Bonjour Natacha
des comparaisons avec Hitler ou autres stupidités dans lesquelles nos médias occidentaux réducteurs se vautrent avec complaisance depuis plusieurs jours, non
Je crois que vous amalgamez. La comparaison historique avec Hitler porte sur l'invasion des Sudètes Tchécoslovaques, en 1938 et suite aux "accords" de Munich (où la France a trahit ses engagements, d'ailleurs, mais passons), pour des raisons toutes similaires à celles invoquées par Poutine, dompteur d'ours, chasseur alpin et diplomate : la "protection" des minorités ethniques et linguistiques contre une menace toute virtuelle.
Pour ceux qui comprennent la langue, les slogans se passent de commentaires et le Président Ianoukovitch est caricaturé en porc, comparé à Staline etc ... Pour une dictature il y a pire non ???
L'Ukraine de Ianoukovitch n'était certes pas le Turkménistan, il n'en reste pas moins que le président a tout fait pour raffermir son pouvoir, emprisonné ou réduit au silence certains opposants, mouillé dans des malversations financières, dilapidé les biens publics et donné dans d'autres histoires sordides encore. Tolérer ces images était avant tout un mal nécessaire, dans un pays où l'image du Président est plus ou moins obligatoire dans tous les bâtiments publics.
On n'ose imaginer la même chose à Paris en plein Champs Elysées avec des stands de soutien à la Manif pour tous et des caricatures de F. Hollande en porcelet. Manuel Vals et toute notre démocratie donneuse de leçons entreraient en transe!
Je suis entièrement d'accord avec vous sur ce point. La France est loin d'être le régime démocratique le plus abouti du monde, ni le pays qui respecte le plus les droits individuels.
Seulement voila, les manifestants Place Maidan fussent-ils pacifiques pendant 3 mois et quelques activistes venus de Lviv dans la capitale pour en découdre ne sont pas toute l'Ukraine.
Pas plus d'ailleurs que les quelques 30, 40 ou même 50% de russes dans certaines régions. L'Ukraine sous sa forme actuelle n'a jamais vraiment été un état; il est d'ailleurs intéressant d'observer que c'est sous la pression actuelle qu'elle tend à la devenir.
Pas plus que des manifestants réunis Place de la Bastille aidés par quelques bonnets rouges bretons pourraient s'arroger le droit de décider pour toute la France et choisir comme bon leur semble un Gouvernement sur mesure à l'applaudimètre.

Allez dire ça aux dissidents d'hier et d'aujourd'hui, aux opposants aux tyrannies, à ceux qui risquent leur peau pour faire avancer le droit.
Tout ceci ne change en rien un fait très simple : dans une crise qui relève des affaires internes au pays, Poutine a décidé d'envoyer ses troupes d'invasion tout en se défendant de le faire, et accusant les nations occidentales, l'OTAN en particulier, d'intervenir. Peu importe ce que l'on pense des autorités ukrainiennes en place actuellement, il s'agit d'une violation du droit, des engagements de la Russie et, selon le point de vue, d'une déclaration de guerre.