Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo)

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Original post
ZY
Je souhaiterais partager avec vous un bref compte rendu de mon expérience lors de mon voyage au Tibet en novembre de 2011. Pourquoi si tard? Je ne suis pas adepte de comptes rendus de voyage, mais il me semble nécessaire de prendre du temps de faire profiter à d'autres voyageurs de mon expérience, mes conseils, mes recommandations, du fait des nombreuses interrogations suscitées par la complexité de voyager au "Pays des Neiges." J'ai eu moi même beaucoup de mal à trouver une agence fiable, bon marché, basée au Tibet et administrée 100% par des tibétains. Je n'ai d'ailleurs pas trouvé d'information très fiable sur le forum pour construire mon voyage, il me semble donc juste de pouvoir faire profiter même très tardivement au forumistes qui souhaitent découvrir cette merveilleuse région du globe.

Le plateau tibétain, situation géographique et géopolitiques

Le plateau tibétain est un immense plateau qui s'étend entre les Monts Kunlun, au Nord, le Karakoram, à l'Ouest, et l'Himalaya au Sud. L'est du Tibet est constitué de nombreuses chaînes chaotiques entre lesquelles s’engouffrent les plus grand fleuves d'Asie de l'Est et du Sud-Est: Mékong, Yang Tse Kiang, Salouen, Irrawady. Il est s'est formé par la collision de la plaque Indienne et de la plaque eurasienne. Son altitude varie considérablement selon la région: les vallées du Tsang sont situées à moins de 4000 mètres d'altitude, alors que les grandes étendues de l'Est et du Nord (Ngari, Chang Tang) s'élèvent à plus de 4500 mètres. Le plateau Aksai Chin aujourd'hui sous dominion chinois atteint même des altitudes de plus de 5500 mètres. La zone du canyon de la Sutlej ou Zanda - Tsamda, dans lequel s'est développé le mythique royaume de Gugé, est pour sa part située un peu plus bas que les hauts plateaux au pied du Kailash (3700 mètres), tout comme les grands espaces de l'Amdo, connus pour ses grandes plaines verdoyantes l'été (3000 mètres).



Le Tibet est littéralement le château d'eau de l'Asie, nécessaire à la survie de plus de 2 milliards d'êtres humains. Outre les fleuves cités plus haut, qui s'écoulent tous vers le Sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est, l'Indus, la Sutlej et le Bhramapoutre prennent tous leurs sources dans les plaines situées au Nord de la chaîne de l'Himalaya, traversent parfois des centaines de kilomètres le long des failles géologiques, avant de franchir les plus hautes chaînes montagneuses du monde à travers des gorges vertigineuses avant de rejoindre les grandes plaines du sous continent indien.



L'immensité du haut plateau fait que le Tibet comprend des paysages et des climats très diversifiés. Les plateaux de l'Amdo connaissent une saison de pluies abondantes l'été et des précipitations fréquentes hors de la saison, transformant ces hautes plaines en de grands pâturages où paissent de grands troupeaux de yaks notamment autour de Labrang, et s'étendant en partie sur le Gansu, le Nord du Sichuan et la partie Nord-Est de l'immense Qinghai. La région Ü-Tsang est constituée de massifs et de chaînes arrondies et entrecoupées par de vastes vallées arrosées durant l'été, la mousson traversant l'Himalaya jusqu'au début de l'automne (octobre, même si les "queues" de mousson se produisent maintenant parfois encore plus tard dans la saison). L'automne est une superbe saison pour la lumière, les températures n'ayant pas encore chuté, et le ciel souvent bien bleu pour le plus grand plaisir des photographes. Au contraire, l'été est très pluvieux, et connaît souvent de grandes crues dans la vallée du Yarlung Tsangpo connu comme le Bhramapoutre lorsqu'il arrive dans l'état indien de l'Assam après avoir franchi l'Himalaya au pied de la Namcha Barwa. Du fait de sa latitude très méridionale, Lhasa est une ville aux températures plutôt chaudes l'été, ayant même des températures plus clémentes que la glaciale Pékin en hiver, bien loin des clichés. En revanche, les grandes étendues du Ngari, du Chang Tang et la région des lacs est une terre inhospitalière qui connaît des températures glaciales durant une grande partie de l'année. Le Chang Tang et le Nord-Ouest du Qinghai sont traversés par un grand plateau désertique enneigé une grande partie de l'année et abritant de grandes populations d'antilopes et de gazelles tibétaines, et même les derniers yaks sauvages. Il n'est pas rare d'observer des loups tibétains lors du voyage en train entre Xining et Naqchu, suivant la grand migration des antilopes vers la réserve de Kekexili. La cuvette de Gugé est un monde minéral bien particulier qui connaît également la moisson en été et des températures plus chaudes l'automne et l'hiver. Le pays Podpa est très arrosé l'été et connaît même un climat subtropicale, abritant de grandes forêts malheureusement surexploitées par les chinois, juste au Nord de la Grande Boucle du Yarlung Tsangpo, au fond de la plus haute gorge au monde. Enfin, le Kham qui est entièrement situé dans la région administrative du Sichuan, est la partie la plus pluvieuse du Tibet, entrecoupée de larges vallées partiellement boisé par de belles forêts de conifères, et des forêts subtropicales de bambous dans les piémonts à son extrême Est.

Il faut d'ailleurs bien distinguer l'entité culturelle et géographique du Tibet de la Province administrative du Tibet ou TAR (acronyme pour Tibet Autonomous Region), cœur de la civilisation tibétaine dans laquelle se trouvent les grandes villes Lhasa, Gyantse ou encore Shigatse en rapide processus de sinisation. Siège de grandes transformations culturelles, c'est aussi une zone de grandes ressources minières dont l'exploitation devrait s’accélérer avec le développement de la voie ferrée. Elle est le lieu de grands changement démographiques et culturels, avec la colonisation des peuples Han ou sinisation, et oubli de la culture monastique et plus globalement tibétaine sous l'effet de programmes de sinisation massifs orchestrés par le Gouvernement central de Pékin. Autour, les parties tibétaines des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu ont pour le moment réussi à préserver leur culture et traditions millénaires, c'est à mon sens le but de tout voyageur désirant découvrir le vrai Tibet aux traditions souvent encore intactes, Lhasa étant la destination de voyageurs souhaitant plutôt connaître le patrimoine et la richesse exceptionnelle du Tibet historique qui ont fleuri durant la main-mise des ordres Sakyapas puis surtout Gelugpa.



Je souhaiterais d'ailleurs rappeler à tous voyageurs que si les zones tibétaines du Sichuan, Qinghai et Gansu souffrent parfois de fermetures au tourisme sans préavis de l’administration chinoise, ce sont pas des zones à l'accès limité au contraire de la province administrative du Tibet ou TAR, où sévissent les contraintes sous forme de permis contraignants. Il est donc tout à fait possible de visiter les vastes régions tibétaines du Kham et de l'Amdo depuis Kunming, Chengdu ou encore Lanzhou ou Xining, sans devoir incorporer un groupe de même nationalité et autres formalités décourageantes pour le touriste désireux de se rendre au Tibet.

Voici quelques photos des différentes régions culturelles du Tibet:

L'Amdo (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)









Je vous invite à découvrir également l'album de mon ami David Ducoin, guide conférencier spécialiste du Tibet et de l'Himalaya, qui accompagne de nombreux voyages chez l'agence de trekking Allibert: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157622933215210/ David cherche chaque année à construire de nouveaux itinéraires innovants, dans des régions en dehors des sentiers battus.

Le Kham (copyright Landofsnows http://www.thelandofsnows.com/)







Les albums de David son éloquents, le Kham est une région authentique, aux traditions bien vivantes, au contraire du Tibet Central ou Ü-Tsang en fort procesus de sinisation: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157633185430516/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634500911919/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157634864963193/ http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157625651289151/

Le Far Ouest Tibétain (photos personnelles)













Il faut également jeter un œil sur l'album de David sur la Kora du Kailash durant la Saga Dawa: http://www.flickr.com/photos/tribuducoin/sets/72157630318582852/

Je ne poste pas de photos du Tibet Central ici, étant donné que vous pourrez observer de nombreuses photos de cette région au cours de la lecture de ce récit.

Voici les liens d'images des cartes utilisées dans ce post: http://image.chinatour360.com/map/tibet.jpg http://www.yowangdu.com/...Orgplateaumap_lg.jpg http://tibetantrekking.com/.../Tibet-Map-Large.jpg
ZY
Objectif de mon voyage

J'ai longtemps hésité sur l'itinéraire de mon voyage, et pensais initialement débuter depuis Chengdu, remontant la vallée du Mekong et la région du Kham avant de traverser le pays Podpa, le Tibet historique et de terminer par une longue boucle dans le Far Ouest tibétain. J'ai finalement du me résoudre à écourter l'itinéraire pour visiter seulement le Ü-Tsang et le Ngari, avec un petit séjour dans l'Amdo en fin de séjour, préférant voyager au Pakistan durant 3 longues semaines auparavant. Vous retrouverez d'ailleurs le compte rendu de ce merveilleux voyage sur voyageforum dans la rubrique Pakistan ou en cliquant sur le link ci-dessous: http://voyageforum.com/...l-pakistan-d6190126/

Vous pourrez retrouver les photos sur ma page flickr: http://www.flickr.com/...s/72157630861279040/

J'ai surtout eu la chance d'être accompagné par mon amie Valentine durant l'intégralité du voyage, ce qui en plus de diminuer les coûts, m'a permis de partager ces moments forts et ces paysages magnifiques avec une amie d'enfance. L'itinéraire a été quelques peu modifié du fait du grosse gastro dans le train entre Pékin et Lhasa et d'un arrêt forcé à l’hôpital sur Xining (ne JAMAIS, j'ai bien dis JAMAIS boire de l'eau du robinet en Chine, même si Pékin à l'air d'une ville développée) et de prévisions de mauvais temps dans le Chang Tang. Je vous présente l'itinéraire , prévu sur le papier et que nous avons pratiquement suivi à la lettre.



Complexités administratives et choix de l'agence locale

Après de très longues recherches et les conseils avisés de l'auteur du blog kekexili (http://kekexili.typepad.com/), j'ai opté pour l'agence Tibetan Highland Tours, qui n'est autre que l'ancienne agence Banakshol FIT Travel installée dans la cour de l’hôtel Banakshol sur Lhasa ayant subie un grand relooking! http://www.tibethighlandtours.com/

C'est aussi une agence très expérimentée, avec plus de 20 ans d'expérience, capable de proposer des voyages jusque dans le Kham, l'Amdo et le Chang Tang. Elle est recommandée par le Lonely Planet et s'occupe de toute la partie administrative: permis et même voyage en train en cas de demande. Je vous invite d'ailleurs à leur soumettre toutes vos questions relatives aux permis, notamment en référence aux groupes exigées par le gouvernement. Si les règles sont en perpétuels mouvement au Tibet, je souhaite avertir que pour les entrées dans la TAR depuis la Chine, il n'était nullement nécessaire de former un groupe de plus d'une personne et de même nationalité, le groupe pouvant être simplement constitué d'une personne. Ces règles s'appliquaient seulement pour les voyageurs provenant du Népal, qui se voyait en plus délivrer un permis de courte durée qui limitait toute possibilité de sortir des sentiers battus. Il faut absolument solliciter à des personnes sur place comme l'auteur du blog ou bien auprès de Tibet Highland Tours les nouvelles règles pour ne pas avoir de mauvaises surprises une fois sur place. Bon, pour voyager dans la TAR, il n'y aura aucun soucis avec Tibet Highland Tours qui a parfaitement réalisé la gestion des permis. Car des permis, pour notre voyage, il y en a beaucoup (entrée dans la TAR, zones spéciales), que nous devions présenter aux autorités en de très nombreux checkpoints. Je suppose que l'agence sera ravie de vous répondre, et il sera libre à vous de décider de voyager avec eux si vous êtes séduits par la qualité de leur réponse. Dans notre cas Tenzin fut notre interlocuteur, il fut toujours prompt et sérieux pour nous répondre, très attentif à mes demandes concernant l'itinéraire, m'expliquant quelles étaient les zones d'accès interdit pour touristes étrangers, détallant les prix unitaires et validant le budget du voyage.

Bon je souhaite être très clair: on ne peut pas (ou plus) visiter la TAR en solitaire, il est aujourd'hui impératif de passer par une agence. Ce qui est très embêtants pour les voyages à deux roues qui doivent être suivi par un 4x4 durant toute la durée du séjour, ce qui n'a à mon sens aucun sens. En revanche, les touristes solitaires trouverons leur bonheur au Sichuan, au Gansu ou au Qinhai pour visiter les régions de l'Amdo et du Kham.

Le prix est donc plus élevé, mais je vous promets que Tibet Highlands Tours propose des prix très attractifs en comparaison avec les nombreuses autres agences basées sur Pékin ou Shanghai. Pour ce séjour de 24 jours en saison basse, incluant permis, guide, 4x4, et les repas, logement et entrées diverses (Parc National de Qomolongma, monastères inclus dans l'itinéraire, etc), nous avons reçu le devis présenté en image attachée. J'ai particulièrement apprécié le fait que le budget repas-logement soit à la charge du client, ce qui m'a permis de choisir de manger dans les restaurants que je désirais, et loger dans des guest houses bon marché. L'estimation accessible en image attachée repose sur des nuits en guest houses en catégorie inférieure ouverte pour les touristes étrangers (les étrangers ne peuvent loger en deçà d'un standard définir par le Gouvernement central), qui sont tout à fait acceptables dans la région de Lhasa, plus rudes dans la région du Ngari sauf sur Tholing dans la zone de Zanda (Gugé-Tsaparang), et des repas dans des restaurants servant des soupes de nouilles amdopa, des nouilles chinoises ou d'autres plats à base de riz. Les nouilles amdopa sont exquises, je les recommande sans réserve!!!

On arrive donc au budget suivant: 1 pax: 2900 euros 2 pax: 1733 euros (notre cas) 3 pax: 1350 euros 4 pax: 1150 euros



Au delà de 4 personnes, les prix augmentent de nouveau, puisqu'il faudrait un deuxième 4x4. Au final, les prix deviennent tout à fait acceptables eu égard l'itinéraire projeté, comprenant de longs trajets, d'ailleurs parfois ennuyant, vers le Mont Kailash. Ennuyant car il faut avancer et peu s'arrêter, malgré les paysages fantastiques, et la faune abondante.

Pour la réservation du voyage, Tibet Highland Tours m'a demandé un acompte à déposer par Western Union. Il n'y a eu aucun problème, j'ai apprécié la fiabilité de la compagnie. C'était un des grands points d'interrogations pour moi, puisque je me voyais obliger de réserver un mois avant le départ afin que l'agence puisse s'occuper de la gestion de très nombreux permis.

