permet d'admirer les crêtes d'Entoto depuis le nord. Les paysans de la région sont riches, la terre est généreuse, et de nombreuses industries nouvelles s'y développent, notamment une ferme où une française élève des canards et produit un délicieux fois gras qu'elle vend aux grands hôtels de la capitale.Autre endroit magique en plein Addis: la fondation Selam, initialement un orphelinat fondé par un couple suisse, et faisant office d'école hôtelière, de jardinerie, de ferme d'élevage (on y trouve les seuls lapins d'Addis), de centre technologique, de restaurant et bien plus encore. Un must à visiter sans contraintes.Dire Dawa Le trajet en "très vieux" taxi de l'aéroport au centre-ville coûte 60 birr, prix imposé et respecté par tous les chauffeurs attendant les touristes devant l'aérogare.Les bajajs, ces petits tricycles de fabrication indienne, pullulent à Dire Dawa. Rapides, mobiles et ouverts, ils ne coûtent que 1 birr par trajet. Pourquoi s'en priver?Bon choix d'hôtel, le Ras est un compromis entre le prix, la situation et le confort. L'hôtel Makonen, en face de la gare du train djibouto-éthiopien, est un must pour sa terrasse ombragée où l'on peut tout voir sans être vu, mais le confort est spartiate et les commodités très limitées et plus que malodorantes!Dire Dawa est la seconde ville d'Ethiopie, mais une grande partie de la vie active se passe autour de la gare. On y trouve des petits restaurants, des terrasses ombragées, quelques cybercafés et les dernières nouvelles du coin.Le restaurant Paradisio, sur la route d'Harar après l'hôtel Ras, offre une excellente cuisine italienne, en plus des plats traditionnels, notamment des pâtes maison dont on se souvient longtemps.La station des bus pour Addis est facilement accessible en taxi ou bajaj à 5 heures du matin (heure à laquelle il faut être sur place pour prendre son billet), éviter d'y aller à pied par raison de sécurité. Le trajet Dire Dawa – Addis Abeba coûte 92 birr dans un car relativement neuf, assez confortable, rapide et puissant. Bien sûr les compagnies Skybus et Selam offrent plus de confort, mais à un prix double ou triple.Awash Idéalement située sur la route menant d'Addis à Dire Dawa ou à Djibouti, la petite ville d'Awash (à deux pas du parc national du même nom) est non seulement une étape importante pour les milliers de routiers faisant la navette entre Addis et Djibouti, mais possède aussi une ancienne gare importante sur la ligne Djibouti-Addis. Le tronçon Dire Dawa-Addis Abeba étant momentanément hors service, la gare tombe un peu en désuétude mais garde un charme certain. On se croirait dans une station du Fare-West, mais en 2010!Lieu mythique à ne pas manquer: le célèbre buffet d'Aouache, toujours tenu par Mme Kiki, où les deux chambres dite impériales (Hailé Sélassié y dormait), confortables au milieu d'un jardin verdoyant, sont quasi offertes à 135 birr la nuit. Un must pour qui veut revivre un pan de l'histoire éthiopienne.Les gorges de l'Awash, imposantes au pied de grands sommets volcaniques, sont facilement atteignables à pied en 5 minutes à partir de l'arrière de la gare. On traverse un campement Afar pour y accéder.Les routes La route Mojo (nœud routier après Bishoftu/Debre Zeyit) – Addis Abeba est le tronçon le plus meurtrier du réseau éthiopien. Evitez d'y rouler en minibus de jour et surtout de nuit! La circulation y est très dense, surtout à l'approche de la capitale (Dejem, Debre Zeyit, Akaki, Kalito, …), et les dépassements suicidaires sont légion. Pas un jour ne se passe sans que quelques morts ne renforcent les statistiques.De nombreuses routes sont re-surfacées (Sodo – Arba Minch) ou asphaltées en ce moment en Ethiopie. C'est notamment le cas de la route du Bale, de celle du Sud Omo, ou de nombreuses transversales dans le nord.Parc national du Bale La route Shashemene-Dodola est presque entièrement asphaltée et de bonne qualité, mis à part un tronçon en construction du côté de Kofele, imposant de nombreux détours en pleine campagne. Une façon originale de découvrir des lieux inédits. Le tronçon Dodola-Dinsho-Goba reste difficile avec un revêtement en pierre particulièrement cassant. La montée au col précédent Dinsho est complètement agrandie et retravaillée, elle sera asphaltée d'ici 2 ou 3 ans. La route traversant le plateau du Sanetti à partir de Goba et redescendant dans la forêt d'Harena est en bon état et facilement passable en 4x4, même après la pluie.Pour le retour du Bale, éviter le tronçon Dodola-Bekoji-Asela par le col au pied du Mont Kaka: il est complètement défoncé et très difficile.Sur la route du Bale quelques adresses intéressantes pour manger: à Mojo l'hôtel Deema, directement au carrefour principal menant à Nazreth ou au Kenya; à Ziway l'hôtel Tourist et sa terrasse ombragée; à Adaba l'Eedan Kaffee, dans une rue latérale, un havre de tranquillité au milieu d'un jardin luxuriant, d'excellents petits plats locaux servis avec un grand sourire.A Dodola le seul hôtel décent, le Bale