Ascensions en Amérique du Sud accessibles pour un débutant?
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ZE
Bonjour!

Je suis en train de préparer un voyage de quelques mois en Amérique du Sud très prochainement (sur 6-8 mois environ, l'itinéraire n'est pas encore bien défini mais au minima Pérou, Chili, Bolivie, Argentine, Brésil...) et je suis très tenté de faire quelques ascensions à l'occasion.

J'ai un bon niveau de forme physique et j'ai déjà fait randos en montagne et quelques trecks sans trop de soucis, par contre je n'ai aucune expérience de l'alpinisme (jamais mis de crampons, jamais mis le pied sur un glacier, aucune connaissance technique...). Comme je ne veux évidemment pas faire n'importe quoi (je sais combien c'est un milieu dangereux), et que je préfère avoir également l'avis de voyageurs plutôt que de me fier uniquement aux conseils des agences sur place, je voulais savoir si vous sauriez me conseiller sur des ascensions accessible pour quelqu'un comme moi, sans aucune expérience préalable mais avec une forte envie d'apprendre et de découvrir! (en Amérique du Sud, quelque soit le pays)

Merci d'avance pour vos conseils!
SO Sokomano Veteran ·
Renseigne toi pour le huayna potosi, probablement le plus facile des 6000m (Bolivie).
Mes randos et voyages : http://www.alidade.eu
MA Magne2 Globetrotter ·
Licancabur 5900 m sud bolivie Aconcagua 6954 m

Cotopaxi 5897 m Equateur Huyna potosi 6085 m Bolivie Pisco 5700 m Pérou cordillére blanche

à part les 1er les autres sont des sommets glaciaires crampons+piolets + encordements à faire avec des agences locales ( ainsi que les 1er ) une expérience préalable dans les alpes aurait été un plus
Hasta la vista
SO Sokomano Veteran ·
Je ne suis pas sûr que l'Aconcagua soit un sommet accessible pour débutant
Mes randos et voyages : http://www.alidade.eu
MA Magne2 Globetrotter ·
l'Aconcagua par sa voie normale c'est de la marche pas de piolets pas de crampons pas de technique d'Alpinisme
Hasta la vista
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Si tu es du côté de San Pedro de Atacama (Chili), il y a la possibilité de faire un sommet facile (seule condition : être acclimaté bien sûr), en une petite journée et sans équipement technique : le Cerro Toco (5604 mètres). Comme nous avions un véhicule, nous l'avons fait seuls sans guide. Sinon, ça s'organise depuis San Pedro avec une agence.

Notre expérience ici (en J15) :

http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagesbolivie/cerro-toco

Bonne ascension.

Christine
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
GN Gnome Veteran ·
Salut,

Il y a un paquet d'ascensions "faciles" de hauts sommets à faire dans les Andes, tu n'auras que l'embarras du choix, surtout dans la partie qui s'étend du Sud Atacama au Sud péruvien. Je vais te donner une liste de montagnes qui se trouvent dans cette (immense) partie des Andes et sur lesquelles je suis déjà allé, car il vaut mieux parler de ce que l'on connait plutôt que de risquer de dire des approximations.

Chili : Globalement, tous les nombreux sommets qui sont au Sud de San Pedro de Atacama n'offrent aucune difficulté technique, parmi eux : Très très facile : Lascar (5500m et des brouettes) qui est proposé par beaucoup d'agences de San Pedro Un peu moins facile : Pili (6000 et des brouettes), Miniques (5900m), Socompa (6100 je crois) Plus dur (à cause de l'altitude) mais toujours techniquement facile : Llullaillaco (6730m) Au Nord de San Pedro, on trouve quelques sommets qui sont faciles, voire même très facile comme l'Ollague (5800). Attention, certains sommets comme l'Aucanquilcha ne sont pas aussi facile qu'il paraissent (raides et beaucoup de pierres instables). Dans un autre coin du Chili (Parc de Lauca) : Le Guallatiri (6060) est un sommet sympa et pas très dur, mais il faut savoir cramponner si on le tente du côté chilien. Parinacota (6340) : superbe volcan, dont l'ascension est toutefois plus facile du côté bolivien.

