World music · Grande-Bretagne
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Taamaden 6 years ago · Caro96
Disparition de Keith Tippett (Grande-Bretagne)
« With his mutton-chop sideburns and penchant for countrymen’s tweed jackets, waistcoats and collarless shirts, Keith Tippett suggested a quirky Edwardian gentleman farmer more than an experimental music firebrand. » (John Fordham, The Guardian, juin 2020)

Entre jazz libre et rock progressif

Un grand nom du jazz britannique vient de disparaître. En juin, le compositeur, improvisateur et pianiste anglais Keith Tippett est mort à l’âge de 72 ans. Curieux de tous les styles et tous les genres, infatigable à la quête de nouvelles expériences musicales, il est une figure pionnière de la scène anglaise de jazz libre depuis le début des années 70. Mais il se fait surtout connaître pour avoir fondé le méga-orchestre CENTIPEDE, comprenant une cinquantaine de musiciens, et par sa participation à trois albums du groupe de rock progressif KING CRIMSON. Sa discographie est immense...

Né à Bristol en 1947, Keith Tippett étudie le piano et l’orgue d’église et forme son premier groupe quand il est adolescent. En 1967, il s‘installe à la capitale britannique, la date qui équivaut au début de sa vie musicale professionnelle. Déjà sa première formation, le KEITH TIPPETT GROUP, un sextet comprenant notamment le saxophoniste Elton Dean, le trompettiste Mark Charig et le tromboniste Nick Evans, atteint un certain degré de notorité. Le groupe enregistre deux disques de jazz-rock qui font date, You are here...I am There en 1970, et Dedicated to You, but You weren’t Listening en 1971, auquel participe aussi Robert Wyatt, entre autres. A cette époque également, Keith Tippett collabore à la chanteuse Shelag McDonald et effectue plusieurs sessions de King Crimson où il laisse son imparable touche pianistique : faut écouter p.ex. la pièce Cat Food ou aussi Lizard, really great !)...

En 1970 de même, Keith Tippett fonde un orchestre hors du commun comprenant d’une cinquantaine de musiciens issus des scènes jazz et rock britannique, CENTIPEDE, laissant un double album, Septober Energy, qui reste unique en son genre : une composition déclinée en quatre parties, chacune faisant intervenir les musiciens soit en solo, en duos, en trios, en quartets, en orchestre complet, mélangeant et mariant différents styles – jazz, classique, rock, free music, etc. Peu de temps après, Keith Tippett crée une autre formation, OVARY LODGE, avec le contrebassiste Roy Babington, le batteur Frank Perry et – plus tard – le bassiste sud-africain, Harry Miller. Sa femme, la vocaliste et percussionniste Julie Tippetts (née Driscoll) y participe également : qui ne se souvient pas d‘une voix soul, celle de Julie, accompagnée du groupe Brian Auger & The Trinity ayant eu plusieurs hits à l‘époque : This Wheel‘s on Fire, Road to Cairo, Season of the Witch... Ce quartet s’oriente vers une musique entièrement improvisée, au croisement du free et de la musique contemporaire, préfigurant même l’ambient.

En 1976, Keith Tippett joue en duo avec un autre pianiste britannique, Stan Tracey, et en 1978, il forme sa deuxième grande formation, ARK, un big-band de 22 musiciens, cette fois issu du jazz et des musiques improvisées, se déplaçant musicalement entre Charles Mingus et Sun Ra. Cette grande formation comprend notamment des membres d’OVARY LODGE et du Chris McGregor’s Brotherhood of Breath, n’ayant enregistré, tout comme CENTIPEDE, qu’un seul double album, Frames (Music for an Imaginary Film). Par la suite, le pianiste crée d’autres formations orchestrales qui, même sans avoir dépassé le nombre de participants d’ARK et de CENTIPEDE, témoigne d’une densité et d’un foisonnement musicaux tout aussi impressionnants, comme le KEITH TIPPETT SEPTET, le KEITH TIPPETT TAPESTRY ORCHESTRA, VIVE LA BLACK et le KEITH TIPPETT OCTET. En somme, une carrière musicale qui présente diverses formes musicalement assez contrastées...

