Népal: situation actuelle (février 2005)
by Marinop
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des nouvelles de notre guide...un peu trop officielle à mon avis! pas de nouvelles de journalistes . Mais il ne faut pas effrayer les touristes. L'agence n'est pas pour notre départ. Je vous joint le message:Le gouvernement a fait ca pour pas donner l'occassion de partir les
> ex-ministres et d'autre politiciens plus the corrupted person La vie etait
> normale et tranquille . Maintenat, tout est en ordre et la vie continue
> normalement . Nous avons moin de nouvelle des actions maoists . Les maoists
> voulaient dioaloguer directement avec le roi, j'espere que avec la
> situation actuel ( il n'y pas de premier ministre, c'est le roi directement
> qui controle tous ), le dialogue va commencer bientot
>
> Sincerement, on sens plus de securite a Kathmandu et l'administre commence
> a functioner plus rapide que avant, corrution est un peu controler
> .......... On ne sais pas jusqu'a quand !!!!!!!
>
> Le discour fait par le roi est tres tres correcte mais maintenant, il faut
> voir en action . Il a dit qu'il est toujour fidele en democratie et monarcie
> constitutionelle . Il a promis la paix complete en 3 ans et egalement
> gouvernment elu . Il y a quand meme pas mal de gens qui apprecie l'action du
> roi . C'est vrai, c'est contre la democratie mais depuis 1991, le pays
> n'etait pas en bonne voie et democratie n'etait pas bine utilise par des
> leders politiques, c'est la resulta actuel..Le medias sont completement
> controler pour 3 mois Le portable ne function pas encore
>
> Sincerement en ce moment, pour les nepalais, democratie n'est pas en
> priorite, plus important le paix et pouvoir travailler / vivre tranquillment
> .. Plus en plus de jeunes partent du pays donc moin des bras au Nepal Donc,
> le peuple sont assez optimiste Tous les associations touristique ( Nepal
> Mountainnering Association ), Trekking Agents Association et Nepal Travel
> Agents Association aussi apprecie le roi.......Il y a aucun menifestation a
> Kathmandu et ailleur, c'est strictement interdit......
>
marie
Rapport d'enquête sur la torture et les détentions
arbitraires
Depuis la rupture de la trêve par les maoïstes et l'imposition de l'état d'urgence, en novembre 2001, la guerre civile s'est intensifiée au Népal. Les affrontements entre les forces gouvernementales (armée royale, police et forces paramilitaires) et les rebelles maoïstes ont atteint une violence sans précédent. Le gouvernement, soutenu par le roi, a déclaré la guerre au "terrorisme maoïste" tandis que les rebelles ont relancé leur "guerre populaire". Cette reprise des affrontements a, selon l'organisation népalaise de défense des droits de l'homme INSEC, coûté la vie à au moins quatre mille neuf cents personnes entre novembre 2001 et novembre 2002. Plus de trois mille neuf cents ont été tuées par les forces de sécurité.
Fin septembre 2002, une mission d'enquête commune de Reporters sans frontières (Réseau Damoclès) et de l'INSEC a pu constater que les civils, entre autres les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme, ont été largement touchés par l'état d'urgence et la guerre populaire. "Les populations civiles, notamment les plus pauvres, sont prises dans le feu croisé des militaires et des maoïstes", affirme Subodh Raj Pyakurel, secrétaire général de l'INSEC. Les témoignages recueillis par la mission confirment que des violations graves des droits fondamentaux sont actuellement commises par les deux protagonistes. Les maoïstes s'attaquent aux civils qu'ils accusent de soutenir l'Etat et pratiquent des tortures, des mutilations et des exécutions sommaires qui tendent à imposer un régime de terreur. Pour leur part, l'armée et la police sont coupables d'exécutions sommaires, de tortures graves et de détentions arbitraires. Ces violations des droits de l'homme, commises en toute impunité, vont à l'encontre des lois du Népal et des textes internationaux de protection des droits fondamentaux signés et ratifiés par le royaume.
Le 19 octobre 2002, le nouveau Premier ministre, Lokendra Bahadur Chand, nommé par le roi, a affirmé vouloir chercher une issue négociée et politique au conflit avec les maoïstes. Mais le chemin de la paix pourrait être long.
Au vu de la gravité de la situation, les deux organisations de défense des droits de l'homme en appellent aux Nations unies, et notamment au Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Sergio Vieira de Mello. Reporters sans frontières et l'INSEC demandent aux Nations unies d'envoyer dans les meilleurs délais une mission d'enquête et d'intervenir auprès des deux parties pour que les droits des populations civiles soient respectés.
Les violations des droits de l'homme commises par les maoïstes
"S'ils veulent les tuer, ils peuvent tout à fait leur tirer une balle dans la tête. Mais là, ils préfèrent leur briser les jambes ou les bras et les laisser paralyser à vie. Pour prolonger leur souffrance", a expliqué le docteur Kanodia, directeur d'un hôpital privé de Nepalgunj (sud-ouest du pays) qui a soigné plusieurs victimes des maoïstes. "Les tortures et les mutilations sont les bases de la terreur imposée par les maoïstes dans certaines parties du pays", ajoute Subodh Raj Pyakurel, de l'INSEC. Des dizaines de cas ont été recensés par les organisations de défense des droits de l'homme : "Ces tortures déstructurent les familles. L'homme devient inutile et, surtout, ses blessures rappellent à tous les villageois qu'il ne faut pas s'opposer aux maoïstes", renchérit un médecin de Nepalgunj.
La mission a recueilli à Nepalgunj les témoignages de huit personnes qui ont été victimes des rebelles maoïstes. Les examens médicaux réalisés par le docteur Jean Rivolet (expert du réseau Damoclès) confirment la gravité des sévices subis par ces personnes.
1. Khadak Bahadur Budha a été attaqué en février 2002 à son domicile. Les rebelles lui ont attaché les mains dans le dos après l'avoir accusé d'avoir demandé à des militants maoïstes de se rendre à la police. Ils l'ont sorti de sa maison, l'ont forcé à s'allonger et ont commencé à frapper à coups de bâtons ses deux jambes posées sur une pierre. Khadak Bahadur, âgé de 30 ans, a été retrouvé inconscient, les mains attachées, laissé pour mort par les maoïstes. Le docteur Jean Rivolet a constaté des fractures multiples comminutives sur le tiers supérieur du tibia gauche et sur le condyle externe. Sur la jambe droite, il a observé des fractures sur le tiers supérieur du péroné. Les coups portés ont également laissé des traces sur les bras, la tête et la poitrine de Khadak Bahadur. Il est actuellement soigné à l'hôpital principal de Nepalgunj, aux frais du gouvernement népalais, et sa famille a dû quitter leur village. Selon les conclusions du docteur Rivolet, ces fractures sont le résultat de coups très violents et la victime ne retrouvera jamais l'usage normal de ses membres inférieurs.
2. Gir Bahadur Gishi, agriculteur à Jamunia (district de Bardia), est pour sa part à l'hôpital depuis début août 2002. Il a été torturé par un groupe de maoïstes. Il souffre d'une surdité de l'oreille gauche, d'une plaie frontale, d'une atteinte du temporo-maxillaire gauche, d'un traumatisme thoracique provoqués par des coups de botte donnés par des rebelles qui l'accusaient d'être un "espion du gouvernement" dans le village. Ghiri Bahadur Gishi a été interrogé par les maoïstes dans la nuit. Lui et sa famille ne veulent pas rentrer dans leur village de peur de nouvelles représailles.
3. Tikaram Bista est âgé de soixante-neuf ans. Il est originaire du village de Dilek (au nord de Nepalgunj). Il a été agressé par les maoïstes en juillet 2002 après avoir tenté de défendre son fils, Bahkta Bahadur Bista, un professeur, torturé par les rebelles. Son fils, défiguré au visage par les coups de crosse de revolver assenés par les maoïstes, est hospitalisé à Katmandou. Tikaram Bista a été frappé à coups de poignard sur les avant-bras. Le docteur Rivolet a constaté des fractures médianes des deux avant-bras (radius) ainsi que des plaies sur ses membres.
4. Ram Kumar Yadav est originaire du village de Akalgharwa, dans le district de Bankey, à une dizaine de kilomètres seulement de la ville de Nepalgunj, seconde garnison militaire du Népal. Au cours de la seconde semaine de juillet 2002, des maoïstes ont encerclé le village. Après l'avoir investi, les rebelles ont demandé à ses habitants de sortir de leurs maisons. Ils ont choisi une dizaine d'hommes jeunes. Certains ont été abattus. Quatre autres ont été torturés et mutilés sur la place publique. Ainsi, Ram Kumar Yadab a été violemment frappé aux jambes avec le dos d'une hache. Le docteur Rivolet a constaté des fractures multiples aux deux jambes, au-dessus du genou (supra condylien). Jagadish Prasad Yadav, âgé de trente-cinq ans, a dû subir plusieurs interventions médicales suite à des fractures similaires. Il a une plaque dans la jambe droite. Ses os s'étant infectés, il a subi une intervention externe. Yadav a également reçu des coups de botte à la tête. Enfin, Inder Prasad Yadav, âgé de dix-huit ans, a dû être amputé de la jambe gauche suite à une gangrène de ce membre inférieur. Comme ses deux compagnons, il a été mutilé par les maoïstes à coups de dos de hache.
Comme l'a constaté le docteur Rivolet, les trois victimes de l'attaque du village de Akalgharwa sont dans un état post-traumatique très préoccupant. Ils ont affirmé à la mission ne pas savoir pourquoi ils avaient été mutilés par les maoïstes.
Les maoïstes s'en prennent aux "journalistes espions"
Le corps mutilé de Nawaraj Sharma "Basant" a été retrouvé, le 13 août 2002, à proximité du village de Suna (province de Karnali, ouest du Népal). Selon un journaliste local interrogé par Reporters sans frontières, des hommes armés avaient kidnappé Nawaraj Sharma "Basant", le 3 août 2002, à son domicile du district de Kalikot (province de Karnali). Les assassins, identifiés comme des rebelles maoïstes, lui ont sectionné des membres, arraché les yeux et l'ont achevé d'une balle dans la poitrine. Depuis ce meurtre, les rebelles maoïstes menacent la famille du journaliste et l'empêchent notamment de se rendre à Katmandou pour recevoir l'aide gouvernementale accordée aux proches des victimes des rebelles. Nawaraj Sharma "Basant" était le fondateur et directeur de publication de l'hebdomadaire Karnali Sandesh (Le Message du Karnali), le seul média indépendant publié, depuis 1999, dans l'Extrême Ouest, la région la plus défavorisée du pays. Il était également président de la branche locale de la Fédération des journalistes népalais (FNJ) et directeur du collège de Kalikot. Le journaliste avait déjà été enlevé en février 2002 par un groupe maoïste et détenu pendant près de trois mois. Après sa libération en mai, Nawaraj Sharma "Basant" avait été interrogé pendant cinq jours par les forces de sécurité qui le soupçonnaient d'être un "espion" des maoïstes.
Deux autres journalistes ont été victimes des maoïstes. Ils ont été enlevés et l'un deux est toujours détenu par les rebelles. Dhana Bahadur Rokka Magar, âgé de 33 ans, présentateur des bulletins d'information du programme Kham (émissions en langue Magar de la station publique Radio Nepal), a été kidnappé, le 1er août 2002, par des rebelles maoïstes sur la route allant de la région de Jaluke à la ville de Surkhet (ouest du pays). Il voyageait dans un bus quand celui-ci a été stoppé par des rebelles. Ces derniers ont demandé au journaliste de descendre et l'ont obligé à les suivre. Au moins cinq autres personnes, dont un salarié de l'ONG britannique Gorkha Welfare Trust, ont également été kidnappés. Au début du mois de septembre, les maoïstes ont confirmé à des collègues du journaliste qu'il était toujours en vie et qu'il avait été conduit dans l'un de leurs camps. Ils l'accusent d'être un espion du gouvernement et selon certaines sources, le père du journaliste aurait été tué par les maoïstes. Demling Lama a été kidnappé par un groupe d'une quinzaine de maoïstes dans la nuit du 5 avril 2002. Les rebelles armés se sont introduits à son domicile de Dhuskot alors qu'il dormait. Ils l'ont obligé à les suivre vers une destination inconnue. Demling Lama est correspondant du quotidien national Himalaya Times et de la station publique Radio Nepal dans le district de Sindhupalchok (nord-est de Katmandou). Le 9 avril, le journaliste a réussi à s'échapper. Il a affirmé à un représentant de la FNJ avoir été battu par les maoïstes. Les violations des droits de l'homme commises par les forces de sécurité
a. Les détentions arbitraires
Dans le cadre de l'état d'urgence, en vigueur de novembre 2001 à août 2002, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs milliers de personnes suspectées d'être militantes ou sympathisantes maoïstes. Ces arrestations et ces détentions, très rarement officiellement signifiées aux suspects ou à leurs familles, se sont faites dans la plus grande illégalité. Toutes les couches de la population ont été touchées. Ainsi, plus de cent trente journalistes ont été arrêtés. Au moins dix ont été torturés et au moins vingt-et-un autres sont toujours détenus, sans que le gouvernement n'ait pris le soin de respecter la procédure judiciaire. Les suspects n'ont pas été présentés devant un juge et les délais de détention (90 jours autorisés par la loi antiterroriste) n'ont pas été respectés. La justice est restée muette et n'a pas défendu les droits des personnes arrêtées. Par ailleurs, des actes de torture ont été commis par des militaires et des policiers. Les informations présentées ci-dessous ne couvrent pas l'étendue des ces violations mais sont, à titre d'exemples, une illustration de ces violations.
Plus de cent cinquante journalistes arrêtés et détenus illégalement
Pour la première fois, le 4 septembre 2002, le ministère de l'Intérieur a reconnu que seize journalistes étaient détenus au Népal. Cet aveu tardif est le résultat de la très forte mobilisation des organisations de journalistes, notamment la FNJ. Pour autant, cette déclaration est partielle. A cette date, au moins vingt-et-un journalistes et collaborateurs des médias étaient détenus au Népal. Et la plupart d'entre eux sont détenus depuis plus de six mois sans qu'aucune forme de procédure judiciaire ait été entamée par l'Etat.
Deux mois plus tard, le gouvernement libère Ram Bhakta Maharjan, opérateur de saisie pour l'hebdomadaire Janadesh, Ishwor Chandra Gyawali et Manarishi Dhital, respectivement directeur et employé du mensuel promaoïste Dishabodh, Deepak Sapkota, Dipendra Rokaya, Dhana Bahadur Thapa Magar, respectivement reporter, assistant de la rédaction, photo reporter de l'hebdomadaire promaoïste Janadesh, et Mina Sharma (épouse Tiwari), directrice du mensuel Aikyabaddata (Solidarité).
Le directeur de Jana Astha, Kishor Shrestha a été arrêté deux fois depuis l'instauration de l'état d'urgence. En janvier 2002, il a été arrêté une première fois par l'armée qui lui reprochait un article sur le fils du chef d'état-major de l'armée royale. Le 4 août, la police a fait irruption dans les locaux de Jana Ashta et l'a arrêté une seconde fois. Il a été conduit dans un commissariat de la ville. Huit officiers dont le superintendant Khanal et l'inspecteur Mainali ont interrogé le journaliste pendant près de deux heures. Il n'a pas été frappé, mais un officier a simulé de le faire, et un autre lui a craché dessus. Ensuite, le journaliste a été placé dans une cellule de quatre mètres sur trois, sans électricité et où était entassée une vingtaine de personnes. Kishor Shrestha estime que près de trois cents individus, dont une majorité de suspects maoïstes, étaient détenus dans le commissariat. Les gardiens sont sévères et le journaliste a été changé trois fois de cellule pour avoir parlé avec d'autres prisonniers.
Ambika Niraula et Dev Ram Prasad Yadav, journalistes de Jana Astha, sont actuellement détenus par les forces de sécurité. Ambika Niraula a été arrêté en janvier 2002 dans le district de Rajbiraj Sapsari. Suite à cette arrestation, l'administrateur du district a contacté le père du journaliste pour qu'il lui remette son autre fils, un leader étudiant maoïste, en échange de la libération de Ambika Niraula. En juillet 2002, le directeur de l'hebdomadaire s'est entretenu avec le ministre de l'Intérieur de l'époque pour obtenir la libération de ses deux correspondants. Le ministre a téléphoné devant lui aux représentants du gouvernement dans ces deux districts pour tenter de trouver une issue à leur détention prolongée. Malgré leurs promesses, les deux journalistes n'ont toujours pas été libérés. Selon Kishor Shrestha, les forces de sécurité reprochent à ses deux correspondants d'avoir couvert, à l'époque des négociations entre le gouvernement et les rebelles maoïstes, des manifestations publiques de ces derniers. Le directeur de Jana Astha précise : "Ils sont détenus pour avoir tout simplement couvert en tant que journaliste les activités des maoïstes. Avant la reprise des combats, ces activités étaient tout à fait autorisées."
Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, vingt-et-un journalistes sont toujours emprisonnés au Népal, ce qui fait de ce pays la plus grande prison du monde pour les professionnels de l'information. La plupart de ces journalistes sont détenus pour avoir travaillé pour des publications promaoïste ou d'extrême gauche, ou pour avoir couvert les activités des rebelles maoïstes. Après plusieurs mois de détention au secret et de sévices, les conditions de détention des journalistes, notamment ceux incarcérés dans la prison centrale de Katmandou, sont moins difficiles. Ainsi, Om Sharma peut recevoir les visites régulières de son épouse. Celle-ci a expliqué à la mission : "Il est en bonne santé et garde le moral, mais il ne peut pas dire grand-chose car il y a toujours un gardien lors de nos rencontres". Om Sharma a été placé dans une cellule avec onze autres journalistes.
Exemples de détentions arbitraires dans la région Nepalgunj
Lors d'une visite de terrain dans la région de Nepalgunj, Reporters sans frontières et l'INSEC ont collecté des informations sur une dizaine d'arrestations arbitraires de la part des forces de sécurité, principalement l'armée. Dans tous ces cas, les suspects ne se sont jamais vu signifier par écrit les raisons de leur arrestation. Ils ont par ailleurs été détenus dans des conditions difficiles, mais n'ont pas fait l'objet de tortures sévères.
1. Jitendra Mahaseth est le directeur d'un hôpital privé de Nepalgunj. Il a été arrêté le 16 décembre 2001 par l'armée qui lui reproche d'avoir soigné des maoïstes sans avoir signalé leur présence aux forces de sécurité. Il a passé vingt et un jours dans la caserne de Chisapani, à quelques kilomètres de Nepalgunj. Il a affirmé à la mission ne pas avoir été brutalisé. En revanche, il a dénoncé une arrestation arbitraire puisqu'il n'a jamais reçu aucun document des forces de sécurité. Depuis lors, le docteur doit se présenter tous les jours à un poste de l'armée pour répondre à des questions. Par ailleurs, il doit noter les noms et signalements de tous les patients qu'il admet dans son hôpital. Si l'une des personnes qui se présente à ses services est susceptible d'être un maoïste ou un sympathisant blessé lors d'un affrontement, il doit prévenir la police sous peine de nouvelle sanction. Enfin, les officiers l'ont prévenu qu'une affaire contre lui, datant de 1985, pourrait être réactivée s'il ne collaborait pas avec les forces de sécurité. A l'époque, le médecin avait passé treize mois en prison pour ses engagements prodémocratiques.
