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La veilleuse d'Achille
-- Préambule
Non, je ne vais pas vous raconter une histoire de l’Achille au faible talon si cher à la Glatch en petit tissu à fleurs.
On raconte parfois nos voyages dans des ailleurs plus ou moins lointains.
Mais qu’en est-il des voyageurs de ces ailleurs plus ou moins lointains qui viennent par chez nous pour une raison ou une autre?
Petites tranches, petites histoires du passage de Joseph et Achille dans notre bonne vieille France.
Comme tous les ans depuis 25 ans, c'est la période de la visite de jumelage des maliens d’un lycée de Bamako. Cette année, Marie héberge Joseph, professeur à Bamako, et visitant pour la première fois l'Europe. Des nombreuses et enrichissantes discussions lui permettent de prendre la mesure de la vie française, ses avantages, ses différences. .. Joseph s'émerveille de tout, est surpris face à de nombreuses choses et ponctue ses étonnements d'un cri venant du fond de la gorge, un argh ressemblant plus à un appel angoissé. Au fil des discussions, Joseph et Marie en viennent à constater les différences dans les salaires : « Mon salaire à Bamako est de 200 € » « Ici je gagne dix fois plus. » « Argh ! »
Des comparaisons des prix des produits de premières nécessités permettent d'illustrer le coût de la vie et d'expliquer ces disparités qui pourraient à premier abord apparaitre choquantes.
Joseph, en tant que visiteur spécial à Angers a droit à une carte de bus gratuite. Marie qui l'accompagne un jour lui fait remarquer: « Je dois acheter un ticket, il coûte 1, 10 € » « Argh ! » La situation des professeurs au Mali change. Les salaires ont étés réévalués, ils sont enfin versés régulièrement. Joseph est en train de construire sa maison. Les choses bougent...
Joseph est venu avec d'autres professeurs de Bamako qui logent chez d'autres professeurs d’Angers. Un samedi soir, ses hôtes étant de sortie, Achille est venu dormir chez Marie. La maison est vaste dans la campagne aux limites de la ville. Des vieilles pierres et des poutres qui ont vues et vécues de nombreuses années et histoires. Joseph dors dans la chambre d'amis, la « case » au parfum d'Afrique, avec ses ouvertures inspirées des habitations maliennes, une affiche de masques dogons, un panneau d'outils en bois et d'autres objets qui contribuent à ce havre de paix pour voyageurs à la halte. Il ne reste donc que la « petite chambre », la chambre d'Aurélie avec son lit bateau pour des nuits loin des rivages. Marie fait visiter la chambre à Achille, « voici la chambre de ma fille et aussi des petites filles de mon ami. C'est pourquoi il y a cette lampe au pied du lit pour leur lire des histoires et la veilleuse pour quand elles ont peur au milieu de la nuit ».
Ce samedi soir, Marie et son ami sont aussi de sortie. Ils ont donc laissé Joseph et Achille, épuisés par la fête du jumelage de la veille seuls et tranquilles dans la maison calme.
Le lendemain matin, Marie se lève, ni trop tôt, ni trop tard. Passant le palier pour descendre à la cuisine, elle remarque de la lumière par la fenêtre de la porte de la chambre d'Achille. 9h, toujours de la lumière dans la chambre. 10h, encore de la lumière dans la chambre. Marie est intriguée, est-il réveillé, est-il en train de lire? 10h30, Achille enfin se réveille, le mystère de la lumière s'éclaire.
Achille avait gardé la veilleuse allumée toute la nuit. « Tu m'avais dit que c'était pour si on avait peur. J'avais peur ! » Certains africains sont peureux. La maison n'était pas fermée à clé. Ils étaient surpris que les chaises restent dehors. Joseph et Achille n'étaient pas rassurés, seuls, dans cette grande maison de campagne, ouverte aux quatre vents, avec les chaises dehors. « Tu m'avais dit que si on avait peur. J'avais peur ! »
Comme tous les ans depuis 25 ans, c'est la période de la visite de jumelage des maliens d’un lycée de Bamako. Cette année, Marie héberge Joseph, professeur à Bamako, et visitant pour la première fois l'Europe. Des nombreuses et enrichissantes discussions lui permettent de prendre la mesure de la vie française, ses avantages, ses différences. .. Joseph s'émerveille de tout, est surpris face à de nombreuses choses et ponctue ses étonnements d'un cri venant du fond de la gorge, un argh ressemblant plus à un appel angoissé. Au fil des discussions, Joseph et Marie en viennent à constater les différences dans les salaires : « Mon salaire à Bamako est de 200 € » « Ici je gagne dix fois plus. » « Argh ! »
Des comparaisons des prix des produits de premières nécessités permettent d'illustrer le coût de la vie et d'expliquer ces disparités qui pourraient à premier abord apparaitre choquantes.
Joseph, en tant que visiteur spécial à Angers a droit à une carte de bus gratuite. Marie qui l'accompagne un jour lui fait remarquer: « Je dois acheter un ticket, il coûte 1, 10 € » « Argh ! » La situation des professeurs au Mali change. Les salaires ont étés réévalués, ils sont enfin versés régulièrement. Joseph est en train de construire sa maison. Les choses bougent...
Joseph est venu avec d'autres professeurs de Bamako qui logent chez d'autres professeurs d’Angers. Un samedi soir, ses hôtes étant de sortie, Achille est venu dormir chez Marie. La maison est vaste dans la campagne aux limites de la ville. Des vieilles pierres et des poutres qui ont vues et vécues de nombreuses années et histoires. Joseph dors dans la chambre d'amis, la « case » au parfum d'Afrique, avec ses ouvertures inspirées des habitations maliennes, une affiche de masques dogons, un panneau d'outils en bois et d'autres objets qui contribuent à ce havre de paix pour voyageurs à la halte. Il ne reste donc que la « petite chambre », la chambre d'Aurélie avec son lit bateau pour des nuits loin des rivages. Marie fait visiter la chambre à Achille, « voici la chambre de ma fille et aussi des petites filles de mon ami. C'est pourquoi il y a cette lampe au pied du lit pour leur lire des histoires et la veilleuse pour quand elles ont peur au milieu de la nuit ».
Ce samedi soir, Marie et son ami sont aussi de sortie. Ils ont donc laissé Joseph et Achille, épuisés par la fête du jumelage de la veille seuls et tranquilles dans la maison calme.
Le lendemain matin, Marie se lève, ni trop tôt, ni trop tard. Passant le palier pour descendre à la cuisine, elle remarque de la lumière par la fenêtre de la porte de la chambre d'Achille. 9h, toujours de la lumière dans la chambre. 10h, encore de la lumière dans la chambre. Marie est intriguée, est-il réveillé, est-il en train de lire? 10h30, Achille enfin se réveille, le mystère de la lumière s'éclaire.
Achille avait gardé la veilleuse allumée toute la nuit. « Tu m'avais dit que c'était pour si on avait peur. J'avais peur ! » Certains africains sont peureux. La maison n'était pas fermée à clé. Ils étaient surpris que les chaises restent dehors. Joseph et Achille n'étaient pas rassurés, seuls, dans cette grande maison de campagne, ouverte aux quatre vents, avec les chaises dehors. « Tu m'avais dit que si on avait peur. J'avais peur ! »
Physique élémentaire appliquée, chicken bus, Guatemala
San Cristobal de las Casas, Mexique, petit matin, la ville festive dort encore.
Bus primera classe, climatisé à l'excès, à travers les campagnes du Chiapas réveillées par le soleil.
Un tampon, une barrière, un échange de pesos en quetzales, un autre tampon.
La Mesilla, Guatemala, fin de matinée, le village est bien réveillé.
Un rickshaw pour monter la cote, une « gare routière ».
Un terrain vague de cailloux, un cimetière de carcasses de camions et de rouille.
Pas de comptoir, pas de salle d'attente, pas de panneaux, pas de destinations...
Les « carcasses » sont de magnifiques et flamboyants school bus décorés de couleurs vives où prédominent le rouge et le vert, ornés de louanges religieuses à Dios ou Jehovah. Le sac sur le toit, le pied sur la haute marche, la main agrippée à la rampe de la porte, je pénètre dans un autre monde, un monde défiant toutes les lois de la physique… Loi de densité ou d'occupation de l'espace Des banquettes de deux occupées par deux et demi ou trois paires de fesses, des ballots, des cabas, des sacs qui n'ont pas trouvé place dans les galeries intérieures. Le bébé dans le dos camouflé au fond d’un tissu coloré. Des enfants cantonnés dans l'allée, avec d'autres bidons, ballots, cabas. Je me place tant bien que mal à coté d’une fenêtre. Force centrifuge Des têtes somnolent, penchent sur l'épaule du voisin. Des mains tiennent la barre de la banquette de devant, luttant contre les forces d’attraction latérale dans les virages. Loi des gaz parfaits pV = nRT soit à température constante (ne prenons pas en compte l’augmentation de 3 dixièmes de degrés due à la promiscuité), si la pression causée par le nombre croissant de passager augmente, le volume alloué à chaque passager diminue proportionnellement.
Les 40 cm de l'allée centrale, réduits à zéro; sont franchis laborieusement à chaque arrêt. Parcours d'obstacle où il faut lever les jambes, compresser les pectoraux ou la poitrine, avancer de biais, puis de face, repousser quelqu'un, comprimer un autre, écraser un môme invisible, avant d'enfin respirer l'air libre et restituer à son corps son volume d'origine.
Gare routière de Huehuetenango, à peine plus sophistiquée que la précédente. Des chicken bus prêts à rugir, toutes couleurs dehors. Des assistants des chauffeurs à l'affut des passagers débarquent le sac et l'empoignent vers un autre bus en un clin d'œil. Un kiosque à boissons, chips, friandises, deux-trois stands de comida, pas le temps, le bus déjà s'éloigne. Le mastodonte ambulant se remplit et se vide de moitié avant de nouveau soumettre les passagers à la vie des sardines en boite. Les gens montent au milieu de nulle part et descendent au milieu de nulle part. Loi de Murphy : S’il y a peu de sacs dans les travées et si le voyageur est assis à l'avant, le bus sera à moitié vide. Quand le voyageur se retrouve encombré de quatre sacs volumineux et relégué au fond de la bétaillère, le bus est rempli largement en deçà de sa capacité maximale (ne mentionnons pas sa capacité sécuritaire). Loi de Moore Le nombre de passagers augmente exponentiellement avec le nombre de chaussettes dans le sac du voyageur. Le nombre de bus décroit logarithmiquement avec le nombre de passagers en attente le long de la route. (et quand logarithme et exponentiel sont en voyage, logarithme ne paye rien (népérien) ;-) ) Loi d’impunité totale La route Huehue -Antigua - Cuidad Guatemala, branche guatémaltèque de la Panaméricaine, est un des axes majeur du pays. Le trafic y est dense, perturbé par les travaux routiers sur de nombreux tronçons. Tractopelles déblayant les falaises, camions bennes chargeant les gravats, rouleaux compresseurs et machines à bétonner, travaillent dans des tonnes de poussière et d’humidité. Les chicken bus jouent un remake du rallye-raid de Monte-Carlo, respectant le moins possible les drapeaux rouges des agents de la circulation, remontant à contre-sens les files de véhicules immobilisés sur des kilomètres et des kilomètres, doublant une fourgonnette de la policia dans un virage sans visibilité.
Los Encuentros, bousculer, écraser, déplacer masses animées sur le passage. Respirer quelques pico-grammes d’air pur avant de recommencer la manœuvre vers un autre intérieur plus chargé encore. Loi de stratégique primaire Se placer devant pour minimiser le parcours d'obstacle, en essayant de défier la loi de Murphy.
Solola, encore un changement, le bus est déjà plein. Je coince tant bien que mal ma carcasse, ma sacoche, ma bouteille d'eau, mon sac à dos pourtant pas très volumineux au premier rang, contente de ma position et mon tour de passe-passe. Une femme monte, compresse un peu l’ensemble. La répartition des masses se modifie légèrement. Une autre avec un bébé dans le dos grimpe à son tour, mettant à défi les gaz déjà en place. Réorganisation de l'espace, les vides sont éliminés, le bébé a ses jambes coincées entre la poitrine de sa mère et mon sac à dos, sa tête dangereusement proche du siège du conducteur.
Dans la descente de Panajachel, les virages sont serrés, les masses mi-solides, mi-liquides sous cette chaleur fortement secouées, les vides se font et se défont. Arrêts au milieu de nulle part, descentes acrobatiques de passagers, par dessus le sac à dos, sans secouer le bébé et en évitant la caisse se promenant en roue libre entre la boite de vitesse et la porte accordéon toujours ouverte. Chat de Schrödinger : Etant donné que c’est la mesure qui perturbe le système, si j’essaye de regarder ou de penser à l’état des freins, ceux-ci risquent de lâcher. Je prie donc tous les dieux mayas, aztèques, toltèques, incas, le petit Jésus, Allah et la Vierge, Vishnu, Shiva et Isis, la Pachamama et Mother Earth pour que ces freins peut importe leur état me mènent à bon port, enfin au moins au bord du lac Atitlan… Principe d'incertitude d'Heisenberg : Personne ne sait si il va arriver en vie, mais à la vitesse à laquelle tout l’action se déroule; il peut être rassuré d’arriver à l'heure.
Panajachel, enfin. La délivrance !
Un bus, un taxi, un rickshaw, 4 chicken bus, un nouveau fuseau horaire, 10 heures de transport non stop depuis le petit matin… La physique est une belle matière, mais oh combien éprouvante…
Les « carcasses » sont de magnifiques et flamboyants school bus décorés de couleurs vives où prédominent le rouge et le vert, ornés de louanges religieuses à Dios ou Jehovah. Le sac sur le toit, le pied sur la haute marche, la main agrippée à la rampe de la porte, je pénètre dans un autre monde, un monde défiant toutes les lois de la physique… Loi de densité ou d'occupation de l'espace Des banquettes de deux occupées par deux et demi ou trois paires de fesses, des ballots, des cabas, des sacs qui n'ont pas trouvé place dans les galeries intérieures. Le bébé dans le dos camouflé au fond d’un tissu coloré. Des enfants cantonnés dans l'allée, avec d'autres bidons, ballots, cabas. Je me place tant bien que mal à coté d’une fenêtre. Force centrifuge Des têtes somnolent, penchent sur l'épaule du voisin. Des mains tiennent la barre de la banquette de devant, luttant contre les forces d’attraction latérale dans les virages. Loi des gaz parfaits pV = nRT soit à température constante (ne prenons pas en compte l’augmentation de 3 dixièmes de degrés due à la promiscuité), si la pression causée par le nombre croissant de passager augmente, le volume alloué à chaque passager diminue proportionnellement.
Les 40 cm de l'allée centrale, réduits à zéro; sont franchis laborieusement à chaque arrêt. Parcours d'obstacle où il faut lever les jambes, compresser les pectoraux ou la poitrine, avancer de biais, puis de face, repousser quelqu'un, comprimer un autre, écraser un môme invisible, avant d'enfin respirer l'air libre et restituer à son corps son volume d'origine.
