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Concours photos avril 2011: "Ombres et lumières à travers le monde" English translation pending
Concours photo du mois d’avril 2011 sur le thème: « Ombres et lumières à travers le monde »
Je déclare ouvert le 10ème concours photos VF !
Vous qui avez parcouru le monde, vous avez sans doute apprécié des luminosités différentes, en fonction des moments de la journée, des saisons, mais aussi en fonction des latitudes, des altitudes. Ces différentes lumières révèlent et magnifient les lieux, les personnes, les objets et confèrent au voyage une part de mystère, de magie qui ne manquent pas de nourrir notre imaginaire… Aussi je vous propose pour ce nouveau concours photos de traiter le thème suivant : « Ombres et lumières à travers le monde »
Règlement :
- 1 seule photo par candidat. - On envoie les photos jusqu'au vendredi 22 Avril minuit.
Kistal prend en charge le diaporama. Encore un grand merci à lui pour cet outil très utile pour accéder aux photos. Vous pourrez le consulter, après l’avoir mis dans votre navigateur de façon à ne pas obligatoirement vous connecter sous FV pour consulter les nouvelles photos rapidement. Le diaporama sera mis régulièrement à jour pour le matin suivant dans le pire des cas.
Vous pouvez y accéder par ce lien : http://s.joomeo.fr/4d94a6468ee4e
- On vote sur ce post du 23 au 30 avril pour une seule photo. - Tout le monde, participant ou non, peut voter et expliquer son choix s'il le désire. Chaque votant propose un podium en classant ses trois photos préférées. - Résultat des votes : le dimanche 1er mai . - Le gagnant aura la lourde tache d'organiser le concours suivant ! (En cas d'ex aequo, les vainqueurs s'arrangeront entre eux.) (Petit rappel des thèmes précédents: transports, métiers, bleu, prières, scènes de rue, on vous mène en bateau, musique, regards et expressions, femmes du monde.)
A vous de poster !
Je déclare ouvert le 10ème concours photos VF !
Vous qui avez parcouru le monde, vous avez sans doute apprécié des luminosités différentes, en fonction des moments de la journée, des saisons, mais aussi en fonction des latitudes, des altitudes. Ces différentes lumières révèlent et magnifient les lieux, les personnes, les objets et confèrent au voyage une part de mystère, de magie qui ne manquent pas de nourrir notre imaginaire… Aussi je vous propose pour ce nouveau concours photos de traiter le thème suivant : « Ombres et lumières à travers le monde »
Règlement :
- 1 seule photo par candidat. - On envoie les photos jusqu'au vendredi 22 Avril minuit.
Kistal prend en charge le diaporama. Encore un grand merci à lui pour cet outil très utile pour accéder aux photos. Vous pourrez le consulter, après l’avoir mis dans votre navigateur de façon à ne pas obligatoirement vous connecter sous FV pour consulter les nouvelles photos rapidement. Le diaporama sera mis régulièrement à jour pour le matin suivant dans le pire des cas.
Vous pouvez y accéder par ce lien : http://s.joomeo.fr/4d94a6468ee4e
- On vote sur ce post du 23 au 30 avril pour une seule photo. - Tout le monde, participant ou non, peut voter et expliquer son choix s'il le désire. Chaque votant propose un podium en classant ses trois photos préférées. - Résultat des votes : le dimanche 1er mai . - Le gagnant aura la lourde tache d'organiser le concours suivant ! (En cas d'ex aequo, les vainqueurs s'arrangeront entre eux.) (Petit rappel des thèmes précédents: transports, métiers, bleu, prières, scènes de rue, on vous mène en bateau, musique, regards et expressions, femmes du monde.)
A vous de poster !
Compte rendu: "Retour en terre sainte" du 3 au 14 mars 2011 sur Costa Pacifica English translation pending
Bonjour!🙂
voici mon CR de ma croisiere sur le costa pacifica.Je tiens à préciser que ce CR refletera mon ressenti sur ce voyage.Je tiens tout d'abord à remercier tous les forumeurs qui m'ont aidé dans la préparation de cette croisière et si ma modeste experience peut aider d'autres personnes tant mieux!😉
Je m'excuse par avance si je vais remuer le couteau dans la plaie pour les personnes qui voulaient aller en Israel mais j'ai été tres étonné d'apprendre par le forum que ces escales allaient être supprimé...😠
Départ de Nice aéroport par la première navette à 10H15(notre rdv sur nos papiers était à 12H30).Là premiers arrivés premiers montés(dans les cars).Nous sommes arrivés à Savonne à 12H15.dans le car une hotesse costa nous distribue des numeros le 11 pour nous.Dans le hall les n°2 sont appelés pour embarquer.Sur les conseils avisés que j'avais lu sur ce forum j'ai été à la reception pour voir si je pouvais grignoter quelques minutes vu que nous sommes membres du costa club corail ...l'hotesse apres avoir regardé mes papiers d'embarquement m'a échangé mon n°11 contre le n°4!Résultat des courses 30mn plus tard nous étions sur le Pacifica en train de manger.
Des que nous mettons le pied dans l'atrium on nous demande de laisser nos passeports pour etablir le visa pour Israel.On nous precise qu'ils nous serons rendu dans 2 jours.(Ils le font pour tout le monde sans savoir si on a pris une excursion costa ou non).
Nous avons la cabine 6308.cabine avec balcon pour 4.Nous etions bien au milieu du bateau (hauteur et longueur)cabine tres silencieuse.
Au moment du depart exercice de sauvetage(17H)😕.Nous avons chacun une carte emergency drill card rouge avec dessus notre nom prenom et n° de cabine qui se trouvaient sur notre lit.Lors de l'exercice nous devons la donner aux personnels costa sur le pont des chaloupes.(je tiens à preciser que suite à un message de PAP j'ai fais attention au lieu de rdv en cas de pépin sur le navire qui est inscrit sur la porte de la cabine)
la soirée s'est déroulée tranquilement à la découvrte du bateau.Nous étions au restaurant my way au milieu du bateau et avions une table pour nous 4.Nous sentions presque pas les vibrations des moteurs contrairement au restaurant new york à l'arriere du bateau.
04/03:journée en mer
le soir soirée de gala avec aperitif de bienvenue dans le theatre et presentation de l'equipe costa.repas de gala au restaurant le soir.à notre retour en cabine petit chocolat nous attendaient sur le lit...
la suite plus tard (je travaille ce week-end 😕)
Que devient le Bleu de France? English translation pending
Bonjour,
Je ne lis plus rien sur le Bleu de France! Existe-t-il toujours? Si non, est-ce qu'un autre bateau le remplace?
Je ne lis plus rien sur le Bleu de France! Existe-t-il toujours? Si non, est-ce qu'un autre bateau le remplace?
Croisière Coral Cap vers Istanbul et les îles grecques English translation pending
Bonjour,
Nous faisons la croisière avec la compagnie louis cruise line bateau coral, cap vers Istanbul et la grèce, en date du 25 juin 2011. Je suis accompagnée de mes 02 enfants âgés de 16 et 13 ans. Pourriez vous nous donner quelques conseils pour préparer au mieux cette croisière? ( bateau; activités ; les effets de salle de bain; les excursions; les repas; en résumé tout ce qui est bon à savoir) Si vous partez également à cette même période, faites le nous savoir....😉
Nous faisons la croisière avec la compagnie louis cruise line bateau coral, cap vers Istanbul et la grèce, en date du 25 juin 2011. Je suis accompagnée de mes 02 enfants âgés de 16 et 13 ans. Pourriez vous nous donner quelques conseils pour préparer au mieux cette croisière? ( bateau; activités ; les effets de salle de bain; les excursions; les repas; en résumé tout ce qui est bon à savoir) Si vous partez également à cette même période, faites le nous savoir....😉
Un mois à Salt Lake City (Utah) English translation pending
SALT LAKE CITY (Utah, USA) janvier-février 2010; – 1 mois à Salt Lake City en “14” épisodes. 
1 mois à Salt Lake City. Nos amis me demandent de relater notre séjour à SLC. Ayant pris quelques notes lors de l’une ou l’autre soirée, je vais les reprendre une à une, les corriger et les agrémenter. Passez un agréable moment en notre compagnie
Plan. Episodes 1. 😠 Trois valises olé! 2. 🙁 Le départ 3. 😊 Le bonheur 4. 🙂 SLC ville 5. 😮 Réflexion 6. 🤪 Bisons futés 7. 🤪 Les neurones 8. 🙂 Le capitole 9. 😇 La franc-maçonnerie 10.😛 La restauration 11.😄 Utah Jazz 12.😐 Le Parc des Arches 13.🏴☠️ Les sports d'hiver 14.😏 La généalogie
...............

1 mois à Salt Lake City. Nos amis me demandent de relater notre séjour à SLC. Ayant pris quelques notes lors de l’une ou l’autre soirée, je vais les reprendre une à une, les corriger et les agrémenter. Passez un agréable moment en notre compagnie
Plan. Episodes 1. 😠 Trois valises olé! 2. 🙁 Le départ 3. 😊 Le bonheur 4. 🙂 SLC ville 5. 😮 Réflexion 6. 🤪 Bisons futés 7. 🤪 Les neurones 8. 🙂 Le capitole 9. 😇 La franc-maçonnerie 10.😛 La restauration 11.😄 Utah Jazz 12.😐 Le Parc des Arches 13.🏴☠️ Les sports d'hiver 14.😏 La généalogie
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Karpathos (île grecque du Dodécanèse) la dernière semaine d'avril English translation pending
Bonjour à tous les voyageurs,
Je planifie d'aller à Karpathos dans le Dodécanèse grec et je peux y aller du 23 au 30 avril prochains !
Je voulais savoir si y aller à cette période me permettra d'apprécier comme il faut cette île qui a l'air magnifique ou faut il que je reprogramme mon voyage durant l'été ? Est qu'un voyageur du forum est déjà allé à Karpathos ?
Merci en tout cas pour toute l'aide que vous pourrez m'apporter...
Arnaud 😎
54ème jeu des photos English translation pending
Bonsoir,
Reprenons ce jeu avec nos rituelles questions
Alors: Où est ce? Quel est leur nom?
Alors: Où est ce? Quel est leur nom?
Itinéraire de neuf jours à Cuba? English translation pending
Bonjour à tous !
Avec mon ami, nous souhaitons partir 8-10 jours à Cuba début mars.
Quel itinéraire est-il possible de faire en si peu de temps pour ne pas rater les étapes essentielles et en même temps profiter de chacune ? On m'a parlé de La Havane, Vinales et Trinidad en priorité ? On aimerait à la fois faire visites culturelles, plages et randos... Est-ce trop ambitieux comme programme..?
Je sais que les trajets routiers sont assez longs. Avez-vous une estimation des durées entre les principales étapes ?
Merci d'avance pour toutes vos réponses...
Avec mon ami, nous souhaitons partir 8-10 jours à Cuba début mars.
Quel itinéraire est-il possible de faire en si peu de temps pour ne pas rater les étapes essentielles et en même temps profiter de chacune ? On m'a parlé de La Havane, Vinales et Trinidad en priorité ? On aimerait à la fois faire visites culturelles, plages et randos... Est-ce trop ambitieux comme programme..?
Je sais que les trajets routiers sont assez longs. Avez-vous une estimation des durées entre les principales étapes ?
Merci d'avance pour toutes vos réponses...
Voyage en Inde avec un budget de 40,000 roupies par mois: réalisable? English translation pending
Je part pour linde 6 mois du 14 janvier 2011 au 12 juillet 2011, mon voyage pourait changer de parcours tous dependant des rencontre je vais faire en chemin , litineraire de base serais delhi 2 semaines recommander par un amis pour maclimatter a se nouveaux pay , une fois aclimatter , depart pour le taj mahal , Guna , Benares, Patna et Gaya jaimerais me trouver un centre de meditation boudhiste pour 2-3 seance de 10 jours pour ensuite aller a calcuta visiter les eglise de mere theresa et si possible de donner un peux de temps au monde en besoins , si tout fois , certaine eglise veule bien de mon aide ??? sinon hop on repart direction pondy cherry et cochin (kochi) question de mediter et lire devant la mer et je finirais en direction goa .je part seul avec mon sac a dos , jai tout les medicament necessaire au maladie et a la rehidratation , pilule de chlore , croyer vous que je puisse passer un bon voyage avec un budget de 40 000 a 45 000 rupees par mois :S merci davance pour vos conseil , ceci ai mon premier voyage alors je mattend juste au pire, alors les beaux moment me seront juste plus merveilleux ha oui , , mes 2 premieres nuit son deja payer le 15 et 16 janvier a un hotel de new delhi , jai 2 jours pour me trouver de quoi viabler a dormir hehehe , croyer vous le tous realisable ??? merci a vous de me conseiller
charley
charley
Croisière de douze jours en Méditerranée sur le MSC Splendida, départ le 4 janvier English translation pending
Nous partons le 04 janvier de gênes sur le msc splendida pour 12 jours. Il s'agit de notre première croisière , nous sommes donc complètement novice. Nous sommes preneurs de tous les conseils pratiques. Nous cherchons surtout à essayer de faire le minimum d'excursions et par soucis d'économies et préférerions voir les choses et les vrais paysages plutôt que ceux que l'on veut nous montrer. Mais nous ne pourrons faire ainsi que si certaines personnes ayant fait le même périple se donnent la peine de nous donner des détails.
nous faisons : katakolon, héraklion, port de turquie, alexandrie, le pirée, palerme, civitavecchia.
Si vous avez des conseils, des tarifs...mais inversement si il y a une excursion à faire absolument n'hésitez pas à nous le préciser pour qu'on puisse la prévoir (si le père noel se montre généreux!!!)
Merci d'avance...
Scandinavie en août 2011: logement et trajets? English translation pending
Bonjour,
Nous sommes deux étudiantes françaises. Nous avons pour projet de découvrir la Scandinavie (Seulement Dannemark, Suede, Norvege) pendant un mois (le mois d'aout prochain). Nous pensions à l'itinéraire suivant: - Arrivée en avion à Copenhague (1 journée) - Copenhague - Malmo (question: quelle traversée la plus économique?) - Malmo - Stockholm - Stockholm - Umea - Umea - Lulea (pour connaitre la Laponie et ses aurores bauréales si énormément de chance! Mais du moins ses journées infinies et ses paysages à perte de vue) - Continuer à traverser la Laponie (Des conseils?) pour arriver en Norvège - Visiter ensuite Loften islands - Continuer par les fjords norvégiens avec la région de Bergen - Finir ensuite par Oslo pour rentrer en avion.
Auriez vous des conseils concernant les logements et le trajet, les plus économiques possible? Concernant la Laponie surtout... Nous pensions au camping sauvage car nous ne savons pas vraiment où trouver de logement!
Merci pour vos réponses !
Nous sommes deux étudiantes françaises. Nous avons pour projet de découvrir la Scandinavie (Seulement Dannemark, Suede, Norvege) pendant un mois (le mois d'aout prochain). Nous pensions à l'itinéraire suivant: - Arrivée en avion à Copenhague (1 journée) - Copenhague - Malmo (question: quelle traversée la plus économique?) - Malmo - Stockholm - Stockholm - Umea - Umea - Lulea (pour connaitre la Laponie et ses aurores bauréales si énormément de chance! Mais du moins ses journées infinies et ses paysages à perte de vue) - Continuer à traverser la Laponie (Des conseils?) pour arriver en Norvège - Visiter ensuite Loften islands - Continuer par les fjords norvégiens avec la région de Bergen - Finir ensuite par Oslo pour rentrer en avion.
Auriez vous des conseils concernant les logements et le trajet, les plus économiques possible? Concernant la Laponie surtout... Nous pensions au camping sauvage car nous ne savons pas vraiment où trouver de logement!
Merci pour vos réponses !
Que donner aux employés? English translation pending
Bonsoir, ont se rend ma Conjointe et Moi à Varadero
en Février 2011, pour la 6 iem. fois.
Bizarrement nous n'avons jamais donnez de cadeaux, aux Employés, seulement des pourboires.
Voila la raison de mon post, quoi donner je c'est très bien que beaucoups d'entrent vous avez pris
cette habitude qui semble très appréciée des
Cubaines ainsi que des Cubains. Alors Celles et Ceux
qui voudront bien nous donnez quelques conseils,
et bien un Gros Merci à l'avance et de très belles
Vacances à ceux qui partirons peu importe votre
destination. Merci Monique et Paul 🙂
Y en a marre du «vrai»! English translation pending
À lire les commentaires et récits de voyage, plusieurs touristes déclarent vouloir (ou avoir) visiter le « vrai (visage) » de tel pays. Cette utilisation revient plus fréquemment lorsqu'on parle des pays en voie de développement. Comme si un pays avait un vrai et un faux visage! Chaque endroit du monde possède des citoyens qui vivent dans une extrême pauvreté, dans un état de désespoir... tandis que d'autres citoyens (du même pays) nagent dans un luxe incroyable... mais tous les deux sont vrais!
Si vous parlez de voir la pauvreté d'un peuple, alors appelons un chat un chat! N'y a-t-il pas des visites en autocar de luxe qui parcoure les bidonvilles dans plusieurs pays! C'est comme une nouvelle mode. De la pauvreté, il y en a chez moi tout près. Est-ce que je vie dans le « vrai Québec »? Que l'on parle d'un voyage hors sentier battu, voire d'un circuit alternatif... certes mais toutes les facettes d'un pays sont véritables; la richesse comme la pauvreté.
Et voilà, ma montée de lait est finie!
🤪
Si vous parlez de voir la pauvreté d'un peuple, alors appelons un chat un chat! N'y a-t-il pas des visites en autocar de luxe qui parcoure les bidonvilles dans plusieurs pays! C'est comme une nouvelle mode. De la pauvreté, il y en a chez moi tout près. Est-ce que je vie dans le « vrai Québec »? Que l'on parle d'un voyage hors sentier battu, voire d'un circuit alternatif... certes mais toutes les facettes d'un pays sont véritables; la richesse comme la pauvreté.
Et voilà, ma montée de lait est finie!
🤪
Avis sur circuit depuis Los Angeles jusqu'à San Francisco en passant par les parcs? English translation pending
Bonjour à tous !
Nous organisons un voyage dans l'Ouest américain pour août 2011 et nous aimerions avoir l'avis de personnes expérimentées sur notre circuit. Pour information nous sommes 2 adultes et 4 enfants, de 8 à 18 ans.
Voici le projet détaillé par jour :
Jour 1 : Arrivée à Los Angeles dans l'après-midi, location de la voiture (une nuit à Los Angeles)
Jour 2 : Visite de Los Angeles (une nuit à Los Angeles)
Jour 3 : Départ pour le Grand Canyon par la route 66, en s'arrêtant à Calico notamment (une nuit au plus proche du Grand Canyon)
Jour 4 : Visite du Grand Canyon (une nuit au Grand Canyon)
Jour 5 : Direction Monument Valley que nous visitons dans la journée (nuit vers Page)
Jour 6 : Visite des alentours de Page et du lac (Antelope Canyon est à voir apparemment) puis départ vers Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 7 : Visite de Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 8 : Direction Las Vegas en passant par Zion National Park (nuit à Las Vegas)
Jour 9 : Visite de Las Vegas (nuit à Las Vegas)
Jour 10 : Traversée du sud de la Death Valley pour arriver à Furnace Creek, puis direction Mono Lake (nuit vers Mono Lake)
Jour 11 : Visite de Mammoth Lake, baignade à Mono Lake, visite de Bodie (nuit dans les environs, proche de Yosemite)
Jour 12 : Visite de Yosemite National Park (nuit à Yosemite)
Jour 13 : Route pour San Francisco et arrivée en ville (nuit à San Francisco)
Jour 14 : Visite de San Francisco (nuit à San Francisco)
Jour 15 : Dernier jour en ville et direction Genève !
Nous aimerions vraiment avoir votre opinion sur ce circuit. Paraît-il incongru ? illogique ? idéaliste ? 😊 Merci d'avance pour ceux qui voudront se pencher sur notre projet !
Jour 1 : Arrivée à Los Angeles dans l'après-midi, location de la voiture (une nuit à Los Angeles)
Jour 2 : Visite de Los Angeles (une nuit à Los Angeles)
Jour 3 : Départ pour le Grand Canyon par la route 66, en s'arrêtant à Calico notamment (une nuit au plus proche du Grand Canyon)
Jour 4 : Visite du Grand Canyon (une nuit au Grand Canyon)
Jour 5 : Direction Monument Valley que nous visitons dans la journée (nuit vers Page)
Jour 6 : Visite des alentours de Page et du lac (Antelope Canyon est à voir apparemment) puis départ vers Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 7 : Visite de Bryce Canyon (nuit à Bryce Canyon)
Jour 8 : Direction Las Vegas en passant par Zion National Park (nuit à Las Vegas)
Jour 9 : Visite de Las Vegas (nuit à Las Vegas)
Jour 10 : Traversée du sud de la Death Valley pour arriver à Furnace Creek, puis direction Mono Lake (nuit vers Mono Lake)
Jour 11 : Visite de Mammoth Lake, baignade à Mono Lake, visite de Bodie (nuit dans les environs, proche de Yosemite)
Jour 12 : Visite de Yosemite National Park (nuit à Yosemite)
Jour 13 : Route pour San Francisco et arrivée en ville (nuit à San Francisco)
Jour 14 : Visite de San Francisco (nuit à San Francisco)
Jour 15 : Dernier jour en ville et direction Genève !
Nous aimerions vraiment avoir votre opinion sur ce circuit. Paraît-il incongru ? illogique ? idéaliste ? 😊 Merci d'avance pour ceux qui voudront se pencher sur notre projet !
Juillet 2010 au pays de l'oncle Sam: compte rendu! English translation pending
Presqu'un an de préparation, beaucoup de temps passé sur le net, sur voyageforum, sur ouestusa.fr; sur roadtrippin.fr, sur les blogs des personnes parties avant nous, des heures à lire mon routard et mon guide bleu...
Et nous voilà enfin, ce 1er juillet 2010, à l'assaut de l'aéroport de Bruxelles, prêts à partir! Une grosse frayeur plus tard, (le billet de mon frangin "n'existait" pas!), merci Govoyage, nous voilà dans l'avion!
Un petit saut à Londres, un grand saut au-dessus de l'Atlantique et les Etats-Unis sont à nous!
Voilà le planning que nous avions prévu (et qui a tantôt été respecté, tantôt pas!):
1er juillet: Vol Bruxelles-NY 2 juilet: NY 3 juillet: NY et vol vers Los Angeles en soirée 4 juillet: LA et Coast Highway 1 vers le nord... 5 juillet: De là où nous en serons vers San Francisco 6 juillet: SF 7 juillet: SF 8 juillet: Route vers Yosémite 9 juillet: Yosémite 10 juillet: Bodie et Mono Lake et route jusque... 11 juillet: Traversée de la Death Valley jusque Las Vegas 12 juillet: LV 13 juillet: Route vers Zion 14 juillet: Zion et départ tard vers Bryce 15 juillet: Bryce 16 juillet: Scénic Drive 12 jusque Torrey 17 juillet: Capitol Reef et route jusque Moab 18-19: Moab (Arches, Canyonlands, ...) 20: Route jusque Canyonlands the Needles et dodo où on peut! 21: Route jusque Monument Valley et visite 22: Route jusque Page et Antelope Canyon 23: Route jusqu'au Grand Canyon 24: Grand Canyon 25-26: Route jusque LA en une ou deux fois et visite de LA brève ou très brève 27: Vol vers NY 28-29-30: NY
Quelques petites précisions:
- Le choix de faire NY en deux fois s'est imposé à nous du fait de nos horaires de vols dans des aéroports différents et du fait de devoir renvoyer mon frangin en Europe avant de repartir vers le Québec avec mon amoureux. Même si c'est choix est passé comme incongru pour certains, nous ne le regrettons pas (sans le conseiller non plus!): les premiers jours nous ont mis l'eau à la bouche sans pour autant nous exténuer pour la suite du voyage.
- Nous avions essayé de placer souvent des étapes de deux voire trois jours au même endroits (histoire d'avoir la sensation d'être en vacances!) mais même comme ça, nous avons parfois eu le sentiment de courir. Il faut dire que nous avons aussi écourter une étape à cause d'un orage et avons donc pris un jour d'avance sur notre programme... ce fut dur sur le moment mais très chouette pour la suite.
- J'avais réservé toutes mes nuits d'hôtel sauf 6 (on aime aussi l'aventure!!!)
C'est parti pour le compte rendu de notre road-trip à trois :
Nous voilà donc en route pour le pays de l'oncle Sam...
Du jeudi 1juillet au samedi 3 juillet :
Nous nous sommes levés à 5h du matin le jeudi 1er juillet, pour être à l'heure à l'aéroport. C'est donc frais comme des gardons que nous étions lorsque la dame de l'enregistrement nous a dit d'un air très sérieux: "Il y a bien une place réservée pour votre frère sur ce vol mais il n'y a aucun billet enregistré à son nom, donc je ne peux rien imprimer tant que vous n'avez pas joint votre agence de voyage"...
Oui, l'annonce fait un effet surprenant. D'autant que vous pouvez toujours essayer de retourner ciel et terre, une agence de voyage ouverte à 7heures du matin, ben, il n'y en a pas beaucoup! Donc, bref, des coups de fil dans tous les sens, une aide inespérée des madames de chez Brussels Airlines et enfin, à 9h35, nous avions ce foutu billet. Il ne restait plus qu'à faire l'enregistrement des bagages, le passage de la douane, les rayons X pour nos sacs à main... autant vous dire qu'on a couru!
On a pas couru pour grand chose d'ailleurs parce, même si le (long) vol s'est très bien passé, ben, les bagages, eux, ne sont jamais arrivés à New York avec nous!
Statistiquement, on était bon pour le quota d'emmerdes du voyage et le reste devait se dérouler tranquillement. Certes, il nous manquait deux trois petites culottes mais nous étions heureux d'être là!
Nous voilà donc dans un taxi. L'arrivée à New York est assez particulière. Aucun de nous trois n'y avait jamais mis les pieds et pourtant, sur la route de Newark à notre hôtel, avant même d'entrer dans Manhattan, la vue des buildings au loin et l'Hudson River à traverser, tout ça parait bien familier. Les images qui défilent devant nos yeux au fil de l'avancée du taxi sont celles vues des centaines de fois dans des films ou décritent dans des livres et même si ce nouveau paysage n'offre pas une réelle découverte, chacun de nous avait envie de se plonger au coeur de la ville et de voir de plus près tous ces bâtiments aux noms bien connus.
Mais avant cela, le taxi nous a déposé devant notre auberge de jeunesse. En passant devant les autres chambres, je me demandais vraiment à quoi allait ressembler la notre car elles paraissaient bien petites ou bien trop grandes et je n'avais l'envie ni de dormir dans un lit superposé dans une chambre de 50, ni de devoir partager un cagibi avec Mathieu et Greg. Toute à mes pensées de savoir si j'avais fait le bon choix dans mes réservations, je regardais les garçons ouvrir la porte. Et là, surprise, une grande chambre mais seulement pour nous trois, une petite salle de bain, une mini cuisine avec frigo, machine à café, four etc et le tout, très propre!
Je pense que ce premier choix a été largement validé par les garçons. Un quartier calme, sûr et une super chambre... Si vous passez à New York, réservez la chambre 206 de la Dexter House!
Le vendredi 2juillet, ce devait être normalement une journée shopping. Vu que nos bagages n'étaient pas encore arrivés, c'est devenu une journée shopping obligatoire! Et là, il faut absolument supprimer tous les clichés qu'on a sur les filles. Dans le premier magasin croisé, j'ai choisi mes fringues en 5minutes (le strict minimum pour survivre sans valise et le moins cher possible!) tandis que les garçons ont essayé le tiers des chaussures de tous les magasins de New York et n'ont pas voulu acheter de t-shirt avant d'avoir trouvé leur marque préférée! Bref, on a fait tout Broadway de la 42th Street à Ground Zero en s'arrêtant tous les 200 mètres et je vous assure que c'est (très très) long. C'était quand même une ballade très chouette car, tout en se perdant dans la ville, nous sommes passés devant quelques bâtiments que j'avais très envie de voir. Dans le désordre: le Flatiron Building, l'Empire State Building vu au loin, la Trinity Church, le pont de Brooklin, ... Le soir, je me suis couchée (et endormie!) comme une loque pendant que les guys allaient boire un verre devant le foot.
Le samedi, nous sommes allés nous promener dans Chinatown (juste après avoir récupéré nos bagages). J'avoue avoir préféré le Chinatown de Bangkok mais mon frère, qui sort d’Europe pour la première fois, a adoré puis il nous reste celui de San Francisco à découvrir. Quelques dim sum plus tard, nous avons rejoint La Guardia pour notre vol vers Los Angeles.
Et nous voilà enfin, ce 1er juillet 2010, à l'assaut de l'aéroport de Bruxelles, prêts à partir! Une grosse frayeur plus tard, (le billet de mon frangin "n'existait" pas!), merci Govoyage, nous voilà dans l'avion!
Un petit saut à Londres, un grand saut au-dessus de l'Atlantique et les Etats-Unis sont à nous!
Voilà le planning que nous avions prévu (et qui a tantôt été respecté, tantôt pas!):
1er juillet: Vol Bruxelles-NY 2 juilet: NY 3 juillet: NY et vol vers Los Angeles en soirée 4 juillet: LA et Coast Highway 1 vers le nord... 5 juillet: De là où nous en serons vers San Francisco 6 juillet: SF 7 juillet: SF 8 juillet: Route vers Yosémite 9 juillet: Yosémite 10 juillet: Bodie et Mono Lake et route jusque... 11 juillet: Traversée de la Death Valley jusque Las Vegas 12 juillet: LV 13 juillet: Route vers Zion 14 juillet: Zion et départ tard vers Bryce 15 juillet: Bryce 16 juillet: Scénic Drive 12 jusque Torrey 17 juillet: Capitol Reef et route jusque Moab 18-19: Moab (Arches, Canyonlands, ...) 20: Route jusque Canyonlands the Needles et dodo où on peut! 21: Route jusque Monument Valley et visite 22: Route jusque Page et Antelope Canyon 23: Route jusqu'au Grand Canyon 24: Grand Canyon 25-26: Route jusque LA en une ou deux fois et visite de LA brève ou très brève 27: Vol vers NY 28-29-30: NY
Quelques petites précisions:
- Le choix de faire NY en deux fois s'est imposé à nous du fait de nos horaires de vols dans des aéroports différents et du fait de devoir renvoyer mon frangin en Europe avant de repartir vers le Québec avec mon amoureux. Même si c'est choix est passé comme incongru pour certains, nous ne le regrettons pas (sans le conseiller non plus!): les premiers jours nous ont mis l'eau à la bouche sans pour autant nous exténuer pour la suite du voyage.
- Nous avions essayé de placer souvent des étapes de deux voire trois jours au même endroits (histoire d'avoir la sensation d'être en vacances!) mais même comme ça, nous avons parfois eu le sentiment de courir. Il faut dire que nous avons aussi écourter une étape à cause d'un orage et avons donc pris un jour d'avance sur notre programme... ce fut dur sur le moment mais très chouette pour la suite.
- J'avais réservé toutes mes nuits d'hôtel sauf 6 (on aime aussi l'aventure!!!)
C'est parti pour le compte rendu de notre road-trip à trois :
Nous voilà donc en route pour le pays de l'oncle Sam...
Du jeudi 1juillet au samedi 3 juillet :
Nous nous sommes levés à 5h du matin le jeudi 1er juillet, pour être à l'heure à l'aéroport. C'est donc frais comme des gardons que nous étions lorsque la dame de l'enregistrement nous a dit d'un air très sérieux: "Il y a bien une place réservée pour votre frère sur ce vol mais il n'y a aucun billet enregistré à son nom, donc je ne peux rien imprimer tant que vous n'avez pas joint votre agence de voyage"...
Oui, l'annonce fait un effet surprenant. D'autant que vous pouvez toujours essayer de retourner ciel et terre, une agence de voyage ouverte à 7heures du matin, ben, il n'y en a pas beaucoup! Donc, bref, des coups de fil dans tous les sens, une aide inespérée des madames de chez Brussels Airlines et enfin, à 9h35, nous avions ce foutu billet. Il ne restait plus qu'à faire l'enregistrement des bagages, le passage de la douane, les rayons X pour nos sacs à main... autant vous dire qu'on a couru!
On a pas couru pour grand chose d'ailleurs parce, même si le (long) vol s'est très bien passé, ben, les bagages, eux, ne sont jamais arrivés à New York avec nous!
Statistiquement, on était bon pour le quota d'emmerdes du voyage et le reste devait se dérouler tranquillement. Certes, il nous manquait deux trois petites culottes mais nous étions heureux d'être là!
Nous voilà donc dans un taxi. L'arrivée à New York est assez particulière. Aucun de nous trois n'y avait jamais mis les pieds et pourtant, sur la route de Newark à notre hôtel, avant même d'entrer dans Manhattan, la vue des buildings au loin et l'Hudson River à traverser, tout ça parait bien familier. Les images qui défilent devant nos yeux au fil de l'avancée du taxi sont celles vues des centaines de fois dans des films ou décritent dans des livres et même si ce nouveau paysage n'offre pas une réelle découverte, chacun de nous avait envie de se plonger au coeur de la ville et de voir de plus près tous ces bâtiments aux noms bien connus.
Mais avant cela, le taxi nous a déposé devant notre auberge de jeunesse. En passant devant les autres chambres, je me demandais vraiment à quoi allait ressembler la notre car elles paraissaient bien petites ou bien trop grandes et je n'avais l'envie ni de dormir dans un lit superposé dans une chambre de 50, ni de devoir partager un cagibi avec Mathieu et Greg. Toute à mes pensées de savoir si j'avais fait le bon choix dans mes réservations, je regardais les garçons ouvrir la porte. Et là, surprise, une grande chambre mais seulement pour nous trois, une petite salle de bain, une mini cuisine avec frigo, machine à café, four etc et le tout, très propre!
Je pense que ce premier choix a été largement validé par les garçons. Un quartier calme, sûr et une super chambre... Si vous passez à New York, réservez la chambre 206 de la Dexter House!
Le vendredi 2juillet, ce devait être normalement une journée shopping. Vu que nos bagages n'étaient pas encore arrivés, c'est devenu une journée shopping obligatoire! Et là, il faut absolument supprimer tous les clichés qu'on a sur les filles. Dans le premier magasin croisé, j'ai choisi mes fringues en 5minutes (le strict minimum pour survivre sans valise et le moins cher possible!) tandis que les garçons ont essayé le tiers des chaussures de tous les magasins de New York et n'ont pas voulu acheter de t-shirt avant d'avoir trouvé leur marque préférée! Bref, on a fait tout Broadway de la 42th Street à Ground Zero en s'arrêtant tous les 200 mètres et je vous assure que c'est (très très) long. C'était quand même une ballade très chouette car, tout en se perdant dans la ville, nous sommes passés devant quelques bâtiments que j'avais très envie de voir. Dans le désordre: le Flatiron Building, l'Empire State Building vu au loin, la Trinity Church, le pont de Brooklin, ... Le soir, je me suis couchée (et endormie!) comme une loque pendant que les guys allaient boire un verre devant le foot.
Le samedi, nous sommes allés nous promener dans Chinatown (juste après avoir récupéré nos bagages). J'avoue avoir préféré le Chinatown de Bangkok mais mon frère, qui sort d’Europe pour la première fois, a adoré puis il nous reste celui de San Francisco à découvrir. Quelques dim sum plus tard, nous avons rejoint La Guardia pour notre vol vers Los Angeles.
Ouest USA – Chronique d'un cinquième voyage English translation pending
Après 4 voyages dans le Grand Ouest Américain, il nous restait à visiter quelques National Parks et Monuments pour prétendre les avoir tous vu (ou presque). Au programme, des lieux plutôt connus comme Redwood NP, Crater Lake, Olympic, Glacier, ou encore Dinosaur, Natural Bridge, King Canyon et Sequoias mais qui sont rarement visités lors des premiers périples. D'autres sont plus méconnus voire totalement inconnus des fans européens : Lava Bed, Newberry, North Cascades... Il nous restait aussi à voir quelques sites particuliers dans des parcs déjà visités ; nous n'avions pas pu voir lors de passages précédents le Grand Prismatic de Yellowstone, Cathedral Valley de Capitol Reef, le Grand Canyon nord ou la mystérieuse Racetrak Playa de Death Valley. Nous ne pouvions clore notre série de voyages américains sans assister à un vrai Pow Wow et un vrai Rodéo. Au total, 32 jours, 44 sites, 11000 km, 10 états , voilà les chiffres de notre carnet de voyage 2010.
Première partie, de San Francisco à Kalispell

Lundi 23 Août – Droit vers la faille
Départ de Nantes à 7h15, escale à Roissy, arrivée à San Francisco avant 13h, passage en douane rapide, longue attente pour récupérer les valises (il faut des premiers et des derniers, là on est dans la deuxième catégorie), longue attente et gros déboire avec NATIONAL (choisi pour éviter ALAMO, mais c'est la même truanderie) et nous partons finalement avec une Chevrolet Equinox. Direction Golden Bridge où nous conduit sans bavure notre vieux TomTom. Le but n'est pas de voir le célèbre pont, il y en a des millions de photos sur internet, même que j'en rajoute une, mais de rejoindre la route n°1 vers notre première destination, le Point Reyes National Seashore.

En chemin, nous arrêtons voir les oiseaux de Bolinas Lagoon. On y découvre une colonie d'éléphants de mer occupés à se dorer au soleil sur un îlot de sable.
Pensionnaires de Bolinas Lagoon
Nous avons perdu trop de temps pour arrêter au Visitor Center de Bear Valley qui ferme à 17h00 ; après avoir déposer les valises au Golden Inn à Inverness, nous partons visiter la péninsule formée par la fin de la plaque ouest de la faille de San Andrea. Sous la pression tectonique, elle s'élève de 3cm par an, mais lors du grand tremblement de terre de 1906, elle s'était élevée de 6m d'un seul coup. Pourvu qu'elle ne bouge pas trop pendant 24h ! Destination, la plage, par l'un des 3 accès aux 20km de la Point Reyes Beach. Plus beaucoup de monde en cette fin d'après-midi, le soleil commence à baisser, le thermomètre à descendre, le vent à se lever et la brume à tomber. Le temps de prendre la température du Pacifique, brrr ! de se remplir les chaussures de sable et en route vers la pointe du phare. Il paraît que c'est un bon lieu d'observation lors de migration des baleines, en avril-mai. En août c'est raté. Et de toute façons, à cette heure là, l'accès au phare est fermé. Par contre le parking final est le point de départ vers l'overlook le plus spectaculaire sur la plage, du haut de la falaise de 150m.
Point Reyes Beach overlook
Un petit tour à la pointe de Chimney Rock, déserte, et nous rentrons à Inverness faire les premiers achats, pour le petit déjeuner demain matin et l'indispensable glacière pour la suite du voyage.
Mardi 24 – Drive Thrue Trees
Réveil de très bonne heure, décalage oblige, nous sommes presque prêt à partir lorsque le soleil de lève sur la Tomale Bay, qui est la partie immergée de la faille de San Andrea.
6h00 à Tomale Bay
Nous suivons la route n°1 qui longe la côte. Ici, elle est beaucoup plus sinueuse qu'au sud de San Francisco et elle s'écarte souvent de la mer. Nous passons Bodega Bay, rendue célèbre par Alfred Hitchcock qui y tourna « Les Oiseaux », d'après un roman de Daphné Du Maurier. Quelques belles plages, encore un peu embrumées, mais les surfeurs sont déjà à l'ouvrage à 8h du matin.

Déjeuner dans un bon restaurant du port de Fort Bragg. Les huitres de la région ont la forme des huitres creuses et le goût des huitres plates de chez nous. La route n°1 quitte la côte pour rejoindre Leggett et son attraction principale, le Chandelier Tree. Ce séquoia millénaire aux branches en forme de chandelier a été percé pour y permettre le passage des véhicules. Attraction payante, 5$, mais on peut y passer autant de fois qu'on veut, et il y a queue pour voir l'arbre géant de l'intérieur. Notre Equinox passe sans problème. Photo souvenir obligée.

Plus au nord, l'Avenue of the Giants promet d'autres attractions à base de séquoias géants. Sur 30 miles, l'ancienne route, maintenant doublée par la Hwy 101, est parsemée des œuvres plus ou moins naturelles issues de l'imagination des exploitants d'une forêt millénaire pas encore protégée.
Déception, même si la traversée de la forêt est agréable, des promesses issues d'une page internet, seul le Shrine Drive Thrue Tree de Myers Flat mérite l'attention : pour le traverser aussi. Mais l'ouverture dans le tronc est presque naturelle ; plus étroit, là il faut plier les rétros.
Shrine Drive Thrue Tree
Nous faisons étape au Comfort Inn de Fortuna, un peu avant Eureka. Premier plein d'essence, douloureux.
Mercredi 25 – Les géants des terres ... et des mers
Journée consacrée au Redwood NP et divers states parcs qui s’entremêlent avec. Première étape au Kuchel Visitor Center pour construire avec le ranger de service un programme de visite à notre portée pour la journée. Intéressant, et de plus il nous signale que... mais nous en parlerons plus loin. Tout commence par une randonnée matinale à Lady Bird Johnson Grove. Un mile, plat sauf le début, le chemin déambule parmi les séquoias, plus gros, plus haut ou encore plus rouge ou plus creux les uns que les autres.
Dans la Lady Bird Johnson Grove

La 2ème étape suit la scenic pkwy dans le Prairie Creek State Park avec quelques haltes, en particulier au « Big Tree », comme si ils ne sont pas tous big par ici ? Puis nous rejoignons la côte par la piste Coastal Drive. Beaux points de vue sur un Pacifique bien bleu et plein d'oiseaux marins sur les rochers. Mais c'est un aigle à tête blanche qui capte notre attention.
Le Pacifique vu de la Coastal Drive
Sur les conseils du ranger, nous nous rendons à Klamath River Overlook. Il y a un peu de monde à ce point de vue qui domine l'océan de près de 600 pieds et tous les yeux sont tournés dans la même direction. Elles sont bien là, 2 baleines batifolent au large, assez proches pour bien les voir aux jumelles, mais trop loin pour en faire la moindre photo, même mon puissant zoom de 10 est ... impuissant. Quittant les géants des mers pour retourner à ceux des bois, sur la route nous arrêtons quelques minutes à Magic Forest pour nous rendre compte qu'il s'agit principalement d'un parc d'attraction pour distraire les enfants. Notre dernière étape importante est la Howland Hill Road dans le Jedediah State Park, 10 km de chemin de terre poussiéreux qui traversent la forêt de sequoias. Très visité, le nuage soulevé par les voitures a fini par couvrir la base des troncs et les fougères le long de la piste, ce qui donne un aspect fantomatique à la forêt.
Jedediah State Park, 10 km de chemin de terre poussiéreux
A la sortie notre Chevrolet est couverte de poussière ; si, au gré des pistes, elle changera de couleur, la couche ne fera que s'épaissir de jour en jour. En sortant, nous rejoignons le Travelodge de Medford après un bref passage dans l'Oregon.
Jeudi 26 – Les tubes de lave
Le Lava Beds NM est un des parcs les moins connus de l'ouest américain. A l’extrême nord-est de la Californie, il est à l'écart des circuits même des plus téméraires. Pourtant il offre des visites qu'on ne peut pas faire ailleurs, sauf un petit peu à Crater on the Moon dans l'Idaho : voir des tubes de lave de l'intérieur. Commençons par l'achat du Pass Annuel à l'entrée, ici pas d'électricité – pas de carte bancaire, payement en espèce – les 80 $ nous ouvrirons les portes de 22 entrées de parcs pour une valeur de 216 $. Dire qu'il y en a qui cherche à les revendre! Les 2 signatures nous sont imposées et par la suite, le passeport demandé à de nombreuses reprises, parfois plusieurs fois dans la même journée.

Bon revenons à nos lits de lave. C'est d’ailleurs une des premières choses que l'on voit, une étendue de lave noire qu'on dirait tout juste éteinte. Mais nous fonçons vers le Visitor Center, chercher conseils et lampes. Hé oui, des lampes torches que prête gentiment la jeune ranger à tous les visiteurs. Nous faisons avec elle le point sur les tubes ouverts que nous allons visiter. Un rapide coup d’œil sur le livre d'or pour constater que nous sommes les premiers français à le signer cette année. Et nous partons voir le plus proche, le Mushpot. Descente vers les antres de la terre. Surprise, en pénétrant dans le tube créé par la lave en fusion, le sol est bien lisse et le chemin tracé par la lave est balisé de part et d'autre de guirlandes lumineuses. Nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, en fait vers une sortie bouchée par lave refroidie. Les lampes sont inutiles au début, mais bien vite on est seuls dans le noir.

L'attraction principale du parc est constituée d'une douzaine de lieux disposés autour d'une boucle de 5 km que l'on parcourt en voiture. Tous ne sont pas ouverts à la visite, la ranger nous avait indiqué ceux qui sont fermés cette année. Pas de guirlande lumineuse, pas de sol bien plat, les tubes que nous visitons sont bien plus rustiques et très surprenants, les couloirs se séparent, se retrouvent. La promenade se termine toujours au bout de quelques centaines de mètres.




Plus à l'écart nous allons voir aussi la Valentine Cave puis revenons pique-niquer sur une table à l'ombre près du Mushpot. Le secteur est aussi un haut lieu de la Guerre des Modocs. Toujours la même histoire, une tribu indienne qui avait décidé de refuser l'exil vers une réserve très loin de leur terre natale, et s'était réfugiée dans ces lieux inhospitaliers. En 1872-73, 53 indiens tiennent tête à 500-600 soldats commandés par le général Canby qui y laissa la vie. Les restes des constructions militaires sont encore visibles. Le parc est bordé au nord par le lac Tule qui est une réserve importante pour les oiseaux. Et c'est vrais que des points d'observation aménagés, on en voit des milliers.

Note étape nocturne est à Klamath Falls, motel Cimaron Inn..
Vendredi 27 – Les cratères bleus
Pas de falls à Klamath Falls, mais un grand lac de retenue que la route longe vers le nord, vers LE parc national de l'Oregon : Crater Lake.. Peu de surprise avec cette étendue d'un bleu profond formée par les eaux retenues dans la caldeira du volcan Mazama. La dernière éruption a plus de 4000ans. A plus de 2000m d'altitude, le cratère gigantesque est ceinturé par une route de 53km. Nous en faisons le tour en arrêtant aux différents points de vue.

L'ile Wizard formée par un petit volcan plus récent est accessible en bateau, mais l'accès au bateau nécessite une longue descente sur le bord du lac
Les roches de Sentinel Rok sont une particularité aux couleurs inattendues dans cette région.
Sentinel Rok
Plus loin, la petite ile de Phantom Ship, née aussi d'une éruption

Au loin, vers le nord, nous apercevons un feux de forêt, ce n'est que le premier. Si le Crater Lake est bien connu des fans du grand West, il y a plus au nord un site dont bien peu connaissent le nom, le Newberry National Volcanic Monument.
Deux grands lacs aussi créés dans le cratère de volcan, ouverts aux touristes avec camping, plages et bateaux. Ces lacs jumeaux (Paulina et East lakes) sont visibles du haut de Paulina Peack, au bout d'une rude ascension sur une piste caillouteuse où le croisement des voitures n'est pas toujours facile. Mais du haut à 8000 pieds, la vue est splendide sur les lacs et la coulée de lave semble encore fraiche entre les deux.
Paulina et East lakes vus de Paulina Peack
En bas, pas de visiteur au Visitor Center où la jeune ranger s'occupe en tricotant. Peu de doc, d'info et de souvenirs. Nous laissons notre trace sur le livre d'or... avant de rejoindre le Best Western de Madras.
Samedi 28 - A en faire trembler Custer dans sa tombe (voir LittleBighorn Battlefield l'an dernier)
Bon sang que j'avais eu du mal a le trouver celui là. J'avais toutefois obtenu une bonne adresse par une connaisseuse de voyage forum, mais le calendrier des PowWow restait désespérément vide dans les secteurs que nous devions visiter – j'étais pas à 200 ou 300 km prêt pour assister à un de ces grands rassemblements indiens, sans trop savoir ce qui s'y passe. Mais à partir du calendrier 2009 j'avais finit par écrire à quelques tribus (e-mail, bien sûr, ils n'en sont plus aux signaux de fumée).
Nous nous rendons dans l'état de Washington chez les Yakamas, à Toppenish. Ici il y a des vignes, sur les bords de la Nashes river, chez les riches récoltants blancs. Et puis il y a la réserve indienne, comme souvent sur les collines incultivables. Mais comme dans beaucoup d'endroit, il y a un casino géré par les indiens, et c'est justement le casino qui organisait le 8ème « Yakama Nation Legends Casino » du 27 au 29 Août. Nous passons à l'hôtel en arrivant, mais surprise , le Best Western réservé est devenu un Day Inn, donc des difficultés à trouver ; il y a bien le Tourism info à proximité, ouvert 7 jours sur 7, mais il est fermé ! Pas de problème à trouver le site du rassemblement, ni à stationner dans un grand près pas très loin de la grande tente d'où proviennent les sons amplifiés par une sono de campagne; Pour l'atteindre, il faut traverser le parking près d'un camp de tentes traditionnelles et de canadiennes modernes. Des « natives » de tout age mangent ou se parent de vêtements très colorés..
Il est environ 14h et nous arrivons à l'aire centrale : sous un grand chapiteau, plus d'une centaine de femmes, d'enfants, d'hommes jeunes et vieux dansent au son des chants et des tambours dont on ignore la provenance. C'est la grande parade, prélude aux compétitions de danse, car les PowWow modernes sont l’occasion de compétitions de danses traditionnelles. Les vêtements sont très colorés, au point que dans un premier temps ils nous semblent de pacotille. Mais en regardant de plus prêt, nous constatons que loin de là, ces vêtements garnis de plumes, de perles, de clochettes, sont d'une grande richesse. Il nous suffira par la suite d'en voir le prix de quelques éléments à vendre pour comprendre que les compétiteurs doivent y consacrer toutes leurs économies.


Autour de la piste, plusieurs rangs de chaises, la plupart vides – réservées aux familles des danseurs, nous ne sommes pas autorisés à les utiliser, pas plus que les tribunes à chaque extrémité. Difficile d'approcher et pas facile de voir entre les gens debout. A propos des gens, il n'y a que des indiens, presque tous en tenue de fête... non pas tous, il y a des jeunes en jeans et tee shirt. Par la suite nous croiserons des blancs, habitants de la ville ou fermiers du coin, mais certainement qu'il n'y a pas de touristes ici, ah mais si, nous !

Les compétitions débutent par les enfants, le 1 à 5 ans, les plus p'tits encadrés par la maman; les juniors de 6 à 12 ensuite – ils semblent déjà tout connaître des danses de leurs ainés.
Ils me font penser à la danse pour faire venir la pluie. Pourvu qu'ils ne la dansent pas celle-là, nous avons eu du beau temps jusque là, on voudrait bien que ça dure, l'an dernier on avait pas été gâtés.
C'est ensuite le tour des femmes... ayant toujours des difficultés pour approcher, nous partons voir sous un barnum voisin où se déroule d'autre compétitions; deux groupes face à face chantent et tapent sur des tambourins en alternance. Nous n'arrivons pas bien à comprendre les règles, il y a une histoire de bâton que le chef ramasse par terre avant de passer la main à l'équipe d'en face. Dans un groupe, deux femmes au milieu, une jeune et une grand mère bien gaillarde battent la mesure en faisant de grands gestes. Si nous n'arrivons pas à comprendre les règles, nous avons aussi du mal à comprendre les subtilités des chants.
Nous faisons un tour des stands qui entourent la grande tente , marchands de bijoux indiens, de vêtements classiques ou de ts, de cd, de produit divers et de l'autre coté, de produits à boire et à manger. Pas d'alcool, d'ailleurs nous croisons souvent la police qui surveille.
Sous le barnum, les compétitions se poursuivent. A notre retour, ce sont les « seniors » qui dansent. On peut approcher un peu plus et voir d'où viennent les chants. Aux 4 coins de la piste, les drums où 8-9 batteurs frappent en rythme et chantent en cœur, chaque groupe à son tour.

Nous constatons aussi que le jury est placé au centre de la piste, chaque notateur suit 2 ou 3 danseurs. La dernière compétition est celle des jeunes « guerriers ». Les tenues tournent vers la démesure avec une débauche de plumes dans le dos (mais que 2 sur la tête). Les danses sont de plus en plus rapides, avec des mouvements tournants et saccadés, des prouesses de gymnastes ... Chaque séquence ne dure pas plus de 3 minutes au bout desquelles les concurrents ressortent épuisés.

En fin d'après-midi, c'est la remise des récompenses, pour les musiciens d'abord, puis pour chaque catégorie de danseurs. Enfin, une famille menée par le présentateur-directeur de cérémonie fait un tour d'honneur, en dansant bien sûr. La piste se vide, la pelouse est comme neuve, les centaines de danseurs qui l'ont piétinée depuis 2 jours n'ont quasiment pas laissés de traces !!! Et demain dimanche, ils recommencent !!! Le soleil rougeoie à l'horizon, nous rentrons à l'hôtel.
Dimanche 29 – Vite avant que ça explose !
Parmi le parcs nationaux que je considérais de moindre intérêt, il y avait le Mt Rainier NP. Le détour par Toppenish le mettait quasiment sur notre itinéraire vers l'étape majeure suivante, le parc Olympic. On allait quand même pas le rater au passage.
Partis avec le beau temps, nous trouvons vite la grisaille en altitude. La splendide route de Stevens Canyon puis le circuit de Paradise sont dans la brume. Et puis c'est dimanche, aux portes de Seattle, il y a foule. Les points de vue ne sont pas extraordinaires, les cascades bien communes. La perspective sur l'ancien glacier de Nisqually est plus originale.
Ancien glacier de Nisqually
Nous quittons le Mt Rainier avant qu'il explose, car c'est certain, tout comme le Mt St Helens en 1980, ce volcan se réveillera un jour, peut être demain, peut être dans 10 ans, peut être dans 1 000 ans, c'est à dire demain à l'échelle galactique. Nous rejoignons le Chehalis Inn dans la ville du même nom, sur les bord de la I5. Piscine à l'arrivée, mais le mauvais temps du jour ne nous met pas en confiance pour le lendemain. La côte nord du Washington est réputé pour son climat très humide.
Lundi 30 – La forêt des vampires
Hi ! Le soleil est de la partie pour aujourd'hui. L'étape jusqu'à Forks se décline en 3 parties dans la partie ouest du Olympic NP. La première dans la Quinault Rain Forest nous fait traverser une de ces bien curieuses forêts peuplées d'arbres géants couverts de mousse dégoulinante.

Le petit circuit pédestre près du Visitor Center permet de découvrir la densité et la variété de la flore et un curieux habitant, le banana slug...
La deuxième partie longe une côte où les plages de sable sont couvertes de troncs d'arbre. Il faut les chevaucher pour atteindre l'eau. La plus connue de ces plages est sans conteste Ruby Beach avec ses îlots de Abbey.
Ruby Beach
Après une brève visite dans la réserve des indiens Hoh, la troisième partie pénètre dans la Hoh Rain Forest avec au bout de la route, une jolie promenade parmi les arbres couverts de mousse et les buissons de fougère.

Au retour, un Roosevelt Elk nous attend sur le bord de la route. Nous pouvons nous arrêter à quelques métres de lui, en essayant de ne pas l'effrayer.
Roosevelt Elk
Nous sommes proches de Forks, la ville de Twilight (les amateurs reconnaitrons la forêt – nous, nous en étions restés au Bal des Vampires, mais ici, ce n'est pas la Transylvanie.) En tout cas, Forks a bien profité de cette récente célébrité, à en voir les pubs de la ville. Les commerces aussi, les tarifs s'en ressentent, comme au Pacific Inn où nous passons la nuit.
Mardi 31 – Météo conforme
Après la journée de soleil d'hier, nous ne sommes pas étonnés de trouver la pluie, avec de vrais averses. Trois étapes encore pour la partie nord du parc Olympic, la première vers Sol Duc. Trop humide pour une randonnée matinale vers la cascade du même nom. Une pose à la curieuse piscine de la source chaude avec de nombreux baigneurs sous la pluie.
Plus loin, la compagnie de quelques « dears » sur le bord de la route.
Deuxième partie, la route d'Elwha ; la pluie a cessé et nous marchons jusqu'à la splendide Madison Falls
Madison Falls
Troisième étape, l'ascension de Port Angeles vers Hurricane Ridge. Mais dans les nuages, les points de vue sont bien tristounets.
Météo habituelle
Au sommet, le magasin de souvenir, sous le Visitor Center, dispose d'un petit self. Nous pouvons manger à l'abri. Rien d'encouragement pour agrémenter l'après midi, nous filons vers Kingston prendre le ferry pour rejoindre le Best Western Alderwood à Lynnwood.
Embarquement à Kingston
Mercredi 1er Septembre – où sont les cascades du nord ?
Le North Cascades National Park est situé au nord est de Seattle. Il n'est traversé ni pénétré par aucune route, par contre il est séparé en 2 parties par la route 20 qui suit la Skagit River et le lac Diablo.
Peu de choses à voir sans se lancer dans de grandes randonnées, les cascades se limitent à une sur la route, la Gorge Creek Falls.

Le Diablo Dam, barrage qui retient le magnifique Diablo Lake est juste à coté.
Diablo Lake
Les principaux sites sont les Overlook sur ce lac aux eaux d'un bleu turquoise et sur la retenue amont de Roos Dam. Le soleil étant revenu, nous sommes heureux de trouver une table à l'ombre et abrité du vent qui a fait son apparition. La North Cascade Scenic Hwy qui longe le parc au sud-est comporte quelques points de vue intéressant à Rain Pass et surtout Washington Pass.

Nous faisons étape à Omak, petite localité perdue près de la réserve indienne de Colville.
Jeudi 2 – Du Washington au Montana
La route est longue pour rejoindre le Montana et les abords du Glacier National Park. Pour rejoindre Kalispell, Google map nous donne 377 miles et 6h30 (sans les poses, visites et achats). C'est compté sans les importants travaux routiers dans la partie finale. Arrêts et ralentissements nous ferrons perdre au moins une heure. La seule véritable attraction sur la route est le Grand Coulée Dam et sont lac de retenue. Ce barrage hydraulique fut le plus grand du monde (hauteur et largeur) à sa construction terminée en 1942.
Grand Coulée Dam
A Kalispell, logement pour 3 nuits au La Quinta très bien situé pour la suite.
De Glacier National Parc à Canyonland, par Yellowstone, le rodéo de Blackfoot, Dinausor NM et la piste du Little Grand Canyon

Vendredi 3 septembre – Aller-Retour vers le Soleil !
Encore un parc grand comme un département. Le Glacier NP n'est ouvert que 3 mois par an, de la mi-juin à la mi-septembre, du moins la route qui le traverse d'est en ouest et vice-versa : la Going-to-the-Sun Road. L'aller et retour (160km) vers le soleil est le programme de notre premier jour à Glacier. L'entrée du parc est à 50km de Kalispell, la ville la plus proche à l'ouest, mais il existe des logements plus près. L'entrée ouest est double. West Glacier est un village touristique avec divers services et la maison du Canada, car le parc est binational, à cheval sur la frontière américano-canadienne. Mais la véritable entrée est un peu plus loin.

Le Apgar Visitor Center est situé sur la rive du lac McDonald. La route longe ce lac somme toute bien quelconque, puis s'engage dans la forêt en suivant McDonald Creek.
McDonald Creek
Quelques cascades et une gentil promenade sur le Nature Trail of Cedar, jalonne cette partie avant d'attaquer la haute montagne.
Même si on ne monte pas très haut ici, les sommets dépassent guère 3000m (comparé au 3700 du col de Rocky Mountain NP) on a vite l'impression d'être en haute montagne. The Loop est un des overlook principaux de la façade ouest : en face, les sommets semblent couverts des premières neiges.
The Loop
Mais ce virage marque un changement dans l’ascension : route plus étroite et, aïe, travaux avec alternat par feux. Les arrêts qu'ils provoquent et les ralentissements restent supportables. Après la « muraille qui pleure » et quelques lieux caractéristiques, le col de Logan Pass à 2025m dispose d'un parking et d'un Visitor Center très fréquenté. La descente vers l'est semble plus tranquille et après quelques arrêts « point de vue », on rejoint vite les rives du Saint Mary Lake. Nous avons récupéré à l’hôtel une doc sur les bateaux qui font des promenades sur les divers lacs du parc.
En bateau sur le St Mary Lake
La croisière sur le St Mary dure 1h30, – départ toutes les 2h. Le ciel est couvert et il y a du vent, tant pis on y va. Au départ, une jeune ranger donne des explications à la vingtaine de voyageurs. Nous passons près d'une ile, longeons la rive, apercevons un glacier quand soudain, Bear !!! quelqu'un a vu un ours. Tout le monde se tourne dans la direction. Effectivement il y a un ours debout sur une plage, vite jumelles, appareils photos... Le bateau se dirige vers lui, pas trop près, puis tourne pour en faire profiter les passagers assis du mauvais coté. Pas moyen d'en faire une bonne photo, l'ours repart dans la forêt. Plus loin, le bateau s'arrête sur la rive pour une petite promenade de 15 minutes vers les Baring Falls. Les plus courageux partent avec la ranger pour une randonnée de 2h vers St Mary Falls. Il rentrerons avec le bateau suivant.
Revenus à terre, petit tour jusqu'au Visitor Center de l'entrée est du parc. Devant niche une famille de balbuzards visible sur la webcam en ligne sur le site du parc.
Puis nous reprenons la Going-to-the-sun en sens inverse. Quelques arrêts aux points de vue zappés à l'aller, cascades, vue sur le Jackson Glacier … Le premier overlook après Logan Pass offre une vue splendide le flan de montagne nommé Garden Wall et la route qui descend le long.
Garden Wall
Samedi 4 – Les glaciers, ce qu'il en reste
Le second jours est consacré aux autres sites, Two Medicine et Many Glacier, situés à l'est. Plutôt que de repasser par Going-to-the-sun, nous suivons la route 2 qui contourne le parc par le sud en longeant la voie ferrée - quelques paysages intéressants. En remontant coté est, on arrive d'abord à Two Medicine Lakes, 3 lacs. L'arrivée au second marque la fin de la route. Quelques beaux points de vue et une cascade, ciel bleu mais beaucoup de vent ; nous ne rééditons pas la promenade en bateau.
Two Medicine lake
En repartant vers le nord, les routes 49 puis 89 traversent des étendues de forêt carbonisée dans la réserve indienne des Blackfeet. Le lieu visité plus au nord se nomme Many Glacier. La route longe le lac Sherburne en pénétrant dans le parc. Rien d'extraordinaire, sauf... Bears, Bears !!! Le temps de le dire, 2 ours traversent la route 30-40m devant nous. Arrivé à l'endroit où ils ont disparu, les fourrés sont trop denses pour les revoir. La route va jusqu'au lac Swiftcurrent. De là on peut voir ce qu'il reste de 5 ou 6 glaciers dont le Grinnell dans l'alignement du lac.
Many Glacier Lake
Grinnell
Au parking du Swifcurrent Nature Trail, nous trouvons une table bien abritée du vent pour pic-niquer en compagnie des écureuils. Le retour se fait par la route du soleil, un troisième passage avec des arrêts qu'on avait pas fait la veille. Et avantage, on est samedi, les travaux sont arrêtés. De l'entrée ouest, il nous reste quelque chose à voir, la Camas Road jusqu'au Forest and Fire Nature Trail.
Camas Road
Au dire des rangers, la piste de Inside North Fork, parallèle au départ, n'est pas praticable depuis le dernier incendie.
Dimanche 5 – Yellowstone tel qu'on l'avait quitté en juin 2009
Nous entamons notre descente vers les contrées plus chaudes(?) et pour commencer une journée de route (370 miles) pour une étape au parc des geysers. Un peu de soleil au départ et puis la pluie. Au programme, si on est assez tôt, un arrêt aux Lewis and Clark Caverns.
Qui sont donc ces Lewis et Clark dont on retrouve le nom partout dans le nord-ouest des States ? Pas des héros de série télé, ni des fabricants de jeans mais les chefs de la première expédition américaine à traverser les Etats-Unis par la terre jusqu'à la côte Pacifique de 1804 à 1806. Les explorateurs ne sont jamais passés dans ces cavernes.
Site bien à l'écart des grandes routes, il y a beaucoup de monde en ce dimanche après-midi. Un petit tour au visitor center où une maquette grandeur nature d'un passage de stalactites et -mites donne envie d'en voir plus.
On nous annonce 2 heures de visite et le prochain départ dans 1 heure. Après conciliabule, nous faisons un autre choix : allons dire bonjour aux bisons de Yellowstone.
Arrêt technique au Best Western de West Yellowstone et go vers la rivière du même nom. Il pleut, non il tombe des saletés qui encrasse le pare-brise. Le ciel est très gris, ou plutôt il est jaune, comme disait un collègue autrefois. Le long de la Madison river, la pluie se transforme et c'est de la neige qui tombe lorsque nous atteignons les Norris. Il neige vraiment quand nous arrivons à Canyon Village puis nous arrivons sur les bords de la rivière. Ils sont bien là, tout un troupeau de bisons traverse la route au milieu des voitures dans dans une véritable tempête de neige.

