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Inde du Sud (Tamil Nadu et Kerala) - Août 2010 English translation pending
Pour éviter toute déconvenue : le récit qui suit est bien davantage un recueil d’infos pratiques qu’un carnet de voyage …
C'était un retour. Nous avions parcouru le Rajasthan il y a 10 ans et connaissions aussi le Sri Lanka. Donc, pour une fois, nous avions une idée de ce qui nous attendait. Mieux, nous retournions le chercher. Et nous n'avons pas été déçus. Même après 10 ans. Même dans une autre région. L'accueil des Indiens est incomparable et rend fabuleux un voyage pourtant fatigant à la base.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 21 Août – Vol Emirates Paris CDG / Dubaï / Chennai Dim – Arrivée à Chennai à 8h20- Taxi jusqu'à Mama (950 Rs) - Nuit à Mamallapuram Lun – Nuit à Mamallapuram Mar – Bus jusqu'à Pondi (2h-60 Rs) - Nuit à Pondicherry Mer – Bus jusqu'à Chidambaram (1h30-24 Rs) – Bus jusqu'à K. (2h30-25 Rs) - Nuit à Kumbakonam Jeu – Rickshaw jusqu'à Darasuram et retour (100 Rs) – Bus jusqu'à Gangaikondacholapuram et retour (1h30-16 Rs x 2) - Nuit à Kumbakonam Ven – Bus jusqu'à Thanjavur (1h30-14,5 Rs) - Nuit à Thanjavur Sam – Bus jusqu'à Trichy (1h15-16 Rs) - Nuit à Trichy Dim – Bus privé (1ère erreur !) jusqu'à Madurai (2h30-100 Rs au lieu de 60 Rs-2ème erreur !!) - Nuit à Madurai Lun – Bus jusqu'à Kumily (4h-45 Rs ) - Nuit à Kumily Mar – Jungle Safari - Nuit à Kumily Mer – Spice Garden et Tea Factory - Nuit à Kumily Jeu – Bus jusqu'à Kottayam (3h30-69 Rs) – Ferry jusqu'à Alleppey (2h30-10 Rs) - Nuit à Alleppey Ven – Houseboat – Nuit sur le bateau Sam – Bus jusqu'à Ernakulam (1h30-39 Rs) - Nuit à Ernakulam (Kochi) Dim – Ferry (10 min ?-2,5 Rs) jusqu'à Fort Kochi - Nuit à Ernakulam Lun 6 Sept – Taxi à 6h30 pour l'aéroport (45 min-650 Rs) - Vol Emirates Kochi / Dubaï / Paris – Départ de Kochi à 10h30
Les prix des bus indiqués s'entendent par personne. Des détails sont donnés dans le paragraphe itinéraire.
BUDGET :
Dépenses préalables : Vols réguliers Emirates Paris/Dubaï/Chennai – Kochi/Dubaï/Paris : 775 €/p
Dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso d’artisanat) : 732 € répartis ainsi : - 315 € d'hébergement (14 nuits) - 87 € (5 000 Rs) pour les activités dans la réserve de Periyar - 70 € (4 000 Rs) pour le houseboat à Alleppey - Le reste (260 €) pour les repas, les transports et les quelques rares entrées de sites. 3 retraits cash en ATM (10 000 Rs à chaque fois, pas réussi à sortir plus) et un exchange de 50€ (passeport nécessaire) au cours de 1€ = 56,9 Rs.
Budget total tout compris (hors achats perso) : 2282 € pour nous 2
Comme je le précise à chaque fois, ce récapitulatif budgétaire est indicatif. Notamment en terme d'hébergement … Nos choix nous ont portés vers certains hôtels assez chers pour l'Inde. On peut très facilement se loger pour 2 ou 3 fois moins (notre coup de cœur va d'ailleurs à la petite chambre tout en bambou de Alleppey à 400 Rs).
GUIDES :
Guide Bleu Inde du Sud – Un peu déçus (c'est bien la 1ère fois) par le manque de détail sur la religion hindou, le panthéon … La description de certains grands temples manquent parfois de précision et de plan. Lonely Planet Inde du Sud (LP) - 3e édition Sept 2009 – Très fiable pour les tarifs des bus, un peu moins pour les tarifs des hôtels. Quant aux restaurants proposés, certains avaient disparu mais peut-on blâmer le LP ?...
TRANSPORTS :
1 - Vols Paris/Dubaï/Chennai – Kochi/Dubaï/Paris - Emirates Achetés fin avril en ligne sur le site d'Emirates www.emirates.com Ils nous offraient l'avantage de répondre parfaitement à nos besoins avec un retour différent de l'arrivée, des horaires confortables et une escale très courte à Dubaï. Le tronçon Paris/Dubaï du samedi se fait sur un Airbus A380 … Waouh, c'est méga gros !
Arrivée à 08h20 à Chennai : Ca grouille ! Bienvenue en Inde ! On se met en quête d'un ATM. Le premier ne fonctionne pas, le second oui. L'arrivée matinale à Chennai nous permettait d'envisager de rejoindre Mamallapuram aussitôt. On hésitait entre attraper un bus sur la route de l'aéroport ou repasser par Chennai pour y voir la plus grande gare routière de l'Inde du Sud. Ca nous tentait bien mais la fatigue l'a emporté et finalement, nous avons opté pour la solution bien plus coûteuse mais ultra-simple du taxi. 950 Rs cash. A 50 Rs près, c'est bien le prix qu'on a vu affiché dans les nombreuses agences de Mama pour un retour vers l'aéroport.
Départ à 10h30 de Kochi : L'aéroport est spacieux, lumineux, agréable. Mais pas de boutiques pour y dépenser ses dernières roupies …
2 – Les bus Ah … les bus en Inde !! Ils sont l'une des raisons pour lesquelles on a eu envie de revenir. En effet, on adore ce type de transport. Pour plein de raisons : la fréquence, la rapidité (durée souvent équivalente au train ou à peine plus longue), la vue panoramique quand on arrivait (très souvent) à avoir les places avant, et surtout le plaisir d'être témoins de jolies scènes de vie (dans le bus et hors du bus). Une raison supplémentaire maintenant : la fiabilité (!) : aucune panne sur nos 13 parcours en bus. Comme nous avons quasiment toujours pris le bus au départ d'une gare routière (et non pas en l'arrêtant sur le bord d'une route), nous avons toujours voyagé assis et, le plus souvent, nous réussissions même à avoir les places avant qui nous permettaient d'avoir plus de place pour nos grandes jambes (enfin … celles de Philippe) et une vue panoramique de la route et du paysage. Enfin, le coût est dérisoire. L'ensemble de nos tickets, pour nous 2 (sauf erreur, environ 750 Rs-13 € !), nous a coûté à peine plus cher que le taxi de Kochi pour l'aéroport. Notre intérêt pour ces voyages nous a même fait refuser l'offre d'un Indien à Alleppey qui remontait sur Kochi avec sa voiture perso et nous proposait de nous emmener pour 10 Rs … Plus rapide et moins cher que le bus !? Eh bien, non merci, sans façon ! Nous n'avons jamais réservé notre place. Nous arrivions à la gare routière, généralement très tôt le matin (souvent vers 7h) ; nous cherchions les chauffeurs ou les vendeurs de tickets facilement repérables à leur uniforme-pantalon beige. On indiquait notre destination, il nous montrait le bon bus, on s'y installait (les places ne sont pas numérotées) et on attendait le départ (jamais plus de quelques minutes). Nous payions notre ticket dans le bus, pendant le trajet. Aucune arnaque, le "contrôleur" dispose d'un petit automate qui sort un ticket imprimé indiquant le trajet et le prix. Ca permet une dernière vérification. Et pour savoir où descendre, chauffeur, contrôleur ou voyageur vous préviendront ! En 13 voyages, nous n'avons jamais galéré. Que du bonheur ! Et puis, il y a aussi ces ambiances de gares routières à l'odeur si caractéristique : un mélange de thé au lait, de curry, de jasmin, de gasoil et d'urine. Unique ! Une atmosphère et une animation tellement propre à l'Inde. C'est là qu'on trouve le plus grand choix de tiffin (les petits en-cas vendus dans la rue du genre samossas, beignets de dhal, boulettes sucrées de riz …) pour quelques roupies.
Sauf à Trichy (pour Madurai) où on s'est laissé berner par un rabatteur, nous avons toujours utilisé les bus d'état ordinaires. Ce bus privé était certes plus confortable mais pas plus rapide et nous a coûté 100 Rs. Bien sûr, ici, pas de petite facturette. Et pour cause, mon voisin, lui, avait payé 60 Rs … le prix normal. Si vous voulez être sûrs d'utiliser les bus ordinaires, n'écoutez et ne suivez que les hommes en uniforme beige.
Attention, à Mamallapuram, les bus pour aller à Pondicherry ne partent pas de la gare routière mais d'un bus stop sur la route. Il faut demander à un rickshaw de vous emmener à l'ECR bus stop. ECR comme East Cost Road. Le LP est totalement muet sur ce point.
3 – Les rickshaws Pas de harcèlement, ils sont juste là quand vous en avez besoin. Pas d'arnaque sur le prix demandé. C'est généralement raisonnable. Autour de 20-30 Rs la course en ville.
HEBERGEMENT : On a suivi un rabatteur efficace et convaincant à notre arrivée à Alleppey. En dehors de cette étape, nous avons suivi le Lonely Planet pour toutes les autres. En tapant dans la catégorie moyenne qui offre un peu plus de confort mais surtout un peu plus de chaleur (en terme d'ambiance) que la catégorie inférieure.
Quelques remarques sur nos choix :
Mamallapuram – Le Sea Breeze – 2500 Rs (hors taxes 12,5% offertes après courte négo) – paiement par CB Les chambres sont bien mais ne justifient pas un tel prix. Ce qui peut expliquer le prix, c'est la piscine : grande et très propre. Un pur bonheur après les 10 heures d'avion … même, voire surtout, sous la pluie. Petit déjeuner continental inclus, simple mais copieux. Les petits hôtels de Mama (j'en ai vu 4, 400 à 800 Rs la chambre) nous ont paru bien tristes. Propres mais froids, sombres et tristes. Cela dit, c'est sans doute parce que c'était notre première approche et nous n'étions pas encore adaptés. Voilà pourquoi on s'est rabattu sur le Sea Breeze. Après coup, je ne le conseille pas, il est 2 fois trop cher.
Pondicherry – Le Park Guesthouse – 600 Rs Grand complexe qui dépend de l'ashram, sans charme mais bien situé. On a eu la chance d'avoir une chambre au dernier étage, avec un petit balcon donnant sur la mer. Chambre simple mais propre et une fois les moustiquaires installées, elle avait presque du charme … A noter parce que cas unique : accueil absolument détestable ! Bizarre pour un tel lieu …
Kumily – Mickey Homestay – 750 Rs Charmante chambre d'hôte toute claire, toute pimpante, avec un balcon agrémenté de chaises et d'une balancelle en rotin. Accueil familial. Une très très bonne adresse.
Alleppey (Alappuzha) - Ashtamudi Homestay – 400 Rs Voici l'adresse indiquée sur leur carte : West of S.D.V Central School, Zilla Court Ward http://www.hostelworld.com/...Stay/Alappuzha/18851 C'est dans une petite ruelle paumée, même pas tracée sur le plan du LP. Ca explique le jeune rabatteur (Sachu de son surnom) qui nous aborde dans le ferry, un stop avant le terminus. Baratin bien rodé. Tarif vraiment attractif (on est en basse saison et la guesthouse est vide) ! On se laisse entraîner. L'entrée de la guesthouse est vraiment peu engageante. On grimpe à l'étage par un méchant escalier de métal en colimaçon et là on arrive sur un vaste espace d'accueil tout en bambou qui dessert 4 ou 5 chambres aux portes de bois élégantes. On découvre notre chambre, tout en bambou elle aussi, moustiquaire, sdb simple, ventilo, paille de riz au sol. C'est simple mais bourré de charme. On a beaucoup aimé. On y a pris notre diner et notre petit déjeuner (non inclus). Large choix à la carte, service à toute heure, prix raisonnables. C'est également par Sachu que nous avons réservé un houseboat pour le lendemain. Sans harcèlement de sa part, il a même fallu que ce soit nous qui en parlions ! Une belle adresse mais il faut la trouver …
Kochi (Ernakulam) – Grand Hotel – 2200 Rs (hors taxes 15% offertes) – paiement CB On change de style. Magnifique hôtel à la décoration soignée et de très bon goût. Accueil très cordial, très chaleureux : malgré nos sacs à dos poussiéreux et nos tee-shirts blancs de transpiration, un portier aux magnifiques bacchantes nous ouvre la porte avec un large sourire. Sympa ! Autant le Sea Breeze est vraiment surévalué, autant celui-ci vaut largement ce prix. Fréquenté principalement par des Indiens. Petit déjeuner buffet (inclus) néanmoins un peu décevant, j'attendais plus de choix. C'est une très belle adresse si on cherche du confort. Et tout ça pour moins de 40 €. J'ose le conseiller.
Nos autres adresses se ressemblent et ne méritent pas de commentaires particuliers. Chambres quelconques, spacieuses, propres mais toujours assez sombres. Kumbakonam – Hotel Raya's – 1200 Rs Thanjavur – Hotel Ramnath – 1000 Rs - Seule chambre dispo dans ce 3ème hôtel qu'on faisait … Ce jour-là à Tanjore, l'offre était inférieure à la demande et je pense que le prix de la chambre a flambé … Car, malgré le prix, nous avions des wc à la turque dans une chambre vraiment tristoune … Trichy – Hotel Femina (petit dej buffet indien inclus vraiment super !) – 1240 Rs Madurai – Hotel Madurai Residency (petit dej buffet indien plus simple) – 880 Rs
Quel que soit le type d'hôtel, la literie a toujours été de très bonne qualité : matelas épais et ferme. Le lit est parfois juste couvert d'un drap-housse et d'une couverture pliée (ou un drap épais). Les serviettes de toilette sont apportées à l'installation. Un drap supplémentaire est fourni à la demande (mais pas toujours). Un sac à viande peut s'avérer bien utile dans la petite hôtellerie. Cela dit, nous n'en avions pas (toujours notre obsession de voyager léger) et on s'est très bien débrouillé sans …
La douche est à l'asiatique : une douchette fixée au mur de la sdb, juste à côté du wc ou du lavabo ; en dessous un robinet qui remplit un seau muni d'une louche. Pas de cabine, pas de rideau, pas de bac à douche. La cabine de douche, c'est toute la salle de bain ! Le sol incliné permet d'évacuer l'eau rapidement. Tout compte fait, c'est extrêmement agréable : on n'est pas coincé, bloqué, étriqué dans une cabine. Et mes grands gestes brutaux trouvent enfin tout l'espace pour s'exprimer, sans faire tomber le shampooing ! Très vite, on a abandonné la douchette pour ne plus se laver qu'en s'aspergeant avec la petite louche. Moins de gâchis et que c'est rafraichissant !
Pensez à du papier toilette. La Mickey's Homestay n'en fournit pas. On peut en acheter dans la micro épicerie juste à côté.
REPAS : La nourriture indienne nous ravit. Oui, elle est souvent épicée mais pas au point d'avoir la bouche en feu. A moins de ne pas supporter la moindre trace de piment, ça reste tout à fait mangeable. Gros écart de prix entre les restaurants destinés aux touristes et les Family Restaurant où se pressent, comme le nom l'indique, des familles entières d'Indiens. C'est dans ces restaurants populaires que nous avons le mieux mangé. Certains n'ont pas de carte et proposent un menu unique, un thali généralement, servi sur une feuille de bananier. La bouteille d'eau capsulée (15Rs) arrivera assez souvent automatiquement mais il vous faudra réclamer une cuillère sauf si vous vous sentez capables de manger avec les mains, pardon, avec LA main, la seule main droite. Moi, j'ai essayé, et je me suis retrouvée très vite avec les 2 mains dans mon riz à patouiller comme un cochon. J'ai arrêté. Pas douée ! Finalement, la cuillère, c'est pas mal. Nous avons peu suivi les conseils du LP qui se sont avérés assez souvent dépassés.
Quelques prix :
1 bouteille d'eau (1 litre) : dans la rue ou au family restaurant 15 Rs, au restaurant touristique 20 Rs 1 bière Kingfischer (650ml) : 120 Rs au restaurant 1 canette de Coca Light : 26 Rs (très difficile à trouver) 1 black tea : 3 à 5 Rs. Par défaut, le thé est servi sucré avec du lait. Si vous le préférez noir, précisez-le. 1 tiffin (en-cas vendu dans la rue, samossa, beignet de dhal (méga bon !), ladoo boulette jaune de riz sucrée et parfumée …) : entre 2 et 4 Rs la pièce. Avec 5 ou 6 pièces, vous faites un bon repas car ça plombe bien … 1 jus de noix de coco : 15 Rs (n'oubliez pas de demander l'ouverture de la noix pour manger la pulpe une fois le jus bu) 1 jus de fruits frais pressé (grenade, ananas, pomme, raisin …) : entre 20 et 30 Rs 1 biryani ou 1 thali au family restau : 30-37 Rs (60-100 Rs au restau touristique) 1 raïta : 10 Rs au family restau (30-40 Rs au restau touristique) 1 repas au family restau (biryani + raïta + eau) = 60 Rs/p (95 Rs pour 2 car 1 seul raïta et 1 seule eau) Même repas au restau touristique = entre 2 et 3 fois plus cher.
Quelques beaux souvenirs :
Thanjavur – Restaurant Sree Ariya Bhavan (high class veg rest) 1324, South Rempart Dans le quartier de la gare routière (old bus stand), à 30 mètres de l'hôtel Ramnath (même trottoir, à gauche en sortant de l'hôtel). On nous entraîne dans l'arrière-salle. Elle n'a aucune fenêtre. Beurk, je suis toujours perturbée dans les pièces borgnes. Premier réflexe de rejet, c'est glauque. Au même moment, j'entends Philippe devant moi dire "oh, que c'est chouette !" Ah ?!?!... Du coup, je regarde la pièce autrement, j'oublie qu'elle n'a pas de fenêtre et là je vois de superbes colonnes dans un endroit certes un peu décati mais encore bourré de charme. De plus, l'affluence prouve que la nourriture doit être authentique et goûteuse. Allez, oublions l'absence de lumière naturelle. On s'assoit à la table d'un homme seul qui se moque bien de nous voir l'envahir. Pas de carte, plat unique : thali. La feuille de bananier arrive. Suivie de la plâtrée de riz blanc servie à la volée, de l'apadam (grande chips) et des 5 ou 6 sauces et petites douceurs qui l'accompagnent. Tout est à volonté ! Pas besoin de réclamer, quand y en a plus, y en a encore ! On croise beaucoup de regards surpris mais ravis de nous voir là. Entre 2 bouchées goulues, nous ne manquons pas de leur rendre leur sourire. De toute façon, vu comme je me régale, ils voient qu'on apprécie !! Quand j'aime ce que je mange, ça se voit ! 32 Rs le thali. 14 Rs la bouteille d'eau.
Thanjavur – Bombay Sweets 1344, South Rempart Pas bien loin du précédent. Lui au contraire est ouvert sur la rue, très clair. Ah !... Un grand choix de petits en-cas, de beignets (pure ghee) salés et de petites douceurs sucrées. Le bonheur pour nous fut d'avoir été guidé par le patron (?) qui a pris le temps de nous montrer, de nous expliquer. On consommera chacun 2 beignets salés et un petit dessert pour 80 Rs au total. Voilà encore une adresse raisonnable et fort agréable et qui change du thali et des biryanis. Le Rasa Gulla est une boule de lait fermenté (!) dans un sirop. Surprenant et très bon.
Kumily - Ebonys Cafe – Roof Top Restaurant En bas de la rue du Mickey Homestay. On y a pris 1 petit dej et 2 diners. Voila un chouette restau pour touristes. Surprenant, il n'est pas dans le LP. Ambiance agréable et nourriture excellente. 450 Rs le diner pour nous 2 (2 small pot of masala tea, 2 plain naan, 1 veg curry, 1 malai kofta, 1 veg raïta).
Ernakulam – Aruvi Nature Restaurant Chittor Road (cf LP) 2 ou 3 petites salles en enfilade, bleues, toute simples. On arrive vers midi. Personne. On s'installe. Aussitôt on nous explique qu'ici tout est fait selon la tradition ayurvédique. Le repas kéralais traditionnel arrive. On goûtera des mets originaux : un jus de betterave et un dessert divin de riz ou de tapioca (??) au thé au lait (??). Bref, je ne sais pas bien ce que c'était mais c'était vraiment bon. Le restaurant s'est rempli pendant notre repas. Boutique attenante de produits ayurvédiques. Bonne adresse.
Ernakulam - Restaurant de l'hôtel Sapphire - Mahatma Gandhi Road Grand restaurant familial bourré d'Indiens. Grande carte, cuisine délicieuse. Prawn biryani à 100 Rs, plain naan à 17 Rs, black tea à 6 Rs. Mon meilleur souvenir culinaire.
L’ITINERAIRE : Le Lonely Planet propose des suggestions d'itinéraires : "Si vous n'avez que 3 mois …." Argh, ça m'agace !… 2 semaines en Inde du Sud, c'est une hérésie … Oui, comme partout, comme toujours. Alors, comme toujours, nous avons limité nos ambitions. Nous avions prévu de privilégier le Tamil Nadu car nous étions en mal de temples et de ne passer que rapidement au Kerala. Mais sur place, la fréquence et la fiabilité des bus nous ont permis de gagner du temps que nous avons consacré à la réserve de Periyar et à une journée pleine en houseboat.
Mamallapuram : Petite ville tournée vers le tourisme : hôtels, restau, agences, boutiques, tout est fait pour nous. Même si, du coup, elle a perdu tout son caractère indien, elle n'est pas désagréable du tout et pour démarrer un voyage, c'est pas mal … Magnifique site archéologique. L'ascèse d'Arjuna gravé dans la roche nous a enchantés. Billet combiné pour les 5 rathas et le temple du rivage = 250 Rs. Oui, ça vaut le coup.
Pondicherry : Ville qui tombe en décrépitude. Ajouté à cela une pluie incessante, notre vision de Pondicherry s'en est forcément trouvé altérée … Peut-être qu'avec un peu de soleil on aurait sans doute trouvé la promenade le long du bord de mer tout-à-fait charmante.
Chidambaram : Petit stop sur la route de Pondi à Kumbakonam pour visiter le temple de Shiva Nataraja qu'on rejoint à pied depuis la gare routière. Juste à l'entrée du temple, on trouve une échoppe qui va nous garder pour quelques roupies nos sandales (et oui, les temples, c'est toujours pieds nus) et surtout nos 2 sacs à dos. Nous voici légers pour visiter ce grand temple. Qui vaut le coup ! On y passera 2 heures. Ne ratez pas la cérémonie du feu (il y en a plusieurs par jour) annoncée par un tintamarre effroyable de cloches, clochettes, tambours … Impossible de la rater. Tout à fait authentique. On retourne, toujours à pied, à la gare routière où on attrape un bus pour Kumbakonam. Ce petit stop se fait facilement.
Kumbakonam : Autant Mama est vouée au tourisme, autant Kumbakonam ne l'est pas. Hôtels et restaurants sont faits pour les locaux. Ca peut paraitre un poil difficile quand le coup de pompe de l'après midi arrive et qu'on aimerait tellement "prendre un pot" quelque part. Par contre, on y a vu nos plus belles scènes de rues, de marché, de vie. On y a très bien mangé dans une gargote ou en achetant des tiffins et du raisin noir qu'on a mangés dans notre chambre … On a consacré l'après midi du mercredi à visiter quelques temples "modernes" de Kumbakonam. Mais l'intérêt majeur, ce sont les 2 temples cholas des environs que nous visiterons le jeudi. On s'est planté dans l'ordre de nos visites. Car pour aller à Gangaikondacholapuram (36km), c'est long et un peu compliqué. Il vaut donc mieux commencer par celui-là et garder Darasuram (5km) pour l'après midi en rickshaw. Gangaikondacholapuram : depuis la gare routière de Kumba, il faut prendre un bus en réussissant à dire d'un seul coup la destination Gangai-konda-chola-puram. C'est déjà la première difficulté, et non des moindres ! Pas de bus direct, il faudra prendre une correspondance. Ah … on va innover ! Après ¾ h d'une jolie route, le bus (le 1er) passe un barrage et nous dépose au terminus Lower Anaic - 7,5 Rs – tout le monde descend et se dirige vers des rickshaws qui attendent sagement. On s'entasse à 5-6 par rickshaw et on retraverse le barrage dans l'autre sens (5 Rs/personne) par un autre pont, non praticable par les bus. Le rickshaw nous dépose auprès d'un second bus qui, lui, passe à Gangai. 3,5 Rs – 20 minutes. Quand on y arrive (ce n'est pas le terminus), le contrôleur nous fait signe. On saute du bus. Le temple est là, juste en bord de route. Pour le retour, nous voici donc à un arrêt de bus en bord de route et là, c'est un peu plus compliqué que dans une gare routière. Ce qui nous a aidés c'est le petit ticket facturette de l'aller. Je l'ai montré pour expliquer que je voulais y retourner. Comme il est aussi écrit en tamoul, ça a suffi. Et on fait le chemin inverse : 20 min jusqu'à Lower Anaic, 5 minutes de rickshaw puis ¾ h d'un autre bus jusqu'à Kumba. Quand on sait ce qu'il faut faire, c'est plus facile et in fine, ça se fait tout seul … Nous, heureusement qu'on a été pris en charge à l'aller par une adorable jeune femme qui avait compris où on voulait aller, qui y passait et qui s'est chargée de nous chaperonner. Pour le retour, on s'est débrouillé, mais on savait ce qu'il fallait faire. Alors, est-ce que ce temple mérite toute cette équipée ? Oui, oui, oui ! Il est superbe, dans un cadre bucolique, au calme, bien préservé, bien restauré. 1 heure peut suffire à la visite mais on peut vraiment s'y poser davantage. Le sanctuaire est fermé de 12h à 16h mais c'est surtout l'extérieur qui est remarquable. Et puis justement, parce qu'il se mérite, il n'en est que plus intéressant ! Quelques visiteurs indiens. Grand calme ! Et puis enfin, cette équipée, que c'était bien ! Allez, lancez-vous ! Darasuram : 100 Rs, c'était le prix convenu avec le rickshaw pour nous y amener, nous attendre et nous ramener. En y arrivant, on tombe sous le charme (d'autant qu'on n'avait pas encore vu Gangai.) et on flâne, on flâne, on flâne … A un moment, on voit notre chauffeur nous rejoindre dans le temple et on comprend à son sourire un peu embarrassé qu'il s'impatiente. Du coup, on l'a libéré. Ca fait cher l'aller simple mais tant pis, on veut profiter. On y restera jusqu'à plus soif et on paiera 50 Rs un nouveau rickshaw pour rentrer. Le prix de la liberté.
Avec Darasuram et Gangai, pour nous les amoureux des vieilles pierres, voilà une journée coup de cœur !
Ah, j'entends la question des moins passionnés … S'il fallait n'en faire qu'un seul ? Pfff … Gangai est plus bucolique mais moins facilement accessible. C'est tout ce que je dirais !
Thanjavur (Tanjore) : Que de monde (des Indiens !) dans ce grand temple chola ! Le plus grand. Voilà qui rend la visite bien différente de celle de Darasuram et Gangai. L'ambiance est très différente. On perd en atmosphère bucolique ce qu'on gagne en atmosphère vivante et dévote. Il faut du temps. On y passera 2 heures le matin et on y reviendra en fin d'après-midi. Le palais du centre ville (50 Rs) - Sans intérêt. La bibliothèque (gratuite) renferme de beaux manuscrits sur des palmes. Le musée (30 Rs) présente de beaux bronzes, notamment de splendides Shiva Nataraja (roi de la danse).
Trichy : Rock Fort Temple : pour y arriver, nous avons pris un bus de ville. Tous ceux qui commencent par 1 y mènent pour 3 Rs. C'est loin. L'entrée du temple ressemble à une ruelle, encombrée de boutiques. Comme toujours, on dépose nos sandales et on grimpe 430 marches. Au somment, jolie vue 360°. C'est sympa, mais ça ne vaut pas les 3 étoiles du guide bleu … Grand temple de Sri Ranganathaswami : très vivant, très animé. On vous proposera d'accéder à la terrasse pour 10Rs. C'est sympa pour voir les gopuram MAIS attention, évitez les heures trop chaudes, pieds nus, c'est totalement impraticable. A voir les gesticulations et les grimaces de Philippe, j'ai bien cru que sa peau de bébé allait cloquer !! En fait, il est plus coriace qu'il n'en a l'air … Le complexe est très grand, nous n'avions pas pris de guide (et avons eu confirmation par une touriste belge qu'ils ne sont pas tous très fiables …) mais du coup, il faut un peu chercher. Ne ratez surtout pas un grand temple au fond (oui, je sais, au fond ce n'est pas terrible comme indication) dont la façade est ornée de 8 ou 10 immenses cavaliers sculptés dans la pierre. Cherchez-le, c'est sans doute la plus belle façade qu'on ait vue. C'est extraordinaire. Un indice, il est à côté de la grande salle des 1000 piliers. Allez, brûlez-vous les pieds maintenant !
Madurai : Temple de Meenakshi : euh … encore un temple ?... Ici on paie 50 Rs l'entrée + 5 Rs pour la salle aux piliers qui abrite un musée de bronzes. Le mandapa aux 1000 piliers abrite des colonnes aux sculptures très fines. Immanquable aussi.
Un mot sur les temples : Quand on dit temple, il faut comprendre ensemble religieux, constitué d'une ou plusieurs enceintes qui protègent deS templeS. Chaque temple (cette fois, le bâtiment) est constitué d'une salle de piliers et d'un sanctuaire (le saint des saints) assez souvent interdit aux non hindous. Ce qui est très beau, ce sont les murs extérieurs de ces différents temples ainsi que les piliers gravés dans la masse. C'est très schématique mais c'est pour dire que temple ne correspond pas juste à une seule construction mais bien à un grand ensemble dans lequel les gens vivent. A Tanjore, comme à Trichy ou Madurai, le temple est quasiment un village. Ici, l'intérêt est donc double : l'architecture extraordinaire et l'ambiance dévote très vivante, tant par les différentes cérémonies conduites par les prêtres que par les habitudes des Indiens qui vivent dans ces temples : ils y travaillent, ils y prient, ils y mangent, assis en tailleur devant de larges feuilles de bananiers, ils y dorment (nous aussi d'ailleurs, on s'y est fait une petite sieste ni vu ni connu !) … Les photos sont interdites à l'intérieur des temples (principalement dans le sanctuaire) ou bien payantes en acquittant un droit photo. Par contre, elles sont permises à l'extérieur du sanctuaire : les murs, les enceintes … Ce sont d'ailleurs eux qui présentent souvent le plus grand intérêt esthétique (ça doit faire 5 fois que je le dis). Les heures de fermeture (de 12h à 16h assez souvent) ne concernent souvent que les sanctuaires. Ce n'est donc pas très gênant.
Kumily et la réserve de Periyar : Après 4 heures de bus depuis Madurai, nous arrivons à Kumily vers midi. Il fait plus frais (bonne nouvelle !) et il pleuviote (mauvaise nouvelle !). Dès notre descente de bus, nous sommes abordés par Abbas (qui s'est auto-baptisé KK, King of Kumily), un musulman dont la barbe noire est aussi large que son sourire. Il nous présente l'offre de la Thekkady Tourist Guide Association. Il parle très bien anglais et a suffisamment d'humour pour qu'on ne se sente pas agressés. Mais quand même … on voudrait bien se poser ! Donc, on l'interrompt, on lui dit avoir repéré 2 petites pensions. Ok, je vous y retrouve dans 1 heure nous dit-il. Et de nous offrir la course en rickshaw. Et de fait, il nous retrouve bien vite chez Mickey et, plus confortablement, nous propose différentes sorties. L'offre et les prix correspondent à ce qu'on avait lu dans le LP. On n'hésite pas et on opte pour : - le spectacle de Kathakali le soir même (2 x 150 Rs) - le jungle safari pour le lendemain (2 x 1 650 Rs + 2 x 300 Rs de droit d'entrée + 50 Rs de droit de photo) - un jardin d'épices et la fabrique de thé pour le surlendemain (2 x 2 x 100 Rs d'entrées + 350 Rs de rickshaw) Au total 5 000 Rs pour nous 2, payés cash. On a confiance, on paie tout d'avance. Waouh, les fous !! Ben non, on avait bien senti. Pas de coup fourré au final. Le spectacle de Khatakali : Nos billets de kathakali nous seront livrés "à domicile", chez Mickey, quelques minutes après le départ d'Abbas. Les places sont numérotées et c'est intéressant d'être devant. Il est donc important d'aller acheter ses billets "le plus tôt possible". Nous étions au 2ème rang. Voilà qui nous rassure tout de suite sur son honnêteté. La salle de spectacle est un bête hangar, sièges en plastique, scène de fortune, aucun décor. Une salle de dames patronnesses. 2 shows par jour, à 16h30 et à 19h. Nous avions réservé pour celui du soir. On avait lu que les artistes se maquillent devant les spectateurs. Nous étions donc à nos places dès 18h30 tout comme un autre touriste canadien dont les cheveux étaient épouvantablement gras (remarque gratuite et stupide me direz-vous mais qui va prendre du sens un peu plus bas …). Malheureusement, c'est peut-être vrai pour le show de 16h30 mais entre les 2, ils ne se démaquillent pas. Nous n'avons donc assisté qu'à "l'enjuponnage" d'un danseur. Mais ça valait déjà bien le déplacement. A 19h, la salle était pleine (80 personnes peut-être), à 95% des Indiens. Sur scène, 2 danseurs et 2 musiciens. Pendant ½ heure, des explications vont nous être données (en anglais) sur la signification des couleurs du maquillage et sur les gestes des mains, des yeux, du visage (ah bon, on a un muscle là !?...). Puis, ½ heure de véritable spectacle. Un résumé papier (dispo en Français) est fourni pour nous aider à comprendre le sens de la danse. A la fin du spectacle les 2 danseurs restent sur scène pour permettre aux photographes de s'en donner à cœur joie. C'est intéressant, sans être immanquable. Et ce n'est pas bien cher, pas de quoi hésiter longtemps. Je le dis souvent, il vaut mieux avoir des regrets que des remords. Le Jungle Safari : On quitte notre pension à 5h30. Comme prévu, la jeep est là à nous attendre dans la rue, avec déjà à bord, un jeune couple d'Anglais. Il fait noir et froid. On roule toutes bâches ouvertes et malgré un pull et un coupe-vent, on grelotte … En route, le chauffeur s'arrête pour payer le droit d'entrée et le droit photo. On récupère les tickets. C'est bien 300 Rs … A 7h30, on arrive à un superbe lodge, près d'un lac, où nous allons prendre un excellent petit déj buffet avec les clients du lodge. A 9h30, un guide nous remet des guêtres en coton pour nous protéger des sangsues (leech en Anglais). Les guêtres sont totalement fermées et s'enfilent comme des chaussettes, donc, même avec nos sandales, nous étions bien protégés. Et nous démarrons à pied vers la forêt. On a de la chance, il fait beau. On ne grelotte plus !! Il fait même bien chaud … On arrive au pied de collines couvertes de végétation tropicale. Et là, gros coup de bol, un éléphant, puis 2, puis 3, un petit, puis … nous en verrons 12 ! D'assez loin quand même, mais les photos au zoom rendent vraiment bien d'autant qu'ils étaient étagés sur la colline. Après avoir longuement profité de ce spectacle, nous retournons au lodge pour un déjeuner buffet tout aussi copieux et raffiné que le petit déj. Engoncés dans d'inconfortables gilets de sauvetage, nous voilà partis tous les 5 pour une balade sur le lac. Le guide rame et nous 4, on l'encourage. On arrive auprès d'une jolie cascade. Quelques photos. Retour. Thé et petits gâteaux secs. Petit pourboire au guide et de nouveau une bonne heure de jeep pour revenir à Kumily. In fine, nous avons eu beaucoup de chance avec le temps et les animaux. Ces quelques heures passées avec le guide étaient très agréables et très enrichissantes, nous avons appris des tas de choses sur les animaux et sur la végétation. Mais, même dans ces conditions optimales, je n'ai pas trouvé que ça valait 2000 Rs/p. Alors, que diront ceux qui n'ont pas eu la chance de voir un seul éléphant ? Ceci étant dit, le petit couple d'Anglais nous a dit par mail (lors d'échange de photos) que ça avait été leur meilleur souvenir de voyage … comme quoi … peut-être était-ce parce qu'ils avaient fait notre connaissance … Sérieusement, journée très sympa et qui, selon votre vécu (car je pense que tout est là), vous laissera un souvenir plus ou moins fort. Attention, ce trek n'a pas lieu DANS la réserve mais en bordure (Gavi Lake). Impossible avec ces entrées d'aller voir Thekkady (petit village au centre de la réserve). Le jardin d'épice et la fabrique de thé : A 10h, comme prévu, le rickshaw était là pour nous emmener au Spice Garden d'Abraham. Abraham nous reçoit, nos entrées sont pré-réglées (100 Rs/p). Pas d'embrouille … Il nous propose de nous guider dans son jardin en Français. Je pense qu'il rigole … et bien non ! Il connait parfaitement son sujet et maitrise les mots français qui s'y rapportent. La visite en devient passionnante. Pas de vente d'épices dans ce jardin, donc, aucune pression … La visite dure plus d'une heure qu'on ne voit pas passer. Nous rejoignons ensuite la Connemara Tea Factory. Visite guidée (100 Rs/p), nous sommes là encore tous les 2 tout seuls, accompagnés d'un employé qui, dans un très bon Anglais, va nous expliquer tout le processus de fabrication du thé. D'abord dans la plantation pour nous parler de la plante, de la même famille que le camélia, puis en nous commentant un diaporama qui illustre les étapes de la fabrication enfin, dans l'usine même, très bruyante (d'où le diaporama avant) pour voir in situ le processus. Là encore, 1 heure passionnante. Ces 2 visites nous ont enchantés. Je les recommande chaudement. Le massage ayurvédique : Avec l'âge et quelques expériences déjà vécues ici ou ailleurs, je me suis un peu décoincée sur les massages et je dois même avouer que maintenant … j'adore ça ! Je décide de tester celui de Matha Ayurveda Hospital sur Lake Road. Après une petite négo, j'obtiens un massage complet de 80 minutes pour 600 Rs. Je me déshabille. Entièrement. La jeune fille me donne un petit "cache sexe" jetable en papier. Rigolo. Il ya 10 ans, ça ne m'aurait pas faire rire du tout … Le massage commence par la tête et se poursuit par tout le corps. En fait de massage, c'était surtout un gros badigeonnage. Je suis couverte d'huile, de la tête aux pieds, mais de massage, que nenni, nada, rien. Juste un étalage. Après 60 minutes, je suis enfermée assise dans une capsule pour y transpirer. Bref, on met le poulet au four après l'avoir bien graissé. La tête est dehors (heureusement !) et le premier exploit consiste à rester assise car avec cette quantité d'huile, on glisse sur le tabouret de plastique et aucun tourne broche pour s'accrocher ! Le 2ème exploit consiste à supporter cette transpiration dans la graisse. C'est désagréable au possible. Enfin, après 10 interminables minutes, je ressors, je m'essuie (comme je peux, ça glisse !), et toc, je me prends un soupçon de poudre brune entre 2 pics de cheveux (ben oui, avec l'huile, je ressemble à la statue de la Liberté). Oui, c'est vrai, ça manquait cette touche finale ! C'est fini, thank you Mam ! Voilà comment 80 minutes de massage se sont transformées en 70 minutes de tartinage. Mais le supplice n'était pas encore fini puisqu'il fallait rentrer maintenant … Traverser la petite ville pour rejoindre la pension, avec les cheveux plus gras que si je n'étais tombée dans une bassine de friture. Que j'aurais aimé être invisible, tortiller du nez pour d'un seul coup me retrouver sous ma douche, allez, à défaut frôler les murs et rentrer le plus vite possible ! Et bien non ! Je tombe pile dans une grande procession qui réunit toute la ville ! Un monde fou dans les rues. En temps normal, j'aurais jubilé ! Quelle chance ! Là j'ai dit, quelle poisse ! Forcément … Allez, le ridicule ne tue pas, la preuve j'ai survécu. Bref, je n'ai pas du tout aimé. Vous aviez compris ? Mais attention, je suis aussi convaincue que ça a été très mal fait et je n'en tire aucune conclusion hâtive. La seule conclusion : à moins que vous ne vouliez savoir ce que ressent une sardine à l'huile, évitez soigneusement cette adresse ! Non, je n'en ai pas testé une autre !! Mais maintenant j'ai compris d'où sortait le touriste canadien rencontré au Khatakali ! Lui visiblement, ça ne le gênait pas …
Alleppey : Comme on veut pouvoir enchaîner avec un ferry à Kottayam, on quitte Kumily en bus à 6h35. On a même hésité à partir plus tôt. Sage décision que de ne l'avoir pas fait car nous aurions alors raté de magnifiques paysages. 3h30 d'une jolie route en lacets. On arrive à Kottayam vers 10h. Un rickshaw nous dépose à l'embarcadère pour 30 Rs. Argh … c'est ça le ferry ?... Le dernier ferry que nous avions pris, c'était en Norvège. Ce n'était pas le même … Celui-ci part à 11h30. Largement le temps d'aller acheter quelques petites bouchées délicieuses en guise de repas. On s'installe, le ferry se remplit sagement et à l'heure dite, on démarre. 2h30 de navigation sur des canaux bordés tantôt par des rizières, tantôt par des maisons. Magnifique voyage !! Juste avant le terminus, quelques jeunes rabatteurs montent à bord et cherchent le touriste. On n'est que 2, du coup, on se les prend tous en même temps. Ils prêchent chacun pour leur guesthouse. Chacun leur tour, ils parlent et nous glissent une carte dans la main. Un peu de surenchère, un peu de friction, mais ça reste cordial. On est habituellement assez hermétique à ces joutes, préférant nous fier aux adresses du LP, pourtant ici, on se laisse convaincre par Sachu qui nous emmène dans sa guesthouse. On ne le regrettera pas. Jolie petite adresse que j'ai décrite plus haut. C'est nous qui lui demandons s'il propose des houseboats. Bien sûr … Il arrive avec un book et nous propose 3 bateaux. On choisit le premier : 4 000 Rs les 22h. On ne négocie pas, le prix nous convient. Service et prix correspondent bien à ce qu'on avait lu et entendu. On réserve pour le lendemain. On embarque à 11h. Bateau totalement fidèle aux photos. Ca nous convient, on paie Sachu (cash) qui nous avait accompagnés jusque là. Un pilote et un cuisinier. Une jolie chambre avec des fenêtres qui ouvrent sur l'eau, une sdb complète. A 11h30 on démarre 11h30 – départ 13h00 – amarrage pour le déjeuner 14h30 – départ 17h30 – amarrage pour la nuit 19h30 – dîner 8h00 – départ et petit-déjeuner en cours de navigation 9h00 – retour au port Au total 5h30 de navigation. On a vraiment regretté de ne pas déjeuner en voguant … Malgré ce petit regret, que c'était bien !! Et pourtant, nous avions un temps gris, un ciel pâle, un peu de bruine même en fin de journée. Aucun merveilleux coucher de soleil comme on l'espérait, aucune jolie lumière chaude de fin de journée … Malgré cela, et avec des conditions météo vraiment moyennes, on a trouvé ce petit break extraordinaire. D'abord, le rythme est lent, c'est calme et très peu bruyant. On entend à peine le moteur. Ensuite, très peu de bateaux voguent sur l'eau à cette époque. En haute saison, pour la même prestation, les prix grimpent jusqu'à 10 000 Rs. Les bateaux croisés sont occupés pour la plupart par des Indiens aussi émerveillés que nous. Echange de sourire et de grands saluts. Enfin, les paysages sont splendides, même sous un ciel blanc bien triste. La pause pour la nuit nous a permis de descendre et de nous promener dans le village ruban, coincé entre canal et rizière. Quelle drôle d'impression d'habiter sur ce ruban de terre entouré d'eau. Nous ferons une très longue promenade, avec partout le sourire des habitants pour nous accueillir. Et quand la nuit tombe, les pêcheurs sortent, les enfants continuent à rire et à jouer. Quelle belle ambiance ! Nuit calme et romantique, et petit-déjeuner cette fois en voguant. Nous avons particulièrement apprécié d'avoir un petit balcon au dessus du chauffeur qui permet une vue panoramique. Tous les bateaux n'en disposent pas. Vérifiez ce point, ça me parait être vraiment un avantage. Un regret : on ne passe pas dans les tout petits canaux. Ainsi, la petite balade en canot proposée par ailleurs est-elle sans doute très complémentaire. Nous ne l'avons pas faite car il pleuvait … mais je le regrette. Ferry, houseboat et canot auraient permis une vue complète de la vie dans les Backwaters.
Kochi : On hallucine en arrivant à Kochi. De la circulation, des bouchons, de très nombreuses voitures personnelles neuves … Le Kerala est très différent du Tamil Nadu. Le bus nous laisse à Ernakulam où on avait décidé de loger car plus facile d'accès pour l'aéroport. Une fois les bagages posés, nous filons vers Fort Kochi que l'on rejoint en ferry (un guichet, 2 files, une pour les filles, une pour les mecs) pour 2,5 Rs/p. On trouve à Fort Kochi, à une centaine de mètres du débarcadère (en prenant à droite dès la sortie) une petite échoppe d'antiquités où le vieux patron loue des vélos (for tourist only !). 6 Rs de l'heure. On note l'heure de départ, on paie au retour. Aucune caution. Ca change tout !! D'abord on a moins chaud qu'en marchant, ensuite on couvre plus de distance, enfin, on évite les rickshaws qui ici sont vraiment racoleurs. Des cadenas intégrés permettent de s'arrêter comme on veut. Fort Kochi est un endroit où il fait bon flâner, a fortiori en vélo. Personnellement, j'ai beaucoup aimé la visite du palais hollandais pour ses splendides peintures murales (5Rs l'entrée) Les carrelets (les filets suspendus) m'ont moins impressionnée que prévu. L'environnement est devenu trop touristique et a perdu beaucoup d'authenticité. Et puis la toile de fond (un port grouillant d'activité) n'est pas celle que j'avais imaginée. Une bonne journée suffit à visiter Fort Kochi mais attention, évitez le dimanche, certaines rues (notamment la rue du bazar) sont mortes et c'est bien dommage.
DIVERS : L’accueil : Ils sont bruyants (good morning ! nous hurle tout sourire cet employé en nous voyant sortir de notre chambre à 6h du mat, toutes les chambres alentour ont su qu'on partait ….), indisciplinés au possible, bien peu concernés par nos normes d'hygiène, indifférents aux détritus qui jonchent leurs rues et aux (trop rares) poubelles qui restent désespérément vides, englués dans une paperasserie effroyable. Mais ils sont aussi chaleureux, avenants, toujours prêts à aider, souriants, tellement souriants, gentils, dans le bon sens du terme, ils sont heureux de nous voir aimer leur pays et nous le disent, tant de qualités humaines qui rendent l'Inde si attachante. Les contacts sont faciles et toujours ouverts et francs. Les relations ne sont jamais entachées d'une arrière-pensée mercantile, jamais agressives, jamais lourdes. Bien sûr, ça reste un voyage fatigant : le bruit permanent dans la rue, les routes défoncées et les bus tellement inconfortables, la saleté, la pollution. Des inconvénients bien minces au regard de tout ce que l'Inde apporte. Notre dernier voyage, c'était le Japon. On est ici à l'opposé. J'aime les 2. La carte bancaire : Encore peu répandue en terme de paiement commerçant. Par contre, nombreux ATM, même au Tamil Nadu. Le climat à cette époque : 3 jours de pluie en début de voyage puis retour du beau, chaud et humide mais avec souvent un ciel très pâle. On transpire beaucoup. On peut néanmoins se passer de l'A/C (qui gonfle considérablement le prix des chambres) car toutes les chambres sont pourvues d'un ventilo qui peut suffire. Vêtements : Climat chaud et humide, transpiration et poussière : on se salit beaucoup. Des sandales à scratch permettent à la fois de marcher confortablement et, surtout, d'être retirées rapidement pour entrer dans les temples. Et c'est suffisant pour le petit trek du Jungle Safari. Nous avons sortis pulls et coupe vent à Periyar. L’affluence touristique à cette époque : Low season, on l'a vu. On a rencontré de très nombreux touristes indiens (des Indiens du Tamil Nadu au Kerala et inversement) mais pas d'occidentaux. Un peu plus à Kochi mais bien peu … Même les houseboats croisés étaient à 90% occupés par des Indiens. Les problèmes de santé : Aucun. Pas de précautions particulières : on a mangé des crudités, des fruits (comment s'en passer ?...), bu des jus de fruits avec des glaçons, mangé dans la rue … Bref, la seule précaution à laquelle on ne déroge jamais, c'est l'eau capsulée. Pour la reste, on a profité ! Les moustiques : Ils sont nombreux, piquent beaucoup et souvent. Pour autant, les piqûres ne sont pas très virulentes. Choix personnel : nous avons décidé de ne pas prendre de médoc contre le palu. On assume, sans débat ni revendication. Photos : Les nôtres ou celles dont on a fait l'objet ? Car pendant ce voyage, nous avons dû plus d'une fois jouer les starlettes ! Ils ont été nombreux à nous demander une photo, les plus hardis allant jusqu'à poser avec nous. Nous avons même fini entourés par toute une famille dont on nous a présenté tous les membres. Je n'ai pas retenu les 14 prénoms (vilaine que je suis !). Voilà qui en dit long. Ils aiment nous photographier et ils aiment être photographiés. Echange amical, facile. Vive le numérique qui permet de montrer aussitôt le résultat. Et toujours, un sourire lumineux pour remerciement. Nous demandons toujours la permission avant de faire une photo. Nous n'avons essuyé aucun refus. Aucun. Que du bonheur ! L'artisanat : Rien d'extraordinaire. C'est un avis tout à fait perso. On ramène principalement des longhis colorés en coton (entre 95 et 170 Rs) qui font de bien jolies nappes. On les a fait aussitôt ourler sur place par un tailleur (20 Rs les 2 ourlets). En France, les ourlets nous auraient coûté plus cher que les longhis. Du reste, le travail de ce tailleur est un très beau souvenir : de beaux gestes précis et rapides.
On a beaucoup aimé : 🙂 Regarder vivre les Indiens Admirer leurs vêtements, les dothis blancs immaculés ou les saris vaporeux multicolores Prendre le bus Manger dans la rue
On a moins aimé : 😕 Les klaxons Se brûler les pieds dans les temples
En conclusion ... Un voyage en Inde, c'est toujours un choc. Pour beaucoup la vie y est dure et certaines scènes sont très éprouvantes. Pourtant, malgré la misère, les Indiens restent accueillants et avenants. C'est ce paradoxe qui rend l'Inde si attachante. Aller en Inde, c'est prendre une belle leçon de vie. Comme il y a 10 ans, je sais qu'une fois encore je retournerai en Inde.
C'était un retour. Nous avions parcouru le Rajasthan il y a 10 ans et connaissions aussi le Sri Lanka. Donc, pour une fois, nous avions une idée de ce qui nous attendait. Mieux, nous retournions le chercher. Et nous n'avons pas été déçus. Même après 10 ans. Même dans une autre région. L'accueil des Indiens est incomparable et rend fabuleux un voyage pourtant fatigant à la base.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 21 Août – Vol Emirates Paris CDG / Dubaï / Chennai Dim – Arrivée à Chennai à 8h20- Taxi jusqu'à Mama (950 Rs) - Nuit à Mamallapuram Lun – Nuit à Mamallapuram Mar – Bus jusqu'à Pondi (2h-60 Rs) - Nuit à Pondicherry Mer – Bus jusqu'à Chidambaram (1h30-24 Rs) – Bus jusqu'à K. (2h30-25 Rs) - Nuit à Kumbakonam Jeu – Rickshaw jusqu'à Darasuram et retour (100 Rs) – Bus jusqu'à Gangaikondacholapuram et retour (1h30-16 Rs x 2) - Nuit à Kumbakonam Ven – Bus jusqu'à Thanjavur (1h30-14,5 Rs) - Nuit à Thanjavur Sam – Bus jusqu'à Trichy (1h15-16 Rs) - Nuit à Trichy Dim – Bus privé (1ère erreur !) jusqu'à Madurai (2h30-100 Rs au lieu de 60 Rs-2ème erreur !!) - Nuit à Madurai Lun – Bus jusqu'à Kumily (4h-45 Rs ) - Nuit à Kumily Mar – Jungle Safari - Nuit à Kumily Mer – Spice Garden et Tea Factory - Nuit à Kumily Jeu – Bus jusqu'à Kottayam (3h30-69 Rs) – Ferry jusqu'à Alleppey (2h30-10 Rs) - Nuit à Alleppey Ven – Houseboat – Nuit sur le bateau Sam – Bus jusqu'à Ernakulam (1h30-39 Rs) - Nuit à Ernakulam (Kochi) Dim – Ferry (10 min ?-2,5 Rs) jusqu'à Fort Kochi - Nuit à Ernakulam Lun 6 Sept – Taxi à 6h30 pour l'aéroport (45 min-650 Rs) - Vol Emirates Kochi / Dubaï / Paris – Départ de Kochi à 10h30
Les prix des bus indiqués s'entendent par personne. Des détails sont donnés dans le paragraphe itinéraire.
BUDGET :
Dépenses préalables : Vols réguliers Emirates Paris/Dubaï/Chennai – Kochi/Dubaï/Paris : 775 €/p
Dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso d’artisanat) : 732 € répartis ainsi : - 315 € d'hébergement (14 nuits) - 87 € (5 000 Rs) pour les activités dans la réserve de Periyar - 70 € (4 000 Rs) pour le houseboat à Alleppey - Le reste (260 €) pour les repas, les transports et les quelques rares entrées de sites. 3 retraits cash en ATM (10 000 Rs à chaque fois, pas réussi à sortir plus) et un exchange de 50€ (passeport nécessaire) au cours de 1€ = 56,9 Rs.
Budget total tout compris (hors achats perso) : 2282 € pour nous 2
Comme je le précise à chaque fois, ce récapitulatif budgétaire est indicatif. Notamment en terme d'hébergement … Nos choix nous ont portés vers certains hôtels assez chers pour l'Inde. On peut très facilement se loger pour 2 ou 3 fois moins (notre coup de cœur va d'ailleurs à la petite chambre tout en bambou de Alleppey à 400 Rs).
GUIDES :
Guide Bleu Inde du Sud – Un peu déçus (c'est bien la 1ère fois) par le manque de détail sur la religion hindou, le panthéon … La description de certains grands temples manquent parfois de précision et de plan. Lonely Planet Inde du Sud (LP) - 3e édition Sept 2009 – Très fiable pour les tarifs des bus, un peu moins pour les tarifs des hôtels. Quant aux restaurants proposés, certains avaient disparu mais peut-on blâmer le LP ?...
TRANSPORTS :
1 - Vols Paris/Dubaï/Chennai – Kochi/Dubaï/Paris - Emirates Achetés fin avril en ligne sur le site d'Emirates www.emirates.com Ils nous offraient l'avantage de répondre parfaitement à nos besoins avec un retour différent de l'arrivée, des horaires confortables et une escale très courte à Dubaï. Le tronçon Paris/Dubaï du samedi se fait sur un Airbus A380 … Waouh, c'est méga gros !
Arrivée à 08h20 à Chennai : Ca grouille ! Bienvenue en Inde ! On se met en quête d'un ATM. Le premier ne fonctionne pas, le second oui. L'arrivée matinale à Chennai nous permettait d'envisager de rejoindre Mamallapuram aussitôt. On hésitait entre attraper un bus sur la route de l'aéroport ou repasser par Chennai pour y voir la plus grande gare routière de l'Inde du Sud. Ca nous tentait bien mais la fatigue l'a emporté et finalement, nous avons opté pour la solution bien plus coûteuse mais ultra-simple du taxi. 950 Rs cash. A 50 Rs près, c'est bien le prix qu'on a vu affiché dans les nombreuses agences de Mama pour un retour vers l'aéroport.
Départ à 10h30 de Kochi : L'aéroport est spacieux, lumineux, agréable. Mais pas de boutiques pour y dépenser ses dernières roupies …
2 – Les bus Ah … les bus en Inde !! Ils sont l'une des raisons pour lesquelles on a eu envie de revenir. En effet, on adore ce type de transport. Pour plein de raisons : la fréquence, la rapidité (durée souvent équivalente au train ou à peine plus longue), la vue panoramique quand on arrivait (très souvent) à avoir les places avant, et surtout le plaisir d'être témoins de jolies scènes de vie (dans le bus et hors du bus). Une raison supplémentaire maintenant : la fiabilité (!) : aucune panne sur nos 13 parcours en bus. Comme nous avons quasiment toujours pris le bus au départ d'une gare routière (et non pas en l'arrêtant sur le bord d'une route), nous avons toujours voyagé assis et, le plus souvent, nous réussissions même à avoir les places avant qui nous permettaient d'avoir plus de place pour nos grandes jambes (enfin … celles de Philippe) et une vue panoramique de la route et du paysage. Enfin, le coût est dérisoire. L'ensemble de nos tickets, pour nous 2 (sauf erreur, environ 750 Rs-13 € !), nous a coûté à peine plus cher que le taxi de Kochi pour l'aéroport. Notre intérêt pour ces voyages nous a même fait refuser l'offre d'un Indien à Alleppey qui remontait sur Kochi avec sa voiture perso et nous proposait de nous emmener pour 10 Rs … Plus rapide et moins cher que le bus !? Eh bien, non merci, sans façon ! Nous n'avons jamais réservé notre place. Nous arrivions à la gare routière, généralement très tôt le matin (souvent vers 7h) ; nous cherchions les chauffeurs ou les vendeurs de tickets facilement repérables à leur uniforme-pantalon beige. On indiquait notre destination, il nous montrait le bon bus, on s'y installait (les places ne sont pas numérotées) et on attendait le départ (jamais plus de quelques minutes). Nous payions notre ticket dans le bus, pendant le trajet. Aucune arnaque, le "contrôleur" dispose d'un petit automate qui sort un ticket imprimé indiquant le trajet et le prix. Ca permet une dernière vérification. Et pour savoir où descendre, chauffeur, contrôleur ou voyageur vous préviendront ! En 13 voyages, nous n'avons jamais galéré. Que du bonheur ! Et puis, il y a aussi ces ambiances de gares routières à l'odeur si caractéristique : un mélange de thé au lait, de curry, de jasmin, de gasoil et d'urine. Unique ! Une atmosphère et une animation tellement propre à l'Inde. C'est là qu'on trouve le plus grand choix de tiffin (les petits en-cas vendus dans la rue du genre samossas, beignets de dhal, boulettes sucrées de riz …) pour quelques roupies.
Sauf à Trichy (pour Madurai) où on s'est laissé berner par un rabatteur, nous avons toujours utilisé les bus d'état ordinaires. Ce bus privé était certes plus confortable mais pas plus rapide et nous a coûté 100 Rs. Bien sûr, ici, pas de petite facturette. Et pour cause, mon voisin, lui, avait payé 60 Rs … le prix normal. Si vous voulez être sûrs d'utiliser les bus ordinaires, n'écoutez et ne suivez que les hommes en uniforme beige.
Attention, à Mamallapuram, les bus pour aller à Pondicherry ne partent pas de la gare routière mais d'un bus stop sur la route. Il faut demander à un rickshaw de vous emmener à l'ECR bus stop. ECR comme East Cost Road. Le LP est totalement muet sur ce point.
3 – Les rickshaws Pas de harcèlement, ils sont juste là quand vous en avez besoin. Pas d'arnaque sur le prix demandé. C'est généralement raisonnable. Autour de 20-30 Rs la course en ville.
HEBERGEMENT : On a suivi un rabatteur efficace et convaincant à notre arrivée à Alleppey. En dehors de cette étape, nous avons suivi le Lonely Planet pour toutes les autres. En tapant dans la catégorie moyenne qui offre un peu plus de confort mais surtout un peu plus de chaleur (en terme d'ambiance) que la catégorie inférieure.
Quelques remarques sur nos choix :
Mamallapuram – Le Sea Breeze – 2500 Rs (hors taxes 12,5% offertes après courte négo) – paiement par CB Les chambres sont bien mais ne justifient pas un tel prix. Ce qui peut expliquer le prix, c'est la piscine : grande et très propre. Un pur bonheur après les 10 heures d'avion … même, voire surtout, sous la pluie. Petit déjeuner continental inclus, simple mais copieux. Les petits hôtels de Mama (j'en ai vu 4, 400 à 800 Rs la chambre) nous ont paru bien tristes. Propres mais froids, sombres et tristes. Cela dit, c'est sans doute parce que c'était notre première approche et nous n'étions pas encore adaptés. Voilà pourquoi on s'est rabattu sur le Sea Breeze. Après coup, je ne le conseille pas, il est 2 fois trop cher.
Pondicherry – Le Park Guesthouse – 600 Rs Grand complexe qui dépend de l'ashram, sans charme mais bien situé. On a eu la chance d'avoir une chambre au dernier étage, avec un petit balcon donnant sur la mer. Chambre simple mais propre et une fois les moustiquaires installées, elle avait presque du charme … A noter parce que cas unique : accueil absolument détestable ! Bizarre pour un tel lieu …
Kumily – Mickey Homestay – 750 Rs Charmante chambre d'hôte toute claire, toute pimpante, avec un balcon agrémenté de chaises et d'une balancelle en rotin. Accueil familial. Une très très bonne adresse.
Alleppey (Alappuzha) - Ashtamudi Homestay – 400 Rs Voici l'adresse indiquée sur leur carte : West of S.D.V Central School, Zilla Court Ward http://www.hostelworld.com/...Stay/Alappuzha/18851 C'est dans une petite ruelle paumée, même pas tracée sur le plan du LP. Ca explique le jeune rabatteur (Sachu de son surnom) qui nous aborde dans le ferry, un stop avant le terminus. Baratin bien rodé. Tarif vraiment attractif (on est en basse saison et la guesthouse est vide) ! On se laisse entraîner. L'entrée de la guesthouse est vraiment peu engageante. On grimpe à l'étage par un méchant escalier de métal en colimaçon et là on arrive sur un vaste espace d'accueil tout en bambou qui dessert 4 ou 5 chambres aux portes de bois élégantes. On découvre notre chambre, tout en bambou elle aussi, moustiquaire, sdb simple, ventilo, paille de riz au sol. C'est simple mais bourré de charme. On a beaucoup aimé. On y a pris notre diner et notre petit déjeuner (non inclus). Large choix à la carte, service à toute heure, prix raisonnables. C'est également par Sachu que nous avons réservé un houseboat pour le lendemain. Sans harcèlement de sa part, il a même fallu que ce soit nous qui en parlions ! Une belle adresse mais il faut la trouver …
Kochi (Ernakulam) – Grand Hotel – 2200 Rs (hors taxes 15% offertes) – paiement CB On change de style. Magnifique hôtel à la décoration soignée et de très bon goût. Accueil très cordial, très chaleureux : malgré nos sacs à dos poussiéreux et nos tee-shirts blancs de transpiration, un portier aux magnifiques bacchantes nous ouvre la porte avec un large sourire. Sympa ! Autant le Sea Breeze est vraiment surévalué, autant celui-ci vaut largement ce prix. Fréquenté principalement par des Indiens. Petit déjeuner buffet (inclus) néanmoins un peu décevant, j'attendais plus de choix. C'est une très belle adresse si on cherche du confort. Et tout ça pour moins de 40 €. J'ose le conseiller.
Nos autres adresses se ressemblent et ne méritent pas de commentaires particuliers. Chambres quelconques, spacieuses, propres mais toujours assez sombres. Kumbakonam – Hotel Raya's – 1200 Rs Thanjavur – Hotel Ramnath – 1000 Rs - Seule chambre dispo dans ce 3ème hôtel qu'on faisait … Ce jour-là à Tanjore, l'offre était inférieure à la demande et je pense que le prix de la chambre a flambé … Car, malgré le prix, nous avions des wc à la turque dans une chambre vraiment tristoune … Trichy – Hotel Femina (petit dej buffet indien inclus vraiment super !) – 1240 Rs Madurai – Hotel Madurai Residency (petit dej buffet indien plus simple) – 880 Rs
Quel que soit le type d'hôtel, la literie a toujours été de très bonne qualité : matelas épais et ferme. Le lit est parfois juste couvert d'un drap-housse et d'une couverture pliée (ou un drap épais). Les serviettes de toilette sont apportées à l'installation. Un drap supplémentaire est fourni à la demande (mais pas toujours). Un sac à viande peut s'avérer bien utile dans la petite hôtellerie. Cela dit, nous n'en avions pas (toujours notre obsession de voyager léger) et on s'est très bien débrouillé sans …
La douche est à l'asiatique : une douchette fixée au mur de la sdb, juste à côté du wc ou du lavabo ; en dessous un robinet qui remplit un seau muni d'une louche. Pas de cabine, pas de rideau, pas de bac à douche. La cabine de douche, c'est toute la salle de bain ! Le sol incliné permet d'évacuer l'eau rapidement. Tout compte fait, c'est extrêmement agréable : on n'est pas coincé, bloqué, étriqué dans une cabine. Et mes grands gestes brutaux trouvent enfin tout l'espace pour s'exprimer, sans faire tomber le shampooing ! Très vite, on a abandonné la douchette pour ne plus se laver qu'en s'aspergeant avec la petite louche. Moins de gâchis et que c'est rafraichissant !
Pensez à du papier toilette. La Mickey's Homestay n'en fournit pas. On peut en acheter dans la micro épicerie juste à côté.
REPAS : La nourriture indienne nous ravit. Oui, elle est souvent épicée mais pas au point d'avoir la bouche en feu. A moins de ne pas supporter la moindre trace de piment, ça reste tout à fait mangeable. Gros écart de prix entre les restaurants destinés aux touristes et les Family Restaurant où se pressent, comme le nom l'indique, des familles entières d'Indiens. C'est dans ces restaurants populaires que nous avons le mieux mangé. Certains n'ont pas de carte et proposent un menu unique, un thali généralement, servi sur une feuille de bananier. La bouteille d'eau capsulée (15Rs) arrivera assez souvent automatiquement mais il vous faudra réclamer une cuillère sauf si vous vous sentez capables de manger avec les mains, pardon, avec LA main, la seule main droite. Moi, j'ai essayé, et je me suis retrouvée très vite avec les 2 mains dans mon riz à patouiller comme un cochon. J'ai arrêté. Pas douée ! Finalement, la cuillère, c'est pas mal. Nous avons peu suivi les conseils du LP qui se sont avérés assez souvent dépassés.
Quelques prix :
1 bouteille d'eau (1 litre) : dans la rue ou au family restaurant 15 Rs, au restaurant touristique 20 Rs 1 bière Kingfischer (650ml) : 120 Rs au restaurant 1 canette de Coca Light : 26 Rs (très difficile à trouver) 1 black tea : 3 à 5 Rs. Par défaut, le thé est servi sucré avec du lait. Si vous le préférez noir, précisez-le. 1 tiffin (en-cas vendu dans la rue, samossa, beignet de dhal (méga bon !), ladoo boulette jaune de riz sucrée et parfumée …) : entre 2 et 4 Rs la pièce. Avec 5 ou 6 pièces, vous faites un bon repas car ça plombe bien … 1 jus de noix de coco : 15 Rs (n'oubliez pas de demander l'ouverture de la noix pour manger la pulpe une fois le jus bu) 1 jus de fruits frais pressé (grenade, ananas, pomme, raisin …) : entre 20 et 30 Rs 1 biryani ou 1 thali au family restau : 30-37 Rs (60-100 Rs au restau touristique) 1 raïta : 10 Rs au family restau (30-40 Rs au restau touristique) 1 repas au family restau (biryani + raïta + eau) = 60 Rs/p (95 Rs pour 2 car 1 seul raïta et 1 seule eau) Même repas au restau touristique = entre 2 et 3 fois plus cher.
Quelques beaux souvenirs :
Thanjavur – Restaurant Sree Ariya Bhavan (high class veg rest) 1324, South Rempart Dans le quartier de la gare routière (old bus stand), à 30 mètres de l'hôtel Ramnath (même trottoir, à gauche en sortant de l'hôtel). On nous entraîne dans l'arrière-salle. Elle n'a aucune fenêtre. Beurk, je suis toujours perturbée dans les pièces borgnes. Premier réflexe de rejet, c'est glauque. Au même moment, j'entends Philippe devant moi dire "oh, que c'est chouette !" Ah ?!?!... Du coup, je regarde la pièce autrement, j'oublie qu'elle n'a pas de fenêtre et là je vois de superbes colonnes dans un endroit certes un peu décati mais encore bourré de charme. De plus, l'affluence prouve que la nourriture doit être authentique et goûteuse. Allez, oublions l'absence de lumière naturelle. On s'assoit à la table d'un homme seul qui se moque bien de nous voir l'envahir. Pas de carte, plat unique : thali. La feuille de bananier arrive. Suivie de la plâtrée de riz blanc servie à la volée, de l'apadam (grande chips) et des 5 ou 6 sauces et petites douceurs qui l'accompagnent. Tout est à volonté ! Pas besoin de réclamer, quand y en a plus, y en a encore ! On croise beaucoup de regards surpris mais ravis de nous voir là. Entre 2 bouchées goulues, nous ne manquons pas de leur rendre leur sourire. De toute façon, vu comme je me régale, ils voient qu'on apprécie !! Quand j'aime ce que je mange, ça se voit ! 32 Rs le thali. 14 Rs la bouteille d'eau.
Thanjavur – Bombay Sweets 1344, South Rempart Pas bien loin du précédent. Lui au contraire est ouvert sur la rue, très clair. Ah !... Un grand choix de petits en-cas, de beignets (pure ghee) salés et de petites douceurs sucrées. Le bonheur pour nous fut d'avoir été guidé par le patron (?) qui a pris le temps de nous montrer, de nous expliquer. On consommera chacun 2 beignets salés et un petit dessert pour 80 Rs au total. Voilà encore une adresse raisonnable et fort agréable et qui change du thali et des biryanis. Le Rasa Gulla est une boule de lait fermenté (!) dans un sirop. Surprenant et très bon.
Kumily - Ebonys Cafe – Roof Top Restaurant En bas de la rue du Mickey Homestay. On y a pris 1 petit dej et 2 diners. Voila un chouette restau pour touristes. Surprenant, il n'est pas dans le LP. Ambiance agréable et nourriture excellente. 450 Rs le diner pour nous 2 (2 small pot of masala tea, 2 plain naan, 1 veg curry, 1 malai kofta, 1 veg raïta).
Ernakulam – Aruvi Nature Restaurant Chittor Road (cf LP) 2 ou 3 petites salles en enfilade, bleues, toute simples. On arrive vers midi. Personne. On s'installe. Aussitôt on nous explique qu'ici tout est fait selon la tradition ayurvédique. Le repas kéralais traditionnel arrive. On goûtera des mets originaux : un jus de betterave et un dessert divin de riz ou de tapioca (??) au thé au lait (??). Bref, je ne sais pas bien ce que c'était mais c'était vraiment bon. Le restaurant s'est rempli pendant notre repas. Boutique attenante de produits ayurvédiques. Bonne adresse.
Ernakulam - Restaurant de l'hôtel Sapphire - Mahatma Gandhi Road Grand restaurant familial bourré d'Indiens. Grande carte, cuisine délicieuse. Prawn biryani à 100 Rs, plain naan à 17 Rs, black tea à 6 Rs. Mon meilleur souvenir culinaire.
L’ITINERAIRE : Le Lonely Planet propose des suggestions d'itinéraires : "Si vous n'avez que 3 mois …." Argh, ça m'agace !… 2 semaines en Inde du Sud, c'est une hérésie … Oui, comme partout, comme toujours. Alors, comme toujours, nous avons limité nos ambitions. Nous avions prévu de privilégier le Tamil Nadu car nous étions en mal de temples et de ne passer que rapidement au Kerala. Mais sur place, la fréquence et la fiabilité des bus nous ont permis de gagner du temps que nous avons consacré à la réserve de Periyar et à une journée pleine en houseboat.
Mamallapuram : Petite ville tournée vers le tourisme : hôtels, restau, agences, boutiques, tout est fait pour nous. Même si, du coup, elle a perdu tout son caractère indien, elle n'est pas désagréable du tout et pour démarrer un voyage, c'est pas mal … Magnifique site archéologique. L'ascèse d'Arjuna gravé dans la roche nous a enchantés. Billet combiné pour les 5 rathas et le temple du rivage = 250 Rs. Oui, ça vaut le coup.
Pondicherry : Ville qui tombe en décrépitude. Ajouté à cela une pluie incessante, notre vision de Pondicherry s'en est forcément trouvé altérée … Peut-être qu'avec un peu de soleil on aurait sans doute trouvé la promenade le long du bord de mer tout-à-fait charmante.
Chidambaram : Petit stop sur la route de Pondi à Kumbakonam pour visiter le temple de Shiva Nataraja qu'on rejoint à pied depuis la gare routière. Juste à l'entrée du temple, on trouve une échoppe qui va nous garder pour quelques roupies nos sandales (et oui, les temples, c'est toujours pieds nus) et surtout nos 2 sacs à dos. Nous voici légers pour visiter ce grand temple. Qui vaut le coup ! On y passera 2 heures. Ne ratez pas la cérémonie du feu (il y en a plusieurs par jour) annoncée par un tintamarre effroyable de cloches, clochettes, tambours … Impossible de la rater. Tout à fait authentique. On retourne, toujours à pied, à la gare routière où on attrape un bus pour Kumbakonam. Ce petit stop se fait facilement.
Kumbakonam : Autant Mama est vouée au tourisme, autant Kumbakonam ne l'est pas. Hôtels et restaurants sont faits pour les locaux. Ca peut paraitre un poil difficile quand le coup de pompe de l'après midi arrive et qu'on aimerait tellement "prendre un pot" quelque part. Par contre, on y a vu nos plus belles scènes de rues, de marché, de vie. On y a très bien mangé dans une gargote ou en achetant des tiffins et du raisin noir qu'on a mangés dans notre chambre … On a consacré l'après midi du mercredi à visiter quelques temples "modernes" de Kumbakonam. Mais l'intérêt majeur, ce sont les 2 temples cholas des environs que nous visiterons le jeudi. On s'est planté dans l'ordre de nos visites. Car pour aller à Gangaikondacholapuram (36km), c'est long et un peu compliqué. Il vaut donc mieux commencer par celui-là et garder Darasuram (5km) pour l'après midi en rickshaw. Gangaikondacholapuram : depuis la gare routière de Kumba, il faut prendre un bus en réussissant à dire d'un seul coup la destination Gangai-konda-chola-puram. C'est déjà la première difficulté, et non des moindres ! Pas de bus direct, il faudra prendre une correspondance. Ah … on va innover ! Après ¾ h d'une jolie route, le bus (le 1er) passe un barrage et nous dépose au terminus Lower Anaic - 7,5 Rs – tout le monde descend et se dirige vers des rickshaws qui attendent sagement. On s'entasse à 5-6 par rickshaw et on retraverse le barrage dans l'autre sens (5 Rs/personne) par un autre pont, non praticable par les bus. Le rickshaw nous dépose auprès d'un second bus qui, lui, passe à Gangai. 3,5 Rs – 20 minutes. Quand on y arrive (ce n'est pas le terminus), le contrôleur nous fait signe. On saute du bus. Le temple est là, juste en bord de route. Pour le retour, nous voici donc à un arrêt de bus en bord de route et là, c'est un peu plus compliqué que dans une gare routière. Ce qui nous a aidés c'est le petit ticket facturette de l'aller. Je l'ai montré pour expliquer que je voulais y retourner. Comme il est aussi écrit en tamoul, ça a suffi. Et on fait le chemin inverse : 20 min jusqu'à Lower Anaic, 5 minutes de rickshaw puis ¾ h d'un autre bus jusqu'à Kumba. Quand on sait ce qu'il faut faire, c'est plus facile et in fine, ça se fait tout seul … Nous, heureusement qu'on a été pris en charge à l'aller par une adorable jeune femme qui avait compris où on voulait aller, qui y passait et qui s'est chargée de nous chaperonner. Pour le retour, on s'est débrouillé, mais on savait ce qu'il fallait faire. Alors, est-ce que ce temple mérite toute cette équipée ? Oui, oui, oui ! Il est superbe, dans un cadre bucolique, au calme, bien préservé, bien restauré. 1 heure peut suffire à la visite mais on peut vraiment s'y poser davantage. Le sanctuaire est fermé de 12h à 16h mais c'est surtout l'extérieur qui est remarquable. Et puis justement, parce qu'il se mérite, il n'en est que plus intéressant ! Quelques visiteurs indiens. Grand calme ! Et puis enfin, cette équipée, que c'était bien ! Allez, lancez-vous ! Darasuram : 100 Rs, c'était le prix convenu avec le rickshaw pour nous y amener, nous attendre et nous ramener. En y arrivant, on tombe sous le charme (d'autant qu'on n'avait pas encore vu Gangai.) et on flâne, on flâne, on flâne … A un moment, on voit notre chauffeur nous rejoindre dans le temple et on comprend à son sourire un peu embarrassé qu'il s'impatiente. Du coup, on l'a libéré. Ca fait cher l'aller simple mais tant pis, on veut profiter. On y restera jusqu'à plus soif et on paiera 50 Rs un nouveau rickshaw pour rentrer. Le prix de la liberté.
Avec Darasuram et Gangai, pour nous les amoureux des vieilles pierres, voilà une journée coup de cœur !
Ah, j'entends la question des moins passionnés … S'il fallait n'en faire qu'un seul ? Pfff … Gangai est plus bucolique mais moins facilement accessible. C'est tout ce que je dirais !
Thanjavur (Tanjore) : Que de monde (des Indiens !) dans ce grand temple chola ! Le plus grand. Voilà qui rend la visite bien différente de celle de Darasuram et Gangai. L'ambiance est très différente. On perd en atmosphère bucolique ce qu'on gagne en atmosphère vivante et dévote. Il faut du temps. On y passera 2 heures le matin et on y reviendra en fin d'après-midi. Le palais du centre ville (50 Rs) - Sans intérêt. La bibliothèque (gratuite) renferme de beaux manuscrits sur des palmes. Le musée (30 Rs) présente de beaux bronzes, notamment de splendides Shiva Nataraja (roi de la danse).
Trichy : Rock Fort Temple : pour y arriver, nous avons pris un bus de ville. Tous ceux qui commencent par 1 y mènent pour 3 Rs. C'est loin. L'entrée du temple ressemble à une ruelle, encombrée de boutiques. Comme toujours, on dépose nos sandales et on grimpe 430 marches. Au somment, jolie vue 360°. C'est sympa, mais ça ne vaut pas les 3 étoiles du guide bleu … Grand temple de Sri Ranganathaswami : très vivant, très animé. On vous proposera d'accéder à la terrasse pour 10Rs. C'est sympa pour voir les gopuram MAIS attention, évitez les heures trop chaudes, pieds nus, c'est totalement impraticable. A voir les gesticulations et les grimaces de Philippe, j'ai bien cru que sa peau de bébé allait cloquer !! En fait, il est plus coriace qu'il n'en a l'air … Le complexe est très grand, nous n'avions pas pris de guide (et avons eu confirmation par une touriste belge qu'ils ne sont pas tous très fiables …) mais du coup, il faut un peu chercher. Ne ratez surtout pas un grand temple au fond (oui, je sais, au fond ce n'est pas terrible comme indication) dont la façade est ornée de 8 ou 10 immenses cavaliers sculptés dans la pierre. Cherchez-le, c'est sans doute la plus belle façade qu'on ait vue. C'est extraordinaire. Un indice, il est à côté de la grande salle des 1000 piliers. Allez, brûlez-vous les pieds maintenant !
Madurai : Temple de Meenakshi : euh … encore un temple ?... Ici on paie 50 Rs l'entrée + 5 Rs pour la salle aux piliers qui abrite un musée de bronzes. Le mandapa aux 1000 piliers abrite des colonnes aux sculptures très fines. Immanquable aussi.
Un mot sur les temples : Quand on dit temple, il faut comprendre ensemble religieux, constitué d'une ou plusieurs enceintes qui protègent deS templeS. Chaque temple (cette fois, le bâtiment) est constitué d'une salle de piliers et d'un sanctuaire (le saint des saints) assez souvent interdit aux non hindous. Ce qui est très beau, ce sont les murs extérieurs de ces différents temples ainsi que les piliers gravés dans la masse. C'est très schématique mais c'est pour dire que temple ne correspond pas juste à une seule construction mais bien à un grand ensemble dans lequel les gens vivent. A Tanjore, comme à Trichy ou Madurai, le temple est quasiment un village. Ici, l'intérêt est donc double : l'architecture extraordinaire et l'ambiance dévote très vivante, tant par les différentes cérémonies conduites par les prêtres que par les habitudes des Indiens qui vivent dans ces temples : ils y travaillent, ils y prient, ils y mangent, assis en tailleur devant de larges feuilles de bananiers, ils y dorment (nous aussi d'ailleurs, on s'y est fait une petite sieste ni vu ni connu !) … Les photos sont interdites à l'intérieur des temples (principalement dans le sanctuaire) ou bien payantes en acquittant un droit photo. Par contre, elles sont permises à l'extérieur du sanctuaire : les murs, les enceintes … Ce sont d'ailleurs eux qui présentent souvent le plus grand intérêt esthétique (ça doit faire 5 fois que je le dis). Les heures de fermeture (de 12h à 16h assez souvent) ne concernent souvent que les sanctuaires. Ce n'est donc pas très gênant.
Kumily et la réserve de Periyar : Après 4 heures de bus depuis Madurai, nous arrivons à Kumily vers midi. Il fait plus frais (bonne nouvelle !) et il pleuviote (mauvaise nouvelle !). Dès notre descente de bus, nous sommes abordés par Abbas (qui s'est auto-baptisé KK, King of Kumily), un musulman dont la barbe noire est aussi large que son sourire. Il nous présente l'offre de la Thekkady Tourist Guide Association. Il parle très bien anglais et a suffisamment d'humour pour qu'on ne se sente pas agressés. Mais quand même … on voudrait bien se poser ! Donc, on l'interrompt, on lui dit avoir repéré 2 petites pensions. Ok, je vous y retrouve dans 1 heure nous dit-il. Et de nous offrir la course en rickshaw. Et de fait, il nous retrouve bien vite chez Mickey et, plus confortablement, nous propose différentes sorties. L'offre et les prix correspondent à ce qu'on avait lu dans le LP. On n'hésite pas et on opte pour : - le spectacle de Kathakali le soir même (2 x 150 Rs) - le jungle safari pour le lendemain (2 x 1 650 Rs + 2 x 300 Rs de droit d'entrée + 50 Rs de droit de photo) - un jardin d'épices et la fabrique de thé pour le surlendemain (2 x 2 x 100 Rs d'entrées + 350 Rs de rickshaw) Au total 5 000 Rs pour nous 2, payés cash. On a confiance, on paie tout d'avance. Waouh, les fous !! Ben non, on avait bien senti. Pas de coup fourré au final. Le spectacle de Khatakali : Nos billets de kathakali nous seront livrés "à domicile", chez Mickey, quelques minutes après le départ d'Abbas. Les places sont numérotées et c'est intéressant d'être devant. Il est donc important d'aller acheter ses billets "le plus tôt possible". Nous étions au 2ème rang. Voilà qui nous rassure tout de suite sur son honnêteté. La salle de spectacle est un bête hangar, sièges en plastique, scène de fortune, aucun décor. Une salle de dames patronnesses. 2 shows par jour, à 16h30 et à 19h. Nous avions réservé pour celui du soir. On avait lu que les artistes se maquillent devant les spectateurs. Nous étions donc à nos places dès 18h30 tout comme un autre touriste canadien dont les cheveux étaient épouvantablement gras (remarque gratuite et stupide me direz-vous mais qui va prendre du sens un peu plus bas …). Malheureusement, c'est peut-être vrai pour le show de 16h30 mais entre les 2, ils ne se démaquillent pas. Nous n'avons donc assisté qu'à "l'enjuponnage" d'un danseur. Mais ça valait déjà bien le déplacement. A 19h, la salle était pleine (80 personnes peut-être), à 95% des Indiens. Sur scène, 2 danseurs et 2 musiciens. Pendant ½ heure, des explications vont nous être données (en anglais) sur la signification des couleurs du maquillage et sur les gestes des mains, des yeux, du visage (ah bon, on a un muscle là !?...). Puis, ½ heure de véritable spectacle. Un résumé papier (dispo en Français) est fourni pour nous aider à comprendre le sens de la danse. A la fin du spectacle les 2 danseurs restent sur scène pour permettre aux photographes de s'en donner à cœur joie. C'est intéressant, sans être immanquable. Et ce n'est pas bien cher, pas de quoi hésiter longtemps. Je le dis souvent, il vaut mieux avoir des regrets que des remords. Le Jungle Safari : On quitte notre pension à 5h30. Comme prévu, la jeep est là à nous attendre dans la rue, avec déjà à bord, un jeune couple d'Anglais. Il fait noir et froid. On roule toutes bâches ouvertes et malgré un pull et un coupe-vent, on grelotte … En route, le chauffeur s'arrête pour payer le droit d'entrée et le droit photo. On récupère les tickets. C'est bien 300 Rs … A 7h30, on arrive à un superbe lodge, près d'un lac, où nous allons prendre un excellent petit déj buffet avec les clients du lodge. A 9h30, un guide nous remet des guêtres en coton pour nous protéger des sangsues (leech en Anglais). Les guêtres sont totalement fermées et s'enfilent comme des chaussettes, donc, même avec nos sandales, nous étions bien protégés. Et nous démarrons à pied vers la forêt. On a de la chance, il fait beau. On ne grelotte plus !! Il fait même bien chaud … On arrive au pied de collines couvertes de végétation tropicale. Et là, gros coup de bol, un éléphant, puis 2, puis 3, un petit, puis … nous en verrons 12 ! D'assez loin quand même, mais les photos au zoom rendent vraiment bien d'autant qu'ils étaient étagés sur la colline. Après avoir longuement profité de ce spectacle, nous retournons au lodge pour un déjeuner buffet tout aussi copieux et raffiné que le petit déj. Engoncés dans d'inconfortables gilets de sauvetage, nous voilà partis tous les 5 pour une balade sur le lac. Le guide rame et nous 4, on l'encourage. On arrive auprès d'une jolie cascade. Quelques photos. Retour. Thé et petits gâteaux secs. Petit pourboire au guide et de nouveau une bonne heure de jeep pour revenir à Kumily. In fine, nous avons eu beaucoup de chance avec le temps et les animaux. Ces quelques heures passées avec le guide étaient très agréables et très enrichissantes, nous avons appris des tas de choses sur les animaux et sur la végétation. Mais, même dans ces conditions optimales, je n'ai pas trouvé que ça valait 2000 Rs/p. Alors, que diront ceux qui n'ont pas eu la chance de voir un seul éléphant ? Ceci étant dit, le petit couple d'Anglais nous a dit par mail (lors d'échange de photos) que ça avait été leur meilleur souvenir de voyage … comme quoi … peut-être était-ce parce qu'ils avaient fait notre connaissance … Sérieusement, journée très sympa et qui, selon votre vécu (car je pense que tout est là), vous laissera un souvenir plus ou moins fort. Attention, ce trek n'a pas lieu DANS la réserve mais en bordure (Gavi Lake). Impossible avec ces entrées d'aller voir Thekkady (petit village au centre de la réserve). Le jardin d'épice et la fabrique de thé : A 10h, comme prévu, le rickshaw était là pour nous emmener au Spice Garden d'Abraham. Abraham nous reçoit, nos entrées sont pré-réglées (100 Rs/p). Pas d'embrouille … Il nous propose de nous guider dans son jardin en Français. Je pense qu'il rigole … et bien non ! Il connait parfaitement son sujet et maitrise les mots français qui s'y rapportent. La visite en devient passionnante. Pas de vente d'épices dans ce jardin, donc, aucune pression … La visite dure plus d'une heure qu'on ne voit pas passer. Nous rejoignons ensuite la Connemara Tea Factory. Visite guidée (100 Rs/p), nous sommes là encore tous les 2 tout seuls, accompagnés d'un employé qui, dans un très bon Anglais, va nous expliquer tout le processus de fabrication du thé. D'abord dans la plantation pour nous parler de la plante, de la même famille que le camélia, puis en nous commentant un diaporama qui illustre les étapes de la fabrication enfin, dans l'usine même, très bruyante (d'où le diaporama avant) pour voir in situ le processus. Là encore, 1 heure passionnante. Ces 2 visites nous ont enchantés. Je les recommande chaudement. Le massage ayurvédique : Avec l'âge et quelques expériences déjà vécues ici ou ailleurs, je me suis un peu décoincée sur les massages et je dois même avouer que maintenant … j'adore ça ! Je décide de tester celui de Matha Ayurveda Hospital sur Lake Road. Après une petite négo, j'obtiens un massage complet de 80 minutes pour 600 Rs. Je me déshabille. Entièrement. La jeune fille me donne un petit "cache sexe" jetable en papier. Rigolo. Il ya 10 ans, ça ne m'aurait pas faire rire du tout … Le massage commence par la tête et se poursuit par tout le corps. En fait de massage, c'était surtout un gros badigeonnage. Je suis couverte d'huile, de la tête aux pieds, mais de massage, que nenni, nada, rien. Juste un étalage. Après 60 minutes, je suis enfermée assise dans une capsule pour y transpirer. Bref, on met le poulet au four après l'avoir bien graissé. La tête est dehors (heureusement !) et le premier exploit consiste à rester assise car avec cette quantité d'huile, on glisse sur le tabouret de plastique et aucun tourne broche pour s'accrocher ! Le 2ème exploit consiste à supporter cette transpiration dans la graisse. C'est désagréable au possible. Enfin, après 10 interminables minutes, je ressors, je m'essuie (comme je peux, ça glisse !), et toc, je me prends un soupçon de poudre brune entre 2 pics de cheveux (ben oui, avec l'huile, je ressemble à la statue de la Liberté). Oui, c'est vrai, ça manquait cette touche finale ! C'est fini, thank you Mam ! Voilà comment 80 minutes de massage se sont transformées en 70 minutes de tartinage. Mais le supplice n'était pas encore fini puisqu'il fallait rentrer maintenant … Traverser la petite ville pour rejoindre la pension, avec les cheveux plus gras que si je n'étais tombée dans une bassine de friture. Que j'aurais aimé être invisible, tortiller du nez pour d'un seul coup me retrouver sous ma douche, allez, à défaut frôler les murs et rentrer le plus vite possible ! Et bien non ! Je tombe pile dans une grande procession qui réunit toute la ville ! Un monde fou dans les rues. En temps normal, j'aurais jubilé ! Quelle chance ! Là j'ai dit, quelle poisse ! Forcément … Allez, le ridicule ne tue pas, la preuve j'ai survécu. Bref, je n'ai pas du tout aimé. Vous aviez compris ? Mais attention, je suis aussi convaincue que ça a été très mal fait et je n'en tire aucune conclusion hâtive. La seule conclusion : à moins que vous ne vouliez savoir ce que ressent une sardine à l'huile, évitez soigneusement cette adresse ! Non, je n'en ai pas testé une autre !! Mais maintenant j'ai compris d'où sortait le touriste canadien rencontré au Khatakali ! Lui visiblement, ça ne le gênait pas …
Alleppey : Comme on veut pouvoir enchaîner avec un ferry à Kottayam, on quitte Kumily en bus à 6h35. On a même hésité à partir plus tôt. Sage décision que de ne l'avoir pas fait car nous aurions alors raté de magnifiques paysages. 3h30 d'une jolie route en lacets. On arrive à Kottayam vers 10h. Un rickshaw nous dépose à l'embarcadère pour 30 Rs. Argh … c'est ça le ferry ?... Le dernier ferry que nous avions pris, c'était en Norvège. Ce n'était pas le même … Celui-ci part à 11h30. Largement le temps d'aller acheter quelques petites bouchées délicieuses en guise de repas. On s'installe, le ferry se remplit sagement et à l'heure dite, on démarre. 2h30 de navigation sur des canaux bordés tantôt par des rizières, tantôt par des maisons. Magnifique voyage !! Juste avant le terminus, quelques jeunes rabatteurs montent à bord et cherchent le touriste. On n'est que 2, du coup, on se les prend tous en même temps. Ils prêchent chacun pour leur guesthouse. Chacun leur tour, ils parlent et nous glissent une carte dans la main. Un peu de surenchère, un peu de friction, mais ça reste cordial. On est habituellement assez hermétique à ces joutes, préférant nous fier aux adresses du LP, pourtant ici, on se laisse convaincre par Sachu qui nous emmène dans sa guesthouse. On ne le regrettera pas. Jolie petite adresse que j'ai décrite plus haut. C'est nous qui lui demandons s'il propose des houseboats. Bien sûr … Il arrive avec un book et nous propose 3 bateaux. On choisit le premier : 4 000 Rs les 22h. On ne négocie pas, le prix nous convient. Service et prix correspondent bien à ce qu'on avait lu et entendu. On réserve pour le lendemain. On embarque à 11h. Bateau totalement fidèle aux photos. Ca nous convient, on paie Sachu (cash) qui nous avait accompagnés jusque là. Un pilote et un cuisinier. Une jolie chambre avec des fenêtres qui ouvrent sur l'eau, une sdb complète. A 11h30 on démarre 11h30 – départ 13h00 – amarrage pour le déjeuner 14h30 – départ 17h30 – amarrage pour la nuit 19h30 – dîner 8h00 – départ et petit-déjeuner en cours de navigation 9h00 – retour au port Au total 5h30 de navigation. On a vraiment regretté de ne pas déjeuner en voguant … Malgré ce petit regret, que c'était bien !! Et pourtant, nous avions un temps gris, un ciel pâle, un peu de bruine même en fin de journée. Aucun merveilleux coucher de soleil comme on l'espérait, aucune jolie lumière chaude de fin de journée … Malgré cela, et avec des conditions météo vraiment moyennes, on a trouvé ce petit break extraordinaire. D'abord, le rythme est lent, c'est calme et très peu bruyant. On entend à peine le moteur. Ensuite, très peu de bateaux voguent sur l'eau à cette époque. En haute saison, pour la même prestation, les prix grimpent jusqu'à 10 000 Rs. Les bateaux croisés sont occupés pour la plupart par des Indiens aussi émerveillés que nous. Echange de sourire et de grands saluts. Enfin, les paysages sont splendides, même sous un ciel blanc bien triste. La pause pour la nuit nous a permis de descendre et de nous promener dans le village ruban, coincé entre canal et rizière. Quelle drôle d'impression d'habiter sur ce ruban de terre entouré d'eau. Nous ferons une très longue promenade, avec partout le sourire des habitants pour nous accueillir. Et quand la nuit tombe, les pêcheurs sortent, les enfants continuent à rire et à jouer. Quelle belle ambiance ! Nuit calme et romantique, et petit-déjeuner cette fois en voguant. Nous avons particulièrement apprécié d'avoir un petit balcon au dessus du chauffeur qui permet une vue panoramique. Tous les bateaux n'en disposent pas. Vérifiez ce point, ça me parait être vraiment un avantage. Un regret : on ne passe pas dans les tout petits canaux. Ainsi, la petite balade en canot proposée par ailleurs est-elle sans doute très complémentaire. Nous ne l'avons pas faite car il pleuvait … mais je le regrette. Ferry, houseboat et canot auraient permis une vue complète de la vie dans les Backwaters.
Kochi : On hallucine en arrivant à Kochi. De la circulation, des bouchons, de très nombreuses voitures personnelles neuves … Le Kerala est très différent du Tamil Nadu. Le bus nous laisse à Ernakulam où on avait décidé de loger car plus facile d'accès pour l'aéroport. Une fois les bagages posés, nous filons vers Fort Kochi que l'on rejoint en ferry (un guichet, 2 files, une pour les filles, une pour les mecs) pour 2,5 Rs/p. On trouve à Fort Kochi, à une centaine de mètres du débarcadère (en prenant à droite dès la sortie) une petite échoppe d'antiquités où le vieux patron loue des vélos (for tourist only !). 6 Rs de l'heure. On note l'heure de départ, on paie au retour. Aucune caution. Ca change tout !! D'abord on a moins chaud qu'en marchant, ensuite on couvre plus de distance, enfin, on évite les rickshaws qui ici sont vraiment racoleurs. Des cadenas intégrés permettent de s'arrêter comme on veut. Fort Kochi est un endroit où il fait bon flâner, a fortiori en vélo. Personnellement, j'ai beaucoup aimé la visite du palais hollandais pour ses splendides peintures murales (5Rs l'entrée) Les carrelets (les filets suspendus) m'ont moins impressionnée que prévu. L'environnement est devenu trop touristique et a perdu beaucoup d'authenticité. Et puis la toile de fond (un port grouillant d'activité) n'est pas celle que j'avais imaginée. Une bonne journée suffit à visiter Fort Kochi mais attention, évitez le dimanche, certaines rues (notamment la rue du bazar) sont mortes et c'est bien dommage.
DIVERS : L’accueil : Ils sont bruyants (good morning ! nous hurle tout sourire cet employé en nous voyant sortir de notre chambre à 6h du mat, toutes les chambres alentour ont su qu'on partait ….), indisciplinés au possible, bien peu concernés par nos normes d'hygiène, indifférents aux détritus qui jonchent leurs rues et aux (trop rares) poubelles qui restent désespérément vides, englués dans une paperasserie effroyable. Mais ils sont aussi chaleureux, avenants, toujours prêts à aider, souriants, tellement souriants, gentils, dans le bon sens du terme, ils sont heureux de nous voir aimer leur pays et nous le disent, tant de qualités humaines qui rendent l'Inde si attachante. Les contacts sont faciles et toujours ouverts et francs. Les relations ne sont jamais entachées d'une arrière-pensée mercantile, jamais agressives, jamais lourdes. Bien sûr, ça reste un voyage fatigant : le bruit permanent dans la rue, les routes défoncées et les bus tellement inconfortables, la saleté, la pollution. Des inconvénients bien minces au regard de tout ce que l'Inde apporte. Notre dernier voyage, c'était le Japon. On est ici à l'opposé. J'aime les 2. La carte bancaire : Encore peu répandue en terme de paiement commerçant. Par contre, nombreux ATM, même au Tamil Nadu. Le climat à cette époque : 3 jours de pluie en début de voyage puis retour du beau, chaud et humide mais avec souvent un ciel très pâle. On transpire beaucoup. On peut néanmoins se passer de l'A/C (qui gonfle considérablement le prix des chambres) car toutes les chambres sont pourvues d'un ventilo qui peut suffire. Vêtements : Climat chaud et humide, transpiration et poussière : on se salit beaucoup. Des sandales à scratch permettent à la fois de marcher confortablement et, surtout, d'être retirées rapidement pour entrer dans les temples. Et c'est suffisant pour le petit trek du Jungle Safari. Nous avons sortis pulls et coupe vent à Periyar. L’affluence touristique à cette époque : Low season, on l'a vu. On a rencontré de très nombreux touristes indiens (des Indiens du Tamil Nadu au Kerala et inversement) mais pas d'occidentaux. Un peu plus à Kochi mais bien peu … Même les houseboats croisés étaient à 90% occupés par des Indiens. Les problèmes de santé : Aucun. Pas de précautions particulières : on a mangé des crudités, des fruits (comment s'en passer ?...), bu des jus de fruits avec des glaçons, mangé dans la rue … Bref, la seule précaution à laquelle on ne déroge jamais, c'est l'eau capsulée. Pour la reste, on a profité ! Les moustiques : Ils sont nombreux, piquent beaucoup et souvent. Pour autant, les piqûres ne sont pas très virulentes. Choix personnel : nous avons décidé de ne pas prendre de médoc contre le palu. On assume, sans débat ni revendication. Photos : Les nôtres ou celles dont on a fait l'objet ? Car pendant ce voyage, nous avons dû plus d'une fois jouer les starlettes ! Ils ont été nombreux à nous demander une photo, les plus hardis allant jusqu'à poser avec nous. Nous avons même fini entourés par toute une famille dont on nous a présenté tous les membres. Je n'ai pas retenu les 14 prénoms (vilaine que je suis !). Voilà qui en dit long. Ils aiment nous photographier et ils aiment être photographiés. Echange amical, facile. Vive le numérique qui permet de montrer aussitôt le résultat. Et toujours, un sourire lumineux pour remerciement. Nous demandons toujours la permission avant de faire une photo. Nous n'avons essuyé aucun refus. Aucun. Que du bonheur ! L'artisanat : Rien d'extraordinaire. C'est un avis tout à fait perso. On ramène principalement des longhis colorés en coton (entre 95 et 170 Rs) qui font de bien jolies nappes. On les a fait aussitôt ourler sur place par un tailleur (20 Rs les 2 ourlets). En France, les ourlets nous auraient coûté plus cher que les longhis. Du reste, le travail de ce tailleur est un très beau souvenir : de beaux gestes précis et rapides.
On a beaucoup aimé : 🙂 Regarder vivre les Indiens Admirer leurs vêtements, les dothis blancs immaculés ou les saris vaporeux multicolores Prendre le bus Manger dans la rue
On a moins aimé : 😕 Les klaxons Se brûler les pieds dans les temples
En conclusion ... Un voyage en Inde, c'est toujours un choc. Pour beaucoup la vie y est dure et certaines scènes sont très éprouvantes. Pourtant, malgré la misère, les Indiens restent accueillants et avenants. C'est ce paradoxe qui rend l'Inde si attachante. Aller en Inde, c'est prendre une belle leçon de vie. Comme il y a 10 ans, je sais qu'une fois encore je retournerai en Inde.
Nos rapports avec les Indiens English translation pending
Je voudrais lancer une discussion, qui je l’espère ne tournera pas au monologue! Notre rapport avec les Indiens.
En parcourant les différents forums lors de la préparation de mon voyage, j’ai remarqué que l’on pouvait souvent lire des réserves quant à l’intégrité des chauffeurs, leurs arrêts dans les boutiques, la façon insistante qu’ils ont parfois d’orienter leurs clients vers des hôtels ou restaurants etc... Je suis donc arrivé en Inde un peu suspicieux. Mon chauffeur s’est révélé un grand professionnel, aux antipodes des clichés du chauffeur Indien que j’avais lu. Avait-on eu de la chance ? Peut-être. J’avais lu que les Indiens sont les rois de l’arnaque en tous genres. Ils m’ont démontrés le contraire en me restituant un objectif d’appareil photo que j’avais oublié sur une chaise. Avait-on eu de la chance ? Peut-être.
Lors du dîner avec la responsable de l’agence, je lui avais avoué mes réserves initiales sur ce pays. Apparemment ce mal est typiquement français. Nos voisins italiens ou espagnols ne sont pas obnubilés par les commissions ou les escroqueries. Il est vrai que lorsqu’on lit le Guide du Routard Inde du Nord, on a plus envie de rester chez soi que de visiter ce pays, tant le tableau est noir ! Je suis conscient que l’Inde n’est pas le pays des Bubblies ou des Bisounours non plus.
Que nous soyons sac à dos ou bagages Vuitton, que l’on se déplace en bus locaux ou en voiture avec chauffeur, sommes-nous, nous français, outre des râleurs et des mécontents (notre réputation dans le monde entier), devenus des « vierges effarouchées » ayant peur de son prochain et des différences, ce qui nous conduit à défier de tout et de tous ?
En parcourant les différents forums lors de la préparation de mon voyage, j’ai remarqué que l’on pouvait souvent lire des réserves quant à l’intégrité des chauffeurs, leurs arrêts dans les boutiques, la façon insistante qu’ils ont parfois d’orienter leurs clients vers des hôtels ou restaurants etc... Je suis donc arrivé en Inde un peu suspicieux. Mon chauffeur s’est révélé un grand professionnel, aux antipodes des clichés du chauffeur Indien que j’avais lu. Avait-on eu de la chance ? Peut-être. J’avais lu que les Indiens sont les rois de l’arnaque en tous genres. Ils m’ont démontrés le contraire en me restituant un objectif d’appareil photo que j’avais oublié sur une chaise. Avait-on eu de la chance ? Peut-être.
Lors du dîner avec la responsable de l’agence, je lui avais avoué mes réserves initiales sur ce pays. Apparemment ce mal est typiquement français. Nos voisins italiens ou espagnols ne sont pas obnubilés par les commissions ou les escroqueries. Il est vrai que lorsqu’on lit le Guide du Routard Inde du Nord, on a plus envie de rester chez soi que de visiter ce pays, tant le tableau est noir ! Je suis conscient que l’Inde n’est pas le pays des Bubblies ou des Bisounours non plus.
Que nous soyons sac à dos ou bagages Vuitton, que l’on se déplace en bus locaux ou en voiture avec chauffeur, sommes-nous, nous français, outre des râleurs et des mécontents (notre réputation dans le monde entier), devenus des « vierges effarouchées » ayant peur de son prochain et des différences, ce qui nous conduit à défier de tout et de tous ?
Classes Affaires et Première (suite) English translation pending
Hello,
Je m'autorise à copier notre ami Posseidon ci après pour ce nouveau post concernant les classes Affaires et Premiere 😎
Cordialement
Esteban
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Bonjour à tous,
La précédente discussion sur les Classes Haute-Contribution ayant atteint près de 500 messages, je vous propose d'en recréer une pour nous permettre de continuer à échanger sur les classes avant des différentes compagnies aériennes.
Les Trips Reports, qu'ils soient élogieux ou critiques, sont les bienvenus dans cette rubrique, en particulier quand ils sont accompagnés de photos illustratives.
Merci à tous pour vos contributions. 🙂
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Bonjour à tous,
La précédente discussion sur les Classes Haute-Contribution ayant atteint près de 500 messages, je vous propose d'en recréer une pour nous permettre de continuer à échanger sur les classes avant des différentes compagnies aériennes.
Les Trips Reports, qu'ils soient élogieux ou critiques, sont les bienvenus dans cette rubrique, en particulier quand ils sont accompagnés de photos illustratives.
Merci à tous pour vos contributions. 🙂
Compte rendu de dix-neuf jours au Rajasthan (du 2 au 20 juillet) English translation pending
Le Rajasthan fait partie de ces voyages magiques dont on rentre ému.
Dates: du 02 au 20 juillet (19 jours en Inde)
Circuit: Proposé par l'agence
Delhi -Alsisar- Mandawa - Bikaner -Gajner (étape prévue en remplacement de Kuchaman, le fort étant en rénovation) - Jaisalmer -Osyan- Jodhpur - Rohet – Udaipur - Bhilwara -Tonk-Roopangarh- Jaipur -Karauli- Agra – Delhi
Choix des hôtels :Haut de gamme, proposés par l'agence et que nous avons validés après consultation de Tripadvisor
Véhicule : Toyota Innova avec chauffeur
Budget:
1800€ pour les vols CDG-Delhi-CDG avec Emirates
2500€ pour les hôtels en petit-déjeuner, voiture avec chauffeur, nuit en pension complète et 2 safaris dans le camp d’Osyan.
700€ supplémentaires pour les repas, entrées dans les monuments, pourboires au personnel, à notre chauffeur (150 euros).
Nos étapes :
Nous avons volontairement choisi de ne pas faire de longs trajets (dans la mesure du possible), moins de 5 heures de routes en moyenne par jour, d’alterner des monuments avec de la nature ou villages.
Delhi: Arrivée à Delhi vers 09.15, trajet pour l’hôtel et dans l’après- midi, visite du Red Fort et de la mosquée (un vendredi, c’était une folie).Bien que ce soit un lieu de culte, nous avons dû payer l’entrée (200 Rs par personne) et la djellabah pour ma femme (200 Rs).
Delhi- Alsisar : A peine sortis de Delhi, c’est le dépaysement complet. Région agricole, notre premier contact avec les locaux : femmes aux saris très colores et hommes avec leur turbans et fiere moustache.Une halte pour faire reposer le chauffeur. Un chai fumant, dans un boui-boui sur le bord de la route. Nous admirons ces drôles de transports en commun, pétaradants et sortis d’un film de science fiction.Visite du temple de Jhunjhunu et arrivée à Alsisar, notre étape nuit. Invraisemblable palais posé au milieu de nulle part.
Alsisar-Mandawa-Bikaner : Visite des beaux mais défraîchis havelis de Mandawa escortés par un gamin d’une quinzaine d’années parlant un français remarquable. Halte quai obligatoire dans le magasin du papa, on n’achète rien mais l’on donne un pourboire à notre sympathique guide.Sur la route, dans un paysage semi-désertique, de nombreuses briqueteries. Visite d’un drôle de temple dédié au Dieu Ganesh, pas vraiment beau mais kitch à souhait, l’entrée s’effectue par une gueule de lion ouverte et du temple des rats de Desnoke, temple qui n’a rien d’exceptionnel mais où la ferveur religieuse est palpable. Les « fidêles » mangent les gâteaux touchés par les rats. On prête à ce temple des miracles de guérisons inexpliquées. Arrivée à Bikaner.
Bikaner-Gajner : Visite du temple jain, de Lallgarh Palace et du fort Junagarh. Nous poursuivons notre route pour Gajner, notre étape nuit.
Gajner – Jaisalmer: La route en plein désert est très dépaysant, même si un peu monotone avec la présence de nombreux militaires, la frontière indo-pakistanaise n’est pas loin.Et subitement, se dessine cette superbe forteresse dorée, Jaisalmer. Nous avons été conquis par cette ville à taille humaine. Diner au Trio, ambiance sympa et cuisine exquise.
Jaisalmer – Osian ou Osyan (les deux orthographes sont valables): Visite des temples jains puis le palais du Rajmahal, les Haveli dans la ville basse.Tout se fait à pieds dans un dédale de rues où l’on s’y perd un peu ! Vers 14 heures, nous retrouvons Magan et route pour Osian, notre camp dans le désert. Premier camel safari pour admirer le coucher du soleil, un petit plouf dans la piscine (oui, oui, une piscine au milieu du désert. On ne voit pas ça tout les jours) et soirée rajasthanis très sympa.
Osyan- Jodhpur : Réveil très matinal et en route, pour la deuxième fois, à dos de chameaux pour voir le lever du soleil. Même si un peu récalcitrant et surtout ensommeillé, le spectacle en valait le coup.Difficile de laisser cet endroit pour remonter sur nos montures. Visites des différents temples indou et jain de la ville. Route qui traverse des villages Bishnois ou Vishnois.Les Bishnois sont une ethnie qui respecte la vie en général, ce qui leur permet d’être en harmonie parfaite avec leur environnement. Il parait que les femmes allaitent les animaux orphelins. Mais ils ne sont pas pour autant jains. Ils sont pour ainsi dire, les premiers écolos ! Arrivée dans la ville bleue et ballade dans le bazaar près de Clock Tower.
