Sur les traces des chercheurs d'or du Klondike

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Un reportage sur Dawson affirmait que les concessions de mines d’or coûtaient le même prix que lors de la ruée vers l’or : vingt dollars canadiens, c’est accessible. Allons voir. La première partie du voyage est classique, Vancouver quelques jours pour se mettre à l’heure pacifique et observer le flottage de bois,



les loutres,



Les aigles,



les écureuils,



les Tamias,



Presque remis nous nous envolons pour Whitehorse, ainsi nommé dans les années 80 (1880), à cause des rapides du fleuve Yukon rappelant la crinière d'un cheval blanc.



Grand Canyon: “Through this narrow chute of corrugated rock the wild waters of the great river rush in a perfect mass of milk-like foam, with a reverberation that is audible for a considerable distance.”

De nombreuses embarcations furent perdues. La police montée imposa l’usage d’un pilote aguerri. Les voyageurs se regroupaient dans Canyon City, dans l’attente d’un pilote qui ferait franchir les rapides à leur embarcation.



Renommé en juillet 1883 Miles Canyon. Depuis, le Yukon s’est assagi. Le barrage hydroélectrique à dompter le cheval



Les courants restent forts.



Les bateaux arrivaient de San Francisco à Skagway.



Les prospecteurs devaient franchir des cols difficiles : White Pass ou Chilkoot Pass.



De plus petits bateaux permettaient de parvenir à Dyea, départ de la Chilkoot trail



Depuis le sol, allégé du poids des glaciers, est remonté de plus de deux mètres. Difficile d’imaginer les restes de ce bateau au fond de l’eau.



Le départ de la Chilkoot trail





Pendant la ruée vers l'or du Klondike, entre 20 000 et 30 000 personnes traversèrent le col. Un flux continu de personnes l’empruntait, de jour comme de nuit, et il fallait parfois attendre jusqu'à 4 heures pour pouvoir le gravir.

La Police montée du Nord-Ouest y établit un poste pour assurer l'ordre, percevoir un droit de passage et s'assurer que chacun ait suffisamment de provisions pour un an.



Les mineurs devaient apporter avec eux environ une tonne de provisions dont plus de la moitié en nourriture afin d’éviter les famines. Ils étaient obligés de gravir le col une vingtaine de fois, à raison de 50 kg par ascension. En hiver, un escalier à péage, de 1500 marches taillées dans la glace « the golden stair » permettait l’ascension sur une seule file.



En 1897, un tramway tiré par deux chevaux permettait aux plus riches de gravir les 200 derniers mètres, au prix de 1,5 cent la livre !

En 1898, trois téléphériques furent construits au col de Chilkoot. La fréquentation du col diminua après la construction en 1900, d’un chemin de fer sur White Pass.

White Pass réputé plus facile, car accessible aux chariots, étaient souvent boueux et difficilement accessible.

Il était aussi appelé « The dead horse trail ».



Les deux routes conduisaient aux lacs Lindermann et Benett. Les prospecteurs construisaient alors des embarcations. Pour rejoindre le Klondike à environ 600 km. Carcross (Caribou Crossing) n’était, avant la ruée vers l’or, qu’un camp de chasse saisonnier occupé par les Taguish, en mai 1898, 7000 bateaux, radeaux, voiliers passèrent en direction de Dawson.

TR Trian Regular ·
Au cours de l'été 1899, le chemin de fer White Pass and Yukon Route fit son arrivée au lac Bennett. La piste Chilkoot fut presque aussitôt abandonnée au profit de cette manière nouvelle, plus rapide et moins chère de transporter les marchandises.



La ligne Skagway Whitehorse est inaugurée le 6 juillet 1899, à Carcross. “Driving the last spike”.

Aujourd'hui



Deux célébrités sont enterrées à Carcross : Ceux sont deux des inventeurs de l’or du Rabbit Creek, devenu Bonanza Creek. Skookum Jim Mason et Dawson Charlie. Kate Carmack, soeur de Skookum Jim et épouse du troisième découvreur, George Carmack. En 1900, Carmack épousa Marguerite Laimée. Il ne laissa, à Kate, aucune part de la fortune accumulée. Elle ne put revoir leur fille et mourût pauvrement en 1920.

Carcross détient le record du plus petit désert du monde.



Cela ressemble à un désert, mais ce sont les restes d’un ancien lac. Il y a dix mille ans, la fonte des glaciers a créé des lacs. Une couche de sable et de limon, emprisonnée par le glacier de Watson, emplit le fond du lac.