L'an dernier, nous avions quitté Yellowstone le 6 juin sous la neige, 15 mois plus tard, nous le retrouvons sous la neige. Mais en rentrant, le soleil arrive à percer à travers les nuage pour un coucher de soleil hallucinant sur les prés blancs.
Coucher de soleil près de Canyon Village
Lundi 6 - les Bas(s)ins manquants
Début septembre, c'est encore l'été ? Hier soir la neige, ce matin -5° ! Il faut gratter la glace sur les vitres de la voiture. Mais heureusement, grand soleil, ça va se réchauffer. Le 6 septembre, c'est la fête du travail aux USA, ce qui fait un week-end prolongé pour les « locaux ». Au programme, ce que l'on avait pas vu, volontairement ou pas, lors de nos précédents passages en 2007 et 2009, 8 jours au total. On passe jeter un œil au planning de la Grande Fontaine (voir carnet de l'an dernier), mais la prochaine éruption est prévu vers 3h du matin ; tant-pis. Direction le Grand Prismatic et ses voisins du Midway Geyser Basin.
Avec la différence de température de l'air et de la source chaude, le Grand Prismatic est complètement enfumé, inutile même d'aller le voir d'en haut.
Vapeurs sur le Grand Prismatic
Par contre les nuances de bleu des Opal et Turquoise Pool sont magnifiques. Les autres visites nouvelles sont celles de Biscuit Basin et Black Sand Basin, zappées les autres fois au profit de Old Faithfull et la grande balade qui en part. D'autres nuances de bleu, saphir, black opal …

Il faut aller saluer le « vieux fidèle ». En 2007 nous l'avions vu en plein déluge, un orage survenu juste au moment où … mais il fallait se réfugier à l'abri. Une heure plus tard, on était un peu plus loin, de l'autre coté. L'an dernier, on était passé à coté sans s'arrêter. Pour une dernière fois, nous allons le voir de près, du premier rang. Pour ceux qui ne connaissent pas, je joins une photo de ce lieux totalement isolé dans les fin-fonds du Wyoming.
Salle d'attente du Old Faithfull
Le nouveau Visitor Center est ouvert. Perdu dans la foule, nous en ressortons bien vite en pensant au préfabriqué où l'on allait autrefois consulter les horaires « probables » des prochaines éruptions. Arrêt à Kepler Cascade, magnifique.
Déjeuner au restaurant de Grant Village, pas mal. Nous y rencontrons un voyage organisé de français qui, en 15 jours de car, visitent le Canada et les USA.
Rebonjour aux bisons sur les bords de la Yellowstone River.
Puis nous allons faire la Blacktail Plateau Drive, une piste à sens unique proche de Roosevelt Lodge, en espérant y rencontrer d'autres animaux. Déception. Un tour dans la Lamar Valley. C'est vrai qu'il y a aussi plein de bisons, ils n'étaient pas là lors de nos précédents passages.
Mardi 7 – Quand la capitale mondiale de la patate fait la fête
Destination Blackfoot, dans l'Idaho. Cette petite ville de 11000 habitants entre Idaho Falls et Pocatello se dit la capitale mondiale de la pomme de terre. Il paraît c'est là qu'il s'en cultive le plus au monde. C'est qu'il faut beaucoup de frites pour les restaurants US, chez les Mac et autres hamburgeristes. Il y a là un musée de la pomme de terre où sont présenter la plus grosse patate et la plus longue frite !
Chaque année en septembre, Blackfoot est le lieu durant une semaine de la plus grande foire de l'est Idaho, avec une importante compétition de rodéo. Justement, la finale c'est ce soir et c'est pour ça qu'on est venu. Nous allons acheter nos billets, faire des courses pour la suite et déposer nos valises à l'hôtel. Et nous partons faire une petit tour à la fête. D'abord il faut stationner, il n'y a pas de grand parking, les riverains des rues proches louent quelques mètres carrés de leur gazon, allons y.
Nous entrons par la partie attraction, type foire du Trône, grande roue, montagnes russes et tous ces manèges qui vous mettent les tripes en l'air. Dès l'entrée, nous trouvons la police en train de remonter les bretelles à un forain sur le point de laisser passer un gamin bien trop petit (les tailles mini sont affichées) dans un de ces manèges qui déglinguent la colonne vertébrale. Plus loin, une scène, une sono et des artistes (amateurs) – country, magie, clown se succèdent toute la journée. Les bâtiments de foire se divisent en 2 catégories, ceux des marchants, avec un peu de tout comme chez nous, de la brosse à dent au camping-car, et ceux où sont exposés les choses primées lors des concours du samedi ou dimanche, gâteaux, brodures, coutures, etc. Une allée complète est consacrée au concours de cucurbitacées !
Les Gagnants !
Il y a un stand indien où nous discutons un moment avec une dame shoshone car nous y voyons exposés les vêtements admirés la semaine passée au Pow Wow. Elle nous explique d'ailleurs que ça se prononce pawa. La partie restauration et boisson prend un large espace, on y trouve du coca et de la bière (on est pas dans l'Utah), de la cuisine mexicaine (ou texane), italienne, indienne, hamburgienne et bien sûr, frites à volonté.
Pour le rodéo, ou les courses de chevaux des jours précédents, la piste est isolée de la foire par un bâtiment de béton avec des gradins. Vers 19h00, l'accès s'ouvre à ceux qui ont des billets pour le rodéo. Nous choisissons des places au hasard, face aux grilles colorées d'où devraient sortir les taureaux. Un vieux cowboy assis devant nous dit que ce sont les meilleures places (après la sienne). Je ne vous décrirai pas la cérémonie d'ouverture ni les différentes compétions, pour les juniors,
les filles puis les cowboys professionnels, avec les chevaux, les taurillons qu'ils attrapent au lasso, et à la fin les taureaux. Pour chacune, concourent les 10 meilleurs sélectionnés lors des éliminatoires des jours précédents. La nuit est tombée, les photos difficiles à prendre, les vidéos sont mieux. En pleine action, celle que je joins montre à quel point un taureau furieux peut décoller du sol.
Taureau volant
La compétition finie, il n'est pas trop tard pour se restaurer et toutes les attractions tournent à plein.
Durant toute la journée, nous n'avons vu aucun touriste ici, mais des locaux ou des américains des états voisins, fans de rodéo.
Mercredi 8 – L'île dans le grand lac salé
Encore une longue route pour rejoindre Vernal, la ville des dinosaures. Et sur la route, Salt Lake City, la capitale mormone de l'Utah. Nous allons faire une halte à Antelop Island State Park. Après avoir cherché un peu trop tôt une route pour nous en approcher, nous finissons par découvrir qu'il suffit de suivre les panneaux, c'est indiqué à partir de l'autoroute.
La route qui s'enfonce dans le lac devient de plus en plus magique au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la rive.

L'île est encore loin, dans la brume, que l'on se retrouve seul au milieu de l'eau. Nous passons au Visitor Center.
La route, vue du Visitor Center
Qu'y a t'il à voir ? Un élevage de bisons ! On vient d'en voir plein en liberté. Des randonnées vers les points de vue des sommets, parfois on voit des antilopes ! Pas pour nous. Nous partons vers une plage de Bridger Bay . La plage est large et il y a foule face au parking pour aller se tremper dans l'eau salée.
La plage de Bridger Bay
Il y a aussi des tables abritées pour pique-niquer.
La route l'après-midi traverse les domaines skiables des jeux olympiques d'hiver de 2002, puis les paysages changent à l'approche de Vernal. Ils deviennent même familiers aux baroudeurs des terres rouges.
Le soir à l'Econolodge, petit accident de lunettes, il faut réparer d'urgence. Comment trouver un opticien? Le garçon à l'accueil de l'hôtel nous conseille d'aller au WalMart Supercenter. Évidemment, on y trouve de tout, dans le magasin ou dans la galerie. Le plus surprenant est la pharmacie à l'intérieur du magasin, entre les légumes et les vêtements, avec consultation sur place !
Jeudi 9 – sur les bords de la Green River
Le Dinosaur National Monument s'étend sur environ 60km, à cheval sur l'Utah et le Colorado en 2 parties distinctes. C'est la partie est, celle du Colorado, que nous allons visiter en premier. On y accède en passant par le village de Dinosaur à 62 km de Vernal, pourtant dans cette partie pas de fossile.
Après le Visitor center, la route de Harpers Corner est jalonnée de points de vue sur les monts voisins, puis sur le canyon de la Green River. Car c'est surtout la Green River qui fait le spectacle ici, à Harpers Corner, mais aussi à Echo Park où nous nous rendons ensuite.
Une descente de 21 km le long et à travers la Pool Creek et le Sand Canyon conduit par une piste facile à l'Echo Park.
Au début, l'Echo Park Road fait penser au Shafer Trail de Canyonland qui nous attend après-demain. A l'arrivée sur les bords de la rivière verte, le lieu est enchanteur au pied du Steamboat Rock.
Steamboat Rock
Nous croisons un groupe arrivé là en rafting qui courre après un canoë mal arrimé. Un coin camping pour les amateurs, des tables pour manger à l'ombre en compagnie d'écureuils... Plusieurs points mérite un arrêt le long de la piste, à l'aller ou au retour. La Whispering Cave, grotte étroite de 10-12m de long, à été provoquée par un affaissement d'une partie de la falaise. Plus haut, une série de pétroglyphes décore le rocher de portraits (?) en pointillé. Nous n'avions jamais rencontré cette méthode de gravure indienne.
Petroglyphes au poinçon ?
Le soleil s'est caché derrière les nuages lorsque nous remontons pour faire un tour sur la Yampa Bench Road. La piste est caillouteuse, beaucoup plus désagréable que dans Sand Canyon. Elle mène à 3 Ovelooks éblouissants sur le canyon de la Yampa River qui rejoint la Green River à proximité d'Echo Park : il y a le Castel Park, le Harding Hole et le Wagon Wheel Point. Les méandres de Harding Hole peuvent rivaliser avec les Gooseneks célèbres de l'Utah.
Castel Park Overlook
Harding Hole Overlook
La piste étant mauvaise, le ciel de plus en plus sombre et le réservoir baissant rapidement, nous décidons de rejoindre au plus court la station service du village de Dinosaur. Il reste quelques points de vue sur la route du retour, mais sans commune mesure avec ce qu'on vient de voir. Avant de quitter le parc, nous faisons une agréable rencontre avec un groupe de deers, qui, après s'être écartés des bords de la route à notre approche, s'arrêtent dans un lieu dégagé.

Vendredi 10 – Le petit grand ?
Le soleil est de retour pour de bon (?) En tout cas, il nous accueille au Dinosaur Quarry Visitor Center. Mais nous sommes trop tôt, les rangers n'ont pas encore ouvert et on ne peut rien faire sans eux, sauf attendre. Notre seule ambition ce matin est d'aller voir des vrais fossiles de dinosaures. C'est ici le lieu qui a donné le nom au parc.
Mais depuis un glissement de terrain il y a quelques années, le bâtiment vedette du site est en travaux jusqu'en 2011. En attendant, une navette conduit les visiteurs jusqu'à un petit circuit guidé où nous pourrons voir de bien piètres pétroglyphes et quelques fossiles dont je joins la seule vue de vertèbres du jurassique.
Pas grand chose d'autre à voir !
Décevant... Du chemin, on aperçoit les bâtiments en construction. Les travaux ont l'air bien avancés, ce sera ouvert l'an prochain.
Nous n'allons pas plus loin dans ce parc.
Nous partons sud-ouest vers les mines de charbon de Price puis Castle Dale pour prendre la piste 401 nommée Green River Cutoff Road. Le GPS nous est d'aucun secours pour trouver l'entrée, les cartes non plus. Après de vaines tentatives, il faut se résoudre à demander aux habitants. Pour s’apercevoir que sur la route 10 d'où nous somme arrivés, la route est indiquée, mais le panneau n'était pas visible dans notre sens. Et nous voilà parti pour plus de 90km de piste qui ne serons pas sans surprise. La première étape après 30km dans un univers désertique s’appelle Wedge Overlook Recreation Area – parking, équipements sommaires et camping déserté en cette période avancée de l'été. Et une vue magnifique sur la San Raphaël River. Du parking, une piste par à droite, une à gauche. Celle de droite devient vite impraticable, celle de gauche conduit au ... je vous le donne en mile, au Little Grand Canyon Overlook. Qu'en est-il donc pour faire concurrence au seigneur des canyons ? Et bien, il faut dire que la vue fait bien penser au célèbrissime fossé du Colorado, si on en oublie les dimensions.
Little Grand Canyon
Personne ici, sauf un couple âgé installé à lire près du bord du précipice. En repartant nous prenons la Buckhorn Draw Road pour descendre traverser la San Raphaël River. Avant le pont, les indiens ont peint sur la falaise. Le Buckhorn Wash Pictograph Panel s'étend sur 50m, ce ne sont pas des pétroglyphes, mais des peintures dont certaines semblent représenter des anges !
Buckhorn Wash Pictograph
Cet ensemble vieux de plus de 2000 ans est l’œuvre des peuples de la culture Barrier Canyon. Il y a aussi quelques pétroglyphes fremonts à coté, plus récents de 1000 ans. La suite de la piste suit ensuite une vallée encaissée. Nous y croisons quelques voitures et même nous suivons un moment un camion qui s'arrête tous les miles pour déposer des toilettes de campagne en prévision du marathon qui va se courir ici demain ! Un marathon dans ce désert ! À 50 km du village le plus proche. Il y a déjà du monde d'installé sur le camping près de la ligne de départ (ou d’arrivée). Nous n'avons vu aucun animal sauvage sur ces 90km de piste. Destination finale Green River, la ville, où nous logeons pour la 3ème fois au Ramada. Diner au Taramisk restaurant, avec vue sur la rivière (Green bien sûr) au coucher du soleil.
Samedi 11 – On the Shafer Trail again
Nos visites précédentes à Canyonland avaient été incomplètes. Dead Horse Point lors de notre bref passage en 2005, le survol de l'ensemble du National Park en 2008 (génial) puis une brève visite de Island in the Sky l'après-midi sous la pluie, enfin la descente du Shafer Trail en 2009.
Le passage dans le secteur était une bonne opportunité de revoir dans de meilleures conditions le Grand View Point et quelques autres points de vue et surtout de refaire la plongée du Shafer Trail qui nous avait tant marqué l'an passé. Nous commençons par la grimpette vers la Mesa Arch, splendide le point de vue de l'arche, en début de matinée.
Mesa Arch

A 11h30, au Shafer Canyon Overlook, nous observons la piste à flan de falaise : personne.
Personne au point que dans un virage dessous nous, au deuxième lacet, un deer se promène sur la piste.

Surprenant, l'an dernier il y avait foule dans les 2 sens. Pour s'assurer de la praticabilité, nous allons demander aux rangers du Visitor center voisin si les orages d'été n'ont pas rendu la piste impraticable. Si ce fut le cas en Août, elles sont maintenant roulable. Nous pouvons donc nous lancer dans l'aventure.
Ici, la piste a été réparée
Toujours aussi infernale, cette descente du Shafer Trail, avec ses à-pic, ses épingles à cheveux, ses passages étroits et la vue superbe. J'ai l'impression que par endroit, la chaussée est un peu plus dégradée que l'an dernier. Il y a maintenant quelques autres voitures. Des vélos se sont lancés dans la pente aussi et nous en croisons dans l'autre sens, courage, ça va être dur.

Arrivés en bas, il reste les 20km de la Potasse Road avant de retrouver une route digne de ce nom. Là, la piste est vraiment mauvaise, limite limite pour notre Equinox, moins haute de caisse que la GMC de l'an dernier. Quelques passages se font au pas, et même après reconnaissance à pied. Tout fini par passer sans frotter.
Ici, ça passe encore bien !

Dans l'après-midi, Moab n'a pas changé. Toujours de la circulation. Il nous faut trouver l'agence de Farabee's Jep Rentals pour confirmer une réservation, et nous n'avons pas l'adresse (depuis elle est en ligne). Nous finissons par demander dans une station service : c'est à la sortie au sud. L'affaire classée, nous filons vers le Gateway Inn de Blanding.
En 3ème partie, quelques lieux connus mais beaucoup rarement visités :

Dimanche 12 septembre – Marche à l'ombre
En partant de Blanding, la route 95 est toute proche. Cette route, appelée aussi Trail of the Ancients est rarement prise pour rejoindre Moab à Hanksville et au delà Capitol Reef, pas la plus courte, pas grand chose à voir. Enfin pas grand chose à voir, c'est beaucoup dire. Ça commence fort, ça commence mal. Nous quittons l'hôtel de bonne heure. Le premier arrêt est tout proche, Jean Pierre nous a bien expliqué comment visiter le Mule Canyon, stationner en bas, environ 1 km à marcher jusqu'à ? Il nous a pas dis que la descente dans le canyon est à pic, il faudra remonter tout à l'heure. Il est 8h30 quand nous commençons à marcher sur un chemin étroit entre les herbes hautes du fond du canyon. Pas d'eau ici, mais nous traversons souvent le lit du ruisseau à sec. En tout cas, la promenade est agréable avec la fraicheur matinale. Au bout d'un moment, nous pensons que nous ne sommes pas loin, nous avons bien fait plus d'un km. Bon, c'était peut-être 1 mile. Elle doit être juste après le prochain virage, il n'est est rien. Nous avons fait plus de 2 km quand nous décidons de rebrousser chemin. Après plus de la moitié du chemin de retour, nous l’apercevons à gauche. Nous l'avions raté au passage, stupide, il y a un tas de caillou pour marquer l'embranchement. Un peu de montée et nous sommes devant House on Fire, la maison en feu.
House on Fire
Même si le soleil est maintenant haut, la demeure anasazi n'a pas encore pris sa couleur de feu. La chaleur monte pour la fin de la promenade et il n'y a plus d'ombre. Il est 11h lorsque nous arrivons à la voiture. Petite balade pour beaucoup, dure pour moi.
Le Natural Bridge National Monument n'est pas très loin.
Ce parc de taille moyenne abrite 3 ponts naturels creusés par une ancienne rivière. Ils se visitent en suivant le circuit de 14,5 km d'une route à sens unique qui part juste après le Visitor Center. Des arrêts sont aménagés aux principaux points de vue, plus importants à ceux d'où l'on voit les ponts et aux départs des différents trails. On s'arrête à Sipapu Bridge (2 points de vue),
Sipapu Bridge
Kachina Bridge puis Owachomo Bridge avec une descente au pied de ce dernier.
Owachomo Bridge
Il a un petit air du Landscape du Devil Garden. Nous déjeunons sur une table à l'ombre prêt du visitor center, en compagnie d'un oiseau bleu.
La route 95 longe puis traverse le petit mais spectaculaire canyon d'un rivière dont je retrouve pas le nom.
Elle conduit jusqu'au pont, pas naturel du tout celui-là, sur le Colorado.
A plus de 4h de route de Page, ce pont marque le début du lac Powel. De part et d'autre la vue sur le Colorado reflète le ciel, un ciel en train de se couvrir.
Le Colorado à Hite Crossing Bridge
Les coordonnées mémorisées sur notre GPS nous conduisent juste à l'entrée d'une piste à gauche de la 95. Rien d'indiqué, mais ça doit bien être là. Après 2-3 km de chemin de terre plutôt facile, un petit panneau nous signale le lieu: Little Egypt. On est pas sur les bords du Nil, même pas d'un quelconque little grand Nil, pas de pyramide, de sarcophages, mais les alignements de roches ocres et blanches peuvent peut-être faire penser à ceux du temple de Louxor (le vrais, pas celui de Las Vegas) ou d'un autre que nous avons visité il y a 2 ans.
Little Egypt
Moi, ça me fais plus penser aux Goblins SP voisin, si ce n'est la couleur. Le soleil, masqué, manque à la fête. En tout cas on peut se promener librement au milieu des ces roches.
Little Egypt
En approchant de Hanksville, nous voyons au loin les fumées d'un incendie, le deuxième. Route vers Capitol Reef que nous traversons sans arrêter. A Torrey, nous repérons le lieu de rendez-vous pour demain matin et filons vers Bicknell où nous avons réservé dans un hôtel qui devrait être bien. L'Aquarius Inn présente pas mal, la chambre est bien, frigo, micro-onde, wifi sans problème, mais, mais la piscine est fermée, bon, pas trop grave. Mais surtout le restaurant, soit disant ouvert 7 jours sur 7 toute l'année, est fermé ! Il faudra retourner les 2 soirs manger à Torrey
Lundi 13 – Les Cathédrales avec Brian
Rendez-vous à 9h au Hondoo Rivers and Trail, face à l'église Mormon de Torrey. Nous y retrouvons Brian qui a préparé son 4x4 pour nous emmener visiter des cathédrales, pas romanes ni gothiques pour un sous. Il faut dire que c'est la 3ème fois que nous venons à Capitol Reef et que les précédentes nous n'avons pas pu accéder à la vallée des cathédrales. Nous étions près à tenter de nous même une troisième fois. Mais Cendryon qui nous a raconté en direct les péripéties de son voyage cette année nous a donné la solution, faire la visite avec un professionnel, en occurrence le dénommé Brian. L'ancien cow boy connait comme sa poche toutes les pistes de la région. Il y met du cœur à l'expliquer de façon compréhensible pour nous, peu permissifs à l'accent rocailleux des gens de l'ouest. Et nous voilà parti avec le soleil vers Cathedral Valley, la backcountry nord du parc. Mais avant, un petit tour sur la Notom jusqu'à un beau point de vue sur la face est de Waterpocket Fold. Ensuite nous prenons la piste à Caineville (dommage, j'aurais apprécié une traversée de la Fremon river). La remontée le long de la Caineville wash road se fait sur une piste que le gros 4x4 Ford avale sans difficulté, pas sur qu'on aurait pu passer avec notre Equinox.
Arrêt au réservoir de bentonite,
Quelques lieux curieux comme par exemple ce rocher qui descend petit à petit d'un sommet en pente. De temps à autre, il glisse un peu plus bas, nous dit Brian.
Puis nous entrons dans Cathedral Valley :
Puis nous arrivons devant le Mur de Jéricho. Au pied se trouvent les 2 attractions majeures de la vallée (au sens de « ce qui attire les gens ») : le Temple of the Sun et le Temple of the Moon.
Temple of the Sun
Temple of the Moon
Les Temples du Soleil et de la Lune sont vraiment impressionnants quand on les approche. Il y a aussi les temples des Étoiles par derrière, plus petits puis d'autres plus loin. A coté, il y a la Glass Mountains, curieux rocher fait de plaques de cristal.

Plus loin , quelques vues intéressantes sur des pics volcaniques et d'autres temples dont j'ai oublié le nom.
Traces de volcan
Temples of ???
A Harpnet Junction, nous montons au point de vue haut sur Cathedral Valley.
Upper overlook
Déjeuner sur place et avançons au Upper South Desert Overlook, de l'autre coté. Le retour l'après-midi se fait par la forêt à l'ouest, par la Thousand Lake Mountain. Quelques passages difficiles, des points de vue à l'infini, des plantes rares.
Nous avions demandé au départ à Brian si nous allions voir des animaux. Sa réponse était plutôt pessimiste, mais pas complètement négative. Avant de rejoindre la route 72, nous croisons une famille de cervidés à l’orée de la forêt.
Sur la route du retour, nous voyons un grand panache de fumée à l'horizon. Un incendie encore, Brian nous dit que cela dure depuis plusieurs semaines, mais que c'est dans un secteur inhabité. Après Loa, un énorme troupeau de vaches dans un immense pré. Notre cow boy en retraite nous dit que l'éleveur local possède 15 000 têtes de bétail, ça nous fait penser à Fernand Raynaud, avec son sketch sur le « pauvre paysan » Diner au Cafe Diablo de Torrey, une très bonne adresse, mais il y a du monde.
Mardi 14 – Les ornières de la Cotonwood
La route 12 qui descend de Torrey à Bryce est souvent considéré comme une des plus belles de l'Utah. C'est notre cinquième passage, l'enchantement n'est plus là, quoique l'endroit où l'on roule sur la ligne de crête est toujours aussi magique et impossible à bien photographier.
Méandre de la 12
Destination Cannonville, voir les rangers du visitor center. Question primordiale : la Cottonwood Road est-elle praticable en ce moment. L'an dernier, à la suite de l'orage subit 2 jours avant quand nous étions à Page, la piste était totalement impraticable : nous avions dû supprimer de notre programme plus de 150km de piste. Le ranger essaye de nous dissuader de nous engager dans cette aventure ; il nous montre la photo d'une voiture immergée jusqu'aux rétroviseurs dans la traversée d'un ruisseau en folie. Il avoue toutefois que ça fait plus de trois semaines qu'il n'a pas plu, que le niveau a baissé depuis et que la route est sèche. Bon, on verra bien, on va au moins aller jusqu'au site le plus intéressant qui n'est pas très loin de ce coté. Et la météo est avec nous, il fait beau et ça va durer.
La route est revêtue jusqu'à l'entrée de Kodachrome Basin. A l'embranchement, tout est fait pour dissuader de s'engager sur la piste, mais l'entrée n'est pas barrée. Aller, c'est parti pour environ 93km qui vont s’avérer les plus « hards » du voyage. Le début est plutôt facile et nous arrivons très vite à la rivière : vu le niveau, pas de problème, mais ça aurait pu glisser.
Aujourd'hui, ça passe
Nous découvrons plus loin les curieuses grilles à bestiaux que l'on passe ou qu'on contourne. Plus loin, certaines seront très hautes. Un arrêt à un point de vue puis plus loin nous bifurquons à gauche vers les arches dénommées depuis 1947 Grosvenor Arch.
Grosvenor Arch.
De retour sur la Cottonwood Road, la route se dégrade par endroit : lors des pluies précédentes, les voitures ont laissé l'emprunte de leurs roues dans la terre. Les sillons ainsi creusés sont de plus en plus profonds, trop pour les suivre. Notre Equinox n'a pas une hauteur de caisse suffisante, donc il n'y a qu'une solution, rouler en dehors des sillons. Cette gymnastique atteint sont paroxysme lorsque les espaces entre sillons se réduisent à la largeur des roues. L'essentiel est de ne pas frotter.
Rares voitures rencontrées
Heureusement, ce ne sont que des passages sur quelques centaines de mètres au maximum et il reste des sections plus roulantes entre. Les paysages sont souvent magnifiques. Nous ne sommes pas seuls sur cette piste, mais ce n'est pas la grande affluence.
Un des plus beau point de la cotoonwood
Une pose déjeuner à l'ombre, près qu'un canyon. On avait vu l'ombre, mais pas le canyon. Une famille s'arrête près de nous et part visiter. A leur retour, sur leurs conseils, nous y allons faire une promenade digestive. On y voit de curieux rochers.
Rocher dans le canyon
Plus loin, les torrents ont raviner les bas cotés et la piste n'est pas plus large que la voiture. Nous y trouvons un camping-car qui fait demi-tour, que diantre allait faire dans cette galère ! La fin est plus facile, mais les paysages sont moins beaux. A la fin, la route longe la Paria River. Environ 4h30 après y être entré au nord sur la Cottonwood Road, nous en ressortons au sud sur la route 89. A propos, ça ressemble à quoi un cottonwood. Le nom de cet arbre a baptisé de nombreux endroits dans tous les états de l'ouest. En voici une photo.
Cottonwood au bord de la Cottonwood
Destination Kanab. Nous logeons au Treasure Trail Motel pour 2 nuits et nous commençons par tester la piscine. Kanab est un haut lieu du western. Des plaques sont plantés sur les trottoirs de la rue principale en souvenir des grands noms du cinéma de cowboy qui ont tourné ici.
A commencer par le grand John
Mercredi 15 – Intrusion en Arizona
L'Arizona, c'est l'état du Grand Canyon, le vrai. On a tendance à oublier, tellement le Colorado a creusé une colossale frontière, que la rive nord est aussi en Arizona – mais pas dans la réserve des navajos. Notre ville étape est à quelques encablures (si toutefois utiliser un terme nautique n'est pas trop déplacé dans cette région désertique) de la North Rim, enfin 130km tout de même). Pas dans les terres navajos, mais ils sont bien là, installés sur un parking, à déballer leurs jewelleries. La route 67 qui conduit au parc traverse ce qui reste d'une forêt brulée récemment.
L'entré du North Rim
Au poste d'entrée, il y la queue, certainement moins qu'aux entrées du sud, mais en cette mi-septembre, cette rive est très fréquentée. Ce sera confirmé sur tous les parking par la suite. Première étape, le Bright Angel point. Un chemin revêtu y conduit, en bon état mais pas très large et surtout avec de fortes déclivités. Au bout, une vue magnifique sur l'énorme fissure où coule le Colorado... à propos où est-il ? Et bien d'ici on ne le voit pas.
Bright Angel Point
Par contre on voit nettement l’incendie qui fait rage dans la forêt sur l'autre rive.
South Rim en feux
Deuxième étape, Point Imperial. C'est le lieu le plus haut, à 2683 m. La vue sur le canyon se double de celle sur le plateau. La brume blanche qui couvre l'horizon est la fumée du feux de l'autre rive. Au premier plan, le Mt Hayden est escaladé par les grimpeurs chevronnés.
Point Imperial
Troisième étape, à la pointe, Angel Window (la fenêtre des anges) et Cape Royal d'où on aperçoit la rivière.
Angel Window
Les autres points de vues sont observés au retour. De Walhalla Overlook, on peut voir le Colorado à Unkar Delta, autrefois habité par les Pueblos.
le Colorado à Unkar Delta
Le dernier arrêt sera à Roosvelt Point, pour une vue joliment colorée. Partout nous avons vu du monde, les parkings étaient bien remplis, mais jamais autant qu'en Mai 2005 sur l'autre rive. Le fait que seul Bright Angel soit accessible aux cars réduit le nombre de touristes, la route vers Angel Window est limitée en gabarit et interdite aux camping-cars. Moins de points de vue, généralement au bout d'un peu de marche, on ne peut pas dire qu'il faut visiter la rive droite au lieu de la rive gauche, mais plutôt en complément.
En rentrant nous arrêtons au Liquor Border Store à la frontière de l'Arizona et de l'Utah. Je ne peux pas vous décrire le fouillis de ce magasin d'alcool dont la tenancière d'un age canonique semble tout droit échappée de Salem (MA, pas OR).
Jeudi 16 – Pipe Springs
Pour une foi, nous allons faire une exception et visiter autre chose qu'un site naturel, peut être en préparation de la soirée. La route de Kanab à St Georges passe dans l'Arizona et là se trouve un petit National Monument nommé Pipe Springs.
Il s'agit d'un bâtiment de 1850, occupé par des fermiers mormons, qui fut fortifié par la suite pour se protéger des indiens navajos et piutes.
La cour intérieure
Les dépendances se visitent librement, mais le bâtiment principal n'est accessible que guidé par une ranger (sans supplément). Notez que les 4 caves l'an dernier, le bateau à Glacier, c'est toujours une femme ranger qui fait visiter. Mobilier, vaisselle, outils et décorations nous plongent dans la campagne isolée à la fin du XIXème siècle.

A l'extérieur nous voyons de près ces bovidés à grandes cornes que nous avions parfois vus de loin, comme l'an dernier dans le sud Dakota.
Nous visitons aussi des bâtiments annexes
Route vers St Georges, on entrevoit au passage la fameuse église mormone blanche (visitée en 2008). Arrêt déjeuner au buffet de l’hôtel casino Casablanca à Mesquite - nous y avions logé cette année là. Et bientôt au loin, les tours des hôtels du Strip percent la brume ; un regard au GPS, nous sommes encore à plus de 20km.
Choisir un hôtel à Las Vegas est toujours sujet à discussion sur le forum, chacun étant certain d'avoir logé dans le meilleur. Ce sera le 5ème pour nous, et pour des raisons pratiques et financières, nous avons choisi l'Imperial Palace, au milieu du Strip. La réception nous demande si nous préférons avec vue sur le Strip ou pas. Nous disons « avec » mais on nous fait remarqué que c'est un peu bruyant. Bof, le bruit de la rue, du 10ème étage... Arrivé dans la chambre, nous constatons que le « un peu » est énorme, la musique et surtout les vibrations des basses de l’orchestre sous nos fenêtres font trembler la chambre, et il n'arrêtera qu'à 4h du matin. C'est sans problème qu'on nous échange la chambre contre une autre plus calme.
Sous le chapiteau, l'orchestre - en face le Mirage
La raison pratique de l'emplacement, c'est qu'il est presque en face le Mirage où nous allons voir ce soir un spectacle du Cirque du Soleil : Love. Profitant des remises estivales, nous avons eu 2 places à 50$, même au fond, c'est cadeau. Il y a 2 ans nous avions vu Myster, O et Ka. A comparer, Love est décevant, par la scène souvent partiellement masquée par des rideaux, par les numéros principaux, peu nombreux et assez communs et par l'animation générale du spectacle, trop danse, même si logique avec le thème général sur les Beatles. Mais le Cirque du Soleil reste magique et la mise en scène est du spécial Vegas qui n'a rien à envier aux autres. Il est interdit de filmer et photographier pendant le spectacle. Lors du final, je me risque à filmer avec mon appareil photo... 6 secondes et un placeur vient braquer sa torche sur moi. Arrêt immédiat, mais je peux en extraire une photo pour vous.
Final de Love
Retour sur le Strip :
Vendredi 17 – Retour dans la mortelle vallée

Beaucoup ne font que traverser Death Valley NP, certains osent y passer une nuit. Fait trop chaud en été ! C'est vrai qu'il fait chaud, un peu moins à la mi-septembre. Le thermomètre du visitor center de Furnage Creek à 15h00 affiche seulement 42° à l'ombre.

Nous y avons déjà passé une nuit en 2008, cette fois nous allons en passer deux. Maso ? C'est que dans ce parc immense, il y a d'autre chose à voir que Zabriskie, Dante et Bad Water et Sand Dunes. Et même dans les classiques, nous en avions ratés 2 l'autre année. Nous commençons par là le Twenty Mule Team Canyon. C'est une jolie piste à sens unique dans ce que le désert a de plus désertique, rocher et terre, rien ne pousse, rien ne bouge.
Twenty Mule Team Canyon
Pour continuer, Artist Drive aussi à sens unique. C'est plus animé ici, c'est même très fréquenté, même mal fréquenté. Les gens qui passent ici sont pressés, pressés d'arriver aux points de vue, pressés de stationner, de faire une photo et de repartir sans doute pour quitter au plutôt l'enfer.
Artists Palette
De la-haut, on a le Badwater Basin dans le rétro.
Badwater Basin
Notre principal soucis ensuite est de voir les rangers et de connaître l'état des pistes de l'arrière pays. Notre idée était de rejoindre Racetrack par la Saline Valley road puis la Hidden Valley, mais misère, les orages d'août ont rendu la première complètement inutilisable, même avec un vrai 4x4. Seule solution, la voie classique par le nord, par Ubehebe Crater. Au passage nous notons que l'essence à Furnace est à 4$29 alors que le plus cher que nous ayons trouvé jusqu'à présent était 3$34. Nous logeons à Stovepipe Wells Village. Il y a 3 jours nous avons reçu un mail de l'hôtel nous signalant qu'à la suite d'un incendie, le restaurant est temporairement fermé (encore le feu, cette fois, dans les cuisines). Il faudra aller à Furnace Creek pour manger.
Le temps de s'installer tranquillement, de constater que cette année, la wifi fonctionne dans les chambres, de faire quelques courses indispensables au magasin en face et nous partons à notre rendez-vous. Nous devons retrouver notre loueur de jeep à l'agence Farabee face au Furnace Creek Resort. En fait c'est un tout petit bâtiment où nous attendent 2 dames qui vont tout nous expliquer sur la location et le fonctionnement de la Jeep Colorado réservée pour 24h. L'agence, fermée en été, trop chaud sans doute, vient juste de rouvrir. Et à la tombée de la nuit, nous partons avec ce véhicule tellement haut que nous avons grand peine à y grimper.
Coucher de soleil à Furnace Creek Inn
Samedi 18 – le champ de course des pierres
Tout comme Olympic, Glacier, Dinausor, la Racetrack Playa constitue d'un des lieux majeurs de notre voyage. En 2008, les rangers ne nous avaient pas autorisé à y aller avec la Toyota Higthlander 4WD que nous avions. Principale raison, les pierres de la piste sont très coupante et c'est vrai que j'avais déjà lu beaucoup sur les pneus crevés sur cette piste. Dans ses publicités, Farabee cite la visite du Racetrack comme une des destinations premières avec leurs jeeps de location. Les dames avaient confirmé la fermeture complète de la route que nous souhaitions prendre au départ. Avec elles, nous avions bâti un autre parcours avec un endroit à explorer pour l'après midi.
Après avoir régler au mieux les sièges, tache difficile, nous partons de bonne heure et de bonne humeur vers le nord, 75km de désert jusqu'au cratère de Hubehebe. Au bout la piste, nous nous engageons avec prudence. En route pour 88 km (AR) d'enfer ? Somme toute, rien de bien difficile de rouler sur ces petits cailloux qu'on dit très coupant. Les gros pneus de notre jeep sont de taille à résister, enfin j'espère - en tout cas j'aimerais pas devoir mettre la roue de secours.
Notre Jeep Colorado
Tôle ondulée au départ, par endroit sinueuse, parfois étroite, la piste traverse bientôt des champs de Joshua Trees.
La piste de pierres coupantes et les Joshua Trees.
Vers 10h00, nous atteignons Teakettle Junction, le carrefour des théières porte bien son nom, même si le lieu a perdu de son authenticité tellement certaines semblent tout droit sorties du magasin du coin (quoique, où est-ce qu'il y a un coin, dans le coin ?)
Teakettle Junction
Vingt minutes plus tard, nous sommes au bord du champ de course, un ancien lac de 7km2. La boue séchée laisse une surface absolument plane, exceptée l'île de Grandstand à l'arrivée. Mais il faut aller jusqu'à l'autre extrémité pour voir une curiosité des plus surprenantes au monde : les pierres qui se déplacent toutes seules. C'est sûr qu'on ne les voit pas courir, même que jamais quelqu'un les a vu bouger. Pire, on ne sait pas trop expliquer ce qui déplace ces cailloux dont certains pèsent des dizaines de kg. Les tentatives d'explication sont a peine crédibles, mais ce qui est certain, ici les pierres bougent. Et elles ont laissé des traces de leur parcours. Sur parfois des centaines de mètres, elles ont marqué l'emprunte de leur trajectoire dans la boue qui l'a conservée en séchant. Étonnantes, ces trajectoires qui changent de direction parfois de 90° ou qui décrivent des figures …


Dans l'immensité plane de la playa, cernée de montagnes, sous un ciel tout bleu, dans un silence total, c'est un moment d'isolement au milieu du mystère, loin des nuées de touristes.
En repartant vers 11h30, nous pensions avoir été les seuls visiteurs aujourd'hui. Erreur, à Teakettle Junction nous croisons une autre jeep. Une pause au retour au Hubehebe Crater, mais nous l'avions déjà vu. Où trouver un endroit à l’ombre par ici pour pique-niquer ? Impossible, non ! nous somme assez proche du Scottis Castle et son oasis, là il y a des tables à l'ombre des grands arbres. Nous en profiterons pour faire un tour au visitor center local.
Pour l'après-midi, plutôt que d'aller au Eureka Dunes, nous décidons de refaire le Titus Canyon qui nous avait beaucoup plu il y a 2 ans, un vrai baptême de la piste pour nous qui ne connaissions que Monument Valley et Carizo Plain. Mais d'abord faire le plein et pour cela nous allons à Beatty, c'est tout proche du début de la piste. Avec de l'essence à 2$73, ce sera une économie sur le plein final. Passage obligé à la ville fantôme de Rhyolite, pas rassurant.
La piste du Titus Canyon commence par une longue ligne droite de tôle ondulée, ce n'est pas la partie intéressante. Puis elle monte en lacet vers le col de Red Pass, le passage le plus difficile, avec des ornières et des cailloux.
Juste après Red Pass
Dans la descente, nous rencontrons un des sympathiques habitants des lieux : un serpent à sonnette se fait doré au soleil au milieu de la piste. Il n'a pas l'air décidé de bouger, j'essaie de bien passer les roues de chaque coté pour ne pas l'écraser.
Notre seule rencontre !
Réussi, mais le rattlesnake s'est mis en boule, près à ce défendre contre le monstre qui l'a réveillé. Ensuite, on peut voir le village fantôme de Leadfield puis des pétroglyphes. La fin de la descente est longue avant d'arriver dans les magnifiques lacets du Titus canyon.
Dans le Titus Canyon
Un arrêt dans les dunes à l'Historic Stovepipe Well, le seul point d'approvisionnement d'eau à l'époque de l'exploitation des mines. En parlant d'approvisionnement, il faut faire le plein avant de rendre la voiture, à la pompe de Stovepipe village (3$40), plutôt qu'à Furnace Creek. Il fait nuit lorsque nous retrouvons nos 2 dames de Farabee pour leur remettre les clés et leur signaler « no problem ». Mais que ce 4x4 aurait été bien sur Cottonwood Road !!!
Dimanche 19 – Les collines à western
En sortant de Death Valley par l'ouest, on arrive à Lone Pine. Pour beaucoup, ce n'est qu'un lieu de passage, voire de couchage. Mais là se trouve, au pied des sommets de la Sierra Nevada, un tas de rochers connus sous le nom de Alabama Hills.
Alabama Hills, au pied de la Sierra Nevada
Dans ce dédale de rocs gris furent tournés une pléiade de western (films et TV) de la fin du muet à l'arrivée de la couleur. Une plaque à l'entrée de la piste rappelle tous les grands noms qui s’illustrèrent dans les combats et chevauchées sauvages, comme Garry Cooper, Humphrey Bogart et immanquable John Wayne. La promenade dans le site manque toutefois d'informations pour localiser les différents lieux. Alabama hills est aussi visité pour sa douzaine d'arches dont les plus célèbres sont Mobius Arch et Eye of Alabama.
Mobius Arch
Eye of Alabama
Indian Family
Dans la partie sud des collines ont été tournés les épisodes de Tremors. En fait il est difficile d'imaginer dans ces lieux les territoires des vers de terre géants. Au visitor center, on nous avait recommandé de faire un tour à 1/2h de route à 8000 pieds dans les montagnes voisines. La montée dans la Sierra Nevada est aisée et arrivé à la fin de la route, il y a plein de monde. On est dimanche, de nombreuses familles des environs sont venus passer le week-end ou quelques heures dans la fraicheur de la forêt en altitude, qui en randonnée, qui à la pêche, qui seulement pour manger. Le site de Withney Portal, même avec beaucoup de monde, est très agréable. Nous pique-niquons près d'un petit étang, entre un écureuil qui fait ses provisions pour l'hiver et une cascade.
Au retour, la vue sur la vallée permet de voir l'ensemble des Alabama Hills telles qu'on a du mal à se les représenter quand on déambule dans les labyrinthes de rochers.
Les Alabama Hills, vues d'en haut
Soirée et nuit à Mammoth Lake. Parti avec 40° de Death Valley le matin, arrivée autour de 5° près des stations de ski. Un agréable restaurant : le Slocums Grill.
Lundi 20 – Les classiques, Mono, Bodie et Tioga.
C'est une des étapes les plus classiques des circuits qui partent ou arrivent à San Francisco en été, et qui incluent Yosemite et Death Valley. Donc, allons voir ce que tout le monde arrête voir. Tout d'abord le Mono Lake et ses concrétions d'argile appelées tufa. Ce lac servit un temps à alimenter en eau la lointaine Los Angelès jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on le vidait ! Il y a différents points de vue sur les formations de Tufa, le principal est au sud. Une balade de 3/4h jusqu'au bord de l'eau permet d'admirer ces curieux pics émergeant du lac et une faune ailée impressionnante.
Mono Lake
La route que nous suivons traverse Lee Vining puis longe le lac au nord pour tourner à gauche sur une piste de 16 km vers la ville fantôme de Bodie. Perdue dans les montagnes, c'est ce qu'il reste d'une ville minière qui compta jusqu'à 10 000 habitants lors de la ruée vers l'or à la fin du XIXème.
Bodie
Désertée dans les années 30, après plusieurs incendies, il reste environ 5% des bâtiments d'époque.

Moins lugubre que Rhyolite, la promenade est agréable au milieu des bâtiments en bois. Numéroté, l'histoire de chacun est racontée sur le guide remis à l'entrée (ce n'est pas un parc d'état, entrée chère)
Parfois assez bringuebalant
Déjeuner à Lee Vining puis route vers Yosemite. La route par la Tioga Pass, ouverte de juin à octobre, relie les deux cotés de la montagne.
Après tout ce que nous venons de voir depuis 4 semaines, elle ne présente pas beaucoup d’intérêt. Joli lac de haute montagne, quelques vues sur les sommets, les rochers et la forêt, sans plus.
Nous rejoignons Oakhurst en traversant Yosemite vers la sortie de Mariposa Grove, par des lieux visités en mai 2008.
Mardi 21 – Le parc en feu
Le programme du jour inclus les parcs nationaux de King Canyon et de Sequoia. La route qui conduit à l'entrée nord traverse des immensités de plantations d'arbres fruitiers, pêches, abricots, oranges, citrons … mais il n'est pas évident de trouver une station pour faire un plein, nécessaire car à l'intérieur du ou plutôt des parcs, il n'y a pas de station. L'entrée par Big Stump se fait après une longue montée. Il s'agit d'une petite enclave du King Canyon National Parc dans la Sequoia National Forest.
La principale attraction ici, c'est le General Grant, géant parmi les géants du bosquet de séquoias : vieux de 1700 ans, haut de 82m, 33m de circonférence à la base, 12 m de diamètre.
Le Général du King Canyon
S'il y a beaucoup de monde ici et au visitor center du village voisin, bien peu s'aventurent plus loin. Et pourtant... La route 180 traverse le Giant Sequoia National Monument vers la Kings Canyon scenic byway. La longue descente en lacets bordée de yuccas offre des vues superbes – mieux que la Tioga Pass. Mais quel est ce brouillard à l'horizon ? Encore un feux de forêt et nous allons dans sa direction. Au parking d'un point de vue, un panneau donne le périmètre de la zone d'incendie et les pistes fermées. La route 180 et la Kings river sont en limite.
La zone d'incendie en rouge - notre route, la 180, longe au nord
Bon, on verra bien plus loin... et plus loin nous trouvons un groupe de véhicules de pompiers (pas rouges, mais verts les camions de pompiers des forêts nationales américaines) et les rangers. Ils ne disent rien aux quelques touristes comme nous qui passons à coté d'eux au ralenti. Peu après, des arbres fument juste de l'autre coté de la rivière. On continu.
Fumées inquiétante juste de l'autre coté de la rivière
L'entrée du Kings Canyon National Park (partie principale) est juste avant Cedar Grove Village. La plupart des campings près de la route sont fermés, mais il y en a au moins un d'ouvert. Le long de la rivière, il y a plusieurs points de vue. Mais dans un atmosphère enfumé et un brouillard de plus en plus épais, nous n'arrêtons qu'à la fin de la route, endroit plus dégagé, pour revenir rapidement dans un lieu plus rassurant. Par moment nous voyons que le feux n'est pas bien loin dans les montagnes.

Au retour, après des arrêts à Grizzly Falls et à Yucca Point, nous rejoignons le Sequoia National Park en prenant le raccourci de Hume Lake. C'est du genre raccourci qui rallonge, mais un coin tranquille pour pique-niquer.
Grizzly Falls, pas beaucoup d'eau en septembre
Dans la traversée de ce dernier parc, l'attraction majeure est le General Sherman, concurrent de Grant avec ses 2200 ans, 84m de haut et 31m de circonférence. Il est considéré comme l'arbre le plus imposant du monde de par son tronc de 1487 m3 (Grant n'en fait que 1320).
Le Géneral de Sequoia NP
L'aventure se terminerait là si la chance n'avait pas voulu qu'une maman ourse et ses 2 oursons se promènent tout prêt de la route à notre passage. Nous sommes arrêter au premier rang, d'autres voitures viendront ensuite. Un des oursons traverse en courant devant nous. Les appareils photo étaient prêts.
Plusieurs minutes de rencontre inatendue
Après quelques derniers séquoias, la sortie du parc est une longe descente ; destination le Super 8 de Visalia.
Mercredi 22 – repos
Nous avions prévu de faire un tour dans la partie sud du Giant Sequoia National Monument, la moins visitée. Mais, depuis le Chandelier jusqu'au General Sherman, nous sommes rassasiés des géants de la forêt. Il nous manque quelques cadeaux, un grand tour dans les magasins de Visalia Mail, ça change de la nature. Puis la route de Bakerfield, pas l'autoroute mais la 65 qui après les alignements de fruitiers passe par des lieux plus sauvages avant de traverser les champs de pétrole.

Le Best Western Crystal Palace de Bakerfield est un délice. Notre chambre au rez de chaussée donne directement dans un grand patio avec palmiers autour de la piscine. De quoi passer un après midi de tout repos.
La piscine du Best Western Crystal Palace
Jeudi 23 – Good bye America
La route vers l'aéroport, la restitution de la voiture, l'enregistrement puis la dépose des bagages. Il reste du temps pour faire encore quelque achats. Embarquement à 15h30, nous avons pris des places premium voyageur, plus confortables pour tenter de dormir au retour.
Voir aussi en 2009, 11000 km du sud de l'Arizona au sud Dakota, Wyoming l'Idaho et le Nevada http://voyageforum.com/v.f?post=2697683;
Première partie, de San Francisco à Kalispell

Lundi 23 Août – Droit vers la faille
Départ de Nantes à 7h15, escale à Roissy, arrivée à San Francisco avant 13h, passage en douane rapide, longue attente pour récupérer les valises (il faut des premiers et des derniers, là on est dans la deuxième catégorie), longue attente et gros déboire avec NATIONAL (choisi pour éviter ALAMO, mais c'est la même truanderie) et nous partons finalement avec une Chevrolet Equinox. Direction Golden Bridge où nous conduit sans bavure notre vieux TomTom. Le but n'est pas de voir le célèbre pont, il y en a des millions de photos sur internet, même que j'en rajoute une, mais de rejoindre la route n°1 vers notre première destination, le Point Reyes National Seashore.

En chemin, nous arrêtons voir les oiseaux de Bolinas Lagoon. On y découvre une colonie d'éléphants de mer occupés à se dorer au soleil sur un îlot de sable.
Pensionnaires de Bolinas LagoonNous avons perdu trop de temps pour arrêter au Visitor Center de Bear Valley qui ferme à 17h00 ; après avoir déposer les valises au Golden Inn à Inverness, nous partons visiter la péninsule formée par la fin de la plaque ouest de la faille de San Andrea. Sous la pression tectonique, elle s'élève de 3cm par an, mais lors du grand tremblement de terre de 1906, elle s'était élevée de 6m d'un seul coup. Pourvu qu'elle ne bouge pas trop pendant 24h ! Destination, la plage, par l'un des 3 accès aux 20km de la Point Reyes Beach. Plus beaucoup de monde en cette fin d'après-midi, le soleil commence à baisser, le thermomètre à descendre, le vent à se lever et la brume à tomber. Le temps de prendre la température du Pacifique, brrr ! de se remplir les chaussures de sable et en route vers la pointe du phare. Il paraît que c'est un bon lieu d'observation lors de migration des baleines, en avril-mai. En août c'est raté. Et de toute façons, à cette heure là, l'accès au phare est fermé. Par contre le parking final est le point de départ vers l'overlook le plus spectaculaire sur la plage, du haut de la falaise de 150m.
Point Reyes Beach overlookUn petit tour à la pointe de Chimney Rock, déserte, et nous rentrons à Inverness faire les premiers achats, pour le petit déjeuner demain matin et l'indispensable glacière pour la suite du voyage.
Mardi 24 – Drive Thrue Trees
Réveil de très bonne heure, décalage oblige, nous sommes presque prêt à partir lorsque le soleil de lève sur la Tomale Bay, qui est la partie immergée de la faille de San Andrea.
6h00 à Tomale BayNous suivons la route n°1 qui longe la côte. Ici, elle est beaucoup plus sinueuse qu'au sud de San Francisco et elle s'écarte souvent de la mer. Nous passons Bodega Bay, rendue célèbre par Alfred Hitchcock qui y tourna « Les Oiseaux », d'après un roman de Daphné Du Maurier. Quelques belles plages, encore un peu embrumées, mais les surfeurs sont déjà à l'ouvrage à 8h du matin.

Déjeuner dans un bon restaurant du port de Fort Bragg. Les huitres de la région ont la forme des huitres creuses et le goût des huitres plates de chez nous. La route n°1 quitte la côte pour rejoindre Leggett et son attraction principale, le Chandelier Tree. Ce séquoia millénaire aux branches en forme de chandelier a été percé pour y permettre le passage des véhicules. Attraction payante, 5$, mais on peut y passer autant de fois qu'on veut, et il y a queue pour voir l'arbre géant de l'intérieur. Notre Equinox passe sans problème. Photo souvenir obligée.

Plus au nord, l'Avenue of the Giants promet d'autres attractions à base de séquoias géants. Sur 30 miles, l'ancienne route, maintenant doublée par la Hwy 101, est parsemée des œuvres plus ou moins naturelles issues de l'imagination des exploitants d'une forêt millénaire pas encore protégée.
Déception, même si la traversée de la forêt est agréable, des promesses issues d'une page internet, seul le Shrine Drive Thrue Tree de Myers Flat mérite l'attention : pour le traverser aussi. Mais l'ouverture dans le tronc est presque naturelle ; plus étroit, là il faut plier les rétros.
Shrine Drive Thrue TreeNous faisons étape au Comfort Inn de Fortuna, un peu avant Eureka. Premier plein d'essence, douloureux.
Mercredi 25 – Les géants des terres ... et des mers
Journée consacrée au Redwood NP et divers states parcs qui s’entremêlent avec. Première étape au Kuchel Visitor Center pour construire avec le ranger de service un programme de visite à notre portée pour la journée. Intéressant, et de plus il nous signale que... mais nous en parlerons plus loin. Tout commence par une randonnée matinale à Lady Bird Johnson Grove. Un mile, plat sauf le début, le chemin déambule parmi les séquoias, plus gros, plus haut ou encore plus rouge ou plus creux les uns que les autres.
Dans la Lady Bird Johnson Grove

La 2ème étape suit la scenic pkwy dans le Prairie Creek State Park avec quelques haltes, en particulier au « Big Tree », comme si ils ne sont pas tous big par ici ? Puis nous rejoignons la côte par la piste Coastal Drive. Beaux points de vue sur un Pacifique bien bleu et plein d'oiseaux marins sur les rochers. Mais c'est un aigle à tête blanche qui capte notre attention.
Le Pacifique vu de la Coastal DriveSur les conseils du ranger, nous nous rendons à Klamath River Overlook. Il y a un peu de monde à ce point de vue qui domine l'océan de près de 600 pieds et tous les yeux sont tournés dans la même direction. Elles sont bien là, 2 baleines batifolent au large, assez proches pour bien les voir aux jumelles, mais trop loin pour en faire la moindre photo, même mon puissant zoom de 10 est ... impuissant. Quittant les géants des mers pour retourner à ceux des bois, sur la route nous arrêtons quelques minutes à Magic Forest pour nous rendre compte qu'il s'agit principalement d'un parc d'attraction pour distraire les enfants. Notre dernière étape importante est la Howland Hill Road dans le Jedediah State Park, 10 km de chemin de terre poussiéreux qui traversent la forêt de sequoias. Très visité, le nuage soulevé par les voitures a fini par couvrir la base des troncs et les fougères le long de la piste, ce qui donne un aspect fantomatique à la forêt.
Jedediah State Park, 10 km de chemin de terre poussiéreux A la sortie notre Chevrolet est couverte de poussière ; si, au gré des pistes, elle changera de couleur, la couche ne fera que s'épaissir de jour en jour. En sortant, nous rejoignons le Travelodge de Medford après un bref passage dans l'Oregon.
Jeudi 26 – Les tubes de lave
Le Lava Beds NM est un des parcs les moins connus de l'ouest américain. A l’extrême nord-est de la Californie, il est à l'écart des circuits même des plus téméraires. Pourtant il offre des visites qu'on ne peut pas faire ailleurs, sauf un petit peu à Crater on the Moon dans l'Idaho : voir des tubes de lave de l'intérieur. Commençons par l'achat du Pass Annuel à l'entrée, ici pas d'électricité – pas de carte bancaire, payement en espèce – les 80 $ nous ouvrirons les portes de 22 entrées de parcs pour une valeur de 216 $. Dire qu'il y en a qui cherche à les revendre! Les 2 signatures nous sont imposées et par la suite, le passeport demandé à de nombreuses reprises, parfois plusieurs fois dans la même journée.

Bon revenons à nos lits de lave. C'est d’ailleurs une des premières choses que l'on voit, une étendue de lave noire qu'on dirait tout juste éteinte. Mais nous fonçons vers le Visitor Center, chercher conseils et lampes. Hé oui, des lampes torches que prête gentiment la jeune ranger à tous les visiteurs. Nous faisons avec elle le point sur les tubes ouverts que nous allons visiter. Un rapide coup d’œil sur le livre d'or pour constater que nous sommes les premiers français à le signer cette année. Et nous partons voir le plus proche, le Mushpot. Descente vers les antres de la terre. Surprise, en pénétrant dans le tube créé par la lave en fusion, le sol est bien lisse et le chemin tracé par la lave est balisé de part et d'autre de guirlandes lumineuses. Nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, en fait vers une sortie bouchée par lave refroidie. Les lampes sont inutiles au début, mais bien vite on est seuls dans le noir.

L'attraction principale du parc est constituée d'une douzaine de lieux disposés autour d'une boucle de 5 km que l'on parcourt en voiture. Tous ne sont pas ouverts à la visite, la ranger nous avait indiqué ceux qui sont fermés cette année. Pas de guirlande lumineuse, pas de sol bien plat, les tubes que nous visitons sont bien plus rustiques et très surprenants, les couloirs se séparent, se retrouvent. La promenade se termine toujours au bout de quelques centaines de mètres.




Plus à l'écart nous allons voir aussi la Valentine Cave puis revenons pique-niquer sur une table à l'ombre près du Mushpot. Le secteur est aussi un haut lieu de la Guerre des Modocs. Toujours la même histoire, une tribu indienne qui avait décidé de refuser l'exil vers une réserve très loin de leur terre natale, et s'était réfugiée dans ces lieux inhospitaliers. En 1872-73, 53 indiens tiennent tête à 500-600 soldats commandés par le général Canby qui y laissa la vie. Les restes des constructions militaires sont encore visibles. Le parc est bordé au nord par le lac Tule qui est une réserve importante pour les oiseaux. Et c'est vrais que des points d'observation aménagés, on en voit des milliers.

Note étape nocturne est à Klamath Falls, motel Cimaron Inn..
Vendredi 27 – Les cratères bleus
Pas de falls à Klamath Falls, mais un grand lac de retenue que la route longe vers le nord, vers LE parc national de l'Oregon : Crater Lake.. Peu de surprise avec cette étendue d'un bleu profond formée par les eaux retenues dans la caldeira du volcan Mazama. La dernière éruption a plus de 4000ans. A plus de 2000m d'altitude, le cratère gigantesque est ceinturé par une route de 53km. Nous en faisons le tour en arrêtant aux différents points de vue.

L'ile Wizard formée par un petit volcan plus récent est accessible en bateau, mais l'accès au bateau nécessite une longue descente sur le bord du lac

Les roches de Sentinel Rok sont une particularité aux couleurs inattendues dans cette région.
Sentinel Rok Plus loin, la petite ile de Phantom Ship, née aussi d'une éruption

Au loin, vers le nord, nous apercevons un feux de forêt, ce n'est que le premier. Si le Crater Lake est bien connu des fans du grand West, il y a plus au nord un site dont bien peu connaissent le nom, le Newberry National Volcanic Monument.
Deux grands lacs aussi créés dans le cratère de volcan, ouverts aux touristes avec camping, plages et bateaux. Ces lacs jumeaux (Paulina et East lakes) sont visibles du haut de Paulina Peack, au bout d'une rude ascension sur une piste caillouteuse où le croisement des voitures n'est pas toujours facile. Mais du haut à 8000 pieds, la vue est splendide sur les lacs et la coulée de lave semble encore fraiche entre les deux.
Paulina et East lakes vus de Paulina Peack En bas, pas de visiteur au Visitor Center où la jeune ranger s'occupe en tricotant. Peu de doc, d'info et de souvenirs. Nous laissons notre trace sur le livre d'or... avant de rejoindre le Best Western de Madras.
Samedi 28 - A en faire trembler Custer dans sa tombe (voir LittleBighorn Battlefield l'an dernier)
Bon sang que j'avais eu du mal a le trouver celui là. J'avais toutefois obtenu une bonne adresse par une connaisseuse de voyage forum, mais le calendrier des PowWow restait désespérément vide dans les secteurs que nous devions visiter – j'étais pas à 200 ou 300 km prêt pour assister à un de ces grands rassemblements indiens, sans trop savoir ce qui s'y passe. Mais à partir du calendrier 2009 j'avais finit par écrire à quelques tribus (e-mail, bien sûr, ils n'en sont plus aux signaux de fumée).
Nous nous rendons dans l'état de Washington chez les Yakamas, à Toppenish. Ici il y a des vignes, sur les bords de la Nashes river, chez les riches récoltants blancs. Et puis il y a la réserve indienne, comme souvent sur les collines incultivables. Mais comme dans beaucoup d'endroit, il y a un casino géré par les indiens, et c'est justement le casino qui organisait le 8ème « Yakama Nation Legends Casino » du 27 au 29 Août. Nous passons à l'hôtel en arrivant, mais surprise , le Best Western réservé est devenu un Day Inn, donc des difficultés à trouver ; il y a bien le Tourism info à proximité, ouvert 7 jours sur 7, mais il est fermé ! Pas de problème à trouver le site du rassemblement, ni à stationner dans un grand près pas très loin de la grande tente d'où proviennent les sons amplifiés par une sono de campagne; Pour l'atteindre, il faut traverser le parking près d'un camp de tentes traditionnelles et de canadiennes modernes. Des « natives » de tout age mangent ou se parent de vêtements très colorés..

Il est environ 14h et nous arrivons à l'aire centrale : sous un grand chapiteau, plus d'une centaine de femmes, d'enfants, d'hommes jeunes et vieux dansent au son des chants et des tambours dont on ignore la provenance. C'est la grande parade, prélude aux compétitions de danse, car les PowWow modernes sont l’occasion de compétitions de danses traditionnelles. Les vêtements sont très colorés, au point que dans un premier temps ils nous semblent de pacotille. Mais en regardant de plus prêt, nous constatons que loin de là, ces vêtements garnis de plumes, de perles, de clochettes, sont d'une grande richesse. Il nous suffira par la suite d'en voir le prix de quelques éléments à vendre pour comprendre que les compétiteurs doivent y consacrer toutes leurs économies.


Autour de la piste, plusieurs rangs de chaises, la plupart vides – réservées aux familles des danseurs, nous ne sommes pas autorisés à les utiliser, pas plus que les tribunes à chaque extrémité. Difficile d'approcher et pas facile de voir entre les gens debout. A propos des gens, il n'y a que des indiens, presque tous en tenue de fête... non pas tous, il y a des jeunes en jeans et tee shirt. Par la suite nous croiserons des blancs, habitants de la ville ou fermiers du coin, mais certainement qu'il n'y a pas de touristes ici, ah mais si, nous !

Les compétitions débutent par les enfants, le 1 à 5 ans, les plus p'tits encadrés par la maman; les juniors de 6 à 12 ensuite – ils semblent déjà tout connaître des danses de leurs ainés.
Ils me font penser à la danse pour faire venir la pluie. Pourvu qu'ils ne la dansent pas celle-là, nous avons eu du beau temps jusque là, on voudrait bien que ça dure, l'an dernier on avait pas été gâtés.
C'est ensuite le tour des femmes... ayant toujours des difficultés pour approcher, nous partons voir sous un barnum voisin où se déroule d'autre compétitions; deux groupes face à face chantent et tapent sur des tambourins en alternance. Nous n'arrivons pas bien à comprendre les règles, il y a une histoire de bâton que le chef ramasse par terre avant de passer la main à l'équipe d'en face. Dans un groupe, deux femmes au milieu, une jeune et une grand mère bien gaillarde battent la mesure en faisant de grands gestes. Si nous n'arrivons pas à comprendre les règles, nous avons aussi du mal à comprendre les subtilités des chants.
Nous faisons un tour des stands qui entourent la grande tente , marchands de bijoux indiens, de vêtements classiques ou de ts, de cd, de produit divers et de l'autre coté, de produits à boire et à manger. Pas d'alcool, d'ailleurs nous croisons souvent la police qui surveille.
Sous le barnum, les compétitions se poursuivent. A notre retour, ce sont les « seniors » qui dansent. On peut approcher un peu plus et voir d'où viennent les chants. Aux 4 coins de la piste, les drums où 8-9 batteurs frappent en rythme et chantent en cœur, chaque groupe à son tour.
Nous constatons aussi que le jury est placé au centre de la piste, chaque notateur suit 2 ou 3 danseurs. La dernière compétition est celle des jeunes « guerriers ». Les tenues tournent vers la démesure avec une débauche de plumes dans le dos (mais que 2 sur la tête). Les danses sont de plus en plus rapides, avec des mouvements tournants et saccadés, des prouesses de gymnastes ... Chaque séquence ne dure pas plus de 3 minutes au bout desquelles les concurrents ressortent épuisés.