Argentine : La Puna de Atacama de la région de Catamarca concentre le plus grand nombre de sommets de plus de 6000m dans les Andes. Si beaucoup sont faciles techniquement, l'éloignement et la météo compliquent parfois la tâche. Parmi les plus faciles de ces sommets : San Fransisco (6040) et Dos Conos (6000) : ceux là sont vraiment très faciles et certainement parmi les deux ou trois 6000 les plus simples des Andes. Ensuite, on passe vite à des morceaux beaucoup plus imposants et si tu veux t'attaquer à du gros, tout en restant dans le techniquement facile, tu auras l'embarras du choix : Walter Penck, Pissis (mais il faut cramponner), Nacimiento, etc. Mais sur ces "gros" il faut partir pour plusieurs jours, avec la logistique que cela entraîne. Dans un autre coin, non loin de Salta, il y a le Nevado de Acay (5500m) et le Tuzgle (5600 si je me souviens bien) qui sont faciles également.

Bolivie : Contrairement à ce qui a été suggéré plus haut, je déconseille le Huayna Potosi qui n'est pas si facile que ça (quelques pentes à plus de 45° et conditions de neige parfois limite) et qui est parfois l'occasion de découvrir ce que peut être une virée en très haute montagne avec un type qui n'a de guide que le nom. Je conseillerai plutôt des sommets plus au Sud, dans la cordillère occidentale, tels que le célèbre Licancabur (5916) et son voisin Sairecabur (5900 et des poussières), tous les deux très facilement accessibles depuis San Pedro (Chili). "Non loin" de ces deux derniers, tu as aussi l'Uturuncu (6000) qui est une sorte de balade (la voiture peut monter jusqu'à 5600) et qui mérite sans doute bien sa réputation de 6000 le plus facile des Andes. Plus au Nord, il y a aussi l'Acotango (6060) qui est vraiment facile (faisable aussi par son versant chilien) et le Parinacota dont le versant bolivien est plus facile et moins long (on commence de plus haut) que le chilien. Ces deux derniers se trouvent dans le parc de Sajama.

Pérou : Je n'ai pas beaucoup grimpé au Pérou, mais les deux sommets les plus faciles que j'y ai fait étaient vraiment faciles : Chachani (6060 avec crampons) et Misti (5800 je crois), non loin de la ville d'Arequipa et très faciles d'accès tous les deux. Globalement, les sommets péruviens (de plus de 6000) hormis ceux du Sud, sont plus réputés pour leur aspect alpin, et donc pour leur difficulté.

En dehors de la zone qui va du Sud Atacama au Sud péruvien :

Equateur : On trouve quelques volcans faciles d'accès et relativement faciles à grimper, tel le Cotopaxi (où il faut tout de même savoir cramponner).

Il y a bien entendu des tonnes d'autres sommets dans ces pays (et dans d'autres), mais je préfère m'en tenir à ceux que je connais.

Pour rester très général, je te dirai que pour commencer à grimper dans les Andes, la région de San Pedro au Chili est probablement celle qui offre le plus de possibilités et le plus de facilité d'accès (remarque, un peu au Nord de San Pedro, c'est pas mal non plus). Ce n'est toutefois pas l'endroit où les tarifs (logistique, guides, etc.) sont les plus bas... Si tu veux grimper à l'économie, alors la Bolivie reste le pays le moins cher. Attention, si tu t'engages sur un sommet enneigé et où il faudra que l'on t'apprenne à cramponner, t'encorder et à savoir stopper une chute, alors je ne saurais mieux te conseiller que de prendre un vrai guide avec de vrais diplômes (c'est à dire autre chose qu'un bonhomme qui connaît le chemin et qui n'a pas peur de la pente). En cas de pépin ou de vrai problème tu ne le regretteras pas.

