Nouveau sur ce forum et ne connaissant pas les usages, je remets quelques même remarques sur plusieurs forum Ethiopie. Je voudrais juste apporter quelques exemples concrets pour illustrer mes 5 semaines en Erythrée et Ethiopie en 2003.
Pour moi, la seule fois où j'ai reçu des pierres, c'est dans le village Geleb (les ennemis jurés de Hamer) sur la rivière Omo à deux heures de Turmi (non oublié) parce que je prenais une photo plan large (attention, pas un portrait !) sans payer. Bref, après s'être mutuellement insulté, j'ai laissé tombé la photo dans ce bled.
Pour tout le reste du séjour, l'appareil photo a été un merveilleux compagnon pour lier contact et je n'ai eu qu'à louer la dignité et la gentillesse des Ethiopiens rencontrés. Quelques exemples : 2 jours avec des fonctionnaires du Ministère de l'Agriculture entre Turmi, l'Omo river et Arba Minch, après qu'ils 'ont eu pris gracieusement en stop ! photo gratuite à Turmi (si si !) avec Ilko, adolescente Hamer très curieuse de mes photographies de France après 3 jours à Turmi il est vrai, et quelques "discussions" via un habitant parlant Anglais et Hamer. C'est vrai les Hamer demandent 1 birr la photo, mais quels excellents comédiens et poseurs !! Et puis, ils vous emmerdent pas quand on prend des photos au zoom de loin ou en plan large (au contraire de leurs ennemis, les Geleb !), et j'ai pu, en restant 3 jours (je sais c'est peu !) faire en sorte qu'on s'ahbitue à me voir dans les parages... rencontre à Harar avec un collègue enseignant et les enfants du quartier rencontre avec un collègien footballeur désirant parler anglais qui m'a guidé un peu dans les environs de Harar (sans rien demander en échange que la pratique de l'anglais, je précise !!) dignité et serviabilité d'un pêtit guide à Lalibela pour me guider jusqu'à l'une des églises perchées dans la montagne, et en général de tous les gens rencontrés à Lalibela, malgré la disette ambiante et les dificiles conditions de vie... soirée autour de milkshake avec trois étudiants à Addis Abeba incroyables "scéances photos" et rires partagés avec les marchandes et les enfants de Asbe Teferi, où les touristes semblent bien rares... Hébergement à Dire Dawa par une famille mususlmane du fait de l'arrivée du train de Djibouti à 1h du matin au lieu de 18h. A deux heures du matin, Monsieur a mis un matelas pour sa femme et sa fille dans le couloir, a dormi avec son petit garçon sur un matelas dans la chambre et ils m'ont laissé le lit conjugal. Il mattendait le matin pour déjeuner... repas partagé avec un ingénieur agronome et dex de ses amies dans l'un des petits restaurants de Lalibela...
quant à l'Erythrée voisine, je ne suis pas parvenu les trois premiers jours à payer mon bus ou le repas demidi sur le trajet car mes voisins de bus, moins argentés que moi, le payaient avant que j'ai pu esquisser le moindre geste. Le dernier jour, ce vieil homme de 75 ans, expulsé d'Ethiopie, ancien cadre d'Ethiopian Airlines à qui ses terres et maisons en Ethiopie avaient été confisquées parce que d'origine érythréenne, a payé mon bus pour l'aéroport sur sa carte d'abonnement en me disant "tu en auras besoin pour prendre un café à l'aéroport" !
Et je pourrais trouver d'autres exemples. Finalement, il n'ya guère que à Gonder et Bahar Dar que le tourisme m'a semblé générer une moindre curiosité mutuelle. Alors je ne sais toujours pas pourquoi cela se passe parfois bien ou parfois mal. En ce qui me concerne, j'évite toujours de voyager avec voiture et guide car le 4*4 et le guide agissent comme un filtre et c'est pour moi un microcosme ou l'on est protégé de l'extérieur et qui empêche ou limite l'adaptation au monde extérieur tellement différent du notre. J'ai toujours noté que les demandes de stylo et argent étaient plus pressantes sur les touristes arrivant dans les 4*4 qu'avec les moyens de transport locaux, et que, de toute manière, ces demandes cessent très vite, d'autant plus que l'on reste quelques jours au même endroit. Et puis, je relativise tout le temps ces demandes d'argent de la part de gens qui me prennent pour un con, car ils restent une minorité qui se lasse assez vite du "jeu".
Donc, moi, je voudrais remercier ici les Ethiopiens qui m'ont donné une leçon de dignité et d'hospitalité durant mes 5 semaines dans la région. Et j'y retourne pour 10 jours en août, en revenant de Zambie et Malawi...
Bonne chance à tous ceux qui veulent y aller. Il faut effectivement mieux partir averti et savoir qu'une mauvaise expérience peut survenir, mais le contraire est aussi largement possible. La preuve !