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in Thèmes › Voyager à vélo

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Discussion started by Gabey on 2013-03-09

43 replies

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Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Gabey · 2013-03-09

Bonjour

Pour passer sur un autre post que celui de Bayernd77 nous nous posions la question

Le long voyage du type un an deux ans... une vie comme Bayernd77 la motivation c'est la recherche du bonheur, une fuite, une thérapie, un genre de suicide ou tout autre chose ? Le débat est ouvert Nous avns notre avis mais bon c'est ouvert..... vous avez la parole

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-09

Tout est relatif, et dépend de chacun ;-) Pour certains (la majorité) vivre dans la société "de manière classique", et ce qu'elle propose, cliché "métro, boulot, couple, gamins, conso, dodo'" c'est ce qu'ils veulent, et trouvent "agreables", ou vivable, ou supportable; Souvent par conformisme, moutonnisme ?, pression sociale, peur d'être et de faire différent; Pour eux, ceux qui s'éloignent ou quittent radicalement ce mode de vie, sont surement des "oufs", des suicidaires, des 'inadaptés", ou que sais-je, ou des courageux qu'ils envient secrêtement

Pour d'autres (moins nombreux, ou ceux qui n'en veulent clairement pas ou plus), ce système n'est tout simplement pas leur rêve, ni ce qui leur apporte le bonheur, il peut même être pour eux insupportable, insensé, révoltant, surtout vu les inégalités pour "obtenir tout ça" et tout le monde n'y arrivera pas; Dans ce cas, vivre dans cette société injuste, violente, égoiste, consumériste, destuctrice envers la nature, envers les autres et soi-même, est parfois une forme de suicide, une mort lente, à l'encontre de ses rêves; A ce système qu'on essaye d'imposer à la planète entière, troquer le "marche ou crêve" par le "roule et rêve" (ou toute autre manière de vivre) peut être une solution Vagabonder et trouver un autre sens à sa vie, suivre ses vrais rêves, peut être une quête de bonheur, de sa liberté, et de fuite à la fois; Si ce n'est qu'une fuite, une réaction au malheur connu ailleurs, il y a peu de chance de cette échappée belle dure longtemps; mais s'il y a une réelle avancée positive, elle peut devenir une autre façon de vivre ou voir la vie;

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Evasion93 · 2013-03-09

Voyager comme le fait David doit procurer un bonheur certain et en fait donc rêver plus d'un, car enfermés dans notre quotidien on rêve tous parfois de s'évader, de ressentir cette liberte qu'apporte le voyage à vélo, c'est donc un véritable choix de vie dans son cas car sur du très long terme et ça traduit donc une fuite par rapport à la vie antérieure.

Je reste persuadé qu'il n'est pas nécessaire de partir 1 an, 2 ans... une vie pour avoir le bonheur de ressentir les mêmes joies sur son vélo. Un long week-end de 3-4 jours à 200km de son domicile peut devenir très vite dépaysant dès lors qu'il y a une vraie rupture avec le mode de vie habituel. De toute façon, avec le travail c'est impossible de partir si longtemps sauf si congé sabbatique.

Quand on veut partir pour plusieurs années ou toute une vie, il faut donc quitter son travail et là naturellement je pense qu'on doit se marginaliser. J'ai même envie de dire que quitte à partir 2-3 ans, autant partir à vie (avec souvent l'obligation de retravailler en chemin dans ce cas, le voyage prend alors une autre dimension) car le retour aux sources doit être hyper compliqué et là les nombreuses joies du voyage peuvent vite laisser place à toutes sortes de galère.

Je ne l'ai pas vécu mais si certains ont connu ça, ça m'intéresserait vraiment de connaître l'état d'esprit dans lequel ils étaient après être revenu d'un long voyage à vélo et comment c'est passé cet "après voyage"; beaucoup disent d'ailleurs qu'une fois que t'y as goûté, tu ne penses qu'à repartir... Ce qui se vérifie déjà pour des voyages de quelques jours ou semaines, là grosse différence étant que tu ne t'es pas "désociabilisé", car même si on en rêve tous parfois opter pour une vie de nomade a forcemment de grosses conséquences, à assumer par la suite en échange du bonheur que ça peut procurer.

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Vfpromeneur · 2013-03-09

De 20 à 25 ans j'avais une amie et un ami qui avaient un projet de voyage en voilier autour du monde.

Chacun après ses études a construit son voilier et est parti plusieurs années, donc nécessité de travailler en cours de route.

Mon amie avec son mari après plusieurs années de bourlinguage est revenue en France puis depuis a une vie classique; boulot, enfant etc.

Mon autre ami a rencontré une femme au brésil, a continué à voyager puis je l'ai perdu de vue.

Tout ceci se passait fin année 1970 jusqu'à environ fin année 1980

A aucun moment je n'ai entendu parlé de rêve, de fuite mais plutôt de voyager de voir du pays, de gouter à une vie exceptionnelle. Il n'y avait chez eux aucun malaise, aucune situation d'échec, de mauvaise intégration dans la société.

Tous deux savaient dès le départ que c'était exceptionnel donc que ça avait une fin.

Mon amie et son mari n'ont pas connu de galère pour le boulot. Ils ont ouvert un commerce de ski (location et vente). Après la mer la montagne !

Fin 70 ils y avait plein de gens qui partaient pour 1, 2 ans ou plus, en vélo, en moto, en voilier. Pour tous c'était le voyage d'une vie et aucun n'a jamais réitéré. J'achetais leurs bouquins. Aucun à part Moitessier sur son voilier tenait un discours très anti-société. Il souhaitait une société différente et nulle doute qu'il avait le projet de se construire une autre vie. Mais là aussi je ne vois pas de fuite, simplement une solution à un problème: je n'attends pas que la société change alors je change ma vie. Il en faut du courage pour construire un voilier et ensuite mener une vie plutôt précaire et pauvre sur un voiler rudimentaire. Sans compter que traverser une mer n'est pas tout le temps une sinécure.

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Roulelemonde · 2013-03-09

Ce que tu dis est à mon sens vrai; mais comme tu le dis : tes deux ami(e)s avaient leur projet en voilier comme un "voyage pour voir du pays", ils n'avaient pas forcément de mal ou de mal-être à vivre en société 'classique"; et ont voulu se mettre en couple, souvent gamins etc; alors que ceux qui partent pour vivre une autre vie, ont une vision et nature souvent assez différente : ils veulent vivre leur rêve ou le mode de vie qui leur convient, et ils ne veulent souvent pas ou plus de la vie "sociale imposée"; C'est donc une approche assez différente Un marcheur du dimanche, part faire un petit tour et puis revient Un pelerin vagabond, vit sur la route et poursuit sa libération spirituelle de cette façon Un touriste visitant les plaines americaines, rentre chez lui en ville après le voyage Un indien des plaines vivait et mourrait dans ces mêmes plaines

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Cyclovtt · 2013-03-09

En continuant dans le sens du voilier, je ne sais pas si certains d'entre vous ont regardé Thalassa d'hier. Ils exposent différents modes de coupure de ce monde de consommation.

Pour certains c'est un vrai gout de l'aventure, la recherche de la solitude et parfois d'un danger ... Je trouve que l'exemple le plus intéressant est celui du jeune homme de 24 ans qui est parti seul en bateau au Cap Horn ... On peut percevoir une volonté de débrouille et de ne rien devoir à personne, chose plaisante, mais aussi la "volonté" de découvrir autre chose, de nouvelles rencontres. Ce document à quand même des limites car, un couple se dit voyageur (voir une plage en bateau à moteur où s'entassent les touristes j'appelle pas çà une aventure).

http://pluzz.francetv.fr/videos/thalassa_,78236751.html

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Gabey · 2013-03-09

C"est bien cela et il y a bien deux états : le voyage d'une vie ( comme David) a une limite dans le temps et le voyage à vie ! Maintenant la vie de SDF car dormir dehors ( bivouac) cela s'appelle bien SDF n'est pas durable tout de même ! Une petite expérience de temps en temps histoire de... ais sur plusieurs mois...!

