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Apprendre quelques mots ou expressions utiles pour un voyage en Indonésie English translation pending
D'accord, on se débrouille toujours avec l'anglais... mais j'aimerais apprendre un peu d'indonésien avant de partir... (dans 3 semaines..).
Merci de votre aide ! Sorru
Merci de votre aide ! Sorru
Circuit en Namibie et au Botswana en août 2010 English translation pending
Pour commencer : un grand, un immense que dis je, merci à la communauté pour tous ces récits et conseils qui m'ont beaucoup aidé.
J'espère être un jour capable d'écrire un récit aussi humoristique et vibrant que les votres.
Donc, nous (2 adultes + 2 enfants de 9 et 12 ans) préparons notre voyage en Namibie et au Botswana en Aout 2010.
Il s'agira d'un voyage en camping en tentes sur le toit d'un 4x4.
Pourriez vous me donner votre avis quant à l'équilibre général du séjour ?
Un des points importants est que nous souhaiterions éviter de passer trop de temps en voiture. Ce qui veut dire : soit des étapes pas trop longues, soit un peu de temps dans un endroit donné après une étape logue. Ca, c'est histoire de tirer profit des erreurs passées dans le sud ouest des Etats Unis.
J1 : arrivée le matin vers 10h00 à Windhoek ; récupération de la voiture ; puis nuit sur place ou, si c’est faisable, un peu plus loin (camp Gecko ?)
J2 : Sesriem
J3 : Sesriem
J4 : route pour Walvis bay et nuit à Walvis bay
J5 : Walvis bay, mythique excursion Mola Mola, nuit à Walvis bay ou à Swakopmund
J6 : journée et nuit à Swakopmund (forte pression de la collectivité pour passer une journée dans ce lieu « décallé »)
J7 : Spitzkoppe
J8 : Twyfeltfontain
J9 : Kamanjab, ferme des guépards
J10 : Etosha Okaukuejo
J11 : Etosha Halali
J12 : Roy’s camp, histoire de couper la longue route vers Caprivi
J13 : passage au Botswana, nuit à Drotsky’s cabin (ça pourrait être aussi Ngepi camp, et alors, pas de passage au Botswana)
J14 : Drotsky’s cabin
J15 : retour en Namibie, Mahengo réserve, visite du Lizauli Vilage, nuit dans un camp à proximité
J16 : Kasane
J17 : Kasane, game drive dans le Chobe (section river front)
J18 : Victoria falls
J19 : retour à Kasane
J20 : Savuti (réservé)
J21 : Moremi – Khwai (réservé)
J22 : Moremi – Third Bridge (ballade en mokoro)
J23 : Moremi – Third Bridge (réservé)
J24 : Maun, survol du delta
J25 : nuit à Ganzhi – trailblazer camp
J26 : journée au trailblazer camp (Ganzhi) pour activités avec les San (tracking, walking safari), histoire de ne pas saturer la famille de conduite sur cette longue route du retour
J27 : longue route, nuit à Windhoek
J28 : journée « tampon » (on sait jamais) à Windhoek, nuit à Windhoek
J29 : retour…
Merci d’avance de vos conseils
J1 : arrivée le matin vers 10h00 à Windhoek ; récupération de la voiture ; puis nuit sur place ou, si c’est faisable, un peu plus loin (camp Gecko ?)
J2 : Sesriem
J3 : Sesriem
J4 : route pour Walvis bay et nuit à Walvis bay
J5 : Walvis bay, mythique excursion Mola Mola, nuit à Walvis bay ou à Swakopmund
J6 : journée et nuit à Swakopmund (forte pression de la collectivité pour passer une journée dans ce lieu « décallé »)
J7 : Spitzkoppe
J8 : Twyfeltfontain
J9 : Kamanjab, ferme des guépards
J10 : Etosha Okaukuejo
J11 : Etosha Halali
J12 : Roy’s camp, histoire de couper la longue route vers Caprivi
J13 : passage au Botswana, nuit à Drotsky’s cabin (ça pourrait être aussi Ngepi camp, et alors, pas de passage au Botswana)
J14 : Drotsky’s cabin
J15 : retour en Namibie, Mahengo réserve, visite du Lizauli Vilage, nuit dans un camp à proximité
J16 : Kasane
J17 : Kasane, game drive dans le Chobe (section river front)
J18 : Victoria falls
J19 : retour à Kasane
J20 : Savuti (réservé)
J21 : Moremi – Khwai (réservé)
J22 : Moremi – Third Bridge (ballade en mokoro)
J23 : Moremi – Third Bridge (réservé)
J24 : Maun, survol du delta
J25 : nuit à Ganzhi – trailblazer camp
J26 : journée au trailblazer camp (Ganzhi) pour activités avec les San (tracking, walking safari), histoire de ne pas saturer la famille de conduite sur cette longue route du retour
J27 : longue route, nuit à Windhoek
J28 : journée « tampon » (on sait jamais) à Windhoek, nuit à Windhoek
J29 : retour…
Merci d’avance de vos conseils
Quinze jours au Costa Rica fin novembre/début décembre English translation pending
Bonjour à tous,
Un groupe de 5 amis, nous partons 15 jours au costa Rica fin novembre/début décembre.
J'ai déjà pu me renseigner parmi les différents post au sujet du Costa Rica.. nous avons sélectionné principalement le coté ouest : Poas, Monteverde, Arenal Volcano, Barra Honda National Parc, Samara beach, ... qqch d'autre ici je suppose..., Manuel Antonio.
Mais pour la durée, je pense qu'on peut rajouter pas mal d'autres chose non? Ptet ricon de la vieja notamment. Comme nous comptons aller du coté plage vers Samara et aussi d'aller du coté du parc de manuel antonio, est il obligé de repasser en bus par l'intérieur? ou peut etre un bateau peut faire la traversée depuis la pointe de la pénisule du Guanacaste jusqu'a la cote en face (puntarrenas?)
Y a t'il des choses spécifiques concernant la période où nous y serons?
Merci de tout conseil!
David
Un groupe de 5 amis, nous partons 15 jours au costa Rica fin novembre/début décembre.
J'ai déjà pu me renseigner parmi les différents post au sujet du Costa Rica.. nous avons sélectionné principalement le coté ouest : Poas, Monteverde, Arenal Volcano, Barra Honda National Parc, Samara beach, ... qqch d'autre ici je suppose..., Manuel Antonio.
Mais pour la durée, je pense qu'on peut rajouter pas mal d'autres chose non? Ptet ricon de la vieja notamment. Comme nous comptons aller du coté plage vers Samara et aussi d'aller du coté du parc de manuel antonio, est il obligé de repasser en bus par l'intérieur? ou peut etre un bateau peut faire la traversée depuis la pointe de la pénisule du Guanacaste jusqu'a la cote en face (puntarrenas?)
Y a t'il des choses spécifiques concernant la période où nous y serons?
Merci de tout conseil!
David
Punta Cana, Bayahibe, La Romana ou autre? English translation pending
salut
notre prochaine destination je pense sera la république do mais voila nous savons ou!!!!!!
une copine qui est aller a bayahibe ma dit quec'étai magnifique et tranquil et par contre a punta cana un plus agité plus touristique.
alors moi jadore les endoits touristique mias jai limpression que bayahibe le devient de plus en plus!!!
donc je ne c'est pas ou aller .
on aime visité et a la fois repos et plage. est ce qu'aa punta cana et bayahibe , les escursion seront a peu prés les meme???
ou sinon une autre ville de la république do qui est a voir et touristique ces derniers temp!
juste une question pourquoi punta cana est moins cher en agence que bayahibe??
merci de vos réponse
Informations sur Miami, Everglades, Key West, Floride... English translation pending
Bonjour les ami(e)s,
Pour notre trip de cinq semaines, prévu dans moins d'une année, j'aurais besoin d'avis et de conseils concernant principalement la Floride. Ce voyage débutera à Miami pour se terminer à Los Angeles (tous les trajets en véhicule). Rien n'est encore réservé, nous pouvons donc encore affiner ce projet, ceci en rapport à vos réponses. Pour la première partie se déroulant sur une semaine, Miami-Nashville; il me faudrait plusieurs renseignements:Jour 1: Arrivée depuis la Suisse à Miami, soirée à Miami Beach.Jour 2: Virée depuis Miami Beach sur les Everglades. Soirée à Miami Beach.Jour 3: Virée depuis Miami Beach en direction de Key West.Jour 4: Trajet routier Miami - Kennedy Space Center (visite, puis direction Atlanta). Nuit prévue près de Jacksonville.Jour 5: Trajet routier Jacksonville - Nashville (nuit à Atlanta ou Nashville)Jours 6 à 8: Nashville (visite clubs, musées de country music; Jack Daniels...)Avez-vous des bons hôtels à me conseiller pour passer trois nuits à Miami Beach, à quelques mètres de la plage ? Bon hôtel, 3 à 5 étoiles, avec parking...
Nous comptons visiter les Everglades, en partant tôt le matin de Miami. 1h30 de trajet en voiture... Quel est pour vous le meilleur lieu à visiter dans ce parc où nous souhaiterions réaliser une ballade dans les marais avec ces bateaux aéro-glisseurs ?
Comment sont les routes dans ce parc national ? Eventuellement, nous pourrions passer une nuit aux Everglades, alors si vous avez un bon hôtel ?
Idem pour Key West, nous souhaitons rouler sur ces longs ponts qui relient les différentes îles... Est-ce que ça vaut la peine d'aller jusqu'au bout, à Key West ou on peut s'arrêter auparavant, ceci afin d'éviter de faire un trop long trajet.
Etant un grand admirateur des alligators, pouvez-vous me conseiller quelques fermes à visiter dans le sud de la Floride.
Avez-vous d'autres point intéressants à admirer en Floride ? Sur les trajets routiers entre Miami - Atlanta ? Nous ne souhaitons pas faire de parcs d'attractions.
Merci par avance pour votre aide.
A + les ami(e)s 😎
Pour notre trip de cinq semaines, prévu dans moins d'une année, j'aurais besoin d'avis et de conseils concernant principalement la Floride. Ce voyage débutera à Miami pour se terminer à Los Angeles (tous les trajets en véhicule). Rien n'est encore réservé, nous pouvons donc encore affiner ce projet, ceci en rapport à vos réponses. Pour la première partie se déroulant sur une semaine, Miami-Nashville; il me faudrait plusieurs renseignements:Jour 1: Arrivée depuis la Suisse à Miami, soirée à Miami Beach.Jour 2: Virée depuis Miami Beach sur les Everglades. Soirée à Miami Beach.Jour 3: Virée depuis Miami Beach en direction de Key West.Jour 4: Trajet routier Miami - Kennedy Space Center (visite, puis direction Atlanta). Nuit prévue près de Jacksonville.Jour 5: Trajet routier Jacksonville - Nashville (nuit à Atlanta ou Nashville)Jours 6 à 8: Nashville (visite clubs, musées de country music; Jack Daniels...)Avez-vous des bons hôtels à me conseiller pour passer trois nuits à Miami Beach, à quelques mètres de la plage ? Bon hôtel, 3 à 5 étoiles, avec parking...
Nous comptons visiter les Everglades, en partant tôt le matin de Miami. 1h30 de trajet en voiture... Quel est pour vous le meilleur lieu à visiter dans ce parc où nous souhaiterions réaliser une ballade dans les marais avec ces bateaux aéro-glisseurs ?
Comment sont les routes dans ce parc national ? Eventuellement, nous pourrions passer une nuit aux Everglades, alors si vous avez un bon hôtel ?
Idem pour Key West, nous souhaitons rouler sur ces longs ponts qui relient les différentes îles... Est-ce que ça vaut la peine d'aller jusqu'au bout, à Key West ou on peut s'arrêter auparavant, ceci afin d'éviter de faire un trop long trajet.
Etant un grand admirateur des alligators, pouvez-vous me conseiller quelques fermes à visiter dans le sud de la Floride.
Avez-vous d'autres point intéressants à admirer en Floride ? Sur les trajets routiers entre Miami - Atlanta ? Nous ne souhaitons pas faire de parcs d'attractions.
Merci par avance pour votre aide.
A + les ami(e)s 😎
De tous vos voyages, quelle est la "chose" la plus importante que vous ayez ramenée? English translation pending
Bonjour,
On voyage, on découvre et on revient (pas tout le monde)... je crois que certains d'entre nous reviennent avec un petit "plus" de leurs voyages.
Pour mon tout premier voyage sans mes parents, je suis parti à 18 ans en Ardèche. Ce n'était pas très loin (quoique en auto stop...) mais c'était mon premier voyage. C'était en 1987 et je m'en rappelle encore.
Ensuite, je suis parti de nombreuses fois un peu partout dans le monde et j'en ai ramené des souvenirs, des échanges, une façon de voir le monde, ... mais finalement c'est ce petit séjour en Ardèche qui a le plus compté car j'en suis revenu avec l'amour de ma vie, ma femme rencontrée au bal du 14 juillet.
Et vous ? Quelle est la chose, le sentiment, la personne, ... la plus importante que vous ayez emportés avec vous ?
On voyage, on découvre et on revient (pas tout le monde)... je crois que certains d'entre nous reviennent avec un petit "plus" de leurs voyages.
Pour mon tout premier voyage sans mes parents, je suis parti à 18 ans en Ardèche. Ce n'était pas très loin (quoique en auto stop...) mais c'était mon premier voyage. C'était en 1987 et je m'en rappelle encore.
Ensuite, je suis parti de nombreuses fois un peu partout dans le monde et j'en ai ramené des souvenirs, des échanges, une façon de voir le monde, ... mais finalement c'est ce petit séjour en Ardèche qui a le plus compté car j'en suis revenu avec l'amour de ma vie, ma femme rencontrée au bal du 14 juillet.
Et vous ? Quelle est la chose, le sentiment, la personne, ... la plus importante que vous ayez emportés avec vous ?
Programme en Thaïlande à petit budget et avec deux enfants English translation pending
bonjour,
nous partons fin mars en thailande pour la premiere foi deux couples avec chacun 1 enfant 13ans et 2ans au programme arrivée a bangkok pour 3jours puis puket et quelques iles j'ai lu pas mal de chose deja mais je voudrai etre bien organiser car le couple nous accompagnant et stresser de partir sans reservation et objetctif
Bangkok que peut-on y faire mis a part le shopping lol car les enfants la bas nous avons deja reserver l'hotel pour moins de soucis
ensuite puket donc j'avais pensé faire directement la traversé pour koh lanta et la bas y chercher un sympathique hotel ou bungalow a des prix raisonnable qu'en pensez-vous?
sinon autre solution avoir un endroit ou dormir sur puket si vou avez des conseille hotel seront les bienvenus et faire des excussions sur les iles
je pose beaucoup de questions et vous remercie deja de vos reponses
vivement qu'on y soit vous en parlez tellement bien dans les forum sa donne envie d'y etre deja
nous partons fin mars en thailande pour la premiere foi deux couples avec chacun 1 enfant 13ans et 2ans au programme arrivée a bangkok pour 3jours puis puket et quelques iles j'ai lu pas mal de chose deja mais je voudrai etre bien organiser car le couple nous accompagnant et stresser de partir sans reservation et objetctif
Bangkok que peut-on y faire mis a part le shopping lol car les enfants la bas nous avons deja reserver l'hotel pour moins de soucis
ensuite puket donc j'avais pensé faire directement la traversé pour koh lanta et la bas y chercher un sympathique hotel ou bungalow a des prix raisonnable qu'en pensez-vous?
sinon autre solution avoir un endroit ou dormir sur puket si vou avez des conseille hotel seront les bienvenus et faire des excussions sur les iles
je pose beaucoup de questions et vous remercie deja de vos reponses
vivement qu'on y soit vous en parlez tellement bien dans les forum sa donne envie d'y etre deja
Excursions à Riviera Maya English translation pending
J'ai quelques questions en vue de mon voyage à la Riviera Maya (Hôtel Grand Sunset Princess) et j'aurais besoin de vos réponses parce que je pars CE VENDREDI !! :)
Mon conjoint et moi on se questionne énormément sur "quels temples maya" on voudrait aller voir. On avait entendu parler que les gros temples de Chichen Itza ne pouvait plus être escaladés, alors ca nous tentait moins... Puis on a entendu le contraire, que c'était non seulement accessible pour les grimper mais qu'en plus, c'était tellement l'endroit à ne pas manquer, le "MUST" de la Riviera Maya... On est mêlés. Qu'en pensez-vous?
On avait planifié aller à Cobà à la place, puisque ce temple peut être grimpé et parce que l'expédition "Coba Encounter" nous excitait avec la tyrolienne et les cénotes. Mais là, les deux endroits sont quand même assez éloignés alors on veut en choisir qu'un seul.
Ma question: Cobà OU chichen Itza ??? Selon vous ?
Autre question, quand on se rend par nos propres moyens à Xel-Hà ou à Tulum (avec le colectivo), est-ce qu'avec l'entrée sur les sites ca revient beaucoup moins cher qu'avec un tour organisé ? À Tulum, on peut se baigner toute la journée si on veut sur cette plage ?
Quand on va à Playa Del Carmen, y a t'il une boîte de nuit chouette à aller ? Un bon resto typique à me suggérer pour manger des mets mexicains ?
Un GROS merci pour vos réponses car je quitte dans deux jours et je suis très anxieuse :)
Autre question, quand on se rend par nos propres moyens à Xel-Hà ou à Tulum (avec le colectivo), est-ce qu'avec l'entrée sur les sites ca revient beaucoup moins cher qu'avec un tour organisé ? À Tulum, on peut se baigner toute la journée si on veut sur cette plage ?
Quand on va à Playa Del Carmen, y a t'il une boîte de nuit chouette à aller ? Un bon resto typique à me suggérer pour manger des mets mexicains ?
Un GROS merci pour vos réponses car je quitte dans deux jours et je suis très anxieuse :)
Choix d'excursions entre Playa del Carmen et Tulum English translation pending
Bonjour, nous sommes à finaliser notre itinéraire de visites pour le corridor Puerto Morelos -Tulum, j'aimerais avoir vos commentaires sur les sites suivants: Aviario Xaman Ha à Playa Car, Ecopark Kantunn Chi à Riviera Maya, le Garden Yaax Che à riviera Maya. Recommandez vous également, la visite du grand Cenote en allant visiter Coba. Merçi beaucoup à tous pour les infos. Bonne journée!
Que faire et visiter à Koh Samui fin octobre-début novembre? English translation pending
Bonjour
On a prévu de passer 11jours sur ko samui, départ prévu le 28 octobre.
Avez-vous des infos sur les endroits sympas a visiter, les activités a faire et aussi les budgets correspondants, svp?
Est-ce possible d'aller sur les iles voisines juste une journée?
Ne va-t-on pas s'ennuyer sur une ile pendant 10 jours?!
On a 23 ans et on préfère la nature... à la vie de nuit!
Merci par avance!!
Avis sur séjour au Vietnam en février 2010 et références pour un tour opérateur? English translation pending
Cher collègues voyageurs
Je m’apprête a prendre une décision sur un tour au Vietnam, Fév 2010, avec un operateur local, South Pacific Travel. Auriez-vous des commentaires ou références concernant cet opérateur ?
Aussi, croyez vous que le prix demandé (2, 500 US par personne) soit raisonnable pour le circuit qui suit ( vols domestiques et pour Siem Reap inclut, hôtels, repas indiqués, transport privé, etc..)
Si vous avec aussi des commentaires sur les hotels proposés, SVP me les acheminer.
Merci
- --
Jour 1 arrivée d'Hanoi. (D)
En arrivant à Hanoi, vous serez rencontrés et conduits à votre hôtel. Vous aurez le temps de se reposer avant un 'dîner Bienvenu' à un restaurant traditionnel. nuit à Hanoi.
Aéroport - transfert privé – hôtel
Repas : dîner
Logement : hôtel de Kim Tuc –de Luxe
Jour 2 : Hanoi – Ha Long –Phoenix Cruise de Luxe (B, L, D)
Le bus et le guide vous recueilleront à 8.00 à 8.30 a.m votre hôtel. Arrivez Halong. Le déjeuner est servi avec une boisson bienvenue pendant que le bateau navigue la baie. Après la visite de la grotte Surprise, nous nous arrêtons à une maison flottante et kayaking à Luon. Le plat de fruit frais sera servi suivi d’un dîner
entre 6h30 et 7h00 . nuit à bord.
Visite : Grotte Amazing
Kayaking : 1, 5 hs
Repas : le Petit déjeuner, le déjeuner et le dîner
Logement : Double ou le jumeau partageant la cabine.
Jour 3 : la Baie de Halong – Hanoi - Lao Cai (B, L)
Le petit déjeuner de lever du soleil et la croisière autour de baie de Halong avec vue de pics de calcaire tel la grotte de Tambour, la tête d'Homme, Îlot. Visite de Van Gia le village de pêche, déjeuner à bord avec une variété d'aliments locaux, en appréciant le reste du tour en bateau. Arrive au dock de Halong. Treanport àpour Hanoi , ensuite gare de Train pour depart vers Sapa.
Transport : la voiture d'A/C de Halong – Hanoi et train d'Hanoi – Sapa
Visite : village de Van Gia
Repas : Petit déjeuner, déjeuner.
Logement : VIP de Livitran , 2 couchettes
Jour 4 : Lao Cai – Sapa – Lao Chai - (B, L, D)
trajet de bus à Sapa. vues étourdissantes et terrasses de riz impressionnantes. arrivée dans la Ville Sapa nous prenons le petit déjeuner dans
restaurant local. Le reste de promenade du matin autour de la ville Sapa, découvrez le marché ethnique coloré. Après le déjeuner , à une grande randonnée en bas à la vallée pittoresque de Muong Hoa. petits sentiers et des pistes pour atteindre Lao Chai et le Village Tavan . notre voiture attendra et vous reportera à Sapa pour dans la nuit.
Trekking :
Repas : le Petit déjeuner, le déjeuner, le dîner.
Logement : Chau le Long hôtel (aile de luxe)
Jour 5 Sapa – Cat Cat – Péché Chai – Lao Cai – Hanoi (B, L)
Le petit déjeuner , dernière randonnée. Vous partez d'abord pour le marché , suivez la route descendant la colline au village de Cat Cat. Vous passerez par une cascade et à une station hydroélectrique. randonnée vers le village de Chai. dîner libre. Transfert à Lao Cai pour le train vers Hanoi
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Transfért Sapa – Lao Cai la station : 45 minutes.
Logement : VIP de Livitran , cabine 2 couchettes
Jour 6 + 7 : l'arrivée de Hanoï -2 jours de détente (B) Arrive à Hanoï à de 4h30. Vous serez transférés à l'hôtel (le petit déjeuner et la douche) .
Repas : petit déjeuner
hôtel Golden Sun
Jour 8, Dong Hoi – Phong Nha – Parc national (B, L)
à 5.00 a.m, notre chauffeur vient pour vous recueillir et le transfert à l'aéroport pour votre vol au Dong Hoi VN 279 (7.00 – 8.05). Arrivez le Dong Hoi le matin, le transfert à l'hôtel, visiter Phong Nha –.bateau et une croisière le long du fleuve à Phong Nha Grotte. Vous aurez aussi une chance d'explorer Cham et les inscriptions à l'intérieur.
Transfert : privée de l'hôtel de voiture d'A/C – l'aéroport –
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Activités : bateau
Guide : tout le jour
Logement :Sun Spa resort
Jour 9 : le Dong Hoi – Hue (B)
Train SE3 Don Hoi - Hue (7.45 hs - 10.44 hs),
Logemet : Orchid hotel.
jour 10 : orientation Hue (B, L)
croisière le long du Fleuve de Parfum au Thien Mu la Pagode et
la route aux Tombeaux Royaux, d'Empereur Minh Mang et Tu Duc et Citadelle Impériale.
Transfert : place privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Activités : croisiere
Guide : tout le jour
Logement : Orchid hotel.
Jour 11 Hue – Hoi An (B)
Après le petit déjeuner , Hoi un via Danang. un arrêt à La plage de Lang Co pour apprécier la baie. Musée Cham avant Hoi un . Arrivee
Transfert : place privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Logement : Vinh Hung resort
Jour 12 : Hoi An – My Son (B, L)
Transfert : place privée, voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Activité : Biking
Logement : Vinh Hung resort
Jour 13 : le 20 février, Hoi un - Danang – Nha Trang (B)
Après le petit déjeuner, votre voiture arrive pour vous rendre à l'aéroport Danang pour le
le vol à Nha Trang,
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Le Vol Danang – Nha Trang avec les Compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Diamond Bay resort
Jour 14 Nha Trang l'excursion d'une journée (B, L)
Ramassez de votre hôtel à 8.00am. Cette excursion vous prend pour de nombreuses
attractions dans Nha Trang. Cau Da, Pagode de Fils, les Roches de Promontoire de Chong, Po Nagar , les Temples. fin du tour au Marché local. hôtel à 5.00pm.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, Déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Diamond Bay resort
Jour 15 :Nha Trang détente B)
Repas : Petit déjeuner
Logement : Logement : Diamond Bay resort
Jour 16 : Nha Trang – HCM (B)
petit déjeuner, temps libre jusqu'au vol de midi à la ville HCM. Arrivez HCM, notre chauffeur viendra cueillir et le transfert à l'hôtel dans la ville. Faites un brin de toilette et sortez ensuite pour faire des achats à Ben. Le marché de Thanh, goûtez les aliments locaux authentiques. Passez-vous la nuit dans l'hôtel dans HCM.
Transfert : 4place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Le Vol Nha Trang – HCM avec les Compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Nothern Saigon hotel
Jour 17 HCM – Journée librele (B)
Arrivez HCM, notre chauffeur vous recueillera à l'aéroport pour conduire à l'hôtel. Le jour
Logement : Nothern Saigon hotel
Jour 18 Ho Chi Minh – Mon Tho – Ben Tre – Can tho (B, D) :
Trajet de 2 heure pour My Tho . Transfert en petit bateau et ensuite tour de quatre beaux Îlots : le Dragon, la Licorne, la Tortue et Phoenix sur le Fleuve Tien.
Par le canal Xep, visiter les maisons traditionnelles Mekong à Quoi un village (fait de la noix de coco) . Appréciez des fruits saisonniers et le fait d'écouter la musique traditionnelle. Prenez le chariot de cheval sur le sentier du village
et l'arrêt au verger de Ben Truc, goûtez le miel avec le thé ou le vin. Voir la reproduction d'abeilles. Déjeunez au restaurant local avant le fait de continuer le trajet vers Can tho.
Transfert : placePrivée A/C
Repas : Petit déjeuner,
Guide : Toute la journée
Activité : chariot de cheval
Logement: hôtel de Kim Tho
Jour 19 : Can ho –marché flottant – HCM (B, L) :
début de matin , tour en bateau à Cai Rang–. Déjeunez à Can Tho avant de quitter pour HCM. nuit à HCM.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Nothern Saigon hotel
Jour 20 : HCM – Siem riep (B)
chauffeur vous cueillent à 8.40 a.m, vol du matin à Siem riep VN
823S (11.40 – 12.40).
'arrivée à Siem Reap, transfert à l'hôtel , orientation de Siem Reap a Préah Angkor Chheck, devant la résidence du roi. 16:30 visite au temple d'Angkor Wat jusqu'au crépuscule. Dans la nuit à l'hôtel
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Vol : HCM – Siem riep avec les compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Golden Banada Resort
Jour 21 Siem riep- découverte (B, L)
Le petit déjeuner à l'hôtel, visitez à Angkor Thom la Ville par la porte Ouest d'Angkor Thom, la Terrasse de L'éléphant, le Roi de Lapper , la Terrasse, cérémonie par le moine , au temple Palilay , Le palais et le temple Bayon (216 visages – par le Roi Jayavarman VII). Procédez à Ta Prohm . déjeunez au restaurant local. L'après-midi, la visite à Préah Khan, Bantanteay Srei, les temples et le crépuscule àu temple Pre Rup
nuit à l'hôtel
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Golden Banada Resort
Jour 22 : Siem (B, L)
Le petit déjeuner à l'hôtel, visitez Village au Lac Tonle Sap, le Vieux Marché.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Golden Banada Resort
Jour 23 : Siem riep – HCM – Phu Quoc (B)
chauffeur vient pour vous recueillir à 7.45 a.m et à transfert à l'aéroport pour votre vol
à HCM VN les 9881 (10.00 – 11.20) transfert pour vol à Phu Quoc VN 481 (12.45
- 13.45). Passer votre nuit à l'hôtel dans Phu Quoc l'île.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Vol : Siem riep – HCM, HCM – Phu Quoc avec les compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Cassia cottage resort
Jour 24 et 25 : détente (B)
Jour 26 : Phu Quoc - Ho Chi Minh (B)
notre voiture vous recueillera à 11.40 a.m à le
l'aéroport pour votre vol à HCM VN 480 (14.20 – 15.25)
depart vers le Canada
Je m’apprête a prendre une décision sur un tour au Vietnam, Fév 2010, avec un operateur local, South Pacific Travel. Auriez-vous des commentaires ou références concernant cet opérateur ?
Aussi, croyez vous que le prix demandé (2, 500 US par personne) soit raisonnable pour le circuit qui suit ( vols domestiques et pour Siem Reap inclut, hôtels, repas indiqués, transport privé, etc..)
Si vous avec aussi des commentaires sur les hotels proposés, SVP me les acheminer.
Merci
- --
Jour 1 arrivée d'Hanoi. (D)
En arrivant à Hanoi, vous serez rencontrés et conduits à votre hôtel. Vous aurez le temps de se reposer avant un 'dîner Bienvenu' à un restaurant traditionnel. nuit à Hanoi.
Aéroport - transfert privé – hôtel
Repas : dîner
Logement : hôtel de Kim Tuc –de Luxe
Jour 2 : Hanoi – Ha Long –Phoenix Cruise de Luxe (B, L, D)
Le bus et le guide vous recueilleront à 8.00 à 8.30 a.m votre hôtel. Arrivez Halong. Le déjeuner est servi avec une boisson bienvenue pendant que le bateau navigue la baie. Après la visite de la grotte Surprise, nous nous arrêtons à une maison flottante et kayaking à Luon. Le plat de fruit frais sera servi suivi d’un dîner
entre 6h30 et 7h00 . nuit à bord.
Visite : Grotte Amazing
Kayaking : 1, 5 hs
Repas : le Petit déjeuner, le déjeuner et le dîner
Logement : Double ou le jumeau partageant la cabine.
Jour 3 : la Baie de Halong – Hanoi - Lao Cai (B, L)
Le petit déjeuner de lever du soleil et la croisière autour de baie de Halong avec vue de pics de calcaire tel la grotte de Tambour, la tête d'Homme, Îlot. Visite de Van Gia le village de pêche, déjeuner à bord avec une variété d'aliments locaux, en appréciant le reste du tour en bateau. Arrive au dock de Halong. Treanport àpour Hanoi , ensuite gare de Train pour depart vers Sapa.
Transport : la voiture d'A/C de Halong – Hanoi et train d'Hanoi – Sapa
Visite : village de Van Gia
Repas : Petit déjeuner, déjeuner.
Logement : VIP de Livitran , 2 couchettes
Jour 4 : Lao Cai – Sapa – Lao Chai - (B, L, D)
trajet de bus à Sapa. vues étourdissantes et terrasses de riz impressionnantes. arrivée dans la Ville Sapa nous prenons le petit déjeuner dans
restaurant local. Le reste de promenade du matin autour de la ville Sapa, découvrez le marché ethnique coloré. Après le déjeuner , à une grande randonnée en bas à la vallée pittoresque de Muong Hoa. petits sentiers et des pistes pour atteindre Lao Chai et le Village Tavan . notre voiture attendra et vous reportera à Sapa pour dans la nuit.
Trekking :
Repas : le Petit déjeuner, le déjeuner, le dîner.
Logement : Chau le Long hôtel (aile de luxe)
Jour 5 Sapa – Cat Cat – Péché Chai – Lao Cai – Hanoi (B, L)
Le petit déjeuner , dernière randonnée. Vous partez d'abord pour le marché , suivez la route descendant la colline au village de Cat Cat. Vous passerez par une cascade et à une station hydroélectrique. randonnée vers le village de Chai. dîner libre. Transfert à Lao Cai pour le train vers Hanoi
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Transfért Sapa – Lao Cai la station : 45 minutes.
Logement : VIP de Livitran , cabine 2 couchettes
Jour 6 + 7 : l'arrivée de Hanoï -2 jours de détente (B) Arrive à Hanoï à de 4h30. Vous serez transférés à l'hôtel (le petit déjeuner et la douche) .
Repas : petit déjeuner
hôtel Golden Sun
Jour 8, Dong Hoi – Phong Nha – Parc national (B, L)
à 5.00 a.m, notre chauffeur vient pour vous recueillir et le transfert à l'aéroport pour votre vol au Dong Hoi VN 279 (7.00 – 8.05). Arrivez le Dong Hoi le matin, le transfert à l'hôtel, visiter Phong Nha –.bateau et une croisière le long du fleuve à Phong Nha Grotte. Vous aurez aussi une chance d'explorer Cham et les inscriptions à l'intérieur.
Transfert : privée de l'hôtel de voiture d'A/C – l'aéroport –
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Activités : bateau
Guide : tout le jour
Logement :Sun Spa resort
Jour 9 : le Dong Hoi – Hue (B)
Train SE3 Don Hoi - Hue (7.45 hs - 10.44 hs),
Logemet : Orchid hotel.
jour 10 : orientation Hue (B, L)
croisière le long du Fleuve de Parfum au Thien Mu la Pagode et
la route aux Tombeaux Royaux, d'Empereur Minh Mang et Tu Duc et Citadelle Impériale.
Transfert : place privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Activités : croisiere
Guide : tout le jour
Logement : Orchid hotel.
Jour 11 Hue – Hoi An (B)
Après le petit déjeuner , Hoi un via Danang. un arrêt à La plage de Lang Co pour apprécier la baie. Musée Cham avant Hoi un . Arrivee
Transfert : place privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Logement : Vinh Hung resort
Jour 12 : Hoi An – My Son (B, L)
Transfert : place privée, voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner et déjeuner
Activité : Biking
Logement : Vinh Hung resort
Jour 13 : le 20 février, Hoi un - Danang – Nha Trang (B)
Après le petit déjeuner, votre voiture arrive pour vous rendre à l'aéroport Danang pour le
le vol à Nha Trang,
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Le Vol Danang – Nha Trang avec les Compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Diamond Bay resort
Jour 14 Nha Trang l'excursion d'une journée (B, L)
Ramassez de votre hôtel à 8.00am. Cette excursion vous prend pour de nombreuses
attractions dans Nha Trang. Cau Da, Pagode de Fils, les Roches de Promontoire de Chong, Po Nagar , les Temples. fin du tour au Marché local. hôtel à 5.00pm.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, Déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Diamond Bay resort
Jour 15 :Nha Trang détente B)
Repas : Petit déjeuner
Logement : Logement : Diamond Bay resort
Jour 16 : Nha Trang – HCM (B)
petit déjeuner, temps libre jusqu'au vol de midi à la ville HCM. Arrivez HCM, notre chauffeur viendra cueillir et le transfert à l'hôtel dans la ville. Faites un brin de toilette et sortez ensuite pour faire des achats à Ben. Le marché de Thanh, goûtez les aliments locaux authentiques. Passez-vous la nuit dans l'hôtel dans HCM.
Transfert : 4place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Le Vol Nha Trang – HCM avec les Compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Nothern Saigon hotel
Jour 17 HCM – Journée librele (B)
Arrivez HCM, notre chauffeur vous recueillera à l'aéroport pour conduire à l'hôtel. Le jour
Logement : Nothern Saigon hotel
Jour 18 Ho Chi Minh – Mon Tho – Ben Tre – Can tho (B, D) :
Trajet de 2 heure pour My Tho . Transfert en petit bateau et ensuite tour de quatre beaux Îlots : le Dragon, la Licorne, la Tortue et Phoenix sur le Fleuve Tien.
Par le canal Xep, visiter les maisons traditionnelles Mekong à Quoi un village (fait de la noix de coco) . Appréciez des fruits saisonniers et le fait d'écouter la musique traditionnelle. Prenez le chariot de cheval sur le sentier du village
et l'arrêt au verger de Ben Truc, goûtez le miel avec le thé ou le vin. Voir la reproduction d'abeilles. Déjeunez au restaurant local avant le fait de continuer le trajet vers Can tho.
Transfert : placePrivée A/C
Repas : Petit déjeuner,
Guide : Toute la journée
Activité : chariot de cheval
Logement: hôtel de Kim Tho
Jour 19 : Can ho –marché flottant – HCM (B, L) :
début de matin , tour en bateau à Cai Rang–. Déjeunez à Can Tho avant de quitter pour HCM. nuit à HCM.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Nothern Saigon hotel
Jour 20 : HCM – Siem riep (B)
chauffeur vous cueillent à 8.40 a.m, vol du matin à Siem riep VN
823S (11.40 – 12.40).
'arrivée à Siem Reap, transfert à l'hôtel , orientation de Siem Reap a Préah Angkor Chheck, devant la résidence du roi. 16:30 visite au temple d'Angkor Wat jusqu'au crépuscule. Dans la nuit à l'hôtel
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Vol : HCM – Siem riep avec les compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Golden Banada Resort
Jour 21 Siem riep- découverte (B, L)
Le petit déjeuner à l'hôtel, visitez à Angkor Thom la Ville par la porte Ouest d'Angkor Thom, la Terrasse de L'éléphant, le Roi de Lapper , la Terrasse, cérémonie par le moine , au temple Palilay , Le palais et le temple Bayon (216 visages – par le Roi Jayavarman VII). Procédez à Ta Prohm . déjeunez au restaurant local. L'après-midi, la visite à Préah Khan, Bantanteay Srei, les temples et le crépuscule àu temple Pre Rup
nuit à l'hôtel
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Golden Banada Resort
Jour 22 : Siem (B, L)
Le petit déjeuner à l'hôtel, visitez Village au Lac Tonle Sap, le Vieux Marché.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner, déjeuner
Guide : tout le jour
Logement : Golden Banada Resort
Jour 23 : Siem riep – HCM – Phu Quoc (B)
chauffeur vient pour vous recueillir à 7.45 a.m et à transfert à l'aéroport pour votre vol
à HCM VN les 9881 (10.00 – 11.20) transfert pour vol à Phu Quoc VN 481 (12.45
- 13.45). Passer votre nuit à l'hôtel dans Phu Quoc l'île.
Transfert : place Privée voiture d'A/C
Repas : Petit déjeuner
Vol : Siem riep – HCM, HCM – Phu Quoc avec les compagnies aériennes du Viêt Nam
Logement : Cassia cottage resort
Jour 24 et 25 : détente (B)
Jour 26 : Phu Quoc - Ho Chi Minh (B)
notre voiture vous recueillera à 11.40 a.m à le
l'aéroport pour votre vol à HCM VN 480 (14.20 – 15.25)
depart vers le Canada
Voyage d'une quinzaine de jours dans le Madhya Pradesh (Inde) English translation pending
Bonsoir à tous!
Je prévois un séjour d'une quinzaine de jours en Inde (4 ème séjour après le Rajasthan +Bénares; le Karnataka et le Tamil Naddu) cet hiver et mon choix s'est arrêté sur le Madhya Pradesh. Pour l'instant, mon itinéraire se présente ainsi :
Arrivée Delhi 1 nuit Agra 1 nuit Gwalior 1 nuit Orchha 2 nuits Khajuraho 2 nuits Le parc de Bandhavgarh 3 nuits Jabalpur 1 nuit Bhopal 2 nuits
Tout cela en voiture avec chauffeur .
J'aurais aimé des précisions sur vos endroits préférés et connaître vos bonnes adresses (Catégorie bon confort) . Je serais particulièrement intéressée par vos impressions sur le parc (J'ai déjà vu des tigres, mais c'était au Zoo de Mysore.....)
Sinon, toutes les fois où je suis allée en Inde, c'était l'été donc la grosse chaleur !!! J'ai donc du mal à imaginer ce pays en Hiver... Gros blousons, jeans et pull ou une polaire et des vêtements assez légers ???
Merci pour vos infos
Je prévois un séjour d'une quinzaine de jours en Inde (4 ème séjour après le Rajasthan +Bénares; le Karnataka et le Tamil Naddu) cet hiver et mon choix s'est arrêté sur le Madhya Pradesh. Pour l'instant, mon itinéraire se présente ainsi :
Arrivée Delhi 1 nuit Agra 1 nuit Gwalior 1 nuit Orchha 2 nuits Khajuraho 2 nuits Le parc de Bandhavgarh 3 nuits Jabalpur 1 nuit Bhopal 2 nuits
Tout cela en voiture avec chauffeur .
J'aurais aimé des précisions sur vos endroits préférés et connaître vos bonnes adresses (Catégorie bon confort) . Je serais particulièrement intéressée par vos impressions sur le parc (J'ai déjà vu des tigres, mais c'était au Zoo de Mysore.....)