Mountain Hotel, situé à côté de l'office du tourisme et de la station Shell, a vu son confort diminuer depuis notre premier séjour en 2003. Pour 60 birr, la chambre et surtout les toilettes-douche sont en piteux état. Quant au dîner à commander à la réception il est servi sous un auvent et de piètre qualité. Mais les alternatives à cet hôtel sont encore moins recommandables…A Goba l'hôtel Wabe Shebele, situé un peu en dehors de la ville dans un immense jardin fleuri, est de bon standing, avec un grand restaurant à la carte étendue. Les chambres sont confortables (228 birr pour une double avec eau chaude efficace) et tranquilles. Les petits hôtels situés au centre-ville (Yilma, Batu Terana) sont moins chers mais bruyants et à l'infrastructure souvent défaillante.Le parc national du Bale est une région extraordinaire, avec une flore (lobélies géantes, immortelles, …) et une faune (loups du Simien, innombrables oiseaux, rats-mulots, …) afro-alpines uniques. Le prix d'entrée pour un véhicule, 2 personnes et un guide (obligatoire) pour deux jours était de 820 birr en novembre 2009. Impossible d'y pénétrer sans les précieux sésames obtenus au quartier général du parc à Dinsho.Le plateau du Sanetti, à 4000m, est facilement atteignable en véhicule. Le Tullu Deemtu, second sommet d'Ethiopie, le domine de ses 4377m. Ce lieu perdu est quasi magique, l'univers très minéral des montagnes est unique en Ethiopie.Sur la route du retour du Bale il est toujours bon de se réadapter au climat plus clément de la vallée du Rift. Awassa est idéal pour retrouver ses esprits et se reposer au bord de son lac. Son marché aux poissons vaut le déplacement. Une adresse très recommandable à Awassa: le Lakeside Motel et le restaurant Dolce Vita (meilleur restaurant italien d'Ethiopie) attenant.Le Sud Omo Les routes et pistes dans le Sud Omo sont parmi les plus difficiles d'Ethiopie. Le tronçon Arba Minch – Konso est asphalté et en bonne état tout au long du lac Chamo, ensuite la piste est en travaux jusqu'avant Konso. La piste menant de Konso à Jinka par Weito et Key Afer est également en travaux, l'asphaltage devrait avoir lieu en partie en 2010, mais les nombreux passages de rivière à gué et les ponts emportés par les crues n'incitent pas à emprunter ce tronçon à la saison des pluies. Les pistes du Mago National Park (où vivent les Mursi) sont très dures et impraticables dès qu'il pleut. Le tronçon Key Afer – Dimeka – Turmi est également en réfection, pour l'instant la piste est rude mais l'asphaltage devrait permettre de joindre les deux villes en 1 heure d'ici 2011. Quant à la piste Turmi – Weito par Arbore elle n'est praticable qu'à la saison sèche car entrecoupée de nombreux torrents qui gonflent à la moindre pluie.A Arba Minch (ville en deux parties, la ville basse de Sikela et la ville haute de Shecha) différents nouveaux hôtels ont été construits sur la crête dominant le parc national de Nechisar. Certains sont de haut standing et chers. Mais le Bekele Mola bénéficie d'une situation privilégiée, avec une terrasse mythique à la vue imprenable et un restaurant agréable servant le poisson local sous différentes formes. Les bungalows partiellement rénovés sont à 180 birr en double. Le café Zebib, à Sikela, est bien centré, avec un jardin ombragé et d'excellentes pâtisseries arrosées de jus de fruits frais.Le village de Weito, à mi-chemin de Konso et de Key Afer, est situé à 900m d'altitude, au milieu d'une vaste plaine où l'ancien régime communiste avait installé une immense plantation de coton encore en activité. Le climat y est très chaud (50C au soleil, 38C à l'ombre début décembre). Le Meheret Café, avec ses paillottes ombragées, est un havre bienvenu après plusieurs heures de piste et sert des plats à prix farenji! A noter l'intéressant et très coloré marché du dimanche où se côtoient les ethnies Tsimai, Ari et Bana.Jinka est la plus grande ville du Sud Omo, dans une région montagneuse et très verte. Ici le paysage fait penser à celui de la région des grands lacs, on est très loin des hauts-plateaux du Shoa. L'ethnie dominant ici est le peuple Ari. Différents hôtels offrent un confort acceptable à des prix surfaits. Le Jinka Resort est très apprécié des tours opérateurs, avec un très bon restaurant aux prix étonnamment modérés. Le bungalow est à 460 birr (!) la nuit, à payer à l'avance à Addis Abeba auprès d'un bureau difficile à trouver (voir ici au milieu de la carte sous la croix). Un bel écomusée a été construit à Jinka par des universitaires allemands, toutes les ethnies du Sud Omo y sont représentées avec leurs outils, instruments et armes traditionnels. Depuis le musée construit sur une colline dominant la ville la vue embrasse toute la région, et un village Ari situé juste derrière peut être visité à pied.Le Mago National Park est une vaste plaine située 1000m plus bas que Jinka. On y accède en 4x4 par une piste très raide, après s'être acquitté des droits d'entrée et de guide (compter 720 birr au minimum