Groupe armé au Laos
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Bonjour à tous,

Pas de panique! C'est juste une anecdote étrange qui m'est arrivée lors de mon voyage récent au Laos en novembre 2012. Nous partions de Luang Prabang le 7 novembre pour rejoindre Hanoi (28 heures de bus, record perso ouille 🏴‍☠️). Nous étions partis en fin de journée et, au bout de 2,3h, le bus s'arrête. Je profite pour descendre fumer une cigarette et voit les chauffeurs galérer sur un clignotant défectueux avec pour seule lumière celle du portable. Je leur prête ma frontale et voit soudain passer un scooter avec deux ados armés d'armes types Kalashnikov.

Un peu secoué, j'attends quand même la fin de la réparation pour récupérer ma lampe et je remonte vite fait dans le bus.

C'est une fois reparti que ce coup ci nous dépassons un groupe d'une trentaine de jeunes gens armés comme les autres, se baladant tranquillou au bord de la route dans la pénombre (j'ai frémi en imaginant le blanc bec en rade au bord de la route croiser une bande sympathique du genre).

Valà, pas grand chose en substance, mais je n'ai jamais pu m'expliquer la présence de tant de personnes armées pas forcément à coté du fameux triangle d'or. Bon j'anticipe les réponses. Tous les Laotiens ne sont pas armés, je suis pas un bisounous et j'imagine très bien que ces trafics sont étendus mais les backpackers que j'ai croisés étaient aussi dubitatifs que moi.. Est ce que ça pourrait évoquer quelque chose à l'un d'entre vous, surement plus au fait que moi au sujet de ce pays (absolument formidable en passant).

j'espère n'avoir choqué personne avec mon récit, mon but n'est pas de faire peur inutilement aux voyageurs mais juste partager et ptet comprendre cette histoire merci de m'avoir lu mat
¡¡El pueblo unido, jamás será vendido!!
32 321 Veteran ·
Salut,

A 2-3 heures de Luang Prabang ? Donc sur la N7, entre Phou Khoun et Phonsavan, au nord de la zone spéciale de Xaisomboun.

La première fois que j'ai voulu emprunter cette piste pour me rendre à Phonsavan, c'était en 1999. Mais à cette époque absolument aucun transport régulier ne la parcourait. D'ailleurs, pour se rendre de Vientiane à Phonsavan, il fallait effectuer un hallucinant détour par le nord, un trajet qui nécessitait alors trois jours au total. C'était la seule possibilité.

J'ignorais alors la raison d'une absence de liaison directe Phou Khoun/Phonsavan. Je me disais probablement vaguement que la piste devait être trop impraticable, et que c'était la seule raison.

Voulant néanmoins tenter le coup, j'avais décidé de m'arrêter à Phou Khoun. J'y suis arrivé un matin vers 10 heures, et j'ai attendu au bord de la route. Pendant trois jours. Le surlendemain soir un gros camion bâché est finalement passé. Le chauffeur, incroyablement nerveux et anxieux (ce fait m'a marqué car un Lao si anxieux, c'est rare !), a accepté d'embarquer trois Lao, mais pas moi. Pourtant, après beaucoup d'insistance, il a fini par céder.

Il faisait déjà nuit quand nous sommes partis. Le trajet, qui doit nécessiter désormais deux ou trois heures sur cette voie dorénavant asphaltée, a duré 11 heures. Et il fut infernal. La piste était effectivement épouvantable et nous étions terriblement secoués, entassés pêle-mêle dans la remorque, perchés au-dessus d'un bric-à-brac de sacs et de ferrailles auxquels on se cognait alors sans cesse.

La région était encore très boisée, et les abords de la piste n'avaient pas encore été rasés comme c'est le cas désormais, afin de la sécuriser. Pour ajouter au charme de la balade, des branches venaient alors souvent frapper la bâche.

Mais ce qui m'avait le plus surpris, c'est que la majeure partie du trajet, nous l'avons effectuée tous feux éteints, à la seule clarté de la lune. J'avais essayé d'en connaître la raison en questionnant le chauffeur lors d'une halte (il y en eu plusieurs, nécessaires pour déblayer la piste de petits éboulements de pierres qui l'encombraient parfois) mais je fus bien vite invité à me taire. Les jours suivants, à Phonsavan, j'en avais un peu parlé à quelques personnes, mais on me faisait des réponses très évasives. Puis je ne m'en étais plus préoccupé.

Deux ou trois ans plus tard, je me suis à nouveau arrêté à Phou Khoun, avec cette fois l'idée d'aller me promener à pied pendant un jour ou deux vers l'ouest, une région qui semblait prometteuse sur la carte. Mais c'est seulement au bout d'une heure, en forêt, que j'ai croisé deux types armés qui m'ont ordonné de faire demi-tour. Ils ne semblaient pas postés mais en marche vers Phou Khoun. J'ai d'abord feint l'incompréhension mais leur deuxième semonce fut radicale.

Bref, tout ça ne donne pas beaucoup de réponses à tes questionnements, hein ?!

Bon, je n'ai pas le courage d'en écrire plus, et je le ferais très mal. Alors essaye de lire le bouquin ci-dessous. Il est passionnant et il répondra sans aucun doute à ces questions. Regarde aussi ce documentaire, il traite du même sujet. L'endroit visible à 4' est celui, probablement à seulement quelques kilomètres près, où tu as croisé tes militaro-miliciens.

A + 321

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