Je souhaiterais partager avec vous un bref compte rendu de mon expérience lors de mon voyage au Tibet en novembre de 2011. Pourquoi si tard? Je ne suis pas adepte de comptes rendus de voyage, mais il me semble nécessaire de prendre du temps de faire profiter à d'autres voyageurs de mon expérience, mes conseils, mes recommandations, du fait des nombreuses interrogations suscitées par la complexité de voyager au "Pays des Neiges." J'ai eu moi même beaucoup de mal à trouver une agence fiable, bon marché, basée au Tibet et administrée 100% par des tibétains. Je n'ai d'ailleurs pas trouvé d'information très fiable sur le forum pour construire mon voyage, il me semble donc juste de pouvoir faire profiter même très tardivement au forumistes qui souhaitent découvrir cette merveilleuse région du globe.
Le plateau tibétain, situation géographique et géopolitiques
Le plateau tibétain est un immense plateau qui s'étend entre les Monts Kunlun, au Nord, le Karakoram, à l'Ouest, et l'Himalaya au Sud. L'est du Tibet est constitué de nombreuses chaînes chaotiques entre lesquelles s’engouffrent les plus grand fleuves d'Asie de l'Est et du Sud-Est: Mékong, Yang Tse Kiang, Salouen, Irrawady. Il est s'est formé par la collision de la plaque Indienne et de la plaque eurasienne. Son altitude varie considérablement selon la région: les vallées du Tsang sont situées à moins de 4000 mètres d'altitude, alors que les grandes étendues de l'Est et du Nord (Ngari, Chang Tang) s'élèvent à plus de 4500 mètres. Le plateau Aksai Chin aujourd'hui sous dominion chinois atteint même des altitudes de plus de 5500 mètres. La zone du canyon de la Sutlej ou Zanda - Tsamda, dans lequel s'est développé le mythique royaume de Gugé, est pour sa part située un peu plus bas que les hauts plateaux au pied du Kailash (3700 mètres), tout comme les grands espaces de l'Amdo, connus pour ses grandes plaines verdoyantes l'été (3000 mètres).
Le Tibet est littéralement le château d'eau de l'Asie, nécessaire à la survie de plus de 2 milliards d'êtres humains. Outre les fleuves cités plus haut, qui s'écoulent tous vers le Sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est, l'Indus, la Sutlej et le Bhramapoutre prennent tous leurs sources dans les plaines situées au Nord de la chaîne de l'Himalaya, traversent parfois des centaines de kilomètres le long des failles géologiques, avant de franchir les plus hautes chaînes montagneuses du monde à travers des gorges vertigineuses avant de rejoindre les grandes plaines du sous continent indien.
L'immensité du haut plateau fait que le Tibet comprend des paysages et des climats très diversifiés. Les plateaux de l'Amdo connaissent une saison de pluies abondantes l'été et des précipitations fréquentes hors de la saison, transformant ces hautes plaines en de grands pâturages où paissent de grands troupeaux de yaks notamment autour de Labrang, et s'étendant en partie sur le Gansu, le Nord du Sichuan et la partie Nord-Est de l'immense Qinghai. La région Ü-Tsang est constituée de massifs et de chaînes arrondies et entrecoupées par de vastes vallées arrosées durant l'été, la mousson traversant l'Himalaya jusqu'au début de l'automne (octobre, même si les "queues" de mousson se produisent maintenant parfois encore plus tard dans la saison). L'automne est une superbe saison pour la lumière, les températures n'ayant pas encore chuté, et le ciel souvent bien bleu pour le plus grand plaisir des photographes. Au contraire, l'été est très pluvieux, et connaît souvent de grandes crues dans la vallée du Yarlung Tsangpo connu comme le Bhramapoutre lorsqu'il arrive dans l'état indien de l'Assam après avoir franchi l'Himalaya au pied de la Namcha Barwa. Du fait de sa latitude très méridionale, Lhasa est une ville aux températures plutôt chaudes l'été, ayant même des températures plus clémentes que la glaciale Pékin en hiver, bien loin des clichés. En revanche, les grandes étendues du Ngari, du Chang Tang et la région des lacs est une terre inhospitalière qui connaît des températures glaciales durant une grande partie de l'année. Le Chang Tang et le Nord-Ouest du Qinghai sont traversés par un grand plateau désertique enneigé une grande partie de l'année et abritant de grandes populations d'antilopes et de gazelles tibétaines, et même les derniers yaks sauvages. Il n'est pas rare d'observer des loups tibétains lors du voyage en train entre Xining et Naqchu, suivant la grand migration des antilopes vers la réserve de Kekexili. La cuvette de Gugé est un monde minéral bien particulier qui connaît également la moisson en été et des températures plus chaudes l'automne et l'hiver. Le pays Podpa est très arrosé l'été et connaît même un climat subtropicale, abritant de grandes forêts malheureusement surexploitées par les chinois, juste au Nord de la Grande Boucle du Yarlung Tsangpo, au fond de la plus haute gorge au monde. Enfin, le Kham qui est entièrement situé dans la région administrative du Sichuan, est la partie la plus pluvieuse du Tibet, entrecoupée de larges vallées partiellement boisé par de belles forêts de conifères, et des forêts subtropicales de bambous dans les piémonts à son extrême Est.
Il faut d'ailleurs bien distinguer l'entité culturelle et géographique du Tibet de la Province administrative du Tibet ou TAR (acronyme pour Tibet Autonomous Region), cœur de la civilisation tibétaine dans laquelle se trouvent les grandes villes Lhasa, Gyantse ou encore Shigatse en rapide processus de sinisation. Siège de grandes transformations culturelles, c'est aussi une zone de grandes ressources minières dont l'exploitation devrait s’accélérer avec le développement de la voie ferrée. Elle est le lieu de grands changement démographiques et culturels, avec la colonisation des peuples Han ou sinisation, et oubli de la culture monastique et plus globalement tibétaine sous l'effet de programmes de sinisation massifs orchestrés par le Gouvernement central de Pékin. Autour, les parties tibétaines des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu ont pour le moment réussi à préserver leur culture et traditions millénaires, c'est à mon sens le but de tout voyageur désirant découvrir le vrai Tibet aux traditions souvent encore intactes, Lhasa étant la destination de voyageurs souhaitant plutôt connaître le patrimoine et la richesse exceptionnelle du Tibet historique qui ont fleuri durant la main-mise des ordres Sakyapas puis surtout Gelugpa.
Je souhaiterais d'ailleurs rappeler à tous voyageurs que si les zones tibétaines du Sichuan, Qinghai et Gansu souffrent parfois de fermetures au tourisme sans préavis de l’administration chinoise, ce sont pas des zones à l'accès limité au contraire de la province administrative du Tibet ou TAR, où sévissent les contraintes sous forme de permis contraignants. Il est donc tout à fait possible de visiter les vastes régions tibétaines du Kham et de l'Amdo depuis Kunming, Chengdu ou encore Lanzhou ou Xining, sans devoir incorporer un groupe de même nationalité et autres formalités décourageantes pour le touriste désireux de se rendre au Tibet.
Voici quelques photos des différentes régions culturelles du Tibet:
Je vous invite à découvrir également l'album de mon ami David Ducoin, guide conférencier spécialiste du Tibet et de l'Himalaya, qui accompagne de nombreux voyages chez l'agence de trekking Allibert:
http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157622933215210/
David cherche chaque année à construire de nouveaux itinéraires innovants, dans des régions en dehors des sentiers battus.
Je ne poste pas de photos du Tibet Central ici, étant donné que vous pourrez observer de nombreuses photos de cette région au cours de la lecture de ce récit.
J'ai longtemps hésité sur l'itinéraire de mon voyage, et pensais initialement débuter depuis Chengdu, remontant la vallée du Mekong et la région du Kham avant de traverser le pays Podpa, le Tibet historique et de terminer par une longue boucle dans le Far Ouest tibétain. J'ai finalement du me résoudre à écourter l'itinéraire pour visiter seulement le Ü-Tsang et le Ngari, avec un petit séjour dans l'Amdo en fin de séjour, préférant voyager au Pakistan durant 3 longues semaines auparavant.
Vous retrouverez d'ailleurs le compte rendu de ce merveilleux voyage sur voyageforum dans la rubrique Pakistan ou en cliquant sur le link ci-dessous:
http://voyageforum.com/...l-pakistan-d6190126/
J'ai surtout eu la chance d'être accompagné par mon amie Valentine durant l'intégralité du voyage, ce qui en plus de diminuer les coûts, m'a permis de partager ces moments forts et ces paysages magnifiques avec une amie d'enfance.
L'itinéraire a été quelques peu modifié du fait du grosse gastro dans le train entre Pékin et Lhasa et d'un arrêt forcé à l’hôpital sur Xining (ne JAMAIS, j'ai bien dis JAMAIS boire de l'eau du robinet en Chine, même si Pékin à l'air d'une ville développée) et de prévisions de mauvais temps dans le Chang Tang.
Je vous présente l'itinéraire , prévu sur le papier et que nous avons pratiquement suivi à la lettre.
Complexités administratives et choix de l'agence locale
Après de très longues recherches et les conseils avisés de l'auteur du blog kekexili (http://kekexili.typepad.com/), j'ai opté pour l'agence Tibetan Highland Tours, qui n'est autre que l'ancienne agence Banakshol FIT Travel installée dans la cour de l’hôtel Banakshol sur Lhasa ayant subie un grand relooking!
http://www.tibethighlandtours.com/
C'est aussi une agence très expérimentée, avec plus de 20 ans d'expérience, capable de proposer des voyages jusque dans le Kham, l'Amdo et le Chang Tang. Elle est recommandée par le Lonely Planet et s'occupe de toute la partie administrative: permis et même voyage en train en cas de demande. Je vous invite d'ailleurs à leur soumettre toutes vos questions relatives aux permis, notamment en référence aux groupes exigées par le gouvernement. Si les règles sont en perpétuels mouvement au Tibet, je souhaite avertir que pour les entrées dans la TAR depuis la Chine, il n'était nullement nécessaire de former un groupe de plus d'une personne et de même nationalité, le groupe pouvant être simplement constitué d'une personne. Ces règles s'appliquaient seulement pour les voyageurs provenant du Népal, qui se voyait en plus délivrer un permis de courte durée qui limitait toute possibilité de sortir des sentiers battus. Il faut absolument solliciter à des personnes sur place comme l'auteur du blog ou bien auprès de Tibet Highland Tours les nouvelles règles pour ne pas avoir de mauvaises surprises une fois sur place.
Bon, pour voyager dans la TAR, il n'y aura aucun soucis avec Tibet Highland Tours qui a parfaitement réalisé la gestion des permis. Car des permis, pour notre voyage, il y en a beaucoup (entrée dans la TAR, zones spéciales), que nous devions présenter aux autorités en de très nombreux checkpoints. Je suppose que l'agence sera ravie de vous répondre, et il sera libre à vous de décider de voyager avec eux si vous êtes séduits par la qualité de leur réponse. Dans notre cas Tenzin fut notre interlocuteur, il fut toujours prompt et sérieux pour nous répondre, très attentif à mes demandes concernant l'itinéraire, m'expliquant quelles étaient les zones d'accès interdit pour touristes étrangers, détallant les prix unitaires et validant le budget du voyage.
Bon je souhaite être très clair: on ne peut pas (ou plus) visiter la TAR en solitaire, il est aujourd'hui impératif de passer par une agence. Ce qui est très embêtants pour les voyages à deux roues qui doivent être suivi par un 4x4 durant toute la durée du séjour, ce qui n'a à mon sens aucun sens. En revanche, les touristes solitaires trouverons leur bonheur au Sichuan, au Gansu ou au Qinhai pour visiter les régions de l'Amdo et du Kham.
Le prix est donc plus élevé, mais je vous promets que Tibet Highlands Tours propose des prix très attractifs en comparaison avec les nombreuses autres agences basées sur Pékin ou Shanghai.
Pour ce séjour de 24 jours en saison basse, incluant permis, guide, 4x4, et les repas, logement et entrées diverses (Parc National de Qomolongma, monastères inclus dans l'itinéraire, etc), nous avons reçu le devis présenté en image attachée. J'ai particulièrement apprécié le fait que le budget repas-logement soit à la charge du client, ce qui m'a permis de choisir de manger dans les restaurants que je désirais, et loger dans des guest houses bon marché. L'estimation accessible en image attachée repose sur des nuits en guest houses en catégorie inférieure ouverte pour les touristes étrangers (les étrangers ne peuvent loger en deçà d'un standard définir par le Gouvernement central), qui sont tout à fait acceptables dans la région de Lhasa, plus rudes dans la région du Ngari sauf sur Tholing dans la zone de Zanda (Gugé-Tsaparang), et des repas dans des restaurants servant des soupes de nouilles amdopa, des nouilles chinoises ou d'autres plats à base de riz. Les nouilles amdopa sont exquises, je les recommande sans réserve!!!
On arrive donc au budget suivant:
1 pax: 2900 euros
2 pax: 1733 euros (notre cas)
3 pax: 1350 euros
4 pax: 1150 euros
Au delà de 4 personnes, les prix augmentent de nouveau, puisqu'il faudrait un deuxième 4x4.
Au final, les prix deviennent tout à fait acceptables eu égard l'itinéraire projeté, comprenant de longs trajets, d'ailleurs parfois ennuyant, vers le Mont Kailash. Ennuyant car il faut avancer et peu s'arrêter, malgré les paysages fantastiques, et la faune abondante.
