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Premier voyage à vélo, tour de Corse et Sardaigne English translation pending
by Lucbertrand · 2009-06-12 · 2 replies
Corse Sardaigne à vélo

Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.

C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.

Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!

26 avril

Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.

L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.

27 avril

Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.

28 avril

Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.

A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.

29 avril

Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.

Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.

30 avril

Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.

Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.

1 mai

Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.

2 mai

Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.

Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.

Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.

Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!

Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.

Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.

3 mai

Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.

En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.

4 mai

Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...

Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.

5 mai

Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.

Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!

6 mai

Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.

Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.

7 mai

Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.

Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.

Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.

Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!

8 mai

Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!

Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.

Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.

L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.

Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.

9 mai

Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.

La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.

L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.

10 mai

Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!

Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.

Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.

11 mai

Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.

12 mai

Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.

Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.

Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!

13 mai

Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubliées par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.

Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.

14 mai

Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!

Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.

Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.

15 mai

Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?

Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!

Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.

16 mai

Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.

Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.

Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.

De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.

La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!

17 mai

Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!

En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.

La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.

Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.

Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.

Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.

18 mai

Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.

Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.

19 mai

Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.

20 mai

La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.

Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.

La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.

21 mai

A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.

Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.

Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.

Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.

22 mai

La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.

Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.

23 mai

Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.

Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.

Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.

Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Camino de la Plata: Séville-Santiago English translation pending
by Eze · 2009-02-23 · 20 replies
Bonjour,

Après le Camino Francès, depuis chez nous (1800 kms), le Norte depuis San Sebastian jusqu'à Santiago et enfin la promenade Eze (Nice)- Rome, nous avons arrêté l'idée de re-partir pour Santiago depuis Séville (Camino de la Plata). Nous pensons n'en faire que la partie Séville-Salamanca en septembre prochain et le reste en mai 2010;

Avez vous quelque expérience ou lien à nous proposer décrivant ce parcours effectué à pied par des randonneurs/pèlerins ?

Merci
D'autres photos à découvrir English translation pending
by Chinois · 2008-11-26 · 481 replies
la question sera donc :

qui est ce ?.

😛
Conseils pour se marier à Las Vegas! English translation pending
by Velsatis · 2007-11-26 · 54 replies
Bonjour. Moi et ma compagne, souhaitons nous marier à Las Vegas pour diverses raisons comme par exemple le fait de ne pas le faire comme certains, à la salle des fêtes à écouter Patrick Sebastien, à se prêter à des jeux ridicules ou à calmer les esprits échauffés des habituels "boit sans soif"... 🤪 J'aimerais aussi apporter à notre petite qui aura alors, entre 5 et 6 ans une richesse supplémentaire au niveau culturel et le formidable souvenir d'accompagner sa maman en robe blanche, devant l'officiant. Que pourriez vous nous conseiller sachant que nous serons accompagnés de 5 invités et que vous passerons environ 7 jours sur place. Location de voitures, hôtels, distractions à Las Vegas etc, etc... Ma première idée serait de loger au Circus Circus Hotel car il permet aussi aux enfants de se divertir. Y'a t-il des personnes qui se sont déjà, ou qui comptent se marier à Las Vegas ?
Naples et sa région (avril 2007) English translation pending
by Domi84 · 2007-06-12 · 6 replies
Je profite d'une journée de calme...pendant que mes élèves passent le bac pour poster le compte rendu de notre voyage familial dans la région de Naples...

Dimanche 22 Avril : On quitte Vaison juste après avoir voté. On récupère l'autoroute à Orange sud...peu de monde : c'est dimanche, les camions sont immobilisés. A 11h20, on passe la frontière. A 17 heures on est à Orvieto où on a choisi de faire étape. On loge à l'hôtel Gialetti, en bas du centre historique, chambre quadruple spacieuse (95 €). On rejoint les rues pietonnes et nous voilà face à la cathédrale. La façade avec ses mosaïques (scènes de la vie du Christ....) est superbe. Beaucoup de monde dans les rues, nombreuses échoppes de souvenirs en tout genre !! On attend que la messe soit terminée pour visiter l'intérieur de la cathédrale, toujours des scènes de la vie du Christ mais aussi de la Vierge...mais pas une seule explication (même en italien !!) Repas dans une trattoria : tartines grillées et pâtes. Retour à l'hôtel...sur TV5 Europe soirée électorale !!







Lundi 23 Avril : Petit déjeuner correct à l'hôtel. On reprend l'autoroute direction Naples. la circulation est fluide. A midi, on est à Cumes : c'est la plus ancienne colonie grecque d'Occident (fondée vers 750 av JC). Sur l'acropole, 2 grands temples (un consacré à Apollon, l'autre à Jupiter)témoignent de la période : ils furent transformés au Ve et VIe siècle en basiliques. L'antre de la Sibylle : au bout d'un long couloir creusé dans le tuf, on dit que la prétresse d'Apollon rendait ses oracles dans l'Antiquité.



On pousse jusqu'à Pouzzoles : excellent repas d'antipasti (poissons marinés, bruschetta, salade de poulpes, beignets, moules à la tomate....) Visite de l'amphithéâtre : le 3ème par ses dimensions en Italie après le Colisée et Capoue. Il comptait 39 rangées de gradins : 40 000 personnes ! On peut se promener dans les souterrains qui renfermaient les machines, les décors et les cages des fauves !!



Plus loin la Solfatare : dans le cratère d'un volcan éteint depuis 4000 ans, des fumerolles s'élèvent au milieu des mares de boue en ébullition. Des nuages de vapeur sulfureuses enveloppent les roches volcaniques. Dans le cratère, au nord -est, se trouvent d'anciennes étuves. Mais voilà, on est allé en Islande...et donc ça nous semble "petit" !!





En 1 heure, on rejoint Pompéi et l'hôtel Diana où on va passer 6 nuits. On a chosi de se poser ici pour ensuite rayonnner, en voiture ou en train. Est-ce le bon choix? L'hôtel est correct, accueil chaleureux...la chambre quadruple pas très grande avec salle de bains pour handicapés (ce qui n'est pas notre cas !). Points positifs : on est près de la gare, on peut garer la voiture dans le jardin. Points négatifs : le prix (130€ la nuit) et les petits déjeuners très quelconques !! Quant aux ressources "gastronomiques" à Pompéi, elles sont assez limitées : on aura fréqenté que 2 restos le soir.

Cumes : 8€ / Pouzzoles : 8€ / Solfatare : 22€ (On est 4 dans la famille : les garçons ont 16 et 14 ans et moi en tant qu'enseignante j'ai souvent payé 1/2 tarif)

Mardi 24 Avril : Grand beau. A 9h30, on est devant l'entrée des fouilles. Attention, il y a 2 entrées...si vous voulez louer des audio guides, il faut prendre l'entrée principale. C'est ce qu'on a fait, et on n'a pas regretté. Il y a du monde mais ça circule bien et le site est suffisamment vaste. On commence par le quartier du forum, quelques villas, la porte d'Herculanum et sa nécropole, la boulangerie, la villa des mystères et ses célèbres peintures......