Jodhpur –Rohet : La visite du fort de Meherangarh est très intéressante : lieu exceptionnel, audioguide de qualité (commentaires un rien pompeux) mais le nombre de touristes ternissent un peu cette visite. Ballade dans le marché aux épices; unimbroglio indescriptible mêlant bruit, odeur d'épices, passage de vaches et de motos au milieu des minuscules ruelles...C’est magique, c’est l’Inde ! Route pour Rohet, notre étape nuit.Visite de ce petit village, c’est haut en couleurs, femmes ornées de bijoux portant des cruches d’eau sur la tête, des gosses qui jouent avec un pneu, le temps semble s’être arrêter ici.
Rohet – Ranakpur : La visite du complexe jain d’Adinath est exceptionnelle. Un joyau d’architecture et une ambiance de sérénité et d’équilibre. On ne s’en lasse pas, on flâne.
Ranakpur-Kumbalgarh-Udaipur : Départ pour Kumbalgarh à travers une route en pleine montagne, tantôt verdoyante, tantôt désertique. La forteresse perchée sur la colline est magnifique, une vue à vous couper le souffle depuis les remparts. On s’attarde, tant l’endroit est charmant, l’heure tourne et notre chauffeur nous attend. Arrivée à Udaipur.
Udaipur : On découvre la ville à pied, pittoresque, encore très différent de ce que l’on a pu voir jusqu’à maintenant. Nous sommes un peu déçus, le lac est pratiquement à sec, c’est plus une étendue de boue. Le Lake Palace Hotel en est ridicule, planté au milieu.Courte visite du City Palace car il n’y a rien à voir, le temple à côté est magnifique mais la présence pressante des différents rabatteurs et pseudos guides nous importune. Visite à Ahar, sites remplis de cénotaphes gigantesques. On termine la journée par les jardins de Sahelion-ki-Bari.
Udaipur-Chittorgarh -Bhilwara : Nous passons la matinée à Chittorgarh , la plus grande citadelle du Rajasthan est complètement démesurée et mérite le détour. Le lieu est gigantesque et fascinant historiquement. Nous lui avons préféré Kumbalgarh.Route pour Bhilwara.
Bhilwara – Tonk : Visite d’un village aux alentours de la propriété et route pour Tonk. La vraie campagne rajasthanis, On ne croise aucune voiture de touristes, à croire que l’on s’est perdu. On en profite pour s’arrêter prendre un chai au bord de la route et nous devenons tout de suite une attraction. Personne ne parle un mot d’anglais, notre chauffeur nous sert de traducteur.Un merveilleux moment de partage. Arrivée et découverte du petit village.
Tonk-Pushkar-Roopangarh : Départ pour Pushkar. Béatrice nous avait averti, le lac est à sec, donc ça n’a plus le même charme. En effet ! Après les merveilleuses rencontres faites ces deux derniers jours, cette ville remplie de baba cool ou ex soixante-huitards retardés nous semble une perte de temps.Visite du temple de Brahma, le seul en Inde dédié à cette divinité et hop on repart pour Roopangarh. Autre étape magique et pleine de magnifiques rencontres. Coucher du soleil depuis la terrasse du fort. Visite du village à pieds, on nous invite à rentrer dans une maison pour boire un chai. L’adolescente qui nous fait cette proposition fait des études de commerce à Jaipur. Toute sa famille est là, on se parle, s’apprivoise, on partage, c’est merveilleux ! Des gamins jouent au football dans la rue. C’est l’effet Coupe du Monde et Shakira ! On entame un petit match, waka-waka, it’s time for sharing.
Roopangarh- Jaipur: Dernier petit tour dans le village, les gamines en uniforme et avec leurs tresses partent pour l’école, le paysan avec sa charrette tirée par un chameau nous salut.Il nous faut partir ( à contre cœur) pour Jaipur. Ville a une architecture intéressante, mais est bruyante, agressive et chaotique. On regrette d’y passer deux nuits.Les monuments ne nous attirent plus. Le City Palace, bien que donnant une idée assez exhaustive de la vie des maharajas, notre visite est assez rapide.Idem pour le Jantar Mantar.On préfère aller prendre un lassi, le meilleur de toute l’Inde selon Magan.A 18h30, route pour le Raj Mandir, cinema kitch de Jaipur pour un Masala movie.C’est partit pour trois heures de larmes, rires (ceux des Indiens), chants, de danse avec un volume auditif qui te fait exploser les tympans. Le spectacle est dans la salle, le film est politique, la platée acquiesce, se révolte. Même si on ne comprend pas un mot, c’est un régal. Diner chez Handy, chicken tandoori à volonté !
Jaipur : Visite du Fort d’Amber, on évite la montée à dos d’éléphants. Ces pauvres pachydermes, râpés, usés d’avoir trimballé des touristes ! Trop de monde à notre goût, donc visite très rapide. On s’attarde un peu sur la vue.En redescendant sur Jaipur, on s’arrête aux jardins. Plein de jeunes couples d’amoureux sont là, on fait connaissance avec un couple en voyage de noces qui parle très bien anglais. C’est un mariage arrangé mais ils se connaissaient déjà et s’appréciaient (je cite !).Tous nos vœux de bonheur ! Départ à 18 heures pour Chokhi Dhani, espèce de Disneyland indien à quelques kilomètres de l’aéroport. Nous sommes les seuls occidentaux, on passe une très bonne soirée. En file indienne (sans jeu de mots) pour la « cantine » du parc, des Indiens, courtois, « you are our guests » nous laissent leur place. C’est gênant, Notre chauffeur, qui est de la partie, nous dit d’accepter. Diner exquis servit dans des feuilles de bananiers et à la louche.
Jaipur- Karauli : Un peu de shopping pour acheter de l’argent dans un bazaar local et nous partons pour Karauli.Visites des temples et des villages aux alentours.
Karauli – Agra : On s’arrête à Fathepur Sikri, la visite de la grandiose ville fantôme prend environ 3heures. C’est superbe, magnifique. Arrivée à Agra et visite du Baby Taj ou Mausolée d'Itimad-ud-Daulah. Coucher de soleil sur le Taj Mahal de l’autre côté de la rivière Yamuna, on est fasciné.
Agra-Delhi : Lever aux aurores et visite du Taj. C’est magique, fascinant, unique au monde !On reprend la route pour Delhi, une halte à Mathura, ville du Dieu Krishna, malheureusement le temple est fermé à cette heure, on l’admire de l’extérieur. Arrivée à Delhi, diner avec le responsable de l'agence sur la terrasse du Metropolis Hotel à Pahar Ganj. Départ pour l’aéroport avec un vrai pincement au cœur à 23 heures.
Les Hôtels :
Dehli: Jyoti Mahal http://www.jyotimahal.net
Très déçu par cet hôtel : Staff sympathique mais pas formé et bruyant.Chambres et couloirs relativement sales.Terrasse laissée à l’abandon. Le quartier est miteux.
Note de satisfaction : 2 sur 5
Alsisar: Alsisar Mahal http://www.alsisar.com/als_mahal_accomo.htm
Magnifique palais digne des contes des milles et une nuits.Chambres richement décorées mais avec goût. Excellent repas du soir, idem le lendemain matin.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Bikaner: Bhanwar Niwas http://www.bhanwarniwas.com/
Situé dans un vieux quartier un peu crade de Bikaner, incroyable gigantesque haveli.Tout y est disproportionné!Le soir, dans la cour centrale, petit orchestre. Nous n’avons pas essayé le restaurant.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Gajner: Gajner Palace http://eternalmewHYPERLINK "http://eternalmewar.in/Index.aspx"ar.in/Index.aspx
Magnifique palais surnommé le « Joyau du désert du Thar » entouré de bois et d’un joli lac. Comment ne pas aimer ce palais? Cadre magnifique, des chambres immenses avec salles de bain impeccables. Diner au bord du lac (attention aux moustiques !), un peu décevant toutefois, trop de plats continentaux et la cuisine indienne est insipide. Le petit-déjeuner est bien mieux. Collier de fleurs a l’arrivée (en s’en serait passé !).
Note de satisfaction : 4 sur 5
Jaisalmer: Gorbandh Palace http://eternalmewHYPERLINK "http://eternalmewar.in/Index.aspx"ar.in/Index.aspx
Magnifique hôtel à la sortie de Jaisalmer.Un sans fautes, piscine, SPA, personnel attentionné. Nous n’avons pas essayé le restaurant.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Osyan: Osyan Camp http://www.camelcamposian.com/
Le grand luxe au milieu du désert ! Tente 5* avec tous les conforts, piscine. Grand moment, 2h de chameau pour atteindre les dunes et avoir une vue à 360 sur le désert avec coucher de soleil digne d’une carte postale.Soirée animée par un spectacle et de grands fou-rire quand on nous invité à danser !On a aimé à la folie.
Note de satisfaction : 5 sur 5
Jodhpur:Pal Haveli http://www.palhaveli.com/
Bel haveli plein de caractère près de Clock Tower.Chambres spacieuses, salle de bain très propres, personnel aux petits soins et une merveilleuse terrasse qui surplombe la ville avec une imprenable vue sur le fort.Restaurant delicieux. Petite anecdote, on s’est fait inviter à un mariage, c’est un souvenir inoubliable.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Rohet: Rohetgarh http://rohetgarh.com/
Rien à dire, tout y est parfait : chambres, jardin, restauration, piscine.Le personnel est très attentionné.Une belle étape reposante.
Note de satisfaction : 5 sur 5
Ranakpur: Ranakpur Hill Resort http://www.ranakpurhillresort.com/
Hôtel plongé dans la verdure proche des temples jains.Belles chambres spacieuses et très propres. Piscine et jardin. Diner romantique aux chandelles.Massages ayurvediques.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Udaipur: Rang Niwas Palace http://www.rangniwaspalace.com/
Près du City Palace, petit hôtel au charme fou . Nous avions une suite avec terrasse privée, balancelle, lit à baldaquin et tout le tralala.Jardin bien agréable après avoir « trotter »toute la journée. Le propriétaire est une personne charmante.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Bhilwara: Shahpura Bagh http://www.shahpurabagh.com/
Plus une guest-house qu’un hôtel.Un accueil très chaleureux de la part de la propriétaire, tout le personnel est aux petits soins.Nous avions une suite joliment décorée, la cuisine est exquise et les alentours valent le détour.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Tonk: Pachewar Garh Fort http://pachewargarhfort.com/
Incroyable fort dans un petit village en dehors des circuits touristiques.Tout y est delicieux, des chambres au service.Les autochtones sont fantastiques.Une de nos plus authentiques étapes avec Roopangarh et Kaurali.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Roopangarh: Roopangarh Fort http://www.royalkishangarh.com/roopangarh_home.html
Autre étape mémorable, nous avons eu la chance d’avoir le fort à nous tous seuls et la queen suite. Impossible de rever mieux !Le diner en buffet est excellent, la cuisine savoureuse, le personnel très attentionné sans être oppressant.Un rêve !
Note de satisfaction : 5 sur 5
Jaipur: Khandela Haveli http://www.khandelahaveli.com/
Bel haveli tout blanc décoré avec soin dans le quartier de Bani Park, en retrait du bruit.Les chambres sont belles, petite piscine sur la terrasse.Un personnel souriant. Nous n’avons pas essayé le restaurant. Petit-déjeuner très copieux que nous n’avons pas pu prendre sur la terrasse donc dans la salle à manger un peu opprimante.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Karauli: Bhanwar Vilas Palace http://www.karauli.com/
Autre étape oubliée par les circuits touristiques, donc authentique. Magnifique propriété avec un personnel adorable, des chambres sublime, un parc qui l’est tout autant.Piscine, potager bio.La cuisine est excellente. Un autre sans fautes.
Note de satisfaction : 5 sur 5
Agra: Amar Hotel http://www.hotelamar.com/
Bien placé, près du Taj Mahal, c’est un édifice moderne. Après les merveilles historiques où nous avions séjournés, difficile d’être partial! Piscine, salle de fitness, chambres propres, personnel attentif et bon petit-déjeuner. Nous n’avons pas essayé le restaurant. Pour Agra, c’est une bonne adresse.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Voilà ce nouveau feedback de notre voyage au Rajasthan, le precedent ayant été censuré 🙁.J’espère qu’il vous sera être utile.
Dominique
PS: Si les Vishnois vous intéressent voici un lien http://humanityy.com/...les-premiers-ecolos/
Dates: du 02 au 20 juillet (19 jours en Inde)
Circuit: Proposé par l'agence
Delhi -Alsisar- Mandawa - Bikaner -Gajner (étape prévue en remplacement de Kuchaman, le fort étant en rénovation) - Jaisalmer -Osyan- Jodhpur - Rohet – Udaipur - Bhilwara -Tonk-Roopangarh- Jaipur -Karauli- Agra – Delhi
Choix des hôtels :Haut de gamme, proposés par l'agence et que nous avons validés après consultation de Tripadvisor
Véhicule : Toyota Innova avec chauffeur
Budget:
1800€ pour les vols CDG-Delhi-CDG avec Emirates
2500€ pour les hôtels en petit-déjeuner, voiture avec chauffeur, nuit en pension complète et 2 safaris dans le camp d’Osyan.
700€ supplémentaires pour les repas, entrées dans les monuments, pourboires au personnel, à notre chauffeur (150 euros).
Nos étapes :
Nous avons volontairement choisi de ne pas faire de longs trajets (dans la mesure du possible), moins de 5 heures de routes en moyenne par jour, d’alterner des monuments avec de la nature ou villages.
Delhi: Arrivée à Delhi vers 09.15, trajet pour l’hôtel et dans l’après- midi, visite du Red Fort et de la mosquée (un vendredi, c’était une folie).Bien que ce soit un lieu de culte, nous avons dû payer l’entrée (200 Rs par personne) et la djellabah pour ma femme (200 Rs).
Delhi- Alsisar : A peine sortis de Delhi, c’est le dépaysement complet. Région agricole, notre premier contact avec les locaux : femmes aux saris très colores et hommes avec leur turbans et fiere moustache.Une halte pour faire reposer le chauffeur. Un chai fumant, dans un boui-boui sur le bord de la route. Nous admirons ces drôles de transports en commun, pétaradants et sortis d’un film de science fiction.Visite du temple de Jhunjhunu et arrivée à Alsisar, notre étape nuit. Invraisemblable palais posé au milieu de nulle part.
Alsisar-Mandawa-Bikaner : Visite des beaux mais défraîchis havelis de Mandawa escortés par un gamin d’une quinzaine d’années parlant un français remarquable. Halte quai obligatoire dans le magasin du papa, on n’achète rien mais l’on donne un pourboire à notre sympathique guide.Sur la route, dans un paysage semi-désertique, de nombreuses briqueteries. Visite d’un drôle de temple dédié au Dieu Ganesh, pas vraiment beau mais kitch à souhait, l’entrée s’effectue par une gueule de lion ouverte et du temple des rats de Desnoke, temple qui n’a rien d’exceptionnel mais où la ferveur religieuse est palpable. Les « fidêles » mangent les gâteaux touchés par les rats. On prête à ce temple des miracles de guérisons inexpliquées. Arrivée à Bikaner.
Bikaner-Gajner : Visite du temple jain, de Lallgarh Palace et du fort Junagarh. Nous poursuivons notre route pour Gajner, notre étape nuit.
Gajner – Jaisalmer: La route en plein désert est très dépaysant, même si un peu monotone avec la présence de nombreux militaires, la frontière indo-pakistanaise n’est pas loin.Et subitement, se dessine cette superbe forteresse dorée, Jaisalmer. Nous avons été conquis par cette ville à taille humaine. Diner au Trio, ambiance sympa et cuisine exquise.
Jaisalmer – Osian ou Osyan (les deux orthographes sont valables): Visite des temples jains puis le palais du Rajmahal, les Haveli dans la ville basse.Tout se fait à pieds dans un dédale de rues où l’on s’y perd un peu ! Vers 14 heures, nous retrouvons Magan et route pour Osian, notre camp dans le désert. Premier camel safari pour admirer le coucher du soleil, un petit plouf dans la piscine (oui, oui, une piscine au milieu du désert. On ne voit pas ça tout les jours) et soirée rajasthanis très sympa.
Osyan- Jodhpur : Réveil très matinal et en route, pour la deuxième fois, à dos de chameaux pour voir le lever du soleil. Même si un peu récalcitrant et surtout ensommeillé, le spectacle en valait le coup.Difficile de laisser cet endroit pour remonter sur nos montures. Visites des différents temples indou et jain de la ville. Route qui traverse des villages Bishnois ou Vishnois.Les Bishnois sont une ethnie qui respecte la vie en général, ce qui leur permet d’être en harmonie parfaite avec leur environnement. Il parait que les femmes allaitent les animaux orphelins. Mais ils ne sont pas pour autant jains. Ils sont pour ainsi dire, les premiers écolos ! Arrivée dans la ville bleue et ballade dans le bazaar près de Clock Tower.
Jodhpur –Rohet : La visite du fort de Meherangarh est très intéressante : lieu exceptionnel, audioguide de qualité (commentaires un rien pompeux) mais le nombre de touristes ternissent un peu cette visite. Ballade dans le marché aux épices; unimbroglio indescriptible mêlant bruit, odeur d'épices, passage de vaches et de motos au milieu des minuscules ruelles...C’est magique, c’est l’Inde ! Route pour Rohet, notre étape nuit.Visite de ce petit village, c’est haut en couleurs, femmes ornées de bijoux portant des cruches d’eau sur la tête, des gosses qui jouent avec un pneu, le temps semble s’être arrêter ici.
Rohet – Ranakpur : La visite du complexe jain d’Adinath est exceptionnelle. Un joyau d’architecture et une ambiance de sérénité et d’équilibre. On ne s’en lasse pas, on flâne.
Ranakpur-Kumbalgarh-Udaipur : Départ pour Kumbalgarh à travers une route en pleine montagne, tantôt verdoyante, tantôt désertique. La forteresse perchée sur la colline est magnifique, une vue à vous couper le souffle depuis les remparts. On s’attarde, tant l’endroit est charmant, l’heure tourne et notre chauffeur nous attend. Arrivée à Udaipur.
Udaipur : On découvre la ville à pied, pittoresque, encore très différent de ce que l’on a pu voir jusqu’à maintenant. Nous sommes un peu déçus, le lac est pratiquement à sec, c’est plus une étendue de boue. Le Lake Palace Hotel en est ridicule, planté au milieu.Courte visite du City Palace car il n’y a rien à voir, le temple à côté est magnifique mais la présence pressante des différents rabatteurs et pseudos guides nous importune. Visite à Ahar, sites remplis de cénotaphes gigantesques. On termine la journée par les jardins de Sahelion-ki-Bari.
Udaipur-Chittorgarh -Bhilwara : Nous passons la matinée à Chittorgarh , la plus grande citadelle du Rajasthan est complètement démesurée et mérite le détour. Le lieu est gigantesque et fascinant historiquement. Nous lui avons préféré Kumbalgarh.Route pour Bhilwara.
Bhilwara – Tonk : Visite d’un village aux alentours de la propriété et route pour Tonk. La vraie campagne rajasthanis, On ne croise aucune voiture de touristes, à croire que l’on s’est perdu. On en profite pour s’arrêter prendre un chai au bord de la route et nous devenons tout de suite une attraction. Personne ne parle un mot d’anglais, notre chauffeur nous sert de traducteur.Un merveilleux moment de partage. Arrivée et découverte du petit village.
Tonk-Pushkar-Roopangarh : Départ pour Pushkar. Béatrice nous avait averti, le lac est à sec, donc ça n’a plus le même charme. En effet ! Après les merveilleuses rencontres faites ces deux derniers jours, cette ville remplie de baba cool ou ex soixante-huitards retardés nous semble une perte de temps.Visite du temple de Brahma, le seul en Inde dédié à cette divinité et hop on repart pour Roopangarh. Autre étape magique et pleine de magnifiques rencontres. Coucher du soleil depuis la terrasse du fort. Visite du village à pieds, on nous invite à rentrer dans une maison pour boire un chai. L’adolescente qui nous fait cette proposition fait des études de commerce à Jaipur. Toute sa famille est là, on se parle, s’apprivoise, on partage, c’est merveilleux ! Des gamins jouent au football dans la rue. C’est l’effet Coupe du Monde et Shakira ! On entame un petit match, waka-waka, it’s time for sharing.
Roopangarh- Jaipur: Dernier petit tour dans le village, les gamines en uniforme et avec leurs tresses partent pour l’école, le paysan avec sa charrette tirée par un chameau nous salut.Il nous faut partir ( à contre cœur) pour Jaipur. Ville a une architecture intéressante, mais est bruyante, agressive et chaotique. On regrette d’y passer deux nuits.Les monuments ne nous attirent plus. Le City Palace, bien que donnant une idée assez exhaustive de la vie des maharajas, notre visite est assez rapide.Idem pour le Jantar Mantar.On préfère aller prendre un lassi, le meilleur de toute l’Inde selon Magan.A 18h30, route pour le Raj Mandir, cinema kitch de Jaipur pour un Masala movie.C’est partit pour trois heures de larmes, rires (ceux des Indiens), chants, de danse avec un volume auditif qui te fait exploser les tympans. Le spectacle est dans la salle, le film est politique, la platée acquiesce, se révolte. Même si on ne comprend pas un mot, c’est un régal. Diner chez Handy, chicken tandoori à volonté !
Jaipur : Visite du Fort d’Amber, on évite la montée à dos d’éléphants. Ces pauvres pachydermes, râpés, usés d’avoir trimballé des touristes ! Trop de monde à notre goût, donc visite très rapide. On s’attarde un peu sur la vue.En redescendant sur Jaipur, on s’arrête aux jardins. Plein de jeunes couples d’amoureux sont là, on fait connaissance avec un couple en voyage de noces qui parle très bien anglais. C’est un mariage arrangé mais ils se connaissaient déjà et s’appréciaient (je cite !).Tous nos vœux de bonheur ! Départ à 18 heures pour Chokhi Dhani, espèce de Disneyland indien à quelques kilomètres de l’aéroport. Nous sommes les seuls occidentaux, on passe une très bonne soirée. En file indienne (sans jeu de mots) pour la « cantine » du parc, des Indiens, courtois, « you are our guests » nous laissent leur place. C’est gênant, Notre chauffeur, qui est de la partie, nous dit d’accepter. Diner exquis servit dans des feuilles de bananiers et à la louche.
Jaipur- Karauli : Un peu de shopping pour acheter de l’argent dans un bazaar local et nous partons pour Karauli.Visites des temples et des villages aux alentours.
Karauli – Agra : On s’arrête à Fathepur Sikri, la visite de la grandiose ville fantôme prend environ 3heures. C’est superbe, magnifique. Arrivée à Agra et visite du Baby Taj ou Mausolée d'Itimad-ud-Daulah. Coucher de soleil sur le Taj Mahal de l’autre côté de la rivière Yamuna, on est fasciné.
Agra-Delhi : Lever aux aurores et visite du Taj. C’est magique, fascinant, unique au monde !On reprend la route pour Delhi, une halte à Mathura, ville du Dieu Krishna, malheureusement le temple est fermé à cette heure, on l’admire de l’extérieur. Arrivée à Delhi, diner avec le responsable de l'agence sur la terrasse du Metropolis Hotel à Pahar Ganj. Départ pour l’aéroport avec un vrai pincement au cœur à 23 heures.
Les Hôtels :
Dehli: Jyoti Mahal http://www.jyotimahal.net
Très déçu par cet hôtel : Staff sympathique mais pas formé et bruyant.Chambres et couloirs relativement sales.Terrasse laissée à l’abandon. Le quartier est miteux.
Note de satisfaction : 2 sur 5
Alsisar: Alsisar Mahal http://www.alsisar.com/als_mahal_accomo.htm
Magnifique palais digne des contes des milles et une nuits.Chambres richement décorées mais avec goût. Excellent repas du soir, idem le lendemain matin.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Bikaner: Bhanwar Niwas http://www.bhanwarniwas.com/
Situé dans un vieux quartier un peu crade de Bikaner, incroyable gigantesque haveli.Tout y est disproportionné!Le soir, dans la cour centrale, petit orchestre. Nous n’avons pas essayé le restaurant.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Gajner: Gajner Palace http://eternalmewHYPERLINK "http://eternalmewar.in/Index.aspx"ar.in/Index.aspx
Magnifique palais surnommé le « Joyau du désert du Thar » entouré de bois et d’un joli lac. Comment ne pas aimer ce palais? Cadre magnifique, des chambres immenses avec salles de bain impeccables. Diner au bord du lac (attention aux moustiques !), un peu décevant toutefois, trop de plats continentaux et la cuisine indienne est insipide. Le petit-déjeuner est bien mieux. Collier de fleurs a l’arrivée (en s’en serait passé !).
Note de satisfaction : 4 sur 5
Jaisalmer: Gorbandh Palace http://eternalmewHYPERLINK "http://eternalmewar.in/Index.aspx"ar.in/Index.aspx
Magnifique hôtel à la sortie de Jaisalmer.Un sans fautes, piscine, SPA, personnel attentionné. Nous n’avons pas essayé le restaurant.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Osyan: Osyan Camp http://www.camelcamposian.com/
Le grand luxe au milieu du désert ! Tente 5* avec tous les conforts, piscine. Grand moment, 2h de chameau pour atteindre les dunes et avoir une vue à 360 sur le désert avec coucher de soleil digne d’une carte postale.Soirée animée par un spectacle et de grands fou-rire quand on nous invité à danser !On a aimé à la folie.
Note de satisfaction : 5 sur 5
Jodhpur:Pal Haveli http://www.palhaveli.com/
Bel haveli plein de caractère près de Clock Tower.Chambres spacieuses, salle de bain très propres, personnel aux petits soins et une merveilleuse terrasse qui surplombe la ville avec une imprenable vue sur le fort.Restaurant delicieux. Petite anecdote, on s’est fait inviter à un mariage, c’est un souvenir inoubliable.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Rohet: Rohetgarh http://rohetgarh.com/
Rien à dire, tout y est parfait : chambres, jardin, restauration, piscine.Le personnel est très attentionné.Une belle étape reposante.
Note de satisfaction : 5 sur 5
Ranakpur: Ranakpur Hill Resort http://www.ranakpurhillresort.com/
Hôtel plongé dans la verdure proche des temples jains.Belles chambres spacieuses et très propres. Piscine et jardin. Diner romantique aux chandelles.Massages ayurvediques.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Udaipur: Rang Niwas Palace http://www.rangniwaspalace.com/
Près du City Palace, petit hôtel au charme fou . Nous avions une suite avec terrasse privée, balancelle, lit à baldaquin et tout le tralala.Jardin bien agréable après avoir « trotter »toute la journée. Le propriétaire est une personne charmante.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Bhilwara: Shahpura Bagh http://www.shahpurabagh.com/
Plus une guest-house qu’un hôtel.Un accueil très chaleureux de la part de la propriétaire, tout le personnel est aux petits soins.Nous avions une suite joliment décorée, la cuisine est exquise et les alentours valent le détour.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Tonk: Pachewar Garh Fort http://pachewargarhfort.com/
Incroyable fort dans un petit village en dehors des circuits touristiques.Tout y est delicieux, des chambres au service.Les autochtones sont fantastiques.Une de nos plus authentiques étapes avec Roopangarh et Kaurali.
Note de satisfaction : 4 sur 5
Roopangarh: Roopangarh Fort http://www.royalkishangarh.com/roopangarh_home.html
Autre étape mémorable, nous avons eu la chance d’avoir le fort à nous tous seuls et la queen suite. Impossible de rever mieux !Le diner en buffet est excellent, la cuisine savoureuse, le personnel très attentionné sans être oppressant.Un rêve !
Note de satisfaction : 5 sur 5
Jaipur: Khandela Haveli http://www.khandelahaveli.com/
Bel haveli tout blanc décoré avec soin dans le quartier de Bani Park, en retrait du bruit.Les chambres sont belles, petite piscine sur la terrasse.Un personnel souriant. Nous n’avons pas essayé le restaurant. Petit-déjeuner très copieux que nous n’avons pas pu prendre sur la terrasse donc dans la salle à manger un peu opprimante.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Karauli: Bhanwar Vilas Palace http://www.karauli.com/
Autre étape oubliée par les circuits touristiques, donc authentique. Magnifique propriété avec un personnel adorable, des chambres sublime, un parc qui l’est tout autant.Piscine, potager bio.La cuisine est excellente. Un autre sans fautes.
Note de satisfaction : 5 sur 5
Agra: Amar Hotel http://www.hotelamar.com/
Bien placé, près du Taj Mahal, c’est un édifice moderne. Après les merveilles historiques où nous avions séjournés, difficile d’être partial! Piscine, salle de fitness, chambres propres, personnel attentif et bon petit-déjeuner. Nous n’avons pas essayé le restaurant. Pour Agra, c’est une bonne adresse.
Note de satisfaction : 3 sur 5
Voilà ce nouveau feedback de notre voyage au Rajasthan, le precedent ayant été censuré 🙁.J’espère qu’il vous sera être utile.
Dominique
PS: Si les Vishnois vous intéressent voici un lien http://humanityy.com/...les-premiers-ecolos/
Challo India! English translation pending
18/7: On me demande si je connais pas qqun qui à un studio ou qque chose à louer deux mois...
"Qu'il vienne chez moi, je me taille!"
22/7: je dépose mon passeport pour le visa, au soir, je reçois les deux mois de loyer.
23/7: j'achète mon ticket: 570€ Bruxelles Amsterdam Delhi par la KLM
26/7: je vais chercher mon visa
29/7: je décolle😎😎😎😎😎😎😎😎, je reviens deux mois après...
Il me reste 5 jours pour préparer mon voyage! 😏😏😏
Ou je vais? Bah... peu importe, là ou je me sens bien.
Je vais sans doute commencer par Almora, ensuite Varanasi bien sur, puis je ne sais pas....
Tout le monde est en HP ou Ladakh? Super, je descendrai au TN alors 😏
Plein de bonnes vibes! Namasté! 🙂
Plein de bonnes vibes! Namasté! 🙂
Temps pour changer d'aéroport à Delhi? English translation pending
Bonjour,
j'arrive à Delhi à 6h le 30 juillet.
Je souhaite ensuite partir à Varanasi. Pour cela, j'ai deux vols au choix: 10h25 ou 14h10.
Sachant qu'il faut que je rejoigne le terminal des vols internes, pensez-vous qu'il vaut mieux que je prenne le vol de 14h10 (et donc attendre 8h entre les 2 vols) ou pensez-vous que celui de 10h25 (4h25 de délais entre les 2 vols) est tout à fait jouable?
D'avance, merci de votre aide!
Camille
Récit de mon voyage à Madagascar English translation pending
Bonjour,
Je me propose de vous faire partager mon voyage de 11 semaines à Madagascar à travers 7 épisodes avec quelques photos à l'appui Voici le premier épisode
A peine arrivé que déjà je suis reparti.
Me voilà sur mon île, Madagascar, depuis presque une semaine.
Pour ceux qui ne savent pas, j'y suis né, il y a bien longtemps.
Je suis arrivé le 24 Mars et repartirai le 10 Juin.
Voilà le programme pour quelques semaines.
Environ, une semaine à Antananarivo.
Puis départ vers l'extrême sud pour Fort-Dauphin en avion.
Pas de réflexion désobligeante, je n'ai pas changé. Je suis toujours un baroudeur.
Je vous explique :
L'aller en avion et le retour en camion brousse
Il faut au moins 4 jours pour effectuer ce trajet, avec plein d'aléas comme panne, pluie.
Je vais surement dormir dans des villages en rase campagne.
Je vous raconterai dans un prochain épisode.
Je me propose de vous faire partager mon voyage de 11 semaines à Madagascar à travers 7 épisodes avec quelques photos à l'appui Voici le premier épisode
A peine arrivé que déjà je suis reparti.
Me voilà sur mon île, Madagascar, depuis presque une semaine.
Pour ceux qui ne savent pas, j'y suis né, il y a bien longtemps.
Je suis arrivé le 24 Mars et repartirai le 10 Juin.
Voilà le programme pour quelques semaines.
Environ, une semaine à Antananarivo.
Puis départ vers l'extrême sud pour Fort-Dauphin en avion.
Pas de réflexion désobligeante, je n'ai pas changé. Je suis toujours un baroudeur.
Je vous explique :
L'aller en avion et le retour en camion brousse
Il faut au moins 4 jours pour effectuer ce trajet, avec plein d'aléas comme panne, pluie.
Je vais surement dormir dans des villages en rase campagne.
Je vous raconterai dans un prochain épisode.
Récit de mon voyage en Inde seule English translation pending
NAMASTE!
Lundi 18 janvier 2010
Je prends l’avion à BRUXELLES national; il est prévu à 10H mais je pars avec 3 H de retard! (cause brouillard à Delhi). J’arrive à DELHI à 1H45 du matin. Je récupère ma valise sans aucun problème. Je suis attendue par Raj à la sortie. Evidemment, il y a deux sorties et je sors par celle qui n’est pas la bonne pour moi! Donc tour de l’aéroport à pied puis j’arrive dans la foule qui attend à la première sortie. Il était prévu que Raj m’attende avec le drapeau français; je regardais donc après ce beau grand drapeau flottant dans l’air en m’attendant mais rien à l’horizon… Tout à coup, j’entends mon prénom; c’était Raj avec un drapeau sous forme d’écharpe… Hé oui, je ne suis pas la Reine Victoria, fallait s’y attendre!
Il me fait attendre 5 minutes pendant qu’il récupère sa voiture; j’avais oublié que les minutes indiennes n’ont pas la même durée que chez nous! Finalement, après bon nombre de minutes, Raj revient à pied! Impossible de venir avec la voiture, dit-il, car trop d’avions ont attéri en même temps et de ce fait, trop de monde. La solution la plus simple était donc que je l’accompagne pour récupérer le véhicule.
Chose faite, nous engageons la sortie de l’aéroport dans un brouillard super dense au point que Raj se trompe de chemin; faut dire que les routes sont barrées un peu partout à cause des travaux consistant à établir des nouvelles lignes de métro. Mais il est coquain et dit aimer la difficulté.
Nous arrivons à l’hôtel DELHI CITY CENTER à 4 H du matin. Il m’accompagne à la réception, histoire de voir si la réservation est correcte; nous nous fixons rendez-vous pour le lendemain 10 H du matin pour, comme prévu, journée de visite ensemble où il me fera découvrir les coins insolites du vieux Delhi. Le garçon me conduit dans ma chambre. je n’y reste pas longtemps car il y a un concerto de chiens n’en finissant pas; encore un peu de temps perdu pour changer mais cette fois, ça y est, je suis installée, je déballe, je range. Il est proche de 6H du matin; ça craint pour le rendez-vous. Effectivement, je me réveille le lendemain à midi; téléphone à Raj pour reporter la visite à 1H. Premier déjeuner louper.
Mardi 19 janvier 2010:
La journée commence donc assez tard et notre rendez-vous est prévu devant la gare de New-Delhi. Nous prenons le métro pour nous diriger vers le quartier « Chandni Chowk » où se côtoient commerçants, passants et vaches sacrées. Raj voit directement que je suis intéressée par les temples donc sans hésiter, me fait visiter un lieu où se trouvent face-à-face un temple sikhs « le Gurudwara » et un temple hindou; quelques mètres plus loin, on peut apercevoir une église et une mosquée; sensation très agréable de voir ce mélange de religions. Nous visitons donc pour commencer « le Gurudwara »; ce qui tombe bien puisque nous sommes mardi, jour de la cérémonie. Le temple est animé par des personnes chantant les « mantras »; nous tournons aussi autour du lieu saint afin d’être béni puis achetons une petite nourriture sucrée déposée sur une feuille de vigne au prix de 10 roupies/6 cents. La coutume veut que nous mangions une partie et versons le reste dans un grand bac; à la fin de l’office, cette nourriture sera servie aux pauvres. On reconnait facilement les « Sikhs »; ils ont un ruban autour de la tête; il faut savoir qu’il eu une très longue chevelure enroulée dans ce ruban. Avant de sortir, je photographie le « ligam » de Shiva, tant vénéré des hindous.
A ma grande surprise, j’ai l’autorisation de photographier le « om3 » représentant « Shiva » que je porte à mon cou. Shiva est toujours représenté avec son trident, le taureau Nundi et le om3.
En sortant, je n’oublie pas de reprendre les petites fleurs bénies qui m’ont été offertes par les brahmans, déposées dans une sorte de petite corbeille fabriquée avec des feuilles sèchées. Petite anecdote à ce sujet: ces fleurs étaient déposées sur ma table de nuit et chaque jour matin, il en manquait une! Je n’y ai jamais rien compris; ce sont les mystères de l��Inde.
Enfin, après avoir récupéré mes chaussures, je photographie le temple hindou sans pouvoir y accéder; jour de fermeture.
Tout ceci m’a donné soif, ça tombe bien, j’aperçois un jeune homme pressant des jus d’orange à l’ancienne avec un pressoir qui me fait penser à la machine dont ma mère faisait la tête pressée! Au demeurant, ce jus accompagné d’un peu de « sel » est délicieux.
Le chemin se poursuit et je découvre les façades des bâtiments du vieux Delhi ornementées d’installations électriques dont on se demande bien comment cela a pu être installé et surtout comment ça fonctionne sans prendre feu de tous les côtés! Mais c’est l’Inde…
A gauche, il y a l’église qui est fermée à cette heure mais nous avons le droit d’y visiter la petite école attenante, comportant un tableau, quelques petites tables et chaises; on ne voit plus ça chez nous depuis cent ans.
Raj croit que j’ai faim. Il me conduit vers un des meilleurs restaurants de Delhi; en fait « Karim » le propriétaire en possède huit. Le plus simple est en tout cas celui-ci; je découvre comment les cuisiniers cuissent les chapatis au moyen d’un four encastré en terre. En fait, je ne mange pas, je n’ai pas envie de perdre trop de temps; j’y reviendrai plus tard. En fait, je ne l’ai jamais retrouvé; je l’ai cherché un autre soir mais me suis retrouvée dans un autre restaurant de la famille de « Karim »; j’y ai mangé une tajore de mouton, on ne peut plus délicieuse; par contre, la boisson verdâtre que j’ai commandée par curiosité est nettement moins bonne; je ne la bois d’ailleurs pas et commande un coca. Je ne raconte même pas l’histoire pour me faire servir un coca-light… Le « light » a été le mot de trop et ça les a perturbé!
Pour en revenir à la visite du jour, nous arrivons à « Jama masjid » la plus grande mosquée de l’Inde. Cet endroit est merveilleux; on peut y admirer le « fort rouge » au loin; heureusement, car je n’aurais jamais le temps d’aller le visiter! Ce bâtiment est bien sûr musulman; l’heure de la prière étant arrivée, on prie les visiteurs de se retirer; la visite se poursuit en faisant le tour complet extérieur de « Jama masjid » vu sous tous ses angles; fabuleux bâtiment tout en grès rouge.
Il faut avouer que ce fût une journée bien remplie et qu’il est, dès lors, déjà 20 H. Nous reprenons le métro pour rentrer à New Delhi et Raj me ramène à l’hôtel avec sa moto que nous récupérons à la gare. Faire de la moto à Delhi relève d’un courage remarquable, que je le dise, et même pas peur!
Me voilà donc de retour à l’hôtel où je ne reste que quelques minutes car je décide sur le coup d’aller me faire un petit massage de pied. Je trouve vite mon bonheur, enfin j’ai cru. C’était un petit salon de coiffure et les massages se faisaient en haut, me dit-on. Grimpant sur une échelle à la verticale, je me retrouve sur une vieille couverture miteuse avec un homme que je ne pense pas plus masseur que moi mais qui fait de son mieux pour masser mes pieds qui ont déjà bien soufferts pour leur première journée. Le problème, hé oui, il y en a un, ce monsieur ne voulait pas se concentrer uniquement sur mes pieds… Bon, allez, je m’en sors bien… Pas de problème, juste une petite mise au point. Je redescends de mon échelle verticale et vais manger un petit bout à l’hôtel.
Puis bonne douche et gros dodo.
Mercredi 20 janvier 2010:
Ce matin, j’ai rendez-vous à 9H à mon hôtel avec Charlaine dont j’ai fait la connaissance par internet sur forumvoyage. Elle est là, m’attend en revoyant ses emails. Nous commençons par un bon petit-déjeuner avant d’entamer cette nouvelle journée.
Elle commence un peu mal cette journée car l’objectif était d’aller visiter le « fort rouge » et tous les chauffeurs de taxis nous disent qu’à cause de la fête nationale indienne du 26 janvier, le « fort rouge » n’ouvre qu’à partir de 11H, ce qui va nous faire perdre beaucoup de temps. Donc après négociations sévères de ma part, car Charlaine arrive en Inde, elle ne sait pas encore négocier.
Nous commencerons donc alors la journée par la visite de « Raj Ghat », lieu de crémation de Ghandi. Nous y visitons le petit musée dédié à Ghandi où il est agréable d’imaginer la sobriété de sa vie en voyant son petit bureau avec le rouet qui était toujours devant lui, sa petite chambre dont le matelat est à même le sol et les nombreuses photos qui en font foi. Au fond du jardin, on découvre un petit ashram et au milieu de ce parc, un monument là où fût incinéré Ghandi. Je me rappelle des photos vues à ce sujet où Néhru allumait le bûcher étant donné que Ghandi n’avait pas de fils. Ce fût un moment très agréable et relaxant que nous avons passé en cet endroit.
Ensuite, direction « musée National », là notre petit chauffeur de richwach nous laisse mais pas sans contester puisque la police a dû intervenir pour le prix; nous avons eu gain de cause. Le musée national est très intéressant et la visite dure 2H30; nous sommes équipées d’un guide audio-francophone. Aucune photo n’est permise mais tout reste gravé dans la mémoire du disque dur de mon petit cerveau. Beaucoup de peintures, de dieux en bronze, de portes en bois, de monnaies, de vestiges, de vêtements; représentation d’un vieux chariot; j’en passe et des meilleurs!
Il est plus de midi trente et nous appelons un chauffeur de taxi qui nous emmenera toutes les deux chez Chhavi.
A 15H, nous rencontrons « Chhavi » qui nous donne un cours de cuisine. Elle commence par nous servir un « tchai » que je découvre pour la première fois; ensuite, elle nous apprendra comment préparer cette boisson succulente au lait et au gimgembre. En attendant, elle nous explique comment faire un « chapati »; on fini bien par y arriver avec de l’huile de bras mais c’est périlleux.
En les mangeant, on goûte la différence entre ceux que Chhavi a préparé et les nôtres; ils sont moins durs. Cela consiste en fait à faire une crêpe à l’eau, la fourrer de patates aux épices et de cuire le tout dans une poele à frire. Nous allons ensuite faire un petit tour à pied à la recherche de curry que nous ne trouverons pas puisque le curry est un mélange de dix épices, s’appelant masala.
Mais je suis un peu têtue et n’ai pas voulu de ce mélange sur le coup, ce n’est que plus tard que je devais me rendre à l’évidence du fait. En rentrant de cette petite balade, petite séance photos: la maman, la tante, la fille, l’amie de la fille, Charlaine et moi.
Après cette sympathique après-midi et échange d’adresses email, Charlaine et moi quittons le secteur en direction de nos hôtels respectifs. Je termine ma soirée dans la rue principale de l’hôtel en cherchant un petit resto sympa mais me retrouve dans celui du jour avant, tout compte fait, c’était pas mal!
A la sortie, j’assiste à une cérémonie de mariage où la musique fait rage; je m’y amuse un moment puis décide de rentrer me coucher juste après avoir reçu une baguette de tambour sur une cuisse! Coup bleu assuré. Chose étrange, je n’y ai vu que le marié.
Soit, je rentre faire un peu d’internet puis vais me doucher, programmer ma journée du lendemain, faire mes petits comptes comme tous les jours, avant de m’endormir comme un bébé.
Jeudi 21 janvier 2010:
C’est le dernier jour à Delhi, je n’aurais pas le temps de tout faire donc je décide de louer un taxi et de faire au mieux. Je me rends directement au temple « Birla Mandir ou Lakhminarayan »; c’est un très grand temple tout en marbre blanc, le plus moderne de Delhi. Il est magnifique. Le taxi me dépose devant l’entrée et on ne manque pas de me solliciter pour la vente de photos, d’album, de cartes postales etc… Refusant le tout et ne faisant attention qu’à chercher l’entrée principale, je tombe dans un trou sur le trottoir, petit souvenir toujours d’actualité puisque toujours mal au genou droit. Les indiens sont très attentionnés; ils m’aident à me relever, à me diriger vers une petite salle d’attente où une dame panse mon genou en sang et un homme masse ma main devenue toute bleue avec des glaçons.
J’ai cru l’espace d’un moment que mon voyage allait s’arrêter là! Mais, les dieux étant avec moi, j’ai pu terminer mon périple sans problème.
Je visite donc le Birla Mandir à l’aise; il est grand, magnifique, en marbre blanc, d’une allure exceptionnelle.
Remontée dans le taxi et direction « musée d’Indira Ghandi », lieu très fréquenté par les indiens où l’on découvre outre de nombreuses photos de Mahtama et d’Indira, le saree taché de sang qu’elle portait lors de son assassinat.
Il allait de soi qu’il me fallait ensuite visiter le « musée de Nehru » : très beau bâtiment avec un parc magnifique réfléchissant le calme, où on a du mal à imaginer le brouhaha à quelques mètre à peine de là. On y trouve également de nombreuses photos, la représentation de son bureau, de sa chambre et de nombreux objets divers. J’avais très envie de voir ce musée car depuis le film « pour l’amour de l’Inde » que j’ai vu il y a quelques années, je me suis prise d’amitié pour Nehru et son histoire d’amour avec la princesse anglaise.
Je ne suis pas très loin du « Jantar Mantar », l’observatoire. Bien que n’y connaissant rien en astrologie, je ne manque pas de m’y attarder un bon moment tellement l’endroit est passionnant. J’aime me promener dans ces sites tellement calmes et respectés; j’y prends beaucoup de plaisir et de détente. Je trouve en ces lieux une sérénité que je ne trouve nulle part ailleurs.
Un endroit qu’il ne fallait surtout pas rater à Delhi était le « Qutub Minar », le minaret le plus élevé de l’Inde. Ce minaret était jadis visitable mais depuis la mort de quarante personnes tombées en bousculade, il est interdit d’y monter. Quelle fût ma surprise en voyant cet énorme site, si propre, où se promènent de nombreux indiens en visite eux-mêmes. Grande chance aussi d’y trouver un guide oral en français. Cette visite m’a pris trois heures complètes de tour et de détour entre ces ruines, ces minarets, ces colonnes sculptées, ces nombreux tombeaux; les étudiants visitant les lieux et voulant toujours être photographiés et heureux de pouvoir accoster une étrangère. Encore une fois, j’y trouve une grande paix intérieure et c’est heureuse que je termine mon tour.
Retrouvant mon taxi fidèle au rendez-vous, je continue mon chemin vers le « Lodi Garden », grand parc où se trouve une mosquée et des tombeaux. On retrouve là de nombreuses familles pique-niquant; d’ailleurs, je fûs invitée par l’une d’elle à manger un peu de poulet et de pain; j’accepte volontiers. Après photos et remerciements, je poursuis mon chemin aux détours des petits sentiers du parc; j’y fais la connaissance du Docteur Shing, acupuncteur à Mumbay; nous faisons un bout de chemin ensemble; il propose de m’offrir un thé, ce que j’accepte mais, pendant la préparation de celui-ci, je me rappelle qu’il ne faut rien accepter à boire et prétexte d’être très pressée et abandonne Dr Shing devant les thés, ce qui ne l’empêche pas de m’inviter à souper, chose qui n’aurait pas lieu.
J’ai rendez-vous à 19H avec Raj pour visiter le « Nizam-ud-Din-Dargah » mais je dois passer d’abord par le « temple Bahia »; c’est un détour et de plus, nous tombons dans des embouteillages. Je me précipite sitôt arrivée au point que j’oublie d’enlever mes chaussures pour y rentrer; une jeune dame me les confisque et me fait comprendre que je les récupérerai à la sortie à l’endroit prévu. Je n’apprécie pas beaucoup ce temple qui n’est beau que de l’extérieur donc n’y reste pas longtemps. Par contre, la sortie en elle-même fût plus longue car mes chaussures n’étaient pas à l’endroit prévu et ai dû faire marche arrière et retourner tout au début du temple où la jeune dame avait laissé mes charmantes petites chaussures.
Bien contente de les avoir retrouvées, je remonte dans mon taxi et me rend au Nizam-ud-Diu-Dargah pour assister à la grande cérémonie du soir mais Raj ne sera plus là, car j’ai loupé le rendez-vous et il est déjà parti à la rencontre d’autres visiteurs. Peu importe, je participerai seule à cet office. L’endroit est un haut lieu musulman et chaque jeudi, il y a la grande fête avec hommage à un grand saint derviche mort en 1325. J’y reste un moment assise à terre, écoutant les chants, la musique et regardant tourner les hommes et les femmes apportant des offrantes au Saint.
En quittant ce lieu, je me rends chez « Karim » dont je parlais plus haut.
Je reprends un petit taxi pour retourner à l’hôtel où je vais boucler ma valise, me doucher et faire mon petit rituel de soirée avant de m’endormir.
Je n’aurais pas eu l’occasion de visiter la tombe de Humayun’s tomb et le Purana Qila ainsi que le Fort Rouge ni Birla Housse national Ghandi muséum. L’India gate n’aura été qu’aperçue et j’ai fait un petit tour de reconnaissance à Connaught place lors d’un rendez-vous avec Wahid qui va me faire découvrir l’art de prendre le métro et comment me débrouiller dans une gare indienne!
Vendredi 22 janvier 2010: aujourd’hui, je pars pour l’aéroport domestique de Delhi afin de m’envoler vers Kolkata à 9H20; malheureusement, toujours cet énorme brouillard et nous avons trois heures de retard mais l’aéroport est agréable et le temps ne parait pas trop long. Pas trop de formalité aux aéroports. Par contre, longue file d’attente pour les taxi prépaids. J’arrive vers 18 H à l’hôtel CIRCULAR. Petit hôtel sympa mais pas très propre; je dois nettoyer ma chambre et la salle de bain en arrivant. Puis, je fais un premier tour d’horizon dans Calcutta, pas bien loin puisque la nuit commence à tomber, juste de quoi me repérer un peu.
Calcutta était capitale de l’Inde jusqu’en 1947; cette ville s’appelait jadis « Kalikata ». On y retrouve bien « Kali » d’où le nom du célèbre quartier « Kalighat » où se trouve le temple de « Kali ».
C’est en 2000 que la ville fût rebaptisée Kolkata. Cette ville est à la fois fascinante et inquiétante. Les contrastes sont violents, se mèlent misère et richesse.
Pour en revenir à ma première soirée dans cette cité qui semble mystérieuse, je repère une église dont je ne sais plus le nom, quelques magasins, une fondation de mère Térésa puis rentrée en douceur vers l’hôtel où je décide d’aller manger un petit bout.
Samedi 23 janvier 2010:
Je commence cette journée en me rendant à 12 kilomètres de l’hôtel dans l’endroit qui m’intéresse le plus à Kolkata soit le quartier de « Kalighat » appelé aussi quartier de Dakshineshvar; c’est un grand centre de pélérinage depuis 1809.
Me rendre dans ce quartier était une des principales raison de faire escale à Calcutta, quand on sait que Kali est ma déesse préférée.Ce temple a été commandité par une riche veuve, partie en pélérinage en 1847 à Bénarès et qui en rêve vit la Mère Divine sous la forme de Kali qui lui ordonna de construire un beau temple sur les rives du Gange et d'y installer une statue dans laquelle la déesse pourrait s'incarner pour y être vénérée. La veuve s'exécuta et la construction du temple dura de 1847 à 1855. Le temple de deux étages superposés, est ponctué à chaque angle par une tour et un dôme dominant au centre. À l'intérieur, le sanctuaire de Kali est encadré par 12 petits sanctuaires consacrés à Shiva. La statue de la déesse Kali est posée sur une fleur de lotus en argent.
Dans ce quartier particulier, les gens sont vraiment très pauvres, se lavent le long des rues mais je les sent gentils, ils n’ont pas de rancœur dans les yeux en me regardant. Beaucoup de monde se précipitent à l’entrée du temple de « Kali »; je fais de même. Je suis invitée dans une boutique pour y déposer mes chaussures et je fais tout le quartier pieds nus; par la suite, je me suis aperçue que toutes les boutiques faisaient cela et que j’aurais pu garder mes chaussures encore un moment; grand bien me fasse, j’ai pu garder mes chaussettes, qui sont à la poubelle actuellement vu qu’elles étaient irrécupérables. J’ai encore en tête ce souvenir de personnes, offrandes en main, attendant dans l’immense file, moi y compris, pour se rendre dans le temple. C’est beau. On est là pour quelque chose. On ne sait pas trop ce qu’on va y découvrir mais on est là, on attend, on est heureux.
Il est strictement interdit de prendre des photos à l’intérieur c’est pourquoi on ne verra que l’extérieur comme dans la plupart des temples hindous.
Après avoir franchi la première file, on se retrouve dans le quartier proprement dit avec ses petites échopes et ses ruelles. Au bout de l’une d’entre elle, on est face à l’endroit où l’on sacrifie les animaux que ce soient poulets et mouton. Les restes seront mangés par les pauvres. On essaie d’éviter de marcher dans le sang répandu à terre avant de refaire une seconde file qui mènera dans le temple lui-même.
Il est strictement interdit que les non-hindous pénètrent dans ce temple mais ne voulant pas comprendre ce qu’on me dit, les gardiens finissent par me faire déposer mon sac à la consigne et m’autorise à suivre la foule. Je n’avais pas d’offrande, juste une petite peluche prise pour donner à un enfant; c’est cette peluche que j’offre à Kali parmi les fleurs qu’elles reçoit. Le principal, c’est de participer n’est-ce-pas! Evidemment, les brahmans demandent de l’argent; les dix roupies que je leur donne ne convient pas mais ils n’auront pas plus. Il me rendront la peluche qui fera le bonheur d’un enfant plus tard. Je termine la visite comme tout le monde en tournant un peu à l’intérieur, écoutant un peu les chants.
Un soi-disant guide me conduit vers le ghat où tout est très coloré, j’y prends quelques photos et découvre, pour la première fois, un arbre que l’on vénère car les arbres sont « vivants » donc vénérés en Inde. Sur les quais du ghat, on me demande beaucoup d‘argent pour l’entretien du site, me montrant sur papier que d’autres touristes ont bien participé et pour de grosses sommes; je refuse bien sûr.
Continuant à déambuler dans les petites ruelles, je repère un gamin à qui je donne une petite voiture que mes petits-enfants n’ont jamais joué avec; lui, s’amuse bien avec.
A la sortie du vrai quartier kalighat, je retrouve une famille assise derrière des sacs, je les avais déjà vu en arrivant; je me dirige vers eux et leur donne un peu de jouets et des pantoufles d’enfants. La petite fille me suit et dit qu’elle a faim, un gamin et deux dames aussi; ils veulent de l’argent mais je décide de leur offrir à manger directement; ils sont contents, ils attendent que le cuisinier les servent mais j’ai vite compris qu’ils ont comploté et me demandent de payer d’avance; résultat, ils n’ont rien eu et je m’en vais.
A côté du temple, se trouve 1 mouroir, sanctuaire et hospice; c’est le 1er centre de mère Térésa, dirigé par les sœurs de la charité datant de 1952.
Pour moi, ce fût une merveilleuse matinée. J’ai vraiment fait ce que je voulais faire à Calcutta et je me sens fière de moi.
Après-midi, je respecte le programme que je me suis fixé en me dirigeant vers le quartier de « Chowringhee Road ».
Le premier site que je découvre est « le Mémorial Victoria ». Ce bâtiment fût construit de 1906 à 1921; au départ, il a été construit pour rivaliser avec le Taj Mahal. L’entrée coûte 150 roupies soit l’équivalent de 2,20 euros. Il faut savoir qu’au moment où je visite l’Inde, je reçois 65 roupies pour un euro. Enfin, je devrais dire en principe, je devrais recevoir car avec la commission, je n’en ai que 62.
Je reparle du Mémorium Victoria. Ah oui, en fait, quand je parlais de contraste, en voici un bon exemple…. Replongeons-nous dans kalighat et voyons ce mémorial!!! Cette demeure est fabuleuse, gigantesque, en marbre blanc, aux piliers multiples, au parc d’une propreté exemplaire où se promènent les amoureux, les solitaires, les petits groupes, moi; ce n’est que du bonheur ce moment de détente assise sur un banc contemplant la batisse. Auparavant, j’avais fait un tour intérieur; sur deux étages, on voit de nombreuses petites galeries, des objets d’arts, des photographies à ne pas en finir et bien sûr la statue géante de « la reine Victoria » qui est remarquablement spectaculaire. Le parc devant l’entrée est un peu plus agité car se mèlent les entrées et les sorties, mais je suis toujours stupéfaite de la propreté du site; je suis également surprise du peu de touristes étrangers; les visiteurs sont tous indiens. Ce qui pour moi est une aubaine.
La visite dure à peu près 2 h 30 car j’aime prendre mon temps et me prélasser dans ce parc, de plus, le soleil est de la partie et je suis bien; je me sens relax; j’ai l’impression d’être vraiment à ma place!
Enfin, je quitte ce lieu et me retrouve sur la place où l’on me propose des balades en calèches que je n’accepte pas je ne sais pourquoi; j’aurais pu faire un tour mais je pense que j’avais vraiment envie de suivre l’objectif fixé et il faut quand même bien dire que je ne reste pas trop de jours à Calcutta et qu’il y a encore beaucoup à voir.
En chemin, je cherche à manger pas très loin du mémorial Victoria; c’est donc en marchant sur le trottoir que je pris mon diner. Il me reste un peu de nourriture que je donne à un mandiant.
Pas très loin, à 500 mètres, je découvre le Birla planétarium; c’est le planétarium le plus vaste d’Asie représenté par un gros dôme; il y a une séance en hindi qui va commencer; vu que je ne parle pas plus anglais qu’hindi, je décide d’assister à celle-ci plutôt que d’attendre 18h. Reconsigne pour les sacs et en avant, file pour la séance de 16 h. Je prends place au premier rang dans un fauteuil confortable, les yeux levés au firmament artificiel. Nous sommes au-moins 2000 personnes à l’intérieur de ce planétarium; la séance commence; je ne comprends rien mais je devine un peu ce qui se dit, reconnaissant le nom des planètes; ce spectacle dure une heure et me plait beaucoup; encore une fois, je suis bien; je suis détendue et ravie d’avoir assisté à cette démonstration.
En sortant, quelques indiens m’interpellent pour être pris en photo avec moi; je suis contente; ils sont contents.
Quelques pas à peine et je suis face à la « cathédrale St Paul » datant de 1840; je visite l’intérieur; ce lieu est paisible comme on peut l’imaginer. Il commence à faire nuit et je profite de refaire quelques photos de la fontaine éclairée devant le planétarium avant de rentrer.
Cette journée se termine doucement. Je prends le chemin du retour. Je vais faire un petit gueuleton à l’hôtel puis ferai le petit train-train habituel du soir pour préparer la journée du lendemain avant de passer une nuit de rêve.
Dimanche 24 janvier 2010:
Ce matin, je me rends dans le quartier de « Chowringhee Road » pour visiter « l’Indian muséum » dite la maison magique. C’est une imposante batisse victorienne datant de 1875. On l’appelle ainsi car on y trouve de tout. Il y a des salles à ne pas en finir. C’est ici qu’est la première collection d’art et d’archéologie du sous-continent.
On découvre des animaux empaillés, des pièces de monnaies, des livres, des vieux documents, des vestiges préhistoriques, une galerie égyptiennne, j’en passe car je me souviens plus de tout mais ce que je peux dire c’est que ça n’en fini pas; il y a deux étages. On sort, on rentre; c’est un vrai labyrinthe. Le soleil est toujours de la partie et il est bien agréable de sortir de temps en temps du musée pour se réchauffer. Encore une fois, parc magnifique et très bien entretenu. La visite me prend pratiquement la matinée.
En sortant, j’ai soif et je bois un jus d’orange près d’un petit marchand; j’ai faim aussi et je lui demande de m’éplucher un ananas et le couper en morceaux. Il ne me reste plus qu’à trouver un endroit sympa pour le déguster. Ce que je trouve facilement, car à l’autre bout de la route, il y a le « maidan parc » , qui est le poumon de Calcutta. Je m’installe dans un des terrains où se déroulent des jeux de criquets. C’est assise sur l’herbe que je déguste ainsi mon ananas. C’est un petit festin. Je suis bien. J’aurais bien envie de m’endormir un peu mais non, le courage me reprend aussitôt et je repars à la rencontre de nouvelles aventures.
Un homme remarque que je pars, il me suit, il a envie de me guider; ça tombe bien, je dois aller voir « l’Orchterlony monument » rebaptisé depuis 1969 « Shabid Minar » ; il me renseigne et m’accompagne. Je lui dit que j’aime mieux visiter seule mais insiste et frôle la crise cardiaque car il a voulu marcher trop vite en me suivant. Le pauvre. Bon maintenant qu’il est là, j’en profite pour lui demander de me photographier.
J’aperçois le Shabid minar; ce minaret mère 48 mètres de haut et a été érigé en 1841 en l’honneur de Sir Ochterlony, vainqueur des troupes népalaises. Je n’y accéderais pas car justement, il y a une manifestation assez gigantesque. C’est le point de ralliement de toutes les manifestation et aujourd’hui, c’est l’anniversaire de je ne sais quel homme politique; je pense que c’est un général et qu’il a délivré les martyres car «Orchterlony» veut dire général-vainqueur.
Je continue ma balade parmi la foule et les voitures venant dans tous les sens; je demande mon chemin et me retrouve devant une très jolie mosquée verte, style turque.
Sur mon passage, je rencontre une série de petits cordonniers; comme mes chaussures sont un peu grandes, c’est avec tout mon talent que je leur explique la chose. Il comprenne très bien; les voilà en train de coller et coudre au moyen d’un gros fil un morceau de cuir à l’arrière des baskets; c’est fait de manière très artisanale. D’ailleurs, plus tard, m’apercevant que maintenant mes chaussures me font mal aux pieds, c’est devant une jolie église, sur un banc assise que j’en vois de toutes les couleurs pour enlever cette languette. J’y arrive de manière très artisale également.
Je suis donc face à cette église mais ce n’est pas encore celle de St John’s que je cherche depuis un moment; en fait, je ne la trouverais jamais! Cette recherche me permet de passer devant le « palais de justice » qui est la copie conforme de l’hôtel de ville d’Ypres en Belgique.
Il fait maintenant nuit.
Je sais qu’il y a un office à l’ashram de Sri Aurobindo; je le trouve facilement et ne manque pas d’y passer une heure parmi les fidèles de Krisna. Ca me plait. Je connais cette ambiance.
Lundi 25 janvier 2010:
Aujourd’hui, je quitte Calcutta en soirée. Comme je sais que je ne reviendrais pas à l’hôtel, je prends déjà mes bagages et me fait conduire à la gare pour les déposer à la consignes. J’ai déjà une petite idée de la « fameuse gare de Calcutta ». J’ai déjà mis un bon petit temps pour me faire comprendre car consigne se dit « loby room ou loddy room» ou un truc comme ça. Mais comme toujours, on y arrive et je laisse là mes bagages pour la journée.
Je prends un taxi et vais à « Belur Math » ; c’est lui qui a crée le temple de Kali. Ce site est actuellement un siège de la commission Rama Krishna mais je n’aurais pas la chance de le visiter car à mon arrivée, midi, on vient de fermer et je n’aurais pas le temps d’attendre 16H l’ouverture. Je me promène donc un peu pour découvrir l’extérieur du site.
Mon taxi m’a fait fond bond et j’ai toutes les peines du monde de retrouver un; le lieu étant plus désertique, ils en profitent pour gonfler les prix. Tant bien que mal, il y en a un qui accepte de me ramener vers le centre de Calcutta pour 300 roupies. Les rues sont très sales. Je vois beaucoup de déchets le long des routes. Les animaux y trouvent un peu nourriture.
L’après-midi est déjà bien entamée et je dois aller voir le fameux pont Howrah dit « Howrah bridge »; il surplombe la rivière « Hooghly » qui est un bras du gange d’où on verra au bord des ghats les indiens faisant leurs ablutions. Dans le brouhaha du quartier, je vois le pont avec son trafic plus qu’intense mais avant de traverser ce pont qui mène à la gare d’Howrah, j’essaie de trouver le marché aux fleurs qui est en-dessous. Je me retrouve face aux ghats mais j’ai du mal à trouver le marché; en fait, j’allais dans la direction opposée. Quand enfin, je descends des escaliers menant à un petit marché d’épices puis au marché aux fleurs où y règne une ambiance particulière et haute en couleur. J’achète un peu d’épices mais très peu car je n’ai plus que quelques roupies. Je vais d’ailleurs m’atteler à chercher une banque. Avant, j’ai bien envie de traverser le pont car il était indiqué dans le routard que c’était une expérience, ce que je confirme; que de monde, que de trafic…. C’est un exploit comme ils disent; j’ai relevé le défi; l’autre défi sera de se dépatouiller à la gare!
Il parait qu’il faut prendre au moins une fois dans sa vie le train à Calcutta. Ce sera pour ce soir.
Maintenant, je vais passer un moment très désagréable; un de ces moments où l’on se sent vraiment seule au monde. Je dois partir ce soir et il faut absolument que je change de l’argent; j’ai dépensé mes dernières roupies. Je fais banque sur banque et impossible de changer mes euros. Une banque m’envoie à l’autre et ainsi de suite. Je demande mon chemin. On me fait aller à droite puis à gauche. Au final, je ne sais plus où je suis. Je vais devoir prendre un taxi mais n’ai pas d’argent pour le payer. Je suis au bord des larmes. Mon train part ce soir. Comment m’en sortir. Je continue à déambuler dans les rues bondées de Calcutta quand tout à coup, au moment où je ne m’y attendais plus, une échoppe, une toute petite échoppe avec une inscription « dollars, euros, change ». Je me précipite, lui demande vraiment s’il change les euros et quand il m’a dit oui, je l’aurais embrassé! C’est vrai que ce jour là, je n’ai pas discuté sur la commission. Ouf, je suis sauvée; je prends un taxi et redirection gare. Mon train part à 19h20.
Je récupère mes bagages au « loby room » accompagnée d’un porteur; celui-ci me guidera pour me rendre au bon quai, à la plateforme comme ils disent! Je suis un peu tôt. Je bois un café en attendant. Je suis cool. J’ai relevé le défit de la gare de Calcutta. Le train arrive. J’embarque dans mon wagon aidée par le contrôleur, sinon impossible de trouver le bon wagon. Je découvre mes compagnons de voyage, une petite famille bien sympathique. J’ai une couchette en bas bien que j‘avais insisté à la réservation pour avoir une en haut; heureusement car la clim va très fort et en haut, on reçoit la clim en pleine figure. Dans ce train de nuit, je déguste un vrai petit souper composé de riz et de poulet à la sauce avant de m’endormir bercée par le ronronnement du train. C’est donc en voyageant que j’ai passé la nuit du 25 au 26 janvier.
Mardi 26 janvier 2010:
J’ai mis mon réveil sur 8h du matin car je veux faire un brin de toilette et déjeuner avant d’arriver à VARANASI. Je commence à m’activer un peu quand le compagnon de cabine me fait comprendre qu’on n’est pas près d’arriver à Varanasi car le train a beaucoup de retard à cause du brouillard. Je me renseigne près du contrôleur qui me confirme que nous avons 7 heures de retard. Il me reste une chose à faire: redormir. Le temps passe vite quand même car entre manger, dormir, papoter, faire des mots fléchés, regarder le paysage, refaire mes comptes, l’heure est arrivée; il est près de 15 heures quand je débarque à Bénares.
En descendant du train, j’ai l’intention de me diriger vers un prépaid mais quelle ne fût pas ma surprise de trouver un chauffeur de rishwash me parlant un peu en français. De là, j’accepte qu’il me conduise à l’hôtel. Il appelle son beau-frère qui est « médecin du monde en France » paraît-il car après j’ai appris par un VF qu’il était aussi propriétaire d’un hôtel et sur ses cartes de visite, il est organisateur des voyages à Bénares. Mais peu importe. Dix minutes après, il nous rejoint sur le parking de la gare. Nous décidons de nous revoir le lendemain pour une journée visite à moto. Dommage que j’ai réservé l’hôtel Ok International car il me propose l’hôtel Surya qui me parait super et moins cher. Il est déjà un peu tard; je prends un peu de temps pour me retirer dans la chambre qui m’est destinée et défaire mes bagages. Mais déjà, il est temps de partir vers le « Dashaswamedh Ghat » qui est le ghat principal de Bénares, pour assister à la « puja » du soir qui a lieu de 18 à 19h. Je me rends à ce ghat en prenant un cyclo-rishwash. En descendant les ruelles menant au bord du Gange, je découvre une foule impressionnante, des animaux voyageant partout, des détritus dans tous les sens puis au bord du ghat, des brahmans se préparant pour la cérémonie.
Je m’installe près d’eux et participe à la cérémonie qui me plait beaucoup; l’ambiance est au top; il y a des chants, des applaudissements; ça sent l’encens partout; on est imprégné; on participe; on se laisse prendre au jeu. Ici, on vénère les cinq éléments: l’eau (le Gange), la terre (les tambours battants), l’air (les cloches qui tintent sans cesse), le feu (les torches qui brûlent) et l’âme (la fumée de l’encens). On est envoûté par cet encensement; les prêtres exécutent les gestes avec synchronisation. Le tout est haut en couleur. La cérémonie finie, c’est tout doucement à pied que je rejoins l’hôtel non sans passer par les ruelles et les boutiques en abondance.
Mercredi 27 janvier 2010:
A 9h, j’ai rendez-vous avec Sanjou, le jeune guide à la moto. Nous sommes à l’heure et commençons la journée par la visite de « Ram Nagar Fort ». C’est assez loin mais la balade est agréable; nous traversons Le Gange grâce à une longue passerelle en bois. Avant de rentrer au fort, je bois un thé devant l’entrée. La visite est intéressante et assez longue. Le fort est construit en pierres rouges; dans le palais, on y trouve un temple et un musée où sont exposées les voitures ayant appartenu au roi. On y trouve aussi l’école coranique appelée «médersa » qui est très jolie et le lieu est propice à la paix et à la sérénité une fois de plus. Sur le chemin de retour, on peut admirer la vie paysanne. On s’arrête un moment pour comtempler le paysage et la quiétude du moment.
Maintenant, Sanjou me conduit au « Barat kala Bhavan Muséum » où l’on peut contempler des tableaux venant du Rajasthan, du Népal, du Tibet, des sculptures hindoues et bouddhistes, des costumes et collections diverses.
Nous terminerons notre matinée largement entamée par la visite de « Benares Hindu Université » dont je n’ai plus de souvenirs précis. Beaucoup de choses ont été visitées et certainement cet endroit a moins attiré mon attention.
Sanjou me conduit au « temple de Bharat Mata »; splendide temple rose renfermant la carte de l’Inde en marbre qu’inaugura Mahatma Ghandi en 1936 suite aux violentes manifestations entre musulmans et hindous; il offrit cette carte en marbre à la Mère Inde pour montrer que tous étaient égaux devant les religions.
Ici se termine la journée avec Sanjou qui me ramène à l’hôtel; je lui donne 300 roupies; nous négocions la journée du lendemain; il me faut un moto-rickwach pour toute l’avant-midi. Chose faite. Salut Sanjou.
Je continue mon chemin et décide d’avoir voir brûler les bûchers; en passant dans les ruelles du vieux quartier « ghowk » où se tiennent shaddus, vendeurs de bois et d’encens, où arrive les familles amenant leur mort. J’arrive au « Manikarnika ghat » , le principal ghat où se déroulent les crémations 24h/24. Un vieux mandiant me conduit au temple de Shiva et au « Birla ashram »; qui est un lieu d’observation idéal mais où l’on est très fort sollicité pour donner de l’argent soit acheter des kilos de bois pour brûler les pauvres; le kilo de bois coûte cher et il faut 160 kilos pour brûler un corps. Le corps se consumera pendant 2 à 3 H selon la quantité de bois; pour les plus pauvres, certains restes humains ne seront pas consumés et mangés par les animaux ou jetés dans le Gange. Les nouveaux nés et les Saddhus ne seront jamais brûlés car ils sont considérés comme « purs »; ils seront attachés sur une pierre et déposés dans le Gange. Dans les environs de l’ashram et de tout le ghat, certaines personnes sont là et attendent la mort. Je refais ma balade en barque pour me réimprégner de l’ambiance de Varanasi; lieu unique; lieu magique; lieu spirituel. C’est avec un bruit de crépitements de bûcher dans les oreilles que je rejoins mon hôtel pour y passer la nuit. Auparavant, je mange dans un petit buibuis où j’oublie mon sac à dos et donc obligée de retourner le chercher après m’en être aperçue c’est-à-dire à l’hôtel! Mais les indiens ne sont pas voleurs. Peut-être arnaqueurs! En tout cas, mon sac m’attendait.
Jeudi 28 janvier 2010:
Je me lève très tôt ce matin, il est 5h, car je veux assister aux ablutions du matin et faire la balade en barque sur le Gange. Je dois être sur le Gange pour le lever du soleil. Il est donc 5 H quand je quitte l’hôtel; déjà un cyclo-rickwach est là; je le prends. J’arrive au même ghat de « Manikarnika » et négocie une barque pour 100 roupies. Je vois le Ghat de manière différente car vu du Gange, on peut mieux apercevoir les temples qui longent le Gange; je pense au temple incliné de Shiva, au temple népalais et d’autres ainsi que les bûchers brûlants au loin. Je dépose deux petites offrantes sur la rivière sacrée. Mes petites bougies y voyageront rejoignant les centaines d’autres. C’est le lever du soleil. Les couleurs changent. La promenade touche à sa fin. Je compte refaire cette même balade le soir lors de la cérémonie du Puja.
J’ai rendez-vous à dix heures à « SARNATH » avec « tsering », le filleul de Marie-Anne à qui je dois remettre de l’argent et des photos. C’est un haut lieu boudhiste tibétain. Il est au rendez-vous, le contraire m’aurait quand même étonné.
Ce garçon très sympathique m’offre d’abord un tchai avant de me faire visiter sa petite université et me présenter son professeur tibétain. Après avoir fait le tour de l’université, toujours en sa présence, nous allons pénétrer dans les ruines du « Mulagandhakuti Vihara » où se dresse le « Dhâmek Stûpa » datant du 2 et 3ème siècles, agrandi du 7ème siècle. Il mesure 35 mètres de haut pour 30 mètres de diamètre. Il est creusé de niches mais pas de porte; on n’y rentre pas; je ne savais pas et j’ai fait trois fois le tour avant de m’en apercevoir. C’est ici que le Boudha prêcha son premier sermont devant quelques disciples il y a 2500 ans.
Sur le site archéologique, on découvre « le Dharmarâjika Stûpa » l’ancien Stûpa dont il reste uniquement les fondations. J’ai cherché avec Tsering l’arbre où le Boudha trouva l’illumination mais en fait il s’agit d’un arbre pipal planté par Anagarika Dharmapâla à partir d’un rejet de l’arbre de Bodh-Gaya. Il reste le musée à visiter qui à ouvert ses portes au public en 1910; on y trouve des pièces datant du 3ème siècle avant J-C au 7ème siècle de l’ère chrétienne. Je fais mes adieux à Tsering et aux quelques personnes rencontrées sur place notamment un australien qui était très surpris de me voir visiter l’Inde sans parler anglais! Un de plus!
Je rentre de Sarnath vers 13h. A peine récupéré que je repars visiter les derniers temples que j’avais prévu de faire. Un cyclo-rickwach va me conduire de temple en temple; autant dire que je n’en ferai que quelques uns parmi les 1500 temples existant à Varanasi.
Le premier de la série sera le « temple de Durga » un des plus important de Varanasi, surnommé le temple aux singes; il parait qu’ils sont agressifs quand on veut y entrer mais j’ai eu beaucoup de chance car ils ont été gentils et m’ont laissé faire ma visite.
Le deuxième temple que je visiterais sera « le temple de Tulsi Manas » où il y a des automates tout au tour du temple, représentant les scènes de la vie religieuse des Dieux. Assez original et plaisant.
Je termine ma visite avec le richwach en passant par « Harishchandra Ghat », le crématorium électrique aux piliers encrés dans le Gange; il est en activité uniquement le soir. On incinère les plus pauvres dont les familles n’ont pas d’argent pour acheter du bois; les familles font la queue pour récupérer un peu de cendres de leur mort brûlé en commun. Leur karma est moins bon disent les hindous! Je ne vois pas pourquoi! Ha oui, en fait, j’ai oublié mais le vieux monsieur qui m’a conduit à l’ashram m’a surpris en train de photographier un rite funéraire et il m’a promis un mauvais karma et un grave accident; il m’a foutu les jetons surtout que je devais partir faire mon tour à moto mais comme dit Radjou à qui je l’ai raconté, ce n’est pas Dieu qui me l’a prédit!
Varanasi est un lieu est très spirituel. Il existe un tracé circulaire que je n’ai pas eu l’occasion de faire. Varanasi est connue pour une microcosme de 1'Inde et la ville la plus sacrée de l'hindouisme. Elle a son passé historique. Ses constructions constituentun réseau de voies qui se mettent en évidence au niveau spatial et structurent un passage du macrocosme (ciel) au mesocosme (terre) et finalement au microcosme. (temple ou corps); ce qu’on désigne du terme de mandala de pelerinage. Chaque année a lieu un grand pélérinage; les pèlerins doivent faire 88,5 kilomètres à pied et visiter 108 temples en cinq jours.
Je me dépêche car il faut que je fasse ma balade en barque pendant la cérémonie religieuse; j’y arrive; c’est fabuleux; magique une fois de plus.
Je terminerai ma dernière soirée à Varanasi par la visite du « Golden Temple » strictement interdit aux non-hindous. Ce temple fut construit en 1835; c’est une copie de l’original puisque Aurangzeb l’avait rasé de près. On y trouve ici le véritable « ligam de Shiva » afin qu’il ne soit pas détruit par les musulmans. Ce n’est que 800 kilos d’or qui recouvre le dôme doré de 15,5 mètres. Ce lieu est hautement surveillé par la police. Ayant déjà acheté mes offrandes et enlever mes chaussures, je feins de ne pas comprendre ni lire l’anglais et réussi, dès lors, à m’introduire à l’intérieur du « golden temple »; je suis privilégiée car je ne rencontre aucun autre touriste bien évidemment. En sortant, je me laisse tenter à l’achat d’un CDV sur la ville de Bénares.
Vendredi 29 janvier 2010:
L’avion est à 11h30 mais je décide de partir assez tôt, ne connaissant pas L’aéroport. Sanjou m’a réservé une voiture mais je n’ai pas confiance, la voiture n’arrive pas; mon téléphone est en panne; je suis obligée de demander au portier de me prêter le sien pour téléphoner à Sanjou, qui me dit que le chauffeur veut 500 roupies au lieu de 400. Je suis obligée d’accepter. La voiture arrive peu de temps après. Je n’ai pas confiance en cet homme. J’arrive à l’aéroport de Varanasi avec une impression d’être la seule à connaître l’endroit et me demandant à cet instant s’il y a bien un avion qui va décoller d’ici. Tout petit aéroport de rien de tout. Mais après une heure d’attente, un groupe de chinois arrive; de plus, je rencontre deux personnes suisses avec qui je passe un moment. Nous décollons à l’heure; chose presque incroyable; c’est vrai, en Inde, on ne s’étonne de rien. Petit vol domestique agréable de 45 minutes; on nous sert tout de même du jus de fruit et des gâteaux. J’arrive à KHAJURAHO vers 13 H. Je suis à l’hôtel SURYA. J’ai rendez-vous avec Radju à 14 H. Avant j’essaie de faire réparer ma carte de téléphone; on me dira par la suite que j’ai fait des bêtises avec mon code PIN et je sais que c’est vrai…
Il est 14h30, la carte ne va toujours pas et je ne trouve pas Radju devant l’hôtel. Je montre la photo de Radju à des hommes qui semblaient inquiets de me voir faire les cent pas devant l’hôtel. Hé oui, ils le connaissent. Tout de suite, ils me le montrent. Radju arrivait avec un de ses ami parlant un peu le français.
Nous allons d’abord boire un thé dans le petit restaurant de Radju avant de nous lancer à la découverte d’un endroit magique: les « chutes de Raney »; c’est un ancien volcan; il y a une cascade magnifique dont le bruit de l’eau qui tombe est relaxant; la visite va un peu vite à mon goût mais je suis obligée de suivre le petit guide français qui pense plus à me draguer qu’à m’expliquer exactement ce qu’il en est du lieu. Radju est là aussi. Heureusement, il y a un guide du site qui explique un peu et le petit dragueur doit quand même un peu me traduire. C’est un magnifique canyon. Il y a un mélange de couleur incroyable. On y trouve des pierres vertes, roses, grises; tout est confondu; c’est une pure merveille de la nature. Encore un endroit où je me sens bien et aurait envie de me prélasser beaucoup plus longtemps comme déjà dit. Le guide du site m’offre quelques pierres de chaque couleur en souvenir. Il m’explique aussi et me fait voir des photos d’ailleurs de ce site en pleine mousson; tout est innondé; incroyable…
Je remercie le guide pour la visite de cet endroit merveilleux en lui donnant quelques roupies; il est content et nous laisse continuer un peu la balade en voiture dans la forêt où l’on aperçoit daims, biches, singes et quelques petits animaux.
Mais j’ai aussi surtout l’autre petit mec qui n’arrête pas de vouloir m’aider à descendre, à monter, tout est bon pour me tenir malgré tout ce que je peux lui dire. Radju lui s’amuse à faire des ricochets du haut de la falaise puis on s’y amuse tous finalement. Maintenant, le soleil va se coucher, il est temps de quitter les lieux en passant par des petits villages et la campagne. J’assiste au coucher du soleil sur le chemin de retour. Au passage, j’ai oublié de dire que notre chauffeur inaugurait sa nouvelle petite voiture; j’étais sa première cliente! Le soir, j’assiste à un spectacle de danse assez exceptionnel; très belle couleur aussi et des scènes acrobatiques spectaculaires. C’est en moto qu’on vient me rechercher à la sortie du spectacle car je dois me rendre chez Radju qui m’a préparé à souper; du poulet super-succulent et le traditionnel tchai.
Avant de quitter mes compagnons de fortune, je vais refaire une photo d’identité pour de nouveau avoir une carte de téléphone; le marchand n’accepte pas ma photo et c’est au nom du petit dragueur que j’ai maintenant cette carte. Sur ce coup là, je l’en remercie.
Je rentre à l’hôtel contente des merveilleuses choses vues encore ce jour et prête à recommencer d’autres aventures le lendemain.
Samedi 30 janvier 2010:
J’ai une journée complète uniquement pour voir tous les temples de Khajuraho; c’est pourquoi, je commence de grand matin dès l’ouverture. Toute la matinée sera consacrée à la visite des temples « du groupe ouest » Ces temples ont été construits entre 950 et 1050.Il n’en reste plus qu'une vingtaine. Ils se répartissent en 3 groupes et appartiennent à deux religions: l’hindouisme et le jaïnisme.
Les figures érotiques, sont toujours sur le côté gauche du temple. La pensée tantrique inclut le sexe dans un processus de méditation transcendantale. En bref : atteindre le Nirvana par le plaisir sexuel. Les sculpteurs avaient de l'humour. 8% des sculptures ont un rapport avec le sexe et ce sont les plus photographiées parait-il!
Je pénètre dans le site et fait le tour des temples, le temple Lakshmana dédié à Vishnu, le plus beau; le temple Kandariya Mahadev, dédié à Shiva, le plus imposant avec 900 statues, le temple Jagadamba, dédié àVishnu, Parvatti et Kali. A l’écart, le temple Chitragupta, dédia à Surya, Dieu du soleil. A la sortie du parc, le temple Matangeshvana (près du temple Lakshmana); celui-ci est encore actif; on y voit la statue de Ganesh et son père. On a fait la boucle. Lors de la visite du dernier temple, je rencontre une française qui est aussi sur le site forumvoyage; nous avons échangé des propos avec elle et son mari pendant un très long moment, assis sur un banc au soleil.
Je vais récupérer les 50 roupies que le gardien me doit puis face au Temple Lahshmana, il y a le musée et je ne rate pas d’y jeter un coup d’œil.
J’ai très faim; je commande un chapati cuit dans une grande marmite de rue accompagné d’une sorte de lentilles. Mon pain tombe à terre mais je ne m’en soucie guère, le ramasse et mange.
Un vieux monsieur qui avait reconnu Radju sur la photo me suit depuis un bon moment pour me vendre des cartes postales que je lui achète car de toute façon, il m’en faut et je me laisse séduire par deux jeux de cartes du kamasutra. Ce ne sera pas pour moi mais un pour le copain d’Henri qui a réparé mon sac gratuitement et un pour Alain mais il n’en veut pas…peut-être a-t-il peur que je lui demande de me faire toutes les représentations?
Ho, j’ai mal aux mollets et aux cuisses; monter et descendre tous ces escaliers; ça fait en tout cas un bel exercice.
Après mon mini diner, rendez-vous avec le dragueur, Radju et le chauffeur de taxi pour nous rendre dans le « vieux Khajurâho »; on passera encore par un temple ou deux, comme celui de Vamasa, de Brahma, de Hanuman qui sont dans le « groupe est » et ceux de Duhadev et de Chaturbhuja où il y a une statue de Vishnu de trois mètres, qui sont dans le « groupe sud ». Nous arriverons tant bien que mal dans le vieux village; j’ai failli tomber hors de la voiture tellement nous étions secoués.
Au bout des ruelles étroites, je fais connaissance avec quelques habitants, les enfants qui tirent l’eau du puit, la mamy qui répare son lit, le papa qui pose une nouvelle porte d’entrée, le maître d’école qui me fait visiter les lieux où on ne trouve qu’un tableau, le siège du maître et des tapis à terre pour les élèves s‘asseoir. Evidemment, à la fin de la visite, le professeur me demande de l’argent pour aider l’école; je refuse comme d’habitude de donner de l’argent pour la bonne raison qu’il demande tout de suite de grosse somme.
La visite du village se terminera en rentrant chez Radju pour le coucher du soleil. J’y rencontre john, un flamand, qui s’occupe bénévolement des jardins d’un maharadja à Khajuraho dans le but de le renover pour y cultiver des légumes pour les habitants du village; je propose mon aide mais je ne sais pas trop bien en quoi je vais pouvoir leur être utile.
Après ce magnifique coucher de soleil, j’assiste à l’office religieux de Shiva.
Ensuite, j’ai réservé un massage chez un soi-disant masseur qui pratique à «l’ancienne »; c’est vrai que ce massage fût bénéfique et par surcroît une heure de massage à l’huile pour 8 euros! Se terminera ici ma journée. Le petit dragueur ne sera pas content du pourboir que je lui donne mais il n’a pas mérité plus.
Radju me cuisine encore un bon petit plat et j’en profite pour téléphoner à Marina, qui m’avait renseigné Radju, pour lui expliquer un peu la situation. Radju a compris. Je lui ai bien expliqué qu’il aurait été préférable que lui seul me fasse les visites même ne parlant pas français. En rentrant, je rencontre un autre jeune homme rencontré la veille chez le vendeur de carte de téléphone et j’apprends qu’il a un taxi mais trop tard, le mien est réservé et payé pour le lendemain 5 heures du matin. Je reviendrai avec un souvenir de Khajuraho puisque j’y achete mon petit pendentif de Ganèche ainsi qu’un CDV.
Dimanche 31 janvier 2010:
Départ à 5h du matin pour la gare de JHANSSI; il est prévu de faire escale à ORCCHA à 19 km de Jhanssi; nous y arrivons après 4h30 de voyage, ce qui me laisse environ 3 heures pour visiter les lieux.
Orchha veut dire « cacher »; c’est un petit village paisible, chaleureux, où l’on vénère le Dieu RAMA. Orchha est une ville fantôme, abandonnée depuis très longtemps. Elle revit un peu grâce au tourisme, attirés par les restes des palais et des temples anciens.
Orchha fut la capitale d'un des royaumes Rajpoutes les plus puissants de l'Inde centrale, fondée au 16ème siècle. Le fort domine le village et pour y arriver, il faut traverser la rivière « Betwa ». J’irai d’abord poster mes cartes (qui n’arriveront jamais) et boire un thé avant de commencer la montée vers cette forteresse qui comprend trois palais: le Raja Mahal, le plus beau, situé dans la grande cour centrale, avec des frises encore en état, datant des années 1531-1539. Ensuite, le Jahangir Mahal datant de 1607-1627; puis le Ray Pravi Mahal qui fut la demeure de la célèbre poétesse-musicienne de la cour d’Akar et renvoyée au Raja d’Orchha pour amour promis. On y découvre également les étables à chameaux et les temples hindous. Il y a un aigle géant perché sur une tour. Il ne bouge pas; il est pourtant bien réel. Je n’arrive pas à la photographier à cause du zoom mais par contre, je peux réaliser de très belles photos du temple RAM RAYA et du temple Lakshminarayan ainsi que du village et de la rivière.
Puis ce sera la visite du temple de « Lakshminarayan » situé à 1 km de hauteur de l‘autre côté de la ville; de là, je peux revoir tout le fort, magnifique paysage. De plus, quand je pense avoir visité tout ça, je me sens fière. C’est bizarre, mais la fatigue ne se fait pas sentir!
J’ai encore un peu de temps pour visiter le temple de « Chaturbhy » où le raja y dresse 1 statue de Rama, laissée en place car trop lourde pour la déplacer. Ici je trouve des Dieux nus…
Les couleurs de ce temple sont d’un jaune pâle, ce qui est très joli. Le moment est arrivé de rejoindre mon chauffeur et de nous diriger vers la gare de Jhanssi pour y prendre le train à 14h30. En attendant sur le quai de la gare, je m’amuse à regarder les gens descendre et monter dans les trains, les marchands ambulants, les enfants, les mendiants, les chiens, une vache sur les rails, des moutons aussi; je déguste ces images en même temps qu’un délicieux café au lait. J’achète quelques bananes pour le chemin. Il n’y a pas place pour m’asseoir autre que sur mon sac de voyage et appuyée contre de gros sacs contenant je ne sais quoi!
Il est 17h50, le train arrive et c’est vers 19h que nous arriverons à AGRA qui est la destination suivante. En fait, j’avais réservé un accompagnateur pour cette ville mais de commun accord avec Wahid, voyant que je me débrouille très bien seule, nous annulons l’accompagnateur et j’assure moi-même cette ville. Je descends à l’hôtel Mandakali Villa. Pour l’instant, je n’ai aucun souvenir précis de cet hôtel. Je peux juste dire qu’il est situé à 2 km du Taj Mahal.
Lundi 1er février 2010:
Avant de faire le Taj Mahal et la ville d’Agra, je consacre cette journée à FATEHPUR SIKRI et SIKANDRA. De grand matin, je démarre donc pour Fatehpur Sikri avec un taxi que je loue à la journée; cette ville appelée « ville fantôme » se trouve à 45 km d’Agra. Il faut savoir que Akbar voulait un fils, n’y arrivant pas, il alla à Fatehpur pour y rencontrer un saint afgan « Cheikh Salim Chistni » qui lui prédit un fils; on fît dans cette ville tout un pélérinage de femmes en 1568. Enfin, en 1569, Akbar eut un fils qui s’appela Jahangir (dit Salim plus tard). En remerciement et en l’honneur du Saint, Akbar fit construire son palais près du Saint à Fatehpur et y resta 15 ans.
La visite de Fatehpur dure plus de 4 H. le taxi me dépose d’abord assez loin du site car lui est obligé de rester sur le parking; ne voulant pas payer outre mesure un richwach, je marche déjà 2 km avant d’arriver au palais. Sur place, un jeune homme sera mon serviteur durant toute la visite.
Je commence par la mosquée « jama Masjid », datant de 1571; c’est la plus belle mosquée construite par Akbar; la cour pouvait rassembler 10000 fidèles. Il y fit son premier prêcha pour imposer sa nouvelle religion. Dans la cour, on trouve le Mausolée du St Sheikh Salim Chistni achevée en 1581 soit dix ans après sa mort. C’est un contraste que de voir les pierres rouges de la mosquée et le marbre blanc du mausolée. Dans la crypte au centre d’un déambulatoire percé de fenêtre de marbre, la tombe fait objet de dévotion. On remarque des fils de laine noués au grillage par des femmes qui veulent un fils. Sa dépouille repose néanmoins au sous-sol.
A gauche de la salle des prières, on trouve la plus grande porte de l’Inde appelée «Buland Darwaza »; elle mesure 41 mètres; des versets du coran sont inscrits sur le porche commémorant une victoire d’Akbar. On raconte qu’il existerait un passage secret souterrain menant jusqu’Agra!!! Le guide me conduit devant une petite échoppe; je me laisse séduire par un petit objet de marbre servant à brûler une petite bougie qui reflètera des étoiles.
Dès lors, j’ai fini la visite de la mosquée et je me dirige vers le « palais de Jodha Bai »; ce grand palais entouré d’une enceinte en grès et de neuf portes d’entrées. A peine le temps d’y arriver que déjà, un jeune homme se précipite pour me faire visiter « sans payer » comme il dit; je suis un peu intéressée et le suit. Effectivement, je pense avoir vu beaucoup de choses avec lui que je n’aurais pu voir seule. Il m’emmène en premier lieu près de la porte des éléphants et du coup, la rampe des éléphants et les écuries. Ce lieu est splendide. On marche beaucoup, on monte, on descend mais on visite; c’est beau. Dois-je encore dire que c’est un endroit qui me plait et où je me sens bien mais on devine, en voyant les photos, le bonheur se reflètant sur mon visage. Il fait beau. Je suis habillée en indienne; je porte le bindi sur le front ; je me sens bien; je me sens belle; je me sens jeune; je me sens moi! La vraie Marie. Celle qui aime la vie, la découverte, l’aventure, les défis, les vieilles pierres.
Après le remontée de la rampe des éléphants, je vois un lieu spirituel chrétien, un vieux hammam, la bibliothèque, le pavilllon de la sultane turque; on continue à tourner autour du palais. Insistant pour rentrer à l’intérieur pour voir ce que j’avais sur mon programme, mon petit guide assez rusé arrive à nous faire entrer; et là, je peux découvrir le « Diwan-I-Am »;bâtiment où Akbar donnait ses ordres et rendait justice; on y voit d‘ailleurs le crochet du bourreau; c’est-à-dire de l’éléphant! Il y a le Diwan-I-Khas, le Daulat Khana-I-Khass, le Mariam Makani/Sunahra Makan qu’Akbar fit construire pour sa femme et sa mère, le Panch Mahal et l’Ankh Michauli qui est la trésorerie; il reste l’Anup Talao qui est une aire surélevée face aux appartements de l'empereur et au centre d'un bassin jouait le musicien favori de l‘empereur.
Reste le Palais de Birbal mais je ne me souviens plus de ce site. Je sais juste qu’il a été fait puisqu’il est coché OK. La visite va se terminer mais mon guide me conduit à un endroit où je peux admirer toute la ville bleue de Sikri. Il me ramène au parking avec un petit rickwach; je prends un faux rendez-vous pour en être quitte; je sais que ce n’est pas bien mais parfois, il faut mentir pour se sortir de situation un peu critique.
Mon chauffeur de taxi croit m’emmener dîner et toucher une commission sur mon repas mais il ne me connait pas; après lui avoir refusé de diner puisque j’avais acheté des fruits, il insista. Donc, arrêt. Donc, il a mangé seul et moi, rien. Pas content. Tant pis.
Direction Sikandra qui se trouve à 10 km d’Agra. En passant une sorte de barrage, les douaniers rient car je n’ai pas voulu payer mon droit d’entrée sur le tronçon de route et le taxi a dû se débrouiller; ben oui quoi, tout était compris dans le prix.
A Sikandra, je vais visiter « Akbar Tomb » qui est la deuxième plus grande mosquée après le Taj Mahal. C’est la mausolée de l’empereur Akbar rédigé par lui-même de son vivant. Il est mort en 1605 et c’est son fils Jehangir qui l’achève en 1613. Il est fait en grès rouge incrusté de marbre blanc. Le style annonce le futur mausolée de Shah Jahan. Il est représenté par quatre hauts minarets; ce mausolée trône au centre d’un vaste jardin. Comme à Fatehpur Sikri, ici, les religions se mèlent. Le cénotaphe porte les 99 noms d’Allah. De l’autre côté de la route, il y a le tombeau de Mariyam, l’épouse d’Akbar. Ce site est construit sur des ruines de temples hindous qui sont encore visibles.
La journée se terminera tout doucement et mon taxi me ramène à l’hôtel. Ce sera encore une bonne nuit de repos bien méritée.
Mardi 2 février 2010:
J’ai hésité à faire la visite du Taj Mahal pour deux raisons; la première est que je l’avais déjà visité dix ans plus tôt et la deuxième, la française rencontrée à Khajuraho m’en avait dissuadé en disant que ce n’était pas terrible et le prix cher pour ce que c’est. Mais comme je n’aime pas les regrets, je décide quand même d’effectuer cette visite. Je me lève donc assez tôt pour ne pas tomber dans la foule. Effectivement, l’entrée est chère pour l’Inde (750 roupies/12 euros) mais sur le forum, on m’avait dit que cette entrée était valable pour le fort rouge, le baby taj et également les monuments de Fatehpur Sikri et Sikandra mais de toute façon, ces deux là ont été faits hier. Bref, cette information mal interprétée m’a valu quelques menus ennuis mais j’y reviendrais plus tard!
Pour l’instant, je paye et on me donne un sachet avec une bouteille d’eau et des chaussons. J’admire cette merveille du monde où reposent les corps de Shab Jahan et de son épouse Mumtaz Mahal dans la crypte centrale. LeTaj Mahal fut construit en 1630 par SHAB JAHAN par amour pour sa femme MUMTAZ MAHAL morte en 1631 à la suite de la naissance de leur 14ème enfant. C’est une grande preuve d’amour. Les travaux durèrent 22 ans soit de 1631 à 1653; il fallu 20.000 hommes pour effectuer ce travail et on ne sait pas encore si l’architecte était l’italien Géronimo Véroneo ou le français Augustin de Bordeaux. Depuis un bon moment, le Taj est en danger; il se dégrade à cause de la pollution.
En faisant le tour, on a une vue imprenable sur la « Yasmina rivière » et le « Fort Rouge »; de l’autre côté, on aperçoit une ébauche du mausolée en marbre noir que Jahan fit pour lui et qui ne sera jamais achevé.
A l'intérieur d'une enceinte rectangulaire, il y a le jardin, divisé en carrés par allées et canaux avec une plate-forme centrale surélevée qui porte le mausolée, serti de jardins; on y voit deux mosquées. Le Taj Mahal est tout en marbre blanc légèrement translucide avec quatre façades identiques de sculptures légères et incrustées de milliers de pierres semi-précieuses. Les quatre minarets n’ont qu’en rôle esthétique mais sont construits de façon à s’il y avait un tremblement de terre, le Taj s’écroulerait tout vers l’intérieur. La coupole centrale mesure 18 m; il y en a quatre plus petites.
Le cénotaphe de Mumtaz Mahal occupe le centre du monument, entouré de plaques de marbre découpées en dentelle avec inclusions de pierres dures, il y a 43 variétés de pierres; à côté, il y a le cénotaphe de l'empereur. Mais ils sont vides car les restes sont dans la crypte; il parait qu’il y a une petite porte pour y accéder mais je ne l’ai pas trouvée.
J’ai visité le Taj Mahal d’une manière totalement différente par rapport à la première fois; la visite seule, c’est tellement mieux! Encore une fois, faut-il rappeler que je me sens bien. Je ne regretterai jamais d’avoir revisité le Taj Mahal. Comme quoi, la version d’une personne n’est pas nécessairement la bonne et mieux vaut juger par soi-même.
Je reverrai le Taj dans l’après-midi sous d’autres lumières.
La visite se termine et je me rends maintenant à « ITIMAD-UD-DAULAH »
dit le « BABY TAJ ». Ici, ça se corse un peu car on veut me faire payer l’entrée et je suis bien persuadée que le ticket du Taj Mahal est valable donc je négocie fortement jusqu’au moment où les gardiens veulent me conduire chez le « boos » mais je n’écoute rien et continue mon chemin comme si rien n’était. On trouve le «tombeau de Mirza Ghiyas Beg » qui était le vizir de Jahangir. Il date de 1626. C’est le premier monument moghol tout en marbre et pierres semi-précieuses.Dans la chambre funéraire, il y a le cinotaphe de Itimad et son épouse; aux angles, ce sont les cinotaphes de la famille.C’est très joli et vraiment on dirait le Taj Mahal en miniature.
Aujourd’hui, c’est vraiment une grande journée car c’est au tour du « Fort Rouge » qui est une puissante forteresse datant de 1565. On commence la visite par s’engueuler car de nouveau, je ne veux pas payer l’entrée mais à ce moment, je comprends qu’en fait avec le ticket du Taj Mahal, c’est juste les taxes qui sont exclues donc j’ai juste une ristourne. Autant pour moi. Je présente mes excuses les plus plates et continue ma visite en commençant par la rampe des éléphants.
Le fort fait 2,4 km de muraille et me prendra deux bonnes heures pour en faire le tour. Je tourne et retourne dans ce fort en découvrant tour à tour le « palais de Jahangir » construit par Akbar pour son fils Jahangir; c’est un palais hindou en grès rouge. Puis le «Hanz-i-Jahangir ».
Face au palais, il y a un énorme bassin dans un jardin persan quadrillé.
Ensuite, il y a le « palais d‘Akbar, le Khas Mahal » construit par JAHAN en 1636; il est tout en marbre blanc. Le « Mussammam Burg » est construit pour JAHANGIR.
On passe aussi devant le « Diwan-i-Khas » tout en grès rouge, là où Akbar recevait les ministres. Il y a le trône de Jahangir qui tout en marbre noir et celui de Jahan qui tout en marble blanc. Je me promène aussi par le « Mahchi Bhavan » et la « Nagina Masjid », c’est AURANGZEB qui la construit et y retient son père prisonnier. Derrière l’enceinte , on peut apercevoir les différentes couleurs du Taj Mahal.
Sous le porche en grès stuqué de blanc, on entre au « Diwan-i-am » avec la loge impériale en marche blanc où se trouve le trône de SHAH JAHAN. C’est ici que se déroulaient les audiences publiques et où justice était faite; on voit un peu en bas, des dalles de marbre où étaient installés les ministres et grands vizirs. En face, on trouve dans le jardin la tombe de Colvin, le gouverneur anglais mort 1857.
Je passerai aussi devant « Moti Masjid, » appelé aussi mosquée de la Perle, qui se trouve un peu à l’écart du palais, construite par JAHAN vers 1650; il est en marbre blanc et bleu, comprend une salle prières à trois nefs.
J’aperçois aussi « Mina Masjid » qui est la mosquée privée de l’empereur.
Durant ma visite, je vois aussi un bassin où les fidèles faisaient leurs ablutions ainsi qu’une salle de bain géante dans le jardin.
Je terminerais ce grand tour en passant par les ruines où résident des singes un peu agressifs. J’en ai vu un qui essayait d’attraper les jambes d’un homme qui essayait de les photographier. J’ai vu un autre essayer d’ouvrir une petite boite en plastique contenant un petit jouet; il a tout fait, le mâcher, le pincer, l’écraser jusqu’au moment où le petit jouet en plastique sorti de son étui.
En sortant du fort rouge, on aperçoit « jama Masjid » construit entre 1644-1649 par la fille de JAHAN SHAB. Cette mosquée est le centre du vieux AGRA.
