Sur la Route de la soie: chroniques d'un sexagénaire en autonomie complète

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De Pékin à Khiva: Chine, Kyrghisistan, Tajikistan, Ouzbékistan Chronique des anecdotes, faits marquants et autres aventures qui ont émaillé ce périple de huit semaines en 2018.



Le far-west chinois Plus de 30 ans après mon premier voyage en Chine de l'est, je réalise enfin un vieux rêve : partir en solo depuis Pékin vers le grand ouest, découvrir le XinJiang, le peuple Ouïgour et l'oppression qu'il subit, les oasis de Turpan et Kashgar, le désert du Taklmaklan, la fin de la grande muraille... Itinéraire parcouru en train.

MENU 1° PARTIE : CHINE

1- Pékin (Jiankou) : l'authentique grande muraille, sans touristes 2- A vélo dans Pékin, le meilleur moyen de circuler 3- Pékin : départ pour le grand ouest 4- Jiayuguan : se débrouiller autrement qu'en anglais 5- Jiayuguan : arnaque et patrimoine 6- Dunhuang : l'abondance en plein désert 7- Turpan : les ouïgours sous haute surveillance 8- Kashgar : coup de coeur pour la vieille ville 9- Kashgar : recette chinoise pour mater la populace 10- Tashkurgan : mais quelle idée d'aller là-bas ! 11- Frontière kirghise : une épopée surréaliste Album photos années 80 , contributions d'autres voyageurs (page 2)

1- JIANKOU Retrouver l'authentique grande muraille, sans touristes et sans guide Vendredi 24 août 2018 Pas envie trente ans après de revoir la grande muraille à Badaling ou un autre site surpeuplé. Je choisis de la parcourir à Jiankou, dans sa partie la plus sauvage, authentique et non restaurée, en partant d'un village perdu au fond d'une vallée, finalement pas si perdu que ça vu qu'il y a tout pour communiquer.



Inutile de payer un taxi pour s'y rendre, en combinant bien les horaires on peut utiliser les bus pour quelques yuans. Il faut descendre à Xizhazi, terminus du bus. Attention, il n'y en a que deux par jour dans chaque sens. A l'arrêt de bus pour Xizhazi, j'ai croisé un jeune couple débarqué ici sans la moindre information sur ce qui les attendait. Nous avons fait la rando à trois en direction de la partie restaurée de Mutianyu.

Prudence quand même Avec le GPS et un fond de carte topographique (OpenTopoMap), on peut se lancer sans problème et sans guide. Le sentier de montée à Jiankou, facile, est bien tracé. Les autres sentiers pour redescendre le sont aussi. Mais prudence, car une fois sur la muraille, on est bien dans de la randonnée montagnarde, avec passages d'escalade faciles mais dangereux par endroits (au dessus du vide). Amateurs ou sujets au vertige s'abstenir ! Mais quelle récompense. La muraille pour toi seul, là où elle est la plus audacieuse. Vraiment envoûtant.

D'autres photos...

2- PEKIN Le meilleur moyen de circuler dans la capitale Dimanche 26 août La meilleure manière d'explorer la ville reste malgré tout le vélo. La plupart sont en formule Vlib mais il faut utiliser une application, le fameux Wechat, l'application qui sert à tout, comme par exemple contrôler vos faits et gestes. Pas question bien sûr de l'installer.



J'en ai trouvé un chez un loueur proche de l'auberge. L'important, c'est de rapidement maîtriser les coutumes locales en matière de circulation pour limiter les risques. Les espaces dévolus au vélo sont très larges le long des avenues.

Cependant il faut bien : - être attentif à tout ce qui stationne sur les pistes, le plus énervant étant ceux qui téléphonent ou font la sieste dans leur bagnole - surveiller tout ce qui arrive à contresens la liste est longue - le pire, c'est les tourne à droite au feu rouge qui, dans le code de la route chinois, ont l'air d'être prioritaires Une fois assimilé, c'est bon, et la ville étant immense mais toute plate, on peut y aller au juger.

