World languages · Mali
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Many threads here are in French, the community’s main language. English translations are added over time.

TA
Taamaden 12 years ago
Proverbes bozo, partie 2 (Mali)
Proverbes bozo

(suite)

– en bozo-sorogaama :



– en français :

a) Si tu entends plusieurs appels à la prière, c'est que l'imam n'est pas venu. (sens : on ne continue pas à demander lorsqu'on a obtenu satisfaction)

b) Que Dieu ne tue pas le bossu pour l'ignorance du coucher sur le dos. (sens : il ne faut pas reprocher à qqn une chose qu'il est évidemment incapable d'avoir faite)

c) Ce que le dos n'a pas pu, la tête ne l'essayera pas. (sens : il ne faut pas tenter l'impossible)

d) C'est celui qui monte sur la tortue qui connaît l'endroit où l'éperonner.

e) Si le margouillat attache un pantalon, il sait l'endroit où sort sa queue. (se dit de qqn qui se lance dans une entreprise difficile, mais connaît le moyen de la mener)

f) Si un enfant prend une grosse bouchée, il doit craindre de se déchirer l'oesophage. (pour rappeler que l'on doit s'attendre aux conséquences de ses actes)

– traduction :

An nan watari paara miè, almaami wò te be. an – nan – watari – paara – miè – almaami – wò – te – be tu – SBJ – appel à la prière – plusieurs – écouter – imam – FOC – PFFnég – venir Si tu entends plusieurs appels à la prière, c'est que l'imam n'est pas venu.

Ala main kurutuu waa tegetege saa kumba i. Ala – main – kuru-tuu – waa – tegetege – saa – kumba – i Dieu – SBJnég – bosse-propriétaire – tuer – front – se coucher – ignorance – dans Que Dieu ne tue pas le bossu pour l'ignorance du coucher sur le dos.

Kòtò te hini mon te, nyon na be a tuon. kòtò – te – hini – mon – te – nyè – na be – a – tuon dos – PFFnég – pouvoir – REL – à – tête – FUTnég – essayer Ce que le dos n'a pas pu, la tête ne l'essayera pas.

Kuun kuma tiènyò wò ga a sombere dòguò tuo. kuun – kuma – tièn-yò – wò – ga – a – sombere – dò-guò – tuo tortue – sur – monter-AG – FOC – IFF – le – éperonner – mettre-lieu – connaître C'est celui qui monte sur la tortue qui connaît l'endroit où l'éperonner.

Tondo nan tawa sè sa, a ga n pien baguò tuo. tondo – nan – tawa – sè – sa – a – ga – n – pien – ba-guò – tuo margouillat – SBJ – pied – attacher – FOC – il – IFF – LOG – queue – sortir-lieu – connaître Si le margouillat attache un pantalon, il sait l'endroit où sort sa queue.

Dienon mon nan tuunan banu de, a ga haana kuan tòmbò pèsè te. dienon – mon – nan – tuunan – banu – de – a – ga – haana – kuan – tòmbò – pèsè – te enfant – REL – SBJ – bouchée – grande – EMPH – il – IFF – devoir – avoir peur – œsophage – déchirer – à Si un enfant prend une grosse bouchée, il doit craindre de se déchirer l'œsophage.

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Abréviations : AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; EMPH = particule emphatique ; FOC = particule de focalisation ; FUTnég = marque de prédication du futur négatif ; IFF = marque de prédication de l’imperfectif ; LOG = pronom logophorique ; PFFnég = marque de prédication du perfectif négatif ; REL = pronom relatif ; SBJ = marque de prédication du subjonctif ; SBJnég = marque de prédication du subjonctif négatif.

Bonne lecture !

Hery
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TA
Taamaden 12 years ago
Proverbes bozo, partie 1 (Mali)
Proverbes bozo

Paroles de tous les jours, les proverbes sont d'une extrême variété en milieu de divers groupes ethniques au Mali (Bambara, Bozo, Soninké, Peul, Sonraï, Touareg etc.) où l'art de la conversation jouit d'une grande importance. Pour la bonne raison, les Bambara disent : "Le monde est un lieu de conversation (dinyè ye baro ye). L'étranger est comme la rosée, il passe, il ne peut connaître les secrets du village." Pour cela, voici les quelques proverbes (lugaye, en bozo) courants en milieu bozo ...

– en bozo-sorogaama :



– en français :

a) Ce n'est pas tous les jours fête.

b) La patience fait rentrer l’eau et la fait tarir.

c) Celui qui dit qu’il va égorger un bœuf pour sa belle famille le vendredi, qu’il l’exécute oui ou non, le vendredi arrivera.

d) Je veux ceci, je ne veux pas cela, ce sont deux choses qui sont devant toi. (sens : on n'est exigeant que si les cironstances le permettent)

e) La propriété d'autrui est la queue de Clarias. (sens : il ne faut pas compter sur le secours des autres)

f) Ce que voit un vieillard assis, un enfant debout ne le voit pas.

g) Deux bénéfices ne se gagnent ps dans un seul œuf de poule.

h) Une vieille femme ne mange pas tous les jours un plat de poisson frais. (même sens que a.)

i) Si un sorcier mange le fils de quelqu'un, celui-ci oublie, quant au 'possesseur' de l'enfant, il n'oublie jamais.

j) L'hyène enlève les excréments de son oncle d'entre les autres excréments. (sens : l'âne sait où le bât le blesse)

k) Tous les jours "je ne suis pas bien portant", ton espoir est sur un autre. (sens : l'aisance rend paresseux)

l) La course commence par une marche rapide.

– traduction :

Taran saan na sari ni. taran – saan – na – sari – ni jour – tous – EQnég – fête – EQ Ce n'est pas tous les jours fête.

Munyè ga ji dòini a ga a kereni. munyè – ga – ji – dòini – a – ga – a – kereni patience – IFF – eau – faire entrer – elle – IFF – la – faire tarir La patience fait rentrer l’eau et la fait tarir.

Mon nan a se n ga naa waa n tògòi te gajuma, a a waa, a te a waa saan, gajuma ga kiè. mon – nan – a – se – n – ga – naa – waa – n – tògòi – te – gajuma – a – a – waa – a – te – a – waa – saan – gajuma – ga – kiè REL – SBJ – le – dire – LOG – IFF – bœuf – tuer – LOG – belle famille – à – vendredi – il – le – tuer – il – PFFnég – le – tuer – tous – vendredi – IFF – arriver Celui qui dit qu’il va égorger un bœuf pour sa belle famille le vendredi, qu’il l’exécute oui ou non, le vendredi arrivera.

N ga ku maa, n na ku maa, pò pende wò ga an tega. n – ga – ku – maa – n – na – ku – maa – pò – pende – wò – ga – an – tega je – IFF – ceci – vouloir – je – IFFnég – ceci – vouloir – chose – 2 – FOC – SIT – toi – devant Je veux ceci, je ne veux pas cela, ce sont deux choses qui sont devant toi.

Nyama pò ga siègu pien ni. nyama – pò – ga – siègu* – pien – ni autrui – chose – EQ – Clarias – queue – EQ La propriété d'autrui est la queue de Clarias*.

Kamna pòròna ga mon kana gu, dienon taana na nyon kana. kamna – pòròna – ga – mon – kana – gu – dienon – taana – na – nyon – kana vieillard – assis – IFF – REL – voir – DEF – enfant – debout – IFFnég – ce – voir Ce que voit un vieillard assis, un enfant debout ne le voit pas.

Tònòn pende na kirè sawabien ken i. tònòn – pende – na – kirè – sawa-bien – ken – i bénéfice – 2 – IFFnég – gagner – poule-œuf – 1 – dans Deux bénéfices ne se gagnent ps dans un seul œuf de poule.

Taran saan na yugon sire yuò kaa kuu diè ni. taran – saan – na – yugon – sire – yuò – kaa – kuu – diè – ni jour – tous – EQnég – femme – vieille – poisson – frais – mets – repas – EQ Une vieille femme ne mange pas tous les jours un plat de poisson frais.

Tongotuu nan mon dien dia, wò ga numa sana, a tuu kò na numa sana abada. tongo-tuu – nan – mon – dien – dia – wò – ga – numa sana – a – tuu – kò – na – numa sana – abada formule mag.-maître – SBJ – qqn – fils – manger – lui – IFF – oublier – son – possesseur – EXP – IFFnég – oublier – jamais Si un sorcier mange le fils de quelqu'un, celui-ci oublie, quant au 'possesseur' de l'enfant, il n'oublie jamais.

Kange ga n keu kuo baa kuo tanaye naa. kange – ga – n – keu – kuo – baa – kuo – tana-ye – naa hyène – IFF – LOG – oncle – excrément – enlever – excrément – autre-PL – entre L'hyène enlève les excréments de son oncle d'entre les autres excréments.

Taran saan n na kènè, an jigi ga tana kuma. taran – saan – n – na – kènè – an – jigi – ga – tana – kuma jour – tous – je – DESnég – en bonne santé – ton – espoir – SIT – autre – sur Tous les jours "je ne suis pas bien portant", ton espoir est sur un autre.

Nyina pièna ga kie sindi ni. nyina – pièna – ga – kie – sindi – ni marche – rapide – EQ – courir – commencement – EQ La course commence par une marche rapide.

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*le siègu (dans la région de Mopti, on préfère dire siènan mais dans la région plus au nord, autour du Lac Débo, on dit siègu) est un poisson de l'espèce Clarias anguillaris. Un poisson-chat.

Abréviations : DEF = article défini ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale [équatif] négative ; EXP = particule explétive ; FOC = particule de focalisation ; IFF = marque de prédication de l’imperfectif ; IFFnég = marque de prédication de l’imperfectif négatif ; LOG = pronom logophorique ; PFFnég = marque de prédication du perfectif négatif ; PL = marque du pluriel ; REL = pronom relatif ; SBJ = subjonctif ; SIT = marque de prédication non-verbale .

Bonne lecture !

Hery
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TA
Taamaden 12 years ago
Comptines bozo (Mali)
Cinq comptines bozo

L'étymologie des verbes compter et conter est commune : le verbe latin computare qui signifie "calculer, compter, lister, énumérer". Dans ce sens, un conte n'est rien d'autre qu'un récit oral consistant de "rendre compte" des évènements passés, et ce de façon chronologique et séquentielle. Et le mot comptine aussi peut se référer à cette origine. Le dictionnaire Larousse.fr donne la définition suivante : "Formule que récitent les enfants pour déterminer, par le compte des syllabes, celui à qui un rôle sera dévolu dans leurs jeux." Les comptines, mélodiques et rythmiques, récitées ou chantées, comportent toujours une rime ou une assonance et accompagnent souvent un jeu ou un enchaînement de mouvements. Les comptines servent donc à désigner, (dé)partager, énumérer et éliminer, ou absolument parlant, elle sont surtout et avant tout là pour le plaisir.

Aujourd'hui, le terme de comptine est utilisé par extension pour désigner des chansonnettes, des jeux de doigts, des jeux dansés, des rondes, des brefs poèmes, des formulettes aux sonorités étranges, des formules magiques, le premier apprentissage langagier etc. etc. Souvent, la comptine est la première "histoire" racontée à un enfant. La plupart d'elles sont très anciennes et – comme les dictons, les proverbes, les vieilles chansons, les contes, les devinettes ou les légendes aussi – transmises par la tradition orale, depuis des siècles de génération en génération. Les comptines n'ont pas de significations rationnelles, mais sont une jonglerie avec des mots choisis pour leur sonorité, avec des mots inventés, ou avec des onomatopées et allitérations..

Dans quasiment toutes les civilisations, les comptines sont bien connues et estimées par les enfants. Chez les Bozo au MALI également ...

– en bozo-sorogaama :

– en français :

L’oiseau blanc Oiseau blanc, il ne faut pas défèquer là où ma tante blanche lave ses habits. Ma tante blanche, il ne faut pas laver tes habits là où défèque l’oiseau blanc.

Morceau de tronc Un morceau de tronc a soulevé mon oncle, le tronc a pété. Mon oncle a soulevé un tronc, le tronc a pété.

Ma grand-mère La vieille peau de ma grand-mère, la vieille corbeille de ma grand-mère, tout est rempli de graines de pastèque d’il y a deux ans.

La lune La lune a dit un, je dis un. La lune a dit deux, je dis deux. La lune a dit trois, je dis trois. La lune a dit quatre, je dis quatre. La lune a dit cinq, je dis cinq. La lune a dit six, je dis six. La lune a dit sept, je dis sept. La lune a dit huit, je dis huit. La lune a dit neuf, je dis neuf. La lune a dit dix, je dis dix.

Le cheval et mon oncle Mon oncle a sauté. Il a saisi les couilles du cheval. Le cheval a sauté. Mon oncle a saisi les couilles du cheval.

– traduction :

Kònu kuo kònu – kuo oiseau – blanc L'oiseau blanc

Kònu kuo a main an kuo kònu – kuo – a – main – an – kuo oiseau – blanc – il – SBJnég – tu – défèquer Oiseau blanc, il ne faut pas défèquer

N tòrò kuo juu nyèniguò ni n – tòrò – kuo – juu – nyèni-guò – ni ma – tante – blanche – habit – laver-lieu – dans là où ma tante blanche lave ses habits.

N tòrò kuo, a main juu nyèni n – tòrò – kuo – a – main – juu – nyèni ma – tante – blanche – il – SBJnég – habit – laver Ma tante blanche, il ne faut pas laver tes habits

Kònu kuo kuoguò ni. kònu – kuo – kuo-guò – ni oiseau – blanc – défèquer-lieu – dans là où défèque l’oiseau blanc.

Kundu kundu morceau de tronc Un morceau de tronc

Kundu n keu tien kundu – n – keu – tien morc.d.tr. – mon – oncle – soulever Un morceau de tronc a soulevé mon oncle

Kundu n tuon kundu – n – tuon morc.d.tr. – PREF – péter le tronc a pété

N keu kundu tien n – keu – kundu – tien mon – oncle – morc.d.tr. – soulever Mon oncle a soulevé un tronc

Kundu n tuon kundu – n – tuon morc.d.tr. – PREF – péter le tronc a pété

N tata n – tata ma – grand-mère Ma grand-mère

N tata kuron sire n – tata – kuron – sire ma – grand-mère – peau – vieille La vieille peau de ma grand-mère

N tata bara sire n – tata – bara – sire ma – grand-mère – corbeille – vieille la vieille corbeille de ma grand-mère

A saan pata a – saan – pata le – tout – être rempli tout est rempli de

Sògòsa saarakuòn sògòsa – saara-kuòn il y a 2 ans – pastèque-graine graines de pastèque d'il y a 2 ans

Kiu kiu lune La lune

Kiu yo sana, n yo sana kiu – yo – sana – n – yo – sana lune – dire – 1 – je – dire – 1 La lune a dit 1, je dis 1

Kiu yo pende, n yo pende kiu – yo – pende – n – yo – pende lune – dire – 2 – je – dire – 2 La lune a dit 2, je dis 2

Kiu yo sige, n yo sige kiu – yo – sige – n – yo – sige lune – dire – 3 – je – dire – 3 La lune a dit 3, je dis 3

Kiu yo nata, n yo nata kiu – yo – nata – n – yo – nata lune – dire – 4 – je – dire – 4 La lune a dit 4, je dis 4

Kiu yo kòògò, n yo kòògò kiu – yo – kòògò – n – yo – kòògò lune – dire – 5 – je – dire – 5 La lune a dit 5, je dis 5

Kiu yo tuumin, n yo tuumin kiu – yo – tuumin – n – yo – tuumin lune – dire – 6 – je – dire – 6 La lune a dit 6, je dis 6

Kiu yo yeenin, n yo yeenin kiu – yo – yeenin – n – yo – yeenin lune – dire – 7– je – dire – 7 La lune a dit 7, je dis 7

Kiu yo seki, n yo seki kiu – yo – seki – n – yo – seki lune – dire – 8 – je – dire – 8 La lune a dit 8, je dis 8

Kiu yo kapi, n yo kapi kiu – yo – kapi – n – yo – kapi lune – dire – 9 – je – dire – 9 La lune a dit 9, je dis 9

Kiu yo tami, n yo tami kiu – yo – tami – n – yo – tami lune – dire – 10 – je – dire – 10 La lune a dit 10, je dis 10

Sie yen n keu sie – yen – n – keu cheval – et – mon – oncle Le cheval et mon oncle

N keu to n – keu – to mon – oncle – sauter Mon oncle a sauté

A sie tuò kun a – sie – tuò – kun il – cheval – verge – prendre Il a saisi les couilles du cheval

Sie to sie – to cheval – sauter Le cheval a sauté

N keu a tuò kun n – keu – a – tuò – kun mon – oncle – sa – verge – prendre Mon oncle a saisi les couilles du cheval

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Abréviations : PREF = pronom réfléchi ; SBJnég = marque de prédication du subjonctif négatif.

( SIL Mali/gtz, Bamako)

Bonne lecture !

Hery
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TA
Taamaden 13 years ago
Poème bozo: "La femme" (Mali)
POÈME BOZO : "LA FEMME"

– en bozo-sorogaama :



– en français :

La Femme

Qu’est–ce que la féminité? C’est la patience et la tolérance. La féminité est une grande chose. La féminité n’a pas de pareille. Qui dit que la femme n’est rien? La femme est le pilier et la lampe à huile de la maison. Une maison sans femme n’est qu’une chambre à coucher. Les chefs, les grands savants, les miséreux et les sots proviennent tous de toi. Tu es le poil nasal et le furoncle frontal du chef. C’est toi qui consoles et entretiens l’estomac des enfants. Tu es la parure et le miroir de l’homme. Tu es l’aiguille de la parenté. C’est toi qui te réveilles avant tout le monde et c’est toi qui te couches après tout le monde. Il n’y a pas de foyer sans femme.

– traduction des phrases :

Yugon yugon femme La femme.

Mòò ga yuaama ni ? mòò – ga – yuaama – ni que – COP – féminité – COP Qu’est-ce que la féminité?

Munyu yen sawaren. munyu – yen – sawaren patience – et – tolérance C’est la patience et la tolérance.

Yuaama ga pò buron ni. yuaama – ga – pò – buron – ni féminité – COP – chose – grand – COP La féminité est une grande chose.

Yuaama numèn na yon. yuaama – numèn – na – yon féminité – pareil – COPnég – là-bas La féminité n’a pas de pareille.

Wilaa yo yugon na pò ni ? wilaa – yo – yugon – na – pò – ni qui – dire – femme – COPnég – chose – COP Qui dit que la femme n’est rien?

Yugon wò ga gundi sugon yen a pitilankoru ni. yugon – wò – ga – gundi – sugon – yen – a – pitilan-kòru – ni femme – FOC – COP – concession – pilier – et – son – lampe à huile-canari – COP La femme est le pilier et la lampe à huile de la maison.

Yugon na gundi mòò nii, yugon – na – gundi – mòò – nii femme – COPnég – concession – humain – dans Une maison sans femme n’est

nyòn ga saagò kènè ni. nyòn – ga – saa–gò – kènè – ni DEM – COP – se coucher-lieu – simple – COP qu’une chambre à coucher.

Kaananke, toiya, misikiini yen kaananke – toi-ya – misikiini – yen roi – savoir-celui qui – mendiant – et Les rois, les grands savants, les miséreux et

dundòrò saan baga wò i. dundòrò – saan – ba-ga – wò – i sot – tous – sortir–PFF – toi – de les sots proviennent tous de toi.

Kaananke muuntii yen a tege bundu kaananke – muun–tii – yen – a – tege – bundu chef – nez–poil – et – son – front – furoncle Tu es le poil nasal et le furoncle frontal du chef.

Dienmbe, naaniya yen e nuun korontuu dienmbe – naanyè – yen – e – nuun – koron-tuu enfants – confiance? – et – leur – ventre – ajouter?-propriétaire C’est toi qui consoles et entretiens l’estomac des enfants.

Kaigu masiri yen a duwalen. kaigu – masiri – yen – a – duwalen homme – parure – et – son – miroir Tu es la parure et le miroir de l’homme.

Kati yen sumu mèsèni. kati – yen – sumu – mèsèni parenté? – et – hôte? – aiguille Tu es l’aiguille de la parenté.

An duò ga kiri wèrè saan tegaa. an duò – ga – kiri – wèrè – saan – tegaa tu-EMPH – IPF – se lever – autre – tous – avant C’est toi qui te réveilles avant tout le monde

An duò ga n saa wèrè saan kòtien. an duò – ga – n saa – wèrè – saan – kòtien tu-EMPH – IPF – se coucher – autre – tous – après c’est toi qui te couches après tout le monde.

Nyama na manyama yugon kòtien. nyama – na – manyama – yugon – kòtien autrui – COPnég – foyer – femme – sans Il n’y a pas de foyer sans femme.

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Abréviations : COP = copule ; COPnég = copule négative ; DEM = pronom démonstratif ; EMPH = particule emphatique ; FOC = focalisateur ; IPF = imperfectif ; PFF = perfectif.

Référence : SIL Mali/gtz, Bamako.

Bonne lecture !

Hery

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TA
Taamaden 13 years ago · Anusara
Conte bambara: "Ntori ani nkòsònnin / Le crapaud et le scorpion" (Mali)
Conte bambara

Voici un conte contre les gens prétentieux qui, quoique faibles, veulent agir contre de plus forts qu’eux. C’est aussi et surtout pour dire que ce malheur est l’origine du cri des crapauds. Nous savons que les crapauds coassent (onomatopoée). D'une voix d'ailleurs qui ressemble à la prononciation du numéral wòòrò ("six") en bambara : ce sont surtout les trois voyelles mi-ouvertes postérieures articulées à l'arrière de la bouche qui donnent à ce mot une sonorité basse et gutturale.

Petite note : ce conte provient d’un livre édité premièrement en 1923 (voir en bas). J’ai récrit le texte bambara en orthographe moderne ...

NTORI ANI NKÒSÒNNIN LE CRAPAUD ET LE SCORPION

– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Ntori ko k’a ni nkòsònnin ka nyògòn tan sinyè wòòrò. Nkòsònnin k’a sònna, ko ntori ka fòlò k’ale tan. Ntori y’i sen kè ka nkòsònnin tan : "Poyi, ko kelen ; poyi, ko fila ; poyi, ko saba ; poyi, ko naani ; poyi, ko duuru ; poyi, ko wòòrò". Nkòsònnin ma hal’i lamaga. A ko ntori k’i labèn k’ale kònò. Ntori y’i funun k’i funun. Nkòsònnin y’i ku k’a kònò furula tan. Ntori y’i pan prorr, ka t’i fili ji la, k’a fò : "Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò !" Fo ka taa se bi la, ntori kasikan, e ko : "Wòòrò".

– Texte en français (masalabolo faransikan na) :

Le crapaud proposa au scorpion de se donner l’un à l’autre des coups de pied jusqu’à six fois. Le scorpion dit qu’il acceptait et pria le crapaud de lui donner des coups de pied le premier. Le crapaud donna des coups de pied au scorpion : "Poï, cela fait un ; poï, deux ; poï, trois ; poï, quatre ; poï, cinq ; poï, six". Le scorpion ne remua même pas. Il dit au crapaud de se préparer à recevoir les coups. Le crapaud de se gonfler et de se gonfler encore. Le scorpion lui applique un coup de sa queue dans le ventre. Le crapaud saute, et se jette dans l’eau en disant : "Six ! six ! six ! six !" Jusqu’à ce jour, le cri du crapaud a été : Ouooro ("six") ...

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Ntori ani nkòsònnin ntori – ani – nkòsòn-nin crapaud – et – scorpion-DIM Le crapaud et le scorpion

Ntori ko k’a ni nkòsònnin ka nyògòn tan sinyè wòòrò. ntori – ko – ko – a – ni – nkòsònnin – ka – nyògòn – tan – sinyè - wòòrò crapaud – dire – que – lui – et – scorpion – ACC – réc. – donner un coup de pied – fois – 6 Le crapaud proposa au scorpion de se donner l’un à l’autre des coups de pied jusqu’à six fois.

Nkòsònnin k’a sònna, ko ntori ka fòlò k’ale tan. nkòsònnin – ko – a – sòn-na – ko – ntori – ka – fòlò – ka – ale – tan scorpion – dire – il – accepter-AC – dire – crapaud – ACC – premier – CONV – lui – donner un c.d.p. Le scorpion dit qu’il acceptait et pria le crapaud de lui donner des coups de pied le premier.

Ntori y’i sen kè ka nkòsònnin tan : ntori ye – i sen kè – ka – nkòsònnin – tan crapaud – AC – se mettre – CONV – scorpion – donner des coups de pied Le crapaud donna des coups de pied au scorpion :

"Poyi, ko kelen ; poyi, ko fila ; poyi, ko saba ; poyi – ko – kelen – poyi – ko – fila – poyi – ko – saba poï – fois – 1 – poï – fois – 2 – poï – fois – 3 "Poï, cela fait un ; poï, deux ; poï, trois ;

poyi, ko naani ; poyi, ko duuru ; poyi, ko wòòrò". poyi – ko – naani – poyi – ko – duuru – poyi – ko – wòòrò poï – fois – 4 – poï – fois – 5 – poï – fois – 6 poï, quatre ; poï, cinq ; poï, six".

Nkòsònnin ma hal’i lamaga. nkòsònnnin – ma – hali – i lamaga scorpion – ACnég – même – se remuer Le scorpion ne remua même pas.

A ko ntori k’i labèn k’ale kònò. a – ko – ntori – ka – i labèn – ka – ale – kònò il – dire – crapaud – ACC – se préparer – CONV – lui – attendre Il dit au crapaud de se préparer à recevoir les coups.

Ntori y’i funun k’i funun. ntori – ye – i funun – ka – i funun crapaud – AC – se gonfler – CONV – se gonfler Le crapaud de se gonfler et de se gonfler encore.

Nkòsònnin y’i ku k’a kònò furula tan. nkòsònnin – ye – i – ku – ka? – a – kònò – furu-la – tan scorpion – AC – son – queue – CONV? – son – ventre – estomac-lieu – donner un coup de pied Le scorpion lui applique un coup de sa queue dans le ventre.

Ntori y’i pan prorr, ka t’i fili ji la, k’a fò : ntori – ye – i pan – prorr – ka – taa – i fili – ji – la – ka – a – fò crapaud – AC – sauter – INTJ – CONV – partir – se jeter – eau – à – CONV – le – dire Le crapaud saute, et se jette dans l’eau en disant :

"Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò !" wòòrò – wòòrò – wòòrò – wòòrò 6 – 6 – 6 – 6 "Six ! six ! six ! six !"

Fo ka taa se bi la, ntori kasikan, e ko : "Wòòrò". fo ka taa se – bi – la – ntori – kasi-kan – e – ko – wòòrò jusqu’à – aujourd’hui – à – crapaud – crier-langue – elle – dire – wòòrò (six) Jusqu’à ce jour, le cri du crapaud a été : Ouooro (six).

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; ACC = marque de prédication à valeur accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DIM = diminutif ; INTJ = interjection ; réc. = réciproque

Référence : Travélé, Moussa. Proverbes et contes bambara (accompagnés d’une traduction française et précédés d’un abrégé de droit coutumier). Bambara et Malinke. Paris : Geuthner, 1923.)

Bonne lecture !

Herbert

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TA
Taamaden 13 years ago · Anusara
Cent autres devinettes bambara, partie 1 (Mali)
Cent autres devinettes bambara

(pour Anusara)

Bonjour Anusara,

un grand merci pour ta réponse (dans une autre discussion) qui fait plaisir. Et encore de bonnes nouvelles du Mali, magnifique !

Voici cent autres devinettes bambara (pas encore présentées sur ce forum) :

1 : Fa fila ani den fila bè du kelen kònò, n’i y’u jate, u bè bèn mògò saba ma. – O ye mòkè, fa ani mòden ye.

Deux pères et deux enfants vivent dans la même concession. Quand tu les as comptés, ça fait trois personnes. – Le grand-père, le père et le petit-fils (ou : la petite-fille).

2 : N kònòna n kòfè. – Dèsèkili don.

Je suis enceinte par derrière. – C’est le mollet.

(note : ici, kònò "ventre" a un emploi verbal, ce qui est très très rare, et veut dire "être enceinte" . Dans cette devinette-ci, on compare la forme arrondie d’un mollet avec le ventre d’une femme enceinte. Donc, au sens figuré, le mollet est en cloque mais son ventre est en arrière tandis que le ventre de la femme enceinte est à l’avant. C’est l’idée ici.)

3 : Don o don, musokòrònin bè taa laharaka la. – Jurufilen don.

Jour par jour, la petite vieille femme se rend chez un habitant de l’autre monde. – C’est la puisette.

(note : ici, la petite vieille femme recherchée est la puisette, c.à.d. le récipient en caoutchouc noir & la corde pour sortir de l’eau d’un puits. Lahara, emprunté à l’arabe, veut dire "l’au-dela", c’est ici le fond du puits, et le suffixe dérivatif nominal -ka veut dire "habitant de ..." , donc "l’habitant de l’au-dela" ou le "défunt". Et jour par jour, les femmes laissent descendre la puisette au fond du puits pour puiser de l’eau.)

4 : Musodennin dònkètò ye kònò ta. – O ye jènè ye.

La jeune fille en dansant est tombée enceinte. – C’est la quenouille/le fuseau (pour filer).

(note : pour filer le coton, les femmes se servent de toutes petites quenouilles : à mésure que le fil s’enroule, la quenouille prend de l’épaisseur, et s’arrondit. Et cela est produit par un jeu rapide des mains, qui est comparé ici à une danse. Linguistique : ici, "tomber/devenir enceinte", en bambara ka kònò ta, est relaté litt. par "produire un ventre".)

5 : N taara dugu kònò, n taara a sòrò musow bè ka denkunsigijan bamu. – O ye kabaforo ye.

Je suis parti dans un village, je suis parti trouver cela, les femmes portent sur leur dos des enfants aux cheveux longs. – C’est le champ de maïs.

(note : bonne comparaison entre la foule des femmes qui portent des enfants sur le dos et le champ de maïs. Comme les épis de maïs sont portés et protégés par des feuilles, ainsi les enfants sur le dos de la mère. La "barbe" du maïs devient ici "les cheveux longs". Il n’est pas rare de voir, dans la vie courante, des fillettes s’amuser avec des poupées, qui ne sont rien d’autre que des épis de maïs, et qu’elles portent sur le dos à la manière d’une maman. Linguistique : denkunsigijan se compose de den-kun-sigi-jan < enfant-tête-poil-long.)

6 : Dugu bèè kunsigi jè. – O ye kòòriforo ye.

Toute sa terre, son sol a des cheveux blonds. – C’est le champ de coton.

7 : Sokòfècèfinba. – O ye bo ye.

Le grand homme noir derrière la maison. – C’est l’excrément.

(note : l’excrément fait partie de ces choses qu’on fait habituellement derrière la maison. Linguistique : sokòfècèfinba se compose de so-kòfè-cè-fin-ba < maison-derrière-homme-noir-suff.dér.augm.)

8 : Su fè, n tun bè so kònò n ye a ye tile kèra fila ye kòlòn kònò. – O ye kalo ni dolo ye.

La nuit, j’étais à la maison et j’ai vu que le soleil s’était doublé dans le puits. – C’est la lune et les étoiles.

(note : quand on regarde dans le puits, on voit le reflet des astres. On dirait que le soleil s’est divisé en deux.)

9 : N tora dugu kònò ka n terikè saya mèn kungo kònò. – O ye sisi ye.

Je suis resté dans mon village et j’ai appris la mort de mon ami en brousse. – C’est la fumée.

(en savane, même si l’on reste au village, on aperçoit au loin la fumée des feux de brousse.)

10 : N ye sobilenman san ka a bila so kònò, yanni ka dugu jò a kèra jèman ye. – O ye bugurijè ye.

J’ai acheté un cheval rouge et l’ai laissé à la maison, avant que le jour ne se lève, il est devenu blanc. – C’est le cendre.

(note : la braise rouge que l’on laisse le soir dans le foyer blanchit durant la nuit.)

11 : N taara n bèènkèso, n taara a sòrò n bèènkèsokaw o bè sèmè kogo la. – O ye kolonkaladen ye.

Je suis parti chez mon oncle maternel, et j’ai trouvé que les gens sont appuyés contre le mur. – Ce sont les pilons.

(note : en général, on ne laisse pas les pilons traîner par terre, mais on les adosse contre le mur.)

12 : Dègèkun kelen, a ye baji duuru. – O ye kalo ye.

Une seule boule de dègè a troublé l’eau du fleuve. – C’est la lune.

(note : le dègè est une nourriture à base de mil, pilé non tamisé, légèrement passé à la vapeur, étendu d’eau ou de lait, et qu’on mange sous forme de boules. Ici la lune est comparée à une telle boule blanche et le ciel à l’eau d’un fleuve.)

13 : Fèn dò bè n bolo, ni n ye a kè ji kònò buguri bè bò. – O ye safinè ye.

J’ai une chose quand je la mets dans l’eau de la poussière en sort. – C’est le savon.

(note : les bulles de savon !)

14 : Fèn dò bè yen a bè malamala i bè fò ko sanu bari mògò si tè farinya ka maga a la. – O ye sa ye.

Une chose est là-bas elle brille, tu dirais de l’or mais personne n’ose la toucher. – C’est le serpent.

15 : N taara n biranna na, n ye foli kè salen ye namuna. – O ye furajalen ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, j’ai fait les salutations un mort m’a répondu. – C’est la feuille sèche.

(note : un bon nombre de devinettes commençent par "Je suis parti dans ma belle-famille". La réponse, pour chacune d’elles, représente symboliquement une qualité des beaux-parents. De toute évidence, il s’agit de relations particulières qui lient quelqu’un à ses beaux-parents.)

16 : Ni n ka misigòrè donna o layòrò, kelen bè yen ni a donna u bèè bè bò. – O ye tigatolilen ye.

Quand mon troupeau de vaches rentre dans le parc une est là-bas, quand elle entre, toutes sortent. – C’est l’arachide pourrie.

(linguistique : tigatolilen se compose de tiga-toli-len < arachide-pourrir-part.ac.)

17 : N taara n biranna na, u ye dalan di n ma n wulitò n kòlila ka a wuli. – O ye dugukolo ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une natte, en me levant, je ne suis pas arrivé à la lever. – C’est la terre.

18 : Sogo bè jiri kari a tè sa. – O ye ji ye.

Un animal casse l’arbre il ne meurt pas. – C’est l’eau.

(note : durant les tornades, l’eau ne cesse d’envahir les arbres ... souvent ces derniers résistent.)

19 : Jidaga fila bè nyògòn kòrò dò ji tè don dò la. – O ye nyèji ye.

Deux récipients sont près l’un de l’autre, l’eau de l’un ne rentre pas dans l’autre. – Ce sont les larmes.

20 : Misibilen bè misifin lanòn. – O ye tasuma ani daga ye.

Une vache rouge lèche une vache noire. – C’est le feu et la marmite.

21 : Cènin tè bèrè ye a tògòramuru ka ca. – O ye nèrèjiri ye.

Le petit homme ne vaut pas grand chose ses couteaux de hanche sont nombreux. – C’est le nèrè.

(note : le nèrè est un arbre dont les fruits forment de grandes gousses en forme de couteau allongé.)

22 : Falatònin, a lamònna cè la. – O ye nen ye.

L’orphélin a été élevé parmi les méchants. – C’est la langue.

(note : les méchants ici sont les dents. Il s’agit ici probablement d’une allusion à la situation difficile de l’orphélin dans la société.)

23 : An facè ye so san ka a bila dugu kònò mògò o mògò bè tèmèn. – O ye bo ye.

Notre père a acheté un cheval et l’a laissé au village quiconque passe laisse de l’herbe pour lui. – C’est l’excrément.

(note : il est des activités auxquelles personne ne peut se dérober ; on est bien obligé de passer par là !)

24 : Fèn dò bè dugu kònò hali faama yèrè tè se ka maga a la. – O ye nyamanton ye.

Il y a une chose dans le village même le chef ne peut y toucher. – C’est le tas d’ordures.

(note : le tas d’ordures, dans la société traditionnelle, est un lieu à forte symbolique ; il est en lien avec la fécondité.)

25 : N tagatò n bèènkèso saya kumana n ye. – O ye furabulujalan ye.

En partant chez om oncle maternel, la mort m’a parlé. – C’est la feuille sèche.

(note : ce sont les feuilles sèches qui craquent sous les pas ; ce bruit est comparé au langage d’un mort.)

26 : Fènnyuman dò bè kungo la nka a tè tòmò. – O ye sa ye.

Une belle chose est dans la brousse mais on ne la ramasse pas. – C’est le serpent.

27 : La o la, a bè lògò ci, su fè, yanni ka to a ka yèrè ja, a bè taa la bonda ra. – Jele don.

Toujours elle casse le bois, la nuit, au lieu de se chauffer elle-même, elle part se coucher à la porte de la case. – C’est la hache.

(note : n’est-il pas paradoxe que celui qui casse du bois ne mérite pas de se chauffer avec ce bois ?!)

28 : Fènnin fila bè yen, ka taa nyògòn fè sògòmada fo wulada, u tè maga nyògòn na. – O ye misiganw ye.

Deux petites choses sont là-bas, elles partent ensemble du matin au soir, elle ne se touchent pas. – Ce sont les cornes des vaches.

29 : La bè la bè sògòma, u tè a fò : i ni sògòma ! – O ye nyèden ye.

Jamais le matin ils ne disent bonjour ! – Ce sont les yeux.

30 : Tuma o tuma a bè gese dan nka a tè fini don. – O ye ntalenntalen ye.

Toujours elle tisse du fil mais elle ne met pas d’habit. – C’est l’araignée.

31 : Baarakèla tan bè n fè u bè ko bèè kè ni n ye. – O ye bolokònidennin ye.

J’ai dix travailleurs ils font tout avec moi. – Ce sont les doigts.

(note : liaison étroite de la main et de l’homme.)

32 : Jiri dò bè yen a tè den kè tile fè fo su fè. – O ye kalo ni dolo ye.

Il y a un arbre qui ne donne pas de fruit le jour mais la nuit. – C’est la lune et les étoiles.

(note : la relation de la lune aux étoiles est vue comme une relation de filiation ; comme l’arbre produit des fruits, la lune produit des étoiles.)

33 : Kulusijan jenina ka to jalaba ra. – O ye kungo ni siradennin ye.

Le grand pantalon a brûlé sans la ceinture. – C’est la brousse et le sentier.

(note : la brousse est comparée à un grand pantalon qui brûle lors des "feux de brousse" et le sentier qui parcourt la brousse est comparé à une ceinture que le feu ne peut atteindre.)

34 : Sogo binna, dugumògòw bè a bèè tigè la tigèyòrò tè yen. – O ye ji ye.

Le gibier est tombé, les gens du village sont en train de le couper il n’y a pas d’endroit pour couper. – C’est l’eau.

(note : comme le gibier est partagé entre les gens du village, selon des modalités bien précises, ainsi l’eau est la chose de tout le monde, on se la partage mais on ne peut y trouver de trace de "coupure" !)

35 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma, da tè a la. – O ye syèkili ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case elle n’avait pas de porte. – C’est l’œuf.

(note : donner une case à quelqu’un, c’est le recevoir dans le circuit des relations.)

36 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma da bè san fè. – O ye marifa ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case la porte était en haut. – C’est le fusil.

(note : quand on pose son fusil, on le met souvent debout, de sorte que le canon est dirigé vers le haut.)

37 : Cè dò ani a muso jòra sira kan, sabanan bè yen, a ma o ye. – O ye muso kònòma ni cè kelen ye.

Un homme et sa femme sont debout sur la route il y a un troisième on ne le voit pas. – C’est la femme enceinte et un homme.

38 : Kòngò, a ye mògòw faga. – O ye nugumaya ye.

La faim, elle a tué des gens. – C’est l’excès de nourriture.

39 : Muso bè n bolo, a tè na fo ni a sunògòra. – O ye suko ye.