Dernière chose : il faut se méfier du mot "facile". En effet, on peut trouver beaucoup de gens totalement novices en montagne qui te diront qu'ils sont montés au Huayna Potosi sans problème. Ce qu'ils ne te diront peut être pas, c'est qu'ils en ont bavé comme pas possible et que bien souvent c'est leur guide qui les a presque tracté dans beaucoup de passages. Et puis, il y a surtout quelques facteurs qui peuvent vraiment compliquer le moindre petit pépin : - l'altitude : la clé de toute ascension à plus de 5000m (c'est à dire, monter en prenant du plaisir) c'est d'être bien acclimaté. - la météo : il peut VRAIMENT faire très froid et le vent peut VRAIMENT souffler très fort. De plus, le temps peut changer très vite et une journée qui commence avec un ciel bleu limpide peut se terminer en grosse tourmente, ce qui n'est pas très amusant. Le plus facile des 6000 peut donc potentiellement se transformer en méga galère. - l'éloignement : dans les Andes, la notion de secours est soit inexistante, soit balbutiante sur 95% des sommets. Il faut donc vraiment faire gaffe. - le matos : celui qui est à la location dans les agences est souvent merdique. Si tu as l'intention de beaucoup grimper, il vaut mieux avoir le minimum à soi (tente, sac de couchage, veste en duvet et chaussures).

Voici un site qui liste la plupart des 6000 et pas mal de 5000 des Andes. Cela permet de s'en faire une première idée avec une photo : http://www.andes.org.uk/...iles/6000m-peaks.asp

Voilà, si tu veux des renseignements plus précis sur certains sommets que je connais, n'hésite pas à me contacter.

A+

PS : pour une première (et même pour une deuxième) expérience en altitude, je te déconseille vivement l'Aconcagua. D'abord, c'est très cher, très fréquenté et si c'est effectivement de la marche (pentue tout de même), cela n'en reste pas moins un endroit dangereux où des gens, même expérimentés, meurent chaque année. On ne "marche" pas à plus de 6000 mètres par gros temps et par -30°c comme si on faisait une balade dans un parc.
"Old travellers never die, they just smell that way"
MA Mabgast Veteran ·
Bonjour Gnome,

Faut-il obligatoirement payer pour voir ces sommets ? Un guide est-il obligatoire ?

a+
"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.
GN Gnome Veteran ·
Salut Magbast,

A proprement parlé, hormis le permis pour l'Aconcagua et celui pour l'Ojos del Salado (par son versant chilien), aucun de ces sommets "techniquement faciles" n'est payant pour en faire l'ascension, et encore moins pour le "voir". Mais on parle de plus en plus sérieusement (surtout au Chili et dans certains coins du Pérou) de faire payer l'accès à certains sommets, ce qui peut se comprendre quand il s'agit de limiter les accès à certaines zones écologiquement fragiles ou bien de payer le nettoyage de certains camps.

Cependant, comme ces sommets andins sont plus ou moins (plutôt moins que plus) accessibles, il faut souvent se rendre à leur pied en voiture (généralement 4x4) ou avec des mules (jamais avec des lamas, car c'est interdit). Et cela a bien entendu un prix souvent élevé, comme par exemple au Chili où les prix sont globalement les mêmes qu'en France pour ce qui est de la location de 4x4.