2. Dans le village de Banai Bhar Village (district de Banke), l'épouse de Phul Raj Chowdhury a raconté à la mission comment son mari avait été arrêté le 13 août 2002 par des soldats. "Plus d'une dizaine de soldats ont encerclé notre maison. Certains sont entrés et ont arrêté mon mari en disant que c'était un maoïste. Ils ont fouillé la maison. Ils m'ont attrapée par les cheveux et ils m'ont traînée dans notre chambre. Les soldats m'ont expliqué que si j'acceptais d'avoir des relations sexuelles avec eux, mon mari serait libre. J'ai refusé. Ils ont fouillé la chambre et sont partis avec lui", a expliqué Dhania Chowdhury, 24 ans, mère de deux enfants de trois et six ans. Elle n'a pas osé aller demander de nouvelles de son mari au camp militaire de Chisapani, mais suppose qu'il a été arrêté sur dénonciation. "Nous avons donné à manger deux ou trois fois à des maoïstes, mais sous la contrainte. Nous sommes des pauvres paysans, pas des rebelles", affirme la jeune femme. Avant de partir, les soldats ont frappé un autre habitant du village, Bharthari Chaudhari, âgé de soixante-neuf ans. Une semaine après les faits, le docteur Jean Rivolet a diagnostiqué sur cet homme un reliquat d'hématomes sus-scapulaires et un hématome occipital droit. Ce même soir, les militaires ont également arrêté Raj Bahadur Tharu. Rupa Tharu, son épouse, mère d'un fils de cinq mois, n'a aucune nouvelle de lui depuis son arrestation. Lors de l'interpellation, les militaires ont accusé Raj Bahadur Tharu d'être un maoïste et de posséder des armes. Ils ont par ailleurs frappé à coups de botte Khusiram Tharu, son père. Après être resté deux jours sans pouvoir bouger, celui-ci s'est plaint de douleurs lombaires. Le docteur Rivolet a constaté des cicatrices dorso-lombaires et des hématomes multiples. L'individu porte également des plaies contuses sur le dos. Selon son témoignage, deux soldats se sont mis debout sur son dos alors qu'un troisième homme le frappait.
3. Puspa Raj Lamechhne, âgé de quarante-deux ans, a été détenu arbitrairement pendant vingt jours dans la caserne de Chisapani. Il a été arrêté, en mars 2002, dans son village de Gabar près de Navbasta. Il aurait été dénoncé par une autre personne arrêtée par l'armée. Puspa Raj Lamechhne a reconnu avoir donné à manger à des maoïstes mais sous la contrainte. Il a été détenu dans une petite cellule avec une dizaine d'autres suspects, en majorité des paysans et des étudiants. Son épouse n'a jamais été autorisée à lui rendre visite pendant sa détention. Depuis sa libération, Puspa Raj Lamechhne doit se rendre une fois par semaine à la caserne où les militaires lui posent des questions sur ses activités.
Dans ce village de Gabar, un autre incident a eu lieu au début du mois de juillet 2002. Trois villageois revenaient la nuit de leur champ quand ils ont été interpellés par une patrouille militaire. Deux d'entre eux se sont enfuis. Mais le troisième, Rajaram Tharu, handicapé, n'a pas réussi à se cacher. Les deux fuyards ont entendu deux ou trois coups de feu tirés par les militaires dans leur direction. Depuis, l'épouse de Rajaram Tharu n'a aucune nouvelle de lui et son corps n'a pas été retrouvé. Le lendemain de l'incident, des militaires se sont présentés au domicile de l'un des fuyards, Ram Prasad Tharu, âgé de vingt ans. Il a été arrêté et conduit au camp militaire de Chisapani. Lors de son interrogatoire, il a été frappé à coups de bâton de bambou. Ram Prasad Tharu a été libéré le même jour.
Depuis la proclamation de l'état d'urgence, dans le village de Gabar (sept cents habitants), quatre civils ont été arrêtés et un autre a disparu.
4. Bhagwathi Prasad Chowdhari, âgé de 24 ans, originaire du village de Chapargauthii, a été arrêté le 8 juin 2002 par des militaires qui étaient à la recherche de deux jeunes de ce village entrés dans la clandestinité depuis plusieurs années. Les militaires lui ont attaché les mains dans le dos et lui ont bandé les yeux. M. Chowdhury a été accusé d'être maoïste et de protéger son réseau. Il a été détenu pendant quarante-huit jours dans le camp militaire de Chisapani. Les soldats l'ont obligé à garder un bandeau sur les yeux sauf pour manger et aller aux toilettes. Il devait également garder les mains attachées dans le dos. Lors des interrogatoires, le jeune homme a été giflé par des officiers. Dans sa cellule, tous les prisonniers étaient masqués et ne prenaient pas le risque de parler de peur d'être surpris par les gardiens. Avant de le libérer, les militaires lui ont dit qu'ils considéraient qu'il n'était pas maoïste. Depuis, M. Chowdhury affirme avoir perdu en acuité visuelle. Le docteur Rivolet a pu constater qu'il était fortement angoissé à l'idée d'être de nouveau arrêté.
Pour la seule ville de Nepalgunj, l'INSEC a recensé au moins deux cents arrestations de civils suspectés d'être des militants ou des sympathisants maoïstes. La très grande majorité n'ont jamais reçu de documents des autorités leur signifiant leur placement en détention. Par ailleurs, les services de sécurité demandent de façon presque systématique aux suspects de se présenter régulièrement à un poste de police alors qu'ils ne sont pas inculpés. Ainsi, dans le district de Rolpa, au moins deux cents professeurs doivent se présenter au moins une fois par semaine aux forces de sécurité cantonnées dans les villes principales. Ce qui représente pour certains professeurs des voyages de plusieurs jours. Enfin, l'INSEC n'a recensé, dans cette région, aucun cas de poursuite judiciaire entamé par les autorités contre des suspects maoïstes alors que certains sont détenus depuis le début de l'état d'urgence, soit neuf mois.
b. Usage de la torture par les forces de sécurité
Lors de la mission, Reporters sans frontières a eu accès à une série de documents (photographies et témoignages) sur des cas de tortures perpétrés par l'armée et la police contre des personnes suspectées d'être des maoïstes.
Plusieurs de ces personnes sont mortes sous la torture. Ainsi, Kancha Dangol, un militant du parti du Congrès dans la région de Tokha (district de Katmandou), accusé à tort d'être un maoïste, a été torturé à mort en mars 2002. Le docteur Rivolet a pu constater, sur la base de photographies, des hématomes volumineux contondants dus à des coups de batte ou de barre, et des traces de roulements de bâton sur le corps. Sur les photographies, le docteur a également constaté des hématomes pubiens, un œdème lingual et une fracture du nez.
D'autres photographies ont permis d'observer d'autres pratiques de torture : brûlures sur les membres du corps, plaies par éclatement du crâne, traces de coups avec des objets métalliques, hématomes volumineux sur la région fronto-temporale et en sous-dural. Selon un médecin interrogé par la mission, des traces évidentes de pratique du falanga (coups violents et répétés sur la plante des pieds), du submarino (immersion forcée de la victime dans une baignoire), de chocs électriques (essentiellement sur les organes génitaux) ou du teliphon (coups portés sur les deux côtés de la tête pour provoquer une surdité partielle et un désordre des sens) sont visibles sur les corps d'individus interrogés par les forces de sécurité.
Les organisations de défense des droits de l'homme et d'aide aux victimes basées à Katmandou ont affirmé à la mission avoir reçu depuis le début de l'état d'urgence plus de cent personnes victimes de tortures. La situation des détenus dans les commissariats s'est légèrement améliorée depuis le mois de juin. Le gouvernement, sous la pression nationale et internationale, a également mis en place, en août, une "cellule chargée des droits de l'homme" au sein de l'armée. Mais aucune sanction n'a été prise contre des militaires soupçonnés de violations des droits fondamentaux.
Pourtant, le Népal a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, entrée en vigueur en juin 1987. Celle-ci stipule dans son article 2 "qu'aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse de l'état de guerre ou de menace de guerre, d'instabilité politique intérieure ou de tout autre état d'exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture." De même, la Convention prévoit que les Etats parties devront veiller "à ce que tous les actes de torture constituent des infractions au regard de son droit pénal". Eu égard aux informations contenues dans ce rapport, les deux organisations demandent que le Comité contre la torture des Nations unies prennent rapidement des dispositions pour obtenir du gouvernement népalais des explications sur les actes exposés dans ce rapport.
Les journalistes, victimes de la torture
La levée de l'état d'urgence en août 2002 et la baisse significative du nombre d'arrestations de journalistes, au cours des mois de juillet et août, sont autant de signes encourageants pour les défenseurs de la liberté de la presse au Népal. Mais la mort en détention, en mai 2002, du directeur de publication promaoïste Krishna Sen, est révélatrice du traitement infligé aux journalistes d'opposition ou suspectés, quelquefois à raison, de liens avec la rébellion maoïste.
Selon un rapport de Reporters sans frontières et du réseau Damoclès rendu public le 15 octobre dernier, Krishna Sen serait mort sous la torture le 28 mai 2002, soit huit jours après son arrestation, dans une salle d'interrogatoire du Mahendra Police Club à Katmandou, en présence notamment de l'officier Bikram Singh Thapa. Ce dernier a été récompensé, en octobre, du titre de meilleur policier de l'année.
La mission a recueilli les témoignages de deux journalistes qui ont été torturés lors de leur détention. Dans le premier cas, il s'agit d'un interrogatoire violent ponctué de passages à tabac. Dans le second cas, il s'agit de tortures sans violences physiques. Le journaliste, contraint de rester vingt-quatre jours avec les yeux bandés, a dû affronter des tortures psychologiques sévères.
Le cas de Rewati Sapkota
Le 24 mai 2002, Rewati Sapkota, journaliste au quotidien en langue népalaise Rajhdhani Daily, est arrêté à son domicile de Katmandou, par les forces de sécurité et un inspecteur de police, Kamal Manandhar. Pendant quatre nuits et cinq jours, il est interrogé par des policiers sur d'autres journalistes et des activistes des droits de l'homme. Il est régulièrement torturé. Reporters sans frontières a recueilli son témoignage : "Mes mains étaient serrées par une corde. Mes pieds également. Mes yeux étaient bandés pour que je ne vois pas mes tortionnaires. Ils me frappaient avec des bâtons de bambou, très fort. Souvent, ils me couchaient au sol. Deux policiers montaient avec leurs bottes sur mes genoux, et un autre frappait mes jambes ou mes pieds. Je ne pouvais même pas crier car ma bouche était bâillonnée (…) Ils n'ont arrêté de me torturer qu'après que je me suis évanoui." Le journaliste a partagé une cellule petite et insalubre avec une dizaine de personnes. "Tous les détenus portaient des traces de coups", a déclaré Rewati Sapkota. Il est finalement relâché grâce aux pressions internationales et à celles de la Fédération journalistes népalais. Alité chez lui, il ne pourra remarcher qu'après une semaine. Après sa libération, le journaliste a dû se rendre deux fois par semaine au poste de police. Il devait répondre à chaque fois à une série de questions sur ses activités. Aujourd'hui, Rewati Sapkota doit se rendre une fois par mois au commissariat. "Quatre mois après mon arrestation, il me reste des douleurs aux pieds, des cauchemars et la peur d'être de nouveau arrêté et de mourir. Le pire est que je n'ai aucun papier pour affirmer que j'ai été arrêté", a expliqué le jeune journaliste, spécialiste des sujets scientifiques. Même si Rewati Sapkota ne porte pas de séquelles apparentes de ces tortures, le docteur Jean Rivolet a pu constater des douleurs aux mollets, à la plante des pieds et aux genoux. Le docteur a également décelé des troubles post-traumatiques.
Le cas de Gopal Budhatokhi
Directeur de l'hebdomadaire Sanghu, Gopal Budhatokhi a été arrêté deux fois depuis la proclamation de l'état d'urgence en novembre 2001. La première fois, le 17 décembre 2001, près de cent cinquante policiers ont entouré son domicile de Katmandou. Il a été conduit au commissariat principal de Katmandou. Privé d'eau, de couverture et de nourriture pendant plus de douze heures, le journaliste a été interrogé, les yeux bandés, par des militaires. Les officiers lui ont demandé de s'expliquer sur une caricature publiée en première page de son journal. Sur ce dessin, deux personnes se demandaient dans quel pays le Népal allait pouvoir acheter des armes. Les officiers lui ont également reproché la publication d'un texte sur la baisse de confiance de la population envers la famille royale, écrit par un leader politique. Avant de le libérer, les militaires l'ont menacé de représailles s'il publiait de nouveau articles sur l'armée ou sur la famille royale.
Dans la soirée du 3 mars, Gopal Budhatokhi sortait de son bureau dans le centre de Katmandou. Il venait de boucler le dernier numéro de son hebdomadaire et rentrait chez lui à moto. Le journaliste se savait surveillé depuis une semaine. A une centaine de mètres de son bureau, son véhicule a été bloqué par une camionnette et trois motos. Une dizaine d'individus l'ont entouré et lui ont demandé de le suivre : "Nous sommes de l'armée. Notre officier veut vous parler." Gopal Budhatokhi a été placé à l'arrière du véhicule, le visage couvert et les mains attachées dans le dos. Il restera ainsi pendant vingt-quatre jours. Ses gardiens ne lui permettront d'enlever sa cagoule que pour manger et aller aux toilettes. Près d'une heure après son arrestation, Gopal Budhatokhi a été placé dans une cellule sans air et sans lumière. Isolé pendant vingt-quatre jours, le journaliste a traversé une "grande dépression". Il a expliqué les angoisses qu'il a vécues pendant cette détention : "J'ai eu peur à chaque instant de devenir fou (…) Chaque jour était rempli de frustration. Je n'étais plus rien. Plus de téléphone. Plus de contact avec mon épouse et mes amis. Plus rien (…) Tous les bruits me terrifiaient. Les bottes des militaires ou les cris d'autres détenus". Gopal Budhatokhi n'a pas été frappé pendant les interrogatoires, mais il estime que le traitement qu'il a subi est la "pire des tortures". Lors des interrogatoires, au début quotidiens, les officiers lui reprochaient un article du 23 février critique à l'encontre du chef d'état-major. Selon le directeur de Sanghu, les officiers lui demandaient : "Pourquoi les journalistes comme vous ne soutiennent-ils pas l'armée ?"
Suite aux pressions nationales et internationales, Gopal Budhatokhi a été libéré le 25 mars. Depuis, le journaliste, souffrant de douleurs dorso-lombalgiques et de séquelles positionnelles, affirme connaître des troubles de la mémoire. "J'ai échappé à la folie, mais j'ai l'impression que mon cerveau tourne au ralenti", affirme M. Budhatokhi. Le docteur Jean Rivolet estime quant à lui que le journaliste souffre d'une anxiété réactionnelle due à ces tortures.
De la difficulté pour les journalistes de rendre compte de la situation des droits de l'homme
La légère amélioration de la situation de la liberté de la presse constatée depuis le mois d'août 2002 est due à la levée de l'état d'urgence et à la mobilisation sans précédent de la Fédération des journalistes népalais. Ces manifestations ont culminé avec une grève de la faim collective. Le gouvernement a alors accepté de mettre en place une Commission judiciaire indépendante pour enquêter sur les violations de la liberté de la presse commises pendant l'état d'urgence. Composée d'un ancien juge, d'un représentant du gouvernement, d'un expert des affaires de sécurité, d'un expert des médias et d'un représentant de la FNJ, cette commission doit enquêter sur les arrestations, les tortures et autres atteintes subies par les journalistes.
La FNJ a par ailleurs mis en place un Comité de surveillance chargé de recenser toutes les atteintes à la liberté de la presse. Ce Comité a documenté cent trente-six cas d'arrestation de journalistes par les forces de sécurité.
La levée de l'état d'urgence par le gouvernement a été un signe encourageant dans le processus de restauration de l'état de droit. La presse a profité de cette nouvelle donne. Ainsi, le quotidien Katmandu Post a publié, le 5 septembre 2002, une interview en première page d'un chef des maoïstes dans la vallée de Katmandou. Reporters sans frontières a interrogé l'un des auteurs de cet article. "Il aurait été difficile de publier cet article pendant l'état d'urgence. Après cet article, nous n'avons reçu aucune menace des forces de sécurité. Par contre, le gouvernement a été soumis à une certaine pression car le chef maoïste que nous avons rencontré demande la reprise des négociations", a expliqué Kosmos Biswokarma. De même, le magazine Nepali a publié un reportage sur les exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité. Le gouvernement n'a pas réagi. Pour autant, les organisations de défense des droits de l'homme constatent toujours que la presse privée reprend difficilement les informations sur les violations commises par l'armée. "Les correspondants sont terrifiés et empêchés de confirmer nos informations sur le terrain, et certaines rédactions à Katmandou censurent les informations qui mettent en cause les forces de sécurité", affirme Subodh Raj Pyakurel, directeur d'INSEC.
Pour autant, il reste très difficile pour les journalistes népalais de rapporter librement sur la situation sécuritaire dans le pays, et notamment sur les exactions commises par les forces de sécurité. La mission a interrogé une dizaine de journalistes, pour la plupart correspondants de journaux nationaux, basés à Nepalgunj.
La ville de Nepalgunj est la seconde garnison militaire du pays, mais depuis le début novembre 2001, l'armée royale du Népal, dont le numéro 2 est basé dans cette ville, n'a organisé aucune conférence de presse pour les journalistes locaux. L'armée ne compte dans cette région, la plus touchée par la guerre, aucun service de presse. Seul le général en charge des opérations militaires dans le district de Surkhet s'est montré ouvert aux questions des journalistes.
Le major Ajit Thapa s'est illustré par de nombreuses menaces à l'encontre des reporters et des militants des droits de l'homme de Nepalgunj. Un enquêteur de l'INSEC, Vijaya Chand, s'est vu menacer de mort par l'officier. "Si tu continues à publier des rapports contre l'armée, je vais te couper les mains et les jambes", a lancé l'officier au jeune militant des droits de l'homme en présence de représentants du gouvernement.
Les journalistes de Nepalgunj interrogés par Reporters sans frontières ont expliqué être incapables de confirmer la plupart des informations données par les forces de sécurité et les organisations de défense des droits de l'homme. "Notre accès au terrain est très limité. Les menaces des militaires font craindre le pire si nous allons enquêter sur des exactions. On en est arrivé à pratiquer très largement l'autocensure", explique Sharad K. C., stringer de la radio BBC. Ainsi, le major Ajit Thapa téléphone régulièrement aux journalistes pour les menacer suite à des articles publiés dans leurs journaux respectifs et qui ne lui plaisent pas. "Il nous menace ou nous convoque. Il est agressif", expose le correspondant d'un quotidien de Katmandou. "Bien entendu c'est la guerre et nous sommes prêts à dénoncer le terrorisme maoïste, mais la coopération avec l'armée est quasiment impossible", explique le correspondant de l'agence de presse publique RSS.
