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Remorque Cyclone de Radical Design: mon retour d'expérience English translation pending
Bonjour,
De retour de 4 jours d’un trajet La Rochelle / Sables d’Olonnes / Pouzauge / Parthenay / Poitiers. Le jeu était d’éviter un maximum les grands axes de circulation et de choisir systématiquement les chemins vicinaux et autres toutes petites routes perdues du bocage. L’aspect kilométrique ne comptait pas.
Le but : tester la remorque Radical Design dont j’ai fait l’acquisition il y a quelques semaines, dans des conditions « opérationnelles » identiques à ce que seront des randos plus longues (France / proche Europe) à venir.
Cette remorque remplace 2 portes bagages AV / AR et 5 sacoches pour des raisons de limitation de volume et de praticité de transport. Le poids total tracté (remorque + contenu) était de 24, 5 kg. C’est beaucoup mais c’était aussi volontaire. Dans l’avenir, je reverrai certains objets et contenants pour gagner 2 à 3 kg. Cela m’a permis de voyager en totale autonomie (hébergement / nourriture du soir / petit déjeuner) et aussi dans un relatif confort, toujours bienvenue à la fin de 7 heures de route !
Voici donc mon avis personnel (qui ne sera peut-être pas celui de quelqu’un d’autre) tiré de 4 jours sur un parcours venté (!) et vallonné, à raison de 100 à 110 km quotidiens :
AVANTAGES :
- Volume : la capacité totale interne est de 100 litres, c’est franchement énorme mais j’ai quand même trouvé le moyen de les utiliser. Il suffit dêtre organisé avec les affaires rangées dans des petites housses Nylon correspondantes à un usage particulier. On trouve tout très vite.
- Compacité : une fois fermé, le sac est « clean », pas de bazar qui dépasse de tous les côtés. Une housse étanche avec coutures thermosoudées est disponible pour recouvrir intégralement la remorque (option payante) car le Cordura 1000 est perméable à la pluie battante à longue.
- Stabilité : le centre de gravité est très bas, la remorque est profilée donc très stable et offre une prise au vent de face et latérale très réduite par rapport aux sacoches.
- Confort de roulement : à ma grande surprise, le silence est total, au point que dans certains cas, je me suis surpris à vérifier si la remorque était toujours là ! Sur du plat une fois lancé, on l’oublie complètement.
- Praticité : les roues et le timon se démontent en quelques instants, on peut porter le « sac » à l’épaule grâce à la bretelle, où passer les roues en position « caddie » pour un remorquage à la main (voir photos sur le site de Radical). Lors d'un transport en train (TER), on peut accrocher verticalement le vélo dans le local prévu à cet effet, et poser la remorque debout à côté. Chose difficilement réalisable avec 5 sacoches lorsqu'on est seul ! Idem sur le quai d'une gare où dans une rue, le vélo tenu par la potence dans une main, la remorque en position "caddie" dans l'autre et le tour est joué en moins d'une minute.
- Accrochage /décrochage hyper rapide : pas plus de 5 secondes, remorque chargée ou pas. Aucune influence sur le cadre, quelque soit la position de la remorque par rapport au vélo, contrairement à la BOB.
- Qualité : tout respire la qualité : choix des matériaux, coutures, assemblages du châssis, système d’accroche, roues. C’est fait de manière quasi artisanale par cette PME en Hollande, on est loin des produits de masse Made in China.
INCONVENIENTS :
- Petits détails à revoir : dès l’examen à l’ouverture du carton, j’ai trouvé des choses qui clochent. Le fond par exemple, est simplement constitué de la double toile Cordura « tendue » sur le châssis en aluminium. Ce qui fait que la charge « bombe » l’ensemble vers le bas, ça m’a inquiété. J’ai résolu le problème en découpant un panneau en carton-mousse rigide à la forme du châssis, que j’ai ensuite glissé entre les deux toiles, en appui sur le cadre. Pour 350 gr en plus, l’avantage est considérable. La housse (option payante) n’est pas fournie avec un cordon de serrage, donc lorsque la remorque n’est pas complètement chargée, elle a tendance à flotter au vent et donc à passer dans les rayons. J’ai du insérer un élastique (pour piquets de tente) pour remédier au problème.Il y a de petites entretoises sur l'axe des roues (bout de tube plastique) qui se perdent très facilement lorsque ces dernières sont démontées. Malgré les avertissements d'un ami (merci Arnaud !) j'ai trouvé le moyen d'en perdre une dès la descente du train, ce qui m'a obligé à un bricolage de fortune avant dêtre dépanné par un garagiste à l'aide d'un vieux bout de tuyau d'arrosage... Pour le prix, Radical pourrait en fournir un petit stock de rechange.
- Traction : c’est clair, en montée, il y a une sensation d’être « tiré en arrière » par rapport à un vélo compact avec porte-bagages classiques.
- Prix : chacun ses moyens mais à 410 Euros prix catalogue et hors port (je me suis rapproché d’un autre participant du Forum qui souhaitait la même pour grouper nos achats et heureusement bénéficier d’une réduction), c’est un investissement très conséquent, qu’il faut faire –à mon avis- dans l’optique d’une utilisation sur de nombreuses années à venir.
- Usage limité hors goudron : on peut sans problème utiliser des petits chemins roulants, à condition que le sol ne soit pas trop meuble et que la surface de roulage face un minimum de 90 cm de large. Par contre, ce n’est pas fait pour du « single » monotrace comme une BOB.
COMPORTEMENT ROUTIER :
C’était mon inquiétude, j’ai lu tout et n’importe quoi au sujet des remorques 2 roues donc j’avais hâte de tester par moi-même.
- sur le plat : sans vent et sauf au démarrage, franchement la remorque s’oublie au bout de quelques instants. Les manœuvres se font bien plus facilement qu’avec un vélo chargé de bagages. On peut sans problème donner un coup de guidon pour éviter un obstacle au dernier moment sans risquer de se prendre une gamelle (je suis tombé plusieurs fois dans le passé dans ces conditions) à cause du poids et de l’inertie sur le cadre. La stabilité au vent latérale est exemplaire. Vitesse moyenne de 20 / 22 km/h.
- En montée : c’est clair, la remorque se fait sentir. Je suis un cycliste moyen (sorties VTT 2 fois par semaine), le résultat sur une petite côte est une moyenne de 12 à 14 km /heure, sur une « bosse » raide, je suis tombé à 8 km/h, voir moins (c’était en fin de journée…). Il faut mouliner un maximum, un peu comme sur un VTT tout suspendu. Par contre, pour le passage d’un petit « coup de cul », il est tout à fait possible de se mettre quelques instants en danseuse, chose impossible avec un vélo chargé (casse gueule au possible et risque d’abîmer le cadre).
- En descente : c’est vraiment le fun ! Chargée, la remorque est très stable et permet de la vitesse sans aucun risque (relatif). Mon record est de 62 km/h, le système d’accroche au vélo permet des prises d’angles fortement inclinés dans les virages, tout en contrôlant parfaitement le vélo entre les jambes (ce qui était très dangereux voir impossible à ces vitesses avec les sacoches).
CONCLUSION : bien que de courte durée, je pense avoir exploré un maximum les possibilités de cette remorque (hormis la haute montagne mais ce n’est pas non plus mon objectif). Sans compter le facteur « attractivité » : clairement, c’est un équipement qui attire l’attention des badauds comme de certains autres cyclistes randonneurs (les moule-burnes / mollets rasés concentrés sur leur compteur ne daignent même pas vous accorder un regard, mais ça on a l’habitude..). J’ai eu droit à mon lot d’exclamations étonnées et de questions... Si vous êtes du genre névrosé et renfermé sur vous-même, ce n’est peut être pas l’équipement qu’il vous faut !
Bref, je ne regrette vraiment pas cet achat et j’espère qu’il m’accompagnera loin et longtemps !
Site du fabricant :

h


http://img147.echo.cx/img147/8397/cimg12056zd.jpg (système de béquille "maison" que j'utilise depuis plusieurs années. 3 sections de piquets de tente en fibre de verre, un vieil embout en caoutchouc de Camelbak pour empêcher de glisser du point d'appui, elle se positionne à volonté selon la nature du terrain, se déplie d'un seul geste du poignet façon " Daredevil " 😉 et ne prend aucune place repliée en 3 dans la pochette latérale du sac à dos. Le poids est bien sur minime.)
@+
B&R
De retour de 4 jours d’un trajet La Rochelle / Sables d’Olonnes / Pouzauge / Parthenay / Poitiers. Le jeu était d’éviter un maximum les grands axes de circulation et de choisir systématiquement les chemins vicinaux et autres toutes petites routes perdues du bocage. L’aspect kilométrique ne comptait pas.
Le but : tester la remorque Radical Design dont j’ai fait l’acquisition il y a quelques semaines, dans des conditions « opérationnelles » identiques à ce que seront des randos plus longues (France / proche Europe) à venir.
Cette remorque remplace 2 portes bagages AV / AR et 5 sacoches pour des raisons de limitation de volume et de praticité de transport. Le poids total tracté (remorque + contenu) était de 24, 5 kg. C’est beaucoup mais c’était aussi volontaire. Dans l’avenir, je reverrai certains objets et contenants pour gagner 2 à 3 kg. Cela m’a permis de voyager en totale autonomie (hébergement / nourriture du soir / petit déjeuner) et aussi dans un relatif confort, toujours bienvenue à la fin de 7 heures de route !
Voici donc mon avis personnel (qui ne sera peut-être pas celui de quelqu’un d’autre) tiré de 4 jours sur un parcours venté (!) et vallonné, à raison de 100 à 110 km quotidiens :
AVANTAGES :
- Volume : la capacité totale interne est de 100 litres, c’est franchement énorme mais j’ai quand même trouvé le moyen de les utiliser. Il suffit dêtre organisé avec les affaires rangées dans des petites housses Nylon correspondantes à un usage particulier. On trouve tout très vite.
- Compacité : une fois fermé, le sac est « clean », pas de bazar qui dépasse de tous les côtés. Une housse étanche avec coutures thermosoudées est disponible pour recouvrir intégralement la remorque (option payante) car le Cordura 1000 est perméable à la pluie battante à longue.
- Stabilité : le centre de gravité est très bas, la remorque est profilée donc très stable et offre une prise au vent de face et latérale très réduite par rapport aux sacoches.
- Confort de roulement : à ma grande surprise, le silence est total, au point que dans certains cas, je me suis surpris à vérifier si la remorque était toujours là ! Sur du plat une fois lancé, on l’oublie complètement.
- Praticité : les roues et le timon se démontent en quelques instants, on peut porter le « sac » à l’épaule grâce à la bretelle, où passer les roues en position « caddie » pour un remorquage à la main (voir photos sur le site de Radical). Lors d'un transport en train (TER), on peut accrocher verticalement le vélo dans le local prévu à cet effet, et poser la remorque debout à côté. Chose difficilement réalisable avec 5 sacoches lorsqu'on est seul ! Idem sur le quai d'une gare où dans une rue, le vélo tenu par la potence dans une main, la remorque en position "caddie" dans l'autre et le tour est joué en moins d'une minute.
- Accrochage /décrochage hyper rapide : pas plus de 5 secondes, remorque chargée ou pas. Aucune influence sur le cadre, quelque soit la position de la remorque par rapport au vélo, contrairement à la BOB.
- Qualité : tout respire la qualité : choix des matériaux, coutures, assemblages du châssis, système d’accroche, roues. C’est fait de manière quasi artisanale par cette PME en Hollande, on est loin des produits de masse Made in China.
INCONVENIENTS :
- Petits détails à revoir : dès l’examen à l’ouverture du carton, j’ai trouvé des choses qui clochent. Le fond par exemple, est simplement constitué de la double toile Cordura « tendue » sur le châssis en aluminium. Ce qui fait que la charge « bombe » l’ensemble vers le bas, ça m’a inquiété. J’ai résolu le problème en découpant un panneau en carton-mousse rigide à la forme du châssis, que j’ai ensuite glissé entre les deux toiles, en appui sur le cadre. Pour 350 gr en plus, l’avantage est considérable. La housse (option payante) n’est pas fournie avec un cordon de serrage, donc lorsque la remorque n’est pas complètement chargée, elle a tendance à flotter au vent et donc à passer dans les rayons. J’ai du insérer un élastique (pour piquets de tente) pour remédier au problème.Il y a de petites entretoises sur l'axe des roues (bout de tube plastique) qui se perdent très facilement lorsque ces dernières sont démontées. Malgré les avertissements d'un ami (merci Arnaud !) j'ai trouvé le moyen d'en perdre une dès la descente du train, ce qui m'a obligé à un bricolage de fortune avant dêtre dépanné par un garagiste à l'aide d'un vieux bout de tuyau d'arrosage... Pour le prix, Radical pourrait en fournir un petit stock de rechange.
- Traction : c’est clair, en montée, il y a une sensation d’être « tiré en arrière » par rapport à un vélo compact avec porte-bagages classiques.
- Prix : chacun ses moyens mais à 410 Euros prix catalogue et hors port (je me suis rapproché d’un autre participant du Forum qui souhaitait la même pour grouper nos achats et heureusement bénéficier d’une réduction), c’est un investissement très conséquent, qu’il faut faire –à mon avis- dans l’optique d’une utilisation sur de nombreuses années à venir.
- Usage limité hors goudron : on peut sans problème utiliser des petits chemins roulants, à condition que le sol ne soit pas trop meuble et que la surface de roulage face un minimum de 90 cm de large. Par contre, ce n’est pas fait pour du « single » monotrace comme une BOB.
COMPORTEMENT ROUTIER :
C’était mon inquiétude, j’ai lu tout et n’importe quoi au sujet des remorques 2 roues donc j’avais hâte de tester par moi-même.
- sur le plat : sans vent et sauf au démarrage, franchement la remorque s’oublie au bout de quelques instants. Les manœuvres se font bien plus facilement qu’avec un vélo chargé de bagages. On peut sans problème donner un coup de guidon pour éviter un obstacle au dernier moment sans risquer de se prendre une gamelle (je suis tombé plusieurs fois dans le passé dans ces conditions) à cause du poids et de l’inertie sur le cadre. La stabilité au vent latérale est exemplaire. Vitesse moyenne de 20 / 22 km/h.
- En montée : c’est clair, la remorque se fait sentir. Je suis un cycliste moyen (sorties VTT 2 fois par semaine), le résultat sur une petite côte est une moyenne de 12 à 14 km /heure, sur une « bosse » raide, je suis tombé à 8 km/h, voir moins (c’était en fin de journée…). Il faut mouliner un maximum, un peu comme sur un VTT tout suspendu. Par contre, pour le passage d’un petit « coup de cul », il est tout à fait possible de se mettre quelques instants en danseuse, chose impossible avec un vélo chargé (casse gueule au possible et risque d’abîmer le cadre).
- En descente : c’est vraiment le fun ! Chargée, la remorque est très stable et permet de la vitesse sans aucun risque (relatif). Mon record est de 62 km/h, le système d’accroche au vélo permet des prises d’angles fortement inclinés dans les virages, tout en contrôlant parfaitement le vélo entre les jambes (ce qui était très dangereux voir impossible à ces vitesses avec les sacoches).
CONCLUSION : bien que de courte durée, je pense avoir exploré un maximum les possibilités de cette remorque (hormis la haute montagne mais ce n’est pas non plus mon objectif). Sans compter le facteur « attractivité » : clairement, c’est un équipement qui attire l’attention des badauds comme de certains autres cyclistes randonneurs (les moule-burnes / mollets rasés concentrés sur leur compteur ne daignent même pas vous accorder un regard, mais ça on a l’habitude..). J’ai eu droit à mon lot d’exclamations étonnées et de questions... Si vous êtes du genre névrosé et renfermé sur vous-même, ce n’est peut être pas l’équipement qu’il vous faut !
Bref, je ne regrette vraiment pas cet achat et j’espère qu’il m’accompagnera loin et longtemps !
Site du fabricant :


h



http://img147.echo.cx/img147/8397/cimg12056zd.jpg (système de béquille "maison" que j'utilise depuis plusieurs années. 3 sections de piquets de tente en fibre de verre, un vieil embout en caoutchouc de Camelbak pour empêcher de glisser du point d'appui, elle se positionne à volonté selon la nature du terrain, se déplie d'un seul geste du poignet façon " Daredevil " 😉 et ne prend aucune place repliée en 3 dans la pochette latérale du sac à dos. Le poids est bien sur minime.)
@+
B&R
Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) English translation pending
Je souhaiterais partager avec vous un bref compte rendu de mon expérience lors de mon voyage au Tibet en novembre de 2011. Pourquoi si tard? Je ne suis pas adepte de comptes rendus de voyage, mais il me semble nécessaire de prendre du temps de faire profiter à d'autres voyageurs de mon expérience, mes conseils, mes recommandations, du fait des nombreuses interrogations suscitées par la complexité de voyager au "Pays des Neiges." J'ai eu moi même beaucoup de mal à trouver une agence fiable, bon marché, basée au Tibet et administrée 100% par des tibétains. Je n'ai d'ailleurs pas trouvé d'information très fiable sur le forum pour construire mon voyage, il me semble donc juste de pouvoir faire profiter même très tardivement au forumistes qui souhaitent découvrir cette merveilleuse région du globe.
Le plateau tibétain, situation géographique et géopolitiques
Le plateau tibétain est un immense plateau qui s'étend entre les Monts Kunlun, au Nord, le Karakoram, à l'Ouest, et l'Himalaya au Sud. L'est du Tibet est constitué de nombreuses chaînes chaotiques entre lesquelles s’engouffrent les plus grand fleuves d'Asie de l'Est et du Sud-Est: Mékong, Yang Tse Kiang, Salouen, Irrawady. Il est s'est formé par la collision de la plaque Indienne et de la plaque eurasienne. Son altitude varie considérablement selon la région: les vallées du Tsang sont situées à moins de 4000 mètres d'altitude, alors que les grandes étendues de l'Est et du Nord (Ngari, Chang Tang) s'élèvent à plus de 4500 mètres. Le plateau Aksai Chin aujourd'hui sous dominion chinois atteint même des altitudes de plus de 5500 mètres. La zone du canyon de la Sutlej ou Zanda - Tsamda, dans lequel s'est développé le mythique royaume de Gugé, est pour sa part située un peu plus bas que les hauts plateaux au pied du Kailash (3700 mètres), tout comme les grands espaces de l'Amdo, connus pour ses grandes plaines verdoyantes l'été (3000 mètres).

Le Tibet est littéralement le château d'eau de l'Asie, nécessaire à la survie de plus de 2 milliards d'êtres humains. Outre les fleuves cités plus haut, qui s'écoulent tous vers le Sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est, l'Indus, la Sutlej et le Bhramapoutre prennent tous leurs sources dans les plaines situées au Nord de la chaîne de l'Himalaya, traversent parfois des centaines de kilomètres le long des failles géologiques, avant de franchir les plus hautes chaînes montagneuses du monde à travers des gorges vertigineuses avant de rejoindre les grandes plaines du sous continent indien.

L'immensité du haut plateau fait que le Tibet comprend des paysages et des climats très diversifiés. Les plateaux de l'Amdo connaissent une saison de pluies abondantes l'été et des précipitations fréquentes hors de la saison, transformant ces hautes plaines en de grands pâturages où paissent de grands troupeaux de yaks notamment autour de Labrang, et s'étendant en partie sur le Gansu, le Nord du Sichuan et la partie Nord-Est de l'immense Qinghai. La région Ü-Tsang est constituée de massifs et de chaînes arrondies et entrecoupées par de vastes vallées arrosées durant l'été, la mousson traversant l'Himalaya jusqu'au début de l'automne (octobre, même si les "queues" de mousson se produisent maintenant parfois encore plus tard dans la saison). L'automne est une superbe saison pour la lumière, les températures n'ayant pas encore chuté, et le ciel souvent bien bleu pour le plus grand plaisir des photographes. Au contraire, l'été est très pluvieux, et connaît souvent de grandes crues dans la vallée du Yarlung Tsangpo connu comme le Bhramapoutre lorsqu'il arrive dans l'état indien de l'Assam après avoir franchi l'Himalaya au pied de la Namcha Barwa. Du fait de sa latitude très méridionale, Lhasa est une ville aux températures plutôt chaudes l'été, ayant même des températures plus clémentes que la glaciale Pékin en hiver, bien loin des clichés. En revanche, les grandes étendues du Ngari, du Chang Tang et la région des lacs est une terre inhospitalière qui connaît des températures glaciales durant une grande partie de l'année. Le Chang Tang et le Nord-Ouest du Qinghai sont traversés par un grand plateau désertique enneigé une grande partie de l'année et abritant de grandes populations d'antilopes et de gazelles tibétaines, et même les derniers yaks sauvages. Il n'est pas rare d'observer des loups tibétains lors du voyage en train entre Xining et Naqchu, suivant la grand migration des antilopes vers la réserve de Kekexili. La cuvette de Gugé est un monde minéral bien particulier qui connaît également la moisson en été et des températures plus chaudes l'automne et l'hiver. Le pays Podpa est très arrosé l'été et connaît même un climat subtropicale, abritant de grandes forêts malheureusement surexploitées par les chinois, juste au Nord de la Grande Boucle du Yarlung Tsangpo, au fond de la plus haute gorge au monde. Enfin, le Kham qui est entièrement situé dans la région administrative du Sichuan, est la partie la plus pluvieuse du Tibet, entrecoupée de larges vallées partiellement boisé par de belles forêts de conifères, et des forêts subtropicales de bambous dans les piémonts à son extrême Est.
Il faut d'ailleurs bien distinguer l'entité culturelle et géographique du Tibet de la Province administrative du Tibet ou TAR (acronyme pour Tibet Autonomous Region), cœur de la civilisation tibétaine dans laquelle se trouvent les grandes villes Lhasa, Gyantse ou encore Shigatse en rapide processus de sinisation. Siège de grandes transformations culturelles, c'est aussi une zone de grandes ressources minières dont l'exploitation devrait s’accélérer avec le développement de la voie ferrée. Elle est le lieu de grands changement démographiques et culturels, avec la colonisation des peuples Han ou sinisation, et oubli de la culture monastique et plus globalement tibétaine sous l'effet de programmes de sinisation massifs orchestrés par le Gouvernement central de Pékin. Autour, les parties tibétaines des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu ont pour le moment réussi à préserver leur culture et traditions millénaires, c'est à mon sens le but de tout voyageur désirant découvrir le vrai Tibet aux traditions souvent encore intactes, Lhasa étant la destination de voyageurs souhaitant plutôt connaître le patrimoine et la richesse exceptionnelle du Tibet historique qui ont fleuri durant la main-mise des ordres Sakyapas puis surtout Gelugpa.

Je souhaiterais d'ailleurs rappeler à tous voyageurs que si les zones tibétaines du Sichuan, Qinghai et Gansu souffrent parfois de fermetures au tourisme sans préavis de l’administration chinoise, ce sont pas des zones à l'accès limité au contraire de la province administrative du Tibet ou TAR, où sévissent les contraintes sous forme de permis contraignants. Il est donc tout à fait possible de visiter les vastes régions tibétaines du Kham et de l'Amdo depuis Kunming, Chengdu ou encore Lanzhou ou Xining, sans devoir incorporer un groupe de même nationalité et autres formalités décourageantes pour le touriste désireux de se rendre au Tibet.
Voici quelques photos des différentes régions culturelles du Tibet:
L'Amdo (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)




Je vous invite à découvrir également l'album de mon ami David Ducoin, guide conférencier spécialiste du Tibet et de l'Himalaya, qui accompagne de nombreux voyages chez l'agence de trekking Allibert: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157622933215210/ David cherche chaque année à construire de nouveaux itinéraires innovants, dans des régions en dehors des sentiers battus.
Le Kham (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)



Les albums de David son éloquents, le Kham est une région authentique, aux traditions bien vivantes, au contraire du Tibet Central ou Ü-Tsang en fort procesus de sinisation: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157633185430516/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634500911919/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634864963193/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157625651289151/
Le Far Ouest Tibétain (photos personnelles)






Il faut également jeter un œil sur l'album de David sur la Kora du Kailash durant la Saga Dawa: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157630318582852/
Je ne poste pas de photos du Tibet Central ici, étant donné que vous pourrez observer de nombreuses photos de cette région au cours de la lecture de ce récit.
Voici les liens d'images des cartes utilisées dans ce post: http://image.chinatour360.com/map/tibet.jpg http://www.yowangdu.com/...Orgplateaumap_lg.jpg http://tibetantrekking.com/.../Tibet-Map-Large.jpg
Le plateau tibétain, situation géographique et géopolitiques
Le plateau tibétain est un immense plateau qui s'étend entre les Monts Kunlun, au Nord, le Karakoram, à l'Ouest, et l'Himalaya au Sud. L'est du Tibet est constitué de nombreuses chaînes chaotiques entre lesquelles s’engouffrent les plus grand fleuves d'Asie de l'Est et du Sud-Est: Mékong, Yang Tse Kiang, Salouen, Irrawady. Il est s'est formé par la collision de la plaque Indienne et de la plaque eurasienne. Son altitude varie considérablement selon la région: les vallées du Tsang sont situées à moins de 4000 mètres d'altitude, alors que les grandes étendues de l'Est et du Nord (Ngari, Chang Tang) s'élèvent à plus de 4500 mètres. Le plateau Aksai Chin aujourd'hui sous dominion chinois atteint même des altitudes de plus de 5500 mètres. La zone du canyon de la Sutlej ou Zanda - Tsamda, dans lequel s'est développé le mythique royaume de Gugé, est pour sa part située un peu plus bas que les hauts plateaux au pied du Kailash (3700 mètres), tout comme les grands espaces de l'Amdo, connus pour ses grandes plaines verdoyantes l'été (3000 mètres).

Le Tibet est littéralement le château d'eau de l'Asie, nécessaire à la survie de plus de 2 milliards d'êtres humains. Outre les fleuves cités plus haut, qui s'écoulent tous vers le Sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est, l'Indus, la Sutlej et le Bhramapoutre prennent tous leurs sources dans les plaines situées au Nord de la chaîne de l'Himalaya, traversent parfois des centaines de kilomètres le long des failles géologiques, avant de franchir les plus hautes chaînes montagneuses du monde à travers des gorges vertigineuses avant de rejoindre les grandes plaines du sous continent indien.

L'immensité du haut plateau fait que le Tibet comprend des paysages et des climats très diversifiés. Les plateaux de l'Amdo connaissent une saison de pluies abondantes l'été et des précipitations fréquentes hors de la saison, transformant ces hautes plaines en de grands pâturages où paissent de grands troupeaux de yaks notamment autour de Labrang, et s'étendant en partie sur le Gansu, le Nord du Sichuan et la partie Nord-Est de l'immense Qinghai. La région Ü-Tsang est constituée de massifs et de chaînes arrondies et entrecoupées par de vastes vallées arrosées durant l'été, la mousson traversant l'Himalaya jusqu'au début de l'automne (octobre, même si les "queues" de mousson se produisent maintenant parfois encore plus tard dans la saison). L'automne est une superbe saison pour la lumière, les températures n'ayant pas encore chuté, et le ciel souvent bien bleu pour le plus grand plaisir des photographes. Au contraire, l'été est très pluvieux, et connaît souvent de grandes crues dans la vallée du Yarlung Tsangpo connu comme le Bhramapoutre lorsqu'il arrive dans l'état indien de l'Assam après avoir franchi l'Himalaya au pied de la Namcha Barwa. Du fait de sa latitude très méridionale, Lhasa est une ville aux températures plutôt chaudes l'été, ayant même des températures plus clémentes que la glaciale Pékin en hiver, bien loin des clichés. En revanche, les grandes étendues du Ngari, du Chang Tang et la région des lacs est une terre inhospitalière qui connaît des températures glaciales durant une grande partie de l'année. Le Chang Tang et le Nord-Ouest du Qinghai sont traversés par un grand plateau désertique enneigé une grande partie de l'année et abritant de grandes populations d'antilopes et de gazelles tibétaines, et même les derniers yaks sauvages. Il n'est pas rare d'observer des loups tibétains lors du voyage en train entre Xining et Naqchu, suivant la grand migration des antilopes vers la réserve de Kekexili. La cuvette de Gugé est un monde minéral bien particulier qui connaît également la moisson en été et des températures plus chaudes l'automne et l'hiver. Le pays Podpa est très arrosé l'été et connaît même un climat subtropicale, abritant de grandes forêts malheureusement surexploitées par les chinois, juste au Nord de la Grande Boucle du Yarlung Tsangpo, au fond de la plus haute gorge au monde. Enfin, le Kham qui est entièrement situé dans la région administrative du Sichuan, est la partie la plus pluvieuse du Tibet, entrecoupée de larges vallées partiellement boisé par de belles forêts de conifères, et des forêts subtropicales de bambous dans les piémonts à son extrême Est.
Il faut d'ailleurs bien distinguer l'entité culturelle et géographique du Tibet de la Province administrative du Tibet ou TAR (acronyme pour Tibet Autonomous Region), cœur de la civilisation tibétaine dans laquelle se trouvent les grandes villes Lhasa, Gyantse ou encore Shigatse en rapide processus de sinisation. Siège de grandes transformations culturelles, c'est aussi une zone de grandes ressources minières dont l'exploitation devrait s’accélérer avec le développement de la voie ferrée. Elle est le lieu de grands changement démographiques et culturels, avec la colonisation des peuples Han ou sinisation, et oubli de la culture monastique et plus globalement tibétaine sous l'effet de programmes de sinisation massifs orchestrés par le Gouvernement central de Pékin. Autour, les parties tibétaines des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu ont pour le moment réussi à préserver leur culture et traditions millénaires, c'est à mon sens le but de tout voyageur désirant découvrir le vrai Tibet aux traditions souvent encore intactes, Lhasa étant la destination de voyageurs souhaitant plutôt connaître le patrimoine et la richesse exceptionnelle du Tibet historique qui ont fleuri durant la main-mise des ordres Sakyapas puis surtout Gelugpa.

Je souhaiterais d'ailleurs rappeler à tous voyageurs que si les zones tibétaines du Sichuan, Qinghai et Gansu souffrent parfois de fermetures au tourisme sans préavis de l’administration chinoise, ce sont pas des zones à l'accès limité au contraire de la province administrative du Tibet ou TAR, où sévissent les contraintes sous forme de permis contraignants. Il est donc tout à fait possible de visiter les vastes régions tibétaines du Kham et de l'Amdo depuis Kunming, Chengdu ou encore Lanzhou ou Xining, sans devoir incorporer un groupe de même nationalité et autres formalités décourageantes pour le touriste désireux de se rendre au Tibet.
Voici quelques photos des différentes régions culturelles du Tibet:
L'Amdo (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)




Je vous invite à découvrir également l'album de mon ami David Ducoin, guide conférencier spécialiste du Tibet et de l'Himalaya, qui accompagne de nombreux voyages chez l'agence de trekking Allibert: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157622933215210/ David cherche chaque année à construire de nouveaux itinéraires innovants, dans des régions en dehors des sentiers battus.
Le Kham (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)



Les albums de David son éloquents, le Kham est une région authentique, aux traditions bien vivantes, au contraire du Tibet Central ou Ü-Tsang en fort procesus de sinisation: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157633185430516/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634500911919/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634864963193/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157625651289151/
Le Far Ouest Tibétain (photos personnelles)






Il faut également jeter un œil sur l'album de David sur la Kora du Kailash durant la Saga Dawa: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157630318582852/
Je ne poste pas de photos du Tibet Central ici, étant donné que vous pourrez observer de nombreuses photos de cette région au cours de la lecture de ce récit.
Voici les liens d'images des cartes utilisées dans ce post: http://image.chinatour360.com/map/tibet.jpg http://www.yowangdu.com/...Orgplateaumap_lg.jpg http://tibetantrekking.com/.../Tibet-Map-Large.jpg
Mer des Caraïbes avec transat retour Costa Mediterranea, mars 2014 English translation pending
Bonjour à tous,
La première discussion ouverte étant un peu confuse avec les différents changements de Costa sur cette croisière, j'ouvre cette nouvelle discussion en espérant qu'il n'y aura plus de changement !
Réservation faite donc pour la croisière à bord du Mediterranea départ le 14 mars
1 Guadeloupe (Antilles) - 23:59 2 Antigua (Antilles) 12:00 18:00 3 … Plaisirs en mer … - - 4 Grenade (Antilles) 09:00 18:00 5 Barbados (Antilles) 08:00 18:00 6 St. Lucia (Antilles) 08:00 18:00 7 Martinique (Antilles) 08:00 18:00 8 Guadeloupe (Antilles) 08:00 23:59 9 St.Martin (Antilles Néerlandaises) 13:00 23:00 10 Tortola (Iles Vierges Britanniques) 08:00 17:00 11 St. Kitts (AntilleS) 09:00 17:00 12 Roseau (Dominique) 08:00 18:00 13 … Plaisirs en mer … - - 14 … Plaisirs en mer … - - 15 … Plaisirs en mer … - - 16 … Plaisirs en mer … - - 17 … Plaisirs en mer … - - 18 … Plaisirs en mer … - - 19 Santa Cruz De Tenerife (Canaries) 09:00 17:00 20 … Plaisirs en mer … - - 21 Gibraltar (Royaume-Uni) 12:00 18:00 22 … Plaisirs en mer … - - 23 Marseille (France) 13:00
La première discussion ouverte étant un peu confuse avec les différents changements de Costa sur cette croisière, j'ouvre cette nouvelle discussion en espérant qu'il n'y aura plus de changement !
Réservation faite donc pour la croisière à bord du Mediterranea départ le 14 mars
1 Guadeloupe (Antilles) - 23:59 2 Antigua (Antilles) 12:00 18:00 3 … Plaisirs en mer … - - 4 Grenade (Antilles) 09:00 18:00 5 Barbados (Antilles) 08:00 18:00 6 St. Lucia (Antilles) 08:00 18:00 7 Martinique (Antilles) 08:00 18:00 8 Guadeloupe (Antilles) 08:00 23:59 9 St.Martin (Antilles Néerlandaises) 13:00 23:00 10 Tortola (Iles Vierges Britanniques) 08:00 17:00 11 St. Kitts (AntilleS) 09:00 17:00 12 Roseau (Dominique) 08:00 18:00 13 … Plaisirs en mer … - - 14 … Plaisirs en mer … - - 15 … Plaisirs en mer … - - 16 … Plaisirs en mer … - - 17 … Plaisirs en mer … - - 18 … Plaisirs en mer … - - 19 Santa Cruz De Tenerife (Canaries) 09:00 17:00 20 … Plaisirs en mer … - - 21 Gibraltar (Royaume-Uni) 12:00 18:00 22 … Plaisirs en mer … - - 23 Marseille (France) 13:00
Balades automnales à Majorque English translation pending
Bonjour à tous,
Le récit de notre escapade automnale est en ligne.
Pour le récit illustré, cliquez ici : sibellelaterre

Bonne lecture!
Marie
Majorque Toussaint 2010
Découvrez en images les quelques randonnées effectuées lors d'un court séjour à Majorque (Baléares) fin octobre 2010.
Péninsule d'Alcudia (Lundi 25/10) Après un vol sans histoire sur Ryanair depuis Francfort Hahn, nous sommes arrivés hier à la nuit tombante à la Finca Can Salas Petit, réservée par internet. Nuit très douce dans cette vieille maison rénovée avec goût. Au réveil, nous découvrons le paysage qui nous entoure : on est ravi! Après un fugace arc-en-ciel, il pleut des cordes, temps idéal pour aller faire un ravitaillement au bourg voisin. Les quelques km qui nous séparent du supermarché nous laissent le temps d'observer que le ciel est plus dégagé sur les 2 péninsules du nord de Majorque : Formentor et Acudia. Va pour Alcudia cette fois! La jolie route qui longe la côte nord de la péninsule nous mène jusqu'au phare de Penya Roja : terminus! Au-delà c'est une zone réservée aux militaires... Au nord, on distingue la péninsule de Formentor avec ses massifs inclinés caractéristiques. Le ciel est magnifique avec de bons gros cumulus comme on les aime. La lumière est trop belle, on n'y tient plus et on jette notre dévolu sur la balade la plus proche qui part du parking de l'Ermita de la Victoria (au SE du Cap Gros sur la carte) Nous sommes immédiatement repérés par un matou qui traverse d'une traite le grand parking (il y a un restaurant) et arrive au petit trot pour se faire câliner. Les vacances commencent bien! Le sentier grimpe tranquillement dans la pinède, nous sommes étonnés de trouver une île aussi verte, surtout en cette fin d'été. Le temps se gâte tous azimuts : c'est un festival de nuages qu'on apprécie d'autant mieux que nous sommes encore au soleil! En une heure environ nous parvenons à la Talaia d'Alcudia où se trouve une cabane de surveillance contre les incendies : de ce petit sommet la vue sur la ville d'Alcudia et la Sierra Tramuntana est imprenable! Le tonnerre gronde sur ce massif qui constitue toute la partie ouest de Majorque et où j'ai repéré plusieurs balades. Le soleil se fait de plus en plus rare, illuminant une dernière fois les fonds de la baie de Pollença. Nous sommes entourés d'orages, il est temps de faire demi-tour. En arrivant à la finca, c'est la débandade! Une portée de 4 petits chatons affamés niche dans un tas d'herbe à côté de la maison : cette finca est vraiment parfaite! Soirée crêpe occupée à essayer d'apprivoiser la bande de petits voraces.
Formentor (mardi 26/10) 1er regard en nous levant vers la fenêtre de la cuisine : trop mignons! Les 4 chatons ont dormi là serrés les uns contre les autres. Je sens qu'il ne va pas être facile de décoller ce matin. Ce n'est pas grave car le ciel est encore chargé ce matin et le soleil a bien du mal à se faufiler sous la couche nuageuse. Les petits chats s'enhardissent, c'est l'invasion! Les nuages restent bloqués sur la Sierra Tramuntana, aussi décidons-nous d'aller vers la péninsule de Formentor. Ici aussi la route est très jolie avec d'innombrables vues sur le mer et la montagne et... très très peu d'endroits pour s'arrêter afin d'en profiter un peu. Il y a plein de cyclistes courageux car ça monte et ça descend sans arrêt! De plus, il souffle un vent terrible, complètement saoulant. La mer est magnifique, ça déménage! Nous arrivons enfin au bout de la route au phare de Formentor : il y a pas mal de monde. Je n'ose pas imaginer ce que ça peut donner en été sur cette route tortueuse en cul de sac! Nous n'avons pas trouvé de possibilité de balade dans le coin, dommage. Nous décidons alors d'aller marcher vers Cala Boquer au départ de Port de Pollença : le sentier passe d'abord devant la Finca Boquer puis court dans une jolie vallée (réputée pour ses nombreuses espèces d'oiseaux mais en pleine journée et à cette époque on n'a pas vu grand-chose) ponctuée de roches calcaires et se termine au bord de la mer. Pas mal de monde sur cette rando (plein d'Allemands qui se sentent vraiment chez eux et qui répondent Halo à nos Hola!), à faire plutôt le matin je pense.
La soirée se passe à fabriquer une maison pour les chats avec du carton et du polystyrène trouvés dans une poubelle!
Tour du Puig des Tossals Verds (Mercredi 27/10) Nous sommes ravis, les chatons ont adopté leur nouvelle maison, bien camouflée sous de l'herbe sèche, à l'abri des intempéries. Grand beau temps aujourd'hui, la tramontane a disparu, temps idéal pour aller faire une grande balade autour du Puig des tossals Verds. La route à l'ouest de Pollença est superbe et il nous faut une petite heure pour arriver vers 11h au départ de la rando : le parking du lac de Cuber est déjà complet (on se trouve une petite place avec difficulté. En été...etc...) Nous longeons la rive est du lac, bien bas en cette fin d'été, et jetons un peil au plus haut sommet de l'île, le Puig...Major (1447m, accès ici aussi réservé aux militaires...) Nous longeons une conduite d'adduction d'eau qui se faufile dans plusieurs tunnels (lampe de poche nécessaire), descendons dans une gorge encaissée, avant de tomber sur un petit troupeau d'ânes assez câlins (je pense qu'ils servent à l'entretien du paysage) Nous remontons ensuite vers le refugi Tossals Verds où nous refaisons le plein d'eau (dans ce massif calcaire, il n'y a quasiment pas d'eau) et comme ils ne vendent pas de glaces nous décidons d'aller pique-niquer plus haut afin d'avoir une jolie vue. Il fait très bon, un temps vraiment idéal pour la randonnée. Le sentier muletier grimpe encore, puis nous apercevons un vieil aqueduc, cheminons brièvement le long d'un petit ruisseau (rarissime ici) avant de retrouver une nouvelle conduite qui surplombe le lac de Gorg Blau, 2ème et dernier lac de l'île, artificiel lui aussi) et qui nous accompagnera jusqu'à la fin de la balade. Au retour à la Finca, pêche au chat!
Torrent de Paréis (jeudi 28/10) Ce torrent peut être descendu (en 3 ou 4h) depuis le haut, à partir de Escorca mais 2 raisons me font renoncer à cette idée : - le problème de la navette pour récupérer la voiture, même si un bus part de Sa Calobra vers Escorca théoriquement à 15h. - il a pas mal plus il y a quelques jours et je crains d'être confrontée à des piscines d'eau glacée difficile à franchir sans combinaison néoprène. Bref, nous arrivons à la jolie crique de Sa Calobra après avoir doublé plein de vélos dans la montée vers le col de Cals reis et après nous être fait doubler par quelques vélos kamikazes dans la descente infernale (lacets+++) vers Sa Calobra. Il est 10h30 et il n'y a encore pas grand-monde, chouette! Le torrent se termine pas un petit étang dont le niveau, bien bas, me laisse penser que nous aurions sans doute pu tenter la descente intégrale du torrent. Les surplombs de la falaise calcaire sont ornés de nids d'hirondelles et de stalactites. Par moments le canyon de rétrécit beaucoup, ce doit être un havre de fraîcheur en été. Nous ôtons bien vite nos polaires, réchauffés par quelques passages d'escalade facile. Un figuier opportuniste profite d'une source improbable. A plusieurs reprises, il faut chercher le passage, c'est très ludique. Après environ 1h nous avons franchi (je pense) les passages un peu techniques et la suite semble plus monotone aussi décidons-nous de redescendre. Je regrette un peu de ne pas avoir fait la descente intégrale depuis Escorca : ce jour-là c'était faisable sans mettre le moindre orteil dans l'eau et les difficultés techniques ne sont pas bien terribles. En arrivant à Sa Calobra nous voyons partir le bateau qui dessert le hameau (principalement composé de restaurants) à partir de Soller. Après avoir pris un petit verre au bord de l'eau et nous être acquittés des 13 euro (!) de parking, nous décidons d'aller voir un peu à quoi ressemble la partie non montagneuse de l'île : en route donc vers les salines de Llevant , au sud de l'île. Bof, bof, bof, les paysages sont assez quelconques, ponctués de moulins anciens et de petites éoliennes contemporaines. Les salines sont quelconques, entièrement clôturées si bien qu'il nous est impossible d'approcher les quelques flamants (pas roses) aperçus à quelques centaines de mètres. La plage des Trenc (4 euro le parking) ponctuée de blockaus est tout à fait quelconque avec la vue sur les moches immeubles de Colonia de San Jordi. Demi-tour donc vers la montagne! Il y a certainement de jolis endroits à Majorque en dehors de la montagne mais avec seulement 5 jours pleins sur place, on n'a pas le temps de les chercher!
De Mortitx vers la ferme abandonnée Es Rafal de Ariant (Vendredi 29/10) Comme tous les matins nous quittons notre jolie vallée et filons (façon de parler car ça tournicote) vers Mortitx à l'ouest de Pollença. De ce village part le canyon de Mortitx, réputé difficile que nous allons donc éviter en restant sur les hauteurs pour descendre peu à peu vers la mer et la ferme abandonnée Es Rafal de Ariant. Le départ de la randonnée est un vrai jeu de piste : heureusement le guide est précis (à part pour les cerisiers transformés en vigne) et nous arrivons facilement sur ce vieux chemin muletier qui serpente entre les oliviers. Nous le quittons bien vite pour un sentier souvent envahi par la végétation heureusement ponctué de nombreux cairns. Nous nous faufilons dans un dédale de roches calcaires aux formes étranges et après une longue descente bien raide arrivons enfin à la vieille ferme. Nous sommes un peu claqués car la roche mouillée par la rosée protégée par la végétation était très glissante et nous n'avions pas de bâtons donc concentration à 200% car ce calcaire est très anguleux et pas très confortable quand on s'y frotte de trop près. Du coup le courage nous manque (et l'eau aussi d'ailleurs, nous n'avons pas trouvé la source indiquée dans le guide et sur la carte près de la ferme) pour poursuivre comme le suggère le guide jusqu'aux grottes des sorcières. Je serais bien descendue jusqu'à cet ancien verger mais nous appréhendons un peu la grimpette sous le soleil. Nous faisons une confortable sieste digestive lovés dans ces grosses touffes d'herbe, bien plus cosy que le sol dur foulé par les chèvres. Ce bouc a repéré la feuille de figuier que j'utilise en guise de pare-soleil! Au retour nous croisons quelques allemands... ils sont partout, même dans les coins les plus perdus! En rentrant, nous faisons la connaissance du (supposé) grand-frère des petits chatons, super collant! La météo annonce un temps couvert pour demain, jour de notre départ.
Valldemossa, Port d'Andratx (samedi 30/10) Ayant fait nos adieux aux petits chats, nous prenons la route vers Valldemossa, joli village de la Sierra Tramuntana. Nous y faisons un peu les boutiques, y déjeunons vers midi alors que les Espagnols petit-déjeunent encore puis reprenons la route vers Port D'andratx. Nous croisons peu après la sortie de Valldemossa un incroyable verger planté d'oliviers centenaires, énormes et tarabiscotés. On a vu parci-parlà quelques « vénérables »mais il y en a ici une concentration incroyable! La route côtière est toujours aussi belle. A Port d'Andratx, nous assistons avec quelques canards a des exercices de sauvetages où des hommes revêtus de seyantes combinaisons de survie apprennent à utiliser un radeau de sauvetage. Il y a quelques bateaux de pêche qui ne sortiront sans doute pas aujourd'hui car il y a à nouveau pas mal de vent. Après avoir rendu la voiture en 2 secondes, nous décollons à 19h pour Francfort et arrivons à minuit à Nancy.
Carnet pratique, budget. Vols Ryanair Francfort Hahn/Palma de Majorque 60 euro A/R+ bagages+frais : 377 euro pour 4 Voiture 6 jours (un Berlingo chez Goldcar) 120 euro Location villa 690 euro Total : 1187 euro soit 300 euro/personne pour 6 jours.
Bibliographie: Carte Rough Guide Map Mallorca 1/80000è Guide de randonnées Edition Rother Majorque de Rolf Goetz (en Français) Walk Mallorca (North and Mountains) Discovery Walking Guides.(en Anglais) Le 1er de ces 2 guides suffit. Pleins d'infos et de liens utiles dans le (super!) site de Pierre : trekking en dehors des sentiers battus
Conclusion: Destination facile et pas chère, agréable (hors saison hein!) mais pas inoubliable. Ce court séjour nous a donné envie de retourner en Grèce, où on peut aussi profiter de paysages méditérannéens et où l'espace n'est pas compté comme sur Majorque. En effet, sur cette île, la plupart des chemins sont privés si bien qu'il nous a semblé difficile de trouver des coins « perdus ».
Le récit de notre escapade automnale est en ligne.
Pour le récit illustré, cliquez ici : sibellelaterre