Sinon, toutes les fois où je suis allée en Inde, c'était l'été donc la grosse chaleur !!! J'ai donc du mal à imaginer ce pays en Hiver... Gros blousons, jeans et pull ou une polaire et des vêtements assez légers ???
Merci pour vos infos
Sécurité au Guatemala? English translation pending
Bonjour,
j'envisage d'aller au Guatemala pour Noel, je sai sque le sujet sur la securité au Guatemala a deja été traité mais j'ai lu que depuis cet été , les agressions étaient en augmentation.
Est-ce qu'il faut prendre un guide a chaque fois qu'on veut faire une randonnée ? Est ce possible d'aller dormir pres du cratère du Pacaya , de se balader sur les rives du lac Atilan sans guide ? Sinon quel est le prix d'un guide pour aller au volcan y dormir et en redescendre par exemple ?
Merci
Hôtel Royal Decameron Baru à Carthagene English translation pending
Y a t'il quelqu'un qui est au courant si le nouveau Royal Decameron Baru ( Cartagène) qui est supposé ouvrir décembre 2009 dans la revue de Nolitour est sur une île ou presqu'île et les excursions proposé.
Trois semaines au Sri Lanka English translation pending
Bonjour !
Avec mon doudou nous avons decide depuis peu (2 semaines) de partir en vacances 2/3 semaines voir meme peut etre une de plus, en vacances au Sri Lanka l'annee prochaine. Pour le moment notre voyage n'est encore qu'au stade du "he ! si on partait en vacances au Sri Lanka ? Ok !" donc nous aimerions de l'aide pour le preparer sachant que les voyages organises ne sont pas notre tasse de the, et que nous avons un petit coeur qui fetera ses 2 ans en juin prochain. J'ai fouille et refouille sur ce forum et j'y ai trouve des tonnes d info. Malgres cela j'aimerai quand meme mettre mes 1001 questions afin de tout regrouper. alors je commence. (j'espere que vous avez le temps)Quelle est la meilleure periode pour partir ?Souvent les billets d'avion sont plus interessant en partant de certaines villes d'Europe. Est ce le cas ici ?Faut il reserver les endroits ou l on dort a l avance (avant de partir) ?Pouvez vous me donner une liste des choses indispensables a prendre.Y a t il des lieux incontournables ?Si vous partiez dans les memes conditions quel serait votre parcours ? (oui je sais, tout le monde est different mais ca peut donner une petite idee )Au niveau des maladies, les vaccins sont ils vraiment indispensables pour un petit bout ?des suggestions ou conseils ?Je sais... c est long... mais ca m aiderai beaucoup.😊 Pour le moment nous attendons fin septembre pour acheter le nouveau Lonely planet et nous avons contacte l'office du tourisme.
Merci de votre aide.
j ai oublie de dire qu on est pas tres plage et qu on adore rencontrer les habitants des pays que nous visitons. et on est pas super fans de touristes, disons qu on ne les cherche pas :p 🙂
Avec mon doudou nous avons decide depuis peu (2 semaines) de partir en vacances 2/3 semaines voir meme peut etre une de plus, en vacances au Sri Lanka l'annee prochaine. Pour le moment notre voyage n'est encore qu'au stade du "he ! si on partait en vacances au Sri Lanka ? Ok !" donc nous aimerions de l'aide pour le preparer sachant que les voyages organises ne sont pas notre tasse de the, et que nous avons un petit coeur qui fetera ses 2 ans en juin prochain. J'ai fouille et refouille sur ce forum et j'y ai trouve des tonnes d info. Malgres cela j'aimerai quand meme mettre mes 1001 questions afin de tout regrouper. alors je commence. (j'espere que vous avez le temps)Quelle est la meilleure periode pour partir ?Souvent les billets d'avion sont plus interessant en partant de certaines villes d'Europe. Est ce le cas ici ?Faut il reserver les endroits ou l on dort a l avance (avant de partir) ?Pouvez vous me donner une liste des choses indispensables a prendre.Y a t il des lieux incontournables ?Si vous partiez dans les memes conditions quel serait votre parcours ? (oui je sais, tout le monde est different mais ca peut donner une petite idee )Au niveau des maladies, les vaccins sont ils vraiment indispensables pour un petit bout ?des suggestions ou conseils ?Je sais... c est long... mais ca m aiderai beaucoup.😊 Pour le moment nous attendons fin septembre pour acheter le nouveau Lonely planet et nous avons contacte l'office du tourisme.
Merci de votre aide.
j ai oublie de dire qu on est pas tres plage et qu on adore rencontrer les habitants des pays que nous visitons. et on est pas super fans de touristes, disons qu on ne les cherche pas :p 🙂
Un mois en Namibie: récit! English translation pending
De retour de Namibie (+ Chobe et Vic Falls) après un magnifique voyage d’un mois dans des conditions très confortables (en lodges), je vous envoie modestement un petit compte rendu de cette expédition magnifique. La Namibie est une destination onéreuse mais ce furent sans doute les plus belles vacances de notre vie, nous avons tout aimé : les paysages, les gens, les animaux… Bref, tout, en général, était extraordinaire. Et puis, il y a un truc génial, en Namibie, l’hiver : certes, il fait parfois froid le matin et le soir (mais en lodge, tout va bien) mais le soleil est présent chaque jour dans un ciel bleu cobalt sans aucun nuage et ça, c’est le bonheur ! Par ailleurs, les routes sont parfois longues (je conseille absolument à ceux qui visitent le pays en lodges de se poser deux nuits plutôt qu’une dès que possible pour ne pas conduire tous les jours) mais elles sont belles. En conduisant à deux conducteurs et en partant à chaque fois tôt le matin (vers 8 H) pour ne pas passer trop de temps dans la voiture, les trajets nous ont globalement paru faciles et agréables (bon, malgré deux crevaisons…).
Voici, de façon rapide, notre récit de voyage et impressions : que ceux qui ont des questions n’hésitent pas !
Jour 1 : Vol Paris-Johannesburg puis Johannesburg-Windhoek, formalités d’arrivée, récupération de notre 4/4 de location… Puis Olive Grove Hotel pour une nuit.
Très joli boutique hôtel sur les hauteurs de Windhoek : chambre dépouillée et chic dans les tons gris/beige, petit spa, restauration délicieuse… Tout commence sous les meilleurs auspices !
Jour 2 : On a passé une grosse demi-journée à Windhoek à explorer un peu le centre ville (petit tour autour du parlement, de l’église principale, de la rue piétonne, du namibian craft center…) car ça nous paraissait bizarre d’explorer un pays sans voir ne serait-ce qu’un peu sa capitale. Mais il faut reconnaître que l’intérêt de Windhoek n’est pas démesuré. Puis route vers le Bagatelle Kalahari Game Ranch, dans les environs de Mariental pour deux nuits. Dès cette première route (la B1, pourtant goudronnée et pas encore typique des fameuses pistes, gravel roads, de Namibie), nous avons trouvé les paysages magnifiques. On s’est arrêtés pour pique niquer près d’un joli lac (Oanob) à 7 km de la route, qui nous a pris en tout environ 4 H.
Jour 3 : journée de détente à Bagatelle Kalahari Game Ranch. On a beaucoup aimé cet endroit en tant que première étape : ambiance du lodge très conviviale, avec une belle salle commune, de magnifiques chalets (ça vaut le coup de se payer un Dune chalet sur les dunes rouges du Kalahari, au sommet de la dune, plutôt qu’un chalet dans la vallée). Dans le Kalahari, le sable est d’un rouge encore plus intense qu’ailleurs, c’est superbe. On a randonné dans le bush et sur les dunes au milieu de nos premiers springboks, autruches, oryxs et on a fait deux game drives avec le lodge, l’une dans leur jolie réserve privée attenante au lodge avec pas mal d’animaux et l’autre à la rencontre des guépards qu’ils sauvent et réhabilitent dans un très grand enclos avant de les relâcher dans la nature en partenariat avec une fondation de conservation de l’espèce (c’était chouette car on n’a pas revu de guépards lors de la suite du séjour). A savoir : dans le Kalahari, il fait froid (on n’a pu enlever qu’un tout petit peu la polaire au plus chaud de la journée)… On a eu bcp plus chaud pendant le reste du séjour.
Jours 4/5/6 : route vers la base de Tok Tokkie Trails (environ 4 H) puis trek (3 jours/2 nuits) avec Tok Tokkie en petit groupe (deux touristes allemands + le guide + nous deux). Expérience extraordinaire, inoubliable : trek dans les paysages somptueux d’une immense réserve privée, la Namib Rand nature, aux paysages époustouflants. Le soir, on rejoint un campement quasi luxueux avec cuisinier, table dressée avec nappe en plein bush et même toilettes et douche en pleine nature ! On est tous seuls, c’est immense, on dort dehors à la belle étoile dans des lits de camps avec énormes couettes coupe-vent, la température est descendue à moins 7 la première nuit (les lits et le bout de nos bonnets étaient recouverts de glace !) mais sous la couette, on n’a pas eu froid. La rando est magnifique, les paysages à couper le souffle, au plus près de la nature et avec des animaux qu’on n’a pas revus ailleurs ensuite (comme les renards blancs du désert).
Jour 6, après-midi : route vers Sesriem (environ 2 H 30) et le Sossus Dune Lodge pour deux nuits. Lodge somptueux, le seul à être situé dans l’enceinte du parc national (donc, pas besoin d’attendre l’ouverture des portes !). Chalets immenses, superbement décorés, très bon accueil, restauration excellente. En fin de journée, coucher de soleil sur la Dune Elim.
Jour 7 : Comme on n’avait pas besoin d’attendre l’ouverture des portes, on est parti à l’aube, à 5 h du matin, du lodge, avec un pack petit déjeuner. Mais ce jour là, il y avait une tempête de sable, et un énorme brouillard, on ne voyait pas à un mètre et personne de pouvait descendre de sa voiture et encore moins gravir une dune, véridique ! On a du repartir vers l’entrée. On a donc visité le canyon de Sesriem, abrité du vent, puis on est repartis l’après midi jusqu’au bout du parc car heureusement, les conditions météo dantesques s’étaient apaisées. Ne pas rater Dead Vlei (ça n’est pas super bien indiqué) et ne pas hésiter à dégonfler les roues de son 4/4 pour ne pas s’ensabler.
Jour 7, matin : ascension de la dune 45 gratifiante mais difficile car le vent s’était de nouveau levé et soufflait très fort. Puis, route vers Solitaire. Arrêt au « Bagdad café » de Solitaire pour se dégourdir les jambes et déguster le fameux Apfel Strudel, puis, après avoir passé pas mal de temps sur la route à aider des touristes belges qui avaient crevé et n’avaient pas de bon cric, une super étape : Kuangu Kuangu. Sur l’immense territoire d’une ferme d’hôtes (Barchan Dune Retreat), il s’agit d’une sorte de cabane de luxe design adossée à la montagne avec une seule chambre et salle de bains extérieure, on est donc tous seuls, c’est romantique en diable. On a randonné, fait une chouette game drive (avec nos premiers zèbres du désert) avec le proprio de la ferme d’hôtes, caressé les suricates semi apprivoisées du domaine… C’était top.
Jour 8 : départ tardif de Kuangu Kuangu (pour une fois !) route Solitaire-Swakopmund via la Welwitchia Drive (ça rallonge la route, qui prend du coup environ 5/6 H en tout, mais les paysages sont à tomber par terre, on a beaucoup aimé). Arrivée pour le coucher du soleil à Swakopmund pour 3 nuits. Dîner dans un chouette resto de fruits de mer sur la baie, le Tug. Chouette boutique hôtel coloré et bien situé : la Villa Margherita.
Jour 9 : matin, balade dans Swakopmund, visite de la ville, achat d’artisanat… Bain de pied dans la mer (trop froide pour se mouiller en entier !)
J’avais lu des commentaires mitigés sur Swakopmund, eh bien, nous, on a beaucoup aimé cette petite cité balnéaire au milieu de palmiers (c’est différent du reste de la Namibie, ça change, c’est sympa), d’autant qu’on y a eu deux jours de plein soleil.
Après-midi : Tommy Desert living tour : on nous avait beaucoup vanté cette excursion dans les dunes près de Swakopmund à la recherche des petites bêtes du désert comme les caméléons avec un chouette guide, Tommy, mais ce jour là, ledit Tommy était malade, donc on ne l’a pas rencontré. Et, manque de chance, ses « remplaçants », d’autres guides, n’ont pas déniché beaucoup de bébêtes. Mais bon, ça arrive, et les paysages étaient splendides…
Jour 10 : journée d’excursion avec Mola Mola à partir de Walvis Bay… C’était fantastique : le matin, croisière au large dans un petit bateau avec pélicans, otaries qui grimpent même sur le bateau, et… Dauphins ! Puis tour à Sandwich Harbour, paysages somptueux où les dunes rencontrent la mer, déjeuner d’huîtres au bord de l’eau et volatiles par dizaines. Après, on a fait une petite balade dans Walvis Bay (flamands roses sur la jetée), on est allés voir le coucher de soleil sur la dune 7 à quelques km de Walvis et on a dîné, très bien, au Raft, le restaurant jumeau du Tug de Swakop.
Jour 11 : route pour Twyvelfontein. Notre agence nous avait indiqué 5 H de route et en fait il y a moins (plutôt 4 H). Du coup, par peur d’avoir trop de route, on a fait direct Swakopmund-Twyvelfontein et si on avait su, comme on avait deux nuits à Twyvel, on aurait fait un détour par les phoques de Cape Cross ou la peinture de la White lady du Brandberg car il faut savoir que les sites de Twyvelfontein se visitent très vite (les visites des peintures rupestres de Twyvelfontein et de la forêt pétrifiée sont plutôt intéressantes mais obligatoirement guidées et ne durent pas plus de 45 min chacune.) Notre lodge, le Doro Nawas, était une splendeur, là encore : chalets immenses, magnifiquement décorés, lodge principal en hauteur sur la montagne, le tout très luxueux mais en même temps, décontracté et sympathique.
Jour 12 : le matin, éléphant tracking avec le lodge et nous avons eu beaucoup de chance car les éléphants étaient là et ô combien là, il y en avait plus d’une vingtaine et ils ont passé la journée autour du lodge. L’après midi, on a farnienté à la piscine de Doro Nawas (elle était assez chaude pour s’y baigner) car on avait visité tous les sites du coin et il y a eu un grand moment de ravissement pour les touristes (et de panique pour le staff du lodge) car un éléphant s’est approché tout près d’un des chalets sur lequel donnait la piscine (quel spectacle, il était presque sur le balcon du chalet) mais en a endommagé les panneaux solaires !
Jour 13 : route pas très longue (2 H) pour Grootberg Lodge, dans les environs de Palmwag. Génial. Lodge construit à pic d’un cratère (l’un des paysages les plus époustouflants du périple). Plus simple qu’à Doro Nawas par exemple, mais chalets très mignons et personnel namibien très gentil, souriant et décontracté. Malheureusement, nous n’y dormions qu’une seule nuit, on n’a pas donc pu faire le rhino tracking qu’ils proposent et qui dure une journée entière, mais en arrivant sur place assez tôt, nous avons tout de même pu passer pas mal de temps à discuter avec le jeune staff namibien du lodge, très sympa, faire une longue balade autour du cratère à partir du lodge (ils ont un sentier balisé) ainsi qu’une longue rando à cheval (accessible aux débutants) avec un guide adorable. Rencontrer les oryxs, springboks… à dos de cheval plutôt qu’en voiture, pour changer, c’était très chouette.
Jour 14 : route vers Opuwo : 4 H 30 en revenant sur nos pas depuis Grootberg vers Palmwag puis Seisfontein-Opuwo.
On s’est arrêtés rapidement à Seisfontein et avant ça, à la source naturelle du campsite de Warmquelle, ça fait un détour assez long (prévoir 2 H en tout avec baignade) mais c’est un chouette souvenir de s’être baignés tous seuls dans cette eau verte, cristalline et délicieusement tiède. Mais il faut savoir qu’ensuite, la route Seisfontein-Opuwo est difficile : elle grimpe, est remplie de grosses pierres, c’est très fatigant. Si vous logez à Grootberg, que vous montez ensuite sur Opuwo et que vous ne tenez pas particulièrement à vous baigner dans la source de Warmquelle, je conseille dans ce cas de prendre plutôt la route Grootberg-Kamanjab-Opuwo, certes moins « scénique » mais goudronnée donc beaucoup plus rapide, ce qui permet d’arriver plus tôt à Opuwo pour profiter de ce coin à l’atmosphère très dépaysante. Nous, on est arrivés un peu tard à Opuwo et on a un peu regretté de ne pas avoir davantage de temps pour flâner dans cette petite ville en soit plutôt moche mais donc nous avons beaucoup aimé l’ambiance et le mélange étonnant des populations (héréros, himbas…) tant dans la rue principale qu’au supermarché. L’Opuwo Country Hôtel est très bien : belle vue, très belle salle commune, superbe piscine à débordement (dont nous n’avons pas eu le temps de profiter, on a préféré se balader en ville), chambre plus banale avec deux lits twins éloignés l’un de l’autre (demander une luxury room) mais tout à fait confortable.
Jour 15 : très belle route Opuwo-Epupa Falls : 2 H 30 seulement car la piste est très belle, très roulante. Epupa Falls, on a adoré. Le site est bucolique, très reposant. Les chutes sont magnifiques (ne surtout pas se contenter de la chute principale mais randonner sur le sentier à gauche des chutes et monter au coucher du soleil au sommet de la colline qui les surplombe toutes). On a dormi à l’Epupa Falls Camp, le lodge le plus sophistiqué du coin, tout au bout. C’est assez cher compte tenu du fait que les tentes restent relativement simples mais elles sont très mignonnes, joliment décorées, avec un coin salle de bains en dur, la situation de ces tentes et des tables du restaurant en bord de la rivière, avec nappes et bougies, est idyllique. C’est une super adresse et une super étape.
Jour 16 : journée sur place à Epupa. On a fait du rafting, qui s’apparente plutôt à une balade sur l’eau (qui est calme, il n’y a pas de rapides) mais les paysages sont superbes et il y a plein de crocodiles. Avec le lodge, on a fait aussi la visite d’un village himba. Bon, on a hésité et tous comptes fait, ça s’est bien passé. Au début, c’était assez artificiel car il s’agissait du village himba le plus proche des chutes, donc les habitants ont l’habitude de recevoir des visites, ils sont un peu blasés. Mais on a pris notre temps, on a essayé de communiquer par gestes avec les gens, on a joué avec les enfants, fait la ronde avec eux (plutôt que de se contenter de les mitrailler de photos) et peu à peu, l’atmosphère s’est réchauffée. Nous avons ensuite eu des échanges encore plus sympathiques avec d’autres himbas que nous avons rencontrés par nous-mêmes dans des villages non visités par les lodges et avec qui on est entrés en contact en offrant du sucre, du thé, de la farine, etc… Achetés au supermarché d’Opuwo. Les gens étaient surtout très contents car on avait un 4/4 avec un immense coffre recouvert et on a donc pu prendre en stop des himbas qui étaient ravis de profiter de notre moyen de transport. Beaucoup de sourires er de rires…
Jour 17 : en redescendant d’Epupa, étape d’une nuit à Hobatere Lodge, avant Kamanjab. L’étape est sympa mais il faut savoir que le lodge est situé à 20 km de piste de la route et que la game drive qu’il propose n’offre pas grand-chose à voir en matière d’animaux. Cela dit, les chambres sont agréables, le dîner est bon, le proprio présent et attentionné… Mais on s’est demandés si on n’aurait pas du partir très tôt le matin et tracer directement jusqu’à notre étape suivante, Okonjima, où nous n’avions qu’une nuit et où on aurait bien aimé en passer deux.
Jour 18 : route Hobatere lodge-Okonjima/Africat fondation
Okonjima, c’est une splendeur. Le plus beau lodge de notre séjour. On logeait au Bush Camp. Ca coûte une fortune, mais les chalets sont fantastiques, ouverts sur la nature, c’est somptueux. Sur place, on a fait une rando sur un de leurs sentiers balisés, on a fait le soir une chouette balade pour aller voir les porc épics et surtout, on a fait l’après-midi un inoubliable leopard tracking. Compte tenu du fait que les léopards sont difficiles à observer ailleurs, Okonjima est un must. Malheureusement, on n’a pas pu voir les guépards tôt le lendemain car on n’avait qu’une nuit sur place et on voulait arriver tôt dans Etosha mais je conseille à ceux qui le peuvent de passer absolument deux nuits plutôt qu’une dans cet endroit, afin de profiter de toutes les activités proposées.
Jour 19/20/21 : route Okonjima-Etosha via les plaisantes villes d’Otjiwarongo et Outjo. Puis, Etosha. On a à la fois adoré parce qu’on est de grands fans d’animaux et qu’on y a donc vécu des moments inoubliables et en même temps, on a préféré le Kruger d’Afrique du sud (visité quelques années auparavant) ou Chobe, par exemple, car on aime bien conduire et rencontrer les animaux au hasard au fil des pistes plutôt que les attendre aux points d’eaux avec d’autres voitures. Or, à Etosha, on a eu l’impression de ne pas voir grand-chose sur les routes entre les points d’eau. Les modalités de visite sont différentes… C’est moins, « spontané ». Ceci étant dit, on a vu beaucoup d’animaux et parmi les moments les plus forts, des lions de près dans les points d’eau des environs d’Okaukuejo et un léopard au point d’eau Halali le soir. Ne pas rater les points d’eau éclairés le soir d’Okaukuejo et Halali, avec entre autres plusieurs rhinos.
Côté hébergement, on a passé une nuit à Okaukuejo (bush chalet) et une nuit à Halali (double room) avant de sortir d’Etosha pour la 3ème nuit. Les hébergements du NWR nous ont très agréablement surpris : c’est décoré simplement, mais propre, nickel, très confortable.
On a passé la 3ème nuit à Onguma Bush Camp, juste à la sortie d’Etosha : c’est le plus simple des différents lodges de la réserve privée d’Onguma mais c’est déjà très très bien.
Jour 22 : Route porte est d’Etosha/Rundu et étape au lodge Hakusembe.
Notre agence nous ayant indiqué Etosha-Rundu 6 H, puis Rundu-Divundu 3 H, on a fait étape à Rundu. Mais en fait, Etosha-Rundu ne prend que 4 H et Rundu-Divundu, 2 H. Donc, je conseille de zapper Rundu pour passer plutôt deux nuits dans les environ de Divundu, et s’y poser. D’autant que les attraits de la région de Divundu nous ont semblé similaires à ceux de Rundu , à Divundu il y a même les hippos en plus. Cela dit, Hakusembe est un lodge mignon, fleuri, très joli, nous avions le honeymoon chalet flottant sur l’eau (très romantique) et on a fait une chouette croisière au champagne sur la rivière (guide adorable et plein de crocos).
Jour 23 : route Rundu/Divundu, donc, et Divava Lodge.
Globalement, la bande de Caprivi, on a beaucoup aimé. Même si c’est pauvre. On voit des gens, des villages, du bétail, on peut s’arrêter acheter de l’artisanat, discuter avec les gens, les prendre en stop. C’est une Namibie différente des somptueux paysages de désert et c’est à voir aussi.
Le Divava Lodge est très beau, avec des chambres immenses et design, une belle piscine et un très agréable spa qui surplombe la rivière. Le lodge propose une chouette balade sur la rivière l’après midi ou le matin, au choix, avec beaucoup d’hippopotames et un petit arrêt aux mignonnes Popa Falls.
Nous avons aussi visité par nous-mêmes la petite réserve de Mahango qui nous a beaucoup plu, avec des baobabs, des buffles, des hippos, des rapaces, et les très belles antilopes Roan et antilopes des sables (noires) qu’on ne voit pas dans le reste de la Namibie.
Jour 24 : en quittant Divava Lodge, nous avons visité la réserve de Buffalo. Je ne sais pas si c’est son nom officiel mais il s’agit d’un parc pas du tout connu dont l’accès se trouve au lieu dit Buffalo, quelques km après Divundu. Il faut savoir que le plan, sommaire, distribué à l’entrée du parc, est très mal dessiné, et que les pistes y sont, à certains endroits, difficiles car vraiment très sablonneuses. On s’est ensablés plusieurs fois et on s’est fait quelques frayeurs. Mais l’endroit, absolument désert, est fantastique, avec là aussi des éléphants, buffles, rapaces, antilopes, hippos… Et quasi aucun touriste !
Nuit à Kongola au Mazambala Lodge qui nous a un peu déçus : l’accès est bucolique, par bateau, le restaurant, sur pilotis, agréable, le proprio très sympa, mais les bungalows sont sommaires et fatigués.
Jour 25 : route vers Kasane et visite de Chobe. Notre lodge, le Waterlily, conseillé par notre agence, ne nous a pas plu : c’est très moyen, pas joli, surfacturé. On a pris nos repas au Chobe Safari Lodge et au Chobe Marina, hôtels de grosse capacité mais très confortables.
Jour 26 : Chobe…
En revanche, Chobe, c’est inoubliable. Que ce soit la balade en bateau sur la rivière (à faire absolument l’après midi et sur un petit bateau, pas sur un gros, pour voir des dizaines d’oiseaux et les énormes troupeaux d’éléphants) ou les game drives dans le parc avec là aussi, éléphants, lions… Il faut savoir que les game drives organisés par les lodges de Kasane sont très bien (de toutes façons il y a tant d’animaux à Chobe qu’on ne peut pas être déçu) mais que c’est très business (jeeps les unes derrière les autres) et que, contrairement à ce que nous avait dit notre loueur (qui nous avait conseillé d’abandonner la voiture dès le premier jour à Kasane), Chobe se visite tout à fait par soi même : certes, le plan des pistes est mal dessiné, mais les pistes ne sont pas trop sablonneuses.
Jour 27 : route vers Vic Falls et Ilala Lodge pour deux nuits. L’Ilala Lodge est magnifique : architecture coloniale, personnel adorable, super restauration. Le peuple zimbabween a beaucoup de mérites, compte tenu des difficultés qui le frappent, et on a été contents d’avoir logé à Vic Falls. Mais quel que soit le côté où on loge, il faut absolument visiter les deux côtés des chutes : le côté zimbabwen, plus impressionnant, mais aussi le côté zambien, qui fournit des sensations différentes. On va facilement de l’un à l’autre à pied en franchissant le pont en une demi-heure environ. Tout ça coûte cher (il faut repayer un visa zambien, les entrées des chutes des deux côtés), mais ça vaut le coup. En revanche, on a repayé 30 dollars par personne pour voir le soir le « rayon de lune » (les soirs de pleine lune) sur les chutes et c’est un peu l’arnaque, on ne voit pas grand-chose, un pâle halo sur les chutes dans le noir, bof.
Jour 28 : Rafting inoubliable d’une demi journée (en juillet, les rapides sont trop dangereux pour être faits en entier sur la journée) et balade dans Vic Falls avec « high tea » au Vic Falls Hôtel.
Jour 29 : juste avant de reprendre l’avion Vic Falls-Johannesburg, on s’est offert une dernière activité nommée le Lion Encounter. Le principe, c’est que pour repeupler les réserves de lions, dont le nombre décroit, une fondation récupère les animaux blessés et élève aussi des petits, ils font de la reproduction. Les jeunes lions sont ensuite élevés dans des enclos, peu à peu éloignés des hommes, puis relâchés dans la nature. Mais au premier stade, lorsqu’ils sont encore jeunes, on les laisse approcher par les touristes qui peuvent marcher avec eux dans le bush, et même, craintivement, les caresser et se faire photographier avec eux. La contribution (généreuse) des touristes finance la fondation. Bon, j’espère que tout ça est vrai, et j’avoue que l’atmosphère était très, trop business. Mais cela dit, voir de tout près les lions, les approcher, marcher avec eux dans le bush, c’était incroyable.
Voilà… On rentre avec des souvenirs plein la tête… Et déjà, l’envie d’y retourner !
Elodie
Anghkor Wat, Ta Promh, Anghkor Thom, encore, encore, encore. Bienvenue à Siem Reap! English translation pending
De sortie de plusieurs semaines de gueule de bois laossienne,
Je suis fin prêt pour vous montrer de quel bois je me chauffe.
Mon pote Steve est repartit vers des horizons tous thaïlandais,
Et moi, je redécouvre les plaisirs de l'écriture face à la page blanche.
Mise à part les histoires renversantes de scooters renversés, nous en étions restés à ce qui remonte maintenant à plus d'un mois, l'arrivée à Siem Reap et la visite annoncée des temples parmi les plus enchanteurs de la planète et de ses environs, ceux d'Angkhor et de sa banlieue de jadis. Vous avez donc repris votre place dans votre siège préféré, le printemps a renvoyé l'automne jusqu'à l'année prochaine, le PSG se remet à perdre des matchs par 3 buts d'écart, la normalité reprend ses droits. Seule chose qui a changé dans l'intervalle, j'ai soufflé mes 33 grains de riz et suis donc encore plus plein de sagesse qu'avant, mouvement sans doute contre-balancé par la perte de quelques cheveux supplémentaires, on ne peut pas tout avoir...
La ceinture de sécurité est donc attachée, tous les signaux sont au vert, on est prêt à partir. Veillez quand même à garder les bras à l'intérieur de la cabine, ça secoue pas mal! Après, je sais, ce n'est pas très pratique pour prendre des photos, mais sachez que ça aussi, je m'en charge, vous n'avez qu'à cliquer sur l'icone cambodgienne.
En Turquie, je suis allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Syrie, en Jordanie, je suis aussi allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Egypte, j'ai vu des tas de cailloux comme des montagnes. Au Népal, j'ai vu des montagnes faites de cailloux. En Thaïlande, ça s'est calmé. Mais au Cambodge... Ca repart dans la démesure
A Siem Reap, avec Maman et Pedro, on est donc comme je l'ai déjà décrit comme des coqs en pâte. Le soleil brille. Le est parti et au matin du 21, on rencontre notre nouveau guide Savout qui nous accompagnerapour les 5-6 jours suivants. Deja bien échaudés ou refroidis par le débit constant façon mitraillette de Le, Madro et moi étions bien impatients de rencontrer Savout et les premiers instants ont consisté à l'explication claire de nos souhaits : pas de cours magistral sur chaque micro-portion de bas-relief, les explications à l'intérieur des temples c'est mieux qu'à 100 mètres de distance, le minibus peut être un agréable moyen de locomotion si on a pas en permanence à se concentrer sur l'histoire de la moindre feuille tombée à terre ou sur le récit en douze volumes de ce qu'on peut voir en un clin d'oeil. Ca a l'air barbare comme procédé de dire à un guide même gentiment de la fermer quand c'est pas nécessaire, mais au moins ça a servi à quelque chose, Savout nous laisse bien souvent quartier libre tout en prenant la peine de décrire, dans la limite du raisonnable, l'essentiel de ce qu'il est intéressant de savoir.
J'en arrêterais donc là sur Savout en ajoutant que c'est un prénom assez facile à retenir sauf quand on s'appelle Bibi. Pour tenter de m'en souvenir, en gros malin que je suis, je me sers du français "sa voute". Seulement après quelques jours, je suis complètement paumé et ne cesse de l'appeler "ta soute". Et comme c'est pas son prénom, je comprends mieux maintenant pourquoi il ne tourne pas systématiquement la tête quand je l'interpelle... (sic)
Ce premier matin à Siem Reap, on est donc gonflé à bloc, avides de visites. Et on est pas deçu! En 5 heures de temps, on enchaine 4 temples différents!!! Tout ici étant dans un rayon assez restreint c'est facile de faire des sauts de puce d'un sîte à l'autre, c'est pour ça; on est pas des machines je vous rassure! A chaque visite, on prend le temps de flaner, de regarder les arbres centenaires, de dénicher l'angle parfait pour le cliché parfait itou, de boire un peu d'eau car malgré l'ombre forestière, il fait un temps à espérer une prochaine ère glacière. D'ailleurs en parlant de glacière, on en a en permanence une dans le minibus et c'est pas du luxe si on excepte le fait qu'à l'intérieur on trouve aussi des petites lingettes jetables raffraichissantes qui font la joie des déchèteries pour peu qu'elles y finissent!
Les temples s'enfilent donc les uns après les autres entre chaleur extérieur et climatisation automobile.
A chaque nouvelle visite également, on est assailli par les gamins qui ont tous quelque chose à vendre : des babioles, des livres, des vêtements, etc... Et comme Maman et Pedro ont déjà craqué à l'appel de l'achat de souvenir, c'est maintenant mon tour de distribuer quelques billets. Je jète mon dévolu sur un pantalon de pêcheur à taille unique et une chemisette blanche de taille M. On quitte les environs dans la foulée et alors que l'on est dans la voiture, je me prends de faire une scéance d'essayage et bien m'en a pris. Ne réalisant pas que les cambodgiens font en moyenne 1m65 et 40kg, ma chemise est immettable, chez nous ce serait du 12 ans!!! Demi-tour, illaritée générale chez les petites vendeuses, l'échange se passe dans la joie et la bonne humeur. Et comme avant, à partir de maintenant je n'ai plus besoin de rien concernant mon trousseau, donc plus de dépense futile. Enfin on verra bien...
La dernière visite de la journée s'effectue à Ta Prohm et est, à n'en pas douter, un écarteur de mirettes en puissance. On arrive sur les lieux en traversant une grande terrasse pavée et la première chose qui saute aux yeux est un arbre qui pousse à travers la terrasse. Comme dirait Pierre Fulat, il est d'un assez beau gabarit! Ses racines explosent une à une les pierres environnantes pour couvrir une superficie plus grande que mon ancien appartement parisien. Après avoir vu celui-ci, on se prend à regarder les arbres plus particulièrement, et on constate qu'ici, la spécialité locale c'est pas le bonzaï!! En regardant vers la façade de Ta Prohm, on en remarque deux autres. Le premier est devant le temple et a poussé sans entraves. Derrière son tronc, une armée entière pourrait se cacher, il faudrait peut-être 20 personnes se donnant la main pour en faire le tour. Le deuxième est bizarrement installé; alors qu'on est devant la façade, celui-ci semble pousser tout contre celle-ci mais à l'intérieur du temple, faisant fi du toit s'il y en a un, faisant fi des murs de pierres de 3 mètres d'épaisseur et c'est bien ça qu'il y a ici. En entrant dans le temple, on comprend alors ce qui se passe et ce qui fait le renom de Ta Prohm : les frangipaniers et autres ficus ont été laissés tels quels par les archéologues permettant de voir la force avec laquelle les arbres servent du temple pour se structurer. Et ce 1er exemple à l'entrée est un exemple de choix si on en croit le nombre de japonais et autres coréens se faisant prendre en photo devant. Pour tout vous dire, il m'a fallu près de dix minutes pour pouvoir déclencher!! Même avec des cartons jaunes, c'est pas possible!!! Ils sont trop nombreux, et moi, trop bon trop con, comme d'hab'.
On passera près d'une heure et demi ici à slalomer entre les groupes et même dans ces conditions, c'est une tuerie intégrale. A chaque virage, on est le cul par terre, littéralement écrasé par la nature envahissante. Pour les connaisseurs, c'est pas un pays pour Jayce, c'est le royaume des monstro-plantes!!!!! Et la seule raison pour laquelle on repart de là, c'est qu'on a rien mangé depuis 7h30 du matin, qu'il est déjà 14h et qu'on se mettrait bien une fourchette garnie entre les dents. Si on ajoute en plus le fait que tous les visiteurs aillant mangés à un heure traditionnelle commencent à débarquer en masse, il est grand temps!!
On convient donc d'un retour à la case Siem Reap, d'un plouf dans la piscine ou d'une sieste après un repas bien mérité, et d'un rendez-vous avec Mazout (NDLR : c'est Savout mais c'est pour voir si vous suivez...) pour se délecter d'un coucher de soleil sur Angkhor Wat depuis une colline environnante.
Et à 17h, on est tout ragaillardi, il est l'or, l'or de se réveiller...
C'est donc un retour dans le minibus jusqu'aux pieds du Phnom Bakheng, le temple en haut de la colline. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas les seuls à avoir eu cette idée lumineuse décroissante du coucher de soleil... Pour accéder au sommet, il faut longer un petit chemin qui ressemble à cette heure au centre-ville de Bangkok! C'est la course des appareils photos pour déterminer qui aura la place la plus stratégique. Nous au sommet, on est pas pressé, ça grouille déjà. Un groupe d'une demi-douzaine d'éléphants attend patiemment le retour des appareils photos pour la descente au pas de pachiderme. C'est l'occasion d'aller taté la bêête. Aussi l'occasion de se rendre compte que la montée à dos d'éléphant coute plus cher que la descente, pas fous les cambodgiens, ils savent y faire!!!
Le coucher de soleil en lui-même est pas mal mais sans plus comme en conviendra aussi Madro ce qui n'arrange rien quand on le partage avec tous les appareils autofocus des environs. En tout cas, cette ballade aura eu le mérite de nous donner à voir un chouette point de vue mais qui n'est rien à côté du chemin retour lorsqu'on demande au chauffeur d'arrêter le van à hauteur d'Anghkor Wat éclairé de mille feux alors que la nuit est déjà tombée. Sublime!! Vivement demain!!
La soirée s'est vite enchaînée, nos corps meurtris par l'effort d'une journée de découverte (trop dur...). La soirée s'est vite enchaînée, nos corps alertés par le réveil du lendemain à 5H30 pour le lever de soleil à Angkhor Wat (trop dur...).
Le 22 commence donc à la nuit noire et tout le monde, y compris votre serviteur, est debout de bon pied bon oeil, plein d'entrain et d'expectative. On quitte l'hotel alors que tout le monde dort tranquille, du moins en apparence... En apparence car comme la veille au soir, j'ai l'impression que tous les touristes à 1000km à la ronde se sont donnés rendez-vous pour partager notre petit déjeuner! C'est la première fois qu'on pénètre dans l'enceinte du temple. A l'intérieur, les dimensions sont gigantesques, la perspective à couper le souffle et la lumière sublime. Malgré la foule des flashs qui crépitent, on arrive à se frayer un chemin jusqu'à avoir un petit lac à l'eau stagnante à nos pieds avec derrière le temple majestueux, et avec le reflet, ça fait deux trésors pour le prix d'un! Que demande le peuple? Deux heures à regarder le soleil se lever, voilà ce qu'il demande le peuple! Et en plus, il l'obtient!! Du coup, il est content le peuple!! A l'heure où on quitte le temple, on est quasiment les derniers à avoir assisté au lever de soleil. C'est l'heure où nous croisons ceux qui ne se sont pas levés aux aurores qui vont à leur tour s'entasser à notre place.
Nous, on quitte Angkhor Wat pour nous diriger vers un temple plus petit et peut-être plus tranquille, le Banteay Srei. C'est d'ailleurs un temple qui comme de nombreux autres temples des environs est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'UNESCO qui, s'ils ont une place de conservateur à mi-temps, je suis preneur. A bon entendeur... Et bien pas de bol, notre petit temple tout mignon, reputé pour ses sculptures fines comme de la dentelle, est également pris d'assault. Nom de dieu c'est pas possible!!!! Ils sont partout!!! Ahhhhh, elle est loin la Syrie... Pour ma part, submergé par le flot inninterrompu des visiteurs et la chaleur micro-ondesque, la visite se fera au pas de course. A l'extérieur du délicat édifice, de la musique se fait entendre. Un groupe de musiciens mutilés joue des airs traditionnels, et à l'ombre en plus. C'est plus qu'il n'en fallait! Ajoutez à cela de l'eau fraiche et une cloppe, ça fait du bien par où ça passe!
Et cette petite pause à l'ombre, il fallait bien ça car la suite du programme est orientée "sport". L'ascension d'une nouvelle colline est prévu par la face nord. A moins que ce soit la face sud. Pas sur... En tout cas 1200m, non pas de dénivelé mais de long, à gravir avec tous les 100m, un petit panneau indiquant combien il reste pour atteindre le "sommet", ça rassure le chaland. Et au sommet, l'intéret est multiple. Une rivière serpente lentement et dans le lit du ruisseau se trouve de nouvelles sculptures multi-centenaires. Un crocodile par ici, un vishnou par là, c'est plaisir. Mais ce qui est encore plus plaisir, c'est qu'ici, c'est la maison de milliers de papillons qui volent en tous sens. Il y en a tellement que certains ne savent plus où se poser et atterrissent avec légèreté soit sur mes bras, soit sur mes jambes, soit sur ma tête; jusqu'à trois papillons en même temps entre mon nez et mon front. - "Eh, papillons, il y a pas écrit piste d'atterrissage ici!! On restera là-haut le temps de sécher un peu et c'est pas du luxe! Déjà quand je marche, c'est rapidement les Grandes Eaux du Chateau de Versailles, alors imagine quand je gravis!!