Pour la réservation du voyage, Tibet Highland Tours m'a demandé un acompte à déposer par Western Union. Il n'y a eu aucun problème, j'ai apprécié la fiabilité de la compagnie. C'était un des grands points d'interrogations pour moi, puisque je me voyais obliger de réserver un mois avant le départ afin que l'agence puisse s'occuper de la gestion de très nombreux permis.
Formalités administratives (en décembre 2013)
Entrée au Tibet depuis la Chine:
Permis:
Obtention du permis Tibet (Tibet Travel Permit) auprès du PSB, c'est l'agence qui s'en occupe. Nécessaire de fournir un scan du visa chinois et l'itinéraire détaillé pour que les autorités connaissent les régions visitées. Délais 3 semaines environ. En fonction de l'itinéraire que vous prévoyez, il peut être nécessaire d'obtenir des permis additionnels, par exemple, le permis Everest (Alien Travel Permit) dont votre guide fera la demande a Shigatse, ou des permis militaires pour certaines régions visitées (le Ngari par exemple). Dans mon cas je me rappelle que mon guide a retiré un permis a Tsetang également, mais je ne saurais dire lequel c'était...
Visa: Afin de faire la demande du Tibet Travel Permit, il est nécessaire d'obtenir au préalable du visa chinois.
Restrictions: Il n'y a plus de restrictions, le permis demandé est individuel, donc pas besoin de faire parti d'un groupe et de voyager avec un nombre minimum de compatriotes.
Entrée au Tibet depuis le Népal:
Permis: Les obligations sont maintenant les mêmes pour entrée au Tibet que ce soit par la Chine ou par le Népal. Votre agence sur Katmandou fait la demande du TTP et eventuellement du ATP (Permis Everest, je ne sais pas ou il le retire mais j'imagine qu'à la frontière car c'est un permis qui controle la zone frontière avec le Népal (Nyalam), qui coïncide avec la Réserve naturelle de Chomolungma. Je ne possède pas d'informations sur la durée du permis TTP, auparavant les permis sur Katmandou avaient une durée limitée. Puisque vous faites à travers de votre agence la demande individuelle du permis TTB (bien qu'il soit encore de groupe !!!), vous n'avez plus de restrictions au niveau du point de sortie par exemple. En effet, auparavant il était nécessaire de sortir avec tous les autres voyageurs inscrits sur le permis de groupe par le même point de sortie, il était donc impossible de séparer le groupe, pour que certains continuent vers la Chine ou d'autres régions du Tibet, et d'autres reviennent au Népal par exemple.
Visa: Il faut obligatoirement faire la demande du visa chinois sur Katmandou. Le nouveau visa remplacera tout autre visa chinois valide, c'est le soucis pour les voyageurs qui souhaitent revenir en Chine (cas tour du monde). Je ne possède pas d'informations sur la durée du visa. J'imagine que le visa obtenu est un visa simple de simple entrée, qui doit permettre de continuer vers la Chine si vous le désirez.
Restrictions: il n'y en a plus du côté des autorités chinoises, la seule restriction restante étant que vous devrez trouver un groupe en formation avec le nombre minimum de participants pour l'agence népalaise assure ces marges, sans quoi le voyage ne partira pas.
La première partie du voyage de trois semaines dans la province administrative du Tibet ou TAR, débute à Xining, capitale du Quinhai, avec cet arrêt en urgence de trois jours à l'hôpital. Puisque le permis au Tibet indique les dates exactes d'entrée et de sortie de la province, nous avons dû réagencer légèrement l'itinéraire, si mes souvenirs sont bons, nous avons dû l'écourter d'un jour seulement, car il fut possible de sortir du Tibet deux jours après la date de sortie indiquée sur le permis, selon les règles en vigueur de l'époque.
Nous avons quitté Xining dans l'après-midi et sommes arrivé sur Lhasa 24 heures plus tard. Nous montons sur le haut plateau à peine sortis de la ville, pour arriver en moins de deux heures sur les bords du lac Qinhai, une véritable mer intérieure comme l'indique son nom "Lac de la mer bleue" en chinois (ou Kokonor qui signifie "Lac bleu" en mongol). D'une superficie de d'environ 4400 kilomètres carrés, le plus grand lac de Chine est le lieu de nidification de milliers d'oiseaux migrateurs, parmi lesquels l'oie à tête barrée. Les paysages de steppes autour du lac abritent les dernières gazelles de Prsewalski, un espèce aujourd'hui menacée de risque critique d'extinction après des siècles de chasses sans discrimination - les estimations les plus pessimistes recensent seulement 250 individus, et les plus optimistes à peine 1000 gazelles concentrées autour du lac.
Pour notre part, nous avons apprécié le coucher du soleil sur le lac depuis notre wagon, et eu la chance d'apercevoir nos premières grues à cou noir, des renards tibétains mais surtout notre premier loup du Tibet!
Le lendemain matin, nous nous réveillons dans des paysages enneigés des hauts plateaux entre Golmud et le Tangula Pass, plus haut point de la voie ferrée que nous franchissons durant notre sommeil.
Nous avons du traverser durant la nuit l'énorme réserve de Kekexili qui protège un habitat clé de l'antilope du Tibet ou Chiru durant sa migration depuis le Changtang. Nous observerons d'ailleurs très bientôt nos premiers troupeaux d'antilopes, facilement reconnaissables avec leur face noire et aux longues cornes que portent les mâles. Ils y a aussi de grands troupeaux de gazelles du Tibet et des renards qui fuient au passage du train. Les animaux sont concentrés autour des petits cours d'eau qui traversent le chemin de fer. Il y a aussi de nombreux passages qui furent construits de manière de permettre aux animaux de transiter de par et d'autre du rail, ce dernier étant sur l'itinéraire de la grande migration des antilopes. Les chirus sont également menacée d'extinction, l'espèce, bien que protégée par les autorités chinoises, est chassée illégalement pour sa laine appelée shatoosh très prisée par les artisans cachemiris de Srinagar pour la fabrication de châles.
Troupeau de chirus ou antilopes tibétaines (femelles)
Troupeau de chirus ou antilopes tibétaines (mâles)
Kiangs ou ânes du Tibet dans les grandes étendues
Nous passons ensuite sur les rives du lac Na Tso avant de s'arrêter sur Nagchu sous la neige. Nous longeons bientôt les chaînes Gangdise et Nyainqentangula et traversons les grands pâturages de la vallée de Damxung.
Troupeaux de yaks au pied des Nyainqentangula
Chaîne des Nyainqentangula
Arrivée dans les vastes pâturages de Damxung
Point culminant des Nyainqentangula, dans les nuages
Nous arrivons bientôt à Lhasa, retrouvons notre guide, nous installons dans la guest house du Banakshol et prenons connaissance avec Tenzin de l'agence. Petit ballade dans le marché tout proche dans le quartier de Barkor.
Merci beaucoup pour ce début de récit.
J'ai voyagé cet été en Amdo et au Kham et j'avais aussi pris beaucoup d'infos sur le site kekexeli ou landofsnows et échangé
plusieurs mails avec son auteur.
Je projette d'aller au Tibet l'année prochaine et je n'arrivais pas à trouver une agence tibétaine.
Donc votre message me simplifie beaucoup la tâche.
Encore merci de partager votre expérience.
Cordialement.
Merci Patricia pour ton excellente réponse, il me semble en effet indispensable de consulter le nouveau site de Losang "Land of Snows" avant de se rendre au Tibet. Je vais donc effectuer une petite pause dans mon récit pour prendre le temps d'incorporer quelques liens importants, qui illustrent d'autant mieux mes propos. Merci beaucoup!
Losang est un américain qui semble avoir longtemps travailler pour des ONGs en Amdo, il propose aujourd'hui quelques expeditions photographiques à travers son agence que vous pourrez trouver sur son site. Il donne de très bons conseils, et comme Patricia, a été déterminant dans mon choix de Tibet Highland Tours pour mon voyage au Tibet Central depuis Lhasa, et j'en ai été ravi étant donné la difficulté de trouver une agence fiable et experimenté.
Pour moi, ce site est une source d'inspiration pour programmer d'autres voyages hors des sentiers battus et des clichés. Il y a entre autres de très belles photos de la région de Yushu qui me donne profondément envie de partir depuis Xining jusque dans ce paradis situé au cœur de l'Amdo.
Losang explique notamment quels sont les avantages de chaque régions, toutes différentes, en fonction de son budget, des paysages que vous souhaitez traverser, et ce pour chaque saison de l'année.
Je suis comme lui convaincu que l'été n'est pas la meilleure saison pour visiter le Tibet Central du fait de la mousson et de l’afflux de touristes surtout chinois. En revanche, l'automne fut une très bonne saison, je n'ai eu froid la nuit que vers le Mont Kailash, avec des ciels magnifiques. C'est d'ailleurs l'époque des pèlerinages, de très nombreux tibétains se rendent à Lhasa depuis les lointains Amdo et Kham. Un plaisir pour les photographes pour prendre des clichés de belles parures de pèlerines sur le Barkhor sans aucun touriste !
En ce qui concerne les recommandations d'agences pour ceux qui ne souhaitent pas voyager en bus, je crois que comme pour moi Losang sera ravi de vous donner ses indications. Sinon, il y a aussi ce site, une véritable mine d'or, qui propose quelques agences, dont certaines ont été justement conseillées par le même Losang. Il est décidément de partout!
A même se demander s'il n'a pas des intérêts économiques avec elles! Je crois plus sincèrement que c'est une personne qui aime profondément le Tibet après avoir passé des années dans son ONG, et qui souhaite aider les occidentaux à voyager au pays des neiges, en ces temps de grandes confusions. Une manière d'aider le Tibet en incitant le tourisme je crois. Un peu comme moi!
http://www.yowangdu.com/...n-travel-agents.html
Vous trouverez toutes les photos géoréférencées sur la carte de flickr afin de connaître la destination précises des photos, surtout pour le méconnu Ngari.
C'est d'ailleurs un peu ma contribution, très peu de personnes se sont rendues à ce jour à Gugé, encore moins sur Kyunglung, Dungkar et Piwang. Et si Allibert s'y rend cette année, c'est un peu de ma faute. Et tant mieux, c'est de loin mes coins préférés du Tibet!
Mais avant de poursuivre mon récit lors de notre découverte de Lhasa, je souhaiterais faire un bref retour en arrière lors de notre introduction au Tibet au grand monastère de Kumbum tout proche de Xining.
Mais d'abord, je vous propose d'entrer avec moi dans le monde tibétain en écoutant cette belle chanson tibétaine de Lumo Tso:
http://www.youtube.com/watch?v=OLITro6CvW8
L'arrêt forcé à l'hôpital sur Xining, où pensions nous arrêter au retour, comme point de base d'une courte visite de l'Amdo, nous permis de faire notre première connaissance du monde tibétain.
Pèlerine Amdopa et moulins à prière réalisant la kora du monastère:
Kumbum fut fondé par Tsongkhapa, qui n'est autre que fondateur de l'école Gelugpa à laquelle appartient le Dalaï Lama. Il est l'un des six grands monastères de l'école, les autres étant Labrang, Sera, Drepung, Ganden et Tashilumpo. Alexandra David-Neél y a notamment séjourné durant ses voyages tibétains.
Un des édifices principaux, je crois qu'il s'agit du Petit Pavillon au Toit d'Or:
Le Grand Pavillon au Toit d'Or:
Même si le monastère comporte toujours ses plus beaux monuments comme le Grand Pavillon a Toit d'Or, les chinois ont considérablement transformé le site en une attraction touristique. Peu de moines vivent aujourd'hui au monastère, il y a des panneaux en anglais à chaque coin de rue, bref, ce n'est plus un lieu authentique. Je ne n'irais pas jusqu'à dire que le lieux est sans intérêt, les voyageurs pressés sur les traces de l'antique Route de la Soie peuvent inclure sa visite pour découvrir le monde bouddhiste tibétain.
L'intérieur du Grand Pavillon de la Méditation, magnifique, qui pouvait accueillir plus de 2000 moines:
Magnifique tangka d'influence chinoise
Pèlerine Amdopa
L'architecture est de style chinois, comme la plupart des monastères de l'Amdo.
Je conseille toutefois de visiter Labrang ou Repkong entre Lanzhou et Xining, comme nous l'avons fait au retour de Lhasa.
Sur Xining, je vous conseille de visiter le très intéressant musée tibétain, qui possède de très belles pièces. La province du Quinghai semble vouloir profiter de sa diversité culturelle comme vecteur de développement touristique, parfois il est vrai de mauvais goût comme c'est le cas de Kumbum.
Voici quelques photos de Kumbum sur mon site flickr (haute qualité) complémentées par quelques images en attaché (basse résolution). Les extincteurs montrent bien que le monastère est aujourd'hui transformé en musée.
http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/
Étant donné que ce voyage précédait 2 mois de trekkings entre Manaslu et Mustang au Népal et arrivait après 3 semaines dans le Karakoram, je ne pouvais pas me permettre de m'encombrer d'une reflex. J'ai acheté pour l'occasion l'Olympus EPL-1 de la gamme PEN. Je dois dire que je suis très satisfait par le boitier, s'il est vrai qu'il ne peux pas obtenir des images aussi bonnes que les reflex, le poids est un avantage majeur, et pour ce qui est des photos de paysages, c'est tout à fait suffisant. Les limites surviennent dans les monastères où la lumière est particulièrement faible. Je suis rapidement limité par les ISOs, au dessus de 1200 le grain est vraiment trop important. Pour ce qui est des photos d'animaux, c'est aussi très compliqué, cette fois-ci principalement du fait de l'absence de viseur.