A l’opposé de ces grandes formations, le fécond talent pianistique de Keith Tippett s’exprime également sous la stricte forme du solo piano, une démarche qu’il initie à partir des années 80 avec le double album The Unlonely Raindancer et qu’il développe dans les décennies suivantes au sein de sa série de disques solistes Mujician I, II, III (August Air) et IV (Live in Piacenza) et dans d’autres albums comme The Dartington Concert, Friday the 13th et Live in Triest. Ce sont tous des albums qui illustrent toute l’amplitude créative de Keith Tippett sur le piano, rayonnant d’un lyrisme brûlant, d’un souffle vital et d’une inventivité infaillible, souvent le traitant d’un "piano préparé à la John Cage" (le son des cordes étant modifié par des pièces de bois et autres objets). MUJICIAN devient aussi le nom de l’un des groupes les plus éloquents du pianiste, un quartet improvisé d’harmonie intuitive, avec le saxophoniste Paul Dunmall, inspiré de Coltrane, le virtuose de basse, Paul Rogers, et le batteur Tony Levin...

Au cours de sa longue carrière, Keith Tippett multiplie les rencontres musicales sous plusieurs formes, en duos, en trios, etc. etc., et participe, de la même façon, dans différentes formations d‘amis musiciens, dont Elton Dean (Quartet, Quintet, Ninesense), Harry Miller (Isipingo), le violoniste de King Crimson, David Cross (Low Flying Aircraft), le bassiste de Soft Machine, Hugh Hopper (Hopper-Dean-Tippett-Gallivan), Paul Dunmall ou en duo avec le pianiste Howard Riley, le saxophoniste Andy Sheppard, ou encore avec sa femme Julie, avec laquelle il enregistre plusieurs albums (Couple in Spirit). En 2000, il écrit une musique pour un quartet à cordes contemporain, le Kreutzer Strings Quartet (Linuckea. Let The Music Speak).

Toute sa vie (musicale), Keith Tippett a la vision idéaliste que les gens qui écoutent de la musique entrent dans un espace sacré. Il envisage d'atteindre ses objectifs humanistes et musicaux sans tout compromis. Sa classe pianistique, ses compétences artistiques ne sont pas toujours reconnues et la reconnaissance que son travail mérite ne lui est pas toujours témoignée. A cet égard, Keith Tippett n’est certainement pas le seul. En Grande-Bretagne et ailleurs, on ne traite pas toujours les trésors nationaux comme il faut. En tout cas, Keith Tippett en est un...

Quel que soient les projets musicaux dans lesquels il s’investit, Keith Tippett laisse des traces immanquables et remarquées, avec son jeu de piano aussi endiablé que raffiné, fécond et innovant, son swing habité et hypnotique. Par sa mort, la musique du XXe siècle perd l’un de ses plus inspirés serviteurs. Les traces qu’il laisse, en Grande-Bretagne et ailleurs, sont profondes et durables, mes souvenirs de plusieurs concerts que j’ai pu voir – en particulier à Berlin – restent inoubliables : THANK YOU, KEITH TIPPETT !!!

Hery



(Keith Tippett et sa femme Julie : © Frank Schindelbeck)

https://www.youtube.com/watch?v=JW2qdrPBikA

(Keith Tippett solo, live in Italy)
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TA
Taamaden 8 years ago · Kujila
30e anniversaire de la mort de Nico
Icône à une fin tragique

Mannequin pour Vogue, actrice de Fellini, muse d'Andy Warhol, amante de Bob Dylan, Brian Jones, Jim Morrison, Leonard Cohen, Jackson Browne et Alain Delon, auteure-compositrice, musicienne et chanteuse à une voix gutturale et sans émotion : elle est principalement connue pour avoir interprété trois morceaux éblouissants dans le mythique premier opus du Velvet Underground, sorti en mars 1967 et baptisé aussi "l’album à la banane" (Femme Fatale, I’ll Be Your Mirror et All Tomorrow΄s Parties + au chœur sur Sunday Morning): Christa Päffgen, plus connue sous le nom de Nico. Mais la vie de Christa Päffgen, dite Nico, ne s’arrête pas à la courte aventure Velvet, loin de là...

