D'accord sur le fait que bien sûr le bonheur, de même pour le malheur, est avant tout un "état d'esprit", interieur, durable s'il est vrai, et que dans l'absolu il est independant du contexte exterieur ou de la situation "physique" de chacun, qui lui est par nature impermanent, changeant et jamais "parfait";
Par contre pour rester sur l'équilibre, interieur-exterieur, il est clair que dans ce monde relatif, le monde exterieur influence toujours plus ou moins les gens et les êtres, dans leur "état d'esprit", donc dans leur bien-être ou mal-être (à moins d'être un sage détaché de toutes choses);
Dans ce contexte donc, il est clair qu'il y a des conditions de vie qui favorisent le bonheur, et d'autres qui y nuisent;
Et je suis sûr qu'un jeune cambodgien exploité dans une usine, sera certainement bien moins heureux, ou dans de bien moins bonnes conditions de vie pour l'être, plutot que le voyageur, le touriste ou le "rentier", qui se baladent et se prélassent pour leur plaisir, sans trop de contraintes;
Or, la société humaine, d'ici ou d'ailleurs, le ou les "systèmes" sont tout sauf "parfaits", ou propices à engendrer les bases essentielles au bonheur, que sont entre autre : la liberté et l'independance totale de chacun, la paix, le respect de la nature et de tous les êtres vivants (et pas seulement humains), la fraternité, l'égalité, la justice etc;
Je dirais même que ce système (au niveau mondial, national, local, etc) est presque l'inverse : c'est un système marchand, basé sur le travail, l'exploitation économique des êtres et des choses (de la nature aussi et de ses ressources), donc sur l'exploitation et le marchandage de la vie; La crise écologique, démographique (surpopulation humaine), économique, le sur consumérisme, les inégalités, l'exploitation du vivant (forêts, océans, faunes, flores etc) et sa destruction, l'exploitation des gens, l'autoritarisme des états, des religions, des familles, etc, etc; tout cela ne fait qu'engendrer toujours plus de malheurs sur terre, d'oppressions, de peurs, de dominations et rapports de force à tous les étages; Ce système qui est proposé et imposé partout et de plus en plus, est un système d'esclaves, de "moutons", du "marche ou crêve", où "dieu" a été remplacé souvent par la course au fric (le dieu vénéré moderne); Les gens ne se soumettent plus à une "volonté divine", mais à la quête d'argent, des possessions matérielles, de relations, du sexe, de la propriété privée, de la "pseudo respectabilité" que l'on pense trouver en se conformant à un conformisme, comme celle du dictat de la famille, gamins, de la voiture pour tous (qui est une forme de dépendance, et de fausse liberté, qu'ont réussi à "vendre" aux peuples les commerciaux industriels, bref les pollueurs, et j'en passe;
Tout ce système attise l'avidité, la haine, les rivalités, et ne mets pas fin à l'insatisfaction, à la souffrance des êtres, de leur naissance à leur mort; Conditionnement par l'uniformisation du mode de vie, à commencer par "l'éducation" des gamins, qui est surtout une forme de bourrage de crane, et de lavage de cerveaux, et qui tue leur liberté, souvent leur joie de vivre naturelle, pour faire d'eux, de bons petits soldats qui perpétueront le système;
Dire que partir (à vélo ou autres) est une fuite, même si on reste en bonne part "en contact" avec les gens et le monde (ne serait-ce que pour acheter sa nourriture, ou quelques transports), est donc en parti vrai; mais est-ce péjoratif de "fuir" ou d'essayer en tous cas de fuir un système pareil ?
A chacun de voir, mais le désarroi des nouveaux arrivants ou de certains d'entre eux, dans ce monde où ils se demandent s'ils vont devoir s'y conformer et "perdre leur vie à la gagner", me parait légitime, et le questionnement et les choix jugés "extrêmes" par certains, pas forcément plus "extrémiste" que ce modèle de société qui détruit chaque jour la terre, la vie, les océans, la liberté, la paix, la compassion, ce qui n'a pas de prix, et qui seul a vraiment de la valeur
Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est le chemin tracé par la nature