Gare routière de Huehuetenango, à peine plus sophistiquée que la précédente. Des chicken bus prêts à rugir, toutes couleurs dehors. Des assistants des chauffeurs à l'affut des passagers débarquent le sac et l'empoignent vers un autre bus en un clin d'œil. Un kiosque à boissons, chips, friandises, deux-trois stands de comida, pas le temps, le bus déjà s'éloigne. Le mastodonte ambulant se remplit et se vide de moitié avant de nouveau soumettre les passagers à la vie des sardines en boite. Les gens montent au milieu de nulle part et descendent au milieu de nulle part. Loi de Murphy : S’il y a peu de sacs dans les travées et si le voyageur est assis à l'avant, le bus sera à moitié vide. Quand le voyageur se retrouve encombré de quatre sacs volumineux et relégué au fond de la bétaillère, le bus est rempli largement en deçà de sa capacité maximale (ne mentionnons pas sa capacité sécuritaire). Loi de Moore Le nombre de passagers augmente exponentiellement avec le nombre de chaussettes dans le sac du voyageur. Le nombre de bus décroit logarithmiquement avec le nombre de passagers en attente le long de la route. (et quand logarithme et exponentiel sont en voyage, logarithme ne paye rien (népérien) ;-) ) Loi d’impunité totale La route Huehue -Antigua - Cuidad Guatemala, branche guatémaltèque de la Panaméricaine, est un des axes majeur du pays. Le trafic y est dense, perturbé par les travaux routiers sur de nombreux tronçons. Tractopelles déblayant les falaises, camions bennes chargeant les gravats, rouleaux compresseurs et machines à bétonner, travaillent dans des tonnes de poussière et d’humidité. Les chicken bus jouent un remake du rallye-raid de Monte-Carlo, respectant le moins possible les drapeaux rouges des agents de la circulation, remontant à contre-sens les files de véhicules immobilisés sur des kilomètres et des kilomètres, doublant une fourgonnette de la policia dans un virage sans visibilité.
Los Encuentros, bousculer, écraser, déplacer masses animées sur le passage. Respirer quelques pico-grammes d’air pur avant de recommencer la manœuvre vers un autre intérieur plus chargé encore. Loi de stratégique primaire Se placer devant pour minimiser le parcours d'obstacle, en essayant de défier la loi de Murphy.
Solola, encore un changement, le bus est déjà plein. Je coince tant bien que mal ma carcasse, ma sacoche, ma bouteille d'eau, mon sac à dos pourtant pas très volumineux au premier rang, contente de ma position et mon tour de passe-passe. Une femme monte, compresse un peu l’ensemble. La répartition des masses se modifie légèrement. Une autre avec un bébé dans le dos grimpe à son tour, mettant à défi les gaz déjà en place. Réorganisation de l'espace, les vides sont éliminés, le bébé a ses jambes coincées entre la poitrine de sa mère et mon sac à dos, sa tête dangereusement proche du siège du conducteur.
Dans la descente de Panajachel, les virages sont serrés, les masses mi-solides, mi-liquides sous cette chaleur fortement secouées, les vides se font et se défont. Arrêts au milieu de nulle part, descentes acrobatiques de passagers, par dessus le sac à dos, sans secouer le bébé et en évitant la caisse se promenant en roue libre entre la boite de vitesse et la porte accordéon toujours ouverte. Chat de Schrödinger : Etant donné que c’est la mesure qui perturbe le système, si j’essaye de regarder ou de penser à l’état des freins, ceux-ci risquent de lâcher. Je prie donc tous les dieux mayas, aztèques, toltèques, incas, le petit Jésus, Allah et la Vierge, Vishnu, Shiva et Isis, la Pachamama et Mother Earth pour que ces freins peut importe leur état me mènent à bon port, enfin au moins au bord du lac Atitlan… Principe d'incertitude d'Heisenberg : Personne ne sait si il va arriver en vie, mais à la vitesse à laquelle tout l’action se déroule; il peut être rassuré d’arriver à l'heure.
Panajachel, enfin. La délivrance !
Un bus, un taxi, un rickshaw, 4 chicken bus, un nouveau fuseau horaire, 10 heures de transport non stop depuis le petit matin… La physique est une belle matière, mais oh combien éprouvante…
Une journée à l'école (Arequipa, Pérou)
Il faut sortir des murs blancs de silar du centre historique, traverser des faubourgs périphériques de la ville, s'extasier devant les vertes terrasses des proches campagnes puis descendre du carro (minibus collectif) au milieu de nulle part.
Là où rien ne pousse, entre roches et cailloux, des habitations de tôles, briques et parpaings sur les toits desquelles veillent des chiens menaçants, des terrains vagues entre deux chemins, des rues défigurées de tranchées ouvertes pour les futures canalisations d'eau, un abarrote (épicerie), un terrain de sport.
Le désert sous la chaleur, la pureté de l'air et le sable en pesanteur, sous les regards bienveillants mais voilés du Chachani coiffé de blanc, du Misti tout gris et du Picchu Picchu plus petit.
Là où rien ne pousse, derrière une porte blanche en métal, une cour entourée de petites bâtisses, de la poussière qui vole, des gamins qui cavalent joyeusement, une école.
Il est passé 9h. Paty dans la cuisine son domaine, depuis un moment déjà s'active. De l'eau bout sur la gazinière, de l'eau chauffe dans les fours solaires. Toutes les trois minutes, le chien aboie, la porte blanche en métal s'ouvre, des petites bouilles chapeautées ou non se faufilent, des visages plus grands accompagnent.
Il est passé 9h. L'heure de la clochette, de la double file. Les osos (ours/ourson - élèves de 5 ans) bien alignés mais pas encore au complet à gauche, les pollos (poussins - eleves de 3-4 ans) plus dissipés et encore moins nombreux à droite. Les señoritas Rubi, Olivia et Nelly en généraux en chef, sous les regards de quelques parents. ¡ Distancia, Firmes, Descanso, Atención ! Redressement des bustes, claquement des mains le long du corps, relâchement.
¡ Buenos días niñitos ! (1)
En chœur Buenos días Señorita Ruuuubi ¡ Buenos días niñitos ! Buenos días Señorita Oliviaaa ¡ Buenos días niñitos ! Buenos días Señorita Neeelly
En coup de vent entre deux épluchages, les mains encore humides ¡ Buenos días niñitos ! Buenos días Señorita Paaaty ¡ Buenos días niños ! Buenos días Señorita A-ureeeli-a
¿ Que día somos hoy ? (2)
Les plus grands, prompts comme toujours, ¡ Lunes ! ¿ De que mes ? ¡ Junio ! ¡ No ! Se acaba Junio. Ahora es Julllllio. ¿ Es el mes del ... ? ¿ Del ....? ¡ Del Peru !*
Les plus petits toujours distraits, qui avec son jouet, qui à embêter son copain de devant ou derrière.
Continuellement la porte blanche en métal s'ouvre, un chien s'engouffre, le chien de l'école aboie de plus belle, des petites bouilles chapeautées ou non se faufilent, parfois pleurent dans le refus d'abandonner le visage plus grand. Les files s'agrandissent en désordre, la miss veut être devant, le bonhomme se débarrasse comme il peut de son cartable. Qui veut diriger la prière ? Moi, moi, moi ! Les mêmes doigts qui se lèvent, la Mary, le Alex, le Frank, les pollitos** connaissent moins bien la "chanson" que les ositos Levanto la mano dereeeeecha. (3)
Des 3 ans lèvent la main gauche, lèvent les deux mains, ou ne lèvent aucune main. Le signe de croix plus ou moins parfait chez les grands est inversé, incomplet ou inexistant chez les petits, chapeau parfois encore sur la tête malgré le signe évident de la mamita ou du papito.
Continuellement la porte blanche en métal s'ouvre, le chien se repose, des petites bouilles chapeautées ou non se faufilent, des grands visages saluent d'autres grands visages, des cahiers sortent des cartables.
Les files s'allongent, lentement, la prière s'achève, les chapeaux retournent sur les têtes, Imanol continue à jouer avec son dinosaure qui voyage entre ses mains et les poches de sa blouse, Helard lorgne sur le dit dinosaure, Jhonathan et Daniel gigotent, la señorita Olivia entame son chant du soldat "marcha soldado", les ainés se dirigent en cadence vers la classe proche, les cadets et benjamins en marche libre vers la salle plus éloignée.
A suivre...
1 : Bonjour les enfants ! Bonjour mademoiselle ... ! 2 : Quel jour sommes-nous aujourd'hui ? Lundi ! De quel mois ? Juin ! Non. Juin est terminé. Maintenant nous sommes en Juillet. C'est le mois du ...? Du ... ? Du Pérou* ! 3 : Je lève la main droite * : Fiestas patrias (fête nationale) le 28 juillet ** : ito, ita, diminutif affectif

Là où rien ne pousse, derrière une porte blanche en métal, une cour entourée de petites bâtisses, de la poussière qui vole, des gamins qui cavalent joyeusement, une école.
Il est passé 9h. Paty dans la cuisine son domaine, depuis un moment déjà s'active. De l'eau bout sur la gazinière, de l'eau chauffe dans les fours solaires. Toutes les trois minutes, le chien aboie, la porte blanche en métal s'ouvre, des petites bouilles chapeautées ou non se faufilent, des visages plus grands accompagnent.
Il est passé 9h. L'heure de la clochette, de la double file. Les osos (ours/ourson - élèves de 5 ans) bien alignés mais pas encore au complet à gauche, les pollos (poussins - eleves de 3-4 ans) plus dissipés et encore moins nombreux à droite. Les señoritas Rubi, Olivia et Nelly en généraux en chef, sous les regards de quelques parents. ¡ Distancia, Firmes, Descanso, Atención ! Redressement des bustes, claquement des mains le long du corps, relâchement.
¡ Buenos días niñitos ! (1)
En chœur Buenos días Señorita Ruuuubi ¡ Buenos días niñitos ! Buenos días Señorita Oliviaaa ¡ Buenos días niñitos ! Buenos días Señorita Neeelly
En coup de vent entre deux épluchages, les mains encore humides ¡ Buenos días niñitos ! Buenos días Señorita Paaaty ¡ Buenos días niños ! Buenos días Señorita A-ureeeli-a
¿ Que día somos hoy ? (2)
Les plus grands, prompts comme toujours, ¡ Lunes ! ¿ De que mes ? ¡ Junio ! ¡ No ! Se acaba Junio. Ahora es Julllllio. ¿ Es el mes del ... ? ¿ Del ....? ¡ Del Peru !*
Les plus petits toujours distraits, qui avec son jouet, qui à embêter son copain de devant ou derrière.Continuellement la porte blanche en métal s'ouvre, un chien s'engouffre, le chien de l'école aboie de plus belle, des petites bouilles chapeautées ou non se faufilent, parfois pleurent dans le refus d'abandonner le visage plus grand. Les files s'agrandissent en désordre, la miss veut être devant, le bonhomme se débarrasse comme il peut de son cartable. Qui veut diriger la prière ? Moi, moi, moi ! Les mêmes doigts qui se lèvent, la Mary, le Alex, le Frank, les pollitos** connaissent moins bien la "chanson" que les ositos Levanto la mano dereeeeecha. (3)

Des 3 ans lèvent la main gauche, lèvent les deux mains, ou ne lèvent aucune main. Le signe de croix plus ou moins parfait chez les grands est inversé, incomplet ou inexistant chez les petits, chapeau parfois encore sur la tête malgré le signe évident de la mamita ou du papito.
Continuellement la porte blanche en métal s'ouvre, le chien se repose, des petites bouilles chapeautées ou non se faufilent, des grands visages saluent d'autres grands visages, des cahiers sortent des cartables.
Les files s'allongent, lentement, la prière s'achève, les chapeaux retournent sur les têtes, Imanol continue à jouer avec son dinosaure qui voyage entre ses mains et les poches de sa blouse, Helard lorgne sur le dit dinosaure, Jhonathan et Daniel gigotent, la señorita Olivia entame son chant du soldat "marcha soldado", les ainés se dirigent en cadence vers la classe proche, les cadets et benjamins en marche libre vers la salle plus éloignée.A suivre...
1 : Bonjour les enfants ! Bonjour mademoiselle ... ! 2 : Quel jour sommes-nous aujourd'hui ? Lundi ! De quel mois ? Juin ! Non. Juin est terminé. Maintenant nous sommes en Juillet. C'est le mois du ...? Du ... ? Du Pérou* ! 3 : Je lève la main droite * : Fiestas patrias (fête nationale) le 28 juillet ** : ito, ita, diminutif affectif
Concert de Tinariwen à Murs-Erigné (49) le 8 décembre 2007 (France)
Le groupe touareg malien Tinariwen et l'association angevine Ennor-France organisent un concert de solidarité avec les Touaregs du Nord-Mali, pour l'éducation et la santé.
Il se déroulera le samedi 8 décembre 2007 a 19h30 dans la salle Jean Carmet a Murs-Erigné (a coté d'Angers).
Les places sont a 18 et 15 euros.
Pour plus d'informations vous pouvez contacter ennor.france@gmail.com ou http://ennor-france.blogspot.com
Douya
Pour plus d'informations vous pouvez contacter ennor.france@gmail.com ou http://ennor-france.blogspot.com
Douya
Site de Marcahuasi pour s'évader de Lima
Si vous avez 2-3 jours et voulez échapper à la pollution et la foule de Lima, il y a une excursion très sympa dans la sierra à 80 km de la capitale.
Marcahuasi est un plateau de 4km2 à 4000m d'altitude contenant des structures géologiques (rochers de formes "humaines" ou animales), taillées selon les légendes par le temps, des sorciers masma ou des extraterrestres 😉 et des ruines pré-inca (habitations et chulpas).
Une superbe rando à partir du village de San Pedro (3000m), pas très difficile à part l'altitude et le denivellé (j'etais à Lima depuis seulement 3 jours, pas du tout acclimatée et aucun problème à déclarer, mais chacun se comporte différement par rapport au soroche !)
Y aller : De Lima, colectivo pour Chosica (à prendre au niveau du Museo del Arte par exemple), 1h-1h30, 3 soles. A Chosica, colectivo pour San Juan de Casta vers 9h30 et 15h30 (y etre bien avant pour obtenir une place assise). 3h de piste, 6 soles Hostal sur la place du village, restaurant-bodega, ca reste quand même un village de haute montagne qui voit peu de visiteurs, mais les gens sont très sympas.
Y aller : De Lima, colectivo pour Chosica (à prendre au niveau du Museo del Arte par exemple), 1h-1h30, 3 soles. A Chosica, colectivo pour San Juan de Casta vers 9h30 et 15h30 (y etre bien avant pour obtenir une place assise). 3h de piste, 6 soles Hostal sur la place du village, restaurant-bodega, ca reste quand même un village de haute montagne qui voit peu de visiteurs, mais les gens sont très sympas.
À l'intention de ceux qui se rendent en avion en Grande-Bretagne
Mesures de securites suite aux tentatives d'attentats dejouees en Grande Bretagne.
