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Cinq semaines en bus en Colombie
Discussion started by GeorgesOZ on 2018-09-23
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Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-09-23
J’ai enfin réalisé un vieux rêve, celui de visiter la Colombie. Jusqu’ici, le seul pays d’Amérique du Sud que j’avais visité, quelques 4 ou 5 fois, était le Brésil. Pourquoi la Colombie ? Une bonne question, vu qu’il y a d’autres destinations attirantes et populaires, semble-t-il : l’Equateur, le Pérou, la Bolivie entre autres. La réponse la plus simple est qu’il faut bien commencer quelque part.
J’avais cependant d’autres motivations pour choisir la Colombie. C’est un pays réputé pour l’amabilité de ses habitants et pour sa beauté naturelle (mais quel autre pays en Amérique du Sud ne l’est pas ?).
La Colombie est connue pour la pureté de l’Espagnol qu’on y parle, et c’est une langue qui m’a de plus en plus intéressé au fil des années. Puisque nous y sommes, n’oublions pas de mentionner que la Colombie est le pays de Gabriel García Marquez, un auteur que j’ai lu et relu en Français aussi bien qu’en Espagnol (j’ai même lu « Cem Anos de Solidão » en Portugais !). Je sais que la fiction magico-réaliste, dont il est le représentant le plus célèbre, n’est pas du goût de tout le monde, mais je le trouve suffisamment divertissant pour lui pardonner quelques excès d’imagination, et l’idée d’aller voir sur place si je pouvais retrouver la Colombie qu’il décrit dans ses romans me titillait.
Certes, le pays reste encore grevé par une mauvaise réputation sur le plan sécuritaire : la FARC, les cartels, les kidnappings, les vols, les agressions etc. Mais il semble qu’un processus de « nettoyage » de l’environnement social et politique s’est enclenché ces dernières années. Moi-même et mon fils A, qui m’a accompagné dans ce voyage, nous ne sommes d’ailleurs pas des voyageurs néophytes ou inexpérimentés, et le fait que la Colombie n’est pas encore submergée par des vagues de tourisme n’était qu’une raison supplémentaire pour y aller. De plus, le pays est bien assez grand pour qu’on puisse éviter les régions qui restent insécures.
Joignant nos deux agendas, moi et mon fils, nous disposions de 5 semaines et demie pour ce voyage. Nous ne voulions pas couvrir plusieurs pays dans un marathon effréné. Disons-le d’entrée, notre style de voyage n’est pas de « faire » un maximum de sites en un temps record, ni de cocher les cases dites « incontournables ». Ce qui nous intéresse le plus, c’est de rencontrer les gens du pays, et pour A qui est un photographe professionnel, de tirer des portraits de personnes. Cependant, le choix du périple en Colombie nous avait fait inclure quelques derniers jours en Equateur, pour prendre notre vol de retour à Quito.
Je vais commencer par quelques commentaires d’ordre général et quelques statistiques budgétaires et autres, avant de passer à un narratif plus détaillé.
Commentaires généraux et statistiques
Pour les 33 jours passés en Colombie (presque 5 semaines), nous avons parcouru 2600 kms en bus. Voici le résumé du budget par personne :
- Bus : 195 Euros (en moyenne 7.5 Euros pour chaque 100 kms)
- Hôtels et « hostales » : 405 Euros (en moyenne 12 Euros par nuit)
- Repas : 395 Euros (en moyenne 12 Euros par jour)
- Taxis (et quelques téléfériques) : 60 Euros
- Extras : 145 Euros
- Cadeaux : 150 Euros
D’où un total par personne de 1350 Euros, soit une moyenne de 40 Euros par jour.
A cela, il faut ajouter l’avion que nous avons pris de Cartagena à Cali, une distance de quelques 1000 kms, avec LATAM, ce qui nous a coûté 102 Euros par personne.
Quelques commentaires :
- Logement :
o Les prix des hôtels ont pas mal varié, de 15 à plus de 30 Euros par nuit pour une chambre à 2 lits séparés (ci-dessus, je compte les frais coupés en deux). Souvent avec petit déjeuner compris et même une fois, pour 1 jour, en pension complète. Il se peut qu’une chambre double, pour un couple, coûterait un peu moins cher.
- Transport :
o En général, les bus sont en général assez propres et confortables. Les terminaux le sont aussi, ils sont parfois même « nickel ». Ils sont faciles d’usage et nous n’avons jamais eu à attendre plus d’une demi-heure pour prendre le bus suivant.
o Les routes ne sont pas mauvaises, à part quelques exceptions. En revanche, il ne faut pas s’attendre à de belles Nationales Françaises, et nous n’avons jamais vu une seule autoroute.
o Contre toute attente et en dépit de tous les commentaires émis par d’autres voyageurs, nous n’avons jamais trouvé que les gens roulaient mal ou qu’ils étaient frénétiques sur la route.
o Pour ceux qui auraient des critiques concernant les routes et le style de conduite en Colombie, je dirais d’aller voir comment c’est en Inde, ou (pour ce qui est du style de conduite) en Thaïlande !
o Vu l’absence de « Nationales » à la Française et le nombre ahurissant de virages dans les montagnes, les trajets en bus ne sont pas à conseiller pour tout le monde.
o Les paysages qui défilent sont souvent à couper le souffle et on aurait envie de prendre des photos et des vidéos toutes les 2 ou 3 minutes. Tenant compte de mes commentaires positifs sur la qualité des routes et le style de conduite des gens, louer une voiture serait une alternative intéressante au bus, permettant de s’arrêter où on veut et de prendre quelques belles photos, justement.
o Les taxis : nous n’avons jamais eu de problèmes avec les taxis. On nous a toujours scrupuleusement rendu la monnaie (comme partout ailleurs). Les quelques fois où il ne semblait pas y avoir de compteur, nous avons fixé le prix au préalable, parfois avec une petite négociation (mais jamais rien de dramatique). Ah oui, nous avons pris souvent des taxis en pleine rue et même la nuit : aucun problème.
- Repas :
o Les petits déjeuners étaient simples. Typiquement des œufs brouillés ou sur le plat (« huevos revueltos » ou « huevos fritos »), une « arepa » (galette de mais, fade sauf si elle est frite ou grillée), du café. Parfois aussi un jus de fruit.
o Le café est une grande déception en Colombie. A part quelques rarissimes exceptions, le « tinto » est ce qu’il y a de pire dans le genre café soluble dilué au maximum. Je reviendrai là-dessus.
o Pour le midi aussi bien que le soir, surtout de la viande (porc, poulet, bœuf) avec des haricots (« frijoles »), un œuf sur le plat, une « arepa ». Bonne viande. Portions gigantesques pour le prix. Attention aux prises de poids, surtout si on abuse des « bandejas paisas » ! Nourriture copieuse donc, parfois bien goûteuse mais un peu monotone à la longue. Cependant, je vais donner une mention spéciale pour les soupes presque toujours servies en entrée, les « sopitas » : elles sont toujours bonnes et souvent la meilleure partie du repas … bien que souvent un tantinet trop salées à mon goût.
- Extras :
o Bières : que des canettes ou des bouteilles (Club Colombia, Aguila), jamais de pression. Bière acceptable sans plus, mais certes pas cher, le plus souvent à 1 Euro (3500 COP) ou moins.
o Cafés : presque invisible sur le budget. Le « tinto » est servi entre 500 et 1000 COP, c.-à-d. 0.15 à 0.3 Euro. J’allais oublier : sucré d’office 1 fois sur 2 (9 fois sur 10 ?), pouah quelle horreur !
o Les « empanadas », sortes de chaussons faits à partir de farine de maïs et farcis de viande et de légumes, sont ce qui nous a servi de rattrapage quand nous avons fait court sur le petit déjeuner. Vendus très bon marché un peu partout dans la rue et les terminaux routiers, ça cale bien pour quelques heures et ce n’est parfois pas mauvais non plus !
Cinq semaines en bus en Colombie
Madonantes · 2018-09-24
Merci pour ce début de récit. Hâte de lire la suite !
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-09-24
Il faudra me donner un peu de temps pour mettre dans l'ordre dans mes idées .... et je suis tellement occupé par ailleurs!
Mais juste pour permettre de patienter, et tenant compte des priorités bien connues de l'audience que je pense être principalement Française, voici quelques photos sur la nourriture à Bogota, notre premier point de chute en Colombie.
- Les 2 premières photos sont notre premier repas de midi à Bogota, dans une « asadera » (ou un « asadero » ?), c.à-d. une rôtisserie quelque part entre la Candelaria et Chapinero. On repère ces rôtisseries facilement par les viandes grillant à l’entrée. L’endroit était une cour intérieure très propre et agréable, et bien fréquenté, visiblement par des gens prenant leur pause de midi, classe sociale moyenne. Il y avait 2 chanteurs habillés « folklorique », c.à-d. style « vaquero » (cowboy), grattant de la guitare. Ce n’est pas du bluff, ies gens sont visiblement fiers de leur culture de « vaqueros », et ici en particulier style « llanero » par référence aux Llanos, immense région à l’est des cordillères Andines. La viande était excellente. Cela nous a coûté quelques 10 Euros pp.
- Les photos 3 et 4 sont des décorations murales représentant cette tradition, dans une autre rôtisserie.
- La cinquième photo, c’est la partie la plus intéressante de notre petit déjeuner: le « tamal », pâte de mais + légumes + viande cuits à la vapeur dans des feuilles de mais. Très bon, très nutritif. A part cela, il y avait aussi 2 œufs sur le plat + une soupe + 1 croissant + un café. Le tout pour à 3 Euros pp. On se retrouve bien calé pour pas cher !
- Enfin, une canette de « Club Dorada », l’une des bières les plus représentatives du pays. Nous n’avons presque jamais trouvé de bière à la pression. Bière acceptable, sans plus.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-09-26
Bogotá – L’arrivée
Notre premier point de chute en Colombie. C’est le matin. Notre première priorité est de nous acheter une SIM locale. Dans le hall d’arrivée, un homme nous accoste pour nous demander ce que nous cherchons. Il nous mène à un autre homme qui va nous arranger tout ça. Nous nous méfions un peu – nous n’avons encore aucune expérience du pays - mais nous le suivons et en fait tout se passe très bien, il nous installe des SIM Claro à un tarif qui semble honnête. Au stand du coin, nous chargeons les SIM de quelques Euros et nous laissons tenter par les « empanadas ». Premier contact avec ces espèces de feuilletés typiques du pays, croûte de mais assez épaisse, viande et légumes à l’intérieur, on les trouve partout, ça coûte une misère, ce n’est parfois même pas trop mauvais et de toute façon ça cale bien !