Au niveau de l'optique, j'ai un objectif 14-42 mm et un 40-150 mm, qu'il faut multiplier par un coefficient de 2. Je suis très satisfait de ces deux objectifs, bien que le tele ne laisse pas passé suffisamment de lumière à mon gout. Enfin, il y a maintenant beaucoup de poussière et cela se ressent au niveau du bruit.
J'ai également un trépied gorilla léger que j'utilise pour les photos en intérieur.
Rien de bien incroyable au final, il faut dire que les lieux inspirent vraiment pour prendre de belles photos!!!!
Pour notre première journée de visite sur Lhasa, nous nous rendons sur le Barkhor pour effectuer la fameuse Kora en compagnie des très nombreux pèlerins. Les Tibétains étant principalement pasteurs ou paysans, l'automne est la période de fin des travaux dans les champs et et permet donc de réaliser des pèlerinages. Le plus important d'entre eux est le pèlerinage de Lhasa et notamment du Jokhang, véritable centre de l'univers dans le monde tibétain. Nous étions accompagné d'Amdopa dans le train depuis Xining, certain sont même montés durant la nuit depuis Golmud, que nous retrouvons le lendemain sur le Barkhor.
Pèlerins en prosternation devant le Johkang
Je reviendrais dans le prochain post sur le Jokhang et le Barkhor...
Pour le moment, nous partons visiter le Palais d'été des Dalaï lamas qui était autrefois situé en dehors de la ville de Lhasa. Le "Jardin de joyaux" ou Norbulingka fut fondé par le VIIème Dalaï Lama Kelsang Gyatso au début du XVIIIème siècle, puis connu diverses extensions du temps de ses successeurs Jampel Gyatso à la fin du XVIIIèeme siècle, mais surtout sous Thubten Gyatso et l'actuel Dalaï Lama au XXème siècle.
Bien que situé à plus de 3650 mètres d'altitude, il y pousse de nombreuses fleurs comme des roses ou des chrysanthèmes ainsi que des bambous.
Il s'agit en fait d'un ensemble de complexes palatiaux à l'origine situés en deux parcs distints: le Norbu Lingka et le Chensel Lingka.
Le premier palais édifié par le VIIème Dalaï Lama est le Kelsang Phodrang, un palais à l'origine de taille modeste, qui fut par la suite agrandi par le VIIIème Dalaï Lama en lui ajoutant trois nouveaux temples.
Le Tsokyil Phodrang ou "Palais du lac" est quant à lui un magnifique pavillon qui fut construit dans la partie oriental du parc appelé Chensel Lingka.
Enfin, les derniers palais construits respectivement par les XIIIème et XIVème Dalaï Lamas furent seulement battis au siècle dernier.
Le Chensel Phodrang battit par le XIIIème Dalaï Lama dans le Chensel Lingka
Les pavillons du Chensel Lingka
Dans l'après-midi, nous avons réalisé la visite du monastère de Drepung qui fut autrefois le plus important monastère du bouddhisme lamaïque tibétain, et accueillit jusqu'à 15000 moines à son apogée. Il a été aujourd'hui complètement vidé de sa substance par les autorités chinoises, surtout depuis les évènements de 2005 qui furent en parti menés par des moines du monastère.
Des monastères vides, une culture qui se meurt:
Il fut fondé au XIIIème siècle par un disciple de Tsongkhapa, fondateur de la branche Gelugpa. Le Vème Dalaï Lama y logeait (au Ganden Phodrang) avant de s'établir au Potala, certains de ses prédécesseurs y sont d'ailleurs enterrés.
Travaux de restaurations des toits selon les méthodes anciennes
Si Drepung revêt un intérêt notable du fait de son importance passé, j'ai été assez déçu de ma visite, il s'agit aujourd'hui d'un monastère sans vie, qui se transforme peu à peu en musée, le monastère du Jokhang étant à ce jour le seul monastère encore "vivant" de Lhasa.
La grande salle d'assemblée qui accueillait auparavant des milliers de moines:
En fin d'après-midi, nous retournons dans le quartier du Barkhor pour contempler le spectacle de la Kora et des prosternations face au Jokhang, puis pour faire un petit tour au marché.
Chaque pèlerins se doit de réaliser trois tours ou koras du Jokhangs, avant de réaliser 1000 prosternations face au temple, véritable nombril du monde dans la culture tibétaine.
Les femmes Amdopas son aisément reconnaissables à leur 1000 nattes, tandis que les belles Khampas arborent de magnifiques parures de turquoises et de coraux. Sauriez vous les reconnaître?
Comme je l'ai déjà signalé auparavant, il s'agit aujourd'hui de monastère le plus important du monde tibétain.
C'est également le premier monastère a avoir été édifié au Tibet en 639 apJC par le Roi Tibétain Songsten gampo, unificateur du Tibet et premier des Grand rois religieux du "pays des neiges". Il aurait été construit pour ses deux principales épouses la princesse chinoise Wencheng de la dynastie Tang, et la princesse népalaise Brikuti Devi de la dynastie Licchavi, toutes deux bouddhistes et ferventes religieuses.
Il abrite aujourd'hui le très précieux Jowo Sakyumani - raison principale de sa vénération - une représentation du jeune Bouddha, qui fut apporté par la princesse Wencheng en guise de présent pour son nouvel époux Songsten Gampo. Le temple de Ramoche qui abritait initialement la statue, contient aujourd'hui le Jowo Mikyo Dorjé, offert à Songsten par sa seconde épouse népalaise Brikuti Devi.
Nous avons assisté aux prières des moines du monastère à notre arrivée, puis avons effectué sa visite en compagnie de milliers de pèlerins. C'est un lieu magnifique, visité par des milliers de pèlerins dont la ferveur impressionne particulièrement. Certains même y viennent en pèlerinage après plusieurs mois sur les routes, en suivant un rituel de prosternation fort éprouvant. Nous avons tellement aimé que nous y retournerons à notre retour de l'Ouest du Tibet
Pas de photos possible à l'intérieur très sombre, voici quelques photos prises depuis le toit.
Loge du Dalaï Lama
Sur les toits:
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Nous sommes ensuite parti visiter le Palais du Potala, certainement le monument le plus fameux du Tibet.
Il s'agit d'un monument particulièrement imposant, il écrase littéralement la vielle ville de Lhasa du haut de ses treize étages et s'aperçoit plusieurs kilomètres avant l'arrivée dans la ville.
Construit sur la colline Marpari ou "Colline rouge", il aurait été le lieu de méditation de Chenserig avant que le puissant Roi Songsten Gampo décida d'y construire une forteresse au VIIème siècle. La construction actuelle date cependant du Vème Dalaï Lama Lobsang Gyatso qui réalisa le Palais Blanc ou Phodrang Karpo au XVIIème siècle, et devint le Palais d'Hiver à partir de la construction du Norbulingka. Le Palais Rouge ou Phodrang Marpo fut l’œuvre du régent Sangyé Gyatso en 1690.
Le Potala devint le principal lieu de pouvoir de la dynastie Gelugpa après le transfert du gouvernement sous le Vème Dalaï Lama (qui se trouvait auparavant au monastère de Drepung). Il abritait entre autre le conseil des ministres ou Kashag, et la prestigieuse école de Tse qui formait les plus hauts fonctionnaires du gouvernement tibétain. Il abrite les sépultures de plusieurs Dalaï Lamas, leur reliques étant préservées dans de grands chortens incrustés de pierres précieuses situé dans le cœur du Palais.
Détail de la tour Sud-Est et des remparts
Phodrang Marpo
Phodrang Karpo et résidence du Dalaï Lama (à droite)
Dans l'après-midi, nous espérions assister au débat des moines du monastère de Sera. Ce monastère fut fondé en 1419 par un disciple de Tsongkpa, fondateur de la branche Gelugpa, et recevait jusqu'à la révolution culturelle l'une des plus grandes universités du Tibet. Elle abritait trois collèges encore en activité de nos jours, mais la révolution culturelle, puis les émeutes de 2005, portèrent un coup sévère à l'effectif de moines du monastère, qui n'en abriterait plus que 400, en comparaison avec les 5000 moines encore présents en 1959.
Nous avons finalement assisté à la lecture des moines au lieu des débats comme prévu. Nous avons encore une fois été frappé par la présence très faible de moines au sein de l'ensemble monastique. Le monastère semble vide, ses magnifiques salles d'assemblée ne semblent être entretenues que vous recevoir les touristes étrangers et les rares pèlerins qui en rendent la visite.
Résumé de notre visite de Lhasa
Si Lhasa abrite effectivement les plus beaux monuments du Tibet historique et probablement du monde tibétain, c'est une ville complètement transformée de nos jours. Elle est devenue majoritairement Han, qui se sont principalement installé dans les quartiers Ouest de la ville. Des quartiers historiques furent entièrement rasés par les communistes chinois, notamment pour accueillir la laide place du peuple au pied du Potala, ou trône une statue sans gout de Mao Zedong. Les édifices du quartier du Barkhor ont été reconstruits dans un style proche du style originel, mais le quartier manque de charme cependant en comparaison avec la vielle ville de Shigaste par exemple. Beaucoup de tristesse de constater que Lhasa est devenue aujourd'hui une ville chinoise, sans vie monastique et comportant de splendides monuments autrefois lieu de vie.
Les voyageurs avides de connaître la culture tibétaine n'y trouverons qu'un pâle reflet des très authentiques Kham et Amdo où je projette prochainement de me rendre, pour découvrir un Tibet traditionnel, peu touché par les méfaits de la colonisation chinoise.
Pour le lendemain nous nous rendîmes au lac sacré Nam Tso, qui signifie lac céleste en tibétain. Il s'agit d'un immense lac d'eau douce d'un peu moins de 2000 km², très vénéré par les tibétains. Les pèlerins s'y rendent et collectent l'eau du lac qui aurait selon eux des vertus thérapeutiques. Haut de 4718 mètres, il s'agirait pour certains du plus haut lac au monde, fait en réalité incorrect puisqu'il est supplanté par de très nombreux lacs voisins et dans la région du Chang Tang, voire même d'autres lacs dans la région des Andes en Amérique du Sud.
Il est situé dans une dépression au Nord de la chaîne des Nyainqentagula, que la route franchit par un col de 5186 mètres d'altitude après trois heures de route depuis Lhasa. Les berges du lac sont occupés par quelques camps de nomades aujourd'hui plus ou moins sédentarisé de force par le gouvernement central. Avec un peu d'attention on pourra observer de très nombreux pikas, sorte de hamsters du Tibet.
Nous avons visité un péninsule abritant un petit monastère et quelques ermitages très interessants, notamment une nonnerie.
Mais le voyage vaut surtout le détour pour les superbes paysages du lac et de la chaîne enneigée des Nyainqentagula, qui culmine à plus de 7162 mètres de haut, après avoir traversé les pâturages de Damxung entrevus quelques jours plus tôt depuis le train.
Tu indiques que Lhassa a perdu de son charme car transformé par la Chine. Es-ce le cas de l'ensemble du TAR ?
Je projette un voyage au Tibet et je m'interroge du coup de la juste répartition entre TAR, Kham et Amdo sur une période de 3 semaines. Il n'est bien évidement pas réaliste de toute faire en 3 semaines mais une répartition 10 jours TAR et 10 jours (Kham ou Amdo) te semble réaliste ?
Bonjour,
Je ne connais pas encore le Tibet TAR (voyage que j'envisage pour l'année prochaine)
mais je suis allée cet été 3 semaines dans l'Amdo et le Kham. (Dès que je peux, j'enverrai qqs infos sur un autre post)
Rien que le Kham, ça mérite beaucoup plus que 3 semaines donc faire TAR+Kham, je trouve
cela un peu dommage.
Je pense qu'il faudrait mieux faire un choix.
Bien sûr, après cela dépend des possibilités de chacun.
Encore merci à Jeremy pour son superbe récit, car sur les forums ou dans les guides on trouve
vraiment très peu de choses sur ces 3 régions tibétaines, tout du moins en français.
Il est en train de faire un gros travail, à notre plus grand plaisir.
Pour ma part j'ai adoré le Lhasa et le Tibet central, mais il faut savoir que je n'étais pas venu spécialement pour voir le Tibet authentique cette fois-ci, mais sinon pour découvrir le foyer de la civilisation tibétaine, les paysages de l'Ouest tibétain et sa faune abondante, et plus particulièrement la région de Tsamda et du Kailash, qui m'attiraient particulièrement.
Oui le Tibet est en voie de sinisation, les nomades ont été sédentarisés, les villes transformées, les monastères vandalisés puis démolis, les universités fermées, la culture et les croyances réprimées. Mais c'est un pays magnifique dont je recommande la visite à tous voyageurs, et vite avant qu"il ne soit trop tard...
La présence des nombreux pèlerins sur Lhasa, bien plus nombreux que durant les mois d'été, était aussi un des points forts du voyage.
C'est sur que 3 semaines entre Tar et Kham ou Amdo c'est court, si tu veux réduire ta visite au minimum dans la TAR, une semaine peut être suffisant en se concentrant sur les lieux principaux (Lhasa durant 2 jours, Gyantse, Shigatse voire Everest BC). Pour l'Amdo il y a plein de coins magnifiques, qui se relient maintenant rapidement depuis Lhasa (à 24 heures de train). Labrang est à 6 ou 8 heures de bus de Xining, Langmusi et Repkong un peu plus loin, pour ne citer que les coins les plus transités, au milieu des grands pâturages ou paissent des milliers de yaks l'été.
Il ne faut pas oublier que le Tibet est une zone gigantesque, qui couvre près du quart du territoire de la Chine. J'y voyagerai pour part durant des mois voire des années si j'en avais le temps.