Les menaces pesant sur les vols au départ ou à destination de la Grande Bretagne ont provoqué une intensification des contrôles de sécurité. Avec effet immédiat, les dispositions suivantes devront être respectées par tous les voyageurs partant ou transitant d'un aéroport de Grande Bretagne :
Aucun bagage à main n'est accepté en cabine, sauf les articles suivants qui devront être dans un sac en plastique transparent (aucun article ne peut être transporté dans les poches de vêtement) :
- Portefeuille (pas de sac de main) - Documents de voyage - Ordonnances médicales - Kit diabétique (sauf sous forme liquide à moins d'avoir été contrôlé auparavant) - Lunettes sans les étuis. - Lentille de contact sans les solutions liquides nettoyantes - Pour ceux voyageant avec un enfant/bébé, nourritures pour bébé, lait (le contenu de chaque bouteille doit être goûté par la personne accompagnante), couches, crème et serviettes) - Articles sanitaires féminins. - Mouchoirs en papier, sans la boite - Clé (sans système électronique).
Tous les passagers seront fouillés manuellement et leurs chaussures seront passées au rayon X.
En complément, tous les passagers embarquent sur des vols à destinations des Etats-Unis subiront un 2ème contrôle identique en porte d'embarquement.
Toutes ces mesures vont entraîner des retards très importants, il y a lieu de prévenir les voyageurs de ces désagréments et qu'ils en tiennent compte lors de leur enregistrement, quelque soit la compagnie.
Les menaces pesant sur les vols au départ ou à destination de la Grande Bretagne ont provoqué une intensification des contrôles de sécurité. Avec effet immédiat, les dispositions suivantes devront être respectées par tous les voyageurs partant ou transitant d'un aéroport de Grande Bretagne :
Aucun bagage à main n'est accepté en cabine, sauf les articles suivants qui devront être dans un sac en plastique transparent (aucun article ne peut être transporté dans les poches de vêtement) :
- Portefeuille (pas de sac de main) - Documents de voyage - Ordonnances médicales - Kit diabétique (sauf sous forme liquide à moins d'avoir été contrôlé auparavant) - Lunettes sans les étuis. - Lentille de contact sans les solutions liquides nettoyantes - Pour ceux voyageant avec un enfant/bébé, nourritures pour bébé, lait (le contenu de chaque bouteille doit être goûté par la personne accompagnante), couches, crème et serviettes) - Articles sanitaires féminins. - Mouchoirs en papier, sans la boite - Clé (sans système électronique).
Tous les passagers seront fouillés manuellement et leurs chaussures seront passées au rayon X.
En complément, tous les passagers embarquent sur des vols à destinations des Etats-Unis subiront un 2ème contrôle identique en porte d'embarquement.
Toutes ces mesures vont entraîner des retards très importants, il y a lieu de prévenir les voyageurs de ces désagréments et qu'ils en tiennent compte lors de leur enregistrement, quelque soit la compagnie.
Très chère orthographe
Non, ce n'est pas un e-ième post sur l'orthographe et le langage SMS de VF 😉, mais quelques perles rencontrées lors de déambulations tunisiennes. Ouvrir ses yeux offre aussi un autre voyage, celui de l'humour, du jeu de mot, de l'émerveillement devant l'ingéniosité de la langue française.
Morceaux choisis :
- pièces de recahnge
- fabrication de venyl
- on recherche une couturier
- pizzaria (trouvé partout !)
et les meilleures pour la fin - rebobinnage moteures et tondeuze vente de gros et de taille A vos souvenirs; à vos carnets; à vos perles...
et les meilleures pour la fin - rebobinnage moteures et tondeuze vente de gros et de taille A vos souvenirs; à vos carnets; à vos perles...
Du Ramadan à l'Aïd
A Kaou : Merci de m'avoir ouvert les portes de ton pays.
Rue de la medersa El-Slimania, 13h Le monde tourne au ralenti. Les rythmes sont plus lents, les démarches plus faibles. Des hommes se reposent sur les bancs. Il fait chaud, la soif devient intense.
Le ramadan c'est une autre vie, alternance de jour et de nuit, d'excitation et de calme, de partage et de maîtrise de soi. L'heure de la journée dicte le niveau d'ambiance dans les rues, tantôt bruyantes et agitées, tantôt d'un vide trop calme et trop soudain. Pendant le ramadan, le marché est moins matinal. 8h, 9h voire 10h pour trouver le choix et la variété dans les légumes et les fruits, bananes, pommes, raisins, dattes, grenades, lady fingers version tunisienne, tomates, salades. Jaune, rouge, vert. Le soleil de la terre. Fromages frais, épices, pâtes en carré pour la chorba. La viande et le poisson. Têtes peu souriantes accrochées à la porte, thons immenses dans lit de glace. Le marché se rempli, tranquillement, population variée, hommes et femmes. Des enfants vendent des sacs plastiques, ici un vieil homme poussant un chariot hors d'age, là une dame à peine plus âgée, foulard sur la tête, accroupie sur un tabouret, proposant haricots blancs marinés ou pois chiches.
Parenthèse : Dix minutes que j'écris, à coté d'un vieil homme qui m'a fait un peu de place. Pas un mot d'échangé, juste une poignée de main et un magnifique sourire, chéchia rouge sur la tête, regard grave. Une autre poignée de main, très chaleureuse et un au revoir. A t'on besoin de dire plus? Fin de parenthèse
Midi-15h. Heures chaudes, heures de la sieste, heures où quelques magasins seulement sont ouverts. Les hommes sur des chaises à l'ombre dans la médina. Echanger les nouvelles, regarder passer le temps. Puis timidement, lentement, la ville se réveille. Les taxis sont plus nombreux, les hommes ressortent, le marché ferme, mais commencent à s'étaler jouets en plastique, chaussettes et slips, éponges et pinces à linge, tee-shirts et jeans de contrefaçon, et autres objets hétéroclites. Mais surtout, ici et là, sur le porte bagage d'un vélo plein de poussières, ou emmitouflés dans des sacs de voyage, des pains ronds, des baguettes au goût de brioche, des pains blancs ou jaunes, diverses tailles, divers prix. La boulangerie est prise d'assaut, tout comme la crèmerie et les pâtisseries. Des hommes le plus souvent, la femme est à la maison, à préparer la chorba et les bricks. La foule se fait plus dense, les véhicules se frayent un difficile passage, un homme cherche désespérément à vendre un robot moulinex... Sur la place de la mosquée à Ariana, au milieu des drapeaux rouges de l'étoile et du croissant, Ben Ali contemple l'effervescence.
De la mosquée, la récitation mélodique du Coran commence. Signal tant attendu, la foule se disperse, les cartons sont remballés, les grilles de fer baissées à la hâte. En dix minutes les rues se vident, plus une ombre, plus une voiture, plus un bruit. Ville fantôme, silence de mort. Autour de la mosquée, quelques hommes, assis sur des marches ou sur les chaises du restaurant attendent le moment, l'instant de la rupture du jeûne, la fin du carême. Une gorgée d'eau, une bouchée de pain et vite, très vite, la première cigarette, suivie d'une autre puis encore d'une autre. Au restaurant des bols de chorba et des miches de pain sont apparues comme par miracle. Après la prière une longue file d'hommes et d'enfants s'étire de la mosquée. Chacun se réfugie chez soi pour manger en famille. Difficile de réaliser le contraste, seulement 30 minutes pour passer d'une frénésie du dernier achat à un silence désert.
Après le repas, la vie peut réellement commencer, une vague migre vers le centre ville, vers Tunis, pour continuer les emplettes jusqu'au milieu de la nuit, savourer le café et la chicha entre hommes au pied de la mosquée de l'Olivier (Ez Zitouna), profiter de la fraîcheur du soir sur l'avenue Habib Bourguiba. Il faut bien passer le temps jusqu'au prochain repas...
Minuit-1h du matin. Le métro est bondé, mais toujours il y a de la place. A Ariana, les gens se dispersent dans la nuit. Demain est un autre jour de jeûne, la nuit doit permettre de reprendre des forces.
Marché d'Halfaouine, 15h
La fièvre de l'après midi, l'animation autour de tous les étals. Nourriture bien sur, pour le festin du soir. Les dattes sur branche à 2.500 Dt ou celles plus sèches à 900 ou 1.500 Dt. Les olives sauce piquante ou dénoyautées. Les guirlandes de piments rouges séchés au soleil. Les farines, les lentilles, les haricots. Citrouilles, menthe, concombres. Il est ardu de se frayer un passage, entre la dame couverte de blanc qui compte ses pièces et le jeune qui veut vendre ses sacs. Derrière les oranges, des pantalons et vestes d'occasions traînent en vrac. Les hommes fouillent, comparent, estiment la taille. Le pantalon descend jusqu'en bas, la main jusqu'au coude rentre à la taille. Acheté pour 2.000 Dt. Au pied de la mosquée, deux jeunes étalent des tapis pour encore plus de choix de fripes. A coté, deux montres, des vêtements d'enfant, des chaussures. Non loin, salades, peluches, radis dans un concours de rose pâle au rouge. La place continue à se remplir au fur et a mesure que descend le soleil. "Encore deux heures!" dit mon voisin. Téléphones en plastique, sachets de Tang, ballons de baudruche écrits en chinois, figues de barbarie, makroud... L'eau monte à la bouche. Mais "encore deux heures" ! Un mari regarde les culottes blanches à coté de sa femme enceinte. Est-ce pour le bébé ou la mère? Ce spectacle est-il identique tous les jours de l'année ou spécifique à ce mois si particulier?
L'occasion pour tout le monde de faire des affaires, enrichir son compte en banque en vidant sa garde robe, ou remplir les placards sans trop dégarnir la bourse.
Sur cette place, comme dans d'autres endroits de la médina, je me sens dans un village, loin de la capitale, des taxis jaunes, des bus aux horaires imprévisibles, des levi's store de contrefaçon. Ici respire la Tunisie, sous la musique d'un haut parleur, entre fringues défraîchies et légumes de première fraîcheur.
Place de Barcelone, terminus du métro, 17h
Certaines échoppes des souks ont déjà fermé la boutique vers 16h mais les plus patients sont maintenant en train de plier bagages. La rupture du jeûne est prévue pour 17h35, tout le monde se presse donc pour rentrer chez soi. Au métro, acheter le billet en vitesse, avoir de la chance si le bon métro se présente. Le conducteur sympa ouvrira les portes une fois, deux fois, trois fois pour les retardataires. Celui moins sympa de la ligne 2 garde les siennes bien closes, bien qu'il soit bloqué par un bus, et malgré les supplications des malchanceux. Un dernier métro part, puis ceux qui sont restés à quai, résignés, quittent les lieux. Le service est fini jusqu'à 18h30, il faut trouver une solution de rechange pour rejoindre la tablée familiale. Les bus à coté se vident, pourtant ce ne sont pas les passagers qui manquent. Mais les chauffeurs comme les autres ont droit à ce repas tant attendu.
Dans les rues, les piétons se font rares, les voitures absentes. Quelques taxis solitaires acceptent à contre coeur les privés de transport. Avenue Habib Bourguiba, les cafetiers sortent les chaises. Puis résonnent les paroles du muezzin, moment de délivrance..
Dans quelques heures, ce vide ne sera qu'un lointain souvenir, les rues seront de nouveau encombrées, les terrasses pleines, les jeunes bras dessus dessous au milieu des arbres ou au pied de la fontaine du 7 novembre.
En attendant, la patience au terminus du métro, l'occasion pour les gens de griller des cigarettes... Il n'est que 18h et pourtant j'ai l'impression qu'il est très tard.
Notes : D'après Wissem, cette ambiance de fête le soir après la rupture du jeûne ne se trouve pas lors des deux premières semaines du mois de ramadan. A 22H, plus un métro, plus un bus, la ville est calme. Par contre, la deuxième quinzaine est celle de la célébration et de l'euphorie. Un mois, deux fois 15 jours, deux atmosphères.
Rue de la medersa El-Slimania, 13h Le monde tourne au ralenti. Les rythmes sont plus lents, les démarches plus faibles. Des hommes se reposent sur les bancs. Il fait chaud, la soif devient intense.
Le ramadan c'est une autre vie, alternance de jour et de nuit, d'excitation et de calme, de partage et de maîtrise de soi. L'heure de la journée dicte le niveau d'ambiance dans les rues, tantôt bruyantes et agitées, tantôt d'un vide trop calme et trop soudain. Pendant le ramadan, le marché est moins matinal. 8h, 9h voire 10h pour trouver le choix et la variété dans les légumes et les fruits, bananes, pommes, raisins, dattes, grenades, lady fingers version tunisienne, tomates, salades. Jaune, rouge, vert. Le soleil de la terre. Fromages frais, épices, pâtes en carré pour la chorba. La viande et le poisson. Têtes peu souriantes accrochées à la porte, thons immenses dans lit de glace. Le marché se rempli, tranquillement, population variée, hommes et femmes. Des enfants vendent des sacs plastiques, ici un vieil homme poussant un chariot hors d'age, là une dame à peine plus âgée, foulard sur la tête, accroupie sur un tabouret, proposant haricots blancs marinés ou pois chiches.
Parenthèse : Dix minutes que j'écris, à coté d'un vieil homme qui m'a fait un peu de place. Pas un mot d'échangé, juste une poignée de main et un magnifique sourire, chéchia rouge sur la tête, regard grave. Une autre poignée de main, très chaleureuse et un au revoir. A t'on besoin de dire plus? Fin de parenthèse
Midi-15h. Heures chaudes, heures de la sieste, heures où quelques magasins seulement sont ouverts. Les hommes sur des chaises à l'ombre dans la médina. Echanger les nouvelles, regarder passer le temps. Puis timidement, lentement, la ville se réveille. Les taxis sont plus nombreux, les hommes ressortent, le marché ferme, mais commencent à s'étaler jouets en plastique, chaussettes et slips, éponges et pinces à linge, tee-shirts et jeans de contrefaçon, et autres objets hétéroclites. Mais surtout, ici et là, sur le porte bagage d'un vélo plein de poussières, ou emmitouflés dans des sacs de voyage, des pains ronds, des baguettes au goût de brioche, des pains blancs ou jaunes, diverses tailles, divers prix. La boulangerie est prise d'assaut, tout comme la crèmerie et les pâtisseries. Des hommes le plus souvent, la femme est à la maison, à préparer la chorba et les bricks. La foule se fait plus dense, les véhicules se frayent un difficile passage, un homme cherche désespérément à vendre un robot moulinex... Sur la place de la mosquée à Ariana, au milieu des drapeaux rouges de l'étoile et du croissant, Ben Ali contemple l'effervescence.