Pause déjeuner assis sur des pierres (ce n'est pas ce qui manque !) : sandwichs et eau achetés sur place (42€) On repart vers la palestre, l'amphithéâtre, la porte Nocera et sa nécropole, les théâtres....dans ce coin là, beaucoup moins de monde : on apprécie.











Il est plus de 17 heures quand on resort crevés, poussiéreux et rouges !! Mais quel endroit fabuleux !!

Fouilles : 16, 5€ / Audio guides : 20€

Mercredi 25 Avril : Temps brumeux. A 8h30, on est à la gare... pour 3€60 par personne, on a un billet de train pour la journée. A 9h30, on est à la gare de Naples . Il nous faut marcher 1/2 heure pour rejoindre le musée archéologique national. Il occupe un vaste bâtiment mais le plan de circulation est à revoir : on passe son temps à revenir sur nos pas !! On apprécie particulièrement : les mosaïques (pour la plupart trouvées à Pompéi), les maquettes, le cabinet secret (= érotique !!), la reconstitution de la maison d'Isis vue la veille, la collection Farnèse (en particulier le taureau)...









Il est juste midi quand on resort...on décide de descendre jusqu'au port. On arrive face à la forteresse royale (imposante masse sombre ponctuée de tours massives)...mais elle est cernée par les travaux du métro. On essaie de rejoindre un quartier plus commerçant...mais tout est fermé. Petit encas et on décide de quitter Naples. A 14h30, on est dans le "circumvesuviana" (RER local) qui nous dépose, en peu de temps, à Ercolano Scavi.

En descendant vers la zone des fouilles, on est de nouveau surpris par le nombre de commerces fermés....On réalise alors que le 25 Avril est jour férié en Italie : on fête la libération....

Herculanum est plus petite que Pompéi. Lors de l'éruption de 79, elle fut ensevelie par des cendres qui recouvrirent la ville lentement, jusqu'à 20 mètres. Cette épaisse couche rendit les fouillles difficiles mais permit une conservation exceptionnelle. Pendant 2 heures, on se promène dans les rues à l'aide du petit guide remis à l'entrée. Dans cette antique cité portuaire, les habitats modestes de petits commerçants voisinaient avec les somptueuses maisons de puissants négociants.









Retour à Pompéi par le train.

Musée : 19, 5€ / Herculanum : 16, 5€

Jeudi 26 Avril : A 9h30, on quitte l'hôtel en voiture...direction Sorrente. Autoroute jusqu'à Castellammare de Stabia. Ensuite, on loge la côte jusqu'à Sorrente. Sur place, on tourne un moment avant de trouver un parking. Accrochée à son banc de tuf en à pic sur la mer, Sorrente est face au golfe et abrite de nombreuses plages (pour la plupart privées) On descend jusqu'au port à pied puis balades dans les rues piétonnes avec échoppes pour touristes et boutiques de luxe.

Petit détour au cloitre St François d'Assise avec ses arcs tressés arabisants et des fragments de temples antiques. Le temps s'est couvert...il tombe quelques gouttes !

On reprend la voiture pour faire le tour de la péninsule. La route est sinueuse. Les citronniers cotoient les oliviers. Sur le bord de la route, de nombreux vendeurs de fruits : les citrons sont énormes !! En arrivant sur Positano, il pleut très fort...c'est raté pour le sentier des dieux conseillé par Marie (mlefevre sur Voyage Forum)

On continue la route...on roule doucement...difficile parfois de se croiser !! En arrivant sur Amalfi, il ne pleut plus. Visite du Duomo consacré à St André. Splendide porte en bronze (1065), campanile roman (XIIe-XIIIe siècle) d'influence arabe, le cloitre paradis, la basilique du crucifix qui est initialement la cathédrale, la crypte où sont gardés la tête et les reliques du saint, la cathédrale de style baroque (trop chargée, à notre goût)





Retour sous la pluie à Pompéi en passant par Salerne.

Amalfi : 7€

Vendredi 27 Avril : Petit déjeuner tôt. On quitte l'hôtel, direction la station de train Pompéi Scavi pour le train de 8h17. A 8h47, on est à Sorrente. On descend au port en suivant des cohortes de touristes. On prend nos billets pour le ferry de 9h15...impossible d'être sur le pont, il faut rester assis à l'intérieur. En 1/2 heure, on est arrivé à Marina Grande : le port de Capri.

Petite collation en terrasse au soleil avant d'aller prendre des billets pour le funiculaire. Ce dernier nous emmène jusqu'à la piazzetta ou Piazza Umberto. C'est le centre du village et de la vie de l'île. Les terrasses de café sont bondées. C'est aussi le point de départ de tout : magasins de luxe via Camerelle et boutiques de souvenirs via le Botteghe. On va jusqu'au Belvédère di Tragora (face à l'hôtel du même nom construit par Le Corbusier) La Chartreuse San Giacomo : église édifiée au XIVe siècle et qui possède 2 cloitres (mal entretenus) Les jardins d'Auguste à la luxuriante végétation. La via Krupp (en réfection) : ce chemin du nom du marchand de canons allemands qui la fit construire part des jardins d'Auguste et mène à Marina Piccola.





Sinon, de splendides villas, des hôtels de luxe.... On mange un plat de pâtes.....77€...no comment !!

Après le repas, discussion familiale : Patrick voudrait aller à Anacapri, Benoît et moi à la plage....Philippe ne veut ni marcher, ni se baigner !!! La plage l'emporte : on redescend à Marina Grande. Petite plage de galets, eau très claire. On se baigne (sauf Patrick) Mais c'est vrai qu'au bout d'1h30 au soleil, on en a marre.....on aurait pu tout faire. Du coup, on remonte par le funiculaire...on marche dans les ruelles...

On reprend le bateau. A 19 heures, on accoste à Sorrente. On décide de manger sur place avant de rejoindre la gare et Pompéi. Dans le train, que des touristes comme nous !!

Train 14, 4€ / Bâteau : 70, 4€ / Funiculaire : 10, 4€

Samedi 28 Avril : On prend la voiture. Direction Salerne. Ensuite route côtière jusqu'à Paestum. On longe des plages publiques envahies de sacs plastiques et autres bouteilles. Il y a pourtant quelques personnes qui se font bronzer !! Le long de la route, des putes attendent le client....... qui a l'air rare !!! La saison touristique n'a pas commencé car les campings sont encore fermés.