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Kukuxumususi · 2013-03-09

salut a tous pour repondre aux sujet en cours tous sa et tre dur de nos jours de pouvoir partir plusieurs mois comme sa en voyage faire un tour du monde (financierements) 🙁 par contre de partir en velo ou sac sur le dos partir 1 semaine come sa m'arrive sa fait une bonne coupure 😏 sortir de son confort train train

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Navigaterre · 2013-03-09

Il y a autant de raisons de partir que de voyageurs, mais, je pense, la plus mauvaise est de partir pour fuir quelque chose. Ma première "escapade" à l'âge de 14 ans, hier en 1955 dix années après la fin de la guerre, je voulais voir autre chose que la misère. Trois mois après et 2000 Kms en France le retour au point de départ pour me rendre compte qu'il n'y a pas beaucoup de différences. En 1963 après l'épisode de la guerre d'Algerie et trente deux mois de service militaire, je suis repartie pour trois ans, cette fois-ci pour l'Afrique que j'ai sillonnée du nord au sud , de l'ouest en est, pour me rendre compte que j'étais plus voyeur que voyageur, je n'apportais rien aux gens ni aux pays que je traversais. Je suis rentré en pensant que je ne repartirais plus. Après une formation de plongeur pour travaux sous marin, je me suis spécialisé dans la plongée profonde, ou toutes périodes confondues, je ne devais travailler que trois ou quatre mois par an. Il fallait entre deux périodes de travail que je m'oxygène, et tout naturellement je me suis retrouvé sur un vélo sur les pistes et les routes de notre terre. Mais là ou est la différence c'est que je laissais le vélo est une grande partie du matériel sur place avant chaque retour. J'avais ainsi la chance de rouler que sur du matériel neuf. Fini les galères que j'avais connu quelques années auparavant en Afrique.

Tout cela pour expliquer que même avec de très mauvaises raisons, lorsque vous avez été contaminé par le virus de la route vous repartirez.

Bonne route à toutes et tous, quant à mois, depuis quelques années, je ne visite que la France, et j'ai encore beaucoup de choses a voir, et de rencontres a faire.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Erikavélo · 2013-03-09

la plus mauvaise est de partir pour fuir quelque chose.

Pour moi, c'est au contraire la seule raison valable. Voyager est gravé dans notre mémoire génétique. C'est l'instinct de survie qui nous ordonne de nous barrer en cas de danger imminent. C'est la façon de percevoir ce danger qui diffère ; il s'agit de fuir la misère pour les uns ou de fuir un monde matérialiste sans queue ni tête pour d'autres ... La façon dont cet instinct s'est aiguisé au fil du temps aussi, varie d'un individu à l'autre. Les gens ayant subis des traumatismes dans l'enfance, étant sans doute plus prédisposés à déclencher ce genre de mécanisme. D'ailleurs, beaucoup de grands voyageurs avaient déjà des tendances à la fugue dès l'adolescence ...

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Ndjuka · 2013-03-09

Bonsoir,

En fait, cette discussion me fait dire qu'il y aurait deux définitions de la "fuite": Une positive, "le salut est dans la fuite", c'est celle que Erikavélo met en avant et qu'il m'est arrivé de pratiquer si nécessaire. Il y aurait aussi une autre définition négative et assimilée à de la lâcheté, celle par exemple où on se barrerait en laissant nos potes se débrouiller d'une situation où notre aide, notre solidarité leur serait précieuse. Je ne pense pas pouvoir voyager la conscience tranquille dans ce cas là.

Tout çà pour dire qu'il ne faut pas craindre d'assumer ce que l'on fuit quand on part pour un long voyage. Parfois, on en a marre et on veut prendre de la distance. Il n'y a rien de mal à cela. Au contraire, c'est plutôt courageux et libérateur pour nous et nos proches.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Behrt · 2013-03-09

Merci Gabey d'avoir ouvert cette discussion, le côté psychologique du voyageur à vélo m'intéresse particulièrement :)

Contrairement à ce qui a pu être dit plus haut je pense que plus le voyage est long plus il ressemble à une fuite. Je doute que celui qui part deux semaines en été fuit quelque chose, par contre je n'ai aucun doute quant au fait que celui qui part 15 ans fuit des conditions de vies qu'il ne supportent plus. J'ai rencontré quelqu'un il y a quelque mois qui s’apprêtait à partir pour 5 ans, le constat était clair et il ne s'en caché d'ailleurs pas. Je ne vois aucun mal à cela car le plus important dans la vie est bien le bonheur et si l'on est plus heureux sur le vélo qu'au boulot alors autant pédaler. Ceci dit, j'y vois une contradiction et un brin d’égoïsme : fuir la société sous prétexte que l'on y a pas notre place et continuer à profiter des avantages de celle ci sans apporter sa pierre à l'édifice. S'il n'y avait personne pour construire les routes sur lesquelles le cyclo roule, pour faire fonctionner les transports en commun qui permettent au cyclo de traverser les océans, pour créer la nourriture que le cyclo consomme... il n'y aurait tout simplement pas de cyclo. Et à ce titre, profiter du travail des autres pour réaliser ses "rêves" c'est être égoïste et c'est fuir ses responsabilités de citoyen. A l'inverse de celui qui partirait dans le bois vivre en autarcie sans ne rien demander à personne.

Reste à savoir si voyager toute une vie rend réellement heureux. Car au début tout est nouveau, tout est sujet à l'émerveillement, puis avec le temps la nouveauté devient routine et le voyage perd de son sens. J'ai rencontré au Laos un français qui avait partagé plusieurs semaines de route avec un cyclo parti de chez lui il y a plus de 20 ans. Il était lui même sur la route depuis 1 an et demi et suite à cette rencontre il n'était plus convaincu que le voyage comme raison d'être était source de bonheur et ne souhaitait surtout pas finir comme ça. J'ai par la suite rencontré un espagnol en route depuis 15 ans, et je n'ai pas retrouver cette étincelle dans l’œil caractéristique des autres voyageurs à vélo plus "raisonnables" que j'ai pu croiser. Sylvain Tesson en est le parfait exemple, toute une vie à courir après les kilomètres et il explique lui même dans son dernier livre que vivre dans la cabane, l’ermitage, lui a apporté l’apaisement que les kilomètres ne lui apportaient plus. Et a voir le film de son séjour en cabane, j'ai la sensation qu'il est plus proche du suicide que de l'éveil spirituel ! Il me semble que comme toute décision extrémiste, partir à vélo à durée indéterminé est un choix désespéré qui ne mène à rien. Pas au bonheur en tout cas. J'aimerais que des voyageurs sur la route depuis dix ans ou plus viennent témoigner et m'expliquer en toute honnêteté qu'est ce que le voyage leur à apporté de plus sur le plan personnel passé la première année de route, si ce n'est qu'ils étaient plus heureux sur la route qu'au boulot, car être "plus heureux" n'est pas être "heureux" et donc la solution est à chercher ailleurs que dans le voyage.

Pour parler de ma propre expérience, j'ai passé un an sur le vélo et lorsque je suis parti j'avais une grosse envie d'aventure certe, mais il y avait tout de même un fond de fuite, je ne m'en cache pas (pourtant j'aimais mon travail). Lorsque je suis arrivé à Vancouver (d'où j'ai prit l'avion pour rentrer en France), je n'avais qu'une envie, rejoindre Ushuaïa. J'étais très heureux sur mon vélo, cependant continuer à voyager ne m'aurait apporté absolument plus rien sur le plan humain et ne pas rentrer aurait été une fuite pure et simple. Pour la première fois depuis le départ j'ai fait preuve de courage et je suis rentré !

J'ai adoré ce voyage, voyager un an pour une première fois était top, mais aujourd'hui je pense qu'il est préférable de partir deux trois mois à plusieurs reprises plutôt que de "torcher" le monde une bonne fois pour toute en plusieurs années - heureusement en "seulement" un an j'ai encore matière à faire et rêver. Le voyage doit rester occasionnel et doit être entrecouper de retour à la "réalité" pour conserver son intensité et son intérêt. Quand la sensation d'être chez soit partout survient, c'est mort. Quand le voyage devient un mode de vie, c'est la fuite.

Le bonheur est en nous, non à l'extérieur, quelqu'un qui n'est pas heureux là où il est, ne sera heureux ni sur le vélo ni nul part ailleurs. La vérité absolue ou perfection se trouve dans l'équilibre non dans les extrêmes.

Je précise que ce n'est que mon avis, je ne prétends pas détenir cette vérité absolue mais raisonner par écrit m'aide aussi à me remettre les idées en place en cette période post tour du monde où l'appel de la route est toujours très fort ;)

A+ Bertrand.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Erikavélo · 2013-03-09

Reste à savoir si voyager toute une vie rend réellement heureux.