Et le déjeuner dans tout ça? C'est pour maintenant. Comme la veille, il est 14H30 quand on arrive à table. Un croc, un plouf, une sieste, on est pas des boeufs et on peut pas gravir toute le journée!! Les après-midi sont douces à Siem Reap et les apéros avec Madro quotidiens grace à deux bouteilles de vins de nos contrées et une bouteille de whisky qu'on sera loin de finir, la faute sans doute au climat. Et ouais, on est ni en Ecosse, ni en Irlande.
On en arrive au 23, ça va vite. La journée va encore être marquée par quelques plats de résistance à commencer par la cité fortifiée d'Angkhor Thom, ancienne capitale khmer, peuplée jadis d'un million d'habitants quand Londres n'en comptait encre que 25.000. L'endroit, eu égard à son immense notoriété, est une nouvelle fois la proie de la foule et en son centre se trouve son joyau, le Bayon, qui arrive en tête ou pas loin des fréquentations. Et tout ce monde attire quoi, je vous le demande. Des p'tits vendeurs par centaines. Comme j'ai déjà acheté tout ce dont j'avais besoin, je me suis promis de ne pas céder à la pression des gamins qui nous suivent sur plusieurs centaines de mètres pour nous vendre fleurs ou bracelets. Et j'ai tenu bon!! Enfin jusqu'au stratagème d'une petite géniale. Elle me dit : - "Si je te bas au morpion, tu m'achètes mes cartes postales!" - "OK! Ca roule!" Je ne sais pas si quelqu'un a déjà perdu en jouant aux morpions mais c'est quasiment impossible, toutes les parties finissant par un match nul. C'est donc le jeu le plus con du monde à égalité avec la bataille. En plus, la gamine ne commence pas en mettant sa croix au centre comme chacun ferait, facile... Seulement je ne sais pas pourquoi, sans doute avais-je un peu de peine pour ma petite effrontée, mais moi non plus je ne me suis pas installé gracement dans la case du milieu, préférant choisir sans réfléchir un autre angle. Et bien en deux coups de cuillères à pot c'était réglé, je me suis fait explosé au morpion!!! Par une gamine de 8 ans!!!! Résultat des courses, j'ai 10 cartes postales cambodgiennes que je me traine depuis! Et ca fait plus d'un mois!! Comment j'ai pû perdre au morpion?!? Un moment d'absence sans doute... Mais la prochaine fois, je sais. Pas de pitié, je prendrais la case du milieu, y'a pas écrit que con là!!!
On a ensuite fini par rentrer au Bayon et dès la porte franchie, ç'en était fini de mes malheurs aux jeux et à nouveau la Claque. La spécificité du temple, ce sont les visages hauts de 2 mètres qui sont sculptés dans la roche. Il y en a des dizaines et ça donne un aspect mystique certain à l'ensembl? Vas-y je t'en prie. Je veux faire une photo, tu passes devant comme un conn..d, c'est pas grave? non...
En tout cas, avec Ta Prohm, le Bayon est la chose la plus remarquable de tout l'ensemble qui m'ait été donné de voir ici. Il faudrait que j'étoffe ma liste de superlatifs pour bien en retranscrire la mesure parce que WHAOUUUU!!! En plus, juste à côté, toujours sur le sîte d'Angkhor Thom, se trouve d'autres sîtes de beauté égale ou presque : la terrasse du roi lépreux et celle des éléphants. Au cours de cette visite, je rencontre deux moines avec lesquels je discute quelques minutes et ces deux moines, on les retrouve moins d'une heure plus tard pour la visite plus approfondie qu'au lever de soleil d'Angkhor Wat, le plus emblématique des temples. Chose surprenante, cette fois-ci, nous sommes pour ainsi dire tout seul dans le batiment. C'est à n'y rien comprendre... Ca me permettra de rediscuter avec mes amis drappés de jaune orangé et de prendre d'eux des clichés que je chéris. Merci les gars!!
Il est comme d'hab' 14h ou plus quand on va déjeuner. Cette fois-ci on choisit un endroit qui s'appelle le Butterfly Garden. C'est un resto niché dans un jardin qui a la particularité d'être une serre à papillons. Tout le jardin est entouré jusqu'au plafond d'une sorte de grande passoire en métal qui permet aux papillons de voleter gaiement devant les yeux de ceux qui s'en mettent plein la panse! La seule chose, c'est qu'il n'y a pas de steack de papillon ou de cuisse de papillon au menu mais soit!
L'après-midi est une nouvelle fois un joyeux vautrage entre lit en chambre climatisée et piscine en jardin fleuri. Mais la journée ne serait pas close sans un petit dessert : le coucher de soleil directement à Angkhor Wat et pas sur la colline maudite où les gens s'entassent comme sur une plage méditerranéenne. Encore une fois, un peu de monde et beaucoup de plaisir! Monbut nous permet de rester jusqu'à plus soif, jusqu'à la fermeture des portes.
Et quand t'as plus soif, t'as encore soif, apéro sur la terrasse, un dîner, un suppo et au lit! Le programme du lendemain a été un tantinet modifié par nos soins, le réveil sonnera aux aurores et on retournera à Ta Prohm admirer le lever de soleil sans la foule des badots, youpi!!!
Et comme prévu, paradis sur terre, on est quasiment les seuls, tu parles d'une différence énorme. Tout autour n'est qu'un festival de sons et lumières, le cri des oiseaux magnifiant le paysage. Dans ces cas-là, impossible de rêver à une grasse matinée, le rêve se passe éveillé, les yeux grands ouverts.
On poursuit la matinée avec la visite d'un grand bassin malheureusement à sec dû à la saison sèche. Saison sèche au dessus de la tête mais trempée sous le T-shirt, je ne vais pas revenir sur la chaleur...
Et après une ultime visite de temple, à nouveau superbe, dont j'ai malheureusement oublié le nom, il est temps de revenir à notre douce routine Dèj-piscine-sieste.
Ce 24 s'achève sur un tour en ville par la rencontre avec les Artisants d'Angkhor qui à longueur de journée, peignent, laquent, poncent, vernissent, sculptent, dorent à l'or fin les statuettes qui iront garnir les étagères des vendeurs de souvenirs de la ville. C'est d'autant plus agréable que pour l'occasion Tacrout laisse la place à un guide féminin, il était temps!!!
Un nouveau resto plus tard et on en a fini avec Siem Reap côté terre. Il est temps de voir la zone côté lac. En effet, au sud de Siem Reap s'étale le Tonle Sap, un lac qui s'alimente de l'eau du Mékong et qui entre la saison sèche et la saison humide voit sa superficie être multipliée par 4!!!!!
Le 25 est donc tout entier tourné vers lui. C'est donc vers 9h du matin qu'on embarque sur un petit bateau de bois en direction du bureau du parc national, lui même posé sur l'eau dans un village flottant où tout flotte de l'école au bureau de police. C'est là qu'on obtient notre sésame pour pénétrer Prek Toal, une biosphère considérée comme la première réserve d'oiseaux en Asie du sud-est. Pour ma part, je n'ai jamais été, et ça fait con de le dire, un grand fan d'oiseaux. En grand parisien, mes principales connaissances se limitent aux rats volants qu'on appelle aussi des pigeons et aux moineaux qui ont le mérite d'être plus petits et donc moins salissants quand une fiente vient à vous frapper au front. Mais ici, c'est une toute autre échelle. Il y a là notamment des grues, des cigognes, des ibis, des pélicans, des grues... Et le truc, c'est qu'ils sont partouts par dizaines voire par centaines. Quand le bateau navigue, les zozios s'envolent sur notre passage, c'est magnifique!
Comme d'habitude, et ce même si on est à des années lumières de notre rythme habituel, on s'arrête peu avant 15h pour déjeuner sur un restaurant flottant au milieu du lac. La vue est chouette mais ce qui détonne, c'est la faune locale. Dans un coin du restaurant trone une immense glacière bleue. Et à l'intérieur dort ou presque un boa de plusieurs mètres de long prêt à être cuisiner. Impossible de résister à la tentation de toucher l'animal pour moi. Un cambodgien passe alors derrière et lui ne résiste pas à la tentation de soulever le serpent de sa nouvelle et éphémère maison en plastique pour nous montrer son courage ou sa démence, au choix... Autre particularité du restaurant flottant, il y a là un enclos pour crocodiles. Ils sont une dizaine et ceux-là, pas moyen de les toucher!!!! En tout cas, ça a au moins le mérite d'être insolite pour nos yeux franchouillards, merci les crocos!!! Et considérant ce qu'on trouve ici, pour la baignade, ce sera pour un autre jour!!! Ou pas!!!!!!
On est finalement rentré à l'hotel à la nuit tombée et célébré ce qui est notre dernier soir ensemble, plus mon anniversaire à venir, non pas avec un gateau à la crème ou au chocolat mais avec une glace, ce qui est évidemment bien plus approprié ici bas. Parce que le chocolat ici, c'est un peu comme la nourriture casher à Gaza, s'il y en a, il y a forcément un piège...
Le lendemain, 26, ne sera qu'aux revoirs et bisous car Madro est parti bien de bonne heure. J'ai profité de ma chambre de nabab jusqu'à la dernière minute, c'est à dire 11H59 pour profiter de l'eau chaude, la clim et même un petit peu de télé. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois car le prochain mouvement prévu est un déménagement chez Naga GH (guesthouse) avec ses chambres à 3 dollars la nuit. Et à ce prix là, la télé et la clim', c'est tintin!!!
Merci de ta patience cher lecteur, chère lectrice, madame, mademoiselle, monsieur
Et s'il te reste ne serait-ce qu'un peu de forces, je t'avoue bien volontier que ce serait bien sympathique de pouvoir lire quelques commentaires encourageant. Je laisse des quantités astronomiques de mon temps sur la route pour te pondre des récits pas piqués des hannetons et quand je vois qu'ils disparaissent de la liste apr-ès trois jours car je ne récolte aucuns commentaires, c'est bien rageant quand je vois aussi les autres articles qui pour beaucoup ne sont qu'une énumération de noms d'hotels avec leur description sur deux lignes. Merci d'avance. Mon plaisir, c'est ton plaisir. Mi casa es su casa
Mise à part les histoires renversantes de scooters renversés, nous en étions restés à ce qui remonte maintenant à plus d'un mois, l'arrivée à Siem Reap et la visite annoncée des temples parmi les plus enchanteurs de la planète et de ses environs, ceux d'Angkhor et de sa banlieue de jadis. Vous avez donc repris votre place dans votre siège préféré, le printemps a renvoyé l'automne jusqu'à l'année prochaine, le PSG se remet à perdre des matchs par 3 buts d'écart, la normalité reprend ses droits. Seule chose qui a changé dans l'intervalle, j'ai soufflé mes 33 grains de riz et suis donc encore plus plein de sagesse qu'avant, mouvement sans doute contre-balancé par la perte de quelques cheveux supplémentaires, on ne peut pas tout avoir...
La ceinture de sécurité est donc attachée, tous les signaux sont au vert, on est prêt à partir. Veillez quand même à garder les bras à l'intérieur de la cabine, ça secoue pas mal! Après, je sais, ce n'est pas très pratique pour prendre des photos, mais sachez que ça aussi, je m'en charge, vous n'avez qu'à cliquer sur l'icone cambodgienne.
En Turquie, je suis allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Syrie, en Jordanie, je suis aussi allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Egypte, j'ai vu des tas de cailloux comme des montagnes. Au Népal, j'ai vu des montagnes faites de cailloux. En Thaïlande, ça s'est calmé. Mais au Cambodge... Ca repart dans la démesure
A Siem Reap, avec Maman et Pedro, on est donc comme je l'ai déjà décrit comme des coqs en pâte. Le soleil brille. Le est parti et au matin du 21, on rencontre notre nouveau guide Savout qui nous accompagnerapour les 5-6 jours suivants. Deja bien échaudés ou refroidis par le débit constant façon mitraillette de Le, Madro et moi étions bien impatients de rencontrer Savout et les premiers instants ont consisté à l'explication claire de nos souhaits : pas de cours magistral sur chaque micro-portion de bas-relief, les explications à l'intérieur des temples c'est mieux qu'à 100 mètres de distance, le minibus peut être un agréable moyen de locomotion si on a pas en permanence à se concentrer sur l'histoire de la moindre feuille tombée à terre ou sur le récit en douze volumes de ce qu'on peut voir en un clin d'oeil. Ca a l'air barbare comme procédé de dire à un guide même gentiment de la fermer quand c'est pas nécessaire, mais au moins ça a servi à quelque chose, Savout nous laisse bien souvent quartier libre tout en prenant la peine de décrire, dans la limite du raisonnable, l'essentiel de ce qu'il est intéressant de savoir.
J'en arrêterais donc là sur Savout en ajoutant que c'est un prénom assez facile à retenir sauf quand on s'appelle Bibi. Pour tenter de m'en souvenir, en gros malin que je suis, je me sers du français "sa voute". Seulement après quelques jours, je suis complètement paumé et ne cesse de l'appeler "ta soute". Et comme c'est pas son prénom, je comprends mieux maintenant pourquoi il ne tourne pas systématiquement la tête quand je l'interpelle... (sic)
Ce premier matin à Siem Reap, on est donc gonflé à bloc, avides de visites. Et on est pas deçu! En 5 heures de temps, on enchaine 4 temples différents!!! Tout ici étant dans un rayon assez restreint c'est facile de faire des sauts de puce d'un sîte à l'autre, c'est pour ça; on est pas des machines je vous rassure! A chaque visite, on prend le temps de flaner, de regarder les arbres centenaires, de dénicher l'angle parfait pour le cliché parfait itou, de boire un peu d'eau car malgré l'ombre forestière, il fait un temps à espérer une prochaine ère glacière. D'ailleurs en parlant de glacière, on en a en permanence une dans le minibus et c'est pas du luxe si on excepte le fait qu'à l'intérieur on trouve aussi des petites lingettes jetables raffraichissantes qui font la joie des déchèteries pour peu qu'elles y finissent!
Les temples s'enfilent donc les uns après les autres entre chaleur extérieur et climatisation automobile.
A chaque nouvelle visite également, on est assailli par les gamins qui ont tous quelque chose à vendre : des babioles, des livres, des vêtements, etc... Et comme Maman et Pedro ont déjà craqué à l'appel de l'achat de souvenir, c'est maintenant mon tour de distribuer quelques billets. Je jète mon dévolu sur un pantalon de pêcheur à taille unique et une chemisette blanche de taille M. On quitte les environs dans la foulée et alors que l'on est dans la voiture, je me prends de faire une scéance d'essayage et bien m'en a pris. Ne réalisant pas que les cambodgiens font en moyenne 1m65 et 40kg, ma chemise est immettable, chez nous ce serait du 12 ans!!! Demi-tour, illaritée générale chez les petites vendeuses, l'échange se passe dans la joie et la bonne humeur. Et comme avant, à partir de maintenant je n'ai plus besoin de rien concernant mon trousseau, donc plus de dépense futile. Enfin on verra bien...
La dernière visite de la journée s'effectue à Ta Prohm et est, à n'en pas douter, un écarteur de mirettes en puissance. On arrive sur les lieux en traversant une grande terrasse pavée et la première chose qui saute aux yeux est un arbre qui pousse à travers la terrasse. Comme dirait Pierre Fulat, il est d'un assez beau gabarit! Ses racines explosent une à une les pierres environnantes pour couvrir une superficie plus grande que mon ancien appartement parisien. Après avoir vu celui-ci, on se prend à regarder les arbres plus particulièrement, et on constate qu'ici, la spécialité locale c'est pas le bonzaï!! En regardant vers la façade de Ta Prohm, on en remarque deux autres. Le premier est devant le temple et a poussé sans entraves. Derrière son tronc, une armée entière pourrait se cacher, il faudrait peut-être 20 personnes se donnant la main pour en faire le tour. Le deuxième est bizarrement installé; alors qu'on est devant la façade, celui-ci semble pousser tout contre celle-ci mais à l'intérieur du temple, faisant fi du toit s'il y en a un, faisant fi des murs de pierres de 3 mètres d'épaisseur et c'est bien ça qu'il y a ici. En entrant dans le temple, on comprend alors ce qui se passe et ce qui fait le renom de Ta Prohm : les frangipaniers et autres ficus ont été laissés tels quels par les archéologues permettant de voir la force avec laquelle les arbres servent du temple pour se structurer. Et ce 1er exemple à l'entrée est un exemple de choix si on en croit le nombre de japonais et autres coréens se faisant prendre en photo devant. Pour tout vous dire, il m'a fallu près de dix minutes pour pouvoir déclencher!! Même avec des cartons jaunes, c'est pas possible!!! Ils sont trop nombreux, et moi, trop bon trop con, comme d'hab'.
On passera près d'une heure et demi ici à slalomer entre les groupes et même dans ces conditions, c'est une tuerie intégrale. A chaque virage, on est le cul par terre, littéralement écrasé par la nature envahissante. Pour les connaisseurs, c'est pas un pays pour Jayce, c'est le royaume des monstro-plantes!!!!! Et la seule raison pour laquelle on repart de là, c'est qu'on a rien mangé depuis 7h30 du matin, qu'il est déjà 14h et qu'on se mettrait bien une fourchette garnie entre les dents. Si on ajoute en plus le fait que tous les visiteurs aillant mangés à un heure traditionnelle commencent à débarquer en masse, il est grand temps!!
On convient donc d'un retour à la case Siem Reap, d'un plouf dans la piscine ou d'une sieste après un repas bien mérité, et d'un rendez-vous avec Mazout (NDLR : c'est Savout mais c'est pour voir si vous suivez...) pour se délecter d'un coucher de soleil sur Angkhor Wat depuis une colline environnante.
Et à 17h, on est tout ragaillardi, il est l'or, l'or de se réveiller...
C'est donc un retour dans le minibus jusqu'aux pieds du Phnom Bakheng, le temple en haut de la colline. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas les seuls à avoir eu cette idée lumineuse décroissante du coucher de soleil... Pour accéder au sommet, il faut longer un petit chemin qui ressemble à cette heure au centre-ville de Bangkok! C'est la course des appareils photos pour déterminer qui aura la place la plus stratégique. Nous au sommet, on est pas pressé, ça grouille déjà. Un groupe d'une demi-douzaine d'éléphants attend patiemment le retour des appareils photos pour la descente au pas de pachiderme. C'est l'occasion d'aller taté la bêête. Aussi l'occasion de se rendre compte que la montée à dos d'éléphant coute plus cher que la descente, pas fous les cambodgiens, ils savent y faire!!!
Le coucher de soleil en lui-même est pas mal mais sans plus comme en conviendra aussi Madro ce qui n'arrange rien quand on le partage avec tous les appareils autofocus des environs. En tout cas, cette ballade aura eu le mérite de nous donner à voir un chouette point de vue mais qui n'est rien à côté du chemin retour lorsqu'on demande au chauffeur d'arrêter le van à hauteur d'Anghkor Wat éclairé de mille feux alors que la nuit est déjà tombée. Sublime!! Vivement demain!!
La soirée s'est vite enchaînée, nos corps meurtris par l'effort d'une journée de découverte (trop dur...). La soirée s'est vite enchaînée, nos corps alertés par le réveil du lendemain à 5H30 pour le lever de soleil à Angkhor Wat (trop dur...).
Le 22 commence donc à la nuit noire et tout le monde, y compris votre serviteur, est debout de bon pied bon oeil, plein d'entrain et d'expectative. On quitte l'hotel alors que tout le monde dort tranquille, du moins en apparence... En apparence car comme la veille au soir, j'ai l'impression que tous les touristes à 1000km à la ronde se sont donnés rendez-vous pour partager notre petit déjeuner! C'est la première fois qu'on pénètre dans l'enceinte du temple. A l'intérieur, les dimensions sont gigantesques, la perspective à couper le souffle et la lumière sublime. Malgré la foule des flashs qui crépitent, on arrive à se frayer un chemin jusqu'à avoir un petit lac à l'eau stagnante à nos pieds avec derrière le temple majestueux, et avec le reflet, ça fait deux trésors pour le prix d'un! Que demande le peuple? Deux heures à regarder le soleil se lever, voilà ce qu'il demande le peuple! Et en plus, il l'obtient!! Du coup, il est content le peuple!! A l'heure où on quitte le temple, on est quasiment les derniers à avoir assisté au lever de soleil. C'est l'heure où nous croisons ceux qui ne se sont pas levés aux aurores qui vont à leur tour s'entasser à notre place.
Nous, on quitte Angkhor Wat pour nous diriger vers un temple plus petit et peut-être plus tranquille, le Banteay Srei. C'est d'ailleurs un temple qui comme de nombreux autres temples des environs est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'UNESCO qui, s'ils ont une place de conservateur à mi-temps, je suis preneur. A bon entendeur... Et bien pas de bol, notre petit temple tout mignon, reputé pour ses sculptures fines comme de la dentelle, est également pris d'assault. Nom de dieu c'est pas possible!!!! Ils sont partout!!! Ahhhhh, elle est loin la Syrie... Pour ma part, submergé par le flot inninterrompu des visiteurs et la chaleur micro-ondesque, la visite se fera au pas de course. A l'extérieur du délicat édifice, de la musique se fait entendre. Un groupe de musiciens mutilés joue des airs traditionnels, et à l'ombre en plus. C'est plus qu'il n'en fallait! Ajoutez à cela de l'eau fraiche et une cloppe, ça fait du bien par où ça passe!
Et cette petite pause à l'ombre, il fallait bien ça car la suite du programme est orientée "sport". L'ascension d'une nouvelle colline est prévu par la face nord. A moins que ce soit la face sud. Pas sur... En tout cas 1200m, non pas de dénivelé mais de long, à gravir avec tous les 100m, un petit panneau indiquant combien il reste pour atteindre le "sommet", ça rassure le chaland. Et au sommet, l'intéret est multiple. Une rivière serpente lentement et dans le lit du ruisseau se trouve de nouvelles sculptures multi-centenaires. Un crocodile par ici, un vishnou par là, c'est plaisir. Mais ce qui est encore plus plaisir, c'est qu'ici, c'est la maison de milliers de papillons qui volent en tous sens. Il y en a tellement que certains ne savent plus où se poser et atterrissent avec légèreté soit sur mes bras, soit sur mes jambes, soit sur ma tête; jusqu'à trois papillons en même temps entre mon nez et mon front. - "Eh, papillons, il y a pas écrit piste d'atterrissage ici!! On restera là-haut le temps de sécher un peu et c'est pas du luxe! Déjà quand je marche, c'est rapidement les Grandes Eaux du Chateau de Versailles, alors imagine quand je gravis!!
Et le déjeuner dans tout ça? C'est pour maintenant. Comme la veille, il est 14H30 quand on arrive à table. Un croc, un plouf, une sieste, on est pas des boeufs et on peut pas gravir toute le journée!! Les après-midi sont douces à Siem Reap et les apéros avec Madro quotidiens grace à deux bouteilles de vins de nos contrées et une bouteille de whisky qu'on sera loin de finir, la faute sans doute au climat. Et ouais, on est ni en Ecosse, ni en Irlande.
On en arrive au 23, ça va vite. La journée va encore être marquée par quelques plats de résistance à commencer par la cité fortifiée d'Angkhor Thom, ancienne capitale khmer, peuplée jadis d'un million d'habitants quand Londres n'en comptait encre que 25.000. L'endroit, eu égard à son immense notoriété, est une nouvelle fois la proie de la foule et en son centre se trouve son joyau, le Bayon, qui arrive en tête ou pas loin des fréquentations. Et tout ce monde attire quoi, je vous le demande. Des p'tits vendeurs par centaines. Comme j'ai déjà acheté tout ce dont j'avais besoin, je me suis promis de ne pas céder à la pression des gamins qui nous suivent sur plusieurs centaines de mètres pour nous vendre fleurs ou bracelets. Et j'ai tenu bon!! Enfin jusqu'au stratagème d'une petite géniale. Elle me dit : - "Si je te bas au morpion, tu m'achètes mes cartes postales!" - "OK! Ca roule!" Je ne sais pas si quelqu'un a déjà perdu en jouant aux morpions mais c'est quasiment impossible, toutes les parties finissant par un match nul. C'est donc le jeu le plus con du monde à égalité avec la bataille. En plus, la gamine ne commence pas en mettant sa croix au centre comme chacun ferait, facile... Seulement je ne sais pas pourquoi, sans doute avais-je un peu de peine pour ma petite effrontée, mais moi non plus je ne me suis pas installé gracement dans la case du milieu, préférant choisir sans réfléchir un autre angle. Et bien en deux coups de cuillères à pot c'était réglé, je me suis fait explosé au morpion!!! Par une gamine de 8 ans!!!! Résultat des courses, j'ai 10 cartes postales cambodgiennes que je me traine depuis! Et ca fait plus d'un mois!! Comment j'ai pû perdre au morpion?!? Un moment d'absence sans doute... Mais la prochaine fois, je sais. Pas de pitié, je prendrais la case du milieu, y'a pas écrit que con là!!!
On a ensuite fini par rentrer au Bayon et dès la porte franchie, ç'en était fini de mes malheurs aux jeux et à nouveau la Claque. La spécificité du temple, ce sont les visages hauts de 2 mètres qui sont sculptés dans la roche. Il y en a des dizaines et ça donne un aspect mystique certain à l'ensembl? Vas-y je t'en prie. Je veux faire une photo, tu passes devant comme un conn..d, c'est pas grave? non...
En tout cas, avec Ta Prohm, le Bayon est la chose la plus remarquable de tout l'ensemble qui m'ait été donné de voir ici. Il faudrait que j'étoffe ma liste de superlatifs pour bien en retranscrire la mesure parce que WHAOUUUU!!! En plus, juste à côté, toujours sur le sîte d'Angkhor Thom, se trouve d'autres sîtes de beauté égale ou presque : la terrasse du roi lépreux et celle des éléphants. Au cours de cette visite, je rencontre deux moines avec lesquels je discute quelques minutes et ces deux moines, on les retrouve moins d'une heure plus tard pour la visite plus approfondie qu'au lever de soleil d'Angkhor Wat, le plus emblématique des temples. Chose surprenante, cette fois-ci, nous sommes pour ainsi dire tout seul dans le batiment. C'est à n'y rien comprendre... Ca me permettra de rediscuter avec mes amis drappés de jaune orangé et de prendre d'eux des clichés que je chéris. Merci les gars!!
Il est comme d'hab' 14h ou plus quand on va déjeuner. Cette fois-ci on choisit un endroit qui s'appelle le Butterfly Garden. C'est un resto niché dans un jardin qui a la particularité d'être une serre à papillons. Tout le jardin est entouré jusqu'au plafond d'une sorte de grande passoire en métal qui permet aux papillons de voleter gaiement devant les yeux de ceux qui s'en mettent plein la panse! La seule chose, c'est qu'il n'y a pas de steack de papillon ou de cuisse de papillon au menu mais soit!
L'après-midi est une nouvelle fois un joyeux vautrage entre lit en chambre climatisée et piscine en jardin fleuri. Mais la journée ne serait pas close sans un petit dessert : le coucher de soleil directement à Angkhor Wat et pas sur la colline maudite où les gens s'entassent comme sur une plage méditerranéenne. Encore une fois, un peu de monde et beaucoup de plaisir! Monbut nous permet de rester jusqu'à plus soif, jusqu'à la fermeture des portes.
Et quand t'as plus soif, t'as encore soif, apéro sur la terrasse, un dîner, un suppo et au lit! Le programme du lendemain a été un tantinet modifié par nos soins, le réveil sonnera aux aurores et on retournera à Ta Prohm admirer le lever de soleil sans la foule des badots, youpi!!!
Et comme prévu, paradis sur terre, on est quasiment les seuls, tu parles d'une différence énorme. Tout autour n'est qu'un festival de sons et lumières, le cri des oiseaux magnifiant le paysage. Dans ces cas-là, impossible de rêver à une grasse matinée, le rêve se passe éveillé, les yeux grands ouverts.
On poursuit la matinée avec la visite d'un grand bassin malheureusement à sec dû à la saison sèche. Saison sèche au dessus de la tête mais trempée sous le T-shirt, je ne vais pas revenir sur la chaleur...
Et après une ultime visite de temple, à nouveau superbe, dont j'ai malheureusement oublié le nom, il est temps de revenir à notre douce routine Dèj-piscine-sieste.
Ce 24 s'achève sur un tour en ville par la rencontre avec les Artisants d'Angkhor qui à longueur de journée, peignent, laquent, poncent, vernissent, sculptent, dorent à l'or fin les statuettes qui iront garnir les étagères des vendeurs de souvenirs de la ville. C'est d'autant plus agréable que pour l'occasion Tacrout laisse la place à un guide féminin, il était temps!!!
Un nouveau resto plus tard et on en a fini avec Siem Reap côté terre. Il est temps de voir la zone côté lac. En effet, au sud de Siem Reap s'étale le Tonle Sap, un lac qui s'alimente de l'eau du Mékong et qui entre la saison sèche et la saison humide voit sa superficie être multipliée par 4!!!!!
Le 25 est donc tout entier tourné vers lui. C'est donc vers 9h du matin qu'on embarque sur un petit bateau de bois en direction du bureau du parc national, lui même posé sur l'eau dans un village flottant où tout flotte de l'école au bureau de police. C'est là qu'on obtient notre sésame pour pénétrer Prek Toal, une biosphère considérée comme la première réserve d'oiseaux en Asie du sud-est. Pour ma part, je n'ai jamais été, et ça fait con de le dire, un grand fan d'oiseaux. En grand parisien, mes principales connaissances se limitent aux rats volants qu'on appelle aussi des pigeons et aux moineaux qui ont le mérite d'être plus petits et donc moins salissants quand une fiente vient à vous frapper au front. Mais ici, c'est une toute autre échelle. Il y a là notamment des grues, des cigognes, des ibis, des pélicans, des grues... Et le truc, c'est qu'ils sont partouts par dizaines voire par centaines. Quand le bateau navigue, les zozios s'envolent sur notre passage, c'est magnifique!
Comme d'habitude, et ce même si on est à des années lumières de notre rythme habituel, on s'arrête peu avant 15h pour déjeuner sur un restaurant flottant au milieu du lac. La vue est chouette mais ce qui détonne, c'est la faune locale. Dans un coin du restaurant trone une immense glacière bleue. Et à l'intérieur dort ou presque un boa de plusieurs mètres de long prêt à être cuisiner. Impossible de résister à la tentation de toucher l'animal pour moi. Un cambodgien passe alors derrière et lui ne résiste pas à la tentation de soulever le serpent de sa nouvelle et éphémère maison en plastique pour nous montrer son courage ou sa démence, au choix... Autre particularité du restaurant flottant, il y a là un enclos pour crocodiles. Ils sont une dizaine et ceux-là, pas moyen de les toucher!!!! En tout cas, ça a au moins le mérite d'être insolite pour nos yeux franchouillards, merci les crocos!!! Et considérant ce qu'on trouve ici, pour la baignade, ce sera pour un autre jour!!! Ou pas!!!!!!
On est finalement rentré à l'hotel à la nuit tombée et célébré ce qui est notre dernier soir ensemble, plus mon anniversaire à venir, non pas avec un gateau à la crème ou au chocolat mais avec une glace, ce qui est évidemment bien plus approprié ici bas. Parce que le chocolat ici, c'est un peu comme la nourriture casher à Gaza, s'il y en a, il y a forcément un piège...
Le lendemain, 26, ne sera qu'aux revoirs et bisous car Madro est parti bien de bonne heure. J'ai profité de ma chambre de nabab jusqu'à la dernière minute, c'est à dire 11H59 pour profiter de l'eau chaude, la clim et même un petit peu de télé. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois car le prochain mouvement prévu est un déménagement chez Naga GH (guesthouse) avec ses chambres à 3 dollars la nuit. Et à ce prix là, la télé et la clim', c'est tintin!!!
Merci de ta patience cher lecteur, chère lectrice, madame, mademoiselle, monsieur
Et s'il te reste ne serait-ce qu'un peu de forces, je t'avoue bien volontier que ce serait bien sympathique de pouvoir lire quelques commentaires encourageant. Je laisse des quantités astronomiques de mon temps sur la route pour te pondre des récits pas piqués des hannetons et quand je vois qu'ils disparaissent de la liste apr-ès trois jours car je ne récolte aucuns commentaires, c'est bien rageant quand je vois aussi les autres articles qui pour beaucoup ne sont qu'une énumération de noms d'hotels avec leur description sur deux lignes. Merci d'avance. Mon plaisir, c'est ton plaisir. Mi casa es su casa
Activités pour petits enfants (entre 4 et 7 ans) en Thaïlande? English translation pending
bonjour
nous avons pour projet de partir 3 à 4 semaines en Thaïlande en juillet 2010 (on a le temps mais j'en salive déjà!)
nous serons 2 adultes et 3 fillettes de 3, 4 et 5ans (petites, je sais! mais nous sommes déjà partis 3 semaines tous les 5 en Guadeloupe et c'était top, j'ai hâte de renouveller l'expérience voyage avec les filles.
je sais à peu près où nous ferons nos haltes (bkk, sûrement 4-5 jours à la fin du voyage et pour commencer ayutthaya et alentours, Chiang Mai et alentours, un séjour plage (Ko Samui, Ko Pha Ngan, Ko Tao ou Ko Chang...je ne sais pas encore quelle île et j'aimerais même bien en faire 2!)
je cherche des endroits où on pourra faire un maximum de trucs avec les enfants : petites ballades dans les campagnes, baignade en lacs ou rivières (où?), grottes, cascades, location de canoë, découverte de fermes, d'agriculteurs, je cherche aussi des sortes de "parcs" (aire de jeux voir parcs aquatiques mais je ne n'en ai jamais entendu parler sur la thaïlande...)
pour ce voyage, on va éviter le piètinement dans les grandes villes, le soleil omniprésent des plages, les longs trajets en bus (je compte voyager de nuit en train, vols domestiques ou des petits trajets en bus max4h je pense) donc je recherche des idées d'escales pour ravir nos enfants et nous même.
j'attends vos idées pour tous ceux qui ont déjà fait voyager leurs enfants en Thaïlande. Merci de me préciser sur quelle ville se trouvent les activités/spots dont vous pourrez me parler. dans l'attente de vous lire, merci d'avance!🙂
je sais à peu près où nous ferons nos haltes (bkk, sûrement 4-5 jours à la fin du voyage et pour commencer ayutthaya et alentours, Chiang Mai et alentours, un séjour plage (Ko Samui, Ko Pha Ngan, Ko Tao ou Ko Chang...je ne sais pas encore quelle île et j'aimerais même bien en faire 2!)
je cherche des endroits où on pourra faire un maximum de trucs avec les enfants : petites ballades dans les campagnes, baignade en lacs ou rivières (où?), grottes, cascades, location de canoë, découverte de fermes, d'agriculteurs, je cherche aussi des sortes de "parcs" (aire de jeux voir parcs aquatiques mais je ne n'en ai jamais entendu parler sur la thaïlande...)
pour ce voyage, on va éviter le piètinement dans les grandes villes, le soleil omniprésent des plages, les longs trajets en bus (je compte voyager de nuit en train, vols domestiques ou des petits trajets en bus max4h je pense) donc je recherche des idées d'escales pour ravir nos enfants et nous même.
j'attends vos idées pour tous ceux qui ont déjà fait voyager leurs enfants en Thaïlande. Merci de me préciser sur quelle ville se trouvent les activités/spots dont vous pourrez me parler. dans l'attente de vous lire, merci d'avance!🙂
Vietnam: avis sur programme/prix de notre voyage? English translation pending
Bonjour,
Je fais appel aujourd'hui à vos conseils, expériences pour notre 1er voyage au vietnam. Actuellement nous avons déjà les billets A/R entre paris / hanoi / saigon / paris du 30 nov. au 23 déc. 2009 et nous essayons de finaliser notre programme par une Agence locale.
J'aimerai connaître votre avis sur la prestation, le prix, etc... du programme que je résume ci-dessous (fait sur mesure à notre guise) pour 2 pers. avec guide / transport / logement (et quelques repas) : Jour 01 (01/12): Hanoi arrivée. Train de nuit pour Laocai Jour 02 (02/12): Lao Cai – Le marché Sin Cheng – Bacha Jour 03 (03/12) : Bacha - Sapa Jour 04 (04/12): Sapa – Laocai – Train de nuit pour Hanoi Jour 05 (05/12): Hanoi city tour Jour 06 (06/12): Hanoi – Tam Coc Jour 07 (07/12) : Tam Coc – Baie d’Halong Jour 08 (08/12): Baie d’Halong - Hanoi – Vol Hue Jour 09 (09/12): Hue visite Jour 10 (10/12): Hue – Danang – Hoian Jour 11 (11/12): Hoian – Danang – Vol Buon Ma Thuôt Jour 12 (12/12) : Buon Me Thuot – Lac Lak Jour 13 (13/12): Lac Lak – Dalat Jour 14 (14/12): Dalat visite Jour 15 (15/12): Dalat – Saigon Jour 16 (16/12): Saigon – Cu Chi - Caodai – Saigon Jour 17 (17/12) : Saigon – Cantho Jour 18 (18/12): Cantho – Rach Gia - Phu Quoc Jour 19 (19/12): Phu Quoc libre Jour 20 (20/12): Phu Quoc libre Jour 21 (21/12): Phu Quoc – vol Saigon Jour 22 (22/12) : Saigon libre Jour 23 (23/12) : Saigon départ
Le prix de cette prestation est de 1956 USD soit 1357 € pour une personne sachant que vue nos recherches sur le net je trouve cela un peu cher même si je dois pouvoir supprimer les petit déjeuners à l'hotel ou repas qu'ils ont prévu (sauf pour certains jours bien sur ;)
Merci pour votre aide
Je fais appel aujourd'hui à vos conseils, expériences pour notre 1er voyage au vietnam. Actuellement nous avons déjà les billets A/R entre paris / hanoi / saigon / paris du 30 nov. au 23 déc. 2009 et nous essayons de finaliser notre programme par une Agence locale.
J'aimerai connaître votre avis sur la prestation, le prix, etc... du programme que je résume ci-dessous (fait sur mesure à notre guise) pour 2 pers. avec guide / transport / logement (et quelques repas) : Jour 01 (01/12): Hanoi arrivée. Train de nuit pour Laocai Jour 02 (02/12): Lao Cai – Le marché Sin Cheng – Bacha Jour 03 (03/12) : Bacha - Sapa Jour 04 (04/12): Sapa – Laocai – Train de nuit pour Hanoi Jour 05 (05/12): Hanoi city tour Jour 06 (06/12): Hanoi – Tam Coc Jour 07 (07/12) : Tam Coc – Baie d’Halong Jour 08 (08/12): Baie d’Halong - Hanoi – Vol Hue Jour 09 (09/12): Hue visite Jour 10 (10/12): Hue – Danang – Hoian Jour 11 (11/12): Hoian – Danang – Vol Buon Ma Thuôt Jour 12 (12/12) : Buon Me Thuot – Lac Lak Jour 13 (13/12): Lac Lak – Dalat Jour 14 (14/12): Dalat visite Jour 15 (15/12): Dalat – Saigon Jour 16 (16/12): Saigon – Cu Chi - Caodai – Saigon Jour 17 (17/12) : Saigon – Cantho Jour 18 (18/12): Cantho – Rach Gia - Phu Quoc Jour 19 (19/12): Phu Quoc libre Jour 20 (20/12): Phu Quoc libre Jour 21 (21/12): Phu Quoc – vol Saigon Jour 22 (22/12) : Saigon libre Jour 23 (23/12) : Saigon départ
Le prix de cette prestation est de 1956 USD soit 1357 € pour une personne sachant que vue nos recherches sur le net je trouve cela un peu cher même si je dois pouvoir supprimer les petit déjeuners à l'hotel ou repas qu'ils ont prévu (sauf pour certains jours bien sur ;)
Merci pour votre aide
Partir en Afrique du Sud avec un voyagiste English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais partir en Afrique du Sud avec Promovacances, notamment le circuit sur la piste des zoulous et j'aimerais savoir qui a connu cette expérience avec ce voyagiste et ce circuit. Vois-t'on beaucoup de choses ? Notamment à propos des parcs ou de la Province du Cap ainsi que du reste.
Merci d'avance.
Je souhaiterais partir en Afrique du Sud avec Promovacances, notamment le circuit sur la piste des zoulous et j'aimerais savoir qui a connu cette expérience avec ce voyagiste et ce circuit. Vois-t'on beaucoup de choses ? Notamment à propos des parcs ou de la Province du Cap ainsi que du reste.
Merci d'avance.
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l��œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l��œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (7) Inde du Sud English translation pending
Six heures du matin. Eau glaciale. Gros rat passe entre mes pattes. 7h00, départ. La route qui descend de Udhagamandalam (Ooty est le nom anglais) pour la vallée de Coimbatore, est vertigineuse. Le brouillard se dissipe juste à temps pour m’offrir le paysage. La musique du bus, la forêt tropicale, les singes, les Indiens nonchalants. Je suis au cœur du voyage. Il n’y a pas de mot pour décrire le sourire qui se dessine sur mes lèvres à chaque virage, à chaque image. J’ai les yeux grands ouverts sur ce monde que je traverse, courant d’air presque invisible et pourtant plus présent que le bus lui-même, tellement la sensation de saisir la vie dans son moment présent m’émerveille. La vie, la vraie vie, telle qu’elle vaut d’être vécue pour moi, passe dans ce bus qui descend dangereusement dans les vallées abruptes, les forêts profondes, les villes inconnues, les imprévus et les embrouilles diverses.
