15 mai
Journée partiellement ensoleillée avec environ 18C.
Journée consacrée à la visite des camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et Birkenau : journée assez difficile émotivement. Ces camps sont à environ 70 km à l’ouest de Cracovie. Nous nous y rendons par nos propres moyens encore une fois, plutôt que d’acheter une excursion.
Le camp de concentration d’Auschwitz, dirigé par les SS, est créé en mai 1940 et libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1, 3 million d'hommes, de femmes et d'enfants, meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains qui les y amenaient. 90 % de ces personnes étaient juives. Ces victimes de la solution finale sont tuées dans les chambres à gaz ou parfois avec des armes à feu, mais meurent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales.
Le camp d’Auschwitz accueille les hommes politiques et les intellectuels opposés au régime nazi, puis des prisonniers de guerre soviétiques, des criminels allemands, des prisonniers politiques, ainsi que des « éléments asociaux » tels que les tziganes, les prostituées, les homosexuels, les handicapés, les témoins de Jéhovah et les Juifs. En 1940, le camp compte entre 13 000 et 16 000 hommes. Le nombre de détenus s'élève jusqu'à
20 000 en 1942.
Le camp de Birkenau se situe à 3 km d'Auschwitz. D'une capacité théorique de 100 000 détenus, il s'étend sur une superficie de 170 hectares. Le rôle principal de Birkenau, défini dès fin 1941, a ensuite été d'appliquer la solution finale de la question juive, c’est-à-dire la mise à mort systématique et programmée des Juifs d'Europe. Dans ce but, les nazis firent construire à Birkenau 4 complexes de chambres à gaz-crématoriums.
Monument historique et culturel majeur qui participe au « devoir de mémoire », Auschwitz est depuis 1979 inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Les détenus arrivaient de toute l'Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bétail. Certains mouraient durant le voyage de soif, de faim, de maladie ou encore asphyxiés.
À peine sortis du train, les prisonniers subissaient la « sélection ». D'un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l'autre, les adultes (en théorie à partir de 15 ans) les plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé.
Dans tous les cas, les détenus étaient mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu'on stockait dans des entrepôts appelés « Canada » dans le jargon du camp.
Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de 2 000 personnes à la fois. Une pièce, espace douche factice, laissait entrevoir une trappe sur le toit d'où le zyklon B était jeté. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoriums contigus.
A partir d'août 1944, l'armée rouge est à 200 km d'Auschwitz. Les autorités nazies envisagent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques, ainsi que cela avait déjà été fait pour les autres centres d'extermination situés plus à l'Est.
Aussi longtemps que cela a été possible, les nazis ont continué l'extermination dans les chambres à gaz. Ce n'est qu'en novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité sont dynamités. Avant cela, les nazis prennent soin d'assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement ceux des Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. D'une manière générale, les SS tentent, dans la seconde moitié de l'année 1944, de détruire et d'effacer les traces des crimes commis. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes.
Le camp d'Auschwitz est libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.
Selon les estimations datant de 1998 de Franciszek Piper, historien du musée d'Auschwitz-Birkenau, le bilan d'Auschwitz s'établit ainsi 5 :
- 1, 3 million de personnes ont été déportées dans le camp d'Auschwitz
- 1, 1 million de déportés y sont morts dont :
- 960 000 Juifs
- 70 000 à 75 000 Polonais
- 21 000 Tziganes
- 15 000 prisonniers de guerre soviétiques
- 10 000 à 15 000 détenus d'autres nationalités (Soviétiques, Tchèques, Yougoslaves, Français, Allemands, Autrichiens, Belges, Hollandais si l'on excepte les Juifs)
Parmi les gens illustres qui ont séjourné à Auschwitz, on trouve Anne Frank et sa famille, Simone Veil, Elie Wiesel.
Après sa libération en 1945, Auschwitz reste abandonné pendant deux ans. Le Parlement polonais décide en 1947 de faire d'Auschwitz un musée à la mémoire des victimes.
Le musée s'étend sur 191 hectares : 20 à Auschwitz et 171 à Birkenau. Auschwitz a été restauré et ses blocks 4 et 5 utilisés depuis les années 1950 par les Polonais pour réaliser une exposition permanente qui veut présenter les conditions de vie des prisonniers, principalement à partir d'objet récupérés dans les reste du « Canada » de Birkenau à la libération du camp. S'y trouvent notamment des effets personnels de déportés : vaisselle, lunettes, chaussures etc., exposés dans des vitrines. L'une d'elles montre des cheveux qui devaient être utilisés pour fabriquer du tissu. Tout ce qui appartenait aux victimes, devait resservir et profiter au Reich.
Depuis les années 1960, certains blocks hébergent des « expositions nationales » réalisées par les divers pays d'où les Juifs furent déportés à Auschwitz.
Les collections de musée incluent :
• plus de 80 000 chaussures
• environ 3 800 valises, dont 2 100 portent les noms de leurs propriétaires
• environ 12 mille ustensiles de cuisine
• 460 prothèses
• 570 vêtements rayés de camp ;
• 260 vêtements civils
• 6 000 oeuvres d'art (dont environ 2 000 ont été faites par des prisonniers tandis qu'ils étaient dans les camps de concentration).