Merci pour ce partage, c'est fort intéressant.
Mais peut-on toujours visité le Tibet (TAR)? Je pensais que la région était fermée aux touristes non-chinois...
Quelles sont ces "formalités décourageantes pour le touriste désireux" que tu mentionnes?
Le problème de ces longs posts comme le mien est qu'il est parfois difficile de trouver l'information nécessaire tant il y en a, je tiens donc a m'excuser.
Je crois qu'il est indispensable que les voyageurs sollicitent à une bonne agence ou des personnes vivant au Tibet les informations actualisées sur les régions ouvertes et fermées aux touristes étrangers, et les conditions d'obtention de permis.
Si vous souhaitez demander a une agence, envoyer un mail a Tibet Highland Tours.
Sinon, je vous propose d’écrire a Losang sur the Land of snows ou de consulter sa page "Tibet Travel Updates" pour l'année 2013:
http://www.thelandofsnows.com/...ibet-travel-upd...
Il faut savoir que:
- tous les voyageurs qui souhaitent aller dans la TAR doivent obligatoirement passer par une agence avec guide. En dehors de Lhasa, un vehicule avec chauffeur est obligatoire, que ce soit pour des tours motorisés, des tours en velo, et je suppose egalement pour les treks (a verifier).
- Dans les regions tibetaines en dehors de la TAR, dans les provinces du Gansu, Qinghai, Sichuan et Yunnan, certaines regions sont actuelleñent fermées au tourisme. Certaines le sont depuis toujours, d'autres en ce moment. Mais globalement, la majorité de ces regions sont ouvertes au touristes étrangers sans besoin de passer par une agence, et sans besoin de permis.
-La region de Chamdo dans la TAR est fermée aux touristes depuis longtemps et le trajet Shangri-La (Yunnan) - Lhasa n'est pas ouvert... Domage.
- Il est possible de voyager en bus au Sichuan, Yunnan, Quinghai, et Yunnan.
- Pour la TAR, on n'est plus obligé de faire parti dún groupe pour obtenir un permis, les voyageurs individuels n'ont pas de probleme pour obtenir un permis. Sauf pour les ressortissants de nationalité norvegienne.
- Il n'est donc plus obligatoire détre dans un groupe de 5 ou 3 personnes de même nationalité pour obtenir le permis, comme c'etait le cas il y a plusieurs années.
- Il faut verifier les conditions de delivrance de permis pour visiter la TAR depuis Katmandou au Népal. Les conditions d'entrée dans la TAR en 2011 étaient plus contraignantes depuis le Nepal que depuis la Chine. Envoyer un mail a Losang ou a une agence pour verifier.
- De toute maniere, toutes les zones tibetaines peuvent être fermées sans preavis au touristes etrangers, lorsque apparaissent des emeutes ou contestations, que ce soit dans la TAR, ou les regions tibetaines de provinces alentours. C'est le cas de Repkong et Labrang, mais aussi des regions du Sichuan. Il y a a côtés de ces prefectures d'autres regions tibetaines magnifiques, en cas de soucis.
- Le Ngari dans la TAR est ouvert au tourisme sans probleme, sauf les zons proches de la frontiere indienne. Il n'est pas clair si la visite de Kyunglung est autorisée, j'y suis allé moi même dans le doutem et je n'ai pas eu de soucis. La route de Kyunglung a Tholing dans le canyon de la Sutlej, qui est une route secondaire qui semble tres scenique, semble fermée.
- L'information que je viens de donner provient du link de Land of Snow plus haut, la page de Losang, un americain resident sur Xining. L'information était correcte au moment de son écriture par Losang. Il faut donc vérifier sa validité au moment au vous lisez ces lignes (demander a une agence ou a Losang).
En ce qui concerne les formalités décourageantes, j'estime personnellement que:
- devoir passer par une agence avec guide + vehicule hors de Lhasa
- l'obtention des permis dont le Tibet Alien Permit et les autres permis regionaux
- envoyer une caution pour initier la gestion des permis a une agence que l'on ne connait pas
- definir un itineraire precis des lieux que vous souhaitez visiter sans pouvoir le changer par la suite (on peut changer l'ordre mais toute visite d'autre lieux hors des zones indiquées sur le permis, ne pourront être visitées)
- Definir une date d'entree et de sortie precise (je susi tombe malade dans le train et ai perdu 3 jours au Tibet)
sont des formalités tres contraignantes. C'est la raion pour laquelle ce fameux Losang essaye d'aider les touristes a y comprendre quelquechose, et pour ma part d'ecrire ce long post pour aider les touristes désirant de se rendre au Tibet.
C'est aussi important a mon sens de donner une recommandation d'agence, pour ma part j'etais angoissé de devoir deposer une caution pour gestionner les permis, sans connaître l'agence! C'est la raison pour laquelle j'ai estimé utile de donner des rensignements précis sur mon voyage, en tentant d'exposer les conditions d'entrées au Tibet a ce jour, pour que d'autres voyageurs puissent organiser a moindre mal tout voyage dans ce pays incroyable!
Tu n'as pas besoin de t'excuser, c'est moi qui suis novice sur ce sujet.
Merci à toi Jérémie pour toutes ces précisions. Une aide précieuse sans aucun doute pour tous les futurs voyageurs.
Un sujet que je mets tout de suite dans mes favoris et que je relirai plus tard lorsque j'aurai le projet de visiter cette magnifique région.
Tes photos et tes liens permettent déjà de voyager...
Direction plein sud pour découvrir la vallée du Yarlung Tsangpo plus connu sous son nom indien Brahmapoutre, siège de la grande civilisation tibétaine Yarlung, et cœur de l'empire tibétain. Si j'envisageais initialement la visite des tombeaux (ce sont de grands tumulus bien visibles sur google earth) des premiers rois tibétains et du monastère Nyingmapa de Mindroling (l'un des principaux monastères de cette branche du bouddhisme tibétain), notre arrêt forcé sur Xining ayant écourté les jours du permis, nous avons décidé de nous focaliser sur Yambulakang et de filer directement à Samye.
La vallée du Brahmapoutre est maintenant reliée par une autoroute à Lhasa, afin de connecter l’aéroport de Gonggar sur la rive sud du fleuve avec la capitale provinciale. Nous arrivons donc rapidement sur les berges de la grande plaine alluviale, au milieu duquel s'écoule tranquillement le Yarlung Tsangpo ou plutôt ses multiples ramifications, le fleuve occupant un espace plus important, le débit permet donc la décharge des sédiments provenant du cours supérieur pour former de nombreux bancs de sables qui lui donne une allure particulièrement esthétique. Les berges Sud sont occupées par de nombreux petits villages assez charmants, encore peu influencés par l’architecture chinoise. Nous nous arrêtons justement pour prendre un thé dans un grand village dont je parcoure rapidement le centre. De nombreuses maisons faites d'adobe, de très belles portes. La vallée est plus arborée que sur Lhasa.
Yarlung Tsangpo
Petit village dans la vallée du Yarlung Tsangpo
Nous continuons jusqu'à Tsetang ou "Shannan" puis filons 7 kilomètres au Sud vers l'ancienne forteresse. Si Yambulakang est aujourd'hui reconvertie en un monastère Gelugpa, elle aurait été fondée au deuxième siècle avant JC comme place forte, haut perchée sur un éperon par le premier roi de la dynastie Yarlung Nyatri Tsenpo. Son architecture actuelle serait plutôt l’œuvre de Songsten Gampo qui l'aurait transformée en sa résidence d'été après qu'il se soit installé à Lhasa. C'est une forteresse ou dzong à l’architecture caractéristique que l'on retrouve un peu de partout sur la plateau tibétain (notamment sur Shegar près du camp de base de l'Everest). Le "Palais de la biche" fut comme la grande majorité des monastères de cette partie partie du Tibet complètement rasé par les chinois, l'édifice observé de nos jours est en fait une réplique qui fut reconstruite (comme la plupart des monastères détruits durant cette la révolution culturelle) d'après les plans d'époques en 1982.
Le monastère en soit n'est pas très intéressant puisqu'il ne comporte pas de peintures d'époque ou de trésors comme au Jokhang ou à Samye que nous rejoindrons dans la soirée, mais son architecture est très esthétique et justifie tout à fait sa visite. En été la vue sur la vallée doit être superbe, depuis cette position stratégique dominant les champs d'orges bien arrosés par la mousson. Il y a un chameau qui attend les touristes peu sportifs pour gravir les marches jusqu'à la chapelle...
Dzong et monastère de Yambulakang
Nous retournons sur nos pas sur Tsetang pour récupérer un permis et traversons le Yarlung Tsangpo pour rejoindre le monastère de Samye situé sur la rive Nord, au milieu de champs dunaires, accompagnés par de gros flocons. Nous sortons de la chambre en fin d'après-midi et montons sur la colline dominant le village, pour assister à un magnifique coucher de soleil.
Nous nous réveillons sous les flocons, comme ces derniers jours le temps est assez instable. Le monastère aurait été fondée par le grand maître tantrique Padmasambhava convié par le roi Tresong Detsen de venir l'aider dans sa tâche de convertir le Tibet au bouddhisme depuis la lointaine vallée de Swat, le haut Indus étant à l'époque le principal foyer bouddhiste du sous-continent. Si le bouddhiste s'implanta au Tibet sous son prédécesseur Songsten Gampo, la résistance de la religion Böns d'origine chamanique était encore très forte à l'époque et fut sans doute réprimée sous la force avec l'aide de nombreux grands érudits indiens.
La légende veut que Guru Rimpoche fut appelé par le second grand roi religieux afin de détruire le démon qui détruisait chaque nuit les travaux de constructions accomplis durant la journée par le moine indien Shantarakshita. Toujours selon la légende, il aurait anéanti les forces maléfiques en réalisant la danse tantrique du Vajrayakila et après avoir construit le monastère de Gar Gompa au Royaume du Mustang. Là je me perd un peu tant il y a de légendes autour de Padmasambhava, il y a d'ailleurs un peu de partout au Tibet des grottes sacrées où le sage aurait médité durant plusieurs années. Je doute que toutes aient effectivement reçu l'érudit...
Salle d'assemblée et loge du Daili Lama au monastère Gelugpa de Samye
La particularité du monastère de Samye est sa forme de mandala, à l'image de la grande université d'Odantapuri située dans l'ancien Royaume du Maghada (aujourd'hui au Bihar), que nous avons pu apprécier lors du coucher de soleil de la veille. Le monastère est particulièrement intéressant, il abrite de merveilleuses peintures certainement très anciennes. Je crois comprendre que ces peintures ont été épargnées par les ravages de la révolution culturelle qui aura malheureusement sévit de partout au Tibet voire en Chine... Samye fut en effet reconstruit vers 1985. C'est avec le Jokhang et Shalu mon monastère Gelugpa préféré.
Monastère Gelugpa de Samye
Le ciel se dégage dans la matinée à mon plus grand bonheur, ce qui me permet de prendre de très belles photos. Samye est aussi le point de départ d'un trekking classique qui relit la vallée du Yarlung au monastère de Ganden à l'Est de Lhasa, traversant des pâturages peuplés par les yaks durant l'été. Il y aussi le petit ermitage de Chimpu situé quelques kilomètres plus haut, initialement prévu dans notre itinéraire.
Monastère Gelugpa de Samye
Après le déjeuner, nous filons plein Ouest vers Shigatse, nous devons en effet revoir notre itinéraire, le col de Kamba La vers le lac Yamdrok Tso et Gyantse étant fermé du fait de la neige. Nous reprogrammons leur visite pour le retour de notre périple vers l'Ouest. Nous longeons durant un bon moment de magnifiques dunes formées par l'accumulation des sables emportés par les vents d'Ouest depuis le haut plateau, qui buttent ici à l'entrée des gorges du Yarlung Tsangpo. Certaines dunes se forment même sur des pentes Ouest des sommets de la vallée avoisinants les 5000 mètres de haut! Il y a aussi de grandes plantations de bouleaux sur les berges pour le bois de construction. La vallée à l'Ouest de Gonggar n'est pas très intéressante, le fleuve s'engouffre dans une vallée plus encaissée, avant de se rouvrir une cinquantaine de kilomètre avant Shigatse pour laisser place aux cultures au milieu desquels on observe à l'automne de grands groupes de grues à cou noirs. Juste génial!
Paysages de la vallée du Yarlung Tsangpo entre Samye et Gonggar (rive Nord)
Grues à cou noir dans la vallée du Yarlung Tsangpo vers Shigaste
Nous partons visiter le monastère Gelugpa de Tashilhumpo, siège des Panchen Lamas. le Panchen Lama est le deuxième chef spirituel du Tibet, juste après le Dalaï Lama.
Nous visitons tout d'abord la vielle ville de Shigaste que nous avons brièvement visité la veille. Au contraire du Barkhor, la vielle ville de Shigaste est très préservée et garde tout son charme et son authenticité. Nous montons au pied de la forteresse de la ville, également ancienne garnison chinoise et résidence du gouverneur du Tsang ou Tibet de l'Ouest. Fondé au XVIème siècle par un noble de la famille Nyak qui était au pouvoir à cette époque, le Dzong de Samdruptse a été complètement détruit durant la révolution culturelle et reconstruit en béton très récemment. Nous continuons en direction du monastère, passant en partie dur le chemin de la Kora emprunté par de nombreux pèlerins, aujourd'hui étant un jour de fête pour le monastère.