A 11 heures, on est sur le site de Paestum. On commence par l'extérieur : la basilique (en fait ancien temple de Paestum construit en 550 av JC). Ordre dorique- 9 x 16 colonnes. le temple de Neptune (450 av JC); Ordre dorique. 6 x 14 colonnes. Un toit en pierres et des colonnes en calcaire recouvertes de stuc pour imiter le marbre. le bouleuterion (470 av JC) édifice circulaire creusé dans la roche en une série de gradins concentriques (500 personnes) l'amphithéâtre dont il ne reste que quelques gradins et le couloir voûté. le temple de Ceres (déesse romaine de l'agriculture) Ordre dorique. 500 av JC. 6 x 13 colonnes. En fait, il était dédié à Athena







On continue par le musée qui abrite, plus particulièrement, des tombes peintes lucaniennes. On y voit des représentations de duels, de courses de chars et de combats de gladiateurs. La plus célèbre est celle du Plongeur (chère à Chris et MF) qui date de 480 av JC. Le défunt était probablement un marchand étrusque.











En sortant, on s'arrête dans une ferme pour acheter de la mozarelle...puis on reprend la route. Arrêt dans une petite rotisserie où, pour 18€...à 4 !, on fait un excellent repas (pizzas, poulet grillé...)

On reprend l'autoroute avant Salerne jusqu'à Torre del Greco. On attaque la montée du Vésuve. Sur les bords de la route, les poubelles débordent : les éboueurs sont en grêve !! La route mène à l'observatoire vésuvien où on doit laisser la voiture (2€50). A partir de là, la montée s'effectue à pied jusqu'au promontoire (1158 m) qui offre une vue panoramique sur Naples, puis jusqu'au sommet du cratère : gouffre énorme (600 m de diamètre, 200 m de profondeur) formé à la suite de l'éruption de 1944 (la dernière !) et dont les parois laissent encore échapper des fumerolles. On continue le chemin sur le bord du cratère. On en fait presque la moitié, ensuite on est obligé de s'arrêter...il n'y a plus de chemin.





Retour à la voiture, il pleuviote. A Pompéi, les rues sont noires de monde....à croire que tout le monde est de sortie !!

Paestum : 9, 75€ / Vésuve : 22 €

Dimanche 29 Avril : On quitte l'hôtel à 9 heures. Autoroute en direction de Naples qu'on contourne. On sort à Cassino. Il nous faut faire 8 km de route en lacets avant d'arriver à l'abbaye Monte Cassino Ce monastère, fondé par St Benoît vers l'an 529, fut construit sur la base d'une fortification romaine. Il fut plusieurs fois détruit : par les Lombards (en 577), par les Sarrasins (en 883), par un tremblement de terre (en 1349) et, enfin, par un bombardement en février 1944....mais, à chaque fois, il fut reconstruit.

On visite les différents cloitres (d'entrée, de Bramante, des Bienfaiteurs) pour se retrouver face à la basilique et ses portes de bronze. Il faut attendre que la messe se termine pour espérer aller dans la crypte...hélas, elle dure et il n'y a que 10 minutes de battement avant la suivante. On ne peut voir que l'intérieur de la basilique...assez chargé.. La décoration picturale qui se trouvait sur les murs et les voûtes a disparu.





On remarque, au loin en sortant, le cimetière de plus de 1000 soldats polonais qui moururent dans les combats précédents la libération du Mont Cassin (18 mai 1944)

On reprend l'autoroute direction Florence. On sort à Florence sud. Patrick choisit une voie carte bleue pour éviter la queue. Devant nous, un motard prend son temps pour payer, ranger ses affaires, remettre ses gants...On introduit notre ticket...par 2 fois il est refusé....la barrière est restée ouverte.....on s'engage....pas de sirène de carabinieri à nos trousses.....!!!!!

A 16 heures, on est dans Florence. On a réservé un hôtel le long de l'Arno : le Ritz....non, ce n'est pas un palace, c'est même carrément vieillot...mais on a de la place (170€) On repart très vite à pied. On a une tendresse particulière pour Florence où on est déjà venu plusieurs fois. On retrouve nos lieux de prédilection : Santa Croce, le Duomo, Ponte Vecchio, Galerie des Offices.....





Il y a du monde, il fait beau...on est bien !! Repas correct en terrasse derrière santa Croce.

Lundi 30 Avril : C'est l'anniversaire de Patrick...mais son cadeau l'attend à Vaison (cafetière Nespresso...pour rester dans l'ambiance italienne !!) Petit déjeuner quelconque à l'hôtel. Autoroute direction Pise, puis Gènes. On se retrouve "coincés" dans un embouteillage monstre entre Gènes ouest et Gènes est...non pas à cause d'un accident...tout simplement parce que les italiens ne se positionnent pas dans la bonne file et attendent le dernier moment pour se rabattre.....on perd 1 heure !!

A 15 heures, on passe la frontière...ça roule mieux. On quitte l'autoroute à Avignon nord : le ciel est très noir. On prend un violent orage à Vacqueyras. A 17h30, on est à Vaison.

On a aimé : Herculanum, Pompéi et Paestum (il y a 10 ans lorsque j'y étais allée en accompagnant un voyage scolaire, les temples étaient sous échaffaudages) Sorrente et Capri La côte amalfitaine (même sous la pluie) Le Vésuve.....la montée est pittoresque : on voit tous les styles (y compris des femmes en talons aiguilles !!), toutes les nationalités..... Monte Cassino...certes, on n'a pas tout vu...on reviendra....mais on avait toujours dit qu'on emmenerait "notre" Benoît sur les traces de son saint patron.On a moins aimé : Naples (mais on n'y était pas le bon jour) peu de repas sympas et pas chers nos hébergements (moyens) : heureusement on ne faisait qu'y dormir
Photos et encore des photos (suite) English translation pending
by Lahaut · 2006-08-25 · 547 replies
🙂Bon c'est reparti pour une nouvelle serie !!! Voila une photo un peu originale et mais vous pouvez trouver l'endroit facilement en regardant bien !!(Et si vous trouvez le nom du bateau en plus alors là, je fais le tour de la place de la Concorde en string !!) 😏 😏😏 je plaisantais pour cette dernière !!!(on ne sait jamais !!)
Sicile en avril 2006 English translation pending
by Domi84 · 2006-05-12 · 13 replies
Nous sommes partis une dizaine de jours en Sicile durant les vacances de printemps. Nous : les parents + 2 garçons de 15 ans 1/2 et 13 ans 1/2 (ils tiennent à leur 1/2 !!). Voyage très sympa, sans aucune complication.