En ce qui concerne les guides, il y a le discours officiel : grosso modo, tu es libre de grimper comme tu veux, ou tu veux mais à tes risques et périls. Et puis, sur certains sommets, il y a le discours officieux : si tu ne veux pas de problèmes et que tu n'es pas un salaud, t'as intérêt à prendre un guide local. Moi qui ne suis pas une brute au niveau technique, j'avoue que cela ne me viendrai pas à l'esprit de m'aventurer sur une montagne un peu raide ou dangereuse sans un guide, donc cela ne me dérange pas. En revanche, quand il s'agit d'une simple ascension (genre Licancabur par exemple) et que tu as déjà un peu d'expérience de l'altitude, il est sûr qu'un guide n'est pas du tout indispensable. Mais bon... en prenant un guide, tu fais vivre des gens et tu peux taper la discute avec un type qui a forcément des choses intéressantes à raconter (si tu parles espagnol)... Pour tout te dire, moi qui suis souvent allé dans les Andes avec un budget serré, je me suis petit à petit tourné vers des coins où il n'est pas demandé (implicitement ou explicitement) de prendre un guide et où les coûts se cantonnent à la logistique de base. Il faut préciser également qu'au Chili, toute ascension sur un sommet de plus de 6000 mètres doit faire l'objet d'une autorisation (gratuite) délivrée par l'organisme Difrol et que les gendarmes ou policiers peuvent te demander à tout moment... s'ils te croisent là-haut. C'est un peu contraignant, mais on peut faire les demandes par Internet sur leur site (en espagnol ou en anglais) : http://www.difrol.cl/ On ne m'a demandé qu'une seule fois mon autorisation (à Las Zorritas, non loin du Llullaillaco), mais je conseille quand même de faire systématiquement la démarche car les autorités chiliennes ne sont pas toujours très arrangeantes...

Les sommets les moins chers que j'ai pu faire sont ceux qui se trouvent dans le parc de Sajama en Bolivie : à part le bus pour aller de La Paz à Sajama, tu n'as presque rien à payer et tu peux enquiller cinq 6000 et autant de gros 5000. Bon, faut beaucoup marcher quand même ! Dans la Puna de Atacama argentine, il y a aussi un "coin" assez pratique où tu peux tenter l'Incahuasi (6600) qui est sans doute le gros 6000 le plus accessible du monde (à 10 bornes de la route), et trouver quelques autres sommets intéressants, eux aussi accessibles à pied depuis la route. Autre plan pas trop cher également : la dernière fois que je suis allé dans le "coin" de San Pedro (Chili), j'étais avec un copain et avec un simple pick up (pas 4x4) on a pu se faire un maximum de sommets en quelques jours et sans trop galérer avec la voiture.

A+
"Old travellers never die, they just smell that way"
MA Mabgast Veteran ·
Merci pour ces explications.😎

J'essaierai sans doute un sommet de 5000 juste par curiosité mais je ne suis pas un alpiniste. Je suis monté au Toubkal au Maroc à 4167m, ça grimpait sur mais ce n'était pas vraiment de la haute montagne. J'aime la marche et je cherche surtout les beaux paysages et la liberté. L'altitude et le "sommet" ne sont pas forcément partis de mes objectifs, ou alors dans un contexte précis.

Merci encore
"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.
SO Soleda Veteran ·
Ne t'inquiète pas écoute ce que te dit Gnome, il a tout à fait raison. J'ai fait le Lascar sans problème et je ne suis pas une alpiniste il est même plus facile que le Toubkal que j'ai fait également. Par contre l'aucanquicha n'est pas facile du tout. Mon mari est cependant arrivé au sommet sans être entrainé. Je suis comme toi j'aime la randonnée et les beaux paysages et je suis malade en altitude (à partit de 4000m) cependant c'est le Chili que j'ai préféré de tous les voyages que j'ai fait. Alors profite bien !
soleda
ZE Zeloutre ·
Merci pour vos réponses et merci beaucoup Gnome pour cette réponse très détaillée! Je vais étudier ça de près! (Pour l'instant j'ai encore un peu de temps je vise un départ en Juin)
MA Magne2 Globetrotter ·
en juin c'est le début de l'hiver Austral il vaut mieux viser l'Equateur , le Pérou et le nord de la Bolivie au nord du Chili et de l'Argentine cela peut cailler sévere donc matos en conséquence
Hasta la vista
GN Gnome Veteran ·
Tu as raison de préciser que les saisons sont en effet inversées. L'Equateur est effectivement une bonne destination à cette période, mais le temps est particulièrement instable là bas, même en Juillet/Août qui est la meilleure période sur le papier. Quant au Nord péruvien, c'est vrai que c'est également une période adéquate, mais la météo y est également peu stable et les montagnes y sont plus alpines (=> moins adaptées aux débutants). On ira donc là bas plus facilement pour y randonner que pour y grimper.

