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La Puna sous toutes ses coutures, souvent très drôles d'ailleurs English translation pending
by Diamina · 2016-08-01 · 79 replies
Salut à tous

Notre voyage n'est pas terminé, mais en attendant, juste pour vous faire rire.

De la patience pour faire le plein dans la puna argentine.

L'essence est le nerf de la guerre dans la puna. On en trouve de façon certaine à Antofagasta de la sierra et à San antonio de los cobres. Pour le reste du territoire immense, il faut prévoir les bidons!! A Tolar grande on en trouve en quantité limitée, nous a-t-on dit.

On a trouvé de l'essence!

Voici comment nous avons fait le plein à Tolar grande. Lorenzo, le guide avec lequel nous avons fait le tour pendant la journée, a appelé la tenancière du dépot d'essence afin que nous puissions remplir le bac. A la fin du tour, il ne nous restait qu'une barre d'essence, ce qui laissait présager un plein conséquent pour notre gouffre insondable qu'est ce 4x4 à la consommation frolant les 14L au cent kilomètres, et au bac ayant une capacité de 80L!!!! Lorenzo nous confirme que la dame viendra nous chercher à notre hosteria, la casa andina, pour nous conduire au dépot. Ok!!

19h45, la nuit tombe doucement sur tolar, une gentille dame toute emmitouflée dans une doudoune, souriante, nous demande de la suivre vers le dépot. Elle est à pied!!!! Non mais, vous imaginez, nous dans le 4x4, suivant une petite dame à pied!!!! JF lui sugggère de monter devant et moi, je passe à l'arrière.

Un coin de rue plus loin, elle nous demande de garer le toy devant une porte ouverte, sur un dépot avec des cuves. Elle nous demande de combien de litres nous avons besoin. Le plein c'est possible? Et pour nous, ce sera du super 95, pas de gasoil, même si nous conduisons un 4x4! Dubitative, une fois la trappe d'essence ouverte, elle nous dit "gasoil", nous rétorquons " no, no, es gasolina sin plomo. Dubitative, elle met le doigt dans le tuyau du réservoir et le porte à son nez: " oh, es nafta!!! ok. Nous retiendrons donc que désormais, nous devrons demander de la nafta!!!

Pendant que JF était allé tourner la voiture pour metttre la trappe du côté du dépot, la gentille dame souriante, m'avait expliqué qu'elle utilisait un pot de 5L pour faire le plein des véhicules. Devant mon air abasourdi, et ma remarque sur le fait qu'avec un bidon de 20L, ce serait plus rapide, elle répond en rigolant, que c'est trop lourd, et qu'elle est une faible femme!!!! Ah!!! Ok!!

Et commence le ballet du pot d'essence. Contrairement à Antofagasta de la sierra, nul besoin de pomper, il suffit d'ouvrir une vanne qui laisse couler le liquide bleu directement dans le pot. Puis elle referme la vanne quand le liquide arrive à la limite supérieure du pot, et le transporte vers l'entonnoir qu'elle a au préalable inséré dans le bac du toy. Glou, glou, glou, le liquide semble tomber dans un gouffre sans fin. Elle retoune avec le pot vide, le place par terre sous le robinet de la citerne, ouvre la vanne, attend que les 5L soient tombés, referme la vanne, soulève le pot, le ramène à la voiture, verse: glou, glou, glou... "10 litros", compte-elle. "2" dis je à haute voix ayant décidé de compter le nombre de pots.

Puis elle retourne à la citerne, redépose le pot, ouvre la vanne, glou, glou, glou, le pot se rempli, elle referme la vanne, resoulève le pot, retourne à la voiture, et glou, glou, glou, dans le bac avec JF qui tient l'entonnoir pour éviter qu'il ne sorte sous le poid du liquide, avec une main non gantée, car il arrive que quelques gouttes d'essence s'échappent et lui tombent sur la main. "3" dis je à haute voix.

Elle retourne donc à la citerne, pose le pot, ouvre la vanne, glouglouglou, ferme la vanne, prend le pot, glouglouglou, "20 litros" dit-elle. Et le ballet continue. Elle retourne à la citerne, ......."5" dis-je. Puis .... "30 litros"!!! "Toma mucho nafta" nous dit-elle!! Et nous luis confirmons que la voiture consomme beaucoup.

Est-ce que je vous ai dit, qu'à Tolar, s'il fait une température acceptable, aux environs de 10°C, pendant la journée, le soir, les températures chutent rapidement. Ça fait un moment que la nuit est tombée, et JF tient toujoiurs l'entonnoir avec sa main non gantée. Je lui propose de prendre le relais, et lui en gentleman qu'il est, répond par la négative, car il a déjà de l'essence sur la main, autant qu'il continue.

"7" annonce-je à haute voix, "35 litros" dit- elle. Quand elle retourne remplir le pot, j'explique à JF la raison du pot de seulement 5L, " mais je pourrais porter le pot de 15L" me dit-il! Et il le propose à notre souriante pompiste. Elle regarde son pot de 15L, nous dit qu'il est percé, et nous rassure en riant, en ramenant le 8ème pot: " tiene que hay paciencia"!!!!! Nous éclatons de rire devant tant d'applomb, et lui expliquons que c'est plutôt pour elle qu'on s'en fait. Nous sommes en vacances, nous avons le temps. Même s'il est 20h15, et que nous sommes attendu à 20h pour dîner à la hospedaje de Lorenzo...Cela fait déjà 20mn que nous faisons le plein, et ce n'est pas fini!!!!

"45 litros" annonce-t-elle, puis au tour suivant j'égrène "10". Chouette dis-je à JF? On a atteint les 50 L!!!! "55 litres" annonce JF au tour suivant, puis "60 litros", dit la dame, après avoir répondu au téléphone. Elle nous demande s'il faut encore mettre de l'essence, JF insiste pour que le bac soit. rempli. Elle repart, .... revient, verse, et brusquement reflux du toy....Ah, mais le pot n'est pas entièrement vidé!!! JF enlève l'entonnoir, et le remet afin que le reste descende.Tout le pot y passe. Stop, dis-je. Ça suffit. 13 pots de 5 litres, ça suffit, le toy n'a plus soif, mais moi j'ai faim.

1500 pesos en moins dans notre porte monnaie plus tard, nous remercions chaleureusement la gentille dame de sa patience, et partons dîner après être passés à l'hotel pour que JF puisse se savonner les mains. Il est 20h30 quand nous partons. 35mn pour un plein de 65 L!!!!!

Voilà, je peux vous garantir que dorénavant, je serai émerveillée devant nos pompes automatiques!!!!!!!!
Belles couleurs du Québec/Pow wow en Ontario/septembre-octobre 2014 English translation pending
by Mimimicha · 2016-03-02 · 233 replies
Bonjour à tous ! C'est avec beaucoup de retard que je commence ce carnet (automne 2014 quand même !). Je ne saurais citer tous ceux qui m'ont aidée à construire ce beau voyage, car j'aurais peur d'en oublier. Vous vous reconnaîtrez si vous me lisez.... Merci à vous tous ! Cette fois, c'est à quatre que nous voyagerons, puisqu'une de mes amies rêvait de découvrir le Québec, mais n'osait s'aventurer en "free lance". Et c'est ainsi que nous avons embarqué nos amis pour un magnifique road trip de 28 jours. - Ce voyage s'est articulé autour de 3 impératifs : 1) Les Belles Couleurs d'automne au Québec (et plus particulièrement en Gaspésie), 2) Un pow wow en Ontario, 3) Les Chutes du Niagara. Pari gagné, puisque tout était au rendez-vous... Encore que, les Chutes, elles ne risquaient pas de manquer le rendez-vous !😉 - Avion. La traversée de l'Atlantique s'est faite sur Air Canada, qui présentait à l'époque le meilleur tarif, et nous avons pu vérifier que leur classement de "Meilleure Compagnie d'Amérique" l'année précédente n'était pas usurpé. - Logement. Le choix de l'hébergement s'est porté essentiellement sur des B&B.... Nous dirons ici "Couette et Café" pour rester dans l'ambiance. J'adore cette expression : pas vous ? -Voiture. Il nous fallait une grande voiture pour tous nos bagages : ce sera une Town and Country flambant neuf louée via Authentic Canada (prix très intéressant) pour le compte de l’agence Avis.

Je vous aurais bien donné le chiffrage du voyage, mais nous avons été cambriolés cet automne… 🤪 Envolés les 2 ordis! Avec toutes mes données de voyage. 🙁 Pour les photos, heureusement qu’elles étaient sur un autre disque dur, sauf que…. en version brute uniquement, et je dois refaire tout le tri. Bref, des mois de préparation plus tard, de la version 1 à la version "x" (des tas😉), après avoir rajouté, supprimé, rajouté et supprimé encore, etc. etc., le programme s'est enfin imposé. En attendant le détail journalier, voici comment il s'est organisé : - Ontario (9 jours) - Chemin du Roy et Route du Fleuve (3 jours) - Gaspésie (9 jours) - Bas Saint-Laurent (2 jours 1/2) - Québec et Montréal (5 jours) Les étape journalières ont été modérées, la plus longue ne dépassant pas 350 km environ.
Islande... le tour de l'île et plus encore! English translation pending
by Krikri6792 · 2013-09-25 · 144 replies
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !

La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :

sites.google.com/site/fabuleuxvoya...

Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.

Bonne découverte et à + 🙂

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Table des matières :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _

Présentation

Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.

Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.

Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.

Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.

Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.

Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.

Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !

J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !

J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :



Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie

J0 : Mercredi 27 juin 2013

Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.

Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !

Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?

A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.

Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.

A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !

Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !

J1 : Jeudi 28 juin 2013

Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !

Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !

A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.

Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !

Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.

La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.

Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !

Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !

C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.

Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.

A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !

C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)

Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.

Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !

Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !

Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !

Distance parcourue dans la journée : 220 km



Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013

Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !

Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !

Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.

Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.

En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.

Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.

Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.

Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.

Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.

En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.

Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.

Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.

Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.

Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.

Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.

C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.

En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)

En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.

Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !

Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.

Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.

En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208

J3 : Samedi 30 juin 2013

Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !

Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.

Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.

Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.

Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.

Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.

Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !

Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.

Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419

La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.

En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.

Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.

L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)

De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.

Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.

En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !

Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.

Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.

Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !

Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.

Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.

En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km



Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013

Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.

Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.

Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.

Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.

La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.

A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.

Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.

Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.

Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !

Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !

Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !

Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.

Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.

Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.

Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.

Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !

Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.

Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.

Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.

Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.

A retenir : première journée sans pluie !

Distance parcourue dans la journée : 150 km



Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013

Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.

Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.

800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.

C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.

En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.

Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.

Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !

Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.

Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).

Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !

En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.

Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années

Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.

Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.

Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.

Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.

Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !

Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !

L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.

Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !

Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !

Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.

Distance parcourue dans la journée :



Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013

Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.

En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.

Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.

Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.

Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !

Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.

Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.

Altitude de départ : 180 mètres

Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.

Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée

Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !

Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.

Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.

A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.

Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.

Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !

Altitude d'arrivée : 740 mètres

La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.

Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037

La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !

Fin d'après-midi à Vik.

D'abord sur la plage de Reynisdrangur.

Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.

Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !

Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).

Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.

Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.

A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.

Distance parcourue dans la journée : 215 km



Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013

Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !

En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.

Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".

Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.

Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres

Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.

En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !

Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.

En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.

Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.

La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !

Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.

Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !

Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).

La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.

Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.

Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.

Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !

En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.

Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.

Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !

Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !

Distance parcourue dans la journée : 100 km.



Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013

Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.

Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.

Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?

En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.

Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.

A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres

La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.

11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.

Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.

Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.

A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?

En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.

Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.

Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.

Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.

Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !

De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.

Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)

Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.

En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.

L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.

Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.

Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !

Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !

Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.

Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.

Encore plus abstraite… à la Dali !

Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.

Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.

Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.

Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.

Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.

Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.

On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !

Distance parcourue dans la journée : 240 km.



Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013

Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.

Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.

La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.

Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).

Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !

Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.

Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.

On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.

Ici des eiders à duvet.

Là un arlequin plongeur.

Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.

La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !

Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.

Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.

Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.

Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.

Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.

Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km.

J10 : Samedi 6 juillet 2013

Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !

En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.

Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !

Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.

Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !

A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !

A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !

A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.

Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.

La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.

Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."

Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.

D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.

Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.

Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.

