last edited Dec 11, 2019
Au départ de province
État des lieux
La France métropolitaine, hors Paris, compte une cinquantaine d'aéroports accueillant un trafic passagers dont plus d'une quinzaine millionnaires en terme de passagers/an avec bien entendu des disparités importantes entre villes mais aussi régions.
L'Ouest
Avec Nantes, l'Ouest dispose depuis quelques années d'un véritable aéroport national et international qui se classe d'ailleurs parmi les dix premiers de France. Son réseau "étranger" est avant tout orienté vers le charter saisonnier. Quant à Brest, second dans la région, c'est d'abord la desserte de Paris qui alimente son trafic.
Le Nord
Trop proche de Bruxelles et Paris, Lille s'est toujours vu cantonné plus ou moins à un rôle secondaire avec ses quelques dessertes provinciales et son lot de charters estivaux. Malgré tout l'aéroport dépasse quand même le million de passagers par an.
Au nord de Paris, l'aéroport de Beauvais-Tillé a connu un nouveau démarrage avec l'arrivée des compagnies low cost, dont en premier lieu Ryanair. Il draine désormais plus de trois millions de passagers chaque année et peut être considéré d'une certaine manière comme le troisième aéroport parisien.
L'Est
La proximité de la Suisse, de l'Allemagne et du Luxembourg a toujours gêné quelque peu le développement international d'un aéroport comme Strasbourg. De plus, avec l'ouverture de la ligne de TGV reliant la ville à Paris, la desserte aérienne de la capitale (traditionnellement la première liaison au départ de l'aéroport) a pris un sacré coup. Résultat: Strasbourg-Entzheim a vu son trafic décroitre ses dernières années au point de n'accueillir désormais qu'aux alentours du million de passagers/an pour avant tout des vols chartérisés vers une vingtaine de destinations plus quelques villes européennes desservies en régulier.
Quant à l'aéroport Franco-Suisse de Bâle-Mulhouse, il demeure celui qui offre le plus de possibilités charters au niveau province (jusqu'à 80 destinations) en accueillant à la fois des vols de voyagistes français, suisses et allemands. Il se classe chaque année parmi les dix premiers aéroports de province.
Le "Centre-Est"
Même si Lyon n'est que le deuxième aéroport de province derrière Nice ou que Genève n'est pas loin, c'est la ville qui dispose peut-être du plus grand choix. On peut ainsi s'envoler en vol régulier direct ou low cost vers une cinquantaine de villes étrangères plus largement autant en charters (la moitié en hiver). La bonne desserte d'une partie de l'Europe, la Méditerranée, les Dom et ponctuellement l'Amérique du Nord font que l'aéroport accueille près de 8,5 millions de passagers/an.
A signaler que si autrefois l'aéroport de Clermont Ferrand détenait la deuxième place régionale, celui-ci s'est vu détrôné par Grenoble qui bénéficie de la présence de low cost à destination notamment du Royaume-Uni.
Le Sud-Est
S'il est une région peu homogène en matière de transports aériens c'est bien celle-ci. Quoique l'aéroport Niçois demeure le premier de province, il propose toutefois bien moins de destinations grand public que son homologue marseillais. À l'opposé Marseille dispose d'une bonne couverture géographique des destinations touristiques charters et des villes européennes (plus quelques africaines) traditionnellement desservies par vols réguliers. Également à noter une forte présence des low cost. En tout l'aéroport offre plus d'une soixantaine de destinations étrangères en direct.
A signaler aussi que l'aérien de/vers la Corse se porte bien grâce comme toujours à des vols vacances et la desserte du continent. Ainsi les aéroports de Bastia et Ajaccio accueillent plus d'un million de passagers/an.
Le Sud-Ouest
Des trois "gros" aéroports de la région, Montpellier est logiquement le plus petit. Son trafic se fait beaucoup sur Paris et les dessertes étrangères directes sont rares.
Le milieu des années 90 aura été décisif dans le match Bordeaux-Toulouse pour la suprématie régionale. Et si l'activité bordelaise demeure conséquente, c'est Toulouse qui a connu le plus bel essor grâce notamment à sa liaison sur Paris peu concurrencée par le TGV et à l'intérêt croissant des voyagistes et des compagnies pour la ville. Résultat: avec plus de 7,5 millions de passagers/an Toulouse-Blagnac reçoit presque deux fois plus de monde que Bordeaux-Mérignac.
Vol direct ou avec changement?
Les agences et les compagnies proposent désormais de plus en plus fréquemment des vols au départ des différentes villes de province. Depuis les aéroports de Lyon, Nantes, Bordeaux, Marseille, Toulouse, etc, ce sont des dizaines de destinations vers le monde entier qui sont proposées...
Mais attention car, hormis les vols charters et low cost, une partie de l'Europe ou de la Méditerranée, accessoirement les Dom, plus évidemment la plupart des dessertes intérieures, rares sont les vrais départs de province, ceux qui vous amènent directement vers la destination choisie sans avoir à bouger de son siège. Car généralement ce type de prestation consiste d'abord en un transit à Paris ou une autre ville base de la compagnie (c'est ce qui est appelé le "préacheminement") afin de rattraper un vol en partance pour la destination voulue. Ce système représente ainsi environ 90% des liaisons proposées au départ de province.