Si les ascensions dans certaines régions comme la Puna de Atacama argentine sont totalement à proscrire en cette période (et plus généralement d'Avril à Novembre), on trouve en revanche pas mal de possibilités de grimpe, principalement dans la Cordillère occidentale (Bolivie et Sud Pérou) et dans le nord de l'Atacama chilien. J'ai fait de nombreuses ascensions en juillet et août (sur plusieurs années différentes) dans ces endroits, et même du côté argentin vers Salta (mais là, je pense que j'ai eu de la chance avec le temps).

Mais attention, d'une manière plus générale, depuis une dizaine d'années, le climat fait un peu des siennes dans les Andes et on peut se retrouver face à un mauvais temps persistant pendant des semaines alors qu'on est en plein milieu de la soit disant bonne période. C'est donc de plus en plus la roulette russe. C'est pour cela qu'il vaut mieux avoir un plan de rechange en cas de conditions pourries.
"Old travellers never die, they just smell that way"
ZE Zeloutre ·
Hello! Je me suis finalement laissé tenter par le Huayna Potosi pour une première ascension et je ne le regrette pas! Je suis arrivé au sommet totalement épuisé mais ca en valait la peine et j'ai hate de nouvelles expériences en montagne! Effectivement ca correspond bien à la description: globalement abordable techniquement mais quelques passage délicats surtout sur la fin, et très dur physiquement en grande partie à cause de l'altitude. Content de l'avoir fait avec une agence réputée fiable qui s'est révélé à la hauteur. Je pars pour le Pérou d'ici quelques jours, je tenterais peut être un autre sommet là bas!
ME Meli64 ·
Bonjour à tous!

Je pars au Chili dans 2 semaines, et j'aimerais monter le volcan Pili, qui est un haut sommet (oui j'avoue, j'aimerais faire un+ de 6000) dans la région où nous souhaitons nous arrêter. Je ne suis pas une grande alpiniste mais je fais des randos régulièrement et j'ai fait l'ascension du Kili il y a deux ans. Cette ascension s'est faite sans trop de difficultés, mais parce qu'on a commencé bas et que l'acclimatation s'est faite très régulièrement sur plusieurs jours. J'ai l'impression qu'au Chili et notamment pour un volcan comme celui-là, on nous "lâche" à 4800m et puis go! Alors certes, c'est moins long, mais qu'en est-il de l'acclimatation? Si l'on fait un sommet à 4500 la veille ou l'avant veille puis que l'on redescend à San Pedro, est-ce suffisant? Y a-t-il possibilité de s'acclimater dans un village ou campement plus haut que San Pedro? De combien de jour un corps non habitué a-t-il besoin? cette question d'acclimatation me préoccupe assez. :) Quand vous dites que l'ascension est facile, cela signifie qu'il ne faut pas de crampon? Le sommet est-il très enneigé? Et enfin, j'ai lu qu'il fallait des autorisations pour certains sommets mais je n'arrive pas à trouver la liste, celui-ci en fait-il parti?

Merci!

Mélissa
SB Sbecker Veteran ·
pour un volcan comme celui-là, on nous "lâche" à 4800m et puis go! Alors certes, c'est moins long, mais qu'en est-il de l'acclimatation?

Si tu as un peu plus de 1200m de dénivelé à faire, l'enjeu se situe probablement plus sur ta capacité à avaler ce dénivelé (qui plus est en altitude) qu'au niveau de l'acclimatation.

Si l'on fait un sommet à 4500 la veille ou l'avant veille puis que l'on redescend à San Pedro, est-ce suffisant?

