Pratique: Bien "vivre" un circuit organisé
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Participants d'un côté, accompagnateur de l'autre et au milieu un environnement ou un contexte nouveau pour tout le monde. Dès lors comment faire pour que chacun vive au mieux son voyage organisé ?

1- Les participants

Partir en organisé c'est partir en groupe (une évidence !) avec des gens parfois très différents sur bien des aspects. Logiquement cela implique son lot de petites contraintes et, dans l'absolu, l'idéal reste donc que chacun y mette un peu du sien afin que le voyage se passe au mieux. Ce qui heureusement est assez souvent le cas.

Malgré tout il faut savoir que certaines situations ou sujets sont des sources potentielles de polémiques ou de conflits. Avec pour conséquence d'ailleurs que dans certains groupes le "contrevenant" s'expose à se voir progressivement rejeté de celui-ci... au point que pour certains le rêve se transformera vite en cauchemar. A moins qu'assez rapidement des clans se forment; les uns insupportant les autres et inversement.

1.1- Sujets ou situations à polémique

Respect des horaires: c'est la base du voyage de groupe. Donc pas vraiment de possibilités de trainer le matin avant un départ ou de prolonger une visite ou une pause café au delà de ce qui a été prévu par le guide ou l'accompagnateur. Assez rapidement on se fait vite repérer et détester des autres qui doivent attendre.

Suivre le programme: avec les horaires, c'est généralement la contrainte de base. Donc, le plus souvent, peu d'espoir de voir ou de faire autre chose que ce qui est décrit dans la brochure. Tout est planifié et minuté à l'avance et le fait de vouloir bouleverser un peu l'ordre des choses n'est pas toujours bien perçu des autres ni même souvent de l'accompagnateur. Reste cependant les "journées libres" au programme de certains circuits qui permettent justement un peu plus de liberté.

Notion de groupe: il arrive parfois que la notion de groupe prenne une place plus importante que prévue. Dès lors celui qui ne participe pas à l'activité et à la vie commune, visite et/ou mange de son côté sera à la longue ignoré des autres.

Meneur : assez souvent dans un groupe se détachent des personnalités et notamment celle de meneur. Même si il ou elle n'est pas le chef (c'est le guide ou l'accompagnateur), il n'en demeure pas moins que la personne revendiquera très rapidement son statut de sous-chef ou en tous cas de "référant" au niveau du groupe. Et gare à ceux qui voudraient piquer la place ou remettre en question cet état de fait...

Chacun sa place: c'est un peu caricatural, mais on remarque souvent dans un groupe qu'il existe une règle tacite sur la place des uns et des autres - ou tout du moins de certains - dans les transports ou au restaurant. Et si par hasard quelqu'un s'avise à ne pas respecter cet ordre "préétabli" il risque d'y avoir problème...

Patience et encore patience: c'est le maître-mot dans nombre de situations. A utiliser entre autres contre les râleurs en tous genres, les têtes en l'air ou encore les "je sais tout mieux que tout le monde".

Photos de vacances: rien de pire que d'être passionné de photos dans un groupe qui ne l'est pas vraiment ou à l'inverse peu intéressé par la chose parmi des photographes avertis. En effet, visites et même transports avec ses pauses photos seront au final souvent rythmés par la tendance majoritaire.

L'addition: sujet polémique s'il en est, l'addition lorsque chacun "paye sa part" peut devenir dans certains voyages un moment mémorable. Qui a mangé quoi, qui a bu quoi et en quelle quantité, etc, et on divise au centime près. Bref, une bonne source de frictions récurrentes.

Tomber malade: au risque de ralentir le groupe dans son programme, voire même pire d'obliger à changer ce qui était prévu. Un petit bobo qui n'entrave en rien la bonne marche des choses ça va, mais quand c'est plus grave certains n'hésiteraient pas à vous achever sur place de peur de louper leurs vacances à cause de vous...