Bonne lecture!
Marie
Majorque Toussaint 2010
Découvrez en images les quelques randonnées effectuées lors d'un court séjour à Majorque (Baléares) fin octobre 2010.
Péninsule d'Alcudia (Lundi 25/10) Après un vol sans histoire sur Ryanair depuis Francfort Hahn, nous sommes arrivés hier à la nuit tombante à la Finca Can Salas Petit, réservée par internet. Nuit très douce dans cette vieille maison rénovée avec goût. Au réveil, nous découvrons le paysage qui nous entoure : on est ravi! Après un fugace arc-en-ciel, il pleut des cordes, temps idéal pour aller faire un ravitaillement au bourg voisin. Les quelques km qui nous séparent du supermarché nous laissent le temps d'observer que le ciel est plus dégagé sur les 2 péninsules du nord de Majorque : Formentor et Acudia. Va pour Alcudia cette fois! La jolie route qui longe la côte nord de la péninsule nous mène jusqu'au phare de Penya Roja : terminus! Au-delà c'est une zone réservée aux militaires... Au nord, on distingue la péninsule de Formentor avec ses massifs inclinés caractéristiques. Le ciel est magnifique avec de bons gros cumulus comme on les aime. La lumière est trop belle, on n'y tient plus et on jette notre dévolu sur la balade la plus proche qui part du parking de l'Ermita de la Victoria (au SE du Cap Gros sur la carte) Nous sommes immédiatement repérés par un matou qui traverse d'une traite le grand parking (il y a un restaurant) et arrive au petit trot pour se faire câliner. Les vacances commencent bien! Le sentier grimpe tranquillement dans la pinède, nous sommes étonnés de trouver une île aussi verte, surtout en cette fin d'été. Le temps se gâte tous azimuts : c'est un festival de nuages qu'on apprécie d'autant mieux que nous sommes encore au soleil! En une heure environ nous parvenons à la Talaia d'Alcudia où se trouve une cabane de surveillance contre les incendies : de ce petit sommet la vue sur la ville d'Alcudia et la Sierra Tramuntana est imprenable! Le tonnerre gronde sur ce massif qui constitue toute la partie ouest de Majorque et où j'ai repéré plusieurs balades. Le soleil se fait de plus en plus rare, illuminant une dernière fois les fonds de la baie de Pollença. Nous sommes entourés d'orages, il est temps de faire demi-tour. En arrivant à la finca, c'est la débandade! Une portée de 4 petits chatons affamés niche dans un tas d'herbe à côté de la maison : cette finca est vraiment parfaite! Soirée crêpe occupée à essayer d'apprivoiser la bande de petits voraces.
Formentor (mardi 26/10) 1er regard en nous levant vers la fenêtre de la cuisine : trop mignons! Les 4 chatons ont dormi là serrés les uns contre les autres. Je sens qu'il ne va pas être facile de décoller ce matin. Ce n'est pas grave car le ciel est encore chargé ce matin et le soleil a bien du mal à se faufiler sous la couche nuageuse. Les petits chats s'enhardissent, c'est l'invasion! Les nuages restent bloqués sur la Sierra Tramuntana, aussi décidons-nous d'aller vers la péninsule de Formentor. Ici aussi la route est très jolie avec d'innombrables vues sur le mer et la montagne et... très très peu d'endroits pour s'arrêter afin d'en profiter un peu. Il y a plein de cyclistes courageux car ça monte et ça descend sans arrêt! De plus, il souffle un vent terrible, complètement saoulant. La mer est magnifique, ça déménage! Nous arrivons enfin au bout de la route au phare de Formentor : il y a pas mal de monde. Je n'ose pas imaginer ce que ça peut donner en été sur cette route tortueuse en cul de sac! Nous n'avons pas trouvé de possibilité de balade dans le coin, dommage. Nous décidons alors d'aller marcher vers Cala Boquer au départ de Port de Pollença : le sentier passe d'abord devant la Finca Boquer puis court dans une jolie vallée (réputée pour ses nombreuses espèces d'oiseaux mais en pleine journée et à cette époque on n'a pas vu grand-chose) ponctuée de roches calcaires et se termine au bord de la mer. Pas mal de monde sur cette rando (plein d'Allemands qui se sentent vraiment chez eux et qui répondent Halo à nos Hola!), à faire plutôt le matin je pense.
La soirée se passe à fabriquer une maison pour les chats avec du carton et du polystyrène trouvés dans une poubelle!
Tour du Puig des Tossals Verds (Mercredi 27/10) Nous sommes ravis, les chatons ont adopté leur nouvelle maison, bien camouflée sous de l'herbe sèche, à l'abri des intempéries. Grand beau temps aujourd'hui, la tramontane a disparu, temps idéal pour aller faire une grande balade autour du Puig des tossals Verds. La route à l'ouest de Pollença est superbe et il nous faut une petite heure pour arriver vers 11h au départ de la rando : le parking du lac de Cuber est déjà complet (on se trouve une petite place avec difficulté. En été...etc...) Nous longeons la rive est du lac, bien bas en cette fin d'été, et jetons un peil au plus haut sommet de l'île, le Puig...Major (1447m, accès ici aussi réservé aux militaires...) Nous longeons une conduite d'adduction d'eau qui se faufile dans plusieurs tunnels (lampe de poche nécessaire), descendons dans une gorge encaissée, avant de tomber sur un petit troupeau d'ânes assez câlins (je pense qu'ils servent à l'entretien du paysage) Nous remontons ensuite vers le refugi Tossals Verds où nous refaisons le plein d'eau (dans ce massif calcaire, il n'y a quasiment pas d'eau) et comme ils ne vendent pas de glaces nous décidons d'aller pique-niquer plus haut afin d'avoir une jolie vue. Il fait très bon, un temps vraiment idéal pour la randonnée. Le sentier muletier grimpe encore, puis nous apercevons un vieil aqueduc, cheminons brièvement le long d'un petit ruisseau (rarissime ici) avant de retrouver une nouvelle conduite qui surplombe le lac de Gorg Blau, 2ème et dernier lac de l'île, artificiel lui aussi) et qui nous accompagnera jusqu'à la fin de la balade. Au retour à la Finca, pêche au chat!
Torrent de Paréis (jeudi 28/10) Ce torrent peut être descendu (en 3 ou 4h) depuis le haut, à partir de Escorca mais 2 raisons me font renoncer à cette idée : - le problème de la navette pour récupérer la voiture, même si un bus part de Sa Calobra vers Escorca théoriquement à 15h. - il a pas mal plus il y a quelques jours et je crains d'être confrontée à des piscines d'eau glacée difficile à franchir sans combinaison néoprène. Bref, nous arrivons à la jolie crique de Sa Calobra après avoir doublé plein de vélos dans la montée vers le col de Cals reis et après nous être fait doubler par quelques vélos kamikazes dans la descente infernale (lacets+++) vers Sa Calobra. Il est 10h30 et il n'y a encore pas grand-monde, chouette! Le torrent se termine pas un petit étang dont le niveau, bien bas, me laisse penser que nous aurions sans doute pu tenter la descente intégrale du torrent. Les surplombs de la falaise calcaire sont ornés de nids d'hirondelles et de stalactites. Par moments le canyon de rétrécit beaucoup, ce doit être un havre de fraîcheur en été. Nous ôtons bien vite nos polaires, réchauffés par quelques passages d'escalade facile. Un figuier opportuniste profite d'une source improbable. A plusieurs reprises, il faut chercher le passage, c'est très ludique. Après environ 1h nous avons franchi (je pense) les passages un peu techniques et la suite semble plus monotone aussi décidons-nous de redescendre. Je regrette un peu de ne pas avoir fait la descente intégrale depuis Escorca : ce jour-là c'était faisable sans mettre le moindre orteil dans l'eau et les difficultés techniques ne sont pas bien terribles. En arrivant à Sa Calobra nous voyons partir le bateau qui dessert le hameau (principalement composé de restaurants) à partir de Soller. Après avoir pris un petit verre au bord de l'eau et nous être acquittés des 13 euro (!) de parking, nous décidons d'aller voir un peu à quoi ressemble la partie non montagneuse de l'île : en route donc vers les salines de Llevant , au sud de l'île. Bof, bof, bof, les paysages sont assez quelconques, ponctués de moulins anciens et de petites éoliennes contemporaines. Les salines sont quelconques, entièrement clôturées si bien qu'il nous est impossible d'approcher les quelques flamants (pas roses) aperçus à quelques centaines de mètres. La plage des Trenc (4 euro le parking) ponctuée de blockaus est tout à fait quelconque avec la vue sur les moches immeubles de Colonia de San Jordi. Demi-tour donc vers la montagne! Il y a certainement de jolis endroits à Majorque en dehors de la montagne mais avec seulement 5 jours pleins sur place, on n'a pas le temps de les chercher!
De Mortitx vers la ferme abandonnée Es Rafal de Ariant (Vendredi 29/10) Comme tous les matins nous quittons notre jolie vallée et filons (façon de parler car ça tournicote) vers Mortitx à l'ouest de Pollença. De ce village part le canyon de Mortitx, réputé difficile que nous allons donc éviter en restant sur les hauteurs pour descendre peu à peu vers la mer et la ferme abandonnée Es Rafal de Ariant. Le départ de la randonnée est un vrai jeu de piste : heureusement le guide est précis (à part pour les cerisiers transformés en vigne) et nous arrivons facilement sur ce vieux chemin muletier qui serpente entre les oliviers. Nous le quittons bien vite pour un sentier souvent envahi par la végétation heureusement ponctué de nombreux cairns. Nous nous faufilons dans un dédale de roches calcaires aux formes étranges et après une longue descente bien raide arrivons enfin à la vieille ferme. Nous sommes un peu claqués car la roche mouillée par la rosée protégée par la végétation était très glissante et nous n'avions pas de bâtons donc concentration à 200% car ce calcaire est très anguleux et pas très confortable quand on s'y frotte de trop près. Du coup le courage nous manque (et l'eau aussi d'ailleurs, nous n'avons pas trouvé la source indiquée dans le guide et sur la carte près de la ferme) pour poursuivre comme le suggère le guide jusqu'aux grottes des sorcières. Je serais bien descendue jusqu'à cet ancien verger mais nous appréhendons un peu la grimpette sous le soleil. Nous faisons une confortable sieste digestive lovés dans ces grosses touffes d'herbe, bien plus cosy que le sol dur foulé par les chèvres. Ce bouc a repéré la feuille de figuier que j'utilise en guise de pare-soleil! Au retour nous croisons quelques allemands... ils sont partout, même dans les coins les plus perdus! En rentrant, nous faisons la connaissance du (supposé) grand-frère des petits chatons, super collant! La météo annonce un temps couvert pour demain, jour de notre départ.
Valldemossa, Port d'Andratx (samedi 30/10) Ayant fait nos adieux aux petits chats, nous prenons la route vers Valldemossa, joli village de la Sierra Tramuntana. Nous y faisons un peu les boutiques, y déjeunons vers midi alors que les Espagnols petit-déjeunent encore puis reprenons la route vers Port D'andratx. Nous croisons peu après la sortie de Valldemossa un incroyable verger planté d'oliviers centenaires, énormes et tarabiscotés. On a vu parci-parlà quelques « vénérables »mais il y en a ici une concentration incroyable! La route côtière est toujours aussi belle. A Port d'Andratx, nous assistons avec quelques canards a des exercices de sauvetages où des hommes revêtus de seyantes combinaisons de survie apprennent à utiliser un radeau de sauvetage. Il y a quelques bateaux de pêche qui ne sortiront sans doute pas aujourd'hui car il y a à nouveau pas mal de vent. Après avoir rendu la voiture en 2 secondes, nous décollons à 19h pour Francfort et arrivons à minuit à Nancy.
Carnet pratique, budget. Vols Ryanair Francfort Hahn/Palma de Majorque 60 euro A/R+ bagages+frais : 377 euro pour 4 Voiture 6 jours (un Berlingo chez Goldcar) 120 euro Location villa 690 euro Total : 1187 euro soit 300 euro/personne pour 6 jours.
Bibliographie: Carte Rough Guide Map Mallorca 1/80000è Guide de randonnées Edition Rother Majorque de Rolf Goetz (en Français) Walk Mallorca (North and Mountains) Discovery Walking Guides.(en Anglais) Le 1er de ces 2 guides suffit. Pleins d'infos et de liens utiles dans le (super!) site de Pierre : trekking en dehors des sentiers battus
Conclusion: Destination facile et pas chère, agréable (hors saison hein!) mais pas inoubliable. Ce court séjour nous a donné envie de retourner en Grèce, où on peut aussi profiter de paysages méditérannéens et où l'espace n'est pas compté comme sur Majorque. En effet, sur cette île, la plupart des chemins sont privés si bien qu'il nous a semblé difficile de trouver des coins « perdus ».
Madagascar: obtenir un visa d'entrée à Antananarivo? English translation pending
bonjour aux amoureux de Madagascar
nous partons le 25 novembre 2010 par Air Madagascar sur un vol Marseille- Antananarivo où nous atterrissons le 26 novembre à 4 h25 Nous reprenons le matin même, l'avion de 5h25 à destination de Tulear. Je suppose que c'est à l'aéroport d'Ivato qu'il faudra prendre nos visas.
Aurons-nous le temps de faire cette formalité ? est-elle toujours gratuite ? Ou bien faut-il demander nos visas au consulat de Marseille avant notre départ ?
merci de votre réponse
Claire
nous partons le 25 novembre 2010 par Air Madagascar sur un vol Marseille- Antananarivo où nous atterrissons le 26 novembre à 4 h25 Nous reprenons le matin même, l'avion de 5h25 à destination de Tulear. Je suppose que c'est à l'aéroport d'Ivato qu'il faudra prendre nos visas.
Aurons-nous le temps de faire cette formalité ? est-elle toujours gratuite ? Ou bien faut-il demander nos visas au consulat de Marseille avant notre départ ?
merci de votre réponse
Claire
Billet d'avion pas cher pour l'Argentine fin juillet-août? English translation pending
Bonjour,
Voila après avoir tant hésité sur la destination, nous sommes restés sur notre première idée d'aller en Argentine ... sauf que la c'est remis en question au vu des tarif billet d'avion🤪. Nous partons de nice fin juillet pour un retour au max le 22 aout (le 23 au matin au boulot), j'ai tenté selon les conseils que j'ai lu sur le forum et je ne trouve pas de billet en dessous de 925 euros. Si certains ont des astuces (itinéraires différents ou compagnie moins cher ...) je suis preneuse.
Merci d'avance
A bientôt
Voyage romancé à Hué (Vietnam) English translation pending
Bonjour,
En 2004, je suis allée au Vietnam. A mon retour, j’ai écrit ce texte qui reprend la partie du voyage qui s’est déroulée à Hué pendant le Festival franco-vietnamien. J’y reprends mon vécu mais de façon romancée, c’est-à-dire que l’histoire est complètement fictive mais basée sur l’existant : les lieux, les personnes (dont j’ai changé les noms …), du ressenti. Le texte s’intitule « My », un prénom qui signifie beauté. Il raconte l’histoire d’une femme, Clélia Rivière qui se trouve à Hué pour écrire un guide touristique sur la ville. Comme c’est l’époque du festival franco-vietnamien de Hué, elle rencontre deux artistes, l’un Français, l’autre vietnamien qui rivalisent à tous les niveaux (art, civilisation, amour). Le récit est entrelardé d’extraits du guide touristique que la femme est en train d’écrire, ce qui permet au lecteur d’apprendre en même temps l’Histoire du lieu dans lequel se situe l’action.
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
* **
Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
* **
Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur d��bite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
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Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
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Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
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Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
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Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur d��bite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
* **
Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
* **
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Rencontre à Phnom Penh (Cambodge) le 25 janvier 2005 English translation pending
Salut à tous les fanas du Cambodge,
Bon, là je me lance dans un drôle de pari, mais pourquoi pas organiser une rencontre sur Phnom Penh vu le nombre de voyageurs qui y seront présent courant Janvier ....
A force de lire tous les posts ayant trait au Cambodge, je me rend compte que nous serons plusieurs à y être ce mois là, donc je propose que l'on tente de faire une rencontre aux alentours du 20 Janvier ..... je dois déjà rencontrer deux ou trois forumistes, mais ce serait sympa de se retrouver à plusieurs ... en Octobre, on était deux avec Kob ... 🤪, on devrait pouvoir battre ce record d'affluence ..... 😉
Je lance l'idée, donc si celà intéresse quelques voyageurs, j'attends vos suggestions et je m'occupe de l'intendance sur place ..... et celà serait la première réunion de voyageforum hors France et Québec ..... et mettrait un peu de baume au coeur de François qui a du renoncer à Québec 2005, mais ce n'est que partie remise ......
A bientôt j'espère ....
Bon, là je me lance dans un drôle de pari, mais pourquoi pas organiser une rencontre sur Phnom Penh vu le nombre de voyageurs qui y seront présent courant Janvier ....
A force de lire tous les posts ayant trait au Cambodge, je me rend compte que nous serons plusieurs à y être ce mois là, donc je propose que l'on tente de faire une rencontre aux alentours du 20 Janvier ..... je dois déjà rencontrer deux ou trois forumistes, mais ce serait sympa de se retrouver à plusieurs ... en Octobre, on était deux avec Kob ... 🤪, on devrait pouvoir battre ce record d'affluence ..... 😉
Je lance l'idée, donc si celà intéresse quelques voyageurs, j'attends vos suggestions et je m'occupe de l'intendance sur place ..... et celà serait la première réunion de voyageforum hors France et Québec ..... et mettrait un peu de baume au coeur de François qui a du renoncer à Québec 2005, mais ce n'est que partie remise ......
A bientôt j'espère ....
Ryanair et l'aéroport de Varsovie-Modlin? English translation pending
Bonjour,
Merci de ne pas perturber cette discussion avec les éternelles polémiques stériles à propos de Ryanair.
Depuis la fermeture de l'aéroport low-cost de Varsovie Modlin, les vols ryanair sont détournés vers l'aéroport international Chopin.
J'ai acheté un billet pour Varsovie Chopin ( c'est ce qui est écrit sur ma réservation ) avec Ryanair pour début Aout.
Mais j'ai appris il y a quelques heures que l'aéroport de Modlin allait rouvrir probablement le 2 juillet.
Que va faire Ryanair, en sachant qu'elle a déjà annoncé qu'elle opèrerait ses vols depuis Chopin jusque début septembre et qu'elle a mentionné l'aéroport de Varsovie Chopin sur mon billet.
Peut-elle retourné à Modlin avant septembre? En sachant que cela me porte préjudice, est-il possible d'obtenir des compensations?
Merci de ne pas perturber cette discussion avec les éternelles polémiques stériles à propos de Ryanair.
Depuis la fermeture de l'aéroport low-cost de Varsovie Modlin, les vols ryanair sont détournés vers l'aéroport international Chopin.
J'ai acheté un billet pour Varsovie Chopin ( c'est ce qui est écrit sur ma réservation ) avec Ryanair pour début Aout.
Mais j'ai appris il y a quelques heures que l'aéroport de Modlin allait rouvrir probablement le 2 juillet.
Que va faire Ryanair, en sachant qu'elle a déjà annoncé qu'elle opèrerait ses vols depuis Chopin jusque début septembre et qu'elle a mentionné l'aéroport de Varsovie Chopin sur mon billet.
Peut-elle retourné à Modlin avant septembre? En sachant que cela me porte préjudice, est-il possible d'obtenir des compensations?
Soins et astuces pour les genoux (randonnée à vélo intensive) English translation pending
Jusqu'à récemment, j'avais le genou droit qui commençait à partir
en vrille une fois passé le cap des 400km en rando intensive.
Bonjour la douleur à chaque coup de pédale.
Mettant cela sur le dos du manque d'entrainement entre les randos je me suis mis à faire des squats de manière presque quotidienne pour renforcer les articulations des genoux.
De plus, j'ai cru remarquer que la position assise au travail pendant de longues heures est néfaste pour les genoux. Quelqu'un peut confirmer? En tout cas, je reste moins assis à présent.
En conclusion je n'ai pas eu de douleur lors de la dernière rando. Mais peut-être était-ce parce qu'elle était moins intensive.
Bref, avez-vous eu des problèmes avec vos genoux, et si oui, comment les avez-vous résolu?
Merci! :)
Mettant cela sur le dos du manque d'entrainement entre les randos je me suis mis à faire des squats de manière presque quotidienne pour renforcer les articulations des genoux.
De plus, j'ai cru remarquer que la position assise au travail pendant de longues heures est néfaste pour les genoux. Quelqu'un peut confirmer? En tout cas, je reste moins assis à présent.
En conclusion je n'ai pas eu de douleur lors de la dernière rando. Mais peut-être était-ce parce qu'elle était moins intensive.
Bref, avez-vous eu des problèmes avec vos genoux, et si oui, comment les avez-vous résolu?
Merci! :)
Croisière aux Pays-Bas et en Allemagne, quelles excursions? English translation pending
Bonjour
Je vais faire une croisière et aux Pays-Bas et en Allemagne, on nous propose plusieurs excursions. Il faut en choisir une. Et j'hésite car je ne connais aucun des lieux visés par ces excursions.
Amsterdam : Moulins à vent et Volendam OU Visite de la ville d'Amsterdam et croisière sur les canaux ?
Hambourg : Hambourg OU Lübeck ?
Que me conseillez-vous si vous connaissez ces pays ?
Je vais faire une croisière et aux Pays-Bas et en Allemagne, on nous propose plusieurs excursions. Il faut en choisir une. Et j'hésite car je ne connais aucun des lieux visés par ces excursions.
Amsterdam : Moulins à vent et Volendam OU Visite de la ville d'Amsterdam et croisière sur les canaux ?
Hambourg : Hambourg OU Lübeck ?
Que me conseillez-vous si vous connaissez ces pays ?
Calme et détente à Bruges? English translation pending
🙂 Bonjour à tous, me revoilà. N'ayant pas obtenu de réponse à ma première question, j'ai continué à chercher et l'on m'a dit que Bruges était un endroit magnifique qui ressemble à Venise (que j'ai adorée), où l'on peut se détendre car il y a beaucoup de choses à faire à pied ou en bateaux. Pouvez-vous me conseiller ?
Route entre Los Angeles et Tusayan, Arizona English translation pending
Voilà mon circuit prends forme et je compte vous le soumettre trés bientot. Je voudrais savoir ce que vaut la route entre LA et GC, car il y a moyen de faire quand meme 4h de route de moins en démarrant de Phoénix, sans rien supprimer des visites de LA pour le cas ou je finis à LA.
LA - Tusayan 485 miles en 7h30 Phoenix - Tusayan 222 miles en 3h30
Ensuite j ai trouver une ville sur le littoral entre SF et LA, "Solvang", qui me parait sympa à faire en arret (1h ou 2 pas + je pense), est ce que quelqu un ici connait ?
merci
LA - Tusayan 485 miles en 7h30 Phoenix - Tusayan 222 miles en 3h30
Ensuite j ai trouver une ville sur le littoral entre SF et LA, "Solvang", qui me parait sympa à faire en arret (1h ou 2 pas + je pense), est ce que quelqu un ici connait ?
merci
Guizhou et Guanxi en Chine English translation pending
Nous y allons 15 jours en octobre prochain.
En collaboration avec Chine-Evasion: circuit établi depuis Kunming --> Guyang --> Kaili --> Guilin, entrecoupé de visites dans des petits villages d'ethnies minoritaires.
Peu de renseignements trouvés sur VF.
Nous serions heureux de connaître des expériences vécues.
Merci d'avance.😉
Héraklion: hôtel sympathique et pas cher proche du port English translation pending
bonjour,
après quelques jours à Réthymnon et avant de prendre le ferry pour Santorin, nous cherchons (couple avec bébé) un hôtel pour un nuit pas trop cher (moins de/ euros) et proche du port, nous prenons le ferry le matin
merci d'avance
Hébergement sur Fort Mac Leod (Alberta) et Gardiner (Montana)? English translation pending
Bonjour a toutes et tous
Je suis a la recherche d'hebergements sur les villes de fort mac leod (alberta) et sur gardiner ou dans la paradise valley (entre gardiner et livingston) ..... peux etre avez vous des bonnes adresses a me donner dans ces deux villes, ou a proximité ???
Rien ne vaut l'avis de personnes qui ont essayé des endroits dans ces coins là ! 😉
Merci d'avance !
A+
Je suis a la recherche d'hebergements sur les villes de fort mac leod (alberta) et sur gardiner ou dans la paradise valley (entre gardiner et livingston) ..... peux etre avez vous des bonnes adresses a me donner dans ces deux villes, ou a proximité ???
Rien ne vaut l'avis de personnes qui ont essayé des endroits dans ces coins là ! 😉
Merci d'avance !
A+
Itinéraire 17 jours Bosnie-Herzégovine et Monténégro English translation pending
Bonsoir,
Je crée un nouveau post pour détailler mon itinéraire. Décollage dans 10 jours et les préparatifs avancent petit à petit. Ce qui est prévu : un beau road trip pour avoir un aperçu du Monténégro et de la Bosnie-Herzégovine. L'itinéraire proposé est une base, tout pourra bouger une fois sur place en fonction de notre feeling, même si certaines étapes me paraissent incontournables tellement ça à l'air beau 😮😄
Après avoir lu la grosse majorité du forum (et autres !), j'ai préparé un itinéraire qui grosso modo devrait ressembler à ça :
J1 Dubrovnik aeroport-Perast-Kotor - 75km - 2 à 3h suivant douane J2 Péninsule de Lustica - Kotor - 75km - 2 à 3h J3 Kotor -Lovcen-Cetinje- Budva ou Petrocac - 100km - 3 à 4h J4 Budva-Sveti Stefan-Stari bar- Ulcinj-Virpazar -120km - 3 à 4h J5 Virpazar-Rijeka-Kolasin - 125km - 4h J6 Kolasin-Durmitor - 100km - 3h J7 Durmitor J8 Durmitor-Foca-Trebinje - 230km - 5 à 8h J9 Trebinje - Blagaj - Mostar - 120km - 3h J10 Mostar-Konjic-Sarajevo - 120km - 3h J11 Sarajevo J12 Sarajevo-Travnik-Jajce - 160km - 3 à 5h J13 Jacjce-Prozor Rama-Imotzi - 180km 4 à 5h J14 Imotzi-Kravica waterfall-Pocitlej - 75km - 2h J15 Bonus J16 Bonus J17 Dubrovnik J18 Départ
Côté Monténégro, voilà la "boucle" qui n'en est pas une, que je compte faire : goo.gl/maps/KbMbrhP8B8DsCevZ9
Côté Bosnie, voilà la "boucle" prévue : goo.gl/maps/P5xwoRxMP4fW9Sa68
J'attends vos avis, mais j'ai dores et déjà des interrogations : - pour le J4, j'hésite à aller jusqu'à Stari Bar et Ulcinj... Est ce que ça vaut vraiment le déplacement ? Si oui, c'est possible la petite route de Ulcinj à Vizpasar le long du lac, mais ça risque de nous prendre beaucoup de temps car route très petite et accidentée. A voir. Sinon on profitera un peu de la côte et on ira direct de Budva à Vizapsar en fin de journée. - J8, j'ai pris la décision de faire une grosse grosse journée de route, mais de passer par le canyon de Piva et aller direct à Foca depuis la Bosnie, puis de descendre à Trebinje. J'ai bien conscience que c'est un très long trajet, mais vu que la route est magnifique, c'est top pour une journée de road trip. On partira tôt et on prendra le temps de faire des petites pauses à droite à gauche. Est ce faisable ou bien c'est vraiment trop trop long ? Du coup avec cet itinéraire, je zappe totalement Gorazde, mais est ce que c'est vraiment incontournable ? - J13 cette journée est assez longue aussi niveau route, mais le détour vers le lac à priori ne rallonge pas de beaucoup. J'ai mis Imotzi pour les lacs, bleu et rouge, mais est ce que ça vaut vraiment le déplacement ? Est ce que c'est facile de passer et repasser la frontière à cet endroit là ? Si c'est pour perdre beaucoup de temps, on zappera cette étape. - J15 et J16 : je me laisse deux journées complètes en plus qu'on "utilisera" ou bon nous semble dans le trajet, dans un lieu qui nous plaira plus que les autres. Sinon j'aurai peut-être d'autres suggestions d'incontournables ?? - J17 je pense que juste l'après-midi à Dubrovnik ça nous suffira. Il n'y aura qu'un "petit" bateau de croisière donc sans doute pas une foule énorme, ça devrait aller. Quel conseil pour dormir avant cette étape ? Une dernière nuit en Bosnie ou plutôt vers Dubrovnik ? Quel conseil pour le passage de frontière : où est ce qu'on attendra le moins dans cette zone pour faire Bosnie/Croatie ?
Voilà, j'attends des avis et modifications éventuelles... car entre le "papier" et la réalité, je sais que c'est pas la même chose... 😛
Merci d'avance à tous pour votre aide 😄
Je crée un nouveau post pour détailler mon itinéraire. Décollage dans 10 jours et les préparatifs avancent petit à petit. Ce qui est prévu : un beau road trip pour avoir un aperçu du Monténégro et de la Bosnie-Herzégovine. L'itinéraire proposé est une base, tout pourra bouger une fois sur place en fonction de notre feeling, même si certaines étapes me paraissent incontournables tellement ça à l'air beau 😮😄
Après avoir lu la grosse majorité du forum (et autres !), j'ai préparé un itinéraire qui grosso modo devrait ressembler à ça :
J1 Dubrovnik aeroport-Perast-Kotor - 75km - 2 à 3h suivant douane J2 Péninsule de Lustica - Kotor - 75km - 2 à 3h J3 Kotor -Lovcen-Cetinje- Budva ou Petrocac - 100km - 3 à 4h J4 Budva-Sveti Stefan-Stari bar- Ulcinj-Virpazar -120km - 3 à 4h J5 Virpazar-Rijeka-Kolasin - 125km - 4h J6 Kolasin-Durmitor - 100km - 3h J7 Durmitor J8 Durmitor-Foca-Trebinje - 230km - 5 à 8h J9 Trebinje - Blagaj - Mostar - 120km - 3h J10 Mostar-Konjic-Sarajevo - 120km - 3h J11 Sarajevo J12 Sarajevo-Travnik-Jajce - 160km - 3 à 5h J13 Jacjce-Prozor Rama-Imotzi - 180km 4 à 5h J14 Imotzi-Kravica waterfall-Pocitlej - 75km - 2h J15 Bonus J16 Bonus J17 Dubrovnik J18 Départ
Côté Monténégro, voilà la "boucle" qui n'en est pas une, que je compte faire : goo.gl/maps/KbMbrhP8B8DsCevZ9
Côté Bosnie, voilà la "boucle" prévue : goo.gl/maps/P5xwoRxMP4fW9Sa68
J'attends vos avis, mais j'ai dores et déjà des interrogations : - pour le J4, j'hésite à aller jusqu'à Stari Bar et Ulcinj... Est ce que ça vaut vraiment le déplacement ? Si oui, c'est possible la petite route de Ulcinj à Vizpasar le long du lac, mais ça risque de nous prendre beaucoup de temps car route très petite et accidentée. A voir. Sinon on profitera un peu de la côte et on ira direct de Budva à Vizapsar en fin de journée. - J8, j'ai pris la décision de faire une grosse grosse journée de route, mais de passer par le canyon de Piva et aller direct à Foca depuis la Bosnie, puis de descendre à Trebinje. J'ai bien conscience que c'est un très long trajet, mais vu que la route est magnifique, c'est top pour une journée de road trip. On partira tôt et on prendra le temps de faire des petites pauses à droite à gauche. Est ce faisable ou bien c'est vraiment trop trop long ? Du coup avec cet itinéraire, je zappe totalement Gorazde, mais est ce que c'est vraiment incontournable ? - J13 cette journée est assez longue aussi niveau route, mais le détour vers le lac à priori ne rallonge pas de beaucoup. J'ai mis Imotzi pour les lacs, bleu et rouge, mais est ce que ça vaut vraiment le déplacement ? Est ce que c'est facile de passer et repasser la frontière à cet endroit là ? Si c'est pour perdre beaucoup de temps, on zappera cette étape. - J15 et J16 : je me laisse deux journées complètes en plus qu'on "utilisera" ou bon nous semble dans le trajet, dans un lieu qui nous plaira plus que les autres. Sinon j'aurai peut-être d'autres suggestions d'incontournables ?? - J17 je pense que juste l'après-midi à Dubrovnik ça nous suffira. Il n'y aura qu'un "petit" bateau de croisière donc sans doute pas une foule énorme, ça devrait aller. Quel conseil pour dormir avant cette étape ? Une dernière nuit en Bosnie ou plutôt vers Dubrovnik ? Quel conseil pour le passage de frontière : où est ce qu'on attendra le moins dans cette zone pour faire Bosnie/Croatie ?
Voilà, j'attends des avis et modifications éventuelles... car entre le "papier" et la réalité, je sais que c'est pas la même chose... 😛
Merci d'avance à tous pour votre aide 😄
Croisière aux fjords et au Spitzberg (Norvège) sur le Costa Deliziosa English translation pending
Bonjour,
Je suis nouveau sur le forum et après lecture des nombreux post sur les fjords, assez peu mentionnent le spitzberg.
Nous partons en juillet 2012 ( c'est encore un peu loin mais nous préférons anticiper les renseignements afin d'êtres certains du budget des excursions.)
Quelqu'un sais t'il si il est possible de réaliser des excursions au spitzberg (aucune proposée par costa) et si le bateau passe suffisament près des côtes pour voir un maximum de choses (glaciers, animaux etc.....)
D'autres français sont ils déjà enregistrés sur cette croisière?
Merci pour vos renseignements
D'autres français sont ils déjà enregistrés sur cette croisière?
Merci pour vos renseignements
Itinéraire de trois semaines Montréal - Washington, DC English translation pending
Bonjour,
Je prépare actuellement mon itinéraire pour un circuit de environ 3 semaines de montreal à montreal en descendant la cote jusqu'à washington et en remontant vers montreal en passant par le comté de lancaster, niagara falls et toronto...
Je voudrais avoir votre avis sur la partie Washington --> Montreal. Commen organiser les nuits ? sachant que nous voulons dormir en camping (moins cher aprés les villes...).
Je pensais dormir une nuit dans le pays amish (où ?) Une autre nuit à Niagara Falls ou à côté. Et aprés, des nuits à Montréal.
Pensez-vous que je devrais ajouter une nuit entre Niagara Falls et montréal ? Ou alors faire une nuit dans le comté de lancaster, puis une nuit au canada vers toronto, aprés un bref passage à niagara falls ?
Au niveau des visites, je ne sais pas non plus combien de temps consacrer à chaque lieu... Quelques heures à niagara falls est-ce suffisant, ou tout un aprés midi ?
Merci par avance si vous pouvez m'éclairer ;)
Bon weekend !
Je prépare actuellement mon itinéraire pour un circuit de environ 3 semaines de montreal à montreal en descendant la cote jusqu'à washington et en remontant vers montreal en passant par le comté de lancaster, niagara falls et toronto...
Je voudrais avoir votre avis sur la partie Washington --> Montreal. Commen organiser les nuits ? sachant que nous voulons dormir en camping (moins cher aprés les villes...).
Je pensais dormir une nuit dans le pays amish (où ?) Une autre nuit à Niagara Falls ou à côté. Et aprés, des nuits à Montréal.
Pensez-vous que je devrais ajouter une nuit entre Niagara Falls et montréal ? Ou alors faire une nuit dans le comté de lancaster, puis une nuit au canada vers toronto, aprés un bref passage à niagara falls ?
Au niveau des visites, je ne sais pas non plus combien de temps consacrer à chaque lieu... Quelques heures à niagara falls est-ce suffisant, ou tout un aprés midi ?
Merci par avance si vous pouvez m'éclairer ;)
Bon weekend !
Aventures dans l'Ouest canadien et parc des glaciers, USA (2ème partie) English translation pending
Les aventures de Grisemote dans l’Ouest Canadien (2ème partie)
Suite à des modifications techniques, le carnet a quelques "bugs". Vous pouvez le lire ici dans sa totalité: http://sites.google.com/site/grisemoteouestcanadien/accueil
Pour retourner à la première partie: http://voyageforum.com/v.f?post=2595664;#2595664 Lac Louise (suite)

Particularités du camping: il est plutôt grand, dans la forêt, plutôt cher (mais ce n’est pas une particularité ici où le niveau de vie est visiblement plus élevé que chez nous), une barrière électrifiée est sensée nous protéger de nos amis les nounours et nous devons payer 7$ par jour pour pouvoir faire du feu avec bois à volonté mais dans des barbecues de lilliputiens (donc qui consomment très peu). On les comprend, dans le pays le bois est une denrée rare. Et oui, le primitif cela coûte cher. Le camping n’en reste pas moins agréable, avec quand même peu de douches et l’habituel unique lavabo où gicle de l’eau partout (froide, bien sûr) pour faire la vaisselle. La contre partie de cette ultra primitive « vaisselle spot » est que c’est un endroit de grande convivialité où il est facile d’échanger en anglais ou en français sur tous les sujets. Si cela peut rassurer celui où celle qui sera désignée pour la corvée …
Comme d’hab, le lendemain fut l’occasion d’une très belle randonnée : Vallée of Paradise et Giant steps (20 kilomètres - dénivelé 385m).

Arrêt pique-nique près du lac !

Un glacier suspendu.
Valley of paradise...
....et les marches de Géant (Giant steps) qui portent bien leur nom!




Vu le titre, dans mon imagination j’y voyais plus de vahinés accueillantes sous une température moyenne supérieure, mais ce fut quand même un bon moment.