La rivière Watson, après la disparition du lac, coupa l’épaisse couche de sédiment, qu’elle continue à transporter dans le lac Bennett. Au printemps, le vent emporte, le sable sur les dunes.



La voie ferrée menait jusqu’à Whitehorse.

Whitehorse « the end of steel, just a place to wash your socks ».

La ville garde le souvenir de la ruée vers l'or.



La Police montée du Nord-Ouest au Yukon passe de 19 en 1896 à 285 à la fin de 1898, pour maintenir l’ordre.



« Noli pati un scelestis opprimi. » = « ne laissez pas les salopards vous broyer »



Et l'homme qui a recueilli les témoignages des prospecteurs, dans les saloons de Whitehorse. S'il n'a pas trouvé d'or, il aura fait rêver des générations avec "The call of the wild".







Le rapide “Five Fingers” était le principal obstacle sur la route. Beaucoup de prospecteurs périrent en se trompant de canal.



Un steamer dans les rapides de Five Fingers



Les bateaux à vapeur, sur le Yukon, sont passés de 7 en 1897 à 30 en 1899.



Certains naviguent encore.



D'autres ont connu un sort moins favorable.



Nous quittons Whitehorse pour parcourir la Dempster Highway, ouverte du 10 juin au 14 octobre selon les conditions météorologiques.





La construction de la route a commencé à Dawson en janvier 1959. Son but était de rallier la future ville d’Inuvick (« la place de l’homme » en Inuvialuktun). Elle devait assurer un lien terrestre toute l’année pour soutenir l’exploration pétrolière. Du pétrole a bien été découvert au mois d’aout 1959 à Eagle Plains. Interrompus en 1961, les travaux n’ont repris qu’en 1968. La découverte de réserves de pétrole en Alaska a fait craindre que les Etats-Unis n’exploitent seuls le champ pétrolier. ». La route est construite sur un remblai de deux mètres de hauteur pour isoler le pergélisol.
TR Trian Regular ·
La route, ouverte en 1979, doit son nom à William Dempster qui retrouva, en 1911, « la patrouille perdue ».



Expédition conduite par Cpl. William Dempster à la recherche de la patrouille, Dawson City, Yukon Territory, 1911



La taïga sous l’arc en ciel.



Elan ou Orignal peuvent croiser votre route.



Il n’y a pas de 4G, pas de 3G non plus. Il n’y a d’ailleurs pas de téléphone, mais heureusement le signal GPS : "Rester sur la 5 Nord, puis tourner à droite dans 308 km"

La route non goudronnée est très bonne, à part quelques trous, le 4X4 n’est pas nécessaire. Des véhicules de service patrouillent tous les jours, c’est rassurant. Il est pourtant conseillé d’emporter en été, de l’eau, du répellent un bidon d’essence et des fusées de détresse. En hiver il faut ajouter une pelle, un sac de couchage, un réchaud et des allumettes. La toundra s’étend à perte de vue.





Nous longeons le parc de « Tombstone » et traversons une partie de « Béringia », une zone qui n’a jamais été recouverte par les glaciers, par manque de précipitations. Le centre d’interprétation du parc de Tombstone est un endroit accueillant, offrant du thé sauvage, une bibliothèque, des salles d’exposition et un personnel souriant.





Black spruce ou Picea Mariana typique de la taïga, appelés aussi « Drunken trees » pour leur aspect penché, dû au dégel partiel du sol.



Nous longeons la « Taïga ».



Eagle Plains neuf habitants : le panneau n’est pas à jour, en fait, il n’en reste que sept.
TR Trian Regular ·




Après une belle soirée, la neige nous empêche de poursuivre.



Plus d’accès aux NWT (Territoires du Nord-Ouest)

Ne nous laissons pas impressionner.

Rien oublié ?

Un cycliste japonais : un héro.

Où planter sa tente dans la toundra, entre marais et tourbière ?





Nous franchissons la ligne symbolique du cercle polaire.





Frontière des territoires du Nord Ouest.



Nous entrons en pays Gwitch’in.



Nous rentrons le Yukon est assez grand pour nous.
DO Dolma Globetrotter ·
Ah ces routes sans fin, ces routes qui filent dans des paysages où certains diront qu'il n'y a rien à voir alors qu'il y a tant à découvrir ! J'adore ! Magnifique et grand voyage dans ce coin du monde à la poursuite d'une grande et douloureuse histoire que celle des chercheurs d'or.