J’ai une femme, elle ne vient que lorsque je dors. – C’est le rêve.

40 : N taara n biranna na, u ye dalan da n nyè kò ni nyè tè a ra. – O ye jufa ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils ont couché une natte devant moi, elle n’a pas de devant ni de derrière. – C’est la pagaie.

41 : N taara n biranna na, u ye galamafadègè di n ma ne ma se ka a dun. – O ye foronto ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une louche pleine de dègè, je n’ai pas pu le manger. – C’est le piment.

(linguistique : galamafadègè se compose de galama-fa-dègè < louche-remplir-dègè. Galama est la louche ou le cuiller malien, fabriqué à partir du fruit coupé en deux du calebassier, Lagenaria siceraria. Tout le monde le connaît.)

42 : N ye n ka so boli ka a boli, ka a boli, a boli kojugu a ye kònò ta. – O ye gese ye.

J’ai fait courir mon cheval et l’ai fait courir beaucoup, il a pris du ventre. – C’est le fil de chaîne.

43 : Ne ye n ka so siri sirada la, bèè tèmèntò u bè bin fili a kòrò. – O ye jiridennen ye.

J’ai attaché mon cheval au bord de la route, les passants ont jeté de l’herbe sous lui. – C’est l’arbre fruitier.

44 : N ye n ka muru ci ji kan, a da karila, n ye a ci fara kan, a da ma kari. – O ye ji ani syèsi ye.

J’ai frappé mon couteau sur l’eau, son tranchant a cassé, je l’ai frappé sur une pierre, son tranchant n’a pas cassé. – C’est l’eau et la plume de poule.

(note : en effet, si on frotte une plume de poule sur une pierre, elle garde sa forme ; mais si on la met dans l’eau, elle perd son contour habituel. Par son apparence, la plume est comparée à un couteau.)

45 : Don o don, u bè taa nyògòn fè, u tè maga nyògòn na. – O ye binyè ye.

Jour par jour, elles partent ensemble, elle ne se touchent pas. – Ce sont les cornes.

46 : N taara a biranna na, n ye u bè sòrò jòlen senkònòninkunba kan. – O ye kon ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, je les ai tous trouvés debout sur le gros orteil. – C’est la porte.

47 : N taara n biranna na, u ye kini di n ma, ne ma se ka a dun. – O ye foronto ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné du riz, je n’ai pas pu le manger. – C’est le piment.

(note : les devinettes 41 et 47 ont la même réponse, et le même contexte)

48 : Warabilen bè jiri sanfè, nka a bè tulon kè a ku la dugu ma. – Tile don.

Le singe est en haut de l’arbre et sa queue joue sur le sol. – C’est le soleil.

49 : Da fila bè tugu nyògòn fè, u bè yèlèn nyògòn fè. – O ye nyèwolo fila ye.

Les deux portes se ferment en même temps, elles s’ouvrent en même temps. – Ce sont les paupières.

(linguistique : nyèwolo se compose de nyè-wolo < œil-naître.)

50 : N ye n ka sonin boli ka a boli, n segintòla ma a sennò ye. – Jikankurun don.

J’ai fait galoper mon petit cheval, au retour plus une seule trace. – C’est la pirogue (sur l’eau).

(linguistique : jikankurun se compose de ji-kan-kurun < eau-sur-pirogue.)

(à suivre)

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TA
Taamaden 13 years ago · Anusara
Histoire de création en bambara: l’œuf et le poussin (Mali)
Histoire de création : l’œuf et le poussin

SYÈFAN ANI SYÈDENNIN L’ŒUF ET LE POUSSIN

– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Nsiirinnin, nsiirinnin. Syèfan ani syèdennin o tun taara lenburukariyòrò. Syèdennin ko ko syèfan ka yèlèn lenburusun na ka lenburu kari. Syèfan ko ko ale tè yèlèn. Syèdennin yèlènna ka lenburusun yuguyugu. Lenburu binna, u ye o dun. Syèfan fana yèlènna ko syèdennin ka buguri cè ka a bila ale jukòrò ko ni ale binna ko ale tè ci. Syèdennin ye buguri cè ka a bila a kòrò ka bèlèdenninkisènin bila o cè ra. Syèfan ye a yuguyugu ka bò ka na kè bèlèdennin kan - poyi ! - ka a ci. Syèdennin ka yèlè ka yèle ka yèlè. Kala ye a kan tigè Kala ka yèlè ka yèle ka yèlè. Tasuma ye a minè. Tasuma ka yèlè ka yèle ka yèlè. Ji ye a faga. Ji ka yèlè ka yèle ka yèlè. Dugukolo ye a min. Dugukolo ka yèlè ka yèlè ka yèlè. A ni Ala kèlèla. Ala ye a ta ka bin. Kabini o bòra a la a bè o nò na. N ye nsiirinnin sòrò yòrò min, n ye a bila yen.

– Texte en français (masalabolo faransikan na) :

Petit conte, petit conte. L’œuf et le poussin voulaient cueillir des citrons. Le poussin dit à l’œuf de monter sur le citronnier et cueillir les citrons. L’œuf répondit qu’il ne monterait point. Le poussin grimpa et secoua le citronnier. Les citirons tombèrent, ils les mangèrent. L’œuf à son tour monta, disant au poussin de prendre de la poussière et de l’étaler sous lui. De cette façon, s’il tombait, il ne se casserait pas. Le poussin ramassa de la poussière, il l’étala sous l’arbre mais y cacha un caillou. L’œuf secoua le citronnier et tomba sur le petit caillou, poyi ! et il se brisa. Et le poussin de rire, de rire et de rire. Mais une branche lui coupa la tête. Et la branche de rire, de rire et de rire. Le feu la brûla. Et le feu de rire, de rire et de rire. L’eau l’éteignit. Et l’eau de rire, de rire et de rire. La terre l’absorba. Et la terra de rire, de rire et de rire. La terre et Dieu se querellèrent. Dieu l’attrapa et la fit tomber. C’est depuis ce jour-là qu’elle est à sa place. J’ai laissé ce petit conte là où je l’ai trouvé.

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Syèfan ani syèdennin syè-fan ani syè-den-nin poule-oeuf – et – poule-enfant-DIM L’œuf et le poussin.

Nsiirinnin, nsiirinnin. nsiirin-nin – nsiirin-nin conte-DIM – conte-DIM Petit conte, petit conte.

Syèfan ani syèdennin o tun taara lenburukariyòrò. syèfan – ani – syèdennin – o – tun – taa-ra – lenburu-kari-yòrò œuf – et – poussin – DET – PAS – partir-AC – citron-cueillir-lieu L’œuf et le poussin voulaient cueillir des citrons.

Syèdennin ko ko syèfan ka yèlèn lenburusun na syèdennin – ko – ko – syèfan – ka – yèlèn – lenburu-sun – na poussin – dire – que – œuf – ACC – monter – citron-tronc – à Le poussin dit à l’œuf de monter sur le citronnier ka lenburu kari. ka – lenburu – kari CONV – citron – cueillir et cueillir les citrons. Syèfan ko ko ale tè yèlèn. syèfan – ko – ko – ale – tè – yèlèn œuf – dire – que – lui – INACnég – monter L’œuf dit de ne pas monter. Syèdennin yèlènna ka lenburusun yuguyugu. syèdennin – yèlèn-na – ka – lenburusun – yuguyugu poussin – monter-AC – CONV – citronnier – secouer Le poussin monta et secoua le citronnier.

Lenburu binna, lenburu – bin-na citron – tomber-AC Les citrons tombèrent,

u ye o dun. u – ye – o – dun ils – AC – DET – manger ils les mangèrent.

Syèfan fana yèlènna syèfan – fana – yèlèn-na oeuf – aussi – monter-AC L’œuf aussi monta

ko syèdennin ka buguri cè ka a bila ale jukòrò ko – syèdennin – ka – buguri – cè – ka – a – bila – ale – jukòrò dire – poussin – ACC – poussière – ramasser – CONV – le – mettre – lui – sous disant que le poussin met de la poussière pour l’étaler sous lui.

ko ni ale binna ko ale tè ci. ko – ni – ale – bin-na – ko – ale – tè – ci ainsi – si – lui – tomber-AC – que – lui – INACnég – briser De cette façon, s’il tombait, in ne se casserait pas.

Syèdennin ye buguri cè ka a bila a kòrò syèdennin – ye – buguri – cè – ka – a – bila – a – kòrò poussin – AC – poussière – ramasser – CONV – la – mettre – lui (arbre) – sous Le poussin ramassa de la poussière, la mit sous lui,

ka bèlèdenninkisènin bila o cè ra. ka – bèlè-den-nin-kisè-nin – bila – o – cè – ra CONV – gravier-enfant-DIM-grain-DIM – laisser – DET – centre – à et y cacha un caillou.

Syèfan ye a yuguyugu ka bò syèfan – ye – a – yuguyugu – ka – bò poussin – AC – le – secouer – CONV – sortir L’œuf le secoua et tomba

ka na kè bèlèdennin kan - poyi ! - ka a ci. ka – na – kè – bèlè-den-nin – kan – poyi ! – ka – a – ci CONV – venir – faire – gravier-enfant-DIM – sur – poyi ! – CONV – le – briser sur le petit caillou - poyi ! - et il se brisa.

Syèdennin ka yèlè ka yèle ka yèlè. syèdennin – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè poussin – INF – rire – INF – rire – INF – rire Et le poussin de rire, de rire et de rire.

Kala ye a kan tigè kala – ye – a – kan – tigè branche – AC – sa – tête – couper Une branche lui coupa la tête

Kala ka yèlè ka yèle ka yèlè. kala – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè branche – INF – rire – INF – rire – INF – rire La branche de rire, de rire et de rire. Tasuma ye a minè. tasuma – ye – a – minè feu – AC – la – attraper Le feu la brûla.

Tasuma ka yèlè ka yèle ka yèlè. tasuma – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè feu – INF – rire – INF – rire – INF – rire Et le feu de rire, de rire et de rire.

Ji ye a faga. ji – ye – a – faga eau – AC – le – éteindre L’eau l’éteignit.

Ji ka yèlè ka yèle ka yèlè. ji – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè eau – INF – rire – INF – rire – INF – rire Et l’eau de rire, de rire et de rire.

Dugukolo ye a min. dugu-kolo – ye – a – min sol-noyau – AC – le – boire La terre l’absorba.

Dugukolo ka yèlè ka yèlè ka yèlè. dugukolo– ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè terre – INF – rire – INF – rire – INF – rire Et la terra de rire, de rire et de rire.

A ni Ala kèlèla. a – ni – Ala – kèlè-la elle – et – Dieu – se battre-AC La terre et Dieu se querellèrent

Ala ye a ta ka bin. Ala – ye – a – ta – ka – bin Dieu – AC – elle – prendre – CONV – faire tomber Dieu l’attrapa et la fit tomber.

Kabini o bòra a la kabini – o – bò-ra – a – la depuis – DET – sortir-AC – le – à Depuis ce jour-là

a bè o nò na. a – bè – o – nò – na elle – INAC – DEM – trace – à elle est à cette place.

N ye nsiirinnin sòrò yòrò min, n ye a bila yen. n – ye – nsiirin-nin – sòrò – yòrò – min – n – ye – a – bila – yen je – AC – conte-DIM – gagner – lieu – REL – je – AC – le – laisser – là-bas J’ai laissé ce petit conte là où je l’ai trouvé.

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Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACC = marque de prédication à valeur accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; DIM = diminutif ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PAS = passé ; REL = pronom relatif.

Référence : Görög-Karady, Veronika & Meyer, Gérard. Contes bambara : Mali et Sénégal Oriental. Coll. "Fleuve et Flamme". Paris : CILF & Edicef, 1985.

Bonne lecture !

Herbert

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TA
Taamaden 13 years ago · Anusara
Cent autres devinettes bambara, partie 2 (Mali)
(suite)

51 : Bèè tulo bè n na, nka mògò si tè n ye. – Finyè don.

Tout le monde m’écoute, mais personne ne me voit. – C’est le vent.

52 : Kili bèè la, kili jumèn ka kòrò ? – Hakili don.

De tous les mots kili, quel est le plus ancien ? – C’est hakili.

(note : ici, on fait un jeu de mot sur la deuxième partie du mot hakili [< ar. ‘aql] "pensée, intelligence, mémoire, raison, réflexion". Les "pensées" sont tant anciennes que l’humanité. Linguistique : le mot kili signifie d’abord "œuf" mais aussi toute "chose ronde", p.ex. kònòkili "œuf d’oiseau"*, nyèkili "globe oculaire", kòkili "testicule", kònòkili "rognon"** etc. *Ici, kònò, à ton bas, veut dire "oiseau" mais **là, kònò, à ton haut, veut dire "ventre". Donc, chez les Bambara, la chose ronde/l’œuf au ventre, c’est le "rognon".)

53 : Fèn dò bè n bolo, a dennin ma, a bè taama sen naani na, a mènna, a bè taama sen fila na, a mènna kosèbè, a bè taama sen saba na. – O ye denmisènnin ni kamalen ni cèkòrò ye.

J’ai une chose, quand elle est enfant, elle marche à quatre pieds, elle dure, elle marche à deux pieds, elle dure beaucoup, elle marche à trois pieds. – C’est l’enfant, le jeune homme et le vieillard.

54 : N taara n biranna na, u ye dalan fènsè, nyarògèlèn ye a sama. – Dimògò don.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils ont étendu une natte, un effronté l’a tirée. – C’est la mouche.

55 : Gènuju dò bè n bolo, n ka saga tè a dun, fo walisagade bè a nyimi. – O ye n dògòmuso ye.

J’ai une certaine herbe, mon mouton n’en mange pas, seul le mouton d’autrui en mange. – C’est ma petite sœur.

(note : allusion à la prohibition de mariage entre frère et sœur ; gènu est une espèce d’herbe.)

56 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma, ni n ye bon nin da yèlèn, n ye mògòw sòrò, denw bè tulonkè la bon nin kònò. – O ye dimògò ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case, quand j’ai ouvert la porte de cette case, j’ai trouvé des gens, des enfants jouaient dans cette case. – C’est la mouche.

57 : N taara n biranna na, u ye dèbè fènsè ka n sigi a kan, yanni ka sigi den dò ye a sigi a kan. – Dimògò don.

Je suis parti dans ma belle-famille, ils ont déployé une natte pour m’y asseoir avant que je m’assoie, un enfant s’y est assis. – C’est la mouche.

(note : les devinettes 54, 56 et 57 ont toutes la même réponse : la mouche, et aussi le même contexte : les beaux-parents. Donc, plusieurs variantes de la même idée.)

58 : Fèn dilalenw jumèn ka kòrò ? – O ye tinton ye.

Laquelle des choses créées est vieille ? – C’est le tinton.

(note : le tinton est une espèce d’oiseau. Prétendument, il est petit, de couleur noir, a une huppe, et on dit qu’il porte son père et sa mère sur sa tête ; il ne pouvait les enterrer car il n’y avait pas encore de terre. C’est possiblement pour cela qu’il est vieux !)

59 : Dennin juguman bè n bolo, tuma bèè a nyiginnen don. – Dakònònèn don.

J’ai une vilaine petite fille qui est toujours mouillée. – C’est la langue.

(linguistique : dakònònèn se compose de da-kònò-nèn < bouche-dans-langue.)

60 : Syèdanga bo ye san si kogo kun na. – Kumakan jugu don.

La fiente de la poulette est restée un an sur le mur. – C’est la parole méchante.

61 : N taara du kònò, n taara a sòrò bèè jòlen don. – Kolonkara don.

Je suis allé dans une cour, j’ai trouvé tout le monde debout. – Ce sont les pilons.

(note : kolonkara se compose de kolon-kara < mortier-manche.)

62 : Dègè kun kelen ye baji duuru. – Kalo jè don.

Une seule mesure de crème a brouillé l’eau du fleuve. – C’est la lune.

63 : Fo yan fo Jènè, sungurunmuso fila bè nyògòn tan. – Jukunanmugu don.

D’ici jusqu’à Djenné, les deux demoiselles se bourrent de coups. – Ce sont les fesses.

(linguistique : jukunanmugu se compose de jukunan-mugu < fesses-pulpe.)

64 : N ye n ka dalan da, dennin kunkolo gèlènnin ye n kòn a kan. – Dimògò don.

J’ai préparé mon lit, une jeune fille têtue m’y attend. – C’est la mouche.

65 : Kamalen nyumannin dabo toli. – Marifa don.

Un joli garçon à l’haleine fétide. – C’est le fusil.

66 : Cè kelen bè kungo fè, a bè yaala ni fini bèè ye. – O ye nònsi ye.

Il est un homme qui se promène avec mille vêtements. – C’est le caméléon.

67 : N ye n dògònin bugò, o y’a ta sara n na. – Bugurijè don.

J’ai frappé mon petit frère, il me l’a bien rendu. – C’est la cendre.

(linguistique : bugurijè se compose de buguri-jè < poussière-blanc.)

68 : Jiri jalan kènma. – Kako don.

Bois tout sec, bois tout gras. – C’est la noix de cola.

69 : N taara n biranna na, u ye to di n ma, n ma se k’a bò todaga la. – O ye bubagaso ye.

Je suis allé chez mes beaux-parents, mes beaux-parents m’ont donné du gâteau de mil, je n’ai pas pu le faire sortir entièrement de la marmite. – C’est la termitière (et les termites).

70 : Payilawu ! – O ye wulu kulusitigi.

Payolaa ! – C’est un chien en culotte.

(linguistique : payilawu est un "pantalon trop large pour celui qui le porte". Selon Dumestre, le terme semble être uniquement attesté dans cette devinette ; voir Dumestre (2011) : Dictionnaire bambara-français, p.850.)

71 : Nin cènin kelen bè dinyè bèè mara. – O ye ji ye.

Ce petit homme gouverne le monde entier. – C’est l’eau.

72 : N ye nin cènin kelen kunbèn fara dulòki b’a kama. – O ye sirakògòma ye.

J’ai rencontré un petit homme portant un vêtement en pierre sur ses épaules. – C’est la tortue.

73 : Ntori ye kolonkara kunu. – O ye cèya ni musoya.

Le crapaud a avalé le pilon. – Ce sont les parties sexuelles de l’homme et de la femme.

74 : Sebe jama bè cèjan kan na. – O ye sebe ye.

Grand homme portant beaucoup de talismans au cou. – C’est le rônier (chargé de ses fruits).

75 : Filaninw fila bè n bolo, ni n ye kelen bila, a bè taa yòròjan, ni n ye a dònin bila, u bèè bè kelen ye. – O ye nyèkisè ye.

J’ai deux jumeaux, quand j’en laisse un, il part loin, quand je laisse l’autre, ils voient la même chose. – Ce sont les yeux.

(note : petit jeu – si on ferme un œil, l’autre voit au loin, si on l’ouvre, alors les deux yeux voient la même choise !)

76 : Kulukulufasyèngani. – O ye da ani nyin ye.

Poulailler rempli de petites poules blanches. – C’est la bouche et les dents.

(note : une comparaison pittoresque car la bouche remplie de dents blancs est vue comme le petit poulailler rempli de poules blanches. Dans la société traditionnelle, la poule blanche est souvent valorisée. Linguistique : kulukulufasyèngani se compose de kulukulu-fa-syè-ngani < poulailler-remplir-poule-très plein)

77 : N ye n ka binyè fili ka a ta n kèrè fè. – O ye nyègène ye.

J’ai lancé ma flèche et l’ai faite revenir près de moi. – C’est l’urine.

(note : quand on urine, le jet d’urine, la "flèche", est projeté d’abord au loin, puis finit par tomber près de soi.)

78 : Ni cènin kelen bòra a siyòrò la, dinyè bèè b’a ye. – Tile don.

Lorsque ce petit homme sort de sa chambre, tout le monde le voit. – C’est le soleil.

(note : le bon matin, le soleil sort de la chambre à coucher où il a passé la nuit. Linguistique : siyòrò "chambre" se compose de si-yòrò < passer la nuit-endroit.)

79 : N ye n ka foroko dulon gungurun na, gungurun binna, foroko ma bin. – O ye tògò ye (ni mògò sara, i tògò tè tunun).

J’ai suspendu mon sac à une souche, la souche est tombée, le sac n’est pas tombé. – C’est le nom (si quelqu’un meurt, son nom n’est pas perdu).

(note : ici, le nom est pris au sens de réputation. C’est un mot à connotation affective et relationnelle très forte. P.ex. "gâter" le nom de quelqu’un est très grave, cela équivaut à une non-reconnaissance sociale.)

80 : N ye n ka misi faga ka o joli minè a ku fè. – O ye tabadaga ye.

J’ai tué mon bœuf et pris son sang par sa queue. – C’est la pipe.

(note : allusion à la fumée qu’on tire par le petit bout. Linguistique : tabadaga se compose de taba-daga < tabac-canari.)

81 : Nin cènin kelen fununa, ka i dòn ka i dòn fo a fòònòna. Kabini a fòònòna, a sara. – O ye cèya ye.

Ce petit homme se met en colère, danse longuement jusqu’à en vomir. Après avoir vomi, il meurt. – C’est le membre viril.

82 : Fèn jumèn ka teli fèn bèè ye ? – Hakili don.

Quelle est la plus rapide de toutes les choses ? – C’est la pensée.

83 : Fèn jumèn bè kulo, a bè pan, binyè b’a kun na, a bè don dingè kònò ? – O ye nkèèrèn ye.

Quelle est la chose qui crie, qui vole, qui porte des cornes sur la tête et qui entre dans un trou ? – C’est le grillon.

84 : Dègèkuru ye baji jèya. – O ye kalo ye.

Une seule boule de dègè a blanchi l’eau du fleuve. – C’est la lune.

85 : Nin konin ye dinyè mògò bèè nyinè. – O ye sunògò ye.

Cette seule petite chose a donné l’oubli à toutes les personnes vivantes. – C’est le sommeil.

86 : Musonin juguman min bè dòlò duman kè. – O ye dikisè ye.

Petite femme méchante qui fait de bonne bière de mil. – C’est l’abeille.

(note : dikisè se compose de di-kisè < miel-balle.)

87 : Nyè n to yòrò jan ka n fa banfula bilen tigi na to ye. – O ye tile ye.

De loin, j’ai vu mon père coiffé d’un bonnet rouge. – C’est le soleil levant.

88 : Cè kelen ye so fa. – Yeelen don.

Un seul homme a rempli la maison. – C’est la lumière.

89 : Foroba koori jèra, bòbaa t’a la. – O ye dolow ye.

Le coton du champ collectif a blanchi, il n’y a personne pour les récolter. – Ce sont les étoiles.

90 : Donsokè fila bè tu kòfè, si nyè tè si la. – Tulow don.

Deux chasseurs sont derrière un bosquet, aucun d’eux ne voit l’autre. – Ce sont les oreilles.

91 : Jiri jalan bè jiri kènè kun. – O ye baganw binyèw ye.

Le bois vert porte le bois sec. – Ce sont les cornes des animaux.

92 : Sa b’a dingè sen, a du b’a gere. – Misèli don.

Le serpent creuse son trou, sa queue le bouche. – C’est l’aiguille.

93 : Muso kelen furu sirilen ye muso bèè furu sa. – Tigatoli don.

Le mariage d’une seule femme a provoqué le divorce de toutes les autres. – C’est la graine pourrie d’arachide qui fait rejeter toute la bouchée !

94 : Nin ko in ye fòlòmògòw bali. – Ka yaala ji sanfè. – Ka so jò ni situlu dòròn ye. – ...

Les anciens furent impuissants contre cette chose. – Marcher sur l’eau. – Construire une maison uniquement de beurre de karité. – ... (les réponses sont très nombreuses ; ici, j’en ai présenté deux !)

95 : N ye n ka filennin fila ko ka a jè, n ma n nyè nasuru a la. – O ye i fa n’i ba ye.

J’ai bien lavé mes deux petites calebasses, sans pouvoir faire choix de l’une d’elles. – C’est ton père et ta mère.

96 : Misifin bè dumuni kè lèfin na. – O ye nyimi ani kunsigi ye.

La vache noire mange dans la plaine noire. – Ce sont les poux (de tête) et les cheveux.

97 : N taara n biranna na, n taara à sòrò o bè sen bè kulusijalan kelen na. – O ye furalan ye.

Je suis parti dans ma belle-famille, et j’ai trouvé que toutes leurs jambes sont dans une seule ceinture de culottes. – C’est le balai.

98 : A bè kò a bè nyè. – O ye biriki don.

Cela est derrière cela est devant. – C’est la brique.

(note : la brique n’a pas d’endroit, ni d’envers.)

99 : Kòrò ni dògò don, nka u tè bò nyògòn fè abada. – O ye tile ni kalo ye.

Grand-frère et petit-frère, mais ils ne se lèvent jamais ensemble. – C’est le soleil et la lune.

100 : Min b’a dilan, o t’a fè, min mago b’a la, o t’a ye. – Kasanke don.

Celui qui le fabrique ne l’aime pas, celui qui en a besoin ne le voit pas. – C’est le linceul.

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A ye nyènajè kè ni ntèntèn ninnu ye ! Amusez-vous bien avec ces devinettes !

Les photos :

1 – Ecolières dans un village situé au Lac Débo (au nord du Delta Central). Filles peules. 2 – Appel de matin dans une cour d’école. Village au Delta Central. 3 – Salle de classe ; à l’école de base à Sendégué (entre Konna et Korienzé).

Hery
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MA
Masaba88 13 years ago
Converser en bambara
Bonjour à tous et à toutes,

Je suis à la recherche d'une personne avec laquelle je pourrais discuter en bambara régulièrement que ce soit physiquement ( je suis en région parisienne) ou par Skype. Je cherches quelqu'un avec qui converser pour améliorer ma compréhension et mon expression orale dans cette langue. J'ai déjà un niveau faux débutant.

Merci d'avance

N'hésitez pas à me contacter afin de me faire connaître vos conditions ou si vous voulez plus d'explications.

A très bientôt

Mah
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TA
Taamaden 13 years ago · Anusara
Conte bambara: "Nuguma saba ka maana/Les trois gourmands" (en bambara/français) (Mali)
NUGUMA SABA KA MAANA LES TROIS GOURMANDS

– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Hababan tun ye kamalennin ye, baara tun man di min ye. A tun tè foyi nyè dumuni kò. A tun bè to k’i dogo a ba la, ka taa barama yèlèm’a kun gabugu kònò. Ni dumuni tun sigira, mògò tòw tun tè foyi sòrò Hababan kòrò, barisa a tègè tun ka teli wa a lògòma tun ka bon. A fa nana dimi a kòrò, k’a gèn ka bò du kònò.

Hababan ye dinyè minè a kònòbaraba fadumuni nyinini na. A ka sira kan, a ye cè dò ye jirisun dò la, bulu kelenpe tun bè min na. Hababan kulela ka cè wele ko : n teri, e bè min nyini jiri in bala ? E tògò ye di ? Cè y’a jaabi k’ale tògò ye ko Awalon ; k’ale fa y’a gèn k’a bè dumuni kè kojugu ; ko a kelen ye nin jiri ninnu bulu bèè dun. A tò tora bulu kelenpe min ye ko a sirannen bè k’o dun, kòngò kana n’a minè tugun, k’a sòrò foyi t’a bolo. Hababan ko a ma k’a ka bulu laban in dun, u ka tèmèn ni nyògòn ye ; k’u kèra terimaw de ye, bawo ale fana fa y’a gèn i n’a fò Awalon ta nyògòn. Hababan ni Awalon ye sira minè. U selen nyèfè, u dabali banna cè dò la, min tun bè ka wo belebele dò sen n’a tègè ye. Dingè dunyara fò ka cè kun tunun a kònò.

Awalon ko a ma : e cè ! Munna e bè ka nin dingè sen n’i tègè ye tan ? E tògò ? Dunankè y’a jaabi k’ale tògò ko Abèdumu. Ka jigi tun ye tigakisènin kelen min ye, k’o de binna. N tè fara ko la bè bò ni wokònòfèn ye. Ko tigakisènin kelen in tè taa k’ale dan ! A y’a ka dingèsen dadon tuguni. Hababan ko a ma: i nugu ka bon i n’a fò ne ni Awalon. Tigakisènin in to yen, an ka taa nyògòn fè. An bè taa dumuni nyini k’a dun fò k’an bèlèhè !

Terima saba sera buguda dò la. U taara dugutigi bara. O y’u bisimila konyuman, ka dumuni d’u ma. Dumuni min dir’u ma, o bènna u bèè dakurunyè kelen kelen ma. U ma maloya ka girin ka da musow ni denmisènninw ka suman sigilen kan, k’o fiyè ka bò a la. O yòrònin bèè, dugutigi n’a ka dugudenw bèè wulila k’u wulukolon gèn.

Hababan ni Awalon ni Abèdumu sera dugu wèrè la kuluw sanfè, minnu yèlènni gèlèyar’u ma hali. U y’u kunda dugutigi ka so kan, k’a f’o ye : Anw ye dabanganaw de ye ; an bè foro sènèta nyini de la, walasa ka wari dòònin sòrò. Samiyè waati tun don. O diyara dugutigi ye, barisa foro belebele tun b’ale bolo ; a hakili la ko nuguma minnu k’u ye dabangana ye, k’olu na se k’a ka samiyè diy’a la. Dugutigi taara n’i u ye a ka shòforo la. Bèè taalen k’a tò u kelen ye, Hababan ni Awalon ni Abèdumu ye dugutigi ka shòkènè bèè dun. Yòrònin kelen, dugutigi ka foro bèè fara shòbulu la.

Dugumògòw bòra walejugu in kalama yòrò min, nyògòngèn dabòra. U ye kabakurufèlè wuli nuguma saba ninnu na. Hababan n’a teri fila y’u pan kuluwow ni nyògòn cè, ka tunun kungo kònò. A ma mèèn, u sera dugu wèrè la. Abèdumu ko fèèrè dò b’ale kònò, k’u ka tugu a kò. U taara baganmarala Pulò bara ; saga baaden tun bè min bolo, k’a f’o ye, k’olu ka baara ye bagangèn ye. Pulò y’a ka saga kulu kalifa u ma.

U janfalen dugu la ni sagaw ye, nuguma saba ye dòn ni dònkilida daminè, k’u nyagari bò Pulò la ; u ma fila kè, u sinna ka saga caman don dibi la, kò bèè dun ! Dugumògòw bè s’u ma tuma min, o y’a sòrò u ye saga mugan ka ko ban. U ye nuguma saba ninnu walon ni berekurunw ye, k’u wulukolon gèn !

U bòr’a la ka bala u yèrè la, n’u ka duloki faralenw ye ani kurukuruw falennen u kuncè ma. U taamana, ka taama n’u ka kònònafili ye, bawo fèèrè wèrè tun t’u kònò bilen k’u ka kòngò mada. Halisa an ka nuguma saba bè ka taa.

E min ye nin maana kalan, ni nuguma saba ninnu hinè b’i la, munna i t’u wele dumuni na i bara ?

– Texte en français (masalabolo tubabukan na) :

Hababan était un jeune homme qui n’aimait pas travailler. Tout ce qu’il savait faire, c’était manger. Souvent, à l’insu de sa mère, il se cachait pour entrer dans la cuisine et vidait la marmite sur le feu. Parfois, quand toute la famille se retrouvait autour du plat, Hababan le dévorait tellement vite que les autres ne réussissaient même pas à prendre plus de deux tartines. C’est pourquoi son père se fâcha et le renvoya de sa maison.

Hababan s’en alla donc chercher ailleurs de quoi remplir son énorme estomac. Or, en chemin, il aperçut un homme sur un arbre qui ne portait qu’une seule feuille. – Hé, mon ami, lui cria Hababan, que fais-tu donc assis sur cet arbre ? Quel est ton nom ? – Je m’appelle Awalon, lui répondit l’homme. C’est mon père qui m’a chassé de chez lui parce que je mange trop. J’ai mangé toutes les feuilles des arbres que voici. Il n’en reste qu’une sur celui-ci et j’ai peur de la manger car je n’aurais plus rien à me mettre sous la dent. – Mange cette dernière feuille et viens avec moi, car nous sommes désormais des amis, parce que mon père m’a chassé pour la même raison, lui conseilla Hababan. Aussitôt dit, aussitôt fait. Hababan et Awalon se mirent donc en chemin. Quelle ne fut leur surprise d’apercevoir peu après un homme qui creusait un grand trou avec ses mains. Le trou était déjà tellement profond que notre homme y disparaissait complètement.

– Hé, toi, lui lança Awalon, pourquoi creuses-tu ce trou avec tes mains ? Comment t’appelles-tu ? – Mon nom est Abèdoumou, répondit l’inconnu. Je creuse ce trou parce qu’il me restait une graine d’arachide qui est tombée à cet endroit. J’espère la retrouver. Aussitôt, il se remit à la tâche. – Tu es aussi gourmand que Awalon et moi, lui dit Hababan. Laisse donc cette graine d’arachide et viens avec nous. Nous allons chercher de quoi manger à notre faim.

Les trois amis arrivèrent bientôt dans un village. Ils se rendirent chez le chef du village qui les reçut courtoisement et leur fit apporter à manger. Or, du plat qui leur fut offert, nos trois gourmands ne firent qu’une bouchée. Ensuite, sans honte, ils se précipitèrent sur ceux des femmes et des enfants et les dévorèrent. Aussitôt, la famille du chef et les autres villageois les chassèrent sans ménagement.

Hababan, Awalon et Abèdoumou arrivèrent dans un autre village situé sur les falaises qu’ils escaladèrent avec grand-peine. Là aussi, ils se rendirent chez le chef du village et lui déclarèrent : "Nous sommes des braves gens ; nous cherchons des champs à labourer contre un peu d’argent". C’était l’hivernage. Le chef du village en fut heureux car il possédait un grand champ et croyait que nos trois gourmands étaient vraiment de braves cultivateurs. Le chef les fit donc conduire dans son champ de haricots. Or, dès qu’ils furent seuls, Hababan, Awalon et Abèdoumou arrachèrent tous les haricots et les mangèrent crus. Bientôt, le champ du chef du village ne fut plus qu’un vaste terrain jonché de feuilles et de racines (voir photo01). Alertés, les villageois furieux se lancèrent aux trousses des trois gourmands en les bombardant de projectiles de toutes sortes. Hababan et ses deux amis dévalèrent les falaises et disparurent (voir photo02).

Ils ne tardèrent pas à arriver dans un autre village. "J’ai une idée ! Suivez-moi !", s’écria Abèdoumou. Ils se rendirent dare-dare chez Poulo-le-berger qui possédait un grand troupeau de moutons et lui dirent que leur métier était de faire paître les animaux. Poulo-le-berger leur confia donc son troupeau. Une fois qu’ils eurent éloigné les moutons du village, nos trois gourmands se mirent à danser et à chanter en se moquant de la naïveté de Poulo-le-berger. Sans tarder, ils allumèrent un grand feu et se mirent à rôtir les moutons et à les dévorer. Ils en avaient déjà englouti vingt quand les villageois tombèrent sur eux à bras raccourcis. Alors nos braves gourmands s’enfuirent, pourchassés par leurs hôtes.

Les trois gourmands réussirent péniblement à s’échapper. Leurs habits avaient été déchirés et ils avaient des bosses sur le crâne. Ils marchèrent, marchèrent, mais ils ne savaient plus quelle ruse employer pour assouvir leur faim. Jusqu’à ce jour, ils continuent de marcher (voir photo03).

Lecteur, si les trois gourmands te font pitié, pourquoi ne les inviterais-tu pas chez toi ?

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Nuguma saba ka maana nuguma – saba – ka – maana goinfre – 3 – CONN – histoire L’Histoire des Trois Goinfres

Hababan tun ye kamalennin ye, baara tun man di min ye. H. – tun – ye – kamalennin – ye – baara – tun – man – di – min – ye H. – PAS – EQ – jeune homme – EQ – travail – PAS – DESnég – bon – REL – pour Hababan était un jeune homme qui n’aimait pas le travail.

A tun tè foyi nyè dumuni kò. a – tun – tè – foyi – nyè – dumuni – kò il – PAS – INACnég – rien – être bon – manger – sauf Rien ne lui convenait sauf manger.

A tun bè to k’i dogo a ba la, a – tun – bè – to – ka – i dogo – a – ba – la il – PAS – INAC – rester – CONV – se cacher – sa – mère – à Souvent, il se cachait à sa mère

ka taa barama yèlèm’a kun gabugu kònò. ka – taa – barama – yèlèma a kun – gabugu – kònò CONV – partir – marmite – tourner au bout – cuisine – dans pour entrer dans la cuisine et vidait la marmite sur le feu.

Ni dumuni tun sigira, ni – dumuni – tun – sigi-ra quand – repas – PAS – déposer-AC Quand le repas était déposé,

mògò tòw tun tè foyi sòrò Hababan kòrò, mògò – tò-w – tun – tè – foyi – sòrò – H. - kòrò homme – reste-PL – PAS – INACnég – rien – recevoir – H. – contre les membres de la famille ne gagnaient qu’une poignée de nourriture

barisa a tègè tun ka teli wa a lògòma tun ka bon. barisa – a – tègè – tun – ka – teli – wa – a – lògòma – tun – ka – bon parce que – ses – mains – PAS – DES – vite – ?? – sa – poignée de nourriture – PAS – DES – grand parce que Hababan le dévorait à toute vitesse.

A fa nana dimi a kòrò, k’a gèn ka bò du kònò. a – fa – na-na – dimi – a – kòrò – ka – gèn ka bò – du – kònò son – père – venir-AC – se fâcher – lui – contre – CONV – chasser de – cour – dans Son père se fâchait avec lui et le chassait de sa cour.

Hababan ye dinyè minè a kònòbaraba fadumuni nyinini na. H. – ye – dinyè – minè – kònòbara-ba – fa-dumuni – nyini-ni – na H. – AC – monde – chercher – ventre-grand – remplir-manger – chercher-ACT – à Hababan s’en allait donc chercher de quoi remplir sa grande ventre.

A ka sira kan, a ye cè dò ye jirisun dò la, a – ka – sira – kan – a – ye – cè – dò – ye – jiri-sun – dò – là sa – CONN – route – sur – il – AC – homme – un – voir – arbre-branche – un – à Sur son chemin, il apercevait un homme sur un arbre

bulu kelenpe tun bè min na. bulu – kelenpe – tun – bè – min – na feuille – unique – PAS – SIT – REL – à qui ne portait qu’une seule feuille.

Hababan kulela ka cè wele ko : H. – kule-la – ka – cè – wele – dire H. – crier-AC – CONV – homme – appeler – dire Hababan criait après l’homme :

n teri, e bè min nyini jiri in bala ? E tògò ye di ? n – teri – e – bè – min – nyini – jiri – in – bala – e – tògò – ye – di mon – ami – tu – INAC – REL – chercher – arbre – DEM – sur – ton – nom – EQ – di Mon ami, qu’est-ce que tu cherches sur l’arbre ? Tu t’appelles comment ?

Cè y’a jaabi k’ale tògò ye ko Awalon ; cè – ye – a – jaabi – ka – ale – tògò – ye – ko – Aw. homme – AC – le – répondre – CONV – son – nom – EQ – dire – Aw. L’homme lui répondait : je m’appelle Awalon.

k’ale fa y’a gèn k’a bè dumuni kè kojugu ; ko – ale – fa – ye – a – gèn – ka – a – bè – dumuni kè – kojugu dire – son – père – AC – lui – chasser – CONV – il – INAC – manger – trop Et disait que son père l’a chassé de chez lui parce qu’il mange trop.

ko a kelen ye nin jiri ninnu bulu bèè dun. ko – a – kelen – ye – nin – jiri – ninnu – bulu – bèè – dun dire – il – 1 – AC – DEM – arbre – DEM – feuille – tous – manger J’ai mangé toutes les feuilles des arbres que voici.