3- PEKIN En train pour le grand ouest Dimanche 26 août La gare de Pékin ouest a les dimensions et le fonctionnement d'un aéroport. Avec ton E-ticket envoyé par l'agence, tu dois d'abord aller retirer ton billet au guichet spécial "English", non sans avoir passé un portique de sécurité. Muni de ton sésame tu dois ressortir puis entrer par la porte d'accès non pas au quai mais aux salles d'attente d'embarquement, non sans avoir passé un deuxième contrôle de sécurité.

Après tu trouves le bon hall et tu attends le signal du panneau pour enfin accéder au quai. Finalement ça fonctionne plutôt bien vu la quantité incroyable de passagers à gérer. J'ai pu me rendre compte partout dans Pékin que les chinois sont passés maîtres dans l'art de la gestion des flux.

Belle surprise : les wagons de seconde classe sont propres, climatisés, lumineux. Ça tombe bien car j'y suis pour 20 heures. Une employée en uniforme pour chaque wagon, service repas ambulant, le luxe quoi. Petit bémol : pas de coin pour les bagages. Grimper sa valise quand on est sur la couchette du haut, c'est plutôt physique. Moi ça va, je suis au milieu. En revanche, qu'il soit rural ou urbain, le paysage est assez lugubre. Ça devrait changer quand on va quitter les plaines de l'est.

J'ai eu droit bien entendu à ma première visite des flics avec épluchage en règle de mon passeport et fouille de mon sac. J'étais prévenu, aller dans le far-west chinois m'expose à ce type d'inconvénients. Mais poli et respectueux.

Le far-west chinois

4- JIAYUGUAN Se débrouiller autrement qu'en anglais Lundi 27 août Aux portes de deux déserts (Gobi et Taklamakan) et au pied des hauts plateaux du Tibet, c'est à Jiayuguan que se termine la grande muraille. Ici c'est la Chine plus profonde que j'ai un peu retrouvée au hasard de ma balade à vélo, même si on ne circule plus qu'avec des deux roues électriques et qu'on ne me regarde plus comme un extra terrestre.



Les prix n'ont rien à voir avec Pékin : tu trouves un plat complet pour deux euros et mon vélo me coûte 7€ pour deux jours. De plus, peu de gens parlent anglais, ni le patron du HI hostel où je loge, ni les vendeurs de billets sur les sites à visiter, encore moins les serveurs des gargotes ou je vais manger, et tout est écrit en chinois. Du coup, ça m'oblige à utiliser le peu de chinois que je possède pour communiquer sur le vital. Ca fait marrer les autochtones de voir un européen essayer de parler leur langue, mais ça force le respect. Avec en plus l'assistance de Google translate, j'arrive à m'en sortir.

Coup de gueule : avec leurs avenues barrées pour travaux au bout de plusieurs kilomètres et sans avertissement, leurs nouvelles routes qui ne sont pas encore sur les cartes, j'ai sûrement fait 15 kms de détours. D'autres photos...

5- JIAYUGUAN Arnaque et patrimoine Mardi 28 août La grande muraille ne se termine pas exactement au fort que j'ai visité hier mais 10 km plus loin, à l'entrée des gorges d'une rivière au pied des montagnes. Il n'en reste plus qu'une tour bien abîmée (plutôt un tas de terre) et un tronçon de mur d'argile, semblable à celui que j'ai parcouru hier à VTT.



Ce matin j'enfourche donc le vélo bien décidé à faire un bout de désert pour voir ce site hautement symbolique. D'abord, on y accède par une large route toute neuve, sur laquelle ne circule pas un chat. Un peu avant le site, je tombe sur un super portail d'accueil, bien dans le style d'époque, mais qui est en fait l'inévitable guichet de péage d'entrée.

Derrière le portail la route continue, rectiligne, jusqu'au site dont on aperçoit au loin, à au moins 2 km, le bout de tour et de muraille. Je dois impérativement laisser mon vélo ici. Bon. Je vais au guichet et je demande le prix : 120 yuans! J'en reviens pas : un peu plus de 15 euros pour un simple monticule de terre.

Je montre mon mécontentement à l'employée qui de toute façon s'en fout complètement et fais aussitôt demi tour. 120 yuans, c'est le prix à payer pour une route neuve, un beau portique plante deux km avant juste pour t'obliger a prendre une navette, des employés qui n'ont rien à foutre de la journée... Je comprends maintenant mieux pourquoi je n'ai rencontré personne !