Le périple : Mardi 18/4 : Marseille (6h30)-Milan-Palerme (12h) : Monreale. Nuit à Palerme Merc 19/4 : Palerme. Nuit sur place. Jeudi 20/4 : Ségeste-Erice-Sélinonte. Nuit à San Leone (station balnéaire d'Agrigente) Vend 21/4 : Agrigente. Nuit à San Leone. Samedi 22/4 : Piazza Armerina (villa Romana del Casale)-Catalgirone. Nuit à Syracuse (Ortygie) Dim 23/4 : Syracuse. Nuit à Taormine. Lundi 24/4 : Etna. Nuit à Taormine. Mardi 25/4 : Messine. Nuit à Taormine. Merc 26/4 : Giardini Naxos-Cefalu. Nuit à Palerme. Jeudi 27/4 : Palerme-Milan-MarseilleBudget : Vols + voiture : 1620 € Essence : 165 € Hébergement : 1398 € (que des chambres quadruples) Repas : 1177 € Visites : 357, 5 € (dont 162 € pour l'Etna !!). Les garçons ayant moins de 18 ans ne payaient pas l'entrée des sites et musées et moi, en tant que prof (carte à présenter), j'avais demi-tarif. Achats divers : 389 €Transports : Vols avec Alitalia. ATR 72 sur Marseille-Milan (c'est petit et à hélices !!), puis MD 80 sur Milan-Palerme. Dans les deux cas, collation réduite !!! On avait réservé les billets via Go Voyages sur internet. Voiture : On devait avoir une Mercedes Classe A avec boîte automatique. On a négocié à l'arrivée au comptoir Europcar...on a eu une Fiat Stylo break (diesel) : 6333 km au compteur. On l'a rendue avec 1481 km de plus le jour du départ.....pas un seul accrochage malgré la conduite "fantaisiste" des siciliens !! Là aussi, réservation par internet avec Go Voyages.Patrick s'est régalé à conduire "à la sicilienne" : on klaxonne et on passe !!! La circulation dans Palerme, c'est tout un poème....Des avenues tantôt à sens unique, tantôt à double sens; les siciliens garés en double (voire en triple) file. Peu de panneaux. Bref, il faut avoir un bon sens de l'orientation pour arriver où on veut !!! Pour les parkings, il y en a très peu...alors on fait comme on peut. On n'a pas eu un seul PV et on n'a jamais payé (malgré la présence de pseudo-gardiens !!) Les routes sont bonnes en général et bien entretenues. Hébergement :

On a tout réservé avant de partir....nos critères de choix : confort + chambre quadruple. On s'était renseigné sur l'hébergement en couvent : prix prohibitifs (mimimum 50 €/personne !!) et confort réduit !! On a donc pris le Routard + Venere.com...on a envoyé plein de mails....et on a attendu les propositions !! Palerme : on y a passé 3 nuits (2 à l'arrivée et une au départ)...Notre coup de coeur : hotel Bel3 (www.bel3.com). Situé sur les hauteurs de Palerme, pas facile d'accès....mais quelle vue et on est au calme. Chambre immense à 105 €. Petit déjeuner correct. Piscine (qu'on n'a pas utilisée). Salle de gym. Billard.....et accès gratuit à internet !!! San Leone (Agrigente) : Hotel Costazzurra...on était au calme (car ce n'était pas la saison estivale). Vue sur l'immeuble d'en face en construction !! Chambre correcte.....petit déjeuner assez quelconque. Moyen. 180 € la nuit. Syracuse : Hotel Gran Bretagna (ça ne s'invente pas !!) dans Ortygie. Accueil chaleureux. Chambre sympa...mais donnant sur la rue.... donc on a été géné par le bruit. Excellent petit déjeuner !! (www.hotelgranbretagna.it) 150 € Taormine : LA déception. On avait choisi, via le Routard, un hotel assez classe avec piscine, histoire de satisfaire les garçons. Bref, la Villa Fiorita est à déconseiller.....Certes, on est bien placé....Mais, les sanitaires et la robineterie sont antiques, le petit déjeuner très quelconque (croissants pas frais, pas de jus d'orange). Piscine ridicule et sale....Propreté de l'établissement très moyenne.......... Sur le livre d'or, toutes les critiques venaient de français et allaient dans le même sens que les notres. Et en plus c'est cher !!! .(220 € la nuit)Repas :