Si tu n'as passé aucune journée/nuit en altitude avant un tel petit aller/retour, il est fort probable que ça ne suffise pas. Si tu as un peu plus d'acclimatation, seule toi peut répondre à cette question car les besoins d'acclimatation varient d'un individu à un autre.

Y a-t-il possibilité de s'acclimater dans un village ou campement plus haut que San Pedro?

Il y'a effectivement plein de possibilités. La plupart des "excursions" touristiques des environs (Exemple: Geyser del tatio) t'améneront en altitude.

cette question d'acclimatation me préoccupe assez. :)

Auquel cas, la solution est peut être de ne pas faire ce sommet. Tu ne seras plus préoccupée. Et si c'est un projet qui te tiens à cœur, alors pars avec un guide local. Le mal de l'altitude peut être mortel mais il survient de manière progressive, on n'a pas un oedeme pulmonaire ou cérébral d'un seul coup de baguette magique. Donc si in fine tu es mal acclimatée et que tu te sens mal au cours d'une ascension, tu fais demi tour, point final.
ME Meli64 ·
Merci Sbecker pour ta réponse! Je n'imagine dans tous les cas pas partir sans guide sur une telle ascension. Et quand je dis "préoccupée", ce n'est pas au point de gâcher le voyage, juste parce que, en effet, cela me tient à coeur et j'aimerais mettre toutes les chances de mon côté pour y arriver. Mais sur ce volcan en particulier, mis à part les grosses agences qui proposent des circuits tout compris sur une ou deux semaine (ce qui n'est ps vraiment pour moi), j'ai du mal à trouver des infos et des contacts de guides locaux, mais j'imagine que je verrai ça sur place. Si quelqu'un a déjà fait cette ascension avec un bon guide, et que vous avez des infos, je suis preneuse! Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre!
GN Gnome Veteran ·
Bonjour

La région de San Pedro de Atacama / Calama / Antofagasta est un terrain de jeu fantastique : les hauts sommets (+6000) sont nombreux et (relativement) faciles d’accès. De plus, les grosses villes et agglomérations n’en sont pas très éloignées. Je comprends que tu sois attirée par le Pili car c’est un très joli volcan aux formes parfaites. Le plancher des vaches dans le coin du Pili est entre 4500m et 4800m, ce qui veut dire que tu dois y arriver déjà acclimatée. Si tu es sportive et en forme, il te faudra une semaine d’acclimatation avant de prétendre pouvoir t’y attaquer en ayant des chances d’atteindre le sommet.

Voici une modeste idée de programme d’acclimatation mêlant balades et grimpette :Jour 1 : San pedro : balade dans la Valle de la luna, Salar de Atacama, etc.Jour 3 : Lever très tôt pour voir le soleil levant éclairer les geysers d’El Tatio (4500m). Essaye de rester sur place 4 ou 5 heures afin d’habituer ton corps le plus possible (pas évident si tu y montes avec un eagence). Si tu es en forme tu peux grimper sur les grosses collines entourant le site et qui culminent à environ 4800/4900mJour 2 : Journée de balade en voiture vers le paso de Jama (route sublime, et altitude > 4000m) ; rester idéalement 5 à 7 heures au-dessus de 4000m (prévoir le picnic !)Jour 4 : journée complète à la Laguna Miscanti (4500m) : balade et contemplation (un des plus beaux endroits que je connaisse ; super et confortable petit refuge administré par la Conaf au cas où cela te tenterai et qu’il ne serait pas déjà pris…)Jour 5 et 6 : ascension du Licancabur (5916m) par le versant bolivien avec « nuit » dans le refuge de la laguna blanca (très couru, vues sublimes mais bien crevant quand même avec aussi peu d’acclimatation – compter 5 à 8 heures de grimpette), ou bien ascension du Lascar (5500m environ, beaucoup plus facile à faire et à organiser et tout près du Pili)Jour 7 : repos à San Pedro (très sympa mais cher et bourré de touristes), Calama (horrible et déprimante mais la visite de la mine de Chuquicamata est intéressante) ou Antofagasta (guère mieux, mais grosse ville)Jour 8 : transfert de San Pedro au pied du Pili (=> nuit dans la tente)Jour 9 : Ascension du Pili à la fraîche et retour à San Pedro

Quelques remarques :

A part la route du Paso de Jama, les endroits que je t’indique pour l’acclimatation sont des « grands classiques » touristiques de San Pedro ; attends toi donc à y voir pas mal de monde (enfin, ce n’est pas encore le Mont St Michel).

