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Dix-huit degrés à Nong Khai (Thaïlande) English translation pending
by Siammarc · 2011-03-17 · 11 replies
Bonjour a tous,

J'ai eu froid a Nonkai, ville frontiere avec le Laos au nord-est. Drole d'impression, on avait "seulement" 18C nous qui sommes habitues a des 25-30 degres, voir plus. Quand on a 18c toute la journee, on a froid🤪

Je precise que je suis en Thailande depuis 3 ans, dans le centre, a coté de Lopburi.
Traverser le Costa Rica vers le Panama (Chiriqui) avec une voiture personnelle? English translation pending
by Marcetfrance · 2011-03-13 · 2 replies
Y a t-il un problème pour traverser la frontière du costa Rica-Panama du côté de chiriqui avec ma voiture personnel immatriculé au Costa Rica ? Merci
Visa pour le Cambodge: prendre avec l'ambassade ou sur place? English translation pending
by Pinktitoune · 2011-01-26 · 19 replies
Salut, on part au cambodge via la thailande. Le passage frontière à l'air plus ou moins rock'n'roll! Conseillerez vous d'acheter le visa directement à l'ambassade du cambodge avant le départ ou sur place! Encore une fois, merci pour expériences! A + Matthieu
J'arrive au Cambodge, que faire de mes dongs vietnamiens? (urgent) English translation pending
by PetiteLN · 2010-12-08 · 14 replies
Bonjour à tous

Je m'apprête à passer la frontière Vietnam-Cambodge ce soir et je me rends compte seulement maintenant qu'il va me rester plein de dongs vietnamiens ! Savez-vous s'il est possible de les changer en dollars ou en riehls à la frontière (je passe le poste de Xa Xia - Prek Chak) ? Ou au Cambodge à Kep ou à Kampot ?

Merci beaucoup !!

Helene
Trouver un logement à Vârânasî? English translation pending
by Bobergloune · 2010-11-02 · 2 replies
Bonjour Forumiste. Je suis au népal et dois traverser la frontière le 5 novembre. Par contre je n'ai pas encore trouvé de GH à varanasi. J'arriverai pas autobus et tout les gens que je croise à date me dise de réservé et demander un pick-up à la station de bus. Pouvez-vous m'aider!!!! Semble t-il qu'il y a une fête à cette date alors difficile de trouver un GH et je dois avouer que je suis un peu en retard car je pensais que mon visa népalais se terminait le 8 alors je me suis fait prendre de cour!!!!!Je serais partant pour partager la vôtre si vous êtes seul ou avez un lit de trop dans la chambre.....

Merci

ian
Norvège 2009: partie 1 de Rouen aux îles Lofoten English translation pending
by Jjmmsa · 2010-08-22 · 3 replies
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

1ère Partie - ROUEN - ÎLES LOFOTEN

Genèse du voyage L'idée de ce voyage estival en Norvège s'est imposée d'elle-même lors de la croisière que nous avions réalisée sur l'Hurtigruten, l'express côtier de Norvège, fin décembre 2008 et début janvier 2009 entre Bergen et Kirkenes.

Nous étions curieux de connaitre les conditions de luminosité à cette période de l'hiver dans les hautes latitudes et n'avons pas été déçus. De Bergen jusqu'à Bodø, une météo et des périodes de jour à peu près équivalentes à celles que nous connaissons dans le nord de la France à la même époque, avec une infime couche de neige à partir du 3ème jour. Mais une fois franchi le Cercle Polaire Arctique (66° 33' de latitude Nord), et arrivés à Bodø, changement radical d'ambiance, pénombre à partir de 14 h 00, nuit totale vers 15 h 30, et une épaisse couche de neige fraîche dès l'arrivée aux îles Lofoten.

A partir de là, nous progresserons vers le Nord en traversant des paysages enveloppés d'une lumière étrangement bleuâtre, à la fois douce et électrique, réfléchie par la neige qui recouvre tout. Ce bleu blafard devenu omniprésent rend les paysages irréels. Et dans le brouillard, sous les grains de pluie ou de neige, les montagnes bleutées, un ciel cendré et une mer plombée et confuse se fondent en des limites mouvantes et incertaines.

Et il faut faire vite, la brièveté des périodes de jour relatif impose de ne rien perdre de ces bouts de paysages faiblement éclairés. Autant que faire se peut, J-J passe de longs moments sur la coursive extérieure du pont 6 complètement emmitouflé pour se protéger du froid et du vent mordant, le plus souvent à l'avant du MS Trollfjord, à regarder, scruter ou contempler cette fantasmagorie naturelle en perpétuelle évolution.

Nous voulions voir l'hiver dans les régions septentrionales, nous avons donc été gâtés par la luminosité et la météo qui étaient les vedettes de ce voyage hivernal. Mais très vite, sur la coursive du pont 6 du MS Trollfjord est arrivé un profond sentiment de frustration… Ces paysages mystérieux, si beaux sous la neige et dans la pénombre, devraient sans aucun doute être splendides et grandioses sous la lumière estivale.

Les slaloms entre les îles, la vue des côtes escarpées, les arrivées dans les ports, l'été cela doit avoir aussi son charme…

Refaire la même croisière l'été, idéalement en juin ! Pourquoi pas l'été prochain ? Et pourquoi pas en sens inverse, de Kirkenes à Bergen pour avoir une autre vision des choses ? Et quitte à faire un si long voyage, pourquoi ne pas le compléter par un circuit en voiture et visiter l'intérieur du pays ? Pourquoi pas ?

Début janvier 2009, à peine débarqués à Kirkenes, nous savions que nous reviendrons rapidement visiter la Norvège.

Généralités Restait à mettre au point les modalités d'un tel voyage :

· En étudiant la brochure d'Hurtigruten, nous avons compris que dans le sens nord-sud, Kirkenes-Bergen, le transport de la voiture était compris dans le prix du billet des passagers, ce qui incitait forcément à faire le trajet dans ce sens.

· Une escapade au Cap Nord trouvait ainsi sa justification par le fait d'avoir à se rendre à Kirkenes, aux confins du pays.

· Vu les coûts prohibitifs de l'hôtellerie et la restauration en Norvège, le camping s'imposait.

· Et puisqu'il fallait camper, pourquoi ne pas utiliser et transformer le Renault Espace en mini camping-car, alliant ainsi logement, autonomie et indépendance… et économie ?

Et les cogitations ont réellement commencé en mars 2009...

Durée du voyage Avant toute connaissance approfondie des hauts-lieux de la Norvège touristique, l'idée de base était de rejoindre Oslo, puis le fjord de Geiranger, parcourir les îles Lofoten et gagner le Cap Nord avant de se rendre à Kirkenes et embarquer sur l'Hurtigruten. Au retour après Bergen, l'idée était de rejoindre le sud de la Norvège avant de traverser vers le Danemark.

Combien de temps pour réaliser un si vaste programme ? A priori, 3 semaines pour arriver à Kirkenes, 1 semaine à bord de l'Hurtigruten jusqu'à Bergen, 1 semaine pour redescendre à Rouen, donc 5 semaines.

Garde-robe et bagages Premier casse-tête ! Comment s'habiller pour vivre dans des conditions précaires pour une longue durée dans des régions à la météo aussi capricieuse. Nous avons donc prévu les mêmes parkas, sweats polaires et bonnets que l'hiver précédent (et ils nous ont bien servis), des T-sirts et bermudas (ils nous ont servis aussi, mais beaucoup moins), des vêtements de pluie, pulls, avec les changes indispensables, etc, etc… sans négliger les chaussures de randonnée, …mais nous avons oublié les gants !

De plus, nous ne pouvions avoir l'air de campeurs à bord de l'Hurtigruten, nous avions également besoin d'une garde-robe plus élaborée, sans pour autant être grand chic, pour une semaine.

Autant dire que le poids et surtout le volume de ces bagages risquait d'être conséquent. Résultat : une grande valise rigide, 3 ou 4 bagages souples et quantité d'autres petits sacs… rien que pour l'habillement !

En pratique, les bagages les plus usuels restaient dans l'habitacle durant la journée et devaient être transférés tous les soirs sur les sièges avant. La manutention bi-quotidienne de ces bagages ne restera pas le meilleur souvenir de ce voyage.

Heureusement, l'emprunt d'un grand coffre de toit a permis de stocker tout ce qui n'était pas d'utilisation quotidienne, ainsi que la literie (couette, drap, oreillers).

Aménagement de l'habitacle de l'Espace Le problème a priori le plus ardu à résoudre était l'aménagement de l'Espace en un véhicule à tout faire, suffisamment pratique pour faire du tourisme et surtout pour y vivre dans des conditions rustiques (pique-nique, camping), et climatiques incertaines (pluie, froid, vent, etc).

· Une fois les sièges passagers débarqués, il reste dans l'Espace un vaste plancher parfaitement plan de 2.20 m de long et de 1.17 m de large (minimum au niveau du passage des roues AR).

· Sur ce plancher, 7 caisses en plastique de 0.60 x 0.40 m et 0.23 m de hauteur, pour stocker toute l'alimentation emmenée depuis la France.

· Sur ces caisses judicieusement disposées, un "sommier" amovible en trois parties réalisé en contreplaqué de 13 mm d'épaisseur.

· Un matelas gonflable de 1.90 m de long et 1.16 m de large (juste la dimension du passage de roues), opportunément trouvé chez Décathlon.

· Acquisition d'un gonfleur électrique 12 v raccordé sur une prise allume-cigare permettant de gonfler le matelas sans fatigue en moins de deux minutes.

· Réalisation de "rideaux" en tissu occultant tendus sur des tiges souples en fibre de verre assurant une protection vis-à-vis des éventuels indiscrets et aussi une pénombre illusoire au cours des nuits estivales sous les hautes latitudes.



Aménagement extérieur de l'Espace On peut aussi penser qu'une fois ouvert, le vaste hayon arrière de l'Espace prolonge efficacement l'habitacle. C'est en partie en partie exact, à condition que la pluie ne tombe que verticalement et encore… Pour que cela soit réellement confortable, le mieux serait de s'équiper d'un auvent recouvrant entièrement le hayon et débordant largement sur le pavillon (le toit) de l'Espace, avec des joues latérales fixées au sol par des piquets. Rien de tel n'existe dans le commerce.

Fort opportunément, une de nos relations nous procure ce que nous cherchons ou du moins, quelque chose d'approchant. Renault avait commercialisé une série limitée de Kangoo, dénommée "Décathlon" et fournissait avec cette voiture quelques gadgets, dont un abri léger à fixer sur le hayon afin de donner un aspect baroudeur à ce véhicule. Très bien, sauf que le concepteur de cet abri n'a pas été efficacement jusqu'au bout de la bonne idée : un échantillonnage trop léger des tissus et surtout une absence évidente d'étanchéité à la pluie. Si les 3 côtés de cet abri offraient une bonne protection, il n'en était pas ainsi au niveau de la toiture… Néanmoins cet abri, bricolé pour notre Espace, sera surtout utile les jours de vent pour protéger la cuisinière devant ses fourneaux et nous n'aurons pas à regretter de l'avoir emmené.

Restait à résoudre l'étanchéité supérieure de l'installation en cas de pluie violente ou prolongée. Pas d'autre solution que de recouvrir l'ensemble d'une grande bâche en plastique bleu du plus bel effet, elle aussi tendue sur des piquets. Peu esthétique, mais efficace ! Nous n'aurons qu'à nous servir une seule fois de cette bâche sur la route du retour au Danemark.



Matériel Pour le reste, nous avons utilisé le matériel du campeur lambda :

· Une table pliante et deux fauteuils pliants.

· Un réchaud 2 feux et 2 bouteilles de gaz de 2.5 kg (1 seule aurait suffit).

· Une glacière (réfrigérée à l'aide d'une bouteille d'eau que l'on a fait congeler 2 ou 3 fois dans les campings, de moins en moins nécessaire à mesure que nous montions vers le nord !).

· Deux vaches à eau de 10 l, utiles surtout pour la vaisselle des pique-niques du midi et lors des soirées passées en camping sauvage.

· Une valise à pique-nique très pratique pour ranger et protéger toute la vaisselle.

Alimentation Tout, absolument tout a été acheté en France, et globalement l'intendante avait fort bien calculé ses quantités. Cela était réparti dans les différentes caisses en plastique (petit-déjeuner, plats de résistance, dessert, etc…).

La totalité du ravitaillement intégralement fait en France se justifiait pour deux raisons :

· Les coûts prohibitifs généralement pratiqués en Norvège (exemple : fruits vendus à la pièce pour le prix du kilo en France).

· Les étiquetages étant uniquement en norvégien, cela évitait les déconvenues lors de la consommation de produits qui ne correspondent pas obligatoirement à nos goûts.

Nous n'avons complété notre ravitaillement que par du pain (genre pain de mie), que l'on tranche soi-même dans les nombreuses supérettes, et aussi l'achat de pavés de saumon (très bon et relativement abordable, de même que les crevettes en vrac surgelées.

Côté conservation, peu de problèmes, même avec les légumes frais, les fruits et les œufs. Nous avions une glacière que l'on a tenté de refroidir les premiers jours avec une bouteille d'eau glacée dont nous renouvelions la congélation dans les frigos des terrains de camping. Pratique de moins en moins nécessaire au fur et à mesure que nous montions vers le nord et dont nous nous sommes complètement dispensés ensuite (au Cap Nord, il faisait plus chaud dans la glacière qu'à l'intérieur de la voiture… !).

