L'une des plus célèbres attractions touristiques du Québec est fermée. La SEPAQ a barricadé les sentiers menant au mythique rocher Percé, à la suite d'un jugement obligeant la société d'État à dédommager un touriste blessé sur le site.
Depuis samedi, une clôture a été érigée devant l'escalier qui mène au monument naturel, emprunté par près de 100 000 visiteurs chaque année.
«On agit en bon père de famille, explique Rémi Plourde, directeur du parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé. Ça fait longtemps qu'on met de la signalisation. Et tant et aussi longtemps que tout le processus judiciaire n'est pas terminé, on ne se met pas en porte-à-faux de nouvelles poursuites.»
Tout a commencé le 4 août 2003. Mario Gratton, de Hawkesbury, se promène le long de la berge lorsqu'une pierre se détache du rocher et le heurte de plein fouet. Il subit de graves blessures à la tête, qui le forcent à quitter son travail. L'Ontarien dépose ensuite une poursuite de 995 740$ contre la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), l'accusant de ne pas avoir pris tous les moyens pour prévenir les randonneurs des risques de l'excursion.
Le 5 septembre, la Cour supérieure lui donne raison: « (La SEPAQ) se devait d'adopter des mesures raisonnables pour protéger les touristes qui s'approchaient du rocher», écrit le juge Jean-Roch Landry, dans sa décision. La Cour devrait déterminer le montant des dédommagements l'an prochain.
Officiellement, la fermeture de l'endroit est temporaire. «C'est toute une réflexion qu'on devra faire l'hiver prochain, pour arriver à une gestion sécuritaire de ce secteur à long terme», indique Rémi Plourde.
D'ici là, la fermeture de l'endroit soulève l'inquiétude dans la petite ville de Percé, dont la principale activité économique est le tourisme. Chaque année, près de 500 000 personnes viennent du monde entier pour admirer la merveille géologique. «Ça va nuire, c'est sûr, déplore Ginette Péresse, propriétaire de l'Auberge Gargantua, située tout près du rocher. Dire qu'on ne peut plus aller au rocher, ça n'a pas de sens!»
Mais la responsable du tourisme à Percé, Marie Leblanc, ne s'inquiète pas outre mesure. «Les gens viennent à Percé pour voir le rocher, pour l'approcher. Mais on peut quand même l'approcher d'assez près sans aller se mettre le bout du nez dessus!»
Âgé de 375 millions d'années, le rocher Percé est constamment remodelé par les vagues, le vent, la pluie et la gelée. Quelque 300 tonnes de roches s'en détachent chaque année.