On mange bien, voire très bien en Sicile. Le midi, on faisait un repas sur le pouce (pizza, plat de pâtes....) et le soir : resto avec entrée + poisson....pas de dessert, on mangeait une "gelati" ailleurs. Palerme : Trattoria "Il Cambusone" : 20 €/personne (buffet d'entrées + poissons frits + dessert + boisson) San Leone : Trattoria "Il Pescatore"...excellent repas de poissons. Syracuse : pizzeria "La Terrazza" avec vue sur la mer...pizzas très copieuses. Taormine : "Il Baccanale" (recommandé par le Routard pour ses calamars frits...sans plus) "La Bougainville"...sympa et correct. Mais le must 😏 le dernier soir : "La Grotta Azzura". Ambiance sympa, survoltée....un étal de poissons magnifique (on va choisir dehors)...assez cher....On peut voir ce qui se passe en cuisine.....et pour finir un limoncello !!!!Sites touristiques : Monreale : La cathédrale chef d'oeuvre de l'art arabo-normand. Splendides mosaïques (Adam et Eve, Arche de Noé....et le gigantesque Christ Pantocrator). Un bijou, de même que le cloitre : un havre de paix. Palerme : la cathédrale : l'extérieur est intéressant, l'intérieur complètement remanié est moche !! San Giovani degli Eremiti : lieu paisible au milieu des bruit de la ville. Petite église normande. Chapelle Palatine : en restauration (on ne voit pas le Christ Pantocrator).....mais belles mosaïques. Catacombes du couvent des capucins : un autre monde !!! Environ 8000 cadavres accrochés dans des galeries souterraines et rangés par sexe, professions.....halucinant !!! Musée archéologique : Des salles réparties autour de 2 cloitres. Belles pièces. Un fascicule en français. Musée des marionnettes : sympa avec ses "pupi" (marionnettes à fil)....il ne fait pas partie des circuits "classiques"...donc personne !! Quelques jolies petites églises : La Martorana, San Cataldo..... Ségeste :Magnifique !! On y était assez tôt. Temple majestueux avec ses 36 colonnes. 1/2 h de grimpette pour arriver au théâtre antique (il y a toujours la possibilité de prendre un bus...payant !!). On a eu la chance d'y être à un moment où il y avait très peu de monde...Vue superbe sur les collines et la mer. On a beaucoup aimé...et pourtant question théâtres antiques, on a ce qu'il faut chez nous entre Vaison et Orange !! Erice : Ville médiévale avec ses remparts, ses rues pavées, ses petites places et ses églises..... mais aussi ses pylones !! Un détour qui vaut le coup.... Sélinonte : On y était en fin d'après-midi : personne sur le site !! Temples plus ou moins bien conservés. Reste de l'acropole....immense. Agrigente : C'est là qu'on aura vu le plus de monde...surtout dans la partie haute : ruines du temple d'Herakles, temple de la Concorde (en restauration ...échaffaudages!!), temple d'Hera (restauration...encore !!) Par contre, dans la partie basse (temples de Zeus et de Castor et Pollux) peu de touristes...les gens doivent aller à l'essentiel. Le musée archéologique est décevant du fait qu'il n'y a aucune explication en français...quelques rares en anglais.La ville d'Agrigente est agréable (malgré sa barrière d'immeubles), typiquement italienne (du sud)...avec le linge qui sèche, les ruelles étroites....Un petit bijou : l'église santa Maria dei Greci. Le bedeau (?) a pris le temps de nous faire visiter. A voir les ruines de l'église paléo-chrétienne. Villa romana del Casale : Luxuriante villa romaine de près de 4000 m2, avec ses mosaïques originales réparties dans une quarantaine de pièces. Beaucoup de monde...des groupes scolaires (italiens) bruyants, indifférents et sans gène!! On avait pris un audio-guide en français...à déconseiller : musique de fond pénible et commentaires peu audibles. Catalgirone : Escalier monumental (La Scalinata) avec ses contremarches décorées avec des carreaux de majoliques. Partout des céramistes.....On a acheté deux superbes plats. Nécropole de Pantalica : Loin des circuits, 5000 tombes creusées dans les rochers surplombant des gorges boisées...Le plus important centre protohistorique de toute la Sicile (entre le XIIème et le VIième siècle avant JC). On aura vu, en 2 heures de balade, moins de 10 touristes.... Syracuse : La presqu'île d'Ortygie est superbe....mais c'était samedi soir.....donc un monde fou !! La cathédrale vaut le détour (mélange de style surprenant...mais pas laid !!)Le musée archéologique est très peu fréquenté...dommage l'éclairage est faible et il fait assez poussiéreux (bien qu'inauguré en 1988). Dans le parc archéologique : l'amphithéâtre romain (un des plus grands d'Italie), l'autel d'Hieron II, le théâtre grec (15000 spectateurs possibles). On est une année paire, donc il accueille un festival de théâtre classique : les installations techniques défigurent le lieu. Les latomies (anciennes carrières) sont à voir.... en particulier celle dite de l'oreille de Dyonisos. Taormine : Le saint Tropez local, avec tout ce que ça implique.....Quelques choses sympas à voir : le théâtre grec, la vue sur l'Etna, le jardin public......Sinon, du monde...les gens se trainent.... L'Etna : on y est monté par le côté sud...moins enneigé. Voiture jusqu'au refuge Sapienza (1910 m), ensuite téléphérique pour arriver à la Montagnola (2644 m). On termine par un bus 4x4 jusqu'à Torre del Filosopho (2920 m). Au dessus de nous, le point culminant à 3330 m, accessible qu'avec un guide. La fumée est blanche...c'est bon signe !! On nous montre les cratères formés suite aux éruptions de 2001 et 2002...la terre est chaude, ça sent un peu le soufre, ça fume....Mais voilà, on est allé en Islande l'été dernier...donc on a trouvé le tout un peu "fade" !! Messine : Le campanile de la cathédrale et son horloge astronomique (construite par des strasbourgeois en 1933) vaut le déplacement....Y être à midi quand tout s'anime !! Cefalu : Splendide cathédrale à l'architecture normande moins impressionnante qu'à Monreale. L'intérieur est dominé par la figure imposante du Christ Pantocrator. Il faut absolument acheter (1 €) la feuille d'explications en français. Avec un beau sourire, on peut négocier de prendre des photos avec un pied.Bilan Positif : l'ambiance italienne (les klaxons, le bruit...) la nourriture (cure de poissons et de gelati). On aime l'Italie....Après avoir visité Rome (2x), Venise, Florence (2x), le sud (Pompéi, Herculanum....), on a retrouvé en Sicile un peu de cette atmosphère, mais aussi très marquée par l'influence grecque (pas que pour les pierres !!) Aucun sentiment d'insécurité. On n'est pas cramponné à nos sacs à dos.

La loi anti-tabac qui fonctionne très bien là bas : on ne fume pas dans les lieux publics...et c'est respecté ! Négatif : quelques déceptions dont l'Etna et Taormine. On avait choisi d'y rester 3 nuits pour être sûr de pouvoir monter au sommet....à éviter !!Seuls les garçons ont piqué une tête dans la mer (à San Leone)...La propreté des plages siliciennes est plus que douteuse.....et la saison n'avait pas commencé !! On craint le pire en été !!!!!

Conclusion :

On est tous rentré ravis, avec plein de photos (à venir). C'est une destination de saison intermédiaire. Nos enfants, passionnés d'histoire, ont beaucoup apprécié. Leur seul bémol : peu de belles siciliennes !!!!!

Prochain départ : les Cinque Terre pour le pont de l'Ascension
Avis sur les châteaux de la loire en France English translation pending
by Isaber · 2006-05-02 · 19 replies
J'ai besoin de vos conseil s.v.p. Je vais passer une ou deux journée dans la valée de la loire. Il y a beaucoup de choses à visiter et je suis un peu embêtée. Premièrement quel château visiter... prenant en considération que ce que je préfère d'un château est avant tout ses jardins. (par exemple j'ai adorer ceux de versailles). Y-a-t-il un château en loire avec un jardin semblable à celui de versailles ( en beauté et en superficie)? J'aime aussi l'aspect extérieurs des châteaux, plus que l'intérieur.

En deuxième lieux, les villes... laquelle visiter? Plusieurs me semblent intéressantes.... Blois, tours, angers, amboise.....? Ce qui me plait d'une ville est tout d, abord ses rues piétonnes, animées et pittoresques, ses charmantes places et ses promenades. J'aime bien jetté un coup d'oeil sur une belle architecture. J'aime aussi beaucoup quand les villes ont de l'histoire.

Merci à tous
Notre voyage en Thaïlande fin 2005 English translation pending
by LeTigre · 2006-02-20 · 63 replies
Salut a tous. Comparé à beaucoup de carnets de voyage qui sont posté ici, mon récit n’a rien d’aventureux ni de très exotique, il n’est qu’un carnet de vacances de nos deux semaines en Thailande du 19 décembre 2005 au 3 janvier 2006. C’est le récit que j’ai écrit pour mon site mais comme je sais que la majorité d’ entre nous ne clique jamais sur le lien en signature et que le récit est assezlong je vous propose d'en mettre une partie ici chaque jour avec une photo. Si vous êtes impatient ou que vous voulez voir toutes les photos, (et il y en a un paquet ! ) tout est sur mon site !

