De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi
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BR
De retour d’un premier séjour au Ladakh…je me décide enfin à écrire quelques lignes.

En effet le voyage date déjà de quelques mois, l’été 2019. Mieux vaut tard que jamais…

Beaucoup de montagnards chevronnés sur cette destination (il y a peut être une certaine logique à cela), je dois avouer que je n’entre pas dans cette catégorie… ce qui ne m’empêche pas d’apprécier de grandioses paysages de montagne !! Mes motivations premières pour cette destination étaient donc : la découverte de la région et des ses habitants, bien entendu ; l’Himalaya bien sûr, mais sans forcément penser à faire de grandes marches / de grands escalades ; les monastères bouddhistes, cela va sans dire ; et les routes mythiques, en particulier la route ralliant Leh à Manali qui est bien haut dans ma wish-list depuis un certain nombre d’années…

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un grand merci à tous ceux qui ont répondu à mes messages et m’ont aidé à dans ma préparation. Et des very special thanks au grand spécialiste de la destination, Djullé84, qui, m’a grandement aidé dans mon itinéraire, et qui a aussi influé sur le contenu de mon voyage. On en reparlera !

Donc, les grandes lignes de ce voyage ont été : - Leh (inévitablement) et les monastères de la vallée de l’Indus - Le festival de Lamayuru - Le trek de la Markha - Une virée dans la vallée de la Nubra - Le trajet de retour en bus de Leh à Delhi. Pour les déplacements, les transports publics sont privilégiés, autant que possible.

Durée / période : ~3 semaines, fin juin / mi-juillet

Le voyage jusqu'à Leh : vol jusqu’à Delhi sur Lufthansa via Munich (Lufthansa est très concurrentiel vers les destinations asiatiques depuis ma province). Arrivée Delhi peu avant minuit, passage à l’immigration sans problème pour valider mon visa à entrées multiples sur un an obtenu sur internet. Je traîne quelques heures dans l’aéroport puis je m’aperçois qu’il me faut changer de terminal pour prendre mon vol SpiceJet du petit matin. Le terminal 1D est loin, la navette en bus est gratuite en montrant sa carte d’embarquement du vol précédent et sa réservation du vol suivant (à prendre près du pilier 10 accessible par la sortie 4, le monsieur dans la cabane donne le ticket). Heureusement, j’avais été attentif lors de ma réservation et je n’avais pas acheté mon billet avec une CB virtuelle : il faut effectivement montrer la CB avec laquelle on a fait l’achat pour obtenir sa boarding card…(Spicejet) Vol sans histoire, mais… le ciel très couvert ne permet aucun spectacle, c’est une déception car ça aurait pu être pire : le vol n’a pas été annulé… Avion jusqu'à Leh, donc : d'une part en juin, c'est encore tôt dans la saison pour prendre la route ; et d'autre part, la route Delhi-Manali-Leh me paraît très haute pour l'emprunter sans aucune acclimatation, je la réserve pour le retour... Et l'autre possibilité par Amritsar et Srinagar était très tentante, mais d'une part elle exigeait beaucoup de temps, et d'autre part cet itinéraire fait emprunter des trajets qui se situent dans la zone rouge du ministère des affaires étrangères...

Depuis l'aéroport, le taxi pour le centre de Leh coûte 450 Rs (flat price), installation à la GH, réservée sur booking, dans le vieux Leh, entre le terrain de polo et la rue principale.

La 1ère journée se passe au ralenti, sous un ciel couvert, il me faut récupérer du voyage et de la nuit dans l’aéroport de Delhi, et m’acclimater à l’altitude. Premières découvertes de Leh qui au premier abord et sous le ciel gris, n’est pas vraiment enthousiasmante (ça me rassure un peu d’avoir lu quelque part (n’est ce pas, Djullé84) que « chaque journée passée à Leh est une journée de moins passée au Ladakh »…). Ah tous ces toutous en train de roupiller… La première nuit est un peu difficile, mal de tête avec l’altitude… Et les chiens donnent un concert dès le coucher du soleil. Je comprends pourquoi les chiens dormaient dans la journée : à Leh, le chien est un animal nocturne, qui dort le jour et qui passe ses nuits à aboyer… Ah, il y a le chant du muezzin aussi…

Temps pluvieux le matin (et j’apprends qu’il n’y a aucun vol depuis/vers Leh aujourd’hui…), il me faut récupérer des infos pratiques pour organiser la suite du voyage (les jours et heures des bus, en particulier …). Le temps s’arrange, location de scooter l’après midi, je parviens à en obtenir un bien que je n’aie pas pu avoir mon permis de conduire international en temps et en heure. Je vais aller jusqu’à Phyang. Une fois sorti des embouteillages et du bazar de Leh, la ballade permet les premières vues spectaculaires sur les montagnes himalayennes et sur l’Indus. Et les premiers convois militaires à croiser aussi, ils seront omniprésents sur les routes…Et la possibilité de voir de près le 1er monastère ! (mais pas de le visiter à l’heure de mon arrivée) Côté organisation, j’ai pu planifier les choses : dans les prochains jours, ce sera une virée Alchi – Likir – Lamayuru et retour sur Leh : le lendemain je prendrai un premier bus pour Alchi ; mon périple continuera en prenant le bus qui repart pour Leh ; en descendant à la bifurcation pour Likir, je pourrai ensuite monter à pied pour la fin d’après-midi et la nuit à Likir. Le jour suivant je redescendrai à pied à la highway prendre le bus pour Lamayuru, où je resterai deux jours et demi (dont une pleine journée de festival) avant de rentrer en bus pour Leh. J’en repartirai le lendemain pour la vallée de la Markha. Leh sera donc ma plaque tournante, ce qui me permet de m’alléger en demandant à la GH de garder une partie de mes affaires lors de chacune de mes escapades.

(à suivre)
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Finalement le bus pour Alchi part à 8h30, j’ai bien fait d’arriver en avance car au final il est bondé… Bon, ce n’est pas un long voyage. Les places avant sont réservées par les enseignantes de Likir, on aura droit à un magnifique concert pendant tout le trajet… un peu répétitif, il faut bien avouer. Le bus repartant pour Leh à 15h30, je vais avoir pas mal de temps pour visiter Alchi et pour y manger un bon repas (oui, c’est plutôt bon pour une fois). Quant à la visite du monastère, elle est superbe et c’est vraiment un endroit à part, très différent des autres gompas que je verrai par la suite : ici le monastère n’est pas en situation dominante, on visite de petits tempes… si sombres que j’ai plutôt l’impression de visiter des grottes…! J’ai le temps de me balader dans le village et ses abords, de croiser les habitantes dans leurs tenues… et de re-rencontrer un moine aperçu lors de la visite du monastère, qui me demande où je vais… c’est ma chance, lui aussi va à Likir, il a sa voiture et son chauffeur, il me propose de m’embarquer !! Incredible !! Je vais donc retarder ma première marche, pas besoin de monter à pied à Likir, du coup j’y arrive dès le début de l’après midi. A cette heure ci il n’y a personne dans les homestays, je vais en profiter pour visiter les abords du village et le monastère. Bien qu’il soit peu réputé, je trouve la visite très agréable sous le beau soleil, la statue géante du bouddha impressionnante, et je suis encore loin d’être blasé des vues sur la vallée de l’Indus…

La soirée au homestay sera sympathique (ambiance cosmopolite entre israëliens, chinois, allemand), premiers momos (bon ce n’est pas inoubliable), grande chambre, système de chauffage de l’eau terrorisant (résistance plongée dans l’eau au bout d’un fil électrique dénudé). Découverte des toilettes ladakhis, je ne reviens pas dessus tous les comptes-rendus décrivent cela (en fait si, juste un truc que je n’avais pas vu mentionner : ni eau ni papier, donc ne pas oublier son papier, mais comment font les autochtones ?).

(suspens insoutenable ; à suivre)
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
système de chauffage de l’eau terrorisant (résistance plongée dans l’eau au bout d’un fil électrique dénudé).

Dans les Andes, l'eau des douches est chauffée en sortie par une résistance électrique.

Dans un environnement froid, c'est la solution économique, sinon on consomme la quasi totalité de l'énergie pour maintenir chaude l'eau du réservoir. Utilisée ou non.

J'avoue que je n'étais pas rassuré la première fois... ni les suivantes, mais je suis toujours en vie. 🙂

Découverte des toilettes ladakhis, je ne reviens pas dessus tous les comptes-rendus décrivent cela (en fait si, juste un truc que je n’avais pas vu mentionner : ni eau ni papier, donc ne pas oublier son papier, mais comment font les autochtones ?).