Deuxième priorité : comment se rendre en ville. Là, nous pataugeons. Juste dehors, il y a quelques arrêts de bus mais lequel prendre ? Nous avons beau demander mais on nous renvoie 2 ou 3 fois à un autre endroit. Nous finissons par comprendre vaguement qu’il faut prendre un certain bus, nous attendons à l’arrêt, mais on nous dit qu’il faut acheter les billets dans le hall d’arrivée. Encore quelques hésitations avant de trouver la petite cabine où se vendent ces fameux billets. Nous joignons la queue de quelques 20-30 personnes. L’attente n’est pas longue, notre tour arrive. Nous cafouillons dans notre Espagnol tout rouillé. Aucune manifestation d’impatience de la part des gens derrière nous, au contraire, ils sourient et interviennent gentiment pour nous conseiller : « Prenez donc un billet de 5000 COP (1.4 Euros) ça vous suffira bien pour tous les deux ! »
Retour à l’arrêt du bus. Notre attente n’est pas longue. Le bus nous emmène au « Portal », nous dit-on, à 3-4 kms de l’aéroport. Là, nous faisons une drôle de mine : il y a des dizaines d’arrêts de bus de tous les côtés, nous ne comprenons rien au système de numéros qui nous semble bien compliqué, et il y a une de ces foules ! Dans la cohue, nous devons demander à plusieurs reprises. Un jeune couple nous indique le « bon » bus. Le bus arrive, plusieurs dizaines de gens s’y entassent, nous y compris. Il semble qu’il n’y ait pas de ticket supplémentaire à acheter. Nous pensons bien sûr au risque de vol et gardons l’œil sur nos bagages.
Les kms défilent. Nous avons du mal à voir ce qui se passe dehors, il y a tellement de monde dans ce bus ! Nous ne comprenons strictement rien aux numéros, toujours des numéros, affichés aux arrêts successifs, que nous avons peine à entrevoir. Dans une situation pareille, une seule solution : se décontracter et s’en remettre au destin ! Et ça marche ! Le même jeune couple, celui du « portal », qui semblait avoir disparu dans la mêlée, ne nous a pas oubliés et nous fait signe par-dessus une bonne douzaine de gens : « il faut descendre ici et prendre un autre bus ! ». Ils descendent avec nous et nous mènent à « notre » porte. Les arrêts sont des plateformes encloses, comme des cages, avec plusieurs portes qui s’ouvrent et se ferment selon les mouvements des bus – c’est un système que nous avons retrouvé dans d’autres grandes villes en Colombie et même à Quito.
Arrivés à « notre » porte donc, une jeune femme prend le relais du jeune couple (toujours le même), et descend avec nous à quelques centaines de mètres de notre destination. Depuis l’aéroport, cette jeune femme, très jolie soit dit en passant, est la première personne à parler Anglais – elle a bien vu que notre Espagnol est un peu hésitant !
Quelques minutes plus tard, nous arrivons à notre hostal. Ça a été une petite aventure mais tout s’est bien passé et les 5000 COP que le trajet nous a coûté doit être un record ! Certes, c’était bien intimidant, cette « plongée » dans une mégalopole de près de 10 millions d’habitants, mais nous somme impressionnés par la gentillesse et la prévenance des gens. Cette première impression favorable des Colombiens sera plusieurs fois confirmée pendant notre voyage.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-09
Bogotá – Le Musée de l’Or
C’est encore le matin. Le petit déjeuner pris dans l’avion et les empanadas que nous avons mangées à l’aéroport sont déjà lointain. Le petit creux que nous commençons à sentir s’ajoute à notre curiosité naturelle pour nous pousser hors de l’hostal. Nous sommes dans le district de Chapinero, un peu au nord de la Calle 67. Les rues avoisinantes sont assez tranquilles et bien praticables pour les piétons. Nous n’aurions pas été étonnés de nous retrouver dans une jungle urbaine comme on en trouve souvent aux USA, mais non, ça mérite d’être noté : nous avons trouvé qu’il était facile de se déplacer à pied à Bogotá, comme d’ailleurs dans presque toutes les villes où nous sommes allés en Colombie.
J’ai déjà parlé de la nourriture et même illustré le sujet de quelques photos, donc je ne reviendrai pas trop là-dessus. Rappelons quand-même qu’après s’être envoyé une soupe, un tamal, 2 œufs sur le plat, un croissant (pas trop mal, le croissant !) et un café, le tout pour 3 Euros par personne, on est satisfait pour quelques heures !
L’hostal nous a appelé un « Uber ». En route pour le Musée de l’Or, qui se trouve dans La Candelaria, un autre district bien connu. A mi-chemin, nous sommes arrêtés par la police. Notre conducteur, un petit vieux, maudit sa mauvaise chance. Ça fait 1 an qu’il fait ce boulot et c’est la première fois qu’il se fait contrôler. Car voilà, Uber est interdit, nous dit-il. Moi et A, nous sommes assis à l’arrière de la voiture, il sera difficile de nous faire passer pour des amis ! L’homme descend et va s’expliquer avec les policiers. Nous ne voyons pas ce qui se passe, mais ce n’est pas long et nous reprenons notre route. Le trafic était assez léger et le trajet n’a pris qu’une bonne demi-heure.
Nous-mêmes, nous aimons bien les musées mais nous n’en abusons pas. Mais les voyageurs parlent tellement du Musée de l’Or de Bogotá, comment ne pas aller voir sur place de quoi il s’agit ? L’entrée coûte une bagatelle. C’est exactement le genre de musée qui nous convient : les collections sont présentées sur 3 étages de dimensions respectables mais non énormes. Nous sommes loin du Louvre ! Ce n’est pas pour dénigrer le Louvre, mais même si on se limite aux Antiquités Orientales, ou à l’art Islamique, par exemple, on en prend plein les pattes !
Pour faire simple, il s’agit ici de 2 collections principales : les bijoux et ornements en or, et les poteries. Les objets en or sont souvent en « tumbaga », un alliage d’or et de cuivre, mais l’un comme l’autre, ça éblouit ! Je montre qu’une photo, celle d’un pendentif qu’on s’accrochait au nez, ou était ce aux oreilles, je ne m’en souviens plus trop bien.
Il y avait de toute évidence une quantité phénoménale d’or dans les Amériques découvertes par les Espagnols. L’excuse pour les atrocités qu’ils ont commises envers les Indiens était de leur apporter les bienfaits de la civilisation et de la « vraie religion ». Car les Indiens, bien entendu, « étaient des idolâtres ». Mais les Espagnols ont été tellement aveuglés par l’or des Amériques qu’on peut bien dire que la véritable idolâtrie était la leur vis-à-vis de l’or !
Mais prenons un peu de recul et admettons que si les Espagnols se sont distingués par leurs cruautés, toute autre nation Européenne (ou autre) se serait peut-être bien comportée de la même façon. Soit dit en passant qu’on a peut-être aussi exagéré l’importance de l’or des Amériques pour l’Espagne. Le budget annuel de l’Espagne, au début du 16-ème siècle, dépassait le million de ducats, alors que l’or des Amériques ne totalisait que quelques 200 à 500,000 ducats dans une « bonne année ». Il faut dire que Charles Quint qui régnait alors était extrêmement dépensier. Ses besoins financiers étaient à la taille de son empire Européen et c’était à la Castille de payer…. C’est un raccourci que de parler des « Espagnols ». L’entreprise Américaine a été longtemps une chasse gardée de la Castille.
Revenons au musée, mais passons aux poteries. Les poteries sont absolument magnifiques. Je ne peux pas me retenir à en poster quelques photos. Elles démontrent bien qu’il y avait plusieurs cultures bien développées en Colombie. Malgré la géographie compliquée, il me semble évident qu’il y avait un bon réseau de communications tout le long des Andes, et probablement jusqu’au Mexique : les experts discernent sans doute les traits caractéristiques de telles ou telles cultures précolombiennes, ce qui fait penser à leur isolation, mais n’y-a-t-il pas beaucoup de similitudes ?
Qu’on me pardonne une autre petite remarque : si on dit « Indien » en Français, dire « Indiano » en Espagnol ne passe pas, cela laisserait plutôt entendre « Indien de l’Inde ». Aux Amériques, on dit « Indígena ».
Nous passons en tout près de 2 heures dans ce musée. Le faire en moins, ce serait cavaler, et on pourrait facilement y passer 1 ou 2 heures de plus si on se mettait à lire toutes les explications. Mais 2 heures, le musée les vaut bien !
Dehors, il fait beau. Il y a eu 2 ou 3 petites pluies fines ce matin, pas désagréables du tout. L’air est frais, mais nous apprécions un soleil printanier – dans un contexte Français, je dirais plutôt mois de juin que mois d’avril.
Cinq semaines en bus en Colombie
Gildadesiles · 2018-10-09
Bonjour
Je suis également de retour de Colombie...et comme toi j'ai trouvé les paysages époustouflants....et apprécié la gentillesse des colombiens;
En 23 jours, aucune sensation d'insécurité (tout en restant prudent bien évidemment...).
Et comme toi j'ai trouvé qu'ils avaient la main lourde sur le sel 😛
J'attends la suite de tes aventures...
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-09
Bonjour!
Sympa d’avoir la réaction d ;un lecteur ! Oui, tout à fait les mêmes impressions sur ce pays extra.
Je mets du temps à écrire mes petites (…) pages. Je suis assez occupé par ailleurs. Patience !
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-11
Bogotá – Un Peu de Marche !
Sortis du Musée de l’Or, nous allons de l’autre côté de la petite place pour jeter un œil à l’église de San Francisco. Comme presque toutes les églises que nous avons visitées en Colombie, celle-ci est belle. D’autant plus qu’elle date du 16-ème siècle, ça lui donne une certaine dimension qui échapperait peut-être si on ne s’arrêtait qu’à l’architecture (étant Européens, nous sommes un poil blasés concernant les vieilles pierres). Et comme dans toutes les églises que nous avons visitées en Colombie, il y a du monde dedans. Les fidèles semblent être présents à toute heure ouvrable. Nous sommes dans un pays catholique à 90%, ça se remarque !