Vielle ville de Shigatse et Dzong de Samdruptse
Tashilhumpo fut fondé par le premier Dailï Lama en 1447. Au contraire des monastères Lhasapas, Tashilhumpo est un monastère encore bien vivant et hébergeant de nombreux moines. Cela est certainement dû aux bonnes relations qu'entretiennent les autorités chinoises avec le 11ème Panchen Lama actuellement en exercice, qui fut investi par le Gouvernement Central, alors que le véritable 11ème Panchen Lama (reconnu par le Dailï Lama comme étant la réincarnation de son prédécesseur) est actuellement détenu depuis 1995. Les rumeurs cours qu'il serait aujourd'hui décédé dans les geôles de Pékin.
Le monastère possède une magnifique statue de Maitreya de 26 mètres de haut érigée par le neuvième Dailï Lama dans la Jamba Chyenmu. Nous visitons également le palais du Panchen Lama qui abrite les reliques du Quatrième Panchen Lama reposant dans un stupa imposant, la grande salle d'assemblée et le Chajing Duodang, au pied d'un magnifique temple à étages. Les reliques des 5ème a 9ème Dailï Lamas ont été profanées par les gardes rouges et jetées à la rivière. Les quelques reliques qui purent être sauvées sont aujourd'hui préservées dans les chortens construits en 1985 par le 10ème Panchen Lama.
Monastère de Tashilumpo
Drapeaux de prières entre Shigatse et Sakya
Après de délicieux Thukpas Amdopas pour le déjeuner, nous partons pour le monastère de Sakya, siège de l'école Sakypa fondé par Khön Könchog Gyalpo de l'influente famille Khön. Sans rentrer dans les différences idéologiques avec les autres courants, il est intéressant de signaler qu'au contraire des écoles Gelugpa et Kagyugpa, les hiérarques du mouvement ont toujours été des descendants de la famille Khön. Bien que de tradition monastique, les chefs de lignée sont mariés, ce qui les différencie nettement des traditions des autres écoles.
L’École Sakyapa devint le pouvoir politique prééminent de l'Etat Tibétain sous la dynastie Mongole des Yuan qui s'installa sur le trône suite à la conquète de Kubilaï Khan de la Chine. Ce dernier appela d'ailleurs Phagpa, grand érudit et chef de la lignée Sakyapa à ses côtés.
Le monastère et en particulier le temple principale ou Lakhang Chempo possède une architecture tout à fait différente des autres monastères tibétains; il fut conçu comme une forteresse aux épais murs faisant office de remparts. Les couleurs prédominantes très caractéristiques (gris, blanc, rouge) ou Rigsum Gompo représentent la trinité formée par les trois protecteurs ou Boddhisattvas: Jampelyang (en sanscrit Manjushri), Chenrezi (Avalokiteshvara) et Chana Dorje (Vajrapani).
Le Lakhang Chempo abrite une magnifique salle d'assemblée qui abrite de magnifiques reliques, dont une conque qui aurait étéofferte comme présent à Phagpa par le Grand Khubilaï Khan lui même. Il abrite également une immense bibliothèque contenant près de 84 000 rouleaux.
Lakhang Chempo
Bibliothèque du Lakhang Chempo
Mandala de sable au Lakhang Chempo
Cérémonie dans la salle d'assemblée au Lakhang Chempo
Nous entrons aujourd'hui dans la Réserve Naturelle de Qomolungma, une aire protégée de près de 34 000 km² qui vise à protéger le formidable paysage himalayen de la région de l'Everest et en particulier ses milieux humides de grande importance situés sur la route de migration des espèces d'oiseaux migratoires sibériennes vers le sous-continent indien.
La réserve comprend tous les sommets Tibétains de 8000 mètres: Makalu, Lhotse, Everest ou Chomolongma, Cho Oyu, ainsi que le Shisha Pangma, plus à l'Ouest. C'est une grande réserve qui protège un vaste écosystème himalayen connecté avec les aires protégées népalaise limitrophes sur le versant Sud de l'Himalaya, à travers de multiples corridors, comme le Parc National Makalu-Barun, le Parc National Sagamartha, le Parc National de Langtang, et les aires de protection communautaires du Manaslu (MCA) et des Annapurna (ACAP). La réserve abrite une faune caractéristique de l'Himalaya: léopard des neiges, mouton bleu (naur ou bharal), thar de l'Himalaya, kiang ou âne sauvage tibétain. Elle protège également d'énormes réserves d'eau douce sous forme de glaciers qui alimentent les rivières Arun (tibétain: Bum Chu), Sun Kosi (tibétain: Mastang Chu) et Trisuli (tibétain: Kiorong Tsangpo) qui coupent la chaîne himalayenne et traversent le Népal. Elle protège même quelques espèces très rares au Tibet comme la civette palmiste de l'Himalaya, ours à collier et cerf musqué caractéristique des forêts humides de l'Himalaya, que l'on retrouve par exemple dans la vallée de Kangshung ou encore la vallée de Nyalam où passe la route de l'amitié.
Il faut acquitter des droits d'entrée pour accéder à la vallée de Tashi Gaon ainsi que le monastère de Rongbuck situé au pied de l'Everest, près de l'immense glacier de Rongbuk qui descend du Col Sud. Après le poste de contrôle, nous commençons à gravir les grands lacets qui mènent au col du Pang La (5200 mètres), d'où la vue sur la chaîne de l'Himalaya est particulièrement merveilleux. Nous décidons de monter sur la petit bosse au dessus du col, à 5265 mètres de haut selon Google Earth. La vue est encore plus saisissante depuis ce mirador, nous distinguons les sommets (d'Est en Ouest) du Chomo Lonzo, Makalu, Lhotse, Everest, Pumari, Gyachung Kang, Cho Oyu, Lapche Kang, et du Shishapangma.
Paysage au Nord du Pang La (vallée de la Bum Chu - Arun Khola)
Chaîne de l'Himalaya depuis le Pang La
Nous descendons ensuite jusque dans la vallée de Tashi après avoir découvert de charmants petits villages aux cultures en terrasse. J'ai été vraiment émerveillé par la vallée de Tashi, c'est une petite vallée très authentique où les signent du sacré tibétain comme Rigsum Gompo sont omniprésents. Les maisons aux murs de chaux sont très typiques, il y a de nombreux chortens disséminés un peu partout dans la vallée comme sur les pentes des sommets. On aperçoit les ruines d'un village proche de Rongbuk qui semble avoir détruit durant la révolution culturelle, puis le premiers grands sommet très alpins recouverts par les neiges éternelles.
Vallée de Tashi Gaon
Troupeau de moutons bleus ou "naurs"
Nous allons directement au camp de base pour touristes, situé un peu avant la moraine du glacier de Rongbuck, d'où l'on peut apprécier le plus haut sommet du globe. Il est difficile d'apprécier ses dimensions tant il semble encore loin de nous (25 km), en comparaison avec les sommets du Karakoram ou la face Sud du Dhaulagiri par exemple.
Camp de base de l'Everest et langue terminal du glacier de Rongbuk
Nous retournons sur nos pas et nous arrêtons dans un petit ermitage très charmant se trouvant entre le monastère et le camp de base, où ont été érigés de nombreux chortens. Nous sommes invités à descendre par une jeune fille tibétaine pour connaître une grotte de méditation illuminée à la bougie. Nous déjeunons ensuite sur Rongbuk et visitons les alentours du monastère pour prendre les photos typiques de l'Everest avec les chortens du monastère en premier plan. Nous rencontrons plusieurs troupeaux de moutons bleus dans la vallée sur notre retour.
Ermitage au dessus de Rongbuk:
Monastère de Rongbuk
Nous remontons le long de grands pâturages bien verdoyants en direction de l'Ouest où paissent de nombreux troupeaux de chevaux tibétains et de yaks entre les tentes de nomades juste en dessous du col de Lamna La, se délectant d'herbes bien grasses. Nous franchissons le col et empruntons le début de la longue descente vers la large vallée de Tingri, sous les dernières lueurs du jour. Nous prenons quelques photos du vieux village de Tingri dominé par l'ancien Dzong et arrivons dans notre guest house.
Réveil très matinal sous des températures très fraiches, il faut dire que Tingri est à plus de 4300 mètres d'altitude. Nous continuons de remonter la Bum Chu puis prenons plein Ouest vers la route de l'Amitié et la frontière Népalaise. Long arrêt pour prendre le petit déjeuner et le thé sur la route. Il y a des très nombreux Dzongs en ruines dans la vallée, qui gardaient les marches tibétaines de cette région limitrophe du puissant voisin Népalais
La vallée de la Bum Chu et ses dzongs en ruine:
Nous arrivons juste en dessous du Lalung La, col menant vers Nyalam et le Népal, mais filons à l'Ouest, vers de grandes étendues au Nord de la Chaîne du Shishapangma. Nous découvrons nos premiers troupeaux d'antilopes tibétaines et de kiangs dans les grandes prairies autour du lac Langjiang Tso. Il y a de charmants villages au loin. Nous arrivons ensuite sur les rives du lac Peiku Tso aux eaux turquoises. Nous nous y arrêtons deux bonnes heures et marchons sur ses rives magnifiques. Il y a des nombreux canards et oies sur les rives. De nombreuses traces de gazelles. Au Sud, nous découvrons toute la chaîne du Shishapangma. C'est un lieu sublime et très tranquille. Nous prenons notre temps. Et remontons doucement vers la jeep non sans avoir pris le temps de prendre plusieurs dizaines de photos.
Grandes étendues entre la Lalung La et le Peiku Tso, au Nord de la chaîne du Shishapangma
Troupeau de kiangs
Petits villages authentiques
Grandes étendues et Shishapangma
Berges du lac Peiku Tso, petite merveille du haut plateau:
Vous pouvez suivre mes photos sur ma galerie flickr en cliquant sur le lien suivant:
www.flickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/
Nous remontons le long d'un canyon et arrivons dans le Xinag de Gyerong, une vallée très proche de la frontière népalaise. La zone fermée au tourisme, se situe juste de l'autre côté des villages Gurungs népalais du Tamang Heritage Trail, entre Ganesh Himal et Langtang, au milieu de vastes forêts de pins de l'Himalaya. Je me demande bien quand la Chine ouvrira au tourisme la vallée qui semble restée très authentique selon les images satellites de Google earth.
Paysages au dessus du Peiku Tso:
Pour notre part, nous filons vers le Nord et traversons de grandes praires ou paissent des centaines de yaks, sur les berges du Drolung Tso. Nous franchissons un petit col et nous arrêtons au village dénommé Zebajiang (selon google earth). Répartition de ballons gonflables pour les enfants, et arrivons à la laide Saga. Le temps semble bien long durant l'après-midi. Pour les visiteurs qui répéterons l'itinéraire, Je vous conseille vraiment de prendre votre temps au lac Peiku Tso et y rester plusieurs heures pour apprécier la beauté des lieux, ou bien de traîner dans les ruelles de vieux Tingri au réveil. Il faudra dans ce cas vous contenter de biscuits pour le déjeuner.
Pâturages du Drolung Tso:
Descente vers le Yarlung Tsangpo
Nous comprenons que notre guide et notre chauffeur essayent d'arriver le plus vite possible à l'étape suivante pour se rendre durant des heures dans des bars à picoler... Ce ne sera que le débuts des emmerdes.
Vous pouvez suivre mes photos sur ma galerie flickr en cliquant sur le lien suivant:
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Le lendemain longue traversée vers le petit monastère de Chiu Gompa, sur les rives du lac Manarasovar. A vol d'oiseaux il y a plus de 370 kilomètres! Mais au final la route n'est pas si longue, les paysages sont magnifiques.
Nous franchissons immédiatement au Nord de Saga le col de Saga La a plus de 4800 mètres. Il y a beaucoup de yaks de part et d'autres du col, surtout de l'autre côté ou se situent de vastes pâturages au pied d'un sommet enneigé de plus de 6000 mètres. Nous avons quitté la vallée de Yarlung Tsangpo, pour éviter les plaines inondables durant la mousson. Sans doutes la zone de l'ancienne route qui devenait impraticable lors de pluies importantes.
Nous longeons de très belles rivières (Rukyok et Kyibuk Tsangpo, puis Men Chu) et des montagnes colorées sur les piémonts du Lumpo Kangri, un sommet enneigé de 7000 mètres de haut, et apercevons les ruines de vieux dzongs, sans doutes dévastées par les gardes rouges. Il y a de nombreux campements nomades Drogpas. La faune sauvage fait son apparition, on observe quelques gazelles et des kiangs dans les vallées les plus préservées.
Il y a un petit monastère au Nord un peu après le bourg de Dargyeling.
Ancien dzong
Belles rivières
Paysages colorés
Arrivée sur Zhandong
De grandes zones dunaires font ensuite leur apparition, nous arrivons au petit village de Drongpa Tradun et au monastère de Tradun Gompa (aussi appelé Jang Traduntse), que nous ne pouvons visiter. Il semble cependant complétement vide, du moins a cette période de l'année. Il abriterait un statue de Padmasambhava. Il est situé sur une petite bosse qui domine une vaste plaine où paissent des milliers de yaks! C'est une mosaïque de grandes prairies et de petits lacs, une grande zone humide formée par la confluence des rivières Tsar Chu et Yur Chu qui héberge l'un des meilleurs pâturages de cette région du Tibet. Une dizaine de kilomètres plus au Sud, nous devinons le Yarlung Tsangpo. Encore plus loin, c'est le Mustang, ancien Royaume de Lho qui me fascine et ou je compte me rendre au printemps 2012.