Production d'électricité Un aussi long voyage supposait la prise de nombreuses photos ou vidéos et nous risquions d'être confrontés aux difficultés de recharge des batteries dans des lieux isolés. Nous ne pouvions pas être tributaires que des prises de courant disponibles à rechercher dans des lieux publics. Il nous fallait notre autonomie et notre indépendance électrique.

Nous devions aussi embarquer l'ordinateur portable pour envoyer quelques mails et transférer photos et vidéos pour éviter la saturation des cartes mémoire. Face à l'étendue des besoins électriques, nous nous sommes donc équipés d'un convertisseur de courant 12v/220v de 300 ampères capable de supporter la recharge de l'ordinateur, l'appareil photo, le caméscope et les 2 téléphones portables ! La gestion de la charge de ces différents appareils sera une préoccupation constante durant tout ce voyage

Internet Dès mars 2009, J-J a surfé de longues heures sur la toile pour rassembler le maximum de renseignements pratiques sur le trajet prévu. Ces heures passées en amont ont grandement facilité la réussite du périple.

· Au XXIème siècle, Internet est devenu un outil indispensable pour la préparation de n'importe quel voyage car on y trouve, rien que sur les sites en français quantité d'informations historiques, géographiques, culturelles, humaines concernant le pays à visiter. Les guides papier (Michelin, Routard, etc…), gardant leur utilité au niveau de l'information locale plus détaillée.

· Les sites en anglais sont innombrables et permettent d'accéder à davantage d'informations. La pratique d'un anglais scolaire basique permet néanmoins de naviguer sur ces sites, d'y trouver et d'interpréter le minimum de ces informations, surtout utile pour tout ce qui concerne l'hébergement, les transports, etc…

· La pratique du norvégien aurait été un plus… La consultation de sites en norvégien, donc sans traduction anglaise (et encore moins française), est surtout inécessaire pour la connaissance des horaires et des tarifs des nombreux ferries locaux. Beaucoup de termes s'apparentent à l'anglais ou l'allemand, en mélangeant les deux et après quelques temps, on arrive à s'y retrouver.

· La lecture des forums de voyage, des multiples sites personnels ou de blogs créés par de nombreux camping-caristes à été fort utile. Une vraie mine d'or, tant chacun a sa façon spécifique de voyager, d'insister sur ses points d'intérêt propres (itinéraires, paysages, excursions, rencontres, musées, alimentation, etc…). Il y a toujours quelque chose de positif à retirer de la lecture et la synthèse de tous ces récits, ce qui à permis de peaufiner notre trajet en fonction.

· La consultation de Google Earth est très intéressante. Ce site permet de comprendre la géographie du pays en détail. En superposant les routes sur la vue satellite et en ouvrant les nombreuses photos Panoramio qui sont annexées, on imagine très bien quel itinéraire on va emprunter.

· Internet nous a également été utile pour choisir et réserver les traversées en ferry entre le Danemark et la Suède à l'aller et entre la Norvège et le Danemark au retour

Road book L'itinéraire prévisionnel à d'abord été établi à l'aide d'une carte d'une carte éditée par l'I.G.N. au 1/850.000, complétée par une carte touristique de la Norvège. La consultation du site Via Michelin permettait de déterminer rapidement la longueur et les temps de parcours des différentes étapes. Très vite, on comprend que la connaissance des horaires des ferries locaux détermine l'organisation de l'étape du jour sur certains trajets.

Ce road book comprenait par jour :

· La longueur de l'étape et sa durée prévisionnelle y compris pour les points de passage intermédiaires ou caractéristiques.

· Les sites ou ville à visiter y compris les coûts des visites.

· Les ouvrages à péages (tunnels ou ponts, assez nombreux), et le coût du passage.

· Les ferries avec horaires, durée de traversée et coût.

Arrivés sur place, ce document nous a bien aidé à anticiper l'itinéraire et nous a évité de commettre bien des erreurs de trajet (le G.P.S. nous a également bien servi).

L'élaboration de ce road book devait sans doute être bien faite, car au final le programme a été respecté presque à la lettre. Nous avons fait tout le parcours sans flâner, mais sans jamais nous presser.

Jour 1 - Ma 16/06/2009 - Rouen - Århus (DK)

Donc, nous avons quitté Rouen à 5 h 20, cap sur Århus au Danemark que nous voulions atteindre dans la soirée, soit environ 1.300 km à parcourir essentiellement sur autoroute.

Nelly a conduit jusqu’à Liège que l'on atteint à 09 h 30. Ensuite, J-J a repris le volant pour traverser l’Allemagne. Les autoroutes allemandes sont gratuites, mais on n’en a que pour son argent… La vitesse n’y est en principe pas limitée… sauf signalisation contraire, sauf ralentissement et bouchons, sauf travaux, si bien qu’on n’y roule pas si vite que cela.

Et s’il existe un enfer autoroutier, c’est entre Brème et Hambourg (125 km). Des zones de travaux de 6 kms de long en alternance, avec des voies réduites au plus strict minimum pour le passage d’un camion et d’une voiture avec peu d’espace entre chaque. Dantesque et hyper stressant. Il faut qu’il n’arrive rien sinon cela doit vite tourner à la catastrophe comme on l’a vu dans l’autre sens, avec des bouchons monstrueux sur plusieurs dizaines de kms.

Traverser l'Allemagne sur ces autoroutes infernales (650 km), nous a paru pénible et très dangereux, aussi nous étions bien contents de passer la frontière danoise à 16 h 45. Au Danemark, tout devenait plus calme, peu de circulation, l’autoroute passé à la serpillère et toute la campagne époussetée et passée au peigne fin… Trop propre !

18 h 50, nous sommes fourbus lorsque nous arrivons au camping Blommenhaven à Højbjerg, à 5 km au sud d'Århus. Camping calme dans les bois et en bord de mer.

Nous avions trouvé ce camping sur Internet et le GPS nous a guidés dans un dédale de petites rues dans une banlieue résidentielle avant d'arriver au but. La technologie nous a bien facilité la vie ce soir là, car la recherche de ce terrain aurait été vraisemblablement laborieuse vu notre état de fatigue l'arrivée. Un souci de moins !

Bilan de la journée : 13 h 30 de route et 1.280 kms. Ca fait du bien quand ça s’arrête !!!

Quoi que ! Il a fallu organiser le campement ! Tout retrouver ce qui était tout bien rangé, c'est-à-dire tout soulever et tout fouiller 2 fois avant de mettre la main sur quoi que ce soit ! Galère !

Dans ce camping nous avons découvert et utilisé la cuisine et la salle à manger collectives qui sont de rigueur dans tous les campings scandinaves. Nelly à pu préparer tranquillement le dîner.

Nous avons surtout passé la soirée a essayer d'y voir clair dans notre organisation et à cogiter sur un rangement cohérent du matériel, des bagages, des vivres, de la vaisselle, de la literie sans avoir à tout remuer systématiquement deux fois. L'ampleur de la tâche est démoralisante et avec la fatigue J-J a l'impression que cela ne sera jamais résolu. Pas facile, la vie de nomade !

Jour 2 - Me 17/06/2009 - Århus (DK) - Varberg (S)

07 h 00, réveil après une première nuit plutôt frisquette. En fait, on n’a pas beaucoup dormi ! C'est qu'il a fallu trouver nos marques dans notre Espace. La première cause du froid lors du sommeil provenait du matelas pneumatique. En interposant une mince couverture isolante, le problème a été résolu efficacement dès la nuit suivante.

Nous nous réveillons à l'ombre de grands arbres… Aussitôt, nous déplaçons l'Espace sur un emplacement ensoleillé plus agréable pour prendre le petit-déjeuner, et nous nous réchauffons doucement.

09 h 15, départ du camping après avoir tout rangé dans la voiture. Pas évident d'être efficace. Direction Århus.

10 h 00, visite de Gamle By. A peine à l'écart du centre ville, il s'agit d'un village ancien reconstitué à l'aide de bâtiments traditionnels démontés, transportés et réunis en un même lieu. L'ensemble est fort bien réussi. Sous prétexte de la sauvegarde d'un patrimoine ancien de grande valeur, les concepteurs ont transformé chaque boutique, atelier ou habitation en un musée de l'artisanat et des traditions danoises. Tout ce qui faisait la vie d'un village ancien est ainsi présenté et mis en valeur, parfois avec le concours de personnes en costume d'époque qui fabriquent, travaillent, vendent ou expliquent en situation, comme la boulangère, le tonnelier et même le pasteur… Très intéressant. Nous y resterons une bonne partie de la matinée.

Ensuite, nous avons le temps de faire un détour par le village de Ebeltoft sur la presqu'île de Molls. Nous parcourons ainsi la rue principale d'un village qui a gardé un cachet rustique, une rue typique et animée bordée de jolies façades colorées.

12 h 40, nous gagnons Grenaa, où nous devons prendre le ferry pour la Suède. Nous sommes en avance et pique-niquons sur l'aire d'embarquement avant de passer.

Nous avions réservé notre passage par Internet, aussi les formalités sont réduites à leur plus simple expression. Internet, le G.P.S., l'espace Schengen et l'euro (dans une moindre mesure dans les pays scandinaves), facilitent bien la vie des voyageurs en Europe…

14 h 00, nous embarquons à bord du ferry Stena Nautica, qui visiblement commence à dater (1986), même s'il a tété rénové en 2002. Peu de monde à bord, la traversée s'annonce tranquille.

14 h 25, appareillage de Grenaa. Il fait un temps splendide, inespéré pour la région, grand soleil et chaleur tout l'après-midi, pas de vent apparent. Nous profitons d'autant plus du sun deck pendant les quatre heures que dure la traversée qu'il y a peu de monde à bord.

18 h 40, débarquement à Varberg en Suède après une traversée de rêve.

19 h 00, arrivée au camping de Geteröns, à 4 km au nord du port. Très pratique ! Encore un camping repéré depuis longtemps sur Internet. Il s'agit d'un vaste terrain plat sans arbres, occupé essentiellement par des grosses caravanes sédentaires, pratique courante en Scandinavie.

Nous discutons en mauvais anglais avec notre voisin qui nous indique qu'il y aura du vent et de la pluie durant la nuit. A peine avons-nous terminé la discussion que le ciel si bleu jusque là se voile très rapidement et que le vent se lève.

Nous installons l'auvent Décathlon sur le hayon de l'Espace pour que Nelly puisse cuisiner dans les meilleures conditions. Notre installation intrigue, puis fait sourire les quelques campeurs qui passent devant nous. Nous dinons rapidement sous l'auvent car il ne fait pas bien chaud. Vu le temps qui s’annonce, une p’tite soupe et au lit ! Encore faut-il se retrouver dans notre amoncellement de matériel à l'intérieur de la voiture ! La technique n'est pas encore bien rodée.

21 h 00, coucher. Nelly regarde un film sur l'ordinateur…

Jour 3 - Je 18/06/09 - Varberg (S) - Oslo (N)

A 4 h, il fait grand jour, la pluie se met à tomber et le vent se renforce, mais bien au chaud sous la couette, quel confort !

09 h 00, le vent et la pluie qui l'accompagne ne nous ont pas incité à sortir rapidement de sous la couette. Vu la météo, nous préparons le petit déjeuner dans la cuisine collective et le consommons dans la salle commune à disposition dans le camping. Pratique !

Ensuite, autoroute en Suède. Paysages vallonnés et verdoyants très agréable à regarder : forêts de sapins, champs, etc… sauf que l’on roule sous les grains et les averses, ce qui nous gâche un spectacle qui aurait pu être agréable.

12 h 45, passage de la frontière norvégienne à Svinnesund et aussitôt, premier poste de péage routier. Des douaniers très laxistes regardent stoïquement les voitures et les camions passer… Nous faisons nos premiers tours de roues en Norvège en suivant la route E6 (laquelle route se termine à… Kirkenes, 2 700 km plus loin !).

15 h 00, arrivée à Oslo au camping Ekeberg (encore trouvé sur Internet et guidé par le G.P.S.), par un temps qui semble vouloir s’améliorer. Nous choisissons notre emplacement et empruntons le bus 74 pour nous rendre en ville et qui nous dépose devant le théâtre.

Oslo n’étant pas le but de notre voyage, nous n’y consacrons que la fin de l’après-midi, pour faire une rapide tour sur les quais du nouveau quartier d'Aker Brygge avec ses boutiques et ses terrasses surplombant le port.

Nous visitons le parc Vigeland, célébrissime et immanquable par ses multiples statues de bronze ou de pierre d’hommes, femmes et enfants dans le plus simple appareil, qui symbolisent tous les moments de la vie, de l’enfance à la vieillesse. On aime ou on n’aime pas. Tout cela se termine sur un promontoire où se dresse un gigantesque phallus constitué de corps nus emmêlés. On vous le dit, c’est un must d’Oslo !

Ensuite, découverte du nouvel opéra d’Oslo. Construit au bord du fjord, c’est un bâtiment tout blanc, à l’architecture ultramoderne et audacieuse symbolisant un iceberg, inauguré en 2008. Surprenant mais très réussi. On peut marcher sur les différents plans inclinés assez raides des toitures. Ca vaut le détour !

Une foule endimanchée se précipite à l'intérieur, nous y pénétrons aussi. Ce soir (19 h 00), on joue Elektra de Richard Strauss. Beaucoup de monde autour des différents bars du hall d'entrée et chacun y va de sa coupe avant d'assister au spectacle. Apparemment, c'est l'habitude.

20 h 00, retour au camping Ekeberg. Le ciel se dégage. Ce soir, c'est repas au soleil ! On a quand même gardé la polaire !

