Peuples d'Angola

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
KR
Bonjour, Ceci est ma réponse à quelques uns d’entre-vous... Je découvre en effet, mes photographies sur le net, je le déplore et regrette la publication de mon texte, de ces photos, elles desservent les populations impliquées, celles-ci ne nécessitent ni lumière, ni notoriété et n’ont nul besoin d’un afflux de visiteurs, bien au contraire, je supprime donc écrit et clichés. Je souhaite profondément la pérennisation de ces cultures et non leur destruction, elles sont remarquables mais oscillent aujourd’hui entre deux mondes, notre comportement à leur égard n’est pas digne, elles sont en grand danger. Le constat est accablant, quelques modestes années suffirent. Nous sommes responsables, nous les touristes, nous les visiteurs étrangers, de la désagrégation de l’équilibre, de la rupture de l’harmonie qui prévalaient chez tous ces peuples, chez les Himba en Namibie, les Hamer, Bana, Mursi... en Éthiopie, chez les pygmées au Cameroun, les Kalash au Pakistan ou les hommes fleurs, les Mentawaï en Indonésie. Partout, le désastre est accompli. La liste est longue, incomplète, tronquée, planétaire... liste en voie de clôture, tous ces peuples sont sur le chemin d’une assimilation non choisie, imposée. Le relief, les forêts denses, l’insularité, des abords désertiques ont longtemps protégé ces habitants, leurs modes de vie; c’est fini. Le progrès, à notre image évidemment, les religions, notre civilisation, ses bienfaits, les rattrapent... enfin ! C’est, pour ces peuples, le début d’une décadence, de la déchéance... Nous sommes en 2020, c’est la fin, le début de la fin... de rares groupes ethniques encore résistent, c’est le cas de ces communautés angolaises, retirées, à l’écart des routes, elles occupent des terres ingrates que personne, aujourd’hui ne désire, ne leur conteste. Moshimba et Himba forment un même peuple; au gré de l’histoire, des conflits, ils s’établirent au-delà d’un fleuve qui, aujourd’hui fait office de frontière entre deux nations, l’Angola et la Namibie. Himba et Moshimba partagent une même langue d’origine bantoue, les traditions sont semblables. Le peuple angolais s’est longuement déchiré lors d’une guerre civile insensée, meurtrière, interminable; sans intérêt militaire, ces territoires relativement épargnés se sont récemment ouverts, des évolutions naturellement s’engouffrent, les motocyclettes chinoises, conduites par de jeunes hommes s’immiscent dans le paysage. Les jeunes filles semblent particulièrement attachées au mode de vie traditionnel, les femmes sont libres, l’argent est rare, partout précieux; l’après-midi, nombre de ces femmes, Moshimba et Muhacahona se retrouvent sous un toit, ouvert aux quatre vents, elles refont le monde, leur monde, elles ne rêvent pas d’occidentaux, le verbe est haut, l’alcool local, bon marché, coule abondamment... Par le passé, des visiteurs pressés ont accédé à ce village; non loin, se tiennent quelques cases Moshimba, la visite de la communauté peut se réaliser aujourd’hui, à la condition de rétribuer un homme, le chef de ce village, il ne vit pas sur place et conserve naturellement la quasi totalité de la somme convenue, les femmes se laissent photographier, le tarif est fixe. Loin de la piste principale, nous sommes sur le retour, nous découvrons un dernier campement, c’est un village Muhacahona, Il est seize heures, les hommes sont absents, les femmes sont ivres, l’une d’elles titube, les propos sont décousus et l’entente est impossible, il nous faut partir. Un ami cher, angolais, me sollicite, il désire créer une structure de tourisme dédiée à ces contrées... espoir de profit, tu nous tiens...Je confirme, c’est le début de la fin.
LE Levelo Veteran ·
Bonjour,

Merci pour ce texte en forme de mea culpa pas facile à écrire et à publier. Il est à mettre à votre crédit. Etant passé brièvement dans cette région j'avoue que ces images m'avaient mis mal à l'aise... Les safaris ethniques, vendus sous couvert d'une prétendue responsabilité supérieurement intellectuelle des participants, ont toujours un côté nauséabond.