Monastère de Tradun Gompa
Mur de manu et cornes de yaks, vue vers le Mustang
Pâturages de Drongpa Tradun
Yarlung Tsangpo
Nous longeons ensuite le fleuve, passons Zhongba, passons le col de Soge La et arrivons par le haut aux fameuses dunes de Paryang, où nous arrêtons durant une demi heure pour prendre plusieurs clichés. La vue est splendide, au loin nous devinons un lac au bleu céleste sur le Yarlung Tsangpo, qui selon les cartes semble s’appeler Damqok Tsangpo dans sa partie haute. La chaîne de l'Himalaya se dévoile devant nous, marquant la frontière avec le Dolpo au Népal voisin. Nous distinguons un peu plus au Sud Ouest des sommets proéminents dont le Kubi Kangri qui fait forte impression du haut de ses 6859 mètres de haut. Il y a des grands pâturages au pied des dunes, c'est le village de Paryang où nous descendons maintenant déjeuner. Un village sans charme recouvert d’immondices, comme souvent dans ses villages perdus de l'Ouest du Tibet qui découvrent les méfaits apportés par "la modernité".
Nous continuons maintenant vers l'Ouest et traversons les grands pâturages de Paryang, traversés par de nombreux méandres du Yarlung Tsangpo et de ses affluents.
Champs dunaires de Paryang et village de Gacho en contrebas
Nous continuons toujours vers l'Ouest, la vue sur l'Himalaya est omniprésente comme les gazelles tibétaines et les kiangs. Nous apercevons bientôt une zone glaciaire vers le Sud où se trouve les sources du fleuve sacré, formé par les glaciers de Jema Yungdrung, Nganser & Gyama Langdzon. Nous arrivons au lac de Gangyu Tso situé après le col de Mayum La de 5200 mètres, lequel est précédé par un énième un check point. Ce lac est réputé pour ses eaux impropres a la consommation, tout comme le lac Langa Tso, voisin du Manarasovar. Il y a de grands troupeaux de kiangs.
Paysages entre Paryang et le Gangyu Tso
Troupeau de gazelles sur les berges du Gangyu Tso
Troupeau de kiangs sur les berges du Gangyu Tso
Paysages entre le Gangyu Tso et le lac Manarasovar
Puis nous arrivons dans les grandes prairies Nord du lac Manarasovar, terres nomades peuplées de yaks bien sur, mais aussi d'antilopes tibétaines ou chiru, gazelles et kiangs. Les lieux sont magnifiques, le mont Kailash trône littéralement sur les plaines, du haut de ses 6714 mètres. Nous comprenons bien pourquoi il s'agit du sommet le plus vénéré du globe, sa beauté est sans égale. Il est connu comme Gang Rimpoche pour les tibétains, le "précieux joyau des neiges. Une montagne vénérée par les fidèles hindous, pour lesquels "la montagne de Crystal" serait la demeure du dieu Shiva, ainsi que des Böns et des Jaïns. La forme pyramidale proéminente dut sans doute à l'origine de la vénération historique des adeptes des grandes religions du Sud Asiatique. C'est aussi le point de convergence des quatre plus grands fleuves du sous-continent:
- Le Senge Khabab (fleuve qui sort de la bouche du lion) ou Indus, grand fleuve sacré traversant le Ladhak, le Karakoram puis les plaines du Punjab. Sa source est située à deux jours de marche au Nord du Drolma La.
- Le Tamchok Khabab (fleuve qui sort de la bouche du cheval) ou Bhramapoutre, que nous longeons depuis plusieurs jours le long de la faille trans-himalayenne, sur les berges duquel est née la grand civilisation Yarlung. Il traverse l'Himalaya au niveau de la Namcha Barwa puis traverse les plaines fertiles de l'Assam avant de formé un delta commun avec le Ganges.
- Le Mapcha Khabab (rivière qui sort de la bouche du paon) ou Karnali, qui prend sa source au sud du lac, près de la ville tibétaine de Purang, avant de franchir l'Himalaya. C'est un des principaux affluents du Ganges.
- Enfin, le Langchen Khabab (rivière qui sort de la bouche de l'éléphant) ou Sutlej, affluent majeur de l'Indus. Il franchit l'Himalaya au Kinnaur indien. La grande civilisation Bönpo de Kyunglung est née le long des gorges de sa partie supérieure, puis du Royaume de Gugé qui fut le fer de lance de la renaissance du Boudhisme au Tibet.
Nous arrivons sur le monastère de Chiu très charmant, puis nous baladons sur les rives du lac Manarasovar ou Mapam Tso, un lieu (encore une fois) incroyable, pour changer... Au fond domine l’impressionnante Gurla Mandata ou Neno Nani couverte de glaciers éternels, pilier Nord Ouest du Népal de et la région de Humla - Karnali de plus de 7728 mètres de haut. Nous éprouvons un grand sentiment de paix et de tranquillité.
En été, le lac Manarasovar ou Mapam tso est quant à lui le point de convergence de nombreux pèlerins hindous, pour lesquels il représente le deuxième pèlerinage le plus important.
Lac Manarasovar et grandes prairies
Monastère de Chiu Gompa
Lac Manarasovar
Lac Manarasovar et Gurla Mandata
Grandes prairies dominées par le Mont Kailash
Mont Kailash
Coucher de soleil sur Chiu Gompa, petite merveille au pied du Kailash
Réveil matinal pour assister au lever de soleil sur lac Manarasovar. Il fait vraiment très froid, c'est d'ailleurs l'une des seules nuits fraiches de ce voyage au Tibet en novembre, avec celles sur Shegar, Tingri et Saga.
Lever de soleil sur le lac Manarasovar
Dernière vue sur Chiu Gompa
Un kiang pose pour nous avec le Kailash en toile de fond
Nous n'avons pas prévu de réaliser la Kora autour du Kailash, d'une part pensant qu'à cette époque le col de Drolma La serait enneigé - ce qui n'est absolument pas le cas - et pour privilégier plus de temps sur Kyunglung, et la route Nord pour le retour.
Nous avons donc décidé de nous approcher de la demeure de Shiva par le Sud et le monastère Drigung Kagyu de Gyandrak Gompa, situé sur la Kora intérieure du Mt Kailash. Il aurait été fondé il a plus de 800 ans sur le lieu où le fondateur de la religion Bön, Shenrab Miwoche, aurait réalisé divers rituels afin d'apaiser les esprits de la nature habitants les montagnes de la région. Le monastère actuel fut reconstruit en 1983. Il y a plusieurs yaks autours du monastère, un gypaète barbu nous survole.
Petite randonnée vers Gyandrak Gompa
Mais l'intéret pour nous est surtout un petit éperon derrière le monastère que j'ai repéré précédement sur Google Earth, qui devrait nous offrir la plus belle vue sur le Kailash. Il est situé sur l'arrête Ouest du Mont Yelakzung à l'altitude 5335 mètres environ. Il me semble d'ailleurs qu'aucun touriste ne se soit jamais rendu sur les lieux, je ne trouve absolument aucune photo depuis ce mirador. Il est vrai que les touristes délaissement habituellement la Kora intérieure pour la plus fameuse Kora extérieure. La marche est plutôt facile, mais le souffle plutôt court. Nous arrivons aux niveau de quelques drapeaux de prière, la vue s'ouvre face à nous, apparait le Kailash, magnifique. Je vous donne les coordonnées UTM pour identifier le coin sur Google Earth: 31°01'08"N - 81°17'29"E.
Vue sur le Kailash
Redescente vers Darchen
Nous revenons sur Darchen (un véritable dépotoir ou personne ne souhaiterait rester) pour retrouver notre guide qui n'a pas souhaité venir avec nous, prenons le déjeuner, puis filons vers l'Ouest et le village de Montser, où nous resterons pour visiter les hautes gorges de la Sutlej demain matin. Nous traversons de grandes plaines riches en faune, découvrons de belles montagnes colorées qui pourraient rappeler à certain Punamarca, puis arrivons a Montser, village sans gout qui semble avoir construit après la colonisation chinoise. Les prairies au Nord du village sont plutôt sympas, il y a de beaux troupeaux de yaks et de chevaux tibétains.
Paysages depuis la route entre Darchen et Montser
Village de Montser
Note:
Je vous conseille de dormir sur Chiu Gompa plutôt que l'horrible Darchen. Si vous le pouvez il serait préférable de camper, car les logement sont vraiment très simples mais tout à fait convenables. Il y a un petit guest house sur Montser asse basique.
L'objectif d'aujourd'hui est de visiter les sites de la haute vallée de la Sutlej, grand affluent de l'Indus qui prend sa source au Lac Manarasovar, juste au pied de Chiu Gompa.
Nous visitons d'abord le site sacré de Tirthapuri, un complexe généralement visité par les pèlerins après la Kora du Kailash lors de la Saga Dawa. Il y a un grotte où auraient médités Padmasambhava et Yeshe Tsogyel. On visite le petit monastère et les grand murs de mani et de nombreux chortens au milieu d'un badland et de hoodoos de couleur rouge. Le geyser ne produit plus aujourd'hui de jet impressionnant, il est de taille équivalente à ceux du Tatio dans l'Atacama Chilien.
Monastère de Tirtapuri
Mur de mani à Tirtapuri
Geysers de Tirtapuri
Nous descendons par la suite le long de la Sutlej. Nous longeons d'abords des prairies où paissent yaks et kiangs, puis pénétrons dans de très belles gorges jusqu'au monastère Bönpo de Gurugyam, l'un des plus importants de l'Ouest Tibétain. Il fut fondé au début du Xème siècle sur le site de méditation des grands maitres Böns Gyerchen Drenpa Namka, Tsewang Rigzin et Pema Tongdrol au temps de l'ancienne civilisation Zhang Zhung. La plupart de ses moines se trouvent aujourd'hui au monastère de Dolanji en Inde, après avoir fuit lors de l'invasion chinoise. On peut voir un loup et un léopard des neiges empaillés dans la salle d'assemblée du monastère. Pensez à réaliser la Kora dans le sens inverse des aiguilles d'un montre pour respecter la tradition Bönpo!
Haute vallée de la Sutlej juste en dessous de Tirtapuri
Monastère de GuruGyam
Nous continuons ensuite à travers de magnifiques gorges et arrivons sur le cite de Khyunglung, la mythique capitale de l'ancien royaume Bönpo de Zhangzhung.
Note: Je vous conseille de visiter à la journée les sites et de dormir un seconde nuit sur Montser. Il serait aussi judicieux de les visiter depuis Darchen ou plutôt Chiu Gompa, pour éviter le long (mais magnifique) transfert depuis Khyunglung vers Thöling dans l'après-midi. Il existe une route directe par les gorges entre Khyunglung et Thöling, il semble cependant qu'il ne soit pas possible de l'entreprendre légalement, mais certains chauffeurs l'aurait déjà emprunté ces dernières années.
Nous voici enfin arrivé sur Khyunglung. C'est apparemment ici que sont apparus les premiers sites habités du Tibet. Notre connaissance sur l'Ouest Tibétain est très limitée, cependant, la capitale du Royaume antique de Zhangzhung semble avoir hébergée près de 3000 habitants. Il semble que la cité fut édifiée près de 2800 ans avant l'ère chrétienne ! Des chroniques Bönpo retrouvées récemment tendent à montrer que l'Ouest Tibétain était alors connu comme le "Centre", alors que les régions aujourd'hui connu comme Ü-Stang, Amdo, Kham et Ladakh n'étaient que des régions périphériques. Zhangzhung aurait été le coeur d'un royaume puissant qui s'étendait du Ladhak aux régions centrales du Tibet. On s'interroge aujourd'hui quelle était la source d'alimentation de l'ancienne cité, il n'y a en effet aucune trace d'anciens champs capables de nourrir sa population, et les sites actuellement en culture ne pouvaient suffire à approvisionner la cité. Il reste encore de nombreux mystères à éclaircir...
La ressemblance architectonique avec les anciennes cités troglodytes néolithiques du Mustang est frappante, les paysages de deux régions sont marqués par des éléments géologiques en commun: des grands canyons, des paysages minéraux très colorés, des formations de hoodoos et de badlands.
L'histoire plus récente nous raconte que le grand roi Songtsen Gampo conquit le royaume et l'annexa à l'empire Yarlung, puis que lex esplorateurs Moorcroft puis Tucci un siècle plus tard redécouvrir les lieux quasiment déserts.
Il y a deux sites de vielles cités troglodytes à Khyunglung: la cité de Khyunglung Ngulkhar, la capitale de Zhangzhung et siège du palais d'argent, en rive droite de la Sutlej et 2 kilomètres en aval du nouveau village, et une petite cité périphérique située au dessus de la nouvelle gompa, à l'Est du village actuel, en rive gauche de la Sutlej.
Carte des lieux
Mon guide ne connaissait pas les lieux et pensait que Khyunglung était simplement la nouvelle gompa, nous avons dû lui expliquer qu'il s'agissait de la plus vielle civilisation sur le plateau tibétain. Nous nous sommes trompés et avons débuté par la visite de la cité périphérique, dans les badlands au dessus de la nouvelle gompa. Il y a de vieux chortens éventrés au milieu des nombreuses grottes creusées dans les formations argileuses. Le site est splendide. Mais nous nous rendons compte qu'il ne s'agit pas de Khyunglung, on croit deviner la cité de l'autre côté de la Sutlej.
Vielle cité périphérique au dessus de la nouvelle gompa
Prairies au dessus de la nouvelle gompa
Nous nous sommes cependant bien accrochés avec notre guide et notre chauffeur hier soir, il faut dire qu'ils nous exaspèrent de plus en plus. Ils ne souhaitent juste rentrer le plus tôt possible aux guests houses, et se rendent aux pubs dès que possible. Le guide es jeune est semble mal influencé par notre chauffeur qui ne souhaite en faire qu'à sa tête.