pour l'entrée pour 2 personnes, le véhicule, le guide, le scout armé et la visite d'un village Mursi).Le peuple Mursi (dont les femmes portent encore le disque labial qui leur distend la lèvre inférieure) vit dans des cases rustiques dans la plaine entre les fleuves Omo et Mago. La visite de ce peuple primitif (parmi les derniers d'Afrique) est souvent difficile, les Mursi étant assez nerveux et imprévisibles. Y aller de préférence le matin car l'après-midi l'alcool acheté avec l'argent des touristes renforce une agressivité naturelle déjà forte! L'inflation aidant, les photos de Mursi coûtent 2 birr par personne photographiée et par déclenchement. Et les Mursi savent compter! La vie des Mursi (et des autres peuples du Sud Omo) et leur système social sont fortement perturbés par le tourisme, et leur vie pastorale devrait être très affectée par l'éventuelle construction du barrage géant Gilge Gibe III en amont sur l'Omo. Il reste donc peu de temps pour les découvrir avant que la civilisation dite moderne ne les transforme définitivement. Voir à ce sujet le magnifique livre que le photographe Hans Silvester a consacré aux peuples de l'Omo.Si vous n'avez la possibilité de visiter qu'un seul marché dans le Sud Omo, n'hésitez pas: celui de Key Afer est magnifique, très coloré, et rassemble trois ethnies (Bana, Tsemay et Hamer) tous les jeudis. On peut s'y promener en toute liberté, sans aucune pression et en photographiant sans contraintes (les portraits sont à 2 birr par personne). Un must!Les Hamer, autre ethnie célèbre du Sud Omo, vivent principalement autour de Dimeka et de Turmi. Cette dernière petite ville, perdue tout au sud de l'Ethiopie, est à 80 km du Kenya. Aucun réseau électrique ni mobile ici, seuls quelques bâtiments ont un générateur tournant quelques heures par jour. Il fait très chaud et les moustiques peuvent être agressifs en période humide (région à malaria garantie). Le camping local est "très simple" alors que l'Evangadi Lodge (35-50$ pour un beau bungalow, à négocier) offre un confort appréciable dans cette contrée où tout produit non local doit être amené d'Addis Abeba par camion, un voyage de 4 jours. L'hôtel Tourist est aussi recommandé, avec un restaurant agréable.Le peuple Hamer est absolument à découvrir. Les Hamer sont fiers, d'abord facile, souriants et sans aucune agressivité comme chez les Mursi. Les photos sont toujours à 2 birr, mais pour plusieurs clics! Ne pas hésiter à aller à leur rencontre et découvrir les hameaux situés à 1 ou 2 km de Turmi. Attention à la saison sèche: les serpents sont nombreux dans la région, bien regarder où l'on met les pieds. Les morsures de serpent sont d'ailleurs une des principales causes de mortalité dans les peuples du sud.Les Konso, célèbres pour leurs champs en terrasse, leurs statues funéraires en forme de totem et leur structure sociale élaborée, peuplent la région entre le lac Chamo et la plaine de Weito. Karat-Konso est leur capitale et de nombreux villages aux alentours peuvent être visités. Le Strawberry Fields Eco-Lodge à Konso offre des chambres confortables dans des tukuls (huttes locales), avec toilettes écologiques et douches bien conçues, restaurant bio et éclairage à énergie solaire. Une expérience inoubliable.La "nouvelle" route Sodo-Jimma Point de départ de la piste rénovée appelée "nouvelle route" menant à Jimma, Sodo est une ville bruyante et enfumée par les pots d'échappement des nombreux véhicules remontant sa rue principale. L'hôtel Bekele Mola, bien que décrépi, reste une bonne adresse avec un excellent restaurant fréquenté par les tour-opérateurs. Le confortable pavillon au milieu du jardin est une bonne affaire à 200 birr.La piste de 260 km, parfois très cassantes, menant à Jimma nécessite une journée de voyage en 4x4. Le relief est accidenté, on passe 6 cols et franchit 2 fleuves (Gilge et Omo). Par beau temps la vue est extraordinaire, avec de nombreux pitons et des terres cultivées jusqu'au haut des sommets.A Chida, ville à 80 km de Jimma, se méfier du restaurant au milieu de la ville: nous y avons dégusté un kitfo dont le beurre devait être rance, avec pour conséquence une infection intestinale soignée aux antibiotique et qui a influencé notablement notre fin de séjour abyssin…Le Central Jimma Hotel est confortable, la chambre double à 170 birr est appréciée après 10 jours dans le Sud Omo, et le restaurant offre un large choix de plats traditionnels et locaux.La route Jimma – Addis Abeba (350 km) est dans un état impeccable (construite par l'Espagne), le col descendant sur l'Omo est particulièrement impressionnant. Les paysages traversés sont splendides, les plaines avant la capitale sont le grenier à teff de l'Ethiopie.Voilà les premiers conseils et remarques que je pouvais rapidement mettre à votre disposition. A noter que je n'ai aucun intérêt dans les hôtels et restos que je décris! N'hésiter pas à me contacter pour plus de détails.
Daniel http://farenjtours.ch/
EN Envallis Globetrotter ·
salut,