Oslo - L'Hôtel de Ville - Le parc de Vigeland

Jour 4 - Ve 19/06/2009 - Oslo - Lillehammer - Lom



04 h 00, le soleil ne doit pas être loin de se lever.

9 h 15, départ d’Oslo par la route E6, route à 2 fois 2 voies sur les premiers kilomètres où l'on roule à bonne allure. Puis, beaucoup de zones de travaux pour prolonger cette voie rapide. Ensuite, nous roulons sur route nationale à double sens, limitée à 80 km/h comme dans tout le pays. Les Norvégiens sont très calmes au volant, ça ne roule jamais très vite, les distances entre véhicules sont telles qu'il est rarissime de pouvoir doubler.

La conduite est plutôt tranquille et finalement, par la force des choses, on finit par conduire comme les autochtones… parce qu'il est impossible d'aller plus vite qu'eux ! Les piétons sont rois : avant même d'avoir l'intention de traverser un carrefour les voitures sont déjà arrêtées pour les laisser passer. Surprenant au début !

11 h 45, arrivée à Lillehammer (où se sont déroulés les Jeux Olympiques d’hiver de 1994). Rapide parcours dans cette agglomération sans cachet particulier, si ce n’est une grande église de style néo-gothique en briques que nous ne pourrons pas visiter à cause d'un service d'inhumation.

Nous arpentons la rue principale Storgata. Il y souffle un vent frisquet, nous sommes en blouson et les autochtones en t-shirt… Au bout de la rue, un marché avec plusieurs vendeurs de produits… français, vendus à des prix norvégiens ! Nous y achetons à prix d’or, une baguette, vendue comme française…

13 h 15, pique-nique à l'écart de la route E6, près du parc d'attractions de Hunderfossen. En fouinant, nous nous installons dans une zone boisée, au soleil et au bord d'un petit étang. Un bel endroit entouré de plusieurs huttes aux toits faits en terre et en mousse. Bucolique à souhait ! Jusque là, nous avions privilégié la route aux paysages. A partir de maintenant, on va se calmer un peu et entrer dans le vif du sujet.

L’après-midi sera donc consacré à la découverte de plusieurs églises dites "en bois debout", spécialité de cette région de la Norvège intérieure. Ce sont des églises datant du Moyen-âge (un peu restaurées), entièrement construites en bois y compris la couverture en lauzes de couleur sombre.

15 h 00, arrêt à Ringebu pour visiter la première de ces églises, un édifice imposant construit à flanc de colline et entouré de son petit cimetière. Nous visitons l'intérieur où il fait très sombre. Peu de fenêtres et des murs en bois goudronné ne favorisent pas la mise en valeur de la décoration.

Arrêt pour voir l'église de Sor-Fron, curieux édifice octogonal datant de 1787, avec un très joli porche. Eglise malheureusement fermée.

Malgré tous nos renseignements, nous n'avons pas été assez malins pour trouver l'église octogonale de Otta. En la cherchant, nous nous trompons de route et nous arrêtons en bordure de la E6 devant l'église toute blanche de Selsverket. Fermée, elle aussi !

17 h 50, à l'écart de l'itinéraire initialement prévu, nous traversons le village de Sel et suivons une petite route sinueuse qui nous mène à Vagamo, où s'élève une magnifique église en bois debout au milieu de son traditionnel cimetière. Très belle église… fermée !

En principe, Vagamo était notre étape du soir, mais visiblement l'unique camping du village ne semblait pas prêt à nous accueillir, quasi désert et de plus, en travaux. Nous poursuivons notre chemin.

18 h 30, arrivée à Lom au camping Nordal Turistheim, assez mal organisé, en bord de route et surplombant une zone d'activités. Nous nous en satisferons, c'est le seul à plusieurs kilomètres à la ronde, et nous nous installons pour la soirée et la nuit.

Après le repas, nous admirons la dernière église en bois debout de la journée à quelques pas de notre camping par une belle soirée ensoleillée. Un très bel édifice, les murs en bois et la toiture en lauze prennent des couleurs chaudes sous le soleil qui décline. Beaucoup de sculptures sur les poteaux et les linteaux arrondis. Vestiges de paganisme, des têtes de dragons ornent également le faîtage de la toiture. Et si ce soir, l'église est ouverte, c'est pour un office et non pour les touristes que nous sommes… Décidément, nous n'aurons pas eu de chance avec la visite des églises aujourd'hui !

Une fête ou une foire se termine dans le centre du petit village, nous parcourons les quelques stands où l'on nous propose du saucisson d'élan ou de renne. Non, non, pas ce soir, merci…

De retour au camping, la vie commence à s’améliorer, le rangement de la nourriture et des vêtements s’organise et les manutentions deviennent moins fastidieuses. Et la météo nous devient globalement de plus en plus favorable.

Jour 5 - Sa 20/06/2009 - Lom - Geiranger - Valldal



Depuis notre arrivée en Norvège, été oblige, nous ne connaissons plus l'obscurité. A 01 h 40, cette nuit, il faisait… grand jour ! Pour peu que le soleil brille dès le matin, cela chauffe rapidement dans le Home Espace, donc ce matin, lever à 7 h 15.

Petit-déjeuner en terrasse et départ à 9 h 15 pour une journée importante du tourisme norvégien : la découverte du fjord de Geiranger, localement dénommé "le plus beau site naturel du monde".

Mais avant cela, il nous faut traverser l'une des régions les plus froides de Norvège (les nombreuses plaques de neige sur les bas côtés de la route l'attestent), puis franchir un plateau aride parsemé de petits lacs, pour enfin parvenir à 1 000 m d’altitude et trouver un grand lac encore complètement gelé et cerné de sommets enneigés. Spectaculaire !

La réputation de la région n'est pas usurpée, aussi lorsque nous sortons de la voiture pour contempler les reflets bleutés de la glace du lac Djupvatn, nous sommes complètement frigorifiés et transis par une petite pluie bien piquante. Pourtant le paysage mériterait que l'on s'y attarde davantage. Toute la surface de ce lac est prise par la glace, la neige recouvre tout jusqu'aux berges, et nous ne sommes qu'à mille mètres d'altitude ! Nous nous refugions quelques instants dans le chalet situé à l'extrémité du lac, où nous trouvons une douce chaleur et où Nelly a déjà repéré sa première boutique de souvenirs…

En face du chalet et à l’écart du trajet, une piste à péage grimpe en lacets serrés et escarpés jusqu'à 1 500 mètres vers le sommet de Dalsnibba, d'où l'on a, paraît-il, une vue grandiose. Les nuages nous rattrapent durant l'ascension et surtout masquent partiellement les sommets environnants couverts de neige, ce qui ne présage rien de bon lorsque nous serons arrivés sur place.

A cause du brouillard, le paysage évolue à chaque seconde et dans le dernier virage les nuages se dispersent quelque peu, nous laissant entrevoir quelques bribes de paysage montagneux.

11 h 15, arrivés à Dalsnibba, en quittant l'Espace, nous sommes surpris. La température est basse, certes, mais nous nous attendions à pire. L'absence de vent, quelques timides rayons de soleil qui filtrent à travers les nuages font que c'est tout à fait supportable. Finalement, l'atmosphère est plus agréable ici qu'auprès du lac Djupvatn, 500 mètres plus bas.

D'une vaste plateforme, nous contemplons un paysage mouvant, changeant en quelques secondes au gré du passage des nuages ou des bancs de brume qui s'effilochent… Des hautes montagnes acérées, des névés sporadiques, les innombrables lacets de la R63 qui serpentent en contrebas et que nous emprunterons dans un moment.

On ne s'y attendait plus, alors que nous sommes encore à l'ombre des nuages, nous pouvons contempler 1.500 m plus bas l'extrémité du fameux fjord de Geiranger inondé de soleil. Magique ! Vu d'ici, il ressemble plus à un lac bleuté serti dans un écrin de montagnes abruptes. Nous restons un bon moment subjugués, planant au dessus de la nature, dominant un paysage en perpétuel mouvement.

L'endroit est fréquenté. Nous devisons un bon moment avec un Français établi à Lillehammer, qui est en excursion avec un groupe d'apprentis d'une école hôtelière. Soudain, dans cet endroit calme et propre à la méditation, nous sommes intrigués par un long grondement sourd qui enfle à mesure. Une grosse moto surgit sur le parking dans une pétarade caractéristique des Harley-Davidson et pilotée par un biker pur jus. Une moto, puis deux, trois, dix, cent, deux cent peut-être, menées par des bikers de circonstance… Toutes les Harley de Norvège sont au rendez-vous. La "Horde Sauvage" investit tout le site dans un énorme tintamarre, les rois de la poignée de gaz provoquent le ronflement des moteurs et les groupes de motards s'invectivent gentiment.

Il est temps de quitter les lieux. Nous reprenons la piste. A la descente, les ravins qui la bordent sont encore plus impressionnants et dans les derniers virages la vue sur le lac gelé est splendide. Un à un, nous enfilons les lacets serrés de la R63 que nous dominions il y a quelques instants du plateau de Dalsnibba et descendons vers Geiranger. Les virages serrés nous laissent quelques splendides échappées sur le fond du fjord.

12 h 15, au cours de la descente, nous pique-niquons sur un promontoire dominant le fjord : un vrai site de carte postale, grandiose ! De ce promontoire, maintenant sous le soleil, nous dominons le petit village et l'extrémité du fjord. De hautes montagnes tombent à-pic, de part et d'autre du fjord argenté. Un paquebot blanc est déjà ancré et un navire Hurtigruten glisse lentement, sans bruit vers son escale, suivi d'un autre paquebot.

Nous restons ainsi un long moment à contempler "le plus beau site naturel du monde". C'est à peine exagéré ! Il fait beau, la température est agréable et l'atmosphère est limpide…

Le village de Geiranger est plutôt touristique et c’est le week-end… autant dire très fréquenté. Beaucoup de Norvégiens sont en promenade et les "bikers" redescendus de Dalsnibba se télescopent avec les croisiéristes des paquebots qui partent en excursion à terre. Un joli désordre !

Nous embarquons sur une vedette touristique qui en 1 h 30, nous permet de voir la partie la plus spectaculaire du fjord et nous ne serons pas déçus. Une navigation somptueuse et grandiose entre des berges quasi verticales, des sommets encore enneigés ; plusieurs belles cascades dévalent les parois sur plusieurs centaines de mètres, tout cela dans un jeu d'ombres et de lumières, de contre-jours ou de couleurs incertaines.

16 h 00, nous reprenons l'Espace. A la sortie du village de Geiranger, nous mettons cap au nord en escaladant "la route des Aigles" qui grimpe de 600 m en 11 virages en épingle à cheveux pour sortir du fjord. Un promontoire marque le point haut de la route : encore une vue à couper le souffle sur la dernière courbe du fjord. Sublime… Et les bateaux qui naviguent nous paraissent bien petits…

Puis, lente redescente vers un autre fjord pour emprunter à 17 h 15 le 1er ferry de notre voyage. Nous attendons quelques minutes à Linge pour traverser le Nordalsfjord en 15 minutes. A peine le temps de descendre de voiture…

17 h 45, nous nous posons au camping d'Uritun, petit terrain tranquille et rustique à la sortie de Valdall. Ambiance familiale, cadre rural au cœur d’une vallée agricole où l’on ne cultive que des fraisiers en plein champ ; ils sont à peine en fleurs !

19 h 00, apéritif, mais un petit vent frais nous oblige à monter l'abri Décathlon pour que Nelly puisse préparer son repas confortablement et ce soir, c'est sérieux, c'est crêpes !

21 h 00, promenade digestive aux abords du camping.

Le lac Djupvatn Le Fjord de Geiranger

Jour 6 - Di 21/06/2009 - Valldal - Trollstigen - Bæverfjord



Départ du camping de Valldal à 10 h 15. Au bout de quelques kilomètres, arrêt sur un pont face à la chute d’une large rivière dans un éboulis de roches. Une petite maison (en réalité, une mini centrale électrique), est coincée entre les rochers et la cascade. Nous discutons avec quelques membres d’un groupe de français voyageant dans un bus suédois et qui se sont arrêtés en même temps que nous.

Puis, nouvel arrêt aux chutes de Gudbrand. Un torrent tumultueux s’encastre sous la roche dans une gorge très étroite avant de disparaître sous terre. L'aménagement du site est en cours. Tous les cheminements et les garde-corps sont en acier, étrange ! Quel sera le résultat final dans plusieurs mois ?

Nous nous élevons en altitude vers un plateau en suivant une vallée glaciaire quasi désertique enserrée entre des sommets enneigés, entrecoupée de petits lacs. Un ciel pur et une atmosphère limpide, font que la vue porte loin, ce qui augmente encore l’aspect grandiose et les dimensions impressionnantes du site. Epoustouflant !

11 h 30, arrêt au plateau de Stigrøra, qui en fait est un col à 852 m d’altitude. De là, part un chemin menant à un belvédère devenu un site touristique incontournable d’où l’on domine "l’Echelle des Trolls". C'est une route escarpée, ouverte en 1936 mais fermée en hiver, qui en une douzaine de virages en épingle à cheveux escalade littéralement la montagne (pente à 11 ou 12 %, par endroits). Les croisements sont souvent difficiles entre les camping-cars et les nombreux bus de tourisme qui fréquentent l’itinéraire. Là encore, époustouflant !