Nous sommes le 23 décembre. Il fait 34 degrés la nuit sous le ventilo. L’hôtel où nous devions nous retrouver avec Daoud est complet et sans lui. La ville est affreuse. Ma famille pense à moi et moi à elle. Seuls, les moustiques m’accueillent chaleureusement. Ce sont les moustiques du Kerala, minuscules et innombrables à cause des marécages. Dans la nuit, ils s’organisent en escadrilles, tentent des percées sous les draps, violent les traités de paix, résistent aux produits que le charlatan de Mysore m’a vendu une fortune, disparaissent dans la lumière, vous dévorent jusqu’aux mains où ils se posent en kamikazes quand vous êtes debout sur le lit en train de les chasser avec vos chaussures. Nuit affreuse où j’ai perdu la bataille et abandonné mes positions. Ils m’auraient tué en me rendant fou. Yeux gonflés et anéanti, je pars chercher une autre chambre avec mon sac sur le dos dans les rues brûlantes.
De la terrasse d’un petit resto, de l’autre côté d’une rue, j’entends bourdonner mon prénom. Avec un grand sourire, devant son petit déjeuner, Daoud m’a retrouvé. « Alors comment tu vas mon Daoud ? » « Bien, il me dit, malgré une partie de la nuit passée à suffoquer sous mon duvet, sur le quai d’une gare vibrante de moustiques, et après neuf heures debout, dans un wagon de train surpeuplé. Je suis parti hier de Mangalore, une grande ville sur la côte comme celle-ci, pour arriver ici cette nuit. » Pas beaucoup de temps en solitaire mais franchement contents de nous retrouver. Surtout pour les fêtes, bien tristes à passer tout seul. Enfin, on a le sourire et on se raconte nos petites aventures ainsi que les mésaventures qui se transforment comme par magie, avec le bonheur d’en parler ensemble, en heureux souvenirs. Daoud a trouvé un hôtel modeste et m’invite à demeurer près de lui. Ce sera une nuit de Noël où nous serons perdus tous les deux au milieu du monde. Épuisés et maigres, tôt dans la soirée, nous allons nous offrir un véritable vegetable fry rice dans un bouiboui crasseux, au coin de rues aux égouts à ciel ouvert, aux énormes cafards qui traversent les trottoirs et craquent sous les pieds, avant de retrouver les inévitables moustiques pour une nuit étouffante et fiévreuse. Arrivent des amis venus de France
Il n’y a que huit heures d’avion, c’est vrai, et le prix du billet même s’il n’est pas dérisoire permet de venir en Inde… Une semaine. L’organisation devra être précise si les loulous veulent repartir en heure et en temps. Attention aux aléas. Et d’aléas, en voici un de taille : il s’agit du tsunami. En vélo sur les chemins de l’île de Cochin, nous voulons rejoindre la plage. Pour cela il nous faut traverser un bras de mer en bateau et nous rendre sur l’île Vypeen. Sur le quai, les Indiens ne comprennent pas : depuis un moment, le courant emmène les bateaux s’écraser sur le bord… Mais les Indiens, comme à leur habitude, s’expriment d’une façon si nonchalante qu’il n’y pas raison de s’inquiéter. On ne peut pas passer ici alors on passera ailleurs. Il suffit de prendre un bus et de faire le tour par les ponts, entre le cœur de la ville et les différentes îles. Une heure après, notre bus s’élance enfin en direction de la plage. C’est déjà la fin d’après-midi et nous perdons encore du temps : un barrage de police empêche de continuer. Les sirènes rugissent, les ambulances déambulent. Impossible de passer le barrage. Un raz de marée a tout emporté. Nous étions donc sur les routes pendant la catastrophe. Nous n’avons rien vu et rien senti mais avons la chance de ne pas nous être trouvés sur la plage, même si, à l’ouest de l’Inde où nous étions, le tsunami n’a pas fait beaucoup de ravages. C’est seulement plusieurs jours plus tard, alors que nos familles s’inquiètent, que nous recevrons d’innombrables messages sur Internet et que nous apprendrons l’étendue de la catastrophe… Car, tôt le lendemain, nous partons dans l’arrière-pays, celui des cultures de thé et des réserves d’éléphants. Dernière ville à l’est du Karnataka dans les montagnes, Munnar n’entendra pas parler du tsunami avant une semaine. Pendant ce temps, nos deux petits touristes français s’adaptent à leur nouvel environnement. À la descente de l’avion, monter dans un rickshaw, les taxis mobylettes, à fond sur les routes surpeuplées, les a tout de suite mis dans l’ambiance. Ensuite un tsunami puis aujourd’hui les montagnes. L’environnement est plus calme mais quand ils ne se font pas agresser par des singes, ils descendent inconscients vers une maman éléphant avec ses petits en pleine nature sauvage. La maman commence à gronder dangereusement et eux continuent de s’approcher pour la photo. Les Indiens généralement indifférents s’agitent et crient pour que les blancs-becs déguerpissent avant de mourir écrasés dans une furie. On n’est pas au zoo. Pour se promener dans les cultures de thé, à travers les chemins de montagne et de jungle, le mieux est de louer des motos. Avec elles, on s’égare au hasard et on rencontre sur nos chemins des femmes, au dos voûté sous des sacs de jute remplis de feuilles de thé, des bouibouis crasseux sans eau courante et électricité où nous prenons nos repas, des lacs idylliques perdus dans des forêts de santals. Fin d’après-midi, le brouillard monte et s’épaissit, il est temps de rentrer car les nuits sont froides. Et puis ce soir, dans notre chambre d’hôtel, nous recevons des amies françaises que nous venons de retrouver après les avoir rencontrées dans la région d’Hampi, deux jours avant que Daoud ne tombe malade. Donc ce soir, c’est soirée avec blagues, musique et apéro à la française... Enfin, la semaine de vacances passe rapidement et nous sommes le jour de la saint Sylvestre. À 16 heures, je frappe à la chambre N°119 de l’hôtel Pathans à Trissur. Nous sommes arrivés dans une Ambassadeur, une vieille voiture de luxe, louée avec chauffeur. La classe non ? Bonjour Meriem… Champagne ! Torses nus sur la terrasse de notre grande chambre d’hôtel qui surplombe la place principale de la ville, nous fêtons dignement la nouvelle année… et les retrouvailles. À sept heures le matin, nos loulous doivent repartir pour la France. La tête qu’ils devaient avoir… Mais aussi les souvenirs de cette petite semaine en Inde leur resteront à jamais gravés. Lundi matin, ils se retrouveront au travail et, devant leur tasse de café, repartiront encore pour des randonnées en moto dans la jungle. Quelques jours pour oublier... N’a-t-on pas déjà entendu ça quelque part ?
Parabikulam. 5h du matin
Mes yeux s’ouvrent. Je sens de douces caresses sur ma nuque. Je me serre contre son corps et blottis ma tête entre ses seins. Nos mains légères sous la couette encore chaude effleurent la peau. Le jour n’est pas levé. Gaspard frappe à la porte. Arriver ici n’a pas été une mince affaire. Aucune route du Kerala n’y mène. Devions aller dans une ville du Tamil Nadu pour changer de bus encore deux fois et être déposés à un carrefour entre deux pistes où une fois par jour, on peut monter au village par derrière les monts Cardamones, dans la fabuleuse réserve naturelle de plusieurs milliers d’hectares de Parabikulam, étendue entre trois immenses lacs dans les montagnes recouvertes de forêts épaisses. Sans compter sur les barrages des gardes frontières et forestiers, trois en tout, qui nous obligent à payer, à signer des papiers et à passer une nuit avec un garde armé, censé nous protéger... 5h30, les affaires de trekking gavées de morpions sur le dos, nous sortons prendre le thé. Les Indiens se lèvent également dans le petit village aux ruelles de terre battue et aux cabanes en terre cuite recouvertes de branches et de feuilles. Comme chaque matin, la musique du temple inonde le village et la forêt alentour puis les femmes nettoient à grande eau devant leur porte avant de réaliser le taman : œuvre mystique de poudre de craie qui les protégera du mauvais sort pour la journée. Une fois le soleil levé, les vaches, cochons et chèvres traînent, étendus à l’ombre, ici ou là. Au centre du village, sur une place où se termine la route, deux trois échoppes vendent des allumettes et du thé. En contrebas, un lac se cache dans les hautes herbes et s’étend sur plusieurs kilomètres de jungle impénétrable entre les montagnes. Dans la nuit, les bruits de la nature sont authentiques tout comme les insectes. Trois gardes en 4 x 4 se promènent toute la journée avec leur fusil et partagent notre maisonnette durant la nuit. Aucun touriste ne s’aventure jusqu’ici. Six heures, nous partons sur les talons de Gaspard. Son vrai nom tamul est Basquar, le guide improvisé du village devenu très vite notre ami. Il essaiera de tromper l’administration pour passer outre les permissions et les comptes rendus des heures durant lesquelles nous sommes autorisés à nous promener dans la jungle avec lui. La marche est rapide. Nous avons peine à le suivre. À notre droite, s’ouvre la première clairière dans la brume. Les arbres s’élancent dans le ciel et atteignent des hauteurs impressionnantes. Leurs feuilles sont grandes comme mes deux mains, chaque racine large comme un tronc. Des animaux invisibles, surpris, disparaissent dans les profondeurs de la végétation. Monter, descendre à vive allure réchauffe. Sept kilomètres plus tard, alors que le soleil pointe à la cime des arbres les plus hauts et sur les montagnes, nous débouchons au-dessus d’une immense prairie au milieu de la forêt. Dans les hautes herbes ruisselantes, les fientes d’éléphants et de buffles fument encore. Un troupeau de bisons apparaît de l’autre côté à la lisière de la forêt. 7h30, fin de permission. Nous devons déjà repartir. Légèrement frustrés d’avoir tant marché pour si peu de temps, nous prenons le chemin du retour que je me promets de ne pas oublier pour revenir ici un autre matin, encore plus tôt. Un groupe de buffles noirs, que nous surprenons, s’enfuit en arrachant tout sur son passage dans un fracas terrible. Gaspard récapitule l’ensemble de nos découvertes. Arbres, fleurs, feuilles, fruits, herbes et graines dont ils se servent dans leur vie quotidienne. Crocodiles, iguanes, bisons, buffles, éléphants, singes, scorpions, cerfs et daims que nous avons eu la chance d’apercevoir en quelques jours. De retour au village, Gaspard nous emmène à l’école pour nous présenter les professeurs et assister à la répétition d’un spectacle dans lequel joue sa petite fille. Dans la salle de cours, trente paires d’yeux loin d’être intimidées par notre présence, sont regroupées devant nous. Pieds nus, en chemise et en cravate, les enfants s’élancent dans la danse avec fierté. Une chorégraphie digne des films bollywoodiens, dans une musique disco des années 80, version indienne… Quel sourire ont les enfants indiens ! Quelle leçon de simplicité et de modestie, nous prenons dans ce village ! Humbles, ceux qui vivent ici sont rarement descendus à la ville. Une télévision, pour tout le village, leur permet de regarder les étrangetés d’un monde qu’ils ne connaissent pas. Ceux qui les imaginent « arriérés » se trompent. Ils savent autant de choses que nous et même davantage. Ceux qui les imaginent malheureux se trompent aussi. Il n’y a qu’à voir leur bouille et leur sourire de tous les jours. Quelques jeunes ont la curiosité de partir pour les études ou un travail à la ville. Souvent, ils ne reviennent pas, happés par les turbulences du monde. Pourtant, le village est un havre de paix qui sort de l’anarchie de la civilisation. Les choses évoluent plus doucement. D’autres n’ont pas besoin de changer. Un travail tranquille au rythme des saisons. Sachant exactement de quoi sont faites leurs terres et leurs forêts pour les utiliser sans les détruire. Tout ce qui est nécessaire pour vivre existe ici et même l’électricité fournie par les barrages. Une oasis où je serais bien resté plus longtemps. Mais pour nous, demeurer dans une réserve a un tarif et nous devrons bientôt nous jeter de nouveau dans le monde réel. Le dernier matin, je décolle à 5 h et m’enfonce seul dans la forêt et la nuit encore noire. Je ne risque pas de me perdre si j’ai bien enregistré les sept kilomètres qui mènent à la clairière magnifique et digne des grands reportages animaliers. Arbres et animaux dorment encore. Les feuilles sèches se froissent bruyamment sous mes pieds et troublent un silence parfait. Quelque deux cents tigres se baladent dans la réserve. Inconscience, folie sans doute, mais irrésistible. Les animaux de toutes sortes ont peur des hommes. Moi aussi car ils sont plus cruels. Loin de faire le malin cependant, j’ai tendance à me retourner souvent. La cadence qui m’emporte est plus soutenue encore qu’avec le guide. Sortant du sous bois dans une légère éclaircie, deux gros buffles noirs lèvent la tête vers moi. Je m’arrête net et recule doucement sans me retourner. Mais ces gros herbivores continuent leur chemin sans s’affoler. J’attends un peu avant de repartir que mon cœur s’apaise. Il me faut arriver avant le lever du jour à la lisière de cette immense clairière. Le soleil n’est pas encore levé mais il fait jour quand j’y arrive. En y allant seul et plus tôt, j’avais plus de chance de voir d’innombrables animaux et ce fut le cas. Me suis calé sur un tronc et suis resté plus de deux heures devant ce spectacle animalier à la taille réelle. Tout en rentrant tranquillement vers le village, j’imprimais dans ma mémoire les images que j’avais eues sous les yeux. Un bruit de moteur me fit me cacher et le 4 x 4 des gardes armés passa en trombe devant moi… Il y a peu de temps, j’ai compris, grâce à un article de presse international, pourquoi quelque chose nous échappait là-bas. L’article dénonce la culture en masse du cannabis dans cette région. Entre les montagnes, la jungle et les parcs nationaux protégés, des zones immenses ont été défrichées pour cette culture. Ce ne sont pas des villageois mais bien des hommes armés et spécialisés qui s’en occupent. Chargées dans des camions puis acheminées jusqu’aux ports du Karnataka dans des paquebots, des dizaines de milliers de tonnes de cannabis sont produites ici tous les ans et vendues en Europe. Ce commerce est protégé par des personnes haut placées puisque le gouvernement et la communauté internationale, hostiles à cette production, ne font rien. Perso, je ne pouvais pas imaginer une telle mafia lors de mon séjour et je n’ai rien vu, rien entendu, alors que nous avons pas mal tourné autour…
Tamil Nadu
Redescendre dans la civilisation et reprendre la route. Bus après bus, ville après ville. Quelle est notre destination ? Pourquoi pas au hasard d’un village ? Les voyageurs peu attentifs que nous sommes ont des difficultés à reconnaître les changements entre chaque étape. Après tout, une ville indienne en vaut une autre. Les traits que nous reconnaissons sont grossiers. Nous ne sommes même pas capables de différencier les langues qui sont pourtant, partout, différentes. C’est le moment de se poser quelque part tranquillement et d’y rester un peu plus longtemps pour découvrir, au rythme voulu, les petites choses qui font la richesse d’une région. Ne vaut-il pas mieux, en effet, se concentrer sur une partie plus petite plutôt que de survoler les régions comme nous le faisons ? Malheureusement, nous ne trouverons pas ce village où nous arrêter. Nous ne nous attacherons pas à une infime partie de la population qui nous ferait pourtant découvrir véritablement des traits de l’Inde tout entière. Nous continuerons d’être emportés par les flots de ce monde si mouvementé et dense, sans nous en approprier la richesse. La réalité imprègne l’esprit de sensations irremplaçables mais une série de documentaires sur ARTE nous en apprendrait davantage d’un point de vue culturel.
À Coimbatore, ville de deux millions d’habitants, nous sommes agressés par le bruit, la densité de la population et la pollution. Nous serions ravis de retourner dans la montagne mais, dans un quartier proche, une fête religieuse a lieu. Nous avons la chance en tant qu’étrangers, rares à s’égarer par ici à cause du manque d’intérêt touristique, d’être les invités d’honneur. Des centaines de femmes, entourées de musiciens, attendent leur tour pour donner leurs offrandes en échange d’une bénédiction qui consiste à saisir entre ses paumes un peu de chaleur et de fumée d’une bougie tenue par un brahmane. La foi est profonde, la musique lancinante, le temple improvisé de lumières et de couleurs, les offrandes de fleurs et de noix de coco s’entassent devant une représentation barbouillée de Visnou. Dans la rue, une purée de riz écrasé et sucré à la cannelle est distribuée gratuitement ainsi que d’autres mets dont je ne saurais dire la substance. Bientôt, les membres d’une famille nous introduisent chez eux pour nous offrir de nouvelles spécialités et boissons. Nous échangeons alors courtoisies et sourires avec les différentes générations. Sur nos genoux, se glisse le dernier-né. Il est déguisé en fille, comme la plupart des petits garçons en bas âge. Cela permettrait de tromper le mauvais œil. Les filles sont tellement peu de chose en ce bas monde. Pourtant si belles et si gracieuses, à ricaner bêtement entre elles en nous mangeant des yeux… Vite, partons avant de nous retrouver la corde au cou.
De retour à Ooty
Je propose à Daoud et Meriem de remonter sur les hauteurs pour trouver un peu de fraîcheur et de tranquillité. La petite station climatique d’Ooty m’a bien plu et une journée passée entre ses murs et ses montagnes est bien trop vite passée. L’hôtel retiré et discret où j’ai passé la nuit n’a pas bougé. L’endroit leur plait. Le lendemain, nous louons des motos pour commencer les balades aux alentours. Foulard noué sur la tête en guise de casque, nous serpentons les routes lacées, entre les lacs, les cascades, les forêts et les paysages gigantesques qui servent de décors aux films de Bollywood et aux photos de jeunes mariés. Vrai que la région n’a rien à envier aux images des films que nous connaissons dans nos pays et qu’elle renferme nombre de sites exceptionnels encore inconnus de nos projecteurs. Le parc botanique possède quant à lui de magnifiques spécimens dont un tronc de plusieurs milliers d’années. D’ailleurs, la balade montre une diversité botanique importante, sans que je n’en retienne malheureusement un seul nom. À pieds, sur le flanc d’une colline, en périphérie de la ville, nous traversons le taudis d’une tribu originaire de ces montagnes. Anciens bûcherons, éleveurs et chasseurs, les pauvres gens n’ont pas les moyens de bien se loger aujourd’hui dans la ville qui est venue se construire chez eux. Sur les pentes ruisselantes, des enfants déguenillés et morveux glissent sur des sacs en plastiques tirés par de gros chiens aux longs poils vermeils couleurs de la terre. Une semaine est passée de nouveau et il nous faut partir. Ce pays est immense et magnifique. Il n’y a qu’à voir notre itinéraire sur la carte depuis deux mois que nous sommes là. Ridicule ! Et pourtant nous avons déjà vu tant de choses différentes : Bombay, les plages de Goa, les sites historiques des civilisations disparues, les mystères de Mysore, les îles de Cochin, les cultures de thé du Karnataka et les forêts tropicales des parcs nationaux. De nouvelles journées de bus, interminables, serrés sur des sièges en bois, entre les villes poussiéreuses du sud de l’Inde, nous attendent encore. Hoggennakkal
La route devient piste et s’enfonce dans les collines arides à la végétation épineuse, avant de descendre dans une vallée verdoyante écartée des axes routiers. Inconnues des occidentaux, les chutes d’Hoggennakkal sont surtout fréquentées par les citadins de Bangalore qui viennent ici en week-end se détendre. La rivière se partage en mille ruisseaux scintillants dans la végétation luxuriante, se repose dans des piscines naturelles de sable et de pierres polies où sont pratiqués des massages corporels, avant de se jeter littéralement en cascades dans une gorge profonde et de se retirer au loin à travers les champs de coquelicots. Nous aussi, trouvons une piscine privée, rien que pour nous, avec deux arrivées en cascades dans l’eau claire et le fond sableux, d’où nous pouvons plonger. Une journée bien agréable. Plus loin les enfants du village, secs comme des allumettes, gagnent un peu de monnaie en impressionnant les touristes indiens avec un saut de l’ange de plus de quinze mètres de haut. D’autres, moins téméraires, se contentent de jeter leurs filets et de vendre leurs poissons grillés, le soir venu, sur le chemin du retour. Même si on se lave et se baigne dans la rivière, le village, comme tous les villages indiens, y déverse ses poubelles. Les femmes lavent le linge sur les pierres et la mousse glisse lentement dans le courant où les enfants jouent. En remontant la rivière, la nature reprend ses droits et offre un refuge exceptionnel pour un nombre considérable d’oiseaux et d’animaux. Sur une coque en feuilles de bananier tressées, au petit matin, nous traversons les eaux et disparaissons dans la nature. Fini de payer des hôtels, on plante la tente et on joue à Robinson. Le site est fabuleux et, pendant trois jours, des oiseaux inconnus et multicolores chantent autour de nous, pendant qu’on pêche, en caleçon dans la rivière, avec un bout de fil et un bout de banane accroché à l’hameçon. Un Indien nous a donné le tuyau et ça marche. Les poissons exotiques se pêchent à la banane. Par contre, ils sont pleins d’arêtes et le soir, à la lumière du feu, le temps passe rien qu’à les extraire pour les manger. Un après-midi, à l’heure de la sieste, une bande de singes curieux et voleurs se sont approchés discrètement et, des arbres où ils se trouvaient, sont descendus nous prendre nos réserves de pain et de bananes. Bien fâchés mais impuissants il nous a fallu rejoindre la civilisation ou mourir de faim. Le vieux rêve de Robinson terminé net avec en souvenir une photo de trois jeunes maigrichons bien bronzés et fiers devant leurs brochettes de poissons grillés sur des branches de saules.
Bangalore.
Mégalopole hyper-dynamique et branchée, Bangalore rassemble universités et entreprises multinationales du secteur informatique. Dans les bazars de la ville, écrans plats et derniers camescopes numériques se négocient 15 à 20 fois moins chers que sur le marché français. Number one de l’informatique dans le monde et dans plusieurs autres secteurs de science moderne, l’Inde a fait naître une nouvelle population jeune et dynamique de classe moyenne qui représente 200 millions de personnes. Capitalistes et matérialistes, ils consomment, achètent les produits que nous utilisons, copient nos modes de vie, activent le marché du tourisme et bientôt arriveront en France pour prendre des photos de la tour Eiffel. Après les Japonais et les Chinois, viendront les Indiens. Cette évolution est peut-être le symbole de déplacements de richesses vers l’est, enfin seulement pour une maigre partie de la population. En attendant, toutes ces entreprises fleurissent à une vitesse incroyable. Alors qu’un développement anarchique et inconsidéré dans ce pays apportera une pollution catastrophique. Mais comment demander à des pays en voie de développement de limiter leur production et de respecter les lois coûteuses du respect de l’environnement alors qu’en Europe, nous commençons juste à les appliquer et qu’aux Etats-Unis, elles ne sont toujours pas d’actualité. Il n’y a déjà aucun respect de l’environnement en Inde, pas de poubelle dans les rues et les villes surpeuplées évacuent leurs déchets dans les rivières et les océans. Espérons qu’ils ne se jetteront pas dans une consommation abusive, comme la nôtre, et ne reproduiront pas les erreurs que nous avons faites, en développant, en plus, le nucléaire ! Dans le train
Les bus en Inde sont pratiques pour relier les villes entre elles, quand elles ne sont pas trop éloignées. En effet, à toute heure du jour et de la nuit, vous pouvez sauter dans les bus locaux qui ne coûtent rien, à la dernière seconde, quitte à monter sur les genoux des gens. Ou bien, ce sont les gens qui monteront sur vos genoux…dans les chemins tortueux, avec des arrêts à tous les villages sans pour autant que le bus ne désemplisse. Comptez trois heures pour faire 100 km. Pour faire 2.700 km, et ainsi remonter au nord du pays, nous ne prendrons pas le bus. L’express Bangalore Delhi ne met que 38 heures. Deux jours et une nuit pour nous retrouver dans la capitale. Un grand changement mais le temps passe, fin janvier, les deux tiers de notre temps en Inde sont écoulés alors nous voulons tenter de prolonger notre visa à Delhi, chose que nous n’avons pas pu faire en province. Plusieurs kilomètres de long, avec des milliers de personnes, la bête glisse hors de la ville et disparaît dans les plaines desséchées du centre de l’Inde. Il n’y a plus qu’à regarder le spectacle : En ville et à la campagne, c’est une tradition de venir faire sa grosse commission le long de la voie entre amis au petit matin et ce sont des rangées de fesses qui nous regardent, sans gêne. Un peu d’eau avec un carré de savon puis on reculotte le tout avant de faire coucou au train... Les vendeurs de thé passent dans l’allée toute la journée en criant d’une voix tout à fait ordinaire. Dommage que vous n’ayez pas le son ! Ils servent un thé noir au lait avec un mélange d’épices appelé massala dans des gobelets de terre cuite laissant aux lèvres un peu de rouge et que nous cassons ensuite en les jetant sur les rails… D’autres font le va et vient toute la journée entre les gares. Ils vendent les spécialités de leur région dans des assiettes en feuilles tressées, elles aussi jetables ou dans de l’alu et du plastique qui passe également par la fenêtre. Des gamins pouilleux montent dans le train sans billet, nettoient avec un torchon encore plus sale qu’eux sous les sièges et dans les allées, avant de mendier quelques roupies qu’ils seront obligés, bien souvent, de remettre aux contrôleurs... À Hyderabad, un groupe de musulmans pieux s’installe dans notre wagon. Quelques heures plus tard, ils ont construit une véritable forteresse, on ne peut plus close, avec de longs draps tenus par des cordes, où les femmes se dévoileront, à l’abri des regards pour le reste du voyage… À côté de moi, une jeune maman est incroyablement belle... La nuit s’écoule tranquillement sur notre couchette dans le bruit lancinant du frottement des wagons, des ronflements et de la prière de cinq heures. De plus en plus loin derrière moi, tu restes seule sans savoir, encore une fois, si nous allons nous revoir…
Petit grain de poivre
Coincé dans ma dent, Tu secrètes ton parfum, Sucré, salé, Ton venin.
Du bout de ma langue, Je t’effleure, Douce, brûlante, Profane saveur.
A ta sauce, Ma salade, J’ai composé,
Avalé, digéré, Je n’ai plus goût à rien,
Seul dans ce palais Sainte demeure De nos baisers
De l’effronté, le destin, Tes papilles ont scellé.
Nous sommes le 23 décembre. Il fait 34 degrés la nuit sous le ventilo. L’hôtel où nous devions nous retrouver avec Daoud est complet et sans lui. La ville est affreuse. Ma famille pense à moi et moi à elle. Seuls, les moustiques m’accueillent chaleureusement. Ce sont les moustiques du Kerala, minuscules et innombrables à cause des marécages. Dans la nuit, ils s’organisent en escadrilles, tentent des percées sous les draps, violent les traités de paix, résistent aux produits que le charlatan de Mysore m’a vendu une fortune, disparaissent dans la lumière, vous dévorent jusqu’aux mains où ils se posent en kamikazes quand vous êtes debout sur le lit en train de les chasser avec vos chaussures. Nuit affreuse où j’ai perdu la bataille et abandonné mes positions. Ils m’auraient tué en me rendant fou. Yeux gonflés et anéanti, je pars chercher une autre chambre avec mon sac sur le dos dans les rues brûlantes.
De la terrasse d’un petit resto, de l’autre côté d’une rue, j’entends bourdonner mon prénom. Avec un grand sourire, devant son petit déjeuner, Daoud m’a retrouvé. « Alors comment tu vas mon Daoud ? » « Bien, il me dit, malgré une partie de la nuit passée à suffoquer sous mon duvet, sur le quai d’une gare vibrante de moustiques, et après neuf heures debout, dans un wagon de train surpeuplé. Je suis parti hier de Mangalore, une grande ville sur la côte comme celle-ci, pour arriver ici cette nuit. » Pas beaucoup de temps en solitaire mais franchement contents de nous retrouver. Surtout pour les fêtes, bien tristes à passer tout seul. Enfin, on a le sourire et on se raconte nos petites aventures ainsi que les mésaventures qui se transforment comme par magie, avec le bonheur d’en parler ensemble, en heureux souvenirs. Daoud a trouvé un hôtel modeste et m’invite à demeurer près de lui. Ce sera une nuit de Noël où nous serons perdus tous les deux au milieu du monde. Épuisés et maigres, tôt dans la soirée, nous allons nous offrir un véritable vegetable fry rice dans un bouiboui crasseux, au coin de rues aux égouts à ciel ouvert, aux énormes cafards qui traversent les trottoirs et craquent sous les pieds, avant de retrouver les inévitables moustiques pour une nuit étouffante et fiévreuse. Arrivent des amis venus de France
Il n’y a que huit heures d’avion, c’est vrai, et le prix du billet même s’il n’est pas dérisoire permet de venir en Inde… Une semaine. L’organisation devra être précise si les loulous veulent repartir en heure et en temps. Attention aux aléas. Et d’aléas, en voici un de taille : il s’agit du tsunami. En vélo sur les chemins de l’île de Cochin, nous voulons rejoindre la plage. Pour cela il nous faut traverser un bras de mer en bateau et nous rendre sur l’île Vypeen. Sur le quai, les Indiens ne comprennent pas : depuis un moment, le courant emmène les bateaux s’écraser sur le bord… Mais les Indiens, comme à leur habitude, s’expriment d’une façon si nonchalante qu’il n’y pas raison de s’inquiéter. On ne peut pas passer ici alors on passera ailleurs. Il suffit de prendre un bus et de faire le tour par les ponts, entre le cœur de la ville et les différentes îles. Une heure après, notre bus s’élance enfin en direction de la plage. C’est déjà la fin d’après-midi et nous perdons encore du temps : un barrage de police empêche de continuer. Les sirènes rugissent, les ambulances déambulent. Impossible de passer le barrage. Un raz de marée a tout emporté. Nous étions donc sur les routes pendant la catastrophe. Nous n’avons rien vu et rien senti mais avons la chance de ne pas nous être trouvés sur la plage, même si, à l’ouest de l’Inde où nous étions, le tsunami n’a pas fait beaucoup de ravages. C’est seulement plusieurs jours plus tard, alors que nos familles s’inquiètent, que nous recevrons d’innombrables messages sur Internet et que nous apprendrons l’étendue de la catastrophe… Car, tôt le lendemain, nous partons dans l’arrière-pays, celui des cultures de thé et des réserves d’éléphants. Dernière ville à l’est du Karnataka dans les montagnes, Munnar n’entendra pas parler du tsunami avant une semaine. Pendant ce temps, nos deux petits touristes français s’adaptent à leur nouvel environnement. À la descente de l’avion, monter dans un rickshaw, les taxis mobylettes, à fond sur les routes surpeuplées, les a tout de suite mis dans l’ambiance. Ensuite un tsunami puis aujourd’hui les montagnes. L’environnement est plus calme mais quand ils ne se font pas agresser par des singes, ils descendent inconscients vers une maman éléphant avec ses petits en pleine nature sauvage. La maman commence à gronder dangereusement et eux continuent de s’approcher pour la photo. Les Indiens généralement indifférents s’agitent et crient pour que les blancs-becs déguerpissent avant de mourir écrasés dans une furie. On n’est pas au zoo. Pour se promener dans les cultures de thé, à travers les chemins de montagne et de jungle, le mieux est de louer des motos. Avec elles, on s’égare au hasard et on rencontre sur nos chemins des femmes, au dos voûté sous des sacs de jute remplis de feuilles de thé, des bouibouis crasseux sans eau courante et électricité où nous prenons nos repas, des lacs idylliques perdus dans des forêts de santals. Fin d’après-midi, le brouillard monte et s’épaissit, il est temps de rentrer car les nuits sont froides. Et puis ce soir, dans notre chambre d’hôtel, nous recevons des amies françaises que nous venons de retrouver après les avoir rencontrées dans la région d’Hampi, deux jours avant que Daoud ne tombe malade. Donc ce soir, c’est soirée avec blagues, musique et apéro à la française... Enfin, la semaine de vacances passe rapidement et nous sommes le jour de la saint Sylvestre. À 16 heures, je frappe à la chambre N°119 de l’hôtel Pathans à Trissur. Nous sommes arrivés dans une Ambassadeur, une vieille voiture de luxe, louée avec chauffeur. La classe non ? Bonjour Meriem… Champagne ! Torses nus sur la terrasse de notre grande chambre d’hôtel qui surplombe la place principale de la ville, nous fêtons dignement la nouvelle année… et les retrouvailles. À sept heures le matin, nos loulous doivent repartir pour la France. La tête qu’ils devaient avoir… Mais aussi les souvenirs de cette petite semaine en Inde leur resteront à jamais gravés. Lundi matin, ils se retrouveront au travail et, devant leur tasse de café, repartiront encore pour des randonnées en moto dans la jungle. Quelques jours pour oublier... N’a-t-on pas déjà entendu ça quelque part ?
Parabikulam. 5h du matin
Mes yeux s’ouvrent. Je sens de douces caresses sur ma nuque. Je me serre contre son corps et blottis ma tête entre ses seins. Nos mains légères sous la couette encore chaude effleurent la peau. Le jour n’est pas levé. Gaspard frappe à la porte. Arriver ici n’a pas été une mince affaire. Aucune route du Kerala n’y mène. Devions aller dans une ville du Tamil Nadu pour changer de bus encore deux fois et être déposés à un carrefour entre deux pistes où une fois par jour, on peut monter au village par derrière les monts Cardamones, dans la fabuleuse réserve naturelle de plusieurs milliers d’hectares de Parabikulam, étendue entre trois immenses lacs dans les montagnes recouvertes de forêts épaisses. Sans compter sur les barrages des gardes frontières et forestiers, trois en tout, qui nous obligent à payer, à signer des papiers et à passer une nuit avec un garde armé, censé nous protéger... 5h30, les affaires de trekking gavées de morpions sur le dos, nous sortons prendre le thé. Les Indiens se lèvent également dans le petit village aux ruelles de terre battue et aux cabanes en terre cuite recouvertes de branches et de feuilles. Comme chaque matin, la musique du temple inonde le village et la forêt alentour puis les femmes nettoient à grande eau devant leur porte avant de réaliser le taman : œuvre mystique de poudre de craie qui les protégera du mauvais sort pour la journée. Une fois le soleil levé, les vaches, cochons et chèvres traînent, étendus à l’ombre, ici ou là. Au centre du village, sur une place où se termine la route, deux trois échoppes vendent des allumettes et du thé. En contrebas, un lac se cache dans les hautes herbes et s’étend sur plusieurs kilomètres de jungle impénétrable entre les montagnes. Dans la nuit, les bruits de la nature sont authentiques tout comme les insectes. Trois gardes en 4 x 4 se promènent toute la journée avec leur fusil et partagent notre maisonnette durant la nuit. Aucun touriste ne s’aventure jusqu’ici. Six heures, nous partons sur les talons de Gaspard. Son vrai nom tamul est Basquar, le guide improvisé du village devenu très vite notre ami. Il essaiera de tromper l’administration pour passer outre les permissions et les comptes rendus des heures durant lesquelles nous sommes autorisés à nous promener dans la jungle avec lui. La marche est rapide. Nous avons peine à le suivre. À notre droite, s’ouvre la première clairière dans la brume. Les arbres s’élancent dans le ciel et atteignent des hauteurs impressionnantes. Leurs feuilles sont grandes comme mes deux mains, chaque racine large comme un tronc. Des animaux invisibles, surpris, disparaissent dans les profondeurs de la végétation. Monter, descendre à vive allure réchauffe. Sept kilomètres plus tard, alors que le soleil pointe à la cime des arbres les plus hauts et sur les montagnes, nous débouchons au-dessus d’une immense prairie au milieu de la forêt. Dans les hautes herbes ruisselantes, les fientes d’éléphants et de buffles fument encore. Un troupeau de bisons apparaît de l’autre côté à la lisière de la forêt. 7h30, fin de permission. Nous devons déjà repartir. Légèrement frustrés d’avoir tant marché pour si peu de temps, nous prenons le chemin du retour que je me promets de ne pas oublier pour revenir ici un autre matin, encore plus tôt. Un groupe de buffles noirs, que nous surprenons, s’enfuit en arrachant tout sur son passage dans un fracas terrible. Gaspard récapitule l’ensemble de nos découvertes. Arbres, fleurs, feuilles, fruits, herbes et graines dont ils se servent dans leur vie quotidienne. Crocodiles, iguanes, bisons, buffles, éléphants, singes, scorpions, cerfs et daims que nous avons eu la chance d’apercevoir en quelques jours. De retour au village, Gaspard nous emmène à l’école pour nous présenter les professeurs et assister à la répétition d’un spectacle dans lequel joue sa petite fille. Dans la salle de cours, trente paires d’yeux loin d’être intimidées par notre présence, sont regroupées devant nous. Pieds nus, en chemise et en cravate, les enfants s’élancent dans la danse avec fierté. Une chorégraphie digne des films bollywoodiens, dans une musique disco des années 80, version indienne… Quel sourire ont les enfants indiens ! Quelle leçon de simplicité et de modestie, nous prenons dans ce village ! Humbles, ceux qui vivent ici sont rarement descendus à la ville. Une télévision, pour tout le village, leur permet de regarder les étrangetés d’un monde qu’ils ne connaissent pas. Ceux qui les imaginent « arriérés » se trompent. Ils savent autant de choses que nous et même davantage. Ceux qui les imaginent malheureux se trompent aussi. Il n’y a qu’à voir leur bouille et leur sourire de tous les jours. Quelques jeunes ont la curiosité de partir pour les études ou un travail à la ville. Souvent, ils ne reviennent pas, happés par les turbulences du monde. Pourtant, le village est un havre de paix qui sort de l’anarchie de la civilisation. Les choses évoluent plus doucement. D’autres n’ont pas besoin de changer. Un travail tranquille au rythme des saisons. Sachant exactement de quoi sont faites leurs terres et leurs forêts pour les utiliser sans les détruire. Tout ce qui est nécessaire pour vivre existe ici et même l’électricité fournie par les barrages. Une oasis où je serais bien resté plus longtemps. Mais pour nous, demeurer dans une réserve a un tarif et nous devrons bientôt nous jeter de nouveau dans le monde réel. Le dernier matin, je décolle à 5 h et m’enfonce seul dans la forêt et la nuit encore noire. Je ne risque pas de me perdre si j’ai bien enregistré les sept kilomètres qui mènent à la clairière magnifique et digne des grands reportages animaliers. Arbres et animaux dorment encore. Les feuilles sèches se froissent bruyamment sous mes pieds et troublent un silence parfait. Quelque deux cents tigres se baladent dans la réserve. Inconscience, folie sans doute, mais irrésistible. Les animaux de toutes sortes ont peur des hommes. Moi aussi car ils sont plus cruels. Loin de faire le malin cependant, j’ai tendance à me retourner souvent. La cadence qui m’emporte est plus soutenue encore qu’avec le guide. Sortant du sous bois dans une légère éclaircie, deux gros buffles noirs lèvent la tête vers moi. Je m’arrête net et recule doucement sans me retourner. Mais ces gros herbivores continuent leur chemin sans s’affoler. J’attends un peu avant de repartir que mon cœur s’apaise. Il me faut arriver avant le lever du jour à la lisière de cette immense clairière. Le soleil n’est pas encore levé mais il fait jour quand j’y arrive. En y allant seul et plus tôt, j’avais plus de chance de voir d’innombrables animaux et ce fut le cas. Me suis calé sur un tronc et suis resté plus de deux heures devant ce spectacle animalier à la taille réelle. Tout en rentrant tranquillement vers le village, j’imprimais dans ma mémoire les images que j’avais eues sous les yeux. Un bruit de moteur me fit me cacher et le 4 x 4 des gardes armés passa en trombe devant moi… Il y a peu de temps, j’ai compris, grâce à un article de presse international, pourquoi quelque chose nous échappait là-bas. L’article dénonce la culture en masse du cannabis dans cette région. Entre les montagnes, la jungle et les parcs nationaux protégés, des zones immenses ont été défrichées pour cette culture. Ce ne sont pas des villageois mais bien des hommes armés et spécialisés qui s’en occupent. Chargées dans des camions puis acheminées jusqu’aux ports du Karnataka dans des paquebots, des dizaines de milliers de tonnes de cannabis sont produites ici tous les ans et vendues en Europe. Ce commerce est protégé par des personnes haut placées puisque le gouvernement et la communauté internationale, hostiles à cette production, ne font rien. Perso, je ne pouvais pas imaginer une telle mafia lors de mon séjour et je n’ai rien vu, rien entendu, alors que nous avons pas mal tourné autour…
Tamil Nadu
Redescendre dans la civilisation et reprendre la route. Bus après bus, ville après ville. Quelle est notre destination ? Pourquoi pas au hasard d’un village ? Les voyageurs peu attentifs que nous sommes ont des difficultés à reconnaître les changements entre chaque étape. Après tout, une ville indienne en vaut une autre. Les traits que nous reconnaissons sont grossiers. Nous ne sommes même pas capables de différencier les langues qui sont pourtant, partout, différentes. C’est le moment de se poser quelque part tranquillement et d’y rester un peu plus longtemps pour découvrir, au rythme voulu, les petites choses qui font la richesse d’une région. Ne vaut-il pas mieux, en effet, se concentrer sur une partie plus petite plutôt que de survoler les régions comme nous le faisons ? Malheureusement, nous ne trouverons pas ce village où nous arrêter. Nous ne nous attacherons pas à une infime partie de la population qui nous ferait pourtant découvrir véritablement des traits de l’Inde tout entière. Nous continuerons d’être emportés par les flots de ce monde si mouvementé et dense, sans nous en approprier la richesse. La réalité imprègne l’esprit de sensations irremplaçables mais une série de documentaires sur ARTE nous en apprendrait davantage d’un point de vue culturel.