Formalités administratives (en décembre 2013)

Entrée au Tibet depuis la Chine: Permis: Obtention du permis Tibet (Tibet Travel Permit) auprès du PSB, c'est l'agence qui s'en occupe. Nécessaire de fournir un scan du visa chinois et l'itinéraire détaillé pour que les autorités connaissent les régions visitées. Délais 3 semaines environ. En fonction de l'itinéraire que vous prévoyez, il peut être nécessaire d'obtenir des permis additionnels, par exemple, le permis Everest (Alien Travel Permit) dont votre guide fera la demande a Shigatse, ou des permis militaires pour certaines régions visitées (le Ngari par exemple). Dans mon cas je me rappelle que mon guide a retiré un permis a Tsetang également, mais je ne saurais dire lequel c'était... Visa: Afin de faire la demande du Tibet Travel Permit, il est nécessaire d'obtenir au préalable du visa chinois. Restrictions: Il n'y a plus de restrictions, le permis demandé est individuel, donc pas besoin de faire parti d'un groupe et de voyager avec un nombre minimum de compatriotes.

Entrée au Tibet depuis le Népal: Permis: Les obligations sont maintenant les mêmes pour entrée au Tibet que ce soit par la Chine ou par le Népal. Votre agence sur Katmandou fait la demande du TTP et eventuellement du ATP (Permis Everest, je ne sais pas ou il le retire mais j'imagine qu'à la frontière car c'est un permis qui controle la zone frontière avec le Népal (Nyalam), qui coïncide avec la Réserve naturelle de Chomolungma. Je ne possède pas d'informations sur la durée du permis TTP, auparavant les permis sur Katmandou avaient une durée limitée. Puisque vous faites à travers de votre agence la demande individuelle du permis TTB (bien qu'il soit encore de groupe !!!), vous n'avez plus de restrictions au niveau du point de sortie par exemple. En effet, auparavant il était nécessaire de sortir avec tous les autres voyageurs inscrits sur le permis de groupe par le même point de sortie, il était donc impossible de séparer le groupe, pour que certains continuent vers la Chine ou d'autres régions du Tibet, et d'autres reviennent au Népal par exemple. Visa: Il faut obligatoirement faire la demande du visa chinois sur Katmandou. Le nouveau visa remplacera tout autre visa chinois valide, c'est le soucis pour les voyageurs qui souhaitent revenir en Chine (cas tour du monde). Je ne possède pas d'informations sur la durée du visa. J'imagine que le visa obtenu est un visa simple de simple entrée, qui doit permettre de continuer vers la Chine si vous le désirez. Restrictions: il n'y en a plus du côté des autorités chinoises, la seule restriction restante étant que vous devrez trouver un groupe en formation avec le nombre minimum de participants pour l'agence népalaise assure ces marges, sans quoi le voyage ne partira pas.
ZY
Récit du voyage dans la TAR - partie 1

Avant d'entamer le récit, je vous invite à consulter mon album de photographie sur flickr afin de pouvoir me suivre en images. http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/

La première partie du voyage de trois semaines dans la province administrative du Tibet ou TAR, débute à Xining, capitale du Quinhai, avec cet arrêt en urgence de trois jours à l'hôpital. Puisque le permis au Tibet indique les dates exactes d'entrée et de sortie de la province, nous avons dû réagencer légèrement l'itinéraire, si mes souvenirs sont bons, nous avons dû l'écourter d'un jour seulement, car il fut possible de sortir du Tibet deux jours après la date de sortie indiquée sur le permis, selon les règles en vigueur de l'époque.

Nous avons quitté Xining dans l'après-midi et sommes arrivé sur Lhasa 24 heures plus tard. Nous montons sur le haut plateau à peine sortis de la ville, pour arriver en moins de deux heures sur les bords du lac Qinhai, une véritable mer intérieure comme l'indique son nom "Lac de la mer bleue" en chinois (ou Kokonor qui signifie "Lac bleu" en mongol). D'une superficie de d'environ 4400 kilomètres carrés, le plus grand lac de Chine est le lieu de nidification de milliers d'oiseaux migrateurs, parmi lesquels l'oie à tête barrée. Les paysages de steppes autour du lac abritent les dernières gazelles de Prsewalski, un espèce aujourd'hui menacée de risque critique d'extinction après des siècles de chasses sans discrimination - les estimations les plus pessimistes recensent seulement 250 individus, et les plus optimistes à peine 1000 gazelles concentrées autour du lac. Pour notre part, nous avons apprécié le coucher du soleil sur le lac depuis notre wagon, et eu la chance d'apercevoir nos premières grues à cou noir, des renards tibétains mais surtout notre premier loup du Tibet!

Le lendemain matin, nous nous réveillons dans des paysages enneigés des hauts plateaux entre Golmud et le Tangula Pass, plus haut point de la voie ferrée que nous franchissons durant notre sommeil.









Nous avons du traverser durant la nuit l'énorme réserve de Kekexili qui protège un habitat clé de l'antilope du Tibet ou Chiru durant sa migration depuis le Changtang. Nous observerons d'ailleurs très bientôt nos premiers troupeaux d'antilopes, facilement reconnaissables avec leur face noire et aux longues cornes que portent les mâles. Ils y a aussi de grands troupeaux de gazelles du Tibet et des renards qui fuient au passage du train. Les animaux sont concentrés autour des petits cours d'eau qui traversent le chemin de fer. Il y a aussi de nombreux passages qui furent construits de manière de permettre aux animaux de transiter de par et d'autre du rail, ce dernier étant sur l'itinéraire de la grande migration des antilopes. Les chirus sont également menacée d'extinction, l'espèce, bien que protégée par les autorités chinoises, est chassée illégalement pour sa laine appelée shatoosh très prisée par les artisans cachemiris de Srinagar pour la fabrication de châles.

Troupeau de chirus ou antilopes tibétaines (femelles)

Troupeau de chirus ou antilopes tibétaines (mâles)

Kiangs ou ânes du Tibet dans les grandes étendues

Nous passons ensuite sur les rives du lac Na Tso avant de s'arrêter sur Nagchu sous la neige. Nous longeons bientôt les chaînes Gangdise et Nyainqentangula et traversons les grands pâturages de la vallée de Damxung.

Troupeaux de yaks au pied des Nyainqentangula





Chaîne des Nyainqentangula









Arrivée dans les vastes pâturages de Damxung



Point culminant des Nyainqentangula, dans les nuages

Nous arrivons bientôt à Lhasa, retrouvons notre guide, nous installons dans la guest house du Banakshol et prenons connaissance avec Tenzin de l'agence. Petit ballade dans le marché tout proche dans le quartier de Barkor.
ES
Bonsoir,

Merci beaucoup pour ce début de récit. J'ai voyagé cet été en Amdo et au Kham et j'avais aussi pris beaucoup d'infos sur le site kekexeli ou landofsnows et échangé plusieurs mails avec son auteur. Je projette d'aller au Tibet l'année prochaine et je n'arrivais pas à trouver une agence tibétaine. Donc votre message me simplifie beaucoup la tâche. Encore merci de partager votre expérience. Cordialement.
Estiu
ZY
Merci Patricia pour ton excellente réponse, il me semble en effet indispensable de consulter le nouveau site de Losang "Land of Snows" avant de se rendre au Tibet. Je vais donc effectuer une petite pause dans mon récit pour prendre le temps d'incorporer quelques liens importants, qui illustrent d'autant mieux mes propos. Merci beaucoup!

Losang est un américain qui semble avoir longtemps travailler pour des ONGs en Amdo, il propose aujourd'hui quelques expeditions photographiques à travers son agence que vous pourrez trouver sur son site. Il donne de très bons conseils, et comme Patricia, a été déterminant dans mon choix de Tibet Highland Tours pour mon voyage au Tibet Central depuis Lhasa, et j'en ai été ravi étant donné la difficulté de trouver une agence fiable et experimenté.

http://www.thelandofsnows.com/

Pour moi, ce site est une source d'inspiration pour programmer d'autres voyages hors des sentiers battus et des clichés. Il y a entre autres de très belles photos de la région de Yushu qui me donne profondément envie de partir depuis Xining jusque dans ce paradis situé au cœur de l'Amdo.

Losang explique notamment quels sont les avantages de chaque régions, toutes différentes, en fonction de son budget, des paysages que vous souhaitez traverser, et ce pour chaque saison de l'année. Je suis comme lui convaincu que l'été n'est pas la meilleure saison pour visiter le Tibet Central du fait de la mousson et de l’afflux de touristes surtout chinois. En revanche, l'automne fut une très bonne saison, je n'ai eu froid la nuit que vers le Mont Kailash, avec des ciels magnifiques. C'est d'ailleurs l'époque des pèlerinages, de très nombreux tibétains se rendent à Lhasa depuis les lointains Amdo et Kham. Un plaisir pour les photographes pour prendre des clichés de belles parures de pèlerines sur le Barkhor sans aucun touriste !

Je vous invite donc à consulter la page relative à la météo du site de Losang pour prendre connaissance des températures de nombreuses régions du Tibet: http://www.thelandofsnows.com/...et/weather-in-tibet/

Les trois liens suivants indiquent les types de paysages que l'on trouvent dans les trois régions U-Tsang - Kham - Amdo et les sites préférés de Losang: http://www.thelandofsnows.com/...ing-travel-to-tibet/ http://www.thelandofsnows.com/...-to-travel-to-tibet/ http://www.thelandofsnows.com/...which-area-to-go-to/

En ce qui concerne les recommandations d'agences pour ceux qui ne souhaitent pas voyager en bus, je crois que comme pour moi Losang sera ravi de vous donner ses indications. Sinon, il y a aussi ce site, une véritable mine d'or, qui propose quelques agences, dont certaines ont été justement conseillées par le même Losang. Il est décidément de partout! A même se demander s'il n'a pas des intérêts économiques avec elles! Je crois plus sincèrement que c'est une personne qui aime profondément le Tibet après avoir passé des années dans son ONG, et qui souhaite aider les occidentaux à voyager au pays des neiges, en ces temps de grandes confusions. Une manière d'aider le Tibet en incitant le tourisme je crois. Un peu comme moi! http://www.yowangdu.com/...n-travel-agents.html

Enfin, Losang vient de poster une excellente page concernant les coûts d'un voyage au Tibet, selon l'itinéraire emprunté, et le type d'hôtel que vous souhaitez. http://www.thelandofsnows.com/the-costs-of-traveling-to-tibet/

Je vous rappelle mon lien vers l'album de photos: http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/

Vous trouverez toutes les photos géoréférencées sur la carte de flickr afin de connaître la destination précises des photos, surtout pour le méconnu Ngari. C'est d'ailleurs un peu ma contribution, très peu de personnes se sont rendues à ce jour à Gugé, encore moins sur Kyunglung, Dungkar et Piwang. Et si Allibert s'y rend cette année, c'est un peu de ma faute. Et tant mieux, c'est de loin mes coins préférés du Tibet!
ZY
Mais avant de poursuivre mon récit lors de notre découverte de Lhasa, je souhaiterais faire un bref retour en arrière lors de notre introduction au Tibet au grand monastère de Kumbum tout proche de Xining.

Mais d'abord, je vous propose d'entrer avec moi dans le monde tibétain en écoutant cette belle chanson tibétaine de Lumo Tso: http://www.youtube.com/watch?v=OLITro6CvW8

L'arrêt forcé à l'hôpital sur Xining, où pensions nous arrêter au retour, comme point de base d'une courte visite de l'Amdo, nous permis de faire notre première connaissance du monde tibétain.

Pèlerine Amdopa et moulins à prière réalisant la kora du monastère:









Kumbum fut fondé par Tsongkhapa, qui n'est autre que fondateur de l'école Gelugpa à laquelle appartient le Dalaï Lama. Il est l'un des six grands monastères de l'école, les autres étant Labrang, Sera, Drepung, Ganden et Tashilumpo. Alexandra David-Neél y a notamment séjourné durant ses voyages tibétains.





Un des édifices principaux, je crois qu'il s'agit du Petit Pavillon au Toit d'Or:

Le Grand Pavillon au Toit d'Or:



Même si le monastère comporte toujours ses plus beaux monuments comme le Grand Pavillon a Toit d'Or, les chinois ont considérablement transformé le site en une attraction touristique. Peu de moines vivent aujourd'hui au monastère, il y a des panneaux en anglais à chaque coin de rue, bref, ce n'est plus un lieu authentique. Je ne n'irais pas jusqu'à dire que le lieux est sans intérêt, les voyageurs pressés sur les traces de l'antique Route de la Soie peuvent inclure sa visite pour découvrir le monde bouddhiste tibétain.

L'intérieur du Grand Pavillon de la Méditation, magnifique, qui pouvait accueillir plus de 2000 moines:



Magnifique tangka d'influence chinoise

Pèlerine Amdopa

L'architecture est de style chinois, comme la plupart des monastères de l'Amdo.

Je conseille toutefois de visiter Labrang ou Repkong entre Lanzhou et Xining, comme nous l'avons fait au retour de Lhasa.

Sur Xining, je vous conseille de visiter le très intéressant musée tibétain, qui possède de très belles pièces. La province du Quinghai semble vouloir profiter de sa diversité culturelle comme vecteur de développement touristique, parfois il est vrai de mauvais goût comme c'est le cas de Kumbum.

Voici quelques photos de Kumbum sur mon site flickr (haute qualité) complémentées par quelques images en attaché (basse résolution). Les extincteurs montrent bien que le monastère est aujourd'hui transformé en musée. http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/
CH
Magnifique début de compte rendu ! [:)]

Par curiosité, quel est le matériel photo utilisé lors de ce voyage ?
ZY
Étant donné que ce voyage précédait 2 mois de trekkings entre Manaslu et Mustang au Népal et arrivait après 3 semaines dans le Karakoram, je ne pouvais pas me permettre de m'encombrer d'une reflex. J'ai acheté pour l'occasion l'Olympus EPL-1 de la gamme PEN. Je dois dire que je suis très satisfait par le boitier, s'il est vrai qu'il ne peux pas obtenir des images aussi bonnes que les reflex, le poids est un avantage majeur, et pour ce qui est des photos de paysages, c'est tout à fait suffisant. Les limites surviennent dans les monastères où la lumière est particulièrement faible. Je suis rapidement limité par les ISOs, au dessus de 1200 le grain est vraiment trop important. Pour ce qui est des photos d'animaux, c'est aussi très compliqué, cette fois-ci principalement du fait de l'absence de viseur.