Si t'as personne avec qui partager ton émerveillement, même 15 jours ça peut être long ...

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Roulelemonde · 2013-03-09

D'accord sur le fait que bien sûr le bonheur, de même pour le malheur, est avant tout un "état d'esprit", interieur, durable s'il est vrai, et que dans l'absolu il est independant du contexte exterieur ou de la situation "physique" de chacun, qui lui est par nature impermanent, changeant et jamais "parfait"; Par contre pour rester sur l'équilibre, interieur-exterieur, il est clair que dans ce monde relatif, le monde exterieur influence toujours plus ou moins les gens et les êtres, dans leur "état d'esprit", donc dans leur bien-être ou mal-être (à moins d'être un sage détaché de toutes choses); Dans ce contexte donc, il est clair qu'il y a des conditions de vie qui favorisent le bonheur, et d'autres qui y nuisent; Et je suis sûr qu'un jeune cambodgien exploité dans une usine, sera certainement bien moins heureux, ou dans de bien moins bonnes conditions de vie pour l'être, plutot que le voyageur, le touriste ou le "rentier", qui se baladent et se prélassent pour leur plaisir, sans trop de contraintes; Or, la société humaine, d'ici ou d'ailleurs, le ou les "systèmes" sont tout sauf "parfaits", ou propices à engendrer les bases essentielles au bonheur, que sont entre autre : la liberté et l'independance totale de chacun, la paix, le respect de la nature et de tous les êtres vivants (et pas seulement humains), la fraternité, l'égalité, la justice etc; Je dirais même que ce système (au niveau mondial, national, local, etc) est presque l'inverse : c'est un système marchand, basé sur le travail, l'exploitation économique des êtres et des choses (de la nature aussi et de ses ressources), donc sur l'exploitation et le marchandage de la vie; La crise écologique, démographique (surpopulation humaine), économique, le sur consumérisme, les inégalités, l'exploitation du vivant (forêts, océans, faunes, flores etc) et sa destruction, l'exploitation des gens, l'autoritarisme des états, des religions, des familles, etc, etc; tout cela ne fait qu'engendrer toujours plus de malheurs sur terre, d'oppressions, de peurs, de dominations et rapports de force à tous les étages; Ce système qui est proposé et imposé partout et de plus en plus, est un système d'esclaves, de "moutons", du "marche ou crêve", où "dieu" a été remplacé souvent par la course au fric (le dieu vénéré moderne); Les gens ne se soumettent plus à une "volonté divine", mais à la quête d'argent, des possessions matérielles, de relations, du sexe, de la propriété privée, de la "pseudo respectabilité" que l'on pense trouver en se conformant à un conformisme, comme celle du dictat de la famille, gamins, de la voiture pour tous (qui est une forme de dépendance, et de fausse liberté, qu'ont réussi à "vendre" aux peuples les commerciaux industriels, bref les pollueurs, et j'en passe; Tout ce système attise l'avidité, la haine, les rivalités, et ne mets pas fin à l'insatisfaction, à la souffrance des êtres, de leur naissance à leur mort; Conditionnement par l'uniformisation du mode de vie, à commencer par "l'éducation" des gamins, qui est surtout une forme de bourrage de crane, et de lavage de cerveaux, et qui tue leur liberté, souvent leur joie de vivre naturelle, pour faire d'eux, de bons petits soldats qui perpétueront le système;

Dire que partir (à vélo ou autres) est une fuite, même si on reste en bonne part "en contact" avec les gens et le monde (ne serait-ce que pour acheter sa nourriture, ou quelques transports), est donc en parti vrai; mais est-ce péjoratif de "fuir" ou d'essayer en tous cas de fuir un système pareil ? A chacun de voir, mais le désarroi des nouveaux arrivants ou de certains d'entre eux, dans ce monde où ils se demandent s'ils vont devoir s'y conformer et "perdre leur vie à la gagner", me parait légitime, et le questionnement et les choix jugés "extrêmes" par certains, pas forcément plus "extrémiste" que ce modèle de société qui détruit chaque jour la terre, la vie, les océans, la liberté, la paix, la compassion, ce qui n'a pas de prix, et qui seul a vraiment de la valeur

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-09

J'ajoute en guise de résumé, que si on ne peut pas "changer un système", ou le supprimer, que ce soit les "états", les hierarchies, les "pseudo pouvoirs", gouvernements, et sociétés, les modes de vie liberticides; il ne reste qu'à se "changer soi même" et quitter tous ces systèmes, peu à peu, ou d'un seul coup, les boycotter pour cesser de les alimenter, s'en libérer, et tracer son propre chemin

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Erikavélo · 2013-03-09

C'est juste le mot " fuite " qui est péjoratif dans nos sociétés. C'est normal si l'on songe que dans bien des cas, il est synonyme de " refus de se soumettre ". Enfin pas pour tout le monde. Un fils de bonne famille qui par faire le tour du monde, on dira qu'il va s'enrichir d'expériences nouvelles mais un pauvre qui fait la même chose, sera perçu comme un lâche et un bon à rien.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Gabey · 2013-03-10

Bonjour à tous

je viens de parcouriir les différents avis et tous méritent une lecture plus appliquées... je vais donc prendre mon temps....Ce que je retiens par contre et je suis un peu de cet avis plus le voyage est long et sans destination précise une errance en fait , plus cela ressemble à une fuite mais aussi à un genre de suicide révélateur d'un mal être profond c'est certain. D'ailleurs sur un autre registre ne peut on pas penser que les efforts extrèmes style marathon, ironman etc.. sont un peu une destruction de soi?

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Joievelo · 2013-03-10

Ce que je retiens par contre et je suis un peu de cet avis plus le voyage est long et sans destination précise une errance en fait , plus cela ressemble à une fuite mais aussi à un genre de suicide révélateur d'un mal être profond c'est certain.

Chacun apporte sa pierre à l'édifice et de l'eau pour alimenter le moulin, à notre tour de vous faire partager notre philosophie du voyage à vélo!

Ayant travaillés tous deux durant de longues années en prenant soins d'éduquer nos enfants et maintenant grands parents, il ne nous était pas possible de partir plus de 5 mois de suite et rentrions à chaque fois frustrés de ne pas pouvoir continuer. Bientôt libre de tout engagement, nous envisageons un long voyage à vélo sur plusieurs années, c'est à dire sans date de retour définie et ce sans destination précise, au gré de nos envies, cela a toujours été notre mode de fonctionnement, le moins de contrainte possible sur nos vélos. Ceci dit, nous n'avons aucun sentiment de fuire quoi que ce soi en encore moins de tendance suicidaire🤪 mais tout simplement l'envie de voir, découvrir, rencontrer, goûter, partager, aussi simple qu'un coup de pédale.

D'ailleurs sur un autre registre ne peut on pas penser que les efforts extrêmes style marathon, ironman etc.. sont un peu une destruction de soi?

Pour avoir pratiqué pas mal d'activités tels des 100 km à pied, ascension de sommets, compétition de vélo, raids en montagne, vous ne pouvez vous imaginer les joies et plaisirs euphoriques que ce genre de dépassement de soi vous procurent, n'avez vous jamais entendu parler de cette hormone, l'endorphine que sécrète le corps lors d'efforts physique intense, c'est exactement l'inverse de ce que vous affirmez. Il n'est jamais trop tard pour y goûter.😏

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Erikavélo · 2013-03-10

n'avez vous jamais entendu parler de cette hormone, l'endorphine que sécrète le corps lors d'efforts physique intense, c'est exactement l'inverse de ce que vous affirmez. Il n'est jamais trop tard pour y goûter.😏

J'ai fait un peu de compet et de la CAP mais je n'ai jamais ressenti de sensation d'euphorie à ce point. De la satisfaction oui mais pas de quoi passer pour un " drogué ". Ça doit être très personnel. Au contraire, un entrainement raté était plus souvent source de frustration pour moi.

Et c'est justement pour ça que j'ai décidé d’arrêter de rouler en regardant mon chrono. J'ai juste conservé le réflexe de controler ma FC pour mieux gérer mon effort et éviter de trop me fatiguer car je n'ai plus 20 ans ...