Comme dans nombre de pays orientaux, la main gauche assure le nettoyage. Puis cette main gauche est lavée à l'eau, voire au sable (cas du désert). De quoi comprendre pourquoi, dans ces cultures, la main gauche est jugée impure. 😠

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
DJ Djullé84 Veteran ·
Puis cette main gauche est lavée à l'eau

Oui, et j'ai souvent vu dans la montagne des horsemen, cook ou helper remplir leur bouteille de coca au torrent, puis s'éloigner dans la nature. Je me suis posé la question la première fois, puis j'ai vite compris qu'ils n'allaient pas boire leur cannette d'eau en cachette ! 😏 !
FA FabGreg Globetrotter ·
Puis cette main gauche est lavée à l'eau

Oui, et j'ai souvent vu dans la montagne des horsemen, cook ou helper remplir leur bouteille de coca au torrent, puis s'éloigner dans la nature. Je me suis posé la question la première fois, puis j'ai vite compris qu'ils n'allaient pas boire leur cannette d'eau en cachette ! 😏 !

J'ai procédé ainsi lors de mon trek de 24 j dans le Solukhumbu (Népal) en décembre 2018. Très efficace et très écologique.

Pour préciser : eau versée dans le pli inter-fessier, avec en parallèle, nettoyage par quelques doigts de la main gauche.

Limite de la méthode : à Gokyo (4790 m), canalisations gelées en permanence, lac gelé. Il m'a fallu solliciter la cuisine du lodge qui faisait fondre de la glace.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BR Bruno31 Veteran ·
Merci pour ces précisions. Effectivement le fait que la main droite soit réservée aux tâches nobles (se nourrir en particulier - ce qui oblige les indiens bien élevés à des contorsions par exemple pour "rompre" le pain, il vaut mieux avoir les doigts agiles !) et la main gauche aux tâches impures, dont le nettoyage du trou du derrière, est bien connu. La différence : partout ailleurs qu'au Ladakh on a un point d'eau dans les toilettes, douchette, robinet d'eau, récipient avec de l'eau... mais au Ladakh, non. Bref, pour ma part je ne me suis pas séparé de mon papier toilette... on est tout de même façonné par le "socio-culturel", les us et coutumes... et puis si on n'a rien pour laver efficacement la main gauche après, c'est quand même pas génial, surtout que nous n'avons pas le même conditionnement pour ne pas solliciter la main gauche pour les tâches "nobles"...
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
si on n'a rien pour laver efficacement la main gauche après, c'est quand même pas génial, surtout que nous n'avons pas le même conditionnement pour ne pas solliciter la main gauche pour les tâches "nobles"...

Entièrement d'accord. J'avais bien mon rouleau de papier au Ladakh.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
FA FabGreg Globetrotter ·
Petite précision : ma toute première application pratique a été contrainte.

Pris d'un besoin pressant lors de ma visite du Palais du Golestan à Téhéran, j'ai réalisé que j'avais oublié mon rouleau (1ère journée après un vol de nuit). A la guerre comme à la guerre, je me suis aidé du seau laissé là à cet usage. Malhabile, j'ai aussi largement mouillé mon pantalon, mais cela m'a fait comprendre le principe.

Repartons maintenant dans ce beau et attachant Ladakh !

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
CH Chaiwala Veteran ·
Merci pour ces explications utilises dans l'actualité 😊

Un petit spot TV de démonstration pour rassurer les Français serait le bienvenu 😎
BR Bruno31 Veteran ·
Merci pour ces explications utilises dans l'actualité 😊

Un petit spot TV de démonstration pour rassurer les Français serait le bienvenu 😎

Un petit tuto serait effectivement le bienvenu, une bonne idée pour les youtubeurs !

C'est vrai, particulièrement adapté à ces temps de pénurie...
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Repartons maintenant dans ce beau et attachant Ladakh !

Fabrice

Repartons donc...

Donc après cette agréable étape à Likir, départ le matin pour Lamayuru, avec ma première « marche ». Histoire de faire mes premiers pas au Ladakh : quelques kilomètres en descente pour rejoindre la Highway, pas trop violent donc ! (environ une heure de marche mais j’avoue que je fais quelques d’arrêts photo…)

Bref me voici à 9h en bas, juste à temps en fait pour attraper le bus pour Lamayuru, que l’on atteindra en fin de matinée après un arrêt à Khaltsé. La route change brutalement un peu après Khaltsé en quittant la vallée de l’Indus, passage beaucoup plus tourmenté.

Mon homestay est en bas du village, j’aurai assez de temps sur place pour apprendre le chemin qui traverse le village pour monter au monastère… pas bien long, mais une bonne grimpette !

Le temps n’est pas trop clément au moment où se tient un grand rassemblement dans la cour du monastère… le ciel s’obscurcit et le vent se lève, c’est un peu la panique ! La grande tenture décorative déployée en façade doit être rangée en vitesse.

Je consacrerai cette fin de journée et le lendemain à la visite du monastère et des environs une route au-dessus du monastère permet de voir, ou d’apercevoir, le moonland d’en haut… en longeant un paysage extrêmement minéral. Finalement j’ai mieux vu le moonland en y accédant depuis la highway, même si le trafic, pas forcément intense mais très polluant, ne rend pas la marche en bord de route très agréable. Mais on peut admirer les camions et leurs décorations ! Je n’ai pu (horaire / organisation de la journée) prolonger la promenade jusqu’à Wanla, qui en valait très certainement la peine.

J’ai établi mon planning en tenant compte du festival qui se tient ce week-end, je peux donc en profiter le samedi puisque je repars le dimanche. Le festival attire du monde mais c’est très supportable (nous sommes encore en juin), avec 2 types de populations dans le public : les locaux et les touristes, les uns en tenue locale et les autres souvent armés d’appareils photo de taille impressionnante…2 populations assez peu mélangées d’ailleurs.

Il y a donc succession de danses durant cette journée de samedi, qui commence de bonne heure… Avec des breaks qui permettent de se dégourdir un peu les jambes ! Les masques et les tenues d’apparat sont de sortie, plein de couleurs, parfois splendides, parfois effrayants, voire les 2 en même temps. Bien entendu je ne perçois que très partiellement la signification de ces danses rituelles. Du côté du public local, les moulins à prière tournent à plein régime. Côté public étranger, ce sont les appareils photo qui chauffent…parfois sous le nez des premiers.

Bonne ambiance au homestay, bons échanges lors du repas du soir, les Gilets Jaunes sont connus même en Australie ! Bref, 2 bonnes journées et demi à Lamayuru, où le site dans son ensemble est vraiment impressionnant…

Et le dimanche, départ avec le bus du matin pour Leh. Après midi tranquille, préparatifs pour le trek de la Markha, il me faut réserver un taxi (la grosse dépense du voyage ! 3500Rs pour aller au pont de la Markha à Chilling)…. Et prospecter en vue d’un éventuel changement d’hôtel à Leh pour avoir des nuits un peu plus paisibles. Les dates(jours) de bus pour Chilling ne pouvaient pas convenir à mon planning.
Bruno
DJ Djullé84 Veteran ·
Je me disais que ce week-end de confinement serait propice à la rédaction de ce carnet. Il est si bien écrit avec tous les petits détails vus ou ressentis que j'ai l'impression de faire le voyage ! J'attends la suite avec impatience, et plus ce sera long, plus .. non!, meilleur ce sera ! 😉 !
DJ Djullé84 Veteran ·
Côté public étranger, ce sont les appareils photo qui chauffent…parfois sous le nez des premiers.

Je voudrais qu'il existe un outil qui efface une carte mémoire d'un clic. Je suis exaspéré par ces paparazzis qui vont prendre, sans la moindre gêne et la moindre autorisation, des photos d'une boucle d'oreille ou d'un piercing à 20 cm du visage d'une vieille femme qui se tourne ou qui se cache dans ses mains. Avec mon outil, je pourrais détruire leur carte mémoire. (oui, il vaut mieux la détruire que l'effacer, sinon ils pourraient recommencer ! 😠 ! ) J'ai deux exemples auxquels je repense parfois : - Une vieille femme, la seule à être venue au festival avec un peyrac ce jour-là, a été assaillie par une douzaine de photographes malgré son refus et ses deux mains devant son visage. La scène a duré plus d'un quart d'heure. Ils ont eu le temps de se mettre en demi-cercle, d'installer leurs trépieds et d'attendre ... jusqu'à ce qu'elle enlève ses mains pour enlever son peyrac et s'en aller ! ! ! 😠 ! - Un autre jour, dans le Main Bazar, la grand'rue de Leh, une grand-mère sort devant sa porte, sans coiffe, avec la goncha rouge de tous les jours et des chaussures anciennes avec la pointe relevée. En l'apercevant, un groupe d'une dizaine de touristes se précipite pour la photographier. Se voyant encerclée sans espoir de bouger, elle se renferme dans sa maison. ! 😠 ! - Bien avant elle, toutes les vendeuses de fruits et de légumes de leur jardin qui s'installent sur les trottoirs du Bazar, avaient leur "tipi" sur la tête, cette coiffe qui ressemble à un chapeau haut-de-forme coloré et brodé. Avec la multiplication des touristes, cette coiffe a fini par complètement disparaître de la rue 😠 ! pour ne réapparaître que les jours de festival, et aujourd'hui seulement le jour où le Dalaï Lama vient donner des enseignements.