À Coimbatore, ville de deux millions d’habitants, nous sommes agressés par le bruit, la densité de la population et la pollution. Nous serions ravis de retourner dans la montagne mais, dans un quartier proche, une fête religieuse a lieu. Nous avons la chance en tant qu’étrangers, rares à s’égarer par ici à cause du manque d’intérêt touristique, d’être les invités d’honneur. Des centaines de femmes, entourées de musiciens, attendent leur tour pour donner leurs offrandes en échange d’une bénédiction qui consiste à saisir entre ses paumes un peu de chaleur et de fumée d’une bougie tenue par un brahmane. La foi est profonde, la musique lancinante, le temple improvisé de lumières et de couleurs, les offrandes de fleurs et de noix de coco s’entassent devant une représentation barbouillée de Visnou. Dans la rue, une purée de riz écrasé et sucré à la cannelle est distribuée gratuitement ainsi que d’autres mets dont je ne saurais dire la substance. Bientôt, les membres d’une famille nous introduisent chez eux pour nous offrir de nouvelles spécialités et boissons. Nous échangeons alors courtoisies et sourires avec les différentes générations. Sur nos genoux, se glisse le dernier-né. Il est déguisé en fille, comme la plupart des petits garçons en bas âge. Cela permettrait de tromper le mauvais œil. Les filles sont tellement peu de chose en ce bas monde. Pourtant si belles et si gracieuses, à ricaner bêtement entre elles en nous mangeant des yeux… Vite, partons avant de nous retrouver la corde au cou.
De retour à Ooty
Je propose à Daoud et Meriem de remonter sur les hauteurs pour trouver un peu de fraîcheur et de tranquillité. La petite station climatique d’Ooty m’a bien plu et une journée passée entre ses murs et ses montagnes est bien trop vite passée. L’hôtel retiré et discret où j’ai passé la nuit n’a pas bougé. L’endroit leur plait. Le lendemain, nous louons des motos pour commencer les balades aux alentours. Foulard noué sur la tête en guise de casque, nous serpentons les routes lacées, entre les lacs, les cascades, les forêts et les paysages gigantesques qui servent de décors aux films de Bollywood et aux photos de jeunes mariés. Vrai que la région n’a rien à envier aux images des films que nous connaissons dans nos pays et qu’elle renferme nombre de sites exceptionnels encore inconnus de nos projecteurs. Le parc botanique possède quant à lui de magnifiques spécimens dont un tronc de plusieurs milliers d’années. D’ailleurs, la balade montre une diversité botanique importante, sans que je n’en retienne malheureusement un seul nom. À pieds, sur le flanc d’une colline, en périphérie de la ville, nous traversons le taudis d’une tribu originaire de ces montagnes. Anciens bûcherons, éleveurs et chasseurs, les pauvres gens n’ont pas les moyens de bien se loger aujourd’hui dans la ville qui est venue se construire chez eux. Sur les pentes ruisselantes, des enfants déguenillés et morveux glissent sur des sacs en plastiques tirés par de gros chiens aux longs poils vermeils couleurs de la terre. Une semaine est passée de nouveau et il nous faut partir. Ce pays est immense et magnifique. Il n’y a qu’à voir notre itinéraire sur la carte depuis deux mois que nous sommes là. Ridicule ! Et pourtant nous avons déjà vu tant de choses différentes : Bombay, les plages de Goa, les sites historiques des civilisations disparues, les mystères de Mysore, les îles de Cochin, les cultures de thé du Karnataka et les forêts tropicales des parcs nationaux. De nouvelles journées de bus, interminables, serrés sur des sièges en bois, entre les villes poussiéreuses du sud de l’Inde, nous attendent encore. Hoggennakkal
La route devient piste et s’enfonce dans les collines arides à la végétation épineuse, avant de descendre dans une vallée verdoyante écartée des axes routiers. Inconnues des occidentaux, les chutes d’Hoggennakkal sont surtout fréquentées par les citadins de Bangalore qui viennent ici en week-end se détendre. La rivière se partage en mille ruisseaux scintillants dans la végétation luxuriante, se repose dans des piscines naturelles de sable et de pierres polies où sont pratiqués des massages corporels, avant de se jeter littéralement en cascades dans une gorge profonde et de se retirer au loin à travers les champs de coquelicots. Nous aussi, trouvons une piscine privée, rien que pour nous, avec deux arrivées en cascades dans l’eau claire et le fond sableux, d’où nous pouvons plonger. Une journée bien agréable. Plus loin les enfants du village, secs comme des allumettes, gagnent un peu de monnaie en impressionnant les touristes indiens avec un saut de l’ange de plus de quinze mètres de haut. D’autres, moins téméraires, se contentent de jeter leurs filets et de vendre leurs poissons grillés, le soir venu, sur le chemin du retour. Même si on se lave et se baigne dans la rivière, le village, comme tous les villages indiens, y déverse ses poubelles. Les femmes lavent le linge sur les pierres et la mousse glisse lentement dans le courant où les enfants jouent. En remontant la rivière, la nature reprend ses droits et offre un refuge exceptionnel pour un nombre considérable d’oiseaux et d’animaux. Sur une coque en feuilles de bananier tressées, au petit matin, nous traversons les eaux et disparaissons dans la nature. Fini de payer des hôtels, on plante la tente et on joue à Robinson. Le site est fabuleux et, pendant trois jours, des oiseaux inconnus et multicolores chantent autour de nous, pendant qu’on pêche, en caleçon dans la rivière, avec un bout de fil et un bout de banane accroché à l’hameçon. Un Indien nous a donné le tuyau et ça marche. Les poissons exotiques se pêchent à la banane. Par contre, ils sont pleins d’arêtes et le soir, à la lumière du feu, le temps passe rien qu’à les extraire pour les manger. Un après-midi, à l’heure de la sieste, une bande de singes curieux et voleurs se sont approchés discrètement et, des arbres où ils se trouvaient, sont descendus nous prendre nos réserves de pain et de bananes. Bien fâchés mais impuissants il nous a fallu rejoindre la civilisation ou mourir de faim. Le vieux rêve de Robinson terminé net avec en souvenir une photo de trois jeunes maigrichons bien bronzés et fiers devant leurs brochettes de poissons grillés sur des branches de saules.
Bangalore.
Mégalopole hyper-dynamique et branchée, Bangalore rassemble universités et entreprises multinationales du secteur informatique. Dans les bazars de la ville, écrans plats et derniers camescopes numériques se négocient 15 à 20 fois moins chers que sur le marché français. Number one de l’informatique dans le monde et dans plusieurs autres secteurs de science moderne, l’Inde a fait naître une nouvelle population jeune et dynamique de classe moyenne qui représente 200 millions de personnes. Capitalistes et matérialistes, ils consomment, achètent les produits que nous utilisons, copient nos modes de vie, activent le marché du tourisme et bientôt arriveront en France pour prendre des photos de la tour Eiffel. Après les Japonais et les Chinois, viendront les Indiens. Cette évolution est peut-être le symbole de déplacements de richesses vers l’est, enfin seulement pour une maigre partie de la population. En attendant, toutes ces entreprises fleurissent à une vitesse incroyable. Alors qu’un développement anarchique et inconsidéré dans ce pays apportera une pollution catastrophique. Mais comment demander à des pays en voie de développement de limiter leur production et de respecter les lois coûteuses du respect de l’environnement alors qu’en Europe, nous commençons juste à les appliquer et qu’aux Etats-Unis, elles ne sont toujours pas d’actualité. Il n’y a déjà aucun respect de l’environnement en Inde, pas de poubelle dans les rues et les villes surpeuplées évacuent leurs déchets dans les rivières et les océans. Espérons qu’ils ne se jetteront pas dans une consommation abusive, comme la nôtre, et ne reproduiront pas les erreurs que nous avons faites, en développant, en plus, le nucléaire ! Dans le train
Les bus en Inde sont pratiques pour relier les villes entre elles, quand elles ne sont pas trop éloignées. En effet, à toute heure du jour et de la nuit, vous pouvez sauter dans les bus locaux qui ne coûtent rien, à la dernière seconde, quitte à monter sur les genoux des gens. Ou bien, ce sont les gens qui monteront sur vos genoux…dans les chemins tortueux, avec des arrêts à tous les villages sans pour autant que le bus ne désemplisse. Comptez trois heures pour faire 100 km. Pour faire 2.700 km, et ainsi remonter au nord du pays, nous ne prendrons pas le bus. L’express Bangalore Delhi ne met que 38 heures. Deux jours et une nuit pour nous retrouver dans la capitale. Un grand changement mais le temps passe, fin janvier, les deux tiers de notre temps en Inde sont écoulés alors nous voulons tenter de prolonger notre visa à Delhi, chose que nous n’avons pas pu faire en province. Plusieurs kilomètres de long, avec des milliers de personnes, la bête glisse hors de la ville et disparaît dans les plaines desséchées du centre de l’Inde. Il n’y a plus qu’à regarder le spectacle : En ville et à la campagne, c’est une tradition de venir faire sa grosse commission le long de la voie entre amis au petit matin et ce sont des rangées de fesses qui nous regardent, sans gêne. Un peu d’eau avec un carré de savon puis on reculotte le tout avant de faire coucou au train... Les vendeurs de thé passent dans l’allée toute la journée en criant d’une voix tout à fait ordinaire. Dommage que vous n’ayez pas le son ! Ils servent un thé noir au lait avec un mélange d’épices appelé massala dans des gobelets de terre cuite laissant aux lèvres un peu de rouge et que nous cassons ensuite en les jetant sur les rails… D’autres font le va et vient toute la journée entre les gares. Ils vendent les spécialités de leur région dans des assiettes en feuilles tressées, elles aussi jetables ou dans de l’alu et du plastique qui passe également par la fenêtre. Des gamins pouilleux montent dans le train sans billet, nettoient avec un torchon encore plus sale qu’eux sous les sièges et dans les allées, avant de mendier quelques roupies qu’ils seront obligés, bien souvent, de remettre aux contrôleurs... À Hyderabad, un groupe de musulmans pieux s’installe dans notre wagon. Quelques heures plus tard, ils ont construit une véritable forteresse, on ne peut plus close, avec de longs draps tenus par des cordes, où les femmes se dévoileront, à l’abri des regards pour le reste du voyage… À côté de moi, une jeune maman est incroyablement belle... La nuit s’écoule tranquillement sur notre couchette dans le bruit lancinant du frottement des wagons, des ronflements et de la prière de cinq heures. De plus en plus loin derrière moi, tu restes seule sans savoir, encore une fois, si nous allons nous revoir…
Petit grain de poivre
Coincé dans ma dent, Tu secrètes ton parfum, Sucré, salé, Ton venin.
Du bout de ma langue, Je t’effleure, Douce, brûlante, Profane saveur.
A ta sauce, Ma salade, J’ai composé,
Avalé, digéré, Je n’ai plus goût à rien,
Seul dans ce palais Sainte demeure De nos baisers
De l’effronté, le destin, Tes papilles ont scellé.
Inde: compte-rendu de voyage à Calcutta et en Orissa English translation pending
Bonjour,
Voici quelques impressions de voyage sur mon deuxième séjour en Inde (après le Rajasthan). Je suis allé - seul et en routard - à Calcutta et en Orissa du 13 février au 7 mars 2009.
J'ai d'abord passé une semaine à Calcutta (le nom officiel anglais était Calcutta jusqu'en 2001 où il a été changé en Kolkata), qui est une ville plutôt sympa et jolie à visiter (il faut juste faire abstraction du bruit incessant des klaxons et de la forte pollution). Vivre à Paris constitue donc une bonne préparation pour "affronter" cette ville et sa foule, mais dès qu'on s'éloigne un peu des grandes avenues, dès qu'on sort des sentiers battus, alors il y a beaucoup de bonnes surprises qui s'offrent au voyageur. Mon conseil numéro 1 pour profiter agréablement de Calcutta sans devenir sourd et/ou mourir asphyxié est donc de passer le moins de temps possible dans les grandes avenues ou boulevards : donc ne pas hésiter à s'engager dans les petites rues même si on se perd un peu, en plus c'est super sympa et on peut facilement discuter avec des habitants ; et ne pas hésiter à utiliser le métro (très propre, moins bondé que celui de Paris, une rame toutes les 10mn, marche de 7h à 21h45, prix du ticket : 4, 6, 8 Rp selon la distance, billet à acheter le jour même, peu d'attente aux guichets, gros sacs à dos pas acceptés pour raisons de sécurité suite aux attentats de Bombay) ; ne pas hésiter non plus à utiliser les bus (demander où se trouve les arrêts de bus, demander quel bus permet d'aller à tel endroit, les indiens vous renseignent sans problème ; prix du billet : 4 à 6 Rp selon la distance, et selon que c'est un bus public ou un minibus privé). Le soir de mon arrivée, pour me remettre de la fatigue du voyage je suis allé voir un film bollywood en langue hindi, évidemment j'ai rien compris mais il y avait une sacré ambiance dans le ciné d'autant que c'était LA star indienne qui tenait le 1er rôle, Shah Rukh Khan (ici on l'appelle souvent "king Khan", c'est dire...). Attention très peu de banques acceptent de changer les chèques de voyage, donc soit aller chez Thomas Cook (un peu excentré, partie sud de la ville) soit faire le change dans certains hôtels. J'ai surtout logé dans le quartier "routard" (et central) de Sudder Street, puis 2 nuits plus au nord dans le quartier de Chadni Chowk (vers BBD Bagh). Restos : bonne appréciation pour le Bar BQ et le Blue Sky Cafe Hotel Aafreen Tower : la chambre double avec salle de bains est à 600 Rp minimum, l'eau chaude n'est pas toujours dispo, l'accueil à la réception est très froid). Hotel Esplanade Chambers : très belles chambres, accueil agréable Hotel Gypsy Inn : n'as pas reçu l'agrément pour recevoir des clients étrangers Le matin de 6 à 7h, possibilité de participer gratuitement à un cours de yoga pranayama (technique qui se base sur la respiration nasale et abdominale) ou de yoga du rire, dans un parc (Rabindra Sarovar, près de la station de métro du même nom) face a un petit lac. Pas besoin de mettre mon réveil pour me réveiller à 5 heures, c'était le haut-parleur de la mosquée du quartier qui s'en chargeait (eh oui ici le tapage nocturne est une notion qui n'existe pas, surtout quand il s'agit de religion...). Les quelques jours passés à visiter Calcutta ont donc été fort agréables, en dépit de l'agitation parfois fatigante de cette ville, qui n'est pas aussi misérable qu'on le dit souvent. Dans cette ville, les 2/3 des jeunes occidentaux sont là pour bosser quelques mois dans l'humanitaire ou le social (notamment dans l'institution de Mère Theresa, plus rarement dans les bidonvilles). Pour les achats, le Central Cottage Industries Emporium vend du thé Darjeeling (et aussi du thé de l'Assam) dans de très jolis sachets de tissu, idéal pour des cadeaux. Excellent site web pour découvrir la ville et connaître l'agenda culturel : http://www.ilovekolkata.in (à préférer à la revue Cal Calling, citée dans certains guides, qui donne peu d'infos et qui n'est pas facile à se procurer)
J'ai passé deux semaines dans l'Etat de l'Orissa, peu touristique mais qui gagne a être connu : temples magnifiques, jolies plages, bananiers et cocotiers en veux-tu en voilà, rizières, villages de pêcheurs où le mode de vie n'a guère changé depuis des siècles, festival de danses folkloriques locales de haut niveau (Konarak), artisanat très riche (le village d'artistes de Raghurarpur), massages ayurvédiques (essentiellement à Puri, 300 à 400 Rp pour 1h), cours de yoga en plein air, pour les repas poisson frais et gambas sans oublier de délicieuses pâtisseries, dégustation de noix de coco à tous les coins de rue... Ici ont est officiellement encore en Inde du nord, mais on se croirait vraiment en Inde du sud !... Voici les principaux endroits où je suis allé en Orissa : Bhubaneswar (c'est la capitale) Superbes temples dans la vieille ville (se visite en 1/2 journée). Hotel Venus Inn : bonne appréciation, très bon resto et... excellente pâtisserie juste à côté de l'hôtel !... Puri Principale ville touristique (surtout des touristes indiens), connue aussi pour son activité religieuse (pèlerinages). Le Z Hotel a tendance à trop profiter de sa notoriété, les prix sont chers (150 Rp en dortoir sans salle de bains, 250 Rp pour une single sans salle de bains, 600 pour une double sans salle de bains, 700 pour une double avec salle de bains), on paie le joli cadre, on paie la salle à manger conviviale et la salle TV/DVD. Réception peu aimable. En restant dans la même rue (Hotel Arya Palace - CT Roard - tel (06752) 232688 ou 232689) on peut trouver une belle chambre double avec salle de bains et balcon pour 250 Rp !... Hotel Tanuja : bien, mais réception peu aimable, chambres doubles à partir de 250 Rp avec salle de bains. Garden restaurant : peu fréquenté, des routards m'ont dit qu'ils ont été malades 3 fois en allant dans ce resto. Peace Restaurant : super resto, tous les routards y vont, poisson frais, accueil très sympa, rencontres faciles Honey Bee Bakery & pizzeria : resto climatisé (rare à Puri), idéal quand il fait bien chaud, bons gateaux Dans la partie sud de la ville (quartier de Marina Parade, près de la mer), entre 6 h et 7h30 du matin, possibilité d'assister à des crémations de la tradition hindoue (bûchers funéraires), y aller à vélo ou en rickshaw depuis le quartier des hôtels de routards. Ne pas hésiter à louer un vélo ou une moto dans le quartier des hôtels de routards, cela permet de découvrir Puri et ses environs d'une manière très agréable. Konarak Petit village touristique. Très beau Sun Temple, magnifiques festivals de danses traditionnelles 2 fois par an. Hotel Yatri Nivas : très bien Pour louer un vélo, pas de magasin de location mais en s'adressant aux différents hôtels du village, il y aura toujours un employé qui finira par vous louer son vélo perso contre 30 Rp pour une journée, voici une jolie ballade : suivre la route principale jusqu'à la mer, déguster une noix de coco et pédaler jusqu'au village de pêcheurs juste à côté. Chandipur on Sea (petit village situé vers Balassore, à mi-chemin entre Bhubaneshwar et Calcutta) Tout en remontant vers Calcutta (à 40 mn de la gare ferroviaire de Balassore, soit en bus 10 Rp (arrêt de bus Station Square, à 400 m de la gare, prendre le bus à 6h40 le matin) soit en rickshaw 250 Rp), j'ai terminé mon séjour en Orissa dans un coin absolument charmant et peu connu : Chandipur, un petit village de paysans et de pêcheurs au bord de la mer, avec une plage en pente douce ou on a pied pendant 5 km !... Couchers de soleil sublimes... Hotel Panthanivas Tourist Bungalow - Tel : (06782) 270051 - dortoir : 150 Rp, ou chambres à partir de 650 la double non AC - accueil chaleureux, très bon resto, hôtel gouvernemental bien tenu, face à la mer, très calme http://www.webshots.com/search?query=Chandipur+Photos A Chandipur il y a à la fois la tranquillité de la campagne et la beauté de la mer, j'étais le seul occidental du coin alors j'étais l'attraction du village, je devais décliner mon CV une dizaine de fois par jour pour satisfaire la curiosité des habitants vraiment très accueillants. Pour le retour à Balasore (pour prendre le train qui relie Puri, Bubaneswar et Calcutta) : bus le matin à 7h10 ou 8h10 à 200 m de l'hôtel (10 Rp) Si vous disposez d'une semaine de plus, faites un saut au Sikkim et à Darjeeling, moi je n'ai pas eu le temps car je n'avais "que" 3 semaines devant moi...😉
Durant ce séjour il faisait entre 32 et 36 degrés (chaleur humide) et il n'y a eu que du grand soleil... L'Inde, ce pays plein de contrastes, de surprises et de poésie est un enchantement pour l'amateur photos que je suis. Ma plus grande émotion de ce voyage : l'occasion m'a été donnée de visiter un orphelinat, la chaleur de l'accueil fait par ces enfants orphelins à la fois souriants et tristes était extrêmement touchante, impossible d'y rester insensible... Pour l'instant, ce séjour à Calcutta et en Orissa reste mon plus beau voyage (en particulier au niveau des émotions), toutes destinations confondues.
Mes prochaines destinations de routard : - un trek au Népal (prévu pour octobre-novembre 2009, durée du séjour 3 semaines dont environ 2 semaines de trek de niveau pas trop dur), j'aimerais m'inclure dans un groupe une fois sur place (c'est possible ?) avec un bon guide-sherpa local - un séjour en Inde du sud (prévu pour décembre 2009-janvier 2010, durée 3 semaines : Tamil Nadu + Kerala).😎 Petite angoisse : je n'ai encore rien préparé pour ces 2 voyages (ni visa, ni billet d'avion, ni itinéraire, ni sherpa...)🤪 mais je compte sur vous pour m'envoyer vos conseils et tuyaux !...😉 (en MP)
Voici quelques impressions de voyage sur mon deuxième séjour en Inde (après le Rajasthan). Je suis allé - seul et en routard - à Calcutta et en Orissa du 13 février au 7 mars 2009.
J'ai d'abord passé une semaine à Calcutta (le nom officiel anglais était Calcutta jusqu'en 2001 où il a été changé en Kolkata), qui est une ville plutôt sympa et jolie à visiter (il faut juste faire abstraction du bruit incessant des klaxons et de la forte pollution). Vivre à Paris constitue donc une bonne préparation pour "affronter" cette ville et sa foule, mais dès qu'on s'éloigne un peu des grandes avenues, dès qu'on sort des sentiers battus, alors il y a beaucoup de bonnes surprises qui s'offrent au voyageur. Mon conseil numéro 1 pour profiter agréablement de Calcutta sans devenir sourd et/ou mourir asphyxié est donc de passer le moins de temps possible dans les grandes avenues ou boulevards : donc ne pas hésiter à s'engager dans les petites rues même si on se perd un peu, en plus c'est super sympa et on peut facilement discuter avec des habitants ; et ne pas hésiter à utiliser le métro (très propre, moins bondé que celui de Paris, une rame toutes les 10mn, marche de 7h à 21h45, prix du ticket : 4, 6, 8 Rp selon la distance, billet à acheter le jour même, peu d'attente aux guichets, gros sacs à dos pas acceptés pour raisons de sécurité suite aux attentats de Bombay) ; ne pas hésiter non plus à utiliser les bus (demander où se trouve les arrêts de bus, demander quel bus permet d'aller à tel endroit, les indiens vous renseignent sans problème ; prix du billet : 4 à 6 Rp selon la distance, et selon que c'est un bus public ou un minibus privé). Le soir de mon arrivée, pour me remettre de la fatigue du voyage je suis allé voir un film bollywood en langue hindi, évidemment j'ai rien compris mais il y avait une sacré ambiance dans le ciné d'autant que c'était LA star indienne qui tenait le 1er rôle, Shah Rukh Khan (ici on l'appelle souvent "king Khan", c'est dire...). Attention très peu de banques acceptent de changer les chèques de voyage, donc soit aller chez Thomas Cook (un peu excentré, partie sud de la ville) soit faire le change dans certains hôtels. J'ai surtout logé dans le quartier "routard" (et central) de Sudder Street, puis 2 nuits plus au nord dans le quartier de Chadni Chowk (vers BBD Bagh). Restos : bonne appréciation pour le Bar BQ et le Blue Sky Cafe Hotel Aafreen Tower : la chambre double avec salle de bains est à 600 Rp minimum, l'eau chaude n'est pas toujours dispo, l'accueil à la réception est très froid). Hotel Esplanade Chambers : très belles chambres, accueil agréable Hotel Gypsy Inn : n'as pas reçu l'agrément pour recevoir des clients étrangers Le matin de 6 à 7h, possibilité de participer gratuitement à un cours de yoga pranayama (technique qui se base sur la respiration nasale et abdominale) ou de yoga du rire, dans un parc (Rabindra Sarovar, près de la station de métro du même nom) face a un petit lac. Pas besoin de mettre mon réveil pour me réveiller à 5 heures, c'était le haut-parleur de la mosquée du quartier qui s'en chargeait (eh oui ici le tapage nocturne est une notion qui n'existe pas, surtout quand il s'agit de religion...). Les quelques jours passés à visiter Calcutta ont donc été fort agréables, en dépit de l'agitation parfois fatigante de cette ville, qui n'est pas aussi misérable qu'on le dit souvent. Dans cette ville, les 2/3 des jeunes occidentaux sont là pour bosser quelques mois dans l'humanitaire ou le social (notamment dans l'institution de Mère Theresa, plus rarement dans les bidonvilles). Pour les achats, le Central Cottage Industries Emporium vend du thé Darjeeling (et aussi du thé de l'Assam) dans de très jolis sachets de tissu, idéal pour des cadeaux. Excellent site web pour découvrir la ville et connaître l'agenda culturel : http://www.ilovekolkata.in (à préférer à la revue Cal Calling, citée dans certains guides, qui donne peu d'infos et qui n'est pas facile à se procurer)
J'ai passé deux semaines dans l'Etat de l'Orissa, peu touristique mais qui gagne a être connu : temples magnifiques, jolies plages, bananiers et cocotiers en veux-tu en voilà, rizières, villages de pêcheurs où le mode de vie n'a guère changé depuis des siècles, festival de danses folkloriques locales de haut niveau (Konarak), artisanat très riche (le village d'artistes de Raghurarpur), massages ayurvédiques (essentiellement à Puri, 300 à 400 Rp pour 1h), cours de yoga en plein air, pour les repas poisson frais et gambas sans oublier de délicieuses pâtisseries, dégustation de noix de coco à tous les coins de rue... Ici ont est officiellement encore en Inde du nord, mais on se croirait vraiment en Inde du sud !... Voici les principaux endroits où je suis allé en Orissa : Bhubaneswar (c'est la capitale) Superbes temples dans la vieille ville (se visite en 1/2 journée). Hotel Venus Inn : bonne appréciation, très bon resto et... excellente pâtisserie juste à côté de l'hôtel !... Puri Principale ville touristique (surtout des touristes indiens), connue aussi pour son activité religieuse (pèlerinages). Le Z Hotel a tendance à trop profiter de sa notoriété, les prix sont chers (150 Rp en dortoir sans salle de bains, 250 Rp pour une single sans salle de bains, 600 pour une double sans salle de bains, 700 pour une double avec salle de bains), on paie le joli cadre, on paie la salle à manger conviviale et la salle TV/DVD. Réception peu aimable. En restant dans la même rue (Hotel Arya Palace - CT Roard - tel (06752) 232688 ou 232689) on peut trouver une belle chambre double avec salle de bains et balcon pour 250 Rp !... Hotel Tanuja : bien, mais réception peu aimable, chambres doubles à partir de 250 Rp avec salle de bains. Garden restaurant : peu fréquenté, des routards m'ont dit qu'ils ont été malades 3 fois en allant dans ce resto. Peace Restaurant : super resto, tous les routards y vont, poisson frais, accueil très sympa, rencontres faciles Honey Bee Bakery & pizzeria : resto climatisé (rare à Puri), idéal quand il fait bien chaud, bons gateaux Dans la partie sud de la ville (quartier de Marina Parade, près de la mer), entre 6 h et 7h30 du matin, possibilité d'assister à des crémations de la tradition hindoue (bûchers funéraires), y aller à vélo ou en rickshaw depuis le quartier des hôtels de routards. Ne pas hésiter à louer un vélo ou une moto dans le quartier des hôtels de routards, cela permet de découvrir Puri et ses environs d'une manière très agréable. Konarak Petit village touristique. Très beau Sun Temple, magnifiques festivals de danses traditionnelles 2 fois par an. Hotel Yatri Nivas : très bien Pour louer un vélo, pas de magasin de location mais en s'adressant aux différents hôtels du village, il y aura toujours un employé qui finira par vous louer son vélo perso contre 30 Rp pour une journée, voici une jolie ballade : suivre la route principale jusqu'à la mer, déguster une noix de coco et pédaler jusqu'au village de pêcheurs juste à côté. Chandipur on Sea (petit village situé vers Balassore, à mi-chemin entre Bhubaneshwar et Calcutta) Tout en remontant vers Calcutta (à 40 mn de la gare ferroviaire de Balassore, soit en bus 10 Rp (arrêt de bus Station Square, à 400 m de la gare, prendre le bus à 6h40 le matin) soit en rickshaw 250 Rp), j'ai terminé mon séjour en Orissa dans un coin absolument charmant et peu connu : Chandipur, un petit village de paysans et de pêcheurs au bord de la mer, avec une plage en pente douce ou on a pied pendant 5 km !... Couchers de soleil sublimes... Hotel Panthanivas Tourist Bungalow - Tel : (06782) 270051 - dortoir : 150 Rp, ou chambres à partir de 650 la double non AC - accueil chaleureux, très bon resto, hôtel gouvernemental bien tenu, face à la mer, très calme http://www.webshots.com/search?query=Chandipur+Photos A Chandipur il y a à la fois la tranquillité de la campagne et la beauté de la mer, j'étais le seul occidental du coin alors j'étais l'attraction du village, je devais décliner mon CV une dizaine de fois par jour pour satisfaire la curiosité des habitants vraiment très accueillants. Pour le retour à Balasore (pour prendre le train qui relie Puri, Bubaneswar et Calcutta) : bus le matin à 7h10 ou 8h10 à 200 m de l'hôtel (10 Rp) Si vous disposez d'une semaine de plus, faites un saut au Sikkim et à Darjeeling, moi je n'ai pas eu le temps car je n'avais "que" 3 semaines devant moi...😉
Durant ce séjour il faisait entre 32 et 36 degrés (chaleur humide) et il n'y a eu que du grand soleil... L'Inde, ce pays plein de contrastes, de surprises et de poésie est un enchantement pour l'amateur photos que je suis. Ma plus grande émotion de ce voyage : l'occasion m'a été donnée de visiter un orphelinat, la chaleur de l'accueil fait par ces enfants orphelins à la fois souriants et tristes était extrêmement touchante, impossible d'y rester insensible... Pour l'instant, ce séjour à Calcutta et en Orissa reste mon plus beau voyage (en particulier au niveau des émotions), toutes destinations confondues.
Mes prochaines destinations de routard : - un trek au Népal (prévu pour octobre-novembre 2009, durée du séjour 3 semaines dont environ 2 semaines de trek de niveau pas trop dur), j'aimerais m'inclure dans un groupe une fois sur place (c'est possible ?) avec un bon guide-sherpa local - un séjour en Inde du sud (prévu pour décembre 2009-janvier 2010, durée 3 semaines : Tamil Nadu + Kerala).😎 Petite angoisse : je n'ai encore rien préparé pour ces 2 voyages (ni visa, ni billet d'avion, ni itinéraire, ni sherpa...)🤪 mais je compte sur vous pour m'envoyer vos conseils et tuyaux !...😉 (en MP)
Retour de Madagascar, de l'Ouest au Grand Sud English translation pending
Bonjour,
je voulais vous faire partager notre séjour d'aout 2008 à Mada. Certes ce n'est pas tout frais et les récents évennements politiques en découragent peut être certains (danger ou pas, je ne me prononcerai pas...).
En tout cas, pour notre deuxième voyage à Mada, différents du premier car beaucoup moins de temps mais un peu plus d'argent, la beauté de la nature et la gentillesse des gens est toujours au rendez vous.
Bonne lecture et bons voyages
14/8/8 C’est reparti !
Départ de St Denis à 21h20, avec 1h de retard. Le bureau de Marie-Christine ma collègue-était devenue une succursale de Décathlon. Vol sans histoire dans un tout petit avion ce qui a comme avantage de récupérer très vite les bagages. On pensait aller à l’hôtel Manoir rouge à pied mais en pleine nuit, pas facile, même de repérer le château d’eau, principal repère. On a donc fini par monter dans une teuf teuf toute vieille mais qui nous a amenés à bond port. Charmant petit hôtel avec une belle salle commune avec cheminée au rez de chaussée et des chambres bien décorées d’aquarelles. On avait une chambre de 3 avec salle de bain privée et eau chaude, le vrai luxe ! On avait déjà dîner au Gillot (aéroport de La Réunion) donc dodo rapide.
15/8/8 Changement de programme…déjà…
Levés à 6h30. Super petit déj avec croissants, gâteau, même du lait et une sorte de St Marcellin. Cette fois, on arrive à l’aéroport à pied, rien ne semble avoir changé à Mada, même odeurs, couleurs, échoppes. A l’aéroport, mauvaise nouvelle, le vol pour Morondava a été annulé hier soir tard (alors qu’on nous l’avait confirmé au Gillot, à 21h….). Aucune explication bien entendu, probable regroupement d’avion mais pour, le lendemain ! Quand même logés et nourris par Air Mada. On nous alloue donc un taxi et départ pour Tana. On débarque à l’hôtel Glacier sur l’avenue de l’indépendance plutôt impersonnel mais confortable. On avait droit à un petit déj donc on est allé prendre un café. Et puis on a passé la matinée à se balader dans Tana : église St Jean Baptiste (avec messe, 15 août oblige), palais de la reine, ancien palais de justice, Rova et pèlerinage à la maison de June avec la descente de notre escalier et rencontre avec le coq qui monte les marches donc on fera passer une photo à Lionel (c’est une longue histoire..). Retour à l’hôtel par le lac Inosy qui pue toujours autant et les coiffeurs barbiers (Alex ne veut toujours pas y aller). Repas de midi classique : œufs mayo, akoho (poulet) avec porc et sauce et pommes de terres sautées et tarte glacée. Rien d’exceptionnel mais pas de riz. Après une petite sieste, on repart pour chercher le marché aux livres en passant par l’escalier aux tampons, le palais présidentiel et l’hôtel Colbert que j’adore. Rien d’intéressant au marché, beaucoup de livres scolaires. Ensuite, visite de quelques boutiques d’artisanat vers l’hôtel. On a cherché le marché aux tissus mais beaucoup trop de monde, pas de noms de rue et vers 17h, plus d’espoir de trouver quelque chose donc bredouilles. Pour se consoler on est allé manger une glace au Tonton Gourmand. Au dîner, pates carbonara, très locales, encore pas de riz. Quitte à être dans un hôtel à touristes, autant regarder les JO à la télé, en plus il y a de la gym (j’avais regardé les derniers en Turquie…). On nous annonce en prime que le vol ne partira pas à 10h10 mais à 12h, on commence à se demander si on y arrivera un jour.
16/8/8 : enfin le départ !
Après le petit déjeuner, on se rend compte que le chauffeur de taxi n’a pas été prévenu du retard du vol, il est donc passablement énervé. On part donc en vitesse et on arrive très tôt à l’aéroport, plus que 2h30 à attendre, encore les JO mais pas de gym cette fois… Le vol pour Tuléar est reporté, celui pour Nosy Be a 2h de retard, on s’attend d’une minute à l’autre que le nôtre aussi mais non, la chance tourne, on part avec 30 minutes de retard dans un avion à hélice de 15 places. La passagère de devant est hystérique, une autre vomit, c’est assez folklo. Evidement, à cette altitude, on a une belle vue sur les hauts plateaux puis sur les plantations. Atterrissage sans problème sur le petit aéroport de Morondava. Une angoisse est levée, Samuel notre guide est là, ça fait juste 26h qu’il nous attend et je n’avais aucun moyen pour le contacter. Le plaisir de se voir a donc l’air réciproque. Le chauffeur, Julien est aussi là avec le 4x4, Nissan, pas de toute première jeunesse mais les pneus ont l’air bons. Pas le temps de faire du tourisme à Monrondave, on fait le plein (80L, au même prix qu’en France, les Malgaches n’ont vraiment pas besoin de ces prix exorbitants…). Le début de la piste est correct, on passe par l’allée des baobabs où on nous accorde 5 min pour prendre des photos, on aura plus de temps au retour avec coucher de soleil en prime. Après, ça a été plus inégal et surtout plus long. Heureusement, on a eu le premier bac de Bélo/Tsirbiny tout de suite avec une traversée magnifique au coucher du soleil. On a dîné à Belo dans un hotely gargote où le service a été très long. Le reste de la route a été pénible, en pleine nuit donc rien à voir, bref interminable. On est arrivé à minuit. Le temps de passer le bac, là encore tout de suite et on était enfin dans les tsingy, enfin juste à coté. Les tentes Intersport tiennent leur promesse, dépliées en 1s. Samuel nous donne des matelas, on fait un peu de bruit dans le campement, il y a une quinzaine de tentes.
17/8/8 : parcours sportif dans les petits tsingys
Réveil très tôt : coqs qui chantent, touristes de la tente d’à coté qui se vengent du souk d’hier soir etc.… Douche au baquet mais pas trop froide et appréciable parce qu’il fait déjà chaud malgré les nuages. Petit déj dans gargote en face de l’embarcadère ? Au bureau de l’ANGAP, on choisit le parcours sportif dans les petits tsingys avec Tovelas, le guide qui nous a bien expliqué l’histoire de la formation des tsingys. Début de la ballade au-dessus des petits tsingys bien acérés. Ensuite, on est passé dans la forêt : packypodium, tamariniers, pallissandre. Puis début des grottes dont une où on a mangé, Tovelas s’est beaucoup intéressé à notre camembert en boite réunionnais. L’après midi, une autre série de souterrains et surtout une descente en rappel dans un trou de 20m. On a vu beaucoup de petites chauves souris, des lémuriens vazahas (blancs) et bruns et des rats malgaches (ressemblent plus à des écureuils). En revenant, petit caméléon blanc qui semble avoir été mis un peu exprès en face du bureau de l’ANGAP. Nouvelle douche au seau, certains touristes se baignent dans la Manambole mais il y aurait des crocodiles donc… Beau coucher de soleil sur la rivière où les enfants lancent des petits bateaux faits de bouteilles en plastique et de bouts de bois ou vont chercher de l’eau. On mange à la petite gargote comme tous les autres touristes. C’est très bon, les enfants chantent. Toutes les touristes femmes font comme moi, elles écrivent leur journal ou programment leur voyage pendant que leurs hommes leurs demandent à quoi ça sert etc.…Demain, en principe, on se fait les grand tsingys.
18/8/8 : les grand tsingys au soleil
Départ à 7h après le petit déj. La nuit et le réveil se sont bien passés. On va chercher Tovelas à Bekopaka où il vit et on règle au chef de l’ANGAP un supplément pour enchaîner les 2 circuits des grands tsingys ce qui, en principe, ne se fait pas. On met 1h en 4x4 pour faire les 17km qui nous séparent du départ du sentier. Au début, marche dans la forêt, beaucoup de lémuriens blancs mais qui sont perchés sur la canopée donc difficiles à bien voir. Egalement plusieurs esp��ces d’oiseaux. Niveau végétation, même chose qu’hier. On arrive aux grands tsingys avec un très beau point de vue d’en haut. La montée s’est faite avec des chaînes et des baudriers mais elle est très bien emménagée avec plein de marches. Très belle vue sur l’ensemble des tsingys qui sont assez étendus. Visite en redescendant de grottes et canyons entre les tsingys, très impressionant. Le problème c’est la chaleur, on cuit comme des œufs au plat ! Heureusement on s’arrête pique-niquer dans une grotte. Le pain est vraiment ignoble, encore pire que celui de Bessans (pour les connaisseurs) mais au moins on en a ! L’après midi, deuxième circuit avec encore de beaux points de vue et de belles descentes spéléo mais pas de rappel aujourd’hui. On voit une mangouste, encore des lémuriens dont un couple avec un bébé et un nocturne insomniaque dans son tronc d’arbre, des perroquets, des sortes de grives et des couas (sortes de faisans). Egalement des « arbres qui pèlent », des packypodiums et des euphorbes. On finit vers 15h30 et on retrouve Samuel et Julien au parking qui ont attendus (se sont reposés) toute la journée… On est complètement déshydratés. On offre à Tovelas, un de nos Gérard, notre fromage en boite. Au camp, douche au seau sans seau, certaines personnes qui ont du mal à comprendre le concept, pourtant simple, avaient dû regrouper tous les godets dans la même douche ! Après, lessive dans la Manambolo mais pas facile avec 10cm de fond et de l’eau boueuse. J’ai fini par m’en sortir, le T-Shirt blanc le redevient presque. Et pas de crocodile. On a trouvé un petit caméléon prés de nos tentes qui a viré au rose quand Alex l’a pris dans sa main. On a finit par le remettre sur une branche car il était mort de peur. Au dîner, poulet-frites, pas mauvais et papaye plus étonnamment (ou on s’habitue), pas mauvaise non plus. Cette fois, les enfants ne chantent pas, ils dansent. On arrive à combler notre retard hydrique. On s’inquiète sur la manière de replier la tente demain surtout que Samuel a été clair, il faut lever le camps à 7h si on veut voir le coucher de soleil (à 17h30…ça promet une belle journée de piste !).
