Au mois de février 2013, mon ex (c'est trop compliqué à expliquer et je ne sais pas comment le désigner...Bref, une histoire personnelle, bizarre) enfin, le père de mes enfants. Il est venu nous rendre visite au pays, pendant les vacances de février (il est prof) Peu de temps, pour faire un max de chose. Je l'amène à mon village, site de notre projet qui, si on le finalise, va créer des emplois, aux villages, voisins du mien. J'ai choisi ce site, parce que je connais les populations puis, c'est stratégique, sur le point géographique et avec un grand potentiel. Je n'en dis pas plus.
Pour joindre mon village, à la sortie de la ville d'Ebolowa : une seule route, qui relie Ebolowa-Abam-Kyosi-Bitam-Guniée-Equato.
Premier barrage: douaniers, policiers, gendarmes et ne sais. On passe, sans problème, on ne nous stoppe même pas. Ok. A 3 km, un barrage solitaire : deux agents du ministère du transport. Comme c'est mon... enfin bref, c'est Benoit qui conduit. Benoit est blanc (Monsieur ne veut pas être conduit par une femme. Même en France, il me fait le coup sauf, quand c'est ma voiture, je lui dis de la fermer...) Je reviens aux deux agents. On leur présente notre dossier. Tout est ok : contrôle technique, vignette fiscale, assurance, triangle de signalement, etc. C'est la voiture que je conduis, quand je suis au pays et, trop légaliste, je tiens à ce que tout soit ok. Les deux agents, trouvent que nous n'avons pas l'extincteur et cela, nécessite une mise en fourrière de la voiture et une amende....
Je leur explique que, je ne savais pas mais, je peux retourner en ville, en acheter. Non! Il prenne le permis de Benoit : c'est un permis français, il n'a pas le droit de conduire au Cameroun...! Je m'insurge. Je leur rappelle qu'il a le droit de conduire avec son permis français, tant, mais ne doit pas dépasser trois mois au Cameroun, auquel cas, il devrait utiliser un permis international (cela tombe bien, Benoit a un permis intenational, délivré au Sénégal...) Mais, non!
Ils demandent 75000 francs d'amende et une mise en fourrière de la voiture. De plus, c'est nous, qui devons amener la voiture à la fourrière. Notre fille est terrorisée, Benoit suggère de donner un "petit billet" je dis "non, même pas 5 francs car, c'est une manifestation caractérisée, d'abus de pouvoir, pour favoriser la corruption" Je me radicalise et m'énerve. Je crie, je hurle mais, n'insulte pas. Cela fait rire les villageois, qui me conseillent de "lâcher un billet" Les deux agents m'invitent à baisser le ton. Moi, je retrouve toute ma "cameroun attitude" je crie plus qu'eux et, avec des "tu veux me faire taire? Viens, viens, me faire taire" le tout, en roulant mes poings... Benoit et notre fille, surpris de me découvrir sous une autre façade, rentrent en ville.
Le dossier est confisqué. Je suis allée à la délégation du transport, pour expliquer la situation : pas de dossier. L'agent était retourné au barrage, avec le dossier. Cela a pris toute la journée de va et vient...
Les deux agents, jouaient tranquillement au "songo" et faisaient semblant, de ne pas me voir. Je me suis assise à côté de l'un d'eux, Je lui ai expliqué, tranquillement, le projet que je mène au village, les retombées socio-économique que je poursuis. Surtout, je lui ai dit" J'aime mon pays le Cameroun. Je loues vos efforts et les efforts de tous les agents. Il ne m'appartient pas, de mépriser leurs efforts, en les rabaissant, en leur donnant un petit billet de 500 ou 1000 francs, parce que leur travail vaut mieux que cela. Je refuse d'insulter les agents du Cameroun..."
Puis, je suis allée m'asseoir dans la voiture (j'avais toujours la voiture, puis que c'était à moi, de l'amener à la fourrière...) J'ai attendu et, 3 minutes après, le gars (le plus virulent) est venu me donner mon dossier, la tête basse. Il m'a demandé pardon mais, c'est moi, qui lui ai présenté mes excuse, d'avoir hurlé après lui...
Jusqu'à la fin de mon séjour, dès qu'il me voyait, j'avais droit à des grandes manifestations de sympathie. On m'appelait "maman Cameroun" C'est jeunes, sont au même endroit et se déplacent quelque fois. Il suffit que je sois dans une voiture, comme un taxi, qu'ils laissent cette voiture...
J'ai fait un an au Cameroun. J'ai eu, à cause de mes enfants, ou de mon passeport ou même, par la suite, le recepissé de ma carte de séjour, des occasions, pour me faire soutirer quelques billets. Ce n'est pas par radinerie que je n'ai donné, même pas 5 francs, à qui que se soit, portant un uniforme ou non, ou, abusant de son statut de fonctionnaire. Mais, j'ai refusé de corrompre, par principe.
La leçon que j'en ai tiré, c'est qu'il faut être sans reproche, soi-même. S'il y a quelques irréductibles, il faut rester ferme sur ses droits et, souvent, beaucoup font clairement leur travail, tant qu'ils se sentent respectés dans ces appels. Tous, ne succombent pas à la corruption. J'en ai rencontré beaucoup et beaucoup. Alors, quand je lis, entends et vois, des gens qui, en premier, mettent des camerounais, en situation de corruption et sont les premiers à en dénoncer. Non, je ne suis pas d'accord
Je suis peut-être et sans doute vraie, une femme "bien-pensante" ou tout ce que je peux laisser penser de moi. Mais, je continue à dire que, les camerounais, sont corrompus, parce que les corrupteurs les mettent en situation. L'inverse est vrai.
J'ai pleins d'anecdotes, de ce genre mais, je n'ai cautionné à aucun cas, la malhonnêteté, de camerounais, qui sont des gens formidables et simples.
un arbre ne peut avoir de branches, s'il n'a pas de racines