Ainsi, en juillet, un village proche de Nepalgunj a été attaqué par les maoïstes. Les journalistes se sont rendus sur place le lendemain et ont constaté que l'armé qui compte plusieurs bases à proximité, n'est intervenue que trois heures après l'attaque. Cette information a été reprise dans la plupart des quotidiens nationaux, notamment le Space Time Daily. Le même jour, le major Thapa a convoqué Krishna Adhikari, correspondant de ce quotidien de Katmandou et l'a obligé à publier un rectificatif. De peur d'être arrêté, le reporter du Space Time Daily a obtempéré.
Les journalistes de Nepalgunj sont "frustrés" par les limites qui leur sont imposées. "L'armée et le gouvernement n'ont que du mépris pour les journalistes de province et pourtant, nous sommes les seuls à être proches des événements (…) A quoi bon faire des reportages sur le terrain, si nos rédactions à Katmandou ne font que reprendre les communiqués du ministère de la Défense dans la capitale ?" s'interroge le stringer de la BBC. "Certes, nous commettons des erreurs mais les sanctions sont toujours appliquées de manière arbitraire et violente", ajoute ce collaborateur de la radio britannique qui a été détenu pendant plusieurs heures par l'armée en 2002.
Les journalistes dénoncent cette stratégie de non-communication de l'armée népalaise. "Les gens s'interrogent : si l'armée ne dit rien sur les opérations, c'est qu'ils ont quelque chose à cacher", explique le correspondant de la Nepal Television. Ils proposent donc que l'armée mette en place, dans chaque région, un officier en charge des relations avec la presse.
Si la plupart d'entre eux n'ont pas reçu de menaces de la part des maoïstes, les journalistes se méfient des réactions de rebelles de plus en plus aux abois. "Depuis qu'ils ont enlevé deux journalistes et assassiné un autre, nous devons être plus méfiants", explique le correspondant de l'agence de presse RSS. Pour sa part, le correspondant du journal Nepal Samatapatra Daily a été menacé au téléphone par un dirigeant maoïste de la région. "Sur la base d'une information donnée par l'armée, j'avais annoncé sa mort dans mon quotidien. Il m'a menacé de représailles si je continuais à annoncer la mort de chefs rebelles", explique le jeune reporter.
Conclusion et recommandations
Conclusion : La justice bafouée
Quelques jours seulement après l'instauration de l'état d'urgence, des avocats ont plaidé, devant la Cour suprême du Népal, des demandes d'habeas corpus en faveur de confrères et de journalistes. Les demandes ont été acceptées mais depuis, les juges de la Cour suprême ont reporté de mois en mois leur jugement. Aucune des dizaines de procédures d'habeas corpus n'a abouti à ce jour. Soit les juges ont estimé ne pas être compétents et ont renvoyé les cas devant un tribunal élargi de la Cour suprême, soit ils ont reporté leur décision estimant ne pas avoir finalisé le dossier.
La loi oblige en effet l'Etat à présenter devant le juge, dans les vingt-quatre heures, une personne arrêtée. Faute de quoi, un avocat peut déposer une demande d'habeas corpus devant la Cour suprême.
La Cour suprême, et notamment son président, Keshav Prasad Upadhyaya, qui a échappé à une embuscade des maoïstes, ont traîné les pieds dans ces affaires d'habeas corpus et n'ont pas assumé pleinement leur rôle de contre-pouvoirs vis-à-vis de l'exécutif.
L'Etat s'en est également pris aux avocats qui tentent de faire respecter les droits des suspects. Ainsi, le 11 juin, Khim Lal Devkota, avocat engagé dans la défense des journalistes emprisonnés, a été interpellé par des policiers de Katmandou. Les forces de sécurité ont refusé à plusieurs reprises de présenter M. Devkota devant la Cour suprême. Finalement, les pressions du barreau de Katmandou ont obligé les autorités à présenter l'avocat devant la Cour suprême. M. Devkota a été libéré par la cour mais le même jour, des policiers en civil ont tenté de l'arrêter de nouveau à son domicile. Depuis, l'avocat vit caché, protégé par des militants des droits de l'homme. Un autre avocat, Rama Kumar Shrestha, a été arrêté en août 2002.
Le gouvernement a décidé d'arrêter des centaines d'individus, notamment des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, de manière préventive. La loi antiterroriste permet alors aux autorités de détenir ces personnes pendant trois mois, cette incarcération pouvant être prolongée par décision d'une des cours des soixante-quinze districts du pays. Il suffisait aux autorités de présenter des "preuves raisonnables" (reasonables justifications) pour que ce renouvellement de détention soit accordé dans le cadre de l'état d'urgence. Mais le gouvernement et les forces de sécurité ont choisi de ne pas respecter les règles, en ne présentant pas les suspects devant des juges à la fin de la période de détention légale. Les autorités n'ont pas non plus tenté d'apporter à la justice des preuves de l'implication des suspects dans la rébellion maoïste. Ainsi, des centaines de personnes sont actuellement détenues dans le pays en dehors de toute légalité. Preuve en est, les personnes arrêtées ne se sont même pas vu signifier leur arrestation, leur détention ou leur libération. "Je n'ai aucun moyen de prouver que j'ai été arrêté. Ma bonne foi contre celle de l'armée", a expliqué le journaliste Rewati Sapkota.
Le Népal doit dans les meilleurs délais respecter ses engagements internationaux en matière de droits de l'homme, et notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le royaume. Par ailleurs, Reporters sans frontières et l'INSEC demandent au gouvernement népalais de ratifier le statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale.
Recommandations :
Reporters sans frontières et l'INFEC recommandent à Sergio Viera de Mello, Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies de :
1. convoquer l'ambassadeur du Népal auprès de la Commission des Nations unies pour lui rappeler les engagements de son pays en matière de protection des droits de l'homme ; 2. intervenir auprès du gouvernement du Népal pour lui demander de présenter dans les meilleurs délais les rapports relatifs aux traités ratifiés par le royaume ; 3. organiser une mission d'enquête au Népal menée par des rapporteurs spéciaux sur la torture et autres peines ou traitements cruel, inhumains ou dégradants, et un représentant du groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de la Commission des droits de l'homme des Nations unies ; 4. dénoncer les exactions commises par les rebelles maoïstes contre les civils ; 5. établir une représentation permanente du Haut commissariat aux droits de l'homme au Népal.
Depuis la rupture de la trêve par les maoïstes et l'imposition de l'état d'urgence, en novembre 2001, la guerre civile s'est intensifiée au Népal. Les affrontements entre les forces gouvernementales (armée royale, police et forces paramilitaires) et les rebelles maoïstes ont atteint une violence sans précédent. Le gouvernement, soutenu par le roi, a déclaré la guerre au "terrorisme maoïste" tandis que les rebelles ont relancé leur "guerre populaire". Cette reprise des affrontements a, selon l'organisation népalaise de défense des droits de l'homme INSEC, coûté la vie à au moins quatre mille neuf cents personnes entre novembre 2001 et novembre 2002. Plus de trois mille neuf cents ont été tuées par les forces de sécurité.
Fin septembre 2002, une mission d'enquête commune de Reporters sans frontières (Réseau Damoclès) et de l'INSEC a pu constater que les civils, entre autres les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme, ont été largement touchés par l'état d'urgence et la guerre populaire. "Les populations civiles, notamment les plus pauvres, sont prises dans le feu croisé des militaires et des maoïstes", affirme Subodh Raj Pyakurel, secrétaire général de l'INSEC. Les témoignages recueillis par la mission confirment que des violations graves des droits fondamentaux sont actuellement commises par les deux protagonistes. Les maoïstes s'attaquent aux civils qu'ils accusent de soutenir l'Etat et pratiquent des tortures, des mutilations et des exécutions sommaires qui tendent à imposer un régime de terreur. Pour leur part, l'armée et la police sont coupables d'exécutions sommaires, de tortures graves et de détentions arbitraires. Ces violations des droits de l'homme, commises en toute impunité, vont à l'encontre des lois du Népal et des textes internationaux de protection des droits fondamentaux signés et ratifiés par le royaume.
Le 19 octobre 2002, le nouveau Premier ministre, Lokendra Bahadur Chand, nommé par le roi, a affirmé vouloir chercher une issue négociée et politique au conflit avec les maoïstes. Mais le chemin de la paix pourrait être long.
Au vu de la gravité de la situation, les deux organisations de défense des droits de l'homme en appellent aux Nations unies, et notamment au Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Sergio Vieira de Mello. Reporters sans frontières et l'INSEC demandent aux Nations unies d'envoyer dans les meilleurs délais une mission d'enquête et d'intervenir auprès des deux parties pour que les droits des populations civiles soient respectés.
Les violations des droits de l'homme commises par les maoïstes
"S'ils veulent les tuer, ils peuvent tout à fait leur tirer une balle dans la tête. Mais là, ils préfèrent leur briser les jambes ou les bras et les laisser paralyser à vie. Pour prolonger leur souffrance", a expliqué le docteur Kanodia, directeur d'un hôpital privé de Nepalgunj (sud-ouest du pays) qui a soigné plusieurs victimes des maoïstes. "Les tortures et les mutilations sont les bases de la terreur imposée par les maoïstes dans certaines parties du pays", ajoute Subodh Raj Pyakurel, de l'INSEC. Des dizaines de cas ont été recensés par les organisations de défense des droits de l'homme : "Ces tortures déstructurent les familles. L'homme devient inutile et, surtout, ses blessures rappellent à tous les villageois qu'il ne faut pas s'opposer aux maoïstes", renchérit un médecin de Nepalgunj.
La mission a recueilli à Nepalgunj les témoignages de huit personnes qui ont été victimes des rebelles maoïstes. Les examens médicaux réalisés par le docteur Jean Rivolet (expert du réseau Damoclès) confirment la gravité des sévices subis par ces personnes.
1. Khadak Bahadur Budha a été attaqué en février 2002 à son domicile. Les rebelles lui ont attaché les mains dans le dos après l'avoir accusé d'avoir demandé à des militants maoïstes de se rendre à la police. Ils l'ont sorti de sa maison, l'ont forcé à s'allonger et ont commencé à frapper à coups de bâtons ses deux jambes posées sur une pierre. Khadak Bahadur, âgé de 30 ans, a été retrouvé inconscient, les mains attachées, laissé pour mort par les maoïstes. Le docteur Jean Rivolet a constaté des fractures multiples comminutives sur le tiers supérieur du tibia gauche et sur le condyle externe. Sur la jambe droite, il a observé des fractures sur le tiers supérieur du péroné. Les coups portés ont également laissé des traces sur les bras, la tête et la poitrine de Khadak Bahadur. Il est actuellement soigné à l'hôpital principal de Nepalgunj, aux frais du gouvernement népalais, et sa famille a dû quitter leur village. Selon les conclusions du docteur Rivolet, ces fractures sont le résultat de coups très violents et la victime ne retrouvera jamais l'usage normal de ses membres inférieurs.
2. Gir Bahadur Gishi, agriculteur à Jamunia (district de Bardia), est pour sa part à l'hôpital depuis début août 2002. Il a été torturé par un groupe de maoïstes. Il souffre d'une surdité de l'oreille gauche, d'une plaie frontale, d'une atteinte du temporo-maxillaire gauche, d'un traumatisme thoracique provoqués par des coups de botte donnés par des rebelles qui l'accusaient d'être un "espion du gouvernement" dans le village. Ghiri Bahadur Gishi a été interrogé par les maoïstes dans la nuit. Lui et sa famille ne veulent pas rentrer dans leur village de peur de nouvelles représailles.
3. Tikaram Bista est âgé de soixante-neuf ans. Il est originaire du village de Dilek (au nord de Nepalgunj). Il a été agressé par les maoïstes en juillet 2002 après avoir tenté de défendre son fils, Bahkta Bahadur Bista, un professeur, torturé par les rebelles. Son fils, défiguré au visage par les coups de crosse de revolver assenés par les maoïstes, est hospitalisé à Katmandou. Tikaram Bista a été frappé à coups de poignard sur les avant-bras. Le docteur Rivolet a constaté des fractures médianes des deux avant-bras (radius) ainsi que des plaies sur ses membres.
4. Ram Kumar Yadav est originaire du village de Akalgharwa, dans le district de Bankey, à une dizaine de kilomètres seulement de la ville de Nepalgunj, seconde garnison militaire du Népal. Au cours de la seconde semaine de juillet 2002, des maoïstes ont encerclé le village. Après l'avoir investi, les rebelles ont demandé à ses habitants de sortir de leurs maisons. Ils ont choisi une dizaine d'hommes jeunes. Certains ont été abattus. Quatre autres ont été torturés et mutilés sur la place publique. Ainsi, Ram Kumar Yadab a été violemment frappé aux jambes avec le dos d'une hache. Le docteur Rivolet a constaté des fractures multiples aux deux jambes, au-dessus du genou (supra condylien). Jagadish Prasad Yadav, âgé de trente-cinq ans, a dû subir plusieurs interventions médicales suite à des fractures similaires. Il a une plaque dans la jambe droite. Ses os s'étant infectés, il a subi une intervention externe. Yadav a également reçu des coups de botte à la tête. Enfin, Inder Prasad Yadav, âgé de dix-huit ans, a dû être amputé de la jambe gauche suite à une gangrène de ce membre inférieur. Comme ses deux compagnons, il a été mutilé par les maoïstes à coups de dos de hache.
Comme l'a constaté le docteur Rivolet, les trois victimes de l'attaque du village de Akalgharwa sont dans un état post-traumatique très préoccupant. Ils ont affirmé à la mission ne pas savoir pourquoi ils avaient été mutilés par les maoïstes.
Les maoïstes s'en prennent aux "journalistes espions"
Le corps mutilé de Nawaraj Sharma "Basant" a été retrouvé, le 13 août 2002, à proximité du village de Suna (province de Karnali, ouest du Népal). Selon un journaliste local interrogé par Reporters sans frontières, des hommes armés avaient kidnappé Nawaraj Sharma "Basant", le 3 août 2002, à son domicile du district de Kalikot (province de Karnali). Les assassins, identifiés comme des rebelles maoïstes, lui ont sectionné des membres, arraché les yeux et l'ont achevé d'une balle dans la poitrine. Depuis ce meurtre, les rebelles maoïstes menacent la famille du journaliste et l'empêchent notamment de se rendre à Katmandou pour recevoir l'aide gouvernementale accordée aux proches des victimes des rebelles. Nawaraj Sharma "Basant" était le fondateur et directeur de publication de l'hebdomadaire Karnali Sandesh (Le Message du Karnali), le seul média indépendant publié, depuis 1999, dans l'Extrême Ouest, la région la plus défavorisée du pays. Il était également président de la branche locale de la Fédération des journalistes népalais (FNJ) et directeur du collège de Kalikot. Le journaliste avait déjà été enlevé en février 2002 par un groupe maoïste et détenu pendant près de trois mois. Après sa libération en mai, Nawaraj Sharma "Basant" avait été interrogé pendant cinq jours par les forces de sécurité qui le soupçonnaient d'être un "espion" des maoïstes.
Deux autres journalistes ont été victimes des maoïstes. Ils ont été enlevés et l'un deux est toujours détenu par les rebelles. Dhana Bahadur Rokka Magar, âgé de 33 ans, présentateur des bulletins d'information du programme Kham (émissions en langue Magar de la station publique Radio Nepal), a été kidnappé, le 1er août 2002, par des rebelles maoïstes sur la route allant de la région de Jaluke à la ville de Surkhet (ouest du pays). Il voyageait dans un bus quand celui-ci a été stoppé par des rebelles. Ces derniers ont demandé au journaliste de descendre et l'ont obligé à les suivre. Au moins cinq autres personnes, dont un salarié de l'ONG britannique Gorkha Welfare Trust, ont également été kidnappés. Au début du mois de septembre, les maoïstes ont confirmé à des collègues du journaliste qu'il était toujours en vie et qu'il avait été conduit dans l'un de leurs camps. Ils l'accusent d'être un espion du gouvernement et selon certaines sources, le père du journaliste aurait été tué par les maoïstes. Demling Lama a été kidnappé par un groupe d'une quinzaine de maoïstes dans la nuit du 5 avril 2002. Les rebelles armés se sont introduits à son domicile de Dhuskot alors qu'il dormait. Ils l'ont obligé à les suivre vers une destination inconnue. Demling Lama est correspondant du quotidien national Himalaya Times et de la station publique Radio Nepal dans le district de Sindhupalchok (nord-est de Katmandou). Le 9 avril, le journaliste a réussi à s'échapper. Il a affirmé à un représentant de la FNJ avoir été battu par les maoïstes. Les violations des droits de l'homme commises par les forces de sécurité
a. Les détentions arbitraires
Dans le cadre de l'état d'urgence, en vigueur de novembre 2001 à août 2002, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs milliers de personnes suspectées d'être militantes ou sympathisantes maoïstes. Ces arrestations et ces détentions, très rarement officiellement signifiées aux suspects ou à leurs familles, se sont faites dans la plus grande illégalité. Toutes les couches de la population ont été touchées. Ainsi, plus de cent trente journalistes ont été arrêtés. Au moins dix ont été torturés et au moins vingt-et-un autres sont toujours détenus, sans que le gouvernement n'ait pris le soin de respecter la procédure judiciaire. Les suspects n'ont pas été présentés devant un juge et les délais de détention (90 jours autorisés par la loi antiterroriste) n'ont pas été respectés. La justice est restée muette et n'a pas défendu les droits des personnes arrêtées. Par ailleurs, des actes de torture ont été commis par des militaires et des policiers. Les informations présentées ci-dessous ne couvrent pas l'étendue des ces violations mais sont, à titre d'exemples, une illustration de ces violations.
Plus de cent cinquante journalistes arrêtés et détenus illégalement
Pour la première fois, le 4 septembre 2002, le ministère de l'Intérieur a reconnu que seize journalistes étaient détenus au Népal. Cet aveu tardif est le résultat de la très forte mobilisation des organisations de journalistes, notamment la FNJ. Pour autant, cette déclaration est partielle. A cette date, au moins vingt-et-un journalistes et collaborateurs des médias étaient détenus au Népal. Et la plupart d'entre eux sont détenus depuis plus de six mois sans qu'aucune forme de procédure judiciaire ait été entamée par l'Etat.
Deux mois plus tard, le gouvernement libère Ram Bhakta Maharjan, opérateur de saisie pour l'hebdomadaire Janadesh, Ishwor Chandra Gyawali et Manarishi Dhital, respectivement directeur et employé du mensuel promaoïste Dishabodh, Deepak Sapkota, Dipendra Rokaya, Dhana Bahadur Thapa Magar, respectivement reporter, assistant de la rédaction, photo reporter de l'hebdomadaire promaoïste Janadesh, et Mina Sharma (épouse Tiwari), directrice du mensuel Aikyabaddata (Solidarité).