Je m'accroche à ce récit...

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
TR Trian Regular ·
Merci Dolma, nous finissons la Dempster et allons nous occuper de notre mine d'or !

TR Trian Regular ·
Tiens un Grizzli !



Va-t-il traverser ?



Sommes-nous dangereux ?



Un Grizzli ne lâche pas même si la racine résiste



Nous continuons sur la route qui est aussi une piste d’atterrissage d’urgence !



Nous croisons de zone de chasse en territoire Gwitchin. Ne prenez pas plus de rennes que nécessaire.

TR Trian Regular ·
Nous nous arrêtons à l’hôtel d’Eagle plains. Des messages personnels sont affichés sur la porte.



Nous apprenons l’histoire de la migration des rennes.

La fin de l’exploitation des baleines a mis en danger la survie des populations vivant sur la côte arctique. L’idée de créer un élevage de rennes pour nourrir la population fut étudiée par des botanistes de 1927 à 1929. A noël 1929, quatre samis et six inuits partirent d’Alaska, avec un troupeau de 3440 rennes, pour parcourir 2400 km. Le troupeau rejoignit le canada en trois ans mais il fallut encore deux ans pour parcourir les derniers km, en raison des tempêtes de neige. Le 6 mars 1935, 2370 rennes furent livrés au gouvernement canadien. Seul 10% des rennes avaient survécu au voyage. Les autres rennes étaient nés en cours de route.





Laplander Andrew Bahr



Photo prise durant la migration.

https://www.canadashistory.ca/explore/environment/the-great-canadian-reindeer-project

La construction de la route n°5 fut un défit. Le territoire était celui des Vuntut Gwitchin, des Tr’ondek Hwech’in, et des Nacho Nyak Dun qui chassaient dans ces immenses étendues. L’histoire des européens dans la région se résumait à quelques évènements : l’arrivée de la Hudson’s Bay Company, la tragédie de la patrouille de Police Montée qui périt en 1911.



Le caporal W.J.D. Dempster, qui retrouva les corps.



La poursuite d’Albert Johnson, le trappeur fou de Rat River. Il fut finalement abattu, en février 1932, sur la glace d’Eagle River. Il avait parcouru à pied de 240 km, passé un col à 2100 m. La poursuite dura plus d’un mois, un avion fut utilisé pour retrouver sa trace.



L’exploration pétrolière commença en 1954, à Eagle Plain. Elle aboutit le 17 Août 1959. La route suivit d’abord la piste des « cat trains », le long de la rivière Klondike. Après de nombreuses inondations, la route fut déplacée.



Les « cat-trains » formés de traineaux tirés par une chenillette Caterpillar On peut voir dans l’hôtel des photos des véhicules utilisés lors de la construction.



Cette fois en route pour Dawson city :



Après la « Dempster Highway ».

La rue qui longe le Yukon.

Moins de monde.



Affections tarifées pour jeune homme en mal de tendresse.





Le paiement en poussière d’or n’est plus utilisé au « Bonanza Market » ni au « Dawson City General Store Ltd ».



On dépose l’or à la “Bank of British North America”.



Toujours présente.



L’attente du courrier.

TR Trian Regular ·
Les boites postales



Le bar avant.



Le bar maintenant.



Les rues passantes en bourbier.



sont devenues beaucoup plus carrossables.



Les corbeaux attendent leur repas devant la « Drunken Goat Tavern ».



Maquette : Ice Coal and Oil.

MI Micy Veteran ·
Salut Alain,

Récit superbe, références passionnantes à l'histoire, photos de toute beauté

On sent ton émotion et l'amour (ta passion) pour ces régions magnifiques, sauvages, pleines d'aventures et où tous les risques étaient parfois cruellement présents pour beaucoup de ces courageux.

Le Klondike, ce mirage, ce Graal, cette dernière chance pour beaucoup de délaissés, tant d'efforts, de sacrifices pour soi et parfois pour les siens dans un environnement souvent (très) hostile

Bref, du courage à l'état pur

Nous avons eu le bonheur de humer également (un tout petit peu) cette atmosphère à l'occasion de la visite des villes côtières d'accès au Klondike (Juneau, Skagway, Ketchican).