Quelques rencontres avec des marmottes!
Notre petit marcheur a commencé à avoir des douleurs aux pieds qui ont rendu le retour difficile pour lui et celui qui l’a porté … En chemin, nous nous sommes faits vertement sermonnés par un écureuil qui n'avait pas froid aux yeux et qui n'a pas apprécié notre présence. Nous avions peut être écrasé une pomme de pain. Petit mais très loquace, il montait sur les troncs au niveau de nos têtes pour nous dire sa façon de penser par des cris étonnamment forts vu sa petitesse. (plus tard dans le camping de Jasper, nous serons aussi témoins d'une attaque en bonne et due forme sur un chien de bonne taille. Le petit écureuil a alerté tout le camping et abien signifié au quadrupède qu'ICI, c'était SON territoire! On parle des oies du Capitol, mais que dit-on des écureuils canadiens????

La randonnée au lac Moraine fut, le jour suivant, l'occasion d'une expérience nouvelle. Le lac Moraine est d’une grande beauté avec ses eaux bleues laiteuses dues à l’alimentation par les eaux des glaciers gorgées de « poudre » de roches laminées par les tonnes de glaces rampantes, et ce, même sans soleil, ce qui fut notre cas.


Attirés par une petite colline avancée sur le lac permettant un point de vue imprenable, nous (heu pas tous !) décidons de passer par un raccourci. De gros troncs d’arbres, flottants sur l’eau, permettent de rejoindre notre point haut. Un pied pour s’assurer que cela flotte bien, puis deux – no problemo, c’est du costaud. Je progresse donc de tronc en tronc d’un pas leste et léger. Soudain, un gros tronc joueur se cabre, puis celui d’à côté. Arghhhh ! Après un combat d’équilibriste périlleux je capitule et m’enfonce tout droit dans l’eau jusqu’à la taille. L’appareil photo est immergé quelques secondes ! Le pire fut le regard de tous ceux qui attendaient la fin de l’exercice avec une pointe d’amusement à peine dissimulée – et pour cause : sorti des eaux, j’ai pu constater que je n’étais pas le seul à tenter l’expérience qui se soldait à 80 % par une baignade… Du coup les imprudents avaient leur public. Raisonnablement étanche le Canon 350D, mais pas l’objectif. Une fois séché, il reste quelques traces sur les lentilles mais le reste fonctionne. Ouf !
La piètre prestation! Les paparazzis étaient sur place😉
Bien entendu, vu la prestation lamentable mais jugée courageuse de leur père, Lucas et Robin, bien plus malins et moins lourds, ont tenté la traversée. Plouf et replouf ! Quand même, il y a une justice !

Une fois changés et atteint notre point d’observation privilégié à pied sec, nous mesurons la beauté de ce lac dont la couleur semble tout simplement artificielle. « Allez on regarde trois chutes sur les rondins et on rentre …» La rando du jour, du coup, elle aussi est tombée à l’eau !

Nous passerons cependant au lac Louise, malgré le ciel menaçant, et nous décidons d’aller voir la vue du haut de la tour « fairview ». Ce n’est que 2 kilomètres aller-retour, mais par contre c’est raide ! Du coup, malgré toute la population qui peuple les bords du lac, nous n’y verrons personne.




Les nuits sont froides (zéro degré annoncé par le ranger à l’entrée) et du coup, faisant la grève de l’arnaque au barbecue, il n’est pas question de s’attarder le soir.

Pour le quinzième jour de notre périple, nous décidons de faire quelque chose de neuf : un trek en montagne (rien à voir avec une balade essaie-t-on d’expliquer)… Certains d’entre- nous suggèrent de dormir directement avec les chaussures à crampons, cela permettrait de gagner du temps le matin. La popularité de cette nouvelle expédition grandit en arrivant dans la vallée de Yoho.

Petit passage bien sympa à Natural Bridge,



puis nous entamons le tour du lac émeraude (5, 2 kilomètres dans sa totalité)
et enchaînons vers le bassin Emeraude (Emerald basin), L’endroit est sublime et l’aller retour du parcours prévu dépasse à peine les 9 kilomètres (9, 2 km - 225m de dénivelé). Une bagatelle !
Cherchez les enfants dans la photo😉
Arrivés à notre point haut, alors que nous sommes dispersés à chercher des sortes de pépites métalliques qui ressemblent à de l’or, Robin, resté tout seul, devient introuvable, malgré nos hurlements à réveiller toutes les marmottes du coin. Nous finissons par l’apercevoir entre deux gros rochers, recroquevillé de peur. D’après lui, un Mountain Lion (cougar), dont la présence effective fut signalée en début de parcours, lui aurait fait les gros yeux au sortir de la forêt. Il n’aurait pas été à son goût et aurait tourné les patounes. Une glace fut revendiquée pour cela, mais sans preuve photographique ni morsure, l’animal ne fut pas validé. C’est la dure loi des montagnes !
Voici une trace qui pourrait corroborer la version de Robin!
Le retour au camping de Lake Louise s’effectue par la visite des chutes Takakkaw, qui, pour une fois, se voient de loin et ne nécessitent que quelques minutes de marche pour les atteindre. Tel un pulvérisateur géant, il est idéal d’aller près de son point d’aboutissement si on souhaite prendre une douche d’embruns.



Petite rencontre sur le bord de route!

Au petit matin suivant, nous quittons notre camping du lac Louise sans trop de regrets excepté pour la vue agréable au milieu des monts couronnés de glace, pour prendre la route des glaciers.

Le chemin n’est pas long mais les points de vue sont à couper le souffle de beauté, surtout sous un magnifique soleil. La succession de lacs de glaciers d’un bleu intense sur fond d’une multitude de glaciers ne peut normalement pas laisser indifférent. A voir absolument.
Bow Lake.

Le lac Peyto





Nous montons au glacier Athabasca au travers d’un défilé de sommets pointus et neigeux. L’arrivée n’a pas besoin d’être signalée. A près de 2000 mètres d’altitude, l’immense langue de glace est à quelques centaines de mètres de la route, en pense assez douce.

En fait ce n’est qu’une émanation d’un champ de glace de 300 Km² (Columbia icefield) qui comprend pas moins de huit glaciers majeurs et qui s’étend sur tout un groupe de sommets. Sa visite est programmée pour le lendemain.

Le camping choisi (le Wilcox creek campground) est du style primitif – ce qui a une signification particulière dans cette contrée ou visiblement un sou est un sou. Le notre avait des sanitaires minimalistes, mais était équipé d’un corbeau dont le doux coassement a ponctué chaque minute de notre séjour. Douce nature. Heureusement, le camping était équipé aussi d’une radio, celle de nos voisins, qui nous a permis de garder un pied dans la civilisation (même si lui se croyait seul au monde – quel imagination !). Un coup de cœur. Pour fêter tout cela, nous avons goûté un petit vin californien (heu, pas tous quand même) réchauffé par une flambée, à 9 $ cette fois, sous les étoiles. Prendre un peu d’antigel est accessoirement utile pour affronter le froid de la nuit. Mais en fait, avec un air sec et un bon duvet, tout cela se supporte très bien.

Équipés de polaires, de lunettes et d’un bon anorak nous partons le lendemain matin pour affronter le glacier. Un peu inquiets sur les risques liés à ce genre d’endroit, nous avons opté pour un guide et le groupe de plus d’une vingtaine de personnes qui allait avec. Il nous prête bonnets et gants. Vu la chaleur qu’il faisait (entre 15 et 20°) nous hésitons. Petite déception d’entrée de jeu, il annonce fièrement qu’avec l’état de la glace qui fond, la surface est très rugueuse et qu’il ne sera pas nécessaire de prendre des crampons.

Marcher sur la glace dans ces conditions estivales n’est effectivement pas bien compliqué. Il faut quand même faire attention aux crevasses et aux moulins (trous dans la glace) qui d’après notre guide (qui parle français) sont mortels. On les voit bien quand même. L’eau coule partout en petites rivière et permet de voir une belle glace bien bleue gorgée de bulles.

Côté température, l’arrivée sur le glacier nous frigorifie littéralement. Le vent venu des hauteurs et le rayonnement froid du sol nous oblige à mettre gants et bonnets qui nous semblaient si accessoires. Bon ok, la visite (environ deux heures) et le guide furent sympas, marcher sur la glace est toujours un plaisir, mais le coût carrément prohibitif de l’opération (pour 5 de l’ordre de 120€) est en décalage avec le service et à priori le danger (mais nous ne sommes pas spécialistes). Nous avons croisé bon nombre de personnes sans guide, ce qui est tout à fait autorisé, qui finalement en ont vu autant que nous …
Nous reprenons la route pour Jasper dans la foulée. En chemin, nous croisons un groupe de voitures sur les bas-côtés. Pas besoin d’un dessin, cela nous est maintenant familier. C’est un arrêt Ours. Une maman et deux oursons. Oooh ! Comme c’est mignon ! Bon, on y va.


Seulement voilà, le dernier sorti de la voiture a eu la bonne idée de fermer la voiture à partir du bouton intérieur et en claquant la porte, les clés à l’intérieur – LE grand classique des après-midi réussis. Enfermés dehors, équipés au plus d’un appareil photo, tous les papiers, téléphones et autres équipements nous attendent sagement à quelques centimètres de nous. (et comme cela n’était pas suffisant, Lucas est sorti nu-pieds, tant qu’à faire !) A soixante kilomètres du premier village, en plein zénith au milieu des ours, l’ambiance est à la fête. Pas de panique, avec toutes les voitures présentes pour les fauves, je demande de l’aide à plusieurs personnes. Visiblement mon anglais n’est pas au point. Pourtant, quand j’achète du bois le soir pour une flambée tout le monde me comprend … ce sera une énigme. Une famille Polonaise, en vacances, qui parle le même anglais que nous finit par nous écouter. Plutôt débrouillard, l’homme dévisse l’antenne radio et s’en sert pour « crocheter » la serrure. Echec car c’est trop rigide. Heureusement, un policier en patrouille, intrigué par des rodeurs sur une voiture, s’arrête à notre hauteur. « - Oups ! Mes pauvres, remplacer une clé est extrêmement cher et long. Quand à faire venir un garagiste, vu la distance n’y pensez même pas. » Rassurant … « Pouvez-vous nous aider ? Moi ? Non, je ne peux rien faire pour vous ! » Nouvel espoir, une voiture s’arrête à notre niveau. Enfin quelqu’un de compréhensif. Le dialogue fut bref mais efficace « Où sont les ours ? Heu, nous sommes enfermés hors de notre véhicule – Je comprends, dur dur, mais où sont les ours ?»

Le sauvetage! Notre polonais, fidèle, entre-temps, est parti à un hôtel à quelques kilomètres de là et revient avec un cintre en fil de fer qu’il déplie. Le temps de tâtonner et il parvient à actionner le bouton de la vitre avant. Ouf ! Nous respirons. Un immense merci à toute cette famille formidable qui nous a aidés pendant deux bonnes heures sous le soleil, sans se lasser, pour trouver la solution, avec le sourire qui plus est (et tout cela avec toute la famille venant de Pologne pour les voir, et un bébé au sein !!!!) Merci les ours ! Personnellement je ne les voyais pas si nuisibles.

Nous reprenons le volant pour Jasper. Nous ferons un bel arrêt aux chutes Athabasca.




Jasper
Jasper est une belle ville, très accueillante, à commencer par tous les animaux qui gambadent dans les forêts environnantes et les faubourgs.


On trouve de tout ici à commencer par plein de touristes. Si ça se trouve, c’est lié… Le camping Wapiti – comme d’hab n’est pas donné, avec son bois en sus (on s’habitue), mais bien rendu. Il est très agréable, dans la forêt avec de grands emplacements et des sanitaires très biens et pas trop loin. On va se plaire ! L’entrée du camping est peuplée de wapitis (uniquement des mamans avec leurs petits) et de photographes accrochés à leurs sabots. N’y résistant pas, Grisemote s’approche d’aussi près que les autres d’une tendre mère lascivement en train de brouter. Pas si paisible que cela, la bébête en question commença à la regarder de travers, puis fonça la tête en avant. Si une charge peut être héroïque, la retraite de ceux qui la subisse l’est forcement moins. Piteusement cachée derrière un arbre, il fallut à Grisemote quelques minutes pour se remettre de sa surprise, avec dans la tête une question : « pourquoi moi alors que les autres photographes s’en tire plutôt bien … ? ». Peut être la french touch !
Juste avant l'assaut!
Pour nous remettre de toutes ces aventures, nous décidons de nous faire un petit restau en ville. Bigre, là aussi, on s’aperçoit que le coût de la vie est assez élevé. Nous optons pour une pizzeria conseillée par « le guide du routard ». Nous repartons avec une bonne addition et un ventre mi plein. On aurait préféré le contraire.


Lac Maligne
Après une douce nuit au camping, nous repartons le lendemain frais et dispos pour le lac Maligne. Nous nous arrêtons d’abord près du canyon Maligne qui nous retiendra un bon moment.



La route pour parvenir au lac est magnifique, entourée des pans de roches abrupts. Nous passons à côté du lac Medecine dont la caractéristique est de se vider à partir d’aout à cause d’un siphon souterrain qui transfert l’eau en aval. Cette caractéristique mystérieuse du lac lui a valu une réputation sulfureuse par les indiens (et certainement les premiers trappeurs) qui y voyaient un phénomène surnaturel.

Le lac Maligne est une magnifique étendue d’eau au milieu de pics rocheux aux crêtes enneigées, célèbre pour une vue d’une de ses îles, spirit island (que nous n’atteindrons pas). Il se visite soit en vedette de tourisme, soit en canoë.


Nous prenons le contrat offensif en louant deux coques de noix à rames. Le carnet de route disait : journée en canoë. C’est vrai qu’après les longues randonnées, rien de mieux pour se détendre qu’une journée de canoë endiablée. Le plafond nuageux bas et une sorte de lassitude nous dicta de revoir nos prétentions à deux heures de location. Nous partons donc guillerets, la rame légère au milieu de cette beauté un poil glacée.

Un des deux équipages (auquel je ne participais pas ainsi que les deux plus jeunes), dyslexique de la rame, a du mal à marcher droit, ce qui s’accompagne généralement d’une ambiance chaleureuse autant qu’amicale. Nous passons la première heure en extase devant ce magnifique spectacle qui défile devant nos yeux, troublé de temps en temps par les vagues des vedettes à moteur. Nous contournons un premier jeu d’îles entre des troncs qui flottent et entamons notre retour lorsqu’un grain bien nourri déboule sur le lac pour nous rafraichir.

Certes, la lumière entre les nuances de gris sur fond de montagnes ravit l’œil des photographes et la pluie ne fut pas vraiment forte, mais le vent contraire est une véritable plaie.

Dès que l’on s’arrête de ramer, on fait marche arrière. Après une heure de lutte acharnée pour rejoindre notre point de départ à peu près dans les temps, nous arrivons épuisés. Mouais, deux heures, c’était bien … d’autant qu’ici le temps change très vite.
Dall's sheep
De retour au camping, des coups de feu nous accueillent. Nous saurons le lendemain que c’était pour effrayer 4 ours qui souhaitaient un emplacement au milieu des tentes…
Mont Edith Cavell

D’abord la route pour y parvenir est magnifique. Elle est sinueuse et permet quelques belles vues sur la vallée et les lacs couleur émeraude. Ensuite, le site est un gigantesque cirque de falaises avec un glacier suspendu en forme de colombe les ailes déployées, le glacier Angel (bon, il faut quand même avoir un peu d’imagination, certains pessimistes y verrons peut être un corbeau albinos).


Le lac au centre est comme d’habitude dans le coin de cette couleur bleue délavée si particulière, dans lequel une langue de glacier vient baigner.

Une petite pluie froide et pénétrante vient troubler la randonnée (de quelques petits kilomètres). Même si la météo n’était pas clémente, c’est vraiment un très bel endroit à ne pas rater (nous y retournerons même une seconde fois, le jour du départ vers le nord, pour profiter de la vue sous le soleil !)




Pour laisser une trace, nous construisons des chortens, comme certains prédécesseurs, sûrs que cette trace passera les siècles.

Avec environ 120 kilomètres de randos dans les pattes en moins de 15 jours, un peu de voiture s'impose, alors en route pour l’Alaska!
Pour retourner à la première partie:http://voyageforum.com/...ost=2595664;#2595664 Pour accéder à la troisième partie: http://voyageforum.com/...ost=2642578;#2642578
Suite à des modifications techniques, le carnet a quelques "bugs". Vous pouvez le lire ici dans sa totalité: http://sites.google.com/site/grisemoteouestcanadien/accueil
Pour retourner à la première partie: http://voyageforum.com/v.f?post=2595664;#2595664 Lac Louise (suite)

Particularités du camping: il est plutôt grand, dans la forêt, plutôt cher (mais ce n’est pas une particularité ici où le niveau de vie est visiblement plus élevé que chez nous), une barrière électrifiée est sensée nous protéger de nos amis les nounours et nous devons payer 7$ par jour pour pouvoir faire du feu avec bois à volonté mais dans des barbecues de lilliputiens (donc qui consomment très peu). On les comprend, dans le pays le bois est une denrée rare. Et oui, le primitif cela coûte cher. Le camping n’en reste pas moins agréable, avec quand même peu de douches et l’habituel unique lavabo où gicle de l’eau partout (froide, bien sûr) pour faire la vaisselle. La contre partie de cette ultra primitive « vaisselle spot » est que c’est un endroit de grande convivialité où il est facile d’échanger en anglais ou en français sur tous les sujets. Si cela peut rassurer celui où celle qui sera désignée pour la corvée …
Comme d’hab, le lendemain fut l’occasion d’une très belle randonnée : Vallée of Paradise et Giant steps (20 kilomètres - dénivelé 385m).

Arrêt pique-nique près du lac !
Un glacier suspendu.
Valley of paradise...
....et les marches de Géant (Giant steps) qui portent bien leur nom!




Vu le titre, dans mon imagination j’y voyais plus de vahinés accueillantes sous une température moyenne supérieure, mais ce fut quand même un bon moment.

Quelques rencontres avec des marmottes!Notre petit marcheur a commencé à avoir des douleurs aux pieds qui ont rendu le retour difficile pour lui et celui qui l’a porté … En chemin, nous nous sommes faits vertement sermonnés par un écureuil qui n'avait pas froid aux yeux et qui n'a pas apprécié notre présence. Nous avions peut être écrasé une pomme de pain. Petit mais très loquace, il montait sur les troncs au niveau de nos têtes pour nous dire sa façon de penser par des cris étonnamment forts vu sa petitesse. (plus tard dans le camping de Jasper, nous serons aussi témoins d'une attaque en bonne et due forme sur un chien de bonne taille. Le petit écureuil a alerté tout le camping et abien signifié au quadrupède qu'ICI, c'était SON territoire! On parle des oies du Capitol, mais que dit-on des écureuils canadiens????

La randonnée au lac Moraine fut, le jour suivant, l'occasion d'une expérience nouvelle. Le lac Moraine est d’une grande beauté avec ses eaux bleues laiteuses dues à l’alimentation par les eaux des glaciers gorgées de « poudre » de roches laminées par les tonnes de glaces rampantes, et ce, même sans soleil, ce qui fut notre cas.


Attirés par une petite colline avancée sur le lac permettant un point de vue imprenable, nous (heu pas tous !) décidons de passer par un raccourci. De gros troncs d’arbres, flottants sur l’eau, permettent de rejoindre notre point haut. Un pied pour s’assurer que cela flotte bien, puis deux – no problemo, c’est du costaud. Je progresse donc de tronc en tronc d’un pas leste et léger. Soudain, un gros tronc joueur se cabre, puis celui d’à côté. Arghhhh ! Après un combat d’équilibriste périlleux je capitule et m’enfonce tout droit dans l’eau jusqu’à la taille. L’appareil photo est immergé quelques secondes ! Le pire fut le regard de tous ceux qui attendaient la fin de l’exercice avec une pointe d’amusement à peine dissimulée – et pour cause : sorti des eaux, j’ai pu constater que je n’étais pas le seul à tenter l’expérience qui se soldait à 80 % par une baignade… Du coup les imprudents avaient leur public. Raisonnablement étanche le Canon 350D, mais pas l’objectif. Une fois séché, il reste quelques traces sur les lentilles mais le reste fonctionne. Ouf !
La piètre prestation! Les paparazzis étaient sur place😉Bien entendu, vu la prestation lamentable mais jugée courageuse de leur père, Lucas et Robin, bien plus malins et moins lourds, ont tenté la traversée. Plouf et replouf ! Quand même, il y a une justice !

Une fois changés et atteint notre point d’observation privilégié à pied sec, nous mesurons la beauté de ce lac dont la couleur semble tout simplement artificielle. « Allez on regarde trois chutes sur les rondins et on rentre …» La rando du jour, du coup, elle aussi est tombée à l’eau !

Nous passerons cependant au lac Louise, malgré le ciel menaçant, et nous décidons d’aller voir la vue du haut de la tour « fairview ». Ce n’est que 2 kilomètres aller-retour, mais par contre c’est raide ! Du coup, malgré toute la population qui peuple les bords du lac, nous n’y verrons personne.




Les nuits sont froides (zéro degré annoncé par le ranger à l’entrée) et du coup, faisant la grève de l’arnaque au barbecue, il n’est pas question de s’attarder le soir.

Pour le quinzième jour de notre périple, nous décidons de faire quelque chose de neuf : un trek en montagne (rien à voir avec une balade essaie-t-on d’expliquer)… Certains d’entre- nous suggèrent de dormir directement avec les chaussures à crampons, cela permettrait de gagner du temps le matin. La popularité de cette nouvelle expédition grandit en arrivant dans la vallée de Yoho.

Petit passage bien sympa à Natural Bridge,



puis nous entamons le tour du lac émeraude (5, 2 kilomètres dans sa totalité)

et enchaînons vers le bassin Emeraude (Emerald basin), L’endroit est sublime et l’aller retour du parcours prévu dépasse à peine les 9 kilomètres (9, 2 km - 225m de dénivelé). Une bagatelle !
Cherchez les enfants dans la photo😉Arrivés à notre point haut, alors que nous sommes dispersés à chercher des sortes de pépites métalliques qui ressemblent à de l’or, Robin, resté tout seul, devient introuvable, malgré nos hurlements à réveiller toutes les marmottes du coin. Nous finissons par l’apercevoir entre deux gros rochers, recroquevillé de peur. D’après lui, un Mountain Lion (cougar), dont la présence effective fut signalée en début de parcours, lui aurait fait les gros yeux au sortir de la forêt. Il n’aurait pas été à son goût et aurait tourné les patounes. Une glace fut revendiquée pour cela, mais sans preuve photographique ni morsure, l’animal ne fut pas validé. C’est la dure loi des montagnes !
Voici une trace qui pourrait corroborer la version de Robin!Le retour au camping de Lake Louise s’effectue par la visite des chutes Takakkaw, qui, pour une fois, se voient de loin et ne nécessitent que quelques minutes de marche pour les atteindre. Tel un pulvérisateur géant, il est idéal d’aller près de son point d’aboutissement si on souhaite prendre une douche d’embruns.



Petite rencontre sur le bord de route!
Au petit matin suivant, nous quittons notre camping du lac Louise sans trop de regrets excepté pour la vue agréable au milieu des monts couronnés de glace, pour prendre la route des glaciers.

Le chemin n’est pas long mais les points de vue sont à couper le souffle de beauté, surtout sous un magnifique soleil. La succession de lacs de glaciers d’un bleu intense sur fond d’une multitude de glaciers ne peut normalement pas laisser indifférent. A voir absolument.
Bow Lake.
Le lac Peyto




Nous montons au glacier Athabasca au travers d’un défilé de sommets pointus et neigeux. L’arrivée n’a pas besoin d’être signalée. A près de 2000 mètres d’altitude, l’immense langue de glace est à quelques centaines de mètres de la route, en pense assez douce.

En fait ce n’est qu’une émanation d’un champ de glace de 300 Km² (Columbia icefield) qui comprend pas moins de huit glaciers majeurs et qui s’étend sur tout un groupe de sommets. Sa visite est programmée pour le lendemain.

Le camping choisi (le Wilcox creek campground) est du style primitif – ce qui a une signification particulière dans cette contrée ou visiblement un sou est un sou. Le notre avait des sanitaires minimalistes, mais était équipé d’un corbeau dont le doux coassement a ponctué chaque minute de notre séjour. Douce nature. Heureusement, le camping était équipé aussi d’une radio, celle de nos voisins, qui nous a permis de garder un pied dans la civilisation (même si lui se croyait seul au monde – quel imagination !). Un coup de cœur. Pour fêter tout cela, nous avons goûté un petit vin californien (heu, pas tous quand même) réchauffé par une flambée, à 9 $ cette fois, sous les étoiles. Prendre un peu d’antigel est accessoirement utile pour affronter le froid de la nuit. Mais en fait, avec un air sec et un bon duvet, tout cela se supporte très bien.

Équipés de polaires, de lunettes et d’un bon anorak nous partons le lendemain matin pour affronter le glacier. Un peu inquiets sur les risques liés à ce genre d’endroit, nous avons opté pour un guide et le groupe de plus d’une vingtaine de personnes qui allait avec. Il nous prête bonnets et gants. Vu la chaleur qu’il faisait (entre 15 et 20°) nous hésitons. Petite déception d’entrée de jeu, il annonce fièrement qu’avec l’état de la glace qui fond, la surface est très rugueuse et qu’il ne sera pas nécessaire de prendre des crampons.

Marcher sur la glace dans ces conditions estivales n’est effectivement pas bien compliqué. Il faut quand même faire attention aux crevasses et aux moulins (trous dans la glace) qui d’après notre guide (qui parle français) sont mortels. On les voit bien quand même. L’eau coule partout en petites rivière et permet de voir une belle glace bien bleue gorgée de bulles.

Côté température, l’arrivée sur le glacier nous frigorifie littéralement. Le vent venu des hauteurs et le rayonnement froid du sol nous oblige à mettre gants et bonnets qui nous semblaient si accessoires. Bon ok, la visite (environ deux heures) et le guide furent sympas, marcher sur la glace est toujours un plaisir, mais le coût carrément prohibitif de l’opération (pour 5 de l’ordre de 120€) est en décalage avec le service et à priori le danger (mais nous ne sommes pas spécialistes). Nous avons croisé bon nombre de personnes sans guide, ce qui est tout à fait autorisé, qui finalement en ont vu autant que nous …
Nous reprenons la route pour Jasper dans la foulée. En chemin, nous croisons un groupe de voitures sur les bas-côtés. Pas besoin d’un dessin, cela nous est maintenant familier. C’est un arrêt Ours. Une maman et deux oursons. Oooh ! Comme c’est mignon ! Bon, on y va.


Seulement voilà, le dernier sorti de la voiture a eu la bonne idée de fermer la voiture à partir du bouton intérieur et en claquant la porte, les clés à l’intérieur – LE grand classique des après-midi réussis. Enfermés dehors, équipés au plus d’un appareil photo, tous les papiers, téléphones et autres équipements nous attendent sagement à quelques centimètres de nous. (et comme cela n’était pas suffisant, Lucas est sorti nu-pieds, tant qu’à faire !) A soixante kilomètres du premier village, en plein zénith au milieu des ours, l’ambiance est à la fête. Pas de panique, avec toutes les voitures présentes pour les fauves, je demande de l’aide à plusieurs personnes. Visiblement mon anglais n’est pas au point. Pourtant, quand j’achète du bois le soir pour une flambée tout le monde me comprend … ce sera une énigme. Une famille Polonaise, en vacances, qui parle le même anglais que nous finit par nous écouter. Plutôt débrouillard, l’homme dévisse l’antenne radio et s’en sert pour « crocheter » la serrure. Echec car c’est trop rigide. Heureusement, un policier en patrouille, intrigué par des rodeurs sur une voiture, s’arrête à notre hauteur. « - Oups ! Mes pauvres, remplacer une clé est extrêmement cher et long. Quand à faire venir un garagiste, vu la distance n’y pensez même pas. » Rassurant … « Pouvez-vous nous aider ? Moi ? Non, je ne peux rien faire pour vous ! » Nouvel espoir, une voiture s’arrête à notre niveau. Enfin quelqu’un de compréhensif. Le dialogue fut bref mais efficace « Où sont les ours ? Heu, nous sommes enfermés hors de notre véhicule – Je comprends, dur dur, mais où sont les ours ?»

Le sauvetage! Notre polonais, fidèle, entre-temps, est parti à un hôtel à quelques kilomètres de là et revient avec un cintre en fil de fer qu’il déplie. Le temps de tâtonner et il parvient à actionner le bouton de la vitre avant. Ouf ! Nous respirons. Un immense merci à toute cette famille formidable qui nous a aidés pendant deux bonnes heures sous le soleil, sans se lasser, pour trouver la solution, avec le sourire qui plus est (et tout cela avec toute la famille venant de Pologne pour les voir, et un bébé au sein !!!!) Merci les ours ! Personnellement je ne les voyais pas si nuisibles.

Nous reprenons le volant pour Jasper. Nous ferons un bel arrêt aux chutes Athabasca.




Jasper
Jasper est une belle ville, très accueillante, à commencer par tous les animaux qui gambadent dans les forêts environnantes et les faubourgs.


On trouve de tout ici à commencer par plein de touristes. Si ça se trouve, c’est lié… Le camping Wapiti – comme d’hab n’est pas donné, avec son bois en sus (on s’habitue), mais bien rendu. Il est très agréable, dans la forêt avec de grands emplacements et des sanitaires très biens et pas trop loin. On va se plaire ! L’entrée du camping est peuplée de wapitis (uniquement des mamans avec leurs petits) et de photographes accrochés à leurs sabots. N’y résistant pas, Grisemote s’approche d’aussi près que les autres d’une tendre mère lascivement en train de brouter. Pas si paisible que cela, la bébête en question commença à la regarder de travers, puis fonça la tête en avant. Si une charge peut être héroïque, la retraite de ceux qui la subisse l’est forcement moins. Piteusement cachée derrière un arbre, il fallut à Grisemote quelques minutes pour se remettre de sa surprise, avec dans la tête une question : « pourquoi moi alors que les autres photographes s’en tire plutôt bien … ? ». Peut être la french touch !
Juste avant l'assaut!Pour nous remettre de toutes ces aventures, nous décidons de nous faire un petit restau en ville. Bigre, là aussi, on s’aperçoit que le coût de la vie est assez élevé. Nous optons pour une pizzeria conseillée par « le guide du routard ». Nous repartons avec une bonne addition et un ventre mi plein. On aurait préféré le contraire.


Lac Maligne
Après une douce nuit au camping, nous repartons le lendemain frais et dispos pour le lac Maligne. Nous nous arrêtons d’abord près du canyon Maligne qui nous retiendra un bon moment.



La route pour parvenir au lac est magnifique, entourée des pans de roches abrupts. Nous passons à côté du lac Medecine dont la caractéristique est de se vider à partir d’aout à cause d’un siphon souterrain qui transfert l’eau en aval. Cette caractéristique mystérieuse du lac lui a valu une réputation sulfureuse par les indiens (et certainement les premiers trappeurs) qui y voyaient un phénomène surnaturel.

Le lac Maligne est une magnifique étendue d’eau au milieu de pics rocheux aux crêtes enneigées, célèbre pour une vue d’une de ses îles, spirit island (que nous n’atteindrons pas). Il se visite soit en vedette de tourisme, soit en canoë.


Nous prenons le contrat offensif en louant deux coques de noix à rames. Le carnet de route disait : journée en canoë. C’est vrai qu’après les longues randonnées, rien de mieux pour se détendre qu’une journée de canoë endiablée. Le plafond nuageux bas et une sorte de lassitude nous dicta de revoir nos prétentions à deux heures de location. Nous partons donc guillerets, la rame légère au milieu de cette beauté un poil glacée.

Un des deux équipages (auquel je ne participais pas ainsi que les deux plus jeunes), dyslexique de la rame, a du mal à marcher droit, ce qui s’accompagne généralement d’une ambiance chaleureuse autant qu’amicale. Nous passons la première heure en extase devant ce magnifique spectacle qui défile devant nos yeux, troublé de temps en temps par les vagues des vedettes à moteur. Nous contournons un premier jeu d’îles entre des troncs qui flottent et entamons notre retour lorsqu’un grain bien nourri déboule sur le lac pour nous rafraichir.

Certes, la lumière entre les nuances de gris sur fond de montagnes ravit l’œil des photographes et la pluie ne fut pas vraiment forte, mais le vent contraire est une véritable plaie.

Dès que l’on s’arrête de ramer, on fait marche arrière. Après une heure de lutte acharnée pour rejoindre notre point de départ à peu près dans les temps, nous arrivons épuisés. Mouais, deux heures, c’était bien … d’autant qu’ici le temps change très vite.
Dall's sheepDe retour au camping, des coups de feu nous accueillent. Nous saurons le lendemain que c’était pour effrayer 4 ours qui souhaitaient un emplacement au milieu des tentes…
Mont Edith Cavell

D’abord la route pour y parvenir est magnifique. Elle est sinueuse et permet quelques belles vues sur la vallée et les lacs couleur émeraude. Ensuite, le site est un gigantesque cirque de falaises avec un glacier suspendu en forme de colombe les ailes déployées, le glacier Angel (bon, il faut quand même avoir un peu d’imagination, certains pessimistes y verrons peut être un corbeau albinos).


Le lac au centre est comme d’habitude dans le coin de cette couleur bleue délavée si particulière, dans lequel une langue de glacier vient baigner.

Une petite pluie froide et pénétrante vient troubler la randonnée (de quelques petits kilomètres). Même si la météo n’était pas clémente, c’est vraiment un très bel endroit à ne pas rater (nous y retournerons même une seconde fois, le jour du départ vers le nord, pour profiter de la vue sous le soleil !)




Pour laisser une trace, nous construisons des chortens, comme certains prédécesseurs, sûrs que cette trace passera les siècles.