A tò tora bulu kelenpe min ye ko a sirannen a – tò – to-ra – bulu – kelenpe – min – ye – ko – a – siran-nen il – reste – rester-AC – feuille – unique – REL – à – dire – il – craindre-PART2 Il n’en reste qu’une seule feuille sur celui-ci

bè k’o dun, kòngò kana n’a minè tugun, bè – ka – o – dun – kòngò – kana – ni – a – minè – tugun INAC – CONV – DET – manger – faim – HORTnég - ?? – le – saisir - encore et j’ai peur de la manger,

k’a sòrò foyi t’a bolo. ka – a – sòrò – foyi – tè – a – bolo CONV – le – gagner – rien – SITnég – le – main car je n’en ai plus rien.

Hababan ko a ma k’a ka bulu laban in dun, H. – ko – a – ma – ka – a – ka – bulu – laban – in – dun H. – dire – lui – à – CONV – sa – CONN – feuille – achever – DEM - manger Hababan lui répondait de manger cette dernière feuille

u ka tèmèn ni nyògòn ye ; u – ka – tèmèn – ni – nyògòn – ye ils – HORT – passer – avec1 – ensemble – avec2 et de venir avec lui,

k’u kèra terimaw de ye, ka – u – kè-ra – terima-w – de – ye que – ils – faire-AC – ami-PL – FOC – à car ils sont devenus amis,

bawo ale fana fa y’a gèn i n’a fò Awalon ta nyògòn. bawo – ale – fana – fa – ye – a – gèn – i na fò – Aw. – ta – nyògòn car – son – aussi – père – AC – lui – chasser – jusquà – Aw. – part – les uns les autres parce que son père aussi l’a chassé pour la même raison qu’Awalon.

Hababan ni Awalon ye sira minè. H. – ni – Aw. – ye – sira – minè H. – et – Aw. – AC – route – prendre Hababan et Awalon se mettaient en route.

U selen nyèfè, u dabali banna cè dò la, u – se-len – nyèfè – u – dabali – ban-na – cè – dò – la eux – arriver-PART2 – plus loin – leur – sortilège – finir-AC – homme – un – à Plus loin et sans qu’on s’y attende, ils rencontraient un homme

min tun bè ka wo belebele dò sen n’a tègè ye. min – tun – bè – ka – wo – belebele – dò – sen – ni – a – tègè – ye REL – PAS – INAC – CONV – trou – grand – un – creuser – avec1 – sa – main – avec2 qui creusait un grand trou avec ses mains.

Dingè dunyara fò ka cè kun tunun a kònò. dingè – dunya-ra – fò – ka – cè – kun – kun – tunun – a – kònò trou – être profond-AC – jusque – CONV – homme – tête – perdre – le – dans Le trou était tellement profond que l’homme y disparaît complètement.

Awalon ko a ma : e cè ! Aw. – ko – a – ma – e – cè Aw. – dire – lui – à – eh! – homme Eh, toi, lui lançait Awalon.

Munna e bè ka nin dingè sen n’i tègè ye tan ? munna – e – bè – ka – nin – dingè – sen – ni – i – tègè – ye – tan pourquoi – tu – INAC – CONV – DEM – trou – creuser – avec1 – tes – mains – avec2 – ainsi Pourquoi creuses-tu ce trou avec tes mains ?

E tògò ? Dunankè y’a jaabi k’ale tògò ko Abèdumu. e – tògò – dunan-kè – ye – a – jaabi – ka – ale – tògò – ko – Ab. ton – nom – étranger-mâle – AC – le – répondre – CONV – son – nom – dire – Ab. Quel est ton nom ? L’étranger répondait par ‘Je m’appelle Abèdoumou’.

Ka jigi tun ye tigakisènin kelen min ye, ka – jigi – tun – ye – tiga-kisè-nin – kelen – min – ye CONV – arbre – PAS – SIT – arachide-graine-petit – 1 – REL – SIT Et cet arbre avait une seule petite graine d’arachide

k’o de binna. ka – o – de – bin-na CONV – DET – FOC – tomber-AC qui est tombée dedans.

N tè fara ko la bè bò ni wokònòfèn ye. n – tè – fara – ko – la – bè – bò – ni – wo-kònò-fèn - ye je – INACnég – ajouter – chose – à – INAC – sortir – avec1 – trou-dans-chose – avec2 Je creuse ce trou

Ko tigakisènin kelen in tè taa k’ale dan ! ko – tiga-kisè-nin – kelen – in – tè – taa – ka – ale – dan que – arachide-graine-petit – 1 – DEM – INACnég – partir – CONV – lui – compter parce qu’il me restait une graine d’arachide qui est tombée à cet endroit. J’espère la retrouver.

A y’a ka dingèsen dadon tuguni. a – ye – a – ka – dingè-sen – dadon – tuguni il – AC – son – CONN – trou-creuser – entamer – de nouveau Il commençait de nouveau à creuser le trou.

Hababan ko a ma: i nugu ka bon i n’a fò ne ni Awalon. H. – ko – a – ma – i – nugu – ka – bon – i n’a fò – ne – ni – Aw. H. – dire – lui – à – intestin – DES – grand – jusque – moi – et – Aw. Hababan lui répondait : ton intestin est aussi grand que le mien et celui d’Awalon.

Tigakisènin in to yen, an ka taa nyògòn fè. tiga-kisè-nin – in – to – yen – an – ka – taa – nyògòn fè arachide-graine-petit – DEM – laisser – là-bas – nous – HORT – partir – ensemble Laisse cette graine d’arachide et viens avec nous.

An bè taa dumuni nyini k’a dun fò k’an bèlèhè ! an – bè – taa – dumuni – nyini – ka – a – dun – fò – ka – an – bèlèhè nous – INAC – partir – repas – chercher – CONV – le – manger – jusqu’à – CONV – nous – gaver Nous allons chercher de quoi manger à notre faim.

Terima saba sera buguda dò la. terima – saba – se-ra – buguda – dò – la ami – 3 – arriver-AC – hameau – un – à Les trois arrivaient dans un petit village.

U taara dugutigi bara. u – taa-ra – dugutigi – bara ils – partir-AC – chef de village – chez Ils se rendaient chez le chef de village.

O y’u bisimila konyuman, ka dumuni d’u ma. o – ye – u – bisimila – konyuman – ka – dumuni – di – u – ma DET – AC – eux – accueillir – bien – CONV – repas – donner – eux – à Celui les recevait bien et leur donnaient à manger.

Dumuni min dir’u ma, o bènna u bèè dakurunyè kelen kelen ma. dumuni – min – di-ra – u – ma – o – bèn-na – u – bèè – dakurunyè – kelen – kelen – ma repas – REL – donner-AC – eux – à – DET – rencontrer-AC – eux – tous – bouchée – 1 – 1 – à Du repas qui leur était présenté, ils ne faisaient qu’une bouchée.

U ma maloya ka girin ka da musow ni denmisènninw u – ma – maloya – ka – girin – ka – da – muso-w – ni – denmisènnin-w ils – ACnég – avoir honte – CONV – se précipiter – CONV - ?? – femme-PL – et – enfant-PL Sans honte, ils se précipitaient sur la nourritures des femme et des enfants

ka suman sigilen kan, k’o fiyè ka bò a la. ka – suman – sigi-len – kan – ka – o – fiyè – ka – bò – a – la CONN – nourriture – poser-PART2 – sur – CONV – DET – vanner – CONV – sortir – le – à et la dévoraient.

O yòrònin bèè, dugutigi n’a ka dugudenw bèè wulila o yòrònin bèè – dugutigi – ni – a – ka – dugu-den-w – bèè – wuli-la aussitôt – chef de village – et – ses – CONN – village-enfant-PL – tous – se lever-AC Aussitôt, le chef de village et ses villageois se levaient

k’u wulukolon gèn. ka – u – wulukolon – gèn CONV – eux – ?? – chasser et les chassaient sans ménagement.

Hababan ni Awalon ni Abèdumu sera dugu wèrè la kuluw sanfè, H. – ni – Aw. – ni – Ab. se-ra – dugu –wèrè – la – kulu-w – sanfè H. – et – Aw. – et – Ab. – arriver-AC – village – autre – à – falaise-PL – sur Hababan, Awalon et Abèdoumou arrivaient dans un autre village situé sur les falaises

minnu yèlènni gèlèyar’u ma hali. minnu – yèlèn-ni – gèlèya-ra – u ma hali REL-PL – monte-ACT .- être pénible-AC – ?? qu’ils escaladaient avec peine.

U y’u kunda dugutigi ka so kan, k’a f’o ye : u – ye – u kunda – dugutigi – ka – so – kan – ka – a – fò – o – ye ils – AC – se diriger vers – chef de village – CONN – maison – à – CONV – le – dire – DET – à Là, ils se dirigeaient vers la maison du chef de village et lui annonçait :

Anw ye dabanganaw de ye ; anw – ye – dabangana-w – de – ye nous – EQ – champion de culture-PL – FOC – EQ Nous, nous sont d’excellents cultivateurs ;

an bè foro sènèta nyini de la, an – bè – foro – sènè-ta – nyini – de – la nous – INAC – champ – cultiver-PART1 – chercher – FOC – à nous cherchons un champ à cultiver

walasa ka wari dòònin sòrò. walasa – ka - wari – dòònin – sòrò afin que – HORT – argent – un peu – obtenir pour gagner un peu d’argent.

Samiyè waati tun don. samiyè – waati – tun – don hivernage – temps – PAS – PRES C‘était l’hivernage.

O diyara dugutigi ye, barisa foro belebele tun b’ale bolo ; o diya-ra – dugutigi – ye – barisa – foro – belebele – tun – bè – ale – bolo DET – plaire – chef de village – à – parce que – champ – grand – PAS – SIT – lui – SIT Ça faisait plaisir au chef de village, parce qu’il avait un grand champ

a hakili la ko nuguma minnu k’u ye dabangana ye, a – hakili – la – ko -. nuguma – minnu -. ka – u – ye – dabangana – ye son – esprit – à – que – goinfre – REL-PL – HORT – eux – EQ – champion de culture – EQ et il croyait que les goinfres étaient vraiment des braves cultivateurs

k’olu na se k’a ka samiyè diy’a la. ka – olu – na – se – ka – a – ka – samiyè – diya – a – la CONV – eux – FUT – arriver à – CONV – son – CONN – hivernage – faire réussir – lui – à qui arriveront à lui faire agréable l’hivernage.

Dugutigi taara ni u ye a ka shòforo la. dugutigi – taa-ra – ni – u – ye – a – ka – shò-foro – la chef de village – partir-AC – avec1 – eux – avec2 – son – CONN – haricot-champ – à Le chef de village partait avec eux dans son champ de haricots.

Bèè taalen k’a tò u kelen ye, bèè – taa-len – ka – a – tò – u – kelen – ye tous – partir-PART2 – CONV – le – rester – eux – 1 – avec Dès qu’ils restaient seuls,

Hababan ni Awalon ni Abèdumu ye dugutigi ka shòkènè bèè dun. H. – ni – Aw. – ni – Ab. – ye– dugutigi – ka – shò-kènè – bèè – dun H. – et – Aw. – et – Ab. – AC – chef de village – CONN – haricot-vert – tout – manger Hababan, Awalon et Abèdoumou mangeaient tous les haricots du chef de village, même crus.

Yòrònin kelen, dugutigi ka foro bèè fara shòbulu la. yòrò-nin – kelen – dugutigi – ka – foro – bèè – fa-ra – shò-bulu – la lieu-petit – 1 – chef de village – CONN – champ – tout – remplir-AC – haricot-feuille - de Bientôt, le champ du chef de village était jonché de feuilles de haricots.

Dugumògòw bòra walejugu in kalama yòrò min, dugu-mògò-w – bò-ra – wale-jugu – in – kalama – yòrò – min village-homme-PL – sortir-AC – acte-méchant – DEM – avec tige – lieu – REL Les villageois se lançaient, de fureur et armés de tiges aux trois goinfres

nyògòngèn dabòra. nyògòn-gèn – da-bò-ra ensemble-chasser – bouche-sortir-AC et la chasse commençait :

U ye kabakurufèlè wuli nuguma saba ninnu na. u – ye – kabakuru-fèlè – wuli – nuguma – saba – ninnu – na ils – AC – pierre-chasse collective – démarrer – goinfre – 3 – DEM – à la chasse collective aux trois goinfres, avec tiges et pierres.

Hababan n’a teri fila y’u pan kuluwow ni nyògòn cè, H. – ni – a – teri – fila – ye – u pan – kulu-wo-w – ni nyògòn cè H. – et – ses – ami – 2 – AC – sauter – colline-trou-PL – parmi Hababan et ses deux amis dévalaient les falaises et disparaissaient

ka tunun kungo kònò. A ma mèèn, u sera dugu wèrè la. ka – tunun – kungo – kònò – a ma mèèn – u – se-ra – dugu – wèrè - la CONV – disparaître – brousse – dans – peu de temps après – ils – arriver à-AC – village – autre – à dans la brousse. Peu de temps après, ils arrivaient à un autre village.

Abèdumu ko fèèrè dò b’ale kònò, k’u ka tugu a kò. Ab. – ko – fèèrè – dò – bè – ale – kònò – ka – u – ka – tugu – a – kò Ab. – dire – ruse – un – SIT – lui – SIT – CONV – ils – HORT – suivre – lui – à Abèdoumou déclarait d’avoir une autre méthode, qu’on lui suive.

U taara baganmarala Pulò bara ; u – taa-ra – bagan-mara-la – Pulò – bara ils – partir-AC – bétail-garder-AG – Peul – chez Ils se rendaient chez Poulo-le-berger

saga baaden tun bè min bolo, k’a f’o ye, k’olu ka baara ye bagangèn ye. saga – baaden – tun – bè – min – bolo – ka – ka – a – fò – o – ye mouton – troupeau – PAS – SIT – REL – main – CONV – le – dire .- DET – à qui possédait un grand troupeau de moutons et l’informaient

k’olu ka baara ye bagangèn ye. ka – olu – ka – baara – ye – bagan-gèn – ye CONV – eux – CONN – travai. – EQ – bétail-chasser – EQ d’être des pasteurs.

Pulò y’a ka saga kulu kalifa u ma. pulò – ye – a – ka – saga – kulu – kalifa – u – ma Peul – AC – son – CONN – mouton – bande – confier – eux – à Poulo-le-berger leur confiait donc son troupeau de moutons.

U janfalen dugu la ni sagaw ye, u – janfa-len – dugu – la – ni – saga-w – ye ils – s’éloigner-PART2 – village – à – avec1 – mouton-PL – avec2 Eloignés du village avec les moutons,

nuguma saba ye dòn ni dònkilida daminè, nuguma – saba – ye – dòn – ni – dònkili-da – daminè goinfre – 3 – AC – danse – et – chanter – commencer les trois goinfres commençaient à danser et chanter

k’u nyagari bò Pulò la ; ka – u – nyagari – bò – Pulò – la CONV – leur – moquerie – se rendre – Peul – à en se moquant du Peul ;

u ma fila kè, u sinna ka saga caman don dibi la, u ma fila kè – u – sin-na – ka – saga – caman – don –dibi – la sans tarder – ils – se diriger vers-AC – CONV – mouton – nombreux – mettre – gril – à Sans tarder, ils commençaient à rôtir les moutons

kò bèè dun ! kò – bèè – dun après – tous – manger et à les manger.

Dugumògòw bè s’u ma tuma min, dugu-mògò-w – bè – se – u ma – tuma – min village-homme-PL – INAC – arriver – eux – à – moment – REL Les villageois tombaient sur eux au moment où

o y’a sòrò u ye saga mugan ka ko ban. o y’a sòrò – u – ye – saga – mugan – ka – ko – ban il se trouvait que – ils – AC – mouton – 20 – CONN – affaire – achever ils ont déjà englouti vingt moutons.

U ye nuguma saba ninnu walon ni berekurunw ye, u – ye – nuguma – saba – ninnu – walon – ni – bere-kuru-w –ye ils – AC – goinfre – 3 – DEM – frapper – avec1 – bâton-morceau-PL – avec2 Les villageois ont frappé ces trois goinfres avec des gourdins,

k’a wulukolon gèn ! ka – a – wulukolon – gèn CONV – son – ?? – poursuivre et les ont pourchassé.

U bòr’a la ka bala u yèrè la, u – bò-ra – a – la – ka – bala – u – yèrè – la ils – sortir-AC – le – à – CONV – surprendre – eux – même – à Ils s’échappaient avec peine.

n’u ka duloki faralenw ye ani kurukuruw falennen ni – u – ka – duloki – fara-len – ye – ani – kurukuru-w – falen-nen – lorsque – leur – CONN – habit – déchirer-PART2 – à – et – bosse-PL – pousser-PART2 Leurs habits avaient été déchirés et ils avaient des bosses

u kuncè ma. u – kun-cè – ma leur – tête-milieu – à sur le crâne.

U taamana, ka taama n’u ka kònònafili ye, u – taama-na – ka – taama – ni – u – ka – kònònafili – ye ils – marcher-AC – CONV – marcher – avec1 – leur – CONN – inquiétude – avec2 Ils marchaient et marchaient et marchaient,

bawo fèèrè wèrè tun t’u kònò bilen k’u ka kòngò mada. bawo – fèèrè – wèrè – tun – tè – u – bolo – bilen – ka – u – ka kòngò – mada car – ruse – autre – PAS – INACnég – leur – ventre – encore – CONV – leur – CONN – faim – calmer parce qu’ils ne savaient plus quelle ruse employer pour assouvir leur faim.

Halisa an ka nuguma saba bè ka taa. halisa – an – ka – nuguma – saba – bè – ka – taa jusque là – nous – CONN – goinfre – 3 – INAC – CONN – partir Jusqu’à ce jour, nos trois goinfres continuent de marcher.

E min ye nin maana kalan, ni nuguma saba ninnu hinè b’i la, e – min – ye – nin – maana – kalan – ni – nuguma – saba – ninnu – hinè – bè – i – la toi – REL – AC – DEM – histoire – lire – si – goinfre – 3 – DEM – pitié – SIT – tu – à Toi qui lis cette histoire, si tu as pitié pour ces trois goinfres,

munna i t’u wele dumuni na i bara ? munna – i – tè – u – wele – dumuni – na – i – bara pourquoi – tu – INACnég – les – appeler – repas – à – toi – chez pourquoi ne les invites-tu pas chez toi ?

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACT = suffixe dérivatif verbal (de valeur d’action) ; AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HORT = marque de prédication (de valeur hortative) ; HORTnég = marque de prédication (de valeur hortative négative) ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PART1 = participe (de valeur d’inaccompli) ; PART2 = participe (de valeur d’accompli) ; PAS = passé ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PL = marque du pluriel ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

Bonne lecture !

Herbert

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TA
Taamaden 13 years ago
Conte bambara (en bambara/français): "Nsonsannin ani surukuba/Le petit lièvre et la grande hyène"
Salut Assigué, tu as bien raison : on rencontre beaucoup d’hyènes dans les contes bambara (et dans les contes bozo également) : l’éternelle opposition de l’hyène. Et souvent en relation avec la nourriture, juste compte tenu du fait que cet animal est incroyablement vorace, une attitude qui ne se fait pas dans un pays comme le MALI où la faim, et encore plus la peur de la faim, sont encore des réalités présentes et oppressantes. Comme évoqué, la présence de la nourriture comme motif ou ressort essentiel de l’intrigue se retrouve dans les contes, mais aussi dans les récits, les proverbes et notamment dans l’histoire : p.ex. le "prix du miel" est le nom de l’impôt qu’on payait dans le Royaume de Ségou. Bon, dans beaucoup de sociétés traditionnelles où la certitude de manger n’est pas assurée pour chacun et pour chaque jour, la présence de la nourriture est (presque) obsessionnelle dans le quotidien – et avant tout dans celui des femmes –, ou quand même dans toutes les domaines de la vie sociale. Un autre sujet important dans les contes est l’amitié, pour dire que l’amitié est le meilleur des sentiments qui puissent lier les gens.

C’est la raison pour laquelle j’ai essayé de trouver un conte qui relie l’opposition de l’hyène, la nourriture et l’amitié. Espérons que j’ai fait un excellent choix. Voici ...

(Petite remarque : par dérogation au texte original, j’ai préféré écrire nsonsan/nsonsannin auprès de sonsan/sonsannin puisque j’ai appris cette orthographe qui convient aussi à Dumestre 2011. Néanmoins, toutes les deux orthographes sont correctes)

NSONSANNIN ANI SURUKUBA LE PETIT LIÈVRE ET LA GRANDE HYÈNE

– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Nsiirin ! N y’a ta k’a da nsonsannin ani surukuba la. Sogo fila ninnu tun ye siginyògònw ni teriw de ye. Nsonsannin tun bè surukuba nègèn sinyè caman, nka o bèè n’a ta, u ka teriya ma sa. San dò la, kòngòba donna jamana kònò. Mògòw wo, baganw wo, olu si tun tè fèn sòrò k’a don u da. Kungokònòsogow tun bè sa don o don. Surukuba tun bè sogosu olu de nyini tuma bèè k’u dun. Nka tuma dò sera, surukuba tun tè hali sogosu sòrò bilen. A fasara ka fasa. Don dò la, kòngò digir’a la kojugu, a wulila ka na se nsonsannin ma. A y’a sòrò nsonsannin fari tun nugulenba b’a kan. Sukuruba y’a siginyògòn n’a teri fo ka tila k’i kanto a ma : "Dògò nsonsan, e dun tòlòlen don sa ! Cogoya fosi tè ne kòni bolo, i nyè tè n bèna dèsè ka n jò n senw kan. N’i ma n dèmè, kòngò bè n faga dè." Nsonsannin ko surukuba ma : "Baasi tè. Kòrò suruku, i jita, sini sògòma joona k’i sòrò yan, an bè taa jègèminè nyògòn fè !" Dugujè ye surukuba jòlen sòrò nsonsannin ka so da la. Nsonsannin ye da yèlè dòròn, surukuba y’i kanto a ma : "Dògò nsonsan, an k’an teliya ka taa, tile ganna !" Nsonsannin bilala suruku nyè, u taara kò dò da la. U ye tile bèè kè yen, nka u ye jègè kelen pe de sòrò. Sotaatuma selen, nsonsannin ye surukuba nyininka : "Kòrò suruku, n ka bi jègè d’i ma, wa i bè sinita fila kònò ?" Bèè b’a dòn ko surukuba nyògòn nataba tè. Kòngò tun bè nyini k’a faga, nka o bèè la, a ko ko ale bè sini fila de fè. Nsonsannin ye jègè in ta ka taa n’a ye so. O dugusejè, an ka sogo fila ninnu ye nyògòn kunbèn ka taa kò da la tugun. Ala y’a kè u ye jègè fila minè nin sen. Nsonsannin tun b’a fè ka jègè fila ninnu fana dun. A y’i kanto surukuba ma tugun: "Kòrò suruku, I bè taa ni bi jègè fila ye, wa i bè sinita naani de fisaya ?" Nin sen in na fana, suruku nalonmaba in ko ko ale bè sini kònò. Don min dara o don kan, u seginna kò da la tugun. U sera ka jègè naani minè. O don, kòngò tun gannen bè surukuba la kojugu. O kòngò tun juguyara fo an ka sogo in tun bè nyènamini. A kònò tun bè mankan bò cogo min, a tun b’a bò ten. Nin sen, surukuba ma nsonsannin lamèn. Wula sera dòròn, a ye jègè naani ninnu ta k’u bil’a ka bòrèba kònò, ka sotaasira minè. Nka nsonsannin tun ma dinyè jègè ninnu kò. A bolila ka taa suruku nyè, k’i jan sira kan, k’a senw kòròta san fè, k’a nèn bò. Surukuba ye nsonsannin dalen ye minkè, a kèr’a nyèna ko nsonsansu de tun don. A ko : "Nsonsansu !" Nka, a ma sòn k’a ka jègèw bila ka nsonsansu in ta. A taara a ka sira fè. Surukuba tèmènna dòròn, nsonsannin wulila, k’i boli biribiri ka t’i da suruku nyè tugun, sira kan. Suruku nyè ma tèmèn nsonsan in kan fewu. A ko : "Nsonsansu wèrè !" A ye nsonsansu tan dan tuma min na, a y’i miiri ko olu bè se k’ale ka tile caman dumuni bò. A y’a ka bòrèba bila nsonsan laban in kèrèfè ko a bè taa a tò kònòntòn nòfè. Nka, a ma nsonsansu hali kelen ye tugun. A bolila ka segin a kò, nka a y’a sòrò a ka bòrè fana tun tununna. Nsonsannin tun y’o ta kaban, ka finyè sògò n’a ye. Surukuba kòngòbagatò n’a sòn jalen seginna so. N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y’a bila yen ...

– Texte en français (masalabolo tubabukan na) :

Conte ! Il était une fois un petit lièvre et une grande hyène. Ces deux animaux étaient voisins et amis. Le petit lièvre trompait souvent la grande hyène, mais malgré tout, leur amitié se maintint: Une année, le pays connut une grande famine. Aussi bien les hommes que les animaux ne trouvaient rien à se mettre sous la dent. Les animaux de la forêt mouraient tous les jours. La grande hyène cherchait toujours ces cadavres d’animaux et les dévorait. Mais il fut un temps où la grande hyène même ne trouvait plus un cadavre d’animal. Elle maigrit et maigrit. Un jour, elle souffrit trop de la faim. Ce jour-là, elle se leva et vint voir le petit lièvre. Elle trouva que le petit lièvre avait la peau bien luisante. La grande hyène salua son voisin et ami et s’adressa ensuite à lui : "Petit frère lièvre, quel embonpoint tu as ! Moi en tout cas je me porte mal, tu vois, je n’arrive presque plus à me tenir sur les jambes. Si tu ne m’aides pas, je vais mourir de faim." Le petit lièvre dit à la grande hyène : "D’accord. Grande sœur hyène, tâche d’être là demain matin de bonne heure, nous irons pêcher ensemble." L’aube trouva la grande hyène arrêtée devant la maison du petit lièvre. Dès que le petit lièvre ouvrit la porte, la grande hyène lui dit : "Petit frère lièvre, partons vite, il y a longtemps qu’il fait jour." Le petit lièvre se mit devant la grande hyène, ils partirent au bord d’une rivière. Ils y passèrent toute la journée, mais n’eurent qu’un seul poisson. Quand ce fut l’heure de rentrer à la maison, le petit lièvre demanda à la grande hyène : "Grande sœur hyène, que je te donne le poisson d’aujourd’hui, ou attends-tu les deux de demain ?" Tout le monde sait que la grande hyène est une cupide sans égale. Elle mourait presque de faim, mais malgré cela, elle répondit qu’elle voulait les deux poissons de demain. Le petit lièvre prit ce poisson et s’en alla avec à la maison. Le lendemain, nos deux animaux se rencontrèrent et partirent encore au bord de la rivière. Dieu fit qu’ils prirent cette fois-ci deux poissons. Le petit lièvre voulait manger ces deux poissons aussi. Il s’adressa encore à la grande hyène : "Grande sœur hyène, tu pars avec les deux poissons d’aujourd’hui, ou tu préfères les quatre de demain ?" Cette fois-ci aussi, la grande sotte d’hyène décida d’attendre demain. Le jour qui suivit, ils retournèrent encore au bord de la rivière. Ils purent prendre quatre poissons. Ce jour-là, la grande hyène avait une faim trop pressante. Cette faim était si tenace que notre animal avait des vertiges. Son ventre ne cessait de faire du bruit. Cette fois, la grande hyène n’écouta pas le petit lièvre. Une fois le soir arrivé, elle saisit les quatre poissons, les mit dans son gros sac et prit le chemin de la maison. Mais le petit lièvre n’avait pas renoncé à ces poissons. Il courut, devança l’hyène, se coucha sur le dos sur la route, les jambes en l’air, et fit sortir sa langue. Quand la grande hyène vit le lièvre couché, elle pensa que c’était un lièvre mort. Elle s’écria : "Un lièvre mort !" Mais elle ne voulut pas déposer ses poissons pour prendre ce lièvre mort. Elle continua son chemin. Dès que la grande hyène passa, le petit lièvre se leva, courut très vite et alla se coucher encore devant l’hyène sur la route. Ce lièvre mort n’échappa pas du tout à la vue de la grande hyène. Elle s’exclama : "Un autre lièvre mort !" Quand elle eut compté dix lièvres morts, elle pensa que ceux-là pourraient lui servir de nourriture pendant plusieurs jours. Elle déposa son gros sac près de ce dernier lièvre pour aller chercher les neuf autres. Mais elle ne vit pas un seul lièvre mort. Elle revint sur ses pas en courant, mais elle trouva que son sac aussi avait disparu. Le lièvre s’en était déjà emparé et avait pris la poudre d’escampette avec. La grande hyène retourna à la maison, affamée et le cœur serré. Je laisse ce conte où je l’ai pris ...

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Nsonsannin ani surukuba nsonsan-nin – ani – suruku-ba lièvre-DIM – et – hyène-AUG Le petit lièvre et la grande hyène.

Nsiirin ! N y’a ta k’a da nsonsannin ani surukuba la. nsiirin – n y’a ta k’a da – nsonsannin – ani – surukaba – la conte – il était une fois ... – pt. lièvre – et – gr. hyène – à Conte ! Il était une fois un petit lièvre et une grande hyène.

Sogo fila ninnu tun ye siginyògònw ni teriw de ye. sogo – fila – ninnu – tun – ye – sigi-nyògòn-w – ni – teri-w – de – ye animal – 2 – DEM – PAS – EQ – installer-réciproque-PL – et – ami-PL – FOC – EQ Ces deux animaux étaient voisins et amis.

Nsonsannin tun bè surukuba nègèn sinyè caman, nsonsannin – tun – bè – surukuba – nègèn – sinyè – caman pt. lièvre – PAS – INAC – gr. hyène – tromper – fois – beaucoup Le petit lièvre trompait souvent la grande hyène,

nka o bèè n’a ta, u ka teriya ma sa. nka – o bèè ni a ta – u – ka – teriya – ma – sa mais – malgré tout – leur – CONN – amitié – ACnég – mourir mais malgré tout, leur amitié s’est maintenue.

San dò la, kòngòba donna jamana kònò. san – dò – la – kòngò-ba – don-na – jamana – kònò année – une – à – famine-AUG – entrer-AC – pays – dans Une année, une grande famine s’est abattue sur le pays.

Mògòw wo, baganw wo, olu si tun tè fèn sòrò k’a don u da. mògò-w – wo – bagan-w – wo – olu – si – tun – tè – fèn – sòrò – ka – a – don – u – da homme-PL – EXP – animal-PL – EXP – eux – aucun – PAS – INACnég – chose – trouver – CONV – le – mettre – leur – bouche Les hommes commes les animaux ne trovaient rien à se mettre sous la dent.

Kungokònòsogow tun bè sa don o don. kungo-kònò-sogo-w – tun – bè – sa – don o don brousse-dans-animal-PL – PAS – INAC – mourir – jour par jour Les animaux sauvages mouraient tous les jours.

Surukuba tun bè sogosu olu de nyini tuma bèè k’u dun. surukuba – tun – bè – sogo-su – olu – de – nyini – tuma bèe – ka – u – dun gr. hyène – PAS – INAC – animal-cadavre – eux – FOC – chercher – toujours – CONV – les – manger La grande hyène cherchait toujours ces cadavres d’animaux pour les dévorer.

Nka tuma dò sera, surukuba tun tè hali sogosu sòrò bilen. nka – tuma – dò – se-ra – surukuba – tun – tè – hali – sogosu – sòrò – bilen mais – temps – un – arriver-AC – gr. hyène – PAS – INACnég – même – cadavre d’animal – trouver – ne...plus Mais il était un temps où la grande hyène même ne trouvait plus un cadavre d’animal.

A fasara ka fasa. Don dò la, kòngò digir’a la kojugu, a – fasa-ra – ka – fasa – don – dò – la – kòngò – digi-ra – a – la – kojugu elle – maigrir-AC – CONV – maigrir – jour – un – à – faim – faire mal-AC – elle – à – trop Elle a maigri et a maigri. Un jour, la faim lui a fait trop de mal,

a wulila ka na se nsonsannin ma. a – wuli-la – ka – na – se – nsonsannin – ma elle – se lever-AC – CONV – venir – arriver – pt. lièvre – à et elle s’est levée pour venir voir le petit lièvre.

A y’a sòrò nsonsannin fari tun nugulenba b’a kan. a – ye a sòrò – nsonsannin -. fari – tun – nugu-len-ba – bè – a – kan elle – trouver que – pt. lièvre – corps – PAS – polir-PART2-AUG – SIT – lui – à Elle a trouvé que le petit lièvre avait la peau bien luisante.

Sukuruba y’a siginyògòn n’a teri fo ka tila k’i kanto a ma : surukuba – ye – a – siginyògòn – ni – a – teri – fo – ka – tila – ka – i kanto – a – ma gr. hyène – AC – son – voisin – et – son – ami – saluer – CONV – ?? – CONV – s’adresser – lui – à La grande hyène a salué son voisin et ami et s’est adressé ensuite à lui :

"Dògò nsonsan, e dun tòlòlen don sa ! dògò – nsonsan – e – dun – tòlò-len – don – sa petit frère – lièvre – toi – PRE – engraisser-PART2 – PRES – PHRA "Petit frère lièvre, quel embonpoint tu as.

Cogoya fosi tè ne kòni bolo, i nyè tè n bèna dèsè cogoya – fosi – tè – ne – kòni – bolo – i – nyè – tè – n – bèna – dèsè méthode – rien – SITnég – moi – FOC – main – ta – vue – PRESnég – je – FUT – manquer Moi en tout cas je me porte mal, tu ne vois pas, je n’arrive presque plus

ka n jò n senw kan. N’i ma n dèmè, ka – n – jò – n – senw – kan – ni – i – ma – n – dèmè CONV – moi – mettre debout – mes – pieds – sur – si – tu – ACnég – me – aider à me tenir sur les jambes. Si tu ne m’aides pas,

kòngò bè n faga dè." Nsonsannin ko surukuba ma : "Baasi tè. kòngò – bè – n – faga – dè – nsonsannin – ko – surukuba – ma – baasi – tè faim – INAC – me – tuer – PHRA – pt. lièvre – dire – gr. hyène – à – problème – PRESnég je vais mourir de faim." Le petit lièvre dit à la grande hyène : "D’accord.

Kòrò suruku, i jita, sini sògòma joona k’i sòrò yan, kòrò – suruku – i jita – sini – sògòma – joona – ka – i – sòrò – yan grande sœur – hyène – s’efforcer – demain – matin – de bonne heure – CONV – te – recevoir – ici Grande sœur hyène, efforce-toi d’être là demain matin de bonne heure,

an bè taa jègèminè nyògòn fè !" an – bè – taa – jègè-minè – nyògòn – fè nous – INAC – partir – poisson-prendre – ensemble – avec nous irons pêcher ensemble."

Dugujè ye surukuba jòlen sòrò nsonsannin ka so da la. dugujè – ye – surukuba – jò-len – sòrò – nsonsannin – ka – so – da – la aube – AC – gr. hyène – arrêter-PART2 – trouver – pt. lièvre – CONN – maison – porte – à L’aube a trouvé la grande hyène arrêtée devant la maison du petit lièvre.

Nsonsannin ye da yèlè dòròn, surukuba y’i kanto a ma : nsonsannin – ye – da – yèlè – dòròn – surukuba – ye – i kanto – a – ma pt. lièvre – AC – porte – ouvrir – dès que – gr. hyène – AC – s’adresser – lui – à Dès que le petit lièvre a ouvert la porte, la grande hyène lui dit :

"Dògò nsonsan, an k’an teliya ka taa, tile ganna !" dògò – nsonsan – an – ka – an teliya – ka – taa – tile – gan-na petit frère – lièvre – nous – HORT – se dépêcher – CONV – partir – soleil – chauffer-AC "Petit frère lièvre, partons vite, il y a longtemps qu’il fait jour."

Nsonsannin bilala suruku nyè, u taara kò dò da la. nsonsannin – bila-la – suruku – nyè – u – taa-ra – kò – dò – da – la pt. lièvre – placer-AC – hyène – devant – ils – partir-AC – rivière – une – bord – à Le petit lièvre s’est mis devant la grande hyène, ils sont partis au bord d’une rivière.

U ye tile bèè kè yen, nka u ye jègè kelen pe de sòrò. u – ye – tile – bèè – kè – yen – nka – u – ye – jègè – kelen – pe – de – sòrò ils – AC – jour – tout – faire – là-bas – mais – ils – AC – poisson – 1 – PHRA – FOC – gagner Ils ont passé toute la journée là mais n’ont gagné qu’un seul poisson.

Sotaatuma selen, nsonsannin ye surukuba nyininka : so-taa-tuma – se-len – nsonsannin – ye – surukuba – nyininka maison-partir-heure – arriver-PART2 – pt. lièvre – AC – gr. hyène – demander Quand c’était l’heure de rentrer à la maison, le petit lièvre a demandé à la grande hyène :

"Kòrò suruku, n ka bi jègè d’i ma, wa i bè sinita fila kònò ?" kòrò – suruku – n – ka – bi – jègè – di – i – ma – wa – i – bè – sini-ta – fila – kònò grande sœur – hyène – je – HORT – ce jour – poisson – donner – toi – à – ou – tu – INAC – demain-part – 2 – attendre "Grande sœur hyène, que je te donne le poisson d’aujourd’hui, ou attends-tu les deux de demain ?"

Bèè b’a dòn ko surukuba nyògòn nataba tè. bèè – bè – a – dòn – ko – surukuba – nyògòn – nataba – tè tous – INAC – le – savoir – que – gr. hyène – pareil – cupide – SITnég Tout le monde sait que la grande hyène est une cupide sans égale.

Kòngò tun bè nyini k’a faga, nka o bèè la, a ko ko ale bè sini fila de fè. kòngò – tun – bè – nyini – ka – a – faga – nka – o bèè la – a – ko – ko – ale – sini- fila – de – fè faim – PAS – INAC – chercher – CONV – la – tuer – mais – malgré cela – elle – dire – que – elle – SIT – demain – 2 – FOC – SIT Elle mourait presque de faim, mais malgré cela, elle a répondu qu’elle voulait les deux poissons de demain.

Nsonsannin ye jègè in ta ka taa n’a ye so. nsonsannin .- ye – jègè – in – ta – ka – taa – ni a ye – so pt. lièvre – AC – poisson – DEM – prendre – CONV – partir – avec lui – maison Le petit lièvre a pris ce poisson et s’en est allé avec à la maison.

O dugusejè, an ka sogo fila ninnu ye nyògòn kunbèn o – dugusejè – an – ka – sogo – fila – ninnu – ye – nyògòn - kunbèn DET – aube – nos – CONN – animal – 2 – DEM – AC – ensemble – rencontrer Le lendemain, nos deux animaux se sont rencontrés

ka taa kò da la tugun. ka – taa – kò – da – la – tugun CONV – partir – rivière – bord – à – encore et sont partis encore au bord de la rivière.

Ala y’a kè u ye jègè fila minè nin sen. Ala – ye – a – kè – u – ye – jègè – fila – minè – nin – sen Dieu – AC – le – faire – ils – AC – poisson – 2 – pêcher – DEM – fois Dieu a fait qu’ils prenaient cette fois-ci deux poissons.

Nsonsannin tun b’a fè ka jègè fila ninnu fana dun. nsonsannin – tun – bè a fè – ka – jègè – fila – ninnu – fana – dun pt. lièvre – PAS – vouloir – CONV – poisson – 2 – DEM – aussi – manger Le petit lièvre voulait manger ces deux poissons aussi.

A y’i kanto surukuba ma tugun: a – ye – i kanto – surukuba – ma – tugun il – AC – s’adresser – gr. hyène – à – encore Il s’est adressé encore à la grande hyène :

"Kòrò suruku, i bè taa ni bi jègè fila ye, kòrò – suruku – i – bè – taa – ni – bi – jègè – fila – ye grande sœur – hyène – tu – INAC – partir – et – aujourd’hui – poisson – 2 – avec "Grande sœur hyène, tu pars avec les deux poissons d’aujourd’hui,

wa i bè sinita naani de fisaya ?" wa – i – bè – sini-ta – naani – de – fisaya ou – tu – INAC – demain-part – 4 – FOC – préférer ou tu préfères les quatre de demain ?"