Bravo pour ton retour

Joseph [;)]
TR Trian Regular ·
Merci Micy pour ces encouragements. Dans un petit bar, nous étions trois à être allés à Dawson. Nous n'avions pas vu les même choses. Pour eux, il n'y avait rien à voir ! Alain

AI AirOne Globetrotter ·
Vraiment excellent ce carnet qui suit l'histoire du Klondike. Bravo ! [:)]
Erwan La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
TR Trian Regular ·
L’église de Saint Andrew n’est plus en service.



Le pergélisol a fait des siennes :



Jacques London a laissé quelques traces, avant de contracter le scorbut.



Il habita chez le Marshall Latham Bond et son frère Louis Whitford. Leur chien Buck, à gauche, devint le héro de « l’appel de la forêt ».



Nous allons franchir le Yukon par le bac.



Nous choisissons un endroit calme et sain pour dormir.



Bon, il y a les ours !



Et les poubelles sécurisées.



Sur les bords du Yukon on trouve des Spirales de Vie – Chamanisme des Origines



Mais aussi des chipmunks ou tamias



Nous logeons dans les bois dans une cabane typique.



Bien sûr équipée d’une bombe anti-ours.



Préparons nos outils pour notre prospection.



Puis nous retournons à Dawson, pour apprendre les bases du métier à Goldbottom.



Un mot sur Joseph Ladue, fondateur de Dawson. http://www.explorenorth.com/library/bios/ladue-joe.html





Joseph Ladue était bien connu pour ses histoires imaginaires sur l’or de l’Indian River, à 30 km en aval. En juillet 1894 Robert Henderson, mineur expérimenté, accepta de tenter l’exploration. Ladue lui avançait l’approvisionnement nécessaire. Après deux ans d’exploration solitaire, Henderson trouva une quantité d’or respectable, dans un ruisseau qu’il appela Goldbottom. Sa découverte fut éclipsée par celle attribuée à George Carmack. Le 1° octobre 1896, comprenant le potentiel de la région, Ladue déménagea sa scierie d’Ogilvie à l’embouchure de Throndiuck (Klondike) River.

Nous prenons nos quartiers à Goldbottom.



A coté de la maison d’origine.

TR Trian Regular ·
Merci, je continue mon histoire en photos ...

Alain

Une photo de Joseph Ladue qui déménagea sa scie hydraulique de Sixty-mile à ce qui devint Dawson. Il devint riche par sa prévoyance et sont sens des affaires, contrairement à la plus part des chercheurs d'or.

TR Trian Regular ·
La maison d’origine.





https://www.canadianmysteries.ca/sites/klondike/archives/journalarticle/3332en.html



TR Trian Regular ·
A coté de la maison d’origine.





https://www.canadianmysteries.ca/sites/klondike/archives/journalarticle/3332en.html

Encore un peu d’histoire triste. Henderson travaillait à Goldbottom, sans en avoir réclamé la découverte, ne se préoccupant que d’avoir suffisamment d’or pour payer ses provisions d’hiver. Pendant ce temps plus de deux cent « claims » étaient déposés par de nouveaux arrivants. Maudissant Carmack, lorsqu’il connut l’emplacement des découvertes, Henderson apprit que le ruisseau où il travaillait avait été déposé par Andrew Hunker. Les deux ruisseaux étaient considérés comme un seul et même ruisseau par le service des mines. Dans les mois qui suivirent, Henderson fut atteint d’infection chronique de sa jambe. Il dut être opéré pour alléger la douleur. La convalescence dépassa trois mois. Il perdit alors le droit de déposer une requête et dut vendre ses droits pour couvrir ses dépenses de soins. Son sort fut connu des mineurs de Dawson qui se cotisèrent pour venir en aide au « découvreur du Klondike ». Il embarqua sur un vapeur à destination de Seattle, en octobre 1898, première étape pour rejoindre sa famille. Pendant le voyage, ce qui lui restait d’argent lui fut volé. Désespéré, il inscrivit sur son badge de pionniers du Yukon, le mot de Tappan Adney : « You keep this. I will lose it too. I am not fit to live among civilized men.”

Il n’arrêta pas sa quête, en septembre 1899, il était de retour dans le Yukon.







Il nous faut apprendre à utiliser la battée d’orpaillage.



Avec des résultats divers :





Il existe des moyens moins fatigants : le Gold Génie







La mine ruine un peu notre vision poétique : Sur le site d’une ancienne mine où les mineurs pensaient avoir trouvé la roche dure. La pelle mécanique a permis de creuser encore une dizaine de mètres. Bingo, 80 paillettes par battée.



Pelles mécaniques et bulldozers creusent d’immenses carrières. La seule obligation étant de ne pas détourner de cours d’eau.