je suis allé en thiopie pour le boulot le mois dernier et je me permets de compléter 2/3 points que tu abordes😉

Seuls les visas d'un mois (1 entrée-sortie) peuvent facilement s'obtenir pour le prix de 17€ (avoir la somme exacte avec soi).

Perso je n'avais pas l'appoint , et j'ai obtenu mon visa quand même 😉

Les vols internes d'Ethiopian Airlines se font au départ du nouvel aéroport de Bole. Contrairement à certaines indications routières dans les environs de Bole l'ancienne aérogare n'est plus en service pour les vols internes.

Sorry but j'ai pris un vol Addis-Mékélé depuis ce qui me semble être l'ancienne aérogare il y a 1 mois... (et il y avait une tripotée de vols internes qui partaient en même temps que le mien...) Un foutoir pas possible que cet aérogare, où il n'y a même pas la place pour qu'une queue devant les guichets d'enregistrement se développe...🤪

Les contrôles de sécurité sont sérieux à l'aéroport de Bole. Inutile donc de s'exciter si l'on vous demande trois fois d'enlever vos chaussures et/ou votre ceinture avant de passer un portique de sécurité. La Somalie n'est pas si loin!

sans oublier le contrôle à l'entrée de l'aéroport.....🤪

Les différentes bières éthiopiennes sont très bonnes, brassées selon des recettes allemandes, belges ou scandinaves éprouvées. Des marques comme Saint-Georges, Bedele (la fameuse Bedele Special), Harar Beer, Meta ou Bati font le bonheur des assoiffés et des connaisseurs.

je confirme 😛
Il n'y a pas de problème sans solution... et si il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème !
JE Jeandc ·
Bonjour,

Tout d'abord, merci pour votre contribution.

Nous pensons partir en Ethiopie du 5 au 25 septembre. Le pays nous attire énormément.

Mais des commentaires que nous avons reçus, 2 éléments nous posent question, surtout parce que nous y séjournerions dans le cadre de notre voyage de noce: logement & climat à cette période.

Concernant le logement, nous avons l'habitude des voyages "sac à dos" mais pour cette occasion nous recherchons à combiner certain confort et de l'authenticité (= éviter les hôtels internationaux (Sheraton, etc.). Cela vous parait t-il faisable ? Et dans quel ordre de budget? D'autre part, existe t-il des logements type "hôtel de charme" ?

Concernant le climat, à l'époque que nous envisageons, à quelle "fréquence de pluie" devons nous nous attendre ? De plus, parle t-on d'une averse de quelques heures ou de pluies plus longues?

Merci pour vos précieux conseils.

Elise & Jean
JA Javaman Regular ·
Merci pour cette grande contribution sur l'Ethiopie. Voyager avec un enfant de 2 ans est-il possible?
CH Chris06 Veteran ·
Félicitations Daniel ! 😉

un post authentique et actualisé qui donne plein d 'infos sur ce merveilleux pays !
chris06
CH Chris06 Veteran ·
désolé de te décevoir peut etre mais l'Ethiopie n'est pas vraiment une destination voyage de noces ...😊
chris06
CH Chris06 Veteran ·
je ne le ferais pas avec mon fils agé de 2 ans !

La nourriture n'est pas adaptée , s' il tombe malade tu auras la trouille de ta vie et ton seul recours sera la chance où Addis abeba

bien sur c est faisable mais le cout d une certaine " sécurité " sera élevé !

4x4 de location , bons hotels , trajets surs , pas le sud , bref tu vas passer a coté de plein de choses qui font le charme du pays
chris06
EN Envallis Globetrotter ·
Merci pour cette grande contribution sur l'Ethiopie. Voyager avec un enfant de 2 ans est-il possible?

franchement, t'es-tu un tant soit peu renseigné ? Hygyène, nourriture, soins, confort etc... il ne te vient pas à l'idée qu'il y a mieux que l'Ethiopie pour un enfant de 2 ans...

Eh oui, avoir un enfant ca impose certaines contraintes... désolé de te décevoir, mais si tu ne voulais pas te priver/frustrer, il fallait y penser avant...😊
Il n'y a pas de problème sans solution... et si il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème !
NO NOA2000 Regular ·
Je suis une femme qui voyage depuis toujours avec ma petite fille (10 ans), l'éthiopie te semble t'il être une destination sans risque pour nous deux.
VI Vigounir Veteran ·
Je ne sais à qui répondre alors je réponds à la dernière interlocutrice ! Mais j'espère que le message sera lu par les autres. D'abord, Daniel, merci pour tous ces renseignements "frais"; grâce à toi j'ai un peu revécu mon voyage. Ensuite Chris, salut ! et pour toutes les personnes qui lisent cette discussion, je précise que vous pouvez écouter les conseils de Chris, il est vraiment un spécialiste du pays. Quant aux autres personnes qui envisagent un voyage en Ethiopie, je leur dirai que c'est un pays magnifique, un des plus intéressants d'Afrique; mais que ce n'est pas une destination "voyage de noces", les "hôtels de charme" sont plutôt rares, pour pas dire inexistants; il faut une bonne dose de patience et de philosophie: coupures d'eau, d'électricité, salles de bains défoncées... Sauf à Addis et quelques autres endroits, mais pas les plus intéressants... Je répète que j'ai adoré ce voyage, mais certainement pas pour son confort... Avec un enfant de deux ans, sûrement pas. De 10 ans, c'est plus faisable, ça dépend des attentes de la demoiselle; l'Ethiopie ce sont de longs trajets sur de mauvaises pistes, ou des randos fabuleuses mais pas à la portée de tout le monde. Encore une fois je ne veux décourager personne mais il faut être réaliste. Amitiés à tous, Virginie
virginie
JE Jeandc ·
Merci Virginie pour ta réponse et à celles/ceux qui nous ont donné leur avis. C'est effectivement bien mieux d'être réaliste pour que le voyage rencontre les attentes du moment. Je crois donc que nous reporterons notre voyage en Ethiopie à notre prochaine occasion; ce n'est que partie remise! Bonne journée à tt le monde
JN Jneraf Regular ·
Beaucoup de questions et beaucoup de réponses pour cette intéressante discussion engendrée par mon "rapport" initial, c'est le but du forum que d'initier le dialogue et l'échange d'idées.