En fin d'après-midi, c'est la remise des récompenses, pour les musiciens d'abord, puis pour chaque catégorie de danseurs. Enfin, une famille menée par le présentateur-directeur de cérémonie fait un tour d'honneur, en dansant bien sûr. La piste se vide, la pelouse est comme neuve, les centaines de danseurs qui l'ont piétinée depuis 2 jours n'ont quasiment pas laissés de traces !!! Et demain dimanche, ils recommencent !!! Le soleil rougeoie à l'horizon, nous rentrons à l'hôtel.
Dimanche 29 – Vite avant que ça explose !
Parmi le parcs nationaux que je considérais de moindre intérêt, il y avait le Mt Rainier NP. Le détour par Toppenish le mettait quasiment sur notre itinéraire vers l'étape majeure suivante, le parc Olympic. On allait quand même pas le rater au passage.
Partis avec le beau temps, nous trouvons vite la grisaille en altitude. La splendide route de Stevens Canyon puis le circuit de Paradise sont dans la brume. Et puis c'est dimanche, aux portes de Seattle, il y a foule. Les points de vue ne sont pas extraordinaires, les cascades bien communes. La perspective sur l'ancien glacier de Nisqually est plus originale.
Ancien glacier de NisquallyNous quittons le Mt Rainier avant qu'il explose, car c'est certain, tout comme le Mt St Helens en 1980, ce volcan se réveillera un jour, peut être demain, peut être dans 10 ans, peut être dans 1 000 ans, c'est à dire demain à l'échelle galactique. Nous rejoignons le Chehalis Inn dans la ville du même nom, sur les bord de la I5. Piscine à l'arrivée, mais le mauvais temps du jour ne nous met pas en confiance pour le lendemain. La côte nord du Washington est réputé pour son climat très humide.
Lundi 30 – La forêt des vampires
Hi ! Le soleil est de la partie pour aujourd'hui. L'étape jusqu'à Forks se décline en 3 parties dans la partie ouest du Olympic NP. La première dans la Quinault Rain Forest nous fait traverser une de ces bien curieuses forêts peuplées d'arbres géants couverts de mousse dégoulinante.

Le petit circuit pédestre près du Visitor Center permet de découvrir la densité et la variété de la flore et un curieux habitant, le banana slug...

La deuxième partie longe une côte où les plages de sable sont couvertes de troncs d'arbre. Il faut les chevaucher pour atteindre l'eau. La plus connue de ces plages est sans conteste Ruby Beach avec ses îlots de Abbey.
Ruby BeachAprès une brève visite dans la réserve des indiens Hoh, la troisième partie pénètre dans la Hoh Rain Forest avec au bout de la route, une jolie promenade parmi les arbres couverts de mousse et les buissons de fougère.


Au retour, un Roosevelt Elk nous attend sur le bord de la route. Nous pouvons nous arrêter à quelques métres de lui, en essayant de ne pas l'effrayer.
Roosevelt ElkNous sommes proches de Forks, la ville de Twilight (les amateurs reconnaitrons la forêt – nous, nous en étions restés au Bal des Vampires, mais ici, ce n'est pas la Transylvanie.) En tout cas, Forks a bien profité de cette récente célébrité, à en voir les pubs de la ville. Les commerces aussi, les tarifs s'en ressentent, comme au Pacific Inn où nous passons la nuit.
Mardi 31 – Météo conforme
Après la journée de soleil d'hier, nous ne sommes pas étonnés de trouver la pluie, avec de vrais averses. Trois étapes encore pour la partie nord du parc Olympic, la première vers Sol Duc. Trop humide pour une randonnée matinale vers la cascade du même nom. Une pose à la curieuse piscine de la source chaude avec de nombreux baigneurs sous la pluie.
Plus loin, la compagnie de quelques « dears » sur le bord de la route.
Deuxième partie, la route d'Elwha ; la pluie a cessé et nous marchons jusqu'à la splendide Madison Falls
Madison FallsTroisième étape, l'ascension de Port Angeles vers Hurricane Ridge. Mais dans les nuages, les points de vue sont bien tristounets.
Météo habituelleAu sommet, le magasin de souvenir, sous le Visitor Center, dispose d'un petit self. Nous pouvons manger à l'abri. Rien d'encouragement pour agrémenter l'après midi, nous filons vers Kingston prendre le ferry pour rejoindre le Best Western Alderwood à Lynnwood.
Embarquement à KingstonMercredi 1er Septembre – où sont les cascades du nord ?
Le North Cascades National Park est situé au nord est de Seattle. Il n'est traversé ni pénétré par aucune route, par contre il est séparé en 2 parties par la route 20 qui suit la Skagit River et le lac Diablo.

Peu de choses à voir sans se lancer dans de grandes randonnées, les cascades se limitent à une sur la route, la Gorge Creek Falls.

Le Diablo Dam, barrage qui retient le magnifique Diablo Lake est juste à coté.
Diablo LakeLes principaux sites sont les Overlook sur ce lac aux eaux d'un bleu turquoise et sur la retenue amont de Roos Dam. Le soleil étant revenu, nous sommes heureux de trouver une table à l'ombre et abrité du vent qui a fait son apparition. La North Cascade Scenic Hwy qui longe le parc au sud-est comporte quelques points de vue intéressant à Rain Pass et surtout Washington Pass.

Nous faisons étape à Omak, petite localité perdue près de la réserve indienne de Colville.
Jeudi 2 – Du Washington au Montana
La route est longue pour rejoindre le Montana et les abords du Glacier National Park. Pour rejoindre Kalispell, Google map nous donne 377 miles et 6h30 (sans les poses, visites et achats). C'est compté sans les importants travaux routiers dans la partie finale. Arrêts et ralentissements nous ferrons perdre au moins une heure. La seule véritable attraction sur la route est le Grand Coulée Dam et sont lac de retenue. Ce barrage hydraulique fut le plus grand du monde (hauteur et largeur) à sa construction terminée en 1942.
Grand Coulée DamA Kalispell, logement pour 3 nuits au La Quinta très bien situé pour la suite.
De Glacier National Parc à Canyonland, par Yellowstone, le rodéo de Blackfoot, Dinausor NM et la piste du Little Grand Canyon

Vendredi 3 septembre – Aller-Retour vers le Soleil !
Encore un parc grand comme un département. Le Glacier NP n'est ouvert que 3 mois par an, de la mi-juin à la mi-septembre, du moins la route qui le traverse d'est en ouest et vice-versa : la Going-to-the-Sun Road. L'aller et retour (160km) vers le soleil est le programme de notre premier jour à Glacier. L'entrée du parc est à 50km de Kalispell, la ville la plus proche à l'ouest, mais il existe des logements plus près. L'entrée ouest est double. West Glacier est un village touristique avec divers services et la maison du Canada, car le parc est binational, à cheval sur la frontière américano-canadienne. Mais la véritable entrée est un peu plus loin.

Le Apgar Visitor Center est situé sur la rive du lac McDonald. La route longe ce lac somme toute bien quelconque, puis s'engage dans la forêt en suivant McDonald Creek.
McDonald CreekQuelques cascades et une gentil promenade sur le Nature Trail of Cedar, jalonne cette partie avant d'attaquer la haute montagne.

Même si on ne monte pas très haut ici, les sommets dépassent guère 3000m (comparé au 3700 du col de Rocky Mountain NP) on a vite l'impression d'être en haute montagne. The Loop est un des overlook principaux de la façade ouest : en face, les sommets semblent couverts des premières neiges.
The LoopMais ce virage marque un changement dans l’ascension : route plus étroite et, aïe, travaux avec alternat par feux. Les arrêts qu'ils provoquent et les ralentissements restent supportables. Après la « muraille qui pleure » et quelques lieux caractéristiques, le col de Logan Pass à 2025m dispose d'un parking et d'un Visitor Center très fréquenté. La descente vers l'est semble plus tranquille et après quelques arrêts « point de vue », on rejoint vite les rives du Saint Mary Lake. Nous avons récupéré à l’hôtel une doc sur les bateaux qui font des promenades sur les divers lacs du parc.
En bateau sur le St Mary LakeLa croisière sur le St Mary dure 1h30, – départ toutes les 2h. Le ciel est couvert et il y a du vent, tant pis on y va. Au départ, une jeune ranger donne des explications à la vingtaine de voyageurs. Nous passons près d'une ile, longeons la rive, apercevons un glacier quand soudain, Bear !!! quelqu'un a vu un ours. Tout le monde se tourne dans la direction. Effectivement il y a un ours debout sur une plage, vite jumelles, appareils photos... Le bateau se dirige vers lui, pas trop près, puis tourne pour en faire profiter les passagers assis du mauvais coté. Pas moyen d'en faire une bonne photo, l'ours repart dans la forêt. Plus loin, le bateau s'arrête sur la rive pour une petite promenade de 15 minutes vers les Baring Falls. Les plus courageux partent avec la ranger pour une randonnée de 2h vers St Mary Falls. Il rentrerons avec le bateau suivant.
Revenus à terre, petit tour jusqu'au Visitor Center de l'entrée est du parc. Devant niche une famille de balbuzards visible sur la webcam en ligne sur le site du parc.
Puis nous reprenons la Going-to-the-sun en sens inverse. Quelques arrêts aux points de vue zappés à l'aller, cascades, vue sur le Jackson Glacier … Le premier overlook après Logan Pass offre une vue splendide le flan de montagne nommé Garden Wall et la route qui descend le long.
Garden WallSamedi 4 – Les glaciers, ce qu'il en reste
Le second jours est consacré aux autres sites, Two Medicine et Many Glacier, situés à l'est. Plutôt que de repasser par Going-to-the-sun, nous suivons la route 2 qui contourne le parc par le sud en longeant la voie ferrée - quelques paysages intéressants. En remontant coté est, on arrive d'abord à Two Medicine Lakes, 3 lacs. L'arrivée au second marque la fin de la route. Quelques beaux points de vue et une cascade, ciel bleu mais beaucoup de vent ; nous ne rééditons pas la promenade en bateau.
Two Medicine lakeEn repartant vers le nord, les routes 49 puis 89 traversent des étendues de forêt carbonisée dans la réserve indienne des Blackfeet. Le lieu visité plus au nord se nomme Many Glacier. La route longe le lac Sherburne en pénétrant dans le parc. Rien d'extraordinaire, sauf... Bears, Bears !!! Le temps de le dire, 2 ours traversent la route 30-40m devant nous. Arrivé à l'endroit où ils ont disparu, les fourrés sont trop denses pour les revoir. La route va jusqu'au lac Swiftcurrent. De là on peut voir ce qu'il reste de 5 ou 6 glaciers dont le Grinnell dans l'alignement du lac.
Many Glacier Lake
GrinnellAu parking du Swifcurrent Nature Trail, nous trouvons une table bien abritée du vent pour pic-niquer en compagnie des écureuils. Le retour se fait par la route du soleil, un troisième passage avec des arrêts qu'on avait pas fait la veille. Et avantage, on est samedi, les travaux sont arrêtés. De l'entrée ouest, il nous reste quelque chose à voir, la Camas Road jusqu'au Forest and Fire Nature Trail.
Camas RoadAu dire des rangers, la piste de Inside North Fork, parallèle au départ, n'est pas praticable depuis le dernier incendie.
Dimanche 5 – Yellowstone tel qu'on l'avait quitté en juin 2009
Nous entamons notre descente vers les contrées plus chaudes(?) et pour commencer une journée de route (370 miles) pour une étape au parc des geysers. Un peu de soleil au départ et puis la pluie. Au programme, si on est assez tôt, un arrêt aux Lewis and Clark Caverns.
Qui sont donc ces Lewis et Clark dont on retrouve le nom partout dans le nord-ouest des States ? Pas des héros de série télé, ni des fabricants de jeans mais les chefs de la première expédition américaine à traverser les Etats-Unis par la terre jusqu'à la côte Pacifique de 1804 à 1806. Les explorateurs ne sont jamais passés dans ces cavernes.
Site bien à l'écart des grandes routes, il y a beaucoup de monde en ce dimanche après-midi. Un petit tour au visitor center où une maquette grandeur nature d'un passage de stalactites et -mites donne envie d'en voir plus.
On nous annonce 2 heures de visite et le prochain départ dans 1 heure. Après conciliabule, nous faisons un autre choix : allons dire bonjour aux bisons de Yellowstone.
Arrêt technique au Best Western de West Yellowstone et go vers la rivière du même nom. Il pleut, non il tombe des saletés qui encrasse le pare-brise. Le ciel est très gris, ou plutôt il est jaune, comme disait un collègue autrefois. Le long de la Madison river, la pluie se transforme et c'est de la neige qui tombe lorsque nous atteignons les Norris. Il neige vraiment quand nous arrivons à Canyon Village puis nous arrivons sur les bords de la rivière. Ils sont bien là, tout un troupeau de bisons traverse la route au milieu des voitures dans dans une véritable tempête de neige.
L'an dernier, nous avions quitté Yellowstone le 6 juin sous la neige, 15 mois plus tard, nous le retrouvons sous la neige. Mais en rentrant, le soleil arrive à percer à travers les nuage pour un coucher de soleil hallucinant sur les prés blancs.
Coucher de soleil près de Canyon Village
Lundi 6 - les Bas(s)ins manquantsDébut septembre, c'est encore l'été ? Hier soir la neige, ce matin -5° ! Il faut gratter la glace sur les vitres de la voiture. Mais heureusement, grand soleil, ça va se réchauffer. Le 6 septembre, c'est la fête du travail aux USA, ce qui fait un week-end prolongé pour les « locaux ». Au programme, ce que l'on avait pas vu, volontairement ou pas, lors de nos précédents passages en 2007 et 2009, 8 jours au total. On passe jeter un œil au planning de la Grande Fontaine (voir carnet de l'an dernier), mais la prochaine éruption est prévu vers 3h du matin ; tant-pis. Direction le Grand Prismatic et ses voisins du Midway Geyser Basin.
Avec la différence de température de l'air et de la source chaude, le Grand Prismatic est complètement enfumé, inutile même d'aller le voir d'en haut.
Vapeurs sur le Grand PrismaticPar contre les nuances de bleu des Opal et Turquoise Pool sont magnifiques. Les autres visites nouvelles sont celles de Biscuit Basin et Black Sand Basin, zappées les autres fois au profit de Old Faithfull et la grande balade qui en part. D'autres nuances de bleu, saphir, black opal …

Il faut aller saluer le « vieux fidèle ». En 2007 nous l'avions vu en plein déluge, un orage survenu juste au moment où … mais il fallait se réfugier à l'abri. Une heure plus tard, on était un peu plus loin, de l'autre coté. L'an dernier, on était passé à coté sans s'arrêter. Pour une dernière fois, nous allons le voir de près, du premier rang. Pour ceux qui ne connaissent pas, je joins une photo de ce lieux totalement isolé dans les fin-fonds du Wyoming.
Salle d'attente du Old FaithfullLe nouveau Visitor Center est ouvert. Perdu dans la foule, nous en ressortons bien vite en pensant au préfabriqué où l'on allait autrefois consulter les horaires « probables » des prochaines éruptions. Arrêt à Kepler Cascade, magnifique.

Déjeuner au restaurant de Grant Village, pas mal. Nous y rencontrons un voyage organisé de français qui, en 15 jours de car, visitent le Canada et les USA.
Rebonjour aux bisons sur les bords de la Yellowstone River. Puis nous allons faire la Blacktail Plateau Drive, une piste à sens unique proche de Roosevelt Lodge, en espérant y rencontrer d'autres animaux. Déception. Un tour dans la Lamar Valley. C'est vrai qu'il y a aussi plein de bisons, ils n'étaient pas là lors de nos précédents passages.
Mardi 7 – Quand la capitale mondiale de la patate fait la fête
Destination Blackfoot, dans l'Idaho. Cette petite ville de 11000 habitants entre Idaho Falls et Pocatello se dit la capitale mondiale de la pomme de terre. Il paraît c'est là qu'il s'en cultive le plus au monde. C'est qu'il faut beaucoup de frites pour les restaurants US, chez les Mac et autres hamburgeristes. Il y a là un musée de la pomme de terre où sont présenter la plus grosse patate et la plus longue frite !

Chaque année en septembre, Blackfoot est le lieu durant une semaine de la plus grande foire de l'est Idaho, avec une importante compétition de rodéo. Justement, la finale c'est ce soir et c'est pour ça qu'on est venu. Nous allons acheter nos billets, faire des courses pour la suite et déposer nos valises à l'hôtel. Et nous partons faire une petit tour à la fête. D'abord il faut stationner, il n'y a pas de grand parking, les riverains des rues proches louent quelques mètres carrés de leur gazon, allons y.
Nous entrons par la partie attraction, type foire du Trône, grande roue, montagnes russes et tous ces manèges qui vous mettent les tripes en l'air. Dès l'entrée, nous trouvons la police en train de remonter les bretelles à un forain sur le point de laisser passer un gamin bien trop petit (les tailles mini sont affichées) dans un de ces manèges qui déglinguent la colonne vertébrale. Plus loin, une scène, une sono et des artistes (amateurs) – country, magie, clown se succèdent toute la journée. Les bâtiments de foire se divisent en 2 catégories, ceux des marchants, avec un peu de tout comme chez nous, de la brosse à dent au camping-car, et ceux où sont exposés les choses primées lors des concours du samedi ou dimanche, gâteaux, brodures, coutures, etc. Une allée complète est consacrée au concours de cucurbitacées !
Les Gagnants !Il y a un stand indien où nous discutons un moment avec une dame shoshone car nous y voyons exposés les vêtements admirés la semaine passée au Pow Wow. Elle nous explique d'ailleurs que ça se prononce pawa. La partie restauration et boisson prend un large espace, on y trouve du coca et de la bière (on est pas dans l'Utah), de la cuisine mexicaine (ou texane), italienne, indienne, hamburgienne et bien sûr, frites à volonté.
Pour le rodéo, ou les courses de chevaux des jours précédents, la piste est isolée de la foire par un bâtiment de béton avec des gradins. Vers 19h00, l'accès s'ouvre à ceux qui ont des billets pour le rodéo. Nous choisissons des places au hasard, face aux grilles colorées d'où devraient sortir les taureaux. Un vieux cowboy assis devant nous dit que ce sont les meilleures places (après la sienne). Je ne vous décrirai pas la cérémonie d'ouverture ni les différentes compétions, pour les juniors,
les filles puis les cowboys professionnels, avec les chevaux, les taurillons qu'ils attrapent au lasso, et à la fin les taureaux. Pour chacune, concourent les 10 meilleurs sélectionnés lors des éliminatoires des jours précédents. La nuit est tombée, les photos difficiles à prendre, les vidéos sont mieux. En pleine action, celle que je joins montre à quel point un taureau furieux peut décoller du sol.
Taureau volantLa compétition finie, il n'est pas trop tard pour se restaurer et toutes les attractions tournent à plein.

Durant toute la journée, nous n'avons vu aucun touriste ici, mais des locaux ou des américains des états voisins, fans de rodéo.Mercredi 8 – L'île dans le grand lac salé
Encore une longue route pour rejoindre Vernal, la ville des dinosaures. Et sur la route, Salt Lake City, la capitale mormone de l'Utah. Nous allons faire une halte à Antelop Island State Park. Après avoir cherché un peu trop tôt une route pour nous en approcher, nous finissons par découvrir qu'il suffit de suivre les panneaux, c'est indiqué à partir de l'autoroute.

La route qui s'enfonce dans le lac devient de plus en plus magique au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la rive.

L'île est encore loin, dans la brume, que l'on se retrouve seul au milieu de l'eau. Nous passons au Visitor Center.
La route, vue du Visitor CenterQu'y a t'il à voir ? Un élevage de bisons ! On vient d'en voir plein en liberté. Des randonnées vers les points de vue des sommets, parfois on voit des antilopes ! Pas pour nous. Nous partons vers une plage de Bridger Bay . La plage est large et il y a foule face au parking pour aller se tremper dans l'eau salée.
La plage de Bridger BayIl y a aussi des tables abritées pour pique-niquer.
La route l'après-midi traverse les domaines skiables des jeux olympiques d'hiver de 2002, puis les paysages changent à l'approche de Vernal. Ils deviennent même familiers aux baroudeurs des terres rouges.
Le soir à l'Econolodge, petit accident de lunettes, il faut réparer d'urgence. Comment trouver un opticien? Le garçon à l'accueil de l'hôtel nous conseille d'aller au WalMart Supercenter. Évidemment, on y trouve de tout, dans le magasin ou dans la galerie. Le plus surprenant est la pharmacie à l'intérieur du magasin, entre les légumes et les vêtements, avec consultation sur place !
Jeudi 9 – sur les bords de la Green River
Le Dinosaur National Monument s'étend sur environ 60km, à cheval sur l'Utah et le Colorado en 2 parties distinctes. C'est la partie est, celle du Colorado, que nous allons visiter en premier. On y accède en passant par le village de Dinosaur à 62 km de Vernal, pourtant dans cette partie pas de fossile.
Après le Visitor center, la route de Harpers Corner est jalonnée de points de vue sur les monts voisins, puis sur le canyon de la Green River. Car c'est surtout la Green River qui fait le spectacle ici, à Harpers Corner, mais aussi à Echo Park où nous nous rendons ensuite.
Une descente de 21 km le long et à travers la Pool Creek et le Sand Canyon conduit par une piste facile à l'Echo Park.
Au début, l'Echo Park Road fait penser au Shafer Trail de Canyonland qui nous attend après-demain. A l'arrivée sur les bords de la rivière verte, le lieu est enchanteur au pied du Steamboat Rock.
Steamboat RockNous croisons un groupe arrivé là en rafting qui courre après un canoë mal arrimé. Un coin camping pour les amateurs, des tables pour manger à l'ombre en compagnie d'écureuils... Plusieurs points mérite un arrêt le long de la piste, à l'aller ou au retour. La Whispering Cave, grotte étroite de 10-12m de long, à été provoquée par un affaissement d'une partie de la falaise. Plus haut, une série de pétroglyphes décore le rocher de portraits (?) en pointillé. Nous n'avions jamais rencontré cette méthode de gravure indienne.
Petroglyphes au poinçon ?Le soleil s'est caché derrière les nuages lorsque nous remontons pour faire un tour sur la Yampa Bench Road. La piste est caillouteuse, beaucoup plus désagréable que dans Sand Canyon. Elle mène à 3 Ovelooks éblouissants sur le canyon de la Yampa River qui rejoint la Green River à proximité d'Echo Park : il y a le Castel Park, le Harding Hole et le Wagon Wheel Point. Les méandres de Harding Hole peuvent rivaliser avec les Gooseneks célèbres de l'Utah.
Castel Park Overlook
Harding Hole OverlookLa piste étant mauvaise, le ciel de plus en plus sombre et le réservoir baissant rapidement, nous décidons de rejoindre au plus court la station service du village de Dinosaur. Il reste quelques points de vue sur la route du retour, mais sans commune mesure avec ce qu'on vient de voir. Avant de quitter le parc, nous faisons une agréable rencontre avec un groupe de deers, qui, après s'être écartés des bords de la route à notre approche, s'arrêtent dans un lieu dégagé.

Vendredi 10 – Le petit grand ?
Le soleil est de retour pour de bon (?) En tout cas, il nous accueille au Dinosaur Quarry Visitor Center. Mais nous sommes trop tôt, les rangers n'ont pas encore ouvert et on ne peut rien faire sans eux, sauf attendre. Notre seule ambition ce matin est d'aller voir des vrais fossiles de dinosaures. C'est ici le lieu qui a donné le nom au parc.

Mais depuis un glissement de terrain il y a quelques années, le bâtiment vedette du site est en travaux jusqu'en 2011. En attendant, une navette conduit les visiteurs jusqu'à un petit circuit guidé où nous pourrons voir de bien piètres pétroglyphes et quelques fossiles dont je joins la seule vue de vertèbres du jurassique.
Pas grand chose d'autre à voir !Décevant... Du chemin, on aperçoit les bâtiments en construction. Les travaux ont l'air bien avancés, ce sera ouvert l'an prochain.
Nous n'allons pas plus loin dans ce parc.Nous partons sud-ouest vers les mines de charbon de Price puis Castle Dale pour prendre la piste 401 nommée Green River Cutoff Road. Le GPS nous est d'aucun secours pour trouver l'entrée, les cartes non plus. Après de vaines tentatives, il faut se résoudre à demander aux habitants. Pour s’apercevoir que sur la route 10 d'où nous somme arrivés, la route est indiquée, mais le panneau n'était pas visible dans notre sens. Et nous voilà parti pour plus de 90km de piste qui ne serons pas sans surprise. La première étape après 30km dans un univers désertique s’appelle Wedge Overlook Recreation Area – parking, équipements sommaires et camping déserté en cette période avancée de l'été. Et une vue magnifique sur la San Raphaël River. Du parking, une piste par à droite, une à gauche. Celle de droite devient vite impraticable, celle de gauche conduit au ... je vous le donne en mile, au Little Grand Canyon Overlook. Qu'en est-il donc pour faire concurrence au seigneur des canyons ? Et bien, il faut dire que la vue fait bien penser au célèbrissime fossé du Colorado, si on en oublie les dimensions.
Little Grand CanyonPersonne ici, sauf un couple âgé installé à lire près du bord du précipice. En repartant nous prenons la Buckhorn Draw Road pour descendre traverser la San Raphaël River. Avant le pont, les indiens ont peint sur la falaise. Le Buckhorn Wash Pictograph Panel s'étend sur 50m, ce ne sont pas des pétroglyphes, mais des peintures dont certaines semblent représenter des anges !
Buckhorn Wash PictographCet ensemble vieux de plus de 2000 ans est l’œuvre des peuples de la culture Barrier Canyon. Il y a aussi quelques pétroglyphes fremonts à coté, plus récents de 1000 ans. La suite de la piste suit ensuite une vallée encaissée. Nous y croisons quelques voitures et même nous suivons un moment un camion qui s'arrête tous les miles pour déposer des toilettes de campagne en prévision du marathon qui va se courir ici demain ! Un marathon dans ce désert ! À 50 km du village le plus proche. Il y a déjà du monde d'installé sur le camping près de la ligne de départ (ou d’arrivée). Nous n'avons vu aucun animal sauvage sur ces 90km de piste. Destination finale Green River, la ville, où nous logeons pour la 3ème fois au Ramada. Diner au Taramisk restaurant, avec vue sur la rivière (Green bien sûr) au coucher du soleil.
Samedi 11 – On the Shafer Trail again
Nos visites précédentes à Canyonland avaient été incomplètes. Dead Horse Point lors de notre bref passage en 2005, le survol de l'ensemble du National Park en 2008 (génial) puis une brève visite de Island in the Sky l'après-midi sous la pluie, enfin la descente du Shafer Trail en 2009.
Le passage dans le secteur était une bonne opportunité de revoir dans de meilleures conditions le Grand View Point et quelques autres points de vue et surtout de refaire la plongée du Shafer Trail qui nous avait tant marqué l'an passé. Nous commençons par la grimpette vers la Mesa Arch, splendide le point de vue de l'arche, en début de matinée.
Mesa Arch
A 11h30, au Shafer Canyon Overlook, nous observons la piste à flan de falaise : personne.
Personne au point que dans un virage dessous nous, au deuxième lacet, un deer se promène sur la piste.

Surprenant, l'an dernier il y avait foule dans les 2 sens. Pour s'assurer de la praticabilité, nous allons demander aux rangers du Visitor center voisin si les orages d'été n'ont pas rendu la piste impraticable. Si ce fut le cas en Août, elles sont maintenant roulable. Nous pouvons donc nous lancer dans l'aventure.
Ici, la piste a été réparéeToujours aussi infernale, cette descente du Shafer Trail, avec ses à-pic, ses épingles à cheveux, ses passages étroits et la vue superbe. J'ai l'impression que par endroit, la chaussée est un peu plus dégradée que l'an dernier. Il y a maintenant quelques autres voitures. Des vélos se sont lancés dans la pente aussi et nous en croisons dans l'autre sens, courage, ça va être dur.

Arrivés en bas, il reste les 20km de la Potasse Road avant de retrouver une route digne de ce nom. Là, la piste est vraiment mauvaise, limite limite pour notre Equinox, moins haute de caisse que la GMC de l'an dernier. Quelques passages se font au pas, et même après reconnaissance à pied. Tout fini par passer sans frotter.
Ici, ça passe encore bien !
Dans l'après-midi, Moab n'a pas changé. Toujours de la circulation. Il nous faut trouver l'agence de Farabee's Jep Rentals pour confirmer une réservation, et nous n'avons pas l'adresse (depuis elle est en ligne). Nous finissons par demander dans une station service : c'est à la sortie au sud. L'affaire classée, nous filons vers le Gateway Inn de Blanding.
En 3ème partie, quelques lieux connus mais beaucoup rarement visités :

Dimanche 12 septembre – Marche à l'ombre
En partant de Blanding, la route 95 est toute proche. Cette route, appelée aussi Trail of the Ancients est rarement prise pour rejoindre Moab à Hanksville et au delà Capitol Reef, pas la plus courte, pas grand chose à voir. Enfin pas grand chose à voir, c'est beaucoup dire. Ça commence fort, ça commence mal. Nous quittons l'hôtel de bonne heure. Le premier arrêt est tout proche, Jean Pierre nous a bien expliqué comment visiter le Mule Canyon, stationner en bas, environ 1 km à marcher jusqu'à ? Il nous a pas dis que la descente dans le canyon est à pic, il faudra remonter tout à l'heure. Il est 8h30 quand nous commençons à marcher sur un chemin étroit entre les herbes hautes du fond du canyon. Pas d'eau ici, mais nous traversons souvent le lit du ruisseau à sec. En tout cas, la promenade est agréable avec la fraicheur matinale. Au bout d'un moment, nous pensons que nous ne sommes pas loin, nous avons bien fait plus d'un km. Bon, c'était peut-être 1 mile. Elle doit être juste après le prochain virage, il n'est est rien. Nous avons fait plus de 2 km quand nous décidons de rebrousser chemin. Après plus de la moitié du chemin de retour, nous l’apercevons à gauche. Nous l'avions raté au passage, stupide, il y a un tas de caillou pour marquer l'embranchement. Un peu de montée et nous sommes devant House on Fire, la maison en feu.
House on FireMême si le soleil est maintenant haut, la demeure anasazi n'a pas encore pris sa couleur de feu. La chaleur monte pour la fin de la promenade et il n'y a plus d'ombre. Il est 11h lorsque nous arrivons à la voiture. Petite balade pour beaucoup, dure pour moi.
Le Natural Bridge National Monument n'est pas très loin.

Ce parc de taille moyenne abrite 3 ponts naturels creusés par une ancienne rivière. Ils se visitent en suivant le circuit de 14,5 km d'une route à sens unique qui part juste après le Visitor Center. Des arrêts sont aménagés aux principaux points de vue, plus importants à ceux d'où l'on voit les ponts et aux départs des différents trails. On s'arrête à Sipapu Bridge (2 points de vue),
Sipapu BridgeKachina Bridge puis Owachomo Bridge avec une descente au pied de ce dernier.
Owachomo Bridge Il a un petit air du Landscape du Devil Garden. Nous déjeunons sur une table à l'ombre prêt du visitor center, en compagnie d'un oiseau bleu.
La route 95 longe puis traverse le petit mais spectaculaire canyon d'un rivière dont je retrouve pas le nom.
Elle conduit jusqu'au pont, pas naturel du tout celui-là, sur le Colorado.
A plus de 4h de route de Page, ce pont marque le début du lac Powel. De part et d'autre la vue sur le Colorado reflète le ciel, un ciel en train de se couvrir.
Le Colorado à Hite Crossing BridgeLes coordonnées mémorisées sur notre GPS nous conduisent juste à l'entrée d'une piste à gauche de la 95. Rien d'indiqué, mais ça doit bien être là. Après 2-3 km de chemin de terre plutôt facile, un petit panneau nous signale le lieu: Little Egypt. On est pas sur les bords du Nil, même pas d'un quelconque little grand Nil, pas de pyramide, de sarcophages, mais les alignements de roches ocres et blanches peuvent peut-être faire penser à ceux du temple de Louxor (le vrais, pas celui de Las Vegas) ou d'un autre que nous avons visité il y a 2 ans.
Little EgyptMoi, ça me fais plus penser aux Goblins SP voisin, si ce n'est la couleur. Le soleil, masqué, manque à la fête. En tout cas on peut se promener librement au milieu des ces roches.
Little EgyptEn approchant de Hanksville, nous voyons au loin les fumées d'un incendie, le deuxième. Route vers Capitol Reef que nous traversons sans arrêter. A Torrey, nous repérons le lieu de rendez-vous pour demain matin et filons vers Bicknell où nous avons réservé dans un hôtel qui devrait être bien. L'Aquarius Inn présente pas mal, la chambre est bien, frigo, micro-onde, wifi sans problème, mais, mais la piscine est fermée, bon, pas trop grave. Mais surtout le restaurant, soit disant ouvert 7 jours sur 7 toute l'année, est fermé ! Il faudra retourner les 2 soirs manger à Torrey
Lundi 13 – Les Cathédrales avec Brian
Rendez-vous à 9h au Hondoo Rivers and Trail, face à l'église Mormon de Torrey. Nous y retrouvons Brian qui a préparé son 4x4 pour nous emmener visiter des cathédrales, pas romanes ni gothiques pour un sous. Il faut dire que c'est la 3ème fois que nous venons à Capitol Reef et que les précédentes nous n'avons pas pu accéder à la vallée des cathédrales. Nous étions près à tenter de nous même une troisième fois. Mais Cendryon qui nous a raconté en direct les péripéties de son voyage cette année nous a donné la solution, faire la visite avec un professionnel, en occurrence le dénommé Brian. L'ancien cow boy connait comme sa poche toutes les pistes de la région. Il y met du cœur à l'expliquer de façon compréhensible pour nous, peu permissifs à l'accent rocailleux des gens de l'ouest. Et nous voilà parti avec le soleil vers Cathedral Valley, la backcountry nord du parc. Mais avant, un petit tour sur la Notom jusqu'à un beau point de vue sur la face est de Waterpocket Fold. Ensuite nous prenons la piste à Caineville (dommage, j'aurais apprécié une traversée de la Fremon river). La remontée le long de la Caineville wash road se fait sur une piste que le gros 4x4 Ford avale sans difficulté, pas sur qu'on aurait pu passer avec notre Equinox.
Arrêt au réservoir de bentonite,

Quelques lieux curieux comme par exemple ce rocher qui descend petit à petit d'un sommet en pente. De temps à autre, il glisse un peu plus bas, nous dit Brian.

Puis nous entrons dans Cathedral Valley :

Puis nous arrivons devant le Mur de Jéricho. Au pied se trouvent les 2 attractions majeures de la vallée (au sens de « ce qui attire les gens ») : le Temple of the Sun et le Temple of the Moon.
Temple of the Sun
Temple of the MoonLes Temples du Soleil et de la Lune sont vraiment impressionnants quand on les approche. Il y a aussi les temples des Étoiles par derrière, plus petits puis d'autres plus loin. A coté, il y a la Glass Mountains, curieux rocher fait de plaques de cristal.

Plus loin , quelques vues intéressantes sur des pics volcaniques et d'autres temples dont j'ai oublié le nom.
Traces de volcan
Temples of ???A Harpnet Junction, nous montons au point de vue haut sur Cathedral Valley.
Upper overlookDéjeuner sur place et avançons au Upper South Desert Overlook, de l'autre coté. Le retour l'après-midi se fait par la forêt à l'ouest, par la Thousand Lake Mountain. Quelques passages difficiles, des points de vue à l'infini, des plantes rares.
Nous avions demandé au départ à Brian si nous allions voir des animaux. Sa réponse était plutôt pessimiste, mais pas complètement négative. Avant de rejoindre la route 72, nous croisons une famille de cervidés à l’orée de la forêt.
Sur la route du retour, nous voyons un grand panache de fumée à l'horizon. Un incendie encore, Brian nous dit que cela dure depuis plusieurs semaines, mais que c'est dans un secteur inhabité. Après Loa, un énorme troupeau de vaches dans un immense pré. Notre cow boy en retraite nous dit que l'éleveur local possède 15 000 têtes de bétail, ça nous fait penser à Fernand Raynaud, avec son sketch sur le « pauvre paysan » Diner au Cafe Diablo de Torrey, une très bonne adresse, mais il y a du monde.
Mardi 14 – Les ornières de la Cotonwood
La route 12 qui descend de Torrey à Bryce est souvent considéré comme une des plus belles de l'Utah. C'est notre cinquième passage, l'enchantement n'est plus là, quoique l'endroit où l'on roule sur la ligne de crête est toujours aussi magique et impossible à bien photographier.
Méandre de la 12Destination Cannonville, voir les rangers du visitor center. Question primordiale : la Cottonwood Road est-elle praticable en ce moment. L'an dernier, à la suite de l'orage subit 2 jours avant quand nous étions à Page, la piste était totalement impraticable : nous avions dû supprimer de notre programme plus de 150km de piste. Le ranger essaye de nous dissuader de nous engager dans cette aventure ; il nous montre la photo d'une voiture immergée jusqu'aux rétroviseurs dans la traversée d'un ruisseau en folie. Il avoue toutefois que ça fait plus de trois semaines qu'il n'a pas plu, que le niveau a baissé depuis et que la route est sèche. Bon, on verra bien, on va au moins aller jusqu'au site le plus intéressant qui n'est pas très loin de ce coté. Et la météo est avec nous, il fait beau et ça va durer.
La route est revêtue jusqu'à l'entrée de Kodachrome Basin. A l'embranchement, tout est fait pour dissuader de s'engager sur la piste, mais l'entrée n'est pas barrée. Aller, c'est parti pour environ 93km qui vont s’avérer les plus « hards » du voyage. Le début est plutôt facile et nous arrivons très vite à la rivière : vu le niveau, pas de problème, mais ça aurait pu glisser.
Aujourd'hui, ça passeNous découvrons plus loin les curieuses grilles à bestiaux que l'on passe ou qu'on contourne. Plus loin, certaines seront très hautes. Un arrêt à un point de vue puis plus loin nous bifurquons à gauche vers les arches dénommées depuis 1947 Grosvenor Arch.
Grosvenor Arch.De retour sur la Cottonwood Road, la route se dégrade par endroit : lors des pluies précédentes, les voitures ont laissé l'emprunte de leurs roues dans la terre. Les sillons ainsi creusés sont de plus en plus profonds, trop pour les suivre. Notre Equinox n'a pas une hauteur de caisse suffisante, donc il n'y a qu'une solution, rouler en dehors des sillons. Cette gymnastique atteint sont paroxysme lorsque les espaces entre sillons se réduisent à la largeur des roues. L'essentiel est de ne pas frotter.
Rares voitures rencontrées
Heureusement, ce ne sont que des passages sur quelques centaines de mètres au maximum et il reste des sections plus roulantes entre. Les paysages sont souvent magnifiques. Nous ne sommes pas seuls sur cette piste, mais ce n'est pas la grande affluence.
Un des plus beau point de la cotoonwoodUne pose déjeuner à l'ombre, près qu'un canyon. On avait vu l'ombre, mais pas le canyon. Une famille s'arrête près de nous et part visiter. A leur retour, sur leurs conseils, nous y allons faire une promenade digestive. On y voit de curieux rochers.
Rocher dans le canyonPlus loin, les torrents ont raviner les bas cotés et la piste n'est pas plus large que la voiture. Nous y trouvons un camping-car qui fait demi-tour, que diantre allait faire dans cette galère ! La fin est plus facile, mais les paysages sont moins beaux. A la fin, la route longe la Paria River. Environ 4h30 après y être entré au nord sur la Cottonwood Road, nous en ressortons au sud sur la route 89. A propos, ça ressemble à quoi un cottonwood. Le nom de cet arbre a baptisé de nombreux endroits dans tous les états de l'ouest. En voici une photo.
Cottonwood au bord de la CottonwoodDestination Kanab. Nous logeons au Treasure Trail Motel pour 2 nuits et nous commençons par tester la piscine. Kanab est un haut lieu du western. Des plaques sont plantés sur les trottoirs de la rue principale en souvenir des grands noms du cinéma de cowboy qui ont tourné ici.
A commencer par le grand JohnMercredi 15 – Intrusion en Arizona
L'Arizona, c'est l'état du Grand Canyon, le vrai. On a tendance à oublier, tellement le Colorado a creusé une colossale frontière, que la rive nord est aussi en Arizona – mais pas dans la réserve des navajos. Notre ville étape est à quelques encablures (si toutefois utiliser un terme nautique n'est pas trop déplacé dans cette région désertique) de la North Rim, enfin 130km tout de même). Pas dans les terres navajos, mais ils sont bien là, installés sur un parking, à déballer leurs jewelleries. La route 67 qui conduit au parc traverse ce qui reste d'une forêt brulée récemment.
L'entré du North RimAu poste d'entrée, il y la queue, certainement moins qu'aux entrées du sud, mais en cette mi-septembre, cette rive est très fréquentée. Ce sera confirmé sur tous les parking par la suite. Première étape, le Bright Angel point. Un chemin revêtu y conduit, en bon état mais pas très large et surtout avec de fortes déclivités. Au bout, une vue magnifique sur l'énorme fissure où coule le Colorado... à propos où est-il ? Et bien d'ici on ne le voit pas.
Bright Angel PointPar contre on voit nettement l’incendie qui fait rage dans la forêt sur l'autre rive.
South Rim en feuxDeuxième étape, Point Imperial. C'est le lieu le plus haut, à 2683 m. La vue sur le canyon se double de celle sur le plateau. La brume blanche qui couvre l'horizon est la fumée du feux de l'autre rive. Au premier plan, le Mt Hayden est escaladé par les grimpeurs chevronnés.
Point ImperialTroisième étape, à la pointe, Angel Window (la fenêtre des anges) et Cape Royal d'où on aperçoit la rivière.
Angel Window
Les autres points de vues sont observés au retour. De Walhalla Overlook, on peut voir le Colorado à Unkar Delta, autrefois habité par les Pueblos.
le Colorado à Unkar DeltaLe dernier arrêt sera à Roosvelt Point, pour une vue joliment colorée. Partout nous avons vu du monde, les parkings étaient bien remplis, mais jamais autant qu'en Mai 2005 sur l'autre rive. Le fait que seul Bright Angel soit accessible aux cars réduit le nombre de touristes, la route vers Angel Window est limitée en gabarit et interdite aux camping-cars. Moins de points de vue, généralement au bout d'un peu de marche, on ne peut pas dire qu'il faut visiter la rive droite au lieu de la rive gauche, mais plutôt en complément.
En rentrant nous arrêtons au Liquor Border Store à la frontière de l'Arizona et de l'Utah. Je ne peux pas vous décrire le fouillis de ce magasin d'alcool dont la tenancière d'un age canonique semble tout droit échappée de Salem (MA, pas OR).
Jeudi 16 – Pipe Springs
Pour une foi, nous allons faire une exception et visiter autre chose qu'un site naturel, peut être en préparation de la soirée. La route de Kanab à St Georges passe dans l'Arizona et là se trouve un petit National Monument nommé Pipe Springs.
Il s'agit d'un bâtiment de 1850, occupé par des fermiers mormons, qui fut fortifié par la suite pour se protéger des indiens navajos et piutes.
La cour intérieureLes dépendances se visitent librement, mais le bâtiment principal n'est accessible que guidé par une ranger (sans supplément). Notez que les 4 caves l'an dernier, le bateau à Glacier, c'est toujours une femme ranger qui fait visiter. Mobilier, vaisselle, outils et décorations nous plongent dans la campagne isolée à la fin du XIXème siècle.

A l'extérieur nous voyons de près ces bovidés à grandes cornes que nous avions parfois vus de loin, comme l'an dernier dans le sud Dakota.

Nous visitons aussi des bâtiments annexes
Route vers St Georges, on entrevoit au passage la fameuse église mormone blanche (visitée en 2008). Arrêt déjeuner au buffet de l’hôtel casino Casablanca à Mesquite - nous y avions logé cette année là. Et bientôt au loin, les tours des hôtels du Strip percent la brume ; un regard au GPS, nous sommes encore à plus de 20km.Choisir un hôtel à Las Vegas est toujours sujet à discussion sur le forum, chacun étant certain d'avoir logé dans le meilleur. Ce sera le 5ème pour nous, et pour des raisons pratiques et financières, nous avons choisi l'Imperial Palace, au milieu du Strip. La réception nous demande si nous préférons avec vue sur le Strip ou pas. Nous disons « avec » mais on nous fait remarqué que c'est un peu bruyant. Bof, le bruit de la rue, du 10ème étage... Arrivé dans la chambre, nous constatons que le « un peu » est énorme, la musique et surtout les vibrations des basses de l’orchestre sous nos fenêtres font trembler la chambre, et il n'arrêtera qu'à 4h du matin. C'est sans problème qu'on nous échange la chambre contre une autre plus calme.
Sous le chapiteau, l'orchestre - en face le MirageLa raison pratique de l'emplacement, c'est qu'il est presque en face le Mirage où nous allons voir ce soir un spectacle du Cirque du Soleil : Love. Profitant des remises estivales, nous avons eu 2 places à 50$, même au fond, c'est cadeau. Il y a 2 ans nous avions vu Myster, O et Ka. A comparer, Love est décevant, par la scène souvent partiellement masquée par des rideaux, par les numéros principaux, peu nombreux et assez communs et par l'animation générale du spectacle, trop danse, même si logique avec le thème général sur les Beatles. Mais le Cirque du Soleil reste magique et la mise en scène est du spécial Vegas qui n'a rien à envier aux autres. Il est interdit de filmer et photographier pendant le spectacle. Lors du final, je me risque à filmer avec mon appareil photo... 6 secondes et un placeur vient braquer sa torche sur moi. Arrêt immédiat, mais je peux en extraire une photo pour vous.
Final de LoveRetour sur le Strip :
Vendredi 17 – Retour dans la mortelle vallée

Beaucoup ne font que traverser Death Valley NP, certains osent y passer une nuit. Fait trop chaud en été ! C'est vrai qu'il fait chaud, un peu moins à la mi-septembre. Le thermomètre du visitor center de Furnage Creek à 15h00 affiche seulement 42° à l'ombre.

Nous y avons déjà passé une nuit en 2008, cette fois nous allons en passer deux. Maso ? C'est que dans ce parc immense, il y a d'autre chose à voir que Zabriskie, Dante et Bad Water et Sand Dunes. Et même dans les classiques, nous en avions ratés 2 l'autre année. Nous commençons par là le Twenty Mule Team Canyon. C'est une jolie piste à sens unique dans ce que le désert a de plus désertique, rocher et terre, rien ne pousse, rien ne bouge.
Twenty Mule Team CanyonPour continuer, Artist Drive aussi à sens unique. C'est plus animé ici, c'est même très fréquenté, même mal fréquenté. Les gens qui passent ici sont pressés, pressés d'arriver aux points de vue, pressés de stationner, de faire une photo et de repartir sans doute pour quitter au plutôt l'enfer.
Artists PaletteDe la-haut, on a le Badwater Basin dans le rétro.
Badwater BasinNotre principal soucis ensuite est de voir les rangers et de connaître l'état des pistes de l'arrière pays. Notre idée était de rejoindre Racetrack par la Saline Valley road puis la Hidden Valley, mais misère, les orages d'août ont rendu la première complètement inutilisable, même avec un vrai 4x4. Seule solution, la voie classique par le nord, par Ubehebe Crater. Au passage nous notons que l'essence à Furnace est à 4$29 alors que le plus cher que nous ayons trouvé jusqu'à présent était 3$34. Nous logeons à Stovepipe Wells Village. Il y a 3 jours nous avons reçu un mail de l'hôtel nous signalant qu'à la suite d'un incendie, le restaurant est temporairement fermé (encore le feu, cette fois, dans les cuisines). Il faudra aller à Furnace Creek pour manger.
Le temps de s'installer tranquillement, de constater que cette année, la wifi fonctionne dans les chambres, de faire quelques courses indispensables au magasin en face et nous partons à notre rendez-vous. Nous devons retrouver notre loueur de jeep à l'agence Farabee face au Furnace Creek Resort. En fait c'est un tout petit bâtiment où nous attendent 2 dames qui vont tout nous expliquer sur la location et le fonctionnement de la Jeep Colorado réservée pour 24h. L'agence, fermée en été, trop chaud sans doute, vient juste de rouvrir. Et à la tombée de la nuit, nous partons avec ce véhicule tellement haut que nous avons grand peine à y grimper.
Coucher de soleil à Furnace Creek InnSamedi 18 – le champ de course des pierres
Tout comme Olympic, Glacier, Dinausor, la Racetrack Playa constitue d'un des lieux majeurs de notre voyage. En 2008, les rangers ne nous avaient pas autorisé à y aller avec la Toyota Higthlander 4WD que nous avions. Principale raison, les pierres de la piste sont très coupante et c'est vrai que j'avais déjà lu beaucoup sur les pneus crevés sur cette piste. Dans ses publicités, Farabee cite la visite du Racetrack comme une des destinations premières avec leurs jeeps de location. Les dames avaient confirmé la fermeture complète de la route que nous souhaitions prendre au départ. Avec elles, nous avions bâti un autre parcours avec un endroit à explorer pour l'après midi.
Après avoir régler au mieux les sièges, tache difficile, nous partons de bonne heure et de bonne humeur vers le nord, 75km de désert jusqu'au cratère de Hubehebe. Au bout la piste, nous nous engageons avec prudence. En route pour 88 km (AR) d'enfer ? Somme toute, rien de bien difficile de rouler sur ces petits cailloux qu'on dit très coupant. Les gros pneus de notre jeep sont de taille à résister, enfin j'espère - en tout cas j'aimerais pas devoir mettre la roue de secours.
Notre Jeep ColoradoTôle ondulée au départ, par endroit sinueuse, parfois étroite, la piste traverse bientôt des champs de Joshua Trees.
La piste de pierres coupantes et les Joshua Trees. Vers 10h00, nous atteignons Teakettle Junction, le carrefour des théières porte bien son nom, même si le lieu a perdu de son authenticité tellement certaines semblent tout droit sorties du magasin du coin (quoique, où est-ce qu'il y a un coin, dans le coin ?)
Teakettle JunctionVingt minutes plus tard, nous sommes au bord du champ de course, un ancien lac de 7km2. La boue séchée laisse une surface absolument plane, exceptée l'île de Grandstand à l'arrivée. Mais il faut aller jusqu'à l'autre extrémité pour voir une curiosité des plus surprenantes au monde : les pierres qui se déplacent toutes seules. C'est sûr qu'on ne les voit pas courir, même que jamais quelqu'un les a vu bouger. Pire, on ne sait pas trop expliquer ce qui déplace ces cailloux dont certains pèsent des dizaines de kg. Les tentatives d'explication sont a peine crédibles, mais ce qui est certain, ici les pierres bougent. Et elles ont laissé des traces de leur parcours. Sur parfois des centaines de mètres, elles ont marqué l'emprunte de leur trajectoire dans la boue qui l'a conservée en séchant. Étonnantes, ces trajectoires qui changent de direction parfois de 90° ou qui décrivent des figures …


Dans l'immensité plane de la playa, cernée de montagnes, sous un ciel tout bleu, dans un silence total, c'est un moment d'isolement au milieu du mystère, loin des nuées de touristes.
En repartant vers 11h30, nous pensions avoir été les seuls visiteurs aujourd'hui. Erreur, à Teakettle Junction nous croisons une autre jeep. Une pause au retour au Hubehebe Crater, mais nous l'avions déjà vu. Où trouver un endroit à l’ombre par ici pour pique-niquer ? Impossible, non ! nous somme assez proche du Scottis Castle et son oasis, là il y a des tables à l'ombre des grands arbres. Nous en profiterons pour faire un tour au visitor center local.
Pour l'après-midi, plutôt que d'aller au Eureka Dunes, nous décidons de refaire le Titus Canyon qui nous avait beaucoup plu il y a 2 ans, un vrai baptême de la piste pour nous qui ne connaissions que Monument Valley et Carizo Plain. Mais d'abord faire le plein et pour cela nous allons à Beatty, c'est tout proche du début de la piste. Avec de l'essence à 2$73, ce sera une économie sur le plein final. Passage obligé à la ville fantôme de Rhyolite, pas rassurant.
La piste du Titus Canyon commence par une longue ligne droite de tôle ondulée, ce n'est pas la partie intéressante. Puis elle monte en lacet vers le col de Red Pass, le passage le plus difficile, avec des ornières et des cailloux.
Juste après Red PassDans la descente, nous rencontrons un des sympathiques habitants des lieux : un serpent à sonnette se fait doré au soleil au milieu de la piste. Il n'a pas l'air décidé de bouger, j'essaie de bien passer les roues de chaque coté pour ne pas l'écraser.
Notre seule rencontre !Réussi, mais le rattlesnake s'est mis en boule, près à ce défendre contre le monstre qui l'a réveillé. Ensuite, on peut voir le village fantôme de Leadfield puis des pétroglyphes. La fin de la descente est longue avant d'arriver dans les magnifiques lacets du Titus canyon.
Dans le Titus CanyonUn arrêt dans les dunes à l'Historic Stovepipe Well, le seul point d'approvisionnement d'eau à l'époque de l'exploitation des mines. En parlant d'approvisionnement, il faut faire le plein avant de rendre la voiture, à la pompe de Stovepipe village (3$40), plutôt qu'à Furnace Creek. Il fait nuit lorsque nous retrouvons nos 2 dames de Farabee pour leur remettre les clés et leur signaler « no problem ». Mais que ce 4x4 aurait été bien sur Cottonwood Road !!!
Dimanche 19 – Les collines à western
En sortant de Death Valley par l'ouest, on arrive à Lone Pine. Pour beaucoup, ce n'est qu'un lieu de passage, voire de couchage. Mais là se trouve, au pied des sommets de la Sierra Nevada, un tas de rochers connus sous le nom de Alabama Hills.
Alabama Hills, au pied de la Sierra NevadaDans ce dédale de rocs gris furent tournés une pléiade de western (films et TV) de la fin du muet à l'arrivée de la couleur. Une plaque à l'entrée de la piste rappelle tous les grands noms qui s’illustrèrent dans les combats et chevauchées sauvages, comme Garry Cooper, Humphrey Bogart et immanquable John Wayne. La promenade dans le site manque toutefois d'informations pour localiser les différents lieux. Alabama hills est aussi visité pour sa douzaine d'arches dont les plus célèbres sont Mobius Arch et Eye of Alabama.
Mobius Arch
Eye of Alabama
Indian FamilyDans la partie sud des collines ont été tournés les épisodes de Tremors. En fait il est difficile d'imaginer dans ces lieux les territoires des vers de terre géants. Au visitor center, on nous avait recommandé de faire un tour à 1/2h de route à 8000 pieds dans les montagnes voisines. La montée dans la Sierra Nevada est aisée et arrivé à la fin de la route, il y a plein de monde. On est dimanche, de nombreuses familles des environs sont venus passer le week-end ou quelques heures dans la fraicheur de la forêt en altitude, qui en randonnée, qui à la pêche, qui seulement pour manger. Le site de Withney Portal, même avec beaucoup de monde, est très agréable. Nous pique-niquons près d'un petit étang, entre un écureuil qui fait ses provisions pour l'hiver et une cascade.
Au retour, la vue sur la vallée permet de voir l'ensemble des Alabama Hills telles qu'on a du mal à se les représenter quand on déambule dans les labyrinthes de rochers.
Les Alabama Hills, vues d'en hautSoirée et nuit à Mammoth Lake. Parti avec 40° de Death Valley le matin, arrivée autour de 5° près des stations de ski. Un agréable restaurant : le Slocums Grill.
Lundi 20 – Les classiques, Mono, Bodie et Tioga.
C'est une des étapes les plus classiques des circuits qui partent ou arrivent à San Francisco en été, et qui incluent Yosemite et Death Valley. Donc, allons voir ce que tout le monde arrête voir. Tout d'abord le Mono Lake et ses concrétions d'argile appelées tufa. Ce lac servit un temps à alimenter en eau la lointaine Los Angelès jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on le vidait ! Il y a différents points de vue sur les formations de Tufa, le principal est au sud. Une balade de 3/4h jusqu'au bord de l'eau permet d'admirer ces curieux pics émergeant du lac et une faune ailée impressionnante.
Mono Lake
La route que nous suivons traverse Lee Vining puis longe le lac au nord pour tourner à gauche sur une piste de 16 km vers la ville fantôme de Bodie. Perdue dans les montagnes, c'est ce qu'il reste d'une ville minière qui compta jusqu'à 10 000 habitants lors de la ruée vers l'or à la fin du XIXème.
BodieDésertée dans les années 30, après plusieurs incendies, il reste environ 5% des bâtiments d'époque.


Moins lugubre que Rhyolite, la promenade est agréable au milieu des bâtiments en bois. Numéroté, l'histoire de chacun est racontée sur le guide remis à l'entrée (ce n'est pas un parc d'état, entrée chère)
Parfois assez bringuebalant Déjeuner à Lee Vining puis route vers Yosemite. La route par la Tioga Pass, ouverte de juin à octobre, relie les deux cotés de la montagne.
Après tout ce que nous venons de voir depuis 4 semaines, elle ne présente pas beaucoup d’intérêt. Joli lac de haute montagne, quelques vues sur les sommets, les rochers et la forêt, sans plus.
Nous rejoignons Oakhurst en traversant Yosemite vers la sortie de Mariposa Grove, par des lieux visités en mai 2008.Mardi 21 – Le parc en feu
Le programme du jour inclus les parcs nationaux de King Canyon et de Sequoia. La route qui conduit à l'entrée nord traverse des immensités de plantations d'arbres fruitiers, pêches, abricots, oranges, citrons … mais il n'est pas évident de trouver une station pour faire un plein, nécessaire car à l'intérieur du ou plutôt des parcs, il n'y a pas de station. L'entrée par Big Stump se fait après une longue montée. Il s'agit d'une petite enclave du King Canyon National Parc dans la Sequoia National Forest.
La principale attraction ici, c'est le General Grant, géant parmi les géants du bosquet de séquoias : vieux de 1700 ans, haut de 82m, 33m de circonférence à la base, 12 m de diamètre.
Le Général du King CanyonS'il y a beaucoup de monde ici et au visitor center du village voisin, bien peu s'aventurent plus loin. Et pourtant... La route 180 traverse le Giant Sequoia National Monument vers la Kings Canyon scenic byway. La longue descente en lacets bordée de yuccas offre des vues superbes – mieux que la Tioga Pass. Mais quel est ce brouillard à l'horizon ? Encore un feux de forêt et nous allons dans sa direction. Au parking d'un point de vue, un panneau donne le périmètre de la zone d'incendie et les pistes fermées. La route 180 et la Kings river sont en limite.
La zone d'incendie en rouge - notre route, la 180, longe au nordBon, on verra bien plus loin... et plus loin nous trouvons un groupe de véhicules de pompiers (pas rouges, mais verts les camions de pompiers des forêts nationales américaines) et les rangers. Ils ne disent rien aux quelques touristes comme nous qui passons à coté d'eux au ralenti. Peu après, des arbres fument juste de l'autre coté de la rivière. On continu.
Fumées inquiétante juste de l'autre coté de la rivièreL'entrée du Kings Canyon National Park (partie principale) est juste avant Cedar Grove Village. La plupart des campings près de la route sont fermés, mais il y en a au moins un d'ouvert. Le long de la rivière, il y a plusieurs points de vue. Mais dans un atmosphère enfumé et un brouillard de plus en plus épais, nous n'arrêtons qu'à la fin de la route, endroit plus dégagé, pour revenir rapidement dans un lieu plus rassurant. Par moment nous voyons que le feux n'est pas bien loin dans les montagnes.

Au retour, après des arrêts à Grizzly Falls et à Yucca Point, nous rejoignons le Sequoia National Park en prenant le raccourci de Hume Lake. C'est du genre raccourci qui rallonge, mais un coin tranquille pour pique-niquer.
Grizzly Falls, pas beaucoup d'eau en septembreDans la traversée de ce dernier parc, l'attraction majeure est le General Sherman, concurrent de Grant avec ses 2200 ans, 84m de haut et 31m de circonférence. Il est considéré comme l'arbre le plus imposant du monde de par son tronc de 1487 m3 (Grant n'en fait que 1320).
Le Géneral de Sequoia NPL'aventure se terminerait là si la chance n'avait pas voulu qu'une maman ourse et ses 2 oursons se promènent tout prêt de la route à notre passage. Nous sommes arrêter au premier rang, d'autres voitures viendront ensuite. Un des oursons traverse en courant devant nous. Les appareils photo étaient prêts.
Plusieurs minutes de rencontre inatendueAprès quelques derniers séquoias, la sortie du parc est une longe descente ; destination le Super 8 de Visalia.
Mercredi 22 – reposNous avions prévu de faire un tour dans la partie sud du Giant Sequoia National Monument, la moins visitée. Mais, depuis le Chandelier jusqu'au General Sherman, nous sommes rassasiés des géants de la forêt. Il nous manque quelques cadeaux, un grand tour dans les magasins de Visalia Mail, ça change de la nature. Puis la route de Bakerfield, pas l'autoroute mais la 65 qui après les alignements de fruitiers passe par des lieux plus sauvages avant de traverser les champs de pétrole.