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Gabey · 2013-03-10

Bientôt libre de tout engagement, nous envisageons un long voyage à vélo sur plusieurs années, c'est à dire sans date de retour définie et ce sans destination précise, au gré de nos envies, cela a toujours été notre mode de fonctionnement, le moins de contrainte possible sur nos vélos. Ceci dit, nous n'avons aucun sentiment de fuire quoi que ce soi en encore moins de tendance suicidaire🤪 mais tout simplement l'envie de voir, découvrir, rencontrer, goûter, partager, aussi simple qu'un coup de pédale.

Soit mais je conçois qu'un couple puisse avoir un idéal commun et là on peut parler de partage etc... Une personne seul au fond d'un bois en bivouac qui se cache pour ne pas être viré et qui est sur la route depuis disons deux ans ! bon c'est peut être un homme heureux pourquoi pas !

En ce qui concerne les efforts longs , les hormones etc... et sans vouloir polémiquer j'ai aussi pratiqué ce genre d'efforts. Tu as parfaitement raison cela procure de grands plaisirs mais à quel prix ! Les entraînements par exemple pour le marathon. Suivre un plan d'entraînement à la lettre, se culpabiliser quand tu ne peux pas aller t'entraîner, les blessures en ce qui concerne la course à pied qui au départ est un sport censé apporter le bien être ! les séances de kiné, le froid sur les muscles. j'ai fait pas mal de courses très longues et j'ai vu des gars ou des filles qui ne semblaient pas prendre un grand plaisir. Ensuite le bien être pour la santé par exemple des tests ont été fait sur des participants à l'ironman d'embrun. Ces tests ont mis au jour le vieillissement prématuré du coeur sur ce genre d'épreuve. Non franchement certes les endomorphines etc.. donc la drogue et d'où la notion de suicide voir le nombre d'anciens sportifs de haut niveau ou pas d'ailleurs drogués et pas de manière naturelle. le sport ok les extremes pas certain du positif!

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Behrt · 2013-03-10

@ Roule le monde. Je me doutais qu'en disant que le bonheur ne dépendait pas du contexte extérieur j'allais avoir cette remarque. Je suis bien sur d'accord avec toi quant au fait que si l'on né esclave, dans un pays en guerre, dans une famille déséquilibré... le chemin vers le bonheur risque d'être long. Cependant il me semble qu'en France nous ne sommes pas les plus mal lotis, même si nous avons un talent certain pour nous créer de faux problèmes ! Les hommes par définition sont dépendant les uns des autres puisque naturellement ils choisissent la vie en communauté. Même dans les peuples nomades, la survie des uns dépends des autres et chacun doit apporter ça part de travail pour faire vivre la communauté. Et par conséquent on est jamais totalement libre. Vivre en société est dans la nature même de l'homme et aucun sage ne prônera jamais l’ermitage, le rejet de la société, le rejet de l'homme et donc la haine. L'égalité n'existera jamais, la nature est impitoyable avec les plus faibles et l'Homme faisant parti intégrante de la nature il n'y aura jamais d'égalité, même si l'on bénéficie d'une conscience qui devrait nous indiquer le chemin de la bienveillance envers les plus nécessitants. J'aurais voulu être sportif de haut niveau, je n'avais pas les capacités pour, je voudrais avoir une mémoire et une logique sans faille, je ne fais pas non plus partie des plus doués... Où est le problème ? Est-ce que je suis l'esclave de ceux qui ont eu la chance de naitre avec des capacités supérieures aux miennes pour autant ? Est-ce-que j'ai potentiellement moins de chance d'être heureux dans la vie ? Il faut voir le côté positifs des choses et accepter, si certains ont eu plus de chance, d'autres ont en eu moins, personne n'est parfait, c'est pourquoi la société ne l'est pas, et chacun de nous sans exception est en partie responsable du résultat. D'autant plus quand on décide de fuir sur son vélo, car si tout le monde décidé demain de partir en vélo, ce serait la fin de l'humanité. Partir sous prétexte que la société est folle est une excuse qui n'a aucun sens. Si tenté qu'elle soit folle, tout le monde ne l'est pas et personne ne nous oblige à l'être. Le vrai problème, c'est l'incapacité de certain à assumer des responsabilités et à rejeter la faute sur la société (je vous invite à lire l'histoire d'Heinz Stucke sur son blog, c'est très clair). Tracer son chemin seul, ok, mais continuer à profiter des biens-fait du système et des gens qui continuent à le "subir" permettant à d'autres de ce la couler douce, ça me parait égoïste, lâche, irresponsable et surtout, c'est continuer à alimenter le système et donc à l'approuver à 100%.

Voyager est probablement l'une des choses les plus saine et enrichissante mais si la motivation première c'est le rejet de la société alors c'est vraiment très mal-sain et oui je vois ça comme quelque chose de péjoratif puisque la solution au problème est la lâcheté. Alors qu'il y aurait tant de choses simples à faire pour améliorer la vie de ceux qui en ont besoin (adoption, humanitaire, don de l'argent mis de côté pour fuire...) mais encore faut-il que le problème vienne réellement de la société et non d'un mal être profond et personnel indépendant du reste. Quand je parlais de fuite dans mon cas, c'est dans le sens où j'avais besoin de faire un break, me retrouver avec moi même, prendre du recul... Et même si je ne me retrouve pas vraiment dans le système actuel et ce depuis l'enfance et l'école (sans que ce soit maladif), je sais que c'est à moi de faire l'effort et d'améliorer les choses à mon niveau. Personne ne m'oblige à consommer à outrance, personnes ne m'oblige à m’entourer de gens que je n'estime pas, personne ne m'oblige à travailler pour un patron, personne ne m'obligerais à payer mes employés au smic et à leur rendre la vie impossible si j'avais la chance de travailler pour moi un jour, personne ne m'obligerais à bourrer le crane de mes enfants si j'en avais... Et quand bien même je devrais faire quelque chose qui ne m'amuse pas par nécessité personne ne m'obligerais à y accorder de l'importance, je pourrais très bien le prendre avec détachement.

En adoptant une attitude responsable et positive on rend les gens autour de nous responsables et positifs. C'est pour ça, au même titre que le bonheur, il ne faut pas aller chercher les problèmes à l'extérieur. Je ne suis pas en train de dire que je suis moi même responsable et positif mais j'ai assez de recul sur moi même pour comprendre que je pourrais commencer par essayer d'être moi même irréprochable avant de reprocher aux autres et à la société de ne pas l'être.

@ Joievélo. Vous avez travaillé, vous avez eu une vie de famille, aujourd'hui vous arrivez probablement à la retraite si je comprends bien et vous avez envie de vous faire plaisir, penser un peu à vous... Il y a tout de même une énorme différence entre vous et celui qui ne veut s'embêter avec aucune contrainte, préfère laisser ses petits copains se "démener" tout seul et s’enfuie sur son vélo. Ok vous auriez aimé pouvoir poursuivre vos précédents voyages, mais si c'était à refaire est-ce que vous le feriez ? La vie de famille ne vous a t-elle pas apporté beaucoup plus que le voyage ne pourra jamais vous apporter ?

@Gabey J'ai fait beaucoup de sport (courses cyclistes), beaucoup de sacrifices pour le sport... On ne peux pas dire que ce soit une destruction de soi dans le sens ou le sport est plutôt bon pour la santé et pour le morale. Cependant comme l'a dit Joievélo le sport sécrète de l'endorphine et nous rend euphorique, à tel point que l'on en devient dépendant. Et pour moi le sportif qui pratique des sports aussi dur que le vélo ou la CAP, le fait exactement pour les mêmes raisons que la personnes qui consommes des drogues ou de l'alcool, à la différence prêt que le sport est beaucoup plus sain et procure des effets bien plus bénéfique et efficace sur le moral. J'ai travaillé dans le vélo, j'ai passé du temps sur les courses et combien de fois j'ai entendu "si je ne roule pas je pète les plombs". Même ceux qui arrêtent complétement écœuré par la compétition et les sacrifices finissent pas y revenir, même à moindre mesure, car ils ne peuvent pas vivre sans. Après, on ne met la vie de personne en danger en faisant du sport, alors si il participe à notre équilibre pourquoi s'en passer. Certain méditent, moi je n'ai pas trouvé méditation plus efficace que le vélo.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-11