Le directeur de Jana Astha, Kishor Shrestha a été arrêté deux fois depuis l'instauration de l'état d'urgence. En janvier 2002, il a été arrêté une première fois par l'armée qui lui reprochait un article sur le fils du chef d'état-major de l'armée royale. Le 4 août, la police a fait irruption dans les locaux de Jana Ashta et l'a arrêté une seconde fois. Il a été conduit dans un commissariat de la ville. Huit officiers dont le superintendant Khanal et l'inspecteur Mainali ont interrogé le journaliste pendant près de deux heures. Il n'a pas été frappé, mais un officier a simulé de le faire, et un autre lui a craché dessus. Ensuite, le journaliste a été placé dans une cellule de quatre mètres sur trois, sans électricité et où était entassée une vingtaine de personnes. Kishor Shrestha estime que près de trois cents individus, dont une majorité de suspects maoïstes, étaient détenus dans le commissariat. Les gardiens sont sévères et le journaliste a été changé trois fois de cellule pour avoir parlé avec d'autres prisonniers.
Ambika Niraula et Dev Ram Prasad Yadav, journalistes de Jana Astha, sont actuellement détenus par les forces de sécurité. Ambika Niraula a été arrêté en janvier 2002 dans le district de Rajbiraj Sapsari. Suite à cette arrestation, l'administrateur du district a contacté le père du journaliste pour qu'il lui remette son autre fils, un leader étudiant maoïste, en échange de la libération de Ambika Niraula. En juillet 2002, le directeur de l'hebdomadaire s'est entretenu avec le ministre de l'Intérieur de l'époque pour obtenir la libération de ses deux correspondants. Le ministre a téléphoné devant lui aux représentants du gouvernement dans ces deux districts pour tenter de trouver une issue à leur détention prolongée. Malgré leurs promesses, les deux journalistes n'ont toujours pas été libérés. Selon Kishor Shrestha, les forces de sécurité reprochent à ses deux correspondants d'avoir couvert, à l'époque des négociations entre le gouvernement et les rebelles maoïstes, des manifestations publiques de ces derniers. Le directeur de Jana Astha précise : "Ils sont détenus pour avoir tout simplement couvert en tant que journaliste les activités des maoïstes. Avant la reprise des combats, ces activités étaient tout à fait autorisées."
Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, vingt-et-un journalistes sont toujours emprisonnés au Népal, ce qui fait de ce pays la plus grande prison du monde pour les professionnels de l'information. La plupart de ces journalistes sont détenus pour avoir travaillé pour des publications promaoïste ou d'extrême gauche, ou pour avoir couvert les activités des rebelles maoïstes. Après plusieurs mois de détention au secret et de sévices, les conditions de détention des journalistes, notamment ceux incarcérés dans la prison centrale de Katmandou, sont moins difficiles. Ainsi, Om Sharma peut recevoir les visites régulières de son épouse. Celle-ci a expliqué à la mission : "Il est en bonne santé et garde le moral, mais il ne peut pas dire grand-chose car il y a toujours un gardien lors de nos rencontres". Om Sharma a été placé dans une cellule avec onze autres journalistes.
Exemples de détentions arbitraires dans la région Nepalgunj
Lors d'une visite de terrain dans la région de Nepalgunj, Reporters sans frontières et l'INSEC ont collecté des informations sur une dizaine d'arrestations arbitraires de la part des forces de sécurité, principalement l'armée. Dans tous ces cas, les suspects ne se sont jamais vu signifier par écrit les raisons de leur arrestation. Ils ont par ailleurs été détenus dans des conditions difficiles, mais n'ont pas fait l'objet de tortures sévères.
1. Jitendra Mahaseth est le directeur d'un hôpital privé de Nepalgunj. Il a été arrêté le 16 décembre 2001 par l'armée qui lui reproche d'avoir soigné des maoïstes sans avoir signalé leur présence aux forces de sécurité. Il a passé vingt et un jours dans la caserne de Chisapani, à quelques kilomètres de Nepalgunj. Il a affirmé à la mission ne pas avoir été brutalisé. En revanche, il a dénoncé une arrestation arbitraire puisqu'il n'a jamais reçu aucun document des forces de sécurité. Depuis lors, le docteur doit se présenter tous les jours à un poste de l'armée pour répondre à des questions. Par ailleurs, il doit noter les noms et signalements de tous les patients qu'il admet dans son hôpital. Si l'une des personnes qui se présente à ses services est susceptible d'être un maoïste ou un sympathisant blessé lors d'un affrontement, il doit prévenir la police sous peine de nouvelle sanction. Enfin, les officiers l'ont prévenu qu'une affaire contre lui, datant de 1985, pourrait être réactivée s'il ne collaborait pas avec les forces de sécurité. A l'époque, le médecin avait passé treize mois en prison pour ses engagements prodémocratiques.
2. Dans le village de Banai Bhar Village (district de Banke), l'épouse de Phul Raj Chowdhury a raconté à la mission comment son mari avait été arrêté le 13 août 2002 par des soldats. "Plus d'une dizaine de soldats ont encerclé notre maison. Certains sont entrés et ont arrêté mon mari en disant que c'était un maoïste. Ils ont fouillé la maison. Ils m'ont attrapée par les cheveux et ils m'ont traînée dans notre chambre. Les soldats m'ont expliqué que si j'acceptais d'avoir des relations sexuelles avec eux, mon mari serait libre. J'ai refusé. Ils ont fouillé la chambre et sont partis avec lui", a expliqué Dhania Chowdhury, 24 ans, mère de deux enfants de trois et six ans. Elle n'a pas osé aller demander de nouvelles de son mari au camp militaire de Chisapani, mais suppose qu'il a été arrêté sur dénonciation. "Nous avons donné à manger deux ou trois fois à des maoïstes, mais sous la contrainte. Nous sommes des pauvres paysans, pas des rebelles", affirme la jeune femme. Avant de partir, les soldats ont frappé un autre habitant du village, Bharthari Chaudhari, âgé de soixante-neuf ans. Une semaine après les faits, le docteur Jean Rivolet a diagnostiqué sur cet homme un reliquat d'hématomes sus-scapulaires et un hématome occipital droit. Ce même soir, les militaires ont également arrêté Raj Bahadur Tharu. Rupa Tharu, son épouse, mère d'un fils de cinq mois, n'a aucune nouvelle de lui depuis son arrestation. Lors de l'interpellation, les militaires ont accusé Raj Bahadur Tharu d'être un maoïste et de posséder des armes. Ils ont par ailleurs frappé à coups de botte Khusiram Tharu, son père. Après être resté deux jours sans pouvoir bouger, celui-ci s'est plaint de douleurs lombaires. Le docteur Rivolet a constaté des cicatrices dorso-lombaires et des hématomes multiples. L'individu porte également des plaies contuses sur le dos. Selon son témoignage, deux soldats se sont mis debout sur son dos alors qu'un troisième homme le frappait.
3. Puspa Raj Lamechhne, âgé de quarante-deux ans, a été détenu arbitrairement pendant vingt jours dans la caserne de Chisapani. Il a été arrêté, en mars 2002, dans son village de Gabar près de Navbasta. Il aurait été dénoncé par une autre personne arrêtée par l'armée. Puspa Raj Lamechhne a reconnu avoir donné à manger à des maoïstes mais sous la contrainte. Il a été détenu dans une petite cellule avec une dizaine d'autres suspects, en majorité des paysans et des étudiants. Son épouse n'a jamais été autorisée à lui rendre visite pendant sa détention. Depuis sa libération, Puspa Raj Lamechhne doit se rendre une fois par semaine à la caserne où les militaires lui posent des questions sur ses activités.
Dans ce village de Gabar, un autre incident a eu lieu au début du mois de juillet 2002. Trois villageois revenaient la nuit de leur champ quand ils ont été interpellés par une patrouille militaire. Deux d'entre eux se sont enfuis. Mais le troisième, Rajaram Tharu, handicapé, n'a pas réussi à se cacher. Les deux fuyards ont entendu deux ou trois coups de feu tirés par les militaires dans leur direction. Depuis, l'épouse de Rajaram Tharu n'a aucune nouvelle de lui et son corps n'a pas été retrouvé. Le lendemain de l'incident, des militaires se sont présentés au domicile de l'un des fuyards, Ram Prasad Tharu, âgé de vingt ans. Il a été arrêté et conduit au camp militaire de Chisapani. Lors de son interrogatoire, il a été frappé à coups de bâton de bambou. Ram Prasad Tharu a été libéré le même jour.
Depuis la proclamation de l'état d'urgence, dans le village de Gabar (sept cents habitants), quatre civils ont été arrêtés et un autre a disparu.
4. Bhagwathi Prasad Chowdhari, âgé de 24 ans, originaire du village de Chapargauthii, a été arrêté le 8 juin 2002 par des militaires qui étaient à la recherche de deux jeunes de ce village entrés dans la clandestinité depuis plusieurs années. Les militaires lui ont attaché les mains dans le dos et lui ont bandé les yeux. M. Chowdhury a été accusé d'être maoïste et de protéger son réseau. Il a été détenu pendant quarante-huit jours dans le camp militaire de Chisapani. Les soldats l'ont obligé à garder un bandeau sur les yeux sauf pour manger et aller aux toilettes. Il devait également garder les mains attachées dans le dos. Lors des interrogatoires, le jeune homme a été giflé par des officiers. Dans sa cellule, tous les prisonniers étaient masqués et ne prenaient pas le risque de parler de peur d'être surpris par les gardiens. Avant de le libérer, les militaires lui ont dit qu'ils considéraient qu'il n'était pas maoïste. Depuis, M. Chowdhury affirme avoir perdu en acuité visuelle. Le docteur Rivolet a pu constater qu'il était fortement angoissé à l'idée d'être de nouveau arrêté.
Pour la seule ville de Nepalgunj, l'INSEC a recensé au moins deux cents arrestations de civils suspectés d'être des militants ou des sympathisants maoïstes. La très grande majorité n'ont jamais reçu de documents des autorités leur signifiant leur placement en détention. Par ailleurs, les services de sécurité demandent de façon presque systématique aux suspects de se présenter régulièrement à un poste de police alors qu'ils ne sont pas inculpés. Ainsi, dans le district de Rolpa, au moins deux cents professeurs doivent se présenter au moins une fois par semaine aux forces de sécurité cantonnées dans les villes principales. Ce qui représente pour certains professeurs des voyages de plusieurs jours. Enfin, l'INSEC n'a recensé, dans cette région, aucun cas de poursuite judiciaire entamé par les autorités contre des suspects maoïstes alors que certains sont détenus depuis le début de l'état d'urgence, soit neuf mois.
b. Usage de la torture par les forces de sécurité
Lors de la mission, Reporters sans frontières a eu accès à une série de documents (photographies et témoignages) sur des cas de tortures perpétrés par l'armée et la police contre des personnes suspectées d'être des maoïstes.
Plusieurs de ces personnes sont mortes sous la torture. Ainsi, Kancha Dangol, un militant du parti du Congrès dans la région de Tokha (district de Katmandou), accusé à tort d'être un maoïste, a été torturé à mort en mars 2002. Le docteur Rivolet a pu constater, sur la base de photographies, des hématomes volumineux contondants dus à des coups de batte ou de barre, et des traces de roulements de bâton sur le corps. Sur les photographies, le docteur a également constaté des hématomes pubiens, un œdème lingual et une fracture du nez.
D'autres photographies ont permis d'observer d'autres pratiques de torture : brûlures sur les membres du corps, plaies par éclatement du crâne, traces de coups avec des objets métalliques, hématomes volumineux sur la région fronto-temporale et en sous-dural. Selon un médecin interrogé par la mission, des traces évidentes de pratique du falanga (coups violents et répétés sur la plante des pieds), du submarino (immersion forcée de la victime dans une baignoire), de chocs électriques (essentiellement sur les organes génitaux) ou du teliphon (coups portés sur les deux côtés de la tête pour provoquer une surdité partielle et un désordre des sens) sont visibles sur les corps d'individus interrogés par les forces de sécurité.
Les organisations de défense des droits de l'homme et d'aide aux victimes basées à Katmandou ont affirmé à la mission avoir reçu depuis le début de l'état d'urgence plus de cent personnes victimes de tortures. La situation des détenus dans les commissariats s'est légèrement améliorée depuis le mois de juin. Le gouvernement, sous la pression nationale et internationale, a également mis en place, en août, une "cellule chargée des droits de l'homme" au sein de l'armée. Mais aucune sanction n'a été prise contre des militaires soupçonnés de violations des droits fondamentaux.
Pourtant, le Népal a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, entrée en vigueur en juin 1987. Celle-ci stipule dans son article 2 "qu'aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse de l'état de guerre ou de menace de guerre, d'instabilité politique intérieure ou de tout autre état d'exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture." De même, la Convention prévoit que les Etats parties devront veiller "à ce que tous les actes de torture constituent des infractions au regard de son droit pénal". Eu égard aux informations contenues dans ce rapport, les deux organisations demandent que le Comité contre la torture des Nations unies prennent rapidement des dispositions pour obtenir du gouvernement népalais des explications sur les actes exposés dans ce rapport.
Les journalistes, victimes de la torture
La levée de l'état d'urgence en août 2002 et la baisse significative du nombre d'arrestations de journalistes, au cours des mois de juillet et août, sont autant de signes encourageants pour les défenseurs de la liberté de la presse au Népal. Mais la mort en détention, en mai 2002, du directeur de publication promaoïste Krishna Sen, est révélatrice du traitement infligé aux journalistes d'opposition ou suspectés, quelquefois à raison, de liens avec la rébellion maoïste.
Selon un rapport de Reporters sans frontières et du réseau Damoclès rendu public le 15 octobre dernier, Krishna Sen serait mort sous la torture le 28 mai 2002, soit huit jours après son arrestation, dans une salle d'interrogatoire du Mahendra Police Club à Katmandou, en présence notamment de l'officier Bikram Singh Thapa. Ce dernier a été récompensé, en octobre, du titre de meilleur policier de l'année.
La mission a recueilli les témoignages de deux journalistes qui ont été torturés lors de leur détention. Dans le premier cas, il s'agit d'un interrogatoire violent ponctué de passages à tabac. Dans le second cas, il s'agit de tortures sans violences physiques. Le journaliste, contraint de rester vingt-quatre jours avec les yeux bandés, a dû affronter des tortures psychologiques sévères.
Le cas de Rewati Sapkota
Le 24 mai 2002, Rewati Sapkota, journaliste au quotidien en langue népalaise Rajhdhani Daily, est arrêté à son domicile de Katmandou, par les forces de sécurité et un inspecteur de police, Kamal Manandhar. Pendant quatre nuits et cinq jours, il est interrogé par des policiers sur d'autres journalistes et des activistes des droits de l'homme. Il est régulièrement torturé. Reporters sans frontières a recueilli son témoignage : "Mes mains étaient serrées par une corde. Mes pieds également. Mes yeux étaient bandés pour que je ne vois pas mes tortionnaires. Ils me frappaient avec des bâtons de bambou, très fort. Souvent, ils me couchaient au sol. Deux policiers montaient avec leurs bottes sur mes genoux, et un autre frappait mes jambes ou mes pieds. Je ne pouvais même pas crier car ma bouche était bâillonnée (…) Ils n'ont arrêté de me torturer qu'après que je me suis évanoui." Le journaliste a partagé une cellule petite et insalubre avec une dizaine de personnes. "Tous les détenus portaient des traces de coups", a déclaré Rewati Sapkota. Il est finalement relâché grâce aux pressions internationales et à celles de la Fédération journalistes népalais. Alité chez lui, il ne pourra remarcher qu'après une semaine. Après sa libération, le journaliste a dû se rendre deux fois par semaine au poste de police. Il devait répondre à chaque fois à une série de questions sur ses activités. Aujourd'hui, Rewati Sapkota doit se rendre une fois par mois au commissariat. "Quatre mois après mon arrestation, il me reste des douleurs aux pieds, des cauchemars et la peur d'être de nouveau arrêté et de mourir. Le pire est que je n'ai aucun papier pour affirmer que j'ai été arrêté", a expliqué le jeune journaliste, spécialiste des sujets scientifiques. Même si Rewati Sapkota ne porte pas de séquelles apparentes de ces tortures, le docteur Jean Rivolet a pu constater des douleurs aux mollets, à la plante des pieds et aux genoux. Le docteur a également décelé des troubles post-traumatiques.
Le cas de Gopal Budhatokhi
Directeur de l'hebdomadaire Sanghu, Gopal Budhatokhi a été arrêté deux fois depuis la proclamation de l'état d'urgence en novembre 2001. La première fois, le 17 décembre 2001, près de cent cinquante policiers ont entouré son domicile de Katmandou. Il a été conduit au commissariat principal de Katmandou. Privé d'eau, de couverture et de nourriture pendant plus de douze heures, le journaliste a été interrogé, les yeux bandés, par des militaires. Les officiers lui ont demandé de s'expliquer sur une caricature publiée en première page de son journal. Sur ce dessin, deux personnes se demandaient dans quel pays le Népal allait pouvoir acheter des armes. Les officiers lui ont également reproché la publication d'un texte sur la baisse de confiance de la population envers la famille royale, écrit par un leader politique. Avant de le libérer, les militaires l'ont menacé de représailles s'il publiait de nouveau articles sur l'armée ou sur la famille royale.
Dans la soirée du 3 mars, Gopal Budhatokhi sortait de son bureau dans le centre de Katmandou. Il venait de boucler le dernier numéro de son hebdomadaire et rentrait chez lui à moto. Le journaliste se savait surveillé depuis une semaine. A une centaine de mètres de son bureau, son véhicule a été bloqué par une camionnette et trois motos. Une dizaine d'individus l'ont entouré et lui ont demandé de le suivre : "Nous sommes de l'armée. Notre officier veut vous parler." Gopal Budhatokhi a été placé à l'arrière du véhicule, le visage couvert et les mains attachées dans le dos. Il restera ainsi pendant vingt-quatre jours. Ses gardiens ne lui permettront d'enlever sa cagoule que pour manger et aller aux toilettes. Près d'une heure après son arrestation, Gopal Budhatokhi a été placé dans une cellule sans air et sans lumière. Isolé pendant vingt-quatre jours, le journaliste a traversé une "grande dépression". Il a expliqué les angoisses qu'il a vécues pendant cette détention : "J'ai eu peur à chaque instant de devenir fou (…) Chaque jour était rempli de frustration. Je n'étais plus rien. Plus de téléphone. Plus de contact avec mon épouse et mes amis. Plus rien (…) Tous les bruits me terrifiaient. Les bottes des militaires ou les cris d'autres détenus". Gopal Budhatokhi n'a pas été frappé pendant les interrogatoires, mais il estime que le traitement qu'il a subi est la "pire des tortures". Lors des interrogatoires, au début quotidiens, les officiers lui reprochaient un article du 23 février critique à l'encontre du chef d'état-major. Selon le directeur de Sanghu, les officiers lui demandaient : "Pourquoi les journalistes comme vous ne soutiennent-ils pas l'armée ?"
Suite aux pressions nationales et internationales, Gopal Budhatokhi a été libéré le 25 mars. Depuis, le journaliste, souffrant de douleurs dorso-lombalgiques et de séquelles positionnelles, affirme connaître des troubles de la mémoire. "J'ai échappé à la folie, mais j'ai l'impression que mon cerveau tourne au ralenti", affirme M. Budhatokhi. Le docteur Jean Rivolet estime quant à lui que le journaliste souffre d'une anxiété réactionnelle due à ces tortures.