Let's go :

Mardi 20 décembre 2005 On se pose à BKK (Bangkok) à 6h30 locale (Il y a 6 heures de plus en Thaïlande qu'en France), le vol a duré 10h45 et bien que nous n'ayons pas dormi nous n'avons quasiment pas vu passer ce long vol, qu'on redoutait un peu pourtant Les "impressions de temps" sont parfois bizarres Arnaud m'a réservé des places sur un des vols Bangkok – Chiang Mai de la Thai Airways et du coup on n'a même pas à récupérer nos valises, elles suivent sur les deux vols. En attendant que notre vol décolle, on traîne un peu dans l'aéroport. A part les boutiques qui vendent des orchidées en boites, il n'y a rien de bien différent des autres aéroports et pour l'instant on n'est guère dépaysé ! L'avion pour CM (Chiang Mai) est également un 747-400 et malgré les seulement 45 minutes du vol, la Thai réussit encore à nous faire manger! La réputation d'excellence du service de cette compagnie n'est vraiment pas usurpée ! On verra bien la différence au retour sur Gulf Air... Une fois à Chiang Mai on passe le service d'immigration, comme dans tous les pays ou nous sommes allés il faut regarder la caméra puis le fonctionnaire nous agrafe une feuille dans les passeports. On récupère nos valises qui sont déjà arrivées et on part dans le pick-up-taxi que la GH a envoyé comme prévu pour nous récupérer. Il fait beau, le soleil brille, seule surprise il fait un peu moins chaud que ce à quoi je m'attendais, il doit y avoir "seulement" 18°...

Nous arrivons une quinzaine de minutes plus tard à la guest house. Celle là je ne l'ai pas trouvé sur VF (Voyage Forum), mais sur le forum du Routard ou les deux frères français qui la tiennent sont très actifs. Ils m'ont filé quelques renseignements sur la Thaïlande et comme ils étaient sympas je me suis dit que pour commencer ce voyage sans stresser autant aller chez des français. Ils nous font préparer un des Bungalows de la Guest House que j'ai réservé et payé depuis plusieurs mois. Je le précise car c'est la seule GH ou l'on m'a demandé de régler à la réservation. Ici nous payons 500 Baths (10 €) la nuit pour un bungalow avec lit double et salle de bains avec eau chaude plus 100B (2€) pour un lit d'appoint soit un total de 600B/nuits. Le plus grand des deux frères semble sympa bien que bavard et hâbleur, la guest house est jolie, tout en bois, décorés avec des objets Thaïs, il y a quelques statues dans le jardin, un petit bassin où nagent des poissons, c'est sympa, on dirait que j'ai eu raison de réserver ici. A midi précis, comme prévu, un gars de chez Budget m'amène la voiture qu'on a louée pour 2 semaines. Au départ on pensait louer une voiture tout simple mais vu la faible différence de prix on s'était finalement laisser tenter par un gros pick-up 4x4 Toyota avec un moteur de 3.0 litres et une boite automatique... Soyons fou ! On prend notre premier repas thaïlandais à la GH, du poulet cuit dans du lait de noix de coco. Avec du riz bien sur. Je ne me souviens plus du nom du plat mais je me rappel bien que c'était franchement bon ! Le grand nous vante les treks de la GH « qu'ils ont monté eux même à la sueur de leurs fronts »… Krys et moi échangeons un regard puis je plonge le nez dans ma bière, là il en fait vraiment trop ! De toutes façons pas de « treks » pour nous et la question ne s'était pas réellement posé, nous ne restions pas assez longtemps à CM pour voir ce que j'avais envie de visiter aux alentours et pour en plus faire un … « trek » J'hésite sur le terme trek car il y a dans ce mot une idée de difficulté sportive qui est, à mon avis presque toujours absente des randonnées proposées à Chiang Mai. Comment je le sais alors que je n'en ai pas fait ? Simple, ces treks sont au programme de tous les séjours organisés à CM et si vous voulez vendre quelque chose au plus grand nombre ça ne peut être difficile … Le «trek» classique se compose d'une marche dans la forêt, d'une ballade sur un éléphant, d'une descente de rivière sur un radeau en bambou et d'une nuit dans la jungle. On le trouve souvent allié avec la visite à telle ou telle minorité ethnique. Bien que le gars de la GH nie que ces villages soient des « zoos humains » entretenus pour montrer de l'indigène au gentil touriste ( ce dernier étant un grand pourvoyeur de deniers auprès des organisateurs de treks), tout ce que j'ai lu et vu à ce sujet m'a convaincu du contraire et j'ai préféré m'abstenir, de toutes façons à partir du moment où tout le monde fait la même chose j'ai du mal à imaginer que ça puisse rester « authentique » bien longtemps.

Histoire de profiter de la demi-journée restante nous allons au Wat Phrathat Doi Suthep un des temples les plus sacrés du Nord de la Thaïlande, à une quinzaine de km au N/O de CM. C'est moyen comme trajet de prise en main du 4x4, je m'en aperçois vite, car la conduite du paquebot à gauche sur les petites routes en lacets qui montent au temple ajouté à la fatigue qui commence à se faire sentir, c'est assez rude mais tout ce passe bien et on y arrive sans encombres. Le Wat Phrathat ( Wat = temple ) est posé sur les flancs du Doi Suthep. (Doi = Mont ) qui culmine à 1685 mètres. La légende raconte qu'au XIV° siècle, un moine apporta à la cour du Roi des reliques du Bouddha. Elles furent placées sur un éléphant blanc qui entama l'ascension du Doi Suthep. Avant le sommet le pachyderme s'arrêta, barrit et tomba raide mort. A cet endroit on construisit un chedi pour abriter les saintes reliques. ( Un « chedi » désigne un bâtiment en forme de cloche pointue qui abrite dans ses fondations des reliques. On le nomme aussi parfois « stupa ») L'édification du chedi et du temple commença à la fin du XIV°. Aujourd'hui le chedi, de style Lan Na ( un style architectural qui émergea au XI° siècle) est toujours le joyau du wat. On passe entre les deux superbes nagas (des serpents légendaires à multiples têtes, génies des eaux, qui auraient protégé Bouddha d'un déluge ) qui gardent le grand escalier de plus de 300 marches qui permet d'accéder au temple. En haut on est dirigé vers la caisse pour payer quelques centaines de baths de droits d'entrée et on accède au temple. On ne voit pas encore le chedi mais on peut admirer les chapelles et les autels eux aussi de style Lan Na. La déco est chargée, à base de nagas, de dorures, de couleurs vives et éclatantes et de mosaïques de petits morceaux de miroir colorés qui brillent de milles feux. De grands arbres ceinturés d'étoffes multicolores étendent leurs ombres au-dessus des bâtiments … Tout ça est superbe et photogénique même s'il y a pas mal de monde. Nous nous déchaussons pour pénétrer dans le saint du saint du temple. Là il y a VRAIMENT beaucoup de monde et une vision frappante s'offre à nous : autour du chedi brillant tourne une marée humaine composée de fidèles et de simples visiteurs. La plupart des gens s'arrêtent devant les différents autels, allument une bougie ou posent une fleur de lotus avant de s'agenouiller et de se recueillir tandis que quelques pignoufs photographient dans tous les sens et vont presque jusqu'a shooter les fidèles et les moines sous le nez. Il parait que tout ça ne les dérange pas trop... Mouais … J'ai tout de même du mal à penser que ça ne dérange pas qui que ce soit d'être photographié comme un animal curieux...