Du belvédère, très fréquenté, nous disposons d'une vue panoramique sur la longue vallée glaciaire qui mène à Andalsnes. En cours de visite, nous discutons un bon moment avec 3 angevins voyagent en 4x4 (style RAV 4), et qui logent en hytter. Ils redescendent du Cap Nord, où ils ont eu un temps magnifique.

12 h 15, nous empruntons donc cette route escarpée à la descente, et faisons un court arrêt devant la cascade de Stigfossen (haute de 180 m). En quelques coups de volant et pied sur le frein, nous nous retrouvons dans la vallée, au pied de la montagne. Et vu d'en bas, ce n'est pas la montagne mais un véritable mur de 550 mètres de haut que nous venons de dégringoler !

13 h 00, pique-nique en bas de l’échelle des Trolls.

14 h 30, second ferry du voyage entre Afarnes et Sølnes pour traverser le Langfjord. 15 h 00, arrivée à Molde, petite ville agréable au bord d’un large fjord où nous avions fait escale en fin d’après-midi l’hiver dernier. Beau panorama sur les sommets enneigés de l’autre coté du fjord. Nous arpentons la rue principale, comme nous l'avions fait l'hiver dernier ; de jour, tout est si différent. Puis, promenade à pied sur les quais jusqu’à l'Aker Stadion (où doit se dérouler un match de football, ce soir), et le Rica Hôtel, bâtiment contemporain en forme de voile.

17 h 00, arrivée à Kanestraum, le ferry vient juste de partir sous notre nez. L'attente ne sera pas trop longue, une demi-heure. L'endroit est isolé, une minuscule boutique (épicerie, journaux, confiserie), essaie de vivre du trafic des ferries…

Notre bac arrive… Désormais, c'est Nelly qui embarque l'Espace sur les ferries. Le prix des traversées est toujours un forfait voiture et chauffeur compris, les passagers supplémentaires paient séparément. Mais les passagers retraités de plus de 67 ans ne paient que 50% du tarif. En dépit de son jeune âge mais grâce aux cheveux blancs, J-J se permet de gratter quelques couronnes norvégiennes à chaque passage. Malin ! On se demande quand même si les Norvégiens dans leur honnête candeur, peuvent se douter de la filouterie de quelques étrangers astucieux. Nous n'en sommes même pas sûrs !

En 20 minutes nous traversons le Halsafjord et arrivons à Halsa. Un débarcadère au bout d'une route, rien d'autre. Juste après, la route E39 vers Trondheim semble barrée et nous prenons une déviation par la R65, ce qui nous vaut un détour conséquent.

18 h 00, nous nous installons au camping de Bæverfjord, petit terrain paisible et pas cher. La responsable ne parle que norvégien, pas facile de se comprendre.

19 h 00, dîner. La soirée est agréable, ensoleillée. Nous faisons une courte promenade au bout du fjord près du camping. Mais le terrain est marécageux et nous faisons rapidement demi-tour.

La traversée du Halsafjord en ferry

Jour 7 - Lu 22/06/2009 - Bæverfjord - Trondheim - Vegset

A 05 h 00, le soleil brille, largement au-dessus des montagnes environnantes.

Route 65 vers Trondheim en suivant une longue vallée où règne une forte activité agricole.

11 h 00, arrivée à Trondheim, 3ème ville de Norvège que nous avions déjà visitée l’hiver dernier. Cette fois-ci, le beau temps règne et il fait même chaud. Autant, cette ville était déserte en décembre, autant elle est animée aujourd’hui. Il y a déjà bien du monde aux terrasses des cafés de la rue principale, Munkegata.

Stationnement en centre ville, sur Dronningensgata, juste à côté de la bibliothèque municipale. Pas fait exprès, mais cela tombe bien ! Nous commençons donc par essayer d’envoyer un mail, gratuit depuis cette bibliothèque.

Il faut d’abord trouver un ordinateur libre, puis se familiariser avec les menus et commandes de l’ordi en norvégien, et ensuite taper le message sur un clavier qwerty, sans accents, sans apostrophes, sans cédilles, mais avec des caractères norvégiens inhabituels, tels que ø, æ, å, Ø, Æ, Å. Mais, on a réussi et le message est bien parvenu à tous ses destinataires.

Nelly est en manque et veut absolument trouver une boulangerie pour y acheter du pain : gageure en Norvège, où nous n’avons pas encore vu ce genre de boutique. Près du marché, nous pénétrons sans conviction dans une galerie marchande. Et, bien en vue au milieu de cette galerie… une boulangerie-viennoiserie vend… des "baguettes françaises" (écrit tel quel sur les étiquettes), mais le prix, lui, reste norvégien ! Et même la vendeuse s’exprime en français.

Avec l’Espace, nous nous déplaçons dans le quartier de Bakklandet. Pique-nique ensoleillé sur un terre-plein sur la rivière Nidelva, face aux entrepôts multicolores. Au même endroit, le 31 Décembre, nous étions sous les bourrasques de neige fondue.

Passage sur le vieux pont Gamlebybru, puis montée à la forteresse de Kristiansten Festning, construction blanche et massive. Depuis les talus en herbe, quelques points de vue sur la ville et le fjord.

Retour à la voiture par les rues de Nedre Bakklandet, bordées de maisons anciennes et colorées.

15 h 00, repris la route par la E6 via Levanger et Steinkjer au fond du fjord de Trondheim.

Poursuite sous une averse orageuse en longeant le lac de Snåsa,

18 h 10, au bout du lac, nous trouvons le camping de Vegset. Personne à la réception, entrée libre, le gérant passera plus tard… Il y a même un tableau avec les clés des hytter à disposition avec une boite à lettres pour déposer l’argent le lendemain matin… Installez-vous ! C’est la Norvège…

Mais l’orage menace… D’où une grosse hésitation pour installer notre campement. Avant toute décision, petite balade dans le camping et sur les bords du lac. Dans le camp, il y a beaucoup de caravanes avec des avancées, des auvents en dur, terrasses en bois, etc… dénotant un aménagement en plusieurs phases. Sans doute une astuce pour contourner un règlement particulier ?

19 h 30, début de l’orage. Finalement, on se réfugie dans une hytte (280 NOK) pour 4 personnes. Un peu sombre, équipée d’un frigo, four électrique et 2 plaques chauffantes, chauffage électrique que l’on n’a pas utilisé, éclairage et prises de courant. Couvertures et oreillers. Mais pas d’eau, il faut utiliser les installations communes, (sans doute à cause du gel en hiver).

Pendant que l’orage se déchaîne, on est au sec et l’on dîne sur une vraie table. De plus, on a pu recharger tous les appareils électriques à bloc.

Finalement, ce choix s’avérera judicieux, car le lendemain matin, il pleut encore.

Trondheim - Les anciens hangars sur les rives de la Nidelva

Jour 8 - Ma 23/06/2009 - Vegset - Brønnøysund - Thorghatten



Il a plu toute la nuit. Réveil à 07 h 30. Il crachine et la visibilité est mauvaise. On regrette encore moins d’avoir choisi la hytte. P’tit dej à l’abri, puis rangement dans l’Espace de toutes les caisses qu’on avait du sortir. Finalement, la hytte c’est contraignant ; et en plus il faut nettoyer la hutte.

A 08 h 30, le gérant du camping vient réclamer son dû. Nous redéposerons la clé au tableau en partant !

Départ vers Grong, puis bifurqué par la R775, toute petite route étroite et sinueuse. Nous slalomons au ralenti entre les moutons éparpillés sur la chaussée et les accotements. Imprévisible et dangereux, surtout à la sortie des virages, ces animaux n’ont vraiment pas conscience du danger !

A Høylandet, nous rejoignons la R17, la route côtière touristique (Kystriksveien), que l’on va suivre jusqu’à Bodø pendant près de 600 km.

Paysages vallonnés, rivières, belles forêts de sapins, fonds de fjords sous la pluie intermittente rendant les vues bouchées.

12 h 30, arrivée sous la pluie à Holm pour prendre le 4ème bac du voyage. A cause de la pluie, pique-nique dans la voiture dans la file d���attente. Traversée du Bindalsfjord jusqu’à Vennesund en 20 minutes sur un gros ferry, 4 files de véhicules, grands salons, boutique bien achalandée, cafétéria où tous les Norvégiens mangent des hot-dogs faits de grosses saucisses genre Francfort. Le temps encore bouché nous empêche de gambader sur le pont extérieur

En débarquant du ferry, la visibilité semble vouloir s’améliorer doucement. Le paysage change aussi, devient plus maritime et pourrait rappeler certains coins de Bretagne nord.

14 h 30, arrêt à Vik pour visiter par hasard une église en bois (et miracle, elle est ouverte !). L’extérieur est couleur blanc et caramel. On a pu visiter l'intérieur peint en rose et mauve, décoration minimaliste, orgue contemporain, et une belle galerie de portraits des anciens pasteurs.

15 h 30, arrivée à Brønnøysund. Ville et port tout en longueur sans cachet exceptionnel. Quelques courses dans un supermarché, avec de super prix… surtout les fruits. On a eu bien raison de faire le maximum de ravitaillement au départ de France !

Sur le port, Nelly visite une petite galerie marchande, pendant que J-J regarde l'arrivée par le nord du MS Lofoten d’Hurtigruten.

17 h 00, arrivée au site de Torghatten et installation au camping du même nom au pied du rocher. Nous trouvons un emplacement exceptionnel en bord du sund avec une jolie vue sur les sommets du continent. Idéal… sauf que le gérant du camp vient allumer un feu de camp à notre vent, sans doute pour célébrer la Saint-Jean, mais est-ce la vraie raison ?

Sans tout comprendre, nous préférons déménager pour ne pas être enfumés, et trouvons un autre endroit près d’une mini-plage. Beaucoup de camping-cars en passagers.

18 h 00, marche vers le trou du rocher de Torghatten. Ce gigantesque trou est une curiosité géologique creusée par la mer dans des temps immémoriaux. Il traverse de part et d'autre un immense rocher en forme de chapeau de gendarme. Inhabituel, ici, on ne tombe pas dans le trou, on y monte ! 125 m à gravir dans la caillasse avant de pénétrer dans le fameux trou, qui fait 160 m de long, 20 de large et 30 de hauteur. Il faut redescendre un escalier en bois pour atteindre la base d'une vaste salle, et vers le sud il y a une jolie vue sur un semis d’îles basses à perte de vue et une ferme isolée en 1er plan.

21 h 00, balade à pied aux abords du camping au fond d’une anse. Nous repérons de nombreux bigorneaux, on s’équipera mieux la prochaine fois. Les nuages se déchirent et l’on comprend que le soleil n’est pas pressé de se coucher…

Jour 9 - Me 24/06/2009 - Thorghatten - Nesna

Grand soleil dès le matin.

Peu après Brønnøysund, ferry entre Horn et Anddalsvåg pour traverser le Vellfjord avec un peu d’attente. Continuation sur la R17.

11 h 30, arrivée à Fjorvik et attente du second ferry de la journée. Promenade à pied sur le port de plaisance et dans le hameau.

12 h 05, ferry pour Tjøtta. Très agréable traversée d’une heure dans un enchevêtrement d’îles et d’îlots, sous un ciel sans nuage, un chaud soleil et une forte luminosité. L'eau du fjord est d'un bleu intense, inimaginable pour la région. Passé tout le temps sur le pont pour admirer un paysage magnifique : une grande île de roche rouge, d’autres vert sombre, plantées de sapins, et la face orientale du massif des 7 Sœurs en arrière-plan. Discuté avec un couple de Liégeois, vus à Torghatten, qui circulent dans un gros camping-car gris et qui font leur deuxième voyage en Norvège.

Pique-nique peu après Tjøtta, juste au bord du Velsnfjord avec de jolies montagnes en arrière-plan. Un endroit très calme propice au repos.

Arrêt à la nécropole russe (2ème guerre mondiale), minimaliste.

Arrêt à l’église médiévale d'Alstahaug construite en pierre dans un très joli cadre verdoyant près de la mer. A l'intérieur, belle chaire et tableaux en bois sculpté et polychrome. Curieux clocher à bulbe. Comme souvent en Norvège, cimetière bucolique et bien entretenu autour de l’église, avec quelques "pierres" tombales en fonte. Très bel ensemble.

Longé le versant occidental du massif des 7 Sœurs avant d’arriver à Sandnessjøen, petite ville vite visitée : la rue principale et le port sont d’un intérêt réduit.

Passage sur le haut pont à haubans de Helgelandbru (devenu gratuit) franchissant l’étroit Leirfjord.

17 h 00, 3ème ferry du jour à Levang pour rejoindre Nesna. A l'embarcadère de Levang, cadre typique de Norvège avec des huttes de pêcheurs rouge sang construites sur pilotis. Traversée du Ranafjord en longeant des côtes verdoyantes parsemées de grosses exploitations agricoles en bordure du fjord. L'activité est intense, c'est la période des foins. Belles montagnes enneigées dans le lointain. Cadre splendide.

Installation au camping de Nesna, intégré dans un motel-centre de vacances (!?), à faible distance du village et du débarcadère du ferry, et en bordure de fjord. Accueil sympathique. Parties communes bien équipées, cuisine, salle de repos et de télé. Terrain très agréable.

Pêche aux bigorneaux devant le campement, belle récolte. Après le repas de bigorneaux et de crêpes, promenade à pied jusqu’à l’église du village et au port, toujours sous le soleil.

Transfert des photos et des films dans la salle télé du camping.

22 h 50, le soleil qui brille toujours passe derrière les montagnes et nous nous couchons au grand jour. En fait, nous sommes à 120 km du Cercle polaire et il n’y a maintenant plus de nuit.