Nin sen in na fana, suruku nalonmaba in ko ko ale bè sini kònò. nin – sen – in – na – fana – suruku – nalonma-ba – in – ko – ko – ale – bè – sini – kònò DEM – fois – DEM – à – aussi – hyène – sotte-AUG – DEM – dire – que – elle – INAC – demain – attendre Cette fois-ci aussi, la grande sotte d’hyène décida d’attendre demain.

Don min dara o don kan, u seginna kò da la tugun. don – min – da-ra – o – don – kan – u – segin-na – kò – da – la – tugun jour – REL – suivre-AC – DET – jour – à – ils – retourner-AC – rivière – bord – à – encore Le jour qui suivait, ils sont retournés de nouveau au bord de la rivière.

U sera ka jègè naani minè. u – se-ra – ka – jègè – naani – minè ils – pouvoir-AC – CONV – poisson – 4 – saisir Ils pouvaient prendre quatre poissons.

O don, kòngò tun gannen bè surukuba la kojugu. o – don – kòngò – tun – gan-nen – bè – surukuba – la – kojugu DET – jour – faim – PAS – chauffer-PART2 – SIT – gr. hyène – SIT – trop Ce jour-là, la grande hyène avait une faim trop pressante.

O kòngò tun juguyara fo an ka sogo in tun bè nyènamini. o – kòngò – tun – juguya-ra – fo – an – ka – sogo – in – tun – bè nyènamini DET – faim – PAS – aggraver-AC – de telle sorte que – notre – CONN – animal – DEM – PAS – avoir un étourdissement Cette faim était si tenace que notre animal avait des vertiges.

A kònò tun bè mankan bò cogo min, a tun b’a bò ten. a – kònò – tun – bè – mankan – bò – cogo – min – a – tun – bè – a – bò – ten son – ventre – PAS – INAC – bruit – faire – manière – REL – il – PAS – INAC – le – faire – ainsi Son ventre ne cessait de faire du bruit.

Nin sen, surukuba ma nsonsannin lamèn. nin – sen – surukuba – ma – nsonsannin – lamèn DEM – fois – gr. hyène – ACnég – pt. lièvre – écouter Cette fois, la grande hyène n’a pas écouté le petit lièvre.

Wula sera dòròn, a ye jègè naani ninnu ta wula – se-ra – dòròn – a – ye – jègè – naani – ninnu – ta soir – arriver-AC – dès que – elle – AC – poisson – 4 – DEM – prendre Une fois le soir arrivé, elle a pris les quatre poissons

k’u bil’a ka bòrèba kònò, ka sotaasira minè. ka – u – bila – a – ka – bòrè-ba – kònò – ka – so-taa-sira – minè CONV – les – mettre – son – CONN – sac-AUG – dans – CONV – maison-partir-route – prendre et les a mis dans son gros sac et a pris le chemin de la maison.

Nka nsonsannin tun ma dinyè jègè ninnu kò. nka – nsonsannin – tun – ma – dinyè – jègè – ninnu – kò mais – pt. lièvre – PAS – ACnég – vie? - poisson – DEM – renoncer Mais le petit lièvre n’a pas renoncé à ces poissons.

A bolila ka taa suruku nyè, k’i jan sira kan, a – boli-la – ka – taa – suruku – nyè – ka – i jan – sira – kan il – courir-AC – CONV – partir – hyène – devant – CONV – se tourner face au ciel – route – sur Il a couru devant l’hyène, s’est couché sur la route,

k’a senw kòròta san fè, k’a nèn bò. ka – a – sen-w – kòròta – san fè – ka – a – nen – bò CONV – ses – jambe-PL – soulever – au-dessus – CONV – sa – langue – faire sortir les jambes en l’air, et a fait sortir sa langue.

Surukuba ye nsonsannin dalen ye minkè, a kèr’a nyèna surukuba – ye – nsonsannin – da-len – ye – minkè – a – kè-ra a nyèna gr. hyène – AC – pt. lièvre – coucher-PART2 – voir – lorsque – elle – penser-AC Quand la grande hyène a vu le lièvre couché, elle pensait

ko nsonsansu de tun don. ko – nsonsan-su – de – tun – don que – lièvre-cadavre – FOC – PAS - PRES que c’était un lièvre mort.

A ko : "Nsonsansu !" Nka, a ma sòn k’a ka jègèw bila a – ko – nsonsansu – nka – a – ma – sòn – ka – a – ka – jègèw – bila elle – dire – lièvre mort – mais – elle – ACnég – accepter – CONV – ses – CONN – poissons - déposer Elle s’écriait : "Un lièvre mort !" Mais elle ne voulait pas déposer ses poissons

ka nsonsansu in ta. ka – nsonsansu – in – ta CONV – lièvre mort – DEM – prendre pour prendre ce lièvre mort.

A taara a ka sira fè. Surukuba tèmènna dòròn, nsonsannin wulila, a – taa-ra – a – ka – sira – fè – surukuba – tèmèn-na – dòròn – nsonsannin – wuli-la elle – partir-AC – son – CONN – chemin – sur – gr. hyène – passer-AC – dès que – pt. lièvre – se lever-AC Elle a continué son chemin. Dès que la grande hyène a surpassé, le petit lièvre s’est levé

k’i boli biribiri ka t’i da suruku nyè tugun, sira kan. ka – i – boli – biribiri – ka – tè – i da – suruku – nyè – tugun – sira – kan CONV – il (repr.) – courir – très vite – CONV – passer ? – se coucher – hyène – devant – encore – route – sur et a couru très vite pour aller se coucher encore devant l’hyène sur la route.

Suruku nyè ma tèmèn nsonsan in kan fewu. A ko : suruku – nyè – ma – tèmèn – nsonsan – in – kan – fewu – a – ko hyène – vue – ACnég – passer – lièvre – DEM – sur – PHRA – elle – dire Ce lièvre mort n’a pas échappé du tout à la vue de la grande hyène. Elle dit :

"Nsonsansu wèrè !" A ye nsonsansu tan dan tuma min na, a y’i miiri nsonsansu – wèrè – a – ye – nsonsansu – tan – dan – tuma – min – na – a – ye – i miiri lièvre mort – autre – elle – AC – lièvre mort – 10 – compter – moment – REL – à – elle – AC – penser "Un autre lièvre mort !" Quand elle a compté dix lièvres morts, elle pensait

ko olu bè se k’ale ka tile caman dumuni bò. ko – olu – bè – se – ka – ale – ka – tile – caman – dumuni – bò que – eux – INAC – pouvoir – CONV – lui – HORT – jour – beaucoup – repas – suffire que ceux-là pourraient lui servir de nourriture pendant plusieurs jours.

A y’a ka bòrèba bila nsonsan laban in kèrèfè a – ye – a – ka – bòrèba – bila – nsonsan – laban – in – kèrèfè elle – AC – son – CONN – gros sac – placer – lièvre – dernier – DEM – près de Elle a déposé son grand sac près du dernier lièvre

ko a bè taa a tò kònòntòn nòfè. ko – a – bè – taa – a – tò – kònòtòn – nòfè que – elle – INAC – partir – son – reste – 9 – à la suite de pour aller chercher les neuf autres.

Nka, a ma nsonsansu hali kelen ye tugun. A bolila ka segin nka – a – ma – nsonsansu – hali – kelen – ye – tugun – a – boli-la – ka – segin mais – elle – ACnég – lièvre mort – même – 1 – voir – encore – elle – courir-AC – CONV – retourner Mais elle n’a plus vu même un seul lièvre mort. Elle est revenue sur ses pas

a kò, nka a y’a sòrò a ka bòrè fana tun tununna. a – kò – nka – a – ye a sòrò – a – ka – bòrè – fana – tun – tunun-na lui – derrière? – mais – elle – trouver que – son – CONN – sac - aussi – PAS – perdre-AC en courant, mais elle trouvait que son sac aussi avait disparu.

Nsonsannin tun y’o ta kaban, ka finyè sògò n’a ye. nsonsannin – tun – ye – o – ta – kaban – ka – finyè sògò – ni a ye pt. lièvre – PAS – AC – DET – prendre – déjà – CONV – prendre la fuite – avec lui Le petit lièvre l’a déjà emparé et a pris la fuite avec.

Surukuba kòngòbagatò n’a sòn jalen seginna so. surukuba – kòngò-baga-tò – ni – a – sòn – ja-len – segin-na – so gr. hyène – faim-AG-PART1 – et – son – cœur – paralyser-PART2 – retourner-AC – maison La grande hyène est retournée à la maison, affamée et le cœur serré.

N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y’a bila ye ... ni – ye – nsiirin – in – ta – yòrò – min – na – n – ye – a – bila – yen je – AC – conte – DEM – prendre – lieu – REL – à – je – AC – le – laisser – là-bas Je laisse ce conte là où je l’ai pris ...

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Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; AUG = augmentatif ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; DIM = diminutif ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EXP = adverbe expressif ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HORT = marque de prédication (de valeur hortative) ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PART1 = participe (de valeur d’inaccompli) ; PART2 = participe (de valeur d’accompli) ; PAS = passé ; PHRA = particule phrastique ; PL = marque du pluriel ; PRE = particule de renforcement ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PRESnég = marque de prédicatif non-verbale négatif ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative.

Référence : Touré, Mohamed. Bambara-Lesebuch : Originaltexte mit deutscher und französischer Übersetzung. Chrestomathie Bambara : Textes originaux bambara avec traductions allemandes et françaises. Kalanjè Gafe. (Afrikawissenschaftliche Lehrbücher, Bd. 11). Köln : Köppe, 1996.

Bonne lecture !

Herbert

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NA
Nadjara 13 years ago
Traduction en peul
Bonjour je voudrais que vous me écrivez quelques mots et phrases en français. Traduire en peule s'il vous plaît merci 😉
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TA
Taamaden 14 years ago · Anusara
Proverbe bambara, énoncé et expliqué 6 (Mali)
PROVERBE BAMBARA VI NTALEN BAMANANKAN NA VI

Dinyèlatigè tè batigè ye. La traversée de la vie n’est point celle d’une rivière.

Batigè ye ko ye, min ka ca ka kè nògòya la, waati surun na. Don bè kè kurun kònò, sumalikèlaw b’u ka baara kè. Se bè kè ba kò joona, min ma kè ni sègèn ye. Nka dinyèlatigè n’o yòrò ka jan nyògòn na. Dinyèlatigè ye taamasira jan de ye, min konyè ka gèlèn, n’a tòòrò ka bon. Mògò si t’a labancogo dòn. Ka bò don dò daamu na, ka taa degun na ; ka to kènèya la, bana jugu ka na cun. Dinyèlatigè ye kèlèdaga ye, min tè nyè fò cèsiri. Batigè ye tulon kè y’a kòrò ; n’i y’a sokèbagirin, i n’a nòònsi taama.

Comme on le sait, la traversée de la rivière qui se fait en embarcation est une affaire de courte durée, une opération qui se fait souvent sans peine. On monte dans l’embarcation poussée par des hommes armés d’aviron ou de perche, et bientôt on atteint l’autre rive. Mais la traversée de la vie, l’existence est tout autre. C’est un voyage, un très long voyage qui n’est pas sans connaître des grandes difficultés. C’est la lutte acharnée sans limite. Aujourd’hui, c’est le bonheur, et demain, le malheur. Aujourd’hui, la bonne santé, et demain, la maladie grave. Il faut lutter pour gagner sa vie. Comme on le dit, la vie est bien un combat, alors que la traversée de la rivière n’est qu’un jeu de courte durée. Vauvernargues dit bien que : « Le monde est ce qu’il doit être : actif c’est-à-dire fertile en obstacles. »

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Dinyèlatigè tè batigè ye. dinyè-latigè – tè – ba-tigè – ye vie-faire traverser – EQnég – rivière-traverser – EQ La traversée de la vie et celle de la rivière ne sont pas le même.

Batigè ye ko ye, min ka ca ka kè nògòya la, ba-tigè – ye – ko – ye – min – ka – ca – ka – kè – nògòya – la rivière-traverser – EQ – affaire – EQ – REL – DES – nombreux – CONV – faire – facilité – à La traversée de la rivière est une affaire qui se fait souvent sans aucun problème et

waati surun na. waati – surun - na temps – petit – de de courte durée.

Don bè kè kurun kònò, don – bè – kè – kurun – kònò – entrer – INAC – faire – pirogue – dans On monte dans la pirogue

sumalikèlaw b’u ka baara kè. suma-li-kè-la-w – bè – u – ka – baara – kè faire avancer-ACT-faire-AG-PL – INAC – leur – CONN – travail – faire et les piroguiers font leur travail.

Se bè kè ba kò joona, min ma kè ni sègèn ye. se – bè – kè – ba – kò – joona – min – ma – kè – ni – sègèn – ye arriver – INAC – faire – rive – derrière – bientôt – REL – ACnég – faire – avec1– fatigue – avec2 On atteint l’autre rive bientôt et sans peine.

Nka dinyèlatigè n’o yòrò ka jan nyògòn na. nka – dinyè-latigè – ni – o – yòrò – ka – jan – nyògòn - na mais – vie-faire traverser – et – DET – lieu – DES – long – l’un l’autre – à Mais la traversée de la vie en est complètement différente.

Dinyèlatigè ye taamasira jan de ye, dinyè-latigè – ye – taama-sira – jan – de – ye vie-faire traverser – EQ – voyager-route – long – FOC – EQ En revanche, la traversée de la vie est un long voyage,

min konyè ka gèlèn, n’a tòòrò ka bon. min – konyè – ka – gèlèn – ni – a – tòòrò – ka – bon REL – difficulté – DES – dur – et – sa – souffrance – DES – grand dont les difficultés sont dures et le malheur est grand.

Mògò si t’a labancogo dòn. mògò – si – tè – a – laban-cogo – dòn homme – aucun – INACnég – sa – achever-manière – connaître Personne ne connaît ses limites.

Ka bò don dò daamu na, ka taa degun na ; ka – bò – don – dò – daamu – na – ka – taa – degun – na INF – sortir – jour – un – bonheur – à – INF – partir – souffrance – à Une fois, c’est le bonheur, et une autre fois, c’est la souffrance ;

ka to kènèya la, bana jugu ka na cun. ka – to – kènèya – la – bana – jugu – ka – na – cun INF – rester – santé – à – maladie – grave – CONT – venir – se laisser tomber une fois, on est en bonne santé, et une autre fois, on tombe malade.

Dinyèlatigè ye kèlèdaga ye, min tè nyè fò cèsiri. dinyè-latigè – ye – kèlè-daga – ye – min – tè – nyè fò – cè-siri vie-traverser – EQ – guerre-siège – EQ – REL – INACnég – expliquer – taille-attacher La traversée de la vie est un combat qui demande le courage.

Batigè ye tulon kè y’a kòrò ; ba-tigè – ye – tulon – kè – ye – a – kòrò rivière-traverser – AC – jeu – faire – AC ? – le – abandonner ? La traversée de la rivière n’est qu’un jeu ;

n’i y’a sokèbagirin, i n’a nòònsi taama. ni – i – ye – a – so-kè-ba-girin – i – ni – a – nòònsi – taama si – tu – AC – son – cheval-mâle-grand-presser – tu – et – son – caméléon - marche on dit bien que : « Le monde est ce qu’il doit être : actif c’est-à-dire fertile en obstacles. »*

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; ACT = suffixe dérivatif verbal (de valeur d’action) ; AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; CONN = connectif entre nominaux ; CONT = morphème de prédication (valeur affirmative accomplie continuative) ; CONV = connectif entre verbaux ; DES = marque de prédication non-verbale ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INF = marque de l’infinitif ; PL = marque du pluriel ; REL = pronom relatif)

* une traduction littérale de cette dernière phrase ne m’était pas possible, désolé !

Bonne lecture !

VIVE LE MALI !!!

Herbert

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TA
Taamaden 14 years ago · Anusara
Proverbe bambara, énoncé et expliqué 3 (Mali)
PROVERBE BAMBARA III NTALEN BAMANANKAN NA III

Misi bè joli to a la ka nònò bò. « La vache laisse le sang en soi pour donner du lait. »

Joli ye fèn ye, min ye dimi taamashiyèn ye, sabu a ka ca ka bò joginda de fè. Nònò dun ye minnifèn nafama ye, balofèn nyuman yèrè don. Misi ka joli to a la ka nònò bò, o kòrò ye ka dimi to a la ka nafa kè, min ye nyuman ye. O ye nyumanyaba ye, min nyògòn man ca. A ka ca nyuman de bè kè ka nyuman sara. Nka ni mògò min sera ka dimi to a la, ka sabali, ka nyuman kè, o de ye baara cè nyi ye, min nyògòn tè.

Le sang, comme on le sait, est un liquide rouge qui circule dans le corps, mais dont la vue donne l’image de la douleur, car il ne sort que par suite d’une blessure. Quant au lait, c’est un bon liquide blanc et mousseux, d’une valeur nutritive incontestable. N’est-ce pas la seule nourriture qui fait vivre le bébé ? Laisser le sang en soi pour offrir le lait constitue donc un très beau geste, car c’est une façon d’oublier le mal dont on souffre pour répandre le bien ...

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Misi bè joli to a la ka nònò bò. misi – bè – joli – to – a – la – ka – nònò – bò vache – INAC – sang – laisser – elle – à – CONV – lait – faire sortir La vache laisse le sang en soi pour donner du lait.

Joli ye fèn ye, min ye dimi taamashiyèn ye, joli – ye – fèn – ye – min – ye – dimi – taamashiyèn – ye sang – EQ – chose – EQ – REL – EQ – douleur – signe – EQ Le sang est un signe de douleur,

sabu a ka ca ka bò joginda de fè. sabu – a ka ca – ka – bò – jogin-da – de – fè parce que – il est fréquent – CONV – sortir – blesser-bord – FOC – de car il sort souvent par suite d’une blessure.

Nònò dun ye minnifèn nafama ye, balofèn nyuman yèrè don. nònò – dun – ye – min-ni-fèn – nafa-ma – ye – balo-fèn – nyuman – yèrè – don lait – quant à – EQ – boire-ACT-chose – profit-QUAL – EQ – nourrir-chose – bon – même – PRES Quant au lait, il est un liquide utile, et même une nourriture succulente.

Misi ka joli to a la ka nònò bò, misi – ka – joli – to – a – la – ka – nònò – bò vache – CONN – sang – laisser – elle – à – CONV – lait – faire sortir Laisser le sang de la vache en elle pour donner du lait,

o kòrò ye ka dimi to a la ka nafa kè, o kòrò ye – ka – dimi – to – a – la – ka – nafa – kè c.à.d. – CONV – douleur – laisser – elle – à – CONV – profit – faire c’est à dire laisser la douleur en elle pour profiter

min ye nyuman ye. min – ye – nyuman – ye REL – EQ – bon – EQ de ce qui est bon.

O ye nyumanyaba ye, min nyògòn man ca. o – ye – nyuman-ya-ba – ye – min – nyògòn – man – ca DEM – EQ – bon-ABS-grand – EQ – REL – pareil – DESnég – être nombreux C’est un très bon geste dont il n’y en a pas beaucoup.

A ka ca nyuman de bè kè ka nyuman sara. a ka ca – nyuman – de – bè – kè – ka – nyuman – sa-ra il est fréquent – bienfait – FOC – INAC – faire – CONV – bienfait – mourir-AC Il est fréquent que juste le bienfait est en train de mourir.

Nka ni mògò min sera ka dimi to a la, nka – ni – mògò – min – se-ra – ka – dimi – to – a – la mais – si – homme – REL – pouvoir-AC – CONV – douleur – laisser – lui – à Mais si l’homme arrive à laisser la douleur en soi,

ka sabali, ka nyuman kè, ka – sabali – ka – nyuman – kè CONV – patienter – CONV– bienfait – faire à se calmer et faire le bien,

o de ye baara cè nyi ye, min nyògòn tè. o de ye – baara – cè – nyi – ye – min – nyògòn – tè c’est ça que – construire – homme – de qualité – EQ – REL – pareil - EQnég c’est ça que modèle un homme de qualité ...

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(Abréviations : ABS = suffixe d’abstrait ; AC = marque de prédication de l’accompli ; ACT = suffixe verbal qui indique l’action ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; QUAL = suffixe dérivatif nominal (de valeur qualitative) ; REL = pronom relatif)

Bonne lecture !

Herbert

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TA
Taamaden 14 years ago
Proverbe bambara, énoncé et expliqué 1 (Mali)
PROVERBE BAMBARA I NTALEN BAMANANKAN NA I

Cè hakili bè fèn bèè sanfè fò musoko. « La raison du mâle domine tout, sauf la question de femme. »

Musoko tè dòwèrè ye jarabi bò. Bamananw ko fa bè se k’a denkè ka ko kolon kè bèè bali fò a ka muso kolon furu. O ye tinyè kuma ye, sabu musoko ni foyi man kan cè yòrò. Jarabi de bè se ka cè tunun, ka fa wil’a la. A tè mènni kè, a tè yeli kè, a mago bèè bè sa. Musoko jarabi de bè se ka kamalen n’a bangebagaw, n’a balimaw, n’a teriw fara. A bè fò ko kèlè bèè bè se ka ban cèw fè fò musoko kèlè.

Il s’agit ici de la force de l’amour, de la puissance de la passion. Les Bambara disent bien qu’un père pourrait contrecarrer tous les mauvais désirs de son grand garçon, sauf le mariage de celui-ci avec une fille indigne. En effet, on ne trouve pas de défaut à l’objet de son amour. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », dit-on. L’homme, sous le joug de la passion, est un véritable fou. Cependant, il ne faut pas le condamner mais plutôt plaindre ...

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Cè hakili bè fèn bèè sanfè fò musoko. cè – hakili – bè – fèn – bèè – sanfè – fò – muso-ko homme – esprit – SIT – chose – tout – au-dessus de – sauf – femme-question La raison de l’homme est au-dessus de tout sauf ce qui concerne la femme.

Musoko tè dòwèrè ye jarabi bò. muso-ko – tè – dòwèrè – ye – jarabi – bò femme-question – INACnég – autre – que – passion – égaler La question de femme n’est rien d’autre que la passion.

Bamananw ko fa bè se k’a denkè ka ko bamanan-w – ko – fa – bè – se – ka – a – den-kè – ka – ko - kolon – kè – bèè Bambara-PL – dire – père – INAC – pouvoir – CONV – son – enfant-mâle – CONN – affaire - mauvais – faire – tout Les Bambara disent que le père peut contrecarrer toutes les mauvaises affaires de son fils

kolon kè bèè bali fò a ka muso kolon furu. bali – fò – a – ka – muso – kolon – furu empêcher – sauf – sa – CONN – femme – qui ne vaut rien – mariage sauf son mariage avec une femme indigne.

O ye tinyè kuma ye, sabu musoko ni foyi man kan cè yòrò. o – ye – tinyè – kuma – ye – sabu – muso-ko – ni – foyi – man – kan – cè – yòrò DEM – EQ – vérité – parole – EQ – parce que – femme-question – et – rien – DESnég – être égal – homme – endroit C’est la vérité parce que la question de femme n’est égal du tout chez l’homme.

Jarabi de bè se ka cè tunun, ka fa wil’a la. jarabi – de – bè – se – ka – cè – tunun – ka – fa – wili – a – la passion – FOC – INAC – pouvoir – CONV – homme – perdre – CONV – père – lever – lui – à C’est la passion qui peut perdre l’homme et destituer le père.

A tè mènni kè, a tè yeli kè, a mago bèè bè sa. a – tè – mèn-ni – kè – a – tè – ye-li – kè – a – mago – bèè – bè – sa il – INACnég – entendre-ACT – faire – il – INACnég – voir-ACT – faire – son – besoin – tout – INAC – mourir Le garçon, il n’entend pas, il ne voit pas, son besoin meurt.

Musoko jarabi de bè se ka kamalen n’a bangebagaw, muso-ko – jarabi – de – bè – se – ka – kamalen – ni – a – bangebaga-w femme-question – passion – FOC – INAC – pouvoir – CONV – jeune homme – et – ses – parent-PL C’est la passion pour la femme qui peut déchirer les liens du jeune homme avec ses parents,

n’a balimaw, n’a teriw fara. ni – a – balima-w – ni – a – teri-w – fara et – ses – frère et sœur-PL – et – ses – ami-PL - déchirer avec ses frères et sœurs et avec ses amis.

A bè fò ko kèlè bèè bè se ka ban cèw fè a – bè – fò – ko – kèlè – bèè – bè – se – ka – ban – cè-w – fè il – INAC – dire – que – querelle – tout – INAC – pouvoir – CONV – finir – homme-PL – avec On dit que toute querelle peut finir avec les hommes

fò musoko kèlè. fò – muso-ko – kèlè sauf – femme-affaire – querelle sauf la querelle sur une femme.

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(Abréviations : ACT = suffixe dérivatif verbal (de valeur d’action) ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PL = marque du pluriel ; SIT = marque de prédication non-verbale )

Bonne lecture !

Herbert
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TA
Taamaden 14 years ago
Proverbe bambara, énoncé et expliqué 2 (Mali)
PROVERBE BAMBARA II NTALEN BAMANANKAN NA II

Tònò fila tè sòrò shèfan kelen na. « Il n’est pas possible de tirer deux profits d’un seul œuf. »

Ni shè lamarala b’a fè ka shèden sòrò, a b’a to shèfan ka tòrò shèba fè. Nka n’a ye shèfan kènè tobi k’a dun, shèdenko bè dabila. O de ye tònò fila tè se ka sòrò shèfan kelen na. Ni suruku k’a bè sogo fila gèn, a fila bèè bè laban ka taa k’a dan. Nin ye waajuli ye ka taa mògò natabaw ma, minw b’a fè ka fèn nyini, min tè se ka sòrò.

Si la mère poule pond et si l’on désire avoir des poussins, il faut laisser éclore les œufs. Mais si l’on mange les œufs frais, il ne sera pas possible d’avoir des poussins. C’est ce qu’affirme la sentence « l’impossibilité de tirer deux profits d’un seul œuf ». C’est comme l’histoire de suivre deux lièvres à la fois. On risque de les perdre tous les deux. Il ne faut donc pas tenter l’impossible.

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Tònò fila tè sòrò shèfan kelen na. tònò – fila – tè – sòrò – shè-fan – kelen – na gain – 2 – INACnég – gagner – poule-œuf – 1 – de On ne gagne pas deux profits d’un seul œuf.

Ni shè lamarala b’a fè ka shèden sòrò, ni – shè – lamara-la – bè a fè – ka – shè-den – sòrò si – poule – conserver-agent – vouloir – CONV – poule-enfant – gagner Si la mère poule souhaite avoir des poussins,

a b’a to shèfan ka tòrò shèba fè. a – bè – a – to – shè-fan – ka – tòrò – shè-ba – fè il – INAC – le – laisser – poule-œuf – CONV – éclore – poule-mère – par il faut tolérer qu’elle puisse éclore des œufs.

Nka n’a ye shèfan kènè tobi k’a dun, nka – ni – a – ye – shè-fan – kènè – tobi – ka – a – dun mais – si – il – AC – poule-œuf – frais – cuisiner – CONV – le – manger Mais si l’on prépare les œufs frais pour les manger,

shèdenko bè dabila. shè-den-ko – bè – dabila poule-enfant-chose – INAC – arrêter on ne gagne pas des poussins.

O de ye tònò fila tè se ka sòrò shèfan kelen na. o de ye – tònò – fila – tè – se – ka – sòrò – shè-fan – kelen – na c’est ça que – gain - 2 – INACnég – pouvoir – CONV – gagner – poule-œuf – 1 – de C’est ça qu’on ne peut pas tirer deux profits d’un seul œuf.

Ni suruku k’a bè sogo fila gèn, ni – suruku – ko – a – bè – sogo – fila – gèn si – hyène – dire – elle – INAC – gibier – 2 – chasser Si la hyène dit qu’elle chasse deux gibiers,

a fila bèè bè laban ka taa k’a dan. a – fila – bèè – bè – laban – ka – taa – ka – a – dan il – 2 – tous – INAC – achever – CONV – partir – CONV – le – compter elle risque de ne pas attraper ni l’un ni l’autre.

Nin ye waajuli ye ka taa mògò natabaw ma, nin – ye – waajuli – ye – ka – taa – nata-ba-w – ma DEM – EQ – exhortation – EQ – CONV – partir – désir-AUG-PL – à C’est une exhortation pour ceux qui sont trop avare,

minw b’a fè ka fèn nyini, min tè se ka sòrò. min-w – bè a fè – ka – fèn – nyini – min – tè – se – ka – sòrò REL-PL – vouloir – CONV – chose – chercher – REL – INACnég – pouvoir – CONV – gagner qui veulent chercher et qui n’arrivent pas à gagner.

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; AUG = marque augmentative ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif rapproché ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PL = marque du pluriel ; REL = pronom relatif)

Bonne lecture !

Herbert

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IB
Ibrahim2 14 years ago
Traduction du français en bambara
Bonjour, j'aurai besoin assez urgemment de traduire ceci en bambara, c'est pour avoir une discussion sérieuse avec un burkinabè qui parle bambara pour un ami à moi, c'est assez urgent. Merci de votre compréhension par avance.

"J'espère que tu vas bien. J'aurai aimé te parler de X (prénom de la personne), je sais aux dernières nouvelles que j'ai d'elle par téléphone qu'elle ne va pas très bien. Est ce que c'est un problème entre vous? Est ce que c'est quelque chose de grave? Je m'inquiète pour elle et j'aimerai avoir ton avis.Merci"

Et merci à vous, et désolé du coté personnelle de ce message mais je n'ai d'autres choix il ne parle pratiquement que Bambara et mon Bambara est en apprentissage encore.

Merci
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TA
Taamaden 14 years ago
Proverbes bambara (4)
Proverbes bambara (ntalenw bamanankan na)

Encore 30 proverbes bambara ...

121 : Mògò fè, min b’i f��. homme / à / qui / SIT / tu / à Aime celui qui t’aime.

= (faut-il un commentaire ?!)

122 : Mògò kana i kunkolo don banfula fila kòrò. homme / PROH / sa / tête / mettre / chapeau / 2 / sous On ne peut mettre sa tête sous deux chapeau.

= Ne pas essayer de compromis entre deux situations irréconciliables.

123 : Janni ka di nyaamè ye, nka a kòkuru tè sòn. d’ici à / DES / bon / dromadaire / pour / mais / sa / dos-boule / INACnég / accepter Le dromadaire aime bien s’allonger sur le dos, mais sa bosse lui en retire l’envie.

= On ne peut pas faire tout ce qu’on veut.

124 : Kònòma bè juru don tintò la. enceinte / INAC / crédit / mettre / femme en couche / à La femme enceinte prête à la femme en couches.

= Pour les gens de même condition, l’entraide est normale et utile. On prête plus facilement à ceux qui travaillent, les courageux finiront par rembourser.

125 : Min bè kèlè kònò, o bè foni kònò. REL / SIT / guerre / dans / DEM / SIT / exode / dans Ce qu’il y a dans la guerre, se trouve dans l’exode.

= Les concurrents ont chacun leur plan.

126 : Mògòjugu bè iko finyè. homme-méchant / SIT / comme / vent. L’homme méchant est comme le vent.

= ... on ne peut l’arrêter.

127 : Nyaamudennyinina tè baden ye. chameau-enfant-chercher-agent / EQnég / mère-enfant / EQ Celui qui cherche un jeune dromadaire ne voit pas le chevreau.

= Quand on est motivé pour rechercher quelque chose d’important, on ne tient pas compte d’objets de moindre valeur.

128 : Sama bè mògò min nyè, ngomigosi jòrò tè i la. éléphant / SIT / homme / REL / avant / rosée-battre / crainte / SITnég / tu / à La personne qui suit un éléphant ne craint pas la rosée.

= Quand on dispose d’un bon soutien, on s’évite beaucoup d’affronts.

129 : Hakè bè se fanga la péché / INAC / arriver à / pouvoir / à Le pouvoir a raison de tout, sauf du péché.

= Les puissants seront punis d’avoir opprimé les pauvres.

130 : Doni bilen tè soda dòn. charge / cependant / INACnég / village-porte / connaître La charge trop lourde ne connaît pas l’entrée du village.

= Il ne faut faire que ce dont on est capable.

131 : Nkèlèn tè ntonkun tèmè. ecureuil / INACnég / termitière / dépasser L’écureuil fouisseur ne néglige aucune termitière.

= Ne laisse pas l’occasion passer quand on t’offre ce que tu aimes.

132 : Miiribali tè taasibali ba neni. réfléchir-sans / INACnég / penser-sans / mère / insulter L’étourdi n’insulte pas la mère de l’irréfléchi.

= Si insouciant qu’on soit, il y a des actions qu’on n’osera pas faire.

133 : Jaa ! kelensigi nyè bè bòrè la. vraiment / seul-installer / oeil / SIT / sac / dans Vraiment, le casanier a les yeux dans un sac.

= Celui qui n’a pas voyagé ne connaît pas grand chose.

(kelensigi = sédentaire, celui qui n’a jamais voyagé, qui n’a jamais vécu que dans un seul endroit)

134 : Nyiw ni nè bè kèlè. dents / et / langue / INAC / se battre Les dents et la langue se querellent.

= Quand vous vivez tout le temps ensemble, un jour ou l’autre vous vous disputerez (conjoints, voisins).

135 : Nataba bè sa wariso da la ! avare / INAC / mourir / argent-maison / porte / à L’avare meurt à la porte de la banque.

= Sa cupidité dépasse les bornes.

136 : Barikada tè misi ni kungo cè. remerciement / SITnég / vache / et / brousse / entre La vache n’a pas à dire merci à la brousse.

= Dans la nature, il existe un ordre des choses. L’herbe a été créée pour les ruminants.

137 : Tuma sebali tè karaba. moment / arriver-sans / INACnég / contraindre On ne peut contraindre le moment qui n’est pas arrivé.

= On ne peut précipiter le destin.

138 : Ni panfèn banna, masakèfòli bè fò dimògòba kun. quand / voler-chose / finir-AC / roi-musique / INACnég / jouer / mouche-grande / pour Quand il n’y a pas d’oiseaux, on joue le tambour royal en l’honneur des mouches bleues.

= Faute de mieux, on se contente de ce qu’on a.

139 : Mògò tè hèra sòrò ni i ma nyani. homme / INACnég / bonheur / gagner / si / on / ACnég / souffrir On ne connaît pas le bonheur sans avoir éprouvé la souffrance.

= Le bonheur ne s’obtient pas dans la facilité, il faut souffrir d’abord.

140 : Den nyalen tigi ka ca. enfant / bon / propriétaire / DES / nombreux Les bons enfants appartiennent à beaucoup de gens.

= Quand quelqu’un tient bien son rang, chef ou subordonné, tout le monde le reconnaît comme le sien, sinon on dit qu’il est de telle famille.

141 : Donsokè tè se ka a ka sogo yelen bèè faga. chasseur / INACnég / pouvoir / CONV / son / CONN / gibier / vu / tout / tuer Un chasseur ne peut tuer tout gibier qu’il aperçoit.

= On ne peut atteindre tous ses objectifs.

142 : Fòlifèn kan duman bè a yèrè kofò. faire de la musique-chose / voix / SIT / son / propre / chose-dire Un instrument de musique qui résonne bien fait lui-même sa publicité.

= Vos bonnes actions, la qualité de vos travaux bâtissent votre renommée.

143 : Karamògò ka bugòli bè jurumu kafari. enseignant / CONN / frapper-action / INAC / faute / pardonner La bastonnade infligée par le maître est la réparation de la faute.

= Toute faute demande réparation.

144 : Daga ji bònnen ka fisa daga cilen ye. canari / eau / renversée / DES / meilleur / canari / cassé / que Mieux vaut de l’eau répandue que le canari brisé.

= Mieux vaut détruire un bien que sa source.

145 : Jiri fura bònnen ani jiri salen tè kelen ye. arbre / feuille / tombée / et / arbre / mort / EQnég / 1 / EQ Les feuilles de l’arbre sont tombées et l’arbre est mort, ce n’est pas la même chose.

= On peut être dans la misère, mais ça ne veut pas dire qu’on ne pourra pas s’en sortir.

146 : Dinyè bè mògò janfa. monde / INAC / homme / trahir Le monde trahit les gens.

= La mort est le lot de tous les hommes. Les événements ne se passent pas toujours comme prévus.

147 : Aladoni man girin. Dieu-charge / DESnég / lourd Une charge imposée par Dieu n’est pas lourde.

= Ce que Dieu t’impose, tu l’acceptes, en lui faisant confiance.

148 : Kunkolo wòsibali, a jukòròwo tè daamu. tête / transpirer-sans / il /dessous-trou / SITnég / bonheur La bouche d’une tête qui ne transpire pas ne goûtera que peu de choses.

= Il faut travailler pour manger.

149 : Bonya dògòya tè. Faire des cadeaux / humiliation / PRESnég Il n’y a pas de petits cadeaux.

= Si petit qu’il soit, on l’accepte, car il a du sens.

150 : Kuyuda ni siramugumin tè nyè. youyou-crier / et / tabac-poudre-fumer / INACnég / être bon Crier de joie et chiquer, ça ne va pas ensemble.

= On ne peut faire en même temps deux actions incompatibles.

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PROH = marque de prédication du prohibitif ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

VIVE LE BAMBARA, VIVE LE MALI !!!

Bonne lecture, Herbert
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TA
Taamaden 14 years ago · Rivièrefox
Conte bambara: Un sac de piments (Mali)
UN SAC DE PIMENTS KÈLÈKÈLÈBÒRÈ

– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Kèlèkèlèbòrè

Nin tun ye cè fila ye. K’u bè taa dògò jò. Fali fila b’u bolo. Kelen ka fali ko la, kèlèkèlèbòrè b’o la. Dòin, o ta ye kògòbòrè ye. Ayiwa, u ye sira minè sa sògòmada joona fè. Kògòtigi, o ka fali taara, ayiwa, forontobòrè bè min ka fali kò la, o ka fali dèsèra ka taa. Fali y’i bugubègè k’i da dugu ma. Ayiwa, musokòròba dò ka doni b’a kun, o nana se o ma. A ko : – Èe ! N denkè ! Ko a kèra di ? – Aa ! Musokòròba, ne ka fali banna ka taa dè ! – Èe ! Ko mun de bè fali kò la n’o bannen bè ka taa n’o ye ? – Ko kèlèkèlèbòrè don. – Èe ! Fali ka ban kèlèkèlèbòrè b’o kò la ? – Aa ! Ko o kòni banna ! – Ko aa ! I b’a lajè i bè tanna kè fali ku kòrò. A y’i bolo fa kèlèkèlè la k’o firi fali ku kòrò. Fali taara shwè !!! Ka ale yèrè jòlen to yen. Fali ye bòrè fili ka taa ka ale yèrè jòlen to yen. Ayiwa, mògò wèrè nana. – Ko èe ! N ka cè ! A kèrà di ? – Aa ! Musokòròba dò y’i kanto ne ma ko ne ka kèlèkèlè tanna kè fali ku kòrò. Ko yaasa a bè se ka teliya. Aa ! a ko fali dun taara. – Ò ! I tè tanna kè i yèrè ku kòrò ? A y’i bolo fa k’o kè a yèrè ku kòrò. A taara tèmè fali la fo ka dògò bèè don nyògòn na.