Un autre lieu historique en plein cœur du district de La Candelaria, la Plaza de Bolívar, n’est qu’à 10 minutes à pied. La place tient ses origines des tous premiers jours de la colonisation, mais la place a dû bien changer entretemps. Au centre trône, si on peut dire, la statue du général Simón Bolívar, qui elle date du milieu du 19-ème siècle.
La fondation de Bogotá date de 1538, quand les Espagnols ont vaincu les Muiscas, peuple qui semble avoir eu une certaine importance dans la région. Le nom original de la ville était Santafé, et la région avait reçu des Espagnols le nom ronflant de Nouveau Royaume de Grenade.
C’est une belle place, entourée d’édifices agréables à l’œil et qui mériteraient sans doute d’être examinés de près, mais comme je l’ai déjà dit, si nous aimons les détails historiques et apprécions l’art, nous ne sommes cependant pas des obsédés. Avant d’aller voir plus loin, je dois mentionner les deux jeunes Chinoises absorbées dans une séance photographique avec force clowneries : poses avec les bras étendus voulant « offrir » la place, poses avec les doigts en « V » (une manie répandue en Asie), sauts en l’air etc. Ce seront les seuls touristes Asiatiques que nous verrons en 6 semaines, à l’exception peut-être de Carthagène et Quito.
C’est notre premier jour dans le pays et nous avons un jetlag de plusieurs heures à digérer après un long vol, mais nous ne nous sentons pas fatigués. Et puis il fait beau. Ah ce climat printanier, un délice ! Plutôt que prendre un taxi, nous décidons de retourner à pied à Chapinero où se trouve notre hostal. Ça nous fera quelques 7 ou 8 kms mais nous sommes jeunes, que diable ! Enfin, avouons-le quand-même, j’affiche tout de même quelques dizaines d’années de plus que A (mon fils, je le rappelle).
Nous n’avons pas de carte de la ville sur nous, mais nous trouvons assez facilement la direction à suivre. Il suffit de remonter par les carreras, qui sont orientées sud-nord, et à emprunter les calles transversales si nous voulons passer d’une carrera à l’autre. De plus, nous ne sommes pas loin de la montagne qui borde Bogota sur son flanc oriental, ce qui nous donne un énorme point de repère supplémentaire. Pas besoin de boussole !
Mon fils A se trimbale avec un Nikon accroché à un harnais solide passé en bandoulière. L’appareil pendouille sur sa hanche comme si c’était un flingue qu’il pourrait dégainer à tout moment. C’est assez voyant. A est un photographe professionnel et ce voyage, c’est aussi du travail pour lui. Donc il « chasse », il cherche des sujets à photographier. Peut-il en même temps garder son attention fixée sur les dangers potentiels autour de nous ? C’est notre premier jour ici et j’ai bien à l’esprit tous les commentaires persistants sur les problèmes de sécurité fréquents en Colombie (comme dans presque toute l’Amérique Latine). Il y a du monde et j’ouvre l’œil. Je ne sais pas si c’est le fait d’être à 2, et surtout 2 hommes, ou si c’est tout simplement la carrure d’A (il fait 1 m 85 bien passés, et c’est un costaud sans avoir une musculature ridiculement gonflée), mais tout se passe bien, en fait. Nous n’aurons d’ailleurs jamais le moindre pépin de tout notre voyage en Colombie, y compris la petite semaine pour finir en Equateur.
Les rues sont bien animées et pas désagréables du tout. Il y a 2 parcs sur notre chemin, entre la carrera 7 et les flancs de la montagne : le Parque de la Independencia et le Parque Enrique Olaya Herrera, bien verts et tout. L’impression générale, c’est d’un croisement entre l’Europe méridionale et l’Amérique du Nord. Mais en fait nous ne trouvons pas de comparaison facile …. et c’est tant mieux. Vive l’exotisme !
Je ne suis moi-même qu’un photographe amateur et je ne dispose que de mon portable, mais comme A ne s’intéresse pas du tout aux photos « touristiques » (quand je lui parle de photos, il a tendance à être assez arrogant et méprisant), c’est à moi de les faire. J’en donne 2 ou 3 exemples : la jungle urbaine de Bogota a ses côtés sympathiques.
Cinq semaines en bus en Colombie
Gildadesiles · 2018-10-12
Nous avons pas mal marché nous aussi dans Bogota, et j'avais mon appareil un CANON (bon pas pro...) et franchement nous ne sous sommes jamais sentis en insécurité.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-12
Bonjour Sylvie!
C’est gentil de me suivre, mais il ne semble pas qu’il y ait beaucoup d’autres gens qui le font, à part toi. Peut-être est-ce mon style …. Endormeur ? Trop longuet ? Je me demande si je ne ferais pas mieux d’abréger, peut-être en me contentant de poster quelques photos représentatives avec quelques brefs commentaires ?
Cinq semaines en bus en Colombie
Madonantes · 2018-10-12
Mais non, il y en a d'autres qui vous suivent ...mais ne le disent pas . Mais vous pourriez peut-être résumer un peut plus, mais ce n'est que mon avis !
Cinq semaines en bus en Colombie
Phil31600 · 2018-10-13
Bonjour, nous sommes revenus d'un mois en Colombie depuis 3 semaines et de mon côté je n'ai pas encore eu le temps de commencer mon habituel carnet de voyage.
Moi aussi j'ai adoré le musée de l'or à Bogota mais aussi celui de Botero. Et je lis avec plaisir ce que tu écris car cela me replonge dans notre fin du voyage. Alors merci pour ton compte rendu et les photos associées. A très vite j'espère pour la suite. Ph.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-13
Bonjour Mado!
Je tiendrai compte de ta suggestion. Je dois dire que c'est un effort énorme que de retracer par écrit un voyage de 5 semaines (plus une petite semaine en Equateur).
Mais d'un autre côté, cela me permet d'utiliser VF comme un vide-poche mémoriel 😉
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-13
Bonjour, nous sommes revenus d'un mois en Colombie depuis 3 semaines et de mon côté je n'ai pas encore eu le temps de commencer mon habituel carnet de voyage.
Moi aussi j'ai adoré le musée de l'or à Bogota mais aussi celui de Botero. Et je lis avec plaisir ce que tu écris car cela me replonge dans notre fin du voyage. Alors merci pour ton compte rendu et les photos associées. A très vite j'espère pour la suite. Ph.
Bonjour Philippe!
Merci de te manifester! J'écris "long" mais aussi au compte-gouttes. Ca va me prendre dun temps pour arriver au point final!
Cinq semaines en bus en Colombie
Madonantes · 2018-10-13
Bonjour
Je sais le travail que cela représente et l'importance de garder une trace. C'est pour cela qu'en ce qui me concerne je tiens un blog pour me rappeler mes voyages. Bonne continuation.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-13
Bogotá – Chapinero le Soir
Le soir, nous partons à l’aventure le long de la carrera 11, entre les calles 69 et 71, au nord de Chapinero. Pas besoin d’aller bien loin pour trouver plusieurs restaurants pas mal du tout. Nous nous offrons notre première bandeja paisa du voyage. Croyez-moi, ça vaut le déplacement ! Le plat est tellement chargé de calories que ça devrait être interdit !
Nous voilà bien repus une fois de plus. Dans la calle 71, au coin de la carrera, la musique sort à flots d’un bar. Nous y entrons, un peu hésitants, il est tellement évident que nous sommes des étrangers. Nous pensions avoir un look passe-partout en Colombie mais pas du tout. Certes, nous avons des physiques assez « latino », mais nous sommes trop grands et les cheveux longs ce n’est pas du tout la norme chez les hommes par ici. Nous serions plutôt le genre " Sonny Crockett dans Miami Vice ", en version barbue, hahaha ! Ça aussi, la barbe, ce n’est pas du tout fréquent en Colombie. Mais nous ne pouvions pas le savoir.
Qu’à cela ne tienne, nous nous installons à la seule table libre au milieu d’une petite salle obscure (mais sans fumée, ouf !) et nous nous commandons une bière. Voilà, nous apprenons les paroles magiques « une Club Dorada », c’est avec l’Aguila la bière qu’on trouve partout par ici. On ne fait pas tellement attention à nous, en fait, sauf le barman avec lequel A entame une petite discussion.
La musique est bonne et il y a des gens qui dansent au fond. C’est de la salsa, bien sûr, mais aussi d’autres styles de musique, il y a de la variété en Colombie ! Nous nous amusons à suivre les paroles quand c’est du karaoké, des trucs du genre :
« …. Que la vida
No la quiere así
Sin verte
Prefiero la muerte …. Etc »
Dis donc, ce sont des grands émotifs, les Colombiens !
Il y aussi cette chanson « Angel o Demonio » qui nous plie de rire, celle où deux hommes caracolent sur leurs chevaux pour séduire une belle femme et lui demandent (c’est le refrain) à choisir entre les deux : « Cual es tu tu decisión ? ». Il y a de toute évidence une forte culture « cowboy » dans ce pays.
Cinq semaines en bus en Colombie
Kawo · 2018-10-14
Bonjour Georges,
Merci pour ce carnet que je vas également suivre avec plaisir. j'envisage un voyage pour l'été prochain avec fils et mari. Nous n'aurons hélas que 3 semaines sur place. l nous faudra faire des choix c'est évident.
Ton carnet va, je n'en doute pas, m'aider à tracer mon itinéraire et à arrêter mes choix.
Nous ne parlons pas espagnol (à part qq mots pour mon fils qui a commencé il y a 2 ans), j'espère qu'on s'en sortira quand même !😛
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-14
Bogotá – Monserrate
Deuxième jour à Bogotá. Nous nous rendons au pied du téléphérique pour monter au Monserrate. C’est un jour de semaine mais il y a une longue queue, il nous faut bien une demi-heure avant d’entrer dans la cabine. Belle vue sur la jungle qu’on retrouve dès qu’on sort un peu des zones urbaines. La ville est à 2640m d’altitude moyenne, et le Monserrate la surplombe d’une hauteur de 3150m. C’est bien haut mais nous ne sommes pas loin de l’équateur, ne l’oublions pas !