De la mosquée, la récitation mélodique du Coran commence. Signal tant attendu, la foule se disperse, les cartons sont remballés, les grilles de fer baissées à la hâte. En dix minutes les rues se vident, plus une ombre, plus une voiture, plus un bruit. Ville fantôme, silence de mort. Autour de la mosquée, quelques hommes, assis sur des marches ou sur les chaises du restaurant attendent le moment, l'instant de la rupture du jeûne, la fin du carême. Une gorgée d'eau, une bouchée de pain et vite, très vite, la première cigarette, suivie d'une autre puis encore d'une autre. Au restaurant des bols de chorba et des miches de pain sont apparues comme par miracle. Après la prière une longue file d'hommes et d'enfants s'étire de la mosquée. Chacun se réfugie chez soi pour manger en famille. Difficile de réaliser le contraste, seulement 30 minutes pour passer d'une frénésie du dernier achat à un silence désert.
Après le repas, la vie peut réellement commencer, une vague migre vers le centre ville, vers Tunis, pour continuer les emplettes jusqu'au milieu de la nuit, savourer le café et la chicha entre hommes au pied de la mosquée de l'Olivier (Ez Zitouna), profiter de la fraîcheur du soir sur l'avenue Habib Bourguiba. Il faut bien passer le temps jusqu'au prochain repas...
Minuit-1h du matin. Le métro est bondé, mais toujours il y a de la place. A Ariana, les gens se dispersent dans la nuit. Demain est un autre jour de jeûne, la nuit doit permettre de reprendre des forces.
Marché d'Halfaouine, 15h
La fièvre de l'après midi, l'animation autour de tous les étals. Nourriture bien sur, pour le festin du soir. Les dattes sur branche à 2.500 Dt ou celles plus sèches à 900 ou 1.500 Dt. Les olives sauce piquante ou dénoyautées. Les guirlandes de piments rouges séchés au soleil. Les farines, les lentilles, les haricots. Citrouilles, menthe, concombres. Il est ardu de se frayer un passage, entre la dame couverte de blanc qui compte ses pièces et le jeune qui veut vendre ses sacs. Derrière les oranges, des pantalons et vestes d'occasions traînent en vrac. Les hommes fouillent, comparent, estiment la taille. Le pantalon descend jusqu'en bas, la main jusqu'au coude rentre à la taille. Acheté pour 2.000 Dt. Au pied de la mosquée, deux jeunes étalent des tapis pour encore plus de choix de fripes. A coté, deux montres, des vêtements d'enfant, des chaussures. Non loin, salades, peluches, radis dans un concours de rose pâle au rouge. La place continue à se remplir au fur et a mesure que descend le soleil. "Encore deux heures!" dit mon voisin. Téléphones en plastique, sachets de Tang, ballons de baudruche écrits en chinois, figues de barbarie, makroud... L'eau monte à la bouche. Mais "encore deux heures" ! Un mari regarde les culottes blanches à coté de sa femme enceinte. Est-ce pour le bébé ou la mère? Ce spectacle est-il identique tous les jours de l'année ou spécifique à ce mois si particulier?
L'occasion pour tout le monde de faire des affaires, enrichir son compte en banque en vidant sa garde robe, ou remplir les placards sans trop dégarnir la bourse.
Sur cette place, comme dans d'autres endroits de la médina, je me sens dans un village, loin de la capitale, des taxis jaunes, des bus aux horaires imprévisibles, des levi's store de contrefaçon. Ici respire la Tunisie, sous la musique d'un haut parleur, entre fringues défraîchies et légumes de première fraîcheur.
Place de Barcelone, terminus du métro, 17h
Certaines échoppes des souks ont déjà fermé la boutique vers 16h mais les plus patients sont maintenant en train de plier bagages. La rupture du jeûne est prévue pour 17h35, tout le monde se presse donc pour rentrer chez soi. Au métro, acheter le billet en vitesse, avoir de la chance si le bon métro se présente. Le conducteur sympa ouvrira les portes une fois, deux fois, trois fois pour les retardataires. Celui moins sympa de la ligne 2 garde les siennes bien closes, bien qu'il soit bloqué par un bus, et malgré les supplications des malchanceux. Un dernier métro part, puis ceux qui sont restés à quai, résignés, quittent les lieux. Le service est fini jusqu'à 18h30, il faut trouver une solution de rechange pour rejoindre la tablée familiale. Les bus à coté se vident, pourtant ce ne sont pas les passagers qui manquent. Mais les chauffeurs comme les autres ont droit à ce repas tant attendu.
Dans les rues, les piétons se font rares, les voitures absentes. Quelques taxis solitaires acceptent à contre coeur les privés de transport. Avenue Habib Bourguiba, les cafetiers sortent les chaises. Puis résonnent les paroles du muezzin, moment de délivrance..
Dans quelques heures, ce vide ne sera qu'un lointain souvenir, les rues seront de nouveau encombrées, les terrasses pleines, les jeunes bras dessus dessous au milieu des arbres ou au pied de la fontaine du 7 novembre.
En attendant, la patience au terminus du métro, l'occasion pour les gens de griller des cigarettes... Il n'est que 18h et pourtant j'ai l'impression qu'il est très tard.
Notes : D'après Wissem, cette ambiance de fête le soir après la rupture du jeûne ne se trouve pas lors des deux premières semaines du mois de ramadan. A 22H, plus un métro, plus un bus, la ville est calme. Par contre, la deuxième quinzaine est celle de la célébration et de l'euphorie. Un mois, deux fois 15 jours, deux atmosphères.
Ratio homme-femme en Inde
Jaisalmer en avait deja parle sur le forum, le sujet est de nouveau d'actualite malheureusement..
Article trouve sur le site de Liberation de ce jour
A 35 ans, Ishwar Singh a perdu espoir. «C'est trop tard, maintenant, je sais que je ne marierai jamais, lâche-il, blasé, en servant le thé dans sa petite ferme de Mirzapur. Dieu n'a pas voulu me donner d'épouse, je me contenterai d'être un bon oncle.» Paroles étranges dans un pays où le mariage arrangé et la famille restent, avec la religion, les piliers de la société. D'autant plus dans ce petit village de l'Haryana, au nord de l'Inde, une région rurale où le concept de célibat relève de l'hérésie. Depuis quelques années, les bachelors (hommes seuls) y sont pourtant de plus en plus nombreux. Pas par choix, mais parce qu'il n'y a tout simplement plus de femmes à épouser... Conséquence directe de la folie des avortements sélectifs qui déciment les foetus féminins depuis maintenant vingt ans, la région affiche en effet un déséquilibre hommes-femmes dont les conséquences commencent à se faire cruellement sentir. Ici, comme partout en Inde, la priorité pour chaque famille a toujours été d'avoir des garçons. «Dans notre société, le fils hérite des terres et du patronyme, s'occupe de ses parents quand ils sont vieux et allume leur bûcher funéraire», explique Rishipal, le chef du village. Les filles, en revanche, sont vécues comme un fardeau. Il faut payer leur éducation, les soigner, verser leur dot, alors qu'elles sont destinées à rejoindre la famille de leur mari. «Elever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin», résume un vieux dicton. «Foeticide féminin». Dans ce contexte, l'arrivée de l'échographie a fait des ravages. Bien qu'illégale, l'élimination des filles avant la naissance est devenue la norme. Au niveau national, il n'y a plus que 933 femmes pour 1 000 hommes, ce qui signifie que près de 40 millions d'Indiens ne trouveront jamais de partenaire... Une discrimination qui n'a rien à voir avec l'éducation puisque ce sont les Etats les plus riches qui affichent les plus forts déséquilibres, les pauvres n'ayant pas de quoi payer l'échographie puis l'avortement. En Haryana, un Etat prospère mais ultra-patriarcal, le ratio tombe ainsi à 861 pour 1 000. Premier symptôme visible du «foeticide féminin», les célibataires se comptent déjà par dizaines à Mirzapur. On les retrouve à jouer aux cartes, le soir, autour d'une bouteille d'alcool. «Ça fait deux ans que mes parents cherchent, se lamente Ramesh Kumar. Ils ont déjà rencontré sept ou huit familles, mais à chaque fois les parents veulent quelqu'un qui ait des terres, un business ou un emploi de fonctionnaire. En tant que chauffeur de taxi, je n'ai aucune chance.» La multiplication des garçons ayant abouti au morcellement des terres, le critère de la propriété est pour beaucoup rédhibitoire. Le fait d'avoir une soeur, en revanche, peut aider. Une pratique de plus en plus courante consiste en effet à ce qu'un futur marié garantisse en échange que sa cadette épousera un membre de la belle-famille. Un système donnant-donnant qui a toutefois ses limites puisque les soeurs, logiquement, sont rares. Et quand il y en a, elles sont moins nombreuses que les frères, si bien que les petits derniers restent en rade. «Quand on a ni soeur ni terres, trouver une femme est impossible. Le mariage est devenu un luxe», peste Fateh Chand, un libraire qui, à 45 ans, désespère. Pawan Kumar, lui, a plus de chance. A 22 ans et après seulement un an de quête, ses parents lui ont déniché une promise. Ils ont toutefois dû aller la chercher en Himachal Pradesh, un Etat montagneux aux coutumes totalement différentes. Inimaginable à la génération précédente, cette pratique des «épouses importées» est de plus en plus répandue. «C'était soit ça, soit le célibat à vie», explique Rajbir Singh qui, à 34 ans, vient de se marier, lui aussi avec une fille des montagnes. «C'était difficile de s'adapter au début, mais j'ai appris la langue et je commence à bien comprendre la culture locale, affirme l'intéressée, Pinki, 22 ans. Et puis je n'ai pas eu à payer de dot.» Conséquence inattendue, le déséquilibre entre sexes est en effet en train de briser le cou à des pratiques discriminatoires ancestrales. Dans la région de Mirzapur, plus un homme n'ose demander une dot, requête pourtant systématique dans la société indienne, même si elle est officiellement interdite. «Celui qui s'y risque est sûr de ne pas se marier, les familles des femmes sont en position de force», sourit Rishipal. Les mariages intercastes, aussi, ont fait leur apparition, un phénomène que personne n'aurait osé imaginer il y a encore dix ans. Business lucratif. Cette pénurie de femmes aboutit parallèlement à tous les trafics. Dans les régions les plus touchées, des «entremetteurs» ont vite repéré un nouveau business lucratif : contre paiement, ils s'engagent à ramener une épouse, souvent de régions pauvres, voire du Népal ou du Bangladesh. Parfois, la fille est volontaire, mais souvent elle est achetée ou enlevée. Des cas de polyandrie ont aussi été recensés, plusieurs frères se partageant une même femme... «C'est une situation dangereuse, met en garde Rishipal. Tôt ou tard, il y aura une montée en puissance des viols et des trafics. Et puis tous ces hommes sans famille n'ont rien à faire sinon boire, ce n'est pas bon pour la société.» Les mentalités, malheureusement, n'évoluent que lentement. Bien placés pour comprendre qu'il ne faut pas jouer avec la nature, les bachelors de Mirzapur disent d'ailleurs tous vouloir un fils plutôt qu'une fille... «C'est notre culture», tente d'argumenter Pawan Kumar, qui finit par accepter l'idée d'avoir une fille «aussi», car «cela sera utile pour marier son frère»...
A 35 ans, Ishwar Singh a perdu espoir. «C'est trop tard, maintenant, je sais que je ne marierai jamais, lâche-il, blasé, en servant le thé dans sa petite ferme de Mirzapur. Dieu n'a pas voulu me donner d'épouse, je me contenterai d'être un bon oncle.» Paroles étranges dans un pays où le mariage arrangé et la famille restent, avec la religion, les piliers de la société. D'autant plus dans ce petit village de l'Haryana, au nord de l'Inde, une région rurale où le concept de célibat relève de l'hérésie. Depuis quelques années, les bachelors (hommes seuls) y sont pourtant de plus en plus nombreux. Pas par choix, mais parce qu'il n'y a tout simplement plus de femmes à épouser... Conséquence directe de la folie des avortements sélectifs qui déciment les foetus féminins depuis maintenant vingt ans, la région affiche en effet un déséquilibre hommes-femmes dont les conséquences commencent à se faire cruellement sentir. Ici, comme partout en Inde, la priorité pour chaque famille a toujours été d'avoir des garçons. «Dans notre société, le fils hérite des terres et du patronyme, s'occupe de ses parents quand ils sont vieux et allume leur bûcher funéraire», explique Rishipal, le chef du village. Les filles, en revanche, sont vécues comme un fardeau. Il faut payer leur éducation, les soigner, verser leur dot, alors qu'elles sont destinées à rejoindre la famille de leur mari. «Elever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin», résume un vieux dicton. «Foeticide féminin». Dans ce contexte, l'arrivée de l'échographie a fait des ravages. Bien qu'illégale, l'élimination des filles avant la naissance est devenue la norme. Au niveau national, il n'y a plus que 933 femmes pour 1 000 hommes, ce qui signifie que près de 40 millions d'Indiens ne trouveront jamais de partenaire... Une discrimination qui n'a rien à voir avec l'éducation puisque ce sont les Etats les plus riches qui affichent les plus forts déséquilibres, les pauvres n'ayant pas de quoi payer l'échographie puis l'avortement. En Haryana, un Etat prospère mais ultra-patriarcal, le ratio tombe ainsi à 861 pour 1 000. Premier symptôme visible du «foeticide féminin», les célibataires se comptent déjà par dizaines à Mirzapur. On les retrouve à jouer aux cartes, le soir, autour d'une bouteille d'alcool. «Ça fait deux ans que mes parents cherchent, se lamente Ramesh Kumar. Ils ont déjà rencontré sept ou huit familles, mais à chaque fois les parents veulent quelqu'un qui ait des terres, un business ou un emploi de fonctionnaire. En tant que chauffeur de taxi, je n'ai aucune chance.» La multiplication des garçons ayant abouti au morcellement des terres, le critère de la propriété est pour beaucoup rédhibitoire. Le fait d'avoir une soeur, en revanche, peut aider. Une pratique de plus en plus courante consiste en effet à ce qu'un futur marié garantisse en échange que sa cadette épousera un membre de la belle-famille. Un système donnant-donnant qui a toutefois ses limites puisque les soeurs, logiquement, sont rares. Et quand il y en a, elles sont moins nombreuses que les frères, si bien que les petits derniers restent en rade. «Quand on a ni soeur ni terres, trouver une femme est impossible. Le mariage est devenu un luxe», peste Fateh Chand, un libraire qui, à 45 ans, désespère. Pawan Kumar, lui, a plus de chance. A 22 ans et après seulement un an de quête, ses parents lui ont déniché une promise. Ils ont toutefois dû aller la chercher en Himachal Pradesh, un Etat montagneux aux coutumes totalement différentes. Inimaginable à la génération précédente, cette pratique des «épouses importées» est de plus en plus répandue. «C'était soit ça, soit le célibat à vie», explique Rajbir Singh qui, à 34 ans, vient de se marier, lui aussi avec une fille des montagnes. «C'était difficile de s'adapter au début, mais j'ai appris la langue et je commence à bien comprendre la culture locale, affirme l'intéressée, Pinki, 22 ans. Et puis je n'ai pas eu à payer de dot.» Conséquence inattendue, le déséquilibre entre sexes est en effet en train de briser le cou à des pratiques discriminatoires ancestrales. Dans la région de Mirzapur, plus un homme n'ose demander une dot, requête pourtant systématique dans la société indienne, même si elle est officiellement interdite. «Celui qui s'y risque est sûr de ne pas se marier, les familles des femmes sont en position de force», sourit Rishipal. Les mariages intercastes, aussi, ont fait leur apparition, un phénomène que personne n'aurait osé imaginer il y a encore dix ans. Business lucratif. Cette pénurie de femmes aboutit parallèlement à tous les trafics. Dans les régions les plus touchées, des «entremetteurs» ont vite repéré un nouveau business lucratif : contre paiement, ils s'engagent à ramener une épouse, souvent de régions pauvres, voire du Népal ou du Bangladesh. Parfois, la fille est volontaire, mais souvent elle est achetée ou enlevée. Des cas de polyandrie ont aussi été recensés, plusieurs frères se partageant une même femme... «C'est une situation dangereuse, met en garde Rishipal. Tôt ou tard, il y aura une montée en puissance des viols et des trafics. Et puis tous ces hommes sans famille n'ont rien à faire sinon boire, ce n'est pas bon pour la société.» Les mentalités, malheureusement, n'évoluent que lentement. Bien placés pour comprendre qu'il ne faut pas jouer avec la nature, les bachelors de Mirzapur disent d'ailleurs tous vouloir un fils plutôt qu'une fille... «C'est notre culture», tente d'argumenter Pawan Kumar, qui finit par accepter l'idée d'avoir une fille «aussi», car «cela sera utile pour marier son frère»...