A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.

Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.

Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.

Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.

En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.

Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.

Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.

Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.

Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"

Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.

Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !

Distance parcourue dans la journée : 195 km



Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013

85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !

Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)

Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.

Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.

A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?

C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.

Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.

Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.

Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.

Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.

Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.

Altitude : un peu plus de 300 mètres.

Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.

C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !

Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.

Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)

Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…

En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !

Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !

Distance parcourue dans la journée : 30 km

J12 : Lundi 8 juillet 2013

Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.

En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.

Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.

La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !

Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.

Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.

Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.

Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.

Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".

Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.

D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.

Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.

En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.

Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.

Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.

Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !

Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !

Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.

Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.

La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…

Distance parcourue dans la journée : 140 km



Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013

100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.

Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.

A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.

Au début, il y encore un peu de vert !

Mais bientôt tout n'est plus que cendre…

Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.

Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.

Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.

Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !

Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.

Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.

Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !

Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.

Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.

Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.

A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).

Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.

Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.

Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.

A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.

La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.

Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.

Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.

Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.

Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.

Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.

Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.

Distance parcourue dans la journée : 335 km



Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013

Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).

Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !

Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.

En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.

Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.

Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.

Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.

Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.

Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !

Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.

Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).

Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.

En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.

Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.

En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.

En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.

Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !

Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.

Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !

Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.

Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !

Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !

Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.

Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.

Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !

Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !

Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.



Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013

Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !

Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.

Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.

Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.

Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !

Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !

Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.

Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !

Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.

Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.

Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !

15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.

Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.

Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.

Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)

Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique

En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.

Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.

Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.

En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.

D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.

Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !

Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.

La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.

Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.

Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…

Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.



Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013

9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.

A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.

En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…

Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !

Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.

J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !

Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.

Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !

Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !

Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.

Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.

A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.

Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.

Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.

Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.

Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !

Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.

Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.

Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres

J17 : Samedi 13 juillet 2013

Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.

Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.

Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.

Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)

Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.

Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !

C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !

Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.

Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !

Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.

Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.

C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plongée. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !

Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.

C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.

Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !

Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.



Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013

Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.

Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.

Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.

Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.

Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.

Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !

Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.

Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.

Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !

Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?

Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?

Je lui laisse la parole :

Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.

La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.

L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement gérable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.

Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.

Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.

Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.

Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.

Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.

Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.

Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !

Finalement nous annulons la deuxième plongée.

Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.

Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.

Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.

Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.

Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres

J19 : Lundi 15 juillet 2013

Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.

Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.

Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.

A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !

Alors, raconte…

Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.

Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.

L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.

Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement

Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.

Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !

Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.

Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.

Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !

Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.

Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.

Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :

… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.

Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.

Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.

Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !

Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.

Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.

Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.

A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.

Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !

Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !

Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres



Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013

Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…

En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.

On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.

A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.

Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.

Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.

Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.

A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.

Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.

Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.

Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.

Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.

Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.

C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.

Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".

Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.

Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.

Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".

Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.

Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.

Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.

Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !

On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.

En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !

La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !

Distance parcourue dans la journée : 185 km.



De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013

Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !

Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?

En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.

Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?

Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.

Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.

C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".

C'est indiscutablement notre cascade préférée !

Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.

Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.

Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.

Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.

Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !

Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.

A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !

Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.

Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.

Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.

Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).

La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.

Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.

Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !

Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)

Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.

Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.

On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet

Distance parcourue dans la journée : 285 km



Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013

"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !

Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.

280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.

Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.

Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.

Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.

La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.

Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !

A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.

Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.

La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.

"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !

Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.

Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.

Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.

Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.

Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.

Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.

Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.

En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.

Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !

Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres

J23 : Vendredi 19 juillet 2013

Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.

A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.

Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.

Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.

Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.

La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.

Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !

Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.

Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !

Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.

Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.

Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.

C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.

Une juste récompense après une journée difficile !

Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.

Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !

Tout est bien qui finit bien !

Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !



Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013

Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.

Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.

Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.

Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.

Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.

Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.

Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.

En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.

Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".

Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !

Bref, pas vraiment de chance, cette fois !

Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.

En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !

Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres

J25 : Dimanche 21 juillet 2013

Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.

A ce propos…

Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.

Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !

Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.

Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.

Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.

Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.

Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.

Ils surgissent bien de terre en bord de mer !

Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.

A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.

Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J

Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !

Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.

Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.

La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.

La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.

Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !

Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.

L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !

Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.

Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013

Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !

Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.

Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !

Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.

A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.

A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.

A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.

Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.

En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.

La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.

En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !

Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.

Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !

Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !

A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.

Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.

Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.

Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.

Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.

Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.

Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.

Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".

Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.

Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !

A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.

Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.

Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.



De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013

Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !

Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.

Je le laisse commenter sa matinée :

"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.

Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.

Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.

Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !

L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.

Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.

Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.

La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.

Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.

Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.

Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.

L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.

Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.

Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.

C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.

Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.

Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.

Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.

Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.

Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…

… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)

… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande

… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville

… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie

… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.

Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.

A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !



Le mot de la fin

Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.

Alors, qu'en est-il ?

A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.

Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.

Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.

En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.

Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.

Nos coups de cœur !

C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.

- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.

- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.

- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.

- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.

- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.

- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.

- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.

Ce qu'on a moins aimé :

- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.

- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.

Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !

A propos de l'itinéraire

Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.

Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.

En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.

A propos du véhicule

Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.

Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.

A propos des hébergements et des réservations

Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.

Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.

Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.

Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.

Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.

Faut-il réserver ou pas ?

La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.

Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).

Ouvrages et sites Internet utiles

Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000

Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :

* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/

* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677

* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home

* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...

* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/

* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...

* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/

* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/

* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html

Un dernier mot…

Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.

Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !

C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.

A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

GR 20 en Corse English translation pending
by Christinehip · 2012-01-12 · 47 replies
Bonjour à toutes et tous,

je ne suis pas nouvelle sur le forum et je m'apprête à réouvrir l'étape GR20....en effet, déjà l'année passée, avec une copine, nous avons fait une portion du GR20. La partie Nord, la plus technique comme on dit.....de Calenzana à Castel de Vergio (nous avons du stopper là pour cause de grève dans les transports).....et c''était tellement génial....qu'on remet ça cette année.....

Et oui, on termine le parcours. Castel de Vergio à Conca....

C'est un "youpi" car on vient de prendre nos billets d'avion.....on y sera du 13 au 25 juin....avec du "plus" dans le tiiming pour faire un peu de plage, le repos c'est nécessaire après le GR (pour nous en tout cas)!!!

Alors mon message c'est juste comme ça, pas de demande d'info particulière, on a testé l'année dernière et on sait du coup à quoi s'attendre en terme physique tout du moins. Il s'agit juste de partager ma gaieté de retourner dans cette région, cette montagne qui mérite bien les efforts recquis!!!

Alors, si l'un d'entre vous à également le projet de s'y rendre au même moment...on se croisera surement, on discutera surement, sans savoir que forumvoyage fut le premier lieu d'échanges!!

bonne continuation à tous..... et surtout, une belle et heureuse année à vous!
Hors des sentiers battus de Grèce continentale English translation pending
by Mjp · 2010-06-23 · 4 replies
16 mai au 1er juin 2010

Nous rêvions de découvrir la Grèce en randonnant loin des circuits touristiques et des clichés de mer et de soleil: et bien, nous n'avons pas été déçus...puisque la pluie nous aura accompagnés une grande partie de notre séjour de 2 semaines.

Au cours du débarquement à Igoumenitsa, l'espoir était permis puisque le ciel gris laissait filtrer quelques rais de lumière, mais ces courtes éclaircies feront long feu et c'est sous l'abri des parapluies que nous visitons Dodone, sanctuaire oraculaire dédié à Zeus. Le site s'inscrit dans un paisible cadre de montagnes verdoyantes estompées par la brume. Avant de rejoindre le cœur du massif des Zagori nous faisons halte à Ioannina au bord du lac Pamvotis. La vieille ville s'abrite derrière les murs épais de la forteresse au sommet de laquelle trône le minaret d'une petite mosquée. La route s'élève ensuite rapidement pour pénétrer au cœur du massif profondément entaillé par les gorges de Vikos. Depuis Monodendri, il nous faut louvoyer entre les grains pour rejoindre à pied le monastère d'Agia Paraskevi qui domine de quelques centaines de mètres le fond des gorges. Nous installons notre premier « camp de base » à l'hôtel Selini, situé dans une massive et confortable maison de pierre à Vitsa.

Le ciel ne permettant pas raisonnablement d'envisager une randonnée à pied nous décidons de partir à la découverte des villages en voiture et d'adapter les visites en fonction du bon vouloir du ciel: nous découvrons alors de tranquilles villages aux imposantes maisons de pierre étagées autour d'une placette sur laquelle un platane multicentenaire offre certainement la fraîcheur de son ombre les jours de soleil !!! Les rares habitants semblent bien étonnés de nous voir déambuler dans les rues désertes. Dilofo, Kipi, Koukouli, Kapesovo, Tsepelovo, tous ces villages sont reliés entre eux par des chemins dallés accrochés à la pente et des ponts en pierre magnifiques qui sont le témoignage d'une activité passée importante. En début d'après midi, une éclaircie nous permet de parcourir le sentier pavé qui dévale par de multiples lacets une gorge étroite entre Vradheto et Kapesovo (270 m de dénivellation négative, 1h de marche).

La traversée complète des gorges de Vikos prévue entre Vitsa et Vikos nous apparaît très incertaine compte tenu des nuages toujours très menaçants. Nous optons donc pour des aller retour entre les villages et le fond des gorges que nous pourrons adapter durant la journée aux conditions climatiques. Depuis Vitsa, c'est un nouveau chemin dallé qui rejoint la rivière au travers de profondes forêts aux arbres recouverts d'une épaisse carapace de mousse. Le niveau de la rivière est tel que le sentier des gorges n'est plus praticable dans les passages étroits ce qui nous oblige à rebrousser chemin (260 m de dénivellation, 2h30). C'est donc en voiture que nous rejoignons Monodendri en début d'après midi pour la deuxième partie de cette randonnée à épisodes. Ici les gorges se font plus profondes et le chemin pavé est souvent glissant dans les sous bois humides. De hautes falaises dans lesquelles de nombreuses grottes ont été sculptées par le temps plongent à pic dans la rivière. Malgré la luminosité plutôt blafarde les eaux tumultueuses offrent une belle couleur verdoyante (410 m de dénivellation, 2h30). La visite des gorges aurait été incomplète si nous n'avions pu découvrir leur débouché à Vikos: nous prenons donc une nouvelle fois la route vers ce village perché sur un éperon rocheux spectaculaire et nous entamons la troisième et dernière descente de la journée: d'impressionnantes falaises de 900 mètres de haut encadrent la rivière Voidhomatis qui serpente au long d'une verte prairie, site idyllique pour la construction du monastère Panaghia (290 m de dénivellation, 1h30).

Miracle d'une météo capricieuse: le soleil matinal éclaire intensément les villages et les sommets environnants alors que le fond des vallées reste caché sous des écharpes de brume effilochées. C'est donc l'occasion d'une randonnée en altitude: le point de départ sera Mikro Papingo, charmant village blotti au pied des parois enneigées du mont Astraka. Le sentier grimpe paisiblement, d'abord dans une belle forêt puis, ensuite, dans des pentes herbeuses intensément vertes sous la lumière rasante du matin jusqu'à atteindre un col situé près du vaste refuge Astraka. Du col, un large panorama s'ouvre sur les lacs et vallons enneigés situés au pied des sommets de l'Astraka et du Ghamila. Mais les dieux grecs ne nous sont décidément pas favorables et le ciel qui se charge rapidement de gros nuages noirs nous dissuade de poursuivre jusqu'au lac des Dragons, comme prévu initialement: une bonne averse nous attend d'ailleurs dès le retour à Mikro Papigo (940 m de dénivellation, 4h30).

Décidément, le massif des Zagori ne nous aura pas offert beaucoup de réveils ensoleillés. Nous prenons la route vers Metsovo sous un ciel toujours gris. Le village de Metsovo est accroché à la pente et les massives maisons de pierre sont ornées de magnifiques balcons en bois. Malgré la présence de nombreuses boutiques de souvenirs l'ambiance reste paisible. Quelques habitants s'affichent encore dans leur habit traditionnel. Nous reprenons ensuite la voiture vers le col de Katana mais le paysage s'obstine à rester caché par un épais brouillard. Peu avant d'arriver à Kalambaka les pitons rocheux abrupts des Météores surgissent cernés par les maisons et les immeubles de la grande ville. Notre hébergement est réservé au camping Vrachos de Kastraki, petit village tranquille à cette période. Les installations sont confortables mais les caravanes qui nous abritent sont plutôt déglinguées.