Est-ce que tout mérite d'être sacrifié en échange de l'argent du tourisme ? P.S.: "on ?" dit que certains monastères feront leur festival à une autre date que celle affichée ! ?
FA FabGreg Globetrotter ·
Je suis exaspéré par ces paparazzis qui vont prendre, sans la moindre gêne et la moindre autorisation, des photos d'une boucle d'oreille ou d'un piercing à 20 cm du visage d'une vieille femme qui se tourne ou qui se cache dans ses mains.

Ce mal est présent sous toutes les latitudes. Ainsi, je l'ai vu à l'oeuvre à Luang Prabang (Laos) pour le Tak Bat (distribution d'offrandes aux bonzes), au Myanmar pour le repas des moines...

Dans les Andes, les grands centres touristiques disposent d'habitants en habit traditionnel à des fins de photographie rémunérée.

A côté de cela, les indiens (les "classiques", hors Ladakh) de la rue sont souvent très demandeurs d'être pris en photo.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
DJ Djullé84 Veteran ·
A côté de cela, les indiens (les "classiques", hors Ladakh) de la rue sont souvent très demandeurs d'être pris en photo.

Oui, mais la différence c'est que ces Indiens "classiques", ces Indiens de la plaine, de l'Inde chaude, de l'Inde hindou, de l'Inde des castes, s'intéressent surtout à eux-même, se photographient entre eux, ou se "selfient" eux-même, quand ils ne demandent pas à un touriste de poser avec eux pour la photo ! Ils veulent montrer au retour à leurs amis qu'ils sont allés dans cette "zone tribale" où a été tourné une partie du film "The 3 idiots". Ils ne restent pas longtemps au Ladakh. Ils vont au Pangong Tso, transformé en luna-park avec des vestiges du film : une moto jaune, un banc à 3 places (pour 3 idiots) avec un dos figurant de grosses fesses, puis descendent dans la Nubra pour faire une rapide balade à dos de chameau dans les dunes de Hunder. Au début, l'auteur de cet article dit que les Indiens demandaient s'il leur fallait un passeport pour aller au Ladakh ! Avant le film, ils n'en avaient jamais entendu parler, ils ne savaient que le Ladakh était en Inde ! Ils ne s'intéressent pas aux indigènes qui peuplent ces "zones tribales", comme ils les appellent, et ce ne sont pas eux qui agressent les Ladakhis pour des photos.... pour le moment. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ont un bon savoir-vivre et le respect des autres. Il suffit d'avoir passé une nuit dans un hôtel occupé par des Indiens "de la plaine" pour s'être fait une opinion à ce sujet. J'arrête là ma diversion sur les photographes indiens. 🙂 !
FA FabGreg Globetrotter ·
Ils veulent montrer au retour à leurs amis qu'ils sont allés dans cette "zone tribale" où a été tourné une partie du film "The 3 idiots". Ils ne restent pas longtemps au Ladakh. Ils vont au Pangong Tso, transformé en luna-park avec des vestiges du film

Il est sûr que Pangong Tso, c'est particulier. En fait, ces aficionados s'arrêtent au tout début du lac. Peu de touristes poursuivent jusqu'à Spangmik, encore moins au-delà (mon autocar a refusé d'aller au-delà, j'étais le seul et unique client demandeur). En tout cas, ce fut mon expérience en sept-14.

Mais ces indiens que tu décris, ce ne sont pas les indiens auxquels je faisais référence. Ceux qui me demandaient une photo, c'est (dans l'Inde "chaude") un vendeur de dahi, un chaiwallah, une commerçante de légumes en marché de plein-air, un garçon d'étage, un serveur de dhaba... Peut-être leur 1/4 d'h de célébrité. De tous mes voyages de part le Monde, il me semble que c'est spécifiquement indien.

Avant le film, ils n'en avaient jamais entendu parler, ils ne savaient que le Ladakh était en Inde !

Comme tu le sais bien que moi, le Ladakh n'est en Inde que géopolitiquement (frontières), car ce n'est pas le cas en terme de géologie, climat, culture, langue, religion, culinaire, histoire, etc. De quoi mériter un passeport au moins culturel.

Fabrice

P.S. : Dans son genre, "3 idiots" est un film plutôt bon. Humour un peu grotesque, mais souvent subtilement critique. Avec un idéal de coexistence entre hindou, musulman, et bouddhiste.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BR Bruno31 Veteran ·
Ils veulent montrer au retour à leurs amis qu'ils sont allés dans cette "zone tribale" où a été tourné une partie du film "The 3 idiots". Ils ne restent pas longtemps au Ladakh. Ils vont au Pangong Tso

Personnellement, je n'avais jamais entendu parler de ce film avant mon séjour au Ladakh...et puis, un peu de teasing pour la suite, oui j'en ai entendu parler !!
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Ce mal est présent sous toutes les latitudes. Ainsi, je l'ai vu à l'oeuvre à Luang Prabang (Laos) pour le Tak Bat (distribution d'offrandes aux bonzes), au Myanmar pour le repas des moines...

Oui c'est vrai que certains moines de l'Asie du Sud Est doivent se demander pourquoi on tient absolument à les photographier en train de manger...
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Je voudrais qu'il existe un outil qui efface une carte mémoire d'un clic. Je suis exaspéré par ces paparazzis qui vont prendre, sans la moindre gêne et la moindre autorisation, des photos d'une boucle d'oreille ou d'un piercing à 20 cm du visage d'une vieille femme qui se tourne ou qui se cache dans ses mains.

Je comprends. J'ai vu ce genre de comportement, heureusement sans atteindre la violence que tu décris dans la suite de ton intervention, et qui est vraiment perturbante. Cela dit c'est un sujet sur lequel chacun, je pense, peut se sentir un peu partagé : j'avoue que je peux trouver belle une photo d'un gros plan, comme on en voit ici ou sur des blogs ou albums dont les liens sont indiqués... La plupart des voyageurs se déplacent avec un appareil photo (et tous les smartphones photographient, maintenant), cela fait partie du voyage et peut être un compagnon. C'est à chacun de s'auto discipliner, de juger de l'importance de faire telle ou telle photo, dans quel but, les circonstances s'y prêtent elles, quel ressenti aurait le photographe s'il était de l'autre côté de l'objectif... Trouver les limites, pointer un objectif énorme à bout portant peut sans doute être évité...Photographier des sites, des monuments, faire des plans généraux, c'est déjà pas si mal finalement...
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
certains moines de l'Asie du Sud Est doivent se demander pourquoi on tient absolument à les photographier en train de manger...

J'ai photographié les touristes en train de photographier. 😎 Un spectacle édifiant.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
DJ Djullé84 Veteran ·
J'avais commencé la même chose, mais les cas les plus choquants sont difficiles à prendre et j'ai abandonné. La qualité des photos laisse à désirer comme le comportement des sujets traités.
BR Bruno31 Veteran ·
Nous en étions donc à un départ imminent pour la vallée de la Markha...

Quelques éléments de contexte, en préalable. Comme je le disais dans le premier message, je ne suis pas un montagnard chevronné, c’est le moins que l’on puisse dire : je ne marche en montagne que très occasionnellement. Pourtant l’idée de « faire un trek », comme on dit, dans les montagnes himalayennes, me tentait bien… J’ai donc beaucoup hésité, et les nombreux échanges avec Djullé (quelle patience de sa part !) ont été pour beaucoup dans la décision.

Il me fallait à l’évidence un trek abordable : la vallée de la Markha cumule plusieurs avantages, elle est présentée comme « facile » et « sans danger », c’est un trek « mains dans les poches » comme dit Jean-Louis, c’est-à-dire qu’elle n’exige qu’un portage « léger » puisqu’on trouve hébergement et nourriture chaque soir/chaque jour. De plus elle permet de se tenir à l’écart de toute route, et elle donne l’occasion de passer un col de plus de 5000m, 5260m si je ne me trompe pas, ça n’arrive pas tous les jours à un non montagnard. De plus, on démarre pas très loin de Leh, et on peut aller visiter Hémis à la fin. Pas mal tout ça, non ?

Donc la question, c’était d’y aller seul ou non (c’est-à-dire : avec un guide, ou en se joignant à un groupe – j’avais regardé la proposition de Ju-Leh, en 6 jours jusqu’à Hémis). Finalement j’ai donc retenu la première solution… bien tenté par l’autonomie, la solitude étant relative car il s’agit d’une vallée relativement fréquentée.