Je leur signifie que Khyunglung est située en contrebas mais tout deux semblent réticents à l'idée de nous laisser plus de temps sur place. Je suis assez déçu et nous nous contenter d'admirer les ruines de la légendaire cité depuis un promontoire sur la rive gauche de la Sutlej, au niveau de deux chortens. Il y a un pont suspendu métallique qui permet de franchir le cours d'eau. Il suffit ensuite de suivre le sentier jusqu'au pied des badlands en logeant les chortens et les murs de mani. Il faut accepter à contrecœur reprendre la route pour Montser puis Gugé, situé à plus de 3-4 heures de là. La visite nécessiterait au moins deux bonnes heures sur place. J'espère y revenir un jour pour arpenter les vieux chemin, tunnels et ces grottes habitées depuis près de cinq millénaires.
Mirador sur la cité de Khyunglung
Khyunglung
Vous pouvez trouvez plus d'explications sur les liens suivants:
Photos de l'expédition menée par Kim Bannister:
http://kyunglung.blogspot.com/
La route continue en rive Gauche de la Sutlej vers Thöling en passant par le sites de Dongpo Gon et de Dawa Dzong, qui abriteraient de vastes ruines et des monastères. Les paysages situés entre Khyunglung et Thöling semblent fascinants et il n'était pas clair s'il était possible d'emprunter cette route en toute légalité lors de ma visite, que j'aurais souhaité emprunter. Sur Google earth se trouvent diverses photos des membres d'une expéditions en rafting dans les gorges de la Sutlej, montrant d'autres sites troglodytes dans les gorges étroites de la rivière. Je suis certain que la région cache encore bien d'autres mystères, la proximité avec l'Inde et les enjeux militaires, ne permettent cependant pas pour l'instant d'explorer les environs.
Nous revenons ensuite sur Montser puis filons plein Ouest vers Ali.
Quelques photos de la route entre Motser et Thöling...
Nous passons un petit col et plongeons dans la vallée de la Gar Chu, le long de laquelle nous rencontrons de nombreux troupeaux de yaks, de kiangs et de gazelles.
Vallée de la Gar Chu
Nous prenons ensuite plein Sud pour emprunter une longue montée, puis franchissons les Gangdise Shan, une haute chaîne qui n'est que le prolongement de la chaîne du Ladhak vers le territoire tibétain. Nous observons plusieurs troupeaux de kiangs en contrebas du col.
Franchissement de la chaîne des Gangdise
La vue est sublime, nous découvrons la cuvette de Tsamda ou Gugé, enclavé entre les chaînes Himalayenne et des Gangdise. C'est un méli-mélo de canyon argileux, et l'un des nombreux géo-parques déclarés sur le territoire chinois. Nous découvrons la face cachée du Kamet, qui écrase les lieux par sa hauteur. Derrière le haut sommet se trouve la région indienne du Garwhal, plus à l'Ouest le Kinnaur. Au milieu du canyon s'écoule la Sutlej qui prend sa source sur le plateau, au lac Manarasovar.
Grand canyon de la Sutlej depuis le col et chaîne de l'Himalaya
Sommet du Kamet depuis le col
Nous traversons d'abord de hauts plateaux dorés au pied des Gangdise, puis descendons au milieu d'un spectacle géologique hors du commun, à travers canyon et falaises d'argile digne du grand canyon américain, c'est un spectacle époustouflant.
Paysages versant Sud des Gangdise
Entrée dans le canyon de la Sutlej
Nous franchissons la Sutlej et arrivons sur Thöling, autrefois monastère resplendissant aujourd'hui transformé en une vulgaire garnison militaire chinoise, toutefois nettement agréable en comparaison avec les villes de l'Ouest tibétain.
Suivant le même critère que pour Khyunlung, je poste des photos en masse de Gugé, afin de combler le manque d'information concernant cette région isolée du Tibet sur la toile, peut être la plus fascinante du monde tibétain... La plus méconnue sans nul doute.
Nous sommes maintenant au cœur du Grand Canyon de la Sutlej, au milieu d'un labyrinthe formé par l'action millénaire de l'érosion éolienne et de l'eau. C'est un délire minéral, au milieu duquel s'est épanouit un royaume tibétain puissant, qui fut le siège de la renaissance du bouddhisme sur le plateau tibétain, le fameux et mystérieux Royaume de Gugé.
Afin de situer Gugé sur la flèche du temps, il est nécessaire de revenir à la dynastie Yarlung et à l'assassinat de Tri Rapalchen, Troisième Grand Roi religieux du Tibet par son frère Langdarma. Ce dernier aurait été un fervent adepte de la religion Bön et aurait à son tour été assassiné en 846 par un moine boudhiste en cette période marquée par des conflits et des persécutions entre les deux camps. La mort Langdarma ne marque pas seulement la chute du grand empire Yarlung, mais également la fin du premier age d'or du bouddhisme sur le plateau tibétain.
Face à l’impossibilité de mettre un terme aux rébellions qui s'ensuivirent, un descendant du dernier souverain s'enfuit vers l'Ouest du Tibet pour se réfugier dans l'enclave de Purang, dans la haute vallée de la Karnali, juste au Sud du lac Manarasovar. Nyemagon fonda le premier Royaume de Purang en 912 par des liens matrimoniaux avec l'une des famille de l'aristocratie de l'ancien Zhang Zhung, soumit par le fondateur de la lignée Yarlung, le grand Songtsen Gampo. Il prit rapidement le contrôle de l'ensemble du territoire de Ngari. A sa mort, le Roayume fut partagé entre ses trois fils: Palgyigon prit le pouvoir sur le Maryul, connut aujourd'hui sous le nom de Laddakh, Detsungon le Zanskar, et Tashigon le territoire s'étendant sur Purang et Gugé. Ainsi naquit ce royaume oublié qui avec le temps, étendit son influence sur les régions voisines du Maryul, du Zanskar, de Rutok, de Ngari, et certainement même jusqu'au Mustang selon des études récentes.
La grande renaissance du bouddhisme émergeât depuis Thöling, capitale du Royaume de Gugé, sous Yeshe Ö, fils de Tashigon. Nous reviendrons sur cette partie de l'histoire un peu plus tard, concentrons pour le moment sur la citadelle de Tsaparang, située 26 kilomètres en aval de la capitale de de Yeshe Ö.
Suite à de nombreuses guerres avec les souverains Qarakhanides du Taklamakan, puis l'hégémonie Sakyapa durant la période mongole, qui aura conduit à la séparation des parties Nord et Sud de Gugé, le roi Namgyelde puis son fils Puntsokde revitalisèrent Gugé, suite à la chute de Sakya marquée par la montée du courrant Phagmodrupa au Tibet Central.
La citadelle troglodyte de Tsaparang (et ses réseaux de tunnels excavés dans l'argile) fut établie par Puntsokde, lors de l'érection des monastères de Loteng et de Dreteng, situés respectivement en bas et en haut du piton d'argile.
L'age d'or de Tsaparang coïncide avec les règnes de Lobzang Rabten puis de Jikten Wangchuk de la fin du XVème siècle au milieu du XVIème siècle, qui marque également l'apogée de l'école Gelugpa.
La citadelle fut sans doute ravagée par une armée du Laddakh en ce temps alliée au Royaume de Rutok, ce qui marquât la chute totale de Gugé. Lors de sa viste de Tsaparang en 1624, l'explorateur jésuite Portugais Antonio de Andrade fut témoin des dernières années de Gugé, qui semble s'être effondrée un cinquantaine d'année plus tard. Alors que Tucci découvrit des ruines particulièrement préservée, la citadelle actuelle ne fit pas exception, et fut complètement ravagée par les gardes rouges lors de la révolution culturelle chinoise.
Elle héberge cependant certaines des peintures murales les plus fines et les plus anciennes de style tantrique, et à l'influence des cultures Cachemirie et de Dunhuang.
érigée au dessus de la Sutlej, dans un cirque minéral qui s'insère au cœur des magnifiques gorges de la Sutlej, la ville prospéra de part sa situation sur l'une des routes de commerce entre l'Inde, le Cachemire, le Tibet et la route de la Soie plus au Nord. A son apogée la ville était une étape caravanière importante, peuplée par plusieurs milliers de personnes vivant principalement dans un complexe de grottes troglodytes reliées par un réseau de tunnel creusés dans l'argile.
Vallée de la Sutlej entre Thöling et Tsaparang
Monastère et chorten de Dolma Lhakang
Vue d'ensemble de la citadelle d'argile depuis le bas
Immédiatement au dessus de la caisse, tenu par une famille tibétaine fort peu sympathique, nous grimpons vers les monastères de Lhakang Karpo (ou Monastère blanc) et de Lakhang Marpo (ou Monastère rouge). Le premier protégeait jusqu'aux années 1960 de belles statues en terre cuite des huit Bodhistavas qui furent détruites par ces maudits gardes rouges après cet accès de folie de Mao. Il contient les restes de peintures qui mériteraient une restauration très urgente, dégradée par le temps et les chinois. Elle s'apparenteraient fortement aux peintures du monastère d'Alchi au Laddhak voisin. Il n'est malheureusement pas possible de prendre des clichés dans le monastère.
Lakang Karpo
Le Lakhang Marpo fut fondée par la reine Dondrubma, épouse de Lobzang Rabten au XVème siècle. La porte d'entrée est cernée par des cintes de bois d'acacia aux motifs indiens sculptés par des artisans cachemiris, représentant notamment des éléphants d'Asie, démontrant la forte influence indienne et les relations étroites avec les régions sub-himalyennes avec Gugé. Les peintures des 35 bouddhas de la compassion sont également en mauvais état , tout comme le stupa central et la fresque qui fait le tour des murs du monastère. Les peinture du haut sont cependant plutôt bien conservées; elles représentent divers bouddhas (bouddha médecin...) et diverses figures importantes du boudhisme tantrique (Tara verte, Avalokitesvara, Padmasambhava, un protecteur...). Le plafond en bois entièrement peint, représente des motifs géométriques et floraux.
Face au temple rouge se trouve la petite chapelle de Yamatanka.
Nous apprécions en contrebas les grottes troglodytes sur les flants des collines des alentours, qui contiennent encore aujourd'hui des ossements humains
Grottes troglodytes au pied de la citadelle
Nous continuons la montée vers le haut de la citadelle, à travers les ruines de murs de briques et de grottes troglodytes identiques à celles qui se trouve au Mustang, au dessus de Nyphu par exemple. Elles contiennent généralement deux à trois pièces et de petits rebords qui devaient permettre de ranger divers objets. La grande majorité e dispose pas de conduit afin d'évacuer la fumée, sont donc noircies par la fumée de feu de bois.
Montée vers la citadelle
Architecture caractéristique des grottes troglodytes de Tsaparang
Certaines grottes fermées, comportent des peintures magnifiques, marquée notamment par le bleu caractéristique du Cachemire
La montée continue à travers les ruines de murs d'habitations, d'anciens magasins et de grottes troglodytes.
Montée vers la citadelle
Nous traversons par la suite la montagne par un tunnel creusé dans la roche, qui séparait la partie haute réservée à la famille royale, de la partie basse de la citadelle, où vivait le peuple. Il s'agit de l'unique voie menant à la partie haute, complètement protégée des falaises sur les autres flancs du piton d'argile qui s'élance au dessus de la Sutlej.
Citadelle en dessous du tunnel. On distingue les fenêtres du Palais d'hiver
Tunnel donnant vers la citadelle
La partie haute abrite les Palais d'été et d'hiver, ainsi que le temple de Demchok construit au XVIème siècle pour la famille royale. Il abritait autrefois un petit mandala tridimensionnel et ne présente guère d'intérêt. Si je n'ai pas trouvé son entrée, la citadelle renferme un palais d'hiver troglodytes, situé au cœur de la montagne, 12 mètres sous terre. Il comporterait selon les guides sept pièces excavées dans la montagne, dont les fenêtres ouvrent vers la face Ouest de la citadelle.
Anciens édifices de la citadelle
Monastère de Demchok
La vue depuis la citadelle est magnifique, les ruines particulièrement attractives...
Je viens de découvrir (et parcourir rapidement) ton post. Mais j'y reviendrai pour lire ton texte en intégralité (je reconnais ne l'avoir que survolé pour l'instant)
Merci pour ce voyage magnifique. Les photos sont extra
Thierry
On dit souvent "Fermez la porte, il fait froid dehors !" Mais une fois la porte fermée, il fait toujours aussi froid dehors.
Nous visitons dans l'après-midi, après la visite de Tsaparang, le monastère de Thöling.
L'ancienne Thöling est aujourd'hui une garnison chinoise installée afin de contrôler la zone de Tsamda limitrophe de l'Inde et du Kinnaur voisin. C'est une route historique de commerce entre le sous-continent indien et le Tibet, qui se prolonge vers le Taklamakan et la route de la soie. Il s'agit donc d'une faiblesse dans la chaîne himalayenne, une zone clé que la Chine et l'Inde contrôlent méticuleusement. Selon Google Earth la frontière ne semble pas clairement définie et les deux nations auraient des revendications sur le territoire en question. C'est également le point de passage de tibétains exilés en Inde, qui retournent vers leur mère patrie tibétaine. Notre guide a d'ailleurs été emprisonné durant 6 mois dans les geôles de Thöling à son retour d'exil...