Au niveau de l'optique, j'ai un objectif 14-42 mm et un 40-150 mm, qu'il faut multiplier par un coefficient de 2. Je suis très satisfait de ces deux objectifs, bien que le tele ne laisse pas passé suffisamment de lumière à mon gout. Enfin, il y a maintenant beaucoup de poussière et cela se ressent au niveau du bruit. J'ai également un trépied gorilla léger que j'utilise pour les photos en intérieur.

Rien de bien incroyable au final, il faut dire que les lieux inspirent vraiment pour prendre de belles photos!!!!
ZY
Pour notre première journée de visite sur Lhasa, nous nous rendons sur le Barkhor pour effectuer la fameuse Kora en compagnie des très nombreux pèlerins. Les Tibétains étant principalement pasteurs ou paysans, l'automne est la période de fin des travaux dans les champs et et permet donc de réaliser des pèlerinages. Le plus important d'entre eux est le pèlerinage de Lhasa et notamment du Jokhang, véritable centre de l'univers dans le monde tibétain. Nous étions accompagné d'Amdopa dans le train depuis Xining, certain sont même montés durant la nuit depuis Golmud, que nous retrouvons le lendemain sur le Barkhor.

Pèlerins en prosternation devant le Johkang

Je reviendrais dans le prochain post sur le Jokhang et le Barkhor... Pour le moment, nous partons visiter le Palais d'été des Dalaï lamas qui était autrefois situé en dehors de la ville de Lhasa. Le "Jardin de joyaux" ou Norbulingka fut fondé par le VIIème Dalaï Lama Kelsang Gyatso au début du XVIIIème siècle, puis connu diverses extensions du temps de ses successeurs Jampel Gyatso à la fin du XVIIIèeme siècle, mais surtout sous Thubten Gyatso et l'actuel Dalaï Lama au XXème siècle. Bien que situé à plus de 3650 mètres d'altitude, il y pousse de nombreuses fleurs comme des roses ou des chrysanthèmes ainsi que des bambous.





Il s'agit en fait d'un ensemble de complexes palatiaux à l'origine situés en deux parcs distints: le Norbu Lingka et le Chensel Lingka.

Le premier palais édifié par le VIIème Dalaï Lama est le Kelsang Phodrang, un palais à l'origine de taille modeste, qui fut par la suite agrandi par le VIIIème Dalaï Lama en lui ajoutant trois nouveaux temples. Le Tsokyil Phodrang ou "Palais du lac" est quant à lui un magnifique pavillon qui fut construit dans la partie oriental du parc appelé Chensel Lingka. Enfin, les derniers palais construits respectivement par les XIIIème et XIVème Dalaï Lamas furent seulement battis au siècle dernier.





Le Chensel Phodrang battit par le XIIIème Dalaï Lama dans le Chensel Lingka

Les pavillons du Chensel Lingka



Dans l'après-midi, nous avons réalisé la visite du monastère de Drepung qui fut autrefois le plus important monastère du bouddhisme lamaïque tibétain, et accueillit jusqu'à 15000 moines à son apogée. Il a été aujourd'hui complètement vidé de sa substance par les autorités chinoises, surtout depuis les évènements de 2005 qui furent en parti menés par des moines du monastère.

Des monastères vides, une culture qui se meurt:

Il fut fondé au XIIIème siècle par un disciple de Tsongkhapa, fondateur de la branche Gelugpa. Le Vème Dalaï Lama y logeait (au Ganden Phodrang) avant de s'établir au Potala, certains de ses prédécesseurs y sont d'ailleurs enterrés.



Travaux de restaurations des toits selon les méthodes anciennes









Si Drepung revêt un intérêt notable du fait de son importance passé, j'ai été assez déçu de ma visite, il s'agit aujourd'hui d'un monastère sans vie, qui se transforme peu à peu en musée, le monastère du Jokhang étant à ce jour le seul monastère encore "vivant" de Lhasa.

La grande salle d'assemblée qui accueillait auparavant des milliers de moines:





ZY
En fin d'après-midi, nous retournons dans le quartier du Barkhor pour contempler le spectacle de la Kora et des prosternations face au Jokhang, puis pour faire un petit tour au marché. Chaque pèlerins se doit de réaliser trois tours ou koras du Jokhangs, avant de réaliser 1000 prosternations face au temple, véritable nombril du monde dans la culture tibétaine.

Les femmes Amdopas son aisément reconnaissables à leur 1000 nattes, tandis que les belles Khampas arborent de magnifiques parures de turquoises et de coraux. Sauriez vous les reconnaître?

Quelques portraits...















Le marché dans le Barkhor





ZY
Pour notre deuxième journée sur Lhasa, nous débutons par la visite du Jokhang.

Vous pouvez retrouver mes photos sur ma page flickr: http://www.flickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/

Comme je l'ai déjà signalé auparavant, il s'agit aujourd'hui de monastère le plus important du monde tibétain. C'est également le premier monastère a avoir été édifié au Tibet en 639 apJC par le Roi Tibétain Songsten gampo, unificateur du Tibet et premier des Grand rois religieux du "pays des neiges". Il aurait été construit pour ses deux principales épouses la princesse chinoise Wencheng de la dynastie Tang, et la princesse népalaise Brikuti Devi de la dynastie Licchavi, toutes deux bouddhistes et ferventes religieuses. Il abrite aujourd'hui le très précieux Jowo Sakyumani - raison principale de sa vénération - une représentation du jeune Bouddha, qui fut apporté par la princesse Wencheng en guise de présent pour son nouvel époux Songsten Gampo. Le temple de Ramoche qui abritait initialement la statue, contient aujourd'hui le Jowo Mikyo Dorjé, offert à Songsten par sa seconde épouse népalaise Brikuti Devi.

Nous avons assisté aux prières des moines du monastère à notre arrivée, puis avons effectué sa visite en compagnie de milliers de pèlerins. C'est un lieu magnifique, visité par des milliers de pèlerins dont la ferveur impressionne particulièrement. Certains même y viennent en pèlerinage après plusieurs mois sur les routes, en suivant un rituel de prosternation fort éprouvant. Nous avons tellement aimé que nous y retournerons à notre retour de l'Ouest du Tibet

Pas de photos possible à l'intérieur très sombre, voici quelques photos prises depuis le toit.

Loge du Dalaï Lama



Sur les toits:





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Nous sommes ensuite parti visiter le Palais du Potala, certainement le monument le plus fameux du Tibet. Il s'agit d'un monument particulièrement imposant, il écrase littéralement la vielle ville de Lhasa du haut de ses treize étages et s'aperçoit plusieurs kilomètres avant l'arrivée dans la ville.

Construit sur la colline Marpari ou "Colline rouge", il aurait été le lieu de méditation de Chenserig avant que le puissant Roi Songsten Gampo décida d'y construire une forteresse au VIIème siècle. La construction actuelle date cependant du Vème Dalaï Lama Lobsang Gyatso qui réalisa le Palais Blanc ou Phodrang Karpo au XVIIème siècle, et devint le Palais d'Hiver à partir de la construction du Norbulingka. Le Palais Rouge ou Phodrang Marpo fut l’œuvre du régent Sangyé Gyatso en 1690. Le Potala devint le principal lieu de pouvoir de la dynastie Gelugpa après le transfert du gouvernement sous le Vème Dalaï Lama (qui se trouvait auparavant au monastère de Drepung). Il abritait entre autre le conseil des ministres ou Kashag, et la prestigieuse école de Tse qui formait les plus hauts fonctionnaires du gouvernement tibétain. Il abrite les sépultures de plusieurs Dalaï Lamas, leur reliques étant préservées dans de grands chortens incrustés de pierres précieuses situé dans le cœur du Palais.



Détail de la tour Sud-Est et des remparts

Phodrang Marpo

Phodrang Karpo et résidence du Dalaï Lama (à droite)



Dans l'après-midi, nous espérions assister au débat des moines du monastère de Sera. Ce monastère fut fondé en 1419 par un disciple de Tsongkpa, fondateur de la branche Gelugpa, et recevait jusqu'à la révolution culturelle l'une des plus grandes universités du Tibet. Elle abritait trois collèges encore en activité de nos jours, mais la révolution culturelle, puis les émeutes de 2005, portèrent un coup sévère à l'effectif de moines du monastère, qui n'en abriterait plus que 400, en comparaison avec les 5000 moines encore présents en 1959.

Nous avons finalement assisté à la lecture des moines au lieu des débats comme prévu. Nous avons encore une fois été frappé par la présence très faible de moines au sein de l'ensemble monastique. Le monastère semble vide, ses magnifiques salles d'assemblée ne semblent être entretenues que vous recevoir les touristes étrangers et les rares pèlerins qui en rendent la visite.











Résumé de notre visite de Lhasa Si Lhasa abrite effectivement les plus beaux monuments du Tibet historique et probablement du monde tibétain, c'est une ville complètement transformée de nos jours. Elle est devenue majoritairement Han, qui se sont principalement installé dans les quartiers Ouest de la ville. Des quartiers historiques furent entièrement rasés par les communistes chinois, notamment pour accueillir la laide place du peuple au pied du Potala, ou trône une statue sans gout de Mao Zedong. Les édifices du quartier du Barkhor ont été reconstruits dans un style proche du style originel, mais le quartier manque de charme cependant en comparaison avec la vielle ville de Shigaste par exemple. Beaucoup de tristesse de constater que Lhasa est devenue aujourd'hui une ville chinoise, sans vie monastique et comportant de splendides monuments autrefois lieu de vie. Les voyageurs avides de connaître la culture tibétaine n'y trouverons qu'un pâle reflet des très authentiques Kham et Amdo où je projette prochainement de me rendre, pour découvrir un Tibet traditionnel, peu touché par les méfaits de la colonisation chinoise.
ZY
Pour le lendemain nous nous rendîmes au lac sacré Nam Tso, qui signifie lac céleste en tibétain. Il s'agit d'un immense lac d'eau douce d'un peu moins de 2000 km², très vénéré par les tibétains. Les pèlerins s'y rendent et collectent l'eau du lac qui aurait selon eux des vertus thérapeutiques. Haut de 4718 mètres, il s'agirait pour certains du plus haut lac au monde, fait en réalité incorrect puisqu'il est supplanté par de très nombreux lacs voisins et dans la région du Chang Tang, voire même d'autres lacs dans la région des Andes en Amérique du Sud.

Il est situé dans une dépression au Nord de la chaîne des Nyainqentagula, que la route franchit par un col de 5186 mètres d'altitude après trois heures de route depuis Lhasa. Les berges du lac sont occupés par quelques camps de nomades aujourd'hui plus ou moins sédentarisé de force par le gouvernement central. Avec un peu d'attention on pourra observer de très nombreux pikas, sorte de hamsters du Tibet.

Nous avons visité un péninsule abritant un petit monastère et quelques ermitages très interessants, notamment une nonnerie.

Mais le voyage vaut surtout le détour pour les superbes paysages du lac et de la chaîne enneigée des Nyainqentagula, qui culmine à plus de 7162 mètres de haut, après avoir traversé les pâturages de Damxung entrevus quelques jours plus tôt depuis le train.

Vous pouvez retrouver mes photos sur ma page flickr: http://www.flickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/

Arrivée au lac Namtso au pied de la chaîne des Nyainqentagula



Nous avons franchis le col sous la neige



Pèlerine sur les berges du lac



Grand monolithe





Pèlerine réalisant la Kora de la presqu'île derrière le mur de mani

Grands monolithes et drapeaux de prières



Femme collectant la bouse de yak pour le feu







Femme Lhasapa
CH
Tu indiques que Lhassa a perdu de son charme car transformé par la Chine. Es-ce le cas de l'ensemble du TAR ?

Je projette un voyage au Tibet et je m'interroge du coup de la juste répartition entre TAR, Kham et Amdo sur une période de 3 semaines. Il n'est bien évidement pas réaliste de toute faire en 3 semaines mais une répartition 10 jours TAR et 10 jours (Kham ou Amdo) te semble réaliste ?
ES
Bonjour, Je ne connais pas encore le Tibet TAR (voyage que j'envisage pour l'année prochaine) mais je suis allée cet été 3 semaines dans l'Amdo et le Kham. (Dès que je peux, j'enverrai qqs infos sur un autre post) Rien que le Kham, ça mérite beaucoup plus que 3 semaines donc faire TAR+Kham, je trouve cela un peu dommage. Je pense qu'il faudrait mieux faire un choix. Bien sûr, après cela dépend des possibilités de chacun.

Encore merci à Jeremy pour son superbe récit, car sur les forums ou dans les guides on trouve vraiment très peu de choses sur ces 3 régions tibétaines, tout du moins en français. Il est en train de faire un gros travail, à notre plus grand plaisir.
Estiu
ZY
Pour ma part j'ai adoré le Lhasa et le Tibet central, mais il faut savoir que je n'étais pas venu spécialement pour voir le Tibet authentique cette fois-ci, mais sinon pour découvrir le foyer de la civilisation tibétaine, les paysages de l'Ouest tibétain et sa faune abondante, et plus particulièrement la région de Tsamda et du Kailash, qui m'attiraient particulièrement.

Oui le Tibet est en voie de sinisation, les nomades ont été sédentarisés, les villes transformées, les monastères vandalisés puis démolis, les universités fermées, la culture et les croyances réprimées. Mais c'est un pays magnifique dont je recommande la visite à tous voyageurs, et vite avant qu"il ne soit trop tard...

La présence des nombreux pèlerins sur Lhasa, bien plus nombreux que durant les mois d'été, était aussi un des points forts du voyage.

C'est sur que 3 semaines entre Tar et Kham ou Amdo c'est court, si tu veux réduire ta visite au minimum dans la TAR, une semaine peut être suffisant en se concentrant sur les lieux principaux (Lhasa durant 2 jours, Gyantse, Shigatse voire Everest BC). Pour l'Amdo il y a plein de coins magnifiques, qui se relient maintenant rapidement depuis Lhasa (à 24 heures de train). Labrang est à 6 ou 8 heures de bus de Xining, Langmusi et Repkong un peu plus loin, pour ne citer que les coins les plus transités, au milieu des grands pâturages ou paissent des milliers de yaks l'été. Il ne faut pas oublier que le Tibet est une zone gigantesque, qui couvre près du quart du territoire de la Chine. J'y voyagerai pour part durant des mois voire des années si j'en avais le temps.
SO
Merci pour ce partage, c'est fort intéressant. Mais peut-on toujours visité le Tibet (TAR)? Je pensais que la région était fermée aux touristes non-chinois... Quelles sont ces "formalités décourageantes pour le touriste désireux" que tu mentionnes?
Mes randos et voyages : http://www.alidade.eu
TO
Merci pour le partage d'info et le récit et surtout les photos. [;)]
Ma Galerie Photos
ZY
Jonathan,

Le problème de ces longs posts comme le mien est qu'il est parfois difficile de trouver l'information nécessaire tant il y en a, je tiens donc a m'excuser.