Mercredi 3 février 2010: Je quitte la ville d’Agra pour me rendre à MATHURA; lieu de naissance du dieu Krisna. Direction gare où je rencontre un homme de Kota avec qui je resterai un moment en contact par internet. Dieu sait pourquoi, il m’a donné son adresse email alors que notre dialogue était assez laborieux. Le train est à 11H et j’arrive à Mathura à 13H. Krisna est né dans une famille noble de sept enfants et quand le roi voulut les mettre à mort, Krisna fût recueilli par le berger Nanda et alors Vishnu s’incarna en lui. Il a eu une jeunesse turbulente; il était farceur, aimait les jeux amoureux avec les jeunes bergères. C’est pourquoi le Dieu Krisna sera toujours représenté joyeux, entouré de bergères. Mathura est un grand lieu de pélérinage. Je ne m’attarde pas aujourd’hui et vais directement à VRINDAVAM, 15 kilomètres plus loin. Je fais le trajet en rishwash; chemin très laborieux; très mauvais état mais les vertèbres tenant le coup et moi aussi d’ailleurs, nous y arrivons. Krisna aurait passé sa jeunesse ici en compagnie des gopis « les vachères ». Il y a de nombreux pèlerins et de nombreux ashrams tous dédiés à Krisna. Celui où je passerais la nuit est un des plus beau « l’ashram Iskcon » tout en marbre blanc, se trouvant derrière le temple du même nom. Ma chambre est retenue mais on ne me trouve pas dans la liste; en fait, ils ont inscrit mon prénom et je leur donne mon nom. L’histoire étant réglée, le réceptionnniste me remet les clés et me prévient de faire très attention à mes lunettes car les singes en raffolent; dès lors, je compte bien les laisser dans ma poche car mes lunettes progressives me sont précieuses et chères de surcroit. Ma chambre est vraiment correcte; de loin la plus propre de toutes celles que j’ai eues jusqu’à présent. Le matelat un peu fin mais comme ce sont des lits jumeaux, je les empile un sur l’autre. Le moment est venu de découvrir cette ville de Krisna. Je la trouve très agréable de premier abord. Elle est nettement plus petite que les précédentes. Je décide donc de faire le tour des ashrams en compagnie d’un cyclo-richwach. Nous décidons ensemble du tour et en avant, je m’installe. Il n’eut pas le temps de faire un coup de pédale que déjà un singe a attrapé mes lunettes. Horreur. J’ai oublié de les mettre dans ma poche. Je me demanderai toute ma vie comment c’est possible que ce singe ait pu m’enlever les lunettes sans que je ne l’aperçoive et surtout sans que je ne sente quoique ce soit même pas un de ses petits doigts. Ni vu ni connu. Le voilà parti s’amuser en haut d’un mur. A l’entente de mes cris, les passants habitués se doutant tout de suite de ce qu’il se passait, m’ont dit de lancer des bananas; je cours dans tous les sens; pas de bananes que des pommes et des poires. Mais peu importe, je les prends et nous voilà à lancer au singe narguant des pommes et des poires afin qu’ils oublient mes lunettes. Tout à coup, contre toute attente, il les laissent mais les reprend aussitôt pour finalement les laisser contre une poire. Un enfant et un homme gravissent le mur pour récupérer celles-ci. Je les en remercie vivement, me demandant même si sur le coup ne les ai pas embrassé. Cette fois, mes lunettes en poche, nous partons à la découverte des ashrams. J’en fais une partie seule également afin de découvrir un peu plus la population; j’ai encore des petits objets à offrir. Je discute un peu avec une jeune vendeuse à qui je donne mes pantoufles ainsi que des petits jouets à son garçon. Je photographie ces ruelles et je me sens bien. Je suis heureuse d’être là. Je découvre les maisons barricadées de haut en bas pour que les singes ne rentrent pas. C’est spectaculaire. Je visite encore un peu de temples avant de rentrer au mien pour assister à la cérémonie du soir. Je n’avais jamais participé à ce point à un office Krisna. Le vrai. Celui où on se laisse aller, comme tout le monde, à danser, à chanter, à lever les bras vers le ciel, à se coucher à terre; on est pris dans l’ambiance; cette ambiance que j’aime. Je suis obligée de dire que je me sens chez moi. Je suis bien. En sortant du temple, je me promène encore un moment pour admirer le coucher du soleil et faire coudre les bords de mon foulard « Shiva » acheté à Calcutta. L’heure du repas étant maintenant arrivée, c’est à l’ashram même que je dégusterais une assiette végétarienne dont le nom très connu pourtant m’échappe. Repas succulent. J’adore la nourriture végétarienne. Je rentre prendre une douche et préparer mon programme du lendemain. Je m’endors paisiblement. Jeudi 4 février 2010: Après cette bonne nuit, un tchai s’impose, un peu de shopping car je voudrais une nouvelle tenue indienne mais je ne trouve rien qui me plait sûrement parceque je n’ai pas beaucoup de temps avant de repartir. Aujourd’hui sera mon dernier jour en Inde. Je prends un cyclo-rishwach pour traverser la ruelle avec mes bagages afin qu’il me conduise vers un taxi pour me rendre à Mathura. Le jeune homme se propose de m’y conduire en vélo; je refuse puis finalement me dit que ce serait bien intéressant car il garderait mes bagages pendant que je visite le site « Shri Krisna Janmabhoomi ». En avant pour l’aventure, la dernière enfin je croyais,15 kilomètres en cyclo; bonjour les vertèbres; cette fois vais-je tenir le coup; c’est cahotique! Le mot est faible!!! Nous arrivons à Mathura. Je suis toujours entière. Il me pose devant le fabuleux temple où l’on ne peut emmener ni appareil photo, ni portable, rien… Je décide donc de tout lui laisser plutôt que de déposer mes objets à la consigne. Il me dira quelques minutes après qu’il ne peut rester là et s’en ira 500 mètres plus loin avec mes bagages, mes objets personnels et mes chaussures. Mais peu importe, on se revoit dans deux heures. Je suis donc sur le site de « Shri Krishna Janmabhoomi » où s'élève le temple de « Kesava Deo » construit autour d'une petite pièce dans laquelle serait né Krishna il y a 3500 ans. J’ai la chance de trouver cette grotte et d’y accéder grâce à un groupe guidé que je suis en douce car ce site est très grand. D'après la légende, le roi Kansa avait enfermé sa soeur et son mari craignant une prophétie selon laquelle leur fils provoquerait sa mort. Prophétie qui ne manqua pas de se réaliser. Aujourd'hui des milliers de pèlerins se pressent dans ce temple. Sur le même site se trouve la mosquée d'Aurangzeb. Cette proximité entre hindous et musulmans fait que le lieu est très surveillé surtout depuis les affrontements inter communautaires. Le moment est venu de retrouver mon petit chauffeur et c’est pieds nus que je parcours les 500 mètres nous séparant. Quelle fût ma surprise quand je vis qu’il n’y avait pas un seul rishwash à la ronde! Affolée, je revins sur mes pas trouver la police se tenant devant le temple; je leur explique que je n’ai plus rien, que le chauffeur est parti avec tous mes affaires, je suis pieds nus; je suis perdue car c’est aujourd’hui que je rentre et je vais perdre beaucoup de temps avec mes dépositions, etc… Quand tout à coup, un gamin dit à la police avoir vu le garçon au richwash avec mon sac à dos et tout. La police me demande de suivre le garçon. Je pensais bien que c’était pour me conduire au commissariat mais non, le gamin avait vu le chauffeur qui m’attendait de l’autre côté, 500 mètres plus loin effectivement mais de l’autre côté. Je suis contente. Je lui avais prêté mon traducteur; j’ai oublié de le récupérer. Je n’aurais pas le temps d’effectuer une autre visite à Mathura me dit le chauffeur et il me conduit à la gare. Finalement, vu le temps qu’il me restait, j’aurais pu mais il a voulu finir sa journée me semble t’il! Les attentes sur les quais de gare en Inde me plaisent beaucoup, puis-je encore dire que je m’y sens bien, c’est osé mais c’est comme ça. Une petite fille vient faire un numéro d’acrobatie, je lui donne un sou; elle est mignonne. Le train arrivera avec un peu de retard. Je ne suis plus qu’à 60 kilomètres de Delhi. J’arrive à 20h30 à la gare de Delhi et ai des problèmes avec le porteur qui n’est pas content de ce que je lui donne! Je prends un taxi prépaid mais pas de chance, contrôle de police et perte de temps à la gare. Quand enfin, je pus monter dans un auto-rishwash, il ne compris pas ma destination, ne connait pas l’hôtel et m’emmène je ne sais où mais je savais en tout cas que ce n’était pas la bonne direction. Je lui dit. Il ne veut rien entendre. Je téléphone à Raj à trois reprises pour qu’il lui explique le chemin. Il dit qu’il sait mais 1h30 plus tard, je suis toujours dans le taxi. Je menace d’aller à la police mais peu importe, il est têtu. Ce sera le seul personnage qui m’aura vraiment énervé à ce point durant mon voyage. J’arrive à l’hôtel à 21h30 où j’avais réservé une chambre pour me reposer un peu avant de partir pour l’aéroport et y prendre une douche. Heureux que je ne dois pas y passer la nuit tellement il est crado. Je dépose tout en vitesse et file faire du shopping à toute allure car j’ai envie d’un sac à dos; heureusement, le « quartier des sacs » est tout près et je trouve mon bonheur. J’ai encore un peu de temps pour aller manger une assiette végétarienne dont je ne me souviens toujours pas du nom. Je rentre à l’hôtel me doucher et sortir pour attendre Raj qui vient me chercher à 11h30. Tout se passera très bien à l’aéroport et l’avion partira à l’heure; mon arrivée est prévue pour 7h du matin le 6 février 2010 à Bruxelles où ma fille m’attendra avec mes deux petit-fils.
Mon voyage en Inde se termine. C’était le voyage que je voulais faire. Je suis fière de moi. J’ai réalisé mon rêve. Je remercie Alain de m’avoir fait confiance et m’avoir encourager à réaliser ce voyage. Ce voyage n’a été que du bonheur. Il m’a prouvé ce que je savais faire, m’a donné confiance en moi. Déjà je pense au suivant bien que celui-ci devait être le dernier. Au revoir mon Inde. A bientôt pour d’autres aventures. Marie Claire Le 20 mars 2010.
Mercredi 3 février 2010: Je quitte la ville d’Agra pour me rendre à MATHURA; lieu de naissance du dieu Krisna. Direction gare où je rencontre un homme de Kota avec qui je resterai un moment en contact par internet. Dieu sait pourquoi, il m’a donné son adresse email alors que notre dialogue était assez laborieux. Le train est à 11H et j’arrive à Mathura à 13H. Krisna est né dans une famille noble de sept enfants et quand le roi voulut les mettre à mort, Krisna fût recueilli par le berger Nanda et alors Vishnu s’incarna en lui. Il a eu une jeunesse turbulente; il était farceur, aimait les jeux amoureux avec les jeunes bergères. C’est pourquoi le Dieu Krisna sera toujours représenté joyeux, entouré de bergères. Mathura est un grand lieu de pélérinage. Je ne m’attarde pas aujourd’hui et vais directement à VRINDAVAM, 15 kilomètres plus loin. Je fais le trajet en rishwash; chemin très laborieux; très mauvais état mais les vertèbres tenant le coup et moi aussi d’ailleurs, nous y arrivons. Krisna aurait passé sa jeunesse ici en compagnie des gopis « les vachères ». Il y a de nombreux pèlerins et de nombreux ashrams tous dédiés à Krisna. Celui où je passerais la nuit est un des plus beau « l’ashram Iskcon » tout en marbre blanc, se trouvant derrière le temple du même nom. Ma chambre est retenue mais on ne me trouve pas dans la liste; en fait, ils ont inscrit mon prénom et je leur donne mon nom. L’histoire étant réglée, le réceptionnniste me remet les clés et me prévient de faire très attention à mes lunettes car les singes en raffolent; dès lors, je compte bien les laisser dans ma poche car mes lunettes progressives me sont précieuses et chères de surcroit. Ma chambre est vraiment correcte; de loin la plus propre de toutes celles que j’ai eues jusqu’à présent. Le matelat un peu fin mais comme ce sont des lits jumeaux, je les empile un sur l’autre. Le moment est venu de découvrir cette ville de Krisna. Je la trouve très agréable de premier abord. Elle est nettement plus petite que les précédentes. Je décide donc de faire le tour des ashrams en compagnie d’un cyclo-richwach. Nous décidons ensemble du tour et en avant, je m’installe. Il n’eut pas le temps de faire un coup de pédale que déjà un singe a attrapé mes lunettes. Horreur. J’ai oublié de les mettre dans ma poche. Je me demanderai toute ma vie comment c’est possible que ce singe ait pu m’enlever les lunettes sans que je ne l’aperçoive et surtout sans que je ne sente quoique ce soit même pas un de ses petits doigts. Ni vu ni connu. Le voilà parti s’amuser en haut d’un mur. A l’entente de mes cris, les passants habitués se doutant tout de suite de ce qu’il se passait, m’ont dit de lancer des bananas; je cours dans tous les sens; pas de bananes que des pommes et des poires. Mais peu importe, je les prends et nous voilà à lancer au singe narguant des pommes et des poires afin qu’ils oublient mes lunettes. Tout à coup, contre toute attente, il les laissent mais les reprend aussitôt pour finalement les laisser contre une poire. Un enfant et un homme gravissent le mur pour récupérer celles-ci. Je les en remercie vivement, me demandant même si sur le coup ne les ai pas embrassé. Cette fois, mes lunettes en poche, nous partons à la découverte des ashrams. J’en fais une partie seule également afin de découvrir un peu plus la population; j’ai encore des petits objets à offrir. Je discute un peu avec une jeune vendeuse à qui je donne mes pantoufles ainsi que des petits jouets à son garçon. Je photographie ces ruelles et je me sens bien. Je suis heureuse d’être là. Je découvre les maisons barricadées de haut en bas pour que les singes ne rentrent pas. C’est spectaculaire. Je visite encore un peu de temples avant de rentrer au mien pour assister à la cérémonie du soir. Je n’avais jamais participé à ce point à un office Krisna. Le vrai. Celui où on se laisse aller, comme tout le monde, à danser, à chanter, à lever les bras vers le ciel, à se coucher à terre; on est pris dans l’ambiance; cette ambiance que j’aime. Je suis obligée de dire que je me sens chez moi. Je suis bien. En sortant du temple, je me promène encore un moment pour admirer le coucher du soleil et faire coudre les bords de mon foulard « Shiva » acheté à Calcutta. L’heure du repas étant maintenant arrivée, c’est à l’ashram même que je dégusterais une assiette végétarienne dont le nom très connu pourtant m’échappe. Repas succulent. J’adore la nourriture végétarienne. Je rentre prendre une douche et préparer mon programme du lendemain. Je m’endors paisiblement. Jeudi 4 février 2010: Après cette bonne nuit, un tchai s’impose, un peu de shopping car je voudrais une nouvelle tenue indienne mais je ne trouve rien qui me plait sûrement parceque je n’ai pas beaucoup de temps avant de repartir. Aujourd’hui sera mon dernier jour en Inde. Je prends un cyclo-rishwach pour traverser la ruelle avec mes bagages afin qu’il me conduise vers un taxi pour me rendre à Mathura. Le jeune homme se propose de m’y conduire en vélo; je refuse puis finalement me dit que ce serait bien intéressant car il garderait mes bagages pendant que je visite le site « Shri Krisna Janmabhoomi ». En avant pour l’aventure, la dernière enfin je croyais,15 kilomètres en cyclo; bonjour les vertèbres; cette fois vais-je tenir le coup; c’est cahotique! Le mot est faible!!! Nous arrivons à Mathura. Je suis toujours entière. Il me pose devant le fabuleux temple où l’on ne peut emmener ni appareil photo, ni portable, rien… Je décide donc de tout lui laisser plutôt que de déposer mes objets à la consigne. Il me dira quelques minutes après qu’il ne peut rester là et s’en ira 500 mètres plus loin avec mes bagages, mes objets personnels et mes chaussures. Mais peu importe, on se revoit dans deux heures. Je suis donc sur le site de « Shri Krishna Janmabhoomi » où s'élève le temple de « Kesava Deo » construit autour d'une petite pièce dans laquelle serait né Krishna il y a 3500 ans. J’ai la chance de trouver cette grotte et d’y accéder grâce à un groupe guidé que je suis en douce car ce site est très grand. D'après la légende, le roi Kansa avait enfermé sa soeur et son mari craignant une prophétie selon laquelle leur fils provoquerait sa mort. Prophétie qui ne manqua pas de se réaliser. Aujourd'hui des milliers de pèlerins se pressent dans ce temple. Sur le même site se trouve la mosquée d'Aurangzeb. Cette proximité entre hindous et musulmans fait que le lieu est très surveillé surtout depuis les affrontements inter communautaires. Le moment est venu de retrouver mon petit chauffeur et c’est pieds nus que je parcours les 500 mètres nous séparant. Quelle fût ma surprise quand je vis qu’il n’y avait pas un seul rishwash à la ronde! Affolée, je revins sur mes pas trouver la police se tenant devant le temple; je leur explique que je n’ai plus rien, que le chauffeur est parti avec tous mes affaires, je suis pieds nus; je suis perdue car c’est aujourd’hui que je rentre et je vais perdre beaucoup de temps avec mes dépositions, etc… Quand tout à coup, un gamin dit à la police avoir vu le garçon au richwash avec mon sac à dos et tout. La police me demande de suivre le garçon. Je pensais bien que c’était pour me conduire au commissariat mais non, le gamin avait vu le chauffeur qui m’attendait de l’autre côté, 500 mètres plus loin effectivement mais de l’autre côté. Je suis contente. Je lui avais prêté mon traducteur; j’ai oublié de le récupérer. Je n’aurais pas le temps d’effectuer une autre visite à Mathura me dit le chauffeur et il me conduit à la gare. Finalement, vu le temps qu’il me restait, j’aurais pu mais il a voulu finir sa journée me semble t’il! Les attentes sur les quais de gare en Inde me plaisent beaucoup, puis-je encore dire que je m’y sens bien, c’est osé mais c’est comme ça. Une petite fille vient faire un numéro d’acrobatie, je lui donne un sou; elle est mignonne. Le train arrivera avec un peu de retard. Je ne suis plus qu’à 60 kilomètres de Delhi. J’arrive à 20h30 à la gare de Delhi et ai des problèmes avec le porteur qui n’est pas content de ce que je lui donne! Je prends un taxi prépaid mais pas de chance, contrôle de police et perte de temps à la gare. Quand enfin, je pus monter dans un auto-rishwash, il ne compris pas ma destination, ne connait pas l’hôtel et m’emmène je ne sais où mais je savais en tout cas que ce n’était pas la bonne direction. Je lui dit. Il ne veut rien entendre. Je téléphone à Raj à trois reprises pour qu’il lui explique le chemin. Il dit qu’il sait mais 1h30 plus tard, je suis toujours dans le taxi. Je menace d’aller à la police mais peu importe, il est têtu. Ce sera le seul personnage qui m’aura vraiment énervé à ce point durant mon voyage. J’arrive à l’hôtel à 21h30 où j’avais réservé une chambre pour me reposer un peu avant de partir pour l’aéroport et y prendre une douche. Heureux que je ne dois pas y passer la nuit tellement il est crado. Je dépose tout en vitesse et file faire du shopping à toute allure car j’ai envie d’un sac à dos; heureusement, le « quartier des sacs » est tout près et je trouve mon bonheur. J’ai encore un peu de temps pour aller manger une assiette végétarienne dont je ne me souviens toujours pas du nom. Je rentre à l’hôtel me doucher et sortir pour attendre Raj qui vient me chercher à 11h30. Tout se passera très bien à l’aéroport et l’avion partira à l’heure; mon arrivée est prévue pour 7h du matin le 6 février 2010 à Bruxelles où ma fille m’attendra avec mes deux petit-fils.
Mon voyage en Inde se termine. C’était le voyage que je voulais faire. Je suis fière de moi. J’ai réalisé mon rêve. Je remercie Alain de m’avoir fait confiance et m’avoir encourager à réaliser ce voyage. Ce voyage n’a été que du bonheur. Il m’a prouvé ce que je savais faire, m’a donné confiance en moi. Déjà je pense au suivant bien que celui-ci devait être le dernier. Au revoir mon Inde. A bientôt pour d’autres aventures. Marie Claire Le 20 mars 2010.
Quelle place prend l'Inde dans votre vie quotidienne? English translation pending
Salut! Petite question pour les fous de l'inde donc...quelle place prend ce pays, ces habitants et sa culture dans votre vie?..les gens qui n'y sont jamais aller ont le droit de repondre aussi!!
Pour ma part l'inde c d'abord un rêve d'ado et oui ça fait très cliché mais je ne pense pas être le seul dans ce cas....j'ai eu l'occasion de pas mal bouger dans ma vie (même si c'est bien peut par rapport au 'palmares' de certain membre de vf) , mais je n'ai effectuer mon premier voyage en inde que l'année derniere et j'y repart pour trois mois cette annéé (j'ai 30 ans).......
2 fois j'ai faillit partir entre 20 et 25 ans mais je n'y suis pas aller...en y repensant maintenant, ces faux departs etaient certainement de l'autoprotection car a l'epoque j'etais toxicomane et dieu seul sait qu'elle conneries j'aurais pu faire la- bas!!
Mon premier contact avec l'inde, c'etait en la survolant pour aller en thailande et rarement mon coeur a autant battu la chamade dans ma poitrine!!
En arrivant a dehli l'année dernière je me sentais bien...super bien je suis arriver vers 7h du mat dans un pahar ganj desert en tong les deux pied dans la merde mais heureux comme un roi! le peut d'apprehension que j'avais pu avoir pendant la preparation de mon voyage avaient disparus! je suis descendu de mon taxi, me suis marer de voir les rabateurs me vanter les merites de leur guest, me suis pris un tchai en me demandent pourquoi j'avais attendu si longtemp pour sauter le pas !!et maintenant j'attend le mois d'aout avec impatience pour y retourner...je ne prepare rien mais j'attend encore et encore mes trois mois de vagabondage...!!!!!
Dans ma vie quotidienne l'inde , c'est le tchai que je me prepare en rentrant du taf...l'encens que je brûle devant mes petites statuettes (ça aussi c bien cliché) la musique que j'ecoute et ces melodies que je retourne dans ma tête (essayer d'oublier la douce melodie venant de ces quelque femmes qui chantaient ganga maata au bord du gange a varanasi..) et ces questions sur mes reactions ou non reactions d'ailleur par rapport a toutes ces situations que l'ont peut vivre et sentir dans cette amazing india!!! Bref pour moi l'inde c une explosion de sentiment qui bouillonne dans ma tête et qui me fait me sentir bien et qui m'aide a aimer encore plus la vie et a avancer tous les jours!!!
hare krhisna hare rama et merci pour votre attention (j'espere que je suis pas trop pompeux!!!)
Pour ma part l'inde c d'abord un rêve d'ado et oui ça fait très cliché mais je ne pense pas être le seul dans ce cas....j'ai eu l'occasion de pas mal bouger dans ma vie (même si c'est bien peut par rapport au 'palmares' de certain membre de vf) , mais je n'ai effectuer mon premier voyage en inde que l'année derniere et j'y repart pour trois mois cette annéé (j'ai 30 ans).......
2 fois j'ai faillit partir entre 20 et 25 ans mais je n'y suis pas aller...en y repensant maintenant, ces faux departs etaient certainement de l'autoprotection car a l'epoque j'etais toxicomane et dieu seul sait qu'elle conneries j'aurais pu faire la- bas!!
Mon premier contact avec l'inde, c'etait en la survolant pour aller en thailande et rarement mon coeur a autant battu la chamade dans ma poitrine!!
En arrivant a dehli l'année dernière je me sentais bien...super bien je suis arriver vers 7h du mat dans un pahar ganj desert en tong les deux pied dans la merde mais heureux comme un roi! le peut d'apprehension que j'avais pu avoir pendant la preparation de mon voyage avaient disparus! je suis descendu de mon taxi, me suis marer de voir les rabateurs me vanter les merites de leur guest, me suis pris un tchai en me demandent pourquoi j'avais attendu si longtemp pour sauter le pas !!et maintenant j'attend le mois d'aout avec impatience pour y retourner...je ne prepare rien mais j'attend encore et encore mes trois mois de vagabondage...!!!!!
Dans ma vie quotidienne l'inde , c'est le tchai que je me prepare en rentrant du taf...l'encens que je brûle devant mes petites statuettes (ça aussi c bien cliché) la musique que j'ecoute et ces melodies que je retourne dans ma tête (essayer d'oublier la douce melodie venant de ces quelque femmes qui chantaient ganga maata au bord du gange a varanasi..) et ces questions sur mes reactions ou non reactions d'ailleur par rapport a toutes ces situations que l'ont peut vivre et sentir dans cette amazing india!!! Bref pour moi l'inde c une explosion de sentiment qui bouillonne dans ma tête et qui me fait me sentir bien et qui m'aide a aimer encore plus la vie et a avancer tous les jours!!!
hare krhisna hare rama et merci pour votre attention (j'espere que je suis pas trop pompeux!!!)
Carnet de voyage en Birmanie du 13 janvier au 5 février 2010: 4e partie English translation pending
J'ai fait un agréable voyage en Birmanie avec mon mari; voici les photos => ICI
Les birmans sont des gens très gentils, toujours ponctuels, calmes, accueillants et fiables; nous avons voyagé totalement en individuel, tout en ayant réservé les vols intérieurs avec White Lotus.
Nous avons visité successivement Yangon, Mandalay, Bagan, Inlé et de nouveau Yangon et Bago
- première partie : Yangon : du 13 Janvier au 15 Janvier 2010 => ICI
- deuxième partie : Mandalay et ses environs : du 16 Janvier au 21 Janvier 2010 => ICI
- troisième partie : Monywa : du 22 Janvier au 23 Janvier 2010 => ICI
- quatrième partie: Bagan (Nyaung U) : du 24 Janvier au 27 Janvier 2010
- cinquième partie: Inlé (Nyaungshwe) : du 28 Janvier au 31 Janvier 2010 => ICI
- sixième partie : Yangon : du 1 Février au 4 Février 2010 => ICI
Monywa-Nyaung U : 24 janvier
Notre mototaxi pour aller à la gare de monywa (2000k) arrive à l'heure dite, mais ce n'était pas la peine de la réserver, il y en avait déjà trois qui attendaient devant l'hôtel. Notre conducteur nous guide vers le guichet des bus pour Pakokku, départ à 6h1/2;trajet de 3h1/2 (avec halte à mi-parcours)(1400k/p.)sympathique; des gens montent et descendent, des colis sont montés sur le bus et descendus à un autre arrêt; Paou paou ! crie notre aide-chauffeur pendant tout le trajet. Des gens à tour de rôle sentent des morceaux de thanakha apportés dans un grand panier A Pakokku, il n'y a que des trishaws pour nous emmener à l'embarcadère du ferry pour Nyaung U qui est quand même à 4km (2400k pour deux trishaws); heureusement nous voyageons léger et notre conducteur est musclé !; tous les hôtels font la lessive, c'est inutile de se surcharger de bagages ! Nous arrivons à 10h1/2 pour le ferry de 13h; (3000k/p.)nous serons rejoints par quatre touristes qui ont pris le bus de 8h1/2. Une petite bière et des cacahuètes(payantes), apportés par le gamin de la boutique voisine(rien d'autre ici), tout en étant assiégés par les vendeuses de tissus ! Trajet en agréable en ferry, à part mon voisin qui crache son bétel, sous mes yeux, par la fenêtre sur le bord du bateau qui est tout rouge ! Il change de place, et Michel en profite pour prendre sa place et me donner une meilleure vue ! Un des touristes paraît bien fiévreux ! A notre arrivée, nous sommes assiégés, par une nuée de jeunes cochers ou rabatteurs qui rendent par les fenêtres du bateau et tentent d'attraper nos valises. Nous avons demandé à l'hôtel New Park de venir nous chercher. A notre surprise, c'est une horsecart ! qui vient nous chercher (transport gratuit proposé par l'hôtel) c'est très inconfortable et je crains pour l'avenir ! Je ne me vois pas passer une journée comme cela ! L'hôtel est agréable et tranche avec celui de Monywa ! Nous avons un petit bungalow et une petite terrasse donnant sur une cour un peu fleurie. Nous avons même une baignoire, ce qui nous évitera de nous mouiller les pieds chaque fois que nous allons aux toilettes, comme c'est le cas dans tous les autres hôtels où nous sommes descendus; une petite pause star cola à l'hôtel (300k la bouteille) Ils ont bien un frigo dans les hôtels, mais comme souvent, il n'y a pas d'électricité, il ne nous sera pas très utile ! Un petit tour pour visiter la Shwezigon, nous rencontrons des français qui ont visité une partie des temples à pied et nous donnent des tuyaux. nous allons dîner au Bibo où nous sommes accueillis très gentiment par le jeune gérant: bon jus de fruits (enfin!), menu à 3500k /p. avec soupe de tomates, salade de légumes, curry de poulet, riz et délicieuses tranches fines de tamarin séché sucrées., tout en écoutant de la musique traditionnelle birmane, harpe. Le gérant me le copiera gentiment pour 1000k. Enfin, une bonne douche d'eau chaude. A Nyaung U, on respire !
Nyaung U:25 janvier
Réveil un peu matinal à cause du bruit des cuisines. Nous prenons le petit déjeuner dans le restaurant de la terrasse voisine: fruits, œufs, toasts, confiture/beurre, café ou bon thé noir. Nous trouvons un pick-up sur la Main Rd, en face de la rue des restaurants qui nous emmène à Old Bagan; nous occupons les places de devant à coté du chauffeur (2000k pour nous deux) Il n'y a plus que des vieux temples à Old Bagan et très peu de maisons : thatbyinnyu, kyaung nathlaung, gawawpalin, bupaya (près du fleuve) mahaboddhi. Toujours les mêmes bouddhas.et il faut toujours enlever ses chaussures, attention aux pieds, en général ils ne disent trop rien quand vous refusez d'enlever vos chaussettes, mais elles doivent être solides; moi j'ai préféré endurcir mes pieds avec la pommade nok de akiléine sports, et cela a été très efficace (commencer le traitement trois semaines avant de partir) mais j'en connais un qui s'est bien entamé le dessous du pied !! le matin, la température est agréable pour visiter ces temples. Visite du temple Ananda impressionnant par ses grandes galeries et ses nombreux bouddhas, Ananda Kyaung et ses fresques. Remarque : ils vendent des Tshirts du Myanmar qui sont fabriqués au Bangladesh, cela ne coûte presque rien, je me demande ce que cela peut rapporter à ceux qui les fabriquent, les pauvres ! Je ne décrirai pas les temples, lisez le Lonely Planet ! enfin une petite pause agréable au restaurant The moon situé au nord du temple Ananda, od Bagan) où Mopa, guide et pour l'instant serveur, nous assiège pour nous proposer ses services, il emmène les gens à vélo, et je préfère mes pieds. On nous propose des chaises longues pour nous reposer. Nous revenons à pied sur Nyaung U, nous croisons des troupeaux de chèvres mêlés à des vaches sur le chemin, nous voyons des petits temples dont les deux bouddhas semi-couchés sont disposés en angle nous visitons les temples Upali Thein, (fresques), Htilominlo, on discute avec des sculpteurs sur bois, on s'arrête au Nanda Rt pour s'informer sur le spectacle de marionnettes, il nous indique le chemin pour Gubyaukgyi; nous rentrons par l'express road déserte, interdite aux calèches et aux trottoirs pénibles pour les piétons. Nous dînons encore au Bibo; le gérant propose de me graver le cd de harpe trad qu'il diffuse dans son restaurant, sympa ! Pas d'eau chaude ce soir.
Nyaung U:26 janvier
L'électricité est coupée dès 7h ce matin on prend un pick up pour aller au temple Abeydana qui est au sud de Myinkaba, nous verrons aussi payaNan, paya Manuha, Gubyaukgyi (pas le même qu'hier !), Mingalazedi C'est agréable de se promener à bagan ! Moi qui n'aime pas les ruines, ici, c'est différent;Et puis en passant on peut aider les femmes à puiser l'eau de pluie ou répondre aux hello, where are you from .Ils sont toujours gentils et souriants ! On visite les ateliers de laque Golden Cuckoo, où environ 25 personnes sont entrain de travailler les laques (à différents stades)! Chez Family LacquewareWorkshop, j'achète un petit vase pour 5 doll..Art gallery of Bagan a une plus belle boutique. Nulle part, on ne vous force à acheter et le sourire est toujours présent !
La fabrication des laques
La région de Bagan, plus précisément dans le village de Myinkaba, est spécialisée dans la fabrication de laques traditionnelles. Les méthodes sont ancestrales et les petits ateliers ont hérité leur savoir-faire et leurs modèles depuis plusieurs générations. Les objets laqués vont du simple bol jusqu'aux meubles aux dimensions impressionnantes. Les supports donnent la forme finale de l'objet: ils sont réalisés en bambou tressé pour les objets rigides de petite dimension (bol, boîte, pot...) en fibre de bois et crin de cheval tressé pour les objets souples ou bien en teck pour les meubles. La résine noire base de la laque provient d'un arbre. On applique une première couche de cette résine, on laisse sécher pendant trois semaines, on polit l'objet pour obtenir une surface lisse puis on recommence pour la deuxième couche, la troisième etc.. jusqu'à sept couches pour une laque de deuxième qualité et plus encore, jusqu'à quatorze couches pour une laque de première qualité. En général les objets sont décorés de motifs géométriques ou figuratifs de couleurs (jusqu'à trois rouge, vert, orange). Les colorants utilisés sont soit chimiques soit, pour les laques traditionnelles de Bagan, obtenus par des poudres de pierre de couleur. Une fois l'objet laqué noir réalisé on grave les motifs de première couleur et des peintres minutieux (en général des femmes) appliquent au pinceau la première couleur, on laisse sécher, on grave les motifs de deuxième couleur on polit puis on applique de la même manière la deuxième couleur et on recommence le cycle pour la troisième couleur. Le temps de réalisation peut ainsi aller de six mois à dix huit mois.
On prend un star cola à Metkingi (300k) Un cycliste fan deZidane, universellement connu en Asie nous arrête un pick up, pour rentrer où nous voyageons serrés entre des dames birmanes qui nous font gentiment de la place; le mari de ma voisine « gularose »est professeur d'anglais, nous discutons, je lui offre une carte postale de Paris, elle m'invite chez elle le lendemain soir, elle habite près de la Shwezigon mais où? J'espère qu'elle n'a rien préparé ! Elle nous a fait baissé le prix du pick up (500k pour nous deux !) Une bonne douche, un lavage de socquettes et nous voilà partis en calèche voir le coucher de soleil de Buledi, avec le cocher de New park «zaw zaw» (4000k quand même); ici il n'y a pas assez de touristes et pas assez de travail pour les cochers et les enfants vendeurs de cartes postales qui ont absolument besoin de vendre «une» série pour aider leur famille. Mais je ne peux pas les satisfaire tous ! Le Buledi se mérite, il faut gravir des marches un peu abruptes, et là haut aussi, vous aurez deux petits marchands de cartes postales insistants qui ne vous lâcheront pas, mais on les a déjà acheté les cartes postales, regarde, mais il n'y a rien à faire ! Bof, le coucher de soleil n'est pas extra, notre cocher nous laisse au Nanda rt où le dîner avec spectacle de marionnettes se passe dans un cadre bien agréable. (16 500k pour deux p.dont 4500k le plat et 1500k la pancake banane plus 20% de service, pas de service pour les boissons; notons que le service est souvent inclus, mais parfois ce n'est pas précisé)Nous rentrons à pied. Au Bibo, sont installés les français que nous avons vu le premier jour à la Shwezigon, ils ont passé une grande journée d'aventure en allant en pick up au Mont Popa, leur voiture a crevé, mais l'aide locale a été géniale.
Nyaung U:27 janvier
Journée calme pour nous aujourd'hui;nous allons flâner au marché, j'en profite pour acheter des Tshirts, des nonnes en rose défilent, un plateau sur leur tête pour recueillir leur riz(non cuit pour elles, mais cuit pour les bonzes, toujours la ségrégation féminine !) le marché de fruits-légumes de Nyaung U est très coloré et bien installé, c'est le marché que nous aurons le plus apprécié, à ce point de vue, le plus vivant étant celui de Nyaungshwé (Inlé) Un peu de change au marché, un petit tour près du fleuve, un passage envoi de cartes à la poste et nous allons déjeuner ....
Le restaurant était très bruyant, car c'était le début du festival de la petite pagode voisine, et la sono est assourdissante; Il n'y avait pas grand chose d'intéressant, les enfants montent sur les chinthe qui gardent la pagode, des femmes préparent du bétel, des jeunes vont jouer au volley-ball. Des femmes, bien habillées, en uniforme marron, prient dans la pagode. Nous parcourons les boutiques de la rue des restaurants : un artiste arrive à peindre à l'intérieur des bouteilles, des femmes peignent avec du sable dilué des toiles de coton destinées à être peintes. Nous voyons des peintures et des graveurs sur bois.
Ce soir nous allons dîner à Aroma 2, 14 clients, tout Nyaung U se retrouve ici ! Le patron, hyperactif n'arrête pas de scander « no good, no pay », mais c'est très bon ! Au menu : pappadum avec bière, chicken masala et poulet au lait de coco (bien fourni, mais pas assez pimenté à mon goût) servis avec du riz et des condiments sur une feuille de bananier.
Monywa-Nyaung U : 24 janvier
Notre mototaxi pour aller à la gare de monywa (2000k) arrive à l'heure dite, mais ce n'était pas la peine de la réserver, il y en avait déjà trois qui attendaient devant l'hôtel. Notre conducteur nous guide vers le guichet des bus pour Pakokku, départ à 6h1/2;trajet de 3h1/2 (avec halte à mi-parcours)(1400k/p.)sympathique; des gens montent et descendent, des colis sont montés sur le bus et descendus à un autre arrêt; Paou paou ! crie notre aide-chauffeur pendant tout le trajet. Des gens à tour de rôle sentent des morceaux de thanakha apportés dans un grand panier A Pakokku, il n'y a que des trishaws pour nous emmener à l'embarcadère du ferry pour Nyaung U qui est quand même à 4km (2400k pour deux trishaws); heureusement nous voyageons léger et notre conducteur est musclé !; tous les hôtels font la lessive, c'est inutile de se surcharger de bagages ! Nous arrivons à 10h1/2 pour le ferry de 13h; (3000k/p.)nous serons rejoints par quatre touristes qui ont pris le bus de 8h1/2. Une petite bière et des cacahuètes(payantes), apportés par le gamin de la boutique voisine(rien d'autre ici), tout en étant assiégés par les vendeuses de tissus ! Trajet en agréable en ferry, à part mon voisin qui crache son bétel, sous mes yeux, par la fenêtre sur le bord du bateau qui est tout rouge ! Il change de place, et Michel en profite pour prendre sa place et me donner une meilleure vue ! Un des touristes paraît bien fiévreux ! A notre arrivée, nous sommes assiégés, par une nuée de jeunes cochers ou rabatteurs qui rendent par les fenêtres du bateau et tentent d'attraper nos valises. Nous avons demandé à l'hôtel New Park de venir nous chercher. A notre surprise, c'est une horsecart ! qui vient nous chercher (transport gratuit proposé par l'hôtel) c'est très inconfortable et je crains pour l'avenir ! Je ne me vois pas passer une journée comme cela ! L'hôtel est agréable et tranche avec celui de Monywa ! Nous avons un petit bungalow et une petite terrasse donnant sur une cour un peu fleurie. Nous avons même une baignoire, ce qui nous évitera de nous mouiller les pieds chaque fois que nous allons aux toilettes, comme c'est le cas dans tous les autres hôtels où nous sommes descendus; une petite pause star cola à l'hôtel (300k la bouteille) Ils ont bien un frigo dans les hôtels, mais comme souvent, il n'y a pas d'électricité, il ne nous sera pas très utile ! Un petit tour pour visiter la Shwezigon, nous rencontrons des français qui ont visité une partie des temples à pied et nous donnent des tuyaux. nous allons dîner au Bibo où nous sommes accueillis très gentiment par le jeune gérant: bon jus de fruits (enfin!), menu à 3500k /p. avec soupe de tomates, salade de légumes, curry de poulet, riz et délicieuses tranches fines de tamarin séché sucrées., tout en écoutant de la musique traditionnelle birmane, harpe. Le gérant me le copiera gentiment pour 1000k. Enfin, une bonne douche d'eau chaude. A Nyaung U, on respire !
Nyaung U:25 janvier
Réveil un peu matinal à cause du bruit des cuisines. Nous prenons le petit déjeuner dans le restaurant de la terrasse voisine: fruits, œufs, toasts, confiture/beurre, café ou bon thé noir. Nous trouvons un pick-up sur la Main Rd, en face de la rue des restaurants qui nous emmène à Old Bagan; nous occupons les places de devant à coté du chauffeur (2000k pour nous deux) Il n'y a plus que des vieux temples à Old Bagan et très peu de maisons : thatbyinnyu, kyaung nathlaung, gawawpalin, bupaya (près du fleuve) mahaboddhi. Toujours les mêmes bouddhas.et il faut toujours enlever ses chaussures, attention aux pieds, en général ils ne disent trop rien quand vous refusez d'enlever vos chaussettes, mais elles doivent être solides; moi j'ai préféré endurcir mes pieds avec la pommade nok de akiléine sports, et cela a été très efficace (commencer le traitement trois semaines avant de partir) mais j'en connais un qui s'est bien entamé le dessous du pied !! le matin, la température est agréable pour visiter ces temples. Visite du temple Ananda impressionnant par ses grandes galeries et ses nombreux bouddhas, Ananda Kyaung et ses fresques. Remarque : ils vendent des Tshirts du Myanmar qui sont fabriqués au Bangladesh, cela ne coûte presque rien, je me demande ce que cela peut rapporter à ceux qui les fabriquent, les pauvres ! Je ne décrirai pas les temples, lisez le Lonely Planet ! enfin une petite pause agréable au restaurant The moon situé au nord du temple Ananda, od Bagan) où Mopa, guide et pour l'instant serveur, nous assiège pour nous proposer ses services, il emmène les gens à vélo, et je préfère mes pieds. On nous propose des chaises longues pour nous reposer. Nous revenons à pied sur Nyaung U, nous croisons des troupeaux de chèvres mêlés à des vaches sur le chemin, nous voyons des petits temples dont les deux bouddhas semi-couchés sont disposés en angle nous visitons les temples Upali Thein, (fresques), Htilominlo, on discute avec des sculpteurs sur bois, on s'arrête au Nanda Rt pour s'informer sur le spectacle de marionnettes, il nous indique le chemin pour Gubyaukgyi; nous rentrons par l'express road déserte, interdite aux calèches et aux trottoirs pénibles pour les piétons. Nous dînons encore au Bibo; le gérant propose de me graver le cd de harpe trad qu'il diffuse dans son restaurant, sympa ! Pas d'eau chaude ce soir.
Nyaung U:26 janvier
L'électricité est coupée dès 7h ce matin on prend un pick up pour aller au temple Abeydana qui est au sud de Myinkaba, nous verrons aussi payaNan, paya Manuha, Gubyaukgyi (pas le même qu'hier !), Mingalazedi C'est agréable de se promener à bagan ! Moi qui n'aime pas les ruines, ici, c'est différent;Et puis en passant on peut aider les femmes à puiser l'eau de pluie ou répondre aux hello, where are you from .Ils sont toujours gentils et souriants ! On visite les ateliers de laque Golden Cuckoo, où environ 25 personnes sont entrain de travailler les laques (à différents stades)! Chez Family LacquewareWorkshop, j'achète un petit vase pour 5 doll..Art gallery of Bagan a une plus belle boutique. Nulle part, on ne vous force à acheter et le sourire est toujours présent !
La fabrication des laques
La région de Bagan, plus précisément dans le village de Myinkaba, est spécialisée dans la fabrication de laques traditionnelles. Les méthodes sont ancestrales et les petits ateliers ont hérité leur savoir-faire et leurs modèles depuis plusieurs générations. Les objets laqués vont du simple bol jusqu'aux meubles aux dimensions impressionnantes. Les supports donnent la forme finale de l'objet: ils sont réalisés en bambou tressé pour les objets rigides de petite dimension (bol, boîte, pot...) en fibre de bois et crin de cheval tressé pour les objets souples ou bien en teck pour les meubles. La résine noire base de la laque provient d'un arbre. On applique une première couche de cette résine, on laisse sécher pendant trois semaines, on polit l'objet pour obtenir une surface lisse puis on recommence pour la deuxième couche, la troisième etc.. jusqu'à sept couches pour une laque de deuxième qualité et plus encore, jusqu'à quatorze couches pour une laque de première qualité. En général les objets sont décorés de motifs géométriques ou figuratifs de couleurs (jusqu'à trois rouge, vert, orange). Les colorants utilisés sont soit chimiques soit, pour les laques traditionnelles de Bagan, obtenus par des poudres de pierre de couleur. Une fois l'objet laqué noir réalisé on grave les motifs de première couleur et des peintres minutieux (en général des femmes) appliquent au pinceau la première couleur, on laisse sécher, on grave les motifs de deuxième couleur on polit puis on applique de la même manière la deuxième couleur et on recommence le cycle pour la troisième couleur. Le temps de réalisation peut ainsi aller de six mois à dix huit mois.
On prend un star cola à Metkingi (300k) Un cycliste fan deZidane, universellement connu en Asie nous arrête un pick up, pour rentrer où nous voyageons serrés entre des dames birmanes qui nous font gentiment de la place; le mari de ma voisine « gularose »est professeur d'anglais, nous discutons, je lui offre une carte postale de Paris, elle m'invite chez elle le lendemain soir, elle habite près de la Shwezigon mais où? J'espère qu'elle n'a rien préparé ! Elle nous a fait baissé le prix du pick up (500k pour nous deux !) Une bonne douche, un lavage de socquettes et nous voilà partis en calèche voir le coucher de soleil de Buledi, avec le cocher de New park «zaw zaw» (4000k quand même); ici il n'y a pas assez de touristes et pas assez de travail pour les cochers et les enfants vendeurs de cartes postales qui ont absolument besoin de vendre «une» série pour aider leur famille. Mais je ne peux pas les satisfaire tous ! Le Buledi se mérite, il faut gravir des marches un peu abruptes, et là haut aussi, vous aurez deux petits marchands de cartes postales insistants qui ne vous lâcheront pas, mais on les a déjà acheté les cartes postales, regarde, mais il n'y a rien à faire ! Bof, le coucher de soleil n'est pas extra, notre cocher nous laisse au Nanda rt où le dîner avec spectacle de marionnettes se passe dans un cadre bien agréable. (16 500k pour deux p.dont 4500k le plat et 1500k la pancake banane plus 20% de service, pas de service pour les boissons; notons que le service est souvent inclus, mais parfois ce n'est pas précisé)Nous rentrons à pied. Au Bibo, sont installés les français que nous avons vu le premier jour à la Shwezigon, ils ont passé une grande journée d'aventure en allant en pick up au Mont Popa, leur voiture a crevé, mais l'aide locale a été géniale.
Nyaung U:27 janvier
Journée calme pour nous aujourd'hui;nous allons flâner au marché, j'en profite pour acheter des Tshirts, des nonnes en rose défilent, un plateau sur leur tête pour recueillir leur riz(non cuit pour elles, mais cuit pour les bonzes, toujours la ségrégation féminine !) le marché de fruits-légumes de Nyaung U est très coloré et bien installé, c'est le marché que nous aurons le plus apprécié, à ce point de vue, le plus vivant étant celui de Nyaungshwé (Inlé) Un peu de change au marché, un petit tour près du fleuve, un passage envoi de cartes à la poste et nous allons déjeuner ....
Le restaurant était très bruyant, car c'était le début du festival de la petite pagode voisine, et la sono est assourdissante; Il n'y avait pas grand chose d'intéressant, les enfants montent sur les chinthe qui gardent la pagode, des femmes préparent du bétel, des jeunes vont jouer au volley-ball. Des femmes, bien habillées, en uniforme marron, prient dans la pagode. Nous parcourons les boutiques de la rue des restaurants : un artiste arrive à peindre à l'intérieur des bouteilles, des femmes peignent avec du sable dilué des toiles de coton destinées à être peintes. Nous voyons des peintures et des graveurs sur bois.
Ce soir nous allons dîner à Aroma 2, 14 clients, tout Nyaung U se retrouve ici ! Le patron, hyperactif n'arrête pas de scander « no good, no pay », mais c'est très bon ! Au menu : pappadum avec bière, chicken masala et poulet au lait de coco (bien fourni, mais pas assez pimenté à mon goût) servis avec du riz et des condiments sur une feuille de bananier.
Alimentation en Inde English translation pending
Bonjour a tous!
je suis en plein preparatif pour un depart en Inde tres bientot. j'ai lu plusieurs avis où il est di que la nourriture en Inde a certe bon gout, mais qu'elle est pauvre nutritivement parlant, et que si on part pour long terme que des pti plus vitaminés sont conseillés Etant fan d'amande et autre fruit sec, et comme je sais que c'est plein de bonne chose, je compté comblé avec ca.
Probleme je ne sais pas si sa ce cultive et donc si ca se trouve facilement labas. et si oui si on peu les manger comme Ca, ou si sa pause probleme comme avec les crudité et les fruits non epluchés. Je vous pause donc la question.
Peut-on trouver facilement des amandes, noisettes, noix... partour dans le pays et a toutes les saisons, et faut-il les bouillirs avant, ou peut-on manger ca comme ca.
Merci aux gourmands et gourmandes
fred
je suis en plein preparatif pour un depart en Inde tres bientot. j'ai lu plusieurs avis où il est di que la nourriture en Inde a certe bon gout, mais qu'elle est pauvre nutritivement parlant, et que si on part pour long terme que des pti plus vitaminés sont conseillés Etant fan d'amande et autre fruit sec, et comme je sais que c'est plein de bonne chose, je compté comblé avec ca.
Probleme je ne sais pas si sa ce cultive et donc si ca se trouve facilement labas. et si oui si on peu les manger comme Ca, ou si sa pause probleme comme avec les crudité et les fruits non epluchés. Je vous pause donc la question.
Peut-on trouver facilement des amandes, noisettes, noix... partour dans le pays et a toutes les saisons, et faut-il les bouillirs avant, ou peut-on manger ca comme ca.
Merci aux gourmands et gourmandes
fred
Voyage en Inde du Sud: faire un détour sur Auroville? English translation pending
bonjour à toutes et à tous,
je serais en inde du sud du 10 janvier au 31 janvier 2010 et j'aimerais savoir si il y a un interet à faire un détour sur pondichéri et surtout auroville.
merci
Inde du Sud en janvier-février: itinéraire, paludisme et billet d'avion? English translation pending
Bonjour les routard(e)s, Namaste aux amoureux de l'Inde !!!😉
Je vais aller faire un tour en solo dans le sud de l'Inde pendant 3 semaines du 23 janvier au 14 février 2010 : j’envisage de faire l’itinéraire classique Madras-Cochin (Tamil Nadu - Kerala) mais c’est juste une idée de départ… Quels itinéraires ou circuits sympas connaissez-vous ? Est-ce mieux de ne faire que le Kerala, et de garder le Tamil Nadu pour une autre année ? Je précise que j’adore la campagne et ses villages (si possible en louant un vélo de temps en temps), j’aime les rivières (j’ai entendu parler des houseboats ?) et aussi la montagne, j’aime un peu moins les plages et les villes bruyantes et polluées. Pour l’avion j’ai trouvé un Paris-Madras à environ 400-450 € (c’est pas donné !) et un Cochin-Paris à partir de 270 €. Il y a moins cher ?
L'an dernier je suis allé 3 semaines à Calcutta et dans l’Orissa (Bhubaneswar-Puri-Konarak), c’est mon plus beau voyage à ce jour, le plus émouvant en tous cas. Voir mon compte-rendu de voyage : http://voyageforum.com/v.f?post=2771919; Et l’année d’avant j'avais parcouru le Rajasthan en 3 semaines, c’était ma première expérience de voyage en solo et en routard. Mais ça m’avait moins plu que Calcutta et l’Orissa (la chaleur du désert c’est pas trop mon truc... j’ai un mauvais souvenir de ces journées où il faisait 38-40 degrés, c’était entre mi-mars et début avril, c’est pourquoi je pars plus tôt depuis cette expérience…)
En Inde du sud, je pense me déplacer en train et en bus, et j’envisage de ne pas prendre de traitement anti-palu car c’est hors période de mousson : qu’en pensez-vous ?
Quels sont les principaux endroits sympas à voir ? Vous me conseillez de rester combien de temps dans chaque endroit ?
J'aimerais aussi faire un peu de vélo et de yoga pendant ce séjour, et éventuellement un peu de méditation s'il y a des ashram sympa dans le coin...
Si tu vous avez des bons plans à me suggérer (que voir, où dormir, où manger, où faire du yoga ?) n'hésitez pas !... (vous pouvez aussi m'écrire en MP) PS : j'ai le GDR Inde du Sud 2009.
Merci de vos réponses !😎
Je vais aller faire un tour en solo dans le sud de l'Inde pendant 3 semaines du 23 janvier au 14 février 2010 : j’envisage de faire l’itinéraire classique Madras-Cochin (Tamil Nadu - Kerala) mais c’est juste une idée de départ… Quels itinéraires ou circuits sympas connaissez-vous ? Est-ce mieux de ne faire que le Kerala, et de garder le Tamil Nadu pour une autre année ? Je précise que j’adore la campagne et ses villages (si possible en louant un vélo de temps en temps), j’aime les rivières (j’ai entendu parler des houseboats ?) et aussi la montagne, j’aime un peu moins les plages et les villes bruyantes et polluées. Pour l’avion j’ai trouvé un Paris-Madras à environ 400-450 € (c’est pas donné !) et un Cochin-Paris à partir de 270 €. Il y a moins cher ?
L'an dernier je suis allé 3 semaines à Calcutta et dans l’Orissa (Bhubaneswar-Puri-Konarak), c’est mon plus beau voyage à ce jour, le plus émouvant en tous cas. Voir mon compte-rendu de voyage : http://voyageforum.com/v.f?post=2771919; Et l’année d’avant j'avais parcouru le Rajasthan en 3 semaines, c’était ma première expérience de voyage en solo et en routard. Mais ça m’avait moins plu que Calcutta et l’Orissa (la chaleur du désert c’est pas trop mon truc... j’ai un mauvais souvenir de ces journées où il faisait 38-40 degrés, c’était entre mi-mars et début avril, c’est pourquoi je pars plus tôt depuis cette expérience…)
En Inde du sud, je pense me déplacer en train et en bus, et j’envisage de ne pas prendre de traitement anti-palu car c’est hors période de mousson : qu’en pensez-vous ?
Quels sont les principaux endroits sympas à voir ? Vous me conseillez de rester combien de temps dans chaque endroit ?
J'aimerais aussi faire un peu de vélo et de yoga pendant ce séjour, et éventuellement un peu de méditation s'il y a des ashram sympa dans le coin...
Si tu vous avez des bons plans à me suggérer (que voir, où dormir, où manger, où faire du yoga ?) n'hésitez pas !... (vous pouvez aussi m'écrire en MP) PS : j'ai le GDR Inde du Sud 2009.
Merci de vos réponses !😎
Itinéraire possible pour six semaines en Inde du Nord? English translation pending
Voilà, selon vos expériences personelles (nottament sur les transports), j'aimerais savoir ce que vous pensez de cet ittinéraire. Est il possible et favorable pour 6 semaines? Je ne veux pas être en mode course olympique... nous allons être deux et voulons profiter de notre voyage sans être vidé d'énergie à la fin de notre périple ;)
Depart: Delhi le 1er juin puis direction : Agra (24h sur place seulement.)
Agra vers Jaipur (1 journée de transport?) 24-48h sur place...
Jaipur vers Jodhpur (transport en une journée ou halte à Pushkar?) (48h à Jodhpur.)
Jodhpur vers Jailsamer : environ 4 jours à Jailsamer.... j'aimerais explorer le désert du thar.
Jailsamer vers Bikaner : 2 jours à Bikaner
Voilà jusqu'à maintenant, j'évalue ce début de voyage à environ: 20 jours
Pour la suite, nous pensons monter au nord voir Amristar, Dharamsala, Leh et faire du treking. (pour 20 jours environ.)
De retour à Delhi, nous aimerions grandement terminer notre aventure à Varanasi si le temps nous le permet.
Voilà, que pensez vous de cet ittinéraire? Bien? À modifier? Réaliste?
J'ai besoin de votre feedback...
Mes questions: Ittinéraire réaliste? Faut il prévoir plus d'une journée de transport entre les étapes au Rajhastan? Étapes à ajouter/supprimer? Devrais je retourner à Delhi pour rejoindre Amristar et compagnie?
Vos commentaires sont grandement appréciés:)
Depart: Delhi le 1er juin puis direction : Agra (24h sur place seulement.)
Agra vers Jaipur (1 journée de transport?) 24-48h sur place...
Jaipur vers Jodhpur (transport en une journée ou halte à Pushkar?) (48h à Jodhpur.)
Jodhpur vers Jailsamer : environ 4 jours à Jailsamer.... j'aimerais explorer le désert du thar.
Jailsamer vers Bikaner : 2 jours à Bikaner
Voilà jusqu'à maintenant, j'évalue ce début de voyage à environ: 20 jours
Pour la suite, nous pensons monter au nord voir Amristar, Dharamsala, Leh et faire du treking. (pour 20 jours environ.)
De retour à Delhi, nous aimerions grandement terminer notre aventure à Varanasi si le temps nous le permet.
Voilà, que pensez vous de cet ittinéraire? Bien? À modifier? Réaliste?
J'ai besoin de votre feedback...
Mes questions: Ittinéraire réaliste? Faut il prévoir plus d'une journée de transport entre les étapes au Rajhastan? Étapes à ajouter/supprimer? Devrais je retourner à Delhi pour rejoindre Amristar et compagnie?
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Inde - Ladakh, Rajasthan, Goa - trois semaines - septembre/octobre 2009 English translation pending
Itinéraire :
Arrivé de Paris à Delhi, on y restera deux jours avant de prendre un avion pour Leh pour 4 jours. Retour en avion à Delhi où on prendra dans la foulée un car pour Jaipur. Trois jours plus tard, car pour Agra où l'on passera deux jours avant de remonter une journée à Delhi. Avion pour Goa où l'on passera une semaine puis avion pour Bombay la veille de notre retour en France.
Anecdotes :
- Cuisine :
La cuisine indienne est une cuisine que j'aime beaucoup, d'après ce que j'avais goûté en France dans différents restaurants. Cependant, je partais avec beaucoup d'a priori et un peu de peur. Tout d'abord parce que généralement, les cuisines exotiques que l'on peut goûter en France sont généralement adaptées aux goûts occidentaux et parfois bien différentes des cuisines d'origine. Ceux qui ont été en Chine ou au Japon pourront le confirmer. Ensuite, je m'attendais à une cuisine très relevée. Et enfin je redoutais la turista. Et bien je me trompais sur de nombreux points. Tout d'abord côté piquant. Rien d'insurmontable. Peut être que les restaurants adaptent en cuisine les doses de piment pour les occidentaux, toujours est-il que j'ai toujours pu tout manger alors que je m'attendais à être incapable de finir un plat sur deux. Ensuite, niveau digestion, tout s'est bien déroulé et à part une matinée difficile (peut être également due à l'altitude, on était dans le Ladakh à ce moment là) rien de catastrophique à déplorer. J'ai d'ailleurs été impressionné de ce côté là, car il est possible de trouver de la viande un peu partout. On se demande comment elle est conservée vu le peu de touristes à certains endroits et les problèmes d'électricité en Inde qui doivent rendre problématique le maintien de la chaine du froid pour les aliments congelés. Quoi qu'il en soit, on a très bien mangé, +1.5 kg en 3 semaines, et je peux vous garantir que ce que l'on peut trouver dans des restaurants indiens en France est très fidèle à ce que l'on mange là bas. Dernier point à préciser, une grande partie de la population indienne est végétarienne. Ce qui fait que les plats sont végétariens par défaut, il faut demander les versions non-veg pour y trouver de la viande (90% du temps du poulet). Enfin, du fait d'une grande frontière commune avec la chine, la plupart des restaurants proposent de la cuisine chinoise, plutôt réussie.
- Boissons
Il faut partir du principe qu'il ne faut jamais boire d'eau du robinet. A partir de là, pas de problèmes, on trouve facilement de l'eau et d'autres boissons mais beaucoup plus difficilement de l'alcool, dont la distribution est très règlementée dans la plupart des états (aucun problèmes à Goa par contre). En ce qui concerne les boissons sucrées / sodas, notre préférence, en terme de boissons industrielles, a été vers le Limca une sorte de limonade et le Slice un jus de mangue plutôt épais et pas mauvais du tout. Il y a évidemment les fameux lassis, sortes de milk shake au yaourt généralement avec des fruits mais qui se consomme aussi salé ou avec... du cannabis. On a adoré aussi les jus de cannes à sucres, pressées dans une machine prévue pour, dans lequel est également broyé un citron vert, absolument divin. Concernant les alcools, on a bu que de la bière. Au programme, la marque qui a le monopole en Inde : Kingfisher. Une bière blonde sans prétentions, servie principalement en bouteille de 65cl. Quant à la quantité d'alcool, elle n'est pas indiquée précisément mais par fourchette. Ainsi, la Kingfisher 'normale' et sa déclinaison 'premium' titraient de 3.5 à 5°. Il existait également une déclinaison 'strong' au goût assez chimique et qui titrait de mémoire de 6 à 7.5°. On trouvait difficilement cette dernière. Dans le Ladakh on a également bu de la Godfather, déclinée comme la Kingfisher en normal et strong, servie en bouteille 65cl également. Moins bonne. Enfin on peut également trouver quelques marques étrangères comme Tuborg ou Carlsberg. Comme il faut une licence en Inde pour vendre de l'alcool, on en trouvait difficilement. Dans le commerce, quelques rares wine shops en vendent et dans les restaurants, la plupart n'ont pas le droit mais en vendent régulièrement, plus cher, et souvent 'camouflées', ainsi on m'a servi à plusieurs reprises des bières dans des tellières.
- Trafic
Le plus gros point noir en Inde. C'est tout simplement une horreur. Le fonctionnement est simple : c'est la loi de la jungle. La priorité va au poids. Donc dans l'ordre, on trouve les bus, que l'on a surnommé les terminators, ensuite viennent les voitures, puis les tuc tuc, les motos, les vélos et enfin le piéton. Il faut aussi mentionner que l'usage du klaxon est tout simplement omniprésent. Ca klaxonne absolument tout le temps, pour tout et pour rien. Aux abords des grands axes et en milieu urbain c'est la cacophonie permanente. Il n'y a quasiment jamais de feux aux intersections. De temps en temps, un policier fait la circulation. Le plus dur et le plus stressant est de traverser la rue en ville. Aucun véhicule ne s'arrête jamais. Et si un piéton s'engage alors qu'une voiture arrive, c'est clairement à lui de s'arrêter. Il faut aussi rappeler qu'en Inde, on conduit à gauche. Il faut donc être très vigilent d'autant que des vélos, motos ou tuc tuc roulent très régulièrement à contre sens. Alors qu'on soit perdu dans une telle circulation quand on vient en Inde pour la première fois, c'est compréhensible mais ce qui n'est pas rassurant c'est de voir que les piétons indiens eux même ont l'air aussi perdu que nous dans cette jungle motorisée.
- Animaux
La fameuse vache sacrée indienne. Il y en a partout. De la ville à la campagne, en passant par la montagne et la mer, on a vu des vaches quasiment partout à part à Bombay. Elles se promènent en ville et se posent où bon leur chante. On a assisté au coucher du soleil à des mouvements migratoires de vaches en plein Delhi, c'est un spectacle amusant à voir. Quant à la mer, je ne m'attendais pas à retrouver des vaches jusque sur la plage... Et bien si, parfois par dizaines. On a également croisé pas mal de singes, des cochons, des chevaux, des ânes, des dromadaires... tout ça en ville. Au niveau des oiseaux, Delhi est survolé par de nombreux aigles au gabarit généreux. A Goa, c'est le domaine des corbeaux, de gros spécimens là encore.
- Electricité
Un autre élément assez problématique en Inde. Le courant saute régulièrement, même dans les aéroports. L'éclairage public est quasiment inexistant. Dans le Ladakh c'est encore plus simple, il n'y a pas d'électricité en journée. Le Taj Mahal, une des sept nouvelles merveilles du monde, n'est pas éclairé de nuit. D'ailleurs Agra, la ville du Taj Mahal, est celle où nous avons assisté au plus de coupures de courant : 3 à 5 fois par jour, pour des durées allant de 10 minutes à plus d'une heure. Dans ces cas là, on entend tous les groupes électrogènes des hôtels qui se mettent en marche.
- Tourisme
On n'est pas vraiment sorti des chemins battus, dans la mesure où l'on était en milieu urbain la plupart du temps et à Goa où le tourisme est bien développé. Pas trop de problèmes pour se faire comprendre, un peu acrobatique mais faisable. Les cartes dans les restaurants sont tout le temps en anglais. On a trouvé également assez facilement des guests houses, pas toujours d'un grande qualité, un peu crade et à la douche sans eau chaude ni pression, ce qui oblige à se laver au seau, mais rien d'insupportable non plus. Si possible, visitez les chambres avant de choisir votre hôtel / guest house. Pour les transports, pas trop de problèmes non plus, on trouve facilement des tuc tuc en ville, et pour les distances plus longues on a à chaque fois opté pour le car, tous nos trajets se sont bien passé.
- Budget
On était parti avec 2500€ en liquide pour deux et pour trois semaines, le taux de change durant notre séjour avoisinait les 70 roupies pour un euro. Pour donner une idée des tarifs, on a payé nos guests houses de 600Rs (8, 50€) à 1600Rs (23€). Pour les repas, de 300 Rs (4, 25€) à 1000 Rs (14€). Les bières (65cl) coutaient de 70 Rs (1€) à Goa à 200 Rs (3€) à Bombay où tout était particulièrement cher. Les trajets en car nous ont couté aux alentours de 400 Rs (6€) pour des trajets d'environs 5 heures (grosso modo 200 km). On avait acheté notre vol aller-retour Delhi - Leh en France, 6 mois à l'avance, 100€ par personne. On a acheté sur place nos vols Delhi - Goa et Goa - Bombay dans les 80€ par vol et par personne. On est revenu à Paris avec 700€. On en a donc eu pour 900€ par personne pour 3 semaines, déplacement, hébergement, repas et souvenirs compris, sachant qu'on s'est fait plaisir et qu'on n'a pas regardé à la dépense.
25/9/2009 :
Arrivé à Delhi. Longue attente des bagages. Chauffeur avec pancarte "Grégoire". Rally klaxon jusqu'à Delhi. Arrivé à l'hôtel India International, grande chambre, immense lit. Petit diner sur terrasse, première bière Kingfisher. Nan fromage sans intérêt et poulet massala, bonne sauce mais que des os dans les deux petits bouts de poulets.
26/9/2009 :
Petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, salade de fruit, Kingfisher, omelette. Premier tour sur le main bazar : assez hardcore, beaucoup de monde et énormément de trafic. Série de boutiques puis arrivée au bout de la rue qui donne sur un énorme carrefour et la gare : über crowded. On abandonne, retour sur nos pas, petit coup à boire sur une terrasse où ils refaisaient la peinture, pas de bière. Petit tour rapide dans mainbazar puis on trouve un des rares (le seul ?) bar un peu moderne qui, manifestement, sert de la bière. On en profite pour tester notre premier thali, un assortiment de plat typiques indiens. Celui si sera excellent, pas trop épicé, seul le riz est quelconque. On repasse à l'hôtel, qui était juste à côté, prendre une petite douche. Direction ensuite la India's Gate, un arc de triomphe. Premier tuc tuc (ou rickshaw) pour l'occasion et clairement, à Delhi, mieux vaut être dans la circulation qu'à côté. L'India's Gate est sympa, c'est calme. On remonte ensuite toute l'avenue qui mène au parlement. Jolis bâtiments envahis de singe qui font des galipettes dans l'herbe. Pour partir de là, on décide de tester le métro. Il est tout neuf, propre, classe. A l'entrée, on passe un contrôle avec fouille et détecteur de métaux, digne d'un aéroport. Il n'y a pas trop de monde, bizarre pour une ville de 13 millions d'habitants. Il faut dire qu'on était à un terminus. Deux stations plus tard, à une correspondance, le métro est pris d'assaut. On descend à Chandi Chowk, grosse erreur. La queue pour rentrer dans le métro est hallucinante mais relativement ordonnée. On avait pas croisé de mendiants jusque là mais, à la sortie du métro, ils sont des dizaines par terre. Le passage n'est pas large et la densité de la foule empêche de s'arrêter. On est prit dans un flux de personnes qui nous conduira sur un grand axe. Là, énormément de monde, la circulation est on ne peut plus dense. Sur notre droite, une mini décharge. Un tas d'ordure haut comme un étage d'immeuble. Un gamin fouille dedans. Bizarrement, ça ne sent pas. Il est environ 18h et il commence à faire nuit. Depuis cet axe, on ne sait pas trop où aller. La monstrueuse queue dans le métro nous empêche de rebrousser chemin. On va découvrir la rush hour à la Delhi. Au carrefour un peu plus loin, on voit quelques tuc tuc, notre seul salut. On s'y rend tant bien que mal, traverser la route sera une épreuve qui nous prendra plusieurs minutes. Et là, aucun d'eux ne veut nous prendre. Sachant qu'en journée, les tuc tuc nous accostent 15 à 20 fois par jour, ça fait bizarre. Le mélange de la chaleur, du bruit assourdissant des klaxons et de la circulations, des fortes odeurs de nourritures, d'épices et d'autres, de la densité aussi bien sur la route que sur les trottoirs avec la nuit qui est maintenant tombé et les éclairages publiques qui tentent vaguement de prendre le relais mais sans succès donne un cocktail aussi impressionnant qu'oppressant. On ne peut même pas s'arrêter deux minutes quelques part pour souffler un instant et réfléchir sur où aller ou quoi faire à cause du flux permanent de personnes. Nous sommes sur un grand axe et, d'aussi loin qu'on puisse voir, pas l'ombre d'une rue ou d'un endroit un peu plus calme. On essaye de rejoindre le Red Fort et heureusement, en chemin, on trouvera un tuc tuc qui daignera nous prendre pour le prix d'une course triplé. On s'engouffre dedans en espérant sortir de cette folie au plus vite. Quelques instants plus tard, à un feu rouge, un mendiant atteint d'éléphantiasis aux testicules surgit de nul part, l'élément sus-nommé entre les mains. Finalement, le tuc tuc réussit à nous ramener vers mainbazar qui du coup nous parait presque calme. Welcome in India ! Cette fin d'après midi nous a clairement fait comprendre qu'on était en Inde, un pays de plus d'un milliard d'habitants. On se réfugie dans le bar boire quelques bières pour se remettre de nos émotions, puis passage à l'hôtel pour prendre une douche (on n'est pas spécialement chochotte là dessus, pas du tout même, mais à Delhi, on se sent vite crade : la sueur et la poussière, c'est un mélange radicale) et dîner sur le toit du Metropolis dans un restaurant réputé où on mangera un fish curry et un chicken tikka excellents, accompagnés d'un riz de haut vol.
27/9/2009 :
Daniela se lève et part faire quelques emplettes à mainbazar, le temps pour moi de dormir un peu. On commande un taxi pour le lendemain 4h. Déjeuner sur le toit du Shelton. Malgré la frayeur de la veille, le projet pour l'après midi est de visiter le Red Fort. On descend de notre toit à la recherche d'un tuc tuc qui nous apprendra qu'aujourd'hui démarraient des festivités qui duraient trois jours et se déroulaient en partie au Red Fort. On déclare forfait pour aller finalement dans un camp de réfugié tibétains recommandés par le Routard. L'endroit est, en effet assez impressionnant de calme par rapport à Delhi mais on en fait vite le tour et, à part un petit temple, il n'y a pas grand chose à voir. Retour vers mainbazar pour une petite session shopping avant d'aller boire un verre sur une terrasse, avec une superbe vue sur l'une des places de mainbazar. On assistera au coucher de soleil avec un défilé de vaches un peu indisciplinées faisant tomber des scooters garés par ci, grignotant sur des étales par là. A la nuit tombée, on retourne à notre hôtel pour ranger nos affaires, il faut qu'on se lève à 3h30 pour prendre notre avion pour Leh. Comme il est dur de trouver des bières en Inde, on retourne à notre bar prendre l'apéro où on rencontrera deux français (Loïc, si tu nous lis !) avec qui on discutera de l'Inde avant d'aller dîner sur une des seuls terrasses de Delhi où on peut commander des magic lassi (ou bang lassi). Une petite explication s'impose : le lassi est une boisson indienne à base de yaourt, généralement mixée avec des fruits. Le magic lassi garde le concept de yaourt mixé mais l'ingrédient n'est plus un fruit, mais une plante, enfin une résine de plante, pour ceux qui n'ont toujours pas compris, c'est du cannabis. Un élément présent dans la culture hindou bien qu'interdit en principe, au cour de notre voyage on nous en proposera une vingtaine ou une trentaine de fois. Bref, nos deux compagnons sont des habitués et je ne suis pas un débutant en la matière. Mais celui là sera particulièrement costaud. Résultat : bonne session paranoïa et 3 heures de sommeil assez chaotiques. Je n'en recommande pas l'usage quand il y a des choses importantes à faire après.
28/9/2009 :
Réveil à 3h30, je suis un peu dans les choux mais opérationnel. Taxi direction l'aéroport domestique et après 1h20 de vol au dessus de l'Himalaya on atterrit à 3500m d'altitude, à Leh dans le Ladakh. Taxi pour atteindre la ville puis Daniela me laisse avec les bagages à une petite terrasse, le temps d'inspecter les guests houses environnantes. On en choisi une avec une superbe vue sur les montagnes. Bizarrement, on n'est pas fatigué. On fait notre premier tour dans Leh, on grignote un morceau sur une terrasse puis on se perd en bas de Leh, ce qui nous permettra de découvrir les maxi taxi locaux. On loue ensuite un taxi pour l'après midi (500Rs) avec lequel on ira voir le Shanti Stupa, le Tsemo Gonpa et le Royal Palace. Retour à Leh, déjeuner sur une terrasse, puis retour à la Guest House pour deux heures de sieste bien méritée. On ressortira dans un Leh où la nuit tombe tôt, les degrés et l'animation avec. On croisera quelques français puis retour dans le noir complet à notre guest house pour tenter de s'endormir, ce qui nous prendra pas loin de 3 heures...
29/9/2009 :
Deuxième jour à Leh. Sur les conseils de tous les gens qu'on a rencontré, on ne fera pas grand chose aujourd'hui. Breakfast sur une terrasse sympa malheureusement face à des travaux. Balade dans les ruelles de Leh puis petite bière dans un restaurant tibétain. On loue une jeep pour le lendemain pour aller voir les environs. Retour à la guest house, petit passage sur internet, puis apéro avec des français, allemands et hollandais de la guest house et d'ailleurs. Dîner tous ensemble dans un autre restaurant tibétain.
30/9/2009 :
Réveil à 08h30 pour la jeep. Au programme : Thiksey, Hemis et Shey. Thiksey est un monastère en activité. Perché en haut des montagnes, on le visite, ainsi que son école où l'on croise de jeunes bouddhistes en attente de cours d'anglais de maths ou d'indiens. On fait le tour du monastère puis on remonte sur le toit de la salle des prières où deux moines jouent de leurs énormes cornes face à la vallée. Suite à cela, ils enfileront leurs bonnets de cérémonie et continueront à jouer face à la vallée une sorte de trompette cette fois ci. On descendra ensuite dans la salle des prières où les moines ont commencé à se rassembler. On s'assoit dans un petit coin avec les quelques touristes présents (des bikers !). La cérémonie commence. C'est un ensemble de chants et de psalmodies qui, de premier abord, à l'air assez décousu jusqu'à ce que, au bout d'une quinzaine de minutes, d'une synchronisation impressionnante après l'apparent désordre des prières, tous les moines tapent des mains. Les prières continuent avec l'apparition par moments d'instruments de musiques. On quitte la cérémonie pour rejoindre notre jeep, on a passé pas loin de 2h30 à Thiksey. Direction Hémis, un autre monast��re, assez éloigné. Le voyage sera de toute beauté, à travers de petites routes disparaissant dans le paysage lunaires du Ladakh, traversant des cours d'eau, de frais éboulements ou encore des bases militaires indiennes. L'arrivée sur Hémis est impressionnante car le monastère est situé dans le renfoncement d'une montagne et n'apparait brutalement qu'un kilomètre avant d'y arriver. Le bâtiment est intéressant, l'emplacement surtout, avec cette montagne en diagonale, marquée de stries parallèles impressionnantes. On ne restera pas longtemps car d'une part le monastère n'est pas très grand et il n'y a pas grand chose à voir et d'autres parts, nous avons passé énormément de temps à Thiksey et nous devons ramener la jeep en début d'après midi. Retour ensuite vers Leh et dernière étape à Shey. Après une longue grimpette bordée de moulins à prières, on arrivera à Shey, malheureusement à l'heure de fermeture (13h). La vue sur la vallée par contre vaut le coup. Retour à Leh, avec un petit arrêt en chemin par un wine shop pour acheter quelques bières. On rend la jeep puis on se fait un petit apéro dans notre chambre avec la superbe vue. Direction la terrasse Leh View pour un déjeuner tardif de 15h à plus de 18h dont les effets seront... pénibles. De retour à la guest house, la fatigue l'emporte et on s'endormira sans ressortir dîner.
1/10/2009 :
Ce qui devait arriver arriva. Le mélange d'altitude, du paneer massala de la veille et des nombreuses bières (Godfather strong, bien chimiques) aura raison de moi et je passerai la matinée cloué au lit. Dans l'après midi, ça va mieux, dernier petit tour dans Leh, petites emplettes et coucher tôt, on repart demain.
2/10/2009 :
Réveil tôt, taxi pour l'aéroport puis avion pour Delhi. De l'aéroport taxi old school pour Bikaner House, petite gare routière d'où partent les bus pour Jaipur. On prend nos billets (environ 400 Rs par personnes), notre car part 1h30 plus tard, à 12h30. Le trajet se déroule presque tranquillement, à part les pénibles coups de freins, de volant et de klaxons. Le car se transforme au gré de la route en véritable 4x4 avec des situations rocambolesques à l'indienne où notre car, déjà en train de doubler à moitié dans le fossé et par la gauche (équivalent de doubler par la droite chez nous) se fait doubler par des voitures, encore plus à gauche, même plus sur la route. L'arrivée à Jaipur sera un peu stressante car de nuit, harcelés d'indiens, avec nos gros sacs et sans savoir exactement où on allait. On finira par trouver un petit hôtel sympa mais sans plus où on pourra prendre une petite douche et manger sur le toit un excellent chicken chopsuey.
3/10/2009 :
Petit déjeuner au Jaipur Inn pour le tester. Terrasse sympa mais self service, le seul qu'on verra en inde, piaules sympas mais sans plus, ça ne mérite pas le déménagement. On prend notre seul et unique vélo-pousse-pousse du voyage pour nous emmener à une des portes de la vielle ville. La old city de Jaipur c'est ouf. La première impression est prenante, d'autant que le passage de la porte condense le trafic, les piétons et le bruit. Pour éviter la première avenue, surchargée, on prend une petite rue sur le côté au bout de laquelle on tombera sur une porcherie. Ou plutôt sur une quinzaine de cochons en train de s'attaquer à un tas d'ordure. On finira par rejoindre l'artère principale, bordée de petites boutiques exclusivement dédiées dans ce coin de la old city, à la cuisine et aux épices. On repassera à l'hôtel pour changer de chambre, la notre était sous les cuisines de la terrasse et très bruyante. On en profite pour boire une bière et manger un morceau. L'après midi, on fera un city tour en tuc tuc. Au programme, l'Amber Palace, un magnifique château haut perché et peuplé de singes penseurs, puis Jal Mahal, un palais sur l'eau, magnifique mais inaccessible. Ensuite, dans Jaipur, l'observatoire, sans intérêt, et le City Palace, grand ensemble de bâtiments encore habité par le Marajah de Jaipur. Enfin, un bref aperçu du Hawa Mahal, le palais des vents, le plus bel édifice de Jaipur, qui venait de fermer (17h). Pour finir, à la demande de Daniela, le tuc tuc nous déposera dans une adresse à lui, inaccessible sans connaitre : un tailleur de renom pour y tester saris et autres vêtements typiques. Retour à l'hôtel puis diner sur la terrasse de l'hôtel Pearl. Terrasse magnifique et superbe vue sur un petit fort à côté. Butter chicken de qualité pour moi et riz impeccable. Le thali de Daniela était sans intérêt par contre.
4/10/2009 :
Réveil à Jaipur, petit déjeuner au Pearl puis visite du fort d'à côté. Impressionnant. On a tourné un peu en rond autour avant de trouver comment s'y engouffrer. A l'intérieur, plusieurs familles s'y sont installées. Le décalage entre ce vieux fort, encore présent en plein milieu de la partie 'moderne' de la ville et les familles qui s'y sont installées avec leurs tuc tuc, leurs motos et leurs 'maisons' aux murs bleus, est saisissant. Depuis les remparts, on a une superbe vue sur la ville. On retourne au Hawa Mahal dans le but de le visiter cette fois ci. Pour information, ce bâtiment a été construit afin que les femmes puissent observer ce qu'il se passait dans la rue. Ça n'est en fait qu'une grosse façade ajourée. Avec les étages, le bâtiment est de plus en plus fin. Le seul inconvénient est qu'il donne sur une des artères de la vieille ville, il est difficile d'en profiter d'en face, au milieu du trafic ou des boutiques de vêtements aux vendeurs lourdingues. On se fait souvent la remarque que tel ou tel monument est plus impressionnant en vrai qu'en photo, pour celui là, c'est le contraire. En redescendant, on trouve un resto réputé de la old city. Il est en effet sur-blindé et ce qui est amusant est qu'on y entre par une pâtisserie. Comme il y a trop de monde, on mange dans une arrière salle. Au programme le super-thali maison. Le verdict est malheureusement sans appel : aucun intérêt. Sans être mauvais, ça n'est clairement pas bon. Ajouté à cela, la note la plus élevée de notre voyage jusqu'à présent (environ 900 Rs) et le mal de ventre qui me renverra dans les toilettes du restaurant un quart d'heure après notre départ et on obtient le plus gros échec gastronomique de notre voyage. Une fois remis je rejoins Daniela en plein shopping. On y passera l'après midi avec une belle découverte, les ruelles de la old city dédiées aux textiles. Au programme, un arc-en-ciel de couleurs et de lumières au milieu des femmes en saris assises dans les boutiques recouvertes de matelas. Retour sur la terrasse du Pearl pour le dîner, une adresse que l'on recommande chaudement, pour la partie hôtel également, les chambres avaient l'air sympa aussi mais on n'a pas voulu perdre de temps à déménager.
5/10/2009 :
Aujourd'hui, on s'en va. Direction Agra et le Taj Mahal. La pluie est de la partie. Tuc tuc direction la gare pour prendre nos billets de train. D'après internet, il en reste. Arrivés sur place, on commande nos billets, coup de bol, il en reste pile deux ! Le problèmes c'est qu'il y en a pour un peu plus de 1000Rs et qu'après vérification, il ne nous en reste que 500. Opération tuc tuc express pour aller faire du change, mais le temps de revenir et de faire la queue, too late, il n'y a plus de places. On se rabat sur le bus, départ à 13h. On attend une heure à la gare routière sous l'œil d'indiens curieux puis on prend le car à moitié vide pour Agra. On arrive une fois encore de nuit, mais cette fois, on saute dans le premier tuc tuc venu et direction une adresse du routard. Il ne reste qu'une chambre, sans intérêt mais on a la flemme de faire la tournée des guests houses. On réalisera par la suite qu'on était pas si mal tombé, le niveau des guests houses à Agra était bien bas. Bière sur notre terrasse puis, avec la pluie, on fuit vers une autre terrasse, abritée, où on sera servi par un gamin d'une douzaine d'années. Au menu, des noodles et un thali pour conjurer le mauvais sort du dernier de piètre goût.
6/10/2009 :
6h et quelques, Daniela tourne en rond dans le lit. La question est de savoir quand aller voir le Taj Mahal et s'il va pleuvoir. Vers 7h on se met en route, petit déj à côte de la South Gate puis entrée à l'ouverture, 8h. Au passage, il nous en coutera 750 Rs contre 20 pour un indien... Anyway, on entre, c'est beau. Photos puis on passe la vraie South Gate et là, le mirage devient réalité. Le bâtiment est splendide et sa symétrie impressionnante. il fait plutôt gris mais tant mieux il n'y a pas trop de monde. On fera le tour pendant 2 heures. A l'intérieur, rien ! Juste la tombe (vide) de sa bien aimée et celle de Shah Jahan, seul élément d'asymétrie de tout l'ensemble. Cet énorme bâtiment est donc seulement une tombe ! S'en suit un déjeuner sur la terrasse de notre hôtel avec vue directe sur celui que l'on vient de quitter. L'après-midi, direction le Red Fort d'Agra. Magnifique fort avec de joli palais à l'intérieur et vu splendide sur le Taj Mahal. L'ensemble est parfois un poil chaotique, on a l'impression que des palais ont été successivement construits les uns sur les autres. Retour vers le Taj Mahal pour quelques bières et un dîner sur une terrasse avec vue.
7/10/2009 :
Réveil tôt, bagages et tuc tuc pour la gare routière. Bus AC (230 Rs) où on seras 5 ! Arrivée à Delhi 5h plus tard, tuc tuc pour le main bazar et chambre au Shelton. "Déjeuner" sur le toit, petite phase shopping puis bières et dîner (les meilleurs thalis qu'on ait mangé en Inde) dans le resto fashion à bières.
8/10/2009 :
Aujourd'hui, Daniela voulait faire du shopping, l'occasion pour moi de souffler un peu de cette vie indienne agitée donc grosse session Zelda Phantom Hour Glass sur DS. Déjeuner sur notre terrasse et dîner sur le Metropolis, où le repas sera encore de grande qualité : excellent butter chicken pour Daniela et crevettes curry de toute beauté pour moi, accompagné d'un riz saphrané plutôt pas mal.
9/10/2009 :
Réveil tranquille puis taxi pour l'aéroport domestique. Cheap compagnie low cost GoAir, du coup, terminal du bas clairement moins bien que celui du haut. On se demandait ce que pouvait bien servir les macdo en Inde, on a eu notre réponse : des veg, chickens et fish burgers ainsi que des nuggets. On s'expédie un chicken burger avant de décoller. Arrivés à Goa, on prend un prepaid taxi (950 Rs !!!) pour Vagator, un petit village au dessus d'Anjuna Beach. Une bonne heure de route plus tard, on arrive. La plage n'est pas super et ça à l'air mort. Pris un peu de panique, on demande au taxi de nous déposer plus bas à little vagator. Ca à l'air encore plus mort : deux guest houses, un bar et trois magasins dont deux fermés. Daniela visite les guests houses, elle qui voulait des cabanes dans l'esprit de celles qu'on avait en Thailande, c'est clairement pas ça. Par contre, il y a un hôtel : The Alcove. Daniela visite donc l'hôtel et on se décide à y rester au moins une nuit, pas le courage de trouver un taxi et de repartir à l'aveuglette avec tous les bagages. Quelle bonne idée, l'hôtel est super, piscine, vue plongeante sur la mer et resto de grande qualité ! 1600 Rs la nuit, manifestement au tarif hors saison. Petite balade le long de la magnifique plage et première rencontre avec le seul inconvenient de cet endroit paradisiaque, les vendeurs ambulants, un poil relous. Notre balade se termine dans une petite paillote, les pieds dans l'eau. Au menu, poisson fraichement péché et bière. On n'aura plus de problèmes de ce côté là d'ailleurs, dans l'état de Goa, on trouve de l'alcool partout. Retour sur la terrasse de notre hôtel pour un magnifique couché de soleil avec des cocktails de qualité. Dîner au même endroit : salade de crevettes sauce cocktail, seafood sizzler (assortiments de poissons et fruits de mer sur plaque chaude) et brownie.
10/10/2009 :
Réveil, baignade dans la piscine, petite session bronzette et petit déjeuner sur la terasse : calamars (excellents !!!) et club sandwich chicken. Après-midi, baignade dans la mer et déjeuner dans la paillote : thon et Kingfisher. Cocktails sur notre terrasse pour le coucher de soleil puis taxi pour Baga. Après le calme et la beauté de notre little vagator, nous revoilà dans le clinquant, bruyant, cher et sans intérêt. Effet hors saison ou mode passée, on n'entendra pas une note de Trance. Une vague soupe électro dans un bar-je-me-la-pète, sinon les clubs proposent rnb, house et bollywood music (!). Petites courses dans un wine shop et dîner dans un petit boui-boui qui nous servira d'excellente crevette sauce coco. Retour en taxi déçus, on ne fera pas la teuf à Goa. Dernier apéro devant notre chambre et dodo.
11/10/2009 :
Réveil tard (11h !!!), petit déj dans une paillote, salade crevette ananas et calamars. On a enfin vu des vaches sur la plage, et pas qu'un peu, une trentaine de meuh meuh posées sur la plage et sous les cocotiers environnants, à côté d'indiens qui pic-niquait (dimanche oblige). On s'est promenés en retournant vers Vagator, on est rentré un peu dans la village, on a gouté un merveilleux jus de canne à sucre, écrasés avec un citron vert dans une machine folklo. Noix de coco sur le trajet. Retour à l'hôtel, petites baignades express de Daniela dans la mer puis dans la piscine puis petite phase de prélassement à l'hôtel. Puis retour dans une paillote pour un apéro chargé à base de bières pour moi et de coconut fegi (alcool à base de noix de coco) mélangé à du Limca, et des seafood noodles. Retour à l'hôtel pour continuer l'apéro puis dîner : salade de crevettes avocats, calamars (again) et crevettes + frites. Puis squatte de la terrasse de l'hôtel avec nos petites enceintes pour un blind test.
12/10/2009 :
Réveil pas trop tard, baignade piscine. Petit déj dans la paillotte de 74 qui venait d'ouvrir. Au menu, Israeli breakfast et chicken burger. Zooz à l'hôtel puis baignade à la mer et déjeuner dans une paillote, prawns noodles et beignets de calamars. Retour à l'hôtel pour douche puis une autre paillote pour un coucher de soleil avec de fortes éfluves de cannabis derrière nous. Apéro puis dîner au resto de l'hôtel où j'ai pu assister en cuisine à la préparation de mon butter chicken et des crevettes de Daniela, un grand moment !
13/10/2009 :
Réveil puis petit déjeuner dans une paillotte, au menu Indian breakfast : sorte de naan très légers, frits, avec une soupe à base de curry, pomme de terre et petits pois. Séquence bronzette - piscine puis déjeuner à l'hôtel des Tiger Parwns, énormes crevettes délicieuses au prix démesuré. Balade ensuite dans Little Vagator à la recherche de Jackie, le coin change ouvert. Le personnage est rigolo et attachant. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil arrosé des toujours aussi bons cocktails maison. Au menu de ce soir, kebab maison, de poulet, entouré d'une étrange mousse assez aérienne, audacieux et sympatique. Et baby shark, une pure merveille !
14/10/2009 :
Aujourd'hui, c'est mercredi. Marlgré le peu d'animation alentours vu que la saison n'a pas n'a pas encore vraiment commencée, un marché assez connu doit quand même avoir lieu à Anjuna Beach : le Flea market. Direction Anjuna donc qui ne s'avère pas si loin que cela de little vagator mais le marché est tout au sud d'Anjuna, ce qui prolonge grandement la course. Arrivé sur place, le marché a bien lieu, il est même bien rempli. C'est l'endroit où l'on verra le plus d'occidentaux de notre séjour. On passera la journée entre shopping, bières et resto, avant de rentrer pas trop tard vers notre coin plus calme et plus joli pour notre dernier coucher de soleil à Goa. Retour avec un tuc tuc à portières ! Joli coucher de soleil sur la plage avec une bière puis retour à l'hôtel pour un bon dernier repas de crevettes, de calamars et de crabe.
15/10/2009 :
Fini Goa ! On va à Bombay (Mumbai) passer une dernière journée avant de rentrer à Paris. Le voyage ne s'annonce pas trop pénible, il n'y a même pas une heure de vol de Goa à Mumbai. Pourtant il sera bien galère et nous replongera froidement dans tout ce qu'on a détesté en Inde. Tout d'abord, il faut retourner à l'aéroport : 1h30 de taxi, pas de tout repos : ça accélère, ça freine, ça tourne, ça monte, ça descend, ça klaxonne, ça tremble sur les routes en mauvais état et il fait chaud. A l'aéroport, on poireautera 2h et quelques à cause de notre avion qui avait une heure de retard. Arrivés à Mumbai, on se tapera notre pire trajet en taxi. Les taxis typiques indiens sont très peu confortables et sans être un géant, je suis obligé de me tenir dans une position à moitié courbé assez désagréable si je ne veux pas me cogner la tête à chacune des nombreuses bosses que l'on croisera sur notre chemin. Il n'y a que 20km de l'aéroport à Colaba, quartier cosmopolite et recommandé aux abords de l'hôtel Taj Mahal, mais quasi-uniquement en milieu urbain. Arrivé à 16h30, on mettra plus de 2h à faire ces foutus km, pris dans la rush hour de Bombay et la nuit qui tombe. On aura même droit à un détour par la station service pour faire le plein, qui se fait de manière spécifique pour ces taxis, donc pas n'importe où et avec une file d'attente conséquente. On est avec tout nos gros bagages, il fait nuit, l'anarchie du traffic est affolante et on ne sait pas où on va. On est pris au piège dans ce taxi dans lequel on sue à grosses goûtes, et qui comprenant notre agacement suite à la demi-heure de perdue en essence mettra tout son zèle et son klaxon pour gratter les moindres centimètres possibles entre bus et camions. Finalement arrivés, on sera accueilli par une bande de chien enragés et des pétards à vous en faire éclater les tympans pour célébrer Diwali. La cerise sur la gâteau sera le piètre niveau des guests house environnantes (il y avait des puces gorgées de sang dans la notre) associé à un tarif à la Bombay démesurés : 1200 Rs pour la pire chambre de notre séjour. La maigre consolation sera aussi amère que le reste de la journée : le Léopold café, au pied de notre guest house, dont on avait lu que du bien, est un repère à occidentaux plein à craquer, ultra bruyant et aux prix exorbitants. Bref, ce genre de journée marathon dont on se passerait bien.
16/10/2009 :
Ce soir, on rentre à Paris. Enfin, notre vol est à 2h30 a.m. La motivation pour faire un tour dans Bombay est clairement retombée depuis la veille. Cependant, reposé (ou presque), douché (ou presque), sans nos gros bagages et de jour, le quartier semble beaucoup plus vivable. D'autant que le quartier est sympa et truffés de bâtiments intéressants : la gateway of india, le taf mahal hôtel, le prince of wales musuem et d'autres édifices de toute beauté. On passera donc la journée à se balader, à se poser dans des petites boutiques à jus de fruits et de canne à sucre, avant de dîner et de prendre un taxi pour l'aéroport à 22h. Mention spéciale pour l'inéficacité du personnel et de l'organisation de l'aéroport. En cumulé, on aura passé 2h30 à fair la queue (enregistrement / sécurité / immigration), sachant qu'on était arrivé quasiment 4h avant le décollage. En comparaison, à l'aller, on a fait moins de 20 min de queue tout compris en arrivant à peine 2h avant...
Conclusion :
L'Inde est un pays fascinant mais avec quelques aspects vraiment pénibles, je comprends maintenant mieux certains commentaires que j'avais lu où les gens évitaient de sortir en ville et restaient dans leurs hôtels le temps des correspondances. C'est donc la densité de population et le trafic qui nous a le plus posé problème. A côté de ça, on a vu des endroits magnifiques et on a extrêmement bien mangé. Je pense que c'est un pays où il faut aller au moins une fois pour se rendre compte. Cependant je ne recommande pas aux personnes qui n'ont pas le cœur bien accroché ou qui traversent une période de vie difficile, je ne connais pas les chiffres des rapatriements (pour cause physique ou mentale) ni le nombre de personnes qui "s'égarent" en Inde mais ça doit être conséquent.
Arrivé de Paris à Delhi, on y restera deux jours avant de prendre un avion pour Leh pour 4 jours. Retour en avion à Delhi où on prendra dans la foulée un car pour Jaipur. Trois jours plus tard, car pour Agra où l'on passera deux jours avant de remonter une journée à Delhi. Avion pour Goa où l'on passera une semaine puis avion pour Bombay la veille de notre retour en France.
Anecdotes :
- Cuisine :
La cuisine indienne est une cuisine que j'aime beaucoup, d'après ce que j'avais goûté en France dans différents restaurants. Cependant, je partais avec beaucoup d'a priori et un peu de peur. Tout d'abord parce que généralement, les cuisines exotiques que l'on peut goûter en France sont généralement adaptées aux goûts occidentaux et parfois bien différentes des cuisines d'origine. Ceux qui ont été en Chine ou au Japon pourront le confirmer. Ensuite, je m'attendais à une cuisine très relevée. Et enfin je redoutais la turista. Et bien je me trompais sur de nombreux points. Tout d'abord côté piquant. Rien d'insurmontable. Peut être que les restaurants adaptent en cuisine les doses de piment pour les occidentaux, toujours est-il que j'ai toujours pu tout manger alors que je m'attendais à être incapable de finir un plat sur deux. Ensuite, niveau digestion, tout s'est bien déroulé et à part une matinée difficile (peut être également due à l'altitude, on était dans le Ladakh à ce moment là) rien de catastrophique à déplorer. J'ai d'ailleurs été impressionné de ce côté là, car il est possible de trouver de la viande un peu partout. On se demande comment elle est conservée vu le peu de touristes à certains endroits et les problèmes d'électricité en Inde qui doivent rendre problématique le maintien de la chaine du froid pour les aliments congelés. Quoi qu'il en soit, on a très bien mangé, +1.5 kg en 3 semaines, et je peux vous garantir que ce que l'on peut trouver dans des restaurants indiens en France est très fidèle à ce que l'on mange là bas. Dernier point à préciser, une grande partie de la population indienne est végétarienne. Ce qui fait que les plats sont végétariens par défaut, il faut demander les versions non-veg pour y trouver de la viande (90% du temps du poulet). Enfin, du fait d'une grande frontière commune avec la chine, la plupart des restaurants proposent de la cuisine chinoise, plutôt réussie.
- Boissons
Il faut partir du principe qu'il ne faut jamais boire d'eau du robinet. A partir de là, pas de problèmes, on trouve facilement de l'eau et d'autres boissons mais beaucoup plus difficilement de l'alcool, dont la distribution est très règlementée dans la plupart des états (aucun problèmes à Goa par contre). En ce qui concerne les boissons sucrées / sodas, notre préférence, en terme de boissons industrielles, a été vers le Limca une sorte de limonade et le Slice un jus de mangue plutôt épais et pas mauvais du tout. Il y a évidemment les fameux lassis, sortes de milk shake au yaourt généralement avec des fruits mais qui se consomme aussi salé ou avec... du cannabis. On a adoré aussi les jus de cannes à sucres, pressées dans une machine prévue pour, dans lequel est également broyé un citron vert, absolument divin. Concernant les alcools, on a bu que de la bière. Au programme, la marque qui a le monopole en Inde : Kingfisher. Une bière blonde sans prétentions, servie principalement en bouteille de 65cl. Quant à la quantité d'alcool, elle n'est pas indiquée précisément mais par fourchette. Ainsi, la Kingfisher 'normale' et sa déclinaison 'premium' titraient de 3.5 à 5°. Il existait également une déclinaison 'strong' au goût assez chimique et qui titrait de mémoire de 6 à 7.5°. On trouvait difficilement cette dernière. Dans le Ladakh on a également bu de la Godfather, déclinée comme la Kingfisher en normal et strong, servie en bouteille 65cl également. Moins bonne. Enfin on peut également trouver quelques marques étrangères comme Tuborg ou Carlsberg. Comme il faut une licence en Inde pour vendre de l'alcool, on en trouvait difficilement. Dans le commerce, quelques rares wine shops en vendent et dans les restaurants, la plupart n'ont pas le droit mais en vendent régulièrement, plus cher, et souvent 'camouflées', ainsi on m'a servi à plusieurs reprises des bières dans des tellières.
- Trafic
Le plus gros point noir en Inde. C'est tout simplement une horreur. Le fonctionnement est simple : c'est la loi de la jungle. La priorité va au poids. Donc dans l'ordre, on trouve les bus, que l'on a surnommé les terminators, ensuite viennent les voitures, puis les tuc tuc, les motos, les vélos et enfin le piéton. Il faut aussi mentionner que l'usage du klaxon est tout simplement omniprésent. Ca klaxonne absolument tout le temps, pour tout et pour rien. Aux abords des grands axes et en milieu urbain c'est la cacophonie permanente. Il n'y a quasiment jamais de feux aux intersections. De temps en temps, un policier fait la circulation. Le plus dur et le plus stressant est de traverser la rue en ville. Aucun véhicule ne s'arrête jamais. Et si un piéton s'engage alors qu'une voiture arrive, c'est clairement à lui de s'arrêter. Il faut aussi rappeler qu'en Inde, on conduit à gauche. Il faut donc être très vigilent d'autant que des vélos, motos ou tuc tuc roulent très régulièrement à contre sens. Alors qu'on soit perdu dans une telle circulation quand on vient en Inde pour la première fois, c'est compréhensible mais ce qui n'est pas rassurant c'est de voir que les piétons indiens eux même ont l'air aussi perdu que nous dans cette jungle motorisée.
- Animaux
La fameuse vache sacrée indienne. Il y en a partout. De la ville à la campagne, en passant par la montagne et la mer, on a vu des vaches quasiment partout à part à Bombay. Elles se promènent en ville et se posent où bon leur chante. On a assisté au coucher du soleil à des mouvements migratoires de vaches en plein Delhi, c'est un spectacle amusant à voir. Quant à la mer, je ne m'attendais pas à retrouver des vaches jusque sur la plage... Et bien si, parfois par dizaines. On a également croisé pas mal de singes, des cochons, des chevaux, des ânes, des dromadaires... tout ça en ville. Au niveau des oiseaux, Delhi est survolé par de nombreux aigles au gabarit généreux. A Goa, c'est le domaine des corbeaux, de gros spécimens là encore.
- Electricité
Un autre élément assez problématique en Inde. Le courant saute régulièrement, même dans les aéroports. L'éclairage public est quasiment inexistant. Dans le Ladakh c'est encore plus simple, il n'y a pas d'électricité en journée. Le Taj Mahal, une des sept nouvelles merveilles du monde, n'est pas éclairé de nuit. D'ailleurs Agra, la ville du Taj Mahal, est celle où nous avons assisté au plus de coupures de courant : 3 à 5 fois par jour, pour des durées allant de 10 minutes à plus d'une heure. Dans ces cas là, on entend tous les groupes électrogènes des hôtels qui se mettent en marche.
- Tourisme
On n'est pas vraiment sorti des chemins battus, dans la mesure où l'on était en milieu urbain la plupart du temps et à Goa où le tourisme est bien développé. Pas trop de problèmes pour se faire comprendre, un peu acrobatique mais faisable. Les cartes dans les restaurants sont tout le temps en anglais. On a trouvé également assez facilement des guests houses, pas toujours d'un grande qualité, un peu crade et à la douche sans eau chaude ni pression, ce qui oblige à se laver au seau, mais rien d'insupportable non plus. Si possible, visitez les chambres avant de choisir votre hôtel / guest house. Pour les transports, pas trop de problèmes non plus, on trouve facilement des tuc tuc en ville, et pour les distances plus longues on a à chaque fois opté pour le car, tous nos trajets se sont bien passé.
- Budget
On était parti avec 2500€ en liquide pour deux et pour trois semaines, le taux de change durant notre séjour avoisinait les 70 roupies pour un euro. Pour donner une idée des tarifs, on a payé nos guests houses de 600Rs (8, 50€) à 1600Rs (23€). Pour les repas, de 300 Rs (4, 25€) à 1000 Rs (14€). Les bières (65cl) coutaient de 70 Rs (1€) à Goa à 200 Rs (3€) à Bombay où tout était particulièrement cher. Les trajets en car nous ont couté aux alentours de 400 Rs (6€) pour des trajets d'environs 5 heures (grosso modo 200 km). On avait acheté notre vol aller-retour Delhi - Leh en France, 6 mois à l'avance, 100€ par personne. On a acheté sur place nos vols Delhi - Goa et Goa - Bombay dans les 80€ par vol et par personne. On est revenu à Paris avec 700€. On en a donc eu pour 900€ par personne pour 3 semaines, déplacement, hébergement, repas et souvenirs compris, sachant qu'on s'est fait plaisir et qu'on n'a pas regardé à la dépense.
25/9/2009 :
Arrivé à Delhi. Longue attente des bagages. Chauffeur avec pancarte "Grégoire". Rally klaxon jusqu'à Delhi. Arrivé à l'hôtel India International, grande chambre, immense lit. Petit diner sur terrasse, première bière Kingfisher. Nan fromage sans intérêt et poulet massala, bonne sauce mais que des os dans les deux petits bouts de poulets.
26/9/2009 :
Petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, salade de fruit, Kingfisher, omelette. Premier tour sur le main bazar : assez hardcore, beaucoup de monde et énormément de trafic. Série de boutiques puis arrivée au bout de la rue qui donne sur un énorme carrefour et la gare : über crowded. On abandonne, retour sur nos pas, petit coup à boire sur une terrasse où ils refaisaient la peinture, pas de bière. Petit tour rapide dans mainbazar puis on trouve un des rares (le seul ?) bar un peu moderne qui, manifestement, sert de la bière. On en profite pour tester notre premier thali, un assortiment de plat typiques indiens. Celui si sera excellent, pas trop épicé, seul le riz est quelconque. On repasse à l'hôtel, qui était juste à côté, prendre une petite douche. Direction ensuite la India's Gate, un arc de triomphe. Premier tuc tuc (ou rickshaw) pour l'occasion et clairement, à Delhi, mieux vaut être dans la circulation qu'à côté. L'India's Gate est sympa, c'est calme. On remonte ensuite toute l'avenue qui mène au parlement. Jolis bâtiments envahis de singe qui font des galipettes dans l'herbe. Pour partir de là, on décide de tester le métro. Il est tout neuf, propre, classe. A l'entrée, on passe un contrôle avec fouille et détecteur de métaux, digne d'un aéroport. Il n'y a pas trop de monde, bizarre pour une ville de 13 millions d'habitants. Il faut dire qu'on était à un terminus. Deux stations plus tard, à une correspondance, le métro est pris d'assaut. On descend à Chandi Chowk, grosse erreur. La queue pour rentrer dans le métro est hallucinante mais relativement ordonnée. On avait pas croisé de mendiants jusque là mais, à la sortie du métro, ils sont des dizaines par terre. Le passage n'est pas large et la densité de la foule empêche de s'arrêter. On est prit dans un flux de personnes qui nous conduira sur un grand axe. Là, énormément de monde, la circulation est on ne peut plus dense. Sur notre droite, une mini décharge. Un tas d'ordure haut comme un étage d'immeuble. Un gamin fouille dedans. Bizarrement, ça ne sent pas. Il est environ 18h et il commence à faire nuit. Depuis cet axe, on ne sait pas trop où aller. La monstrueuse queue dans le métro nous empêche de rebrousser chemin. On va découvrir la rush hour à la Delhi. Au carrefour un peu plus loin, on voit quelques tuc tuc, notre seul salut. On s'y rend tant bien que mal, traverser la route sera une épreuve qui nous prendra plusieurs minutes. Et là, aucun d'eux ne veut nous prendre. Sachant qu'en journée, les tuc tuc nous accostent 15 à 20 fois par jour, ça fait bizarre. Le mélange de la chaleur, du bruit assourdissant des klaxons et de la circulations, des fortes odeurs de nourritures, d'épices et d'autres, de la densité aussi bien sur la route que sur les trottoirs avec la nuit qui est maintenant tombé et les éclairages publiques qui tentent vaguement de prendre le relais mais sans succès donne un cocktail aussi impressionnant qu'oppressant. On ne peut même pas s'arrêter deux minutes quelques part pour souffler un instant et réfléchir sur où aller ou quoi faire à cause du flux permanent de personnes. Nous sommes sur un grand axe et, d'aussi loin qu'on puisse voir, pas l'ombre d'une rue ou d'un endroit un peu plus calme. On essaye de rejoindre le Red Fort et heureusement, en chemin, on trouvera un tuc tuc qui daignera nous prendre pour le prix d'une course triplé. On s'engouffre dedans en espérant sortir de cette folie au plus vite. Quelques instants plus tard, à un feu rouge, un mendiant atteint d'éléphantiasis aux testicules surgit de nul part, l'élément sus-nommé entre les mains. Finalement, le tuc tuc réussit à nous ramener vers mainbazar qui du coup nous parait presque calme. Welcome in India ! Cette fin d'après midi nous a clairement fait comprendre qu'on était en Inde, un pays de plus d'un milliard d'habitants. On se réfugie dans le bar boire quelques bières pour se remettre de nos émotions, puis passage à l'hôtel pour prendre une douche (on n'est pas spécialement chochotte là dessus, pas du tout même, mais à Delhi, on se sent vite crade : la sueur et la poussière, c'est un mélange radicale) et dîner sur le toit du Metropolis dans un restaurant réputé où on mangera un fish curry et un chicken tikka excellents, accompagnés d'un riz de haut vol.