Le Best Western Crystal Palace de Bakerfield est un délice. Notre chambre au rez de chaussée donne directement dans un grand patio avec palmiers autour de la piscine. De quoi passer un après midi de tout repos.
La piscine du Best Western Crystal Palace Jeudi 23 – Good bye America
La route vers l'aéroport, la restitution de la voiture, l'enregistrement puis la dépose des bagages. Il reste du temps pour faire encore quelque achats. Embarquement à 15h30, nous avons pris des places premium voyageur, plus confortables pour tenter de dormir au retour.
Voir aussi en 2009, 11000 km du sud de l'Arizona au sud Dakota, Wyoming l'Idaho et le Nevada http://voyageforum.com/v.f?post=2697683;
Hôtel Decameron Salinitas au Salvador: à quel prix? English translation pending
Bonjour à tous et merci de me lire.
Voilà, notre décision est prise et nous partons au El Salvator pour 2 semaines a l'hotel Decameron Salinitas vers le 17 janvier 2011. Nous avons trouvé un forfait au départ de Montreal à $1614.
Est-ce un bon prix? Comment avez vous payez?
Nous sommes pret à acheter dans les jours prochains.
Merci beaucoup!
Gaston
Voilà, notre décision est prise et nous partons au El Salvator pour 2 semaines a l'hotel Decameron Salinitas vers le 17 janvier 2011. Nous avons trouvé un forfait au départ de Montreal à $1614.
Est-ce un bon prix? Comment avez vous payez?
Nous sommes pret à acheter dans les jours prochains.
Merci beaucoup!
Gaston
Piège à éviter à la frontière Turquie/Iran de Barzargan English translation pending
Bonjour a tous
Si vous voyager en camion, camping-car ou autre vehicule d europe vers l iran une petite arnaque a la frontiere de Bazargan est a eviter :
- a peine passer la frontiere un ou deux hommes( un petit gros et un grand assez costaud)en civil vous prendrons en charge au debut on pense que c est leurs jobs;qu ils sont la pour ca
et la commence l arnaque :
- ils vont vous faire passer devant tout le monde pour tamponner les visas en pretextant que vous etes invitez et contre quelques billets aussi - Ensuite, ils vont vous enmenez dans divers bureau pour l immatriculation du vehicule, qui a l inverse de leurs dire n est obligatoire a changer que si un homme en tenue militaire vous donne un papier et l assurance du vehicule n est pas obligatoire - ensuite ils vont vous menez au bureau pour faire verifier le carburant ; ici aussi quelques billets doivent sortir - puis derniere arnaque, ils vous enmennent a l assurance (de leur choix et privee) et vont vous faire payer une somme extravagante (pour nous 85 euro pour 10 jours ) et a la fin ils nous redemendent de l argent pour leurs aide; la on a refuser
tous ca peut etre eviter en gardant votre CPD avec vous et ne le confier a personne vous perdrez un peu plus de temps mais pas d argent pour l assurance pas obligatoire mais recommendee vu la conduite iranniene roulez jusqu a tabriz et choisissez une assurance nationale qui conte 8 fois moins chere ou trouvez l office du tourisme de la ville qui est tenu pas Nasser , tres honnete et qui parle francais, il vous aidera pour l assurance> Voila ca nous a coute 150 euro tout ca Bonne route a tous
- a peine passer la frontiere un ou deux hommes( un petit gros et un grand assez costaud)en civil vous prendrons en charge au debut on pense que c est leurs jobs;qu ils sont la pour ca
et la commence l arnaque :
- ils vont vous faire passer devant tout le monde pour tamponner les visas en pretextant que vous etes invitez et contre quelques billets aussi - Ensuite, ils vont vous enmenez dans divers bureau pour l immatriculation du vehicule, qui a l inverse de leurs dire n est obligatoire a changer que si un homme en tenue militaire vous donne un papier et l assurance du vehicule n est pas obligatoire - ensuite ils vont vous menez au bureau pour faire verifier le carburant ; ici aussi quelques billets doivent sortir - puis derniere arnaque, ils vous enmennent a l assurance (de leur choix et privee) et vont vous faire payer une somme extravagante (pour nous 85 euro pour 10 jours ) et a la fin ils nous redemendent de l argent pour leurs aide; la on a refuser
tous ca peut etre eviter en gardant votre CPD avec vous et ne le confier a personne vous perdrez un peu plus de temps mais pas d argent pour l assurance pas obligatoire mais recommendee vu la conduite iranniene roulez jusqu a tabriz et choisissez une assurance nationale qui conte 8 fois moins chere ou trouvez l office du tourisme de la ville qui est tenu pas Nasser , tres honnete et qui parle francais, il vous aidera pour l assurance> Voila ca nous a coute 150 euro tout ca Bonne route a tous
Jeu des photos, nouvel épisode English translation pending
Une nouvelle énigme à trouver. Peut-être un peu difficile... Enfin je crois.
Quel est ce bâtiment ? Où se trouve-t-il ?
Quel est ce bâtiment ? Où se trouve-t-il ?
Cinq jours à Hong Kong: visites en priorité? English translation pending
Bonjour,
Je pars à HKG avec ma femme du 25 octobre au 1er novembre. Nous serons situé vers Tai Koo Station.
- Quels sont d'après vous les lieux à visiter en priorité ?
Merci !
Je pars à HKG avec ma femme du 25 octobre au 1er novembre. Nous serons situé vers Tai Koo Station.
- Quels sont d'après vous les lieux à visiter en priorité ?
Merci !
Carnet de voyage Mexique (Mexico, Oaxaca, Chiapas, péninsule Yucatan) - 18 jours English translation pending
Nous revenons de 18 jours au Mexique. Nous avons décidé de partager notre expérience. Vous trouverez le déroulement de notre périple, annoté de conseils, prix, remarques, déceptions ou enchantements. Tout ceci découpé par grandes régions visitées (Mexico et ses alentours, Oaxaca, Chiapas, Péninsule du Yucatan).
Facile de voyager au Mexique hors période haute (fêtes de Pâques, Nöel – Nouvel an, …). Il y a des AJ, pensions ou hôtel en quantité, pour tout budget, partout. Nous réservions 1 ou 2 jours à l’avance mais globalement nous aurions pu arriver sans réservation et trouver aisément des chambres doubles avec salle de bain bon marché (300 à 500$Me hors Riviera Maya).
Pour les déplacements, il est facile de réserver une place de bus (comptoir ticketbus dans toutes les villes ou www.ticketbus.com.mx). Les bus Seconde Classe s’arrête partout où le demande un passager. Les bus 1ère Classe font, eux, quelques arrêts pré-déterminés. Les bus GL et Platinium font moins d’arrêt et offrent un confort supplémentaire et des sièges couchettes ; idéal pour dormir quelques heures tant bien que mal pour les longs trajets de nuit. Les terminaux de bus sont souvent très grands, équip��s de tout commerces. Pour les petits trajets, taxis, collectivo et agences de voyages offrent de nombreuses possibilités pour des tarifs abordables.
Pour les visites des sites archéologiques, la valeur sûre est de s’y rendre le matin le plus tôt possible. Moins de touristes, climat plus agréable, peu de vendeurs… l’après midi beaucoup de monde, risque de pluie, etc…
Dimanche 8 août 2010 Lever à l’aube pour rallier Roissy CDG et notre vol de 9h35 pour Amsterdam puis 14h45 pour Mexico. Etape à Amsterdam, le prix à payer pour bénéficier de vols intéressants via les billets Prime AF.
Mexico et ses alentours
L’arrivée à Mexico est impressionnante. On voit clairement la chape de pollution posée sur la ville et le survol des quartiers à basse altitude avant atterrissage est saisissant. On récupère nos bagages, on prend un taxi prépayé (paiement à l’aéroport – 120$Me-, taxi enregistré, moyen le plus sûr de rejoindre le centre historique) pour nous rendre à l’hôtel Isabel (M° Isabel la Catolica) que nous avions réservé depuis la France (420$Me la chambre – hôtel agréable). Repos bien mérité après 21h de voyage.
Lundi 9 août Petit déjeuner sur place. Je teste le moletes (à base de haricots rouges… bof bof). Nous prenons le bus jusqu’au terminal Norte d’où nous trouvons un bus pour Teotihuacan. A peine arrivés, nous constatons que l’écran de notre appareil photo est cassé. Le drame ! Retour à l’époque argentique avec notre numérique utilisé avec le viseur, sans voir les photos prises. Après la pollution de Mexico, grand soleil sur les hauteurs du site de la 1ère civilisation précolombienne majeure du Mexique. Nous visitons le palais, la pyramide du soleil, le musée et la pyramide de la lune d’où la vue sur l’avenue des morts et l’ensemble du site est imprenable. Pour revenir sur Mexico, il suffit s’attendre au carrefour à l’entrée 2 qu’un bus passe. Après avoir réservé notre bus pour Puebla et Oaxaca nous entamons la visite de Mexico (Zocalo, Cathédrale). Visite tronquée par une pluie orageuse. Achat de parapluie, balade rapide dans les rues jusqu’à une sorte de cantine (rue 5 de Febraro, entre Mesones et Republica) où nous goûtons poulet, légumes et très bonne soupe de maïs pour quelques dizaines de $Me.
Mardi 10 août Métro jusqu’au terminal TAPO (est), petit déjeuner sur place en attendant notre bus puis 2h de bus jusqu’à Puebla. Transfert du terminal CAPO en taxi (prépayé) jusqu’à notre hôtel Virrey de Mendosa (300$Me – agréable mais literie moyenne). Nous partons ensuite à la découverte de Puebla. Le contraste avec Mexico est saisissant. La ville est calme, propre… Nous visitons le zocalo, déjeunons à Zanahoria, un resto végétarien. Attention il y a un snack à l’avant et un vrai resto plus sympa à l’arrière. Ensuite nous découvrons la bibliothèque Palafoxiana avant de faire le tour de la ville avec un bus ADO (1h30 – 75$Me – peu intéressant si ce n’est le passage par les forts surplombant la ville). Comme la veille nous réservons nos bus pour les étapes suivantes puis visite de la cathédrale, du quartier autour du zocalo, de l’église San Domingo (très intéressante). Nous tentons ensuite de manger dans un marché au nord-est de la ville, El Mercadi el Alto. Arrivés sur place, une horde de serveuses nous sautent dessus pour tenter de remplir leurs petits restos vides. Peu à l’aise, nous rebroussons chemin, sous la pluie (comme la veille 1h d’orage en fin d’après midi) pour aller manger près du zocalo (resto au carrefour 6 oriente & 2 norte)
Oaxaca
Mercredi 11 août Retour à CAPO en taxi, 4h15 de bus pour Oaxaca. Après dépôt des bagages à l’hôtel Lupita (300$Me – accueil agréable mais chambre proche de l’entrée ultra bruyante et quelques cafards). Avant de parcourir la ville, nous passons par le marché du 20 Noviembre pour déjeuner. Inévitablement, je goûte au chapulines (sauterelles grillées) puis au tamal oaxaquena (gâteau de semoule et chocolat cuit dans une feuille de bananier). Nous visitons ensuite le Centro cultural San Domingo (intéressant même si un peu long) et l’église San Domingo. Intervient la question existentielle. Que visiter demain ? Monte Alban ou Hierve el Agua ? Impossible de faire les deux sur la même journée a priori. On reste une journée de plus ? Non… Et puis finalement, oui ! Nous passons donc chez ticketbus changer nos billets pour 6$Me par personne (0,5€) et ainsi rester une journée de plus dans le coin. Vient l’heure de la pluie quotidienne de l’après midi. Nous nous posons sur le zocalo avant de continuer la découverte d’Oaxaca et de filer dîner.
Jeudi 12 août La journée commence par un petit-déj chez Tartamiel, une boulangerie créée par une française. Bonne viennoiserie mais pas non plus transcendant. Nous avons prévu un tour Tule, Teotitlan, Mitla et le clou du spectable Hierve el Agua. D’une agence à une autre, les prix varient ; 200 à 300$Me par personne semble être la bonne fourchette. Attention les entrées des sites ne sont pas comprises. Avec un peu de recul le tour lui-même est un peu décevant. El tule ? Un grand arbre moyennement intéressant où l’on passe 15min. Teotitlan ? Finalement on nous dépose chez un artisan tisseur. Commercial avant tout. Yagul ? Des ruines où l’on retient surtout le point de vue sur la vallée. Evidemment on n’échappe pas au resto en bord de route. 120$Me pour un buffet. Pas le choix ! Mitla ? Intéressant. Visite des ruines zapotèques / mixtèques et de l’église coloniale. Le déjeuner ? Fabrique de Mezcal ? Intéressant mais à nouveau à but commercial. Hierve el agua ? Hélas la pluie a rendu la route impraticable et aucun chauffeur de bus ne voulait s’y aventurer. Raté. A refaire ? Je crois que nous pendrions un bus seconde classe pour Mitla, visite locale et tentative de collectivo pour Hierve el agua. Beaucoup moins cher, tout aussi intéressant. Et cette formule permet de commencer le matin par Monte Alban et de faire cette boucle en fin de matinée et sur l’après midi. Cela dit, le tour nous a permis de découvrir des personnes très sympas et d’échanger sur les boucles que nous avions chacun prévues. Retour à Oaxaca, dîner à la Rustica. Pas donné mais très bonne adresse italienne ; histoire de calmer nos estomacs peu habitués aux haricots rouges… Avant de rentrer dormir, nous profitons du début des festivités pour la vierge, fêtée du 12 au 17 août dans le sud du Mexique.
Vendredi 13 août Petit déjeuner à la Pasteleria la Vasconia. On vous la déconseille. Vieillot. Viennoiserie sèche. Nous prenons ensuite un bus pour Monte Alban depuis Mina 509. Après 45min nous sommes sur le site. Début d’une splendide matinée. Le site est parfait. au sommet d’une montagne, une fois au centre les ruines semblent flottées dans le ciel. Une impression de zénitude totale. Nous passons près de 3h à visiter tranquillement l’ancienne capitale zapotèque. De retour à Oaxaca nous déjeunons au Café Royal. Très bonne adresse, service agréable, belle présentation, bonne cuisine (hamburger, salade, ratatouille…). Avant notre bus de nuit pour San Cristobal nous visitons le centre de Oaxaca et sa cathédrale. Direction enfin le terminal de bus. Bus ADO GL de nuit pour San Cristobal de la Casas. 11h en bus couchette, ce qui permet de dormir quelques heures malgré tout.
Chiapas
Samedi 14 août Nous arrivons à San Cristobal pas complètement frais. Nous nous rendons à notre hôtel pour nous doucher, nous changer et faire une courte « sieste ». Nous avons choisi de poser nos affaires à la Posada Belen (300$Me), petit hôtel situé, normalement, sur une place calme du nord de la ville. A notre arrivée, nous découvrons sur les répétitions des festivités à la vierge. Petite place calme disait le GDR… 1h plus tard nous partons visiter la ville (Covento Santo Domingo, grand marché, rues piétonnes du centre, zocalo…). La ville est agréable. La surprise est de retrouver des rues encombrées. En effet Mexico, Puebla, Oaxaca interdisent le stationnement des voitures dans les rues, qui paraissent du coup moins chargées. A San Cristobal nous retrouvons les embouteillages, les rues chargées… les festivités ne doivent pas aider non plus. Nous déjeunons à Madre Tierra. Bonne adresse, calme, où nous goûtons les lasagnes et une quiche dans un patio ensoleillé. Le pain est divin. Nous tentons une sieste à notre hôtel… en vain étant donné le niveau sonore des répétitions. Du coup, petite balade, pasteleria et organisation de nos réservations (prochains hôtel et bus). Après midi à un rythme très tranquille. Nous dînons ensuite au Mayambé. Super cadre, zen, bonne carte thaï, indienne, végétarienne. Avant d’aller « dormir », nous nous arrêtons pour profiter de la fête sur la place face à l’hôtel. La musique est à son maximum. Le marimba (groupe musical composé d’un instrument local, le marimba, une sorte de grand xylophone en bois, où jouent 2 à 3 personnes en même temps) anime la foule. Il y a même quelqu’un sur le clocher de l’église sonnant à tue-tête les cloches. Sympa 30min. Fatigant toute une nuit. La fête stoppe à 4h du matin. Notre nuit commence…
Dimanche 15 août … Nuit très courte puis qu’à 6h du matin la procession suivante arrive sur la place et la musique reprend avec les cloches… Petit déjeuner au Bugambilias, très bonne adresse. Direction ensuite le terminal de bus puis Palenque. 6h de bus sous un déluge. Voyagez coté droit pour admirer le paysage… si il fait beau. A Palenque nous avons décidé de dormir dans la jungle. Difficile de réserver à l’avance. Nous nous rendons donc à El Pachan en taxi (pas de collectivo après 18h). Coup de chance il reste une chambre chez Margarita & Ed que tous les guides recommandent. C’est propre, beau, le tout en pleine jungle (du coup, un peu cher – 400$Me pour une ch dble avec douche). Ambiance impressionnante. Il pleut (beaucoup), la jungle est très bruyante, il fait chaud. On a plus le sentiment d’un climat sud-est asiatique. Nous dînons à Don Mucho, resto où se retrouvent tous les voyageurs de El Pachan. Ambiance cool, service sympa, restauration pas trop mal même si pas donnée. On retrouve à El Pachan des habitués à la cool, des voyageurs de passage, des archéologues… un beau melting-pot. En manque de $Me, Don Mucho est le seul endroit de la jungle où l’on peut changer des €. Pas de distributeur. Retour de nuit à notre chambre. Evidemment la lampe frontale nous fait le coup de la panne. Retour donc sans trop de lumière avec une petite pluie, des chemins inondés, des bruits un peu partout et une végétation luxuriante. On voulait de la sensation, c’est fait même si cela ne dure que 10min.
Lundi 16 août Nous avions prévu initialement de nous balader dans la jungle. Finalement nous optons pour un tour l’après midi vers Agua azul. En attendant, nous partons aux ruines de Palenque. Il ne pleut plus. Il fait chaud et humide. Le cadre est déroutant. En pleine jungle se dresse de très belles ruines. Le matin « à la fraiche » il n’y a pas trop de vendeurs et peu de touristes. Du coup, la découverte n’est que plus agréable. En 2h nous faisons le tour du site. On file prendre une douche dans notre chambre, déjeuner chez Don Mucho (encore) puis départ à midi pour Misol Ha et Agua azul. Après 1h de route en collectivo nous arrivons à la cascade de Misol Ha où nous restons 45min. Débit impressionnant, chutes vertigineuses, très bel endroit. On peut même passer derrière la cascade, version brumisateur mal réglé, on en ressort bien humide. 1h30 plus loin nous atteignons Agua azul. Comme prévu, à cause des orages, les eaux sont marrons ce qui rend le cadre moins charmant et les baignades plus difficiles. On monte tout en haut du site, admirer les différents points de vues sur ces bassins bouillonnants, ces rapides et petites chutes d’eau. Très sympa. En revanche moins sympa, le timing. Le tour prévoit 3h sur place… sauf qu’au bout de 30min il se met à pleuvoir, que l’on ne peut pas se baigner et que finalement nous passerons 2h à jouer au p’tit bac dans un bar. Un peu long donc. De retour à El Pachan nous patientons au Don Mucho jusqu’à notre bus de nuit pour Campeche. Pour l’anecdote, au moment d’aller prendre un taxi pour Palenque Pueblo, la pluie a de nouveau inondé le chemin ; ce qui nous oblige à marcher dans 20cm d’eau avec tous nos bagages… Cocasse, mais pas terrible pour les chaussures qui devront sécher dans le bus. 5h de bus pour Campeche.
Péninsule du Yucatan
Mardi 17 août Arrivée à 4h15 à Campeche sans avoir fermé l’œil. Nous rallions notre hôtel qui est en fait une auberge de jeunesse, La Parroquia (230$Me ch double sans salle de bain). Après négociation, nous récupérons pour quelques heures dans un dortoir. Réveil à 11h, déjeuner sur place et visite de la ville. Les guides encensent Campeche ; nous sommes globalement déçus. La ville semble défraîchie, sale. Nous faisons à aller-retour au terminal 2ème classe pour acheter nos billets de bus pour Uxmal le lendemain. Balade sur le front de mer et là, surprise. Au loin, les plateformes off-shore crachant leurs fumées et la mer est plate, marron et huileuse… Nous passons une partie de l’après midi sur internet à chercher un hôtel pour Tulum (étape finale) puis pause à l’Italian coffee en attendant la fin de l’averse quotidienne. Visite du musée Baluarte San Carlos (sans intérêt), cathédale. Nous dînons ensuite au Marganzon, très bonne adresse. Pour finir cette journée dans le même esprit nous ratons le spectacle de nuit à la Puerta de la Tierra. Dommage car finalement de nuit la ville est plus agréable et le spectacle semblait intéressant. Retour à l’hôtel dans notre chambre double exiguë et quelque peu étouffante.
Mercredi 18 août Lever à l’aube, pour attraper le bus 2e classe de 6h pour Uxmal. Qui dit 2e classe dit folklore, arrêts un peu partout, bus peu rapide… ça vaut le coup d’œil ! Ce bus matinal transporte tous les élèves des maisons isolées vers le village d’Hopelche. Enfants en costume d’écolier, étudiants… Puis après 3h30, le bus nous dépose à un carrefour, à 500m du site archéologique d’Uxmal. Il est moins de 10h mais il fait déjà très chaud. Le site, dans la jungle est très beau. Nous passons 2h30 pour visiter les différents vestiges. Nous avons ensuite prévu de rallier Merida. Rien de plus « simple ». Retourner au carrefour et attendre le prochain bus. Il est prévu pour 12h34… il arrivera à 12h43. Pas mal. 1h30 plus tard nous sommes à Merida où nous ne resterons finalement pas. Nous changeons de terminal pour prendre un bus ADO 1ère classe pour Valladolid. Un peu las de changer d’hôtel tous les jours, nous réservons un hôtel avec (petite) piscine pour les 2 prochaines nuits. Hotel Zaci (496$Me – ch dble avec climatisation). Petite baignade, visite du zocalo, dîner au restaurant de l’hôtel Meson del Marques complèteront la fin de notre journée.
Jeudi 19 août Grass’mat’ ! Changement de chambre pour cause de fan ultra bruyant. Nous avons décidé d’aller à Chichen Itza en fin de journée pour pouvoir profiter du spectacle de nuit. En attendant, visite du Covento San Bernardino et de la Calle 40A. Petit déj’ au restaurant de l’hôtel Maria de la Luz. On mange bien mais finir par un serveur demandant lourdement une propina et pestant que la somme laissée n’est pas suffisante ternit le repas. Direction la piscine lorsque l’orage arrive… Plan bis : internet. Nous retournons ensuite au terminal de bus pour nous rendre à Chichen Itza. Finalement nous prenons un collectivo qui est un peu moins cher (20$Me) et un peu plus rapide. 40min plus tard nous sommes à la nouvelle merveille du monde. Nous visitons le site en 2h car à 16h30 les gardiens nous poussent dehors pour fermer le site à 17h. Grosse frustration car finalement le site est remplis de vendeurs mexicains, un véritable supermarché en plein air. Et puis visiter un site l’après midi n’est finalement pas la bonne solution, il y a beaucoup de monde, il fait moins beau… Bref on ressort de Chichen avec un sentiment mitigé alors que le site est splendide. Particularité de Chichen, c’est le seul site où l’on ne monte plus sur les pyramides. Du coup il n’y a pas de point de vue global pour admirer l’étendue du site. Le son et lumière nocturne commence à 20h. En attendant, nous patientons un peu sur place avant de retourner à Piste, le village à 2km pour trouver un endroit où dîner. Retour ensuite pour le spectacle de nuit. Intéressant, calme. A refaire, nous prendrions l’audio guide en français. Finalement la meilleure option est certainement de venir le soir pour le son et lumière et de revenir le lendemain matin à la fraîche pour visiter les ruines sans la foule et les vendeurs. Retour à Piste en taxi puis bus jusqu’à Valladolid (bus Oriente à 21h, 22h …).
Vendredi 20 août Nous prenons un bus pour Tulum (2h) puis un taxi pour la zone hôtelière sur la plage. Après 2-3 visites, nous choisissons Tita Tulum (1260$Me la cabanas double sur la plage avec salle de bain et terrasse privée). L’arrivée est un peu déroutante. Personne. Temps maussade. Au moment d’envisager de piquer une tête dans l’eau, il se met à pleuvoir… après 12 jours de baroude, on se demande ce que l’on va faire s’il pleut tous les jours ici aussi… Finalement le soleil revient et ne nous quittera plus pendant les 3 jours à venir. Sous le soleil, le paradis s’installe. Cocotiers, sable blanc fin, plage déserte, eau turquoise… Idéal ! Nous déjeunons sur place, puis partons visiter les ruines de Tulum. Un peu de monde en fin de journée, mais cette fois ci le site reste assez calme, il n’y a pas de vendeur et la lumière sur ces ruines en bords d’océan est parfaite. Quelques photos « fond d’écran » plus tard, nous nous rendons au village de Tulum pour dîner à El nave. Bon resto italien. De retour à notre hôtel nous finissons la journée par une balade sur la plage. Il y a des tortues qui viennent pondre… nous espérons en voir avant notre départ. Pas ce soir en tout cas…
Samedi 21 août Petit déj sur place avant d’être récupéré par un collectivo. Nous avons réserver la veille une journée avec le Cesiak dans la réserve de la biosphère de Sian Kaan. Notre guide de la journée, Ben, nous explique le programme et ce que nous allons peut être voir. Très vite je comprends que nous ne verrons pas de dauphin d’eau douce… ils sont dans la partie inaccessible aux touristes. Tant pis. Une fois sur place, introduction au parc puis balade en petit bateau dans le parc. On y découvre les rivières d’eaux saumâtres, la mangrove, des oiseaux, des termitières géantes, une lagune, un temple maya, quelques poissons. Vient ensuite la descente de la rivière. On se met à l’eau, le dos sur un gilet de sauvetage qui nous sert de bouée et nous voilà partis pour 1h de dérive au gré du courant de la rivière dans une eau transparente. Très sympa. Puis les bateaux nous récupèrent et nous partons coté mer, voir la rencontre des rivières d’eau douce avec la mer. Sur le chemin du retour, nous avons la chance de voir 1 crocodile. Après le parc, Ben nous emmène dans une cénote où nous nous baignons avant de déjeuner sur place. Puis retour à notre hôtel après cette très bonne journée. Fin de journée entre plage, mer et hamac, le tout en dégustant une margarita. Dîner sur place. Balade sur la plage, toujours pas de tortues !
Dimanche 22 août Ce matin nous avons décidé de tenter l’expérience snorkeling à Akumal. Tous les locaux décrivent ce site comme idéal pour découvrir le snorkeling. Nous nous rendons sur place en taxi (150$Me – pas plus cher que taxi pour le Tulum village + collectivo). Un peu après Akumal nous allons à Yal-ku, une lagune dédiée au snorkeling. 130$Me pour l’entrée et 60$Me par pièce d’équipement. Quelques brasses plus loin nous pouvons admirer de nombreux poissons de toutes les couleurs, quelques petits coraux sans grand intérêt, de belles raies évoluant sur le fond. Hélas pas de tortues pour nous… Bref très belle découverte. Pour revenir à Tulum l’option collectivo est la meilleure car dans, ce sens, le taxi coûte 300$Me. Donc taxi jusqu’à la voie rapide puis collectivo jusqu’à Tulum pueblo. Déjeuner sur place et retour à notre hôtel pour une après midi farniente. Le soir nous tentons de marcher sur la route de la côte pour trouver un resto… finalement après 10min de marche dans le noir, entourés de bruits peu rassurant, nous regagnons la plage puis notre hôtel. Concrètement sans voiture, il faut choisir un hôtel avec resto car il n’est pas évident de se déplacer sans appeler un taxi. Balade digestive sur la plage… soudain un petit groupe attire notre attention. Nous nous dirigeons vers eux lorsque nous comprenons qu’il y a des tortues. Non pas une femelle en pleine ponte, mais des petites tortues naissantes, luttant contre les reliefs de la plage pour regagner la mer. Spectacle très émouvant !
Lundi 23 août Après une dernière baignade et un dernier déjeuner sur place, nous rallions le village pour prendre un bus direction Playa del Carmen. Après 1h de trajet, nous regagnons notre hôtel Maya Bric (500$Me). Shopping, balade dans la ville, plage, baignade… bref un programme digne d’une station balnéaire. A notre grande surprise Playa del Carmen n’est pas complètement dénaturé. Certes on est loin du paradis de Tulum mais tout aussi loin des images de Cancun que l’on peut connaître. Dîner au Tarraya (bon mais pas top).
Mardi 24 août Petit déj’ au pied de notre hôtel. Re-belotte shopping et plage. Puis déjeuner à 100% Natural. Très bonne adresse. Bus pour l’aéroport de Cancun où nous avons un vol Mexicana pour regagner Mexico. A Mexico nous avons réservé le même hôtel qu’au départ. Nous dînons sur place. Mauvaise surprise lorsque nous nous couchons et que démarrent les travaux d’entretien du hall de réception de l’hôtel. Quelques minutes plus tard nous obtenons une chambre à l’écart, plus haut, bien plus calme.
Mercredi 25 août Nous profitons de cette dernière journée pour visiter ce que nous n’avions pas vu à l’aller à Mexico. Nous suivons plus ou moins la balade proposée par le Lonely Planet. Zocalo, Palacio nacional, calle Moneda et calle Madero, théâtre Bellas Artes. Nous marchons ensuite jusqu’à la Plaza Garibaldi pour y découvrir le marché de la Lagunilla. Transition métro pour nous rendre à Gadalupe, découvrir la ou plutôt les basiliques et le suaire de la vierge (décevant). Retour au centro historico pour déjeuner à Los Murales, buffet végétarien. Adresse sans trop d’intérêt. Nous récupérons enfin nos sacs à l’hôtel, taxi, aéroport… retour à Paris via Amsterdam. La bonne surprise est notre surclassement en business pour le vol Mexico – Amsterdam… Clap de fin sur 17 jours parfaits.
Le Mexique nous a offert de superbes paysages, un climat agréable malgré les quelques heures de pluies quotidiennes, 4 jours de repos sur la Riviera maya, des ruines pré-colombiennes toutes plus belles les unes que les autres… On recommande.
Pour finir, le Mexique c’est également des gens que l’on aura croisés, recroisés, re-recroisés… le parcours que nous avons fait est finalement assez classique pour les européens. En revanche pas ou peu d’américains jusqu’à Valladolid. A partir de Chichen et sur la Riviera Maya, les rapports s’inversent. On ne parle plus espagnol mais anglais ; on ne négocient plus en pesos mais en dollars ! Les américains sont partout, tout est fait pour eux. Tout cela dit, pour l’anecdote surtout, voici en forme de clin d’œil les personnes ou groupes qui auront rythmé notre périple. Leur point commun ? On les a rencontrés, on a souvent discuté et au final on ne connaît finalement même pas leur prénom. Si vous vous reconnaissez, sachez qu’on ne vous a pas oubliés ! 1- Le groupe de 18-25 ans de Levallois accompagné par un collègue de promo de Ruth (2C) reconverti en prof de français et guide au Mexique. Rencontrés à Teotihucan puis à sur la route de Hierve el Agua. 2- La famille clichée « ouest-parisien » (désolé pour le cliché). Un couple et 3 enfants, tous en bermuda / bateaux. Vu à Oaxaca et dans différents bus. 3- Les Londoniennes. Sans conteste celles que nous auront le plus souvent croisées. Deux joviales étudiantes anglaises rencontrées à Oaxaca et revues à San Cristobal, Palenque… 4- L’instit’ marseillais ayant exercé à Sarcelle village avec qui nous avons passé une journée lors de l’excursion vers Mitla et Hierve el Agua. 5- Le couple de français également rencontré lors de cette journée autour de Oaxaca avec qui nous avons longtemps débattu sur le Mezcal et les visites au Mexique. 6- L’américain (qui n’en était peut être pas un) dormant seul dans les terminaux. Vu dans différents bus. Par magie il était toujours avant nous dans les terminaux, assoupi sur son sac. 7- Les 2 italiens de Vénétie avec qui nous nous sommes disputés un taxi pour finalement nous retrouver dans le bus Palenque – Campeche. Hasard des rencontres ils venaient de la région italienne où je vais régulièrement travailler. 8- La catalane baroudeuse solo à la quarantaine. Vu à Palenque, Campeche et Uxmal. 9- La bande de pote type ESC (nouveau cliché) vu à Oaxaca, Monte Alban, San Cristobal 10- Pedro… le seul dont on connaît le prénom. Normal il a été notre chauffeur de taxi autour de Tulum pendant 3 jours et nous a remis sa carte à chaque voyage…
Dimanche 8 août 2010 Lever à l’aube pour rallier Roissy CDG et notre vol de 9h35 pour Amsterdam puis 14h45 pour Mexico. Etape à Amsterdam, le prix à payer pour bénéficier de vols intéressants via les billets Prime AF.
Mexico et ses alentours
L’arrivée à Mexico est impressionnante. On voit clairement la chape de pollution posée sur la ville et le survol des quartiers à basse altitude avant atterrissage est saisissant. On récupère nos bagages, on prend un taxi prépayé (paiement à l’aéroport – 120$Me-, taxi enregistré, moyen le plus sûr de rejoindre le centre historique) pour nous rendre à l’hôtel Isabel (M° Isabel la Catolica) que nous avions réservé depuis la France (420$Me la chambre – hôtel agréable). Repos bien mérité après 21h de voyage.
Lundi 9 août Petit déjeuner sur place. Je teste le moletes (à base de haricots rouges… bof bof). Nous prenons le bus jusqu’au terminal Norte d’où nous trouvons un bus pour Teotihuacan. A peine arrivés, nous constatons que l’écran de notre appareil photo est cassé. Le drame ! Retour à l’époque argentique avec notre numérique utilisé avec le viseur, sans voir les photos prises. Après la pollution de Mexico, grand soleil sur les hauteurs du site de la 1ère civilisation précolombienne majeure du Mexique. Nous visitons le palais, la pyramide du soleil, le musée et la pyramide de la lune d’où la vue sur l’avenue des morts et l’ensemble du site est imprenable. Pour revenir sur Mexico, il suffit s’attendre au carrefour à l’entrée 2 qu’un bus passe. Après avoir réservé notre bus pour Puebla et Oaxaca nous entamons la visite de Mexico (Zocalo, Cathédrale). Visite tronquée par une pluie orageuse. Achat de parapluie, balade rapide dans les rues jusqu’à une sorte de cantine (rue 5 de Febraro, entre Mesones et Republica) où nous goûtons poulet, légumes et très bonne soupe de maïs pour quelques dizaines de $Me.
Mardi 10 août Métro jusqu’au terminal TAPO (est), petit déjeuner sur place en attendant notre bus puis 2h de bus jusqu’à Puebla. Transfert du terminal CAPO en taxi (prépayé) jusqu’à notre hôtel Virrey de Mendosa (300$Me – agréable mais literie moyenne). Nous partons ensuite à la découverte de Puebla. Le contraste avec Mexico est saisissant. La ville est calme, propre… Nous visitons le zocalo, déjeunons à Zanahoria, un resto végétarien. Attention il y a un snack à l’avant et un vrai resto plus sympa à l’arrière. Ensuite nous découvrons la bibliothèque Palafoxiana avant de faire le tour de la ville avec un bus ADO (1h30 – 75$Me – peu intéressant si ce n’est le passage par les forts surplombant la ville). Comme la veille nous réservons nos bus pour les étapes suivantes puis visite de la cathédrale, du quartier autour du zocalo, de l’église San Domingo (très intéressante). Nous tentons ensuite de manger dans un marché au nord-est de la ville, El Mercadi el Alto. Arrivés sur place, une horde de serveuses nous sautent dessus pour tenter de remplir leurs petits restos vides. Peu à l’aise, nous rebroussons chemin, sous la pluie (comme la veille 1h d’orage en fin d’après midi) pour aller manger près du zocalo (resto au carrefour 6 oriente & 2 norte)
Oaxaca
Mercredi 11 août Retour à CAPO en taxi, 4h15 de bus pour Oaxaca. Après dépôt des bagages à l’hôtel Lupita (300$Me – accueil agréable mais chambre proche de l’entrée ultra bruyante et quelques cafards). Avant de parcourir la ville, nous passons par le marché du 20 Noviembre pour déjeuner. Inévitablement, je goûte au chapulines (sauterelles grillées) puis au tamal oaxaquena (gâteau de semoule et chocolat cuit dans une feuille de bananier). Nous visitons ensuite le Centro cultural San Domingo (intéressant même si un peu long) et l’église San Domingo. Intervient la question existentielle. Que visiter demain ? Monte Alban ou Hierve el Agua ? Impossible de faire les deux sur la même journée a priori. On reste une journée de plus ? Non… Et puis finalement, oui ! Nous passons donc chez ticketbus changer nos billets pour 6$Me par personne (0,5€) et ainsi rester une journée de plus dans le coin. Vient l’heure de la pluie quotidienne de l’après midi. Nous nous posons sur le zocalo avant de continuer la découverte d’Oaxaca et de filer dîner.
Jeudi 12 août La journée commence par un petit-déj chez Tartamiel, une boulangerie créée par une française. Bonne viennoiserie mais pas non plus transcendant. Nous avons prévu un tour Tule, Teotitlan, Mitla et le clou du spectable Hierve el Agua. D’une agence à une autre, les prix varient ; 200 à 300$Me par personne semble être la bonne fourchette. Attention les entrées des sites ne sont pas comprises. Avec un peu de recul le tour lui-même est un peu décevant. El tule ? Un grand arbre moyennement intéressant où l’on passe 15min. Teotitlan ? Finalement on nous dépose chez un artisan tisseur. Commercial avant tout. Yagul ? Des ruines où l’on retient surtout le point de vue sur la vallée. Evidemment on n’échappe pas au resto en bord de route. 120$Me pour un buffet. Pas le choix ! Mitla ? Intéressant. Visite des ruines zapotèques / mixtèques et de l’église coloniale. Le déjeuner ? Fabrique de Mezcal ? Intéressant mais à nouveau à but commercial. Hierve el agua ? Hélas la pluie a rendu la route impraticable et aucun chauffeur de bus ne voulait s’y aventurer. Raté. A refaire ? Je crois que nous pendrions un bus seconde classe pour Mitla, visite locale et tentative de collectivo pour Hierve el agua. Beaucoup moins cher, tout aussi intéressant. Et cette formule permet de commencer le matin par Monte Alban et de faire cette boucle en fin de matinée et sur l’après midi. Cela dit, le tour nous a permis de découvrir des personnes très sympas et d’échanger sur les boucles que nous avions chacun prévues. Retour à Oaxaca, dîner à la Rustica. Pas donné mais très bonne adresse italienne ; histoire de calmer nos estomacs peu habitués aux haricots rouges… Avant de rentrer dormir, nous profitons du début des festivités pour la vierge, fêtée du 12 au 17 août dans le sud du Mexique.
Vendredi 13 août Petit déjeuner à la Pasteleria la Vasconia. On vous la déconseille. Vieillot. Viennoiserie sèche. Nous prenons ensuite un bus pour Monte Alban depuis Mina 509. Après 45min nous sommes sur le site. Début d’une splendide matinée. Le site est parfait. au sommet d’une montagne, une fois au centre les ruines semblent flottées dans le ciel. Une impression de zénitude totale. Nous passons près de 3h à visiter tranquillement l’ancienne capitale zapotèque. De retour à Oaxaca nous déjeunons au Café Royal. Très bonne adresse, service agréable, belle présentation, bonne cuisine (hamburger, salade, ratatouille…). Avant notre bus de nuit pour San Cristobal nous visitons le centre de Oaxaca et sa cathédrale. Direction enfin le terminal de bus. Bus ADO GL de nuit pour San Cristobal de la Casas. 11h en bus couchette, ce qui permet de dormir quelques heures malgré tout.
Chiapas
Samedi 14 août Nous arrivons à San Cristobal pas complètement frais. Nous nous rendons à notre hôtel pour nous doucher, nous changer et faire une courte « sieste ». Nous avons choisi de poser nos affaires à la Posada Belen (300$Me), petit hôtel situé, normalement, sur une place calme du nord de la ville. A notre arrivée, nous découvrons sur les répétitions des festivités à la vierge. Petite place calme disait le GDR… 1h plus tard nous partons visiter la ville (Covento Santo Domingo, grand marché, rues piétonnes du centre, zocalo…). La ville est agréable. La surprise est de retrouver des rues encombrées. En effet Mexico, Puebla, Oaxaca interdisent le stationnement des voitures dans les rues, qui paraissent du coup moins chargées. A San Cristobal nous retrouvons les embouteillages, les rues chargées… les festivités ne doivent pas aider non plus. Nous déjeunons à Madre Tierra. Bonne adresse, calme, où nous goûtons les lasagnes et une quiche dans un patio ensoleillé. Le pain est divin. Nous tentons une sieste à notre hôtel… en vain étant donné le niveau sonore des répétitions. Du coup, petite balade, pasteleria et organisation de nos réservations (prochains hôtel et bus). Après midi à un rythme très tranquille. Nous dînons ensuite au Mayambé. Super cadre, zen, bonne carte thaï, indienne, végétarienne. Avant d’aller « dormir », nous nous arrêtons pour profiter de la fête sur la place face à l’hôtel. La musique est à son maximum. Le marimba (groupe musical composé d’un instrument local, le marimba, une sorte de grand xylophone en bois, où jouent 2 à 3 personnes en même temps) anime la foule. Il y a même quelqu’un sur le clocher de l’église sonnant à tue-tête les cloches. Sympa 30min. Fatigant toute une nuit. La fête stoppe à 4h du matin. Notre nuit commence…
Dimanche 15 août … Nuit très courte puis qu’à 6h du matin la procession suivante arrive sur la place et la musique reprend avec les cloches… Petit déjeuner au Bugambilias, très bonne adresse. Direction ensuite le terminal de bus puis Palenque. 6h de bus sous un déluge. Voyagez coté droit pour admirer le paysage… si il fait beau. A Palenque nous avons décidé de dormir dans la jungle. Difficile de réserver à l’avance. Nous nous rendons donc à El Pachan en taxi (pas de collectivo après 18h). Coup de chance il reste une chambre chez Margarita & Ed que tous les guides recommandent. C’est propre, beau, le tout en pleine jungle (du coup, un peu cher – 400$Me pour une ch dble avec douche). Ambiance impressionnante. Il pleut (beaucoup), la jungle est très bruyante, il fait chaud. On a plus le sentiment d’un climat sud-est asiatique. Nous dînons à Don Mucho, resto où se retrouvent tous les voyageurs de El Pachan. Ambiance cool, service sympa, restauration pas trop mal même si pas donnée. On retrouve à El Pachan des habitués à la cool, des voyageurs de passage, des archéologues… un beau melting-pot. En manque de $Me, Don Mucho est le seul endroit de la jungle où l’on peut changer des €. Pas de distributeur. Retour de nuit à notre chambre. Evidemment la lampe frontale nous fait le coup de la panne. Retour donc sans trop de lumière avec une petite pluie, des chemins inondés, des bruits un peu partout et une végétation luxuriante. On voulait de la sensation, c’est fait même si cela ne dure que 10min.
Lundi 16 août Nous avions prévu initialement de nous balader dans la jungle. Finalement nous optons pour un tour l’après midi vers Agua azul. En attendant, nous partons aux ruines de Palenque. Il ne pleut plus. Il fait chaud et humide. Le cadre est déroutant. En pleine jungle se dresse de très belles ruines. Le matin « à la fraiche » il n’y a pas trop de vendeurs et peu de touristes. Du coup, la découverte n’est que plus agréable. En 2h nous faisons le tour du site. On file prendre une douche dans notre chambre, déjeuner chez Don Mucho (encore) puis départ à midi pour Misol Ha et Agua azul. Après 1h de route en collectivo nous arrivons à la cascade de Misol Ha où nous restons 45min. Débit impressionnant, chutes vertigineuses, très bel endroit. On peut même passer derrière la cascade, version brumisateur mal réglé, on en ressort bien humide. 1h30 plus loin nous atteignons Agua azul. Comme prévu, à cause des orages, les eaux sont marrons ce qui rend le cadre moins charmant et les baignades plus difficiles. On monte tout en haut du site, admirer les différents points de vues sur ces bassins bouillonnants, ces rapides et petites chutes d’eau. Très sympa. En revanche moins sympa, le timing. Le tour prévoit 3h sur place… sauf qu’au bout de 30min il se met à pleuvoir, que l’on ne peut pas se baigner et que finalement nous passerons 2h à jouer au p’tit bac dans un bar. Un peu long donc. De retour à El Pachan nous patientons au Don Mucho jusqu’à notre bus de nuit pour Campeche. Pour l’anecdote, au moment d’aller prendre un taxi pour Palenque Pueblo, la pluie a de nouveau inondé le chemin ; ce qui nous oblige à marcher dans 20cm d’eau avec tous nos bagages… Cocasse, mais pas terrible pour les chaussures qui devront sécher dans le bus. 5h de bus pour Campeche.
Péninsule du Yucatan
Mardi 17 août Arrivée à 4h15 à Campeche sans avoir fermé l’œil. Nous rallions notre hôtel qui est en fait une auberge de jeunesse, La Parroquia (230$Me ch double sans salle de bain). Après négociation, nous récupérons pour quelques heures dans un dortoir. Réveil à 11h, déjeuner sur place et visite de la ville. Les guides encensent Campeche ; nous sommes globalement déçus. La ville semble défraîchie, sale. Nous faisons à aller-retour au terminal 2ème classe pour acheter nos billets de bus pour Uxmal le lendemain. Balade sur le front de mer et là, surprise. Au loin, les plateformes off-shore crachant leurs fumées et la mer est plate, marron et huileuse… Nous passons une partie de l’après midi sur internet à chercher un hôtel pour Tulum (étape finale) puis pause à l’Italian coffee en attendant la fin de l’averse quotidienne. Visite du musée Baluarte San Carlos (sans intérêt), cathédale. Nous dînons ensuite au Marganzon, très bonne adresse. Pour finir cette journée dans le même esprit nous ratons le spectacle de nuit à la Puerta de la Tierra. Dommage car finalement de nuit la ville est plus agréable et le spectacle semblait intéressant. Retour à l’hôtel dans notre chambre double exiguë et quelque peu étouffante.
Mercredi 18 août Lever à l’aube, pour attraper le bus 2e classe de 6h pour Uxmal. Qui dit 2e classe dit folklore, arrêts un peu partout, bus peu rapide… ça vaut le coup d’œil ! Ce bus matinal transporte tous les élèves des maisons isolées vers le village d’Hopelche. Enfants en costume d’écolier, étudiants… Puis après 3h30, le bus nous dépose à un carrefour, à 500m du site archéologique d’Uxmal. Il est moins de 10h mais il fait déjà très chaud. Le site, dans la jungle est très beau. Nous passons 2h30 pour visiter les différents vestiges. Nous avons ensuite prévu de rallier Merida. Rien de plus « simple ». Retourner au carrefour et attendre le prochain bus. Il est prévu pour 12h34… il arrivera à 12h43. Pas mal. 1h30 plus tard nous sommes à Merida où nous ne resterons finalement pas. Nous changeons de terminal pour prendre un bus ADO 1ère classe pour Valladolid. Un peu las de changer d’hôtel tous les jours, nous réservons un hôtel avec (petite) piscine pour les 2 prochaines nuits. Hotel Zaci (496$Me – ch dble avec climatisation). Petite baignade, visite du zocalo, dîner au restaurant de l’hôtel Meson del Marques complèteront la fin de notre journée.
Jeudi 19 août Grass’mat’ ! Changement de chambre pour cause de fan ultra bruyant. Nous avons décidé d’aller à Chichen Itza en fin de journée pour pouvoir profiter du spectacle de nuit. En attendant, visite du Covento San Bernardino et de la Calle 40A. Petit déj’ au restaurant de l’hôtel Maria de la Luz. On mange bien mais finir par un serveur demandant lourdement une propina et pestant que la somme laissée n’est pas suffisante ternit le repas. Direction la piscine lorsque l’orage arrive… Plan bis : internet. Nous retournons ensuite au terminal de bus pour nous rendre à Chichen Itza. Finalement nous prenons un collectivo qui est un peu moins cher (20$Me) et un peu plus rapide. 40min plus tard nous sommes à la nouvelle merveille du monde. Nous visitons le site en 2h car à 16h30 les gardiens nous poussent dehors pour fermer le site à 17h. Grosse frustration car finalement le site est remplis de vendeurs mexicains, un véritable supermarché en plein air. Et puis visiter un site l’après midi n’est finalement pas la bonne solution, il y a beaucoup de monde, il fait moins beau… Bref on ressort de Chichen avec un sentiment mitigé alors que le site est splendide. Particularité de Chichen, c’est le seul site où l’on ne monte plus sur les pyramides. Du coup il n’y a pas de point de vue global pour admirer l’étendue du site. Le son et lumière nocturne commence à 20h. En attendant, nous patientons un peu sur place avant de retourner à Piste, le village à 2km pour trouver un endroit où dîner. Retour ensuite pour le spectacle de nuit. Intéressant, calme. A refaire, nous prendrions l’audio guide en français. Finalement la meilleure option est certainement de venir le soir pour le son et lumière et de revenir le lendemain matin à la fraîche pour visiter les ruines sans la foule et les vendeurs. Retour à Piste en taxi puis bus jusqu’à Valladolid (bus Oriente à 21h, 22h …).
Vendredi 20 août Nous prenons un bus pour Tulum (2h) puis un taxi pour la zone hôtelière sur la plage. Après 2-3 visites, nous choisissons Tita Tulum (1260$Me la cabanas double sur la plage avec salle de bain et terrasse privée). L’arrivée est un peu déroutante. Personne. Temps maussade. Au moment d’envisager de piquer une tête dans l’eau, il se met à pleuvoir… après 12 jours de baroude, on se demande ce que l’on va faire s’il pleut tous les jours ici aussi… Finalement le soleil revient et ne nous quittera plus pendant les 3 jours à venir. Sous le soleil, le paradis s’installe. Cocotiers, sable blanc fin, plage déserte, eau turquoise… Idéal ! Nous déjeunons sur place, puis partons visiter les ruines de Tulum. Un peu de monde en fin de journée, mais cette fois ci le site reste assez calme, il n’y a pas de vendeur et la lumière sur ces ruines en bords d’océan est parfaite. Quelques photos « fond d’écran » plus tard, nous nous rendons au village de Tulum pour dîner à El nave. Bon resto italien. De retour à notre hôtel nous finissons la journée par une balade sur la plage. Il y a des tortues qui viennent pondre… nous espérons en voir avant notre départ. Pas ce soir en tout cas…
Samedi 21 août Petit déj sur place avant d’être récupéré par un collectivo. Nous avons réserver la veille une journée avec le Cesiak dans la réserve de la biosphère de Sian Kaan. Notre guide de la journée, Ben, nous explique le programme et ce que nous allons peut être voir. Très vite je comprends que nous ne verrons pas de dauphin d’eau douce… ils sont dans la partie inaccessible aux touristes. Tant pis. Une fois sur place, introduction au parc puis balade en petit bateau dans le parc. On y découvre les rivières d’eaux saumâtres, la mangrove, des oiseaux, des termitières géantes, une lagune, un temple maya, quelques poissons. Vient ensuite la descente de la rivière. On se met à l’eau, le dos sur un gilet de sauvetage qui nous sert de bouée et nous voilà partis pour 1h de dérive au gré du courant de la rivière dans une eau transparente. Très sympa. Puis les bateaux nous récupèrent et nous partons coté mer, voir la rencontre des rivières d’eau douce avec la mer. Sur le chemin du retour, nous avons la chance de voir 1 crocodile. Après le parc, Ben nous emmène dans une cénote où nous nous baignons avant de déjeuner sur place. Puis retour à notre hôtel après cette très bonne journée. Fin de journée entre plage, mer et hamac, le tout en dégustant une margarita. Dîner sur place. Balade sur la plage, toujours pas de tortues !
Dimanche 22 août Ce matin nous avons décidé de tenter l’expérience snorkeling à Akumal. Tous les locaux décrivent ce site comme idéal pour découvrir le snorkeling. Nous nous rendons sur place en taxi (150$Me – pas plus cher que taxi pour le Tulum village + collectivo). Un peu après Akumal nous allons à Yal-ku, une lagune dédiée au snorkeling. 130$Me pour l’entrée et 60$Me par pièce d’équipement. Quelques brasses plus loin nous pouvons admirer de nombreux poissons de toutes les couleurs, quelques petits coraux sans grand intérêt, de belles raies évoluant sur le fond. Hélas pas de tortues pour nous… Bref très belle découverte. Pour revenir à Tulum l’option collectivo est la meilleure car dans, ce sens, le taxi coûte 300$Me. Donc taxi jusqu’à la voie rapide puis collectivo jusqu’à Tulum pueblo. Déjeuner sur place et retour à notre hôtel pour une après midi farniente. Le soir nous tentons de marcher sur la route de la côte pour trouver un resto… finalement après 10min de marche dans le noir, entourés de bruits peu rassurant, nous regagnons la plage puis notre hôtel. Concrètement sans voiture, il faut choisir un hôtel avec resto car il n’est pas évident de se déplacer sans appeler un taxi. Balade digestive sur la plage… soudain un petit groupe attire notre attention. Nous nous dirigeons vers eux lorsque nous comprenons qu’il y a des tortues. Non pas une femelle en pleine ponte, mais des petites tortues naissantes, luttant contre les reliefs de la plage pour regagner la mer. Spectacle très émouvant !
Lundi 23 août Après une dernière baignade et un dernier déjeuner sur place, nous rallions le village pour prendre un bus direction Playa del Carmen. Après 1h de trajet, nous regagnons notre hôtel Maya Bric (500$Me). Shopping, balade dans la ville, plage, baignade… bref un programme digne d’une station balnéaire. A notre grande surprise Playa del Carmen n’est pas complètement dénaturé. Certes on est loin du paradis de Tulum mais tout aussi loin des images de Cancun que l’on peut connaître. Dîner au Tarraya (bon mais pas top).
Mardi 24 août Petit déj’ au pied de notre hôtel. Re-belotte shopping et plage. Puis déjeuner à 100% Natural. Très bonne adresse. Bus pour l’aéroport de Cancun où nous avons un vol Mexicana pour regagner Mexico. A Mexico nous avons réservé le même hôtel qu’au départ. Nous dînons sur place. Mauvaise surprise lorsque nous nous couchons et que démarrent les travaux d’entretien du hall de réception de l’hôtel. Quelques minutes plus tard nous obtenons une chambre à l’écart, plus haut, bien plus calme.
Mercredi 25 août Nous profitons de cette dernière journée pour visiter ce que nous n’avions pas vu à l’aller à Mexico. Nous suivons plus ou moins la balade proposée par le Lonely Planet. Zocalo, Palacio nacional, calle Moneda et calle Madero, théâtre Bellas Artes. Nous marchons ensuite jusqu’à la Plaza Garibaldi pour y découvrir le marché de la Lagunilla. Transition métro pour nous rendre à Gadalupe, découvrir la ou plutôt les basiliques et le suaire de la vierge (décevant). Retour au centro historico pour déjeuner à Los Murales, buffet végétarien. Adresse sans trop d’intérêt. Nous récupérons enfin nos sacs à l’hôtel, taxi, aéroport… retour à Paris via Amsterdam. La bonne surprise est notre surclassement en business pour le vol Mexico – Amsterdam… Clap de fin sur 17 jours parfaits.
Le Mexique nous a offert de superbes paysages, un climat agréable malgré les quelques heures de pluies quotidiennes, 4 jours de repos sur la Riviera maya, des ruines pré-colombiennes toutes plus belles les unes que les autres… On recommande.
Pour finir, le Mexique c’est également des gens que l’on aura croisés, recroisés, re-recroisés… le parcours que nous avons fait est finalement assez classique pour les européens. En revanche pas ou peu d’américains jusqu’à Valladolid. A partir de Chichen et sur la Riviera Maya, les rapports s’inversent. On ne parle plus espagnol mais anglais ; on ne négocient plus en pesos mais en dollars ! Les américains sont partout, tout est fait pour eux. Tout cela dit, pour l’anecdote surtout, voici en forme de clin d’œil les personnes ou groupes qui auront rythmé notre périple. Leur point commun ? On les a rencontrés, on a souvent discuté et au final on ne connaît finalement même pas leur prénom. Si vous vous reconnaissez, sachez qu’on ne vous a pas oubliés ! 1- Le groupe de 18-25 ans de Levallois accompagné par un collègue de promo de Ruth (2C) reconverti en prof de français et guide au Mexique. Rencontrés à Teotihucan puis à sur la route de Hierve el Agua. 2- La famille clichée « ouest-parisien » (désolé pour le cliché). Un couple et 3 enfants, tous en bermuda / bateaux. Vu à Oaxaca et dans différents bus. 3- Les Londoniennes. Sans conteste celles que nous auront le plus souvent croisées. Deux joviales étudiantes anglaises rencontrées à Oaxaca et revues à San Cristobal, Palenque… 4- L’instit’ marseillais ayant exercé à Sarcelle village avec qui nous avons passé une journée lors de l’excursion vers Mitla et Hierve el Agua. 5- Le couple de français également rencontré lors de cette journée autour de Oaxaca avec qui nous avons longtemps débattu sur le Mezcal et les visites au Mexique. 6- L’américain (qui n’en était peut être pas un) dormant seul dans les terminaux. Vu dans différents bus. Par magie il était toujours avant nous dans les terminaux, assoupi sur son sac. 7- Les 2 italiens de Vénétie avec qui nous nous sommes disputés un taxi pour finalement nous retrouver dans le bus Palenque – Campeche. Hasard des rencontres ils venaient de la région italienne où je vais régulièrement travailler. 8- La catalane baroudeuse solo à la quarantaine. Vu à Palenque, Campeche et Uxmal. 9- La bande de pote type ESC (nouveau cliché) vu à Oaxaca, Monte Alban, San Cristobal 10- Pedro… le seul dont on connaît le prénom. Normal il a été notre chauffeur de taxi autour de Tulum pendant 3 jours et nous a remis sa carte à chaque voyage…
Norvège 2009: partie 1 de Rouen aux îles Lofoten English translation pending
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR
1ère Partie - ROUEN - ÎLES LOFOTEN
Genèse du voyage L'idée de ce voyage estival en Norvège s'est imposée d'elle-même lors de la croisière que nous avions réalisée sur l'Hurtigruten, l'express côtier de Norvège, fin décembre 2008 et début janvier 2009 entre Bergen et Kirkenes.
Nous étions curieux de connaitre les conditions de luminosité à cette période de l'hiver dans les hautes latitudes et n'avons pas été déçus. De Bergen jusqu'à Bodø, une météo et des périodes de jour à peu près équivalentes à celles que nous connaissons dans le nord de la France à la même époque, avec une infime couche de neige à partir du 3ème jour. Mais une fois franchi le Cercle Polaire Arctique (66° 33' de latitude Nord), et arrivés à Bodø, changement radical d'ambiance, pénombre à partir de 14 h 00, nuit totale vers 15 h 30, et une épaisse couche de neige fraîche dès l'arrivée aux îles Lofoten.
A partir de là, nous progresserons vers le Nord en traversant des paysages enveloppés d'une lumière étrangement bleuâtre, à la fois douce et électrique, réfléchie par la neige qui recouvre tout. Ce bleu blafard devenu omniprésent rend les paysages irréels. Et dans le brouillard, sous les grains de pluie ou de neige, les montagnes bleutées, un ciel cendré et une mer plombée et confuse se fondent en des limites mouvantes et incertaines.
Et il faut faire vite, la brièveté des périodes de jour relatif impose de ne rien perdre de ces bouts de paysages faiblement éclairés. Autant que faire se peut, J-J passe de longs moments sur la coursive extérieure du pont 6 complètement emmitouflé pour se protéger du froid et du vent mordant, le plus souvent à l'avant du MS Trollfjord, à regarder, scruter ou contempler cette fantasmagorie naturelle en perpétuelle évolution.
Nous voulions voir l'hiver dans les régions septentrionales, nous avons donc été gâtés par la luminosité et la météo qui étaient les vedettes de ce voyage hivernal. Mais très vite, sur la coursive du pont 6 du MS Trollfjord est arrivé un profond sentiment de frustration… Ces paysages mystérieux, si beaux sous la neige et dans la pénombre, devraient sans aucun doute être splendides et grandioses sous la lumière estivale.
Les slaloms entre les îles, la vue des côtes escarpées, les arrivées dans les ports, l'été cela doit avoir aussi son charme…
Refaire la même croisière l'été, idéalement en juin ! Pourquoi pas l'été prochain ? Et pourquoi pas en sens inverse, de Kirkenes à Bergen pour avoir une autre vision des choses ? Et quitte à faire un si long voyage, pourquoi ne pas le compléter par un circuit en voiture et visiter l'intérieur du pays ? Pourquoi pas ?
Début janvier 2009, à peine débarqués à Kirkenes, nous savions que nous reviendrons rapidement visiter la Norvège.
Généralités Restait à mettre au point les modalités d'un tel voyage :
· En étudiant la brochure d'Hurtigruten, nous avons compris que dans le sens nord-sud, Kirkenes-Bergen, le transport de la voiture était compris dans le prix du billet des passagers, ce qui incitait forcément à faire le trajet dans ce sens.
· Une escapade au Cap Nord trouvait ainsi sa justification par le fait d'avoir à se rendre à Kirkenes, aux confins du pays.
· Vu les coûts prohibitifs de l'hôtellerie et la restauration en Norvège, le camping s'imposait.
· Et puisqu'il fallait camper, pourquoi ne pas utiliser et transformer le Renault Espace en mini camping-car, alliant ainsi logement, autonomie et indépendance… et économie ?
Et les cogitations ont réellement commencé en mars 2009...
Durée du voyage Avant toute connaissance approfondie des hauts-lieux de la Norvège touristique, l'idée de base était de rejoindre Oslo, puis le fjord de Geiranger, parcourir les îles Lofoten et gagner le Cap Nord avant de se rendre à Kirkenes et embarquer sur l'Hurtigruten. Au retour après Bergen, l'idée était de rejoindre le sud de la Norvège avant de traverser vers le Danemark.
Combien de temps pour réaliser un si vaste programme ? A priori, 3 semaines pour arriver à Kirkenes, 1 semaine à bord de l'Hurtigruten jusqu'à Bergen, 1 semaine pour redescendre à Rouen, donc 5 semaines.
Garde-robe et bagages Premier casse-tête ! Comment s'habiller pour vivre dans des conditions précaires pour une longue durée dans des régions à la météo aussi capricieuse. Nous avons donc prévu les mêmes parkas, sweats polaires et bonnets que l'hiver précédent (et ils nous ont bien servis), des T-sirts et bermudas (ils nous ont servis aussi, mais beaucoup moins), des vêtements de pluie, pulls, avec les changes indispensables, etc, etc… sans négliger les chaussures de randonnée, …mais nous avons oublié les gants !
De plus, nous ne pouvions avoir l'air de campeurs à bord de l'Hurtigruten, nous avions également besoin d'une garde-robe plus élaborée, sans pour autant être grand chic, pour une semaine.
Autant dire que le poids et surtout le volume de ces bagages risquait d'être conséquent. Résultat : une grande valise rigide, 3 ou 4 bagages souples et quantité d'autres petits sacs… rien que pour l'habillement !
En pratique, les bagages les plus usuels restaient dans l'habitacle durant la journée et devaient être transférés tous les soirs sur les sièges avant. La manutention bi-quotidienne de ces bagages ne restera pas le meilleur souvenir de ce voyage.
Heureusement, l'emprunt d'un grand coffre de toit a permis de stocker tout ce qui n'était pas d'utilisation quotidienne, ainsi que la literie (couette, drap, oreillers).
Aménagement de l'habitacle de l'Espace Le problème a priori le plus ardu à résoudre était l'aménagement de l'Espace en un véhicule à tout faire, suffisamment pratique pour faire du tourisme et surtout pour y vivre dans des conditions rustiques (pique-nique, camping), et climatiques incertaines (pluie, froid, vent, etc).
· Une fois les sièges passagers débarqués, il reste dans l'Espace un vaste plancher parfaitement plan de 2.20 m de long et de 1.17 m de large (minimum au niveau du passage des roues AR).
· Sur ce plancher, 7 caisses en plastique de 0.60 x 0.40 m et 0.23 m de hauteur, pour stocker toute l'alimentation emmenée depuis la France.
· Sur ces caisses judicieusement disposées, un "sommier" amovible en trois parties réalisé en contreplaqué de 13 mm d'épaisseur.
· Un matelas gonflable de 1.90 m de long et 1.16 m de large (juste la dimension du passage de roues), opportunément trouvé chez Décathlon.
· Acquisition d'un gonfleur électrique 12 v raccordé sur une prise allume-cigare permettant de gonfler le matelas sans fatigue en moins de deux minutes.
· Réalisation de "rideaux" en tissu occultant tendus sur des tiges souples en fibre de verre assurant une protection vis-à-vis des éventuels indiscrets et aussi une pénombre illusoire au cours des nuits estivales sous les hautes latitudes.

Aménagement extérieur de l'Espace On peut aussi penser qu'une fois ouvert, le vaste hayon arrière de l'Espace prolonge efficacement l'habitacle. C'est en partie en partie exact, à condition que la pluie ne tombe que verticalement et encore… Pour que cela soit réellement confortable, le mieux serait de s'équiper d'un auvent recouvrant entièrement le hayon et débordant largement sur le pavillon (le toit) de l'Espace, avec des joues latérales fixées au sol par des piquets. Rien de tel n'existe dans le commerce.
Fort opportunément, une de nos relations nous procure ce que nous cherchons ou du moins, quelque chose d'approchant. Renault avait commercialisé une série limitée de Kangoo, dénommée "Décathlon" et fournissait avec cette voiture quelques gadgets, dont un abri léger à fixer sur le hayon afin de donner un aspect baroudeur à ce véhicule. Très bien, sauf que le concepteur de cet abri n'a pas été efficacement jusqu'au bout de la bonne idée : un échantillonnage trop léger des tissus et surtout une absence évidente d'étanchéité à la pluie. Si les 3 côtés de cet abri offraient une bonne protection, il n'en était pas ainsi au niveau de la toiture… Néanmoins cet abri, bricolé pour notre Espace, sera surtout utile les jours de vent pour protéger la cuisinière devant ses fourneaux et nous n'aurons pas à regretter de l'avoir emmené.
Restait à résoudre l'étanchéité supérieure de l'installation en cas de pluie violente ou prolongée. Pas d'autre solution que de recouvrir l'ensemble d'une grande bâche en plastique bleu du plus bel effet, elle aussi tendue sur des piquets. Peu esthétique, mais efficace ! Nous n'aurons qu'à nous servir une seule fois de cette bâche sur la route du retour au Danemark.