En résumé, une journée exceptionnelle.

Le Velsnfjord

Jour 10 - Je 25/06/2009 - Nesna - Svartisen - Reipa



Grande luminosité durant toute la nuit. 06 h 45, réveil sous un grand soleil et déjà (!) la chaleur.

08 h 20, tenue vestimentaire d'été (T-shirt et bermuda), départ et trajet par une route longeant des fjords tranquilles donnant de beaux reflets dans l'eau calme ainsi que des cimes enneigées en arrière-plan, (Sjonafjord).

10 h 00, arrivée à Kilboghamn, soit un parcours de 90 km en 1 heure 50 ! Il ya déjà une longue file de voitures et un bus pour emprunter un ferry qui paraît bien petit. Suspense, jusqu'à ce qu'arrive notre tour. Montera, montera pas ? Finalement, on rentre, mais de justesse ! Le bac suivant était 2 heures plus tard.

Toujours du très beau temps, mais bizarrement, un petit vent frisquet oblige à trouver un abri sur le pont du ferry. Belle navigation de 70 minutes en slalomant entre de nombreuses îles. Passage du Cercle Polaire (annoncé par l'équipage), et devant la boule métallique marquant le lieu : 66°33' N immortalisée par tous les photographes du bord.

Débarquement à Jetvik, puis pique-nique express au fond du beau Tongsfjord, chassés par un vent glacial et surtout des mouches très agressives.

Toujours sous un franc soleil, courte traversée du Skardsfjord, entre Ågskardet et Forøy. Du ferry, on a quelques vues sur le sommet du glacier Svartisen.

Arrêt à Braset sur le Hollandsfjord, pour plusieurs points de vue sur l'Engabreen, bras du glacier Svartisen se jetant pratiquement dans le fjord. Pris une vedette pour traverser le fjord et rejoindre la base de l'Engabreen, mais il reste 3,6 Km à faire à pied avant d'y parvenir. Chemin très facile au début, malgré la forte chaleur (eh, oui !), devenant plus difficile au pied du glacier sur la roche polie et lissée au fil des siècles par l'avancée du glacier. Il y a même des chaînes pour s'agripper à la montée. Dur ! Finalement, on cale en cours de route, aussi à cause de la chaleur. (Ce sera en réalité, la journée la plus chaude de ce voyage).

On a toutefois de très belles vues du glacier et du fjord qui brillent de mille éclats sous le soleil. ("Le soleil fait pétiller la mer", dixit Nelly). C'est vraiment magnifique. Sans toucher la glace, nous en sommes assez près et malgré tout, cette balade devait être faite.

Retour à la voiture et poursuite en empruntant les tunnels de Glomfjord. Trois tunnels à la suite de 7 km,1 km et 2 km de long avant d'arriver à Ørnes.

Camping à Reipa, 5 km après Ørnes, dans un terrain quasiment vide, exposé au vent et à l'ombre des montagnes avoisinantes, donc très froid.

Promenade à pied sur une grève des environs.

23 h 30, le soleil brille nettement au-dessus de l'horizon entre les 2 montagnes au nord du camp.

Le terrain de camping de Reipa

Jour 11 - Ve 26/06/2009 - Reipa - Bodø - Å i Lofoten

Toujours du grand soleil au réveil

09 h 45, départ du camping. Nombreux arrêts le long des fjords, notamment à Storvik et sa longue plage de sable (mer bleue intense), et au lac de Valnes, avec quelques abris colorés et plusieurs barques échouées sur les berges.

12 h 00, arrêt au pont de Saltstraumen pour voir les courants entrant ou sortant du Skjerstadfjord, par un goulet de 150 m de large (± 400 millions de m3/h à 28 nœuds aux plus fortes marées). Descente à pied sous le pont sur la rive est. Nous arrivons à la fin du jusant, donc rien d'extraordinaire, mais en un quart d'heure le flot arrive et le phénomène s'accélère. L'eau défile alors très vite et bruyamment ; marmites et tourbillons sont en évolution permanente : impressionnant. Pique-nique sur place accompagnés de nombreux pêcheurs ou curieux venus, comme nous, regarder l'eau passer.

Nous montons à pied sur le pont pour avoir une vue d'ensemble du phénomène et ne sommes pas déçus, c'est encore plus spectaculaire, surtout de voir à quelle vitesse l'eau rentre dans ce fjord. De plus, très beau panorama sur l'amont du fjord et les montagnes enneigées vers le sud.

Fin de la route 17 à Løding, un très bel itinéraire de près de 600 km réalisé en 3 jours ½ et qui méritait d'être fait, bien mis en valeur par une météo exceptionnelle.

15 h 45, arrivée à Bodø à l'embarcadère du ferry pour Moskenes (Lofoten). Sur le vaste terre-plein, déjà beaucoup de monde à attendre sur 6 files. Il semble que suite à une avarie, le ferry de 15 h 00 ait deux heures de retard, et que la file d'attente soit en conséquence ! Nous n'avons pas réservé notre passage. Donc, suspense et patience !

Le MS Trollfjord d'Hurtigruten est à quai. Nous étions à cette même escale le 1er Janvier dernier, mais sous une météo et une luminosité bien différente.

16 h 30 Petit tour rapide en ville. Peu d'intérêt, ce que nous savions déjà.

17 h 00, retour à l'embarcadère. Un ferry vient d'arriver (celui de 15 h 00 ?), beaucoup d'incertitude pour embarquer normalement dessus. Cela ne semble pas organisé ou bien c'est la panique parmi le personnel chargé de l'embarquement.

Ce sont les vacances, c'est aussi le week-end et il y a affluence. L'énervement grandit parmi les passagers, d'autant qu'après ce ferry, le suivant est à 00 h 45 !!!. C'est la grande valse-hésitation sur le terre-plein, et à cause de la panique générale du personnel, la montée des véhicules se fait au compte-gouttes, allongeant encore la durée du désordre.

18 h 00, ça y est ! Nous sommes parmi les tous derniers à embarquer sur le catmaran MS Bodø. C'est vraiment passé de justesse. Les 5 files de véhicules sont remplies. A l'intérieur, dans le grand salon une longue queue se forme instantanément à la cafétéria bien avant le départ. Ensuite, la plupart des passagers s'installent et mangent. Nous pique-niquerons également à bord et Nelly s'offrira une glace.

18 h 15, appareillage. A peine virées les îles à la sortie du port que l'on aperçoit déjà les Lofoten à l'horizon… soit une visibilité proche de 90 km !

Ciel toujours clair, temps calme, mer plate. Traversée agréable à une vitesse de 16 nœuds (soit 29 km/h), donc, pas très chaud sur le pont extérieur en fin de journée. Vers l'arrière, vues sur les montagnes enneigées du continent norvégien, et se rapprochant, "le Mur des Lofoten", fait de montagnes escarpées, paraît infranchissable.

21 h 30, arrivée à Moskenes, petit port tranquille au sud de l'archipel. En contre-jour, les montagnes ont des reflets très sombres dans les eaux du port. L'éclairage est très contrasté, aussi de beaux reflets des bateaux et des rorbuer.

21 h 50, arrivée à Å i Lofoten et installation au camping de Moskenesstraumen à l'extrémité du village. Le Guide du Routard avait raison, pas terrible ! Accueil minimaliste. Cher pour le peu de prestations offertes, nous sommes installés sur un terre-plein exigu et tristounet, coincés entre 2 camping-cars.

Balade à pied jusqu'à l'extrémité du camping (inaccessible aux véhicules), où le site est plus grandiose et sauvage. Nous partons explorer le village et marcher autour du port au milieu des rorbuer rouge sang, bâtis sur pilotis. Ces rorbuer semblent fréquentés par des amateurs de pêche sportive qui ramènent de belles prises : flétans énormes et autres qu'ils découpent ensuite sur place. Storvik - Å i Lofoten

Jour 12 - Sa 27/06/2009 - Å - Svolær - Handelsand

Petit déjeuner dans la salle commune du camping face à la mer.

08 h 45, départ du camping et déjà arrêtés quelques centaines de mètres plus loin pour photos et films du port de Å, avec ses rorbuer multicolores, des petits chalutiers et les montagnes acérées et à pic en arrière-plan, le tout accompagné par les cris stridents des mouettes. Ce village est la carte postale des Lofoten.

Puis, au port de Reine, les rorbuer rouge sang se détachent des eaux bleues du port et contrastent, là encore, avec les montagnes tombant à-pic brutalement dans la mer. Typique ! Ensuite, arrêt à Hamnøy.

10 h 15, Flakstad, immense plage de sable blanc baignée par une mer turquoise avec montagnes en arrière plan. Paysage surréaliste, inimaginable à cette latitude, et pourtant bien réel. Il ne manque que les cocotiers pour que ce site soit paradisiaque. Résultat, personne, absolument personne sur cette longue plage, si ce n'est 1 ou 2 couples d'huitriers-pie qui courent avec nous sur le sable en lançant des cris stridents.

10 h 30, à l'écart de la route, le port sauvegardé de Nusfjord, là encore, cliché des Lofoten. Péage de 5.50 € par personne (un peu exagéré), pour l'entretien et la conservation du site. Rorbuer jaune et rouge sur pilotis autour d'un petit port en fer à cheval. Dans quelques bâtiments d'époque, espace muséographique concernant la pêche, le travail de la morue et tous les métiers s'y rapportant. Boutique de souvenirs dans une échoppe restée dans son état d'origine. Site très visité.

Arrêt au panorama de Felsa, sur un tertre à l'écart de la route. Vaste point de vue sur une large vallée verdoyante.

12 h 00, détour par la plage d'Haukland, sur la côte nord de l'archipel. Malheureusement, d'épais nuages et du vent fort arrivent sur place en même temps que nous, difficile de rester. Franchement dommage, car c'est une belle plage de sable blanc.

A proximité, et après être passés sous un tunnel, pique-nique sur la plage d'Utakleiv. Ecourté à cause du temps très maussade et du vent froid. Encore dommage, car nous avions une très belle et longue plage face à nous.

13 h 00, passage à Stamsund, courte escale Hurtigruten de l'hiver dernier que nous avons bien du mal à reconnaitre. Retour du beau temps et poursuite par la R815 sur la côte sud de l'archipel par Valberg, dans de beaux paysages de montagnes tombant brutalement dans des plaines marécageuses.

Visite du port de Henningsvær, situé sur une île et accessible par un pont à voie unique réglé par des feux tricolores. Sur fond de montagne abrupte, un port tout en longueur entouré de constructions blanches sur pilotis.

16 h 00, arrêt à Kabelvåg, où se déroule un rassemblement de vieux gréements locaux, ainsi qu'une fête populaire sur la place du village. Une animation que nous n'avons jamais retrouvée ailleurs en Norvège. Les gens sur des tables et des bancs au milieu de la place mangent du poisson ou des crevettes. Un groupe joue de la musique sous un kiosque. Nous achetons 1 litre de crevettes pour le dîner.

A la sortie du village, une très belle église en bois peint en marron est en cours de restauration.

18 h 30, Svolvær. Nous assistons à l'arrivée du MS Polarlys d'Hurtigruten qui débarque son lot de touristes pour des excursions dans l'archipel. Difficile de reconnaitre de jour l'escale faite de nuit et sous la neige l'hiver dernier.

La géographie se prête à l'observation du soleil de minuit et nous voudrions faire du camping sauvage sur la côte nord pour cela. Il fait beau, bien que le ciel ait l'air de se couvrir légèrement et qu'un vent frisquet commence à souffler. Ce soir, nous pique-niquons avant de trouver l'endroit idéal : repas de crevettes.

Plus nous roulons vers la côte nord, plus le temps se couvre. Arrivés à Laukvik, il bruine ! De plus, de la route, nous ne trouvons pas d'accès commode vers la plage ; de toute façon, le soleil à minuit paraît bien compromis.

21 h 00, dépités, nous poursuivons notre itinéraire vers Fiskebol par une petite route qui se transforme vite en piste en traversant des paysages désertiques pendant plusieurs kilomètres. Dans la grisaille, rien pour accrocher le regard, pas une maison, pas une voiture, rien ! Difficile de trouver un endroit sympathique et sûr dans un tel désert pour camper.

21 h 30, en roulant, sur la gauche et bien à l'écart de la route, une petite église isolée et à côté les toits de 2 camping-cars. A gauche toute ! Au bout du chemin, au pied de l'église, une petite place en herbe où stationnent pour la nuit 2 camping-cars immatriculés dans l'Orne.

Installation rapide du campement sous le crachin et café bien chaud.

22 h 30, le temps se dégage timidement. Marche à pied vers le rivage, l'horizon vers le nord rosit à peine. Le soleil reste bien caché derrière les nuages. Raté !

Retour à la voiture pour notre première nuit dans la nature. Aussi, nous pensons que près de l'église, il ne devrait rien nous arriver...

A suivre…

2ème Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie
Circuit de quatorze jours au pays des Ksour (Maroc) English translation pending
by Paulinepopo · 2010-06-14 · 1 reply
Bonjour ,

je recherche des personnes parties au maroc avec nlle frontière et plus précisemment sur le circuit de 14 jours au pays des ksour, afin d'avoir quelques infos supplémentaires!! Qualité du circuit et organisation, qualité des hébergements (bivouac, riad , auberge...).Merci de me faire part de toutes vos impressions négatives et positives!!!