Et c'est donc par rapport à tout cela que doit se positionner l'accompagnateur...

2- L'accompagnateur

2.1- Son rôle

On rappelle qu'un accompagnateur n'est pas un guide. Déjà, il n'existe pas vraiment de formation ou de diplôme pour le premier contrairement au second.

Schématiquement, le guide "explique" un pays ou des lieux alors que l'accompagnateur gère le quotidien du groupe; c'est à dire qu'il s'occupe du transport, de l'hébergement, établit le planning des visites et gère le budget du groupe, plus le cas échéant essaye de résoudre tous les problèmes qui peuvent survenir en cours de route. Donc deux fonctions différentes quoique souvent liées dans les faits.

Autre chose, un accompagnateur n'est ni une nounou, ni un psy, ni un boy et n'est pas là non plus pour faire de l'assistanat. En clair, c'est aussi à chacun de se prendre un minimum en charge même lorsqu'on voyage en organisé !

2.2- Questions au sujet de l'accompagnateur

Sans vouloir généraliser, on s'aperçoit que les petites structures disposent souvent de meilleurs accompagnateurs que les grosses. Il est en effet plus facile d'en trouver un ou deux de bons que cinquante sur une même destination. Mais au delà de ça, c'est vrai que ce sont d'abord la "personnalité" de ce dernier et son envie de faire partager quelque chose qui font généralement la différence.

Question légitime que se posent souvent les participants à un voyage: l'accompagnateur connaît-il la destination et/ou parle-t-il la langue? Même si cela est bien sûr un plus, cela ne garantit pas pour autant la "qualité" de celui-ci. Dans les faits, connaître la région à défaut du pays et maîtriser un minimum l'anglais sont le plus souvent suffisants. Car n'oublions pas que le point fort de l'accompagnateur doit plutôt se situer dans sa capacité à se débrouiller et s'adapter aux situations et à trouver des solutions à tous les problèmes ou manques qui pourraient surgir lors du voyage. Bref, il n'est peut-être pas toujours utile de trop se focaliser sur ses "connaissances".

Autre question parfois posée: est-il salarié du voyagiste? Sous-entendu que cela impliquerait de meilleures compétences. Là aussi les choses ne sont pas aussi simples. Pour commencer, ce ne sont pas les accompagnateurs qui choisissent mais les T.O. avec pour certains le filon du bénévolat (et de l'offre/demande) exploité à outrance. En clair certains accompagnateurs "bénévoles" travaillent depuis des années pour des agences et n'ont de fait rien à envier en terme de compétences à d'autres qui sont salariés. Par contre, c'est vrai aussi qu'il peut arriver que ce bénévolat démotive un accompagnateur ("je me fait exploiter par un TO qui se fait de l'argent sur mon dos") ou en tous cas ne le motive pas vraiment ("pourquoi s'impliquer dans ces conditions; autant profiter du voyage comme les autres").

Bref, ce n'est pas toujours évident. D'où l'intérêt de pouvoir rencontrer ou même simplement dialoguer avec son accompagnateur avant le départ.

2.3- Devenir accompagnateur

Pour ceux qui auraient envie de tenter l'expérience, quelques conseils préalables...

Le tourisme demeure au niveau mondial le premier secteur d'emplois saisonniers. Gros avantage, celui-ci ne nécessite pas forcément de compétences particulières, du moins pour qui est habitué à voyager. Les clubs de vacances, les hôtels, mais aussi les tour-opérateurs avec leurs besoins en accompagnateurs ou animateurs sont autant de pistes à explorer depuis la France et qui permettent de partir aux quatre coins du monde. Attention quand même, car la rémunération et les destinations lointaines ne sont pas toujours au rendez-vous, en tous cas au début, et les "contrats" possibles se résument le plus souvent à la durée du voyage. Bref, le plus souvent, devenir accompagnateur c'est d'abord en d'autres termes "comment voyager à l'oeil ?".