Matériel Pour le reste, nous avons utilisé le matériel du campeur lambda :
· Une table pliante et deux fauteuils pliants.
· Un réchaud 2 feux et 2 bouteilles de gaz de 2.5 kg (1 seule aurait suffit).
· Une glacière (réfrigérée à l'aide d'une bouteille d'eau que l'on a fait congeler 2 ou 3 fois dans les campings, de moins en moins nécessaire à mesure que nous montions vers le nord !).
· Deux vaches à eau de 10 l, utiles surtout pour la vaisselle des pique-niques du midi et lors des soirées passées en camping sauvage.
· Une valise à pique-nique très pratique pour ranger et protéger toute la vaisselle.
Alimentation Tout, absolument tout a été acheté en France, et globalement l'intendante avait fort bien calculé ses quantités. Cela était réparti dans les différentes caisses en plastique (petit-déjeuner, plats de résistance, dessert, etc…).
La totalité du ravitaillement intégralement fait en France se justifiait pour deux raisons :
· Les coûts prohibitifs généralement pratiqués en Norvège (exemple : fruits vendus à la pièce pour le prix du kilo en France).
· Les étiquetages étant uniquement en norvégien, cela évitait les déconvenues lors de la consommation de produits qui ne correspondent pas obligatoirement à nos goûts.
Nous n'avons complété notre ravitaillement que par du pain (genre pain de mie), que l'on tranche soi-même dans les nombreuses supérettes, et aussi l'achat de pavés de saumon (très bon et relativement abordable, de même que les crevettes en vrac surgelées.
Côté conservation, peu de problèmes, même avec les légumes frais, les fruits et les œufs. Nous avions une glacière que l'on a tenté de refroidir les premiers jours avec une bouteille d'eau glacée dont nous renouvelions la congélation dans les frigos des terrains de camping. Pratique de moins en moins nécessaire au fur et à mesure que nous montions vers le nord et dont nous nous sommes complètement dispensés ensuite (au Cap Nord, il faisait plus chaud dans la glacière qu'à l'intérieur de la voiture… !).
Production d'électricité Un aussi long voyage supposait la prise de nombreuses photos ou vidéos et nous risquions d'être confrontés aux difficultés de recharge des batteries dans des lieux isolés. Nous ne pouvions pas être tributaires que des prises de courant disponibles à rechercher dans des lieux publics. Il nous fallait notre autonomie et notre indépendance électrique.
Nous devions aussi embarquer l'ordinateur portable pour envoyer quelques mails et transférer photos et vidéos pour éviter la saturation des cartes mémoire. Face à l'étendue des besoins électriques, nous nous sommes donc équipés d'un convertisseur de courant 12v/220v de 300 ampères capable de supporter la recharge de l'ordinateur, l'appareil photo, le caméscope et les 2 téléphones portables ! La gestion de la charge de ces différents appareils sera une préoccupation constante durant tout ce voyage
Internet Dès mars 2009, J-J a surfé de longues heures sur la toile pour rassembler le maximum de renseignements pratiques sur le trajet prévu. Ces heures passées en amont ont grandement facilité la réussite du périple.
· Au XXIème siècle, Internet est devenu un outil indispensable pour la préparation de n'importe quel voyage car on y trouve, rien que sur les sites en français quantité d'informations historiques, géographiques, culturelles, humaines concernant le pays à visiter. Les guides papier (Michelin, Routard, etc…), gardant leur utilité au niveau de l'information locale plus détaillée.
· Les sites en anglais sont innombrables et permettent d'accéder à davantage d'informations. La pratique d'un anglais scolaire basique permet néanmoins de naviguer sur ces sites, d'y trouver et d'interpréter le minimum de ces informations, surtout utile pour tout ce qui concerne l'hébergement, les transports, etc…
· La pratique du norvégien aurait été un plus… La consultation de sites en norvégien, donc sans traduction anglaise (et encore moins française), est surtout inécessaire pour la connaissance des horaires et des tarifs des nombreux ferries locaux. Beaucoup de termes s'apparentent à l'anglais ou l'allemand, en mélangeant les deux et après quelques temps, on arrive à s'y retrouver.
· La lecture des forums de voyage, des multiples sites personnels ou de blogs créés par de nombreux camping-caristes à été fort utile. Une vraie mine d'or, tant chacun a sa façon spécifique de voyager, d'insister sur ses points d'intérêt propres (itinéraires, paysages, excursions, rencontres, musées, alimentation, etc…). Il y a toujours quelque chose de positif à retirer de la lecture et la synthèse de tous ces récits, ce qui à permis de peaufiner notre trajet en fonction.
· La consultation de Google Earth est très intéressante. Ce site permet de comprendre la géographie du pays en détail. En superposant les routes sur la vue satellite et en ouvrant les nombreuses photos Panoramio qui sont annexées, on imagine très bien quel itinéraire on va emprunter.
· Internet nous a également été utile pour choisir et réserver les traversées en ferry entre le Danemark et la Suède à l'aller et entre la Norvège et le Danemark au retour
Road book L'itinéraire prévisionnel à d'abord été établi à l'aide d'une carte d'une carte éditée par l'I.G.N. au 1/850.000, complétée par une carte touristique de la Norvège. La consultation du site Via Michelin permettait de déterminer rapidement la longueur et les temps de parcours des différentes étapes. Très vite, on comprend que la connaissance des horaires des ferries locaux détermine l'organisation de l'étape du jour sur certains trajets.
Ce road book comprenait par jour :
· La longueur de l'étape et sa durée prévisionnelle y compris pour les points de passage intermédiaires ou caractéristiques.
· Les sites ou ville à visiter y compris les coûts des visites.
· Les ouvrages à péages (tunnels ou ponts, assez nombreux), et le coût du passage.
· Les ferries avec horaires, durée de traversée et coût.
Arrivés sur place, ce document nous a bien aidé à anticiper l'itinéraire et nous a évité de commettre bien des erreurs de trajet (le G.P.S. nous a également bien servi).
L'élaboration de ce road book devait sans doute être bien faite, car au final le programme a été respecté presque à la lettre. Nous avons fait tout le parcours sans flâner, mais sans jamais nous presser.
Jour 1 - Ma 16/06/2009 - Rouen - Århus (DK)
Donc, nous avons quitté Rouen à 5 h 20, cap sur Århus au Danemark que nous voulions atteindre dans la soirée, soit environ 1.300 km à parcourir essentiellement sur autoroute.
Nelly a conduit jusqu’à Liège que l'on atteint à 09 h 30. Ensuite, J-J a repris le volant pour traverser l’Allemagne. Les autoroutes allemandes sont gratuites, mais on n’en a que pour son argent… La vitesse n’y est en principe pas limitée… sauf signalisation contraire, sauf ralentissement et bouchons, sauf travaux, si bien qu’on n’y roule pas si vite que cela.
Et s’il existe un enfer autoroutier, c’est entre Brème et Hambourg (125 km). Des zones de travaux de 6 kms de long en alternance, avec des voies réduites au plus strict minimum pour le passage d’un camion et d’une voiture avec peu d’espace entre chaque. Dantesque et hyper stressant. Il faut qu’il n’arrive rien sinon cela doit vite tourner à la catastrophe comme on l’a vu dans l’autre sens, avec des bouchons monstrueux sur plusieurs dizaines de kms.
Traverser l'Allemagne sur ces autoroutes infernales (650 km), nous a paru pénible et très dangereux, aussi nous étions bien contents de passer la frontière danoise à 16 h 45. Au Danemark, tout devenait plus calme, peu de circulation, l’autoroute passé à la serpillère et toute la campagne époussetée et passée au peigne fin… Trop propre !
18 h 50, nous sommes fourbus lorsque nous arrivons au camping Blommenhaven à Højbjerg, à 5 km au sud d'Århus. Camping calme dans les bois et en bord de mer.
Nous avions trouvé ce camping sur Internet et le GPS nous a guidés dans un dédale de petites rues dans une banlieue résidentielle avant d'arriver au but. La technologie nous a bien facilité la vie ce soir là, car la recherche de ce terrain aurait été vraisemblablement laborieuse vu notre état de fatigue l'arrivée. Un souci de moins !
Bilan de la journée : 13 h 30 de route et 1.280 kms. Ca fait du bien quand ça s’arrête !!!
Quoi que ! Il a fallu organiser le campement ! Tout retrouver ce qui était tout bien rangé, c'est-à-dire tout soulever et tout fouiller 2 fois avant de mettre la main sur quoi que ce soit ! Galère !
Dans ce camping nous avons découvert et utilisé la cuisine et la salle à manger collectives qui sont de rigueur dans tous les campings scandinaves. Nelly à pu préparer tranquillement le dîner.
Nous avons surtout passé la soirée a essayer d'y voir clair dans notre organisation et à cogiter sur un rangement cohérent du matériel, des bagages, des vivres, de la vaisselle, de la literie sans avoir à tout remuer systématiquement deux fois. L'ampleur de la tâche est démoralisante et avec la fatigue J-J a l'impression que cela ne sera jamais résolu. Pas facile, la vie de nomade !
Jour 2 - Me 17/06/2009 - Århus (DK) - Varberg (S)
07 h 00, réveil après une première nuit plutôt frisquette. En fait, on n’a pas beaucoup dormi ! C'est qu'il a fallu trouver nos marques dans notre Espace. La première cause du froid lors du sommeil provenait du matelas pneumatique. En interposant une mince couverture isolante, le problème a été résolu efficacement dès la nuit suivante.
Nous nous réveillons à l'ombre de grands arbres… Aussitôt, nous déplaçons l'Espace sur un emplacement ensoleillé plus agréable pour prendre le petit-déjeuner, et nous nous réchauffons doucement.
09 h 15, départ du camping après avoir tout rangé dans la voiture. Pas évident d'être efficace. Direction Århus.
10 h 00, visite de Gamle By. A peine à l'écart du centre ville, il s'agit d'un village ancien reconstitué à l'aide de bâtiments traditionnels démontés, transportés et réunis en un même lieu. L'ensemble est fort bien réussi. Sous prétexte de la sauvegarde d'un patrimoine ancien de grande valeur, les concepteurs ont transformé chaque boutique, atelier ou habitation en un musée de l'artisanat et des traditions danoises. Tout ce qui faisait la vie d'un village ancien est ainsi présenté et mis en valeur, parfois avec le concours de personnes en costume d'époque qui fabriquent, travaillent, vendent ou expliquent en situation, comme la boulangère, le tonnelier et même le pasteur… Très intéressant. Nous y resterons une bonne partie de la matinée.
Ensuite, nous avons le temps de faire un détour par le village de Ebeltoft sur la presqu'île de Molls. Nous parcourons ainsi la rue principale d'un village qui a gardé un cachet rustique, une rue typique et animée bordée de jolies façades colorées.
12 h 40, nous gagnons Grenaa, où nous devons prendre le ferry pour la Suède. Nous sommes en avance et pique-niquons sur l'aire d'embarquement avant de passer.
Nous avions réservé notre passage par Internet, aussi les formalités sont réduites à leur plus simple expression. Internet, le G.P.S., l'espace Schengen et l'euro (dans une moindre mesure dans les pays scandinaves), facilitent bien la vie des voyageurs en Europe…
14 h 00, nous embarquons à bord du ferry Stena Nautica, qui visiblement commence à dater (1986), même s'il a tété rénové en 2002. Peu de monde à bord, la traversée s'annonce tranquille.
14 h 25, appareillage de Grenaa. Il fait un temps splendide, inespéré pour la région, grand soleil et chaleur tout l'après-midi, pas de vent apparent. Nous profitons d'autant plus du sun deck pendant les quatre heures que dure la traversée qu'il y a peu de monde à bord.
18 h 40, débarquement à Varberg en Suède après une traversée de rêve.
19 h 00, arrivée au camping de Geteröns, à 4 km au nord du port. Très pratique ! Encore un camping repéré depuis longtemps sur Internet. Il s'agit d'un vaste terrain plat sans arbres, occupé essentiellement par des grosses caravanes sédentaires, pratique courante en Scandinavie.
Nous discutons en mauvais anglais avec notre voisin qui nous indique qu'il y aura du vent et de la pluie durant la nuit. A peine avons-nous terminé la discussion que le ciel si bleu jusque là se voile très rapidement et que le vent se lève.
Nous installons l'auvent Décathlon sur le hayon de l'Espace pour que Nelly puisse cuisiner dans les meilleures conditions. Notre installation intrigue, puis fait sourire les quelques campeurs qui passent devant nous. Nous dinons rapidement sous l'auvent car il ne fait pas bien chaud. Vu le temps qui s’annonce, une p’tite soupe et au lit ! Encore faut-il se retrouver dans notre amoncellement de matériel à l'intérieur de la voiture ! La technique n'est pas encore bien rodée.
21 h 00, coucher. Nelly regarde un film sur l'ordinateur…
Jour 3 - Je 18/06/09 - Varberg (S) - Oslo (N)
A 4 h, il fait grand jour, la pluie se met à tomber et le vent se renforce, mais bien au chaud sous la couette, quel confort !
09 h 00, le vent et la pluie qui l'accompagne ne nous ont pas incité à sortir rapidement de sous la couette. Vu la météo, nous préparons le petit déjeuner dans la cuisine collective et le consommons dans la salle commune à disposition dans le camping. Pratique !
Ensuite, autoroute en Suède. Paysages vallonnés et verdoyants très agréable à regarder : forêts de sapins, champs, etc… sauf que l’on roule sous les grains et les averses, ce qui nous gâche un spectacle qui aurait pu être agréable.
12 h 45, passage de la frontière norvégienne à Svinnesund et aussitôt, premier poste de péage routier. Des douaniers très laxistes regardent stoïquement les voitures et les camions passer… Nous faisons nos premiers tours de roues en Norvège en suivant la route E6 (laquelle route se termine à… Kirkenes, 2 700 km plus loin !).
15 h 00, arrivée à Oslo au camping Ekeberg (encore trouvé sur Internet et guidé par le G.P.S.), par un temps qui semble vouloir s’améliorer. Nous choisissons notre emplacement et empruntons le bus 74 pour nous rendre en ville et qui nous dépose devant le théâtre.
Oslo n’étant pas le but de notre voyage, nous n’y consacrons que la fin de l’après-midi, pour faire une rapide tour sur les quais du nouveau quartier d'Aker Brygge avec ses boutiques et ses terrasses surplombant le port.
Nous visitons le parc Vigeland, célébrissime et immanquable par ses multiples statues de bronze ou de pierre d’hommes, femmes et enfants dans le plus simple appareil, qui symbolisent tous les moments de la vie, de l’enfance à la vieillesse. On aime ou on n’aime pas. Tout cela se termine sur un promontoire où se dresse un gigantesque phallus constitué de corps nus emmêlés. On vous le dit, c’est un must d’Oslo !
Ensuite, découverte du nouvel opéra d’Oslo. Construit au bord du fjord, c’est un bâtiment tout blanc, à l’architecture ultramoderne et audacieuse symbolisant un iceberg, inauguré en 2008. Surprenant mais très réussi. On peut marcher sur les différents plans inclinés assez raides des toitures. Ca vaut le détour !
Une foule endimanchée se précipite à l'intérieur, nous y pénétrons aussi. Ce soir (19 h 00), on joue Elektra de Richard Strauss. Beaucoup de monde autour des différents bars du hall d'entrée et chacun y va de sa coupe avant d'assister au spectacle. Apparemment, c'est l'habitude.
20 h 00, retour au camping Ekeberg. Le ciel se dégage. Ce soir, c'est repas au soleil ! On a quand même gardé la polaire !
Oslo - L'Hôtel de Ville - Le parc de Vigeland
Jour 4 - Ve 19/06/2009 - Oslo - Lillehammer - Lom

04 h 00, le soleil ne doit pas être loin de se lever.
9 h 15, départ d’Oslo par la route E6, route à 2 fois 2 voies sur les premiers kilomètres où l'on roule à bonne allure. Puis, beaucoup de zones de travaux pour prolonger cette voie rapide. Ensuite, nous roulons sur route nationale à double sens, limitée à 80 km/h comme dans tout le pays. Les Norvégiens sont très calmes au volant, ça ne roule jamais très vite, les distances entre véhicules sont telles qu'il est rarissime de pouvoir doubler.
La conduite est plutôt tranquille et finalement, par la force des choses, on finit par conduire comme les autochtones… parce qu'il est impossible d'aller plus vite qu'eux ! Les piétons sont rois : avant même d'avoir l'intention de traverser un carrefour les voitures sont déjà arrêtées pour les laisser passer. Surprenant au début !
11 h 45, arrivée à Lillehammer (où se sont déroulés les Jeux Olympiques d’hiver de 1994). Rapide parcours dans cette agglomération sans cachet particulier, si ce n’est une grande église de style néo-gothique en briques que nous ne pourrons pas visiter à cause d'un service d'inhumation.
Nous arpentons la rue principale Storgata. Il y souffle un vent frisquet, nous sommes en blouson et les autochtones en t-shirt… Au bout de la rue, un marché avec plusieurs vendeurs de produits… français, vendus à des prix norvégiens ! Nous y achetons à prix d’or, une baguette, vendue comme française…
13 h 15, pique-nique à l'écart de la route E6, près du parc d'attractions de Hunderfossen. En fouinant, nous nous installons dans une zone boisée, au soleil et au bord d'un petit étang. Un bel endroit entouré de plusieurs huttes aux toits faits en terre et en mousse. Bucolique à souhait ! Jusque là, nous avions privilégié la route aux paysages. A partir de maintenant, on va se calmer un peu et entrer dans le vif du sujet.
L’après-midi sera donc consacré à la découverte de plusieurs églises dites "en bois debout", spécialité de cette région de la Norvège intérieure. Ce sont des églises datant du Moyen-âge (un peu restaurées), entièrement construites en bois y compris la couverture en lauzes de couleur sombre.
15 h 00, arrêt à Ringebu pour visiter la première de ces églises, un édifice imposant construit à flanc de colline et entouré de son petit cimetière. Nous visitons l'intérieur où il fait très sombre. Peu de fenêtres et des murs en bois goudronné ne favorisent pas la mise en valeur de la décoration.
Arrêt pour voir l'église de Sor-Fron, curieux édifice octogonal datant de 1787, avec un très joli porche. Eglise malheureusement fermée.
Malgré tous nos renseignements, nous n'avons pas été assez malins pour trouver l'église octogonale de Otta. En la cherchant, nous nous trompons de route et nous arrêtons en bordure de la E6 devant l'église toute blanche de Selsverket. Fermée, elle aussi !
17 h 50, à l'écart de l'itinéraire initialement prévu, nous traversons le village de Sel et suivons une petite route sinueuse qui nous mène à Vagamo, où s'élève une magnifique église en bois debout au milieu de son traditionnel cimetière. Très belle église… fermée !
En principe, Vagamo était notre étape du soir, mais visiblement l'unique camping du village ne semblait pas prêt à nous accueillir, quasi désert et de plus, en travaux. Nous poursuivons notre chemin.
18 h 30, arrivée à Lom au camping Nordal Turistheim, assez mal organisé, en bord de route et surplombant une zone d'activités. Nous nous en satisferons, c'est le seul à plusieurs kilomètres à la ronde, et nous nous installons pour la soirée et la nuit.
Après le repas, nous admirons la dernière église en bois debout de la journée à quelques pas de notre camping par une belle soirée ensoleillée. Un très bel édifice, les murs en bois et la toiture en lauze prennent des couleurs chaudes sous le soleil qui décline. Beaucoup de sculptures sur les poteaux et les linteaux arrondis. Vestiges de paganisme, des têtes de dragons ornent également le faîtage de la toiture. Et si ce soir, l'église est ouverte, c'est pour un office et non pour les touristes que nous sommes… Décidément, nous n'aurons pas eu de chance avec la visite des églises aujourd'hui !
Une fête ou une foire se termine dans le centre du petit village, nous parcourons les quelques stands où l'on nous propose du saucisson d'élan ou de renne. Non, non, pas ce soir, merci…
De retour au camping, la vie commence à s’améliorer, le rangement de la nourriture et des vêtements s’organise et les manutentions deviennent moins fastidieuses. Et la météo nous devient globalement de plus en plus favorable.
Jour 5 - Sa 20/06/2009 - Lom - Geiranger - Valldal

Depuis notre arrivée en Norvège, été oblige, nous ne connaissons plus l'obscurité. A 01 h 40, cette nuit, il faisait… grand jour ! Pour peu que le soleil brille dès le matin, cela chauffe rapidement dans le Home Espace, donc ce matin, lever à 7 h 15.
Petit-déjeuner en terrasse et départ à 9 h 15 pour une journée importante du tourisme norvégien : la découverte du fjord de Geiranger, localement dénommé "le plus beau site naturel du monde".
Mais avant cela, il nous faut traverser l'une des régions les plus froides de Norvège (les nombreuses plaques de neige sur les bas côtés de la route l'attestent), puis franchir un plateau aride parsemé de petits lacs, pour enfin parvenir à 1 000 m d’altitude et trouver un grand lac encore complètement gelé et cerné de sommets enneigés. Spectaculaire !
La réputation de la région n'est pas usurpée, aussi lorsque nous sortons de la voiture pour contempler les reflets bleutés de la glace du lac Djupvatn, nous sommes complètement frigorifiés et transis par une petite pluie bien piquante. Pourtant le paysage mériterait que l'on s'y attarde davantage. Toute la surface de ce lac est prise par la glace, la neige recouvre tout jusqu'aux berges, et nous ne sommes qu'à mille mètres d'altitude ! Nous nous refugions quelques instants dans le chalet situé à l'extrémité du lac, où nous trouvons une douce chaleur et où Nelly a déjà repéré sa première boutique de souvenirs…
En face du chalet et à l’écart du trajet, une piste à péage grimpe en lacets serrés et escarpés jusqu'à 1 500 mètres vers le sommet de Dalsnibba, d'où l'on a, paraît-il, une vue grandiose. Les nuages nous rattrapent durant l'ascension et surtout masquent partiellement les sommets environnants couverts de neige, ce qui ne présage rien de bon lorsque nous serons arrivés sur place.
A cause du brouillard, le paysage évolue à chaque seconde et dans le dernier virage les nuages se dispersent quelque peu, nous laissant entrevoir quelques bribes de paysage montagneux.
11 h 15, arrivés à Dalsnibba, en quittant l'Espace, nous sommes surpris. La température est basse, certes, mais nous nous attendions à pire. L'absence de vent, quelques timides rayons de soleil qui filtrent à travers les nuages font que c'est tout à fait supportable. Finalement, l'atmosphère est plus agréable ici qu'auprès du lac Djupvatn, 500 mètres plus bas.
D'une vaste plateforme, nous contemplons un paysage mouvant, changeant en quelques secondes au gré du passage des nuages ou des bancs de brume qui s'effilochent… Des hautes montagnes acérées, des névés sporadiques, les innombrables lacets de la R63 qui serpentent en contrebas et que nous emprunterons dans un moment.
On ne s'y attendait plus, alors que nous sommes encore à l'ombre des nuages, nous pouvons contempler 1.500 m plus bas l'extrémité du fameux fjord de Geiranger inondé de soleil. Magique ! Vu d'ici, il ressemble plus à un lac bleuté serti dans un écrin de montagnes abruptes. Nous restons un bon moment subjugués, planant au dessus de la nature, dominant un paysage en perpétuel mouvement.
L'endroit est fréquenté. Nous devisons un bon moment avec un Français établi à Lillehammer, qui est en excursion avec un groupe d'apprentis d'une école hôtelière. Soudain, dans cet endroit calme et propre à la méditation, nous sommes intrigués par un long grondement sourd qui enfle à mesure. Une grosse moto surgit sur le parking dans une pétarade caractéristique des Harley-Davidson et pilotée par un biker pur jus. Une moto, puis deux, trois, dix, cent, deux cent peut-être, menées par des bikers de circonstance… Toutes les Harley de Norvège sont au rendez-vous. La "Horde Sauvage" investit tout le site dans un énorme tintamarre, les rois de la poignée de gaz provoquent le ronflement des moteurs et les groupes de motards s'invectivent gentiment.
Il est temps de quitter les lieux. Nous reprenons la piste. A la descente, les ravins qui la bordent sont encore plus impressionnants et dans les derniers virages la vue sur le lac gelé est splendide. Un à un, nous enfilons les lacets serrés de la R63 que nous dominions il y a quelques instants du plateau de Dalsnibba et descendons vers Geiranger. Les virages serrés nous laissent quelques splendides échappées sur le fond du fjord.
12 h 15, au cours de la descente, nous pique-niquons sur un promontoire dominant le fjord : un vrai site de carte postale, grandiose ! De ce promontoire, maintenant sous le soleil, nous dominons le petit village et l'extrémité du fjord. De hautes montagnes tombent à-pic, de part et d'autre du fjord argenté. Un paquebot blanc est déjà ancré et un navire Hurtigruten glisse lentement, sans bruit vers son escale, suivi d'un autre paquebot.
Nous restons ainsi un long moment à contempler "le plus beau site naturel du monde". C'est à peine exagéré ! Il fait beau, la température est agréable et l'atmosphère est limpide…
Le village de Geiranger est plutôt touristique et c’est le week-end… autant dire très fréquenté. Beaucoup de Norvégiens sont en promenade et les "bikers" redescendus de Dalsnibba se télescopent avec les croisiéristes des paquebots qui partent en excursion à terre. Un joli désordre !
Nous embarquons sur une vedette touristique qui en 1 h 30, nous permet de voir la partie la plus spectaculaire du fjord et nous ne serons pas déçus. Une navigation somptueuse et grandiose entre des berges quasi verticales, des sommets encore enneigés ; plusieurs belles cascades dévalent les parois sur plusieurs centaines de mètres, tout cela dans un jeu d'ombres et de lumières, de contre-jours ou de couleurs incertaines.
16 h 00, nous reprenons l'Espace. A la sortie du village de Geiranger, nous mettons cap au nord en escaladant "la route des Aigles" qui grimpe de 600 m en 11 virages en épingle à cheveux pour sortir du fjord. Un promontoire marque le point haut de la route : encore une vue à couper le souffle sur la dernière courbe du fjord. Sublime… Et les bateaux qui naviguent nous paraissent bien petits…
Puis, lente redescente vers un autre fjord pour emprunter à 17 h 15 le 1er ferry de notre voyage. Nous attendons quelques minutes à Linge pour traverser le Nordalsfjord en 15 minutes. A peine le temps de descendre de voiture…
17 h 45, nous nous posons au camping d'Uritun, petit terrain tranquille et rustique à la sortie de Valdall. Ambiance familiale, cadre rural au cœur d’une vallée agricole où l’on ne cultive que des fraisiers en plein champ ; ils sont à peine en fleurs !
19 h 00, apéritif, mais un petit vent frais nous oblige à monter l'abri Décathlon pour que Nelly puisse préparer son repas confortablement et ce soir, c'est sérieux, c'est crêpes !
21 h 00, promenade digestive aux abords du camping.
Le lac Djupvatn Le Fjord de Geiranger
Jour 6 - Di 21/06/2009 - Valldal - Trollstigen - Bæverfjord

Départ du camping de Valldal à 10 h 15. Au bout de quelques kilomètres, arrêt sur un pont face à la chute d’une large rivière dans un éboulis de roches. Une petite maison (en réalité, une mini centrale électrique), est coincée entre les rochers et la cascade. Nous discutons avec quelques membres d’un groupe de français voyageant dans un bus suédois et qui se sont arrêtés en même temps que nous.
Puis, nouvel arrêt aux chutes de Gudbrand. Un torrent tumultueux s’encastre sous la roche dans une gorge très étroite avant de disparaître sous terre. L'aménagement du site est en cours. Tous les cheminements et les garde-corps sont en acier, étrange ! Quel sera le résultat final dans plusieurs mois ?
Nous nous élevons en altitude vers un plateau en suivant une vallée glaciaire quasi désertique enserrée entre des sommets enneigés, entrecoupée de petits lacs. Un ciel pur et une atmosphère limpide, font que la vue porte loin, ce qui augmente encore l’aspect grandiose et les dimensions impressionnantes du site. Epoustouflant !
11 h 30, arrêt au plateau de Stigrøra, qui en fait est un col à 852 m d’altitude. De là, part un chemin menant à un belvédère devenu un site touristique incontournable d’où l’on domine "l’Echelle des Trolls". C'est une route escarpée, ouverte en 1936 mais fermée en hiver, qui en une douzaine de virages en épingle à cheveux escalade littéralement la montagne (pente à 11 ou 12 %, par endroits). Les croisements sont souvent difficiles entre les camping-cars et les nombreux bus de tourisme qui fréquentent l’itinéraire. Là encore, époustouflant !
Du belvédère, très fréquenté, nous disposons d'une vue panoramique sur la longue vallée glaciaire qui mène à Andalsnes. En cours de visite, nous discutons un bon moment avec 3 angevins voyagent en 4x4 (style RAV 4), et qui logent en hytter. Ils redescendent du Cap Nord, où ils ont eu un temps magnifique.
12 h 15, nous empruntons donc cette route escarpée à la descente, et faisons un court arrêt devant la cascade de Stigfossen (haute de 180 m). En quelques coups de volant et pied sur le frein, nous nous retrouvons dans la vallée, au pied de la montagne. Et vu d'en bas, ce n'est pas la montagne mais un véritable mur de 550 mètres de haut que nous venons de dégringoler !
13 h 00, pique-nique en bas de l’échelle des Trolls.
14 h 30, second ferry du voyage entre Afarnes et Sølnes pour traverser le Langfjord. 15 h 00, arrivée à Molde, petite ville agréable au bord d’un large fjord où nous avions fait escale en fin d’après-midi l’hiver dernier. Beau panorama sur les sommets enneigés de l’autre coté du fjord. Nous arpentons la rue principale, comme nous l'avions fait l'hiver dernier ; de jour, tout est si différent. Puis, promenade à pied sur les quais jusqu’à l'Aker Stadion (où doit se dérouler un match de football, ce soir), et le Rica Hôtel, bâtiment contemporain en forme de voile.
17 h 00, arrivée à Kanestraum, le ferry vient juste de partir sous notre nez. L'attente ne sera pas trop longue, une demi-heure. L'endroit est isolé, une minuscule boutique (épicerie, journaux, confiserie), essaie de vivre du trafic des ferries…
Notre bac arrive… Désormais, c'est Nelly qui embarque l'Espace sur les ferries. Le prix des traversées est toujours un forfait voiture et chauffeur compris, les passagers supplémentaires paient séparément. Mais les passagers retraités de plus de 67 ans ne paient que 50% du tarif. En dépit de son jeune âge mais grâce aux cheveux blancs, J-J se permet de gratter quelques couronnes norvégiennes à chaque passage. Malin ! On se demande quand même si les Norvégiens dans leur honnête candeur, peuvent se douter de la filouterie de quelques étrangers astucieux. Nous n'en sommes même pas sûrs !
En 20 minutes nous traversons le Halsafjord et arrivons à Halsa. Un débarcadère au bout d'une route, rien d'autre. Juste après, la route E39 vers Trondheim semble barrée et nous prenons une déviation par la R65, ce qui nous vaut un détour conséquent.
18 h 00, nous nous installons au camping de Bæverfjord, petit terrain paisible et pas cher. La responsable ne parle que norvégien, pas facile de se comprendre.
19 h 00, dîner. La soirée est agréable, ensoleillée. Nous faisons une courte promenade au bout du fjord près du camping. Mais le terrain est marécageux et nous faisons rapidement demi-tour.
La traversée du Halsafjord en ferry
Jour 7 - Lu 22/06/2009 - Bæverfjord - Trondheim - Vegset
A 05 h 00, le soleil brille, largement au-dessus des montagnes environnantes.
Route 65 vers Trondheim en suivant une longue vallée où règne une forte activité agricole.
11 h 00, arrivée à Trondheim, 3ème ville de Norvège que nous avions déjà visitée l’hiver dernier. Cette fois-ci, le beau temps règne et il fait même chaud. Autant, cette ville était déserte en décembre, autant elle est animée aujourd’hui. Il y a déjà bien du monde aux terrasses des cafés de la rue principale, Munkegata.
Stationnement en centre ville, sur Dronningensgata, juste à côté de la bibliothèque municipale. Pas fait exprès, mais cela tombe bien ! Nous commençons donc par essayer d’envoyer un mail, gratuit depuis cette bibliothèque.
Il faut d’abord trouver un ordinateur libre, puis se familiariser avec les menus et commandes de l’ordi en norvégien, et ensuite taper le message sur un clavier qwerty, sans accents, sans apostrophes, sans cédilles, mais avec des caractères norvégiens inhabituels, tels que ø, æ, å, Ø, Æ, Å. Mais, on a réussi et le message est bien parvenu à tous ses destinataires.
Nelly est en manque et veut absolument trouver une boulangerie pour y acheter du pain : gageure en Norvège, où nous n’avons pas encore vu ce genre de boutique. Près du marché, nous pénétrons sans conviction dans une galerie marchande. Et, bien en vue au milieu de cette galerie… une boulangerie-viennoiserie vend… des "baguettes françaises" (écrit tel quel sur les étiquettes), mais le prix, lui, reste norvégien ! Et même la vendeuse s’exprime en français.
Avec l’Espace, nous nous déplaçons dans le quartier de Bakklandet. Pique-nique ensoleillé sur un terre-plein sur la rivière Nidelva, face aux entrepôts multicolores. Au même endroit, le 31 Décembre, nous étions sous les bourrasques de neige fondue.
Passage sur le vieux pont Gamlebybru, puis montée à la forteresse de Kristiansten Festning, construction blanche et massive. Depuis les talus en herbe, quelques points de vue sur la ville et le fjord.
Retour à la voiture par les rues de Nedre Bakklandet, bordées de maisons anciennes et colorées.
15 h 00, repris la route par la E6 via Levanger et Steinkjer au fond du fjord de Trondheim.
Poursuite sous une averse orageuse en longeant le lac de Snåsa,
18 h 10, au bout du lac, nous trouvons le camping de Vegset. Personne à la réception, entrée libre, le gérant passera plus tard… Il y a même un tableau avec les clés des hytter à disposition avec une boite à lettres pour déposer l’argent le lendemain matin… Installez-vous ! C’est la Norvège…
Mais l’orage menace… D’où une grosse hésitation pour installer notre campement. Avant toute décision, petite balade dans le camping et sur les bords du lac. Dans le camp, il y a beaucoup de caravanes avec des avancées, des auvents en dur, terrasses en bois, etc… dénotant un aménagement en plusieurs phases. Sans doute une astuce pour contourner un règlement particulier ?
19 h 30, début de l’orage. Finalement, on se réfugie dans une hytte (280 NOK) pour 4 personnes. Un peu sombre, équipée d’un frigo, four électrique et 2 plaques chauffantes, chauffage électrique que l’on n’a pas utilisé, éclairage et prises de courant. Couvertures et oreillers. Mais pas d’eau, il faut utiliser les installations communes, (sans doute à cause du gel en hiver).
Pendant que l’orage se déchaîne, on est au sec et l’on dîne sur une vraie table. De plus, on a pu recharger tous les appareils électriques à bloc.
Finalement, ce choix s’avérera judicieux, car le lendemain matin, il pleut encore.
Trondheim - Les anciens hangars sur les rives de la Nidelva
Jour 8 - Ma 23/06/2009 - Vegset - Brønnøysund - Thorghatten

Il a plu toute la nuit. Réveil à 07 h 30. Il crachine et la visibilité est mauvaise. On regrette encore moins d’avoir choisi la hytte. P’tit dej à l’abri, puis rangement dans l’Espace de toutes les caisses qu’on avait du sortir. Finalement, la hytte c’est contraignant ; et en plus il faut nettoyer la hutte.
A 08 h 30, le gérant du camping vient réclamer son dû. Nous redéposerons la clé au tableau en partant !
Départ vers Grong, puis bifurqué par la R775, toute petite route étroite et sinueuse. Nous slalomons au ralenti entre les moutons éparpillés sur la chaussée et les accotements. Imprévisible et dangereux, surtout à la sortie des virages, ces animaux n’ont vraiment pas conscience du danger !
A Høylandet, nous rejoignons la R17, la route côtière touristique (Kystriksveien), que l’on va suivre jusqu’à Bodø pendant près de 600 km.
Paysages vallonnés, rivières, belles forêts de sapins, fonds de fjords sous la pluie intermittente rendant les vues bouchées.
12 h 30, arrivée sous la pluie à Holm pour prendre le 4ème bac du voyage. A cause de la pluie, pique-nique dans la voiture dans la file d’attente. Traversée du Bindalsfjord jusqu’à Vennesund en 20 minutes sur un gros ferry, 4 files de véhicules, grands salons, boutique bien achalandée, cafétéria où tous les Norvégiens mangent des hot-dogs faits de grosses saucisses genre Francfort. Le temps encore bouché nous empêche de gambader sur le pont extérieur
En débarquant du ferry, la visibilité semble vouloir s’améliorer doucement. Le paysage change aussi, devient plus maritime et pourrait rappeler certains coins de Bretagne nord.
14 h 30, arrêt à Vik pour visiter par hasard une église en bois (et miracle, elle est ouverte !). L’extérieur est couleur blanc et caramel. On a pu visiter l'intérieur peint en rose et mauve, décoration minimaliste, orgue contemporain, et une belle galerie de portraits des anciens pasteurs.
15 h 30, arrivée à Brønnøysund. Ville et port tout en longueur sans cachet exceptionnel. Quelques courses dans un supermarché, avec de super prix… surtout les fruits. On a eu bien raison de faire le maximum de ravitaillement au départ de France !
Sur le port, Nelly visite une petite galerie marchande, pendant que J-J regarde l'arrivée par le nord du MS Lofoten d’Hurtigruten.
17 h 00, arrivée au site de Torghatten et installation au camping du même nom au pied du rocher. Nous trouvons un emplacement exceptionnel en bord du sund avec une jolie vue sur les sommets du continent. Idéal… sauf que le gérant du camp vient allumer un feu de camp à notre vent, sans doute pour célébrer la Saint-Jean, mais est-ce la vraie raison ?
Sans tout comprendre, nous préférons déménager pour ne pas être enfumés, et trouvons un autre endroit près d’une mini-plage. Beaucoup de camping-cars en passagers.
18 h 00, marche vers le trou du rocher de Torghatten. Ce gigantesque trou est une curiosité géologique creusée par la mer dans des temps immémoriaux. Il traverse de part et d'autre un immense rocher en forme de chapeau de gendarme. Inhabituel, ici, on ne tombe pas dans le trou, on y monte ! 125 m à gravir dans la caillasse avant de pénétrer dans le fameux trou, qui fait 160 m de long, 20 de large et 30 de hauteur. Il faut redescendre un escalier en bois pour atteindre la base d'une vaste salle, et vers le sud il y a une jolie vue sur un semis d’îles basses à perte de vue et une ferme isolée en 1er plan.
21 h 00, balade à pied aux abords du camping au fond d’une anse. Nous repérons de nombreux bigorneaux, on s’équipera mieux la prochaine fois. Les nuages se déchirent et l’on comprend que le soleil n’est pas pressé de se coucher…
Jour 9 - Me 24/06/2009 - Thorghatten - Nesna
Grand soleil dès le matin.
Peu après Brønnøysund, ferry entre Horn et Anddalsvåg pour traverser le Vellfjord avec un peu d’attente. Continuation sur la R17.
11 h 30, arrivée à Fjorvik et attente du second ferry de la journée. Promenade à pied sur le port de plaisance et dans le hameau.
12 h 05, ferry pour Tjøtta. Très agréable traversée d’une heure dans un enchevêtrement d’îles et d’îlots, sous un ciel sans nuage, un chaud soleil et une forte luminosité. L'eau du fjord est d'un bleu intense, inimaginable pour la région. Passé tout le temps sur le pont pour admirer un paysage magnifique : une grande île de roche rouge, d’autres vert sombre, plantées de sapins, et la face orientale du massif des 7 Sœurs en arrière-plan. Discuté avec un couple de Liégeois, vus à Torghatten, qui circulent dans un gros camping-car gris et qui font leur deuxième voyage en Norvège.
Pique-nique peu après Tjøtta, juste au bord du Velsnfjord avec de jolies montagnes en arrière-plan. Un endroit très calme propice au repos.
Arrêt à la nécropole russe (2ème guerre mondiale), minimaliste.
Arrêt à l’église médiévale d'Alstahaug construite en pierre dans un très joli cadre verdoyant près de la mer. A l'intérieur, belle chaire et tableaux en bois sculpté et polychrome. Curieux clocher à bulbe. Comme souvent en Norvège, cimetière bucolique et bien entretenu autour de l’église, avec quelques "pierres" tombales en fonte. Très bel ensemble.
Longé le versant occidental du massif des 7 Sœurs avant d’arriver à Sandnessjøen, petite ville vite visitée : la rue principale et le port sont d’un intérêt réduit.
Passage sur le haut pont à haubans de Helgelandbru (devenu gratuit) franchissant l’étroit Leirfjord.
17 h 00, 3ème ferry du jour à Levang pour rejoindre Nesna. A l'embarcadère de Levang, cadre typique de Norvège avec des huttes de pêcheurs rouge sang construites sur pilotis. Traversée du Ranafjord en longeant des côtes verdoyantes parsemées de grosses exploitations agricoles en bordure du fjord. L'activité est intense, c'est la période des foins. Belles montagnes enneigées dans le lointain. Cadre splendide.
Installation au camping de Nesna, intégré dans un motel-centre de vacances (!?), à faible distance du village et du débarcadère du ferry, et en bordure de fjord. Accueil sympathique. Parties communes bien équipées, cuisine, salle de repos et de télé. Terrain très agréable.
Pêche aux bigorneaux devant le campement, belle récolte. Après le repas de bigorneaux et de crêpes, promenade à pied jusqu’à l’église du village et au port, toujours sous le soleil.
Transfert des photos et des films dans la salle télé du camping.
22 h 50, le soleil qui brille toujours passe derrière les montagnes et nous nous couchons au grand jour. En fait, nous sommes à 120 km du Cercle polaire et il n’y a maintenant plus de nuit.
En résumé, une journée exceptionnelle.
Le Velsnfjord
Jour 10 - Je 25/06/2009 - Nesna - Svartisen - Reipa

Grande luminosité durant toute la nuit. 06 h 45, réveil sous un grand soleil et déjà (!) la chaleur.
08 h 20, tenue vestimentaire d'été (T-shirt et bermuda), départ et trajet par une route longeant des fjords tranquilles donnant de beaux reflets dans l'eau calme ainsi que des cimes enneigées en arrière-plan, (Sjonafjord).
10 h 00, arrivée à Kilboghamn, soit un parcours de 90 km en 1 heure 50 ! Il ya déjà une longue file de voitures et un bus pour emprunter un ferry qui paraît bien petit. Suspense, jusqu'à ce qu'arrive notre tour. Montera, montera pas ? Finalement, on rentre, mais de justesse ! Le bac suivant était 2 heures plus tard.
Toujours du très beau temps, mais bizarrement, un petit vent frisquet oblige à trouver un abri sur le pont du ferry. Belle navigation de 70 minutes en slalomant entre de nombreuses îles. Passage du Cercle Polaire (annoncé par l'équipage), et devant la boule métallique marquant le lieu : 66°33' N immortalisée par tous les photographes du bord.
Débarquement à Jetvik, puis pique-nique express au fond du beau Tongsfjord, chassés par un vent glacial et surtout des mouches très agressives.
Toujours sous un franc soleil, courte traversée du Skardsfjord, entre Ågskardet et Forøy. Du ferry, on a quelques vues sur le sommet du glacier Svartisen.
Arrêt à Braset sur le Hollandsfjord, pour plusieurs points de vue sur l'Engabreen, bras du glacier Svartisen se jetant pratiquement dans le fjord. Pris une vedette pour traverser le fjord et rejoindre la base de l'Engabreen, mais il reste 3,6 Km à faire à pied avant d'y parvenir. Chemin très facile au début, malgré la forte chaleur (eh, oui !), devenant plus difficile au pied du glacier sur la roche polie et lissée au fil des siècles par l'avancée du glacier. Il y a même des chaînes pour s'agripper à la montée. Dur ! Finalement, on cale en cours de route, aussi à cause de la chaleur. (Ce sera en réalité, la journée la plus chaude de ce voyage).
On a toutefois de très belles vues du glacier et du fjord qui brillent de mille éclats sous le soleil. ("Le soleil fait pétiller la mer", dixit Nelly). C'est vraiment magnifique. Sans toucher la glace, nous en sommes assez près et malgré tout, cette balade devait être faite.
Retour à la voiture et poursuite en empruntant les tunnels de Glomfjord. Trois tunnels à la suite de 7 km,1 km et 2 km de long avant d'arriver à Ørnes.
Camping à Reipa, 5 km après Ørnes, dans un terrain quasiment vide, exposé au vent et à l'ombre des montagnes avoisinantes, donc très froid.
Promenade à pied sur une grève des environs.
23 h 30, le soleil brille nettement au-dessus de l'horizon entre les 2 montagnes au nord du camp.
Le terrain de camping de Reipa
Jour 11 - Ve 26/06/2009 - Reipa - Bodø - Å i Lofoten
Toujours du grand soleil au réveil
09 h 45, départ du camping. Nombreux arrêts le long des fjords, notamment à Storvik et sa longue plage de sable (mer bleue intense), et au lac de Valnes, avec quelques abris colorés et plusieurs barques échouées sur les berges.
12 h 00, arrêt au pont de Saltstraumen pour voir les courants entrant ou sortant du Skjerstadfjord, par un goulet de 150 m de large (± 400 millions de m3/h à 28 nœuds aux plus fortes marées). Descente à pied sous le pont sur la rive est. Nous arrivons à la fin du jusant, donc rien d'extraordinaire, mais en un quart d'heure le flot arrive et le phénomène s'accélère. L'eau défile alors très vite et bruyamment ; marmites et tourbillons sont en évolution permanente : impressionnant. Pique-nique sur place accompagnés de nombreux pêcheurs ou curieux venus, comme nous, regarder l'eau passer.
Nous montons à pied sur le pont pour avoir une vue d'ensemble du phénomène et ne sommes pas déçus, c'est encore plus spectaculaire, surtout de voir à quelle vitesse l'eau rentre dans ce fjord. De plus, très beau panorama sur l'amont du fjord et les montagnes enneigées vers le sud.
Fin de la route 17 à Løding, un très bel itinéraire de près de 600 km réalisé en 3 jours ½ et qui méritait d'être fait, bien mis en valeur par une météo exceptionnelle.
15 h 45, arrivée à Bodø à l'embarcadère du ferry pour Moskenes (Lofoten). Sur le vaste terre-plein, déjà beaucoup de monde à attendre sur 6 files. Il semble que suite à une avarie, le ferry de 15 h 00 ait deux heures de retard, et que la file d'attente soit en conséquence ! Nous n'avons pas réservé notre passage. Donc, suspense et patience !
Le MS Trollfjord d'Hurtigruten est à quai. Nous étions à cette même escale le 1er Janvier dernier, mais sous une météo et une luminosité bien différente.
16 h 30 Petit tour rapide en ville. Peu d'intérêt, ce que nous savions déjà.
17 h 00, retour à l'embarcadère. Un ferry vient d'arriver (celui de 15 h 00 ?), beaucoup d'incertitude pour embarquer normalement dessus. Cela ne semble pas organisé ou bien c'est la panique parmi le personnel chargé de l'embarquement.
Ce sont les vacances, c'est aussi le week-end et il y a affluence. L'énervement grandit parmi les passagers, d'autant qu'après ce ferry, le suivant est à 00 h 45 !!!. C'est la grande valse-hésitation sur le terre-plein, et à cause de la panique générale du personnel, la montée des véhicules se fait au compte-gouttes, allongeant encore la durée du désordre.
18 h 00, ça y est ! Nous sommes parmi les tous derniers à embarquer sur le catmaran MS Bodø. C'est vraiment passé de justesse. Les 5 files de véhicules sont remplies. A l'intérieur, dans le grand salon une longue queue se forme instantanément à la cafétéria bien avant le départ. Ensuite, la plupart des passagers s'installent et mangent. Nous pique-niquerons également à bord et Nelly s'offrira une glace.
18 h 15, appareillage. A peine virées les îles à la sortie du port que l'on aperçoit déjà les Lofoten à l'horizon… soit une visibilité proche de 90 km !
Ciel toujours clair, temps calme, mer plate. Traversée agréable à une vitesse de 16 nœuds (soit 29 km/h), donc, pas très chaud sur le pont extérieur en fin de journée. Vers l'arrière, vues sur les montagnes enneigées du continent norvégien, et se rapprochant, "le Mur des Lofoten", fait de montagnes escarpées, paraît infranchissable.
21 h 30, arrivée à Moskenes, petit port tranquille au sud de l'archipel. En contre-jour, les montagnes ont des reflets très sombres dans les eaux du port. L'éclairage est très contrasté, aussi de beaux reflets des bateaux et des rorbuer.
21 h 50, arrivée à Å i Lofoten et installation au camping de Moskenesstraumen à l'extrémité du village. Le Guide du Routard avait raison, pas terrible ! Accueil minimaliste. Cher pour le peu de prestations offertes, nous sommes installés sur un terre-plein exigu et tristounet, coincés entre 2 camping-cars.
Balade à pied jusqu'à l'extrémité du camping (inaccessible aux véhicules), où le site est plus grandiose et sauvage. Nous partons explorer le village et marcher autour du port au milieu des rorbuer rouge sang, bâtis sur pilotis. Ces rorbuer semblent fréquentés par des amateurs de pêche sportive qui ramènent de belles prises : flétans énormes et autres qu'ils découpent ensuite sur place.
Storvik - Å i Lofoten
Jour 12 - Sa 27/06/2009 - Å - Svolær - Handelsand
Petit déjeuner dans la salle commune du camping face à la mer.
08 h 45, départ du camping et déjà arrêtés quelques centaines de mètres plus loin pour photos et films du port de Å, avec ses rorbuer multicolores, des petits chalutiers et les montagnes acérées et à pic en arrière-plan, le tout accompagné par les cris stridents des mouettes. Ce village est la carte postale des Lofoten.
Puis, au port de Reine, les rorbuer rouge sang se détachent des eaux bleues du port et contrastent, là encore, avec les montagnes tombant à-pic brutalement dans la mer. Typique ! Ensuite, arrêt à Hamnøy.
10 h 15, Flakstad, immense plage de sable blanc baignée par une mer turquoise avec montagnes en arrière plan. Paysage surréaliste, inimaginable à cette latitude, et pourtant bien réel. Il ne manque que les cocotiers pour que ce site soit paradisiaque. Résultat, personne, absolument personne sur cette longue plage, si ce n'est 1 ou 2 couples d'huitriers-pie qui courent avec nous sur le sable en lançant des cris stridents.
10 h 30, à l'écart de la route, le port sauvegardé de Nusfjord, là encore, cliché des Lofoten. Péage de 5.50 € par personne (un peu exagéré), pour l'entretien et la conservation du site. Rorbuer jaune et rouge sur pilotis autour d'un petit port en fer à cheval. Dans quelques bâtiments d'époque, espace muséographique concernant la pêche, le travail de la morue et tous les métiers s'y rapportant. Boutique de souvenirs dans une échoppe restée dans son état d'origine. Site très visité.
Arrêt au panorama de Felsa, sur un tertre à l'écart de la route. Vaste point de vue sur une large vallée verdoyante.
12 h 00, détour par la plage d'Haukland, sur la côte nord de l'archipel. Malheureusement, d'épais nuages et du vent fort arrivent sur place en même temps que nous, difficile de rester. Franchement dommage, car c'est une belle plage de sable blanc.
A proximité, et après être passés sous un tunnel, pique-nique sur la plage d'Utakleiv. Ecourté à cause du temps très maussade et du vent froid. Encore dommage, car nous avions une très belle et longue plage face à nous.
13 h 00, passage à Stamsund, courte escale Hurtigruten de l'hiver dernier que nous avons bien du mal à reconnaitre. Retour du beau temps et poursuite par la R815 sur la côte sud de l'archipel par Valberg, dans de beaux paysages de montagnes tombant brutalement dans des plaines marécageuses.
Visite du port de Henningsvær, situé sur une île et accessible par un pont à voie unique réglé par des feux tricolores. Sur fond de montagne abrupte, un port tout en longueur entouré de constructions blanches sur pilotis.
16 h 00, arrêt à Kabelvåg, où se déroule un rassemblement de vieux gréements locaux, ainsi qu'une fête populaire sur la place du village. Une animation que nous n'avons jamais retrouvée ailleurs en Norvège. Les gens sur des tables et des bancs au milieu de la place mangent du poisson ou des crevettes. Un groupe joue de la musique sous un kiosque. Nous achetons 1 litre de crevettes pour le dîner.
A la sortie du village, une très belle église en bois peint en marron est en cours de restauration.
18 h 30, Svolvær. Nous assistons à l'arrivée du MS Polarlys d'Hurtigruten qui débarque son lot de touristes pour des excursions dans l'archipel. Difficile de reconnaitre de jour l'escale faite de nuit et sous la neige l'hiver dernier.
La géographie se prête à l'observation du soleil de minuit et nous voudrions faire du camping sauvage sur la côte nord pour cela. Il fait beau, bien que le ciel ait l'air de se couvrir légèrement et qu'un vent frisquet commence à souffler. Ce soir, nous pique-niquons avant de trouver l'endroit idéal : repas de crevettes.
Plus nous roulons vers la côte nord, plus le temps se couvre. Arrivés à Laukvik, il bruine ! De plus, de la route, nous ne trouvons pas d'accès commode vers la plage ; de toute façon, le soleil à minuit paraît bien compromis.
21 h 00, dépités, nous poursuivons notre itinéraire vers Fiskebol par une petite route qui se transforme vite en piste en traversant des paysages désertiques pendant plusieurs kilomètres. Dans la grisaille, rien pour accrocher le regard, pas une maison, pas une voiture, rien ! Difficile de trouver un endroit sympathique et sûr dans un tel désert pour camper.
21 h 30, en roulant, sur la gauche et bien à l'écart de la route, une petite église isolée et à côté les toits de 2 camping-cars. A gauche toute ! Au bout du chemin, au pied de l'église, une petite place en herbe où stationnent pour la nuit 2 camping-cars immatriculés dans l'Orne.
Installation rapide du campement sous le crachin et café bien chaud.
22 h 30, le temps se dégage timidement. Marche à pied vers le rivage, l'horizon vers le nord rosit à peine. Le soleil reste bien caché derrière les nuages. Raté !
Retour à la voiture pour notre première nuit dans la nature. Aussi, nous pensons que près de l'église, il ne devrait rien nous arriver...
A suivre…
2ème Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie
1ère Partie - ROUEN - ÎLES LOFOTEN
Genèse du voyage L'idée de ce voyage estival en Norvège s'est imposée d'elle-même lors de la croisière que nous avions réalisée sur l'Hurtigruten, l'express côtier de Norvège, fin décembre 2008 et début janvier 2009 entre Bergen et Kirkenes.
Nous étions curieux de connaitre les conditions de luminosité à cette période de l'hiver dans les hautes latitudes et n'avons pas été déçus. De Bergen jusqu'à Bodø, une météo et des périodes de jour à peu près équivalentes à celles que nous connaissons dans le nord de la France à la même époque, avec une infime couche de neige à partir du 3ème jour. Mais une fois franchi le Cercle Polaire Arctique (66° 33' de latitude Nord), et arrivés à Bodø, changement radical d'ambiance, pénombre à partir de 14 h 00, nuit totale vers 15 h 30, et une épaisse couche de neige fraîche dès l'arrivée aux îles Lofoten.
A partir de là, nous progresserons vers le Nord en traversant des paysages enveloppés d'une lumière étrangement bleuâtre, à la fois douce et électrique, réfléchie par la neige qui recouvre tout. Ce bleu blafard devenu omniprésent rend les paysages irréels. Et dans le brouillard, sous les grains de pluie ou de neige, les montagnes bleutées, un ciel cendré et une mer plombée et confuse se fondent en des limites mouvantes et incertaines.
Et il faut faire vite, la brièveté des périodes de jour relatif impose de ne rien perdre de ces bouts de paysages faiblement éclairés. Autant que faire se peut, J-J passe de longs moments sur la coursive extérieure du pont 6 complètement emmitouflé pour se protéger du froid et du vent mordant, le plus souvent à l'avant du MS Trollfjord, à regarder, scruter ou contempler cette fantasmagorie naturelle en perpétuelle évolution.
Nous voulions voir l'hiver dans les régions septentrionales, nous avons donc été gâtés par la luminosité et la météo qui étaient les vedettes de ce voyage hivernal. Mais très vite, sur la coursive du pont 6 du MS Trollfjord est arrivé un profond sentiment de frustration… Ces paysages mystérieux, si beaux sous la neige et dans la pénombre, devraient sans aucun doute être splendides et grandioses sous la lumière estivale.
Les slaloms entre les îles, la vue des côtes escarpées, les arrivées dans les ports, l'été cela doit avoir aussi son charme…
Refaire la même croisière l'été, idéalement en juin ! Pourquoi pas l'été prochain ? Et pourquoi pas en sens inverse, de Kirkenes à Bergen pour avoir une autre vision des choses ? Et quitte à faire un si long voyage, pourquoi ne pas le compléter par un circuit en voiture et visiter l'intérieur du pays ? Pourquoi pas ?
Début janvier 2009, à peine débarqués à Kirkenes, nous savions que nous reviendrons rapidement visiter la Norvège.
Généralités Restait à mettre au point les modalités d'un tel voyage :
· En étudiant la brochure d'Hurtigruten, nous avons compris que dans le sens nord-sud, Kirkenes-Bergen, le transport de la voiture était compris dans le prix du billet des passagers, ce qui incitait forcément à faire le trajet dans ce sens.
· Une escapade au Cap Nord trouvait ainsi sa justification par le fait d'avoir à se rendre à Kirkenes, aux confins du pays.
· Vu les coûts prohibitifs de l'hôtellerie et la restauration en Norvège, le camping s'imposait.
· Et puisqu'il fallait camper, pourquoi ne pas utiliser et transformer le Renault Espace en mini camping-car, alliant ainsi logement, autonomie et indépendance… et économie ?
Et les cogitations ont réellement commencé en mars 2009...
Durée du voyage Avant toute connaissance approfondie des hauts-lieux de la Norvège touristique, l'idée de base était de rejoindre Oslo, puis le fjord de Geiranger, parcourir les îles Lofoten et gagner le Cap Nord avant de se rendre à Kirkenes et embarquer sur l'Hurtigruten. Au retour après Bergen, l'idée était de rejoindre le sud de la Norvège avant de traverser vers le Danemark.
Combien de temps pour réaliser un si vaste programme ? A priori, 3 semaines pour arriver à Kirkenes, 1 semaine à bord de l'Hurtigruten jusqu'à Bergen, 1 semaine pour redescendre à Rouen, donc 5 semaines.
Garde-robe et bagages Premier casse-tête ! Comment s'habiller pour vivre dans des conditions précaires pour une longue durée dans des régions à la météo aussi capricieuse. Nous avons donc prévu les mêmes parkas, sweats polaires et bonnets que l'hiver précédent (et ils nous ont bien servis), des T-sirts et bermudas (ils nous ont servis aussi, mais beaucoup moins), des vêtements de pluie, pulls, avec les changes indispensables, etc, etc… sans négliger les chaussures de randonnée, …mais nous avons oublié les gants !
De plus, nous ne pouvions avoir l'air de campeurs à bord de l'Hurtigruten, nous avions également besoin d'une garde-robe plus élaborée, sans pour autant être grand chic, pour une semaine.
Autant dire que le poids et surtout le volume de ces bagages risquait d'être conséquent. Résultat : une grande valise rigide, 3 ou 4 bagages souples et quantité d'autres petits sacs… rien que pour l'habillement !
En pratique, les bagages les plus usuels restaient dans l'habitacle durant la journée et devaient être transférés tous les soirs sur les sièges avant. La manutention bi-quotidienne de ces bagages ne restera pas le meilleur souvenir de ce voyage.
Heureusement, l'emprunt d'un grand coffre de toit a permis de stocker tout ce qui n'était pas d'utilisation quotidienne, ainsi que la literie (couette, drap, oreillers).
Aménagement de l'habitacle de l'Espace Le problème a priori le plus ardu à résoudre était l'aménagement de l'Espace en un véhicule à tout faire, suffisamment pratique pour faire du tourisme et surtout pour y vivre dans des conditions rustiques (pique-nique, camping), et climatiques incertaines (pluie, froid, vent, etc).
· Une fois les sièges passagers débarqués, il reste dans l'Espace un vaste plancher parfaitement plan de 2.20 m de long et de 1.17 m de large (minimum au niveau du passage des roues AR).
· Sur ce plancher, 7 caisses en plastique de 0.60 x 0.40 m et 0.23 m de hauteur, pour stocker toute l'alimentation emmenée depuis la France.
· Sur ces caisses judicieusement disposées, un "sommier" amovible en trois parties réalisé en contreplaqué de 13 mm d'épaisseur.
· Un matelas gonflable de 1.90 m de long et 1.16 m de large (juste la dimension du passage de roues), opportunément trouvé chez Décathlon.
· Acquisition d'un gonfleur électrique 12 v raccordé sur une prise allume-cigare permettant de gonfler le matelas sans fatigue en moins de deux minutes.
· Réalisation de "rideaux" en tissu occultant tendus sur des tiges souples en fibre de verre assurant une protection vis-à-vis des éventuels indiscrets et aussi une pénombre illusoire au cours des nuits estivales sous les hautes latitudes.

Aménagement extérieur de l'Espace On peut aussi penser qu'une fois ouvert, le vaste hayon arrière de l'Espace prolonge efficacement l'habitacle. C'est en partie en partie exact, à condition que la pluie ne tombe que verticalement et encore… Pour que cela soit réellement confortable, le mieux serait de s'équiper d'un auvent recouvrant entièrement le hayon et débordant largement sur le pavillon (le toit) de l'Espace, avec des joues latérales fixées au sol par des piquets. Rien de tel n'existe dans le commerce.
Fort opportunément, une de nos relations nous procure ce que nous cherchons ou du moins, quelque chose d'approchant. Renault avait commercialisé une série limitée de Kangoo, dénommée "Décathlon" et fournissait avec cette voiture quelques gadgets, dont un abri léger à fixer sur le hayon afin de donner un aspect baroudeur à ce véhicule. Très bien, sauf que le concepteur de cet abri n'a pas été efficacement jusqu'au bout de la bonne idée : un échantillonnage trop léger des tissus et surtout une absence évidente d'étanchéité à la pluie. Si les 3 côtés de cet abri offraient une bonne protection, il n'en était pas ainsi au niveau de la toiture… Néanmoins cet abri, bricolé pour notre Espace, sera surtout utile les jours de vent pour protéger la cuisinière devant ses fourneaux et nous n'aurons pas à regretter de l'avoir emmené.
Restait à résoudre l'étanchéité supérieure de l'installation en cas de pluie violente ou prolongée. Pas d'autre solution que de recouvrir l'ensemble d'une grande bâche en plastique bleu du plus bel effet, elle aussi tendue sur des piquets. Peu esthétique, mais efficace ! Nous n'aurons qu'à nous servir une seule fois de cette bâche sur la route du retour au Danemark.