Concernant le climat en septembre tout dépend de la région considérée (pour autant que les changements climatiques soient moins perceptibles en cette année 2010 que l'année dernière...): à Axum et dans tout le nord du pays septembre est considéré encore comme faisant partie de la saison des pluies (58,7mm de pluie contre 4,7 en janvier, selon l'office météorologique éthiopien), idem à Addis Abeba (174mm en septembre contre 10,2mm en décembre), Dire Dawa est un peu plus clément mais toujours dans la saison des pluies en septembre (22mm contre 2,5mm en décembre), quant à Jinka, tout au sud de l'Ethiopie, septembre est toujours en saison humide (100mm contre 72 en décembre/janvier). On voit donc que septembre est encore à considérer comme faisant partie de la saison des pluies dans l'ensemble du pays. Seule consolation pour les intrépides qui veulent découvrir l'Ethiopie à cette saison: le pays est extrêmement vert, les couleurs sont très contrastées et les pluies de loin pas permanentes, de bonnes averses quotidiennes en général. Seul point vraiment noir: les voies de communication sont souvent coupées et les véhicules 4x4 s'imposent pour qui veut sortir des sentiers battus.

Les "hôtels de charme" et autres "relais et châteaux" ne sont pas vraiment la marque de fabrique de l'Ethiopie!!! Mais pour qui en a les moyens des lodges extrêmement confortables ouvrent leurs portes un peu partout dans le pays. Le précurseur a été le Bishangari Lodge au bord du lac Langano dans la vallée du Rift. A titre d'exemple voici un choix non exhaustif avec les liens adéquats: Bishangari Lodge, Simien Lodge, Gerhalta Lodge, Murulle Omo Lodge, Aregash Lodge, Afar Region Lodge, Strawberry Fields Eco-Lodge, Negash Lodge, Lodge du Chateau, ... Comme partout le confort se paie en Ethiopie, mais souvent à l'échelle du pays. Une chambre double dans un bon hôtel à Addis est dans une fourchette de 200 à 800 birr, dans le Sud Omo compter entre 300 et 600 birr, à Harar également dans cet ordre de prix. Mais c'est très indicatif, soumis à forte inflation et parfois à la tête du client. Lorsque le prix n'est pas clairement indiqué à la réception ne pas hésiter à négocier: ça marche ou ça ne marche pas, le risque est minime.

L'Ethiopie en voyage de noce? Pourquoi pas, mais ne vous attendez pas à un séjour de jeunes mariés dans un palace vénitien! Mais dans beaucoup d'hôtels éthiopiens les jeunes mariés, pour autant qu'ils s'identifient ainsi, bénéficient parfois d'avantages, comme la meilleures chambre ou suite au prix d'une double "normale", ou un repas spécial. De plus le terme "voyage de noce" est à relativiser en fonction de ses attentes (luxe, calme et volupté ou plutôt aventure, nature, beauté des gens et des paysage, ...). Dans le second cas l'Ethiopie peut être une destination idéale. Autre petit avantage: vous ne dérangerez personne si vos nuits sont bruyantes, la plupart des hôtels abyssins abritant de nombreux couples non mariés ou/et illégitimes qui viennent y concrétiser leur amour, seule façon pour eux d'avoir des relations en dehors du mariage.