Toute la nuit, la pluie a tintinnabulé sur le toit de la caravane, nous laissant peu d'espoir pour notre randonnée prévue au cœur des Météores. C'est donc en voiture et armés d'un parapluie que nous partons, le matin, à la découverte de ces monastères perchés. Les nuages ont fait disparaître toutes les parois rocheuses et la bruine rend les contours des monastères évanescents. Petit à petit, des écharpes de brume escaladent les pitons rocheux émergeant du vide et quelques percées du soleil permettent de découvrir des points de vue impressionnants sur ces falaises vertigineuses. Ces masses rocheuses composées d'un conglomérat de galets sont coiffées de monastères byzantins dont seulement six restent encore en activité. Pour les visiter, des escaliers taillés dans la roche ont remplacé les filets, mais une « tenue correcte » reste toujours exigée...

Malgré un nouveau début de journée humide et brumeux des éclaircies de plus en plus importantes nous incitent à partir randonner autour du massif. Malgré la multitude de sentiers décrits sur le plan et avec lesquels nous envisagions de nous faufiler dans le dédale des ces aiguilles rocheuses nous constatons rapidement que nombre de ceux-ci sont envahis d'une végétation bien agressive et que l'humidité ambiante a rendu les passages rocheux couverts de mousse aussi glissants qu'un toboggan. Nous sommes donc contraints de modifier notre itinéraire pour contourner le massif par des sentiers plus fréquentables qui permettent cependant d'avoir des points de vue rapprochés et inédits sur les grottes et certains monastères (645 m de dénivellation, 5h30).

Aujourd'hui, nous quittons la Grèce centrale pour rejoindre les bords de la mer Egée. Un soleil généreux nous réveille et, avant de prendre la route, nous partons découvrir les abords immédiats de Kastraki à la recherche de nouveaux monastères ainsi que de quelques grottes perchées en pleine paroi et accessibles uniquement par des échafaudages en bois dont la solidité nous laisse dubitatifs. Tout au long de notre trajet la chaleur s'installe et, quand nous arrivons dans la péninsule du Pelion, la douceur de l'air marin est appréciée après l'humidité et la fraîcheur persistantes des journées précédentes. Une certaine euphorie nous gagne d'autant que l'hôtel Victoria à Kala Nera nous offre une vue panoramique sur les eaux bleutées du golfe Pagassétique; il y a comme un air de vacances!!! Le tsipouro offert par le serveur volubile de la taverne où nous dînons va encore regonfler notre moral.

Les villages du Pelion s'atteignent par des petites routes aux innombrables virages serpentant entre de vastes forêts d'oliviers et de châtaigniers, Leurs maisons sont le plus souvent dispersées tout au long des raides pentes qui dévalent vers le golfe ou la mer Egée, tout en ménageant cependant une petite place pour le traditionnel platane à l'ombre duquel il faît bon siroter un ouzo... L'orage qui gronde par moments sur les sommets ne nous dissuade pas de découvrir le sentier littoral entre Fakistra et Damouchari grâce à une courte randonnée, Nous pouvons ainsi contempler une mer sans ride à la couleur émeraude léchant les rochers éblouissants de blancheur autour des petites criques confidentielles (310 m de dénivellation, 2h30).

Pour cette journée de grand soleil, après une étude attentive de la carte, nous décidons de combiner plusieurs itinéraires pédestres répertoriés afin de parcourir à la fois le bord de mer, les pentes aux terrasses couvertes d'oliviers et les villages suspendus qui devraient nous permettre de bénéficier d'un large panorama, Nous quittons donc notre voiture près de la plage de Lambinou et par un cheminement en balcon au milieu des plantations d'oliviers nous atteignons facilement la belle plage sablonneuse de Milopotamos, L'eau d'une transparence étonnante incite à une longue pause, mais comme nous avons décidé de remonter vers le village de Xourichi il nous faut « avaler » 500 mètres de dénivellation qu'il paraît préférable de gravir avant que le soleil ne soit trop ardent. Un bon sentier en lacet apparaît sur la carte, mais « les chemins grecs sont plein de surprise » !!! Une carrière a détruit le sentier et nous oblige à emprunter une petite route sur plusieurs kilomètres avant de retrouver un chemin. Nous abandonnons alors avec grand plaisir le goudron surchauffé pour une minuscule trace qui s'insinue dans une végétation dense et épineuse qui fera regretter à certains le relatif confort du bitume, Arrivés au village une pause à la taverne s'impose: le café frappé, bien mérité, est particulièrement apprécié sur cette petite place ensoleillée. Après de longues recherches et de nombreuses allées et venues dans le village nous avons du nous rendre à l'évidence: le superbe chemin dallé qui avait traversé les siècles a lui aussi disparu au bout de quelques centaines de mètres et, très déçus, nous sommes contraints d'arpenter à nouveau une route goudronnée pour rejoindre le bord de mer. Tant bien que mal, nous empruntons quelques portions de sentiers qui « coupent » les lacets de la route mais leur trace se perd régulièrement, A l'arrivée, sur la plage de Lambinou, la baignade rafraîchissante est particulièrement appréciée (775 m de dénivellation, 5h30).

Avant de quitter la région nous rejoignons par une petite route escarpée le village de Makrinitsa, nid d'aigle perché à 600 mètres au dessus du port de Volos, Les rues étroites sont bordées de grandes bâtisses de pierre décorées de motifs colorés et les nombreuses fontaines apportent une note de fraîcheur agréable. Nous prenons ensuite la route vers Lamia, puis vers la ville thermale déserte de Loutra Ipati, C'est ici que nous allons profiter de l'accueil chaleureux de Sofia dans l'hôtel Alexakis. La ville est située au pied des pentes du mont Iti entaillées par de profonds canyons. Sofia, qui parle un français excellent, nous apprend que les rares français qui fréquentent la localité sont les amateurs de canyoning mais rarement des randonneurs, A notre grand plaisir elle nous informe également que ses amis du club alpin de Lamia viendront dans la soirée pour répondre à nos interrogations sur les itinéraires de randonnée. Visiblement très étonnés de notre présence mais ravis de notre intérêt ils évoquent longuement les possibilités de randonnées et de visites de la région. Nous garderons un souvenir ému de cette équipe accueillante.

Au réveil, Sofia nous informe qu'elle a eu confirmation que la piste menant au refuge Trapeza était en bon état et que nous pouvions donc l'emprunter en voiture pour rejoindre le départ de notre randonnée: voilà une bonne nouvelle qui nous évitera une longue marche fastidieuse. Après avoir traversé quelques minuscules villages perchés nous abandonnons nos voitures à proximité du refuge

situé sur un promontoire dominant la vallée. Notre itinéraire vers le mont Pyrghos (2152 m) emprunte ensuite une large crête bordée de grands sapins et de vastes prairies à l'herbe bien verdoyante et abondamment fleuries de narcisses. Après avoir contourné quelques pentes caillouteuses nous atteignons le point culminant du massif qui offre un panorama très large sur les massifs montagneux du centre de la Grèce: Parnasse, Giona, Vardhoussia notamment. Durant notre longue halte nous avons la surprise de voir un randonneur solitaire nous rejoindre et partager avec nous la délicieuse pita au fromage qu'il avait prévu pour son repas. Il offrira également à chacun de nous une fleur du bouquet de narcisses cueillis en chemin, témoignage en direct de l'hospitalité grecque. De retour à l'hôtel nous profiterons d'une nouvelle soirée chaleureuse alternant chants et discussions sur les voyages, les randonnées, la Grèce en compagnie de Sofia.

Abandonnant notre hôte avec regret nous reprenons la route vers la dernière étape de notre périple: Delphes et le massif du Parnasse. Au passage, une courte halte aux Thermopyles nous permet de tremper les pieds dans l'eau soufrée qui jaillit abondamment de la source tandis que, tout à côté, la grande statue de Léonidas veille sur le « défilé » dans lequel s'est déroulé la fameuse bataille. A Delphes, l'ambiance change: nous retrouvons la foule de touristes contrastant avec le calme et l'isolement des journées précédentes. Après avoir visité le sanctuaire blotti au pied des contreforts du mont Parnasse nous rejoignons le camping de Chrisso où nous nous installons dans de confortables bungalows dressés sur une terrasse dominant la mer d'oliviers et la baie d'Itea.

Journée « tourisme » consacrée à la suite de la visite de Delphes avec la Tholos et le gymnase avant de rejoindre Arachova, village accroché sur les pentes du Parnasse puis, au travers d'un paysage très aride, le monastère byzantin d'Osios Loukas. Situé dans une oasis de verdure c'est un véritable havre de paix dominant un paysage planté d'oliviers et de cyprès. L'architecture sobre à l'appareillage de pierres et de briques harmonieux invite au repos et à la contemplation tout en profitant de la fraîcheur des frondaisons. Nous décidons ensuite de rejoindre le bord de mer en espérant découvrir une petite crique propice à la baignade sur le golfe de Corinthe. Mais de larges espaces ont été dévastés par les incendies et présentent un aspect gris de cendre désolant n'incitant pas à la halte. Peu avant Itea, nous apercevons, cependant, au bout d'une étroite route vertigineuse, une petite plage de galets qui nous offrira un bain rafraîchissant.

Le sommet du mont Parnasse sera la dernière randonnée de ce séjour: le temps couvert, les pentes systématiquement balafrées par les terrassements consécutifs à l'aménagement des pistes ne sont pas forcément très encourageants au départ de la station de ski d'Athinaikos. Heureusement, une fois le domaine skiable dépassé, le cheminement se déroule dans un espace très sauvage avec ses reliefs karstiques, ses dolines, ses parois verticales ourlées de corniches de neige. D'immenses parterres de crocus viennent transpercer les névés encore largement présents. Après un court raidillon nous atteignons le sommet du Liakoura (2455 mètres), large belvédère sur les massifs de la Grèce continentale (915 m de dénivellation, 5h30).

La fin du séjour approche et c'est maintenant le moment de rejoindre Patras et le ferry qui nous transportera vers Ancone. La route suit la côte le long du golfe de Corinthe, mais il était écrit que, jusqu'au bout, le ciel ne nous serait pas favorable. La grisaille, les gouttes de pluie éparses nous accompagnent donc au cours de cette dernière journée et le pont récent aux lignes très épurées et aériennes qui traverse le détroit semble une fois de plus accrocher les nuages...
Ouest américain, entre geysers, forêts et canyons (2 et fin) English translation pending
by Krikri6792 · 2008-08-07 · 37 replies
Voici la suite de notre voyage nature de 40 jours à travers le Wyoming, l'Utah, le Colorado et l'Arizona au départ de Salt Lake City.

Ci-dessous le récit accompagné de quelques photos.

Pour une version avec davantage de photos, allez directement là :

sites.google.com/.../fabuleuxvoyagesusa/



========================================================================= La première partie du récit sur VF est... là

Du canyon de Chelly à Navajo NM

J22 (23/06) : Bluff – Canyon de Chelly

Adieu Bluff, bonjour le Canyon de Chelly ! Afin de ne rien louper des deux rives du canyon, nous bifurquons via Lukachukaï pour arriver par la North Rim Drive et jouir de ses 4 points de vue. Dès le premier coup d’œil, nous sommes agréablement surpris : cette vue nous donne une grande impression de calme et de sérénité ! Nous apprécions !

Nous poursuivons jusqu’à notre hôtel, l’Holiday Inn que nous atteignons à midi. Trop tôt pour s’installer, mais le restaurant de l’hôtel (intérieur chaleureux) nous séduit. Cela tombe bien, nous n’avons pas encore fait de ravitaillement. Finalement nous sommes très déçus par son salad bar, très peu garni et assez cher !

Après le check-in, courses et repos avant de poursuivre la découverte de Chelly.

Le seul sentier autorisé est celui de White House, alors forcément c’est celui que nous prenons en cette fin d’après-midi. Il y a un peu de monde, mais ce n’est tout de même pas la procession. Les paysages le long du sentier font penser aux Coyotes Buttes, non ?