Je crois qu'il est indispensable que les voyageurs sollicitent à une bonne agence ou des personnes vivant au Tibet les informations actualisées sur les régions ouvertes et fermées aux touristes étrangers, et les conditions d'obtention de permis. Si vous souhaitez demander a une agence, envoyer un mail a Tibet Highland Tours. Sinon, je vous propose d’écrire a Losang sur the Land of snows ou de consulter sa page "Tibet Travel Updates" pour l'année 2013: http://www.thelandofsnows.com/...ibet-travel-upd...

Il faut savoir que: - tous les voyageurs qui souhaitent aller dans la TAR doivent obligatoirement passer par une agence avec guide. En dehors de Lhasa, un vehicule avec chauffeur est obligatoire, que ce soit pour des tours motorisés, des tours en velo, et je suppose egalement pour les treks (a verifier). - Dans les regions tibetaines en dehors de la TAR, dans les provinces du Gansu, Qinghai, Sichuan et Yunnan, certaines regions sont actuelleñent fermées au tourisme. Certaines le sont depuis toujours, d'autres en ce moment. Mais globalement, la majorité de ces regions sont ouvertes au touristes étrangers sans besoin de passer par une agence, et sans besoin de permis. -La region de Chamdo dans la TAR est fermée aux touristes depuis longtemps et le trajet Shangri-La (Yunnan) - Lhasa n'est pas ouvert... Domage. - Il est possible de voyager en bus au Sichuan, Yunnan, Quinghai, et Yunnan. - Pour la TAR, on n'est plus obligé de faire parti dún groupe pour obtenir un permis, les voyageurs individuels n'ont pas de probleme pour obtenir un permis. Sauf pour les ressortissants de nationalité norvegienne. - Il n'est donc plus obligatoire détre dans un groupe de 5 ou 3 personnes de même nationalité pour obtenir le permis, comme c'etait le cas il y a plusieurs années. - Il faut verifier les conditions de delivrance de permis pour visiter la TAR depuis Katmandou au Népal. Les conditions d'entrée dans la TAR en 2011 étaient plus contraignantes depuis le Nepal que depuis la Chine. Envoyer un mail a Losang ou a une agence pour verifier. - De toute maniere, toutes les zones tibetaines peuvent être fermées sans preavis au touristes etrangers, lorsque apparaissent des emeutes ou contestations, que ce soit dans la TAR, ou les regions tibetaines de provinces alentours. C'est le cas de Repkong et Labrang, mais aussi des regions du Sichuan. Il y a a côtés de ces prefectures d'autres regions tibetaines magnifiques, en cas de soucis. - Le Ngari dans la TAR est ouvert au tourisme sans probleme, sauf les zons proches de la frontiere indienne. Il n'est pas clair si la visite de Kyunglung est autorisée, j'y suis allé moi même dans le doutem et je n'ai pas eu de soucis. La route de Kyunglung a Tholing dans le canyon de la Sutlej, qui est une route secondaire qui semble tres scenique, semble fermée. - L'information que je viens de donner provient du link de Land of Snow plus haut, la page de Losang, un americain resident sur Xining. L'information était correcte au moment de son écriture par Losang. Il faut donc vérifier sa validité au moment au vous lisez ces lignes (demander a une agence ou a Losang).

En ce qui concerne les formalités décourageantes, j'estime personnellement que: - devoir passer par une agence avec guide + vehicule hors de Lhasa - l'obtention des permis dont le Tibet Alien Permit et les autres permis regionaux - envoyer une caution pour initier la gestion des permis a une agence que l'on ne connait pas - definir un itineraire precis des lieux que vous souhaitez visiter sans pouvoir le changer par la suite (on peut changer l'ordre mais toute visite d'autre lieux hors des zones indiquées sur le permis, ne pourront être visitées) - Definir une date d'entree et de sortie precise (je susi tombe malade dans le train et ai perdu 3 jours au Tibet)

sont des formalités tres contraignantes. C'est la raion pour laquelle ce fameux Losang essaye d'aider les touristes a y comprendre quelquechose, et pour ma part d'ecrire ce long post pour aider les touristes désirant de se rendre au Tibet. C'est aussi important a mon sens de donner une recommandation d'agence, pour ma part j'etais angoissé de devoir deposer une caution pour gestionner les permis, sans connaître l'agence! C'est la raison pour laquelle j'ai estimé utile de donner des rensignements précis sur mon voyage, en tentant d'exposer les conditions d'entrées au Tibet a ce jour, pour que d'autres voyageurs puissent organiser a moindre mal tout voyage dans ce pays incroyable!
ES
Pour se tenir au courant

http://www.permis-tibet.info/...on-permis-tibet.html
Estiu
SO
Tu n'as pas besoin de t'excuser, c'est moi qui suis novice sur ce sujet. Merci à toi Jérémie pour toutes ces précisions. Une aide précieuse sans aucun doute pour tous les futurs voyageurs. Un sujet que je mets tout de suite dans mes favoris et que je relirai plus tard lorsque j'aurai le projet de visiter cette magnifique région. Tes photos et tes liens permettent déjà de voyager...
Mes randos et voyages : http://www.alidade.eu
ZY
Génial ce site!!!!
ZY
Après une longue pause, il est temps de reprendre le récit... Pour pouvez suivre les photos dans ma galerie ici: http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/

Direction plein sud pour découvrir la vallée du Yarlung Tsangpo plus connu sous son nom indien Brahmapoutre, siège de la grande civilisation tibétaine Yarlung, et cœur de l'empire tibétain. Si j'envisageais initialement la visite des tombeaux (ce sont de grands tumulus bien visibles sur google earth) des premiers rois tibétains et du monastère Nyingmapa de Mindroling (l'un des principaux monastères de cette branche du bouddhisme tibétain), notre arrêt forcé sur Xining ayant écourté les jours du permis, nous avons décidé de nous focaliser sur Yambulakang et de filer directement à Samye.

La vallée du Brahmapoutre est maintenant reliée par une autoroute à Lhasa, afin de connecter l’aéroport de Gonggar sur la rive sud du fleuve avec la capitale provinciale. Nous arrivons donc rapidement sur les berges de la grande plaine alluviale, au milieu duquel s'écoule tranquillement le Yarlung Tsangpo ou plutôt ses multiples ramifications, le fleuve occupant un espace plus important, le débit permet donc la décharge des sédiments provenant du cours supérieur pour former de nombreux bancs de sables qui lui donne une allure particulièrement esthétique. Les berges Sud sont occupées par de nombreux petits villages assez charmants, encore peu influencés par l’architecture chinoise. Nous nous arrêtons justement pour prendre un thé dans un grand village dont je parcoure rapidement le centre. De nombreuses maisons faites d'adobe, de très belles portes. La vallée est plus arborée que sur Lhasa.

Yarlung Tsangpo Petit village dans la vallée du Yarlung Tsangpo Nous continuons jusqu'à Tsetang ou "Shannan" puis filons 7 kilomètres au Sud vers l'ancienne forteresse. Si Yambulakang est aujourd'hui reconvertie en un monastère Gelugpa, elle aurait été fondée au deuxième siècle avant JC comme place forte, haut perchée sur un éperon par le premier roi de la dynastie Yarlung Nyatri Tsenpo. Son architecture actuelle serait plutôt l’œuvre de Songsten Gampo qui l'aurait transformée en sa résidence d'été après qu'il se soit installé à Lhasa. C'est une forteresse ou dzong à l’architecture caractéristique que l'on retrouve un peu de partout sur la plateau tibétain (notamment sur Shegar près du camp de base de l'Everest). Le "Palais de la biche" fut comme la grande majorité des monastères de cette partie partie du Tibet complètement rasé par les chinois, l'édifice observé de nos jours est en fait une réplique qui fut reconstruite (comme la plupart des monastères détruits durant cette la révolution culturelle) d'après les plans d'époques en 1982. Le monastère en soit n'est pas très intéressant puisqu'il ne comporte pas de peintures d'époque ou de trésors comme au Jokhang ou à Samye que nous rejoindrons dans la soirée, mais son architecture est très esthétique et justifie tout à fait sa visite. En été la vue sur la vallée doit être superbe, depuis cette position stratégique dominant les champs d'orges bien arrosés par la mousson. Il y a un chameau qui attend les touristes peu sportifs pour gravir les marches jusqu'à la chapelle...

Dzong et monastère de Yambulakang

Nous retournons sur nos pas sur Tsetang pour récupérer un permis et traversons le Yarlung Tsangpo pour rejoindre le monastère de Samye situé sur la rive Nord, au milieu de champs dunaires, accompagnés par de gros flocons. Nous sortons de la chambre en fin d'après-midi et montons sur la colline dominant le village, pour assister à un magnifique coucher de soleil.

Coucher de soleil sur Samye

Nous visiterons le monastère le lendemain matin.
ZY
Nous nous réveillons sous les flocons, comme ces derniers jours le temps est assez instable. Le monastère aurait été fondée par le grand maître tantrique Padmasambhava convié par le roi Tresong Detsen de venir l'aider dans sa tâche de convertir le Tibet au bouddhisme depuis la lointaine vallée de Swat, le haut Indus étant à l'époque le principal foyer bouddhiste du sous-continent. Si le bouddhiste s'implanta au Tibet sous son prédécesseur Songsten Gampo, la résistance de la religion Böns d'origine chamanique était encore très forte à l'époque et fut sans doute réprimée sous la force avec l'aide de nombreux grands érudits indiens. La légende veut que Guru Rimpoche fut appelé par le second grand roi religieux afin de détruire le démon qui détruisait chaque nuit les travaux de constructions accomplis durant la journée par le moine indien Shantarakshita. Toujours selon la légende, il aurait anéanti les forces maléfiques en réalisant la danse tantrique du Vajrayakila et après avoir construit le monastère de Gar Gompa au Royaume du Mustang. Là je me perd un peu tant il y a de légendes autour de Padmasambhava, il y a d'ailleurs un peu de partout au Tibet des grottes sacrées où le sage aurait médité durant plusieurs années. Je doute que toutes aient effectivement reçu l'érudit...

Salle d'assemblée et loge du Daili Lama au monastère Gelugpa de Samye

La particularité du monastère de Samye est sa forme de mandala, à l'image de la grande université d'Odantapuri située dans l'ancien Royaume du Maghada (aujourd'hui au Bihar), que nous avons pu apprécier lors du coucher de soleil de la veille. Le monastère est particulièrement intéressant, il abrite de merveilleuses peintures certainement très anciennes. Je crois comprendre que ces peintures ont été épargnées par les ravages de la révolution culturelle qui aura malheureusement sévit de partout au Tibet voire en Chine... Samye fut en effet reconstruit vers 1985. C'est avec le Jokhang et Shalu mon monastère Gelugpa préféré.

Monastère Gelugpa de Samye

Le ciel se dégage dans la matinée à mon plus grand bonheur, ce qui me permet de prendre de très belles photos. Samye est aussi le point de départ d'un trekking classique qui relit la vallée du Yarlung au monastère de Ganden à l'Est de Lhasa, traversant des pâturages peuplés par les yaks durant l'été. Il y aussi le petit ermitage de Chimpu situé quelques kilomètres plus haut, initialement prévu dans notre itinéraire.

Monastère Gelugpa de Samye

Après le déjeuner, nous filons plein Ouest vers Shigatse, nous devons en effet revoir notre itinéraire, le col de Kamba La vers le lac Yamdrok Tso et Gyantse étant fermé du fait de la neige. Nous reprogrammons leur visite pour le retour de notre périple vers l'Ouest. Nous longeons durant un bon moment de magnifiques dunes formées par l'accumulation des sables emportés par les vents d'Ouest depuis le haut plateau, qui buttent ici à l'entrée des gorges du Yarlung Tsangpo. Certaines dunes se forment même sur des pentes Ouest des sommets de la vallée avoisinants les 5000 mètres de haut! Il y a aussi de grandes plantations de bouleaux sur les berges pour le bois de construction. La vallée à l'Ouest de Gonggar n'est pas très intéressante, le fleuve s'engouffre dans une vallée plus encaissée, avant de se rouvrir une cinquantaine de kilomètre avant Shigatse pour laisser place aux cultures au milieu desquels on observe à l'automne de grands groupes de grues à cou noirs. Juste génial!

Paysages de la vallée du Yarlung Tsangpo entre Samye et Gonggar (rive Nord)

Grues à cou noir dans la vallée du Yarlung Tsangpo vers Shigaste

Pour pouvez suivre les photos dans ma galerie ici: http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/
ZY
Nous partons visiter le monastère Gelugpa de Tashilhumpo, siège des Panchen Lamas. le Panchen Lama est le deuxième chef spirituel du Tibet, juste après le Dalaï Lama.

Nous visitons tout d'abord la vielle ville de Shigaste que nous avons brièvement visité la veille. Au contraire du Barkhor, la vielle ville de Shigaste est très préservée et garde tout son charme et son authenticité. Nous montons au pied de la forteresse de la ville, également ancienne garnison chinoise et résidence du gouverneur du Tsang ou Tibet de l'Ouest. Fondé au XVIème siècle par un noble de la famille Nyak qui était au pouvoir à cette époque, le Dzong de Samdruptse a été complètement détruit durant la révolution culturelle et reconstruit en béton très récemment. Nous continuons en direction du monastère, passant en partie dur le chemin de la Kora emprunté par de nombreux pèlerins, aujourd'hui étant un jour de fête pour le monastère.

Vielle ville de Shigatse et Dzong de Samdruptse



Tashilhumpo fut fondé par le premier Dailï Lama en 1447. Au contraire des monastères Lhasapas, Tashilhumpo est un monastère encore bien vivant et hébergeant de nombreux moines. Cela est certainement dû aux bonnes relations qu'entretiennent les autorités chinoises avec le 11ème Panchen Lama actuellement en exercice, qui fut investi par le Gouvernement Central, alors que le véritable 11ème Panchen Lama (reconnu par le Dailï Lama comme étant la réincarnation de son prédécesseur) est actuellement détenu depuis 1995. Les rumeurs cours qu'il serait aujourd'hui décédé dans les geôles de Pékin. Le monastère possède une magnifique statue de Maitreya de 26 mètres de haut érigée par le neuvième Dailï Lama dans la Jamba Chyenmu. Nous visitons également le palais du Panchen Lama qui abrite les reliques du Quatrième Panchen Lama reposant dans un stupa imposant, la grande salle d'assemblée et le Chajing Duodang, au pied d'un magnifique temple à étages. Les reliques des 5ème a 9ème Dailï Lamas ont été profanées par les gardes rouges et jetées à la rivière. Les quelques reliques qui purent être sauvées sont aujourd'hui préservées dans les chortens construits en 1985 par le 10ème Panchen Lama.