Un peu chère la Chine patrimoniale D'une façon générale les sites sont chers pour le niveau de vie du pays, mais ceux qui voyagent sont sensés avoir du blé, alors pourquoi se gêner. J'ai même renoncé à la cité interdite, réservation obligatoire plusieurs jours à l'avance (ou alors au marché noir a un prix pas possible). Je préfère en garder le souvenir de mon premier séjour, quand l'entrée avait dû nous coûter quelques dizaines de centimes, et qu'on n'était qu'une poignée de visiteurs.

Ce matin, j'ai pris un taxi pour aller voir de remarquables tombeaux de gens du peuple du IIIeme au VIeme siecle. Ce sont des petites caves voûtées constituées de briques peintes, représentant des scènes de la vie quotidienne. C'est très joli et émouvant. Mais là aussi, même si le prix est plus correct, je suis resté sur ma faim car une seule tombe sur les 16 se visite, et ce n'est apparemment pas la plus belle.

L'authentique Chine, du moins ce qu'il en reste... Au hasard des grandes avenues impersonnelles de la ville, on tombe sur un marché. Là on y trouve encore la Chine traditionnelle, petites boutiques à l'hygiène douteuse, joueurs de go, musiciens et même un prothésiste dentaire. Dernier refuge de ceux que la modernité n'a pas totalement atteints. D'autres photos...

6- DUNHUANG L'abondance en plein désert Mercredi 29 août Bon, je pensais que le paysage serait moins lugubre en arrivant dans l'ouest. C'est raté. La seule distraction dans cette étendue de sables argileux et sombres, ce sont les forêts de pilones et d'éoliennes, mais aussi les chameaux sauvages qui se font la course.

En revanche, la ville de Dunhuang, porte du Taklamakan, est de loin la plus agréable des villes chinoises que je connaisse. Il y a un vrai centre ville qu'on parcourt à pied. Il fait chaud mais sans plus, et il souffle un vent léger et sec. Bien plus agréable qu'à Pékin. Les chinois Han sont encore majoritaires, mais les Ouïgours musulmans y sont plus nombreux, et la prière du muezzin résonne autour de la mosquée.

Le plus étonnant est cette abondance de fruits et légumes d'une grande diversité. On se demande comment tout cela arrive à pousser ici. Bien irrigués, les sables du désert sont très fertiles. Ici, les raisins secs ont des parfums subtils et mystérieux, et le mouton a vraiment goût de mouton.

Aujourd'hui, visite des incontournables Mingshashan, un ensemble de dunes à côté desquelles le Pila est une taupinière. Le Pays Basque, mais recouvert de sable... D'autres photos...

7- TURPAN Les ouïgours sous haute surveillance Vendredi 31 août Caméras de surveillance partout dans la ville, policiers armés en faction aux carrefours, devant les bâtiments publics, à l'entrée et dans les sites touristiques, postes de police à tous les coins de rue, patrouilles à pied ou en voiture, uniformes kaki même pour les collégiens... ici les chinois Han sont minoritaires et ça se sent. Turpan ressemble à une ville en état de siège.



Pour entrer dans l'auberge de jeunesse où je loge, il y a même un portique de sécurité, et la fille à l'accueil (une Han, comme tout ceux qui touchent au tourisme) porte un gilet pare balles ! Rassurant. Bon, faut aussi relativiser, on ne se sent pas particulièrement menacé ici, surtout comme européen. Les emmerdeurs, ce sont les chinois, pas les Ouïgours. A ce propos, d'une manière générale, la Chine est un pays très sûr pour le visiteur.

Souriez, vous êtes flashé ! J'étais à vélo sur une avenue quand la voiture devant moi s'est fait flasher alors qu'elle roulait doucement. J'ai vite compris pourquoi quand je me suis fait flasher à mon tour.

Ici l'heure officielle est celle de Pékin, mais il fait nuit deux heures plus tard. Ce sera encore pire à Kashgar. Plus délicat à gérer : tout l'affichage est en chinois et en arabe. Rien en anglais. Pour choisir un menu, c'est au petit bonheur la chance. A part quelques jeunes chinois, personne ici ne parle anglais et mon chinois n'a pas l'air très compréhensible...

