Mardi 15 octobre, Mahon, Minorque
Le Windows Café est toujours calme (même le matin du débarquement ce sera ainsi), sans affluence et très lumineux. Après les deux premiers jours où nous étions servis, maintenant chacun se sert. Pour une question d’hygiène, ce n’est pas ce que je préfère, mais c’est ainsi. Le soir les tables sont recouvertes de nappes blanches et l’ambiance y est chaleureuse et détendue.
Avant le départ je n’ai pas réussi à réserver sur internet de table dans les restaurant alternatifs (à supplément) et aujourd’hui nous apprenons qu’ils sont tous complets jusqu’à la fin de la croisière. Les cartes sont alléchantes, ce sera pour la prochaine fois.
Ce matin la mer est un peu agitée mais le bateau ne bouge pas. Le ciel est dégagé et la température est fraîche, comme hier. Une guide nous a expliqué qu’elle ne s’élevait qu’à partir de 11 h et c’est tout à fait vrai (13-14°C le matin et jusqu’à 29-32°C l’après -midi). Comme sur cet itinéraire nous n’avons aucune journée de mer, nous apprécions ces demi-journées de navigation.
Minorque est la plus belle des escales, une perle préservée dans cette mer Méditerranée si tournée vers le tourisme, quelques fois (ou trop souvent ?) de manière inconsidérée. Classée réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO depuis 1993 elle est protégée. C’est un petit paradis naturel, elle ne mesure que 50 km de long sur 22 km de large. Elle est préservée des assauts du tourisme au bénéfice de l’agriculture locale.
L’arrivée sur Minorque est absolument magnifique. Le bateau doit remonter un long bras de mer pour arriver au port de Mahon. De chaque côté les rivages sont parsemés de petites maisons blanches accrochées sur les berges qui font penser à Mikonos. C’est superbe sous ce beau soleil !
Malheureusement nous voulons manger avant d’arriver et je n’ai pas mon appareil photo, j’avoue aussi que j’ai préféré regarder plutôt que de descendre le chercher en courant.

Je voulais louer une voiture pour cette escale, il y a un loueur sur le port juste au pied du bateau dans les petites maisons au pied de la falaise sur la photo ci-dessous. Ses horaires indiquaient qu’il n’ouvrait qu’à 16 heures quand nous arrivions à 13h pour repartir à 20h. Je lui ai écrit pour lui demander s’il serait ouvert sachant qu’un un bateau serait présent, mais il ne m’a jamais répondu. Aussi j’ai réservé une excursion… Et quand nous sommes arrivés il était ouvert.

La première excursion que j’avais réservée a été annulée, je me suis repliée sur une autre qui doit nous faire découvrir plusieurs sites de l’île. Notre guide est charmante, très sympathique et catalane elle parle parfaitement le français. Elle aura la gentillesse de nous donner nombre d’explications en aparté.
Nous commençons par un arrêt au sommet du Monte Toro, le plus haut point de l’île à 358 mètres d’altitude. Situé au centre de l’île, il offre une vue panoramique à 360°. Par cette belle journée nous apercevons l’île de Majorque située à 40 km.


L’église du XIVème siècle est dédiée à la vierge, la sainte protectrice de l’île. L’entrée est bien accueillante avec toutes ces plantes, l’intérieur est très sobre.


Dans la cour une petite statue rend hommage à plus de mille minorquins qui quittèrent l’île pour émigrer en Floride en 1768.
Nous poursuivons la visite par un arrêt au site mégalithique de Torralba antérieur de 2000 ans à JC. Les Taulas sont de hautes structures composées d’énormes blocs de pierre calcaire qui avaient une fonction religieuse.

Notre arrêt suivant est sur la côte sud, pour nous y rendre nous traversons les superbes paysages préservés de l’île. Ils sont composés de très nombreuses petites parcelles découpées par des centaines de kilomètres de murets en pierres sèches. Il y aurait 70 000 km de ces murets à travers toute l’île, ils sont la particularité de ce paysage. Ils avaient pour fonction de protéger les cultures des vents violents. Sur la photo la petite ville toute blanche est Alaior.

Etant claustrophobe je craignais un peu la visite dans des grottes, et j’imaginais attendre à l’extérieur. Mais à Xoroi les grottes sont nichées dans la falaise et elles ont la particularité d’être ouvertes sur la mer qu’elles dominent. L’accès se fait par un escalier de 97 marches entrecoupées de quelques terrasses installées en surplomb de la mer. Elles offrent des espaces de détente et des points de vue imprenables. Les jours de tempête ce doit être grandiose ! Ou peut-être d’accès interdit ?



Ces grottes sont constituées de plusieurs salles, toutes avec une ouverture sur la mer. Reliées entre-elles, elles sont aménagées en boite de nuit. La nuit avec la foule, l’obscurité et la profondeur des ténèbres l’effet doit être totalement différent. Je suis sûre que j’aimerais beaucoup moins.

C’est ensuite dans un petit village de pêcheur créé de toute pièce par un Resort que nous nous arrêtons. Il est très beau, et fidèle à l’esprit des constructions locales nous assure la guide.


La rue principale n’est pas tout à fait une avenue.

Les villages pittoresques blanchis à la chaux sont une des particularités de Minorque. Même les tuiles et les systèmes de récupération des eaux de pluie étaient blanchis avec de la chaux pour purifier l’eau récupérée. C’était avant de découvrir de grandes quantités d’eau douce dans le sous-sol de l’île. Aujourd’hui la blancheur est obtenue avec de la peinture mais l’effet de ces toits de tuiles blanchis reste particulier.

A 18h de retour au bateau il nous reste encore 1h30 avant le « tous à bord » aussi nous nous dirigeons directement vers le centre-ville de Mahon accessible par un grand escalier à quelques pas du bateau.
La ville se situe au sommet de la falaise, charmante et agréable avec de nombreuses terrasses de cafés ou de restaurants. Elle reste cependant une « vraie » ville vouée à ses habitants et non axée uniquement sur le tourisme.



Minorque est un petit bijou qui donne envie de revenir pour y séjourner plus longtemps.
Ce soir nous voulons essayer le restaurant principal. En nous y présentant après 20h nous n’attendons pas pour obtenir une table de deux. Ce restaurant est une ruche bourdonnante, très active et bruyante. L’endroit est simple et assez strict, pas très beau pour tout dire, pas particulièrement agréable non plus. Les serveurs courent à cent à l’heure et même s’ils font de leur mieux, les formules d’accueil sont répétées à très grande vitesse d'une façon loin d'être naturelle, il n’y a pas de place ni de temps pour « l’humain ». Nous n’avons pas aimé et nous n’y reviendrons pas.