Réflexion faite, et personnellement, je ne pense pas que ce soit une bonne idée que de chercher à échapper à ce que les gens du cru ont prévu pour les touristes. En effet, voyager dans des engins surchargés, on doit, je pense en avoir fait assez l'expérience avec les TB à Mada ou ailleurs, cela n'apporte pas grand chose de nouveau. Par ailleurs, le paysage est monotone puisque entièrement déforesté, sans aucune ville ni village côtier. Donc, pour moi, cette descente n'a de sens que parce que c'est quelque-chose d'unique à Mada: en pirogue sur trois jours. C'est plus respectueux du travail des locaux, et rassurez-vous ce n'est pas un tourisme aseptisé pour vieux, habitués aux 4x4 et 4*, c'est vraiment le minimum de confort et d'organisation: l'embarquement est fixé à un ou deux jours près, on emporte un poulet vivant (puisque qu'il n'y a pas de froid à bord) par exemple.
De plus, l'essentiel de la journée se passe en pirogue, quasi immobile pour ne pas la faire chavirer. Donc il faut être intéressé par l'authentique << Ne rien faire>>, aimer ouïr le chant des nautoniers, voire y aller en bande capable d'entonner pas mal de refrains.
Pour ma part j'avais une occupation supplémentaire durant ces longues heures: imaginer la forme du croissant de Lune que nous ne manquerions pas de voir la nuit, au campement. Le changement d'hémisphère influe-t-il sur cette forme ? Voilà une question dont la réponse n'est pas évidente, surtout quand on ne choisit pas la bonne méthode de raisonnement.
On peut aussi essayer de réfléchir au pourquoi l'on voit du riz transporté dans les deux sens.
Enfin, je pense que les rencontres les plus authentiques que l'on fait en voyage ne sont pas celles des locaux, qui forcément jouent le rôle que l'on attend d'eux, mais celles des autres voyageurs. Et les soirées au campement sur la plage, pour cela, sont très bien.