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Orphelinat au Burkina Faso English translation pending
Bonjour à tous
Voilà je pars pour 6 mois aux Burkina et j'aimerai savoir si qq'un connait des orphelinats ou des centres d'aides aux enfants. Alors si vous avez des noms je suis preneur. Voilà Hasta Luego 🙂
Voilà je pars pour 6 mois aux Burkina et j'aimerai savoir si qq'un connait des orphelinats ou des centres d'aides aux enfants. Alors si vous avez des noms je suis preneur. Voilà Hasta Luego 🙂
Quel pays d'Europe avez-vous préféré? English translation pending
J'aimerais avoir votre opinion sur le pays d'Europe que vous avez préférez lors de vos voayges??
Pour ma part pas difficile à comprendre non?? 😉
Voyage sur mesure au Vietnam (conseil guide) English translation pending
J’ai demandé vos conseils il y a quelques temps concernant mon voyage au Vietnam. J’ai suivi certains avis et j’ai eu un voyage formidable ! Pour résumer, on recherchait à découvrir mon pays natal avec ma fiancée. On voulait voyager dans de très bonnes conditions : hôtels haut de gamme, guide personnel, voiture personnelle, vols internes, … En France, on a trouvé directours.com qui proposait des prix corrects. Mais je me suis dit pourquoi pas trouver moi-même un guide local. J’ai envoyé quelques emails aux adresses trouvées sur le net dont un de ce forum. J’ai choisi un guide réactif et qui se démenait pour optimiser le voyage.
En fin de compte, nous sommes partis avec tout de même une petite appréhension de qui nous allions trouver à l’aéroport. Et vraiment, il n’y avait aucune raison. Tout le voyage s’est superbement bien déroulé. Nous avons payé 1350 euros par personnes pour 17 jours au mois de juillet (et 750 euros de billet d’avion). Ca peut sembler cher mais, nous avons eu une qualité de service irréprochable :
1) Hôtel 4* : Sofitel dans les grandes villes ou équivalents dans les autres 2) Pension complète : dans de très bons restaurants sauf exceptions lorsqu’il n’y avait rien d’autre 3) Chauffeur et voiture à disposition : pas la petite voiture, un mini car pour 2 ou un 4*4 en montagne. Et les chauffeurs, tous très biens mais surtout celui de Saigon qui valait bien un guide dans d’autres circuits … 4) 2 vols internes inclus 5) un train de nuit en cabine à 2 climatisée (la seule existante de tout le train) 6) une croisière dans la baie d’Along sur une jonque énorme (3 étages) réservé pour nous 2 exclusivement 7) et surtout un guide formidable. Attentionné, très prévoyant et d’une culture extraordinaire. Il s’est toujours débrouillé avec zèle pour satisfaire nos demandes parfois difficiles : retrouver mon lieu de naissance (avec les adresses et les numéros de rue qui ont changé entre temps), trouver des t shirts et une broderie en 1 journée pour notre association, prendre des photos des ethnies minoritaires du nord, manger des plats spéciaux, trouver un équipement sportif, … Vraiment le guide parfait qui sait être là lorsqu’il le faut et s’effacer le moment voulu.
Il faut savoir que je suis un vietnamien du sud et que notre guide est du nord. Alors pour que je fasse une description aussi élogieuse, c’est qu’il faut vraiment que cela soit mérité !
En conclusion, allez au Vietnam : le pays n’est pas cher, vous pouvez voyager dans de très bonnes conditions. Je vous recommande vivement de contacter notre guide. Il vous concoctera un voyage sur mesure au meilleur prix (pas nécessairement en hôtel 4*, c'est ça qui coute cher). Aux dernières nouvelles, il vient d’acheter des chevaux pour organiser un circuit équestre en montagne …
Si vous voulez plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter ! 🙂
PS : je ne sais pas si je peux laisser l’email du guide sur ce forum. Mais si vous le voulez, envoyez-moi un message. 😉
En fin de compte, nous sommes partis avec tout de même une petite appréhension de qui nous allions trouver à l’aéroport. Et vraiment, il n’y avait aucune raison. Tout le voyage s’est superbement bien déroulé. Nous avons payé 1350 euros par personnes pour 17 jours au mois de juillet (et 750 euros de billet d’avion). Ca peut sembler cher mais, nous avons eu une qualité de service irréprochable :
1) Hôtel 4* : Sofitel dans les grandes villes ou équivalents dans les autres 2) Pension complète : dans de très bons restaurants sauf exceptions lorsqu’il n’y avait rien d’autre 3) Chauffeur et voiture à disposition : pas la petite voiture, un mini car pour 2 ou un 4*4 en montagne. Et les chauffeurs, tous très biens mais surtout celui de Saigon qui valait bien un guide dans d’autres circuits … 4) 2 vols internes inclus 5) un train de nuit en cabine à 2 climatisée (la seule existante de tout le train) 6) une croisière dans la baie d’Along sur une jonque énorme (3 étages) réservé pour nous 2 exclusivement 7) et surtout un guide formidable. Attentionné, très prévoyant et d’une culture extraordinaire. Il s’est toujours débrouillé avec zèle pour satisfaire nos demandes parfois difficiles : retrouver mon lieu de naissance (avec les adresses et les numéros de rue qui ont changé entre temps), trouver des t shirts et une broderie en 1 journée pour notre association, prendre des photos des ethnies minoritaires du nord, manger des plats spéciaux, trouver un équipement sportif, … Vraiment le guide parfait qui sait être là lorsqu’il le faut et s’effacer le moment voulu.
Il faut savoir que je suis un vietnamien du sud et que notre guide est du nord. Alors pour que je fasse une description aussi élogieuse, c’est qu’il faut vraiment que cela soit mérité !
En conclusion, allez au Vietnam : le pays n’est pas cher, vous pouvez voyager dans de très bonnes conditions. Je vous recommande vivement de contacter notre guide. Il vous concoctera un voyage sur mesure au meilleur prix (pas nécessairement en hôtel 4*, c'est ça qui coute cher). Aux dernières nouvelles, il vient d’acheter des chevaux pour organiser un circuit équestre en montagne …
Si vous voulez plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter ! 🙂
PS : je ne sais pas si je peux laisser l’email du guide sur ce forum. Mais si vous le voulez, envoyez-moi un message. 😉
Itinéraire et budget pour voyage en République Tchèque English translation pending
bonjour à tous je suis nouveau ici et je souhaiterais eventuellement profiter de vos conseils
je suis étudiant et j'ai 24 ans
je compte partir en republique tchèque vers début aout je ne connais rien de ce pays et je pars seul ... alors j'ai prévu de rester 20 jours ou peut être 18 jours je compte découvrir Prague en journée (eventuellement d'autres villes ) et sortir le soir ...j'ai pensé reserver dans une auberge de jeunesse (pour l'ambiance jeune surtout en plus d'etre bon marché )
que pensez vous de la durée ? en lisant vos messages où la majorité reste 1 semaine j'ai l'impression que c'est beaucoup
qu'en est il du niveau de vie ? du prix du transport (ferroviaire ou par bus ) intervilles ? les lieux à ne pas rater ... j'aimerais aussi avoir votre avis sur une estimation du budget à prévoir ;) (visite de prague, sorties en boites la nuits et visite éclaire de deux ou trois autres villes
je compte partir en republique tchèque vers début aout je ne connais rien de ce pays et je pars seul ... alors j'ai prévu de rester 20 jours ou peut être 18 jours je compte découvrir Prague en journée (eventuellement d'autres villes ) et sortir le soir ...j'ai pensé reserver dans une auberge de jeunesse (pour l'ambiance jeune surtout en plus d'etre bon marché )
que pensez vous de la durée ? en lisant vos messages où la majorité reste 1 semaine j'ai l'impression que c'est beaucoup
qu'en est il du niveau de vie ? du prix du transport (ferroviaire ou par bus ) intervilles ? les lieux à ne pas rater ... j'aimerais aussi avoir votre avis sur une estimation du budget à prévoir ;) (visite de prague, sorties en boites la nuits et visite éclaire de deux ou trois autres villes
Le Vénézuela de Chavez English translation pending
Emission de Daniel Mermet sur france Inter à propos du dernier livre de Maurice Lemoine Chavez presidente! --
Chavez Presidente !
Entretien avec Maurice Lemoine, rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, spécialiste de l’Amérique Latine et auteur de Chavez Presidente ! (aux éditions Flammarion) Chávez presidente ! est un roman d’espionnage qui constitue à la fois une chronique du coup d’Etat contre le président vénézuélien Hugo Chavez en 2002 et une mise au jour des mécanismes des jeux de pouvoirs internationaux.
http://www.la-bas.org/ram/050617.ram
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=714
Chavez Presidente !
Entretien avec Maurice Lemoine, rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, spécialiste de l’Amérique Latine et auteur de Chavez Presidente ! (aux éditions Flammarion) Chávez presidente ! est un roman d’espionnage qui constitue à la fois une chronique du coup d’Etat contre le président vénézuélien Hugo Chavez en 2002 et une mise au jour des mécanismes des jeux de pouvoirs internationaux.
http://www.la-bas.org/ram/050617.ram
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=714
Corée du Nord English translation pending
En octobre 2003, je suis parti en vacances en Corée du Nord, dans le cadre d'un voyage bien évidemment organisé qui a duré cinq ou six jours. Extrêmement dense, ce voyage fut étonnant à tous les égards, même si je n'ai évidemment vu que ce qu'on m'autorisait à voir. Ces visites, ainsi que la propagande omniprésente qui nous était assenée ont fait de ces quelques jours mon expérience de voyage la plus dépaysante: voyage dans un pays étonnant bien sûr, mais surtout voyage dans le temps. A quelques petits détails près, on se serait cru dans l'Europe de l'Est des années 60, et c'est bel et bien "une autre planète" que j'avais l'impression de visiter.
A mon retour, j'ai donc rédigé un carnet de route - ce que je ne fais en principe jamais -, tant que mes souvenirs étaient encore frais, et y ai noté presque tous les détails de ce voyage. Je l'ai posté sur le forum généraliste que j'ai l'habitude de fréquenter, et l'ai divisé en 27 chapitres. Vous le voyez, c'est plutôt long pour un voyage de même pas une semaine! Puisque je vois ici qu'on a l'habitude de poster ses carnets de voyage, je vais aussi vous en faire profiter, en vous demandant d'être indulgent pour les nombreuses maladresses de style et les idées parfois quelque peu extravagantes qui me traversent l'esprit. Je ne vais tout poster d'un coup, car il faut que j'épure le récit initial (pas mal de fautes à corriger, et des références à l'autre forum - réponses à des intervenants à supprimer).
Naturellement, vos commentaires sont les bienvenus.
A mon retour, j'ai donc rédigé un carnet de route - ce que je ne fais en principe jamais -, tant que mes souvenirs étaient encore frais, et y ai noté presque tous les détails de ce voyage. Je l'ai posté sur le forum généraliste que j'ai l'habitude de fréquenter, et l'ai divisé en 27 chapitres. Vous le voyez, c'est plutôt long pour un voyage de même pas une semaine! Puisque je vois ici qu'on a l'habitude de poster ses carnets de voyage, je vais aussi vous en faire profiter, en vous demandant d'être indulgent pour les nombreuses maladresses de style et les idées parfois quelque peu extravagantes qui me traversent l'esprit. Je ne vais tout poster d'un coup, car il faut que j'épure le récit initial (pas mal de fautes à corriger, et des références à l'autre forum - réponses à des intervenants à supprimer).
Naturellement, vos commentaires sont les bienvenus.
Votre livre culte? English translation pending
quel rdt votre livre culte (en rapport avec voyage) ?
pour ma part voici un livre qui a sans doute confirmé mon attrait les voyages : l'usage du monde de Nicolas Bouvier.
si un livre vous a plu (mais vraiment très très beaucoup plu) n'hésitez pas à communiquer votre liste ici. merci
pour ma part voici un livre qui a sans doute confirmé mon attrait les voyages : l'usage du monde de Nicolas Bouvier.
si un livre vous a plu (mais vraiment très très beaucoup plu) n'hésitez pas à communiquer votre liste ici. merci
Je vous aide en italien English translation pending
salut, je suis un garçon italien...
si vous avez besoin d'un aide en italien contactez-moi!
ciao a tutti
gianluca
si vous avez besoin d'un aide en italien contactez-moi!
ciao a tutti
gianluca
Retour de Viva Tangerine Cabarete et Casa marina Bay Las Galeras English translation pending
Bonjour à tous, 😉
De retour hier de RD, tout bronzé et reposé. nous avions oublié le froid humide d'octobre sous nos lattitudes.🤪
Après les dégats causés par Jeanne, on avait des doutes sur la qualité de notre séjour. (voir sur le forum les discussions du 29 septembre sur le casa marina bay - samana - las galeras)
Bref ! on est partis. 😎
Une semaine à Cabarete au VIVA TANGERINE. Pas de traces significatives de Jeanne. Du moins à l'hotel, autour il y a quelques dégats. L'hotel est tout neuf (1 an) donc les prestations de confort répondent au derniers critères d'un 4 étoiles. Une qualité de service irréprochable, propreté exemplaire, nouriture excellente et surabondante, on peut manger et boire 24h/24h, pour ceux qui ont faim. Les chambres sont d'un confort standard sans charme particulier ( mobilier fonctionnel sans plus ). Il faut veiller, cependant, à la situation de sa chambre car il y a une grande disparité concernant les dimenssions et la vue. il ont construit beaucoup de batiments sur un espace restreint et aussi joliment arrangé soit il, avoir une vue dégagée sur jardins parait très difficille et je ne parle même pas de la vue sur mer. 30 chambres sur 220 ont ce privilège pour une grande partie vous avez le choix entre cage d'escalier du batiment d'en face ou mur en parpaings de 3 mêtres peint en vert. C'est dommage! Pour notre part nous avons demandé à changer dés notre arrivée car on nous avait offert la cage d'escalier d'en face à 5 mêtres les générateurs de l'hotel d'un coté et le transformateur de l'autre. La seconde était au troisième étage vue sur les jardins et beaucoup plus grande avec baignoire. CQFD! L'hotel est construit à 10 minutes à pieds par la plage du centre de Cabarete, dont il profite de l'animation et des services sans en avoir les inconvénients (musique à fond sur la plage j'usqu'à 5 plombles du mat) La plage est belle surtout pour les amoureux de la glisse, outre celui proposé par l'hotel, on peut louer tout un tas de matos dernier cri à 5 minutes sur la plage, le vent y est constant mais pas désagréable pour ceux qui préfèrent la bronzette tranquille. Pour la baignade, le saut de vagues est le sport local, cela peut même s'avérer très dangereux tant les rouleaux sont parfois très puissants. Attention aux enfants. La piscine est un bon repli stratégique lorsque l'on en a assez de se faire secouer, on y est un peu concentré autour sur des transats qui jouent à touche touche et l'équipe d'animation ne vous laissera pas plus de 5 minutes de répit. Cela semble convenir à une clientèle majoritairement anglosaxone et germanique. Pour ceux qu'un séjour cloitré à l'hotel exaspère et qui veulent sortir des excursions proposée par leur TO pour aller à la rencontre des dominicains, il existe un bon moyen, il faut oser et ne pas trop écouter ce que l'on raconte sur les routes en RD, c'est la location d'un scooter ou moto (15 USD/ Jour). Une bonne adresse EASY RIDER dans le centre de Cabarete, le matériel est récent, le patron sympa est allemand et se débrouille en Français, il vous indiquera des ballades à la journée sur les plages ou dans les montagnes, ça vaut vraiment le coup ! Seule restriction, ne pas conduire la nuit, pour le reste les dominicains ont une conduite certes sans règles mais très logique et assez courtoise, vérifier que le klaxon marche bien, c'est plus important que les clignotants !!!
Une semaine à Las Galeras au CASA MARINA BAY. Changement de décor et d'ambiance.
Arrivé de nuit on ne se rend pas bien compte des dégats alentours, on appercoit juste quelques arbres couchés et des éboulements le long de la route L'hotel souffre d'emblée de la comparaison avec le VIVA TANGERINE bien que de même catégorie et c'est peut dire !!!!! C'est un vieil hôtel. 😠 La reception pasée, un porteur de bagage qui passait par hasard nous conduit à notre « chambre » Rez de jardin face à la piscine à priori, pas mal. Une drole d'odeur se dégage en ouvrant la porte, à l'allumage de la lumière on découvre une chambre qui a visiblement souffert de Jeanne, murs pleins d'humidité, rideau moisi sur 30 centimêtres, et cette odeur !!! Nous poursuivons l'inspection par la salle de bain et là !!!!!! vision d'horreur, moisissure partout robineterie pleine de calcaire, carrelage cassé, joint de baignoire posés à la truelle avec des p'tites bètes ici et là, le temps de se retourner, le porteur était déjà partit. Vu l'heure tardive nous décidons de rester dans cette « chambre », nous demandons néanmoins à ce que la clim fonctionne en permanence car toute l'installation marche avec la clef de la chambre, si on enlève la clef plus d'électricité donc plus de clim et vu l'odeur de moisi elle ne sera pas de trop ! Après un rapide bricolage (un bout papier dans le tableau électrique) un ouvrier nous règle le problème. Le lendemain nous découvrons le parc et la plage après un petit dej. où les mouches sont invitées sur des aliments non protègés. Le site est superbe et le travail effectué pour rétablir les dégats causés par Jeanne a été remarquable. Tout fonctionne sauf le resto sur la plage (détruit et en cours de démontage final) et les équipements de plage ( reste 4 canoés, 1 cata en ruine, masques et tubas ) Nous décidons de rester dans cette chambre mais demandons un nettoyage complet, l'odeur s'étant sensiblement estompée avec la clim, on fera avec les taches d'humidité et un équipement plus qu'usagé. L'ambiance générale est décontractée parfois même laxiste quant il s'agit du service, il y a du personnel qui s'occupe de tout dans un joyeux désordre et gère les problèmes en fonction de leurs arrivés. L'hygiène est plus que douteuse, sur 12 Français, 8 malades au bout de 5 jours. Le ménage est succint, les draps n'ont pas été changés de la semaine, le linge est sale et taché aussi bien dans la chambre qu'a la piscine. Les piscines fonctionnaient très bien jusqu'au jour où ils ont entrepris d'embellir leurs pourtours (remplacement des bordures en herbes par des dalles) en pleine journée, sans protection, de la terre rouge tombe dans les bassins rendant les deux piscines, d'un très jolie rouge orangé, inutilisables pendant 2 jours, un employé continuait pendant ce temps de faire des prélèvements de contrôle, ne sachant visiblement pas très bien à quoi ça servait. Faisant constater cela au directeur de l'hotel, il nous donna entierement raison en nous offrant une corbeille de fruit et en poursuivant les travaux ?????
En résumé et indépendement des soucis causés par Jeanne, c'est un vieil hôtel aux équipements désuets qu'essaye de faire fonctionner une équipe dont la rigeur de gestion est la derniere des préocupations. La saleté et le manque d'hygiène règne en maître, c'est un hôtel en fin de vie dont une restauration complète pourrait lui redonner son rang de 4 étoiles. 😠
Pour ceux qui veulent s'échapper hors TO et verrouillage des taxis « acrédités » de l'hôtel qui pratiquent des tarifs de fou, las galeras, 5 minutes à pied par la plage, n'est pas Cabarete, vous pouvez cependant aller voir JEAN, un français sympa qui possède 3 yamaha 125cm3, certe pas de première jeunesse, mais les klaxon fonctionnent bien !, c'est pas compliqué, dans le village il n'y a que 2 loueurs l'un en face de l'autre, à l'unique carrefour. Partant de là vous pourrez faire par vos propres moyens la quasi totalité des excursions proposées par les TO pour moitié prix. Exemple : à Samana, 25 km, vous trouverez les deux seules agences sérieuses qui vous emmènent au parc des Los Haïtises, une journée tout inclus avec repas et détente sur l'île cayo Levantado pour 40 USD au lieu des 75 proposés à l'hôtel et vous vous retrouvez avec vos voisins de chambré. Vous en profiterz également pour changer vos dollars ou euros à la banque car à l'hotel les taux de change fraulent l'escroquerie et comme à las galeras il n'y a pas de bureau de change digne de ce nom !!!!!!!!! La région à beaucoup souffert du passage de Jeanne et beaucoup de sites ont perdus, pour quelques temps, leurs charmes à l'image de Playa Rincon qui est loin aujourd'hui de ressembler aux photos des brochures (Troncs d'arbres en pagaille mélangés à toutes sortes de détritus rejetés par la mer)
La péninsule de Samana regorge néanmois de paysages somptueux et d'une végétation luxuriante, les habitants peut habitués au tourisme de masse font preuve d'une grande gentillesse une fois la surprise passée de vous voir paumé sur un sentier entrain de demander votre route.
Voilà, à chaud, un compte rendu un peu long que nous souhaitons le plus objectif possible, pour aider les heureux élus au départ à préparer leur voyage . Quant à nous, nous préparons le suivant probablement à las Terrenas ( cet endroit nous a beaucoup plu) en RD, tellement nous avons été touché par ce pays.