De la difficulté pour les journalistes de rendre compte de la situation des droits de l'homme
La légère amélioration de la situation de la liberté de la presse constatée depuis le mois d'août 2002 est due à la levée de l'état d'urgence et à la mobilisation sans précédent de la Fédération des journalistes népalais. Ces manifestations ont culminé avec une grève de la faim collective. Le gouvernement a alors accepté de mettre en place une Commission judiciaire indépendante pour enquêter sur les violations de la liberté de la presse commises pendant l'état d'urgence. Composée d'un ancien juge, d'un représentant du gouvernement, d'un expert des affaires de sécurité, d'un expert des médias et d'un représentant de la FNJ, cette commission doit enquêter sur les arrestations, les tortures et autres atteintes subies par les journalistes.
La FNJ a par ailleurs mis en place un Comité de surveillance chargé de recenser toutes les atteintes à la liberté de la presse. Ce Comité a documenté cent trente-six cas d'arrestation de journalistes par les forces de sécurité.
La levée de l'état d'urgence par le gouvernement a été un signe encourageant dans le processus de restauration de l'état de droit. La presse a profité de cette nouvelle donne. Ainsi, le quotidien Katmandu Post a publié, le 5 septembre 2002, une interview en première page d'un chef des maoïstes dans la vallée de Katmandou. Reporters sans frontières a interrogé l'un des auteurs de cet article. "Il aurait été difficile de publier cet article pendant l'état d'urgence. Après cet article, nous n'avons reçu aucune menace des forces de sécurité. Par contre, le gouvernement a été soumis à une certaine pression car le chef maoïste que nous avons rencontré demande la reprise des négociations", a expliqué Kosmos Biswokarma. De même, le magazine Nepali a publié un reportage sur les exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité. Le gouvernement n'a pas réagi. Pour autant, les organisations de défense des droits de l'homme constatent toujours que la presse privée reprend difficilement les informations sur les violations commises par l'armée. "Les correspondants sont terrifiés et empêchés de confirmer nos informations sur le terrain, et certaines rédactions à Katmandou censurent les informations qui mettent en cause les forces de sécurité", affirme Subodh Raj Pyakurel, directeur d'INSEC.
Pour autant, il reste très difficile pour les journalistes népalais de rapporter librement sur la situation sécuritaire dans le pays, et notamment sur les exactions commises par les forces de sécurité. La mission a interrogé une dizaine de journalistes, pour la plupart correspondants de journaux nationaux, basés à Nepalgunj.
La ville de Nepalgunj est la seconde garnison militaire du pays, mais depuis le début novembre 2001, l'armée royale du Népal, dont le numéro 2 est basé dans cette ville, n'a organisé aucune conférence de presse pour les journalistes locaux. L'armée ne compte dans cette région, la plus touchée par la guerre, aucun service de presse. Seul le général en charge des opérations militaires dans le district de Surkhet s'est montré ouvert aux questions des journalistes.
Le major Ajit Thapa s'est illustré par de nombreuses menaces à l'encontre des reporters et des militants des droits de l'homme de Nepalgunj. Un enquêteur de l'INSEC, Vijaya Chand, s'est vu menacer de mort par l'officier. "Si tu continues à publier des rapports contre l'armée, je vais te couper les mains et les jambes", a lancé l'officier au jeune militant des droits de l'homme en présence de représentants du gouvernement.
Les journalistes de Nepalgunj interrogés par Reporters sans frontières ont expliqué être incapables de confirmer la plupart des informations données par les forces de sécurité et les organisations de défense des droits de l'homme. "Notre accès au terrain est très limité. Les menaces des militaires font craindre le pire si nous allons enquêter sur des exactions. On en est arrivé à pratiquer très largement l'autocensure", explique Sharad K. C., stringer de la radio BBC. Ainsi, le major Ajit Thapa téléphone régulièrement aux journalistes pour les menacer suite à des articles publiés dans leurs journaux respectifs et qui ne lui plaisent pas. "Il nous menace ou nous convoque. Il est agressif", expose le correspondant d'un quotidien de Katmandou. "Bien entendu c'est la guerre et nous sommes prêts à dénoncer le terrorisme maoïste, mais la coopération avec l'armée est quasiment impossible", explique le correspondant de l'agence de presse publique RSS.
Ainsi, en juillet, un village proche de Nepalgunj a été attaqué par les maoïstes. Les journalistes se sont rendus sur place le lendemain et ont constaté que l'armé qui compte plusieurs bases à proximité, n'est intervenue que trois heures après l'attaque. Cette information a été reprise dans la plupart des quotidiens nationaux, notamment le Space Time Daily. Le même jour, le major Thapa a convoqué Krishna Adhikari, correspondant de ce quotidien de Katmandou et l'a obligé à publier un rectificatif. De peur d'être arrêté, le reporter du Space Time Daily a obtempéré.
Les journalistes de Nepalgunj sont "frustrés" par les limites qui leur sont imposées. "L'armée et le gouvernement n'ont que du mépris pour les journalistes de province et pourtant, nous sommes les seuls à être proches des événements (…) A quoi bon faire des reportages sur le terrain, si nos rédactions à Katmandou ne font que reprendre les communiqués du ministère de la Défense dans la capitale ?" s'interroge le stringer de la BBC. "Certes, nous commettons des erreurs mais les sanctions sont toujours appliquées de manière arbitraire et violente", ajoute ce collaborateur de la radio britannique qui a été détenu pendant plusieurs heures par l'armée en 2002.
Les journalistes dénoncent cette stratégie de non-communication de l'armée népalaise. "Les gens s'interrogent : si l'armée ne dit rien sur les opérations, c'est qu'ils ont quelque chose à cacher", explique le correspondant de la Nepal Television. Ils proposent donc que l'armée mette en place, dans chaque région, un officier en charge des relations avec la presse.
Si la plupart d'entre eux n'ont pas reçu de menaces de la part des maoïstes, les journalistes se méfient des réactions de rebelles de plus en plus aux abois. "Depuis qu'ils ont enlevé deux journalistes et assassiné un autre, nous devons être plus méfiants", explique le correspondant de l'agence de presse RSS. Pour sa part, le correspondant du journal Nepal Samatapatra Daily a été menacé au téléphone par un dirigeant maoïste de la région. "Sur la base d'une information donnée par l'armée, j'avais annoncé sa mort dans mon quotidien. Il m'a menacé de représailles si je continuais à annoncer la mort de chefs rebelles", explique le jeune reporter.
Conclusion et recommandations
Conclusion : La justice bafouée
Quelques jours seulement après l'instauration de l'état d'urgence, des avocats ont plaidé, devant la Cour suprême du Népal, des demandes d'habeas corpus en faveur de confrères et de journalistes. Les demandes ont été acceptées mais depuis, les juges de la Cour suprême ont reporté de mois en mois leur jugement. Aucune des dizaines de procédures d'habeas corpus n'a abouti à ce jour. Soit les juges ont estimé ne pas être compétents et ont renvoyé les cas devant un tribunal élargi de la Cour suprême, soit ils ont reporté leur décision estimant ne pas avoir finalisé le dossier.
La loi oblige en effet l'Etat à présenter devant le juge, dans les vingt-quatre heures, une personne arrêtée. Faute de quoi, un avocat peut déposer une demande d'habeas corpus devant la Cour suprême.
La Cour suprême, et notamment son président, Keshav Prasad Upadhyaya, qui a échappé à une embuscade des maoïstes, ont traîné les pieds dans ces affaires d'habeas corpus et n'ont pas assumé pleinement leur rôle de contre-pouvoirs vis-à-vis de l'exécutif.
L'Etat s'en est également pris aux avocats qui tentent de faire respecter les droits des suspects. Ainsi, le 11 juin, Khim Lal Devkota, avocat engagé dans la défense des journalistes emprisonnés, a été interpellé par des policiers de Katmandou. Les forces de sécurité ont refusé à plusieurs reprises de présenter M. Devkota devant la Cour suprême. Finalement, les pressions du barreau de Katmandou ont obligé les autorités à présenter l'avocat devant la Cour suprême. M. Devkota a été libéré par la cour mais le même jour, des policiers en civil ont tenté de l'arrêter de nouveau à son domicile. Depuis, l'avocat vit caché, protégé par des militants des droits de l'homme. Un autre avocat, Rama Kumar Shrestha, a été arrêté en août 2002.
Le gouvernement a décidé d'arrêter des centaines d'individus, notamment des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, de manière préventive. La loi antiterroriste permet alors aux autorités de détenir ces personnes pendant trois mois, cette incarcération pouvant être prolongée par décision d'une des cours des soixante-quinze districts du pays. Il suffisait aux autorités de présenter des "preuves raisonnables" (reasonables justifications) pour que ce renouvellement de détention soit accordé dans le cadre de l'état d'urgence. Mais le gouvernement et les forces de sécurité ont choisi de ne pas respecter les règles, en ne présentant pas les suspects devant des juges à la fin de la période de détention légale. Les autorités n'ont pas non plus tenté d'apporter à la justice des preuves de l'implication des suspects dans la rébellion maoïste. Ainsi, des centaines de personnes sont actuellement détenues dans le pays en dehors de toute légalité. Preuve en est, les personnes arrêtées ne se sont même pas vu signifier leur arrestation, leur détention ou leur libération. "Je n'ai aucun moyen de prouver que j'ai été arrêté. Ma bonne foi contre celle de l'armée", a expliqué le journaliste Rewati Sapkota.
Le Népal doit dans les meilleurs délais respecter ses engagements internationaux en matière de droits de l'homme, et notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le royaume. Par ailleurs, Reporters sans frontières et l'INSEC demandent au gouvernement népalais de ratifier le statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale.
Recommandations :
Reporters sans frontières et l'INFEC recommandent à Sergio Viera de Mello, Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies de :
1. convoquer l'ambassadeur du Népal auprès de la Commission des Nations unies pour lui rappeler les engagements de son pays en matière de protection des droits de l'homme ; 2. intervenir auprès du gouvernement du Népal pour lui demander de présenter dans les meilleurs délais les rapports relatifs aux traités ratifiés par le royaume ; 3. organiser une mission d'enquête au Népal menée par des rapporteurs spéciaux sur la torture et autres peines ou traitements cruel, inhumains ou dégradants, et un représentant du groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de la Commission des droits de l'homme des Nations unies ; 4. dénoncer les exactions commises par les rebelles maoïstes contre les civils ; 5. établir une représentation permanente du Haut commissariat aux droits de l'homme au Népal.
salut jerem
ton rapport est vraiment edifiant, et troublant, mais je voudrais connaitre 2 ou 3 petits trucs a ce sujet, non pas que je n'y crois pas, au contraire je suis pret a croire sans probleme a tout ce qui est ecrit; une situation comme celle du nepal entraine surement des choses pareilles;
ce que je voudrais savoir c'est, bien sur, ou tu as eu ces infos, et surtout de quand elles datent. parce qu'elles pourraient avoir d'autant plus de valeur et d'impact si tu nous precisais ces informations.
d'autre part, je veux bien entendre tous les rapports possibles de tortures ou autres horreurs de ce genre aussi inhumaines soient-elles, mais je me mefie comme de la peste des interpretations directes, et de l'attribution de telle ou telle acte a un certain parti.
l'histoire le montre malheureusement trop, dans ce genre de situation, tout est tronque et fausse. je pense qu'il serait plus sage de ne pas attribuer trop vite telle horreur aux maoistes, et telle autre a l'armee du roi. je ne connais surement pas assez le probleme du nepal, mais je sais que dans toute horreur de ce genre, le responsable n'est jamais celui que l'on croit.
voila, je voulais juste mettre en garde contre cela..
ceci dit continuez tous a nous donnez des news, on est actuellement en inde et on attend un peu que la situation se debloque pour aller au nepal.
a+
nico
ton rapport est vraiment edifiant, et troublant, mais je voudrais connaitre 2 ou 3 petits trucs a ce sujet, non pas que je n'y crois pas, au contraire je suis pret a croire sans probleme a tout ce qui est ecrit; une situation comme celle du nepal entraine surement des choses pareilles;
ce que je voudrais savoir c'est, bien sur, ou tu as eu ces infos, et surtout de quand elles datent. parce qu'elles pourraient avoir d'autant plus de valeur et d'impact si tu nous precisais ces informations.
d'autre part, je veux bien entendre tous les rapports possibles de tortures ou autres horreurs de ce genre aussi inhumaines soient-elles, mais je me mefie comme de la peste des interpretations directes, et de l'attribution de telle ou telle acte a un certain parti.
l'histoire le montre malheureusement trop, dans ce genre de situation, tout est tronque et fausse. je pense qu'il serait plus sage de ne pas attribuer trop vite telle horreur aux maoistes, et telle autre a l'armee du roi. je ne connais surement pas assez le probleme du nepal, mais je sais que dans toute horreur de ce genre, le responsable n'est jamais celui que l'on croit.
voila, je voulais juste mettre en garde contre cela..
ceci dit continuez tous a nous donnez des news, on est actuellement en inde et on attend un peu que la situation se debloque pour aller au nepal.
a+
nico
Please, please, please ! Que les gens arrêtent de dire qu'ils ont "fait" un pays. Ou alors, qu'ils soient capables de m'expliquer ce qu'ils mettent, sincèrement, derrière ce mot. Voyageons pour vivre, rencontrer, observer et ressentir notre voyage et non par besoin de possession.
Les treks actuels sont apparament maintenus les assurances ne remboursent pas en cas de guerre donc chacun prend ses risques . Les affaires étrangères déconseillent vivement et les agences n'insistent pas trop. bien sur les guides népalais n'ont pas trop intérêt à dissuader les touristes mais si on lit entre les lignes et qu'on décode un peu leur discours officiel la situation est grave le roi a tout cadenassé et peu de nouvelles récentes arrivent à filtrer il faut lire la presse indienne(lien donné par Courrier international)qui est tres pessimiste.Je suis de pres les évènements...quand on des nouvelles mais ça ne donne pas envie d'y aller, pour le moment!Salut
marie
Salut choco,
Ce que tu as pu lire ci- dessus est un rapport des reporters sans frontières, et comme tu le dis toi même il n'y a pas a prendre parti (encore heureux). C'est un simple constat (bien sur par des intermediaires que sont les reporters); et on est en plein dedans!
Malgré cela, cette constatation reste completement sur le plan politique: on prends 2 camps et on regarde les horreurs que chacun fait a l' autre... Moi le probléme, je l'ai vu a l'echelle de la population qui veut rester neutre plus que tout, mais rester neutre, c'est déja ne pas etre POUR tel parti ou POUR tel parti! Les népalais sont complétement naifs face a la société (mais pas face à la vie! c' est ca etre pacifiste), et ils vont être pour un roi quand un roi leur rendra visite et vice versas. Il n' est pas question d'idéologie pour eux ( certains maos ne connaissent pas plus que ca l' idéologie communiste et ce qu'elle engendre) mais d'expérience humaine...
cela dit, je suis persuader que nous ne craignons rien a aller au Népal, echanger...........
A plusssssssssssss
Ce que tu as pu lire ci- dessus est un rapport des reporters sans frontières, et comme tu le dis toi même il n'y a pas a prendre parti (encore heureux). C'est un simple constat (bien sur par des intermediaires que sont les reporters); et on est en plein dedans!
Malgré cela, cette constatation reste completement sur le plan politique: on prends 2 camps et on regarde les horreurs que chacun fait a l' autre... Moi le probléme, je l'ai vu a l'echelle de la population qui veut rester neutre plus que tout, mais rester neutre, c'est déja ne pas etre POUR tel parti ou POUR tel parti! Les népalais sont complétement naifs face a la société (mais pas face à la vie! c' est ca etre pacifiste), et ils vont être pour un roi quand un roi leur rendra visite et vice versas. Il n' est pas question d'idéologie pour eux ( certains maos ne connaissent pas plus que ca l' idéologie communiste et ce qu'elle engendre) mais d'expérience humaine...
cela dit, je suis persuader que nous ne craignons rien a aller au Népal, echanger...........
A plusssssssssssss
merci pour le rapport sur la situation auy Nepal. Je ne me faisait aucune illusion sur les tortures de part et d'autre et ce sont toujours les mêmes c'est à dire les plus pauvres qui sont pris en otage. Le coup d'état ne va pas arranger les choses je m'en doute et la reaction va se mobiliser.Pour ma part je ne peux qu'attendre et en parler, faire savoir et diffuser les nouvelles qui arrivent tout doucement de là-bas.
marie
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Bonjour,
Après un faux départ en mars 2026 dû à l'annulation de mes vols Qatar, je reprogramme un voyage au Kerala en novembre. Pour mars, j'avais réservé et payé le trek de 2 jours/une nuit : Tiger trail dans le parc Periyar. Puis j'ai lu des avis horribles sur le parc. Sur VF, les avis sont anciens, et ne parlent pas du Tiger Trail. Aussi, avant de réserver à nouveau (j'ai le temps), quelqu'un l'a-t-il fait récemment et peut partager son expérience et ressenti. Je parle bien du Tiger Trail, pas des activités jeep/bateau du parc en lui-même, qui semblent plus relever du parc d'attractions. Merci
Après un faux départ en mars 2026 dû à l'annulation de mes vols Qatar, je reprogramme un voyage au Kerala en novembre. Pour mars, j'avais réservé et payé le trek de 2 jours/une nuit : Tiger trail dans le parc Periyar. Puis j'ai lu des avis horribles sur le parc. Sur VF, les avis sont anciens, et ne parlent pas du Tiger Trail. Aussi, avant de réserver à nouveau (j'ai le temps), quelqu'un l'a-t-il fait récemment et peut partager son expérience et ressenti. Je parle bien du Tiger Trail, pas des activités jeep/bateau du parc en lui-même, qui semblent plus relever du parc d'attractions. Merci
Bonjour à toutes et tous
Je vais faire un séjour en Assam et j'aimerais savoir quel type d'adaptateur électrique il faut c'est à dite M ou D ou les deux ?
Merci
Hello,
I’m heading to Sri Lanka for 3 weeks in July with my two 11-year-old kids, and I’m wondering about how to organize the trip. We’re used to traveling on the go, staying 1 to 2 or 3 nights per place depending on how we feel.
Do you recommend planning the itinerary and booking accommodations in advance to save time once we’re there? Or is it pretty easy to organize everything as we go without any issues?
Same question for activities: Should we book safaris and tours ahead of time, or can we arrange them easily on the spot? Is there a risk of not getting a spot, for example, to visit a park since we’ll be there in July?
We’ll be using local transport (train, VTC via PickMe, tuk-tuk) to get from one place to another.
In short: Are there any must-book things we should reserve now? So far, I only have the flight tickets!
Thanks in advance for your help! 😊
I’m heading to Sri Lanka for 3 weeks in July with my two 11-year-old kids, and I’m wondering about how to organize the trip. We’re used to traveling on the go, staying 1 to 2 or 3 nights per place depending on how we feel.
Do you recommend planning the itinerary and booking accommodations in advance to save time once we’re there? Or is it pretty easy to organize everything as we go without any issues?
Same question for activities: Should we book safaris and tours ahead of time, or can we arrange them easily on the spot? Is there a risk of not getting a spot, for example, to visit a park since we’ll be there in July?