L'homme n'est pas forcément fait pour vivre "en communauté", ou en société; Lire à ce sujet le "discours sur l'origine des inégalités entre les hommes" de rousseau, peut donner un avis interessant Bien sûr, se couper totalement des autres (humains) est souvent dangereux comme tout extrême, mais on peut tout à fait "tracer sa route" seul, (ou en couple par exemple), sans pour autant "vivre en société"; L'homme est un animal multiple (et pas seulement grégaire, ou solitaire, ni social), il y a de tout : des solitaires, des grégaires, des sociaux et "anti ou a- associaux" (par choix personnel ou pas); et tous les intermédiaires possibles; De plus, pour paraphraser un "hippie allumé" qui a (peut-être) existé il y a 2000 et quelques années, on peut être "dans le monde", sans pour autant être "du monde"; Le voyageur à vélo (ou celui qui erre au long cours, d'une façon ou d'une autre) peut établir des contacts, des échanges (amicaux, monneyables, gratuits, trocs etc) sans pour autant faire parti d'un système ou d'une société de manière durable; Et il en est de même d'ailleurs pour ceux qui préfèrent quitter le système en s'installant quelquepart, dans les montagnes, forêts ou autres; Quant à dire que "s"éloigner" du système ou d'une société est "lache" ou irresponsable, je ne partage pas ton avis; Il peut être aussi très lache d'y rester par peur de le quitter (de la solitude, d'être maginalisé ou autres), ou parcequ'on y a des interets égoistes dedans, et de l'utiliser à ses fins, ou parcequ'on n'ose pas assumer ses vrais rêves et la vie dont on rêve, et continuer à y "subir" une vie que l'on a pas choisit; Entre un footballeur surpayé (des millions) à jouer à la baballe (sans être donc "utile" et vital pour les autres) et qui profite de ce système pour se la couler douce dedans, pendant que d'autres y triment, et celui qui avec presque rien décide de s'en barrer, et faire son propre chemin, en courant le risque d'y laisser sa vie etc, qui est le plus lache ? et le plus irresponsable ? gagner des millions en société et l'accepter pendant que d'autres y crevent de faim, est-ce courageux et responsable envers eux ? La "responsabilité", les "devoirs" tout cela est une hypocrisie sociale, dont le but est de culpabiliser les gens (ce genre de discours commence avec les pauvres gamins dans les systèmes "educastreurs" et moralistes), alors que la vie de chacun lui appartient; Comme tu le dis, tous les modèles de société restent imparfaits, quoi qu'on y fasse; donc il peut être tout aussi légitime et respectable de quitter ce système, plutot que de vouloir le modifier indéfiniment, en l'alimentant de ses propres nuisances, envers la terre entre autre; et tout aussi respectable, voire plus juste, d'essayer autre chose, différemment en dehors, de singulier, parfois comme un exemple, ou pour montrer que d'autres solutions sont possibles

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Behrt · 2013-03-11

Je suis d'accord avec toi sur le constat, mais ce qui m'intéresse c'est le résultat. Est ce que la personne révolté par la société qui s'en va dans le bois sera heureuse ? Moi je pense qu'elle sera d'autant plus revolté seule dans son bois et tous les exemples que j'ai tendent à le confirmer. Et s'il faut vivre droguer comme un hippie pour parvenir à être en paix c'est que ça n'est pas la bonne solution. Tu cite rousseaux, ça tombe bien, c'est l'exemple type de la personne qui as du aller de "force" dans le bois et qui as eu une existence misérable. Rousseau avait un caractère très faible, il ne parvenait pas à se faire sa place parmi les autres et bien sûr l'excuse c'est que lui était bon et les autres mauvais. Mais ça n'est qu'une excuse, le problème venait de lui et uniquement de lui. Il ne faut pas dramatisé la situation, il y a une minorité de très bon, une minorité de très con :) et le reste ne sont pas foncièrement mauvais.

Tout n'est pas tout blanc ou tout noir, entre partir dans le bois et dire amène à tout il y a un juste milieu. Si certains comme moi sont plus solitaires que d'autres et ont besoin de période de retrait qu'ils les prennent, mais ce n'est pas une raison pour être révolté contre la société.

D'ailleurs partir dans le bois est emporter avec soi le nécessaire de survie que nous offre la société , ça aussi c'est une belle hypocrisie et c'est surtout la preuve que l'homme est fait pour vivre en société. Même à l'écart il a besoin de la société pour survivre. Et si solution alternative il y a, elle ne fonctionnera qu'en société, seul on remue du vent.

Rien ne sert de se culpabiliser, rien ne sert de s'acharner à vouloir changer le monde, il faut juste l'accepter tel qu'il est, laisser faire les choses en s’efforçant de donner l'exemple au maximum de ses capacités. Le footballer qui touchent des millions n'est pas utile, celui qui part dans le bois encore moins... C'est les règles du jeu qui sont comme ça, le footballer rapporte des milliards à ses sponsors, s'il n'en touché pas une partie ce serait aussi une forme d'injustice. On le sais dès le départ que tel profession à de gros revenu, tel profession à beaucoup de vacances... on reste libre de nos choix dans la vie, il faut les assumer. Pour moi derrière la révolte il y a toujours une part de jalousie. J'ai pas besoin de millions, j'ai pas besoin de vivre dans un château, de rouler dans une voiture de luxe, et le train de vie qui va avec, alors pourquoi ceux qui gagnent des millions me dérangeraient, si eux ça les amuses tant mieux, il peuvent gagner 10x plus, ça ne changerait rien à ma vie. Moi je veux vivre simplement et ils ne m'empêchent pas de le faire c'est le principal.

Certains ont les crocs, d'autres se laissent plus aller, alors à ce moment là il ne faut pas s'étonner de ne pas être milliardaire, notre situation on la cherche aussi un peu. Rien ne sert de se torturer l'esprit avec les inégalités, c'est la vie, il y en aura toujours, et on est en grande partie responsable de nos problèmes.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Erikavélo · 2013-03-11

Je suis d'accord avec toi sur le constat, mais ce qui m'intéresse c'est le résultat. Est ce que la personne révolté par la société qui s'en va dans le bois sera heureuse ?

Pourquoi prendre un cas si extrême ?

Encore que je pense qu'une société qui pousse sa jeunesse à fuir dans les bois est sacrément mal barrée.

Manquerait plus qu'ils y restent, effectivement ...

Tu cite rousseaux, ça tombe bien, c'est l'exemple type de la personne qui as du aller de "force" dans le bois et qui as eu une existence misérable.

Il aurait pu citer Henry David Thoreau, qui a passé 2 ans dans les bois ou il a mené une existence au contact de la nature, qu'on peut qualifier de tout sauf de misérable :

http://fr.wikipedia.org/...la_Vie_dans_les_bois

Rien ne sert de se torturer l'esprit avec les inégalités, c'est la vie,

Dans 100% des cas, celui qui dit ça est en position de domination sociale ou espère y parvenir rapidement.

De toute façon on parle ici de voyage, ce qui inclus donc l'option retour.

Autrement, ça a plus à voir avec le topic expatriation je pense, peut être plus polémique.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-11

à Behrt, rassures toi je ne suis ni "révolté", encore moins jaloux de la société ou de ceux qui y "réussissent"; Pour ma part plus personnelle, en fait je m'en fous de ces gens-là, tout comme de la société, quelqu'elle soit 😉 Il y a "réussir dans la vie", et vivre sa vie, ce qui est très différent, la prémière étant surtout conditionné par "la reputation sociale"; Je préfère largement vivre comme je l'entends, sans contraintes dans ce système, sans patron, et faire mon propre chemin, même modestement, plutot que d'accumuler des obligations, des dépendances, des années de sa vie dans une société qui n'en a rien à faire de moi, qui n'utilise les gens que comme des "ouvriers" pour qu'elle survive; D'autant qu'en se perpétuant elle détruit les choses qui me paraissent les plus essentielles (et que je préfère pour ma part) : la liberté, la nature, la paix, les animaux, la justice, etc; Mais la société d'ici ou d'ailleurs, ne m'interesse tout simplement pas; Elle ne m'a rien apporté de bon ou très peu, plutot le contraire ! ou alors rien; Mais je ne m'en détache pas par dépit ou par défaut de ne pas y trouver ce que j'aime; mais seulement parceque j'aime d'autres choses, que mes valeurs sont ailleurs, qu'elle ne me correspond pas, et que je n'aime pas les communautés, je n'ai pas l'esprit grégaire quoi; La seule chose que je demande au système, c'est qu'il me laisse tranquille; et les seules raisons qui pourraient me révolter envers elle, ne concernent pas ma vie personnelle, ça je m'en charge, mais plutot l'irrespect envers la nature, envers la biosphère, et bien sûr aussi envers les gens qui y sont en plein dedans et qui y sont exploités, ou qui le subissent; Contrairement à ce que tu dis, il est possible de vivre sans la société, des expériences de vie autarcique, ou de survie, ont déjà été essayées par certains, et réussies parfois, avec rien d'autres que ce que fournit directement la nature; Et pour Rousseau, je ne connais pas assez l'homme pour le juger, mais il y a plus à mon sens qu'un échec en société, il y a avant tout l'amour de la liberté, de la nature, de la solitude parfois; Henry david thoreau est en effet un autre exemple, d'un "anarchiste individualiste", qui a preferé suivre sa propre route, il y en a d'autres