– texte en français (masalabolo tubabukan na) :

Un sac de piments

C’est l’histoire de deux garçons qui voulaient aller au marché, chacun avec son âne. Un des ânes avait sur le dos un sac de piments, l’autre un sac de sel. De bonne heure, on se prépara. L’âne chargé de sel partit, mais celui qui portait le piment refusa d’avancer, et se laissa tomber sur le sol. Une bonne vieille qui passait là, sa charge sur la tête, s’approcha... – Eh bien, mon garçon, que s’est-il passé ? – C’est mon âne qui refuse de partir ! – Qu’est-ce qu’il a donc sur le dos pour refuser de partir ? – Un sac de piments. – Un sac de piments ? Et il refuse de partir ? – Pour refuser, il refuse ! – Eh bien, mets-lui voir cinqante francs de piments sous la queue ! Le garçon prit une bonne poignée de piments qu’il mit sous la queue de l’âne : l’âne démarra comme un bolide, laissant sur place le garçon... et le sac de piments avec ! Un homme qui passait là s’approcha... – Eh bien, mon garçon, que s’est-il passé ? – Une bonne vieille m’a dit de mettre cinquante francs de piments sous la queue de mon âne qui ne voulait pas partir. Pour sûr, ça l’a fait démarrer comme un bolide ! – Eh bien ! Tu n’as qu’à t’en mettre la même quantité au même endroit ! Le garçon prit une bonne poignée de piments qu’il se mit au même endroit. Alors il démarra comme un bolide, dépassa son âne et vint mettre tout le marché sens dessus dessous...

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Kèlèkèlèbòrè kèlèkèlè-bòrè piment-sac Un sac de piments

Nin tun ye cè fila ye. nin / tun / ye / cè / fila / ye ce / PAS / EQ / homme / 2 / EQ Il était une fois deux garçons

K’u bè taa dògò jò. Fali fila b’u bolo. ka / u / bè / taa / dògò jò / fali / fila / bè / u / bolo CONV / ils / INAC / partir / faire le marché / âne / 2 / SIT / ils / à qui voulaient aller au marché. Ils avaient deux ânes.

Kelen ka fali kò la, kèlèkèlèbòrè b’o la. kelen / ka / fali / kò / la / kèlèkèlè-bòrè / bè / o / la 1 / CONN / âne / dos / à / piment-sac / SIT / DET / à Sur le dos de l’un se trouve un sac de piments,

Dòin, o ta ye kògòbòrè ye. dòin / o / ta / ye / kògò-bòrè / ye autre / DET / part / EQ / sel-sac / EQ l’autre âne portait un sac de sel sur le dos.

Ayiwa, u ye sira minè sa sògòmada joona fè. ayiwa / u / ye / sira / minè / sa / sògòmada / joona / fè INTJ / ils / AC / chemin / prendre / donc / début de matinée / tôt / à Alors, ils se mettent en route le matin de bonne heure :

Kògòtigi, o ka fali taara, kògò-tigi / o / ka / fali / taa-ra sel-propriétaire / DET / CONN / âne / partir-AC l’âne avec le sel est parti.

ayiwa, forontobòrè bè min ka fali kò la, ayiwa / foronto-bòrè / bè / min / ka / fali / kò / la INTJ / piment-sac / SIT / REL / CONN / âne / dos / à mais celui qui portait le sac de piments sur le dos,

o ka fali dèsèra ka taa. o / ka / fali / dèsè-ra / ka / taa DET / CONN / âne / manquer-AC / CONV / partir refusait d’avancer.

Fali y’i bugubègè k’i da dugu ma. fali / ye / i / bugubègè / ka / i / da / dugu / ma âne / AC / REF / se coucher paresseusement / CONV / REF / se mettre / terre / à L’âne s’est couché paresseusement par terre.

Ayiwa, musokòròba dò ka doni b’a kun, o nana se o ma. ayiwa / muso-kòrò-ba / dò / ka / doni / bè / a / kun / o / na-na / se / o / ma INTJ / femme-vieille-très / une / CONN / charge / SIT / sa / tête / DET / venir-AC / entrer / DET / à Alors, une vieille femme, sa charge sur la tête, s’est approchée :

A ko : Èe ! N denkè ! Ko a kèra di ? a / ko / èe / n / den-kè / ko / a / kè-ra / di elle / dire / INTJ / mon / enfant-masc. / que / il / faire-AC / comment Elle a dit : « Eh bien, mon garçon, que s’est passé-t-il ? »

Aa ! Musokòròba, ne ka fali banna ka taa dè ! aa / muso-kòrò-ba / ne / ka / fali / ban-na / ka / taa / dè INTJ / femme-vieille-très / moi / CONN / âne / refuser-AC / CONV / partir / EXCL « Ah ! Madame, c’est mon âne qui refuse de partir. »

Èe ! Ko mun de bè fali kò la n’o bannen bè ka taa n’o ye ? èe / ko / mun / de / bè / fali / kò / la / ni / o / ban-nen / bè / ka / taa / ni / o / ye INTJ / que / quoi / FOC / SIT / âne / dos / à / si / DET / refusé / INAC / CONV / partir / avec / DET / à « Eh bien, qu’est-ce qu’il a donc sur le dos pour refuser d’avancer ? »

Ko kèlèkèlèbòrè don. ko / kèlèkèkè-bòrè / don que / piment-sac / PRES « Un sac de piments. »

Èe ! Fali ka ban kèlèkèlèbòrè b’o kò la ? èe / fali / ka / ban / kèlèkèlè-bòrè / bè / o / kò / la INTJ / âne / CONT / refuser / piment-sac / SIT / DET / dos / à « Eh, il refuse parce à cause du sac de piments sur son dos ? »

Aa ! Ko o kòni banna ! aa / ko / o / kòni / ban-na INTJ / que / DET / quant à / refuser-AC « Ah oui, c’est la raison pourquoi il refuse de partir. »

Ko aa ! I b’a lajè i bè tanna kè fali ku kòrò. ko aa / i / bè / a / lajè / i / bè / tanna / kè / fali / ku / kòrò INTJ / tu / INAC / le / essayer / tu / INAC / pour 50 francs / mettre / âne / queue / sous « Eh bien, mets-lui voir 50 francs de piments sous sa queue. »

A y’i bolo fa kèlèkèlè la k’o firi fali ku kòrò. a / ye / i / bolo / fa / kèlèkèlè / la / ka / o / firi / fali / ku / kòrò il / AC / sa / main / remplir / piment / à / CONV / DET / renverser / âne / queue / sous Il a pris une poignée de piments pour la mettre sous la queue de l’âne.

Fali taara shwè !!! Ka ale yèrè jòlen to yen. fali / taa-ra / shwè / ka / ale / yèrè / jòlen / to / yen âne / partir-AC / rapide / CONV / lui / -même / resté / laisser / là-bas L’âne a démarré comme un bolide, abandonnant le garçon...

Fali ye bòrè fili ka taa ka ale yèrè jòlen to yen. fali / ye / bòrè / fili / ka / taa / ka / ale / yèrè / jò-len / to / yen âne / AC / sac / jeter / CONV / partir / CONV / lui / -même / resté / laisser / là-bas Démarrant, l’âne a abandonné le sac avec le garçon là-bas.

Ayiwa, mògò wèrè nana. ayiwa / mògò / wèrè / na-na INTJ / homme / autre / venir-AC Alors, un autre homme est venu :

Ko èe ! N ka cè ! A kèrà di ? ko èe / n / ka / cè / a / kè-ra / di INTJ / mon / CONN / homme / il / faire-AC / comment « Eh bien, mon garçon, que s’est-il passé ? »

Aa ! Musokòròba dò y’i kanto ne ma aa / muso-kòrò-ba / dò / ye / i / kanto / ne / ma INTJ / femme-vieille-très / une / AC / REF / s’adresser / moi / à « Ah ! Une vielle femme m’a dit

ko ne ka kèlèkèlè tanna kè fali ku kòrò. ko / ne / ka / kèlèkèlè / tanna / kè / fali / ku / kòrò que / moi / INJ / piment / pour 50 francs / mettre / âne / queue / sous de mettre 50 francs de piments sous la queue de l’âne

Ko yaasa a bè se ka teliya. Aa ! a ko fali dun taara. ko / yaasa / a / bè / se / ka / teliya / aa / a / ko / fali / dun / taa-ra que / afin que / il / INAC / pouvoir / CONV / accélérer / INTJ / elle / dire / âne / quant à / partir-AC afin qu’il puisse se dépêcher. Ah ! Elle a dit que l’âne ira donc partir. »

Ò ! I tè tanna kè i yèrè ku kòrò ? ò / i / tè / tanna / kè / i / yèrè / ku / kòrò alors / tu / INACnég / pour 50 francs / mettre / ton / même / bout / sous « Alors, n’as-tu pas mis 50 francs de piments au même endroit ? »

A y’i bolo fa k’o kè a yèrè ku kòrò. a / ye / i / bolo / fa / ka / o / kè / a / yèrè / ku / kòrò il / AC / sa / main / remplir / CONV / DET / mettre / son / même / bout / sous Il a pris une poignée de piments pour la mettre au même endroit.

A taara tèmè fali la fo ka dògò bèè don nyògòn na. a / taa-ra / tèmè / fali / la / fo / ka / dògò / bèè / don / nyògòn / na il / partir-AC / dépasser / âne / à / jusqu’à / CONV / marché / tout / mettre / les uns les autres / à Il a dépassé l’âne et a mis tout le marché sens dessus dessous.

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; CONT = marque de prédication énonciative, de valeur affirmative accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DET = déterminant de valeur anaphorique ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EXCL = exclamation d’intensité ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; INTJ = interjection; REF = pronom réfléchi ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale )

Bonne lecture !

Herbert
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TA
Taamaden 14 years ago · Yvesmarie14
Devinettes bambara (Mali)
Devinettes bambara

De tous les genres littéraires (contes, légendes, proverbes, etc.), les devinettes sont une exclusivité pour les enfants. Ils en sont friands, qu’on soit dans la cour de l’école, sur la place publique du village le soir au clair de lune, ou réunis autour du feu de la cuisine, les petits bambara aiment jouer aux devinettes. Il existe même de véritables « soirées-devinettes » organisées par des enfants. Les devinettes sont significatives d’un certain rapport au monde et aux choses de la vie ou du quotidien mais c’est avant tout leur fonction divertissante qui semble prédominer …

Quant à leur forme, les devinettes constituent une unité structurale faite par une dialectique « question-réponse ». Et il y a une réciprocité entre la question et la réponse, combinaison basée sur des rapports d’analogie, par le jeu des métaphores et des paradoxes …

Voici les devinettes bambara, au nombre de 25, toutes traduites en français et munies en partie de commentaires. Amusez-vous bien ! …

1 : N ye bin ye a bè jeninen sa bè a kònò a ma jeni. – O ye sira ye.

J’ai vu de l’herbe elle est brûlée un serpent y est il n’est pas brûlé. – C’est la route.

(Jolie métaphore pour la route dans une savane noircie par le feu)

2 : Mògò dò sara a wulila – O ye ntori ye.

Quelqu’un est mort, il s’est levé. – C’est le crapaud.

3 : Ni n taara sira kan n bè jalaba kura sòrò – O ye sa ye.

Quand je pars sur la route je trouve un ruban neuf – C’est le serpent.

4 : A ka baara kè tuma bèè ye a da tuma ye – O ye bilali ye.

Le seul moment où elle travaille, c’est quand elle est couchée. – La natte.

5 : Gaba sumantan. – O ye sankolo ye.

Grand hangar sans ombre: – C’est le firmament.

6: Ne ni mògò bè kèlè la ni n ye a gosi n bè n yèrè gosi – O ye soso ye.

Je me querelle avec quelqu’un : quand je le frappe je me frappe moi-même. – C’est le moustique.

7 : Fen dò bè n bolo ni n bè taama la a bè kuma ni n ye n jò a bè a dadè. – O ye samara ye.

J’ai une chose quand je marche, elle parle quand je m’arrête elle se tait. – La sandale.

(Les sandales, appelées sabara ou samara en bambara, ne retenant le pied que par devant, produisent un léger claquement pendant la marche)

8 : Mògò fila bè taa yaala filanannò tè yen. – O ye musokònòma ye.

Deux personnes se promènent il n’y a pas de trace de la deuxième. – C’est la femme enceinte.

(L’enfant que porte sa mère au ventre est aussi un être humain)

9 : Ka filen fila waa dò ma bò dò ye. – O ye dugukolo ni san kolo ye.

Ecarter deux calebasses: l’une n’est pas sortie de l’autre. – C’est la terre et le ciel.

(La terre et le ciel sont vus ici comme les deux moitiés d’une calebasse correspondant très bien l’une à l’autre. Probablement une allusion à une certaine vision de l’univers)

10 : A bè n flè n b’a flè. – O ye soda ye.

Cela me regarde, je regarde cela. – C’est la porte.

(De quelque côté qu’on se tourne dans une maison, on a toujours une porte devant ou derrière soi. Une cour bambara est souvent entourée de nombreuses cases)

11 : N taara n bènkèso n taara a sòrò u bè bèè yèlèn kogo la – O ye basa ye.

Je suis parti chez mon oncle maternel et j’ai trouvé qu’ils sont tous montés sur le mur. – C’est le margouillat.

(Les margouillats passent leur journée à courir sur les murs ensoleillés)

12 : Ni n ye n ka so boli ka taa dugu dò la n seginna n ma a sennò ye. – O ye kurun ye.

Quand j’ai chevauché pour aller dans un village, au retour je m’ai pas vu de traces. – C’est la pirogue.

(Une pirogue ne laisse pas de traces sur l’eau)

13 : N bè yan n bè Bamakò – Hakili don.

Je suis ici je suis à Bamako. – C’est l’esprit.

(L’esprit peut se rendre n’importe quel lieu, les distances ne le dérangent pas)

14 : I bè taama la i teliyara a man di i ye. – Finyè don.

Tu marches, tu vas vite ça ne te plaît pas. – C’est le vent.

(Il n’est en effet pas agréable d’être poussé par le vent)

15 : U bè yèlè nyògòn fè u bè datugu nyògòn fè. – O ye nyèkiliw ye.

Ils s’ouvrent ensemble, ils se ferment ensemble. – Ce sont les yeux.

16 : A bè fini don tuma bèè, nka a tè fini bò. – O ye nònsi ye.

Il met toujours des habits mais il n’enlève pas les habits. – C’est le caméléon.

17 : A ka dògò dunun tè o fè nka a bè dòn kè hali faama bè taa yen. – O ye dugumènè ye.

Cela est petit cela n’a pas de dunun (tambour) mais on danse même le chef va là-bas. – C’est la fourmi.

(Certes, une fourmi n’a pas de tambour pour faire bouger et gesticuler les gens, comme pour une danse. Mais ses piqûres et ses plaies ont le même effet. Et même le chef ayant le droit à des privilèges particuliers n’est pas épargné par cette foutue bestiole. Elle agit selon la devise "Les mêmes droits pour tous" !)

18 : A bè ba kò bari a bè bakokan mèn. – O ye tulo ye.

Cela est derrière le fleuve mais cela entend le bruit du fleuve. – C’est l’oreille.

(L’oreille entend beaucoup de choses mais sur de longues distances)

19 : N mòkè ye den wolo cè tè muso tè. – O ye tonsofin ye.

Mon grand-père a engendré un enfant ce n’est pas un homme ce n’est pas une femme. – C’est une chauve-souris.

(La chauve-souris est vue comme un être bizarre, à la fois une sorte d'oiseau et une souris. Faut-il aller jusqu’à considérer la souris comme symbole de la féminité , est un peu surélevé par des pierres, endroit un peu frais et ombragé où les serpents aiment se trouver)

25 : N ye fen dò sòrò a tè dun nka, ni a ye fen dò minè o bè dun. – O ye duguròsa ye.

J’ai trouvé une chose, elle ne se mange pas mais si elle prend autre chose celle-ci se mange. – C’est le ver de terre.

(Le ver de terre n’est pas mangeable pour l’homme mais p.ex. les poules le mangent. Et les poules en revanche sont bien consommables pour l’homme. De plus, elles pondent des œufs qui sont mangés)

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Bonne lecture !
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TA
Taamaden 14 years ago
Langue bambara: ouvrage monumental (Mali)
Nouveau dictionnaire bambara-français

Le bambara (bamanankan) – la langue la plus parlée au Mali – fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés pami les langues mandé de souche mandé-ouest. En ce qui est la classification externe des langues mandé, elles appartiennent à la famille Niger-Congo. Sous ses variantes proches, le bambara est aussi parlé au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée. Comme langue maternelle, et aussi, et de très loin, comme langue seconde, les trois quarts environ de la population malienne l’utilisent aujourd’hui, et on peut sans doute compter actuellent entre 15 et 20 millions de locuteurs. Plusieurs facteurs ont joué et continuent de jouer en sa faveur : le développement de l’administration, des communications et des voyages, et particulièrement les migrations saisonnières, l’expansion de la religion musulmane, l’essor du commerce, et enfin l’utilisation du bambara croissante sur les marchés ou dans les cours d’écoles. Le bambara constitue, avec le français, la seule langue qui couvre l’ensemble du territoire national. Si le français est la langue de la modernité et de l’écrit, le bambara, par rapport aux langues locales liées à l’oral et à la tradition, figure comme une autre langue d’accès à la modernité. La langue de l’ancien colonisateur, seule langue officielle de l’Etat malien à ce jour, mais très peu maîtrisée par et à peine intégrée dans la population malienne, et le bambara occupent une position privilégiée et progressent en se complétant plus qu’en se concurrençant : l’administration est en français, mais le fonctionnaire est l’ambassadeur et le cheval de Troie du bambara, en s’exprimant en bambara et non en français pour se faire comprendre. Ainsi, le bambara est, en quelque sorte, la seconde langue du pouvoir. Et n’oublions pas que les Maliens et Maliennes attachent beaucoup d’importance à leur histoire : le bambara est l’emblème d’un empire très connu encore aujourd’h ui, à savoir l’empire de Sunjata Keïta au XIIe siècle que la tradition orale manding – à travers ses griots – ne cesse de raconter et transmettre de génération en génération. Le bambara est ainsi le représentant direct de la grandeur du passé, et en garde le prestige incontestée. Il est donc à la fois une langue véhiculaire (lingua franca) et une langue de prestige et de culture. Ces deux fonctions lui attribuent un statut particulier, de plus, le bambara permet la promotion sociale ou individuelle, la langue de la ville, la langue de la radio (depuis 1991, le développement des radios privées s’est aussi beaucoup fait en faveur du bambara) et de la télévision.

Ce nouveau dictionnaire bambara-français est fondé sur le bambara standard, donc celui des villes (surtout Bamako et Ségou). Il est très complet, de presque 1.200 pages. Son introduction, très précise (60 pages), indique de manière claire comment utiliser le dictionnaire et donne la liste des sources utilisées (33o sources différentes en total) : écrites et orales, anciennes et actuelles, en bambara standard et en bambara local, publiées et inédites, telles que lexiques et dictionnaires, manuels et grammaires du bambara en français et en bambara, travaux de description linguistiques, textes littéraires de griots et de conteurs, récits cynégétiques, recueils de proverbes, romans et nouvelles, pièces de théâtre, émissions de radio, informations recueillies auprès de locuteurs ailleurs qu’à Dougoukouna, textes enregistrés auprès de personnes âgées du village de Dougoukouna (village situé à 10 kms de Ségou, en plein milieu de l’ancien Royaume bambara de Ségou), littératures ethnologique et historique, journaux et revues, brochures de post-alphabétisation, brochures religieuses musulmanes et chrétiennes, documents pédagogiques pour les écoles en bambara, ouvrages et articles scientifiques, etc. etc. etc. Précisément, les sources les plus utilisées sont les suivantes : les enquêtes de longue haleine à Dougoukouna, les dictionnaires du Père Charles Bailleul ("Dictionnaire bambara-français", 3e édition corrigée ; voir la note 1 en bas de page), le recueil de proverbes du même auteur ("Sagesse bambara, proverbes et sentences" ; voir la note 2 en bas de page) et le "Kibaru", premier et principal journal en bambara, qui, depuis 1972, fournit une documentation abondante : à ce jour près de 500 numéros, soit environ 5.000 pages de texte.

Donc, la quasi-totalité de cet ouvrage est consacrée à la partie principale, les entrées présentées dans l’alphabet officiel (1.000 pages). A la fin de l’ouvrage, on trouve un index abrégé français-bambara (120 pages). En ce qui est l’entrée bambara dans le détail, sa présentation suit selon plusieurs différentes rubriques : 1. d’abord, l’entrée lexicale est présentée en gras et en notation des tons, suivie éventuellement d’indications phonétiques entre crochets sur la prononciation du terme ; 2. l’appartenance grammaticale (indiquée en italiques) ; 3. l’origine empruntée ; 4. l’étymologie (entre barres obliques) ; 5. la glose ; 6. les exemples (phrase ou expression, suivie de deux lettres majuscules ou d’un nombre indiquant la source de référence, puis la traduction) ; et 7. les remarques diverses.

Quant à la notation des tons (qui n’apparaissent pas dans l’écriture officielle), il faut dire que si l’entrée est de schème H(aut), c.à.d. comportant une succession ininterrompue de tons hauts (notés par l’accent aigu), seul le premier ton est indiqué : súruku "hyène" (= tous les trois voyelles portent le ton haut) ; si l’entrée est de schème A(scendant), c.à.d. comportant un ou plusieurs tons bas (notés par l’accent grave) suivis d’un ou plusieurs tons hauts, seules les syllabes basses qui précèdent la ou les syllabes hautes sont notées : mùso "femme" (= la voyelle o porte aussi le ton bas), làtàràsàji "parfum liquide utilisé par les marabouts" (= tous les voyelles a portent le ton bas mais la voyelle finale i porte le ton haut), fèlèfala "balancer, faire balancer, osciller" (= les voyelles e portent le ton bas, les voyelles a portent le ton haut). Ces deux configurations tonales H et A (nommées schèmes majeurs) regroupent une large majorité des entrées, qu’il s’agisse de mots simples ou de mots complexes. Au cas où une entrée n’appartiendrait pas à l’un de ces deux schèmes majeurs, c.à.d. dans tous les autres cas, les tons sont indiqués sur chacune des voyelles : kólókòtó "qui ne recule devant rien, malfrat", tàrétàré "félicitations, hourrah, enthousiasme", dàmájìrá "faire le maximum, faire tout son possible ; maximum" ...

Au fond, cet ouvrage volumineux excelle par l’immense nombre de ses entrées et des exemples fournis et fera sans doute date dans l’histoire de la langue bambara.

Si on veut adresser une petite critique, une toute petite seulement, c’est donc la suivante : chez Bailleul, les morphèmes des mots dérivés et composés sont séparés par un point (et leur traduction en dessous du mot bambara) pendant que la césure entre ces morphèmes n’est pas indiquée par Dumestre (et leur traduction, à droite du mot bambara, succède à l’appartenance grammaticale, se trouvant entre barres obliques, les termes correspondant aux composants reliés entre eux par des tirets). Exemple :

Bailleul (p.153) : gàlò.mà.jira : n. "signe de malheur" (malheur.qui a.montrer)

Dumestre (p.361) : gàlòmàjira : n.compl. /malheur-qual.-montrer/ • "signe de mauvais augure, porte-malheur"

Chez Bailleul, même un débutant dans l’apprentissage de la langue bambara reconnaît à première vue que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments différents qui sont sans aucun doute : le nom gàlò "malheur", le suffixe de dérivation nominale -ma "qui a" et le verbe jira "montrer". En comparaison, chez Dumestre, c’est la rubrique ‘étymologie’ (entre barres obliques) seulement qui indique que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments dont le sens est "malheur", "qualif." (c.à.d. suffixe nominale de valeur qualificative) et "montrer". De plus, on peut certes reconnaître que ce mot composé figure sous l’entrée gàlò, mais on ne peut reconnaître la césure de ce qui reste, et ce, majira. Est-ce ma + jira ou plutôt maji + ra ou ... ? Bien sûr, c’est évident pour moi ou toute personne qui est familière avec le bambara, mais pour un débutant, ce n’est pas forcément évident. Dans ce cas, Bailleul est à mon avis plus clair dans l’information fournie.

Autre petit regret : chez Bailleul, on est informé sur la valence de tout verbe, c.à.d. si le verbe est transitif, intransitif ou réfléchi (par les sigles v.i, v.t et v.réf), chez Dumestre, on est informé qu’il s’agit d’un verbo-nominal (noté par v-n.) correspondant au fait que les verbes bambara ont, à un degré plus ou moins fort, l’aptitude à être employés comme des noms. Exemple :

Bailleul (p.27) : bàna n. "maladie" bàna v.i "tomber malade" bàna v.t "rendre malade"

Dumestre (p.83) : bàna v-n. • "être malade, rendre malade ; blesser, faire mal ; maladie"

Chez Bailleul, il apparaît clairement que le mot bàna peut être employé comme nom (bana juguyara "la maladie a empiré"), verbe transitif (sabara in bè n sen bana "ces chaussures me font mal aux pieds") ainsi que verbe intransitif (a banana kosèbè "il est tombé gravement malade"), par contre, chez Dumestre, le mot bàna est un verbo-nominal (v-n.), c.à.d. il peut être employé comme nom et comme verbe, mais si le verbe est transitif et/ou intransitif, on ne l’apprend pas. Cependant, pour un débutant et autres aussi, juste une telle information est très serviable.

Ce ne sont que détails. Toutefois, les mêmes ne diminuent en aucune manière la très bonne qualité de cet ouvrage qui est à recommander chaudement à tous ceux et celles qui veulent apprendre le bambara. Donc, je conseille à tout débutant de se procurer non seulement ce Dumestre mais aussi les deux Bailleul (1). Les deux ouvrages sont ainsi complémentaires ... et le fin du fin en ce qui est la langue bambara, sans aucun doute ! Un graaaaaand merci à toi, Gérard !

Dumestre, Gérard. 2011. Dictionnaire bambara-français, suivi d’un indexe abrégé français-bambara. Paris : Editions Karthala. (disponible aussi en format ebook)

http://www.karthala.com/2466-dictionnaire-bambara-francais-suivi-d-un-index-abrege-francais-bambara-9782811105426.html

Le prix : 54 euros (en France), 67 euros (en Allemagne).

Gérard Dumestre, professeur émérite, a consacré ses recherches à la langue et à la littérature orale bambara, ainsi qu’à la société malienne contemporaine. De 1976 à 2010, Dumestre a enseigné le bambara à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris. Il a publié Le bambara du Mali : Essais de description linguistique (1994) et une Grammaire fondamentale du bambara (2003), descriptions les plus détaillées et les plus complètes de cette langue, et deux volumes de chroniques (Chroniques amoureuses au Mali, 1998 ; Maléfices et manigances, chroniques maliennes, 2007). Il est aussi l’auteur, dans la série des "Classiques Africains", de plusieurs volumes de textes littéraires bilingues (La prise de Dionkoloni, épisode de l’épopée bambara, 1975 ; La geste de Ségou racontée par des griots bambara, 1979 ; Des bêtes et des hommes, chants des chasseurs mandingues, 2000). Un grand nombre de ses articles sur le bambara ont été publiés dans la revue Mandenkan.

VIVE LE BAMBARA !!!

Herbert

(1) Bailleul, Charles. Dictionnaire bambara-français. Troisième édition corrigée. Bamako, Editions Donniya, 2007, 476pp. Charles Bailleul. Dictionnaire français-bambara. Réimpression en août 2006. Bamako, Editions Donniya, 2006, 377pp. (2) Bailleul, Charles. Sagesse bambara, proverbes et sentences. Bamako, Editions Donniya, 2005, 463pp.

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TA
Taamaden 14 years ago · Anusara
Proverbes bambara (1)
Proverbes bambara (ntalenw bamanankan na)

Les proverbes ici retenus ont été ramassés au Bèlèdugu, région historique du Mali précolonial (Kolokani, son chef-lieu, Banamba, Komi, Nossombougou, Didiéni, Falajè, Fassa, ...), au « cœur du pays bambara », au nord de Bamako, capitale du Mali. Ladite région est rattachée à la 2ième région administrative de Koulikoro. Les proverbes et sentences y sont compris, et beaucoup d’entre eux y sont utilisés, sinon tels quels, du moins dans l’une ou l’autre variante très proche.

Ces proverbes démontrent la sagesse d’un peuple, sa manière de concevoir la condition humaine et les relations sociales, son code de l’honneur et de sa morale. Ils sont un des supports de l’éducation de base traditionnelle ...

1 : Kamalen nyuman bèè tè dugutigi den ye. jeune homme / beau / tous / EQnég / chef de village / enfant / EQ Tous les beaux jeunes gens ne sont pas descendants du chef de village.

= La position sociale n’est pas gage de noblesse, il y a beaucoup de nobles gens qui ne sont pas fil(le)s de riches.

2 : Hakè dègè ka kumu. péché / dèguè / DES / aigre La bouillie du péché devient aigre.

= Toute faute sera punie un jour ou l’autre.

(dègè = mets consistant en une céréale pilée non tamisée, légèrement passée à la vapeur, étendue d’eau ou de lait ; « farine de petit mil bluté cuite à la vapeur d’eau et additionnée de sel, piment et lait »)

3 : I teri fa, o ye i fa ye. ton / ami / père / celui / EQ / ton / père / EQ Le père de ton ami, c’est ton père.

= On considère son ami comme un vrai frère, on respecte une personne qu’un ami respecte.

4 : Baladen bèè tè fò su kelen. balafon-morceau / tous / INACnég / jouer (de la musique) / soir / 1 On ne joue pas de toutes les lames du balafon le même soir.

= On ne doit pas nécessairement tout dire au même moment.

5 : Mògò ni i kònò tè kèlè. homme / et / sa / pensée/ INACnég / battre On ne se dispute pas avec ses pensées.

= Le fait de garder ses secrets ne cause aucun dommage, autrement dit, et tout le monde le sait : « La parole est d’argent, le silence est d’or » (en allemand « Reden ist Silber, Schweigen ist Gold ».)

(ici, le pronom personnel i "tu, te, toi ; ton, ta, tes" fait fonction d’un pronom de reprise de mògò. Par conséquent, je l'ai traduit par "sa" et non par "ta". Voir aussi le proverbe no.23)

6 : Kun tè diyanye la. raison / SITnég / amour / SIT L’amour ne s’explique pas.

= Quand on aime quelqu’un, c’est sans cause, sans raison.

7 : Sabu de bè juru se kòlòn na. méthode / FOC / INAC / corde / faire arriver / puits / à C’est la méthode qui fait arriver la corde au fond du puits.

= L’intelligence et la réflexion (nous) permettent de trouver de bonnes solutions.

8 : Kumakan tè kòrò. parole / INACnég/ vieillir La parole ne vieillit pas.

= Les calomnies, les médisances, les insultes, on peut les pardonner mais on ne peut les oublier.

9 : Mògòkòròkan ye fura ye. homme-vieux-langue / SIT / médicament / SIT Les paroles de vieux sont (comme) des remèdes.

= L’expérience est bonne conseillère, elle est toujours profitable.

10 : Tinyè bèè tè fòta ye. vérité / toute / SITnég / dire-ce qui est à faire / SIT Toute vérité n’est pas bonne à dire.

= Il faut s’abstenir de dire certaines vérités pour ne pas se créer de problèmes.

11 : Daga bèè ni a galama don. marmite / toute / et / sa / louche / PRES Chaque marmite a sa petite louche.

= A chaque village ses coutumes, à chaque famille ses coutumes.

12 : Cèkòròba ka fisa a sòngò ye. homme vieux / DES / meilleur / son / prix / que Un vieux vaut mieux que sa valeur marchande.

= Un vieux n’a pas de prix, il est précieux par son expérience et sa sagesse.

13 : Jamana bèè ni a ka laada don. pays / tous / et / sa / CONN / coutume / PRES A chaque pays ses coutumes.

= Tout pays a ses coutumes particulières. (voir aussi le proverbe no.11, même sens !)

14 : Ko bèè ni a sababu don. action / toutes / et / sa / raison / PRES Chaque événement a sa cause.

= Il n’y a pas de fait sans cause.

15 : Nataba ni sugu lamini. cupide / et / marché / entourer Le cupide fait le tour du marché.

= Le cupide pense toujours trouver quelque chose de meilleur.

16 : Kami bè a nyèmògò tòn filè. pintade / INAC / son / patron / nuque / regarder La pintade regarde la nuque de celle qui la précède.

= Les enfants regardent et imitent leurs parents, leurs aînés, pour le bien ou pour le pire.

17 : Faama bè kòròfò a kò. puissant / INAC / réprimander / lui / derrière C’est en son absence qu’on dénigre le puissant.

= Le souverain a le pouvoir et il fait ce qui lui plait.

18 : Fiyen tè miseli tòmò. aveugle / INACnég / aiguille / ramasser L’aveugle ne peut ramasser une aiguille.

= Qui n’a pas étudié ne peut devenir savant, à moins d’avoir un maître qui l’initie.

19 : Wari bè wari nyini. argent / INAC / argent / chercher L’argent recherche l’argent.

= Plus on en a, plus on en veut.

20 : Muso tè dòn kaban. femme / INACnég / connaître / déjà On ne peut pas connaître parfaitement une femme.

= Il ne faut se fier à la femme, elle dissimule facilement ce qu’elle pense ou veut.

21 : N tè ji min nu fè ! je / INACnég / eau / boire / nez / par Je ne bois pas l’eau par le nez !

= Manière de dire « Je ne suis pas un imbécile ! »

22 : Diya tè kèlè sa. plaisir / INACnég / querelle / mourir L’amour n’empêche pas les disputes.

= Dans toute amitié, il y a des moments de tension.

23 : Mògò kana i bolo don jiri ni a fara cè. homme / PROH / sa / main / mettre / arbre / et / son / écorce / entre Il ne faut pas mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce.

= Il est indiqué de ne pas s’immiscer dans les querelles entre amis.

24 : Cè minbali tè tinyè fò. homme / boire-sans / INACnég / vérité / parler Un homme qui n’a pas bu d’alcool ne dit pas la vérité.

= Celui qui a bu de l’alcool dit la vérité sans se préoccuper des conséquences.

25 : Mògò tè se hakili dan na. homme / INACnég / arriver / intelligence / limite / à On ne peut atteindre les limites de l’intelligence.

= On ne peut ni tout savoir ni réaliser tous ses idées et projets.

26 : Tulo bè dènè kun. oreille / SIT / mur / avec Les murs ont des oreilles.

= Avertissement de prudence donné aux médisants, aux rapporteurs, aux étourdis ...

27 : Nyininkalikèla tè fili. qqn qui demande / INACnég / se tromper Celui qui interroge ne risque pas de se tromper.

= Tant qu’on demande des renseignements, on a de bonnes chances de ne pas faire d’erreurs.

28 : Fali ye tulo sòrò, a ko "Binyè". âne / AC / oreille / recevoir / il / dire / corne L’âne a été doté d’oreilles, il réclame des cornes.

= Plus on reçoit, plus on demande. Conseil : Il faut être content de ce qu’on a.

29 : Cènyè tè dumuni sa. beauté / INACnég / repas / empêcher La beauté n’empêche pas de manger.

= Mieux vaut la bonne santé que la beauté.

30 : Bolokòni bèè ni a dayòrò don. doigt / chaque / et / sa / emplacement / PRES A chaque doigt son emplacement.

= Chaque individu a une place, un rôle à jouer dans la société. Ce proverbe sert à montrer l’importance de la solidarité !

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; DES = marque de prédication non-verbale ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PROH = marque de prédication du prohibitif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

A suivre ...

VIVE LE BAMBARA, VIVE LE MALI !!!

Bonne lecture, Herbert
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TA
Taamaden 14 years ago
Proverbes bambara (3)
Proverbes bambara (ntalenw bamanankan na)

Encore 50 proverbes bambara ...

71 : Muso hakili dan ye a sinw ye. femme / esprit / limite / EQ / ses / seins / EQ La limite de l’entendement d’une femme, ce sont ses seins.

= Une femme préfère l’immédiat au futur. Autre expression pour "Ne pas voir plus loin que le bout de son nez".

72 : Suruku senna ka goni tabadagamin ma. hyène / à pied / DES / rapide / pipe-fumer / plus que La marche de l’hyène est trop rapide pour lui permettre de fumer la pipe.

= Quand on est pressé, certaines activités sont impossibles.

73 : Nton bè lajè a ba de la. termite / INAC / rassembler / sa / mère / FOC / à Les termites se rassemblent autour de la reine mère.

= C’est au chef de montrer l’exemple, de donner sa participation.

74 : Kungo tè mògò si ni waraw jè ye. brousse / EQnég / homme / aucun / et / animaux sauvages / union / EQ La brousse ne peut appartenir à la fois aux hommes et aux fauves.

= L’un sera plus fort que l’autre. Proverbe dit de deux personnes méchantes qui ne peuvent cohabiter dans la même case, la même famille, le même village ...

75 : N’i ye wulu ci, a b’a julaku ci. si / tu / AC / chien / envoyer / il / INAC / son / commerçant-queue / envoyer Si tu envoies un chien en commission, il envoie sa queue.

= On se décharge volontiers d’une besogne sur un inférieur, finalement la commission n’est pas exécutée.

76 : Mènèmènèninw na kunkòròba tè ban. petites fourmis / parmi / tête-vieille-très / INACnég / finir Parmi les petites fourmis, il y en a toujours une qui est la plus âgée.

= Dans tous les groupes, il y a toujours quelqu’un qui est le responsable.

(dans la société bambara, c’est d’ordinaire le plus âgé d’un groupe qui en est le responsable.)

77 : Cèbèn lankolon tè. homme-rencontre / vide / PRESnég Une rencontre de guerriers fait obligatoirement des victimes.

= La guerre est meurtrière, les querelles laissent des séquelles.

78 : Mògò tè sogosu kalifa suruku ma. homme / INACnég / animal-cadavre / confier / hyène / à On ne confie pas un cadavre d’antilope à une hyène.

= On ne confie pas à quelqu’un un objet qu’il convoite.

79 : Bisigi bè feere, a tè den. supposition / INAC / fleurir / elle / INACnég / fructifier Les suppositions fleurissent, (mais) elles ne portent pas de fruits.

= Il y a loin de l’imagination à la réalité.

80 : Koro b’a mòyòrò fari da. iguane de terre/ INAC / son / grandir-lieu / teint / créer Le varan de terre prend la couleur du terroir où il a grandi.

= Le gens sont le produit de leur société et de leur culture.

81 : Denmusonin tulo fila y’a ba ta ye. petite fille / oreille / 2 / EQ / sa / mère / celle de / EQ Les deux oreilles de la petite fille sont celles de sa mère.

= La fillette apprend tout de sa mère.

82 : Ni dibi ye a jubila jè, a bè bin. si / four / INAC / son / fondement-laisser / rater / il / INAC / tomber Si le four à karité délaisse ses fondations, il s’écroule.

= Abandonner les vieilles coutumes, c’est aller à la ruine.

83 : Cèkòròba ka nyi warasu nyè. homme-vieux-très / DES / bon / animal sauvage-cadavre / devant Il est bon qu’un vieux soit devant le cadavre du fauve.

= Dans toute entreprise, il est préférable que quelqu’un d’expérimenté la dirige.

84 : Sen kelen tè sira jè. pied / 1 / INACnég / chemin / rendre propre Une seule paire de pieds ne blanchit pas le chemin.

= Les visites aux amis ne doivent pas se faire dans un seul sens. Proverbe adressé de reproche à celui qui ne rend jamais la visite, et, en général, à celui qui demande toujours et ne donne jamais rien.

85 : Yaalalikèlaba tè a ba su don. promenade-faire-agent-grand / INACnég / sa / mère / cadavre / mettre Celui qui ne cesse de voyager, n’enterrera pas sa mère.

= Qui veut faire fortune au loin ne bénéficiera pas des grands événements de la famille, et des dernières bénédictions maternelles. Bref, les absents ont toujours tort.

86 : Nègè bè nègè tigè. fer / INAC / fer / couper Le fer coupe le fer.

= Ne pas se laisser abuser, rester sur ses pieds. Un homme de rien peut vous susciter des procès.

87 : Muso masiri ye woloden ye. femme / bijou / EQ / accoucher-enfant / EQ La parure d’une femme, c’est l’enfant qu’elle a mis au monde.

= Une femme ne peut être heureuse, tant qu’elle n’a pas d’enfant. L’accomplissement d’une femme est la maternité.