Avec mes remerciements, bonne journée Pauline

PS: Dsl d'insister...
Visa étudiant français d'une Gabonaise valable en Suisse? English translation pending
by Nilse · 2010-05-13 · 9 replies
Bonjour , je m'explique, j'habite près de la frontière franco suisse et j'aimerais que ma petite amie qui viendra s'installer en France pour ses études atterrissent a l'aéroport de Genève en suisse ( moins taxé et plus proche de chez moi..)

Pourra t'elle avec un visa étudiant français?

j'ai une autre question mais que je posterai dans un autre post.

Je vous remercie!

Cordialement.

Nilse.
Recherche de travail comme électricien en Australie English translation pending
by Tobinou · 2010-04-30 · 10 replies
hello à tous,

jeune alsacien vivant dans la région 3 frontières (France - Allemagne - Suisse), je pars 3 semaines en Australie en août pour un peu visiter le pays. maintenant mes questions seraient:

- si les entreprises australiennes recherchent du monde étranger pour bosser? perso, je boss depuis 2 ans comme électricien en Suisse, Français et allemand sont mes langues maternelles et pusi mon objectif serait d'aller dans un pays anglophone pour y perfectionner mon anglais vu qu'ici tu n'a pas l'occasion de le faire

si quelqu'un a des sites, des entreprises, des contacts afin que je puisse avancer dans mon objectifs

Merci d'avance 🙂
Retour d'un séjour d'une semaine à l'hôtel Manganao en Guadeloupe English translation pending
by Jacky29600 · 2010-03-31 · 3 replies
je viens de passer 1 semaine en Guadeloupe avec Nouvelles Frontieres a l'hotel Manganao en tt inclus , semaine excellente , le logement dans bungalows a l arriere de l hotel: 1 chambre , 2 grd placards avec coffre fort , cle a retirer a la reception , caution rendue a la fin du sejour , 1 salle de bain /wc , 1 terrasse table et 2 fauteuils les repas , buffets pour les pt dej, les dej , et diners , repas langouste 26 € a prevenir 24 h avant , le bar nickel , boissons a voloté et gouter vers 16 h pizzas , hot dog etc..., le sitre magnifique avec acces direct a la plage sur un lagon , le personnel de l hotel tres sympathique , et le personnel d animation efficace sans etre pesant pour les activités , en clair sejour ds cet hotel tres agreable j y retournerais surement et le plus tot possible , pour d autre renseignements n hesitez pas a me contacter 😏😎
Carnet de passage en douane en Iran English translation pending
by Alexcecile · 2010-03-29 · 16 replies
Le carnet est il toujours obligatoire a tous les postes frontière en Iran? Quelqu'un a-t-il fait l'expérience de passer sans, venant de Turquie ou du Turkmenistan ?
Bus de Hoi An (Vietnam) à Paksé (Laos) English translation pending
by Sabita · 2010-03-17 · 2 replies
Au Centre-Sud Vietnam actuellement, nous allons traverser la frontière pour nous rendre au Laos voisin, à Pakse prioritairement ou Savannaket si pas possible. A Hoi An, nous avons fait quelques agences pour finalement retenir un trajet proposé par seulement l'une d'entre elles : - Départ à 6h le matin, traversée du poste frontière (visa) et arrivée à Pakse pour 18h le même jour. Le tout pour 26$.

Est-ce que l'un d'entre-vous aurait déjà effectué ce trajet et si oui, peut-il partager avec nous son vécu (conditions, horaires respectés, obtention du visa, etc.)

Ou peut-être quelqu'un a-t-il une autre option à proposer pour rejoindre le sud Laos (Pakse sans remonter jusqu'à Savannaket) tout en passant par un poste frontière permettant l'obtention d'un visa ?

Merci à tous !
Délivrance du visa malien entre Kidira (Sénégal) et Diboli (Mali)? English translation pending
by Oliviarim · 2010-01-09 · 3 replies
bonjour,

Le visa malien est bien délivré à la frontière entre le Sénégal et le Mali (Kidira-Diboli), ainsi qu'à Nioro-Du-Sahel (Mauritanie-Mali). Par contre, il est meilleur marché à Nouakchott (6 500 um, soit environ 18 euros).

Cordialement, olivia
Circuit "au fil de l'eau" au Vietnam avec agence English translation pending
by Coquelicot08 · 2009-09-28 · 3 replies
Nous partons le 10.10 pour ce circuit avec Nouvelles Frontières Quelqu'un l'a t il déjà fait ? Est ce que l'on se déplace en mini bus ?

MERCI POUR VOS COMMENTAIRES Christine
Improvisation Nomade (4) Turquie English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-29 · 0 replies
Un train pour Istanbul.

Une heure du matin. Frontière bulgare. Premier arrêt. Descendre pour tamponner le bon de sortie sur le passeport. Une heure plus tard, le train repart. Nous sommes entre les deux frontières. Un douanier bulgare nous demande une taxe. Une taxe de quoi ? On déplie la carte, on examine les billets en demandant des explications. Le gars monte le ton, 10 € il veut, mais il n’en est pas question. Notre billet va à Istanbul. Après dix minutes d’énervement, il laisse tomber. Les Bulgares, c’est des bâtards, on répète en pensant à Charlie… 20 minutes plus tard. Frontière turque. Descendre pour le contrôle des bagages. Un douanier, turc cette fois, nous explique de façon aimable que nous pouvons rester au chaud dans le train, nous les Français, et que les Roumains et les Bulgares, seulement, seront fouillés. Juste le tampon d’entrée sur le passeport et on attend au chaud. Les gens nous regardent. Qui ne méprise pas l’injustice ? Certainement pas ceux que ça arrange… Pas de visa mais trois mois d’invitation gratuite. Invités et bienvenus qu’on est ! Vive l’histoire et les relations diplomatiques françaises avec la Turquie. Vive Atatürk qui nous aimait bien et vive l’Europe dans laquelle la Turquie veut entrer… Au lever du jour, le train longe la mer de Marmara et se faufile entre les premières habitations. Une heure plus tard, alors que le train roule encore, nous ne sommes toujours pas dans le centre ville. C’est quoi cette ville ? Plus de 50 km depuis les premiers bâtiments. Et puis, nous voilà au cœur d’Istanbul. L’aquarelle fraîche d’un soleil matinal illumine la ville. Première impression : c’est beaucoup plus propre, plus neuf, plus riche que ce qu’on a vu de la Roumanie et de la Bulgarie. Deuxième impression. Les gens sont bien habillés et surtout ils ont le sourire. Ça faisait longtemps. Les Bulgares ne sourient pas beaucoup dans le hall de leur vieux blockhaus. Enfin, je ne pensais pas que ce serait aussi occidental ici. Clean, branché, on se croirait à Paris. Dans certains quartiers, les femmes ne sont même pas voilées… Le train stoppe gare du Sultan Ahmet. Quartier du palais. Mosquée bleue. Sainte Sophie. Deux touristes en plus ce matin. Un bout de papier imprimé sur le Net nous sert de guide. Des rabatteurs nous attrapent rapidement – normal, avec nos gros sacs – et nous proposent des hôtels où, si l’on accepte de les accompagner, ils toucheront un bakchich. Calme les gars. Déjà, petit déjeuner. Tranquille. Ensuite seulement, la ville nous absorbera.

L’automne tarde à venir ici. C’est encore l’été. Le ciel, chaque matin, est bleu. Avec Daoud, jour après jour, nous sillonnons la ville. Istanbul la magnifique, vallonnée, pavée à l’infini. Une ville avec, à chaque détour, une vue imprenable sur le bleu de la mer. Ses vieilles maisons ocres de trois ou quatre étages, dans un dédale méditerranéen de ruelles biscornues. Dix-huit millions de personnes vivent à Istanbul, un tiers de la population, environ, d’un pays qui fait deux fois la France en superficie. Les journées passent vite, encore une puis une autre. De plus en plus loin, on cherche et on trouve les rues encore revêtues de terre battue. Les tissus multicolores se balancent, indifférents, entre les maisons de torchis d’où les enfants, aux yeux brillants et aux sourires ensorceleurs, entrent et sortent pieds nus et sales comme des rats. J’adore cette ville, ses marchés d’épices et d’étoffes. Les ports accrochés sur la mer par d’immenses cargos, les monuments grandioses, les mosquées irréelles et les cours intérieures, fleuries et calmes où l’on trouve toujours une fontaine et le parfum fruité des narguilés. Ces dalles, des places et des allées, sont foulées depuis deux mille ans. Deux mille ans… Byzance, Constantinople et enfin Istanbul. Istanbul la Magnifique. On se sent bien dans le cœur de cette ville. Le climat sans doute ou l’espace, je ne sais pas. Les vacances aussi bien sûr. Rien foutre encore. Fainéanter dans un lieu neuf est la plus absorbante des occupations, écrivait Nicolas Bouvier. C’est bien ça. Des heures, assis ici et là, admirant la fourmilière. Nous ne sommes pas seuls. Distraction largement répandue dans les pays où la température est clémente. Partout, dans les petites rues ensoleillées, devant leurs portes, discutent les petits vendeurs à la sauvette, les cireurs de chaussures kurdes, les marchands de tapis qui excellent dans les langues et ceux qui ne font décidément rien et restent assis toute la journée à l’ombre d’un figuier. Puis soudain, dans toute cette vie, toute cette agitation, dans toute la ville, résonne, comme un rappel à l’ordre, comme venu du ciel, dont l’écho se perpétue mille fois dans chaque recoin, chaque maison : le chant du muezzin. Istanbul…

Le long du Bosphore, sur le pont Galata et partout dans les ports, des pêcheurs, alignés les uns à côté des autres par centaines, remontent leurs lancers jours et nuits. Cachée entre deux bateaux, des gamins déguenillés pêchent eux aussi. Un bout de fil, un morceau de ferraille recroquevillée en guise d’hameçon et des capsules de coca pour faire du plomb. En très peu de temps, ils remplissent de poissons une bouteille en plastique découpée et s’en vont courir les vendre dans le premier restaurant… Un restaurant populaire avec un choix entre trois ou quatre plats typiques, disposés dans de grandes gamelles. Perdus par ici, des touristes français demandent, sans un mot de turc ni d’anglais, s’ils peuvent payer en euros tout en sortant une liasse de billets pour se faire comprendre. On sourit avec Daoud. Le serveur a déjà les yeux qui pétillent, pas de problème, il dit, come, come. Nous, on se tait et on regarde. Comme souvent, les prix ne sont pas affichés mais nous les avons demandés avant de choisir. Eux se servent sans rien demander, s’installent et mangent bruyamment comme ça se fait chez la plupart des gens en vacances à l’étranger. Si, c’est vrai ! À la fin du repas, passage à la caisse. C’est là qu’on devrait rigoler. Nous avons fait un calcul approximatif du total avec le change en livres turques. Mais, le gars ne les vole pas. Pas un centime. Étonnant, c’était si facile de les arnaquer. Vient notre tour à la caisse. Comme par hasard, Daoud ne retrouve pas son argent au fond de sa poche. Une vingtaine d’euros. Quarante millions de livres. Une somme importante. Je paie et nous sortons dans la rue. Daoud fouille une nouvelle fois ses poches. Un petit monsieur vient alors et nous tend l’argent qu’il a dû ramasser par terre. Merci monsieur, on dit. Lui s’excuse, gêné, avant de se retirer, penaud de gratitude. On est sur le cul. C’en est trop ! Alors c’est quoi la morale dans tout ça ? De nouveaux préjugés qui s’évaporent. Un peu d’honnêteté où on ne s’attendait pas à en trouver davantage que dans les derniers pays visités… Finalement, où on a le plus de chance de se faire voler en voyage, c’est dans les hôtels fréquentés par des occidentaux. Ça ne nous est jamais arrivé, bien que n’étant pas assidus à une surveillance acharnée de nos affaires en vrac partout. On met en éveil l’instinct d’un voleur en se méfiant. La confiance donnée contamine les autres. Et puis, pas grand-chose à voler de toute façon, mis à part l’argent liquide et l’appareil photo mais que nous portons le plus souvent avec nous. Beaucoup de voyageurs utilisent une petite banane plate qui se colle au niveau du ventre sous les vêtements, ce qui permet de garder les papiers sur soi. Je n’aime pas cette banane, elle colle au corps quand il fait chaud et alors les papiers puent la transpiration. Une petite pochette plastique dans la poche de mon pantalon avec une fermeture suffit. Superstitieux, je dirais que le portefeuille chargé que nous avons trouvé et rendu dans une gare d’Italie, nous porte chance. Logique, j’ai franchement l’impression que le vol est moins répandu ici qu’en Occident. On ressent quand il y a un risque. La plupart du temps, il n’y en a pas. En Turquie, les commerçants laissent leurs marchandises sur les étalages pendant la nuit avec juste un drap dessus et personne n’y touche.