Au fond, le canyon est beaucoup moins beau que d’en haut : de nombreuses souches d’arbres calcinées lui donnent par endroits un aspect désolé ! Heureusement qu’il y a les belles ruines de White House qui compensent cette note négative !

Il nous reste à présent à aller jusqu’au bout de la South Rim Drive pour voir LE symbole du Canyon de Chelly : Spider Rock.

Eh, bien, voilà, nous avons fait le tour ! Ce soir dînette dans notre chambre. Un orage gronde tout près, mais rien sur Chelly.

J23 (24/06) : Canyon de Chelly – Page.

Nous ne voulons pas quitter le Canyon de Chelly sans une petite incursion en son sein….et pourquoi pas à cheval ? Oh, on n’ira pas très loin en 2h…. jusqu’à First Ruin mais ça change un peu des randonnées pédestres et c’est cool !

Ma monture est d’une docilité exemplaire, mais la jument d’Hervé ne fait que ce qui lui plaît, aussi rebelle que son cavalier ! Elle hennit à qui mieux mieux (en fait, elle a laissé au ranch son petit poulain !!!) et n’a qu’une idée en tête : faire demi-tour. La monter n’est pas une mince affaire.

Notre impression sur le canyon va se confirmer : très beau d’en haut, beaucoup moins d’en bas. En fait, au début, le canyon est très large et surtout, il y a de la circulation ! Eh ! oui, habitants, touristes en 4x4, …c’est fou ce qu’il y a comme trafic !

La balade se termine peu avant midi. Direction Page mais avec un arrêt au Navajo National Monument. Comme nous ne trouvons pas de coin pique-nique en route, celui du Monument est le bienvenu : il est déjà 14H.

Il fait bon, voire frais, j’ai presque la chair de poule. Ici on est en altitude, plus de 2200m.

Après manger, allons découvrir plus avant ce petit parc en enchaînant deux petites randonnées :

- Le Sandal Trail nous amène en 1 mile A/R à un point de vue permettant d’apercevoir les ruines indiennes de Betatakin.

- L’Aspen Trail qui, avec ses 100m de dénivelé, nous permet d’apercevoir une ancienne forêt de bouleaux.

C’est aussi l’endroit que nous choisissons pour une petite sieste au frais avant d’affronter la chaleur de Page.

Nous continuons notre route vers Page en passant par Kaïbito et par des paysages qui nous évoquent Red & White Canyon, mais je crains fort qu’aucun des connaisseurs de ce canyon secret ne veuille nous confirmer nos hypothèses ! Alors, il faudra peut-être un jour revenir explorer les alentours pour en avoir le cœur net !

A Page, nous nous installons pour trois nuits au Motel6, correct et prix très sage !

C’est notre deuxième séjour dans cette ville et nous y avons déjà nos habitudes, du moins pour la restauration : ce sera Ken’s Old West. On n'est pas le week-end, donc pas d’orchestre, mais une surprise : entre deux services, la barmaid prend sa guitare et chante quelques airs à la Joan Baez ! Sympa !

Spider Rock

Autour de Page : canyons et hoodoos

J24 (25/06) : Page

Séjourner à Page sans aller voir Antelope Canyon ? Impensable deux années de suite …alors cette fois-ci, nous nous sommes laissés convaincre, laissant au placard nos à-prioris négatifs (foule +++ sur un canyon d’à peine 200m !!!). Mieux encore, nous sommes allés visiter les deux : Lower et Upper.

Dès 8h du matin nous attendons devant la porte du Lower, les Navajos n’ouvriront finalement que vers 8H20 et pour la visite de 8H30 (à visiter très tôt le matin en raison de la lumière) nous sommes 4 + le guide. Chouette, cela se présente bien !

Grâce à un système d’échelles, nous descendons palier par palier dans le fond du canyon et nous sommes conquis. Oui, Antelope Canyon est vraiment une merveille !

Pour l’Upper, c’est une autre histoire. Il y a d’abord le parcours en 4X4 navajo : très fun et secousses garanties !

A l’entrée du canyon, une bonne dizaine de ces 4X4 sont déjà garés, à raison de 10 touristes par camion, le compte est vite fait : près d’une centaine de personnes à l’intérieur !

On avance à la queue leu leu…quand il n’y a pas encombrement.

Sur les photos, on pourrait croire qu’il n’y a que nous !

La réalité, c’est ça !

Mais au final, on n’a pas regretté car c’est vraiment très beau ô ô ô

Après tant de beautés, mieux vaut faire un petit break. Il fait une chaleur torride alors la fraîcheur de notre chambre est la bienvenue jusqu’en milieu d’après-midi.

Mais d’autres merveilles nous attendent, alors c’est reparti vers Lee’s Ferry et Cathedral Wash (4 miles, 2h). Il fait encore beaucoup trop chaud quand nous arrivons au trailhead. Alors avant d’entamer la randonnée, nous trempons les pieds dans le Colorado à Lee’s Ferry : ça fait un bien !

Ragaillardis nous allons randonner une heure plus tard et entre temps le soleil a baissé un peu, c’est mieux ! En fait, la balade suit un wash mais il faut parfois chercher sa route et les cairns, s’aider de ses mains.

Le wash débouche sur le Colorado !

A nouveau quel plaisir de faire trempette ! Même si l’eau est vraiment glacée.

Dommage qu’il soit déjà tard, on y resterait bien encore un peu. Il fait presque nuit quand nous rentrons à notre hôtel où nous trouvons un message. Philippe (Sedonax) nous attend à la pizzeria Stromboli : bien sûr notre voyage et nos premières impressions sont au cœur de la conversation toute la soirée.

J25 (26/06) : Page (suite).

Décidément à Page et dans ses environs, il y a plein de choses à faire ! Ce matin, nous partons pour voir des hoodoos ou cheminées de fées.

D’abord les White Rocks.

L’année dernière, nous avions déjà voulu voir ce site mais un wash très boueux nous avait fait renoncer. Aujourd’hui aucun souci, la piste est sèche, archi-sèche !

Voilà les cheminées de fées !

Certaines sont très curieuses : il y en a de toutes les tailles !

Dans le même secteur se trouvent aussi les Toadstool Hoodoos : ils sont accessibles à partir de l’US 89 après une courte randonnée (1h A/R). Contrairement aux précédents, ils se déclinent dans des couleurs caramel. Malheureusement notre appareil-photo tombe en panne sèche de batterie et l’appareil de secours est resté à l’hôtel : pas de chance ! Pas de photo !

Cela nous donne une excuse pour retourner à Page, nous reposer jusqu’en soirée avant de nous aventurer vers Alstrom Point, le meilleur point de vue sur le lac Powell, d’après les connaisseurs.

Après quelques interrogations au départ (sommes-nous bien sur la bonne route ?), nous voilà lancés sur la Smoky Mountain Road qui porte bien son nom !

Au bout de quelques miles nous rattrapons un autre baroudeur : il s’agit de Philippe. Il veut comme nous rallier Alstrom Point après un détour par Kelly Grade Overlook. Nous ne l’accompagnons pas pour ce détour, car Hervé vient de s’apercevoir que l’essence risque d’être juste (j’ai conduit toute la journée jusque là sans faire attention à la jauge).

Nous poursuivons seuls vers Alstrom Point : la piste se dégrade de plus en plus au fur et à mesure de notre progression. Quand notre GPS nous indique que le point de vue est à 2 kms nous continuons à pied (à cause de l’état de la piste, mais surtout pour économiser de l’essence pour le retour !)

La vue sur le lac Powell est déjà pas mal !

2kms plus loin, persuadés d’être arrivés, nous explorons un peu les alentours, à l’écart de la piste. Philippe ne devrait plus tarder à nous rejoindre. Au loin, nous apercevons son véhicule laissant un panache de poussière.

Une autre vue sur le lac !

A l’issue de notre petit écart, en revenant sur la piste, nous nous rendons compte que Philippe, toujours en 4X4, vient de nous dépasser et continue encore et encore sur la piste de plus en plus défoncée. Le GPS nous a berné, Alstrom Point était donc plus loin.

Dépités, nous le suivons avec nos jumelles : avons-nous le temps de le suivre à pieds et d’arriver avant le coucher su soleil ? Hésitations….Nous le voyons s’arrêter, descendre de sa voiture, regarder en dessous (eh oui ! le bas de caisse a dû racler !!!) puis disparaître au bord de la falaise !

A force d’hésiter, il est trop tard maintenant…Le soleil se couche et nous pensons avec regrets aux beaux panoramas qu’on a dû rater.

Mais l’aventure est devant nous. Le challenge : revenir sur l’US 89 de nuit et sans tomber en panne d’essence. L’aiguille est dans le rouge depuis belle lurette, alors on échafaude un plan au cas où : la tente est dans la voiture, nous avons de l’eau ainsi que quelques en-cas, très bien ça pourrait nous servir !

Le trajet est interminable et on se demande par quel miracle la voiture roule toujours quand nous débouchons sur la route 89. Enfin la pompe de Big Water est en vue et dieu merci elle fonctionne ! Nous mettons 19, 98 gallons (sur20) dans le réservoir ! Ouf, on a eu chaud ! Dorénavant, la consigne sera de refaire le plein dès la moitié du réservoir !

Petite dînette dans la chambre, nous sommes vannés !

Lake Powell depuis Alstrom Point

Coyote Buttes South

J26 (27/06) : Page – Coyote Buttes South

Une nouvelle aventure nous attend aujourd’hui pour laquelle il est plus prudent d’avoir toutes nos affaires avec nous (tente, ravitaillement, eau +++) en cas de pépin. Nous avons en effet des permis pour Coyote Buttes South et en période sèche, le risque d’ensablement est élevé.

C’est parti sur la House Valley Road que nous connaissons déjà pour l’avoir pratiquée 2 fois l’an passé, notamment pour aller à la Wave. A Lone Tree nous bifurquons à gauche vers Paw Hole. Effectivement le sable est mou, très mou mais notre Nissan se révèle très efficace et arrive à destination sans encombre. Ce n’est pas le cas du couple de Texans que nous rencontrons en chemin et qui a dû laisser le 4X4 au parking de Lone Tree.

De là l’exploration peut commencer, au gré des teepees et de notre inspiration !

Pique-nique à l’ombre d’un genévrier puis suite de l’aventure. Nous voulons maintenant rejoindre l’autre partie de CBS : Cottonwood Cove. Pour cela il est recommandé de faire un grand détour par le sud pour limiter le risque d’ensablement. Zones de sable mou et zones de roches alternent mais une nouvelle fois, notre 4X4 négocie à merveille les difficultés.

Nous arrivons enfin sur place où une seule autre voiture est garée et une tente plantée. Mais où sont les 10 personnes ayant toutes obtenu un permis ?

Afin de mieux en profiter, nous avons prévu de camper. Nous choisissons notre emplacement le long de la piste gérée par le BLM, sous un genévrier, montons la tente (en 2 secondes, merci la marque française ). Nous nous installons tranquillement puis en milieu d’après-midi allons à la découverte de ces buttes jusqu’au coucher du soleil.

C’est un endroit fascinant !!!

Des formes très travaillées voire torturées !

Celle-ci très évocatrice !

Que dire de cette mini-arche : tout simplement unique !

Et ces couleurs !

On ne se lasse pas de toutes ces formations rocheuses, d’ailleurs l’après-midi y passe et quand on rejoint notre campement, le soleil est bien couché, on a juste le temps de dîner avant la nuit !

Ce soir, il fait bon : on devrait bien dormir !

Coyote Buttes South

Par la Cottonwood Road jusqu'à Escalante

J27 (28/06) : CBS – Kodachrome Basin.

La butte aux coyotes porte bien son nom et cette nuit nous les avons entendus hurler à plusieurs reprises, mais la nuit a été excellente, de quoi nous réconcilier avec le camping !

Lever de très bonne heure (avant 5h), petit déjeuner et en avant pour une nouvelle exploration du site jusqu’à 7h.

Coyotes Buttes peu après le lever du soleil !

Nos ombres entre deux teepees !