27/9/2009 :
Daniela se lève et part faire quelques emplettes à mainbazar, le temps pour moi de dormir un peu. On commande un taxi pour le lendemain 4h. Déjeuner sur le toit du Shelton. Malgré la frayeur de la veille, le projet pour l'après midi est de visiter le Red Fort. On descend de notre toit à la recherche d'un tuc tuc qui nous apprendra qu'aujourd'hui démarraient des festivités qui duraient trois jours et se déroulaient en partie au Red Fort. On déclare forfait pour aller finalement dans un camp de réfugié tibétains recommandés par le Routard. L'endroit est, en effet assez impressionnant de calme par rapport à Delhi mais on en fait vite le tour et, à part un petit temple, il n'y a pas grand chose à voir. Retour vers mainbazar pour une petite session shopping avant d'aller boire un verre sur une terrasse, avec une superbe vue sur l'une des places de mainbazar. On assistera au coucher de soleil avec un défilé de vaches un peu indisciplinées faisant tomber des scooters garés par ci, grignotant sur des étales par là. A la nuit tombée, on retourne à notre hôtel pour ranger nos affaires, il faut qu'on se lève à 3h30 pour prendre notre avion pour Leh. Comme il est dur de trouver des bières en Inde, on retourne à notre bar prendre l'apéro où on rencontrera deux français (Loïc, si tu nous lis !) avec qui on discutera de l'Inde avant d'aller dîner sur une des seuls terrasses de Delhi où on peut commander des magic lassi (ou bang lassi). Une petite explication s'impose : le lassi est une boisson indienne à base de yaourt, généralement mixée avec des fruits. Le magic lassi garde le concept de yaourt mixé mais l'ingrédient n'est plus un fruit, mais une plante, enfin une résine de plante, pour ceux qui n'ont toujours pas compris, c'est du cannabis. Un élément présent dans la culture hindou bien qu'interdit en principe, au cour de notre voyage on nous en proposera une vingtaine ou une trentaine de fois. Bref, nos deux compagnons sont des habitués et je ne suis pas un débutant en la matière. Mais celui là sera particulièrement costaud. Résultat : bonne session paranoïa et 3 heures de sommeil assez chaotiques. Je n'en recommande pas l'usage quand il y a des choses importantes à faire après.
28/9/2009 :
Réveil à 3h30, je suis un peu dans les choux mais opérationnel. Taxi direction l'aéroport domestique et après 1h20 de vol au dessus de l'Himalaya on atterrit à 3500m d'altitude, à Leh dans le Ladakh. Taxi pour atteindre la ville puis Daniela me laisse avec les bagages à une petite terrasse, le temps d'inspecter les guests houses environnantes. On en choisi une avec une superbe vue sur les montagnes. Bizarrement, on n'est pas fatigué. On fait notre premier tour dans Leh, on grignote un morceau sur une terrasse puis on se perd en bas de Leh, ce qui nous permettra de découvrir les maxi taxi locaux. On loue ensuite un taxi pour l'après midi (500Rs) avec lequel on ira voir le Shanti Stupa, le Tsemo Gonpa et le Royal Palace. Retour à Leh, déjeuner sur une terrasse, puis retour à la Guest House pour deux heures de sieste bien méritée. On ressortira dans un Leh où la nuit tombe tôt, les degrés et l'animation avec. On croisera quelques français puis retour dans le noir complet à notre guest house pour tenter de s'endormir, ce qui nous prendra pas loin de 3 heures...
29/9/2009 :
Deuxième jour à Leh. Sur les conseils de tous les gens qu'on a rencontré, on ne fera pas grand chose aujourd'hui. Breakfast sur une terrasse sympa malheureusement face à des travaux. Balade dans les ruelles de Leh puis petite bière dans un restaurant tibétain. On loue une jeep pour le lendemain pour aller voir les environs. Retour à la guest house, petit passage sur internet, puis apéro avec des français, allemands et hollandais de la guest house et d'ailleurs. Dîner tous ensemble dans un autre restaurant tibétain.
30/9/2009 :
Réveil à 08h30 pour la jeep. Au programme : Thiksey, Hemis et Shey. Thiksey est un monastère en activité. Perché en haut des montagnes, on le visite, ainsi que son école où l'on croise de jeunes bouddhistes en attente de cours d'anglais de maths ou d'indiens. On fait le tour du monastère puis on remonte sur le toit de la salle des prières où deux moines jouent de leurs énormes cornes face à la vallée. Suite à cela, ils enfileront leurs bonnets de cérémonie et continueront à jouer face à la vallée une sorte de trompette cette fois ci. On descendra ensuite dans la salle des prières où les moines ont commencé à se rassembler. On s'assoit dans un petit coin avec les quelques touristes présents (des bikers !). La cérémonie commence. C'est un ensemble de chants et de psalmodies qui, de premier abord, à l'air assez décousu jusqu'à ce que, au bout d'une quinzaine de minutes, d'une synchronisation impressionnante après l'apparent désordre des prières, tous les moines tapent des mains. Les prières continuent avec l'apparition par moments d'instruments de musiques. On quitte la cérémonie pour rejoindre notre jeep, on a passé pas loin de 2h30 à Thiksey. Direction Hémis, un autre monast��re, assez éloigné. Le voyage sera de toute beauté, à travers de petites routes disparaissant dans le paysage lunaires du Ladakh, traversant des cours d'eau, de frais éboulements ou encore des bases militaires indiennes. L'arrivée sur Hémis est impressionnante car le monastère est situé dans le renfoncement d'une montagne et n'apparait brutalement qu'un kilomètre avant d'y arriver. Le bâtiment est intéressant, l'emplacement surtout, avec cette montagne en diagonale, marquée de stries parallèles impressionnantes. On ne restera pas longtemps car d'une part le monastère n'est pas très grand et il n'y a pas grand chose à voir et d'autres parts, nous avons passé énormément de temps à Thiksey et nous devons ramener la jeep en début d'après midi. Retour ensuite vers Leh et dernière étape à Shey. Après une longue grimpette bordée de moulins à prières, on arrivera à Shey, malheureusement à l'heure de fermeture (13h). La vue sur la vallée par contre vaut le coup. Retour à Leh, avec un petit arrêt en chemin par un wine shop pour acheter quelques bières. On rend la jeep puis on se fait un petit apéro dans notre chambre avec la superbe vue. Direction la terrasse Leh View pour un déjeuner tardif de 15h à plus de 18h dont les effets seront... pénibles. De retour à la guest house, la fatigue l'emporte et on s'endormira sans ressortir dîner.
1/10/2009 :
Ce qui devait arriver arriva. Le mélange d'altitude, du paneer massala de la veille et des nombreuses bières (Godfather strong, bien chimiques) aura raison de moi et je passerai la matinée cloué au lit. Dans l'après midi, ça va mieux, dernier petit tour dans Leh, petites emplettes et coucher tôt, on repart demain.
2/10/2009 :
Réveil tôt, taxi pour l'aéroport puis avion pour Delhi. De l'aéroport taxi old school pour Bikaner House, petite gare routière d'où partent les bus pour Jaipur. On prend nos billets (environ 400 Rs par personnes), notre car part 1h30 plus tard, à 12h30. Le trajet se déroule presque tranquillement, à part les pénibles coups de freins, de volant et de klaxons. Le car se transforme au gré de la route en véritable 4x4 avec des situations rocambolesques à l'indienne où notre car, déjà en train de doubler à moitié dans le fossé et par la gauche (équivalent de doubler par la droite chez nous) se fait doubler par des voitures, encore plus à gauche, même plus sur la route. L'arrivée à Jaipur sera un peu stressante car de nuit, harcelés d'indiens, avec nos gros sacs et sans savoir exactement où on allait. On finira par trouver un petit hôtel sympa mais sans plus où on pourra prendre une petite douche et manger sur le toit un excellent chicken chopsuey.
3/10/2009 :
Petit déjeuner au Jaipur Inn pour le tester. Terrasse sympa mais self service, le seul qu'on verra en inde, piaules sympas mais sans plus, ça ne mérite pas le déménagement. On prend notre seul et unique vélo-pousse-pousse du voyage pour nous emmener à une des portes de la vielle ville. La old city de Jaipur c'est ouf. La première impression est prenante, d'autant que le passage de la porte condense le trafic, les piétons et le bruit. Pour éviter la première avenue, surchargée, on prend une petite rue sur le côté au bout de laquelle on tombera sur une porcherie. Ou plutôt sur une quinzaine de cochons en train de s'attaquer à un tas d'ordure. On finira par rejoindre l'artère principale, bordée de petites boutiques exclusivement dédiées dans ce coin de la old city, à la cuisine et aux épices. On repassera à l'hôtel pour changer de chambre, la notre était sous les cuisines de la terrasse et très bruyante. On en profite pour boire une bière et manger un morceau. L'après midi, on fera un city tour en tuc tuc. Au programme, l'Amber Palace, un magnifique château haut perché et peuplé de singes penseurs, puis Jal Mahal, un palais sur l'eau, magnifique mais inaccessible. Ensuite, dans Jaipur, l'observatoire, sans intérêt, et le City Palace, grand ensemble de bâtiments encore habité par le Marajah de Jaipur. Enfin, un bref aperçu du Hawa Mahal, le palais des vents, le plus bel édifice de Jaipur, qui venait de fermer (17h). Pour finir, à la demande de Daniela, le tuc tuc nous déposera dans une adresse à lui, inaccessible sans connaitre : un tailleur de renom pour y tester saris et autres vêtements typiques. Retour à l'hôtel puis diner sur la terrasse de l'hôtel Pearl. Terrasse magnifique et superbe vue sur un petit fort à côté. Butter chicken de qualité pour moi et riz impeccable. Le thali de Daniela était sans intérêt par contre.
4/10/2009 :
Réveil à Jaipur, petit déjeuner au Pearl puis visite du fort d'à côté. Impressionnant. On a tourné un peu en rond autour avant de trouver comment s'y engouffrer. A l'intérieur, plusieurs familles s'y sont installées. Le décalage entre ce vieux fort, encore présent en plein milieu de la partie 'moderne' de la ville et les familles qui s'y sont installées avec leurs tuc tuc, leurs motos et leurs 'maisons' aux murs bleus, est saisissant. Depuis les remparts, on a une superbe vue sur la ville. On retourne au Hawa Mahal dans le but de le visiter cette fois ci. Pour information, ce bâtiment a été construit afin que les femmes puissent observer ce qu'il se passait dans la rue. Ça n'est en fait qu'une grosse façade ajourée. Avec les étages, le bâtiment est de plus en plus fin. Le seul inconvénient est qu'il donne sur une des artères de la vieille ville, il est difficile d'en profiter d'en face, au milieu du trafic ou des boutiques de vêtements aux vendeurs lourdingues. On se fait souvent la remarque que tel ou tel monument est plus impressionnant en vrai qu'en photo, pour celui là, c'est le contraire. En redescendant, on trouve un resto réputé de la old city. Il est en effet sur-blindé et ce qui est amusant est qu'on y entre par une pâtisserie. Comme il y a trop de monde, on mange dans une arrière salle. Au programme le super-thali maison. Le verdict est malheureusement sans appel : aucun intérêt. Sans être mauvais, ça n'est clairement pas bon. Ajouté à cela, la note la plus élevée de notre voyage jusqu'à présent (environ 900 Rs) et le mal de ventre qui me renverra dans les toilettes du restaurant un quart d'heure après notre départ et on obtient le plus gros échec gastronomique de notre voyage. Une fois remis je rejoins Daniela en plein shopping. On y passera l'après midi avec une belle découverte, les ruelles de la old city dédiées aux textiles. Au programme, un arc-en-ciel de couleurs et de lumières au milieu des femmes en saris assises dans les boutiques recouvertes de matelas. Retour sur la terrasse du Pearl pour le dîner, une adresse que l'on recommande chaudement, pour la partie hôtel également, les chambres avaient l'air sympa aussi mais on n'a pas voulu perdre de temps à déménager.
5/10/2009 :
Aujourd'hui, on s'en va. Direction Agra et le Taj Mahal. La pluie est de la partie. Tuc tuc direction la gare pour prendre nos billets de train. D'après internet, il en reste. Arrivés sur place, on commande nos billets, coup de bol, il en reste pile deux ! Le problèmes c'est qu'il y en a pour un peu plus de 1000Rs et qu'après vérification, il ne nous en reste que 500. Opération tuc tuc express pour aller faire du change, mais le temps de revenir et de faire la queue, too late, il n'y a plus de places. On se rabat sur le bus, départ à 13h. On attend une heure à la gare routière sous l'œil d'indiens curieux puis on prend le car à moitié vide pour Agra. On arrive une fois encore de nuit, mais cette fois, on saute dans le premier tuc tuc venu et direction une adresse du routard. Il ne reste qu'une chambre, sans intérêt mais on a la flemme de faire la tournée des guests houses. On réalisera par la suite qu'on était pas si mal tombé, le niveau des guests houses à Agra était bien bas. Bière sur notre terrasse puis, avec la pluie, on fuit vers une autre terrasse, abritée, où on sera servi par un gamin d'une douzaine d'années. Au menu, des noodles et un thali pour conjurer le mauvais sort du dernier de piètre goût.
6/10/2009 :
6h et quelques, Daniela tourne en rond dans le lit. La question est de savoir quand aller voir le Taj Mahal et s'il va pleuvoir. Vers 7h on se met en route, petit déj à côte de la South Gate puis entrée à l'ouverture, 8h. Au passage, il nous en coutera 750 Rs contre 20 pour un indien... Anyway, on entre, c'est beau. Photos puis on passe la vraie South Gate et là, le mirage devient réalité. Le bâtiment est splendide et sa symétrie impressionnante. il fait plutôt gris mais tant mieux il n'y a pas trop de monde. On fera le tour pendant 2 heures. A l'intérieur, rien ! Juste la tombe (vide) de sa bien aimée et celle de Shah Jahan, seul élément d'asymétrie de tout l'ensemble. Cet énorme bâtiment est donc seulement une tombe ! S'en suit un déjeuner sur la terrasse de notre hôtel avec vue directe sur celui que l'on vient de quitter. L'après-midi, direction le Red Fort d'Agra. Magnifique fort avec de joli palais à l'intérieur et vu splendide sur le Taj Mahal. L'ensemble est parfois un poil chaotique, on a l'impression que des palais ont été successivement construits les uns sur les autres. Retour vers le Taj Mahal pour quelques bières et un dîner sur une terrasse avec vue.
7/10/2009 :
Réveil tôt, bagages et tuc tuc pour la gare routière. Bus AC (230 Rs) où on seras 5 ! Arrivée à Delhi 5h plus tard, tuc tuc pour le main bazar et chambre au Shelton. "Déjeuner" sur le toit, petite phase shopping puis bières et dîner (les meilleurs thalis qu'on ait mangé en Inde) dans le resto fashion à bières.
8/10/2009 :
Aujourd'hui, Daniela voulait faire du shopping, l'occasion pour moi de souffler un peu de cette vie indienne agitée donc grosse session Zelda Phantom Hour Glass sur DS. Déjeuner sur notre terrasse et dîner sur le Metropolis, où le repas sera encore de grande qualité : excellent butter chicken pour Daniela et crevettes curry de toute beauté pour moi, accompagné d'un riz saphrané plutôt pas mal.
9/10/2009 :
Réveil tranquille puis taxi pour l'aéroport domestique. Cheap compagnie low cost GoAir, du coup, terminal du bas clairement moins bien que celui du haut. On se demandait ce que pouvait bien servir les macdo en Inde, on a eu notre réponse : des veg, chickens et fish burgers ainsi que des nuggets. On s'expédie un chicken burger avant de décoller. Arrivés à Goa, on prend un prepaid taxi (950 Rs !!!) pour Vagator, un petit village au dessus d'Anjuna Beach. Une bonne heure de route plus tard, on arrive. La plage n'est pas super et ça à l'air mort. Pris un peu de panique, on demande au taxi de nous déposer plus bas à little vagator. Ca à l'air encore plus mort : deux guest houses, un bar et trois magasins dont deux fermés. Daniela visite les guests houses, elle qui voulait des cabanes dans l'esprit de celles qu'on avait en Thailande, c'est clairement pas ça. Par contre, il y a un hôtel : The Alcove. Daniela visite donc l'hôtel et on se décide à y rester au moins une nuit, pas le courage de trouver un taxi et de repartir à l'aveuglette avec tous les bagages. Quelle bonne idée, l'hôtel est super, piscine, vue plongeante sur la mer et resto de grande qualité ! 1600 Rs la nuit, manifestement au tarif hors saison. Petite balade le long de la magnifique plage et première rencontre avec le seul inconvenient de cet endroit paradisiaque, les vendeurs ambulants, un poil relous. Notre balade se termine dans une petite paillote, les pieds dans l'eau. Au menu, poisson fraichement péché et bière. On n'aura plus de problèmes de ce côté là d'ailleurs, dans l'état de Goa, on trouve de l'alcool partout. Retour sur la terrasse de notre hôtel pour un magnifique couché de soleil avec des cocktails de qualité. Dîner au même endroit : salade de crevettes sauce cocktail, seafood sizzler (assortiments de poissons et fruits de mer sur plaque chaude) et brownie.
10/10/2009 :
Réveil, baignade dans la piscine, petite session bronzette et petit déjeuner sur la terasse : calamars (excellents !!!) et club sandwich chicken. Après-midi, baignade dans la mer et déjeuner dans la paillote : thon et Kingfisher. Cocktails sur notre terrasse pour le coucher de soleil puis taxi pour Baga. Après le calme et la beauté de notre little vagator, nous revoilà dans le clinquant, bruyant, cher et sans intérêt. Effet hors saison ou mode passée, on n'entendra pas une note de Trance. Une vague soupe électro dans un bar-je-me-la-pète, sinon les clubs proposent rnb, house et bollywood music (!). Petites courses dans un wine shop et dîner dans un petit boui-boui qui nous servira d'excellente crevette sauce coco. Retour en taxi déçus, on ne fera pas la teuf à Goa. Dernier apéro devant notre chambre et dodo.
11/10/2009 :
Réveil tard (11h !!!), petit déj dans une paillote, salade crevette ananas et calamars. On a enfin vu des vaches sur la plage, et pas qu'un peu, une trentaine de meuh meuh posées sur la plage et sous les cocotiers environnants, à côté d'indiens qui pic-niquait (dimanche oblige). On s'est promenés en retournant vers Vagator, on est rentré un peu dans la village, on a gouté un merveilleux jus de canne à sucre, écrasés avec un citron vert dans une machine folklo. Noix de coco sur le trajet. Retour à l'hôtel, petites baignades express de Daniela dans la mer puis dans la piscine puis petite phase de prélassement à l'hôtel. Puis retour dans une paillote pour un apéro chargé à base de bières pour moi et de coconut fegi (alcool à base de noix de coco) mélangé à du Limca, et des seafood noodles. Retour à l'hôtel pour continuer l'apéro puis dîner : salade de crevettes avocats, calamars (again) et crevettes + frites. Puis squatte de la terrasse de l'hôtel avec nos petites enceintes pour un blind test.
12/10/2009 :
Réveil pas trop tard, baignade piscine. Petit déj dans la paillotte de 74 qui venait d'ouvrir. Au menu, Israeli breakfast et chicken burger. Zooz à l'hôtel puis baignade à la mer et déjeuner dans une paillote, prawns noodles et beignets de calamars. Retour à l'hôtel pour douche puis une autre paillote pour un coucher de soleil avec de fortes éfluves de cannabis derrière nous. Apéro puis dîner au resto de l'hôtel où j'ai pu assister en cuisine à la préparation de mon butter chicken et des crevettes de Daniela, un grand moment !
13/10/2009 :
Réveil puis petit déjeuner dans une paillotte, au menu Indian breakfast : sorte de naan très légers, frits, avec une soupe à base de curry, pomme de terre et petits pois. Séquence bronzette - piscine puis déjeuner à l'hôtel des Tiger Parwns, énormes crevettes délicieuses au prix démesuré. Balade ensuite dans Little Vagator à la recherche de Jackie, le coin change ouvert. Le personnage est rigolo et attachant. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil arrosé des toujours aussi bons cocktails maison. Au menu de ce soir, kebab maison, de poulet, entouré d'une étrange mousse assez aérienne, audacieux et sympatique. Et baby shark, une pure merveille !
14/10/2009 :
Aujourd'hui, c'est mercredi. Marlgré le peu d'animation alentours vu que la saison n'a pas n'a pas encore vraiment commencée, un marché assez connu doit quand même avoir lieu à Anjuna Beach : le Flea market. Direction Anjuna donc qui ne s'avère pas si loin que cela de little vagator mais le marché est tout au sud d'Anjuna, ce qui prolonge grandement la course. Arrivé sur place, le marché a bien lieu, il est même bien rempli. C'est l'endroit où l'on verra le plus d'occidentaux de notre séjour. On passera la journée entre shopping, bières et resto, avant de rentrer pas trop tard vers notre coin plus calme et plus joli pour notre dernier coucher de soleil à Goa. Retour avec un tuc tuc à portières ! Joli coucher de soleil sur la plage avec une bière puis retour à l'hôtel pour un bon dernier repas de crevettes, de calamars et de crabe.
15/10/2009 :
Fini Goa ! On va à Bombay (Mumbai) passer une dernière journée avant de rentrer à Paris. Le voyage ne s'annonce pas trop pénible, il n'y a même pas une heure de vol de Goa à Mumbai. Pourtant il sera bien galère et nous replongera froidement dans tout ce qu'on a détesté en Inde. Tout d'abord, il faut retourner à l'aéroport : 1h30 de taxi, pas de tout repos : ça accélère, ça freine, ça tourne, ça monte, ça descend, ça klaxonne, ça tremble sur les routes en mauvais état et il fait chaud. A l'aéroport, on poireautera 2h et quelques à cause de notre avion qui avait une heure de retard. Arrivés à Mumbai, on se tapera notre pire trajet en taxi. Les taxis typiques indiens sont très peu confortables et sans être un géant, je suis obligé de me tenir dans une position à moitié courbé assez désagréable si je ne veux pas me cogner la tête à chacune des nombreuses bosses que l'on croisera sur notre chemin. Il n'y a que 20km de l'aéroport à Colaba, quartier cosmopolite et recommandé aux abords de l'hôtel Taj Mahal, mais quasi-uniquement en milieu urbain. Arrivé à 16h30, on mettra plus de 2h à faire ces foutus km, pris dans la rush hour de Bombay et la nuit qui tombe. On aura même droit à un détour par la station service pour faire le plein, qui se fait de manière spécifique pour ces taxis, donc pas n'importe où et avec une file d'attente conséquente. On est avec tout nos gros bagages, il fait nuit, l'anarchie du traffic est affolante et on ne sait pas où on va. On est pris au piège dans ce taxi dans lequel on sue à grosses goûtes, et qui comprenant notre agacement suite à la demi-heure de perdue en essence mettra tout son zèle et son klaxon pour gratter les moindres centimètres possibles entre bus et camions. Finalement arrivés, on sera accueilli par une bande de chien enragés et des pétards à vous en faire éclater les tympans pour célébrer Diwali. La cerise sur la gâteau sera le piètre niveau des guests house environnantes (il y avait des puces gorgées de sang dans la notre) associé à un tarif à la Bombay démesurés : 1200 Rs pour la pire chambre de notre séjour. La maigre consolation sera aussi amère que le reste de la journée : le Léopold café, au pied de notre guest house, dont on avait lu que du bien, est un repère à occidentaux plein à craquer, ultra bruyant et aux prix exorbitants. Bref, ce genre de journée marathon dont on se passerait bien.
16/10/2009 :
Ce soir, on rentre à Paris. Enfin, notre vol est à 2h30 a.m. La motivation pour faire un tour dans Bombay est clairement retombée depuis la veille. Cependant, reposé (ou presque), douché (ou presque), sans nos gros bagages et de jour, le quartier semble beaucoup plus vivable. D'autant que le quartier est sympa et truffés de bâtiments intéressants : la gateway of india, le taf mahal hôtel, le prince of wales musuem et d'autres édifices de toute beauté. On passera donc la journée à se balader, à se poser dans des petites boutiques à jus de fruits et de canne à sucre, avant de dîner et de prendre un taxi pour l'aéroport à 22h. Mention spéciale pour l'inéficacité du personnel et de l'organisation de l'aéroport. En cumulé, on aura passé 2h30 à fair la queue (enregistrement / sécurité / immigration), sachant qu'on était arrivé quasiment 4h avant le décollage. En comparaison, à l'aller, on a fait moins de 20 min de queue tout compris en arrivant à peine 2h avant...
Conclusion :
L'Inde est un pays fascinant mais avec quelques aspects vraiment pénibles, je comprends maintenant mieux certains commentaires que j'avais lu où les gens évitaient de sortir en ville et restaient dans leurs hôtels le temps des correspondances. C'est donc la densité de population et le trafic qui nous a le plus posé problème. A côté de ça, on a vu des endroits magnifiques et on a extrêmement bien mangé. Je pense que c'est un pays où il faut aller au moins une fois pour se rendre compte. Cependant je ne recommande pas aux personnes qui n'ont pas le cœur bien accroché ou qui traversent une période de vie difficile, je ne connais pas les chiffres des rapatriements (pour cause physique ou mentale) ni le nombre de personnes qui "s'égarent" en Inde mais ça doit être conséquent.
Tourisme en Indonésie, billet d'humeur English translation pending
Tout ce qu'ils font in/consciemment pour ne plus avoir de touristes 🏴☠️
1) ils allument des feux à tous bouts de champs/chants et à tous les coins de rue et plus spécialement en contrebas de votre chambre ou en face de la terrasse où vous prenez votre repas
2) ils s'installent au restaurant ou dans le bus à la table ou sur le siège à côté du vôtre et se mettent à fumer alors qu'il y a plein de places ailleurs
3) ils roulent sur des motos pétaradantes et utilisent un klaxon au son surdimentionné juste au moment où ils passent à votre hauteur ou sous la fenêtre de votre chambre (spécialement au beau milieu de la nuit)
4) ils élèvent (enfin façon de parler) des coqs qu'ils laissent divaguer jusque sous les fenêtres de votre chambre un peu avant l'aube quand enfin les chiens arrivaient à vous laisser dormir
5) car ils ont des chiens qui roupillent la journée et qui viennent aboyer sous les fenêtres de votre chambre au milieu de la nuit
6) ils ont des épiceries tous les 10 mètres mais aucune n'a de frigo et quand par chance il y en a un il est soit en panne, soit vide ou ne contient pas la bouteille d'eau ou de bière bien fraîche que vous espériez depuis un long moment
7) ils ont des transports en commun bondés qui passent plus de temps stationnés sous le soleil ou à hauteur d'un feu d'ordures et à partir de l'intérieur desquels vous ne voyez rien de ce que vous êtes venu voir
8) dans ces transports les seuls trucs qui fonctionnent sont le klaxon et la sono qui diffuse en général de la musique de merde à un volume sonore digne d'un concert de hard rockers avec des basses qui vous font douter que votre coeur batte encore
9) de plus ces transports (TRANSPORT, SIR, TRANSPORT à Bali) roulent sur ce qu'ils appellent des routes mais le terme chemins cabossés serait plus approprié. Seul avantage de cet état des routes le CD de musique s'arrête et vous permet de constater que votre coeur bat encore.
10) les prix augmentent et la qualité des prestations diminue et ils vous disent que c'est parce qu'il n'y a pas de touristes (cercle vicieux)
La suite peut être pour plus tard ...
Mais rien ne vous empêche d'en rajouter et à la louche pourquoi pas
Je n'ai pas abordé l'aspect religieux (ce sera peut être dans la suite ... qui sait) mais il y en a des choses à dire
Malgré tout cela les Indonésiens restent probablement l'un des peuples les plus sympathiques sinon je ne vois vraiment pas pourquoi j'irais me promener chez eux 😉
Comme j'avais l'habitude de "signaturer" mes messages dans le passé
Ne croyez jamais d'emblée au malheur des Indonésiens. Demandez-leur s'ils peuvent en/fumer ou rouler à moto/en 4X4 encore ? Si oui, tout va bien. D'après Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit
1) ils allument des feux à tous bouts de champs/chants et à tous les coins de rue et plus spécialement en contrebas de votre chambre ou en face de la terrasse où vous prenez votre repas
2) ils s'installent au restaurant ou dans le bus à la table ou sur le siège à côté du vôtre et se mettent à fumer alors qu'il y a plein de places ailleurs
3) ils roulent sur des motos pétaradantes et utilisent un klaxon au son surdimentionné juste au moment où ils passent à votre hauteur ou sous la fenêtre de votre chambre (spécialement au beau milieu de la nuit)
4) ils élèvent (enfin façon de parler) des coqs qu'ils laissent divaguer jusque sous les fenêtres de votre chambre un peu avant l'aube quand enfin les chiens arrivaient à vous laisser dormir
5) car ils ont des chiens qui roupillent la journée et qui viennent aboyer sous les fenêtres de votre chambre au milieu de la nuit
6) ils ont des épiceries tous les 10 mètres mais aucune n'a de frigo et quand par chance il y en a un il est soit en panne, soit vide ou ne contient pas la bouteille d'eau ou de bière bien fraîche que vous espériez depuis un long moment
7) ils ont des transports en commun bondés qui passent plus de temps stationnés sous le soleil ou à hauteur d'un feu d'ordures et à partir de l'intérieur desquels vous ne voyez rien de ce que vous êtes venu voir
8) dans ces transports les seuls trucs qui fonctionnent sont le klaxon et la sono qui diffuse en général de la musique de merde à un volume sonore digne d'un concert de hard rockers avec des basses qui vous font douter que votre coeur batte encore
9) de plus ces transports (TRANSPORT, SIR, TRANSPORT à Bali) roulent sur ce qu'ils appellent des routes mais le terme chemins cabossés serait plus approprié. Seul avantage de cet état des routes le CD de musique s'arrête et vous permet de constater que votre coeur bat encore.
10) les prix augmentent et la qualité des prestations diminue et ils vous disent que c'est parce qu'il n'y a pas de touristes (cercle vicieux)
La suite peut être pour plus tard ...
Mais rien ne vous empêche d'en rajouter et à la louche pourquoi pas
Je n'ai pas abordé l'aspect religieux (ce sera peut être dans la suite ... qui sait) mais il y en a des choses à dire
Malgré tout cela les Indonésiens restent probablement l'un des peuples les plus sympathiques sinon je ne vois vraiment pas pourquoi j'irais me promener chez eux 😉
Comme j'avais l'habitude de "signaturer" mes messages dans le passé
Ne croyez jamais d'emblée au malheur des Indonésiens. Demandez-leur s'ils peuvent en/fumer ou rouler à moto/en 4X4 encore ? Si oui, tout va bien. D'après Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit
Voyage en Inde en février 2010: visa, budget, bons plans...? English translation pending
bonjour bonjouuuuuuuuuur !
alors voilà qu'on vs explique un chouillat , ns sommes 2 ptites bretonnes partant à l'aventure en fevrier 2010 jusqu'en mai préparation oblige !
dc bon : plein de questions ds nos ptites tetes !
pr commencer :
- VISA : à l'ambassade ils ns disent de ne pas prendre de billet avant d'avoir le visa valide pr 6 mois en touriste, SEULEMENT, les prix des billets augmenteront d'ici là ... hum hum ... que faire??? et puis sous cbien de tps env. le visa arrive?
- BILLETS : si vs avez des bon splans par ex des sites a ns donner ou autres offres du genre super géniales ..? héhé ns sommes preneuses... pr l'instant on m'a conseillé avec escale à londres car moins cher .../
- BUDGET : ns pensons dc vivre la bas mode sac à dos et sourire ! ptet des auberges ou chez l'habitant mais pas d'hôtels .. ou alors à la cool-raoul bref un minimum de sous et un maximum de plaisir ! en gros savoir cbien ceux qui y sont déjà allés a peu près cbien par mois en restant raisonnables bien évidemment..(transport + miam miam + bière 😛 + logement + visites...)
- ASSOCIATION : on espère trouver une asso avec laquelle on pourrait s'associer pr les 3 premières semaines de voyage - seulemnt à ce jour ns trouvons que des asso pr lesquelles il faut payer un minimum ss avoir plus d'infos - connaisseriez vs des asso ayant besoin de bénévoles ?
- ITINERAIRE : si vs avez des bons ptits plans pr nos aventures concernant les endroits les + intéressants du rajasthan... ca serait ma-gni-fi-que
- LOGEMENT : également pr ce qui est des ptites homes bien sympatiques pr ns accueillir , si vs avez des adresses ou vs etes passés ... avec grand plaisir maestro !
- CONTACTS : si certains de nos lecteurs regardent ce petit mot déjanté, mais enjoué et se trouvent au même endroit au même moment pr se rencontrer ...*
sur ce , les infos sont les bienvenues merci d'avance !!
- marie et mélina -
alors voilà qu'on vs explique un chouillat , ns sommes 2 ptites bretonnes partant à l'aventure en fevrier 2010 jusqu'en mai préparation oblige !
dc bon : plein de questions ds nos ptites tetes !
pr commencer :
- VISA : à l'ambassade ils ns disent de ne pas prendre de billet avant d'avoir le visa valide pr 6 mois en touriste, SEULEMENT, les prix des billets augmenteront d'ici là ... hum hum ... que faire??? et puis sous cbien de tps env. le visa arrive?
- BILLETS : si vs avez des bon splans par ex des sites a ns donner ou autres offres du genre super géniales ..? héhé ns sommes preneuses... pr l'instant on m'a conseillé avec escale à londres car moins cher .../
- BUDGET : ns pensons dc vivre la bas mode sac à dos et sourire ! ptet des auberges ou chez l'habitant mais pas d'hôtels .. ou alors à la cool-raoul bref un minimum de sous et un maximum de plaisir ! en gros savoir cbien ceux qui y sont déjà allés a peu près cbien par mois en restant raisonnables bien évidemment..(transport + miam miam + bière 😛 + logement + visites...)
- ASSOCIATION : on espère trouver une asso avec laquelle on pourrait s'associer pr les 3 premières semaines de voyage - seulemnt à ce jour ns trouvons que des asso pr lesquelles il faut payer un minimum ss avoir plus d'infos - connaisseriez vs des asso ayant besoin de bénévoles ?
- ITINERAIRE : si vs avez des bons ptits plans pr nos aventures concernant les endroits les + intéressants du rajasthan... ca serait ma-gni-fi-que
- LOGEMENT : également pr ce qui est des ptites homes bien sympatiques pr ns accueillir , si vs avez des adresses ou vs etes passés ... avec grand plaisir maestro !
- CONTACTS : si certains de nos lecteurs regardent ce petit mot déjanté, mais enjoué et se trouvent au même endroit au même moment pr se rencontrer ...*
sur ce , les infos sont les bienvenues merci d'avance !!
- marie et mélina -
Retour d'un voyage de quarante jours en Indonésie et en Malaisie English translation pending
Bonjour,
Vous trouverez des informations pratiques sur mon dernier voyage en Indonésie. Il s'agit de donner des informations sur les prix pratiqués, la durée des transports et les possibilités de "faire" un nombre important de sites "intéressants" avec le visa standard de 30 jours (l'appréciation des sites visités étant forcément suggestive).
Pour 1414€, j'ai combiné un trajet de 39 jours en passant par Sulawesi, Java-Est, Bali, Flores-Komodo, Singapour et la Malaisie en pleine saison touristique. Les billets d'avions et de train ont coûté 814€ : - Vol "Ethiad" Londres-Kuala Lumpur A/R : 437€ - Vol "AirAsia" Kuala Lumpur-Makassar : 60€ - Vol "AirAsia" Bali-Singapour : 16€ (promo spéciale pendant 2 jours) - Train "Eurostar" Lille-Londres A/R : 77€ - Vol "Merpati" Makassar-Yogjakarta : 82€ - Vol "Merpati" Bali-Maumere : 88€ - Visas et taxes d'aéroport en indonésie : 54€
Les vols Ethiad et Air Asia ont été achetés entre le 6 et le 9 juillet pour un voyage du 5 août au 12 septembre. Le comparateur de vols de VoyageForum a été très utile pour suivre pendant 15 jours l'historique et l'évolution des prix en pleine saison touristique. L'achat définitif a été fait en fonction des frais et bons de réduction proposés par les moteurs de recherche des 3 principaux opérateurs français.
Les 600€ restants ont été dépensés en transport (134€), visites-excursions (173��), repas (121€) et logement (172€ sur base chambre double divisé par 2).
Les frais bancaires de retrait ont représenté plus de 60€ avec un taux de change peu favorable : - > 4, 76 Ringgits malaisiens / Euro (taux de change à little india : 5, 05 MAR pour 1€) - > 13362 Roupies indonésiennes / Euro (taux de change à Kuta : 14000 INR pour 1€ chez Perama ; pas d'arnaque !) - > 2, 02 Dollars singapouriens / Euro (taux de change à little india : 2, 04 SGD pour 1€) En Malaisie et à Singapour, les changeurs indiens sont les plus compétitifs et sont ouverts le dimanche. Il n'y a pas de commissions.
En indonésie, il est difficile de retirer de l'argent au distributeur (1200000 INR à l'aéroport de Makassar, 1250000 INR à l'ATM Mandiri de Rantepao, 2500000 INR à l'ATM Mandiri de Yogjakarta et 3000000 INR à l'ATM Permata d'Ubud près de l'agence Perama à l'angle de Monkey forest rd).
Jour 1 (5 août 2009) : Eurostar (Lille/Londres/Lille - 77 Euro). Achat d'une "Oyster Card" à 10£ (dont 3£ de consigne). Metro King Cross St pancras-Heathrow (52 minutes - coût 2, 2£ en heure creuse et le we débité sur la Oyster). Jour 2 : arrivée à Kuala Lumpur avec Ethiad Airways (Londres/KL/Londres - 437 Euro) à 14h puis bus "Star" KLIA->Puduraya bus station (1h15 - 10 MAR - AC). Anjung GH 75 MAR (chambre 4m2/pt déj+thé libre-service/douche eau chaude & wc communs - www.anjungkl.com). Jour 3 : Visite Chinatown** puis bus "Star" Puduraya->LCCT (1h15 - 12 MAR). Vol "Air Asia" KL->Makassar (16:05-19:30 - 280 MAR / pas de décalage horaire). Visa 25$ (ou 250500 INR avec possibilité de sortir de l'aéroport pour retirer de l'argent au DAB !). Taxi pour Terminal Bus Daya (20 mn - 65000 INR). Bus "Bintang Prima" pour Rantepao (22:00-06:00 - 85500 INR ; réservation faite par tour-opérateur "Yeki" situé à gauche de la sortie du terminal de l'aéroport). Jours 4-8 : Location VTT (cher 50000 INR = prix d'une moto !) - Wisma Imanuel (vaste chambre/douche eau chaude & wc/pt déj - 100000 INR). Visite de Lemo (tau tau*** / soleil<10h) - Suaya (tau tau*** / soleil <10h) - Londa (grotte avec tau tau*** / soleil >15h) - Tampangallo (grotte avec tau tau & cercueils***+mégalithes**) - Bori (mégalithes***+baby tree* / soleil<15h) - Kete kesu (village***+cercueils**) - Palawa (village***+mégalithes**) - Pana (falaise***) - Bolu (Marché aux buffles tous les 6 jours**) - Kambira (baby tree**) - Batutumonga (panorama**) - Lokomata (falaise*) - Marante (tombeaux*+village*) - Palattokke (cercueils suspendus**) - Sullukang (mégalithes*) - Siguntu (maisons*+paysages de rizières>15h**) Jour 9 : Location VTT - nombreuses cérémonies les jeudis/vendredis avec sacrifices de buffles vers 11h - Bus "New Liman" à 21:00 pour Makassar (arrivée 05:00 à l'aéroport / 06:00 au centre ville). Jour 10 : Visite de Makassar° (A éviter = rien à voir !). Consigne baggage au New Legend (20000 INR!). Taxi aéroport (90000 INR!). Vol "Merpati" Makassar-Yogjakarta (18:00-18:40 - 1100000 INR + taxe 30000 INR - départ/arrivée avec 1h de retard / décalage horaire -1h). Taxi pour Sosro (20mn - 30000 INR) ou prendre mini-bus climatisé "Trans Yogja" à l'extérieur de l'aéroport (40mn - 3000 INR - arrêt à l'entrée de Sosro). Losmen Nuri (petite chambre avec mandi/pas de pt déj - 70000 INR). Jour 11 : A/R bus "trans Yogja" pour Prambanan (50mn - 2x3000 INR). Visite Prambanan** (entrée 110000 INR). Jour 12 : A/R bus "trans Yogja" pour Jombor Bus station (10mn - 2x3000 INR). A/R bus Borobudur (40 mn - 2x10000 INR). Visite Borobudur*** (entrée 1200000 INR). Jour 13 : Package Bromo-Ijen-Ferry pour Bali (agence Sosro - 490000 INR). Trajet pour Cemoro Lawang (durée 12h). Jour 14 : Lever 3h30 : jeep pour lever du soleil à Penanjakan*** (30mn - 90000 INR) puis montée au Bromo** (entrée 25000 INR). Trajet pour Sempol (durée 5h). Jour 15 : Lever 4h30 : balade jusqu'au Ijen** (30mn - entrée 25000 INR) et descente dans le volcan*** (2x30mn). Traversée en ferry (30mn - 5700 INR). Décalage horaire +1h. Bus public pour Lovina/Anturan (40mn - 22500 INR). Visite plage d'Anturan° (plage sale). Puspa bungalows (chambre-bungalow avec douche+wc/eau chaude/pt déj -100000 INR). Jour 16 : Bus "Perama" Lovina-Ubud (09:00-10h30 - 100000 INR ; demander la carte de fidélité gratuite qui donne droit à 5% de réduction + possibilité de "stop-over" à Bedugul). Kori Bali Inn** (vaste chambre/douche & wc avec eau chaude/pt déj/calme - 160000 INR ; vue sur les rizières à 2 pas de Monkey forest rd). Jour 17 : A/R Bemo Ubud-Gianyar (20 mn - 2x5000 INR). Arrêt à Goa Gajah** (entrée 6000 INR). Sentier vers Yeh Pulu* (entrée 6000 INR). Visite des temples de Penjeng (Kebo Edan, Penataran sasih...). Se renseigner sur les dates des grandes crémations ; le site de crémation se trouve sur la route principale à 300m à gauche dans le virage après Goa Gajah (horaire 09:00-12:00). Jour 18 : A/R Bemo Ubud-Gianyar (30mn - 2x5000 INR). A/R Bemo Gianyar-Bangli (30mn - 2x5000 INR). Visite du Pura Kehen** (entrée 3000 INR). A/R Bemo Bangli-Kintamani (1h - 2x10000 INR). Visite du Pura Ulun Danu** et panorama** à Penelokan ; préférer la moto à 50000 INR pour s'arrêter sur la route (sites de crémations le long de la route avant Bangli, nombreuses fêtes de temples...). Jour 19 : Circuit "Bali Est" (08:30-17:00 - 160000 INR). Viste du Semara Pura*** (entrée 12000 INR), de Goa Lawah**, Tenganan*** (donation 5000 INR), Candidasa* et Pura Besakih*** (entrée 10000 INR). Spectacle de danse (80000 INR). Jour 20: A/R Bemo Ubud-Gianyar (20 mn - 2x5000 INR). Arrêt au carrefour de Pejeng. A/R Bemo Gianyar-Tampaksiring (30 mn - 2x10000 INR). Arrêt à Gunung Kawi*** (entrée 6000 INR). Balade vers Tirta Empul** (entrée 6000 INR). Circuit "Tanah Lot" (14:00-19:30 - 130000 INR). Visite de Taman Ayun*** (3000 INR), Alas Kedaton* (10000 INR) et Tanah Lot*** (10000 INR). Jour 21 : Bus "Perama" Ubud-Aéroport (09:00-10:30 - 40000 INR avec réduction fidélité ; gratuit si achat d'un billet Lovina-Kuta avec stop-over Ubud !). Vol "Merpati" Bali-Maumere (13:00-15:20 - 1178300 INR + taxe 30000 INR - départ/arrivée avec 30mn d'avance / Fokker 100 avec arrêt 30 mn à Sumba). Taxi pour bus station (10 mn - 30000 INR). Kijang pour Moni (3h - 50000 INR). Watugana bungalows° (chambre mal entretenue/douche et wc avec eau froide/pt déj jusqu'à 11h - 100000 INR). Jour 22 : Lever 4h30 - moto pour le lever du soleil (30mn - 35000 INR). Montée au Kelimutu (entrée 20000 INR +3000 INR pour la moto). Vue superbe** du point de vue n°2 (attendre 08h pour que le 3ème lac de couleur "chocolat" se découvre) puis aller au point de vue n°1 et longer le cratère par la droite en direction du Gunung Kelimutu. Vue superbe*** sur les 2 lacs verts éclairés complétement avant l'arrivée des nuages à 09h. Retour direct possible vers le parking par un chemin mal balisé et peu entretenu ! Au retour, visite de la cascade* et de la maison traditionnelle Koamara**. Kijang pour Bajawa (5h - 125000 INR). Hotel Eidelweiss (douche & wc/seau eau chaude/pt déj - 200000 INR). Jour 23 : Ojek pour la journée (100000 INR). Visite du Wawo muda* (beau paysage sur l'Inérié et l'Ebulobo mais mini-lacs à sec en été), de Wogo (village* + mégalithes**), Bena (village 'fortifié' avec mégalithes***), Luba (village* tranquille à 2 pas de Bena) et Bela (village**). Jour 24 : Bus public pour Labuan Bajo (14h - 100000 INR -> négocier un Kijang à 600000 INR à partager entre touristes). Bemo centre-ville (30mn - 5000 INR). Hotel Gardena (vaste chambre/douche & wc avec eau froide/pt déj - 200000 INR). Jour 25 : Bateau jusqu'à Seraya Island (11:00-12:00 - 20000 INR). Snorkeling sur un "jardin" de coraux multicolores*** (15000 INR pour le masque-tuba). Seraya bungalows (bungalows individuel avec douche&wc/eau disponible de 18h à 22h - 175000 INR + 30000 INR si séjour d'1 seule nuit). Jour 26 : Bateau jusqu'à Labuan Bajo (09:00-10:00 - 20000 INR ; ne pas hésiter à affrêter un bateau à 80000 INR si vous voulez partir plus tard car il y a peu de choses à faire à Labuan Bajo). Croisière "Perama" jusqu'à Lombok (rdv 17:00 - repas 19:00 - nuit sur place - 1300000 INR -5% fidélité pour le 'deck' sinon 1800000 INR pour la cabine). Jour 27 : Départ pour Rinca à 05:00 - arrivée 09:00. Balade de 2h pour voir les dragons de Komodo***. Bateau jusqu'à Gili Laba. Snorkeling près des 'patates' de corail**. Nuit à bord avec traversée agitée du détroit entre Komodo et Sumbawa. Jour 28 : Arrivée théorique à Moyo vers 10:00 avec balade jusqu'à une cascade° (sans eau). Bateau jusqu'à Wera. Snorkeling le long d'une "forêt" de coraux** (longues branches de coraux durs). Arrivée à Lombok à 22:00 et dépose à Senggigi à minuit. Hôtel Elen's (chambre avec douche & wc/pt déj - 100000 INR ; réservé par Perama sur le bateau dans l'après-midi). Jour 29 : Bateau "Perama" pour Bali (09:00-13:00 - 330000 INR avec les 5% fidélité ; bus jusqu'à Kuta inclus). Bus Padangbai-Sanur (13:30-15:00 ; utilisation de la possibilité de stop-over sans surcoût). Visite du musée Le Mayeur** (5000 INR). Pondok Shanti (vaste chambre avec douche & wc/pas de pt déj - 150000 INR ; appartient au magasin qui fait office de bureau-relais Perama). Jours 30-31 : Bus "Perama" (09:00-11:00 - gratuit !). Balade sur la plage** de Kuta jusqu'à Legian. Berlian Inn (chambre-bungalow avec douche & wc/eau chaude/pt déj - 150000 INR). Jour 32 : Kijang pris dans la rue à 04h30 du matin (10mn - 42000 INR ; très nombreux taxi dans Jl Legian même la nuit pour 25000-35000 INR au compteur). Vol "Air Asia" pour Singapour (06:55-09:30 - 205000 INR en promo - taxe aéroport 150000 INR). Metro "MRT" pour Chinatown (50mn - 1, 8 SGD + 1 SGD de consigne rembourable). Backpackers Inn (chambre 4m2 climatisée/cuisine+salle de bain+machine à laver le linge en libre-service/pas de petit déj - 55 SGD ; réserver directement à l'aéroport auprès de l'office du tourisme). Jour 33 : Visite de Chinatown**, Colonial district**, Little India** et du quartier malais**. Jour 34 : Metro MRT jusqu'à la station 'Bugis' (10 mn - 1, 3 SGD + consigne) et marche jusqu'à la station de bus de Queen St. Bus "Johor Express" pour la gare routière de Johor (1h avec les 2 passages de douane - 2, 4 SGD). Bus "707" pour Malacca (11:00-13:30 - 19 MAR). Bus n°17 pour centre-ville (10 mn - 1 MAR). Sama Sama (chambre basique avec douche&wc commun/pas de pt déj - 35 MAR ; vélo et internet gratuits). Jour 35 : Visite des quartiers hollandais** et chinois**. Balade à vélo jusqu'à Bukit Cina**, St John's hill* et le quartier portugais°. Jour 36 : Bus 17 (10 mn ou 40mn - 1 MAR ; intercepter un bus à l'angle de Jl Cheng lock et Jl Kubu sinon en prenant le bus devant la Christ Church on visite toute la ville pendant 30 mn !). Bus "transnational" pour KL-Puduraya (12:00-14:15 - 12, 4 MAR). Anjung GH (70 MAR). Jour 37 : Visite de chinatown*, des lakes gardens*, du merdeka square**, de little india* et du golden district (tour Petronas** et des mega-mall*). Jour 38 : Bus "star" pour KLIA (1h15 - 12 MAR). Pas de taxe d'aéroport. Jour 39 (12 septembre 2009) : Metro Heathrow-Russel Square (50 minutes - coût 2, 2£ en heure creuse et le we débité sur la Oyster). Remboursement de la Oyster : solde 2, 2£ remboursé sur CB + consigne 3£ remboursé en liquide. Visite du British museum*** (consigne 1£ pour bagage de 50 cm et 7 kg maximum !).
NB: Avec l'ouverture du hub TransNusa à Makassar depuis le 19 août (lignes vers Labuan bajo, Ende et Maumere), il est possible de passer directement de Sulawesi à Flores et donc d'économiser 1 vol (soit 80€) en enchaînant Flores-Lombok-Bali-Java en bateau. La future ouverture du hub de Mandala Airlines devrait aussi faire diminuer les prix de 50% sur les vols intérieurs au départ de Makassar.
Vous trouverez des informations pratiques sur mon dernier voyage en Indonésie. Il s'agit de donner des informations sur les prix pratiqués, la durée des transports et les possibilités de "faire" un nombre important de sites "intéressants" avec le visa standard de 30 jours (l'appréciation des sites visités étant forcément suggestive).
Pour 1414€, j'ai combiné un trajet de 39 jours en passant par Sulawesi, Java-Est, Bali, Flores-Komodo, Singapour et la Malaisie en pleine saison touristique. Les billets d'avions et de train ont coûté 814€ : - Vol "Ethiad" Londres-Kuala Lumpur A/R : 437€ - Vol "AirAsia" Kuala Lumpur-Makassar : 60€ - Vol "AirAsia" Bali-Singapour : 16€ (promo spéciale pendant 2 jours) - Train "Eurostar" Lille-Londres A/R : 77€ - Vol "Merpati" Makassar-Yogjakarta : 82€ - Vol "Merpati" Bali-Maumere : 88€ - Visas et taxes d'aéroport en indonésie : 54€
Les vols Ethiad et Air Asia ont été achetés entre le 6 et le 9 juillet pour un voyage du 5 août au 12 septembre. Le comparateur de vols de VoyageForum a été très utile pour suivre pendant 15 jours l'historique et l'évolution des prix en pleine saison touristique. L'achat définitif a été fait en fonction des frais et bons de réduction proposés par les moteurs de recherche des 3 principaux opérateurs français.
Les 600€ restants ont été dépensés en transport (134€), visites-excursions (173��), repas (121€) et logement (172€ sur base chambre double divisé par 2).
Les frais bancaires de retrait ont représenté plus de 60€ avec un taux de change peu favorable : - > 4, 76 Ringgits malaisiens / Euro (taux de change à little india : 5, 05 MAR pour 1€) - > 13362 Roupies indonésiennes / Euro (taux de change à Kuta : 14000 INR pour 1€ chez Perama ; pas d'arnaque !) - > 2, 02 Dollars singapouriens / Euro (taux de change à little india : 2, 04 SGD pour 1€) En Malaisie et à Singapour, les changeurs indiens sont les plus compétitifs et sont ouverts le dimanche. Il n'y a pas de commissions.
En indonésie, il est difficile de retirer de l'argent au distributeur (1200000 INR à l'aéroport de Makassar, 1250000 INR à l'ATM Mandiri de Rantepao, 2500000 INR à l'ATM Mandiri de Yogjakarta et 3000000 INR à l'ATM Permata d'Ubud près de l'agence Perama à l'angle de Monkey forest rd).
Jour 1 (5 août 2009) : Eurostar (Lille/Londres/Lille - 77 Euro). Achat d'une "Oyster Card" à 10£ (dont 3£ de consigne). Metro King Cross St pancras-Heathrow (52 minutes - coût 2, 2£ en heure creuse et le we débité sur la Oyster). Jour 2 : arrivée à Kuala Lumpur avec Ethiad Airways (Londres/KL/Londres - 437 Euro) à 14h puis bus "Star" KLIA->Puduraya bus station (1h15 - 10 MAR - AC). Anjung GH 75 MAR (chambre 4m2/pt déj+thé libre-service/douche eau chaude & wc communs - www.anjungkl.com). Jour 3 : Visite Chinatown** puis bus "Star" Puduraya->LCCT (1h15 - 12 MAR). Vol "Air Asia" KL->Makassar (16:05-19:30 - 280 MAR / pas de décalage horaire). Visa 25$ (ou 250500 INR avec possibilité de sortir de l'aéroport pour retirer de l'argent au DAB !). Taxi pour Terminal Bus Daya (20 mn - 65000 INR). Bus "Bintang Prima" pour Rantepao (22:00-06:00 - 85500 INR ; réservation faite par tour-opérateur "Yeki" situé à gauche de la sortie du terminal de l'aéroport). Jours 4-8 : Location VTT (cher 50000 INR = prix d'une moto !) - Wisma Imanuel (vaste chambre/douche eau chaude & wc/pt déj - 100000 INR). Visite de Lemo (tau tau*** / soleil<10h) - Suaya (tau tau*** / soleil <10h) - Londa (grotte avec tau tau*** / soleil >15h) - Tampangallo (grotte avec tau tau & cercueils***+mégalithes**) - Bori (mégalithes***+baby tree* / soleil<15h) - Kete kesu (village***+cercueils**) - Palawa (village***+mégalithes**) - Pana (falaise***) - Bolu (Marché aux buffles tous les 6 jours**) - Kambira (baby tree**) - Batutumonga (panorama**) - Lokomata (falaise*) - Marante (tombeaux*+village*) - Palattokke (cercueils suspendus**) - Sullukang (mégalithes*) - Siguntu (maisons*+paysages de rizières>15h**) Jour 9 : Location VTT - nombreuses cérémonies les jeudis/vendredis avec sacrifices de buffles vers 11h - Bus "New Liman" à 21:00 pour Makassar (arrivée 05:00 à l'aéroport / 06:00 au centre ville). Jour 10 : Visite de Makassar° (A éviter = rien à voir !). Consigne baggage au New Legend (20000 INR!). Taxi aéroport (90000 INR!). Vol "Merpati" Makassar-Yogjakarta (18:00-18:40 - 1100000 INR + taxe 30000 INR - départ/arrivée avec 1h de retard / décalage horaire -1h). Taxi pour Sosro (20mn - 30000 INR) ou prendre mini-bus climatisé "Trans Yogja" à l'extérieur de l'aéroport (40mn - 3000 INR - arrêt à l'entrée de Sosro). Losmen Nuri (petite chambre avec mandi/pas de pt déj - 70000 INR). Jour 11 : A/R bus "trans Yogja" pour Prambanan (50mn - 2x3000 INR). Visite Prambanan** (entrée 110000 INR). Jour 12 : A/R bus "trans Yogja" pour Jombor Bus station (10mn - 2x3000 INR). A/R bus Borobudur (40 mn - 2x10000 INR). Visite Borobudur*** (entrée 1200000 INR). Jour 13 : Package Bromo-Ijen-Ferry pour Bali (agence Sosro - 490000 INR). Trajet pour Cemoro Lawang (durée 12h). Jour 14 : Lever 3h30 : jeep pour lever du soleil à Penanjakan*** (30mn - 90000 INR) puis montée au Bromo** (entrée 25000 INR). Trajet pour Sempol (durée 5h). Jour 15 : Lever 4h30 : balade jusqu'au Ijen** (30mn - entrée 25000 INR) et descente dans le volcan*** (2x30mn). Traversée en ferry (30mn - 5700 INR). Décalage horaire +1h. Bus public pour Lovina/Anturan (40mn - 22500 INR). Visite plage d'Anturan° (plage sale). Puspa bungalows (chambre-bungalow avec douche+wc/eau chaude/pt déj -100000 INR). Jour 16 : Bus "Perama" Lovina-Ubud (09:00-10h30 - 100000 INR ; demander la carte de fidélité gratuite qui donne droit à 5% de réduction + possibilité de "stop-over" à Bedugul). Kori Bali Inn** (vaste chambre/douche & wc avec eau chaude/pt déj/calme - 160000 INR ; vue sur les rizières à 2 pas de Monkey forest rd). Jour 17 : A/R Bemo Ubud-Gianyar (20 mn - 2x5000 INR). Arrêt à Goa Gajah** (entrée 6000 INR). Sentier vers Yeh Pulu* (entrée 6000 INR). Visite des temples de Penjeng (Kebo Edan, Penataran sasih...). Se renseigner sur les dates des grandes crémations ; le site de crémation se trouve sur la route principale à 300m à gauche dans le virage après Goa Gajah (horaire 09:00-12:00). Jour 18 : A/R Bemo Ubud-Gianyar (30mn - 2x5000 INR). A/R Bemo Gianyar-Bangli (30mn - 2x5000 INR). Visite du Pura Kehen** (entrée 3000 INR). A/R Bemo Bangli-Kintamani (1h - 2x10000 INR). Visite du Pura Ulun Danu** et panorama** à Penelokan ; préférer la moto à 50000 INR pour s'arrêter sur la route (sites de crémations le long de la route avant Bangli, nombreuses fêtes de temples...). Jour 19 : Circuit "Bali Est" (08:30-17:00 - 160000 INR). Viste du Semara Pura*** (entrée 12000 INR), de Goa Lawah**, Tenganan*** (donation 5000 INR), Candidasa* et Pura Besakih*** (entrée 10000 INR). Spectacle de danse (80000 INR). Jour 20: A/R Bemo Ubud-Gianyar (20 mn - 2x5000 INR). Arrêt au carrefour de Pejeng. A/R Bemo Gianyar-Tampaksiring (30 mn - 2x10000 INR). Arrêt à Gunung Kawi*** (entrée 6000 INR). Balade vers Tirta Empul** (entrée 6000 INR). Circuit "Tanah Lot" (14:00-19:30 - 130000 INR). Visite de Taman Ayun*** (3000 INR), Alas Kedaton* (10000 INR) et Tanah Lot*** (10000 INR). Jour 21 : Bus "Perama" Ubud-Aéroport (09:00-10:30 - 40000 INR avec réduction fidélité ; gratuit si achat d'un billet Lovina-Kuta avec stop-over Ubud !). Vol "Merpati" Bali-Maumere (13:00-15:20 - 1178300 INR + taxe 30000 INR - départ/arrivée avec 30mn d'avance / Fokker 100 avec arrêt 30 mn à Sumba). Taxi pour bus station (10 mn - 30000 INR). Kijang pour Moni (3h - 50000 INR). Watugana bungalows° (chambre mal entretenue/douche et wc avec eau froide/pt déj jusqu'à 11h - 100000 INR). Jour 22 : Lever 4h30 - moto pour le lever du soleil (30mn - 35000 INR). Montée au Kelimutu (entrée 20000 INR +3000 INR pour la moto). Vue superbe** du point de vue n°2 (attendre 08h pour que le 3ème lac de couleur "chocolat" se découvre) puis aller au point de vue n°1 et longer le cratère par la droite en direction du Gunung Kelimutu. Vue superbe*** sur les 2 lacs verts éclairés complétement avant l'arrivée des nuages à 09h. Retour direct possible vers le parking par un chemin mal balisé et peu entretenu ! Au retour, visite de la cascade* et de la maison traditionnelle Koamara**. Kijang pour Bajawa (5h - 125000 INR). Hotel Eidelweiss (douche & wc/seau eau chaude/pt déj - 200000 INR). Jour 23 : Ojek pour la journée (100000 INR). Visite du Wawo muda* (beau paysage sur l'Inérié et l'Ebulobo mais mini-lacs à sec en été), de Wogo (village* + mégalithes**), Bena (village 'fortifié' avec mégalithes***), Luba (village* tranquille à 2 pas de Bena) et Bela (village**). Jour 24 : Bus public pour Labuan Bajo (14h - 100000 INR -> négocier un Kijang à 600000 INR à partager entre touristes). Bemo centre-ville (30mn - 5000 INR). Hotel Gardena (vaste chambre/douche & wc avec eau froide/pt déj - 200000 INR). Jour 25 : Bateau jusqu'à Seraya Island (11:00-12:00 - 20000 INR). Snorkeling sur un "jardin" de coraux multicolores*** (15000 INR pour le masque-tuba). Seraya bungalows (bungalows individuel avec douche&wc/eau disponible de 18h à 22h - 175000 INR + 30000 INR si séjour d'1 seule nuit). Jour 26 : Bateau jusqu'à Labuan Bajo (09:00-10:00 - 20000 INR ; ne pas hésiter à affrêter un bateau à 80000 INR si vous voulez partir plus tard car il y a peu de choses à faire à Labuan Bajo). Croisière "Perama" jusqu'à Lombok (rdv 17:00 - repas 19:00 - nuit sur place - 1300000 INR -5% fidélité pour le 'deck' sinon 1800000 INR pour la cabine). Jour 27 : Départ pour Rinca à 05:00 - arrivée 09:00. Balade de 2h pour voir les dragons de Komodo***. Bateau jusqu'à Gili Laba. Snorkeling près des 'patates' de corail**. Nuit à bord avec traversée agitée du détroit entre Komodo et Sumbawa. Jour 28 : Arrivée théorique à Moyo vers 10:00 avec balade jusqu'à une cascade° (sans eau). Bateau jusqu'à Wera. Snorkeling le long d'une "forêt" de coraux** (longues branches de coraux durs). Arrivée à Lombok à 22:00 et dépose à Senggigi à minuit. Hôtel Elen's (chambre avec douche & wc/pt déj - 100000 INR ; réservé par Perama sur le bateau dans l'après-midi). Jour 29 : Bateau "Perama" pour Bali (09:00-13:00 - 330000 INR avec les 5% fidélité ; bus jusqu'à Kuta inclus). Bus Padangbai-Sanur (13:30-15:00 ; utilisation de la possibilité de stop-over sans surcoût). Visite du musée Le Mayeur** (5000 INR). Pondok Shanti (vaste chambre avec douche & wc/pas de pt déj - 150000 INR ; appartient au magasin qui fait office de bureau-relais Perama). Jours 30-31 : Bus "Perama" (09:00-11:00 - gratuit !). Balade sur la plage** de Kuta jusqu'à Legian. Berlian Inn (chambre-bungalow avec douche & wc/eau chaude/pt déj - 150000 INR). Jour 32 : Kijang pris dans la rue à 04h30 du matin (10mn - 42000 INR ; très nombreux taxi dans Jl Legian même la nuit pour 25000-35000 INR au compteur). Vol "Air Asia" pour Singapour (06:55-09:30 - 205000 INR en promo - taxe aéroport 150000 INR). Metro "MRT" pour Chinatown (50mn - 1, 8 SGD + 1 SGD de consigne rembourable). Backpackers Inn (chambre 4m2 climatisée/cuisine+salle de bain+machine à laver le linge en libre-service/pas de petit déj - 55 SGD ; réserver directement à l'aéroport auprès de l'office du tourisme). Jour 33 : Visite de Chinatown**, Colonial district**, Little India** et du quartier malais**. Jour 34 : Metro MRT jusqu'à la station 'Bugis' (10 mn - 1, 3 SGD + consigne) et marche jusqu'à la station de bus de Queen St. Bus "Johor Express" pour la gare routière de Johor (1h avec les 2 passages de douane - 2, 4 SGD). Bus "707" pour Malacca (11:00-13:30 - 19 MAR). Bus n°17 pour centre-ville (10 mn - 1 MAR). Sama Sama (chambre basique avec douche&wc commun/pas de pt déj - 35 MAR ; vélo et internet gratuits). Jour 35 : Visite des quartiers hollandais** et chinois**. Balade à vélo jusqu'à Bukit Cina**, St John's hill* et le quartier portugais°. Jour 36 : Bus 17 (10 mn ou 40mn - 1 MAR ; intercepter un bus à l'angle de Jl Cheng lock et Jl Kubu sinon en prenant le bus devant la Christ Church on visite toute la ville pendant 30 mn !). Bus "transnational" pour KL-Puduraya (12:00-14:15 - 12, 4 MAR). Anjung GH (70 MAR). Jour 37 : Visite de chinatown*, des lakes gardens*, du merdeka square**, de little india* et du golden district (tour Petronas** et des mega-mall*). Jour 38 : Bus "star" pour KLIA (1h15 - 12 MAR). Pas de taxe d'aéroport. Jour 39 (12 septembre 2009) : Metro Heathrow-Russel Square (50 minutes - coût 2, 2£ en heure creuse et le we débité sur la Oyster). Remboursement de la Oyster : solde 2, 2£ remboursé sur CB + consigne 3£ remboursé en liquide. Visite du British museum*** (consigne 1£ pour bagage de 50 cm et 7 kg maximum !).
NB: Avec l'ouverture du hub TransNusa à Makassar depuis le 19 août (lignes vers Labuan bajo, Ende et Maumere), il est possible de passer directement de Sulawesi à Flores et donc d'économiser 1 vol (soit 80€) en enchaînant Flores-Lombok-Bali-Java en bateau. La future ouverture du hub de Mandala Airlines devrait aussi faire diminuer les prix de 50% sur les vols intérieurs au départ de Makassar.
Anecdotes (cocasses) de voyages English translation pending
Bonjour à toutes et tous, j'espère que ce post aura du succès et qu'il trouvera des voyageurs voulant bien nous raconter leurs aventures ou mésaventures mais toujours souriantes, tendres, incroyables.... en deux mots des anecdotes cocasses et positives...
Je vais commencer par une aventure "tendre" qui m'est arrivée dans un orphelinat au sud de Hanoï. Une amie de Marseille m'avait demandé d'apporter quelques affaires à une jeune fille qu'elle marraine (mais qu'elle n'a jamais vue) par l'intermédiaire d'une association.
Je suis accompagné par un vieil homme parlant français (monsieur X), le contact de l'assos... je vous passe les détails de l'arrivée officielle et du protocole avec directrice, comptable et membre du gouvernement...
On va chercher la jeune fille (12ans) que j'appellerai ici, Hoa... je vois arriver une demoiselle toute intimidée de la présence de tant d'adultes inconnus... je la salue et lui offre les cadeaux de sa marraine, elle en est rouge de plaisir et les larmes aux yeux, c'est idiot mais je ne suis pas loin de les avoir aussi... je la prends dans mes bras et la sers contre moi, monsieur X fait des photos... je dépose un baiser sur la joue de Hoa ce qui la gêne terriblement, je lui dis que c'est de la part de sa marraine, elle en est contente c'est sûr mais gênée quand même.
Monsieur X me dit qu'au Vietnam les gens ne s'embrassent pas ou très peu. Je regarde Hoa et lui dis que si elle vient en France il faudra qu'elle s'habitue car dans mon pays tout le monde s'embrasse.... cette idée ne l'enchante guère çà se voit dans ses yeux mais à l'idée de venir en France son regard brille....
Voilà mon anecdote, elle n'est pas extraordinaire mais celà a été un moment fort de mon voyage... J'y retourne bientôt, j'ai d'autres cadeaux pour Hoa de la part de sa marraine.
A bientôt de vous lire René
Voilà mon anecdote, elle n'est pas extraordinaire mais celà a été un moment fort de mon voyage... J'y retourne bientôt, j'ai d'autres cadeaux pour Hoa de la part de sa marraine.
A bientôt de vous lire René
Inde 2009 English translation pending
Voici les trois premiers textes d'un petit carnet qui m'a accompagné...
CINQ ANS APRES
Cinq ans, déjà cinq ans que je n’y suis pas retourné.
Plusieurs fois déjà j ai refait mes différents voyages dans ma tète.
Pour l’instant, me voici, muscles bandés, affrontant un trou d’air à 12000 pieds!
Il faut bien en passer par là pour revenir sur la terre sacrée...
Cinq ans!
M'aura t elle oublié? Aura t elle changé? Serons nous un peu ''gauches'' comme deux vieux amis qui se retrouvent après avoir vécu tant de choses, chacun de leur côté...?
'' Fifteen minutes before landing''.
Quelques grosses secousses encore et, ca y est, je suis à BOMBAY!
On ne va pas se mentir longtemps… l’aéroport a beaucoup changé!
Tout est aseptisé, de quoi n’effrayer personne.
Bien climatisé, longs couloirs marbrés, odeurs putrides évacuées.
Le ‘’ mieux’’ c’est la sortie!
Ah ça, les 90 % d’humidité ils ne peuvent pas nous l’éviter à nous autres.
Mais, là encore, américains obligent, ils ont réussi à chasser tous les mendiants et les petits clochards de 4 ans qui aimaient tant s’accrocher aux sacs à dos occidentaux.
Aujourd’hui: plus rien! Que des taxis neufs, tous bien garés, bien rangés sagement.
J ai du mal à en trouver un d’ ‘’origine’’ ! Un bon vieux tacot jaune et noir bombaysien.
Heureusement il en reste un, pourri à souhait. Il a un peu honte le chauffeur au milieu de toutes ces asiatiques…
Vas-y que j y monte moi dans son tombeau!
‘’ -Can I smoke?
- No smoking in cab Sir.
- Ouh con!
- Just wait outside airport after police station, then it’s fine.’’
Ils vont loin aujourd’hui! Ne plus fumer dans les taxis, en voila du changement culturel, et pas des moindres.
Heureusement, le laxisme gouvernemental rend tout acceptable.
S’il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est la conduite de mon brave chauffeur, brillant pilote a sa façon.
Et cette odeur… Cette fragrance pourrie, résultat de tout ce mélange de corps, déchets, rats crevés et moisissures liées a l’humidité…
Cette odeur est bien là. Elle n’a pas bougé. Je crois bien qu’elle est attachée à jamais à la presqu’île monstrueuse de Bombay.
Oui Bombai. MUMBAI qui défile de nuit par la fenêtre du taxi.
Partout des chauffeurs endormis, partout des corps assoupis sur des trottoirs moisis, partout des chiens galeux sur leurs festins d ordures.
Quelques attroupements par ci par là, mais rien de turbulent à cette heure là.
Tout cela défile devant moi entre klaxons nocturnes et coups de volants.
Tout va trop vite et je suis déjà arrivé.
Le Lawrence hôtel non plus n’a pas changé.
Plus qu’une douche froide pour enlever cette moiteur qui me colle à la peau.
Le ventilo à fond et j’attends patiemment que le sommeil m’emporte!
MUMBAI
Ouverture des yeux. Prise de conscience... Trois pales de ventilo qui tournent et déjà la sueur. Cette chaleur humide vient de l océan pollué et enveloppe tout. Quelques cris de corbeaux et des bruissements de feuilles épaisses m imposent de me lever. Une bonne douche froide au bout du long couloir de l hôtel, une clope et c est parti. Il est temps de rejoindre Colaba et de payer son salut à la Gateway of India.
Même le vent est lourd et chaud. La mer d Oman est jaune-orange tellement qu’ elle est chargée. Des dizaines de moustachus vendent toujours leurs ballons géants aux couleurs dégueulasses en forme de phallus. Combien d autres, un Nikon pendu à leurs cous, proposent d immortaliser quelque instant d auto-narcissisme aux milliers de couples d indiens venus visiter la Gateway...?
Mumbai a t elle vraiment changé?
Je note quelques mises à jours : finies les Hyundai Santro et vivent les Suzuki Swift! Maruti a renversé le marché! Finis les vieux portables coqués et bonjour les palm et autres téléphones Hi Tech.
Le Soleil frappe encore plus fort. Il est lourd, implacable. Rien ne lui échappe.
Les bruits sont toujours là! Klaxons, cornacs, jouets, moteurs de vieux camions à ordures qui trainent leurs odeurs le long des rues. La circulation monstrueuse et l absence de signalisation sont toujours de la partie.
Il faut tout de même saluer les efforts qui ont rendu l air un peu plus respirable. Saluons aussi la propreté. Fini les tas de déchets bordant chaque rue, la Municipalité a du investir dans quelques balayeurs de basse caste...
Saluons également les amis...
De chaque côté de colaba causeway se dressent de petites arcades totalement remplies de commerçants moustachus. On trouve à peu prés tout: tissus, écharpes, Gramophones, maillots de foot contrefaits, dieux sculptés, instruments maritime... Des centaines de petits stands se succèdent sous ces arcades en s installant au bord du trottoir. Circulez sous l arcade et vous êtes fait comme un rat. Ils vous tiennent! Coincé entre les entrées de restaurants, magasins de fringues, centres d appels et leurs petites échoppes débordantes. Toute la journée, cette sombre allée grouille de millions de " You like Safran?" "Very cheap", "Change money", "Friend" à n en plus finir .
Pour fêter mes retrouvailles rien de tel qu’ un petit verre au Leopold Café, l'antre a touristes et jeunes indiens branchés. On a beau dire, c est bien tenu, agréable et tout y est bon.
Bon bien sûr aujourd’hui, il faut faire avec les impacts de kalachnikov qui sont venus "à l'improviste" décorer les quelques murs du fond lors des derniers attentats pakistanais de Bombay... Mais leurs cheese toasts sandwichs agrémentés d une bonne kingfisher arrivent à me les faire oublier.
Le temps m est compté. L'Hyderabad express part dans moins d une heure et j ai quelques euros à changer. J évite soigneusement tout ce qui ressemble à de l officiel. Le mieux est de miser sur les valeurs sûres.
Au beau milieu de Walton road, pile en face l hôtel décrépi qui m avait accueilli pour ma tout première nuit, un paisible vendeur prospère en préparant innocemment toutes sortes d en cas pour les travailleurs bombaysiens.
Il est également dans la téléphonie mobile, la quincaillerie sommaire, le tabac et connait, bien sûr, toute personne susceptible de m aider... Un petit coup de téléphone en marathi, il prend sa calculette et m affiche un taux de change défiant toute concurrence boursière. J ai plus qu’à me griller une « classic wills » offerte par la maison dans la petite cour du fond en attendant qu’un coursier me ramène les biftons...!
Assis là, de nombreux souvenirs remontent du fond de ma mémoire à mesure que se consume ma cigarette.
Tous les bruits alentour, les odeurs, les couleurs, les visages me paraissent à nouveau familiers...
Non! Mumbai - à mon plus grand plaisir- n a vraiment pas changé!
FIRST TRAIN : MUMBAI -SOLAPUR
Un tacot pourri:
- "VT" (Victoria Station)
Et c’est parti!
Mes retrouvailles avec la vielle gare historique me rappellent de bons souvenirs. Toujours autant de monde et de couleurs qui s'étalent sur le béton.
Toutes les familles sont accroupies sur les plateformes, des dizaines de petits stands remplis à ras bord, vendent tout le nécessaire: cold drinks, cadenas, chaines, oreillers gonflables, tabacs, chai épicé...
Mon train est déjà la. La seule question avant de monter est savoir sur quelle sorte d’indiens je vais tomber.
Pour le coup c’est un musulman cinquantenaire, un karnatakais peu loquace et deux marahastrais affables et souriants. Cultivés les amis. Faut dire que sous leurs faux airs de moustachus bourrus et attardés se cachent un professeur d université retraité, un important franchiseur et un jeune ingénieur construisant des routes et des rails à travers tout le pays...
Une sirène retentit à l avant pour annoncer le grand départ, le grand tremblement. Quelques bruits de ferrailles hurlent et l immense carcasse métallique s ébranle en avançant.
A chaque fois qu’on quitte Bombay, les bidonvilles sont le passage obligé... Très rapidement ils s annoncent! Les odeurs nous préviennent en premier. Le ciel s’obscurcit et les vapeurs montent. Partout des cahutes de tôles moisies sont posées au milieu des déchets. Des relans de glaires fermentés enveloppent l atmosphère. L espace se rétrécit et étouffe...
De chaque côté, des ''local trains'', plus rapides, s enfoncent vers la misère. Miserere! Des millions d êtres boursouflés s exportent vers les bas fonds de Bombay. Le spectacle est de toute "vitalité'...
Ca dure une heure sans jamais faiblir. Partout et toujours des ordures et des senteurs putrides. Le tout est bien évidemment plus facile à vivre qu’à décrire...
Côté train, la vie s anime. Outre les passagers clandestins entassés entre chaque wagon, des centaines de vendeurs arpentent les couloirs de ferrailles pour satisfaire les besoins de la population.
En premier, le plus représenté, notre vendeur de chai qui hurle à tue tête "chai -masala chai" tout en jetant un œil frénétique de chaque côté, histoire de repérer le moindre soulèvement d envie chez l un des passagers. Ensuite, le vendeur de "min'ral water. Cold Drrrrinks" qui se trimballe avec son seau métallique englaçonné. Encore, le vendeur aveuglo-lepreux qui, chaines anti-vols autour du cou, propose à la vente toutes sortes de jouets dégueulasses pour occuper les innombrables mioches des familles bruyantes, odorantes et nombreuses. Enfin, une paysanne du coin qui propose ses cacahuètes curryfiées et cuites sur un tas de poubelles à des moustachus friands de les décortiquer... Tout cela passe et repasse inlassablement tout au long de la journée.
Le plus marquant est que chacun de ces margoulins se déforme la voix pour être mieux entendu et hurle sans relâche jusqu’a ce qu’un client héroïque libère les autres passagers en lui faisant fermer sa gueule le temps de payer...
Pour fuir ce tumulte il est toujours aussi agréable de se promener a l intérieur. Chaque petit compartiment du wagon accueille son lot de moustaches accompagnées de femmes et enfants. Entre chaque wagon, les portes restent ouvertes et je n ai plus qu’à m assoir et voir défiler le pays depuis cet emplacement privilégié.
D’au loin me parviennent de vertes montagnes qui se dressent fièrement. J aperçois quelques belles cascades qui éventrent ces gaillardes et dispensent la vie dans la profonde vallée. " Nul besoin que le ciel tonne par ici... Dieu a été prévoyant!"
Soudain, dans ce coin du Maharastra, à l occasion d un arrêt au beau milieu de nulle part, un militaire passe le train au crible et exige la fermeture de toutes les portes et volets. Parait qu’il y a des gens énervés qui se plaisent à balancer des grenades ou des poches d acide à l occasion... Ces enfoirés me font rater les paysages...
A l approche de la nuit, l intérieur du train redouble de folie.
Toute cette vie, toutes ces vies grouillent et s associent dans ce caisson branlant qui nous transporte à travers le pays. Il rugit le bougre! Il en crève d en trainer autant de passagers. Ils sont maltraités les engins de la indian railway.
Quelle chance! Quel Bonheur! Quelle énergie mouvante!
"J en veux encore des bruits de carcasse et des hurlements dans la nuit!"
Je me rassois en appétit et contemple alors ces rangées de dents qui me sourient...
CINQ ANS APRES
Cinq ans, déjà cinq ans que je n’y suis pas retourné.
Plusieurs fois déjà j ai refait mes différents voyages dans ma tète.
Pour l’instant, me voici, muscles bandés, affrontant un trou d’air à 12000 pieds!
Il faut bien en passer par là pour revenir sur la terre sacrée...
Cinq ans!
M'aura t elle oublié? Aura t elle changé? Serons nous un peu ''gauches'' comme deux vieux amis qui se retrouvent après avoir vécu tant de choses, chacun de leur côté...?
'' Fifteen minutes before landing''.
Quelques grosses secousses encore et, ca y est, je suis à BOMBAY!
On ne va pas se mentir longtemps… l’aéroport a beaucoup changé!
Tout est aseptisé, de quoi n’effrayer personne.
Bien climatisé, longs couloirs marbrés, odeurs putrides évacuées.
Le ‘’ mieux’’ c’est la sortie!
Ah ça, les 90 % d’humidité ils ne peuvent pas nous l’éviter à nous autres.
Mais, là encore, américains obligent, ils ont réussi à chasser tous les mendiants et les petits clochards de 4 ans qui aimaient tant s’accrocher aux sacs à dos occidentaux.
Aujourd’hui: plus rien! Que des taxis neufs, tous bien garés, bien rangés sagement.
J ai du mal à en trouver un d’ ‘’origine’’ ! Un bon vieux tacot jaune et noir bombaysien.
Heureusement il en reste un, pourri à souhait. Il a un peu honte le chauffeur au milieu de toutes ces asiatiques…
Vas-y que j y monte moi dans son tombeau!
‘’ -Can I smoke?
- No smoking in cab Sir.
- Ouh con!
- Just wait outside airport after police station, then it’s fine.’’
Ils vont loin aujourd’hui! Ne plus fumer dans les taxis, en voila du changement culturel, et pas des moindres.
Heureusement, le laxisme gouvernemental rend tout acceptable.
S’il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est la conduite de mon brave chauffeur, brillant pilote a sa façon.
Et cette odeur… Cette fragrance pourrie, résultat de tout ce mélange de corps, déchets, rats crevés et moisissures liées a l’humidité…
Cette odeur est bien là. Elle n’a pas bougé. Je crois bien qu’elle est attachée à jamais à la presqu’île monstrueuse de Bombay.
Oui Bombai. MUMBAI qui défile de nuit par la fenêtre du taxi.
Partout des chauffeurs endormis, partout des corps assoupis sur des trottoirs moisis, partout des chiens galeux sur leurs festins d ordures.
Quelques attroupements par ci par là, mais rien de turbulent à cette heure là.
Tout cela défile devant moi entre klaxons nocturnes et coups de volants.
Tout va trop vite et je suis déjà arrivé.
Le Lawrence hôtel non plus n’a pas changé.
Plus qu’une douche froide pour enlever cette moiteur qui me colle à la peau.
Le ventilo à fond et j’attends patiemment que le sommeil m’emporte!
MUMBAI
Ouverture des yeux. Prise de conscience... Trois pales de ventilo qui tournent et déjà la sueur. Cette chaleur humide vient de l océan pollué et enveloppe tout. Quelques cris de corbeaux et des bruissements de feuilles épaisses m imposent de me lever. Une bonne douche froide au bout du long couloir de l hôtel, une clope et c est parti. Il est temps de rejoindre Colaba et de payer son salut à la Gateway of India.
Même le vent est lourd et chaud. La mer d Oman est jaune-orange tellement qu’ elle est chargée. Des dizaines de moustachus vendent toujours leurs ballons géants aux couleurs dégueulasses en forme de phallus. Combien d autres, un Nikon pendu à leurs cous, proposent d immortaliser quelque instant d auto-narcissisme aux milliers de couples d indiens venus visiter la Gateway...?
Mumbai a t elle vraiment changé?
Je note quelques mises à jours : finies les Hyundai Santro et vivent les Suzuki Swift! Maruti a renversé le marché! Finis les vieux portables coqués et bonjour les palm et autres téléphones Hi Tech.
Le Soleil frappe encore plus fort. Il est lourd, implacable. Rien ne lui échappe.
Les bruits sont toujours là! Klaxons, cornacs, jouets, moteurs de vieux camions à ordures qui trainent leurs odeurs le long des rues. La circulation monstrueuse et l absence de signalisation sont toujours de la partie.
Il faut tout de même saluer les efforts qui ont rendu l air un peu plus respirable. Saluons aussi la propreté. Fini les tas de déchets bordant chaque rue, la Municipalité a du investir dans quelques balayeurs de basse caste...
Saluons également les amis...
De chaque côté de colaba causeway se dressent de petites arcades totalement remplies de commerçants moustachus. On trouve à peu prés tout: tissus, écharpes, Gramophones, maillots de foot contrefaits, dieux sculptés, instruments maritime... Des centaines de petits stands se succèdent sous ces arcades en s installant au bord du trottoir. Circulez sous l arcade et vous êtes fait comme un rat. Ils vous tiennent! Coincé entre les entrées de restaurants, magasins de fringues, centres d appels et leurs petites échoppes débordantes. Toute la journée, cette sombre allée grouille de millions de " You like Safran?" "Very cheap", "Change money", "Friend" à n en plus finir .
Pour fêter mes retrouvailles rien de tel qu’ un petit verre au Leopold Café, l'antre a touristes et jeunes indiens branchés. On a beau dire, c est bien tenu, agréable et tout y est bon.
Bon bien sûr aujourd’hui, il faut faire avec les impacts de kalachnikov qui sont venus "à l'improviste" décorer les quelques murs du fond lors des derniers attentats pakistanais de Bombay... Mais leurs cheese toasts sandwichs agrémentés d une bonne kingfisher arrivent à me les faire oublier.
Le temps m est compté. L'Hyderabad express part dans moins d une heure et j ai quelques euros à changer. J évite soigneusement tout ce qui ressemble à de l officiel. Le mieux est de miser sur les valeurs sûres.
Au beau milieu de Walton road, pile en face l hôtel décrépi qui m avait accueilli pour ma tout première nuit, un paisible vendeur prospère en préparant innocemment toutes sortes d en cas pour les travailleurs bombaysiens.
Il est également dans la téléphonie mobile, la quincaillerie sommaire, le tabac et connait, bien sûr, toute personne susceptible de m aider... Un petit coup de téléphone en marathi, il prend sa calculette et m affiche un taux de change défiant toute concurrence boursière. J ai plus qu’à me griller une « classic wills » offerte par la maison dans la petite cour du fond en attendant qu’un coursier me ramène les biftons...!
Assis là, de nombreux souvenirs remontent du fond de ma mémoire à mesure que se consume ma cigarette.
Tous les bruits alentour, les odeurs, les couleurs, les visages me paraissent à nouveau familiers...
Non! Mumbai - à mon plus grand plaisir- n a vraiment pas changé!
FIRST TRAIN : MUMBAI -SOLAPUR
Un tacot pourri:
- "VT" (Victoria Station)
Et c’est parti!
Mes retrouvailles avec la vielle gare historique me rappellent de bons souvenirs. Toujours autant de monde et de couleurs qui s'étalent sur le béton.
Toutes les familles sont accroupies sur les plateformes, des dizaines de petits stands remplis à ras bord, vendent tout le nécessaire: cold drinks, cadenas, chaines, oreillers gonflables, tabacs, chai épicé...
Mon train est déjà la. La seule question avant de monter est savoir sur quelle sorte d’indiens je vais tomber.
Pour le coup c’est un musulman cinquantenaire, un karnatakais peu loquace et deux marahastrais affables et souriants. Cultivés les amis. Faut dire que sous leurs faux airs de moustachus bourrus et attardés se cachent un professeur d université retraité, un important franchiseur et un jeune ingénieur construisant des routes et des rails à travers tout le pays...
Une sirène retentit à l avant pour annoncer le grand départ, le grand tremblement. Quelques bruits de ferrailles hurlent et l immense carcasse métallique s ébranle en avançant.
A chaque fois qu’on quitte Bombay, les bidonvilles sont le passage obligé... Très rapidement ils s annoncent! Les odeurs nous préviennent en premier. Le ciel s’obscurcit et les vapeurs montent. Partout des cahutes de tôles moisies sont posées au milieu des déchets. Des relans de glaires fermentés enveloppent l atmosphère. L espace se rétrécit et étouffe...
De chaque côté, des ''local trains'', plus rapides, s enfoncent vers la misère. Miserere! Des millions d êtres boursouflés s exportent vers les bas fonds de Bombay. Le spectacle est de toute "vitalité'...
Ca dure une heure sans jamais faiblir. Partout et toujours des ordures et des senteurs putrides. Le tout est bien évidemment plus facile à vivre qu’à décrire...
Côté train, la vie s anime. Outre les passagers clandestins entassés entre chaque wagon, des centaines de vendeurs arpentent les couloirs de ferrailles pour satisfaire les besoins de la population.
En premier, le plus représenté, notre vendeur de chai qui hurle à tue tête "chai -masala chai" tout en jetant un œil frénétique de chaque côté, histoire de repérer le moindre soulèvement d envie chez l un des passagers. Ensuite, le vendeur de "min'ral water. Cold Drrrrinks" qui se trimballe avec son seau métallique englaçonné. Encore, le vendeur aveuglo-lepreux qui, chaines anti-vols autour du cou, propose à la vente toutes sortes de jouets dégueulasses pour occuper les innombrables mioches des familles bruyantes, odorantes et nombreuses. Enfin, une paysanne du coin qui propose ses cacahuètes curryfiées et cuites sur un tas de poubelles à des moustachus friands de les décortiquer... Tout cela passe et repasse inlassablement tout au long de la journée.
Le plus marquant est que chacun de ces margoulins se déforme la voix pour être mieux entendu et hurle sans relâche jusqu’a ce qu’un client héroïque libère les autres passagers en lui faisant fermer sa gueule le temps de payer...
Pour fuir ce tumulte il est toujours aussi agréable de se promener a l intérieur. Chaque petit compartiment du wagon accueille son lot de moustaches accompagnées de femmes et enfants. Entre chaque wagon, les portes restent ouvertes et je n ai plus qu’à m assoir et voir défiler le pays depuis cet emplacement privilégié.
D’au loin me parviennent de vertes montagnes qui se dressent fièrement. J aperçois quelques belles cascades qui éventrent ces gaillardes et dispensent la vie dans la profonde vallée. " Nul besoin que le ciel tonne par ici... Dieu a été prévoyant!"
Soudain, dans ce coin du Maharastra, à l occasion d un arrêt au beau milieu de nulle part, un militaire passe le train au crible et exige la fermeture de toutes les portes et volets. Parait qu’il y a des gens énervés qui se plaisent à balancer des grenades ou des poches d acide à l occasion... Ces enfoirés me font rater les paysages...
A l approche de la nuit, l intérieur du train redouble de folie.
Toute cette vie, toutes ces vies grouillent et s associent dans ce caisson branlant qui nous transporte à travers le pays. Il rugit le bougre! Il en crève d en trainer autant de passagers. Ils sont maltraités les engins de la indian railway.
Quelle chance! Quel Bonheur! Quelle énergie mouvante!
"J en veux encore des bruits de carcasse et des hurlements dans la nuit!"
Je me rassois en appétit et contemple alors ces rangées de dents qui me sourient...
Carnet de voyage Inde du Nord (Delhi, Ladakh, Rajasthan) - 18 jours English translation pending
Nous revenons de 18 jours en Inde. Ce voyage, nous l’avons préparé en grande partie en feuilletant nos guides (Guide Du Routard, Lonely Planet) ainsi qu’en parcourant en long et en large VoyageForum. Les infos étaient nombreuses mais pas toujours celles que nous attendions. Aussi nous avons décidé de partager sur VF notre expérience.
Ci-dessous vous trouverez le déroulement de notre périple, annotés de conseils, prix, remarques, déceptions ou enchantements. Tout ceci découpé par grandes régions visitées (Delhi, Ladakh, Agra, Rajasthan)
On nous avait prévenu : l’Inde nous réservera une surprise par jour… nous n’avons pas été déçus.
Tout en bas de cette page nous avons ajouté un paragraphe regroupant tout un tas d’infos génériques (argent, visa, prix moyen des repas et chambres, train et classes, trek au Ladakh…)
Dimanche 26 juillet 2009 – Odeur tenace, vaches omniprésentes Départ de Paris Roissy CdG avec la compagnie Air India (A/R Paris-Delhi acheté fin mars à 524€). Le vol aller était coopéré par Air France, ce qui veut dire avion AF, équipage AF, repas AF, service AF… Bref du Air France ni plus ni moins.
Delhi
Après 8h30 de vol sans encombre, arrivée à Delhi sous la chaleur et la moiteur. Il est 22h. Pour autant, il doit faire plus de 30°C et le climat est orageux. Un taxi (300RS pour la course) nous attend et nous emmène au Cozy Inn Hotel sur Main Bazar (GDR page 241). Plus nous nous éloignons de l’aéroport, plus les routes sont défoncées, plus les odeurs deviennent persistantes pour notre odorat européen pas encore adapté. La surprise (même si nous étions préparés) est la présence hallucinante de vaches partout. Sur les trottoirs, sur les routes, au pas des maisons… partout. L’hôtel est sans prétention (chambre double, douche froide, "fan" pour 495RS) comme il y en a par dizaines dans le quartier. Même si nous voulions organiser notre voyage au fur et à mesure, on nous avait conseillé une agence locale, Cozy Travel Agency et son patron Sunil (voir aussi GDR236) afin de réserver le 1er hôtel, les transferts ferroviaires et notre vol interne. A posteriori, Sunil aura été d'un excellent conseil et d'une parfaite rigueur vis à vis de nos demandes (moyennant évidemment une petite commission).
Lundi 27 juillet – jeux d’eau, jeux d’électricité Après cette 1ère nuit indienne, petit déj’ au Malhotra (GDR251 – 80RS/pers.). Adresse sympathique. Nous nous mettons ensuite en quête d’un distributeur automatique de billet. Ils ne manquent pas sur Main Bazar, mais nos cartes (Visa et MasterCard) sont rejetées, ou alors les distributeurs sans argent. Finalement après 8 tentatives nous parvenons à retirer de l’argent (pas de mauvaise surprise en France à notre retour tel qu’un débit bancaire sans cash reçu en contrepartie). Un conseil : partir avec un montant important en euros pour pouvoir échanger sur place. Le taux est un peu meilleur que le ratio de la banque française (frais de retrait international inclus) et l’échange de monnaie est bien plus simple. Nous partons ensuite pour un tour dans Delhi via l’agence DTTDC tour (GDR239). On ne prend pas l’option bus, mais un taxi pour nous 4 pour le tour (900RS). Ne pas hésiter à négocier même si le patron est peu avenant. Nous prenons alors le temps de visiter Qutb Minar, un très beau mausolée au sud de la ville ; passer devant le Lotus Temple en remontant l’est de Delhi ; nous arrêter à la grande et impressionnante mosquée Jama Masjid ; refuser un arrêt par un centre commercial (lourdement proposé par le chauffeur) ; et enfin, visiter un temple bouddhiste. Visite rapide mais efficace ! Finalement dîner au Tom Yam Thai restaurant (GDR251) : cuisine bonne, sans prétention et cadre agréable (roof top restaurant, le classique indien). Pendant notre dîner un déluge s’abat sur Delhi. Nous voyons les enfants sortir en maillot de bain pour jouer sous les jets d’eau des gouttières. Plus les minutes passent, plus la rue se remplit d’eau. Les images sont impressionnantes. La pluie légèrement calmée nous entreprenons de rentrer… eau à mi-mollets ; déchets flottants à la surface. Arrivés à l’hôtel, douche et nettoyage de chaussures au programme… jusqu’à ressentir des décharges électriques au contact de l'eau (sans grande conséquence si ce n’est une bonne peur). Finalement nous parvenons à nous coucher à 1h du matin une fois que l’électricien local est parvenu à réparer tout cela.
Mardi 28 juillet – mal d’altitude Après cette courte nuit, lever 4h pour filer à l’aéroport et décoller pour Leh, capital du Ladakh à 800km au nord de Delhi. P’ti déj rapide à l’aéroport après X contrôles en tout genre. Vol King Fisher (réservé par Cozy Travel Agency – Aller King Fisher, Retour Jet Airways pour 250€/pers, réservé en juin)
Ladakh
Le survol final de l’Himalaya, l’atterrissage en altitude, au fond d’une vallée (vallée de l’Indus) et à grande vitesse, sont très impressionnants… Sur place nous prenons un taxi (170RS), direction la Shanti Guest House (LP). GH de très bon rapport qualité / prix (ch. dble, eau chaude – 500RS). Accueil parfait. Et comme toujours une agence de voyage liée et prête à tout vous organiser, sans insister toutefois. L’altitude (3500m) nous joue rapidement des tours. C’est la mauvaise surprise du jour. Maux de tête, fatigue générale, essoufflement à chaque effort… Du coup matinée au calme à la GH. Déjeuner à La Terrasse sur la rue principale. Gouter les Momo c'est un vrai délice ! Résa de notre jeep tour du lendemain pour découvrir les monastères au sud est de Leh et les jeeps pour aller et retour de notre trek. Repas et nuit à Shanti GH.
Mercredi 29 juillet – la surprise ? Petit déjeuner à Shanti GH puis départ pour notre jeep tour. Direction Hemis, Thiksey et Shey. Taxi pour la journée (1300RS pour 4). Finalement nous paierons moins puisque 6 passagers au lieu de 4… Après 1h de route nous arrivons à Hemis. Le monastère est coincé dans une vallée perpendiculaire à l’Indus. Très beau monument. A l’entrée, nous payons 100RS par personne en ne comprenant pas que le monastère est gratuit et que l’entrée payante ne correspond qu’aux droits d’entrée pour le musée (que nous ne visiterons pas car peu intéressant d’après les avis des autres touristes). Nous revenons ensuite sur nos pas pour nous rendre à Thiksey. L’arrivée sur le monastère est splendide. Celui-ci est perché sur son rocher. Visite du monastère, des différentes salles de prière… puis déjeuner au pied du monastère dans un resto… à touristes (le seul au pied). Qualité ok, prix un peu élevé pour la quantité. En début d’après midi nous filons à Shey, dernier monastère pour la journée. Découverte du monastère, marche vers l’ancien palais, sans aller jusqu’au bout… Puis retour à Shanti GH. De notre avis, pour quelques roupies de plus, il doit être intéressant de faire un crochet par Stok, son monastère et son palais. Diner à Leh, nuit à Shanti. La surprise de la journée ? C’est qu’il n’y en a pas eu !
Jeudi 30 juillet – Sumdo – trek jour 1 – Likir gompa - Sumdo Trajet Leh – Likir en jeep (1h15). Visite du monastère de Likir. Début du trek. Nous avons décidé de faire 3 jours de trek (Sham trek), sans guide. Nous avons emmené la carte conseillée sur VF (cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar). Pour info le Sham Trek est sur la carte Nord alors que les monastères au sud de Leh sont sur la carte Centre. Force est de constater qu’elle est imprécise et incomplète (bien que référence dans son domaine). En revanche le chemin du trek est plutôt bien tracé par les pas des marcheurs précédents, même si de temps à autre un carrefour, un aiguillage, un pont n’est pas aisé à trouver. Nous entamons notre descente vers le village de Likir (3350m d’altitude), déjà quelques signes peu encourageant pour Ruth qui souffre de maux de tête. Ben et Caro prenne alors les devants pendant que nous marchons à notre rythme derrière. Nous marchons sous un soleil de plomb, sans ombre et par environ 30°C. Crème solaire obligatoire même pour les peaux mâtes. De plus marchant vers l’ouest, nous avons le soleil dans le dos toute la journée (ce qui nous vaudra un coup de soleil collectif sur les oreilles). Nous passons un col à 3550m avant de basculer vers Sumdo où nous rejoignons Ben et Caro. Nous décidons de ne pas pousser jusqu’à Yantang et de dormir à Sumdo (3450m), village accueillant de …. 2 maisons ! Après longues négociations avec l’adorable maitre de maison local de 8 ans (la grand-mère ne parlant pas anglais), nous décidons de passer la nuit dans une chambre pour le moins spartiate. Surprise, nous dormirons par terre sur des "matelas" très sales, sans confort, sans salle d’eau, … mais ce sera parfait pour une nuit. Diner local (riz, légumes, thé noir) et coucher de bonne heure (200RS/pers.).
Vendredi 31 juillet – Bus pour Leh – trek jour 2 – Sumdo – Hemis Shupaschen Réveil matinal (6h), départ à 7h avec quelques chapati frais (mais très bourratifs). Nous décidons de nous séparer. Ben et Caro continue vers la prochaine étape, nous monterons tranquillement le col de Yantang et retournerons sur Leh comme nous le pourrons. Physiquement on ne suit pas, il faut arrêter les frais. Après 1h45 de montée, nous touchons au col à 3650m. A quelques encablures de l’arrivée, je vois une jeep, que je cours intercepter. Banco, elle nous emmène à Yantang où nous croiserons le bus pour Leh. Nous l’arrêtons et montons dans le bus. C’est maintenant parti pour 2h30 de bus rock’n’roll ! Le bus roule vite, très vite, sur des routes à peine plus larges que lui, très sinueuses, avec des précipices sur les côtés, le tout au dessus de 4000m par endroit, et surtout en klaxonnant dans chaque courbe pour signaler son passage au véhicule en sens opposé. Bref après 2h30, X arrêts pour ramasser ou déposer des indiens un peu partout, nous voici de retour à Leh, où nous filons au Garden Café (très bonne ambiance, très bonne restauration, parfait ! – 280RS pour 2) pour notre déjeuner. Après midi relax à Shanti GH que nous avons réintégré, diner sur place.
Samedi 1er août – Ville morte Grasse matinée, on prend notre temps pour cette journée à Leh. En fin de matinée nous nous décidons à faire un tour dans la ville. Très vite, tout nous semble fermé. Aucun resto, aucun magasin, aucune agence de voyage… rien. Tout est fermé. Nous filons sur Bazar Street… pas mieux. Nous nous décidons à attendre un peu pour comprendre. Finalement nous demandons autour de nous jusqu’à apprendre la raison de cette fermeture massive : 2 jours plus tôt un taxi avec 2 touristes a été attaqué par 2 cachemiris. En voulant défendre ses passagers, le chauffeur a été tué. Résultat, Leh décrète ville morte jusqu'à 14h. Et tout le monde suit… Impressionnant. Tout le monde sauf le Cho Café où nous déjeunerons. Peu, voire pas de plats dispos (ville fermée = pas de ravitaillement), qualité vraiment décevante et service extrêmement long. Une sieste plus tard, je me décide à monter en haut de Shanti Stupa (monument de prière) qui surplombe notre quartier. Evidemment, je me prends au défi de dépasser le groupe devant moi et de faire le meilleur temps pour monter toutes ces marches. 13min plus tard je me retrouve à la Stupa admirant le panorama sur Leh et ses alentours. Nous passerons ensuite notre dîner au Rice Bowl Tibetan restaurant. Très bon, mais terriblement cher (enfin pour l’Inde) vues les quantités. Nuit à Shanti GH.
Dimanche 2 août – Moine violent Lever matinal pour prendre notre jeep direction Timosgang où nous retrouverons si tout va bien Ben et Caro (ayant fini leur trek la veille). Après 3h de route sur un parcours que nous commençons à bien connaître, nous voici au point de rendez vous : le moulin à prières de Timosgang. Personne… Finalement après 10minutes, nous apercevons Ben et Caro. Tout s’était bien passé pour eux, et ils avaient finis leur trek comme prévu, non sans difficultés (altitude, orientation, carte… ). Sur le chemin du retour pour Leh, nous nous arrêtons au monastère d’Alchi, considéré comme le plus beau et plus ancien (XIe siècle) monastère du Ladakh. Dans l’enceinte, toutes les salles sont à entrée libre, sauf une… bien entendu la plus intéressante. Nous finissons par une salle regroupant des ouvrages. L’hôte nous explique en indien que ce sont des livres de prières, puis nous montre la représentation du bouddha en or. A ce moment il demande une obole. Nous feignons de ne rien entendre et nous dirigeons vers la sortie. Alors il nous redemande un don en haussant le ton. Puis constatant que nous ne donnerons rien, s’empresse de nous mettre dehors en frappant Ben à l’épaule. Enervé il fermera finalement sa salle de prière et refusera toutes entrées aux autres touristes arrivant… Retour sur Leh, diner au Garden Café, nuit au Shanti.
Lundi 3 août – crevaison Départ à 6h de la GH pour rallier l’aéroport de Leh. GDR met en garde contre les contrôles à l’aéroport et le refus de toutes piles, batteries, appareils photos… Nous prenons les devant et mettons tout dans nos sacs en soute. A l’aéroport, notre taxi n’est pas autorisé à entrer. Nous faisons les dernières centaines de mètres à pied. Puis contrôle passeport, contrôle sac, re-contrôle passeport, re-contrôle sac, contrôle, re-contrôle… c’est sans fin. Arrivée au guichet Jet Airways nous obtenons notre sésame pour Delhi. Puis re-contrôle, contrôle, re-contrôle… une queue interminable franchie, nous voici dans la salle d’embarquement. Finalement tous les petits sacs passent… avec piles, batterie, appareil photo, téléphone… (fausse alerte du GDR donc). Après quelques minutes d’attente nous constatons (après avoir enfin compris l’annonce répétée à tue-tête) qu’il faut aller sur le tarmac pour identifier nos sacs afin qu’ils soient embarqués. Ben accomplit cette tâche et nos sacs embarquent. Vol un peu en retard, tour de Delhi pour attendre un créneau pour nous poser. Récupération de nos sacs, puis retrouvailles avec notre taxi réservé pour filer à Agra… C’est parti pour 4h de route.
Agra
Nous mettons 2h à sortir de l’agglo de Delhi. Puis entamons l’autoroute locale où se côtoient rickshaws, bus bondés, vélos, voitures, chevaux, tracteurs, ânes… Puis soudain notre chauffeur s’arrête et se range en partie (2 roues) sur le bas côté. Nous avons crevé ! Il faut alors changer la roue au milieu de tous ces "véhicules" déboulant klaxonnant. Reprise du trajet, pause déjeuner dans un resto autoroutier hors de prix, 3h de route plus tard nous voici à Agra, dans notre GH : Tourist Rest House (GDR279). Fin d’après midi tranquille, dîné au restaurant Zorba the Bouddha (GDR283), nuit à notre GH.
Mardi 4 août – Le Taj puis le train Lever à l’aube, à 5h pour voir le Taj Mahal sous les 1ères lueurs. Arrivée à l’entrée du Taj Mahal 6h30. Et … la magie du lieu opère. Le Taj Mahal se cache derrière ses remparts, tel une œuvre inaccessible. Puis au détour d’une porte grandiose, il se dévoile. On nous en avait parlé, on nous avait tout dit, tout expliqué, on avait peur d’être déçus tant nous attendions ce moment…. Et finalement l’émotion est bien présente. La nouvelle merveille du monde est un immanquable. Une merveille de marbre blanc brillant sous le soleil levant. A notre arrivée, le ciel était grisâtre et le soleil absent ; puis vers 9h, celui-ci pointe le bout de son nez et le ciel vire au bleu. Photos, balade, photos, observations, photos… Un grand moment ! Les 750RS/pers. payés sont vite oubliés ! Après ce moment fort, nous prenons notre petit déjeuner au recommandé Jooney’s proche de la South Gate (GDR284). Adresse parfaite, étroite mais de très bonne qualité et à prix imbattable. Direction ensuite le Red Fort (300RS, 250RS si billet du Taj présenté), en rickshaw (30RS pour 4). Le lieu symbolise toute la puissance du maharaja de l’époque. La visite est un peu difficile tant il y a de salles et peu d’explication. Nous faisons le minimum avec le GDR et LP. Plus tard nous entreprenons de marcher jusqu’à Jamaa Masjid. Finalement le soleil (certainement plus de 35°c), l’humidité et la distance nous dissuadent et nous demandons à un rickshaw de nous ramener à la GH en faisant un crochet par la mosquée. Nous récupérons nos sacs et filons à la Agra Ref Fort Railways station pour y prendre notre 1er train en Inde, direction Jaipur. La découverte (même si attendue) est cocasse. Le train annonce 30min de retard (peu). A son arrivée nous voyons les voyageurs de 2nd class se battre pour monter alors que personne n’est encore descendu du train. C’est la cohue. De notre coté, nous avons nos places réservées en 3AC. 20min plus tard le train redémarre. Le train express mettra 4h30 pour parcourir les 250km séparant Agra de Jaipur ! (classique). A l���intérieur c’est un vrai folklore bien que nous soyons dans la 3ème classe (sur 5 existantes : second class, sleeper, 3AC, 2AC, 1AC - voir tout en bas pour plus d'info). Les mères de famille sortent les repas pour leurs enfants qui jouent en criant dans le train. Les téléphones portables sonnent (très fort), la musique (issue des mêmes téléphones) est partout, à toute heure… Expérience très intéressante. Arrivée à Jaipur, un rickshaw nous attend et nous emmène au Sunder Palace, une très bonne adresse (hôtel tout neuf, chambres dbl grandes et climatisées, petit coin salon et le fin du fin : une vraie salle de bains agréable et propre - 900RS- GDR466)
Mercredi 5 août – meute enfantine Lever tranquille, départ à 9h pour visiter Jaipur. Il fait déjà très très chaud (environ 35°C) et humide. A peine levés nous recommençons à suer ! Nous visitons le Bazar, les rues de la citadelle, Jantar Mantar (un site d’étude astonomique très intéressant) et le City Palace (visite avec audio guide de très bonne qualité). Nous passons devant Hawa Mahal (palais des vents – façade mettant en avant les conditions des femmes des harem à l’époque) puis nous nous offrons un déjeuner dans un resto "chic", le LMB (GDR473). Adresse un peu plus chère que la moyenne. Prestation excellente. Nous retournons passer la fin d’après midi au Sunder Palace. Sur le chemin nous croisons un groupe de jeunes enfants qui commence à coller Ruth et Caro, qui finalement passent devant Ben et moi. Les gamins pas impressionnés pour un sou continuent de nous suivre, collant, hurlant, demandant roupies et essayant de nous agripper les mains. Nous tentons de leur faire peur. En vain, ce sera finalement un indien qui en 2 mots les stoppera. Dîner juste à coté au Peacock restaurant, sur la terrasse du Pearl Palace (GDR471- cadre très sympa, attente un peu longue, nourriture très bonne – goûter le kabab (= kebab) ou les Tali). Nuit au Sunder Palace.