C’est une visite agréable. Nous sommes un peu dans les nuages et il fait frais, mais une fleece légère suffit pour le faire oublier. Les photos montrent à quoi ça ressemble, c’est assez joli. On voit très bien comment Bogotá s’étale sur un immense plateau au pied de la montagne. Inévitablement, il y a une basilique au sommet. Elle date du 17-ème siècle mais a été complètement reconstruite à la suite d’un tremblement de terre en 1917, ce qui fait qu’elle n’a pas (pour nous) beaucoup d’intérêt esthétique. Mais elle est pleine de monde. Comme je l’ai déjà dit, les Colombines sont catholiques à 90% et ils prennent sérieusement leur religion.
A se retrouve entouré d’un groupe d’écoliers. Avec son allure de géant aventurier et sa gentillesse naturelle, il a toujours un succès énorme avec les enfants. D’autant plus qu’il se fait un point d’honneur à distribuer quelques polaroids après ses séances photographiques.
La queue pour prendre le téléphérique à la redescente est encore plus longue qu’à la montée. Ça nous donne l’occasion de bavarder avec les gens autour de nous. Notre Espagnol s’améliore à grande vitesse, ce n’est pas la pratique qui manque ! Les touristes étrangers sont rarissimes. Quant aux Colombiens eux-mêmes, ils sont charmants, frais d’esprit et faciles d’accès. Toujours disposés à une petite discussion. Ailleurs en Colombie, nous avons entendu les gens dire du mal des gens de Bogotá, comme quoi ils sont « agrios » (amers, revêches), mais les gens que nous rencontrons sont tous vraiment gentils. Certes, il y a beaucoup de touristes Colombiens venus d’ailleurs.
Nous décidons de retourner à pied de la station du téléphérique à Chapinero. Ça nous fera encore quelques bons 7 kms, un plaisir ! En route, nous sommes de nouveau frappés par la diversité architecturale de la ville. Il y a par exemple des moments où on pourrait se croire dans une ville Anglaise, avec des maisons style Victorien.
Le soir, de notre fenêtre, nous avons droit à un long spectacle de feux d’artifice, pas très loin de notre hostal. Peut-être une fête privée ? Ce ne serait pas étonnant, on a l’impression que les Colombiens sont du genre à faire la fête facilement.
En somme, ça nous plait bien, Bogotá.
Cinq semaines en bus en Colombie
Kawo · 2018-10-14
Nos messages se sont croisés😎
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-14
Bonjour Georges,
Merci pour ce carnet que je vas également suivre avec plaisir. j'envisage un voyage pour l'été prochain avec fils et mari. Nous n'aurons hélas que 3 semaines sur place. l nous faudra faire des choix c'est évident.
Ton carnet va, je n'en doute pas, m'aider à tracer mon itinéraire et à arrêter mes choix.
Nous ne parlons pas espagnol (à part qq mots pour mon fils qui a commencé il y a 2 ans), j'espère qu'on s'en sortira quand même !😛
Bonjour,
Trois semaines, c’est mieux que rien mais effectivement il va falloir faire des choix difficiles. J’y ai passé 5 semaines et je pense sérieusement à y retourner en 2019 pour 1 bon mois, voire plus, histoire de re-visiter des endroits qui m’ont plu et aussi de visiter d’autres endroits qui me semblent intéressants mais où je ne suis pas encore allé. C’est 2 fois la France, la Colombie !
En tout cas, je conseille de travailler un peu sur l’Espagnol. Très peu de gens parlent Anglais. 2 ou 3 fois je suis tombé sur des Colombiens qui parlaient Français, et assez bien d’ailleurs, mais il ne faut pas compter là-dessus. Sauf si bien sûr vous vous limitez à des endroits hyper courus comme Carthagène. Mais aussi, quel dommage, l’Espagnol est une langue superbe, surtout comme on le parle en Colombie !
Cinq semaines en bus en Colombie
Kawo · 2018-10-15
Merci Georges pour ta réponse !
Nous étions au Pérou en été 2017, et c'est vrai que si j'avais parlé espagnol ça aurait été vraiment un plus...quelle frustration de ne pouvoir échanger avec les gens croisés au détour d'une balade...je comprenais un peu ce qu'ils me disaient mais j'avais incapable d'aligner plus de 3 mots...🤪
Je vais essayer de m'y mettre u peu quand même, surtout qu'on envisage plus le sud et la cote pacifique et pas du tout le coté Caraïbes, donc a priori moins touristique...
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-15
Je vais essayer de m'y mettre u peu quand même, surtout qu'on envisage plus le sud et la cote pacifique et pas du tout le coté Caraïbes, donc a priori moins touristique...
Bon choix je pense. Je ne peux rien dire sur la côte Pacifique, mais entre les montagnes (et le sud donc( et la côte Caribéenne, nous avons de loin préféré les montagnes : meilleurs climats + gens plus agréables + un Espagnol beaucoup plus clair et facile à comprendre.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-17
De Bogotá à Manizales
Oui, nous avons bien apprécié Bogotá. Pour un étranger qui n’y connait rien, il n’est pas facile d’y justifier plus de 2 ou 3 jours. Mais nous pensons que si on s’y installe pour quelques semaines, voire plus, on y trouvera beaucoup d’activités sympathiques et intéressantes.
Nous avons aimé l’architecture urbaine et le climat qui semble mélanger tous les printemps possibles en rapide et imprévisible succession.
J’allais oublier, en vrac :
- - Le téléphérique pour Monserrate, c’est 20,000 COP A/R par personne – soit moins de 6 Euros.
- - Expression courante dans les restaurants : « con gusto » = « avec plaisir ».
- - Beaucoup de commerces le long de la carrera 13 à Chapinero.
Mais il est temps d’aller voir plus loin. Le taxi nous dépose au Terminal de Transporte. Ce terminal se trouve à une bonne dizaine de kms de Chapinero, et à une demi-douzaine de kms de l’aéroport – mais le tout est bien dans la ville même, ça donne une idée des distances.
Nous avons à peine le temps d’acheter nos tickets pour le bus Bolivariano qui part à 8 heures, direction Manizales. Le trajet nous coûte 56,000 COP soit une quinzaine d’Euros, pour une distance de 300 kms.
La route est loin d’être une Nationale Française. Si le revêtement est en bon état, en revanche elle n’est pas large. De plus, elle est extrêmement tortueuse. Ce n’est pas étonnant, vu la topographie. Sur des centaines de kms, on ne compte plus les virages à travers les montagnes. Je conseillerai aux voyageurs susceptibles au mal des transports de prendre les pilules appropriées ! Ce mal s’appelle la cinétose : on apprend des choses quand on fait des voyages !
Bien souvent, on a l’impression d’être à quelques centimètres de la bordure de la route, au-delà de quoi il n’y a que des pentes abruptes sur des centaines de mètres avec strictement rien pour bloquer la chute. Ce n’est pas bien rassurant, il suffirait d’un moment d’inattention de la part du conducteur et ….. adiós amigos ! Mais le conducteur conduit bien, ainsi que les autres usagers de la route, contrairement à tout ce que nous avons pu lire avant de commencer notre voyage.
Le bus est propre et confortable. La seule petite critique que j’aurais, c’est que les fenêtres n’offrent pas suffisamment de vue sur l’extérieur. Les paysages sont superbes. Il y a des petites cabanes assez humbles ici et là, des vaches, des champs …. Les abords des petites localités que nous traversons me font penser au Nigéria, où j’ai vécu quelques années, mais en beaucoup plus propre et en beaucoup moins peuplé.
Cela résume en fait notre expérience des trajets effectués en bus sur des milliers de kms dans les montagnes.
Vers midi, nous avons un petit répit quand nous descendons dans la vallée très encaissée de la Magdalena, la rivière principale du pays. Le bus s’arrête à un restaurant juste avant le pont qui franchit la rivière, à l’entrée de la ville de Honda. Choc climatique à la descente du bus : il fait nettement plus chaud au fond de la vallée que dans la montagne.
L’après-midi, ce sont les montagnes entre Honda et Manizales, plus spectaculaires encore que ce matin. L’arrivée à Manizales sur le coup de 17 : 00. Vues sur plusieurs « communas » accrochées tant bien que mal aux flancs des collines escarpées qui semblent constituer la ville. Petite note : on nous a dit, plus tard, que « communa » est l’équivalent Colombien du terme Brésilien de « favela ».
Cinq semaines en bus en Colombie
Gildadesiles · 2018-10-17
Toujours aussi agréable ce retour sur ton voyage...
Par contre BOGOTA, ne nous a pas vraiment séduits au niveau architectural même si il y a de belles découvertes et de jolis musées (le complexe de musées Botero and co notamment mais aussi le charmant musée des colonies)...
Par contre je suis bien d'accord avec toi sur les paysages époustouflants que l'on découvre en bus....la région du Quindío notamment (dont je pense Manizales fait partie...)
En tout cas merci pour ce témoignage qui me replonge en Colombie🙂
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-17
Toujours aussi agréable ce retour sur ton voyage...
Par contre BOGOTA, ne nous a pas vraiment séduits au niveau architectural même si il y a de belles découvertes et de jolis musées (le complexe de musées Botero and co notamment mais aussi le charmant musée des colonies)...
Par contre je suis bien d'accord avec toi sur les paysages époustouflants que l'on découvre en bus....la région du Quindío notamment (dont je pense Manizales fait partie...)
En tout cas merci pour ce témoignage qui me replonge en Colombie🙂
Bonjour Sylvie,
Manizales est la capitale du département de Caldas. Le Quindío se trouve deux départements plus au sud…. Mais il y a une chose en commun, tous deux, le Risaralda qui se trouve entre, et le département gigantesque d’Antoquia (10 fois plus grand que le Loir-et-Cher ou la Haute-Garonne !(, tous ça forme la « région Paisa ». La culture « Paisa » est très importante en Colombie, il faudra y revenir….
Quant aux commentaires sur Bogotá et son architecture urbaine, tout est question de définition. Pour nous, moi et mon fils A, il ne s’agit pas seulement de la qualité de quelques édifices ou monuments, mais ce serait plutôt l’agencement et la succession des endroits quand on se déplace. Donc ce serait peut-être une définition « plus dynamique ». Peu importe, au-delà des termes "savants", ce qui nous a plu à Bogotá, c’est l’élément de surprise devant le mélange d’édifices modernes, de petites maisons peinturlurées « à la Colombienne », de belles maisons répliquant les maisons en briques de style en Angleterre, de rues commerciales animées mais poussiéreuses etc.