Des dragues volumineuses ont été employées dés le début. Ici la drague numéro 4, 2722 tonnes, fut construite en 1912.

Plus grande drague à godets en ligne d’Amérique du nord. Elle a remonté la rivière Klondike, jusqu’à la concession Boyle, où elle a coulée, en 1924. Renflouée en 1927, elle remonta jusqu’à l’embouchure du ruisseau Hunker, où , sur la concession 67, elle extrayait 22 kg d’or par jour

TR Trian Regular ·
Juste un lien pour admirer de belles photos de Camionleon !

https://camionleon.blogspot.com/2018/10/la-ruee-vers-lnord.html?showComment=1540673780534#c403574373007666244 Léon aux Amériques

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TR Trian Regular ·
Fort de notre expérience, nous retournons à Dawson, pour enregistrer une concession ! Sur la route, un renard a fait une découverte.





Allégresse du renoncement.



« Nous découvrons une institution étrange, datant de 1973 : Le « SourToe Cocktail ».







Un mystérieux coffre, un officiant Terry Lee, que l’on nomme le capitaine.



Dans les années 1920 Louie Linken et son frère Otto furent pris dans une tourmente de neige, avec leur cargaison de contrebande. En menant ses chiens, Louie plongea un pied dans un trou d’eau.



Craignant d’être poursuivis, ils ne s’arrêtèrent pas avant leur cabane. Le gros orteil gelé, Louie fut amputé à la hache, pour prévenir la gangrène, du rhum comme seul anesthésiant. En souvenir de cette expédition mémorable, les deux frères conservèrent l’orteil dans un flacon de rhum.





50 ans plus tard en 1973, le capitaine Dick Stevenson trouva la bouteille en nettoyant la cabane. Il rapporta l’orteil au Sourdough Saloon où il eut l’idée de plongée l’orteil dans le verre de qui voulaient montrer son courage. Ainsi fut fondé le Sourtoe Cocktail Club.

Malheureusement l’orteil ne dura que sept ans après sa découverte. En juillet 1980, un mineur, Garry Younger, tentait d’établir un record. Au treizième Sourtoe Champagne, sa chaise bascula en arrière, il avala l’orteil. L’orteil ne put être récupéré.



Depuis sept orteils supplémentaires ont été donnés au bar. Le numéro deux à la suite d’une opération. L’orteil numéro trois qui venait aussi d’une gelure, fut également avalé accidentellement. Le quatrième, don anonyme, fut volé par un chasseur. Les cinquième et sixième furent légués par un ancien en échange de consommations offertes à ses infirmières. Le septième orteil provint d’une amputation due au diabète et le huitième fut reçu dans un flacon d’alcool avec la mention : “Ne tondez pas la pelouse en sandales.”

Le 24 aout 2013, Joshua Clark commanda un «sourtoe shot », avala l’orteil, paya les 500$ d’amende et quitta le saloon. C’est la seule fois que l’orteil a été volontairement avalé. L’amende a été portée à $2500. En juin 2017, l’orteil a été volé. Il fut renvoyé à son propriétaire par la poste, avec un mot d’excuses. La RCMP était sur ses traces. Le voleur avait payé avec sa carte bancaire ! Depuis les règles ont changé, on peut utiliser n’importe quelle boisson, mais une règle reste intangible :

“You can drink it fast, you can drink it slow, but the lips must touch the toe.”



Avec une telle histoire, je devais braver le dégoût. Ce n’est pas pire que la vipérine.



Si ! En plus c’est le second doigt très long, d’un pied grec.
TR Trian Regular ·


Malgré les encouragements… Vraiment ?



Félicitations, je suis le 83759° imbécile à être reçu dans le « Sour Toe Club ».

Je m’étais pourtant promis de « ne jamais faire partie d’un club qui m’accepterait pour membre. »
PI Pilar4 Regular ·
Bonjour ,

Je suis avec beaucoup d'interêt votre carnet car nous partons le 16 aout prochain pour une boucle de 3 semaines Whitehorse - Keno - Tombstone - Dawson City - Kluane - Haines - Skagway et retour Whitehorse. Au delà de l'itinéraire , votre récit est une mine d'or ( c'est le cas de le dire) en matière de références historiques . Je vais m'attacher à les noter pour les reprendre au gré de notre circuit. Je pense que nous nous essaierons aussi à l'orpaillage ... Je vois deux raisons de ne pas revenir : une bonne, trouver de l'or ou une mauvaise, se faire attaquer par un ours lors d'une randonnée! Encore merci à vous pour ce passionnant récit .