Bonne vacances !!!!!!! 😎
Après les dégats causés par Jeanne, on avait des doutes sur la qualité de notre séjour. (voir sur le forum les discussions du 29 septembre sur le casa marina bay - samana - las galeras)
Bref ! on est partis. 😎
Une semaine à Cabarete au VIVA TANGERINE. Pas de traces significatives de Jeanne. Du moins à l'hotel, autour il y a quelques dégats. L'hotel est tout neuf (1 an) donc les prestations de confort répondent au derniers critères d'un 4 étoiles. Une qualité de service irréprochable, propreté exemplaire, nouriture excellente et surabondante, on peut manger et boire 24h/24h, pour ceux qui ont faim. Les chambres sont d'un confort standard sans charme particulier ( mobilier fonctionnel sans plus ). Il faut veiller, cependant, à la situation de sa chambre car il y a une grande disparité concernant les dimenssions et la vue. il ont construit beaucoup de batiments sur un espace restreint et aussi joliment arrangé soit il, avoir une vue dégagée sur jardins parait très difficille et je ne parle même pas de la vue sur mer. 30 chambres sur 220 ont ce privilège pour une grande partie vous avez le choix entre cage d'escalier du batiment d'en face ou mur en parpaings de 3 mêtres peint en vert. C'est dommage! Pour notre part nous avons demandé à changer dés notre arrivée car on nous avait offert la cage d'escalier d'en face à 5 mêtres les générateurs de l'hotel d'un coté et le transformateur de l'autre. La seconde était au troisième étage vue sur les jardins et beaucoup plus grande avec baignoire. CQFD! L'hotel est construit à 10 minutes à pieds par la plage du centre de Cabarete, dont il profite de l'animation et des services sans en avoir les inconvénients (musique à fond sur la plage j'usqu'à 5 plombles du mat) La plage est belle surtout pour les amoureux de la glisse, outre celui proposé par l'hotel, on peut louer tout un tas de matos dernier cri à 5 minutes sur la plage, le vent y est constant mais pas désagréable pour ceux qui préfèrent la bronzette tranquille. Pour la baignade, le saut de vagues est le sport local, cela peut même s'avérer très dangereux tant les rouleaux sont parfois très puissants. Attention aux enfants. La piscine est un bon repli stratégique lorsque l'on en a assez de se faire secouer, on y est un peu concentré autour sur des transats qui jouent à touche touche et l'équipe d'animation ne vous laissera pas plus de 5 minutes de répit. Cela semble convenir à une clientèle majoritairement anglosaxone et germanique. Pour ceux qu'un séjour cloitré à l'hotel exaspère et qui veulent sortir des excursions proposée par leur TO pour aller à la rencontre des dominicains, il existe un bon moyen, il faut oser et ne pas trop écouter ce que l'on raconte sur les routes en RD, c'est la location d'un scooter ou moto (15 USD/ Jour). Une bonne adresse EASY RIDER dans le centre de Cabarete, le matériel est récent, le patron sympa est allemand et se débrouille en Français, il vous indiquera des ballades à la journée sur les plages ou dans les montagnes, ça vaut vraiment le coup ! Seule restriction, ne pas conduire la nuit, pour le reste les dominicains ont une conduite certes sans règles mais très logique et assez courtoise, vérifier que le klaxon marche bien, c'est plus important que les clignotants !!!
Une semaine à Las Galeras au CASA MARINA BAY. Changement de décor et d'ambiance.
Arrivé de nuit on ne se rend pas bien compte des dégats alentours, on appercoit juste quelques arbres couchés et des éboulements le long de la route L'hotel souffre d'emblée de la comparaison avec le VIVA TANGERINE bien que de même catégorie et c'est peut dire !!!!! C'est un vieil hôtel. 😠 La reception pasée, un porteur de bagage qui passait par hasard nous conduit à notre « chambre » Rez de jardin face à la piscine à priori, pas mal. Une drole d'odeur se dégage en ouvrant la porte, à l'allumage de la lumière on découvre une chambre qui a visiblement souffert de Jeanne, murs pleins d'humidité, rideau moisi sur 30 centimêtres, et cette odeur !!! Nous poursuivons l'inspection par la salle de bain et là !!!!!! vision d'horreur, moisissure partout robineterie pleine de calcaire, carrelage cassé, joint de baignoire posés à la truelle avec des p'tites bètes ici et là, le temps de se retourner, le porteur était déjà partit. Vu l'heure tardive nous décidons de rester dans cette « chambre », nous demandons néanmoins à ce que la clim fonctionne en permanence car toute l'installation marche avec la clef de la chambre, si on enlève la clef plus d'électricité donc plus de clim et vu l'odeur de moisi elle ne sera pas de trop ! Après un rapide bricolage (un bout papier dans le tableau électrique) un ouvrier nous règle le problème. Le lendemain nous découvrons le parc et la plage après un petit dej. où les mouches sont invitées sur des aliments non protègés. Le site est superbe et le travail effectué pour rétablir les dégats causés par Jeanne a été remarquable. Tout fonctionne sauf le resto sur la plage (détruit et en cours de démontage final) et les équipements de plage ( reste 4 canoés, 1 cata en ruine, masques et tubas ) Nous décidons de rester dans cette chambre mais demandons un nettoyage complet, l'odeur s'étant sensiblement estompée avec la clim, on fera avec les taches d'humidité et un équipement plus qu'usagé. L'ambiance générale est décontractée parfois même laxiste quant il s'agit du service, il y a du personnel qui s'occupe de tout dans un joyeux désordre et gère les problèmes en fonction de leurs arrivés. L'hygiène est plus que douteuse, sur 12 Français, 8 malades au bout de 5 jours. Le ménage est succint, les draps n'ont pas été changés de la semaine, le linge est sale et taché aussi bien dans la chambre qu'a la piscine. Les piscines fonctionnaient très bien jusqu'au jour où ils ont entrepris d'embellir leurs pourtours (remplacement des bordures en herbes par des dalles) en pleine journée, sans protection, de la terre rouge tombe dans les bassins rendant les deux piscines, d'un très jolie rouge orangé, inutilisables pendant 2 jours, un employé continuait pendant ce temps de faire des prélèvements de contrôle, ne sachant visiblement pas très bien à quoi ça servait. Faisant constater cela au directeur de l'hotel, il nous donna entierement raison en nous offrant une corbeille de fruit et en poursuivant les travaux ?????
En résumé et indépendement des soucis causés par Jeanne, c'est un vieil hôtel aux équipements désuets qu'essaye de faire fonctionner une équipe dont la rigeur de gestion est la derniere des préocupations. La saleté et le manque d'hygiène règne en maître, c'est un hôtel en fin de vie dont une restauration complète pourrait lui redonner son rang de 4 étoiles. 😠
Pour ceux qui veulent s'échapper hors TO et verrouillage des taxis « acrédités » de l'hôtel qui pratiquent des tarifs de fou, las galeras, 5 minutes à pied par la plage, n'est pas Cabarete, vous pouvez cependant aller voir JEAN, un français sympa qui possède 3 yamaha 125cm3, certe pas de première jeunesse, mais les klaxon fonctionnent bien !, c'est pas compliqué, dans le village il n'y a que 2 loueurs l'un en face de l'autre, à l'unique carrefour. Partant de là vous pourrez faire par vos propres moyens la quasi totalité des excursions proposées par les TO pour moitié prix. Exemple : à Samana, 25 km, vous trouverez les deux seules agences sérieuses qui vous emmènent au parc des Los Haïtises, une journée tout inclus avec repas et détente sur l'île cayo Levantado pour 40 USD au lieu des 75 proposés à l'hôtel et vous vous retrouvez avec vos voisins de chambré. Vous en profiterz également pour changer vos dollars ou euros à la banque car à l'hotel les taux de change fraulent l'escroquerie et comme à las galeras il n'y a pas de bureau de change digne de ce nom !!!!!!!!! La région à beaucoup souffert du passage de Jeanne et beaucoup de sites ont perdus, pour quelques temps, leurs charmes à l'image de Playa Rincon qui est loin aujourd'hui de ressembler aux photos des brochures (Troncs d'arbres en pagaille mélangés à toutes sortes de détritus rejetés par la mer)
La péninsule de Samana regorge néanmois de paysages somptueux et d'une végétation luxuriante, les habitants peut habitués au tourisme de masse font preuve d'une grande gentillesse une fois la surprise passée de vous voir paumé sur un sentier entrain de demander votre route.
Voilà, à chaud, un compte rendu un peu long que nous souhaitons le plus objectif possible, pour aider les heureux élus au départ à préparer leur voyage . Quant à nous, nous préparons le suivant probablement à las Terrenas ( cet endroit nous a beaucoup plu) en RD, tellement nous avons été touché par ce pays.
Bonne vacances !!!!!!! 😎
Ma journée Indienne et Sri Lankaise à Paris avec Ganesha! English translation pending

Ma journée Sri Lankaise à Paris avec Ganesha ! Dimanche 05 Septembre 2004, pour la neuvième année consécutive, la communauté des Tamouls Sri Lankais de Paris se réunit au Temple de Sri Manicka Vinayakar Alayam.
Des cérémonies religieuses ( bain rituel du dieu à l’eau de rose, miel, lait… ) débuteront à 9 heures suivies d’un cortège et d’un défilé en l’honneur du dieu à la tête d’éléphant.
Avant mon départ pour cette journée magique, j’ai fais quelques recherches, je sais donc maintenant que Ganesha, est le fils de Shiva et de Parvati. Spécialement porteur de chance, Ganesh est invoqué avant de commencer un projet, partir en voyage, …
Concernant son aspect, on trouve essentiellement deux versions : - Le fils de Shiva est à son image, donc très beau. Il séduit toutes les femmes, ce qui lui fait oublier sa mission. Aussi est-il condamné par Parvati à avoir une tête d’éléphant et un gros ventre. - Des légendes parlent de sa décapitation, sa mère demande la renaissance de son fils, Shiva utilisa le premier animal passant à sa portée pour redonner une tête à son fils, ce fut un éléphant avec une seule défense…
Ayant potassé « un peu » le sujet, je me rends donc au Temple de la rue de Girard.
Ce n’est pas l’Inde, mais presque, une foule incroyable est là devant les portes de ce lieu de culte : la communauté Hindoue Parisienne, des Parisiens, des adultes, beaucoup d’enfants, des sarees multicolores, des fleurs, des ballons, des odeurs d’encens, musique à fond … ma journée de voyage commence très fort.
Remorque vélo pour voyager avec bébé English translation pending
Bonjour,
Nous avons un petit garçon de 6 mois et souhaitons voyager avec lui à vélo.
Nous souhaitons avoir des retours d'expérience de parents ayant trimbalé leur enfant comme ça (sur de longs parcours). à partir de quel âge y avez-vous mis votre enfant, et avez-vous prévu un adaptateur pour un bébé qui ne tient pas encore bien assis ? votre remorque comporte-t-elle des amortisseurs, pour diminuer les vibrations ? est-ce mieux que l'ouverture regarde face ou dos à la route (poussières)? remorque tout tissu (légèreté) ou coque plastique (plus sécuritaire ?) ? quelle est la marque/modèle de votre remorque et à quel prix avez-vous déniché votre merveille ? quels inconvénients avez-vous noté : par temps de pluie, par grosses chaleurs... BB s'est-il ennuyé, et combien de temps rouliez-vous par jour ?
Merci beaucoup pour vos réponses.
Nous avons un petit garçon de 6 mois et souhaitons voyager avec lui à vélo.
Nous souhaitons avoir des retours d'expérience de parents ayant trimbalé leur enfant comme ça (sur de longs parcours). à partir de quel âge y avez-vous mis votre enfant, et avez-vous prévu un adaptateur pour un bébé qui ne tient pas encore bien assis ? votre remorque comporte-t-elle des amortisseurs, pour diminuer les vibrations ? est-ce mieux que l'ouverture regarde face ou dos à la route (poussières)? remorque tout tissu (légèreté) ou coque plastique (plus sécuritaire ?) ? quelle est la marque/modèle de votre remorque et à quel prix avez-vous déniché votre merveille ? quels inconvénients avez-vous noté : par temps de pluie, par grosses chaleurs... BB s'est-il ennuyé, et combien de temps rouliez-vous par jour ?
Merci beaucoup pour vos réponses.
Arnaques en tout genre! English translation pending
Nous avons tous été victime un jour ou l'autre d'arnaque au cours d'un voyageje propose donc un petit messages ou chacun relaterais comment il c'est fait avoir afin que les plus jeunes (ou les plus naif, ne tombe pas dans le piege )
Pour commencé, je vais livrer une annecdote
ATHENES, juillet 91
mon "dépucelage" de routard, nous sommes tous les 2 un peu perdu au centre d'athenes a la recherche d'une banque pour faire du change.Samedi apres midi tous est fermé lorsqu'un type s'approche de nous ca va ?
oui !!
vous voulez changer de l'argent
oui
ba voila, je suis italien (ce qui devait etre vrai), j'ai gagner beaucoup d'argnet au casino et comme je n'est pas le droit de sortir tous ses drachmes, je vous propose de les echanger contre des francs, en contre partis je vous donne le double du cours !!!!!!!!!
bien sur nous savons que ce n'est pas vrai et nous pensons plutot qu'il a cambriller une banque, mais bon dans 2 minutes nous aurons gagner 2000 balles alors nous lui remettons 10 beau billet de 200 fr.
bien sur qu'il y a arnaque, elle consiste en 2 paquet de billets, le "magicien vous remets une liasse contenant 4 000 fr, compter, a ce moment la il vous redemande la liasse pour mettre un elastique et detourne votre attention avec un complice qui crie au loin, quand il vous redonne la liasse le billet de 1000 est toujours visible mais les billets de 5000 a l'interieur on été remplacé par des billets de 100.
resultat 70 fr au lieu des 4000 espéré,
cela faisait 1 heure que nous etions en grece!!!!!!!mais l'histoire est belle car la fin est magique..............
dégouté, nous décidons de filer directement pour la crete, nous prenons le metro en maudissant ce mec;une heure plus tard nous sommes au pirée.le bateau est dans 6 heures, casquettes, lunettes de soleil, walk man pour oublier cet incident qui compromet nos vacances, voici 5 minutes que nous sommes instaler quand un gars me tape sur l'épaule:would you change money ?!!!!!!!!!!
instantanément je reconais le type qui nous a arnaquer 2 heures avant a 10 kilometre de la
je me leve et sans refléchir lui balance un pain dans la téte puis le chope par les cheveux (le gars doit avoir 50 ans et il est petit), la une mercedes arrive a fond, frein a main, la vitre electrique se baisse et la un gars type mafioso discute avec l'autre en italien........... et sort 4 billets de 500 francs, je lache le type, attape les billets, la porte s'ouvre le gars saute dans la voiture, un complice qui faisait le guet fais de méme et la voiture démarre sur les chapeau de roues (imatriculé en france dans le 06 !!!!!)
voila mes 2 premieres heures de ma vie de routard !!!!!!!!!!!!!
depuis j'ai souvant changer des sous dans les rues, je ne donne jamais mon billet ou mes billets avant d'avoir la sommes dans mes mains et je sais toujours exactement quel sommes je vais avoir (150 euro a 3264 brouzouf par exemple!!!tu as interet a avoir compter avant.
une des conbines des changeur vietnamien par exemple est de te donner 808 500par exemple a la place de 880 500 .
j'attend vos histoire, si non moi j'en aurais au moins une dizaine......
a plus
Les petites "galères"? English translation pending
Tiens pour changer ...
Après … ou plutôt en même temps que, car je ne veux pas couper court aux autres sujets, « les petits moments de bonheur », les citations, cette destinée qui nous rattrape toujours, les « vrais » et les « faux » voyageurs ou autres questions existentielles, pourriez-vous nous raconter une de vos petites «galères» de voyage (ou considérées comme tel à leur arrivée) dont vous riez volontiers aujourd’hui?
Je lance le sujet avec cette anecdote recopiée d'un carnet.
« …ce n’est qu’à l’heure du BN que j’ai pu sortir du piège de ce fond de lit d’oued à sec dans lequel nous étions engagés depuis le milieu de matinée. Tout allait pourtant pour le mieux -du moins le croyais-je- jusqu’à l’arrivée au-dessus de cette cascade sèche, oh pas bien haute … même pas deux mètres, mais quand même infranchissable par mon compagnon d’infortune. Je veux citer Rantanplan, mon, parfois têtu et stupide - si, si j’vous jure- mulet, mais néanmoins solide, courageux et fidèle compagnon-porteur tout-terrain. Tout-terrain ? Pas tout à fait ! Bon, rien à dire face à la cascade sèche… Je me doutais bien qu’il n’allait pas sauter, pattes jointes, deux mètres plus bas rien que pour me faire plaisir. J'ai donc fait demi tour sans me prendre la tête, mais après… quand-même ! Me laisser plus de trois heures, sans aucun remord apparent, au fond d’une gorge, en pleine « cagna » de mi-journée parce que Monsieur refusait de retraverser le petit éboulis dont il s’était rit à l’aller, je trouve la plaisanterie un peu saumâtre.
Bon, la tension est retombée. Je suis maintenant tiré d’affaire, bien à l’ombre bienfaisante d’un genévrier thurifère centenaire préservé - par quel miracle ?- du massacre à la hache subi par ses diformes et squelettiques congénères. J’en ai assez pour la journée ! Le petit bivouac est installé, le thé au thym frémit gentiment sur les braises, Rantanplan broute ce qu’il peut entre les cailloux en attendant son repas du soir, je me remémore et laisse quelques traces écrites des événements de ces dernières heures.
Quand j’ai vu le mulet planter ses fers et s’immobiliser devant l’étranglement du passage et quelques cailloux polis, j’ai pensé qu’au vu des expériences précédentes, passer au-delà ne serait qu’une formalité ; d’autant plus qu’à l'aller il n’avait pas marqué la moindre hésitation.
J’ai donc commencé par le plus simple : l'accompagner en le tenant par la bride. Il n’a pas bougé les pattes d’un millimètre. Je suis passé derrière en lui donnant la traditionnelle tape sur la croupe accompagnée dans mon meilleur berbère du mot « ouchte » connu par tous les mulets de l’Atlas pour déclencher le mouvement. Rien. Une, deux, dix, vingt fois et plus sans succès, j’ai renouvelé ces gestes basiques. Sans y croire réellement j’ai vérifié qu’aucun animal rampant n’était caché dans les pierres à proximité. Si un serpent était dans coin il aurait de toutes façons fuit depuis longtemps. Je lui ai fait faire demi tour sur quelques mètres, pris par la bride et revenu en espérant passer ainsi comme si de rien n’était. Quand il s’est de nouveau planté devant la plus grosse pierre sans même l’effleurer du sabot, j’ai cru lire dans son regard « non mais tu me prends pour un con ? ». J’ai essayé de lui faire comprendre que non. Je lui ai susurré à l’oreille que c’était le plus gentil et courageux des mulets, qu’après avoir arpenté sans chuter des pierriers pentus et instables à la recherche d’une trace perdue, qu’après avoir franchi dans les rochers des passages en escaliers devant lesquels j’aurais fait demi tour sans hésiter si je n’avais pas vu les traces de fer sur les cailloux ou eu la garantie des bergers rencontrés que le passage était accessible aux mulets, qu’après avoir reculé sur plusieurs mètres, à trente mètres de la rivière en contre-bas, dans une vire de falaise étroite au point de ne pas pouvoir faire demi-tour, il ne devait pas se laisser ridiculiser par ces quelques cailloux certes un peu polis mais qu’il avait royalement toisé deux heures auparavant. Toujours rien. Fâché, j’ai fini par lui dire qu’il n’avait aucun orgueil, que je le revendrais à un méchant éleveur de chèvres dès que nous serions sortis de là, qu’il me regretterait en voyant la différence de traitement avec moi qui ne l’avais jamais battu. Je l'ai menacé de partir seul avec mon sac à dos en l’abandonnant là à son triste sort… Cela n’a pas semblé l’émouvoir. Je l’ai déchargé, fait plusieurs fois demi tour et revenu en montant dessus en croyant naïvement que si je lui montrais que je n’avais pas peur sur lui, il n’avait rien à craindre non plus. Ce ne fût pas un franc succès. J’ai ensuite pensé qu’une diversion viendrait à bout du caprice et l’ai entraîné jusqu’au petit filet d’eau qui ressurgissait en aval à une demi-heure de là. Il n’a pas voulu reboire. Moi si. Nous sommes restés là le temps de fumer une cigarette ( pas lui, moi ) et je l’ai fait trotter au retour en espérant qu’il passe dans la foulée… mais la foulée s’est figée une fois de plus à la vue du passage considéré comme délicat. Je lui ai bandé les yeux, et à nouveau tiré, poussé, monté à nouveau. Il y a eu un semblant de progrès. N’y voyant rien, il posait le premier sabot, mais dès celui-ci au contact de ce p….. de caillou c’était un « non » aussi franc que massif. Que faire ? Arrêter de se prendre la tête, passer là le reste de l’après-midi et la nuit et … demain serait un autre jour ? Imprudent. Même si je ne suis pas plus inquiet que cela sur la météo de ce mois de juillet, je n’aime pas dormir dans un endroit « sans issue ». Le laisser là et partir chercher de l’aide d’un conducteur de mulet plus expérimenté que moi ? C’était une option. De toute façon … il n’allait pas se sauver ! Construire une espèce de passerelle selon la technique locale éprouvée Tiens c’est une idée ça. Les cailloux c’est pas ce qui manque … de toutes tailles… Il n’y a plus qu’à les déplacer ! Le bois est plus rare, mais j’en ai vu ce matin qui avait du être charrié par l’eau cet hiver avant de coincer dans les rochers riverains… Il n’y a plus qu’a aller les chercher ! Au taf ! J’ai donc joué les terrassiers pendant plus d’une heure avant de, non pas m’émerveiller du labeur accompli dans la canicule de cette mi-journée, mais du moins estimer suffisant le résultat et envisager la fin de la plaisanterie. Je n’y ai pas cru longtemps ! L’animal était dans une phase d’humeur contrarié et la mienne d’humeur n’étant pas dans un cycle de jovialité, j’ai opté sagement pour une petite détente-collation destinée à faire chuter ma tension. Collation …? Et si asserdoun ( le mulet ) avait faim ? Lui aussi a généralement droit à sa ration d’orge de midi pendant que je déguste mes sardines à la tomate ou mon corned beef. Et si sa ration était alignée en petits tas tous les trente centimètres jusqu’à dépasser … ce que je ne peux toujours pas qualifier d’obstacle ? Je la tenais ma solution ! Collé à la paroi de la falaise pour profiter de la petite bande d’ombre qu’elle voulait bien dispenser, j’ai fini ma portion de Vache qui rit et mes figues ( et oui, aujourd’hui c’était fromage et dessert !) sans savoir si je devais rire ou pleurer. J’aurais du mal à décrire ici l’attitude ridicule adoptée par l’animal pour attraper le tas suivant après avoir avalé goulûment les trois premières poignées de grain, mais je me promets de la mimer à celles ou ceux qui m’en feront un jour la demande. Sachez seulement que ce cher Rantanaplan ne semblait pas décidé à esquisser le moindre petit pas en avant pour accéder au x autres petits tas de grain et finir son repas de midi. C’est cependant cette position grotesque qui m’a donné une nouvelle idée : l’encolure et la tête allongée au maximum, le naseau frémissant, les lèvres tendues trois centimètres devant sa dentition de jeune homme, et les deux pattes avant jointes formant un angle avec le sol à la limite de rupture d’équilibre … Suffirait-il de rompre la stabilité de cet inesthétique position pour qu’il fasse enfin ces deux pas en avant tant attendus depuis la fin de matinée ? Y avait qu’à … et pour cela une seule solution : le prendre par surprise car il reprendrait sa position bien campée dès que je m’approcherais.