Ramadan

Maman, tu serais contente. Chaque fois que tu me demandes pourquoi nous ne faisons pas la fête sans boire de l’alcool, je nie faiblement sans vraiment savoir te répondre. Et, à y réfléchir, je dois bien admettre que, même si c’est possible, il n’y a pas de fête sans alcool. À chaque soirée, chaque événement, l’alcool est présent. C’est notre culture. Pourquoi Jésus, l’ivrogne, a changé l’eau en vin ? Je ne comprends pas. De véritables orgies sont organisées dans des villes entières où l’alcool coule à flot pour un attroupement de fêtards. Un commerce florissant et dangereux. Par exemple, les dernières ferias de Bayonne. Des souvenirs vagues. Des dizaines de milliers de jeunes. Une lamentable beuverie… Comme c’est étrange ici ! Où sont les hommes titubant, une bière à la main, jusqu’au premier buisson pour se vider en grognant ? Je ne vois pas de nez bourrus, de cartes des vins sur les joues, d’insultes puériles et de bagarres générales… Aujourd’hui, à Istanbul, je me rends compte de la part importante qu’a l’alcool dans notre société occidentale. En me promenant dans la soirée, je remarque comme les gens s’amusent et rient sans un soupçon d’ivresse. Je les entends chanter doucement, fredonner en famille. Ils se promènent dans les jardins fleuris de la mosquée, dans les lumières, les fontaines, et entre les deux rues principales, où s’élancent les vieux minarets en direction de la lune immense qui règle la fin de ce mois de ramadan. C’est une fête religieuse, certes, comme les nôtres… mais ici, la piété a remplacé l’alcool. La rupture du jeûne débute par la dégustation délicieuse et gourmande de spécialités vendues pour l’occasion sur toutes les places, dans les rues et les terrasses de la ville. Ensuite, les gens se promènent en famille, souvent les hommes se tiennent par la main. Les femmes ont revêtu leur plus beau voile. C’est simple, agréable, il n’y a pas d’excentricité, ni dans leurs manières, ni dans la façon de s’habiller. Des petits groupes de musique traditionnelle jouent sur les terrasses des salons de thé où l’on fume le narguilé. Quant à moi, je dévore tous ces sourires si vrais, si simples. Parfois, je croise le regard d’une jeune femme, indéniable, bien que très vite évité et chaste. Et pour me donner un petit peu le droit, moi aussi, de goûter à cette fête, je me suis privé de manger aujourd’hui et j’ai bien fait, pour apprécier, à l’heure tant attendue, le simple fait de manger et de boire. Un bonheur réel : manger quand on a faim.

Meriem

Je suis partie pour un nouveau voyage. Comme chaque année, je traverse l’atlantique. Comme chaque année, je garde en souvenir le sourire des mes parents qui m’accompagnent à l’aéroport. Je quitte Montréal, le froid, les amis, les habitudes. Je suis heureuse. L’avion survole plusieurs heures un paysage sans corps : l’océan. Il est dessous, partout. Il recouvre toutes les images de ma vie à mesure qu’elles défilent dans mon esprit. Je m’endors… Il fait nuit. Le vide me surprend en descendant de l’avion à l’aéroport d’Istanbul. Je suis seule. Je ne connais personne ici. Je ne connais pas cette ville. J’ai froid. C’est vrai, il fait froid, mais est-ce bien cela qui fait trembler mes jambes, mes bras, tout mon corps. Je m’engouffre dans un taxi. Les lumières défilent…J’arrive devant un hôtel. Une chambre. Un lit. Je ferme les yeux, je m’endors… Je me réveille dans un cauchemar. Du bruit dans les rues. Des gens qui passent sous la fenêtre. Des portes qui claquent dans l’hôtel. Je ne suis plus dans mon chez moi, dans mon petit lit. L’angoisse s’empare de moi de nouveau. J’ai chaud puis froid. Je me dis que je vieillis. Je répète comme une prière : tout ira bien, tout va bien se passer. Enfin, les rêves viennent me reprendre…

Le Simbâb hôtel est situé dans une petite rue qui descend vers la mer, dans le quartier de Kumkapi. Plusieurs hôtels de ce type existent, pas très éloignés du centre, simples et modestes où défilent les voyageurs. Des dortoirs de six personnes, un petit resto sur la terrasse qui domine la mer de Marmara où on entend les cornes des cargos et où l’on regarde, la nuit, voler les mouettes sur les lumières de la ville. Les douches ne sont pas très chaudes et les chambres ne sont pas chauffées mais, dans le salon, les voyageurs de passage se retrouvent pour bavarder devant une tasse de thé. Ils jouent aux cartes, aux échecs et préparent ensemble la suite de leur voyage ou de la soirée. On rencontre dans ce petit salon des jeunes de tous les horizons : Turcs, Espagnols, Italiens, Américains, Belges, Suisses, Allemands, Anglais, Français, Danois, Hollandais, Norvégiens, Canadiens, Coréens, Japonais, Iraniens et Argentins. C’est à peu près tout. Ça ne représente pas le monde entier, seulement la majeure partie de ceux qui voyagent, ceux qui en ont les moyens. Des étudiants en vacances, arrivés au terme de leur périple au bout de l’Europe ou des voyageurs partis pour un trip, qui reviennent du Moyen Orient, d’Asie et même d’Afrique par l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. Avec chacun d’eux, nous discutons, échangeons des conseils de voyage. Deux jours, une semaine, un mois. Certains y sont peut-être encore ! Mais être là, au Simbab, dans le cœur d’Istanbul, ce n’est pas du temps perdu et cela prouve que nous ne sommes pas seuls à parcourir le monde. Alors, de plus en plus confiants, nous sommes impatients de reprendre la route… Un jour, je partirai en voyage, je serai dans une guest house avec des jeunes de tous les pays. Je ne ferai rien et ce sera bien. J’y suis !

Pendant trois jours, je visite les mosquées et les musées du matin au soir. C’est magnifique. Je m’endors avec le poids de l’Histoire. Il m’assomme jusqu’au matin… Pleine période de ramadan, c’est l’occasion de m’y mettre. Non pas que je sois fervente, ni même vraiment croyante mais juste, je dois perdre quelques kilos. Et puis jeûner est une bonne chose et cela permet de partager un peu plus la vie de la ville et de ses habitants… Ma peau est brune, mes yeux sont noirs, sous mon voile, je suis turque. Je veux m’intégrer. Je veux comprendre. Mais quand les gens m’interpellent, les femmes, elles sont étonnées que je ne comprenne pas. J’en suis moi-même tellement désolée. Malheureusement, le turc ne ressemble en rien à l’arabe. Comme j’aurais pourtant voulu discuter avec elles… Tout ce temps, je ne parle à personne. Des journées entières sans dire un mot. Ça me manque. J’ai beau me dire que je suis bien contente d’être seule et libre de choisir la composition de mes journées sans avoir à négocier avec quelqu’un. C’est triste d’être seule…

Retour au salon du Simbab. On écoute un jeune Américain. Il nous explique comment Bush et son gouvernement se justifient à l’aide d’une immense propagande. « Si tu ne sors pas du pays pour te rendre compte, il dit, et si tu prends tout ce qu’on te dit pour argent comptant, ce qui se passe pour une bonne partie de la population, tu ne peux qu’avoir affreusement peur du monde qui t’entoure ». Je me souviens des dernières élections présidentielles en France. Tout le monde parlait d’insécurité, on avait l’impression que le danger était à tous les coins de rues. Finalement, l’extrême droite est passée au deuxième tour. Si ce coup a été calculé, c’est rudement bien joué ! Imaginez alors un pays agressé, comme les Américains l’ont été le 11 septembre. C’est compréhensible qu’ils aient peur, qu’ils votent Bush. Même si, là aussi, on a entendu parler d’un coup monté. Ce serait énorme. Enfin, aujourd’hui, le terrorisme existe bel et bien surtout depuis que tous ces groupes rebelles, ces combattants musulmans de tous les pays, ont été regroupés sous un même drapeau, un même nom, celui d’Al Qaïda ! Dans la même soirée, Khaled, un universitaire iranien, nous explique qu’il s’est enfui de son pays pour ne pas faire l’armée. Il espère obtenir un visa pour l’Angleterre. En Iran, il dit que la situation est inversée : la propagande anti-américaine est un phénomène bien réel. On parle d’occidentalisation décadente, d’un embargo qui dure depuis trop longtemps, d’intérêts occidentaux qui ont protégé pendant 20 ans les sauvageries de Saddam Hussein… Entre nous tous, le silence dure quelques instants… Est-ce dans la nature des hommes de toujours se trouver un ennemi pour exister ? En attendant, Khaled est ici clandestin. S’il se fait choper, c’est l’expulsion et la prison…

Bon alors, on va où mon Daoud ? Faut se décider. Asie, Afrique, tour de la Méditerranée, Syrie, Jordanie ensuite Égypte et on continue vers le Soudan, l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie. Sinon, on peut faire Iran, Pakistan, Inde. C’est pas mal non plus. Mais il faut se décider, se renseigner pour les visas, les obtenir et partir. Dans la soirée, on écoute Maria, une Espagnole qui arrive juste d’Inde. Elle nous raconte ses aventures et nous donne envie de partir là-bas. Plus tard, on écoute David, un Français qui revient d’Asie centrale : Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Pakistan et Afghanistan. Les noms qui se terminent par « stan » font peur mais lui dit que ce sont les plus merveilleux. Il évoque les villes légendaires de Samarkand, d’Ispahan, de Kaboul… Mais aussi, il donne les dernières infos : à Kaboul hier, le camion d’une organisation d’aide internationale a sauté. Trois morts. Des Français. La discussion dérape alors sur différents lieux et faits. Certains disent qu’on ne peut plus accéder au Cachemire, qu’il y a des prises d’otages. D’autres ont passé un merveilleux séjour. Qui a la vérité ? On ne peut plus se rendre au Népal. Le roi a fait assassiner tous les membres de sa famille. Ses enfants aussi. C’est la révolution. Elle serait financée par la Chine. Katmandou ! Goa ! Qui fait la fête là-bas ? Pakistan : dans les zones tribales, le circuit de la drogue est mieux organisé que celui de la nourriture pour les réfugiés… Vous allez en Afghanistan ? Ah oui ! Mais pour quoi faire ? Parce que c’est dangereux... Un voyageur japonais a été pris par des terroristes en Iraq. Le prix de sa libération n’a cessé d’augmenter. Finalement, ils l’ont exécuté… Les heures défilent. Je joue aux échecs avec Arhim, un Allemand qui attend son visa pour l’Iran. Bref, trois jours de suite que je perds contre lui. Comme toujours, je m’acharne… Une ombre passe derrière moi, une jolie ombre brune. Elle parle avec Daoud. J’essaie d’écouter. Elle s’appelle Meriem. Je suis déconcentré. Finalement je me retourne. Hum…jolie bouille… Je perds encore et toujours.

Cinq heures du matin, nous sommes sur la terrasse de l’hôtel. Le soleil se lève. C’est le début d’un nouveau rythme de vie. Lever tard le jour, coucher tôt le matin et ne rien faire entre. J’ai enfin visité la ville de nuit. J’aime les villes la nuit, les lumières. Hier soir, je suis descendue au salon pour prendre un nouveau livre et finalement, un petit groupe sortait. Je me suis jointe à eux dans la fièvre des rues animées, des bars et des boîtes. Ça change d’ambiance. Une autre ville que j’ai découverte. Et aussi pleins de gens, pleins de voyageurs. Je ne suis plus toute seule. Là, je suis avec Jin, une Coréenne qui partage ma chambre. Elle attend que l’agence de voyage lui trouve un vol pour rentrer. Elle a terminé son tour du monde. Elle avait tout payé d’avance à l’agence. Trois mois qu’elle attend ce dernier vol ! Heureusement qu’Istanbul lui plaît et les Turcs aussi... Elle m’emmène dans un petit restaurant au coin d’une rue. Nous ne sommes que toutes les deux et elle est très intime avec le mec. À la fin du repas, il me tire les cartes et me fait peur. Je préfère oublier ce qu’il m’a dit. En rentrant, je parle avec Michèle. Elle est Américaine et tente depuis plus d’un mois de rentrer en Iran pour rejoindre sa mère qui ne peut plus en sortir. Je sais que les relations avec les Etats-Unis s’enveniment chaque jour davantage. Elle a peur de ne plus revoir sa mère. Khaled a essayé de l’aider à l’ambassade mais finalement, on lui a demandé qui il était et de montrer ses papiers. C’était chaud… Je vais chercher à boire. Ce soir, on se fait un « big chiken », la version internationale d’un jeu venu de France. Ça va être la fête !

Est-ce qu’on prend un avion à Istanbul, direct pour l’Asie ? Oui je sais, on doit récupérer une lettre à Erzeroum, à 1.500 km d’ici, à l’extrémité est du pays. Ça ne nous arrange pas, à moins de rejoindre Téhéran directement et de prendre l’avion là-bas. Mais alors, il nous faut un visa de transit pour l’Iran. Est-ce qu’on peut l’avoir à la frontière ? On va demander à l’ambassade iranienne. Oui, on peut. Mais le prix de l’avion là-bas, est-ce que ce sera le même ? Et puis à Téhéran, autant tracer directement vers la frontière pakistanaise, on a sept jours, et demander un nouveau visa de transit pour le Pakistan. Est-ce qu’on peut l’avoir à la frontière ? On va demander à l’ambassade. Oui, on peut mais il faut une lettre de l’ambassade française car la sécurité n’est pas assurée dans la région du Baloutchistan où se trouve la frontière. À moins de prendre un bateau pour Bombay une fois sur les côtes de l’océan indien. On n’aura pas le temps. Arhim le tente. Il part demain. Alors nous, on fait quoi. Il faut partir ! Mais sans prendre de risque. Téméraires mais pas kamikaze. Et puis comment avoir toutes ces infos ? Pourquoi change-t-on toujours de projet ? Chaque nuit, chaque matin. En Inde, on va en Inde. Combien de temps ? On verra, trois mois, trois ans. On prend un aller simple !