Une fois le choix de ce trek réalisé, il y a encore le choix sur le nombre de journées et sur les étapes : Je suis parti avec l’idée de marcher pendant 5 jours sur le trek proprement dit, et de passer le 6ème jour à Hémis avant de revenir sur Leh. Mes étapes prévues : Sara, Markha, Hangkar, Nimaling, et la dernière nuit à Sumdo, Hémis, ou Karu selon les conditions rencontrées. 2 petites journées de marche prévues donc, en J2 et J3, ce qui me paraissait plutôt adapté pour un marcheur occasionnel.

Un point sur mon état de forme : n'étant pas un grand marcheur, cependant je pratique la course à pied très régulièrement (bon, sur terrain plat) Et, l’acclimatation à l’altitude : comme indiqué plus haut, j’avais trouvé la 1ère nuit plutôt pénible, et manifestement je ne me sentais pas capable de beaucoup d’efforts les 1er et deuxième jour, puis progressivement cela s’est atténué… ce qui a subsisté à peu près toute la durée de mon séjour, c’est le sommeil un peu difficile.

Et de plus, c’est magique, la météo des prochains jours est très bonne en ce dimanche ! Les conditions sont donc réunies, je peux réserver le taxi pour Chilling et préparer mon sac (et préparer le sac qui va rester à Leh, dans la GH, pas question de trop se charger !). Le rendez vous est fixé à 8 h au polo ground, ce qui doit me permettre de commencer à marcher vers 10h…
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
10h20, c’est l’heure de l’arrivée au pont de la Markha sur la rivière Zanskar. J’ai été impressionné par l’état de la route une fois la vallée de l’Indus quittée, à Nimu : une route large, roulante, au bitume flambant neuf…une future grande route, pas réservée à la Markha, mais plutôt pour Padum et au-delà... belle sur les premiers kilomètres, car les derniers kilomètres se font sur la piste… et nous serons bloqués durant de longues minutes par un camion citerne faisant le plein d’eau à une source.

Donc 10h20, me voici parti pour trekker sur la Markha, où les premiers hectomètres ne sont pas enthousiasmants, c’est désertique. Il faut marcher un peu (les premiers kilomètres sur une piste carrossable, de rares véhicules passent) avant de trouver le paysage de vallée. C’est l’heure de manger pour mon estomac quand le chemin traverse le premier village, très étalé, qui doit être Kaya (ou Skiu ?), je trouve un homestay (très belle demeure) qui me prépare une soupe et un bon thé avant de repartir. J’ai parfois de la compagnie avec plusieurs groupes qui cheminent, les groupes sont accompagnés de chevaux qui assurent le portage. Super je porte moi-même mon sac, ça me donne un prétexte pour être plus lent que tout le monde. On rencontre dès le premier jour les premiers passages à gué, pas bien impressionnants, je dois me déchausser une seule fois. L’eau est bien froide, mais ça va, les cailloux ne sont pas si pointus que ça ! Je fais la connaissance d’Indiens de la ville de Jammu, c’est la sortie annuelle de leur université, ils sont donc plutôt nombreux et accompagnés de quelques enseignants. Sympa, l’occasion de discuter un peu !

Entre les passages à gué, les arrêts photo, les petites discussions, je n’avance vraiment pas vite : c’est bientôt la fin de l’après midi quand j’arrive à Sara, l’étape a été plutôt longue, c’est la première maison du village qui m’accueille, j’y serai en compagnie d’un espagnol et un américain voyageant ensemble. Je le comprendrai dans mes étapes suivantes, il y a un système de répartition des voyageurs entre les différents homestay de chaque village, aussi on n’a absolument pas le choix et c’est « flat price » sur toute la vallée : 1200 Rs la nuit, repas du soir, petit déj et petit pique nique très standardisé inclus. A Sara c’est plutôt standing, j’ai une grande chambre pour moi, il y a une salle de bain (enfin, une maisonnette où est amené un bac d’eau qui a été chauffée). Avec un thermo entier de thé bien chaud dans la chambre, qui me fait beaucoup de bien pour récupérer de cette marche ! Notre hôtesse est seule dans la maison jusqu’à ce que son fils arrive dans la soirée, il vient de Leh où il est guide et il a fini la "route" de nuit en courant ! Ce sera ma soirée la plus causante du trek, avec les 2 marcheurs et le fils qui parle anglais. Quant au repas il est excellent, de la soupe de légume avec des nouilles plates et du riz, un régal après cette marche ! Les 2 journées suivantes (étapes à Markha, puis à Hangkar) se passeront tranquillement : les distances ne sont pas grandes, j’ai donc la possibilité de marcher à un rythme paisible et de passer une bonne partie de l’après midi dans ou aux alentours du village. Il y a très peu de passages (un peu) impressionnants, mais... oui un peu quand même avant un franchissement de pont… Un passage à gué avec un peu plus d’eau durant la 2ème journée, eau jusqu’aux genoux … Végétation… de cultures de vallée, d’arbustes aux fruits semblables à des abricots (jus de fruit dégusté à Hangkar), quelques mani walls d’une longueur impressionnante, le village de Markha avec l’école totalement séparée du reste du village et les ruines d’un fort ; une gonpa perchée à un endroit invraisemblable un peu avant d’arriver à Hangkar, le village de Hangkar étalé sur 3 parties avec une arête à franchir pour découvrir la 3ème partie, l’usine à panneaux solaires et la suite de la vallée… Le temps est excellent et me permet de profiter pleinement de ces splendides paysages, question tenue vestimentaire c’est tee-shirt durant la journée (il faut se couvrir un peu quand le soleil décline, ainsi que le matin bien sûr, mais ce n’est pas le froid polaire). Je remplis chaque matin ma gourde dans un ruisseau qui vient se jeter dans la rivière, par prudence je mets un comprimé dans ma gourde . Cependant il ne me semblerait pas conseillé d’utiliser l’eau de la rivière, d’une part elle traverse les villages et d’autre part il y a tellement de chevaux qui passent et dont le crottin parfume l’itinéraire… Pas de problème d’altitude pour ces étapes : le départ de la rando (pardon, du trek) se situe à une altitude inférieure à celle de Leh, et la montée est douce sur les 3 premières journées. A Hangkar on n’est pas encore à 4000m me semble-t-il, c’est après que l’altitude devient plus impressionnante. Plus on s’enfonce dans la vallée, et plus le confort des homestays devient sommaire… à Markha la « salle d’eau » est délimitée par de vagues bâches en plastique et l’eau chauffée est… pas totalement froide. A Hangkar je renoncerai et je me débarbouillerai vaguement à la rivière (savon biodégradable !). Quant aux chambres elles sont aussi de plus en plus sommaires… et bénéficient d’un entretien relatif. Mais les repas du soir sont toujours très bons (dans mon souvenir, mes meilleurs repas au Ladakh. Etait ce vraiment le cas, ou bien les conditions étaient elles réunies pour que je les apprécie particulièrement ?) Très bonne cuisine familiale en tous cas, autant que je me souvienne. Et, sans aucun doute, des produits frais et sains ! A Hangkar j’ai même droit à goûter le rhum du Jammu et Cachemire… avec modération : le lendemain il va falloir attaquer l'étape qui mène à Nimaling, le dénivelé est plus important et l'altitude d'arrivée est sérieuse !
Bruno
DJ Djullé84 Veteran ·
C'est un enchaînement qui ne marchera pas à tous les coups au Ladakh : - le samedi : au festival de Lamayuru et la nuit sur place, - le dimanche : route pour Leh et préparatifs du trek, nuit à Leh, - le lundi : départ du trek depuis Chiling et nuit à Sara, au milieu de la Markha Valley !

Début Juillet, il n'y avait qu'un début de piste carrossable jusqu'à Kaya, et j'ai lu qu'en septembre, le bus allait jusqu'à Skyu et les taxis jusqu'à Markha. Le trek sera particulièrement raccourci. Le récit est toujours très agréable à lire, on se promène sans effort en lisant, et on arrive au bout de ces trois jours tellement reposé, qu'on les relit une deuxième fois ! Un seul point noir : les 1200 Rs pour l'hébergement. Ça fait partie des homestays les plus chers du Ladakh.
BR Bruno31 Veteran ·
C'est un enchaînement qui ne marchera pas à tous les coups au Ladakh : - le samedi : au festival de Lamayuru et la nuit sur place, - le dimanche : route pour Leh et préparatifs du trek, nuit à Leh, - le lundi : départ du trek depuis Chiling et nuit à Sara, au milieu de la Markha Valley !

J'ai failli avoir un petit souci d'ailleurs, puisque j'ai voulu monter une dernière fois au monastère à Lamayuru le dimanche matin ; j'ai attrapé le bus de justesse !!