Tu trouveras bien sûr plein d’autres possibilités d’acclimatation et ce programme dépend de la façon dont tu aimes voyager : à la dure ou avec un peu de confort, en passant par des agences (il y en a ses tonnes à San Pedro) ou bien en indépendance (il faudra alors louer un 4x4 à Antofagasta ou à Calama), avec ou sans tente et matos, etc. A noter qu’il y a pas mal d’agences à San Pedro qui peuvent t’organiser plus ou moins tout ça. Si c’est toujours le cas, l’agence Colque Tours est la plus grosse et elle administre le refuge de la laguna blanca (passer par elle, donc si tu veux faire le Licancabur).

Concernant le matos, il ne faut pas lésiner car les conditions de la Puna (altiplano) sont celle de la très haute montagne. Cela veut dire que quand il se met à faire moche, il fait TRES moche, que quand il y a du vent, ça souffle TRES fort et que quand il fait froid, il fait VRAIMENT TRES FROID (-16°c sous la tente au réveil au Llullaillaco (pas très loin) au mois de Mars, mon record). Prévois de vraies chaussures de montagne chaudes (pour hivernales dans les Alpes), des sous-vêtements chauds et des vêtements chauds ET surtout coupe-vent.

Pour ce qui est de l’hygiène d’acclimatation (mais tu dois déjà le savoir) :Monte progressivement en altitude (mais ce n’est pas toujours facile), Bois le plus possible (eau, thé, soda, etc. mais pas d’alcool et pas trop de café), c’est le plus important, Mange léger en évitant les trucs gras, Limite tes efforts au début même si tu te sens bien (le premier jour où tu es catapultée à plus de 4000m, tu ne ressens les effets de l’altitude qu’au bout de 2 à 4 heures), Le paracétamol peut s’avérer être un vrai ami (en ne dépassant pas les doses), Je ne suis pas médecin mais je ne prends pas de Diamox car il peut parfois masquer les symptômes d’un œdème.

Le Pili n’est pas un sommet technique mais pour être passé à son pied et en avoir parlé avec des gens qui en ont fait l’ascension, c’est tout de même un morceau et il faut avoir en tête que c’est quand même un volcan assez raide (même s’il n’exige pas d’équipement technique et qu’il n’est presque jamais enneigé). Normalement tu ne devrais pas avoir besoin de crampons, mais si c’était le cas (renseigne-toi à San Pedro), les agences pourront t’en louer.

Pour l’ascension des nombreux 6000 chiliens qui longent les frontières, il est demandé une autorisation de l’organisme chilien DIFROL, et le Pili en fait partie. La demande est gratuite sur le site de la DIFROL. Quand les sommets que j’allais tenter étaient dans leur liste, je l’ai toujours faite (car je n’aurais pas aimé qu’un projet tombe à l’eau juste pour ça), mais on ne m’a demandé le papier qu’une seule fois (poste frontière de Maricunga pour le Tres Cruces) et je pense que si je ne l’avais pas eu, cela n’aurait pas été un drame. Attention, si tu veux la demander, cela peut prendre 10 à 15 jours. Lien : http://www.difrol.gob.cl/expediciones-andinismo/expediciones-de-andinismo-y-aventura.html

Quoi qu’il en soit, n’hésite pas à revenir poster quelques photos quand tu rentreras.

Bon voyage et bonne chance !
"Old travellers never die, they just smell that way"

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