Matériel Pour le reste, nous avons utilisé le matériel du campeur lambda :
· Une table pliante et deux fauteuils pliants.
· Un réchaud 2 feux et 2 bouteilles de gaz de 2.5 kg (1 seule aurait suffit).
· Une glacière (réfrigérée à l'aide d'une bouteille d'eau que l'on a fait congeler 2 ou 3 fois dans les campings, de moins en moins nécessaire à mesure que nous montions vers le nord !).
· Deux vaches à eau de 10 l, utiles surtout pour la vaisselle des pique-niques du midi et lors des soirées passées en camping sauvage.
· Une valise à pique-nique très pratique pour ranger et protéger toute la vaisselle.
Alimentation Tout, absolument tout a été acheté en France, et globalement l'intendante avait fort bien calculé ses quantités. Cela était réparti dans les différentes caisses en plastique (petit-déjeuner, plats de résistance, dessert, etc…).
La totalité du ravitaillement intégralement fait en France se justifiait pour deux raisons :
· Les coûts prohibitifs généralement pratiqués en Norvège (exemple : fruits vendus à la pièce pour le prix du kilo en France).
· Les étiquetages étant uniquement en norvégien, cela évitait les déconvenues lors de la consommation de produits qui ne correspondent pas obligatoirement à nos goûts.
Nous n'avons complété notre ravitaillement que par du pain (genre pain de mie), que l'on tranche soi-même dans les nombreuses supérettes, et aussi l'achat de pavés de saumon (très bon et relativement abordable, de même que les crevettes en vrac surgelées.
Côté conservation, peu de problèmes, même avec les légumes frais, les fruits et les œufs. Nous avions une glacière que l'on a tenté de refroidir les premiers jours avec une bouteille d'eau glacée dont nous renouvelions la congélation dans les frigos des terrains de camping. Pratique de moins en moins nécessaire au fur et à mesure que nous montions vers le nord et dont nous nous sommes complètement dispensés ensuite (au Cap Nord, il faisait plus chaud dans la glacière qu'à l'intérieur de la voiture… !).
Production d'électricité Un aussi long voyage supposait la prise de nombreuses photos ou vidéos et nous risquions d'être confrontés aux difficultés de recharge des batteries dans des lieux isolés. Nous ne pouvions pas être tributaires que des prises de courant disponibles à rechercher dans des lieux publics. Il nous fallait notre autonomie et notre indépendance électrique.
Nous devions aussi embarquer l'ordinateur portable pour envoyer quelques mails et transférer photos et vidéos pour éviter la saturation des cartes mémoire. Face à l'étendue des besoins électriques, nous nous sommes donc équipés d'un convertisseur de courant 12v/220v de 300 ampères capable de supporter la recharge de l'ordinateur, l'appareil photo, le caméscope et les 2 téléphones portables ! La gestion de la charge de ces différents appareils sera une préoccupation constante durant tout ce voyage
Internet Dès mars 2009, J-J a surfé de longues heures sur la toile pour rassembler le maximum de renseignements pratiques sur le trajet prévu. Ces heures passées en amont ont grandement facilité la réussite du périple.
· Au XXIème siècle, Internet est devenu un outil indispensable pour la préparation de n'importe quel voyage car on y trouve, rien que sur les sites en français quantité d'informations historiques, géographiques, culturelles, humaines concernant le pays à visiter. Les guides papier (Michelin, Routard, etc…), gardant leur utilité au niveau de l'information locale plus détaillée.
· Les sites en anglais sont innombrables et permettent d'accéder à davantage d'informations. La pratique d'un anglais scolaire basique permet néanmoins de naviguer sur ces sites, d'y trouver et d'interpréter le minimum de ces informations, surtout utile pour tout ce qui concerne l'hébergement, les transports, etc…
· La pratique du norvégien aurait été un plus… La consultation de sites en norvégien, donc sans traduction anglaise (et encore moins française), est surtout inécessaire pour la connaissance des horaires et des tarifs des nombreux ferries locaux. Beaucoup de termes s'apparentent à l'anglais ou l'allemand, en mélangeant les deux et après quelques temps, on arrive à s'y retrouver.
· La lecture des forums de voyage, des multiples sites personnels ou de blogs créés par de nombreux camping-caristes à été fort utile. Une vraie mine d'or, tant chacun a sa façon spécifique de voyager, d'insister sur ses points d'intérêt propres (itinéraires, paysages, excursions, rencontres, musées, alimentation, etc…). Il y a toujours quelque chose de positif à retirer de la lecture et la synthèse de tous ces récits, ce qui à permis de peaufiner notre trajet en fonction.
· La consultation de Google Earth est très intéressante. Ce site permet de comprendre la géographie du pays en détail. En superposant les routes sur la vue satellite et en ouvrant les nombreuses photos Panoramio qui sont annexées, on imagine très bien quel itinéraire on va emprunter.
· Internet nous a également été utile pour choisir et réserver les traversées en ferry entre le Danemark et la Suède à l'aller et entre la Norvège et le Danemark au retour
Road book L'itinéraire prévisionnel à d'abord été établi à l'aide d'une carte d'une carte éditée par l'I.G.N. au 1/850.000, complétée par une carte touristique de la Norvège. La consultation du site Via Michelin permettait de déterminer rapidement la longueur et les temps de parcours des différentes étapes. Très vite, on comprend que la connaissance des horaires des ferries locaux détermine l'organisation de l'étape du jour sur certains trajets.
Ce road book comprenait par jour :
· La longueur de l'étape et sa durée prévisionnelle y compris pour les points de passage intermédiaires ou caractéristiques.
· Les sites ou ville à visiter y compris les coûts des visites.
· Les ouvrages à péages (tunnels ou ponts, assez nombreux), et le coût du passage.
· Les ferries avec horaires, durée de traversée et coût.
Arrivés sur place, ce document nous a bien aidé à anticiper l'itinéraire et nous a évité de commettre bien des erreurs de trajet (le G.P.S. nous a également bien servi).
L'élaboration de ce road book devait sans doute être bien faite, car au final le programme a été respecté presque à la lettre. Nous avons fait tout le parcours sans flâner, mais sans jamais nous presser.
Jour 1 - Ma 16/06/2009 - Rouen - Århus (DK)
Donc, nous avons quitté Rouen à 5 h 20, cap sur Århus au Danemark que nous voulions atteindre dans la soirée, soit environ 1.300 km à parcourir essentiellement sur autoroute.
Nelly a conduit jusqu’à Liège que l'on atteint à 09 h 30. Ensuite, J-J a repris le volant pour traverser l’Allemagne. Les autoroutes allemandes sont gratuites, mais on n’en a que pour son argent… La vitesse n’y est en principe pas limitée… sauf signalisation contraire, sauf ralentissement et bouchons, sauf travaux, si bien qu’on n’y roule pas si vite que cela.
Et s’il existe un enfer autoroutier, c’est entre Brème et Hambourg (125 km). Des zones de travaux de 6 kms de long en alternance, avec des voies réduites au plus strict minimum pour le passage d’un camion et d’une voiture avec peu d’espace entre chaque. Dantesque et hyper stressant. Il faut qu’il n’arrive rien sinon cela doit vite tourner à la catastrophe comme on l’a vu dans l’autre sens, avec des bouchons monstrueux sur plusieurs dizaines de kms.
Traverser l'Allemagne sur ces autoroutes infernales (650 km), nous a paru pénible et très dangereux, aussi nous étions bien contents de passer la frontière danoise à 16 h 45. Au Danemark, tout devenait plus calme, peu de circulation, l’autoroute passé à la serpillère et toute la campagne époussetée et passée au peigne fin… Trop propre !
18 h 50, nous sommes fourbus lorsque nous arrivons au camping Blommenhaven à Højbjerg, à 5 km au sud d'Århus. Camping calme dans les bois et en bord de mer.
Nous avions trouvé ce camping sur Internet et le GPS nous a guidés dans un dédale de petites rues dans une banlieue résidentielle avant d'arriver au but. La technologie nous a bien facilité la vie ce soir là, car la recherche de ce terrain aurait été vraisemblablement laborieuse vu notre état de fatigue l'arrivée. Un souci de moins !
Bilan de la journée : 13 h 30 de route et 1.280 kms. Ca fait du bien quand ça s’arrête !!!
Quoi que ! Il a fallu organiser le campement ! Tout retrouver ce qui était tout bien rangé, c'est-à-dire tout soulever et tout fouiller 2 fois avant de mettre la main sur quoi que ce soit ! Galère !
Dans ce camping nous avons découvert et utilisé la cuisine et la salle à manger collectives qui sont de rigueur dans tous les campings scandinaves. Nelly à pu préparer tranquillement le dîner.
Nous avons surtout passé la soirée a essayer d'y voir clair dans notre organisation et à cogiter sur un rangement cohérent du matériel, des bagages, des vivres, de la vaisselle, de la literie sans avoir à tout remuer systématiquement deux fois. L'ampleur de la tâche est démoralisante et avec la fatigue J-J a l'impression que cela ne sera jamais résolu. Pas facile, la vie de nomade !
Jour 2 - Me 17/06/2009 - Århus (DK) - Varberg (S)
07 h 00, réveil après une première nuit plutôt frisquette. En fait, on n’a pas beaucoup dormi ! C'est qu'il a fallu trouver nos marques dans notre Espace. La première cause du froid lors du sommeil provenait du matelas pneumatique. En interposant une mince couverture isolante, le problème a été résolu efficacement dès la nuit suivante.
Nous nous réveillons à l'ombre de grands arbres… Aussitôt, nous déplaçons l'Espace sur un emplacement ensoleillé plus agréable pour prendre le petit-déjeuner, et nous nous réchauffons doucement.
09 h 15, départ du camping après avoir tout rangé dans la voiture. Pas évident d'être efficace. Direction Århus.
10 h 00, visite de Gamle By. A peine à l'écart du centre ville, il s'agit d'un village ancien reconstitué à l'aide de bâtiments traditionnels démontés, transportés et réunis en un même lieu. L'ensemble est fort bien réussi. Sous prétexte de la sauvegarde d'un patrimoine ancien de grande valeur, les concepteurs ont transformé chaque boutique, atelier ou habitation en un musée de l'artisanat et des traditions danoises. Tout ce qui faisait la vie d'un village ancien est ainsi présenté et mis en valeur, parfois avec le concours de personnes en costume d'époque qui fabriquent, travaillent, vendent ou expliquent en situation, comme la boulangère, le tonnelier et même le pasteur… Très intéressant. Nous y resterons une bonne partie de la matinée.
Ensuite, nous avons le temps de faire un détour par le village de Ebeltoft sur la presqu'île de Molls. Nous parcourons ainsi la rue principale d'un village qui a gardé un cachet rustique, une rue typique et animée bordée de jolies façades colorées.
12 h 40, nous gagnons Grenaa, où nous devons prendre le ferry pour la Suède. Nous sommes en avance et pique-niquons sur l'aire d'embarquement avant de passer.
Nous avions réservé notre passage par Internet, aussi les formalités sont réduites à leur plus simple expression. Internet, le G.P.S., l'espace Schengen et l'euro (dans une moindre mesure dans les pays scandinaves), facilitent bien la vie des voyageurs en Europe…
14 h 00, nous embarquons à bord du ferry Stena Nautica, qui visiblement commence à dater (1986), même s'il a tété rénové en 2002. Peu de monde à bord, la traversée s'annonce tranquille.
14 h 25, appareillage de Grenaa. Il fait un temps splendide, inespéré pour la région, grand soleil et chaleur tout l'après-midi, pas de vent apparent. Nous profitons d'autant plus du sun deck pendant les quatre heures que dure la traversée qu'il y a peu de monde à bord.
18 h 40, débarquement à Varberg en Suède après une traversée de rêve.
19 h 00, arrivée au camping de Geteröns, à 4 km au nord du port. Très pratique ! Encore un camping repéré depuis longtemps sur Internet. Il s'agit d'un vaste terrain plat sans arbres, occupé essentiellement par des grosses caravanes sédentaires, pratique courante en Scandinavie.
Nous discutons en mauvais anglais avec notre voisin qui nous indique qu'il y aura du vent et de la pluie durant la nuit. A peine avons-nous terminé la discussion que le ciel si bleu jusque là se voile très rapidement et que le vent se lève.
Nous installons l'auvent Décathlon sur le hayon de l'Espace pour que Nelly puisse cuisiner dans les meilleures conditions. Notre installation intrigue, puis fait sourire les quelques campeurs qui passent devant nous. Nous dinons rapidement sous l'auvent car il ne fait pas bien chaud. Vu le temps qui s’annonce, une p’tite soupe et au lit ! Encore faut-il se retrouver dans notre amoncellement de matériel à l'intérieur de la voiture ! La technique n'est pas encore bien rodée.
21 h 00, coucher. Nelly regarde un film sur l'ordinateur…
Jour 3 - Je 18/06/09 - Varberg (S) - Oslo (N)
A 4 h, il fait grand jour, la pluie se met à tomber et le vent se renforce, mais bien au chaud sous la couette, quel confort !
09 h 00, le vent et la pluie qui l'accompagne ne nous ont pas incité à sortir rapidement de sous la couette. Vu la météo, nous préparons le petit déjeuner dans la cuisine collective et le consommons dans la salle commune à disposition dans le camping. Pratique !
Ensuite, autoroute en Suède. Paysages vallonnés et verdoyants très agréable à regarder : forêts de sapins, champs, etc… sauf que l’on roule sous les grains et les averses, ce qui nous gâche un spectacle qui aurait pu être agréable.
12 h 45, passage de la frontière norvégienne à Svinnesund et aussitôt, premier poste de péage routier. Des douaniers très laxistes regardent stoïquement les voitures et les camions passer… Nous faisons nos premiers tours de roues en Norvège en suivant la route E6 (laquelle route se termine à… Kirkenes, 2 700 km plus loin !).
15 h 00, arrivée à Oslo au camping Ekeberg (encore trouvé sur Internet et guidé par le G.P.S.), par un temps qui semble vouloir s’améliorer. Nous choisissons notre emplacement et empruntons le bus 74 pour nous rendre en ville et qui nous dépose devant le théâtre.
Oslo n’étant pas le but de notre voyage, nous n’y consacrons que la fin de l’après-midi, pour faire une rapide tour sur les quais du nouveau quartier d'Aker Brygge avec ses boutiques et ses terrasses surplombant le port.
Nous visitons le parc Vigeland, célébrissime et immanquable par ses multiples statues de bronze ou de pierre d’hommes, femmes et enfants dans le plus simple appareil, qui symbolisent tous les moments de la vie, de l’enfance à la vieillesse. On aime ou on n’aime pas. Tout cela se termine sur un promontoire où se dresse un gigantesque phallus constitué de corps nus emmêlés. On vous le dit, c’est un must d’Oslo !
Ensuite, découverte du nouvel opéra d’Oslo. Construit au bord du fjord, c’est un bâtiment tout blanc, à l’architecture ultramoderne et audacieuse symbolisant un iceberg, inauguré en 2008. Surprenant mais très réussi. On peut marcher sur les différents plans inclinés assez raides des toitures. Ca vaut le détour !
Une foule endimanchée se précipite à l'intérieur, nous y pénétrons aussi. Ce soir (19 h 00), on joue Elektra de Richard Strauss. Beaucoup de monde autour des différents bars du hall d'entrée et chacun y va de sa coupe avant d'assister au spectacle. Apparemment, c'est l'habitude.
20 h 00, retour au camping Ekeberg. Le ciel se dégage. Ce soir, c'est repas au soleil ! On a quand même gardé la polaire !
Oslo - L'Hôtel de Ville - Le parc de VigelandJour 4 - Ve 19/06/2009 - Oslo - Lillehammer - Lom

04 h 00, le soleil ne doit pas être loin de se lever.
9 h 15, départ d’Oslo par la route E6, route à 2 fois 2 voies sur les premiers kilomètres où l'on roule à bonne allure. Puis, beaucoup de zones de travaux pour prolonger cette voie rapide. Ensuite, nous roulons sur route nationale à double sens, limitée à 80 km/h comme dans tout le pays. Les Norvégiens sont très calmes au volant, ça ne roule jamais très vite, les distances entre véhicules sont telles qu'il est rarissime de pouvoir doubler.
La conduite est plutôt tranquille et finalement, par la force des choses, on finit par conduire comme les autochtones… parce qu'il est impossible d'aller plus vite qu'eux ! Les piétons sont rois : avant même d'avoir l'intention de traverser un carrefour les voitures sont déjà arrêtées pour les laisser passer. Surprenant au début !
11 h 45, arrivée à Lillehammer (où se sont déroulés les Jeux Olympiques d’hiver de 1994). Rapide parcours dans cette agglomération sans cachet particulier, si ce n’est une grande église de style néo-gothique en briques que nous ne pourrons pas visiter à cause d'un service d'inhumation.
Nous arpentons la rue principale Storgata. Il y souffle un vent frisquet, nous sommes en blouson et les autochtones en t-shirt… Au bout de la rue, un marché avec plusieurs vendeurs de produits… français, vendus à des prix norvégiens ! Nous y achetons à prix d’or, une baguette, vendue comme française…
13 h 15, pique-nique à l'écart de la route E6, près du parc d'attractions de Hunderfossen. En fouinant, nous nous installons dans une zone boisée, au soleil et au bord d'un petit étang. Un bel endroit entouré de plusieurs huttes aux toits faits en terre et en mousse. Bucolique à souhait ! Jusque là, nous avions privilégié la route aux paysages. A partir de maintenant, on va se calmer un peu et entrer dans le vif du sujet.
L’après-midi sera donc consacré à la découverte de plusieurs églises dites "en bois debout", spécialité de cette région de la Norvège intérieure. Ce sont des églises datant du Moyen-âge (un peu restaurées), entièrement construites en bois y compris la couverture en lauzes de couleur sombre.
15 h 00, arrêt à Ringebu pour visiter la première de ces églises, un édifice imposant construit à flanc de colline et entouré de son petit cimetière. Nous visitons l'intérieur où il fait très sombre. Peu de fenêtres et des murs en bois goudronné ne favorisent pas la mise en valeur de la décoration.
Arrêt pour voir l'église de Sor-Fron, curieux édifice octogonal datant de 1787, avec un très joli porche. Eglise malheureusement fermée.
Malgré tous nos renseignements, nous n'avons pas été assez malins pour trouver l'église octogonale de Otta. En la cherchant, nous nous trompons de route et nous arrêtons en bordure de la E6 devant l'église toute blanche de Selsverket. Fermée, elle aussi !
17 h 50, à l'écart de l'itinéraire initialement prévu, nous traversons le village de Sel et suivons une petite route sinueuse qui nous mène à Vagamo, où s'élève une magnifique église en bois debout au milieu de son traditionnel cimetière. Très belle église… fermée !
En principe, Vagamo était notre étape du soir, mais visiblement l'unique camping du village ne semblait pas prêt à nous accueillir, quasi désert et de plus, en travaux. Nous poursuivons notre chemin.
18 h 30, arrivée à Lom au camping Nordal Turistheim, assez mal organisé, en bord de route et surplombant une zone d'activités. Nous nous en satisferons, c'est le seul à plusieurs kilomètres à la ronde, et nous nous installons pour la soirée et la nuit.
Après le repas, nous admirons la dernière église en bois debout de la journée à quelques pas de notre camping par une belle soirée ensoleillée. Un très bel édifice, les murs en bois et la toiture en lauze prennent des couleurs chaudes sous le soleil qui décline. Beaucoup de sculptures sur les poteaux et les linteaux arrondis. Vestiges de paganisme, des têtes de dragons ornent également le faîtage de la toiture. Et si ce soir, l'église est ouverte, c'est pour un office et non pour les touristes que nous sommes… Décidément, nous n'aurons pas eu de chance avec la visite des églises aujourd'hui !
Une fête ou une foire se termine dans le centre du petit village, nous parcourons les quelques stands où l'on nous propose du saucisson d'élan ou de renne. Non, non, pas ce soir, merci…
De retour au camping, la vie commence à s’améliorer, le rangement de la nourriture et des vêtements s’organise et les manutentions deviennent moins fastidieuses. Et la météo nous devient globalement de plus en plus favorable.
Jour 5 - Sa 20/06/2009 - Lom - Geiranger - Valldal

Depuis notre arrivée en Norvège, été oblige, nous ne connaissons plus l'obscurité. A 01 h 40, cette nuit, il faisait… grand jour ! Pour peu que le soleil brille dès le matin, cela chauffe rapidement dans le Home Espace, donc ce matin, lever à 7 h 15.
Petit-déjeuner en terrasse et départ à 9 h 15 pour une journée importante du tourisme norvégien : la découverte du fjord de Geiranger, localement dénommé "le plus beau site naturel du monde".
Mais avant cela, il nous faut traverser l'une des régions les plus froides de Norvège (les nombreuses plaques de neige sur les bas côtés de la route l'attestent), puis franchir un plateau aride parsemé de petits lacs, pour enfin parvenir à 1 000 m d’altitude et trouver un grand lac encore complètement gelé et cerné de sommets enneigés. Spectaculaire !
La réputation de la région n'est pas usurpée, aussi lorsque nous sortons de la voiture pour contempler les reflets bleutés de la glace du lac Djupvatn, nous sommes complètement frigorifiés et transis par une petite pluie bien piquante. Pourtant le paysage mériterait que l'on s'y attarde davantage. Toute la surface de ce lac est prise par la glace, la neige recouvre tout jusqu'aux berges, et nous ne sommes qu'à mille mètres d'altitude ! Nous nous refugions quelques instants dans le chalet situé à l'extrémité du lac, où nous trouvons une douce chaleur et où Nelly a déjà repéré sa première boutique de souvenirs…
En face du chalet et à l’écart du trajet, une piste à péage grimpe en lacets serrés et escarpés jusqu'à 1 500 mètres vers le sommet de Dalsnibba, d'où l'on a, paraît-il, une vue grandiose. Les nuages nous rattrapent durant l'ascension et surtout masquent partiellement les sommets environnants couverts de neige, ce qui ne présage rien de bon lorsque nous serons arrivés sur place.
A cause du brouillard, le paysage évolue à chaque seconde et dans le dernier virage les nuages se dispersent quelque peu, nous laissant entrevoir quelques bribes de paysage montagneux.
11 h 15, arrivés à Dalsnibba, en quittant l'Espace, nous sommes surpris. La température est basse, certes, mais nous nous attendions à pire. L'absence de vent, quelques timides rayons de soleil qui filtrent à travers les nuages font que c'est tout à fait supportable. Finalement, l'atmosphère est plus agréable ici qu'auprès du lac Djupvatn, 500 mètres plus bas.
D'une vaste plateforme, nous contemplons un paysage mouvant, changeant en quelques secondes au gré du passage des nuages ou des bancs de brume qui s'effilochent… Des hautes montagnes acérées, des névés sporadiques, les innombrables lacets de la R63 qui serpentent en contrebas et que nous emprunterons dans un moment.
On ne s'y attendait plus, alors que nous sommes encore à l'ombre des nuages, nous pouvons contempler 1.500 m plus bas l'extrémité du fameux fjord de Geiranger inondé de soleil. Magique ! Vu d'ici, il ressemble plus à un lac bleuté serti dans un écrin de montagnes abruptes. Nous restons un bon moment subjugués, planant au dessus de la nature, dominant un paysage en perpétuel mouvement.
L'endroit est fréquenté. Nous devisons un bon moment avec un Français établi à Lillehammer, qui est en excursion avec un groupe d'apprentis d'une école hôtelière. Soudain, dans cet endroit calme et propre à la méditation, nous sommes intrigués par un long grondement sourd qui enfle à mesure. Une grosse moto surgit sur le parking dans une pétarade caractéristique des Harley-Davidson et pilotée par un biker pur jus. Une moto, puis deux, trois, dix, cent, deux cent peut-être, menées par des bikers de circonstance… Toutes les Harley de Norvège sont au rendez-vous. La "Horde Sauvage" investit tout le site dans un énorme tintamarre, les rois de la poignée de gaz provoquent le ronflement des moteurs et les groupes de motards s'invectivent gentiment.
Il est temps de quitter les lieux. Nous reprenons la piste. A la descente, les ravins qui la bordent sont encore plus impressionnants et dans les derniers virages la vue sur le lac gelé est splendide. Un à un, nous enfilons les lacets serrés de la R63 que nous dominions il y a quelques instants du plateau de Dalsnibba et descendons vers Geiranger. Les virages serrés nous laissent quelques splendides échappées sur le fond du fjord.
12 h 15, au cours de la descente, nous pique-niquons sur un promontoire dominant le fjord : un vrai site de carte postale, grandiose ! De ce promontoire, maintenant sous le soleil, nous dominons le petit village et l'extrémité du fjord. De hautes montagnes tombent à-pic, de part et d'autre du fjord argenté. Un paquebot blanc est déjà ancré et un navire Hurtigruten glisse lentement, sans bruit vers son escale, suivi d'un autre paquebot.
Nous restons ainsi un long moment à contempler "le plus beau site naturel du monde". C'est à peine exagéré ! Il fait beau, la température est agréable et l'atmosphère est limpide…
Le village de Geiranger est plutôt touristique et c’est le week-end… autant dire très fréquenté. Beaucoup de Norvégiens sont en promenade et les "bikers" redescendus de Dalsnibba se télescopent avec les croisiéristes des paquebots qui partent en excursion à terre. Un joli désordre !
Nous embarquons sur une vedette touristique qui en 1 h 30, nous permet de voir la partie la plus spectaculaire du fjord et nous ne serons pas déçus. Une navigation somptueuse et grandiose entre des berges quasi verticales, des sommets encore enneigés ; plusieurs belles cascades dévalent les parois sur plusieurs centaines de mètres, tout cela dans un jeu d'ombres et de lumières, de contre-jours ou de couleurs incertaines.
16 h 00, nous reprenons l'Espace. A la sortie du village de Geiranger, nous mettons cap au nord en escaladant "la route des Aigles" qui grimpe de 600 m en 11 virages en épingle à cheveux pour sortir du fjord. Un promontoire marque le point haut de la route : encore une vue à couper le souffle sur la dernière courbe du fjord. Sublime… Et les bateaux qui naviguent nous paraissent bien petits…
Puis, lente redescente vers un autre fjord pour emprunter à 17 h 15 le 1er ferry de notre voyage. Nous attendons quelques minutes à Linge pour traverser le Nordalsfjord en 15 minutes. A peine le temps de descendre de voiture…
17 h 45, nous nous posons au camping d'Uritun, petit terrain tranquille et rustique à la sortie de Valdall. Ambiance familiale, cadre rural au cœur d’une vallée agricole où l’on ne cultive que des fraisiers en plein champ ; ils sont à peine en fleurs !
19 h 00, apéritif, mais un petit vent frais nous oblige à monter l'abri Décathlon pour que Nelly puisse préparer son repas confortablement et ce soir, c'est sérieux, c'est crêpes !
21 h 00, promenade digestive aux abords du camping.
Le lac Djupvatn Le Fjord de GeirangerJour 6 - Di 21/06/2009 - Valldal - Trollstigen - Bæverfjord

Départ du camping de Valldal à 10 h 15. Au bout de quelques kilomètres, arrêt sur un pont face à la chute d’une large rivière dans un éboulis de roches. Une petite maison (en réalité, une mini centrale électrique), est coincée entre les rochers et la cascade. Nous discutons avec quelques membres d’un groupe de français voyageant dans un bus suédois et qui se sont arrêtés en même temps que nous.
Puis, nouvel arrêt aux chutes de Gudbrand. Un torrent tumultueux s’encastre sous la roche dans une gorge très étroite avant de disparaître sous terre. L'aménagement du site est en cours. Tous les cheminements et les garde-corps sont en acier, étrange ! Quel sera le résultat final dans plusieurs mois ?
Nous nous élevons en altitude vers un plateau en suivant une vallée glaciaire quasi désertique enserrée entre des sommets enneigés, entrecoupée de petits lacs. Un ciel pur et une atmosphère limpide, font que la vue porte loin, ce qui augmente encore l’aspect grandiose et les dimensions impressionnantes du site. Epoustouflant !
11 h 30, arrêt au plateau de Stigrøra, qui en fait est un col à 852 m d’altitude. De là, part un chemin menant à un belvédère devenu un site touristique incontournable d’où l’on domine "l’Echelle des Trolls". C'est une route escarpée, ouverte en 1936 mais fermée en hiver, qui en une douzaine de virages en épingle à cheveux escalade littéralement la montagne (pente à 11 ou 12 %, par endroits). Les croisements sont souvent difficiles entre les camping-cars et les nombreux bus de tourisme qui fréquentent l’itinéraire. Là encore, époustouflant !
Du belvédère, très fréquenté, nous disposons d'une vue panoramique sur la longue vallée glaciaire qui mène à Andalsnes. En cours de visite, nous discutons un bon moment avec 3 angevins voyagent en 4x4 (style RAV 4), et qui logent en hytter. Ils redescendent du Cap Nord, où ils ont eu un temps magnifique.
12 h 15, nous empruntons donc cette route escarpée à la descente, et faisons un court arrêt devant la cascade de Stigfossen (haute de 180 m). En quelques coups de volant et pied sur le frein, nous nous retrouvons dans la vallée, au pied de la montagne. Et vu d'en bas, ce n'est pas la montagne mais un véritable mur de 550 mètres de haut que nous venons de dégringoler !
13 h 00, pique-nique en bas de l’échelle des Trolls.
14 h 30, second ferry du voyage entre Afarnes et Sølnes pour traverser le Langfjord. 15 h 00, arrivée à Molde, petite ville agréable au bord d’un large fjord où nous avions fait escale en fin d’après-midi l’hiver dernier. Beau panorama sur les sommets enneigés de l’autre coté du fjord. Nous arpentons la rue principale, comme nous l'avions fait l'hiver dernier ; de jour, tout est si différent. Puis, promenade à pied sur les quais jusqu’à l'Aker Stadion (où doit se dérouler un match de football, ce soir), et le Rica Hôtel, bâtiment contemporain en forme de voile.
17 h 00, arrivée à Kanestraum, le ferry vient juste de partir sous notre nez. L'attente ne sera pas trop longue, une demi-heure. L'endroit est isolé, une minuscule boutique (épicerie, journaux, confiserie), essaie de vivre du trafic des ferries…
Notre bac arrive… Désormais, c'est Nelly qui embarque l'Espace sur les ferries. Le prix des traversées est toujours un forfait voiture et chauffeur compris, les passagers supplémentaires paient séparément. Mais les passagers retraités de plus de 67 ans ne paient que 50% du tarif. En dépit de son jeune âge mais grâce aux cheveux blancs, J-J se permet de gratter quelques couronnes norvégiennes à chaque passage. Malin ! On se demande quand même si les Norvégiens dans leur honnête candeur, peuvent se douter de la filouterie de quelques étrangers astucieux. Nous n'en sommes même pas sûrs !
En 20 minutes nous traversons le Halsafjord et arrivons à Halsa. Un débarcadère au bout d'une route, rien d'autre. Juste après, la route E39 vers Trondheim semble barrée et nous prenons une déviation par la R65, ce qui nous vaut un détour conséquent.
18 h 00, nous nous installons au camping de Bæverfjord, petit terrain paisible et pas cher. La responsable ne parle que norvégien, pas facile de se comprendre.
19 h 00, dîner. La soirée est agréable, ensoleillée. Nous faisons une courte promenade au bout du fjord près du camping. Mais le terrain est marécageux et nous faisons rapidement demi-tour.
La traversée du Halsafjord en ferryJour 7 - Lu 22/06/2009 - Bæverfjord - Trondheim - Vegset

A 05 h 00, le soleil brille, largement au-dessus des montagnes environnantes.
Route 65 vers Trondheim en suivant une longue vallée où règne une forte activité agricole.
11 h 00, arrivée à Trondheim, 3ème ville de Norvège que nous avions déjà visitée l’hiver dernier. Cette fois-ci, le beau temps règne et il fait même chaud. Autant, cette ville était déserte en décembre, autant elle est animée aujourd’hui. Il y a déjà bien du monde aux terrasses des cafés de la rue principale, Munkegata.
Stationnement en centre ville, sur Dronningensgata, juste à côté de la bibliothèque municipale. Pas fait exprès, mais cela tombe bien ! Nous commençons donc par essayer d’envoyer un mail, gratuit depuis cette bibliothèque.
Il faut d’abord trouver un ordinateur libre, puis se familiariser avec les menus et commandes de l’ordi en norvégien, et ensuite taper le message sur un clavier qwerty, sans accents, sans apostrophes, sans cédilles, mais avec des caractères norvégiens inhabituels, tels que ø, æ, å, Ø, Æ, Å. Mais, on a réussi et le message est bien parvenu à tous ses destinataires.
Nelly est en manque et veut absolument trouver une boulangerie pour y acheter du pain : gageure en Norvège, où nous n’avons pas encore vu ce genre de boutique. Près du marché, nous pénétrons sans conviction dans une galerie marchande. Et, bien en vue au milieu de cette galerie… une boulangerie-viennoiserie vend… des "baguettes françaises" (écrit tel quel sur les étiquettes), mais le prix, lui, reste norvégien ! Et même la vendeuse s’exprime en français.
Avec l’Espace, nous nous déplaçons dans le quartier de Bakklandet. Pique-nique ensoleillé sur un terre-plein sur la rivière Nidelva, face aux entrepôts multicolores. Au même endroit, le 31 Décembre, nous étions sous les bourrasques de neige fondue.
Passage sur le vieux pont Gamlebybru, puis montée à la forteresse de Kristiansten Festning, construction blanche et massive. Depuis les talus en herbe, quelques points de vue sur la ville et le fjord.
Retour à la voiture par les rues de Nedre Bakklandet, bordées de maisons anciennes et colorées.
15 h 00, repris la route par la E6 via Levanger et Steinkjer au fond du fjord de Trondheim.
Poursuite sous une averse orageuse en longeant le lac de Snåsa,
18 h 10, au bout du lac, nous trouvons le camping de Vegset. Personne à la réception, entrée libre, le gérant passera plus tard… Il y a même un tableau avec les clés des hytter à disposition avec une boite à lettres pour déposer l’argent le lendemain matin… Installez-vous ! C’est la Norvège…
Mais l’orage menace… D’où une grosse hésitation pour installer notre campement. Avant toute décision, petite balade dans le camping et sur les bords du lac. Dans le camp, il y a beaucoup de caravanes avec des avancées, des auvents en dur, terrasses en bois, etc… dénotant un aménagement en plusieurs phases. Sans doute une astuce pour contourner un règlement particulier ?
19 h 30, début de l’orage. Finalement, on se réfugie dans une hytte (280 NOK) pour 4 personnes. Un peu sombre, équipée d’un frigo, four électrique et 2 plaques chauffantes, chauffage électrique que l’on n’a pas utilisé, éclairage et prises de courant. Couvertures et oreillers. Mais pas d’eau, il faut utiliser les installations communes, (sans doute à cause du gel en hiver).
Pendant que l’orage se déchaîne, on est au sec et l’on dîne sur une vraie table. De plus, on a pu recharger tous les appareils électriques à bloc.
Finalement, ce choix s’avérera judicieux, car le lendemain matin, il pleut encore.
Trondheim - Les anciens hangars sur les rives de la NidelvaJour 8 - Ma 23/06/2009 - Vegset - Brønnøysund - Thorghatten

Il a plu toute la nuit. Réveil à 07 h 30. Il crachine et la visibilité est mauvaise. On regrette encore moins d’avoir choisi la hytte. P’tit dej à l’abri, puis rangement dans l’Espace de toutes les caisses qu’on avait du sortir. Finalement, la hytte c’est contraignant ; et en plus il faut nettoyer la hutte.
A 08 h 30, le gérant du camping vient réclamer son dû. Nous redéposerons la clé au tableau en partant !
Départ vers Grong, puis bifurqué par la R775, toute petite route étroite et sinueuse. Nous slalomons au ralenti entre les moutons éparpillés sur la chaussée et les accotements. Imprévisible et dangereux, surtout à la sortie des virages, ces animaux n’ont vraiment pas conscience du danger !
A Høylandet, nous rejoignons la R17, la route côtière touristique (Kystriksveien), que l’on va suivre jusqu’à Bodø pendant près de 600 km.
Paysages vallonnés, rivières, belles forêts de sapins, fonds de fjords sous la pluie intermittente rendant les vues bouchées.
12 h 30, arrivée sous la pluie à Holm pour prendre le 4ème bac du voyage. A cause de la pluie, pique-nique dans la voiture dans la file d’attente. Traversée du Bindalsfjord jusqu’à Vennesund en 20 minutes sur un gros ferry, 4 files de véhicules, grands salons, boutique bien achalandée, cafétéria où tous les Norvégiens mangent des hot-dogs faits de grosses saucisses genre Francfort. Le temps encore bouché nous empêche de gambader sur le pont extérieur
En débarquant du ferry, la visibilité semble vouloir s’améliorer doucement. Le paysage change aussi, devient plus maritime et pourrait rappeler certains coins de Bretagne nord.
14 h 30, arrêt à Vik pour visiter par hasard une église en bois (et miracle, elle est ouverte !). L’extérieur est couleur blanc et caramel. On a pu visiter l'intérieur peint en rose et mauve, décoration minimaliste, orgue contemporain, et une belle galerie de portraits des anciens pasteurs.
15 h 30, arrivée à Brønnøysund. Ville et port tout en longueur sans cachet exceptionnel. Quelques courses dans un supermarché, avec de super prix… surtout les fruits. On a eu bien raison de faire le maximum de ravitaillement au départ de France !
Sur le port, Nelly visite une petite galerie marchande, pendant que J-J regarde l'arrivée par le nord du MS Lofoten d’Hurtigruten.
17 h 00, arrivée au site de Torghatten et installation au camping du même nom au pied du rocher. Nous trouvons un emplacement exceptionnel en bord du sund avec une jolie vue sur les sommets du continent. Idéal… sauf que le gérant du camp vient allumer un feu de camp à notre vent, sans doute pour célébrer la Saint-Jean, mais est-ce la vraie raison ?
Sans tout comprendre, nous préférons déménager pour ne pas être enfumés, et trouvons un autre endroit près d’une mini-plage. Beaucoup de camping-cars en passagers.
18 h 00, marche vers le trou du rocher de Torghatten. Ce gigantesque trou est une curiosité géologique creusée par la mer dans des temps immémoriaux. Il traverse de part et d'autre un immense rocher en forme de chapeau de gendarme. Inhabituel, ici, on ne tombe pas dans le trou, on y monte ! 125 m à gravir dans la caillasse avant de pénétrer dans le fameux trou, qui fait 160 m de long, 20 de large et 30 de hauteur. Il faut redescendre un escalier en bois pour atteindre la base d'une vaste salle, et vers le sud il y a une jolie vue sur un semis d’îles basses à perte de vue et une ferme isolée en 1er plan.
21 h 00, balade à pied aux abords du camping au fond d’une anse. Nous repérons de nombreux bigorneaux, on s’équipera mieux la prochaine fois. Les nuages se déchirent et l’on comprend que le soleil n’est pas pressé de se coucher…
Jour 9 - Me 24/06/2009 - Thorghatten - Nesna
Grand soleil dès le matin.Peu après Brønnøysund, ferry entre Horn et Anddalsvåg pour traverser le Vellfjord avec un peu d’attente. Continuation sur la R17.
11 h 30, arrivée à Fjorvik et attente du second ferry de la journée. Promenade à pied sur le port de plaisance et dans le hameau.
12 h 05, ferry pour Tjøtta. Très agréable traversée d’une heure dans un enchevêtrement d’îles et d’îlots, sous un ciel sans nuage, un chaud soleil et une forte luminosité. L'eau du fjord est d'un bleu intense, inimaginable pour la région. Passé tout le temps sur le pont pour admirer un paysage magnifique : une grande île de roche rouge, d’autres vert sombre, plantées de sapins, et la face orientale du massif des 7 Sœurs en arrière-plan. Discuté avec un couple de Liégeois, vus à Torghatten, qui circulent dans un gros camping-car gris et qui font leur deuxième voyage en Norvège.
Pique-nique peu après Tjøtta, juste au bord du Velsnfjord avec de jolies montagnes en arrière-plan. Un endroit très calme propice au repos.
Arrêt à la nécropole russe (2ème guerre mondiale), minimaliste.
Arrêt à l’église médiévale d'Alstahaug construite en pierre dans un très joli cadre verdoyant près de la mer. A l'intérieur, belle chaire et tableaux en bois sculpté et polychrome. Curieux clocher à bulbe. Comme souvent en Norvège, cimetière bucolique et bien entretenu autour de l’église, avec quelques "pierres" tombales en fonte. Très bel ensemble.
Longé le versant occidental du massif des 7 Sœurs avant d’arriver à Sandnessjøen, petite ville vite visitée : la rue principale et le port sont d’un intérêt réduit.
Passage sur le haut pont à haubans de Helgelandbru (devenu gratuit) franchissant l’étroit Leirfjord.
17 h 00, 3ème ferry du jour à Levang pour rejoindre Nesna. A l'embarcadère de Levang, cadre typique de Norvège avec des huttes de pêcheurs rouge sang construites sur pilotis. Traversée du Ranafjord en longeant des côtes verdoyantes parsemées de grosses exploitations agricoles en bordure du fjord. L'activité est intense, c'est la période des foins. Belles montagnes enneigées dans le lointain. Cadre splendide.
Installation au camping de Nesna, intégré dans un motel-centre de vacances (!?), à faible distance du village et du débarcadère du ferry, et en bordure de fjord. Accueil sympathique. Parties communes bien équipées, cuisine, salle de repos et de télé. Terrain très agréable.
Pêche aux bigorneaux devant le campement, belle récolte. Après le repas de bigorneaux et de crêpes, promenade à pied jusqu’à l’église du village et au port, toujours sous le soleil.
Transfert des photos et des films dans la salle télé du camping.
22 h 50, le soleil qui brille toujours passe derrière les montagnes et nous nous couchons au grand jour. En fait, nous sommes à 120 km du Cercle polaire et il n’y a maintenant plus de nuit.
En résumé, une journée exceptionnelle.
Le VelsnfjordJour 10 - Je 25/06/2009 - Nesna - Svartisen - Reipa

Grande luminosité durant toute la nuit. 06 h 45, réveil sous un grand soleil et déjà (!) la chaleur.
08 h 20, tenue vestimentaire d'été (T-shirt et bermuda), départ et trajet par une route longeant des fjords tranquilles donnant de beaux reflets dans l'eau calme ainsi que des cimes enneigées en arrière-plan, (Sjonafjord).
10 h 00, arrivée à Kilboghamn, soit un parcours de 90 km en 1 heure 50 ! Il ya déjà une longue file de voitures et un bus pour emprunter un ferry qui paraît bien petit. Suspense, jusqu'à ce qu'arrive notre tour. Montera, montera pas ? Finalement, on rentre, mais de justesse ! Le bac suivant était 2 heures plus tard.
Toujours du très beau temps, mais bizarrement, un petit vent frisquet oblige à trouver un abri sur le pont du ferry. Belle navigation de 70 minutes en slalomant entre de nombreuses îles. Passage du Cercle Polaire (annoncé par l'équipage), et devant la boule métallique marquant le lieu : 66°33' N immortalisée par tous les photographes du bord.
Débarquement à Jetvik, puis pique-nique express au fond du beau Tongsfjord, chassés par un vent glacial et surtout des mouches très agressives.
Toujours sous un franc soleil, courte traversée du Skardsfjord, entre Ågskardet et Forøy. Du ferry, on a quelques vues sur le sommet du glacier Svartisen.
Arrêt à Braset sur le Hollandsfjord, pour plusieurs points de vue sur l'Engabreen, bras du glacier Svartisen se jetant pratiquement dans le fjord. Pris une vedette pour traverser le fjord et rejoindre la base de l'Engabreen, mais il reste 3,6 Km à faire à pied avant d'y parvenir. Chemin très facile au début, malgré la forte chaleur (eh, oui !), devenant plus difficile au pied du glacier sur la roche polie et lissée au fil des siècles par l'avancée du glacier. Il y a même des chaînes pour s'agripper à la montée. Dur ! Finalement, on cale en cours de route, aussi à cause de la chaleur. (Ce sera en réalité, la journée la plus chaude de ce voyage).
On a toutefois de très belles vues du glacier et du fjord qui brillent de mille éclats sous le soleil. ("Le soleil fait pétiller la mer", dixit Nelly). C'est vraiment magnifique. Sans toucher la glace, nous en sommes assez près et malgré tout, cette balade devait être faite.
Retour à la voiture et poursuite en empruntant les tunnels de Glomfjord. Trois tunnels à la suite de 7 km,1 km et 2 km de long avant d'arriver à Ørnes.
Camping à Reipa, 5 km après Ørnes, dans un terrain quasiment vide, exposé au vent et à l'ombre des montagnes avoisinantes, donc très froid.
Promenade à pied sur une grève des environs.
23 h 30, le soleil brille nettement au-dessus de l'horizon entre les 2 montagnes au nord du camp.
Le terrain de camping de ReipaJour 11 - Ve 26/06/2009 - Reipa - Bodø - Å i Lofoten
Toujours du grand soleil au réveil09 h 45, départ du camping. Nombreux arrêts le long des fjords, notamment à Storvik et sa longue plage de sable (mer bleue intense), et au lac de Valnes, avec quelques abris colorés et plusieurs barques échouées sur les berges.
12 h 00, arrêt au pont de Saltstraumen pour voir les courants entrant ou sortant du Skjerstadfjord, par un goulet de 150 m de large (± 400 millions de m3/h à 28 nœuds aux plus fortes marées). Descente à pied sous le pont sur la rive est. Nous arrivons à la fin du jusant, donc rien d'extraordinaire, mais en un quart d'heure le flot arrive et le phénomène s'accélère. L'eau défile alors très vite et bruyamment ; marmites et tourbillons sont en évolution permanente : impressionnant. Pique-nique sur place accompagnés de nombreux pêcheurs ou curieux venus, comme nous, regarder l'eau passer.
Nous montons à pied sur le pont pour avoir une vue d'ensemble du phénomène et ne sommes pas déçus, c'est encore plus spectaculaire, surtout de voir à quelle vitesse l'eau rentre dans ce fjord. De plus, très beau panorama sur l'amont du fjord et les montagnes enneigées vers le sud.
Fin de la route 17 à Løding, un très bel itinéraire de près de 600 km réalisé en 3 jours ½ et qui méritait d'être fait, bien mis en valeur par une météo exceptionnelle.
15 h 45, arrivée à Bodø à l'embarcadère du ferry pour Moskenes (Lofoten). Sur le vaste terre-plein, déjà beaucoup de monde à attendre sur 6 files. Il semble que suite à une avarie, le ferry de 15 h 00 ait deux heures de retard, et que la file d'attente soit en conséquence ! Nous n'avons pas réservé notre passage. Donc, suspense et patience !
Le MS Trollfjord d'Hurtigruten est à quai. Nous étions à cette même escale le 1er Janvier dernier, mais sous une météo et une luminosité bien différente.
16 h 30 Petit tour rapide en ville. Peu d'intérêt, ce que nous savions déjà.
17 h 00, retour à l'embarcadère. Un ferry vient d'arriver (celui de 15 h 00 ?), beaucoup d'incertitude pour embarquer normalement dessus. Cela ne semble pas organisé ou bien c'est la panique parmi le personnel chargé de l'embarquement.
Ce sont les vacances, c'est aussi le week-end et il y a affluence. L'énervement grandit parmi les passagers, d'autant qu'après ce ferry, le suivant est à 00 h 45 !!!. C'est la grande valse-hésitation sur le terre-plein, et à cause de la panique générale du personnel, la montée des véhicules se fait au compte-gouttes, allongeant encore la durée du désordre.
18 h 00, ça y est ! Nous sommes parmi les tous derniers à embarquer sur le catmaran MS Bodø. C'est vraiment passé de justesse. Les 5 files de véhicules sont remplies. A l'intérieur, dans le grand salon une longue queue se forme instantanément à la cafétéria bien avant le départ. Ensuite, la plupart des passagers s'installent et mangent. Nous pique-niquerons également à bord et Nelly s'offrira une glace.
18 h 15, appareillage. A peine virées les îles à la sortie du port que l'on aperçoit déjà les Lofoten à l'horizon… soit une visibilité proche de 90 km !
Ciel toujours clair, temps calme, mer plate. Traversée agréable à une vitesse de 16 nœuds (soit 29 km/h), donc, pas très chaud sur le pont extérieur en fin de journée. Vers l'arrière, vues sur les montagnes enneigées du continent norvégien, et se rapprochant, "le Mur des Lofoten", fait de montagnes escarpées, paraît infranchissable.
21 h 30, arrivée à Moskenes, petit port tranquille au sud de l'archipel. En contre-jour, les montagnes ont des reflets très sombres dans les eaux du port. L'éclairage est très contrasté, aussi de beaux reflets des bateaux et des rorbuer.
21 h 50, arrivée à Å i Lofoten et installation au camping de Moskenesstraumen à l'extrémité du village. Le Guide du Routard avait raison, pas terrible ! Accueil minimaliste. Cher pour le peu de prestations offertes, nous sommes installés sur un terre-plein exigu et tristounet, coincés entre 2 camping-cars.
Balade à pied jusqu'à l'extrémité du camping (inaccessible aux véhicules), où le site est plus grandiose et sauvage. Nous partons explorer le village et marcher autour du port au milieu des rorbuer rouge sang, bâtis sur pilotis. Ces rorbuer semblent fréquentés par des amateurs de pêche sportive qui ramènent de belles prises : flétans énormes et autres qu'ils découpent ensuite sur place.
Storvik - Å i LofotenJour 12 - Sa 27/06/2009 - Å - Svolær - Handelsand
Petit déjeuner dans la salle commune du camping face à la mer.08 h 45, départ du camping et déjà arrêtés quelques centaines de mètres plus loin pour photos et films du port de Å, avec ses rorbuer multicolores, des petits chalutiers et les montagnes acérées et à pic en arrière-plan, le tout accompagné par les cris stridents des mouettes. Ce village est la carte postale des Lofoten.
Puis, au port de Reine, les rorbuer rouge sang se détachent des eaux bleues du port et contrastent, là encore, avec les montagnes tombant à-pic brutalement dans la mer. Typique ! Ensuite, arrêt à Hamnøy.
10 h 15, Flakstad, immense plage de sable blanc baignée par une mer turquoise avec montagnes en arrière plan. Paysage surréaliste, inimaginable à cette latitude, et pourtant bien réel. Il ne manque que les cocotiers pour que ce site soit paradisiaque. Résultat, personne, absolument personne sur cette longue plage, si ce n'est 1 ou 2 couples d'huitriers-pie qui courent avec nous sur le sable en lançant des cris stridents.
10 h 30, à l'écart de la route, le port sauvegardé de Nusfjord, là encore, cliché des Lofoten. Péage de 5.50 € par personne (un peu exagéré), pour l'entretien et la conservation du site. Rorbuer jaune et rouge sur pilotis autour d'un petit port en fer à cheval. Dans quelques bâtiments d'époque, espace muséographique concernant la pêche, le travail de la morue et tous les métiers s'y rapportant. Boutique de souvenirs dans une échoppe restée dans son état d'origine. Site très visité.
Arrêt au panorama de Felsa, sur un tertre à l'écart de la route. Vaste point de vue sur une large vallée verdoyante.
12 h 00, détour par la plage d'Haukland, sur la côte nord de l'archipel. Malheureusement, d'épais nuages et du vent fort arrivent sur place en même temps que nous, difficile de rester. Franchement dommage, car c'est une belle plage de sable blanc.
A proximité, et après être passés sous un tunnel, pique-nique sur la plage d'Utakleiv. Ecourté à cause du temps très maussade et du vent froid. Encore dommage, car nous avions une très belle et longue plage face à nous.
13 h 00, passage à Stamsund, courte escale Hurtigruten de l'hiver dernier que nous avons bien du mal à reconnaitre. Retour du beau temps et poursuite par la R815 sur la côte sud de l'archipel par Valberg, dans de beaux paysages de montagnes tombant brutalement dans des plaines marécageuses.
Visite du port de Henningsvær, situé sur une île et accessible par un pont à voie unique réglé par des feux tricolores. Sur fond de montagne abrupte, un port tout en longueur entouré de constructions blanches sur pilotis.
16 h 00, arrêt à Kabelvåg, où se déroule un rassemblement de vieux gréements locaux, ainsi qu'une fête populaire sur la place du village. Une animation que nous n'avons jamais retrouvée ailleurs en Norvège. Les gens sur des tables et des bancs au milieu de la place mangent du poisson ou des crevettes. Un groupe joue de la musique sous un kiosque. Nous achetons 1 litre de crevettes pour le dîner.
A la sortie du village, une très belle église en bois peint en marron est en cours de restauration.
18 h 30, Svolvær. Nous assistons à l'arrivée du MS Polarlys d'Hurtigruten qui débarque son lot de touristes pour des excursions dans l'archipel. Difficile de reconnaitre de jour l'escale faite de nuit et sous la neige l'hiver dernier.
La géographie se prête à l'observation du soleil de minuit et nous voudrions faire du camping sauvage sur la côte nord pour cela. Il fait beau, bien que le ciel ait l'air de se couvrir légèrement et qu'un vent frisquet commence à souffler. Ce soir, nous pique-niquons avant de trouver l'endroit idéal : repas de crevettes.
Plus nous roulons vers la côte nord, plus le temps se couvre. Arrivés à Laukvik, il bruine ! De plus, de la route, nous ne trouvons pas d'accès commode vers la plage ; de toute façon, le soleil à minuit paraît bien compromis.
21 h 00, dépités, nous poursuivons notre itinéraire vers Fiskebol par une petite route qui se transforme vite en piste en traversant des paysages désertiques pendant plusieurs kilomètres. Dans la grisaille, rien pour accrocher le regard, pas une maison, pas une voiture, rien ! Difficile de trouver un endroit sympathique et sûr dans un tel désert pour camper.
21 h 30, en roulant, sur la gauche et bien à l'écart de la route, une petite église isolée et à côté les toits de 2 camping-cars. A gauche toute ! Au bout du chemin, au pied de l'église, une petite place en herbe où stationnent pour la nuit 2 camping-cars immatriculés dans l'Orne.
Installation rapide du campement sous le crachin et café bien chaud.
22 h 30, le temps se dégage timidement. Marche à pied vers le rivage, l'horizon vers le nord rosit à peine. Le soleil reste bien caché derrière les nuages. Raté !
Retour à la voiture pour notre première nuit dans la nature. Aussi, nous pensons que près de l'église, il ne devrait rien nous arriver...
A suivre…
2ème Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie
Itinéraire entre l'Arizona et le Nouveau-Mexique en novembre? English translation pending
hello,
pour vous raconter ma "life", il me reste 7 jours de congés à prendre et si je les pose entre le 2 et le 11 novembre, je peux avoir 15 jours de vacances 😎... donc la question du week end a été : on va où à cette période ?... et devinez de quoi j'ai envie ? 😛... ben oui, d'un petit itinéraire entre Arizona et Nouveau-Mexique, cf plus bas... mais est ce une bonne idée là à cette période ? ne vaut il pas mieux attendre le printemps (ie mars-avril) ?
pour tenter de faire un circuit, je me suis notamment inspirée des itinéraires de Bastinj (ici) et de Krikri6792 (là), agrémenté de notre envie de retourner à Sedona et Page...
donc, ça donnerait pour le moment (carte Google Maps) :
J1 (sa) : Bxl --> Phoenix J2 (di) : Phoenix --> Apache Trail --> Sedona J3 (lu) : Sedona J4 (ma) : Sedona J5 (me) : Sedona --> Page J6 (je) : Page J7 (ve) : Page J8 (sa) : Page --> Farmington J9 (di) : Farmington --> Los Alamos J10 (lu) : Los Alamos --> Santa Fe J11 (ma) : Santa Fe --> Las Cruces J12 (me) : Las Cruces --> Bisbee J13 (je) : Bisbee --> Tucson J14 (ve) : Tucson --> Phoenix J15 (sa) : avion Phoenix J16 (di) : retour
c'est encore un peu brouillon au niveau des sites à voir et comment organiser tout ça (et surtout si on fait ou non ce voyage à cette époque...), mais si vous avez déjà un avis, n'hésitez pas ! 😉
@+ Vnoa
pour vous raconter ma "life", il me reste 7 jours de congés à prendre et si je les pose entre le 2 et le 11 novembre, je peux avoir 15 jours de vacances 😎... donc la question du week end a été : on va où à cette période ?... et devinez de quoi j'ai envie ? 😛... ben oui, d'un petit itinéraire entre Arizona et Nouveau-Mexique, cf plus bas... mais est ce une bonne idée là à cette période ? ne vaut il pas mieux attendre le printemps (ie mars-avril) ?
pour tenter de faire un circuit, je me suis notamment inspirée des itinéraires de Bastinj (ici) et de Krikri6792 (là), agrémenté de notre envie de retourner à Sedona et Page...
donc, ça donnerait pour le moment (carte Google Maps) :
J1 (sa) : Bxl --> Phoenix J2 (di) : Phoenix --> Apache Trail --> Sedona J3 (lu) : Sedona J4 (ma) : Sedona J5 (me) : Sedona --> Page J6 (je) : Page J7 (ve) : Page J8 (sa) : Page --> Farmington J9 (di) : Farmington --> Los Alamos J10 (lu) : Los Alamos --> Santa Fe J11 (ma) : Santa Fe --> Las Cruces J12 (me) : Las Cruces --> Bisbee J13 (je) : Bisbee --> Tucson J14 (ve) : Tucson --> Phoenix J15 (sa) : avion Phoenix J16 (di) : retour
c'est encore un peu brouillon au niveau des sites à voir et comment organiser tout ça (et surtout si on fait ou non ce voyage à cette époque...), mais si vous avez déjà un avis, n'hésitez pas ! 😉
@+ Vnoa
America the beautiful (partie 1 et suite) English translation pending
Je commencerai mon récit par un retour direct dans le passé, un bond au temps n-1 où notre excitation, à mon père (autre membre de cette expédition) et moi, a atteint ses limites, à l’instant x où nous nous préparons à mettre le pied dans un avion qui va nous mener sur le nouveau continent, au pays des mille et une merveilles, au cœur du gigantisme, de la démesure –humaine et naturelle. Nous partons pour plus qu’une découverte, nous partons à l’aventure dans le Grand ouest Américian…
Mercredi 12 mai :
Nous y voilà presque, le grand jour, le D Day, le débarquement des frenchies va bientôt s'amorcer... Après avoir compté les mois depuis l'an dernier et plus précisément depuis Janvier où notre projet s'est précisé, après avoir compté les semaines et enfin les jours nous sommes maintenant à seulement quelques heures de notre envol vers nos chères roches rouges d'Amérique du Nord!!!! Alors bienvenue sur "America the beautiful"
Au programme cette année pas moins de 8 états (soit le double de l'an passé), près de 6000 Km de route (pour plus de 5000 l'an dernier), 22 jours pleins sur place, départ le Jeudi 13 Mai avec près de 20 heures et 30 minutes de voyage aller (Paris-Atlanta en 09h25, 7h45 d'escale puis Atlanta-Denver en 3h27) et retour le Dimanche 06 Juin (Départ la veille Denver-Detroit en 2h50, 2 heures d'escale puis Detroit-Paris en 7h45: soit 12h35!!!). En partant de Denver dans le Colorado nous prendrons d’abord direction plein sud, en débutant avec les plus grandes dunes sahariennes d'Amérique du Nord les Great Sand Dunes. Puis, après avoir longé les berges du Rio Grande, nous continuerons notre descente dans le Nouveau-Mexique et ses petits villages aux maisons en adobe en faisant une halte à Santa Fe... Nous virerons ensuite vers les étendues désertes du nord-ouest du Nouveau-Mexique avant de traverser la frontière de l'Arizona et d'aller contempler les vestiges des dernières batailles indiennes du Canyon de Chelly. S'il est un endroit unique et merveilleux dans le grand Ouest américain, il s'agit bien de la région du lac Powell qui mérite à elle seule d'écrire un roman: cela tombe bien car nous installerons nos quartiers pour plus de 4 jours dans la ville de Page (où nous avions déjà séjourné l'an passé avant de rejoindre Monument Valley). Cette année Page deviendra notre camp de base pour quatre nuits car nous sommes bien décidés à tout tenter afin d'avoir le privilège de contempler la beauté des vagues figées dans la roche de The Wave et/ou d'admirer les sculptures délicates des Coyote Buttes Sud: en effet afin de protéger les lieux un système de loterie n'accorde le précieux sésame qu'à 20 chanceux par jour (dont 10 le jour même sur place) pour chacun des deux sites... Si nous perdons cela fera une réelle motivation pour revenir, mais rassurez vous nous avons déjà un programme plus que chargé concernant les autres sites libres d'accès du coin... Rassasié (ou pas?) des merveilles du nord de l'Arizona et du sud de l'Utah nous emprunterons une piste au milieu de nulle part, au fin fond du plateau du Colorado afin de remonter vers le canyon de Bryce qui avait été un coup de coeur l'an passé et qui se trouve en plein sur notre route, heureuse coïncidence!!! Comment parler de l'Utat sans parler des mormons...eh bien oui nous passerons dans la fameuse patrie de Joseph Smith, Salt Lake city, avant de poursuivre notre pèlerinage vers le Wyoming, en passant brièvement par une petite portion de l'Idaho (en route dans l'Utah, passage obligé dans les grandes villes européennes de Paris, Montpelier, Genève) avant de gagner la ville de Jackson-Wyoming, porte d'entrée des Grand Tétons (souvenir de trappeurs Canadiens imaginatifs et contemplatifs face aux pics enneigés qu'ils avaient en face d'eux...de quoi réchauffer l'ambiance) où nous passerons une bonne journée en pleine nature avec des premiers contacts nous l'espérons avec élans, Wapitis, bisons, et peut être Grizzli... Puis cap au nord à nouveau car comme il est indiqué dans de nombreux guides et récits de voyages, les Tétons constituent les Champs Elysées qui mènent au jardin d'Eden: le parc national de Yellowstone...nous avions pensé nous y rendre plus tard, mais 2012 approchant, les photos risqueraient d'être un peu ratées à ce moment là, éruptions cataclysmiques oblige... Quatre bonnes journées nous donneront déjà un bon aperçu, nous l’espérons, des merveilles de cet endroit et de ce qui se déroule juste sous nos pieds...à moins de 5 km sous terre à cet endroit! Gardiner dans le nord du parc nous permettra de poser les pieds dans le Montana et Cody, capitale mondiale du rodéo, sera notre porte de sortie du coté Est du parc. Nous filerons alors déjà vers le Dakota du Sud non sans faire une halte en cours de route au Devils Tower et dans la charmante petite bourgade de Deadwood: celles et ceux qui sont amateurs de série télévisées pourront vous confirmer qu'il s'en est passé des choses dans ce coin...on a sacrément gratté pour chercher un petit métal jaune très couru!!! Le Dakota du sud c'est aussi des Badlands (traduisez des mauvaises terres ou rien ne pousse, si ce n'est quelques tipis indiens), un très beau parc animalier (Custer park), mais aussi une satue équestre monumentale de Crazy Horse faisant concurrence directes à celles toutes proches au Mont Rushmore, -mais bien moins hautes- des 4 présidents américains, symboles de la conquête de l'ouest... Deux journées ne seront pas de trop pour découvrir tout ce coin mais il sera alors temps de redescendre vers le Colorado non sans avoir fait nous l'espérons une petite incursion de dernière minute dans les Rocheuses toutes proches...une petite friandise avant le retour!!!

Voilà donc le prélude à notre nouvelle aventure.
Jeudi 13 Mai : Première carte postale du pays de l'oncle Sam :
Levés à 6h30, nous partons à 7h45. Nous patientons un bon moment pour nous enregistrer et prendre notre vol... qui est retardé bien sûr : en effet certains bagages en soute n’ont toujours pas trouvé de propriétaire !!! Le vol est cependant très agréable avec de nouveaux écrans tactiles et un grand choix de films et documentaires. Malgré l’estampillage Air France, la nourriture est pas mal non plus. Une fois arrivés à Atlanta, dans un aéroport surdimensionné, nous passons l'immigration : une bonne heure d'attente, mais vu le nombre de passagers débarqués, une heure reste une attente plus que correcte. Nous prenons ensuite le train

...non pas pour changer de ville mais tout simplement pour rejoindre notre Concourse-Terminal. Sept heures d'attente, une bière et un repas plus tard, nous prenons notre correspondance pour Denver. Comme les avions sont des charters locaux (Delta Airlines, le Easyjet du coin) l’économie est à l’honneur, les gens se plaçant où ils veulent…À cette heure là, l’ambiance est franchement assez irréelle : il ne manque que la voix de l’hôtesse pour annoncer que nous venons de plonger dans la quatrième dimension... La fatigue aidant nous piquons néanmoins rapidement du nez –heureusement cela ne concernera que les passagers et pas l’avion- et nous réveillons plus de trois heures plus tard à Denver, avec deux heures de décalage en plus, soit tout de même huit heures dans la journée !!! De nouveau nous prenons le train pour changer de terminal puis nous appelons notre hôtel pour faire venir la navette…Un sacré chalenge pour cette première journée !
Petit aperçu de l’intérieur d’un des terminaux :

Vendredi 14 mai :
Aujourd’hui c’est journée préparation: récupération de la voiture et achats « spécial rando ». Question voiture, nous avons eu la main heureuse : nous étions passés par Locationdevoiture.fr qui sous-traite avec Drive FTI qui eux mêmes passent par Alamo. Nous avions demandé un SUV standard suivant les conseils que nous avions reçus sur ce salon. Le problème étant que l’on réserve une classe de voitures et non un modèle… Mais une fois sur place les choses se déroulent on ne peut mieux : la préposée du parking très sympathique fini par nous trouver parmi les voitures retournées LA voiture que nous souhaitions (enfin la deuxième sur notre liste), à savoir une Ford Explorer!!!! La Ford explorer on peut rouler partout avec, on peut y mettre 10 personnes (ou presque), on peut y manger, y boire, y dormir...bref nous sommes TRES heureux d'avoir eu ce modèle!!!!

Maintenant parés pour la route, nous nous rendons immédiatement au Outdoor World de Denver que nous a conseillé Sedonax, à savoir le paradis des randonneurs, des pêcheurs, des chasseurs, des grands et des petits...

Une fois n’est pas coutume, c’est le choc culturel: c'est immense (mais bon ça on s'y attend aux USA), mais c'est surtout une vraie aventure de s'y balader...on pénètre par une grande porte gardée, comme les cadis, par les ours.

Au rayon pêche d'immenses poissons sont accrochés, des chats sauvages, des bisons et des randonneurs trônent au dessus des cabines d'essayage, une tête de cerf orne le dessus de l'ascenseur dont le fond s’ouvre sur un immense aquarium...


A Outdoor World on trouve tout ce que l'on cherche –même des vendeurs souriants et disponibles continuellement pour vous renseigner- et même plus pour toutes les activités: chasse, pêche, rando, ...bref nous y passons beaucoup de temps mais nous avions une bonne liste de courses et l’avenir nous montrera que nous avons bien fait passer ces heures à chercher tout ce qu’il nous fallait. Repas au très bon restaurant du Outdoor world près d’une immense FAUSSE cheminée en observant un VRAI plongeur nettoyer l’aquarium du restaurant. 37$ (prix indiqué pour à deux à chaque fois) avec steak-poulet-bières (premières Samuel Adams)-cafés.

En sortant à 16h les trombes d’eau finissent de nous refroidir après la note des courses...même au pays du shopping rien n'est encore gratuit... Après les très gros embouteillages à la sortie de Denver, la pluie nous rattrape et même nous précède tout le long de la longue route du sud qui nous mène aux Dunes. La nuit tombe sur le Colorado quand nous réussissons finalement à semer la pluie. Mais au sortir de la station essence de Walsenburg où nous avons stoppé pour demander notre route (je monte même dans le cockpit d’un camionneur au passage pour indiquer notre « destination finale » ), nous croisons les déneigeuses qui reviennent du col de montagne menant aux dunes...en effet nous avons la surprise de distinguer 10-15 cm sur les bas côtés de la route…finalement nous traversons sans embûches les derniers kilomètres fantômatiques et le chalenge du jour reste quand même de trouver notre lodge dans le parc des Great Sand dunes…nous sommes les derniers arrivés à 22h15 et prenons possession de notre chambre très propre mais très froide…n’ayant rien avalé depuis le midi nous nous contenterons de quelques chips et cookies pour ce soir…
Samedi 15 Mai :
C'est au petit matin (traduisez pré 06h00) que nous nous levons pour attaquer notre journée. Et comme l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, les clichés photographiques d'exception également: sur la route qui nous mène aux dunes, nous avons eu le bonheur de voir un troupeau de deux cerfs et de biches sur notre gauche, avec les dunes de sable et les monts enneigés en toile de fond...le troupeau attend bien sagement que nous ayons la gentillesse d’avancer afin de traverser la route…

Un autre troupeau peu farouche nous a accueille au parking pour le départ de notre randonnée. Une autre rencontre d'exception, les animaux étant éloignés seulement de quelques mètres...

Parés de nos blousons en Gore-tex achetés la veille (et nous ne les avons pas regretté en montant les dunes, fouettés par le vent de sable), nous traversons un petit rio glacial pieds nus. Une fois passés de l'autre coté, l’attaque de l'ascension des dunes permet de réchauffer les blocs de glace qui nous tiennent lieu de pieds. Les couleurs sont magnifiques, le dépaysement total...le contraste entre les dunes à perte de vue d’un côté et l’eau, la verdure et les sommets enneigés de l’autre est saisissant…



Une idée des distances


Après deux bonnes heures de balades, nous décidons de raccourcir notre balade car de la route nous attend. Nous reprenons la route du sud vers 10 heures. La frontière Colorado/Nouveau-Mexique passée et le gore tex remisé en voyant la température monter en flèche, nous atteignons le pont du Rio Grande très impressionnant.


Nous rejoignons ensuite le village de Taos Pueblo (vers 14h45) classé patrimoine mondial de l'Unseco. Visite intéressante avec des très belles maisons en adobe, très typiques. Une petite église de carte postale et le clocher restant d'une église détruite en représailles de la révolte des indiens pueblos finissent de nous faire voyager dans le temps et les souvenirs d’un autre âge. Nous traversons Taos, ville très touristique et faisons une courte halte en centre ville puis à l’église San Francisco de Assis.


Il est malheureusement bien trop tard (17h30) pour faire la route des églises et nous prenons donc la route la plus directe pour rejoindre Santa Fe. Sur la route, à 73km de notre destination arrêt devant une montagne similaire à Valley of the Gods (Chiripida ?), suivi d’une halte devant le Rio Grande puis devant le Camel Rock (18h45) à 20km de Santa Fe.

Nous posons les valises au El Rey Inn à 19h15, hôtel vraiment charmant.

Mauvaise nouvelle au moment de chercher pour trouver un restau sympa dans les environs : j’ai perdu mon guide du Routard…et pour couronner le tout le Lonely Planet du Yellowstone n’est plus là non plus…Après un repas tendance mexicaine, correct mais pas non plus extraordinaire, au Guadalupe (46$ avec tip), nous regagnons nos pénates.
Dimanche 16 Mai :
Aujourd'hui c’est dimanche, et pourtant nous sommes levés à 06h30. Après un très bon petit-déjeuner au El Rey Inn, nous attaquons la journée par une visite de la magnifique ville de Santa Fe et ses maisons en adobe.


Durant deux heures, nous déambulons dans les rues : en longeant le Old Santa Fe trail nous passons d’abord devant la plus vieille église des USA, la mission San Miguel

puis devant la très belle chapelle Loretto. Après avoir admiré la cathédrale St Francis

nous rejoignons la fameuse place des gouverneurs. Nous faisons le tour de la place avec un monument au centre dédié au souvenir des héros américains morts lors des batailles contre les Indiens : cette stèle sert maintenant plus au souvenir de ces conflits inutiles qui ont coûté tant de vies…

Après avoir retraversé dans le sens nord-sud la « Agua Fria », nous flânons un peu dans le fameux quartier des artistes Canyon Road, ensemble de rues très typiques et très cossues où les artistes locaux exposent leurs œuvres dans leurs jardins.