Avec environ 120 kilomètres de randos dans les pattes en moins de 15 jours, un peu de voiture s'impose, alors en route pour l’Alaska!
Pour retourner à la première partie:http://voyageforum.com/...ost=2595664;#2595664 Pour accéder à la troisième partie: http://voyageforum.com/...ost=2642578;#2642578
Les pieds au Népal... et la tête dans les étoiles English translation pending
Recit d'1 mois au Nepal par Sophie et Christophe en ballade autour de la planette. Pour les photos qui vont avec:http://www.lespiedssurterre.org. Bonne lecture. Mardi 24 Octobre: arrivée au Népal
Petit bilan après 3 mois sur la route, on est. vivant!!!! Mais encore… Et bien ça n'est pas si facile que ça de jouer les apprentis voyageurs. Pour le moment on a toujours pas eu de coups de blues, on ne ressent pas l'envie de rentrer et ces trois premiers mois déjà une aventure extraordinaire. Cependant, ces vacances un peu plus longues que d'habitude commencent à laisser imperceptiblement quelques traces: on ne s'émerveille plus autant, notre curiosité est un peu moins aiguisée et certaines choses inhérentes à notre quotidien deviennent plus pesantes certains jours: faire et défaire son sac régulièrement, se taper de longs trajets inconfortables, s'adapter à un nouveau pays sans avoir digéré le précédent, visiter, être harcelé par les "pro" du tourisme, etc…En fait le besoin de se poser se fait de plus en plus sentir, l'envie de ne plus bouger.
Jusqu'à présent le physique et le mental n'ont pas été ménagés avec trois pays pas forcement faciles sans farniente puis l'Inde qui pointe le bout de son nez. Allez courage, dans trois mois c'est les Maldives. "Il ne manquerait plus qu'ils se plaignent ces deux là!!!!"
Finalement, ce qui nous fatigue le plus et malheureusement qui nous colle a la peau, c'est notre condition de … touriste! Ca se voit a 10kms et on ne peut pas circuler sans qu'on nous propose du change, des souvenirs, un rickshaw, avec l'impression omniprésente d'être pris pour un porte monnaie ambulant. Certes les premiers temps ça fait parti du dépaysement, mais au bout d'un moment ça devient pénible et on a envie de se fondre dans la masse, de circuler incognito quoi!
Mais ne vous méprenez pas, ne comptez pas nous revoir de sitôt (tant mieux diront certains…), car c'est trop de la baaaaaaaaaaalle!!!!!!!!!!!
Nous retraversons la ville de Dakha cette fois-ci de jour, le trajet est insupportable et Sophie jure de ne plus jamais y remettre les pieds. C'est la première fois que nous prenons un avion ou le placement est libre et les hôtesses sont aimables comme des portes de prison. Le clou du voyage : des images de la Mecque diffusées sur les écrans avec la prière en fond musical " Allah est grand, Allah vous accompagne, Allah protége votre famille, etc... ", cela peut être une source de réconfort pour les musulmans qui prennent l'avion mais dans notre cas, cela nous rappelle le 11 septembre... Un petit Inch Allah avant le collage et un rassurant " we are about to land in Kathmandou, Inch Allah " finissent de nous mettre dans l'ambiance. Nous voici au Népal, une destination que Christophe attendait avec impatience berce par tous les échos des voyageurs précédents et les récits lies aux expéditions sur ses 11 sommets culminant au dessus de 8000m (sur 17 dans le monde) et bien sur le Toit du monde, l'Everest a 8848m. Sophie est un peu plus anxieuse, l'école qui devait l'accueillir a ferme, elle va être livrée a elle même pendant les 3 semaines du trek, nouvelle expérience… Nous découvrons Katmandou de notre taxi et traversons le quartier touristique de Thamel. Les rues étroites sont bondées de resto et de boutiques. Difficile de se frayer un chemin au milieu des piétons, des vélos, des motos, des rickshaws et des voitures. Ici aussi ça joue du klaxonne, impossible de dire qui est le plus a plaindre dans cette circulation. Nous nous installons à la Tibet peace guesthouse, très agréable avec son jardin au calme. Puis c'est parti pour la découverte du quartier cette fois a pieds. Il faut faire attention aux vélos et motos qui n'hésitent pas à nous frôler de près et à nous klaxonner dans les oreilles. Les boutiques regorgent de fringues colorées dont les modèles n'ont pas du changer depuis les années 70, et de matériel pour trekkeurs, essentiellement des imitations North face. Les resto aussi sont nombreux et c'est pas évident de trouver une adresse indiquée dans le routard tant il y a de pancartes et d'enseignes. En tous cas y'a du choix: népalais, indien, chinois et européen. On va s'en mettre plein la panse! A condition de ne pas trop regarder autour; nous avons croise des rats a plusieurs reprises; l'un se promenait tranquillement sur une poutre au-dessus de nos assiettes...
Mercredi 25 Octobre: Viens boire un p'tit coup a la maison L'après-midi se passera à l'Internet café, "les pieds sur Terre" oblige. C'est en rentrant a notre guest que nous avons la surprise (attendue) de retrouver les deux Alex et Aurélie. Ils ont déjà attaque l'aperto "Ricard" bien de chez nous (mais au fait, c'est ou chez nous?). Nous poursuivrons au Pilgrim's, endroit très hétéroclite, a la fois librairie, bibliothèque, resto et cours de méditation ou yoga. Les "momos" cheese et vegetables (sorte de raviolis vapeur) y sont particulièrement savoureux.
Jeudi 26 Octobre: Tout le monde est la? Cette fois ce sont Marc et Priscillia alias Poupette qui nous ont rejoint pour le petit dej' avec le pot de Nutella commande par Sophie. Ils ont aussi pense aux guides et livres ainsi qu'au sauciflard et pinard. On attend ces ravitaillements un peu comme les caravanes africaines attendent l'oasis en traversant le dessert!!! Bienvenus les poulets. L'après-midi sera consacrée a la préparation du trek avec le guide: permis de trek, itinéraire et logistique. Y'a juste un petit hic: l'hiver semble être arrive plus tôt que d'habitude. La semaine dernière 7 alpinistes français ont été ensevelis par une avalanche, cette semaine des yacks sont morts de froid et la route des Annapurnas est bloquée a mi-chemin par la neige. Le programme reste inchangé, si la route n'est toujours pas accessible d'ici la, ils emprunteront un autre parcours. En tous cas, ça va peler, Sophie ne regrette pas sa décision de rester dans la vallée.
en rouge itinéraire du trek plus ou moins éffectué
Vendredi 27 Octobre: la séparation
Le moment est venu d'analyser un peu notre couple dans le cadre d'un voyage comme celui-ci.
Question intimité, c'est pas l'idéal : pas facile de se séduire quand on est fagotés comme un as de pique tous les jours et privée de sèche-cheveux en ce qui concerne Sophie car il faut reconnaître qu'a ce niveau-la c'est plus dur pour elle. Rajoute a cela la fatigue, parfois le manque d'intimité ou d'intimité dans les " dormitory ", on est loin du Kama Sutra.
Question entente c'est un peu comme " le loft ", l'émission de télé-réalité, une sorte de condense de vie ou les situations s'enchaînent et nous mettent face a l'autre. Comme dans le quotidien, c'est une question de compromis et de tolérance a la différence âpres qu'on ne peut pas fuir, il faut résoudre le problème coûte que coûte car y'a pas de copains ni de boulot pour se réfugier ou encore une salle de sport a proximité. Ce n'est donc pas facile tout le temps malgré la cote idyllique que peut revêtir ce voyage. Le cote positif, c'est qu'en revenant d'un tel " test ", on sait a quoi s'en tenir. On en ressort plus fort et on devrait pouvoir affronter les épreuves suivantes riches d'une belle expérience conjugale.
Pour la suite du carnet nous avons acide de mettre en parallèle nos journées plutôt que de les enchaîner
Sniff
Le moment tant redouté est arrivé, il faut se séparer. Ca y est, c'est fait. Prends soin de toi, je serai à Pokkhara dans 18 jours pour vous accueillir… avec pinard et sauciflard! Bon c'n'est pas tout mais maintenant va falloir que j'organise mon temps libre. J'avais pris contact avec un certain Pramod qui répond à tous les mails de voyageurs sur "Voyage forum", il habite à Katmandou et je dois le rencontrer. Une heure plus tard me voila dans son bureau à boire un café. Ce népalais de 37 ans a vécu 15 ans à Paris et vient de s'installer définitivement au Népal ou il envisage de travailler dans le commerce équitable. Il me presente Rabina qui parle aussi français puisqu'elle travaille dans une agence francophone. Habitant à Bakhtapur, elle me propose de la voir sur place quand j'irai. Le hasard veut qu'elle soit de la famille d'Indra, cet étudiant népalais que j'ai contacte par Internet qui s'occupe d'une association scolaire pour enfants défavorises et que je dois aussi rencontrer. Pramod m'apprend que du 1er au 3 novembre, c'est Tihar (ou Deepavali), la fête des lumières et me propose de passer quelques jours dans une famille ou je serai au plus âpres de la fête. Mais c'est une très bonne idée ça, ça marche pour moi. Un coup de téléphone plus tard, Niranjan, son ami débarque pour me rencontrer. Rendez-vous est pris, il m'amante dans sa famille le 2 novembre. Pour l'instant ça s'annonce plutôt bien.
Ce n'est qu'un au revoir... Khandi (840m) Bhubhule (900m), 1h de marche Dernière nuit avec Sophie, ce sera notre première séparation aussi longue. Nicolas Bouvier habitue des longues absences avec sa femme écrivait : " Je crois à la vertu des absences... Dans une vie de couple qui passe toujours par des crises shakespeariennes, il faut d'immenses lucarnes, des bouffées d'air salubre. ". En attendant beaucoup d'inquiétude dans mon baiser d'adieu au petit matin, la voila seule pour 3 semaines, première expérience en solo dans un pays étranger et sans possibilité de se joindre. On a rencontre nombre de voyageuses solitaires depuis le début de ce voyage, et au fond de moi je me dis qu'il n'y a pas de raison que ça se passe mal. En tout cas, ce n'est pas les occupations qui vont lui manquer: visa pour l'Inde, nettoyage des objets birmans, mises a jour du site, achat du billet Maldives-Mexique... Notre bus perso nous attend. Panta, notre guide, nous a conseille de louer un minibus plutôt que prendre la bétaillère locale, la différence n'est que de quelques euros. Par contre on gagne entre 2 et 4h sur le trajet en évitant les check points, pas de risques de vol (en recrudescence en ce moment) et nous sommes sur d'avoir des places pour nous 6, les 3 porteurs et le guide. Nous couvrons en 5h les 200kms qui nous séparent de Pokhara et entre 2 nids de poule nous admirons avec quel soin les népalais décorent leur camion, enchevêtrement de couleurs, guirlandes et effigies religieuses kitchissimes... L'Inde n'est plus très loin et son influence se fait sentir. Are Krishna! Nous marchons ensuite une petite heure entre Khandi et Bhubhule, " qui va piano va sano va lontano ", il ne s'agirait pas de casser la machine des le premier jour. Apero Ricard et petits gâteaux aux poireaux achètes par Alexandra, ne négligeons pas les bonnes manières même en altitude, et pour le dîner ce sera Dal Bath pour tout le monde. Il s'agit du plat national (et probablement le notre pendant 15 jours), légumes au curry, soupe de lentilles et riz. Ca remplit son homme et c'est a volonté. C'est rigolo de voir passer une petite troupe maoïste alors que nous avons traverse un check point militaire il y a une heure. Tiens tiens, il semble que nous ayons change de territoire. Notre guide nous explique que les maoïstes contrôlent la région et de nombreux districts au Népal. En fait, la situation du pays est assez préoccupante, une économie au plus bas, un peuple mécontent et un roi adepte de la monarchie absolue, le très impopulaire Gyanendra. On comprend d'ailleurs pourquoi quand on sait qu'il a fait assassine tous les membres de sa famille ainsi que le souverain en place, le tout sur le dos de l'héritier qui s'est empresse des se suicider. Gyanendra, unique abonne absent du bain de sang, se retrouve " naturellement " au pouvoir. Des méthodes dignes de notre bon vieux Moyen-Âge mais encore d'actualité ici. Et pour " couronner " le tout, il étouffe la liberté de la presse, dissout le parlement et s'octroyer les pleins pouvoir. C'est un terrain fertile pour les maoïstes qui en profitent pour rassembler derrière eux les différents courants politiques et recueillir le soutien du peuple. Après notre repas du soir la même troupe maoïste refait son apparition, ils font le tour des guesthouse et viennent réclamer leurs "dons", qu'ils estiment à 100 roupies/jour/personne. Inutile de vous dire que c'est du racket pur et dur, par contre ils y mettent les formes : ils se pressentent sans arme, expliquent la situation du pays et leur combat, et restent ouverts aux questions, opportunité que nous saisissons avec délectation. Bilan du débat, la liberté qu'ils veulent mettre en place OK mais au sein d'un parti unique, et avec une seule voie possible : le Communisme. " Pas a la chinoise " nous précisent-t-ils, c'est vrai, dans maoïste y'a pas " Mao "… Quant a l'avenir, et bien on exporte la révolution en Inde puis au monde entier et on met fin à l'impérialisme yankee. Et la marmotte... Pauvres népalais, c'est ce qui s'appelle avoir le choix entre la peste et le cholera. Nous payons néanmoins, en trichant sur le nombre de jours, on verra bien. Avant de nous coucher, petit clin d'oeil au Manaslu un des géants du coin dont les neiges éternelles culminent a 8166m, que de beaux rêves en perspective.
Vendredi 28 Octobre:
Spécimens en voie d'extinction
Le matin fut réserve à l'ambassade de l'Inde ou il m'a fallut la matinée pour déposer la demande de visa. Des jeunes sans-gêne ont voulu doubler ce qui a crée une véritable émeute. Je profite de l'après-midi pour bricoler un peu et nettoyer les ornements de portes en bois achète au Myanmar. C'est aussi l'occasion de découvrir l'ambiance qui règne dans la guest. Des clients y ayant élu domicile viennent me voir et observer ce "very nice" objet. On retrouve dans cet endroit un peu de la Katmandou d'il y a 30 ans et … ses représentants. Mais oui, je n'y croyais pas, mais il existe encore des "dinosaures" de cette époque, des rescapes du "peace and love ". En pantalon pat d'eph et velours violet ou jean destroy avec un gilet de mouton retourné psyché sur une chemise bariolée, les cheveux longs ou dread locks, ces deux spécimens de 55/60 ans squattent la guest depuis des mois, on se croirait revenue au temps des hippies. Il faut d'ailleurs préciser que Katmandou a garde un certain style de vie de ces temps recules, on croise pas mal de djeun's style bohême, on nous propose aussi de la drogue a tous les coins de rue et il n'est pas rare de sentir certaines effluves " relaxantes ". C'est en me rendant à une soirée house que je rencontre Sarah dans la rue. Nous l'avions rencontre dans l'avion qui venait de Yangon et nous l'avions perdu de vue a l'arrive, trop occupée qu'elle était a chercher son sac disparu a l'arrive. Elle l'a finalement récupère 3 jours plus tard et partage en ce moment sa chambre avec Sylvain qui fait le tour du monde a velot (encore un). Changement de plan, on part boire un verre tous les trois puis on finit la soirée au "Fullmoon". Soirée vraiment géniale, on trouve une ambiance décontracte, on s'assoit sur des coussins a cote d'autres clients, des japonais en l'occurrence puis les gens dansent et fument des pétards. Ferme vers les 2/3 heures du mat, c'est sans conteste l'endroit le plus noctambule du coin puisqu'il y a une sorte de couvre-feu ici, les népalais n'ont pas le droit de traîner dans les rues après 22 heures, les touristes eux, sont rois.
Cette fois c'est parti Bhulbule (900m) Syange (1135m) 5h de marche Avant de partir, bref descriptif de "la communauté de l'Annapurna":
Marc: plus connu sous le pseudonyme de " l'ours béarnais ", autant pour sa pilosité que pour son caractère. Il animera ces 2 semaines de ses gaudrioles et de son humour légendaire. " Afin d'amuser la galerie, je crache des gauloiseries ...".
Aurélie: l'artiste, toujours armée de ses pinceaux elle donnera une touche de couleur a nos soirées en peignant portraits et paysages. Elle aura également l'immense privilège d'être en charge de toute la partie administrative, à savoir pressente les autorisations à chaque check point.
Alexandre: le monsieur muscle du groupe, 1.80m et 95kgs a la pesée, il sera notre seul rempart si le fameux Yeti pointait le bout de son nez. L'abominable hommes neiges aurait été signale âpres du col du Thorong La en train de siroter un glaçon. Pour cela notre Alex s'impose une discipline de fer, pompes 2x par jour et Dal Bath midi et soir! Aurélie en est folle depuis maintenant quelques années.
Priscilla: ou " Poupette " pour les intimes, c'est notre grande blonde a forte poitrine. Les quotas sont respectes... Elle officiera en tant que photographe du groupe, ne négligeant aucune poule ni aucun radis, toute la vallée ne passera sous son objectif. Sa bonne humeur légendaire nous accompagnera tout au long de périple. Récemment acoquinée avec " l'ours béarnais ", les treks a répétition semblent sceller leur union.
Alexandra: dit " le pitbull " ou " la Polak " en raison de son obstination a ne pas lâcher le morceau et son gout immodéré pour les habitants du pays de notre feu pape JP II. Elle marquera ce trek par sa volonté à relever tous les défis et a accroché la première place à la jungle speed où a la marche. Ses facultés se sont néanmoins amenuisées avec l'altitude et le degré de la pente... Nous ferons chambre commune (et lits sépares!) pendant ces 2 semaines.
Levés 06h30, ce sera plus ou moins une constante tout au long de ce trek, ce qui nous permet de marcher à la fraîche et de ne pas arriver trop tard pour degoter une guesthouse sympa.
Après un roboratif petit déjeuner, nous attaquons de plein pieds cette ballade prometteuse. Peu de dénivelle aujourd'hui, nous longeons de verdoyants paysages de rizières étages, alternant avec des cultures de millet. De nombreux ponts suspendus nous permettent de naviguer entre les 2 cotes de la rivière Marsyangi ou nous croisons de multiples convois de mules, colorées comme des camions népalais et servant à ravitailler les villages en altitude. Premier conseil de Panta notre guide: ne pas jouer au plus con avec lesmules (malgré le fort potentiel qu'il a décelé dans le groupe) et toujours se mettre cote montagne pour les laisser passer, sinon c'est direct dans le précipice. Il nous parlera également de la condition de porteur pas toujours facile. Sur certains treks réputes durs, il arrive d'en retrouver morts d'épuisement sur le chemin et victime du mal d'altitude, certains touristes charges a vide imposant leur rythme effréné aux porteurs… Euh message reçu, nous prendrons soins des nôtres et je me risque même a porter mon sac a dos, tout du moins sur les premiers jours, la dysenterie et les 3 mois de voyage ayant laissé des traces.
Beau comme un camion !
Petite présentation de la communauté népalaise qui nous accompagne:
Panta, notre guide, d'un naturel très rieur, il a toujours une petite anecdote, une histoire ou une chanson a nous faire partager. Homme de principe et de valeurs, autodidacte, cultive, nous auront de nombreuses discutions intéressantes sur "les choses de la vie". Et surtout, il sera a nos petits soins pendant ces 17 jours, une véritable croisière de luxe ce trek.
Nos porteurs:
Harry, 19 ans, marie a 13 ans, 1 enfant, le jeune homme s'avérera très porte sur le sexe et nous certifiera palier ces longues périodes d'abstinences par un travail fréquent du poignet (3 fois par jour même a 5000m!). Impressionnant le bougre, pourvu qu'il lui reste assez d'énergie pour passer le col…
Robin, 23 ans, 1 enfant, sera le plus résistant et avec ses quelques mots d'anglais, nous pourrons avoir quelques échanges.
Tapa le patriarche, 49 ans, une tripotée d'enfants à son actif. C'est en fait le plus pauvre des 3, il quitte son métier de charpentier pendant la saison touristique pour faire quelques sous. Le secret de sa forme himalayenne : jamais d'alcool ni cigarettes et quelques expéditions dans l'Everest a l'occasion.
Ils portent autour de 20/25 kgs chacun, aides d'une lanière sur le front (namlo), les sacs étant ficelles entre eux. Déjà lourdement charges, ils me promettent une bouteille de Brandy si je passe le col du Thorong La (5416m) avec mon sac a dos. Quand je vois leur équipement bien moins adapte que le notre et l'age de Tapa, je me promets de faire mon possible.
Coinche et jungle speed animent la soirée et nous nous couchons lamentablement à 21h00. Nous ne savons pas encore que les jours suivants, nous nous coucherons plus tôt encore.
Samedi 29 Octobre:
On s'est connu, on s'est reconnu …
Levée a midi, il ne me reste plus que 5 heures de soleil avant la nuit. Je change d'hôtel pour rejoindre Sylvain et Sarah. Quelle erreur ai-je faite: l'eau sent la rouille et ça n'a pas l'air très clean (a 1 euro la chambre fallait s'en douter). C'est en me baladant dans le quartier que je suis interpellée par un "Sophie?". Cette tête me dit quelque chose, comment oublier Thomas et ces effigies de lui-même. Nous l'avions rencontre a Chengdu et le voici de retour du Tibet. Ce soir c'est la fête à Thamel, des DJ étrangers ont envahis la place. Y'a un monde pas possible et pour une fois les touristes sont largement minoritaires par rapport aux népalais dans cette " transe party " en plein air. Ca piccole sec, ça bouscule et ça profite des bains de foule pour jouer des mains baladeuses. Fallait réfléchir avant de me mettre la main ou je pense, tu vois pas que ça n'avance pas…et paf le chien, dans ta tête! Tous les quatre nous assistons a la sortie des locaux qui une fois l'an ont eux aussi le droit d'investir le quartier et de danser …jusqu'a 20 heures! En effet, a peine commencions nous a nous déhancher sur de la Transe que le couvre-feu était sonne, putain de maoïstes! Bon, direction le Funky Buddha ou la soirée continue…pour les touristes. De retour dans ma nouvelle chambre, je m'aperçois que je ne suis pas seule. Des compagnons indésirables l'ont squatte sans me demander la permission. Le premier a l'entrée, le deuxième, dans les rideaux, le troisième dans la baignoire et le plus culotte dans mon lit. C'est absolument hors de question que je dorme en compagnie de …cafards! Seule solution: Sylvain. J'ai finalement atterrie dans son lit et lui dans le mien, c'est Sarah qui va être surprise lorsqu'elle va rentrer... Maoïste en goguette Syange (1135m) Tal (1600m) 6h de marche Les paysages de rizière laissent place à une gorge aux parois abruptes. L'environnement devient de plus en plus rocailleux. Ce trek nous fait évoluer progressivement entre 800m et 5416m et nous permet d'apprécier toute la richesse et la varies des différents étages de végétation. Nous sommes d'ailleurs actuellement a l'altitude "Pass pass ton oinje..." puisque nous croisons de nombreux plants de Marijuana sur le bas cote. Panta nous promet une omelette maison aromatisée de ces herbes aux vertus reconnues, seulement après le col du Thorong La, pas folle la guêpe... A ce propos, les nouvelles ne sont pas très bonnes. Le col est bouche suite aux récentes chutes de neige (qui ont d'ailleurs coûte la vie la semaine dernière a 7 alpinistes français et leurs porteurs). De nombreux groupes font demi tour. Il nous reste encore quelques jours avant de l'atteindre, inch allah!
Maoiste A mesure que l'environnement change, les gens évoluent également. L'influence tibétaine se fait de plus en plus sentir, les visages s'arrondissent, leurs joues rosissent et l'architecture me rappelle quelques souvenirs de Chine. Les tibétains ont fui en masse après l'invasion chinoise et sont très présents sur les grands plateaux himalayens.
Alors que nous sommes en plein débat philosophique sur la dictature de la beauté en occident, nous croisons une étrange patrouille maoïste armée. De jeunes femmes d'a peine vingt ans manient le treillis et la carabine... en tongues, petite touche de coquetterie féminine dans cette ambiance de guérilla!
Dimanche 30 Octobre:
L'air " pur " de Kirtipur
Je me réveille au son des indien wabes, ce qui aurait été préférable au coucher. Non seulement l'eau de la douche est froide mais en plus elle est orange! Petit dej' en terrasse avec Sylvain puis départ pour une petite ballade a pieds direction Kirtipur à 6 km d'ici. En chemin, on s'arrête pour goûter les spécialités locales de marchands ambulants et de la noix de coco. Les népalais ont une étrange façon de dire oui ou d'accord: ils hochent la tête sur le cote, cela nous a d'abord laisse interloques quand on lui a demande de nous préparer la noix de coco, on ne savait pas si c'était du lard ou du cochon. Des que l'on s'éloigne du quartier touristique de Thamel, on découvre la vraie vie népalaise et malheureusement sa pauvreté. Des gens vivent aux abords de la rivière qui charrie des détritus et de décharges absolument infectes; c'est irrespirable pour mon nez délicat d'européenne. Cela n'empêchent pas les enfants de s'amuser en naviguant sur un morceaux de polystyrène.
Scène de vie Nous arrivons à Kirtipur, village perche sur une colline. Les immeubles en construction aux abords de la ville nous font regretter d'être venus. Mais en arrivant au sommet, nous découvrons de charmantes petites places paisibles ou la vie semble s'écouler tranquillement, cela change de l'ambiance trépidante de Thamel. Il y du riz étalé partout sur des nattes, les femmes le balaient ou le font " sauter " dans des jattes, les hommes bavardent ou font une partie de jeux dont je ne connais pas les règles. Ici pas de touristes et ça fait du bien.
A notre retour, nous rentrons à Thamel en passant par Indra Chowk, le quartier commerçant des népalais. On se croirait dans la rue Rivoli en période de soldes. De nombreux stands vendent des guirlandes lumineuses et des sachets de poudre de toutes les couleurs. C'est demain que commence Tihar, la fête des lumières qui dure jusqu'au 3 novembre. Impossible d'avancer dans les rues étroites au milieu des voitures, vélos, motos, un vrai parcours du combattant. Il faut d'ailleurs préciser qu'au Népal il n'existe pas de code de la route! C'est l'anarchie la plus totale, chauffards étant synonyme de chauffeurs, c'est la loi du plus fort.
Je me rends au rendez-vous prévu avec Naranjan pour régler les derniers détails. Pas de bol, il faut que je retourne a l'autre bout de la ville, la d'ou je viens! Retour difficile, tous les taxis sont pris. Je rencontre Sudeep qui me propose son aide puis me raccompagne a la guest. Il veut se joindre a moi demain et boire un verre ce soir, en tous cas il n'est pas acide a partir et je commence a trouver les népalais un peu collants. Heureusement, Thomas est la et j'en profite pour dire au revoir a mon nouvel "ami".
Puisque Sarah est partie, je prends sa place et partage la chambre de Sylvain. Je m'endors au son du hard rock dont me fait profiter le disquaire au bas de ma fenêtre. Faut absolument que je change de guest!
1 km a pieds, ça use, ça use... Tal (1600m) Chame (2600m) 8h de marche Départ à l'aube pour une longue journée. Nous traversons des forets de conifères et au détour d'une belle montée nous apercevons une famille de langurs hauts perches sur les arbres. Ce sont de grands singes au poil gris et à la tête blanche. Notre approche "discrète" avec le béarnais les fera fuir. Voila bien une attitude de gougnaffier, notre égoïsme privera les derniers de ce petit plaisir. Heureusement nous en reverrons dans quelques jours. Un peu plus loin, d'assourdissant boom viennent nous chatouiller les oreilles. Le roi a lance la construction d'une route a flanc de montagne a grands coups de dynamite, officiellement pour le développement de la région (ce que les locaux désapprouvent fortement puisque ça signerait la fin du tourisme lie a la marche) et officieusement pour ravitailler l'armée et combattre les maoïstes. La marche se fait chacun suivant son rythme. Au détour d'une courbe,
Construction de route nous apercevons la chaîne du Manaslu, c'est à partir de cette gorge que partent les expéditions vers ce sommet majestueux. Puis une violente pluie vient nous surprendre nous offrant l'occasion de vérifier l'étanchéité des équipements et de patauger gaiement dans la boue.
Nous finissons épuises dans une auberge. En fait je ne m'attendais pas a tant de confort. Toutes les 2 heures, nous croisons des lodges ou il est possible de dormir ou se restaurer. La nourriture est bonne et variée même si les prix augmentent avec l'altitude, et nous bénéficions souvent de douches chaudes grâce à des capteurs solaires. A intervalles réguliers, nous trouvons des " safe drinking station " qui nous permettent de remplir nos bouteilles d'eau à moindre coût et d'éviter les déchets plastiques. Par ailleurs, notre guide Panta maîtrise parfaitement 3 types de massage, indien, japonais et suédois... Et ce soir on y a droit. " Les Annapurnas, pffft, meme ma semaine au Club med était plus roots! "
Lundi 31 Octobre: Première sortie " seule "
Aujourd'hui c'est Tihar, on honore les animaux puis les frères et soeurs. Il semble que ce soit le jour des chiens aujourd'hui, plusieurs de leurs représentants sont affubles de colliers de fleurs et ont droit a leur poudre rouge sur le front. C'est très drôle. Je pars pour Sankhu en transports locaux, d'abord le tuk-tuk, une camionnette a 3 roues, sorte de taxi collectif puis le car. Le trajet s'avère plus long que prévu. Un loto géant est organise dans une des villes traversée ce qui cause un énorme embouteillage. De plus, nous aurons droit à deux vérifications militaires. Un monsieur arme en treillis monte a bord puis regarde derrière et sous les sièges. A chaque entrée des villes il y a un camp militaire avec fils barbelés et trouffions la mitraillette sous le bras.
Fenêtres sur cour J'arrive enfin à Sankhu avec une heure de retard. C'est une ville moyenâgeuse ou rien ne semble avoir change depuis des siècles. Je suis la seule touriste du coin et je dois faire un peu tache avec mon sac a dos. Les gens, surtout les enfants me saluent d'un "namaste" les mains jointes. Littéralement, cela signifie:"Que l'ensemble de vos qualités soient bénies et protéges des dieux". Plus simplement: bonjour, bienvenue, au revoir, etc.…
Je grimpe au temple de Vajra Yogini. Arrive là-haut, je suis accueillie par des singes, c'est la première fois que j'en vois en liberté. Ils me font flipper car ils sont un peu agressifs. Ils suffit de les regarder trop longtemps surtout dans les yeux pour qu'ils chargent. Le pire c'est lorsqu'on a de la nourriture, comment vais-je faire pour manger mon sandwich? Heureusement il y a aussi des chiens qui les chassent. Le revers de la médaille, c'est qu'eux aussi ils en veulent a mon sandwich, sans oublier cette drôle de chèvre au comportement félin qui n'arrête pas de se frotter a moi pour recevoir des caresses…et bouffer mon pantalon!
L'endroit est chouette mais pas autant qu'ils le laissent entendre dans le guide. Ce n'est pas tout mais le temps presse et je dois marcher jusqu'a Changu Narayan un autre village, puis me rendre a Bhaktapur ou je vais passer la nuit.
Jérôme m'avait bien indique de traverser une rivière mais il ne m'avait pas préciser qu'il n'existait pas de pont. Pas d'autre possibilité, faut "chausser". Je remettais mes chaussettes les pieds mouilles lorsque j'aperçois un homme qui traverse en en portant un autre, a 5 mn près j'aurais peut-être pu aussi me faire porter…
Je marche a travers champs et rizières a étages au milieu des paysans qui travaillent et d'enfants qui jouent. C'est la deuxième fois aujourd'hui qu'on me propose de dormir chez l'habitant, cela aurait été une expérience super mais on m'attend ce soir à Bhaktapur, finalement la vraie liberté c'est de n'avoir aucun engagement même si c'est nous qui nous l'imposons.
Une heure et demi plus tard, j'aperçois Changu Narayan sur fond de coucher de soleil. Cette vielle ville aux tons chauds est juchée sur un promontoire au sommet duquel se trouve un magnifique temple. Etant donnée l'heure tardive, tous les touristes sont partis et, mis a part quelques gamins qui me réclament du chocolat, je profite seule de ce lieu. La nuit tombe, il est trop tard pour rejoindre Bhaktapur a pieds, je prends le dernier bus.
Bhaktapur by night c'est plutôt sombre. Un jeune m'indique la direction du centre puis téléphone a Indra. Il ne s'agit pas du dieu de la pluie des hindouistes mais d'un jeune homme de 25 ans qui s'occupe d'une association d'aide scolaire pour enfants indigents. Je l'avais contacte par Internet il y a plusieurs mois. Il me fait passer par un chemin qui m'évite de payer la taxe d'entrée de 10$ pour m'amener à la Khwopa guesthouse. Je visite ensuite son bureau où il m'explique plus en détails son association.
L'autoroute du soleil Chame (2600m) Pisang (3200m) 6h de marche Journée tranquille aujourd'hui. Toujours pas de tourista ni d'ampoules, tout semble trop parfait. Ce sera l'occasion d'une franche rigolade avec les porteurs. Et oui, même avec notre népalais de cuisine, a peine parles-tu de fesses et te voila aussitôt promulgue " meilleur ami du monde ". Sujet universel s'il en est un, nul besoin de grandes idées pour rapprocher les peuples… " Le cul est la chose au monde la mieux partagée. " disait Antoine Blondin, je confirme... La discutions sera plus sérieuse avec Panta qui nous explique que 13 arbres suffisent a fournir de l'oxygène a un homme. Même si nous passons les 3000m, notre sentier étant noyé dans la foret nous ne commencerons a nous acclimater a l'altitude qu'en atteignant des paysages plus désertiques. De fil en aiguille, et d'odeurs en odeurs, il nous racontera cette comptine népalaise: un jeune homme habitait juste au-dessus d'une jeune femme qui cuisinait divinement bien les plats au curry. Trop pauvre pour pouvoir s'offrir autre chose que du riz blanc, il ne mangeait qu'aux heures ou la dame du bas cuisinait ses plats, et parfumait ainsi son riz des délicieuses odeurs de curry. La jeune femme s'apercevant du manège porta l'affaire devant le juge, qui condamna le pauvre homme a réparation. Celui-ci profondément attriste de l'injustice dont il était victime, promit de payer au regard de la faute commise. Il se présenta donc chez la jeune femme et déversa par terre ses maigres pièces, sonnantes et trébuchantes, "écoute bien, car te voila paye…". Un parfum de Patrick Suskind en plein Népal.
Ravitaillement Les premières neiges font leur apparition, ce n'est pas vraiment de bon augure pour la suite… C'est étrange de dépasser 3000m et d'être toujours entoure d'une riche végétation et de cultures, alors qu'à cette altitude nos fières Pyrénées sont déjà couvertes de pierriers et de neiges. La différence de latitude sans doute.
Les porteurs, ravis que je continuasse à porter mon sac, (depuis le temps que je rêvais de placer un subjonctif!) m'ont affublé du surnom de "tulle" (grand homme, grand frère). Le trek des Annapurnas mérite aujourd'hui celui d'"autoroute du Népal". En effet il y avait plus de monde sur cette étape qu'a la foire aux cochons de Champigny! Nos check points quotidiens auront le mérite de nous apprendre une chose a la vue de leurs registres: Pyrénées, Alpes et volcans auvergnats ne semblent plus satisfaire les fiers représentants de la patrie de Baudelaire et Bernard Menez, les français débarquent en masse sur le Toit du monde.
Finalement les journées sont rythmées par une forme de routine: Dal Bath pour Alexandre comme a tous les repas, Aurélie affairée avec ses pinceaux (très belles aquarelles), Alexandra et son échappée quotidienne sur du plat (bien vite rattrapée a la première grimpette), Poupette derrière son objectif et Marc qui amuse la galerie de ses ronchonneries béarnaises.
Mardi 1er Novembre:
Un Tihar a Bhaktapur
Tihar chez Indra
Pour la prospérité... Calme le soir, Bhaktapur est plutôt bruyante le matin, d'autant plus que ma fenêtre donne sur une rue ou s'installent les vendeurs à l'étalage.
La ville révèle toute sa beauté dans la douce lumière du matin. Son aspect médiéval, ses rues pavées et ses superbes maisons de briques avec encadrements de fenêtres en bois sculpte, en font une merveilleuse petite ville. Je loge près de Taumadhi Tole, une ravissante place ou se tient un marché toute la journée y compris le soir. De la terrasse du Sunny restaurant ou je déjeune, je contemple l'animation qui y règne et les temples qui la bordent. Avec ses cinq toits superposés, le temple de Nyatapola est le plus haut du Népal.
Je poursuis avec la visite habituelle du Durbar square, un peu décevante, le fameux palais aux 55 fenêtres étant de plus en rénovation. En tant que touriste, je me fais harceler par des jeunes proposant leur service de guide ou se faisant passer pour des étudiants devant mon refus. J'en deviens désagréable et suis obligée d'en arriver a leur dire :" I don't need any guide, any student, I want to be alone ! " Avant même qu'ils n'aient ouvert la bouche.
Je rencontre le type d'hier soir a la descente du car qui m'emboîte le pas jusqu'à l'Internet café. A ma sortie il est la a m'attendre, il veut a tous prix me faire visiter son école de Thangka painting (peinture sur soie). Décidément les népalais sont coriaces. J'aurais un mal fou a lui faire comprendre après ¾ d'heure de ses explications mystico-religieuses-meditationnelles que je ne suis pas intéressée, ce qu'il savait d'emblée.
Je demande mon chemin à un autre jeune qui finalement va m'accompagner jusqu'à Hanuman Ghât ou se trouve un lieu de crémation et des vaches qui à leur tour ont eu le droit d'être honorée. La ballade se termine dans un rad local ou il me fait goûter à la bière népalaise, la jhad faite a base d'eau et de riz, le tout fermente. J'aurais droit à deux cuvées, celle de la veille et celle du jour, plus douce. C'est pas terrible mais bien moins pire que l'airag ! Je teste aussi le " king's curd ", élu roi des yaourt, fait a l'ancienne et présente dans un pot en terre, une spécialité de Bhaktapur. Excellent.
Au détour de ruelles, je tombe par hasard sur des jeux de rues style kermesse et des gens qui dansent autour de musiciens avant une prière collective. C'est Tihar aujourd'hui et c'est aussi Deepavali la nouvelle année pour les Newars, c'est la fête pour tout le monde. Les gens accrochent des guirlandes de fleurs aux balcons et font leurs derniers achats. Les potiers du quartier de Kumale dont la technique n'a pas changée depuis des siècles sont affaires à leurs tours de pierre. Ils doivent fournir d'énormes quantités de petits récipients qui serviront ce soir de lampes a huile.
Ca y est, la nuit tombe et les locaux commencent à poser des bougies à l'entrée des maisons, à l'encadrure des fenêtres et un peu partout dans les rues transformant les chemins en de magnifiques pistes d'atterrissage. Cela m'inquiète un peu de voir les flammes lécher le bois d'aussi près mais c'est tellement beau.
Les enfants se postent devant les boutiques et les marchands pour quémander des cadeaux, un peu comme pour Halloween. Dans leur grand plateau circulaire où se trouvent des bougies et des fleurs, les gens donnent de l'argent, des fruits ou des bonbons. Des petites filles habillées en rouge et or, maquillées pour l'occasion, réalisent des chorégraphies ou chantent. Les garçons eux emploient la manière forte et crient une rengaine, assez efficace pour que les gens donnent rapidement pour s'en débarrasser.
C'est alors que le festival est interrompu par plusieurs camions de pompiers. Ce qui devait arriver arriva... Plusieurs incendies ont pris dont un qui s'est rapidement propage a tel point que les deux camions de la ville n'ont pas suffit. D'autres sont arrives en renfort de Katmandou, Patan et de l'aéroport. Puis c'est la panne électrique et nous voila bientôt plonges dans l'obscurité.
La soirée se termine au resto avec Indra. Il m'invite a passer Tihar dans sa famille, je vais finalement rester ici pour les fêtes.
Les mirettes a 180 degrés Pisang (3200m) Manang (3600m) 5h de marche La neige se fait de plus en plus présente. Le massif des Annapurnas dévoile progressivement ses magnifiques pics enneiges aux noms tous plus originaux les uns que les autres: Annapurna I, Annapurna II, Annapurna III, Annapurna IV… Quelle imagination! Nous avons donc devant nous le II a 7937m, le IV a 7535m et le III a 7575m. L'Annapurna I, le seul à franchir la barrière mythique des 8000m (8091 pour être précis) se laisse encore désirer avant de nous livrer ses charmes… Je vous passe le couplet sur la fragilité de notre existence face a ces monstres, mais quelle majesté tout de même. On les sent à la fois proches et totalement inaccessibles. Et ce ciel bleu qui n'en finit plus depuis notre départ, que demander de plus??? Un bon Yak burger… Chose faite le soir pour Marc et moi-même. Nous outrepassons les consignes
Lac à Manang de Panta qui nous a mis en garde sur l'origine de la viande a cette altitude: elle vient de Pokhara en avion jusqu'a Jomson et n'est plus de toute première fraîcheur quand elle atterrit dans nos assiettes. Marc, solide comme un ours béarnais, se sortira de cette expérience culinaire sans séquelle. Mon estomac par contre, déjà fragilise, me rappellera à l'ordre avec une perfide tourista. Quant aux autres: Alexandra est très fatiguée, Aurélie est rouge comme un pinson (la protection 15 n'est apparemment pas suffisante a ces altitudes), Alexandre saigne du nez et Poupette a perdu l'appétit. Bref, tout est réuni pour aborder sereinement les choses sérieuses.
Nous avons profite de notre après-midi libre pour visiter le lac du coin (sieste interdite si on veut dormir le soir). Plus tard, entre 2 aller-retour aux toilettes, Internet m'offrira l'opportunité d'envoyer des nouvelles à ma douce et tendre restée a la capitale. Inespéré a 3500m!
Manang se révèle un sympathique village traditionnel, niche au fond d'une vallée et juche sur des falaises de terre. Il représente l'ultime halte avant d'aborder la longue ascension vers le col. Dernières recommandations de Panta en matière de mal d'altitude : a partir de maintenant, on mange de l'ail et on boit beaucoup d'eau. La fête Deepavali bat son plein au village, les percussions résonnent, mais pour nous ce sera une claque sur les bourses et au lit...
Mercredi 2 Novembre: Bonne année !
Nous sommes aujourd'hui en 1126 dans le calendrier newar. Les Newars 2, 5% de la population sont les plus anciens habitants de la vallée de Kathmandu et sont divises en 84 sous castes. Ce sont surtout des artisans et des artistes tres attaches à leurs traditions et à leurs coutumes religieuses voire meme tres supersticieux. C'est au son des timbales et des damarus (petits tambours) que je suis réveillée. Un immense cortège traverse la ville. Les gens défilent a pieds avec des banderoles en travers du torse, s'ensuivent des camions avec des enfants et des ados dessus, puis un défile de motos. La ville est en pleine effervescence. Cela durera toute la journée.
Indra et moi Je fais la connaissance de deux fillettes croisées déjà la veille. Contrairement a la plupart des enfants d'ici, elles ne m'ont pas jeté un " hello " impersonnel et encore moins réclame " one roupie ". L'une a 12 ans et l'autre 7, nous réussissons à échanger quelques mots en anglais, 2e langue officielle du pays.
En fin d'après-midi, des danseuses donnent une représentation sur le podium installe sur la place. C'est la première fois que j'assisterai à du théâtre au micro.
Vient alors le dîner dans la famille d'Indra. Nous sommes 10 assis en L déchaussés sur de bas tabourets en bois presque à même le sol. Je prends soin de ne pas étendre mes jambes et de diriger mes pieds vers quelqu'un comme il est de coutume. Je m'assois donc en tailleur, ça me fait mal aux genoux mais bon… Face a chacun, sur le sol tapisse de glaise, est trace le contour d'un cercle en poudre blanche au centre duquel il y a un point rouge recouvert de fleurs, riz, banane, noix, autres petits fruits et d'un morceau de corde. Dans l'angle du L, il y a un peu de tout ça, des bougies et 3 petits bonhommes blancs aux yeux noirs qui ressemblent a Roswell en pâte de riz. Il y a plein d'autres choses puis du yaourt dont une louche sera mélangée aux riz et a la poudre rouge pour compose le pûjâ (offrande).
Commence le rituel : on mange la banane, on se met les fleurs sur la tête, puis on reçoit le tikka sur le front a base du pûjâ, le collier de fleurs, une corde autour du cou. On est ensuite aspergé de pétale de fleurs et on allume la corde qui se trouve au centre du cercle devant nous positionnée d'une certaine façon.