Mogao, terminus de la route pour les Han Sinon, hier, près de Dunhuang, je suis allé à Mogao, un ensemble de grottes creusées décorées de sculptures et peintures en hommage au Bouddha. Superbe, mais que de monde ! Par chance, ici à Turpan, les touristes chinois ne s'aventurent pratiquement plus. Du coup, j'ai visité une ville fantôme de la route de la soie avec seulement une poignée d'autres visiteurs et sous un vent tempétueux.

La ville moderne chinoise grignote tous les vieux quartiers Ouïgours, il ne reste qu'un quartier musée au centre et des îlots de résistance en périphérie condamnés à disparaître dans peu de temps. D'autres photos...

8- KASHGAR Coup de cœur (relatif) pour la vieille ville Dimanche 2 septembre Ça y est, après trois trains de nuit, me voici à l'extrême ouest chinois, à près de 4000 km de la capitale. Malgré l'omniprésence policière et une vieille ville conservée façon UNESCO, Kashgar est mon coup de cœur chinois.



Enfin chinois..., façon de parler, car on est ici en territoire Ouïgour, peuple d'origine turc, qui n'a rien à voir culturellement avec le Han, le chinois de l'est. Ça commençait plutôt mal hier à la gare de Turfan, où après 3 passages de portique de sécurité, au moins 5 contrôles du passeport et une fouille des bagages, 3 adorables policières m'ont confisqué la lotion antibactérienne sous prétexte qu'il y avait le logo inflammable dessus...

Ensuite, ce fut la haie d'honneur d'accueil de flics en armes à la gare de Kashgar. Une fois tout ça franchi, on te fout la paix, sauf qu'il faudra quand même passer les contrôles de sécurité comme le reste de la population pour entrer dans la vieille ville, entrer dans le bazar, entrer dans le marché aux bestiaux... Plus on va dans l'ouest, plus l'état de siège est marqué. Heureusement que la frontière n'est plus très loin...

Malgré les inévitables destructions - reconstructions, le centre ville a été bien préservé. Heureusement, car c'est un style très original, mélange d'autochtone et de colonial. J'adore, même si c'est un peu trop artificiel, aseptisé et édulcoré, et plutôt vide d'habitants. Sur la route de la soie, la ville était renommée pour sa bonne bouffe. Et c'est toujours d'actualité, rarement vu une telle richesse et abondance de victuailles ! Et pas seulement des scorpions ou des serpents. D'autres photos...

9- KASHGAR Recette chinoise pour mater la populace Samedi 1° septembre Le Xinjiang est avec le Tibet une zone "sensible" de rébellion au regard des autorités chinoises. Résultat, l'état met ces régions et leur population totalement sous contrôle. Les touristes en mesurent eux-aussi les conséquences, même s'ils ne risquent pas à priori les camps de rééducation. - Mettre des barbelés et défenses anti voiture bélier autour des sites sensibles (écoles, grands hôtels, administrations...) - Mettre des portiques de surveillance du trafic avec caméra et flash photo (pour tous les véhicules qui passent, y compris les vélos) partout en ville et même en rase campagne - Poster des gardes en uniforme avec taser, piques ou énormes battes de base-ball tous les 100 mètres. - Entraîner la population Han (chinois d'origine) à l'autodéfense avec bâton, de préférence le matin dans la rue. Hommes et femmes de tous âges. - Entrer à l'école au son de l'hymne national, faire des exercices militaires et recevoir de l'endoctrinement politique, bien alignés dans la cour. (Bref l'école rêvée pour tout enseignant) - Mettre un mouchard en uniforme (pseudo gardien) dans les lieux de rassemblement public, comme par exemple les auberges de jeunesse. Le mien passe sa journée à glander dans la cour. - Mettre des drapeaux chinois partout dans la rue, pour bien rappeler qui est le maître. - Mettre des portiques de sécurité à chaque entrée de zone fréquentée par les touristes (merci pour eux) mais pas seulement. - Ne jamais photographier les flics, sinon gare ! J'ai essayé mais pas facile...

Avec ça, c'est sûr, tu peux déambuler sans risque Pas beaucoup de délinquance ! Quant à la somme que dépense l'état chinois pour entretenir un tel dispositif, elle est faramineuse ! Un tiers des Han vivant au Xinjiang travaille dans la sécurité. Aujourd'hui déambulation libre dans le vieux Kashgar, somme toute assez grand. D'autres photos...