National Geographic special Inde
Pour tous les amoureux de ce pays et les autres, au sommaire du National Geographic France de mars 2004
Bollywood, avec Shah Rukh Khan, Preity Zinta, Amitabh Bachchan, Aishwarya Rai et tous les autres...
Indes a Paris, les quartiers, les gens, les parfums, les epices. On arrive presque a voir Nawal sur la photo de la fete parisienne de Ganesh ! 😉
Discrimination : 43 millions de femmes manquantes. Les dots, les avortements, etc.. Pour approfondir un debat qui a deja eu lieu sur le forum..
Bonne lecture !
Douya
Bonne lecture !
Douya
Une journée de la femme Dogon
Deux créatures se lèvent avec le soleil ; l’âne qui paisiblement et bruyamment va commencer sa journée en broutant dans les champs, et la femme.
Le petit dernier ficelé dans le dos, elle commence par la corvée du puit. Laisser filer la corde sans la lâcher, la tirer à plusieurs en un rythme soutenu, remplir les bassines bicolores, tout en papotant avec les voisines de cordée pour prendre des nouvelles de chacun. S’ensuit une série d’allers-retours entre la case en banco et le puit, seau lourdement chargé sur la tête, petit toujours dans le dos, l’allure fière malgré le poids et sans jamais se plaindre. Dans la plaine, le soleil prend son envol, et résonnent les sons magiques « Salawe, salawe, a la pia le, a la pia le » « aaahhh, mhhhh ».
Le matin, la femme réchauffe les restes du dîner de la veille, mais déjà il faut songer au repas du midi. Un autre voyage se prépare, les épis de mil sur la tête, le pilon à la main, jusqu’à l’aire de battage la plus proche. A deux ou trois, en cadence bien synchronisée, elles pilent encore et encore, pour écraser les épis et en extraire les grains. Le pilon est lourd, la femme change de bras, droit, gauche, des deux mains, lâche le pilon et frappe des mains entre chaque butée, s’accorde une petite pause et continue, se penche et se relève, inlassablement. La plaine bat en rythme, bam, bam, bam, bruit sourd, qui, au loin, est freiné par les falaises de Digny. Le bébé, bercé par la musique du bois contre le bois et le balancement de sa mère, s’endort, la tête bien calée sur le dos chaud et protecteur. La femme sépare le mil des débris avec l’aide du vent, en transvasant de calebasse en calebasse ce qu’elle vient juste d’écraser.
De retour chez elle, elle va moudre les grains en les frottant pierre contre pierre pour obtenir de la farine de mil. Le petit enfin libéré, déambule les fesses à l’air parmi les marmites, les poules, le bois et les autres enfants de tous ages. Le tô vite avalé, la vaisselle faite, la femme profite d’un peu de temps libre pour s’occuper de son champ. A l’heure où l’on voudrait faire la sieste, toujours accompagnée du petit dernier, elle va entretenir et récolter mil, arachides ou dâ pour son usage personnel, soit qu’elle vendra au marché, soit qu’elle partagera avec sa famille lors du prochain repas. Repas qu’il faut déjà songer à préparer, si il reste encore du mil pilé, repas chauffé avec le bois sec rapporté par les enfants lors de leurs escapades ludiques dans les environs. Avec le soir, le retour au puit, le moment approprié pour faire la lessive, savonner de haut en bas tous les enfants et remplir les canaris de cette eau puisée à 70 m de profondeur. Sur le point de se coucher, elle songe à la journée de demain, identique à celle d’aujourd’hui, pareille à celle d’hier. L’âne a lui aussi fini ses taches de la journée : tirer la charrette pour rapporter le mil des champs ou transporter les marchandises au marché de Doundé. Le soleil se couche et se lève la lune. Dans le ciel immense, couvrant le calme de la brousse, Persée, Andromède, Orion, les Gémeaux, le poisson austral et toutes les autres étoiles, surveillent le sommeil des hommes et des bêtes de ce village Dogon, petit coin de vie, petit coin de bonheur.
Le petit dernier ficelé dans le dos, elle commence par la corvée du puit. Laisser filer la corde sans la lâcher, la tirer à plusieurs en un rythme soutenu, remplir les bassines bicolores, tout en papotant avec les voisines de cordée pour prendre des nouvelles de chacun. S’ensuit une série d’allers-retours entre la case en banco et le puit, seau lourdement chargé sur la tête, petit toujours dans le dos, l’allure fière malgré le poids et sans jamais se plaindre. Dans la plaine, le soleil prend son envol, et résonnent les sons magiques « Salawe, salawe, a la pia le, a la pia le » « aaahhh, mhhhh ».
Le matin, la femme réchauffe les restes du dîner de la veille, mais déjà il faut songer au repas du midi. Un autre voyage se prépare, les épis de mil sur la tête, le pilon à la main, jusqu’à l’aire de battage la plus proche. A deux ou trois, en cadence bien synchronisée, elles pilent encore et encore, pour écraser les épis et en extraire les grains. Le pilon est lourd, la femme change de bras, droit, gauche, des deux mains, lâche le pilon et frappe des mains entre chaque butée, s’accorde une petite pause et continue, se penche et se relève, inlassablement. La plaine bat en rythme, bam, bam, bam, bruit sourd, qui, au loin, est freiné par les falaises de Digny. Le bébé, bercé par la musique du bois contre le bois et le balancement de sa mère, s’endort, la tête bien calée sur le dos chaud et protecteur. La femme sépare le mil des débris avec l’aide du vent, en transvasant de calebasse en calebasse ce qu’elle vient juste d’écraser.
De retour chez elle, elle va moudre les grains en les frottant pierre contre pierre pour obtenir de la farine de mil. Le petit enfin libéré, déambule les fesses à l’air parmi les marmites, les poules, le bois et les autres enfants de tous ages. Le tô vite avalé, la vaisselle faite, la femme profite d’un peu de temps libre pour s’occuper de son champ. A l’heure où l’on voudrait faire la sieste, toujours accompagnée du petit dernier, elle va entretenir et récolter mil, arachides ou dâ pour son usage personnel, soit qu’elle vendra au marché, soit qu’elle partagera avec sa famille lors du prochain repas. Repas qu’il faut déjà songer à préparer, si il reste encore du mil pilé, repas chauffé avec le bois sec rapporté par les enfants lors de leurs escapades ludiques dans les environs. Avec le soir, le retour au puit, le moment approprié pour faire la lessive, savonner de haut en bas tous les enfants et remplir les canaris de cette eau puisée à 70 m de profondeur. Sur le point de se coucher, elle songe à la journée de demain, identique à celle d’aujourd’hui, pareille à celle d’hier. L’âne a lui aussi fini ses taches de la journée : tirer la charrette pour rapporter le mil des champs ou transporter les marchandises au marché de Doundé. Le soleil se couche et se lève la lune. Dans le ciel immense, couvrant le calme de la brousse, Persée, Andromède, Orion, les Gémeaux, le poisson austral et toutes les autres étoiles, surveillent le sommeil des hommes et des bêtes de ce village Dogon, petit coin de vie, petit coin de bonheur.Oktoberfest... à Antibes
Incroyable mais vrai, la celebre fete munichoise s'exporte sur les rives de la French Riviera.
Bierre, choucroute et autres patisseries sont a l'honneur ce week-end a Antibes a partir de vendredi soir.
Tout est la : http://www.antibesjuanlespins.com/fr/manifestations/Sans%20titre-3.pdf
Bierre, choucroute et autres patisseries sont a l'honneur ce week-end a Antibes a partir de vendredi soir.
Tout est la : http://www.antibesjuanlespins.com/fr/manifestations/Sans%20titre-3.pdf
Un recit a 20 000 mains
Pour fêter la réussite de VF et réunir les innombrables talents des voyageurs-écrivains-croqueurs-peintres-poètes, je propose d’imaginer les déambulations d'un voyageur de part le monde. Ce héros, en l'honneur de notre gourou spirituel, on pourrait le nommer SoiFranc ("soit beau, soit fort, soit grand", disait sa maman pendant toute son enfance, sans imaginer que, un jour son fils adoré entre tous ses fils créerait une drogue virtuelle et révolutionnaire sans antidote connu à ce jour et qui serait à l'origine d'échanges réels extraordinaires, de projets fous et même de vrais mariages d'amour!).
Notre SoiFranc a toute la vie devant lui, les yeux, les narines et oreille grands ouverts, une soif inepanchable de connaissances, mais malheureusement pas la capacité de se téléporter de Samarkand à Teotihuacan en un claquement de doigt ou un cliquement de souris.
Je commence le récit à Montréal, à vous de le continuer vers l'est ou l'ouest, le nord ou le sud, au grés de vos expériences, vos envies, vos impulsions. Tous les moyens et les styles sont permis, voyons jusqu’où nous sommes capable de transporter notre héros international.
Ca y est ! Apres des mois d'hésitations, de renoncements, de oui-mais-non, SoiFranc a enfin donne sa démission a son patron. Un soulagement énorme, un bonheur indescriptible, et toute la vie devant lui pour découvrir le vaste monde et voir si l'herbe est plus verte chez le voisin.
Bercé depuis si longtemps de récits de voyages, des grands noms d'hier et d'aujourd'hui, des Nicolas, Ella, Théodore, Jack, Sylvain, Priscilla et tant et tant d'autres. Gavé d'images télévisées époustouflantes, de reportages de National Geographic inoubliables. Le grand pas est fait ! A lui de mettre le pied là où sa main n’est pas encore allée !
Passeport, vaccins, argent, tout est en règle. Le sac est un dilemme. Valise ou sac à dos ? 50 litres ou 10 kilos ? 5 pantalons ou seulement 1 short ? Vêtements chauds ou froids ? Apres moult réflexions, qu’à cela ne tienne, prenons que le strict nécessaire, on trouve de tout au bazar de Gao ou sur les plages de Goa. Carnets pour coucher des mots, appareil photo pour immortaliser des sourires, SoiFranc est enfin prêt pour le grand voyage.
Un dernier coucher et lever de soleil sur le Mont Royal pour embrasser du regard sa chère patrie…
Et l’aventure, enfin, commence, au pied de la porte, le premier pas, celui qui conduira a tant d’autres. Abandonner tous les réflexes de l’homo modernus, plus de voiture, il faut recourir aux merveilles des transports en commun.
On the road !
Gare routière, devant l’immense panneau d’affichage. SoiFranc n’a aucun itinéraire tracé, il veut voyager au gré des vents et des courants, se laisser porter par son instinct et les rencontres, le meilleur des guides.
Dans 5 minutes, 2 bus. L’un va vers l’ouest, l’autre vers l’est.
Pile ou face ?
….
Notre SoiFranc a toute la vie devant lui, les yeux, les narines et oreille grands ouverts, une soif inepanchable de connaissances, mais malheureusement pas la capacité de se téléporter de Samarkand à Teotihuacan en un claquement de doigt ou un cliquement de souris.
Je commence le récit à Montréal, à vous de le continuer vers l'est ou l'ouest, le nord ou le sud, au grés de vos expériences, vos envies, vos impulsions. Tous les moyens et les styles sont permis, voyons jusqu’où nous sommes capable de transporter notre héros international.
Ca y est ! Apres des mois d'hésitations, de renoncements, de oui-mais-non, SoiFranc a enfin donne sa démission a son patron. Un soulagement énorme, un bonheur indescriptible, et toute la vie devant lui pour découvrir le vaste monde et voir si l'herbe est plus verte chez le voisin.
Bercé depuis si longtemps de récits de voyages, des grands noms d'hier et d'aujourd'hui, des Nicolas, Ella, Théodore, Jack, Sylvain, Priscilla et tant et tant d'autres. Gavé d'images télévisées époustouflantes, de reportages de National Geographic inoubliables. Le grand pas est fait ! A lui de mettre le pied là où sa main n’est pas encore allée !
Passeport, vaccins, argent, tout est en règle. Le sac est un dilemme. Valise ou sac à dos ? 50 litres ou 10 kilos ? 5 pantalons ou seulement 1 short ? Vêtements chauds ou froids ? Apres moult réflexions, qu’à cela ne tienne, prenons que le strict nécessaire, on trouve de tout au bazar de Gao ou sur les plages de Goa. Carnets pour coucher des mots, appareil photo pour immortaliser des sourires, SoiFranc est enfin prêt pour le grand voyage.
Un dernier coucher et lever de soleil sur le Mont Royal pour embrasser du regard sa chère patrie…
Et l’aventure, enfin, commence, au pied de la porte, le premier pas, celui qui conduira a tant d’autres. Abandonner tous les réflexes de l’homo modernus, plus de voiture, il faut recourir aux merveilles des transports en commun.
On the road !
Gare routière, devant l’immense panneau d’affichage. SoiFranc n’a aucun itinéraire tracé, il veut voyager au gré des vents et des courants, se laisser porter par son instinct et les rencontres, le meilleur des guides.
Dans 5 minutes, 2 bus. L’un va vers l’ouest, l’autre vers l’est.
Pile ou face ?
….
Aéroports...
Sur le tarmac, des gros avions, des plus petits, des escaliers, des bagages, des gens et des voyages par l'imagination. Thai, Malaysian Airways, China Airline, Aer Lingus, Ariana Afghan... Des noms qu'on associe a des destinations mythiques, connues ou pas encore decouvertes, qui nous attirent a la folie ou nous laissent indifferents.