Nico est née le 16 octobre 1938 à Cologne. Un enfant de guerre qui ne connaîtra jamais son père. A la fin dés années 50, elle est un des mannequins les plus convoités, vit entre Paris et Londres et rencontre Bob Dylan, Brian Jones et Jimmy Page. En 1959, elle interprète son propre rôle dans le film La Dolce Vita de Fellini. Au début des années 60, elle commence à expérimenter avec des drogues. A New York, la très belle blonde au regard hypnotique charme Andy Warhol et devient l’une des égéries du pape du pop art qui la fait jouer dans plusieurs de ses films (Chelsea Girl, Sunset…) et l’impose comme chanteuse du Velvet Underground. Toutefois, sa collaboration avec les autres Velvets n’est que de courte durée.

Elle commence alors une carrière solo, et enregistre dans les deux décennies suivantes une série d'albums acclamés aujourd'hui par les critiques, avec notamment John Cale, Brian Eno et Phil Manzanera (les deux derniers sont membres du groupe Roxy Music). C’est surtout grâce à John Cale qui l’encourage à écrire et composer, qui produit quatre de ses albums solo, tout en s’occupant des arrangements et en jouant de plusieurs instruments.

En 1967, Nico signe son premier album solo Chelsea Girl, titré ainsi en référence au film d’Andy Warhol dans lequel elle a joué. Les morceaux proviennent de la plume de Bob Dylan (I’ll keep it with mine), Tim Hardin (Eulogy to Lenny Bruce), Jackson Browne (These Days / Somewere there’s a Feather), et des Velvets Lou Reed, Sterling Morrison et John Cale (Little Sister / Chelsea Girl / Winter Song / Wrap your Troubles in Dreams). Dans cet album original, aux arrangements de cordes et de flûtes, Nico affirme d’emblée un style unique. Sa voix se fait plus sombre et spectrale, plus fascinante et mélancolique aussi… Mais l’album ne connaît pas un grand succès.

A partir du deuxième album solo (1969), The Marble Index, suivant les encouragements de John Cale, Nico écrit toutes les paroles et la musique, et elle y joue de l’harmonium, qui devient désormais son instrument de prédilection. La musique de Nico s’oriente de plus en plus nettement vers une musique non conventionnelle aux tonalités proches de la New Wave la plus sombre et du rock gothique. Sinon, elle commence à prendre de l’héroïne, une drogue qui l’accompagnera jusqu’au bout de sa vie.

A partir des années 70, Nico vit entre Berlin, Paris, New York et Ibiza. En 1969, la chanteuse rencontre le cinéaste français Philippe Garrel avec lequel elle vivra pendant neuf ans. Elle participe au cinéma de lui et publie également un recueil de poèmes, Chemin d’une vie.

Le 13 décembre 1974, Nico se produit en concert avec le groupe Tangerine Dream à la cathédrale de Reims devant plus de 5 000 personnes.

En 1981, Nico enregistre un autre album : Drama of Exile, premier album sans John Cale qui contraste avec ses travaux précédents avec John Cale en mêlant rock et arrangements moyen-orientaux, "a tentative foray into post-punk" (Wikipedia). L’album comprend le classique reedien I’m Waiting for the Man et Heroes de David Bowie.

En 1985, Nico enregistre son dernier album studio, Camera Obscura, très expérimental aux sonorités jazz sur lequel elle reprend la pièce célèbre My Funny Valentine du trompettiste Chet Baker.

C’est le 6 juin 1988 à Berlin(-Ouest) que la chanteuse donne son dernier concert, à la fois magique et mémorable, à savoir dans le cadre de "Berlin – Capitale européenne de la culture 1988", au Planetarium de la Wilhelm-Foerster-Sternwarte. Accompagnée par The Fraction (qui sont James Young – piano, Graham Dowdall – batterie, Henry Olson – guitar), un auditoire enthousiaste devient témoin de la musique idiosyncrasique de Nico… Ce concert est enregistré et édité sous "Nico’s Last Concert : Fata Morgana" (voir en bas).