88 : Mògòfagafèn da man nyi bara kòrò. homme-tuer-être / bouche / DESnég / bon / nombril / sous La gueule d’un animal capable de tuer un homme est malvenue sous le nombril.

= Il n’est pas bon de voir un ennemi dans un endroit où il peut faire de sérieux dégâts.

89 : Bololankolon nyi tè, ni Ala tè. main-vide / ami / PRESnég / si / Dieu / PRESnég Le pauvre n’a pas d’amis, si ce n’est Dieu.

= Quand on est pauvre, on a peu d’amis.

90 : Su bè tanu. mort / INAC / louer Les morts sont (traditionnellement) loués.

= Les bonnes actions sont relevées et louées. Proverbe qui sert à encourager à la vertu.

91 : Kodònbaga bè kodònbali hakili waga. connaisseur / INAC / ignorant / esprit / ouvrir L’homme instruit ouvre l’esprit de celui qui ne l’est pas.

= Il lui apporte de nouvelles idées, de nouvelles connaissances.

92 : Bònè bè na diya. malheur / INAC / sauce / rendre agréable Un malheur permet de faire de la bonne sauce.

= A quelque chose, le malheur est bon. Dans une famille, si l’on voit quelque chose dont tout le monde profite, quelqu’un s’est sacrifié pour les autres.

93 : San wolen kò ye nèèma ye. pluie / achevée / après / EQ / fraîcheur / EQ Après la pluie, la fraîcheur.

= Après une période difficile, l’aisance revient dans la famille. Pour se marier, il faut peiner pour trouver la dot, mais ensuite on jouit de son épouse et de ses enfants.

94 : Hèra fura tè. bonheur / médicament / PRESnég Il n’y a pas de recette pour (obtenir) le bonheur.

= Le bonheur ne s’obtient pas grâce à un médicament quelconque. Il est un don de Dieu.

95 : Saya juru tè to mògò la. mort / dette / INACnég / rester / homme / à On ne remet jamais la dette qu’on a envers la mort.

= La mort est sans remède.

96 : Tulo kunnandi bè laadilikan mèn. oreille / chanceuse / INAC / conseil-voix / écouter L’oreille chanceuse écoute les conseils.

= Il est sage d’écouter les conseils et de s’en tenir aux conseils donnés, sinon on devra en subir les conséquences.

97 : Ni nyò fyèra su fè, janfa donna syèw kun si / mil / vanner-AC / soir / à / trahison / mettre-AC / poules / contre Vanner le mil la nuit, c’est trahir les poules.

= Profiter de l’absence de quelqu’un pour faire quelque chose qu’il aime est une trahison.

98 : Subaga seere tè gingin ye. sorcier / témoin / EQnég / hibou / EQ Le hibou ne peut pas témoigner en faveur du sorcier.

= On ne dénonce jamais un coupable, quand on est son complice.

99 : Sini ta balo tè di bi ta fè. hier / part / nourriture / INACnég / donner / aujourd’hui / part / avec La nourriture du lendemain n’est pas donnée avec celle d’aujourd’hui.

= Chaque chose en son temps. Donc, il faut être méthodique et prudent.

100 : Syè da man nyi murusankokuma na. poule / bouche / DESnég / bon / couteau-acheter-affaire-parole / à La poule n’a pas intérêt à se mêler d’une conversation concernant l’achat d’un couteau.

= ... car c’est avec un couteau qu’on l’égorgera. Donc, ne prenez pas part à une conversation qui risque de vous compromettre.

101 : Nyènafin bè fali faga. nostalgie / INAC / âne / tuer La nostalgie fait mourir l’âne.

= L’absence de l’être aimé rend nostalgique et peut rendre malade.

102 : Cèya masiri tè jitòya ye. masculinité / ornement / EQnég / couardise / EQ La peur n’est pas un ornement pour un homme.

= Quand on est homme, il faut jouer énergiquement son rôle. C’est une honte pour un homme d’avoir peur. Ce proverbe sert à inciter les jeunes gens au courage, à la fermeté.

103 : Kònòden bè kònòkòrò kan fò. oiseau-enfant / INAC / oiseau-vieux / voix / parler L’oisillon chante comme ses aînés.

= Quand on suit les aînés, on apprend d’eux tout ce qui les concerne. On ne donne que ce qu’on a reçu ou appris.

104 : Dugukolo tè mògò nègèn. terre-essentiel / INACnég / homme / tromper La terre (cultivable) ne trompe pas les gens.

= Quand on travaille la terre, elle donne sa récolte.

105 : Ni kò wulila, a bè suma. quand / rivière / se lever-AC / elle / INAC / calme Après une crue, la rivière se calme.

= Après un moment d’humeur, on se calme progressivement.

106 : Sigi tè mògò sòn. s’asseoir / INACnég / homme / gratifier Rester assis ne profite à personne.

= Il faut travailler pour posséder et avoir des amis.

107 : Naafigi nèkun bè dugu ci. rapporteur / langue / INAC / village / couper La langue du rapporteur détruit le village.

= La communauté finira par se dissoudre.

108 : Ni baara t’i la, kè mògò fè min tè i fè. si / travail / SITnég / toi / à / faire / homme / aimer / personne / pour / qui / SITnég / toi / pour Si tu n’as pas de travail, aime une personne qui ne t’aime pas.

= C’est se créer des problèmes que d’aimer une fille qui ne t’aime pas.

109 : Mògò tè barika tòmò bòlòn na. homme / INACnég / remerciement / ramasser / rue / dans On ne récolte pas de bénédictions dans la rue.

= On cherche les bénédictions chez ses parents, et non en dehors de la famille.

110 : Mògòlabòla, i nyè bè waliden na. homme-agent-sortir-agent / ton / œil / SIT / enfant d’autrui / à Le raciste a les yeux sur l’enfant d’autrui.

= Tous les hommes sont égaux, rien n’est plus méprisable que de faire des distinctions d’appartenance ethnique, de couleur de peau, de religion.

111 : Boloda sin kan tè cèmisèn kè musotigi ye. main-mettre / sein / sur / INACnég / jeune homme / faire / femme-propriétaire / en Mettre la main sur un sein (de femme) ne fait pas du jeune homme le propriétaire de cette femme.

= Profiter d’un objet ne fait pas de nous son propriétaire.

112 : Sonsan bòlen fali fè, a den tè. lièvre / qui se montre / âne / comme / son / enfant / PRESnég Le lièvre ressemble à l’âne, mais ce n’est pas son petit.

= Tous ceux qui ont des points de ressemblance ne sont pas forcément de la même famille.

113 : Forobatigi bè, ani jònforo fana bè. champ-grand-propriétaire / SIT / et / esclave-champ / aussi / SIT Le champ collectif a un responsable, le champ personnel aussi.

= A chaque chose son propriétaire ou son responsable.

114 : Sini bè Ala bolo. demain / SIT / Dieu / main L’avenir est dans les mains de Dieu.

= Nous ne sommes pas maîtres de l’avenir.

115 : Munyu tè nimisa. patience / INACnég / regretter On ne regrette jamais d’avoir été patient.

= La patience se paie.

116 : Ni finyè yèlèmana, nyòfyèmuso b’i yèlèma. quand / vent / changer-AC / mil-vanner-femme / INAC / se / changer Quand le vent change de sens, la vanneuse change de côté.

= Adaptation aux circonstances, aux nouveautés, aux caprices des chefs ...

117 : Fèèròbò dan ye kasanke ye. besoin en habits-sortir / limite / EQ / linceul / EQ On ne peut être mieux habillé que dans un linceul.

= A la mort, on ne se soucie plus de son habillement. Ce proverbe s’adresse à ceux qui attachent beaucoup d’importance aux habits.

118 : Sòrò tè da tugulen to. gain / INACnég / bouche / fermée / laisser Le gain ne laisse pas la bouche muette.

= On est fier de ses succès, de ses gains, on ne peut s’empêcher d’en parler.

119 : Mògòsèbèya bè fòlò i yèrè la. homme-sincère-abstrait / SIT / premier / soi / même / par La droiture commence par soi-même.

= Pour bien parler de la vertu, il faut la pratiquer soi-même.

120 : Bunteni ka dògò, nka a tè kuru ka bila jufa la. scorpion / DES / petit / mais / il / INACnég / plier / CONV / mettre / poche / à Le scorpion est petit, mais on ne le plie pas pour le mettre en poche.

= Si petit que soit un brave, on ne le traitera pas comme un autre.

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONV = connectif entre verbaux ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PRESnég = marque de prédicatif non-verbale négative ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

A suivre ...

VIVE LE BAMBARA, VIVE LE MALI !!!

Bonne lecture, Herbert
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TA
Taamaden 14 years ago
Proverbes bambara (2)
Proverbes bambara (ntalenw bamanankan na)

Encore 40 proverbes bambara ...

31 : Nyèni man jugu, fò saya. misère / DESnég / méchant / sauf / mort La misère n’est pas grave, seule la mort l’est.

= Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

32 : Muso diyanyecè de bè nkaranga ci a kesekele kan. femme / amour-homme / FOC / INAC / pou / écraser / son / clitoris / sur C’est seulement le bien-aimé qui peut écraser les poux sur le clitoris de sa femme.

= Il y a des actions répréhensibles ou pénibles que la passion fait entreprendre ou supporter.

(kesekele = clitoris ; désolé, je ne peux pas segmenter – je crois – ce mot composé. Il s’en agit peut-être d’une forme divergente du composé kerekisè . En bambara, il y a bien d’autres synonymes pour "clitoris" qui sont : byèkisè , kere et musoku .)

33 : Kabako dan ye denyèrènin firiyatò ye.. chose extraordinaire / limite / EQ / bébé/ étant en période de viduité / EQ Rien de plus extraordinaire qu’un bébé veuf.

= Il y a des choses extraordinaires, des choses qu’on ne croit pas possibles ou qu’on ne croyait pas possibles. Ce proverbe sert à exprimer un étonnement ou un doute.

34 : Syè min tè bugun a kili kan, a tè tòrò. poule / REL / INACnég / couver / son / œuf / sur / elle / INACnég / éclore La poule qui ne couve pas, ne fera pas éclore ses petits.

= Le débauché invétéré et la putain sont ou rendent souvent stériles.

35 : Don bèè ni a dugujè kan don. jour / tous / et / lendemain matin / voix / PRES A chaque jour ses nouvelles matinales.

= Chaque jour apporte ses nouvelles : tristes et/ou joyeuses.

36 : Dinyè tè kè ka ban. monde / INACnég / faire / CONV / finir On ne finit pas le monde.

= Les humains viennent et passent mais le monde reste. N’essayez pas de faire tout ce que vous voudriez faire dans la vie !

37 : Nyè min ni hèra sira, o tè fili. vue / REL / si / paix / passer la nuit-AC / DEM / INACnég / se tromper Quand quelqu’un a passé une bonne nuit, ça se voit sur son visage.

= Quand une personne est dans la paix, a la conscience tranquille, ça se voit. A l’inverse, on reconnaît celui qui a mal dormi, car il a les yeux rouges.

38 : Faama ka gèsè ye faantan ye. riche / CONN / brosse à dents / EQ / pauvre / EQ Le pauvre est la brosse à dents du riche.

= Il en fait ce qu’il veut, il l’appelle quand il en a besoin.

(gèsè = la brosse à dents traditionnelle des Bambara, faite avec des branchettes de bois vert)

39 : Cèkòròba tulo ka bon, a nyè ka di. homme-vieux-très / oreille / DES / grand / son / œil / DES / bon Les vieux ont de grandes oreilles et de bons yeux.

= On leur apporte beaucoup de renseignements ; certes, ils ne bougent pas de leur concession, mais leurs enfants et petits-enfants les informent sur tout ce qu’ils voient et entendent au village.

40 : Fèn bèè bè taa ka segin sabalibaga ma. chose / toute / INAC / partir / CONV / revenir / patienter-agent / à Tout part de celui qui est patient et tout lui revient.

= Même ce qu’il avait prêté, ce à quoi il avait renoncé, le patient le retrouvera. Donc, il faut savoir patienter, et on atteint sûrement son but.

41 : Kabini ji ye jègè dun, dannaya banna. depuis que / eau / AC / poisson / manger / confiance / finir-AC Depuis que l’eau a mangé le poisson, la confiance a disparu.

= On ne doit jamais faire totalement confiance à quelqu’un, même pas à un ami.

42 : Nyè naani, a ka fisa kuma ye. œil / 4 / il / DES / meilleur / parole / que Quatre yeux sont meilleurs qu’une parole.

= Se voir, c’est mieux que de causer. La présence de l’être aimé est primordiale.

43 : Sanu ni nsira man kan. or / et / laiton / DESnég / égal L’or et le laiton ne sont pas les mêmes.

= Même si l’or et le laiton ont la même fonction, on ne peut comparer une chose de grande valeur à une moindre. En ce qui est les hommes, on ne peut mettre sur le même plan un honnête et un vaurien.

44 : Kòròtòbaga tè syè kantigè. se presser-agent / INACnég / poule / cou-couper Celui qui est pressé n’égorgera pas la poule.

= L’impatience va au devant d’échecs.

45 : Bugòli tè mògò masiri ye. frapper-action / EQnég / homme / ornement / EQ Recevoir une rossée n’est pas une parure d’homme.

= Un noble ne devrait pas voler.

46 : "Na yan !" kòrò ka di. viens / ici / sens / DES / bon "Viens ici !" est (une parole) de bonne augure.

= On tire toujours profit de quelqu’un qui appelle, soit c’est pour donner, soit c’est pour informer. Ce proverbe s’adresse à celui qui hésite à répondre à l’appel.

47 : Sarati bè nèkun kan. promesse / SIT / langue / sur La promesse est sur la langue.

= Il faut tenir sa parole, ne pas l’oublier.

48 : Misijugu tè nònò bò, a bè tòw ta bòn. vache-méchant / INACnég / lait / faire sortir / elle / INAC / autres / celui de / renverser Une méchante vache ne donne pas de lait et renverse celui des autres.

= Aucun profit à tirer d’une personne méchante, en plus, il faut s’en méfier. Elle ne pense qu’à nuire aux autres.

49 : Dinyè ka jugu dinyèden ma. monde / DES / mauvais / jouisseur / à Le monde est funeste au libertin.

= La vie dissolue a ses revers : maladies, sida, stérilité ...

50 : Sinyè kelen tè togo da. fois / 1 / INAC / hutte / créer On ne construit pas une hutte en une seule fois.

= Il faut du temps pour faire une œuvre importante. Ce proverbe correspond à notre « Rome n’a pas été construit en un jour » (en allemand « Rom wurde nicht an einem Tag erbaut »).

51 : Kanu di bè don kanungunu kònò. amour / miel / INAC / entrer / amour-ruche / dans Le miel de l’amour entre dans la ruche de l’amour.

= Quand on aime quelqu’un, on ne veut rien faire sans lui, on lui dit tout.

52 : Fanga de ka teli jo ye. pouvoir / FOC / DES / rapide / droit / que La force est plus rapide que le droit.

= Le puissant se croit tout permis et le fait savoir.

53 : Nyèjuguya ka fisa sonyali ye. parasitisme / DES / meilleur / vol Mieux vaut quémander que de voler.

= Mendier n’est pas mauvais, voler oui.

54 : Saya ka jugu, nka banajugu ye i jugu sago ye. mort / DES / mauvais / mais / maladie-grave/ EQ / ton / ennemi / volonté / EQ La mort est terrible, mais la maladie grave est le souhait de ton ennemi.

= Rien de plus agréable à ton ennemi que d’apprendre ton humiliation.

55 : Bololankolon nèkun ye daro ye. main-vide / langue / EQ / clochette / EQ La langue du pauvre est comme une clochette.

= Quoiqu’il puisse dire, on n’en tient pas compte ; de plus, ce n’est pas lui qui pourra régler les affaires, faute de moyens.

56 : Ko bèè ni a sababu don. chose / toute / et / sa / raison / PRES Chaque événement a sa cause.

= Il n’y a pas de fait sans cause.

57 : Fali sara, boci banna. âne / mourir-AC / pet / finir-AC L’âne est mort, il n’y aura plus de pets.

= Quand une personne vicieuse et importune disparaît, on ne sera plus victime de ses mauvais comportements.

58 : Boli kojugu ye siran ye. fuite / trop / EQ / crainte / EQ C’est la peur qui fait fuir à toute vitesse.

= On fuit ce dont on redoute les conséquences.

59 : Ala tè mògò sigilen sòn. Dieu / INACnég / homme / assis / consentir Dieu n’accorde pas ses bienfaits à qui reste assis.

= Le paresseux ne peut espérer aucun profit ni soutien. Il ne faut pas soutenir la paresse.

60 : Jègè jigi ye ji ye. poisson / chose sur laquelle on s’appuie / EQ / eau /EQ Le refuge du poisson, c’est l’eau.

= On trouve les meilleurs appuis dans son propre milieu.

61 : Taa man gèlèn, na-ni-a-ye de ka gèlèn. partir / DESnég / difficile / venir-et-le-avec / FOC / DES / difficile Partir n’est pas difficile, mais revenir avec quelque chose c’est ça qui est difficile.

= Entreprendre c’est assez facile, réussir c’est plus difficile.

62 : Jula tè a dògòjugu lakali. colporteur / INACnég / son / marché-mauvais / raconter Le colporteur ne raconte jamais de ses échecs commerciaux.

= Il ne faut pas raconter ses échecs, de peur qu’on ne vous prenne pour une personne stupide. Vous savez, le vantard ne parle pas de ses échecs.

63 : I ye gòngòrò fili tile ma. tu / AC / pierre / jeter / soleil / à Tu as lancé un caillou sur le soleil.

= Il ne faut pas se fatiguer en vain.

64 : Kurun dan ye cèncèn ye. pirogue / limite / EQ / sable / EQ La pirogue ne peut aller plus loin que la berge sableuse.

= On ne peut pas dépasser ses capacités.

65 : Syèkili ka di, syèden ka di, o fila tè nyè. poule-œuf / DES / bon / poule-enfant / DES / bon / DEM / 2 / INACnég / être bon L’œuf de poule est appétissant, le poulet aussi, mais on ne peut pas avoir les deux.

= On ne peut pas tirer deux profits d’une même chose.

66 : Soden tè sòngò sòrò a woloyòrò. cheval-enfant / INACnég / prix / gagner / son / naître-lieu Le poulain ne se vend pas très cher là où il est né.

= Personne n’est apprécié à sa vraie valeur là où il vit habituellement. Ou, comme on dit chez nous « Nul n’est prophète en son pays ».

67 : Kojugu ye karamògò ye. action-mauvais / EQ / enseignant / EQ Une expérience malheureuse est un (bon) maître.

= On apprend par ses fautes. Les conséquences de nos mauvaises actions servent de leçon.

68 : Don o don, to man di. jour / CONN / jour / to / DESnég / bon (Servir) du "to" tous les jours finit par dégoûter.

= On ne peut être égal à soi-même tous les jours.

(to = plat de céréales, et particulièrement le "to" de mil, plat national du Mali)

69 : Dinyè ye kalanso ye. monde / EQ / apprendre-maison / EQ La vie est une école.

= Le monde est un endroit où on apprend chaque jour.

70 : Danni bè fòlò kelen na. compter-action / INAC / commencer / 1 / à On commence à compter par "un".

= Il faut commencer par l’origine, par le début. Ce proverbe sert à inviter quelqu’un à respecter l’ordre, l’hiérarchie.

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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif de valeur anaphorique ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

A suivre ...

VIVE LE BAMBARA, VIVE LE MALI !!!

Bonne lecture, Herbert
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Taamaden 14 years ago · Anusara
Le mariage au Mali (en bambara)
LE MARIAGE AU MALI FURUSIRI MALI LA

– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Furusiri Mali la

Nin masalabolo kònò, an bèna kuma furusiri Mali la. An ka ko naani lajè : musonyini furu la, maminèni, furunafolo ani furusiri yèrè ye, olu ye mèri furusiri ani silamè furusiri ye.

1. Musonyini furu la

Mali la, ni kamalennin dò nyèbòra npogotigi dò fè, a b’a fè ka min k’a muso ye, a ma daga ale ka wuli a yèrè ye ka taa npogotigi in somògòw sègèrè o konyè na. Ale ka kan k’a haminanko nyèfò a bangebagaw de ye. Olu de ni npogotigi somògòw bè ko in bèè nyènabò u ni nyògòn cè. Musonyinina fa wala a baramògò dò de bè mògò ci sungurun somògòw ma. O ciden de bè wele furuboloma. Furuboloma nyumanw tè se ka sòrò ka tèmèn jeliw kan, bawo olu ye kumatigiw de ye, u tè dèsè foyi fòcogo nyuman na. O kosòn, mògò caman bè jeliw de bila ka t’u ka furuko nyènabò. Furuboloma in bè wuli kamalennin fa de tògò la ka na se npogotigi fa wala a binaakè dò ma ni woroden tan (jèman duuru ani bilenman duuru) ye, ka sungurun in nyini furu la kamalennin in ye. Du caman kònò, npogotigi bangebagaw dòròn tè se k’a latigè n’ale bè se ka di kamalennin in ma furu la. U ka dukònòmògòw n’u balimaw fana sen bè don a la. Olu bè nyògònye dama dòw kè, walasa k’a lajè n’olu ni musonyinina in ye furunyògònw ye. Olu ka kan k’a dòn n’a ye mògò sèbè ye, ni hòròn don, n’a sòn ka nyi. Nin bèè ka kan ka kè de sani furuboloma ka na. N’u ma fosi juguman mèn a kan, fa wala binaakè bè woroden tan ninnu minè. Ni dògòkun fila tèmènna, jelikè – min bè furubolomaya la – bè na ni woroden tan wèrèw ye. Ni npogotigi somògòw sònna olu fana na, o kòrò ko jelikè ka baara nògòyara. Nka, a ka kan ka na du in kònò sinyè kelen wèrè. O sen fè, a bè woroden tan labanw don npogotigi somògòw bolo. N’olu m’u ban woro laban ninnu na, a bè se ka fò k’u sònna, u denmuso ka maminè. O tuma, cè wèrè tè se ka sungurun in nyini furu la bilen, bawo woro bòr’a nòfè.

2. Maminèni

Ni cè b’a fè ka muso maminè, a baramògòw ka kan ka woropanyè kelen, saga kelen ani wari bila ka taa di muso somògòw ma. Sinyè caman, o warihakè bè dòròmè baa mugan ni dòròmè baa binaani de cè. Woro ni wari bè tila muso somògòw n’u balimaw n’u siginyògònw n’u teriw cè. Muso ka woro mana tila dòròn, a bè fò k’a maminèna. O la sa, musolakaw b’u dònbaga bèè ladònniya k’u denmuso dira cè ma. O kò, olu ni cèlakaw bè bèn don kan, furusiri bè se ka kè min na. Nka, sani o don ka se, cèlakaw ka kan ka furunafolo sara.

3. Furunafolo

Mali furusariya la, muso min ma deli ka furu, o ka furunafolo ye dòròmè baa fila de ye. Nka, ni muso furuko fòlò tè, a ka furunafolo man kan ka tèmèn dòròmè baa kelen kan. Nka, sariya in tè bò a sira fè sinyè caman. Muso somògò dòw bè warihakè min nyini cè fè, o bè tèmèn miliyòn kelen na tuma dò la. N’o se tè cè min ye, o b’i sen bò musoko in na. Furuko caman bè dabila ten, muso somògòw ka natabaya y’o sababu ye.

4. Furusiri yèrè

Mali la, waatiw bè yen furusiri man kan ka kè minw na. Sunkalo ni farafinkalo kònòntònnan y’o waati dòw ye. Komi a bè fò ko : « Kòròbòlikèla si man jan », mògò si tè tulomagèlènya kè, k’a ka furu siri waati kofòlen fila ninnu dò la kelen na. Maliden caman bè siran k’u ka mèri furusiri kè sibiridon, bawo sibiri ye donmafila de ye. O kòrò ko fèn min mana kè sibiridon, o bè kè tugun. Yan, mògò hakili bè jigin furusa de la. Furusa dun ye maloya de ye mògò caman bolo, o kosòn, o kosòn, olu bè kaari sibiri furusiri kò. Nka, n’an ko furusa, an hakili bè cè musokelentigi de ka furu la. Ni cèlakaw ye furunafolo sara, furusiri bè se ka kè. Furusiri fila de bè kè Mali la : kelen bè kè mèri – o ye mèri furusiri ye –, a tò kelen bè kè misiri la (kerecènw ta bè kè egilisi de la) wala npogotigi fa ka du kònò. Furu min bè siri misiri la wala npogotigi fa ka so, o de bè wele silamè furusiri.

– Mèri furusiri

Furusiridon nyumanw ye alamisa ni kari de ye. Mèri furusiri ka kan ka kè misiri ta nyè. Anw ka mèri furusiri ni tubabu jamanaw ta bèè ye kelen ye. Mèri bè cè ni muso nyininka n’u b’a fè ka furu nyògòn ma. O cogo la, a b’u tanga diyagoyafuru ma. N’u ko ònhòn, mèri b’u ka furu siri. O kò, kònyòkè ni kònyòmuso n’u seerew b’u bolonò bila sèbèn na. Mèri bè furusèbèn don kònyòkè bolo. Mògòw bè foto caman ta sani kònyòkè ni kònyòmuso ka bò mèri kònò. N’u bòra yen, u bè don mòbili kònò, ka taa u somògòw fo. O kò, mògòw bè dumuniba kè.

– Silamè furusiri

Silamè furusiri bè se ka kè muso fa ka du kònò, komi a bè se ka kè misiri dò fana kònò. Cèlakaw ni musolakaw n’u teriw n’u dònbagaw bè nyògòn dalajè du in wala misiri kònò. Alimami wala silamèjama in bèè la kòròbalen de bè konyè in nyèmògòya ta. Moriw bè kuranè suran dama dòw kalan. O kò, mògòw bè fatiya ta kònyòkè ni kònyòmuso ye. Woro bè di bèè ma. Dòw bè woro kelen nyimi o yòrò bèè la, ka dugawu kè kònyòkè n’a furumuso ye. Silamè furusiridon su fè, kònyòkoli bè kè. Musow bè kònyòmuso kun n’a senw ko, ka taa n’a ye cè teri dò wala a baramògò dò ka so. Kònyòkè bè taa a sòrò yen. O y’u donnen ye kònyòso la. U bè dògòkun kelen de kè kònyòso la. Cè bè se ka bò, nka muso man kan k’a sen bila hali dukènè na, k’a sòrò kunnyògòn in ma ban. Ale bè waati in bèè kè, a dalen bè sange kòrò. Ni muso bòra kònyòso la, a ka minènsiri bè kè, a bè yèlèma a cè bara.

– texte en français (masalabolo tubabukan na) :

Le mariage au Mali

Dans ce texte, nous allons parler du mariage au Mali, surtout de quatre choses qui sont : demander une femme en mariage, les finançailles, la dot, le mariage lui-même, à savoir le mariage civil et le mariage religieux (musulman)...

1. Demander une femme en mariage

Au Mali, quand un jeune homme tombe amoureux d’une jeune fille, dont il aimerait faire sa femme, il n’est pas indiqué qu’il aille voir de sa propre initiative les parents de la jeune fille au sujet de cette affaire. Il doit faire part de ses aspirations à ses parents. Ce sont ces derniers et les parents de la jeune fille qui doivent régler toute cette affaire entre eux. C’est le père du prétendant ou un de ses proches qui envoie quelqu’un chez les parents de la jeune fille. C’est cet envoyé qu’on appelle entremetteur de mariages. On ne peut trouver de meilleurs entremetteurs de mariages que les griots, car ils sont les maîtres de la parole et arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit. C’est pour cette raison que beaucoup de personnes envoient des griots régler leur affaire de mariage. C’est au nom du père du jeune homme que l’entremetteur de mariages va voir le père de la jeune fille ou l’un de ses oncles avec dix noix de cola (cinq blanches et cinq rouges) afin de demander cette jeune fille en mariage pour ce jeune homme. Dans beaucoup de familles, les parents de la jeune fille ne peuvent pas décider seuls si elle peut être donnée en mariage à ce jeune homme. Les membres de leur famille et leurs frères et sœurs aussi y sont associés. Ils font quelques réunions pour voir s’il peut y avoir un mariage entre eux et ce prétendant. Ils doivent savoir s’il est sérieux, s’il est noble, s’il a un bon caractère. Tout ceci doit se faire avant la visite de l’entremetteur de mariages. S’ils n’apprennent rien de mal sur lui, le père ou l’oncle prend ces dix noix de cola. Deux semaines plus tard, le griot – qui fait office d’entremetteur de mariages – apporte dix autres noix de cola. Si les parents de la jeune fille les acceptent elles aussi, cela veut dire que la tâche du griot est devenu facile. Mais il doit venir encore une fois dans cette famille. Il doit alors remettre les dix dernières noix de cola aux parents de la jeune fille. S’ils ne refusent pas ces dernières colas, on peut dire qu’ils sont d’accord que leur fille se fiance. Alors, aucun autre homme ne peut encore demander cette fille en mariage, car on a déjà pris des colas pour elle.

2. Les fiançailles

Quand un homme veut fiancer une femme, ses proches doivent envoyer un panier de colas, un mouton et de l’argent aux parents de la femme. Souvent, cette somme d’argent se situe entre cent mille et deux cent mille francs CFA. Les colas et l’argent sont partagés entre les parents de la femme, leurs frères et sœurs, leurs voisins et leurs amis. Dès que les colas pour la femme sont partagées, on dit qu’elle est fiancée. Alors, les membres de la famille de la femme informent toutes leurs connaissances que leur fille est fiancée. Ensuite, les membres de la famille de l’homme et eux se mettent d’accord sur un jour, où on peut conclure le mariage. Mais avant que ce jour n’arrive, les membres de la famille de l’homme doivent payer la dot.

3. La dot

Selon le code de mariage du Mali, la dot d’une femme qui n’a jamais contracté de mariage s’élève à dix mille francs CFA. Mais si la femme n’en est pas à son premier mariage, sa dot ne doit pas dépasser cinq milles francs CFA. Mais souvent, on ne respecte pas cette loi. Certains parents de femmes demandent aux hommes une somme d’argent qui dépasse parfois un million de francs CFA. L’homme qui n’a pas les moyens de payer ladite somme, renonce à cette affaire de femme. Beaucoup de projets de mariages échouent à cause de la cupidité de certains parents de femmes.

4. La cérémonie de mariage elle-même

Au Mali, il y a des périodes, où il ne faut pas célébrer de mariages. Le mois de carême et le 9ième mois du calendrier africain font partie de ces périodes. Comme on dit que « celui qui met tout à l’épreuve n’a pas longue vie », personne ne s’entête à célébrer son mariage à l’une des deux périodes évoquées. Beaucoup de Maliens ont peur de célébrer leur mariage civil un samedi, parce que le samedi est un jour de la semaine dont les événements se répètent. Cela veut dire que ce qui se passe le samedi, a lieu une nouvelle fois. Ceci nous fait penser au divorce. Pour beaucoup de personnes le divorce est une honte, c’est pourquoi ils renoncent au mariage du samedi. Mais quand on parle ici de divorce, on pense au mariage monogame. Après que les membres de la famille de l’homme aient payé la dot, le mariage peut avoir lieu. Au Mali, on conclut deux mariages : l’un se fait à la mairie – c’est le mariage civil –, l’autre a lieu à la mosquée (celui des chrétiens est célébré à l’église) ou dans la concession du père de la jeune fille. Le mariage qui se fait à la mosquée ou chez le père de la jeune fille s’appelle mariage religieux.

– Le mariage civil

Le jeudi et le dimanche sont des jours convenables pour se marier. Le mariage civil doit avoir lieu avant le mariage religieux. Notre mariage civil et celui des pays européens se ressemblent. Le maire demande à l’homme et à la femme s’ils consentent à se marier l’un avec l’autre. De cette manière il leur épargne un mariage forcé. S’ils disent oui, le maire conclut leur mariage. Ensuite, le nouveau marié et la nouvelle mariée et leurs témoins signent un papier. Le maire remet l’acte de mariage au nouveau marié. Avant que le nouveau marié et la nouvelle mariée ne sortent de la mairie, les gens font beaucoup de photos. Quand ils quittent ce lieu, ils entrent dans une voiture et vont saluer leurs parents. Ensuite, il y a un repas de fête.

– Le mariage religieux (musulman)

Le mariage religieux peut se faire dans la concession du père de la femme, tout comme il peut avoir lieu dans une mosquée. Les membres de la famille de l’homme et ceux de la femme ainsi que leurs amis et connaissances se réunissent dans cette concession ou dans la mosquée. C’est l’imam ou le plus âgé du groupe de musulmans qui prend l’affaire en mains. Les marabouts lisent quelques versets du coran. Ensuite, les gens bénissent le nouveau marié et la nouvelle mariée. On donne des colas à tous. Certains croquent tout de suite une cola et donnent leurs bénédictions au nouveau marié et à son épouse. La nuit du mariage religieux, on lave la mariée. Des femmes lavent la tête et les pieds de la nouvelle mariée et l’amènent chez un ami du mari ou chez un de ses proches. Le nouveau marié la rejoindra là-bas. Ainsi commence le séjour dans la chambre nuptiale. Ils restent une semaine dans la chambre nuptiale. L’homme peut sortir, mais la femme ne doit même pas mettre les pieds dans la cour, avant que cette semaine ne soit écoulée. Elle reste tout ce temps couchée sous une moustiquaire. Quand la mariée sort de la chambre nuptiale, on fait son trousseau et elle déménage chez son mari.

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Furusiri Mali la furu-siri/ Mali / la mariage-lier / M. / à Le mariage au Mali

Nin masalabolo kònò, an bèna kuma furusiri Mali la. nin / masalabolo / kònò / an / bèna / kuma / furu-siri / Mali / la ce / texte / dans / nous / FUT / parler / mariage-lier / M. / à Dans ce texte, nous allons parler du mariage au Mali.

An ka ko naani lajè : an / ka / ko / naani / lajè nous / INJ / chose / 4 / regarder Regardons quatre choses qui sont :

musonyini furu la, maminèni, furunafolo ani furusiri yèrè min ye, muso-nyini / furu / la / maminè-ni / furu-nafolo / ani / furu-siri / yèrè / min / ye femme-chercher / mariage / à / fiancer-ACT / mariage-fortune / et / mariage-lier / -même / EQ demander une femme en mariage, les finançailles, la dot, le mariage lui-même,

olu ye mèri furusiri ani silamè furusiri ye. olu / ye / mèri / furusiri / ani / silamè / furu-siri / ye eux / EQ / mairie / mariage / et / musulman / mariage-lier / EQ à savoir le mariage civil et le mariage religieux (musulman)...

Musonyini furu la muso-nyini / furu / la femme-demander / mariage / en Demander une femme en mariage

Mali la, ni kamalennin dò nyèbòra npogotigi dò fè, Mali / la / ni / kamalennin / dò / nyèbò-ra / npogotigi / dò / fè M. / à / si / jeune homme / un / désirer-AC / jeune fille / un /par Au Mali, quand un jeune homme tombe amoureux d’une jeune fille,

a b’a fè ka min k’a muso ye, a / bè a fè / ka / min / kè / a / muso / ye il / vouloir / CONV / REL / faire / sa / femme / à dont il aimerait faire sa femme,

a ma daga ale ka wuli a yèrè ye a / ma / daga / ale / ka / wuli / a / yèrè / ye il / ACnég / permettre / lui / INJ? / lever / lui / -même / voir? il n’est pas indiqué

ka taa npogotigi in somògòw sègèrè o konyè na. ka / taa / npogotigi / in / so-mògòw / sègèrè / o / konyè / na CONV / aller / jeune fille / cette / maison-gens / rejoindre / DEM / affaire / à qu’il aille voir de sa propre initiative les parents de la jeune fille au sujet de cette affaire.

Ale ka kan k’a haminanko nyèfò a bangebagaw de ye. ale / ka kan ka / a / haminan-ko / nyèfò / a / bangebagaw / de / ye lui / devoir / son / souci-chose / expliquer / ses / parents / FOC / à Il doit faire part de ses aspirations à ses parents.

Olu de ni npogotigi somògòw bè ko in bèè nyènabò u ni nyògòn cè. olu / de / ni / npogotigi / so-mògòw / bè / ko / in / bèè / nyènabò / u / ni / nyògòn / cè eux / FOC / et / jeune fille / maison-gens / chose / cette / toute / régler / ils / et / l’un l’autre / parmi Ce sont ces derniers et les parents de la jeune fille qui doivent régler toute cette affaire entre eux.

Musonyinina fa wala a baramògò dò de muso-nyinina / fa / wala / a / bara-mògò / dò / de femme-demandeur / père / ou / son / maison-homme / un / FOC C’est le père du prétendant ou un de ses proches

bè mògò ci sungurun somògòw ma. bè / mògò / ci / sungurun / so-mògòw / ma INAC / homme / envoyer / jeune fille / maison-gens / à qui envoie quelqu’un chez les parents de la jeune fille.

O ciden de bè wele furuboloma. o / ci-den / de / bè / wele / furu-boloma DEM / envoyer-enfant / FOC / INAC / appeler / mariage-intermédiaire C’est cet envoyé qu’on appelle entremetteur de mariages.

Furuboloma nyumanw tè se ka sòrò furu-boloma / nyumanw / tè / se / ka / sòrò mariage-intermédiaire / bons / INACnég / pouvoir / CONV / trouver On ne peut trouver de meilleurs entremetteurs de mariages

ka tèmèn jeliw kan, ka / tèmèn / jeliw / kan CONV / surpasser / griots / sur que les griots,

bawo olu ye kumatigiw de ye, u tè dèsè foyi fòcogo nyuman na. bawo / olu / ye / kuma-tigiw / de / ye / u / tè / dèsè / foyi / fò-cogo / nyuman / na car / eux / EQ / parole-maîtres / FOC / EQ / ils / INACnég / manquer / rien / dire-façon / bonne / à car ils sont les maîtres de la parole et arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit.

O kosòn, mògò caman bè jeliw de bila o kosòn / mògò / caman / bè jeliw / de / bila pour cela / gens / beaucoup / INAC / griots / FOC / entraîner C’est pour cette raison que beaucoup de personnes envoient des griots

ka t’u ka furuko nyènabò. ka / taa / u / ka / furu-ko / nyènabò CONV / aller / leur / CONN / mariage-affaire / régler régler leur affaire de mariage.

Furuboloma in bè wuli kamalennin fa de tògò la furu-boloma / in / bè / wuli / kamalennin / fa / de / tògò / la mariage-entremetteur / cet / INAC / se lever / jeune homme / père / FOC / nom / à C’est au nom du père du jeune homme que l’entremetteur de mariages

ka na se npogotigi fa ka / na / se / npogotigi / fa CONV / FUT / arriver / jeune fille / pére va voir le père de la jeune fille

wala a binaakè dò ma ni woroden tan wala / a / binaakè / dò / ma / ni / woro-den / tan ou / son / oncle / certain / à / avec / cola-pièce / 10 ou l’un de ses oncles avec dix noix de cola

(jèman duuru ani bilenman duuru) ye, jèman / duuru / ani / bilen-man / duuru / ye blanches / 5 / et / rouges / 5 / à (cinq blanches et cinq rouges)

ka sungurun in nyini furu la kamalennin in ye. ka / sungurun / in / nyini / furu / la / kamalennin / in / ye CONV / jeune fille / cette / demander / mariage / à / jeune homme / cet / pour afin de demander cette jeune fille en mariage pour ce jeune homme.

Du caman kònò, npogotigi bangebagaw dòròn tè se du / caman / kònò / npogotigi / bangebagaw / dòròn / tè / se cour / beaucoup / dans / jeune fille / parents / seulement / INACnég / pouvoir Dans beaucoup de familles, les parents de la jeune fille ne peuvent pas

k’a latigè n’ale bè se ka di kamalennin in ma furu la. ka / a / latigè / ni / ale / bè / se / ka / di / kamalennin / in / ma / furu / la CONV / le / décider / si / elle / INAC / pouvoir / CONV / donner / jeune homme / ce / à / mariage / en décider seuls si elle peut être donnée en mariage à ce jeune homme.