Dans la pratique

Voyager gratuitement est en effet une chose possible grâce à certains voyagistes qui cherchent régulièrement des accompagnateurs pour encadrer leurs circuits en France ou à l'étranger.

On le rappelle, un accompagnateur n'est pas un guide; le travail demandé à ce dernier n'est pas le même (la rémunération non plus d'ailleurs). Schématiquement, le guide "explique" un pays alors que l'accompagnateur gère le quotidien du groupe. Donc deux fonctions différentes quoique souvent liées dans les faits.

Dans la pratique, devenir accompagnateur n'est pas trop difficile même si désormais de plus en plus de voyagistes optent aussi pour des accompagnateurs de réceptifs (en clair déjà sur place). Avec un peu d'expérience des voyages ou d'un secteur particulier, plus une bonne connaissance au moins de l'anglais, on a toutes ses chances (une formation tourisme ne sert à rien dans ce domaine). Malgré tout, ceux qui ne sont guère dynamiques, patients, capables d'initiatives et diplomates - des qualités plus que nécessaires pour ce genre de travail - n'auront que peu de chances d'être retenus. Car il faut savoir qu'encadrer un groupe n'est pas tout à fait synonyme de vacances. Sans pour autant être la maman des participants, ni une encyclopédie de connaissances sur le pays, ni même le simple comptable du groupe, l'accompagnateur doit toutefois arriver à trouver le juste milieu afin de permettre aux voyageurs d'être au maximum satisfaits dans un strict respect du pays. Vaste programme...

A de rares exceptions près, on ne peut pas dire qu'être accompagnateur est un métier. Dans de trop nombreux cas encore le travail repose sur du bénévolat ou presque (les TO auraient-ils le sens de l'économie, voire de l'exploitation ?); seuls les frais étant remboursés. Et si les voyages sont au rendez-vous, l'emploi à temps plein ou le salaire régulier demeurent très rares. Mais il est vrai que ce sont à la base des emplois dits "saisonniers".

Quant aux destinations, ne vous attendez pas à partir à coup sûr vers les pays les plus lointains ou pour les meilleurs circuits du catalogue. Même si c'est possible, on vous demandera souvent de faire vos preuves sur des pays que vous connaissez déjà ou des destinations proches, ce qui d'ailleurs peut être très chouette aussi.

Enfin, pour les contacts, sachez que c'est plutôt à la fin de l'été que les voyagistes cherchent pour l'année à venir leurs accompagnateurs; donc contactez-les à cette époque. Très souvent par la suite, une sélection par questionnaire et/ou entretien déterminera le choix des candidats.

2.4- L'accompagnateur-réceptif

Depuis quelques temps déjà, par souci d'économies, de plus en plus de voyagistes remplacent leurs accompagnateurs au départ de l'hexagone par ceux de réceptifs sur place. Charge à eux de récupérer les groupes à la descente d'avion avant de les encadrer pendant tout le périple puis de les remettre ensuite dans l'avion.

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MA Maldyves ·
Bonjour,

Je suis accompagnateur de voyage. Je suis en grande partie d'accord avec vous. Cependant j'aimerai ajouter quelques petites choses.

J'ai travaillé pour l'un des plus grand TO de France qui depuis avril a décidé de ne travailler qu'avec des réceptifs sur place.

Vous avez oublié de dire que l'accompagnateur est avant tout un logisticien. C'est lui qui négocie avec les compagnies aériennes quand lors d'une escale quand il y a un problème d'acheminement. C'est lui qui fait changer les chambres d'un hôtel quand celles-ci sentent le tabac ou ne sont pas ce qui avait été convenu. C'est lui qui fait changer de restaurant quand le guide amène le groupe dans un restaurant enfumé car c'est soit sa famille soit qu'il y touche une bonne commission.

Car il faut savoir que l'accompagnateur ne touche pas de commission des magasins où il passe avec son groupe. C'est le guide réceptif qui touche. Certains essaye d'influencer l'accompagnateur en lui faisant miroiter une rétrocession.