Aujourd'hui petite ville moderne reposante et nettement plus attrayante que les "villages poubelles" de l'Ouest tibétain, Thöling abrite le fantastique monastère éponyme. La vielle ville a été complètement détruite, sans doute sous l'impulsion de Pékin. Il n'en reste que les ruines de quelques chortens à l'Ouest de l'ancien monastère, et le grand chorten de Serkhang situé à son entrée, à l'Est.
Thöling, c'est le plus grand monastère de l'Ouest du Tibet ou Ngari. Ayant exercé une influence considérable sur le style culturels de très nombreux monastères laddakhis, dont les très fameux monastères d'Alchi au Laddakh ainsi que de Tabo au Spiti, il connut son age d'or sous le règne de Yeshe Ö, descendant de la dynastie Yarlung, grand protecteur du bouddhisme, qui invitât à sa cours de grand maîtres indiens pour entreprendre le rétablissement du bouddhisme sur le Tibet. Thöling était alors la capitale du puissant Royaume de Gugé, qui contrôlait les territoires lointains du Mustang, mais surtout du Laddakh (connu comme Maryul) et le Zanskar. Son influence était telle que Yeshe Ö convaincu d'abord le grand maitre Atisha de se rendre à sa cours Grand Maître Atisha en 1042, originaire du Bengale, et des monastères de Nalanda et de Vikramasila afin d'entreprendre la afin de répandre le message du Dharma au peuple tibétain..
Yese Ö envoyât également de nombreux érudits tibétains comme Nagtso étudier à Nalanda, autrefois principale université du Royaume Pala qui gouvernait sur la région du Bengale indien, afin de traduire des milliers de textes en langue tibétaine. Mais la renaissance du boudhisme est surtout le fruit du grand traducteur tibétain Rinchen Zangpo qui partit étudier au Cachemire, et entreprit la construction de dizaines de monastères sur les territoires contrôlés par Gugé au début du XXème siècle.
Ringchen Zangmo était le grand abbé de Thölong lors de l'arrivée d'Atisha, qui aurait été particulièrement impressionné par la splendeur du monastère de Thöling et la ferveur des habitants de Gugé. Atisha fut le fondateur de la secte Kadampa, connut par sa forte tradition d'austérité, aujourd'hui à la base de l'école Gelugpa.
Alors le site culturel majeur du plateau tibétain et centre de la renaissance du bouddhisme lors de sa deuxième diffusion, le centre de gravité de Gugé se déplaça peu à peu vers Tsaparang au fil du temps.
Le monastère était autrefois un complexe de six chapelles ou Lakhangs, le Serkhang ou Temple d'Or fut entièrement rasé durant les ravages de la révolution culturelle, à l'image du fameux monastère de forme de mandala.
Le Dukhang ou salle d'assemblée, également connu comme le temple rouge, contient les plus anciennes peintures sur le site de Thöling. Elles ne seraient pas les peintures originales mais seraient l’œuvre de restauration vers le XIIIème siècle. On dénote le style Néwari du fait de la présence de motifs floraux, mais surtout Cachemiri, caractéristique du style diffusé sous Ringchen Zangpo. Les peintures sont merveilleuses, mais ont été malheureusement endommagées par les précipitations, et sont aujourd'hui partiellement recouvertes par la boue. On peut observer des peintures de protecteurs, des quatre rois protecteurs, de divinité en union sexuelle, ainsi que de personnages historiques tels que Ringchen Zangpo, Atisha et Yeshe Ö. Il y a un besoin urgent de restaurer ces trésors, témoins de l'influence passé de Gugé et de son style unique fort caractéristique.
Clichés de la chapelle de Dukhang (la grande salle d'assemblée)
Peintures murales du Dukhang, dont le style m'était méconnu jusque là
Salle d'Assemblée, Dukhang
Tangka du Dukhang
La Lakhang Karpo ou Temple Blanc, était autrefois très connu pour ses fameuses statues de déités en terre cuite, toutes ont cependant été détruites par les gardes rouges durant la révolution culturelle. Le monastère héberge de magnifiques peintures et motifs géométriques du XVème et XVIème siècle, dont certaines semblent avoir été restaurées dans un passé récent. Le plafond peint en rouge, est fait de bois de déodar.
Les cuisines du monastère actuel
Le Lhakang Karpo ou Temple Blanc
Le Shakyamuni du Lhakang Karpo
Détails de la porte d'entrée, Lakhang Karpo
Architecture extérieure du Lakhang Karpo
Enfin, le troisième monument majeur du complexe monastique, qui était même sa pièce maitresse, fut complètement rasé par les gardes rouges. Le bâtiment actuel correspond à la restauration des ruines, datant des années 1980. C'est un monastère en forme de mandala, qui n'est pas sans rappeler Samye, quatre chortens sont situés à chaque points cardinaux.
Je n'ai pas eu la possibilité de visiter ce monastère, mais la littérature fait mention que les peintures murales de deux petites chapelles particulièrement esthétiques aurait survécu au massacre. Il serait à ce jour en restauration.
Architecture extérieure du Lakhang Karpo
Le monastère de Neten autrefois splendide, fut aussi complètement rasé.
Nous avons eu l'occasion de visiter les cuisines actuelles du monastère, qui n’hébergerait plus qu'une trentaine de moines.
Il est fortement recommandé de visiter les monastères muni d'une lampe torche de forte intensité, afin de pouvoir contempler les peintures murales dans l'obscurité.
Nous sommes restés longtemps à côté du mur de mani au dessus de la Sutlej, situé sur la Kora du monastère. Un lieu agréable où j'ai pris du temps pour bouquiner, regarder les vielles mamies faire des tours et des tours sur le chemin de kora, et prendre de belles photos des lumières de fin d'après-midi.
Vieux chorten érodé, Thöling
Monastère en mandala de Yeshe Ö depuis la Kora, Thöling
Mur de mani et monastère de Serthang au loin depuis sur la Kora de Thöling
Chortens sur la Kora de Thöling
Lumières sur le chorten de Serthang, au dessus de la Sutlej
Vallée de la Sutlej
Pèlerine sur la kora de Thöling
Golden Hour sur le chemin de kora de Thöling
Chorten de Serthang, situé à l'entrée Est du monastère de Thöling
Pour cette dernière journée dans le comté de Tsamda, nous nous rendons à deux magnifiques villages totalement oubliés par les rares touristes qui se rendent à Gugé: Piwang et Dungkar. Il y a trois chemins depuis Thöling qui mène vers Dungkar et Piwang.
1- Remonter la route qui vient de Darchen, pour sortir des gorges et arriver sur les petits plateaux durant 23 kilomètres. Au niveau du croisement (UTM 31°37'51.39"N - 79°53'20.80"E - 4632 m), juste avant d'emprunter la traversée vers l'Est sur les plateaux au pied des Gangdise, ne pas prendre continuer la route fraichement asphaltée en direction de Darchen, mais prendre à gauche, pour continuer vers l'Ouest sur le plateau, sur une piste en très bon état. On arrive une vingtaine de kilomètres environ plus loin à un croisement (UTM 31°35'25.30"N - 79°53'35.32"E - 4614m), après le franchissement d'une petite gorge. Prendre à gauche pour descendre dans le canyon, puis arriver à Dungkar situé 8 kilomètres plus bas, en empruntant une piste plus mauvaise.
2- La route principale. Depuis Thöling, traverser la Sutlej par le pont de Thöling comme pour retourner vers Darchen. Juste après les cultures en serre, prendre un chemin secondaire en terre (31°29'51.80"N - 79°47'57.49"E - 3706m). La piste continue vers l'Est sur 2 km avant de s’engouffrer dans une vallée au milieu des falaises d'argile, où coule un petit ruisseau descendant des Gangdise. Une dizaine de kilomètres plus loin, suivre la piste principale qui emprunte maintenant la remontée d'une vallée secondaire, plein Nord, alors que la vallée précédente prend la direction Est. C'est pourtant le chemin le plus court qui mène à Piwang, mais ne peut être remontée qu'à pied (*). Nous sortons du canyon, observons quelques campements nomades, puis arrivons à un second croisement (31°43'0.62"N - 79°45'4.73"E - 4275m). Suivre la route principale plein Nord mène vers Ali - Ngari, et franchit les Gangdise par une piste. Il faut prendre à droite vers l'Est, et monter par une piste au dessus du canyon. Nous arrivons à un mirador spectaculaire sur le Grand Canyon de la Sutlej puis redescendons pour arriver sur Piwang.
3- Il y aurait une troisième route qu'emprunterai les tracteurs, peut être la remontée de la vallée mentionnée plus haut (*). C'est du moins l'information sur le Tibet Footprint...
Je vous laisse admirer les paysages fantastiques sur les clichés suivants.
La carte des lieux
Remontée du canyon sur la route principale qui mène à Piwang
Sortie du canyon
Le Grand Canyon de la Sutlej depuis le mirador
On peut apercevoir les champs de Piwang à l'Est depuis le mirador
Piwang est un village troglodyte très rarement visité par des visiteurs étrangers, situé dans une vallée en contrebas des plateaux Sud des gangdise, et au juste au dessus du Canyon de la Sutlej. La vallée comporte plus de 2000 grottes, certaines d'entre elles possèdent des peintures murales absolument délicieuses. Si ces peintures sont datées de l'époque du souverain de Gugé Yeshe Ö, la vallée fut occupée depuis le néolithique. La découverte d'un site de sacrifice ainsi que des 26 tombes exhumées lors d'excavations récentes met en lumière l'occupation de la région depuis la période Zhangzung, il y a plus de 2000 ans. Il ne fait cependant aucun doute qu'elle abriterait encore de très nombreux trésors inexplorés, d'ailleurs, de nouvelles exploration mettent à jours des vestiges chaque année, comme ce masque en or retrouvé l'année dernière par une expédition archéologique chinoise.
Piwang est édifié sur un promontoire rocheux dominant une vallée qui descend des Gangdise. Il y a plusieurs centaines de grottes excavées sur les 4 versants de la colline, au sommet de laquelle fut édifié le monastère Sakyapa de Karzakh Lhakhang, à la période de Yeshe Ö. C'est un lieu qui semble avoir été important pour les souverains de Gugé, il fut notamment le lieu du couronnement du Roi Phuntsokde. Ses peintures d'origine ont malheureusement été perdues, les peintures actuelles ne représentent d'ailleurs aucun intérêt.
Si les grottes semblent être aujourd'hui totalement inhabitées, elle sont encore aujourd'hui utilisées pour stocker le fourrage pour les bêtes, nécessaire pour passer les longs mois d'hiver. Le village actuel a été construit dans la vallée, juste au pied du promontoire. Certaines des grottes comportent de très belles peintures murales, parmi les plus anciennes de l'Ouest tibétain, fortement marquées par l'influence de Dunhang, un site de grottes bouddhistes remarquable situé sur la Route de la Soie. C'est le témoin indéniable de l'importance passée de Gugé, parfaitement placé sur une route caravanière très active. Il semble que les relations économiques et culturelles entre les deux régions était florissantes à l'apogée de Gugé, dernière étape avant le franchissement des terres inhospitalières du Chang Tang puis des Kunlun.
il me semble opportun de souligner la ressemblance des grottes est frappante avec celle visitées hier sur Tsaparang, mais également avec les villages troglodytes du Mustang.
Nous n'avons malheureusement pas pu visiter les grottes cadenassées, qui renferment les peintures. Il n'est pas forcément évident de trouver le gardien des clés, ne comptez en tout cas pas pour sur votre guide pour vous appuyer dans cette tâche. Le notre n'a pas semblé très intéresse par les lieux.
A moins de 3 kilomètres de Piwang se trouve le village de Dungkar.
Le village actuel s'étend sur les berges de la rivière, en fond de vallée. Il y a divers monuments au dessus du nouveau village.
En rive gauche de la rivière, au Sud du village, se trouve une série de chorten de style Bengali sans doute inspirés des chortens du monastère en forme de Mandala de Thöling.
En rive droite de la rivière, au Nord du village, se trouve les deux principaux sites de Dungkar. Le monument le plus récent est le monastère de Tashi Choling, construit par le moine Ngawang Drakpa au XVème siècle, un élève de Tsongkhapa, le fondateur du courant Gelugpa. C'est un petit monastère perché en haut d'une falaise, au dessus de la rivière.
Mais le site le plus intéressant, du moins pour les amoureux du Tibet ancien, est l'ancienne forteresse de Dungkar. Il s'agit également d'un complexe troglodyte sur un piton rocheux s'élevant au dessus de la vallée. Il y a plusieurs grottes sur les parties basses de la forteresse, qui servent aujourd'hui comme sur Piwang, à entreposer le fourrage pour les animaux. La partie haute du complexe contient les sites les plus intéressants. On y accède à travers un tunnel taillé dans la roche dans la montagne, qui n'est pas sans rappeler le tunnel de la forteresse de Tsaparang.
Le monastère situé en haut du promontoire serait attribué à une fille de Yeshe Ö (Xème siècle). Il y a diverses chambres palatiales, le lieu ayant été la capitale de Gugé avant Tsaparang. On trouve de nombreuses statues dans les ruines, certaines en métal, d'autres en terre cuite.
Mais Dungkar est surtout fameux pour ses trois monastères troglodytes, qui contiennent les peintures les plus anciennes du Tibet de l'Ouest. Leur style est très différent du style caractéristique de Gugé, que l'on retrouve à Thöling par exemple. L'influence de Dunhuang s'exprime très clairement dans chacune des grottes, à travers le bleu clair que l'on ne retrouve nul part sur le plateau tibetain.
Une première grotte possède des peintures de neufs grands mandalas, la seconde mille représentations de Tara, la dernière mille représentation de Shakyamuni.
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I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...