Bonjour,
J'ai mis les pieds à P.N. pour la première fois en septembre 1957, venant de Brazzaville où j'étais affecté depuis 56 et après une longue virée de plusieurs semaines au Gabon. C'était à l'époque une petite ville d'une propreté impeccable, calme et sûre, où l'Armée de l'Air française était omniprésente. Par la suite, j'y suis revenu régulièrement par la route ou en avion, l'ambiance y assurait un agréable changement par rapport à celle régnant à Brazza, c'était un lieu de détente très apprécié du fait de la mer....Les choses ont changé à partir de la chute de Youlou et lorsque j'ai quitté Brazza en 71 pour Libreville, la situation y était devenue assez dangereuse, avec agressions en tous genres, pillages, entretien de la ville inexistant. A mon retour en 81, la situation ne s'était pas améliorée, loin de là : ville sale, Côte Sauvage dévastée (les cocotiers abattus "pour voir arriver l'ennemi capitaliste"), le port était devenu une zône de non-droit, les vols se pratiquaient aussi bien à la Cité qu'en ville ex-européenne, des militaires désoeuvrés originaires de tribus du Nord faisaient régner la terreur sur la plage où ils étaient supposés assurer la surveillance (leur passe-temps favori était d'intercepter les jeunes filles qui avaient la naïveté de se promener sur le font de mer où ils occupaient une case vide...avec les conséquences que l'on imagine). Il m'a fallu plusieurs mois pour retrouver l'ancien hôtel de l'Armée de l'Air où il m'était arrivé d'aller prendre d'excellents déjeuner (ma qualité d'officier de réserve m'y autorisait...) lorsque je venais de Brazza : c'était une ruine sans portes ni fenêtres transformée en logement pour des militaires congolais sans grade, avec des chèvres sur les balcons...on était loin de l'immeuble coquet, immaculé que j'avais connu, situé entre la voie du CFCO et la Côte Sauvage. J'ai quitté définitivement P.N. en juillet 87, sans autre regret que celui d'avoir assisté à une déchéance pitoyable de cette ville, où je me plaisais beaucoup. Et l'entrée dans le monde capitaliste ces dernières années, après les vitupérations véhémentes entendues, ne manque pas de sel !
Gardez les bons souvenirs....
mboloani