(... à suivre)

Les nagas qui garde l'accés au Doi Suthep :
Hôtels Ibis versus Campanile (sud-ouest de la France) English translation pending
by Marcel1 · 2017-03-14 · 2 replies
Bonjour, Nous avons parfois séjourné dans des Hôtels Ibis. Les chambres sont en général propres, sans surprise mais très petites. Est-ce que les chambres des "Campanile" sont un peu plus grandes? Est-ce qu'il y a d'autres chaines (à prix comparables) qui offrent des chambres un peu plus grandes que les Ibis?

Merci Marcel Neveu
Réserver la montée au Campanile de Venise English translation pending
by Yamen78 · 2016-10-21 · 2 replies
Bonjour à tous,

Pour éviter de faire la queue, je voudrais réserver la montée au Campanile de Venise, mais je ne trouve rien sur le net...

Pouvez-vous m'aider ?

Par avance, merci.

Yannick.
Hôtels Formule 1, Ibis, Campanile et autres à Paris? English translation pending
by Grumman · 2010-10-21 · 20 replies
Bonjour,

Pour un séjour de 5 jours à Paris en mai 2011, j'aimerais savoir le classement des hotels Formule1, Etap hotel, Ibis, Campanile et autres s'il y a lieu.

Si vous avez d'autres recommandations ils seront les bienvenues

Merci
Navettes pour les hôtels autour de Roissy-Charles-de-Gaulle? English translation pending
by Tiphonnet · 2010-05-17 · 3 replies
Bonsoir,

Je dois prendre une navette pour me rendre à mon hotel (Campanile à Roissy) mais je ne sais pas à quel terminal de l'aéroport Roissy CDG ces dernieres se trouvent? Passent elles par tous les terminaux, ou dois je me rendre à un endroit précis?? 🤪 Merci de votre aide!!
Billets pour monuments de la Piazza del Duomo à Florence English translation pending
by Devil59620 · 2020-06-10 · 2 replies
Bonjour J ai trouvé le site internet qui permet la réservation en ligne pour les différents sites à visiter Piazza del Duomo (Cathedrale - campanile - Baptistere -Museo dell opera del duomo - coupole) ??? Sur ce site, on peut prendre des billets pour chaque monument séparément mais je n ai pas trouvé de billet combi donnant accès à tous les monuments avec le même billet ? Un tel billet combi existe il ? Je n arrive pas à trouver cela sur internet. Merci pour vos infos Franck
Hôtel à Paris-Charles-de-Gaulle English translation pending
by Grumman · 2016-08-22 · 4 replies
Bonjour

Nous devons séjourner une nuit à Charles de Gaulle fin septembre.

Devons nous absolument prendre une navette, départ terminal 2E

Il y a Ibis ou Campanile qui semble populaire , lequel est le meilleur

Autres recommandations

Merci Grumman
La biennale de Venise English translation pending
by Brigitte16 · 2013-07-30 · 1 reply
De retour de 3 jours à Venise. Un enchantement, même en plein mois de juillet. On a fait l'impasse sur le palais des Doges, le Campanile et le reste, trop de monde, et on a opté pour les expos de la Biennale, presque par hasard... D'habitude, je ne suis pas une fan d'art contemporain mais j'ai trouvé ça génial ! On voit de tout, il y a trop à décrire, quelques exemples : des installations (quelle minutie dans le pavillon américain !) des performances : le pavillon russe avec sa chute de pièces "d'or" ou le voilier musical de l'Italie pour quelques minutes enchanteresses à l'Arsenal. Les centaines de tas d'épices au pavillon Urugayen :un ravissement pour le nez; les vidéos pour Israël en lien avec leur installation : super. Attention pour les filles en robe chez les Coréens, il y a des miroirs partout, même au sol... Bref, il y en a pour des heures - des jours- de visite pour qui veut tout regarder. C'est jusqu'au mois de Novembre. A VOIR ABSOLUMENT !!!!!
Quelle station de trains pour aller au Salon du chocolat à Paris? English translation pending
by Jen007 · 2008-10-10 · 3 replies
Salut, je vais au salon du chocolat a paris, je voudrais y aller en train mais je ne sais pas dans quelle gare je dois descendre!! J'ai reservé un campanile pres de la tour eiffel, est ce que quelqu'un pourrait m'indiquer à quelle gare je dois aller? Merci d'avance!
Visite Florence English translation pending
by Tripvoyage · 2015-05-17 · 1 reply
Bonjour,

Je vais passer un après-midi et 3 jours plein à Florence avec mon mari (première fois pour nous deux)

Je prévois ce planning. Qu'en pensez-vous ?

Nous logeons dans le quartier Santa Croce. Merci beaucoup !!

Jour 1 Aprem : - Eglise Santa Croce - Marché quartier Santa Croce - Palazzo Vecchio - Ponte Vecchio

Jour 2 - Galerie Aademia - San Marco - Musée anthropologique - Duomo : cathédrale + coupole - Campanile Giotto - Musée Bargello - Piazza Republica

Jour 3 - Galerie office - Piazza Signoria - Ponte Vecchio - Pitti Palezzo et galerie Palatine - Jardin Boboli - Aperitivo piazza Santo Spirito

Jour 4 - Jardin Bardini - San Miniato al Monte - Marché de San Lorenzo - Santa Maria Novella - Via de Tomabuoni - Palazzo Strozzi

Merci à tous pour votre aide précieuse !
Point de vue en hauteur à Venise? English translation pending
by Grandlemurie · 2012-05-15 · 3 replies
Bonjour,

Je parts à Venise prochainement et j'aimerais faire des photos de la ville depuis un point de vue en hauteur afin de bien visualiser les toits, les rues, la mer etc... Que me conseillez-vous comme endroits pouvant offrir ce type de panorama?