Pilar
TR Trian Regular ·
Merci Pilar,

Même si je fais cet exercice pour moi-même, en approfondissant mes connaissances, cela fait très plaisir d'être lu, pour les claims, je vais expliquer comment en enregistrer. Pour les ours, à part le grizzli très sympathique croisé au bord de la route, je vous joins celui plus rare des territoires du Nord-Ouest !

Trian

TR Trian Regular ·
Le bureau des concessions se trouve sur Front Street.



La rue a bien changé même si l’on reconnait le « Midnight Dome » Le 21 juin 1899, 150 personnes y ont assisté à la première réunion officielle pour voir le soleil de minuit.

On passe devant le SS KENO.



Il a changé de cap et prit sa retraite.



Une cabane originale,



puis Front Street, 1242. C’est le bâtiment du gouvernement Tr’ondëk Hwëch’in. Les Tr'ondëk Hwëch'in, principalement installés à Dawson, ont obtenu une autonomie gouvernementale, en 1998. Ils gèrent maintenant le bureau des concessions.



L’accueil est chaleureux, voici la carte sur laquelle nous devrons choisir une parcelle libre.



Certaines déclarations se font en jurant sur la bible et le GPS.



Pour réserver une parcelle, il est nécessaire d’aller sur le terrain, et de borner l’emplacement. Le « Placer Mining Act » n’autorise pas le « map staking ». La concession ne permet pas le travail de carrière et ne donne pas de droit sur la surface du claim.

Le bornage se fait dans l’axe du ruisseau sur 150 m le long de l’axe et 300 m de chaque coté de la ligne de base.



Les piquets de bornage doivent être de 5 pouces de diamètre et dépasser de 4 pieds du sol. Ils doivent être marqués : Post N°1 et Post N°2, avoir le nom donné à la concession, la distance en pied entre les deux piquets, la date d’implantation et le nom du borneur. Le terrain entre les deux poteaux doit être débroussaillé pour marquer l’existence du claim.

Le claim doit être enregistré dans les 10 jours. un jour supplémentaire par 10 miles de distance à « vol de corbeau », en remplissant le formulaire et en payant 10 $ canadiens.

Bien sûr tout le monde ne fait pas fortune,



mais l'idée nous plaisait bien. Une première condition attire notre attention, on ne peut travailler sur la parcelle avant 25 jours, pour obtenir l’approbation des premières nations.

Roberta Joseph, élue chef des Tr’ondek Hwech’in à Dawson city

Il faut également réaliser 200$ de travaux par an, sur la concession. Un mois à Dawson et un voyage chaque année pour entretenir le claim.

Le froid du grand nord nous saisit !



Avant de repartir, nous avons rendez-vous avec Dorian Amos. Sa vie confortable, en Angleterre, ne le satisfaisait pas .

Sa femme et lui ont vendu tout ce qu’ils possédaient, pour « manger la chair de l’ours ». Ils ont descendu le Yukon, en canoë, sans en avoir fait auparavant. Il a écrit un livre « The good life » où il raconte son aventure.





Nous avons appris qu’il avait écrit une suite à ce livre : « The Good Life Gets Better » Il devait nous montrer des claims possibles mais nous avons renoncé.

Le livre commandé, à notre retour, nous réservait une surprise : Pourquoi borner une concession, alors qu’il suffit d’acheter le livre, pour avoir une action de sa mine !

CO Cochize Globetrotter ·
bonjour,

VRAIMENT sympathique le récit de votre voyage dans ces rudes contrées septentrionales que l’on n’ oublie pas quand on y a été exposé

Pour réserver une parcelle, il est nécessaire d’aller sur le terrain, et de borner l’emplacement. Le « Placer Mining Act » n’autorise pas le « map staking ».

difficile en effet de parler du Klondike sans parler de ruée vers l’or et tout ce que cela évoque de réalités historiques et de mythes !

le Yukon perpétue donc, pour le moment en tous cas, la tradition du ‘’claim post’’ érigé sur le terrain et identifié par un ‘’tag’’ métallique, une tradition qui disparaît peu à peu cependant ailleurs

un jour quelqu’un écrira probablement l’histoire du ‘’claim post’’ et des ‘’claim stakers’’ ( les piqueteurs, ceux qui les implantaient ). Les trappeurs pendant deux siècles et demi ont été essentiels dans la constitution du Pays, les prospecteurs et donc les ‘’stakers’’ ont pris la relève du développement économique vers la fin du XIX ème siècle….