A 7h nous levons le camp, ça tombe bien, en même temps que nos voisins de campement. A deux véhicules, c’est plus rassurant ! Mais très vite, on ne les voit plus dans notre rétroviseur : ils ont dû prendre le raccourci par Paw Hole !

Nous, on n’a pas osé alors on a sagement fait le grand tour par le sud. Sur le parking de Wire Pass, on les retrouve, ils nous ont devancés de quelques minutes. Finalement le raccourci fait gagner un peu de temps !

Avant de rejoindre la Cottonwood Road, un petit détour par Old Paria. Certes le décor de cinéma est parti en flammes, mais dans les badlands en arrière-plan on trouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Sur la Cottonwood Road (dont nous avions déjà parcouru une partie l’an passé), nous nous arrêtons au pied du trailhead vers Yellow Rock avec l’intention de faire cette randonnée, une fois notre pique-nique terminé. Mais la chaleur de midi a eu raison de nous et une nouvelle fois, nous renonçons au rocher jaune. Il faut bien en laisser pour la prochaine fois !

Alors nous continuons vers Cannonville sur cette route distillant quelques paysages hauts en couleurs !

Grosvenor Arch est notre étape suivante : très belle arche triple !

L’étape finale, c’est Kodachrome Basin SP, parc dans lequel nous envisageons de louer une petite cabine. Aucun problème, toutes sont libres et seule la nôtre sera occupée. Dire que nous craignions ne pas trouver de place un samedi !

En fin d’après-midi, bravant la chaleur, nous voulons voir à quoi ressemble ce petit state park. Il ne ressemble à aucun autre parc avec ses drôles de pitons rocheux qui ressemblent à des pains de pâte à modeler !

Formes érectiles, vestiges d’anciens geysers ! Sans commentaire !

Après cette première balade dans le parc, nous passons la soirée dans notre cabine dans un décor kodachrome !

J28 ( 29/06) : Kodachrome Basin SP – Escalante

Le début de la randonnée de ce matin n’est qu’à quelques pas de notre cabine. Un gros gain de temps et la possibilité de marcher tant qu’il ne fait pas encore trop chaud sont vraiment appréciables.

Pour avoir une vue d’ensemble du parc, nous enchaînons Panorama Trail + Big Geyser Trail (6miles, 3H30) pour une randonnée facile dans la partie ouest, la plus sauvage de Kodachrome.

Au retour, nous profitons encore un peu de notre cabine pour déjeuner au frais puis direction Willis Creek dont le trailhead se situe sur la Skutumpah Road.

C’est un slot canyon. Il y fait très bon bien qu’on soit en tout début d’après-midi, un mince filet d’eau y coule au fond .

Impression de fraicheur encore, grâce à ces jolies cascades !

Nous avançons dans les gorges jusqu’à la jonction avec Averett Canyon (3 miles A/R)

Au retour, des nuages annonciateurs d’orage commencent à se former au loin. Mais notre souci premier est de toute autre nature : nos provisions sont à sec, il faut absolument refaire le stock de nourriture. Je suis quasiment sûre qu’à Escalante nous ne trouverons pas d’épicerie ouverte le jour du seigneur, mais du côté de Bryce nous devrions avoir plus de chance.

Cap sur Bryce et stop à Tropic, puisque nous y trouvons toutes les commodités : petit supermarché, laverie juste à côté (et hop, la lessive aussi). Dommage le candy-shop est fermé !

Pendant ce temps, l’orage a progressé.

Alors si nous avons un moment pensé poursuivre jusqu’à Bryce Canyon, histoire de revoir le magnifique amphithéâtre sous les couleurs du soir, cela n’est plus d’actualité avec l’orage.

Nous rejoignons immédiatement Escalante et prenons une chambre au Prospector Inn, motel de base correct. Il n’a certes rien à voir avec le charme du B&B de Catherine l’année dernière, mais offre un avantage, celui de pouvoir partir très tôt le matin et, demain matin, le programme exige un départ matinal !

Pour le dîner, nous voulons vérifier que les pizzas sont toujours aussi bonnes chez Outfitters : elles le sont ! Et que dire du Brownie Sandwich : tout simplement divin !

Cottonwood Road

Neon Canyon : Golden Cathedral

J29 (30/06) : Escalante – Hole in the Rock Road – Escalante

Lever très, très tôt (5h). Départ 6h. Arrivée au parking d’Egypt Trailhead à 7H30. Objectif : Neon Canyon et Golden Cathedral (10 miles = 8, 5h prévues). L’hôtelière nous annonce des risques d’orages en milieu d’après-midi. Nous en tiendrons compte.

Deux itinéraires sont possibles pour cette randonnée : - Soit tracer directement à travers la mesa en direction de Neon Canyon. - Soit passer par Fence Canyon, une variante un peu plus longue mais plus scénique dixit « Photographing… »

Bien, on préfère voir du paysage, alors va pour Fence Canyon. Comme d’habitude, c’est de la descente pour commencer, d’abord sur du rocher puis du sable, mais elle se fait très progressivement, tout en douceur.

Le fond du canyon est en vue !

Tout se passe pour le mieux, rien à voir avec la difficulté de la randonnée d’Owl Creek. Mais nous n’avons encore aucune idée de l’enfer qui nous attend au fond !!!

En effet, dès que nous pénétrons dans la jungle du wash, une armée de taons s’abat sur nous !! Nous tentons de nous défendre comme des diables : nos chapeaux ne nous servent plus de couvre-chefs mais de tapettes à mouches ! C’est l’horreur et ça dure…….J’en pleurerai. Les Deer Fly, ou Horse Fly, ne nous lâchent pas !

Heureusement il y a plusieurs passages de rivière pendant lesquels nous avons quelques minutes de répit. De surcroît, l’eau est claire et bonne, j’y barboterai bien.

Enfin nous pénétrons dans Neon Canyon et les bestioles abandonnent la partie. Ouf, car je suis au bord de la crise de nerfs. Là nous profitons de la fraîcheur et surtout de l’extraordinaire couleur du Neon.

Un dernier effort et au bout de 3h30, nous y voilà, nous sommes aux pieds de la Cathédrale d’Or.

La pause tombe à pic pour nous sustenter un peu et nous remettre de nos émotions. C’est aussi le moment de réfléchir à un plan bis, car il est hors de question de retraverser cette zone infestée. On décide de prendre la variante pour le retour, c.à.d. au bout de Neon Canyon traverser l’Escalante River, monter sur la mesa et une fois arrivés sur le plateau, tout droit jusqu’au point de départ. Encore faut-il trouver la trace ?

Ce qui est dit est fait et par chance, Hervé trouve directement la trace (au milieu d’une végétation dense) une fois la rivière traversée. La montée sur la mesa se fait à vitesse grand V (malgré le sable mou et la chaleur), car quelques taons nous poursuivent malgré tout, heureusement très peu de temps.

En prime, voilà les nuages qui comme prévus commencent à se rapprocher. Il ne faut pas s’attarder. A 14h30 nous sommes de retour à la voiture après avoir tracé à travers le plateau et finalement cette variante nous a fait gagner une heure. Merci au GPS.

Neon Canyon et Golden Cathedral sont deux endroits magiques qui méritent largement qu’on souffre un peu pour les atteindre ! Cette randonnée fera partie des musts de notre séjour.

Pas d’autres balades pour aujourd’hui : le temps se couvre, l’orage gronde mais donne à peine quelques gouttes de pluie.

En soirée, nous nous rendons à une autre adresse déjà expérimentée l’an passé : Cow Boy Blues Restaurant puis passons notre deuxième nuit au Prospector.

Golden Cathedral

En passant par la Scenic Road 12

J30 ( 01/07) : Escalante – Boulder

Aujourd’hui une toute petite étape nous attend : Escalante – Boulder. Mais depuis deux jours des orages se développent à partir du début d’après-midi, alors une balade de matinée suffira : c’est la randonnée vers Escalante Natural Bridge. Après, on rompt avec le programme, car on a envie de se mettre au frais. Une idée : prendre la Hells Backbone Road à Boulder !

Mais d’abord direction le pont au-dessus de l’Escalante sur la très belle route 12, où chaque virage dévoile un nouveau point de vue. C’est là que démarre le sentier vers l’autre pont, naturel celui-là.

Après l’expérience « deer flies », le pantalon long est de rigueur cette fois-ci.

L’idéal serait de porter des chaussures d’eau. Nous n’en avons pas alors ce sera corvée déchaussage et re-chaussage et ce, 5 fois à l’aller et autant au retour ! De quoi faire râler Hervé !

Au bout de 2 miles, la « Natural Bridge » se dresse devant nous !

Il est bientôt midi et l’aire de pique-nique de Calf Creek n’est pas loin : c’est le lieu idéal pour manger au frais. Comme les jours précédents, la chaleur est au rendez-vous et le ciel devient plus orageux.

Sur la route 12 !

Avec de telles températures s’éloigner un peu du désert et rejoindre les Boulder Mountains devrait être une bonne option. La Hell’s Backbone Road nous amène jusqu’à 2700m : vive la fraîcheur, quelques gouttes de pluie, des bouleaux, des lupins…C’est bon !

Ensuite nous continuons jusqu’à la Hell’s Backbone Bridge qui surplombe Box Death Hollow. Vues époustouflantes sur le canyon !

Au retour un ranch retient notre attention, le Boulder Mountain Ranch (à ne pas confondre avec le Lodge du même nom). C’est ici que nous choisissons de passer la nuit : par chance une chambre est disponible, « a bunk room » mais elle fait très bien l’affaire (l’Indépendance Day approche) !

Une petite balade s’improvise, vers des cascades sur le domaine du ranch.

Nous sommes si bien que nous n’avons pas envie de bouger pour aller dîner. Nos hôtes nous proposent de nous confectionner des buritos maison avec des produits bio. Correct mais un peu cher pour ce que c’est. Pas de dessert ni même de fruit. Manger en ville aurait été un meilleur choix.

Dernière promenade dans la propriété au coucher du soleil ! Nous apprécions la fraîcheur du soir à 2000m d’altitude…..et les couleurs du ciel.

J31(02/07) : Boulder – Torrey

Pas moyen de « décoller » de bonne heure ce matin : nous nous attardons un peu sur la terrasse du ranch à la fraîche. Enfin, tout est relatif nous partons à 9h ce qui n’est finalement pas si tard !

Il y a tout de même plus d’une heure de route par le Burr Trail jusqu’à la bifurcation vers Strike Valley. Nous nous engageons sur le début de la piste mais stop ! elle est vraiment très mauvaise après le premier parking et suit un wash particulièrement boueux après les orages d’hier soir ! Nous jouons la carte de la prudence et préférons faire marche arrière jusqu’au parking. Bon, avec ça la randonnée de Upper Muley Twist Canyon est compromise car impossible d’enchaîner 3 miles de piste + 5 miles de sentier, le tout multiplié par deux, soit 16 miles, vu l’heure (10H30).

Alors, très modestement, nous nous contentons des 6 miles/ 2h 30 A/R (tout de même) pour contempler la vue au Strike Valley Overlook.

Nous suivons la fameuse piste, partagés entre le regret de n’avoir pas continué en voiture et la raison qui nous a fait rester prudents.

Du bord du chemin, vue sur deux arches.

Encore une troisième arche ? Oui, C’est Peek-a-boo Arch !

Après 2, 4 miles de piste, il reste à gravir la colline pour avoir LA vue sur le Waterpocket Fold, Strike Valley, la Notom Bullfrog Road et les Henry Mountains.

La fin de la randonnée sonne déjà l’heure du pique-nique. Reste à trouver une aire sympa. La carte nous en indique une tout juste avant les lacets du Burr Trail. C’est parfait : il reste à tirer la table à l’ombre et c’est avec une vue 4* que nous mangeons notre salade composée.

Les lacets du Burr Trail se négocient sans problème et nous voilà sur la Notom Bullfrog Road en direction de Torrey.

Une route au moins aussi belle que la Cottonwood Road !