Jeudi 6 août – les animaux nous le rendent bien Nous louons un rickshaw pour la journée afin de visiter les alentours de Jaipur (500RS) Nous commençons par visiter le mont aux singes (peuplés de singe… mais aussi de vaches, chèvres, cochons, poules, chiens… dans une parfaite symbiose) et à son sommet le temple du soleil (ou Monkey Temple) où nous avons le droit à un accueil fleuri et un point jaune sur le front (contre une petite obole). De là, nous profitons d’une vue splendide sur Jaipur, la ville rose. Nous continuons ensuite par Ambert Fort, un fort splendide, tout jaune. Nous y mangerons, dans une cafétéria tout à fait « touristique » et très chère. Direction ensuite Jaigart Fort qui domine Ambert (30min d’ascension en plein soleil). De là-haut en visitant nous tombons sur de superbes points de vue. Nous finissons par la visite du canon (le plus grand d’Inde). A notre retour vers l’entrée du fort, nous tombons sur un petit singe et sa mère (les mêmes qu’à l’aller), cependant celui-ci est décidé à nous impressionner en poussant ses cris très aigus et se montrant menaçant en avance gueule ouverte, dents sorties… Ben passe… nous autres non… du coup nous rebroussons chemin pour passer par l’autre coté. Finalement nous voyons au loin les gens passer sans peur (en avançant c’est finalement le singe qui recule) et nous retrouvons de notre coté à passer au milieu du réel habitat de tous les singes… nous accélérons le pas par crainte. Finalement rien à signaler. Il fait très chaud, nous boirons 13L d’eau à 4 sur la journée. Nous continuons ensuite notre périple en passant peu loin du Water Palace, palais sur le lac proche de Jaipur. Le chauffeur tente ensuite de nous emmener dans une usine d’artisanat. Nous refusons, il insiste prétextant qu’il est pauvre et que même si nous n’achetons rien et passons seulement 5min, il touchera sa commission. Refus toujours catégorique, nous demandons à rentrer à l’hôtel. Le retour s’effectue par les petites rues nord de Jaipur où la vie animalière bat son plein. Je me prends au jeu de démarrer un petit film sur la conduite en inde et les paysages urbains : http://www.youtube.com/watch?v=pc-P42a1h0I Passage par l’hôtel, récupération des sacs, gare, trajet Jaipur – Jodhpur par train express (4h pour 250km) où nous nous restaurons à base de chips Lays locale (goût masala… qui arrache sévère). Train que nous partagerons également avec de charmantes souris gambadant au milieu de nos sacs… Nous passons la nuit au Saji Sanwri GH (GDR568 - attention les prix ont augmenté depuis 2 ans – comptez 950 la ch. dble, eau froide, fan) qui refuse de payer les commissions au rickshaw (qui du coup ne veulent pas emmener les touristes…). L’accueil par la maîtresse de maison est … usante. Elle est adorable mais veut s’occuper de tout.
Vendredi 7 août – et soudain il surgit P’ti déj à la GH puis départ pour la ville pour y découvrir le Bazar, la Clock Tower, la vieille ville. Puis nous marchons jusqu’à la gare pour voir s’il existe des trains pour Udaipur (GDR et LP disent que non, à raison, mais précisent à juste titre que la situation évolue très vite et que régulièrement de nouvelle lignes sont ouvertes). En vain. Direction ensuite la gare routière. On nous propose des bus publics, de nuit, sans clim’. Nous refusons. Nous retournons vers la vieille ville, mangeons au Mac Do pour y découvrir le remplaçant du Big Mac (et oui pas de viande bovine… du coup ils ont un Mac Maharaja avec steak de poulet). Nous visitons un temple hindouiste et nous arrêtons dans les agences de voyages pour étudier les possibilités d’aller à Udaipur. Voiture privée… trop cher. Bus privé possible. Après relecture des GDR et LP qui déconseillent fortement les trajets nocturnes, nous optons pour un bus qui partira le lendemain à 14h15. Nous filons ensuite au fort. L’arrivée est impressionnante. Le fort est posé sur la colline. Dominant les environs. Nous entamons la visite avec audio guide (toujours très intéressant et bien fait). L’architecture et le travail de la pierre sont parfaits. De loin notre plus beau fort au Rajasthan. Nous marchons ensuite vers un cénotaphe, considéré comme le mini Taj (sans commune mesure en fait) où nous nous reposons dans l’herbe avant de le visiter. Retour au Bazar où nous passons quelques minutes à observer le pro de l’omelette dans son Omelet shop (LP) qui prépare plus de 1000 œufs par jours à manger dans la rue. Puis nous filons boire un lassi au safran au Shri Mishrilal Hotel (GDR574). Fameux. En sortant, un mec surgit, nous fait face, grimaçant, peinturluré en blanc. Assez drôle quoique limite effrayant. Il se retourne et arbore fièrement une grande plume, coincé dans son pantalon (pour ne pas dire son cul). Déroutant ! Repas et nuit à la GH.
Samedi 8 août – procession hindoue Nous consacrons notre matinée à visiter le palais du maharaja. Beau d’extérieur. Pas fameux à l’intérieur même si une collection d’objets divers rehausse le tout. Nous déjeuner au On the Rocks restaurant (GDR574 - pas de service avant 12h30. Resto moyen, un peu cher). Passage à l’hôtel, sac à dos, rickshaw, bus. (7h30 de trajet pour faire moins de 220km). En quittant Jodhpur, on se dit que la ville est très intéressante mais de loin la plus chère de toutes (resto, rickshaw, hôtel….). Tout au long du trajet nous croisons des dizaines, centaines, (milliers ?) de personnes formant une procession vers le nord ouest. Intrigués nous interrogeons notre indien de voisin qui nous explique que tout ces gens partent pour plus d’un mois, marchent vers la ville de Ramdevra où se déroule chaque année une fête hindoue (la ville est à 300km de là où nous sommes !). Le rendu de cette procession et la ferveur des gens que nous croisons sont invraisemblables. Arrivés à Udaipur, nous rallions Nukkad GH (GDR530 – très bonne adresse – 400RS ch. Dble, eau chaude). Le climat est plus frais et sec. Nous revivons après 5 jours passés sous 35°c et une forte humidité.
Dimanche 9 août – ils attaquent Matinée tranquille, p’ti déj, prise d’infos, réservation de train pour Bundi pour Ben et Caro (alors que GDR et LP ne parlent que de bus), change d’argent… tout ça à Nukkad. Puis, puisqu’à l’origine nous avions prévu de passer une seule nuit à Udaipur et la dernière à 4, nous avions réservé un palace local, vivement conseillé par le GDR où nous transférons nos affaires. Direction le Rang Niwas Palace (avec piscine !). (GDR532). Déjeuner ensuite au Lotus Café (adresse de qualité correcte avec des prix imbattables). L’après midi sera consacrée à la visite d’Udaipur. D’abord le temple Jaidish, puis le City palace (à vrai dire à force ça se ressemble et on commence à saturer). Ensuite la clock tower (sans intérêt). Enfin retour à l’hôtel, piscine pour moi, sieste. Dîner à 2 pas, au Shandi Vilas (LP – encore un roof top restaurant comme ils en raffolent). A peine assis nous nous faisons attaquer par une nuée de moustique.s Jusqu’à présent nous avions été tranquilles, mais là le climat plus frais (quoique 25° minimum) et l’humidité les attirent. Du coup (à tord ou à raison) on se dit qu’enfin notre traitement antipaludéen est justifié. Nuit au Rang Niwas Palace (Palace donc, mais pas à plus de 900RS, et finalement palace plutôt vieillissant mais agréable).
Lundi 10 août – prendre le même train et ne s’en rendre compte que sur le quai C’est notre dernière journée à quatre. On est un peu fatigués, et finalement les villes du Rajasthan, bien que pleine d’intérêt et incarnant parfaitement les contes des mille et une nuits, deviennent assez répétitives. Du coup balade tranquille, visite des lavandières où nous apercevons les femmes se laver et laver le linge de la famille. Puis achat de cartes postales (10RS, 12RS pour un timbre vers la France) et de souvenirs. Découverte du lac, berge sud du city palace… Déjeuner au Maxim’s (encore un roof top !) puis détente dans notre Palace de la veille. Enfin nous partons pour prendre nos trains respectifs pour Delhi et Bundi. Arrivés à la gare, notre train de 18h pour Delhi n’est pas annoncé… Normal puisqu’il s’agit en réalité du train de 18h30, le même que celui de Bundi ! Surprise, nous nous quittons donc sur les quais bien que voyageant dans le même train (Nous en 3AC, Ben et Caro en sleeper). Avant de monter dans le train, nous achetons de quoi manger pour notre nuit de 12h… Finalement après quelques chips, nous nous couchons et dormons pas trop mal de 22h à 6h du matin
Delhi
Mardi 11 août – nuit agitée Dernière journée en Inde… depuis la gare ferroviaire, nous prenons un taxi pour nous rendre sur Main Bazar (80RS) où se situe notre dernier hôtel du voyage : le Cottage Crown Plazza(GDR242 – hôtel tout neuf, bon rapport qualité/prix). Après une douche et avoir enfilé des vêtements propres, nous partons pour Karol Bagh, un quartier où nous voulons acheter des épices… hélas, tout est fermé… sauf une petit superette où nous trouvons notre bonheur. Nous testons ensuite le métro de Delhi pour nous rendre au Fort Rouge. Métro flambant neuf (réseau en plein agrandissement – l’aéroport sera bientôt connecté au centre ville) ; mais bondé comme Paris aux heures de pointe… alors qu’il est 11h du matin. 1er échec de la journée : le Fort Rouge fermé toute la semaine précédent la fête nationale du 15 août ! Alors nous prenons un rickshaw pour nous rendre à Humayun’s Tomb, tout cela sous la chaleur et l’humidité retrouvées… Nous visitons le mausolée qui est magnifique. On dit qu’il a inspiré l’architecte du Taj Mahal. C’est vrai qu’il y a une réelle ressemblance ; en plus rouge et en plus petit tout de même. Et notons une autre différence importante : celui-ci a été construit par une femme, pour son mari ; tandis que le Taj Mahal a été construit par un mari pour son épouse, morte en couche pendant l’accouchement du 14e enfant (légende ou réalité, nous ne le saurons jamais). Nous tentons ensuite de manger de la quartier musulman qui jouxte le mausolée, mais retournons finalement sur Main Bazar pour manger au Guerest Kitchen (les Momo était cette fois très décevant). Puis, nous nous faisons surprendre par un nouveau déluge de pluie. Décidemment Delhi… heureusement sans commune durée avec celui vécu à notre arrivée. Du coup retour à l’hôtel, sieste, puis dîner au Malhotra Dosa Palace (à coté du Malhotra Restaurant) (GDR251). Et dernière nuit en Inde… nuit finalement agitée puisque nous aurons le droit à l’alarme incendie (pour autant, personne ne sortira de sa chambre) puis au démarrage d’un groupe électrogène extrêmement bruyant juste à coté de notre chambre.
Mercredi 12 août – no tax Réveil matinal, départ pour l’aéroport, enregistrement… où on apprend qu’il n’y a pas de taxe à payer pour quitter le pays via l’aéroport de Delhi (la taxe est comprise dans le prix du billet ; alors que les rumeurs nous avaient conduit à réserver 2.800 roupies pour cette taxe). Du coup l’argent budgétée est échangée avant la douane (un panneau précise que l’on ne peut plus ensuite). Puis p’ti déj en salle d’attente (où nous constatons qu’il est possible d’échanger des roupies après la douane !), attente et embarquement en temps et en heure. Jusque là, tout est parfait. Puis, problème technique, l’avion repart au parking pour vérification. Une heure plus tard, tout est ok, nous allons pouvoir décoller. Finalement non, l’espace aérien de Delhi est fermé pour 1h30 à cause des répétitions pour la fête nationale (encore elle !). Du coup après 4h dans l’avion cloué au sol, nous décollons. Vol sans encombre, repas ok, personnel navigant en cabine peu aimable, arrivée à Paris un peu mouvementée avec une approche avant atterrissage quelque peu rock’n’roll. Contrôle passeport, récupération des bagages, RER… fin du voyage !
Que ce fût bon !
Argent Finalement on aura pas mal galéré pour retirer de l’argent. Visa et Mastercard étant rejetées, distributeur non alimenté, … Bref la prochaine fois nous prendrons plus d’euros pour faire du change sur place.
Visa Tout est là : http://www.vfs-in-fr.com/ Au global : 64€/pers. Dépôt du dossier : je suis arrivé à 9h et ai attendu 1h (collez les photos sur les dossiers, vous gagnerez du temps !) Retrait du dossier : je suis arrivé à 13h30 et ai attendu 30 min Assez rapide, efficace.
Prix moyen des repas et chambres Nous avons voyager à 4, sans réserver depuis la France nos hôtels sauf le Cozy Inn pour la première nuit. Globalement nous avons dormi dans les hôtels 1er prix (pas non plus les moins chers). Bilan : chambre double à environ 500RS la nuitée. Pas toujours d’eau chaude, souvent un peu sale mais dans l’ensemble correctes. Seul Jodhpur nous a semblé plus cher (950RS la chambre équivalente) Pour les repas, globalement, en évitant les attrapes touristes (autoroute, chaînes de resto…) nous avons mangé pour 400 à 600RS à 4 (plat + boisson)
Train et classe Pas simple sur le papier et finalement si simple sur le terrain. Les trains sont numérotés et leur départ et destination indiqués sur les wagons. Seule difficulté ils n’annoncent pas les arrêts… du coup il faut discuter avec ses voisins indiens qui vous préviennent sans problème (même si entre eux ils ne sont pas toujours d’accord sur les lieux où nous sommes arrêtés)
Pour les classes, il en existe 5. Second class => pas de réservation, les indiens se battent pour y monter et s’y entassent. Sleeper => des cabines non fermées de 6 couchages + 2 dans le couloir. La nuit tout cela devient des lits superposés. 3AC ou 3A => comme Sleeper mais climatisée. On y dort assez bien, il y fait frais, pour ne pas dire froid ! Pour info, Udaipur – Delhi, 12h de train, en 3AC = 850RS 2AC ou 2A => cabine climatisée non fermée de 4 personnes 1AC ou 1A => cabine climatisée fermée de 4 personnes
http://www.indianrail.gov.in/inet_metro_trns.html => indispensable. Tous les trains, les horaires, les prix !
Trek au Ladakh Cartes utilisées : cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar. Carte Nord pour le Sham Trek. (carte Centre pour les monastères au sud de Leh).
Le Sham Trek est largement faisable sans guide même si quelques intersections et rivières viennent corser l'orientation. Attention à l'altitude. Impossible de prévoir qui sera affecté, mais on peut vraiment se sentir beaucoup moins bien. Nuit dans les villages sans souci même si parfois très spartiate. Organisation des taxis avec les agences de voyages de Leh sans le moindre souci.
Ci-dessous vous trouverez le déroulement de notre périple, annotés de conseils, prix, remarques, déceptions ou enchantements. Tout ceci découpé par grandes régions visitées (Delhi, Ladakh, Agra, Rajasthan)
On nous avait prévenu : l’Inde nous réservera une surprise par jour… nous n’avons pas été déçus.
Tout en bas de cette page nous avons ajouté un paragraphe regroupant tout un tas d’infos génériques (argent, visa, prix moyen des repas et chambres, train et classes, trek au Ladakh…)
Dimanche 26 juillet 2009 – Odeur tenace, vaches omniprésentes Départ de Paris Roissy CdG avec la compagnie Air India (A/R Paris-Delhi acheté fin mars à 524€). Le vol aller était coopéré par Air France, ce qui veut dire avion AF, équipage AF, repas AF, service AF… Bref du Air France ni plus ni moins.
Delhi
Après 8h30 de vol sans encombre, arrivée à Delhi sous la chaleur et la moiteur. Il est 22h. Pour autant, il doit faire plus de 30°C et le climat est orageux. Un taxi (300RS pour la course) nous attend et nous emmène au Cozy Inn Hotel sur Main Bazar (GDR page 241). Plus nous nous éloignons de l’aéroport, plus les routes sont défoncées, plus les odeurs deviennent persistantes pour notre odorat européen pas encore adapté. La surprise (même si nous étions préparés) est la présence hallucinante de vaches partout. Sur les trottoirs, sur les routes, au pas des maisons… partout. L’hôtel est sans prétention (chambre double, douche froide, "fan" pour 495RS) comme il y en a par dizaines dans le quartier. Même si nous voulions organiser notre voyage au fur et à mesure, on nous avait conseillé une agence locale, Cozy Travel Agency et son patron Sunil (voir aussi GDR236) afin de réserver le 1er hôtel, les transferts ferroviaires et notre vol interne. A posteriori, Sunil aura été d'un excellent conseil et d'une parfaite rigueur vis à vis de nos demandes (moyennant évidemment une petite commission).
Lundi 27 juillet – jeux d’eau, jeux d’électricité Après cette 1ère nuit indienne, petit déj’ au Malhotra (GDR251 – 80RS/pers.). Adresse sympathique. Nous nous mettons ensuite en quête d’un distributeur automatique de billet. Ils ne manquent pas sur Main Bazar, mais nos cartes (Visa et MasterCard) sont rejetées, ou alors les distributeurs sans argent. Finalement après 8 tentatives nous parvenons à retirer de l’argent (pas de mauvaise surprise en France à notre retour tel qu’un débit bancaire sans cash reçu en contrepartie). Un conseil : partir avec un montant important en euros pour pouvoir échanger sur place. Le taux est un peu meilleur que le ratio de la banque française (frais de retrait international inclus) et l’échange de monnaie est bien plus simple. Nous partons ensuite pour un tour dans Delhi via l’agence DTTDC tour (GDR239). On ne prend pas l’option bus, mais un taxi pour nous 4 pour le tour (900RS). Ne pas hésiter à négocier même si le patron est peu avenant. Nous prenons alors le temps de visiter Qutb Minar, un très beau mausolée au sud de la ville ; passer devant le Lotus Temple en remontant l’est de Delhi ; nous arrêter à la grande et impressionnante mosquée Jama Masjid ; refuser un arrêt par un centre commercial (lourdement proposé par le chauffeur) ; et enfin, visiter un temple bouddhiste. Visite rapide mais efficace ! Finalement dîner au Tom Yam Thai restaurant (GDR251) : cuisine bonne, sans prétention et cadre agréable (roof top restaurant, le classique indien). Pendant notre dîner un déluge s’abat sur Delhi. Nous voyons les enfants sortir en maillot de bain pour jouer sous les jets d’eau des gouttières. Plus les minutes passent, plus la rue se remplit d’eau. Les images sont impressionnantes. La pluie légèrement calmée nous entreprenons de rentrer… eau à mi-mollets ; déchets flottants à la surface. Arrivés à l’hôtel, douche et nettoyage de chaussures au programme… jusqu’à ressentir des décharges électriques au contact de l'eau (sans grande conséquence si ce n’est une bonne peur). Finalement nous parvenons à nous coucher à 1h du matin une fois que l’électricien local est parvenu à réparer tout cela.
Mardi 28 juillet – mal d’altitude Après cette courte nuit, lever 4h pour filer à l’aéroport et décoller pour Leh, capital du Ladakh à 800km au nord de Delhi. P’ti déj rapide à l’aéroport après X contrôles en tout genre. Vol King Fisher (réservé par Cozy Travel Agency – Aller King Fisher, Retour Jet Airways pour 250€/pers, réservé en juin)
Ladakh
Le survol final de l’Himalaya, l’atterrissage en altitude, au fond d’une vallée (vallée de l’Indus) et à grande vitesse, sont très impressionnants… Sur place nous prenons un taxi (170RS), direction la Shanti Guest House (LP). GH de très bon rapport qualité / prix (ch. dble, eau chaude – 500RS). Accueil parfait. Et comme toujours une agence de voyage liée et prête à tout vous organiser, sans insister toutefois. L’altitude (3500m) nous joue rapidement des tours. C’est la mauvaise surprise du jour. Maux de tête, fatigue générale, essoufflement à chaque effort… Du coup matinée au calme à la GH. Déjeuner à La Terrasse sur la rue principale. Gouter les Momo c'est un vrai délice ! Résa de notre jeep tour du lendemain pour découvrir les monastères au sud est de Leh et les jeeps pour aller et retour de notre trek. Repas et nuit à Shanti GH.
Mercredi 29 juillet – la surprise ? Petit déjeuner à Shanti GH puis départ pour notre jeep tour. Direction Hemis, Thiksey et Shey. Taxi pour la journée (1300RS pour 4). Finalement nous paierons moins puisque 6 passagers au lieu de 4… Après 1h de route nous arrivons à Hemis. Le monastère est coincé dans une vallée perpendiculaire à l’Indus. Très beau monument. A l’entrée, nous payons 100RS par personne en ne comprenant pas que le monastère est gratuit et que l’entrée payante ne correspond qu’aux droits d’entrée pour le musée (que nous ne visiterons pas car peu intéressant d’après les avis des autres touristes). Nous revenons ensuite sur nos pas pour nous rendre à Thiksey. L’arrivée sur le monastère est splendide. Celui-ci est perché sur son rocher. Visite du monastère, des différentes salles de prière… puis déjeuner au pied du monastère dans un resto… à touristes (le seul au pied). Qualité ok, prix un peu élevé pour la quantité. En début d’après midi nous filons à Shey, dernier monastère pour la journée. Découverte du monastère, marche vers l’ancien palais, sans aller jusqu’au bout… Puis retour à Shanti GH. De notre avis, pour quelques roupies de plus, il doit être intéressant de faire un crochet par Stok, son monastère et son palais. Diner à Leh, nuit à Shanti. La surprise de la journée ? C’est qu’il n’y en a pas eu !
Jeudi 30 juillet – Sumdo – trek jour 1 – Likir gompa - Sumdo Trajet Leh – Likir en jeep (1h15). Visite du monastère de Likir. Début du trek. Nous avons décidé de faire 3 jours de trek (Sham trek), sans guide. Nous avons emmené la carte conseillée sur VF (cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar). Pour info le Sham Trek est sur la carte Nord alors que les monastères au sud de Leh sont sur la carte Centre. Force est de constater qu’elle est imprécise et incomplète (bien que référence dans son domaine). En revanche le chemin du trek est plutôt bien tracé par les pas des marcheurs précédents, même si de temps à autre un carrefour, un aiguillage, un pont n’est pas aisé à trouver. Nous entamons notre descente vers le village de Likir (3350m d’altitude), déjà quelques signes peu encourageant pour Ruth qui souffre de maux de tête. Ben et Caro prenne alors les devants pendant que nous marchons à notre rythme derrière. Nous marchons sous un soleil de plomb, sans ombre et par environ 30°C. Crème solaire obligatoire même pour les peaux mâtes. De plus marchant vers l’ouest, nous avons le soleil dans le dos toute la journée (ce qui nous vaudra un coup de soleil collectif sur les oreilles). Nous passons un col à 3550m avant de basculer vers Sumdo où nous rejoignons Ben et Caro. Nous décidons de ne pas pousser jusqu’à Yantang et de dormir à Sumdo (3450m), village accueillant de …. 2 maisons ! Après longues négociations avec l’adorable maitre de maison local de 8 ans (la grand-mère ne parlant pas anglais), nous décidons de passer la nuit dans une chambre pour le moins spartiate. Surprise, nous dormirons par terre sur des "matelas" très sales, sans confort, sans salle d’eau, … mais ce sera parfait pour une nuit. Diner local (riz, légumes, thé noir) et coucher de bonne heure (200RS/pers.).
Vendredi 31 juillet – Bus pour Leh – trek jour 2 – Sumdo – Hemis Shupaschen Réveil matinal (6h), départ à 7h avec quelques chapati frais (mais très bourratifs). Nous décidons de nous séparer. Ben et Caro continue vers la prochaine étape, nous monterons tranquillement le col de Yantang et retournerons sur Leh comme nous le pourrons. Physiquement on ne suit pas, il faut arrêter les frais. Après 1h45 de montée, nous touchons au col à 3650m. A quelques encablures de l’arrivée, je vois une jeep, que je cours intercepter. Banco, elle nous emmène à Yantang où nous croiserons le bus pour Leh. Nous l’arrêtons et montons dans le bus. C’est maintenant parti pour 2h30 de bus rock’n’roll ! Le bus roule vite, très vite, sur des routes à peine plus larges que lui, très sinueuses, avec des précipices sur les côtés, le tout au dessus de 4000m par endroit, et surtout en klaxonnant dans chaque courbe pour signaler son passage au véhicule en sens opposé. Bref après 2h30, X arrêts pour ramasser ou déposer des indiens un peu partout, nous voici de retour à Leh, où nous filons au Garden Café (très bonne ambiance, très bonne restauration, parfait ! – 280RS pour 2) pour notre déjeuner. Après midi relax à Shanti GH que nous avons réintégré, diner sur place.
Samedi 1er août – Ville morte Grasse matinée, on prend notre temps pour cette journée à Leh. En fin de matinée nous nous décidons à faire un tour dans la ville. Très vite, tout nous semble fermé. Aucun resto, aucun magasin, aucune agence de voyage… rien. Tout est fermé. Nous filons sur Bazar Street… pas mieux. Nous nous décidons à attendre un peu pour comprendre. Finalement nous demandons autour de nous jusqu’à apprendre la raison de cette fermeture massive : 2 jours plus tôt un taxi avec 2 touristes a été attaqué par 2 cachemiris. En voulant défendre ses passagers, le chauffeur a été tué. Résultat, Leh décrète ville morte jusqu'à 14h. Et tout le monde suit… Impressionnant. Tout le monde sauf le Cho Café où nous déjeunerons. Peu, voire pas de plats dispos (ville fermée = pas de ravitaillement), qualité vraiment décevante et service extrêmement long. Une sieste plus tard, je me décide à monter en haut de Shanti Stupa (monument de prière) qui surplombe notre quartier. Evidemment, je me prends au défi de dépasser le groupe devant moi et de faire le meilleur temps pour monter toutes ces marches. 13min plus tard je me retrouve à la Stupa admirant le panorama sur Leh et ses alentours. Nous passerons ensuite notre dîner au Rice Bowl Tibetan restaurant. Très bon, mais terriblement cher (enfin pour l’Inde) vues les quantités. Nuit à Shanti GH.
Dimanche 2 août – Moine violent Lever matinal pour prendre notre jeep direction Timosgang où nous retrouverons si tout va bien Ben et Caro (ayant fini leur trek la veille). Après 3h de route sur un parcours que nous commençons à bien connaître, nous voici au point de rendez vous : le moulin à prières de Timosgang. Personne… Finalement après 10minutes, nous apercevons Ben et Caro. Tout s’était bien passé pour eux, et ils avaient finis leur trek comme prévu, non sans difficultés (altitude, orientation, carte… ). Sur le chemin du retour pour Leh, nous nous arrêtons au monastère d’Alchi, considéré comme le plus beau et plus ancien (XIe siècle) monastère du Ladakh. Dans l’enceinte, toutes les salles sont à entrée libre, sauf une… bien entendu la plus intéressante. Nous finissons par une salle regroupant des ouvrages. L’hôte nous explique en indien que ce sont des livres de prières, puis nous montre la représentation du bouddha en or. A ce moment il demande une obole. Nous feignons de ne rien entendre et nous dirigeons vers la sortie. Alors il nous redemande un don en haussant le ton. Puis constatant que nous ne donnerons rien, s’empresse de nous mettre dehors en frappant Ben à l’épaule. Enervé il fermera finalement sa salle de prière et refusera toutes entrées aux autres touristes arrivant… Retour sur Leh, diner au Garden Café, nuit au Shanti.
Lundi 3 août – crevaison Départ à 6h de la GH pour rallier l’aéroport de Leh. GDR met en garde contre les contrôles à l’aéroport et le refus de toutes piles, batteries, appareils photos… Nous prenons les devant et mettons tout dans nos sacs en soute. A l’aéroport, notre taxi n’est pas autorisé à entrer. Nous faisons les dernières centaines de mètres à pied. Puis contrôle passeport, contrôle sac, re-contrôle passeport, re-contrôle sac, contrôle, re-contrôle… c’est sans fin. Arrivée au guichet Jet Airways nous obtenons notre sésame pour Delhi. Puis re-contrôle, contrôle, re-contrôle… une queue interminable franchie, nous voici dans la salle d’embarquement. Finalement tous les petits sacs passent… avec piles, batterie, appareil photo, téléphone… (fausse alerte du GDR donc). Après quelques minutes d’attente nous constatons (après avoir enfin compris l’annonce répétée à tue-tête) qu’il faut aller sur le tarmac pour identifier nos sacs afin qu’ils soient embarqués. Ben accomplit cette tâche et nos sacs embarquent. Vol un peu en retard, tour de Delhi pour attendre un créneau pour nous poser. Récupération de nos sacs, puis retrouvailles avec notre taxi réservé pour filer à Agra… C’est parti pour 4h de route.
Agra
Nous mettons 2h à sortir de l’agglo de Delhi. Puis entamons l’autoroute locale où se côtoient rickshaws, bus bondés, vélos, voitures, chevaux, tracteurs, ânes… Puis soudain notre chauffeur s’arrête et se range en partie (2 roues) sur le bas côté. Nous avons crevé ! Il faut alors changer la roue au milieu de tous ces "véhicules" déboulant klaxonnant. Reprise du trajet, pause déjeuner dans un resto autoroutier hors de prix, 3h de route plus tard nous voici à Agra, dans notre GH : Tourist Rest House (GDR279). Fin d’après midi tranquille, dîné au restaurant Zorba the Bouddha (GDR283), nuit à notre GH.
Mardi 4 août – Le Taj puis le train Lever à l’aube, à 5h pour voir le Taj Mahal sous les 1ères lueurs. Arrivée à l’entrée du Taj Mahal 6h30. Et … la magie du lieu opère. Le Taj Mahal se cache derrière ses remparts, tel une œuvre inaccessible. Puis au détour d’une porte grandiose, il se dévoile. On nous en avait parlé, on nous avait tout dit, tout expliqué, on avait peur d’être déçus tant nous attendions ce moment…. Et finalement l’émotion est bien présente. La nouvelle merveille du monde est un immanquable. Une merveille de marbre blanc brillant sous le soleil levant. A notre arrivée, le ciel était grisâtre et le soleil absent ; puis vers 9h, celui-ci pointe le bout de son nez et le ciel vire au bleu. Photos, balade, photos, observations, photos… Un grand moment ! Les 750RS/pers. payés sont vite oubliés ! Après ce moment fort, nous prenons notre petit déjeuner au recommandé Jooney’s proche de la South Gate (GDR284). Adresse parfaite, étroite mais de très bonne qualité et à prix imbattable. Direction ensuite le Red Fort (300RS, 250RS si billet du Taj présenté), en rickshaw (30RS pour 4). Le lieu symbolise toute la puissance du maharaja de l’époque. La visite est un peu difficile tant il y a de salles et peu d’explication. Nous faisons le minimum avec le GDR et LP. Plus tard nous entreprenons de marcher jusqu’à Jamaa Masjid. Finalement le soleil (certainement plus de 35°c), l’humidité et la distance nous dissuadent et nous demandons à un rickshaw de nous ramener à la GH en faisant un crochet par la mosquée. Nous récupérons nos sacs et filons à la Agra Ref Fort Railways station pour y prendre notre 1er train en Inde, direction Jaipur. La découverte (même si attendue) est cocasse. Le train annonce 30min de retard (peu). A son arrivée nous voyons les voyageurs de 2nd class se battre pour monter alors que personne n’est encore descendu du train. C’est la cohue. De notre coté, nous avons nos places réservées en 3AC. 20min plus tard le train redémarre. Le train express mettra 4h30 pour parcourir les 250km séparant Agra de Jaipur ! (classique). A l���intérieur c’est un vrai folklore bien que nous soyons dans la 3ème classe (sur 5 existantes : second class, sleeper, 3AC, 2AC, 1AC - voir tout en bas pour plus d'info). Les mères de famille sortent les repas pour leurs enfants qui jouent en criant dans le train. Les téléphones portables sonnent (très fort), la musique (issue des mêmes téléphones) est partout, à toute heure… Expérience très intéressante. Arrivée à Jaipur, un rickshaw nous attend et nous emmène au Sunder Palace, une très bonne adresse (hôtel tout neuf, chambres dbl grandes et climatisées, petit coin salon et le fin du fin : une vraie salle de bains agréable et propre - 900RS- GDR466)
Mercredi 5 août – meute enfantine Lever tranquille, départ à 9h pour visiter Jaipur. Il fait déjà très très chaud (environ 35°C) et humide. A peine levés nous recommençons à suer ! Nous visitons le Bazar, les rues de la citadelle, Jantar Mantar (un site d’étude astonomique très intéressant) et le City Palace (visite avec audio guide de très bonne qualité). Nous passons devant Hawa Mahal (palais des vents – façade mettant en avant les conditions des femmes des harem à l’époque) puis nous nous offrons un déjeuner dans un resto "chic", le LMB (GDR473). Adresse un peu plus chère que la moyenne. Prestation excellente. Nous retournons passer la fin d’après midi au Sunder Palace. Sur le chemin nous croisons un groupe de jeunes enfants qui commence à coller Ruth et Caro, qui finalement passent devant Ben et moi. Les gamins pas impressionnés pour un sou continuent de nous suivre, collant, hurlant, demandant roupies et essayant de nous agripper les mains. Nous tentons de leur faire peur. En vain, ce sera finalement un indien qui en 2 mots les stoppera. Dîner juste à coté au Peacock restaurant, sur la terrasse du Pearl Palace (GDR471- cadre très sympa, attente un peu longue, nourriture très bonne – goûter le kabab (= kebab) ou les Tali). Nuit au Sunder Palace.
Jeudi 6 août – les animaux nous le rendent bien Nous louons un rickshaw pour la journée afin de visiter les alentours de Jaipur (500RS) Nous commençons par visiter le mont aux singes (peuplés de singe… mais aussi de vaches, chèvres, cochons, poules, chiens… dans une parfaite symbiose) et à son sommet le temple du soleil (ou Monkey Temple) où nous avons le droit à un accueil fleuri et un point jaune sur le front (contre une petite obole). De là, nous profitons d’une vue splendide sur Jaipur, la ville rose. Nous continuons ensuite par Ambert Fort, un fort splendide, tout jaune. Nous y mangerons, dans une cafétéria tout à fait « touristique » et très chère. Direction ensuite Jaigart Fort qui domine Ambert (30min d’ascension en plein soleil). De là-haut en visitant nous tombons sur de superbes points de vue. Nous finissons par la visite du canon (le plus grand d’Inde). A notre retour vers l’entrée du fort, nous tombons sur un petit singe et sa mère (les mêmes qu’à l’aller), cependant celui-ci est décidé à nous impressionner en poussant ses cris très aigus et se montrant menaçant en avance gueule ouverte, dents sorties… Ben passe… nous autres non… du coup nous rebroussons chemin pour passer par l’autre coté. Finalement nous voyons au loin les gens passer sans peur (en avançant c’est finalement le singe qui recule) et nous retrouvons de notre coté à passer au milieu du réel habitat de tous les singes… nous accélérons le pas par crainte. Finalement rien à signaler. Il fait très chaud, nous boirons 13L d’eau à 4 sur la journée. Nous continuons ensuite notre périple en passant peu loin du Water Palace, palais sur le lac proche de Jaipur. Le chauffeur tente ensuite de nous emmener dans une usine d’artisanat. Nous refusons, il insiste prétextant qu’il est pauvre et que même si nous n’achetons rien et passons seulement 5min, il touchera sa commission. Refus toujours catégorique, nous demandons à rentrer à l’hôtel. Le retour s’effectue par les petites rues nord de Jaipur où la vie animalière bat son plein. Je me prends au jeu de démarrer un petit film sur la conduite en inde et les paysages urbains : http://www.youtube.com/watch?v=pc-P42a1h0I Passage par l’hôtel, récupération des sacs, gare, trajet Jaipur – Jodhpur par train express (4h pour 250km) où nous nous restaurons à base de chips Lays locale (goût masala… qui arrache sévère). Train que nous partagerons également avec de charmantes souris gambadant au milieu de nos sacs… Nous passons la nuit au Saji Sanwri GH (GDR568 - attention les prix ont augmenté depuis 2 ans – comptez 950 la ch. dble, eau froide, fan) qui refuse de payer les commissions au rickshaw (qui du coup ne veulent pas emmener les touristes…). L’accueil par la maîtresse de maison est … usante. Elle est adorable mais veut s’occuper de tout.
Vendredi 7 août – et soudain il surgit P’ti déj à la GH puis départ pour la ville pour y découvrir le Bazar, la Clock Tower, la vieille ville. Puis nous marchons jusqu’à la gare pour voir s’il existe des trains pour Udaipur (GDR et LP disent que non, à raison, mais précisent à juste titre que la situation évolue très vite et que régulièrement de nouvelle lignes sont ouvertes). En vain. Direction ensuite la gare routière. On nous propose des bus publics, de nuit, sans clim’. Nous refusons. Nous retournons vers la vieille ville, mangeons au Mac Do pour y découvrir le remplaçant du Big Mac (et oui pas de viande bovine… du coup ils ont un Mac Maharaja avec steak de poulet). Nous visitons un temple hindouiste et nous arrêtons dans les agences de voyages pour étudier les possibilités d’aller à Udaipur. Voiture privée… trop cher. Bus privé possible. Après relecture des GDR et LP qui déconseillent fortement les trajets nocturnes, nous optons pour un bus qui partira le lendemain à 14h15. Nous filons ensuite au fort. L’arrivée est impressionnante. Le fort est posé sur la colline. Dominant les environs. Nous entamons la visite avec audio guide (toujours très intéressant et bien fait). L’architecture et le travail de la pierre sont parfaits. De loin notre plus beau fort au Rajasthan. Nous marchons ensuite vers un cénotaphe, considéré comme le mini Taj (sans commune mesure en fait) où nous nous reposons dans l’herbe avant de le visiter. Retour au Bazar où nous passons quelques minutes à observer le pro de l’omelette dans son Omelet shop (LP) qui prépare plus de 1000 œufs par jours à manger dans la rue. Puis nous filons boire un lassi au safran au Shri Mishrilal Hotel (GDR574). Fameux. En sortant, un mec surgit, nous fait face, grimaçant, peinturluré en blanc. Assez drôle quoique limite effrayant. Il se retourne et arbore fièrement une grande plume, coincé dans son pantalon (pour ne pas dire son cul). Déroutant ! Repas et nuit à la GH.
Samedi 8 août – procession hindoue Nous consacrons notre matinée à visiter le palais du maharaja. Beau d’extérieur. Pas fameux à l’intérieur même si une collection d’objets divers rehausse le tout. Nous déjeuner au On the Rocks restaurant (GDR574 - pas de service avant 12h30. Resto moyen, un peu cher). Passage à l’hôtel, sac à dos, rickshaw, bus. (7h30 de trajet pour faire moins de 220km). En quittant Jodhpur, on se dit que la ville est très intéressante mais de loin la plus chère de toutes (resto, rickshaw, hôtel….). Tout au long du trajet nous croisons des dizaines, centaines, (milliers ?) de personnes formant une procession vers le nord ouest. Intrigués nous interrogeons notre indien de voisin qui nous explique que tout ces gens partent pour plus d’un mois, marchent vers la ville de Ramdevra où se déroule chaque année une fête hindoue (la ville est à 300km de là où nous sommes !). Le rendu de cette procession et la ferveur des gens que nous croisons sont invraisemblables. Arrivés à Udaipur, nous rallions Nukkad GH (GDR530 – très bonne adresse – 400RS ch. Dble, eau chaude). Le climat est plus frais et sec. Nous revivons après 5 jours passés sous 35°c et une forte humidité.
Dimanche 9 août – ils attaquent Matinée tranquille, p’ti déj, prise d’infos, réservation de train pour Bundi pour Ben et Caro (alors que GDR et LP ne parlent que de bus), change d’argent… tout ça à Nukkad. Puis, puisqu’à l’origine nous avions prévu de passer une seule nuit à Udaipur et la dernière à 4, nous avions réservé un palace local, vivement conseillé par le GDR où nous transférons nos affaires. Direction le Rang Niwas Palace (avec piscine !). (GDR532). Déjeuner ensuite au Lotus Café (adresse de qualité correcte avec des prix imbattables). L’après midi sera consacrée à la visite d’Udaipur. D’abord le temple Jaidish, puis le City palace (à vrai dire à force ça se ressemble et on commence à saturer). Ensuite la clock tower (sans intérêt). Enfin retour à l’hôtel, piscine pour moi, sieste. Dîner à 2 pas, au Shandi Vilas (LP – encore un roof top restaurant comme ils en raffolent). A peine assis nous nous faisons attaquer par une nuée de moustique.s Jusqu’à présent nous avions été tranquilles, mais là le climat plus frais (quoique 25° minimum) et l’humidité les attirent. Du coup (à tord ou à raison) on se dit qu’enfin notre traitement antipaludéen est justifié. Nuit au Rang Niwas Palace (Palace donc, mais pas à plus de 900RS, et finalement palace plutôt vieillissant mais agréable).
Lundi 10 août – prendre le même train et ne s’en rendre compte que sur le quai C’est notre dernière journée à quatre. On est un peu fatigués, et finalement les villes du Rajasthan, bien que pleine d’intérêt et incarnant parfaitement les contes des mille et une nuits, deviennent assez répétitives. Du coup balade tranquille, visite des lavandières où nous apercevons les femmes se laver et laver le linge de la famille. Puis achat de cartes postales (10RS, 12RS pour un timbre vers la France) et de souvenirs. Découverte du lac, berge sud du city palace… Déjeuner au Maxim’s (encore un roof top !) puis détente dans notre Palace de la veille. Enfin nous partons pour prendre nos trains respectifs pour Delhi et Bundi. Arrivés à la gare, notre train de 18h pour Delhi n’est pas annoncé… Normal puisqu’il s’agit en réalité du train de 18h30, le même que celui de Bundi ! Surprise, nous nous quittons donc sur les quais bien que voyageant dans le même train (Nous en 3AC, Ben et Caro en sleeper). Avant de monter dans le train, nous achetons de quoi manger pour notre nuit de 12h… Finalement après quelques chips, nous nous couchons et dormons pas trop mal de 22h à 6h du matin
Delhi
Mardi 11 août – nuit agitée Dernière journée en Inde… depuis la gare ferroviaire, nous prenons un taxi pour nous rendre sur Main Bazar (80RS) où se situe notre dernier hôtel du voyage : le Cottage Crown Plazza(GDR242 – hôtel tout neuf, bon rapport qualité/prix). Après une douche et avoir enfilé des vêtements propres, nous partons pour Karol Bagh, un quartier où nous voulons acheter des épices… hélas, tout est fermé… sauf une petit superette où nous trouvons notre bonheur. Nous testons ensuite le métro de Delhi pour nous rendre au Fort Rouge. Métro flambant neuf (réseau en plein agrandissement – l’aéroport sera bientôt connecté au centre ville) ; mais bondé comme Paris aux heures de pointe… alors qu’il est 11h du matin. 1er échec de la journée : le Fort Rouge fermé toute la semaine précédent la fête nationale du 15 août ! Alors nous prenons un rickshaw pour nous rendre à Humayun’s Tomb, tout cela sous la chaleur et l’humidité retrouvées… Nous visitons le mausolée qui est magnifique. On dit qu’il a inspiré l’architecte du Taj Mahal. C’est vrai qu’il y a une réelle ressemblance ; en plus rouge et en plus petit tout de même. Et notons une autre différence importante : celui-ci a été construit par une femme, pour son mari ; tandis que le Taj Mahal a été construit par un mari pour son épouse, morte en couche pendant l’accouchement du 14e enfant (légende ou réalité, nous ne le saurons jamais). Nous tentons ensuite de manger de la quartier musulman qui jouxte le mausolée, mais retournons finalement sur Main Bazar pour manger au Guerest Kitchen (les Momo était cette fois très décevant). Puis, nous nous faisons surprendre par un nouveau déluge de pluie. Décidemment Delhi… heureusement sans commune durée avec celui vécu à notre arrivée. Du coup retour à l’hôtel, sieste, puis dîner au Malhotra Dosa Palace (à coté du Malhotra Restaurant) (GDR251). Et dernière nuit en Inde… nuit finalement agitée puisque nous aurons le droit à l’alarme incendie (pour autant, personne ne sortira de sa chambre) puis au démarrage d’un groupe électrogène extrêmement bruyant juste à coté de notre chambre.
Mercredi 12 août – no tax Réveil matinal, départ pour l’aéroport, enregistrement… où on apprend qu’il n’y a pas de taxe à payer pour quitter le pays via l’aéroport de Delhi (la taxe est comprise dans le prix du billet ; alors que les rumeurs nous avaient conduit à réserver 2.800 roupies pour cette taxe). Du coup l’argent budgétée est échangée avant la douane (un panneau précise que l’on ne peut plus ensuite). Puis p’ti déj en salle d’attente (où nous constatons qu’il est possible d’échanger des roupies après la douane !), attente et embarquement en temps et en heure. Jusque là, tout est parfait. Puis, problème technique, l’avion repart au parking pour vérification. Une heure plus tard, tout est ok, nous allons pouvoir décoller. Finalement non, l’espace aérien de Delhi est fermé pour 1h30 à cause des répétitions pour la fête nationale (encore elle !). Du coup après 4h dans l’avion cloué au sol, nous décollons. Vol sans encombre, repas ok, personnel navigant en cabine peu aimable, arrivée à Paris un peu mouvementée avec une approche avant atterrissage quelque peu rock’n’roll. Contrôle passeport, récupération des bagages, RER… fin du voyage !
Que ce fût bon !
Argent Finalement on aura pas mal galéré pour retirer de l’argent. Visa et Mastercard étant rejetées, distributeur non alimenté, … Bref la prochaine fois nous prendrons plus d’euros pour faire du change sur place.
Visa Tout est là : http://www.vfs-in-fr.com/ Au global : 64€/pers. Dépôt du dossier : je suis arrivé à 9h et ai attendu 1h (collez les photos sur les dossiers, vous gagnerez du temps !) Retrait du dossier : je suis arrivé à 13h30 et ai attendu 30 min Assez rapide, efficace.
Prix moyen des repas et chambres Nous avons voyager à 4, sans réserver depuis la France nos hôtels sauf le Cozy Inn pour la première nuit. Globalement nous avons dormi dans les hôtels 1er prix (pas non plus les moins chers). Bilan : chambre double à environ 500RS la nuitée. Pas toujours d’eau chaude, souvent un peu sale mais dans l’ensemble correctes. Seul Jodhpur nous a semblé plus cher (950RS la chambre équivalente) Pour les repas, globalement, en évitant les attrapes touristes (autoroute, chaînes de resto…) nous avons mangé pour 400 à 600RS à 4 (plat + boisson)
Train et classe Pas simple sur le papier et finalement si simple sur le terrain. Les trains sont numérotés et leur départ et destination indiqués sur les wagons. Seule difficulté ils n’annoncent pas les arrêts… du coup il faut discuter avec ses voisins indiens qui vous préviennent sans problème (même si entre eux ils ne sont pas toujours d’accord sur les lieux où nous sommes arrêtés)
Pour les classes, il en existe 5. Second class => pas de réservation, les indiens se battent pour y monter et s’y entassent. Sleeper => des cabines non fermées de 6 couchages + 2 dans le couloir. La nuit tout cela devient des lits superposés. 3AC ou 3A => comme Sleeper mais climatisée. On y dort assez bien, il y fait frais, pour ne pas dire froid ! Pour info, Udaipur – Delhi, 12h de train, en 3AC = 850RS 2AC ou 2A => cabine climatisée non fermée de 4 personnes 1AC ou 1A => cabine climatisée fermée de 4 personnes
http://www.indianrail.gov.in/inet_metro_trns.html => indispensable. Tous les trains, les horaires, les prix !
Trek au Ladakh Cartes utilisées : cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar. Carte Nord pour le Sham Trek. (carte Centre pour les monastères au sud de Leh).
Le Sham Trek est largement faisable sans guide même si quelques intersections et rivières viennent corser l'orientation. Attention à l'altitude. Impossible de prévoir qui sera affecté, mais on peut vraiment se sentir beaucoup moins bien. Nuit dans les villages sans souci même si parfois très spartiate. Organisation des taxis avec les agences de voyages de Leh sans le moindre souci.
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. ��a ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. ��a ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (7) Inde du Sud English translation pending
Six heures du matin. Eau glaciale. Gros rat passe entre mes pattes. 7h00, départ. La route qui descend de Udhagamandalam (Ooty est le nom anglais) pour la vallée de Coimbatore, est vertigineuse. Le brouillard se dissipe juste à temps pour m’offrir le paysage. La musique du bus, la forêt tropicale, les singes, les Indiens nonchalants. Je suis au cœur du voyage. Il n’y a pas de mot pour décrire le sourire qui se dessine sur mes lèvres à chaque virage, à chaque image. J’ai les yeux grands ouverts sur ce monde que je traverse, courant d’air presque invisible et pourtant plus présent que le bus lui-même, tellement la sensation de saisir la vie dans son moment présent m’émerveille. La vie, la vraie vie, telle qu’elle vaut d’être vécue pour moi, passe dans ce bus qui descend dangereusement dans les vallées abruptes, les forêts profondes, les villes inconnues, les imprévus et les embrouilles diverses.
Nous sommes le 23 décembre. Il fait 34 degrés la nuit sous le ventilo. L’hôtel où nous devions nous retrouver avec Daoud est complet et sans lui. La ville est affreuse. Ma famille pense à moi et moi à elle. Seuls, les moustiques m’accueillent chaleureusement. Ce sont les moustiques du Kerala, minuscules et innombrables à cause des marécages. Dans la nuit, ils s’organisent en escadrilles, tentent des percées sous les draps, violent les traités de paix, résistent aux produits que le charlatan de Mysore m’a vendu une fortune, disparaissent dans la lumière, vous dévorent jusqu’aux mains où ils se posent en kamikazes quand vous êtes debout sur le lit en train de les chasser avec vos chaussures. Nuit affreuse où j’ai perdu la bataille et abandonné mes positions. Ils m’auraient tué en me rendant fou. Yeux gonflés et anéanti, je pars chercher une autre chambre avec mon sac sur le dos dans les rues brûlantes.
De la terrasse d’un petit resto, de l’autre côté d’une rue, j’entends bourdonner mon prénom. Avec un grand sourire, devant son petit déjeuner, Daoud m’a retrouvé. « Alors comment tu vas mon Daoud ? » « Bien, il me dit, malgré une partie de la nuit passée à suffoquer sous mon duvet, sur le quai d’une gare vibrante de moustiques, et après neuf heures debout, dans un wagon de train surpeuplé. Je suis parti hier de Mangalore, une grande ville sur la côte comme celle-ci, pour arriver ici cette nuit. » Pas beaucoup de temps en solitaire mais franchement contents de nous retrouver. Surtout pour les fêtes, bien tristes à passer tout seul. Enfin, on a le sourire et on se raconte nos petites aventures ainsi que les mésaventures qui se transforment comme par magie, avec le bonheur d’en parler ensemble, en heureux souvenirs. Daoud a trouvé un hôtel modeste et m’invite à demeurer près de lui. Ce sera une nuit de Noël où nous serons perdus tous les deux au milieu du monde. Épuisés et maigres, tôt dans la soirée, nous allons nous offrir un véritable vegetable fry rice dans un bouiboui crasseux, au coin de rues aux égouts à ciel ouvert, aux énormes cafards qui traversent les trottoirs et craquent sous les pieds, avant de retrouver les inévitables moustiques pour une nuit étouffante et fiévreuse. Arrivent des amis venus de France
Il n’y a que huit heures d’avion, c’est vrai, et le prix du billet même s’il n’est pas dérisoire permet de venir en Inde… Une semaine. L’organisation devra être précise si les loulous veulent repartir en heure et en temps. Attention aux aléas. Et d’aléas, en voici un de taille : il s’agit du tsunami. En vélo sur les chemins de l’île de Cochin, nous voulons rejoindre la plage. Pour cela il nous faut traverser un bras de mer en bateau et nous rendre sur l’île Vypeen. Sur le quai, les Indiens ne comprennent pas : depuis un moment, le courant emmène les bateaux s’écraser sur le bord… Mais les Indiens, comme à leur habitude, s’expriment d’une façon si nonchalante qu’il n’y pas raison de s’inquiéter. On ne peut pas passer ici alors on passera ailleurs. Il suffit de prendre un bus et de faire le tour par les ponts, entre le cœur de la ville et les différentes îles. Une heure après, notre bus s’élance enfin en direction de la plage. C’est déjà la fin d’après-midi et nous perdons encore du temps : un barrage de police empêche de continuer. Les sirènes rugissent, les ambulances déambulent. Impossible de passer le barrage. Un raz de marée a tout emporté. Nous étions donc sur les routes pendant la catastrophe. Nous n’avons rien vu et rien senti mais avons la chance de ne pas nous être trouvés sur la plage, même si, à l’ouest de l’Inde où nous étions, le tsunami n’a pas fait beaucoup de ravages. C’est seulement plusieurs jours plus tard, alors que nos familles s’inquiètent, que nous recevrons d’innombrables messages sur Internet et que nous apprendrons l’étendue de la catastrophe… Car, tôt le lendemain, nous partons dans l’arrière-pays, celui des cultures de thé et des réserves d’éléphants. Dernière ville à l’est du Karnataka dans les montagnes, Munnar n’entendra pas parler du tsunami avant une semaine. Pendant ce temps, nos deux petits touristes français s’adaptent à leur nouvel environnement. À la descente de l’avion, monter dans un rickshaw, les taxis mobylettes, à fond sur les routes surpeuplées, les a tout de suite mis dans l’ambiance. Ensuite un tsunami puis aujourd’hui les montagnes. L’environnement est plus calme mais quand ils ne se font pas agresser par des singes, ils descendent inconscients vers une maman éléphant avec ses petits en pleine nature sauvage. La maman commence à gronder dangereusement et eux continuent de s’approcher pour la photo. Les Indiens généralement indifférents s’agitent et crient pour que les blancs-becs déguerpissent avant de mourir écrasés dans une furie. On n’est pas au zoo. Pour se promener dans les cultures de thé, à travers les chemins de montagne et de jungle, le mieux est de louer des motos. Avec elles, on s’égare au hasard et on rencontre sur nos chemins des femmes, au dos voûté sous des sacs de jute remplis de feuilles de thé, des bouibouis crasseux sans eau courante et électricité où nous prenons nos repas, des lacs idylliques perdus dans des forêts de santals. Fin d’après-midi, le brouillard monte et s’épaissit, il est temps de rentrer car les nuits sont froides. Et puis ce soir, dans notre chambre d’hôtel, nous recevons des amies françaises que nous venons de retrouver après les avoir rencontrées dans la région d’Hampi, deux jours avant que Daoud ne tombe malade. Donc ce soir, c’est soirée avec blagues, musique et apéro à la française... Enfin, la semaine de vacances passe rapidement et nous sommes le jour de la saint Sylvestre. À 16 heures, je frappe à la chambre N°119 de l’hôtel Pathans à Trissur. Nous sommes arrivés dans une Ambassadeur, une vieille voiture de luxe, louée avec chauffeur. La classe non ? Bonjour Meriem… Champagne ! Torses nus sur la terrasse de notre grande chambre d’hôtel qui surplombe la place principale de la ville, nous fêtons dignement la nouvelle année… et les retrouvailles. À sept heures le matin, nos loulous doivent repartir pour la France. La tête qu’ils devaient avoir… Mais aussi les souvenirs de cette petite semaine en Inde leur resteront à jamais gravés. Lundi matin, ils se retrouveront au travail et, devant leur tasse de café, repartiront encore pour des randonnées en moto dans la jungle. Quelques jours pour oublier... N’a-t-on pas déjà entendu ça quelque part ?
Parabikulam. 5h du matin
Mes yeux s’ouvrent. Je sens de douces caresses sur ma nuque. Je me serre contre son corps et blottis ma tête entre ses seins. Nos mains légères sous la couette encore chaude effleurent la peau. Le jour n’est pas levé. Gaspard frappe à la porte. Arriver ici n’a pas été une mince affaire. Aucune route du Kerala n’y mène. Devions aller dans une ville du Tamil Nadu pour changer de bus encore deux fois et être déposés à un carrefour entre deux pistes où une fois par jour, on peut monter au village par derrière les monts Cardamones, dans la fabuleuse réserve naturelle de plusieurs milliers d’hectares de Parabikulam, étendue entre trois immenses lacs dans les montagnes recouvertes de forêts épaisses. Sans compter sur les barrages des gardes frontières et forestiers, trois en tout, qui nous obligent à payer, à signer des papiers et à passer une nuit avec un garde armé, censé nous protéger... 5h30, les affaires de trekking gavées de morpions sur le dos, nous sortons prendre le thé. Les Indiens se lèvent également dans le petit village aux ruelles de terre battue et aux cabanes en terre cuite recouvertes de branches et de feuilles. Comme chaque matin, la musique du temple inonde le village et la forêt alentour puis les femmes nettoient à grande eau devant leur porte avant de réaliser le taman : œuvre mystique de poudre de craie qui les protégera du mauvais sort pour la journée. Une fois le soleil levé, les vaches, cochons et chèvres traînent, étendus à l’ombre, ici ou là. Au centre du village, sur une place où se termine la route, deux trois échoppes vendent des allumettes et du thé. En contrebas, un lac se cache dans les hautes herbes et s’étend sur plusieurs kilomètres de jungle impénétrable entre les montagnes. Dans la nuit, les bruits de la nature sont authentiques tout comme les insectes. Trois gardes en 4 x 4 se promènent toute la journée avec leur fusil et partagent notre maisonnette durant la nuit. Aucun touriste ne s’aventure jusqu’ici. Six heures, nous partons sur les talons de Gaspard. Son vrai nom tamul est Basquar, le guide improvisé du village devenu très vite notre ami. Il essaiera de tromper l’administration pour passer outre les permissions et les comptes rendus des heures durant lesquelles nous sommes autorisés à nous promener dans la jungle avec lui. La marche est rapide. Nous avons peine à le suivre. À notre droite, s’ouvre la première clairière dans la brume. Les arbres s’élancent dans le ciel et atteignent des hauteurs impressionnantes. Leurs feuilles sont grandes comme mes deux mains, chaque racine large comme un tronc. Des animaux invisibles, surpris, disparaissent dans les profondeurs de la végétation. Monter, descendre à vive allure réchauffe. Sept kilomètres plus tard, alors que le soleil pointe à la cime des arbres les plus hauts et sur les montagnes, nous débouchons au-dessus d’une immense prairie au milieu de la forêt. Dans les hautes herbes ruisselantes, les fientes d’éléphants et de buffles fument encore. Un troupeau de bisons apparaît de l’autre côté à la lisière de la forêt. 7h30, fin de permission. Nous devons déjà repartir. Légèrement frustrés d’avoir tant marché pour si peu de temps, nous prenons le chemin du retour que je me promets de ne pas oublier pour revenir ici un autre matin, encore plus tôt. Un groupe de buffles noirs, que nous surprenons, s’enfuit en arrachant tout sur son passage dans un fracas terrible. Gaspard récapitule l’ensemble de nos découvertes. Arbres, fleurs, feuilles, fruits, herbes et graines dont ils se servent dans leur vie quotidienne. Crocodiles, iguanes, bisons, buffles, éléphants, singes, scorpions, cerfs et daims que nous avons eu la chance d’apercevoir en quelques jours. De retour au village, Gaspard nous emmène à l’école pour nous présenter les professeurs et assister à la répétition d’un spectacle dans lequel joue sa petite fille. Dans la salle de cours, trente paires d’yeux loin d’être intimidées par notre présence, sont regroupées devant nous. Pieds nus, en chemise et en cravate, les enfants s’élancent dans la danse avec fierté. Une chorégraphie digne des films bollywoodiens, dans une musique disco des années 80, version indienne… Quel sourire ont les enfants indiens ! Quelle leçon de simplicité et de modestie, nous prenons dans ce village ! Humbles, ceux qui vivent ici sont rarement descendus à la ville. Une télévision, pour tout le village, leur permet de regarder les étrangetés d’un monde qu’ils ne connaissent pas. Ceux qui les imaginent « arriérés » se trompent. Ils savent autant de choses que nous et même davantage. Ceux qui les imaginent malheureux se trompent aussi. Il n’y a qu’à voir leur bouille et leur sourire de tous les jours. Quelques jeunes ont la curiosité de partir pour les études ou un travail à la ville. Souvent, ils ne reviennent pas, happés par les turbulences du monde. Pourtant, le village est un havre de paix qui sort de l’anarchie de la civilisation. Les choses évoluent plus doucement. D’autres n’ont pas besoin de changer. Un travail tranquille au rythme des saisons. Sachant exactement de quoi sont faites leurs terres et leurs forêts pour les utiliser sans les détruire. Tout ce qui est nécessaire pour vivre existe ici et même l’électricité fournie par les barrages. Une oasis où je serais bien resté plus longtemps. Mais pour nous, demeurer dans une réserve a un tarif et nous devrons bientôt nous jeter de nouveau dans le monde réel. Le dernier matin, je décolle à 5 h et m’enfonce seul dans la forêt et la nuit encore noire. Je ne risque pas de me perdre si j’ai bien enregistré les sept kilomètres qui mènent à la clairière magnifique et digne des grands reportages animaliers. Arbres et animaux dorment encore. Les feuilles sèches se froissent bruyamment sous mes pieds et troublent un silence parfait. Quelque deux cents tigres se baladent dans la réserve. Inconscience, folie sans doute, mais irrésistible. Les animaux de toutes sortes ont peur des hommes. Moi aussi car ils sont plus cruels. Loin de faire le malin cependant, j’ai tendance à me retourner souvent. La cadence qui m’emporte est plus soutenue encore qu’avec le guide. Sortant du sous bois dans une légère éclaircie, deux gros buffles noirs lèvent la tête vers moi. Je m’arrête net et recule doucement sans me retourner. Mais ces gros herbivores continuent leur chemin sans s’affoler. J’attends un peu avant de repartir que mon cœur s’apaise. Il me faut arriver avant le lever du jour à la lisière de cette immense clairière. Le soleil n’est pas encore levé mais il fait jour quand j’y arrive. En y allant seul et plus tôt, j’avais plus de chance de voir d’innombrables animaux et ce fut le cas. Me suis calé sur un tronc et suis resté plus de deux heures devant ce spectacle animalier à la taille réelle. Tout en rentrant tranquillement vers le village, j’imprimais dans ma mémoire les images que j’avais eues sous les yeux. Un bruit de moteur me fit me cacher et le 4 x 4 des gardes armés passa en trombe devant moi… Il y a peu de temps, j’ai compris, grâce à un article de presse international, pourquoi quelque chose nous échappait là-bas. L’article dénonce la culture en masse du cannabis dans cette région. Entre les montagnes, la jungle et les parcs nationaux protégés, des zones immenses ont été défrichées pour cette culture. Ce ne sont pas des villageois mais bien des hommes armés et spécialisés qui s’en occupent. Chargées dans des camions puis acheminées jusqu’aux ports du Karnataka dans des paquebots, des dizaines de milliers de tonnes de cannabis sont produites ici tous les ans et vendues en Europe. Ce commerce est protégé par des personnes haut placées puisque le gouvernement et la communauté internationale, hostiles à cette production, ne font rien. Perso, je ne pouvais pas imaginer une telle mafia lors de mon séjour et je n’ai rien vu, rien entendu, alors que nous avons pas mal tourné autour…
Tamil Nadu
Redescendre dans la civilisation et reprendre la route. Bus après bus, ville après ville. Quelle est notre destination ? Pourquoi pas au hasard d’un village ? Les voyageurs peu attentifs que nous sommes ont des difficultés à reconnaître les changements entre chaque étape. Après tout, une ville indienne en vaut une autre. Les traits que nous reconnaissons sont grossiers. Nous ne sommes même pas capables de différencier les langues qui sont pourtant, partout, différentes. C’est le moment de se poser quelque part tranquillement et d’y rester un peu plus longtemps pour découvrir, au rythme voulu, les petites choses qui font la richesse d’une région. Ne vaut-il pas mieux, en effet, se concentrer sur une partie plus petite plutôt que de survoler les régions comme nous le faisons ? Malheureusement, nous ne trouverons pas ce village où nous arrêter. Nous ne nous attacherons pas à une infime partie de la population qui nous ferait pourtant découvrir véritablement des traits de l’Inde tout entière. Nous continuerons d’être emportés par les flots de ce monde si mouvementé et dense, sans nous en approprier la richesse. La réalité imprègne l’esprit de sensations irremplaçables mais une série de documentaires sur ARTE nous en apprendrait davantage d’un point de vue culturel.
À Coimbatore, ville de deux millions d’habitants, nous sommes agressés par le bruit, la densité de la population et la pollution. Nous serions ravis de retourner dans la montagne mais, dans un quartier proche, une fête religieuse a lieu. Nous avons la chance en tant qu’étrangers, rares à s’égarer par ici à cause du manque d’intérêt touristique, d’être les invités d’honneur. Des centaines de femmes, entourées de musiciens, attendent leur tour pour donner leurs offrandes en échange d’une bénédiction qui consiste à saisir entre ses paumes un peu de chaleur et de fumée d’une bougie tenue par un brahmane. La foi est profonde, la musique lancinante, le temple improvisé de lumières et de couleurs, les offrandes de fleurs et de noix de coco s’entassent devant une représentation barbouillée de Visnou. Dans la rue, une purée de riz écrasé et sucré à la cannelle est distribuée gratuitement ainsi que d’autres mets dont je ne saurais dire la substance. Bientôt, les membres d’une famille nous introduisent chez eux pour nous offrir de nouvelles spécialités et boissons. Nous échangeons alors courtoisies et sourires avec les différentes générations. Sur nos genoux, se glisse le dernier-né. Il est déguisé en fille, comme la plupart des petits garçons en bas âge. Cela permettrait de tromper le mauvais œil. Les filles sont tellement peu de chose en ce bas monde. Pourtant si belles et si gracieuses, à ricaner bêtement entre elles en nous mangeant des yeux… Vite, partons avant de nous retrouver la corde au cou.
De retour à Ooty
Je propose à Daoud et Meriem de remonter sur les hauteurs pour trouver un peu de fraîcheur et de tranquillité. La petite station climatique d’Ooty m’a bien plu et une journée passée entre ses murs et ses montagnes est bien trop vite passée. L’hôtel retiré et discret où j’ai passé la nuit n’a pas bougé. L’endroit leur plait. Le lendemain, nous louons des motos pour commencer les balades aux alentours. Foulard noué sur la tête en guise de casque, nous serpentons les routes lacées, entre les lacs, les cascades, les forêts et les paysages gigantesques qui servent de décors aux films de Bollywood et aux photos de jeunes mariés. Vrai que la région n’a rien à envier aux images des films que nous connaissons dans nos pays et qu’elle renferme nombre de sites exceptionnels encore inconnus de nos projecteurs. Le parc botanique possède quant à lui de magnifiques spécimens dont un tronc de plusieurs milliers d’années. D’ailleurs, la balade montre une diversité botanique importante, sans que je n’en retienne malheureusement un seul nom. À pieds, sur le flanc d’une colline, en périphérie de la ville, nous traversons le taudis d’une tribu originaire de ces montagnes. Anciens bûcherons, éleveurs et chasseurs, les pauvres gens n’ont pas les moyens de bien se loger aujourd’hui dans la ville qui est venue se construire chez eux. Sur les pentes ruisselantes, des enfants déguenillés et morveux glissent sur des sacs en plastiques tirés par de gros chiens aux longs poils vermeils couleurs de la terre. Une semaine est passée de nouveau et il nous faut partir. Ce pays est immense et magnifique. Il n’y a qu’à voir notre itinéraire sur la carte depuis deux mois que nous sommes là. Ridicule ! Et pourtant nous avons déjà vu tant de choses différentes : Bombay, les plages de Goa, les sites historiques des civilisations disparues, les mystères de Mysore, les îles de Cochin, les cultures de thé du Karnataka et les forêts tropicales des parcs nationaux. De nouvelles journées de bus, interminables, serrés sur des sièges en bois, entre les villes poussiéreuses du sud de l’Inde, nous attendent encore. Hoggennakkal
La route devient piste et s’enfonce dans les collines arides à la végétation épineuse, avant de descendre dans une vallée verdoyante écartée des axes routiers. Inconnues des occidentaux, les chutes d’Hoggennakkal sont surtout fréquentées par les citadins de Bangalore qui viennent ici en week-end se détendre. La rivière se partage en mille ruisseaux scintillants dans la végétation luxuriante, se repose dans des piscines naturelles de sable et de pierres polies où sont pratiqués des massages corporels, avant de se jeter littéralement en cascades dans une gorge profonde et de se retirer au loin à travers les champs de coquelicots. Nous aussi, trouvons une piscine privée, rien que pour nous, avec deux arrivées en cascades dans l’eau claire et le fond sableux, d’où nous pouvons plonger. Une journée bien agréable. Plus loin les enfants du village, secs comme des allumettes, gagnent un peu de monnaie en impressionnant les touristes indiens avec un saut de l’ange de plus de quinze mètres de haut. D’autres, moins téméraires, se contentent de jeter leurs filets et de vendre leurs poissons grillés, le soir venu, sur le chemin du retour. Même si on se lave et se baigne dans la rivière, le village, comme tous les villages indiens, y déverse ses poubelles. Les femmes lavent le linge sur les pierres et la mousse glisse lentement dans le courant où les enfants jouent. En remontant la rivière, la nature reprend ses droits et offre un refuge exceptionnel pour un nombre considérable d’oiseaux et d’animaux. Sur une coque en feuilles de bananier tressées, au petit matin, nous traversons les eaux et disparaissons dans la nature. Fini de payer des hôtels, on plante la tente et on joue à Robinson. Le site est fabuleux et, pendant trois jours, des oiseaux inconnus et multicolores chantent autour de nous, pendant qu’on pêche, en caleçon dans la rivière, avec un bout de fil et un bout de banane accroché à l’hameçon. Un Indien nous a donné le tuyau et ça marche. Les poissons exotiques se pêchent à la banane. Par contre, ils sont pleins d’arêtes et le soir, à la lumière du feu, le temps passe rien qu’à les extraire pour les manger. Un après-midi, à l’heure de la sieste, une bande de singes curieux et voleurs se sont approchés discrètement et, des arbres où ils se trouvaient, sont descendus nous prendre nos réserves de pain et de bananes. Bien fâchés mais impuissants il nous a fallu rejoindre la civilisation ou mourir de faim. Le vieux rêve de Robinson terminé net avec en souvenir une photo de trois jeunes maigrichons bien bronzés et fiers devant leurs brochettes de poissons grillés sur des branches de saules.
Bangalore.
Mégalopole hyper-dynamique et branchée, Bangalore rassemble universités et entreprises multinationales du secteur informatique. Dans les bazars de la ville, écrans plats et derniers camescopes numériques se négocient 15 à 20 fois moins chers que sur le marché français. Number one de l’informatique dans le monde et dans plusieurs autres secteurs de science moderne, l’Inde a fait naître une nouvelle population jeune et dynamique de classe moyenne qui représente 200 millions de personnes. Capitalistes et matérialistes, ils consomment, achètent les produits que nous utilisons, copient nos modes de vie, activent le marché du tourisme et bientôt arriveront en France pour prendre des photos de la tour Eiffel. Après les Japonais et les Chinois, viendront les Indiens. Cette évolution est peut-être le symbole de déplacements de richesses vers l’est, enfin seulement pour une maigre partie de la population. En attendant, toutes ces entreprises fleurissent à une vitesse incroyable. Alors qu’un développement anarchique et inconsidéré dans ce pays apportera une pollution catastrophique. Mais comment demander à des pays en voie de développement de limiter leur production et de respecter les lois coûteuses du respect de l’environnement alors qu’en Europe, nous commençons juste à les appliquer et qu’aux Etats-Unis, elles ne sont toujours pas d’actualité. Il n’y a déjà aucun respect de l’environnement en Inde, pas de poubelle dans les rues et les villes surpeuplées évacuent leurs déchets dans les rivières et les océans. Espérons qu’ils ne se jetteront pas dans une consommation abusive, comme la nôtre, et ne reproduiront pas les erreurs que nous avons faites, en développant, en plus, le nucléaire ! Dans le train
Les bus en Inde sont pratiques pour relier les villes entre elles, quand elles ne sont pas trop éloignées. En effet, à toute heure du jour et de la nuit, vous pouvez sauter dans les bus locaux qui ne coûtent rien, à la dernière seconde, quitte à monter sur les genoux des gens. Ou bien, ce sont les gens qui monteront sur vos genoux…dans les chemins tortueux, avec des arrêts à tous les villages sans pour autant que le bus ne désemplisse. Comptez trois heures pour faire 100 km. Pour faire 2.700 km, et ainsi remonter au nord du pays, nous ne prendrons pas le bus. L’express Bangalore Delhi ne met que 38 heures. Deux jours et une nuit pour nous retrouver dans la capitale. Un grand changement mais le temps passe, fin janvier, les deux tiers de notre temps en Inde sont écoulés alors nous voulons tenter de prolonger notre visa à Delhi, chose que nous n’avons pas pu faire en province. Plusieurs kilomètres de long, avec des milliers de personnes, la bête glisse hors de la ville et disparaît dans les plaines desséchées du centre de l’Inde. Il n’y a plus qu’à regarder le spectacle : En ville et à la campagne, c’est une tradition de venir faire sa grosse commission le long de la voie entre amis au petit matin et ce sont des rangées de fesses qui nous regardent, sans gêne. Un peu d’eau avec un carré de savon puis on reculotte le tout avant de faire coucou au train... Les vendeurs de thé passent dans l’allée toute la journée en criant d’une voix tout à fait ordinaire. Dommage que vous n’ayez pas le son ! Ils servent un thé noir au lait avec un mélange d’épices appelé massala dans des gobelets de terre cuite laissant aux lèvres un peu de rouge et que nous cassons ensuite en les jetant sur les rails… D’autres font le va et vient toute la journée entre les gares. Ils vendent les spécialités de leur région dans des assiettes en feuilles tressées, elles aussi jetables ou dans de l’alu et du plastique qui passe également par la fenêtre. Des gamins pouilleux montent dans le train sans billet, nettoient avec un torchon encore plus sale qu’eux sous les sièges et dans les allées, avant de mendier quelques roupies qu’ils seront obligés, bien souvent, de remettre aux contrôleurs... À Hyderabad, un groupe de musulmans pieux s’installe dans notre wagon. Quelques heures plus tard, ils ont construit une véritable forteresse, on ne peut plus close, avec de longs draps tenus par des cordes, où les femmes se dévoileront, à l’abri des regards pour le reste du voyage… À côté de moi, une jeune maman est incroyablement belle... La nuit s’écoule tranquillement sur notre couchette dans le bruit lancinant du frottement des wagons, des ronflements et de la prière de cinq heures. De plus en plus loin derrière moi, tu restes seule sans savoir, encore une fois, si nous allons nous revoir…
Petit grain de poivre
Coincé dans ma dent, Tu secrètes ton parfum, Sucré, salé, Ton venin.
Du bout de ma langue, Je t’effleure, Douce, brûlante, Profane saveur.
A ta sauce, Ma salade, J’ai composé,
Avalé, digéré, Je n’ai plus goût à rien,
Seul dans ce palais Sainte demeure De nos baisers
De l’effronté, le destin, Tes papilles ont scellé.
Nous sommes le 23 décembre. Il fait 34 degrés la nuit sous le ventilo. L’hôtel où nous devions nous retrouver avec Daoud est complet et sans lui. La ville est affreuse. Ma famille pense à moi et moi à elle. Seuls, les moustiques m’accueillent chaleureusement. Ce sont les moustiques du Kerala, minuscules et innombrables à cause des marécages. Dans la nuit, ils s’organisent en escadrilles, tentent des percées sous les draps, violent les traités de paix, résistent aux produits que le charlatan de Mysore m’a vendu une fortune, disparaissent dans la lumière, vous dévorent jusqu’aux mains où ils se posent en kamikazes quand vous êtes debout sur le lit en train de les chasser avec vos chaussures. Nuit affreuse où j’ai perdu la bataille et abandonné mes positions. Ils m’auraient tué en me rendant fou. Yeux gonflés et anéanti, je pars chercher une autre chambre avec mon sac sur le dos dans les rues brûlantes.
De la terrasse d’un petit resto, de l’autre côté d’une rue, j’entends bourdonner mon prénom. Avec un grand sourire, devant son petit déjeuner, Daoud m’a retrouvé. « Alors comment tu vas mon Daoud ? » « Bien, il me dit, malgré une partie de la nuit passée à suffoquer sous mon duvet, sur le quai d’une gare vibrante de moustiques, et après neuf heures debout, dans un wagon de train surpeuplé. Je suis parti hier de Mangalore, une grande ville sur la côte comme celle-ci, pour arriver ici cette nuit. » Pas beaucoup de temps en solitaire mais franchement contents de nous retrouver. Surtout pour les fêtes, bien tristes à passer tout seul. Enfin, on a le sourire et on se raconte nos petites aventures ainsi que les mésaventures qui se transforment comme par magie, avec le bonheur d’en parler ensemble, en heureux souvenirs. Daoud a trouvé un hôtel modeste et m’invite à demeurer près de lui. Ce sera une nuit de Noël où nous serons perdus tous les deux au milieu du monde. Épuisés et maigres, tôt dans la soirée, nous allons nous offrir un véritable vegetable fry rice dans un bouiboui crasseux, au coin de rues aux égouts à ciel ouvert, aux énormes cafards qui traversent les trottoirs et craquent sous les pieds, avant de retrouver les inévitables moustiques pour une nuit étouffante et fiévreuse. Arrivent des amis venus de France
Il n’y a que huit heures d’avion, c’est vrai, et le prix du billet même s’il n’est pas dérisoire permet de venir en Inde… Une semaine. L’organisation devra être précise si les loulous veulent repartir en heure et en temps. Attention aux aléas. Et d’aléas, en voici un de taille : il s’agit du tsunami. En vélo sur les chemins de l’île de Cochin, nous voulons rejoindre la plage. Pour cela il nous faut traverser un bras de mer en bateau et nous rendre sur l’île Vypeen. Sur le quai, les Indiens ne comprennent pas : depuis un moment, le courant emmène les bateaux s’écraser sur le bord… Mais les Indiens, comme à leur habitude, s’expriment d’une façon si nonchalante qu’il n’y pas raison de s’inquiéter. On ne peut pas passer ici alors on passera ailleurs. Il suffit de prendre un bus et de faire le tour par les ponts, entre le cœur de la ville et les différentes îles. Une heure après, notre bus s’élance enfin en direction de la plage. C’est déjà la fin d’après-midi et nous perdons encore du temps : un barrage de police empêche de continuer. Les sirènes rugissent, les ambulances déambulent. Impossible de passer le barrage. Un raz de marée a tout emporté. Nous étions donc sur les routes pendant la catastrophe. Nous n’avons rien vu et rien senti mais avons la chance de ne pas nous être trouvés sur la plage, même si, à l’ouest de l’Inde où nous étions, le tsunami n’a pas fait beaucoup de ravages. C’est seulement plusieurs jours plus tard, alors que nos familles s’inquiètent, que nous recevrons d’innombrables messages sur Internet et que nous apprendrons l’étendue de la catastrophe… Car, tôt le lendemain, nous partons dans l’arrière-pays, celui des cultures de thé et des réserves d’éléphants. Dernière ville à l’est du Karnataka dans les montagnes, Munnar n’entendra pas parler du tsunami avant une semaine. Pendant ce temps, nos deux petits touristes français s’adaptent à leur nouvel environnement. À la descente de l’avion, monter dans un rickshaw, les taxis mobylettes, à fond sur les routes surpeuplées, les a tout de suite mis dans l’ambiance. Ensuite un tsunami puis aujourd’hui les montagnes. L’environnement est plus calme mais quand ils ne se font pas agresser par des singes, ils descendent inconscients vers une maman éléphant avec ses petits en pleine nature sauvage. La maman commence à gronder dangereusement et eux continuent de s’approcher pour la photo. Les Indiens généralement indifférents s’agitent et crient pour que les blancs-becs déguerpissent avant de mourir écrasés dans une furie. On n’est pas au zoo. Pour se promener dans les cultures de thé, à travers les chemins de montagne et de jungle, le mieux est de louer des motos. Avec elles, on s’égare au hasard et on rencontre sur nos chemins des femmes, au dos voûté sous des sacs de jute remplis de feuilles de thé, des bouibouis crasseux sans eau courante et électricité où nous prenons nos repas, des lacs idylliques perdus dans des forêts de santals. Fin d’après-midi, le brouillard monte et s’épaissit, il est temps de rentrer car les nuits sont froides. Et puis ce soir, dans notre chambre d’hôtel, nous recevons des amies françaises que nous venons de retrouver après les avoir rencontrées dans la région d’Hampi, deux jours avant que Daoud ne tombe malade. Donc ce soir, c’est soirée avec blagues, musique et apéro à la française... Enfin, la semaine de vacances passe rapidement et nous sommes le jour de la saint Sylvestre. À 16 heures, je frappe à la chambre N°119 de l’hôtel Pathans à Trissur. Nous sommes arrivés dans une Ambassadeur, une vieille voiture de luxe, louée avec chauffeur. La classe non ? Bonjour Meriem… Champagne ! Torses nus sur la terrasse de notre grande chambre d’hôtel qui surplombe la place principale de la ville, nous fêtons dignement la nouvelle année… et les retrouvailles. À sept heures le matin, nos loulous doivent repartir pour la France. La tête qu’ils devaient avoir… Mais aussi les souvenirs de cette petite semaine en Inde leur resteront à jamais gravés. Lundi matin, ils se retrouveront au travail et, devant leur tasse de café, repartiront encore pour des randonnées en moto dans la jungle. Quelques jours pour oublier... N’a-t-on pas déjà entendu ça quelque part ?
Parabikulam. 5h du matin
Mes yeux s’ouvrent. Je sens de douces caresses sur ma nuque. Je me serre contre son corps et blottis ma tête entre ses seins. Nos mains légères sous la couette encore chaude effleurent la peau. Le jour n’est pas levé. Gaspard frappe à la porte. Arriver ici n’a pas été une mince affaire. Aucune route du Kerala n’y mène. Devions aller dans une ville du Tamil Nadu pour changer de bus encore deux fois et être déposés à un carrefour entre deux pistes où une fois par jour, on peut monter au village par derrière les monts Cardamones, dans la fabuleuse réserve naturelle de plusieurs milliers d’hectares de Parabikulam, étendue entre trois immenses lacs dans les montagnes recouvertes de forêts épaisses. Sans compter sur les barrages des gardes frontières et forestiers, trois en tout, qui nous obligent à payer, à signer des papiers et à passer une nuit avec un garde armé, censé nous protéger... 5h30, les affaires de trekking gavées de morpions sur le dos, nous sortons prendre le thé. Les Indiens se lèvent également dans le petit village aux ruelles de terre battue et aux cabanes en terre cuite recouvertes de branches et de feuilles. Comme chaque matin, la musique du temple inonde le village et la forêt alentour puis les femmes nettoient à grande eau devant leur porte avant de réaliser le taman : œuvre mystique de poudre de craie qui les protégera du mauvais sort pour la journée. Une fois le soleil levé, les vaches, cochons et chèvres traînent, étendus à l’ombre, ici ou là. Au centre du village, sur une place où se termine la route, deux trois échoppes vendent des allumettes et du thé. En contrebas, un lac se cache dans les hautes herbes et s’étend sur plusieurs kilomètres de jungle impénétrable entre les montagnes. Dans la nuit, les bruits de la nature sont authentiques tout comme les insectes. Trois gardes en 4 x 4 se promènent toute la journée avec leur fusil et partagent notre maisonnette durant la nuit. Aucun touriste ne s’aventure jusqu’ici. Six heures, nous partons sur les talons de Gaspard. Son vrai nom tamul est Basquar, le guide improvisé du village devenu très vite notre ami. Il essaiera de tromper l’administration pour passer outre les permissions et les comptes rendus des heures durant lesquelles nous sommes autorisés à nous promener dans la jungle avec lui. La marche est rapide. Nous avons peine à le suivre. À notre droite, s’ouvre la première clairière dans la brume. Les arbres s’élancent dans le ciel et atteignent des hauteurs impressionnantes. Leurs feuilles sont grandes comme mes deux mains, chaque racine large comme un tronc. Des animaux invisibles, surpris, disparaissent dans les profondeurs de la végétation. Monter, descendre à vive allure réchauffe. Sept kilomètres plus tard, alors que le soleil pointe à la cime des arbres les plus hauts et sur les montagnes, nous débouchons au-dessus d’une immense prairie au milieu de la forêt. Dans les hautes herbes ruisselantes, les fientes d’éléphants et de buffles fument encore. Un troupeau de bisons apparaît de l’autre côté à la lisière de la forêt. 7h30, fin de permission. Nous devons déjà repartir. Légèrement frustrés d’avoir tant marché pour si peu de temps, nous prenons le chemin du retour que je me promets de ne pas oublier pour revenir ici un autre matin, encore plus tôt. Un groupe de buffles noirs, que nous surprenons, s’enfuit en arrachant tout sur son passage dans un fracas terrible. Gaspard récapitule l’ensemble de nos découvertes. Arbres, fleurs, feuilles, fruits, herbes et graines dont ils se servent dans leur vie quotidienne. Crocodiles, iguanes, bisons, buffles, éléphants, singes, scorpions, cerfs et daims que nous avons eu la chance d’apercevoir en quelques jours. De retour au village, Gaspard nous emmène à l’école pour nous présenter les professeurs et assister à la répétition d’un spectacle dans lequel joue sa petite fille. Dans la salle de cours, trente paires d’yeux loin d’être intimidées par notre présence, sont regroupées devant nous. Pieds nus, en chemise et en cravate, les enfants s’élancent dans la danse avec fierté. Une chorégraphie digne des films bollywoodiens, dans une musique disco des années 80, version indienne… Quel sourire ont les enfants indiens ! Quelle leçon de simplicité et de modestie, nous prenons dans ce village ! Humbles, ceux qui vivent ici sont rarement descendus à la ville. Une télévision, pour tout le village, leur permet de regarder les étrangetés d’un monde qu’ils ne connaissent pas. Ceux qui les imaginent « arriérés » se trompent. Ils savent autant de choses que nous et même davantage. Ceux qui les imaginent malheureux se trompent aussi. Il n’y a qu’à voir leur bouille et leur sourire de tous les jours. Quelques jeunes ont la curiosité de partir pour les études ou un travail à la ville. Souvent, ils ne reviennent pas, happés par les turbulences du monde. Pourtant, le village est un havre de paix qui sort de l’anarchie de la civilisation. Les choses évoluent plus doucement. D’autres n’ont pas besoin de changer. Un travail tranquille au rythme des saisons. Sachant exactement de quoi sont faites leurs terres et leurs forêts pour les utiliser sans les détruire. Tout ce qui est nécessaire pour vivre existe ici et même l’électricité fournie par les barrages. Une oasis où je serais bien resté plus longtemps. Mais pour nous, demeurer dans une réserve a un tarif et nous devrons bientôt nous jeter de nouveau dans le monde réel. Le dernier matin, je décolle à 5 h et m’enfonce seul dans la forêt et la nuit encore noire. Je ne risque pas de me perdre si j’ai bien enregistré les sept kilomètres qui mènent à la clairière magnifique et digne des grands reportages animaliers. Arbres et animaux dorment encore. Les feuilles sèches se froissent bruyamment sous mes pieds et troublent un silence parfait. Quelque deux cents tigres se baladent dans la réserve. Inconscience, folie sans doute, mais irrésistible. Les animaux de toutes sortes ont peur des hommes. Moi aussi car ils sont plus cruels. Loin de faire le malin cependant, j’ai tendance à me retourner souvent. La cadence qui m’emporte est plus soutenue encore qu’avec le guide. Sortant du sous bois dans une légère éclaircie, deux gros buffles noirs lèvent la tête vers moi. Je m’arrête net et recule doucement sans me retourner. Mais ces gros herbivores continuent leur chemin sans s’affoler. J’attends un peu avant de repartir que mon cœur s’apaise. Il me faut arriver avant le lever du jour à la lisière de cette immense clairière. Le soleil n’est pas encore levé mais il fait jour quand j’y arrive. En y allant seul et plus tôt, j’avais plus de chance de voir d’innombrables animaux et ce fut le cas. Me suis calé sur un tronc et suis resté plus de deux heures devant ce spectacle animalier à la taille réelle. Tout en rentrant tranquillement vers le village, j’imprimais dans ma mémoire les images que j’avais eues sous les yeux. Un bruit de moteur me fit me cacher et le 4 x 4 des gardes armés passa en trombe devant moi… Il y a peu de temps, j’ai compris, grâce à un article de presse international, pourquoi quelque chose nous échappait là-bas. L’article dénonce la culture en masse du cannabis dans cette région. Entre les montagnes, la jungle et les parcs nationaux protégés, des zones immenses ont été défrichées pour cette culture. Ce ne sont pas des villageois mais bien des hommes armés et spécialisés qui s’en occupent. Chargées dans des camions puis acheminées jusqu’aux ports du Karnataka dans des paquebots, des dizaines de milliers de tonnes de cannabis sont produites ici tous les ans et vendues en Europe. Ce commerce est protégé par des personnes haut placées puisque le gouvernement et la communauté internationale, hostiles à cette production, ne font rien. Perso, je ne pouvais pas imaginer une telle mafia lors de mon séjour et je n’ai rien vu, rien entendu, alors que nous avons pas mal tourné autour…
Tamil Nadu
Redescendre dans la civilisation et reprendre la route. Bus après bus, ville après ville. Quelle est notre destination ? Pourquoi pas au hasard d’un village ? Les voyageurs peu attentifs que nous sommes ont des difficultés à reconnaître les changements entre chaque étape. Après tout, une ville indienne en vaut une autre. Les traits que nous reconnaissons sont grossiers. Nous ne sommes même pas capables de différencier les langues qui sont pourtant, partout, différentes. C’est le moment de se poser quelque part tranquillement et d’y rester un peu plus longtemps pour découvrir, au rythme voulu, les petites choses qui font la richesse d’une région. Ne vaut-il pas mieux, en effet, se concentrer sur une partie plus petite plutôt que de survoler les régions comme nous le faisons ? Malheureusement, nous ne trouverons pas ce village où nous arrêter. Nous ne nous attacherons pas à une infime partie de la population qui nous ferait pourtant découvrir véritablement des traits de l’Inde tout entière. Nous continuerons d’être emportés par les flots de ce monde si mouvementé et dense, sans nous en approprier la richesse. La réalité imprègne l’esprit de sensations irremplaçables mais une série de documentaires sur ARTE nous en apprendrait davantage d’un point de vue culturel.
À Coimbatore, ville de deux millions d’habitants, nous sommes agressés par le bruit, la densité de la population et la pollution. Nous serions ravis de retourner dans la montagne mais, dans un quartier proche, une fête religieuse a lieu. Nous avons la chance en tant qu’étrangers, rares à s’égarer par ici à cause du manque d’intérêt touristique, d’être les invités d’honneur. Des centaines de femmes, entourées de musiciens, attendent leur tour pour donner leurs offrandes en échange d’une bénédiction qui consiste à saisir entre ses paumes un peu de chaleur et de fumée d’une bougie tenue par un brahmane. La foi est profonde, la musique lancinante, le temple improvisé de lumières et de couleurs, les offrandes de fleurs et de noix de coco s’entassent devant une représentation barbouillée de Visnou. Dans la rue, une purée de riz écrasé et sucré à la cannelle est distribuée gratuitement ainsi que d’autres mets dont je ne saurais dire la substance. Bientôt, les membres d’une famille nous introduisent chez eux pour nous offrir de nouvelles spécialités et boissons. Nous échangeons alors courtoisies et sourires avec les différentes générations. Sur nos genoux, se glisse le dernier-né. Il est déguisé en fille, comme la plupart des petits garçons en bas âge. Cela permettrait de tromper le mauvais œil. Les filles sont tellement peu de chose en ce bas monde. Pourtant si belles et si gracieuses, à ricaner bêtement entre elles en nous mangeant des yeux… Vite, partons avant de nous retrouver la corde au cou.
De retour à Ooty
Je propose à Daoud et Meriem de remonter sur les hauteurs pour trouver un peu de fraîcheur et de tranquillité. La petite station climatique d’Ooty m’a bien plu et une journée passée entre ses murs et ses montagnes est bien trop vite passée. L’hôtel retiré et discret où j’ai passé la nuit n’a pas bougé. L’endroit leur plait. Le lendemain, nous louons des motos pour commencer les balades aux alentours. Foulard noué sur la tête en guise de casque, nous serpentons les routes lacées, entre les lacs, les cascades, les forêts et les paysages gigantesques qui servent de décors aux films de Bollywood et aux photos de jeunes mariés. Vrai que la région n’a rien à envier aux images des films que nous connaissons dans nos pays et qu’elle renferme nombre de sites exceptionnels encore inconnus de nos projecteurs. Le parc botanique possède quant à lui de magnifiques spécimens dont un tronc de plusieurs milliers d’années. D’ailleurs, la balade montre une diversité botanique importante, sans que je n’en retienne malheureusement un seul nom. À pieds, sur le flanc d’une colline, en périphérie de la ville, nous traversons le taudis d’une tribu originaire de ces montagnes. Anciens bûcherons, éleveurs et chasseurs, les pauvres gens n’ont pas les moyens de bien se loger aujourd’hui dans la ville qui est venue se construire chez eux. Sur les pentes ruisselantes, des enfants déguenillés et morveux glissent sur des sacs en plastiques tirés par de gros chiens aux longs poils vermeils couleurs de la terre. Une semaine est passée de nouveau et il nous faut partir. Ce pays est immense et magnifique. Il n’y a qu’à voir notre itinéraire sur la carte depuis deux mois que nous sommes là. Ridicule ! Et pourtant nous avons déjà vu tant de choses différentes : Bombay, les plages de Goa, les sites historiques des civilisations disparues, les mystères de Mysore, les îles de Cochin, les cultures de thé du Karnataka et les forêts tropicales des parcs nationaux. De nouvelles journées de bus, interminables, serrés sur des sièges en bois, entre les villes poussiéreuses du sud de l’Inde, nous attendent encore. Hoggennakkal
La route devient piste et s’enfonce dans les collines arides à la végétation épineuse, avant de descendre dans une vallée verdoyante écartée des axes routiers. Inconnues des occidentaux, les chutes d’Hoggennakkal sont surtout fréquentées par les citadins de Bangalore qui viennent ici en week-end se détendre. La rivière se partage en mille ruisseaux scintillants dans la végétation luxuriante, se repose dans des piscines naturelles de sable et de pierres polies où sont pratiqués des massages corporels, avant de se jeter littéralement en cascades dans une gorge profonde et de se retirer au loin à travers les champs de coquelicots. Nous aussi, trouvons une piscine privée, rien que pour nous, avec deux arrivées en cascades dans l’eau claire et le fond sableux, d’où nous pouvons plonger. Une journée bien agréable. Plus loin les enfants du village, secs comme des allumettes, gagnent un peu de monnaie en impressionnant les touristes indiens avec un saut de l’ange de plus de quinze mètres de haut. D’autres, moins téméraires, se contentent de jeter leurs filets et de vendre leurs poissons grillés, le soir venu, sur le chemin du retour. Même si on se lave et se baigne dans la rivière, le village, comme tous les villages indiens, y déverse ses poubelles. Les femmes lavent le linge sur les pierres et la mousse glisse lentement dans le courant où les enfants jouent. En remontant la rivière, la nature reprend ses droits et offre un refuge exceptionnel pour un nombre considérable d’oiseaux et d’animaux. Sur une coque en feuilles de bananier tressées, au petit matin, nous traversons les eaux et disparaissons dans la nature. Fini de payer des hôtels, on plante la tente et on joue à Robinson. Le site est fabuleux et, pendant trois jours, des oiseaux inconnus et multicolores chantent autour de nous, pendant qu’on pêche, en caleçon dans la rivière, avec un bout de fil et un bout de banane accroché à l’hameçon. Un Indien nous a donné le tuyau et ça marche. Les poissons exotiques se pêchent à la banane. Par contre, ils sont pleins d’arêtes et le soir, à la lumière du feu, le temps passe rien qu’à les extraire pour les manger. Un après-midi, à l’heure de la sieste, une bande de singes curieux et voleurs se sont approchés discrètement et, des arbres où ils se trouvaient, sont descendus nous prendre nos réserves de pain et de bananes. Bien fâchés mais impuissants il nous a fallu rejoindre la civilisation ou mourir de faim. Le vieux rêve de Robinson terminé net avec en souvenir une photo de trois jeunes maigrichons bien bronzés et fiers devant leurs brochettes de poissons grillés sur des branches de saules.
Bangalore.
Mégalopole hyper-dynamique et branchée, Bangalore rassemble universités et entreprises multinationales du secteur informatique. Dans les bazars de la ville, écrans plats et derniers camescopes numériques se négocient 15 à 20 fois moins chers que sur le marché français. Number one de l’informatique dans le monde et dans plusieurs autres secteurs de science moderne, l’Inde a fait naître une nouvelle population jeune et dynamique de classe moyenne qui représente 200 millions de personnes. Capitalistes et matérialistes, ils consomment, achètent les produits que nous utilisons, copient nos modes de vie, activent le marché du tourisme et bientôt arriveront en France pour prendre des photos de la tour Eiffel. Après les Japonais et les Chinois, viendront les Indiens. Cette évolution est peut-être le symbole de déplacements de richesses vers l’est, enfin seulement pour une maigre partie de la population. En attendant, toutes ces entreprises fleurissent à une vitesse incroyable. Alors qu’un développement anarchique et inconsidéré dans ce pays apportera une pollution catastrophique. Mais comment demander à des pays en voie de développement de limiter leur production et de respecter les lois coûteuses du respect de l’environnement alors qu’en Europe, nous commençons juste à les appliquer et qu’aux Etats-Unis, elles ne sont toujours pas d’actualité. Il n’y a déjà aucun respect de l’environnement en Inde, pas de poubelle dans les rues et les villes surpeuplées évacuent leurs déchets dans les rivières et les océans. Espérons qu’ils ne se jetteront pas dans une consommation abusive, comme la nôtre, et ne reproduiront pas les erreurs que nous avons faites, en développant, en plus, le nucléaire ! Dans le train
Les bus en Inde sont pratiques pour relier les villes entre elles, quand elles ne sont pas trop éloignées. En effet, à toute heure du jour et de la nuit, vous pouvez sauter dans les bus locaux qui ne coûtent rien, à la dernière seconde, quitte à monter sur les genoux des gens. Ou bien, ce sont les gens qui monteront sur vos genoux…dans les chemins tortueux, avec des arrêts à tous les villages sans pour autant que le bus ne désemplisse. Comptez trois heures pour faire 100 km. Pour faire 2.700 km, et ainsi remonter au nord du pays, nous ne prendrons pas le bus. L’express Bangalore Delhi ne met que 38 heures. Deux jours et une nuit pour nous retrouver dans la capitale. Un grand changement mais le temps passe, fin janvier, les deux tiers de notre temps en Inde sont écoulés alors nous voulons tenter de prolonger notre visa à Delhi, chose que nous n’avons pas pu faire en province. Plusieurs kilomètres de long, avec des milliers de personnes, la bête glisse hors de la ville et disparaît dans les plaines desséchées du centre de l’Inde. Il n’y a plus qu’à regarder le spectacle : En ville et à la campagne, c’est une tradition de venir faire sa grosse commission le long de la voie entre amis au petit matin et ce sont des rangées de fesses qui nous regardent, sans gêne. Un peu d’eau avec un carré de savon puis on reculotte le tout avant de faire coucou au train... Les vendeurs de thé passent dans l’allée toute la journée en criant d’une voix tout à fait ordinaire. Dommage que vous n’ayez pas le son ! Ils servent un thé noir au lait avec un mélange d’épices appelé massala dans des gobelets de terre cuite laissant aux lèvres un peu de rouge et que nous cassons ensuite en les jetant sur les rails… D’autres font le va et vient toute la journée entre les gares. Ils vendent les spécialités de leur région dans des assiettes en feuilles tressées, elles aussi jetables ou dans de l’alu et du plastique qui passe également par la fenêtre. Des gamins pouilleux montent dans le train sans billet, nettoient avec un torchon encore plus sale qu’eux sous les sièges et dans les allées, avant de mendier quelques roupies qu’ils seront obligés, bien souvent, de remettre aux contrôleurs... À Hyderabad, un groupe de musulmans pieux s’installe dans notre wagon. Quelques heures plus tard, ils ont construit une véritable forteresse, on ne peut plus close, avec de longs draps tenus par des cordes, où les femmes se dévoileront, à l’abri des regards pour le reste du voyage… À côté de moi, une jeune maman est incroyablement belle... La nuit s’écoule tranquillement sur notre couchette dans le bruit lancinant du frottement des wagons, des ronflements et de la prière de cinq heures. De plus en plus loin derrière moi, tu restes seule sans savoir, encore une fois, si nous allons nous revoir…
Petit grain de poivre
Coincé dans ma dent, Tu secrètes ton parfum, Sucré, salé, Ton venin.
Du bout de ma langue, Je t’effleure, Douce, brûlante, Profane saveur.
A ta sauce, Ma salade, J’ai composé,
Avalé, digéré, Je n’ai plus goût à rien,
Seul dans ce palais Sainte demeure De nos baisers
De l’effronté, le destin, Tes papilles ont scellé.
Shanti shanti, Kathmandou - Bénarès - Bundi... English translation pending
Avec quelques mois de retard, le voilà...
Inde - Népal 2009
2 janvier Arrivée à l'heure! Je passe rapidement l'immigration, mais j'attends deux heures (!!!) mon sac… Je change des sous, le mec veut me donner des billets de 1000. Ah non, donnez moi des 500! Ils sont tout abîmés... Yen a pas d'autres? Non? Tant pis. (Erreur!!! J'oublie qu'on n'accepte pas les billets abîmés, j'ai du passer du temps à les changer ensuite...) Je sors et partage un taxi jusque Paharganj. Purée!!! C'est le cas de le dire, on n'y vois pas à 5 mètres tant le brouillard est épais! Heureusement, pas de vaches sur la route.
Je rentre dans le premier hôtel venu, (le lord Krishna) regarde les chambres, c'est bon. Rzzz… Le lendemain je me lève tôt, je suis à nouveau en Inde, le pied total! J'achète une shalwar kemiz dans mon magasin habituel, on me reconnaît.. Je vais manger un thali à mon resto habituel, on me reconnaît, j'ai droit à des Namasté chaleureux qui me vont droit au cœur… Je tel à Jaoui, expat' que je ne connais que par quelques mails, et on se file rendez vous pour le lendemain midi. J'achète un ticket de train pour Benares, départ demain soir, hello madam yes? Hello rickshaw? Have a look madam, one roupie mama...
4/1: Douche, check out, je laisse mon sac et prends un rickshaw jusqu'a la french colony. Waouh, quel quartier chicos! Un gardien m'ouvre la grille, et je rentre dans un jardin aux mille plantes différentes. Une grande villa toute blanche au bout de l'allée, une Mercedes devant le garage… Jaoui m'ouvre la porte, je la vois de suite chaleureuse avec une gentille et douce voix. Son chez elle est impressionnant de classe, de chic et de toute beauté. Son mari adore la peinture contemporaine indienne, de magnifiques tableaux ornent les murs, et de très beaux objets décorent les pièces, lampes, statues en argent ciselé, j'aurais bien voulu visiter le maison, mais on ne se connaît pas vraiment, et je n'ose lui demander… Après un succulent repas bien expat': pâtes fraiches aux aubergines, tomates, ail et basilic, et vin italien, nous allons visiter le Lodi Garden. Je suis super contente, cela faisait bien longtemps que je voulais y aller... Le chauffeur sort la mercedes, et on se laisse conduire tranquillou...
le lodi Garden...
Au soir, je prends mon sac et vais à la gare... Purée quelle cohue... Je regarde le tableau d'affichage... Shiv Ganga express : Cancelled!!!! Didjeu!!! Retour à Paharganj, après avoir acheté un ticket de train pour le lendemain après midi. Il ne devrait pas y avoir de brouillard l'après midi quand même... Le lendemain, youpie le train est là, je m'installe... Plus de 15 heures de trajet...
Rassurez vous, je n'ai pas eu la générosité de partager ma banquette... Il faisait frisquet dans le train... (on est en janvier) Au soir, l'autre occidentale de mon compartiment, toujours plongée dans un bouquin, remarque que je n'ai pas de couverture et m'en donne une! Génial! Cela fait plus d'un an qu'elle étudie à Benares, sa mère vient de lui rendre visite, elle en a donc une extra. Je suis si contente, que je lui demande si elle aime le chocolat... Oui? Le noir ou au lait? Noir? Hop, je sors de mon sac, une tablette de bon chocolat belge, noir... Je vous dis pas son bonheur!
.../...
Varanasi, Namasté très chère!!! Tu m'as tant manqué... Je passe outre les rabatteurs d'un pas décidé, je traverse le parking, et prends un cyclo. Je le répète: j'adore les cyclo, ok ca peut être difficile de les regarder suer en pedalant, et nous "confortablement" assis avec une belle vue... Mais c'est ecolo, puis leurs roupies, ils les gagnent dur, autre chose que de conduire les auto rickshaw à fond la caisse, en pétaradant pour toute la ville...
Bengali tola mini street... Je vais dire bonjour au baba GH, ils sont complets, mais m'assure qu'ils vont me libérer une chambre pour ce soir... Je prends une douche, laisse mon sac, leur donne une tablette de chocolat, waouh, j'adore cette famille...
Balade au bord du Gange, rêveries, chai, beedie, puja au Gange avec mon brahmane préféré... Lors de mon précédent voyage, ce gentil tout plein brahmane m'avait chanté une mantra...
Je vais dire bonjour à Nitin, le matin, il travaille comme infirmier dans un petit hopital, l'après midi il tient sa boutique de tabac et d'encens...