Merci 😉
Choisir le palais des découvertes ou la cité des enfants à La Villette? (Paris) English translation pending
by Claireloise · 2010-06-23 · 7 replies
Bonjour,

Nous partons à Paris le vendredi 2 juillet (arrivée vers 11h. si on ne se lève pas trop tard 😕) jusqu'au dimanche 4 juillet pour fêter les 10 ans de notre aîné avec son frère de 8 ans. Nous logeons au Campanile de la Porte de Bagnolet. Je suis en train de peaufiner le programme et jusqu'ici, j'ai retenu : - la tour Eiffel (+ musée du quai Branly ?) - une croisière en bateau-mouche (est-ce que quelqu'un a déjà testé "la croisière enchantée" pour les enfants avec les "bateaux parisiens" ?) - les étoiles du Rex et "Schreck 4" en 3D - Montmartre

J'ai écarté le musée Grévin sur base de plusieurs commentaires sur le forum et vais creuser par contre, toujours sur base des commentaires, le Jardin des Plantes et la Galerie de l'évolution (si j'ai bien compris, c'est sur le même site) ; et si mes loulous sont partants, la partie "égypte ancienne" du Louvres (les momies devraient les intéresser). Et bien sûr, je suis ouverte à toutes les suggestions, not. repas dans les coins visités.

Là où j'aurais besoin de votre aide, c'est pour : - choisir entre la Cité des enfants de 5 à 12 ans à La Villette et le Palais de la Découverte. J'ai vu les photos de Gilles B. à la Cité des enfants et ça m'avait l'air un peu "enfantin" (simulation d'un chantier...). Mon aîné adore tout ce qui est expérience chimique, physique... et je me demande si on ne trouvera pas plutôt ça au Palais des Découvertes. Et puis, une fois n'est pas coutume, nous voudrions passer par la boutique "souvenirs" et trouver un cadeau pour ses 10 ans, donc je me demande si on trouverait un jeu de qualité pour ce scientifique en herbe sur place... - optimaliser les visites sur ces 2,5 jours pour minimiser les trajets parce que je n'ai pas vraiment le plan de Paris en tête 😊. Le jour de notre arrivée par ex., je pensais faire la croisière pour avoir un 1er aperçu de Paris, puis monter sur la Tour Eiffel puisque c'est de là que partent les bateaux et je ne sais pas si on a encore le temps de faire le musée du quai Branly.

Merci d'avance pour vos réponses !

Claire -
Florence: lieux à voir en priorité? English translation pending
by Nicefrance · 2009-07-12 · 4 replies
Bonjour cette fois je pars 3 jours à Florence (car et hôtel réservés) mais sans guide. Alors je voudrais vous poser quelques questions SVP. Que faut-il voir en priorité : palais Pitti, galerie des Offices, il duomo cad la cathédrale (et monter vaut-il le coup ?) et le baptistère, le campanile, le vieux palais, le Bargello, le musée archéologique, la synagogue, l'église russe, l'esplanade Michel Ange, le palais Médicis, quelles églises sont les plus belles, le jardin de Boboli ? Merci de bien vouloir m'indiquer aussi si vous pouvez le prix d'entrée de tous ces lieux car il paraît que c'est assez cher.
Hôtel ou gîte pas cher à Paris? English translation pending
by Lisylvain · 2008-01-14 · 3 replies
bonjour mon nom est lise

ma soeur lucie va etre a paris vers le 20 avril 2008

elle aimerais passer deux jour a paris. aimerais trouver une hotel

pas trop cher, pas trop loin de la tour eiffel.

merci a vous tous😎
Cherche hôtel pas trop cher proche de DisneyLand Paris? English translation pending
by Alexandre867 · 2007-08-12 · 26 replies
Bonjour,

Recherche un hôtel pas trop cher proche de DisneyLand Paris?

Nous serons en voiture, donc ce n'est pas un problème.

Par exemple, Torcy, Lognes, Val d'europe, etc...

Merci de votre aide.

Alexandre
Toscane en octobre (Italie) English translation pending
by Squad · 2004-07-27 · 2 replies
Bonjour,

j'envisage un petit périple en Toscane à l'arrière-saison. Tous les renseignements m'intéressent: sites, hébergements, restos, bons plans...

D'avance merci
Venice: Organizing visits with the Museum Pass issue
by Aleria31 · 2025-09-28 · 2 replies
This year, I’ve decided—I’m heading to Venice with my 12-year-old daughter between October 23rd and 28th. Despite my research, I still can’t figure out how the Museum Pass works. I bought it thinking it would give us easier access to some must-see spots. Now, I’m reading that we need to make a specific time reservation for each museum. When I try to do that, all I can do is pay for our entry tickets *again*. This is the case for the Doge’s Palace, the Campanile, St. Mark’s Basilica, and the Peggy Guggenheim Collection.

An email to the tourist office didn’t get a helpful response. So now, I’m too nervous to even book a transport pass in advance!!!

If anyone could shed some light on this, it would be amazing.
Parking, vaporetto et sites pour 4 jours à Venise English translation pending
by Papillon83 · 2020-02-05 · 18 replies
bonjour

j'aimerais avoir des conseils pour les déplacements à venise

d'abord quel est le parking le plus avantageux au niveau tarif et distance près de venise

si on arrive le jeudi vers midi et on repart le dimanche vers midi est il intéressant de prendre le forfait vaporetto pour 72h ?

pensez vous qu'on a le temps de visiter burano sur ce séjour sans courir ? sachant que nous ne ferons pas les musées , nous visiterons juste la basilique le campanile et peut être le palais ducal ? avez des conseils de visites particulières ?

merci bonne journée
Parking pour 12 nuits à Roissy et une nuit à l'hôtel le premier soir English translation pending
by Anthony44040 · 2018-12-17 · 4 replies
Bonsoir,

Je suis à la recherche d un hôtel pour une nuit en février 2019 à roissy avec parking pour 12 jours. J ai trouvé un prestataire residhome. Connaissez vous d autres prestataire.

Merci de me les envoyer en mp

Bonne soirée

Cordialement

Anthony
Les immanquables à Venise et Milan en 4 jours English translation pending
by Hdghay · 2016-09-20 · 7 replies
Bonjour, Je compte passer deux jours à Venise et deux jours à Milan. Je souhaite savoir quels sont les monuments et activités à ne pas manquer sachant que je voyagerai avec ma femme et notre bébé de 10 mois. Merci d'avance.
Que voir pour 3 jours 1/2 à Venise English translation pending
by Calypso494 · 2016-03-19 · 6 replies
Bonjour,

Je pars fin avril pour 4 nuits à Venise, notre hôtel se trouve sur l'ile du lido de Venise car le prix était moins élevé. merci de m'aider pour faire mon programme. Nous serons deux. Que visiter en priorité, quels pass faut il prende pour les musées ou autres visites et aussi pour le vaporetto. Faut il rester sur Venise ou visiter une ou deux iles en plus ? je vous remercie par avance de m'aider car je ne suis jamais allée en Italie. calypso
Hôtel dans le centre-ville de Nantes English translation pending
by Torrens1988 · 2016-02-15 · 7 replies
bonjour

désirant passer 4 jours a Nantes 44 vers la mi avril je recherche un hôtel : bon rapport qualité prix dans le centre ville

je ne recherche pas systématiquement le moins cher mais surtout bien situé dans le centre et offrant des prestations corrects

merci d avance pour vos conseils

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