10- TASHKURGAN Mais quelle idée d'aller là bas ! Mercredi 5 septembre D'abord, il y a le taxi, bien pourave, avec un chauffeur qui ne connait pas un mot d'anglais et n'arrête pas de cloper. Plus de six heures là dedans !... partagées avec un américain complètement azimuté.



Ensuite, il y a tous les check-points qui jalonnent le parcours. J'insiste pas, vous connaissez maintenant la chanson.

Après, il y a la ville de Tashkurgan, rien à voir, rien à faire. Désert dès la nuit tombée. Il y a cette immense auberge de jeunesse et ces quelques chinois égarés qui tapotent le smartphone en fumant clopes sur clopes. Cette faune américano européenne tout aussi égarée, qui s'échange des tuyaux sur la manière d'entrer au Pakistan ou au Tajikistan

Heureusement, il y a la route du Pamir chinois, bordée de pics à plus de 7000m. Il y a le sentiment de ne plus être en Chine, avec une population dont les traits sont ceux du moyen Orient. Et ces femmes tadjikes aux étonnantes coiffures et costumes chatoyants. Il y a le fait d'avoir atteint la plus occidentale des villes chinoises, loin de la foule et des sites touristiques. Une sorte de bout du monde. D'autres photos...

11- FRONTIERE KIRGHISE Une épopée surréaliste Jeudi 6 septembre La route qui va de Kashgar à la frontière avec le Kirghizistan fait un peu plus de 200 km et passe dans de beaux paysages de montagnes colorées, désertiques, aux plissements acrobatiques. Voilà pour la partie bucolique du voyage. Hier j'ai réussi à réunir 4 personnes pour louer un minibus afin d'atteindre plus facilement cette frontière : un espagnol et un argentin que j'avais déjà rencontrés à Turpan, et deux néo-zélandais qui avaient répondu à l'annonce laissée à l'auberge.

Absurdité et paranoïa des autorités chinoises Le point culminant est la traversée de la ville de Wuqia, 50 km après Kashgar. Finalement, après décomptes avec mes compagnons de galère, nous avons du passer une dizaine de check points avec : - épluchage des passeports : 14 fois, certaines fois par deux flics cote à cote. - contrôle des sacs : 4 fois. - épluchage du smartphone : 2 fois, avec effacement des photos "non conformes", inscription de ton IMEI dans le registre de sortie !... Absurde et surréaliste à la fois, puisque mon appareil photo est resté dans le sac, mes applications sont en français, mes photos depuis longtemps en ligne...

Du coup, avec tout ça, on est arrivé juste pendant la pause repas du dernier contrôle avant le no man's land qui marque le passage entre les deux pays. Et boum! 1h30 d'attente en plus, en compagnie des camionneurs bien plus rodés que nous.

Que penser ? Les flics eux mêmes ne sont pas dupes. Ils jouent le rôle qu'on leur demande, mais il arrive qu'on leur arrache un sourire tant eux mêmes se rendent bien compte du ridicule de la situation.

Quel but ? C'est la grande question à laquelle mes compagnons et moi sommes tentés de répondre par "faire ch... le monde". Te montrer que ta place n'est pas ici, mais avec les autres touristes, là bas dans l'est, à Shanghai, Xi'an ou Canton.

Quant à toi, voyageur d'un pays démocratique, tu vis vraiment ça comme une agression, une humiliation, une violation de ton espace privé. Et encore moi, on me respecte, on me parle correctement. Aujourd'hui, je mesure mieux ce que peut ressentir au quotidien un palestinien ou un citoyen d'un pays occupé. Une expérience unique ! Merci aux chinois.

Et pour finir, le pompon ! Ca reste quand même, après le franchissement du dernier obstacle avant la délivrance du tampon de sortie, ce bouton lumineux sur lequel tu appuies pour évaluer ton passage. J'étais tellement surpris que ça s'est éteint avant que je réagisse. L'espagnol, avec beaucoup d'humour et de dérision, a eu le temps de voter "excellent". Finalement, il n'a pas tort, on peut difficilement faire mieux !