Je lui offre du chocolat, un pull bien chaud qu'il m'avait demandé, on papote longuement, et vais dire bonjour mes tailleurs, Govind et Gopal...

Eux aussi ont droit à une tablette de chocolat, ma dernière! La journée est trop courte... Dîner au Chandan resto, certains marchands me reconnaissent, je me sens comme à la maison...
Retour au baba, le chocolat fait un tabac! J'achète un ticket de bus pour Kathmandu, départ tôt le lendemain car j'ai rendez voua avec une internaute que j'ai vraiment envie de rencontrer, mais elle s'en retourne bientôt en France après 6 mois au Nepal.
Après une nuit trop courte, hop! Rickshaw pour l'arrêt de bus, p'tit dej' en vitesse, et en route... 8 heures de trajet sans compter les pauses... Pendant tout le trajet, je lis "Sous un ciel de marbre"...
Un de mes top 10!
Vraiment terrible!
"En 1632, Shah Jahan, empereur des Indes, rendu fou de chagrin par la mort en couches de son épouse adorée, Mumtaz Mahal, ordonne la construction d’un gigantesque mausolée en témoignage de son amour : le Taj Mahal. La fille du couple impérial, la princesse Jahanara, est chargée d’assister l’architecte Ustad Isa dans sa tâche. Commencent alors pour la jeune femme des années exaltantes, tandis que sous ses yeux s’élève un monument en marbre ciselé, éblouissant, incrusté de pierres précieuses ; des années dangereuses dans un empire ensanglanté par les luttes fratricides entre héritiers du trône ; des années de passion secrète, aussi. À travers son destin extraordinaire à l’ombre du Taj Mahal, la princesse Jahanara nous entraîne dans une envoûtante fresque orientale peuplée de palais opulents, de harems décadents, où s’épanouissent intrigues de cour et liaisons interdites."
En fin de journée j'ai fini ma passionnante lecture, et on arrive à la frontière. Je suis la troupe descendant du bus, on tamponne nos visas indiens, et on passe la porte. Attente qui n'en finit pas au bureau de visa népalais, mais les douaniers sont tout cool, souriants, accueillants! On nous parque dans un guest house assez pourave, compris dans les 10€ du ticket Varanasi-Kathmandu... Mais je dois partager une grande chambre de 8 lits avec 4 autrichiens et autrichiennes... J'ai rien contre l'Autriche, mais zut, je suis une femme, et ya deux hommes inconnus dormant dans la même chambre que moi... Hop, j'essaie, et j'obtiens une chambre pour moi toute seule, aussi une chambre à 8 lits! Question douche, euh... L'eau est gelée, puis rien qu'a les regarder euh... Je décide de rester crade 24h de plus, tant pis, vive les voyages... Je papote avec un jeune couple de sympa francais, et on pars dîner ensemble. Rzzzzz....
Bus pour Kathmandu... Purée c'est long. Plus de lecture pour passer le temps, mais le paysage est prenant. Vers 18h, enfin nous y sommes. Un autre occidental et moi partageons un taxi pour Freak street pendant que tout les autres montent dans un minibus pour Thamel.
Thamel, c'est bien quand on en a marre de la cuisine locale, qu'on a envie d'une bière, de musique live, de frites (euh... Sont très doués les népalais pour les frites
) ou simplement qu'on est seul et qu'on a envie de papoter avec d'autres occidentaux, il y a le choix!
Freak street j'aime car j'y ai de bons souvenirs, c'est bien plus calme que Thamel, rien à voir. De plus c'est à côté du Durbar square.
L'hotel que je prends est propret tout plein, à 1€ la chambre, faut le voir pour le croire... Je tel à Calou, et youpie! On se voit ce soir, et demain on va dîner chez chez Sarou et Pramod. Sarou? Pramod? Mais je la connais! On s'est vu lors d'une rencontre net à Bruxelles! Youpie! Le monde est beau!
Sur le chemin je passe au distributeur... Rien du tout... Comment ca rien du tout???
????
C'est quoi ce binze???? Je tel à Bruxelles, me reste 15€ en poche, je vais pas aller bien loin pour 6 semaines...
Bruxelles: "ah non pas de sous! Vous aviez un RV auquel vous n'avez pas été..." "mais j'étais en vacances et le suis toujours!!!" "venez nous voir quand vous rentrez, on arrangera ca, en attendant bonnes vacances!!"
Grand moment de solitude, les larmes coulent...
Ca commence bien...
Je rentre dans un net café, en écrivant un mail de secours aux copines, je fonds en larme, à gros sanglots... Purée, à mon âge, devoir demander des tunes car je suis dans la dèche au bout du monde... J'ai honte, vraiment honte, mais dois mettre ma fierté de côté, je ne vois pas que faire d'autre...
Pourtant j'ai passé une heure au syndic avant de partir, même que j'ai papoté du Népal avec le mec, qui y avait déjà été...
Je suis dégoutée...J'avais tout fait pour ne pas avoir d'emmerdes... Et voila. Enfin bon...
Merci l'administration... Ils ne seront pas dans mes prières à Ganesh... Par contre, pour moi je prie bien Laxmi...
Déesse de la fortune et de la prospérité.
Bon, j'essuie mes larmes, et vais voir Calou. Très positive et chaleureuse, elle m'aide à chasser mes idées noires, après tout, je suis à Kathmandou avec une copine, dans un chouette petit resto... Santé!
Rzzzz... Je me lève tôt, encore toute endormie, je bois un chai dans la rue dans un toute petite gargote, il fait frisquet. J'attends que la brume se lève, redemande un bon chai bien chaud, et pars me balader...