Transit, couloirs d'embarquement. Le voyage continue, toujours par les mots, sur les ecrans, sur les billets des voyageurs, sur les etiquettes des sacs. Des noms encore plus etranges et inconnus, ou les placer sur une mappemonde? Almaty, Varna, Nador, Accra, Kazan…
Le voyage encore, par les peuples du monde, jeunes japonais en vadrouille, imposantes familles indiennes, tribus de chinois, opulence des americains.
Je ne fais que un Nice-Frankfort-Dusseldorf, mais j'ai l'impression de faire un tour du monde...
Transit, couloirs d'embarquement. Le voyage continue, toujours par les mots, sur les ecrans, sur les billets des voyageurs, sur les etiquettes des sacs. Des noms encore plus etranges et inconnus, ou les placer sur une mappemonde? Almaty, Varna, Nador, Accra, Kazan…
Le voyage encore, par les peuples du monde, jeunes japonais en vadrouille, imposantes familles indiennes, tribus de chinois, opulence des americains.
Je ne fais que un Nice-Frankfort-Dusseldorf, mais j'ai l'impression de faire un tour du monde...
Sagesse indienne
Petit passage de "Holy Cow" de Sarah McDonald
Nous les indiens, nous regardons les gens plus pauvres, qui ont une vie plus difficile et plus misereuse que la notre et nous remercions Dieu de ne pas etre parmis eux. Ainsi nous sommes heureux.
Mais vous, hommes blancs, vous regardez les gens au dessus de vous tout le temps et vous pensez "pourquoi ne suis-je pas a leur place, pourquoi n'ai-je pas autant d'argent et de choses?" Ainsi vous etes tout le temps malheureux
Avant, je jalousais tous ceux qui partent, qui vont partir, ou qui sont revenus, ceux qui vont loin, ceux qui vont longtemps, ceux qui ne reviennent pas, ceux qui habitent ailleurs...
Maintenant, je mesure la chance que j'ai de faire des voyages, si court soient-ils, je mesure la chance de pouvoir voyager autrement grace a mon travail, je mesure la chance de m'evader tous les jours par procuration sur ce forum et de discutter avec des passionnes de voyage.
Je mesure ma chance, et je pense a tous ceux qui ne sont jamais partis.
Nous les indiens, nous regardons les gens plus pauvres, qui ont une vie plus difficile et plus misereuse que la notre et nous remercions Dieu de ne pas etre parmis eux. Ainsi nous sommes heureux.
Mais vous, hommes blancs, vous regardez les gens au dessus de vous tout le temps et vous pensez "pourquoi ne suis-je pas a leur place, pourquoi n'ai-je pas autant d'argent et de choses?" Ainsi vous etes tout le temps malheureux
Avant, je jalousais tous ceux qui partent, qui vont partir, ou qui sont revenus, ceux qui vont loin, ceux qui vont longtemps, ceux qui ne reviennent pas, ceux qui habitent ailleurs...
Maintenant, je mesure la chance que j'ai de faire des voyages, si court soient-ils, je mesure la chance de pouvoir voyager autrement grace a mon travail, je mesure la chance de m'evader tous les jours par procuration sur ce forum et de discutter avec des passionnes de voyage.
Je mesure ma chance, et je pense a tous ceux qui ne sont jamais partis.
Cheveux indiens et perruques juives
Vu dans courier international (version electronique). Je le partage avec vous car j'ai asssiste a une de ces coupe de cheveux et vu pendant 2 jours plus de cranes rases que de chevelus a Tirumala (Andrah Pradesh).--
Il y a quelques semaines, un rabbin londonien s'est envolé pour l'Inde pour une mission des plus inhabituelles. Sa destination ? Un temple hindou de la région de Madras où trône un imposant Vishnou, la divinité aux quatre bras qui a pour rôle de préserver l'Univers. Le temple accueille pas moins de 10 000 visiteurs par semaine, et il faut s'inscrire sur une liste d'attente de onze ans pour assister à sa très sainte cérémonie du vendredi après-midi ! L'acte de dévotion le plus couramment pratiqué dans ce temple consiste à sacrifier ses cheveux. Quelque 600 coiffeurs s'y relaient nuit et jour pour couper les cheveux des pèlerins qui souhaitent offrir leur belle chevelure au dieu afin de le remercier ou de lui rendre hommage. Le rabbin Ahron Dovid Dunner a observé attentivement les coiffeurs sectionner les longues chevelures des femmes et des hommes, destinées à être vendues aux acheteurs étrangers. Accompagné d'un interprète, il a interrogé les coiffeurs, les donateurs et les guides du temple, a pris moult notes et rédigé son rapport - qui a précipité un commerce international florissant dans le chaos le plus complet.
Chez les juifs orthodoxes, un code de modestie interdit aux femmes mariées de montrer leurs cheveux en public. Selon la tradition rabbinique, en effet, la chevelure d'une femme est sa "plus grande fierté" et doit donc être couverte en dehors du foyer conjugal. Toutefois, les interprétations varient. Certaines se contentent de porter un couvre-chef à la synagogue. D'autres couvrent leurs têtes lorsqu'elles sont en compagnie, à l'aide d'un foulard appelé tichel. D'autres encore font couper court leurs cheveux, tandis que les plus extrémistes se rasent entièrement le crâne. La majorité d'entre elles, cependant, portent une perruque, qu'on appelle sheitel. Une perruque synthétique coûte environ 300 euros, un prix qui peut facilement dépasser les 1 500 euros pour une perruque de cheveux naturels. Tout a commencé il y a un peu plus d'un mois, lorsque plusieurs rabbins israéliens ont appris que la plupart des perruques de cheveux naturels importées d'Europe pour leurs femmes étaient faites de cheveux indiens. C'est évidemment un grave problème, car les juifs croient en l'existence d'un Dieu unique, tandis que l'hindouisme est une religion polythéiste, et de ce fait condamnée par la loi religieuse juive pour son culte des idoles. Le rabbin Elyashiv a donc téléphoné au rabbin Dunner, à Londres, pour lui demander de se rendre en Inde, histoire de tirer l'affaire au clair. "Il a découvert que ces cheveux sont effectivement offerts en sacrifice à un dieu qu'il faut considérer comme païen, selon les critères des textes rabbiniques", commente le rabbin Pini Dunner, neveu dudit émissaire, en charge de la synagogue Saatchi de Tottenham, dans le nord de Londres. Vishnou est l'une des nombreuses divinités du panthéon hindou ; un dieu, qui plus est, doté de mille noms et de dix avatars. On ne saurait donc en aucun cas l'assimiler au dieu unique du judaïsme. Les juives qui portent des perruques fabriquées à partir de cheveux coupés en son honneur vont donc à l'encontre de la Torah, qui interdit le culte des idoles. En d'autres termes, de telles perruques ne sont absolument pas casher. "La question est de savoir si tous les cheveux en provenance d'Inde ont été coupés lors de ces cérémonies", poursuit Pini Dunner. Autant dire qu'il s'agit d'une mission impossible. "D'après la loi rabbinique, en cas d'incertitude, on accorde le bénéfice du doute. Mais quand il s'agit d'une interdiction de la Torah, la loi veut qu'en cas de doute on s'abstienne." Le rabbin Elyashiv a donc décrété que les perruques de cheveux indiens n'étaient pas casher. Le rabbin Ahron Dovid Dunner, quant à lui, est allé encore plus loin : puisque les fabricants utilisent souvent des cheveux indiens pour leurs perruques "made in Europe", il faut bannir les perruques de cheveux naturels jusqu'à ce que leur origine soit clairement établie. Résultat : ces annonces ont suscité une véritable débandade. En rentrant de la synagogue, les hommes ont demandé à leurs épouses d'où venaient leurs perruques. Un vent de panique a parcouru le monde, d'Israël à New York, en passant par l'Inde, Toronto et Londres. Depuis, le commerce international de la perruque s'est enfoncé dans la crise, les juifs orthodoxes constituant une part importante du marché - notamment pour les produits haut de gamme. A New York, il n'est pas rare, en effet, que les femmes ultraorthodoxes déboursent quelque 3 000 dollars pour une perruque. Le marché de la perruque auprès des haredim américains est estimé à 60 millions de dollars [50 millions d'euros environ] par an. Au Royaume-Uni, on estime à 10 000 environ le nombre d'ultraorthodoxes porteuses de perruques. Tout ce petit monde a été pris de panique. Les magasins ont été assiégés par des clientes affolées voulant connaître l'origine de leur perruque. Beaucoup ont refusé d'écouter les propos rassurants des vendeurs. "Peut-on croire un marchand de perruques ?" est devenu la nouvelle rengaine des orthodoxes. En Israël, des propriétaires de perruque en colère ont exigé que les marchands de perruques faites à partir de cheveux indiens soient jugés par un tribunal religieux. Dans la ville de Bnei Brak, les habitants ont même dressé des bûchers pour brûler leurs perruques indiennes. "Mon Dieu, mais quelle est donc cette odeur épouvantable ?", s'est écriée une habitante du quartier, redoutant une attaque terroriste. Toute la communauté orthodoxe, cependant, n'a pas cédé à l'affolement. Aux Etats-Unis, le rabbin Yisroel Belsky, une sommité en matière de loi juive, a provisoirement accepté le décret du rabbin Elyashiv en attendant de proposer sa propre interprétation. Tout dépend, selon lui, de l'état d'esprit des coiffeurs et des fidèles hindous au moment de leurs offrandes. Celui-ci pourrait permettre, en effet, de déterminer s'il s'agit ou non d'actes idolâtres. La seule chance d'éviter une interdiction définitive
Il y a quelques semaines, un rabbin londonien s'est envolé pour l'Inde pour une mission des plus inhabituelles. Sa destination ? Un temple hindou de la région de Madras où trône un imposant Vishnou, la divinité aux quatre bras qui a pour rôle de préserver l'Univers. Le temple accueille pas moins de 10 000 visiteurs par semaine, et il faut s'inscrire sur une liste d'attente de onze ans pour assister à sa très sainte cérémonie du vendredi après-midi ! L'acte de dévotion le plus couramment pratiqué dans ce temple consiste à sacrifier ses cheveux. Quelque 600 coiffeurs s'y relaient nuit et jour pour couper les cheveux des pèlerins qui souhaitent offrir leur belle chevelure au dieu afin de le remercier ou de lui rendre hommage. Le rabbin Ahron Dovid Dunner a observé attentivement les coiffeurs sectionner les longues chevelures des femmes et des hommes, destinées à être vendues aux acheteurs étrangers. Accompagné d'un interprète, il a interrogé les coiffeurs, les donateurs et les guides du temple, a pris moult notes et rédigé son rapport - qui a précipité un commerce international florissant dans le chaos le plus complet.
Chez les juifs orthodoxes, un code de modestie interdit aux femmes mariées de montrer leurs cheveux en public. Selon la tradition rabbinique, en effet, la chevelure d'une femme est sa "plus grande fierté" et doit donc être couverte en dehors du foyer conjugal. Toutefois, les interprétations varient. Certaines se contentent de porter un couvre-chef à la synagogue. D'autres couvrent leurs têtes lorsqu'elles sont en compagnie, à l'aide d'un foulard appelé tichel. D'autres encore font couper court leurs cheveux, tandis que les plus extrémistes se rasent entièrement le crâne. La majorité d'entre elles, cependant, portent une perruque, qu'on appelle sheitel. Une perruque synthétique coûte environ 300 euros, un prix qui peut facilement dépasser les 1 500 euros pour une perruque de cheveux naturels. Tout a commencé il y a un peu plus d'un mois, lorsque plusieurs rabbins israéliens ont appris que la plupart des perruques de cheveux naturels importées d'Europe pour leurs femmes étaient faites de cheveux indiens. C'est évidemment un grave problème, car les juifs croient en l'existence d'un Dieu unique, tandis que l'hindouisme est une religion polythéiste, et de ce fait condamnée par la loi religieuse juive pour son culte des idoles. Le rabbin Elyashiv a donc téléphoné au rabbin Dunner, à Londres, pour lui demander de se rendre en Inde, histoire de tirer l'affaire au clair. "Il a découvert que ces cheveux sont effectivement offerts en sacrifice à un dieu qu'il faut considérer comme païen, selon les critères des textes rabbiniques", commente le rabbin Pini Dunner, neveu dudit émissaire, en charge de la synagogue Saatchi de Tottenham, dans le nord de Londres. Vishnou est l'une des nombreuses divinités du panthéon hindou ; un dieu, qui plus est, doté de mille noms et de dix avatars. On ne saurait donc en aucun cas l'assimiler au dieu unique du judaïsme. Les juives qui portent des perruques fabriquées à partir de cheveux coupés en son honneur vont donc à l'encontre de la Torah, qui interdit le culte des idoles. En d'autres termes, de telles perruques ne sont absolument pas casher. "La question est de savoir si tous les cheveux en provenance d'Inde ont été coupés lors de ces cérémonies", poursuit Pini Dunner. Autant dire qu'il s'agit d'une mission impossible. "D'après la loi rabbinique, en cas d'incertitude, on accorde le bénéfice du doute. Mais quand il s'agit d'une interdiction de la Torah, la loi veut qu'en cas de doute on s'abstienne." Le rabbin Elyashiv a donc décrété que les perruques de cheveux indiens n'étaient pas casher. Le rabbin Ahron Dovid Dunner, quant à lui, est allé encore plus loin : puisque les fabricants utilisent souvent des cheveux indiens pour leurs perruques "made in Europe", il faut bannir les perruques de cheveux naturels jusqu'à ce que leur origine soit clairement établie. Résultat : ces annonces ont suscité une véritable débandade. En rentrant de la synagogue, les hommes ont demandé à leurs épouses d'où venaient leurs perruques. Un vent de panique a parcouru le monde, d'Israël à New York, en passant par l'Inde, Toronto et Londres. Depuis, le commerce international de la perruque s'est enfoncé dans la crise, les juifs orthodoxes constituant une part importante du marché - notamment pour les produits haut de gamme. A New York, il n'est pas rare, en effet, que les femmes ultraorthodoxes déboursent quelque 3 000 dollars pour une perruque. Le marché de la perruque auprès des haredim américains est estimé à 60 millions de dollars [50 millions d'euros environ] par an. Au Royaume-Uni, on estime à 10 000 environ le nombre d'ultraorthodoxes porteuses de perruques. Tout ce petit monde a été pris de panique. Les magasins ont été assiégés par des clientes affolées voulant connaître l'origine de leur perruque. Beaucoup ont refusé d'écouter les propos rassurants des vendeurs. "Peut-on croire un marchand de perruques ?" est devenu la nouvelle rengaine des orthodoxes. En Israël, des propriétaires de perruque en colère ont exigé que les marchands de perruques faites à partir de cheveux indiens soient jugés par un tribunal religieux. Dans la ville de Bnei Brak, les habitants ont même dressé des bûchers pour brûler leurs perruques indiennes. "Mon Dieu, mais quelle est donc cette odeur épouvantable ?", s'est écriée une habitante du quartier, redoutant une attaque terroriste. Toute la communauté orthodoxe, cependant, n'a pas cédé à l'affolement. Aux Etats-Unis, le rabbin Yisroel Belsky, une sommité en matière de loi juive, a provisoirement accepté le décret du rabbin Elyashiv en attendant de proposer sa propre interprétation. Tout dépend, selon lui, de l'état d'esprit des coiffeurs et des fidèles hindous au moment de leurs offrandes. Celui-ci pourrait permettre, en effet, de déterminer s'il s'agit ou non d'actes idolâtres. La seule chance d'éviter une interdiction définitive
Chroniques indiennes
Si ca vous interesse, je vais vous raconter de temps en temps un peu de l’Inde, pas celle des voyages mais celle que je vis tous les jours, pour vous transporter ailleurs le temps de quelques minutes.