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-11

Pour ajouter en restant sur le sujet, le vélo et quelques autres manières "d'évoluer" dans le monde, a une chose qui rejoint mon idée : assez d'autonomie et d'indépendance pour aller a peu près où l'on veut par soi-même, y compris si on veut s'éloigner un peu de "la masse", mais pas toujours assez pour être totalement autonome (nourriture, eau parfois, passage des frontières, passage d'un continent à l'autre etc); ce qui est aussi un prétexte pour revenir vers les gens, et les aborder non plus en "citoyen du pays, pion parmi d'autres", ni en touriste assisté, mais de manière fraternelle, de soi même, et souvent désinteressé; Pouvoir revenir vers les gens, tout en sachant qu'on peut reprendre "le large" quand on le souhaite, voilà une manière d'être et vivre qui me correspond mieux

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Behrt · 2013-03-11

@Erikavélo J'ai pris un cas extrême parce que nous parlions de cas extrêmes, partir plusieurs dizaines d'années à vélo ça me parait extrême et être d'avantage un mode de vie qu'un voyage. Que ce soit à vélo ou dans les bois tout inclue l'option retour. Thoreau est bien rentré après 2 ans. Tout solitaire et épris de nature qu'il est, lui même à choisi de retrouver la société et à priori c'est quelqu'un de réfléchi.

J'ai lu tous ou quasi tous ses livres parce que je dois avouer que ce style de vie m'a toujours fait un peu rêver. Ceci dit quand je lis Thoreau, Tesson, Rousseau... je ne suis plus du tout convaincu par ce choix de vie car je sens beaucoup de frustrations.

"Dans 100% des cas, celui qui dit ça est en position de domination sociale ou espère y parvenir rapidement" Il faudra revoir ces statistiques à la baisse car je suis très loin d'être en position de domination sociale mais alors vraiment très loin et ne souhaite absolument pas fournir l'effort nécessaire pour y parvenir. Ça me fait assez rire de lire ça d'ailleurs, et je pense que ça te ferais aussi rire de l'avoir écris si tu me connaissais.

@Roulelemonde Je ne visais personne en particulier dans mes propos. Je ne juge personne non plus, je ne fais que répéter ce que Rousseau à dit lui même dans "les rêveries du promeneur solitaire". La question c'était "voyager longtemps, fuite ou plaisir ?" j'ai répondu et tout le monde c'est accordé à dire que c'était une fuite. La différence se situe sur l’interprétation de la fuite, péjorative ou non. Maintenant les gens qui choisissent ce mode de vie ne me dérangent absolument pas et je suis bien placé pour comprendre puisque l'idée m'a traversée l'esprit plusieurs fois. Mais si je venais un jour à prendre cette décision, je ne me voilerais pas la face quant aux causes.

Quand tu va chez le médecin tu ne paye pas, tu perd ton boulot l'état continu à te payer, tu es à la rue on t’héberge et te nourris gratuitement, un "plus gros" te fait des misères, la justice s'empare du problème... La société ça reste le monde des bisounours comparé à la vie sauvage :)

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Erikavélo · 2013-03-11

Ça me fait assez rire de lire ça d'ailleurs, et je pense que ça te ferais aussi rire de l'avoir écris si tu me connaissais.

Je précise néanmoins que dans ma bouche, ça ne veut pas dire nécessairement riche. Car même un ouvrier est en position de domination sociale en rapport du chômeur en dessous de lui et ce dernier encore, sur l'immigré sans droits.

je ne suis plus du tout convaincu par ce choix de vie car je sens beaucoup de frustrations.

A l'inverse, je connais des personnes qui ne trouvent plus leur bonheur dans le matérialisme. D'ailleurs, non seulement le suicide existe aussi chez les riches mais surtout, on se suicide d'avantage dans les pays riches que dans les pays pauvres :

http://fr.wikipedia.org/..._par_taux_de_suicide

Aussi, je pense qu'il y'a un équilibre à trouver, qui est propre à chacun.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-11

Autre parole de Thoreau que je cite approximativement de mémoire, "il n'y a pas d'erreur plus fatale, que de perdre sa vie à la gagner" ;)

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Slydim · 2013-03-12

Bonjour, Je trouve le sujet un peu bizarre. Quel intérêt de savoir si les gens voyages pour fuir ou pour le plaisir? Qu'il voyage 1 semaine, 1 an ou toute leur vie, l'important c'est ce que leur apporte ce voyage. Après le fait de partir toute ça vie pour ma part ce n'est plus un voyage, c'est un style de vie. Que l'on aille n'importe ou dans le monde, plus moins longtemps, on revient toujours à la base.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Roulelemonde · 2013-03-12

on revient toujours à la base.

ou pas !

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Slydim · 2013-03-12

Oui heureusement il y a des exception!

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Behrt · 2013-03-13

Quel intérêt de savoir si les gens voyages pour fuir ou pour le plaisir?

L'Homme philosophe depuis la nuit des temps, c'est la nature qui nous a doté de cette capacité ! Et je pense qu'il est important de se poser la question avant le départ.

Je précise néanmoins que dans ma bouche, ça ne veut pas dire nécessairement riche. Car même un ouvrier est en position de domination sociale en rapport du chômeur en dessous de lui et ce dernier encore, sur l'immigré sans droits.

Je suis vraiment au bas de l'échelle sociale alors, seul le chômage veut de moi depuis mon retour de voyage :)

A l'inverse, je connais des personnes qui ne trouvent plus leur bonheur dans le matérialisme. D'ailleurs, non seulement le suicide existe aussi chez les riches mais surtout, on se suicide d'avantage dans les pays riches que dans les pays pauvres :

C'est pour ça que je disais qu'il est inutile de se torturer l'esprit avec les inégalités sociales, puisque comme tu viens de le mentionner le suicide est plus courant dans les pays riches, preuve que le statu social n'influe pas sur le bonheur. Accorder de l'importance aux inégalités c'est accorder de l'importance au matérialisme et comme je ne suis pas matérialiste... Puisque l'on parlait du Cambodge, c'est ce pays en particulier qui m'a fait déculpabiliser à propos des inégalités sociales. Quand je voyais les enfants plein d'énergie jouer et rire aux éclats dans les petits villages retirés, je me suis dit que l'on été peut être plus à plaindre en France !

Aussi, je pense qu'il y'a un équilibre à trouver, qui est propre à chacun.

On est d'accord. La vérité se trouve dans l'équilibre et par conséquent la radicalité mène au déséquilibre ! C'est vrai dans le travail (peur de manquer), c'est vrai dans le sport (complexe d'infériorité ou fierté exacerbé ?), c'est vrai en politique (peur de l'avenir)... et c'est vrai dans le voyage comme sens à sa vie (peur de la société masqué par un certain idéalisme). C'est pourquoi je disais plus haut qu'il me semblait important de se poser la question, fuite ou plaisir, avant de se lancer pour ne pas aggraver sa situation (tôt ou tard il faudra rentrer et la fuite ne mène jamais à l'estime de soi même si elle est inconsciente...).