U ka dukònòmògòw n’u balimaw fana sen bè don a la. u / ka / du-kònò-mògòw / ni / u / balimaw / fana / sen / bè / don / a / la ils / CONN / cour-dans-gens / et / leur / frères et sœurs / aussi / pied / INAC / mettre / la / à Les membres de leur famille et leurs frères et sœurs aussi y sont associés.

Olu bè nyògònye dama dòw kè, olu / bè / nyògònye / dama / dòw / kè eux / INAC / réunion / seulement / quelques / faire Ils font quelques réunions pour voir

walasa k’a lajè n’olu ni musonyinina in ye furunyògònw ye. walasa / ka / a / lajè / ni / olu / ni / muso-nyinina / in / ye / furu-nyògònw / ye afin que / INJ / le / regarder / si/ eux / et / femme-demandeur / ce / EQ / mariage-pareils / EQ s’il peut y avoir un mariage entre eux et ce prétendant.

Olu ka kan k’a dòn n’a ye mògò sèbè ye, olu / ka kan ka / a / dòn / ni / a / ye / mògò / sèbè / ye eux / devoir / le / savoir / si / il / EQ / homme / sérieux / EQ Ils doivent savoir s’il est sérieux,

ni hòròn don, n’a sòn ka nyi. ni / hòròn / don / ni / a / sòn / ka / nyi si / noble / PRES / si / sa / conduite / DES / bien s’il est noble, s’il a un bon caractère.

Nin bèè ka kan ka kè de sani furuboloma ka na. nin / bèè / ka kan ka / kè / de / sani / furu-boloma / ka / na ceci / tout / devoir / faire / FOC / avant que / mariage-entremetteur / CONN / venue Tout ceci doit se faire avant la visite de l’entremetteur de mariages.

N’u ma fosi juguman mèn a kan, ni / u / ma / fosi / juguman / mèn / a / kan si / ils / INACnég / rien / méchant / écouter / lui / sur S’ils n’apprennent rien de mal sur lui,

fa wala binaakè bè woroden tan ninnu minè. fa / wala / binaakè / bè / woro-den / tan / ninnu /minè père / ou / oncle / INAC / cola-pièce / 10 / ces / prendre le père ou l’oncle prend ces dix noix de cola.

Ni dògòkun fila tèmènna, jelikè – min bè furubolomaya la – ni / dògòkun / fila / tèmèn-na / jeli-kè / min / bè / furu-bolomaya / la quand / semaine / 2 / passer-AC / griot-homme / REL / SIT / mariage-entremetteur / SIT Deux semaines plus tard, le griot – qui fait office d’entremetteur de mariages –

bè na ni woroden tan wèrèw ye. bè / na / ni / woro-den / tan / wèrèw / ye INAC / venir / avec / cola-pièce / 10 / autres / avec apporte dix autres noix de cola.

Ni npogotigi somògòw sònna olu fana na, ni / npogotigi / so-mògòw / sòn-na / olu / fana / na si / jeune fille / maison-gens / accepter-AC / elles / aussi / à Si les parents de la jeune fille les acceptent elles aussi,

o kòrò ko jelikè ka baara nògòyara. o kòrò ko / jeli-kè / ka / baara / nògòya-ra cela veut dire que / griot-homme / CONN / travail / faciliter-AC cela veut dire que la tâche du griot est devenu facile.

Nka, a ka kan ka na du in kònò sinyè kelen wèrè. nka / a / ka kan ka / na / du / in / kònò / sinyè / kelen / wèrè mais / il / devoir / venir / concession / cette / dans / fois / 1 / autre Mais il doit venir encore une fois dans cette famille.

O sen fè, a bè woroden tan labanw don npogotigi somògòw bolo. o sen fè / a / bè / woro-den / tan / labanw / don / npogotigi / so-mògòw / bolo alors / il / INAC / cola-pièce / 10 / dernières / mettre / jeune fille / maison-gens / à Il doit alors remettre les dix dernières noix de cola aux parents de la jeune fille.

N’olu m’u ban woro laban ninnu na, ni / olu / ma / u / ban / woro / laban / ninnu / na si / eux / ACnég / leur / refuser / noix de cola / dernière / ces / à S’ils ne refusent pas ces dernières colas,

a bè se ka fò k’u sònna, u denmuso ka maminè. a / be / se / ka / fò / ko / u / sòn-na / u / den-muso / ka / maminè il / INAC / pouvoir / CONV / dire / que / ils / accepter-AC / leur / enfant-féminin / INJ / fiancer on peut dire qu’ils sont d’accord que leur fille se fiance.

O tuma, cè wèrè tè se o / tuma / cè / wèrè / tè / se DEM / moment / homme / autre / INACnég / pouvoir Alors, aucun autre homme ne peut encore

ka sungurun in nyini furu la bilen, ka / sungurun / in / nyini / furu / la / bilen CONV / jeune fille / cette / demander / mariage / à / encore demander cette fille en mariage,

bawo woro bòr’a nòfè. bawo / woro / bò-ra / a / nòfè car / cola / faire sortir-AC / elle / à la poursuite de car on a déjà pris des colas pour elle.

Maminèni maminè-ni fiancer-ACT Les fiançailles

Ni cè b’a fè ka muso maminè, a baramògòw ka kan ka woropanyè kelen, ni / cè / bè a fè / ka / muso / maminè / a / bara-mògòw / ka kan ka / woro-panyè / kelen quand / homme / vouloir / CONV / femme / fiancer / ses / maison-gens / devoir / cola-panier / 1 Quand un homme veut fiancer une femme, ses proches doivent envoyer un panier de colas,

saga kelen ani wari bila ka taa di muso somògòw ma. saga / kelen / ani / wari / bila / ka / taa / di / muso / so-mògòw / ma mouton / 1 / et / argent / mettre / CONV / aller / donner / femme / maison-gens / à un mouton et de l’argent aux parents de la femme.

Sinyè caman, o warihakè bè dòròmè baa mugan sinyè / caman / o / wari-hakè / bè / dòròmè / baa / mugan fois / beaucoup / DEM / argent-moyen / SIT / dorome / 1.000 / 20 Souvent, cette somme d’argent se situe entre cent mille

ni dòròmè baa binaani de cè. ni / dòròmè / baa / binaani / de / cè et / dorome / 1.000 / 40 / FOC / entre et deux cent mille francs CFA.

(Note : le dòròmè est une pièce de 5 francs, donc dòròmè baa mugan = 5 x 1.000 x 20 = 100.000 CFA, dòròmè baa binaani = 5 x 1.000 x 40 = 200.000 CFA). Au fond, il faut toujours multiplier le nombre des dòròmè avec 5, p.ex. dòròmè fila = 2 dòròmè = 2 x 5 = 10 CFA. Même de nos jours, cette ancienne monnaie est bien en usage, surtout aux marchés).

Woro ni wari bè tila muso somògòw n’u balimaw woro / ni / wari / bè / tila / muso / so-mògòw / ni / u / balimaw noix de cola / et / argent / INAC / séparer / femme / maison-gens / et / leurs / frères et sœurs Les colas et l’argent sont partagés entre les parents de la femme, leurs frères et sœurs,

n’u siginyògònw n’u teriw cè. ni / u / siginyògònw / ni / u / teriw / cè et / leurs / voisins / et / leurs / amis / entre leurs voisins et leurs amis.

Muso ka woro mana tila dòròn, muso / ka / woro / mana / tila / dòròn femme / CONN / noix de cola / HYP / séparer / seulement Dès que les colas pour la femme sont partagées,

a bè fò k’a maminèna. a / bè / fò / ko / a / maminè-na il / INAC / dire / que / elle / fiancer-AC on dit qu’elle est fiancée.

O la sa, musolakaw b’u dònbaga bèè ladònniya o la sa / muso-la-kaw / bè / u / dòn-baga / bèè / ladònniya alors / femme-lieu-personnes / INAC / leurs / connaître-ceux qui / tous / informer Alors, les membres de la famille de la femme informent toutes leurs connaissances

k’u denmuso dira cè ma. ko / u / den-muso / di-ra / cè / ma que / leur / enfant-féminin / donner-AC / homme / à que leur fille est fiancée.

O kò, olu ni cèlakaw bè bèn don kan, o kò / olu / ni / cè-la-kaw / bè / bèn / don / kan et puis / eux / et / homme-lieu-personnes / INAC / être d’accord / jour / sur / Ensuite, les membres de la famille de l’homme et eux se mettent d’accord sur un jour,

furusiri bè se ka kè min na. furu-siri / bè / se / ka / kè / min / na mariage-lier / INAC / pouvoir / CONV / faire / REL / à où on peut conclure le mariage.

Nka, sani o don ka se, nka / sani / o / don / ka / se mais / avant que / DEM / jour / INJ? / arriver Mais avant que ce jour n’arrive,

cèlakaw ka kan ka furunafolo sara. cè-la-kaw / ka kan ka / furu-nafolo / sara homme-lieu-personnes / devoir / CONV / mariage-fortune / payer les membres de la famille de l’homme doivent payer la dot.

Furunafolo furu-nafolo mariage-fortune La dot

Mali furusariya la, muso min ma deli ka furu, Mali / furu-sariya / la / muso / min / ma / deli / ka / furu M. / mariage-loi / à / femme / REL / ACnég / habituer / CONV / marier Selon le code de mariage du Mali, la dot d’une femme qui n’a jamais contracté de mariage

o ka furunafolo ye dòròmè baa fila de ye. o / ka / furu-nafolo / ye / dòròmè / baa / fila / de / de DEM / CONN / mariage-fortune / EQ / dorome / 1.000 / 2 / FOC / EQ s’élève à dix mille francs CFA.

Nka, ni muso furuko fòlò tè, nka / ni / muso / furu-ko / fòlò / tè mais / quand / femme / mariage-affaire / première / SITnég / Mais si la femme n’en est pas à son premier mariage,

a ka furunafolo man kan ka tèmèn dòròmè baa kelen kan. a / ka / furu-nafolo / man kan ka / tèmèn / dòròmè / baa / kelen / kan sa / CONN / mariage-fortune / ne pas devoir / surpasser / dorome / 1.000 / 1 / sur sa dot ne doit pas dépasser cinq milles francs CFA.

Nka, sariya in tè bò a sira fè sinyè caman. nka / sariya / in / tè / bò / a / sira / fè / sinyè / caman mais / loi / cette / INACnég / sortir / sa / piste / par / fois / souvent Mais souvent, on ne respecte pas cette loi.

Muso somògò dòw bè warihakè min nyini cè fè, muso / so-mògò / dòw / bè / wari-hakè / min / nyini / cè / fè femme / maison-homme / certains / INAC / argent-moyen / REL / demander / homme / à Certains parents de femmes demandent aux hommes une somme d’argent

o bè tèmèn miliyòn kelen na tuma dò la. o / bè / tèmèn / miliyòn / kelen / na / tuma dò la DEM / INAC / surpasser / million / 1 / à / parfois qui dépasse parfois un million de francs CFA.

N’o se tè cè min ye, ni / o / se / tè / cè / min / ye quand / DEM / moyen / SITnég / homme / REL / SIT L’homme qui n’a pas les moyens de payer ladite somme,

o b’i sen bò musoko in na. o / bè / i / sen / bò / muso-ko / in / na celui / INAC / son / pied / faire sortir / femme-affaire / cette / de renonce à cette affaire de femme.

Furuko caman bè dabila ten, furu-ko / caman / bè / dabila / ten mariage-affaire / beaucoup / INAC / arrêter / ainsi Beaucoup de projets de mariages échouent à cause de

muso somògòw ka natabaya y’o sababu ye. muso / so-mògòw / ka / natabaya / ye / o / sababu / ye femme / maison-gens / CONN / cupidité / EQ / DEM / raison / EQ la cupidité de certains parents de femmes.

Furusiri yèrè furu-siri / yèrè mariage-lier / -même Le mariage lui-même

Mali la, waatiw bè yen furusiri man kan ka kè minw na. Mali / la / waatiw / bè / yen // furusiri / man kan ka / kè / minw / na M. / à / moments / SIT / là-bas / mariage / ne pas devoir / faire / REL / à Au Mali, il y a des périodes, où il ne faut pas se marier.

Sunkalo ni farafinkalo kònòntònnan y’o waati dòw ye. sun-kalo / ni / farafin-kalo / kònòntòn-nan / ye / o / waati / dòw / ye jeûne-mois / et / africain-mois / neuf-ORD / EQ / DEM / période / telles / EQ Le mois de carême et le 9ième mois du calendrier africain font partie de ces périodes.

Komi a bè fò ko : komi / a / bè / fò / ko comme / il / INAC / dire / que Comme on dit que

« Kòròbòlikèla si man jan », kòròbòlikèla / si / man / jan tentateur / aucun / DESnég / grand « celui qui met tout à l’épreuve n’a pas longue vie »,

mògò si tè tulomagèlènya kè, mògò / si / tè / tulomagèlènya / kè homme / aucun / INACnég / entêtement / faire personne ne s’entête

k’a ka furu siri waati kofòlen fila ninnu dò la kelen na. ka / a / ka / furu / siri / waati / kofò-len / fila / ninnu / dò / la / kelen / na CONV / son / CONN / mariage / lier / moment / parler de-PART / 2 / ces / certain / à / 1 / à à célébrer son mariage à l’une des deux périodes évoquées.

Maliden caman bè siran mali-den / caman / bè / siran M.-enfant / beaucoup / INAC / craindre Beaucoup de Maliens ont peur

k’u ka mèri furusiri kè sibiridon, ka / u / ka / mèri / furusiri / kè / sibiri-don CONV / leur / CONN / mairie / mariage / faire / samedi-jour de célébrer leur mariage civil un samedi,

bawo sibiri ye donmafila de ye. bawo / sibiri / ye /don-ma-fila / de / ye parce que / samedi / EQ / jour-qui a-double / FOC / EQ parce que le samedi est un jour de la semaine dont les événements se répètent.

O kòrò ko fèn min mana kè sibiridon, o bè kè tugun. o kòrò ko / fèn / min / mana / kè / sibiri-don / o / bè / kè / tugun cela veut dire / chose / REL / HYP / faire / samedi-jour / DEM / INAC / faire /encore Cela veut dire que ce qui se passe le samedi, a lieu une nouvelle fois.

Yan, mògò hakili bè jigin furusa de la. yan / mògò / hakili / bè / jigin / furu-sa / de / la ici / homme / esprit / INAC / rappeler / mariage-mourir / FOC / à Ceci fait penser au divorce.

Furusa dun ye maloya de ye mògò caman bolo, furu-sa / dun / ye / maloya / de / ye / mògò / caman / bolo mariage-mourir / cependant / EQ / honte / FOC / EQ / homme / beaucoup / à Pour beaucoup de personnes le divorce est une honte,

o kosòn, olu bè kaari sibiri furusiri kò. o kosòn / olu / bè / kaari / sibiri / furusiri / kò pour cela / eux / INAC / renoncer / samedi / mariage / à c’est pourquoi ils renoncent au mariage du samedi.

Nka, n’an ko furusa, nka / ni / an / ko / furu-sa mais / quand / nous / dire / mariage-mourir Mais quand on parle ici de divorce,

an hakili bè cè musokelentigi de ka furu la. an / hakili / bè / cè / muso-kelen-tigi / de / ka / furu / la notre / esprit / SIT / aspect? / femme-1-maître / FOC / CONN / mariage / SIT on pense au mariage monogame.

Ni cèlakaw ye furunafolo sara, ni / cè-la-kaw / ye / furu-nafolo / sara quand / homme-lieu-personnes / AC / mariage-fortune / payer Après que les membres de la famille de l’homme aient payé la dot,

furusiri bè se ka kè. furu-siri / bè / se / ka / kè mariage-lier / INAC / pouvoir / CONV / faire le mariage peut avoir lieu.

Furusiri fila de bè kè Mali la : kelen bè kè mèri furu-siri / fila / de / bè / kè / Mali / la / kelen / bè / kè / mèri mariage-lier / 2 / FOC / INAC / faire / Mali / la / 1 / INAC / faire / mairie Au Mali, on conclut deux mariages : l’un se fait à la mairie

– o ye mèri furusiri ye –, o / ye / mèri / furu-siri / ye DEM / EQ / mairie / furu-siri / EQ – c’est le mariage civil –,

a tò kelen bè kè misiri la (tubabu ta bè kè egilisi de la) a / tò / kelen / bè / kè / misiri / la / kerecènw / ta / bè / kè / egilisi / de / la son / reste / 1 / INAC / faire / mosquée / à / chrétiens / part / INAC / faire / église / FOC / à l’autre a lieu à la mosquée (celui des chrétiens est célébré à l’église)

wala npogotigi fa ka du kònò. wala / npogotigi / fa / ka / du / kònò ou / jeune fille / père / CONN / concession / dans ou dans la concession du père de la jeune fille.

Furu min bè siri misiri la wala npogotigi fa ka so, furu / min / bè / siri / misiri / la / wala / npogotigi / fa / ka / so mariage / REL / INAC / lier / mosquée / à / ou / jeune fille / père / CONN / maison Le mariage qui se fait à la mosquée ou chez le père de la jeune fille

o de bè wele silamè furusiri. o / de / bè / wele / silamè / furu-siri DEM / FOC / INAC / appeler / musulman / mariage-lier s’appelle mariage religieux (musulman).

Mèri furusiri mèri / furu-siri mairie / mariage-lier Le mariage civil

Furusiridon nyumanw ye alamisa ni kari de ye. furusiri-don /nyumanw / ye / alamisa / ni / kari / de / ye mariage-jour / bons / EQ / jeudi / et / dimanche / FOC / EQ Le jeudi et le dimanche sont des jours convenables pour se marier.

Mèri furusiri ka kan ka kè misiri ta nyè. mèri / furusiri / ka kan ka / kè / misiri / ta / nyè mairie / mariage / devoir / faire / mosquée / celui de / avant Le mariage civil doit avoir lieu avant le mariage musulman.

Anw ka mèri furusiri ni tubabu jamanaw ta bèè ye kelen ye. anw / ka / mèri / furusiri / ni / tubabu / jamanaw / ta / bèè / ye / kelen / ye notre / CONN / mairie / mariage / et / européen / pays / celui de / tous / EQ / 1 / EQ Notre mariage civil et celui de tous les pays européens sont le même.

Mèri bè cè ni muso nyininka n’u b’a fè mèri / bè / cè / ni / muso / nyininka / ni / u / bè a fè maire / INAC / homme / et / femme / interroger / si / ils / vouloir Le maire demande à l’homme et à la femme s’ils consentent

ka furu nyògòn ma. ka / furu / nyògòn / ma CONV / mariage / l’un l’autre / à à se marier l’un avec l’autre.

O cogo la, a b’u tanga diyagoyafuru ma. o / cogo / la / a / bè / u / tanga / diyagoya-furu / ma DEM / façon / à / il / INAC / les / protéger / obligation-mariage / contre De cette manière il leur épargne un mariage forcé.

N’u ko ònhòn, mèri b’u ka furu siri. ni / u / ko / ònhòn / mèri / bè / u / ka / furu / siri si / ils / dire / oui / maire / INAC / leur / CONN / mariage / lier S’ils disent oui, le maire conclut leur mariage.

O kò, kònyòkè ni kònyòmuso o kò / kònyò-kè / ni / kònyò-muso et puis / noce-homme / et / noce-femme Ensuite, le nouveau marié et la nouvelle mariée

n’u seerew b’u bolonò bila sèbèn na. ni / u / seerew / bè / u / bolo-nò / bila / sèbèn / na et / leurs / témoins / INAC / leur / main-trace / placer / papier / à et leurs témoins signent un papier.

Mèri bè furusèbèn don kònyòkè bolo. mèri / bè / furu-sèbèn / don / kònyò-kè / bolo maire / INAC / mariage-papier / mettre / noce-homme / main Le maire remet l’acte de mariage au nouveau marié.

Mògòw bè foto caman ta sani kònyòkè ni kònyòmuso mògòw / bè / foto / caman / ta / sani / kònyò-kè / ni / kònyò-muso gens / INAC / photo / beaucoup / prendre / avant que / noce-homme / et / noce-femme Les gens font beaucoup de fotos avant que le nouveau marié et la nouvelle mariée

ka bò mèri kònò. ka / bò / mèri / kònò CONV / sortir / mairie / dans ne sortent de la mairie.

N’u bòra yen, u bè don mòbili kònò, ni / u / bò-ra / yen / u / bè / don / mòbili / kònò quand / ils / sortir-AC / là-bas / ils / INAC / entrer / voiture / dans Quand ils quittent ce lieu, ils entrent dans une voiture

ka taa u somògòw fo. ka / taa / u / so-mògòw / fo CONV / aller / leurs / maison-gens / saluer et vont saluer leurs gens de la maison.

O kò, mògòw bè dumuniba kè. o kò / mògòw / bè / dumuni-ba / kè et puis / gens / INAC / repas-grand / faire Ensuite, il y a un repas de fête.

Silamè furusiri silamè / furu-siri musulman / mariage-lier Le mariage religieux (musulman)

Silamè furusiri bè se ka kè muso fa ka du kònò, silamè / furusiri / bè / se / ka / kè / muso / fa / ka / du / kònò musulman / mariage / INAC / pouvoir / CONV / faire / femme / père / CONN / concession / dans Le mariage religieux peut se faire dans la concession du père de la femme,

komi a bè se ka kè misiri dò fana kònò. komi / a / bè / se / ka / kè / misiri / dò / fana / kònò comme / il / INAC / pouvoir / CONV / faire / mosquée / une / aussi / dans tout comme il peut avoir lieu dans une mosquée.

Cèlakaw ni musolakaw n’u teriw n’u dònbagaw cè-la-kaw / ni / muso-la-kaw / ni / u / teriw / ni / u / dòn-bagaw homme-lieu-personnes / et / femme-lieu-personnes / et / leurs / amis / et / leurs / connaître-ceux qui Les membres de la famille de l’homme et ceux de la femme ainsi que leurs amis et connaissances

bè nyògòn dalajè du in wala misiri kònò. bè / nyògòn / dalajè / du / in / wala / misiri / kònò INAC / rassembler / concession / cette / ou / mosquée / dans se réunissent dans cette concession ou dans la mosquée.

Alimami wala silamèjama in bèè la kòròbalen de alimami / wala / silamè-jama / in / bèè / la / kòrò-ba-len / de imam / ou / musulman-foule / cette / tous / à / vieillir-grand-PART / FOC C’est l’imam ou le plus âgé du groupe de musulmans

bè konyè in nyèmògòya ta. bè / ko-nyè / in / nyèmògòya / ta INAC / affaire-aspect / cette / autorité / prendre qui prend l’affaire en mains.

Moriw bè kuranè suran dama dòw kalan. moriw / bè / kuranè / suran / dama / dòw / kalan marabouts / INAC / coran / sourate / seulement / quelques / lire Les marabouts lisent quelques versets du coran.

O kò, mògòw bè fatiya ta kònyòkè ni kònyòmuso ye. o kò / mògòw / bè / fatiya / ta / kònyò-kè / ni / kònyò-muso / ye et puis / gens / INAC / incantation collective / prendre / noce-homme / et / noce-femme / à Ensuite, les gens bénissent le nouveau marié et la nouvelle mariée.

Woro bè di bèè ma. woro / bè / di / bèè / ma noix de cola / INAC / donner / tous / à On donne des noix de cola à tous.

Dòw bè woro kelen nyimi o yòrò bèè la, dòw / bè / woro / kelen / nyimi / o / yòrò / bèè / la certains / INAC / noix de cola / 1 / croquer / DEM / lieu / tous / à Certains croquent sur-le-champ une cola

ka dugawu kè kònyòkè n’a furumuso ye. ka / dugawu / kè / kònyò-kè / ni / a / furu-muso / ye CONV / bénédiction / faire / noce-homme / et / sa / mariage-femme / à et donnent leurs bénédictions au marié et à son épouse.

Silamè furusiridon su fè, kònyòkoli bè kè. silamè / furusiri-don / su / fè / kònyò-ko-li / bè / kè musulman / mariage-jour / nuit / à / noce-laver-ACT / INAC / faire La nuit du mariage religieux, on lave la mariée.

Musow bè kònyòmuso kun n’a senw ko, musow / bè / kònyò-muso / kun / ni / a / senw / ko femmes / INAC / noce-femme / tête / et / ses / pieds / laver Des femmes lavent la tête et les pieds de la nouvelle mariée

ka taa n’a ye cè teri dò wala a baramògò dò ka so. ka / taa / ni / a / ye / cè / teri / dò / wala / a / bara-mògò / dò / ka / so CONV / aller / avec / elle / à / mari / ami / un / ou / son / maison-homme / un / CONN / maison et l’amènent chez un ami du mari ou chez un de ses proches.

Kònyòkè bè taa a sòrò yen. O y’u donnen ye kònyòso la. kònyò-kè / bè / taa / a / sòrò / yen / o / ye / u / don-nen / ye / kònyò-so / la noce-homme / INAC / aller / elle / trouver / là-bas / DEM /EQ / entrer-PART / noce-maison / à Le nouveau marié la rejoindra là-bas. Ainsi commence le séjour dans la chambre nuptiale.

U bè dògòkun kelen de kè kònyòso la. u / bè / dògòkun / kelen / de / kè / kònyò-so / la ils / INAC / semaine / 1 / FOC / faire / noce-maison / à Ils restent une semaine dans la chambre nuptiale.

Cè bè se ka bò, nka muso man kan k’a sen bila cè / bè / se / ka / bò / nka / muso / man kan ka / a / sen / bila homme / INAC / pouvoir / CONV / sortir / mais / femme / ne pas devoir / son / pied / mettre L’homme peut sortir, mais la femme ne doit mettre les pieds

hali dukènè na, hali / du-kènè / na même / cour-surface / à même pas dans la cour

k’a sòrò kunnyògòn in ma ban. ka / a / sòrò / kunnyògòn / in / ma / ban CONV / le / obtenir / semaine / cette / à / finir avant que la semaine ne soit finie.

Ale bè waati in bèè kè, a dalen bè sange kòrò. ale / bè / waati / in / bèè / kè / a / da-len / bè / sange / kòrò elle / INAC / temps / ce / tout / faire / elle / poser-PART / INAC / moustiquaire / sous Elle reste tout ce temps couchée sous une moustiquaire.

Ni muso bòra kònyòso la, a ka minènsiri bè kè, ni / muso / bò-ra / kònyò-so / la / a / ka / minèn-siri / bè / kè quand / femme / sortir-AC / noce-maison / à / il / CONN / outil-lier / INAC / faire Quand la femme (mariée) sort de la chambre nuptiale, on fait son trousseau

a bè yèlèma a cè bara. a / bè / yèlèma / a / cè / bara elle / INAC / déménager / son / mari / chez et elle déménage chez son mari.

(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; ACT = suffixe verbal qui indique l’action ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HYP = marque de l‘hypothétique ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; ORD = suffixe d’ordinal ; PART = suffixe du participe accompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

Bonne lecture !

Herbert
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FL
Flutissimo 14 years ago · Ccharlottee
Traduction en bambara ou dioula
Salut à tous!!

j'ai besoin de savoir assez rapidement (dans les prochaines 24h!) comment on dit REVENIR en bambara et en dioula. Je veux traduire la phrase "Revenir au pays" en deux langues: revenir en bambara ou dioula et au pays en espagnol. Pour l'instant j'ai trouvé la traduction sègi pour revenir, mais certaines personnes m'ont dit que ce n'était pas ça...que ça serait plutôt kanan. Donc je sollicite votre aide!!

Merci!
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TA
Taamaden 14 years ago · Malikanu
L’année, le mois, la semaine, le jour (en bambara)
LE CALENDRIER MALIEN MALI DONJATELAN

– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Mali donjatelan

San kelen ye kalo tannifila wala dògòkun biduuru ni fila ni tile kelen ye. San kalo tannifila ninnu tògò ye : zanwuye, feburuye, marisi, awirili, mè, zuwèn, zuluye, uti, sètanburu, òkutòburu, nowanburu ani desanburu. San kelen ye tile kèmè saba ni biwòòrò ni duuru wala kèmè saba ni biwòòrò ni wòòrò ye. Bamanankan na, san tèmènnen bè wele sanwo, min bè sen na nyina, min ka kan ka na san wèrè. San bè daminè zanwuyekalo tile fòlò, a bè ban desanburukalo tile bisaba ni kelen don. O don su fè, n’o ye sanyèlèmasu ye, mògòw b’u nyènajè dinyè fan bèè fo ka dugu jè. U bè su bèè kè dòn ni dumuni de la. Jamana caman na, ni su ser’a cèmancè la, siraw bè fa mògòw la. Hali hadamaden minw tè nyògòn dòn, olu bèè bè nyògòn sumusumu.

Kalo kelen ye dògòkun naani ni tile fila wala tile saba ye. O de kosòn, kalo kelen ye tile bisaba wala tile bisaba ni kelen ye. Feburuyekalo dòròn de ye tile mugan ni segin ye, nka san naani o san naani tile kelen bè far’ale kan, k’a kè tile mugan ni kònòtòn ye. Kalo minw ye tile bisaba ye, olu filè : awirili, zuwèn, sètanburu, nowanburu. Kalo tòw, n’olu ye zanwuye, marisi, mè, zuluye, uti, òkutòburu ni desanburu ye, olu ye tile bisaba ni kelen de ye.

Dògòkun kelen ye tile wolonwula de ye. Olu tògò ye : ntènèn, tarata, araba, alamisa, juma, sibiri ani dimansi. Dimansi bè wele fana kari(don). Ntènèn ye dògòkun tile fòlò ye, dimansi y’a tile laban ye. Juma ye silamèw ka don ye, wajibi don olu ka taa seli misiri la o don. Jumaseli mana jigin, silamè caman bè saraka bò : u bè takula san k’o di garibuw ma, wala u bè warimisènw tila fiyentòw ani faantanw ni nyògòn cè.

Mali la, mògòw bè baara kè k’a ta ntènèn na k’a ta juma na. Nka dugubaw kònò sugu kòni bè sigi don o don. Forotigi caman bè sibiri ni dimansi k’u ka forow de la.

– texte en français (masalabolo tubabukan na) :

Le calendrier malien

Un an compte 12 mois ou 52 semaines et 1 jour. Les 12 mois de l’année s’appellent : janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre. Un an a 365 ou 366 jours. En bambara, l’année passée s’appelle « sanwo », celle qui est en cours s’appelle « nyina », et l’année qui doit venir « san wèrè ». L’année commence par le 1er janvier et finit par le 31 décembre. Cette nuit, qui est la veille du nouvel an, les gens s’amusent partout dans le monde jusqu’au petit matin. Ils passent toute la nuit à danser et à manger. Dans beaucoup de pays, à minuit, les rues se remplissent de gens. Même des personnes qui ne se connaissent pas s’embrassent.

Un mois a 4 semaines et 2 ou 3 jours, donc 30 ou 31 jours. Seul le février a 28 jours, mais tous les 4 ans un jour s’y ajoute, et il compte alors 29 jours. Les mois qui ont 30 jours sont : avril, juin, septembre et novembre. Les autres mois, qui sont janvier, mars, mai, juillet, août, octobre et décembre, ont 31 jours.

Une semaine compte 7 jours. Ils s’appellent : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Dimanche se dit aussi « kari(don) ». Le lundi est le 1er jour de la semaine, le dimanche le dernier. Le vendredi est le jour des musulmans, ce jour là, ils sont obligés d’aller prier à la mosquée. Quand la prière du vendredi prend fin, beaucoup de gens font des sacrifices : ils achètent des « takula » (1) qu’ils offrent à des mendiants ou bien ils partagent des pièces de monnaie entre les aveugles et les pauvres.

Au Mali, les gens travaillent du lundi au vendredi. Mais dans les grandes villes, le marché a lieu tous les jours. De nombreux propriétaires de champs passent le samedi et le dimanche dans leurs champs.

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Mali donjatelan Mali / don-jate-lan M. / jour-compter-INST Le calendrier malien

San kelen ye kalo tannifila wala dògòkun biduuru ni fila ni tile kelen ye. san / kelen / ye / kalo / tannifila / wala / dògòkun / biduuru / ni / fila / ni / tile / kelen / ye année / 1 / EQ / mois / 12 / ou / semaine / 50 / et / 2 / et / jour / 1 / EQ Un an a 12 mois ou 52 semaines plus un jour.

San kalo tannifila ninnu tògò ye : zanwuye, feburuye, marisi, awirili, mè, zuwèn, san / kalo / tannifila / ninnu / tògò / ye / zanwuye / feburuye / marisi / awirili / mè / zuwèn année / mois / 12 / ces / nom / EQ / janvier / février / mars / avril / mai / juin Les 12 mois de l’année s’appellent : janvier, février, mars, avril, mai, juin,

zuluye, uti, sètanburu, òkutòburu, nowanburu ani desanburu. zuluye / uti / sètanburu / òkutòburu / nowanburu / ani / desanburu juillet / août / septembre / octobre / novembre / et / décembre juillet, août, septembre, obtobre, novembre et décembre.

San kelen ye tile kèmè saba ni biwòòrò ni duuru wala kèmè saba ni biwòòrò ni wòòrò ye. san / kelen / ye / tile / kèmè / saba / ni / biwòòrò / ni / duuru / wala / kèmè / saba / ni / biwòòrò / ni / wòòrò / ye année / 1 / EQ / jour / 100 / 3 / et / 60 / et / 5 / ou / 100 / 3 / et / 60 / et / 6 / EQ Un an a 365 ou 366 jours.

Bamanankan na, san tèmènnen bè wele sanwo, min bè sen na nyina, bamanankan / na / san / tèmèn-nen / bè / wele / sanwo / min / bè / sen / na / nyina bambara / en / année / passer-PART / INAC / appeler / « sanwo » / REL / SIT / pied / à / « nyina » En bambara, l’année passée s’appelle « sanwo », celle qui est en cours s’appelle « nyina »,

min ka kan ka na san wèrè. min / ka kan ka / na / san wèrè REL / devoir / venir / « autre année » et celle qui doit venir « san wèrè ».

San bè daminè zanwuyekalo tile fòlò, san / bè / daminè / zanwuye-kalo / tile / fòlò année / INAC / commencer / janvier-mois / jour / premier L’année commence par le 1er janvier,

a bè ban desanburukalo tile bisaba ni kelen don. a / bè / ban / desanburu-kalo / tile / bisaba / ni / kelen / don il / INAC / finir / décembre-mois / jour / 30 / et / 1 / PRES il finit par le 31 décembre.

O don su fè, n’o ye sanyèlèmasu ye, o / don / su / fè / ni / o / ye / san-yèlèma-su / ye DEM / jour / soir / pendant / quand / DEM / EQ / année-changer-nuit / EQ Cette nuit, qui est la veille du nouvel an,

mògòw b’u nyènajè dinyè fan bèè fo ka dugu jè. mògòw / bè / u / nyènajè / dinyè / fan / bèè / fo / ka / dugu / jè gens / INAC / REF / amuser / monde / côté / tous / jusque / INF / pays / faire jour les gens s’amusent partout dans le monde jusqu’au bon matin.

U bè su bèè kè dòn ni dumuni de la. u / bè / su / bèè / kè / dòn / ni / dumuni / de / la ils / INAC / nuit / toute / passer / danser / et / manger / FOC / à Ils passent toute la nuit à danser et à manger.

Jamana caman na, ni su ser’a cèmancè la, siraw bè fa mògòw la. jamana / caman / na / ni / su / se-ra / a / cèmancè / la / siraw / bè / fa / mògòw / la pays / beaucoup / à / quand / soir / arriver-AC / son / milieu / à / rues / INAC / remplir / gens / de Dans beaucoup de pays, à minuit, les rues se remplissent de gens.

Hali hadamaden minw tè nyògòn dòn, olu bèè bè nyògòn sumusumu. hali / hadama-den / minw / tè / nyògòn / dòn / olu / bèè / bè / nyògòn / sumusumu mêmê / Adam-enfant / REL / INACnég / l’un l’autre / connaître / eux / tous / INAC / l’un l’autre / embrasser Même des personnes qui ne se connaissent pas s’embrassent.

Kalo kelen ye dògòkun naani ni tile fila wala tile saba ye. kalo / kelen / ye / dògòkun / naani / ni / tile / fila / wala / tile / saba / ye mois / 1 / EQ / semaine / 4 / et / jour / 2 / ou / jour / 3 / EQ Un mois compte 4 semaines et 2 ou 3 jours.

O de kosòn, kalo kelen ye tile bisaba wala tile bisaba ni kelen ye. o de kosòn / kalo / kelen / ye / tile / bisaba / wala / tile / bisaba / ni / kelen / ye donc / mois / 1 / EQ / jour / 30 / ou / 30 / et / 1 / EQ Donc, un mois a 30 ou 31 jours.

Feburuyekalo dòròn de ye tile mugan ni segin ye, feburuye-kalo / dòròn / de / ye / tile / mugan / ni / segin / ye février-mois / seulement / FOC / EQ / jour / 20 / et / 8 / EQ Seul le février a 28 jours,

nka san naani o san naani tile kelen bè far’ale kan, nka / san / naani / o / san / naani / tile / kelen / bè / fa-ra / ale / à mais / année / 4 / tout / année / 4 / jour / 1 / remplir-AC / lui / avec mais tous les 4 ans un jour s’y ajoute,

k’a kè tile mugan ni kònòtòn ye. ka / a / kè / tile / mugan / ni / kònòtòn / ye CONV / le / faire / jour / 20 / et / 9 / à ce qui fait alors 29 jours.

Kalo minw ye tile bisaba ye, olu filè : kalo / minw / ye / tile / bisaba / ye / olu / filè mois / REL / EQ / jour / 30 / EQ / eux / voici Les mois qui comptent 30 jours sont :

awirili, zuwèn, sètanburu, nowanburu. awirili / zuwèn / sètanburu / nowanburu avril / juin / septembre / novembre avril, juin, septembre et novembre.

Kalo tòw, n’olu ye zanwuye, marisi, mè, zuluye, uti, òkutòburu ni desanburu ye, kalo / tòw / ni / olu / ye / zanwuye / marisi / mè / zuluye / uti / òkutòburu / ni / desanburu / ye mois / autres / si? / eux / EQ / janvier / mars / mai / juillet / août / octobre / et / décembre / EQ Les autres mois, qui sont janvier, mars, mai, juillet, août, octobre et décembre,

olu ye tile bisaba ni kelen de ye. olu / ye / tile / bisaba / ni / kelen / de / ye eux / EQ / jour / 30 / et / 1 / FOC / EQ eux comptent 31 jours.

Dògòkun kelen ye tile wolonwula de ye. dògòkun / kelen / ye / tile / wolonwula / de / ye semaine / 1 / EQ / jour / 7 / FOC / EQ Une semaine compte 7 jours.

Olu tògò ye : ntènèn, tarata, araba, alamisa, juma, sibiri ani dimansi. olu / tògò / ye / ntènèn / tarata / araba / alamisa / juma / sibiri / ani / dimansi leur / nom / EQ / lundi / mardi / mercredi / jeudi / vendredi / samedi / et / dimanche Ils s’appellent : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche.

Dimansi bè wele fana kari(don). dimansi / bè / wele / fana / kari(don) dimanche / INAC / appeler / aussi / dimanche(jour) Le dimanche s’appelle aussi « kari(don) ».

Ntènèn ye dògòkun tile fòlò ye, dimansi y’a tile laban ye. ntènèn / ye / dògòkun / tile / fòlò / ye / dimansi / ye / a / tile / laban / ye lundi / EQ / semaine / jour / premier / EQ / dimanche / EQ / son / jour / dernier / EQ Le lundi est le 1er jour de la semaine, le dimanche le dernier.

