Bonjour
Je vis au Honduras depuis deux ans. Je ne suis pas folle. Et je connais à la fois les pays "dangereux" (2 ans en RDC, 1 an au Mali en pleine guerre, dans le Nord en 2015)...et "sûr" (1 an en Chine, et une enfance en France). La plupart des réponses me paraissent incomplète et stigmatisante pour le Honduras qui est avant tout un pays magnifique, où les rapports humains quotidiens sont cordiaux et l'immense majorité des gens très très accueillants et dégoutés de l'image de leur pays. Pourquoi un tel déchainement de négativité? Les gens voyages au Mexique, en Colombie, où de nombreux problèmes existent. Le Honduras est un pays qui connait de grands problèmes d'inégalités et de criminalités organisés, mais qui ne touche que de façon très très marginale les étrangers (sauf à faire du business, c'est autre chose). Les deux problèmes principaux sont le transport et les grandes villes. A Tegucigalpa et San Pedro Sula savoir où l'on va et comment, ne pas se "ballader". Pour traverser le pays, utiliser soit les grandes compagnies de bus, soit louer une voiture, éviter les "rapidito" minibus plus victimes d'attaque. Car vous l'aurez compris, les vraies victimes de l'insécurité, se sont les honduriens pauvres, qui habitent dans les quartiers à problèmes et se déplacent à pied et avec des bus. La nuit, ne pas prendre de transport. Une fois ces contraintes prises en compte, on peut faire beaucoup de choses. Je suis une femme, passe énormément de temps à randonner et courir dans pleins de zones du pays, je n'ai jamais eu aucun souci. Avec mon compagnon nous voyageons partout. On est toujours vigilent, on prend en compte la réalité, on écoute les gens. Mais on ne se sent pas en péril, à condition encore une fois de respecter ces règles. Si vous en avez marre des destinations envahis de touristes, le Honduras est un paradis, naturel et humain (en vérité plus beau que le Costa Rica et mille fois plus sauvage). Et ce n'est pas parce que j'écris cela que je nie les réalités sociales (extrêmement dures) des honduriens pauvres, que je côtoie dans mon travail et qui "en bavent". Maintenant, stigmatiser ce pays contribue à l'isoler. Y venir c'est le soutenir, et vous ne serez pas déçu!