Le Chef découpe un gros fruit rond et distribue des morceaux à tout le monde, c'est doux et légèrement citronne. Puis le balaie est passe a chaque extrémité du L en direction du coin ou y'a plein de trucs. Je ne comprends rien à tout ce tralala.
Les deux soeurs s'occupent du rituel et du service, seule la mère est assise. Le tout dans un silence que je n'ose interrompre alors que j'ai plein de questions a poser. Cela ressemble davantage à des rites superstitieux que religieux, c'est peut-être un mélange des deux !?
Nous passons maintenant au repas. Dans une grande assiette en aluminium sont disposes des aliments; j'ai reconnu du riz sous sa forme séchée style pétales, des pommes de terre, de la viande, des haricots. Pour le reste ce sera la surprise.
Puisque tous mangent avec la main, je m'y essaie avec la main droite ce qui est d'usage. Je prends un peu de ce qui ressemble a du thé humide mélange avec du riz. Ce n'est pas évident, quelques miettes de ce mélange peu goutu tombe par terre. Ils rient non pas parce que je mange comme un goret mais parce que je viens d'avaler la nourriture des dieux ! La viande qui était soi-disant du boeuf se révèle être du mouton et j'aime pas ça, les haricots ont un goût si infecte que j'ai failli vomir. Je pense que je n'aurai plus de problème de dissociation bucco-nasale à la plongée ! Le pire, c'est lorsque j'ai réussi à vider la quasi totalité de mon assiette (mis a part les énormes morceaux de gras) et que l'on m'a servie une seconde fois. L'alcool de riz qu'ils nomment " vin " m'a aide à faire passer tout ça et tant pis si je suis saoule !
Dernière gaffe de la soirée, j'ai traverse la " table " au lieu de la contourner et failli rentrer dans la cuisine, séparée par un minuscule muret. Cette interdiction de rentrer dedans vient du système des castes, quelqu'un n'appartenant pas à la caste est considèré comme impur et peut donc " polluer " la nourriture.
Ca monte, ça monte Manang (3500m) Upper Yak Karka (4120m) 5h de marche Pas de journée d'acclimatation comme prévue à Manang, le col semble recouvert et il nous faut passer au plus vite avant une nouvelle chute de neige. En quittant le village à 07h30, nous croisons adultes et enfants en tongs. Leurs pieds sont cornes, la peau épaisse et ils ne semblent absolument pas souffrir du froid. Nos orteils d'occidentaux, par contre, font la grimace emmitouflés dans de grosses chaussettes au fond de nos confortables chaussures de marche. On est vraiment des petites natures… Le chemin s'enfonce dans la neige qui se transforme bientôt en boue, Priscilla finira 3 fois sur les fesses et en rira toute la journée l'ivresse de l'altitude aidant. Alexandra, piquée a vif qu'on m'ait attribue le surnom de "tulle" relèvera le défi de porter le sac a dos jusqu'a la fin de la journée. Excepté quelques difficultés sur les fins de montée, elle caracolera avec le groupe de tête malgré ses 12 kilos supplémentaires. Très
Long is this road... belle performance de la Pologne qui du coup sera beaucoup plus silencieuse le soir venu. Un "Here is the strong girl" lance le lendemain par un guide couronnera ainsi son effort de la veille…
Les buffles laissent maintenant place aux yaks (si vous saviez combien ils m'ont manqué depuis la Mongolie), beaucoup plus dangereux. Conseil: dégager le passage a la vue du premier, armes de leurs longues cornes et complètement apeurés, ils foncent n'importe ou.
Avant de se poser, une dernière petite marche en hauteur pour se fabriquer quelques globules rouges puis redescente au lodge. L'ascension plus difficile que prévue se soldera par une tourista en pleine neige.
Jeudi 3 Novembre: Aujourd'hui c'est cadeau Je déambule une fois de plus dans les rues, je dois revoir les petites de la veille au même endroit ou leur mère vend des bricoles style bazar droguerie. Elles sont très contentes de me revoir. Je leur offre un livre pour apprendre à dessiner avec 2 crayons et une gomme. Difficile de savoir si elle sont dans le besoin et peut-être que d'autres enfants en auraient plus besoin mais un présent doit rester un geste spontané. Leur mère m'offre en échange une petite boite de baume du tigre et un café au lait. Elle aimerait que je parraine ses filles pour aller dans une école privée, cela se fait beaucoup ici. Je leur laisse l'adresse d'Indra. Au Népal, il y a une grande inégalité devant le droit à l'éducation et c'est l'argent qui fait la différence. Les écoles publiques sont très rudimentaires et ont peu de moyens, les instituteurs sont très mal payes. Il y a d'autre part les écoles privées ou la qualité
Mes nouvelles copines d'enseignement y est meilleure et l'anglais obligatoire. Les élèves portent tous un uniforme avec cravate, les fillettes ont la jupette, les chaussettes et les couettes.
Ce soir, Tihar prend fin avec la célébration des frères et soeurs. Pour l'occasion, les soeurs qui vivent avec leur maris et enfants chez leur belle-famille sont revenus dans la maison familiale. Une bonne vingtaine de personnes étaient présentes. Les rituels sont a peu près les mêmes qu'hier avec plus de faste, inutiles d'essayer de comprendre quoi que ce soit les népalais eux-mêmes n'en sont pas capables hormis les "anciens". Seule chose remarquable, les colliers de fleurs ne sont plus oranges mais violets et les frères et soeurs s'offrent des cadeaux. Les soeurs pratiquent les rituels du tikka (pour leur souhaiter longue vie) puis leur tendent des fruits et autres nourritures qui n'ont rien a voir avec le repas. Les frères posent leur tête dessus puis en échange leur donne un billet ou un cadeau, généralement un vêtement.
Les hommes sont assis pendant que les soeurs les servent puis les resservent ainsi que les enfants. Elles ne s'asseiront pour dîner que lorsque les hommes auront quasiment termine. Il semble que ce soit une société hyper machiste. Quand a la place de l'invite, elle ne parait pas revêtir une importance particulière, j'ai passe le repas derrière un poteau et on a oublie de me servir a boire, personne n'a remarque que je n'ai pas bu de tout le repas! Cote ambiance, pas de discussions enflammées ni même de chant ou de danse, c'est d'un ennui à mourir même pas une engueulade pour se divertir. Ce n'est pas du tout festif à moins que je ne sois tombée dans une famille morose. Indra me donne l'impression d'être surtout intéressée par la caméra, et c'est moi qui ai le rôle du cameraman, il a d'ailleurs acheté une puissante lampe pour éclairer la pièce étant donne la mauvaise qualité des images de la veille. Bref, je suis déçue!
Gla Gla Gla... Upper Yak Karka (4120m) Thorong La high Camp (4880m) 5h de marche Ce fut notre nuit la plus froide, -5 degrés dans la chambre au réveil. On a tous dormi habilles dans nos duvets -5 confort -15 extrême. Et bien ce n'était pas confort du tout, surtout quand on a bu ses 3 litres d'eau et sa camomille du soir (sur recommandation du guide). Le bilan est sans appel: 4 expéditions toilettes dans la nuit. On attaque a l'aube, talon-plante-pointe, on déroule on déroule. Arrêt Grany dans une bergerie/bistrot/bazard. Un troupeau de bouquetins sur les flancs attire mon attention, c'est moins de temps qu'il n'en faut au bouc de la proprio pour se saisir de ma barre de chocolat encore sous cellophane. Optimiste la bergère m'a dit de repasser le lendemain récupérer ce qu'il restait! Sans façon. A midi nous retrouvons Emmanuelle et Yohan, 2 grenoblois en vadrouille pour 3 semaines, leur fille de 2 ans patientant bien sagement chez les grands-parents. En fait, nous avons plus ou moins tous le même rythme et c'est amusant de recroiser souvent les mêmes têtes aux étapes. On commence a comprendre la signification d'Himalaya en sanscrit : "demeure des neiges". En effet, la suite de l'ascension se fait complètement dans la neige, ce qui nous vaudra quelques descentes sur fesses de la part de notre porteur Harry ou comment améliorer sa technique de bobsleigh. A l'arrivée, nous avons dépasse la hauteur du Mont Blanc et après une classique montée d'acclimatation, nous nous endormons la tête dans les étoiles... et les pieds gelés!
Vendredi 4 Novembre:
La longue marche
Levée 7h, aujourd'hui je pars en randonnée. Le bus me dépose à Panauti. Apres une rapide visite dans un cadre vraiment bucolique, je prends la route direction le Namo Bouddha a deux heures de marche. C'est pas évident de se retrouver et heureusement que les paysans sont la pour confirmer la direction. Sur le sentier, je suis soudain alertée par un bruit dans les fourrés... a un mètre de moi ondule élégamment un serpent marron de bonne taille dans les 1m30 pour une circonférence de 10 cm, impressionnant ! Je déjeune dans le seul resto du coin un délicieux dal bath, plat typique du Népal, compose de riz et de lentilles servi avec un curry de légume, d'un mélange d'ingrédients épices et de la viande. Un couple de hollandais avec leur bébé m'indique une guest à Dhulikhel
Sur la route du Namo Bouddha ou je dois passer la nuit. Puis c'est reparti pour 3-4 heures de marche. J'avais oublie de préciser que j'ai un sac a dos sur le dos d'environ 11 ou 12 kilos.
J'emprunte le mauvais chemin et demande ma route a trois gamins de 7 a 12 ans qui parlent l'anglais. Ils m'escortent un moment le temps de me demander mon nom, mes origines, mon age, les échanges habituels quoi. Puis, très intrigues par l'ipod, ils me demandent ce que c'est. La meilleure réponse fut de leur faire écouter a tour de rôle tout en continuant a marcher. Ils ont eut l'air d'apprécier la tecno mais n'ont pas ose se trémousser sur ces sons endiables.
Je me suis donc rajouter une bonne demi-heure de rab et me voila sur la bonne voie. Le chemin de crête me fait découvrir en surplomb de magnifiques paysages de rizières en escaliers et en plus c'est en descente.
Au bout de deux heures mon sac devient de plus en plus lourd et le frottement se fait sentir au niveau des épaules et des hanches.
A la troisième heure, un homme patibulaire m'interpelle. Il n'est pas très clair voire ivre et me montre le couteau qu'il a fabrique lui-même dans l'espoir de me le vendre. Je n'ai aucune intention de lui acheter mais le bougre insiste et je commence a m'inquiéter car après tout, il n'y a personne aux alentours…je suis a sa mercie. Heureusement, trois types arrivent en sens inverse. Ils réagissent après leur avoir explique mon problème et lui feront rebrousser chemin. Le soleil déclinant et la fatigue achèvent de me faire abandonner à 5 km de la fin avec tout de même la satisfaction d'avoir parcouru 30 km avec mon sac sur le dos, je ne m'en croyais pas capable.
Quelques étirements en attendant le bus et me voici sur son toit, y'a plus de place a l'intérieur. Les autres voyageurs relayes au dessus m'aident a monter le sac. C'est rigolo de rouler les cheveux au vent, c'est même un peu vertigineux car la route domine des rizières.
J'arrive à la Shiva Guesthouse excentrée mais au calme. Je monte sur la terrasse. Enfin, je les aperçois: blancs, acérés ils sont la devant moi, je peux presque les toucher: les sommets de l'Himalaya. Le soleil se couche les éclairant d'une lumière rouge flamboyante.
Il est 18h et pas le courage de retourner en ville. Le tenancier me concocte une bonne soupe, me tape la discute et direction dodo.
Attention petit scarabée, le chemin est long et la pente est glissante High Camp (4880m) Thorong La (5416m) Muktinath (3800m) 8h de marche Levés 04h45 départ 06h30, oui y a un peu d'inertie dans le groupe. Bon tout le monde n'a pas ses heures de sommeil, tant pis, c'est parti pour une montée assez pentue mais pas si difficile que ça, excepte le froid. Aurélie est passée du rouge coups de soleil, au bleu tendance pieds gelés, pas étonnant qu'elle se soit lancée dans la peinture!!! A 10h00 tout le monde est au col, congratulations, photos souvenirs, longs regards admiratifs sur la splendide chaîne des Annapurnas, concours de pompes, bref du classique pour ce genre d'événement. La descente le sera beaucoup moins, 1600m sur des pseudos sentiers complètement verglacés. Un anglais s'est déboîte l'épaule en plein milieu (ça, c'est pour les JO!!!!), et la veille, c'est une française qui s'est casse les poignes et un népalais la jambe.
Voici les différentes techniques de descente testées : La classique : le marche sur glace, avantage : impossible de se perdre, inconvénient : nécessite un très bon sens de l'équilibre. Type d'utilisateur : l'anglais, la française et le népalais... La sportive : dite " a la Harry " : se mettre sur les fesses et se servir des sentiers comme pistes de bobsleigh, avantage : descente rapide sans risque majeure, inconvénient : tape cul, bleus et mal de tête garantis. type d'utilisateur : Alexandra, Aurélie, Alexandre, Marco, Priscilla et.... Harry. La bourrine : se mettre dans la pente et descente en pleine poudreuse, avantage : très rapide et safe, inconvénient : de la neige jusqu'au cuisse et fatigue les quadri. type d'utilisateur : les grenoblois et moi-même Malgré quelques troupeaux de daims sauvages croisés sur la descente, on en a plein les godillots quand on arrive en bas. Coup de chapeau a Marc qui s'est decouvert une âme d'écolo dévoue qu'il fut au ramassage de bouteilles en plastique même au delà de 5000m. Le trek est finalement très bien fait, l'acclimatation à l'altitude est lente et progressive, du coup personne n'est malade. L'hôtel sera à la hauteur de cette journée, douches chaudes et couvertures a gogo, et, ultime délicatesse, sauts a charbon sous les tables pendant le repas. Une vraie croisière de luxe mais la je me répète.
Samedi 5 Novembre: Kitch J'ai du chopper la crève hier sur le toit du bus, j'ai mal dormi réveillée de plus par les courbatures. En quittant l'hôtel, je tombe sur un frère et une soeur en train de faire le rituel quotidien religieux au temple de Shiva. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, me voici avec la tikka rouge sur le front et le collier de fleurs autour du cou. Ils m'accompagnent dans un restaurant qui tient aussi lieu d'expo artistique. Le pancake est fameux mais le café imbuvable. Le bus me dépose à Banepa ou il y a d'après "le routard" un temple à ne pas manquer. Je suis nase de la veille mais je ferai tout de après les 40mn de marche aller-retour. Résultat, le temple est en rénovation, circuler y'a rien a voir, contente! Dans le bus qui me ramène à Katmandou, il y a de nouveaux des contrôles de l'armée. En voyant les passagers du précèdent bus en train de faire la queue leu- leu pour vérification des sacs, je me dit que je suis montée dans le bon. De retour à Thamel, je retrouve Sylvain et Thomas. Ce soir on va dîner dans un resto fréquente par les népalais argentes. Ca valait le déplacement: nous assistons a un spectacle sur la scène qui nous fait face. Des hommes et femmes se succèdent en dansant et faisant du play-back, nous aurons même droit a la démonstration d'un couple de nains exhibes comme des bêtes de foire. C'est ringard à souhait et super kitch. Ouahhh que c'est beau... Muktinath (3800m) Marpha (2800m) 8h de marche On pensait qu'on avait fait le plus dur, mal nous en a pris, ce sera 25 bornes aujourd'hui et rebelote demain. Heureusement ce fut notre meilleure nuit et les paysages sont a tomber par terre. On croise d'abord le très photogénique village de Jharkot, puis les massifs enneiges laissent place a une montagne beaucoup plus désertique. La mousson ne parvient pas jusque-la, bloquée par l'immense chaîne montagneuse. La terre est aride et les couleurs marron, vert, rouge et ocre contrastent avec le vert des rizières de nos débuts et la blancheur des paysages enneigés de ces derniers jours. Bienvenue au Mustang semblent nous dire tous ces pics. Marc et Poupette, de retour d'Inde, retrouvent dans ces paysages comme un air de famille avec la région du Ladakh. En bas de cette gorge, des grottes creusées dans la terre sèche abritent encore aujourd'hui des népalais. Au loin, le village de
Le lit de la Kali Gandaki a l'horizon Kagbeni marque la frontière avec l'Upper Mustang. A 70$ de droits journaliers, nous préférerons le Dolpo (cf Himalaya le film) pour notre prochaine expédition. Panta nous décrit cette région comme la plus belle du Népal. Ca laisse rêveur...
Ici vivent beaucoup de Takali. Chez cette ethnie, les femmes sont aux commandes et font le business, pendant que les hommes parient et palabrent. Tout comme les paysages, ça en laisse plus d'un rêveur... Plus loin ce sont les brahmanes et les Chetri, de lointains descendants des Aryens qui n'ont plus ni tête blonde ni yeux bleus mais qui conservent de leurs ancêtres une grande silhouette et un visage fin. C'est captivant de voir sur le terrain comment guerres et migrations passées ont influence chaque vallée népalaise. En arrivant à Jomson, nous auront droit à 3 chekpoints successifs, la police, les militaires et le ministère du tourisme. Au moins, si il nous arrive quelque chose, la piste sera facile à suivre. La fin de la journée sera éprouvante. Nous marchons dans le lit de la rivière Kali Gandaki, portes par le chant de nos godillots et le charme des villages tout de blanc vêtus. Le vent se lève et nous ralentit, nos yeux ont quitte les cimes enneigées pour se focaliser sur nos pieds. C'est sur, Jean Pierre Mader est passe par la...
Ce soir on reprend les bonnes habitudes, apero Ricard et cidre, Marpha rivalisant avec Morteaux-Courlibeuf, dans le calvados, pour le titre de capitale mondiale de la pomme… Hic!
Dimanche 6 Novembre: On connait la chanson Journée glandouille à l'Alliance française avec Sylvain. Un film français est diffuse tous les dimanches a 14 h, il s'agit aujourd'hui de "on connait la chanson". Des népalais apprenant le français sont venus assister aussi a la projection. Certains abandonneront en cours de route. En tous cas, ça fait plaisir de voir des images de Paris mais cela nous a malheureusement réveille des souvenirs douloureux, nous rappelant au travers des images le vin et les fromages made in France. C'est décide, ce soir on s'achète une bouteille de vin pour l'apero et, a défaut de camembert, des chips au fromage! On a marchandé un petit Merlot 2001, pas de quoi casser trois pattes a un canard mais suffisamment pour faire tourner la tête. Thomas nous rejoint puis nous passons la soirée au New Orleans, un resto très cosy avec des feux de bois a l'extérieur. Ca souffle Marpha (2800m) Ghasa (2100m) 7h de marche Nous nous glissons a nouveau dans le lit de la rivière, le Dhaulagiri (8167m) en ligne de mire. Panta en profite pour chanter quelques chansons patrio-coco-traditionnelles. Elles encensent la majesté des monts environnants, la lutte des classes et fustigent l'aide américaine à l'armée gouvernementale. Avec les 2 Alex, nous tentons un raccourci en traversant le lit de la rivière. Bilan, une bonne heure de perdu et nous voila mouilles jusqu'au genou par plusieurs traverses de cours d'eau. Les 3 autres nous font les grands yeux mais la vue de l'Annapurna I (8091m) remet tout le monde d'accord, même à des kilomètres, quelle majesté! Nous sommes au pieds de la montagne et plus de 5000m de dénivelé nous séparent des sommets qui s'offrent a nous. Une petite pensée patriotique pour Maurice Herzog et son équipe qui en 1950 ont conquis pour la première fois un sommet de plus de 8000. Chapeau bas messieurs, on mesure l'exploit une fois au pieds du monstre de pierre et de ses pentes abruptes. Voici comment il décrit cette vallée dans son livre Annapurna, premier 8000: "Nous débouchons dans une longue plaine caillouteuse travaillée depuis des siècles par le cours impétueux et irréguliers de la Gandaki. La rivière a réussi à tailler à travers la grande chaîne himalayenne un corridor colossal. Des cyclones puissants et désordonnés s'y engouffrent et nous clouent au sol. Ces rafales se déchaînent à longueur d'année et interdisent toute végétation... Des tourbillons de
On est pas arrivé... poussière remontent en chandelle. C'est un enfer de rocailles. Le vent hurle." Je ne vous cache pas que ça été plus calme en ce qui nous concerne, mais peut être qu'il était un peu marseillais le Herzog!!! Nous continuons de suivre le Kali Gandaki qui se transforme bientôt en une des gorges les plus profondes du monde, puisque 6000m séparent le torrent des 2 sommets qui le bordent.
La journée sera marquée a midi par l'attaque sournoise du Swiss Rosty, saute de patates avec ail, oignons et un oeuf pour lier le tout. Marc sera le premier a tomber avant le repas du soir, je le rejoindrais au banc des victimes (c.a.d aux toilettes...) dans la nuit. Un concours de sifflante s'engagera alors sur plusieurs jours, match très serré qui s'achèvera par un score nul et encore quelques kilos en moins.
Lundi 7 Novembre:
Et-Patan!
Durbar Square a Patan
Interdit aux moins de 16 ans Dernier spot de la vallée a visiter: Patan. Je saute dans un taxi un peu neu-neu. Je n'avais pas prononcé Patan assez bien, il fallait dire Pa-ha-tan! Il m'a donc trimétal je ne sais ou sans réfléchir au fait que, touriste, cela ne pouvait être que la et malgré le plan que je lui avais montré.
Arrivée à bon port, j'ai réussi à esquiver les "péages" pour entrer dans le coeur historique de la ville. Ancienne ville royale, elle a laisse derrière elle un magnifique ensemble architectural. Durbar square est constitue d'une dizaine de temples et du palais royal. Sur la place, des saddhu ou ascètes itinérants se sont ici reconvertis en mannequins-photos pour touristes et réclament 10 roupies pour la pose!
Sinon, en se baladant au hasard des rues, on tombe parfois sur des scènes de vie assez surprenantes comme cette vieille femme se lavant les cheveux torse nu près du puit ou cette séance de toilette collective dans une fontaine.
Rendez-vous avec Sylvain et Thomas pour la soirée. Apres le resto, on termine la soirée au Fullmoon ou l'ambiance est excellente. Un groupe népalais donne un concert acoustique a base de reprises de tubes comme la Bamba, Alabama, Bob Marley etc.…
La température a baissée et il fait frisquet dans ma chambre, dans ces conditions je vais mettre 3 heures à m'endormir comme hier. Je me fais donc une bouillotte avec ma poche plastique " Platipus ", elle est faite pour résister à tous les traitements.
Joyeux Anniversaire Ghasa (2100m) Tatopani (1200m) 5h de marche Premier cadeaux pour mes 31 ans, une belle tourista et 2 immoniums avant de partir. Ca faisait longtemps... A peine arrives a Tatopani nous nous jetons dans les sources d'eau chaude avec une eau a 50degres, température idéale pour nos pieds meurtris. C'est divin. Panta fera les grands yeux à Priscilla qui affichera ses formes généreuses en bikini, sans aucune pudeur pour les nombreux népalais à la sensibilité aigue... Puis lessive et magnifique présent de Panta qui m'offrira 1 bonne heure de réflexologie, mes pieds lui en rendent grâce... Le soir l'ambiance est festive, musique grâce au lecteur mp3, le brandy fièrement gagne est sur la table et un gâteau surprise viendra couronner le tout. Je tiens à préciser que j'ai été profondément touche par les nombreux cadeaux, notamment par ceux des porteurs, et par le fabuleux paquet de rouleaux de papier toilettes des 6 autres rejetons. Merci les poulets. Couche 21h30, c'était jour de fête!
Jour de fête
Mardi 8 Novembre: A l'ambassade Je me réveille sur le coup des 6h00 du mat le cul trempe. Ma " bouillotte " a fui et je baigne dans des draps froids mouilles, fais chier ! Il faut s'occuper des visas. Je fais équipe avec Sylvain qui lui-même fait équipe avec une fille: elle arrive a 6h00 du mat pour avoir la chance de passer car au delà du cinquantième arrive, on peut rebrousser chemin. Ce qu'on avait oublie c'est que l'ambassade était fermée pour les fêtes de Tihar, imaginez le retard! Des gens se sont levés à 3h00 pour inscrire leur nom sur la liste. Résultat, en arrivant a 6h00 elle était déjà numéro 50! Elle s'est incrustée avec un français qui se trouvait plus haut dans la file. Sylvain arrive à 9h00 et s'incruste avec eux à son tour avec son passeport et les nôtres. Evidemment tout le monde s'est énervé et ça s'est mal fini pour nombre d'entre eux sauf nous, Sylvain s'est débrouille comme un chef, il est passé envers et contre tous, on a réussi! C'est moi qui ai pris la relève l'après-midi pour les rechercher, je m'en suis bien sortie! Cela doit être assez pénible à lire et c'est le but, tout ça pour que vous vous rendiez compte que voyager ce n'est pas faciles tous les jours! Ce soir, nous fêtons les départs de Thomas qui part en Thaïlande et de Sylvain qui reprend son vélo en direction de l'Inde. On négocie deux bouteilles de pinard que l'on dégustera dans le jardin en dînant aux chandelles. Un p'tit tour au Tom and Jerry's bar et nous nous séparons chacun de notre cote. Salut les gars! Bonne route. " Je suis athée, Dieu merci. " (Sartre ou Vian, je ne sais plus) Tatopani (1200m) Chitre (2350m) 6h de marche Les journées se suivent…mais ne se ressemblent pas. On marche, on marche on marche... Heureusement quand je veux me changer les idées, je me plonge dans de captivantes lectures, " la longue marche " de Bernard Olivier, récit d'un journaliste a la retraite qui décide de faire la route de la soie.. a pieds. Apres 12 jours, je suis assez surpris par la faible présence d'édifices religieux, étrange pour ce pays qui vit la naissance de Bouddha et ou réside la seule déesse vivante au monde. Claude B. Levensen a écrit "par son histoire et sa position géographique au flanc de l'Himalaya, le Népal s'insère naturellement entre Brahmâ et Bouddha". Légèrement alors, parce qu'a part quelques stupas, moulins a prières et monastères, peu de signes religieux. Contrairement à la Birmanie, la religion ne semble pas être le fil conducteur de la vie des népalais en montagne.
Sèche linge local Sinon voici quelques recommandations pour avoir une bonne étoile sur ce genre de trek: toujours passer a gauche des stupas, ne jamais enjamber les loungtas (drapeaux de prières multicolores disposes en bannière au sommet d'un cairn, d'un stupa etc.…), tourner les moulins a prière de gauche a droite pour que les mantras soient entendus et éviter a tout prix le Yak burger et le Swiss rosty!!!!
Mercredi 9 Novembre:
Attention ça brûle! Je termine la visite de la vallée de Katmandou par Pashupatinath et Bodhnath. La première est l'un des centres les plus sacres du Népal, une ville de pèlerinage baignée par la rivière Bagmati, le Bénarès et le Gange du pays en quelque sorte. L'accès au Golden temple est interdit aux non hindouistes mais l'ensemble mérite d'être vu. Une atmosphère mystique s'en dégage du notamment aux bûchers de crémation ou l'une a lieu. Il s'agit d'une personne de haut rang car elle se déroule sur une plate-forme qui leur est réservée. On voit juste les pieds qui dépassent et c'est le fils qui s'en occupe. D'autres personnes font des ablutions dans la rivière, il y a même des saddhus couverts de cendres qui vivent ici. Une quarantaine de singes sont venus troubler cette ambiance méditative en déboulant sur le pont au milieu des gens. Cela est très impressionnant, ils ont envahi les lieux puis ont bondit en direction du temple en hauteur. D'autres ont préfère rester au niveau du pont. Les promeneurs les ont observe un bon moment, ils étaient vraiment comiques. Ils sont d'une
Bodnath agilité incroyables, ils jouent, se bagarrent, plongent et nagent comme des poisons, les bébés sont aussi adorables.
Je me rends ensuite a Bodnath peuplées des nombreux tibétains qui ont fuit le Tibet après l'invasion chinoise. C'est un des sanctuaires du bouddhisme et son stuppa central est sans doute le plus grand du Népal. J'y rencontre un jeune népalais parlant assez bien le français qui s'invite à déjeuner avec moi. J'en profite pour lui expliquer les bonnes manières! Ce jeune homme me fait une étonnante démonstration de gymnastique oculaire. A force de méditation, il réussit à faire osciller ses yeux de manière frénétique, ça fait presque flipper.
De retour a Thamel, je réserve mon billet de bus pour Pokhara et je teste un nouveau resto indique dans le routard. Il ne se sont pas trompes, la pizza au poulet tandoori est vraiment excellente. Abracadabra
Chitre (2350m) Gurundi point of view (3200m) Bathanti (2660m) 5h de marche
Apres une sévère montée dans la foret népalaise, nous atteignons le Gurundi view point ou nous bénéficions d'une vue imprenable sur la face sud de la chaîne des Annapurnas. Pour une fois on arrivera tôt au gîte. Une guitare, et Marco se lance dans une interprétation à 4 cordes de Radio head... Ce sera une soirée magie et logique, et a la vue des tours proposes, Garcimore a du se " retournech pluch d'une foich dans chon chapeau ".
Jeudi 10 Novembre : Une école népalaise
Depuis que je suis seule, je me couche assez tôt et forcement je me lève aux aurores. J'ai eu beau essayer de traîner sous la douche, lorsque je sors il n'y a pas grand monde dans la rue. Les boutiques n'ont pas encore ouvertes et les touristes sont couches. Les taxis et rickshaws, bien que moins nombreux qu'en soirée sont déjà la a interpeller les passants : " Hep, taxis ? ", " rickshaw, Madam' ? ", comme si cela allait réveiller en moi une envie subite de monter dedans " tiens, pourquoi pas me faire conduire, j'y pensais justement, le problème c'est que j'en ai pas besoin! ". Je commence a devenir excédée, l'autre soir le même nous l'a propose a deux reprises a 5 mn d'intervalle quand on est repasse devant lui. Bref, me voici donc en terrasse bien emmitouflée dans ma polaire à attendre que les croissants finissent de cuire. Ca valait le
Intitutrices coup, ils étaient tout chauds et croustillants.
Ce matin, j'ai décidé d'aller visiter une école publique et ça n'a pas été une mince affaire d'en trouver une. Finalement je tombe sur Mongol (car originaire de Mongolie) qui me conduit dans celle ou il a lui-même enseigne. Les élèves sont tous vêtus de la même manière et je remarque que les institutrices aussi ont un uniforme...rose!
Ils sont assis sur des bancs sans dossiers dans une classe dépourvue de tout affichage. Des le plus jeune age ils ont plusieurs professeurs comme au collège et pas d'instituteur attitré. J'assiste à un cours de science dont le thème est " l'eau ". J'admire les élèves pour leur patience et leur indulgence a l'égard de leur prof dont le cours se résume a un expose magistral fait la moitie du temps en anglais ! Cela semble très ennuyeux et sans aucune activité de la part des élèves ; en France ils me l'auraient déjà fait payer!
Le seul plaisir qu'il me reste à Thamel c'est de tester un resto par jour. Ce soir c'est le Third eye, pas mal mais pas super économique.
T'es ou?
Bathanti (2660m) Ghandruk (2000m) 4h de marche
De nombreux langurs (singes a tête blanche) escaladent la falaise voisine et nous saluent de bon matin. Toujours pas de téléphone dans cette vallée, l'armée les a tous réquisitionnés l'an passé. Impossible donc de causer a Sophie, ça commence a me peser sérieusement. Heureusement on double l'étape demain et on sera à Pokhara un jour plus tôt. Nous croisons plusieurs fois les porteurs d'agences telles que "nouvelles frontières". Leurs charges sont très lourdes, l'équipement limite, les repas ne sont pas inclus (ils se font la popotte avec les ingrédients qu'ils portent) et ils sont payés a coups de lance pierre (presque 2x moins que les nôtres dixit Panta). Quand le package n'est pas cher pour le client, la marge reste la même pour la compagnie et c'est les équipes locales qui trinquent…
Nous nous posons en fin d'après midi au Gurung cottage, superbe auberge
Lodge fleurie avec vue sur les Annapurnas. Bataille d'eau, massages, lectures, glandouille sont au programme de l'après midi. Enfin des vacances.
Vendredi 11 Novembre:
C'est la panne
Départ bus a 7h00, il n'est bien évidemment pas aussi classe que celui présenté sur la photo de l'agence Baba travel. Il y a pas mal de trafic et de la fenêtre j'ai tout le temps de regarder la ville s'éveiller. La scène la plus frappante fut lorsque le car s'est arrête en face d'une bicoque devant laquelle deux chèvres étaient attachées. L'homme en a détaché une puis l'a guidée a l'intérieur. Je n'ai d'abord entendu que le bellement puis j'ai vu les pattes bouger un certain temps, la pauvre a eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. J'en arrive à m'interroger sur ma condition d'Etre carnivore et sur la souffrance qu'il y a derrière; on en arrive facilement à l'oublier dans notre Europe aseptisée ou la mort est cachée. La route de lacets n'est qu'un défile de camions décorés comme pour Noël : guirlandes, décorations en alu et effigies de Shiva sans oublier les fleurs en plastiques qui ornent le pare-brise. Je rencontre une danoise bouddhiste la cinquantaine qui me donne quelques tuyaux sur l'Inde puis je marche dans la merde avant de remonter dans le car. Je ne m'en suis pas aperçu tout de suite seulement quand les gens ont regarde dans
Batmobile ma direction, la honte. La seule solution pour ne pas asphyxier le car entier fut de mettre mon pied dans un sac plastique.
Au 2/3 du trajet voici que le car s'arrête, c'est la panne. Apres une heure d'attente, je décide avec 6 autres personnes de monter dans le bus local. C'est sale, bonde, je suis coincée au milieu d'énormes sacs de riz et les vitres sont en verre. A chaque nid de poule j'ai l'impression qu'elles vont exploser, et ce n'est pas du "securit"!
La guest est nickel et la chambre chaude. Je fais la rencontre de mon voisin d'Internet, Quentin, un prof de sport qui vient d'inventer le bâton de marche avec amortisseur intégré. Petit resto en sa compagnie et au lit…a 21h00!
Elephant rose Ghandruk (2000m) Pothana (1600m) 6h de marche Nous retrouvons les rizières de nos débuts mais l'événement marquant de la journée reste la fameuse omelette népalaise transformée en pancake par le patron de la guest. Il y ajoutera quelques " herbes " de sa réserve. Quelques cigarettes de forme étrangement coniques feront également leur apparition, le patron (encore lui) ayant toujours un peu de " Hakik " pour ses amis de passage! Résultat des courses : rires idiots et communicatifs, la Pologne a du mal a garde son équilibre et le Béarn se propose d'offrir une lampe frontale pourvu d'un gaillard serre tête au Prince Charles pour lui rectifier ses protubérances auditives. Je vous passe les détails…
La troupe au complet
Samedi 12 Novembre :
Retrouvailles
Levée 6h00, gymnastique, douche, petit dej' sur une terrasse ensoleillée. Je fais la rencontre d'Alejandro, 35 ans, mexicain parlant très bien le français et d'Itama un Israélien de 23 ans, sosie de Jésus Christ. Nous décidons de louer des vélos pour aller au lac de Begnas à 15km. A fortiori, je pense que le pire sur la route c'est pour les cyclistes. Les conducteurs sont de vrais chauffards, ils frôlent de très très près… Arrives au lac, c'est le rassemblement de familles et de bandes de jeunes. Les sonos grésillent, les grosses marmites fument et les ados dansent : c'est le dernier jour de vacances. C'est parti pour un tour en barque. Les garçons roulent un pétard puis Alejandro se met à jouer de la flûte indienne, c'est rigolo. Apres un Dal bath, ils font un petit plongeon pendant que je me prélasse au soleil. Le retour fut un peu dur pour les fesses. De retour a Pokhara, je consulte mes mails et oh, surprise, Christophe m'a écrit: il est arrive de trek ce matin, deux jours plus tôt que prévu. Je lui réponds et lui donne rendez-vous dans un bar ou je dois d'ailleurs retrouver Alejandro et Itama. C'est en m'y rendant que je croise Christophe venant en sens inverse. Il m'est passe a cote, presque en me frôlant sans même me voir! Je crois qu'après coup il a été un peu intimide par nos retrouvailles.
La boucle est bouclée Pothana (1600m) Phedi Pokhara Coiffes comme des dessous de bras pour plagier l'Marco, nous attaquons notre ultime descente avec un dernier clin d'œil à l'Annapurna south et au Macchpuchhre/fish tail (6940m). Presque 300kms de marche et plus de 8000m de dénivelé positif cumulés, nos 16 journées de marche ont été bien remplies. Apres 15mns de navette, nous voila dans la 2eme ville du pays, Pokhara. Un petit message de Sophie sur Internet me dit qu'elle a rendez-vous ce soir à 20h00 dans un rade avec 2 potes de fortune, un mexicain et un israélien. Son agenda ne semble pas avoir pris en compte mon retour prématuré!!! En début de soirée en me rendant au resto, 2 mains viennent se poser sur mes yeux, "qui c'est??". Surpris je me retourne et découvre ma Sophie rayonnante, affublée des dernières fringues tendance Kathmandou 70's. On ne m'y reprendra pas, vous laissez votre copine seule pendant 2 semaines avec 3 slips, 2 tshirts et 2 pantalons et elle vous revient avec 4 petits hauts mignons, 2 pantalons tendance et une foule d'affaires dans un grand sac... La prochaine fois, tu m'accompagnes! Nous rejoignons les autres au resto qui, pour la dernière soirée, ont invite les porteurs a manger l'Everest Steak House. Apres presque 3 semaines sans viande rouge, tout le monde s'en met plein la panse et le demi chateaubriand remporte un vif succès (800g de viande tendre, il n'y a pas a hésiter). Nous décidons de partir le 14 au Royal parc de Chitwan faire un safari, Marc et Poupette préfère passer la semaine a Katmandou pour quelques nuits de sensualité torride...
Dimanche 13 Novembre: comme au Bois de Vincennes Déménagement dans l'hôtel Noble Inn de Sophie bien mieux que celui propose par Panta. Apres un petit dej' prolonge, on loue des barques. Marc, Poupette et Alexandra d'un cote, puis Alex et Aurélie ainsi que nous deux de l'autre. Les bras muscles des deux " males " nous ferons faire le tour du lac. Journée tranquille. Alexandre n'ayant pas dormi de la nuit faute d'avoir fait le mauvais choix la veille au restaurant, nous retournons à l'Everest Steak House pour la revanche du Chateaubriand, énorme!!!
Lundi 14 Novembre: The Unique Wild Resort Départ tôt le matin pour le Royal Chitwan Parc réputé pour sa faune sauvage. Il se situe dans la région du Teraï, à 200m d'altitude dans la vallée du gange. C'est loin des 8848m de l'Everest. Ici, Tigres, crocos, rhino, daims, léopards et éléphants se partagent la jungle avec de nombreux oiseaux. Sa population prospère tout comme celle des "humains" vivant a proximité, avides de terres cultivables alors qu'il faudrait au contraire agrandir le territoire de la faune. La cohabitation est parfois tendue, des watch towers pour la nuit sont disséminés sur les cultures environnantes, les rhinos notamment étant très aficionados de piments et légumes en tout genre. Notre guide du "Unique wild resort" où nous résidons nous fait découvrir le mode de vie des habitants du Teraï. Leurs maisons faites de paille et d'argile ont des minuscules ouvertures pour permettre a la fumée du feu de s'échapper en empêchant ainsi les moustiques de rentrer a l'intérieur. Cela n'a plus lieu d'être aujourd'hui car la malaria est quasiment éradiquée et les moustiquaires aux fenêtres ont changé la physionomie des habitations. La ballade se termine aux bords du fleuve sur une sorte de
Un éléphant ça trompe énormement petite plage de sable installés dans des chaises longues pour le coucher du soleil.
Sur le chemin, le cri de Sophie a la vue d'un bout de sac plastique ressemblant vaguement a un serpent et le sursaut arrière d'Alexandra ayant confondu un papillon noir avec une chauve-souris laissent sceptique quant a la suite du safari!
Nous aurons droit ensuite à un diaporama sur la faune du parc, histoire de nous mettre l'eau a la bouche.
Mardi 15 Novembre: à dos d'éléphant
Eléphant safari
Gavial Lever 6h pour un tour en pirogue. La brume matinale a la surface de l'eau et la cote noyée dans ce brouillard nous donne l'impression d'être des explorateurs en pleine jungle sauvage. Que ni! Nous ne sommes pas les seuls, une autre nous suit de près avec à son bord 7 hollandais pas très discrets. L'Homme sera en effet l'animal que nous pourrons observer le plus près dans ce parc!
Nous passons près d'un gavial de bonne taille en pleine sieste, pas d'inquiétudes à avoir, ce crocodile à la longue gueule ne se nourrit que de poissons.
Apres une heure, nous accostons sur la terre ferme pour un retour a pieds. Des touristes nous ont déjà précédé et cela nous donne quelques craintes sur l'éventualité d'apercevoir quelque animal sauvage. Ces doutes seront confirmés par l'arrivée d'autres touristes. Qu'a cela ne tienne, notre guide, en tongue nous fait part des conseils de sécurité : chaussures montantes pour les serpents, pas de couleurs flashi ça énerve les rhino, ne pas tourner le dos a un tigre mais reculer doucement en arrière, en cas de rhino, grimper a un arbre ou, a défaut, prendre ses jambes a son coup tout en effectuant un strip-tease (nous gagnerons de précieuses secondes pendant qu'il reniflera les vêtements), face a un éléphant, l'arbre doit être massif, enfin, pour ce qui est de l'ours, rien a faire, dans tous les cas c'est cuit (il court, nage et grimpe aux arbres). Christophe nous apprendra que si quelqu'un tombe a l'eau dans une rivière infeste de crocos, dans le cas d'une attaque de croco, tout le monde doit se jeter aussi a la baille et faire un maximum de boucan, vas-y Christophe, montre-nous l'exemple...
Les 2h30 de jungle walking seront pitoyables : 3 poules sauvages, deux singes en haut d'un arbre a dix mètres de hauteurs, et une araignée tissant sa toile. Le plus " impressionnant " furent les empreintes de tigres et les crottes de rhino! Nous serons tout de même ravis d'avoir vu un pic-vert!
Tout a coup, un bruit de feuillage nous a alerte, c'est sans doute un éléphant sauvage. Christophe propose de grimper à un arbre pour l'observer. La réponse de notre guide est négative car trop dangereux, c'est un peu paradoxal lorsqu'il s'agit justement du but de " l'expédition ". Nous apprendrons à notre retour que des chanceux ont vu passer un tigre quelques mètres seulement devant nous, et m.... !
L'après-midi se fait a dos d'éléphant. Le " chauffeur " est assis sur sa nuque devant une nacelle destinée à recevoir 4 personnes. L'animal est dressé a la perfection, il effectue virages a gauche, a droite, marche arrière et arrache les lianes ou branches indésirables avec sa trompe sur demande. En plus, on se sent vraiment en sécurité sur cette bête de plusieurs tonnes qui nous trimbale à travers la jungle et entre les arbres. On se prend au passage quelques toiles d'araignées ou des branchages mais c'est assez sympa. Le seul hic sont les deux hollandais qui partagent notre nacelle et qui ont papotte pendant toute la ballade. C'est le moyen idéal pour observer les animaux sauvages dans leur environnement naturel sauf qu'il n'y en a pas, des animaux! Nous sommes 4 ou 5 éléphants à évoluer dans le même périmètre et, à notre retour, d'autres touristes prennent le relais pour une rotation de 2 heures. Cela fait beaucoup d'agitation, pas étonnant que les animaux soient dans les coins plus reculés du parc, pas folles les bêtes! En plus, compte tenu de temps qui nous était imparti, le conducteur n'a pas voulu faire un détour de 10 minutes pour voir de plus près un Marsh crocodile. Nous sommes très déçus, ça ressemble davantage à un Disneyland avec activités a gogo mais rien n'est fait pour réunir les conditions favorables à un safari. C'est de la poudre au yeux et on est bien décide a le faire savoir a l'hôtel! Les activités devraient être plus longues de manière à entrer dans le coeur du parc, loin de l'activité humaine et avec peu de touristes...
Finalement, ils nous proposent demain matin une autre ballade de 3 heures a dos d'éléphant a la place du bird watching qui ne nous intéressait pas. Super!
Apero " happy hour " sur la plage avec free pop-corn et bière pour le coucher de soleil.