Chapitre 1 : Monsoon wedding (un super film de Mira Nair decouvert en France. J’ai donc achete le DVD ici.. bon malheureusement c’est en hindi sous-titre hindi. Heureusement que sur la pochette il etait precise hindi sous-titre anglais !)
Hier soir j’avais un diner (succulent jugez du peu : spinach shorba, murg tikka, paneer butter masala et roti !) avec mes collegues et leur familles.
Curieuse comme tout (et gaffeuse aussi des fois !), j’ai demande au collegue avec qui je bosse le plus quand et ou il a rencontre sa femme.
« je ne l’ai pas rencontre, je l’ai connue a mon mariage ! »
et oui, le cliche des mariages arranges est encore vrai.
J’ai fait un petit sondage discret : sur environ 20 personnes dans l’equipe, au max 5 sont des mariages d’amour…
Quand le jeune homme atteint 26-28 ans (l’age moyen pour la femme est 23-24 ans), la famille commence a chercher la femme a qui le lier. On fait appel aux connaissances et connaissances de connaissances. Les familles regardent la situation sociale du futur epoux, son metier et surtout les membres de la famille. En effet les 2 familles (parents, grands parents, oncles et toutes les descendances) vont passer beaucoup de temps ensemble, il faut donc des atomes crochus !
Mon chef indien, lui a rencontre sa femme 30 minutes avant le mariage. Ils ont discute de leur vision de la vie a deux, de l’education des enfants et comme ils etaient d’accord, hop, en route pour la ceremonie !
Bref quand je dis que en France les couples restent souvent 2-3 ans ensemble avant de se marier (quand ils se marient), ca les surprend plus qu'un peu !!!
« un couple peut-il vivre sans etre marie ? »
« oui ca arrive, mais il se cache ! » ... !
Les mariages arranges sont donc encore beaucoup a la mode en Inde, un peu moins dans les grandes villes plus « occidentalisees » que dans les campagnes profondes. Souvent aussi, les epoux sont encore plus jeunes quand ils sont maries d’office (j’ai vu dans le journal des epoux de 14-16 ans !)
Un mariage d’amour cette fois ci, un autre collegue. Il est de la caste des brahmanes, sa femme d’une caste inferieure. Il a du batailler 2 ans (!) avant de reussir a convaincre ses parents et avoir l’autorisation de se marier.
Faut savoir etre patient ! Et encore ca ne marche pas a tous les coup. Mais les castes c’est une autre histoire et encore un vaste debat !...
Je comprends donc mieux pourquoi quand on me demande (en VO, c’est plus authentique !):
« are you married ? »
« no »
« how old are you ? »
« 27 »
« what, 27 and not married ! »...
Et la mousson dans tout ca? Ben c’est de pire en pire. Pleut toujours les jours ou j’ai mes tongs et jamais les jours ou j’ai mon kway ! Allez comprendre ! En tout cas, c’est « rigolo » (enfin quand on est au sec) de voir ces rivieres prendre naissance au milieu de la route, tous ces gens avec des sacs plastique en guise de chapeau, les marchandes proteger leurs colliers de fleurs avec un parapluie troue… Bref la mousson, c’est une periode tant attendue, mais aussi un peu cocase a vivre (et je ne parle par des morts a cause des arbres qui s’ecrasent sur les auto-rickshaws, c’est malheureusement encore arrive la semaine derniere…)
Chapitre 1 : Monsoon wedding (un super film de Mira Nair decouvert en France. J’ai donc achete le DVD ici.. bon malheureusement c’est en hindi sous-titre hindi. Heureusement que sur la pochette il etait precise hindi sous-titre anglais !)
Hier soir j’avais un diner (succulent jugez du peu : spinach shorba, murg tikka, paneer butter masala et roti !) avec mes collegues et leur familles.
Curieuse comme tout (et gaffeuse aussi des fois !), j’ai demande au collegue avec qui je bosse le plus quand et ou il a rencontre sa femme.
« je ne l’ai pas rencontre, je l’ai connue a mon mariage ! »
et oui, le cliche des mariages arranges est encore vrai.
J’ai fait un petit sondage discret : sur environ 20 personnes dans l’equipe, au max 5 sont des mariages d’amour…
Quand le jeune homme atteint 26-28 ans (l’age moyen pour la femme est 23-24 ans), la famille commence a chercher la femme a qui le lier. On fait appel aux connaissances et connaissances de connaissances. Les familles regardent la situation sociale du futur epoux, son metier et surtout les membres de la famille. En effet les 2 familles (parents, grands parents, oncles et toutes les descendances) vont passer beaucoup de temps ensemble, il faut donc des atomes crochus !
Mon chef indien, lui a rencontre sa femme 30 minutes avant le mariage. Ils ont discute de leur vision de la vie a deux, de l’education des enfants et comme ils etaient d’accord, hop, en route pour la ceremonie !
Bref quand je dis que en France les couples restent souvent 2-3 ans ensemble avant de se marier (quand ils se marient), ca les surprend plus qu'un peu !!!
« un couple peut-il vivre sans etre marie ? »
« oui ca arrive, mais il se cache ! » ... !
Les mariages arranges sont donc encore beaucoup a la mode en Inde, un peu moins dans les grandes villes plus « occidentalisees » que dans les campagnes profondes. Souvent aussi, les epoux sont encore plus jeunes quand ils sont maries d’office (j’ai vu dans le journal des epoux de 14-16 ans !)
Un mariage d’amour cette fois ci, un autre collegue. Il est de la caste des brahmanes, sa femme d’une caste inferieure. Il a du batailler 2 ans (!) avant de reussir a convaincre ses parents et avoir l’autorisation de se marier.
Faut savoir etre patient ! Et encore ca ne marche pas a tous les coup. Mais les castes c’est une autre histoire et encore un vaste debat !...
Je comprends donc mieux pourquoi quand on me demande (en VO, c’est plus authentique !):
« are you married ? »
« no »
« how old are you ? »
« 27 »
« what, 27 and not married ! »...
Et la mousson dans tout ca? Ben c’est de pire en pire. Pleut toujours les jours ou j’ai mes tongs et jamais les jours ou j’ai mon kway ! Allez comprendre ! En tout cas, c’est « rigolo » (enfin quand on est au sec) de voir ces rivieres prendre naissance au milieu de la route, tous ces gens avec des sacs plastique en guise de chapeau, les marchandes proteger leurs colliers de fleurs avec un parapluie troue… Bref la mousson, c’est une periode tant attendue, mais aussi un peu cocase a vivre (et je ne parle par des morts a cause des arbres qui s’ecrasent sur les auto-rickshaws, c’est malheureusement encore arrive la semaine derniere…)
Et au milieu coule une riviere
Lever avec le soleil, seau d’eau froide pour tres momentanement baisser la temperature corporelle, puis je m’installe dans mon fauteuil et j’allume la television.
C’est un reportage comme je n’en ai jamais vu, encore mieux que National Geographic et Planete reunis, intitule «De l’autre cote de la riviere, les ghats ».
Une riviere donc, des ghats ensuite, et derriere, pour couronner le paysage, les gopurams du temple de Viruspaksha, ainsi que les ruines de Hemkuta Hill en vision panoramique
Pour eclairage, le soleil levant qui illumine l’entree du temple oriente a l’est.
Un reportage sans commentaire ni musique, juste les bruits du linge que l’on frappe contre la pierre, des enfants qui pataugent dans l’eau et des oiseaux qui chantent. Pas un klaxon, pas un bruit de frein, pas une voiture.
Un reportage comme si j’y etais…
… mais j’y suis !
Je suis assise sur une chaise, en face de Hampi, de l’autre cote de la riviere. Je ne me lasse pas de regarder sans fin, ces hommes, femmes et enfants, profiter de la plus grande salle de bain de la region. Un defile de couleurs, tous ces vetements qui sont mouilles, savonnes, frappes, rinces et enfin etendus sur les escaliers. Pour connaître la longueur d’un sarii, comptez le nombre de marches a gravir pour entierement l’etaler. Un assortiment de jaune, rouge, vert, bleu tel un patchwork, une peinture moderne, composee de carres multicolores de tailles variables.
Les gens aussi sont mouilles, savonnes, rinces, seches, pour commencer tout propre une nouvelle journee. Les enfants s’amusent, les jeunes garcons se prennent en photos en pyramide humaines, les religieux font les prieres, les femmes lavent leurs longues nattes.
Et au milieu de la riviere, les pecheurs qui relevent leurs filets, a bord d’une coracle. Cette embarcation ronde a base de roseau, est aussi utilisee pour traverser la riviere par les gens bien sur, les velos egalement, les motos aussi incroyable que ca puisse paraître, tellement cette embarcation parait fragile.
Vijayanagar (cite de la victoire), capitale d’un des plus grand empires hindous. Fondee en 1336, au temps de la conquete du nord de l’Inde par les musulmans, ce royaume a connu prosperite et abondance pendant environ deux siecles. Difficile d’imaginer que ce coin tranquille de verdure et ce hameau de 1000 ames, ait au temps de sa splendeur abrite plus de 500 000 habitants sur plus de 43 km carres.
Vestiges de cette epoque, des ruines de temples, de palais royaux, de bains, de bazaar eparpilles un peu partout entre paysages de grands canyons, compose de cailloux, roches, monts et vallees ; et oasis de palmiers, bananier et champs de tournesols.
Plus de 80 monuments, qui se decouvrent au detour d’un chemin, le long de la route ou pres de la riviere.
Chaque pas amene son lot de surprise, tel le temple d’Achyutaraya que je decouvre petit a petit au milieu de son ecrin de verdure en descendant dans une vallee rocheuse. J’essaye d’imaginer l’ambiance du Sule Bazaar, longue allee, maintenant deserte et vide, qui mene au temple, ou se trouvaient tous les commercants et l’animation de la ville.
Comment ne pas s’extasier devant la finesse des sculptures, la precision des details, sur les colonnes, les lintaux, les statues.
Des dimensions inimaginables, des animaux mythologiques, des dieux et des deesses dans toutes les positions graves dans le granit et la pierre.
Sous le fort soleil de l’ete indien, le bain en plein air du temple de Krishna m’appelle, difficile de resister a ce reservoir encadre d’un cloitre au milieu des champs de bananiers. Mais il ne faut pas se laisser tromper par cette eau pleine d’algues ! Des bains, il y en a a profusion, les bains de la reine et son decor des milles et une nuit, le bain ocotogonal isole dans la campagne, bains le plus souvent vides, comme pour narguer le pauvre visiteur ruisselant de sueur.
Empire hindou, mais visiteurs de tous les coins de l’Inde et meme d’Europe. Une mosquee s’integre parfaitement dans le quartier royal, a cote des etables des elephants royaux, des aqueducs, du reservoir en escaliers en pierres noires a la geometrie parfaite, du temple souterrain et tant d’autres vestiges.
Le long de la route, un village, une ecole decoree aux couleurs de l’Inde, puis en haut de cette montee, un temple. Un peu de monde le long des bananiers, un chemin de terre, puis une statue de Narasimha, quatrieme avatar de Vishnu.
Impossible de les decrire tous, impossible de mettre des mots sur ces prouesses architecturales et artistiques, impossible de decrire le sentiment de serenite et de bien etre qui se degage de ces lieux.
Ballades entre riviere et ruines, entre verdure et pierres, temoignages d'hier, scenes d’aujourd’hui.
Vijayanagar, Hampi, merveille du Karnataka.
C’est un reportage comme je n’en ai jamais vu, encore mieux que National Geographic et Planete reunis, intitule «De l’autre cote de la riviere, les ghats ».
Une riviere donc, des ghats ensuite, et derriere, pour couronner le paysage, les gopurams du temple de Viruspaksha, ainsi que les ruines de Hemkuta Hill en vision panoramique
Pour eclairage, le soleil levant qui illumine l’entree du temple oriente a l’est.
Un reportage sans commentaire ni musique, juste les bruits du linge que l’on frappe contre la pierre, des enfants qui pataugent dans l’eau et des oiseaux qui chantent. Pas un klaxon, pas un bruit de frein, pas une voiture.
Un reportage comme si j’y etais…
… mais j’y suis !
Je suis assise sur une chaise, en face de Hampi, de l’autre cote de la riviere. Je ne me lasse pas de regarder sans fin, ces hommes, femmes et enfants, profiter de la plus grande salle de bain de la region. Un defile de couleurs, tous ces vetements qui sont mouilles, savonnes, frappes, rinces et enfin etendus sur les escaliers. Pour connaître la longueur d’un sarii, comptez le nombre de marches a gravir pour entierement l’etaler. Un assortiment de jaune, rouge, vert, bleu tel un patchwork, une peinture moderne, composee de carres multicolores de tailles variables.
Les gens aussi sont mouilles, savonnes, rinces, seches, pour commencer tout propre une nouvelle journee. Les enfants s’amusent, les jeunes garcons se prennent en photos en pyramide humaines, les religieux font les prieres, les femmes lavent leurs longues nattes.
Et au milieu de la riviere, les pecheurs qui relevent leurs filets, a bord d’une coracle. Cette embarcation ronde a base de roseau, est aussi utilisee pour traverser la riviere par les gens bien sur, les velos egalement, les motos aussi incroyable que ca puisse paraître, tellement cette embarcation parait fragile.
Vijayanagar (cite de la victoire), capitale d’un des plus grand empires hindous. Fondee en 1336, au temps de la conquete du nord de l’Inde par les musulmans, ce royaume a connu prosperite et abondance pendant environ deux siecles. Difficile d’imaginer que ce coin tranquille de verdure et ce hameau de 1000 ames, ait au temps de sa splendeur abrite plus de 500 000 habitants sur plus de 43 km carres.
Vestiges de cette epoque, des ruines de temples, de palais royaux, de bains, de bazaar eparpilles un peu partout entre paysages de grands canyons, compose de cailloux, roches, monts et vallees ; et oasis de palmiers, bananier et champs de tournesols.
Plus de 80 monuments, qui se decouvrent au detour d’un chemin, le long de la route ou pres de la riviere.
Chaque pas amene son lot de surprise, tel le temple d’Achyutaraya que je decouvre petit a petit au milieu de son ecrin de verdure en descendant dans une vallee rocheuse. J’essaye d’imaginer l’ambiance du Sule Bazaar, longue allee, maintenant deserte et vide, qui mene au temple, ou se trouvaient tous les commercants et l’animation de la ville.
