« On dirait qu’une faculté qui nous semblait inaliénable, la mieux assurée de toutes venait de nous faire défaut : la faculté d’échanger nos expériences. » (Walter Benjamin, Le Narrateur)
Drissa Diakité :
Kuyatè, La Force du Serment. Aux origines du griot mandingue.
L’Harmattan, Paris / La Sahélienne, Bamako.
2009.
Kuyatè, la force du serment repose opportunément la problématique de la tradition orale comme source de l’histoire africaine. Au moment où les fétichistes de l’écriture reviennent à la charge, arguant que le passé lointain de l’Afrique est absent du fait de la non-existence de document écrit (sic), Kuyatè, la force du serment apporte la magistrale démonstration que la parole ancienne est en pays mandingue un merveilleux réservoir de connaissances historiques, de savoir-faire et de savoir-être.
Le titre Kuyatè réfère aux griots (jeli, en bamana), ces détenteurs par excellence de la mémoire historique chez les peuples mandingues ; les Kuyatè (Kouyaté) sont les tout premiers à exercer la jeliya, « fonction de griots » : dans la plupart des versions de l’épopée de Soundiata, le jeune héros est en compagnie de son jeli qui recevra plus tard le patronyme de Kuyatè. L’histoire suggère que de tous les temps, les sociétés Mande on eu des jeli. Drissa Diakité nous donne à lire un récit captivant relatant les principaux événements qui ont conduit à l’avènement de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Il met en scène plusieurs figures historiques : Soundiata Keïta, Soumaworo Kanté, l’adversaire de et vaincu par Soundiata, Tiramagan Traoré, l’un des généraux de Soundjata, Fakoli Kourouma, Kamadian Kamara, etc. et porte un éclairage nouveau sur le rôle des grands clans constitutifs du Manden.
Avec force, Kuyatè retrace en quelque sorte la genèse des héros fondateurs de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Au cours des siècles qui suivirent, d’autres personnalités emblématiques poursuivront cette grande aventure humaine jusqu’au-delà des limites du continent africain.
A recommander vivement à tous ceux et celles qui s’intéressent à l’aire culturelle Mande en général, ainsi qu’au Mali et son histoire glorieuse en spécial.
Drissa DIAKITÉ est historien, professeur à l’ÉNSup de Bamako de 1982 à 1996, ancien doyen de la faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Bamako. Il a publié de nombreux travaux consacrés à l’histoire de l’Afrique et du Mali (dont une contribution pour l’ouvrage actuel, Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, réponse au révoltant discours politique du Président français, tenu à l’Université Cheikh-Anta-Diop/Dakar, à l’occasion de sa première visite officielle en Afrique).
Books, films and documentaries · Mali
Suggestions de livres, de films et de documentaires qui peuvent intéresser, faire rêver ou être utiles pour des voyageurs.
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Many threads here are in French, the community’s main language. English translations are added over time.
Moussa Konaté, 2009. La Malédition du Lamantin. Fayard Noir, 224pp., €15.90
« A la saison sèche, au cœur du fleuve Niger, une ethnie réputée pour sa connaissance des mystères du monde aquatique, les Bozo, s’installe sur l’îlot de Kokrini. Un jour, contre toute attente, le fleuve entre en furie et un orage d’une violence inouïe frappe le campement. On découvre au petit matin deux corps sans vie. » Ainsi résume l’éditeur ce nouveau policier de Moussa Konaté, écrivain malien (Bamako, Limoges), et dirigeant du Festival Etonnants Voyageurs au Mali.
Assisté par son inspecteur Sosso, le commissaire Habib est chargé de mener les investigations sur Kokrini, campement bozo temporaire (dagaa, en bozo-sorogaama), dans les faubourgs de Bamako. Pour ses habitants bozo, il est évident que Kouata, le vieux chef de village, et une de ses épouses, Nassoumba, ont été foudroyés par la volonté de Maa, le lamantin, Dieu du fleuve, auquel les Bozo sont liés par un pacte ancestral depuis des siècles, pacte brisé le jour où un Toubab, de passage au Mali, et avec l’aide d’un indigène traître à son peuple, s’est mis en tête de capturer le lamantin (maa, en bozo-sorogaama) pour le vendre et exposer au zoo de Bamako. Cet affront à la divinité et trahison aux Bozo ont provoqué la colère de Maa, irréconciliable, qui les accable, malgré sacrifices et offrandes, de malheurs divers depuis ce moment-là.
Par contre, Habib, formé à « l’école des Toubabs », ne veut croire à vraiment aucune cause du décès surnaturelle, d’autant plus que le corps féminin présente deux coups de couteau, alors que le vieux Kouata semble avoir succombé à un arrêt cardiaque.