Le sage trouve sa place aussi bien dans la nature que dans la société, dans la richesse ou la modestie. Je vois le voyage comme un outil qui mène à la sagesse et non comme une fin en soi. Pourquoi à vélo, parce que c'est ma "passion", parce que sa simplicité me plait, parce qu’il est le meilleurs moyen d'être indépendant et libre (en grande partie), parce qu’il permet d'atteindre des zones qu'aucun autre véhicule ne pourrait atteindre et parce que c'est plus rapide que la marche.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Erikavélo · 2013-03-13

C'est pour ça que je disais qu'il est inutile de se torturer l'esprit avec les inégalités sociales, puisque comme tu viens de le mentionner le suicide est plus courant dans les pays riches, preuve que le statu social n'influe pas sur le bonheur.

Je dois reconnaitre que tu m'as bien eu sur ce coup là 😉

Par contre, je reste en désaccord avec toi, à savoir que ce n'est pas une raison suffisante pour balayer d'un revers de main, toute critique du monde moderne. Si telle était ton intention bien évidemment ? C'est du moins ce qui m'a semblé, lorsque tu as écrit ceci :

Ceci dit, j'y vois une contradiction et un brin d’égoïsme : fuir la société sous prétexte que l'on y a pas notre place et continuer à profiter des avantages de celle ci sans apporter sa pierre à l'édifice

Or si l'ont admet que toute morale est relative ; je ne vois pas comment s'étonner dans le même temps, que l’égoïsme ne soit pas réservé qu'aux seuls riches ? Encore que je pense qu'il faudrait que les pauvres se mettent à déserter beaucoup plus massivement les rangs de la société tout en " profitant " de ses avantages pour espérer un jour, disputer le trône de l'improductivité à ces derniers ...

D'autres part, il me semble qu'il existait des routes et des vélos avant l'organisation " néo libérale " de nos sociétés et que de toute façon, les gens parcouraient déjà la planète à pied, à cheval, en bateau, en traineau à chien, etc ... bien avant leur invention.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Bouaye · 2013-03-16

Je suis surpris de la qualité des échanges sur ce sujet. Je ne m’attendais pas à trouver autant de philosophie, de bon sens, d'analyse pertinente... dans un forum de cyclistes. En tous cas, c'est vraiment sympa à lire et ça prouve que le vélo n'empêche pas de réfléchir (en ce qui me concerne, ça m'aiderait même à cogiter. J'aime bien refaire le monde quand ça pédale tranquille...).

Sur la fuite, je n'ai pas d'expérience personnelle, ne partant que quelques semaines. Mais je suis assez d'accord avec ceux qui pensent qu'un voyage sans prévision de retour est une fuite. ça semble même une évidence dans l’énoncé lui même . Ceci dit, ce n'est pas forcément péjoratif. Les expatriés font partie de ce mouvement... Je lis beaucoup les blogs de quelques aventuriers au long cours et je trouve souvent très intéressantes leurs analyses personnelles, surtout quand justement elles sont personnelles et ne se contentent pas de nous dire que c'est partout magnifique et beaucoup plus beau que chez soi ; Ce qui ne peut tout simplement pas être vrai puisque l'ailleurs de l'un est le chez soi de l'autre... Le regard critique est nettement plus riche.

Une dernière chose à propos des différentes considérations sur le bonheur : ce truc, le bonheur, c'est assez complexe et surtout très personnel. Je préfère m'en tenir au plaisir, terme peu employé sur les posts et c'est dommage. Le plaisir est plus instantané, fugitif, momentané... C'est la douche le soir à l'arrivée, le saut dans la piscine quand il fait chaud, la bière une fois les efforts achevés, les vêtements secs après une drache...le kilo de nouilles quand on crève de faim, le sommet d'une putain de côte qui n'en finissait plus... Mais aussi la petite chapelle toute mignonne dans un coin paumé, le lever de la brume sur une rivière au petit matin, le panorama qui se dévoile au détour d'un virage... Je crois que c'est beaucoup pour ces moments de plaisir que je pédale et je pense qu'il ne faut pas oublier le plaisir dans tout ce qu'on fait et tous les projets qu'on développe. Il m'est arrivé de renoncer et de prendre le train sur 50 bornes quand le temps était vraiment trop pourri, ou les côtes trop raides ou tout simplement quand j'en avais plein le cul, au sens propre comme au figuré. pourquoi se faire mal quand on a la possibilité de contourner ? je refuse le truc maso qui consiste à "se dépasser" à tout prix. Oui pour effectivement pousser un peu ses limites histoire de se prouver qu'on peut le faire. Non si ça ne fait "que" mal. La souffrance n'est pas le seul point d'entrée au plaisir. Je serais plutôt du côté des jouisseurs que des tristes du mollet. Encore merci pour vos éclairages. ça change de la "philosophie" de la télé-réalité.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Gabey · 2013-03-16

Comme quoi ! il n'y a pas de raison que les cyclos ne pensent pas et j'ajoute que les échanges sont de qualité ! Je remarque cependant que nous n'avons pas de post de voyageurs de longue durée passant disons l'année... cela viendra bien...

j'ai bien aimé la notion de plasir plus que de bonheur

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Bouaye · 2013-03-16

Je remarque cependant que nous n'avons pas de post de voyageurs de longue durée passant disons l'année... cela viendra bien..

oui, je m'étonne que les deux ou trois voyageurs actuels qui tiennent régulièrement à jour leur blog ne se mêlent pas de la conversation. Leur point de vue est attendu dans ces échanges.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Behrt · 2013-03-16

Par contre, je reste en désaccord avec toi, à savoir que ce n'est pas une raison suffisante pour balayer d'un revers de main, toute critique du monde moderne. Si telle était ton intention bien évidemment ?

Oups, désolé je n'avais pas vu la réponse. Ce n'était pas mon intention en effet. Je voulais simplement dire par là qu'il fallait accepter l'imperfection de la société (ce qui ne veut pas dire y être indifférent) puisque l'on est tous responsable du résultat, et d'autant plus en choisissant une vie retirer. Par "contradiction" et "égoïsme" j'entendais que pendant que certains se promènent à vélo d'autres sont au charbon, et sans ces derniers on ne pourrait tout simplement pas voyager. Alors quitte à être radical, autant l'être et suivre sa logique jusqu'au bout. A savoir ne plus profiter des bienfaits de la société à partir du moment ou on accepte pas les contraintes (travailler...). Rien n'est gratuit dans la vie, si tu choisi de te marier, il faudra faire des sacrifices, si tu choisis d'avoir des enfants, il faudra faire des sacrifices et si tu choisi de vivre sur ton vélo, j'ai comme le pré-sentiment que l'addition va se payer très cher au moment de faire le bilan. C'est aussi les sacrifices qui permettent d’apprécier les bons moments, c'est pourquoi je pense que ça n'a aucun sens de voyager 10, 20 ou 30 ans d'affiler. Tout ce que tu as à gagner c'est que plus rien ne t’émeuve (j'espère que je ne fais pas une faute de conjugaison :)). Tu vas rentrer vieux et usé, aigri plus que jamais, ta recherche d'idéale (fuite et peur inconsciente) t'aura fait passer à côté de l'essentiel et tu n'aura plus qu'à attendre la mort dans la tristesse. Je caricature un peu mais c'est exactement le sentiment que j'ai lorsque je lis le livre des gens qui ont choisi la radicalité pour mode de vie. Et personnellement, il y a des expériences que je préfère tirer des autres, même si la conclusion est différente de ce vers quoi j'aurais été naturellement. Essayer de trouver la vérité par la logique c'est une chose, l'appliquer s'en est une autre. Même si je prône le "détachement", je n'arrive malheureusement pas toujours à en faire preuve moi même et c'est pourquoi je comprends que certains en désespoir de cause choisissent la radicalité, que ce soit dans la course à l'argent ou la course à la liberté sur son vélo, pour moi le fond du problème est le même. Et puisque le voyageur se plait à parler d'ouverture d'esprit, qu'est ce qu'il y a de plus fermé qu'un esprit radical ? (Je précise que quand je dis "tu" c'est généraliste, je ne vise personne)

Les expatriés font partie de ce mouvement...

D'accord et pas d'accord, tout le monde ne s'expatrie pas pour les mêmes raisons. Il y a partir profiter de la misère à l'autre bout du monde avec son salaire Français, il y a celui qui est muté par son entreprise et qui n'a pas vraiment eu le choix (même si on l'a toujours) et il y a l'opportunité de faire quelque chose qui nous plait ailleurs. Si j'avais obtenu mon visa travail il y a quelques mois maintenant je serais en Chine aujourd'hui. Je ne me suis pas dit "j'en ai marre de la France, ça ira partout tant que ce n'est pas en France" mais "J'y vais, j'essaye, si je m'adapte à la vie chinoise et que tout se passe bien peut être que j'y resterais, sinon je remballe". Et la condition était aussi de pouvoir rentrer en France régulièrement...

