Qu'en est-il de la sécheresse en Ethiopie du Sud?
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Bonjour, je suis de trés prés depuis qqs temps les infos ethiopiennes sur le net et les qqs articles que je trouve au sujet de la secheresse qui sevit en pays guragé borana et konso sont alarmants. quelqu'un sur ce forum peut-il nous en dire plus ? y a t-il eu qqs pluies ce mois ci et y aura t-il une recolte ? y a t-il des mouvements de population et une instabilité ? je dois m'y rendre en decembre et je voudrais avoir ces renseignements. la vallee de l'omo est-elle touchée ? merci a tous ceux qui donneront qqs precisions.
LA FORCE DU BAOBAB EST DANS SES RACINES
MA Maesjl Regular ·
Aux dernières nouvelles (hier par téléphone) : il pleut un peu dans le Nord (on approche de la fin de la saison des pluies), on commence à labourer, s'il pleut encore un peu on pourra semer puis...attendre. Il y AURAIT donc une petite récolte. dans le Sud, pas de pluie, tout particulièrement le sud de la vallée de l'Omo. C'est une catastrophe sachant que cette sècheresse a ruiné la récolte de juin et qu'on ne peut pas savoir quand sera la prochaine...rien à manger. Il faut entendre cela au sens strict du terme. A titre indicatif, le sorgho (base de la nourriture des peuples du Sud) coutait 120 à 150 birrs le sac de 100 kg en février. Les Hamers ne pouvait pas en acheter autrement qu'au détail (par 1 ou 2 kilos) compte tenu du prix. Aujourd'hui, un peu plus de 400 birrs le sac de 50 kilo. Le tef (avec lequel on fait l'ingera, base de la nourriture d'une grande partie de la population) valait 450 birrs en février. Aujourd'hui 1100. Savoir que le salaire d'un petit fonctionnaire est de l'ordre de 600 à 800 birrs par mois. Bien évidemment, tout le monde n'a pas de salaire... Pas de mouvements de population. Pour tous ceux qui vont en Ethiopie, si vous le pouvez, en dehors des grandes villes, n'hésitez pas à acheter et offrir de la nourriture. Que ce soit des céréales (sorgho ou teff ou maïs), des biscuits, des fruits, des morceaux de canne à sucre, tout ce qui se mange. Ne parlons pas de "goutte d'eau dans la mer". Une personne sauvée est une personne sauvée et quand vous vous verrez dans une glace, faites vous une bise.
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
MI Mimikita Regular ·
merci pour votre reponse et elle confirme mes craintes. je suis plutot mal a l'aise avec ce voyage qui prend une tounure a laquelle je ne m'attendais pas, car faire du tourisme dans une region en souffrance ça ne me plait pas. effectivement, si l'on s'y rend, nous acheterons des sacs de grains mais j'ai peur que notre périple soit considéré comme du voyeurisme . nous ne pouvons pas repousser les dates car les billets sont achetés (on s'y est pris assez tot a cause de la hausse des prix des carburants). j'espere qu'il y aura une recolte dans le nord et que l'aide internationale distribue des vivres dans le sud.
LA FORCE DU BAOBAB EST DANS SES RACINES
MA Maesjl Regular ·
Il n'y a aucun malaise à avoir. Le voyeurisme est un jugement que portent les autres (pas les gens du Sud) et dont on n'a que faire si l'on sait qu'on n'y va pas pour cela.. Allez-y, si vous le pouvez donnez un peu de nourriture. Votre présence si elle n'est pas liée à la curiosité peut apporter un soutien appréciable et apprécié, au delà de la nourriture. Les gens qui ont faim n'en sont pas moins sensibles au sourire et le biscuit que vous donnerez sera plus qu'un aliment. Personnellement, je pars mi septembre et je resterai dans le sud environ 3 semaines. Croyez bien que je ne me sens ni voyeur ni bienfaiteur. Je vais simplement rendre visite à des amis qui souffrent et tenter de diminuer et de partager leur souffrance.
Voyager c'est rencontrer plus que voir.

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