La surprise, oui mais … Qui a déjà essayé de s’approcher d’un mulet sans se faire remarquer ?
La solution serait dans la corde qui sert à la fixation du chouari et du taghrart ( paniers de portage et sac de bât). J’ai attaché une extrémité de la corde à une des pattes avant et l’autre bout à une des pattes arrière, resservi à portée de gueule quelques grains pour l’aguicher, mis la corde en limite de tension et attendu patiemment trois mètres devant lui qu’ il essaye à nouveau d’attraper le tas suivant. L’instant propice n’a pas tardé plus d’une minute. Dès qu’il a atteint la position attendue j’ai tiré d’un coup sec simultanément sur les deux brins de la corde.
Bingo ! Déséquilibré réellement ou surpris par la tension brutale de la corde dans les chevilles, toujours est-il que plus de trois heures après s’être planté une première fois, Rantanplanfranchissait le misérable tas de cailloux, m’évitant ainsi d’avoir à exposer dans une langue où je ne connais que quelques « expressions de survie » le grotesque de la situation à la première bergerie trouvée.
Certes, la vie des montagnards locaux manque tellement de récréations que l’anecdote du roumi et asserdoun n’aurait pas manqué d’alimenter les discussions des veillées et certainement diverti le souk régional pendant des semaines… Mais j’avoue être un brin susceptible, alors … »
José
Après … ou plutôt en même temps que, car je ne veux pas couper court aux autres sujets, « les petits moments de bonheur », les citations, cette destinée qui nous rattrape toujours, les « vrais » et les « faux » voyageurs ou autres questions existentielles, pourriez-vous nous raconter une de vos petites «galères» de voyage (ou considérées comme tel à leur arrivée) dont vous riez volontiers aujourd’hui?
Je lance le sujet avec cette anecdote recopiée d'un carnet.
« …ce n’est qu’à l’heure du BN que j’ai pu sortir du piège de ce fond de lit d’oued à sec dans lequel nous étions engagés depuis le milieu de matinée. Tout allait pourtant pour le mieux -du moins le croyais-je- jusqu’à l’arrivée au-dessus de cette cascade sèche, oh pas bien haute … même pas deux mètres, mais quand même infranchissable par mon compagnon d’infortune. Je veux citer Rantanplan, mon, parfois têtu et stupide - si, si j’vous jure- mulet, mais néanmoins solide, courageux et fidèle compagnon-porteur tout-terrain. Tout-terrain ? Pas tout à fait ! Bon, rien à dire face à la cascade sèche… Je me doutais bien qu’il n’allait pas sauter, pattes jointes, deux mètres plus bas rien que pour me faire plaisir. J'ai donc fait demi tour sans me prendre la tête, mais après… quand-même ! Me laisser plus de trois heures, sans aucun remord apparent, au fond d’une gorge, en pleine « cagna » de mi-journée parce que Monsieur refusait de retraverser le petit éboulis dont il s’était rit à l’aller, je trouve la plaisanterie un peu saumâtre.
Bon, la tension est retombée. Je suis maintenant tiré d’affaire, bien à l’ombre bienfaisante d’un genévrier thurifère centenaire préservé - par quel miracle ?- du massacre à la hache subi par ses diformes et squelettiques congénères. J’en ai assez pour la journée ! Le petit bivouac est installé, le thé au thym frémit gentiment sur les braises, Rantanplan broute ce qu’il peut entre les cailloux en attendant son repas du soir, je me remémore et laisse quelques traces écrites des événements de ces dernières heures.
Quand j’ai vu le mulet planter ses fers et s’immobiliser devant l’étranglement du passage et quelques cailloux polis, j’ai pensé qu’au vu des expériences précédentes, passer au-delà ne serait qu’une formalité ; d’autant plus qu’à l'aller il n’avait pas marqué la moindre hésitation.
J’ai donc commencé par le plus simple : l'accompagner en le tenant par la bride. Il n’a pas bougé les pattes d’un millimètre. Je suis passé derrière en lui donnant la traditionnelle tape sur la croupe accompagnée dans mon meilleur berbère du mot « ouchte » connu par tous les mulets de l’Atlas pour déclencher le mouvement. Rien. Une, deux, dix, vingt fois et plus sans succès, j’ai renouvelé ces gestes basiques. Sans y croire réellement j’ai vérifié qu’aucun animal rampant n’était caché dans les pierres à proximité. Si un serpent était dans coin il aurait de toutes façons fuit depuis longtemps. Je lui ai fait faire demi tour sur quelques mètres, pris par la bride et revenu en espérant passer ainsi comme si de rien n’était. Quand il s’est de nouveau planté devant la plus grosse pierre sans même l’effleurer du sabot, j’ai cru lire dans son regard « non mais tu me prends pour un con ? ». J’ai essayé de lui faire comprendre que non. Je lui ai susurré à l’oreille que c’était le plus gentil et courageux des mulets, qu’après avoir arpenté sans chuter des pierriers pentus et instables à la recherche d’une trace perdue, qu’après avoir franchi dans les rochers des passages en escaliers devant lesquels j’aurais fait demi tour sans hésiter si je n’avais pas vu les traces de fer sur les cailloux ou eu la garantie des bergers rencontrés que le passage était accessible aux mulets, qu’après avoir reculé sur plusieurs mètres, à trente mètres de la rivière en contre-bas, dans une vire de falaise étroite au point de ne pas pouvoir faire demi-tour, il ne devait pas se laisser ridiculiser par ces quelques cailloux certes un peu polis mais qu’il avait royalement toisé deux heures auparavant. Toujours rien. Fâché, j’ai fini par lui dire qu’il n’avait aucun orgueil, que je le revendrais à un méchant éleveur de chèvres dès que nous serions sortis de là, qu’il me regretterait en voyant la différence de traitement avec moi qui ne l’avais jamais battu. Je l'ai menacé de partir seul avec mon sac à dos en l’abandonnant là à son triste sort… Cela n’a pas semblé l’émouvoir. Je l’ai déchargé, fait plusieurs fois demi tour et revenu en montant dessus en croyant naïvement que si je lui montrais que je n’avais pas peur sur lui, il n’avait rien à craindre non plus. Ce ne fût pas un franc succès. J’ai ensuite pensé qu’une diversion viendrait à bout du caprice et l’ai entraîné jusqu’au petit filet d’eau qui ressurgissait en aval à une demi-heure de là. Il n’a pas voulu reboire. Moi si. Nous sommes restés là le temps de fumer une cigarette ( pas lui, moi ) et je l’ai fait trotter au retour en espérant qu’il passe dans la foulée… mais la foulée s’est figée une fois de plus à la vue du passage considéré comme délicat. Je lui ai bandé les yeux, et à nouveau tiré, poussé, monté à nouveau. Il y a eu un semblant de progrès. N’y voyant rien, il posait le premier sabot, mais dès celui-ci au contact de ce p….. de caillou c’était un « non » aussi franc que massif. Que faire ? Arrêter de se prendre la tête, passer là le reste de l’après-midi et la nuit et … demain serait un autre jour ? Imprudent. Même si je ne suis pas plus inquiet que cela sur la météo de ce mois de juillet, je n’aime pas dormir dans un endroit « sans issue ». Le laisser là et partir chercher de l’aide d’un conducteur de mulet plus expérimenté que moi ? C’était une option. De toute façon … il n’allait pas se sauver ! Construire une espèce de passerelle selon la technique locale éprouvée Tiens c’est une idée ça. Les cailloux c’est pas ce qui manque … de toutes tailles… Il n’y a plus qu’à les déplacer ! Le bois est plus rare, mais j’en ai vu ce matin qui avait du être charrié par l’eau cet hiver avant de coincer dans les rochers riverains… Il n’y a plus qu’a aller les chercher ! Au taf ! J’ai donc joué les terrassiers pendant plus d’une heure avant de, non pas m’émerveiller du labeur accompli dans la canicule de cette mi-journée, mais du moins estimer suffisant le résultat et envisager la fin de la plaisanterie. Je n’y ai pas cru longtemps ! L’animal était dans une phase d’humeur contrarié et la mienne d’humeur n’étant pas dans un cycle de jovialité, j’ai opté sagement pour une petite détente-collation destinée à faire chuter ma tension. Collation …? Et si asserdoun ( le mulet ) avait faim ? Lui aussi a généralement droit à sa ration d’orge de midi pendant que je déguste mes sardines à la tomate ou mon corned beef. Et si sa ration était alignée en petits tas tous les trente centimètres jusqu’à dépasser … ce que je ne peux toujours pas qualifier d’obstacle ? Je la tenais ma solution ! Collé à la paroi de la falaise pour profiter de la petite bande d’ombre qu’elle voulait bien dispenser, j’ai fini ma portion de Vache qui rit et mes figues ( et oui, aujourd’hui c’était fromage et dessert !) sans savoir si je devais rire ou pleurer. J’aurais du mal à décrire ici l’attitude ridicule adoptée par l’animal pour attraper le tas suivant après avoir avalé goulûment les trois premières poignées de grain, mais je me promets de la mimer à celles ou ceux qui m’en feront un jour la demande. Sachez seulement que ce cher Rantanaplan ne semblait pas décidé à esquisser le moindre petit pas en avant pour accéder au x autres petits tas de grain et finir son repas de midi. C’est cependant cette position grotesque qui m’a donné une nouvelle idée : l’encolure et la tête allongée au maximum, le naseau frémissant, les lèvres tendues trois centimètres devant sa dentition de jeune homme, et les deux pattes avant jointes formant un angle avec le sol à la limite de rupture d’équilibre … Suffirait-il de rompre la stabilité de cet inesthétique position pour qu’il fasse enfin ces deux pas en avant tant attendus depuis la fin de matinée ? Y avait qu’à … et pour cela une seule solution : le prendre par surprise car il reprendrait sa position bien campée dès que je m’approcherais.
La surprise, oui mais … Qui a déjà essayé de s’approcher d’un mulet sans se faire remarquer ?
La solution serait dans la corde qui sert à la fixation du chouari et du taghrart ( paniers de portage et sac de bât). J’ai attaché une extrémité de la corde à une des pattes avant et l’autre bout à une des pattes arrière, resservi à portée de gueule quelques grains pour l’aguicher, mis la corde en limite de tension et attendu patiemment trois mètres devant lui qu’ il essaye à nouveau d’attraper le tas suivant. L’instant propice n’a pas tardé plus d’une minute. Dès qu’il a atteint la position attendue j’ai tiré d’un coup sec simultanément sur les deux brins de la corde.
Bingo ! Déséquilibré réellement ou surpris par la tension brutale de la corde dans les chevilles, toujours est-il que plus de trois heures après s’être planté une première fois, Rantanplanfranchissait le misérable tas de cailloux, m’évitant ainsi d’avoir à exposer dans une langue où je ne connais que quelques « expressions de survie » le grotesque de la situation à la première bergerie trouvée.
Certes, la vie des montagnards locaux manque tellement de récréations que l’anecdote du roumi et asserdoun n’aurait pas manqué d’alimenter les discussions des veillées et certainement diverti le souk régional pendant des semaines… Mais j’avoue être un brin susceptible, alors … »
José
Vingt jours en Haryana, Punjab, Rajasthan English translation pending
13 juillet 2003 Paris
Air India. 7h de retard, le réservoir s'est vidé sur le sol de Roissy 🙁
14 juillet 2003
... la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas...
Léger flottement pour le transit à Mumbai mais je dégotte enfin un avion pour Delhi. Il faut que je pense, pour l'année prochaine, à trouver un avion Mumbai Jodhpur. Je repère un touriste isolé. Delhi, environ 11h du matin. Je récupère mon sac à dos et mon touriste solitaire. Il est américain - Did you book an hotel ? - Non, il n'a rien prévu. - We can share a prepaid taxi and go to my hotel in Paharganj ? - Parfait. J'arrive avec Chris, j'ai de quoi donner un bon pourboire à notre chauffeur, un Sikh, et j'apporte un client comme promis à Surender Mohan (Sone pê Suhaga...). Pour 250 rps, à Delhi, la chambre est correcte. L'accueil est toujours bon, les deux frères et les employés toujours prêts à rendre service. Le Hare Krishna roof top restaurant à 250m sur la droite en débouchant dans Main Bazar me convient parfaitement. 15 juillet 13h Je vais à pied à la New Delhi Station. Les gens sont bien sages, la queue est parfaite, je ne vois qu'une seule tête. Je prend un ticket pour Kurukshetra, ville sainte de l'Haryana (te souvient-il des conseils prodigués par Krishna à Arjuna avant la grande castagne familiale ?) sise à 157 km au Nord de Delhi. Petit problème pour entrer dans le train. Bousculade de première, je perds mon clip solaire sans m'en rendre compte. Les gadgets pour playboy ne sont pas faits pour moi, je le savais depuis longtemps. Par contre, j'ai trouvé un siège. Quelques échanges un peu courts avec mes sympathiques voisins. je ferais bien de récupérer mon Hindi pour converser un peu plus... Arrivée à Kurukshetra. Je sors de la gare. J'achète un paquet de "Four Square", attention fumer du tabac nuit gravement à la santé. D'un autre côté, produire beaucoup de fumée à la tombée du jour protège du palu... Pas le temps de tirer deux bouffées qu'un local me demande où je veux aller. - Birla Mandir ? -. Autour de ce temple je sais qu' il est possible de trouver des dharamsalas. Il me propulse dans un rickshaw collectif et de dire au chauffeur - Birla Mandir, 5 rps -. Finie la cigarette reposante, la vie trépidante reprend. Bien, je suis face au temple. Une rue à gauche, une rue à droite. Droite, gauche, gauche droite... Prenons celle de droite. Un banc, deux chaises et quelques rudes travailleurs papotant gentiment devant le petit bureau de poste. - Äie, baithie ! - C'est demandé si gentiment que j'accepte volontiers la chaise qui m'est offerte. - Chaï pijie ! - Et un thé indien pour le touriste. En plus j'ai l'autorisation de boire aussi une cigarette (en Inde nous ne fumons pas, nous buvons la cigarette). Après quelques échanges, mon Hindi me revient, Om Parkash Garag, le chef du bureau de poste, boudha souriant, serein, je dirais même satisfait, m'accompagne au Jat Dharamsala qui se trouve juste derrière le bureau le poste. Visite de deux parmi les 471 chambres. Il est possible de choisir le dortoir. Tant que je ne dépasse pas 150 rps je peux m'offrir du luxe : fan et cooler, salle de bain spacieuse, de quoi accrocher ma moustiquaire, parfait. Allons remplir les formalités, passeport, visa... Le directeur, est du genre discret, bel homme avec un petit air malain. Il ne dit pas un mot. Il m'avouera plus tard qu'il comprend ce que nous disons mais qu'il préfère ne pas parler un mauvais anglais. Bon, il est temps de s'installer, moustiquaire, petite douche, fringues propres et me voilà dehors. Je m'offre une balade derrière le Birla Mandir. Là, un immense réservoir, le Brahma Samovar. Ce calme à la tombée de la nuit, cette immense étendue d'eau sacrée, tous ces gens qui flanent en papotant silencieusement, cette douce luminosité, je m'asseoie au bord de l'eau pour me rafraichir de cette paix partagée. Un étudiant, Kurukshetra abrite une université fameuse en Inde, me demande l'autorisation de me parler. Thick hai. Sujet assez commun : en gros le passé n'existe plus, le présent c'est tout juste, mais l'avenir ça compte un max. Bof, moi la philo... A peine le temps de lui expliquer que j'appartiens déjà au passé qu'il s'en va en se demandant s'il m'a bien rencontré. Bien, prenons la rue que j'ai délaissée à mon arrivée. Un petit Dhaba (en Hindi, une gargotte peut aussi s'appeler hotel...), son nom - Celebrate - attire mon attention. J'entre, namaste, et je découvre l'aubergiste, Sudesh, une fort belle femme. Phd de Sanskrit qu'elle est ! Je la sens un peu conservatrice. Néanmoins, je tente une légère approche (en Inde restons très très léger...). Conversation bien aimable. Diner très indien. Dodo. 16 juillet Kurukshetra Sucreries et chaï au petit déj chez le chaïwala d'à côté. Mon postier favori demande à un jeune garçon de m'accompagner au Panorama, un museum des sciences avec plein de gadgets pour faire des expériences de physique très divertissantes. Bon, passons au Shri Krishna museum lequel mérite bien deux bonnes heures. En plus des rappels nombreux au fameux sermon de Krishna à Arjun before le célèbre bain de sang (lisez la Bhagavad Gîtâ traduite du sanskrit par Anne-Marie Esnoul et Olivier Lacombe chez Points / Sagesses) plein de petites choses passionnantes à découvrir (non, je n'ai pas d'appareil photo, il va falloir vous déplacer...). C'est pas tout ça, le déjeuner m'attend... chez mon aimable Sudesh. Un moment délicieux à papoter tous les deux... Amateurs de vieilles pierres vous pouvez visiter, comme moi dans l'après-midi, le Sheikh Chehli Jalal Mausoleum. Un musée qui parle, entre autres, des récentes découvertes dans la mer au bord de la ville sainte de Dwarka (ville très agréable et paisible), Gujarat. C'est trop fort, Bhujh me revient. Bhujh, je pleure en revoyant le marché aux légumes, ses petites ruelles autour, ce barbier fraternel qui m'arrêta en me prenant par le coude pour me montrer les photos des touristes qu'il avait tant aimés. Même toi le gars avec qui je m'engueulais violemment dans la Guest house, même toi, j'aimerais te revoir pour qu'on se frotte encore un peu. Vous pensez que Dieu existe (la question est trop complexe pour ma petite tête) ? Où est-il celui qui a permis ce tremblement de terre violent et terriblement injuste ? Gros sur la patate... Visite d'un petit temple, les gamins s'amusent comme des petits fous dans le bassin. Retour au Birla mandir. Waouh, un touriste ! Il vient de Toronto. Bon, nous sommes là pour s'entraider. Je lui raconte la ville, il m'écoute poliment (ça change de la plupart des autres lesquels, en général, sourds à tout conseil occidental, préfèrent écouter les aimables garçons des rues qui leur préparent des entubages de première bourre. Rien de tel que sa propre expérience, non ?). Puis il me remercie, précisant au passage qu'il est originaire de Kurukshetra. Elle est bien bonne. Garag, notre postier, m'invite à prendre un pot chez lui. Famille très sympa. Bon, c'est pas tout ça, le devoir nous attend. Bus pour Joytisara, son et lumière... eh oui, toujours la même histoire, Krishna, Arjuna... mais en Hindi. Je m'accroche un peu et je décide rapidement de ne regarder que les images, les lumières en fait. Beaucoup de bruits et de fureurs... C'est décidé, je m'inscris aux Langues O dès la rentrée. Retour au bercail après avoir dîné dans une petite gargotte le long de la rue principale. Super bon ! Je dois indiquer aux touristes nécessiteux que le Jat Dharamsala sert 1000 repas gratuits et ceci deux fois par jour, midi et soir. 17 juillet Kurukshetra. Adieux, départ et arrivée à Fada City. Re-sucreries et chaï pour y faire trempette. Mon ami le postier insiste (il m'enverra par la suite des documents et téléphonera plusieurs fois à Paris) pour que je lui fasse une lettre en vue d'obtenir un visa... de 6 mois ! Que va en penser Sarkosette ? Petit tour pour les adieux et les cadeaux. - Ah, ma chère Sudesh, je suis bien triste (tiens, un petit flacon de parfum) - Et moi donc - dit-elle en me servant mon masala dosai. Essuyons les larmes, rickshaw pour Pipli où le bus pour Chandigarh devrait me prendre (à moins que ce ne soit l'inverse ?). Votre immense culture vous rappelle au souvenir du Fada, Le Corbusier qui a, entre autres divertissements, dessiné les plans de cette immense ville, capitale de deux états de l'Inde, l'Haryana et le Punjab. Ne faites pas comme moi, travaillez les itinéraires des bus, ça vous économisera du temps et de l'argent. Je vais au Panchayat Bhavan. Ma religion m'interdisant de dépasser les 150 roupies, je prend une chambre à 80 avec douche commune. Pas extraordinaire mais, moi, du moment que je peux installer ma moustiquaire... En bas, au resto de l'hôtel, thali à 20 roupies, excellent. 18 juillet Chandigarh Rock garden, un immense et magnifique jardin "à la facteur Cheval". Rien que pour croiser de jeunes indiennes prise en flagrant délit d'amour, se cachant dans les bras de l'heureux ��lu à mon passage, la visite vaut le coup. J'étais seul. La cafétaria propose des patisseries qu'elle n'a pas en stock et les paquets de biscuits ont, depuis longtemps, dépassé la date prescrite. La dame du bureau d'India Airlines est très aimable et très serviable. Si si, j'insiste. 19 juillet. Vers McLeodganj. 