...surtout quand justement elles sont personnelles et ne se contentent pas de nous dire que c'est partout magnifique et beaucoup plus beau que chez soi

Ça me fait plaisir de lire ça. Je me suis fait beaucoup critiquer pour avoir critiqué justement ! Dire c'est beau partout reviens à n'avoir d'avis sur rien de mon point de vu et si je n'aime pas je le dis, je dis pourquoi et sans détour :)

...ce truc, le bonheur, c'est assez complexe et surtout très personnel. Je préfère m'en tenir au plaisir, terme peu employé sur les posts et c'est dommage.

Si je devais définir le bonheur ce serait : quand le passé n'est plus source de peine, quand l'avenir n'est plus source d'inquiétude, quand tu vis l'instant présent, alors tu as atteint l'objectif bonheur. Et pour moi c'est le plaisir qui est personnel non le bonheur. Le plaisir c'est toujours matériel ou physique, tu vas le chercher là où tu as envie, quand tu as envie, tandis que le bonheur c'est un état psychologique que rien ne peux entraver. C'est accepter la vie comme elle vient. Même si un évènement te rend triste, tu restera en paix à l'intérieur de toi alors que d'autres se révolteraient.

Au delà de la fuite et des choix de chacun, toute la question elle était là pour moi : Est ce que "voyager à vie" mène au bonheur ? J'ai expliqué pourquoi de mon point de vu ça ne menait à rien d'autre qu'à l'appauvrissement personnel et n'ayant pas réussi à me prouver le contraire par la théorie je cherche toujours un exemple qui pourrait éventuellement y parvenir. C'est pourquoi j'avais conclu plus haut et je suis d'accord avec toi, que le voyage doit rester un plaisir, un projet (non une fin en soi) limité dans le temps et par ses capacités à rester investit dans un même projet sur la durée. J'entends par là que si tu te sens comme chez toi là où le touriste "normal" à les yeux comme des billes c'est qu'il est temps de revenir à la source. Et l'humain ayant des capacités d'adaptation plutôt bonne ça ne prends pas 10 ans, ni même 1 an.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Bayernd77 · 2013-04-10

Salut Gabriel

je viens juste de découvrir la discussion, longue et intéressante.

Je vais la faire très courte :

Ma vie est exceptionnelle depuis que je suis sur la route, EXCEPTIONNELLE à un point que tu peux difficilement t'imaginer, riche en rencontres inoubliables, vraies, quelles soient de 5 minutes ou de 3 semaines. J'ai constamment la banane. Je peux affirmer que la vie est belle, non pas belle, mais magnifique, extraordinaire. Je ne me cache pas dans les bois pour bivouaquer 😉 Le bivouac est un plaisir et quand je ne trouve pas, il suffit de demander, c'est simple la vie 🙂

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Vfpromeneur · 2013-04-11

Erreur de méthode.

cette question "fuite ou plaisir ?" est une mauvaise définition du problème.

Elle nous enferme dans la recherche des explications dans 2 alternatives. Ceci bride notre capacité à imaginer et trouver d'autres explications.

Par exemple : le nomadisme est un style de vie qui va comme un gant à certain profils psychologiques.

j'ai pensé à cette explication en pensant à mes motivations. J'aime bien les paysages, les richesses touristiques, les rencontres mais ce qui me motive vraiment c'est d'être en route. Une fois en route j'ai du mal à m'arrêter à un endroit. Mais je suis un sédentaire et je n'en ferai pas ma vie. Je suis content de partir et content de revenir.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Bouaye · 2013-04-11

Juste une question que je me pose souvent quand je lis les blogs de ceux qui partent longtemps, mais qui ne concerne que ceux qui n'ont pas de date de retour : si on n'a pas de date, donc pas de butée, comment fait on pour se projeter dans l'avenir ? Personnellement (mais je n'ai jamais fait ça, donc je vais rester très prudent) je n'arrive pas à me mettre dans la situation de quelqu'un qui part sans but. Pour moi, un voyage se motive par une envie de voir un pays, un paysage, de vivre une aventure "bornée" : escalade, traversée d'un désert, d'une ville, ... Mais bien sûr, on rentre ici dans l'intime, dans le moteur interne, ce pourquoi on vit. J'imagine que ça ne doit pas être simple à expliquer.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Bayernd77 · 2013-04-11

Je ne me projette pas dans l'avenir, ce n'est pas possible car avec cette vie de nomade, tout change, évolue. Tu fais des rencontres, parfois déterminantes, tes envies évoluent. Je vis au jour le jour. Chaque jour est unique, j'en profite donc au maximum. La vie est belle quand elle est simple.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Behrt · 2013-04-11

Je pense que personne ici ne viendra contredire le fait que la vie est magnifique sur le vélo. L'aventure, l'endorphine, la pêche tout le temps, la spontanéité des journées... c'est vraiment le top.

La première question était, est-ce que cet état d'euphorie perdure dans le temps ? Et pour cela je serais ravi d'avoir ton témoignage dans 5 ou 10 ans et le bilan dans 15 ! L’Homme étant doté d'une mémoire on s'adapte à tout et la réponse est évidente : l'euphorie ne peut perdurer.

La seconde question était, l'Homme (au sens large non l'individu) est-il fait pour vivre en société ou en dehors (chacun pour soi) ? Jusqu'à preuve du contraire, l'Homme à naturellement choisi la vie en société tout simplement pour sa survie.

Là dessus se pose la troisième question, la plus importante, celle de la morale. Je ne vais pas refaire l'argumentaire que j'ai déjà présenté sous toutes ses formes et qui découle de la question précédente.

"Je travail maintenant comme un forçat, j'en profiterais à la retraite" (la bonne blague) ou inversement, "je suis bien maintenant sur mon vélo je préfère ne pas me projeter dans l'avenir" (résultat : le même. Peur de l'avenir que ce soit conscient ou non).

Vivre l'instant présent intensément et donc être heureux n'empêche pas de faire des choix qui nous sont bénéfique sur le long terme. L'un ne peut aller sans l'autre, sinon ce n'est pas du bonheur mais de l'illusion, et l"illusion ne peux durer éternellement.

D'où l'idée qu'il y a un juste milieu à trouver. Car après ces années de dur labeur ou d'euphorie vient le retour à la réalité !

Chacun à ses raisons de vivre la vie qu'il vie et sans juger il n'empêche que derrière les choix de chacun se cache une vérité absolue.

Au delà des avis propre à chacun, donc en prenant du recul et en étant objectif, sans s'attacher (jouer) sur les mots mais les idées, si celles-ci vous paraissent illogiques n'hésitez surtout pas à me le faire savoir.

C'était juste pour préciser que si la vie est euphorique à un moment T, c'est bien, mais cela ne répond pas à la question de fond, à savoir, quelles sont les raisons profondes du départ ? De là découlera la moralité de l'histoire et les conséquences à long terme (post retour). A quoi bon vivre 10 ans sur son vélo si c'est pour finir dans la tristesse la plus totale ? (le voyage est censé être un enrichissement non une perte de temps). Si maintenant le voyage s'est avéré être le chemin vers la sagesse alors le retour ne posera aucun problème et l'état de sérénité perdurera.

Pour info, j'imagine que beaucoup le savent, Heinz Stücke vient de boucler son dernier voyage après 50 ans sur la route.

Voyager longtemps fuite ou plaisir?

Gabey · 2013-04-11

Bonjour David

j'en profite pour remercier tous les participants à ce post.

Sinon bien entendu que tu dois être très heureux. Sur mon imagination pas de problème j'ai aussi vécu un peu ces moments là.

Par contre comme quoi le bonheur est partout ... sur le bivouac... j'ai eu à approcher des gens qui " bivouac " à longueur d'année dans les bois mais pas vraiment par envie mais parce qu'ils n'ont pas d'autres solutions. Eh bien je peux te dire que ce n'est pas la vie rêvée pour eux.

Je comprends aussi que ce genre de question touche vraiment à l'intime alors on ne saur apas tout et c'est bien normal

A plus

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