Pour le voyage avec des enfants, l'Ethiopie ne doit en aucun cas faire peur aux parents. Comme dans toute l'Afrique l'enfant est roi et sort gagnant de toutes les situations. Et les petits farenjis bénéficient toujours d'une certaine aura (pas vraiment justifiée) et de beaucoup de respect de la part de la population. Pour y avoir voyagé avec de (grands) enfants je peux confirmer que beaucoup de portes nous ont été ouvertes ou de contacts fructueux ont eu lieu grâce à nos enfants. Incroyable la gentillesse et la disponibilité des gens envers les enfants étrangers, que ce soit à Addis ou dans la campagne la plus reculée. Il est donc très possible de voyager (organisé) avec un enfant de 10 ans. Par contre, à 2 ans, c'est encore un peu jeune, à moins que l'enfant soit habitué au milieu tropical et au manque d'hygiène dans les lieux publics. La question sanitaire est à prendre en compte, il est bien connu que la plupart des maladies infantiles surviennent pendant les vacances! En résumé le voyage avec des enfants en Ethiopie est tout à fait possible, j'y ai vu pas mal de familles avec des enfants entre 5 et 12 ans qui sont surprises par les facilités offertes dès que leurs enfants apparaissent dans un restaurant, dans un hôtel ou simplement le long de la route. Le seul point difficile et rarement mentionné est le choc des civilisations (mendiants, handicapés lourds, pauvreté endémique, saleté, ...) qui perturbe même les adultes lorsqu'ils débarquent pour la première fois dans ce merveilleux pays qu'est l'Ethiopie.
Daniel http://farenjtours.ch/
NO NOA2000 Regular ·
Merci pour tous ces rensegnements, mais je vais essayer d'être plus précise dans ma demande. Je voyage avec ma fille de 10 ans, en sac à dos donc rien d'organisé nous ne sommes que toutes les 2, pour info, nous sommes allées en inde (nord et sud), cambodge, bornéo, egypte et tanzanie. Ce qui m'inquiète le plus, c'est la sécurité (agression et enlèvement), il y a des pays très attirants comme le yémen ou le pakistan (que j'ai connu en 1998) mais je n'y retournerai pas pour le moment. Pour l'éthiopie quant est il à ce niveau là ? Merci encore pour vos expériences.
VI Vigounir Veteran ·
Bonjour, je crois que le principal risque est qu'on vous demande en mariage, ou qu'on vous demande de l'aide en argent; car même si vous voyagez sac à dos avec de petits moyens, pour les Ethiopiens, vous êtes riche. Comme dit Daniel, le choc de la pauvreté et de la saleté est parfois dur à encaisser. Mais si vous et votre fille êtes habituées à l'aventure, pas de problème, pays sûr, sauf peut-être chez les Mursi dans le sud, comme le signale d'ailleurs Daniel. Mais il n'y a pas de bus pour atteindre les Mursi. Dans le sud, en transports en commun c'est un peu limité. Mais le nord est superbe et passionnant. Je ne peux que vous encourager à aller en Ethiopie. Virginie
virginie
VI Vigounir Veteran ·
Bonjour Daniel, Je suis sidérée par le nombre de lodges "luxueux" que tu cites... Tout cela est nouveau depuis mon voyage (2008) ?? Si j'avais connu ces adresses, je les aurais à coup sûr essayées... Personnellement, je n'ai été bien logée qu'à Addis, à Bahir dar (Summerland Hotel), à Nezereth (Adama german Hotel) et à Awasa (Taddese enjory Hotel); pour le reste, ça variait entre le tout juste acceptable et le nul. Ce qui ne veut pas dire que je garde des mauvais souvenirs, loin de là ! Mais si on me demande si c'est de charme ou confortable, ce que j'ai connu, non, sauf les trois cités plus hauts, qui étaient confortables mais pas vraiment de charme. Il va vraiment falloir que je retourne voir ces lodges... Et tant mieux si les choses évoluent ! Amitiés, Virginie
virginie
JN Jneraf Regular ·
Comme l'a écrit Virginie la très petite région où vivent les Mursi (un peuple de seulement 5'000 âmes) est un peu difficile et ne devrait être découverte qu'avec une agence de voyage ou un véhicule avec un chauffeur-guide qui connaît les lieux et les gens. Il en va de même pour la région des Surma, voisins des Mursi.

Mais la règle générale pour les zones peu sûres en Ethiopie est de se tenir à distance des régions frontières avec le Soudan, le Kenya, et à plus forte raison avec l'Érythrée et la Somalie! D'ailleurs les tour-opérateurs officiels ont l'ordre de ne pas fréquenter ces régions et de ne pas y emmener les touristes. Les rares transports publics qui sillonnent les zones frontières sont régulièrement filtrés par des postes de contrôle militaires et les étrangers y sont refoulés pour raison de sécurité (ou plus certainement pour éviter de voir la guerre "sale" qui si déroule...).

D'autres régions d'Ethiopie sont peu recommandées pour les touristes:la très belle région à l'est d'Harar: Babile (et sa fameuse Vallée des Merveilles et les quelques éléphants qui y subsistent) et Jijiga, lieux de nouveaux affrontements entre armée et guérilleros ces derniers mois;la région à l'ouest de Gambella, une fois passé le fleuve Baro: affrontements et massacres de Nuers et d'Anouaks, les ethnies locales;la région le long de la frontière kényane à l'est de Moyale: zone d'infiltration des groupes armés de l'OLF;toute la région peu hospitalière à l'est du Bale, également zone sous influence de l'Ogaden Liberation Front;la région des Danakil, et des volcans actifs (Erta, ...), instables et "mal fréquentées".Dans les grandes villes, notamment à Addis Abeba, éviter de se promener de nuit dans les quartiers périphériques, rester dans les zones éclairées à proximité des établissements publics. Mais cela vaut aussi pour nos contrées parfois!

En résumé on peut considérer l'Ethiopie comme une destination sûre, contrairement à la majorité des autres pays africains, y compris le Kenya et la Tanzanie. Et dans les campagnes le touriste ne risque absolument rien. Seule ombre au tableau: les élections du 23 mai 2010 qui pourraient dégénérer en affrontements violents entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre. Eviter donc cette période qui tombe +ou- en début de saison des pluies.
Daniel http://farenjtours.ch/
ZJ ZJF Regular ·
Bonjour Noa2000

Quand vous écrivez

nous sommes allées en inde (nord et sud), cambodge, bornéo, egypte et tanzanie.

alors je pense que vous -votre fille et vous- avez l'expérience suffisante pour aller en Ethiopie.

Quant à

la sécurité (agression et enlèvement)

le risque est très faible si vous suivez les règles de prudence de base et notamment les recommandations de jneraf. Je pense même que de voyager avec un enfant est un plus comme il a été dit.

Maintenant il y a quelques temps que je suis allé en Ethiopie et beaucoup de choses ont pu changer.

Merci à jneraf pour cette belle initiative et l'actualisation des données
Jean-François.
NO NOA2000 Regular ·
Rien à voir avec l'éthiopie, mais je vois que tu es du tampon, ma fille est née à la réunion, nous avons vécu ravine des cabris, que des bons souvenirs, cette île sera toujours dans mon coeur.
JE Jeandc ·
Merci pour ces explications + que précises et complètes. C'est vraiment précieux et si ça pouvait exister pour toutes les destinations... :-) Nous allons faire le point et si nous optons pour l'Ethiopie, promis nous vous reviendrons avec notre expérience. A bientôt
FR Francky4 Veteran ·
On entend beaucoup dire que les touristes à pieds, en vélo, en voiture individuelle, se font souvent jeter des cailloux ? Est ce un mite ? une réalité ? est ce seulement dans certaines régions ?