Les préacheminements de province
Principe
Schématiquement le principe du préacheminement est assez simple puisqu'il s'agit pour une compagnie de regrouper à sa base ses passagers en provenance de diverses villes avant de les acheminer ensemble vers leur destination finale.
Donc, si une ville de province est reliée en vol régulier à Paris et à aucune ville étrangère, celui-ci s'effectuera dans 99% des cas vers la capitale avec Air France ou une autre compagnie assurant la desserte de la capitale (ainsi que parfois avec le train).
Pour les aéroports importants, le préacheminement s'effectuera par contre aussi bien vers Paris que vers les bases étrangères des compagnies disposant de liaisons directes avec ces villes (ex. Londres pour British Airways). Il vaut d'ailleurs mieux privilégier ces dernières afin de diminuer le nombre de connexions car, hormis pour attraper un vol direct au départ de Paris, passer par la capitale impliquera un changement supplémentaire.
Tarifs
Selon les destinations, les vols, les compagnies ou les villes, les prix et les bases concernées seront différents. Dans la pratique, les tarifs proposés en agences ou sur Internet pour des liaisons au départ de province incluent le coût du préacheminement; celui-ci pouvant être d'ailleurs parfois gratuit (en clair le prix du vol de Paris ou de telle ville de province est identique). À signaler toutefois que lorsqu'une compagnie n'est pas affichée au départ de sa ville, mais uniquement de Paris, il suffit alors de rajouter celui-ci au tarif proposé aux parisiens. D'où, comme toujours, l'utilité de bien comparer...
Bases des compagnies les plus souvent proposées au départ de province
- Air France: Paris
- Alitalia: Rome et parfois Milan
- British Airways: Londres
- Brussels Airlines: Bruxelles
- Iberia: Madrid
- KLM: Amsterdam
- Lufthansa: Francfort et parfois Munich
- Swiss: Zurich et parfois Genève
- TAP-Portugal: Lisbonne
Pour toutes les autres compagnies, le préacheminement s'effectuera le plus souvent d'abord vers Paris.
Choisir son billet
On ne choisit pas un vol de province sur les mêmes critères qu'au départ de Paris... Si, de façon générale, les conseils concernant la recherche de billet sont aussi bien valables qu'on parte de Paris ou d'ailleurs toutefois, pour un voyageur de province, quelques nuances sont cependant à apporter.
Au niveau de la province on trouvera donc des vols directs (réguliers, charters, low cost) ou nécessitant un préacheminement vers Paris ou toute autre ville européenne servant de base à la compagnie choisie. Dans tous les cas, mieux vaut privilégier logiquement les directs au départ de sa ville dès lors que le prix semble intéressant.
Il n'y a pas que Paris
Trop souvent les gens ne cherchent que des vols programmés au départ de la capitale se disant qu'ils se rendront sur place par leurs propres moyens. Et cela qu'ils pensent qu'il n'y ait rien au départ de chez eux ou que les prix soient nettement inférieurs de Paris (ce qui est loin d'être toujours le cas).
Si ceux qui résident pas trop loin de la capitale (200 à 300 km maximum) peuvent effectivement se concentrer sur une recherche au départ des aéroports parisiens, pour les autres (particulièrement ceux du Sud) il est impératif de comparer avec ce qui est proposé également depuis chez eux ou des villes voisines. Quelle que soit la source d'infos (agence réelle ou virtuelle, compagnie, moteur de recherche) on s'apercevra souvent, qu'avec le système de préacheminement, il n'y aura pas vraiment de différences de prix ou qu'au pire celle-ci sera facilement comblée par le surcoût engendré pour se rendre à la capitale. Sans parler que si on vole avec une compagnie européenne étrangère le préacheminement se fera alors directement vers le pays de celle-ci.
Avantages du préacheminement
Dans la plupart des cas un préacheminement de province ne représente qu'un pourcentage très minime du prix global d'un billet. Donc autant en profiter. De même, si on habite loin de l'aéroport de départ il en coûtera généralement moins que de se rendre sur place par ses propres moyens. Sans parler le cas échéant des hébergements et autres transports annexes à prévoir pour aller prendre son vol. Avec le préacheminement le voyage débute et s'achève depuis chez soi.
Outre l'aspect financier, un autre avantage est qu'avec un préacheminement de prévu les horaires sont en principe bien calés et calculés pour qu'on ait suffisamment de temps entre ses vols. Ou encore qu'on ait pas besoin de changer d'aéroports si on transite par une grande ville (Paris, Londres...). Utile quand on sait par exemple que sur Paris, en heure de pointe, il vaut mieux compter 5 heures minimum entre une arrivée d'un vol à Orly et le départ d'un autre à Roissy (ou l'inverse) pour être à l'aise dans son transfert.
Dernière chose, lorsqu'il y a préacheminement celui fait partie intégrale du billet jusqu'à la destination finale. De fait, en cas de problèmes et notamment de retard du vol initial, le transporteur est légalement tenu d'assurer la continuation de votre voyage dans les meilleurs délais et conditions. Dans le cas contraire et l'utilisation d'autres transports ou compagnies pour se rendre à l'aéroport, il n'y aura par contre aucun recours en cas d'imprévus.