Début Juillet, il n'y avait qu'un début de piste carrossable jusqu'à Kaya, et j'ai lu qu'en septembre, le bus allait jusqu'à Skyu et les taxis jusqu'à Markha. Le trek sera particulièrement raccourci.

Ah oui ?? les choses changent vraiment très vite ! Ce doit être un profond changement pour les habitants des villages, sans doute une bonne chose pour eux !

Le récit est toujours très agréable à lire, on se promène sans effort en lisant, et on arrive au bout de ces trois jours tellement reposé, qu'on les relit une deuxième fois ! Un seul point noir : les 1200 Rs pour l'hébergement. Ça fait partie des homestays les plus chers du Ladakh.

A titre de comparaison, à Likir le tarif était de 500 Rs. Bon, ce n'est pas inabordable quand même.
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
à Likir le tarif était de 500 Rs

C'est ce que j'y avais payé en sept-14, en séjournant à la Dolkhar Gueshouse, incluant dîner et petit-déjeuner.

Cela reste donc très raisonnable.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BR Bruno31 Veteran ·
à Likir le tarif était de 500 Rs

C'est ce que j'y avais payé en sept-14, en séjournant à la Dolkhar Gueshouse, incluant dîner et petit-déjeuner.

Cela reste donc très raisonnable.

Fabrice

Oui, je me suis mal exprimé. Je ne connais pas le nom de ce homestay de Likir, un peu au-dessus du monastère. Je voulais comparer les 500 Rs de Likir, très bon marché (incluant également petit déj et dîner), aux 1200 Rs de la Markha, qui, malgré l'écart important, restent toutefois abordables.
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
J'avais bien compris que tu comparais avec le tarif pratiqué sur le trek de Markha. J'ajoutais juste que l'inflation ne semblait pas avoir manifesté ses effets à Likir.

Il est possible que nous ayons séjourné dans la même guesthouse à Likir.

La Dolkhar Guesthouse est au nord du gonpa, en plein champs, un peu à l'ouest de la route. A mon souvenir, ce doit être le grand bâtiment situé en 34°17'48.6"N 77°12'53.8"E.

Belle chambre au 1er étage, vue plongeante sur le grand Chamba Bouddha doré du gonpa, salle de bains collective bien équipée. Lorsque j'y ai séjourné en sept-14, la guesthouse était tenue par un couple âgé, la mère travaillant leurs champs, le père travaillant comme vigile devant une banque de Leh, les enfants n'habitant malheureusement plus le logis. Photo de ma chambre in https://voyageforum.com/v.f?post=7042968;a=7042968.

A ma demande, le père m'avait appris à confectionner du phemar, c'est-à-dire du kholak (tsampa mélangé à du beurre) en version sucrée. Délicieux. Mélange évidemment avec la seule main droite. 😉

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BR Bruno31 Veteran ·
Il se pourrait bien que ce soit la même en effet, même si l'hôtesse n'était pas vraiment âgée et le mari absent. Voici la photo de la grande chambre
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Continuons... Le jeudi, c’est Nimaling donc ! Le dénivelé positif le plus important du trek, une étape plutôt longue que je prends à mon rythme (c’est-à-dire, pas vite). Une première partie en fond de vallée, vallée se resserrant jusqu’à devenir presque une gorge, le cheminement se fait le long de hautes falaises ; la montée ensuite vers Tachungtse, où on peut s’arrêter prendre un thé avant de devoir grimper dans le « vallon austère », je reprends le terme de Jean-Louis qui me convient très bien… et on est tout content de traverser la forêt de cairns pour déboucher sur les alpages. Je croise un jeune marcheur belge, il porte un sac bien lourd car il est parti pour plusieurs semaines en totale autonomie… On a cette fois une position dominante, c’est d’en haut que l’on voit les falaises longées un peu plus tôt, la vue porte loin dans toutes les directions (ou presque)…. Bien sûr le Kang Yatse, lui, nous regarde encore de haut… On traverse les champs de marmotte… et bientôt il ne reste qu’à rejoindre le camp de Nimaling… 4740 mètres, c’est l’altitude affichée. Le site pour y parvenir est grandiose, mais le campement lui-même n’est pas l’étape la plus agréable, et de plus les prix montent encore avec l’altitude : 1400 Rs pour la nuit sous la tente. Je regarde du côté du Konmaru La avec un peu d’anxiété : à cette altitude, il va falloir attaquer cette pente plutôt raide dès le matin, demain, pour gravir les 500 mètres de dénivelé qui mènent au col, avant de basculer de l’autre côté... et de dévaler les ~1400 mètres de dénivelé. 2 grosses couvertures et 2 grosses couettes : je suis rassuré en m’installant dans ma tente en fin d’après midi. Le repas sous la tente restaurant creusée dans le sol est loin d’être aussi bon que dans les homestays ! Mes compagnons seront ce soit israeliens et américains, et le coucher se fait de bonne heure… le froid tombe vite. Ma nuit ne sera pas bonne, difficile de fermer l’œil à cette altitude, et finalement les 4 épaisseurs de couverture ne sont pas un luxe dans la nuit glaciale… Le lendemain matin, l’inquiétude se confirme : le temps n’est pas franchement mauvais sur le campement, mais le col, lui, paraît est noyé dans les nuages… Ce qui ne semble inquiéter personne, les départs se font progressivement, et on m’indique que la météo est bonne pour la journée. Je vais donc pouvoir partir rassuré ou presque, en me persuadant que « ça va se lever »… Mais finalement non, ça ne se lèvera pas de la journée, pas la peine de faire durer le suspens plus longtemps. Je profiterai donc de la visibilité pendant les 2/3 de la montée, que je gravis lentement… et même plus que lentement : ça monte, l’altitude se fait vraiment sentir, les haltes se font de plus en plus fréquentes…et puis, pas la peine de vouloir tenter de marcher vite, puisque « ça va se lever »…le temps de monter… Je mets sur mon dos à peu près tous les vêtements que je portais jusqu’à présent dans mon sac avant d’entrer dans le brouillard. Neige, grêle, température frigorifique : visibilité nulle pour le franchissement du col, je n’en garderai aucune photo, et d’ailleurs je suis incapable de prendre une photo avec les doigts gelés… heureusement que je parviens à trouver les cairns qui m’indiquent le chemin à suivre… et le début de la descente n’est pas l’endroit le plus aisé. Heureusement le brouillard reste en altitude, on retrouve assez rapidement un peu de visibilité et la possibilité de me dégeler les doigts. Le ciel, lui, restera bouché toute la journée, un peu de pluie, j’ai même droit à un orage qui heureusement ne donne lieu qu’à un peu de grêle , je pourrai rapidement sortir de l’abri de fortune que j’avais pu trouver. Je n’ai pas compté le nombre de fois où le chemin traverse la rivière il n’est jamais nécessaire de se déchausser mais il faut parfois chercher les pierres où poser les pieds…et la descente réserve quelques passages un peu impressionnants en dévers…

Du côté de Chogdo se trouvent d’innombrables cheminées de fée au-dessus de la rivière… et un peu avant le village, c’est l’arrivée à la tente à thé : un vrai bonheur, le thé est un réconfort immense. D’autant qu’il est servi par une charmante jeune ladakhie, qui me propose de loger pour la nuit chez elle à Chogdo. Dans l’idée de visiter demain matin Hémis avant de prendre le bus pour Leh, je décline (ben si…) et je reprends ma route… mais de mauvaises indications me font perdre du temps, on me conseille de monter alors que le chemin est bien le long de la rivière… et qui est ce que je retrouve après mon détour ? Stanzin (ou Stainz ? j’espère ne pas trop écorcher son nom), la charmante (et charmeuse) jeune femme de la tente à thé, qui rentre chez elle avec son petit garçon. Comment lui refuser encore son offre d’hébergement, proposée avec un aussi joli sourire, et alors que le destin a voulu que je me perde pour mieux la retrouver ?? d’autant que je commence à avoir bien envie de me poser… (… j’en ai plein le dos pour aujourd’hui, et j’ai envie de me sécher et de me réchauffer). Elle m’a vanté sa maison, et c’est vrai qu’elle est bien agréable, très confortable, ma chambre est « standing » par rapport à ce que je viens de connaître ! Stanzin me dit s’ennuyer dans ce village, c’est son mariage qui l’a amené ici alors qu’elle vient de la ville, de Kargil. Chogdo est pourtant bien moins isolé que Markha ou Hangkar, la piste carrossable arrive jusqu’ici…Témoignage rare, une personnalité aussi manifestement bien différente de mes hôtesses précédentes beaucoup plus « campagnardes »…une autre vision, un autre aperçu de la vie au Ladakh… Le reste de la famille (mari, fille aînée, et belle-maman) arrive un peu plus tard, la fille rentre du travail, le mari du travail, et la belle-mère a fait les courses. Je teste le thé salé (beurk, du coup j’évite en plus d’y rajouter du beurre), et je parviens à échapper à ce qui me paraît être du navet cru. Heureusement il y aura de la bonne soupe ! Cette journée difficile se termine donc bien, dans la chaleur et le réconfort, mais évidemment je reste déçu des conditions du passage au col… Il me faudra donc y revenir pour profiter de la vue… bien sûr, Stanzin la charmeuse me dira aussi de revenir ! et puis, j’ai par ailleurs bénéficié d’une très bonne météo pour le reste du trek, il me faut donc être philosophe !
Bruno
DJ Djullé84 Veteran ·
Merci pour ce beau compte-rendu. Nimaling est un bel endroit quand les transhumants sont là avec leurs troupeaux de chèvres.

je reste déçu des conditions du passage au col… Il me faudra donc y revenir pour profiter de la vue…

C'est dommage parce qu'on a une vue imprenable sur le Kang Yatse.