Et un plaisir de se balader avec ce climat printanier!
Cinq semaines en bus en Colombie
Gildadesiles · 2018-10-17
Merci pour la précision sur Manizales...je n'y suis pas allée et pour rejoindre le quindio suis passée par Medellin...mais, mes erreurs géographiques mises à part, c'est vrai que nous avons été éblouis par la beauté des paysages de la campagne colombienne...
Quant à Bogota, c'est vrai que c'est une ville surprenante....que nous avons d'avantage apprécier les deux derniers jours à la fin du voyage où nous avons pu encore nous balader...
Bon j'attends la suite de ton voyage;....😉
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-23
Manizales – Le week-end
Manizales est la capitale du département de Caldas. Une ville d’un demi-million d’habitants, à une altitude moyenne de 2200m. Il ne s’agit bien que d’une moyenne, car ça varie d’un endroit à l’autre. La ville est connue pour sa « topographie abrupte » : elle est formée de plusieurs collines et de plusieurs vallées. Le centre-ville, comme c’est souvent le cas dans cette région, se situe sur la crête de l’une de ces collines. A une extrémité de la ville, la colline reprend une espèce de sursaut et remonte encore de quelques centaines de mètres pour atteindre son sommet. C’est le quartier du Chipre, où on trouve la Torre Chipre, un mirador au bord de la route qui offre une vue spectaculaire sur la ville et les environs, et quelques bars et restaurants. C’est un lieu de promenade par excellence. C’est là que nous nous rendons le premier soir, en taxi car nous n’avons encore aucun sens de la configuration de la ville. Nous mangeons dans le restaurant Nanay Cucas qu’on nous a recommandé à l’hôtel. C’est bon, mais pas exceptionnel.
Le lendemain matin, nous remontons à pied la rue principale, la carrera 23. Nous sommes dimanche, la carrera, qui normalement est l’accès principal au centre-ville, est fermée à la circulation routière. Il y a une foule de gens qui s’adonnent à toutes sortes d’activités : vélo, footing, patins à roulettes, danse etc. C’est la grande sortie hebdomadaire et il y a de l��ambiance ! Juste avant le pont à l’entrée de la ville, la musique donne à plein. Un instructeur mène une cinquantaine de gens qui dansent un peu de tout, surtout de la salsa. Le temps est extra, pluies légères un soleil en alternance.
A l’autre bout du centre-ville, là où ça devient un peu plus « terre à terre », nous mangeons dans un asadero qui est tout ouvert sur la rue. Un homme âgé passe devant nous à cheval. Devant lui sur la selle, un petit garçon. L’homme semble s’être endimanché. C’est tout à fait l’image qu’on se ferait d’un cowboy tel qu’on voit dans les westerns. Ça aurait pu être l’une des plus belles photos du voyage mais nous sommes plongés dans nos assiettes et nous n’avons pas le temps de réagir, clip clop, clip clop, le cavalier et son enfant sont déjà trop loin !
C’est souvent comme ça dans les voyages, on passe à côté d’une superbe photo. Je suis sûr de n’être ni le premier, ni le dernier à vivre une telle frustration. Mais il y a une bonne leçon à prendre, c’est d’oublier un moment son appareil ou autre gadget et simplement profiter pleinement du moment.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-26
Manizales – Le Centre-Ville
Le centre-ville de Manizales n’est pas gigantesque mais il y a de quoi explorer. Les deux rues principales qui la traversent d’est à ouest, les carreras 22 et 23, ne font qu’un kilomètre et demi. De part et d’autre, on sort rapidement du centre par des calles parfois pentues. Tout est donc faisable à pied, et ce n’est pas désagréable du tout, au contraire. La ville est assez récente, datant du milieu du 19-ème siècle, mais a un certain caractère. Elle ressemble assez à une ville Européenne.
Je donne quelques photos pour en donner une idée. Sur un côté de l’immeuble jaune qui fait un coin de rue, on trouve le café Osiris. Il n’a peut-être rien de particulièrement notable, mais c’est le meilleur endroit que nous ayons trouvé pour nous asseoir et nous reposer. Et prendre un « tinto », le café typique de la Colombie. Ici, on le vend à 700 COP c.-à-d. 0.20 Euros. C’est quasiment donné …. Mais nous serions prêts à payer le double pour un café un peu plus « convaincant », car il faut bien le dire, c’est plutôt du jus de chaussettes ! C’est peut-être pire que le café aux USA. Et malheureusement, ce n’est pas une exception, non, c’est plutôt la norme en Colombie. Pourquoi ? Parce que, on nous l’a dit, tout le café de qualité est exporté.
Au café Osiris, où nous sommes passé 2 ou 3 fois, nous n’avons jamais vu qu’une seule femme …. La serveuse ! Il y a bien plusieurs petits cafés, pâtisseries et restaurants où les femmes sont tout aussi présentes que les hommes, mais l’Osiris, c’est un café typique, pratiquement monopolisé par la gent masculine. Il y a une grande sale de billard très animée à l’arrière. On joue surtout au billard « à la Française », le billard à 3 billes et sans trous.
Personne ne prête attention à nous et nous pouvons tranquillement observer …. Nous sommes en début d’après-midi. A quelques tables de nous, un homme s’écroule sur le sol, visiblement ivre. Ça fait bien rire. Nous avons fréquenté ce genre de cafés autant que nous avons pu les trouver dans notre périple de plusieurs semaines, pour l’atmosphère et pour jouer nous aussi au billard, mais nous n’avons jamais vu de comportements excessifs ou agressifs, tels qu’on pourrait l’imaginer avec une formule un peu simpliste en tête du genre « Colombie + machos + alcool ». Bien au contraire, nous avons toujours trouvé les gens plutôt paisibles et décontractés.
Et puis bien sûr, Il y a la cathédrale elle-même. L’intérieur est impressionnant et d’un style plaisant, même s’il s’agit d’une construction récente. La sculpture remarquable d’un dragon et d’un masque ajoute une touche énigmatique au parvis de la cathédrale.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-26
Manizales – Une Question de Mode
Tournant le dos à la cathédrale, nous descendons le long de la calle 23 et arrivons en quelques minutes sur le « marché des fermiers », à quelques minutes du centre-ville de Manizales. Ça « sent » tout de suite plus la Colombie profonde, en tout cas celle que nous imaginions. Il y a pas mal de gens circulant par ici qui ont des looks dangereux. Ces deux mecs que nous croisons, par exemple, la machette bien longue pendue à la ceinture.
Mon fils A est toujours à la recherche de personnes intéressantes dont il pourrait tirer des portraits. Le travelo au coin d’une rue a exactement la touche qu’il faut pour quelques bonnes photos, mais A hésite à l’approcher pour demander sa permission et déployer son matériel.
Est-ce parce que nous ne sommes pas encore habitués au pays et que nous nous méfions trop ? Avons-nous trop en tête cette image du Latino dangereux, la tête de Danny Trejo dans ses films de « Machete », justement ? Il est en fait possible que l’endroit ne soit pas plus dangereux qu’un autre, mais nous ne nous sentons pas très à l’aise. L’endroit n’est pas très rassurant.
Nous remontons dans le centre-ville. Nous ne sommes pas trop le genre à faire les magasins, mais nous ne pouvons pas ne pas remarquer les vitrines de lingerie. Ce qui attire notre attention, ce sont les gaines spécialement conçues pour donner un « rebond » supplémentaire aux fesses féminines, et les mannequins qui montrent l’effet désiré : des courbes exagérées. Nous avions entendu parler de cette mode typiquement Colombienne, lancée paraît-il par les milieux mafieux du pays. Je mets quelques photos à l’appui, elles parleront pour elles-mêmes.
Nous n’avons cependant pratiquement jamais été frappés par des femmes dans la rue ayant de telles « courbes exagérées ». Ainsi est-il des voyages, n’est-ce pas ? Il y a l’image « carte postale » qu’on se fait d’un pays, mais quand on le visite on ne voit surtout que son aspect commun, banal.
Le soir, nous allons voir un film au Shopping Mall Fundadores. Il n’y a pas beaucoup de choix. Nous optons pour Santo Cachón, un film comique. L’affiche montre bien, une fois de plus, que les « courbes exagérées » des femmes sont un élément important de la psyché locale !
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-28
Personne ne semble réagir à mes derniers écrits. Pas même à cette mention des fessiers phénoménaux des femmes ! Peu importe, voici une nouvelle page sur Manizales.
Manizales – Chipre et la Colonisation Paisa
Le dernier jour à Manizales, nous allons à pied jusqu’en haut de la colline du Chipre, ce qui n’est après tout qu’une bonne petite marche. Les vues sur les environs sont superbes, malgré les nuages et la pluie. Nous nous sommes habitués à marcher à travers des bribes de nuages, depuis Bogotá ! Deux chiens sont nonchalamment couchés au bord de la route et donnent tout à fait l’impression d’apprécier autant que nous le paysage. Arrivés en haut, nous mangeons du mais passé au BBQ. Les Colombiens badigeonnent le mais avec une sauce au beurre bien salée, ça tache un peu mais c’est très bon.
Au sommet de la colline du Chipre, il y a un monument très intéressant qui vaut d’être vu. C’est une sculpture énorme et dramatique qui représente les souffrances que les colons ont dû endurer pour parvenir jusqu’à Manizales. Il n’y avait bien sûr pas de routes, et les gens ne disposaient que de bœufs et de mules pour transporter leurs biens à travers les montagnes. Jusqu’à ce jour, les « Paisas » gardent un certain respect pour les « arrieros », c.à.d. les conducteurs de mules, qui ont su vaincre tous les obstacles naturels à cette colonisation.
La colonisation ne remonte qu’au milieu du 19-ème siècle. La région de Manizales était peuplée à l’origine par plusieurs ethnies indigènes. Les Quimbayas étaient les plus importants. Les Quimbayas étaient fameux pour leur production de pièces d’or de très bonne qualité. Ils occupaient une vaste région au sud de Medellin et offrirent une résistance farouche aux Espagnols jusqu’au milieu du 16-ème siècle. Malheureusement, les travaux forcés et autres mauvais traitements infligés par les Espagnols, les révoltes, la famine, les maladies etc les décimèrent. Un recensement en 1628 ne comptait plus que 69 personnes, alors qu’ils étaient plusieurs dizaines de milliers à l’arrivée des Espagnols !