Mercredi 16 Novembre: sous le signe du rhino Ce matin, notre " chauffeur " n'a pas respecte le " code de la jungle ", l'inconscient sent l'alcool a plein nez, aurait-il oublier tous ces animaux qui meurent chaque année sur les routes de la jungle et toutes ces carcasses d'éléphants qui finissent a la casse? Nous partons donc dans la jungle embrumée, l'ambiance est magique. Nous apercevons de nombreux oiseaux : des martin-pecheurs, des aigrettes, des hérons et des adjudants, d'énormes échassiers. Tout a coup, deux cuirasses grises s'offrent à nos yeux, ce sont des rhino. Ils prennent la fuite ameutés par notre guide qui avertit les deux autres éléphants en sifflant. Une course-poursuite s'ensuit à travers des herbes hautes de 7 mètres, nous réussissons à les retrouver dans une petite clairière. Il s'agit d'une mère et de son petit. C'est a ce moment-la que notre éléphant tape une crise, s'énerve, refuse d'avancer sous les coups de son maître et s'agite un peu trop, si bien que la sangle de la nacelle craque… Il ne faut surtout pas tomber avec le rhino a 10 mètres qui
Le premier à l'eau à perdu risquerait de nous foncer dessus pour protéger son bébé. Et oui, ici c'est pas les tigres qui font le plus de morts, mais les rhinos... Sophie passe sur la tête d'un autre éléphant le temps de vérifier la nacelle défectueuse et Christophe se joint aux 2 Alex et Aurelie. Finalement Sophie effectue un dernier passage à 3 mètres du sol en sens inverse pour se retrouver a nouveau sur la nacelle défectueuse mais seule cette fois.
Nous assistons, et participons pour certains, à " l'éléphant bath " qui est en fait l'occasion pour les 2 Alex et Christophe de monter sur ce dernier pendant qu'il est dans son bain. Au commandement de son jeune maître, le pachyderme se secoue, tous les trois auront donc partage sa baignoire!
Apres une petite sieste ou Sophie passera en compagnie du chaton de l'hôtel, nous montons a bord de la jeep pour une dernière excursion dans la jungle. Nous serons assez chanceux, rhino, daims et sangliers (mais toujours pas de tigres, dernière solution: le zoo).
Soirée spectacle de danses et percussions traditionnelles ou les filles auront l'occasion de montrer leur talent de danseuses puis échange de tours de magie avec notre guide.
Jeudi 17 Novembre: Dumbo Ce matin, Christophe fait la grasse mat' pendant que les autres vont a " l'éléphant breeding ". Un éléphanteau d'un mois et demi se dirige spontanément vers nous; il veut jouer. Il passe de l'un à l'autre et cherche à nous bousculer en nous donnant des coups de cul. Il nous attrape la main avec sa trompe puis l'amène a sa bouche, veut-il nous faire le baise-main? Sophie retrouve son âme d'enfant en jouant au jeu de la corde (ou plutôt de la trompe) a celui qui tire le plus fort. Apres s'être bien amusé, il est reparti en courant rejoindre sa mère comme s'il venait de faire une bêtise. Cette expérience avec les pachydermes nous a convaincu que ces animaux sont très intelligents et peuvent être aussi dociles que des chiens malgré leur dangerosité potentielle. Nous avons aussi beaucoup aime ce village ou l'on croise des buffles, des canards, des éléphants et des poules dans les rues; on s'est cru l'espace d'un instant dans un épisode de "Daktari". Le trajet en bus fut ponctue de check point. Les locaux doivent descendre et sont fouilles dans une guérite pendant que les touristes attendent dans le bus.
La Peace GH est full, nous nous installons donc à la Garden GH voisine. Nous retrouvons Marc et Poupette a la Pilgim's pour le dîner.
Salut, moi c'est Sophie
Vendredi 18 et samedi 19 Novembre: RAS Achat des billets pour Varanasi, Internet, shopping.
Les pieds sur terre tet la tête dans les étoiles...
Samedi 20 Novembre: La Royal Kumari
Visite de Katmandou : Durbar square et Freak street.
On emprunte des chemins de traverse qui nous mène au milieu de places et petites cours intérieures ou se trouvent stuppas et autres chaityas.
On réussit à esquiver l'entrée payante du site en contournant par des petites ruelles, c'est toujours amusant de frauder, comme dans le metro quand on avait 14 ans. La place est très belle mais finalement on en fait vite le tour étant donne qu'on n'a pas le droit de pénétrer dans les temples, notamment la demeure de la Kumari. Cette déesse vivante (la seule au Monde), est choisit à l'age de 5 ans pour la perfection de son corps. Elle incarne la déesse Taleju qui selon la légende fut désirée par le roi Jayaprakash Malla. Pour le punir, il ne pourra désormais la contempler qu'à travers le corps d'une enfant de basse caste. Cette gamine ne doit pas saigner ce qui mettrait fin à sa " pureté " comme le fera d'ailleurs l'arrivée de ses premières règles, date a laquelle elle sera remplacée par une autre. Elle n'a donc pas le droit de bouger, de jouer, de marcher, etc.… et restera vierge toute sa vie durant. Chaque népalais rêve de la voir apparaître a la fenêtre de sa prison dorée mais il est interdit de la photographier. Les rois du Népal lui rendent visite une fois l'an et des cérémonies ont lieu en son honneur.
L'ancien quartier hippy de Freak street juxtapose le Durbar square. Il a perdu de son ambiance d'antan et la rue est bien calme. On se plait a l'imaginer pendant sa grande époque seventies.
Sur le retour nous craquons sur un gong que nous espérons pouvoir "confier" à nos amis de retour sur Paris. En revenant à la guest, Alexandra et Poupette ont elles aussi craquées sur des tables basses et cadre en bois. C'est pas gagne pour l'enregistrement des bagages, on craint le surpoids...
Dernière soirée ensemble a notre cantine habituelle, l'Everest Steack house.
Dimanche 21 Novembre : la pesée Apres avoir passé la moitié de la journée sur l'ordi sans avoir pris le temps de manger, nous rejoignons la bande prête à s'envoler pour Paris. C'est l'heure de vérité : vont-ils être en surpoids? Nous avions prévu de leur laisser " quelques petites affaires " du genre livres, cd et… statue et ornements de bois soit environs 18 kilos! Ce qui n'était pas prévu, c'est que Poupette, Marco et Alexandra auraient eux aussi la fièvre acheteuse. Bref, on n'est pas dans la m….! Grâce aux bagages cabines, on réussi a ne pas dépasser les 100kgs autorisés. Ca a été l'occasion pour certains d'utiliser un pèse personne et s'apercevoir de quelques kilos en moins... ou en plus!
Lundi 22 Novembre: Et de 4 mois... Départ dans le rush comme d'habitude mais nous arriverons a temps pour attraper notre vol Cosmic air. En tout cas, loin d'être comiques, nous avons du subir plusieurs fouilles successives, dont une juste avant d'embarquer. On ne badine pas avec la sécurité chez Cosmic Air, par contre même pas une boisson a bord... Ces nombreuses files d'attente à la douane nous auront permis de faire la connaissance d'un sympathique indien. Il nous invite gentiment dans sa ville près d'Orccha ou se déroule un festival qu'il préside. Il nous promet le 5 étoiles du coin, affaire à suivre...
Nous retraversons la ville de Dakha cette fois-ci de jour, le trajet est insupportable et Sophie jure de ne plus jamais y remettre les pieds. C'est la première fois que nous prenons un avion ou le placement est libre et les hôtesses sont aimables comme des portes de prison. Le clou du voyage : des images de la Mecque diffusées sur les écrans avec la prière en fond musical " Allah est grand, Allah vous accompagne, Allah protége votre famille, etc... ", cela peut être une source de réconfort pour les musulmans qui prennent l'avion mais dans notre cas, cela nous rappelle le 11 septembre... Un petit Inch Allah avant le collage et un rassurant " we are about to land in Kathmandou, Inch Allah " finissent de nous mettre dans l'ambiance. Nous voici au Népal, une destination que Christophe attendait avec impatience berce par tous les échos des voyageurs précédents et les récits lies aux expéditions sur ses 11 sommets culminant au dessus de 8000m (sur 17 dans le monde) et bien sur le Toit du monde, l'Everest a 8848m. Sophie est un peu plus anxieuse, l'école qui devait l'accueillir a ferme, elle va être livrée a elle même pendant les 3 semaines du trek, nouvelle expérience… Nous découvrons Katmandou de notre taxi et traversons le quartier touristique de Thamel. Les rues étroites sont bondées de resto et de boutiques. Difficile de se frayer un chemin au milieu des piétons, des vélos, des motos, des rickshaws et des voitures. Ici aussi ça joue du klaxonne, impossible de dire qui est le plus a plaindre dans cette circulation. Nous nous installons à la Tibet peace guesthouse, très agréable avec son jardin au calme. Puis c'est parti pour la découverte du quartier cette fois a pieds. Il faut faire attention aux vélos et motos qui n'hésitent pas à nous frôler de près et à nous klaxonner dans les oreilles. Les boutiques regorgent de fringues colorées dont les modèles n'ont pas du changer depuis les années 70, et de matériel pour trekkeurs, essentiellement des imitations North face. Les resto aussi sont nombreux et c'est pas évident de trouver une adresse indiquée dans le routard tant il y a de pancartes et d'enseignes. En tous cas y'a du choix: népalais, indien, chinois et européen. On va s'en mettre plein la panse! A condition de ne pas trop regarder autour; nous avons croise des rats a plusieurs reprises; l'un se promenait tranquillement sur une poutre au-dessus de nos assiettes...
Mercredi 25 Octobre: Viens boire un p'tit coup a la maison L'après-midi se passera à l'Internet café, "les pieds sur Terre" oblige. C'est en rentrant a notre guest que nous avons la surprise (attendue) de retrouver les deux Alex et Aurélie. Ils ont déjà attaque l'aperto "Ricard" bien de chez nous (mais au fait, c'est ou chez nous?). Nous poursuivrons au Pilgrim's, endroit très hétéroclite, a la fois librairie, bibliothèque, resto et cours de méditation ou yoga. Les "momos" cheese et vegetables (sorte de raviolis vapeur) y sont particulièrement savoureux.
Jeudi 26 Octobre: Tout le monde est la? Cette fois ce sont Marc et Priscillia alias Poupette qui nous ont rejoint pour le petit dej' avec le pot de Nutella commande par Sophie. Ils ont aussi pense aux guides et livres ainsi qu'au sauciflard et pinard. On attend ces ravitaillements un peu comme les caravanes africaines attendent l'oasis en traversant le dessert!!! Bienvenus les poulets. L'après-midi sera consacrée a la préparation du trek avec le guide: permis de trek, itinéraire et logistique. Y'a juste un petit hic: l'hiver semble être arrive plus tôt que d'habitude. La semaine dernière 7 alpinistes français ont été ensevelis par une avalanche, cette semaine des yacks sont morts de froid et la route des Annapurnas est bloquée a mi-chemin par la neige. Le programme reste inchangé, si la route n'est toujours pas accessible d'ici la, ils emprunteront un autre parcours. En tous cas, ça va peler, Sophie ne regrette pas sa décision de rester dans la vallée.
en rouge itinéraire du trek plus ou moins éffectué
Vendredi 27 Octobre: la séparation
Le moment est venu d'analyser un peu notre couple dans le cadre d'un voyage comme celui-ci.
Question intimité, c'est pas l'idéal : pas facile de se séduire quand on est fagotés comme un as de pique tous les jours et privée de sèche-cheveux en ce qui concerne Sophie car il faut reconnaître qu'a ce niveau-la c'est plus dur pour elle. Rajoute a cela la fatigue, parfois le manque d'intimité ou d'intimité dans les " dormitory ", on est loin du Kama Sutra.
Question entente c'est un peu comme " le loft ", l'émission de télé-réalité, une sorte de condense de vie ou les situations s'enchaînent et nous mettent face a l'autre. Comme dans le quotidien, c'est une question de compromis et de tolérance a la différence âpres qu'on ne peut pas fuir, il faut résoudre le problème coûte que coûte car y'a pas de copains ni de boulot pour se réfugier ou encore une salle de sport a proximité. Ce n'est donc pas facile tout le temps malgré la cote idyllique que peut revêtir ce voyage. Le cote positif, c'est qu'en revenant d'un tel " test ", on sait a quoi s'en tenir. On en ressort plus fort et on devrait pouvoir affronter les épreuves suivantes riches d'une belle expérience conjugale.Pour la suite du carnet nous avons acide de mettre en parallèle nos journées plutôt que de les enchaîner
Sniff
Le moment tant redouté est arrivé, il faut se séparer. Ca y est, c'est fait. Prends soin de toi, je serai à Pokkhara dans 18 jours pour vous accueillir… avec pinard et sauciflard! Bon c'n'est pas tout mais maintenant va falloir que j'organise mon temps libre. J'avais pris contact avec un certain Pramod qui répond à tous les mails de voyageurs sur "Voyage forum", il habite à Katmandou et je dois le rencontrer. Une heure plus tard me voila dans son bureau à boire un café. Ce népalais de 37 ans a vécu 15 ans à Paris et vient de s'installer définitivement au Népal ou il envisage de travailler dans le commerce équitable. Il me presente Rabina qui parle aussi français puisqu'elle travaille dans une agence francophone. Habitant à Bakhtapur, elle me propose de la voir sur place quand j'irai. Le hasard veut qu'elle soit de la famille d'Indra, cet étudiant népalais que j'ai contacte par Internet qui s'occupe d'une association scolaire pour enfants défavorises et que je dois aussi rencontrer. Pramod m'apprend que du 1er au 3 novembre, c'est Tihar (ou Deepavali), la fête des lumières et me propose de passer quelques jours dans une famille ou je serai au plus âpres de la fête. Mais c'est une très bonne idée ça, ça marche pour moi. Un coup de téléphone plus tard, Niranjan, son ami débarque pour me rencontrer. Rendez-vous est pris, il m'amante dans sa famille le 2 novembre. Pour l'instant ça s'annonce plutôt bien.
Ce n'est qu'un au revoir... Khandi (840m) Bhubhule (900m), 1h de marche Dernière nuit avec Sophie, ce sera notre première séparation aussi longue. Nicolas Bouvier habitue des longues absences avec sa femme écrivait : " Je crois à la vertu des absences... Dans une vie de couple qui passe toujours par des crises shakespeariennes, il faut d'immenses lucarnes, des bouffées d'air salubre. ". En attendant beaucoup d'inquiétude dans mon baiser d'adieu au petit matin, la voila seule pour 3 semaines, première expérience en solo dans un pays étranger et sans possibilité de se joindre. On a rencontre nombre de voyageuses solitaires depuis le début de ce voyage, et au fond de moi je me dis qu'il n'y a pas de raison que ça se passe mal. En tout cas, ce n'est pas les occupations qui vont lui manquer: visa pour l'Inde, nettoyage des objets birmans, mises a jour du site, achat du billet Maldives-Mexique... Notre bus perso nous attend. Panta, notre guide, nous a conseille de louer un minibus plutôt que prendre la bétaillère locale, la différence n'est que de quelques euros. Par contre on gagne entre 2 et 4h sur le trajet en évitant les check points, pas de risques de vol (en recrudescence en ce moment) et nous sommes sur d'avoir des places pour nous 6, les 3 porteurs et le guide. Nous couvrons en 5h les 200kms qui nous séparent de Pokhara et entre 2 nids de poule nous admirons avec quel soin les népalais décorent leur camion, enchevêtrement de couleurs, guirlandes et effigies religieuses kitchissimes... L'Inde n'est plus très loin et son influence se fait sentir. Are Krishna! Nous marchons ensuite une petite heure entre Khandi et Bhubhule, " qui va piano va sano va lontano ", il ne s'agirait pas de casser la machine des le premier jour. Apero Ricard et petits gâteaux aux poireaux achètes par Alexandra, ne négligeons pas les bonnes manières même en altitude, et pour le dîner ce sera Dal Bath pour tout le monde. Il s'agit du plat national (et probablement le notre pendant 15 jours), légumes au curry, soupe de lentilles et riz. Ca remplit son homme et c'est a volonté. C'est rigolo de voir passer une petite troupe maoïste alors que nous avons traverse un check point militaire il y a une heure. Tiens tiens, il semble que nous ayons change de territoire. Notre guide nous explique que les maoïstes contrôlent la région et de nombreux districts au Népal. En fait, la situation du pays est assez préoccupante, une économie au plus bas, un peuple mécontent et un roi adepte de la monarchie absolue, le très impopulaire Gyanendra. On comprend d'ailleurs pourquoi quand on sait qu'il a fait assassine tous les membres de sa famille ainsi que le souverain en place, le tout sur le dos de l'héritier qui s'est empresse des se suicider. Gyanendra, unique abonne absent du bain de sang, se retrouve " naturellement " au pouvoir. Des méthodes dignes de notre bon vieux Moyen-Âge mais encore d'actualité ici. Et pour " couronner " le tout, il étouffe la liberté de la presse, dissout le parlement et s'octroyer les pleins pouvoir. C'est un terrain fertile pour les maoïstes qui en profitent pour rassembler derrière eux les différents courants politiques et recueillir le soutien du peuple. Après notre repas du soir la même troupe maoïste refait son apparition, ils font le tour des guesthouse et viennent réclamer leurs "dons", qu'ils estiment à 100 roupies/jour/personne. Inutile de vous dire que c'est du racket pur et dur, par contre ils y mettent les formes : ils se pressentent sans arme, expliquent la situation du pays et leur combat, et restent ouverts aux questions, opportunité que nous saisissons avec délectation. Bilan du débat, la liberté qu'ils veulent mettre en place OK mais au sein d'un parti unique, et avec une seule voie possible : le Communisme. " Pas a la chinoise " nous précisent-t-ils, c'est vrai, dans maoïste y'a pas " Mao "… Quant a l'avenir, et bien on exporte la révolution en Inde puis au monde entier et on met fin à l'impérialisme yankee. Et la marmotte... Pauvres népalais, c'est ce qui s'appelle avoir le choix entre la peste et le cholera. Nous payons néanmoins, en trichant sur le nombre de jours, on verra bien. Avant de nous coucher, petit clin d'oeil au Manaslu un des géants du coin dont les neiges éternelles culminent a 8166m, que de beaux rêves en perspective.
Vendredi 28 Octobre:
Spécimens en voie d'extinction
Le matin fut réserve à l'ambassade de l'Inde ou il m'a fallut la matinée pour déposer la demande de visa. Des jeunes sans-gêne ont voulu doubler ce qui a crée une véritable émeute. Je profite de l'après-midi pour bricoler un peu et nettoyer les ornements de portes en bois achète au Myanmar. C'est aussi l'occasion de découvrir l'ambiance qui règne dans la guest. Des clients y ayant élu domicile viennent me voir et observer ce "very nice" objet. On retrouve dans cet endroit un peu de la Katmandou d'il y a 30 ans et … ses représentants. Mais oui, je n'y croyais pas, mais il existe encore des "dinosaures" de cette époque, des rescapes du "peace and love ". En pantalon pat d'eph et velours violet ou jean destroy avec un gilet de mouton retourné psyché sur une chemise bariolée, les cheveux longs ou dread locks, ces deux spécimens de 55/60 ans squattent la guest depuis des mois, on se croirait revenue au temps des hippies. Il faut d'ailleurs préciser que Katmandou a garde un certain style de vie de ces temps recules, on croise pas mal de djeun's style bohême, on nous propose aussi de la drogue a tous les coins de rue et il n'est pas rare de sentir certaines effluves " relaxantes ". C'est en me rendant à une soirée house que je rencontre Sarah dans la rue. Nous l'avions rencontre dans l'avion qui venait de Yangon et nous l'avions perdu de vue a l'arrive, trop occupée qu'elle était a chercher son sac disparu a l'arrive. Elle l'a finalement récupère 3 jours plus tard et partage en ce moment sa chambre avec Sylvain qui fait le tour du monde a velot (encore un). Changement de plan, on part boire un verre tous les trois puis on finit la soirée au "Fullmoon". Soirée vraiment géniale, on trouve une ambiance décontracte, on s'assoit sur des coussins a cote d'autres clients, des japonais en l'occurrence puis les gens dansent et fument des pétards. Ferme vers les 2/3 heures du mat, c'est sans conteste l'endroit le plus noctambule du coin puisqu'il y a une sorte de couvre-feu ici, les népalais n'ont pas le droit de traîner dans les rues après 22 heures, les touristes eux, sont rois.
Cette fois c'est parti Bhulbule (900m) Syange (1135m) 5h de marche Avant de partir, bref descriptif de "la communauté de l'Annapurna":
Aurélie: l'artiste, toujours armée de ses pinceaux elle donnera une touche de couleur a nos soirées en peignant portraits et paysages. Elle aura également l'immense privilège d'être en charge de toute la partie administrative, à savoir pressente les autorisations à chaque check point.
Alexandre: le monsieur muscle du groupe, 1.80m et 95kgs a la pesée, il sera notre seul rempart si le fameux Yeti pointait le bout de son nez. L'abominable hommes neiges aurait été signale âpres du col du Thorong La en train de siroter un glaçon. Pour cela notre Alex s'impose une discipline de fer, pompes 2x par jour et Dal Bath midi et soir! Aurélie en est folle depuis maintenant quelques années.
Priscilla: ou " Poupette " pour les intimes, c'est notre grande blonde a forte poitrine. Les quotas sont respectes... Elle officiera en tant que photographe du groupe, ne négligeant aucune poule ni aucun radis, toute la vallée ne passera sous son objectif. Sa bonne humeur légendaire nous accompagnera tout au long de périple. Récemment acoquinée avec " l'ours béarnais ", les treks a répétition semblent sceller leur union.
Alexandra: dit " le pitbull " ou " la Polak " en raison de son obstination a ne pas lâcher le morceau et son gout immodéré pour les habitants du pays de notre feu pape JP II. Elle marquera ce trek par sa volonté à relever tous les défis et a accroché la première place à la jungle speed où a la marche. Ses facultés se sont néanmoins amenuisées avec l'altitude et le degré de la pente... Nous ferons chambre commune (et lits sépares!) pendant ces 2 semaines.Levés 06h30, ce sera plus ou moins une constante tout au long de ce trek, ce qui nous permet de marcher à la fraîche et de ne pas arriver trop tard pour degoter une guesthouse sympa.
Après un roboratif petit déjeuner, nous attaquons de plein pieds cette ballade prometteuse. Peu de dénivelle aujourd'hui, nous longeons de verdoyants paysages de rizières étages, alternant avec des cultures de millet. De nombreux ponts suspendus nous permettent de naviguer entre les 2 cotes de la rivière Marsyangi ou nous croisons de multiples convois de mules, colorées comme des camions népalais et servant à ravitailler les villages en altitude. Premier conseil de Panta notre guide: ne pas jouer au plus con avec lesmules (malgré le fort potentiel qu'il a décelé dans le groupe) et toujours se mettre cote montagne pour les laisser passer, sinon c'est direct dans le précipice. Il nous parlera également de la condition de porteur pas toujours facile. Sur certains treks réputes durs, il arrive d'en retrouver morts d'épuisement sur le chemin et victime du mal d'altitude, certains touristes charges a vide imposant leur rythme effréné aux porteurs… Euh message reçu, nous prendrons soins des nôtres et je me risque même a porter mon sac a dos, tout du moins sur les premiers jours, la dysenterie et les 3 mois de voyage ayant laissé des traces.
Nos porteurs:
Samedi 29 Octobre:
On s'est connu, on s'est reconnu …
Levée a midi, il ne me reste plus que 5 heures de soleil avant la nuit. Je change d'hôtel pour rejoindre Sylvain et Sarah. Quelle erreur ai-je faite: l'eau sent la rouille et ça n'a pas l'air très clean (a 1 euro la chambre fallait s'en douter). C'est en me baladant dans le quartier que je suis interpellée par un "Sophie?". Cette tête me dit quelque chose, comment oublier Thomas et ces effigies de lui-même. Nous l'avions rencontre a Chengdu et le voici de retour du Tibet. Ce soir c'est la fête à Thamel, des DJ étrangers ont envahis la place. Y'a un monde pas possible et pour une fois les touristes sont largement minoritaires par rapport aux népalais dans cette " transe party " en plein air. Ca piccole sec, ça bouscule et ça profite des bains de foule pour jouer des mains baladeuses. Fallait réfléchir avant de me mettre la main ou je pense, tu vois pas que ça n'avance pas…et paf le chien, dans ta tête! Tous les quatre nous assistons a la sortie des locaux qui une fois l'an ont eux aussi le droit d'investir le quartier et de danser …jusqu'a 20 heures! En effet, a peine commencions nous a nous déhancher sur de la Transe que le couvre-feu était sonne, putain de maoïstes! Bon, direction le Funky Buddha ou la soirée continue…pour les touristes. De retour dans ma nouvelle chambre, je m'aperçois que je ne suis pas seule. Des compagnons indésirables l'ont squatte sans me demander la permission. Le premier a l'entrée, le deuxième, dans les rideaux, le troisième dans la baignoire et le plus culotte dans mon lit. C'est absolument hors de question que je dorme en compagnie de …cafards! Seule solution: Sylvain. J'ai finalement atterrie dans son lit et lui dans le mien, c'est Sarah qui va être surprise lorsqu'elle va rentrer... Maoïste en goguette Syange (1135m) Tal (1600m) 6h de marche Les paysages de rizière laissent place à une gorge aux parois abruptes. L'environnement devient de plus en plus rocailleux. Ce trek nous fait évoluer progressivement entre 800m et 5416m et nous permet d'apprécier toute la richesse et la varies des différents étages de végétation. Nous sommes d'ailleurs actuellement a l'altitude "Pass pass ton oinje..." puisque nous croisons de nombreux plants de Marijuana sur le bas cote. Panta nous promet une omelette maison aromatisée de ces herbes aux vertus reconnues, seulement après le col du Thorong La, pas folle la guêpe... A ce propos, les nouvelles ne sont pas très bonnes. Le col est bouche suite aux récentes chutes de neige (qui ont d'ailleurs coûte la vie la semaine dernière a 7 alpinistes français et leurs porteurs). De nombreux groupes font demi tour. Il nous reste encore quelques jours avant de l'atteindre, inch allah!
Dimanche 30 Octobre:
L'air " pur " de Kirtipur
Je me réveille au son des indien wabes, ce qui aurait été préférable au coucher. Non seulement l'eau de la douche est froide mais en plus elle est orange! Petit dej' en terrasse avec Sylvain puis départ pour une petite ballade a pieds direction Kirtipur à 6 km d'ici. En chemin, on s'arrête pour goûter les spécialités locales de marchands ambulants et de la noix de coco. Les népalais ont une étrange façon de dire oui ou d'accord: ils hochent la tête sur le cote, cela nous a d'abord laisse interloques quand on lui a demande de nous préparer la noix de coco, on ne savait pas si c'était du lard ou du cochon. Des que l'on s'éloigne du quartier touristique de Thamel, on découvre la vraie vie népalaise et malheureusement sa pauvreté. Des gens vivent aux abords de la rivière qui charrie des détritus et de décharges absolument infectes; c'est irrespirable pour mon nez délicat d'européenne. Cela n'empêchent pas les enfants de s'amuser en naviguant sur un morceaux de polystyrène.
1 km a pieds, ça use, ça use... Tal (1600m) Chame (2600m) 8h de marche Départ à l'aube pour une longue journée. Nous traversons des forets de conifères et au détour d'une belle montée nous apercevons une famille de langurs hauts perches sur les arbres. Ce sont de grands singes au poil gris et à la tête blanche. Notre approche "discrète" avec le béarnais les fera fuir. Voila bien une attitude de gougnaffier, notre égoïsme privera les derniers de ce petit plaisir. Heureusement nous en reverrons dans quelques jours. Un peu plus loin, d'assourdissant boom viennent nous chatouiller les oreilles. Le roi a lance la construction d'une route a flanc de montagne a grands coups de dynamite, officiellement pour le développement de la région (ce que les locaux désapprouvent fortement puisque ça signerait la fin du tourisme lie a la marche) et officieusement pour ravitailler l'armée et combattre les maoïstes. La marche se fait chacun suivant son rythme. Au détour d'une courbe,
Lundi 31 Octobre: Première sortie " seule "
Aujourd'hui c'est Tihar, on honore les animaux puis les frères et soeurs. Il semble que ce soit le jour des chiens aujourd'hui, plusieurs de leurs représentants sont affubles de colliers de fleurs et ont droit a leur poudre rouge sur le front. C'est très drôle. Je pars pour Sankhu en transports locaux, d'abord le tuk-tuk, une camionnette a 3 roues, sorte de taxi collectif puis le car. Le trajet s'avère plus long que prévu. Un loto géant est organise dans une des villes traversée ce qui cause un énorme embouteillage. De plus, nous aurons droit à deux vérifications militaires. Un monsieur arme en treillis monte a bord puis regarde derrière et sous les sièges. A chaque entrée des villes il y a un camp militaire avec fils barbelés et trouffions la mitraillette sous le bras.
L'autoroute du soleil Chame (2600m) Pisang (3200m) 6h de marche Journée tranquille aujourd'hui. Toujours pas de tourista ni d'ampoules, tout semble trop parfait. Ce sera l'occasion d'une franche rigolade avec les porteurs. Et oui, même avec notre népalais de cuisine, a peine parles-tu de fesses et te voila aussitôt promulgue " meilleur ami du monde ". Sujet universel s'il en est un, nul besoin de grandes idées pour rapprocher les peuples… " Le cul est la chose au monde la mieux partagée. " disait Antoine Blondin, je confirme... La discutions sera plus sérieuse avec Panta qui nous explique que 13 arbres suffisent a fournir de l'oxygène a un homme. Même si nous passons les 3000m, notre sentier étant noyé dans la foret nous ne commencerons a nous acclimater a l'altitude qu'en atteignant des paysages plus désertiques. De fil en aiguille, et d'odeurs en odeurs, il nous racontera cette comptine népalaise: un jeune homme habitait juste au-dessus d'une jeune femme qui cuisinait divinement bien les plats au curry. Trop pauvre pour pouvoir s'offrir autre chose que du riz blanc, il ne mangeait qu'aux heures ou la dame du bas cuisinait ses plats, et parfumait ainsi son riz des délicieuses odeurs de curry. La jeune femme s'apercevant du manège porta l'affaire devant le juge, qui condamna le pauvre homme a réparation. Celui-ci profondément attriste de l'injustice dont il était victime, promit de payer au regard de la faute commise. Il se présenta donc chez la jeune femme et déversa par terre ses maigres pièces, sonnantes et trébuchantes, "écoute bien, car te voila paye…". Un parfum de Patrick Suskind en plein Népal.
Mardi 1er Novembre:
Un Tihar a Bhaktapur
Les mirettes a 180 degrés Pisang (3200m) Manang (3600m) 5h de marche La neige se fait de plus en plus présente. Le massif des Annapurnas dévoile progressivement ses magnifiques pics enneiges aux noms tous plus originaux les uns que les autres: Annapurna I, Annapurna II, Annapurna III, Annapurna IV… Quelle imagination! Nous avons donc devant nous le II a 7937m, le IV a 7535m et le III a 7575m. L'Annapurna I, le seul à franchir la barrière mythique des 8000m (8091 pour être précis) se laisse encore désirer avant de nous livrer ses charmes… Je vous passe le couplet sur la fragilité de notre existence face a ces monstres, mais quelle majesté tout de même. On les sent à la fois proches et totalement inaccessibles. Et ce ciel bleu qui n'en finit plus depuis notre départ, que demander de plus??? Un bon Yak burger… Chose faite le soir pour Marc et moi-même. Nous outrepassons les consignes
Mercredi 2 Novembre: Bonne année !
Nous sommes aujourd'hui en 1126 dans le calendrier newar. Les Newars 2, 5% de la population sont les plus anciens habitants de la vallée de Kathmandu et sont divises en 84 sous castes. Ce sont surtout des artisans et des artistes tres attaches à leurs traditions et à leurs coutumes religieuses voire meme tres supersticieux. C'est au son des timbales et des damarus (petits tambours) que je suis réveillée. Un immense cortège traverse la ville. Les gens défilent a pieds avec des banderoles en travers du torse, s'ensuivent des camions avec des enfants et des ados dessus, puis un défile de motos. La ville est en pleine effervescence. Cela durera toute la journée.
Ca monte, ça monte Manang (3500m) Upper Yak Karka (4120m) 5h de marche Pas de journée d'acclimatation comme prévue à Manang, le col semble recouvert et il nous faut passer au plus vite avant une nouvelle chute de neige. En quittant le village à 07h30, nous croisons adultes et enfants en tongs. Leurs pieds sont cornes, la peau épaisse et ils ne semblent absolument pas souffrir du froid. Nos orteils d'occidentaux, par contre, font la grimace emmitouflés dans de grosses chaussettes au fond de nos confortables chaussures de marche. On est vraiment des petites natures… Le chemin s'enfonce dans la neige qui se transforme bientôt en boue, Priscilla finira 3 fois sur les fesses et en rira toute la journée l'ivresse de l'altitude aidant. Alexandra, piquée a vif qu'on m'ait attribue le surnom de "tulle" relèvera le défi de porter le sac a dos jusqu'a la fin de la journée. Excepté quelques difficultés sur les fins de montée, elle caracolera avec le groupe de tête malgré ses 12 kilos supplémentaires. Très
Jeudi 3 Novembre: Aujourd'hui c'est cadeau Je déambule une fois de plus dans les rues, je dois revoir les petites de la veille au même endroit ou leur mère vend des bricoles style bazar droguerie. Elles sont très contentes de me revoir. Je leur offre un livre pour apprendre à dessiner avec 2 crayons et une gomme. Difficile de savoir si elle sont dans le besoin et peut-être que d'autres enfants en auraient plus besoin mais un présent doit rester un geste spontané. Leur mère m'offre en échange une petite boite de baume du tigre et un café au lait. Elle aimerait que je parraine ses filles pour aller dans une école privée, cela se fait beaucoup ici. Je leur laisse l'adresse d'Indra. Au Népal, il y a une grande inégalité devant le droit à l'éducation et c'est l'argent qui fait la différence. Les écoles publiques sont très rudimentaires et ont peu de moyens, les instituteurs sont très mal payes. Il y a d'autre part les écoles privées ou la qualité
Gla Gla Gla... Upper Yak Karka (4120m) Thorong La high Camp (4880m) 5h de marche Ce fut notre nuit la plus froide, -5 degrés dans la chambre au réveil. On a tous dormi habilles dans nos duvets -5 confort -15 extrême. Et bien ce n'était pas confort du tout, surtout quand on a bu ses 3 litres d'eau et sa camomille du soir (sur recommandation du guide). Le bilan est sans appel: 4 expéditions toilettes dans la nuit. On attaque a l'aube, talon-plante-pointe, on déroule on déroule. Arrêt Grany dans une bergerie/bistrot/bazard. Un troupeau de bouquetins sur les flancs attire mon attention, c'est moins de temps qu'il n'en faut au bouc de la proprio pour se saisir de ma barre de chocolat encore sous cellophane. Optimiste la bergère m'a dit de repasser le lendemain récupérer ce qu'il restait! Sans façon. A midi nous retrouvons Emmanuelle et Yohan, 2 grenoblois en vadrouille pour 3 semaines, leur fille de 2 ans patientant bien sagement chez les grands-parents. En fait, nous avons plus ou moins tous le même rythme et c'est amusant de recroiser souvent les mêmes têtes aux étapes. On commence a comprendre la signification d'Himalaya en sanscrit : "demeure des neiges". En effet, la suite de l'ascension se fait complètement dans la neige, ce qui nous vaudra quelques descentes sur fesses de la part de notre porteur Harry ou comment améliorer sa technique de bobsleigh. A l'arrivée, nous avons dépasse la hauteur du Mont Blanc et après une classique montée d'acclimatation, nous nous endormons la tête dans les étoiles... et les pieds gelés!
Vendredi 4 Novembre:
La longue marche
Levée 7h, aujourd'hui je pars en randonnée. Le bus me dépose à Panauti. Apres une rapide visite dans un cadre vraiment bucolique, je prends la route direction le Namo Bouddha a deux heures de marche. C'est pas évident de se retrouver et heureusement que les paysans sont la pour confirmer la direction. Sur le sentier, je suis soudain alertée par un bruit dans les fourrés... a un mètre de moi ondule élégamment un serpent marron de bonne taille dans les 1m30 pour une circonférence de 10 cm, impressionnant ! Je déjeune dans le seul resto du coin un délicieux dal bath, plat typique du Népal, compose de riz et de lentilles servi avec un curry de légume, d'un mélange d'ingrédients épices et de la viande. Un couple de hollandais avec leur bébé m'indique une guest à Dhulikhel
Attention petit scarabée, le chemin est long et la pente est glissante High Camp (4880m) Thorong La (5416m) Muktinath (3800m) 8h de marche Levés 04h45 départ 06h30, oui y a un peu d'inertie dans le groupe. Bon tout le monde n'a pas ses heures de sommeil, tant pis, c'est parti pour une montée assez pentue mais pas si difficile que ça, excepte le froid. Aurélie est passée du rouge coups de soleil, au bleu tendance pieds gelés, pas étonnant qu'elle se soit lancée dans la peinture!!! A 10h00 tout le monde est au col, congratulations, photos souvenirs, longs regards admiratifs sur la splendide chaîne des Annapurnas, concours de pompes, bref du classique pour ce genre d'événement. La descente le sera beaucoup moins, 1600m sur des pseudos sentiers complètement verglacés. Un anglais s'est déboîte l'épaule en plein milieu (ça, c'est pour les JO!!!!), et la veille, c'est une française qui s'est casse les poignes et un népalais la jambe.
Voici les différentes techniques de descente testées : La classique : le marche sur glace, avantage : impossible de se perdre, inconvénient : nécessite un très bon sens de l'équilibre. Type d'utilisateur : l'anglais, la française et le népalais... La sportive : dite " a la Harry " : se mettre sur les fesses et se servir des sentiers comme pistes de bobsleigh, avantage : descente rapide sans risque majeure, inconvénient : tape cul, bleus et mal de tête garantis. type d'utilisateur : Alexandra, Aurélie, Alexandre, Marco, Priscilla et.... Harry. La bourrine : se mettre dans la pente et descente en pleine poudreuse, avantage : très rapide et safe, inconvénient : de la neige jusqu'au cuisse et fatigue les quadri. type d'utilisateur : les grenoblois et moi-même Malgré quelques troupeaux de daims sauvages croisés sur la descente, on en a plein les godillots quand on arrive en bas. Coup de chapeau a Marc qui s'est decouvert une âme d'écolo dévoue qu'il fut au ramassage de bouteilles en plastique même au delà de 5000m. Le trek est finalement très bien fait, l'acclimatation à l'altitude est lente et progressive, du coup personne n'est malade. L'hôtel sera à la hauteur de cette journée, douches chaudes et couvertures a gogo, et, ultime délicatesse, sauts a charbon sous les tables pendant le repas. Une vraie croisière de luxe mais la je me répète.
Samedi 5 Novembre: Kitch J'ai du chopper la crève hier sur le toit du bus, j'ai mal dormi réveillée de plus par les courbatures. En quittant l'hôtel, je tombe sur un frère et une soeur en train de faire le rituel quotidien religieux au temple de Shiva. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, me voici avec la tikka rouge sur le front et le collier de fleurs autour du cou. Ils m'accompagnent dans un restaurant qui tient aussi lieu d'expo artistique. Le pancake est fameux mais le café imbuvable. Le bus me dépose à Banepa ou il y a d'après "le routard" un temple à ne pas manquer. Je suis nase de la veille mais je ferai tout de après les 40mn de marche aller-retour. Résultat, le temple est en rénovation, circuler y'a rien a voir, contente! Dans le bus qui me ramène à Katmandou, il y a de nouveaux des contrôles de l'armée. En voyant les passagers du précèdent bus en train de faire la queue leu- leu pour vérification des sacs, je me dit que je suis montée dans le bon. De retour à Thamel, je retrouve Sylvain et Thomas. Ce soir on va dîner dans un resto fréquente par les népalais argentes. Ca valait le déplacement: nous assistons a un spectacle sur la scène qui nous fait face. Des hommes et femmes se succèdent en dansant et faisant du play-back, nous aurons même droit a la démonstration d'un couple de nains exhibes comme des bêtes de foire. C'est ringard à souhait et super kitch. Ouahhh que c'est beau... Muktinath (3800m) Marpha (2800m) 8h de marche On pensait qu'on avait fait le plus dur, mal nous en a pris, ce sera 25 bornes aujourd'hui et rebelote demain. Heureusement ce fut notre meilleure nuit et les paysages sont a tomber par terre. On croise d'abord le très photogénique village de Jharkot, puis les massifs enneiges laissent place a une montagne beaucoup plus désertique. La mousson ne parvient pas jusque-la, bloquée par l'immense chaîne montagneuse. La terre est aride et les couleurs marron, vert, rouge et ocre contrastent avec le vert des rizières de nos débuts et la blancheur des paysages enneigés de ces derniers jours. Bienvenue au Mustang semblent nous dire tous ces pics. Marc et Poupette, de retour d'Inde, retrouvent dans ces paysages comme un air de famille avec la région du Ladakh. En bas de cette gorge, des grottes creusées dans la terre sèche abritent encore aujourd'hui des népalais. Au loin, le village de
Dimanche 6 Novembre: On connait la chanson Journée glandouille à l'Alliance française avec Sylvain. Un film français est diffuse tous les dimanches a 14 h, il s'agit aujourd'hui de "on connait la chanson". Des népalais apprenant le français sont venus assister aussi a la projection. Certains abandonneront en cours de route. En tous cas, ça fait plaisir de voir des images de Paris mais cela nous a malheureusement réveille des souvenirs douloureux, nous rappelant au travers des images le vin et les fromages made in France. C'est décide, ce soir on s'achète une bouteille de vin pour l'apero et, a défaut de camembert, des chips au fromage! On a marchandé un petit Merlot 2001, pas de quoi casser trois pattes a un canard mais suffisamment pour faire tourner la tête. Thomas nous rejoint puis nous passons la soirée au New Orleans, un resto très cosy avec des feux de bois a l'extérieur. Ca souffle Marpha (2800m) Ghasa (2100m) 7h de marche Nous nous glissons a nouveau dans le lit de la rivière, le Dhaulagiri (8167m) en ligne de mire. Panta en profite pour chanter quelques chansons patrio-coco-traditionnelles. Elles encensent la majesté des monts environnants, la lutte des classes et fustigent l'aide américaine à l'armée gouvernementale. Avec les 2 Alex, nous tentons un raccourci en traversant le lit de la rivière. Bilan, une bonne heure de perdu et nous voila mouilles jusqu'au genou par plusieurs traverses de cours d'eau. Les 3 autres nous font les grands yeux mais la vue de l'Annapurna I (8091m) remet tout le monde d'accord, même à des kilomètres, quelle majesté! Nous sommes au pieds de la montagne et plus de 5000m de dénivelé nous séparent des sommets qui s'offrent a nous. Une petite pensée patriotique pour Maurice Herzog et son équipe qui en 1950 ont conquis pour la première fois un sommet de plus de 8000. Chapeau bas messieurs, on mesure l'exploit une fois au pieds du monstre de pierre et de ses pentes abruptes. Voici comment il décrit cette vallée dans son livre Annapurna, premier 8000: "Nous débouchons dans une longue plaine caillouteuse travaillée depuis des siècles par le cours impétueux et irréguliers de la Gandaki. La rivière a réussi à tailler à travers la grande chaîne himalayenne un corridor colossal. Des cyclones puissants et désordonnés s'y engouffrent et nous clouent au sol. Ces rafales se déchaînent à longueur d'année et interdisent toute végétation... Des tourbillons de
Lundi 7 Novembre:
Et-Patan!
Joyeux Anniversaire Ghasa (2100m) Tatopani (1200m) 5h de marche Premier cadeaux pour mes 31 ans, une belle tourista et 2 immoniums avant de partir. Ca faisait longtemps... A peine arrives a Tatopani nous nous jetons dans les sources d'eau chaude avec une eau a 50degres, température idéale pour nos pieds meurtris. C'est divin. Panta fera les grands yeux à Priscilla qui affichera ses formes généreuses en bikini, sans aucune pudeur pour les nombreux népalais à la sensibilité aigue... Puis lessive et magnifique présent de Panta qui m'offrira 1 bonne heure de réflexologie, mes pieds lui en rendent grâce... Le soir l'ambiance est festive, musique grâce au lecteur mp3, le brandy fièrement gagne est sur la table et un gâteau surprise viendra couronner le tout. Je tiens à préciser que j'ai été profondément touche par les nombreux cadeaux, notamment par ceux des porteurs, et par le fabuleux paquet de rouleaux de papier toilettes des 6 autres rejetons. Merci les poulets. Couche 21h30, c'était jour de fête!