Arrivés sur la Hwy24, je propose de jeter un coup d’œil au gué sur la Fremont. C’est là que devrait se terminer après demain notre périple à Cathedral Valley. Le panneau « River Ford » nous indique que c’est bien là….Hervé s’engage sur le chemin d’accès. Bouh, c’est humide… ! Après quelques glissades incontrôlables, je le supplie d’évacuer la première à droite pour nous sortir de là…Ouf, nous retrouvons la route principale, sans avoir été jusqu’à la rivière et très sceptiques quant à la possibilité d’emprunter cet itinéraire dans 2 jours. A suivre…

Dans l’immédiat nous poursuivons jusqu’à Torrey dans un but bien précis : randonner, me diriez-vous ? Eh bien, non, pour aller déguster des chocolats chez Cafe & Candy à Torrey (adresse déjà expérimentée l’an passé). On en rêve depuis des jours. Quelles douceurs !

Après cette pause gourmandise, il faut aller à la recherche d’une chambre. Austin’s Chuck Wagon Inn nous avait donné toute satisfaction en 2007, alors une possibilité chez eux serait top ! En cette veille de week-end férié, l’hôtelière nous propose soit une suite-famille soit la petite chambre derrière l’épicerie, sans climatisation ! La suite, non, et la chambre, faut voir ! Aussitôt vue, aussitôt prise : il fait très bon dans cette chambre (d’ailleurs dans toute la propriété en raison de la présence de grands arbres et de l’altitude, 2085m) et le prix très doux en fait une excellente affaire.

Après-midi piscine, dîner chez Capitol Reef Inn (toujours aussi bon)….ce sont les vacances, quoi !

Nottom Bullfrog Road

Cathedral Valley

J32 (03/07) : Torrey – Cathedral Valley via Loa et Fishlake

Qui l’eût cru ! Ce matin à Torrey il faut « déterrer » les polaires enfouis au fond de la valise pour prendre notre petit déjeuner sur la table installée devant notre chambre. Il ne fait pas plus de 10°, mais cela se réchauffera vite.

Aujourd’hui nous avons prévu : - Randonnée à Hickman Bridge dans Capitol Reef - Si possible Cathedral Valley avec nuit sur place.

Alors le plein de courses et d’eau (chez Austin’s y a tout ce qu’il faut) et en route vers Capitol Reef NP. D’abord l’arrêt « règlementaire » au Visitor Center pour un avis sur Cathedral Valley. Nous exposons notre projet :

- Rejoindre la vallée des Cathédrales non par l’un des 2 accès sur la 24, mais par Loa avec un détour dans la région de Fishlake (brièvement traversée en 2007) pour profiter de la fraîcheur de ces sites avant le désert.

Le ranger trouve notre projet très intéressant et ne tarit pas de renseignements. Nous ressortons avec dessin à main levée du meilleur itinéraire et plan pré-imprimé du passage à gué de la Frémont River. Il nous confirme les bonnes conditions météo : au moins 3 jours de beau temps devant nous ! Alors c’est le moment ou jamais !

Dans l’immédiat nous prenons le sentier vers Hickman Natural Bridge (2, 8miles-3hA/R)

Avant d’y arriver une autre bridge très mignonne : Nels Johnson Bridge

Voilà le pont naturel en question qui ressemble beaucoup à ceux de Natural Bridges NM !

Au retour nous jouissons d’une belle vue sur deux « highlights » du parc.

Capitol Dome, avec en avant-plan les fameux "boulders".

Pectol Pyramid !

L’arrêt de la mi-journée se fait dans l’oasis de Fruita, sur une belle pelouse peuplée de daims pour un repas tiré du sac !

Une nouvelle visite chez Cafe & Candy (on devient accros !) et c’est parti vers Cathedral Valley via Loa et la Fishlake National Forest !

Quelques pas autour du lac (Fishlake), bordé d’une belle forêt de bouleaux ! Qu’il fait bon !

Puis une petite pause devant le Johnson Lake, un peu trop fréquenté en cette veille de jour férié, alors nous fuyons sur les hauteurs au lieu-dit « Ridley Springs » pour une randonnée jusqu’à Pole Canyon (8kms A/R) sur un bout du Great Western Trail

Ici la tranquillité est assurée dans un paysage très vert !

C’est déjà la fin de l’après-midi et le moment de rejoindre la vallée des cathédrales par la Thousand Lake Mountain Road. Bien qu’étant en territoire connu (sommes passés par là en 2007), nous ne reconnaissons pas l’endroit où nous avons failli nous enliser ! A cette saison la piste est bien sèche, un peu rugueuse tout de même !

Destination atteinte : nous plantons la tente dans le camping de Cathedral Valley où il n’y a pas un chat ! Dans les toilettes, il ya bien un avertissement sur la présence possible d’un couguar, mais comme cette affiche date de deux ans (n’est-ce-pas Marie ?), cela ne nous alarme pas plus que ça !

Un coup d’œil sur la vallée. Les cathédrales sont majestueuses !

Puis un petit tour au pied des monolithes !

Profitons des couleurs chaudes de la soirée !

Retour au campement : après le dîner, assis sur une pierre au bord de la falaise, nous dissertons sur notre solitude et notre chance d’être dans ce décor unique tout en regardant le soleil se coucher.

Une petite flambée de pommes de pin (ramassage de bois interdit)….pas pour se réchauffer (la température est très agréable) mais pour l’ambiance….Et de l’ambiance il ne va pas tarder à y en avoir !!!

Une « visite » d’abord : celle d’un drôle de petit rongeur bondissant. Hervé brandit l’appareil-photo et moi, la lampe-torche. Mais tout à son excitation, le photographe oublie d’ôter le capuchon de l’appareil et s’énerve de ne pas arriver à déclencher. L’animal se sauve sous la voiture et nous ne le reverrons plus. Donc pas d’image de ce que notre documentation ultérieure révélera être un rat-kangourou ! Si vous voulez voir à quoi il ressemble, voilà un lien vers ce rongeur.

La nuit est maintenant tombée et voilà qu’on entend…. cela

D’abord à distance puis plus rapprochés, les rugissements finissent par se produire certainement à moins d’une centaine de mètres.

Nous bondissons dans la voiture et réfléchissons à la conduite à adopter. Convaincus que nous ne dormirions pas tranquilles dans la tente, nous décidons d’y faire « dormir » nos bagages pendant que nous, nous resterions à l’abri dans le 4X4. En deux temps trois mouvements, les valises sont transférées et les couchages installés dans le véhicule. Nous pouvons maintenant dormir sur nos deux oreilles. Le ou les couguars de l’affiche ne sont donc pas une légende !

J33 (04/07) : Cathedral Valley – Hanksville

J’ai passé une bonne nuit dans la voiture, Hervé pas vraiment car il n’a pas pu s’étendre suffisamment ! Réveillés par les premières lueurs du jour, nous prêtons l’oreille. Non seulement on entend le puma pousser son cri au loin, mais on a nettement l’impression qu’un autre lui répond : peut-être un couple ?

Comme il fait jour, nous craignons moins son apparition mais restons malgré tout vigilants tout en petit déjeunant puis en repliant nos affaires.

N’ayant pas véritablement envie de nous attarder ici, nous sommes sur le départ avant 7h.

Une fois dans la voiture, si le lion des montagnes voulait bien se montrer pour un petit cliché, ce serait vraiment sympa. Mais pas de chance, il restera caché !

Notre plan pour la matinée consiste à rejoindre la Hwy24 par Hartnett Road (Caineville Wash Road avait été empruntée en 2007) pour un passage du gué en fin de matinée.

Ça roule ! Mais avec de nombreux stops pour voir les différents points de vue et attractions le long de cette piste.

- Upper Cathedral Valley Overlook

- Upper South Desert Overlook

- Vue sur Temple of the Sun et Temple of the Moon depuis un col qu’on atteint après 2 miles de marche A/R.

- Lower South Desert Overlook

- Bentonite Hills

- Vestige d'un passé révolu !

Les 28 miles de piste nous amènent à la Hwy24 comme prévu vers 11H. La Fremont River est devant nous, il faut la passer. Je serre un peu les fesses, mais ça passe les doigts dans le nez et nous prenons la direction d’Hanksville (glissades évitées !).

Trois quarts d’heure plus tard nous nous attablons au Red Rock Restaurant (ça change du pique-nique quotidien). Nous avons une bonne idée car ce soir, il sera fermé pour cause d’Independance Day. Bonnes grillades et glaces.

La chaleur suffocante à Hanksville invite au repos en arrivant au Whispering Sand, motel de base avec frigo et micro-ondes pour un prix très sage ! Même un week-end férié ici ce n’est pas la foule !

Quand nous sortons en fin d’après-midi la chaleur est toujours torride ! Plutôt que d’aller visiter Little Egypt, pourquoi ne pas aller jusqu’aux Henry Mountains, destination probablement plus fraîche.

La décision est prise. Mais nous n’arriverons jamais au pied des dites montagnes, car au bout de quelques miles le voyant lumineux de la pression des pneus clignote : un pneu crevé !

Il faut alors trouver la « tige » qui permet de faire descendre la roue de secours, le crique.. . tout cela bien caché et pas tout au même endroit. Cela nous vaut quelques suées et quelques mots de travers ! Mais pas le choix, il faut y arriver. Un seul véhicule nous croise et sa conductrice ne daigne même pas nous jeter un coup d’œil. Finalement c’est fait …mais adieu doux climat des Henry Mountains. Il ne reste plus qu’à retourner à Hanksville pour réparer. N’oublions pas que nous sommes le 4 juillet.

Et bien même un jour férié, nous avons trouvé une station-service où le patron nous a fait la réparation illico ! Pour à peine 26$ !

Soirée dans la chambre : internet, visionnage des photos, et plateau -télé….pépère, quoi !

Cathedral Valley

De Green River à Park City

J34(05/07) : Hanksville – Green River.

Malgré notre crevaison, une nouvelle piste est à l’ordre du jour, celle amenant dans la partie excentrée de Canyonlands, Horseshoe Canyon pour une randonnée qui allie nature et culture, en direction de la Great Gallery et trois autres sites de pétroglyphes.

Le départ est matinal en raison du trajet : 30 miles dont 19 sur de la piste ! Et si on ne veut pas randonner sous le cagnard….Mais le ciel est couvert ce matin, alors… ?

Bon, rendons nous sur place, nous aviserons après. Nous traversons ces paysages de dunes sous de gros nuages !

A 8h30, nous y sommes mais il nous faudra une heure pour nous décider ! Que faire ? Quelques gouttes de pluie, des coups de vents, toujours des nuages, les nombreux avertissements sur les dangers et les désagréments du canyon (flash flood, éclairs, taons…), sur les difficultés de la randonnée (chaleur, dénivelé, déshydratation) n’aident pas à prendre une décision.

Après avoir tourné en rond, nous décidons finalement d’y aller mais de rebrousser chemin au moindre petit changement de temps et en ayant bien pris soin de mettre un pantalon (présence de taons indiquée !). Durée prévue dans la documentation du parc : 6, 5 miles/ 3 à 8h / dénivelé 250m.

Le temps imprévisible nous fait accélérer la cadence : on ne court pas, mais presque, dans la descente et aussi dans le fond du canyon. De toute façon, la présence de moustiques et moucherons ne nous engagent guère à flâner !

Les pétroglyphes sont superbes !

Ici Alcove Springs Gallery

Là dans Great Gallery

Nous faisons une courte pause près de la dernière galerie pour nous restaurer un peu puis reprenons aussitôt le chemin du retour tant que le temps se maintient.

Finalement ce temps couvert aura été un atout, car nous n’avons pas eu à souffrir de la chaleur, notamment à la montée finale. A 13h, nous sommes de retour au parking nettement en avance par rapport à nos prévisions.

Un peu de pluie et surtout un ciel désespérément gris nous incite à zapper Goblin Valley et à rejoindre immédiatement notre prochaine destination, Green River (la ville).