C’est une histoire bien triste et malheureusement répétée à travers toute l’Amérique Latine. Qu’est-il devenu des Indiens ? Dans cette zone centrale de la Colombie, le « pays Paisa », ils ne semblent plus être visibles, mais regardons-y de plus près. Le « territoire Paisa » comprend principalement les départements d’Antioquia, Risaralda, Caldas et Quindío. En 2005, la population comptait à peine 1% d’indigènes, répartis sur une cinquantaine de « resguardos », l’équivalent Colombien des réserves Indiennes des USA, et 9% d’Afro-Colombiens. Les 90% restants sont les « Paisas » à proprement parler, essentiellement un mélange d’Hispaniques de toutes sortes – beaucoup de Basques - avec 25% d’apport indigène et des petits ajouts de juifs et de gitans. A cause de l’isolation géographique, l’Espagnol des Paisas est réputé être resté proche de celui qu’on parlait il y a quelques siècles. En tout cas, il est très agréable à entendre.
A quoi ressemblent les Paisas ? Dans les pages suivantes, retraçant notre parcours entre Manizales et Medellin, j’aurai sans doute quelques photos qui le montreront.
Revenons à nos moutons et comme dit la chanson « il pleut, il pleut bergère…. ». Notre visite du monument érigé en l’honneur de la colonisation paisa est interrompue par une forte averse. Nous nous retranchons sur la tour du Chipre, qui semble jaillir des brumes comme un vaisseau spatial venu d’ailleurs. Nous mangeons au restaurant en haut de la tour, mais je ne conseillerai pas d’y aller, il n’y a pas grand choix. Je ne conseillerai pas non plus de payer pour visiter la tour, car il n’y a rien de spécial à voir et qu’on peut aussi bien admirer les paysages alentours en marchant le long du « mirador ». C’est souvent comme ça, tout le monde vous parle de « cette fameuse visite incontournable » et en fait ça ne casse pas des briques.
Il continue à pleuvoir et nous avons bien assez marché de toute façon. Nous arrêtons un taxi dans la rue et retournons à notre hôtel.
Cinq semaines en bus en Colombie
Gildadesiles · 2018-10-29
Hello hello
Si si nous avions nous aussi remarqué les mannequins des vitrines aux courbes impressionnantes et surtout que la Colombie est comme beaucoup de pays de l'Amérique du Sud utilisatrice de la chirurgie esthétique......
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-29
Au cas où cela pourrait intéresser certaines (certains ? .... sait-on jamais(, on nous a dit dans un de ces magasins qu’une de ces gaines coûtait 140,000 COP, c.à-d. 40 Euros. 😉
Cinq semaines en bus en Colombie
Hees · 2018-10-29
Nous avons été en Colombie et avons adoré. Par contre nous n'avons jamais fait le Brésil. Auriez-vous des road-book sur vos voyages au Brésil. Nous avons déjà beaucoup voyagé mais ni le Brésil et ni l'Argentine. D'avance un tout grand merci.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-29
Nous avons été en Colombie et avons adoré. Par contre nous n'avons jamais fait le Brésil. Auriez-vous des road-book sur vos voyages au Brésil. Nous avons déjà beaucoup voyagé mais ni le Brésil et ni l'Argentine. D'avance un tout grand merci.
Je suis allé 2 fois au Brésil dans les années ’80 et ’90 et donc mes impressions d’alors ne comptent plus tellement. Sauf peut-être que j’ai beaucoup plus entendu parler d’agressions et de vols envers des étrangers qu’en Colombie. Plus récemment, je suis allé un nombre de fois à Rio mais pour des réunions de travail donc pas trop d’expérience touristique.
Quant à l’Argentine, aucune idée !
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-29
En Route pour Salamina
Au terminal routier de Manizales, le matin, nous n’avons qu’une petite demi-heure à attendre pour prendre le bus pour Salamina, au nord de Manizales mais toujours dans le département de Caldas. Le terminal est grand, propre, et facile d’usage (jpeg à l’appui (. A profite de notre attente pour prendre quelques photos d’une très jolie jeune femme, qui hésite un peu mais ne résiste pas au charme et aux bonnes manières de mon fils.
Le bus, un minibus plutôt, appartient à la compagnie Sideral. Le billet nous coûte 17,000 COP – même pas 5 Euros – pour 70 kms et 3 bonnes heures de route. Au départ, nous avons encore des vues impressionnantes sur les « communas » de Manizales, accrochées aux pentes raides des collines qui entourent la ville et noyées dans les brumes. Il a beaucoup plu hier soir, la journée s’annonce de nouveau pluvieuse.
Je me répète, je le sais, mais les paysages sont toujours superbes. Montagnes et torrents. Les petites maisons et cabanes sont souvent à flanc de montagne et donnent l’impression de ne pas tenir à grand-chose pour ne pas dégringoler de quelques centaines de mètres. Il y a de la verdure partout. Bananiers, bambous énormes, canne à sucre, et café bien entendu ! Beaucoup de nuages et petites pluies fréquentes. Il fait frais mais pas froid.
Je donne le lien d’une petite vidéo prise sur Mon Galaxy. Les fenêtres ne laissent pas beaucoup de champ et je ne peux rien contre les cahots fréquents sur la route. Qu’on me pardonne donc l’amateurisme de mes vidéos. Je peux garantir que l’expérience est beaucoup plus saisissante dans la réalité. Ah oui, aussi une vidéo du portrait du Christ à l’avant du minibus. Il était impossible d’en prendre une photo correcte. J’espère que mes lecteurs apprécieront le mélange d’extase et d’agonie de son visage ! Le catholicisme par ici, c’est assez poignant !
https://www.youtube.com/watch?v=YOHPm3vP9p8&feature=youtu.be
https://www.youtube.com/watch?v=3INIfElp-S0&feature=youtu.beDevant nous, une femme d’une quarantaine d’années qui doit être la femme ou la compagne du conducteur, visage agréable, peau de pêche et longs cheveux noirs superbes. Elle doit avoir des ascendances Indigènes, ou alors serait-ce plutôt des ascendances hispaniques, voire gitanes ? Qu’on pense au mélange de populations avant même le départ d’Espagne : types méditerranéens, juifs sépharades, gitans, types germaniques à la suite des invasions Visigoths et autres, plus tout ce que les Maures auraient encore pu rapporter de l’Afrique du Nord ! Et on ajoute en plus de tout ça les indigènes Américains ! Pas étonnant qu’il y ait en fait tant de variété physique chez les Colombiens !

Cinq semaines en bus en Colombie
Gildadesiles · 2018-10-30
je partage vraiment ton avis sur la magnificence des paysages....idem quant au mélange des différentes ethnies, comme dans beaucoup de pays d'Amérique du Sud d'ailleurs.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-10-31
je partage vraiment ton avis sur la magnificence des paysages....idem quant au mélange des différentes ethnies, comme dans beaucoup de pays d'Amérique du Sud d'ailleurs.
Le mélange ethnique varie beaucoup dans les proportions mais il me semble qu'il y ait 2 "ingrédients" principaux qu'on retrouve à travers toute l'Amérique du Sud: les Indiens ("indígenas"( et les Européens de tous bords.
Les autres "ingrédients" à ne pas oublier mais seulement importants dans certaines régions:
- Africains: surtout sur les côtes dans la partie nord, et bien sûr au Brésil.
- Arabes: beaucoup de Syriens et de Libanais sur la côte Caribienne. Shakira en est un bon exemple!
- Chinois: en Colombie, seulement un peu sur la côte Caribienne. Ailleurs, aucune idée.
- Gitans: des traces en Colombie - Gabriel García Marquez en parle assez dans ses romans.
- Juifs: probablement un peu partout.
Cinq semaines en bus en Colombie
Jmdz · 2018-10-31
Un grand merci pour le précieux récit qui va bien m'inspirer pour mon projet de voyage en janvier prochain
J'attends donc la suite
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-01
Un grand merci pour le précieux récit qui va bien m'inspirer pour mon projet de voyage en janvier prochain
J'attends donc la suite
Bien content que mon récit puisse t'être utile! Bon voyage!
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-01
Nous sommes arrivés à Salamina peu après midi. Notre repas nous coûte 35,000 COP à deux, soit tout juste 10 Euros. Nous prenons une chambre au Ciudad Luz, à 2 pas de la place centrale.
La petite ville – 20,000 habitants – est située à une altitude de 1800 mètres, mais dès qu’on s’éloigne du centre, les rues descendent raide sur les vallées avoisinantes. Il y a de l’animation, une course cycliste bat son plein. Apparemment, plusieurs équipes étrangères y participent, venues d’Espagne et d’ailleurs en Europe.
Nous flânons aux alentours, à la découverte de la ville et de ses habitants. Certains sont assez folklos :
- - le petit vieux au poncho qui ressemble à un sac de patates troué, plié par-dessus l’épaule comme c’est l’habitude quand on ne le passe pas par-dessus la tête, et aux brodequins usés. Un Charlie Chaplin local ?
- - le barbu un peu fou que nous croisons à plusieurs reprises, apparemment un employé municipal. Un autre Charlie Chaplin ?
Mais surtout, il y a une abondance de maisons peintes de couleurs vives, c’est vraiment remarquable. J’ai pris tant de photos qu’il va me falloir un peu plus de temps pour trier, mais je promets de revenir avec quelques unes pour essayer de donner une idée.
- Le soir, nous mangeons une bandeja paisa – ça commençait à nous manquer ! - pour 13,000 COP chacun, soit pas même 4 Euros.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-02
Salamina – Belles Maisons et Cimetière
Comme promis, voici quelques photos prises dans les rues de Salamina. Les gens font visiblement des efforts pour égayer leurs maisons !
Au hasard des rues, nous sommes arrivés au cimetière. Je crois qu’on trouve bien ce style en Espagne : des alignements de niches avec inscriptions, décorations florales, images pieuses. L’endroit est paisible et magnifique, d’autant plus qu’il se trouve à la limite de la ville et offre une vue spectaculaire sur les vallées et montagnes voisines.
Visiter un cimetière ouvre une fenêtre de plus sur les mœurs locales. Et comme c’est très beau, je ne peux que recommander à tout voyageur en Colombie d’aller en voir au moins un.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-02
Ah oui! Voici les photos du cimetière!