20-21 supporter McLeodganj... Espérant ne pas mourir complètement idiot, sur ma liste de villes possibles, j'ai inscrit celle-ci, un peu inquiet à l'idée de m'ensuquer dans un club à touristes. Chandigarh, Main bus stand. Je prend le bus 8 à la plate-forme 37 pour aller au bus stand 43. Je ne paye rien, gratuit ? Là je trouve un bus pour Dharamsala. Il est encore temps de revenir en arrière... Mais non, je m'enferre. Pour l'instant, tout va bien. Mais dans les derniers kilomètres le temps se gâte, il commence à pleuvoir sérieux. Changement de bus pour la montée à McLeodganj et l'arrivée : de rares rues avec des boutiques pour westerns dans tous les coins, des cowboys fonçant en moto dans ces chemins faits pour les vaches, les piétons et les enfants. J'ai envie de repartir mais je suis trempé. Deux jours pour sécher les vêtements... Pushkar, une nuit dans cette jolie ville m'avait largement comblé, Pushkar McLeodganj même conbat ! Deux villes qui sont superbes à 6h le matin, une bonne partie des touristes étant occupée à cuver la Kingfisher ou à se repérer dans la fumée des pétards. Non, ce n'est pas l'Inde et je n'aime vraiment pas du tout. Jame, Kashmiri, vendeur de bijoux (explique moi, avec ce que tu gagnes, où tu trouves de quoi manger, Jame ? Tu m'as l'air d'avoir une bien petite tension...) en face du Kailash, va faire de gros progrès aux échecs... s'il arrête de se déconcentrer en matant les mignonnes. Richard a une bien jolie petite fille et semble bien s'occuper des enfants du coin. Bon coeur. Fred, il a passé un an dans le coin il y a trois années de cela, est bien décu de ce que c'est devenu. Un frère d'amazonie passe dans la rue arborant un Tee shirt "Puerto Maldonado"... se demandant ce qu'il peut bien faire dans ce bled. Souvenirs... Petit tour entre deux averses en direction de Bhagsunath (un vrai de vrai, bien éclairé, dirait en prenant un air détaché "Bhagsu", j'suis du coin, quoi...). Bonne promenade. Du positif ? Des locaux gentils. Le Kailash hotel, personnel sympathique, mais construction un peu légère (vibrrrations quand les gens passent dans le couloir); Shambala, bon carott juice, laissez-vous tenter par la patisserie; Shangrila, à côté, très bon vegetable chowmein; McLleo, bonne cuisine indienne pour touriste et soirée éducative pour des enfants sikhs lesquels étaient là avec leurs parents : parmi quatre touristes très limites, l'un, avachi, les jambes dans l'allée, buvant sa bierre au goulot. Plus fréquent qu'on peut le penser. Tiens on vient de me conter la délicatesse de certains qui ont le bon goût, à Leh, Manali ou ailleurs, de déclarer de fausses pertes de lecteurs de CD (ou autres ustensiles) dans l'hotel où ils sont descendus, causant stupidement de gros torts à beaucoup de monde. De quoi pleurer, non ? J'ai revu ma compagne de trois jours de l'été 99, Hannah, une sacrée voyageuse. - Toi Hannah ? - Toi Jacques ? - Te souviens-tu de Kahjuraho, Agra, Mathura ? J'en soupire rien que d'y penser. Hannah est, depuis 2000, tour leader pour une agence hollandaise. Te revoir m'a mis du baume au coeur. Plus tard, à Amritsar, Karl de Manchester me dira que Dharamsala, Kotwali Bazar, aurait gardé un peu plus de son authenticité. Je précise que pour descendre à Kotwali bazar point n'est besoin d'attendre le bus. Pour une roupie de plus vous pouvez partager une jeep avec les gens du coin (un court moment d'indianité ne peut pas faire de mal, n'est-ce pas ?). Trois raisons valables pour justifier un tour à MacTruc 1) rencontrer éventuellement Hannah 2) vouloir méditer sévère avec les moines du château 3) savourer le bonheur intense de quitter MacMachin 22 juillet Echappée vers Amritsar Ouf, les vêtements sont secs, je suis libre ! Vivement le soleil d'Amritsar ! Lever 5h30, que cette ville est belle à cette heure là ! Attente du bus pour Manali, changement à Dharamsala pour celui de Pathankot. La route est très belle qui va vers l'Inde, la vraie. Pathankot. Je vais à pied du bus stand à la railway station. 1 km en plein cagna. Les rickshaw-valas ne me harcèlent pas outre mesure. Je dirais même qu'ils ont un certain sens de l'humour. Bref, la ville me semble déliceusement indienne, peu dégradée par le tourisme. Un bol d'air pur après les trois jours précédents. Je prend la file pour acheter mon ticket de train. Un jeune indien me passe devant. Sympa, je lui laisse trois secondes pour savourer l'intense bonheur de sa courte victoire. Une main ferme sur l'épaule droite, il se retourne et, dans le genre - just call me Uncle-ji - je lui fais un signe très convaincant comme quoi il serait bon de revenir un cran en arrière. Dans le doute il préfère se remettre derrière moi. Les vieux assis sur les bancs, accrochés à leur canne, jubilent, admiratifs. Non mais ! Rahul, mon nouveau et jeune, 21 ans, copain, partage mes cigarettes à la sortie de la gare (quelques jours plus tard, un policier, alors que nous fumions dans la police station d'Anoopgarh, m'a confié que fumer dans un espace public pouvait rapporter 1000 roupies d'amende et un mois de prison...). Rahul est vendeur dans un magasin de voitures et il en est très fier. Il prend le train lui aussi pour Amritsar car il doit porter une lettre importante dans une banque. Bousculade pour la montée dans le train. Rahul est trop tendre pour se battre pour un siège, et pas stratège pour un sou. Petit plaisir trop rare, une petite main me tripote la fesse droite. Quelle est la ravissante conquérante de mon joli postérieur (plein de taches de rousseurs) ? Mince, une vielle fripée qui tente de me faire la poche arrière. Un vrai serpent, elle se faufile avec sa fille, décue ne pas avoir réussi son affaire. Enfin, après 45 minutes de station debout nous trouvons un siège. Une famille indienne complète les quatres banquettes. En face de moi, en ordre décroissant de taille de la droite vers la gauche, trois jeunes filles de 18 à 15 ans, fort belles ma foi, et le petit frère qui dort, sa tête posée sur les cuisses de sa plus jeune soeur. Vous savez comment elles sont à cette âge là ? Pouffant de rire au moindre de mes gestes, répondant volontiers à mes sourires charmeurs (le satyre du 18ème qu'on m'appelle), voyage agréable... 22 juillet 16h environ, arrivée à Amritsar A la sortie je m'achète des cigarettes. Une accorte jeune femme aux formes généreuses me demande si je cherche quelque chose de précis. Je vois très bien ce qu'elle veut dire. Ma foi... Tout de même, je ne peux pas laisser Rahul sur le carreau pour la bagatelle. Je refuse, un peu à regret. Bof, elle avait bien le genre à faire payer ses charmes. Trop jeune pour ça (moi, pas elle !). Bon, nous décidons de nous séparer un instant. Rahul va à sa banque, moi à la Tourist guest house où il me rejoindra plus tard. Discussion acharnée avec un rickshaw-vala. - Tis rupae - Moi, je reste naturel, je fais le con, celui qui comprend mal l'Hindi - Tin rupae ? Ok -. Entre trente et trois roupies il y a de quoi bargainer. Nous étions arrivés à 20, en pleine descente, quand une voix s'élève - Patch ! -. Un rickshaw à pédale vient casser la baraque du mien en proposant cinq roupies. Triste qu'il est. Je lui pose une main fraternelle sur l'épaule - Das rupae ? - - Ok pour dix roupies -. Arrivé à l'hôtel je lui donne dix puis cinq de consolation. Tout le monde est content. Dépaquetage, installation de la moustiquaire (le coin semble propice aux folles activités de la femelle anophèle), petite douche et réception de Rahul revenu de la banque. Nous sortons, prenons une petite rue sur la gauche et entrons dans un dhaba pour nous faire une petite parantha (pensée émue pour Sandrine). Retour dans ma chambre, babillages entre garçons et adieu après échange d'adresses e-mail. Les gens de la guest house sont très accueillants, les moustiques et les puces aussi. Sam, un australien qui voyage depuis un an dit qu'il a perdu 20 kilos. Ca lui va plutôt bien. Kingfisher light et blabla avec Karl de Manchester, rasta blanc, musicien, accousticien et grand agnostique devant l'éternel. Curieux de tout qu'il est, surtout de l'Inde. Il n'y a pas que le blaireau du 10 Downing street en Angleterre, dieu merci ! 23 juillet Amritsar. La théorie de la mouche. Lessive, causette, Wagha Border (250 roupies) avec un jeune couple israélien. Je découvre au passage à quoi peuvent bien servir ces rouleaux de papier que les touristes trimballent avec eux : à éponger la sueur. Pas bête ma foi. Belle démonstration d'un nationalisme indien très agressif (nous le savions déjà, hélas !). Un homme danse, il est superbe, à la gloire de son pays, Bharat Mata-ji ! A la sortie des femmes entourent notre jeune amie, la touchent, gloussent avec elle. Bonne ambiance pour cette belle soirée. Retour à la guest house. Je rencontre un Punjabi. Je lui demande quelle ville je pourrais bien visiter au Punjab. Malout bien sûr. - Où habites-tu ? - Malout pardi ! - C'est décidé, sur la route vers le Rajasthan, Malout suivra Faridkot (prononcer Fridkôt). En discutant, Karl et moi tombons d'accord sur cette façon de voyager : fixer la carte de géo accrochée au mur. Attendre qu'une mouche se pose dessus. Plutôt que de l'écraser dégoulinante en une trace sanguinolante couvrant le chemin entre Amritsar et Ludhiana (conseil : empruntez à un jeune couple israélien le papier qui sert à éponger la sueur), repérez l'endroit qu'elle vient de désigner. Là vous avez la prochaine étape de votre voyage. Arrivée de Chris, un australien bien fatigué. Un baroudeur qui travaille de droite à gauche, la Chine, le Pérou, n'importe où dans ce vaste monde. Beau mec, la trentaine récente, léger accent du bush (désolé pour ce gros mot). Il va travailler au Pakistan. A demain, moi je vais faire dodo. 24 juillet Amritsar Longue, très longue et imprécise ballade avec Chris. Golden Temple puis le pélerinage au Jalawallian Barg où the fucking general Dyer donna l'ordre à la troupe de tirer sur une foule démunie. Entre ceux qui tombèrent sous les balles des colonisateurs et ceux qui se jetèrent dans le puit ce fut un véritable massacre. Depuis, la couronne britannique, égale à elle-même, a blanchi ce grand homme. Les nations riches, les nôtres, ont astucieusement massacré et continuent de massacrer directement ou indirectement, avec l'aide, très souvent, sinon la bénédiction ou le silence, de notre très sainte mère l'Eglise, bon nombre de populations pour leur piquer leurs richesses. C'est seulement un coup de pot que les francais ont perdu la bataille des Indes contre les anglais. Sinon, nous aurions certainement trouvé un bon BBS (béret baguette saucisson) pour cette sale besogne. Bon, retour laborieux à la Guest House et repas au Crystal. Air conditionné, très peu pour moi. Le riz à la vapeur de Chis est surprenant : 70 roupies, plus d'une journée de travail ! Franchement surfait. Préparation du départ et dodo. 25 Juillet - Amritsar Faridkot Mukstar Malout... Petit déjeuner. Michaela, une jeune et jolie teutonne arrive, 30 ans, fort bien faite de sa personne, joli sourire, très aimable, facile à faire rire malgré sa fatigue et son envie de prendre une douche. Je reste ? Allons, la route m'appelle, je la retrouverai, peut-être à Jaisalmer. Un peu tristounet tout de même.
Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents...
Faridkot à la recherche d'une chambre. Soit le Sanduz, 600 roupies, soit un Dharamsala, 30 roupies. Rien ne me convient, retour au bus stand. Un bus m'attend. Je suis très mal assis tourné vers le fond du bus. Que vois-je ? Une femme ! Hélas, assise à côté d'un beau Sikh (ils sont plutot costauds et pas du genre à badiner avec l'amour. Je me souviens d'avoir été confronté au choix délicieux de laisser tomber ma Babita d'amour ou de me faire trancher la gorge. Je suis toujours aussi lâche mais bien content d'être encore vivant...). Le bus fait une courte halte. Le beau Punjabi descend... seul. Petit signe discret à la dame... qui acquiesce. C'est mon jour. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle parle un anglais parfait de cette voix envoutante qui laisse son homme pantelant. Je n'entend pas bien lui dis-je. Elle accepte que j'approche mon oreille de sa bouche (sa bouche, ses lèvres, ses yeux...). Elle est actrice me dit-elle. Par contre, mauvaise musique, elle est mariée. Pire, elle a choisi son homme et vice-versa. Je lui dit - Apki Boli bahut mithi hai aur Ap bahut sundar hai (votre voix est du miel et vous êtes vraiment très jolie) -. Elle arrive à rougir comme le font si bien les dames de bonne compagnie. Changement de bus a Mukstar. Plein de places libres. Je lui demande si elle veut toujours de moi. Oui dit-elle. Quel bonheur ! Hélas, certains jours, les bus indiens roulent beaucoup trop vite. Malout (pas ma loutte, Malout !) arrive. Nous descendons. Ma compagne hèle un rickshaw pour moi, fixe le prix et m'achève delicieusement - au cas où vous auriez des problèmes, mon numéro de téléphone est... -
... avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver moi qui ne rêve plus souvent... et je serai prince de sang rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir...
Malout. Mieux vaut connaître l'Hindi, surtout quand ils parlent Punjabi, la ville n'étant pas, mais vraiment pas, préparée au tourisme. Ville très moderne, très active avec une Wellfare association (Edward Ganj) très efficace. Edward Ganj Guest house, le super luxe à 125 roupies. Le Malwa hotel, sur GT road près des cinémas, le top des pure veg et pas cher du tout. Les gars de la Traifik Police logent aussi à la guest house, de gais lurons qui se marrent comme des collégiens en regardant les demoiselles danser à la télé (conservant avec peine leur lolos dans la trop petite pièce de tissus qui sert a cà). Bon, je ne vais pas attendre que ça tombe. Allons faire la lessive et remettons-nous aux cassettes d'hindi ! Pour l'instant, après 2 semaines, je tourne à pas loin de 8 euros par jour tout compris. Je ne peux pas me priver tout le temps de Kingfisher light ni de bons restaurants, quand même (et parfois, une petite piece au Ricksaw, quand il est sympa...). 26 juillet Malout Recherche d'une brosse à lessive, celle que j'ai achetée à Guayaramerim (Bolivie du Nord-Est) est restée en rade à Amritsar. Dans la supérette du coin personne ne parle anglais et je ne connais pas le mot en hindi. Tiens une brosse à dent. J'en prend une, fais semblant de me frotter le torse avec... Lumière ! Le gars se précipite sur une échelle, là je suis très inquiet, monte au premier, farfouille et redescend avec une brosse... à lessive. Enfin, le nom est écrit sur l'emballage : Deluxe Cloth Brush. Du Punjabi, probablement. 10 roupies. J'invite Surender, mon VRP d'Amritsar, au Malwa. Nous parlons de son travail. Il me dit, Malout est une petite ville, les salaires ne sont pas bien gros, beaucoup moins qu'à Ludhiana, par exemple. 5000 roupies par mois, mais il est content de sa vie. Heureux homme ! Bouffe plus qu'excellente mais, comme tous les indiens, il mange trop vite pour moi. Bien sûr, il insiste pour payer. Rien à faire, c'est lui qui gagne. Dodo. 27 juillet - Malout toujours Malout Je glande, petite causette mi-hindi mi-english. Et là arrive Goldy, mon Sikh à moi, mon pote le géant débonnaire grand-ouvreur-de-kingfischer-avec les dents-s'il vous plaît. Finis les problèmes d'hôtel à Fridkôt ! L'année prochaine, Delhi Fridkôt direct, dodo chez lui, pêche, alcools variées et divers autres péchés en perspectives. Grave de chez grave. Mes demoiselles chéries, il est grand, fort, beau avec un coeur en or, mon Goldy. Vous voulez que vous donne son numero de téléphone ? Surender m'a invité à dîner chez lui, j'apporte gulab jamon et rasgullah. Fallait pas, mais si, mais si. Je découvre le Kakri. Servir frais avec un filet de citron et un peu de sel au cas où. Simple, pas cher et très bon. Nous discutons de son prochain trajet de représentant en articles pour tracteur (Om Auto Store sur Gt road). J'entend Anoopgarh. Tilt - Tu es Punjabi et ma soeur est Rajasthani : je t'attends à Anoopgarh pour le 4 au soir et, là, je suis chez moi (rires), je t'invite pour dîner. Thick hai ! - La mouche vient de frapper sans prévenir. Je n'ai pas regardé ma carte de géo. Frimeur, j'ai laissé le Indian Handbook, le top des guides et de loin, à la maison : l'Inde ? Les doigts dans le nez mon pote ! Attendons la suite... 28 juillet. Repos à... Malout Mise à mort du temps qui passe et achat de fausses ray ban à 250 roupies. 29 Juillet - Malout/Punjab vers Anoopghar/Rajasthan Adieu Punjab ! Etat très très busy, riche, avec de belles récoltes et des gens travailleurs qui ne savent pas ce qu'est le tourisme destructeur. Heureux indiens ! Pour aller au garh d'Anoop deux possibilités, dirait la mouche : Malout, Dabwali, Suratgarh, Anoopgarh; Malout, Abohar, Ganganagarh, Anoopgarh. La première ligne de jeu imposant de prendre un rickshaw à Dabwali pour passer, semble-t-il, du bus stand du Punjab à celui de l'Haryana, je choisi la route la plus simple. Attention, prononcez bien Abohar, sinon vous allez rater le premier bus comme moi. Ceci dit, à quelque chose malheur est bon : j'ai eu les autres bus dans l'ordre à la seconde près. Me voici à Anoopgarh. Petite ballade (pourquoi ils me regardent tous comme ça ?), 800 m, du bus stand à la Pawan Guest house. 150 roupies la chambre. Moyen mais ca va. Douche, trempette pour le linge, sieste puis petit tour dehors. Un médecin m'interpelle de son échoppe. Il est catholique. Changgeet est son surnom. Il me conduit, quel succès je me paye dans cette ville, à la boutique de son frère médecin, lui aussi, et nous faisons causette. Voilà trois heures que je suis arrivé qu'une moto arrive me signalant que quelqu'un m'attend à la guest house. Allons-y ! Là, je suis invité à entrer dans une chambre. Un très beau jeune homme, l'air très futé, est installé nonchalamment, élégant dans sa posture négligée, sur un lit. En face, le patron de la guest house. Passeport ! Thick hai ! - Que faites-vous à Anoopgarh ? - Dans un anglais impeccable. J'ai bien envie de répondre que je n'en sais rien moi-même mais l'ambiance n'a pas l'air à la plaisanterie. - Je veux visiter le site de Kalibanga - Amusé mon James Bond - Et vous venez à 15 km de la frontière pakistanaise pour visiter un site qui se trouve à 110 km a l'Est ? - Pas amusé du tout que je suis. - Je ne savais pas, je n'ai pas regardé la carte (bien fait dit la mouche). De plus, j'ai invité mon ami de Malout à venir dîner dans une semaine -. Silence. - Quand avez-vous l'intention de visiter Kalibanga ? - Demain ou le jour suivant -. Là il parle en Hindi au proprio. J'arrive à comprendre le plus important - ... après demain le Chief Minister du Rajasthan vient a Anoopgarh - Ni une ni deux je propose après-demain. Sourire chez 007. On fraternise, il a 27 ans, il est officier de police et travaille en coopération avec la SBF (security border force) et il est très busy busy. Bon, on reste en contact ? Dîner chez le frère de Changgeet puis, malgré les propositions de passer la nuit chez lui, retour en moto à la Pawan GH. Dodo serein (après le brossage de dents, bien entendu). 