A peine plus d’un mois après ce concert, le 18 juillet 1988, Nico meurt à l’hôpital d’une hémorragie cérébrale, quelques heures après une chute à vélo sur l’île d’Ibiza. Une des morts les plus absurdes de l’histoire du rock’n’roll : montée sur son vélo, vêtue d’un pantalon de cuir noir et d’autres vêtements lourds, son corps émacié, rongé par la drogue, s’effond à 40 degrés à l’ombre. La femme qui a tourné la tête d’un grand nombre des hommes les plus recherchés des années 60 et qui est devenue aussi une icône de la musique, perd la vie sur le bord d’une route sous le soleil ardent de l’Espagne.

Il y a trente ans...

Au milieu de la forêt de Grunewald à Berlin, à côté de sa mère Margarete, le cimetière (surnommé "cimetière des suicidés" par les Berlinois) est la dernière demeure de l’îcone du rock ambiance 60s...

Discographie :

Albums studio :

1967 : The Velvet Underground and Nico 1967 : Chelsea Girl 1969 : The Marble Index 1970 : Desertshore 1974 : The End 1981 : Drama of Exile 1985 : Camera Obscura

Albums live :

1974 : June 1, 1974 (avec John Cale, Kevin Ayers, Brian Eno) 1982 : Do or Die: Nico in Europe 1985 : Nico Live in Pécs 1986 : Live Heroes 1986 : Behind the Iron Curtain 1987 : Nico in Tokyo 1988 : Nico’s Last Concert : Fata Morgana 1989 : Hanging Gardens 1994 : Heroine

Compilations :

1998 : Nico: The Classic Years 2002 : Innocent & Vain – An Introduction to Nico 2003 : Femme Fatale – The Aura Anthology 2008 : Le Cinéma de Serge Gainsbourg – Musiques de films 1959-1990

Biographie :

Feray, Serge (2016). Nico, femme fatale. Le mot et le reste. Graf-Ulbrich, Lutz (2015). Nico – In the Shadow of the Moon Goddess. Kindle. Witts, Richard (2017). Nico : The Life and Lies of an Icon. Kindle.

Hery





www.youtube.com/watch?v=dMeZCPbM6bA
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Taamaden 9 years ago
Une légende du post-punk n’est plus (Angleterre)
"Si c'est ta grand-mère aux bongos et moi, c'est toujours The Fall." (Mark E. Smith)

Une légende du post-punk n’est plus (Angleterre)

Une page importante du post-punk se tourne : Mark E. Smith, chanteur et leader du groupe britannique The Fall (en référence à La Chute d’Albert Camus) est décédé le 24 janvier 2018. Il avait 60 ans. Jusqu’ici, Mark E. Smith reste une grande figure du mouvement post-punk des années 80, et son groupe est culte, certes avec un succès commercial plutôt modeste mais avec une solide base de fidèles adeptes...

En 1976, Mark E. Smith, un amateur de la littérature, décide de se lancer dans la musique, joue d’abord dans des formations locales de heavy metal, mais ses goûts musicaux penchent pour le rock expérimental de groupes comme Can, Faust, ou le Velvet Underground. Ensuite, il fonde son propre groupe, The Fall, originaire de Prestwich/Manchester, au nord de l‘Angleterre. A ses débuts associé avec le punk des Sex Pistols et des Buzzcocks à la fin des années 70, le groupe a depuis aspiré un large spectre de styles musicaux dont un rock atonal, peu mélodique et presque cacophonique, à une musique plus accessible à partir des années mi-80. Toutefois, le groupe n’a jamais abandonné son côté expérimental. D’autres traits caractéristiques de la musique de The Fall sont la répétition rythmique, le son de guitare abrasif et notamment des paroles cryptiques, furibondes, mordantes, empoisonnées, misanthropes de Mark E. Smith, sans oublier son chant très particulier, un parlé-chanté nasillard, reconnaissable entre mille. Ses textes à la fois réalistes, surréalistes et absurdes, sa poésie abstraite et crasse...