Sur l'une des photos, on voit des oiseaux de proie tournoyer dans le ciel. On en voit partout dans les montagnes. Même en plein Medellin, on en voit!
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-04
Salamina – Billard et Rhum
Le soir, nous allons jouer au billard dans un café de la carrera 6. Je n’ai jamais connu le nom du café mais il est facile à trouver, à quelques 100’s de mètres de la place centrale, le Parque Bolívar. La salle arrière est vaste, il doit y avoir une bonne vingtaine de tables et il y a toujours du monde le soir. Nous aimons jouer au billard – A est un débutant mais il apprend très vite et j’ai du mal à le battre.
Cette sortie agréable n’est pas ruineuse. Une bonne heure de jeu agrémentée d’un verre de rhum local, le « Ron viejo de Caldas », et une bière pour finir nous coûte la modeste somme de 9000 COP à deux, soit 2.5 Euros. Ce pays n’est vraiment pas cher !
A l’entrée du café, il y a une douzaine de tables où les gens jouent aux cartes ou tout simplement bavardent. Pas une seule femme ! Le dernier soir, un homme attablé seul devant une grande bouteille de rhum allonge une jambe pour nous barrer le passage. Il nous offre un verre et ne nous laissera passer qu’après avoir bu un verre avec lui !
Le rhum est un produit local, comme son nom l’indique. J’ai lu des avis mitigés sur le net :
- « This is a cane juice rum similar to the rhum agricoles and as such will have an unusual grassy, vegetal taste and aroma”
- « Buen aroma y en paladar algo dulce y fuerte »
- “In the nose: confectionery and bitter herbs. In the palate: sweetness, vanilla”
- “Strong aroma and taste of candied bananas, kind of easy to drink (I assume it has a lot of added sugar). Disgusting!”
Tous s’accordent à préférer le « rhum de Medellin ». Peu importe, c’est tout à fait buvable, surtout vu le prix.
Ils sont sympas, ces cafés, et typiques. Gabriel García Marquez n’en parle pas tellement, sauf peut-être dans sa nouvelle « En este pueblo no hay ladrones » - « Il n’y a pas de voleurs dans cette ville », où la petite frappe Dámaso vole les 3 boules du billard du seul café du patelin.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-04
Salamina – Place Centrale et Artisanat
Je ne peux pas quitter Salamina sans parler de la place centrale, le Parque Bolívar. Jolie petite place bien ombragée au centre de laquelle trône une fontaine monumentale. Il y a toujours du monde, et on voit bien que les gens d’ici n’ont pas une vie trépidante, l’atmosphère est plutôt nonchalante.
Je mets aussi une photo montrant les belles portes peintes d’une des chambres de notre hostal. Du même style typique que les façades des maisons. Egalement, la photo de l’un des coins de la place. A chaque porte ou presque, un petit café ou une petite boutique.
Parlant de boutiques, et toujours autour de la place, comment ne pas mentionner la boutique des produits artisanaux ? Il y a une belle collection d’articles produits dans la région mais aussi ailleurs en Colombie. Quelques photos pour illustrer : ponchos, chapeaux et sacs – les « mochilas ».
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-05
Salamina – Café
Pourquoi parlais-je de quitter Salamina ? J’ai encore à raconter notre visite d’une petite « finca » de café. On nous a recommandé de trouver le señor Pedro Céspedes dans un café à un angle du Parque Bolívar. Ce nom, Céspedes, est d’origine bien Espagnole et vient du mot « césped » par lequel on désignait les beaux gazons des Maures pendant leur occupation de l’Espagne. Qu’on me pardonne cette digression, mais je m’intéresse toujours à l’origine des gens : donc Señor Pedro est un représentant typique de la colonisation hispanique de la Colombie.
Nous partons en début d’après-midi dans sa jeep qui date littéralement de l’an quarante, mais qui fonctionne encore assez bien. Nous arrivons chez lui, à 2 ou 3 kms de la ville. C’est une petite baraque modeste à flanc de montagne, comme elles le sont si souvent dans ces régions.
De chez lui, nous avons des vues superbes sur la ville de Salamina, juchée sur son plateau, et sur l’une des vallées bien encaissées qui entourent la ville. La rivière au fond doit être un affluent de la Cauca, qui elle-même est l’affluent principal de la Magdalena, à la retombée nord des montagnes. Señor Pedro nous nous dit que les gens d’en face, de l’autre côté de la rivière, ne peuvent se déplacer qu’à cheval. Nous voulons bien le croire, et nous commençons à comprendre pourquoi il est tellement difficile par ici de construire des bonnes routes « comme chez nous », et aussi qu’il doit être facile de pratiquer des cultures disons « exotiques » à l’abri des curieux, quand on s’enfonce un tant soit peu dans ces montagnes.
Nous suivons Señor Pedro à travers sa plantation, sur les pentes raides de la montagne. Il y a de tout : du mais, des avocatiers etc, mais bien sûr surtout du café, de la variété « castilla naranjal ». Il nous explique bien le cycle de la plante, dans un Espagnol vraiment très agréable à entendre, de la vraie musique à nos oreilles. La plante se développe par plusieurs étapes : « chapola » puis « colino » quand elle n’est encore qu’une pousse. Au bout d’un an à un an et demi, elle commence à donner des petites fleurs blanches et bien sûr des baies – jpegs à l’appui. Au bout de 7 ans il faut la couper à ras du sol – « soquear » - pour qu’elle reprenne. La durée totale de vie de la plante est de 20 à 25 ans.
Señor Pedro insiste sur le fait qu’en Colombie on passe à plusieurs reprises pour faire la collecte des baies mûres – elles sont alors rouges – et bien évidemment à la main. Cela par contraste avec la récolte mécanisée du café au Brésil qui mélange des baies immatures avec les baies mûres. Et ce serait donc pour cela que le café de Colombie serait d’une meilleure qualité que le café du Brésil. Je ne fais bien sûr que citer Señor Pedro, je ne suis pas expert en la matière.
Dans un réduit à flanc de montagne, il nous montre comment on sépare les noyaux – les « almendras » - de la chair des baies. La machine « recrache » la chair à l’extérieur – jpeg – et il semble que ces déchets sont utilisés comme engrais. Les noyaux sont lavés à l’eau puis séchés et c’est le « pergamino » qu’on obtient – ce que Señor Pedro nous montre fièrement sur l’une de mes jpegs.
Nous retournons au café au centre-ville, une belle maison qui en fait appartient à Señor Pedro. Là, il nous démontre la torréfaction, dans une machine qui ressemblerait assez à la machine à remonter le temps d’Orson Wells. Mais ça fonctionne très bien. Une fois que la température de la chambre de torréfaction a atteint 175 ou 180 degrés – je ne me rappelle plus bien – on y verse les grains de café. La température chute puis remonte tout doucement vers ces 175 ou 180 degrés. On échantillonne alors les grains avec une petite pelle pour s’assurer du résultat. Si c’est bon, on déverse les grains torréfiés qui ont maintenant la belle couleur brun sombre qui est familière aux consommateurs – c’est ma dernière jpeg.
La visite nous a coûté 45,000 COP par personne, soit 13 petits Euros. Il est possible qu’on puisse trouver moins cher, mais nous n’avons même pas pensé à discuter du prix et nous n’en avons aucun regret car c’était une visite très agréable et nous avons trouvé Señor Pedro très sympathique.
Le point final de la visite est bien sûr la dégustation d’une tasse de ce café que nous avons récolté nous-mêmes, et croyez-moi c’était excellent. Quel dommage qu’on ne trouve pas normalement un café de cette qualité quand on voyage en Colombie ! Le « tinto » qu’on sert partout dans le pays est une véritable horreur.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-09
San Felix
Nous prenons le minibus à 6 heures du matin pour arriver à 7 heures 30 à San Felix – 8,000 COP par personne, soit 2.2 Euros. Le trajet n’est que de 25 kms mais la route est étroite et tortueuse, et nous passons de 1800 à 3200 mètres d’altitude. Je ne parlerai pas des paysages, pour une fois, il y a trop de végétation pour voir quoi que ce soit.
San Felix est un tout petit patelin. La place centrale – la seule place d’ailleurs – est entourée de jolies maisons, toujours dans le style typique de la région auquel nous sommes maintenant bien familiarisés. Les gens qu’on voit peuvent se compter sur les doigts d’une main, surtout si tôt le matin. Heureusement, il y a un café d’ouvert et nous allons y prendre un « tinto » avant d’aller voir plus loin. Il n’y a que 3 ou 4 autres clients, dont un vieil homme toujours hilare, peut-être légèrement cinglé, voûté sous son poncho, un nez long et effilé pointant loin de dessous son chapeau. On dirait Croquignol sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés !
A la même table que Croquignol, un autre type mal rasé a lui une mine franchement patibulaire. J’essaie une ou deux fois de croiser son regard, espérant obtenir une ébauche de sourire. Mais rien, son regard reste dur. L’image du Colombien qu’on n’aimerait pas croiser dans une ruelle sombre dans laquelle on se serait égaré.
Il fait beau, frais mais pas froid. La vallée des palmiers à cire, c’est tout droit par-là, nous dit-on. Nous nous mettons en route. En 2 ou 3 minutes, nous sommes déjà dans la campagne. Paysages magnifiques et reposants, gentiment vallonnés, quelques mignonnes petites fermes, de la verdure partout. Puis graduellement, de plus en plus de ces fameux palmiers à cire dont tout le monde semble faire toute une histoire. Le « must » des « musts » du touriste en Colombie.
Ils sont beaux, ces palmiers, il faut le reconnaitre. Ils peuvent pousser jusqu’à 50 mètres de haut, et comme ils sont isolés les uns des autres, ils donnent une ponctuation frappante au paysage. Mais pourquoi cette espèce de palmier est-elle si fameuse ? Elle est l’un des symboles nationaux de la Colombie. Allez, un petit coup de Wikipédia !
« La cire du tronc a été utilisée pour fabriquer des bougies, jusqu'à l'introduction de l'électricité. Le bois du stipe de ce palmier est impropre à l'industrie du bois, mais a été utilisé pour construire des systèmes rudimentaires d'approvisionnement en eau pour les agriculteurs pauvres. Les fruits ont été utilisés comme aliments pour le bétail. Les feuilles ont été largement utilisées dans les célébrations catholiques du dimanche des Rameaux. »
En face d’une fermette affichant le nom « Italia » - on devine d’où les gens sont venus – une statue de la Vierge Marie : « Vierge du chemin, protège-nous ! ». C’est un peu dommage qu’il y ait ce câble électrique traversant le ciel derrière la tête de la Vierge, il y aurait certainement moyen de l’effacer avec un peu de Photoshop, mais je vous donne la photo « crue ». Refusons le « fake » et sachons apprécier les choses telles qu’elles sont !