Portail de l’entrée au camp d’Auschwitz qui porte l'inscription Arbeit macht frei : « Le travail rend libre »




Je ne peux vous décrire les sentiments d’horreur, de tristesse, de consternation que je ressens en entrant dans la 1ère salle d’exposition. Je me retrouve devant une immense vitrine derrière laquelle se trouve une montagne de cheveux de toutes les couleurs ou longueurs, y compris des tresses.
Les salles se succèdent avec des vitrines de lunettes, de prothèses, de valises identifiées aux noms des propriétaires, d’objets personnels (brosses à cheveux, brosses à dents, peignes, rasoirs, blaireaux, vaisselle, vêtements, uniformes rayés des camps, etc..). On passe aussi à travers des salles qui reconstituent les conditions de vie des détenus.
La visite est assez éprouvante. Puisque les photos ne sont pas permises à l’intérieur, je vous en mets deux trouvées sur Internet pour illustrer cette visite.

Gracieuseté de Wikipedia

Une fois la visite d’Auschwitz terminée, une navette nous conduit à Birkenau. Birkenau ne contient rien à l’intérieur et a volontairement été laissé tel quel comme témoin de l'ampleur du crime. Seule une rangée des baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite.
On peut entrer dans les barraques et voir l’environnemet dans lequel étaient entassés les détenus. On y voit aussi les ruines des fours crématoires.
Un monument international à la mémoire des victimes, situé entre les crématoires II et III, a été inauguré en 1967. Il est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l'histoire de l'humanité.
On y voit aussi la voie ferrée par laquelle arrivaient les détenus et le débarquadaire où se faisait la sélection par les nazis.

Entrée à Birkenau prise de l’intérieur du camp


Birkenau



L'intérieur d'une barraque


Portion d’une installation sanitaire pour se laver

Ruines d’une chambre à gaz - Gracieuseté Wikipedia

Monument commémoratif de Auschwitz-Birkenau - Gracieuseté Wikipedia
Pour terminer cette visite des camps, voici un court vidéo avec son que j’ai fait au camp Birkenau.
http://www.youtube.com/v/KGLz38_jX70Suite à cette visite nous retournons à Cracovie. Pendant le trajet du retour, nous sommes sans voix, plongées dans nos pensées, tentant de digérer ce que nous venons de voir. C’est une chose de voir des films ou des photos sur ce sujet mais c’est autre chose que d’être sur place.
Nous sommes fatiguées et décidons de retourner à l’hôtel. En descendant de l’autobus, nous faisons la découverte d’une terrasse où l’on sert des saucisses polonaises (Kielbasa) sur le grill. Nous décidons d’y manger. Cette terrasse est vraiment bien cachée. On ne la voit pas du trottoir, il faut se pencher pour la voir. Ce qui nous a mis la puce à l’oreille c’est une ardoise sur le trottoir avec le menu.

Il faut se pencher pour voir la terrasse


Suite à venir…