Mes yeux pétillent de bonheur... Kathmandu est toujours une ville absolument grandiose... Les népalais sont beaux, doux, accueillants, pas harcelleurs du tout... J'adore leur look, beaucoup portent le chapeau typiquement newari.

La photo est un peu floue, mais j'ai "papoté" 10 minutes avec ce gentil tout plein monsieur... Je trouve la lumière belle ce matin... Même si j'ai des problèmes de sous, les photos ne coutent rien, et je m'y donne à coeur joie!


Je traine, m'arrête toutes les 5 minutes pour je ne sais combien de temps de pause... J'observe les népalais faire leurs offrandes... Ci dessous Bhairav, dieu népalais protecteur. Son aspect effrayant est sensé écarter les mauvais esprits...

Je ne sais pas quoi regarder, qui prendre en photo,

ya trop! J'adore... J'adore l'ambiance... Personne ne me dérange en voulant me vendre dieu sait quoi, au contraire, je reçois beaucoup de sourires, de Namasté... Des statues incroyables ornent les entrées des temples...

En croisant Ganesh, je ne peux m'empêcher de lui demander de prendre soin de moi et de tout le monde...

Je remarque du passage dans une ruelle de pas plus d'un mètre de large, je la prends, et arrive à un temple. Il y a un boucan de dingue...
Je tel à Calou, et ce soir nous dormons chez Sarou, demainn tôt nous partons pour la balade de Namo Bouddha, tu viens? Ah que oui alors!!!
Ma bonne humeur revient!!!
Avant de revoir Calou, quelques photos plic ploc, quelques rêveries devant les bâtiments hallucinants...

La fin de la journée approche, le rendez vous de ce soir aussi...

Je rentre au guest house, fais mon sac, douche et je check out... .../...
2 janvier Arrivée à l'heure! Je passe rapidement l'immigration, mais j'attends deux heures (!!!) mon sac… Je change des sous, le mec veut me donner des billets de 1000. Ah non, donnez moi des 500! Ils sont tout abîmés... Yen a pas d'autres? Non? Tant pis. (Erreur!!! J'oublie qu'on n'accepte pas les billets abîmés, j'ai du passer du temps à les changer ensuite...) Je sors et partage un taxi jusque Paharganj. Purée!!! C'est le cas de le dire, on n'y vois pas à 5 mètres tant le brouillard est épais! Heureusement, pas de vaches sur la route.
Je rentre dans le premier hôtel venu, (le lord Krishna) regarde les chambres, c'est bon. Rzzz… Le lendemain je me lève tôt, je suis à nouveau en Inde, le pied total! J'achète une shalwar kemiz dans mon magasin habituel, on me reconnaît.. Je vais manger un thali à mon resto habituel, on me reconnaît, j'ai droit à des Namasté chaleureux qui me vont droit au cœur… Je tel à Jaoui, expat' que je ne connais que par quelques mails, et on se file rendez vous pour le lendemain midi. J'achète un ticket de train pour Benares, départ demain soir, hello madam yes? Hello rickshaw? Have a look madam, one roupie mama...
4/1: Douche, check out, je laisse mon sac et prends un rickshaw jusqu'a la french colony. Waouh, quel quartier chicos! Un gardien m'ouvre la grille, et je rentre dans un jardin aux mille plantes différentes. Une grande villa toute blanche au bout de l'allée, une Mercedes devant le garage… Jaoui m'ouvre la porte, je la vois de suite chaleureuse avec une gentille et douce voix. Son chez elle est impressionnant de classe, de chic et de toute beauté. Son mari adore la peinture contemporaine indienne, de magnifiques tableaux ornent les murs, et de très beaux objets décorent les pièces, lampes, statues en argent ciselé, j'aurais bien voulu visiter le maison, mais on ne se connaît pas vraiment, et je n'ose lui demander… Après un succulent repas bien expat': pâtes fraiches aux aubergines, tomates, ail et basilic, et vin italien, nous allons visiter le Lodi Garden. Je suis super contente, cela faisait bien longtemps que je voulais y aller... Le chauffeur sort la mercedes, et on se laisse conduire tranquillou...
le lodi Garden...

Au soir, je prends mon sac et vais à la gare... Purée quelle cohue... Je regarde le tableau d'affichage... Shiv Ganga express : Cancelled!!!! Didjeu!!! Retour à Paharganj, après avoir acheté un ticket de train pour le lendemain après midi. Il ne devrait pas y avoir de brouillard l'après midi quand même... Le lendemain, youpie le train est là, je m'installe... Plus de 15 heures de trajet...

Rassurez vous, je n'ai pas eu la générosité de partager ma banquette... Il faisait frisquet dans le train... (on est en janvier) Au soir, l'autre occidentale de mon compartiment, toujours plongée dans un bouquin, remarque que je n'ai pas de couverture et m'en donne une! Génial! Cela fait plus d'un an qu'elle étudie à Benares, sa mère vient de lui rendre visite, elle en a donc une extra. Je suis si contente, que je lui demande si elle aime le chocolat... Oui? Le noir ou au lait? Noir? Hop, je sors de mon sac, une tablette de bon chocolat belge, noir... Je vous dis pas son bonheur!
.../...Varanasi, Namasté très chère!!! Tu m'as tant manqué... Je passe outre les rabatteurs d'un pas décidé, je traverse le parking, et prends un cyclo. Je le répète: j'adore les cyclo, ok ca peut être difficile de les regarder suer en pedalant, et nous "confortablement" assis avec une belle vue... Mais c'est ecolo, puis leurs roupies, ils les gagnent dur, autre chose que de conduire les auto rickshaw à fond la caisse, en pétaradant pour toute la ville...
Bengali tola mini street... Je vais dire bonjour au baba GH, ils sont complets, mais m'assure qu'ils vont me libérer une chambre pour ce soir... Je prends une douche, laisse mon sac, leur donne une tablette de chocolat, waouh, j'adore cette famille...
Balade au bord du Gange, rêveries, chai, beedie, puja au Gange avec mon brahmane préféré... Lors de mon précédent voyage, ce gentil tout plein brahmane m'avait chanté une mantra...
Je vais dire bonjour à Nitin, le matin, il travaille comme infirmier dans un petit hopital, l'après midi il tient sa boutique de tabac et d'encens...

Je lui offre du chocolat, un pull bien chaud qu'il m'avait demandé, on papote longuement, et vais dire bonjour mes tailleurs, Govind et Gopal...

Eux aussi ont droit à une tablette de chocolat, ma dernière! La journée est trop courte... Dîner au Chandan resto, certains marchands me reconnaissent, je me sens comme à la maison...
Retour au baba, le chocolat fait un tabac! J'achète un ticket de bus pour Kathmandu, départ tôt le lendemain car j'ai rendez voua avec une internaute que j'ai vraiment envie de rencontrer, mais elle s'en retourne bientôt en France après 6 mois au Nepal.
Après une nuit trop courte, hop! Rickshaw pour l'arrêt de bus, p'tit dej' en vitesse, et en route... 8 heures de trajet sans compter les pauses... Pendant tout le trajet, je lis "Sous un ciel de marbre"...
Un de mes top 10!
Vraiment terrible!"En 1632, Shah Jahan, empereur des Indes, rendu fou de chagrin par la mort en couches de son épouse adorée, Mumtaz Mahal, ordonne la construction d’un gigantesque mausolée en témoignage de son amour : le Taj Mahal. La fille du couple impérial, la princesse Jahanara, est chargée d’assister l’architecte Ustad Isa dans sa tâche. Commencent alors pour la jeune femme des années exaltantes, tandis que sous ses yeux s’élève un monument en marbre ciselé, éblouissant, incrusté de pierres précieuses ; des années dangereuses dans un empire ensanglanté par les luttes fratricides entre héritiers du trône ; des années de passion secrète, aussi. À travers son destin extraordinaire à l’ombre du Taj Mahal, la princesse Jahanara nous entraîne dans une envoûtante fresque orientale peuplée de palais opulents, de harems décadents, où s’épanouissent intrigues de cour et liaisons interdites."
En fin de journée j'ai fini ma passionnante lecture, et on arrive à la frontière. Je suis la troupe descendant du bus, on tamponne nos visas indiens, et on passe la porte. Attente qui n'en finit pas au bureau de visa népalais, mais les douaniers sont tout cool, souriants, accueillants! On nous parque dans un guest house assez pourave, compris dans les 10€ du ticket Varanasi-Kathmandu... Mais je dois partager une grande chambre de 8 lits avec 4 autrichiens et autrichiennes... J'ai rien contre l'Autriche, mais zut, je suis une femme, et ya deux hommes inconnus dormant dans la même chambre que moi... Hop, j'essaie, et j'obtiens une chambre pour moi toute seule, aussi une chambre à 8 lits! Question douche, euh... L'eau est gelée, puis rien qu'a les regarder euh... Je décide de rester crade 24h de plus, tant pis, vive les voyages... Je papote avec un jeune couple de sympa francais, et on pars dîner ensemble. Rzzzzz....
Bus pour Kathmandu... Purée c'est long. Plus de lecture pour passer le temps, mais le paysage est prenant. Vers 18h, enfin nous y sommes. Un autre occidental et moi partageons un taxi pour Freak street pendant que tout les autres montent dans un minibus pour Thamel.
Thamel, c'est bien quand on en a marre de la cuisine locale, qu'on a envie d'une bière, de musique live, de frites (euh... Sont très doués les népalais pour les frites
) ou simplement qu'on est seul et qu'on a envie de papoter avec d'autres occidentaux, il y a le choix!
Freak street j'aime car j'y ai de bons souvenirs, c'est bien plus calme que Thamel, rien à voir. De plus c'est à côté du Durbar square.L'hotel que je prends est propret tout plein, à 1€ la chambre, faut le voir pour le croire... Je tel à Calou, et youpie! On se voit ce soir, et demain on va dîner chez chez Sarou et Pramod. Sarou? Pramod? Mais je la connais! On s'est vu lors d'une rencontre net à Bruxelles! Youpie! Le monde est beau!
Sur le chemin je passe au distributeur... Rien du tout... Comment ca rien du tout???
????
C'est quoi ce binze???? Je tel à Bruxelles, me reste 15€ en poche, je vais pas aller bien loin pour 6 semaines...
Bruxelles: "ah non pas de sous! Vous aviez un RV auquel vous n'avez pas été..." "mais j'étais en vacances et le suis toujours!!!" "venez nous voir quand vous rentrez, on arrangera ca, en attendant bonnes vacances!!"
Grand moment de solitude, les larmes coulent...
Ca commence bien...
Je rentre dans un net café, en écrivant un mail de secours aux copines, je fonds en larme, à gros sanglots... Purée, à mon âge, devoir demander des tunes car je suis dans la dèche au bout du monde... J'ai honte, vraiment honte, mais dois mettre ma fierté de côté, je ne vois pas que faire d'autre...
Pourtant j'ai passé une heure au syndic avant de partir, même que j'ai papoté du Népal avec le mec, qui y avait déjà été...
Je suis dégoutée...J'avais tout fait pour ne pas avoir d'emmerdes... Et voila. Enfin bon...
Merci l'administration... Ils ne seront pas dans mes prières à Ganesh... Par contre, pour moi je prie bien Laxmi...
Déesse de la fortune et de la prospérité.Bon, j'essuie mes larmes, et vais voir Calou. Très positive et chaleureuse, elle m'aide à chasser mes idées noires, après tout, je suis à Kathmandou avec une copine, dans un chouette petit resto... Santé!
Rzzzz... Je me lève tôt, encore toute endormie, je bois un chai dans la rue dans un toute petite gargote, il fait frisquet. J'attends que la brume se lève, redemande un bon chai bien chaud, et pars me balader...

Mes yeux pétillent de bonheur... Kathmandu est toujours une ville absolument grandiose... Les népalais sont beaux, doux, accueillants, pas harcelleurs du tout... J'adore leur look, beaucoup portent le chapeau typiquement newari.

La photo est un peu floue, mais j'ai "papoté" 10 minutes avec ce gentil tout plein monsieur... Je trouve la lumière belle ce matin... Même si j'ai des problèmes de sous, les photos ne coutent rien, et je m'y donne à coeur joie!


Je traine, m'arrête toutes les 5 minutes pour je ne sais combien de temps de pause... J'observe les népalais faire leurs offrandes... Ci dessous Bhairav, dieu népalais protecteur. Son aspect effrayant est sensé écarter les mauvais esprits...

Je ne sais pas quoi regarder, qui prendre en photo,

ya trop! J'adore... J'adore l'ambiance... Personne ne me dérange en voulant me vendre dieu sait quoi, au contraire, je reçois beaucoup de sourires, de Namasté... Des statues incroyables ornent les entrées des temples...

En croisant Ganesh, je ne peux m'empêcher de lui demander de prendre soin de moi et de tout le monde...

Je remarque du passage dans une ruelle de pas plus d'un mètre de large, je la prends, et arrive à un temple. Il y a un boucan de dingue...
Je tel à Calou, et ce soir nous dormons chez Sarou, demainn tôt nous partons pour la balade de Namo Bouddha, tu viens? Ah que oui alors!!!
Ma bonne humeur revient!!!Avant de revoir Calou, quelques photos plic ploc, quelques rêveries devant les bâtiments hallucinants...

La fin de la journée approche, le rendez vous de ce soir aussi...