30 Juillet - Anoopghar. Police station, chaï, samosa... Petit déjeuner, brossage de dents comme après chaque repas, puis visite à la Police station. Mon passeport intéresse tout le monde, mon billet de 50 euros, 2500 roupies, est épluché sur toutes les coutures. Chai, samosa, ek samosa, do samose. Causette - J'ai un copain à Bikaner, Himmat Singh Shekkawat ... - Crise de rires mais respect chez ce policier. On ne dit pas, semble-t-il, Himmat Singh Shekkawat mais Himmat Shekkawat Singh. - Et je suis moi-même un Shekkawat -. Bon, ayant parlé de mon (très puissant) ami je suis définitivement dans les petits papiers de la police. J'offre une cigarette, il accepte tout en m'expliquant comment la loi vient d'être renforcée, 1000 roupies et jusqu'à 1 mois de prison (là, à mon avis, c'est quand vous fumez dans une station de police). Je vais pour partir. - Mais non. Venez dire bonjour au Chef du secteur ! -. Bon, là je retrouve James. - Coucou comment vas-tu ? - First class ! - Le chef est amusé - Comme ca, ce monsieur gagne sa vie en jouant aux cartes ? - Il me sert la main, - nice to meet you - Au revoir -. Bon, je peux partir ? - Pas du tout mon bon ! Nous avons une jeep de service, permettez-nous ! - Confortable. Ceci a pris tout de même une matinée entière. Bien, y a pas que la police dans la vie. Découverte du Shiv Mishthan Bandar où je mange bon pour pas cher. Marcher dans Anoopgarh n'est pas chose aisée. Bien obligé de m'arrêter quand quelqu'un me souhaite la bienvenue. La vie est bien dure. Dame, touriste, c'est pas un métier facile qu'on fait là ! Bon, le soir arrive, Changgeet m'amène au Aashish Cold (cool ?) Café. Super sympa. Masala dosai et petit coca, 23 roupies. Je donne 25 et relance de 2 roupies pour le pourboire. Tordus de rires qu'ils sont ! Comment est-ce possible de vouloir payer plus cher ? Et là je réalise que je suis le premier touriste dans cette ville (en tout cas, depuis très longtemps). Je leur explique que je suis content et c'est ainsi que nous avons l'habitude de manifester notre plaisir d'avoir été bien servis. Je rencontre Lallit Chabra un jeune enseignant qui m'invite à visiter son école, après-demain, si possible. Dîner, brosse a dents, douche, dodo. 31 Juillet - Anoopgarh Kalibanga Anoopgarh Mes copains de la police station vont être contents : je prend le bus pour Pilibanga vers 6 h du matin. Attention, arrivés là, évitez les jeeps pour Kalibanga (30 roupies pour 6 km c'est du gangstérisme qu'il ne faut pas encourager); le bus pour Jensen (phonétique ?) vous dépose devant le museum de Kalibanga pour 3 roupies. D'autres bus vous amènent, pour le même prix, à un carrefour. Là, vous prenez la route à gauche et marchez 1 petit kilomètre pour arriver au musée. Deux galeries à visiter pour 2 roupies, dont une de photos, surtout de Chittorgarh. Ensuite, visite du vieux village, visite commentée dans un anglais très approximatif. Beau chantier ma foi ! Je rapporte une vieille pierre et un bout de bracelet (5000 ans). Je suis quand même épaté qu'un pays plutôt pauvre, comparé à la France, crée des institutions chargées de découvrir et protéger le partrimoine du pays. Peut-être pourrions-nous en parler à nos politiciens ? Créer un ministère... qu'on pourrait appeler ministère de la culture, par exemple ? Un gars du coin me propose ensuite un petit chaï et me ramène en moto à Pilibanga. Place assise dans le bus, sur la gauche près de la fenêtre. Le bus fait une halte. Je pose ma casquette sur mon siège côté fenêtre et vais acheter une bouteille d'eau minérale. Je reviens dans la minute : deux donzelles pas très classe sont assises à ma place. Plus de casquette. Je leur explique le problème. Pas de réponse. J'insiste, toujours rien. Grosse colère, pétage de plombs sévère - Mai police bulata hu ! -. Je prend la grande par le bras gauche - Jao ! -. Elles se cassent toutes les deux et, miracle, ma casquette tombe d'entre les jambes de celle qui était assise sur le siège à côté du mien. Un Monsieur me prend doucement par les épaules et me dit que ce n'est pas très bon pour la "blood pressure". Il a raison. Reprenons notre calme. Bon, retour a Anupgarh, le Chief Minister est parti, je peux entrer dans la ville. Fin de journée tranquille. 1 Aout - Anoopargh Le train train quotidien, petit déjeuner chez Aashish, retour à la guest house sans oublier de saluer mon ami Changeet, brossage de dents, petite douche, j'en passe et des meilleurs. Je sors, il fait très beau, et marche en direction du bus stand. Après 600m je découvre, sur ma gauche, l'école publique de mon nouvel ami, Lallit Chabra. Accueil du directeur dans son grand bureau. Sur le mur, de grandes images et ou photographies représentant les grands hommes de cette nation, les freedom fighters étant volontiers représentés le revolver à la main. Visite de toutes les classes. Séance géante d'autographes entouré par une multitude de bambins et bambines, 8/13 ans, complètement exités. Quelle ambiance ! Vers 17h, sur la télé de la clinique, nous découvrons que Jony Woqr (prononcer jony walker), le célèbre Charles Trenet indien, vient de mourrir après une vie trépidante bien remplie. En fin d'après-midi emplettes au marché. Nous achetons des khumbis (champignons), du kakri et autres légumes. Les pommes, au fil des ans, sont de plus en plus inaccessibles : 50 rps le kg de la moins bonne qualité; 120 celles d'Australie. Dîner chez Changgeet. Les familles catholiques semblent plus ouvertes que celles Hindous ou musulmanes. Je n'ai jamais vu, en Inde, des jeunes femmes d'une famille Hindou ou musulmane être autorisées à partager ainsi la soirée avec un étranger et surtout se montrer aussi proches, intéressées, enjouées... Retour en moto à la guest house. 2 Aout - Anoopgarh encore Anoopgarh... Je vous passe le petit déjeuner, le brossage..., la douche. Changgeet n'est pas encore arrivé. Comme son aide ne parle pas anglais, je vais chez le voisin, réparateur de vélo. Faut bien s'occuper, non ? La réparation d'une crevaison de vélo n'est pas donnée : 5 rps (à ce prix là autant réparer soi-même). Mon nouvel ami décide d'assembler une roue de motocyclette à partir d'un moyeu, d'une jante et des rayons. Fascinant, vous ne trouvez pas ? Changgeet arrive. Nous allons visiter l'école privée où va son rejeton. Là, çà coûte les yeux de la tête, 6000 rps par an. Deux enfants, 12000 rps donc. Considérez qu'un instituteur en milieu de carrière touche environ 5000 rps par mois et vous allez sans doute choisir l'école de la liberté, de la fraternité et de l'égalité... Des autographes, certes, mais les enfants sont plus réservés que ceux l'école publique. Un nouvel objectif, un challenge, se profile : obtenir de visiter demain le collège de jeunes filles (femmes, puisqu'entre 17 et 21 ans). Ce devrait être délicieux, non ? 3 Aout - Mon dieu, un étranger dans ma ville ! Bon, le cérémonial du matin est passé, je fini de prendre ma douche que l'on frappe à ma porte. Ils le savent, pourtant, que j'ai mes heures pour recevoir. Pas content, complètement nu, j'ouvre la porte en me cachant un peu. Un gars en uniforme, il semble gêné, me fait signe qu'il va m'attendre en bas... avec mon passeport. Bon, je me couvre et vais à la réception. Mon gars est là, assis à côté d'un notable vêtu d'une chola-pyjama, le chef en apparence. L'uniforme parle anglais, "forbidden", "authorization", ce qui fait quand même deux mots, alors que le boss lui n'a pas l'air de parler autre chose que l'hindi. Bon, je réalise que ne devrais pas être dans cette ville. Mais qui sont-ils ? Je termine ma toilette puis je vais chez Changgeet. Mes deux lascars sont en train de sortir de la boutique. L'aide est incapable (il ne veut pas ?) de m'expliquer ce qui se passe. Changgeet arrive, discute avec lui et m'apprend qu'il est attendu au bureau du C.I.D., central inquiry department. Il hésite à s'y rendre mais je lui conseille fermement d'obéir. Quand il revient, il est pâle, très inquiet. Le chef du C.I.D., celui qui a mis cinq jours pour découvrir qu'un terroriste potentiel trainait dans la ville et posait peut-être des bombes dans les écoles (l'Inde peut être inquiète pour sa sécurité), le super James Bond l'a bien prévenu : si je ne quitte pas la ville rapidement, il causera de gros problèmes à moi-même, au proprio de la guest house et, surtout, à Changgeet. En effet, comment a-t-il pu oser me faire visiter des familles... catholiques ? Là, ça sent trop le roussi. Je bats tous mes records : en moins de 30 minutes j'ai packé, trouvé un rikshaw pour le bus stand (3rps !) et choppé le bus de Bikaner qui sortait de la gare. L'arrivée au government bus stand de Bikaner vue par le rickshaw-vala. - Une barbe et des chevaux blancs qui sortent du bus. Un sac à dos ? Je me vois bien une petite commission dans un hotel à 100 rps près de la railway station. Chic ! Sir, I have cheap good hotels near railway station. 30 rps - Thanks, I have already an hotel just there on the other side of the road, the Sagar - No sir, not possible, too much expensive for you (1200 rps) - So I will go to the next one, the Laxmi Niwas Palace - J'ai le bonheur d'y être aussi un invité - No, no Sir, more impossible (200$) - So, I will try the Sagar - Et je traverse la route en direction du Sagar (je sais que ce bon Dinesh ne voudra pas que je paye, mais d'un autre côté, si je vais ailleurs, il sera fâché contre moi). Mon aimable rickshaw-vala n'a toujours pas compris comment je pouvais m'offrir un tel luxe. Comme disait mon très libéral de paternel - Bof, c'est bien connu, ces beatnicks, ils cachent des dollars dans leurs cheveux - Le premier tier de mon voyage, exploration en solitaire, vient de s'achever. Je ne pourrai pas inviter mon ami Surender de Malout (je lui donné un coup de téléphone à la Pawan GH). Direction vers le confort, ma famille de Bikaner puis, après Raksha Bhandan, le jour des frères et des soeurs le 12 août, celle de Jaisalmer. Plus question, d'ici le 1er septembre, la date d'arrivée de ma femme à Delhi, de payer une chambre d'hôtel. Il sera impossible de payer la blanchisserie, le restaurant, voir les coups de téléphone pour la France (même pour cela je vais devoir me battre !). L'hospitalité indienne... Mon calcul de coût journalier va donc s'arrêter là : tout compris, je suis exactement à 349 roupies par jour. Faut dire que je me suis pas privé...
Ce qui reste de ces vingt jours
Trois villes qui garderont longtemps leur authenticité : Kurukshetra, son Jat Dharamsala, le restaurant Celebrate et Sudesh, le Brahma Samovar et Omparkash Garag, le postier si aidant; sans oublier tous ces gens sympathiques que j'y ai rencontrés. Pas une ombre au tableau ! Malout, la Edward Ganj Wellfare Association, avec sa Guest house et ses autres activités de bienfaisance, le Malwa hotel, restaurant top de top, ma princesse, Surender Khurana mon ami VRP, les gais lurons de la traffic police et tous ces gens adorables. Anoopgarh et tous ses habitants sauf un (trouvez lequel). C'était trop facile d'aimer : quand vous êtes la vedette du village, avec tous ces curieux de vous connaître, si gentils... Ne faisons pas de jaloux : en face du Bus stand vous trouverez une guest house offrant les prix habituels du marché (250 pour une non ac; 450 pour une ac en ajoutant deux chambres dans ou à côté du Aashish cool Café. Belles chambres);
Plus que 53 jours de vacances ! du 3 août au 1er septembre, la vie de pacha au Rajasthan chez mes soeurs et mes frères; je vais goûter à nouveau au bang du Shiva temple, le meilleur et de loin; partager l'opium et le chaï au petit matin avec mon vieil ami qui ne parle pas un mot d'anglais (ce qu'on peut causer tous les deux... avec les yeux); boire de la Kingfisher light plus que de coutume; tuer le temps avec mes amis du fort et, quasiment, redevenir un vrai touriste. du 1er au 23 septembre, avec ma femme (Delhi, Bikaner, Jaisalmer, Jodhpur, Agra, Orchha, Khajuraho, Delhi, Paris).
Remerciements à François et à son équipe; à Sandrine, tendre mère poule pour les poussins voyageurs; à vous qui avez lu jusqu'au bout ce verbiage impolitiquement et non socialement correct (n'est-ce-pas, Christine, mon ange au coeur pur ?) et, surtout à tous les amis indiens et à tous ces touristes qui ont accepté, malgré mon caractère, de me tenir parfois compagnie.
... la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas...
Léger flottement pour le transit à Mumbai mais je dégotte enfin un avion pour Delhi. Il faut que je pense, pour l'année prochaine, à trouver un avion Mumbai Jodhpur. Je repère un touriste isolé. Delhi, environ 11h du matin. Je récupère mon sac à dos et mon touriste solitaire. Il est américain - Did you book an hotel ? - Non, il n'a rien prévu. - We can share a prepaid taxi and go to my hotel in Paharganj ? - Parfait. J'arrive avec Chris, j'ai de quoi donner un bon pourboire à notre chauffeur, un Sikh, et j'apporte un client comme promis à Surender Mohan (Sone pê Suhaga...). Pour 250 rps, à Delhi, la chambre est correcte. L'accueil est toujours bon, les deux frères et les employés toujours prêts à rendre service. Le Hare Krishna roof top restaurant à 250m sur la droite en débouchant dans Main Bazar me convient parfaitement. 15 juillet 13h Je vais à pied à la New Delhi Station. Les gens sont bien sages, la queue est parfaite, je ne vois qu'une seule tête. Je prend un ticket pour Kurukshetra, ville sainte de l'Haryana (te souvient-il des conseils prodigués par Krishna à Arjuna avant la grande castagne familiale ?) sise à 157 km au Nord de Delhi. Petit problème pour entrer dans le train. Bousculade de première, je perds mon clip solaire sans m'en rendre compte. Les gadgets pour playboy ne sont pas faits pour moi, je le savais depuis longtemps. Par contre, j'ai trouvé un siège. Quelques échanges un peu courts avec mes sympathiques voisins. je ferais bien de récupérer mon Hindi pour converser un peu plus... Arrivée à Kurukshetra. Je sors de la gare. J'achète un paquet de "Four Square", attention fumer du tabac nuit gravement à la santé. D'un autre côté, produire beaucoup de fumée à la tombée du jour protège du palu... Pas le temps de tirer deux bouffées qu'un local me demande où je veux aller. - Birla Mandir ? -. Autour de ce temple je sais qu' il est possible de trouver des dharamsalas. Il me propulse dans un rickshaw collectif et de dire au chauffeur - Birla Mandir, 5 rps -. Finie la cigarette reposante, la vie trépidante reprend. Bien, je suis face au temple. Une rue à gauche, une rue à droite. Droite, gauche, gauche droite... Prenons celle de droite. Un banc, deux chaises et quelques rudes travailleurs papotant gentiment devant le petit bureau de poste. - Äie, baithie ! - C'est demandé si gentiment que j'accepte volontiers la chaise qui m'est offerte. - Chaï pijie ! - Et un thé indien pour le touriste. En plus j'ai l'autorisation de boire aussi une cigarette (en Inde nous ne fumons pas, nous buvons la cigarette). Après quelques échanges, mon Hindi me revient, Om Parkash Garag, le chef du bureau de poste, boudha souriant, serein, je dirais même satisfait, m'accompagne au Jat Dharamsala qui se trouve juste derrière le bureau le poste. Visite de deux parmi les 471 chambres. Il est possible de choisir le dortoir. Tant que je ne dépasse pas 150 rps je peux m'offrir du luxe : fan et cooler, salle de bain spacieuse, de quoi accrocher ma moustiquaire, parfait. Allons remplir les formalités, passeport, visa... Le directeur, est du genre discret, bel homme avec un petit air malain. Il ne dit pas un mot. Il m'avouera plus tard qu'il comprend ce que nous disons mais qu'il préfère ne pas parler un mauvais anglais. Bon, il est temps de s'installer, moustiquaire, petite douche, fringues propres et me voilà dehors. Je m'offre une balade derrière le Birla Mandir. Là, un immense réservoir, le Brahma Samovar. Ce calme à la tombée de la nuit, cette immense étendue d'eau sacrée, tous ces gens qui flanent en papotant silencieusement, cette douce luminosité, je m'asseoie au bord de l'eau pour me rafraichir de cette paix partagée. Un étudiant, Kurukshetra abrite une université fameuse en Inde, me demande l'autorisation de me parler. Thick hai. Sujet assez commun : en gros le passé n'existe plus, le présent c'est tout juste, mais l'avenir ça compte un max. Bof, moi la philo... A peine le temps de lui expliquer que j'appartiens déjà au passé qu'il s'en va en se demandant s'il m'a bien rencontré. Bien, prenons la rue que j'ai délaissée à mon arrivée. Un petit Dhaba (en Hindi, une gargotte peut aussi s'appeler hotel...), son nom - Celebrate - attire mon attention. J'entre, namaste, et je découvre l'aubergiste, Sudesh, une fort belle femme. Phd de Sanskrit qu'elle est ! Je la sens un peu conservatrice. Néanmoins, je tente une légère approche (en Inde restons très très léger...). Conversation bien aimable. Diner très indien. Dodo. 16 juillet Kurukshetra Sucreries et chaï au petit déj chez le chaïwala d'à côté. Mon postier favori demande à un jeune garçon de m'accompagner au Panorama, un museum des sciences avec plein de gadgets pour faire des expériences de physique très divertissantes. Bon, passons au Shri Krishna museum lequel mérite bien deux bonnes heures. En plus des rappels nombreux au fameux sermon de Krishna à Arjun before le célèbre bain de sang (lisez la Bhagavad Gîtâ traduite du sanskrit par Anne-Marie Esnoul et Olivier Lacombe chez Points / Sagesses) plein de petites choses passionnantes à découvrir (non, je n'ai pas d'appareil photo, il va falloir vous déplacer...). C'est pas tout ça, le déjeuner m'attend... chez mon aimable Sudesh. Un moment délicieux à papoter tous les deux... Amateurs de vieilles pierres vous pouvez visiter, comme moi dans l'après-midi, le Sheikh Chehli Jalal Mausoleum. Un musée qui parle, entre autres, des récentes découvertes dans la mer au bord de la ville sainte de Dwarka (ville très agréable et paisible), Gujarat. C'est trop fort, Bhujh me revient. Bhujh, je pleure en revoyant le marché aux légumes, ses petites ruelles autour, ce barbier fraternel qui m'arrêta en me prenant par le coude pour me montrer les photos des touristes qu'il avait tant aimés. Même toi le gars avec qui je m'engueulais violemment dans la Guest house, même toi, j'aimerais te revoir pour qu'on se frotte encore un peu. Vous pensez que Dieu existe (la question est trop complexe pour ma petite tête) ? Où est-il celui qui a permis ce tremblement de terre violent et terriblement injuste ? Gros sur la patate... Visite d'un petit temple, les gamins s'amusent comme des petits fous dans le bassin. Retour au Birla mandir. Waouh, un touriste ! Il vient de Toronto. Bon, nous sommes là pour s'entraider. Je lui raconte la ville, il m'écoute poliment (ça change de la plupart des autres lesquels, en général, sourds à tout conseil occidental, préfèrent écouter les aimables garçons des rues qui leur préparent des entubages de première bourre. Rien de tel que sa propre expérience, non ?). Puis il me remercie, précisant au passage qu'il est originaire de Kurukshetra. Elle est bien bonne. Garag, notre postier, m'invite à prendre un pot chez lui. Famille très sympa. Bon, c'est pas tout ça, le devoir nous attend. Bus pour Joytisara, son et lumière... eh oui, toujours la même histoire, Krishna, Arjuna... mais en Hindi. Je m'accroche un peu et je décide rapidement de ne regarder que les images, les lumières en fait. Beaucoup de bruits et de fureurs... C'est décidé, je m'inscris aux Langues O dès la rentrée. Retour au bercail après avoir dîné dans une petite gargotte le long de la rue principale. Super bon ! Je dois indiquer aux touristes nécessiteux que le Jat Dharamsala sert 1000 repas gratuits et ceci deux fois par jour, midi et soir. 17 juillet Kurukshetra. Adieux, départ et arrivée à Fada City. Re-sucreries et chaï pour y faire trempette. Mon ami le postier insiste (il m'enverra par la suite des documents et téléphonera plusieurs fois à Paris) pour que je lui fasse une lettre en vue d'obtenir un visa... de 6 mois ! Que va en penser Sarkosette ? Petit tour pour les adieux et les cadeaux. - Ah, ma chère Sudesh, je suis bien triste (tiens, un petit flacon de parfum) - Et moi donc - dit-elle en me servant mon masala dosai. Essuyons les larmes, rickshaw pour Pipli où le bus pour Chandigarh devrait me prendre (à moins que ce ne soit l'inverse ?). Votre immense culture vous rappelle au souvenir du Fada, Le Corbusier qui a, entre autres divertissements, dessiné les plans de cette immense ville, capitale de deux états de l'Inde, l'Haryana et le Punjab. Ne faites pas comme moi, travaillez les itinéraires des bus, ça vous économisera du temps et de l'argent. Je vais au Panchayat Bhavan. Ma religion m'interdisant de dépasser les 150 roupies, je prend une chambre à 80 avec douche commune. Pas extraordinaire mais, moi, du moment que je peux installer ma moustiquaire... En bas, au resto de l'hôtel, thali à 20 roupies, excellent. 18 juillet Chandigarh Rock garden, un immense et magnifique jardin "à la facteur Cheval". Rien que pour croiser de jeunes indiennes prise en flagrant délit d'amour, se cachant dans les bras de l'heureux ��lu à mon passage, la visite vaut le coup. J'étais seul. La cafétaria propose des patisseries qu'elle n'a pas en stock et les paquets de biscuits ont, depuis longtemps, dépassé la date prescrite. La dame du bureau d'India Airlines est très aimable et très serviable. Si si, j'insiste. 19 juillet. Vers McLeodganj. 