L.
DO Doumechris Veteran ·
Christian, Je comprends ton désarroi devant le fait que certains s'approprient ton travail. Il est sûr que nombre des peuples que tu évoques sont en voie d'assimilation contrainte ou du moins forcée par l'avancée de nos modes de vie. Le problème est de savoir si l'on peut les mettre "sous cloche". Il est à penser toutefois que le touriste est peut être le moins pire des assimilateurs de ces dernières tribus libres. Nos ancêtres découvrant des peuples jusqu'alors inconnus ont fait encore plus mal que les visiteurs en 4X4. Ces derniers ne cherchent pas à les mettre au pas, bien au contraire. Le côtoiement de ces tribus s'effectue tout d'abord avec la population locale le plus souvent assimilée depuis bien longtemps. Il suffit de se rendre à Opuwo en Namibie pour voir où se rencontrent Herreros et Himbas : ce ne sont pas les touristes qui ont apporté les supermarchés. En revenant bien longtemps en arrière, Homo Sapiens a supplanté Néanderthal. Il ne nous en reste que quelques traces dans notre ADN!!! On ne peut que regretter cette évolution vis à vis de certains peuples mais que pouvons nous faire si ce n'est se lamenter amèrement. Nous voyons en ce moment la fragilité de notre civilisation mise à mal par un simple virus. Il est à espérer que ces peuples qui restent isolés dans leur majorité passe ce cap sans de dramatiques conséquences . Encore merci pour ton texte et tes photos que je n'ai pas copiés et que j'avais appréciés.
KR Krit Regular ·
Mea culpa ? vous faites erreur, votre honneur... Moi pas comprendre. J’exprime un regret. En effet, par mes publications, je soumets à la lumière des populations qui ne le souhaitent pas. Je suis très attaché au maintien de ces cultures, elles sont en survie et je ne veux accélérer leur inéluctable transition; inopportunément, quelques-uns de mes clichés sont déjà en bonne place dans une agence de tourisme angolaise. Quelle attitude, le touriste doit-il adopter vis à vis de ces populations ? La question, d’une apparente simplicité apporte des réponses complexes, multiformes, jamais satisfaisantes, nos comportements, photographiques par exemple, sont parfois déplacés et je me reproche, de temps à autre, des actions non réfléchies. Je vous le confie, des habitants de cette région m’ont fait connaître leurs sentiments, je suis en paix et assuré, lorsque je le désire, de revenir dans ces communautés, je suis le bienvenu. Cela me suffit. Tous mes clichés ont fait l’objet de demandes, d’approbations voire de sollicitations de la part des populations. Le fait que tu sois passé dans cette région apporte évidemment au débat, il importait que nous le sachions. Tu as choisi ta route, délaissé la piste et l’aventure. Dommage, le vélo amène la rencontre, peut-être aurais-tu eu le grand bonheur de croiser ces sauvages à la vive intelligence mais aux seins nus et participer malgré toi, à un fabuleux mais nauséabond safari ethnique. Face à diverses situations, nous dévoilons nos sentiments, une sensibilité à des différents degrés, c’est un comportement propre à l’être humain. Le haut degré de pollution des sols, des eaux, partout me touche, sur tous les continents, par mes photographies, je le fais parfois savoir. La découverte d’une femme âgée, confrontée à la solitude, au sein d’une communauté réputée solidaire m’interpelle, me questionne. En Afrique, c’est inhabituel, étrange. Je le fais également savoir, parfois.
LE Levelo Veteran ·
Bonjour,

Je pense qu'au contraire tu as très bien compris...

Définition de méa-culpa : " reconnaître ses torts ". C'est ce que tu as fait en supprimant tes images. Tu l'as expliqué toi-même, leur utilisation par d'autres pour des aventures commerciales te gêne. D'où le terme nauséabond que j'ai employé.

Je les ai bien croisés et vus ces " sauvages à la vive intelligence mais aux seins nus " ( on peut encore écrire ça ? ), côté namibien surtout, mais aussi côté angolais. Je ne les ai pas cherchés, ils étaient tout simplement sur ma route puisque je traversais le continent dans son intégralité.

Quant à la piste et l'aventure...

L.
DO Doumechris Veteran ·
Christian, Ton projet est totalement contradictoire. Pourquoi mettre en avant ces peuples si ce n'est pas pour les faire connaître ? Mais le pire ce qui transparaît dans tes commentaires , c'est de dire que toi seul tu les comprends et que toi seul par ton approche tu leur fais du bien. Tu n'as d'ailleurs jamais expliqué et pourtant des questions t'ont été posées sur la manière où tu vas dans ces régions. Tu veux les faire connaître mais en te réservant leur approche. N'est ce pas narcissique ou du moins égoïste? Tu as l'honnêteté de décrire ta pensée mais qui semble tarabiscotée pour des voyageurs lambda. Encore, que les régions où tu t'es rendu ne sont pas encore accessibles à tous, ce qui fait que les visiteurs n'y sont pas des touristes de "base" et encore moins de masse. " Le haut degré de pollution des sols, des eaux, partout me touche, sur tous les continents, par mes photographies, je le fais parfois savoir.La découverte d’une femme âgée, confrontée à la solitude, au sein d’une communauté réputée solidaire m’interpelle, me questionne. En Afrique, c’est inhabituel, étrange. Je le fais également savoir, parfois." Pourquoi pas toujours (1 ère phrase)? Phrase 2: cela peut être vrai chez nous !!! Phrase 3: ??? Où est l'inhabituel en Afrique? Est ce par rapport aux deux phrases précédentes? Enfin , une discussion et un post qui nous interpellent autrement que sur les menus du soir et la température au réveil. Merci.
VO Voyajou Globetrotter ·
Alors qu'avant lui ils n'ont reçu que des visites de voyageurs pressés, après lui ce ne pourrait être que des touristes irrespectueux. Quelle chance ont eu les Moshimbas de recevoir la visite de Krit ! Et quelle chance encore que, forçant sa nature effacée, il ait accepté d'être leur porte-parole, de dire au monde ce qu'ils veulent ou ne veulent pas.

Cette problématique a récemment été abordée sur VF (c'est un peu le bordel dans la discussion, as usual) mais je ne pense pas que tu sois de ceux qui s'enrichissent de l'avis des autres. Sauf, peut-être, de ceux à la vive intelligence mais aux seins nus.

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