Il me faudra donc y revenir pour profiter de la vue… bien sûr, Stanzin la charmeuse me dira aussi de revenir !

Bien sûr ! Il me faudra revenir aussi pour voir ... Stanzin ! 😎 ! Ah ! Ah !

Je teste le thé salé (beurk, du coup j’évite en plus d’y rajouter du beurre), et je parviens à échapper à ce qui me paraît être du navet cru.

Sur ce coup, tu es mal tombé ! Le vrai thé salé qu'ils appellent "gurgur cha" (gourgour tcha) ou "ladakhi tea" se prépare dans un long cylindre appelé gurgur. Le thé qui a longtemps bouilli dans un chaudron ou une marmite est versé dans le gurgur on ajoute du sel et du beurre, puis on agite le tout avec un disque percé fixé au bout d'un long manche pendant un bon moment avant de le reverser dans le chaudron sur le feu. On peut alors boire pendant des heures tant qu'il y en a. Quand le dosage est bien fait, c'est un régal. J'en réclame toujours parce qu'on ne le propose pas aux touristes. Je ne connais pas les navets de Chogdo, mais l'an dernier dans la Nubra, à Charasa, J'ai regardé la famille préparer leurs légumes parmi lesquels il y avait un ou deux navets. Tous ces légumes venaient d'être ramassés dans leur jardin ! Celle qui coupait un navet m'en a proposé un petit morceau, navet rond violet très ordinaire. Il avait un vrai goût de navet et un parfum extraordinaire. J'ai demandé à avoir une assiette de navets crus pour le repas de midi. Après ma promenade dans le village et la visite des gonpa et du château, je n'ai pas oublié mon rendez-vous et j'ai eu droit à une grosse assiette de navets croquants et frais, c'est resté l'un de mes deux meilleurs repas de mon séjour, et ... j'y reviendrai, peut-être pas "rien que pour ça", mais "aussi pour ça" !

il me faut donc être philosophe !

Belle conclusion, mais d'habitude tu annonces le programme du lendemain, et cette fois : rien ! Tu as peut-être l'intention de rester quelques jours de plus pour reprendre de la soupe de Chogdo ? 😉 ! 😊 ! 😇 !
BR Bruno31 Veteran ·
je reste déçu des conditions du passage au col… Il me faudra donc y revenir pour profiter de la vue…

C'est dommage parce qu'on a une vue imprenable sur le Kang Yatse.

Je veux bien te croire...

Bien sûr ! Il me faudra revenir aussi pour voir ... Stanzin ! 😎 ! Ah ! Ah !

Ah oui... je suis sûr que le Kang Yatse n'est pas mieux !

Je teste le thé salé (beurk, du coup j’évite en plus d’y rajouter du beurre), et je parviens à échapper à ce qui me paraît être du navet cru.

Sur ce coup, tu es mal tombé ! Le vrai thé salé qu'ils appellent "gurgur cha" (gourgour tcha) ou "ladakhi tea" se prépare dans un long cylindre appelé gurgur. Le thé qui a longtemps bouilli dans un chaudron ou une marmite est versé dans le gurgur on ajoute du sel et du beurre, puis on agite le tout avec un disque percé fixé au bout d'un long manche pendant un bon moment avant de le reverser dans le chaudron sur le feu. On peut alors boire pendant des heures tant qu'il y en a. Quand le dosage est bien fait, c'est un régal. J'en réclame toujours parce qu'on ne le propose pas aux touristes.

Waouh c'est toute une histoire ! non ce n'était pas aussi compliqué chez Stanzin

Je ne connais pas les navets de Chogdo, mais l'an dernier dans la Nubra, à Charasa, J'ai regardé la famille préparer leurs légumes parmi lesquels il y avait un ou deux navets. Tous ces légumes venaient d'être ramassés dans leur jardin ! Celle qui coupait un navet m'en a proposé un petit morceau, navet rond violet très ordinaire. Il avait un vrai goût de navet et un parfum extraordinaire. J'ai demandé à avoir une assiette de navets crus pour le repas de midi. Après ma promenade dans le village et la visite des gonpa et du château, je n'ai pas oublié mon rendez-vous et j'ai eu droit à une grosse assiette de navets croquants et frais, c'est resté l'un de mes deux meilleurs repas de mon séjour, et ... j'y reviendrai, peut-être pas "rien que pour ça", mais "aussi pour ça" !

Bon alors ça devait vraiment être des navets... Je ne suis pas sûr qu'ils venaient de Chogdo, je pensais qu'ils rentraient tous 3 de Leh. Cela dit je suis pas trop fan des crudités... et je doute un peu de la digestibilité du navet cru

Belle conclusion, mais d'habitude tu annonces le programme du lendemain, et cette fois : rien ! Tu as peut-être l'intention de rester quelques jours de plus pour reprendre de la soupe de Chogdo ? 😉 ! 😊 ! 😇 !

C'est vrai que Chogdo a quelques arguments pour prolonger un peu le séjour... est ce que je me détournerai de mon objectif : Hémis puis Leh ??
Bruno
ST Stalingrad Globetrotter ·
Merci pour ton récit de voyage au Ladakh. Ca fait rêver en ces temps de confinement 😕. J'y suis allé 2 fois entre 2000 et 2005, et ton récit me donne envie d'y revenir. 🙂
BR Bruno31 Veteran ·
Merci, c'est bien si ça donne envie de repartir ! Et oui, ça me va bien aussi de me replonger dans les grands espaces, ça manque un peu en ce moment !
Bruno
DJ Djullé84 Veteran ·
Je ne suis pas sûr qu'ils venaient de Chogdo, je pensais qu'ils rentraient tous 3 de Leh.

Dans ce cas, surtout au tout début de juillet, ils venaient certainement de Srinagar. J'étais dans la Nubra la dernière semaine d'août, et dans la Nubra les récoltes sont plus précoces qu'au Ladakh.

je doute un peu de la digestibilité du navet cru

Bouddha avait dit à ses disciples :"Ne vous contentez pas de retenir ce que je dis. Il vous faut tout expérimenter par vous même !" Pour lever ton doute, tu vois ce qu'il te reste à faire ! ! ! 🙂 ! 😏 ! 😛 ! Le chou-fleur cru est aussi très bon. J'ai découvert ça au Ladakh. Mais il faut que ce soit très frais : aussitôt ramassé, aussitôt mangé.

est ce que je me détournerai de mon objectif : Hémis ?

https://www.youtube.com/watch?v=23EIjQ4Nxnw ... "Est-ce le diable qui s'est incarné en elle Pour détourner mes yeux du (Dieu éternel)… chemin d'Hémis …"......................... On va bientôt savoir ...
BR Bruno31 Veteran ·
Je ne suis pas sûr qu'ils venaient de Chogdo, je pensais qu'ils rentraient tous 3 de Leh.

Dans ce cas, surtout au tout début de juillet, ils venaient certainement de Srinagar. J'étais dans la Nubra la dernière semaine d'août, et dans la Nubra les récoltes sont plus précoces qu'au Ladakh.

Oui tout début juillet ; j'imagine que fin août, après la décision du gouvernement indien, plus grand chose ne circulait entre Srinagar et Leh ?

je doute un peu de la digestibilité du navet cru

Bouddha avait dit à ses disciples :"Ne vous contentez pas de retenir ce que je dis. Il vous faut tout expérimenter par vous même !" Pour lever ton doute, tu vois ce qu'il te reste à faire ! ! ! 🙂 ! 😏 ! 😛 ! Le chou-fleur cru est aussi très bon. J'ai découvert ça au Ladakh. Mais il faut que ce soit très frais : aussitôt ramassé, aussitôt mangé.