Juma ye silamèw ka don ye, wajibi don olu ka taa seli misiri la o don. juma / ye / silamèw / ka / don / ye / wajibi / don / olu / ka / taa / seli / misiri / la / o / don vendredi / EQ / musulmans / CONN / jour / obligation / PRES / eux /INJ / partir / prier / mosquèe / à / DEM / jour Le vendredi est le jour des musulmans, ce jour-là, ils sont obligés d’aller prier à la mosquée.

Jumaseli mana jigin, silamè caman bè saraka bò : juma-seli / mana / jigin / silamè / caman / bè / saraka / bò vendredi-prière / HYP / finir / musulman / beaucoup / INAC / sacrifice / offrir Quand la prière du vendredi prend fin, beaucoup de musulmanss offrent des sacrifices :

u bè takula san k’o di garibuw ma, u / bè / takula / san / ka / o / di / garibuw / ma ils / INAC / petit gateau / acheter / CONV / DEM / donner / mendiants / à ils achètent des « takula » (= galettes de mil)

wala u bè warimisènw tila fiyentòw ani faantanw ni nyògòn cè. wala / u / bè / wari-misènw / tila / fiyentòw / ani / faantanw / ni / nyògòn / cè ou / ils / INAC / monnaie-petits / distribuer / aveugles / et / pauvres / entre / l’un l’autre / entre ou bien ils partagent des pièces de monnaie entre les aveugles et les pauvres.

Mali la, mògòw bè baara kè k’a ta ntènèn na k’a ta juma na. Mali / la / mògòw / bè / baara / kè / ka a ta / ntènèn / na / ka a ta / juma / na M. / à / gens / INAC / travail / faire / à partir / lundi / de / jusque / vendredi / à Au Mali, les gens travaillent du lundi au vendredi.

Nka dugubaw kònò sugu kòni bè sigi don o don. nka / dugubaw / kònò / sugu / kòni / bè / sigi / don / o / don mais / villes / dans / marché / RES / INAC / habiter / jour / tout / jour Mais dans les villes, le marché en tout cas a lieu jour par jour.

Forotigi caman bè sibiri ni dimansi k’u ka forow de la. foro-tigi / caman / bè / sibiri / ni / dimansi / kè / u / ka / forow / de / la champ-propriétaire / beaucoup / SIT / vendredi / et / dimanche / passer / leurs / CONN / champs / FOC / à Beaucoup de propriétaires de champs passent le samedi et le dimanche dans leurs champs.

(Abréviations utilisées : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; HYP = marque de l‘hypothétique ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INF = marque de l’infinitif ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; INST = suffixe verbale indiquant l'instrument qui fait l'action ; PART = suffixe du participe accompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; REF = pronom réfléchi ; REL = pronom relatif ; RES = particule à valeur réservative ; SIT = marque de prédication non-verbale )

Bonne lecture !

Herbert

(1) petits gateaux (de mil) qui se vendent le vendredi à l'entrée des mosquées pour les donner aux mendiants et élèves-marabouts.
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Taamaden 14 years ago · Rotsaka
Les griots au Mali (en bambara)
LES GRIOTS AU MALI JELIW MALI LA

– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :

Jeliw Mali la

Jeliw bè sòrò Afiriki tilebinyanfanjamana caman na, nka u ka ca jamana minw na kosèbè, olu de filè : Mali, Lagine, Senegali, Kònòwari, Burukina Faso ani Ganbi.

Kuyatè, Jabaatè ni Sisoko ye jelijamuw de ye. Jeliw ni numuw ni garankew tè hòrònw ye, olu bèè ye nyamakalaw de ye. Mògò tè kè jeli, numu wala garanke ye, mògò bè wolo de jeliya, numuya wala garankeya la. Nyamakalaw bè se ka furu u yèrè damaw ni nyògòn cè, nka hòròn caman tè sòn ka nyamakala furu wala k’u den furu nyamakala ma. Mali la, a bè fò ko nyamakalaw ni hòrònw tè furunyògònw ye.

Numuw ye nègèbaaralaw ye. Garankew bè sabaraw ni wolomafèn wèrè caman dilan. Jeliw ye kumatigiw de ye. U nèn ka di kojugu, o de y’a to u tè dèsè fosi fòcogo nyuman na.

Fòlòfòlò, jeliw tun bè masaw ka palèw de la. Masaw de tun b’olu n’u ka denbayaw balo. O tuma na, bonyaba tun dalen bè jeliw kan, bawo olu tun ye masaw laadibagaw ye. U tun bè masa olu denw lamò, k’u kalan. Mògò si tun tè sariyaw dòn ka jeliw bò. Kèlè waatiw la, olu de tun b’u ka masakè n’a ka kèlèdenw ja lagèlènya. U tun bè tugu olu kò ka taa kèlèkèyòrò la. U tun mana se kèlèkènè kan dòròn, u tun bè masakè n’a ka kèlèdenw fasa da, ka nkòni fò u kun. Olu fana tun b’a jira bèè la ko olu ye cè farinw de ye. U tun b’u juguw laboli sinyè caman.

Komin sèbènni tun tè kè o tuma na anw ka jamana kònò, jeliw de tun bè jamana tariki ni masaw buruju mara. Dònniyaba de tun b’u kun na. U tun b’o dònniya ladi nyògòn ma de. Fa tun b’a ka dònniyaw d’a denkè ma, o fana tun b’a taw d’a woloden ma. O cogo la, jeliw ye Mali ko kòrò caman lakana. Ni jeliw tun tè, bi tun b’a sòrò an ka laada caman tun tununna.

Nka, bi bi in na, masaw dama dògòyara. Mògò minw bè se jeliw n’u ka denbayaw kòrò, olu man ca bilen. O de y’a to jeliw b’u nyèsin waritigiw de ma sisan. U bè olu mabalima, k’u fasa da. Olu mana nisòndiya, u bè wari d’u ma. Ni jeliw y’i fasa da, n’i m’u ladiya, u bè se ka dònkili d’i la o yòrò bèè la, k’i neni, k’i kè yèlèkofèn ye. Malidenw bè siran maloya nyè ka tèmèn fèn bèè kan. O kosòn, mògò caman bè juru ta, ka jeliw sòn, wala k’u kanaduloki bò k’a d’u ma. O b’u tanga tògòtinyè ma. A man di mògò si ye a ka fò i ma bakilu. Nka mògò dòw fana bè jeliw sòn de walasa u ka se k’u yèrè jira. Olu b’a dòn ko n’i ye jeliw sòn u b’o lakali fan bèè.

Kunko si tè fò jeliw kò. N’u y’a mèn ko furusiri, denkundi, bolokoli wala janaja bè yòrò dò la, u b’u teliya ka taa yen, sabula u b’a dòn k’u bè se ka wari sòrò yen. Jeliw ye furuboloma nyumanw fana ye. N’i y’a nyini jeliw fè k’u ka musoko dò nyènabò i ye, i bè se k’i hakili sigi, o musoko bè nyènabò. E ka kan k’i miiri dòròn de, i bèn’i ka jelikè ladiya cogo min na. Jeliw bè nafaba sòrò u ka jeliya in na. U bè nafolo min sòrò jeliya la, hali u tè sugo k’o nyògòn sòrò baara la. O de y’a to jeli dòw t’a fè ka baara kè. Bi, Bamakò jeli caman kèra waritigiw ye. U bè yaala yèrè Mèrisedèsiw (Mercedes) de kònò.

Jeli min dònnen don ka tèmèn Mali jeli bèè kan, o ye Jeli Baba Sisoko de ye. Ale bè nsiirinw de da Arajo Mali la. Su mana ko jamana in kònò, mògò caman bè kòròtò ka se so, walasa Jeli Baba ka sufè baroninw n’a ka nsiirinw kana daminè olu kò.

Mali la, jòyòròba bè jeliw la.

– texte en français (masalabolo tubabukan na) :

Les griots au Mali

On trouve des griots dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, mais voici les pays où ils sont très nombreux : le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Gambie.

Kouyaté, Diabaté et Sissoko sont des noms de familles de griots. Les griots, les forgerons et les coordonniers ne sont pas des nobles, ce sont tous des gens de castes (nyamakala). On ne devient pas griot, forgeron ou cordonnier, on naît griot, forgeron et cordonnier. Les gens de castes peuvent se marier entre eux, mais beaucoup de nobles n’acceptent pas de marier une personne de caste ou de marier leur enfant à une personne de caste. On dit au Mali qu’une union entre gens de castes et nobles n’est pas convenable.

Les forgerons travaillent le fer. Les cordonniers fabriquent des chaussures et beaucoup d’autres choses en cuir. Les griots sont les maîtres de la parole. Ils ont la langue bien pendue, c’est pourquoi ils arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit.

Autrefois, les griots vivaient dans les palais des rois. C’étaient les rois qui les nourrissaient, eux et leurs familles. A cette époque, les griots jouissaient d’une très grande considération, car ils étaient les conseillers des rois. Ils élevaient les enfants desdits rois et leur donnaient des cours. Personne ne connaissait les lois antant que les griots. En temps de guerres, c’étaient eux qui encourageaient leur roi et ses guerriers. Ils les suivaient jusqu’au lieu de bataille. Une fois arrivés sur le champ de bataille, ils chantaient les louanges du roi et de ses guerriers, et jouaient de la kora pour eux. Ceux-là aussi montraient alors à tout le monde qu’ils étaient des hommes courageux. Souvent, ils mettaient leurs ennemis en fuite. Comme à cette époque on n’écrivait pas dans notre pays, c’étaient les griots qui détenaient l’histoire du pays et la généalogie des rois. Ils avaient beaucoup de connaissances et se les transmettaient. Le père transmettait ses connaissances à son fils, celui-ci aussi transmettait les siennes à son propre enfant. De cette manière, les griots ont préservé beaucoup de vieilles choses du Mali ancien. Sans les griots, beaucoup de nos traditions auraient aujourd’hui disparu.

Mais, de nos jours, le nombre des rois a diminué. Les gens qui peuvent entretenir les griots et leurs familles ne sont plus nombreux. C’est pourquoi les griots se dirigent maintenant vers les riches. Ils les flattent et chantent leurs louanges. Quand ces derniers sont contents, ils leur donnent de l’argent. Quand les griots chantent tes louanges, si tu ne les récompenses pas, ils peuvent tout de suite composer une chanson sur toi, t’insulter et te tourner en ridicule. Les Maliens craignent la honte plus que tout. A cause de cela, beaucoup de personnes s’endettent pour faire un cadeau à un griot, ou alors elles enlèvent les habits qu’elles portent et les leur offrent. Cela leur évite de perdre leur réputation. Personne n’aime être traité d’avare. Mais certaines personnes aussi ne donnent aux griots que pour se faire voir. Ils savent que si on donne quelque choses aux griots, ils le racontent partout.

Aucune manifestation ne se fait sans les griots. S’ils apprennent qu’il y a quelque part un mariage, un baptême, une circoncision ou un décès, ils s’y rendent vite, car ils savent qu’ils peuvent avoir de l’argent là-bas. Les griots sont aussi de très bons entremetteurs de mariages. Si tu demandes à un griot de régler un problème de femme pour toi, tu peux être tranquille, ce problème de femme sera réglé. Toi, tu dois seulement penser à la manière selon laquelle tu pourras récompenser ton griot. Les griots tirent beaucoup de proftis de leur situation de griots. Ils ne peuvent même pas rêver de faire en travaillant une fortune telle que celle qu’ils font en tant que griots. C’est pourquoi certains griots ne veulent pas travailler. Aujourd’hui, un grand nombre de griots de Bamako sont devenus très riches. Ils se promènent même en Mercedes.

Le griot le plus connu du Mali est Jeli Baba Sissoko. Il raconte des contes à la Radio Mali. Quand la nuit tombe dans ce pays, beaucoup de gens sont pressées de rentrer à la maison afin de ne pas rater le début des historiettes nocturnes et des contes de Jeli Baba Sissoko.

Au Mali, les griots ont une fonction très importante.

– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :

Jeliw Mali la jeliw / Mali / la griots / M. / à Les griots au Mali

Jeliw bè sòrò Afiriki tilebinyanfanjamana caman na, jeliw / bè / sòrò / Afiriki / tilebin-yan-fan-jamana / caman / na griots / INAC / trouver / A. / ouest-ici-côté-pays / beaucoup / dans On trouve des griots dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest,

nka u ka ca jamana minw na kosèbè, olu de filè : nka / u / ka / ca / jamana / minw / na / kosèbè / olu / de / filè mais / ils / DES / nombreux / pays / REL / à / très / eux / FOC / voici mais voici les pays où ils sont très nombreux :

Mali, Lagine, Senegali, Kònòwari, Burukina Faso ani Ganbi. Mali / Lagine / Senegali / Kònòwari / Burukina Faso / ani / Ganbi M. / G. / S. / CdI. / BF. / et / G. le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Gambie.

Kuyatè, Jabaatè ni Sisoko ye jelijamuw de ye. Kuyatè / Jabaatè / ni / Sisoko / ye / jeli-jamuw / de / ye K. / J. / et / S. / EQ / griot-noms de famille / FOC / EQ Kouyaté, Diabaté et Sissoko sont des noms de familles de griots.

Jeliw ni numuw ni garankew tè hòrònw ye, olu bèè ye nyamakalaw de ye. jeliw / ni / numuw / ni / garankew / tè / hòrònw / ye / olu / bèè / ye / nyamakalaw / de / ye griots / et / forgerons / et / cordonniers / EQnég / nobles / EQ / eux / tous / EQ / forgerons / FOC / EQ Les griots, les forgerons et les coordonniers ne sont pas des nobles, ce sont tous des gens de castes.

Mògò tè kè jeli, numu wala garanke ye, mògò / tè / kè / jeli / numu / wala / garanke / ye homme / INACnég / faire / forgeron / ou / cordonnier / à On ne devient pas griot, forgeron ou cordonnier,

mògò bè wolo de jeliya, numuya wala garankeya la. mògò / bè / wolo / de / jeliya / numuya / wala / garankeya / la homme / INAC / naître / FOC / griotisme / métier de forgeron / ou / métier de cordonnier / dans on naît griot, forgeron et cordonnier.

Nyamakalaw bè se ka furu u yèrè damaw ni nyògòn cè, nyamakalaw / bè / se / ka / furu / u / yèrè / damaw / ni / nyògòn / cè personnes de caste / INAC / pouvoir / CONV / marier / eux / même / nombres / et / l’un l’autre / entre Les gens de castes peuvent se marier entre eux,

nka hòròn caman tè sòn ka nyamakala furu nka / hòròn / caman / tè / sòn / ka / nyamakala / furu mais / noble / beaucoup / INACnég / accepter / personne de caste / marier mais beaucoup de nobles n’acceptent pas de marier une personne de caste

wala k’u den furu nyamakala ma. wala / ka / u / den / furu / nyamakala / ma ou / CONV / leur / enfant / marier / personne de caste / à ou de marier leur enfant à une personne de caste.

Mali la, a bè fò ko nyamakalaw ni hòrònw tè furunyògònw ye. Mali / la / a / bè / fò / ko / nyamakalaw / ni / hòrònw / tè / furunyògònw / ye M. / à / il / INAC / dire / que / personnes de caste / et / nobles / EQnég / marier-mutuels / EQ On dit au Mali qu’une union entre gens de castes et nobles n’est pas convenable.

Numuw ye nègèbaaralaw ye. numuw / ye / nègè-baaralaw / ye forgerons / EQ / fer-travailleurs / EQ Les forgerons travaillent le fer.

Garankew bè sabaraw ni wolomafèn wèrè caman dilan. garankew / bè / sabaraw / ni / wolomafèn / wèrè / caman / dilan cordonniers / INAC / chaussures / et / chose en cuir /autre / beaucoup / fabriquer Les cordonniers fabriquent des chaussures et beaucoup d’autres choses en cuir.

Jeliw ye kumatigiw de ye. jeliw / ye / kuma-tigiw / de / ye griots / EQ / parole-maîtres / FOC / EQ Les griots sont les maîtres de la parole.

U nèn ka di kojugu, o de y’a to u tè dèsè fosi fòcogo nyuman na. u / nèn / ka / di / kojugu / o de ye a to / u / tè / dèsè / fosi / fò-cogo / nyuman / na leur / langue / DES / bon / c’est pourquoi / ils / INACnég / ne pas arriver à / rien / dire-manière / bon / à Ils ont la langue bien douce, c’est pourquoi ils arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit.

Fòlòfòlò, jeliw tun bè masaw ka palèw de la. fòlòfòlò / jeliw / tun / bè / masaw / ka / palèw / de / la autrefois / griots / INACT / SIT / rois / CONN / palais / FOC / SIT Autrefois, les griots vivaient dans les palais des rois.

Masaw de tun b’olu n’u ka denbayaw balo. masaw / de / tun / bè / olu / ni / u / ka / denbayaw / balo rois / FOC / INACT / INAC / eux / et / leurs / CONN / familles / nourrir C’étaient les rois qui les nourrissaient, eux et leurs familles.

O tuma na, bonyaba tun dalen bè jeliw kan, o / tuma / na / bonya-ba / tun / da-len / bè /jeliw / kan DEM / époque / à / respect-grand / INACT / poser-PART / SIT / griots / sur A cette époque, les griots jouissaient d’une très grande considération,

bawo olu tun ye masaw laadibagaw ye. bawo / olu / tun / ye / masaw / laadi-bagaw / ye parce que / eux / INACT / EQ / rois / conseiller-agents / EQ car ils étaient les conseillers des rois.

U tun bè masa olu denw lamò, k’u kalan. u / tun / bè / masa / olu / denw / lamò / ka / u / kalan ils / INACT / INAC / roi / leur / enfants / élever / CONV / eux / enseigner Ils élevaient les enfants des rois et faisaient cours à eux.

Mògò si tun tè sariyaw dòn ka jeliw bò. mògò / si / tun / tè / sariyaw / dòn / ka / jeliw / bò homme / aucun / INACT / INACnég / lois / connaître / CONV / griots / égaler Personne ne connaissait les lois antant que les griots.

Kèlè waatiw la, olu de tun b’u ka masakè n’a ka kèlèdenw ja lagèlènya. kèlè / waatiw / la / olu / de / tun / bè / u / ka / masakè / ni / a / ka / kèlèdenw / ja / lagèlènya guerre / temps / à / eux / FOC / INACT / INAC / leur / CONN / roi / et / son / CONN / guerriers / image? / rendre cher En temps de guerres, c’étaient eux qui encourageaient leur roi et ses guerriers.

U tun bè tugu olu kò ka taa kèlèkèyòrò la. u / tun / bè / tugu / olu / kò / ka / taa / kèlè-kè-yòrò / la ils / INACT / INAC / suivre / eux / derrière / CONV / aller / guerre-faire-lieu / à Ils les suivaient jusqu’au lieu de bataille.

U tun mana se kèlèkènè kan dòròn, u / tun / mana / se / kèlè-kènè / kan / dòròn ils / INACT / HYP / arriver / guerre-surface / sur / seulement Une fois arrivés sur le champ de bataille,

u tun bè masakè n’a ka kèlèdenw fasa da, u / tun / bè / masakè / ni / a / ka / kèlèdenw / fasa / da ils / INACT / INAC / roi / et / ses / CONN / guerriers / louange / chanter ils chantaient les louanges du roi et de ses guerriers,

ka nkòni fò u kun. ka / nkòni / fò / u / kun CONV / ngoni / jouer / eux / pour et jouaient de la kora pour eux.

Olu fana tun b’a jira bèè la ko olu ye cè farinw de ye. olu / fana / tun / bè / a / jira / bèè / la / ko / olu / ye / cè / farinw / de / ye eux / aussi / INACT / INAC / le / montrer / tous / à / que / eux / EQ / homme / courageux / FOC / EQ Ceux-là aussi montraient alors à tout le monde qu’ils étaient des hommes courageux.

U tun b’u juguw laboli sinyè caman. u / tun / bè / u / juguw / laboli / sinyè / caman eux / INACT / INAC / leurs / ennemies / faire fuire / fois / beaucoup Souvent, ils mettaient leurs ennemis en fuite.

Komin sèbènni tun tè kè o tuma na anw ka jamana kònò, komin / sèbènni / tun / tè / kè / o / tuma / na / anw / ka / jamana / kònò comme / écriture / INACT / INACnég / faire / DEM / époque / à / notre / CONN / pays / dans Comme à cette époque on n’écrivait pas dans notre pays,

jeliw de tun bè jamana tariki ni masaw buruju mara. jeliw / de / tun / bè / jamana / tariki / ni / masaw / buruju / mara griots / FOC / INACT / INAC / pays / histoire / et / rois / généalogie / garder c’étaient les griots qui détenaient l’histoire du pays et la généalogie des rois.

Dònniyaba de tun b’u kun na. dònniya-ba / de / tun / bè / u / kun / na savoir-grand / FOC / INACT / SIT / leur / tête / à Ils avaient beaucoup de connaissances

U tun b’o dònniya ladi nyògòn ma de. u / tun / bè / o / dònniya / ladi / nyògòn / ma / de ils / INACT / INAC / DEM / connaissances / transmettre / l’un l’autre / à / FOC et se les transmettaient.

Fa tun b’a ka dònniyaw d’a denkè ma, fa / tun / bè / a / ka / dònniyaw / di / a / denkè / ma père / INACT / INAC / ses / CONN / connaissances / donner / son / fils / à Le père transmettait ses connaissances à son fils,

o fana tun b’a taw d’a woloden ma. o / fana / tun / bè / a / taw / di / a / wolo-den / ma DEM / aussi / INACT / INAC / ses / parts / donner / son / engendrer-enfant / à celui-ci aussi transmettait les siennes à son propre enfant.

O cogo la, jeliw ye Mali ko kòrò caman lakana. o / cogo / la / jeliw / ye / Mali / ko / kòrò / caman / lakana DEM / manière / de / griots / AC / M. / chose / vieille / beaucoup / protéger De cette manière, les griots ont préservé beaucoup de vieilles choses du Mali (ancien).

Ni jeliw tun tè, bi tun b’a sòrò ni / jeliw / tun / tè / bi / tun / bè / a / sòrò quand / griots / INACT / SITnég / aujourd’hui / INACT / INAC / le / gagner Sans les griots, beaucoup de nos traditions

an ka laada caman tun tununna. an / ka / laada / caman / tun / tunun-na nos / CONN / tradition / beaucoup / INACT / perdre-AC auraient aujourd’hui disparu.

Nka, bi bi in na, masaw dama dògòyara. nka / bi bi in na / masaw / dama / dògòya-ra mais / de nos jours / rois / quantité / diminuer-AC Mais, de nos jours, le nombre des rois a diminué.

Mògò minw bè se jeliw n’u ka denbayaw kòrò, mògò / minw / bè / se / jeliw / ni / u / ka / denbayaw / kòrò homme / REL / INAC / pouvoir / griots / et / leurs / CONN / familles / sous Les gens qui arrivent à porter les griots et leurs familles,

olu man ca bilen. olu / man / ca / bilen eux / DESnég / nombreux / plus ils ne sont pas nombreux.

O de y’a to jeliw b’u nyèsin waritigiw de ma sisan. o de ye a to / jeliw / bè / u / nyèsin / wari-tigiw / de / ma / sisan pour cela / griots / INAC / REF / s’orienter vers / argent-propriétaires / FOC / à / aujourd’hui C’est pourquoi les griots se dirigent maintenant vers les riches.

U bè olu mabalima, k’u fasa da. u / bè / olu / mabalima / ka / u / fasa / da ils / INAC / eux / flatter / CONV / leurs / louanges / chanter Ils les flattent et chantent leurs louanges.

Olu mana nisòndiya, u bè wari d’u ma. olu / mana / nisòndiya / u / bè / wari / di / u / ma eux / HYP / réjouir / ils / INAC / argent / donner / eux / à Quand ces derniers sont contents, ils leur donnent de l’argent.

Ni jeliw y’i fasa da, n’i m’u ladiya, ni / jeliw / ye / i / fasa / da / ni / i / ma / u / ladiya quand / griots / AC / tes / louanges / chanter / si / tu / ACnég / eux / récompenser Quand les griots chantent tes louanges, si tu ne les récompenses pas,

u bè se ka dònkili d’i la o yòrò bèè la, u / bè / se / ka / dònkili / di / i / la / o / yòrò / bèè / la ils / INAC / pouvoir / CONV / chanson / donner / toi / à / DEM / lieu / tous / à ils peuvent immédiatement composer une chanson sur toi,

k’i neni, k’i kè yèlèkofèn ye. ka / i / neni / ka / i / kè / yèlè-ko-fèn / ye CONV / te / insulter / CONV / te / faire / rire-affaire-chose / en t’insulter et te tourner en ridicule.

Malidenw bè siran maloya nyè ka tèmèn fèn bèè kan. malidenw / bè / siran / maloya / nyè / ka / tèmèn fèn bèè kan Maliens / INAC / craindre / honte / devant / CONV / surpasser / chose / toutes / de Les Maliens craignent la honte plus que tout.

O kosòn, mògò caman bè juru ta, ka jeliw sòn, o kosòn / mògò / caman / bè / juru / ta / ka / jeliw / sòn pour cela / homme / beaucoup / INAC / dette / prendre / CONV / griots / offrir A cause de cela, beaucoup de personnes s’endettent pour faire un cadeau à un griot,

wala k’u kanaduloki bò k’a d’u ma. wala / ka / u / kanaduloki / bò / ka / a / di / u / ma ou / CONV / leurs / habits / enlever / CONV / le / donner / eux / à ou alors elles enlèvent les habits qu’elles portent et les leur offrent.

O b’u tanga tògòtinyè ma. o / bè / u / tanga / tògò-tinyè / ma DEM / INAC / eux / protéger / nom-vérité / à Cela protège leur réputation.

A man di mògò si ye a ka fò i ma bakilu. a / man / di / mògò / si / ye / a / ka / fò / i / ma / baliku il / DESnég / bien / homme / aucun / à / il / INJ / jouer / toi / à / adulte Personne n’aime être traité d’avare.

Nka mògò dòw fana bè jeliw sòn de nka / mògò / dòw / fana / bè / jeliw / sòn / de mais / homme / certains / aussi / INAC / griots / offrir / FOC Mais certaines personnes aussi ne donnent aux griots

walasa u ka se k’u yèrè jira. walasa / u / ka / se / ka / u / yèrè / jira afin que / ils / INJ / pouvoir / CONV / REF / même / se révéler que pour se faire voir.

Olu b’a dòn ko n’i ye jeliw sòn u b’o lakali fan bèè. olu / bè / a / dòn / ko / ni / i / ye / jeliw / sòn / u / bè / o / lakali / fan / bèè eux / INAC / le / savoir / que / si / tu / AC / griots / offrir / ils / INAC / DEM / raconter / côté / tous Ils savent que si on donne quelque choses aux griots, ils le racontent partout.

Kunko si tè fò jeliw kò. kun-ko / si / tè / fò / jeliw / kò tête-affaire / aucune / INACnég / jouer / griots / sauf Aucune manifestation ne se fait sans les griots.

N’u y’a mèn ko furusiri, denkundi, ni / u / ye / a / mèn / ko / furusiri / denkundi quand / ils / AC / le / écouter / que / fête de mariage / baptême S’ils apprennent qu’il y a quelque part un mariage, un baptême,

bolokoli wala janaja bè yòrò dò la, bolokoli / wala / janaja / bè / yòrò / dò / la circoncision / ou / enterrement / SIT / lieu / un / à une circoncision ou un enterrement,

u b’u teliya ka taa yen, u / bè / u / teliya / ka / taa / yen ils / INAC / REF / se dépêcher / CONV / aller / là-bas ils s’y rendent vite,

sabula u b’a dòn k’u bè se ka wari sòrò yen. sabula / u / bè / a / dòn / ka / u / bè / se / ka / wari / sòrò / yen car / ils / INAC / le / savoir / CONV / ils / INAC / pouvoir / CONV / argent / gagner / là-bas car ils savent qu’ils peuvent avoir de l’argent là-bas.

Jeliw ye furuboloma nyumanw fana ye. jeliw / ye / furu-boloma / nyumanw / fana / ye griots / EQ / mariage-intermédiaire / bons / aussi / EQ Les griots sont aussi de très bons entremetteurs de mariages.

N’i y’a nyini jeliw fè k’u ka musoko dò nyènabò i ye, ni / i / ye / a / nyini / jeliw / fè / ka / u / ka / muso-ko / dò / nyènabò / i / ye si / tu / AC / le / chercher / griots / à / CONV / ils / INJ / femme-chose / certain / régler / toi / pour Si tu demandes à un griot de régler un problème de femme pour toi,

i bè se k’i hakili sigi, o musoko bè nyènabò. i / bè / se / ka / i / hakili / sigi / o / muso-ko / bè / nyènabò tu / INAC / pouvoir / CONV / ton / esprit / déposer / DEM / femme-chose / INAC / régler tu peux être tranquille, ce problème de femme sera réglé.

E ka kan k’i miiri dòròn de, e / ka kan ka / i / miiri / dòròn / de toi / devoir / ta / pensée / seulement / FOC Toi, tu dois seulement penser

i bèn’i ka jelikè ladiya cogo min na. i / bèna / i / ka / jelikè / ladiya / cogo / min / na tu / FUT / ton / CONN / griot / rendre heureux / manière / REL / à à la manière selon laquelle tu pourras récompenser ton griot.

Jeliw bè nafaba sòrò u ka jeliya in na. jeliw / bè / nafa-ba / sòrò /u / ka / jeliya / in / na griots / INAC / profit-grand / gagner / leur / CONN / métier de griots / ce / de Les griots tirent beaucoup de profit de leur métier de griots.

U bè nafolo min sòrò jeliya la, u / bè / nafolo / min / sòrò / jeliya / la ils / INAC / fortune / REL / obtenir / griotisme / à Ils ne peuvent même pas rêver de faire en travaillant une fortune

hali u tè sugo k’o nyògòn sòrò baara la. hali / u / tè / sugo / ka / o / nyògòn / sòrò / baara / la au point que / ils / INACnég / rêver / CONV / DEM / l’un l’autre / gagner / travail / à telle que celle qu’ils font en tant que griots.

O de y’a to jeli dòw t’a fè ka baara kè. o de ye a to / jeli / dòw / tè / a / fè / ka / baara / kè c’est pourquoi / griot / certains / SITnég / le / à / CONV / travail / faire C’est pourquoi certains griots ne veulent pas travailler.

Bi, Bamakò jeli caman kèra waritigiw ye. bi / Bamakò / jeli / caman / kè-ra / wari-tigiw / ye aujourd’hui / B. / griot / beaucoup / faire-AC / argent-propriétaires / à Aujourd’hui, un grand nombre de griots de Bamako sont devenus très riches.

U bè yaala yèrè Mèrisedèsiw (Mercedes) de kònò. u / bè / yaala / yèrè / Mèrisedèsiw / de / kònò ils / INAC / se promener / même / Me. / FOC / dans Ils se promènent même en Mercedes.

Jeli min dònnen don ka tèmèn Mali jeli bèè kan, jeli / min / dòn-nen / don / ka / tèmèn / Mali / jeli / bèè / kan griot / REL / connaître-PART / PRES / CONV / surpasser / M. / griot / tous /à Le griot le plus connu du Mali,

o ye Jeli Baba Sisoko de ye. o / ye / Jeli Baba Sisoko / de / ye DEM / EQ / J.B.S. / FOC / EQ celui-ci est Jeli Baba Sissoko.

Ale bè nsiirinw de da Arajo Mali la. ale / bè / nsiirinw / de / da / Arajo / Mali / la Lui / INAC / contes / FOC / raconter / radio / M. / à Il raconte des contes à la Radio Mali.

Su mana ko jamana in kònò, mògò caman bè kòròtò ka se so, su / mana / ko / jamana / in / kònò / mògò / caman / bè / kòròtò / ka / se / so soir / HYP / tomber / pays / ce / dans / homme / beaucoup / se presser / CONV / arriver / maison Quand la nuit tombe dans ce pays, beaucoup de gens sont pressées de rentrer à la maison

walasa Jeli Baba ka sufè baroninw n’a ka nsiirinw kana daminè olu kò. walasa / Jeli Baba / ka / sufè / baroninw / ni / a / ka / nsiirinw / kana / daminè / olu / kò pour que / J.B. / INJ / le soir / conversation-petites / et / ses / CONN / contes / PROH / commencer / eux / après afin de ne pas rater le début des historiettes nocturnes et des contes de Jeli Baba Sissoko.

Mali la, jòyòròba bè jeliw la. Mali / la / jòyòrò-ba / bè / jeliw / la M. / à / fonction-grand / SIT / griots / à Au Mali, les griots ont une fonction très importante.

(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HYP = marque de l‘hypothétique ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INACT = marque de l’inactuel ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; PART = suffixe du participe accompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PROH = marque de prédication du prohibitif ; REF = pronom réfléchi ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)

Bonne lecture !

Herbert
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TA
Taamaden 14 years ago
Conversation en maasinankoore (Mali)
CONVERSATION YEWTERE

Voici un petit assortiment en salutations informelles (familières) en maasinankoore, le fulfulde comme on le parle dans la partie du Mali central connue sous le nom Maasina (1). Cette zone est le cœur du Mali et espace vital des Peuls, ou Ful'be comme ils s’appellent en fulfulde même. Le maasinankoore est la langue la plus importante au Delta Central du Niger au Mali.

Les salutations sont adressées généralement aux personnes moins âgées que le locuteur, les amis et les personnes familières. Chez les Peuls, les salutations sont très importantes, elles peuvent être longues et incluent une série de questions posées alternativement par chaque locuteur. Enfin, elles sont la clé de toute interaction ...

- A -

Salutations (Jowtaangol)

Jam fini ! Bonjour ! (le bon matin)

Jam weeti ! Bonjour ! (pendant la matinée)

Jam nyalli ! Bonjour ! (pendant la journée)

Jam hiiri ! Bonsoir !

On hiirii e jam ! Bonsoir à vous !

Jam waali ! Bonne nuit ! / Bonjour !

Réponse aux salutations (sous A) :

Jam tan ! Merci ! (litt. "La paix seulement !")

Note : le mot jam est un mot-clé au vocabulaire fulfulde qui veut dire "paix ; bonheur". Ce mot correspond à hèrè du bambara.

- B -

Kori a waalii e jam. Bien dormi ? (litt. "As-tu passé la nuit en paix ?")

Kori a finii e jam. As-tu passé la matinée en paix ?

Kori a weetii e jam. As-tu passé la matinée en paix ?

Kori a nyallii e jam. As-tu passé une bonne journée ?

Kori a hiirii e jam. As-tu passé une bonne soirée ?

- C -

Kori jam waalii e maa. Espérons que tu t’es bien réveillé.

Kori jam finii e maa. Espérons que tu as passé la matinée en paix.



Réponses aux salutations (sous B et C) :

Jam tan ! Oui, merci !

Basi fuu walaa ! Au mieux, merci !

Sago men tan ! Tout marche à souhait ! / Tout va bien !

- D -

Ça boume ?

No nga’dtaa ? Comment vas-tu ?

Kori a’da selli. J’espère que tu es en bonne santé.

Kori a’da reenii. J’espère que tu vas bien.

Possibles réponses aux salutations (sous D) :

Jam tan ! Oui, merci !

Basi fuu walaa ! Au mieux, merci !

Sago men tan ! Tout marche à souhait !

- E -

Kori gorko maa e jam. J’espère que ton homme va bien.

Kori debbo maa e jam. J’espère que ta femme va bien.

Sukaa’be maa mbatta ? Et tes enfants, ils vont bien ?

Gorko maa wa’dii ? Et ton homme va comment ?

Réponses aux salutations (sous E) :

Omo e jam. Merci, bien ! (litt. "Il est en paix.")

E’be e jam. Merci, bien ! (litt. "Ils (enfants) sont en paix.")

- E -

Salut !

Sa’di ! (litt. "C’est difficile !") Salut !

Bisimillah ! (litt. "Au nom du Dieu !") Bienvenu !

Possibles réponses aux salutations (sous E) :

A hisii ! (> Sa’di !) (litt. "Tu as échappé au danger !") Salut !

Sai ! (> Bisimillah !) Merci !

Note : A hisii ! et Sai ! (ou Sah !) sont des réponses définitives à Sa’di ! resp. Bisimillah !

- F -

En guise d’adieu :

Mi’da yaha. Je pars maintenant !

Alla hokku jam ! Que Dieu te protège !

Aamina ! Merci !

Albarka ! Merci ! (après le repas)

- G -

Tawaa e jam ! Au revoir ! (litt. "Que tu arrives à la paix !")

Jam tan ! Trouve la paix !

- H -

Conversation (Yewtere)

L’après-midi, Samba et Demba se rencontrent dans la rue ...

Sammba : Sa’di ! Samba : Salut !

Demmba : A hisii ! Demba : Salut !

S : Kori jam weeti e maa ? S : J’espère que le matin s’est bien passé pour toi.

D : Jam tan. D : Oui, très bien.

S : Kori a warii e jam ? S : Tout va bien ?

D : Sago men tan. D : Au mieux.

S : Kori a’da reenii. S : J’espère que tu vas bien.

D : Basi fuu walaa. D : Pas de problèmes.

S : Bisimillah e maa ! S : Sois bienvenu !

D : Sai ! D : Merci !

S : Aan e tiyaabu. S : Merci, sois béni !

D : Aan e baraaji. D : Que tu sois béni, aies de la grâce !

Note : Aan e baraaji ! est une réponse définitive à Aan e tiyaabu !

- I -

Comment t’appelles-tu ? (Hono mbiyete’daa ?)

Hono mbiyete’daa ? Comment t’appelles-tu ?

Hono woni innde maa ? Quel est ton nom ?

Hono njettete’daa ? Quel est ton nom de famille ?

Tu viens d’où ? (Hoto njeya’daa ?)

Hoto njeya’daa ? Tu viens d’où ? (c.à.d. de quelle ville ou de quel village ?)

Hoto woni leydi maa ? Tu es de quel pays ? (litt. "Où est ton pays ?")

Hoto iw’daa ? Tu es de quel pays ?

A’da anndi Sammba ? Connais-tu Samba ?

Réponses aux questions (sous I) :

Innde am yo Hawa. Je m’appelle Hawa.

Yettoore am woni Jallo. Mon nom de famille est Diallo.

Wuro am yo Jafaraa‘be. Je viens de Diafarabé. (litt. "Mon village est Diafarabé.")

Leydi am woni Gine. Je viens de la Guinée. (litt. "Mon pays est la Guinée.")

O’oo, mi anndaali Sammba. Non, je ne connais pas Samba.

- K -

Encore : Comment t’appelles-tu ? (Hono mbiyete’daa ?)

Innde am yo Ummu. Yettoore am woni Jallo. Mali woni leydi am. Innde gorko am yo Mammadu. Omo iwi Niono. Innde ’bi’b’be men yo Aysata e Siidi. Je m’appelle Oumou. Mon nom de famille est Diallo. Je viens du Mali. Mon mari s’appelle Mamadou. Il vient de Niono. Nos enfants s’appellent Aïssata et Sidi.

- L -

Tu parles ... ? (A nanii ... naa ?)

A nanii fulfulde naa ? Tu parles fulfulde ?

A nanii faransi naa ? Tu parles français ?

A nanii almankoore naa ? Tu parles allemand ?

Réponses aux questions (sous L) :

Eyyo, mi nanii fulfulde. Oui, je parle fulfulde.

O’oo, mi nanii see’da tan. Non, je ne comprends que peu.

Walaa fey ! Pas du tout !

Kaa sago am woni janngude. Mais j’aime l’apprendre.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

Apprenez le fulfulde, souvent surnommé l'"italien d'Afrique" et langue magnifique mais très complexe (surtout la variante du Maasina), promis !!! Après, vous êtes plus riche ...

Bonne lecture !

Herbert

(1) Le nom de Maasina (écrit en fulfulde) dans son application la plus étendue comprend le delta intérieur du Niger et d’autres régions dans les environs. Moi, je préfère depuis longtemps l’écriture fulfulde auprès de Mâssina ou Macina (écriture française).
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