Au Comfort Inn nous restons dans notre chambre tout l’après-midi puis nous décidons tout de même d’aller voir Crystal Geyser en soirée sous un ciel d’orage

Détails…

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le photographe n’est pas tout seul. Il y a foule près du geyser (qui doit être en fin d’éruption car l’eau ruisselle encore sur les concrétions calcaires) : rafteurs, campeurs, pique-niqueurs, promeneurs, baigneurs….

Retour à Green River pour un dîner au Tamarisk Restaurant attablés derrière de grandes baies vitrées qui donnent sur le fleuve du même nom, sympa pour le coucher du soleil. Cuisine correcte.

J35 (06/07) : Green River – Park City

Nous voici à trois jours de la fin de notre voyage ! Suite aux différentes modifications faites en cours de route, nous bénéficions toujours de deux jours d’avance alors nous choisissons de les passer dans les montagnes de Salt Lake City . La station de sports d’hiver ayant accueilli des épreuves des Jeux Olympiques de 2002, Park City, est retenue. Altitude 2070m : hum, il doit y faire très bon !

Alors ce matin, le désert, c’est fini ! En route pour la montagne !

Green River…Price….Provo….la route est très belle et la ville de Provo surprenante avec ses belles maisons bourgeoises….Heber City où nous prenons le meilleur expresso de tout le Southwest (la patronne est flattée !)….et arrivée à Park City en tout début d’après-midi.

J’avais repéré sur internet un studio très mignon mais en arrivant sur place, la résidence est complète. Où trouver ? A l’accueil, le gars nous dit « Peut-être au Marr… ? » Sans vraiment comprendre la fin de sa réponse, nous faisons le tour du pâté de maisons espérant trouver un hébergement dans la résidence voisine. Au moment de pénétrer dans la dite résidence, je m’aperçois que nous sommes au Marriott Hotel. Bah, demandons tout de même les prix !

Finalement, l’hôtel n’est pas plus cher que celui que nous avions pris à Gardiner, Grand Teton ou Flaming Gorge….alors un petit plaisir pour la fin du voyage n’est pas de refus.

Nous nous installons pour les trois dernières nuits au Marriott Hotel. Ah, ça change des motels de base !

Une petit tour au Visitor Center, histoire de nous documenter sur la station… et puisque ce dernier se trouve à proximité des fameux outlets de Park City, nous nous octroyons une après-midi shopping.

Ici, aux Tanger Outlets, 50 magasins d’usine (Levi’s, Nike, Reebok, Gap, Calvin Klein, Ralph Lauren..) permettent de renouveler sa garde-robe à moindres frais. Oh, on n’a pas fait de folies…. juste renouvelé nos shorts usés jusqu’à la trame sur le slickrock du Southwest plus quelques tee-shirts et polos pour nous et pour nos enfants (gare au surpoids des valises ! ).

Tout l’après-midi y passe …et c’est presque aussi fatigant qu’une randonnée…alors quelques brasses dans la piscine du Marriott sont bienvenues.

Pour le dîner, tout juste deux étages à descendre ! Ce soir, on essaie le restaurant de l’hôtel (Park City Grill) qui nous offre une remise le premier soir (autant en profiter !). Les crevettes sautées sont excellentes avec un bon verre de Cabernet blanc californien !

Pétroglyphes de Great Gallery

Park City et environs J36 (07/07) : Park City

Aujourd’hui allons voir de plus près à quoi ressemblent les montagnes de Park City !

Nous nous rendons jusqu’à Silver Lake Village en voiture. Au Visitor Center, on nous avait indiqué qu’à partir de là nous pouvions prendre un télésiège jusqu’au sommet puis redescendre à pied.

Mais franchement il y a à peine 250 m de dénivelé, une bagatelle après tout ce qu’on a fait depuis 5 semaines…alors la montée à pied s’impose. Aller par Silver Lake Trail (2 miles), retour par Ontario Trail (2, 5 miles).

Le chemin croise à plusieurs reprises des télésièges.

Vue plongeante sur Jordanelle Reservoir dans la vallée.

Encore des névés présents près du chemin et pas plus de 10° à l’ombre (à l’arrêt, polaire bienvenue) mais chaud au soleil !

Le sentier traverse des bosquets de bouleaux !

L’après-midi se finit à la piscine de l’hôtel : après quelques longueurs, un peu de lecture sur les transats…tranquilles !

Ce soir, nous rejoignons le centre ville de Park City. Nous déambulons dans Main Street, très animée, afin de choisir un restaurant. Un trottoir puis l’autre….Il y a de nombreux restaurants, plutôt chers dans l’ensemble, à l’image de cette station assez huppée !

Notre choix se porte sur Zoom, un restaurant appartenant à l’acteur Robert Redford (ça, nous l’apprenons sur place ). D’abord attablés à l’extérieur, nous migrons vite vers l’intérieur car avec la nuit qui tombe, les températures se rafraîchissent sérieusement ! On est à la montagne ici !

« Roasted Half Chicken with an Orange-Sesame Glaze, Jasmine Rice and Ponzou Stir » pour moi et pour Hervé…. « Herb and Asiàgo Crusted Alaskan Halibut with a Red Pepper Vinaigrette, Seared Spinach and Grilled Asparagus » De quoi vous mettre l’eau à la bouche !

En sortant, on prend une petite glace chez Chocolate Factory. Oui, vous l’avez compris, nous sommes très gourmands !

J37 (08/07) : Park City – Mirror Lake Road – Park City.

C’est notre dernière journée complète ! A cette occasion nous décidons de parcourir une Scenic Byway, la Mirror Lake Road qui relie Kamas (UT) à Evanston (WY). Nous n’irons pas jusqu’au bout mais jusqu'au Mirror Lake, ce qui fait environ 50 miles l’aller.

La route grimpe doucement dans les Uintas Mountains. Qui voudrait camper sur cette route aurait l’embarras du choix, on trouve ici une multitude de campings !

Notre premier arrêt se fait aux Provo River Falls, de jolies cascades encadrées d’une très belle forêt de conifères.

La route au col de Bald Mountain passe à plus de 3500m, puis plonge vers le Mirror Lake, pas si miroir que cela malgré tout !

Nous mettons 6$ dans un enveloppe car on est ici dans une Recreation Area dès qu’on s’arrête ! L’aire de pique-nique est sympathique mais infestée de moustiques, nous finissons notre sandwich dans la voiture.

On risque tout de même le tour du lac après manger, mais on est quitte pour quelques piqûres. Familles et pêcheurs fréquentent les abords en grand nombre, ce qui fait que l’on ne s’attarde pas davantage, préférant poursuivre en voiture jusqu’au parking vers Ruth Lake.

Un sentier (1, 5 miles A/R) mène jusqu’à ce lac, beaucoup moins fréquenté et plus sauvage que le précédent.

De retour à l’hôtel en milieu d’après-midi, il est temps de préparer les valises. Pour le dîner nous liquidons notre ravitaillement….Demain c’est le grand retour !

Mirror Lake

La fin du voyage

J38 (09/07) : Park City – Salt Lake City – Paris

Ce matin il faut rejoindre Salt Lake City et pour en profiter jusqu’au bout nous quittons l’hôtel à 8H.

Nous voilà avant 9h dans le centre de la Capitale des Mormons.

Une petite visite de Temple Square s’impose ! Nous déclinons la visite guidée et préférons tout juste jeter un rapide coup d’œil aux différents bâtiments.

Impressionnants, d’ailleurs !!!

Salt Lake Temple

En une demi-heure, c’est fait ! Puis direction Museum of Fine Arts dans le Campus Universitaire.

C’est l’exposition temporaire « Monet to Picasso » qui a motivé notre visite. En attendant qu’elle ouvre, nous parcourons rapidement le premier étage et ses salles permanentes.

Une pièce du musée !

Puis nous passons le reste de la matinée à admirer les tableaux des peintres européens les plus célèbres : Renoir, Degas, Monet, Van Gogh, Dali, Picasso, Matisse et encore d’autres.

Les photos sont interdites, mais voici un lien vers les « highlights » de l’exposition.

Après cette parenthèse culturelle, revenons à des considérations plus matérielles : il est midi, où aller manger ? Nous nous rapprochons de Main Street et après avoir consulté notre guide, nous retenons « Lamb’s Grill Cafe », l’un des plus vieux restaurant d’Utah. Malgré son nom, il ne propose pas que de l’agneau mais une cuisine américaine variée. D’ailleurs je choisis du poisson et Hervé une bonne grillade.

Pour l’expresso il faut aller au Starbucks voisin et sur la place se produit un orchestre country. Dommage que l’on ne puisse pas s’attarder. Non, décidément, c’est l’heure, il est bientôt 14H….début de l’enregistrement.

Un dernier hoodoo qui trône en plein cœur de Salt Lake City !!!

A l’aéroport, après avoir rendu la voiture, nous nous présentons au comptoir d’enregistrement. L’employé après avoir ouvert mon passeport, me montre son badge : il porte le même patronyme que moi. Ravi, il me fait le check-in dans la langue de Goethe (manifestement sa langue maternelle !) et du même coup, ferme les yeux sur les 25 kg (au lieu des 23 règlementaires) que pèse une de nos valises !

Passage des contrôles, attente….l’avion décolle à 17h !

J39 (10/07) : Paris – retour maison.

11H15 : l’avion se pose à Paris-Roissy. Il faut maintenant affronter le RER avec tous nos bagages…pas une mince affaire, quand il faut passer les tourniquets avec sur le dos une tente 2 secondes (une tortue Ninja dans le métro) ! Une dizaine de stations et nous voilà à destination.

Les meilleures choses ont une fin alors....

It's really .............. the End !

Hoodoo en plein coeur de Salt Lake City

Le mot de la fin

Un voyage exceptionnel !

Plus de 7000 kms parcourus en voiture dont pas mal sur des pistes mais surtout, beaucoup, beaucoup de kms parcourus à pied !

Le fait de n’avoir réservé aucun hébergement d’avance nous a donné une grande liberté et nous a permis d’adapter le programme à la météo, surtout au début à Yellowstone où le temps était capricieux ! Cela était d’autant plus facile que nous étions en juin.

Autres avantages du mois de juin :

- Une fréquentation touristique modérée, essentiellement des Américains, quelques Européens, très peu de Français !

- Un temps sec (à partir de Moab), ce qui nous a permis de mieux pouvoir gérer les excursions sur les pistes et les sentiers de randonnée. Moins de risques de flash-flood et d’orages. Un circuit tel que le nôtre est difficile à tenir en août où les orages sont quotidiens.

- Des journées longues !

- Une flore très riche dans les déserts (non visible l'été)

Inconvénient :

- La présence +++ de moustiques et dans le fond de certains canyons de taons : prévoir pantalons et répulsifs.

Nos coups de cœur !

On a tout aimé ….le classement est difficile..

Disons que, malgré quelques aventures, ce sont des lieux où l’on a campé (car immergés dans le wilderness) dont nous gardons les souvenirs les plus forts : Dinosaur, Canyonlands, CBS, Cathedral Valley.

Sinon beaucoup d’autres sites nous ont permis des randonnées remarquables, voire exceptionnelles : ruines indiennes de Mule Canyon, Road Canyon et Moon House… Golden Cathedral…les pétroglyphes de Cedar Mesa et Horseshoe Canyon…. Arches….Natural Bridges.. Colorado NM…des lieux où nous étions toujours seuls ou presque !

Appréciant particulièrement les grands espaces vierges et la solitude qui les accompagnent, nous avons été comblés par le sud ouest américain.

Nous avons apprécié Yellowstone davantage pour sa faune que pour ses phénomènes volcaniques, mais le temps ne s’y prêtait pas.

Ce sont les endroits en général mythiques ou classiques (comme Monument Valley par exemple ) pour lesquels nous avons été le moins enthousiastes.

Bibliographie

- « Photographing the Southwest » volumes Utah et Arizona (Laurent Martres), guides auxquels Philippe (Sedonax) a beaucoup contribué.

- « Yellowtone & Grand Teton NP /Must-do hikes for everyone » (Andrew Dean Nystrom) pour la description de randonnées dans ces 2 parcs.