20-21 supporter McLeodganj... Espérant ne pas mourir complètement idiot, sur ma liste de villes possibles, j'ai inscrit celle-ci, un peu inquiet à l'idée de m'ensuquer dans un club à touristes. Chandigarh, Main bus stand. Je prend le bus 8 à la plate-forme 37 pour aller au bus stand 43. Je ne paye rien, gratuit ? Là je trouve un bus pour Dharamsala. Il est encore temps de revenir en arrière... Mais non, je m'enferre. Pour l'instant, tout va bien. Mais dans les derniers kilomètres le temps se gâte, il commence à pleuvoir sérieux. Changement de bus pour la montée à McLeodganj et l'arrivée : de rares rues avec des boutiques pour westerns dans tous les coins, des cowboys fonçant en moto dans ces chemins faits pour les vaches, les piétons et les enfants. J'ai envie de repartir mais je suis trempé. Deux jours pour sécher les vêtements... Pushkar, une nuit dans cette jolie ville m'avait largement comblé, Pushkar McLeodganj même conbat ! Deux villes qui sont superbes à 6h le matin, une bonne partie des touristes étant occupée à cuver la Kingfisher ou à se repérer dans la fumée des pétards. Non, ce n'est pas l'Inde et je n'aime vraiment pas du tout. Jame, Kashmiri, vendeur de bijoux (explique moi, avec ce que tu gagnes, où tu trouves de quoi manger, Jame ? Tu m'as l'air d'avoir une bien petite tension...) en face du Kailash, va faire de gros progrès aux échecs... s'il arrête de se déconcentrer en matant les mignonnes. Richard a une bien jolie petite fille et semble bien s'occuper des enfants du coin. Bon coeur. Fred, il a passé un an dans le coin il y a trois années de cela, est bien décu de ce que c'est devenu. Un frère d'amazonie passe dans la rue arborant un Tee shirt "Puerto Maldonado"... se demandant ce qu'il peut bien faire dans ce bled. Souvenirs... Petit tour entre deux averses en direction de Bhagsunath (un vrai de vrai, bien éclairé, dirait en prenant un air détaché "Bhagsu", j'suis du coin, quoi...). Bonne promenade. Du positif ? Des locaux gentils. Le Kailash hotel, personnel sympathique, mais construction un peu légère (vibrrrations quand les gens passent dans le couloir); Shambala, bon carott juice, laissez-vous tenter par la patisserie; Shangrila, à côté, très bon vegetable chowmein; McLleo, bonne cuisine indienne pour touriste et soirée éducative pour des enfants sikhs lesquels étaient là avec leurs parents : parmi quatre touristes très limites, l'un, avachi, les jambes dans l'allée, buvant sa bierre au goulot. Plus fréquent qu'on peut le penser. Tiens on vient de me conter la délicatesse de certains qui ont le bon goût, à Leh, Manali ou ailleurs, de déclarer de fausses pertes de lecteurs de CD (ou autres ustensiles) dans l'hotel où ils sont descendus, causant stupidement de gros torts à beaucoup de monde. De quoi pleurer, non ? J'ai revu ma compagne de trois jours de l'été 99, Hannah, une sacrée voyageuse. - Toi Hannah ? - Toi Jacques ? - Te souviens-tu de Kahjuraho, Agra, Mathura ? J'en soupire rien que d'y penser. Hannah est, depuis 2000, tour leader pour une agence hollandaise. Te revoir m'a mis du baume au coeur. Plus tard, à Amritsar, Karl de Manchester me dira que Dharamsala, Kotwali Bazar, aurait gardé un peu plus de son authenticité. Je précise que pour descendre à Kotwali bazar point n'est besoin d'attendre le bus. Pour une roupie de plus vous pouvez partager une jeep avec les gens du coin (un court moment d'indianité ne peut pas faire de mal, n'est-ce pas ?). Trois raisons valables pour justifier un tour à MacTruc 1) rencontrer éventuellement Hannah 2) vouloir méditer sévère avec les moines du château 3) savourer le bonheur intense de quitter MacMachin 22 juillet Echappée vers Amritsar Ouf, les vêtements sont secs, je suis libre ! Vivement le soleil d'Amritsar ! Lever 5h30, que cette ville est belle à cette heure là ! Attente du bus pour Manali, changement à Dharamsala pour celui de Pathankot. La route est très belle qui va vers l'Inde, la vraie. Pathankot. Je vais à pied du bus stand à la railway station. 1 km en plein cagna. Les rickshaw-valas ne me harcèlent pas outre mesure. Je dirais même qu'ils ont un certain sens de l'humour. Bref, la ville me semble déliceusement indienne, peu dégradée par le tourisme. Un bol d'air pur après les trois jours précédents. Je prend la file pour acheter mon ticket de train. Un jeune indien me passe devant. Sympa, je lui laisse trois secondes pour savourer l'intense bonheur de sa courte victoire. Une main ferme sur l'épaule droite, il se retourne et, dans le genre - just call me Uncle-ji - je lui fais un signe très convaincant comme quoi il serait bon de revenir un cran en arrière. Dans le doute il préfère se remettre derrière moi. Les vieux assis sur les bancs, accrochés à leur canne, jubilent, admiratifs. Non mais ! Rahul, mon nouveau et jeune, 21 ans, copain, partage mes cigarettes à la sortie de la gare (quelques jours plus tard, un policier, alors que nous fumions dans la police station d'Anoopgarh, m'a confié que fumer dans un espace public pouvait rapporter 1000 roupies d'amende et un mois de prison...). Rahul est vendeur dans un magasin de voitures et il en est très fier. Il prend le train lui aussi pour Amritsar car il doit porter une lettre importante dans une banque. Bousculade pour la montée dans le train. Rahul est trop tendre pour se battre pour un siège, et pas stratège pour un sou. Petit plaisir trop rare, une petite main me tripote la fesse droite. Quelle est la ravissante conquérante de mon joli postérieur (plein de taches de rousseurs) ? Mince, une vielle fripée qui tente de me faire la poche arrière. Un vrai serpent, elle se faufile avec sa fille, décue ne pas avoir réussi son affaire. Enfin, après 45 minutes de station debout nous trouvons un siège. Une famille indienne complète les quatres banquettes. En face de moi, en ordre décroissant de taille de la droite vers la gauche, trois jeunes filles de 18 à 15 ans, fort belles ma foi, et le petit frère qui dort, sa tête posée sur les cuisses de sa plus jeune soeur. Vous savez comment elles sont à cette âge là ? Pouffant de rire au moindre de mes gestes, répondant volontiers à mes sourires charmeurs (le satyre du 18ème qu'on m'appelle), voyage agréable... 22 juillet 16h environ, arrivée à Amritsar A la sortie je m'achète des cigarettes. Une accorte jeune femme aux formes généreuses me demande si je cherche quelque chose de précis. Je vois très bien ce qu'elle veut dire. Ma foi... Tout de même, je ne peux pas laisser Rahul sur le carreau pour la bagatelle. Je refuse, un peu à regret. Bof, elle avait bien le genre à faire payer ses charmes. Trop jeune pour ça (moi, pas elle !). Bon, nous décidons de nous séparer un instant. Rahul va à sa banque, moi à la Tourist guest house où il me rejoindra plus tard. Discussion acharnée avec un rickshaw-vala. - Tis rupae - Moi, je reste naturel, je fais le con, celui qui comprend mal l'Hindi - Tin rupae ? Ok -. Entre trente et trois roupies il y a de quoi bargainer. Nous étions arrivés à 20, en pleine descente, quand une voix s'élève - Patch ! -. Un rickshaw à pédale vient casser la baraque du mien en proposant cinq roupies. Triste qu'il est. Je lui pose une main fraternelle sur l'épaule - Das rupae ? - - Ok pour dix roupies -. Arrivé à l'hôtel je lui donne dix puis cinq de consolation. Tout le monde est content. Dépaquetage, installation de la moustiquaire (le coin semble propice aux folles activités de la femelle anophèle), petite douche et réception de Rahul revenu de la banque. Nous sortons, prenons une petite rue sur la gauche et entrons dans un dhaba pour nous faire une petite parantha (pensée émue pour Sandrine). Retour dans ma chambre, babillages entre garçons et adieu après échange d'adresses e-mail. Les gens de la guest house sont très accueillants, les moustiques et les puces aussi. Sam, un australien qui voyage depuis un an dit qu'il a perdu 20 kilos. Ca lui va plutôt bien. Kingfisher light et blabla avec Karl de Manchester, rasta blanc, musicien, accousticien et grand agnostique devant l'éternel. Curieux de tout qu'il est, surtout de l'Inde. Il n'y a pas que le blaireau du 10 Downing street en Angleterre, dieu merci ! 23 juillet Amritsar. La théorie de la mouche. Lessive, causette, Wagha Border (250 roupies) avec un jeune couple israélien. Je découvre au passage à quoi peuvent bien servir ces rouleaux de papier que les touristes trimballent avec eux : à éponger la sueur. Pas bête ma foi. Belle démonstration d'un nationalisme indien très agressif (nous le savions déjà, hélas !). Un homme danse, il est superbe, à la gloire de son pays, Bharat Mata-ji ! A la sortie des femmes entourent notre jeune amie, la touchent, gloussent avec elle. Bonne ambiance pour cette belle soirée. Retour à la guest house. Je rencontre un Punjabi. Je lui demande quelle ville je pourrais bien visiter au Punjab. Malout bien sûr. - Où habites-tu ? - Malout pardi ! - C'est décidé, sur la route vers le Rajasthan, Malout suivra Faridkot (prononcer Fridkôt). En discutant, Karl et moi tombons d'accord sur cette façon de voyager : fixer la carte de géo accrochée au mur. Attendre qu'une mouche se pose dessus. Plutôt que de l'écraser dégoulinante en une trace sanguinolante couvrant le chemin entre Amritsar et Ludhiana (conseil : empruntez à un jeune couple israélien le papier qui sert à éponger la sueur), repérez l'endroit qu'elle vient de désigner. Là vous avez la prochaine étape de votre voyage. Arrivée de Chris, un australien bien fatigué. Un baroudeur qui travaille de droite à gauche, la Chine, le Pérou, n'importe où dans ce vaste monde. Beau mec, la trentaine récente, léger accent du bush (désolé pour ce gros mot). Il va travailler au Pakistan. A demain, moi je vais faire dodo. 24 juillet Amritsar Longue, très longue et imprécise ballade avec Chris. Golden Temple puis le pélerinage au Jalawallian Barg où the fucking general Dyer donna l'ordre à la troupe de tirer sur une foule démunie. Entre ceux qui tombèrent sous les balles des colonisateurs et ceux qui se jetèrent dans le puit ce fut un véritable massacre. Depuis, la couronne britannique, égale à elle-même, a blanchi ce grand homme. Les nations riches, les nôtres, ont astucieusement massacré et continuent de massacrer directement ou indirectement, avec l'aide, très souvent, sinon la bénédiction ou le silence, de notre très sainte mère l'Eglise, bon nombre de populations pour leur piquer leurs richesses. C'est seulement un coup de pot que les francais ont perdu la bataille des Indes contre les anglais. Sinon, nous aurions certainement trouvé un bon BBS (béret baguette saucisson) pour cette sale besogne. Bon, retour laborieux à la Guest House et repas au Crystal. Air conditionné, très peu pour moi. Le riz à la vapeur de Chis est surprenant : 70 roupies, plus d'une journée de travail ! Franchement surfait. Préparation du départ et dodo. 25 Juillet - Amritsar Faridkot Mukstar Malout... Petit déjeuner. Michaela, une jeune et jolie teutonne arrive, 30 ans, fort bien faite de sa personne, joli sourire, très aimable, facile à faire rire malgré sa fatigue et son envie de prendre une douche. Je reste ? Allons, la route m'appelle, je la retrouverai, peut-être à Jaisalmer. Un peu tristounet tout de même.
Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents...
Faridkot à la recherche d'une chambre. Soit le Sanduz, 600 roupies, soit un Dharamsala, 30 roupies. Rien ne me convient, retour au bus stand. Un bus m'attend. Je suis très mal assis tourné vers le fond du bus. Que vois-je ? Une femme ! Hélas, assise à côté d'un beau Sikh (ils sont plutot costauds et pas du genre à badiner avec l'amour. Je me souviens d'avoir été confronté au choix délicieux de laisser tomber ma Babita d'amour ou de me faire trancher la gorge. Je suis toujours aussi lâche mais bien content d'être encore vivant...). Le bus fait une courte halte. Le beau Punjabi descend... seul. Petit signe discret à la dame... qui acquiesce. C'est mon jour. Mon dieu qu'elle est belle ! Elle parle un anglais parfait de cette voix envoutante qui laisse son homme pantelant. Je n'entend pas bien lui dis-je. Elle accepte que j'approche mon oreille de sa bouche (sa bouche, ses lèvres, ses yeux...). Elle est actrice me dit-elle. Par contre, mauvaise musique, elle est mariée. Pire, elle a choisi son homme et vice-versa. Je lui dit - Apki Boli bahut mithi hai aur Ap bahut sundar hai (votre voix est du miel et vous êtes vraiment très jolie) -. Elle arrive à rougir comme le font si bien les dames de bonne compagnie. Changement de bus a Mukstar. Plein de places libres. Je lui demande si elle veut toujours de moi. Oui dit-elle. Quel bonheur ! Hélas, certains jours, les bus indiens roulent beaucoup trop vite. Malout (pas ma loutte, Malout !) arrive. Nous descendons. Ma compagne hèle un rickshaw pour moi, fixe le prix et m'achève delicieusement - au cas où vous auriez des problèmes, mon numéro de téléphone est... -
... avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver moi qui ne rêve plus souvent... et je serai prince de sang rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir...
Malout. Mieux vaut connaître l'Hindi, surtout quand ils parlent Punjabi, la ville n'étant pas, mais vraiment pas, préparée au tourisme. Ville très moderne, très active avec une Wellfare association (Edward Ganj) très efficace. Edward Ganj Guest house, le super luxe à 125 roupies. Le Malwa hotel, sur GT road près des cinémas, le top des pure veg et pas cher du tout. Les gars de la Traifik Police logent aussi à la guest house, de gais lurons qui se marrent comme des collégiens en regardant les demoiselles danser à la télé (conservant avec peine leur lolos dans la trop petite pièce de tissus qui sert a cà). Bon, je ne vais pas attendre que ça tombe. Allons faire la lessive et remettons-nous aux cassettes d'hindi ! Pour l'instant, après 2 semaines, je tourne à pas loin de 8 euros par jour tout compris. Je ne peux pas me priver tout le temps de Kingfisher light ni de bons restaurants, quand même (et parfois, une petite piece au Ricksaw, quand il est sympa...). 26 juillet Malout Recherche d'une brosse à lessive, celle que j'ai achetée à Guayaramerim (Bolivie du Nord-Est) est restée en rade à Amritsar. Dans la supérette du coin personne ne parle anglais et je ne connais pas le mot en hindi. Tiens une brosse à dent. J'en prend une, fais semblant de me frotter le torse avec... Lumière ! Le gars se précipite sur une échelle, là je suis très inquiet, monte au premier, farfouille et redescend avec une brosse... à lessive. Enfin, le nom est écrit sur l'emballage : Deluxe Cloth Brush. Du Punjabi, probablement. 10 roupies. J'invite Surender, mon VRP d'Amritsar, au Malwa. Nous parlons de son travail. Il me dit, Malout est une petite ville, les salaires ne sont pas bien gros, beaucoup moins qu'à Ludhiana, par exemple. 5000 roupies par mois, mais il est content de sa vie. Heureux homme ! Bouffe plus qu'excellente mais, comme tous les indiens, il mange trop vite pour moi. Bien sûr, il insiste pour payer. Rien à faire, c'est lui qui gagne. Dodo. 27 juillet - Malout toujours Malout Je glande, petite causette mi-hindi mi-english. Et là arrive Goldy, mon Sikh à moi, mon pote le géant débonnaire grand-ouvreur-de-kingfischer-avec les dents-s'il vous plaît. Finis les problèmes d'hôtel à Fridkôt ! L'année prochaine, Delhi Fridkôt direct, dodo chez lui, pêche, alcools variées et divers autres péchés en perspectives. Grave de chez grave. Mes demoiselles chéries, il est grand, fort, beau avec un coeur en or, mon Goldy. Vous voulez que vous donne son numero de téléphone ? Surender m'a invité à dîner chez lui, j'apporte gulab jamon et rasgullah. Fallait pas, mais si, mais si. Je découvre le Kakri. Servir frais avec un filet de citron et un peu de sel au cas où. Simple, pas cher et très bon. Nous discutons de son prochain trajet de représentant en articles pour tracteur (Om Auto Store sur Gt road). J'entend Anoopgarh. Tilt - Tu es Punjabi et ma soeur est Rajasthani : je t'attends à Anoopgarh pour le 4 au soir et, là, je suis chez moi (rires), je t'invite pour dîner. Thick hai ! - La mouche vient de frapper sans prévenir. Je n'ai pas regardé ma carte de géo. Frimeur, j'ai laissé le Indian Handbook, le top des guides et de loin, à la maison : l'Inde ? Les doigts dans le nez mon pote ! Attendons la suite... 28 juillet. Repos à... Malout Mise à mort du temps qui passe et achat de fausses ray ban à 250 roupies. 29 Juillet - Malout/Punjab vers Anoopghar/Rajasthan Adieu Punjab ! Etat très très busy, riche, avec de belles récoltes et des gens travailleurs qui ne savent pas ce qu'est le tourisme destructeur. Heureux indiens ! Pour aller au garh d'Anoop deux possibilités, dirait la mouche : Malout, Dabwali, Suratgarh, Anoopgarh; Malout, Abohar, Ganganagarh, Anoopgarh. La première ligne de jeu imposant de prendre un rickshaw à Dabwali pour passer, semble-t-il, du bus stand du Punjab à celui de l'Haryana, je choisi la route la plus simple. Attention, prononcez bien Abohar, sinon vous allez rater le premier bus comme moi. Ceci dit, à quelque chose malheur est bon : j'ai eu les autres bus dans l'ordre à la seconde près. Me voici à Anoopgarh. Petite ballade (pourquoi ils me regardent tous comme ça ?), 800 m, du bus stand à la Pawan Guest house. 150 roupies la chambre. Moyen mais ca va. Douche, trempette pour le linge, sieste puis petit tour dehors. Un médecin m'interpelle de son échoppe. Il est catholique. Changgeet est son surnom. Il me conduit, quel succès je me paye dans cette ville, à la boutique de son frère médecin, lui aussi, et nous faisons causette. Voilà trois heures que je suis arrivé qu'une moto arrive me signalant que quelqu'un m'attend à la guest house. Allons-y ! Là, je suis invité à entrer dans une chambre. Un très beau jeune homme, l'air très futé, est installé nonchalamment, élégant dans sa posture négligée, sur un lit. En face, le patron de la guest house. Passeport ! Thick hai ! - Que faites-vous à Anoopgarh ? - Dans un anglais impeccable. J'ai bien envie de répondre que je n'en sais rien moi-même mais l'ambiance n'a pas l'air à la plaisanterie. - Je veux visiter le site de Kalibanga - Amusé mon James Bond - Et vous venez à 15 km de la frontière pakistanaise pour visiter un site qui se trouve à 110 km a l'Est ? - Pas amusé du tout que je suis. - Je ne savais pas, je n'ai pas regardé la carte (bien fait dit la mouche). De plus, j'ai invité mon ami de Malout à venir dîner dans une semaine -. Silence. - Quand avez-vous l'intention de visiter Kalibanga ? - Demain ou le jour suivant -. Là il parle en Hindi au proprio. J'arrive à comprendre le plus important - ... après demain le Chief Minister du Rajasthan vient a Anoopgarh - Ni une ni deux je propose après-demain. Sourire chez 007. On fraternise, il a 27 ans, il est officier de police et travaille en coopération avec la SBF (security border force) et il est très busy busy. Bon, on reste en contact ? Dîner chez le frère de Changgeet puis, malgré les propositions de passer la nuit chez lui, retour en moto à la Pawan GH. Dodo serein (après le brossage de dents, bien entendu). 