Monastère de Tashilumpo







Drapeaux de prières entre Shigatse et Sakya

Après de délicieux Thukpas Amdopas pour le déjeuner, nous partons pour le monastère de Sakya, siège de l'école Sakypa fondé par Khön Könchog Gyalpo de l'influente famille Khön. Sans rentrer dans les différences idéologiques avec les autres courants, il est intéressant de signaler qu'au contraire des écoles Gelugpa et Kagyugpa, les hiérarques du mouvement ont toujours été des descendants de la famille Khön. Bien que de tradition monastique, les chefs de lignée sont mariés, ce qui les différencie nettement des traditions des autres écoles. L’École Sakyapa devint le pouvoir politique prééminent de l'Etat Tibétain sous la dynastie Mongole des Yuan qui s'installa sur le trône suite à la conquète de Kubilaï Khan de la Chine. Ce dernier appela d'ailleurs Phagpa, grand érudit et chef de la lignée Sakyapa à ses côtés. Le monastère et en particulier le temple principale ou Lakhang Chempo possède une architecture tout à fait différente des autres monastères tibétains; il fut conçu comme une forteresse aux épais murs faisant office de remparts. Les couleurs prédominantes très caractéristiques (gris, blanc, rouge) ou Rigsum Gompo représentent la trinité formée par les trois protecteurs ou Boddhisattvas: Jampelyang (en sanscrit Manjushri), Chenrezi (Avalokiteshvara) et Chana Dorje (Vajrapani). Le Lakhang Chempo abrite une magnifique salle d'assemblée qui abrite de magnifiques reliques, dont une conque qui aurait étéofferte comme présent à Phagpa par le Grand Khubilaï Khan lui même. Il abrite également une immense bibliothèque contenant près de 84 000 rouleaux.

Lakhang Chempo



Bibliothèque du Lakhang Chempo



Mandala de sable au Lakhang Chempo



Cérémonie dans la salle d'assemblée au Lakhang Chempo



Vidéo de la cérémonie https://vimeo.com/78875371?utm_source=email&utm_medium=clip-transcode_complete-finished-20120100&utm_campaign=7701&email_id=Y2xpcF90cmFuc2NvZGVkfDg0OWRmNDFhYjZjOTZmODk3Mzk3YmYyN2M1ZmEzODVjMTg4fDIyNDk0NDQ5fDEzODM4Nzc4NzV8NzcwMQ%3D%3D

Monastère de Sakya





Nous continuons ensuite vers le col de Gyatso La où s'étendent de grands pâturages, et arrivons à New Shegar où nous passerons la nuit.
ZY
Nous entrons aujourd'hui dans la Réserve Naturelle de Qomolungma, une aire protégée de près de 34 000 km² qui vise à protéger le formidable paysage himalayen de la région de l'Everest et en particulier ses milieux humides de grande importance situés sur la route de migration des espèces d'oiseaux migratoires sibériennes vers le sous-continent indien.

La réserve comprend tous les sommets Tibétains de 8000 mètres: Makalu, Lhotse, Everest ou Chomolongma, Cho Oyu, ainsi que le Shisha Pangma, plus à l'Ouest. C'est une grande réserve qui protège un vaste écosystème himalayen connecté avec les aires protégées népalaise limitrophes sur le versant Sud de l'Himalaya, à travers de multiples corridors, comme le Parc National Makalu-Barun, le Parc National Sagamartha, le Parc National de Langtang, et les aires de protection communautaires du Manaslu (MCA) et des Annapurna (ACAP). La réserve abrite une faune caractéristique de l'Himalaya: léopard des neiges, mouton bleu (naur ou bharal), thar de l'Himalaya, kiang ou âne sauvage tibétain. Elle protège également d'énormes réserves d'eau douce sous forme de glaciers qui alimentent les rivières Arun (tibétain: Bum Chu), Sun Kosi (tibétain: Mastang Chu) et Trisuli (tibétain: Kiorong Tsangpo) qui coupent la chaîne himalayenne et traversent le Népal. Elle protège même quelques espèces très rares au Tibet comme la civette palmiste de l'Himalaya, ours à collier et cerf musqué caractéristique des forêts humides de l'Himalaya, que l'on retrouve par exemple dans la vallée de Kangshung ou encore la vallée de Nyalam où passe la route de l'amitié.

Il faut acquitter des droits d'entrée pour accéder à la vallée de Tashi Gaon ainsi que le monastère de Rongbuck situé au pied de l'Everest, près de l'immense glacier de Rongbuk qui descend du Col Sud. Après le poste de contrôle, nous commençons à gravir les grands lacets qui mènent au col du Pang La (5200 mètres), d'où la vue sur la chaîne de l'Himalaya est particulièrement merveilleux. Nous décidons de monter sur la petit bosse au dessus du col, à 5265 mètres de haut selon Google Earth. La vue est encore plus saisissante depuis ce mirador, nous distinguons les sommets (d'Est en Ouest) du Chomo Lonzo, Makalu, Lhotse, Everest, Pumari, Gyachung Kang, Cho Oyu, Lapche Kang, et du Shishapangma.

Paysage au Nord du Pang La (vallée de la Bum Chu - Arun Khola)

Chaîne de l'Himalaya depuis le Pang La





Nous descendons ensuite jusque dans la vallée de Tashi après avoir découvert de charmants petits villages aux cultures en terrasse. J'ai été vraiment émerveillé par la vallée de Tashi, c'est une petite vallée très authentique où les signent du sacré tibétain comme Rigsum Gompo sont omniprésents. Les maisons aux murs de chaux sont très typiques, il y a de nombreux chortens disséminés un peu partout dans la vallée comme sur les pentes des sommets. On aperçoit les ruines d'un village proche de Rongbuk qui semble avoir détruit durant la révolution culturelle, puis le premiers grands sommet très alpins recouverts par les neiges éternelles.

Vallée de Tashi Gaon







Troupeau de moutons bleus ou "naurs"



Nous allons directement au camp de base pour touristes, situé un peu avant la moraine du glacier de Rongbuck, d'où l'on peut apprécier le plus haut sommet du globe. Il est difficile d'apprécier ses dimensions tant il semble encore loin de nous (25 km), en comparaison avec les sommets du Karakoram ou la face Sud du Dhaulagiri par exemple.

Camp de base de l'Everest et langue terminal du glacier de Rongbuk





Nous retournons sur nos pas et nous arrêtons dans un petit ermitage très charmant se trouvant entre le monastère et le camp de base, où ont été érigés de nombreux chortens. Nous sommes invités à descendre par une jeune fille tibétaine pour connaître une grotte de méditation illuminée à la bougie. Nous déjeunons ensuite sur Rongbuk et visitons les alentours du monastère pour prendre les photos typiques de l'Everest avec les chortens du monastère en premier plan. Nous rencontrons plusieurs troupeaux de moutons bleus dans la vallée sur notre retour.

Ermitage au dessus de Rongbuk:





Monastère de Rongbuk







Nous remontons le long de grands pâturages bien verdoyants en direction de l'Ouest où paissent de nombreux troupeaux de chevaux tibétains et de yaks entre les tentes de nomades juste en dessous du col de Lamna La, se délectant d'herbes bien grasses. Nous franchissons le col et empruntons le début de la longue descente vers la large vallée de Tingri, sous les dernières lueurs du jour. Nous prenons quelques photos du vieux village de Tingri dominé par l'ancien Dzong et arrivons dans notre guest house.

Descente vers Tingri:



ZY
Réveil très matinal sous des températures très fraiches, il faut dire que Tingri est à plus de 4300 mètres d'altitude. Nous continuons de remonter la Bum Chu puis prenons plein Ouest vers la route de l'Amitié et la frontière Népalaise. Long arrêt pour prendre le petit déjeuner et le thé sur la route. Il y a des très nombreux Dzongs en ruines dans la vallée, qui gardaient les marches tibétaines de cette région limitrophe du puissant voisin Népalais

La vallée de la Bum Chu et ses dzongs en ruine:









Nous arrivons juste en dessous du Lalung La, col menant vers Nyalam et le Népal, mais filons à l'Ouest, vers de grandes étendues au Nord de la Chaîne du Shishapangma. Nous découvrons nos premiers troupeaux d'antilopes tibétaines et de kiangs dans les grandes prairies autour du lac Langjiang Tso. Il y a de charmants villages au loin. Nous arrivons ensuite sur les rives du lac Peiku Tso aux eaux turquoises. Nous nous y arrêtons deux bonnes heures et marchons sur ses rives magnifiques. Il y a des nombreux canards et oies sur les rives. De nombreuses traces de gazelles. Au Sud, nous découvrons toute la chaîne du Shishapangma. C'est un lieu sublime et très tranquille. Nous prenons notre temps. Et remontons doucement vers la jeep non sans avoir pris le temps de prendre plusieurs dizaines de photos.

Grandes étendues entre la Lalung La et le Peiku Tso, au Nord de la chaîne du Shishapangma



Troupeau de kiangs

Petits villages authentiques



Grandes étendues et Shishapangma



Berges du lac Peiku Tso, petite merveille du haut plateau:











Vous pouvez suivre mes photos sur ma galerie flickr en cliquant sur le lien suivant: www.flickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/
ZY
Suite des photos du Peiku Tso:













Peiku Tso et Shishapangmpa:



Résurgence sur les rives du Peiku Tso



Peiku Tso et Shishapangma



Nous remontons le long d'un canyon et arrivons dans le Xinag de Gyerong, une vallée très proche de la frontière népalaise. La zone fermée au tourisme, se situe juste de l'autre côté des villages Gurungs népalais du Tamang Heritage Trail, entre Ganesh Himal et Langtang, au milieu de vastes forêts de pins de l'Himalaya. Je me demande bien quand la Chine ouvrira au tourisme la vallée qui semble restée très authentique selon les images satellites de Google earth.

Paysages au dessus du Peiku Tso:





Pour notre part, nous filons vers le Nord et traversons de grandes praires ou paissent des centaines de yaks, sur les berges du Drolung Tso. Nous franchissons un petit col et nous arrêtons au village dénommé Zebajiang (selon google earth). Répartition de ballons gonflables pour les enfants, et arrivons à la laide Saga. Le temps semble bien long durant l'après-midi. Pour les visiteurs qui répéterons l'itinéraire, Je vous conseille vraiment de prendre votre temps au lac Peiku Tso et y rester plusieurs heures pour apprécier la beauté des lieux, ou bien de traîner dans les ruelles de vieux Tingri au réveil. Il faudra dans ce cas vous contenter de biscuits pour le déjeuner.

Pâturages du Drolung Tso:





Descente vers le Yarlung Tsangpo

Nous comprenons que notre guide et notre chauffeur essayent d'arriver le plus vite possible à l'étape suivante pour se rendre durant des heures dans des bars à picoler... Ce ne sera que le débuts des emmerdes.

Vous pouvez suivre mes photos sur ma galerie flickr en cliquant sur le lien suivant: www.flickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/
SO
Superbes séries... La dernière série ressmble beaucoup à l'Altiplano, les montagnes ont remplacé les volcans
Mes randos et voyages : http://www.alidade.eu
BL
Bonjour,

Superbe. J'adore les photos de paysages et des villages. Cela donne vraiment envie d'y aller.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
MA
Merci beaucoup pour ce partage !
Sawa dee ! Merci de visiter mon site sur la magie blanche Thaïlandaise : http://www.magie-thai.com
GU
Madre miaaaaaaaaaa

Quel beau voyage et quel beau compte rendu, tu m'as fait voyager pendant toute la lecture du post.

Félicitation et merci beaucoup de partager... ça fait rêver.

A bientôt et bonne route!
ZY
Le lendemain longue traversée vers le petit monastère de Chiu Gompa, sur les rives du lac Manarasovar. A vol d'oiseaux il y a plus de 370 kilomètres! Mais au final la route n'est pas si longue, les paysages sont magnifiques.

Nous franchissons immédiatement au Nord de Saga le col de Saga La a plus de 4800 mètres. Il y a beaucoup de yaks de part et d'autres du col, surtout de l'autre côté ou se situent de vastes pâturages au pied d'un sommet enneigé de plus de 6000 mètres. Nous avons quitté la vallée de Yarlung Tsangpo, pour éviter les plaines inondables durant la mousson. Sans doutes la zone de l'ancienne route qui devenait impraticable lors de pluies importantes.

Nous longeons de très belles rivières (Rukyok et Kyibuk Tsangpo, puis Men Chu) et des montagnes colorées sur les piémonts du Lumpo Kangri, un sommet enneigé de 7000 mètres de haut, et apercevons les ruines de vieux dzongs, sans doutes dévastées par les gardes rouges. Il y a de nombreux campements nomades Drogpas. La faune sauvage fait son apparition, on observe quelques gazelles et des kiangs dans les vallées les plus préservées.

Il y a un petit monastère au Nord un peu après le bourg de Dargyeling.

Ancien dzong



Belles rivières

Paysages colorés



Arrivée sur Zhandong

De grandes zones dunaires font ensuite leur apparition, nous arrivons au petit village de Drongpa Tradun et au monastère de Tradun Gompa (aussi appelé Jang Traduntse), que nous ne pouvons visiter. Il semble cependant complétement vide, du moins a cette période de l'année. Il abriterait un statue de Padmasambhava. Il est situé sur une petite bosse qui domine une vaste plaine où paissent des milliers de yaks! C'est une mosaïque de grandes prairies et de petits lacs, une grande zone humide formée par la confluence des rivières Tsar Chu et Yur Chu qui héberge l'un des meilleurs pâturages de cette région du Tibet. Une dizaine de kilomètres plus au Sud, nous devinons le Yarlung Tsangpo. Encore plus loin, c'est le Mustang, ancien Royaume de Lho qui me fascine et ou je compte me rendre au printemps 2012.