Ce n'est malheureusement pas la période où les habitants (basques émigrés?) font pendre leurs piments rouges à leurs maisons...
10h30/11h et nous voilà de nouveau sur les routes, direction Farmington au nord ouest du Nouveau-Mexique. Après avoir emprunté la grande autoroute qui mène à Albuquerque, nous bifurquons vers l’ouest 30 km avant d’atteindre cette grande ville, direction cuba ! Sur cette route, l’US64, le spectacle est au rendez-vous et c’est un feu d’artifice de teintes multicolores ou bien de canyons dissimulés qui jalonnent chaque coté de la route et ce pendant 15 minutes magiques, 30 km avant d’arriver à Cuba. Nous rejoignons cette dernière vers 12h45 et profitons de notre pause déjeuner pour nous renseigner sur la localisation exacte de Lybrook un point de vue extraordinaire que nous souhaiterions découvrir…nous passerons finalement à côté… Vers 15h nous sommes à Farmington où nous « jetons » nos affaires avant de repartir vers 15h40 en direction notre excursion du jour : les Bisti Badlands. Nous sommes partis tellement vite de l’hôtel que je m’aperçois 20 minutes plus tard que les piles de mon GPS de rando sont déchargées (il ne reste qu’une barre) or nous allons avoir vraiment besoin de cet outil pour toute la fin de l’après-midi… nous décidons donc d’utiliser au maximum les cartes que j’ai également emportées avec moi… Comme leur nom l’indique, les Badlands sont des mauvaises terres où très peu de végétation peut pousser, et la piste qui nous y conduit décourage déjà une venue trop nombreuse sur le site : nous n’allons pas nous en plaindre tant la beauté intemporelle des lieux nous saisit dès notre arrivée. Sur la piste nous croisons un photographe venu ici pour prendre quelques clichés de repérages : en effet au parking nord un campement a été installé, celui de l’équipe de tournage de Stargate !!! Il semblerait donc que les Badlands attirent même quelques touristes venus de l’espace… Sur place à 16h45, nous ne ressortirons que trois heures trente plus tard…Entre temps notre parcours lunaire nous aura amené au pied des magnifiques hoodoos




...dunes érodées et paysages lunaires lieux de croissance de champignons proprement hallucinogènes






...et enfin, pour clore le spectacle de la journée nous terminerons grâce à l’aide indispensable du GPS par la « fabrique des œufs », endroit magique, magnifique, incroyable, stupéfiant…la lumière du soir est un vrai cadeau et les roches semblent soudain reprendre vie sous nos yeux, sorte d’œufs de dinosaures fossilisés voici des millions d’années, tandis que les ombres s’allongent…


Mélange de tortue et de poule voici la pondeuse des lieux

Et voici ses œufs tout juste éclos....

Moi je dis chapeau l'artiste!!


35 minutes sont nécessaires à marche rapide pour rejoindre la voiture et 50 minutes de nuit pour rejoindre Farmington. La ville s’est parée de ses plus belles lumières mais les restaurant ont déjà éteint les leurs , il n’est que 21h15…Nous nous rabattons sur un Dennies pour 26 petits billets…
Fin de cette première partie....
Mercredi 12 mai :
Nous y voilà presque, le grand jour, le D Day, le débarquement des frenchies va bientôt s'amorcer... Après avoir compté les mois depuis l'an dernier et plus précisément depuis Janvier où notre projet s'est précisé, après avoir compté les semaines et enfin les jours nous sommes maintenant à seulement quelques heures de notre envol vers nos chères roches rouges d'Amérique du Nord!!!! Alors bienvenue sur "America the beautiful"
Au programme cette année pas moins de 8 états (soit le double de l'an passé), près de 6000 Km de route (pour plus de 5000 l'an dernier), 22 jours pleins sur place, départ le Jeudi 13 Mai avec près de 20 heures et 30 minutes de voyage aller (Paris-Atlanta en 09h25, 7h45 d'escale puis Atlanta-Denver en 3h27) et retour le Dimanche 06 Juin (Départ la veille Denver-Detroit en 2h50, 2 heures d'escale puis Detroit-Paris en 7h45: soit 12h35!!!). En partant de Denver dans le Colorado nous prendrons d’abord direction plein sud, en débutant avec les plus grandes dunes sahariennes d'Amérique du Nord les Great Sand Dunes. Puis, après avoir longé les berges du Rio Grande, nous continuerons notre descente dans le Nouveau-Mexique et ses petits villages aux maisons en adobe en faisant une halte à Santa Fe... Nous virerons ensuite vers les étendues désertes du nord-ouest du Nouveau-Mexique avant de traverser la frontière de l'Arizona et d'aller contempler les vestiges des dernières batailles indiennes du Canyon de Chelly. S'il est un endroit unique et merveilleux dans le grand Ouest américain, il s'agit bien de la région du lac Powell qui mérite à elle seule d'écrire un roman: cela tombe bien car nous installerons nos quartiers pour plus de 4 jours dans la ville de Page (où nous avions déjà séjourné l'an passé avant de rejoindre Monument Valley). Cette année Page deviendra notre camp de base pour quatre nuits car nous sommes bien décidés à tout tenter afin d'avoir le privilège de contempler la beauté des vagues figées dans la roche de The Wave et/ou d'admirer les sculptures délicates des Coyote Buttes Sud: en effet afin de protéger les lieux un système de loterie n'accorde le précieux sésame qu'à 20 chanceux par jour (dont 10 le jour même sur place) pour chacun des deux sites... Si nous perdons cela fera une réelle motivation pour revenir, mais rassurez vous nous avons déjà un programme plus que chargé concernant les autres sites libres d'accès du coin... Rassasié (ou pas?) des merveilles du nord de l'Arizona et du sud de l'Utah nous emprunterons une piste au milieu de nulle part, au fin fond du plateau du Colorado afin de remonter vers le canyon de Bryce qui avait été un coup de coeur l'an passé et qui se trouve en plein sur notre route, heureuse coïncidence!!! Comment parler de l'Utat sans parler des mormons...eh bien oui nous passerons dans la fameuse patrie de Joseph Smith, Salt Lake city, avant de poursuivre notre pèlerinage vers le Wyoming, en passant brièvement par une petite portion de l'Idaho (en route dans l'Utah, passage obligé dans les grandes villes européennes de Paris, Montpelier, Genève) avant de gagner la ville de Jackson-Wyoming, porte d'entrée des Grand Tétons (souvenir de trappeurs Canadiens imaginatifs et contemplatifs face aux pics enneigés qu'ils avaient en face d'eux...de quoi réchauffer l'ambiance) où nous passerons une bonne journée en pleine nature avec des premiers contacts nous l'espérons avec élans, Wapitis, bisons, et peut être Grizzli... Puis cap au nord à nouveau car comme il est indiqué dans de nombreux guides et récits de voyages, les Tétons constituent les Champs Elysées qui mènent au jardin d'Eden: le parc national de Yellowstone...nous avions pensé nous y rendre plus tard, mais 2012 approchant, les photos risqueraient d'être un peu ratées à ce moment là, éruptions cataclysmiques oblige... Quatre bonnes journées nous donneront déjà un bon aperçu, nous l’espérons, des merveilles de cet endroit et de ce qui se déroule juste sous nos pieds...à moins de 5 km sous terre à cet endroit! Gardiner dans le nord du parc nous permettra de poser les pieds dans le Montana et Cody, capitale mondiale du rodéo, sera notre porte de sortie du coté Est du parc. Nous filerons alors déjà vers le Dakota du Sud non sans faire une halte en cours de route au Devils Tower et dans la charmante petite bourgade de Deadwood: celles et ceux qui sont amateurs de série télévisées pourront vous confirmer qu'il s'en est passé des choses dans ce coin...on a sacrément gratté pour chercher un petit métal jaune très couru!!! Le Dakota du sud c'est aussi des Badlands (traduisez des mauvaises terres ou rien ne pousse, si ce n'est quelques tipis indiens), un très beau parc animalier (Custer park), mais aussi une satue équestre monumentale de Crazy Horse faisant concurrence directes à celles toutes proches au Mont Rushmore, -mais bien moins hautes- des 4 présidents américains, symboles de la conquête de l'ouest... Deux journées ne seront pas de trop pour découvrir tout ce coin mais il sera alors temps de redescendre vers le Colorado non sans avoir fait nous l'espérons une petite incursion de dernière minute dans les Rocheuses toutes proches...une petite friandise avant le retour!!!

Voilà donc le prélude à notre nouvelle aventure.
Jeudi 13 Mai : Première carte postale du pays de l'oncle Sam :
Levés à 6h30, nous partons à 7h45. Nous patientons un bon moment pour nous enregistrer et prendre notre vol... qui est retardé bien sûr : en effet certains bagages en soute n’ont toujours pas trouvé de propriétaire !!! Le vol est cependant très agréable avec de nouveaux écrans tactiles et un grand choix de films et documentaires. Malgré l’estampillage Air France, la nourriture est pas mal non plus. Une fois arrivés à Atlanta, dans un aéroport surdimensionné, nous passons l'immigration : une bonne heure d'attente, mais vu le nombre de passagers débarqués, une heure reste une attente plus que correcte. Nous prenons ensuite le train

...non pas pour changer de ville mais tout simplement pour rejoindre notre Concourse-Terminal. Sept heures d'attente, une bière et un repas plus tard, nous prenons notre correspondance pour Denver. Comme les avions sont des charters locaux (Delta Airlines, le Easyjet du coin) l’économie est à l’honneur, les gens se plaçant où ils veulent…À cette heure là, l’ambiance est franchement assez irréelle : il ne manque que la voix de l’hôtesse pour annoncer que nous venons de plonger dans la quatrième dimension... La fatigue aidant nous piquons néanmoins rapidement du nez –heureusement cela ne concernera que les passagers et pas l’avion- et nous réveillons plus de trois heures plus tard à Denver, avec deux heures de décalage en plus, soit tout de même huit heures dans la journée !!! De nouveau nous prenons le train pour changer de terminal puis nous appelons notre hôtel pour faire venir la navette…Un sacré chalenge pour cette première journée !
Petit aperçu de l’intérieur d’un des terminaux :

Vendredi 14 mai :
Aujourd’hui c’est journée préparation: récupération de la voiture et achats « spécial rando ». Question voiture, nous avons eu la main heureuse : nous étions passés par Locationdevoiture.fr qui sous-traite avec Drive FTI qui eux mêmes passent par Alamo. Nous avions demandé un SUV standard suivant les conseils que nous avions reçus sur ce salon. Le problème étant que l’on réserve une classe de voitures et non un modèle… Mais une fois sur place les choses se déroulent on ne peut mieux : la préposée du parking très sympathique fini par nous trouver parmi les voitures retournées LA voiture que nous souhaitions (enfin la deuxième sur notre liste), à savoir une Ford Explorer!!!! La Ford explorer on peut rouler partout avec, on peut y mettre 10 personnes (ou presque), on peut y manger, y boire, y dormir...bref nous sommes TRES heureux d'avoir eu ce modèle!!!!

Maintenant parés pour la route, nous nous rendons immédiatement au Outdoor World de Denver que nous a conseillé Sedonax, à savoir le paradis des randonneurs, des pêcheurs, des chasseurs, des grands et des petits...

Une fois n’est pas coutume, c’est le choc culturel: c'est immense (mais bon ça on s'y attend aux USA), mais c'est surtout une vraie aventure de s'y balader...on pénètre par une grande porte gardée, comme les cadis, par les ours.

Au rayon pêche d'immenses poissons sont accrochés, des chats sauvages, des bisons et des randonneurs trônent au dessus des cabines d'essayage, une tête de cerf orne le dessus de l'ascenseur dont le fond s’ouvre sur un immense aquarium...


A Outdoor World on trouve tout ce que l'on cherche –même des vendeurs souriants et disponibles continuellement pour vous renseigner- et même plus pour toutes les activités: chasse, pêche, rando, ...bref nous y passons beaucoup de temps mais nous avions une bonne liste de courses et l’avenir nous montrera que nous avons bien fait passer ces heures à chercher tout ce qu’il nous fallait. Repas au très bon restaurant du Outdoor world près d’une immense FAUSSE cheminée en observant un VRAI plongeur nettoyer l’aquarium du restaurant. 37$ (prix indiqué pour à deux à chaque fois) avec steak-poulet-bières (premières Samuel Adams)-cafés.

En sortant à 16h les trombes d’eau finissent de nous refroidir après la note des courses...même au pays du shopping rien n'est encore gratuit... Après les très gros embouteillages à la sortie de Denver, la pluie nous rattrape et même nous précède tout le long de la longue route du sud qui nous mène aux Dunes. La nuit tombe sur le Colorado quand nous réussissons finalement à semer la pluie. Mais au sortir de la station essence de Walsenburg où nous avons stoppé pour demander notre route (je monte même dans le cockpit d’un camionneur au passage pour indiquer notre « destination finale » ), nous croisons les déneigeuses qui reviennent du col de montagne menant aux dunes...en effet nous avons la surprise de distinguer 10-15 cm sur les bas côtés de la route…finalement nous traversons sans embûches les derniers kilomètres fantômatiques et le chalenge du jour reste quand même de trouver notre lodge dans le parc des Great Sand dunes…nous sommes les derniers arrivés à 22h15 et prenons possession de notre chambre très propre mais très froide…n’ayant rien avalé depuis le midi nous nous contenterons de quelques chips et cookies pour ce soir…
Samedi 15 Mai :
C'est au petit matin (traduisez pré 06h00) que nous nous levons pour attaquer notre journée. Et comme l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, les clichés photographiques d'exception également: sur la route qui nous mène aux dunes, nous avons eu le bonheur de voir un troupeau de deux cerfs et de biches sur notre gauche, avec les dunes de sable et les monts enneigés en toile de fond...le troupeau attend bien sagement que nous ayons la gentillesse d’avancer afin de traverser la route…

Un autre troupeau peu farouche nous a accueille au parking pour le départ de notre randonnée. Une autre rencontre d'exception, les animaux étant éloignés seulement de quelques mètres...

Parés de nos blousons en Gore-tex achetés la veille (et nous ne les avons pas regretté en montant les dunes, fouettés par le vent de sable), nous traversons un petit rio glacial pieds nus. Une fois passés de l'autre coté, l’attaque de l'ascension des dunes permet de réchauffer les blocs de glace qui nous tiennent lieu de pieds. Les couleurs sont magnifiques, le dépaysement total...le contraste entre les dunes à perte de vue d’un côté et l’eau, la verdure et les sommets enneigés de l’autre est saisissant…



Une idée des distances


Après deux bonnes heures de balades, nous décidons de raccourcir notre balade car de la route nous attend. Nous reprenons la route du sud vers 10 heures. La frontière Colorado/Nouveau-Mexique passée et le gore tex remisé en voyant la température monter en flèche, nous atteignons le pont du Rio Grande très impressionnant.


Nous rejoignons ensuite le village de Taos Pueblo (vers 14h45) classé patrimoine mondial de l'Unseco. Visite intéressante avec des très belles maisons en adobe, très typiques. Une petite église de carte postale et le clocher restant d'une église détruite en représailles de la révolte des indiens pueblos finissent de nous faire voyager dans le temps et les souvenirs d’un autre âge. Nous traversons Taos, ville très touristique et faisons une courte halte en centre ville puis à l’église San Francisco de Assis.


Il est malheureusement bien trop tard (17h30) pour faire la route des églises et nous prenons donc la route la plus directe pour rejoindre Santa Fe. Sur la route, à 73km de notre destination arrêt devant une montagne similaire à Valley of the Gods (Chiripida ?), suivi d’une halte devant le Rio Grande puis devant le Camel Rock (18h45) à 20km de Santa Fe.

Nous posons les valises au El Rey Inn à 19h15, hôtel vraiment charmant.

Mauvaise nouvelle au moment de chercher pour trouver un restau sympa dans les environs : j’ai perdu mon guide du Routard…et pour couronner le tout le Lonely Planet du Yellowstone n’est plus là non plus…Après un repas tendance mexicaine, correct mais pas non plus extraordinaire, au Guadalupe (46$ avec tip), nous regagnons nos pénates.
Dimanche 16 Mai :
Aujourd'hui c’est dimanche, et pourtant nous sommes levés à 06h30. Après un très bon petit-déjeuner au El Rey Inn, nous attaquons la journée par une visite de la magnifique ville de Santa Fe et ses maisons en adobe.


Durant deux heures, nous déambulons dans les rues : en longeant le Old Santa Fe trail nous passons d’abord devant la plus vieille église des USA, la mission San Miguel

puis devant la très belle chapelle Loretto. Après avoir admiré la cathédrale St Francis

nous rejoignons la fameuse place des gouverneurs. Nous faisons le tour de la place avec un monument au centre dédié au souvenir des héros américains morts lors des batailles contre les Indiens : cette stèle sert maintenant plus au souvenir de ces conflits inutiles qui ont coûté tant de vies…

Après avoir retraversé dans le sens nord-sud la « Agua Fria », nous flânons un peu dans le fameux quartier des artistes Canyon Road, ensemble de rues très typiques et très cossues où les artistes locaux exposent leurs œuvres dans leurs jardins.



Ce n'est malheureusement pas la période où les habitants (basques émigrés?) font pendre leurs piments rouges à leurs maisons...
10h30/11h et nous voilà de nouveau sur les routes, direction Farmington au nord ouest du Nouveau-Mexique. Après avoir emprunté la grande autoroute qui mène à Albuquerque, nous bifurquons vers l’ouest 30 km avant d’atteindre cette grande ville, direction cuba ! Sur cette route, l’US64, le spectacle est au rendez-vous et c’est un feu d’artifice de teintes multicolores ou bien de canyons dissimulés qui jalonnent chaque coté de la route et ce pendant 15 minutes magiques, 30 km avant d’arriver à Cuba. Nous rejoignons cette dernière vers 12h45 et profitons de notre pause déjeuner pour nous renseigner sur la localisation exacte de Lybrook un point de vue extraordinaire que nous souhaiterions découvrir…nous passerons finalement à côté… Vers 15h nous sommes à Farmington où nous « jetons » nos affaires avant de repartir vers 15h40 en direction notre excursion du jour : les Bisti Badlands. Nous sommes partis tellement vite de l’hôtel que je m’aperçois 20 minutes plus tard que les piles de mon GPS de rando sont déchargées (il ne reste qu’une barre) or nous allons avoir vraiment besoin de cet outil pour toute la fin de l’après-midi… nous décidons donc d’utiliser au maximum les cartes que j’ai également emportées avec moi… Comme leur nom l’indique, les Badlands sont des mauvaises terres où très peu de végétation peut pousser, et la piste qui nous y conduit décourage déjà une venue trop nombreuse sur le site : nous n’allons pas nous en plaindre tant la beauté intemporelle des lieux nous saisit dès notre arrivée. Sur la piste nous croisons un photographe venu ici pour prendre quelques clichés de repérages : en effet au parking nord un campement a été installé, celui de l’équipe de tournage de Stargate !!! Il semblerait donc que les Badlands attirent même quelques touristes venus de l’espace… Sur place à 16h45, nous ne ressortirons que trois heures trente plus tard…Entre temps notre parcours lunaire nous aura amené au pied des magnifiques hoodoos




...dunes érodées et paysages lunaires lieux de croissance de champignons proprement hallucinogènes






...et enfin, pour clore le spectacle de la journée nous terminerons grâce à l’aide indispensable du GPS par la « fabrique des œufs », endroit magique, magnifique, incroyable, stupéfiant…la lumière du soir est un vrai cadeau et les roches semblent soudain reprendre vie sous nos yeux, sorte d’œufs de dinosaures fossilisés voici des millions d’années, tandis que les ombres s’allongent…


Mélange de tortue et de poule voici la pondeuse des lieux

Et voici ses œufs tout juste éclos....

Moi je dis chapeau l'artiste!!