PS : j'ai largué mes acolytes à la frontière. Ils ne voulaient pas payer un taxi pour continuer. Du coup je me suis payé le taxi direct pour Osh. Les 100 premiers kilomètres sont fabuleux. J'ai pas pu faire beaucoup de photos, mais j'y repasse lundi pour aller au Tadjikistan

D'autres photos...

La suite de la route de la soie, 2° partie, dans ces carnets : Kyrghisistan, Tajikistan, Ouzbékistan.
sarana
SA Sarana Regular ·
De Pékin à Khiva Anecdotes, faits marquants et autres aventures qui ont émaillé ce périple de huit semaines en 2018

MENU 2° PARTIE : KHIRGISISTAN, TADJIKISTAN, OUZBEKISTAN

1- Osh : welcome in Kirghisistan 2- Sari Mogol : fantastique Lénine 3- Murghab : le président sous la neige 4- Murghab : le manager règne sur la ville 5- Pamir highway : le passeport universel des français 6- Pamir à vélo : y réfléchir à deux fois 7- Khorog : taxi partagé, ne pas se laisser monter sur les pieds 8- Langar : Marx et Engels, un peu frustrants les cocos 9- Khorog : l'instit arrondit ses fins de mois 10- Khorog : are you going to Douchanbé ? 11- Monts Fan : c'est toujours le même qu'on emm... 12- Samarcande : les avantages du plat pays 13- Boukhara : une ville un peu morte 14- Khiva : pour finir en beauté 15- Khiva : portrait type du tour opérateur 16- Khiva : les mamas ouzbèques en route pour la capitale 17- Tashkent : du passé faisons table rase

2° partie : de la frontière kirghise à Khiva Cap sur les anciennes républiques soviétiques d'Asie Centrale, longtemps restées interdites au voyageur, loin du tourisme de masse et des tours opérateurs. A la découverte du Pamir, sa population, ses montagnes, et ses routes impossibles. Fin du voyage avec les cités d'Ouzbékistan, retoquées et habillées de neuf, classées au patrimoine mondial par l'Unesco et... un peu plus fréquentées.



1- OSH Welcome in Kirghisistan ! Vendredi 7 septembre 2018 Portable dans une main et volant dans l'autre, mon jeune chauffeur avale à fond la caisse les virages de l'interminable descente qui conduit à Osh. Comme le volant de son 4X4 japonais est à droite, je fais parfois office de copilote. Sa conduite plutôt sportive et ses dépassements tous azimuts devraient normalement me faire serrer les fesses, mais le gars maîtrise parfaitement son sujet. Un artiste dans son genre qui traverse, évite ou dépasse avec habileté tous les obstacles qui surgissent sur la magnifique route qui longe d'abord les plus hauts sommets du Kyrghisistan, traverse ensuite des hauts pâturages verdoyants parsemés de yourtes, puis des montagnes déchiquetées aux roches multicolores, avant de terminer sa course dans la plaine de Osh. D'autres photos...

En revanche, le Kirghistan n'a pas l'opulence de son voisin. Service minimum pour la ville de Osh, la deuxième du pays, avec ses trottoirs défoncés, ses rues poussiéreuses et sans éclairage, ses immeubles déglingués de l'époque soviétique, ses mendiants... Les normes sanitaires, environnementales, de sécurité électrique... ce n'est toujours pas pour demain. Mais tu as une assiette repas pour un euro et les cornets de glace sont à 25 centimes. Bref, une ville du tiers monde.

2- SARI MOGOL Fantastique Lénine Mardi 11 septembre Bien sûr je ne parle pas du premier vecteur de la catastrophe communiste, mais du Pic qui porte encore son nom (dérision ? nostalgie ?) posé sur la frontière entre Kirghisistan et Tadjikistan. Pour arriver à ce panorama éblouissant, j'ai quitté Osh en compagnie de Christian en taxi partagé jusqu'au village de Sary Mogol, niché sur un vaste plateau venteux et poussiéreux. Ce matin un taxi nous a fait traverser ce plateau par une piste de 20km jusqu'au camp de base du Pic Lénine. Après, une randonnée plutôt facile (20 km A/R, D+800m) permet d'atteindre l'épaule d'une moraine à 4200m, fabuleux belvédère sur le massif. Forcément grandiose et inoubliable. A mettre sur le podium de mon top randos. D'autres photos...