Même dans cet ouvrage, Moussa Konaté ne s’écarte pas de son sujet auquel il revient sans cesse. Après une enquête criminelle au pays Dogon (L’Empreinte du Renard, Fayard Noir, 2005), il initie cette fois ses lecteurs au peuple de pêcheurs, les Bozo, musulmans et teintés d’animisme (en héritage de leurs ancêtres), à leur histoire, ainsi qu’à leurs croyances, traditions et coutumes. Au vu d’un crime, Moussa Konaté fait confronter tradition avec modernité, culture traditionnelle avec pragmatisme, rites avec rationalité, en résumé, le Mali ancestral avec le Mali contemporain. Ainsi ce polar constitue un pays ouest-africain composé d’une multitude de cultures qui coexistent et se fertilisent, un Mali aux multiples paradoxes ... « Réflexion lucide [...] sur l’exercice du pouvoir dans les sociétés africaines. » (Le Monde, en juillet 2009)
A lire absolument !
(Un gros I ni ce au Maliden Jean-Claude Faynot, Saint-Jorioz/France, qui m’a fait remarquer à ce nouveau polar malien)
hgb
« A la saison sèche, au cœur du fleuve Niger, une ethnie réputée pour sa connaissance des mystères du monde aquatique, les Bozo, s’installe sur l’îlot de Kokrini. Un jour, contre toute attente, le fleuve entre en furie et un orage d’une violence inouïe frappe le campement. On découvre au petit matin deux corps sans vie. » Ainsi résume l’éditeur ce nouveau policier de Moussa Konaté, écrivain malien (Bamako, Limoges), et dirigeant du Festival Etonnants Voyageurs au Mali.
Assisté par son inspecteur Sosso, le commissaire Habib est chargé de mener les investigations sur Kokrini, campement bozo temporaire (dagaa, en bozo-sorogaama), dans les faubourgs de Bamako. Pour ses habitants bozo, il est évident que Kouata, le vieux chef de village, et une de ses épouses, Nassoumba, ont été foudroyés par la volonté de Maa, le lamantin, Dieu du fleuve, auquel les Bozo sont liés par un pacte ancestral depuis des siècles, pacte brisé le jour où un Toubab, de passage au Mali, et avec l’aide d’un indigène traître à son peuple, s’est mis en tête de capturer le lamantin (maa, en bozo-sorogaama) pour le vendre et exposer au zoo de Bamako. Cet affront à la divinité et trahison aux Bozo ont provoqué la colère de Maa, irréconciliable, qui les accable, malgré sacrifices et offrandes, de malheurs divers depuis ce moment-là.
Par contre, Habib, formé à « l’école des Toubabs », ne veut croire à vraiment aucune cause du décès surnaturelle, d’autant plus que le corps féminin présente deux coups de couteau, alors que le vieux Kouata semble avoir succombé à un arrêt cardiaque.
Même dans cet ouvrage, Moussa Konaté ne s’écarte pas de son sujet auquel il revient sans cesse. Après une enquête criminelle au pays Dogon (L’Empreinte du Renard, Fayard Noir, 2005), il initie cette fois ses lecteurs au peuple de pêcheurs, les Bozo, musulmans et teintés d’animisme (en héritage de leurs ancêtres), à leur histoire, ainsi qu’à leurs croyances, traditions et coutumes. Au vu d’un crime, Moussa Konaté fait confronter tradition avec modernité, culture traditionnelle avec pragmatisme, rites avec rationalité, en résumé, le Mali ancestral avec le Mali contemporain. Ainsi ce polar constitue un pays ouest-africain composé d’une multitude de cultures qui coexistent et se fertilisent, un Mali aux multiples paradoxes ... « Réflexion lucide [...] sur l’exercice du pouvoir dans les sociétés africaines. » (Le Monde, en juillet 2009)
A lire absolument !
(Un gros I ni ce au Maliden Jean-Claude Faynot, Saint-Jorioz/France, qui m’a fait remarquer à ce nouveau polar malien)
hgb
Je l'avais repéré, Tomas3 😉 me l'a rappelé ce matin...
Frédéric LOPEZ emmène ce soir Edouard BAER dans un "Rendez-vous en terre inconnue" à la rencontre du Pays Dogon (Mali)
pour le plaisir de revoir ou découvrir ces paysages, ce peuple, cette culture... en espérant que nous passerons un moment agréable devant notre petit écran... France 2 - 20h35 - lundi 05 janvier 2008
pour le plaisir de revoir ou découvrir ces paysages, ce peuple, cette culture... en espérant que nous passerons un moment agréable devant notre petit écran... France 2 - 20h35 - lundi 05 janvier 2008
Bonjour,
je suis à la recherche des livres ...