Routard et Lonely Planet Ouest Américain (ont seulement servis pour trouver hôtels et/ou restaurants)

Le site www.ouestusa.fr de Thierry (Wavemaster) et Philippe (Sedonax) déjà cité en introduction : incontournable pour la description de beaucoup de sites et de randonnées.

- Le site de photos de Philippe (Sedonax) www.phschuler.com.....pour vous donner envie !

Pour compléter la documentation précédente, quelques sites internet qui m'ont été particulièrement utiles pour la préparation de certaines randonnées :

- Fort Bottom J12 www.utahtrails.com/FortBottom.html - Moses & Zeus J12 www.utahtrails.com/Moses.html - Tower Arch J14 climb-utah.com/Moab/tower.htm - Confluence Overlook J16www.utahtrails.com/Confluence.html - Mule Canyon J18 climb-utah.com/CM/mule.htm - Owl Creek to Nevilles Arch J19 www.localhikes.com/...s/Owl_Creek_0000.asp - Golden Cathedral J29 www.dankat.com/swhikes/maps/neoncn.htm

Début 2009, le virus de l'Ouest Américain nous a repris et nous sommes allés découvrir l'Arizona et le Nouveau-Mexique au printemps. C'est ici.



Namibie: location de 4x4 chez African Tracks English translation pending
by Miesele · 2008-02-11 · 21 replies
Bonjour à vous tous 😉

Afin de pouvoir enfin me décider quant à la location d'un véhicule chez African Tracks (les seuls à me proposer un 4x4 avec couchage à l'intérieur du véhicule et non sur le toit), qui connaît cette agence et a loué par leur intermédiaire ? Merci d'avance 😎 Miesele
Déplacements à Las Vegas? English translation pending
by Imanol65 · 2007-09-02 · 6 replies
QUE ME CONSEILLEZ VOUS COMME TRANSPORT POUR ME DEPLACER A LAS VEGAS LES TAXIS SONT T'ILS CHERS? COMBIEN CELA COUTE

Merci de votre aide EMMA
9-Day Trek in the Balkans
by Elis · 2026-06-23 · 6 replies
Hi there, Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo). It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people. At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.

Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air. Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range. Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.

Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city. I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France. Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.

Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.

The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.



We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.

The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it. Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead. We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!







That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉

To be continued... 😉
Nevers-Blois en passant par la Sologne (France) English translation pending
by Jjojo41 · 2012-02-06 · 5 replies
Bonjour,

J'aimerais rejoindre Blois en partant de Nevers en passant par la solgne. Le but est de passer au maximum via les chemins boisés mais il n'est pas évident d'identifier le parcours à l'avance.

Avez vous des conseils pour mon parcours?

Merci
Meilleur parcours cycliste entre Nevers et Clermont-Ferrand? English translation pending
by Gabey · 2012-08-07 · 2 replies
Bonjour,

Pourriez m'indiquez d'après vous le meilleur parcours cycliste entre Nevers et Clermont Ferrand

merci d'avance
Décize à Nevers à vélo avec des enfants, routes? English translation pending
by Minifamille · 2012-02-11 · 3 replies
Nous voudrions aller de Décize à Nevers à vélo, avec des enfants et donc sans passer par les routes si possible, et sur du plat. Dans la cadre d'une jonction "canal du Nivernais" et "Loire à vélo".

Aussi, je m'interroge pour savoir si le canal latéral à la Loire est praticable à vélo ? Y a t il un chemin de halage tout du long- comme le suggère la carte ? Et surtout est il praticable à vélo de type VTC ?

Merci de vos avis éclairés.
Réservation SNCF train + vélo Tours - Nevers English translation pending
by Chandan · 2017-08-15 · 3 replies
Bonsoir,

Je voudrais réserver des billets tain+vélo pour faire TOURS-NEVERS pour 9 personnes. Quand je vais sur le site de la SNCF impossible de le faire pource nombre. Dois-je le faire individuellement ? Merci de votre aide. CDT
La Loire à vélo: quelle rive? English translation pending
by A2cmieu · 2016-01-07 · 3 replies
Dans la préparation de notre prochain tour de la france(bis) nous voulons descendre le long de la loire a partir de nevers, mais nous nous demandons laquelle rives est la plus intéressante a vélo, nous pensons la suivre jusqu'à nantes, a votre avis??
Bike route for a group of teens from Nemours to Thiers
by MeliMeloVelo · 2025-05-09 · 2 replies
Hi everyone, We’re organizing a week-long bike trip for a group of scouts. I’ve already mapped out a route using Géovélo (travel option). The teens will take the train to Nemours (or a bit beyond) and then follow the Loire à Vélo route for a good stretch (until Nevers, which they’ll bypass to the west). After Nevers, things get a bit trickier. I also wanted to avoid Moulins, so I planned for them to follow the Allier’s west bank and cross near Châtel-de-Neuvre. I’m having some doubts about the route and really want to steer clear of busy main roads as much as possible. I’d love to hear your thoughts on the route I’ve chosen, plus any tips you might have. I saw there’s the V70 veloroute, but I decided against it after hearing it has some *very* road-heavy sections.
Budget voyage à Venise une semaine pour une personne English translation pending
by Mariloo29 · 2014-10-21 · 2 replies
Bonjour à toutes et à tous,

Je voudrais partir une semaine à Venise au mois de juin (j'avais déjà posté pour la loire à vélo de Nevers à la Mer, je le ferai soit en septembre 2015 soit en juin 2016), et je voudrais connaître le budget hors billets d'avions (je me suis déjà renseignée dessus, je peux en avoir à 100e l'A/R. Donc hôtel, transports, etc.

J'ai acheté le routard Venise 2015, j'ai l'embarras du choix pour mon budget mais je voudrais des avis, des suggestions concernant des bons plans.

Merci de votre retour :)
La Loire avec deux enfants (1 et 3 ans) à vélo et camping sauvage English translation pending
by Didouche · 2011-05-07 · 3 replies
bonsoir a toutes et tous,

qui peut me dire svp sur une période de 17 jours, quelles sont les étapes les plus ininteréssante à zapper sur la LOIRE?

Nous avons comme projet de faire à partir du 30 juillet 2011, NANTES-NEVERS, et LE PUY EN VELAY - TOULOUSE la deuxième quinzaine de AOUT sur SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.

Nous partons à 3 couples, voir plus si certains d'entre vous sont interssé, avec enfants à bas âges, remorques, bière, bonne humeur, envie de visiter certains châteaux, et enfin envie de faire du bivouac sauvage.

Nous pensons prendre le train un moment venu, bien que cela risque d' être rock 'n roll!😎

Alors, vos retour d'expérience sur certaines étapes qui ne valent pas trop le coup pour tout ce beau monde sera le bien venu.

cordialement

DIDOUCHE
Parking for 4-5 weeks near Rennes
by Voyagescc · 2025-04-10 · 2 replies
Hi there, We’re planning a bike trip around Brittany this summer. We’re driving from Belfort and looking for a parking spot (paid) to leave our car for 4-5 weeks, from mid-June to mid-July, somewhere near Rennes. Best regards,
Les billets TGV et TER désormais disponibles dans les bureaux de tabac English translation pending
by VoyageForum · 2019-07-10 · 1 reply
Pour l'instant limitée à cinq régions avant ouverture à toute la France, la possibilité faite désormais de pouvoir acheter ses billets de train TGV et TER auprès des bureaux de tabac. Lire la suite...
Loire a vélo English translation pending
by Manceau72 · 2018-02-12 · 6 replies
Bonjour, je serai intéressé de parcourir le Loire en vélo au départ de la source en direction de l'océan. Premier voyage en vélo, donc je serai preneur de renseignements pour effectuer ce premier voyage sans trop de problèmes. Camping pour l'hébergement et période prévu mi mai a mi juin par étapes de 45 à 60 kms par jour. Merci de votre aide.
Tour de Bourgogne à pied et en stop English translation pending
by Lilicha · 2011-03-10 · 5 replies
Coucou amis bourguignons 🙂

Nous souhaitons faire le tour de la bourgogne à pied et en auto stop. Nous n'avons pas de limite de temps. Nous nous sommes tracées un itinéraire. Avons nous oubliés des endroits à visiter ? Devons-nous visiter autre chose ??? Sur la route des grands crus, peut-on visiter et déguster gratuitement? Le tour du Morvan est-il cohérant ?

Faites nous part de vos suggestions et de vos remarques.

Nous souhaitons nous loger chez l'habitant (couchsurfing) le plus souvent possible. Et quand cela ne sera pas possible, faire du camping sauvage.

Voici notre programme:

- AUTUN : Circuit Augusodunum : ville gallo-romaine

Cathédrale Saint-Lazare et ville médiévale.

- GRP TOUR DU MORVAN : Départ : Larochemillay

(Glux-en Glenne, Verriere, Anost, Moux en Morvan, lac des settons, château-chinon).

- NEVERS : Promenade des remparts, Abbaye…

- NEVERS : GR 654 (St Jacques Compostelle) :(Parigay les vaux, la charité sur loire, chateauneuf-val de bargis, Varzy, Jannay, Vezelay).

- AUXERRE

- ALISE SAINTE REINE : Site d’Alesia

- DIJON

- DIJON : GR ROUTE DES GRANDS CRUS
Kayak en Yukon English translation pending
by Hammet58 · 2006-02-18 · 2 replies
Bonjour Je pars au Canada en mai et je voulais savoir s'il existait des organismes pas trop onéreux, pour faire une descente de rivière en kayak du côté du Yukon durant qques jours . si vous avez des plans, n'hésitez pas !

merci beaucoup ciao
Salon du livre de montagne (la route de la soie) English translation pending
by Satsriakal · 2004-06-21 · 11 replies
bonjour, je vous fais part d un evenement qui se deroule dans mon petit village de 2000 ames le 6-7-8 aout. il s agit du salon du livre de montagne dont le theme cette annee est la route de la soie, le tout parrainne par Bernard Ollivier. en gros conferences pdt 3 jours sur la montagne mais surtout sur la route de la soie. je pense que c est plutot bien, c est la premiere fois que je vais y assister mais ca fait deja 10 ans qu ils existent danc ce doit etre assez rodé. le village en question s appelle passy, il se trouve juste avant chamonix dans les alpes.
Le canal de Berry à vélo English translation pending
by Didier5622 · 2018-04-09 · 10 replies
bonjour à tous je compte faire le canal de Berry sur mon retour de l'Euro Vélo 6.je comptais le prendre vers nervers direction Bourges vierzon et tours pour terminer mon expédition en Bretagne. voilà je voudrais savoir si c'est praticable avec un vélo bien chargé il y a-t-il des aménagements et les pistes cyclables direction Bourges et Tours .la date du départ approche certainement la dernière semaine d'avril. j'ai prévu de partir assez tôt en saison parce que j'ai au moins 2 mois à 2 mois et demi d'aventure en vélo . jusqu'à présent le temps n'est pas vraiment favorable, pour avoir un peu de motivation pour mon départ. je suis impatient de partir et de savoir si je peux le faire. merci à tous d'avance et toutes les infos sont les bienvenus Kenavo.👍. ..⛺
Traduction en tibétain pour tatouage (cursive) English translation pending
by Valerie1221 · 2011-11-01 · 2 replies
Bonjour,

Je cherche comment écrire "never give up" (ne jamais abandonner) en tibétain. Je sais qu'il y a plusieurs style d'écriture. Celle que je préfère est celle qui est la plus "délicate" et "ronde"... je suis désolée, je ne sais vraiment pas comment ce style se nomme.

Si vous avez un peu de temps et que vous voulez bien m'aider, j'en serais très heureuse.

Merci à l'avance!

Valérie
Traduction en sanskrit English translation pending
by Floriane2207 · 2012-09-30 · 3 replies
Bonjour, Je suis actuellement en Angleterre et je désire me faire tatouer " never forget who you are " mais en sanskrit. La tatoueur que j'ai rencontrés n'ont pas su me faire la traduction c'est donc pour cela que je m'adresse a vous !

Merci d'avance, Floriane.

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