We’ll be using local transport (train, VTC via PickMe, tuk-tuk) to get from one place to another.
In short: Are there any must-book things we should reserve now? So far, I only have the flight tickets!
Thanks in advance for your help! 😊
Hi there, I think you're on the right track—you plan the itinerary and book the rooms in advance, and that’s it.
Not only do you save time, but you also know where you’ll be staying each night. Choosing well on Booking (or elsewhere) is actually a pleasure!
For safaris, given the number of jeeps with drivers available, it’s unlikely you’ll be turned away... the real issue is more about the concentration of jeeps around the animals.
I travel like you do—train, bus, tuk-tuk, and sometimes taxi. Ride-hailing apps like PickMe and other VTCs are mostly in big cities.
For the mountain train, due to severe flooding, service was interrupted on the line between Kandy and Ella. Check ahead, because reservations for this train are very complicated, if not impossible.
For the Colombo/Kandy train, you reserve your seats by buying the ticket before boarding. In the south, no need to book in advance for trains.
In Sri Lanka, there’s always a solution for getting around—just ask your hosts. They have trusted contacts at their fingertips. But still, compare prices—😏 smart move!
I stick to booking my nights and keep pre-planned activities to a minimum.
For reservations you can’t skip, it’s the beach stays you’ll want to secure.
Hi there,
I’m trying to find out if it’s still possible to travel from Mumbai to Goa by ferry or any other sea route. My search results aren’t very clear, and if it *is* possible, I can’t figure out where to book... If anyone has any info, I’d really appreciate it—thanks in advance!
Have a great day,
Virginie
I’m trying to find out if it’s still possible to travel from Mumbai to Goa by ferry or any other sea route. My search results aren’t very clear, and if it *is* possible, I can’t figure out where to book... If anyone has any info, I’d really appreciate it—thanks in advance!
Have a great day,
Virginie
It seems there’s a ferry from Nagapattinam to Jaffna in India. Has anyone here taken this ferry before? My main question is how to get to Nagapattinam—by train, bus? And from which town further south, of course.
Thanks, friends!
Gaston
Gaston
Hi there.
We’re spending a month in Sri Lanka in March, and we’ll have one week left after leaving Polonnaruwa.
We’re torn between spending it in the Jaffna region or on the east coast between Batticaloa and Trincomalee.
We’re divers, so the east coast appeals to us for snorkeling, beaches, and lagoons—but it seems like late March might not be the best time for that coast. What do you think?
As for Jaffna, the culture of the region, its more authentic feel since it’s less touristy, and the offshore islands all appeal to us too—but it seems far from the rest of the country and harder to access.
We have to choose because we won’t be able to visit both sides, and I’d love to hear your thoughts.
Thanks, Marie
Hi there,
We just got back from a 2-week trip to Sri Lanka as a couple, and while planning the trip, we found plenty of info on the itinerary, places to see, and transportation, but much fewer clear reports on the actual budget to expect once there. Yet, that was an important point for us because we like to plan ahead a little before traveling.
So, we took the time to break down our complete budget after the trip. In our case, we spent around **930 € per person** for 2 weeks, being careful without depriving ourselves, mixing guesthouses, more comfortable hotels, quite a few activities, and even a private driver for part of the stay.
What we found interesting when crunching the numbers is that in Sri Lanka, it’s not necessarily meals or short trips that blow the budget, but rather flights, certain accommodations, cultural activities, and all those little expenses we sometimes forget, like tips.
If this can help other travelers get a better idea, we’ve put everything together on our blog with our experience, a detailed breakdown of expenses, and practical info on money while there, withdrawals, and tipping:
https://aventures-sans-mesaventure.com/budget-sri-lanka-pour-un-voyage-de-2-semaines/
Happy travels and enjoy your adventure! !
Happy travels and enjoy your adventure! !
Hi everyone,
We’re a group of 5 heading to the Everest Base Camp trek in early April. We won’t have a porter or guide—we’re used to hiking independently and have already done the Langtang trek and the Annapurna Circuit (back in 2003!).
I’d love to know if it’s necessary to book lodges in advance or if we’ll easily find availability during this busy season. Also, will we find lodges all along the route between the main stopover villages, or only in those villages? I remember there were plenty everywhere on the Annapurna Circuit. We want to stay as flexible as possible.
Thanks for your feedback!
We’re a group of 5 heading to the Everest Base Camp trek in early April. We won’t have a porter or guide—we’re used to hiking independently and have already done the Langtang trek and the Annapurna Circuit (back in 2003!).
I’d love to know if it’s necessary to book lodges in advance or if we’ll easily find availability during this busy season. Also, will we find lodges all along the route between the main stopover villages, or only in those villages? I remember there were plenty everywhere on the Annapurna Circuit. We want to stay as flexible as possible.
Thanks for your feedback!
Hi there,
We’re heading to India in March 2026 and had planned to visit the parts of the Meenakshi Temple that are open to non-Hindus. However, the temple is currently undergoing major renovations—with all the towers covered in scaffolding—which might really take away from the experience and our stop in Madurai.
After some frustrating and vague online searches, and before we reshuffle our itinerary, I’d love to know—if possible—the most accurate expected completion date for the renovation work.
Thanks in advance.
We’re heading to India in March 2026 and had planned to visit the parts of the Meenakshi Temple that are open to non-Hindus. However, the temple is currently undergoing major renovations—with all the towers covered in scaffolding—which might really take away from the experience and our stop in Madurai.
After some frustrating and vague online searches, and before we reshuffle our itinerary, I’d love to know—if possible—the most accurate expected completion date for the renovation work.
Thanks in advance.
Hi there,
We’re planning a trip to Nepal and would love to do a helicopter tour to Everest with Namche Heli Service. Has anyone here used this agency? I can’t seem to find any reviews online. Thanks in advance!
Kloki
We’re planning a trip to Nepal and would love to do a helicopter tour to Everest with Namche Heli Service. Has anyone here used this agency? I can’t seem to find any reviews online. Thanks in advance!
Kloki
Hey fellow travelers,
I’m spending two weeks studying Hindi in the mornings in Delhi, in the Hauz Khas neighborhood. What spots should I check out in this area? Any cafés to chill at? How do I get to other parts of Delhi? By rickshaw? Is it easy to negotiate the price upfront?
Thanks in advance. 😊 Marlène
I’m spending two weeks studying Hindi in the mornings in Delhi, in the Hauz Khas neighborhood. What spots should I check out in this area? Any cafés to chill at? How do I get to other parts of Delhi? By rickshaw? Is it easy to negotiate the price upfront?
Thanks in advance. 😊 Marlène
Hi,
I’m leaving this Saturday for Northern India from 15/02 to 27/02. I’m planning to visit New Delhi, Agra, Chand Baori, Jaipur, Ranthambore, Bundi, Udaipur, and Jodhpur.
What’s the best way to get around? I was thinking of doing everything by train. Maybe taking the bus for some stretches?
As for renting a car with a driver, it seems expensive, so I’ve pretty much ruled that out. Unless someone’s got space for the same dates?
Thanks for your insights!
What’s the best way to get around? I was thinking of doing everything by train. Maybe taking the bus for some stretches?
As for renting a car with a driver, it seems expensive, so I’ve pretty much ruled that out. Unless someone’s got space for the same dates?
Thanks for your insights!
Hi everyone,
We’re heading out in March for this trek. We’re used to hiking and long-distance treks, but this’ll be our first time in Nepal.
QUESTION: People from Nepal are telling us it’s MANDATORY to have guides! Is this true, or is it just agencies trying to get work for their staff?
The Lonely Planet says: "In April 2023, the government announced that every trekker would need to hire the services of a porter or a licensed guide to obtain the TIMS permit. The law isn’t enforced, and by 2025, there were no longer any obligations for teahouse treks."
What do you think? What’s your experience? Thanks for your feedback.
We’re heading out in March for this trek. We’re used to hiking and long-distance treks, but this’ll be our first time in Nepal.
QUESTION: People from Nepal are telling us it’s MANDATORY to have guides! Is this true, or is it just agencies trying to get work for their staff?
The Lonely Planet says: "In April 2023, the government announced that every trekker would need to hire the services of a porter or a licensed guide to obtain the TIMS permit. The law isn’t enforced, and by 2025, there were no longer any obligations for teahouse treks."
What do you think? What’s your experience? Thanks for your feedback.
Hi,
I’d like to arrive in India at New Delhi Airport with some cash. I was wondering if the exchange rates at the airport are any good or if it’s best to avoid them (and exchange in the city instead?).
Thanks for your help.
Thanks for your help.
NAMASTE NEPAL! PRACTICAL INFO AND EXPERIENCE FEEDBACK
Stay from March 25 to April 16, 2025
· Flight tickets Air India (via Delhi) (via Skyscanner) = 1130 € per person · Planned budget (and respected without too many restrictions and while buying a few small gifts) = 2000 € for the stay for two. Buses, taxis, and entrance fees to various sites represent a budget to consider. Meals are cheap. Drinks like beer/Coke, however, are not cheap and cost the equivalent of a meal. · Exchange rate of the rupee during our stay = 0.0064 € (the exchange rate is almost identical everywhere, including at the airport). · At the airport, purchase of two SIM cards (phone) = 1000 NPR x 2 for 28 days. · Kathmandu: we had booked the hotel upon arrival: Kathmandu Boutique Hotel (+977 015 357 446 – email: booking@kathmanduboutiquehotel.com), very well located in a quiet alley off the street, south of Thamel, a 10-minute walk from Durbar Square. A hotel like Nepal knows how to do, where tall people will have to duck. Night + breakfast = 18 € for two. Very warm welcome, great location, excellent value for money. · Bhaktapur: we had also booked a hotel for the end of our stay because the chance of the year 2025 made the Nepali New Year and Bisket Jatra particularly festive in Bhaktapur: Manju Baha Hotel School (+977 976 7234014 – email: manjubahahotel@gmail.com) located in an old monastery. "A social enterprise transforming an old monastery into a charming hotel, offering professional hospitality training to underprivileged Nepali youth." Night + breakfast = 32 € for two. Beautifully decorated room. Very warm welcome. Don’t miss the Changunarayan site (near Bhaktapur), it’s amazing. And if you’re lucky enough to be in Bhaktapur in mid-April for 3 days, there’s the Bisket Jatra festivities (Newari festival), joyful, noisy, fun, and wild… · Pokhara (hotel recommended by the Kathmandu hotel): Hotel Green Tara, Lakeside, 10th street, set back, quiet (Tel. +977 61 462698 – email: greentara_67@hotmail.com) · Trek permit (Lower Mustang, no need for an agency or guide, permits checked at Ghasa and Jomsom) = 2000 NPR per person (2 ID photos) · Bus Kathmandu/Pokhara and return = 2000 NPR per person · Bus Pokhara/Jomsom, 2 one-way tickets = 2800 NPR. · Taxi: negotiation with a driver we recommend, Vicky (+977 984 075 599). You explain what you want, negotiate the price, and he waits for you during the visit. Very charming, we used him several times. For example: departure from our hotel at 10 AM -> Boudhanath/Pashupatinath/Patan return at 5 PM to the hotel = 6500 NPR – Swayambhunath (round trip) = 1200 NPR · Site prices: https://ntb.gov.np/plan-your-trip/before-you-come/heritage-site-entry-fees o Visitor Pass for Kathmandu Durbar Square (for the duration of the stay, show your visa) = 1000 NPR per person (1 ID photo) o Bhaktapur Durbar Square (old town) = 1800 NPR per person o Patan = 1000 NPR per person o Swayambhu Stupa = 200 NPR per person o Boudha Stupa = 200 NPR per person o Pashupatinath Temple = 1000 NPR per person (interesting to take a guide) o Changunarayan Temple (6 km north of Bhaktapur) = 400 NPR per person o Mountain Museum in Pokhara = 750 NPR per person · E-cigarettes: e-cigarettes are banned in India and confiscated whether they’re in carry-on or checked luggage. On the way there, we had kept them in our carry-on, they were confiscated in Delhi. On the way back, learning from our previous experience, we put them in our checked luggage. Someone came to get us to take them out of our bags and confiscate them… You can find e-cigarettes and products in Kathmandu.
* * *
I’m 74 years old. I went to Nepal in 1982, 1983, and the last time in 1986. I wanted to introduce this beautiful and endearing country to my husband, and it was… now or never. So we decided it was now.
I knew the trek starting from Pokhara: Naudanda/Birethanti/Ghorepani/Tatopani/Kalopani. There was no way I was going to do that trek, especially the 1000-meter staircase to reach Ghorepani… You have to stay humble with age.
Back then, the road didn’t exist. I didn’t consider, with the construction of this road (NH48) along the western bank of the Kali Gandaki, doing a trek along a windy and dusty road. Was there an alternative hiking trail on the eastern bank? No one answered my question on VoyageForum, so I did my research online. And I found this site: "Andrées de Ruiter and Prem Rai - Trekking the Annapurna Circuit, including the new NATT trails that avoid the road - A guide to one of the most beautiful trekking regions in Nepal and the world (2011) - NATT = New Annapurna Trekking Trail".
Phew! A solution was emerging. This circuit from 2011 wasn’t fully marked. The idea was to go from Jomsom to Tatopani, so we needed to make sure the path was well-marked all the way, which we did, and the path exists, marked in red and white!
So, with the walking times information, we built our 8-day circuit:
· Jomsom/Thinigaon · Thinigaon/Chimang · Chimang/Saura · Saura/Kokhetanti · Rest day or, if in good shape: loop to Sekong Lake · Kokhetanti/Jhipra Deurali · Jhipra Deurali/Kopchepani · Kopchepani/Tatopani
It’s a senior trek, after all. So the walking times noted on the sites indicated 3 hours or even 4 hours for the two longest stages. That pace suited us fine.
On March 29, we left Kathmandu (1400m), after visiting the must-see sites, by bus to Pokhara: 200 km and 8.5 hours on a chaotic road under construction. I had a memory of Pokhara where it was the first city where you could see the Himalayan range, especially Machhapuchhare. But the pollution is such, the dust raised by traffic and construction, that no horizon is visible except the first hills around Pokhara.
We stayed 24 hours in Pokhara (820m), and on March 31, we left our luggage at the hotel and set off with our lightest backpacks: change of clothes, toiletries, first aid kit, anti-chafing cream, water bottle, sleeping bag liner, and light shoes for the stages.
We took the bus to Jomsom: 160 km/7.5 hours including stops for bathroom breaks, tea, and lunch. The road is nothing but a chaos of potholes, landslides, construction, dust, rebuilding, and mudslides. In Ghasa, the bus stops, and we’re told we’re at a checkpoint and that the two foreigners in the bus, my husband and I, need to have our permits checked, which takes a few minutes. The driving is rock-and-roll, surprising, and courteous. The drivers have their codes, and on these improbable roads, they’re virtuosos.
We could have chosen the plane, but several reasons dissuaded us: if there’s too much wind, the planes don’t take off; personally, I wasn’t reassured about landing in Jomsom, and this transport has a cost.
We arrived around 2 PM in Jomsom (2720m), and despite the early wake-up, the nearly 8 hours on the bus, and the altitude, we decided to head straight to Thinigaon (2840m). At the Jomsom checkpoint, they told us it was a 30-minute walk. Great! Except we took an hour and a half on an uphill road, bent over to fight a strong wind. But the Himalayan range is there! The Dhaulagiri, the Nilgiri, the Annapurnas as a reward.
In Thinigaon, we found a room at the "Nilgiri View Hotel" run by a didi (big sister in Nepali). From the lodge’s roof, she proudly showed us the different peaks surrounding the village and told us, worried, that it hadn’t snowed here for 3 years. She said there are very few tourists, that the season is rather in September/October/November. It seems there’s not a soul in this village, yet mules pass through the narrow street paved with large flat stones, their bells ringing. We dine at 6 PM and go to bed… Room = 1200 NPR and dinner, breakfast, and drinks = 2560 NPR.
On April 1, we set off at 9 AM, not for Chimang as planned but for Marpha! The didi from the Thinigaon lodge had said it was a 3-hour walk. The first part of this stage is attractive, the mountains are magnificent and imposing, the landscape is superb, there’s no one around, a feeling of being "alone in the world." We follow Dhumbra Tal, this small green lake. The path is a rocky track that climbs steeply. Then, around a hill, we start the big descent that joins the Kali Gandaki. We face the wind head-on, and the violent gusts take our breath away, throw us off balance, and envelop us in dust. We see the road on the other side of the Kali Gandaki. We arrive in the village of Chhairo at 2 PM, completely exhausted and with blistered feet, after 5 hours of walking instead of the planned 3.5 hours.
We’re welcomed by the village nurse, who tells us there’s a lodge in the village. Chhairo is a Tibetan village, a 20-minute walk from Marpha (according to the locals, multiply by 2 or even 3 for us…). We’re going to revise our trek plan and, first of all, spend the night in Chhairo.
The lodge is quite pleasant, and Karma, the hostess, is very friendly. She asks about our plans and suggests we stay in Chhairo the next day, from where we can visit Marpha and also Chimang, a 1-hour walk away, in light mode, meaning without backpacks. She invites us to participate in a village ceremony the next evening.
We immediately accept the proposal, as our feet need rest and the welcome is so warm… Dinner and bed!
We reworked our trek plan, which was too ambitious for our untrained bodies and, let’s face it… no longer in our first youth. In the initial plan, we thought there wouldn’t be too much elevation gain following the Kali Gandaki, but checking the map, we realize there might be significant elevation changes between Sauru and Sirkung. So we plan:
· Tomorrow: visit Marpha (2670m) and Chimang (2744m) · April 3: bus from Chhairo (2700m) to Kalopani (2530m) and continue on foot to Ghasa (2010m) · April 4: Ghasa/Pairataplo (1940m) · April 5: Pairatapla/Gadpar (1580m) · April 6: Gadpar/Narchyang (1510m) · April 7: Narchyang/Tatopani (1190m) · April 8: return to Pokhara.
Normally, it’s all downhill…
April 2, a rest day then… We set off in the morning to explore Marpha. We have to take a temporary bridge because the suspension bridge is closed due to road construction. We join the road and arrive in Marpha, a village famous for its apple orchards, brandy, cider, and apple juice production. This village is magnificent with its stone houses and monastery clinging to the hillside. The road construction spared it. There are people, but very few Western tourists.
We have lunch in Marpha and go back through Chhairo to take the path to Chimang. We cross a fragrant pine forest and find the rocky path; the landscape is splendid. We walk quietly, passing peaceful buffaloes and cows, and arrive at the foot of a stone staircase… 275 steps (which we counted on the way back) leading us to the village of Chimang. Chimang is an isolated Newari village that seems a bit desolate. Despite the slopes, there are crops on every little bit of land. Thankfully, we changed our initial program because there’s no lodge in this village, contrary to what we saw on a map… We wander through the village, which seems very deserted, have coffee in a house from another world, and then head back to Chhairo.
A rest day? = 5 hours of walking!!