Je rentre au guest house, fais mon sac, douche et je check out... .../...
Qui n'est jamais allé à Pondicherry? English translation pending
A force de voir dans de (très/trop) nombreux messages mentionné Pondicherry je me pose LA question :
Ai-je raté ma vie et mes nombreux voyages en Inde si je n'ai jamais été à Pondicherry ?
Mais j'aimerais aussi poser LA question aux nombreux voyageurs qui ont visité l'Inde sans être passé par Pondicherry :
Qui n'est jamais allé à Pondicherry ?
Ai-je raté ma vie et mes nombreux voyages en Inde si je n'ai jamais été à Pondicherry ?
Mais j'aimerais aussi poser LA question aux nombreux voyageurs qui ont visité l'Inde sans être passé par Pondicherry :
Qui n'est jamais allé à Pondicherry ?
Récit de notre voyage au Rajasthan en avril 2009 English translation pending
Voici donc le récit de notre voyage, qui sera publié en plusieurs épisodes car c'est long.
(attention PHOTOS VOIR PLUS BAS POSTS SUIVANTS)
Trajet: Delhi - Kota - Bundi - Chittorgarh - Udaipur - Delhi du 13 au 26 avril 2009
Modalités du voyage: je voyage seule avec avec mes deux enfants. Je n'ai pas loué de voiture, nous nous sommes déplacés en train et transports en commun. Nous avons réservé 3 trajets sur le site des chemins de fer à l'avance. Nous sommes ravis du voyage et rentrons éblouis même si certaines choses ont été dures. Je pense qu'il nous faudra longtemps pour réellement digérer tout ca. Mais l'impression générale est excellente, nous n'avons eu aucun ennui, aucune entourloupe, les gens ont été dans la très grande majorité d'une extrême gentillesse. Nous ne sommes pas tombés malades. Nous n"avons souffert que de la chaleur (40 à 42 degrés au Rajasthan en cette saison). Je donnerai à la fin des précisions sur le budget.
j'en profite pour remercier tous les membres du forum qui nous ont aidé à planifier le voyage et à choisir les étapes. Merci Merci car sans vous ce voyage n'aurait pas été ce qu'ila été 🙂
RECIT DE VOYAGE
PARTIE 1 : DELHI KOTA BUNDI
J1: arrivée Delhi à 5h du matin, par Finnair🤪, après escale à Helsinki. Excellente compagnie je dois dire.
Change à l’arrivée à la Bank of India, 63, 90 Rp pour un euro sans commission. Je n'ai changé que 100 euros et j'ai regretté après, le change est moins bon dans les villes secondaires du Rajasthan.
Eviter Thomas Cook juste à côté : donne moins malgré le prix affiché qui semble similaire, car prend une commission (inofficielle).
Stand de taxi prépayé de la police : 350 Rp Pas de problème avec le taxi
UNE DEMI JOURNEE A NIZAMUDDIN :
Nous allons à Nizamuddin Ouest, chez une amie d’amie qui nous passe une chambre pour quelques heures, car nous avons un train à prendre à 14h pour Kota
Visite de Nizamuddin ouest : le quartier résidentiel où nous logeons se transforme au bout de 10 minutes en petit quartier musulman, puis en un dédale de ruelles étroites avec des chèvres, des vaches, des petites échoppes, qui ressemble plus à un village. Notre but est de visiter les tombes des saints musulmans qui sont parsemées entre les ruelles, parfois dans des aires un peu vagues, puis la Dargah du saint Nizamuddin.
Les enfants commencent à paniquer car les rues sont de plus en plus sales, jonchées de détritus voire d’excréments, sous la chaleur la puanteur s’amplifie, l’étal d’une boucherie islamique fait frémir, il y a des foules d’enfants qui nous suivent, des regards interrogateurs. Nous nous perdons un peu, je redemande plusieurs fois mon chemin, bref on arrive enfin devant la Dargah, on nous fait enlever les chaussures et nous suivons le labyrinthe de couloirs sombres qui entoure un puits puis diverses cours. Les couloirs sont jonchés de mendiants qui attendent de la nourriture, leur vue est très difficile pour les enfants, ils sont squelettiques, les enfants ont des petits membres décharnés repliés sous leurs corps sans force, les adultes nous agrippent et sollicitent des aumônes. Mes enfants veulent sortir, mais on est coincés et il faut avancer. Enfin nous ressortons au grand jour, dans la cour qui abrite le monument à Nizamuddin, autour duquel sont étalés des tapis et des bâches pour protéger du soleil qui tape tellement qu’on ne peut marcher pieds nus sur les dalles en dehors des tapis. On fait le tour en contemplant les fidèles en prière, hommes et femmes vêtues de saris multicolores, de diverses classes sociales assis tout autour du monument ; On décide de rebrousser chemin, et il faut affronter à nouveau le dédale de corridors pour retrouver la sortie et nos chaussures. Les enfants sont épuisés du choc avec la pauvreté et de la chaleur. 🙁
Je décide alors d’aller visiter le tombeau de Humayun qui n’est pas loin. Mais sous la chaleur, le trajet semble long, les routes sont très larges (mathura road n’est pas facile à traverser !), une circulation démente et la pollution rend pénible le moindre trajet à pied.
On finit par arriver devant le monument, caisse et achat de billet (150 Rp, gratuit pour les enfants) et là c’est splendide ! Nous arrivons devant une succession de mausolées et monuments de toute beauté de l’époque moghole, entourés de luxuriants jardins et de fontaines. L’endroit est paradisiaque en comparaison de celui que nous venons de quitter.
Nous paressons dans les jardins à l’ombre des arbres en admirant le nombre de volatiles qui y vivent et y croassent, nous allons siroter des cocas à la buvette et nous faire prendre en photos sur les marches du mausolée en compagnie des Indiens, qui évidemment repèrent ma fille blondinette qui est réquisitionnée pour faire de la figuration sur leurs photos !
Enfin il est l’heure de rentrer, prendre nos bagages et nous diriger vers la Gare de Nizamuddin, avec un Rickshaw bien sûr, qui sillonne les autoroutes en sens inverse de celui de la circulation ( !!!), il me fait de frayeurs bleues mais bon heureusement ce n’est pas loin. Aucune difficulté pour trouver le train, notre wagon Sleeper affiche bien notre nom parmi la liste des passagers, on part à l’heure bref TOUT VA BIEn
VOYAGE DELHI KOTA EN SLEEPER PUIS TRANSFERT BUNDI :
Le wagon sleeper me fait plutôt une bonne impression, du moins après le départ car avant, on a eu droit à un essaim de mendiants et de vendeurs divers qui ont défilé dans le wagon. L’un des mendiants rampait par terre sans jambes. Dur à supporter.
On voyage aux côtés d’une famille indienne très « middle class ». J’en profite pour essayer de lier conversation. Le père ingénieur mécanique, a déjà été en France, en Alsace, pour visiter une usine de fabrication d’excavateurs. Le fils fréquente un lycée technique à Kota, ville réputée pour ses institutions d’enseignement. Il potasse durant tout le voyage son livre de physique, un manuel revêche imprimé tout petit sur papier de type recyclé, sans aucune illustration en couleur, ferme les yeux et se récite les formules à retenir, puis passe à la suivante. Son zèle ferait pâlir tout lycéen français ! La mère, très effacée, me parle à peine. Enfin quand les autres me parlent anglais, je dois leur faire tout répéter car ils ont un tel accent que j’ai du mal à les comprendre (je parle anglais couramment car j’ai vécu des années aux USA mais vraiment l’accent indien c’est spécial !!)
On achète du « tchaé » puis des burgers végétariens (20rp) aux préposés du wagon restaurant qui arpentent le wagon. On regarde le paysage, fascinés par cette succession de paysages arides, désertiques, entrecoupés d’oasis verdoyantes, puis par des banlieues de villes sans aucun style, bardées de fils, de montagnes d’ordures où habitent directement des pauvres familles hirsutes dans des abris faits de sacs poubelles et de bâches plastiques dégoutantes, fouillant au milieu des détritus. Dans les gares, à nouveau l’animation des vendeurs qui entrent dans le wagon avec des seaux, des plateaux de nourriture, des boissons… Le soleil se couche doucement sur ce paysage déroutant, la nuit tombe, on arrive à Kota, où l’animation est toute de suite grouillante à nouveau.
On sort du wagon et on commence à gravir la passerelle qui enjambe les voies ferrées et mène à la sortie. Je n’ai eu aucune réponse à mon mail à la guesthouse de bundi, donc je m’apprête à affronter les rickshaws à la sortie pour nous faire conduire à un hôtel près de la gare, en me disant qu’avec les enfants je ne ferai pas de longs trajets de nuit.
Soudain, en montant l’escalier, j’entends distinctement quelqu’un appeler mon nom, puis le nom de mes enfants. On regarde, hébétés, et on voit un jeune homme qui nous appelle. C’est Montu, de la Shivam Guest house de Bundi qui était venu nous chercher ! Je n’en reviens pas ! Cette bonne surprise inattendue va nous permettre de gagner Bundi le soir même.
Montu « négocie » un rickshaw avec plusieurs autres personnes, on s’y entasse à 7 (les enfants sur la barre qui sépare la cabine de l’espace du chauffeur), les valises amoncelées au fond. Je ne sais pas où on va, mais le rickshaw se démène dans de gros embouteillages, très nerveusement, on roule pas mal, les rues sont éclairées et on voit des myriades de magasins ouverts, des tissus colorés, des foules de gens, de voitures, de rickshaws qui klaxonnent… finalement, on arrive à la gare des bus.
Tout le monde descend et Montu nous montre le bus pour Bundi (rien d’écrit en anglais, je ne sais pas comment on aurait trouvé) et on s’installe, il partira dès qu’il sera un peu rempli. Soudain c’est Pinky qui arrive avec une copine et ses deux enfants ! Grande joie de tout le monde, on se présente, on fait connaissance, on raconte comment on s’est trouvés à la gare … Les enfants ont faim et Montu est parti leur acheter des chips, elles sont trop pimentées (parfum « massala », ca pique pour eux) ! Bref le bus s’ébranle et on arrive à Bundi en pleine nuit, vers 9h30 voire plus. Là à nouveau, longue négociation de Montu pour un rickshaw, on part même à pied en roulant les valises (je pensais qu’on allait à pied), mais non c’est une feinte, le rickshaw nous rappelle et cette fois on monte dedans … à 10 personnes (je ne blague pas ! je précise que le siège est fait pour 3 maximum) !!
Enfin on arrive rompus à la Guesthouse, présentations de toute la famille, et re récit de notre rencontre à la gare de Kota, où MOntu est venu nous chercher en apprenant qu’on avait eu leur adresse par Ashanti du forum 😉… on s’installe sur la terrasse, morts de faim et de fatigue, on commande 2 plats rapides (enfin, rapide n’est pas le mot !), on file dormir. On nous installe dans la « chambre familiale », grande chambre toute propre avec deux grands lits ornés de très beaux draps imprimés à motifs « block print » et deux ventilateurs, une belle salle de bain.
Quelle première journée ! On en a plein les yeux !
J 2-3-4 : BUNDI
J2 : découverte de Bundi
Le matin on prend notre petit déjeuner sur la terrasse de la Shivam Guest house : c’est impressionnant avec les montagnes environnantes et le château qu’on aperçoit juste au dessus, sans parler des singes entreprenants qui se baladent d’un toit à l’autre. On refait la connaissance de toute la famille, les parents adorables, Montu et Pinky qui parlent bien anglais, et Tampi, le plus jeune frère, qui fait des études d’informatique à Jaipur. Ils nous parlent abondamment d’Achille et perle (les enfants d’Ashanti) et nous demandent de leurs nouvelles.
Puis on fait notre première sortie en ville … qui durera jusqu’au soir ! Au début, les enfants sont un peu épouvantés par la circulation : rickshaws, motos, vaches, chiens, chèvres, voitures etc, tout le monde fonce en appuyant sur le champignon et la sonnette à la fois, bref c’est à vous de vous pousser ! Sans parler de la pollution, qui irrite le nez. On ne peut marcher qu’en file indienne et encore au moindre coup de sonnette il faut savoir se ranger promptement de côté ! Mais les enfants prennent vite le pli…
Nous découvrons une petite ville charmante, avec des maisons peintes d’éléphants et de fleurs, des haveli typiques qu’on nous invite à visiter. Partout on nous accueille avec un « hello, what’s your name » et tout le monde veut savoir s’où nous venons, comment nous nous appelons, où est mon mari (je n’en ai pas, mais comment leur faire comprendre un truc aussi impossible pour eux ?), si les enfants sont bien mes enfants (ca va devenir une question lancinante, partout on veut savoir pourquoi je suis la maman d’une petite blonde et d’un enfant brun basané qui ressemble à un Indien).
Les gens passent les mains dans les cheveux blonds de ma fille, puis ils pointent mon fils du doigt et disent « Hindi ? Bharat ? ». Il en a un peu marre, mon petit tsigane, et il n’aime pas que je raconte l’histoire de leur adoption, alors je finis par mentir en disant que oui, leur père est resté à Paris, réponse qui satisfait finalement même si elle doit paraitre improbable !
On visite le marché, les réserves d’eau et le baori (puits gigantesque avec des escaliers descendant en forme géométrique, malheureusement jonché de sacs plastiques et de crottes d’animaux)… On s’achète un lassi merveilleux chez « Sathi’s lassi » (sur la route qui descend du château), et moult bouteilles d’eau fraiche dont nous faisons une consommation énorme, sans compter les bouteilles de jus de mangue, plus parfois un pepsi ou limonade. On a tellement chaud qu’on ne mange rien du tout !
Je commence même nos premiers achats, car les enfants ont besoin de sandales. Les échoppes ont une plate forme à 1m au dessus de la hauteur de la rue, sur laquelle on monte en se déchaussant. On achète 2 paires de sandales et une paire de tongues pour 490 roupies (8 euros), je suis contente, mais j’apprends le soir que je me suis faite rouler et qu’il fallait payer la moitié ! Bon ce n’est pas bien grave. Les sandales par contre ne sont pas de bien grande qualité, ce n’est pas du cuir mais du synthétique ou du carton +Tissu, la première paire lâche rapidement…
On rentre rompus le soir, discussions animées sur la terrasse où on échange les infos avec les routards français qui sont fort nombreux ce soir là, et les membres de la famille de nos hôtes qui se mêlent gaiment aux discussions tout en servant à manger. Faut pas être pressés, nous sommes les derniers servis et avons attendu le repas (riz et légumes uniquement) plus d’une heure ! Sinon on prend des tuyaux auprès des autres voyageurs, on nous dit que la montée au château est rude, et la montagne peuplée de dangereux singes qui n’hésitent pas à attaquer les touristes isolés. Bigre !
J3 : visite de la forteresse et du château au programme, puis jait sagar.
Avertie, je décide de louer un rickshaw auquel je demande d’aborder la forteresse par l’arrière, je me dis qu’on redescendra vers le château ce sera plus facile. Il y a 10 km de route très mauvaise et le rickshaw peine terriblement. On arrive à un petit poste de garde et on aperçoit les murailles impressionnantes de la forteresse, fermée. Personne ne sait comment aller vers le château. Le chauffeur ne comprend pas un traitre mot d’anglais et ne sait pas où l’on doit passer, on attend sous le soleil, je lui montre le plan mais il ne sait rien, on est coincés…
Enfin arrive un type avec un gros gourdin qui se propose de nous faire faire le tour de la forteresse et de nous indiquer le chemin vers le château. Le gourdin c’est pour écarter les singes à tête rouge🤪, bon ca me rassure… Bref il nous ouvre la porte de la forteresse et on commence à longer les gigantesques remparts, puis on découvre avec émerveillement les enfilades de pièces avec des murs peints, des fresques, les terrasses, les jardins suspendus, les esplanades, les gros réservoirs d’eau et les puits gigantesques, un château de la belle au bois dormant envahi par la végétation et les animaux (singes, chauve souris, lézards, insectes etc). Avec une vue superbe sur la vallée et les petites maisons bleues de Bundi en bas.
Le guide nous indique la direction qui descend vers le château, qui est environ à une demi-heure de marche plus bas. Mais je ne veux pas faire le chemin seule. Nous n’avons rencontré aucun touriste du tout sur ce site pourtant époustouflant. Finalement on avise deux touristes australiens qui sont montés du château au pied et consentent à faire le trajet avec nous. Les pierres sont très glissantes par endroit mais ca va. Et là on arrive au château de Bundi (16-17e siècle), splendide, constitué de cours entourées de cloitres ouvrant sur des chambres richement décorées de fresques ou de petits miroirs incrustés. Les miniatures peintes sont de toute beauté et les couleurs superbes. On n’y rencontre très peu de touristes.
Finalement on arrive à la partie basse du château, celle dont l’entrée est payante quand on arrive par le bas, mais nous n’avons pas de billets puisque nous sommes arrivés par le sommet de la montagne. Les enfants sont épuisés de chaleur et veulent rentrer à la maison, mais le garde nous propose de faire venir de l’eau moyennant 20 Rp (le prix habituel de la bouteille est de 10 Rp, le garde prend son portable et au bout de 10 minutes, on voit un gamin qui a fait la montée en courant pour nous apporter la bouteille tant désirée…), ok on prend.
Ensuite le garde veut nous vendre des billets et fait le calcul : 60 Rp par personne (tiens les enfants sont payants ? oui dit il), plus 60 Rp pour l’appareil photo. Je lui tends les billets, il empoche ca et les fourre dans sa poche ! et là je comprends qu’il n’a pas de souche pour vendre des billets et que tout ca c’est pour bibi ! Bref tant pis. On ne m’y reprendra pas. La partie payante est d’ailleurs bien petite après tout ce que nous avons vu. On y paresse un peu, avec deux touristes allemand, dans un recoin sculpté qui offre une vue panoramique sur la ville, bien à l’ombre et au frais. Bon poste d’observation cet endroit ! le maharajah a bien vu ! Enfin on redescend vers la ville.
Je décide de faire un tour du côté du lac qui doit se trouver à 2km au nord de la ville, nous suivons une rue qui mène vers le nord, bordée d’échoppes de bijoutiers et où ma fille repère un bracelet en argent torsadé que nous emportons pour 200 Rp (l’argent vaut 20 Rp le gramme, il y a 8 grammes ca fait 160 Rp plus un peu plus pour le travail de l’orfèvre). Pas cher !
On continue la rue et on découvre des boutiques pas du tout touristiques, des tailleurs, des magasins de tissus. Petit à petit, la ville se transforme en village, nous sommes suivis par une joyeuse cohorte d’enfants, sous une chaleur torride. Certains nous demandent « one roupie », ou bien « one pen », voire « one bottle » (ils collectent les bouteilles vides, ca se revent parait il, ou bien ca peut se réutiliser aussi pour y mettre de l’eau prise au puits). On s’arrête plus d’une heure sous un grand arbre, épuisés, les enfants restent autour de nous et on discute...
Finalement on arrive au lac, on entre dans le domaine de la « maison de Kipling » (enfin Kipling y a dormi en tout et pour tout une seule nuit), qu’un garde nous fait visiter, c’est un charmant petit pavillon situé magiquement au bord du Jait Sagar, vers où descendent une série de jolis ghats où les gens viennent se laver ou se baigner. Des singes jouent dans les arbres. Le garde nous fait visiter les jardins, nous montre les manguiers où pendent des mangues encore vertes. La vue est splendide sur le lac. On y reste tout l’après midi, au frais. Le lendemain on reviendra s’y baigner encore une fois, car c’est le seul endroit frais de la ville.😛
J4 : cette fois c’est notre dernière journée à Bundi. Promenades et lac.
Au petit déjeuner, outre les touristes, un imam musulman en grand habit tout blanc, venu dit il pour « affaires » d’Udaipur. Les enfants veulent rester à la guest house, je les laisse jouer avec Tampi, qui est un fana d’ordinateur et qui la veille au soir les a amenés faire un tour de moto de nuit dans la ville. Ils étaient ravis et adorent Montu, Pinky et Tampi ! ils jouent à nourrir la tortue dont la carapace dessine une étoile, il parait que c’est rare. Elle ne mange que des gombos, la veinarde !
Je pars au marché, bien décidée à faire des achats, notamment les draps imprimés par la technique du block print que j’ai vus à la guest house. J’en trouve au marché, 80 Rp, plus des foulards colorés (50-60 Rp). J’achète de la crème Odomos pour les moustiques dans une petite pharmacie (58 Rp), car on se fait piquer les mollets le soir sur la terrasse de la guest house.
L’après midi on retourne au lac, il y a un grand mariage musulman où nous reconnaissons l’imam vu le matin, qui y officie. Les invités sont parés de leurs plus beaux atours et je me dis que c’est un endroit idéal pour un mariage. On nous propose des plats mais je refuse prudemment : régime riz et légumes cuits uniquement pour l’instant, selon les recommandations. D’ailleurs nous ne tomberons jamais malades au cours de notre voyage. Il fait très très chaud et je suis prudente : pas d’écarts pour la nourriture.
Ce soir là, la chambre est terriblement chaude (elle est située sous la terrasse) et personne n’arrive à dormir. J’envie les touristes qui ont des chambres au rez de chaussée (plus petites mais bien plus fraiches).
Le lendemain nous partons à la gare, à 7h15 nous avons un train pour Chittaurgar.
Suite au prochain épisode 🙂 LIRE LA SUITE DANS LES MESSAGES PLUS BAS !
Amicalement
Deborah 🙂 et ses deux loulous de 9 et 11 ans (une blondinette, un brun bronzé) 😎
Trajet: Delhi - Kota - Bundi - Chittorgarh - Udaipur - Delhi du 13 au 26 avril 2009
Modalités du voyage: je voyage seule avec avec mes deux enfants. Je n'ai pas loué de voiture, nous nous sommes déplacés en train et transports en commun. Nous avons réservé 3 trajets sur le site des chemins de fer à l'avance. Nous sommes ravis du voyage et rentrons éblouis même si certaines choses ont été dures. Je pense qu'il nous faudra longtemps pour réellement digérer tout ca. Mais l'impression générale est excellente, nous n'avons eu aucun ennui, aucune entourloupe, les gens ont été dans la très grande majorité d'une extrême gentillesse. Nous ne sommes pas tombés malades. Nous n"avons souffert que de la chaleur (40 à 42 degrés au Rajasthan en cette saison). Je donnerai à la fin des précisions sur le budget.
j'en profite pour remercier tous les membres du forum qui nous ont aidé à planifier le voyage et à choisir les étapes. Merci Merci car sans vous ce voyage n'aurait pas été ce qu'ila été 🙂
RECIT DE VOYAGE
PARTIE 1 : DELHI KOTA BUNDI
J1: arrivée Delhi à 5h du matin, par Finnair🤪, après escale à Helsinki. Excellente compagnie je dois dire.
Change à l’arrivée à la Bank of India, 63, 90 Rp pour un euro sans commission. Je n'ai changé que 100 euros et j'ai regretté après, le change est moins bon dans les villes secondaires du Rajasthan.
Eviter Thomas Cook juste à côté : donne moins malgré le prix affiché qui semble similaire, car prend une commission (inofficielle).
Stand de taxi prépayé de la police : 350 Rp Pas de problème avec le taxi
UNE DEMI JOURNEE A NIZAMUDDIN :
Nous allons à Nizamuddin Ouest, chez une amie d’amie qui nous passe une chambre pour quelques heures, car nous avons un train à prendre à 14h pour Kota
Visite de Nizamuddin ouest : le quartier résidentiel où nous logeons se transforme au bout de 10 minutes en petit quartier musulman, puis en un dédale de ruelles étroites avec des chèvres, des vaches, des petites échoppes, qui ressemble plus à un village. Notre but est de visiter les tombes des saints musulmans qui sont parsemées entre les ruelles, parfois dans des aires un peu vagues, puis la Dargah du saint Nizamuddin.
Les enfants commencent à paniquer car les rues sont de plus en plus sales, jonchées de détritus voire d’excréments, sous la chaleur la puanteur s’amplifie, l’étal d’une boucherie islamique fait frémir, il y a des foules d’enfants qui nous suivent, des regards interrogateurs. Nous nous perdons un peu, je redemande plusieurs fois mon chemin, bref on arrive enfin devant la Dargah, on nous fait enlever les chaussures et nous suivons le labyrinthe de couloirs sombres qui entoure un puits puis diverses cours. Les couloirs sont jonchés de mendiants qui attendent de la nourriture, leur vue est très difficile pour les enfants, ils sont squelettiques, les enfants ont des petits membres décharnés repliés sous leurs corps sans force, les adultes nous agrippent et sollicitent des aumônes. Mes enfants veulent sortir, mais on est coincés et il faut avancer. Enfin nous ressortons au grand jour, dans la cour qui abrite le monument à Nizamuddin, autour duquel sont étalés des tapis et des bâches pour protéger du soleil qui tape tellement qu’on ne peut marcher pieds nus sur les dalles en dehors des tapis. On fait le tour en contemplant les fidèles en prière, hommes et femmes vêtues de saris multicolores, de diverses classes sociales assis tout autour du monument ; On décide de rebrousser chemin, et il faut affronter à nouveau le dédale de corridors pour retrouver la sortie et nos chaussures. Les enfants sont épuisés du choc avec la pauvreté et de la chaleur. 🙁
Je décide alors d’aller visiter le tombeau de Humayun qui n’est pas loin. Mais sous la chaleur, le trajet semble long, les routes sont très larges (mathura road n’est pas facile à traverser !), une circulation démente et la pollution rend pénible le moindre trajet à pied.
On finit par arriver devant le monument, caisse et achat de billet (150 Rp, gratuit pour les enfants) et là c’est splendide ! Nous arrivons devant une succession de mausolées et monuments de toute beauté de l’époque moghole, entourés de luxuriants jardins et de fontaines. L’endroit est paradisiaque en comparaison de celui que nous venons de quitter.
Nous paressons dans les jardins à l’ombre des arbres en admirant le nombre de volatiles qui y vivent et y croassent, nous allons siroter des cocas à la buvette et nous faire prendre en photos sur les marches du mausolée en compagnie des Indiens, qui évidemment repèrent ma fille blondinette qui est réquisitionnée pour faire de la figuration sur leurs photos !
Enfin il est l’heure de rentrer, prendre nos bagages et nous diriger vers la Gare de Nizamuddin, avec un Rickshaw bien sûr, qui sillonne les autoroutes en sens inverse de celui de la circulation ( !!!), il me fait de frayeurs bleues mais bon heureusement ce n’est pas loin. Aucune difficulté pour trouver le train, notre wagon Sleeper affiche bien notre nom parmi la liste des passagers, on part à l’heure bref TOUT VA BIEn
VOYAGE DELHI KOTA EN SLEEPER PUIS TRANSFERT BUNDI :
Le wagon sleeper me fait plutôt une bonne impression, du moins après le départ car avant, on a eu droit à un essaim de mendiants et de vendeurs divers qui ont défilé dans le wagon. L’un des mendiants rampait par terre sans jambes. Dur à supporter.
On voyage aux côtés d’une famille indienne très « middle class ». J’en profite pour essayer de lier conversation. Le père ingénieur mécanique, a déjà été en France, en Alsace, pour visiter une usine de fabrication d’excavateurs. Le fils fréquente un lycée technique à Kota, ville réputée pour ses institutions d’enseignement. Il potasse durant tout le voyage son livre de physique, un manuel revêche imprimé tout petit sur papier de type recyclé, sans aucune illustration en couleur, ferme les yeux et se récite les formules à retenir, puis passe à la suivante. Son zèle ferait pâlir tout lycéen français ! La mère, très effacée, me parle à peine. Enfin quand les autres me parlent anglais, je dois leur faire tout répéter car ils ont un tel accent que j’ai du mal à les comprendre (je parle anglais couramment car j’ai vécu des années aux USA mais vraiment l’accent indien c’est spécial !!)
On achète du « tchaé » puis des burgers végétariens (20rp) aux préposés du wagon restaurant qui arpentent le wagon. On regarde le paysage, fascinés par cette succession de paysages arides, désertiques, entrecoupés d’oasis verdoyantes, puis par des banlieues de villes sans aucun style, bardées de fils, de montagnes d’ordures où habitent directement des pauvres familles hirsutes dans des abris faits de sacs poubelles et de bâches plastiques dégoutantes, fouillant au milieu des détritus. Dans les gares, à nouveau l’animation des vendeurs qui entrent dans le wagon avec des seaux, des plateaux de nourriture, des boissons… Le soleil se couche doucement sur ce paysage déroutant, la nuit tombe, on arrive à Kota, où l’animation est toute de suite grouillante à nouveau.
On sort du wagon et on commence à gravir la passerelle qui enjambe les voies ferrées et mène à la sortie. Je n’ai eu aucune réponse à mon mail à la guesthouse de bundi, donc je m’apprête à affronter les rickshaws à la sortie pour nous faire conduire à un hôtel près de la gare, en me disant qu’avec les enfants je ne ferai pas de longs trajets de nuit.
Soudain, en montant l’escalier, j’entends distinctement quelqu’un appeler mon nom, puis le nom de mes enfants. On regarde, hébétés, et on voit un jeune homme qui nous appelle. C’est Montu, de la Shivam Guest house de Bundi qui était venu nous chercher ! Je n’en reviens pas ! Cette bonne surprise inattendue va nous permettre de gagner Bundi le soir même.
Montu « négocie » un rickshaw avec plusieurs autres personnes, on s’y entasse à 7 (les enfants sur la barre qui sépare la cabine de l’espace du chauffeur), les valises amoncelées au fond. Je ne sais pas où on va, mais le rickshaw se démène dans de gros embouteillages, très nerveusement, on roule pas mal, les rues sont éclairées et on voit des myriades de magasins ouverts, des tissus colorés, des foules de gens, de voitures, de rickshaws qui klaxonnent… finalement, on arrive à la gare des bus.
Tout le monde descend et Montu nous montre le bus pour Bundi (rien d’écrit en anglais, je ne sais pas comment on aurait trouvé) et on s’installe, il partira dès qu’il sera un peu rempli. Soudain c’est Pinky qui arrive avec une copine et ses deux enfants ! Grande joie de tout le monde, on se présente, on fait connaissance, on raconte comment on s’est trouvés à la gare … Les enfants ont faim et Montu est parti leur acheter des chips, elles sont trop pimentées (parfum « massala », ca pique pour eux) ! Bref le bus s’ébranle et on arrive à Bundi en pleine nuit, vers 9h30 voire plus. Là à nouveau, longue négociation de Montu pour un rickshaw, on part même à pied en roulant les valises (je pensais qu’on allait à pied), mais non c’est une feinte, le rickshaw nous rappelle et cette fois on monte dedans … à 10 personnes (je ne blague pas ! je précise que le siège est fait pour 3 maximum) !!
Enfin on arrive rompus à la Guesthouse, présentations de toute la famille, et re récit de notre rencontre à la gare de Kota, où MOntu est venu nous chercher en apprenant qu’on avait eu leur adresse par Ashanti du forum 😉… on s’installe sur la terrasse, morts de faim et de fatigue, on commande 2 plats rapides (enfin, rapide n’est pas le mot !), on file dormir. On nous installe dans la « chambre familiale », grande chambre toute propre avec deux grands lits ornés de très beaux draps imprimés à motifs « block print » et deux ventilateurs, une belle salle de bain.
Quelle première journée ! On en a plein les yeux !
J 2-3-4 : BUNDI
J2 : découverte de Bundi
Le matin on prend notre petit déjeuner sur la terrasse de la Shivam Guest house : c’est impressionnant avec les montagnes environnantes et le château qu’on aperçoit juste au dessus, sans parler des singes entreprenants qui se baladent d’un toit à l’autre. On refait la connaissance de toute la famille, les parents adorables, Montu et Pinky qui parlent bien anglais, et Tampi, le plus jeune frère, qui fait des études d’informatique à Jaipur. Ils nous parlent abondamment d’Achille et perle (les enfants d’Ashanti) et nous demandent de leurs nouvelles.
Puis on fait notre première sortie en ville … qui durera jusqu’au soir ! Au début, les enfants sont un peu épouvantés par la circulation : rickshaws, motos, vaches, chiens, chèvres, voitures etc, tout le monde fonce en appuyant sur le champignon et la sonnette à la fois, bref c’est à vous de vous pousser ! Sans parler de la pollution, qui irrite le nez. On ne peut marcher qu’en file indienne et encore au moindre coup de sonnette il faut savoir se ranger promptement de côté ! Mais les enfants prennent vite le pli…
Nous découvrons une petite ville charmante, avec des maisons peintes d’éléphants et de fleurs, des haveli typiques qu’on nous invite à visiter. Partout on nous accueille avec un « hello, what’s your name » et tout le monde veut savoir s’où nous venons, comment nous nous appelons, où est mon mari (je n’en ai pas, mais comment leur faire comprendre un truc aussi impossible pour eux ?), si les enfants sont bien mes enfants (ca va devenir une question lancinante, partout on veut savoir pourquoi je suis la maman d’une petite blonde et d’un enfant brun basané qui ressemble à un Indien).
Les gens passent les mains dans les cheveux blonds de ma fille, puis ils pointent mon fils du doigt et disent « Hindi ? Bharat ? ». Il en a un peu marre, mon petit tsigane, et il n’aime pas que je raconte l’histoire de leur adoption, alors je finis par mentir en disant que oui, leur père est resté à Paris, réponse qui satisfait finalement même si elle doit paraitre improbable !
On visite le marché, les réserves d’eau et le baori (puits gigantesque avec des escaliers descendant en forme géométrique, malheureusement jonché de sacs plastiques et de crottes d’animaux)… On s’achète un lassi merveilleux chez « Sathi’s lassi » (sur la route qui descend du château), et moult bouteilles d’eau fraiche dont nous faisons une consommation énorme, sans compter les bouteilles de jus de mangue, plus parfois un pepsi ou limonade. On a tellement chaud qu’on ne mange rien du tout !
Je commence même nos premiers achats, car les enfants ont besoin de sandales. Les échoppes ont une plate forme à 1m au dessus de la hauteur de la rue, sur laquelle on monte en se déchaussant. On achète 2 paires de sandales et une paire de tongues pour 490 roupies (8 euros), je suis contente, mais j’apprends le soir que je me suis faite rouler et qu’il fallait payer la moitié ! Bon ce n’est pas bien grave. Les sandales par contre ne sont pas de bien grande qualité, ce n’est pas du cuir mais du synthétique ou du carton +Tissu, la première paire lâche rapidement…
On rentre rompus le soir, discussions animées sur la terrasse où on échange les infos avec les routards français qui sont fort nombreux ce soir là, et les membres de la famille de nos hôtes qui se mêlent gaiment aux discussions tout en servant à manger. Faut pas être pressés, nous sommes les derniers servis et avons attendu le repas (riz et légumes uniquement) plus d’une heure ! Sinon on prend des tuyaux auprès des autres voyageurs, on nous dit que la montée au château est rude, et la montagne peuplée de dangereux singes qui n’hésitent pas à attaquer les touristes isolés. Bigre !
J3 : visite de la forteresse et du château au programme, puis jait sagar.
Avertie, je décide de louer un rickshaw auquel je demande d’aborder la forteresse par l’arrière, je me dis qu’on redescendra vers le château ce sera plus facile. Il y a 10 km de route très mauvaise et le rickshaw peine terriblement. On arrive à un petit poste de garde et on aperçoit les murailles impressionnantes de la forteresse, fermée. Personne ne sait comment aller vers le château. Le chauffeur ne comprend pas un traitre mot d’anglais et ne sait pas où l’on doit passer, on attend sous le soleil, je lui montre le plan mais il ne sait rien, on est coincés…
Enfin arrive un type avec un gros gourdin qui se propose de nous faire faire le tour de la forteresse et de nous indiquer le chemin vers le château. Le gourdin c’est pour écarter les singes à tête rouge🤪, bon ca me rassure… Bref il nous ouvre la porte de la forteresse et on commence à longer les gigantesques remparts, puis on découvre avec émerveillement les enfilades de pièces avec des murs peints, des fresques, les terrasses, les jardins suspendus, les esplanades, les gros réservoirs d’eau et les puits gigantesques, un château de la belle au bois dormant envahi par la végétation et les animaux (singes, chauve souris, lézards, insectes etc). Avec une vue superbe sur la vallée et les petites maisons bleues de Bundi en bas.
Le guide nous indique la direction qui descend vers le château, qui est environ à une demi-heure de marche plus bas. Mais je ne veux pas faire le chemin seule. Nous n’avons rencontré aucun touriste du tout sur ce site pourtant époustouflant. Finalement on avise deux touristes australiens qui sont montés du château au pied et consentent à faire le trajet avec nous. Les pierres sont très glissantes par endroit mais ca va. Et là on arrive au château de Bundi (16-17e siècle), splendide, constitué de cours entourées de cloitres ouvrant sur des chambres richement décorées de fresques ou de petits miroirs incrustés. Les miniatures peintes sont de toute beauté et les couleurs superbes. On n’y rencontre très peu de touristes.
Finalement on arrive à la partie basse du château, celle dont l’entrée est payante quand on arrive par le bas, mais nous n’avons pas de billets puisque nous sommes arrivés par le sommet de la montagne. Les enfants sont épuisés de chaleur et veulent rentrer à la maison, mais le garde nous propose de faire venir de l’eau moyennant 20 Rp (le prix habituel de la bouteille est de 10 Rp, le garde prend son portable et au bout de 10 minutes, on voit un gamin qui a fait la montée en courant pour nous apporter la bouteille tant désirée…), ok on prend.
Ensuite le garde veut nous vendre des billets et fait le calcul : 60 Rp par personne (tiens les enfants sont payants ? oui dit il), plus 60 Rp pour l’appareil photo. Je lui tends les billets, il empoche ca et les fourre dans sa poche ! et là je comprends qu’il n’a pas de souche pour vendre des billets et que tout ca c’est pour bibi ! Bref tant pis. On ne m’y reprendra pas. La partie payante est d’ailleurs bien petite après tout ce que nous avons vu. On y paresse un peu, avec deux touristes allemand, dans un recoin sculpté qui offre une vue panoramique sur la ville, bien à l’ombre et au frais. Bon poste d’observation cet endroit ! le maharajah a bien vu ! Enfin on redescend vers la ville.
Je décide de faire un tour du côté du lac qui doit se trouver à 2km au nord de la ville, nous suivons une rue qui mène vers le nord, bordée d’échoppes de bijoutiers et où ma fille repère un bracelet en argent torsadé que nous emportons pour 200 Rp (l’argent vaut 20 Rp le gramme, il y a 8 grammes ca fait 160 Rp plus un peu plus pour le travail de l’orfèvre). Pas cher !
On continue la rue et on découvre des boutiques pas du tout touristiques, des tailleurs, des magasins de tissus. Petit à petit, la ville se transforme en village, nous sommes suivis par une joyeuse cohorte d’enfants, sous une chaleur torride. Certains nous demandent « one roupie », ou bien « one pen », voire « one bottle » (ils collectent les bouteilles vides, ca se revent parait il, ou bien ca peut se réutiliser aussi pour y mettre de l’eau prise au puits). On s’arrête plus d’une heure sous un grand arbre, épuisés, les enfants restent autour de nous et on discute...
Finalement on arrive au lac, on entre dans le domaine de la « maison de Kipling » (enfin Kipling y a dormi en tout et pour tout une seule nuit), qu’un garde nous fait visiter, c’est un charmant petit pavillon situé magiquement au bord du Jait Sagar, vers où descendent une série de jolis ghats où les gens viennent se laver ou se baigner. Des singes jouent dans les arbres. Le garde nous fait visiter les jardins, nous montre les manguiers où pendent des mangues encore vertes. La vue est splendide sur le lac. On y reste tout l’après midi, au frais. Le lendemain on reviendra s’y baigner encore une fois, car c’est le seul endroit frais de la ville.😛
J4 : cette fois c’est notre dernière journée à Bundi. Promenades et lac.
Au petit déjeuner, outre les touristes, un imam musulman en grand habit tout blanc, venu dit il pour « affaires » d’Udaipur. Les enfants veulent rester à la guest house, je les laisse jouer avec Tampi, qui est un fana d’ordinateur et qui la veille au soir les a amenés faire un tour de moto de nuit dans la ville. Ils étaient ravis et adorent Montu, Pinky et Tampi ! ils jouent à nourrir la tortue dont la carapace dessine une étoile, il parait que c’est rare. Elle ne mange que des gombos, la veinarde !
Je pars au marché, bien décidée à faire des achats, notamment les draps imprimés par la technique du block print que j’ai vus à la guest house. J’en trouve au marché, 80 Rp, plus des foulards colorés (50-60 Rp). J’achète de la crème Odomos pour les moustiques dans une petite pharmacie (58 Rp), car on se fait piquer les mollets le soir sur la terrasse de la guest house.
L’après midi on retourne au lac, il y a un grand mariage musulman où nous reconnaissons l’imam vu le matin, qui y officie. Les invités sont parés de leurs plus beaux atours et je me dis que c’est un endroit idéal pour un mariage. On nous propose des plats mais je refuse prudemment : régime riz et légumes cuits uniquement pour l’instant, selon les recommandations. D’ailleurs nous ne tomberons jamais malades au cours de notre voyage. Il fait très très chaud et je suis prudente : pas d’écarts pour la nourriture.
Ce soir là, la chambre est terriblement chaude (elle est située sous la terrasse) et personne n’arrive à dormir. J’envie les touristes qui ont des chambres au rez de chaussée (plus petites mais bien plus fraiches).
Le lendemain nous partons à la gare, à 7h15 nous avons un train pour Chittaurgar.
Suite au prochain épisode 🙂 LIRE LA SUITE DANS LES MESSAGES PLUS BAS !
Amicalement
Deborah 🙂 et ses deux loulous de 9 et 11 ans (une blondinette, un brun bronzé) 😎
Équipement complet néccessaire pour un séjour d'un mois en Inde du Sud en juillet/août? English translation pending
Bonjour à toutes et à tous ami(e)s du voyage et de l'aventure !
Nous profitons de ce forum pour vous demander quelques petits conseils.
En effet, nous projetons de partir en Inde du Sud, cet été entre le début Juillet et la fin Août 2009. Nous faisons le voyage Nice-Bombay et retour Bombay-Nice.
Sachant que cela correspond à la période de la mousson et que nous serons sac à dos, que pouvez-vous nous conseiller comme équipement de base de manière à ce qui soit le plus complet possible et le plus pratique pour nos déplacement ?
Vestimentaire (habits, chaussures, sandales, bottes, Kway, divers), pratique pour la toilette (savon, gel douche, dentifrice, serviettes, lingettes), pour se restaurer (ustensiles divers, gamelles, gourde, couteau suisse), sanitaire (protection anti moustiques, lotion, pommade, médoc, alcool, etc..) et tout ce qui vous parait indispensable pour compléter notre équipement... guides, plans, cartes, horaires...
d'autre part nous disposons d'un budget net de 900 € par personne pour le séjour de 1 mois, est-ce suffisant ? et faut-il prévoir également, CB, carte de tél, bourse, etc... et d'autres astuces ou précautions à prendre (change sur place, cadenas, divers..)
Merci par avance pour tous vos conseils 😉
Nous profitons de ce forum pour vous demander quelques petits conseils.
En effet, nous projetons de partir en Inde du Sud, cet été entre le début Juillet et la fin Août 2009. Nous faisons le voyage Nice-Bombay et retour Bombay-Nice.
Sachant que cela correspond à la période de la mousson et que nous serons sac à dos, que pouvez-vous nous conseiller comme équipement de base de manière à ce qui soit le plus complet possible et le plus pratique pour nos déplacement ?
Vestimentaire (habits, chaussures, sandales, bottes, Kway, divers), pratique pour la toilette (savon, gel douche, dentifrice, serviettes, lingettes), pour se restaurer (ustensiles divers, gamelles, gourde, couteau suisse), sanitaire (protection anti moustiques, lotion, pommade, médoc, alcool, etc..) et tout ce qui vous parait indispensable pour compléter notre équipement... guides, plans, cartes, horaires...
d'autre part nous disposons d'un budget net de 900 € par personne pour le séjour de 1 mois, est-ce suffisant ? et faut-il prévoir également, CB, carte de tél, bourse, etc... et d'autres astuces ou précautions à prendre (change sur place, cadenas, divers..)
Merci par avance pour tous vos conseils 😉
Quelle déception cette Thaïlande... English translation pending
Salut a toutes et tous, n'avez vous pas remarqué une forte dégradation de ce pays qui était pourtant si bien il y a encore peu de temps?Habitué a y aller au moins 2 fois par an, j'y ai remarqué une forte prise de grosse tête de la population locale, très habitué de voir toute l'année des touristes en masse...tout augmente à vu d'œil tous les an jusqu'à doubler d'une année sur l'autre!Le dernier exemple, la soirée de la half moon, un "pack" qui était jusqu'à présent proposé partout a Samui pour 350thb, et qui il y a 2 semaine était a 700(???)et sans l'entrée sur place!Cette party est a bannir tant elle est désolante de f... de gueule!Un attrape touriste de plus qui l'année prochaine sera peut être proposé a 1200thb, pourquoi pas après tout...mais entonnement pas bcp de touriste dans cette soirée, les gens auraient il compris de la supercherie (encore une)?1 ère fois et dernière...et la full moon?Des flics playmobil sur le ponton de l'embarcadère a racketter les touristes de 100thb parce que c'est le soir de la full...dépitant.Tout est devenu racket dans ce pays, c'est pour cela que les gens commence de plus en plus a le déserter...Un verre au Green Mango?En plus de la encore de la (forte) inflation, ces messieurs les serveurs vous servent une dose mesquine comme il maitrisent bien, si bien que votre vodka red bull, et bien ce n'est que de la red bull car la vodka est coupé a l'eau!expérience faite que j'ai gouté la vodka avant de verser la red...mesquin et arnaqueur jusque là...vraiment navrant...et tout est comme ça, sans parler qu'ils vous parlent de plus en plus comme de la merde, limite provocateurs...c'était la cerise sur la gâteau, on devait rester une semaine de plus, on est finalement rentré a Paris, trop c trop, mais ils sont devenu très très c...rare sont ceux qui vous sourit maintenant...Pays du sourire pouarf!!touristes inconscients que ceux qui le pense...sourire car ces gens la vous la mettent bien comme il faut, oui la ils vous sourit!!Pourtant habitué, une 10aines de fois quand même, donc très accoutumé, c'est un pays dont je ne retournerai plus, cause foutage de g*****!
Il y a tant de pays a faire et des gens qui sont près a nous accepter comme il se doit et pas que pour le fric!!Ce ne sont pas vous ni moi qui voyez, c'est un billet!!STOP
Salutations.
Etant que touristes, ce que vous croyez que les indiens pensent de vous? English translation pending
Bonjour Everybody,
On m'a demande sur mon autre discussion, ce que les indiens pensent aux touristes en inde. Je trouve que comme il n'y a pas assez d'indiens sur ce forum, on ne peut pas rendre la reponse assez interessante.
Alors, je demarre un autre discussion, on vous demandant a vous, les voyageurs etrangers en inde, CE QUE VOUS CROYEZ QU'ILS PENSENT A VOUS LES INDIENS ...
J'essayerais de faire commentaire sur vos reponses, etant qu'indien avec mon (ma?) perspective.
C'est un jeux de perception, et ca peut etre interessant si on veut. De toute facon, imaginer comment on est imagine par l'autre, est fascinannament kaleidoscopic a la base.
Jaydev jaydevmakwana@hotmail.com
On m'a demande sur mon autre discussion, ce que les indiens pensent aux touristes en inde. Je trouve que comme il n'y a pas assez d'indiens sur ce forum, on ne peut pas rendre la reponse assez interessante.
Alors, je demarre un autre discussion, on vous demandant a vous, les voyageurs etrangers en inde, CE QUE VOUS CROYEZ QU'ILS PENSENT A VOUS LES INDIENS ...
J'essayerais de faire commentaire sur vos reponses, etant qu'indien avec mon (ma?) perspective.
C'est un jeux de perception, et ca peut etre interessant si on veut. De toute facon, imaginer comment on est imagine par l'autre, est fascinannament kaleidoscopic a la base.
Jaydev jaydevmakwana@hotmail.com
Oman, au rythme du soleil English translation pending
Récit d’un voyage effectué à deux couples (Laurent/Dominique et Fabrice/Michèle) du 29 octobre au 9 novembre.
Mercredi 29 octobre
Lever tôt, vers les 05h00. Petit-déj’ rapide et à 05h45, Fabrice est là pour nous emmener à l’aéroport. Nous enregistrons nos sacs sans souci et nous embarquons dans un 737 de la Lufthansa qui va nous conduire à Francfort, où notre connexion pour Doha et finalement Muscat décolle. 2h30 de transit plus tard dans cet aéroport gigantesque aux contrôles poussés, nous nous présentons à la porte pour le vol suivant. Premier couac au moment de monter dans l’avion pour Doha sur un vol Qatarairways, le système informatique ne reconnaît pas nos billets électroniques. 2o minutes d’énervement pour le personnel au guichet, un peu de stress pour nous quand même, et nous sommes les derniers à monter dans l‘A330. Avion neuf, écran perso avec grand choix de films sur chaque siège, personnel aimable, le vol de 5h45 sera sans histoire. A Doha, l’escale est courte, à peine une heure. Juste le temps de constater que l’aéroport est moderne, bien mieux que celui d’Amman où nous avions transité pour aller en Thaïlande cet été. Une autre A330 nous amène à Muscat en 1h10, il est à moitié vide. Nous posons à l’heure, vers 23h00, et la température est bien agréable (env. 28 °). Vu que nous avions obtenu notre visa au consulat omanais à Genève, nous n’avons pas besoin de faire la longue queue des passagers qui débarquent sans ce tampon dans leur passeport. Nous passons donc rapidement les contrôles douaniers et récupérons nos sacs. A la sortie, taxi. Nous récupérerons notre véhicule de location demain. Il y a un comptoir où vous annoncez votre destination, vous payez et recevez un reçu et le préposé appelle un chauffeur. Les prix sont fixes. Pas de compteur, pas de négociation, pas d’arnaque. Pour 10 RO (tarif de nuit, le jour c’est 7 RO), on nous conduit au Al-Bahjah Hotel, à 20 minutes environ de l’aéroport dans la petite ville de Seeb. C’est un des hôtels les plus proches de l’aéroport à un prix qui nous convenait (30 RO la nuit avec le petit-déj’). Nous étions attendus, vu que j’avais réservé 2 chambres depuis la Suisse afin d’être sûr de pouvoir être logés la première nuit. Un camion qui livre du fuel en pleine nuit juste sous notre fenêtre, de même que l’appel à la première prière vers 04h30 fera que la nuit sera un peu perturbée…
Jeudi 30 octobre
Lever vers les 07h00 et après le petit-dèj’, nous reprenons un taxi direction l’aéroport pour prendre possession de notre voiture de location réservée via le site internet de Qatarairways. Nous effectuons les formalités d’usage et nous touchons une Toyota Landcruiser avec quelque 220'000 km au compteur. Elle sera parfaite tout au long du voyage. Les premiers instants de conduite seront en direction du centre commercial Carrefour, à quelques km de l’aéroport sur l’autoroute qui longe la côte en direction du Nord. On y fait les courses, on achète le matériel de camping dont nous avons besoin (réchaud, jerrycan, grill, charbon, bonbonnes de gaz, etc..). Enfin, le voyage peut commencer ! Direction Nakhal par d’excellentes routes. Nos inquiétudes s’évaporent, il est facile de conduire à Oman. Bon, nous n’avons pas encore testé les pistes … Une fois dans cette ville, nous visitons le splendide fort et nous poussons encore aux sources chaudes de Towarah. Le site n’est pas extraordinaire, mais reste tout de même à voir pour les gens du coin qui le fréquentent. Ils viennent y pique-niquer et s’y baigner dans un petit bassin spécialement aménagé à la sortie de la source. L’eau est chaude et claire, mais il faudrait remonter le cours de ce Wadi pour se retrouver un peu seul. Départ ensuite direction Ar Rustaq pour notre premier Wadi. En chemin, nous prenons notre premier repas dans un restaurant indo-pakistanais à Al Awabi, en face de la station service. Au menu, salade de crudités (ce sera toujours le cas par la suite), poulet frit et riz pour 3, 60 RO pour les 4 ! Comme nous le constaterons par la suite, la quasi-totalité des restaurants dans le Sultanat sont tenus soit par des Indiens, soit par des Pakistanais. Cela tombe bien, nous aimons cette cuisine, faite d’épices ! Continuation pour le Wadi As Sahta. On sort des routes goudronnées pour goûter à nos premières pistes. L’entrée du Wadi est magnifique et le 4x4 n’est pas encore vraiment indispensable. C’est juste plus pratique et plus prudent vu que la piste est faite de gros gravier qui gicle si on roule un peu vite. La nuit tombant rapidement, vers 17h30, il nous faut trouver un coin pour notre première nuit en camping. C’est là que notre guide « Oman Off-Road » va être très utile. Grâce aux indications qui y figurent, on découvre un endroit bien plat, avec le sol souple pour planter nos sardines, sur la route qui monte vers Al Hob, en contrebas sur la gauche, bien après l’école et le terrain de foot. On monte donc le camp, on ramasse du bois pour faire un feu. Ce soir, ce sera grillades d’agneau et tomates, avec du pain omanais (qui ressemble au pain libanais). L’endroit est évidemment calme, vu son isolement, avec ciel étoilé magnifique. Vers 21h00, tout le monde se couche, la journée a été longue. Il fait assez chaud pour dormir hors du sac et pour ne mettre que la première « couche » de notre tente.
Vendredi 31 octobre
Le réveil se fera avec l’arrivée du jour et le lever du soleil, vers les 06h00. Les couleurs de l’imposante paroi rocheuse qui nous fait face sont splendides, d’abord dans les tons roses puis orangés. On met le thé à chauffer, puis on prend le premier repas de la journée fait de pain et de miel, avant de replier le camp. Départ direction Yasab, par une route incroyable. Si la piste est assez conventionnelle au départ, elle prend assez vite une déclinaison impressionnante. Là, pas le choix, la montée se fera en première et avec le 4x4 enclenché. La route n’est pas large, on ne croiserait pas un autre véhicule. Près de la fin de la montée, la piste longe une falaise verticale de plusieurs centaines de mètres (côté montagne, pas côté vallée pour ceux qui auraient un peu peur de conduire dans ces conditions). Il n’y a pas de barrière protectrice côté vallée, juste un petit rebord de terre. Après un col depuis lequel le point de vue est saisissant, la route redescend vers le village de Yasab, tout au bout d’un canyon. Quelques maisons, les habitants dans des cultures, c’est la vie d’un autre temps. On part faire un tour à pied et quelques ados nous rejoignent vêtus de maillots de foot de Barcelone ! Le foot est une deuxième religion dans ce pays, surtout les clubs espagnols, Real Madrid et Barcelone, ou anglais avec Chelsea. Vive la télévision par satellite ! En redescendant, la déclinaison est encore plus impressionnante et il convient d’être prudent au volant. Je ne me rappelle pas avoir déjà parcouru une telle route, et pourtant nous habitons près des Alpes ! Nous prenons la direction d’un autre Wadi, le Bani Awf. La piste principale est bien indiquée, mais quelques embranchements sans indication nous font douter. Finalement, nous ne perdons pas notre chemin. Le Oman Off-Road est très précis avec le kilométrage. Il faut donc souvent remettre le compteur journalier à zéro pour pouvoir se repérer. Avec cette technique, nous n’avons jamais perdu notre chemin. En arrivant sur l‘embranchement avec le Ban Awf, nous constatons que l’essence est au quart. Pas question de partir dans les Wadis sans le plein. Il y a une station à Al Awabi, à 15 km. Nous faisons ce détour pour assurer. L’essence est vraiment bon marché, à 0.120 RO le litre. Heureusement, car le 4x4 consomme tout de même pas mal. Hasard, nous mangeons au même resto que la veille, vu que nous avions été satisfaits. Puis retour dans le Wadi. On remonte la gorge et en fonction des « Highlights » fournis par notre guide (papier, pas humain), nous nous arrêtons devant l’entrée du Little Snake Canyon. Nous partons à pied dans la gorge et nous devons escalader des roches pour descendre le long du ruisseau. Il y a là quelques mares, mais sans suffisamment d’eau pour se baigner. Dans l’une d’elles, Fabrice voit 2 serpents nager, il arrive même à les prendre en photos ! Après 45 min. de marche, la gorge se resserre et là, il y a un peu plus d’eau, jusqu’à la taille. La gorge se prolonge encore, mais on ne voit pas si il y a de l’eau ou non. Fabrice et moi partons explorer cette partie du canyon. Nous aurons bien fait, car peu après, il y a une énorme gouille, toute en longueur, avec du fond. Nous nageons entre les parois de la gorge dans une eau fraîche et propre. Magique ! Au retour vers la voiture, Dominique se retrouve tout près d’un autre serpent. A son arrivée, il part se cacher sous un caillou que je soulève. Je trouve là visiblement une vipère, vu sa tête triangulaire. Apparemment, le nom de ce canyon n’a pas été choisi au hasard ! Nous reprenons la piste qui devient étroite et pentue, vers le Snake Canyon (un autre, pas le LITTLE Snake). Nous ignorons la bifurcation pour le village de Balat Sayt et nous continuons encore un petit bout. Sur notre droite, nous trouvons l’entrée d’une étroite gorge qui mène justement à ce village, à pied. Il y a là quelques terrasses au milieu des palmiers. Ce sera parfait pour la nuit. Nous commençons à monter le camp, lorsque 4 ados nous rejoignent. Ils nous aident à monter les tentes et finalement mis en confiance par ce geste, nous ne voyons pas qu’ils nous volent 2 lampes de poche… Il y a assez de bois ici et nous préparons un bon feu. Au menu ce soir, poivrons grillés, pâtes et melon pour le dessert. Le thé sera de rigueur, comme toujours. Bizarrement on ne trouve que du thé en sachet (principalement du Lipton) et non pas du thé comme en Turquie. Quant à l’alcool, Oman étant un pays musulman pratiquant, il est interdit dans tout le pays. Seuls quelques hôtels accueillant des visiteurs étrangers ont le droit d’en vendre ou d’en servir. Le ciel s’est couvert, nous avons presque eu peur de la pluie. Peur sans fondement, le ciel s’est rapidement dégagé pour laisser la place à un magnifique ciel étoilé.
Samedi 1er novembre
Réveil habituel avec le jour et le soleil au lever. Rangement du camp, préparation du thé, brin de toilettes avec des serviettes humides. Nous voilà prêts, on charge la voiture. Avant de reprendre la route, visite du village de Balad Sayt. Nous empruntons l’étroite gorge par un petit chemin sur la droite. Il y a des marches qui ne se voient pas bien au début et qui mènent jusqu’au village. Aucune difficulté majeure donc malgré que la gorge reste assez impressionnante, étroite et verticale. Il y a eu de l’eau ici. En 15-20 minutes, nous arrivons au bas du village, à la hauteur des cultures en terrasse. Une tour domine les habitations et nous y parvenons en parcourant les ruelles. Depuis là-haut, la vue s’offre sur 360 ° sur tous les alentours. Nous voyons des villageois qui nous font des signes de la main. Aucun signe de rejet ou d’agressivité, l’hospitalité musulmane … En redescendant vers la palmeraie, nous nous dirigeons vers un groupe de femmes qui font la lessive à la main, avant le rinçage dans le falaj (canal d’irrigation) qui se fait en piétinant le linge. Puis nous traversons les cultures en marchant sur les bordures qui séparent les parcelles pour reprendre la gorge et finalement rejoindre notre voiture. La montée du Wadi bani Awf direction Al Hamra sera rude et il faut de nouveau mettre le 4x4 et rouler en première. La route est loin d’être plate, cela secoue pas mal. Mais aucun danger. On prend vite de l’altitude et la vue sur les montagnes et vallées environnantes devient splendide. Au bout de la montée, un col, une route goudronnée et neuve. L’air est frais. Le versant descendant est plus doux et la conduite sur l’asphalte plus confortable. Nous prenons la direction de Nizwa, par de grandes routes larges. Nous avons appelé la Majan GH et 2 chambres nous sont réservées. Arrivant de Al Amra, nous traversons la ville de Nizwa et après 5 km direction Muscat, nous trouvons l’hôtel sur la gauche. Grandes chambres, propres et surtout une douche ! Au tarif de 25 RO la nuit. Après un lavage à fond, nous allons visiter Nizwa et sa magnifique mosquée au cœur de la ville. Nous trouvons notre traditionnel resto indo-pakistanais pour le repas de midi. Curry de mouton, poulet masala, galettes de pain. Les prix sont inversement doux par rapport à la force des épices ! On peut manger avec les doigts, chaque resto et pourvu d’un coin spécial pour se laver les mains après le repas. Nous visitons ensuite le splendide fort, qui jouxte la mosquée. En attendant que les souks s’animent (ils ouvrent dans tout le pays à 16h30 pour l’après-midi, sinon le matin), je vais chez le barbier, une tradition lorsque je voyage dans les pays musulmans. Je ne réussis pas à convaincre Fab d’en faire autant. Rasage, massage de la tête et de la nuque, craquement des doigts et de la nuque, 30 minutes de plaisir pour 1.5 RO. Retour aux souks, mais peu de stands sont ouverts. Il y a néanmoins un souk aux poissons, dont des thons et des espadons de taille plus que respectable. Nous nous posons ensuite sur la terrasse d’un resto turc entre la ville et la GH pour d’abord quelques parties de cartes et ensuite notre repas du soir (4.8 RO pour les 4). Retour à l’hôtel pour une nuit calme et réparatrice.
Dimanche 2 novembre
On prend le rythme : réveil à 06h15. On fait les sacs avant le premier repas du jour. Puis, on retourne aux souks, guère plus animés que la veille. On achète tout de même des dattes et quelque chose d’inconnu pour nous, du sirop de dattes. C’est excellent avec un yaourt. Vient ensuite l’épisode ravitaillement. Nous n’avons rien à manger pour ce soir et nous devons trouver un supermarché. De plus, nous voulons acheter de quoi nous asseoir, car manger par terre dans la poussière, ce n’est pas vraiment le top. On trouvera facilement 2 tapis de sol et 4 petits tabourets en plastique. Mais par contre, pour trouver de la viande, rien, sauf du congelé. On fera Nizwa de long en large, rien, rien, rien ! Finalement, on se rabat sur un resto et on achète des poulets grillés à l’emporter. Le serveur nous rajoute encore des crudités, pour un total de 3 RO. En fait, tous les restos pratiquent la vente à l’emporter. La destination du jour est le plateau de Sayq. Nous descendons donc jusqu’à Birkat al Mawz où la bifurcation pour la montée se prend. Après quelques km, il y a un check-point policier où il faut montrer son permis de conduire. Toute la vallée est utilisée par l’armée, cela doit être la raison de ce contrôle. Le policier note le nombre de personnes qui montent, le type de véhicule en s’assurant que nous avons un 4x4. Les autres types de voiture n’ont pas d’accès. Bizarre, car la route est goudronnée et pas si pentue que cela, en tous les cas bien moins que ce que nous avons déjà vu. Les paysages sont à nouveau splendides. Tout d’un coup, on aperçoit une petite ville, au milieu de nulle part, dans la montagne. Nous nous rendons au Diana Viewpoint à Sayh Qutnah où nous avons l’intention de camper. Il y a là quelques endroits parfaits pour planter sa tente. Le site est sur le bord d’une falaise rocheuse qui offre une vue spectaculaire et exceptionnelle sur les environs. Il est encore tôt dans l’après-midi et nous partons faire une balade à pied sur le chemin mentionné W18A. Il s’agit d’un sentier qui relie des villages entre eux, à flancs de coteaux et longeant ou traversant les cultures en terrasse. Des systèmes d’irrigation (falaj) assurent l’arrivée d’eau. Nous croisons un paysan qui plante à la main des gousses d’ail. Quel travail de titan d’avoir construit toutes ces terrasses avec des pierres, le long d’une pente importante. Nous traversons 2 villages, mais Dominique a mal au genou, les montées et descentes d’escaliers la font souffrir et nous rejoignons la route principale qui surplombe le sentier pour retourner à notre point de départ. Nous aurons tout de même vu quelques touristes qui ont un peu triché en suivant un falaj, et donc en évitant de descendre dans les cultures pour remonter plus loin. La balade aura duré 2 bonnes heures. Nous partons ensuite monter notre camp, à l’extrême gauche du site, tout en mettant de l’eau à bouillir pour le traditionnel thé. Nous sommes pile à l’heure pour assister au coucher de soleil sur les montagnes. Les couleurs du ciel sont splendides et nous prenons de nombreuses photos. Exceptionnels paysages … De nombreux buissons secs nous fourniront du bois pour le feu du soir qui nous réchauffera. Il faut dire que nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude et que l’air est frais. Nous avions pris une polaire, ce sera le seul soir où nous la sortirons. Ce soir, nous dormirons dans nos sacs ! Avant d’aller se coucher, nous rangerons comme d’habitude le camp, en rentrant poubelle et nourriture dans la voiture afin d’éviter que des animaux viennent se servir pendant notre sommeil.
Lundi 3 novembre
La nuit a été fraîche. Le lever du soleil vers 06h15 est également très beau, offrant une luminosité et des couleurs splendides. Thé, petit-déjeuner, puis rangement du camp. Dès que le soleil monte dans le ciel, la température prend l’ascenseur et redevient agréable. Aujourd’hui, direction la mer ! On redescend en plaine, pas de contrôle policier à la sortie. Une belle autoroute gratuite nous ramène vers Muscat et l’aéroport. Nous retraversons toute la ville avec des autoroutes. Les directions sont bien indiquées, par quartier. Muscat est une ville très étendue, divisée en quartiers. Il faut dire que la partie ouest de la ville est construite au milieu de collines et chaque espace permettant de construire est utilisé. C’est le cas à Ruwi, Muttrah et Muscat. Selon les indications du Oman Off-Road, nous trouvons presque du premier coup la route pour nous rendre à Yiti, plage distante d’une 15 de km où nous avons l’intention de nous poser pour la nuit. Il y a là un petit village de pêcheurs et une longue plage déserte, mis à part quelques locaux. L’eau est chaude et limpide. Malheureusement, ce site ne va pas rester intact. Un grand chantier est en cours et le bal des camions est impressionnant. Une marina est en train de se construire et la suite sera des hôtels de luxe, un golf, des spa, bref tout pour le tourisme aisé. Le village de pêcheurs va sans doute disparaître … A la fin de la route goudronnée, il ne faut pas hésiter à partir dans le sable en suivant les traces existantes. On peut aller jusqu’au bout de la plage. On peut facilement planter sa tente ici. L’endroit est trouvé, mais nous réalisons que nous n’avons pas de quoi manger ce soir. Alors retour sur Muscat, au magasin Carrefour City Center le long de l’autoroute avant d’arriver sur Ruwi. Une fois le plein de victuailles fait, on reprend le chemin de Yiti. Baignade, soleil, on passe le reste de l’après-midi à la plage. Le coucher de soleil ne se fera pas dans la mer, mais les couleurs du ciel sont toujours magnifiques. Des pêcheurs ramènent des petits poissons qu’ils font immédiatement cuire après les avoir épicés d’une poudre qui décoiffe ! Vu qu’on leur avait fourni des allumettes, ils nous offrent quelques-unes de leurs prises. C’est bon, mais les lèvres brûlent un peu ! Il faut dire que ces pêcheurs, comme beaucoup de gens vivant de métiers peu rémunérés, sont de souche indienne. D’autres gens du coin improvisent des parties de foot sur le sable dur vu la marée descendante. Le foot est une institution dans ce pays, il y a partout des terrains, des fois même en gravier grossier. Il ne doit faire bon d’être gardien de but … Finalement, nous sortons notre grill pour les saucisses achetées chez Carrefour. A un moment donné, en allant chercher quelque chose à la voiture, ma lampe de poche éclaire deux yeux dans la nuit. Un fennec ! L’animal nous observe à une trentaine de mètres, sans aucun doute attiré par la nourriture. Nous le verrons souvent grâce à nos lampes qui font briller ses yeux. Il sera même rejoint par un complice. La tente est montée dans le sable face à la plage, un peu au vent ce qui la fera bien bouger. Fabrice a assurée en se mettant un peu en retrait, plus à l’abri. Il fait chaud, on pourra dormir hors du sac.
Mardi 4 novembre
Le vent s’est levé pendant la nuit et la tente a été sacrément secouée. Au réveil, surprise : les chaussures que nous avions laissées devant notre petit 4 * ont disparu ! On voit clairement des traces de chat (ou de fennec…) venir jusque devant la tente, en faire le tour. Une petite recherche dans les environs nous permettra de retrouver nos godillons éparpillés dans les environs. Un des nu-pieds de Dominique a par contre été suffisamment rongé pour qu’elle puisse en racheter d’autres … Après ces péripéties, on profite encore un peu de l’ombre pour prendre le thé du matin et plier le camp. Dès que le soleil pointe, la température grimpe immédiatement. Nous retournons au Carrefour de Muscat faire le plein de courses. Sur place, il y a un ou deux vrai coffee shop et on ne résiste pas à l’appel d’un véritable Espresso. Mais avec le prix de 4 Espresso, on prend un repas dans une de nos échoppes indo-pakistanaises… Le but du jour sera le Wadi Dayqah et le Wadi As Sawayh. Nous prenons donc la direction de Qurayat, juste après le Carrefour en revenant vers Ruwi. Avec les indications toujours aussi précises du Oman Off-Road, nous trouvons facilement notre chemin. Première déception : il n’est désormais plus possible de remonter le Wadi Dayqah, un barrage est en cours de construction (et bientôt terminé apparemment) et bloque l’accès à la vallée. Nous nous rabattons donc sur le As Suwayh. Quelques dizaines de mètres avant le village, il y a une grande piscine naturelle, entourée de rochers d’où l’on peut sauter dans l’eau (env. 10-12 mètres de haut). Mais avant d’y piquer une tête, nous décidons de remonter le Wadi à pied pour une belle balade. En regardant le village, il y a deux falaj qui amènent de l’eau, un sur la droite, l’autre sur la gauche des versants. Celui de droite (en regardant le fond de la vallée) est bien plus pratique, car il va plus loin. Ainsi, on marche à plat sans devoir escalader les rochers. Nous ne l’aurons remarqué qu’au retour … puisqu’on remonte le Wadi par la gauche ! Bref, deuxième déception, il n’y a que peu d’eau et donc pas de piscine pour se baigner. Après 2 bonnes heures de promenade dans un cadre grandiose, entouré de montagnes sauvages, on revient donc à l’entrée du village. Et là, baignade dans une eau chaude et douce. Des gens du village viennent nous voir, petites discussions. L’un d’entre eux nous amène dans sa maison pour un café omanais (parfumé à la cardamome) et des dattes. Son père, aveugle et apparemment bien usé par la vie, est là. Il nous explique qu’il devrait l’emmener chez le docteur, mais que cela coûte cher, etc.. Apparemment, il sollicite de l’argent mais sans le dire vraiment. Un peu plus tard, de retour vers notre voiture, nous ferons un don discret. L’endroit sera parfait pour camper cette nuit, donc nous montons les tentes, juste avant la tombée de la nuit. Nous avons acheté une nouvelle lampe à gaz ce matin, elle nous éclaire pour nos parties de carte dans cet endroit de bout du monde.
Mercredi 5 novembre
Y a-t-il encore besoin de le dire, nous nous levons avec le soleil vers 06h15. Avant de prendre le thé du matin, une petite douche naturelle dans la rivière. Il y a un petit bassin avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses qui fait bien l’affaire. Trempette, un peu de savon, re-trempette et voilà ! Petit-déjeuner, paquetage et nous voilà prêts pour le départ, en direction du sud. Nous rejoignons la côte vers Dibbha où la route redevient goudronnée. Pour une fois, nous manquons un site : le Sinkhole (un trou dans le sol avec de l’infiltration d’eau de mer dans lequel on peut se baigner). Nous nous en rendons compte trop loin pour faire demi-tour et nous continuons donc notre route. Un petit stop à White Beach, une large plage au sable blanc. Aucune ombre, quelques déchets sur la plage, l’endroit est beau, mais pourrait être mieux conservé. Il y a bien des poubelles, mais les détritus sont surtout à côté … Apparemment, le Sultan Qaboos développe son pays à la vitesse grand V, amenant des routes, de l’électricité, des écoles, dans les coins les plus reculés. Mais il a encore du boulot avec la propreté et l’environnement. La route du bord de mer est en réfection et nous n’avançons pas vite. Une nouvelle autoroute s’est construite un peu plus haut, nous prenons une piste qui nous y conduit et là on pourra rouler sur du velours … avant de se rendre compte que nous avançons à 100 km/h sur une portion en construction et fermée à la circulation ! Arrivée finalement à Sur, ville côtière. Nous baladons sur la Corniche, d’où on peut admirer le splendide phare. Les bleus du ciel et de l’eau sont magnifiques. Dommage, là-aussi les détritus sont nombreux au bas du muret qui délimite la plage. Nous prenons notre repas, un excellent Fish mix grill, au Sur Beach Restaurant, puis départ vers Jas-al-Jinz où nous espérons planter nos tentes sur les plages où les tortues viennent pondre. A la réserve où les tortues sont visibles la nuit, il n’est désormais plus possible de camper. Une sorte de complexe a été construit, avec chambres, restaurant, etc… au prix de 120 RO la nuit !!!!! Oman va concurrencer Dubaï avec ces prix-là. Nous repartons donc chercher un autre endroit et nous constatons qu’il est difficile de camper dans cette région. En plus, il faudrait laisser le campement pour aller voir les tortues. Bref, ce soir ce sera hôtel. Nous trouvons le Turtle Beach Resort (suivre les indications au rond-point à l’entrée de Jas-al-Hadd). Très bien, avec une belle plage de sable et une eau limpide. Nous logeons dans de petites huttes, les toilettes et douches, propres, sont communes. Le prix : 42 RO pour une chambre double, le repas du soir et celui du matin (formule buffet). La réserve aux tortues n’est qu’à 15 minutes en voiture. Pas d’hésitation, on reste. Après-midi de plage, de parties de carte, avant le repas du soir. Vers 21h00, nous sommes à la réserve où nous payons notre droit d’entrée de 3 RO par personne. Il y a bien une centaines de personnes, mais répartie en plusieurs groupes d’environ quinze. Chaque groupe a 2 guides qui délivrent des informations très intéressantes sur les tortues. Nous aurions bien voulu les voir de manière plus individuelle, mais ce n’est plus possible. Départ donc pour la plage, avec des lampes de poche à lumière douce et rouge. Les photos sont interdites, surtout les flash. La plage est parsemée de cratères, apparemment l’endroit est vraiment fréquenté. Très rapidement, nous trouverons 3 tortues. Leur taille est impressionnante. La première est en train de recouvrir le trou dans lequel elle vient de pondre, avec ses pattes. En se tenant juste derrière (il ne faut pas aller devant elle pour ne pas la stresser), on se prend des giclées de sable. Quelle vigueur dans le geste ! La deuxième que nous verrons a fini son labeur et retourne tranquillement à la mer. Et là, la chance passe par ce coin et nous découvrons une tortue en train de pondre. Elle a creusé son trou et elle dépose au fond une bonne centaine d’œufs, souples et blancs. Spectacle de la vie et de la conservation de l’espèce. Cette tortue a dû faire des milliers de km pour trouver cette plage, et nous sommes là à contempler ce moment simple, pas spectaculaire, mais tellement émouvant. Nous sommes de retour à notre resort vers les 23h00. La nuit est étoilée comme d’habitude et il y a un petit vent du bord de mer qui nous fera passer une bonne nuit.
Jeudi 6 novembre
Le lever du soleil est juste splendide avec des couleurs pastel. Pas de stress ce matin, pas de camp à ranger. Nous prenons le buffet du petit-déjeuner, avant de piquer une tête dans la mer chaude et limpide. Une douche et un peu de toilette plus tard, nous voilà prêts pour la suite du périple. Direction le Wadi Bani Khalid et les dunes de sable du Wahiba Sands. Nous retournons direction Sur, puis Al Kamil par d’excellentes routes goudronnées. La montée jusqu’au bout du Wadi est facile, pas de piste. En arrivant sur les lieux, nous voyons tout de suite que l’endroit est moins sauvage que d’habitude, il y a beaucoup de véhicules sur le parking. Il y a du monde, mais quasi aucun touriste. Nous ne voyons aucune femme. Les hommes pique-niquent, se baignent, discutent. Les grills fument et la viande dégage une odeur alléchante. L’endroit est splendide, avec une énorme piscine naturelle, un petit pont en fer qui enjambe l’eau, quelques constructions pour faire de l’ombre. On peut sauter dans l’eau depuis plusieurs rochers, l’eau est chaude et propre. Nos femmes restent habillées pour se baigner (t-shirts et bermudas), mais elles sont néanmoins dévisagées, pas par agressivité. Les femmes omanaises arrivent enfin, en groupe, accompagnées des enfants. Mais aucune d’entre elles n’ira dans l’eau. Nous profitons du site. Baignade en eau de mer le matin, en eau douce l’après-midi, belle journée … Pas de possibilité de camper ici, il nous faut bouger. Nous redescendons du site et nous arrêtons dans un resto … indien dans le premier village. Ce sera excellent comme d’habitude. La piste qui part dans le Wahiba Sands n’est qu’à quelques km, ce sera parfait pour y arriver avant la nuit. Dès notre entrée sur la piste, nous sommes abordés par un bédouin qui nous dit avoir un campement peu après et qu’il peut nous conduire dans les dunes. Nous hésitons car nous nous voulons rester indépendants. Nous le suivons tout de même pour voir, et à peine sortis de la piste, nous comprendrons rapidement que partir seul et inexpérimenté dans les sables peut vite devenir compliqué. En effet, la conduite dans les sables souples est difficile et le risque de rester bloquer très important. Bref, nous négocions avec ce bédouin, pour qu’il nous conduise dans les dunes, quelque part où nous serons seuls pour installer notre campement. Il prend le volant de notre Land-Cruiser après avoir bien dégonflé les pneus pour augmenter la portance. Il prend de la vitesse et grimpe une dune d’une déclivité incroyable. Le tout en riant comme un fou. Très impressionnant. Il parcourt ensuite les dunes, jouant avec le terrain, les montées, les descentes, avant de trouver un endroit assez plat, où il y a même du bois sec. Ce sera notre camp pour la nuit. Nous sommes isolés au milieu des sables, la piste principale est plusieurs centaines de mètres au-dessous de nous. Notre bédouin part à pied avec l’heure du rendez-vous pour demain matin afin qu’il nous ressorte de là. Sans lui, nous serions restés en bas, près de la circulation, sans vue, ni le sentiment d’espace que nous avons là. Après la montée des tentes, nous assistons au coucher de soleil, donnant au sable des couleurs orangées et ocre, des ombres, des variations de couleur magnifiques. Malheureusement, un vent fort se lève. Les sardines ne tiennent pas dans le sable et nous devons consolider nos tentes. Nous nous mettons à l’abri derrière un monticule de sable pour manger. Nous ramassons le bois sec et avons de quoi faire un bon feu. Le vent ne durera que 2 heures avant de se calmer et disparaître. Nous restons au clair de lune et à la lumière de notre lampe à gaz. Ce sera notre dernière nuit en camping, au milieu des sables du fond de la péninsule arabique.
Vendredi 7 novembre
Nuit très calme, sans mosquée pour nous réveiller. Nous nous levons pour assister au lever du soleil sur les dunes. Comme d’habitude, Michèle sera toujours la première à être debout et à pouvoir voir le spectacle, alors que comme d’habitude, je serai le dernier et je manque toujours la sortie de l’astre. Les couleurs sont plus douces que celles du soir, mais restent grandioses. Comme prévu, notre bédouin, accompagné d’un enfant, arrive à pied pour nous reconduire sur la piste principale. Une fois le camp plié, nous lui confions le volant et il repart dans les dunes, prenant des chemins que nous n’aurions pas osé emprunter. Il maîtrise facilement les difficultés du terrain et passe là où nous n’aurions pas pensé que cela soit possible. Nous nous arrêtons à leur campement où un café omanais nous attend, avec une purée de dattes. Une femme, portant un masque sur le visage est là et nous présente des créations faites de sa main à l’aide d’un métier à tisser. Nous achèterons quelques « babioles », telles que des bracelets, des garde-pages pour des livres, bref un peu d’artisanat local. Nous reprenons la direction de Muscat, qui se trouve à quelque 200 km. En chemin, nous nous arrêtons à Ibra, où nous ne voyons aucun touriste. Il y a un petit souk local, très typique. Nous voyons des artisans travailler le bois, avec des outils basiques, et réaliser des gravures splendides notamment sur des portes, la grande spécialité de tout le pays. Nous arrivons finalement sur Muscat du côté de l’aéroport. Nous commençons à connaître un peu les voies d’accès aux différents quartiers et nous nous retrouvons assez facilement sur la Corniche de Muttrah. Nous avions réservé par téléphone la nuit au Corniche Hôtel (30 RO), juste en face du marché aux poissons. L’établissement aurait bien besoin d’une rénovation, mais bon, pour une nuit cela ira. Après une bonne douche, nous prenons notre traditionnel repas pakistanais sur une terrasse en face du souk aux poissons. Comme d’habitude, ce sera excellent, bon marché. Personne n’aura connu de problèmes gastriques durant ce voyage. Puis, nous faisons toute la Corniche à pied, une splendide balade qui dure quelques km aller-retour. En revenant sur l’hôtel, les souks se sont animés (ils sont ouverts le matin, puis reprennent vers 16h30), et nous les visitons. Il y a surtout de l’artisanat et des habits. On y voit quelques touristes. C’est intéressant, mais cela n’a rien d’exceptionnel, rien à voir avec les souks d’autres pays. Nous avions vu dans le « Petit Futé » l’adresse d’un resto qui sert des spécialités omanaises dans le quartier de Ruwi. Plutôt que de risquer de se perdre avec notre véhicule dans le flot de la circulation, nous optons pour le taxi. Il y a devant le marché aux poissons des minibus qui font office de taxi collectif en direction du quartier de Ruwi. Démarrage quand c’est plein pour 100 Baisal par personne. C’est local, ça fonctionne, départ. Le taxi nous pose vers la gare routière qui est à environ 300 mètres du resto. Facile ! nous allons donc au Bin Ateeq Restaurant où nous mangerons dans un « salon » privé (en fait une pièce avec tapis au sol), par terre, avec des coussins pour nous caler. Il y a différents menus et nous optons pour celui à 7 RO par personne qui est composé de bien 10 plats différents. C’est bon, mais pas vraiment éloigné de ce que nous avons déjà mangé jusqu’à présent. Nous sommes donc un peu déçus, surtout vu le prix par rapport aux autres établissements. Pour rentrer sur la Corniche, on reprend un taxi collectif. Cela ne doit pas être si souvent que des touristes les empruntent, vu les regards amusés des clients et des chauffeurs. La nuit sera bonne dans un vrai lit.
Samedi 8 novembre
Après le petit-déj’, nous partons visiter le plus beau monument du pays, la mosquée Sultan Qaboos. Elle se visite du samedi au mercredi et de 08h00 à 11h00, attention donc à cet horaire. Le site est exceptionnel, à ne manquer sous aucun prétexte. L’extérieur est déjà magnifique, tout en perspective, avec une architecture islamique moderne. La salle des prières est juste incroyable, avec des lustres, des céramiques, des couleurs dans les tons verts. Il est écrit que cette salle peut accueillir jusqu’à 20'000 fidèles. Nous profitons de ces lieux solennels, avant de retourner aux marchés aux poissons de Muttrah. Autre ambiance ! Mais néanmoins à voir aussi. Il y a là de belles pièces, des thons, des espadons, de petits requins et bien d’autres encore. Des « artisans » préparent les poissons dans un coin du marché pour pouvoir les présenter ensuite sur les étals. Ils leur coupent la tête, les queues, lèvent les filets, très intéressant et parfois spectaculaire. Surtout qu’ils font cela à mains nues et avec des couteaux visiblement bien effilés. Direction ensuite le quartier de Muscat, sur la continuité de la Corniche. L’endroit est certes beau, mais il n’y a rien de vraiment spécial à notre goût. Nous partons finalement sur Seeb où nous avons réservé notre dernière nuit omanaise au Al-Bahjah Hotel. C’est le milieu de l’après-midi, la ville est morte, il n’y a personne dans les rues. Nous peinons même à trouver un restaurant d’ouvert. Finalement, nous mangerons dans un … resto pakistanais. C’est toujours aussi excellent et dépaysant car tous les clients sont des gens du crû. Nous nous régalons de curry pour un prix vraiment modique (5, 2 RO pour 4). Il nous faut maintenant penser à ramener notre 4x4 à l’aéroport. Les femmes resteront à l’hôtel pendant que Fab et moi allons faire le plein et laver la voiture. Les car-wash sont très nombreux, il y en a dans presque toutes les stations services. Un employé lave d’abord le véhicule avec un karscher, puis un autre vient le sécher avec une serviette, un troisième s’occupe de l’intérieur (chiffon et aspirateur). Ils lustrent même le bord extérieur des pneus avec un produit pour les rendre brillants. Apparemment, les Omanais sont pointilleux avec la propreté des voitures ! Tous les employés sont des Indiens, une fois de plus, le métier de laveur de voitures ne devant figurer dans les hautes couches sociales du pays. La restitution du véhicule se fera sans souci à l’aéroport et nous revenons à Seeb avec un taxi. La nuit est tombée, les trottoirs se sont remplis, il y a maintenant du monde à l’extérieur. Fab et moi allons chez le barbier nous faire raser une dernière fois avant notre rentrée en Suisse. Nous nous baladons ensuite dans les rues où les magasins de bijoux (en or) et de vêtements pour femme sont très nombreux. On y voit des robes très décolletées, des couleurs vives et aussi de la lingerie fine. Sous leur robe noire pour sortir dans la rue, les Omanaises doivent finalement être assez coquettes. Nous jouons une partie de cartes sur une terrasse et, mauvaise surprise, 2 personnes viennent nous réclamer de l’argent. C’est la 1ère fois que nous sommes confrontés à la mendicité dans ce pays. Dernier repas. Nous aurons vraiment testé la cuisine indo-pakistanaise. A la fin, nous avons abandonné le riz pour le pain, cuit au feu de bois et toujours présenté sous forme de galette. Nous nous sommes aussi habitués à manger avec les doigts (de la main droite). Retour à l’hôtel, dernière partie de cartes, paquetage des sacs, avant une courte nuit.
Dimanche 9 novembre
Lever très tôt, tiens avant le soleil pour une fois, vers 04h00. Le taxi que nous avions commandé la veille à la réception de l’hôtel est à l’heure. Incroyable hasard, alors que les taxis sont si nombreux, c’est le même chauffeur que celui de notre arrivée qui nous reconduit à l’aéroport. Tout comme à Doha pour le voyage aller, nous avons un problème avec nos e-ticket. Qatarairways ? le système informatique ? Nous ne le saurons jamais. Du coup, nous sommes les derniers à embarquer dans l’A319 qui nous ramène à Doha. L’avion est plein. A peine une heure plus tard, nous avons un court transit à Doha, juste le temps de passer au Tax Free Shop, pour foncer à l’embarquement. Cette fois, de nombreux sièges sont vides dans l’A330. A nouveau des écrans personnels, un grand choix de films, le vol sera tranquille. Nous posons à l’heure prévue à Genève, nos bagages sont là. Un retour sans histoire.
Mercredi 29 octobre
Lever tôt, vers les 05h00. Petit-déj’ rapide et à 05h45, Fabrice est là pour nous emmener à l’aéroport. Nous enregistrons nos sacs sans souci et nous embarquons dans un 737 de la Lufthansa qui va nous conduire à Francfort, où notre connexion pour Doha et finalement Muscat décolle. 2h30 de transit plus tard dans cet aéroport gigantesque aux contrôles poussés, nous nous présentons à la porte pour le vol suivant. Premier couac au moment de monter dans l’avion pour Doha sur un vol Qatarairways, le système informatique ne reconnaît pas nos billets électroniques. 2o minutes d’énervement pour le personnel au guichet, un peu de stress pour nous quand même, et nous sommes les derniers à monter dans l‘A330. Avion neuf, écran perso avec grand choix de films sur chaque siège, personnel aimable, le vol de 5h45 sera sans histoire. A Doha, l’escale est courte, à peine une heure. Juste le temps de constater que l’aéroport est moderne, bien mieux que celui d’Amman où nous avions transité pour aller en Thaïlande cet été. Une autre A330 nous amène à Muscat en 1h10, il est à moitié vide. Nous posons à l’heure, vers 23h00, et la température est bien agréable (env. 28 °). Vu que nous avions obtenu notre visa au consulat omanais à Genève, nous n’avons pas besoin de faire la longue queue des passagers qui débarquent sans ce tampon dans leur passeport. Nous passons donc rapidement les contrôles douaniers et récupérons nos sacs. A la sortie, taxi. Nous récupérerons notre véhicule de location demain. Il y a un comptoir où vous annoncez votre destination, vous payez et recevez un reçu et le préposé appelle un chauffeur. Les prix sont fixes. Pas de compteur, pas de négociation, pas d’arnaque. Pour 10 RO (tarif de nuit, le jour c’est 7 RO), on nous conduit au Al-Bahjah Hotel, à 20 minutes environ de l’aéroport dans la petite ville de Seeb. C’est un des hôtels les plus proches de l’aéroport à un prix qui nous convenait (30 RO la nuit avec le petit-déj’). Nous étions attendus, vu que j’avais réservé 2 chambres depuis la Suisse afin d’être sûr de pouvoir être logés la première nuit. Un camion qui livre du fuel en pleine nuit juste sous notre fenêtre, de même que l’appel à la première prière vers 04h30 fera que la nuit sera un peu perturbée…
Jeudi 30 octobre
Lever vers les 07h00 et après le petit-dèj’, nous reprenons un taxi direction l’aéroport pour prendre possession de notre voiture de location réservée via le site internet de Qatarairways. Nous effectuons les formalités d’usage et nous touchons une Toyota Landcruiser avec quelque 220'000 km au compteur. Elle sera parfaite tout au long du voyage. Les premiers instants de conduite seront en direction du centre commercial Carrefour, à quelques km de l’aéroport sur l’autoroute qui longe la côte en direction du Nord. On y fait les courses, on achète le matériel de camping dont nous avons besoin (réchaud, jerrycan, grill, charbon, bonbonnes de gaz, etc..). Enfin, le voyage peut commencer ! Direction Nakhal par d’excellentes routes. Nos inquiétudes s’évaporent, il est facile de conduire à Oman. Bon, nous n’avons pas encore testé les pistes … Une fois dans cette ville, nous visitons le splendide fort et nous poussons encore aux sources chaudes de Towarah. Le site n’est pas extraordinaire, mais reste tout de même à voir pour les gens du coin qui le fréquentent. Ils viennent y pique-niquer et s’y baigner dans un petit bassin spécialement aménagé à la sortie de la source. L’eau est chaude et claire, mais il faudrait remonter le cours de ce Wadi pour se retrouver un peu seul. Départ ensuite direction Ar Rustaq pour notre premier Wadi. En chemin, nous prenons notre premier repas dans un restaurant indo-pakistanais à Al Awabi, en face de la station service. Au menu, salade de crudités (ce sera toujours le cas par la suite), poulet frit et riz pour 3, 60 RO pour les 4 ! Comme nous le constaterons par la suite, la quasi-totalité des restaurants dans le Sultanat sont tenus soit par des Indiens, soit par des Pakistanais. Cela tombe bien, nous aimons cette cuisine, faite d’épices ! Continuation pour le Wadi As Sahta. On sort des routes goudronnées pour goûter à nos premières pistes. L’entrée du Wadi est magnifique et le 4x4 n’est pas encore vraiment indispensable. C’est juste plus pratique et plus prudent vu que la piste est faite de gros gravier qui gicle si on roule un peu vite. La nuit tombant rapidement, vers 17h30, il nous faut trouver un coin pour notre première nuit en camping. C’est là que notre guide « Oman Off-Road » va être très utile. Grâce aux indications qui y figurent, on découvre un endroit bien plat, avec le sol souple pour planter nos sardines, sur la route qui monte vers Al Hob, en contrebas sur la gauche, bien après l’école et le terrain de foot. On monte donc le camp, on ramasse du bois pour faire un feu. Ce soir, ce sera grillades d’agneau et tomates, avec du pain omanais (qui ressemble au pain libanais). L’endroit est évidemment calme, vu son isolement, avec ciel étoilé magnifique. Vers 21h00, tout le monde se couche, la journée a été longue. Il fait assez chaud pour dormir hors du sac et pour ne mettre que la première « couche » de notre tente.
Vendredi 31 octobre
Le réveil se fera avec l’arrivée du jour et le lever du soleil, vers les 06h00. Les couleurs de l’imposante paroi rocheuse qui nous fait face sont splendides, d’abord dans les tons roses puis orangés. On met le thé à chauffer, puis on prend le premier repas de la journée fait de pain et de miel, avant de replier le camp. Départ direction Yasab, par une route incroyable. Si la piste est assez conventionnelle au départ, elle prend assez vite une déclinaison impressionnante. Là, pas le choix, la montée se fera en première et avec le 4x4 enclenché. La route n’est pas large, on ne croiserait pas un autre véhicule. Près de la fin de la montée, la piste longe une falaise verticale de plusieurs centaines de mètres (côté montagne, pas côté vallée pour ceux qui auraient un peu peur de conduire dans ces conditions). Il n’y a pas de barrière protectrice côté vallée, juste un petit rebord de terre. Après un col depuis lequel le point de vue est saisissant, la route redescend vers le village de Yasab, tout au bout d’un canyon. Quelques maisons, les habitants dans des cultures, c’est la vie d’un autre temps. On part faire un tour à pied et quelques ados nous rejoignent vêtus de maillots de foot de Barcelone ! Le foot est une deuxième religion dans ce pays, surtout les clubs espagnols, Real Madrid et Barcelone, ou anglais avec Chelsea. Vive la télévision par satellite ! En redescendant, la déclinaison est encore plus impressionnante et il convient d’être prudent au volant. Je ne me rappelle pas avoir déjà parcouru une telle route, et pourtant nous habitons près des Alpes ! Nous prenons la direction d’un autre Wadi, le Bani Awf. La piste principale est bien indiquée, mais quelques embranchements sans indication nous font douter. Finalement, nous ne perdons pas notre chemin. Le Oman Off-Road est très précis avec le kilométrage. Il faut donc souvent remettre le compteur journalier à zéro pour pouvoir se repérer. Avec cette technique, nous n’avons jamais perdu notre chemin. En arrivant sur l‘embranchement avec le Ban Awf, nous constatons que l’essence est au quart. Pas question de partir dans les Wadis sans le plein. Il y a une station à Al Awabi, à 15 km. Nous faisons ce détour pour assurer. L’essence est vraiment bon marché, à 0.120 RO le litre. Heureusement, car le 4x4 consomme tout de même pas mal. Hasard, nous mangeons au même resto que la veille, vu que nous avions été satisfaits. Puis retour dans le Wadi. On remonte la gorge et en fonction des « Highlights » fournis par notre guide (papier, pas humain), nous nous arrêtons devant l’entrée du Little Snake Canyon. Nous partons à pied dans la gorge et nous devons escalader des roches pour descendre le long du ruisseau. Il y a là quelques mares, mais sans suffisamment d’eau pour se baigner. Dans l’une d’elles, Fabrice voit 2 serpents nager, il arrive même à les prendre en photos ! Après 45 min. de marche, la gorge se resserre et là, il y a un peu plus d’eau, jusqu’à la taille. La gorge se prolonge encore, mais on ne voit pas si il y a de l’eau ou non. Fabrice et moi partons explorer cette partie du canyon. Nous aurons bien fait, car peu après, il y a une énorme gouille, toute en longueur, avec du fond. Nous nageons entre les parois de la gorge dans une eau fraîche et propre. Magique ! Au retour vers la voiture, Dominique se retrouve tout près d’un autre serpent. A son arrivée, il part se cacher sous un caillou que je soulève. Je trouve là visiblement une vipère, vu sa tête triangulaire. Apparemment, le nom de ce canyon n’a pas été choisi au hasard ! Nous reprenons la piste qui devient étroite et pentue, vers le Snake Canyon (un autre, pas le LITTLE Snake). Nous ignorons la bifurcation pour le village de Balat Sayt et nous continuons encore un petit bout. Sur notre droite, nous trouvons l’entrée d’une étroite gorge qui mène justement à ce village, à pied. Il y a là quelques terrasses au milieu des palmiers. Ce sera parfait pour la nuit. Nous commençons à monter le camp, lorsque 4 ados nous rejoignent. Ils nous aident à monter les tentes et finalement mis en confiance par ce geste, nous ne voyons pas qu’ils nous volent 2 lampes de poche… Il y a assez de bois ici et nous préparons un bon feu. Au menu ce soir, poivrons grillés, pâtes et melon pour le dessert. Le thé sera de rigueur, comme toujours. Bizarrement on ne trouve que du thé en sachet (principalement du Lipton) et non pas du thé comme en Turquie. Quant à l’alcool, Oman étant un pays musulman pratiquant, il est interdit dans tout le pays. Seuls quelques hôtels accueillant des visiteurs étrangers ont le droit d’en vendre ou d’en servir. Le ciel s’est couvert, nous avons presque eu peur de la pluie. Peur sans fondement, le ciel s’est rapidement dégagé pour laisser la place à un magnifique ciel étoilé.
Samedi 1er novembre
Réveil habituel avec le jour et le soleil au lever. Rangement du camp, préparation du thé, brin de toilettes avec des serviettes humides. Nous voilà prêts, on charge la voiture. Avant de reprendre la route, visite du village de Balad Sayt. Nous empruntons l’étroite gorge par un petit chemin sur la droite. Il y a des marches qui ne se voient pas bien au début et qui mènent jusqu’au village. Aucune difficulté majeure donc malgré que la gorge reste assez impressionnante, étroite et verticale. Il y a eu de l’eau ici. En 15-20 minutes, nous arrivons au bas du village, à la hauteur des cultures en terrasse. Une tour domine les habitations et nous y parvenons en parcourant les ruelles. Depuis là-haut, la vue s’offre sur 360 ° sur tous les alentours. Nous voyons des villageois qui nous font des signes de la main. Aucun signe de rejet ou d’agressivité, l’hospitalité musulmane … En redescendant vers la palmeraie, nous nous dirigeons vers un groupe de femmes qui font la lessive à la main, avant le rinçage dans le falaj (canal d’irrigation) qui se fait en piétinant le linge. Puis nous traversons les cultures en marchant sur les bordures qui séparent les parcelles pour reprendre la gorge et finalement rejoindre notre voiture. La montée du Wadi bani Awf direction Al Hamra sera rude et il faut de nouveau mettre le 4x4 et rouler en première. La route est loin d’être plate, cela secoue pas mal. Mais aucun danger. On prend vite de l’altitude et la vue sur les montagnes et vallées environnantes devient splendide. Au bout de la montée, un col, une route goudronnée et neuve. L’air est frais. Le versant descendant est plus doux et la conduite sur l’asphalte plus confortable. Nous prenons la direction de Nizwa, par de grandes routes larges. Nous avons appelé la Majan GH et 2 chambres nous sont réservées. Arrivant de Al Amra, nous traversons la ville de Nizwa et après 5 km direction Muscat, nous trouvons l’hôtel sur la gauche. Grandes chambres, propres et surtout une douche ! Au tarif de 25 RO la nuit. Après un lavage à fond, nous allons visiter Nizwa et sa magnifique mosquée au cœur de la ville. Nous trouvons notre traditionnel resto indo-pakistanais pour le repas de midi. Curry de mouton, poulet masala, galettes de pain. Les prix sont inversement doux par rapport à la force des épices ! On peut manger avec les doigts, chaque resto et pourvu d’un coin spécial pour se laver les mains après le repas. Nous visitons ensuite le splendide fort, qui jouxte la mosquée. En attendant que les souks s’animent (ils ouvrent dans tout le pays à 16h30 pour l’après-midi, sinon le matin), je vais chez le barbier, une tradition lorsque je voyage dans les pays musulmans. Je ne réussis pas à convaincre Fab d’en faire autant. Rasage, massage de la tête et de la nuque, craquement des doigts et de la nuque, 30 minutes de plaisir pour 1.5 RO. Retour aux souks, mais peu de stands sont ouverts. Il y a néanmoins un souk aux poissons, dont des thons et des espadons de taille plus que respectable. Nous nous posons ensuite sur la terrasse d’un resto turc entre la ville et la GH pour d’abord quelques parties de cartes et ensuite notre repas du soir (4.8 RO pour les 4). Retour à l’hôtel pour une nuit calme et réparatrice.
Dimanche 2 novembre
On prend le rythme : réveil à 06h15. On fait les sacs avant le premier repas du jour. Puis, on retourne aux souks, guère plus animés que la veille. On achète tout de même des dattes et quelque chose d’inconnu pour nous, du sirop de dattes. C’est excellent avec un yaourt. Vient ensuite l’épisode ravitaillement. Nous n’avons rien à manger pour ce soir et nous devons trouver un supermarché. De plus, nous voulons acheter de quoi nous asseoir, car manger par terre dans la poussière, ce n’est pas vraiment le top. On trouvera facilement 2 tapis de sol et 4 petits tabourets en plastique. Mais par contre, pour trouver de la viande, rien, sauf du congelé. On fera Nizwa de long en large, rien, rien, rien ! Finalement, on se rabat sur un resto et on achète des poulets grillés à l’emporter. Le serveur nous rajoute encore des crudités, pour un total de 3 RO. En fait, tous les restos pratiquent la vente à l’emporter. La destination du jour est le plateau de Sayq. Nous descendons donc jusqu’à Birkat al Mawz où la bifurcation pour la montée se prend. Après quelques km, il y a un check-point policier où il faut montrer son permis de conduire. Toute la vallée est utilisée par l’armée, cela doit être la raison de ce contrôle. Le policier note le nombre de personnes qui montent, le type de véhicule en s’assurant que nous avons un 4x4. Les autres types de voiture n’ont pas d’accès. Bizarre, car la route est goudronnée et pas si pentue que cela, en tous les cas bien moins que ce que nous avons déjà vu. Les paysages sont à nouveau splendides. Tout d’un coup, on aperçoit une petite ville, au milieu de nulle part, dans la montagne. Nous nous rendons au Diana Viewpoint à Sayh Qutnah où nous avons l’intention de camper. Il y a là quelques endroits parfaits pour planter sa tente. Le site est sur le bord d’une falaise rocheuse qui offre une vue spectaculaire et exceptionnelle sur les environs. Il est encore tôt dans l’après-midi et nous partons faire une balade à pied sur le chemin mentionné W18A. Il s’agit d’un sentier qui relie des villages entre eux, à flancs de coteaux et longeant ou traversant les cultures en terrasse. Des systèmes d’irrigation (falaj) assurent l’arrivée d’eau. Nous croisons un paysan qui plante à la main des gousses d’ail. Quel travail de titan d’avoir construit toutes ces terrasses avec des pierres, le long d’une pente importante. Nous traversons 2 villages, mais Dominique a mal au genou, les montées et descentes d’escaliers la font souffrir et nous rejoignons la route principale qui surplombe le sentier pour retourner à notre point de départ. Nous aurons tout de même vu quelques touristes qui ont un peu triché en suivant un falaj, et donc en évitant de descendre dans les cultures pour remonter plus loin. La balade aura duré 2 bonnes heures. Nous partons ensuite monter notre camp, à l’extrême gauche du site, tout en mettant de l’eau à bouillir pour le traditionnel thé. Nous sommes pile à l’heure pour assister au coucher de soleil sur les montagnes. Les couleurs du ciel sont splendides et nous prenons de nombreuses photos. Exceptionnels paysages … De nombreux buissons secs nous fourniront du bois pour le feu du soir qui nous réchauffera. Il faut dire que nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude et que l’air est frais. Nous avions pris une polaire, ce sera le seul soir où nous la sortirons. Ce soir, nous dormirons dans nos sacs ! Avant d’aller se coucher, nous rangerons comme d’habitude le camp, en rentrant poubelle et nourriture dans la voiture afin d’éviter que des animaux viennent se servir pendant notre sommeil.
Lundi 3 novembre
La nuit a été fraîche. Le lever du soleil vers 06h15 est également très beau, offrant une luminosité et des couleurs splendides. Thé, petit-déjeuner, puis rangement du camp. Dès que le soleil monte dans le ciel, la température prend l’ascenseur et redevient agréable. Aujourd’hui, direction la mer ! On redescend en plaine, pas de contrôle policier à la sortie. Une belle autoroute gratuite nous ramène vers Muscat et l’aéroport. Nous retraversons toute la ville avec des autoroutes. Les directions sont bien indiquées, par quartier. Muscat est une ville très étendue, divisée en quartiers. Il faut dire que la partie ouest de la ville est construite au milieu de collines et chaque espace permettant de construire est utilisé. C’est le cas à Ruwi, Muttrah et Muscat. Selon les indications du Oman Off-Road, nous trouvons presque du premier coup la route pour nous rendre à Yiti, plage distante d’une 15 de km où nous avons l’intention de nous poser pour la nuit. Il y a là un petit village de pêcheurs et une longue plage déserte, mis à part quelques locaux. L’eau est chaude et limpide. Malheureusement, ce site ne va pas rester intact. Un grand chantier est en cours et le bal des camions est impressionnant. Une marina est en train de se construire et la suite sera des hôtels de luxe, un golf, des spa, bref tout pour le tourisme aisé. Le village de pêcheurs va sans doute disparaître … A la fin de la route goudronnée, il ne faut pas hésiter à partir dans le sable en suivant les traces existantes. On peut aller jusqu’au bout de la plage. On peut facilement planter sa tente ici. L’endroit est trouvé, mais nous réalisons que nous n’avons pas de quoi manger ce soir. Alors retour sur Muscat, au magasin Carrefour City Center le long de l’autoroute avant d’arriver sur Ruwi. Une fois le plein de victuailles fait, on reprend le chemin de Yiti. Baignade, soleil, on passe le reste de l’après-midi à la plage. Le coucher de soleil ne se fera pas dans la mer, mais les couleurs du ciel sont toujours magnifiques. Des pêcheurs ramènent des petits poissons qu’ils font immédiatement cuire après les avoir épicés d’une poudre qui décoiffe ! Vu qu’on leur avait fourni des allumettes, ils nous offrent quelques-unes de leurs prises. C’est bon, mais les lèvres brûlent un peu ! Il faut dire que ces pêcheurs, comme beaucoup de gens vivant de métiers peu rémunérés, sont de souche indienne. D’autres gens du coin improvisent des parties de foot sur le sable dur vu la marée descendante. Le foot est une institution dans ce pays, il y a partout des terrains, des fois même en gravier grossier. Il ne doit faire bon d’être gardien de but … Finalement, nous sortons notre grill pour les saucisses achetées chez Carrefour. A un moment donné, en allant chercher quelque chose à la voiture, ma lampe de poche éclaire deux yeux dans la nuit. Un fennec ! L’animal nous observe à une trentaine de mètres, sans aucun doute attiré par la nourriture. Nous le verrons souvent grâce à nos lampes qui font briller ses yeux. Il sera même rejoint par un complice. La tente est montée dans le sable face à la plage, un peu au vent ce qui la fera bien bouger. Fabrice a assurée en se mettant un peu en retrait, plus à l’abri. Il fait chaud, on pourra dormir hors du sac.
Mardi 4 novembre
Le vent s’est levé pendant la nuit et la tente a été sacrément secouée. Au réveil, surprise : les chaussures que nous avions laissées devant notre petit 4 * ont disparu ! On voit clairement des traces de chat (ou de fennec…) venir jusque devant la tente, en faire le tour. Une petite recherche dans les environs nous permettra de retrouver nos godillons éparpillés dans les environs. Un des nu-pieds de Dominique a par contre été suffisamment rongé pour qu’elle puisse en racheter d’autres … Après ces péripéties, on profite encore un peu de l’ombre pour prendre le thé du matin et plier le camp. Dès que le soleil pointe, la température grimpe immédiatement. Nous retournons au Carrefour de Muscat faire le plein de courses. Sur place, il y a un ou deux vrai coffee shop et on ne résiste pas à l’appel d’un véritable Espresso. Mais avec le prix de 4 Espresso, on prend un repas dans une de nos échoppes indo-pakistanaises… Le but du jour sera le Wadi Dayqah et le Wadi As Sawayh. Nous prenons donc la direction de Qurayat, juste après le Carrefour en revenant vers Ruwi. Avec les indications toujours aussi précises du Oman Off-Road, nous trouvons facilement notre chemin. Première déception : il n’est désormais plus possible de remonter le Wadi Dayqah, un barrage est en cours de construction (et bientôt terminé apparemment) et bloque l’accès à la vallée. Nous nous rabattons donc sur le As Suwayh. Quelques dizaines de mètres avant le village, il y a une grande piscine naturelle, entourée de rochers d’où l’on peut sauter dans l’eau (env. 10-12 mètres de haut). Mais avant d’y piquer une tête, nous décidons de remonter le Wadi à pied pour une belle balade. En regardant le village, il y a deux falaj qui amènent de l’eau, un sur la droite, l’autre sur la gauche des versants. Celui de droite (en regardant le fond de la vallée) est bien plus pratique, car il va plus loin. Ainsi, on marche à plat sans devoir escalader les rochers. Nous ne l’aurons remarqué qu’au retour … puisqu’on remonte le Wadi par la gauche ! Bref, deuxième déception, il n’y a que peu d’eau et donc pas de piscine pour se baigner. Après 2 bonnes heures de promenade dans un cadre grandiose, entouré de montagnes sauvages, on revient donc à l’entrée du village. Et là, baignade dans une eau chaude et douce. Des gens du village viennent nous voir, petites discussions. L’un d’entre eux nous amène dans sa maison pour un café omanais (parfumé à la cardamome) et des dattes. Son père, aveugle et apparemment bien usé par la vie, est là. Il nous explique qu’il devrait l’emmener chez le docteur, mais que cela coûte cher, etc.. Apparemment, il sollicite de l’argent mais sans le dire vraiment. Un peu plus tard, de retour vers notre voiture, nous ferons un don discret. L’endroit sera parfait pour camper cette nuit, donc nous montons les tentes, juste avant la tombée de la nuit. Nous avons acheté une nouvelle lampe à gaz ce matin, elle nous éclaire pour nos parties de carte dans cet endroit de bout du monde.
Mercredi 5 novembre
Y a-t-il encore besoin de le dire, nous nous levons avec le soleil vers 06h15. Avant de prendre le thé du matin, une petite douche naturelle dans la rivière. Il y a un petit bassin avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses qui fait bien l’affaire. Trempette, un peu de savon, re-trempette et voilà ! Petit-déjeuner, paquetage et nous voilà prêts pour le départ, en direction du sud. Nous rejoignons la côte vers Dibbha où la route redevient goudronnée. Pour une fois, nous manquons un site : le Sinkhole (un trou dans le sol avec de l’infiltration d’eau de mer dans lequel on peut se baigner). Nous nous en rendons compte trop loin pour faire demi-tour et nous continuons donc notre route. Un petit stop à White Beach, une large plage au sable blanc. Aucune ombre, quelques déchets sur la plage, l’endroit est beau, mais pourrait être mieux conservé. Il y a bien des poubelles, mais les détritus sont surtout à côté … Apparemment, le Sultan Qaboos développe son pays à la vitesse grand V, amenant des routes, de l’électricité, des écoles, dans les coins les plus reculés. Mais il a encore du boulot avec la propreté et l’environnement. La route du bord de mer est en réfection et nous n’avançons pas vite. Une nouvelle autoroute s’est construite un peu plus haut, nous prenons une piste qui nous y conduit et là on pourra rouler sur du velours … avant de se rendre compte que nous avançons à 100 km/h sur une portion en construction et fermée à la circulation ! Arrivée finalement à Sur, ville côtière. Nous baladons sur la Corniche, d’où on peut admirer le splendide phare. Les bleus du ciel et de l’eau sont magnifiques. Dommage, là-aussi les détritus sont nombreux au bas du muret qui délimite la plage. Nous prenons notre repas, un excellent Fish mix grill, au Sur Beach Restaurant, puis départ vers Jas-al-Jinz où nous espérons planter nos tentes sur les plages où les tortues viennent pondre. A la réserve où les tortues sont visibles la nuit, il n’est désormais plus possible de camper. Une sorte de complexe a été construit, avec chambres, restaurant, etc… au prix de 120 RO la nuit !!!!! Oman va concurrencer Dubaï avec ces prix-là. Nous repartons donc chercher un autre endroit et nous constatons qu’il est difficile de camper dans cette région. En plus, il faudrait laisser le campement pour aller voir les tortues. Bref, ce soir ce sera hôtel. Nous trouvons le Turtle Beach Resort (suivre les indications au rond-point à l’entrée de Jas-al-Hadd). Très bien, avec une belle plage de sable et une eau limpide. Nous logeons dans de petites huttes, les toilettes et douches, propres, sont communes. Le prix : 42 RO pour une chambre double, le repas du soir et celui du matin (formule buffet). La réserve aux tortues n’est qu’à 15 minutes en voiture. Pas d’hésitation, on reste. Après-midi de plage, de parties de carte, avant le repas du soir. Vers 21h00, nous sommes à la réserve où nous payons notre droit d’entrée de 3 RO par personne. Il y a bien une centaines de personnes, mais répartie en plusieurs groupes d’environ quinze. Chaque groupe a 2 guides qui délivrent des informations très intéressantes sur les tortues. Nous aurions bien voulu les voir de manière plus individuelle, mais ce n’est plus possible. Départ donc pour la plage, avec des lampes de poche à lumière douce et rouge. Les photos sont interdites, surtout les flash. La plage est parsemée de cratères, apparemment l’endroit est vraiment fréquenté. Très rapidement, nous trouverons 3 tortues. Leur taille est impressionnante. La première est en train de recouvrir le trou dans lequel elle vient de pondre, avec ses pattes. En se tenant juste derrière (il ne faut pas aller devant elle pour ne pas la stresser), on se prend des giclées de sable. Quelle vigueur dans le geste ! La deuxième que nous verrons a fini son labeur et retourne tranquillement à la mer. Et là, la chance passe par ce coin et nous découvrons une tortue en train de pondre. Elle a creusé son trou et elle dépose au fond une bonne centaine d’œufs, souples et blancs. Spectacle de la vie et de la conservation de l’espèce. Cette tortue a dû faire des milliers de km pour trouver cette plage, et nous sommes là à contempler ce moment simple, pas spectaculaire, mais tellement émouvant. Nous sommes de retour à notre resort vers les 23h00. La nuit est étoilée comme d’habitude et il y a un petit vent du bord de mer qui nous fera passer une bonne nuit.
Jeudi 6 novembre
Le lever du soleil est juste splendide avec des couleurs pastel. Pas de stress ce matin, pas de camp à ranger. Nous prenons le buffet du petit-déjeuner, avant de piquer une tête dans la mer chaude et limpide. Une douche et un peu de toilette plus tard, nous voilà prêts pour la suite du périple. Direction le Wadi Bani Khalid et les dunes de sable du Wahiba Sands. Nous retournons direction Sur, puis Al Kamil par d’excellentes routes goudronnées. La montée jusqu’au bout du Wadi est facile, pas de piste. En arrivant sur les lieux, nous voyons tout de suite que l’endroit est moins sauvage que d’habitude, il y a beaucoup de véhicules sur le parking. Il y a du monde, mais quasi aucun touriste. Nous ne voyons aucune femme. Les hommes pique-niquent, se baignent, discutent. Les grills fument et la viande dégage une odeur alléchante. L’endroit est splendide, avec une énorme piscine naturelle, un petit pont en fer qui enjambe l’eau, quelques constructions pour faire de l’ombre. On peut sauter dans l’eau depuis plusieurs rochers, l’eau est chaude et propre. Nos femmes restent habillées pour se baigner (t-shirts et bermudas), mais elles sont néanmoins dévisagées, pas par agressivité. Les femmes omanaises arrivent enfin, en groupe, accompagnées des enfants. Mais aucune d’entre elles n’ira dans l’eau. Nous profitons du site. Baignade en eau de mer le matin, en eau douce l’après-midi, belle journée … Pas de possibilité de camper ici, il nous faut bouger. Nous redescendons du site et nous arrêtons dans un resto … indien dans le premier village. Ce sera excellent comme d’habitude. La piste qui part dans le Wahiba Sands n’est qu’à quelques km, ce sera parfait pour y arriver avant la nuit. Dès notre entrée sur la piste, nous sommes abordés par un bédouin qui nous dit avoir un campement peu après et qu’il peut nous conduire dans les dunes. Nous hésitons car nous nous voulons rester indépendants. Nous le suivons tout de même pour voir, et à peine sortis de la piste, nous comprendrons rapidement que partir seul et inexpérimenté dans les sables peut vite devenir compliqué. En effet, la conduite dans les sables souples est difficile et le risque de rester bloquer très important. Bref, nous négocions avec ce bédouin, pour qu’il nous conduise dans les dunes, quelque part où nous serons seuls pour installer notre campement. Il prend le volant de notre Land-Cruiser après avoir bien dégonflé les pneus pour augmenter la portance. Il prend de la vitesse et grimpe une dune d’une déclivité incroyable. Le tout en riant comme un fou. Très impressionnant. Il parcourt ensuite les dunes, jouant avec le terrain, les montées, les descentes, avant de trouver un endroit assez plat, où il y a même du bois sec. Ce sera notre camp pour la nuit. Nous sommes isolés au milieu des sables, la piste principale est plusieurs centaines de mètres au-dessous de nous. Notre bédouin part à pied avec l’heure du rendez-vous pour demain matin afin qu’il nous ressorte de là. Sans lui, nous serions restés en bas, près de la circulation, sans vue, ni le sentiment d’espace que nous avons là. Après la montée des tentes, nous assistons au coucher de soleil, donnant au sable des couleurs orangées et ocre, des ombres, des variations de couleur magnifiques. Malheureusement, un vent fort se lève. Les sardines ne tiennent pas dans le sable et nous devons consolider nos tentes. Nous nous mettons à l’abri derrière un monticule de sable pour manger. Nous ramassons le bois sec et avons de quoi faire un bon feu. Le vent ne durera que 2 heures avant de se calmer et disparaître. Nous restons au clair de lune et à la lumière de notre lampe à gaz. Ce sera notre dernière nuit en camping, au milieu des sables du fond de la péninsule arabique.
Vendredi 7 novembre
Nuit très calme, sans mosquée pour nous réveiller. Nous nous levons pour assister au lever du soleil sur les dunes. Comme d’habitude, Michèle sera toujours la première à être debout et à pouvoir voir le spectacle, alors que comme d’habitude, je serai le dernier et je manque toujours la sortie de l’astre. Les couleurs sont plus douces que celles du soir, mais restent grandioses. Comme prévu, notre bédouin, accompagné d’un enfant, arrive à pied pour nous reconduire sur la piste principale. Une fois le camp plié, nous lui confions le volant et il repart dans les dunes, prenant des chemins que nous n’aurions pas osé emprunter. Il maîtrise facilement les difficultés du terrain et passe là où nous n’aurions pas pensé que cela soit possible. Nous nous arrêtons à leur campement où un café omanais nous attend, avec une purée de dattes. Une femme, portant un masque sur le visage est là et nous présente des créations faites de sa main à l’aide d’un métier à tisser. Nous achèterons quelques « babioles », telles que des bracelets, des garde-pages pour des livres, bref un peu d’artisanat local. Nous reprenons la direction de Muscat, qui se trouve à quelque 200 km. En chemin, nous nous arrêtons à Ibra, où nous ne voyons aucun touriste. Il y a un petit souk local, très typique. Nous voyons des artisans travailler le bois, avec des outils basiques, et réaliser des gravures splendides notamment sur des portes, la grande spécialité de tout le pays. Nous arrivons finalement sur Muscat du côté de l’aéroport. Nous commençons à connaître un peu les voies d’accès aux différents quartiers et nous nous retrouvons assez facilement sur la Corniche de Muttrah. Nous avions réservé par téléphone la nuit au Corniche Hôtel (30 RO), juste en face du marché aux poissons. L’établissement aurait bien besoin d’une rénovation, mais bon, pour une nuit cela ira. Après une bonne douche, nous prenons notre traditionnel repas pakistanais sur une terrasse en face du souk aux poissons. Comme d’habitude, ce sera excellent, bon marché. Personne n’aura connu de problèmes gastriques durant ce voyage. Puis, nous faisons toute la Corniche à pied, une splendide balade qui dure quelques km aller-retour. En revenant sur l’hôtel, les souks se sont animés (ils sont ouverts le matin, puis reprennent vers 16h30), et nous les visitons. Il y a surtout de l’artisanat et des habits. On y voit quelques touristes. C’est intéressant, mais cela n’a rien d’exceptionnel, rien à voir avec les souks d’autres pays. Nous avions vu dans le « Petit Futé » l’adresse d’un resto qui sert des spécialités omanaises dans le quartier de Ruwi. Plutôt que de risquer de se perdre avec notre véhicule dans le flot de la circulation, nous optons pour le taxi. Il y a devant le marché aux poissons des minibus qui font office de taxi collectif en direction du quartier de Ruwi. Démarrage quand c’est plein pour 100 Baisal par personne. C’est local, ça fonctionne, départ. Le taxi nous pose vers la gare routière qui est à environ 300 mètres du resto. Facile ! nous allons donc au Bin Ateeq Restaurant où nous mangerons dans un « salon » privé (en fait une pièce avec tapis au sol), par terre, avec des coussins pour nous caler. Il y a différents menus et nous optons pour celui à 7 RO par personne qui est composé de bien 10 plats différents. C’est bon, mais pas vraiment éloigné de ce que nous avons déjà mangé jusqu’à présent. Nous sommes donc un peu déçus, surtout vu le prix par rapport aux autres établissements. Pour rentrer sur la Corniche, on reprend un taxi collectif. Cela ne doit pas être si souvent que des touristes les empruntent, vu les regards amusés des clients et des chauffeurs. La nuit sera bonne dans un vrai lit.
Samedi 8 novembre
Après le petit-déj’, nous partons visiter le plus beau monument du pays, la mosquée Sultan Qaboos. Elle se visite du samedi au mercredi et de 08h00 à 11h00, attention donc à cet horaire. Le site est exceptionnel, à ne manquer sous aucun prétexte. L’extérieur est déjà magnifique, tout en perspective, avec une architecture islamique moderne. La salle des prières est juste incroyable, avec des lustres, des céramiques, des couleurs dans les tons verts. Il est écrit que cette salle peut accueillir jusqu’à 20'000 fidèles. Nous profitons de ces lieux solennels, avant de retourner aux marchés aux poissons de Muttrah. Autre ambiance ! Mais néanmoins à voir aussi. Il y a là de belles pièces, des thons, des espadons, de petits requins et bien d’autres encore. Des « artisans » préparent les poissons dans un coin du marché pour pouvoir les présenter ensuite sur les étals. Ils leur coupent la tête, les queues, lèvent les filets, très intéressant et parfois spectaculaire. Surtout qu’ils font cela à mains nues et avec des couteaux visiblement bien effilés. Direction ensuite le quartier de Muscat, sur la continuité de la Corniche. L’endroit est certes beau, mais il n’y a rien de vraiment spécial à notre goût. Nous partons finalement sur Seeb où nous avons réservé notre dernière nuit omanaise au Al-Bahjah Hotel. C’est le milieu de l’après-midi, la ville est morte, il n’y a personne dans les rues. Nous peinons même à trouver un restaurant d’ouvert. Finalement, nous mangerons dans un … resto pakistanais. C’est toujours aussi excellent et dépaysant car tous les clients sont des gens du crû. Nous nous régalons de curry pour un prix vraiment modique (5, 2 RO pour 4). Il nous faut maintenant penser à ramener notre 4x4 à l’aéroport. Les femmes resteront à l’hôtel pendant que Fab et moi allons faire le plein et laver la voiture. Les car-wash sont très nombreux, il y en a dans presque toutes les stations services. Un employé lave d’abord le véhicule avec un karscher, puis un autre vient le sécher avec une serviette, un troisième s’occupe de l’intérieur (chiffon et aspirateur). Ils lustrent même le bord extérieur des pneus avec un produit pour les rendre brillants. Apparemment, les Omanais sont pointilleux avec la propreté des voitures ! Tous les employés sont des Indiens, une fois de plus, le métier de laveur de voitures ne devant figurer dans les hautes couches sociales du pays. La restitution du véhicule se fera sans souci à l’aéroport et nous revenons à Seeb avec un taxi. La nuit est tombée, les trottoirs se sont remplis, il y a maintenant du monde à l’extérieur. Fab et moi allons chez le barbier nous faire raser une dernière fois avant notre rentrée en Suisse. Nous nous baladons ensuite dans les rues où les magasins de bijoux (en or) et de vêtements pour femme sont très nombreux. On y voit des robes très décolletées, des couleurs vives et aussi de la lingerie fine. Sous leur robe noire pour sortir dans la rue, les Omanaises doivent finalement être assez coquettes. Nous jouons une partie de cartes sur une terrasse et, mauvaise surprise, 2 personnes viennent nous réclamer de l’argent. C’est la 1ère fois que nous sommes confrontés à la mendicité dans ce pays. Dernier repas. Nous aurons vraiment testé la cuisine indo-pakistanaise. A la fin, nous avons abandonné le riz pour le pain, cuit au feu de bois et toujours présenté sous forme de galette. Nous nous sommes aussi habitués à manger avec les doigts (de la main droite). Retour à l’hôtel, dernière partie de cartes, paquetage des sacs, avant une courte nuit.
Dimanche 9 novembre
Lever très tôt, tiens avant le soleil pour une fois, vers 04h00. Le taxi que nous avions commandé la veille à la réception de l’hôtel est à l’heure. Incroyable hasard, alors que les taxis sont si nombreux, c’est le même chauffeur que celui de notre arrivée qui nous reconduit à l’aéroport. Tout comme à Doha pour le voyage aller, nous avons un problème avec nos e-ticket. Qatarairways ? le système informatique ? Nous ne le saurons jamais. Du coup, nous sommes les derniers à embarquer dans l’A319 qui nous ramène à Doha. L’avion est plein. A peine une heure plus tard, nous avons un court transit à Doha, juste le temps de passer au Tax Free Shop, pour foncer à l’embarquement. Cette fois, de nombreux sièges sont vides dans l’A330. A nouveau des écrans personnels, un grand choix de films, le vol sera tranquille. Nous posons à l’heure prévue à Genève, nos bagages sont là. Un retour sans histoire.