19/8/8 : l’allée des baobabs au coucher du soleil
Départ à 7h pétantes après avoir petit-déjeuner sur la plage : pas de pain ce matin, petits beignets blancs et bananes. On enlève un zéro à l’addition, le responsable étant meilleur cuisinier que mathématicien. On prend le bac et on file direction l’allée des baobabs. Le seul objectif de la journée : arriver avant 17h30 ! On arrive à Belo/Tsirbiny à 11h. On va au même resto qu’à l’aller, toujours aussi dynamiques donc on en sort à 12h30. Arrivés au bac, obligés de l’attendre puis deux autres 4x4 arrivent. Heureusement, ils n’ont pas attendu que ça se remplisse complètement. Traversée de la Tsirbiny cette fois en plein jour. Ensuite, on a bombé pour arriver à l’heure (bonjour le dos !) avec un détour aux baobabs amoureux (toujours aussi amoureux d’ailleurs, c'est beau de voir ça) et l’arrivée sur l’allée à 17h. Evidemment, on n’est pas tout seuls mais les 4x4 se rangent tous à la sortie pour qu’on ne les voie pas et les gens sont tellement petits par rapport à la taille des baobabs. Très beau coucher de soleil, pleins de belles photos en perspective ; Retour tranquille à Morondava où on s’arrête au Zoom Hôtel, entre la plage et la mosquée. Propre, eau chaude, électricité, bref sympa après 3j de camping. On va dîner Chez Fab, à coté du palais de justice, un resto tendance chinois, très bons beignets de crevettes.
20/8/8 : Morondava-Manja : la piste dans la savane
Petit dej à l’hôtel, comme il n’y a pas de salle à manger, on nous met une table sur la terrasse, sympa, même si on ne voit la mer qu’en se mettant debout sur une des chaises. Après avoir recompté l’addition (décidément), on va à la banque où on a un problème de limitation de retrait (300 000Ar/pers). Heureusement qu’on a trois cartes car le plein d’essence et 2 bidons nous en coûte 270 000 Ar à lui tout seul. A priori on devrait en avoir jusqu’à Tuléar. Petit approvisionnement en pain puis départ pour la piste pendant 8h ! Etat correct des routes mais 30km/h de moyenne. Heureusement qu’on avait prévu le pique-nique car il n'y a que de tous petits villages de brousse. Le paysage en vaut la peine : savane, baobabs, zébus, plein d’oiseaux. On traverse plusieurs cours d’eau ce qui ne nous fait pas regretter notre 4x4. On pique-nique au bord d’un fleuve où l’on fint notre dernier Gérard avec regret, on sait que nous n’aurons plus de fromage jusqu’au bout. En plus, c’est un repas avec spectacle puisqu’un berger essaie de faire traverser ses chèvres une par une, visiblement, les chèvres, ça n’aime pas l’eau. D’ailleurs, heureusement qu’il était là car Julien s’était trompé de route mais pas de beaucoup, il n’a pas fallu tout se retaper, ouf ! Evidemment, il n’y a aucun panneau nulle part, c’est à se demander comment il fait, même s’il a déjà fait ce parcours plusieurs fois avec d’autres touristes. L’après midi, paysages semblables, Samuel met de la musique des années 60 ce qui plait beaucoup à Maman. On arrive à Manja à 17h30 avec un mal de dos mémorable. Petit hôtel, le seul d’après Samuel avec des bungalows et de vraies douches. Manja est un petit bourg, on en a vite fait le tour et on ne passe pas inaperçus. Impossible de trouver du gel douche même chez les karans. L’église, en dur, est assez jolie. On rentre prendre une douche car on est de la même couleur que le sable. Au dîner, resto de l’hôtel, steak de zébu super bon. Samuel vient nous dire que demain on s’arrêtera à Andavadoaka plutôt qu’à Salary car ça permettra de faire des étapes moins longues. Ça nous va, on va se coucher.
21/8/8 : Manja-Andavadoaka : le désert
Départ à 6h30 sans petit déj, on leur avait dit 6h mais c’est nous qui les avons réveillés pour au moins payer. Pas de ronflements cette nuit, on avait 2 bungalows séparés, par contre les chiens n’ont pas arrêté. On a donc mangé des biscuits dans la voiture. Objectif du jour : arriver au bac de la Maongoky avant 12h sinon on ne peut plus passer avant 14h (c’est un bac public). On l’a largement atteint puisqu’on y était à 10h30 et il était du bon coté de la rivière en plus. Par contre ils n’avaient pas été approvisionnés en gazoil donc le bac a été tiré par une dizaine d’hommes (bizarre de voir ça, quand même…). Après 15 minutes de traversée, on reprend la route pour Morombe, piste pas trop mauvaise mais c’est loin. Végétation de plus en plus rare, on se croirait dans la savane africaine. On traverse plein de villages, des zébus, des chèvres et quelques baobabs qui se transforment peu à peu pour devenir bouteilles et plus rouges. Par contre la piste passe du rouge au blanc : du sable. On arrive à Morombe vers 13h30 où cette fois on mange dans une vraie gargote (avec les JO en prime) de l’akoho-sauce-riz (très bien pour mes intestins qui ne supportaient guère l’embourgeoisement frites-légumes). Ensuite, rembarquement, il reste quand même 2h de route. On croise une nouvelle espèce de cactus, des didiéracaes très épineux et tournés vers le sud. On passe aussi devant un énorme baobab tout rouge puis quelques minutes avant d’arriver devant une forêt de baobabs rouges sur des champs de salicornes, rouges aussi, absolument magnifique surtout à 16h où il y a toujours la plus belle lumière. A Andavadoaka, on descend au Coco Beach, un ensemble de petits bungalows sur la plage. Malheureusement, il y a énormément de vent, impossible de se baigner. Alex ramasse de beaux coquillages dont un énorme cône puis on attend le coucher de soleil dans nos blousons, pas terrible. En plus, pas d’eau chaude pour se réchauffer un peu. Au dîner, calamars –riz, pas de langouste, une grosse déception pour Alex et Maman. Le ciel étoilé est très beau, une fois qu’on a bien fermé porte et fenêtres, le vent ne rentre pratiquement pas. Demain, départ pour Tuléar à 6h30.
22/8/8 : Andavadoaka-Tuléar : la route sur la cote
Lever à 5h45 sans lumière, pas simple de retrouver ses affaires. Cette fois, le petit déjeuner est à l‘heure et l’addition est bonne, une journée qui commence bien. On s’attarde un peu pour prendre des photos des bungalows au lever du soleil, il y a moins de vent. Au début, la route est semblable à celle d’hier après midi puis changement, végétation beaucoup plus rare avec le sable blanc et la mer qui apparaît. Au niveau des couleurs, on se croirait presque dans les calanques sauf qu’on arrive au village de Andravongny et que là il y a une immense dune de sable blanc. Les enfants sont gentils mais un peu collants, le site est par contre splendide On reprend la route pour atteindre Salary, un petit village au bord de la mer où Samuel nous accorde l’autorisation de nous baigner. Rien à voir au fond de l’eau mais de belles pirogues avec un départ pour la pêche et des enfants supers mignons. On a même pu se rincer dans la douche d’un petit hôtel où on a mangé du poulpe. Encore quelques heures de route avant d’atteindre Tuléar à 17h. Hôtel Chez Zazah, chambres sympas dans un joli jardin mais accueil moyen. On va réserver le bateau pour Anakao à la compagnie du sud, mauvaise réputation mais c’est le seul qui est encore ouvert. Après, on essaie d’aller à la banque là, gros soucis, aucun guichet ne fonctionne, problème de réseau. On commence déjà à se demander comment on va se rationner jusqu’à Fort Dauphin avec le peu qu’on a et on prie pour que demain ça remarche. Histoire de ne pas trop se morfondre, on va dîner au Panda, chinois, bon crabe farci. On rentre à pied en pleine nuit, un peu craignos quand même (oui Ony, ce n'est pas raisonable!), surtout que c’est assez loin de l’hôtel.
23/8/8 : Tuléar-Anakao, en bateau
Levés à 6h, pas vraiment pressés car on n’a le bateau qu’à 10h. Petit déjeuner à l’hôtel avec de la gelée de groseille ! On réessaie d’abord les banques, et ce matin ça marche, on est donc beaucoup plus tranquilles. On a donc 2h et les poches suffisamment pleines pour profiter du marché artisanal. Le marchandage marche toujours aussi bien. J’ai déjà les cadeaux de Noël pour pleins de gens, il faut être organisée. Alex hésite longtemps pour 2 totems et finalement ne les prend pas, c’est vrai que le voyage n’est pas fini. Cependant, pour note, on n’en a ensuite vu de semblables nulle part ailleurs, y compris à Tana. Maman achète des bricoles et une belle statue en bois. On arrive à trouver la poste mais acheter les timbres demandent du temps, beaucoup, beaucoup de temps : il faut trouver la calculette, calculer, trouver les timbres), mais ça vaut le coup, il a réussi à me trouver des timbres avec des fleurs pour Tonton. Bon par contre, après tout ça, pour le coup, on était à la bourre, course vers l’hôtel pour récupérer les affaires et partir à l’embarcadère. Le vazaha responsable nous annonce que nous attendons 3 personnes qui viennent de l’Isalo, super, vu où se trouve l’Isalo, ça nous paraît mal barré. On nous fait attendre au CocoBe, un hôtel. Finalement, on a été mauvaises langues, les 3 Italiennes sont arrivées à 10h pile (elles n’ont pas du faire la grasse mat). On prend une charrette à zébu (si, si) pour embarquer sur la vedette. La traversée dure 1h avec des montagnes semblables à l’Isalo à gauche et pleins de pirogues vezos. Arrivés à Anakao, les Italiennes débarquent d’un coté de la baie, nous de l’autre. On voulait se renseigner au club de plongée, l’Atlantide pour Alex, il se trouve qu’ils louent aussi des bungalows. Alex peut plonger mais tout de suite. On speede donc un peu, la combi de Pierre, le responsable est même un peu grande pour Alex, le comble. Il part donc et on reste en plan avec les affaires, apparemment pour le snorkelling, c’est pas top. Les bungalows disponibles sont craquants, celui de Maman ressemble à une hutte mais le lit est sur une estrade. Le nôtre est plus grand mais le lit est posé direct sur le sable. Et contrairement à ce qu’il y a écrit dans le routard, il y a des WC. La douche, au seau est à l’extérieur, elle n’a pas de porte mais une sorte de couloir d’accès en colimaçons qui masque la vue de l’extérieur, comprend pas bien pourquoi une porte aurait été plus difficile à construire. On va déjeuner, il n’y a que des crevettes mais elles sont excellentes. On commande de la langouste pour le soir. Alex finit par revenir à 14h30, apparemment, il a vu de beaux coraux. Ils sont resté 50 minutes dans l’eau, pas mal. Il se prend aussi des crevettes. Après le repas, plage devant les bungalows mais dommage, le vent s’est levé, l’eau n’est pas très chaude et c’est marée basse. Heureusement, il y a du sable blanc, de l‘eau turquoise et de belles pirogues, on ne va donc pas se plaindre. On va ensuite prendre une douche, l’eau est restée toute la journée dans le baquet donc elle est bien chaude et comme il n’y a pas de toit à la douche, on est sous le soleil, bref, beaucoup mieux que les douches froides des hôtels. Il y a quelques boutiques d’artisanat dans le village mais rien des très original et pas de cartes postales (timbres si durement acquis, pour rien ?). On fini par arriver Chez Emile où on a rendez-vous avec Samuel. Lui et Julien sont passés par la route qui est pourrie (pléonasme) et dangereuse (beaucoup de braquages). Ils ne savaient donc pas bien à quelle heure ils allaient arriver surtout qu’ils étaient partis après nous. A 19h30, toujours personne donc on a fini par retourner au resto après avoir laissé un mot au cas où. Arrivés au resto après 30 minutes de marche, on nous annonce que finalement il n’y a pas de langouste. Alex et maman sont très déçus. On prend donc du calmar mais il est vraiment très bon. On finit quand même par voir arriver Samuel qui nous a cherché car le club de plongée a déménagé depuis sa dernière venue à Anakao. En tout cas, il avait eu le mot, comme quoi, les moyens de communiquer les plus simples sont parfois les meilleurs En fait, ils ont crevé sur la route mais ils ont pu réparer le pneu. On leur offre une bière, ils l’ont bien mérité. Puis on va se coucher dans nos huttes.
24/8/8 : Anakao-Itampolo : enfin la langouste
Départ à 6h30. le coq a chanté juste derrière la hutte (en roseaux comme la douche) à 4h30 et j’ai passé la nuit à me gratter (Alex ne se fait jamais piquer, c’est pas juste). Il n’y a pas de pain à Anakao, on gagne au change, c’est crêpes pour le petit déjeuner. On roule sur une bonne piste (ou on s’habitue) pendant 1h30 pour arriver au village d’Ambola où on commande le repas de midi, langouste si possible. Ensuite on part pour le parc de Tsimanampetsotsa (à mes souhaits? merci!) où on nous propose plusieurs circuits. On ne peut pas faire celui de 10km qui serait trop long. La visite commence par une ballade en forêt où on voit des baobabs souriants (Andasonia fony) et une autre espèce (A. za) dont un de 3000 ans tout ridé. Egalement, une grotte avec des poissons aveugles et blancs et des hirondelles. Une multitude de makis qui nous permettent d’approcher à moins d’un mètre et un beau banian avec des perroquets, des fous de madagascar. Il y a aussi des couas, des pintades et des crottes de sangliers (comment ça on s'en fout?). Plein de plantes médicinales dont le guide tente de nous expliquer l’utilité : « contre » la fontanelle, le shampoing, le savon et évidemment plusieurs sortes de viagras naturels. On est ensuite allé vers le lac qui mesure 15km de long et 2km de large, très salé car il communique avec la mer par le fond. Il est magnifique car turquoise avec des bords qui même s’ils sont boueux sont blancs. On monte à un petit point de vue, au milieu du lac, il y a quelques îlots avec des arbres pointus, de loin ça ressemble à l’île des Pins de Nouvelle Calédonie pour les connaisseurs. On redescend pour voir les flamands roses mais c’est plutôt décevant, il n’y en a que 3000 donc sur cette superficie, forcément, la densité est faible mais on voit quand même 2 jolis vols. Ensuite, on reprend le 4x4 car on a faim (les crêpes, c’est meilleur mais ça remplit moins que le pain). Au resto, pas de langouste mais de bons poissons (une princesse et deux capitaines) grillés avec une bonne sauce tomate pour le riz. En milieu de repas, on nous apporte gentiment une toute petite langouste que Maman et Alex se partagent. Le site, très beau, est au bord de l’eau. L’après midi, reprise de la route avec plusieurs beaux tombeaux avec cornes de zébus, peintures et alloals. On passe un peu vite car apparemment problèmes avec les villages alentour qui demandent des droits de passage etc.… Justement ce jour là dans un des villages, il y a eu un décès, les habitants ont loué un orchestre pour faire la fête, ils vont également sacrifier 5 zébus, peut être plus les jours suivants. La végétation change aussi avec énormément de sisals et des cactus avec des figues de barbarie. 3h de route, on arrive à Itampolo, petit village côtier. Samuel nous emmène dans un hôtel au bout de la plage, cette fois c’est le luxe, 50 000 Ar pour un bungalow de 3 mais les pieds dans l’eau. On a le temps d’aller se baigner avant le coucher du soleil, super. On a fait 1km pour trouver un misérable petit coquillage, ça dépend vraiment des endroits. En revenant, Maman avait commandé 2 langoustes et 1 poisson. Les langoustes sont énormes et visiblement très bonnes. Mon capitaine était succulent et très copieux. On réserve une pirogue pour demain matin, verra t’on une baleine ?
25/8/8 : enfin une journée sans piste et une baleine
On a presque fait la grasse matinée, lever 7h. Petit déjeuner avec du bon pain blanc et de la marmelade d’orange. La pirogue est à l’heure, on va d’abord vers le large puisqu’il paraît qu’il y a une baleine. Effectivement, la grosse tache noire qu’on voit à peine grossit et on en voit même une plus petite, il y a un baleineau ! Manque de bol elle a déjà sauté ce matin tôt, et ne compte plus refaire sa gym. On arrive quand même à s’approcher à 100m et c’est trés impressionant, sur notre petite pirogue on a moyennement envie d’aller plus prés. Ils finissent donc par s’éloigner. Le piroguier nous a ensuite amenés à la barrière de corail pour plonger en tuba. L’eau est froide et pas de combi, les coraux sont très décevants mais il y a beaucoup de poissons, les tropicaux classiques comme à La Réunion et d’authentiques poissons rouges. Il y a aussi des étoiles de mer bleues comme aux Philippines. On remonte en grelottant sur le bateau, au loin, 2 jets d’eau de baleines, c’est finit pour aujourd’hui. On passe le reste de la matinée à bronzer sur la plage. Alex a eut tellement froid dans l’eau qu’il garde sa fourrure polaire, ce qui est moins pratique pour bronzer. Vers 12h30, on commence à avoir faim mais on n’a pas trop envie de rester parqués à l’hôtel donc on marche jusqu’au village. Sur la place principale sous un grand tamarinier, sont assis pleins de gens, on se demande ce qu’ils attendent surtout qu’ils sont en habits du dimanche…L’Unique Etoile, seul resto du village a l’air fermé. On essaie d’en trouver un autre mais un type nous aborde pour nous dire qu’on peut quand même manger. La terrasse donne sur la place, on saura peut être ce qu’ils attendent. On commande une Fresh bien fraîche pour patienter. Soudain, des chants pas très loin et arrive une procession dansante. Certaines personnes tiennent en l’air des chaises en plastique, d’autres une valise ou un bâton sur lequel est attaché un petit sac en plastique. Les petites filles brandissent des branchages. Devant, il y a 3 ou 4 zébus. On demande à la dame du resto ce dont il s’agit, on célèbre le décès d’un homme mort il y a 4 mois. On n��a pas trop compris si c’était pour le changer de tombeau ou autre. En tout cas, ils le (ré)enterrent demain. Ils ont fait plusieurs fois le tour du village, heureusement on a quand même échappé au sacrifice des zébus en direct. Au resto, très bons poissons grillés-sauce tomate-riz. On revient à l‘hôtel sous une chaleur accablante, la piste longe le cimetière (tombeaux avec cornes mais sans aloals) et on a la chance de voir notre première tortue radiée qui se baladait tranquillement. Elle ne semble pas contente de nous voir et souffle quand on l’attrape pour la prendre en photo. Et contrairement aux idées reçues, une tortue, ça court vite. Au bungalow, une sieste s’impose, la chasse à la tortue nous a épuisés. Ensuite on se décale sur la plage où Alex et Maman se rebaignent. On a beaucoup bronzés aujourd’hui et appréciés cette journée sans voiture.
26/8/8 : Itampolo-Lavanono : retour dans le désert
Départ à 6h45 après un bon petit déj. Pas de baleine ce matin. C’est parti pour 6h de pistes quasi-désertiques. Des paysages de dunes immenses qui gagnent du terrain d’après Samuel, des rivières immenses complètement à sec et bien sûr, de chaque coté de la route, des murs de figuiers de barbarie. On voit une tortue radiée sur le bord de la route, on s’arrête, pour les autres, on ne s’arrêtera plus, il y en a vraiment partout, Julien était obligé de faire des slaloms. Malheureusement, certaines se font quand même fait bugner, il y a beaucoup de carapaces vides. On s’arrête sur un marché, pas grand chose à voir, Samuel achète des figues de barbarie. Le goût ressemble à celui des kiwis en moins sucré. Sur la route, on a croisé de très beaux tombeaux avec aloals, avions, dessins colorés et évidemment des cornes de zébus. Enfin, on voie la mer, la chaleur est étouffante. On renonce à s’arrêter pour manger avant d’être arrivés. Les didiéréacés sont en fleurs et en feuilles ainsi que les aloes. Les euphorbes piquantes que mangent les zébus forment de véritables arbres. Arrivée à Lavanono, encore plus petit qu’Itampolo. Il y a 5 ou 6 bungalows sur la plage, très bien décorés, tenus par des Malgaches. On est morts de faim, on mange notre pique-nique sur la table devant notre bungalow. Ce n’est d’ailleurs pas brillant, le pain de Tuléar a 3j, il n’y a plus de Gérard donc c’est vache-qui-rit, pâté et figues de barbarie. Ensuite, baignade, il y a beaucoup de vagues, il paraît même qu’il y a des compets de surf. Coté coquillage, zéro, par contre il y a des éponges. On y reste tout l’après midi et on finit avec un beau coucher de soleil.
27/8/8 : Lavanono-Cap Ste Marie-Faux Cap : le sud du sud
Ce matin, pas de pain, des crêpes avec du bon miel. On part à 7h sur une jolie route bordée de figuiers de barbarie, les troupeaux de zébus sont de sortie. En 1h, on arrive à la réserve de Cap Ste Marie. Le guide ne parle pas français donc Samuel vient avec nous. On commence par arriver sur le circuit des grottes. Après une courte marche dans les épineux nains en compagnie des tortues radiées, on arrive à de magnifiques dunes de sable, il manque juste les dromadaires. Il y a des restes d’œufs d’aepyornis, une sorte d’autruche disparue il y a 700 ans. Ce sont vraiment de petits fragments, tout a été pillé. De l’autre coté de la dune, un magnifique paysage avec un rocher sacré sortant de l’eau. La coutume veut qu’on y dépose le cordon ombilical des bébés. Les rochers à fleur d’eau ont de curieux motifs, on dirait des rizières en terrasses. Il y a 3 ou 4 baleines, un peu loin mais on a des jumelles. Il y en a même une qui saute en se retournant. La suite, une belle plage en bas de dune avec une sorte de mini-calanque entre deux barres de rochers. On nous a autorisé à nous baigner mais l’ensemble forme une sorte de goulet. Dans un sens pas de problème mais pour revenir, c’est autre chose. Quand on a fini par sortir, on a vu que le guide s’était fait beaucoup de soucis. On reprend ensuite le 4x4 pour aller au phare et avoir un point de vue sur le vrai cap Ste Marie, le point le plus au sud de Madagascar. Au retour, le guide est obligé de descendre plusieurs fois pour déplacer les tortues du milieu de la route. Arrivés au bureau de l’ANGAP, on pique-nique sous un petit kiosque. Ce fut difficile car on a mis 25 minutes a retrouvé notre seule, unique et dernière boite de pâté. Dans les sacs, ça commence à être un peu le foutoir. Reprise ensuite de la route avec de très beaux tombeaux surmontés de voitures ou d’avions très colorés. Certains ont même encore un petit mausolée au milieu. Le route est plutôt bonne, on arrive à Faux-Cap à 14h30. On se rend au Cactus Hôtel, les bungalows y sont assez sommaires, et plutôt sales mais on n’a pas trop le choix. On va quand même se baigner malgrés le vent et on a une bonne surprise, la barrière de corail est très proche, il y a de beaux coraux. Par contre, cette fois, pas de poissons, à part un clown et des murènes. Douche au seau au bungalow, je commence à en avoir un peu marre de l’eau froide, je m’enrhume. Pour le coucher de soleil, cette fois, c’est coté terre derrière la petite église du village. Il y a pas mal de baraques en ruine, laissées à l’abandon et plein de cactus, ça fait très Mexique. Le groupe électrogène arrive à éclairer une ampoule de lampe de poche plutôt insuffisante pour l’ensemble de la salle de resto. Alex n’est pas amateur de dîner aux chandelles et râle. C’est vrai qu’en plus la salle est directement ouverte sur la mer, c’est joli mais froid. On a invité Samuel et Julien car c’est le dernier soir que Maman passe avec nous, la langouste avait l’air bonne mais le poisson avait le goût de l’algue, il paraît que c’est bon pour la santé. Et le gâteau manioc du dessert ne vaut pas le gâteau patate de La Réunion.
28/8/8 : Fort Dauphin : fin du périple
Partis à 7h après un petit déj sympas, galettes de riz et crêpes. Le début de la route est semblable à celui d’hier. On passe Tsiombe où devait avoir lieu une manifestation culturelle organisée par une assos française qui logeait également au Cactus Hôtel. Pas de musique pour l’instant mais un grand marché où l’on s’arrête un moment. Le paysage change complètement un peu plus loin, il y a des rizières, des bananiers, des feuilles d’éléphants. C’est beaucoup plus humide, on traverse plusieurs cours d’eau avec les activités qui en découlent : remplir les baquets, se laver, faire la lessive, étendre la lessive à même le sol. On croise des enfants sur la route qui font « la danse du sud », d’après Samuel, ce sont les ethnies du sud qui ont gardé le plus leurs traditions. Les tombeaux changent aussi, on passe à de grands carrés de 15x15m avec de simples obélisques. On arrive à Fort Dauphin à 13h avec même une route goudronnée mais dans un tel état que c’est encore pire que la piste de sable, d’ailleurs, dès que Julien peut passer sur les cotés, il le fait. On nous emmène manger « chez Perline », il y a un gros groupe de Français très bruyant, ça contraste avec les derniers jours de calme qu’on vient de passer. Le resto n’est pas donné mais c’est bon et la carte est très variée. On va ensuite à l’hotêl « Chez Anita » où on trouve une petite chambre sympa. Maman doit être à l’aéroport à 16h20, on a donc le temps de passer à la baie de Libano où c’est la première fois que je vois des familles Malgaches se baigner. On retrouve le groupe de Français braillards, pas de veine ! La baie est très belle mais l’abord de la plage est sale, ça gâche un peu. On accompagne Maman à l’aéroport, elle va poursuivre son périple en Tanzanie, l’avion n’est ni en retard, ni annulé, un vrai miracle. On rentre à l’hôtel au coucher du soleil et on commande à dîner car il est noté dans le guide que le service est long. C’est en effet un grand euphémisme mais ça m’a permis de faire mes cartes postales, on en a enfin trouvé. Elles arriveront bien après notre retour, mais pour les métropolitains ce n’est pas trop grave. Ça valait la peine d’attendre, on a mangé un excellent zébu-massalé.
29/8/8 : la baie de Lokaro, la plage au milieu des montagnes
Samuel vient nous chercher à 8h. Première étape obligatoire : la banque pour finir de les payer car ils vont repartir demain matin. On est obligé de faire plusieurs retraits, impossible de retirer en une fois à l’intérieur mais les guichets marchent. Samuel est content de son petit pactole. Il nous faut une heure pour atteindre la baie de Lokaro, la route est très belle, pleine de rizières, de feuilles d’éléphants et d’une quantité impressionnante de Ravinala (arbres du voyageur). On a également eu la chance de voir des népenthenes, des plantes carnivores jaunes avec une fleur en godet pour piéger les insectes. Il y a aussi des pervenches de Madagascar et des pandanus. La baie de Lokaro est très belle avec des montagnes au loin et la rivière qui se jette dans la mer. Il y a une petite île en face où Samuel voulait aller mais il y a beaucoup de vent donc même si c’est peu profond, on en a rapidement jusqu’aux épaules et Alex a un gros rhume. On se contente donc d’une ballade sur la plage avec l’ascension d’une petite butte d’où on a une vue sur l’ensemble du site. Les rochers sont du granit noir. Au retour, pique-nique pas fameux, on n’a trouvé que du pâté de volaille chez le karan de la station service et des vaches-qui-rit. On arrive à trouver un endroit abrité pour se faire bronzer et j’arrive quand même à prendre mon dernier bain à Mada. Au retour à l’hôtel, on tombe sur les 2 jeunes qui nous suivent depuis Anakao et qui ont eu pas mal de problèmes (pannes tous les jours, chauffeur-sans guide-ne parlant pas français, vol de portefeuille etc.…). Là ils attendaient la police pour litige avec le loueur de 4x4. Dernière (en principe) douche froide et dédredssage (ça se dit ?) de cheveux. Au dîner, succulentes brochettes de zébu et soupe au crabe.
30/8/8 : Retour à Tana, début du shoppping
Ce matin, c’est moi qui suis malade, la dernière douche froide a été fatale. Petit déj puis tour en ville pour une dernière photo. Samuel vient nous chercher à 9h, ils ont été très sympas de nous accompagner à l’aéroport car en principe, le contrat stipulait que nous les quittions la veille. En fait, il ne reprenne la route que demain après la révision de la voiture. L’attente à l’aéroport est longue et désorganisée. On retrouve nos deux malheureux jeunes qui ont fini par s’en sortir, ils sont quand même allés au commissariat mais ça s’est bien fini. L’avion est là, c’est un gros zavion et on a même droit à une collation. Normalement, il était convenu que quelqu’un du Manoir Rouge vienne nous chercher. On n’a vu personne, moyennement étonnés, on est donc parti à pied. On nous avait attribué une petite chambre dans une des annexes, toujours très bien décorée, c’est vraiment un endroit sympa. Pour aller à Tana, on a pris un taxi B qui est arrivé pas loin de la gare mais on s’est trompé de direction et on a fait un gros détour par le marché aux tissus toujours blindé de monde. On a fini par arriver avenue de l’indépendance à 15h. On va prendre un déjeuner léger au glacier puis opération souvenirs. D’abord, T-Shirt Baobab pour des amis de La Réunion puis marché d’Andravoahangy. Il y a toujours la même rangée de bicoques de brodeuses. Après les avoir toutes regardées plusieurs fois, on a trouvé deux jolies robes pour Elisa et Cléa-Marie. Alex m’a un peu aidé pour les tailles car je n’ai pas vraiment l’œil. Par contre, je n’ai pas trouvé la nappe de mes rêves, je suis particulièrement difficile parce qu’il y en a quand même des quantités. Alex a pris un napperon pour sa mère. Vers 17h, on décide de repartir vers la station de taxi B. De toute façon, tout était en train de fermer. On n’a jamais réussi à prendre de bus, on n’arrivait jamais à savoir où il allait et des masses de gens s’engouffraient dedans à chaque fois. Par contre Alex a réussi à se faire piquer tout son fric dans son blouson (oui je sais Ony, quelle idée aussi....). Heureusement, ses papiers étaient ailleurs. Ça nous a bien refroidis donc on a pris un taxi mais il a fallu affronter les énormes bouchons, il faut dire, c’était l’heure de pointe. Au menu du dîner, galette de pommes de terre au poulet, ça change.
31/8/8 : the last day : fin du shopping et à la prochaine Mada !
Après un super petit déj, on a repris notre taxi B pour le marché de la digue. La nuit a été difficile entre les aboiements de chiens et les coqs, finalement c’était plus calme à la campagne. On a toujours notre crève donc pas vraiment d’attaque pour le shopping. On arrive vers 9h, toutes les boutiques ne sont pas ouvertes mais on a quand même réussi à y passer 4h au final ! On les a faites une par une et on a marchandé mais on a trouvé ce qu’on voulait notamment nos deux chaises en bois et un totem de plus de 2m de haut qu’on a fait scier pour le transporter. Ensuite on est rentré, l’hôtel nous a fait amener à l’aéroport pour se faire pardonner de leur oubli de la veille, en même temps on en avait vraiment plus besoin là vu la masse de chose impressionnante à ramener. On a eu quelques petits coups de flips à l’aéroport. On n’avait pas déclaré notre bois au ministère des eaux et forêts, heureusement il y a avait un guichet spécial à l’aéroport et comme ce n’était que de l’artisanat ça a été vite fait et sans problème. Deuxièmement le poids qu’on essaie toujours de ne pas dépasser mais pas de balance…c’était pile le poids maximum à 500g prés, trop forts. Le vol de retour s’est bien passé, on a l’impression de revenir à la maison même si c’est à La Réunion, comme quoi, on s’habitue vite. On ne s’est pas fait cambrioler et le chat n’est pas mort de faim, ouf. En tout cas, il reste plein de choses à voir à Mada, même si on en a fait une grande partie et on compte bien y retourner.
Bons votages à tous!
Nous avons payé (indicatif, ça a dû encore changer depuis les évennements) :
- Tsyngis, forfait 2j grands et petits : 60 000 Ar/pers
- Bac Tsirbina : 70 000 Ar/4x4
- Bac Manambolo : 25 000 Ar/4x4
- Plat dans un petit resto : 4 000 Ar
- Plat dans une gargote : 2 500 Ar
- Bouteille d’eau GM : 2000-3000 Ar
- Zoom Hôtel Morondava, 1 chambre eau chaude 3 pers : 30 000 Ar
- Promenade en pirogue (2h) baleines + snorkelling : 8000 Ar/pers
- Hôtel Sud Itampolo, bungalow 3 pers : 50 000 Ar, petit dej : 7000 Ar, langouste : 16 000 Ar
- Hotel Lavanono, bungalow 2 pers : 25 000 Ar, 3 pers : 30 000 Ar
- Cactus Hôtel Faux Cap, bungalow 3 pers : 30 000 Ar, langouste 20 000 Ar
- Réserve Cap Ste Marie, 2 circuits : 42 000 Ar/3 pers
- Hôtel Anita Fort Dauphin, chambre eau froide : 30 000 Ar, plat : 9000 Ar, petit dej : 4500 Ar
Nous avons aimé :
- la diversité des paysages et la richesse de la faune et de la flore
- le sérieux et la gentillesse de nos accompagnateurs
- la rando dans les Tsingys, vraiment impressionnant même quand on n’a pas d’ULM comme Nicolas Hulot
- le sourire des Malgaches, toujours présent
Nous n’avons pas aimé :
- La longueur des premières étapes, trop de route, arrivée trop tard mais je le savais, boucler ce programme en 17j impliquait cela. A faire plutôt en 3 semaines pour bien en profiter Rien d’autre : tout le reste était super. Les douches froides, c’est bon pour la peau.
14/8/8 C’est reparti !
Départ de St Denis à 21h20, avec 1h de retard. Le bureau de Marie-Christine ma collègue-était devenue une succursale de Décathlon. Vol sans histoire dans un tout petit avion ce qui a comme avantage de récupérer très vite les bagages. On pensait aller à l’hôtel Manoir rouge à pied mais en pleine nuit, pas facile, même de repérer le château d’eau, principal repère. On a donc fini par monter dans une teuf teuf toute vieille mais qui nous a amenés à bond port. Charmant petit hôtel avec une belle salle commune avec cheminée au rez de chaussée et des chambres bien décorées d’aquarelles. On avait une chambre de 3 avec salle de bain privée et eau chaude, le vrai luxe ! On avait déjà dîner au Gillot (aéroport de La Réunion) donc dodo rapide.
15/8/8 Changement de programme…déjà…
Levés à 6h30. Super petit déj avec croissants, gâteau, même du lait et une sorte de St Marcellin. Cette fois, on arrive à l’aéroport à pied, rien ne semble avoir changé à Mada, même odeurs, couleurs, échoppes. A l’aéroport, mauvaise nouvelle, le vol pour Morondava a été annulé hier soir tard (alors qu’on nous l’avait confirmé au Gillot, à 21h….). Aucune explication bien entendu, probable regroupement d’avion mais pour, le lendemain ! Quand même logés et nourris par Air Mada. On nous alloue donc un taxi et départ pour Tana. On débarque à l’hôtel Glacier sur l’avenue de l’indépendance plutôt impersonnel mais confortable. On avait droit à un petit déj donc on est allé prendre un café. Et puis on a passé la matinée à se balader dans Tana : église St Jean Baptiste (avec messe, 15 août oblige), palais de la reine, ancien palais de justice, Rova et pèlerinage à la maison de June avec la descente de notre escalier et rencontre avec le coq qui monte les marches donc on fera passer une photo à Lionel (c’est une longue histoire..). Retour à l’hôtel par le lac Inosy qui pue toujours autant et les coiffeurs barbiers (Alex ne veut toujours pas y aller). Repas de midi classique : œufs mayo, akoho (poulet) avec porc et sauce et pommes de terres sautées et tarte glacée. Rien d’exceptionnel mais pas de riz. Après une petite sieste, on repart pour chercher le marché aux livres en passant par l’escalier aux tampons, le palais présidentiel et l’hôtel Colbert que j’adore. Rien d’intéressant au marché, beaucoup de livres scolaires. Ensuite, visite de quelques boutiques d’artisanat vers l’hôtel. On a cherché le marché aux tissus mais beaucoup trop de monde, pas de noms de rue et vers 17h, plus d’espoir de trouver quelque chose donc bredouilles. Pour se consoler on est allé manger une glace au Tonton Gourmand. Au dîner, pates carbonara, très locales, encore pas de riz. Quitte à être dans un hôtel à touristes, autant regarder les JO à la télé, en plus il y a de la gym (j’avais regardé les derniers en Turquie…). On nous annonce en prime que le vol ne partira pas à 10h10 mais à 12h, on commence à se demander si on y arrivera un jour.
16/8/8 : enfin le départ !
Après le petit déjeuner, on se rend compte que le chauffeur de taxi n’a pas été prévenu du retard du vol, il est donc passablement énervé. On part donc en vitesse et on arrive très tôt à l’aéroport, plus que 2h30 à attendre, encore les JO mais pas de gym cette fois… Le vol pour Tuléar est reporté, celui pour Nosy Be a 2h de retard, on s’attend d’une minute à l’autre que le nôtre aussi mais non, la chance tourne, on part avec 30 minutes de retard dans un avion à hélice de 15 places. La passagère de devant est hystérique, une autre vomit, c’est assez folklo. Evidement, à cette altitude, on a une belle vue sur les hauts plateaux puis sur les plantations. Atterrissage sans problème sur le petit aéroport de Morondava. Une angoisse est levée, Samuel notre guide est là, ça fait juste 26h qu’il nous attend et je n’avais aucun moyen pour le contacter. Le plaisir de se voir a donc l’air réciproque. Le chauffeur, Julien est aussi là avec le 4x4, Nissan, pas de toute première jeunesse mais les pneus ont l’air bons. Pas le temps de faire du tourisme à Monrondave, on fait le plein (80L, au même prix qu’en France, les Malgaches n’ont vraiment pas besoin de ces prix exorbitants…). Le début de la piste est correct, on passe par l’allée des baobabs où on nous accorde 5 min pour prendre des photos, on aura plus de temps au retour avec coucher de soleil en prime. Après, ça a été plus inégal et surtout plus long. Heureusement, on a eu le premier bac de Bélo/Tsirbiny tout de suite avec une traversée magnifique au coucher du soleil. On a dîné à Belo dans un hotely gargote où le service a été très long. Le reste de la route a été pénible, en pleine nuit donc rien à voir, bref interminable. On est arrivé à minuit. Le temps de passer le bac, là encore tout de suite et on était enfin dans les tsingy, enfin juste à coté. Les tentes Intersport tiennent leur promesse, dépliées en 1s. Samuel nous donne des matelas, on fait un peu de bruit dans le campement, il y a une quinzaine de tentes.
17/8/8 : parcours sportif dans les petits tsingys
Réveil très tôt : coqs qui chantent, touristes de la tente d’à coté qui se vengent du souk d’hier soir etc.… Douche au baquet mais pas trop froide et appréciable parce qu’il fait déjà chaud malgré les nuages. Petit déj dans gargote en face de l’embarcadère ? Au bureau de l’ANGAP, on choisit le parcours sportif dans les petits tsingys avec Tovelas, le guide qui nous a bien expliqué l’histoire de la formation des tsingys. Début de la ballade au-dessus des petits tsingys bien acérés. Ensuite, on est passé dans la forêt : packypodium, tamariniers, pallissandre. Puis début des grottes dont une où on a mangé, Tovelas s’est beaucoup intéressé à notre camembert en boite réunionnais. L’après midi, une autre série de souterrains et surtout une descente en rappel dans un trou de 20m. On a vu beaucoup de petites chauves souris, des lémuriens vazahas (blancs) et bruns et des rats malgaches (ressemblent plus à des écureuils). En revenant, petit caméléon blanc qui semble avoir été mis un peu exprès en face du bureau de l’ANGAP. Nouvelle douche au seau, certains touristes se baignent dans la Manambole mais il y aurait des crocodiles donc… Beau coucher de soleil sur la rivière où les enfants lancent des petits bateaux faits de bouteilles en plastique et de bouts de bois ou vont chercher de l’eau. On mange à la petite gargote comme tous les autres touristes. C’est très bon, les enfants chantent. Toutes les touristes femmes font comme moi, elles écrivent leur journal ou programment leur voyage pendant que leurs hommes leurs demandent à quoi ça sert etc.…Demain, en principe, on se fait les grand tsingys.