Ce produit de Mark E. Smith a publié plus de 30 albums studio sortis en quarante ans, mais est aussi tristement célèbre pour ses multiples changements de musiciens lors de sa carrière : une soixantaine de guitaristes, bassistes et batteurs ont été "épuisés". Le seul membre permanent, l’irascible Mark E. Smith. A côté de son activité au sein du The Fall, Mark E. Smith a édité deux albums solo qui sont plus des lectures : The Post-Nearly Man (1988) et Pander! Panda! Panzer! (2002). En outre, il a publié régulièrement des tribunes dans des journaux comme le New Musical Express (NME), en 2009 son autobiographie Renegade, the Lives and Tales of Mark E. Smith.

L’ex-bassiste de Joy Division puis de New Order le décrit : "Mark était un homme bizarre. [...] Il avait toujours son groupe à l'esprit, comme Ian Curtis, le chanteur de Joy Division. Beaucoup de gens vous diront que c'était un personnage difficile mais la plupart des génies ont des caractères difficiles pour une raison ou une autre, et lui était un vrai génie punk. Il n'y a personne pour prendre la place de Mark E. Smith, personne, c'était un personnage absolument unique et lui, et The Fall, vont manquer à la musique".

40 ans d‘existence et plus de 80 albums studio et live, compilations et eps, d’innombrables tournées autour du monde, The Fall est l’un des groupes les plus prolifiques et endurants de sa génération, et surtout l’un des plus influents : toute une génération de musiciens et groupes underground se réclament de son influence dont Sonic Youth, Minuteman, The Teardrop Explodes, Happy Mondays, Pavement et beaucoup beaucoup d‘autres...

J’avais vécu The Fall trois ou quatre fois en concert : des mémoires inoubliables. Quel bonheur !

Discographie (albums recommandables) :

1979 : Live at the Witch Trials 1979 : Dragnet 1980 : Grotesque (After the Gramme) 1981 : Slates 1982 : Hex Enduction Hour 1984 : Perverted by Language 1985 : The Wonderful and Frightening World of The Fall 1986 : This Nation's Saving Grace 1987 : Bend Sinister 1988 : The Frenz Experiment 1988 : I Am Kurious Oranj 1993 : The Infotainment Scan 2005 : The Complete Peel-Sessions 1978-2004 2010 : Your Future Our Clutter 2013 : Re-Mit

Vidéos :

The Fall : "Garden" (1983)

https://www.youtube.com/watch?v=OMJJmdlZoPw

The Fall : "The Container Drivers" (1980)

https://www.youtube.com/watch?v=N8bjJf3Q5mE

The Fall live au Glastonbury Festival (2015) :

https://www.youtube.com/watch?v=MVupLNiSJDs
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Taamaden 14 years ago
Spectrum Road: Hommage à un génial batteur (Etats-Unis/Angleterre)
« Tony kept studying and searching, right up to the end. This was a man who was born a genius. He was advanced as a drummer at the age of 15, and he kept striving his entire life, regardless of what people thought about him. He was a true innovator. » (Cindy Blackman-Santana sur son idole)

Par finesse de tonnerre

C’est en 1997 que Tony Williams (*1945) nous a quittés, bien trop tôt ... et, à mon avis, son œuvre musicale est trop peu appréciée depuis.

Tony Williams, l’enfant prodige du jazz à l’époque, qui, déjà à 14 ans, jamme avec les plus grands du jazz, qui, à 17 ans, reprend la batterie au grand quintette de Miles Davis (avec Wayne Shorter/ténor + soprano, Chick Corea/piano, Dave Holland/basse), et qui, à la fin des années 60, quitte Miles pour fonder son propre groupe, le légendaire Tony Williams Lifetime, avec John McLaughlin (guitare), Larry Young (orgue) et, à partir du second album, l’ex-membre de Cream, Jack Bruce (basse).