en attendant ce jour je me permets quelques commentaires…

….l’origine du ‘’claim post’’ remonte au Gold Rush de Californie de 1849 celui que l’on peut appeler ‘’the MOAGR’’ (=Mother of All Gold Rushes) même s’il ne fut pas le premier

A cette époque, en 1849, le sujet était à peu près vierge. Il se disait que le ‘’mineur’’ pouvait s’attribuer un droit sur le terrain qu’il était capable de couvrir couché sur le sol, bras et jambes écartés . Il faut dire que c’était quelque peu encombré ! !



Quelque soit l’étendue réelle il fallait maintenir une occupation permanente du lieu, y dormir sur place et ne l’abandonner que lorsque l’on était satisfait du produit de ses fouilles. Quelqu’un d’autre pouvait alors venir l’occuper !

Les premiers chercheurs d’or, les Californios, Mexicains puis Américains venus de l’Est, pour mettre un peu d’ordre dans le capharnaum créé par l’afflux ont d’eux mêmes décider d’adopter le système de la loi minière Mexicaine : premier arrivé, premier servi , en quelque sorte . Les anglophones, rapidement arrivés en nombre lui ont simplement donné son nom actuel

La Californie devenue Américaine, le système du claim fut officialisé et adopté par le Code minier (Mining act 1872) puis adopté à son tour par le Canada.

L’expression ‘’to stake a claim ‘’ et le même principe (premier arrivé, premier servi sous réserve de travaux d’assessement ) furent rapidement appliqués à la revendication d’une parcelle de terrains agricoles comme dans le célèbre Land Run de 1889

Le Land Run de 1889, cet épisode marquant de l’histoire de l’État est en train d’être coulé dans le bronze ‘’ pour l’éternité’’ dans un monument Impressionnant, plus grand que nature, bientôt achevé :

The Oklahoma Land Run Monument

Petite histoire du claim post en raccourci :

Californie 1849



les chercheurs d’or d’alors avaient édicté leurs propres ‘’ 10 Commandements’’ pour mettre un peu d’ordre dans le bazar .. d’ôu le texte de la gravure

Nevada, Comstock lode 1859

10 ans après le Gold Rush qui allait donner naissance à la Californie (the Golden State) et au système minier Nord américain les chercheurs d’or qui avaient fait mouvement de l’autre côté de la Sierra firent une autre découverte qui allait accélérer le changement de l’Ouest et donner naissance au Nevada (the Silver State) et cette fois dès le début le système du claim était opérationnel comme le montre cette peinture qui évoque la pose du premier piquet de claim le 12 juin 1859



Plus tard et pendant un siècle et demi au Canada, avec des variantes selon les Provinces et Territoires….

….le claim staking ou piquetage sera réalisé par des prospecteurs travaillant pour eux-mêmes ou, pour les compagnies minières, par des artisans, des line-cutters sachant manier la hache, la serpette, la scie à chaîne et la boussole et munis de flagging tape (rubalise) rouge ou orange. Mais ce n’est pas tout de piqueter il faut aussi layonner entre les piquets, ce que les anglophones appellent line cutting, matériel lourd interdit

parfois , en cas d’urgence ou par souci de confidentialité, ce travail était accompli par des géologues comme sur cette mauvaise photo de 1974 d’une journée d’hiver sans soleil dans le Nord de la Colombie Britannique

Nord de la Colombie Britannique 1975



Vous y voyez un géologue muni de ses raquettes, de sa hache, de flagging tape qui sort de sa poche, d’une bombe de peinture rouge, d’une boussole Sylva dont on distingue le cordon de cou et de sa toque en castor. Il est occupé à graver, à l’aide d’une pointe d’acier, les informations administratives qui vont figurer sur le tag (la plaque d’aluminium souple) qui sera clouée réglementairement sur le piquet En 2018 deux accessoires sont restés fonctionnels et rendent toujours le même service : la Sylva et surtout la toque, je le sais pour sûr... ce sont les miens !

comme écrivait récemment un journaliste… ‘’ It’s incredibly hard work that requires a strong back and a sharp axe, but in small sparsely populated communities with few opportunities claim staking jobs employ local people.’’

Depuis un dizaine d’années certaines Provinces, grâce au GPS, ont totalement ou partiellement remplacé le piquetage sur le terrain par le piquetage en ligne… c’est beaucoup moins pénible !