Monastère de Tradun Gompa



Mur de manu et cornes de yaks, vue vers le Mustang

Pâturages de Drongpa Tradun

Yarlung Tsangpo



Nous longeons ensuite le fleuve, passons Zhongba, passons le col de Soge La et arrivons par le haut aux fameuses dunes de Paryang, où nous arrêtons durant une demi heure pour prendre plusieurs clichés. La vue est splendide, au loin nous devinons un lac au bleu céleste sur le Yarlung Tsangpo, qui selon les cartes semble s’appeler Damqok Tsangpo dans sa partie haute. La chaîne de l'Himalaya se dévoile devant nous, marquant la frontière avec le Dolpo au Népal voisin. Nous distinguons un peu plus au Sud Ouest des sommets proéminents dont le Kubi Kangri qui fait forte impression du haut de ses 6859 mètres de haut. Il y a des grands pâturages au pied des dunes, c'est le village de Paryang où nous descendons maintenant déjeuner. Un village sans charme recouvert d’immondices, comme souvent dans ses villages perdus de l'Ouest du Tibet qui découvrent les méfaits apportés par "la modernité". Nous continuons maintenant vers l'Ouest et traversons les grands pâturages de Paryang, traversés par de nombreux méandres du Yarlung Tsangpo et de ses affluents.

Champs dunaires de Paryang et village de Gacho en contrebas



Pâturages de Paryang







ZY
Nous continuons toujours vers l'Ouest, la vue sur l'Himalaya est omniprésente comme les gazelles tibétaines et les kiangs. Nous apercevons bientôt une zone glaciaire vers le Sud où se trouve les sources du fleuve sacré, formé par les glaciers de Jema Yungdrung, Nganser & Gyama Langdzon. Nous arrivons au lac de Gangyu Tso situé après le col de Mayum La de 5200 mètres, lequel est précédé par un énième un check point. Ce lac est réputé pour ses eaux impropres a la consommation, tout comme le lac Langa Tso, voisin du Manarasovar. Il y a de grands troupeaux de kiangs.

Paysages entre Paryang et le Gangyu Tso

Troupeau de gazelles sur les berges du Gangyu Tso

Troupeau de kiangs sur les berges du Gangyu Tso

Paysages entre le Gangyu Tso et le lac Manarasovar

Puis nous arrivons dans les grandes prairies Nord du lac Manarasovar, terres nomades peuplées de yaks bien sur, mais aussi d'antilopes tibétaines ou chiru, gazelles et kiangs. Les lieux sont magnifiques, le mont Kailash trône littéralement sur les plaines, du haut de ses 6714 mètres. Nous comprenons bien pourquoi il s'agit du sommet le plus vénéré du globe, sa beauté est sans égale. Il est connu comme Gang Rimpoche pour les tibétains, le "précieux joyau des neiges. Une montagne vénérée par les fidèles hindous, pour lesquels "la montagne de Crystal" serait la demeure du dieu Shiva, ainsi que des Böns et des Jaïns. La forme pyramidale proéminente dut sans doute à l'origine de la vénération historique des adeptes des grandes religions du Sud Asiatique. C'est aussi le point de convergence des quatre plus grands fleuves du sous-continent:

- Le Senge Khabab (fleuve qui sort de la bouche du lion) ou Indus, grand fleuve sacré traversant le Ladhak, le Karakoram puis les plaines du Punjab. Sa source est située à deux jours de marche au Nord du Drolma La. - Le Tamchok Khabab (fleuve qui sort de la bouche du cheval) ou Bhramapoutre, que nous longeons depuis plusieurs jours le long de la faille trans-himalayenne, sur les berges duquel est née la grand civilisation Yarlung. Il traverse l'Himalaya au niveau de la Namcha Barwa puis traverse les plaines fertiles de l'Assam avant de formé un delta commun avec le Ganges. - Le Mapcha Khabab (rivière qui sort de la bouche du paon) ou Karnali, qui prend sa source au sud du lac, près de la ville tibétaine de Purang, avant de franchir l'Himalaya. C'est un des principaux affluents du Ganges. - Enfin, le Langchen Khabab (rivière qui sort de la bouche de l'éléphant) ou Sutlej, affluent majeur de l'Indus. Il franchit l'Himalaya au Kinnaur indien. La grande civilisation Bönpo de Kyunglung est née le long des gorges de sa partie supérieure, puis du Royaume de Gugé qui fut le fer de lance de la renaissance du Boudhisme au Tibet.

Nous arrivons sur le monastère de Chiu très charmant, puis nous baladons sur les rives du lac Manarasovar ou Mapam Tso, un lieu (encore une fois) incroyable, pour changer... Au fond domine l’impressionnante Gurla Mandata ou Neno Nani couverte de glaciers éternels, pilier Nord Ouest du Népal de et la région de Humla - Karnali de plus de 7728 mètres de haut. Nous éprouvons un grand sentiment de paix et de tranquillité.

En été, le lac Manarasovar ou Mapam tso est quant à lui le point de convergence de nombreux pèlerins hindous, pour lesquels il représente le deuxième pèlerinage le plus important.

Lac Manarasovar et grandes prairies

Monastère de Chiu Gompa



Lac Manarasovar

Lac Manarasovar et Gurla Mandata





Grandes prairies dominées par le Mont Kailash

Mont Kailash



Coucher de soleil sur Chiu Gompa, petite merveille au pied du Kailash
ZY
Réveil matinal pour assister au lever de soleil sur lac Manarasovar. Il fait vraiment très froid, c'est d'ailleurs l'une des seules nuits fraiches de ce voyage au Tibet en novembre, avec celles sur Shegar, Tingri et Saga.

Lever de soleil sur le lac Manarasovar



Dernière vue sur Chiu Gompa





Un kiang pose pour nous avec le Kailash en toile de fond



Nous n'avons pas prévu de réaliser la Kora autour du Kailash, d'une part pensant qu'à cette époque le col de Drolma La serait enneigé - ce qui n'est absolument pas le cas - et pour privilégier plus de temps sur Kyunglung, et la route Nord pour le retour. Nous avons donc décidé de nous approcher de la demeure de Shiva par le Sud et le monastère Drigung Kagyu de Gyandrak Gompa, situé sur la Kora intérieure du Mt Kailash. Il aurait été fondé il a plus de 800 ans sur le lieu où le fondateur de la religion Bön, Shenrab Miwoche, aurait réalisé divers rituels afin d'apaiser les esprits de la nature habitants les montagnes de la région. Le monastère actuel fut reconstruit en 1983. Il y a plusieurs yaks autours du monastère, un gypaète barbu nous survole.

Petite randonnée vers Gyandrak Gompa





Mais l'intéret pour nous est surtout un petit éperon derrière le monastère que j'ai repéré précédement sur Google Earth, qui devrait nous offrir la plus belle vue sur le Kailash. Il est situé sur l'arrête Ouest du Mont Yelakzung à l'altitude 5335 mètres environ. Il me semble d'ailleurs qu'aucun touriste ne se soit jamais rendu sur les lieux, je ne trouve absolument aucune photo depuis ce mirador. Il est vrai que les touristes délaissement habituellement la Kora intérieure pour la plus fameuse Kora extérieure. La marche est plutôt facile, mais le souffle plutôt court. Nous arrivons aux niveau de quelques drapeaux de prière, la vue s'ouvre face à nous, apparait le Kailash, magnifique. Je vous donne les coordonnées UTM pour identifier le coin sur Google Earth: 31°01'08"N - 81°17'29"E.

Vue sur le Kailash



Redescente vers Darchen



Nous revenons sur Darchen (un véritable dépotoir ou personne ne souhaiterait rester) pour retrouver notre guide qui n'a pas souhaité venir avec nous, prenons le déjeuner, puis filons vers l'Ouest et le village de Montser, où nous resterons pour visiter les hautes gorges de la Sutlej demain matin. Nous traversons de grandes plaines riches en faune, découvrons de belles montagnes colorées qui pourraient rappeler à certain Punamarca, puis arrivons a Montser, village sans gout qui semble avoir construit après la colonisation chinoise. Les prairies au Nord du village sont plutôt sympas, il y a de beaux troupeaux de yaks et de chevaux tibétains.

Paysages depuis la route entre Darchen et Montser





Village de Montser







Note: Je vous conseille de dormir sur Chiu Gompa plutôt que l'horrible Darchen. Si vous le pouvez il serait préférable de camper, car les logement sont vraiment très simples mais tout à fait convenables. Il y a un petit guest house sur Montser asse basique.
ZY
L'objectif d'aujourd'hui est de visiter les sites de la haute vallée de la Sutlej, grand affluent de l'Indus qui prend sa source au Lac Manarasovar, juste au pied de Chiu Gompa.

Nous visitons d'abord le site sacré de Tirthapuri, un complexe généralement visité par les pèlerins après la Kora du Kailash lors de la Saga Dawa. Il y a un grotte où auraient médités Padmasambhava et Yeshe Tsogyel. On visite le petit monastère et les grand murs de mani et de nombreux chortens au milieu d'un badland et de hoodoos de couleur rouge. Le geyser ne produit plus aujourd'hui de jet impressionnant, il est de taille équivalente à ceux du Tatio dans l'Atacama Chilien.

Monastère de Tirtapuri



Mur de mani à Tirtapuri

Geysers de Tirtapuri

Nous descendons par la suite le long de la Sutlej. Nous longeons d'abords des prairies où paissent yaks et kiangs, puis pénétrons dans de très belles gorges jusqu'au monastère Bönpo de Gurugyam, l'un des plus importants de l'Ouest Tibétain. Il fut fondé au début du Xème siècle sur le site de méditation des grands maitres Böns Gyerchen Drenpa Namka, Tsewang Rigzin et Pema Tongdrol au temps de l'ancienne civilisation Zhang Zhung. La plupart de ses moines se trouvent aujourd'hui au monastère de Dolanji en Inde, après avoir fuit lors de l'invasion chinoise. On peut voir un loup et un léopard des neiges empaillés dans la salle d'assemblée du monastère. Pensez à réaliser la Kora dans le sens inverse des aiguilles d'un montre pour respecter la tradition Bönpo!

Haute vallée de la Sutlej juste en dessous de Tirtapuri



Monastère de GuruGyam

Nous continuons ensuite à travers de magnifiques gorges et arrivons sur le cite de Khyunglung, la mythique capitale de l'ancien royaume Bönpo de Zhangzhung.

Gorges de la Sutlej

Vielles pèlerines au village de Khyunglung

Vous pouvez visualiser de très nombreuses photographie sur mon compte flickr sur le lien suivant: http://www.flickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/

Note: Je vous conseille de visiter à la journée les sites et de dormir un seconde nuit sur Montser. Il serait aussi judicieux de les visiter depuis Darchen ou plutôt Chiu Gompa, pour éviter le long (mais magnifique) transfert depuis Khyunglung vers Thöling dans l'après-midi. Il existe une route directe par les gorges entre Khyunglung et Thöling, il semble cependant qu'il ne soit pas possible de l'entreprendre légalement, mais certains chauffeurs l'aurait déjà emprunté ces dernières années.
ZY
Nous voici enfin arrivé sur Khyunglung. C'est apparemment ici que sont apparus les premiers sites habités du Tibet. Notre connaissance sur l'Ouest Tibétain est très limitée, cependant, la capitale du Royaume antique de Zhangzhung semble avoir hébergée près de 3000 habitants. Il semble que la cité fut édifiée près de 2800 ans avant l'ère chrétienne ! Des chroniques Bönpo retrouvées récemment tendent à montrer que l'Ouest Tibétain était alors connu comme le "Centre", alors que les régions aujourd'hui connu comme Ü-Stang, Amdo, Kham et Ladakh n'étaient que des régions périphériques. Zhangzhung aurait été le coeur d'un royaume puissant qui s'étendait du Ladhak aux régions centrales du Tibet. On s'interroge aujourd'hui quelle était la source d'alimentation de l'ancienne cité, il n'y a en effet aucune trace d'anciens champs capables de nourrir sa population, et les sites actuellement en culture ne pouvaient suffire à approvisionner la cité. Il reste encore de nombreux mystères à éclaircir... La ressemblance architectonique avec les anciennes cités troglodytes néolithiques du Mustang est frappante, les paysages de deux régions sont marqués par des éléments géologiques en commun: des grands canyons, des paysages minéraux très colorés, des formations de hoodoos et de badlands.

L'histoire plus récente nous raconte que le grand roi Songtsen Gampo conquit le royaume et l'annexa à l'empire Yarlung, puis que lex esplorateurs Moorcroft puis Tucci un siècle plus tard redécouvrir les lieux quasiment déserts.

Il y a deux sites de vielles cités troglodytes à Khyunglung: la cité de Khyunglung Ngulkhar, la capitale de Zhangzhung et siège du palais d'argent, en rive droite de la Sutlej et 2 kilomètres en aval du nouveau village, et une petite cité périphérique située au dessus de la nouvelle gompa, à l'Est du village actuel, en rive gauche de la Sutlej.

Carte des lieux



Mon guide ne connaissait pas les lieux et pensait que Khyunglung était simplement la nouvelle gompa, nous avons dû lui expliquer qu'il s'agissait de la plus vielle civilisation sur le plateau tibétain. Nous nous sommes trompés et avons débuté par la visite de la cité périphérique, dans les badlands au dessus de la nouvelle gompa. Il y a de vieux chortens éventrés au milieu des nombreuses grottes creusées dans les formations argileuses. Le site est splendide. Mais nous nous rendons compte qu'il ne s'agit pas de Khyunglung, on croit deviner la cité de l'autre côté de la Sutlej.

Vielle cité périphérique au dessus de la nouvelle gompa



Prairies au dessus de la nouvelle gompa





Nous nous sommes cependant bien accrochés avec notre guide et notre chauffeur hier soir, il faut dire qu'ils nous exaspèrent de plus en plus. Ils ne souhaitent juste rentrer le plus tôt possible aux guests houses, et se rendent aux pubs dès que possible. Le guide es jeune est semble mal influencé par notre chauffeur qui ne souhaite en faire qu'à sa tête.

Je leur signifie que Khyunglung est située en contrebas mais tout deux semblent réticents à l'idée de nous laisser plus de temps sur place. Je suis assez déçu et nous nous contenter d'admirer les ruines de la légendaire cité depuis un promontoire sur la rive gauche de la Sutlej, au niveau de deux chortens. Il y a un pont suspendu métallique qui permet de franchir le cours d'eau. Il suffit ensuite de suivre le sentier jusqu'au pied des badlands en logeant les chortens et les murs de mani. Il faut accepter à contrecœur reprendre la route pour Montser puis Gugé, situé à plus de 3-4 heures de là. La visite nécessiterait au moins deux bonnes heures sur place. J'espère y revenir un jour pour arpenter les vieux chemin, tunnels et ces grottes habitées depuis près de cinq millénaires.