Enfin a mon sens le plus important. C'est l'accompagnateur qui gère les passages de frontières. Quand on arrive dans un aéroport et qu'il manque un ou des bagages c'est lui qui fait les démarches (déclaration de pertes, de réacheminement des bagages et versement des dédommagements immédiats en respect de la convention de Montréal. Ces déclarations se font toujours avant le passage de la douane dans la zone inaccéssible pour l'accompagnateur réceptif ou le guide local. Donc si le voyageur n'a pas un accompagnateur au départ de son pays de départ c'est à lui de se débrouiller. Si cela lui arrive à Guangzhou (canton), kunming, Lhassa ou bien d'autres endroits et qu'il ne parle pas un peu de la langue locale et en plus pas anglais, je lui souhaite bien du courage.

trois anecdotes significatives: arrivée à Guangzhou manque le bagage d'un monsieur qui doit prendre une pilule pour le coeur chaque jour. Hélas, grosse erreur, il a laissé ses pilules dans son bagage. Il est donc vitale pour lui de les récupérer au plus vite. Or nous avons un circuit à faire. Au moment de la déclaration personne ne sait où se trouve la valise. Lorsque nous retrouvons la guide après la douane, elle dit clairement que ce n'est pas son travail mais celui de la compagnie aérienne. Nous passerons 4 longues journées a attendre la valise avec l'angoisse qu'il arrive un malaise au propriétaire. Arrivée à Dali, j'arrive à joindre la compagnie qui m'indique que la valise est arrivée à l'aéroport de Dali il y a une heure mais qu'il est fermé pour le week end. Et bien mon nouveau guide lui non plus n'a pas voulu s'occuper de la récupération soutenant qu'il était impossible d'accédé à l'aéroport. Et bien j'ai pris l'initiative d'aller directement à l'aéroport et à force de négociation j'ai récupéré la valise (je passe les détails assez improbables).

Une autres fois à l'aéroport de La Shangri-La, avant de prendre l'avion sur le permis d'entrée au Tibet (remis par le guide le matin du décollage), le numéro de passeport d'une des voyageuses et erroné. Et bien pour faire court, la guide n'a pas voulu se mettre mal avec les services de sécurité et j'ai donc dû faire le job et preuve d'une très très grande persuasion agrémenté de beaucoup de tact, humilité et déférence afin que le responsable de la sécurité laisse passer cette dame.

Enfin presque risible cette guide qui me dit un soir que le lendemain le groupe pourra faire la grasse matinée car la visite prévue ne peut avoir lieu car il y a eu des inondations et la route est détruite. Connaissant très bien la route, je ne vois pas comment elle a pu être détruite. Je pousse malgré le refus répété de la guide d'y aller argumentant qu'on y va et si la route est coupé on reviendra mais qu'on aura vu un beau paysage... Evidenment la route n'était pas du tout coupé et il n'y avait pas eu d'inondation. La guide n'a pas eu sa grasse matinée! Sans accompagnateur une superbe visite n'aurait pas eu lieu.

Contrairement à vous je pense qu'être accompagnateur est un métier. Sans diplôme mais un métier. On est premier levé et dernier couché.

Et certes il y a beaucoup d'accompagnateurs bénévoles qui en échangent du voyage gratuit (considéré par l'administration fiscale comme une rémunération en nature et donc soumise à déclaration et impôt sur le revenu) essaie de faire le job. Mais là pour l'avoir vécu, je souhaite au voyageur que son "accompagnateur" sache où il doit descendre du train de nuit sinon le réveil risque d'avoir lui loin, loin très loin du point prévu...

Bref la logique de réduction des coûts des TO les poussent à prendre des accompagnateurs locaux au détriment de la qualité et la tranquilité. Et oui on ne délocalise pas que des usines...

Bon voyages à tous.
AT Atila Globetrotter ·
Ça donne vraiment envie !😄

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