Par son jeu « binaire » à la batterie, Williams ouvre de nouvels espaces d’improvisations pour ses compagnons, ses finesses polyrythmiques lui font tôt un visionnaire à la batterie, souvent qualifié du plus grand batteur du jazz de tous les temps (pour moi, en tout cas). Peu étonnant, qu’il participe en 1969 à l’enregistrement du premier album fusion de l’histoire du jazz : « In a Silent Way » du grand Miles Davis, où il relie l’énergie du rock avec le sens et la technique du jazz. Par la fondation du Lifetime, Williams recherche les profondes combinaisons du hardbop, funk, rock, rhythm & blues et free jazz. Aujourd’hui, l’album début du Tony Williams Lifetime, « Emergency », est considéré communément comme album-clé du mouvement jazzrock.

Passionnés par la musique de Tony Williams, et surtout celle de son Lifetime, les musiciens Vernon Reid (guitare ; ex-Living Colour), John Medeski (claviers), Jack Bruce (basse, voix) et Cindy Blackman-Santana (batterie, voix) se réunissent en 2008 pour créer le projet « Spectrum Road » (d’après le titre du morceau « Via the Spectrum Road » de l’album début du Tony Williams Lifetime). Le groupe et l’album éponyme sont beaucoup plus qu’un autre hommage de ce génial batteur. Déjà le opener « Vuelta Abajo » est un manifeste : le hammond B3 mute à un animal hurlant et manifeste de manière exemplaire comment de l’électricité brutale peut faire sauter la physique du son. Sans cesse, le quartette revêt des éléments du progrock, funk, metal et blues du modèle de Lifetime. Ainsi se forment des paysages sonores à la fois sages et envoûtants qui font penser aux concerts « Live Evil » de Miles Davis ou à « Band of Gypsys » de Jimi Hendrix. La rapidité inquiétante et l’agressivité du jeu de guitare de Vernon Reid, l’exstase contrôlée de la batterie, jouée par Cindy Blackman qui sait par cœur l’œuvre complète de son idole Tony Williams, plus le groove et les sonorités expérimentales de l’orgue de Medeski caractérisent essentiellement une musique hautement énergétique entre idylle et folie !

Spectrum Road n’est pas le premier groupe à rendre hommage au Tony Williams Lifetime mais certainement le plus violent et le plus assourdissant (voir la discographie en bas). Cette musique de tonnerre est le souvenir le plus convaincant de l’avenir du genre jazzrock, déclaré mort depuis longtemps. Donc, bienvenue à ce groupe d’une qualité rare, et bienvenue à une musicienne-batteuse pleine de séduction qui maintient vivant l’œuvre unique d’un batteur révolutionnaire. Plus, qu’elle est d’une beauté ravissante (jamais vu une qui est encore plus belle que Cindy Blackman-Santana). En tant que mélomane, qu’est-ce qu’on veut encore plus ...

Donnez-vous à la musique semblable à un ouragan du supergroupe Spectrum Road, avec Vernon Reid, John Medeski, Jack Bruce et Cindy Blackman-Santana !

Albums :

a. Spectrum Road :

Spectrum Road (2011) : Spectrum Road. Palmetto Rec.

b. Autres hommages :

Cindy Blackman-Santana (2010) : Another Lifetime. FourQuarters. Trio Beyond (2006) : Saudades. ECM Rec.

c. Œuvres originales du Tony Williams Lifetime :

Tony Williams Lifetime (2011) : Emergency (remastered). Cherry Read/Rough Trade. Tony Williams Lifetime (2011) : Turn it over (enlarged + remastered). Cherry Read/Rough Trade. Tony Williams Lifetime (1999) : Ego. Verve/Universal.

Herbert

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SA
Sarangui 15 years ago
Formation en danse et musique indienne à Londres?
bonjour, Je recherche à Londres un centre culturelle qui forme en danse et musique classique indienne aussi bien que des lieux habituels de concerts pour venir écouter ce type de musique . Merci pour l'aide des initiés.
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PI
Pims 21 years ago · Kiserian
Musique écossaise
Salut!!

J'ai besoin d'un conseil. En effet, je recherche (sans succès) un CD de musique "pipes and drums", mais sans le côté marches guerrières... J'aimerais que les percus soient africaines et accompagnent les corne-muses... J'ai déjà entendu çà, mais dans la rue...
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