Mardi 8 Novembre: A l'ambassade Je me réveille sur le coup des 6h00 du mat le cul trempe. Ma " bouillotte " a fui et je baigne dans des draps froids mouilles, fais chier ! Il faut s'occuper des visas. Je fais équipe avec Sylvain qui lui-même fait équipe avec une fille: elle arrive a 6h00 du mat pour avoir la chance de passer car au delà du cinquantième arrive, on peut rebrousser chemin. Ce qu'on avait oublie c'est que l'ambassade était fermée pour les fêtes de Tihar, imaginez le retard! Des gens se sont levés à 3h00 pour inscrire leur nom sur la liste. Résultat, en arrivant a 6h00 elle était déjà numéro 50! Elle s'est incrustée avec un français qui se trouvait plus haut dans la file. Sylvain arrive à 9h00 et s'incruste avec eux à son tour avec son passeport et les nôtres. Evidemment tout le monde s'est énervé et ça s'est mal fini pour nombre d'entre eux sauf nous, Sylvain s'est débrouille comme un chef, il est passé envers et contre tous, on a réussi! C'est moi qui ai pris la relève l'après-midi pour les rechercher, je m'en suis bien sortie! Cela doit être assez pénible à lire et c'est le but, tout ça pour que vous vous rendiez compte que voyager ce n'est pas faciles tous les jours! Ce soir, nous fêtons les départs de Thomas qui part en Thaïlande et de Sylvain qui reprend son vélo en direction de l'Inde. On négocie deux bouteilles de pinard que l'on dégustera dans le jardin en dînant aux chandelles. Un p'tit tour au Tom and Jerry's bar et nous nous séparons chacun de notre cote. Salut les gars! Bonne route. " Je suis athée, Dieu merci. " (Sartre ou Vian, je ne sais plus) Tatopani (1200m) Chitre (2350m) 6h de marche Les journées se suivent…mais ne se ressemblent pas. On marche, on marche on marche... Heureusement quand je veux me changer les idées, je me plonge dans de captivantes lectures, " la longue marche " de Bernard Olivier, récit d'un journaliste a la retraite qui décide de faire la route de la soie.. a pieds. Apres 12 jours, je suis assez surpris par la faible présence d'édifices religieux, étrange pour ce pays qui vit la naissance de Bouddha et ou réside la seule déesse vivante au monde. Claude B. Levensen a écrit "par son histoire et sa position géographique au flanc de l'Himalaya, le Népal s'insère naturellement entre Brahmâ et Bouddha". Légèrement alors, parce qu'a part quelques stupas, moulins a prières et monastères, peu de signes religieux. Contrairement à la Birmanie, la religion ne semble pas être le fil conducteur de la vie des népalais en montagne.
Mercredi 9 Novembre:
Attention ça brûle! Je termine la visite de la vallée de Katmandou par Pashupatinath et Bodhnath. La première est l'un des centres les plus sacres du Népal, une ville de pèlerinage baignée par la rivière Bagmati, le Bénarès et le Gange du pays en quelque sorte. L'accès au Golden temple est interdit aux non hindouistes mais l'ensemble mérite d'être vu. Une atmosphère mystique s'en dégage du notamment aux bûchers de crémation ou l'une a lieu. Il s'agit d'une personne de haut rang car elle se déroule sur une plate-forme qui leur est réservée. On voit juste les pieds qui dépassent et c'est le fils qui s'en occupe. D'autres personnes font des ablutions dans la rivière, il y a même des saddhus couverts de cendres qui vivent ici. Une quarantaine de singes sont venus troubler cette ambiance méditative en déboulant sur le pont au milieu des gens. Cela est très impressionnant, ils ont envahi les lieux puis ont bondit en direction du temple en hauteur. D'autres ont préfère rester au niveau du pont. Les promeneurs les ont observe un bon moment, ils étaient vraiment comiques. Ils sont d'une
Jeudi 10 Novembre : Une école népalaise
Depuis que je suis seule, je me couche assez tôt et forcement je me lève aux aurores. J'ai eu beau essayer de traîner sous la douche, lorsque je sors il n'y a pas grand monde dans la rue. Les boutiques n'ont pas encore ouvertes et les touristes sont couches. Les taxis et rickshaws, bien que moins nombreux qu'en soirée sont déjà la a interpeller les passants : " Hep, taxis ? ", " rickshaw, Madam' ? ", comme si cela allait réveiller en moi une envie subite de monter dedans " tiens, pourquoi pas me faire conduire, j'y pensais justement, le problème c'est que j'en ai pas besoin! ". Je commence a devenir excédée, l'autre soir le même nous l'a propose a deux reprises a 5 mn d'intervalle quand on est repasse devant lui. Bref, me voici donc en terrasse bien emmitouflée dans ma polaire à attendre que les croissants finissent de cuire. Ca valait le
Lodge fleurie avec vue sur les Annapurnas. Bataille d'eau, massages, lectures, glandouille sont au programme de l'après midi. Enfin des vacances.Vendredi 11 Novembre:
C'est la panne
Départ bus a 7h00, il n'est bien évidemment pas aussi classe que celui présenté sur la photo de l'agence Baba travel. Il y a pas mal de trafic et de la fenêtre j'ai tout le temps de regarder la ville s'éveiller. La scène la plus frappante fut lorsque le car s'est arrête en face d'une bicoque devant laquelle deux chèvres étaient attachées. L'homme en a détaché une puis l'a guidée a l'intérieur. Je n'ai d'abord entendu que le bellement puis j'ai vu les pattes bouger un certain temps, la pauvre a eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. J'en arrive à m'interroger sur ma condition d'Etre carnivore et sur la souffrance qu'il y a derrière; on en arrive facilement à l'oublier dans notre Europe aseptisée ou la mort est cachée. La route de lacets n'est qu'un défile de camions décorés comme pour Noël : guirlandes, décorations en alu et effigies de Shiva sans oublier les fleurs en plastiques qui ornent le pare-brise. Je rencontre une danoise bouddhiste la cinquantaine qui me donne quelques tuyaux sur l'Inde puis je marche dans la merde avant de remonter dans le car. Je ne m'en suis pas aperçu tout de suite seulement quand les gens ont regarde dans
Elephant rose Ghandruk (2000m) Pothana (1600m) 6h de marche Nous retrouvons les rizières de nos débuts mais l'événement marquant de la journée reste la fameuse omelette népalaise transformée en pancake par le patron de la guest. Il y ajoutera quelques " herbes " de sa réserve. Quelques cigarettes de forme étrangement coniques feront également leur apparition, le patron (encore lui) ayant toujours un peu de " Hakik " pour ses amis de passage! Résultat des courses : rires idiots et communicatifs, la Pologne a du mal a garde son équilibre et le Béarn se propose d'offrir une lampe frontale pourvu d'un gaillard serre tête au Prince Charles pour lui rectifier ses protubérances auditives. Je vous passe les détails…
Samedi 12 Novembre :
Retrouvailles
Levée 6h00, gymnastique, douche, petit dej' sur une terrasse ensoleillée. Je fais la rencontre d'Alejandro, 35 ans, mexicain parlant très bien le français et d'Itama un Israélien de 23 ans, sosie de Jésus Christ. Nous décidons de louer des vélos pour aller au lac de Begnas à 15km. A fortiori, je pense que le pire sur la route c'est pour les cyclistes. Les conducteurs sont de vrais chauffards, ils frôlent de très très près… Arrives au lac, c'est le rassemblement de familles et de bandes de jeunes. Les sonos grésillent, les grosses marmites fument et les ados dansent : c'est le dernier jour de vacances. C'est parti pour un tour en barque. Les garçons roulent un pétard puis Alejandro se met à jouer de la flûte indienne, c'est rigolo. Apres un Dal bath, ils font un petit plongeon pendant que je me prélasse au soleil. Le retour fut un peu dur pour les fesses. De retour a Pokhara, je consulte mes mails et oh, surprise, Christophe m'a écrit: il est arrive de trek ce matin, deux jours plus tôt que prévu. Je lui réponds et lui donne rendez-vous dans un bar ou je dois d'ailleurs retrouver Alejandro et Itama. C'est en m'y rendant que je croise Christophe venant en sens inverse. Il m'est passe a cote, presque en me frôlant sans même me voir! Je crois qu'après coup il a été un peu intimide par nos retrouvailles.
La boucle est bouclée Pothana (1600m) Phedi Pokhara Coiffes comme des dessous de bras pour plagier l'Marco, nous attaquons notre ultime descente avec un dernier clin d'œil à l'Annapurna south et au Macchpuchhre/fish tail (6940m). Presque 300kms de marche et plus de 8000m de dénivelé positif cumulés, nos 16 journées de marche ont été bien remplies. Apres 15mns de navette, nous voila dans la 2eme ville du pays, Pokhara. Un petit message de Sophie sur Internet me dit qu'elle a rendez-vous ce soir à 20h00 dans un rade avec 2 potes de fortune, un mexicain et un israélien. Son agenda ne semble pas avoir pris en compte mon retour prématuré!!! En début de soirée en me rendant au resto, 2 mains viennent se poser sur mes yeux, "qui c'est??". Surpris je me retourne et découvre ma Sophie rayonnante, affublée des dernières fringues tendance Kathmandou 70's. On ne m'y reprendra pas, vous laissez votre copine seule pendant 2 semaines avec 3 slips, 2 tshirts et 2 pantalons et elle vous revient avec 4 petits hauts mignons, 2 pantalons tendance et une foule d'affaires dans un grand sac... La prochaine fois, tu m'accompagnes! Nous rejoignons les autres au resto qui, pour la dernière soirée, ont invite les porteurs a manger l'Everest Steak House. Apres presque 3 semaines sans viande rouge, tout le monde s'en met plein la panse et le demi chateaubriand remporte un vif succès (800g de viande tendre, il n'y a pas a hésiter). Nous décidons de partir le 14 au Royal parc de Chitwan faire un safari, Marc et Poupette préfère passer la semaine a Katmandou pour quelques nuits de sensualité torride...
Dimanche 13 Novembre: comme au Bois de Vincennes Déménagement dans l'hôtel Noble Inn de Sophie bien mieux que celui propose par Panta. Apres un petit dej' prolonge, on loue des barques. Marc, Poupette et Alexandra d'un cote, puis Alex et Aurélie ainsi que nous deux de l'autre. Les bras muscles des deux " males " nous ferons faire le tour du lac. Journée tranquille. Alexandre n'ayant pas dormi de la nuit faute d'avoir fait le mauvais choix la veille au restaurant, nous retournons à l'Everest Steak House pour la revanche du Chateaubriand, énorme!!!
Lundi 14 Novembre: The Unique Wild Resort Départ tôt le matin pour le Royal Chitwan Parc réputé pour sa faune sauvage. Il se situe dans la région du Teraï, à 200m d'altitude dans la vallée du gange. C'est loin des 8848m de l'Everest. Ici, Tigres, crocos, rhino, daims, léopards et éléphants se partagent la jungle avec de nombreux oiseaux. Sa population prospère tout comme celle des "humains" vivant a proximité, avides de terres cultivables alors qu'il faudrait au contraire agrandir le territoire de la faune. La cohabitation est parfois tendue, des watch towers pour la nuit sont disséminés sur les cultures environnantes, les rhinos notamment étant très aficionados de piments et légumes en tout genre. Notre guide du "Unique wild resort" où nous résidons nous fait découvrir le mode de vie des habitants du Teraï. Leurs maisons faites de paille et d'argile ont des minuscules ouvertures pour permettre a la fumée du feu de s'échapper en empêchant ainsi les moustiques de rentrer a l'intérieur. Cela n'a plus lieu d'être aujourd'hui car la malaria est quasiment éradiquée et les moustiquaires aux fenêtres ont changé la physionomie des habitations. La ballade se termine aux bords du fleuve sur une sorte de
Mardi 15 Novembre: à dos d'éléphant
Mercredi 16 Novembre: sous le signe du rhino Ce matin, notre " chauffeur " n'a pas respecte le " code de la jungle ", l'inconscient sent l'alcool a plein nez, aurait-il oublier tous ces animaux qui meurent chaque année sur les routes de la jungle et toutes ces carcasses d'éléphants qui finissent a la casse? Nous partons donc dans la jungle embrumée, l'ambiance est magique. Nous apercevons de nombreux oiseaux : des martin-pecheurs, des aigrettes, des hérons et des adjudants, d'énormes échassiers. Tout a coup, deux cuirasses grises s'offrent à nos yeux, ce sont des rhino. Ils prennent la fuite ameutés par notre guide qui avertit les deux autres éléphants en sifflant. Une course-poursuite s'ensuit à travers des herbes hautes de 7 mètres, nous réussissons à les retrouver dans une petite clairière. Il s'agit d'une mère et de son petit. C'est a ce moment-la que notre éléphant tape une crise, s'énerve, refuse d'avancer sous les coups de son maître et s'agite un peu trop, si bien que la sangle de la nacelle craque… Il ne faut surtout pas tomber avec le rhino a 10 mètres qui
Jeudi 17 Novembre: Dumbo Ce matin, Christophe fait la grasse mat' pendant que les autres vont a " l'éléphant breeding ". Un éléphanteau d'un mois et demi se dirige spontanément vers nous; il veut jouer. Il passe de l'un à l'autre et cherche à nous bousculer en nous donnant des coups de cul. Il nous attrape la main avec sa trompe puis l'amène a sa bouche, veut-il nous faire le baise-main? Sophie retrouve son âme d'enfant en jouant au jeu de la corde (ou plutôt de la trompe) a celui qui tire le plus fort. Apres s'être bien amusé, il est reparti en courant rejoindre sa mère comme s'il venait de faire une bêtise. Cette expérience avec les pachydermes nous a convaincu que ces animaux sont très intelligents et peuvent être aussi dociles que des chiens malgré leur dangerosité potentielle. Nous avons aussi beaucoup aime ce village ou l'on croise des buffles, des canards, des éléphants et des poules dans les rues; on s'est cru l'espace d'un instant dans un épisode de "Daktari". Le trajet en bus fut ponctue de check point. Les locaux doivent descendre et sont fouilles dans une guérite pendant que les touristes attendent dans le bus.
La Peace GH est full, nous nous installons donc à la Garden GH voisine. Nous retrouvons Marc et Poupette a la Pilgim's pour le dîner.
Vendredi 18 et samedi 19 Novembre: RAS Achat des billets pour Varanasi, Internet, shopping.
Dimanche 21 Novembre : la pesée Apres avoir passé la moitié de la journée sur l'ordi sans avoir pris le temps de manger, nous rejoignons la bande prête à s'envoler pour Paris. C'est l'heure de vérité : vont-ils être en surpoids? Nous avions prévu de leur laisser " quelques petites affaires " du genre livres, cd et… statue et ornements de bois soit environs 18 kilos! Ce qui n'était pas prévu, c'est que Poupette, Marco et Alexandra auraient eux aussi la fièvre acheteuse. Bref, on n'est pas dans la m….! Grâce aux bagages cabines, on réussi a ne pas dépasser les 100kgs autorisés. Ca a été l'occasion pour certains d'utiliser un pèse personne et s'apercevoir de quelques kilos en moins... ou en plus!
Lundi 22 Novembre: Et de 4 mois... Départ dans le rush comme d'habitude mais nous arriverons a temps pour attraper notre vol Cosmic air. En tout cas, loin d'être comiques, nous avons du subir plusieurs fouilles successives, dont une juste avant d'embarquer. On ne badine pas avec la sécurité chez Cosmic Air, par contre même pas une boisson a bord... Ces nombreuses files d'attente à la douane nous auront permis de faire la connaissance d'un sympathique indien. Il nous invite gentiment dans sa ville près d'Orccha ou se déroule un festival qu'il préside. Il nous promet le 5 étoiles du coin, affaire à suivre...
Faut-il réserver les hôtels en août à Zanzibar? English translation pending
Nous sommes une famille de 5 personnes et après 9 jours de safari en Tanzanie, nous prévoyons de terminer notre séjour sur l'ile de Zanzibar pour une durée de 9 jours également. On se demande dans quelle mesure c'est utile de réserver tous nos hôtels à l'avance car souvent sur place les tarifs sont moins élevés. Est-ce que l'île est vraiment très touristiques ou reste-t-il toujours des chambres disponibles facilement ?
Nous pensions faire 2 nuits au Tembo hôtel à Stone Town et les reserver à l'avance pour ne pas avoir de problèmes le jour de notre arrivée. Puis 4 nuits au Sud-Ouest près de Kisimkazi sans réservation (j'ai repéré sur place le Unguja resort ainsi que le Karamba resort). Enfin terminer au Pongwe Beach Hotel et reserver celui-ci car il a peu de chambres et il m'annonce être déjà complet sur 1 nuit.
Merci pour vos commentaires et conseils.
Nous pensions faire 2 nuits au Tembo hôtel à Stone Town et les reserver à l'avance pour ne pas avoir de problèmes le jour de notre arrivée. Puis 4 nuits au Sud-Ouest près de Kisimkazi sans réservation (j'ai repéré sur place le Unguja resort ainsi que le Karamba resort). Enfin terminer au Pongwe Beach Hotel et reserver celui-ci car il a peu de chambres et il m'annonce être déjà complet sur 1 nuit.
Merci pour vos commentaires et conseils.
Climat à Budapest fin décembre/début janvier? English translation pending
Bonjour à tous,
Je viens de réserver un court séjour de 5 nuits à Budapet entre le 28 décembre et le 2 janvier pochain. Mon idée initiale était plutôt d'aller à Vilnius, Tallinn ou Cracovie, mais finalement pour des raisons pratique, nous avons choisi Budapest, qui je crois est au demeurant un très jolie ville.
Quelqu'un a t-il des renseignements su le temps et le climat à Budapest à cette époque un peu particulière entre Noël et le jour de l'an, où nous essayons depuis plusieurs années de trouver des dstinations où la neige ser peut-être aur RV. Nous avons eu beaucoup de chance ces dernières années, sauf à New york car nous avons eu un peu de neige à Amterdam, beaucoup au Québec où nous sommes allés plusieurs fois, un peu à Saint-Petersbourg et beaucoup plus dans sa banlieue, et puis le top etla grace l'année dernière Pékin et la grande muraille sous la neige pour le 30 décembre !!
Je sais qu'avec le dérèglement climatique, il ne faut plus jurer de rien et que ce qui était possible il y a encore 10 ans voire 5ans est totalement chamboulé. Quelqu'un sur ce sîte connait-il bien Budapest et les alentours (lac Ballaton) et nous dire quel type de temps nous pouvons avoir ??
Par la mêm occasion et bien que ce soit hors sujet : quelques adresses de bons restaurants à Budapest (entre autre pour le diner du31/12) serait sincèrement bienvenues.
Mercià toutes celles et à tout ceux qui prendront un peu de leur temps pour répondre à ce message.
A titr de revanche, et ayant pas mal voyagé, je peux, si cela vous paraît intéressant, vous donner des avis, et des adresses sur certaines destinations que je connais e vers lesquelles vous auriez des envies d'évasion.
Didier M
Je viens de réserver un court séjour de 5 nuits à Budapet entre le 28 décembre et le 2 janvier pochain. Mon idée initiale était plutôt d'aller à Vilnius, Tallinn ou Cracovie, mais finalement pour des raisons pratique, nous avons choisi Budapest, qui je crois est au demeurant un très jolie ville.
Quelqu'un a t-il des renseignements su le temps et le climat à Budapest à cette époque un peu particulière entre Noël et le jour de l'an, où nous essayons depuis plusieurs années de trouver des dstinations où la neige ser peut-être aur RV. Nous avons eu beaucoup de chance ces dernières années, sauf à New york car nous avons eu un peu de neige à Amterdam, beaucoup au Québec où nous sommes allés plusieurs fois, un peu à Saint-Petersbourg et beaucoup plus dans sa banlieue, et puis le top etla grace l'année dernière Pékin et la grande muraille sous la neige pour le 30 décembre !!
Je sais qu'avec le dérèglement climatique, il ne faut plus jurer de rien et que ce qui était possible il y a encore 10 ans voire 5ans est totalement chamboulé. Quelqu'un sur ce sîte connait-il bien Budapest et les alentours (lac Ballaton) et nous dire quel type de temps nous pouvons avoir ??
Par la mêm occasion et bien que ce soit hors sujet : quelques adresses de bons restaurants à Budapest (entre autre pour le diner du31/12) serait sincèrement bienvenues.
Mercià toutes celles et à tout ceux qui prendront un peu de leur temps pour répondre à ce message.
A titr de revanche, et ayant pas mal voyagé, je peux, si cela vous paraît intéressant, vous donner des avis, et des adresses sur certaines destinations que je connais e vers lesquelles vous auriez des envies d'évasion.
Didier M
Voyage camping d'été en Islande avec 4 enfants: budget et ferry? English translation pending
Bonjour
J'ai pas lu sur le forum et je remercie tous les membres.
J'ai beaucoup été aidé pour préparer notre roadtrip aux US de l'an dernier et aussi celui de cet été en Namibie.
L'année prochaine se devrait être l'europe, je rêve de L'islande mais j'ai vraiment l'impression de choisir les pays les plus cher du monde ....
Alors première question avion et loc de voiture ou ferry (dans ce cas on prévoit 15 jours de plus pour le trajet et l'escale au féroé ) - loc de 4X4 7 places avec coffre de toit env 3000E pour 17jours + avion 2500E (avec 3 bagages en soute). Avantage du 4X4. - ferry avec notre voiture (pas 4X4 + coffre de toit) 3800E + 250E ess + 4 nuits (camping ou hotel pas cher 250E) sachant qu'avec le ferry on pourra amener de la nourriture et peut être plus de bagages. Pas de 4X4 donc bus pour aller voir certains endroits.
L'aventure ferry et l'escale me tentent bien mais aux vues de tarifs il ne faudrait pas non plus que cela revienne plus cher, qu'en pensez vous ? Est ce que n'ayant pas de 4X4 on rate beaucoup de chose, quel est le cout d'une sortie bus pour aller au Landmammalaugar ?
Je pense que l'on ferait quand même quelque nuit en dur, les auberge de jeunesse sont apparemment les hébergement les moins cher ( à 6 n'est pas moins cher de trouver un maison un airBandB ?) j'ai regardé env 250E la nuit pour nous, y a -t-il des tarifs enfants ?
Sans parler restaurant mais de supermarché vais je vraiment faire des économie si j'amène mon stock de soupe pate biscuits ... si il y a un écart de 20% cela ne vaut peut être pas la peine de prendre le ferry...
Je suis désolé ça fait beaucoup de question, ce n'est pas facile de débuter un projet ... En tous les cas merci à ceux qui me repondront.
Anne
Alors première question avion et loc de voiture ou ferry (dans ce cas on prévoit 15 jours de plus pour le trajet et l'escale au féroé ) - loc de 4X4 7 places avec coffre de toit env 3000E pour 17jours + avion 2500E (avec 3 bagages en soute). Avantage du 4X4. - ferry avec notre voiture (pas 4X4 + coffre de toit) 3800E + 250E ess + 4 nuits (camping ou hotel pas cher 250E) sachant qu'avec le ferry on pourra amener de la nourriture et peut être plus de bagages. Pas de 4X4 donc bus pour aller voir certains endroits.
L'aventure ferry et l'escale me tentent bien mais aux vues de tarifs il ne faudrait pas non plus que cela revienne plus cher, qu'en pensez vous ? Est ce que n'ayant pas de 4X4 on rate beaucoup de chose, quel est le cout d'une sortie bus pour aller au Landmammalaugar ?
Je pense que l'on ferait quand même quelque nuit en dur, les auberge de jeunesse sont apparemment les hébergement les moins cher ( à 6 n'est pas moins cher de trouver un maison un airBandB ?) j'ai regardé env 250E la nuit pour nous, y a -t-il des tarifs enfants ?
Sans parler restaurant mais de supermarché vais je vraiment faire des économie si j'amène mon stock de soupe pate biscuits ... si il y a un écart de 20% cela ne vaut peut être pas la peine de prendre le ferry...
Je suis désolé ça fait beaucoup de question, ce n'est pas facile de débuter un projet ... En tous les cas merci à ceux qui me repondront.
Anne
Compte rendu d’un séjour de 24 jours entre la Turquie (Cesme, Éphèse, Pergame et l'île Chios) et Samos, septembre 2014 English translation pending
Compte rendu d’un séjour de 24 jours entre Turquie (Cesme, Ephèse, Pergame) et les îles de Chios et Samos ( septembre 2014)
Budget pour deux : 2996 €
Avion Bâle-Izmir avec Sunexpress : 436 € AR pour deux
Location de voitures + essence (10j + 8j) : 394 €
Autres transports : 165 €
Hôtels et studios pour 23 nuits : 860 €
Nourriture et restaurants : 927 €
Divers : 214 €
Carnet de route 06/09 2h50 de vol sans histoire entre Bâle et Izmir sous un beau soleil. La valise de nos amis ayant été « explosée» par une manutention musclée, nous avons dû patienter un peu pour régler ce problème avec une employée plutôt revêche. Nous allons ensuite attendre le bus Havas qui doit nous emmener directement à Cesme. Il arrive à 15h30 comme prévu et file par l’autoroute en 1h15 sur Cesme. Arrivés à Cesme nous quittons l’otogar et allons rejoindre l’hôtel (10 mn à pied) que nous avions réservé et dont l’emplacement entre l’otogar et le port nous convenait bien. Il fait bien chaud et nous abandonnons nos vêtements chauds pour adopter une tenue plus adaptée au climat méditerranéen. N’ayant gardé aucun souvenir marquant de notre précédent séjour à Cesme il y a 32ans nous partons sans apriori à la découverte de la ville. Comme souvent le long d’une côte touristique la ville présente deux aspects : l’un destiné aux touristes, ici à Cesme il s’agit d’une promenade le long de la marina avec les mêmes enseignes internationales, rue consacrée au dieu commerce et finalement sans intérêt pour qui vient pour être un peu dépaysé. Par contre dès que l’on sort de cette allée piétonne, la vraie Turquie réapparaît avec ses petits débits de thé et leurs terrasses en plein air, les pâtisseries avec leurs baklavas et loukoums, etc. Nous allons acheter nos billets de bateau pour demain pour l’île de Chios puis prenons un thé dans un caybahcesi à deux pas du port sur une terrasse en compagnie de turcs venus aussi se reposer et se désaltérer. L’odeur caractéristique du thé turc nous replonge instantanément dans nos souvenirs de Turquie, comme celle de la madeleine pour Proust ! Nous continuons note promenade dans le vieux Cesme, et admirons au passage un beau caravansérail transformé en hôtel. A l’heure du dîner nous allons au « Imré restaurant », conseillé par notre vendeur de billets de bateau : l’heureuse tradition, qui consiste à vous montrer les casseroles pour pouvoir choisir vos plats, perdure encore ici au contraire de la Grèce où cette tradition se perd, dommage. Nous nous laissons tenter par des feuilles de vigne farcies, des fleurs de courges farcies etc. Excellent repas à prix doux avec une addition d’environ 50 € pour quatre avec les boissons (bière et raki). Balade digestive en grimpant jusqu’à la citadelle qui domine la ville et offre un beau point de vue sur la mer. 07/09 Après un bon petit déjeuner complet à la turque nous allons à pied jusqu’au port (10mn) pour nous embarquer sur un bateau à destination de l’île de Chios. Beaucoup de touristes turcs profitent de ce dimanche pour aller passer la journée à Chios donc en Grèce ! Une grosse averse nous accueille à Chios ! Nous allons récupérer notre voiture de location dans une agence située sur le port et partons, toujours sous la pluie en direction du village de Mesta où nous avions réservé des studios. Ayant prévenu par sms notre logeuse, elle nous attend et nous emmène voir nos studios en plein dans le centre de ce village fortifié tout à fait original. Les deux studios situés en face à face donnent sur une terrasse semi-couverte commune très agréable. Le village de Mesta est entièrement ceinturé d’une muraille et seules 3 portes étroites donnent accès à l’intérieur du village qui a été entièrement restauré dans le style traditionnel médiéval avec pierres apparentes la plupart des ruelles sont couvertes par des arches, en effet au niveau du 1er étage, les maisons recouvrent les rues les transformant en tunnel. Tout ceci donne au village une atmosphère très particulière. On peut ainsi tourner dans des ruelles toutes semblables au tracé labyrinthique et se heurter à une impasse sans trouver la sortie du village ! C’est l’heure du déjeuner et nous allons nous sustenter d’un repas grec gouteux sur la belle place du village ombragée par de beaux platanes 08/09 Beau temps, ciel bleu, idéal pour entreprendre la balade qui mène de Mesta au village d’Olymbi. Le chemin bien tracé et signalisé monte de Mesta à travers des vergers, des oliveraies en direction d’une chapelle située, comme d’habitude, sur la crête qui sépare les deux villages. Par chance en arrivant vers la crête nous entendons des paysans parler qui sont entrain de récolter le fameux mastic qui a fait et fait encore la réputation de l’île. Nous avions remarqué que, sous une certaine variété d’arbres que nous n’avions pas identifiée, il y avait une poudre blanche répandue sur le sol sous ces arbres. En fait il s’agit d’une mince couche de craie qui permet de récolter plus facilement les gouttes de mastic et pour éviter qu’elles ne s’enfoncent dans le sol . C’est un travail ingrat et pour ramasser les gouttes il faut gratter la couche de craie de ce fait on ramasse de la craie, des feuilles et brindilles et quelques gouttes de mastic qu’il faudra par après séparé par tamisage. Pour l’instant ces paysans qui ne sont pas de première jeunesse sont courbés jusqu’au sol, équipés de genouillères et ratissent le mastic qui suinte des troncs scarifiés. Nous goutons quelques gouttes de mastic à la consistance de chewing-gum mais dont le goût de résine un peu amer s’affadit assez vite. Après avoir passé quelques temps avec ces ramasseurs en essayant d’échanger malgré les difficultés de langue, nous reprenons notre chemin qui descend en pente douce vers le village d’Olymbi, qui ressemble en plus petit et moins bien réhabilité à celui de Mesta. Quelques maisons sont décorées, nous faisons une petite pause rafraichissante sur la place ombragée centrale du village. Retour par le même chemin d’où la vue sur la campagne environnante est superbe, au loin les ruines de quatre moulins se détachent sur le ciel bleu, plus loin la mer scintille au soleil. Le chemin longe des oliveraies avec des oliviers centenaires aux troncs majestueux. Déjeuner sur notre terrasse (Tiropita, olives, fromages, pain et ouzo). Vers le milieu de l’après-midi nous prenons la voiture en direction de la mer et du port de Mesta , Limenas, sans intérêt avec cette immense jetée neuve et déserte destinée sûrement à accueillir dans le futur de gros bateaux. Nous allons nous baigner dans l’une des deux petites criques appelées Didymes situées quelques km après le village de Limenas. Nous sommes seuls et la mer est très bonne. Pour clore cette superbe journée nous allons dîner à Ag. Irini, dans la seule psarotaverna de ce port minuscule situé à quelques km plus au nord de la crique Didymes. Excellent diner à base de poulpe, de calamars et de farcies sous la lumière irisée d’un coucher de soleil. Visite rapide d’Elata, autre village du mastic sans intérêt particulier et retour à Mesta. 09/09 Toujours du beau temps. Départ pour Pyrghi et Emborios : Emborios est une toute petite station balnéaire avec quelques bâtiments, deux restaurants et de superbes plages. Nous nous garons près de la plage de Mavra Volia et allons randonner en direction du sud où un chemin devrait nous permettre d’atteindre la mer tout au bout d’une péninsule. Malheureusement le chemin n’existe plus, nous l’avons cherché tant et plus s’égratignant dans le maquis, puis de guerre lasse revenons vers la plage et allons nous baigner sur cette plage de galets tout noir bordée par une falaise assez impressionnante. En revenant sur nos pas nous allons nous laisser tenter par une nouvelle psarotaverna (To Ifaistio) superbement installée au bord de la mer et aux plats de poissons tout aussi gouteux qu’hier. Nous reprenons ensuite la voiture pour aller découvrir par la route la belle crique de Vrouladia près de la tour génoise de Dotia que nous aurions dû atteindre par le chemin si nous l’avions trouvé. la route se termine par un parking qui surplombe la crique à laquelle on accède par un escalier assez raide la petite plage est superbement isolée au bout de la péninsule au pied d’une falaise, quelques baigneurs sont sur la plage ou dans l’eau, nous ne résistons pas à une 2me baignade dans une eau toujours aussi chaude et transparente. Retour vers le village de Pyrghi, réputé pour ces maisons décorées. La plupart des maisons et des églises de ce village du mastic ont des façades décorées de motifs géométriques grisés sur fond blanc : c’est très original ! Le centre du village est occupé par une grosse tour ronde sans issue destinée à protéger les habitants en cas d’attaque de pirates ou d’ennemis. Retour à Mesta 10/09 Retour à Pyrghi que nous avons visité un peu rapidement hier et dont nous n’avons pas pu voir la belle église. En arrivant nous avons la chance de voir dans une ruelle une vieille paysanne en train de tamiser des sacs remplis de mastic et de déchets divers, sa fille présente nous donne des explications sur la récolte et la transformation du mastic. Tout cela représente beaucoup de travail pour un prix de revient du mastic autour de 100 € le kg, ce qui ne me semble pas cher payé vu le boulot ! Nous allons ensuite visiter la petite église Sts Pierre et Paul du XIIIème s. dont l’entrée est coincée au bout d’un passage voûté étroit et sombre. A l’intérieur elle est entièrement recouverte de superbes fresques du XVIème siècle, certaines malheureusement ont souffert du temps. Nous reprenons la voiture pour la ville d’Armolia (peu d’intérêt) toujours dans la région du Mastic où nous partons faire la balade qui mène en ¾ d’heure au château qui surplombe la vallée : Beaux paysages mais le feu a fait des ravages ici en 2012 et il ne reste que des arbres calcinés sur la dernière partie du parcours. Nous continuons notre route pour aller à la découverte de la côte Est vers Kalamoti par de petites routes sinueuses offrant de beaux panoramas sur la mer au loin. Arrêt baignade sur une plage de sable fin vers Komi puis arrêt déjeuner à Emporios dans la même psarotaverna qu’hier. Sieste et baignade sur la plage de Mavro Volia. Retour à Mesta. 11/09 Départ pour aller visiter le village de Vessa et le monastère de Néa moni. L’unique taverne occupe une place de choix sur la place ombragée du village. Le village de Vessa est tout petit et ici aussi on rénove des vieilles maisons dans un but touristique. Nous continuons notre route en direction de la montagne et la route s’élève bientôt en lacets vers un col puis c’est la descente vers le versant Est de la montagne et le monastère de Néa Moni. Ici aussi les feux de 2012 ont fait des dégâts importants. Nous visitons le monastère qui a été très endommagé lors de l’attaque turque de 1821 qui s’est soldée par près de 3000 victimes assassinées. Beaucoup de bâtiments sont ruinés seule l’église a gardé quelques belles mosaïques byzantines dorées. Après la visite nous empruntons le chemin qui en grimpant mène au monastère voisin de Pateres le paysage est désolé et sec, tout a brûlé de plus il fait très chaud (normal il est 13h). Retour à Mesta pour notre dernière nuit dans la région du mastic. 12/09 Départ en direction du Nord vers le village d’Avgonyma tout en pierre grise et qui domine la mer du haut de la montagne. Beaucoup de maisons, surtout celles dont les terrasses donnent sur la mer, ont été ou sont en train d’être rénovées dans le style local pour être transformées en meublés touristiques. Bon déjeuner dans un des restaurants dont la terrasse donne sur la mer. Nous continuons notre route vers Anavatos, village martyr que les turcs ont incendiés et rasés en 1822 après avoir décimés toute la population lors de la guerre d’indépendance de la Grèce. Le village est accroché sur les versants très pentus d’un piton rocheux et on a du mal au début à distinguer les ruines des maisons de la roche de la montagne de la même couleur. Etrange impression à déambuler dans ces ruines surtout quand on en connait l’histoire dramatique. La baignade du jour se fera dans la superbe baie de Tigani qui succède un peu plus au Nord à celle d’Elunda. Nous dénicherons même quelques vieilles chaises de jardin en plastique et en bon état pour nous reposer sous l’ombrage des pins. En fin d’après-midi nous reprenons la très belle route de la côte avec ses points de vue en direction de Volissos notre prochaine étape. Les studios réservés sont situés au peu au-dessus de la plage de Volissos : de la terrasse la vue sur le port de Limnia et la plage de Limnos est sympa. Le patron Yannis est très accueillant et les studios sont très bien équipés. Dîner de poissons sur la plage de Limnos. 13/09 Visite de Volissos et courses alimentaires. Le village est divisé en plusieurs petits quartiers éparpillés sur la colline qui domine la mer certains quartiers semblent abandonnés avec leurs maisons éventrées qui tombent en ruine. En fin de matinée nous allons nous baigner sur la belle plage de Limnos puis allons déjeuner sur notre terrasse. Un peu plus tard nous prenons la voiture pour aller explorer la route qui continue après la plage de Limnos et mène à d’autres petites plages tout aussi sympa et isolée plus au Nord. La route s’arrête à la hauteur du monastère d’Agh. Markellas. Dîner sur la plage de Limnos à l’excellent restaurant Akrogiali. 14/09 Voulant profiter d’un bel éclairage matinal nous nous sommes levés un peu plus tôt pour faire la balade répertoriée sur le dépliant Walker et qui doit de Volissos nous mener jusqu’à l’église Panagia Neromylon en 2h en passant par la vallée de Malgkiotis. Malgré quelques imprécisions, à savoir fléchage absent, surtout sur le retour nous avons pu faire cette balade agréable qui longe des vergers, d’anciens moulins à eau et quelques chapelles. La boucle nous aura pris environ 3h50. Baignade à Limnos et déjeuner au studio. Vers 17h nous partons en voiture en direction du Nord vers le village d’Aghia Gala : route superbe avec des points du vue merveilleux sur la côte et la mer certaines traversées de village sont délicates tellement la route se rétrécit ou fait des angles droits sans aucune visibilité ! Visite d’Aghia Gala : impression de bout du monde, le village parait presque mort et abandonné, on ne croise ici que des vieux et des chats. On se demande de quoi vivent les gens ici et si les services publics arrivent jusqu’ici ? Dîner toujours au même restaurant à Limnos. 15/09 Nous retournons vers le Nord en voiture en direction de Kalavassi, Kipouries jusqu’à Kambia, village d’où part une autre balade repérée sur le dépliant touristique walker. En fait c’est un chemin qui descend depuis le village de Kambia jusqu’à la mer tout en bas, avec un retour par le même chemin. Il fait beau et si la première partie en descente raide se fait à l’ombre (ouf !) la suite du chemin dans le vallon sera plus exposée : la campagne est très belle avec de magnifiques chênes, des oliviers, des pins, des figuiers, etc. Un moment on suivra les traces d’un ancien canal d’irrigation peu avant d’arriver à la mer. Retour par le même chemin (2h45mn en tout). Retour à Volissos 16/09 Nous quittons Volissos et partons en direction de la ville de Chios par la route la plus directe en descendant vers le versant Est de Chios, le paysage se transforme : il est désolé et désertique, quasiment plus de vert, tout est gris comme la roche. Descente en lacets serrés sur la ville de Chios. Nous nous arrêtons pour visiter un peu la ville, il n’y a rien de particulier à voir, nous faisons un peu de shopping dans la principale rue commerçante at allons déjeuner sur le port, rien d’extraordinaire. Nous partons ensuite à la recherche de notre dernière étape à Chios, une pension dans le Kambos. Après avoir un peu tourné nous la trouvons enfin, un peu plus loin qu’indiqué sur le plan de situation du site de la pension. C’est une belle maison traditionnelle de propriétaires terriens en pierre ocre de Thymiana, attenante à une exploitation agricole, ici des vergers d’agrumes essentiellement. Les chambres sont spacieuses et offrent tout le confort, les draps par contre n’ont pas été changés ! Oubli vite réparé heureusement. Nous ressortons en fin de journée nous balader à Chios ville le long du port entre autres. 17/09 Le matin nous conduisons nos amis au port où ils vont reprendre l’avion à Izmir. Du port nous allons ensuite en voiture aller photographier les fameux moulins du bord de mer à Vrontados. Bel éclairage du matin, à cette heure matinale il n’y a personne. Nous continuons vers le Nord en direction de la petite ville de Langkada. C’est une petite station balnéaire qui a gardé son charme d’antan, sans béton avec ses maisons et son petit port de pêcheurs. Aujourd’hui c’est la Ste Sophie et comme le village a une chapelle dédiée à la sainte c’est la fête. Tous les habitants endimanchés se pressent, autour de la chapelle (pour les hommes), et dans la chapelle pour les femmes. Des tables ont été dressées et des femmes apportent des plats et des gâteaux pour les garnir. A la fin de la cérémonie religieuse, les convives se précipitent autour des tables, les hommes se libèrent les mains de leur komboloî, et se dirigent plutôt vers le salé, les femmes vers le sucré. C’est toujours agréable de se mêler ainsi à une fête villageoise et on nous convie de plus à partager ces agapes. Retour dans le Kambos à l’hôtel et balade en voiture puis à pied dans la petite station balnéaire d’Aghia Ermoni puis dans la ville de Thymiane où nous faisons un excellent dîner au restaurant Russiko. 18/09 Petit-déjeuner matinal car nous devons ramener la voiture chez Thrifty à 7h30 puis prendre le bateau pour Cesme à 8h30. Au départ la solution la plus logique et simple consistait à prendre le ferry grec de la NEL qui de Chios va à Samos, malheureusement pour des raisons politiques et financières la NEL a décidé brutalement d’arrêter cette liaison n’étant plus subventionnée par le gouvernement grec. De ce fait la seule solution de remplacement était toute trouvée, repasser en Turquie jusqu’à Izmir, longer la côte pour revenir à Samos par Kusadasi étonnant pied de nez pour des grecs obligés de passer par l’ennemi de toujours pour transiter d’une île grecque à l’autre ! A Chios ville personne pour réceptionner la voiture ni à 7h30, ni à 8h, tant pis nous garons la voiture près de l’agence, laissons les clés devant la porte avec un mot et partons à pied vers l’embarcadère. Le ferry quitte le port à 8h30 pile et nous emmène à Cesme d’où nous prenons le bus Havas pour l’aéroport d’Izmir (1h05). De là un autre bus nous emmène à Kusadasi en 1h. En ville nous achetons nos billets AR pour Samos et il nous reste du temps pour déjeuner et visiter la ville. On voit tout de suite que Kusadasi s’est entièrement dédié au tourisme, tant dans le grand bazar couvert que dans les rues commerçantes on n’y trouve que magasins de souvenirs offrant, tapis, luminaires, bijoux, cuirs etc. De grands bateaux de croisières déversent leurs milliers de touristes qui vont aller faire chauffer leurs cartes bancaires. En réalité il n’y a pas grand-chose à voir et nous sommes contents de quitter Kusadasi à 17h. la traversée est un peu houleuse et nous débarquons à Samos 1h1/2 plus tard. Nous récupérons notre voiture de location sur le port et partons en direction de Manolates où nous logerons plusieurs jours. C’est un petit village perché dans la montagne et qui domine superbement la mer. C’est un village touristique dont les maisons ont été restaurées, les rues refaites mais en respectant l’architecture locale. On y trouve plusieurs restaurants, des boutiques d’artisanat et peu de logements touristiques. De ce fait après 18h il n’y a quasiment plus de touristes dans le village. Notre studio près de l’église bénéficie d’une vue magnifique sur la côte et la mer 500m plus bas. 19/09 Nous partons en voiture pour aller faire des courses dans la ville de Karlovassi, il est vrai qu’il y a peu de choix à Manolates. Karlovassi ne nous a pas laissé une grande impression, nous dépassons la ville en direction du sud pour aller faire la petite balade de la chute de Potami. N’étant pas équipés pour faire la balade complète (il faut s’immerger jusqu’à la taille et suivre le lit de la rivière) nous nous arrêtons à la hauteur d’un restaurant perché dans sur la colline. Sur le chemin du retour nous nous arrêtons pour visiter la plus vieille chapelle de l’île elle est située dans une très beau cadre entourée d’oliviers et d’arbres. Cette balade est très populaire et nous n’arrêtons pas de croiser des groupes d’Allemands, d’Anglais, de Hollandais etc. La route qui continue vers le Sud offre de belles vues sur la côte et la mer. 20/09 Ce matin nous partons à pied faire la balade qui va de Manolates à Vourliotes un autre village perché distant de quelques km d’ici. Il y a plein de balades à faire dans le coin et les différents itinéraires sont bien fléchés, ils permettent de joindre les villages environnants. Nous sommes également surpris par la vitalité de la végétation ici à Samos, tout est vert, il y a des forêts, des vergers, de la vigne, ça nous change de Chios où il n’y avait que pierraille et forêts calcinées. Notre chemin indiqué M2 serpente entre les oliveraies, la vigne et des bosquets et descend au fond d’un vallon avant de remonter vers les hauteurs pour atteindre le village de Vourliotes où nous arrivons au bout de 2h. c’est un sympathique village avec sa place ombragée et ses tavernes dont les tables occupent l’espace central. Nous nous octroyons une pause, en même temps que les hommes du village qui discutent autour de l’inusable café frappé. Retour par le même chemin. 21/09 Nous partons aujourd’hui visiter la partie Sud-ouest de l’île. Premier arrêt à Platanos beau village admirablement situé sur une montagne qui domine toute la côte. Belle place centrale avec ses tavernes, ses tables et ses chaises éparpillées sur la place. Le village est entouré de vignes qui produisent le fameux vin de Samos. Nous descendons ensuite nous baigner sur la longue plage de sable de Marathokampos. Nous ne sommes pas seuls mais on est pas les uns sur les autres. N’ayant pas trouvé de tavernes ouvertes à Marthokampos nous retournons déjeuner à Platanos. 22/09 Nous quittons Manolates pour découvrir la côte Nord et allons nous baigner sur la belle plage de Tsamadou avant d’arriver à Kokkari. Si le front de mer est complètement squatté par des dizaines de restaurants pour touristes, le vieux village sur sa butte est encore assez authentique. Nous continuons en direction de Pythagorion notre prochaine étape. Nous avons là aussi un très beau studio perché sur la falaise qui domine le port et la plage, de la terrasse la vue sur la ville et la mer est magnifique. 23/09 Visite du site de l’Heraion, site antique majeure de l’île à 6 km de la ville. Ce site correspond à l’un des plus grands et plus anciens temple dédié à Héra, le site s’étend sur un grand espace mais il est peu parlant dans le mesure où les ruines ne sont pas très lisibles. Grâce aux nombreux panneaux informatifs la visite n’en est pas moins intéressante. Nous quittons le site pour aller visiter l’église Panagia Megali dans la montagne remarquable par une superbe iconostase en bois doré, de vieilles fresques quelques fois effacées qui tapissent tous les murs et plafonds de la chapelle. 24/09 Nous partons à la découverte de la plage de Possidonio vers le N-E de Pythagorion c’est une belle plage abritée du vent violent qui souffle aujourd’hui mais elle est squattée par de nombreux transats. Nous préférons aller voir un km plus loin la plage de Klima qui nous parait plus agréable : elle est plus grande, bien abritée aussi et il y a peu de transats. 25/09 Dernier jour à Pythagorion, nous allons tester la plage de Kervéli, toujours dans le même secteur un peu plus au nord. Il est 10h et il n’y a personne, la plage est toute petite bordée par une rangée d’arbres, les quelques baigneurs arriveront plus tard. Vers 13h nous prendrons un très bon déjeuner sur la terrasse de l’unique taverne ouverte sur la plage. Nous reprenons la route en direction du monastère de Zoologos. Bien que le monastère soit fermé à cette heure, nous ne regrettons pas le déplacement, la vue sur la côte depuis ce nid d’aigle est splendide, de même la route qui y conduit. Nous continuons vers Samos, dernière balade dans le vieux Samos, nous laissons la voiture sur le port comme convenu et prenons le bateau pour Kusadasi. Traversée mouvementée, le vent violent de ces derniers jours à creuser la mer de belle façon, et l’amarrage à Kusadasi sera chaotique. En quittant le port nous prenons un dolmus qui nous laisse à la station des dolmus pour Selçuk notre prochaine étape. Installation à l’hôtel Ave Maria (fallait le faire en Turquie !) 26/09 De l’hôtel nous allons à pied (15 mn) jusqu’à la station des dolmus pour Ephèse. Nous pénétrons dans le site par le bas, nous sommes seuls à visiter le magnifique théâtre mais en approchant de la bibliothèque de Celsius nous voyons une foule immense descendre la voie et envahir le site de tous les côtés. La beauté du site et l’éclairage du matin nous ferons oublier ce désagrément. Retour à Selçuk et déjeuner de kebap dans une des nombreuses cantines pas chères situées près du marché. L’après-midi sera consacré à la visite de la Basilique Saint-Jean (très ruinée) et de la vieille mosquée Isa Bey. 27/09 Retour à la station des bus et dolmus d’où nous partons en minibus pour Izmir (durée 1h). De la station Konak d’Izmir nous prenons dans la foulée un autre minibus pour Pergame où nous arrivons 2h plus tard. Temps gris et un peu froid à cause du vent qui souffle fort. Nous logeons dans une vieille maison située dans le vieux quartier de Pergame au pied de l’acropole. Les propriétaires sont très gentils et serviables, notre chambre est assez kitch et vieillotte (peut-être à cause de l’odeur tenace de naphtaline) mais confortable. Nous allons déjeuner dans un petit restaurant local sans prétention aux prix sages et à la bonne cuisine (restaurant Sarmatic). Nous allons faire le tour de l’imposante basilique rouge avec ces énormes murs de brique rouge, puis faisons un tour dans la vieille ville. Nous avons l’impression ici, contrairement à Selçuk où le modernisme a triomphé, que la vieille ville est resté identique à l’image que nous nous faisions de ces villes turques vue il y a 35 ans. Dans les petites ruelles tortueuses sont installés les commerces traditionnels : vendeurs de pastèques, coiffeurs avec leurs vieux fauteuils avachis, petits restaurants, épiceries où l’on vend de tout, etc. Aucun magasin de souvenir à l’exception d’un brocanteur antiquaire, vendeur de tapis installé en face de la basilique rouge. 28/09 Après le somptueux petit déjeuner (qui ne fut pas petit, bien au contraire) nous montons à pied jusqu’au téléphérique qui permet d’accéder à l’entrée du site antique. Peu de monde comparé à Ephèse, en résumé beaucoup de ruines pas toujours parlantes à l’exception du grand temple de Trajan et de l’extraordinaire théâtre suspendu dans le vide dans la pente la plus raide de l’acropole. De là haut la vue sur les alentours et Pergame est superbe. Nous quitterons le site en empruntant un chemin qui descend en direction de la ville, l’employé chargé de surveiller les mosaïques nous indiquera par où passer et où franchir la grille qui permet de sortir du site. 29/09 Le soleil est revenu, et c’est le départ pour Izmir en minibus jusqu’à la station Konak, de là un autre minibus est censé nous amener à l’aéroport, mais en réalité il nous laisse au bord de l’autoroute où des taxis attendent le client pour les amener à l’aéroport après avoir râlé nous négocions le taxi à 5tl et nous voilà à l’aéroport, attente, contrôle puis embarquement et décollage à l’huer 2h50 de vol sans histoire jusqu’à Bâle.