De retour à San Felix – quelques 4 ou 5 kms et 2 bonnes heures plus tard – nous trouvons le seul restaurant de l’endroit. « Restaurant » est un grand mot, c’est très rudimentaire, une vingtaine de clients dans une salle obscure au toit bas. Il n’y a pas grand choix pour midi mais ça ira bien quand même. Un homme nous adresse la parole. Ah oui, dit-il, la France, grande culture, Victor Hugo etc. Ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que nous entendons dire du bien de la France. De toute évidence, la France a gardé une excellente réputation par ici.
Notre repas est interrompu par l’entrée théâtrale de Croquignol, le type que nous avions déjà croisé au café le matin. Il entre en claquant bien fort les battants de la porte et reste un moment sur le seuil, on visage toujours hilare et sa silhouette « chapeau + long nez + poncho » bien découpée sur le fond éblouissant de la rue. C’est comme un coup de tonnerre. Tout le monde éclate de rire.
Nous nous attardons encore un peu autour de la place où il y a un tout petit peu plus d’animation en milieu de journée. Un groupe d’écoliers curieux vient nous poser des questions. Pourquoi avons-nous les cheveux longs ? Et quel est notre culte religieux ? Nous ne comprenons pas très bien la question, nous ne nous y attendions pas. Pour mieux nous faire comprendre, un gamin nous simule « Allah ! » avec les mains. Nos origines catholiques sont distantes, mais nous n’entrons bien sûr pas dans les détails.
A un coin de la place, un cavalier passe avec un train de mules derrière lui. Je cours pour prendre quelques photos mais trop tard. Encore une de ces belles occasions manquées de faire une belle photo ! Mais j’ai quand-même une belle opportunité avec 3 hommes assis devant une maison et un cheval, l’image parfaite du style cowboy Colombien.
Nous prenons un dernier « tinto » au seul café de la place. J’essaie aussi le « kumis » et là, je suis émerveillé. Absolument délicieux, crémeux à souhait, un soupçon de sucre, peut-être une touche de vanille ? Si jamais l’un de mes lecteurs passait par San Felix un jour, je recommande fortement d’essayer cette boisson. Extraordinaire.
Le minibus repart de San Felix à 14 :30. Nous sommes de retour à Salamina à 4 :00. Parfait, nous avons le temps de nous reposer avant d’aller manger et de finir la soirée avec une bonne partie de billard, arrosée bien sûr de rhum de Caldas.
Cinq semaines en bus en Colombie
Mars56 · 2018-11-09
Salut Georges,
.. et merci pour ce retour qui nous remet en mémoire de bons souvenirs de cette généreuse Colombie!
La lecture de ton post n'engendre pas la tristesse, ça me fait sourire et je me demande sincèrement si, à San Felix, je n'ai pas rencontré "Croquignol" dans ce même bistrot!
"dont un vieil homme toujours hilare, peut-être légèrement cinglé, voûté sous son poncho, un nez long et effilé pointant loin de dessous son chapeau. On dirait Croquignol sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés !
son visage toujours hilare et sa silhouette « chapeau + long nez + poncho » bien découpée sur le fond éblouissant de la rue." GeorgesOZ.
Je joins une photo du personnage...Tu sauras me dire s'il s'agit du même "Croquignol" ou de son frère!
et ci dessous, le lien d'un article de mon blog concernant notre ressenti sur Salamina et la vallée de Samaria.
https://marie-alain.blog4ever.com/colombie-15-salamina-valle-de-la-samaria-lautre-valleeCordialement;
Alain
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-09
Salut Georges, . et merci pour ce retour qui nous remet en mémoire de bons souvenirs de cette généreuse Colombie!
La lecture de ton post n'engendre pas la tristesse, ça me fait sourire et je me demande sincèrement si, à San Felix, je n'ai pas rencontré "Croquignol" dans ce même bistrot!
"dont un vieil homme toujours hilare, peut-être légèrement cinglé, voûté sous son poncho, un nez long et effilé pointant loin de dessous son chapeau. On dirait Croquignol sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés !
son visage toujours hilare et sa silhouette « chapeau + long nez + poncho » bien découpée sur le fond éblouissant de la rue." GeorgesOZ.
Je joins une photo du personnage...Tu sauras me dire s'il s'agit du même "Croquignol" ou de son frère!
et ci dessous, le lien d'un article de mon blog concernant notre ressenti sur Salamina et la vallée de Samaria.
marie-alain.blog4ever.com/...amaria-lautre-vallee
Cordialement;
Alain
Bonjour Alain, et un grand merci pour ton message ! Au moins une personne me suit, c'est rassurant!
Non, il s’agit d’un autre Croquignol. Mais sans doute il y a place pour plusieurs caractères remarquables dans ce petit patelin juché presqu’au bout du monde !
Tu as bien raison de parler de Colombie généreuse. Les gens sont tellement charmants, et souvent si chaleureux. On se sent vite "amigos" avec eux.
Je crois que tu as fait ton tour de Colombie il n’y a pas si longtemps que ça. A voir tes photos superbes, je me croirais vraiment de retour dans ce pays que j’ai bien envie de visiter de nouveau. Je reconnais le même chat, les mêmes chevaux, la même Vierge Marie au bord du chemin ….. même si ce ne sont pas exactement les mêmes !
En tout cas, tu es bien passé par le café Fruty et c’est bien notre amigo el Señor Pedro que tu y as pris en photo !
Bien vu, le panneau publicitaire « qu’être ami avec Jésus est le meilleur business qui soit ». Ça m’a bien fait rire. Il faudrait faire un voyage en Colombie avec pour seul objectif de « chasser » toutes ces publicités amusantes.
Tu dis vrai, il est extrêmement difficile d’être un vrai « grand voyageur » de nos jours, mais au moins je suis sûr que l’invasion touristique à Salamina, ce n’est pas pour demain. Les routes sont un peu trop tortueuses pour y amener dans des bus confortables des hordes de touristes habillés de chemises hawaïennes.
Cinq semaines en bus en Colombie
GeorgesOZ · 2018-11-10
Aguadas - Sombreros
Ce matin à 10 :30, c’est pour Aguadas que nous prenons le minibus – 16,000 COP par personne, soit 4.4 Euros, pour une distance de 50 kms. La route est assez difficile, mais nous avons vu bien pire dans d’autres pays, et les vues sont comme d’habitude superbes. Nous voyons plusieurs hommes à cheval.
L’homme assis juste devant moi est tout à fait typique avec son chapeau et son poncho magnifique jeté sur l’épaule - les ponchos de la région sont courts et légers. Je ne manque pas de le prendre en photo, discrètement.
Nous faisons un arrêt à Pácora, juste le temps de prendre un « tinto ». L’homme attablé à l’entrée du café a une touche extraordinaire. Il me ferait penser à l’un des Dalton de la bande dessinée, mais plutôt à Averell, le grand, qu’à Joe, le petit – et méchant. Mais l’homme a aussi de la classe : chapeau, moustache, belle chemise rayée largement ouverte, jeans et brodequins noirs, le tout décontracté mais assez bien soigné. Le véritable cowboy, ou disons plutôt « caballero », ça y est nous l’avons trouvé ! On pourrait l’engager pour jouer dans un western. Je fais signe à A de le prendre en photo. L’homme est surpris quand A lui demande sa permission, et éclate de rire. Mes photos ne sont bien sûr pas professionnelles comme celles de A, mais je pense que la jpeg que je colle ici donnera une image assez exacte de la situation.
Nous arrivons à Aguadas à 12 :30. A la descente du minibus, deux policiers nous interpellent pour vérifier nos papiers. Il n’y a pas grand passage d’étrangers par ici, de plus nos cheveux longs semblent nous démarquer comme éléments suspects de la société ! Les policiers ont l’air sévère et nous demandent ce que nous venons faire ici, mais n’inspectent pas nos bagages. De toute façon, nous n’avons rien à nous reprocher. Leur recommandation pressante de nous rendre à la « oficina de turismo » sur la place centrale est à la limite d’un ordre.
Aguadas semble être moins touristique que Salamina. Les gens nous regardent… Nous ignorons la « oficina de turismo » et trouvons vite l’hôtel Tarbela à 2 pas de la place centrale – un autre Parque Bolívar. C’est propre et agréable mais rudimentaire. Le tarif : 20,000 pesos par personne – 5.5 Euros ! C’est juste le début d’après-midi, nous allons prendre un petit repas – 22,000 COP soit 6 Euros ……. à deux ! Dis donc, on ne se ruine pas dans ce pays !
La ville a une altitude moyenne de 2200 mètres, et comme Salamina se situe sur un plateau duquel les rues latérales descendent abruptement. Juste à côté de l’hôtel, il y a beaucoup d’activité, les cultivateurs de la région viennent apporter leurs produits, beaucoup de café bien sûr. Les rues sont tout aussi intéressantes qu’à Salamina. Jolies maisons aux couleurs vives mais avec peut-être moins de décorum. Plus authentique ?
On dit bien « à Rome, fais comme les Romains font ! ». Etant à Aguadas, la capitale Colombienne des chapeaux, je vais m’acheter un « aguadeño », un « sombrero » typique fabriqué à Aguadas. 50,000 COP, je n’ai pas discuté le prix, ça ne fait même 14 Euros. De retour sur la place, nous nous installons dans un café un peu plus « établi » que la moyenne, à juger par le confort plus « solide » de la salle et par la clientèle. Deux hommes d’âge mûr attablés en face de nous portent des chapeaux plus « habillés ». J’ai l’impression de me retrouver dans un café Italien d’il y a une cinquantaine d’années. Je peux fièrement garder mon « sombrero » sur la tête, je ne dénote pas !
Cinq semaines en bus en Colombie
Madonantes · 2018-11-10
Bonjour
j'aime beaucoup votre récit que je suis avec beaucoup de plaisir, prévoyant un voyage de découverte de la Colombie au printemps prochain.