Dinner and village ceremony. From what we understand, this ceremony is in honor of the Dalai Lama. Men, women, and children in traditional costumes gather twice a month; they dance, make, and offer small sweet cakes with Tibetan tea (made from tea, yak butter—often rancid—water, and salt). Surprising for first-timers…
Around 10 PM, we leave the ceremony; tomorrow morning, we need to be on the roadside by 7 AM to catch the bus to Kalopani…
This village of Chhairo is very pleasant and welcoming, no tourists, just two motorcyclists who arrived in the evening, one of whom participated in the ceremony and discreetly poured his Tibetan tea outside.
Lodge: "Norsang Tibetan Guesthouse and Restaurant". Total bill for 2 nights, 2 dinners, 2 breakfasts, and drinks = 8000 NPR.
April 3: bus from Chhairo to Kalopani, about 1.5 hours for the 20 km (200 NPR per person). We descend on the right bank of the Kali Gandaki. We find the red and white markings to resume the trek toward Ghasa. We’re in a fragrant pine forest, the Dhaulagiri on one side and the Annapurnas on the other, magnificent, and the path is pleasant and easy. We get a bit lost in this forest, always looking for the markings. Near Lete, two trekkers pass us, and we meet them again a little further on with two very young children, to whom we give the 2 hard-boiled eggs I didn’t eat this morning. They accepted them without hesitation.
We arrive in a village and ask for directions to Ghasa. The young girls point the way. But we come across a forest being logged, trees cut in all directions. We turn back and ask for confirmation. They confirm… But the two young girls catch up with us and clear the way. We have to step over, go around, and cross the felled trees, with no indication at all. Through this pick-up sticks of felled trees, the girls lead us to the top of a stone staircase, indicating that was the path. It’s the only place where we saw rhododendrons in bloom.
We descend the staircase. At the bottom, to the left, there’s a bridge to go toward Choyo, and to the right, a path to Ghasa. We take the right path and join the road. We should normally find the red and white markings, but we don’t… So we continue on the western bank road of the Kali Gandaki.
A little before the village of Misi, we see fumaroles on the opposite bank that seem to come from the ground. We don’t understand. We stopped to eat in the village of Misi (noodle soup = 600 NPR), but it’s hard to communicate with the elderly people running the guesthouse.
We continued on the road, not finding the marked path parallel to the road. Landslides, both on the left and right banks, seem to have taken over the marked routes. It’s a place where the Kali Gandaki gorge narrows, and on the opposite bank, the mountain smokes more and more, and we now hear the crackling of fire. Across from us, the mountain is burning… Our initial plan had us passing on that burning bank right now…
We arrive in Ghasa at 3:30 PM, a 6.5-hour stage but with a 1-hour stop at noon. We’re at the "Florida Guesthouse and Restaurant." From our room, we see the mountain smoking on the other side of the river, and at night, we see the flames. In this village, posters show Himalayan eagles and vultures that seem to be protected species. Indeed, we saw (and heard) 3 eagles circling today.
April 4 – Today, heading to Pairothapla or Kopchepani depending on our feet, accommodation options, and simply our desires.
No more smoke on the mountain this morning. It’s chilly, 7:45 AM, the sky is clear, just a smell of smoke outside.
Price of the lodge = 1000 NPR for the night + 3580 NPR for meals.
We cross Ghasa, which stretches over more than a kilometer. We have a drink at the last guesthouse in the village, and the didi, when she learns our destination, tells us to be careful because the villages we’re going to aren’t safe. Should we distribute our rupees in different pockets? Nah, we kept going.
At the exit of Ghasa, we find the red and white markings and take the suspension bridge to cross the boiling waters of the Kali Gandaki. The passage is impressive because the river is tumultuous. Lots of climbs and even more descents. We’re back on the eastern bank. It’s hot! On the narrow path, we meet a group of buffaloes. Who has the right of way? We decide to stick as close as possible to the rock wall and move forward calmly. The buffaloes look at us, chewing placidly, with no intention of jumping on us. Phew!
After a 5-hour stage (including stops), we arrive in Pairothapla, with hot feet and firm thighs, and decide we won’t go any further. It’s a good thing because there’s a lodge, the most basic so far, but with a great welcome. We have a meal and a short nap. The buffaloes we met on the way belong to this house. They come to drink at the fountain by the path.
Our host, very pleasant, doesn’t know what to do to please us and is very attentive. He wants to chat. He has two children, a 4-year-old girl and a 7-year-old boy. Where do they go to school? Do they go? He tells us that the fires in the mountain are caused by people, but for what reason? We won’t find out, but it’s illegal. From here, we can still see smoke rising in the distance. The wife is a bit less friendly. Corn kernels dry on a woven straw mat on the ground, and the mom sorts them.
From where we are, we overlook the valley and see the road under construction winding along the mountainside on the other bank.
Dinner on the terrace of the house overlooking the path, windbreaker and fleece on: dal bhat chicken for me and chicken curry for my husband: "organic" products, at least local production. There are small vegetable gardens everywhere with all sorts of vegetables.
April 5 – While we’re having breakfast on the terrace of our lodge, 5 porters, straps on their foreheads, heavily loaded, pass by on the path. A few minutes later, a group of 9 people appears. It must be said that since the beginning of our journey, we’ve met very few hikers. Two backpackers in Chhairo, the two hikers near Lete, two female hikers passed us before Pairothapla, a solo female hiker passed us…
The lodge in Pairothapla is called "Bimala Lodge & Thakali Kitchen" – Price for night + 4 meals + 2 breakfasts = 3000 NPR.
The descent toward the Kali Gandaki involves climbs whose steps we didn’t count. Clearly, the landslides on the mountain cause changes to the official ACAP trek marked in red and white, and the marking updates can’t keep up with the pace of these landslides. It’s almost always by chance that we find the markings. Fortunately, we can follow the power line that guides us somewhat.
Drink stop in Kopchepani, the legs are fine, but the feet don’t like being tightly enclosed. A group of trekkers with porters passes on the path. We met buffaloes that we kindly let pass; the path was wide enough, but it was a staircase going up, and we didn’t want to take any risks.
Across, a view of the magnificent Rupse Waterfall on the other bank of the Kali Gandaki, at the bottom, lots of vehicles and people.
Arrival in Gadpar after crossing a rather unwelcoming small village and cultivated gardens between dry stone walls, each better built than the last.
First lodge spotted, first lodge adopted to answer the call of our feet, and a very warm welcome from the owner. Since we hadn’t eaten at noon, we had Tibetan bread/jam. 6-hour stage including 1 hour of stops. Night + dinner + breakfast + drinks = 5060 NPR
April 6 – Today, heading to Narchyang.
For several days, we’ve seen banana trees with their bunches of fruit and even a prickly pear with large fruits ripening.
This stage is quite peaceful and pleasant. We take a suspension bridge to cross a tributary of the Kali Gandaki. While we’re resting for a moment before crossing the bridge, a couple of porters, a man and a woman, arrive and start across the bridge with their wood load in a basket held by a strap on their forehead, making them bend. We set off too… lighter than them.
On the other side of the bridge… a stone staircase, and it climbs steeply. The porter couple didn’t take this staircase; they went right on the path.
At the top of the staircase, we arrive in Narchyang after a 4-hour stage. A magnificent waterfall overlooks the village. We get lost in this fairly large village looking for a lodge. After wandering around for a while, we ask for directions, and an 84-year-old man takes us through the whole village and accompanies us to a very nice lodge run by a woman.
We chat with our hostess, who asks where we’re from and where we’re going. We explain that we want to reach Tatopani the next day and then return to Pokhara. She tells us there are 4x4s going directly to Pokhara and that it would probably be easier than taking a bus that might be full in Tatopani. After a quick consultation, we decide to return to Pokhara the next day by 4x4. She finds us a 4x4 with 2 seats left, departure at 8 AM – 5 hours on the road and 1500 NPR per person. A charming didi who does everything to be pleasant and helpful.
Narchyang community lodge = night + snacks + dinner + breakfast = 3000 NPR.
There you go, our trek ends tomorrow. Many necessary changes and adaptations to our initial trek, but no regrets, it was superb and a great experience that, for my part, I won’t be able to repeat. Always this encounter with the endearing, welcoming, curious, and very kind Nepali people. It was now or never, and we did it!
* * *
In conclusion, 3 full weeks in Nepal is a duration that allows visiting Kathmandu, Patan, and Bhaktapur, enjoying the various sites, and soaking in the atmosphere and urban Nepali life.
The trek, even revised and corrected, allowed us to get close to the impressive Annapurna and Dhaulagiri peaks. One or two acclimatization days might be necessary to get the body in tune with this magical and extraordinary land.
Stay from March 25 to April 16, 2025
· Flight tickets Air India (via Delhi) (via Skyscanner) = 1130 € per person · Planned budget (and respected without too many restrictions and while buying a few small gifts) = 2000 € for the stay for two. Buses, taxis, and entrance fees to various sites represent a budget to consider. Meals are cheap. Drinks like beer/Coke, however, are not cheap and cost the equivalent of a meal. · Exchange rate of the rupee during our stay = 0.0064 € (the exchange rate is almost identical everywhere, including at the airport). · At the airport, purchase of two SIM cards (phone) = 1000 NPR x 2 for 28 days. · Kathmandu: we had booked the hotel upon arrival: Kathmandu Boutique Hotel (+977 015 357 446 – email: booking@kathmanduboutiquehotel.com), very well located in a quiet alley off the street, south of Thamel, a 10-minute walk from Durbar Square. A hotel like Nepal knows how to do, where tall people will have to duck. Night + breakfast = 18 € for two. Very warm welcome, great location, excellent value for money. · Bhaktapur: we had also booked a hotel for the end of our stay because the chance of the year 2025 made the Nepali New Year and Bisket Jatra particularly festive in Bhaktapur: Manju Baha Hotel School (+977 976 7234014 – email: manjubahahotel@gmail.com) located in an old monastery. "A social enterprise transforming an old monastery into a charming hotel, offering professional hospitality training to underprivileged Nepali youth." Night + breakfast = 32 € for two. Beautifully decorated room. Very warm welcome. Don’t miss the Changunarayan site (near Bhaktapur), it’s amazing. And if you’re lucky enough to be in Bhaktapur in mid-April for 3 days, there’s the Bisket Jatra festivities (Newari festival), joyful, noisy, fun, and wild… · Pokhara (hotel recommended by the Kathmandu hotel): Hotel Green Tara, Lakeside, 10th street, set back, quiet (Tel. +977 61 462698 – email: greentara_67@hotmail.com) · Trek permit (Lower Mustang, no need for an agency or guide, permits checked at Ghasa and Jomsom) = 2000 NPR per person (2 ID photos) · Bus Kathmandu/Pokhara and return = 2000 NPR per person · Bus Pokhara/Jomsom, 2 one-way tickets = 2800 NPR. · Taxi: negotiation with a driver we recommend, Vicky (+977 984 075 599). You explain what you want, negotiate the price, and he waits for you during the visit. Very charming, we used him several times. For example: departure from our hotel at 10 AM -> Boudhanath/Pashupatinath/Patan return at 5 PM to the hotel = 6500 NPR – Swayambhunath (round trip) = 1200 NPR · Site prices: https://ntb.gov.np/plan-your-trip/before-you-come/heritage-site-entry-fees o Visitor Pass for Kathmandu Durbar Square (for the duration of the stay, show your visa) = 1000 NPR per person (1 ID photo) o Bhaktapur Durbar Square (old town) = 1800 NPR per person o Patan = 1000 NPR per person o Swayambhu Stupa = 200 NPR per person o Boudha Stupa = 200 NPR per person o Pashupatinath Temple = 1000 NPR per person (interesting to take a guide) o Changunarayan Temple (6 km north of Bhaktapur) = 400 NPR per person o Mountain Museum in Pokhara = 750 NPR per person · E-cigarettes: e-cigarettes are banned in India and confiscated whether they’re in carry-on or checked luggage. On the way there, we had kept them in our carry-on, they were confiscated in Delhi. On the way back, learning from our previous experience, we put them in our checked luggage. Someone came to get us to take them out of our bags and confiscate them… You can find e-cigarettes and products in Kathmandu.
* * *
I’m 74 years old. I went to Nepal in 1982, 1983, and the last time in 1986. I wanted to introduce this beautiful and endearing country to my husband, and it was… now or never. So we decided it was now.
I knew the trek starting from Pokhara: Naudanda/Birethanti/Ghorepani/Tatopani/Kalopani. There was no way I was going to do that trek, especially the 1000-meter staircase to reach Ghorepani… You have to stay humble with age.
Back then, the road didn’t exist. I didn’t consider, with the construction of this road (NH48) along the western bank of the Kali Gandaki, doing a trek along a windy and dusty road. Was there an alternative hiking trail on the eastern bank? No one answered my question on VoyageForum, so I did my research online. And I found this site: "Andrées de Ruiter and Prem Rai - Trekking the Annapurna Circuit, including the new NATT trails that avoid the road - A guide to one of the most beautiful trekking regions in Nepal and the world (2011) - NATT = New Annapurna Trekking Trail".
Phew! A solution was emerging. This circuit from 2011 wasn’t fully marked. The idea was to go from Jomsom to Tatopani, so we needed to make sure the path was well-marked all the way, which we did, and the path exists, marked in red and white!
So, with the walking times information, we built our 8-day circuit:
· Jomsom/Thinigaon · Thinigaon/Chimang · Chimang/Saura · Saura/Kokhetanti · Rest day or, if in good shape: loop to Sekong Lake · Kokhetanti/Jhipra Deurali · Jhipra Deurali/Kopchepani · Kopchepani/Tatopani
It’s a senior trek, after all. So the walking times noted on the sites indicated 3 hours or even 4 hours for the two longest stages. That pace suited us fine.
On March 29, we left Kathmandu (1400m), after visiting the must-see sites, by bus to Pokhara: 200 km and 8.5 hours on a chaotic road under construction. I had a memory of Pokhara where it was the first city where you could see the Himalayan range, especially Machhapuchhare. But the pollution is such, the dust raised by traffic and construction, that no horizon is visible except the first hills around Pokhara.
We stayed 24 hours in Pokhara (820m), and on March 31, we left our luggage at the hotel and set off with our lightest backpacks: change of clothes, toiletries, first aid kit, anti-chafing cream, water bottle, sleeping bag liner, and light shoes for the stages.
We took the bus to Jomsom: 160 km/7.5 hours including stops for bathroom breaks, tea, and lunch. The road is nothing but a chaos of potholes, landslides, construction, dust, rebuilding, and mudslides. In Ghasa, the bus stops, and we’re told we’re at a checkpoint and that the two foreigners in the bus, my husband and I, need to have our permits checked, which takes a few minutes. The driving is rock-and-roll, surprising, and courteous. The drivers have their codes, and on these improbable roads, they’re virtuosos.
We could have chosen the plane, but several reasons dissuaded us: if there’s too much wind, the planes don’t take off; personally, I wasn’t reassured about landing in Jomsom, and this transport has a cost.
We arrived around 2 PM in Jomsom (2720m), and despite the early wake-up, the nearly 8 hours on the bus, and the altitude, we decided to head straight to Thinigaon (2840m). At the Jomsom checkpoint, they told us it was a 30-minute walk. Great! Except we took an hour and a half on an uphill road, bent over to fight a strong wind. But the Himalayan range is there! The Dhaulagiri, the Nilgiri, the Annapurnas as a reward.
In Thinigaon, we found a room at the "Nilgiri View Hotel" run by a didi (big sister in Nepali). From the lodge’s roof, she proudly showed us the different peaks surrounding the village and told us, worried, that it hadn’t snowed here for 3 years. She said there are very few tourists, that the season is rather in September/October/November. It seems there’s not a soul in this village, yet mules pass through the narrow street paved with large flat stones, their bells ringing. We dine at 6 PM and go to bed… Room = 1200 NPR and dinner, breakfast, and drinks = 2560 NPR.
On April 1, we set off at 9 AM, not for Chimang as planned but for Marpha! The didi from the Thinigaon lodge had said it was a 3-hour walk. The first part of this stage is attractive, the mountains are magnificent and imposing, the landscape is superb, there’s no one around, a feeling of being "alone in the world." We follow Dhumbra Tal, this small green lake. The path is a rocky track that climbs steeply. Then, around a hill, we start the big descent that joins the Kali Gandaki. We face the wind head-on, and the violent gusts take our breath away, throw us off balance, and envelop us in dust. We see the road on the other side of the Kali Gandaki. We arrive in the village of Chhairo at 2 PM, completely exhausted and with blistered feet, after 5 hours of walking instead of the planned 3.5 hours.
We’re welcomed by the village nurse, who tells us there’s a lodge in the village. Chhairo is a Tibetan village, a 20-minute walk from Marpha (according to the locals, multiply by 2 or even 3 for us…). We’re going to revise our trek plan and, first of all, spend the night in Chhairo.
The lodge is quite pleasant, and Karma, the hostess, is very friendly. She asks about our plans and suggests we stay in Chhairo the next day, from where we can visit Marpha and also Chimang, a 1-hour walk away, in light mode, meaning without backpacks. She invites us to participate in a village ceremony the next evening.
We immediately accept the proposal, as our feet need rest and the welcome is so warm… Dinner and bed!
We reworked our trek plan, which was too ambitious for our untrained bodies and, let’s face it… no longer in our first youth. In the initial plan, we thought there wouldn’t be too much elevation gain following the Kali Gandaki, but checking the map, we realize there might be significant elevation changes between Sauru and Sirkung. So we plan:
· Tomorrow: visit Marpha (2670m) and Chimang (2744m) · April 3: bus from Chhairo (2700m) to Kalopani (2530m) and continue on foot to Ghasa (2010m) · April 4: Ghasa/Pairataplo (1940m) · April 5: Pairatapla/Gadpar (1580m) · April 6: Gadpar/Narchyang (1510m) · April 7: Narchyang/Tatopani (1190m) · April 8: return to Pokhara.
Normally, it’s all downhill…
April 2, a rest day then… We set off in the morning to explore Marpha. We have to take a temporary bridge because the suspension bridge is closed due to road construction. We join the road and arrive in Marpha, a village famous for its apple orchards, brandy, cider, and apple juice production. This village is magnificent with its stone houses and monastery clinging to the hillside. The road construction spared it. There are people, but very few Western tourists.
We have lunch in Marpha and go back through Chhairo to take the path to Chimang. We cross a fragrant pine forest and find the rocky path; the landscape is splendid. We walk quietly, passing peaceful buffaloes and cows, and arrive at the foot of a stone staircase… 275 steps (which we counted on the way back) leading us to the village of Chimang. Chimang is an isolated Newari village that seems a bit desolate. Despite the slopes, there are crops on every little bit of land. Thankfully, we changed our initial program because there’s no lodge in this village, contrary to what we saw on a map… We wander through the village, which seems very deserted, have coffee in a house from another world, and then head back to Chhairo.
A rest day? = 5 hours of walking!!
Dinner and village ceremony. From what we understand, this ceremony is in honor of the Dalai Lama. Men, women, and children in traditional costumes gather twice a month; they dance, make, and offer small sweet cakes with Tibetan tea (made from tea, yak butter—often rancid—water, and salt). Surprising for first-timers…
Around 10 PM, we leave the ceremony; tomorrow morning, we need to be on the roadside by 7 AM to catch the bus to Kalopani…
This village of Chhairo is very pleasant and welcoming, no tourists, just two motorcyclists who arrived in the evening, one of whom participated in the ceremony and discreetly poured his Tibetan tea outside.