Jésus disait à ses disciples qu'ils devaient le croire sur parole même pour des choses qu'ils n'avaient pas vues eux-mêmes. On n'est pas dans la même approche. Quant au chou-fleur cru, ça se fait par chez nous. Perso je suis pas un grand fan mais bon... Sinon sur le principe oui, on devrait essayer un maximum de choses...

est ce que je me détournerai de mon objectif : Hémis ?

... "Est-ce le diable qui s'est incarné en elle Pour détourner mes yeux du (Dieu éternel)… chemin d'Hémis …"......................... On va bientôt savoir ...

🤪😉😕 https://www.youtube.com/watch?v=5Ie0M27aCl8
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Le lendemain, c’est grand bleu au matin, je peux monter sur le toit-terrasse admirer les environs (ependant dans la journée le gris aura tendance à revenir, surtout sur les sommets qui se cacheront souvent dans les nuages, histoire de ne pas trop me narguer tout de même…). Monsieur est parti tenir la tente à thé, les femmes du village viennent pour mettre à jour avec Stanzin ce qui me semble être un registre des nuitées.

Je reprends donc ma marche, après cette belle étape, en direction de Hémis, marche aisée désormais puisqu’elle se fait sur un chemin carrossable, puis carrément sur une route goudronnée. Le décor est encore très beau avant d’arriver à la vallée de l’Indus (après, ça se gâte), les pentes des montagnes sont en teinte rose aujourd’hui ! Il faut environ 1 heure pour atteindre Sumdo, je pensais ensuite trouver aisément le chemin direct longeant la montagne en direction de Hémis. Mais je vais manifestement trop loin en direction de Karu, je me retrouve à faire un grand détour à Martlesang. Il me faut traverser un désert pour reprendre la direction de Hémis, et devoir emprunter une large (et longue !!) avenue rectiligne au milieu de nulle part, en montée c’est interminable et le décor n’est plus du tout celui de la montagne, mais un no man’s land morne et désertique. Cette montée de 2 km mène à une construction neuve, en cours d’achèvement, blanche, quelque chose qui de loin paraît plutôt kitsch et étrange, c’est en fait un très grand stupa qui surmonte un vaste bâtiment blanc agrémenté de statues d’animaux. Ce n’est qu’une fois cet édifice enfin passé, pour les derniers hectomètres, que l’environnement devient plus agréable, la route moins large (et la possibilité de prendre un raccourci qui s’éloigne de la route). Les mani walls se succèdent, leur longueur étonnante témoigne de l'importance du lieu, et les dernières pentes boisées me permettent d’atteindre le monastère. Il est bientôt 13h, ma première préoccupation est de me renseigner sur l’horaire du bus pour Leh : 13h30, je n’aurai donc pas la possibilité de prendre ce bus si je veux visiter et profiter des lieux à mon rythme. Tant pis, il y aura bien un autre moyen pour rentrer sur Leh ! Hémis est présenté comme le plus important monastère du Ladakh lors de la visite cela se remarque par la présence du musée qui regroupe de nombreuses pièces (je ne pourrai pas tout à fait le parcourir entièrement en raison d’une coupure d’électricité). La cour également fait impression par sa taille, les balcons qui l’entourent et les bâtiments qui la dominent. La fréquentation touristique est plutôt importante (je retrouve du monde, touristes indiens et étrangers) toutes les salles ne sont pas ouvertes, mais dans l’une des 2 grandes salles de prière je m’arrête assez longuement pour profiter du chant du seul moine présent, un beau "concert" alors que, accroupi, il s’accompagne seulement de quelques percussions. C’est pour ma part le meilleur moment de la visite, je m’attendais à être plus touché par la visite de ce monastère, j’ai peut être manqué quelque chose. Je compte rentrer maintenant sur Leh en attrapant un bus à Karu – ou alors, en stop, si quelqu’un veut bien s’arrêter... Je redescends donc le long des murs de mani, le stupa flambant neuf au bout de sa grande avenue, qui se parcourt un peu plus rapidement en descente… c’est en arrivant à l’entrée de Karu qu’une voiture s’arrête, des touristes en taxi qui m’amèneront à Thiksey qu’ils vont visiter. Waouh, quel site déjà vu d'en bas ! Pour ma part je visiterai Thiksey dans les jours à venir, pour l’instant je souhaite rentrer à Leh ASAP. Par chance, je n’attendrai pas longtemps : le bus venant de Thiksey se présente rapidement… J’arrive donc à Leh un peu après 17h, il va sans dire que la douche à l’eau chaude de la GH est la bienvenue… Ce soir la municipalité de Leh a bien fait les choses, une représentation de danses touristiques a lieu pour mon retour ! Les restaus de Leh ne sont pas aussi bons que les soupes des homestays, et les chiens de Leh peuvent reprendre leurs aboiements nocturnes… C’est le samedi soir, il me reste 8 jours de séjour en Inde il me faut organiser mon retour sur Delhi, idéalement en prenant le bus qui fait le trajet Leh-Manali en 2 jours. Il me faut aussi organiser mes quelques jours sur place, avec si possible une virée dans la vallée de la Nubra, et la visite de quelques monastères de la vallée de l’Indus.
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
c’est en fait un très grand stupa qui surmonte un vaste bâtiment blanc agrémenté de statues d’animaux.

Pas souvenir d'avoir vu ce bâtiment lors de ma visite en sept-14.

D'après ta photo, cela semble être ce qui est appelé un kumbum par les tibétains. Un kumbum (littéralement « cent mille images saintes ») est un chörten tibétain de grande taille constituant un bâtiment, comparable à un temple. La base d'un kumbum regroupe sur plusieurs étages des chapelles abritant des statues de divinités bouddhiques. D’une certaine manière, c’est un mandala tridimensionnel faisant un portrait du cosmos bouddhiste.

On l'explore par circumambulation, étage par étage, jusqu'au stupa sommital.

je m’attendais à être plus touché par la visite de ce monastère, j’ai peut être manqué quelque chose.

Moi non plus, je n'avais pas été emballé par Hemis. D'autant que j'avais déjà vu auparavant la plupart des grands gonpas de la Vallée de l'Indus, ainsi que ceux du Zanskar. Sans doute étais-je aussi gêné par la fréquentation touristique.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BR Bruno31 Veteran ·
Pas souvenir d'avoir vu ce bâtiment lors de ma visite en sept-14.

D'après ta photo, cela semble être ce qui est appelé un kumbum par les tibétains. Un kumbum (littéralement « cent mille images saintes ») est un chörten tibétain de grande taille constituant un bâtiment, comparable à un temple. La base d'un kumbum regroupe sur plusieurs étages des chapelles abritant des statues de divinités bouddhiques. D’une certaine manière, c’est un mandala tridimensionnel faisant un portrait du cosmos bouddhiste.

On l'explore par circumambulation, étage par étage, jusqu'au stupa sommital.

Je suis bien certain qu'il n'était pas construit en 2014, les ouvriers étaient encore en train de s'affairer et il n'était pas encore ouvert à la visite. Ce doit donc être un kumbum, merci de ces informations !
Bruno
DJ Djullé84 Veteran ·
Cette montée de 2 km mène à une construction neuve, en cours d’achèvement, blanche, quelque chose qui de loin paraît plutôt kitsch et étrange, c’est en fait un très grand stupa qui surmonte un vaste bâtiment blanc agrémenté de statues d’animaux.

Cette "construction" est un temple dédié à Naropa, et destiné à fêter le 1000ème anniversaire de sa naissance. Naropa est le second de la lignée des maîtres qui ont développé la branche "drukpa" du bouddhisme. Dans l'ordre : Tilopa, Naropa, Marpa, Milarépa et Ganpopa. Ce temple a été achevé en été 2016 et inauguré par le Gyalwang Drukpa le 19 septembre. Comme l'a dit Fabgreg, il s'agit d'un mandala en trois dimensions. Il n'a pas pu le voir quand il est passé en 2014, car il a été commencé en 2015. A cette occasion, le Gyalwang Drukpa a offert une très grande thanka (parait-il la plus grande thanka du Ladakh), et très belle aussi. Voici quelques photos de cette inauguration qui s'est déroulée le 19 septembre 2016.
DJ Djullé84 Veteran ·
Pas souvenir d'avoir vu ce bâtiment lors de ma visite en sept-14. D'après ta photo, cela semble être ce qui est appelé un kumbum

Bravo, tu as tout juste ! Tu n'as pas pu le voir en 2014 puisqu'il a été commencé seulement l'année suivante. Et, c'est bien un mandala en trois dimensions. Tu n'as fait qu'un seul voyage au Ladakh, et tu sais tout sur le pays, sur l'architecture même peu coutante, et sur le bouddhisme ?
DJ Djullé84 Veteran ·
les ouvriers étaient encore en train de s'affairer et il n'était pas encore ouvert à la visite.