En tout cas merci pour toutes ces infos super précises sur ce pays tellement attirant.

Franck
Tanzanie-2010 Kawaza Village Botswana : https://voyageforum.com/v.f?post=2037270
MV Mvbergen Globetrotter ·
"Seule ombre au tableau: les élections du 23 mai 2010 qui pourraient dégénérer en affrontements violents entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre. Eviter donc cette période qui tombe +ou- en début de saison des pluies"

Sans cynisme aucun, on peut quand même "espérer" que le régime ne va pas commettre les mêmes impaires qu'il y a cinq ans où ils ont si mal bidouillés qu'ils ont dus annuler le résultat des élections...

Je me suis retrouvé là-bas pendant les émeutes de l'automne (2005) qui ont fait 40 morts.

Quoi qu'il arrive, je doute qu'étant à l'étranger, que l'on aille dans des manifs alors que l'on ne comprend pas ce qui s'y passe (et pour lire l'amharique, ce n'est pas mieux!)

Il convient malgré tout d'être prudent.

Michel
MV Mvbergen Globetrotter ·
En dehors des localités (le plus souvent) et toujours en l'absence d'adultes (qui ne le tolèrent pas), il peut arriver que l'on vous jette l'un ou l'autre caillou.

Ils ne visent pas très bien, ne le font pas toujours et ce n'est pas un remake de l'Intifada mais cela peut arriver.

J'ai été caillassé trois fois en 35 jours.

Michel
JN Jneraf Regular ·
Bonjour Franck,

Le cailloutage abyssin est partiellement un mythe, tout dépend des régions, des circonstances, ... La fréquence des incidents de cailloutage rapportés a beaucoup diminué depuis quelques années. Est-ce dû au fait que le pays s'ouvre lentement au tourisme et que les farenjis sont de moins en moins une denrée rare pour les jeunes lanceurs de cailloux?

La plupart des incidents rapportés concernaient le nord du pays, en particulier le Tigré et la route venant du Soudan sur Gondar. Pas mal de cyclistes et de motards en ont fait les frais, mais en principe aucun touriste à pied ou en voiture. Il faut dire que certains jeunes éthiopiens sont de redoutables caillouteurs, habitués qu'ils sont à chasser les oiseaux à la fronde dans les champs cultivés. Le sud de l'Ethiopie est moins concernée.

Pour notre part nous avons fait deux grands circuits à VTT en Ethiopie et nous ne nous sommes jamais fait caillouter, les rares fois où certains gamins étaient tentés nous les avons regardés avec un tel regard qu'ils se sont vite abstenus! Une équipe de 3 ou 5 vététistes bien équipés, mobiles et rapides doit faire un certain effet sur des gamins plus habitués à caillouter des mendiants ou des vieillards cheminant le long de la route. Le seul incident que nous avons déploré était une attaque au fouet! La seule fille de notre groupe à VTT s'est fait douloureusement fouetter le bas du dos par un jeune adulte imbécile à Dinsho dans le Bale. Nous avons essayé de l'attraper mais sa connaissance des lieux lui a permis de s'échapper, alors que les autres adultes présents se sont répandus en excuses et se montraient très gênés par l'attitude stupide de leur compatriote.

Le seul danger potentiel le long des routes éthiopiennes (mise à part la circulation, cela va sans dire) est une éventuelle attaque de chiens +ou- domestiques. Pendant la journée ces bêtes sont normalement apathiques mais peuvent soudain être prises d'un grain de folie et charger rapidement avant de fuir tout aussi vite. Nous en avons fait les frais sans conséquences plusieurs fois alors que nous pédalions à VTT. Par contre la nuit les meutes de chiens errants doivent être aussi redoutables que les hyènes avec qui ils se battent souvent.

Au final de craignez pas les cailloux, et souvenez-vous qu'un sourire, un "selam" sonore ou un petit geste de la main sont très appréciés en Ethiopie et peuvent désarmer facilement toute velléité de cailloutage!
Daniel http://farenjtours.ch/
JN Jneraf Regular ·
Bonjour Michel,