30 Juillet - Anoopghar. Police station, chaï, samosa... Petit déjeuner, brossage de dents comme après chaque repas, puis visite à la Police station. Mon passeport intéresse tout le monde, mon billet de 50 euros, 2500 roupies, est épluché sur toutes les coutures. Chai, samosa, ek samosa, do samose. Causette - J'ai un copain à Bikaner, Himmat Singh Shekkawat ... - Crise de rires mais respect chez ce policier. On ne dit pas, semble-t-il, Himmat Singh Shekkawat mais Himmat Shekkawat Singh. - Et je suis moi-même un Shekkawat -. Bon, ayant parlé de mon (très puissant) ami je suis définitivement dans les petits papiers de la police. J'offre une cigarette, il accepte tout en m'expliquant comment la loi vient d'être renforcée, 1000 roupies et jusqu'à 1 mois de prison (là, à mon avis, c'est quand vous fumez dans une station de police). Je vais pour partir. - Mais non. Venez dire bonjour au Chef du secteur ! -. Bon, là je retrouve James. - Coucou comment vas-tu ? - First class ! - Le chef est amusé - Comme ca, ce monsieur gagne sa vie en jouant aux cartes ? - Il me sert la main, - nice to meet you - Au revoir -. Bon, je peux partir ? - Pas du tout mon bon ! Nous avons une jeep de service, permettez-nous ! - Confortable. Ceci a pris tout de même une matinée entière. Bien, y a pas que la police dans la vie. Découverte du Shiv Mishthan Bandar où je mange bon pour pas cher. Marcher dans Anoopgarh n'est pas chose aisée. Bien obligé de m'arrêter quand quelqu'un me souhaite la bienvenue. La vie est bien dure. Dame, touriste, c'est pas un métier facile qu'on fait là ! Bon, le soir arrive, Changgeet m'amène au Aashish Cold (cool ?) Café. Super sympa. Masala dosai et petit coca, 23 roupies. Je donne 25 et relance de 2 roupies pour le pourboire. Tordus de rires qu'ils sont ! Comment est-ce possible de vouloir payer plus cher ? Et là je réalise que je suis le premier touriste dans cette ville (en tout cas, depuis très longtemps). Je leur explique que je suis content et c'est ainsi que nous avons l'habitude de manifester notre plaisir d'avoir été bien servis. Je rencontre Lallit Chabra un jeune enseignant qui m'invite à visiter son école, après-demain, si possible. Dîner, brosse a dents, douche, dodo. 31 Juillet - Anoopgarh Kalibanga Anoopgarh Mes copains de la police station vont être contents : je prend le bus pour Pilibanga vers 6 h du matin. Attention, arrivés là, évitez les jeeps pour Kalibanga (30 roupies pour 6 km c'est du gangstérisme qu'il ne faut pas encourager); le bus pour Jensen (phonétique ?) vous dépose devant le museum de Kalibanga pour 3 roupies. D'autres bus vous amènent, pour le même prix, à un carrefour. Là, vous prenez la route à gauche et marchez 1 petit kilomètre pour arriver au musée. Deux galeries à visiter pour 2 roupies, dont une de photos, surtout de Chittorgarh. Ensuite, visite du vieux village, visite commentée dans un anglais très approximatif. Beau chantier ma foi ! Je rapporte une vieille pierre et un bout de bracelet (5000 ans). Je suis quand même épaté qu'un pays plutôt pauvre, comparé à la France, crée des institutions chargées de découvrir et protéger le partrimoine du pays. Peut-être pourrions-nous en parler à nos politiciens ? Créer un ministère... qu'on pourrait appeler ministère de la culture, par exemple ? Un gars du coin me propose ensuite un petit chaï et me ramène en moto à Pilibanga. Place assise dans le bus, sur la gauche près de la fenêtre. Le bus fait une halte. Je pose ma casquette sur mon siège côté fenêtre et vais acheter une bouteille d'eau minérale. Je reviens dans la minute : deux donzelles pas très classe sont assises à ma place. Plus de casquette. Je leur explique le problème. Pas de réponse. J'insiste, toujours rien. Grosse colère, pétage de plombs sévère - Mai police bulata hu ! -. Je prend la grande par le bras gauche - Jao ! -. Elles se cassent toutes les deux et, miracle, ma casquette tombe d'entre les jambes de celle qui était assise sur le siège à côté du mien. Un Monsieur me prend doucement par les épaules et me dit que ce n'est pas très bon pour la "blood pressure". Il a raison. Reprenons notre calme. Bon, retour a Anupgarh, le Chief Minister est parti, je peux entrer dans la ville. Fin de journée tranquille. 1 Aout - Anoopargh Le train train quotidien, petit déjeuner chez Aashish, retour à la guest house sans oublier de saluer mon ami Changeet, brossage de dents, petite douche, j'en passe et des meilleurs. Je sors, il fait très beau, et marche en direction du bus stand. Après 600m je découvre, sur ma gauche, l'école publique de mon nouvel ami, Lallit Chabra. Accueil du directeur dans son grand bureau. Sur le mur, de grandes images et ou photographies représentant les grands hommes de cette nation, les freedom fighters étant volontiers représentés le revolver à la main. Visite de toutes les classes. Séance géante d'autographes entouré par une multitude de bambins et bambines, 8/13 ans, complètement exités. Quelle ambiance ! Vers 17h, sur la télé de la clinique, nous découvrons que Jony Woqr (prononcer jony walker), le célèbre Charles Trenet indien, vient de mourrir après une vie trépidante bien remplie. En fin d'après-midi emplettes au marché. Nous achetons des khumbis (champignons), du kakri et autres légumes. Les pommes, au fil des ans, sont de plus en plus inaccessibles : 50 rps le kg de la moins bonne qualité; 120 celles d'Australie. Dîner chez Changgeet. Les familles catholiques semblent plus ouvertes que celles Hindous ou musulmanes. Je n'ai jamais vu, en Inde, des jeunes femmes d'une famille Hindou ou musulmane être autorisées à partager ainsi la soirée avec un étranger et surtout se montrer aussi proches, intéressées, enjouées... Retour en moto à la guest house. 2 Aout - Anoopgarh encore Anoopgarh... Je vous passe le petit déjeuner, le brossage..., la douche. Changgeet n'est pas encore arrivé. Comme son aide ne parle pas anglais, je vais chez le voisin, réparateur de vélo. Faut bien s'occuper, non ? La réparation d'une crevaison de vélo n'est pas donnée : 5 rps (à ce prix là autant réparer soi-même). Mon nouvel ami décide d'assembler une roue de motocyclette à partir d'un moyeu, d'une jante et des rayons. Fascinant, vous ne trouvez pas ? Changgeet arrive. Nous allons visiter l'école privée où va son rejeton. Là, çà coûte les yeux de la tête, 6000 rps par an. Deux enfants, 12000 rps donc. Considérez qu'un instituteur en milieu de carrière touche environ 5000 rps par mois et vous allez sans doute choisir l'école de la liberté, de la fraternité et de l'égalité... Des autographes, certes, mais les enfants sont plus réservés que ceux l'école publique. Un nouvel objectif, un challenge, se profile : obtenir de visiter demain le collège de jeunes filles (femmes, puisqu'entre 17 et 21 ans). Ce devrait être délicieux, non ? 3 Aout - Mon dieu, un étranger dans ma ville ! Bon, le cérémonial du matin est passé, je fini de prendre ma douche que l'on frappe à ma porte. Ils le savent, pourtant, que j'ai mes heures pour recevoir. Pas content, complètement nu, j'ouvre la porte en me cachant un peu. Un gars en uniforme, il semble gêné, me fait signe qu'il va m'attendre en bas... avec mon passeport. Bon, je me couvre et vais à la réception. Mon gars est là, assis à côté d'un notable vêtu d'une chola-pyjama, le chef en apparence. L'uniforme parle anglais, "forbidden", "authorization", ce qui fait quand même deux mots, alors que le boss lui n'a pas l'air de parler autre chose que l'hindi. Bon, je réalise que ne devrais pas être dans cette ville. Mais qui sont-ils ? Je termine ma toilette puis je vais chez Changgeet. Mes deux lascars sont en train de sortir de la boutique. L'aide est incapable (il ne veut pas ?) de m'expliquer ce qui se passe. Changgeet arrive, discute avec lui et m'apprend qu'il est attendu au bureau du C.I.D., central inquiry department. Il hésite à s'y rendre mais je lui conseille fermement d'obéir. Quand il revient, il est pâle, très inquiet. Le chef du C.I.D., celui qui a mis cinq jours pour découvrir qu'un terroriste potentiel trainait dans la ville et posait peut-être des bombes dans les écoles (l'Inde peut être inquiète pour sa sécurité), le super James Bond l'a bien prévenu : si je ne quitte pas la ville rapidement, il causera de gros problèmes à moi-même, au proprio de la guest house et, surtout, à Changgeet. En effet, comment a-t-il pu oser me faire visiter des familles... catholiques ? Là, ça sent trop le roussi. Je bats tous mes records : en moins de 30 minutes j'ai packé, trouvé un rikshaw pour le bus stand (3rps !) et choppé le bus de Bikaner qui sortait de la gare. L'arrivée au government bus stand de Bikaner vue par le rickshaw-vala. - Une barbe et des chevaux blancs qui sortent du bus. Un sac à dos ? Je me vois bien une petite commission dans un hotel à 100 rps près de la railway station. Chic ! Sir, I have cheap good hotels near railway station. 30 rps - Thanks, I have already an hotel just there on the other side of the road, the Sagar - No sir, not possible, too much expensive for you (1200 rps) - So I will go to the next one, the Laxmi Niwas Palace - J'ai le bonheur d'y être aussi un invité - No, no Sir, more impossible (200$) - So, I will try the Sagar - Et je traverse la route en direction du Sagar (je sais que ce bon Dinesh ne voudra pas que je paye, mais d'un autre côté, si je vais ailleurs, il sera fâché contre moi). Mon aimable rickshaw-vala n'a toujours pas compris comment je pouvais m'offrir un tel luxe. Comme disait mon très libéral de paternel - Bof, c'est bien connu, ces beatnicks, ils cachent des dollars dans leurs cheveux - Le premier tier de mon voyage, exploration en solitaire, vient de s'achever. Je ne pourrai pas inviter mon ami Surender de Malout (je lui donné un coup de téléphone à la Pawan GH). Direction vers le confort, ma famille de Bikaner puis, après Raksha Bhandan, le jour des frères et des soeurs le 12 août, celle de Jaisalmer. Plus question, d'ici le 1er septembre, la date d'arrivée de ma femme à Delhi, de payer une chambre d'hôtel. Il sera impossible de payer la blanchisserie, le restaurant, voir les coups de téléphone pour la France (même pour cela je vais devoir me battre !). L'hospitalité indienne... Mon calcul de coût journalier va donc s'arrêter là : tout compris, je suis exactement à 349 roupies par jour. Faut dire que je me suis pas privé...
Ce qui reste de ces vingt jours
Trois villes qui garderont longtemps leur authenticité : Kurukshetra, son Jat Dharamsala, le restaurant Celebrate et Sudesh, le Brahma Samovar et Omparkash Garag, le postier si aidant; sans oublier tous ces gens sympathiques que j'y ai rencontrés. Pas une ombre au tableau ! Malout, la Edward Ganj Wellfare Association, avec sa Guest house et ses autres activités de bienfaisance, le Malwa hotel, restaurant top de top, ma princesse, Surender Khurana mon ami VRP, les gais lurons de la traffic police et tous ces gens adorables. Anoopgarh et tous ses habitants sauf un (trouvez lequel). C'était trop facile d'aimer : quand vous êtes la vedette du village, avec tous ces curieux de vous connaître, si gentils... Ne faisons pas de jaloux : en face du Bus stand vous trouverez une guest house offrant les prix habituels du marché (250 pour une non ac; 450 pour une ac en ajoutant deux chambres dans ou à côté du Aashish cool Café. Belles chambres);
Plus que 53 jours de vacances ! du 3 août au 1er septembre, la vie de pacha au Rajasthan chez mes soeurs et mes frères; je vais goûter à nouveau au bang du Shiva temple, le meilleur et de loin; partager l'opium et le chaï au petit matin avec mon vieil ami qui ne parle pas un mot d'anglais (ce qu'on peut causer tous les deux... avec les yeux); boire de la Kingfisher light plus que de coutume; tuer le temps avec mes amis du fort et, quasiment, redevenir un vrai touriste. du 1er au 23 septembre, avec ma femme (Delhi, Bikaner, Jaisalmer, Jodhpur, Agra, Orchha, Khajuraho, Delhi, Paris).
Remerciements à François et à son équipe; à Sandrine, tendre mère poule pour les poussins voyageurs; à vous qui avez lu jusqu'au bout ce verbiage impolitiquement et non socialement correct (n'est-ce-pas, Christine, mon ange au coeur pur ?) et, surtout à tous les amis indiens et à tous ces touristes qui ont accepté, malgré mon caractère, de me tenir parfois compagnie.
Cent autres devinettes bambara, partie 1 (Mali) English translation pending
Cent autres devinettes bambara
(pour Anusara)
Bonjour Anusara,
un grand merci pour ta réponse (dans une autre discussion) qui fait plaisir. Et encore de bonnes nouvelles du Mali, magnifique !
Voici cent autres devinettes bambara (pas encore présentées sur ce forum) :
1 : Fa fila ani den fila bè du kelen kònò, n’i y’u jate, u bè bèn mògò saba ma. – O ye mòkè, fa ani mòden ye.
Deux pères et deux enfants vivent dans la même concession. Quand tu les as comptés, ça fait trois personnes. – Le grand-père, le père et le petit-fils (ou : la petite-fille).
2 : N kònòna n kòfè. – Dèsèkili don.
Je suis enceinte par derrière. – C’est le mollet.
(note : ici, kònò "ventre" a un emploi verbal, ce qui est très très rare, et veut dire "être enceinte" . Dans cette devinette-ci, on compare la forme arrondie d’un mollet avec le ventre d’une femme enceinte. Donc, au sens figuré, le mollet est en cloque mais son ventre est en arrière tandis que le ventre de la femme enceinte est à l’avant. C’est l’idée ici.)
3 : Don o don, musokòrònin bè taa laharaka la. – Jurufilen don.
Jour par jour, la petite vieille femme se rend chez un habitant de l’autre monde. – C’est la puisette.
(note : ici, la petite vieille femme recherchée est la puisette, c.à.d. le récipient en caoutchouc noir & la corde pour sortir de l’eau d’un puits. Lahara, emprunté à l’arabe, veut dire "l’au-dela", c’est ici le fond du puits, et le suffixe dérivatif nominal -ka veut dire "habitant de ..." , donc "l’habitant de l’au-dela" ou le "défunt". Et jour par jour, les femmes laissent descendre la puisette au fond du puits pour puiser de l’eau.)
4 : Musodennin dònkètò ye kònò ta. – O ye jènè ye.
La jeune fille en dansant est tombée enceinte. – C’est la quenouille/le fuseau (pour filer).
(note : pour filer le coton, les femmes se servent de toutes petites quenouilles : à mésure que le fil s’enroule, la quenouille prend de l’épaisseur, et s’arrondit. Et cela est produit par un jeu rapide des mains, qui est comparé ici à une danse. Linguistique : ici, "tomber/devenir enceinte", en bambara ka kònò ta, est relaté litt. par "produire un ventre".)
5 : N taara dugu kònò, n taara a sòrò musow bè ka denkunsigijan bamu. – O ye kabaforo ye.
Je suis parti dans un village, je suis parti trouver cela, les femmes portent sur leur dos des enfants aux cheveux longs. – C’est le champ de maïs.
(note : bonne comparaison entre la foule des femmes qui portent des enfants sur le dos et le champ de maïs. Comme les épis de maïs sont portés et protégés par des feuilles, ainsi les enfants sur le dos de la mère. La "barbe" du maïs devient ici "les cheveux longs". Il n’est pas rare de voir, dans la vie courante, des fillettes s’amuser avec des poupées, qui ne sont rien d’autre que des épis de maïs, et qu’elles portent sur le dos à la manière d’une maman. Linguistique : denkunsigijan se compose de den-kun-sigi-jan < enfant-tête-poil-long.)
6 : Dugu bèè kunsigi jè. – O ye kòòriforo ye.
Toute sa terre, son sol a des cheveux blonds. – C’est le champ de coton.
7 : Sokòfècèfinba. – O ye bo ye.
Le grand homme noir derrière la maison. – C’est l’excrément.
(note : l’excrément fait partie de ces choses qu’on fait habituellement derrière la maison. Linguistique : sokòfècèfinba se compose de so-kòfè-cè-fin-ba < maison-derrière-homme-noir-suff.dér.augm.)
8 : Su fè, n tun bè so kònò n ye a ye tile kèra fila ye kòlòn kònò. – O ye kalo ni dolo ye.
La nuit, j’étais à la maison et j’ai vu que le soleil s’était doublé dans le puits. – C’est la lune et les étoiles.
(note : quand on regarde dans le puits, on voit le reflet des astres. On dirait que le soleil s’est divisé en deux.)
9 : N tora dugu kònò ka n terikè saya mèn kungo kònò. – O ye sisi ye.
Je suis resté dans mon village et j’ai appris la mort de mon ami en brousse. – C’est la fumée.
(en savane, même si l’on reste au village, on aperçoit au loin la fumée des feux de brousse.)
10 : N ye sobilenman san ka a bila so kònò, yanni ka dugu jò a kèra jèman ye. – O ye bugurijè ye.
J’ai acheté un cheval rouge et l’ai laissé à la maison, avant que le jour ne se lève, il est devenu blanc. – C’est le cendre.
(note : la braise rouge que l’on laisse le soir dans le foyer blanchit durant la nuit.)
11 : N taara n bèènkèso, n taara a sòrò n bèènkèsokaw o bè sèmè kogo la. – O ye kolonkaladen ye.
Je suis parti chez mon oncle maternel, et j’ai trouvé que les gens sont appuyés contre le mur. – Ce sont les pilons.
(note : en général, on ne laisse pas les pilons traîner par terre, mais on les adosse contre le mur.)
12 : Dègèkun kelen, a ye baji duuru. – O ye kalo ye.
Une seule boule de dègè a troublé l’eau du fleuve. – C’est la lune.
(note : le dègè est une nourriture à base de mil, pilé non tamisé, légèrement passé à la vapeur, étendu d’eau ou de lait, et qu’on mange sous forme de boules. Ici la lune est comparée à une telle boule blanche et le ciel à l’eau d’un fleuve.)
13 : Fèn dò bè n bolo, ni n ye a kè ji kònò buguri bè bò. – O ye safinè ye.
J’ai une chose quand je la mets dans l’eau de la poussière en sort. – C’est le savon.
(note : les bulles de savon !)
14 : Fèn dò bè yen a bè malamala i bè fò ko sanu bari mògò si tè farinya ka maga a la. – O ye sa ye.
Une chose est là-bas elle brille, tu dirais de l’or mais personne n’ose la toucher. – C’est le serpent.
15 : N taara n biranna na, n ye foli kè salen ye namuna. – O ye furajalen ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, j’ai fait les salutations un mort m’a répondu. – C’est la feuille sèche.
(note : un bon nombre de devinettes commençent par "Je suis parti dans ma belle-famille". La réponse, pour chacune d’elles, représente symboliquement une qualité des beaux-parents. De toute évidence, il s’agit de relations particulières qui lient quelqu’un à ses beaux-parents.)
16 : Ni n ka misigòrè donna o layòrò, kelen bè yen ni a donna u bèè bè bò. – O ye tigatolilen ye.
Quand mon troupeau de vaches rentre dans le parc une est là-bas, quand elle entre, toutes sortent. – C’est l’arachide pourrie.
(linguistique : tigatolilen se compose de tiga-toli-len < arachide-pourrir-part.ac.)
17 : N taara n biranna na, u ye dalan di n ma n wulitò n kòlila ka a wuli. – O ye dugukolo ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une natte, en me levant, je ne suis pas arrivé à la lever. – C’est la terre.
18 : Sogo bè jiri kari a tè sa. – O ye ji ye.
Un animal casse l’arbre il ne meurt pas. – C’est l’eau.
(note : durant les tornades, l’eau ne cesse d’envahir les arbres ... souvent ces derniers résistent.)
19 : Jidaga fila bè nyògòn kòrò dò ji tè don dò la. – O ye nyèji ye.
Deux récipients sont près l’un de l’autre, l’eau de l’un ne rentre pas dans l’autre. – Ce sont les larmes.
20 : Misibilen bè misifin lanòn. – O ye tasuma ani daga ye.
Une vache rouge lèche une vache noire. – C’est le feu et la marmite.
21 : Cènin tè bèrè ye a tògòramuru ka ca. – O ye nèrèjiri ye.
Le petit homme ne vaut pas grand chose ses couteaux de hanche sont nombreux. – C’est le nèrè.
(note : le nèrè est un arbre dont les fruits forment de grandes gousses en forme de couteau allongé.)
22 : Falatònin, a lamònna cè la. – O ye nen ye.
L’orphélin a été élevé parmi les méchants. – C’est la langue.
(note : les méchants ici sont les dents. Il s’agit ici probablement d’une allusion à la situation difficile de l’orphélin dans la société.)
23 : An facè ye so san ka a bila dugu kònò mògò o mògò bè tèmèn. – O ye bo ye.
Notre père a acheté un cheval et l’a laissé au village quiconque passe laisse de l’herbe pour lui. – C’est l’excrément.
(note : il est des activités auxquelles personne ne peut se dérober ; on est bien obligé de passer par là !)
24 : Fèn dò bè dugu kònò hali faama yèrè tè se ka maga a la. – O ye nyamanton ye.
Il y a une chose dans le village même le chef ne peut y toucher. – C’est le tas d’ordures.
(note : le tas d’ordures, dans la société traditionnelle, est un lieu à forte symbolique ; il est en lien avec la fécondité.)
25 : N tagatò n bèènkèso saya kumana n ye. – O ye furabulujalan ye.
En partant chez om oncle maternel, la mort m’a parlé. – C’est la feuille sèche.
(note : ce sont les feuilles sèches qui craquent sous les pas ; ce bruit est comparé au langage d’un mort.)
26 : Fènnyuman dò bè kungo la nka a tè tòmò. – O ye sa ye.
Une belle chose est dans la brousse mais on ne la ramasse pas. – C’est le serpent.
27 : La o la, a bè lògò ci, su fè, yanni ka to a ka yèrè ja, a bè taa la bonda ra. – Jele don.
Toujours elle casse le bois, la nuit, au lieu de se chauffer elle-même, elle part se coucher à la porte de la case. – C’est la hache.
(note : n’est-il pas paradoxe que celui qui casse du bois ne mérite pas de se chauffer avec ce bois ?!)
28 : Fènnin fila bè yen, ka taa nyògòn fè sògòmada fo wulada, u tè maga nyògòn na. – O ye misiganw ye.
Deux petites choses sont là-bas, elles partent ensemble du matin au soir, elle ne se touchent pas. – Ce sont les cornes des vaches.
29 : La bè la bè sògòma, u tè a fò : i ni sògòma ! – O ye nyèden ye.
Jamais le matin ils ne disent bonjour ! – Ce sont les yeux.
30 : Tuma o tuma a bè gese dan nka a tè fini don. – O ye ntalenntalen ye.