Nord de l’Ontario janvier 2018

Néanmoins c’est 2018 qui marque en Ontario la fin d’une ère… l’Ontario vient en effet de passer, elle aussi, au piquetage en ligne… ce qui va permettre au Gouvernement d’augmenter les droits arguant du fait qu’il n’en coûtera plus rien sur le terrain aux compagnies et aux prospecteurs !

Les deux photo ci-dessous seront plus tard probablement historiques. Elles sont censées montrer le dernier piquet (claim post) implanté traditionnellement en Ontario l’hiver dernier ‘’ remisez la hache : on est passé au staking en ligne claim en Ontario’’





Put the axe away: Claim staking now digital in Ontario | CBC News

Pour compléter votre récit , peut-être un autre récit … ….une de mes vieilles connaissances Pierre-Christian Guiollard qui a été lui-même chercheur d’or plusieurs années au Klondike a publié il y a une vingtaine d’années un livre qui peut aussi figurer avantageusement dans une bibliothèque à côté de celui de l’incontournable Pierre Berton

Klondike (Canada) 1896 - 1996 - Un siècle de ruée vers l'Or - Pierre …
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
TR Trian Regular ·
onjour Jean-Paul,

Merci d'avoir complété ce récit, bien sûr non exhaustif, et d'y avoir ajouté le lien vers The Oklahoma City Land Run Monument

AL Ally310 Regular ·
Du coup vous avez renoncé à acheter cette concession ? Merci pour ce récit en tout cas ! Ca donne une profondeur dans un tel voyage, c'était très sympa à lire
Ouest canadien 2008 - Guadeloupe 2012 - Norvège 2012 - Québec 2015 - Irlande 2016 - Floride 2018 - Slovénie 2019 - Angleterre 2021 et 2024 - Espagne 2025
TR Trian Regular ·
Merci Aurélie pour ce retour. On ne trouve pas que de l'or dans les ruisseaux.



Pour la mine nous nous contenterons de l'action de la mine de Dorian, offerte pour l'achat de son livre !

TR Trois14 Globetrotter ·
Bonjour

Merci pour cette magnifique chronique sur la ruée vers l'or du Klondike. Cette époque de la fin du XIXième siècle est réellement envoutante, et ..... j'ai moi-même été envouté.

Aussi, pour un de mes voyages en Alaska, l'histoire de cette ruée vers l'or a été un des fils rouges que j'avais retenus (ainsi que la recherche de rencontres avec les ours). Et c'est un voyage pour lequel j'avais rédigé un carnet sur VF. La ruée vers l'or y est principalement décrite en fin de page 1, ICI, et en début de page 2. On y retrouve certaines histoires, certains détails que tu nous comptes si bien ici. Certaines photos sont quasi-similaires. Mais ma description est beaucoup moins fouillée que la tienne sur ce sujet. Car c'était avant tout un compte rendu de voyage, qui présentait beaucoup d'autres composantes.

Tu comprendras que j'ai beaucoup aimé ton texte. Comme j'ai apprécié les explications toujours passionnantes de Cochize (salut à toi, Jean-Paul [;)]). Encore bravo, et merci !

Jean-Pierre
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trian Regular ·
Merci Jean-Pierre pour ce retour,

J'ai commandé les livres cités dans ton récit, délais 2 à 3 mois ! Les photos d'ours sont impressionnantes. Nous n'avons fait qu'un court passage en Alaska, à cette fameuse douane de Beaver creek. Il y a des avis surprenant pour nous !

Alain
BI Bidul38 Regular ·
Bravo pour ce magnifique voyage. Merci pour ce CR où on peut rêver devant de bien belles photos qui donnent envie d'aller voir ces superbes contrées, et pour ces informations sur l'histoire.
TR Trian Regular ·
Merci Patrice pour ce retour. Encore une photo emprunté à Camion Léon.

BI Bidul38 Regular ·
Ah, les aurores boréales! Que ce doit être beau à contempler !
ES Espaces Regular ·
C'est où, Klondike ?!
TR Trian Regular ·
C'est où, Klondike ?!

Bonjour Sylvie, Le Klondike est un affluent du fleuve Yukon. Il prend sa source dans les monts Ogilvie et rejoint le Yukon à Dawson. Les principales découvertes d'or ont été faites dans les ruisseaux affluents. Le mieux est d'aller voir sur place ! Cordialement, Alain

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