Mirador sur la cité de Khyunglung

Khyunglung



Vous pouvez trouvez plus d'explications sur les liens suivants: Photos de l'expédition menée par Kim Bannister: http://kyunglung.blogspot.com/

http://www.thlib.org/bellezza/#!book=/bellezza/wb/b1-2-4/

Et sur le lien youtube suivant: http://www.youtube.com/watch?v=8CMlxwvjFEU

La route continue en rive Gauche de la Sutlej vers Thöling en passant par le sites de Dongpo Gon et de Dawa Dzong, qui abriteraient de vastes ruines et des monastères. Les paysages situés entre Khyunglung et Thöling semblent fascinants et il n'était pas clair s'il était possible d'emprunter cette route en toute légalité lors de ma visite, que j'aurais souhaité emprunter. Sur Google earth se trouvent diverses photos des membres d'une expéditions en rafting dans les gorges de la Sutlej, montrant d'autres sites troglodytes dans les gorges étroites de la rivière. Je suis certain que la région cache encore bien d'autres mystères, la proximité avec l'Inde et les enjeux militaires, ne permettent cependant pas pour l'instant d'explorer les environs.

Nous revenons ensuite sur Montser puis filons plein Ouest vers Ali.

Vous pouvez visualiser de très nombreuses photographie sur mon compte flickr sur le lien suivant: http://www.flickr.com/...s/72157631679644894/
ZY
Quelques photos de la route entre Motser et Thöling...

Nous passons un petit col et plongeons dans la vallée de la Gar Chu, le long de laquelle nous rencontrons de nombreux troupeaux de yaks, de kiangs et de gazelles.

Vallée de la Gar Chu

Nous prenons ensuite plein Sud pour emprunter une longue montée, puis franchissons les Gangdise Shan, une haute chaîne qui n'est que le prolongement de la chaîne du Ladhak vers le territoire tibétain. Nous observons plusieurs troupeaux de kiangs en contrebas du col.

Franchissement de la chaîne des Gangdise

La vue est sublime, nous découvrons la cuvette de Tsamda ou Gugé, enclavé entre les chaînes Himalayenne et des Gangdise. C'est un méli-mélo de canyon argileux, et l'un des nombreux géo-parques déclarés sur le territoire chinois. Nous découvrons la face cachée du Kamet, qui écrase les lieux par sa hauteur. Derrière le haut sommet se trouve la région indienne du Garwhal, plus à l'Ouest le Kinnaur. Au milieu du canyon s'écoule la Sutlej qui prend sa source sur le plateau, au lac Manarasovar.

Grand canyon de la Sutlej depuis le col et chaîne de l'Himalaya

Sommet du Kamet depuis le col

Nous traversons d'abord de hauts plateaux dorés au pied des Gangdise, puis descendons au milieu d'un spectacle géologique hors du commun, à travers canyon et falaises d'argile digne du grand canyon américain, c'est un spectacle époustouflant.

Paysages versant Sud des Gangdise

Entrée dans le canyon de la Sutlej



Nous franchissons la Sutlej et arrivons sur Thöling, autrefois monastère resplendissant aujourd'hui transformé en une vulgaire garnison militaire chinoise, toutefois nettement agréable en comparaison avec les villes de l'Ouest tibétain.

La Sutlej en dessous de Thöling
ZY
Suivant le même critère que pour Khyunlung, je poste des photos en masse de Gugé, afin de combler le manque d'information concernant cette région isolée du Tibet sur la toile, peut être la plus fascinante du monde tibétain... La plus méconnue sans nul doute.

Nous sommes maintenant au cœur du Grand Canyon de la Sutlej, au milieu d'un labyrinthe formé par l'action millénaire de l'érosion éolienne et de l'eau. C'est un délire minéral, au milieu duquel s'est épanouit un royaume tibétain puissant, qui fut le siège de la renaissance du bouddhisme sur le plateau tibétain, le fameux et mystérieux Royaume de Gugé.

Afin de situer Gugé sur la flèche du temps, il est nécessaire de revenir à la dynastie Yarlung et à l'assassinat de Tri Rapalchen, Troisième Grand Roi religieux du Tibet par son frère Langdarma. Ce dernier aurait été un fervent adepte de la religion Bön et aurait à son tour été assassiné en 846 par un moine boudhiste en cette période marquée par des conflits et des persécutions entre les deux camps. La mort Langdarma ne marque pas seulement la chute du grand empire Yarlung, mais également la fin du premier age d'or du bouddhisme sur le plateau tibétain.

Face à l’impossibilité de mettre un terme aux rébellions qui s'ensuivirent, un descendant du dernier souverain s'enfuit vers l'Ouest du Tibet pour se réfugier dans l'enclave de Purang, dans la haute vallée de la Karnali, juste au Sud du lac Manarasovar. Nyemagon fonda le premier Royaume de Purang en 912 par des liens matrimoniaux avec l'une des famille de l'aristocratie de l'ancien Zhang Zhung, soumit par le fondateur de la lignée Yarlung, le grand Songtsen Gampo. Il prit rapidement le contrôle de l'ensemble du territoire de Ngari. A sa mort, le Roayume fut partagé entre ses trois fils: Palgyigon prit le pouvoir sur le Maryul, connut aujourd'hui sous le nom de Laddakh, Detsungon le Zanskar, et Tashigon le territoire s'étendant sur Purang et Gugé. Ainsi naquit ce royaume oublié qui avec le temps, étendit son influence sur les régions voisines du Maryul, du Zanskar, de Rutok, de Ngari, et certainement même jusqu'au Mustang selon des études récentes.

La grande renaissance du bouddhisme émergeât depuis Thöling, capitale du Royaume de Gugé, sous Yeshe Ö, fils de Tashigon. Nous reviendrons sur cette partie de l'histoire un peu plus tard, concentrons pour le moment sur la citadelle de Tsaparang, située 26 kilomètres en aval de la capitale de de Yeshe Ö.

Suite à de nombreuses guerres avec les souverains Qarakhanides du Taklamakan, puis l'hégémonie Sakyapa durant la période mongole, qui aura conduit à la séparation des parties Nord et Sud de Gugé, le roi Namgyelde puis son fils Puntsokde revitalisèrent Gugé, suite à la chute de Sakya marquée par la montée du courrant Phagmodrupa au Tibet Central. La citadelle troglodyte de Tsaparang (et ses réseaux de tunnels excavés dans l'argile) fut établie par Puntsokde, lors de l'érection des monastères de Loteng et de Dreteng, situés respectivement en bas et en haut du piton d'argile.

L'age d'or de Tsaparang coïncide avec les règnes de Lobzang Rabten puis de Jikten Wangchuk de la fin du XVème siècle au milieu du XVIème siècle, qui marque également l'apogée de l'école Gelugpa.

La citadelle fut sans doute ravagée par une armée du Laddakh en ce temps alliée au Royaume de Rutok, ce qui marquât la chute totale de Gugé. Lors de sa viste de Tsaparang en 1624, l'explorateur jésuite Portugais Antonio de Andrade fut témoin des dernières années de Gugé, qui semble s'être effondrée un cinquantaine d'année plus tard. Alors que Tucci découvrit des ruines particulièrement préservée, la citadelle actuelle ne fit pas exception, et fut complètement ravagée par les gardes rouges lors de la révolution culturelle chinoise.

Elle héberge cependant certaines des peintures murales les plus fines et les plus anciennes de style tantrique, et à l'influence des cultures Cachemirie et de Dunhuang. érigée au dessus de la Sutlej, dans un cirque minéral qui s'insère au cœur des magnifiques gorges de la Sutlej, la ville prospéra de part sa situation sur l'une des routes de commerce entre l'Inde, le Cachemire, le Tibet et la route de la Soie plus au Nord. A son apogée la ville était une étape caravanière importante, peuplée par plusieurs milliers de personnes vivant principalement dans un complexe de grottes troglodytes reliées par un réseau de tunnel creusés dans l'argile.

Vallée de la Sutlej entre Thöling et Tsaparang



Monastère et chorten de Dolma Lhakang





Vue d'ensemble de la citadelle d'argile depuis le bas





Immédiatement au dessus de la caisse, tenu par une famille tibétaine fort peu sympathique, nous grimpons vers les monastères de Lhakang Karpo (ou Monastère blanc) et de Lakhang Marpo (ou Monastère rouge). Le premier protégeait jusqu'aux années 1960 de belles statues en terre cuite des huit Bodhistavas qui furent détruites par ces maudits gardes rouges après cet accès de folie de Mao. Il contient les restes de peintures qui mériteraient une restauration très urgente, dégradée par le temps et les chinois. Elle s'apparenteraient fortement aux peintures du monastère d'Alchi au Laddhak voisin. Il n'est malheureusement pas possible de prendre des clichés dans le monastère.

Lakang Karpo

Le Lakhang Marpo fut fondée par la reine Dondrubma, épouse de Lobzang Rabten au XVème siècle. La porte d'entrée est cernée par des cintes de bois d'acacia aux motifs indiens sculptés par des artisans cachemiris, représentant notamment des éléphants d'Asie, démontrant la forte influence indienne et les relations étroites avec les régions sub-himalyennes avec Gugé. Les peintures des 35 bouddhas de la compassion sont également en mauvais état , tout comme le stupa central et la fresque qui fait le tour des murs du monastère. Les peinture du haut sont cependant plutôt bien conservées; elles représentent divers bouddhas (bouddha médecin...) et diverses figures importantes du boudhisme tantrique (Tara verte, Avalokitesvara, Padmasambhava, un protecteur...). Le plafond en bois entièrement peint, représente des motifs géométriques et floraux. Face au temple rouge se trouve la petite chapelle de Yamatanka.

Lakang Marpo



Quelques photos des peintures murales: http://www.mountainsoftravelphotos.com/Tibet%20Guge/2006-07%20Tibet%20Guge/Tsaparang/slides/Tibet%20Guge%2007%20Tsaparang%20Red%20Temple%2004%20Red%20Mahakala.html

Nous apprécions en contrebas les grottes troglodytes sur les flants des collines des alentours, qui contiennent encore aujourd'hui des ossements humains

Grottes troglodytes au pied de la citadelle

Nous continuons la montée vers le haut de la citadelle, à travers les ruines de murs de briques et de grottes troglodytes identiques à celles qui se trouve au Mustang, au dessus de Nyphu par exemple. Elles contiennent généralement deux à trois pièces et de petits rebords qui devaient permettre de ranger divers objets. La grande majorité e dispose pas de conduit afin d'évacuer la fumée, sont donc noircies par la fumée de feu de bois.

Montée vers la citadelle

Architecture caractéristique des grottes troglodytes de Tsaparang











Certaines grottes fermées, comportent des peintures magnifiques, marquée notamment par le bleu caractéristique du Cachemire

Peinture murale dans un grotte troglodyte

ZY
La montée continue à travers les ruines de murs d'habitations, d'anciens magasins et de grottes troglodytes.

Montée vers la citadelle







Nous traversons par la suite la montagne par un tunnel creusé dans la roche, qui séparait la partie haute réservée à la famille royale, de la partie basse de la citadelle, où vivait le peuple. Il s'agit de l'unique voie menant à la partie haute, complètement protégée des falaises sur les autres flancs du piton d'argile qui s'élance au dessus de la Sutlej.

Citadelle en dessous du tunnel. On distingue les fenêtres du Palais d'hiver

Tunnel donnant vers la citadelle

La partie haute abrite les Palais d'été et d'hiver, ainsi que le temple de Demchok construit au XVIème siècle pour la famille royale. Il abritait autrefois un petit mandala tridimensionnel et ne présente guère d'intérêt. Si je n'ai pas trouvé son entrée, la citadelle renferme un palais d'hiver troglodytes, situé au cœur de la montagne, 12 mètres sous terre. Il comporterait selon les guides sept pièces excavées dans la montagne, dont les fenêtres ouvrent vers la face Ouest de la citadelle.

Anciens édifices de la citadelle

Monastère de Demchok



La vue depuis la citadelle est magnifique, les ruines particulièrement attractives...

Vue sur la vallée depuis la citadelle



ZY
D'autres photos...

Les fenêtres du Palais d'hiver

Vue sur le délire géologique du canyon de la Sutlej







Champs qui semblent encore utilisés

Vue vers le Nord-Est

Photographies des ruines du Palais d'été





Détails des ruines au pied de la citadelle



TC
Fabuleux ! [:)]

Je viens de découvrir (et parcourir rapidement) ton post. Mais j'y reviendrai pour lire ton texte en intégralité (je reconnais ne l'avoir que survolé pour l'instant)

Merci pour ce voyage magnifique. Les photos sont extra
Thierry

On dit souvent "Fermez la porte, il fait froid dehors !" Mais une fois la porte fermée, il fait toujours aussi froid dehors.
ZY
Nous visitons dans l'après-midi, après la visite de Tsaparang, le monastère de Thöling.

L'ancienne Thöling est aujourd'hui une garnison chinoise installée afin de contrôler la zone de Tsamda limitrophe de l'Inde et du Kinnaur voisin. C'est une route historique de commerce entre le sous-continent indien et le Tibet, qui se prolonge vers le Taklamakan et la route de la soie. Il s'agit donc d'une faiblesse dans la chaîne himalayenne, une zone clé que la Chine et l'Inde contrôlent méticuleusement. Selon Google Earth la frontière ne semble pas clairement définie et les deux nations auraient des revendications sur le territoire en question. C'est également le point de passage de tibétains exilés en Inde, qui retournent vers leur mère patrie tibétaine. Notre guide a d'ailleurs été emprisonné durant 6 mois dans les geôles de Thöling à son retour d'exil...

Aujourd'hui petite ville moderne reposante et nettement plus attrayante que les "villages poubelles" de l'Ouest tibétain, Thöling abrite le fantastique monastère éponyme. La vielle ville a été complètement détruite, sans doute sous l'impulsion de Pékin. Il n'en reste que les ruines de quelques chortens à l'Ouest de l'ancien monastère, et le grand chorten de Serkhang situé à son entrée, à l'Est.

Thöling, c'est le plus grand monastère de l'Ouest du Tibet ou Ngari. Ayant exercé une influence considérable sur le style culturels de très nombreux monastères laddakhis, dont les très fameux monastères d'Alchi au Laddakh ainsi que de Tabo au Spiti, il connut son age d'or sous le règne de Yeshe Ö, descendant de la dynastie Yarlung, grand protecteur du bouddhisme, qui invitât à sa cours de grand maîtres indiens pour entreprendre le rétablissement du bouddhisme sur le Tibet. Thöling était alors la capitale du puissant Royaume de Gugé, qui contrôlait les territoires lointains du Mustang, mais surtout du Laddakh (connu comme Maryul) et le Zanskar. Son influence était telle que Yeshe Ö convaincu d'abord le grand maitre Atisha de se rendre à sa cours Grand Maître Atisha en 1042, originaire du Bengale, et des monastères de Nalanda et de Vikramasila afin d'entreprendre la afin de répandre le message du Dharma au peuple tibétain..