GIBBAL, Jean-Marie 1982. Tambours d’eau : journal et enquête sur un culte de possession au Mali occidental. Paris : Le sycomore
... et encore et encore et encore une fois :
LIGERS, Zacharie 1964-67. Les Sorko (Bozo). Maîtres du Niger. Etude ethnographique. 4 vols. Paris : Librairie des cinq continents.
Merci pour vos réponses !
hgb
je suis à la recherche des livres ...
GIBBAL, Jean-Marie 1982. Tambours d’eau : journal et enquête sur un culte de possession au Mali occidental. Paris : Le sycomore
... et encore et encore et encore une fois :
LIGERS, Zacharie 1964-67. Les Sorko (Bozo). Maîtres du Niger. Etude ethnographique. 4 vols. Paris : Librairie des cinq continents.
Merci pour vos réponses !
hgb
bonjour à toutes et à tous,
je suis à la recherche, desesperement à la recherche devrais-je dire, du livre de Sebastian Schutyser qui porte sur les mosquées en terre du Mali, intitulé "Banco: les mosquées en terre du delta interieur du fleuve Niger" parut en 2003 aux editions 5 continents et distribuer en france auux editions Seuil.
helas, ce livre n'est plus disponibles et donc quasi introuvable en librairie.j'ai cherché sur tout les site internet de vente de livre en ligne (fnac, amazon, price minister, chapitres, alapage, etc...) et il est indisponible, j'ai cherché à lyon dans les librairie et il est introuvable, alors à part des petites librairies independantes je ne vois pas ou je pourrais le trouver.
J'en appel donc à vous internautes, pour savoir si il n'y a pas ici quelqu'un qui possede ce livre et qui desirerais s'en separer, ou alors si quelqu'un peut m'indiquer où le trouver et comment me le procurer, ce serait vraiment vraiment super...
je vous remerci d'avance
Bonjour,
Je recherche des livres au sujet des différents peuples du Burkina et du Mali. Je veux connaître leurs localisations géographiques, leurs spécificités culturelles, etc...
Merci de vos conseils...
Je recherche des livres au sujet des différents peuples du Burkina et du Mali. Je veux connaître leurs localisations géographiques, leurs spécificités culturelles, etc...
Merci de vos conseils...
Bonjour,
Je suis à la recherche d'un livre "les génies du fleuve" de Jean-Marie Gibbal.
C'est un livre sur la culture, les croyances et traditions maliennes.
Merci par avance.
Bonjour,
je suis très intéressé par les livres ci-après (en particulier l’ouvrage de Ligers) :
Ligers, Zacharie 1964-67. Les Sorko (Bozo). Maîtres du Niger. Etude ethnographique. 4 vols. Paris : Librairie des cinq continents.
Monteil, Charles 1933. La langue des Bozo. Population de pêcheurs du Niger. Paris : Larose.
Monteil, Charles 1971. Une cité soudanaise : Djenné. Métropole du delta central du Niger. Paris : éditions anthropos. (réimpression de l’édition du 1932)
Müller, Franz-Volker 1990. Flexibel aus Tradition. Strategien wirtschaftlichen und sozialen Handelns im mittleren Nigertal (Mali). München : Trickster. (allemand)
Sundström, Lars 1972. Ecology and symbiosis: Niger water folk. Uppsala. (anglais)
Zemp, Hugo 1971. Musique Dan. La musique dans la pensée et la vie sociale d’une société africaine. Paris : Mouton.
Merci !
hgb
je suis très intéressé par les livres ci-après (en particulier l’ouvrage de Ligers) :
Ligers, Zacharie 1964-67. Les Sorko (Bozo). Maîtres du Niger. Etude ethnographique. 4 vols. Paris : Librairie des cinq continents.
Monteil, Charles 1933. La langue des Bozo. Population de pêcheurs du Niger. Paris : Larose.
Monteil, Charles 1971. Une cité soudanaise : Djenné. Métropole du delta central du Niger. Paris : éditions anthropos. (réimpression de l’édition du 1932)
Müller, Franz-Volker 1990. Flexibel aus Tradition. Strategien wirtschaftlichen und sozialen Handelns im mittleren Nigertal (Mali). München : Trickster. (allemand)
Sundström, Lars 1972. Ecology and symbiosis: Niger water folk. Uppsala. (anglais)
Zemp, Hugo 1971. Musique Dan. La musique dans la pensée et la vie sociale d’une société africaine. Paris : Mouton.
