Voyage en octobre/novembre 2024 à vélo avec un parapente sur le porte bagage. Briançon/Genes/Tunis/Béjai/Alger/Oran/Marseille. (et 5 jours en kabylie).
Je voulais retourné dans ce pays que j'avais parcouru en stop via le Maroc (à l'époque, la frontière entre les deux pays était ouverte) en novembre 1991 (quelques mois avant la guerre civil) et voir si j'allais retrouver l’accueil extraordinaire que j'y avais reçu. Je n'ai pas été déçu !
Mon fil conducteur : la méditerranée, quelques contacts de parapentistes sur place et voyage au jour le jour. J'ai dormi sur la plage, dans un local d'une école de parapente, dans de petits hôtels ou vont les autochtones et surtout dans ces auberges de jeunesses qui constituent un incroyable réseau à travers tout le pays. (souvenir de la période communiste)
Pour un prix défiant toute concurrence (entre 10/15 euros) je me suis retrouvé parfois tout seul avec le gardien dans de grands bâtiments avec vue sur la mer. Et quand l'auberge était fermé, quelqu'un téléphonait au gardien pour qu'il vienne ouvrir l'auberge.
J'ai sympathisé autant avec de jeunes étudiants de Béjaiia ou nous avons passé trois jours ensembles et avec qui je suis resté en contact.
Qu'avec un cadre qui bossait dans le pétrole et son amie, avec qui nous avons fait le tour d’Alger pour finir invité au resto, et proposition de venir dormir chez eux que j'ai refusé car j'avais trouvé un petit hôtel dans le bas de la casbah que j'affectionnais particulièrement. J'ai d'ailleurs adoré Alger, le pendant méditerranéen de Marseille, seul ville cosmopolite de France à ne pas avoir (encore) trop subit la gentrification.
Quand aux parapentistes, ils me montait avec leur client en voiture sur les décos parapentes et me ramenait des bières au local ou nous passions les soirées à parlé société, politique et bien sur de la décennie noire qui à marqué les cœurs et les esprits !...
Petit conseil d'un vieux con de baroudeur (60 ans) : lâcher vos téléphones et peut être serez vous un peu plus enclins et disponibles aux rencontres... Essayer d’être présent à vous même et vous serez par le fait présents aux autres. Cela fait maintenant plus de 40 ans que je voyage en stop, à vélo, en voilier et je n'ai jamais emmené de tél avec moi. (D’ailleurs en France je ne possède qu'un vieux tél à touche) Ce qui oblige à communiqué avec tout le monde, comme avant!
Ce qui ne m'a pas empêché de me balader de la Turquie au Yémen en passant par l'Iran, (bon à l'heure actuelle, je déconseille !) de traîner dans les Stans, de rouler en Afrique de l'ouest et de traverser la méditerranée et l'atlantique en voilier etc...
Peut être suis je avantagé par mon métier d'accompagnateur en montagne, l'expérience de toutes ces années de voyage, j'ai le contact facile et ce avec n'importe qui de n'importe quelle classe social, j'ai tendance à fuir mes compatriotes (les occidentaux en général, que je retrouve quand même parfois dans des lodges du bout du monde) et à tenter de me fondre dans la population, rester deux ou trois heures à discuter assis sur un trottoir, je me souviens, je crois que c'était au Maroc, est repassé trois jours de suites chez un vieux marchand d'un souk quelconque juste pour le plaisir de refaire le monde. Que du bonheur, je ne sais même plus ce qu'il voulait me vendre, lui non plus d'ailleurs...
Pour aller dans ton sens, oui le visa est galère à obtenir, j'avais demandé un mois et demi et ils ne m'ont filé qu'un mois... Il faut vraiment réunir tous les documents, les photocopies de réservation d’hôtels (une seul suffit) doivent être lisible, je suis tombé au consulat de, Grenoble sur une cerbère qui m'a obligé à me refaire envoyé la réservation d’hôtel (ou au passage je n'ai jamais dormi) car l'encre n'était pas assez lisible ! On m'a renvoyé la même et c'est passé mais j'ai du revenir le lendemain.
Cela dit tout cela découle des relations exécrables entre la France et l’Algérie. Oui dans la wilaya (département) de Bejaia, j'ai été escorté par les flics mais cela ne m'a pas empêché de ressortir le soir pour aller chercher une bière (ils étaient rentrés à la caserne) et de les avoir sollicité pour descendre mon vélo dans le coffre de leur voiture pendant que je décollais en parapente, ils m'ont même payé un jus d'oranger à l'attéro. (j'avais passé un marché avec eux: soit ils redescendaient mon vélo et rentraient rapidement chez eux pour retrouver leur petite famille, soit mon vélo restait en haut de la montagne, du coup je remontais le chercher à pied et leur journée allait être très longue !)
Militaires, flics et autochtones étaient aussi soucieux de ma sécurité en kabillye ou un guide s'est fait enlever et assassiné (Hervé Gourdel) il y a 10 ans maintenant. Cela dit j'ai connu pire même si au bout de deux jours, je suis rentrés dans un comico pour faire un scandale et demander des explications, cela n'a servit à rien.
Bon j’arrête là, désolé pour la réponse un peu longue, mais pour résumé : aller en Algérie, un des plus bel accueil que j'ai rencontré (avec celui des Iraniens) et si le régime tombe un jour, allez en Iran.
Bisous. Et bon voyages.
Phil...
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