Yese Ö envoyât également de nombreux érudits tibétains comme Nagtso étudier à Nalanda, autrefois principale université du Royaume Pala qui gouvernait sur la région du Bengale indien, afin de traduire des milliers de textes en langue tibétaine. Mais la renaissance du boudhisme est surtout le fruit du grand traducteur tibétain Rinchen Zangpo qui partit étudier au Cachemire, et entreprit la construction de dizaines de monastères sur les territoires contrôlés par Gugé au début du XXème siècle. Ringchen Zangmo était le grand abbé de Thölong lors de l'arrivée d'Atisha, qui aurait été particulièrement impressionné par la splendeur du monastère de Thöling et la ferveur des habitants de Gugé. Atisha fut le fondateur de la secte Kadampa, connut par sa forte tradition d'austérité, aujourd'hui à la base de l'école Gelugpa.

Alors le site culturel majeur du plateau tibétain et centre de la renaissance du bouddhisme lors de sa deuxième diffusion, le centre de gravité de Gugé se déplaça peu à peu vers Tsaparang au fil du temps.

Le monastère était autrefois un complexe de six chapelles ou Lakhangs, le Serkhang ou Temple d'Or fut entièrement rasé durant les ravages de la révolution culturelle, à l'image du fameux monastère de forme de mandala.

Le Dukhang ou salle d'assemblée, également connu comme le temple rouge, contient les plus anciennes peintures sur le site de Thöling. Elles ne seraient pas les peintures originales mais seraient l’œuvre de restauration vers le XIIIème siècle. On dénote le style Néwari du fait de la présence de motifs floraux, mais surtout Cachemiri, caractéristique du style diffusé sous Ringchen Zangpo. Les peintures sont merveilleuses, mais ont été malheureusement endommagées par les précipitations, et sont aujourd'hui partiellement recouvertes par la boue. On peut observer des peintures de protecteurs, des quatre rois protecteurs, de divinité en union sexuelle, ainsi que de personnages historiques tels que Ringchen Zangpo, Atisha et Yeshe Ö. Il y a un besoin urgent de restaurer ces trésors, témoins de l'influence passé de Gugé et de son style unique fort caractéristique.

Clichés de la chapelle de Dukhang (la grande salle d'assemblée)



Peintures murales du Dukhang, dont le style m'était méconnu jusque là



Salle d'Assemblée, Dukhang



Tangka du Dukhang



La Lakhang Karpo ou Temple Blanc, était autrefois très connu pour ses fameuses statues de déités en terre cuite, toutes ont cependant été détruites par les gardes rouges durant la révolution culturelle. Le monastère héberge de magnifiques peintures et motifs géométriques du XVème et XVIème siècle, dont certaines semblent avoir été restaurées dans un passé récent. Le plafond peint en rouge, est fait de bois de déodar.

Les cuisines du monastère actuel



Le Lhakang Karpo ou Temple Blanc





Le Shakyamuni du Lhakang Karpo



Détails de la porte d'entrée, Lakhang Karpo



Architecture extérieure du Lakhang Karpo



Enfin, le troisième monument majeur du complexe monastique, qui était même sa pièce maitresse, fut complètement rasé par les gardes rouges. Le bâtiment actuel correspond à la restauration des ruines, datant des années 1980. C'est un monastère en forme de mandala, qui n'est pas sans rappeler Samye, quatre chortens sont situés à chaque points cardinaux. Je n'ai pas eu la possibilité de visiter ce monastère, mais la littérature fait mention que les peintures murales de deux petites chapelles particulièrement esthétiques aurait survécu au massacre. Il serait à ce jour en restauration.

Architecture extérieure du Lakhang Karpo



Le monastère de Neten autrefois splendide, fut aussi complètement rasé. Nous avons eu l'occasion de visiter les cuisines actuelles du monastère, qui n’hébergerait plus qu'une trentaine de moines.

Il est fortement recommandé de visiter les monastères muni d'une lampe torche de forte intensité, afin de pouvoir contempler les peintures murales dans l'obscurité.

Il n'est théoriquement pas possible de prendre des photos dans le monastère, suite à un problème survenu il y a quelques années. Je vous propose de compléter ma collection de cliché en consultant le lien ci-dessous: http://www.mountainsoftravelphotos.com/Tibet%20Guge/2006-07%20Tibet%20Guge/Tholing/index.html
ZY
D'autres clichés de Thöling...

Nous sommes restés longtemps à côté du mur de mani au dessus de la Sutlej, situé sur la Kora du monastère. Un lieu agréable où j'ai pris du temps pour bouquiner, regarder les vielles mamies faire des tours et des tours sur le chemin de kora, et prendre de belles photos des lumières de fin d'après-midi.

Vieux chorten érodé, Thöling

Monastère en mandala de Yeshe Ö depuis la Kora, Thöling



Mur de mani et monastère de Serthang au loin depuis sur la Kora de Thöling

Chortens sur la Kora de Thöling



Lumières sur le chorten de Serthang, au dessus de la Sutlej

Vallée de la Sutlej



Pèlerine sur la kora de Thöling



Golden Hour sur le chemin de kora de Thöling



Chorten de Serthang, situé à l'entrée Est du monastère de Thöling

Dernières photos du monastère, Thöling

ZY
Pour cette dernière journée dans le comté de Tsamda, nous nous rendons à deux magnifiques villages totalement oubliés par les rares touristes qui se rendent à Gugé: Piwang et Dungkar. Il y a trois chemins depuis Thöling qui mène vers Dungkar et Piwang.

1- Remonter la route qui vient de Darchen, pour sortir des gorges et arriver sur les petits plateaux durant 23 kilomètres. Au niveau du croisement (UTM 31°37'51.39"N - 79°53'20.80"E - 4632 m), juste avant d'emprunter la traversée vers l'Est sur les plateaux au pied des Gangdise, ne pas prendre continuer la route fraichement asphaltée en direction de Darchen, mais prendre à gauche, pour continuer vers l'Ouest sur le plateau, sur une piste en très bon état. On arrive une vingtaine de kilomètres environ plus loin à un croisement (UTM 31°35'25.30"N - 79°53'35.32"E - 4614m), après le franchissement d'une petite gorge. Prendre à gauche pour descendre dans le canyon, puis arriver à Dungkar situé 8 kilomètres plus bas, en empruntant une piste plus mauvaise.

2- La route principale. Depuis Thöling, traverser la Sutlej par le pont de Thöling comme pour retourner vers Darchen. Juste après les cultures en serre, prendre un chemin secondaire en terre (31°29'51.80"N - 79°47'57.49"E - 3706m). La piste continue vers l'Est sur 2 km avant de s’engouffrer dans une vallée au milieu des falaises d'argile, où coule un petit ruisseau descendant des Gangdise. Une dizaine de kilomètres plus loin, suivre la piste principale qui emprunte maintenant la remontée d'une vallée secondaire, plein Nord, alors que la vallée précédente prend la direction Est. C'est pourtant le chemin le plus court qui mène à Piwang, mais ne peut être remontée qu'à pied (*). Nous sortons du canyon, observons quelques campements nomades, puis arrivons à un second croisement (31°43'0.62"N - 79°45'4.73"E - 4275m). Suivre la route principale plein Nord mène vers Ali - Ngari, et franchit les Gangdise par une piste. Il faut prendre à droite vers l'Est, et monter par une piste au dessus du canyon. Nous arrivons à un mirador spectaculaire sur le Grand Canyon de la Sutlej puis redescendons pour arriver sur Piwang.

3- Il y aurait une troisième route qu'emprunterai les tracteurs, peut être la remontée de la vallée mentionnée plus haut (*). C'est du moins l'information sur le Tibet Footprint...

Je vous laisse admirer les paysages fantastiques sur les clichés suivants.

La carte des lieux



Remontée du canyon sur la route principale qui mène à Piwang











Sortie du canyon



Le Grand Canyon de la Sutlej depuis le mirador













On peut apercevoir les champs de Piwang à l'Est depuis le mirador

Arrivée sur Piwang un peu plus bas



ZY
Piwang est un village troglodyte très rarement visité par des visiteurs étrangers, situé dans une vallée en contrebas des plateaux Sud des gangdise, et au juste au dessus du Canyon de la Sutlej. La vallée comporte plus de 2000 grottes, certaines d'entre elles possèdent des peintures murales absolument délicieuses. Si ces peintures sont datées de l'époque du souverain de Gugé Yeshe Ö, la vallée fut occupée depuis le néolithique. La découverte d'un site de sacrifice ainsi que des 26 tombes exhumées lors d'excavations récentes met en lumière l'occupation de la région depuis la période Zhangzung, il y a plus de 2000 ans. Il ne fait cependant aucun doute qu'elle abriterait encore de très nombreux trésors inexplorés, d'ailleurs, de nouvelles exploration mettent à jours des vestiges chaque année, comme ce masque en or retrouvé l'année dernière par une expédition archéologique chinoise.

Piwang est édifié sur un promontoire rocheux dominant une vallée qui descend des Gangdise. Il y a plusieurs centaines de grottes excavées sur les 4 versants de la colline, au sommet de laquelle fut édifié le monastère Sakyapa de Karzakh Lhakhang, à la période de Yeshe Ö. C'est un lieu qui semble avoir été important pour les souverains de Gugé, il fut notamment le lieu du couronnement du Roi Phuntsokde. Ses peintures d'origine ont malheureusement été perdues, les peintures actuelles ne représentent d'ailleurs aucun intérêt.

Si les grottes semblent être aujourd'hui totalement inhabitées, elle sont encore aujourd'hui utilisées pour stocker le fourrage pour les bêtes, nécessaire pour passer les longs mois d'hiver. Le village actuel a été construit dans la vallée, juste au pied du promontoire. Certaines des grottes comportent de très belles peintures murales, parmi les plus anciennes de l'Ouest tibétain, fortement marquées par l'influence de Dunhang, un site de grottes bouddhistes remarquable situé sur la Route de la Soie. C'est le témoin indéniable de l'importance passée de Gugé, parfaitement placé sur une route caravanière très active. Il semble que les relations économiques et culturelles entre les deux régions était florissantes à l'apogée de Gugé, dernière étape avant le franchissement des terres inhospitalières du Chang Tang puis des Kunlun.

il me semble opportun de souligner la ressemblance des grottes est frappante avec celle visitées hier sur Tsaparang, mais également avec les villages troglodytes du Mustang.

Nous n'avons malheureusement pas pu visiter les grottes cadenassées, qui renferment les peintures. Il n'est pas forcément évident de trouver le gardien des clés, ne comptez en tout cas pas pour sur votre guide pour vous appuyer dans cette tâche. Le notre n'a pas semblé très intéresse par les lieux.

Je vous laisse donc apprécier les photos de ce site, absolument fascinant et splendide. Pour avoir une idée des peintures, je vous recommande d'apprécier les photos des peintures (en pages 3 et 5) du lien suivant: http://www.himalayanart.org/search/set.cfm?setid=2962&page=3 http://www.himalayanart.org/search/set.cfm?setid=1674&page=2

Village troglodyte de Piwang

Les grottes fermées, qui renferment les peintures

Architecture des grottes, marquées par l'absence de système d'évacuation de fumée Vue générale de Piwang et sa vallée



La splendide allée de chortens

Secteur Ouest de Piwang



Piwang et gypaète barbu
ZY
Suites des clichés de Piwang...

Détails des grottes Certaines comportent des manuscrits Vallée Ouest de Piwang Depuis le haut de la colline



Monastère de Korzak Lakhang

ZY
Suite et fin des clichés de Piwang...



ZY
A moins de 3 kilomètres de Piwang se trouve le village de Dungkar. Le village actuel s'étend sur les berges de la rivière, en fond de vallée. Il y a divers monuments au dessus du nouveau village.

En rive gauche de la rivière, au Sud du village, se trouve une série de chorten de style Bengali sans doute inspirés des chortens du monastère en forme de Mandala de Thöling.

En rive droite de la rivière, au Nord du village, se trouve les deux principaux sites de Dungkar. Le monument le plus récent est le monastère de Tashi Choling, construit par le moine Ngawang Drakpa au XVème siècle, un élève de Tsongkhapa, le fondateur du courant Gelugpa. C'est un petit monastère perché en haut d'une falaise, au dessus de la rivière.

Mais le site le plus intéressant, du moins pour les amoureux du Tibet ancien, est l'ancienne forteresse de Dungkar. Il s'agit également d'un complexe troglodyte sur un piton rocheux s'élevant au dessus de la vallée. Il y a plusieurs grottes sur les parties basses de la forteresse, qui servent aujourd'hui comme sur Piwang, à entreposer le fourrage pour les animaux. La partie haute du complexe contient les sites les plus intéressants. On y accède à travers un tunnel taillé dans la roche dans la montagne, qui n'est pas sans rappeler le tunnel de la forteresse de Tsaparang.

Le monastère situé en haut du promontoire serait attribué à une fille de Yeshe Ö (Xème siècle). Il y a diverses chambres palatiales, le lieu ayant été la capitale de Gugé avant Tsaparang. On trouve de nombreuses statues dans les ruines, certaines en métal, d'autres en terre cuite.

Mais Dungkar est surtout fameux pour ses trois monastères troglodytes, qui contiennent les peintures les plus anciennes du Tibet de l'Ouest. Leur style est très différent du style caractéristique de Gugé, que l'on retrouve à Thöling par exemple. L'influence de Dunhuang s'exprime très clairement dans chacune des grottes, à travers le bleu clair que l'on ne retrouve nul part sur le plateau tibetain. Une première grotte possède des peintures de neufs grands mandalas, la seconde mille représentations de Tara, la dernière mille représentation de Shakyamuni.

Nous n'avons pas rencontré le gardien du site et n'avons donc pas pu visiter les sites, je vous laisse donc consulter les photographies des grottes sur les liens suivants: http://www.himalayanart.org/search/set.cfm?setid=1673&page=1 http://www.himalayanart.org/search/set.cfm?setid=1697&page=1

Il y a par contre un vieil édifice en ruine libre d'accès, qui contient quelques peintures encore très préservées.

Les lieux sont magnifiques, la forteresse très élancée, il y a encore de beaux badlands.

Je vous laisse voir en image à ce que ressemble Dungkar.

Village de Dungkar La forteresse Au loin, Piwang Le tunnel qui permet d’accéder à la citadelle

ZY
Clichés de Dungkar, suite... Gravures Les peintures incroyables

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