Malheureusement il y a souvent un monde entre les espérance et la réalité, surtout dans des pays aussi "démocratiques" que l'Ethiopie. Passionné par ce pays magnifique qu'est l'ancienne Abyssinie je suis avec intérêt l'évolution politique de ce grand pays, maillon essentiel de toute l'Afrique de l'Est. Mes sources sont nombreuses et sérieuses, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Pour avoir beaucoup discuté "entre quatre yeux" avec mes amis éthiopiens lors de notre dernier séjour en novembre-décembre 2009 je pense et surtout j'espère que les terribles événements de 2005 ne se répéterons pas. Ceci pour différentes raisons:la plupart des dirigeants de l'opposition actifs en 2005 sont soit exilés à l'étranger soit en prison en Ethiopiela seule opposition tolérés et acceptée pour les élections de mai est une opposition totalement contrôlée par le régime en place et qui bénéficie que d'une très faible audience dans la populationle parti unique au pouvoir du premier ministre contrôle totalement le pays jusque dans les kebele (communes) et même dans les gott et garee (entités administratives plus petites correspondant à des hameaux ou des quartiers), si ce n'est jusque dans les structures familialestoute velléité d'opposition est très rapidement étouffée au moyen du maillage très serré mis en place par le régime (voir à ce sujet le très intéressant et sérieux rapport d'Human Rights Watch consacré à la situation actuelle en Ethiopie - il date de fin mars 2010 - à l'approche des élections de mai: c'est ici et téléchargeable en PDFl'armée et la police, garantes du régime, ne sont pas encore mûres pour renverser l'équipe tigréenne au pouvoir les étudiants, traditionnels déclencheurs des révolutions éthiopiennes, sont fortement muselés par le système car le seul moyen d'obtenir un job à la fin des études est d'avoir la carte du parti au pouvoiridem pour toutes les activités économiques ou de la vie de tous les jours en Ethiopie: sans faire allégeance au parti en place inutile de vouloir obtenir quelque chose. Cela vaut pour les places de travail, pour les engrais pour les paysans dans les campagnes, pour être soigné dans le système de santé, pour faire des études secondaires et supérieures, etc...Certains penseront que je dresse un tableau cynique mais la réalité éthiopienne est bien différente de celle que le touriste lambda perçoit lors de son tour de la route historique ou dans le Sud Omo. Mais que cela ne vous décourage pas de visiter le pays, le peuple éthiopien dans son ensemble le mérite largement.

Donc j'espère que rien de grave ne se passera avant, pendant et juste après le 23 mai, mais une soudaine explosion (qui aurait des effets dévastateurs si elle se généralisait à l'ensemble du pays) ne peut être exclue tant le peuple est désespéré depuis le clash de 2005.
Daniel http://farenjtours.ch/
MV Mvbergen Globetrotter ·
J’imagine que vous avez bien perçu que mon « espérance » n’en était pas une vraie.

Je sais que la situation des droits de l’homme est catastrophique et que le régime va faire le maximum pour obtenir les résultats qu’il souhaite et se maintenir au pouvoir…

Michel
LA Lapodinou ·
😏Bonjour, nous allons dans le sud de l'Ethiopie en Janvier 2011. Merci pour les renseignements que vous donnez. Pourriez vous me préciser le jour du marché de konso, le petit futé et le guide Bradt ne me donne pas toujours les mêmes renseignements
MA Maesjl Regular ·
Autant que je me souvienne le marché de Konso a lieu le lundi et le jeudi (comme à Turmi).
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
JN Jneraf Regular ·
Le Bradt est correct et fait largement foi par rapport au PF: le marché de Karat Konso a lieu le lundi et le jeudi sur une grande place en dessous du Green Hotel. Pour y parvenir descendre la rue partant du rond-point principal au milieu de la ville, entre le Wubet Hotel et la station essence, puis tourner dans la première à gauche et poursuivre sur 100m. De toute façon n'importe quel gamin du coin se fera un devoir de vous y emmener!!!

Bonne préparation de voyage.
Daniel http://farenjtours.ch/
LA Lapodinou ·
Merci beaucoup. C'est vrai que le Bradt me semblait beaucoup plus documenté que le PF.
MV Mvbergen Globetrotter ·
"C'est vrai que le Bradt me semblait beaucoup plus documenté que le PF"

Il l'est!

Oubliez cette daube...

Michel
VI Virg85 ·
Bonsoir, Je m'appelle Virginie, je suis étudiante en toursime et j'ai un travail a faire sur les Mursis... (choix personnel) est ce que vous seriez me donner des renseignements sur se peuple, les installations touristiques mises sur place et l'impacte du tourisme sur ce peuple... merci beaucoup de votre aide (si vous connaissez un site ou autre qui pourraient m'aider n'hesitez pas)

Merci d'avance, bien a vous

Virginie
LA Laure Regular ·
Hello Contrairement à ce que beaucoup ont dit, c'est tout à fait possible de voyager en Ethiopie avec un petit enfant sans être un illuminé. J'y suis allée moi-même avec mon bébé de 1 an et compte bien y retourner. Tout dépend évidemment de où on veut aller, et comment!! Aller en "brousse", faire 10h de voyage, ca n'ira évidemment pas. C'est pareil en Europe! Mais rester dans les villes, faire de petits trajets, aller en avion, louer un véhicule, et faire pleins d'arrêt, ce n'est pas un problème. Attention au soleil et aux heures de visites. Ce n'est pas le même voyage qu'en solo avec sac à dos, mais ca ne veut pas dire que ce ne sera pas bien. Côté nourriture, jamais eu de soucis. On peut prendre soit-même un petit baby-cook et cuire qq légumes si nécessaire. C'est ce que j'avais fait. Je complétais avec des céréales parfois. J'étais ainsi indépendante si j'étais coincée. Les enfants sont super bien accueillis et encadrés. Tout le monde vient s'en occuper. J'ai ainsi fait des rencontres super, dans les villes, avec des femmes avec enfants qui étaient toute contente de faire jouer les enfants ensemble. Aucun stress. Perso, je suis plutôt intéressée sur le nord, et avais visité Addis, Bahir dar, axum, lalibela, retour Bahir dar avec trajets en avion presque partout, sauf le retour Lalibela-Bahir dar, en voiture, mais avec une nuit en chemin. Par contre c'est sur, bien avertir l'enfant que c'est différent et que les gens la regarderont un peu. Bon voyage...

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