Comment ne pas s’extasier devant la finesse des sculptures, la precision des details, sur les colonnes, les lintaux, les statues.
Des dimensions inimaginables, des animaux mythologiques, des dieux et des deesses dans toutes les positions graves dans le granit et la pierre.
Sous le fort soleil de l’ete indien, le bain en plein air du temple de Krishna m’appelle, difficile de resister a ce reservoir encadre d’un cloitre au milieu des champs de bananiers. Mais il ne faut pas se laisser tromper par cette eau pleine d’algues ! Des bains, il y en a a profusion, les bains de la reine et son decor des milles et une nuit, le bain ocotogonal isole dans la campagne, bains le plus souvent vides, comme pour narguer le pauvre visiteur ruisselant de sueur.
Empire hindou, mais visiteurs de tous les coins de l’Inde et meme d’Europe. Une mosquee s’integre parfaitement dans le quartier royal, a cote des etables des elephants royaux, des aqueducs, du reservoir en escaliers en pierres noires a la geometrie parfaite, du temple souterrain et tant d’autres vestiges.
Le long de la route, un village, une ecole decoree aux couleurs de l’Inde, puis en haut de cette montee, un temple. Un peu de monde le long des bananiers, un chemin de terre, puis une statue de Narasimha, quatrieme avatar de Vishnu.
Impossible de les decrire tous, impossible de mettre des mots sur ces prouesses architecturales et artistiques, impossible de decrire le sentiment de serenite et de bien etre qui se degage de ces lieux.
Ballades entre riviere et ruines, entre verdure et pierres, temoignages d'hier, scenes d’aujourd’hui.
Vijayanagar, Hampi, merveille du Karnataka.
Travailler dans un environnement différent
Petit resume de la situtation :
Je suis ingenieur telecom (non pas a France Telecom ! tout le monde me la fait celle la🏴☠️), dans une boite allemande, et je travaille a cote de Nice.
Je travaille sur des projets internationaux avec un developpement reparti sur un (trop) grand nombre de site : Antibes, Vienne, Munich, Dusseldorf, Bangalore(Inde), X’ian (Chine)… D’où un permanent echange d’informations entre les sites et une communication qui represente une part consequente de notre travail.
Pour prendre mon cas, je collabore avec des ingenieurs allemands, autrichiens et maintenant indiens, tout en ayant comme collegue dans mon equipe francaise un italien (et 3 bretons ! 😉 ).
Certain vont trouver ce systeme complique, a cause du nombre trop grand d’echanges, de mails, de coups de telephones, de voyages d’affaire qui font perdre beaucoup de temps dans le travail.
Mais moi, c’est la partie de mon travail que je prefere, celle ou on apprend beaucoup sur les autres, leurs cultures, leurs methodes de travail et ou on s’enrichit aussi enormement soi-meme.
Par exemple (opinion personnelle, basee sur mes relations de travail et qui n’engage que moi !) Les allemands sont methodiques, grace a eux j’ai appris a planifier les reunions et a ne plus venir les mains dans les poches. Les autrichiens sont pointilleux, je peux donc aller au fond des details avec eux, pas comme avec certains collegues qui restent superficiels. Les indiens sont techniquement tres fort, j’apprend beaucoup de theorie a leur contact. Les former en 6 semaines sur un systeme que je developpe depuis 2 ans me force a mieux le comprendre moi-même et a creuser mes connaissances pour leur expliquer le pourquoi de ci et le pourquoi de ca. Les indiens m’ont aussi fait travailler ma diplomatie, domaine ou je serais toujours perfectible !🤪
Bien sur, on peut aussi comparer ce qui manque chez les autres. Les indiens n’ont pas encore cet esprit d’initiative et l’autonomie qui sont des qualites tres importantes dans notre milieu. Un manque de rigeur nous force aussi a demander plusieurs fois une chose avant de l’obtenir. J’espere qu’a mon contact mes collegues de Bangalore sauront faire preuve d’independance dans le futur et ainsi ameliorer leur expertise technique et comportementale (les chevilles vont bien merci !😊).
C’est un echange et un enrichissement dans les deux sens, en empruntant chez l’autre les points forts qui nous manquent.
Ces methodes de travail, elles sont liees a l’education (privilegier la theorie par rapport a la pratique et inversement), au milieu social et a la culture (des personnes qui ont toujours subit les evenements auront beaucoup de mal a prendre des initiatives). Elles sont a mon sens revelatrice d’un pays et je prends beaucoup de plaisir a les observer et a les comparer.
Vous aussi, vous avez eu l’occasion d’exercer votre metier quelqu’il soit, ou un autre job a l’etranger ? Qu’avez-vous appris sur le pays, les gens, les methodes de travail et sur vous-même ?
Bon promis, la prochaine fois je vous fait un recit de l’Inde de tous les jours, que je savoure tranquillement le week-end
Douya
PS : pour le debat « Les indiens/chinois sont la cause du chomage en Europe car toutes les entreprises externalisent a cause des salaires plus faibles et des marges plus importantes. Tu n’as donc pas honte de participer a ce mouvement », je suis aussi ouverte a discussion !
Je travaille sur des projets internationaux avec un developpement reparti sur un (trop) grand nombre de site : Antibes, Vienne, Munich, Dusseldorf, Bangalore(Inde), X’ian (Chine)… D’où un permanent echange d’informations entre les sites et une communication qui represente une part consequente de notre travail.
Pour prendre mon cas, je collabore avec des ingenieurs allemands, autrichiens et maintenant indiens, tout en ayant comme collegue dans mon equipe francaise un italien (et 3 bretons ! 😉 ).
Certain vont trouver ce systeme complique, a cause du nombre trop grand d’echanges, de mails, de coups de telephones, de voyages d’affaire qui font perdre beaucoup de temps dans le travail.
Mais moi, c’est la partie de mon travail que je prefere, celle ou on apprend beaucoup sur les autres, leurs cultures, leurs methodes de travail et ou on s’enrichit aussi enormement soi-meme.
Par exemple (opinion personnelle, basee sur mes relations de travail et qui n’engage que moi !) Les allemands sont methodiques, grace a eux j’ai appris a planifier les reunions et a ne plus venir les mains dans les poches. Les autrichiens sont pointilleux, je peux donc aller au fond des details avec eux, pas comme avec certains collegues qui restent superficiels. Les indiens sont techniquement tres fort, j’apprend beaucoup de theorie a leur contact. Les former en 6 semaines sur un systeme que je developpe depuis 2 ans me force a mieux le comprendre moi-même et a creuser mes connaissances pour leur expliquer le pourquoi de ci et le pourquoi de ca. Les indiens m’ont aussi fait travailler ma diplomatie, domaine ou je serais toujours perfectible !🤪
Bien sur, on peut aussi comparer ce qui manque chez les autres. Les indiens n’ont pas encore cet esprit d’initiative et l’autonomie qui sont des qualites tres importantes dans notre milieu. Un manque de rigeur nous force aussi a demander plusieurs fois une chose avant de l’obtenir. J’espere qu’a mon contact mes collegues de Bangalore sauront faire preuve d’independance dans le futur et ainsi ameliorer leur expertise technique et comportementale (les chevilles vont bien merci !😊).
C’est un echange et un enrichissement dans les deux sens, en empruntant chez l’autre les points forts qui nous manquent.
Ces methodes de travail, elles sont liees a l’education (privilegier la theorie par rapport a la pratique et inversement), au milieu social et a la culture (des personnes qui ont toujours subit les evenements auront beaucoup de mal a prendre des initiatives). Elles sont a mon sens revelatrice d’un pays et je prends beaucoup de plaisir a les observer et a les comparer.
Vous aussi, vous avez eu l’occasion d’exercer votre metier quelqu’il soit, ou un autre job a l’etranger ? Qu’avez-vous appris sur le pays, les gens, les methodes de travail et sur vous-même ?
Bon promis, la prochaine fois je vous fait un recit de l’Inde de tous les jours, que je savoure tranquillement le week-end
Douya
PS : pour le debat « Les indiens/chinois sont la cause du chomage en Europe car toutes les entreprises externalisent a cause des salaires plus faibles et des marges plus importantes. Tu n’as donc pas honte de participer a ce mouvement », je suis aussi ouverte a discussion !
Inde (encore!)...garden city
Que font donc les Bangaloris le week-end, pour echapper a la chaleur et au stress de cette ville toujours croissante? N’est pas Garden City qui veut, et Bangalore merite bien son nom, pleine de parc, d’arbres a chaque coin de rue, de dedales de verdure au milieu des rickshaws et du traffic toujours incessant. Des coins d’ombre et de calme en plein coeur de la ville, une palette de couleurs, toutes les nuances du vert, du jaune, du rose, du violet ou du blanc. On y vient en famille, de la grand-mere au petit dernier, manger, jouer et palabrer. Des expeditions rituelles, avec tapis de sol, dejeuner complet et arsenal de jeux. Battes de crickets pour remake des grands matches, raquettes de badminton pour version de plage, ou tout simplement un foulard pour colin-maillard. Des tenues de toutes sortes, du saree au salwar kameez pour elle, a l’incontournable pantallon marron-chemise pour lui. Et les petits en belles robes du dimanche-costumes cravatte, ou aux tenues plus occidentales, melanges de styles et de genres. Une variete ethnique aussi, sans probleme d’integration ou de communitarisme pour ces femmes voilees ou ces sikhs.
Bal Bahvan, dans Cubbon Park, c’est le paradis des enfants. Un petit train avec une queue digne de la Tour Eiffel un 14 juillet, des balancoires, toboggans, ensembles complexes barioles de couleurs. Des sourires partout, des enfants qui courent d’un atelier a un autre, des parents tres fiers de leur progeniture.
Cubbon Park, ce sont des arbres immenses et varies qui isolent tout bruit et vue de la ville. Impression d’etre a la campagne, entre partie de crickets et de badminton.
Mais le parc que je prefere, c’est le jardin botanique de Lal Bagh, cree par le fameux Hyder Ali et son fils Tipu Sultan. Un jardin de roses (d’ou son nom : jardin rouge), des arbres centenaires et majestueux, une collection unique de plantes tropicales…
Et surtout, Lal Bagh, tout comme Cubbon Park, c’est l’endroit ou l’on ne peut pas etre seule. Si je me mets a regarder attentivement une partie de cricket, il ne faut pas 5 minutes aux jeunes gens pour m’inclure dans leur equipe, a la batte comme a la reception. Si j’essaye d’ecrire mon journal, a l’ombre d’un manguier, voici un puis deux puis trois sourires. “What’s your name? Where come from?”. Les petites tetes s’en vont, remplacees par d’autres, aussi souriantes, recitant le meme texte. Et les premieres tetes sont de retour, “one coin from your country please”, et de leur donner un cent d’euro. Et de regarder leur collection de pieces hollandaises, italiennes ou allemandes. 5 minutes apres, “one autographe please”. Et de m’executer avec un petit mot pour chacun de ces sourires, de ces tenues, pour ces filles audacieuses et ces garcons plus turbulents mais tellement charmants. 3 puis 4 puis 10 paires d’yeux autour de moi, plus moyen d’ecrire, les questions affluent, les langues se melangent (kanada, hindi, anglais), les uns traduisent aux autres. Les parents s’y melent aussi, qui veulent prendre en photo leurs enfants avec cette tete blonde.
“Tu veux jouer avec nous?” “ok”. Et de s’entrainer a recuperer la balle de cricket, a feinter avec les plus jeunes, a surpasser les plus ages. Puis jeux de main (mais pas de vilains !), jeux de groupe, on se comprend mal mais qu’importe ! Des familles de plus en plus grandes de gamins, de tous les ages, freres, soeur, cousins, tous autour avec cette envie de vivre, de profiter de chaque moment, de partager leur jeux avec moi, d’apprendre sur moi et moi d’apprendre d’eux.
Il est difficile de se separer. “tu reviendras?” “je ne sais pas encore. Vous etes la tous les dimanches?” “oui, tous les dimanches, meme endroit”. Un apres midi passe si vite, un retour a l’enfance, un moment unique, indescriptible, innoubliable. Un dimanche de repos, qui s’est acheve en une journee d’emotions. De ces petits moments qui font le bonheur d’un voyage.
Douya
Bal Bahvan, dans Cubbon Park, c’est le paradis des enfants. Un petit train avec une queue digne de la Tour Eiffel un 14 juillet, des balancoires, toboggans, ensembles complexes barioles de couleurs. Des sourires partout, des enfants qui courent d’un atelier a un autre, des parents tres fiers de leur progeniture.
Cubbon Park, ce sont des arbres immenses et varies qui isolent tout bruit et vue de la ville. Impression d’etre a la campagne, entre partie de crickets et de badminton.
Mais le parc que je prefere, c’est le jardin botanique de Lal Bagh, cree par le fameux Hyder Ali et son fils Tipu Sultan. Un jardin de roses (d’ou son nom : jardin rouge), des arbres centenaires et majestueux, une collection unique de plantes tropicales…
Et surtout, Lal Bagh, tout comme Cubbon Park, c’est l’endroit ou l’on ne peut pas etre seule. Si je me mets a regarder attentivement une partie de cricket, il ne faut pas 5 minutes aux jeunes gens pour m’inclure dans leur equipe, a la batte comme a la reception. Si j’essaye d’ecrire mon journal, a l’ombre d’un manguier, voici un puis deux puis trois sourires. “What’s your name? Where come from?”. Les petites tetes s’en vont, remplacees par d’autres, aussi souriantes, recitant le meme texte. Et les premieres tetes sont de retour, “one coin from your country please”, et de leur donner un cent d’euro. Et de regarder leur collection de pieces hollandaises, italiennes ou allemandes. 5 minutes apres, “one autographe please”. Et de m’executer avec un petit mot pour chacun de ces sourires, de ces tenues, pour ces filles audacieuses et ces garcons plus turbulents mais tellement charmants. 3 puis 4 puis 10 paires d’yeux autour de moi, plus moyen d’ecrire, les questions affluent, les langues se melangent (kanada, hindi, anglais), les uns traduisent aux autres. Les parents s’y melent aussi, qui veulent prendre en photo leurs enfants avec cette tete blonde.
“Tu veux jouer avec nous?” “ok”. Et de s’entrainer a recuperer la balle de cricket, a feinter avec les plus jeunes, a surpasser les plus ages. Puis jeux de main (mais pas de vilains !), jeux de groupe, on se comprend mal mais qu’importe ! Des familles de plus en plus grandes de gamins, de tous les ages, freres, soeur, cousins, tous autour avec cette envie de vivre, de profiter de chaque moment, de partager leur jeux avec moi, d’apprendre sur moi et moi d’apprendre d’eux.
Il est difficile de se separer. “tu reviendras?” “je ne sais pas encore. Vous etes la tous les dimanches?” “oui, tous les dimanches, meme endroit”. Un apres midi passe si vite, un retour a l’enfance, un moment unique, indescriptible, innoubliable. Un dimanche de repos, qui s’est acheve en une journee d’emotions. De ces petits moments qui font le bonheur d’un voyage.
Douya