Toujours elle tisse du fil mais elle ne met pas d’habit. – C’est l’araignée.
31 : Baarakèla tan bè n fè u bè ko bèè kè ni n ye. – O ye bolokònidennin ye.
J’ai dix travailleurs ils font tout avec moi. – Ce sont les doigts.
(note : liaison étroite de la main et de l’homme.)
32 : Jiri dò bè yen a tè den kè tile fè fo su fè. – O ye kalo ni dolo ye.
Il y a un arbre qui ne donne pas de fruit le jour mais la nuit. – C’est la lune et les étoiles.
(note : la relation de la lune aux étoiles est vue comme une relation de filiation ; comme l’arbre produit des fruits, la lune produit des étoiles.)
33 : Kulusijan jenina ka to jalaba ra. – O ye kungo ni siradennin ye.
Le grand pantalon a brûlé sans la ceinture. – C’est la brousse et le sentier.
(note : la brousse est comparée à un grand pantalon qui brûle lors des "feux de brousse" et le sentier qui parcourt la brousse est comparé à une ceinture que le feu ne peut atteindre.)
34 : Sogo binna, dugumògòw bè a bèè tigè la tigèyòrò tè yen. – O ye ji ye.
Le gibier est tombé, les gens du village sont en train de le couper il n’y a pas d’endroit pour couper. – C’est l’eau.
(note : comme le gibier est partagé entre les gens du village, selon des modalités bien précises, ainsi l’eau est la chose de tout le monde, on se la partage mais on ne peut y trouver de trace de "coupure" !)
35 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma, da tè a la. – O ye syèkili ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case elle n’avait pas de porte. – C’est l’œuf.
(note : donner une case à quelqu’un, c’est le recevoir dans le circuit des relations.)
36 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma da bè san fè. – O ye marifa ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case la porte était en haut. – C’est le fusil.
(note : quand on pose son fusil, on le met souvent debout, de sorte que le canon est dirigé vers le haut.)
37 : Cè dò ani a muso jòra sira kan, sabanan bè yen, a ma o ye. – O ye muso kònòma ni cè kelen ye.
Un homme et sa femme sont debout sur la route il y a un troisième on ne le voit pas. – C’est la femme enceinte et un homme.
38 : Kòngò, a ye mògòw faga. – O ye nugumaya ye.
La faim, elle a tué des gens. – C’est l’excès de nourriture.
39 : Muso bè n bolo, a tè na fo ni a sunògòra. – O ye suko ye.
J’ai une femme, elle ne vient que lorsque je dors. – C’est le rêve.
40 : N taara n biranna na, u ye dalan da n nyè kò ni nyè tè a ra. – O ye jufa ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils ont couché une natte devant moi, elle n’a pas de devant ni de derrière. – C’est la pagaie.
41 : N taara n biranna na, u ye galamafadègè di n ma ne ma se ka a dun. – O ye foronto ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une louche pleine de dègè, je n’ai pas pu le manger. – C’est le piment.
(linguistique : galamafadègè se compose de galama-fa-dègè < louche-remplir-dègè. Galama est la louche ou le cuiller malien, fabriqué à partir du fruit coupé en deux du calebassier, Lagenaria siceraria. Tout le monde le connaît.)
42 : N ye n ka so boli ka a boli, ka a boli, a boli kojugu a ye kònò ta. – O ye gese ye.
J’ai fait courir mon cheval et l’ai fait courir beaucoup, il a pris du ventre. – C’est le fil de chaîne.
43 : Ne ye n ka so siri sirada la, bèè tèmèntò u bè bin fili a kòrò. – O ye jiridennen ye.
J’ai attaché mon cheval au bord de la route, les passants ont jeté de l’herbe sous lui. – C’est l’arbre fruitier.
44 : N ye n ka muru ci ji kan, a da karila, n ye a ci fara kan, a da ma kari. – O ye ji ani syèsi ye.
J’ai frappé mon couteau sur l’eau, son tranchant a cassé, je l’ai frappé sur une pierre, son tranchant n’a pas cassé. – C’est l’eau et la plume de poule.
(note : en effet, si on frotte une plume de poule sur une pierre, elle garde sa forme ; mais si on la met dans l’eau, elle perd son contour habituel. Par son apparence, la plume est comparée à un couteau.)
45 : Don o don, u bè taa nyògòn fè, u tè maga nyògòn na. – O ye binyè ye.
Jour par jour, elles partent ensemble, elle ne se touchent pas. – Ce sont les cornes.
46 : N taara a biranna na, n ye u bè sòrò jòlen senkònòninkunba kan. – O ye kon ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, je les ai tous trouvés debout sur le gros orteil. – C’est la porte.
47 : N taara n biranna na, u ye kini di n ma, ne ma se ka a dun. – O ye foronto ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné du riz, je n’ai pas pu le manger. – C’est le piment.
(note : les devinettes 41 et 47 ont la même réponse, et le même contexte)
48 : Warabilen bè jiri sanfè, nka a bè tulon kè a ku la dugu ma. – Tile don.
Le singe est en haut de l’arbre et sa queue joue sur le sol. – C’est le soleil.
49 : Da fila bè tugu nyògòn fè, u bè yèlèn nyògòn fè. – O ye nyèwolo fila ye.
Les deux portes se ferment en même temps, elles s’ouvrent en même temps. – Ce sont les paupières.
(linguistique : nyèwolo se compose de nyè-wolo < œil-naître.)
50 : N ye n ka sonin boli ka a boli, n segintòla ma a sennò ye. – Jikankurun don.
J’ai fait galoper mon petit cheval, au retour plus une seule trace. – C’est la pirogue (sur l’eau).
(linguistique : jikankurun se compose de ji-kan-kurun < eau-sur-pirogue.)
(à suivre)
(pour Anusara)
Bonjour Anusara,
un grand merci pour ta réponse (dans une autre discussion) qui fait plaisir. Et encore de bonnes nouvelles du Mali, magnifique !
Voici cent autres devinettes bambara (pas encore présentées sur ce forum) :
1 : Fa fila ani den fila bè du kelen kònò, n’i y’u jate, u bè bèn mògò saba ma. – O ye mòkè, fa ani mòden ye.
Deux pères et deux enfants vivent dans la même concession. Quand tu les as comptés, ça fait trois personnes. – Le grand-père, le père et le petit-fils (ou : la petite-fille).
2 : N kònòna n kòfè. – Dèsèkili don.
Je suis enceinte par derrière. – C’est le mollet.
(note : ici, kònò "ventre" a un emploi verbal, ce qui est très très rare, et veut dire "être enceinte" . Dans cette devinette-ci, on compare la forme arrondie d’un mollet avec le ventre d’une femme enceinte. Donc, au sens figuré, le mollet est en cloque mais son ventre est en arrière tandis que le ventre de la femme enceinte est à l’avant. C’est l’idée ici.)
3 : Don o don, musokòrònin bè taa laharaka la. – Jurufilen don.
Jour par jour, la petite vieille femme se rend chez un habitant de l’autre monde. – C’est la puisette.
(note : ici, la petite vieille femme recherchée est la puisette, c.à.d. le récipient en caoutchouc noir & la corde pour sortir de l’eau d’un puits. Lahara, emprunté à l’arabe, veut dire "l’au-dela", c’est ici le fond du puits, et le suffixe dérivatif nominal -ka veut dire "habitant de ..." , donc "l’habitant de l’au-dela" ou le "défunt". Et jour par jour, les femmes laissent descendre la puisette au fond du puits pour puiser de l’eau.)
4 : Musodennin dònkètò ye kònò ta. – O ye jènè ye.
La jeune fille en dansant est tombée enceinte. – C’est la quenouille/le fuseau (pour filer).
(note : pour filer le coton, les femmes se servent de toutes petites quenouilles : à mésure que le fil s’enroule, la quenouille prend de l’épaisseur, et s’arrondit. Et cela est produit par un jeu rapide des mains, qui est comparé ici à une danse. Linguistique : ici, "tomber/devenir enceinte", en bambara ka kònò ta, est relaté litt. par "produire un ventre".)
5 : N taara dugu kònò, n taara a sòrò musow bè ka denkunsigijan bamu. – O ye kabaforo ye.
Je suis parti dans un village, je suis parti trouver cela, les femmes portent sur leur dos des enfants aux cheveux longs. – C’est le champ de maïs.
(note : bonne comparaison entre la foule des femmes qui portent des enfants sur le dos et le champ de maïs. Comme les épis de maïs sont portés et protégés par des feuilles, ainsi les enfants sur le dos de la mère. La "barbe" du maïs devient ici "les cheveux longs". Il n’est pas rare de voir, dans la vie courante, des fillettes s’amuser avec des poupées, qui ne sont rien d’autre que des épis de maïs, et qu’elles portent sur le dos à la manière d’une maman. Linguistique : denkunsigijan se compose de den-kun-sigi-jan < enfant-tête-poil-long.)
6 : Dugu bèè kunsigi jè. – O ye kòòriforo ye.
Toute sa terre, son sol a des cheveux blonds. – C’est le champ de coton.
7 : Sokòfècèfinba. – O ye bo ye.
Le grand homme noir derrière la maison. – C’est l’excrément.
(note : l’excrément fait partie de ces choses qu’on fait habituellement derrière la maison. Linguistique : sokòfècèfinba se compose de so-kòfè-cè-fin-ba < maison-derrière-homme-noir-suff.dér.augm.)
8 : Su fè, n tun bè so kònò n ye a ye tile kèra fila ye kòlòn kònò. – O ye kalo ni dolo ye.
La nuit, j’étais à la maison et j’ai vu que le soleil s’était doublé dans le puits. – C’est la lune et les étoiles.
(note : quand on regarde dans le puits, on voit le reflet des astres. On dirait que le soleil s’est divisé en deux.)
9 : N tora dugu kònò ka n terikè saya mèn kungo kònò. – O ye sisi ye.
Je suis resté dans mon village et j’ai appris la mort de mon ami en brousse. – C’est la fumée.
(en savane, même si l’on reste au village, on aperçoit au loin la fumée des feux de brousse.)
10 : N ye sobilenman san ka a bila so kònò, yanni ka dugu jò a kèra jèman ye. – O ye bugurijè ye.
J’ai acheté un cheval rouge et l’ai laissé à la maison, avant que le jour ne se lève, il est devenu blanc. – C’est le cendre.
(note : la braise rouge que l’on laisse le soir dans le foyer blanchit durant la nuit.)
11 : N taara n bèènkèso, n taara a sòrò n bèènkèsokaw o bè sèmè kogo la. – O ye kolonkaladen ye.
Je suis parti chez mon oncle maternel, et j’ai trouvé que les gens sont appuyés contre le mur. – Ce sont les pilons.
(note : en général, on ne laisse pas les pilons traîner par terre, mais on les adosse contre le mur.)
12 : Dègèkun kelen, a ye baji duuru. – O ye kalo ye.
Une seule boule de dègè a troublé l’eau du fleuve. – C’est la lune.
(note : le dègè est une nourriture à base de mil, pilé non tamisé, légèrement passé à la vapeur, étendu d’eau ou de lait, et qu’on mange sous forme de boules. Ici la lune est comparée à une telle boule blanche et le ciel à l’eau d’un fleuve.)
13 : Fèn dò bè n bolo, ni n ye a kè ji kònò buguri bè bò. – O ye safinè ye.
J’ai une chose quand je la mets dans l’eau de la poussière en sort. – C’est le savon.
(note : les bulles de savon !)
14 : Fèn dò bè yen a bè malamala i bè fò ko sanu bari mògò si tè farinya ka maga a la. – O ye sa ye.
Une chose est là-bas elle brille, tu dirais de l’or mais personne n’ose la toucher. – C’est le serpent.
15 : N taara n biranna na, n ye foli kè salen ye namuna. – O ye furajalen ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, j’ai fait les salutations un mort m’a répondu. – C’est la feuille sèche.
(note : un bon nombre de devinettes commençent par "Je suis parti dans ma belle-famille". La réponse, pour chacune d’elles, représente symboliquement une qualité des beaux-parents. De toute évidence, il s’agit de relations particulières qui lient quelqu’un à ses beaux-parents.)
16 : Ni n ka misigòrè donna o layòrò, kelen bè yen ni a donna u bèè bè bò. – O ye tigatolilen ye.
Quand mon troupeau de vaches rentre dans le parc une est là-bas, quand elle entre, toutes sortent. – C’est l’arachide pourrie.
(linguistique : tigatolilen se compose de tiga-toli-len < arachide-pourrir-part.ac.)
17 : N taara n biranna na, u ye dalan di n ma n wulitò n kòlila ka a wuli. – O ye dugukolo ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une natte, en me levant, je ne suis pas arrivé à la lever. – C’est la terre.
18 : Sogo bè jiri kari a tè sa. – O ye ji ye.
Un animal casse l’arbre il ne meurt pas. – C’est l’eau.
(note : durant les tornades, l’eau ne cesse d’envahir les arbres ... souvent ces derniers résistent.)
19 : Jidaga fila bè nyògòn kòrò dò ji tè don dò la. – O ye nyèji ye.
Deux récipients sont près l’un de l’autre, l’eau de l’un ne rentre pas dans l’autre. – Ce sont les larmes.
20 : Misibilen bè misifin lanòn. – O ye tasuma ani daga ye.
Une vache rouge lèche une vache noire. – C’est le feu et la marmite.
21 : Cènin tè bèrè ye a tògòramuru ka ca. – O ye nèrèjiri ye.
Le petit homme ne vaut pas grand chose ses couteaux de hanche sont nombreux. – C’est le nèrè.
(note : le nèrè est un arbre dont les fruits forment de grandes gousses en forme de couteau allongé.)
22 : Falatònin, a lamònna cè la. – O ye nen ye.
L’orphélin a été élevé parmi les méchants. – C’est la langue.
(note : les méchants ici sont les dents. Il s’agit ici probablement d’une allusion à la situation difficile de l’orphélin dans la société.)
23 : An facè ye so san ka a bila dugu kònò mògò o mògò bè tèmèn. – O ye bo ye.
Notre père a acheté un cheval et l’a laissé au village quiconque passe laisse de l’herbe pour lui. – C’est l’excrément.
(note : il est des activités auxquelles personne ne peut se dérober ; on est bien obligé de passer par là !)
24 : Fèn dò bè dugu kònò hali faama yèrè tè se ka maga a la. – O ye nyamanton ye.
Il y a une chose dans le village même le chef ne peut y toucher. – C’est le tas d’ordures.
(note : le tas d’ordures, dans la société traditionnelle, est un lieu à forte symbolique ; il est en lien avec la fécondité.)
25 : N tagatò n bèènkèso saya kumana n ye. – O ye furabulujalan ye.
En partant chez om oncle maternel, la mort m’a parlé. – C’est la feuille sèche.
(note : ce sont les feuilles sèches qui craquent sous les pas ; ce bruit est comparé au langage d’un mort.)
26 : Fènnyuman dò bè kungo la nka a tè tòmò. – O ye sa ye.
Une belle chose est dans la brousse mais on ne la ramasse pas. – C’est le serpent.
27 : La o la, a bè lògò ci, su fè, yanni ka to a ka yèrè ja, a bè taa la bonda ra. – Jele don.
Toujours elle casse le bois, la nuit, au lieu de se chauffer elle-même, elle part se coucher à la porte de la case. – C’est la hache.
(note : n’est-il pas paradoxe que celui qui casse du bois ne mérite pas de se chauffer avec ce bois ?!)
28 : Fènnin fila bè yen, ka taa nyògòn fè sògòmada fo wulada, u tè maga nyògòn na. – O ye misiganw ye.
Deux petites choses sont là-bas, elles partent ensemble du matin au soir, elle ne se touchent pas. – Ce sont les cornes des vaches.
29 : La bè la bè sògòma, u tè a fò : i ni sògòma ! – O ye nyèden ye.
Jamais le matin ils ne disent bonjour ! – Ce sont les yeux.
30 : Tuma o tuma a bè gese dan nka a tè fini don. – O ye ntalenntalen ye.
Toujours elle tisse du fil mais elle ne met pas d’habit. – C’est l’araignée.
31 : Baarakèla tan bè n fè u bè ko bèè kè ni n ye. – O ye bolokònidennin ye.
J’ai dix travailleurs ils font tout avec moi. – Ce sont les doigts.
(note : liaison étroite de la main et de l’homme.)
32 : Jiri dò bè yen a tè den kè tile fè fo su fè. – O ye kalo ni dolo ye.
Il y a un arbre qui ne donne pas de fruit le jour mais la nuit. – C’est la lune et les étoiles.
(note : la relation de la lune aux étoiles est vue comme une relation de filiation ; comme l’arbre produit des fruits, la lune produit des étoiles.)
33 : Kulusijan jenina ka to jalaba ra. – O ye kungo ni siradennin ye.
Le grand pantalon a brûlé sans la ceinture. – C’est la brousse et le sentier.
(note : la brousse est comparée à un grand pantalon qui brûle lors des "feux de brousse" et le sentier qui parcourt la brousse est comparé à une ceinture que le feu ne peut atteindre.)
34 : Sogo binna, dugumògòw bè a bèè tigè la tigèyòrò tè yen. – O ye ji ye.
Le gibier est tombé, les gens du village sont en train de le couper il n’y a pas d’endroit pour couper. – C’est l’eau.
(note : comme le gibier est partagé entre les gens du village, selon des modalités bien précises, ainsi l’eau est la chose de tout le monde, on se la partage mais on ne peut y trouver de trace de "coupure" !)
35 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma, da tè a la. – O ye syèkili ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case elle n’avait pas de porte. – C’est l’œuf.
(note : donner une case à quelqu’un, c’est le recevoir dans le circuit des relations.)
36 : N taara n biranna na, u ye bon di n ma da bè san fè. – O ye marifa ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une case la porte était en haut. – C’est le fusil.
(note : quand on pose son fusil, on le met souvent debout, de sorte que le canon est dirigé vers le haut.)
37 : Cè dò ani a muso jòra sira kan, sabanan bè yen, a ma o ye. – O ye muso kònòma ni cè kelen ye.
Un homme et sa femme sont debout sur la route il y a un troisième on ne le voit pas. – C’est la femme enceinte et un homme.
38 : Kòngò, a ye mògòw faga. – O ye nugumaya ye.
La faim, elle a tué des gens. – C’est l’excès de nourriture.
39 : Muso bè n bolo, a tè na fo ni a sunògòra. – O ye suko ye.
J’ai une femme, elle ne vient que lorsque je dors. – C’est le rêve.
40 : N taara n biranna na, u ye dalan da n nyè kò ni nyè tè a ra. – O ye jufa ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils ont couché une natte devant moi, elle n’a pas de devant ni de derrière. – C’est la pagaie.
41 : N taara n biranna na, u ye galamafadègè di n ma ne ma se ka a dun. – O ye foronto ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné une louche pleine de dègè, je n’ai pas pu le manger. – C’est le piment.
(linguistique : galamafadègè se compose de galama-fa-dègè < louche-remplir-dègè. Galama est la louche ou le cuiller malien, fabriqué à partir du fruit coupé en deux du calebassier, Lagenaria siceraria. Tout le monde le connaît.)
42 : N ye n ka so boli ka a boli, ka a boli, a boli kojugu a ye kònò ta. – O ye gese ye.
J’ai fait courir mon cheval et l’ai fait courir beaucoup, il a pris du ventre. – C’est le fil de chaîne.
43 : Ne ye n ka so siri sirada la, bèè tèmèntò u bè bin fili a kòrò. – O ye jiridennen ye.
J’ai attaché mon cheval au bord de la route, les passants ont jeté de l’herbe sous lui. – C’est l’arbre fruitier.
44 : N ye n ka muru ci ji kan, a da karila, n ye a ci fara kan, a da ma kari. – O ye ji ani syèsi ye.
J’ai frappé mon couteau sur l’eau, son tranchant a cassé, je l’ai frappé sur une pierre, son tranchant n’a pas cassé. – C’est l’eau et la plume de poule.
(note : en effet, si on frotte une plume de poule sur une pierre, elle garde sa forme ; mais si on la met dans l’eau, elle perd son contour habituel. Par son apparence, la plume est comparée à un couteau.)
45 : Don o don, u bè taa nyògòn fè, u tè maga nyògòn na. – O ye binyè ye.
Jour par jour, elles partent ensemble, elle ne se touchent pas. – Ce sont les cornes.
46 : N taara a biranna na, n ye u bè sòrò jòlen senkònòninkunba kan. – O ye kon ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, je les ai tous trouvés debout sur le gros orteil. – C’est la porte.
47 : N taara n biranna na, u ye kini di n ma, ne ma se ka a dun. – O ye foronto ye.
Je suis parti dans ma belle-famille, ils m’ont donné du riz, je n’ai pas pu le manger. – C’est le piment.
(note : les devinettes 41 et 47 ont la même réponse, et le même contexte)
48 : Warabilen bè jiri sanfè, nka a bè tulon kè a ku la dugu ma. – Tile don.
Le singe est en haut de l’arbre et sa queue joue sur le sol. – C’est le soleil.
49 : Da fila bè tugu nyògòn fè, u bè yèlèn nyògòn fè. – O ye nyèwolo fila ye.
Les deux portes se ferment en même temps, elles s’ouvrent en même temps. – Ce sont les paupières.
(linguistique : nyèwolo se compose de nyè-wolo < œil-naître.)
50 : N ye n ka sonin boli ka a boli, n segintòla ma a sennò ye. – Jikankurun don.
J’ai fait galoper mon petit cheval, au retour plus une seule trace. – C’est la pirogue (sur l’eau).
(linguistique : jikankurun se compose de ji-kan-kurun < eau-sur-pirogue.)
(à suivre)