18/8/8 : les grand tsingys au soleil
Départ à 7h après le petit déj. La nuit et le réveil se sont bien passés. On va chercher Tovelas à Bekopaka où il vit et on règle au chef de l’ANGAP un supplément pour enchaîner les 2 circuits des grands tsingys ce qui, en principe, ne se fait pas. On met 1h en 4x4 pour faire les 17km qui nous séparent du départ du sentier. Au début, marche dans la forêt, beaucoup de lémuriens blancs mais qui sont perchés sur la canopée donc difficiles à bien voir. Egalement plusieurs esp��ces d’oiseaux. Niveau végétation, même chose qu’hier. On arrive aux grands tsingys avec un très beau point de vue d’en haut. La montée s’est faite avec des chaînes et des baudriers mais elle est très bien emménagée avec plein de marches. Très belle vue sur l’ensemble des tsingys qui sont assez étendus. Visite en redescendant de grottes et canyons entre les tsingys, très impressionant. Le problème c’est la chaleur, on cuit comme des œufs au plat ! Heureusement on s’arrête pique-niquer dans une grotte. Le pain est vraiment ignoble, encore pire que celui de Bessans (pour les connaisseurs) mais au moins on en a ! L’après midi, deuxième circuit avec encore de beaux points de vue et de belles descentes spéléo mais pas de rappel aujourd’hui. On voit une mangouste, encore des lémuriens dont un couple avec un bébé et un nocturne insomniaque dans son tronc d’arbre, des perroquets, des sortes de grives et des couas (sortes de faisans). Egalement des « arbres qui pèlent », des packypodiums et des euphorbes. On finit vers 15h30 et on retrouve Samuel et Julien au parking qui ont attendus (se sont reposés) toute la journée… On est complètement déshydratés. On offre à Tovelas, un de nos Gérard, notre fromage en boite. Au camp, douche au seau sans seau, certaines personnes qui ont du mal à comprendre le concept, pourtant simple, avaient dû regrouper tous les godets dans la même douche ! Après, lessive dans la Manambolo mais pas facile avec 10cm de fond et de l’eau boueuse. J’ai fini par m’en sortir, le T-Shirt blanc le redevient presque. Et pas de crocodile. On a trouvé un petit caméléon prés de nos tentes qui a viré au rose quand Alex l’a pris dans sa main. On a finit par le remettre sur une branche car il était mort de peur. Au dîner, poulet-frites, pas mauvais et papaye plus étonnamment (ou on s’habitue), pas mauvaise non plus. Cette fois, les enfants ne chantent pas, ils dansent. On arrive à combler notre retard hydrique. On s’inquiète sur la manière de replier la tente demain surtout que Samuel a été clair, il faut lever le camps à 7h si on veut voir le coucher de soleil (à 17h30…ça promet une belle journée de piste !).
19/8/8 : l’allée des baobabs au coucher du soleil
Départ à 7h pétantes après avoir petit-déjeuner sur la plage : pas de pain ce matin, petits beignets blancs et bananes. On enlève un zéro à l’addition, le responsable étant meilleur cuisinier que mathématicien. On prend le bac et on file direction l’allée des baobabs. Le seul objectif de la journée : arriver avant 17h30 ! On arrive à Belo/Tsirbiny à 11h. On va au même resto qu’à l’aller, toujours aussi dynamiques donc on en sort à 12h30. Arrivés au bac, obligés de l’attendre puis deux autres 4x4 arrivent. Heureusement, ils n’ont pas attendu que ça se remplisse complètement. Traversée de la Tsirbiny cette fois en plein jour. Ensuite, on a bombé pour arriver à l’heure (bonjour le dos !) avec un détour aux baobabs amoureux (toujours aussi amoureux d’ailleurs, c'est beau de voir ça) et l’arrivée sur l’allée à 17h. Evidemment, on n’est pas tout seuls mais les 4x4 se rangent tous à la sortie pour qu’on ne les voie pas et les gens sont tellement petits par rapport à la taille des baobabs. Très beau coucher de soleil, pleins de belles photos en perspective ; Retour tranquille à Morondava où on s’arrête au Zoom Hôtel, entre la plage et la mosquée. Propre, eau chaude, électricité, bref sympa après 3j de camping. On va dîner Chez Fab, à coté du palais de justice, un resto tendance chinois, très bons beignets de crevettes.
20/8/8 : Morondava-Manja : la piste dans la savane
Petit dej à l’hôtel, comme il n’y a pas de salle à manger, on nous met une table sur la terrasse, sympa, même si on ne voit la mer qu’en se mettant debout sur une des chaises. Après avoir recompté l’addition (décidément), on va à la banque où on a un problème de limitation de retrait (300 000Ar/pers). Heureusement qu’on a trois cartes car le plein d’essence et 2 bidons nous en coûte 270 000 Ar à lui tout seul. A priori on devrait en avoir jusqu’à Tuléar. Petit approvisionnement en pain puis départ pour la piste pendant 8h ! Etat correct des routes mais 30km/h de moyenne. Heureusement qu’on avait prévu le pique-nique car il n'y a que de tous petits villages de brousse. Le paysage en vaut la peine : savane, baobabs, zébus, plein d’oiseaux. On traverse plusieurs cours d’eau ce qui ne nous fait pas regretter notre 4x4. On pique-nique au bord d’un fleuve où l’on fint notre dernier Gérard avec regret, on sait que nous n’aurons plus de fromage jusqu’au bout. En plus, c’est un repas avec spectacle puisqu’un berger essaie de faire traverser ses chèvres une par une, visiblement, les chèvres, ça n’aime pas l’eau. D’ailleurs, heureusement qu’il était là car Julien s’était trompé de route mais pas de beaucoup, il n’a pas fallu tout se retaper, ouf ! Evidemment, il n’y a aucun panneau nulle part, c’est à se demander comment il fait, même s’il a déjà fait ce parcours plusieurs fois avec d’autres touristes. L’après midi, paysages semblables, Samuel met de la musique des années 60 ce qui plait beaucoup à Maman. On arrive à Manja à 17h30 avec un mal de dos mémorable. Petit hôtel, le seul d’après Samuel avec des bungalows et de vraies douches. Manja est un petit bourg, on en a vite fait le tour et on ne passe pas inaperçus. Impossible de trouver du gel douche même chez les karans. L’église, en dur, est assez jolie. On rentre prendre une douche car on est de la même couleur que le sable. Au dîner, resto de l’hôtel, steak de zébu super bon. Samuel vient nous dire que demain on s’arrêtera à Andavadoaka plutôt qu’à Salary car ça permettra de faire des étapes moins longues. Ça nous va, on va se coucher.
21/8/8 : Manja-Andavadoaka : le désert
Départ à 6h30 sans petit déj, on leur avait dit 6h mais c’est nous qui les avons réveillés pour au moins payer. Pas de ronflements cette nuit, on avait 2 bungalows séparés, par contre les chiens n’ont pas arrêté. On a donc mangé des biscuits dans la voiture. Objectif du jour : arriver au bac de la Maongoky avant 12h sinon on ne peut plus passer avant 14h (c’est un bac public). On l’a largement atteint puisqu’on y était à 10h30 et il était du bon coté de la rivière en plus. Par contre ils n’avaient pas été approvisionnés en gazoil donc le bac a été tiré par une dizaine d’hommes (bizarre de voir ça, quand même…). Après 15 minutes de traversée, on reprend la route pour Morombe, piste pas trop mauvaise mais c’est loin. Végétation de plus en plus rare, on se croirait dans la savane africaine. On traverse plein de villages, des zébus, des chèvres et quelques baobabs qui se transforment peu à peu pour devenir bouteilles et plus rouges. Par contre la piste passe du rouge au blanc : du sable. On arrive à Morombe vers 13h30 où cette fois on mange dans une vraie gargote (avec les JO en prime) de l’akoho-sauce-riz (très bien pour mes intestins qui ne supportaient guère l’embourgeoisement frites-légumes). Ensuite, rembarquement, il reste quand même 2h de route. On croise une nouvelle espèce de cactus, des didiéracaes très épineux et tournés vers le sud. On passe aussi devant un énorme baobab tout rouge puis quelques minutes avant d’arriver devant une forêt de baobabs rouges sur des champs de salicornes, rouges aussi, absolument magnifique surtout à 16h où il y a toujours la plus belle lumière. A Andavadoaka, on descend au Coco Beach, un ensemble de petits bungalows sur la plage. Malheureusement, il y a énormément de vent, impossible de se baigner. Alex ramasse de beaux coquillages dont un énorme cône puis on attend le coucher de soleil dans nos blousons, pas terrible. En plus, pas d’eau chaude pour se réchauffer un peu. Au dîner, calamars –riz, pas de langouste, une grosse déception pour Alex et Maman. Le ciel étoilé est très beau, une fois qu’on a bien fermé porte et fenêtres, le vent ne rentre pratiquement pas. Demain, départ pour Tuléar à 6h30.
22/8/8 : Andavadoaka-Tuléar : la route sur la cote
Lever à 5h45 sans lumière, pas simple de retrouver ses affaires. Cette fois, le petit déjeuner est à l‘heure et l’addition est bonne, une journée qui commence bien. On s’attarde un peu pour prendre des photos des bungalows au lever du soleil, il y a moins de vent. Au début, la route est semblable à celle d’hier après midi puis changement, végétation beaucoup plus rare avec le sable blanc et la mer qui apparaît. Au niveau des couleurs, on se croirait presque dans les calanques sauf qu’on arrive au village de Andravongny et que là il y a une immense dune de sable blanc. Les enfants sont gentils mais un peu collants, le site est par contre splendide On reprend la route pour atteindre Salary, un petit village au bord de la mer où Samuel nous accorde l’autorisation de nous baigner. Rien à voir au fond de l’eau mais de belles pirogues avec un départ pour la pêche et des enfants supers mignons. On a même pu se rincer dans la douche d’un petit hôtel où on a mangé du poulpe. Encore quelques heures de route avant d’atteindre Tuléar à 17h. Hôtel Chez Zazah, chambres sympas dans un joli jardin mais accueil moyen. On va réserver le bateau pour Anakao à la compagnie du sud, mauvaise réputation mais c’est le seul qui est encore ouvert. Après, on essaie d’aller à la banque là, gros soucis, aucun guichet ne fonctionne, problème de réseau. On commence déjà à se demander comment on va se rationner jusqu’à Fort Dauphin avec le peu qu’on a et on prie pour que demain ça remarche. Histoire de ne pas trop se morfondre, on va dîner au Panda, chinois, bon crabe farci. On rentre à pied en pleine nuit, un peu craignos quand même (oui Ony, ce n'est pas raisonable!), surtout que c’est assez loin de l’hôtel.
23/8/8 : Tuléar-Anakao, en bateau
Levés à 6h, pas vraiment pressés car on n’a le bateau qu’à 10h. Petit déjeuner à l’hôtel avec de la gelée de groseille ! On réessaie d’abord les banques, et ce matin ça marche, on est donc beaucoup plus tranquilles. On a donc 2h et les poches suffisamment pleines pour profiter du marché artisanal. Le marchandage marche toujours aussi bien. J’ai déjà les cadeaux de Noël pour pleins de gens, il faut être organisée. Alex hésite longtemps pour 2 totems et finalement ne les prend pas, c’est vrai que le voyage n’est pas fini. Cependant, pour note, on n’en a ensuite vu de semblables nulle part ailleurs, y compris à Tana. Maman achète des bricoles et une belle statue en bois. On arrive à trouver la poste mais acheter les timbres demandent du temps, beaucoup, beaucoup de temps : il faut trouver la calculette, calculer, trouver les timbres), mais ça vaut le coup, il a réussi à me trouver des timbres avec des fleurs pour Tonton. Bon par contre, après tout ça, pour le coup, on était à la bourre, course vers l’hôtel pour récupérer les affaires et partir à l’embarcadère. Le vazaha responsable nous annonce que nous attendons 3 personnes qui viennent de l’Isalo, super, vu où se trouve l’Isalo, ça nous paraît mal barré. On nous fait attendre au CocoBe, un hôtel. Finalement, on a été mauvaises langues, les 3 Italiennes sont arrivées à 10h pile (elles n’ont pas du faire la grasse mat). On prend une charrette à zébu (si, si) pour embarquer sur la vedette. La traversée dure 1h avec des montagnes semblables à l’Isalo à gauche et pleins de pirogues vezos. Arrivés à Anakao, les Italiennes débarquent d’un coté de la baie, nous de l’autre. On voulait se renseigner au club de plongée, l’Atlantide pour Alex, il se trouve qu’ils louent aussi des bungalows. Alex peut plonger mais tout de suite. On speede donc un peu, la combi de Pierre, le responsable est même un peu grande pour Alex, le comble. Il part donc et on reste en plan avec les affaires, apparemment pour le snorkelling, c’est pas top. Les bungalows disponibles sont craquants, celui de Maman ressemble à une hutte mais le lit est sur une estrade. Le nôtre est plus grand mais le lit est posé direct sur le sable. Et contrairement à ce qu’il y a écrit dans le routard, il y a des WC. La douche, au seau est à l’extérieur, elle n’a pas de porte mais une sorte de couloir d’accès en colimaçons qui masque la vue de l’extérieur, comprend pas bien pourquoi une porte aurait été plus difficile à construire. On va déjeuner, il n’y a que des crevettes mais elles sont excellentes. On commande de la langouste pour le soir. Alex finit par revenir à 14h30, apparemment, il a vu de beaux coraux. Ils sont resté 50 minutes dans l’eau, pas mal. Il se prend aussi des crevettes. Après le repas, plage devant les bungalows mais dommage, le vent s’est levé, l’eau n’est pas très chaude et c’est marée basse. Heureusement, il y a du sable blanc, de l‘eau turquoise et de belles pirogues, on ne va donc pas se plaindre. On va ensuite prendre une douche, l’eau est restée toute la journée dans le baquet donc elle est bien chaude et comme il n’y a pas de toit à la douche, on est sous le soleil, bref, beaucoup mieux que les douches froides des hôtels. Il y a quelques boutiques d’artisanat dans le village mais rien des très original et pas de cartes postales (timbres si durement acquis, pour rien ?). On fini par arriver Chez Emile où on a rendez-vous avec Samuel. Lui et Julien sont passés par la route qui est pourrie (pléonasme) et dangereuse (beaucoup de braquages). Ils ne savaient donc pas bien à quelle heure ils allaient arriver surtout qu’ils étaient partis après nous. A 19h30, toujours personne donc on a fini par retourner au resto après avoir laissé un mot au cas où. Arrivés au resto après 30 minutes de marche, on nous annonce que finalement il n’y a pas de langouste. Alex et maman sont très déçus. On prend donc du calmar mais il est vraiment très bon. On finit quand même par voir arriver Samuel qui nous a cherché car le club de plongée a déménagé depuis sa dernière venue à Anakao. En tout cas, il avait eu le mot, comme quoi, les moyens de communiquer les plus simples sont parfois les meilleurs En fait, ils ont crevé sur la route mais ils ont pu réparer le pneu. On leur offre une bière, ils l’ont bien mérité. Puis on va se coucher dans nos huttes.
24/8/8 : Anakao-Itampolo : enfin la langouste
Départ à 6h30. le coq a chanté juste derrière la hutte (en roseaux comme la douche) à 4h30 et j’ai passé la nuit à me gratter (Alex ne se fait jamais piquer, c’est pas juste). Il n’y a pas de pain à Anakao, on gagne au change, c’est crêpes pour le petit déjeuner. On roule sur une bonne piste (ou on s’habitue) pendant 1h30 pour arriver au village d’Ambola où on commande le repas de midi, langouste si possible. Ensuite on part pour le parc de Tsimanampetsotsa (à mes souhaits? merci!) où on nous propose plusieurs circuits. On ne peut pas faire celui de 10km qui serait trop long. La visite commence par une ballade en forêt où on voit des baobabs souriants (Andasonia fony) et une autre espèce (A. za) dont un de 3000 ans tout ridé. Egalement, une grotte avec des poissons aveugles et blancs et des hirondelles. Une multitude de makis qui nous permettent d’approcher à moins d’un mètre et un beau banian avec des perroquets, des fous de madagascar. Il y a aussi des couas, des pintades et des crottes de sangliers (comment ça on s'en fout?). Plein de plantes médicinales dont le guide tente de nous expliquer l’utilité : « contre » la fontanelle, le shampoing, le savon et évidemment plusieurs sortes de viagras naturels. On est ensuite allé vers le lac qui mesure 15km de long et 2km de large, très salé car il communique avec la mer par le fond. Il est magnifique car turquoise avec des bords qui même s’ils sont boueux sont blancs. On monte à un petit point de vue, au milieu du lac, il y a quelques îlots avec des arbres pointus, de loin ça ressemble à l’île des Pins de Nouvelle Calédonie pour les connaisseurs. On redescend pour voir les flamands roses mais c’est plutôt décevant, il n’y en a que 3000 donc sur cette superficie, forcément, la densité est faible mais on voit quand même 2 jolis vols. Ensuite, on reprend le 4x4 car on a faim (les crêpes, c’est meilleur mais ça remplit moins que le pain). Au resto, pas de langouste mais de bons poissons (une princesse et deux capitaines) grillés avec une bonne sauce tomate pour le riz. En milieu de repas, on nous apporte gentiment une toute petite langouste que Maman et Alex se partagent. Le site, très beau, est au bord de l’eau. L’après midi, reprise de la route avec plusieurs beaux tombeaux avec cornes de zébus, peintures et alloals. On passe un peu vite car apparemment problèmes avec les villages alentour qui demandent des droits de passage etc.… Justement ce jour là dans un des villages, il y a eu un décès, les habitants ont loué un orchestre pour faire la fête, ils vont également sacrifier 5 zébus, peut être plus les jours suivants. La végétation change aussi avec énormément de sisals et des cactus avec des figues de barbarie. 3h de route, on arrive à Itampolo, petit village côtier. Samuel nous emmène dans un hôtel au bout de la plage, cette fois c’est le luxe, 50 000 Ar pour un bungalow de 3 mais les pieds dans l’eau. On a le temps d’aller se baigner avant le coucher du soleil, super. On a fait 1km pour trouver un misérable petit coquillage, ça dépend vraiment des endroits. En revenant, Maman avait commandé 2 langoustes et 1 poisson. Les langoustes sont énormes et visiblement très bonnes. Mon capitaine était succulent et très copieux. On réserve une pirogue pour demain matin, verra t’on une baleine ?
25/8/8 : enfin une journée sans piste et une baleine
On a presque fait la grasse matinée, lever 7h. Petit déjeuner avec du bon pain blanc et de la marmelade d’orange. La pirogue est à l’heure, on va d’abord vers le large puisqu’il paraît qu’il y a une baleine. Effectivement, la grosse tache noire qu’on voit à peine grossit et on en voit même une plus petite, il y a un baleineau ! Manque de bol elle a déjà sauté ce matin tôt, et ne compte plus refaire sa gym. On arrive quand même à s’approcher à 100m et c’est trés impressionant, sur notre petite pirogue on a moyennement envie d’aller plus prés. Ils finissent donc par s’éloigner. Le piroguier nous a ensuite amenés à la barrière de corail pour plonger en tuba. L’eau est froide et pas de combi, les coraux sont très décevants mais il y a beaucoup de poissons, les tropicaux classiques comme à La Réunion et d’authentiques poissons rouges. Il y a aussi des étoiles de mer bleues comme aux Philippines. On remonte en grelottant sur le bateau, au loin, 2 jets d’eau de baleines, c’est finit pour aujourd’hui. On passe le reste de la matinée à bronzer sur la plage. Alex a eut tellement froid dans l’eau qu’il garde sa fourrure polaire, ce qui est moins pratique pour bronzer. Vers 12h30, on commence à avoir faim mais on n’a pas trop envie de rester parqués à l’hôtel donc on marche jusqu’au village. Sur la place principale sous un grand tamarinier, sont assis pleins de gens, on se demande ce qu’ils attendent surtout qu’ils sont en habits du dimanche…L’Unique Etoile, seul resto du village a l’air fermé. On essaie d’en trouver un autre mais un type nous aborde pour nous dire qu’on peut quand même manger. La terrasse donne sur la place, on saura peut être ce qu’ils attendent. On commande une Fresh bien fraîche pour patienter. Soudain, des chants pas très loin et arrive une procession dansante. Certaines personnes tiennent en l’air des chaises en plastique, d’autres une valise ou un bâton sur lequel est attaché un petit sac en plastique. Les petites filles brandissent des branchages. Devant, il y a 3 ou 4 zébus. On demande à la dame du resto ce dont il s’agit, on célèbre le décès d’un homme mort il y a 4 mois. On n��a pas trop compris si c’était pour le changer de tombeau ou autre. En tout cas, ils le (ré)enterrent demain. Ils ont fait plusieurs fois le tour du village, heureusement on a quand même échappé au sacrifice des zébus en direct. Au resto, très bons poissons grillés-sauce tomate-riz. On revient à l‘hôtel sous une chaleur accablante, la piste longe le cimetière (tombeaux avec cornes mais sans aloals) et on a la chance de voir notre première tortue radiée qui se baladait tranquillement. Elle ne semble pas contente de nous voir et souffle quand on l’attrape pour la prendre en photo. Et contrairement aux idées reçues, une tortue, ça court vite. Au bungalow, une sieste s’impose, la chasse à la tortue nous a épuisés. Ensuite on se décale sur la plage où Alex et Maman se rebaignent. On a beaucoup bronzés aujourd’hui et appréciés cette journée sans voiture.
26/8/8 : Itampolo-Lavanono : retour dans le désert
Départ à 6h45 après un bon petit déj. Pas de baleine ce matin. C’est parti pour 6h de pistes quasi-désertiques. Des paysages de dunes immenses qui gagnent du terrain d’après Samuel, des rivières immenses complètement à sec et bien sûr, de chaque coté de la route, des murs de figuiers de barbarie. On voit une tortue radiée sur le bord de la route, on s’arrête, pour les autres, on ne s’arrêtera plus, il y en a vraiment partout, Julien était obligé de faire des slaloms. Malheureusement, certaines se font quand même fait bugner, il y a beaucoup de carapaces vides. On s’arrête sur un marché, pas grand chose à voir, Samuel achète des figues de barbarie. Le goût ressemble à celui des kiwis en moins sucré. Sur la route, on a croisé de très beaux tombeaux avec aloals, avions, dessins colorés et évidemment des cornes de zébus. Enfin, on voie la mer, la chaleur est étouffante. On renonce à s’arrêter pour manger avant d’être arrivés. Les didiéréacés sont en fleurs et en feuilles ainsi que les aloes. Les euphorbes piquantes que mangent les zébus forment de véritables arbres. Arrivée à Lavanono, encore plus petit qu’Itampolo. Il y a 5 ou 6 bungalows sur la plage, très bien décorés, tenus par des Malgaches. On est morts de faim, on mange notre pique-nique sur la table devant notre bungalow. Ce n’est d’ailleurs pas brillant, le pain de Tuléar a 3j, il n’y a plus de Gérard donc c’est vache-qui-rit, pâté et figues de barbarie. Ensuite, baignade, il y a beaucoup de vagues, il paraît même qu’il y a des compets de surf. Coté coquillage, zéro, par contre il y a des éponges. On y reste tout l’après midi et on finit avec un beau coucher de soleil.
27/8/8 : Lavanono-Cap Ste Marie-Faux Cap : le sud du sud
Ce matin, pas de pain, des crêpes avec du bon miel. On part à 7h sur une jolie route bordée de figuiers de barbarie, les troupeaux de zébus sont de sortie. En 1h, on arrive à la réserve de Cap Ste Marie. Le guide ne parle pas français donc Samuel vient avec nous. On commence par arriver sur le circuit des grottes. Après une courte marche dans les épineux nains en compagnie des tortues radiées, on arrive à de magnifiques dunes de sable, il manque juste les dromadaires. Il y a des restes d’œufs d’aepyornis, une sorte d’autruche disparue il y a 700 ans. Ce sont vraiment de petits fragments, tout a été pillé. De l’autre coté de la dune, un magnifique paysage avec un rocher sacré sortant de l’eau. La coutume veut qu’on y dépose le cordon ombilical des bébés. Les rochers à fleur d’eau ont de curieux motifs, on dirait des rizières en terrasses. Il y a 3 ou 4 baleines, un peu loin mais on a des jumelles. Il y en a même une qui saute en se retournant. La suite, une belle plage en bas de dune avec une sorte de mini-calanque entre deux barres de rochers. On nous a autorisé à nous baigner mais l’ensemble forme une sorte de goulet. Dans un sens pas de problème mais pour revenir, c’est autre chose. Quand on a fini par sortir, on a vu que le guide s’était fait beaucoup de soucis. On reprend ensuite le 4x4 pour aller au phare et avoir un point de vue sur le vrai cap Ste Marie, le point le plus au sud de Madagascar. Au retour, le guide est obligé de descendre plusieurs fois pour déplacer les tortues du milieu de la route. Arrivés au bureau de l’ANGAP, on pique-nique sous un petit kiosque. Ce fut difficile car on a mis 25 minutes a retrouvé notre seule, unique et dernière boite de pâté. Dans les sacs, ça commence à être un peu le foutoir. Reprise ensuite de la route avec de très beaux tombeaux surmontés de voitures ou d’avions très colorés. Certains ont même encore un petit mausolée au milieu. Le route est plutôt bonne, on arrive à Faux-Cap à 14h30. On se rend au Cactus Hôtel, les bungalows y sont assez sommaires, et plutôt sales mais on n’a pas trop le choix. On va quand même se baigner malgrés le vent et on a une bonne surprise, la barrière de corail est très proche, il y a de beaux coraux. Par contre, cette fois, pas de poissons, à part un clown et des murènes. Douche au seau au bungalow, je commence à en avoir un peu marre de l’eau froide, je m’enrhume. Pour le coucher de soleil, cette fois, c’est coté terre derrière la petite église du village. Il y a pas mal de baraques en ruine, laissées à l’abandon et plein de cactus, ça fait très Mexique. Le groupe électrogène arrive à éclairer une ampoule de lampe de poche plutôt insuffisante pour l’ensemble de la salle de resto. Alex n’est pas amateur de dîner aux chandelles et râle. C’est vrai qu’en plus la salle est directement ouverte sur la mer, c’est joli mais froid. On a invité Samuel et Julien car c’est le dernier soir que Maman passe avec nous, la langouste avait l’air bonne mais le poisson avait le goût de l’algue, il paraît que c’est bon pour la santé. Et le gâteau manioc du dessert ne vaut pas le gâteau patate de La Réunion.
28/8/8 : Fort Dauphin : fin du périple
Partis à 7h après un petit déj sympas, galettes de riz et crêpes. Le début de la route est semblable à celui d’hier. On passe Tsiombe où devait avoir lieu une manifestation culturelle organisée par une assos française qui logeait également au Cactus Hôtel. Pas de musique pour l’instant mais un grand marché où l’on s’arrête un moment. Le paysage change complètement un peu plus loin, il y a des rizières, des bananiers, des feuilles d’éléphants. C’est beaucoup plus humide, on traverse plusieurs cours d’eau avec les activités qui en découlent : remplir les baquets, se laver, faire la lessive, étendre la lessive à même le sol. On croise des enfants sur la route qui font « la danse du sud », d’après Samuel, ce sont les ethnies du sud qui ont gardé le plus leurs traditions. Les tombeaux changent aussi, on passe à de grands carrés de 15x15m avec de simples obélisques. On arrive à Fort Dauphin à 13h avec même une route goudronnée mais dans un tel état que c’est encore pire que la piste de sable, d’ailleurs, dès que Julien peut passer sur les cotés, il le fait. On nous emmène manger « chez Perline », il y a un gros groupe de Français très bruyant, ça contraste avec les derniers jours de calme qu’on vient de passer. Le resto n’est pas donné mais c’est bon et la carte est très variée. On va ensuite à l’hotêl « Chez Anita » où on trouve une petite chambre sympa. Maman doit être à l’aéroport à 16h20, on a donc le temps de passer à la baie de Libano où c’est la première fois que je vois des familles Malgaches se baigner. On retrouve le groupe de Français braillards, pas de veine ! La baie est très belle mais l’abord de la plage est sale, ça gâche un peu. On accompagne Maman à l’aéroport, elle va poursuivre son périple en Tanzanie, l’avion n’est ni en retard, ni annulé, un vrai miracle. On rentre à l’hôtel au coucher du soleil et on commande à dîner car il est noté dans le guide que le service est long. C’est en effet un grand euphémisme mais ça m’a permis de faire mes cartes postales, on en a enfin trouvé. Elles arriveront bien après notre retour, mais pour les métropolitains ce n’est pas trop grave. Ça valait la peine d’attendre, on a mangé un excellent zébu-massalé.
29/8/8 : la baie de Lokaro, la plage au milieu des montagnes
Samuel vient nous chercher à 8h. Première étape obligatoire : la banque pour finir de les payer car ils vont repartir demain matin. On est obligé de faire plusieurs retraits, impossible de retirer en une fois à l’intérieur mais les guichets marchent. Samuel est content de son petit pactole. Il nous faut une heure pour atteindre la baie de Lokaro, la route est très belle, pleine de rizières, de feuilles d’éléphants et d’une quantité impressionnante de Ravinala (arbres du voyageur). On a également eu la chance de voir des népenthenes, des plantes carnivores jaunes avec une fleur en godet pour piéger les insectes. Il y a aussi des pervenches de Madagascar et des pandanus. La baie de Lokaro est très belle avec des montagnes au loin et la rivière qui se jette dans la mer. Il y a une petite île en face où Samuel voulait aller mais il y a beaucoup de vent donc même si c’est peu profond, on en a rapidement jusqu’aux épaules et Alex a un gros rhume. On se contente donc d’une ballade sur la plage avec l’ascension d’une petite butte d’où on a une vue sur l’ensemble du site. Les rochers sont du granit noir. Au retour, pique-nique pas fameux, on n’a trouvé que du pâté de volaille chez le karan de la station service et des vaches-qui-rit. On arrive à trouver un endroit abrité pour se faire bronzer et j’arrive quand même à prendre mon dernier bain à Mada. Au retour à l’hôtel, on tombe sur les 2 jeunes qui nous suivent depuis Anakao et qui ont eu pas mal de problèmes (pannes tous les jours, chauffeur-sans guide-ne parlant pas français, vol de portefeuille etc.…). Là ils attendaient la police pour litige avec le loueur de 4x4. Dernière (en principe) douche froide et dédredssage (ça se dit ?) de cheveux. Au dîner, succulentes brochettes de zébu et soupe au crabe.
30/8/8 : Retour à Tana, début du shoppping
Ce matin, c’est moi qui suis malade, la dernière douche froide a été fatale. Petit déj puis tour en ville pour une dernière photo. Samuel vient nous chercher à 9h, ils ont été très sympas de nous accompagner à l’aéroport car en principe, le contrat stipulait que nous les quittions la veille. En fait, il ne reprenne la route que demain après la révision de la voiture. L’attente à l’aéroport est longue et désorganisée. On retrouve nos deux malheureux jeunes qui ont fini par s’en sortir, ils sont quand même allés au commissariat mais ça s’est bien fini. L’avion est là, c’est un gros zavion et on a même droit à une collation. Normalement, il était convenu que quelqu’un du Manoir Rouge vienne nous chercher. On n’a vu personne, moyennement étonnés, on est donc parti à pied. On nous avait attribué une petite chambre dans une des annexes, toujours très bien décorée, c’est vraiment un endroit sympa. Pour aller à Tana, on a pris un taxi B qui est arrivé pas loin de la gare mais on s’est trompé de direction et on a fait un gros détour par le marché aux tissus toujours blindé de monde. On a fini par arriver avenue de l’indépendance à 15h. On va prendre un déjeuner léger au glacier puis opération souvenirs. D’abord, T-Shirt Baobab pour des amis de La Réunion puis marché d’Andravoahangy. Il y a toujours la même rangée de bicoques de brodeuses. Après les avoir toutes regardées plusieurs fois, on a trouvé deux jolies robes pour Elisa et Cléa-Marie. Alex m’a un peu aidé pour les tailles car je n’ai pas vraiment l’œil. Par contre, je n’ai pas trouvé la nappe de mes rêves, je suis particulièrement difficile parce qu’il y en a quand même des quantités. Alex a pris un napperon pour sa mère. Vers 17h, on décide de repartir vers la station de taxi B. De toute façon, tout était en train de fermer. On n’a jamais réussi à prendre de bus, on n’arrivait jamais à savoir où il allait et des masses de gens s’engouffraient dedans à chaque fois. Par contre Alex a réussi à se faire piquer tout son fric dans son blouson (oui je sais Ony, quelle idée aussi....). Heureusement, ses papiers étaient ailleurs. Ça nous a bien refroidis donc on a pris un taxi mais il a fallu affronter les énormes bouchons, il faut dire, c’était l’heure de pointe. Au menu du dîner, galette de pommes de terre au poulet, ça change.
31/8/8 : the last day : fin du shopping et à la prochaine Mada !
Après un super petit déj, on a repris notre taxi B pour le marché de la digue. La nuit a été difficile entre les aboiements de chiens et les coqs, finalement c’était plus calme à la campagne. On a toujours notre crève donc pas vraiment d’attaque pour le shopping. On arrive vers 9h, toutes les boutiques ne sont pas ouvertes mais on a quand même réussi à y passer 4h au final ! On les a faites une par une et on a marchandé mais on a trouvé ce qu’on voulait notamment nos deux chaises en bois et un totem de plus de 2m de haut qu’on a fait scier pour le transporter. Ensuite on est rentré, l’hôtel nous a fait amener à l’aéroport pour se faire pardonner de leur oubli de la veille, en même temps on en avait vraiment plus besoin là vu la masse de chose impressionnante à ramener. On a eu quelques petits coups de flips à l’aéroport. On n’avait pas déclaré notre bois au ministère des eaux et forêts, heureusement il y a avait un guichet spécial à l’aéroport et comme ce n’était que de l’artisanat ça a été vite fait et sans problème. Deuxièmement le poids qu’on essaie toujours de ne pas dépasser mais pas de balance…c’était pile le poids maximum à 500g prés, trop forts. Le vol de retour s’est bien passé, on a l’impression de revenir à la maison même si c’est à La Réunion, comme quoi, on s’habitue vite. On ne s’est pas fait cambrioler et le chat n’est pas mort de faim, ouf. En tout cas, il reste plein de choses à voir à Mada, même si on en a fait une grande partie et on compte bien y retourner.
Bons votages à tous!
Nous avons payé (indicatif, ça a dû encore changer depuis les évennements) :
- Tsyngis, forfait 2j grands et petits : 60 000 Ar/pers
- Bac Tsirbina : 70 000 Ar/4x4
- Bac Manambolo : 25 000 Ar/4x4
- Plat dans un petit resto : 4 000 Ar
- Plat dans une gargote : 2 500 Ar
- Bouteille d’eau GM : 2000-3000 Ar
- Zoom Hôtel Morondava, 1 chambre eau chaude 3 pers : 30 000 Ar
- Promenade en pirogue (2h) baleines + snorkelling : 8000 Ar/pers
- Hôtel Sud Itampolo, bungalow 3 pers : 50 000 Ar, petit dej : 7000 Ar, langouste : 16 000 Ar
- Hotel Lavanono, bungalow 2 pers : 25 000 Ar, 3 pers : 30 000 Ar
- Cactus Hôtel Faux Cap, bungalow 3 pers : 30 000 Ar, langouste 20 000 Ar
- Réserve Cap Ste Marie, 2 circuits : 42 000 Ar/3 pers
- Hôtel Anita Fort Dauphin, chambre eau froide : 30 000 Ar, plat : 9000 Ar, petit dej : 4500 Ar
Nous avons aimé :
- la diversité des paysages et la richesse de la faune et de la flore
- le sérieux et la gentillesse de nos accompagnateurs
- la rando dans les Tsingys, vraiment impressionnant même quand on n’a pas d’ULM comme Nicolas Hulot
- le sourire des Malgaches, toujours présent
Nous n’avons pas aimé :
- La longueur des premières étapes, trop de route, arrivée trop tard mais je le savais, boucler ce programme en 17j impliquait cela. A faire plutôt en 3 semaines pour bien en profiter Rien d’autre : tout le reste était super. Les douches froides, c’est bon pour la peau.
Retour du Costa Rica (juin 2009) English translation pending
Après avoir glané pas mal d'info sur ce forum, voici 1 petit résumé vite fait de nos 3 semaines au Costa Rica.
Arrivé le 1 juin. Location de voiture chez Targetcarrental: daihatsu terrios (4x4), aucun problème, GPS gratuit et service impeccable. On était souvent bien content d'avoir une 4X4 parce que certaines routes sont assez défoncée. GPS: à combiner avec une carte parce que beaucoup d'erreur.
mercredi 2 juin route vers Hacienda baru (Dominical)...chouette petite promenade dans la forêt et au bord de la mer, vu nos 1er singes et coatis.Baignade dans la piscine sous la pluie et dodo dans 1 pt bungalow au milieu de la propriété et tt cela pour 40$ pour 2. A conseiller vivement.
jeudi 3 juin: arrivé à Puerto Jimenez en vue de notre trip dans le parc corcovado. Dodo à la cabina Jimenez: à déconseiller...on pensait se reposer juste avant notre trip à Corcovado mais c'était sans compter sur la discothèque en plein air locale qui se trouve sur la baie juste en face..on savait même plus se parler quand la musique c'est mise en marche...même avec les boules quiès, j'entendais tout...horrible. Heureusement, on a pu laisser la voiture et nos gros sac la bas pendant 3 jours.
vendredi 4 juin, dimanche 5 juin et lundi 6 juin: Corcovado (2 nuit à la Sirena) réservation faite à l'avance depuis la Belgique, 2h de bus pour la Carate et puis 3km sur la place pour l'entrée du parc la leona...pas possible de sortir via l'autre entrée du parc (los patos), beaucoup de pluie et les rangers nous ont déconseillé d'y aller sans guide.
Que dire? Magnifique, idyllique, des animaux partout (beaucoup plus que dans tout les autres parcs visité), des plages isolées...sans aucun doute un des meilleurs parcs du Costa Rica et notre meilleur souvenir mais vraiment pas évident comme randonnée...il fait chaud, c'est long..il faut tenir compte des marées. On est resté coincé 5h sur une plage déserte en attendant que la marée descente et on a du se dépêcher pour arriver avant la nuit. En plus, on était les seuls à faire ce chemin ce jour là. La journée de repos à la Sirena nous a vraiment fait du bien et permis de se promener aux alentours calmement...reveil sous les cris des singes hurleurs, coati se promenant dans le champ à coté de la station, singe dans les arbres et nombreux ara passant en criant au dessus de nos têtes. Pas vu de Tapir (à part des traces) mais avons eu l'extrême chance de voir 1 jaguarundi sur le sentier et également 1 puma. Le puma se trouvait dans les buissons près de la route en face de la piste d'atterrissage de Carate...il est sorti sur la route calmement après que 3 jeunes aient jeté sur lui (par mégarde) des noix de coco. Je pense que les 3 jeunes ont eu la frousse de leur vie, vu à la vitesse à laquelle ils ont détalé.
Récupération de nos affaires et de la voiture et nuit dans un chouette éco lodge tt en bois aux alentours de Las Palma.
mardi 7 juin: Petite promenade dans la propriété du lodge et encore vu de nombreux animaux (serpent, tayra, colibri...) et route le long de l'ocean Pacifique jusque Quepos.
Mercredi 8 juin: Visite du parc de Manuel antonio. Encore fatiguée de nos quelques jours à Corcovado, on en profitera pour se baigner dans les plages calmes du parc. Quelques animaux mais ici contrairement à Corcovado ce sont eux qui viennent à nous (sans doute dans l'espoir qu'on leur file quelques choses à manger)...euh enfin pas pour les paresseux parce qu'à la vitesse à laquelle il se déplace, on serait encore la bas. L'après midi, on partira vers Monteverde. La fin du trajet se fait durant la nuit...c'est dommage parce que la montée vers Monterverde est un superbe route.
Jeudi 9 juin: Beaucoup de chose à faire de ce coté ci... mais tout est hyper cher (minimum 10$ par pers pour visiter serpentarium, grenouille ou encore orguidée, 45$ pour les plantations de café et promenade la nuit) Finalement, on ira se promener dans le parc de Monterverde (17$/personnes: c'est le parc le+ cher de ts le costa rica). La forêt porte vraiment bien son nom de cloudy forest...c'est impressionnant, ces nuages qui s'accrochent aux arbres. La forêt est super humide, beaucoup d'oiseau mais très difficile à voir vu la densité de la forêt. Chouette balade en tout cas, on a vraiment bien aimé...cela aurait été encore plus intéressant avec un guide mais il aurait encore fallu rajouter 20$/personnes. Au café juste à la sortie du parc, il ya plein de mangeoire à colibri...ca permet vraiment de les observer à loisir de tout tout près. Ensuite, on ira voir une très belle cascade à proximité (catarata San Luis), chemin difficile d'accès en voiture mais faudra quand même encore payer 10$ par personne juste pour aller se promener jusqu'à la cascade.