35 minutes sont nécessaires à marche rapide pour rejoindre la voiture et 50 minutes de nuit pour rejoindre Farmington. La ville s’est parée de ses plus belles lumières mais les restaurant ont déjà éteint les leurs , il n’est que 21h15…Nous nous rabattons sur un Dennies pour 26 petits billets…
Fin de cette première partie....
Quelle est la mentalité des Québécois? English translation pending
Bonjour,
Je ne connais absolument pas l'Amérique du nord, et j'aimerai, un jour, visiter le Canada. En particulier le Québec. Je rêve de voir l'été indien... Mais, au Québec, j'imagine surtout rencontrer des gens décontractés, "cool", avec une certaine convivialité... Je crois qu'il y a aussi le tutoiement spontané ?!?
La mentalité est-elle bien différente par rapport à celle en France, en Europe ?
Je sais qu'il y a énormément de québecois sur le forum, je pense que je serai bien renseigné.
Merci !
Je ne connais absolument pas l'Amérique du nord, et j'aimerai, un jour, visiter le Canada. En particulier le Québec. Je rêve de voir l'été indien... Mais, au Québec, j'imagine surtout rencontrer des gens décontractés, "cool", avec une certaine convivialité... Je crois qu'il y a aussi le tutoiement spontané ?!?
La mentalité est-elle bien différente par rapport à celle en France, en Europe ?
Je sais qu'il y a énormément de québecois sur le forum, je pense que je serai bien renseigné.
Merci !
Quelle destination choisir en Europe pour les températures les plus agréables en été: France, Allemagne, Angleterre ou autre? English translation pending
Je pense à nos prochaines vacances, été 2011, et pourquoi pas l'Europe on n'y est jamais allé.
Je me demande quelle destination choisir pour les températures les plus agréables (pas de canicule ou de chaleurs extrêmes... d'ailleurs j'ai abandonné mon idée de la Thaïlande en égard à la chaleur) et pour des attractions qui peuvent intéressées toute la famille... autant les parents que les enfants... musées-un peu et beaucoup de nature.
Pour un séjour de 2 à 3 semaines.
Je me demande quelle destination choisir pour les températures les plus agréables (pas de canicule ou de chaleurs extrêmes... d'ailleurs j'ai abandonné mon idée de la Thaïlande en égard à la chaleur) et pour des attractions qui peuvent intéressées toute la famille... autant les parents que les enfants... musées-un peu et beaucoup de nature.
Pour un séjour de 2 à 3 semaines.
Dix-sept jours à vélo à travers les Préalpes françaises English translation pending
Préalpes juin 2010
Depuis bientôt un an nous projetions une randonnée à vélo de deux ou trois semaines à travers les bosses autour de la vallée du Rhône, en passant par la Chartreuse, le Vercors, le Mont Ventoux, la Montagne de Lure et puis par les monts d’Ardèche pour rentrer à Lyon. La période choisie n’a pas été très favorable au point de vue météorologique mais nous n’en avons pas moins pédalé. Certes l’itinéraire initial a subi des modifications importantes, dues à des chutes de pluie torrentielles et des prévisions de vent très violent, mais les 17 jours d’errance à deux roues que nous avons vécus nous ont permis de toujours connaître mieux ce fabuleux pays qu’est la France, et nous y avons éprouvé un grand plaisir dans l’effort physique.
Ce dimanche 6 juin, avec Jean nous démarrons de Lyon, tardivement, en suivant le bord du Rhône en direction de Crémieu, où nous rejoignons Evelyne qui complétera le trio. Tout commence sous les augures du temps incertain que nous subirons durant notre voyage. Sitôt tourné le coin de la rue, de gros nuages menaçants donnent la couleur, très sombre. Quelques gouttes sont les premiers signes d’alarme, mais dans notre enthousiasme du départ nous poussons d’autant plus sur les pédales, nous disant que l’étape du jour ne fera que 45km. Il est donc trois heures de l’après-midi. Après un court passage sur le goudron, nous voilà le long du canal de Jonage. Nous espérons remonter, par le chemin qui longe d’abord le canal, puis le Grand Large (plan d’eau) et finalement suivre le Rhône, jusqu’au confluent avec la rivière Ain. Le temps menaçant semble se cantonner à l’ouest alors que nous fonçons vers le nord-est avec l’espoir d’échapper à l’averse. Dans un premier temps, tout se déroule au mieux. Le chemin est très agréable, la végétation nous entourant bien verte, par endroits de grands arbres nous dominent donnant un air forestier à la balade.
Je me souvenais, pour l’avoir déjà fait à pied, que le chemin après le village de Jons pouvait être problématique. Effectivement mes souvenirs étaient exacts. Le chemin s’insinue entre un terrain de golf et des zones marécageuses le long du fleuve. Les ornières, sur ce qui n’est plus un chemin mais un sentier sinueux, deviennent profondes et larges. La pluie se met franchement de la partie. Une glaise visqueuse nous cloue littéralement au sol. La végétation envahit notre espace de roulement. Il nous faut coller la tête au guidon pour espérer passer sous les nombreuses branches qui gênent l’avancement. Cela implique la peine de la double douche. Avec nos vélos chargés d’une vingtaine de kilos la conduite devient mal aisée. Je me retrouve au fond d’une ornière de large taille dans une position d’équilibre précaire, les deux chaussures flottant sur une mare de boue. J’ai la sensation que je coule lentement. J’effleure juste la boue de mes semelles, reportant le gros de mon poids sur la selle, souhaitant que mes pieds ne soient pas immergés dans cette matière grise et gluante. Quelques kilomètres avant le confluent de l’Ain nous devons renoncer à suivre cette piste, et nous prenons le premier itinéraire de remplacement qui offre une issue non mouvante. Un peu au petit bonheur la chance nous rejoignons le village de Villette-d’Anthon. Au centre nous nous abritons alors que des trombes d’eau s’abattent de plus belle. Il ne fait pas très chaud. Cela promet pour la suite. Enfin la chute d’eau se calme, et miracle, il ferait presque beau. Nous décidons de reprendre, avant de nous rendre à Crémieu, le détour par le site du lieu de rencontre de l’Ain et du Rhône. Cet endroit est magnifique. Voir les eaux de deux cours d’eau qui se mêlent est toujours passionnant. Dans le cas présent il s’agit d’un fleuve et d’une rivière, tous deux au cours vif, le Rhône au flot puissant bien endigué et l’Ain, plus modeste qui court entre des plages de galets. Je me rends souvent sur ce lieu et ma curiosité pour ces eaux qui se rencontrent est toujours la même. Mission accomplie, je voulais absolument montrer à Jean cet endroit qui me plaît tant. Après avoir bien profité de ce spectacle, en une dizaine de kilomètres par une route fréquentée nous atteignons la jolie ville de Crémieu. Ancienne cité médiévale enserrée au milieu de plateaux calcaires, son histoire est riche et sa visite vaut le déplacement. Evelyne nous attend et voit deux tas de boue mobiles venir à sa rencontre. Les bords du Rhône nous ont laissé quelques souvenirs tangibles.
Lundi 7 juin
Départ par des routes détournées et tranquilles, et des villages déserts avec l’intention de rejoindre le lac d’Aiguebelelle. Les senteurs de fin de printemps nous accompagnent. Que le vélo dans la campagne est agréable à cette époque de l’année. Après les bourgs de Dizimieu et Soleymieu, ainsi que d’autres nous nous arrêtons à Brangues, village sur une butte. Je me souviens y être venu à l’occasion d’un marché du livre. De ce village sont originaires Stendhal et Paul Claudel. Concernant ce dernier, nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe, qui est située au fond d’une grande propriété. Le lieu exhale la tranquillité et la sérénité, une impression de permanence, même d’éternité par rapport aux outrages du temps. Cependant la sépulture, elle, n’est pas imprégnée de cette paix. Cette vaste tombe de marbre aux courbes arrondies, dont la surface par endroits est mangée d’une fine mousse, semble recouverte d’un voile de tristesse. L’épitaphe est étrange et génère un trouble au lecteur que je suis : ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel.
Après avoir pique-niqué sur la place du village nous reprenons notre route en direction du lac qui ponctuera notre étape de ce jour. Encore de charmants villages, la France en regorge, sur les 36000 communes que de lieux pittoresques ! Au cours de ces 17 jours nous en visiterons une multitude, tous plus jolis les uns que les autres. Arrivés dans la charmante petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, nous touchons aux premiers contreforts du massif de la Chartreuse. Eh bien évidemment ça commence à grimper dur. Après nous être égarés par des chemins caillouteux et très pentus, à la recherche du château du fameux Mandrin, aimé des pauvres car il détroussait les riches à leur profit, un aimable autochtone nous indique comment revenir sur notre route. Le premier col d’une longue série est franchi. Il s’agit du col de la Crusille, qui culmine fièrement à 573 mètres d’altitude. Après l’effort dans la montée, le plaisir de la descente est immédiat, et là on a plus l’impression de glisser que de rouler. Je suis toujours étonné de constater que mon vélo lancé à plus de cinquante voire soixante à l’heure, donne une grande impression de stabilité.
Après une agréable cure de vitesse à travers champs jusqu’à la modeste ville de Novalaise, nous faisons une constatation étrange, impossible de trouver le moindre ravitaillement en ce lundi après-midi. Dans les coins les plus reculés de l’Albanie ou du fin fond de la Pologne, il y a toujours une petite épicerie qui est ouverte ou qui vous accueille comme par enchantement lorsque vous demandez, mais là dans notre bon pays de France que nenni ! Pas très inquiets nous nous disons que sur le bord du lac d’Aiguebelette en ce mois de juin, le tourisme aidant, nous trouverons ce qu’il nous faut pour ce soir. Rapidement nous atteignons un camping remarquablement situé, juste en bordure d’eau, mais à l’aspect un peu glauque et à la propreté négligée. Enfin pour ce soir cela fera bien l’affaire. Une fois les tentes montées, renseignements pris, aucun moyen de se ravitailler. Un couple de retraités habitué des lieux, ayant pitié de nous, pauvres cyclistes affamés, nous offre deux sachets de riz qui nous permettent d’effectuer un excellent repas, tout en regardant les poissons du lac se livrer à leur dernière agitation avant la nuit. La surface d’huile est trouée par une myriade de petites ablettes fuyant en ordre dispersé devant ce qui me semble être une truite tentant de faire son dernier repas de la journée.
Mardi 8 juin
Bien qu’il n’ait pas plu cette nuit, la proximité du lac a généré une très forte humidité et je me retrouve avec une flaque dans ma tente. Aurait-elle vieilli prématurément? Je l’utilise depuis plus de trois ans de façon assez intensive, elle est particulièrement légère, un kilogramme deux cents, piquets compris, mais la contrepartie de la légèreté sans doute implique une durée de vie plus courte. Après un agréable petit déjeuner dans un décor idyllique, certes frugal à base du dernier croûton de pain que nous partageons en trois, nous décidons de commencer notre journée, qui promet d’être rude par le tour du lac. En effet ce contour, bien qu’il nous rallonge de quelque distance donne l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas lacustres ponctués de barques de pêche multicolores, qui glissent paisiblement à la recherche des bons coins prometteurs en belles prises.
Nous nous arrêtons sur la rive sud du lac pour prendre un vrai petit déjeuner. Une boulangerie pâtisserie permet la consommation sur place, cela nous rappelle les grosses ventrées de gâteaux et autres forêts noires au cours de notre traversée de l’Allemagne le long du Danube. Mais je dois dire que les pâtisseries allemandes nous en avons abusé, mais jamais nous n’avons eu une sensation d’écœurement, ce qui n’est pas le cas ce matin. Enfin nous repartons bien rassasiés et sans trop de risque de prendre le coup de fringale si terrible à vélo. Très vite la route s’élève parmi les champs où l’herbe haute n’a pas encore été coupée. Des multitudes de fleurs rouges, jaunes ou bleues ponctuent les pâturages. Les senteurs toujours plus présentes, en particulier le tilleul, nous rapprochent de la nature. Un même trajet en voiture, en apparence permet de voir des paysages semblables et d’éprouver des sensations identiques, mais en réalité non. En effet d’une part la lenteur et d’autre part l’effort physique, forçant à de grandes inspirations sans la protection de l’habitacle d’un véhicule, abolissent un certain nombre de barrières à la nature. Contempler un champ, au milieu d’un foisonnement d’odeurs dues à l’herbe, aux fleurs ou aux arbres, nous projette au beau milieu de cette nature un peu plus comme acteurs que comme spectateurs. Une sorte de symbiose se crée, on se sent un peu moins intrus.
Nous n’avons pas toujours le loisir d’éviter les routes à grande circulation, mais en général nous y réussissons. Le temps semble se dégrader, cependant les sommets de la Chartreuse ne se dévoilent pas. La pluie nous cueille au pied du col de la Placette qui donne accès à Voreppe. Heureusement, elle est de courte durée. Encore une belle, raide et sinueuse descente, dans laquelle il faut rester prudent car la chaussée est humide. Arrêt dans cette agglomération, le temps de boire un café et de faire quelques courses car ce soir nous comptons dormir quelque part dans le Vercors.
Une question nous tracassait, comment passer Grenoble sans avoir à plonger dans un trafic important. La réponse nous est donnée par la carte série verte au 100 000 ième, édition 2010. En effet, une piste cyclable depuis Voreppe suit l’Isère vers l’aval sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous conduira, de plus avec un bon vent dans le dos jusqu’au village de Cognin-les-Gorges, au pied de Malleval, hameau perché que nous comptons atteindre ce soir. On constate qu’en France les choses bougent en matière de pistes cyclables. D’une part de plus en plus de routes laissent un couloir protégé pour les cyclistes et d’autre part les vraies pistes cyclables sont toujours plus nombreuses, comme celle de l’Isère qui nous a-t-on dit allait de Grenoble à Valence.
Nous voilà au pied de la terrible montée de la gorge du Nan. Ce soir nous ne ferons que 900 mètres de dénivelé le long d’une route qui s’accroche entre hautes parois et ravins, et qui cherche son chemin au travers de la roche par des tunnels qui surplombent le vide. Enfin, après une montée très exigeante de plus de neuf kilomètres qui nous a demandé pas loin d’une heure et demie, au détour du dernier lacet les quelques maisons de Malleval apparaissent. Le lieu semble passablement désert, le camping est ouvert, l’ambiance venteuse et les mille mètres d’altitude rendent ce coin de montagne hostile. Evelyne et moi ne nous sentons pas trop l’âme campeuse ce soir après une étape assez longue, 90 kilomètres, et difficile. Je vais m’enquérir auprès d’une petite auberge des différentes possibilités de logement. Très gentiment le propriétaire nous ouvre un grand gîte pour nous trois. Nous y passerons une agréable et calme nuit.
Mercredi 9 Juin
La journée s’annonce belle. L’étape commence par une montée de quelques cinq cents mètres de dénivelé, qui conduit sur le plateau du Vercors. La nature est éclatante, la petite route pratiquement déserte. De vastes champs bien verts constellés de fleurs sont bordés de hautes falaises blanches qui barrent l’accès au plateau. Après une montée raide mais plaisante à travers prairies puis le long d’escarpements et finalement en traversant une jolie forêt de feuillus, nous atteignons le col du Mont Noir à 1431 mètres d’altitude.
Ce col porte un nom curieux, car cet endroit aurait été victime des brûleurs de loups. En effet, pour les traquer et les acculer, ils incendiaient certains secteurs. Mais parfois il arrivait que le feu se propage plus loin que prévu, c’est ainsi que ces zones brûlées auraient été qualifiées de noires, d’où le nom du col.
Il fait frais pour la saison, on ne se croirait pas en juin. Nous redescendons vers le col de Romeyère, quatre cents mètres plus bas, par lequel initialement nous voulions arriver. Mais on nous avait indiqué que la route était fermée suite à des éboulements. Entre Chartreuse et Vercors de nombreuses routes sont impraticables suite à des effondrements. Sont-ils dus aux rudes conditions de cet hiver ou alors s’agit-il d’un phénomène plus général, conséquence du changement climatique?
Dans ce matin à l’air vivifiant, les couleurs sont tranchées, qu’il s’agisse des prés, des fleurs, des arbres, des parois ou des nuages. Rapidement nous rejoignons le village de Rencurel. Je trouve que pour un plateau nous descendons beaucoup, certes la vitesse est agréable, mais nécessairement il va falloir reprendre l’altitude perdue. Dans ce minuscule village balayé par un vent froid, bien qu’il vienne du sud, nous nous blottissons dans un bar bien sympathique l’espace d’un café. Mais le temps passe vite et l’heure du repas n’est pas loin. Nous poussons jusqu’à la Balme de Rencurel. Là, une épicerie nous fournit le minimum, et dans un recoin de la fontaine municipale protégée du vent, bien installés au soleil nous profitons de notre pause de midi. Un pêcheur de truites marque l’arrêt sur le pont à proximité. J’en profite pour l’interroger sur la population de truites de la Bourne. Ce torrent descend vers la très célèbre paroi d’escalade de Presles, qui abrite la curieuse grotte de Choranche avec ses fistuleuses parmi les plus longues au monde. Il s’agit de multitudes stalactites de la section d’un cheveu ou presque et qui font, si je me souviens bien, un ou deux mètres de long. Pour en revenir à notre pêcheur, il se plaint du fait que les écologistes s’opposent depuis quelques années au rempoissonnement des cours d’eau de la région, d’où une très nette baisse de l’intérêt de la pêche. Effectivement doivent-ils se mêler de tout ? C’est un autre débat, mais ne lançons pas la polémique, même si je suis séduit par la proposition du pêcheur préconisant de les mettre eux (les écologistes) dans un zoo !
Il faut s’arracher à notre douce torpeur et regagner l’altitude perdue. Par un raccourci à la pente redoutable, supérieure à 10% nous regagnons les 900 mètres. Un vent bien établi de face nous donne la sensation d’une belle côte sur les vingt kilomètres qui viennent. J’ai un petit coup de barre et Jean propose gentiment de prendre une partie de mes affaires. En effet j’ai emmené du matériel d’escalade. Est-ce vraiment utile ? La suite nous le dira. Après avoir traversé Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors nous arrivons au hameau de Rousset. Le vent ne faiblit pas et le col du Rousset dresse devant nous ses grands virages. Mais la route est dessinée et l’effort modéré, d’autant plus que selon les virages le vent est avec ou contre nous.
Enfin le col est atteint, un tunnel de 700 mètres de long nous épargne les derniers efforts de la montée. Ce n’est jamais très agréable à vélo de circuler dans ces espaces clos, mais en l’occurrence il est bien éclairé. L’arrivée sur le versant sud est époustouflante. Une descente de plus de vingt kilomètres nous conduit directement à Die. Le vent est si violent, que parfois les bourrasques nous arrêtent en pleine descente et nous devons mettre pied à terre. Cela déplaît tout particulièrement à Evelyne, sans doute du fait de son poids plume.
Enfin la ville, nous nous procurons pour commencer une bouteille de clairette que nous savourerons au camping. Le temps est particulièrement sec, ce vent du sud me fait penser au vent d’Autan à Toulouse. Du camping municipal, à l’accueil très sympathique, nous avons une vue magnifique sur la montagne de Glandasse et sa magnifique paroi aux escalades célèbres, la voie de la Pentecôte et le pilier Leprince-Ringuet, pour n’en citer que deux. La soirée sera bien agréable assis dans l’herbe, le climat du midi prenant le dessus, ce qui se voit en particulier au changement de végétation.
Jeudi 10 juin
La nuit fut venteuse mais en contrepartie la sécheresse a régné, donc pas de tente à faire sécher. Si tous les matins l’état d’humidité du matériel de camping était aussi faible, alors cela deviendrait un vrai plaisir. Mais malheureusement, souvent cela s’apparente, il faut bien le reconnaître, à une corvée. Je sais que je risque de faire hurler les puristes et les inconditionnels de la tente. Mais cela n’est que mon humble avis.
La journée commence par un trajet d’une dizaine de kilomètres le long de la Drôme jusqu’au village de Pontaix. Splendide et austère hameau qui se niche au pied d’une falaise. Les murs de ses maisons canalisent littéralement la rivière. Aujourd’hui elle ne charrie pas beaucoup d’eau, elle étale son onde claire sur des plages aux galets lumineux. Au-dessus du village au sommet d’une colline, aux flancs abrupts, les ruines d’un très vieux château se découpent sur un ciel aux teintes grisées. Il se dégage de ce lieu une impression de quiétude et de bien-être. Mais nous ne sommes qu’au début de notre étape du jour, donc je prends juste le temps de faire quelques photos et nous reprenons la route. Une départementale sans circulation nous conduit au départ de la sauvage vallée qui perce les collines de la Provence drômoise jusqu’à Rémuzat.
La montagne des Trois Becs dévoile son imposante paroi de deux cent cinquante mètres de haut, appelée par les alpinistes la Pelle. Je reste hypnotisé par ce spectacle. En effet ma jeunesse défile dans ma mémoire. Cette paroi je l’ai gravie cinq fois, et à chaque reprise le plaisir était aussi intense. Voie d’escalade qui serpente au milieu de surplombs et qui toujours procure un itinéraire de toute beauté. En particulier, je me souviens de ce passage sur une dalle verticale au-dessus d’un surplomb, que l’on traverse de gauche à droite les pieds posés sur de petits silex qui sortent du rocher. On y ressent une forte impression de vide. Et puis le souvenir me revient de cette fois où nous avions débuté tardivement. La nuit avait failli nous bloquer un peu avant le sommet. Cette dernière longueur de corde heureusement pas trop difficile, cependant pas éloignée de la verticale, je l’avais parcourue à vive allure dans les ténèbres qui commençaient à prendre possession de l’espace. Et à chaque fois, l’arrivée au sommet de cette montagne dans un grand pré en pente était un bonheur. Souvent nous débouchions en fin d’après-midi dans des herbes éclairées par un soleil rasant déjà bien loin à l’ouest. En fin d’automne nous trouvions d’immenses chardons dont parfois nous cueillions une ou deux magnifiques corolles, qui allaient décorer notre bibliothèque.
Nous roulons et les perspectives se succèdent, au revoir montagne des Trois Becs. La vallée plein sud nous accueille avec un fort vent de face que nous allons combattre toute la journée dans une chaleur épuisante. Le premier village rencontré, Saint-Benoit-en-Diois, arbore sur un monticule une surprenante église, dont la silhouette est rehaussée par quatre cyprès qui se lancent à l’assaut du ciel. Chacun de ces villages traversés a sa propre personnalité, son cachet propre, son atmosphère particulière. Je suis toujours étonné de cette diversité, de cette originalité de ces trente six mille communes de France. La vallée passe quelques verrous calcaires au travers desquels l’eau a creusé son chemin. La roche calcaire est toujours superbe et cela pour de multiples raisons. Tout d’abord, généralement elle est de couleurs éclatantes. Dans les zones verticales, elle prend une belle teinte gris clair, souvent promesse d’exaltantes escalades, les pieds en adhérence sur une matière rugueuse à souhait et les doigts enfoncés dans de petites prises en forme de goutte d’eau justement creusées par l’eau. Dans les zones en surplomb les couleurs varient entre le jaune et le rouge. Et toujours, on a tout loisir d’observer des strates épousant toutes les formes et montrant toutes les épaisseurs, au gré des plissements qui au cours des âges ont pétri cette fantastique matière, créée au fond des mers par des organismes vivants qui se déposaient et formaient ces couches de sédiments, qui à leur tour surgiraient du tréfonds des mers pour s’élever en somptueuses montagnes.
La vitesse du vélo est idéale afin d’admirer à profusion toutes ces beautés de la nature. Je me rends compte que ce mode de déplacement me plaît par ces découvertes à petit rythme qu’il autorise et qui se renouvellent à l’infini au long de la route ou du chemin. L’effort physique me convient aussi, mais contrairement à certains, je ne me sens pas motivé pour enfiler les cols les uns derrière les autres lorsque je connais déjà la route. De ce fait, hors les voyages j’ai beaucoup de mal à me motiver pour aller m’entraîner autour de chez moi sur des itinéraires que nécessairement je connais.
Que cette vallée étroite et sinueuse se révèle sauvage, une petite rivière, dont je ne me souviens pas du nom, déroule ses méandres amples et parsemés de galets éclatants. Le village de Saint-Nazaire-le-Désert, le bien nommé, est atteint. Nous arrivons deux minutes après les douze heures trente fatidiques, heure de fermeture de la petite épicerie. Donc nous nous contenterons d’une boîte de maquereaux, d’un petit morceau de gruyère et de quelques fruits secs. Assis à l’ombre nous souffrons cependant sous une chaleur accablante et sous les coups de boutoir de ce vent du sud rageur. Dans un recoin du village un bar sympathique caché au détour d’une mignonne placette, nous autorise à remplir notre rite sacré quotidien du caf�� après le déjeuner.
A nouveau sur la route, par des itinéraires dérobés, la progression s’effectue par bosses, vent adverse et chaleur en direction de notre but de la journée, Rémuzat. Une longue descente finale donne une touche particulièrement agréable à cette belle étape à travers le Diois et la Drôme Provençale.
Rémuzat est célèbre pour sa magnifique falaise qui domine de façon imposante le site. Si vous la regardez, vous ne tarderez pas à apercevoir d’immenses vautours qui planent nonchalamment le long des à-pics. Au fond d’une ruelle nous dégottons un gîte absolument adorable, implanté dans une ancienne maison de notables, construite depuis plusieurs centaines d’années. Les prix sont modiques, et l’accueil très chaleureux. J’y reviendrai un jour pour arpenter les chemins autour de ce pittoresque village.
Vendredi 11 juin
Le lieu de Rémuzat est vraiment très agréable, et en ce début de mois de juin il n’y a pas grand monde. Dans ce gîte, à part nous, sont hébergées trois femmes habituées du coin qui viennent chaque année pour se promener au milieu de la garrigue et des barres rocheuses.
Aujourd’hui notre but se situe dans les environs de Malaucène, village mythique au pied du Mont Ventoux. Le premier tronçon de notre itinéraire nous mène le long de la magnifique gorge de l’Eygues, rivière bordée de jolies et longues falaises. Au passage nous admirons le pittoresque village de Saint-May, perché sur son verrou dans un méandre du cours d’eau. Cette première partie au petit matin, en descente, dans un décor superbe de roches multicolores et plissées, le long d’une jolie rivière et de plus avec une circulation raisonnable, est un vrai bonheur.
Au cours de la pratique du vélo, contrairement à celle de la marche à pied, les moments agréables et les difficiles alternent souvent sans crier gare. Une côte, une descente, un vent contraire ou favorable dû à un changement de direction et le rythme et les conditions d’effort s’inversent spontanément. A pied par contre, la pente raide fera prendre un rythme lent, la descente elle bien souvent obligera à freiner son allure, ce qui générera une forme de fatigue due à cet effort de retenue. On ne ressent pas ce passage brutal de l’effort physique à la joie de la vitesse sans peine. Mais attention, je ne dénigre surtout pas la marche à pied. Au fond de mon cœur, le voyage à pied tient une très grande place. A une allure plus faible, il permet cependant d’atteindre des lieux auxquels le vélo ne donne pas accès. La liberté est plus grande dans les zones accidentées. Traverser les Alpes par un chemin de grande randonnée ou traverser les Pyrénées par la Haute Route des Pyrénées représentent des aventures, qui m’enthousiasment beaucoup plus que de parcourir les grands cols de ces montagnes à vélo.
Revenons à notre vallée de l’Eygues que nous allons maintenant quitter pour escalader le col de d’Ey qui culmine à 962 mètres, ce qui donne approximativement 500 m de dénivelé pour 6 kilomètres. Cette montée est rendue très agréable du fait de la présence d’une multitude d’adolescents lancés avec leurs professeurs de collège dans un voyage à deux roues d’une semaine autour de la vallée du Rhône. Nous nous retrouvons tous au col, et le lieu retentit de tous les cris de joie de ces enfants heureux d’avoir gravi leur dernière difficulté. En effet leur périple s’arrêtera à Buis-les-Baronnies après quelques 6 kilomètres de descente. En quittant le col nous croisons un couple lourdement chargé, qui chacun à un rythme lent escalade la pente raide sur son vélo couché. Ils n’ont pas l’air de peiner et la position semble très confortable.
Halte de midi dans cette charmante petite agglomération capitale des Baronnies, assis sur un banc public nous déjeunons. Ensuite une courte promenade à travers le centre ville aux rues étroites nous permet de sentir l’âme de cette cité. Nous prenons notre temps, car l’étape de cet après-midi n’est pas très importante. Nous avons rendez-vous vers les 17 heures chez Nadine au Hameau des Valettes à quelque distance au nord de Malaucène. En chemin nous passons le village de Mollans-sur-Ouvèze, au-dessus duquel trône une incroyable église, perchée sur un immense rocher plat. Un camarade m’avait dit qu’elle avait été construite par un notable de la région, ayant fait le vœu de la bâtir si son fils revenait de la première guerre mondiale. Le vœu a manifestement bien été exaucé.
Notre arrivée à Malaucène me surprend par le nombre de cyclistes qui s’y trouvent. En effet il s’agit de l’un des trois accès au Mont Ventoux. A l’heure qu’il est, nombreux sont ceux qui en descendent, le pourcentage d’étrangers est important. On sent que le lieu respire la fête de la petite reine. En fin d’après-midi nous effectuons les cinq kilomètres qui nous conduisent à notre point de rendez-vous. La pluie se met de la partie. Nadine nous accueille dans son adorable petite maison de village.
Samedi 12 juin
Aujourd’hui nous devrions faire une facile balade de récupération sans les sacoches. Je me réjouis d’avance d’un petit effort dans cette région aux mille beautés. Mais la balade de santé va en définitive se transformer en un tour du Mont Ventoux, qui se déroulera tout de même sur 118 kilomètres. Nadine est une pédaleuse effrénée, elle a déjà parcouru de nombreux kilomètres à travers le monde, et elle compte à son actif au moins une quinzaine de montées au Mont Ventoux par tous ses itinéraires. Quand je la vois pédaler à vive allure en côte sans la moindre peine, je me demande si elle n’aurait pas un petit moteur caché dans le cadre, ce dont on a soupçonné Cancellara ces derniers jours.
Nous démarrons notre circuit par la départementale 40 qui contourne le Mont Ventoux par le nord. Toujours ce satané vent du sud en pleine figure qui ne veut pas s’arrêter. Cela fait presque depuis notre départ de Lyon, qu’en général, nous pédalons contre le vent. La vue sur le Mont Ventoux est impressionnante. Mais rapidement le temps se détériore et les nuages nous cachent le sommet. Nous effectuons une halte à la fontaine de Saint-Léger-du-Ventoux et nous repartons sur un bon train. Ces coins sont très fréquentés par les cyclistes. Un petit détour par une pente terriblement raide mais heureusement courte nous mène au joli village de Montbrun-les-Bains. Aujourd’hui samedi jour de marché, les étals se parent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. La rue centrale a été fermée à la circulation et le marché se développe au beau milieu de la chaussée. De nouveau sur la route, nous passons Revel et marquons une pause prolongée à Sault, autre village légendaire sur le chemin du Ventoux.
Une grande partie de plaisir nous attend dans un décor réputé, il s’agit de la descente des gorges de la Nesque. Sur une trentaine de kilomètres nous nous adonnons aux joies de la vitesse sur une route sinueuse surplombant une gorge profonde aux roches éclatantes donnant sur des profondeurs impressionnantes. Arrêt à un belvédère, où nous faisons la photo classique de groupe dans l’un des méandres les plus caractéristiques de la rivière. Un homme vend des bouquets de lavande et une multitude de produits dérivés de cette plante extraordinaire. Son coffre de voiture lui sert d’échoppe. Il l’a agencé avec beaucoup de goût et un esthétisme certain. Il m’autorise à faire une photo de son étalage.
Une fois la descente terminée, les cent kilomètres au compteur ne sont pas loin et il nous faut encore en effectuer une vingtaine, en particulier quelques côtes raides pour rejoindre notre tranquille maison de village au Hameau des Valettes. Nous passons quelques affleurements d’ocre, qui ont rendu la région célèbre. Avant de rentrer dans le bourg, Nadine s’arrête dans un champ de cerises appartenant à son cousin et nous invite à une merveilleuse dégustation sur l’arbre. Ce seront les seules cerises dignes de ce nom que je mangerai en ce mois de juin particulièrement froid et peu ensoleillé. Eh bien ! En définitive, cette journée de repos aura été bien occupée.
Dimanche 13 juin
Après une agréable soirée et une bonne nuit, ce matin plusieurs choix sont possibles. Le premier consiste en une montée au Mont Ventoux par Malaucène. Jean et René, le compagnon de Nadine, vont opter pour cette alternative. En ce qui me concerne la motivation n’est pas énorme, et la fatigue accumulée depuis une semaine, un argument supplémentaire pour proposer un circuit plus clément. Evelyne n’est pas non plus très enthousiaste pour une grosse défonce. Nadine nous emmène pour un tour plus « cool ». Nous partons pour une boucle qui fera tout de même une quarantaine de kilomètres avec quelques montées sévères et un timing final serré pour arriver à temps pour préparer le repas. Dans une belle nature de printemps qui explose de toutes parts, nous passons d’abord à l’abbaye du Barroux, puis nous visitons le village du même nom. Il est de toute beauté, bien établi sur une butte, enserré dans son ancien mur de protection, et abritant en son sein un château de grande taille. Puis nous prenons la direction du très pittoresque village de la Roque Alric, tout à fait étonnant. En effet ses maisons semblent lancées à l’assaut du rocher qui les domine, ce qui lui donne une touche magnifique. Bien évidemment une belle luminosité comme le midi de la France sait en distiller ajoute à l’esthétique du site. Notre chemin se poursuit en passant à proximité des dentelles de Montmirail, roches réputées pour l’escalade qui affichent leur verticalité éclatante de blancheur. Je suis toujours étonné de constater la diversité des paysages en France et la rapidité avec laquelle on passe de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de sites naturels ou de constructions. Puis notre route va nous conduire vers un col, qui a une particularité bien singulière. En effet lorsqu’on en atteint le sommet avec le panneau nous indiquant que nous y sommes, et bien on continue à monter pendant plusieurs kilomètres à flanc de montagne. Enfin arrive le moment de nous lancer dans une belle descente vers Malaucène. Mais Nadine pressée de rentrer pour commencer le repas, nous avait littéralement déposés sur le bord de la route au bas de la côte. Comment fait-elle ? Enfin nous arrivons au centre de Malaucène. Nous y retrouvons nos deux camarades, qui de retour du Mont Ventoux prennent tranquillement une bière au centre du village. Nous rentrons tous les quatre et retrouvons Nadine qui s’active en cuisine. Encore un moment très agréable en perspective autour de plats concoctés avec goût et qui nous laissera un excellent souvenir.
En ce dimanche après-midi, Nadine et René vont devoir partir. Eh oui ! Demain matin il leur faut aller au boulot. Donc nous nous retrouvons à trois Jean, Evelyne et moi. Nous quitterons cet endroit charmant pour poursuivre notre périple itinérant.
Lundi 14 juin
Aujourd’hui avec une petite pointe de tristesse, nous laissons ce charmant Hameau des Valettes, avec cependant l’espoir d’y revenir, Nadine nous ayant proposé de nous retrouver l’année prochaine pour quelques jours de pédalage intensif.
Notre objectif de la journée se trouve plein est et se nomme Banon, petit village réputé, une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la vallée de la Durance. Nous devons reprendre sur les trente premiers kilomètres l’itinéraire que nous avons suivi avant-hier, de plus aujourd’hui nous avons nos bagages. Mais tout se passe très bien et la vue permanente sur le Mont Ventoux que l’on contourne par le nord est un spectacle suffisamment grandiose pour que nous ne trouvions pas le temps de nous ennuyer. Nous en profitons pour monter au village de Brantes. Encore un lieu perché, il nous faut laisser nos vélos à l’entrée et y pénétrer par un long escalier de pierre multi centenaire. Nous nous promenons parmi les vieilles maisons rénovées et nous laissons envoûter par le charme du lieu qui fait face au Mont Ventoux. Puis reprenant notre chemin, rapidement nous marquerons l’arrêt pour la pause de midi dans le très tranquille minuscule hameau de Savoillan. Une charmante boulangerie donnant sur l’église, exhale une bonne odeur de pain cuit au feu de bois, nous en avons l’eau à la bouche. Après que nous ayons effectué quelques achats, la boulangère nous autorise à nous assoir à la table devant sa vitrine. Qu’il est agréable de voyager de la sorte tout en prenant son temps et de se laisser guider dans nos haltes par le hasard, toujours heureux. Cela nous permet de nous imprégner de toutes ces atmosphères de Haute Provence, et bien entendu des auteurs comme Giono ou Bosco nous viennent à l’esprit.
Nous repartons après le rituel café du midi pour les quelques 35 kilomètres qui mènent à Banon. Le ciel est magnifique, de gros cumulus éclatants bourgeonnent tout en laissant de grandes trouées bleues. Des averses sont tombées car par endroits la route est mouillée, mais jamais nous ne recevons une goutte. L’altitude relative, le vent, la nature mouillée et la luminosité s’associent pour nous offrir des paysages de toute beauté. Le plaisir de pédaler est immense, cette nature on en fait vraiment partie, et puis ces odeurs de fleurs toujours présentes, donnent encore plus cette sensation d’intégration de nos corps au milieu naturel.
Nous atteignons le charmant village de Banon. Un cyclotouriste hollandais nous entretient sur son périple à travers la France. Souvent les personnes qui pratiquent le voyage à vélo sont seules, et les Français sont très peu nombreux. Les Allemands et les Bataves fournissent le gros des effectifs. Les vélos lourdement chargés sont souvent regardés avec curiosité en France. Les cyclistes sur leur vélo de course nous regardent souvent avec un certain dédain. Je me souviens d’une réflexion entendue dans un groupe qui nous croisait à vive allure l’année dernière en Corse, l’un des participants nous apercevant avait fait le commentaire suivant : « Eh bien ! Du vélo comme ça non merci ! ». Heureusement tous n’ont pas cette attitude, certains vont même jusqu’à nous encourager. Parfois la vue de ces deux roues lourdement chargés provoque des commentaires étranges. Il y a quelques jours, à l’entrée d’un village un groupe de randonneurs se préparait au départ. Une femme nous remarque et dit à ses compagnons : « Tiens voilà des sacochards ». Quel terme horrible !
Banon, ravissant village provençal, nous y découvrons quelques boutiques d’alimentation qui proposent des produits de qualité, en particulier le fameux fromage qui porte le nom du lieu. Après quelques achats nous rejoignons le camping un peu excentré. Dilemme, plante-on la tente ou loue-t-on un mobil home ? Le temps semble beau, l’air absolument pas humide, Jean opte pour la tente, Evelyne pour le mobil home, et moi je reste relativement indécis. Mais en finale, nous choisissons la solution en dur. Grand bien nous en a pris. A partir de onze heures du soir la pluie va se mettre à tomber et durant trente six heures ce sera un véritable déluge. J’ai rarement vu une pluie aussi violente durant une si longue période. D’ailleurs les résultats ne se sont pas fait attendre, des inondations catastrophiques ont eu lieu un peu plus au sud dans le Var, en particulier à Draguignan.
Mardi 15 juin
Une bonne partie de la nuit les précipitations ont martelé le toit de notre abri. Il fait froid et humide, on ne se croirait pas au mois de juin dans le sud de la France. La journée s’annonce morose, nous sommes quasiment dans les nuages et le mauvais temps semble très bien installé. Il va falloir nous armer de patience. Un petit intermède de repos ne fera pas de mal. De plus j’ai un livre extrêmement intéressant, journal d’un conjuré 1938-1944, d’Ulrich von Hassel. Ce diplomate qui s’était toujours opposé au national-socialisme, décrit de l’intérieur l’Allemagne de cette époque. Il analyse les doutes et les espoirs des hommes influents, en particulier, il montre l’état d’esprit des généraux qui au gré des victoires ou des défaites de Hitler pouvaient être plus ou moins enthousiastes et se montrer favorables ou non au système nazi.
Nous ne passons pas la journée dans notre baraque. A la première petite interruption des averses, je prends mon vélo et pars au centre de Banon. J’y découvre, vraiment étonné, une très grande librairie, le Bleuet. Dans un si petit village, pourquoi un établissement d’une telle taille. Les ouvrages disponibles sont très nombreux, certaines collections sont complètes, plus importantes que dans les grandes librairies réputées que j’ai l’habitude de fréquenter à Paris, Lyon ou Bordeaux. Manifestement, il doit y avoir beaucoup d’intellectuels ou passionnés de lecture qui se cachent dans la campagne environnante. Au demeurant, profitant de l’aubaine je passe un bon moment alors que le temps reste maussade.
Mercredi 16 juin
Ce matin nous avons franchement froid, au point que je me mets à grelotter. Je n’aime vraiment pas cette humidité. Il nous faut prendre des décisions, on ne peut rester cloués une journée de plus dans notre camping, cette situation est très mauvaise pour le moral. Seul le mouvement ramène la paix dans les esprits. Nous décidons de rouler jusqu’au village de Sait-Etienne-les-Orgues, situé au pied de la Montagne de Lure. Une fois sur place nous aviserons. Nous laissons nos bagages avec l’intention de revenir passer une troisième nuit à Banon. Nous voilà partis, il ne pleut pas, mais les reliefs sont accrochés par des bancs de nuages pas très prometteurs de beau temps. Une fois notre village atteint, au bistrot de la place nous prenons un café et interrogeons le propriétaire sur le temps et les conditions sur Lure. Il nous dissuade d’y aller, nous relatant la mésaventure de cyclistes qui les jours précédents ont été soumis à un véritable bombardement de grêlons. Comme si les éléments l’entendaient, la pluie reprend. Armons-nous de patience. Il est midi, profitons de ces conditions pour tranquillement déguster le plat du jour proposé. A la fin du repas, il ne pleut plus et le temps semble s’améliorer. Jean propose de faire « pour voir » les premiers kilomètres sur la route de la montagne de Lure. On se doute bien que ça y est nous y sommes et que pour nous arrêter il va falloir des grêlons gros comme des œufs de poule.
En effet, un bon rythme est pris, la route bien tracée ne présente pas de pente trop raide. Le temps tout de même incertain, nous motive pour profiter de cette fenêtre favorable, et nous avons tendance à appuyer sur les pédales. Le soleil de début d’après-midi réchauffe l’atmosphère. Vers les 1500 mètres d’altitude nous rentrons dans le brouillard et l’air se rafraîchit. Maintenant nous irons au sommet quoiqu’il arrive. La route passe à un kilomètre sous le sommet. Par un accès en mauvais état et très raide nous nous dirigeons vers les antennes qui matérialisent le sommet que nous convoitons, à l’altitude de1826 mètres. Les jeux de lumières parmi les nuées qui circulent sont magnifiques et les contrastes très accentués. Nous y sommes, cet endroit baigné dans le brouillard nous apparaît quelque peu fantomatique et mystérieux. La montagne y gagne en grandeur. Nous sommes contents d’avoir effectué cette randonnée malgré le temps plus qu’incertain. Et puis cette montagne de Lure constitue l’un des passages importants de notre circuit. Cependant le plaisir du sommet ne s’éternise pas, toujours un peu inquiets, des fois que l’orage se déclenche, l’endroit deviendrait assez malsain. Donc nous nous lançons dans une longue descente. Les premiers kilomètres sont vivifiants, puis nous sortons du brouillard et la chaleur revient. De retour au bar de la place, nous prenons un rafraîchissement et rentrons à Banon. La journée qui ne semblait pas très prometteuse nous aura cependant permis une belle escapade d’un peu plus de 80 kilomètres.
Jeudi 17 juin
Les conditions de temps n’étant pas très favorables, nous apportons une modification radicale à notre itinéraire. Au lieu de partir sur le Luberon, puis de remonter par la vallée du Rhône ou par les monts d’Ardèche, de peur du fort mistral, nous préférons remonter directement en direction du Dévoluy.
Ce jour nous donne l’occasion de vivre une étape mémorable entre toutes. En effet, pour éviter de reprendre une route déjà empruntée, nous décidons de quitter Banon en direction de l’un des cols sur la crête de la Montagne de Lure, afin de descendre directement dans la vallée du Jabron, d’où nous mettrons le cap sur le village d’Orpierre. Seul petit hic, l’itinéraire choisi est normalement utilisé par les randonneurs à pied. Mais nous verrons bien, un peu d’aventure a plutôt tendance à aiguiser notre curiosité.
Ce matin encore les sommets sont accrochés par des nuages qui ne sont pas présage de temps sec. Mais la nature après les grandes pluies des jours derniers semble toute propre, et elle luit de mille feux, vert tendre de l’herbe, lumières multicolores des différentes fleurs, où le jaune des pissenlits et des boutons d’or domine, suivi de près par le rouge ponctué de noir des coquelicots.
Nous entrons dans une étroite vallée qui conduit au bout du monde, au village de Saumane. Le lieu dépassé, la route devient presque chemin et puis le goudron prend fin. Le sentier raide assez plat nous permet pendant quelques kilomètres de rester sur nos montures. Nous nous demandons où nous allons. Au-dessus de nous un versant raide et boisé va se perdre dans le brouillard. Notre itinéraire se trouve là quelque part entre arbres et brume. Un carrefour en Y nous fait hésiter. Heureusement dans la forêt se trouve un bûcheron, il nous renseigne. Plus de doute notre voie en direction du col Saint-Vincent va nous occasionner une bonne séance de sport en poussant les vélos. Un chemin très raide parsemé de gros cailloux donne le ton. Nous voilà tous les trois à pousser dans la pente. Cela nous rappelle des expériences passées au fond de la Slovaquie. Pas de répit, ni du côté de la déclivité ni de celui de la grosseur des cailloux qui bloquent en permanence les roues. De plus pour que le jeu soit encore plus plaisant, la pluie se met de la partie. Cette manutention de bicyclettes est franchement épuisante, la douleur se fait sentir aux articulations des poignets. Et puis la pente se redresse, il faut alors se mettre à deux pour pousser un seul vélo. Le sol détrempé laisse l’eau s’écouler et par endroits on se croirait dans le lit d’un torrent. Mais avec opiniâtreté, nous poussons prenant l’eau par le haut et par le bas. Nous avons vraiment l’impression de monter dans le ciel avec nos vélos. Si nous croisions des randonneurs, ils nous prendraient probablement pour des fous, mais dans cette ambiance très humide nous sommes seuls. Enfin au détour d’un raidillon, je pars sans mon vélo et quelques dizaines de mètres après un espace plat apparaît. Il est verdoyant, et il arbore un magnifique panneau annonçant col Saint-Vincent 1287 mètres. Je pousse un cri de joie et rejoins mes compagnons pour un dernier effort. Ce col je me souviens y être passé en sens inverse, à pied, il y a trois ans lorsque j’avais réalisé une magnifique randonnée de 9 jours du Vercors à la Méditerranée. Tout était très différent, on était en automne, les arbres prenaient toutes les teintes de cette magnifique saison et il faisait très beau. En 9 jours je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul nuage, seulement les habituelles brumes matinales saisonnières qui donnent un véritable cachet à la nature en y ajoutant une touche de mystère.
Au col nous ne nous attardons pas, car nous sommes trempés et le refroidissement guette. Nous plongeons sur la vallée du Jabron. Le chemin est si raide et si mal pavé que nous ne pouvons pas enfourcher nos montures, bien qu’il s’agisse d’une descente. Mais ces grandes forêts de feuillus, à la frondaison encore tendre, sont si belles sous la pluie que nous éprouvons un vrai plaisir à nous trouver en ces lieux si peu propices au vélo, surtout avec des bagages. Cependant, par endroits nous nous risquons à enfourcher nos deux roues. Il faut faire attention de ne pas tomber, entre cailloux et terre glissante. Bien doser la pression sur les freins est indispensable pour conserver un équilibre subtil et précaire. Dans les grands lacets il nous faut descendre à pied et avancer avec précaution, pour ne pas se faire emporter dans une glissade glaiseuse par le poids de nos engins. Enfin, nous sommes sous la couche nuageuse et voyons le fond de la vallée. Nous n’allons pas tarder à nous retrouver sur un terrain presque plat. Le chemin s’élargit, nous prenons de la vitesse et arrivons en vue de la première voiture rencontrée depuis bientôt trois bonnes heures. Ses occupants doivent vraiment se demander d’où nous venons.
Cette matinée a été éprouvante du fait de cette pratique du vélo dans des conditions particulières. Je ne crois pas que nombreux soient les cyclotouristes chargés qui ont emprunté le col Saint-Vincent. C’est sans doute un bon avant-goût pour le périple que nous envisageons à travers l’Amérique du Sud dans deux mois, l’altitude en moins bien sûr, parce que dans les Andes on évolue généralement vers les 4000 mètres.
De retour sur le bitume, on a l’impression d’avoir des ailes. Le temps se stabilise et un rayon de soleil nous gratifie de sa chaleur. Dans cette vallée du Jabron, nous marquons la pause et mangeons à belles dents, car les cailloux et la boue nous ont ouvert l’appétit. Mais le lieu est désert, pas le moindre petit bar pour le rituel café. Donc un peu frustrés nous repartons. Dans le village Les Omergues, enfin le bistrot tant désiré. Il arrive d’autant mieux que la pluie fait une fois de plus son apparition, et il fait froid. A l’intérieur de la salle une douce chaleur. Nous allons devoir nous faire violence pour reprendre notre chemin. Le moment redouté arrive, nous enfilons nos imperméables et stoïquement nous attaquons le col qui nous sépare de Séderon. Les muscles se réchauffent, la beauté du relief aidant, le plaisir revient.
Après Séderon, ne pas louper la petite route qui conduit au col Saint-Pierre. Après quelques hésitations nous attaquons cette dernière difficulté de la journée, qui monte à plus de mille mètres. Il s’agit d’une belle rampe de cinq kilomètres qui s’élève en courbes raides. Au milieu de la montée, un monument commémoratif rappelle la résistance au nazisme, qui dans la région fut active et en en a payé le prix fort.
Le dernier effort de cette journée terminé, nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser vers Orpierre en passant par le village de Laborel. Dans le lointain Orpierre est bien balisé par son fameux Quiquillon, flèche de calcaire de 150 mètres de haut qui attire une multitude de grimpeurs.
Vendredi 18 juin
La journée d’hier a laissé quelques traces dans les cuisses, les mollets les bras et les poignets. Nous aspirons à nous reposer. Le cadre est propice à cette activité, un joli village enserré entre des parois calcaires qui de toutes parts dressent leurs à-pics.
Samedi 19 juin
Aujourd’hui nous allons partir pour la journée dans le but d’assister à une messe au monastère de Rosans. Il héberge des sœurs bénédictines. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais prendre part à un office au sein d’un ordre régulier a toujours provoqué chez moi une forte émotion, d’une part sans doute du fait du lieu reculé où ces ordres généralement s’établissent, d’autre part du fait du côté confidentiel, bien souvent très peu de fidèles assistent à la messe. Ce jour en dehors de notre petit groupe, un quatrième ami s’étant joint à nous, une seule personne était présente. Au retour nous avons effectué une visite guidée du prieuré de Saint-André-de-Rosans. Petit intermède très instructif sur la vie de la région au cours des siècles. Cela nous a permis d’admirer de belles mosaïques multi centenaires. Encore une agréable et intensive journée de vélo (plus de 90km) à but culturel, le long de superbes petites routes sauvages et accidentées loin de la circulation, au contact d’une nature épanouie par l’abondance d’eau que cette année a apportée.
Dimanche 20 juin
Matin froid et venteux, les ruelles d’Orpierre sont de vraies glacières traversées par une bise aigre. Le courage nous manque et nous ferons une journée de visite de la magnifique vallée du Jabron, mais en voiture. Au moment de partir deux Allemandes aux vélos lourdement chargées stationnent sur la place du village. Immédiatement nous les abordons. Elles ne sont pas toutes jeunes, à mon avis 65 ans, voire sans doute plus pour l’une d’elles. Elles arrivent de Stuttgart à travers les massifs montagneux français, Vosges, Jura, Chartreuse, Vercors. Ce trajet elles l’ont accompli en douze jours, belle performance eu égard à leur chargement, les mauvaises conditions des deux semaines passées et puis de leur âge.
Lundi 21 juin
Nous nous retrouvons seuls avec Jean, Evelyne étant repartie en voiture avec François pour Crémieu. Nous allons vivre le dernier jour de notre périple dans les Préalpes. Notre intention est de rejoindre Veynes, d’y déposer nos affaires à l’hôtel et de gravir quelques cols cachés au cours de l’après-midi. Une fois de plus le vent sera contraire et nous obligera à forcer sur les pédales. Un petit café dans un bistrot du centre ville de Serres, nous procure un agréable moment. J’aime beaucoup cette petite agglomération au pied d’un gros rocher. On n’y recherche pas le calme, car c’est un axe routier très fréquenté, mais le lieu est très esthétique, et de voir ces foules de voitures de camping-cars et de motos, dont beaucoup d’étrangers déferler, cela donne un petit goût de vacances !
A Veynes, l’agréable hôtel du centre, établissement au charme désuet, à l’ombre d’une place ombragée par des platanes centenaires, nous propose une chambre de tout confort. Nous déjeunons sur place, laissons nos bagages et partons pour notre dernière petite virée. Deux jolis cols déserts, col de la Bachassette et col des Verniers, cachés au milieu de montagnes érodées, nous laisserons nos dernières sensations de ces deux semaines d’errance. A la descente du second des vues de toute beauté nous dévoilent le Pic de Bure et la crête de Bergers, cimes du Dévoluy qu’affectionnait particulièrement René Desmaison. Je reste à rêver sur ces montagnes, me disant que bientôt d’autres horizons bien plus lointains vont s’ouvrir. Demain nous prendrons le train direction Lyon, et chacun rentrera chez lui dans l’attente du prochain rendez-vous.
Depuis bientôt un an nous projetions une randonnée à vélo de deux ou trois semaines à travers les bosses autour de la vallée du Rhône, en passant par la Chartreuse, le Vercors, le Mont Ventoux, la Montagne de Lure et puis par les monts d’Ardèche pour rentrer à Lyon. La période choisie n’a pas été très favorable au point de vue météorologique mais nous n’en avons pas moins pédalé. Certes l’itinéraire initial a subi des modifications importantes, dues à des chutes de pluie torrentielles et des prévisions de vent très violent, mais les 17 jours d’errance à deux roues que nous avons vécus nous ont permis de toujours connaître mieux ce fabuleux pays qu’est la France, et nous y avons éprouvé un grand plaisir dans l’effort physique.
Ce dimanche 6 juin, avec Jean nous démarrons de Lyon, tardivement, en suivant le bord du Rhône en direction de Crémieu, où nous rejoignons Evelyne qui complétera le trio. Tout commence sous les augures du temps incertain que nous subirons durant notre voyage. Sitôt tourné le coin de la rue, de gros nuages menaçants donnent la couleur, très sombre. Quelques gouttes sont les premiers signes d’alarme, mais dans notre enthousiasme du départ nous poussons d’autant plus sur les pédales, nous disant que l’étape du jour ne fera que 45km. Il est donc trois heures de l’après-midi. Après un court passage sur le goudron, nous voilà le long du canal de Jonage. Nous espérons remonter, par le chemin qui longe d’abord le canal, puis le Grand Large (plan d’eau) et finalement suivre le Rhône, jusqu’au confluent avec la rivière Ain. Le temps menaçant semble se cantonner à l’ouest alors que nous fonçons vers le nord-est avec l’espoir d’échapper à l’averse. Dans un premier temps, tout se déroule au mieux. Le chemin est très agréable, la végétation nous entourant bien verte, par endroits de grands arbres nous dominent donnant un air forestier à la balade.
Je me souvenais, pour l’avoir déjà fait à pied, que le chemin après le village de Jons pouvait être problématique. Effectivement mes souvenirs étaient exacts. Le chemin s’insinue entre un terrain de golf et des zones marécageuses le long du fleuve. Les ornières, sur ce qui n’est plus un chemin mais un sentier sinueux, deviennent profondes et larges. La pluie se met franchement de la partie. Une glaise visqueuse nous cloue littéralement au sol. La végétation envahit notre espace de roulement. Il nous faut coller la tête au guidon pour espérer passer sous les nombreuses branches qui gênent l’avancement. Cela implique la peine de la double douche. Avec nos vélos chargés d’une vingtaine de kilos la conduite devient mal aisée. Je me retrouve au fond d’une ornière de large taille dans une position d’équilibre précaire, les deux chaussures flottant sur une mare de boue. J’ai la sensation que je coule lentement. J’effleure juste la boue de mes semelles, reportant le gros de mon poids sur la selle, souhaitant que mes pieds ne soient pas immergés dans cette matière grise et gluante. Quelques kilomètres avant le confluent de l’Ain nous devons renoncer à suivre cette piste, et nous prenons le premier itinéraire de remplacement qui offre une issue non mouvante. Un peu au petit bonheur la chance nous rejoignons le village de Villette-d’Anthon. Au centre nous nous abritons alors que des trombes d’eau s’abattent de plus belle. Il ne fait pas très chaud. Cela promet pour la suite. Enfin la chute d’eau se calme, et miracle, il ferait presque beau. Nous décidons de reprendre, avant de nous rendre à Crémieu, le détour par le site du lieu de rencontre de l’Ain et du Rhône. Cet endroit est magnifique. Voir les eaux de deux cours d’eau qui se mêlent est toujours passionnant. Dans le cas présent il s’agit d’un fleuve et d’une rivière, tous deux au cours vif, le Rhône au flot puissant bien endigué et l’Ain, plus modeste qui court entre des plages de galets. Je me rends souvent sur ce lieu et ma curiosité pour ces eaux qui se rencontrent est toujours la même. Mission accomplie, je voulais absolument montrer à Jean cet endroit qui me plaît tant. Après avoir bien profité de ce spectacle, en une dizaine de kilomètres par une route fréquentée nous atteignons la jolie ville de Crémieu. Ancienne cité médiévale enserrée au milieu de plateaux calcaires, son histoire est riche et sa visite vaut le déplacement. Evelyne nous attend et voit deux tas de boue mobiles venir à sa rencontre. Les bords du Rhône nous ont laissé quelques souvenirs tangibles.
Lundi 7 juin
Départ par des routes détournées et tranquilles, et des villages déserts avec l’intention de rejoindre le lac d’Aiguebelelle. Les senteurs de fin de printemps nous accompagnent. Que le vélo dans la campagne est agréable à cette époque de l’année. Après les bourgs de Dizimieu et Soleymieu, ainsi que d’autres nous nous arrêtons à Brangues, village sur une butte. Je me souviens y être venu à l’occasion d’un marché du livre. De ce village sont originaires Stendhal et Paul Claudel. Concernant ce dernier, nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe, qui est située au fond d’une grande propriété. Le lieu exhale la tranquillité et la sérénité, une impression de permanence, même d’éternité par rapport aux outrages du temps. Cependant la sépulture, elle, n’est pas imprégnée de cette paix. Cette vaste tombe de marbre aux courbes arrondies, dont la surface par endroits est mangée d’une fine mousse, semble recouverte d’un voile de tristesse. L’épitaphe est étrange et génère un trouble au lecteur que je suis : ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel.
Après avoir pique-niqué sur la place du village nous reprenons notre route en direction du lac qui ponctuera notre étape de ce jour. Encore de charmants villages, la France en regorge, sur les 36000 communes que de lieux pittoresques ! Au cours de ces 17 jours nous en visiterons une multitude, tous plus jolis les uns que les autres. Arrivés dans la charmante petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, nous touchons aux premiers contreforts du massif de la Chartreuse. Eh bien évidemment ça commence à grimper dur. Après nous être égarés par des chemins caillouteux et très pentus, à la recherche du château du fameux Mandrin, aimé des pauvres car il détroussait les riches à leur profit, un aimable autochtone nous indique comment revenir sur notre route. Le premier col d’une longue série est franchi. Il s’agit du col de la Crusille, qui culmine fièrement à 573 mètres d’altitude. Après l’effort dans la montée, le plaisir de la descente est immédiat, et là on a plus l’impression de glisser que de rouler. Je suis toujours étonné de constater que mon vélo lancé à plus de cinquante voire soixante à l’heure, donne une grande impression de stabilité.
Après une agréable cure de vitesse à travers champs jusqu’à la modeste ville de Novalaise, nous faisons une constatation étrange, impossible de trouver le moindre ravitaillement en ce lundi après-midi. Dans les coins les plus reculés de l’Albanie ou du fin fond de la Pologne, il y a toujours une petite épicerie qui est ouverte ou qui vous accueille comme par enchantement lorsque vous demandez, mais là dans notre bon pays de France que nenni ! Pas très inquiets nous nous disons que sur le bord du lac d’Aiguebelette en ce mois de juin, le tourisme aidant, nous trouverons ce qu’il nous faut pour ce soir. Rapidement nous atteignons un camping remarquablement situé, juste en bordure d’eau, mais à l’aspect un peu glauque et à la propreté négligée. Enfin pour ce soir cela fera bien l’affaire. Une fois les tentes montées, renseignements pris, aucun moyen de se ravitailler. Un couple de retraités habitué des lieux, ayant pitié de nous, pauvres cyclistes affamés, nous offre deux sachets de riz qui nous permettent d’effectuer un excellent repas, tout en regardant les poissons du lac se livrer à leur dernière agitation avant la nuit. La surface d’huile est trouée par une myriade de petites ablettes fuyant en ordre dispersé devant ce qui me semble être une truite tentant de faire son dernier repas de la journée.
Mardi 8 juin
Bien qu’il n’ait pas plu cette nuit, la proximité du lac a généré une très forte humidité et je me retrouve avec une flaque dans ma tente. Aurait-elle vieilli prématurément? Je l’utilise depuis plus de trois ans de façon assez intensive, elle est particulièrement légère, un kilogramme deux cents, piquets compris, mais la contrepartie de la légèreté sans doute implique une durée de vie plus courte. Après un agréable petit déjeuner dans un décor idyllique, certes frugal à base du dernier croûton de pain que nous partageons en trois, nous décidons de commencer notre journée, qui promet d’être rude par le tour du lac. En effet ce contour, bien qu’il nous rallonge de quelque distance donne l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas lacustres ponctués de barques de pêche multicolores, qui glissent paisiblement à la recherche des bons coins prometteurs en belles prises.
Nous nous arrêtons sur la rive sud du lac pour prendre un vrai petit déjeuner. Une boulangerie pâtisserie permet la consommation sur place, cela nous rappelle les grosses ventrées de gâteaux et autres forêts noires au cours de notre traversée de l’Allemagne le long du Danube. Mais je dois dire que les pâtisseries allemandes nous en avons abusé, mais jamais nous n’avons eu une sensation d’écœurement, ce qui n’est pas le cas ce matin. Enfin nous repartons bien rassasiés et sans trop de risque de prendre le coup de fringale si terrible à vélo. Très vite la route s’élève parmi les champs où l’herbe haute n’a pas encore été coupée. Des multitudes de fleurs rouges, jaunes ou bleues ponctuent les pâturages. Les senteurs toujours plus présentes, en particulier le tilleul, nous rapprochent de la nature. Un même trajet en voiture, en apparence permet de voir des paysages semblables et d’éprouver des sensations identiques, mais en réalité non. En effet d’une part la lenteur et d’autre part l’effort physique, forçant à de grandes inspirations sans la protection de l’habitacle d’un véhicule, abolissent un certain nombre de barrières à la nature. Contempler un champ, au milieu d’un foisonnement d’odeurs dues à l’herbe, aux fleurs ou aux arbres, nous projette au beau milieu de cette nature un peu plus comme acteurs que comme spectateurs. Une sorte de symbiose se crée, on se sent un peu moins intrus.
Nous n’avons pas toujours le loisir d’éviter les routes à grande circulation, mais en général nous y réussissons. Le temps semble se dégrader, cependant les sommets de la Chartreuse ne se dévoilent pas. La pluie nous cueille au pied du col de la Placette qui donne accès à Voreppe. Heureusement, elle est de courte durée. Encore une belle, raide et sinueuse descente, dans laquelle il faut rester prudent car la chaussée est humide. Arrêt dans cette agglomération, le temps de boire un café et de faire quelques courses car ce soir nous comptons dormir quelque part dans le Vercors.
Une question nous tracassait, comment passer Grenoble sans avoir à plonger dans un trafic important. La réponse nous est donnée par la carte série verte au 100 000 ième, édition 2010. En effet, une piste cyclable depuis Voreppe suit l’Isère vers l’aval sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous conduira, de plus avec un bon vent dans le dos jusqu’au village de Cognin-les-Gorges, au pied de Malleval, hameau perché que nous comptons atteindre ce soir. On constate qu’en France les choses bougent en matière de pistes cyclables. D’une part de plus en plus de routes laissent un couloir protégé pour les cyclistes et d’autre part les vraies pistes cyclables sont toujours plus nombreuses, comme celle de l’Isère qui nous a-t-on dit allait de Grenoble à Valence.
Nous voilà au pied de la terrible montée de la gorge du Nan. Ce soir nous ne ferons que 900 mètres de dénivelé le long d’une route qui s’accroche entre hautes parois et ravins, et qui cherche son chemin au travers de la roche par des tunnels qui surplombent le vide. Enfin, après une montée très exigeante de plus de neuf kilomètres qui nous a demandé pas loin d’une heure et demie, au détour du dernier lacet les quelques maisons de Malleval apparaissent. Le lieu semble passablement désert, le camping est ouvert, l’ambiance venteuse et les mille mètres d’altitude rendent ce coin de montagne hostile. Evelyne et moi ne nous sentons pas trop l’âme campeuse ce soir après une étape assez longue, 90 kilomètres, et difficile. Je vais m’enquérir auprès d’une petite auberge des différentes possibilités de logement. Très gentiment le propriétaire nous ouvre un grand gîte pour nous trois. Nous y passerons une agréable et calme nuit.
Mercredi 9 Juin
La journée s’annonce belle. L’étape commence par une montée de quelques cinq cents mètres de dénivelé, qui conduit sur le plateau du Vercors. La nature est éclatante, la petite route pratiquement déserte. De vastes champs bien verts constellés de fleurs sont bordés de hautes falaises blanches qui barrent l’accès au plateau. Après une montée raide mais plaisante à travers prairies puis le long d’escarpements et finalement en traversant une jolie forêt de feuillus, nous atteignons le col du Mont Noir à 1431 mètres d’altitude.
Ce col porte un nom curieux, car cet endroit aurait été victime des brûleurs de loups. En effet, pour les traquer et les acculer, ils incendiaient certains secteurs. Mais parfois il arrivait que le feu se propage plus loin que prévu, c’est ainsi que ces zones brûlées auraient été qualifiées de noires, d’où le nom du col.
Il fait frais pour la saison, on ne se croirait pas en juin. Nous redescendons vers le col de Romeyère, quatre cents mètres plus bas, par lequel initialement nous voulions arriver. Mais on nous avait indiqué que la route était fermée suite à des éboulements. Entre Chartreuse et Vercors de nombreuses routes sont impraticables suite à des effondrements. Sont-ils dus aux rudes conditions de cet hiver ou alors s’agit-il d’un phénomène plus général, conséquence du changement climatique?
Dans ce matin à l’air vivifiant, les couleurs sont tranchées, qu’il s’agisse des prés, des fleurs, des arbres, des parois ou des nuages. Rapidement nous rejoignons le village de Rencurel. Je trouve que pour un plateau nous descendons beaucoup, certes la vitesse est agréable, mais nécessairement il va falloir reprendre l’altitude perdue. Dans ce minuscule village balayé par un vent froid, bien qu’il vienne du sud, nous nous blottissons dans un bar bien sympathique l’espace d’un café. Mais le temps passe vite et l’heure du repas n’est pas loin. Nous poussons jusqu’à la Balme de Rencurel. Là, une épicerie nous fournit le minimum, et dans un recoin de la fontaine municipale protégée du vent, bien installés au soleil nous profitons de notre pause de midi. Un pêcheur de truites marque l’arrêt sur le pont à proximité. J’en profite pour l’interroger sur la population de truites de la Bourne. Ce torrent descend vers la très célèbre paroi d’escalade de Presles, qui abrite la curieuse grotte de Choranche avec ses fistuleuses parmi les plus longues au monde. Il s’agit de multitudes stalactites de la section d’un cheveu ou presque et qui font, si je me souviens bien, un ou deux mètres de long. Pour en revenir à notre pêcheur, il se plaint du fait que les écologistes s’opposent depuis quelques années au rempoissonnement des cours d’eau de la région, d’où une très nette baisse de l’intérêt de la pêche. Effectivement doivent-ils se mêler de tout ? C’est un autre débat, mais ne lançons pas la polémique, même si je suis séduit par la proposition du pêcheur préconisant de les mettre eux (les écologistes) dans un zoo !
Il faut s’arracher à notre douce torpeur et regagner l’altitude perdue. Par un raccourci à la pente redoutable, supérieure à 10% nous regagnons les 900 mètres. Un vent bien établi de face nous donne la sensation d’une belle côte sur les vingt kilomètres qui viennent. J’ai un petit coup de barre et Jean propose gentiment de prendre une partie de mes affaires. En effet j’ai emmené du matériel d’escalade. Est-ce vraiment utile ? La suite nous le dira. Après avoir traversé Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors nous arrivons au hameau de Rousset. Le vent ne faiblit pas et le col du Rousset dresse devant nous ses grands virages. Mais la route est dessinée et l’effort modéré, d’autant plus que selon les virages le vent est avec ou contre nous.
Enfin le col est atteint, un tunnel de 700 mètres de long nous épargne les derniers efforts de la montée. Ce n’est jamais très agréable à vélo de circuler dans ces espaces clos, mais en l’occurrence il est bien éclairé. L’arrivée sur le versant sud est époustouflante. Une descente de plus de vingt kilomètres nous conduit directement à Die. Le vent est si violent, que parfois les bourrasques nous arrêtent en pleine descente et nous devons mettre pied à terre. Cela déplaît tout particulièrement à Evelyne, sans doute du fait de son poids plume.
Enfin la ville, nous nous procurons pour commencer une bouteille de clairette que nous savourerons au camping. Le temps est particulièrement sec, ce vent du sud me fait penser au vent d’Autan à Toulouse. Du camping municipal, à l’accueil très sympathique, nous avons une vue magnifique sur la montagne de Glandasse et sa magnifique paroi aux escalades célèbres, la voie de la Pentecôte et le pilier Leprince-Ringuet, pour n’en citer que deux. La soirée sera bien agréable assis dans l’herbe, le climat du midi prenant le dessus, ce qui se voit en particulier au changement de végétation.
Jeudi 10 juin
La nuit fut venteuse mais en contrepartie la sécheresse a régné, donc pas de tente à faire sécher. Si tous les matins l’état d’humidité du matériel de camping était aussi faible, alors cela deviendrait un vrai plaisir. Mais malheureusement, souvent cela s’apparente, il faut bien le reconnaître, à une corvée. Je sais que je risque de faire hurler les puristes et les inconditionnels de la tente. Mais cela n’est que mon humble avis.
La journée commence par un trajet d’une dizaine de kilomètres le long de la Drôme jusqu’au village de Pontaix. Splendide et austère hameau qui se niche au pied d’une falaise. Les murs de ses maisons canalisent littéralement la rivière. Aujourd’hui elle ne charrie pas beaucoup d’eau, elle étale son onde claire sur des plages aux galets lumineux. Au-dessus du village au sommet d’une colline, aux flancs abrupts, les ruines d’un très vieux château se découpent sur un ciel aux teintes grisées. Il se dégage de ce lieu une impression de quiétude et de bien-être. Mais nous ne sommes qu’au début de notre étape du jour, donc je prends juste le temps de faire quelques photos et nous reprenons la route. Une départementale sans circulation nous conduit au départ de la sauvage vallée qui perce les collines de la Provence drômoise jusqu’à Rémuzat.
La montagne des Trois Becs dévoile son imposante paroi de deux cent cinquante mètres de haut, appelée par les alpinistes la Pelle. Je reste hypnotisé par ce spectacle. En effet ma jeunesse défile dans ma mémoire. Cette paroi je l’ai gravie cinq fois, et à chaque reprise le plaisir était aussi intense. Voie d’escalade qui serpente au milieu de surplombs et qui toujours procure un itinéraire de toute beauté. En particulier, je me souviens de ce passage sur une dalle verticale au-dessus d’un surplomb, que l’on traverse de gauche à droite les pieds posés sur de petits silex qui sortent du rocher. On y ressent une forte impression de vide. Et puis le souvenir me revient de cette fois où nous avions débuté tardivement. La nuit avait failli nous bloquer un peu avant le sommet. Cette dernière longueur de corde heureusement pas trop difficile, cependant pas éloignée de la verticale, je l’avais parcourue à vive allure dans les ténèbres qui commençaient à prendre possession de l’espace. Et à chaque fois, l’arrivée au sommet de cette montagne dans un grand pré en pente était un bonheur. Souvent nous débouchions en fin d’après-midi dans des herbes éclairées par un soleil rasant déjà bien loin à l’ouest. En fin d’automne nous trouvions d’immenses chardons dont parfois nous cueillions une ou deux magnifiques corolles, qui allaient décorer notre bibliothèque.
Nous roulons et les perspectives se succèdent, au revoir montagne des Trois Becs. La vallée plein sud nous accueille avec un fort vent de face que nous allons combattre toute la journée dans une chaleur épuisante. Le premier village rencontré, Saint-Benoit-en-Diois, arbore sur un monticule une surprenante église, dont la silhouette est rehaussée par quatre cyprès qui se lancent à l’assaut du ciel. Chacun de ces villages traversés a sa propre personnalité, son cachet propre, son atmosphère particulière. Je suis toujours étonné de cette diversité, de cette originalité de ces trente six mille communes de France. La vallée passe quelques verrous calcaires au travers desquels l’eau a creusé son chemin. La roche calcaire est toujours superbe et cela pour de multiples raisons. Tout d’abord, généralement elle est de couleurs éclatantes. Dans les zones verticales, elle prend une belle teinte gris clair, souvent promesse d’exaltantes escalades, les pieds en adhérence sur une matière rugueuse à souhait et les doigts enfoncés dans de petites prises en forme de goutte d’eau justement creusées par l’eau. Dans les zones en surplomb les couleurs varient entre le jaune et le rouge. Et toujours, on a tout loisir d’observer des strates épousant toutes les formes et montrant toutes les épaisseurs, au gré des plissements qui au cours des âges ont pétri cette fantastique matière, créée au fond des mers par des organismes vivants qui se déposaient et formaient ces couches de sédiments, qui à leur tour surgiraient du tréfonds des mers pour s’élever en somptueuses montagnes.
La vitesse du vélo est idéale afin d’admirer à profusion toutes ces beautés de la nature. Je me rends compte que ce mode de déplacement me plaît par ces découvertes à petit rythme qu’il autorise et qui se renouvellent à l’infini au long de la route ou du chemin. L’effort physique me convient aussi, mais contrairement à certains, je ne me sens pas motivé pour enfiler les cols les uns derrière les autres lorsque je connais déjà la route. De ce fait, hors les voyages j’ai beaucoup de mal à me motiver pour aller m’entraîner autour de chez moi sur des itinéraires que nécessairement je connais.
Que cette vallée étroite et sinueuse se révèle sauvage, une petite rivière, dont je ne me souviens pas du nom, déroule ses méandres amples et parsemés de galets éclatants. Le village de Saint-Nazaire-le-Désert, le bien nommé, est atteint. Nous arrivons deux minutes après les douze heures trente fatidiques, heure de fermeture de la petite épicerie. Donc nous nous contenterons d’une boîte de maquereaux, d’un petit morceau de gruyère et de quelques fruits secs. Assis à l’ombre nous souffrons cependant sous une chaleur accablante et sous les coups de boutoir de ce vent du sud rageur. Dans un recoin du village un bar sympathique caché au détour d’une mignonne placette, nous autorise à remplir notre rite sacré quotidien du caf�� après le déjeuner.
A nouveau sur la route, par des itinéraires dérobés, la progression s’effectue par bosses, vent adverse et chaleur en direction de notre but de la journée, Rémuzat. Une longue descente finale donne une touche particulièrement agréable à cette belle étape à travers le Diois et la Drôme Provençale.
Rémuzat est célèbre pour sa magnifique falaise qui domine de façon imposante le site. Si vous la regardez, vous ne tarderez pas à apercevoir d’immenses vautours qui planent nonchalamment le long des à-pics. Au fond d’une ruelle nous dégottons un gîte absolument adorable, implanté dans une ancienne maison de notables, construite depuis plusieurs centaines d’années. Les prix sont modiques, et l’accueil très chaleureux. J’y reviendrai un jour pour arpenter les chemins autour de ce pittoresque village.
Vendredi 11 juin
Le lieu de Rémuzat est vraiment très agréable, et en ce début de mois de juin il n’y a pas grand monde. Dans ce gîte, à part nous, sont hébergées trois femmes habituées du coin qui viennent chaque année pour se promener au milieu de la garrigue et des barres rocheuses.
Aujourd’hui notre but se situe dans les environs de Malaucène, village mythique au pied du Mont Ventoux. Le premier tronçon de notre itinéraire nous mène le long de la magnifique gorge de l’Eygues, rivière bordée de jolies et longues falaises. Au passage nous admirons le pittoresque village de Saint-May, perché sur son verrou dans un méandre du cours d’eau. Cette première partie au petit matin, en descente, dans un décor superbe de roches multicolores et plissées, le long d’une jolie rivière et de plus avec une circulation raisonnable, est un vrai bonheur.
Au cours de la pratique du vélo, contrairement à celle de la marche à pied, les moments agréables et les difficiles alternent souvent sans crier gare. Une côte, une descente, un vent contraire ou favorable dû à un changement de direction et le rythme et les conditions d’effort s’inversent spontanément. A pied par contre, la pente raide fera prendre un rythme lent, la descente elle bien souvent obligera à freiner son allure, ce qui générera une forme de fatigue due à cet effort de retenue. On ne ressent pas ce passage brutal de l’effort physique à la joie de la vitesse sans peine. Mais attention, je ne dénigre surtout pas la marche à pied. Au fond de mon cœur, le voyage à pied tient une très grande place. A une allure plus faible, il permet cependant d’atteindre des lieux auxquels le vélo ne donne pas accès. La liberté est plus grande dans les zones accidentées. Traverser les Alpes par un chemin de grande randonnée ou traverser les Pyrénées par la Haute Route des Pyrénées représentent des aventures, qui m’enthousiasment beaucoup plus que de parcourir les grands cols de ces montagnes à vélo.
Revenons à notre vallée de l’Eygues que nous allons maintenant quitter pour escalader le col de d’Ey qui culmine à 962 mètres, ce qui donne approximativement 500 m de dénivelé pour 6 kilomètres. Cette montée est rendue très agréable du fait de la présence d’une multitude d’adolescents lancés avec leurs professeurs de collège dans un voyage à deux roues d’une semaine autour de la vallée du Rhône. Nous nous retrouvons tous au col, et le lieu retentit de tous les cris de joie de ces enfants heureux d’avoir gravi leur dernière difficulté. En effet leur périple s’arrêtera à Buis-les-Baronnies après quelques 6 kilomètres de descente. En quittant le col nous croisons un couple lourdement chargé, qui chacun à un rythme lent escalade la pente raide sur son vélo couché. Ils n’ont pas l’air de peiner et la position semble très confortable.
Halte de midi dans cette charmante petite agglomération capitale des Baronnies, assis sur un banc public nous déjeunons. Ensuite une courte promenade à travers le centre ville aux rues étroites nous permet de sentir l’âme de cette cité. Nous prenons notre temps, car l’étape de cet après-midi n’est pas très importante. Nous avons rendez-vous vers les 17 heures chez Nadine au Hameau des Valettes à quelque distance au nord de Malaucène. En chemin nous passons le village de Mollans-sur-Ouvèze, au-dessus duquel trône une incroyable église, perchée sur un immense rocher plat. Un camarade m’avait dit qu’elle avait été construite par un notable de la région, ayant fait le vœu de la bâtir si son fils revenait de la première guerre mondiale. Le vœu a manifestement bien été exaucé.
Notre arrivée à Malaucène me surprend par le nombre de cyclistes qui s’y trouvent. En effet il s’agit de l’un des trois accès au Mont Ventoux. A l’heure qu’il est, nombreux sont ceux qui en descendent, le pourcentage d’étrangers est important. On sent que le lieu respire la fête de la petite reine. En fin d’après-midi nous effectuons les cinq kilomètres qui nous conduisent à notre point de rendez-vous. La pluie se met de la partie. Nadine nous accueille dans son adorable petite maison de village.
Samedi 12 juin
Aujourd’hui nous devrions faire une facile balade de récupération sans les sacoches. Je me réjouis d’avance d’un petit effort dans cette région aux mille beautés. Mais la balade de santé va en définitive se transformer en un tour du Mont Ventoux, qui se déroulera tout de même sur 118 kilomètres. Nadine est une pédaleuse effrénée, elle a déjà parcouru de nombreux kilomètres à travers le monde, et elle compte à son actif au moins une quinzaine de montées au Mont Ventoux par tous ses itinéraires. Quand je la vois pédaler à vive allure en côte sans la moindre peine, je me demande si elle n’aurait pas un petit moteur caché dans le cadre, ce dont on a soupçonné Cancellara ces derniers jours.
Nous démarrons notre circuit par la départementale 40 qui contourne le Mont Ventoux par le nord. Toujours ce satané vent du sud en pleine figure qui ne veut pas s’arrêter. Cela fait presque depuis notre départ de Lyon, qu’en général, nous pédalons contre le vent. La vue sur le Mont Ventoux est impressionnante. Mais rapidement le temps se détériore et les nuages nous cachent le sommet. Nous effectuons une halte à la fontaine de Saint-Léger-du-Ventoux et nous repartons sur un bon train. Ces coins sont très fréquentés par les cyclistes. Un petit détour par une pente terriblement raide mais heureusement courte nous mène au joli village de Montbrun-les-Bains. Aujourd’hui samedi jour de marché, les étals se parent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. La rue centrale a été fermée à la circulation et le marché se développe au beau milieu de la chaussée. De nouveau sur la route, nous passons Revel et marquons une pause prolongée à Sault, autre village légendaire sur le chemin du Ventoux.
Une grande partie de plaisir nous attend dans un décor réputé, il s’agit de la descente des gorges de la Nesque. Sur une trentaine de kilomètres nous nous adonnons aux joies de la vitesse sur une route sinueuse surplombant une gorge profonde aux roches éclatantes donnant sur des profondeurs impressionnantes. Arrêt à un belvédère, où nous faisons la photo classique de groupe dans l’un des méandres les plus caractéristiques de la rivière. Un homme vend des bouquets de lavande et une multitude de produits dérivés de cette plante extraordinaire. Son coffre de voiture lui sert d’échoppe. Il l’a agencé avec beaucoup de goût et un esthétisme certain. Il m’autorise à faire une photo de son étalage.
Une fois la descente terminée, les cent kilomètres au compteur ne sont pas loin et il nous faut encore en effectuer une vingtaine, en particulier quelques côtes raides pour rejoindre notre tranquille maison de village au Hameau des Valettes. Nous passons quelques affleurements d’ocre, qui ont rendu la région célèbre. Avant de rentrer dans le bourg, Nadine s’arrête dans un champ de cerises appartenant à son cousin et nous invite à une merveilleuse dégustation sur l’arbre. Ce seront les seules cerises dignes de ce nom que je mangerai en ce mois de juin particulièrement froid et peu ensoleillé. Eh bien ! En définitive, cette journée de repos aura été bien occupée.
Dimanche 13 juin
Après une agréable soirée et une bonne nuit, ce matin plusieurs choix sont possibles. Le premier consiste en une montée au Mont Ventoux par Malaucène. Jean et René, le compagnon de Nadine, vont opter pour cette alternative. En ce qui me concerne la motivation n’est pas énorme, et la fatigue accumulée depuis une semaine, un argument supplémentaire pour proposer un circuit plus clément. Evelyne n’est pas non plus très enthousiaste pour une grosse défonce. Nadine nous emmène pour un tour plus « cool ». Nous partons pour une boucle qui fera tout de même une quarantaine de kilomètres avec quelques montées sévères et un timing final serré pour arriver à temps pour préparer le repas. Dans une belle nature de printemps qui explose de toutes parts, nous passons d’abord à l’abbaye du Barroux, puis nous visitons le village du même nom. Il est de toute beauté, bien établi sur une butte, enserré dans son ancien mur de protection, et abritant en son sein un château de grande taille. Puis nous prenons la direction du très pittoresque village de la Roque Alric, tout à fait étonnant. En effet ses maisons semblent lancées à l’assaut du rocher qui les domine, ce qui lui donne une touche magnifique. Bien évidemment une belle luminosité comme le midi de la France sait en distiller ajoute à l’esthétique du site. Notre chemin se poursuit en passant à proximité des dentelles de Montmirail, roches réputées pour l’escalade qui affichent leur verticalité éclatante de blancheur. Je suis toujours étonné de constater la diversité des paysages en France et la rapidité avec laquelle on passe de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de sites naturels ou de constructions. Puis notre route va nous conduire vers un col, qui a une particularité bien singulière. En effet lorsqu’on en atteint le sommet avec le panneau nous indiquant que nous y sommes, et bien on continue à monter pendant plusieurs kilomètres à flanc de montagne. Enfin arrive le moment de nous lancer dans une belle descente vers Malaucène. Mais Nadine pressée de rentrer pour commencer le repas, nous avait littéralement déposés sur le bord de la route au bas de la côte. Comment fait-elle ? Enfin nous arrivons au centre de Malaucène. Nous y retrouvons nos deux camarades, qui de retour du Mont Ventoux prennent tranquillement une bière au centre du village. Nous rentrons tous les quatre et retrouvons Nadine qui s’active en cuisine. Encore un moment très agréable en perspective autour de plats concoctés avec goût et qui nous laissera un excellent souvenir.
En ce dimanche après-midi, Nadine et René vont devoir partir. Eh oui ! Demain matin il leur faut aller au boulot. Donc nous nous retrouvons à trois Jean, Evelyne et moi. Nous quitterons cet endroit charmant pour poursuivre notre périple itinérant.
Lundi 14 juin
Aujourd’hui avec une petite pointe de tristesse, nous laissons ce charmant Hameau des Valettes, avec cependant l’espoir d’y revenir, Nadine nous ayant proposé de nous retrouver l’année prochaine pour quelques jours de pédalage intensif.
Notre objectif de la journée se trouve plein est et se nomme Banon, petit village réputé, une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la vallée de la Durance. Nous devons reprendre sur les trente premiers kilomètres l’itinéraire que nous avons suivi avant-hier, de plus aujourd’hui nous avons nos bagages. Mais tout se passe très bien et la vue permanente sur le Mont Ventoux que l’on contourne par le nord est un spectacle suffisamment grandiose pour que nous ne trouvions pas le temps de nous ennuyer. Nous en profitons pour monter au village de Brantes. Encore un lieu perché, il nous faut laisser nos vélos à l’entrée et y pénétrer par un long escalier de pierre multi centenaire. Nous nous promenons parmi les vieilles maisons rénovées et nous laissons envoûter par le charme du lieu qui fait face au Mont Ventoux. Puis reprenant notre chemin, rapidement nous marquerons l’arrêt pour la pause de midi dans le très tranquille minuscule hameau de Savoillan. Une charmante boulangerie donnant sur l’église, exhale une bonne odeur de pain cuit au feu de bois, nous en avons l’eau à la bouche. Après que nous ayons effectué quelques achats, la boulangère nous autorise à nous assoir à la table devant sa vitrine. Qu’il est agréable de voyager de la sorte tout en prenant son temps et de se laisser guider dans nos haltes par le hasard, toujours heureux. Cela nous permet de nous imprégner de toutes ces atmosphères de Haute Provence, et bien entendu des auteurs comme Giono ou Bosco nous viennent à l’esprit.
Nous repartons après le rituel café du midi pour les quelques 35 kilomètres qui mènent à Banon. Le ciel est magnifique, de gros cumulus éclatants bourgeonnent tout en laissant de grandes trouées bleues. Des averses sont tombées car par endroits la route est mouillée, mais jamais nous ne recevons une goutte. L’altitude relative, le vent, la nature mouillée et la luminosité s’associent pour nous offrir des paysages de toute beauté. Le plaisir de pédaler est immense, cette nature on en fait vraiment partie, et puis ces odeurs de fleurs toujours présentes, donnent encore plus cette sensation d’intégration de nos corps au milieu naturel.
Nous atteignons le charmant village de Banon. Un cyclotouriste hollandais nous entretient sur son périple à travers la France. Souvent les personnes qui pratiquent le voyage à vélo sont seules, et les Français sont très peu nombreux. Les Allemands et les Bataves fournissent le gros des effectifs. Les vélos lourdement chargés sont souvent regardés avec curiosité en France. Les cyclistes sur leur vélo de course nous regardent souvent avec un certain dédain. Je me souviens d’une réflexion entendue dans un groupe qui nous croisait à vive allure l’année dernière en Corse, l’un des participants nous apercevant avait fait le commentaire suivant : « Eh bien ! Du vélo comme ça non merci ! ». Heureusement tous n’ont pas cette attitude, certains vont même jusqu’à nous encourager. Parfois la vue de ces deux roues lourdement chargés provoque des commentaires étranges. Il y a quelques jours, à l’entrée d’un village un groupe de randonneurs se préparait au départ. Une femme nous remarque et dit à ses compagnons : « Tiens voilà des sacochards ». Quel terme horrible !
Banon, ravissant village provençal, nous y découvrons quelques boutiques d’alimentation qui proposent des produits de qualité, en particulier le fameux fromage qui porte le nom du lieu. Après quelques achats nous rejoignons le camping un peu excentré. Dilemme, plante-on la tente ou loue-t-on un mobil home ? Le temps semble beau, l’air absolument pas humide, Jean opte pour la tente, Evelyne pour le mobil home, et moi je reste relativement indécis. Mais en finale, nous choisissons la solution en dur. Grand bien nous en a pris. A partir de onze heures du soir la pluie va se mettre à tomber et durant trente six heures ce sera un véritable déluge. J’ai rarement vu une pluie aussi violente durant une si longue période. D’ailleurs les résultats ne se sont pas fait attendre, des inondations catastrophiques ont eu lieu un peu plus au sud dans le Var, en particulier à Draguignan.
Mardi 15 juin
Une bonne partie de la nuit les précipitations ont martelé le toit de notre abri. Il fait froid et humide, on ne se croirait pas au mois de juin dans le sud de la France. La journée s’annonce morose, nous sommes quasiment dans les nuages et le mauvais temps semble très bien installé. Il va falloir nous armer de patience. Un petit intermède de repos ne fera pas de mal. De plus j’ai un livre extrêmement intéressant, journal d’un conjuré 1938-1944, d’Ulrich von Hassel. Ce diplomate qui s’était toujours opposé au national-socialisme, décrit de l’intérieur l’Allemagne de cette époque. Il analyse les doutes et les espoirs des hommes influents, en particulier, il montre l’état d’esprit des généraux qui au gré des victoires ou des défaites de Hitler pouvaient être plus ou moins enthousiastes et se montrer favorables ou non au système nazi.
Nous ne passons pas la journée dans notre baraque. A la première petite interruption des averses, je prends mon vélo et pars au centre de Banon. J’y découvre, vraiment étonné, une très grande librairie, le Bleuet. Dans un si petit village, pourquoi un établissement d’une telle taille. Les ouvrages disponibles sont très nombreux, certaines collections sont complètes, plus importantes que dans les grandes librairies réputées que j’ai l’habitude de fréquenter à Paris, Lyon ou Bordeaux. Manifestement, il doit y avoir beaucoup d’intellectuels ou passionnés de lecture qui se cachent dans la campagne environnante. Au demeurant, profitant de l’aubaine je passe un bon moment alors que le temps reste maussade.
Mercredi 16 juin
Ce matin nous avons franchement froid, au point que je me mets à grelotter. Je n’aime vraiment pas cette humidité. Il nous faut prendre des décisions, on ne peut rester cloués une journée de plus dans notre camping, cette situation est très mauvaise pour le moral. Seul le mouvement ramène la paix dans les esprits. Nous décidons de rouler jusqu’au village de Sait-Etienne-les-Orgues, situé au pied de la Montagne de Lure. Une fois sur place nous aviserons. Nous laissons nos bagages avec l’intention de revenir passer une troisième nuit à Banon. Nous voilà partis, il ne pleut pas, mais les reliefs sont accrochés par des bancs de nuages pas très prometteurs de beau temps. Une fois notre village atteint, au bistrot de la place nous prenons un café et interrogeons le propriétaire sur le temps et les conditions sur Lure. Il nous dissuade d’y aller, nous relatant la mésaventure de cyclistes qui les jours précédents ont été soumis à un véritable bombardement de grêlons. Comme si les éléments l’entendaient, la pluie reprend. Armons-nous de patience. Il est midi, profitons de ces conditions pour tranquillement déguster le plat du jour proposé. A la fin du repas, il ne pleut plus et le temps semble s’améliorer. Jean propose de faire « pour voir » les premiers kilomètres sur la route de la montagne de Lure. On se doute bien que ça y est nous y sommes et que pour nous arrêter il va falloir des grêlons gros comme des œufs de poule.
En effet, un bon rythme est pris, la route bien tracée ne présente pas de pente trop raide. Le temps tout de même incertain, nous motive pour profiter de cette fenêtre favorable, et nous avons tendance à appuyer sur les pédales. Le soleil de début d’après-midi réchauffe l’atmosphère. Vers les 1500 mètres d’altitude nous rentrons dans le brouillard et l’air se rafraîchit. Maintenant nous irons au sommet quoiqu’il arrive. La route passe à un kilomètre sous le sommet. Par un accès en mauvais état et très raide nous nous dirigeons vers les antennes qui matérialisent le sommet que nous convoitons, à l’altitude de1826 mètres. Les jeux de lumières parmi les nuées qui circulent sont magnifiques et les contrastes très accentués. Nous y sommes, cet endroit baigné dans le brouillard nous apparaît quelque peu fantomatique et mystérieux. La montagne y gagne en grandeur. Nous sommes contents d’avoir effectué cette randonnée malgré le temps plus qu’incertain. Et puis cette montagne de Lure constitue l’un des passages importants de notre circuit. Cependant le plaisir du sommet ne s’éternise pas, toujours un peu inquiets, des fois que l’orage se déclenche, l’endroit deviendrait assez malsain. Donc nous nous lançons dans une longue descente. Les premiers kilomètres sont vivifiants, puis nous sortons du brouillard et la chaleur revient. De retour au bar de la place, nous prenons un rafraîchissement et rentrons à Banon. La journée qui ne semblait pas très prometteuse nous aura cependant permis une belle escapade d’un peu plus de 80 kilomètres.
Jeudi 17 juin
Les conditions de temps n’étant pas très favorables, nous apportons une modification radicale à notre itinéraire. Au lieu de partir sur le Luberon, puis de remonter par la vallée du Rhône ou par les monts d’Ardèche, de peur du fort mistral, nous préférons remonter directement en direction du Dévoluy.
Ce jour nous donne l’occasion de vivre une étape mémorable entre toutes. En effet, pour éviter de reprendre une route déjà empruntée, nous décidons de quitter Banon en direction de l’un des cols sur la crête de la Montagne de Lure, afin de descendre directement dans la vallée du Jabron, d’où nous mettrons le cap sur le village d’Orpierre. Seul petit hic, l’itinéraire choisi est normalement utilisé par les randonneurs à pied. Mais nous verrons bien, un peu d’aventure a plutôt tendance à aiguiser notre curiosité.
Ce matin encore les sommets sont accrochés par des nuages qui ne sont pas présage de temps sec. Mais la nature après les grandes pluies des jours derniers semble toute propre, et elle luit de mille feux, vert tendre de l’herbe, lumières multicolores des différentes fleurs, où le jaune des pissenlits et des boutons d’or domine, suivi de près par le rouge ponctué de noir des coquelicots.
Nous entrons dans une étroite vallée qui conduit au bout du monde, au village de Saumane. Le lieu dépassé, la route devient presque chemin et puis le goudron prend fin. Le sentier raide assez plat nous permet pendant quelques kilomètres de rester sur nos montures. Nous nous demandons où nous allons. Au-dessus de nous un versant raide et boisé va se perdre dans le brouillard. Notre itinéraire se trouve là quelque part entre arbres et brume. Un carrefour en Y nous fait hésiter. Heureusement dans la forêt se trouve un bûcheron, il nous renseigne. Plus de doute notre voie en direction du col Saint-Vincent va nous occasionner une bonne séance de sport en poussant les vélos. Un chemin très raide parsemé de gros cailloux donne le ton. Nous voilà tous les trois à pousser dans la pente. Cela nous rappelle des expériences passées au fond de la Slovaquie. Pas de répit, ni du côté de la déclivité ni de celui de la grosseur des cailloux qui bloquent en permanence les roues. De plus pour que le jeu soit encore plus plaisant, la pluie se met de la partie. Cette manutention de bicyclettes est franchement épuisante, la douleur se fait sentir aux articulations des poignets. Et puis la pente se redresse, il faut alors se mettre à deux pour pousser un seul vélo. Le sol détrempé laisse l’eau s’écouler et par endroits on se croirait dans le lit d’un torrent. Mais avec opiniâtreté, nous poussons prenant l’eau par le haut et par le bas. Nous avons vraiment l’impression de monter dans le ciel avec nos vélos. Si nous croisions des randonneurs, ils nous prendraient probablement pour des fous, mais dans cette ambiance très humide nous sommes seuls. Enfin au détour d’un raidillon, je pars sans mon vélo et quelques dizaines de mètres après un espace plat apparaît. Il est verdoyant, et il arbore un magnifique panneau annonçant col Saint-Vincent 1287 mètres. Je pousse un cri de joie et rejoins mes compagnons pour un dernier effort. Ce col je me souviens y être passé en sens inverse, à pied, il y a trois ans lorsque j’avais réalisé une magnifique randonnée de 9 jours du Vercors à la Méditerranée. Tout était très différent, on était en automne, les arbres prenaient toutes les teintes de cette magnifique saison et il faisait très beau. En 9 jours je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul nuage, seulement les habituelles brumes matinales saisonnières qui donnent un véritable cachet à la nature en y ajoutant une touche de mystère.
Au col nous ne nous attardons pas, car nous sommes trempés et le refroidissement guette. Nous plongeons sur la vallée du Jabron. Le chemin est si raide et si mal pavé que nous ne pouvons pas enfourcher nos montures, bien qu’il s’agisse d’une descente. Mais ces grandes forêts de feuillus, à la frondaison encore tendre, sont si belles sous la pluie que nous éprouvons un vrai plaisir à nous trouver en ces lieux si peu propices au vélo, surtout avec des bagages. Cependant, par endroits nous nous risquons à enfourcher nos deux roues. Il faut faire attention de ne pas tomber, entre cailloux et terre glissante. Bien doser la pression sur les freins est indispensable pour conserver un équilibre subtil et précaire. Dans les grands lacets il nous faut descendre à pied et avancer avec précaution, pour ne pas se faire emporter dans une glissade glaiseuse par le poids de nos engins. Enfin, nous sommes sous la couche nuageuse et voyons le fond de la vallée. Nous n’allons pas tarder à nous retrouver sur un terrain presque plat. Le chemin s’élargit, nous prenons de la vitesse et arrivons en vue de la première voiture rencontrée depuis bientôt trois bonnes heures. Ses occupants doivent vraiment se demander d’où nous venons.
Cette matinée a été éprouvante du fait de cette pratique du vélo dans des conditions particulières. Je ne crois pas que nombreux soient les cyclotouristes chargés qui ont emprunté le col Saint-Vincent. C’est sans doute un bon avant-goût pour le périple que nous envisageons à travers l’Amérique du Sud dans deux mois, l’altitude en moins bien sûr, parce que dans les Andes on évolue généralement vers les 4000 mètres.
De retour sur le bitume, on a l’impression d’avoir des ailes. Le temps se stabilise et un rayon de soleil nous gratifie de sa chaleur. Dans cette vallée du Jabron, nous marquons la pause et mangeons à belles dents, car les cailloux et la boue nous ont ouvert l’appétit. Mais le lieu est désert, pas le moindre petit bar pour le rituel café. Donc un peu frustrés nous repartons. Dans le village Les Omergues, enfin le bistrot tant désiré. Il arrive d’autant mieux que la pluie fait une fois de plus son apparition, et il fait froid. A l’intérieur de la salle une douce chaleur. Nous allons devoir nous faire violence pour reprendre notre chemin. Le moment redouté arrive, nous enfilons nos imperméables et stoïquement nous attaquons le col qui nous sépare de Séderon. Les muscles se réchauffent, la beauté du relief aidant, le plaisir revient.
Après Séderon, ne pas louper la petite route qui conduit au col Saint-Pierre. Après quelques hésitations nous attaquons cette dernière difficulté de la journée, qui monte à plus de mille mètres. Il s’agit d’une belle rampe de cinq kilomètres qui s’élève en courbes raides. Au milieu de la montée, un monument commémoratif rappelle la résistance au nazisme, qui dans la région fut active et en en a payé le prix fort.
Le dernier effort de cette journée terminé, nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser vers Orpierre en passant par le village de Laborel. Dans le lointain Orpierre est bien balisé par son fameux Quiquillon, flèche de calcaire de 150 mètres de haut qui attire une multitude de grimpeurs.
Vendredi 18 juin
La journée d’hier a laissé quelques traces dans les cuisses, les mollets les bras et les poignets. Nous aspirons à nous reposer. Le cadre est propice à cette activité, un joli village enserré entre des parois calcaires qui de toutes parts dressent leurs à-pics.
Samedi 19 juin
Aujourd’hui nous allons partir pour la journée dans le but d’assister à une messe au monastère de Rosans. Il héberge des sœurs bénédictines. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais prendre part à un office au sein d’un ordre régulier a toujours provoqué chez moi une forte émotion, d’une part sans doute du fait du lieu reculé où ces ordres généralement s’établissent, d’autre part du fait du côté confidentiel, bien souvent très peu de fidèles assistent à la messe. Ce jour en dehors de notre petit groupe, un quatrième ami s’étant joint à nous, une seule personne était présente. Au retour nous avons effectué une visite guidée du prieuré de Saint-André-de-Rosans. Petit intermède très instructif sur la vie de la région au cours des siècles. Cela nous a permis d’admirer de belles mosaïques multi centenaires. Encore une agréable et intensive journée de vélo (plus de 90km) à but culturel, le long de superbes petites routes sauvages et accidentées loin de la circulation, au contact d’une nature épanouie par l’abondance d’eau que cette année a apportée.
Dimanche 20 juin
Matin froid et venteux, les ruelles d’Orpierre sont de vraies glacières traversées par une bise aigre. Le courage nous manque et nous ferons une journée de visite de la magnifique vallée du Jabron, mais en voiture. Au moment de partir deux Allemandes aux vélos lourdement chargées stationnent sur la place du village. Immédiatement nous les abordons. Elles ne sont pas toutes jeunes, à mon avis 65 ans, voire sans doute plus pour l’une d’elles. Elles arrivent de Stuttgart à travers les massifs montagneux français, Vosges, Jura, Chartreuse, Vercors. Ce trajet elles l’ont accompli en douze jours, belle performance eu égard à leur chargement, les mauvaises conditions des deux semaines passées et puis de leur âge.
Lundi 21 juin
Nous nous retrouvons seuls avec Jean, Evelyne étant repartie en voiture avec François pour Crémieu. Nous allons vivre le dernier jour de notre périple dans les Préalpes. Notre intention est de rejoindre Veynes, d’y déposer nos affaires à l’hôtel et de gravir quelques cols cachés au cours de l’après-midi. Une fois de plus le vent sera contraire et nous obligera à forcer sur les pédales. Un petit café dans un bistrot du centre ville de Serres, nous procure un agréable moment. J’aime beaucoup cette petite agglomération au pied d’un gros rocher. On n’y recherche pas le calme, car c’est un axe routier très fréquenté, mais le lieu est très esthétique, et de voir ces foules de voitures de camping-cars et de motos, dont beaucoup d’étrangers déferler, cela donne un petit goût de vacances !
A Veynes, l’agréable hôtel du centre, établissement au charme désuet, à l’ombre d’une place ombragée par des platanes centenaires, nous propose une chambre de tout confort. Nous déjeunons sur place, laissons nos bagages et partons pour notre dernière petite virée. Deux jolis cols déserts, col de la Bachassette et col des Verniers, cachés au milieu de montagnes érodées, nous laisserons nos dernières sensations de ces deux semaines d’errance. A la descente du second des vues de toute beauté nous dévoilent le Pic de Bure et la crête de Bergers, cimes du Dévoluy qu’affectionnait particulièrement René Desmaison. Je reste à rêver sur ces montagnes, me disant que bientôt d’autres horizons bien plus lointains vont s’ouvrir. Demain nous prendrons le train direction Lyon, et chacun rentrera chez lui dans l’attente du prochain rendez-vous.
La gastronomie: un frein aux voyages? English translation pending
Vous est-il arrivé de renoncer à un ou des voyages à cause de la nourriture servie à destination ?
Personnellement, certains pays ne m'attirent pas ou plus à cause de leurs habitudes alimentaires.(Egypte, Jordanie, Angleterre, Mongolie, Chine par exemple) Je pense cependant m'y rendre ou y retourner un jour.
La seule fois où j'ai écourté un voyage à cause de la nourriture, c'était en Roumanie sous la dictature communiste... Il n'y avait pas grand chose de bon mais surtout il n'y avait pas grand chose dans l'assiette🤪
Personnellement, certains pays ne m'attirent pas ou plus à cause de leurs habitudes alimentaires.(Egypte, Jordanie, Angleterre, Mongolie, Chine par exemple) Je pense cependant m'y rendre ou y retourner un jour.
La seule fois où j'ai écourté un voyage à cause de la nourriture, c'était en Roumanie sous la dictature communiste... Il n'y avait pas grand chose de bon mais surtout il n'y avait pas grand chose dans l'assiette🤪
Rencontre VF "Randonnée urbaine" à Marseille le 21 août 2010 English translation pending
Bonjour à toutes et à tous !!! 🙂
Il y a bien longtemps qu’une rencontre VF digne de ce nom n’a pas eu lieu à Marseille. Alors voilà, je me lance…
Je ne sais pas si le concept que je vais vous proposer a déjà été testé, mais le voici : une rando urbaine ! Je m’explique...
L’idée est simple : un itinéraire dans les rues de Marseille (en majorité à pied et avec un zeste de transports en commun) afin de découvrir ou redécouvrir quelques jolis coins de la Cité Phocéenne.
Au menu : départ du Palais Longchamp, passage par la Canebière, le Vieux Port, le Fort St Jean, "pèlerinage touristique" auprès de la Bonne Mère, et fin du parcours au Palais du Pharo. Le tout entrecoupé d’un pique-nique dans le centre-ville. J’ai d'ores et déjà ma petite idée sur le lieu mais je vous en parlerai plus tard.
Concernant le repas, c’est free style ! Chacun amène ce qu’il veut… pour soi ou pour partager, peu importe !
Faire la connaissance de nouvelles têtes ou revoir des habitués du forum, passer un bon moment d’échanges entre passionnés du voyage et visiter cette belle ville ensoleillée qui est la mienne, tels sont les objectifs de cette rencontre. Si ces arguments ne vous donnent pas envie de venir… 😎
La date maintenant : je vous propose le samedi 21 août 2010. Deux mois, je pense que ça laisse pas mal de marge afin que les personnes qui ne viendraient pas de Marseille et qui souhaiteraient participer puisse s’organiser pour être présentes. Si j’ai choisi un samedi c’est tout simplement qu’au niveau des transports en commun c’est plus pratique qu’un dimanche.
Ce qui serait sympa c’est que non seulement soient présents des membres français du forum mais également des membres étrangers de passage dans la région. J’ai déjà « testé » un itinéraire semblable avec un pote venu du Brésil l’an passé et il avait bien apprécié la balade.
Dernier point : les enfants sont les bienvenus. Je pense venir avec ma fille d’ailleurs. L’itinéraire n’est pas trop fatiguant. Et puis, on prendra notre temps et de nombreuses haltes « photographiques » seront prévues tout au long du parcours.
Voilà, je laisse l’idée faire son chemin… 😉
A bientôt !!!
Stef

Il y a bien longtemps qu’une rencontre VF digne de ce nom n’a pas eu lieu à Marseille. Alors voilà, je me lance…
Je ne sais pas si le concept que je vais vous proposer a déjà été testé, mais le voici : une rando urbaine ! Je m’explique...
L’idée est simple : un itinéraire dans les rues de Marseille (en majorité à pied et avec un zeste de transports en commun) afin de découvrir ou redécouvrir quelques jolis coins de la Cité Phocéenne.
Au menu : départ du Palais Longchamp, passage par la Canebière, le Vieux Port, le Fort St Jean, "pèlerinage touristique" auprès de la Bonne Mère, et fin du parcours au Palais du Pharo. Le tout entrecoupé d’un pique-nique dans le centre-ville. J’ai d'ores et déjà ma petite idée sur le lieu mais je vous en parlerai plus tard.
Concernant le repas, c’est free style ! Chacun amène ce qu’il veut… pour soi ou pour partager, peu importe !
Faire la connaissance de nouvelles têtes ou revoir des habitués du forum, passer un bon moment d’échanges entre passionnés du voyage et visiter cette belle ville ensoleillée qui est la mienne, tels sont les objectifs de cette rencontre. Si ces arguments ne vous donnent pas envie de venir… 😎
La date maintenant : je vous propose le samedi 21 août 2010. Deux mois, je pense que ça laisse pas mal de marge afin que les personnes qui ne viendraient pas de Marseille et qui souhaiteraient participer puisse s’organiser pour être présentes. Si j’ai choisi un samedi c’est tout simplement qu’au niveau des transports en commun c’est plus pratique qu’un dimanche.
Ce qui serait sympa c’est que non seulement soient présents des membres français du forum mais également des membres étrangers de passage dans la région. J’ai déjà « testé » un itinéraire semblable avec un pote venu du Brésil l’an passé et il avait bien apprécié la balade.
Dernier point : les enfants sont les bienvenus. Je pense venir avec ma fille d’ailleurs. L’itinéraire n’est pas trop fatiguant. Et puis, on prendra notre temps et de nombreuses haltes « photographiques » seront prévues tout au long du parcours.
Voilà, je laisse l’idée faire son chemin… 😉
A bientôt !!!
Stef

Vous partez où en Afrique Australe? English translation pending
Si les milliers de visiteurs pouvaient alimenter cette rubrique, ce serait super cool.
Allez, lancez vous, dites nous où vous partez cet été en Afrique Australe....😉 Faites nous rêver...😎 ça nous donnera des idées. C'est peut-être aussi un post pour déposer des nouvelles si l occasion se présente pendant le voyage, sur un ordinateur mal connecté, dans un cyber café ou un lodge grand luxe, ou avec votre iPhone... !
Allez je me lance : Notre voyage 2010 : Tanzanie. Du 25 Juillet au 15 Aout (2 pax). Si je ne poste rien avant fin Aout, c'est que je serai mort de soif au milieu du Serengeti. ou en train de traiter mes 4500 photos au format Raw... ! Mode de voyage : autonomie complète. 4x4 avec tente sur le toit. Budget 7985 euros tout compris. 3 semaines + un jour : Dar, Leshoto, Moshi-Kili, Arusha NP, Natron, Serengeti - Lobo, Serengeti - seronera, Ngorongoro NP, Manyara NP, Tarangire NP, Kondoa, Iringa, Ruaha NPx2, Mukomi NP, Selous NPx2, puis 4 jours sur l ile de Mafia faire des bulles. Objectif : rencontrer les gens. Choisir un endroit (NP?) où revenir se poser.
Allez, à votre... "tour" ! ! ! 😎 Franck
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Allez je me lance : Notre voyage 2010 : Tanzanie. Du 25 Juillet au 15 Aout (2 pax). Si je ne poste rien avant fin Aout, c'est que je serai mort de soif au milieu du Serengeti. ou en train de traiter mes 4500 photos au format Raw... ! Mode de voyage : autonomie complète. 4x4 avec tente sur le toit. Budget 7985 euros tout compris. 3 semaines + un jour : Dar, Leshoto, Moshi-Kili, Arusha NP, Natron, Serengeti - Lobo, Serengeti - seronera, Ngorongoro NP, Manyara NP, Tarangire NP, Kondoa, Iringa, Ruaha NPx2, Mukomi NP, Selous NPx2, puis 4 jours sur l ile de Mafia faire des bulles. Objectif : rencontrer les gens. Choisir un endroit (NP?) où revenir se poser.
Allez, à votre... "tour" ! ! ! 😎 Franck