Il y avait peut-être quelques réparations à faire, car une très mauvaise habitude du Ladakh est mettre beaucoup de sable et peu de ciment dans le mortier. Même quand il n'est pas ouvert, on voit la grande pièce centrale à travers les vitres, mais il n'y a rien d'exceptionnel à voir. Il n'y a aucune fresque et seulement quelques rares statues.
BR Bruno31 Veteran ·
Cette "construction" est un temple dédié à Naropa, et destiné à fêter le 1000ème anniversaire de sa naissance. Naropa est le second de la lignée des maîtres qui ont développé la branche "drukpa" du bouddhisme. Dans l'ordre : Tilopa, Naropa, Marpa, Milarépa et Ganpopa. Ce temple a été achevé en été 2016 et inauguré par le Gyalwang Drukpa le 19 septembre. Comme l'a dit Fabgreg, il s'agit d'un mandala en trois dimensions. Il n'a pas pu le voir quand il est passé en 2014, car il a été commencé en 2015. A cette occasion, le Gyalwang Drukpa a offert une très grande thanka (parait-il la plus grande thanka du Ladakh), et très belle aussi. Voici quelques photos de cette inauguration qui s'est déroulée le 19 septembre 2016.

Et bien ! On a de la chance ici, d'avoir des réponses aussi complètes à toutes les questions. Effectivement c'était beaucoup moins désertique que lors de mon passage !
Bruno
BR Bruno31 Veteran ·
Même quand il n'est pas ouvert, on voit la grande pièce centrale à travers les vitres, mais il n'y a rien d'exceptionnel à voir. Il n'y a aucune fresque et seulement quelques rares statues.

Effectivement, j'ai essayé de regarder à travers les vitres et le vide intérieur a confirmé l'idée d'une construction en cours née de la présence des ouvriers et de l'absence de visiteurs
Bruno
DJ Djullé84 Veteran ·
C’est le samedi soir, il me reste 8 jours de séjour en Inde il me faut organiser mon retour sur Delhi, idéalement en prenant le bus qui fait le trajet Leh-Manali en 2 jours. Il me faut aussi organiser mes quelques jours sur place, avec si possible une virée dans la vallée de la Nubra, et la visite de quelques monastères de la vallée de l’Indus.

Je viens remuer le couteau dans la plaie pour t'arracher les épisodes suivants de ta "série" (nouveau mot branché pour "feuilleton"). Tu sais que tout le monde s'ennuie pendant le confinement et que les histoires au grand air dans des terres lointaines sont des contes de fées pour adultes ! 😏 ! Djullé. J.L.
BR Bruno31 Veteran ·
Je viens remuer le couteau dans la plaie pour t'arracher les épisodes suivants de ta "série" (nouveau mot branché pour "feuilleton"). Tu sais que tout le monde s'ennuie pendant le confinement et que les histoires au grand air dans des terres lointaines sont des contes de fées pour adultes ! 😏 ! Djullé. J.L.

Oui je traîne un peu... il faut aussi savoir se faire attendre, paraît-il... Et puis je profitais de la période pour exhumer de vieux bouquins parlant de cette région du monde...

Ainsi l'édition "revue et corrigée" en 1967 de "un barbare en Asie", de Henri Michaux (1ere édition en 1933)(je vous rassure, je ne l'ai pas acheté en 1967). Voila comment il parle de l'énorme instrument de musique à vent vu et entendu à Lamayuru, appelé je crois le Dafa (il était, lui, au Népal) : "... Ils ont aussi un instrument, une sorte de trompette de 4m50 de long, qu'ils braquent sur la campagne pour appeler les gens à la prière. Un bruit de glotte énorme et hippopotamesque en sort. Et ce son, partout ailleurs excessif, ici faible et obscur dans les montagnes de l'Himalaya, passe par-dessus les hameaux comme un soupir". Pas mal, non ? Sinon il y a beaucoup de passages franchement amusants, comme ça : "Dans le monde entier, on peut se faire comprendre par gestes. En Inde, impossible. Vous faites signe que vous êtes pressé, qu'il faut aller vite, vous agitez le bras d'une façon que le monde entier comprend, le monde entier, mais pas l'Hindou. Il ne devine pas. Il n'est même pas sûr que ce soit un geste. Quelle oppression aussi que leur simple présence !"

Et on trouve aussi d'énormes erreurs, comme quoi tout le monde peut se tromper. A propos du fait que les élites indiennes auraient goûté au "fruit européen" : "La civilisation européenne est une religion. Aucune ne lui résiste. Ce qui est le plus couru à Bénarès, c'est le cinéma. Dans vingt ans, ce qu'on s'en souciera peu, du Gange !" (bon, la note de bas de page de l'édition de 1967 reconnaît "Quelle erreur !")

J'ai aussi un bouquin de JC Guillebaud, de 1980, qui ne se remet pas de la "conquête" touristique du Népal en 3 décennies et qui se montre plus visionnaire que Michaux en écrivant "On construira demain un Hilton à Lhassa.".

Bon, ça nous éloigne du sujet... J'étais donc revenu à Leh, et disposais encore de 8 jours de vacances. 8 jours certes, mais il faut prévoir une marge de sécurité à New Delhi. Que ce soit en avion ou en bus, il se peut que les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu durant le voyage entre Leh et Delhi. De plus ma précédente visite à Delhi datait de 30 ans. Y passer 2 jours ne me paraissait donc pas excessif. Donc, reste 6 jours pour le Ladakh et le voyage de retour...
Bruno
FA FabGreg Globetrotter ·
l'énorme instrument de musique à vent vu et entendu à Lamayuru, appelé je crois le Dafa (il était, lui, au Népal)

J'ai un petit doute, car avant de devoir intégrer des termes européens comme photo, pharmacie, France... ni le tibétain, ni le hindi (idem nepali) ne disposaient du phonème "F". Idem à ma connaissance pour le ladakhi (à confirmer par Jean-Louis).

A mon avis, c'est plutôt "Dapha", où "ph" correspond à un "p expiré". Voir https://en.wikipedia.org/wiki/Dapha_music.

De ce que je comprends, c'est une forme de musique propre à la culture Newari (dominante dans la Vallée de Katmandou), pas un instrument.

L'instrument est donc plutôt à identifier parmi la liste référencée dans l'article wikipedia. Il est hautement probable que son nom soit différent à Lamayuru, car sans doute ladakhi.

Fabrice

P.S. : cette association du ph au phonème "F" nous vient des grammairiens de la Renaissance pour distinguer l'origine latine (F) de l'origine grecque (PH, reflet du "phi"). L'espagnol et l'italien on sut se passer de cette subtilité. On retrouve le même principe pour "t" et "th" (le théta grec), "i" et "y"...
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
MA Masterpo Globetrotter ·
cette association du ph au phonème "F" nous vient des grammairiens de la Renaissance pour distinguer l'origine latine (F) de l'origine grecque (PH, reflet du "phi"). L'espagnol et l'italien on sut se passer de cette subtilité. On retrouve le même principe pour "t" et "th" (le théta grec), "i" et "y"

Oui, je sais, je ne relève que la partie qui n'a rien à voir avec le sujet du fil, mais bon, je trouve cette remarque intéressante et bonne à savoir.

PS Pour le on sut, une petite translation du t vers la gauche serait bienvenue ^^
FA FabGreg Globetrotter ·
Pour le on sut, une petite translation du t vers la gauche serait bienvenue ^^

Trop tardif pour que je rectifie.

Il m'arrive de déplacer involontairement une lettre quand je rédige un texte via ordiphone. Ici le t qui a été décalé vers la droite.

Cela m'arrangerait bien de procéder ainsi de temps en temps pour un mot entier. Mais je n'ai toujours pas identifié par quel frôlement de l'écran je déplace une lettre par mégarde.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BR Bruno31 Veteran ·
l'énorme instrument de musique à vent vu et entendu à Lamayuru, appelé je crois le Dafa (il était, lui, au Népal)

J'ai un petit doute

Alors ici http://french.tibet.cn/fr/index/top/201912/t20191202_6717149.html ils parlent aussi du dafa, mais en indiquant le mot "tongqin" en tibétain. Alors que là : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dungchen il est question de dungchen, et le terme "tongqin" revient aussi (pour du chinois, cette fois). Dungchen, pas sûr de la prononciation, le ch ne vient-il pas du chi grec ???

Sans avoir véritablement cherché à approfondir la question, la transcription en alphabet latin de mots provenant d'une autre graphie est parfois surprenante (bon, avouons que nous sommes mal placés pour en parler, le rapport phonie-graphie est complexe en français) . Effectivement la question de la prononciation du "ph" revient, par exemple en thaïlandais (Phuket, Ko Phi-Phi, ...). Mais quand on essaie de prononcer 3 mots de birman, d'après la transcription en alphabet latin, ça peut être vraiment étonnant...
Bruno

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