Merci !
hgb
Desert Blues
Un voyage au cœur du Mali
Réalisation : Michel Jaffrennou
(France, 2006, 60 mn.)
Desert Blues, création et réunion de trois grands artistes maliens issus d’ethnies Khassonké (Habib Koïté : guitare), Sonrhaï (Afel Bocoum : guitare, njarka) et Touareg (Tartit, ensemble féminin nomade : chants) présente la richesse musicale de ce pays et symbolise l’union du Mali dans sa diversité ethnique : une aventure à des musiques florissantes, à des chants impressionnants et des mélodies fluides, à des rhythmes populaires, pleine de beauté et de magie ... « Tout le monde est cousin, cousine, frère et sœur, il n’y a pas de différence » (A. Bocoum).
A voir ce soir (Sa, 16 juin, de 22:35 à 23:35) sur ARTE.
Desert Blues, création et réunion de trois grands artistes maliens issus d’ethnies Khassonké (Habib Koïté : guitare), Sonrhaï (Afel Bocoum : guitare, njarka) et Touareg (Tartit, ensemble féminin nomade : chants) présente la richesse musicale de ce pays et symbolise l’union du Mali dans sa diversité ethnique : une aventure à des musiques florissantes, à des chants impressionnants et des mélodies fluides, à des rhythmes populaires, pleine de beauté et de magie ... « Tout le monde est cousin, cousine, frère et sœur, il n’y a pas de différence » (A. Bocoum).
A voir ce soir (Sa, 16 juin, de 22:35 à 23:35) sur ARTE.
Bonjour,
Je recherche à constituer une bibliographie sur le Mali : guides touristiques, livres de poches, musiques et vidéos... Quelqu'un peut-il me renseigner ? D'avance merci
Rachel
Je recherche à constituer une bibliographie sur le Mali : guides touristiques, livres de poches, musiques et vidéos... Quelqu'un peut-il me renseigner ? D'avance merci
Rachel
Est sorti le 8 juin, un documentaire français qui a pour titre Djourou. Ce mot bambara signifie "dette" (mais aussi je crois "corde au cou"). A l'occasion de cette sortie, j'ai appris que le Mali avait déjà remboursé aux pays riches plus de 7 fois les montants empruntés, alors que la dette restant à payer a été multipliée par 4! Sagit-il encore d'une "aide"? Je ne sais pas si cette question à sa place ici. Mais si on aime aller voir ailleurs, on peut se poser cette question, non?
Sorti d’une école de photo, Antonin est devenu écrivain à force de voyager. Après avoir vécu avec les Dogons du Mali, il s’est intéressé à l’Indonésie, puis au Japon. Ce trentenaire inclassable fait des disques avec ses amis africains, monte des expos et réalise des émissions sur les peuples du monde pour France Culture. Il vient de publier un livre qui risque de révolutionner la mentalité des voyageurs : Hôtel de l’Amitié. Rencontre avec un routard moraliste, qui remet brillamment en question notre rapport avec les peuples.
Droits réservés
"Quand je vois toutes ces petites Françaises branchées qui se promènent au Mali, qui adorent l’Afrique, les Noirs, la culture africaine, et qui finissent par leur pourrir la vie parce qu’elles refusent d’accepter qu’elles ne comprennent pas tout et que leurs amis africains ne sont pas les petits citoyens modèles que leur amour géant pour le monde voudrait qu’ils soient ! Observer le monde, c’est aussi observer cela. Avec humour. Ce qui est drôle dans l’époque, ce sont ces espèces de scènes absurdes… Parce qu’on voit de plus en plus d’Européens au bout du monde, dans une incompréhension totale. Autrefois, on voyageait pour coloniser, aujourd’hui on voyage par amour. Mais est-ce que le monde est prêt à recevoir notre amour ? Je ne sais pas".
extrait du routard.com
Droits réservés"Quand je vois toutes ces petites Françaises branchées qui se promènent au Mali, qui adorent l’Afrique, les Noirs, la culture africaine, et qui finissent par leur pourrir la vie parce qu’elles refusent d’accepter qu’elles ne comprennent pas tout et que leurs amis africains ne sont pas les petits citoyens modèles que leur amour géant pour le monde voudrait qu’ils soient ! Observer le monde, c’est aussi observer cela. Avec humour. Ce qui est drôle dans l’époque, ce sont ces espèces de scènes absurdes… Parce qu’on voit de plus en plus d’Européens au bout du monde, dans une incompréhension totale. Autrefois, on voyageait pour coloniser, aujourd’hui on voyage par amour. Mais est-ce que le monde est prêt à recevoir notre amour ? Je ne sais pas".
extrait du routard.com




