oh que oui...
La première fois (fin 97 je crois) je n'y ai passé que deux jours, filant ensuite vers
Lanzarote.
La seconde fois (juin 2002) j'y suis restée une grande semaine, la parcourant dans tous les sens. J'y allais pour un repérage perso et je voulais graver un maximum sur mon disque mou.
Donc:
Pour les plages de sable blond, c'est tout au sud (
Jandia)..... ou tout au nord (
Corralejo). Pas de risque que tu te gourres, c'est là que s'élèvent les plus grands complexes touristiques. Entre les deux (car ceci n'est quand même que deux pour cent de l'île) tu as des étendues plus ou moins vallonnées, plus ou moins arides, plus ou moins volcaniques. En 97 la capitale (
Puerto del Rosario) était une petite bourgade greffée sur son port, un endroit joli par endroits et moche ailleurs, formant ainsi un joyeux désordre très vivant et vivifiant. En 2002 j'ai eu du mal à reconnaître l'endroit, perdu au milieu de hectares et de hectares de maisonnettes bien léchées pour touristes (mal léchés?), d'immeubles construits très vite, de rues rectilignes où le vendeur de réverbères avait -pour sûr- fait fortune en deux jours. Les plages (toutes) sont prises d'assaut par la promotion immobilière. Et rares sont les Canarios qui le déplorent. Pourtant ce ne sont pas eux qui s'enrichissent dans l'histoire, la grande majorité des promoteurs venant de la "peninsula" (d'
Espagne). Les Canarios y voient un travail assuré pour leurs enfants (serveurs et cuistots dans les restos grecs, italiens, nimportnawaks, pour les touristes d'Europe du nord), et c'est tout. Les paysans de l'île (la terre volcanique étant fertile sitôt qu'une goutte d'eau l'arrose) qui produisaient tomates, aubergines et d'autres légumes sont tous en train de faire faillite car les tomates sont importées du
Maroc: moins chères, rentabilité oblige, "tant pis pour toi, connard de paysan si tu as cru en nos discours quand nous faisions les yeux doux aux élus".
J'ai une adresse (rien à voir avec les "all inclusive" des catalogues) d'un petit hôtel (16 chambres je crois) dans une ancienne ferme, un bijou, au centre de l'île, du côté d'Antigua. La question est de savoir si on veut acheter du bronzage et un carré de sable blond (non, le sable noir volcanique ne salit pas les orteils) ou bien si
Fuerteventura (appelée en d'autres temps Herbania ou Maxorata) peut receler autre chose....
Dans le premier cas, achète sur catalogue, apprécie le buffet du resto, l'allée de palmiers et de bougainvillées qui va de la chambre à la piscine et du bar à la plage, et t'aventure surtout pas ailleurs. Ailleurs y'a des pateras (barcasses) qui s'échouent dans le petit matin gris (lorsqu'elles n'ont pas coulé au large) avec des clandestins que des passeurs (riches, à force!) ont embarqué sur la côte africaine. Bévoui.... si le sable de
Jandia est si blond, c'est parce qu'il a été apporté par le vent du Sahara...
Ailleurs, il y a des petites merveilles qui ne le resteront pas longtemps si les cargaisons de tous les Jumbos Jets s'y aventurent.
Le philosophe Miguel de Unamuno, pour avoir dit à Franco quelque chose comme " vous avez vaincu mais vous ne convaincrez pas" fut exilé à
Fuerteventura.
Plus loin en arrière, c'est le flibustier Jean de Betancourt (qui a donné son nom à
Betancuria, ancienne capitale de l'île) qui y passa (quelques part dans les années 1600). Il ne fit pas qu'y passer, d'ailleurs. Mandé par le roi d'
Espagne il s'occupa, avec ses hommes, de civiliser la population...
A l'intérieur de l'île, esseulée, on trouve parfois une ruine dépourvue de charpente. Les habitants de l'époque en avaient vendu le bois pour payer leur traversée jusqu'en
Amérique du Sud, lorsque l'avsence de pluie plusieurs années consécutives les avait réduits à fuir leur sol. Aujourd'hui il ne pleut pas davantage mais les terrains de golf sortent de terre...
Vive les vacances à
Fuerteventura, île de sable blond et d'été éternel si près de notre hiver démoralisant....