En guise de conclusion Chios : C’est une île très originale avec la région du mastic, ses villages fortifiés, ses maisons décorées (Pyrghi) , une nature austère et sèche, montagneuse (centre et Nord) avec de superbes plages (galets ou sable) peu fréquentées. L’influence turque se ressent partout. Samos : île très verte et montagneuse avec de nombreux ruisseaux, traversée de nombreux chemins balisés, très touristique avec une prédominance de nordiques (scandinaves, hollandais, allemands, anglais) qui arrivent par avions entiers de chez eux directement à l’aéroport. En septembre heureusement la grande vague touristique est passée. Turquie Cesme : agréable petite station balnéaire à la mode mais avec encore un quartier authentiquement turc. Kusadasi : grosse station sans intérêt desservie par les grands paquebots de croisière qui déversent leurs flots de touristes avides d’acheter tout et n’importe quoi dans un bazar tourné vers le tourisme de masse. Selçuk : petite ville agréable accolée au site d’Ephèse avec son quartier touristique mais aussi la ville turque authentique. Pergame (Bergama) : ville accolée au superbe site antique de Pergame, composée d’une ville moderne distante de la vieille ville située près de l’acropole. Les photos de ce voyage peuvent être visionnées ici : https://picasaweb.google.com/...&feat=direct...
Carnet de route 06/09 2h50 de vol sans histoire entre Bâle et Izmir sous un beau soleil. La valise de nos amis ayant été « explosée» par une manutention musclée, nous avons dû patienter un peu pour régler ce problème avec une employée plutôt revêche. Nous allons ensuite attendre le bus Havas qui doit nous emmener directement à Cesme. Il arrive à 15h30 comme prévu et file par l’autoroute en 1h15 sur Cesme. Arrivés à Cesme nous quittons l’otogar et allons rejoindre l’hôtel (10 mn à pied) que nous avions réservé et dont l’emplacement entre l’otogar et le port nous convenait bien. Il fait bien chaud et nous abandonnons nos vêtements chauds pour adopter une tenue plus adaptée au climat méditerranéen. N’ayant gardé aucun souvenir marquant de notre précédent séjour à Cesme il y a 32ans nous partons sans apriori à la découverte de la ville. Comme souvent le long d’une côte touristique la ville présente deux aspects : l’un destiné aux touristes, ici à Cesme il s’agit d’une promenade le long de la marina avec les mêmes enseignes internationales, rue consacrée au dieu commerce et finalement sans intérêt pour qui vient pour être un peu dépaysé. Par contre dès que l’on sort de cette allée piétonne, la vraie Turquie réapparaît avec ses petits débits de thé et leurs terrasses en plein air, les pâtisseries avec leurs baklavas et loukoums, etc. Nous allons acheter nos billets de bateau pour demain pour l’île de Chios puis prenons un thé dans un caybahcesi à deux pas du port sur une terrasse en compagnie de turcs venus aussi se reposer et se désaltérer. L’odeur caractéristique du thé turc nous replonge instantanément dans nos souvenirs de Turquie, comme celle de la madeleine pour Proust ! Nous continuons note promenade dans le vieux Cesme, et admirons au passage un beau caravansérail transformé en hôtel. A l’heure du dîner nous allons au « Imré restaurant », conseillé par notre vendeur de billets de bateau : l’heureuse tradition, qui consiste à vous montrer les casseroles pour pouvoir choisir vos plats, perdure encore ici au contraire de la Grèce où cette tradition se perd, dommage. Nous nous laissons tenter par des feuilles de vigne farcies, des fleurs de courges farcies etc. Excellent repas à prix doux avec une addition d’environ 50 € pour quatre avec les boissons (bière et raki). Balade digestive en grimpant jusqu’à la citadelle qui domine la ville et offre un beau point de vue sur la mer. 07/09 Après un bon petit déjeuner complet à la turque nous allons à pied jusqu’au port (10mn) pour nous embarquer sur un bateau à destination de l’île de Chios. Beaucoup de touristes turcs profitent de ce dimanche pour aller passer la journée à Chios donc en Grèce ! Une grosse averse nous accueille à Chios ! Nous allons récupérer notre voiture de location dans une agence située sur le port et partons, toujours sous la pluie en direction du village de Mesta où nous avions réservé des studios. Ayant prévenu par sms notre logeuse, elle nous attend et nous emmène voir nos studios en plein dans le centre de ce village fortifié tout à fait original. Les deux studios situés en face à face donnent sur une terrasse semi-couverte commune très agréable. Le village de Mesta est entièrement ceinturé d’une muraille et seules 3 portes étroites donnent accès à l’intérieur du village qui a été entièrement restauré dans le style traditionnel médiéval avec pierres apparentes la plupart des ruelles sont couvertes par des arches, en effet au niveau du 1er étage, les maisons recouvrent les rues les transformant en tunnel. Tout ceci donne au village une atmosphère très particulière. On peut ainsi tourner dans des ruelles toutes semblables au tracé labyrinthique et se heurter à une impasse sans trouver la sortie du village ! C’est l’heure du déjeuner et nous allons nous sustenter d’un repas grec gouteux sur la belle place du village ombragée par de beaux platanes 08/09 Beau temps, ciel bleu, idéal pour entreprendre la balade qui mène de Mesta au village d’Olymbi. Le chemin bien tracé et signalisé monte de Mesta à travers des vergers, des oliveraies en direction d’une chapelle située, comme d’habitude, sur la crête qui sépare les deux villages. Par chance en arrivant vers la crête nous entendons des paysans parler qui sont entrain de récolter le fameux mastic qui a fait et fait encore la réputation de l’île. Nous avions remarqué que, sous une certaine variété d’arbres que nous n’avions pas identifiée, il y avait une poudre blanche répandue sur le sol sous ces arbres. En fait il s’agit d’une mince couche de craie qui permet de récolter plus facilement les gouttes de mastic et pour éviter qu’elles ne s’enfoncent dans le sol . C’est un travail ingrat et pour ramasser les gouttes il faut gratter la couche de craie de ce fait on ramasse de la craie, des feuilles et brindilles et quelques gouttes de mastic qu’il faudra par après séparé par tamisage. Pour l’instant ces paysans qui ne sont pas de première jeunesse sont courbés jusqu’au sol, équipés de genouillères et ratissent le mastic qui suinte des troncs scarifiés. Nous goutons quelques gouttes de mastic à la consistance de chewing-gum mais dont le goût de résine un peu amer s’affadit assez vite. Après avoir passé quelques temps avec ces ramasseurs en essayant d’échanger malgré les difficultés de langue, nous reprenons notre chemin qui descend en pente douce vers le village d’Olymbi, qui ressemble en plus petit et moins bien réhabilité à celui de Mesta. Quelques maisons sont décorées, nous faisons une petite pause rafraichissante sur la place ombragée centrale du village. Retour par le même chemin d’où la vue sur la campagne environnante est superbe, au loin les ruines de quatre moulins se détachent sur le ciel bleu, plus loin la mer scintille au soleil. Le chemin longe des oliveraies avec des oliviers centenaires aux troncs majestueux. Déjeuner sur notre terrasse (Tiropita, olives, fromages, pain et ouzo). Vers le milieu de l’après-midi nous prenons la voiture en direction de la mer et du port de Mesta , Limenas, sans intérêt avec cette immense jetée neuve et déserte destinée sûrement à accueillir dans le futur de gros bateaux. Nous allons nous baigner dans l’une des deux petites criques appelées Didymes situées quelques km après le village de Limenas. Nous sommes seuls et la mer est très bonne. Pour clore cette superbe journée nous allons dîner à Ag. Irini, dans la seule psarotaverna de ce port minuscule situé à quelques km plus au nord de la crique Didymes. Excellent diner à base de poulpe, de calamars et de farcies sous la lumière irisée d’un coucher de soleil. Visite rapide d’Elata, autre village du mastic sans intérêt particulier et retour à Mesta. 09/09 Toujours du beau temps. Départ pour Pyrghi et Emborios : Emborios est une toute petite station balnéaire avec quelques bâtiments, deux restaurants et de superbes plages. Nous nous garons près de la plage de Mavra Volia et allons randonner en direction du sud où un chemin devrait nous permettre d’atteindre la mer tout au bout d’une péninsule. Malheureusement le chemin n’existe plus, nous l’avons cherché tant et plus s’égratignant dans le maquis, puis de guerre lasse revenons vers la plage et allons nous baigner sur cette plage de galets tout noir bordée par une falaise assez impressionnante. En revenant sur nos pas nous allons nous laisser tenter par une nouvelle psarotaverna (To Ifaistio) superbement installée au bord de la mer et aux plats de poissons tout aussi gouteux qu’hier. Nous reprenons ensuite la voiture pour aller découvrir par la route la belle crique de Vrouladia près de la tour génoise de Dotia que nous aurions dû atteindre par le chemin si nous l’avions trouvé. la route se termine par un parking qui surplombe la crique à laquelle on accède par un escalier assez raide la petite plage est superbement isolée au bout de la péninsule au pied d’une falaise, quelques baigneurs sont sur la plage ou dans l’eau, nous ne résistons pas à une 2me baignade dans une eau toujours aussi chaude et transparente. Retour vers le village de Pyrghi, réputé pour ces maisons décorées. La plupart des maisons et des églises de ce village du mastic ont des façades décorées de motifs géométriques grisés sur fond blanc : c’est très original ! Le centre du village est occupé par une grosse tour ronde sans issue destinée à protéger les habitants en cas d’attaque de pirates ou d’ennemis. Retour à Mesta 10/09 Retour à Pyrghi que nous avons visité un peu rapidement hier et dont nous n’avons pas pu voir la belle église. En arrivant nous avons la chance de voir dans une ruelle une vieille paysanne en train de tamiser des sacs remplis de mastic et de déchets divers, sa fille présente nous donne des explications sur la récolte et la transformation du mastic. Tout cela représente beaucoup de travail pour un prix de revient du mastic autour de 100 € le kg, ce qui ne me semble pas cher payé vu le boulot ! Nous allons ensuite visiter la petite église Sts Pierre et Paul du XIIIème s. dont l’entrée est coincée au bout d’un passage voûté étroit et sombre. A l’intérieur elle est entièrement recouverte de superbes fresques du XVIème siècle, certaines malheureusement ont souffert du temps. Nous reprenons la voiture pour la ville d’Armolia (peu d’intérêt) toujours dans la région du Mastic où nous partons faire la balade qui mène en ¾ d’heure au château qui surplombe la vallée : Beaux paysages mais le feu a fait des ravages ici en 2012 et il ne reste que des arbres calcinés sur la dernière partie du parcours. Nous continuons notre route pour aller à la découverte de la côte Est vers Kalamoti par de petites routes sinueuses offrant de beaux panoramas sur la mer au loin. Arrêt baignade sur une plage de sable fin vers Komi puis arrêt déjeuner à Emporios dans la même psarotaverna qu’hier. Sieste et baignade sur la plage de Mavro Volia. Retour à Mesta. 11/09 Départ pour aller visiter le village de Vessa et le monastère de Néa moni. L’unique taverne occupe une place de choix sur la place ombragée du village. Le village de Vessa est tout petit et ici aussi on rénove des vieilles maisons dans un but touristique. Nous continuons notre route en direction de la montagne et la route s’élève bientôt en lacets vers un col puis c’est la descente vers le versant Est de la montagne et le monastère de Néa Moni. Ici aussi les feux de 2012 ont fait des dégâts importants. Nous visitons le monastère qui a été très endommagé lors de l’attaque turque de 1821 qui s’est soldée par près de 3000 victimes assassinées. Beaucoup de bâtiments sont ruinés seule l’église a gardé quelques belles mosaïques byzantines dorées. Après la visite nous empruntons le chemin qui en grimpant mène au monastère voisin de Pateres le paysage est désolé et sec, tout a brûlé de plus il fait très chaud (normal il est 13h). Retour à Mesta pour notre dernière nuit dans la région du mastic. 12/09 Départ en direction du Nord vers le village d’Avgonyma tout en pierre grise et qui domine la mer du haut de la montagne. Beaucoup de maisons, surtout celles dont les terrasses donnent sur la mer, ont été ou sont en train d’être rénovées dans le style local pour être transformées en meublés touristiques. Bon déjeuner dans un des restaurants dont la terrasse donne sur la mer. Nous continuons notre route vers Anavatos, village martyr que les turcs ont incendiés et rasés en 1822 après avoir décimés toute la population lors de la guerre d’indépendance de la Grèce. Le village est accroché sur les versants très pentus d’un piton rocheux et on a du mal au début à distinguer les ruines des maisons de la roche de la montagne de la même couleur. Etrange impression à déambuler dans ces ruines surtout quand on en connait l’histoire dramatique. La baignade du jour se fera dans la superbe baie de Tigani qui succède un peu plus au Nord à celle d’Elunda. Nous dénicherons même quelques vieilles chaises de jardin en plastique et en bon état pour nous reposer sous l’ombrage des pins. En fin d’après-midi nous reprenons la très belle route de la côte avec ses points de vue en direction de Volissos notre prochaine étape. Les studios réservés sont situés au peu au-dessus de la plage de Volissos : de la terrasse la vue sur le port de Limnia et la plage de Limnos est sympa. Le patron Yannis est très accueillant et les studios sont très bien équipés. Dîner de poissons sur la plage de Limnos. 13/09 Visite de Volissos et courses alimentaires. Le village est divisé en plusieurs petits quartiers éparpillés sur la colline qui domine la mer certains quartiers semblent abandonnés avec leurs maisons éventrées qui tombent en ruine. En fin de matinée nous allons nous baigner sur la belle plage de Limnos puis allons déjeuner sur notre terrasse. Un peu plus tard nous prenons la voiture pour aller explorer la route qui continue après la plage de Limnos et mène à d’autres petites plages tout aussi sympa et isolée plus au Nord. La route s’arrête à la hauteur du monastère d’Agh. Markellas. Dîner sur la plage de Limnos à l’excellent restaurant Akrogiali. 14/09 Voulant profiter d’un bel éclairage matinal nous nous sommes levés un peu plus tôt pour faire la balade répertoriée sur le dépliant Walker et qui doit de Volissos nous mener jusqu’à l’église Panagia Neromylon en 2h en passant par la vallée de Malgkiotis. Malgré quelques imprécisions, à savoir fléchage absent, surtout sur le retour nous avons pu faire cette balade agréable qui longe des vergers, d’anciens moulins à eau et quelques chapelles. La boucle nous aura pris environ 3h50. Baignade à Limnos et déjeuner au studio. Vers 17h nous partons en voiture en direction du Nord vers le village d’Aghia Gala : route superbe avec des points du vue merveilleux sur la côte et la mer certaines traversées de village sont délicates tellement la route se rétrécit ou fait des angles droits sans aucune visibilité ! Visite d’Aghia Gala : impression de bout du monde, le village parait presque mort et abandonné, on ne croise ici que des vieux et des chats. On se demande de quoi vivent les gens ici et si les services publics arrivent jusqu’ici ? Dîner toujours au même restaurant à Limnos. 15/09 Nous retournons vers le Nord en voiture en direction de Kalavassi, Kipouries jusqu’à Kambia, village d’où part une autre balade repérée sur le dépliant touristique walker. En fait c’est un chemin qui descend depuis le village de Kambia jusqu’à la mer tout en bas, avec un retour par le même chemin. Il fait beau et si la première partie en descente raide se fait à l’ombre (ouf !) la suite du chemin dans le vallon sera plus exposée : la campagne est très belle avec de magnifiques chênes, des oliviers, des pins, des figuiers, etc. Un moment on suivra les traces d’un ancien canal d’irrigation peu avant d’arriver à la mer. Retour par le même chemin (2h45mn en tout). Retour à Volissos 16/09 Nous quittons Volissos et partons en direction de la ville de Chios par la route la plus directe en descendant vers le versant Est de Chios, le paysage se transforme : il est désolé et désertique, quasiment plus de vert, tout est gris comme la roche. Descente en lacets serrés sur la ville de Chios. Nous nous arrêtons pour visiter un peu la ville, il n’y a rien de particulier à voir, nous faisons un peu de shopping dans la principale rue commerçante at allons déjeuner sur le port, rien d’extraordinaire. Nous partons ensuite à la recherche de notre dernière étape à Chios, une pension dans le Kambos. Après avoir un peu tourné nous la trouvons enfin, un peu plus loin qu’indiqué sur le plan de situation du site de la pension. C’est une belle maison traditionnelle de propriétaires terriens en pierre ocre de Thymiana, attenante à une exploitation agricole, ici des vergers d’agrumes essentiellement. Les chambres sont spacieuses et offrent tout le confort, les draps par contre n’ont pas été changés ! Oubli vite réparé heureusement. Nous ressortons en fin de journée nous balader à Chios ville le long du port entre autres. 17/09 Le matin nous conduisons nos amis au port où ils vont reprendre l’avion à Izmir. Du port nous allons ensuite en voiture aller photographier les fameux moulins du bord de mer à Vrontados. Bel éclairage du matin, à cette heure matinale il n’y a personne. Nous continuons vers le Nord en direction de la petite ville de Langkada. C’est une petite station balnéaire qui a gardé son charme d’antan, sans béton avec ses maisons et son petit port de pêcheurs. Aujourd’hui c’est la Ste Sophie et comme le village a une chapelle dédiée à la sainte c’est la fête. Tous les habitants endimanchés se pressent, autour de la chapelle (pour les hommes), et dans la chapelle pour les femmes. Des tables ont été dressées et des femmes apportent des plats et des gâteaux pour les garnir. A la fin de la cérémonie religieuse, les convives se précipitent autour des tables, les hommes se libèrent les mains de leur komboloî, et se dirigent plutôt vers le salé, les femmes vers le sucré. C’est toujours agréable de se mêler ainsi à une fête villageoise et on nous convie de plus à partager ces agapes. Retour dans le Kambos à l’hôtel et balade en voiture puis à pied dans la petite station balnéaire d’Aghia Ermoni puis dans la ville de Thymiane où nous faisons un excellent dîner au restaurant Russiko. 18/09 Petit-déjeuner matinal car nous devons ramener la voiture chez Thrifty à 7h30 puis prendre le bateau pour Cesme à 8h30. Au départ la solution la plus logique et simple consistait à prendre le ferry grec de la NEL qui de Chios va à Samos, malheureusement pour des raisons politiques et financières la NEL a décidé brutalement d’arrêter cette liaison n’étant plus subventionnée par le gouvernement grec. De ce fait la seule solution de remplacement était toute trouvée, repasser en Turquie jusqu’à Izmir, longer la côte pour revenir à Samos par Kusadasi étonnant pied de nez pour des grecs obligés de passer par l’ennemi de toujours pour transiter d’une île grecque à l’autre ! A Chios ville personne pour réceptionner la voiture ni à 7h30, ni à 8h, tant pis nous garons la voiture près de l’agence, laissons les clés devant la porte avec un mot et partons à pied vers l’embarcadère. Le ferry quitte le port à 8h30 pile et nous emmène à Cesme d’où nous prenons le bus Havas pour l’aéroport d’Izmir (1h05). De là un autre bus nous emmène à Kusadasi en 1h. En ville nous achetons nos billets AR pour Samos et il nous reste du temps pour déjeuner et visiter la ville. On voit tout de suite que Kusadasi s’est entièrement dédié au tourisme, tant dans le grand bazar couvert que dans les rues commerçantes on n’y trouve que magasins de souvenirs offrant, tapis, luminaires, bijoux, cuirs etc. De grands bateaux de croisières déversent leurs milliers de touristes qui vont aller faire chauffer leurs cartes bancaires. En réalité il n’y a pas grand-chose à voir et nous sommes contents de quitter Kusadasi à 17h. la traversée est un peu houleuse et nous débarquons à Samos 1h1/2 plus tard. Nous récupérons notre voiture de location sur le port et partons en direction de Manolates où nous logerons plusieurs jours. C’est un petit village perché dans la montagne et qui domine superbement la mer. C’est un village touristique dont les maisons ont été restaurées, les rues refaites mais en respectant l’architecture locale. On y trouve plusieurs restaurants, des boutiques d’artisanat et peu de logements touristiques. De ce fait après 18h il n’y a quasiment plus de touristes dans le village. Notre studio près de l’église bénéficie d’une vue magnifique sur la côte et la mer 500m plus bas. 19/09 Nous partons en voiture pour aller faire des courses dans la ville de Karlovassi, il est vrai qu’il y a peu de choix à Manolates. Karlovassi ne nous a pas laissé une grande impression, nous dépassons la ville en direction du sud pour aller faire la petite balade de la chute de Potami. N’étant pas équipés pour faire la balade complète (il faut s’immerger jusqu’à la taille et suivre le lit de la rivière) nous nous arrêtons à la hauteur d’un restaurant perché dans sur la colline. Sur le chemin du retour nous nous arrêtons pour visiter la plus vieille chapelle de l’île elle est située dans une très beau cadre entourée d’oliviers et d’arbres. Cette balade est très populaire et nous n’arrêtons pas de croiser des groupes d’Allemands, d’Anglais, de Hollandais etc. La route qui continue vers le Sud offre de belles vues sur la côte et la mer. 20/09 Ce matin nous partons à pied faire la balade qui va de Manolates à Vourliotes un autre village perché distant de quelques km d’ici. Il y a plein de balades à faire dans le coin et les différents itinéraires sont bien fléchés, ils permettent de joindre les villages environnants. Nous sommes également surpris par la vitalité de la végétation ici à Samos, tout est vert, il y a des forêts, des vergers, de la vigne, ça nous change de Chios où il n’y avait que pierraille et forêts calcinées. Notre chemin indiqué M2 serpente entre les oliveraies, la vigne et des bosquets et descend au fond d’un vallon avant de remonter vers les hauteurs pour atteindre le village de Vourliotes où nous arrivons au bout de 2h. c’est un sympathique village avec sa place ombragée et ses tavernes dont les tables occupent l’espace central. Nous nous octroyons une pause, en même temps que les hommes du village qui discutent autour de l’inusable café frappé. Retour par le même chemin. 21/09 Nous partons aujourd’hui visiter la partie Sud-ouest de l’île. Premier arrêt à Platanos beau village admirablement situé sur une montagne qui domine toute la côte. Belle place centrale avec ses tavernes, ses tables et ses chaises éparpillées sur la place. Le village est entouré de vignes qui produisent le fameux vin de Samos. Nous descendons ensuite nous baigner sur la longue plage de sable de Marathokampos. Nous ne sommes pas seuls mais on est pas les uns sur les autres. N’ayant pas trouvé de tavernes ouvertes à Marthokampos nous retournons déjeuner à Platanos. 22/09 Nous quittons Manolates pour découvrir la côte Nord et allons nous baigner sur la belle plage de Tsamadou avant d’arriver à Kokkari. Si le front de mer est complètement squatté par des dizaines de restaurants pour touristes, le vieux village sur sa butte est encore assez authentique. Nous continuons en direction de Pythagorion notre prochaine étape. Nous avons là aussi un très beau studio perché sur la falaise qui domine le port et la plage, de la terrasse la vue sur la ville et la mer est magnifique. 23/09 Visite du site de l’Heraion, site antique majeure de l’île à 6 km de la ville. Ce site correspond à l’un des plus grands et plus anciens temple dédié à Héra, le site s’étend sur un grand espace mais il est peu parlant dans le mesure où les ruines ne sont pas très lisibles. Grâce aux nombreux panneaux informatifs la visite n’en est pas moins intéressante. Nous quittons le site pour aller visiter l’église Panagia Megali dans la montagne remarquable par une superbe iconostase en bois doré, de vieilles fresques quelques fois effacées qui tapissent tous les murs et plafonds de la chapelle. 24/09 Nous partons à la découverte de la plage de Possidonio vers le N-E de Pythagorion c’est une belle plage abritée du vent violent qui souffle aujourd’hui mais elle est squattée par de nombreux transats. Nous préférons aller voir un km plus loin la plage de Klima qui nous parait plus agréable : elle est plus grande, bien abritée aussi et il y a peu de transats. 25/09 Dernier jour à Pythagorion, nous allons tester la plage de Kervéli, toujours dans le même secteur un peu plus au nord. Il est 10h et il n’y a personne, la plage est toute petite bordée par une rangée d’arbres, les quelques baigneurs arriveront plus tard. Vers 13h nous prendrons un très bon déjeuner sur la terrasse de l’unique taverne ouverte sur la plage. Nous reprenons la route en direction du monastère de Zoologos. Bien que le monastère soit fermé à cette heure, nous ne regrettons pas le déplacement, la vue sur la côte depuis ce nid d’aigle est splendide, de même la route qui y conduit. Nous continuons vers Samos, dernière balade dans le vieux Samos, nous laissons la voiture sur le port comme convenu et prenons le bateau pour Kusadasi. Traversée mouvementée, le vent violent de ces derniers jours à creuser la mer de belle façon, et l’amarrage à Kusadasi sera chaotique. En quittant le port nous prenons un dolmus qui nous laisse à la station des dolmus pour Selçuk notre prochaine étape. Installation à l’hôtel Ave Maria (fallait le faire en Turquie !) 26/09 De l’hôtel nous allons à pied (15 mn) jusqu’à la station des dolmus pour Ephèse. Nous pénétrons dans le site par le bas, nous sommes seuls à visiter le magnifique théâtre mais en approchant de la bibliothèque de Celsius nous voyons une foule immense descendre la voie et envahir le site de tous les côtés. La beauté du site et l’éclairage du matin nous ferons oublier ce désagrément. Retour à Selçuk et déjeuner de kebap dans une des nombreuses cantines pas chères situées près du marché. L’après-midi sera consacré à la visite de la Basilique Saint-Jean (très ruinée) et de la vieille mosquée Isa Bey. 27/09 Retour à la station des bus et dolmus d’où nous partons en minibus pour Izmir (durée 1h). De la station Konak d’Izmir nous prenons dans la foulée un autre minibus pour Pergame où nous arrivons 2h plus tard. Temps gris et un peu froid à cause du vent qui souffle fort. Nous logeons dans une vieille maison située dans le vieux quartier de Pergame au pied de l’acropole. Les propriétaires sont très gentils et serviables, notre chambre est assez kitch et vieillotte (peut-être à cause de l’odeur tenace de naphtaline) mais confortable. Nous allons déjeuner dans un petit restaurant local sans prétention aux prix sages et à la bonne cuisine (restaurant Sarmatic). Nous allons faire le tour de l’imposante basilique rouge avec ces énormes murs de brique rouge, puis faisons un tour dans la vieille ville. Nous avons l’impression ici, contrairement à Selçuk où le modernisme a triomphé, que la vieille ville est resté identique à l’image que nous nous faisions de ces villes turques vue il y a 35 ans. Dans les petites ruelles tortueuses sont installés les commerces traditionnels : vendeurs de pastèques, coiffeurs avec leurs vieux fauteuils avachis, petits restaurants, épiceries où l’on vend de tout, etc. Aucun magasin de souvenir à l’exception d’un brocanteur antiquaire, vendeur de tapis installé en face de la basilique rouge. 28/09 Après le somptueux petit déjeuner (qui ne fut pas petit, bien au contraire) nous montons à pied jusqu’au téléphérique qui permet d’accéder à l’entrée du site antique. Peu de monde comparé à Ephèse, en résumé beaucoup de ruines pas toujours parlantes à l’exception du grand temple de Trajan et de l’extraordinaire théâtre suspendu dans le vide dans la pente la plus raide de l’acropole. De là haut la vue sur les alentours et Pergame est superbe. Nous quitterons le site en empruntant un chemin qui descend en direction de la ville, l’employé chargé de surveiller les mosaïques nous indiquera par où passer et où franchir la grille qui permet de sortir du site. 29/09 Le soleil est revenu, et c’est le départ pour Izmir en minibus jusqu’à la station Konak, de là un autre minibus est censé nous amener à l’aéroport, mais en réalité il nous laisse au bord de l’autoroute où des taxis attendent le client pour les amener à l’aéroport après avoir râlé nous négocions le taxi à 5tl et nous voilà à l’aéroport, attente, contrôle puis embarquement et décollage à l’huer 2h50 de vol sans histoire jusqu’à Bâle.
En guise de conclusion Chios : C’est une île très originale avec la région du mastic, ses villages fortifiés, ses maisons décorées (Pyrghi) , une nature austère et sèche, montagneuse (centre et Nord) avec de superbes plages (galets ou sable) peu fréquentées. L’influence turque se ressent partout. Samos : île très verte et montagneuse avec de nombreux ruisseaux, traversée de nombreux chemins balisés, très touristique avec une prédominance de nordiques (scandinaves, hollandais, allemands, anglais) qui arrivent par avions entiers de chez eux directement à l’aéroport. En septembre heureusement la grande vague touristique est passée. Turquie Cesme : agréable petite station balnéaire à la mode mais avec encore un quartier authentiquement turc. Kusadasi : grosse station sans intérêt desservie par les grands paquebots de croisière qui déversent leurs flots de touristes avides d’acheter tout et n’importe quoi dans un bazar tourné vers le tourisme de masse. Selçuk : petite ville agréable accolée au site d’Ephèse avec son quartier touristique mais aussi la ville turque authentique. Pergame (Bergama) : ville accolée au superbe site antique de Pergame, composée d’une ville moderne distante de la vieille ville située près de l’acropole. Les photos de ce voyage peuvent être visionnées ici : https://picasaweb.google.com/...&feat=direct...
Albums de photos de nos voyages en Chine English translation pending
Je viens de déposer quelques albums de photos en Chine (Yunnan en 2006, Guizhou & Guangxi en 2007) sur le site: http://picasaweb.google.com/FG1928.
A votre disposition.
Cherche guide avec véhicule pour conduire groupe de 8 personnes au Sénégal English translation pending
Bonjour,
Je m'adresse de préférence à un(e) touriste français(e) ayant eu une bonne expérience avec un guide lors d'un précédent séjour au Sénégal car je viens d'être "abandonnée" par un guide sénégalais avec qui j'étais en train de traiter et , du coup, j'hésite à faire confiance à nouveau...
Nous partons au Sénégal du 20 janvier au 4 février prochain en groupe (8 personnes) et nous séjournerons à St Louis, puis Saly puis à Fadial.
J'ai déjà trouvé (en espérant qu'eux aussi ne me lâchent pas...!!) des guides pour St Louis et Saly...
Il me reste encore à trouver un minibus confortable et climatisé avec chauffeur et guide et pour 8 passagers pour faire les excursions et déplacements suivants:
1) le samedi 23 janvier 2016: Saint-Louis -Gorée -Saly Départ à 7 h 30 pour embarquer à 12 h 30 et déjeuner vers 13 heures sur l'île
déplacement en voiture climatisée + carburant Inclus tous les frais de visites de l'ile de Gorée Inclus le déjeuner de midi départ au plus tard à 17 heures pour être à Saly au plus tard à 19 heures...
2) Le samedi 30 janvier (après le repas de midi), départ de Saly pour l'hôtel Baobab Lodge de Fadial (arrivée en fin d'après-midi).Visite du plus grand baobab sacré du Sénégal (850ans 32m de circonférence).
3) Le dimanche 31 janvier : départ à 8 h 30 de Fadial (est-ce assez tôt la messe étant à 9 heures?) pour Joal Fadioul - Ile aux coquillages Inclus tous les frais de visite (pirogues pour voir les greniers a mils sur pilotis+le ticket pour la maison de Senghor)
4) Le Lundi 1 er février : journée N'Dangane (Sine-Saloum) à l'arivée, pirogue pour visiter l'ile aux oiseaux. Déjeuner sur l'ile de Mar lodge et balade en calèche pour visite de l'ile(arbres sacrés, tam-tam téléphonique, tribunal coutumier...). inclus tous les frais de visites (pirogues, calèche) et déjeuner de midi hors boisson. 5) PALMERIN en 1/2 journée (entrée écomusée + visite guidée en calèche de la Réserve Naturelle) Départ a 16h visite écomusée + balade en calèche vers 17h pour aller à la Réserve Naturelle. Le retour à l'hôtel est prévu vers 20h
Inclus le mini bus + la calèche + les tickets d'accès de visites. 6) Mercredi 3 février après le petit-déjeuner départ de Fadial pour déjeuner (midi) à Saly chez mon amie (Les Moulins de Saly), puis départ de Saly en milieu ou en fin d'après-midi pour l'aéroport de Dakar.
Connaissez-vous quelqu'un de sérieux qui pourrait réaliser ce programme? Quel serait le prix par personne incluant tous les frais de visites et les déjeuners de midi hors boissons?
Merci par avance.
Il me reste encore à trouver un minibus confortable et climatisé avec chauffeur et guide et pour 8 passagers pour faire les excursions et déplacements suivants:
1) le samedi 23 janvier 2016: Saint-Louis -Gorée -Saly Départ à 7 h 30 pour embarquer à 12 h 30 et déjeuner vers 13 heures sur l'île
déplacement en voiture climatisée + carburant Inclus tous les frais de visites de l'ile de Gorée Inclus le déjeuner de midi départ au plus tard à 17 heures pour être à Saly au plus tard à 19 heures...
2) Le samedi 30 janvier (après le repas de midi), départ de Saly pour l'hôtel Baobab Lodge de Fadial (arrivée en fin d'après-midi).Visite du plus grand baobab sacré du Sénégal (850ans 32m de circonférence).
3) Le dimanche 31 janvier : départ à 8 h 30 de Fadial (est-ce assez tôt la messe étant à 9 heures?) pour Joal Fadioul - Ile aux coquillages Inclus tous les frais de visite (pirogues pour voir les greniers a mils sur pilotis+le ticket pour la maison de Senghor)
4) Le Lundi 1 er février : journée N'Dangane (Sine-Saloum) à l'arivée, pirogue pour visiter l'ile aux oiseaux. Déjeuner sur l'ile de Mar lodge et balade en calèche pour visite de l'ile(arbres sacrés, tam-tam téléphonique, tribunal coutumier...). inclus tous les frais de visites (pirogues, calèche) et déjeuner de midi hors boisson. 5) PALMERIN en 1/2 journée (entrée écomusée + visite guidée en calèche de la Réserve Naturelle) Départ a 16h visite écomusée + balade en calèche vers 17h pour aller à la Réserve Naturelle. Le retour à l'hôtel est prévu vers 20h
Inclus le mini bus + la calèche + les tickets d'accès de visites. 6) Mercredi 3 février après le petit-déjeuner départ de Fadial pour déjeuner (midi) à Saly chez mon amie (Les Moulins de Saly), puis départ de Saly en milieu ou en fin d'après-midi pour l'aéroport de Dakar.
Connaissez-vous quelqu'un de sérieux qui pourrait réaliser ce programme? Quel serait le prix par personne incluant tous les frais de visites et les déjeuners de midi hors boissons?
Merci par avance.
Vivre convenablement avec 1000 euros par mois sans travailler en République Dominicaine? English translation pending
bonjour,
je voudrais savoir s'il est possible de vivre convenablement avec 1000 euros / mois sans travailler, pour mon mari et moi, sachant que nous voulons juste avoir assez d'argent pour louer une maison, pouvoir manger et se balader en voiture ( que nous ramènerions de France). Nous avons lu des annonces immobilières avec des maisons magnifiques de 150 m2 sur des terrains de 1500m2 avec piscine, climatisation, meublées.. à des prix entre 100 000 et 200 000 euros. Est-ce le prix du marché sur place ou est-ce qu'il y a une arnaque la dessous (lieu isolé, manque de sécurité, photos mensongères... ). Peut-on se fier au diverses agences immobilières sur internet et y en a-t'il une sur place qui est vraiment reconnue? En location pour y vivre plusieurs années, y-a-t'il ce genre de maisons et à quel prix au mois? Nous avons un chien et un chat, est-ce qu'il y a des démarches particulières pour eux du style quarantaine, ou s'il sont bien vaccinés et tatoués, ils peuvent entrer sur le territoire avec nous? En ce qui concerne la sécurité sociale et la mutuelle, est-ce qu'on peut garder celle que l'on a en France actuellement? En tant qu'expatriés, est-ce que les soins médicaux sont bien, comme dentiste, hopitaux... Merci d'avance pour vos réponses.😏
Excursions d'une croisière Costa (capitales d'Europe du Nord): quel choix? English translation pending
Bonsoir
Pour les excursions à Amsterdam et à Hambourg, que conseillez-vous ? Je ne connais aucun des lieux visés par les excursions.
Amsterdam : Moulins à vent et Volendam OU Visite de la ville d'Amsterdam et croisière sur les canaux ?
Hambourg : Hambourg entre terre et mer OU Grands moments de Lübeck ?
Pour les excursions à Amsterdam et à Hambourg, que conseillez-vous ? Je ne connais aucun des lieux visés par les excursions.
Amsterdam : Moulins à vent et Volendam OU Visite de la ville d'Amsterdam et croisière sur les canaux ?
Hambourg : Hambourg entre terre et mer OU Grands moments de Lübeck ?
Monter les fortes côtes à vélo English translation pending
Bonjour,
Je suis habitué à suivre les canaux, c'est plat et agréable, mais quand malgré tout se présente une côte raide, j'ai quelques difficultés.
Si je mouline trop, l'équilibre devient précaire, à 5 à l'heure en côte, les écarts sont importants.
Je roule avec des sacoches, j'ai essayé la remorque, c'est encore plus dur et suis revenu aux sacoches.
D'après vos récits vous ne semblez pas avoir trop de problèmes?
J'ai, dans ma tête, imaginé une solution: mettre une petite roue amovible sur le côté pour transformer le vélo en tricycle le temps d'une montée importante, col par exemple et l'enlever dès le sommet.
Quelqu'un a t'il expérimenté cette idée, ou une meilleure idée, ou une technique à apprendre????
Jules