Il commence par frôler mes joues puis la première lèvre. Ses doigts descendent le long de mon cou. Je les sens sur mon épaule et doucement, en me frôlant à peine, sa main disparaît sous la couette. Je me laisse aller et suis la danse de nos corps. Soupire. J’aime ce moment. Il peut durer des jours. Mais on frappe à la porte…Il me plaît en fait ce mec. Il n’est pas mal et pas trop stupide. On est bien tous les deux. Comment empêcher les émotions qu’on a avec quelqu’un ? Comment empêcher son corps d’onduler sous de douces caresses ? Comment garder ses principes quand on a de si délicieuses habitudes ? C’est dur de rester froide, de montrer de la gêne, de la distance, de la confusion. C’est dur de rester indifférente…Comment déjà, cette histoire a-t-elle commencé ? De longues discussions, de longues promenades sur les bords de la mer. Je l’observais. Je ne cessais de l’observer. Ses mains, son regard. J’ai eu envie de ses lèvres. L’attirance commence par le regard. Je devrais m’empêcher de détailler mes interlocuteurs. Je ne pourrais alors être attirée par ce que je ne peux pas voir… Je sais qu’il est avec moi pour mon exotisme. Je déteste ça. Mais de le savoir, ça me protège, du moins je le crois. Le soir, tout contre moi, pendant que je lis, il rêvasse. Puis, comme si pendant tout ce temps il pensait à moi, il me regarde et me pose des questions personnelles, me fait une remarque sur mon comportement ou un jeu de mot que je ne comprends pas. Des choses qu’on oublie plus vite que le temps passé à trouver les mots pour les dire. Mais à quoi pense-t-il ? Il essaie de me deviner. J’espère qu’il ne tombe pas amoureux…Juste quelques jours pour l’oublier… Il y a longtemps que je me suis interdit de rêver, surtout quand il n’y a pas à rêver. L’amour c’est du temps, l’attirance ne suffit pas, et du temps nous n’en avons pas. Même pas le temps de s’ennuyer, pas de frustration, pas de sentiment, pas d’échec. Juste bien avec quelqu’un un peu de temps. C’est facile à comprendre. Le temps où tout est beau et neuf. C’est ce qui me plaît, là, tout de suite. Savoir être désirable, savoir plaire, savoir choisir et partir. J’ai pris mon billet. Je suis partie. Soulagée.

Le vendredi matin, nous traversons de nouveau Istanbul pour nous rendre à l’ambassade indienne une troisième fois. La première pour connaître les papiers à fournir, la deuxième pour les donner et enfin aujourd’hui, pour récupérer notre passeport avec le visa. C’est fait, nous avons notre visa indien en poche. Il est valable à partir d’aujourd’hui pour trois mois… Différentes agences de voyage proposent des vols pour l’Inde. Nous finissons par obtenir un vol aller pour Bombay dans une semaine. Une semaine, juste le temps pour moi de rejoindre cette femme qui est partie au milieu du pays, loin dans les montagnes, en souriant quand elle m’a dit adieu. Il faut que je parte ce soir. Même pas de question à se poser. Si, savoir où elle est exactement, espérer qu’elle y est encore et s’imaginer qu’elle m’attend… Les informations m’apprennent ce soir que mon grand père, expatrié en Côte d’ivoire, devrait être rapatrié à cause des explosions de violence qui se sont déroulées à Abidjan la nuit dernière. Aussi qu’Arafat, tombé dans le coma après avoir été victime d’un attentat, est conduit en France pour être hospitalisé. L’Irak est en feu. Bush a été réélu. Il pleut des images d’une guerre sale. Sur toutes les télés du monde, il sourit. La tête me tourne. La semaine prochaine, je serai en Inde. Le bus traverse la nuit. La neige s’épaissit. Est-ce qu’elle sera là ? J’ai 26 ans aujourd’hui.

Mais, il n’a même pas eu le temps de me manquer. Il est déjà là…En ouvrant les yeux ce matin, c’est lui que j’ai vu. Je ne sais pas si je suis contente. Nous allons nous promener dans la neige, dans une vallée de Cappadoce. Si, je suis contente, mais j’aurai préféré l’attendre un peu. Pourquoi est-il si pressé ? À Kunya, nous visitons le musée de Mewlânâ Djalal-ud-Dîn Rûmî, fondateur de la confrérie des derviches tourneurs, la danse du soleil, la danse des atomes vers le centre des éléments, l’un des plus grands poètes et mystiques soufis. « Comment entrevoir le sens profond dissimulé sous la brume des mots, trouver la perle en regardant simplement la mer ? » À la sortie du Mausolée, le vent balaie les flocons dans les dernières lueurs du jour. Serrés l’un contre l’autre, nous progressons dans les petites rues désertes. Sept degrés en dessous de zéro, il fait si froid dehors, il est si chaud. Je suis bien, rassurée... Un autre bus dans la tempête se fraie, dans la nuit, un passage à travers les montagnes. Je ne suis pas la seule à avoir les yeux fixés sur le brouillard, à appréhender que le bus glisse dans un virage. Mais je finis par m’endormir blottie contre lui qui fait semblant de ne pas avoir peur…Nous arrivons au lever du jour dans la petite ville d’Ergidir au milieu des montagnes, au bord d’un lac qui porte le même nom. Nous sommes sains et saufs. Le ciel est bleu ce matin. Petit déjeuner, bon café et croissants, au chaud derrière les baies vitrées de la terrasse, dans la petite pension de famille d’Ibrahim. Nous sommes perdus au fin fond de la Turquie, en plein hiver. La chambre a une vue merveilleuse. Je suis heureuse et ça se voit…La vie est belle. Il n’y a qu’à regarder un oiseau voler, les feuilles colorées de l’automne danser avec le vent, un lac aux eaux bleues devant des montagnes enneigées. Au loin, le chant d’une femme comme une plainte enivrante au rythme de la musique orientale. Des enfants courent autour, les mamans pleurent et les hommes jouent comme de grands enfants. La vie par une autre fenêtre. Entre beauté et cruauté, entre respect et dégoût. Je suis là, avec toi, et bien plus encore. Comment oublier ces moments délicieux de folie… ? Qui nous fait si sensibles à la vie ?
Votre expérience sur la visite des parcs nationaux au Canada? English translation pending
by Luneblonde · 2009-07-13 · 11 replies
Bonsoir,

Dans un mois nous serons tous proches de la frontiere canadienne. Lorsque nous y serons, nous devons traverser et visiter les parcs des Rocheuses.

Il existe un pass annuel (assez cher, environ 138 CAD pour 1 famille) ou alors, on peut avoir à la journée. Le probleme, c'est qu'en étant logé à Canmore, on va traverser le premier parc y compris pour faire les autres. 1 entrée journalière laisse le passage à tous les parcs, ou bien faut il payer à chaque parc ?
Fonctionnement de l'aéroport de Tachileik? (Birmanie) English translation pending
by Nutstreck · 2009-05-27 · 4 replies
Bonjour, j'ai lu que l'on pouvait passer la frontière pour aller en Birmanie dans le nord de la Thailande ( comme on y sera), au dessus de Chang Rai ( j'ai oublié le nom de la ville frontière) et aller à Tachilek où il y a un aéroport. C' est pour aller ensuite soit à Bagan ou Mandalay, je n'ai pas encore d'itinéraire précis et ce sera en fonction de ce qu'il y a. Je voulais savoir si cet aéroport fonctionnait ? Merci pour vos réponses. Nutstreck
Remboursement de billet d'avion English translation pending
by Nadou3G · 2009-05-26 · 9 replies
Bonjour,

j'ai acheté un billet avion aller/retour chez Nouvelles Frontières que je ne vais peut être pas pouvoir utilisé pour des raisons personelles, connaissez-vous des combines qui me permettraient de récupérer un maximum de la somme de ce billet (1500 euros avec un départ prévu pour la fin juin 2009 et un retour en janvier 2010). Je ne peux bien sûre pas poser la question directement à Nouvelle Frontière, et l'idée d'avoir un accident grave et immobilisant ne me réjouit guère mais j'ai cru comprendre qu'en perdant mes papiers 48h à l'avance, l'agence s'engageais à me rembourser ce billet. L'avais-vous déjà fait? Auriez-vous d'autres combines??

Merci d'avance.
Risques d'aller du Maroc en Algérie? English translation pending
by Claire2985 · 2009-04-05 · 13 replies
bonjour,

nous souhaitons descendre au maroc puis passer la frontiere maroc algerie tout ca en fourgon puis descendre l'axe pour aller en mauritanie y a t il des risques d' aller du maroc en algerie et y a t il des dangers pour alle en mauritanie ?et sinon que me conseillez vous sachant que l on veut faire 2- 3 jours de desert en dromadaire aussi. avez vous un itineraire interessant . on arriverai de tanger pour faire le tour du maroc par chefchaouen vers oujda .... et descendre par ce cote la en allant un peu en algerie et en mauritanie puis remonter par agadir essaouira... etc merci de repondre je c pa si je suis assez explicite
Visa touristique de soixante jours pour la Thaïlande? English translation pending
by Smil · 2009-01-28 · 8 replies
j ai bien compris que le visa run à la frontiére est maintenant de 15 jours Mais est il possible d' obtenir un visa touristique de 60 jours au laos à l ambassade de thailande à ventiane par exemple .🙂, ou en malaisie ou ailleur
Périple Cambodge-Laos-Thaïlande en janvier 2009 English translation pending
by Tenere77 · 2008-12-25 · 3 replies
Bonjour à tous je cherche des infos sur le passage de frontiére Cambodge vers Laos, j'ai déjà laissé un post car j'envisagais de le faire en remontant le mekong mais je n'ai pas de réponse . Le Poste frontière par la route se trouve à Veun Kham apparemment, est ce que la ville de Dom Kramlor se trouve au Laos ou au Cambodge ? De la combien d'heure pour se rendre à Pakse ou Savannakhet en bus

merci à tous pour vos réponses et votre aide

Daniel
Train Villazon-Uyuni: horaires? (Bolivie) English translation pending
by Fanx · 2008-11-18 · 2 replies
bonjour, je souhaite aller à Uyuni depuis Villazon à la frontière avec avec l'Argentine. J'ai entendu parler du train. J'aimerais savoir s'il est plus avantageux de prendre le train plutot qu'un bus?

Et j'aimerais savoir quels jours le train passe et s'il est nécessaire de réserver à l'avance. Donc si quelqu'un connait les horaires, qu'il me les donne !!

Merci.
Trajet en bus Bangkok - Siem Reap? English translation pending
by Bruno007 · 2008-11-11 · 6 replies
Bonjour,

je voudrais savoir si la route entre la frontière Thai et Siem Reap a enfin été refaite, ou bien est-elle toujours défoncée?

Je l'ai empruntée 2 fois, la dernière fois il y a 1 an et demi; à l'epoque, il fallait 5 ou 6h en bus, et on pouvait compter tous les trous et nids de poules de la route (on pouvait aussi voir de chouettes paysages).

Quelle est la situation aujourd'hui, cette route a-t-elle enfin été bithumée? Ou bien le gouvernement cambodgien continue-t-il de se faire arroser par la compagnie aérienne Thai qui a le monopole entre BKK et SR?

Merci d'avance.
Djerba pour un premier voyage hors de la France? English translation pending
by Farlowella · 2008-09-22 · 3 replies
Bonjour

Nous partons pour une première excursion hors de nos frontières, voyage prévu à djerba du 27/09 au 04/10

Quels sont les choses à emmener ? fait il chaud encore à cette période ? Quelle somme d'argent faut il révoir ?? Y a t'il des choses à voir en particulier ?

Etc etc etc etc .........

Merci de nous conseiller de manière à ce que le voyage soit une réussite...
Trouver du Gasoil en Russie? English translation pending
by Gazoline · 2008-05-28 · 6 replies
dober dan on me dit que de samara a la frontiere mongol olgy en passant par omsk et novossibirsk c est dur de trouver du gasoil et que je dois prevoir plein de reserves qu egalememt le gasoil a beaucoup augmenter et que ca vaut pres d un euro le litre de mon cote les infos que j avais trouve me disait le contraire autour de 0, 50cents d euro le litre de plus j ai des travellers cheque est ce que je vais peine a les echanger merci d avance gazoline
Visa pour trois jours au Laos English translation pending
by Accolade · 2008-05-01 · 9 replies
Salut,

J'envisage au départ de Thailande, passer la frontiére du Laos seulement pour trois jours !

Avez vous connaissance d'un visa "light" juste pour 3 ou 4 jours ???

Merci
Réserve naturelle de Wayanad en Inde English translation pending
by Ocre · 2007-11-16 · 7 replies
Bonjour,

Auriez-vous des infos sur ce coin à la frontière du Kerala, Karnataka et Tamil Nadu? J'aimerais le découvrir bientôt... alors toutes vos expériences sont bonnes à prendre. Rando, guide, merveilles à ne pas rater, logement... Merci pour vos réponses
Marche de quatre mois: Gilgit (Pakistan) - Lhassa (Tibet) English translation pending
by Turnofthewor · 2007-10-16 · 2 replies
Bonjour,

Je suis en Juin au Pakistan, je traverse la frontiere Pakistan - Chine à l'occasion d'un tour du monde et j'ai prévu de marcher de Gilgit à Lhassa.

1er question: Qui à déja fais du treck au pakistan? Les chemins sont-ils bien balisé? Y'a t'il des points de ravitaillement régulier?

2eme questions: Savez vous où ce trouve la frontiere Pakistan - Chine?

Merci
Compagnie Lan Chile English translation pending
by Felovi · 2007-09-23 · 3 replies
je recherche des infos sur cette compagnie, securite, ponctualite, accueil.....

nouvelles frontieres me propose un billet a/r pour 854 € toulouse -buenos aires et retour

depart le 08 mars retour le 23 avril 08. merci

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