Lodge: "Norsang Tibetan Guesthouse and Restaurant". Total bill for 2 nights, 2 dinners, 2 breakfasts, and drinks = 8000 NPR.
April 3: bus from Chhairo to Kalopani, about 1.5 hours for the 20 km (200 NPR per person). We descend on the right bank of the Kali Gandaki. We find the red and white markings to resume the trek toward Ghasa. We’re in a fragrant pine forest, the Dhaulagiri on one side and the Annapurnas on the other, magnificent, and the path is pleasant and easy. We get a bit lost in this forest, always looking for the markings. Near Lete, two trekkers pass us, and we meet them again a little further on with two very young children, to whom we give the 2 hard-boiled eggs I didn’t eat this morning. They accepted them without hesitation.
We arrive in a village and ask for directions to Ghasa. The young girls point the way. But we come across a forest being logged, trees cut in all directions. We turn back and ask for confirmation. They confirm… But the two young girls catch up with us and clear the way. We have to step over, go around, and cross the felled trees, with no indication at all. Through this pick-up sticks of felled trees, the girls lead us to the top of a stone staircase, indicating that was the path. It’s the only place where we saw rhododendrons in bloom.
We descend the staircase. At the bottom, to the left, there’s a bridge to go toward Choyo, and to the right, a path to Ghasa. We take the right path and join the road. We should normally find the red and white markings, but we don’t… So we continue on the western bank road of the Kali Gandaki.
A little before the village of Misi, we see fumaroles on the opposite bank that seem to come from the ground. We don’t understand. We stopped to eat in the village of Misi (noodle soup = 600 NPR), but it’s hard to communicate with the elderly people running the guesthouse.
We continued on the road, not finding the marked path parallel to the road. Landslides, both on the left and right banks, seem to have taken over the marked routes. It’s a place where the Kali Gandaki gorge narrows, and on the opposite bank, the mountain smokes more and more, and we now hear the crackling of fire. Across from us, the mountain is burning… Our initial plan had us passing on that burning bank right now…
We arrive in Ghasa at 3:30 PM, a 6.5-hour stage but with a 1-hour stop at noon. We’re at the "Florida Guesthouse and Restaurant." From our room, we see the mountain smoking on the other side of the river, and at night, we see the flames. In this village, posters show Himalayan eagles and vultures that seem to be protected species. Indeed, we saw (and heard) 3 eagles circling today.
April 4 – Today, heading to Pairothapla or Kopchepani depending on our feet, accommodation options, and simply our desires.
No more smoke on the mountain this morning. It’s chilly, 7:45 AM, the sky is clear, just a smell of smoke outside.
Price of the lodge = 1000 NPR for the night + 3580 NPR for meals.
We cross Ghasa, which stretches over more than a kilometer. We have a drink at the last guesthouse in the village, and the didi, when she learns our destination, tells us to be careful because the villages we’re going to aren’t safe. Should we distribute our rupees in different pockets? Nah, we kept going.
At the exit of Ghasa, we find the red and white markings and take the suspension bridge to cross the boiling waters of the Kali Gandaki. The passage is impressive because the river is tumultuous. Lots of climbs and even more descents. We’re back on the eastern bank. It’s hot! On the narrow path, we meet a group of buffaloes. Who has the right of way? We decide to stick as close as possible to the rock wall and move forward calmly. The buffaloes look at us, chewing placidly, with no intention of jumping on us. Phew!
After a 5-hour stage (including stops), we arrive in Pairothapla, with hot feet and firm thighs, and decide we won’t go any further. It’s a good thing because there’s a lodge, the most basic so far, but with a great welcome. We have a meal and a short nap. The buffaloes we met on the way belong to this house. They come to drink at the fountain by the path.
Our host, very pleasant, doesn’t know what to do to please us and is very attentive. He wants to chat. He has two children, a 4-year-old girl and a 7-year-old boy. Where do they go to school? Do they go? He tells us that the fires in the mountain are caused by people, but for what reason? We won’t find out, but it’s illegal. From here, we can still see smoke rising in the distance. The wife is a bit less friendly. Corn kernels dry on a woven straw mat on the ground, and the mom sorts them.
From where we are, we overlook the valley and see the road under construction winding along the mountainside on the other bank.
Dinner on the terrace of the house overlooking the path, windbreaker and fleece on: dal bhat chicken for me and chicken curry for my husband: "organic" products, at least local production. There are small vegetable gardens everywhere with all sorts of vegetables.
April 5 – While we’re having breakfast on the terrace of our lodge, 5 porters, straps on their foreheads, heavily loaded, pass by on the path. A few minutes later, a group of 9 people appears. It must be said that since the beginning of our journey, we’ve met very few hikers. Two backpackers in Chhairo, the two hikers near Lete, two female hikers passed us before Pairothapla, a solo female hiker passed us…
The lodge in Pairothapla is called "Bimala Lodge & Thakali Kitchen" – Price for night + 4 meals + 2 breakfasts = 3000 NPR.
The descent toward the Kali Gandaki involves climbs whose steps we didn’t count. Clearly, the landslides on the mountain cause changes to the official ACAP trek marked in red and white, and the marking updates can’t keep up with the pace of these landslides. It’s almost always by chance that we find the markings. Fortunately, we can follow the power line that guides us somewhat.
Drink stop in Kopchepani, the legs are fine, but the feet don’t like being tightly enclosed. A group of trekkers with porters passes on the path. We met buffaloes that we kindly let pass; the path was wide enough, but it was a staircase going up, and we didn’t want to take any risks.
Across, a view of the magnificent Rupse Waterfall on the other bank of the Kali Gandaki, at the bottom, lots of vehicles and people.
Arrival in Gadpar after crossing a rather unwelcoming small village and cultivated gardens between dry stone walls, each better built than the last.
First lodge spotted, first lodge adopted to answer the call of our feet, and a very warm welcome from the owner. Since we hadn’t eaten at noon, we had Tibetan bread/jam. 6-hour stage including 1 hour of stops. Night + dinner + breakfast + drinks = 5060 NPR
April 6 – Today, heading to Narchyang.
For several days, we’ve seen banana trees with their bunches of fruit and even a prickly pear with large fruits ripening.
This stage is quite peaceful and pleasant. We take a suspension bridge to cross a tributary of the Kali Gandaki. While we’re resting for a moment before crossing the bridge, a couple of porters, a man and a woman, arrive and start across the bridge with their wood load in a basket held by a strap on their forehead, making them bend. We set off too… lighter than them.
On the other side of the bridge… a stone staircase, and it climbs steeply. The porter couple didn’t take this staircase; they went right on the path.
At the top of the staircase, we arrive in Narchyang after a 4-hour stage. A magnificent waterfall overlooks the village. We get lost in this fairly large village looking for a lodge. After wandering around for a while, we ask for directions, and an 84-year-old man takes us through the whole village and accompanies us to a very nice lodge run by a woman.
We chat with our hostess, who asks where we’re from and where we’re going. We explain that we want to reach Tatopani the next day and then return to Pokhara. She tells us there are 4x4s going directly to Pokhara and that it would probably be easier than taking a bus that might be full in Tatopani. After a quick consultation, we decide to return to Pokhara the next day by 4x4. She finds us a 4x4 with 2 seats left, departure at 8 AM – 5 hours on the road and 1500 NPR per person. A charming didi who does everything to be pleasant and helpful.
Narchyang community lodge = night + snacks + dinner + breakfast = 3000 NPR.
There you go, our trek ends tomorrow. Many necessary changes and adaptations to our initial trek, but no regrets, it was superb and a great experience that, for my part, I won’t be able to repeat. Always this encounter with the endearing, welcoming, curious, and very kind Nepali people. It was now or never, and we did it!
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In conclusion, 3 full weeks in Nepal is a duration that allows visiting Kathmandu, Patan, and Bhaktapur, enjoying the various sites, and soaking in the atmosphere and urban Nepali life.
The trek, even revised and corrected, allowed us to get close to the impressive Annapurna and Dhaulagiri peaks. One or two acclimatization days might be necessary to get the body in tune with this magical and extraordinary land.
Hi there,
My partner and I are heading to Nepal for 15 days in March—she’s a schoolteacher. We’ll be trekking to Everest Base Camp and then doing the loop via the Gokyo Lakes.
We’d love to set up a fundraiser to donate to a school in Namche, along with visiting the school. It’s something that really matters to us. But it’s been tough to get in touch with a school—any ideas on how to go about this? Thanks!
My partner and I are heading to Nepal for 15 days in March—she’s a schoolteacher. We’ll be trekking to Everest Base Camp and then doing the loop via the Gokyo Lakes.
We’d love to set up a fundraiser to donate to a school in Namche, along with visiting the school. It’s something that really matters to us. But it’s been tough to get in touch with a school—any ideas on how to go about this? Thanks!
Hello my fellow globetrotters, could anyone tell me how to find the French colonial cemetery in Pondicherry? It seems tricky to locate.
Thanks so much for your help! Take care, pace yourselves, and travel far.
Cheers, Régine
Thanks so much for your help! Take care, pace yourselves, and travel far.
Cheers, Régine
I'm looking for a small, not-too-touristy restaurant in Fort Kochi. Do you know one not too far from Jacob Road?
Thanks
Bonjour,
Nous nous apprêtons ma femme et moi pour ce circuit du 27 mars au 8 avril.
J'aimerai savoir si quelqu'un est déjà parti avec l'agence Salaun Holidays? combien de personnes en moyenne par groupe ? combien en liquidités ?
Nous avons des doutes sur les vêtements à prendre.....+ draps et taies ?
Et si vous avez des petits tuyaux pour ne pas être trop ennuyé par les mendiants et démarcheurs.
Vos remarques seront toujours bonnes à prendre.
Merci à l'avance.
Bonjour,
je voudrais faire un voyage au Rajasthan et la vallée du Gange: c'est la première fois que je ferais un voyage lointain et pense le faire avec l'agence BTtours à partir de la Belgique (ou Salaün en France). Quelqu'un a-t-il déjà voyagé avec cette agence et peut-il me donner son avis? Je pensais partir vers le mois de novembre, mais certains me disent que, même là, il ferait relativement froid (8°C) est-ce possible?
D'autre part, quelle est le meilleur moyen pour se procurer de l'argent? Peut-on entrer en Inde avec de l'argent liquide sur soi?
Merci pour les réponses.
bonjour à tous,
Je prépare un voyage en Inde du Nord (Rajasthan, vallée du Gange avec Varanasi (Benares)).
Mon agence de voyage me propose deux TO, Asia avec le circuit "Saris et Saddhus" et Salaun avec le circuit "l'inde du nord et la vallée du Gange". J'ai déjà voyagé au Sri Lanka et en Inde du Sud avec Asia. Les voyages se sont très bien passés.
Je ne connais pas Salaun Holidays. Leur circuit semble plus complet avec une journée de détente (16 jours sur place) . Voyage avec Air France.
Est ce qu'un de membre de ce forum a fait le circuit "l'inde du Nord et la vallée du Gange" avec Salaun? Puis je avoir votre avis sur le TO Salaun Holidays?
Merci beaucoup
Je prépare un voyage en Inde du Nord (Rajasthan, vallée du Gange avec Varanasi (Benares)).
Mon agence de voyage me propose deux TO, Asia avec le circuit "Saris et Saddhus" et Salaun avec le circuit "l'inde du nord et la vallée du Gange". J'ai déjà voyagé au Sri Lanka et en Inde du Sud avec Asia. Les voyages se sont très bien passés.
Je ne connais pas Salaun Holidays. Leur circuit semble plus complet avec une journée de détente (16 jours sur place) . Voyage avec Air France.
Est ce qu'un de membre de ce forum a fait le circuit "l'inde du Nord et la vallée du Gange" avec Salaun? Puis je avoir votre avis sur le TO Salaun Holidays?
Merci beaucoup
Hi there.
We’re heading to India at the end of December for a month.
I planned an itinerary: Delhi, Nawalgarh, Sikar, Jodhpur, Udaipur, Chittaurgarh, Bundi, Jaipur, Bharatpur, and back to Delhi.
Our driver told us it’s not possible because there are no roads.
He’s suggesting the usual tourist circuit, which we don’t want to do.
What do you think of my route?
Any tips?
Thanks, community!
Hello,
We’re a group of 4 looking for a driver and car for our stay in Kerala from November 22 to December 12, 2025. We’ve already planned an itinerary starting from Cochin.
We’ve traveled with a driver before during our trip to Rajasthan.
Thanks for your replies!
Yves
Hi everyone,
we’re heading to Tamil Nadu and Kerala at the start of the year for 30 days. We did Rajasthan 12 years ago, but things change fast.
I’ve read that to get a SIM card, you have to buy it at a shop and then go to the operator to get a number; you’d also need an Indian mobile number. Has anyone here had recent experience with this?
For buses and trains, do you need to book them well in advance?
Any tips are welcome—thanks in advance!
Happy holidays to all,
Philippe
Hi everyone! 🙂
My partner (who’s a teacher—hence the summer holidays) and I are heading to Eastern India for 23 days in July. This is my 5th trip to India, but her first.
We fly into Delhi on July 7th and leave from Delhi on the 23rd (since our flight to Kolkata arrived late at night, and I wanted to show Agra and Varanasi to my partner).
We love getting off the beaten track and meeting people, so we’ll mostly be taking the train.
Here’s what we’re planning:
- **DELHI**: 1 night on the way (short because the plane is supposed to land at 01:55), then we take the train at 13:00 - **GWALIOR**: 3 nights, including a day trip to **AGRA** by train to see the Taj Mahal and the Red Fort (I find Agra too touristy to stay overnight). Otherwise, in Gwalior, the Fort, the temples, the Man Mandir Palace, and the Jai Vilas Palace if we have time. - **ORCHHA**: 2 nights... *maybe skip this to spend more time in VARANASI?* - **VARANASI**: overnight train + 3 nights, the Ghats, temples... maybe a day trip to **SARNATH**. - **KOLKATA**: overnight train + 3 nights. Maybe a countryside excursion to the ashram in Channa. *- Here we’re hesitating over 2 nights: either 2 nights in **SHANTINIKETAN** with a visit to **CHANNA** on the way, or a 2-day excursion to the **SUNDARBAN** nature park. But is it worth it in July during the monsoon?* - **PURI**: overnight train + 4 nights. *We’re planning to do everything from Puri, as it seems nicer than staying in BHUBANESWAR. What do you think?* Visit **KONARK** and **CHILIKA LAKE**. *Is it worth visiting Chilika Lake this season? Another question: can you swim in Puri, or is it too dangerous (waves)?* - Train to **BHUBANESWAR**, then a flight from BHUBANESWAR to **DELHI**, - 2 nights in **DELHI**, visiting Jama Masjid, and *either Humayun’s Tomb, Safdarjung’s Tomb, or Qutb Minar.*
Back to Paris. Total: 23 nights.
What do you think of these choices? What about the options we’re still unsure about *(in bold/italics)*? Thanks so much! 🙂
We fly into Delhi on July 7th and leave from Delhi on the 23rd (since our flight to Kolkata arrived late at night, and I wanted to show Agra and Varanasi to my partner).
We love getting off the beaten track and meeting people, so we’ll mostly be taking the train.
Here’s what we’re planning:
- **DELHI**: 1 night on the way (short because the plane is supposed to land at 01:55), then we take the train at 13:00 - **GWALIOR**: 3 nights, including a day trip to **AGRA** by train to see the Taj Mahal and the Red Fort (I find Agra too touristy to stay overnight). Otherwise, in Gwalior, the Fort, the temples, the Man Mandir Palace, and the Jai Vilas Palace if we have time. - **ORCHHA**: 2 nights... *maybe skip this to spend more time in VARANASI?* - **VARANASI**: overnight train + 3 nights, the Ghats, temples... maybe a day trip to **SARNATH**. - **KOLKATA**: overnight train + 3 nights. Maybe a countryside excursion to the ashram in Channa. *- Here we’re hesitating over 2 nights: either 2 nights in **SHANTINIKETAN** with a visit to **CHANNA** on the way, or a 2-day excursion to the **SUNDARBAN** nature park. But is it worth it in July during the monsoon?* - **PURI**: overnight train + 4 nights. *We’re planning to do everything from Puri, as it seems nicer than staying in BHUBANESWAR. What do you think?* Visit **KONARK** and **CHILIKA LAKE**. *Is it worth visiting Chilika Lake this season? Another question: can you swim in Puri, or is it too dangerous (waves)?* - Train to **BHUBANESWAR**, then a flight from BHUBANESWAR to **DELHI**, - 2 nights in **DELHI**, visiting Jama Masjid, and *either Humayun’s Tomb, Safdarjung’s Tomb, or Qutb Minar.*
Back to Paris. Total: 23 nights.
What do you think of these choices? What about the options we’re still unsure about *(in bold/italics)*? Thanks so much! 🙂
hi everyone, I’m putting together an itinerary for Sri Lanka in September 2026, so I’m focusing on the east side of the island because of the monsoon on the west coast:
Day 1 Kandy: botanical garden, fruit and vegetable market, traditional dance show
Day 2 Kandy-Ella train
Day 3-4 Kumana NP or Lunugamvehera Block 6+5
Day 5-6 Komari / Pottuvi lagoon safari
Day 7 head up the east coast along the beaches to reach Wasgamuwa NP
Day 8 Wasgamuwa NP early morning safari, then Polonnaruwa (temple and palace)
Day 9-10 Sigiriya Lion’s Rock and Dambulla, cave temple
Day 11-12 Wilpattu NP early morning safari, then late afternoon
Day 13-14 Kalpitiya, snorkeling and chilling
Day 15 return to Colombo
Thanks for sharing your thoughts on whether this route is doable—we’ll be traveling with a driver-guide.
Feel free to mention any great tips or good homestay experiences you’ve had, since we prefer those.
Hi everyone, Kerala experts (especially Marien!)
In January, I’m planning another trip to Kerala. We’ll arrive in Kochi and travel up the coast by train to Gokarna.
So I’m reaching out to ask if it’s worth stopping for a few days in any of the following spots (not all, of course—just one or two that are really worth it...). From what I’ve seen, few Western tourists stop along this coast, given how little info there is about it:
Mahe, Thalassery, Taliparamba, Nileshwar, Bekal, Kasaragod
I’m not mentioning Kannur because we’ve already been there, specifically Thottada Beach, and we’re familiar with the southern destinations (Trivandrum, Kovalam, etc.).
Thanks for your replies!
Anne
Hello,
My husband and I usually spend a month in January/February in southern India. We end our trip in Gokarna and fly back from Vasco de Gama Airport in Dabolim. So, it might make sense to spend a few days in a nice, quiet spot in southern Goa. Do you have any recommendations?
Thanks
Hi there,
I’d like to head to Upper Dolpo in September/October 2026.
Does anyone know the current state of the roads in the area?
Specifically for getting from Saldang to Dho Tarap.
Also, what do you think about the weather between September 20th and October 20th?
Any tips would be much appreciated.
I’ve already checked out the info on Martinpierre’s site—it’s super detailed about the region, but the details are a bit outdated.
Thanks in advance for your advice.
Thierry