Vendredi 10 juin: Départ pour le volcan Rincon de la vieja, arrêt en chemin à Canas pour aller visiter un refuge pour animaux et arrivé assez tôt au volcan. On déposera nos affaires à un petit rang très sympa à proximité et début d'aprem on sera dans le parc. Très, très joli et très différents des autres parc...on se trouve à proximité d'un volcan en activité et cela se voit...nombreuses fumerolles, bains d'eau ou de boue bouillonnantes, odeur d'oeuf pourri (souffre) un peu partout...très chouette parc et les sentiers sont très bien aménagés.
Samedi 11 juin: Route vers le volcan Tenorio: 2h de goudron et puis encore 1h de sentier "merdique" (sans 4X4: ça vaut même pas la peine d'essayer), on arrive la bas à 10h du matin...il douche, on cherche un endroit pour aller boire un verre mais y a rien...on suit donc des gros panneaux jaunes indiquant "Posada La Amistad", le chemin est mauvais, y a personne, de l'eau partout mais finalement y a rien juste une petite maison perdue...on stop et réfléchissons sur ce qu'on pourrait bien faire sous cette drache. Soudain, apparaît un petit monsieur sous son parapluie, il nous fait signe de le suivre et nous arrivons chez lui "Posada la Amistad"...il nous montre un petit cabanon rustique avec quelques chambres et salle de bain...apparement on peut loger ici. (on ne comprend rien à l'Espagnol donc on avait pas compris tt de suite que Posada voulait dire auberge) Le monsieur est adorable, il ne parle qu'Espagnol mais on se comprend par les gestes, l'endroit est vraiment tranquille c'est sans aucune hésitation qu'on restera là pour la nuit. On mangera aussi un bon casados le soir. Si vous passez dans les environs et si vous aimez la tranquillité, c'est là qu'il faut aller..les propriétaires sont adorables et quand ce ne sont pas eux qui vous feront la conversation c'est le perroquet de la maison. Quel dommage qu'on ne parle pas espagnol, cela aurait encore été plus interessant.
La pluie ayant cessé, on a été visiter le parc et la célébre rivière celeste....mais vu toute la pluie qui est tombée, l'eau était toute boueuse...en temps normal, apparemment elle est d'un bleu très lumineux.
vendredi 12 juin
Encore un volcan aujourd'hui et sans doute celui qui montre le plus de signe d'activité extérieur : le volcan Arenal. On avait repéré depuis belle lurette un éco-lodge au bord du lac (Rangot Margot). Contrairement à beaucoup de lodge qui n'en porte que le nom celui-ci est un vrai eco-lodge...tout est fait là bas. électricité via une cascade, eau chauffée via le compostage, gaz de cuisine récupéré aussi via le compostage, potager, jardin, vache, cochon, poule, chevaux, refuge d'animaux, bain chaud.... Le prix est assez cher mais cela vaut vraiment la peine. On a une droit à une visite guidée très intéressante de toutes l'exploitation. Il a plu toutes la journée donc après la visite, on est resté calmement la bas à profiter de la piscine d'eau chaude. Le soir, on décide d'aller manger un coup au village d'El Castillo situé à proximité et surprise: alors qu'il a plus non-stop toutes la journée, le ciel est dégagé et on peut parfaitement apercevoir le volcan dans le noir et les coulées de lave rouge qui descente le long de celui-ci.
Samedi 13 juin
visite du parc en bas du volcan...le ciel est encore parfaitement dégagé et on aperçoit vraiment bien le volcan...en approchant à pied jusqu'à une ancienne coulée de lave, on entend les grondements et les blocs de laves qui dégringolent le long du volcan: vraiment impressionnant. Vers 10h, le temps commence à se couvrir, nous décidons de partir vers la côte Caraïbes. Dodo sur le chemin dans une espèce de parc d'attraction ou un gars joue avec des crocodiles.
Dimanche 14 juin, lundi 15 juin, mardi 16 juin
Repos pendant 3 jours à Puerto Viejo le long de la côte Caraibe...dodo au El Toucan Lodge..magnifique bungalow tenu par des allemands au calme dans la forêt à 5 minutes de la plage.On a adoré.
- Visite du parc Cahuita, ses plages, ses nombreux animaux (coati, raton laveur, singe, basilic, iguane) mais ici aussi ils s'approchent des hommes sans peur...j'ai du me "battre" avec un singe qui s'approchait de nos sac chaque fois qu'on se trouvait dans l'eau.
- promenade en vélo jusque Manzanillo et snorkelling...l'eau est très clair, mer calme, pas besoin de guide...il faut juste louer des masques, tuba sur place et à 10-15m de la plage se trouve déjà la barrière de corail.
- baignade, baignade et encore baignade...ici entre Cahuita et Manzanillo et contrairement au Pacifique, toutes les plages sont propice à la baignade...sables blancs ou noir, mer calme, eau chaude, palmiers avec de temps en temps des singes...on a adoré.
Mercredi 17 juin
On quitte avec regret la cote caraïbes vers Turialba...on espère pouvoir faire du rafting mais on arrivera un peu trop tard dans la journée donc ce sera plus possible. Les départs se font vers 10h et cela dure la journée. On visitera donc la région, plantation de café et un petit parc (sorry, mais j'ai déjà oublié le nom).
Jeudi 18 juin
Journée à Alajuela sans la voiture qu'on a du rendre à 11h...pas grand chose à voir donc lecture, Internet et promenade.
Vendredi 19juin lever à 5h pour aller prendre l'avion..ca y c'est la fin...snif snif.
Conclusion: superbe pays pour les amoureux de la nature et des animaux, très beaux parc tous différents et superbe plage (+sauvage du coté pacifique mais plus propice à la farniente du coté caraïbes). Période: C'était la saison des pluies et c'est vrai qu'il a beaucoup plu mais la plupart du temps c'était fin d'après-midi ou la nuit. Cela ne nous a jamais empêché de faire ou voir quelques choses (sauf peut être la rivière céleste). L'avantage c'est qu'il n'y a presque pas de touriste à cette période donc pas besoin de réservation, les prix sont un peu moins cher et on se retrouve seul dans beaucoup de parc. Budget: On ne cherchaient pas spécialement le confort mais plutôt la tranquillité et la nature donc on a jamais dormi en ville (sans doute moins cher) mais les prix des cabinas étaient très rarement en dessous de 40$ la nuit (pour 2), les repas il faut compter 15/20$ par personnes, les parcs(minimum 10$ par personnes), pour un guide compté 30$ par personne....Finalement, même sans extra, cela revient assez cher. Oui, il y a moyen de tt faire en bus mais cela prend beaucoup de temps, oui, il y a aussi sûrement aussi moyen de trouver des petites cabinas en ville vraiment pas cher mais dans un si beau pays ou la nature est reine, on aurait trouvé dommage de ne pas se réveiller au milieu des oiseaux et des arbres.
Si vous souhaitez d'autres infos ou conseils, n'hésitez pas.
François
Conclusion: superbe pays pour les amoureux de la nature et des animaux, très beaux parc tous différents et superbe plage (+sauvage du coté pacifique mais plus propice à la farniente du coté caraïbes). Période: C'était la saison des pluies et c'est vrai qu'il a beaucoup plu mais la plupart du temps c'était fin d'après-midi ou la nuit. Cela ne nous a jamais empêché de faire ou voir quelques choses (sauf peut être la rivière céleste). L'avantage c'est qu'il n'y a presque pas de touriste à cette période donc pas besoin de réservation, les prix sont un peu moins cher et on se retrouve seul dans beaucoup de parc. Budget: On ne cherchaient pas spécialement le confort mais plutôt la tranquillité et la nature donc on a jamais dormi en ville (sans doute moins cher) mais les prix des cabinas étaient très rarement en dessous de 40$ la nuit (pour 2), les repas il faut compter 15/20$ par personnes, les parcs(minimum 10$ par personnes), pour un guide compté 30$ par personne....Finalement, même sans extra, cela revient assez cher. Oui, il y a moyen de tt faire en bus mais cela prend beaucoup de temps, oui, il y a aussi sûrement aussi moyen de trouver des petites cabinas en ville vraiment pas cher mais dans un si beau pays ou la nature est reine, on aurait trouvé dommage de ne pas se réveiller au milieu des oiseaux et des arbres.
Si vous souhaitez d'autres infos ou conseils, n'hésitez pas.
François
Artiste française et préparation d'un voyage en Australie? English translation pending
artiste française projet découvrir Australie (message privé)
21 juin 2009 à 21:54

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Bonjour, Je souhaite faire un itinéraire en Australie, 🙂j'ai le projet de partir entre 1 et 2 mois pour découvrir ce pays et peindre sur place (je suis artiste et je voudrais peindre les gens , ma démarche actuelle est sur l'humain ). J'aimerais exposer sur place mon travail et créer en Australie pour me nourrir de cette contrée, un pays qui m'attire. Avez vous des villes à me conseiller avec un circuit à me conseiller: des villes , lieux à voir, à faire, des étapes logiques? J'aime la nature, l'art , la culture, le sport (en amateur) , la mer, et l'art aborigène. Connaissez vous des galeries (à qui je pourrais proposer mon projet) et à visiter?
Quels sont les moyens économiques et en sûr pour bouger sur place, se loger? Merci beaucoup pour l'aide et les conseils bienvenus!😎
21 juin 2009 à 21:54

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Bonjour, Je souhaite faire un itinéraire en Australie, 🙂j'ai le projet de partir entre 1 et 2 mois pour découvrir ce pays et peindre sur place (je suis artiste et je voudrais peindre les gens , ma démarche actuelle est sur l'humain ). J'aimerais exposer sur place mon travail et créer en Australie pour me nourrir de cette contrée, un pays qui m'attire. Avez vous des villes à me conseiller avec un circuit à me conseiller: des villes , lieux à voir, à faire, des étapes logiques? J'aime la nature, l'art , la culture, le sport (en amateur) , la mer, et l'art aborigène. Connaissez vous des galeries (à qui je pourrais proposer mon projet) et à visiter?
Quels sont les moyens économiques et en sûr pour bouger sur place, se loger? Merci beaucoup pour l'aide et les conseils bienvenus!😎

Parcourir le Costa Rica en autobus English translation pending
bonjour!
je prépare mon voyage costa-rica et panama mais un détail hyper important m'échappe. Des personnes m'ont dit que pour visiter le costa, il faut tjrs revenir au point de départ, soit san josé. On m'a dit qu'il n'est pas possible de progresser à travers le costa rica en bus pour finalement atteindre panama. Il me semble que je perdrai un temps fou si je dois tjrs revenir a san josé plutôt que de progresser lentement. A moins que les routes soit dangeureuse ou les service de bus très limité à partir des villes autre que san josé?? j'ai l'intention de visiter costa rica 2 semaines puis traverser au panama 2 autres semaines.
merci 😉
je prépare mon voyage costa-rica et panama mais un détail hyper important m'échappe. Des personnes m'ont dit que pour visiter le costa, il faut tjrs revenir au point de départ, soit san josé. On m'a dit qu'il n'est pas possible de progresser à travers le costa rica en bus pour finalement atteindre panama. Il me semble que je perdrai un temps fou si je dois tjrs revenir a san josé plutôt que de progresser lentement. A moins que les routes soit dangeureuse ou les service de bus très limité à partir des villes autre que san josé?? j'ai l'intention de visiter costa rica 2 semaines puis traverser au panama 2 autres semaines.
merci 😉
Les vagabonds des airs. Les dugongs de Marsa Mubarak (Egypte) English translation pending
Les vagabonds des airs.
Egypte. Les dugongs de Marsa Mubarak.
Pas de coq. Pas de réveil. C’est la température ambiante qui nous extirpe du sac à viande. Passé six heures, la chaleur devient malaisément supportable dans la tente.
Nous levons le camp, déjeunons et marchons pour se poster sur le bord de la route. Circulant à la fraîche, les véhicules remontant de Bir Shalatin en direction d’Hurghada sont plus nombreux vers 7 heures. L’expérience des jours passés nous a démontré que les transports individuels et collectifs en Egypte n’étaient pas toujours pénétrables ; mais en bons bretons têtus que nous sommes, nous contrecarrons les refus catégoriques et parfois agressifs, par des sourires et une motivation accrocheuse.
Nous comptons en fait rejoindre aujourd’hui une des baies qu’abrite la côte Sud Est Egyptienne, se situant à une trentaine de kilomètres au nord d’ici. J’ai lu dans des brochures de plongée que celle-ci serait fréquentée par des dugongs ; mammifères herbivores en voie d’extinction.
L’obstination finit toujours par payer, nous faisons le pied de grue un juste quart d’heure. Une 504 Peugeot se range sur le bas côté, un barbu poivre et sel au volant. Il ouvre la fenêtre côté passager. - Salam aleikoum - Salam - Nous souhaiterions aller à 15 km d’ici. Ne comprenant pas l’anglais ; j’use alors des gestes et des mimiques faciales avant de sortir ma carte du pays. Mieux vaut toujours un plan qu’un grand discours imagé et ridicule. - Ok - How much ? Imageant ma question par le frottement de pouce sur l’index.
Il m’annonce cinquante livres égyptiennes, je lui propose vingt. Il me réitère cinquante. Je lui en offre trente, mais le bougre campe sur le billet de départ. Je tente alors quarante, avant de convenir finalement au prix qu’il souhaitait au départ. Quel piètre marchandeur je fais….
La morale dans ce coin du désert arabique, est qu’il est fort inutile de jouer au marchand et à la marchande. Car rares ici sont les voitures s’arrêtant pour embringuer les étrangers. À vouloir gagner petit on peut perdre gros : Rester poireauter plusieurs minutes, voire quelques heures, le porte monnaie mafflu et la raison bien maigre.
Nous payons sans aucun doute le prix fort pour une si une courte distance, mais cela fait quand même de moi un voyageur satisfait. L’asphalte de la route est en bon état, et les paysages désertiques la bordant tout simplement sublimes. Avec ses mystères de nature sauvage, le désert arabique prend ses plus beaux apparats le matin. Les molles dunes semblables aux vagues de mer, jalonnent la route suivie. Par ma pente naturelle de rêverie, une idée me vient.
- Demain j’irais marcher quelques heures dans le désert arabique histoire de prendre quelques photos. Que j’adresse à Isabelle. - Si tu veux, mais sans moi…rétorque mon épouse. Je me tourne vers mes enfants. - Idem Maman. Répond Loïck. - Je suis en vacances. Conclut Morgann.
La carriole nous dépose sur une placette en rond- point, appartenant à un complexe hôtelier. Palissadé sur toute sa longueur, le Resort bâillonne sur toute sa longueur l’accès à la plage. Les matons à l’entrée ne nous ont pas remarqué, nous contournons la clôture par la gauche…pas bien, oh non ça ce n’est pas bien !!
Quel ras le bol de passer à la caisse à chaque fois que nous tentons une baignade sur un site naturel en Mer rouge ! Nous oublions pour l’occasion nos principes moraux, et ne pensons alors qu’à une seule chose : trouver un dugong.
Nous gauchons sans difficulté la palanque et déboulons sur le versant nord de la baie. La pointe domine très légèrement la baie et permet ainsi une vue d’ensemble. Une légère brise venant du large, une mer turquoise ; des fonds apparemment sablonneux, mouchetés de vert ci et là ; le golfe de Marsa Mubarak parait tranquille.
Nous sommes étrangement quasi seuls. Cela rassure, car la vision de tous ces transats sous parasols sur la plage de la baie laisse présager l’abominable en haute saison. Nous poursuivons une marche de quelques minutes jusqu’au bout de la langue caillouteuse. Nous rassemblons nos affaires sur une minuscule grève et posons un regard scrutateur sur l’horizon. L’animal nécessite une remontée toutes les cinq à dix minutes pour se remplir les poumons. Cette surnage ne devrait pas passer inaperçue.
Mais pas la moindre écume entre les vagues courtes. Soit les dugongs sont des lèves tard… soit la présence du mammifère dans ces eaux alimente une fois de plus la légende. Nous nous équipons malgré tout et palmons en direction du premier récif, situé à quelques vogues du littoral.
L’incertitude regagne nos esprits, aussi le souvenir déçu des tentatives passées. En effet nous ne sommes pas à notre première chasse à l’œil, nous battons le rappel depuis belle lurette pour évoluer avec ces placides herbivores. Les conditions environnementales sur l’ile de Mantanani à Bornéo étaient bien plus souveraines qu’elles ne sont ici au nord de Marsa Alam. (Lire La légende des sirènes, les dugongs de Mantanani).
Je tiens à rappeler que le dugong est un animal menacé, condamné à disparaître. Et ceci pour plusieurs allégations .La plus évidente dans l’ébranlement de son espèce est la réduction massive de ses habitats côtiers. En particulier du fait du tourisme, de l’urbanisation des littoraux et de la pollution. Sur toute sa côte sud de la Mer rouge, l’Egypte exécute à grands pas les chances de réhabilitation du mammifère. Sur une portion de cinq cent kilomètre comme celle entre Safaga et Ras Banas, il n’existe qu’une trentaine de Marsa ou baies comme celle de Mubarak. Nourricières par les herbiers qu’elles abritent, jouissant pour la plupart de séduisantes plages ; les baies fréquentées par les siréniens sont également très convoitées par les promoteurs immobiliers.
Sur les quatre cent kilomètres de littoral que nous avons longé depuis Hurghada, chacune de ces baies est enlaidie par une ou plusieurs structures hôtelières. Je fais l’impasse sur les Sharm, les timides renfoncements ou avancées sur la mer …il n’y a pas vingt, voire dix kilomètres sans un Dirladada hôtel existant ou en construction. Une fois les chantiers achevés, les deux années qui viennent s’annoncent bien orageuses pour cette zone côtière. Ce coin ; jusque là décrit comme le dernier paradis authentique et préservé géographiquement du tourisme de masse ; est en passe de devenir un désastre écologique.
Aujourd’hui Petit Poucet, l’aéroport de Marsa Alam souhaite devenir ogre. Il promet de remplir les deux cent quarante mille chambres prévues par les promoteurs ! En devenant international, l’aérogare assure aujourd’hui des vols sans escale, et ce à partir des principales capitales Européennes puis du Moyen Orient.
Dixit l’écologie Egyptienne ; les récifs coralliens de la côte sud, et la vie émanant de ceux-ci, ne supporteraient pas une fréquentation supérieure à soixante dix mille chambres. Mon sentiment est que les écologistes peuvent ergoter tant qu’ils veulent et tant qu’ils peuvent, l’argent est trop séducteur et le corrupteur par excellence. En poursuivant cette course pognoniste, les totalitaires offrent à la faune et la flore sous marine Egyptienne un aller simple pour l’enfer.
Les Egyptiens voient les choses en grand et prouvent une fois de plus qu’ils sont toujours de stupéfiants bâtisseurs. L’histoire racontera s’ils ne sont pas en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis….
Je mets un terme à la digression et reviens sur une note plus poétique, notre promenade sous marine.
D’un cobalt virant par endroit à l’outremer, le bleu des profondeurs déteint graduellement sur les coraux et devient transparent sur les fonds sablonneux. Affleurant la surface ; le récif est frangeant et en formation de queue de comète. Ici le récif est aussi une longue trainée de poussières ; un amas épars d’îlets, explosant de vies et de lumières. Les îlots coralliens sont compartimentés sur une seule et même courbe, voyageant du large comme des wagons sur un seul rail, tirés par une locomotive qu’est le littoral.
Nous ne résistons pas longtemps au plaisir de passer sous les arches naturelles ; de pénétrer dans chaque passage ou goulet que les bosquets de polypes forment depuis des années. Jacques Cousteau comparaissait la Mer Rouge en un couloir de merveilles. C’est juste aussi, si je résume la description de ce récif en une merveille de couloirs. Chaque dédale est un espace rivalisant de couleurs avec le voisin.
Fantastique balade en aquarium.
Coraux mous puis durs, gorgones tentaculaires, anémones agiles et éveillées…..à foison. La faune n’est pas en reste. Les anthias rouges virevoltent puis s’abritent dans les talus d’acropora. Les poissons cochers chevauchent le flux de nos palmes, les poissons crocodiles se camouflent…mais nous ne sommes pas venus jusqu’ici pour batifoler avec les communs du paysage corallien.
Nous empruntons alors la dernière passe et rejoignons rapidement un bleu plus profond. Nous nageons vers le large.
L’évent en poupe, sous l’action du courant nous survolons ainsi dunes et jardins de corail. Voler. Planer. Sans effort. Nos palmes pour seul moyen d’orientation.
Nous explorons toute la baie. Trois heures de nage. Epuisés. Le vent s’est levé, et nous disputons un bras de fer depuis une heure avec le courant et les clapots. Nombreuses sont les tortues, requins guitare, bancs de fusillers…pas l’ombre d’une caudale dans les prés de Marsa Mubarak.
Vague à l’âme, vagues par-dessus le tuba nous revenons vers la plage. Désabusés. Une fois de plus déçus.
Parviendrons-nous un jour à nager avec un dugong ?
Faut il penser que le contact est quasi impossible, fou ?
Souvent le désespoir a gagné des batailles disait Voltaire.
Comme pour celui qui s’apprête à battre en retraite, je jette un dernier regard vers le terrain de ma défaite. Le grand bleu. Nous vivons aujourd’hui notre Austerlitz.
Il y’a un truc qui monte. Un machin rond. Une chose entre deux eaux. Et cela à une trentaine de mètres de nous. Une ogive blanche. L’image est encore trop vague car sous l’eau tout se confond. Une tortue ? Non, c’est bien trop barrique et trop rapide.
On reste là en surface. Les têtes rivées vers cette masse ondulante. Plus de doute, en voilà un.
Nous allons nager avec un dugong.
Nous n’en croyons pas nos yeux. Je mets sous tension mon caisson étanche et commence à immortaliser les premières secondes d’une rencontre tant attendue. Lui aussi nous a vu, et fonce droit sur nous. Curieux animal.
Cet animal magnifique semble un revenu de la terre, des océans datant de milliers d’années. Sa beauté, son innocence, son sourire lui donnent un caractère commun avec notre espèce de mammifère. Et comme si nous partagions une ancienne histoire terrestre, il se rapproche figurément et proprement de nous. Il remonte des profondeurs, et vient se reposer à la surface.
Respirer. Nous rencontrer. Nous extasier face à la magie de la nature. De cet équilibre subtil qui régit la vie de ce sirénien.
Il plonge, broute inlassablement les herbiers. Cinq minutes à huit minutes tout au plus, avant de remonter. A chaque fois sur la même cible ; nous.
Il y’a la place pourtant. Il pourrait venir se remplir les poumons à deux encablures. Mais non. Il souhaite indéniablement nous démontrer comment il est agile, doux, beau, fort. Amical. L’union est étrange, relevant d’une alchimie de l’instinct, d’un ordre malheureusement éphémère.
Grandiose. C’est tout simplement grandiose.
Il cherche un accord avec nous. Nous voulons la même synergie.
Alors je l’imite. Et lui montre comment l’homme est gourd, malagauche, faible et pataud dans l’eau. Il ne me quitte pas des yeux ; semble se marrer. Cela me vaudra d’ailleurs mon surnom estival : Papa le dugong. Les enfants sont amusants…parfois délirants et exagérants dans les raccourcis cognitifs qu’ils font. J’ai beau être chauve et souriant, cela ne fait pas de moi un sosie du mammifère quand même ! À moins que la vérité ne soit ailleurs ; que le lien soit fait tout bonnement pour mes poignées d’amour naissantes … sic !! Amis de la quarantaine : bienvenue au club !!
Mais la rencontre dégage tant d’affection, que je prends volontiers à mon compte l’essentiel ; le charme de l’apnéiste … P’té comment il se la raconte le gars !!
Toute la famille est impressionnée, émotionnée par la taille du dugong. Il faut avouer qu’il est imposant, haut comme une pièce de notre appartement, rond comme une colonne de Karnak... . Morgann se sent minuscule et préfère marquer légèrement un retrait. Loïck lui, accompagne chacune des lentes immersions de notre nouvel ami et prend autant de plaisir que les rémoras qui lui collent au train.
L’accompagnement du fiston se fait durant quelques mètres seulement car l’animal plonge pour se poser sur les herbiers situés à une douzaine de mètres en dessous de la surface. Et pour que l’apnée soit nourricière réciproquement, il nous faut plonger comme l’animal. Bien sûr nous pourrions nous contenter d’observer le dugong des nuages ; de contempler la Mer Rouge d’en bas, vu d’en haut.
Mais la politique de notre maison n’est pas de percevoir la vie d’un regard plongeur, d’un point de vue hiérarchique. Superficiel.
Alors nous plongeons comme lui. Sans artifice. En apnée. Pour une descente roborative réciproque. Lui pour brouter ses quarante kilogrammes quotidien d’herbacées ; nous pour nourrir nos yeux de son regard rond et de son sourire anatomique. Pour assouvir, comme si cela était possible, notre insatiable émerveillement de la beauté du monde animal.
Les vagabondages dans les airs durent à peu de chose près, deux heures.
Et puisque seules nos limites respiratoires peuvent mettre fin à la rencontre, nous rejoignons la côte. Ces sensations fortes laisseront en nous une extraordinaire et éternelle empreinte. Des images aussi superbes que nos souvenirs.
Nous sommes revenus deux fois sur ce coin. En trois journées, nous en avons rencontré à chaque balade aquatique. Jamais les mêmes mammifères. Avec toujours autant de bonheur.
Egypte. Les dugongs de Marsa Mubarak.
Pas de coq. Pas de réveil. C’est la température ambiante qui nous extirpe du sac à viande. Passé six heures, la chaleur devient malaisément supportable dans la tente.
Nous levons le camp, déjeunons et marchons pour se poster sur le bord de la route. Circulant à la fraîche, les véhicules remontant de Bir Shalatin en direction d’Hurghada sont plus nombreux vers 7 heures. L’expérience des jours passés nous a démontré que les transports individuels et collectifs en Egypte n’étaient pas toujours pénétrables ; mais en bons bretons têtus que nous sommes, nous contrecarrons les refus catégoriques et parfois agressifs, par des sourires et une motivation accrocheuse.
Nous comptons en fait rejoindre aujourd’hui une des baies qu’abrite la côte Sud Est Egyptienne, se situant à une trentaine de kilomètres au nord d’ici. J’ai lu dans des brochures de plongée que celle-ci serait fréquentée par des dugongs ; mammifères herbivores en voie d’extinction.
L’obstination finit toujours par payer, nous faisons le pied de grue un juste quart d’heure. Une 504 Peugeot se range sur le bas côté, un barbu poivre et sel au volant. Il ouvre la fenêtre côté passager. - Salam aleikoum - Salam - Nous souhaiterions aller à 15 km d’ici. Ne comprenant pas l’anglais ; j’use alors des gestes et des mimiques faciales avant de sortir ma carte du pays. Mieux vaut toujours un plan qu’un grand discours imagé et ridicule. - Ok - How much ? Imageant ma question par le frottement de pouce sur l’index.
Il m’annonce cinquante livres égyptiennes, je lui propose vingt. Il me réitère cinquante. Je lui en offre trente, mais le bougre campe sur le billet de départ. Je tente alors quarante, avant de convenir finalement au prix qu’il souhaitait au départ. Quel piètre marchandeur je fais….
La morale dans ce coin du désert arabique, est qu’il est fort inutile de jouer au marchand et à la marchande. Car rares ici sont les voitures s’arrêtant pour embringuer les étrangers. À vouloir gagner petit on peut perdre gros : Rester poireauter plusieurs minutes, voire quelques heures, le porte monnaie mafflu et la raison bien maigre.
Nous payons sans aucun doute le prix fort pour une si une courte distance, mais cela fait quand même de moi un voyageur satisfait. L’asphalte de la route est en bon état, et les paysages désertiques la bordant tout simplement sublimes. Avec ses mystères de nature sauvage, le désert arabique prend ses plus beaux apparats le matin. Les molles dunes semblables aux vagues de mer, jalonnent la route suivie. Par ma pente naturelle de rêverie, une idée me vient.
- Demain j’irais marcher quelques heures dans le désert arabique histoire de prendre quelques photos. Que j’adresse à Isabelle. - Si tu veux, mais sans moi…rétorque mon épouse. Je me tourne vers mes enfants. - Idem Maman. Répond Loïck. - Je suis en vacances. Conclut Morgann.
La carriole nous dépose sur une placette en rond- point, appartenant à un complexe hôtelier. Palissadé sur toute sa longueur, le Resort bâillonne sur toute sa longueur l’accès à la plage. Les matons à l’entrée ne nous ont pas remarqué, nous contournons la clôture par la gauche…pas bien, oh non ça ce n’est pas bien !!
Quel ras le bol de passer à la caisse à chaque fois que nous tentons une baignade sur un site naturel en Mer rouge ! Nous oublions pour l’occasion nos principes moraux, et ne pensons alors qu’à une seule chose : trouver un dugong.
Nous gauchons sans difficulté la palanque et déboulons sur le versant nord de la baie. La pointe domine très légèrement la baie et permet ainsi une vue d’ensemble. Une légère brise venant du large, une mer turquoise ; des fonds apparemment sablonneux, mouchetés de vert ci et là ; le golfe de Marsa Mubarak parait tranquille.
Nous sommes étrangement quasi seuls. Cela rassure, car la vision de tous ces transats sous parasols sur la plage de la baie laisse présager l’abominable en haute saison. Nous poursuivons une marche de quelques minutes jusqu’au bout de la langue caillouteuse. Nous rassemblons nos affaires sur une minuscule grève et posons un regard scrutateur sur l’horizon. L’animal nécessite une remontée toutes les cinq à dix minutes pour se remplir les poumons. Cette surnage ne devrait pas passer inaperçue.
Mais pas la moindre écume entre les vagues courtes. Soit les dugongs sont des lèves tard… soit la présence du mammifère dans ces eaux alimente une fois de plus la légende. Nous nous équipons malgré tout et palmons en direction du premier récif, situé à quelques vogues du littoral.
L’incertitude regagne nos esprits, aussi le souvenir déçu des tentatives passées. En effet nous ne sommes pas à notre première chasse à l’œil, nous battons le rappel depuis belle lurette pour évoluer avec ces placides herbivores. Les conditions environnementales sur l’ile de Mantanani à Bornéo étaient bien plus souveraines qu’elles ne sont ici au nord de Marsa Alam. (Lire La légende des sirènes, les dugongs de Mantanani).
Je tiens à rappeler que le dugong est un animal menacé, condamné à disparaître. Et ceci pour plusieurs allégations .La plus évidente dans l’ébranlement de son espèce est la réduction massive de ses habitats côtiers. En particulier du fait du tourisme, de l’urbanisation des littoraux et de la pollution. Sur toute sa côte sud de la Mer rouge, l’Egypte exécute à grands pas les chances de réhabilitation du mammifère. Sur une portion de cinq cent kilomètre comme celle entre Safaga et Ras Banas, il n’existe qu’une trentaine de Marsa ou baies comme celle de Mubarak. Nourricières par les herbiers qu’elles abritent, jouissant pour la plupart de séduisantes plages ; les baies fréquentées par les siréniens sont également très convoitées par les promoteurs immobiliers.
Sur les quatre cent kilomètres de littoral que nous avons longé depuis Hurghada, chacune de ces baies est enlaidie par une ou plusieurs structures hôtelières. Je fais l’impasse sur les Sharm, les timides renfoncements ou avancées sur la mer …il n’y a pas vingt, voire dix kilomètres sans un Dirladada hôtel existant ou en construction. Une fois les chantiers achevés, les deux années qui viennent s’annoncent bien orageuses pour cette zone côtière. Ce coin ; jusque là décrit comme le dernier paradis authentique et préservé géographiquement du tourisme de masse ; est en passe de devenir un désastre écologique.
Aujourd’hui Petit Poucet, l’aéroport de Marsa Alam souhaite devenir ogre. Il promet de remplir les deux cent quarante mille chambres prévues par les promoteurs ! En devenant international, l’aérogare assure aujourd’hui des vols sans escale, et ce à partir des principales capitales Européennes puis du Moyen Orient.
Dixit l’écologie Egyptienne ; les récifs coralliens de la côte sud, et la vie émanant de ceux-ci, ne supporteraient pas une fréquentation supérieure à soixante dix mille chambres. Mon sentiment est que les écologistes peuvent ergoter tant qu’ils veulent et tant qu’ils peuvent, l’argent est trop séducteur et le corrupteur par excellence. En poursuivant cette course pognoniste, les totalitaires offrent à la faune et la flore sous marine Egyptienne un aller simple pour l’enfer.
Les Egyptiens voient les choses en grand et prouvent une fois de plus qu’ils sont toujours de stupéfiants bâtisseurs. L’histoire racontera s’ils ne sont pas en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis….
Je mets un terme à la digression et reviens sur une note plus poétique, notre promenade sous marine.
D’un cobalt virant par endroit à l’outremer, le bleu des profondeurs déteint graduellement sur les coraux et devient transparent sur les fonds sablonneux. Affleurant la surface ; le récif est frangeant et en formation de queue de comète. Ici le récif est aussi une longue trainée de poussières ; un amas épars d’îlets, explosant de vies et de lumières. Les îlots coralliens sont compartimentés sur une seule et même courbe, voyageant du large comme des wagons sur un seul rail, tirés par une locomotive qu’est le littoral.
Nous ne résistons pas longtemps au plaisir de passer sous les arches naturelles ; de pénétrer dans chaque passage ou goulet que les bosquets de polypes forment depuis des années. Jacques Cousteau comparaissait la Mer Rouge en un couloir de merveilles. C’est juste aussi, si je résume la description de ce récif en une merveille de couloirs. Chaque dédale est un espace rivalisant de couleurs avec le voisin.
Fantastique balade en aquarium.
Coraux mous puis durs, gorgones tentaculaires, anémones agiles et éveillées…..à foison. La faune n’est pas en reste. Les anthias rouges virevoltent puis s’abritent dans les talus d’acropora. Les poissons cochers chevauchent le flux de nos palmes, les poissons crocodiles se camouflent…mais nous ne sommes pas venus jusqu’ici pour batifoler avec les communs du paysage corallien.
Nous empruntons alors la dernière passe et rejoignons rapidement un bleu plus profond. Nous nageons vers le large.
L’évent en poupe, sous l’action du courant nous survolons ainsi dunes et jardins de corail. Voler. Planer. Sans effort. Nos palmes pour seul moyen d’orientation.
Nous explorons toute la baie. Trois heures de nage. Epuisés. Le vent s’est levé, et nous disputons un bras de fer depuis une heure avec le courant et les clapots. Nombreuses sont les tortues, requins guitare, bancs de fusillers…pas l’ombre d’une caudale dans les prés de Marsa Mubarak.
Vague à l’âme, vagues par-dessus le tuba nous revenons vers la plage. Désabusés. Une fois de plus déçus.
Parviendrons-nous un jour à nager avec un dugong ?
Faut il penser que le contact est quasi impossible, fou ?
Souvent le désespoir a gagné des batailles disait Voltaire.
Comme pour celui qui s’apprête à battre en retraite, je jette un dernier regard vers le terrain de ma défaite. Le grand bleu. Nous vivons aujourd’hui notre Austerlitz.
Il y’a un truc qui monte. Un machin rond. Une chose entre deux eaux. Et cela à une trentaine de mètres de nous. Une ogive blanche. L’image est encore trop vague car sous l’eau tout se confond. Une tortue ? Non, c’est bien trop barrique et trop rapide.
On reste là en surface. Les têtes rivées vers cette masse ondulante. Plus de doute, en voilà un.
Nous allons nager avec un dugong.
Nous n’en croyons pas nos yeux. Je mets sous tension mon caisson étanche et commence à immortaliser les premières secondes d’une rencontre tant attendue. Lui aussi nous a vu, et fonce droit sur nous. Curieux animal.
Cet animal magnifique semble un revenu de la terre, des océans datant de milliers d’années. Sa beauté, son innocence, son sourire lui donnent un caractère commun avec notre espèce de mammifère. Et comme si nous partagions une ancienne histoire terrestre, il se rapproche figurément et proprement de nous. Il remonte des profondeurs, et vient se reposer à la surface.
Respirer. Nous rencontrer. Nous extasier face à la magie de la nature. De cet équilibre subtil qui régit la vie de ce sirénien.
Il plonge, broute inlassablement les herbiers. Cinq minutes à huit minutes tout au plus, avant de remonter. A chaque fois sur la même cible ; nous.
Il y’a la place pourtant. Il pourrait venir se remplir les poumons à deux encablures. Mais non. Il souhaite indéniablement nous démontrer comment il est agile, doux, beau, fort. Amical. L’union est étrange, relevant d’une alchimie de l’instinct, d’un ordre malheureusement éphémère.
Grandiose. C’est tout simplement grandiose.
Il cherche un accord avec nous. Nous voulons la même synergie.
Alors je l’imite. Et lui montre comment l’homme est gourd, malagauche, faible et pataud dans l’eau. Il ne me quitte pas des yeux ; semble se marrer. Cela me vaudra d’ailleurs mon surnom estival : Papa le dugong. Les enfants sont amusants…parfois délirants et exagérants dans les raccourcis cognitifs qu’ils font. J’ai beau être chauve et souriant, cela ne fait pas de moi un sosie du mammifère quand même ! À moins que la vérité ne soit ailleurs ; que le lien soit fait tout bonnement pour mes poignées d’amour naissantes … sic !! Amis de la quarantaine : bienvenue au club !!
Mais la rencontre dégage tant d’affection, que je prends volontiers à mon compte l’essentiel ; le charme de l’apnéiste … P’té comment il se la raconte le gars !!
Toute la famille est impressionnée, émotionnée par la taille du dugong. Il faut avouer qu’il est imposant, haut comme une pièce de notre appartement, rond comme une colonne de Karnak... . Morgann se sent minuscule et préfère marquer légèrement un retrait. Loïck lui, accompagne chacune des lentes immersions de notre nouvel ami et prend autant de plaisir que les rémoras qui lui collent au train.
L’accompagnement du fiston se fait durant quelques mètres seulement car l’animal plonge pour se poser sur les herbiers situés à une douzaine de mètres en dessous de la surface. Et pour que l’apnée soit nourricière réciproquement, il nous faut plonger comme l’animal. Bien sûr nous pourrions nous contenter d’observer le dugong des nuages ; de contempler la Mer Rouge d’en bas, vu d’en haut.
Mais la politique de notre maison n’est pas de percevoir la vie d’un regard plongeur, d’un point de vue hiérarchique. Superficiel.
Alors nous plongeons comme lui. Sans artifice. En apnée. Pour une descente roborative réciproque. Lui pour brouter ses quarante kilogrammes quotidien d’herbacées ; nous pour nourrir nos yeux de son regard rond et de son sourire anatomique. Pour assouvir, comme si cela était possible, notre insatiable émerveillement de la beauté du monde animal.
Les vagabondages dans les airs durent à peu de chose près, deux heures.
Et puisque seules nos limites respiratoires peuvent mettre fin à la rencontre, nous rejoignons la côte. Ces sensations fortes laisseront en nous une extraordinaire et éternelle empreinte. Des images aussi superbes que nos souvenirs.
Nous sommes revenus deux fois sur ce coin. En trois journées, nous en avons rencontré à chaque balade aquatique. Jamais les mêmes mammifères. Avec toujours autant de bonheur.
Organiser un voyage en Floride en juin 2010 English translation pending
Bonjour à tous et à toutes.
Je suis nouvelle sur ce forum et je suis à la recherche de bons conseils pour organiser un voyage l'année prochaine en Juin en Floride.
Ce sont nos 10 ans de mariage avec mon homme et nous partons tous les deux en amoureux 😛 !!
Mais voilà je suis un peu perdue ...
Quels sont les endroits à voir à tout prix ?
Quels sont les bons hotels sans être trop chers (j'ai vu des commentaires sur expedia qui font un peu peur sur la qualité des hotels ...) ?
Nous souhaitons partir environ 12 jours (10 jours sur place): mais comment répartir notre temps entre les differentes villes et dans quel ordre ?
J'ai pu remarquer que les billets d'avions sont moins chers si on repart de la meme ville (Paris Miami/ Miami Paris). je me trompe peu être ?
On pensait louer une voiture mais auprès de qui de preference ?
Merci d'avance pour vos conseils éclairés 😉😉 !!
Chouben
Merci d'avance pour vos conseils éclairés 😉😉 !!
Chouben
Réservation des campings nécessaire en Australie? English translation pending
Bonjour!
Est-il nécessaire de réserver pour les camping en Australie (nous serions probablement en camping-car), pour la période début septembre?
Est-il nécessaire de réserver pour les camping en Australie (nous serions probablement en camping-car), pour la période début septembre?