3- MURGHAB Le président sous la neige Mercredi 12 septembre La route qui relie le sud du Kirghistan à Murghab au Tadjikistan a peut être été partiellement goudronnée du temps de Staline, mais elle est restée depuis à la merci des intempéries. Il faut une bonne journée bien tape cul. Autant s'y faire, ce sera comme ça durant toute la traversée du pays. Mais les paysages sont magnifiques, ils ne se décrivent pas, il faut les vivre.



Grâce à deux jeunes israéliens dynamiques et débrouillards, nous avons partagé un taxi en compagnie de trois taïwanais accrochés à leur appareil photo. Après avoir passé la frontière sans difficultés particulières (sauf une heure trente d'attente, tu sais pas pourquoi...), puis traversé un désert de montagnes, tout juste égayé par l'étonnant lac Karakul, nous voilà à Murghab, petite ville dont on se demande un peu comme nous ce qu'elle fait ici, surtout quand on y arrive le soir.

A Murghab, point de rues goudronnées, point d'éclairage public, point de toilettes, point de lit, pas toujours d'eau ni d'électricité, mais... et oui, un soupçon de WIFI qu'il faut pouvoir accrocher au bon moment. On dort sur des tapis à même le sol, on mange végétarien et il faut traverser la chambre des hôtes pour aller dans la nôtre. Mais l'étape s'impose et il y a un ou deux treks intéressants.

Et bingo ! c'est justement ce jour que le président a choisi pour se perdre dans ce trou Du coup la ville est paralysée : pas de taxi, tout fermé. Juste la possibilité de déambuler dans le patelin avec son passeport. Donc ce sera matinée de repos (forcé). Ici à la guesthouse, les hôtes ont préparé leur plus beau costume. Finalement, ça devrait valoir le coup d'œil (à suivre...)

... Et finalement c'est sous la neige (faut dire qu'on est à 3600m) que le président est venu en hélicoptère ce matin inaugurer un bâtiment tout neuf juste en dessous de notre guesthouse. Du coup, on est resté bien à l'abri pour suivre de loin la cérémonie, sans voir autre chose que la garde rapprochée qui encerclait le bâtiment. Pour ce qui est du président, on s'est contenté des nombreux portraits exposés dans la ville. D'autres photos...

4- MURGHAB Le manager règne sur la ville Jeudi 13 septembre Gumbeskul pass est un trek de 18 km qui démarre au fond d'une vallée sauvage, à 20 km de piste de Murghab. On grimpe à 4.750 m, puis on redescend dans une autre vallée, tout aussi sauvage, à 25 km de Murghab.



Il faut donc affréter un 4X4 qui nous amène dans la première vallée et vient ensuite nous récupérer dans la deuxième. Et faire confiance au chauffeur !...

Ce qui fut brillamment organisé par le patron de l'unique hôtel local, le "manager" comme on l'appelle ici, une sorte de grand manitou -au demeurant fort sympathique- par qui semble passer une bonne partie de l'organisation touristique et la logistique des transports. Mais les prix qu'il négocie sont corrects. Et c'est même lui qui prend la commande au resto ! Un bon plan pour Murghab ? Alors n'hésitez pas, passez par lui. D'autres photos...

5- PAMIR HIGHWAY Le passeport universel des français Samedi 15 septembre 2018 La route qui relie Murghab à Khorog, aussi appelée Pamir highway, est sans conteste une des plus belles du monde, mais en parcourir les 350 km a un coût : 15 dollars. Pour ce prix là, faut pas s'attendre à de la première classe dans un 4X4 rempli avec sept autres passagers.



Pour ma part, je me suis retrouvé devant à partager le siège conçu pour une personne et demi avec un autochtone.

Dans ces conditions, il vaut mieux sympathiser avec ladite personne parce qu'autrement la journée risquerait d'être pénible. Et c'est là qu'intervient le passeport magique du voyageur français, à savoir : "le football !". En plus, champions du monde, ça t'ouvre encore plus les portes, et on me serre la louche comme si j'avais fait partie de l'équipe.

Dans le projet initial, j'avais envisagé de rejoindre Khorog par la route sud, le long de la frontière afghane. Mais la saison est déjà bien avancée et il n'a pas été possible de trouver un véhicule pour nous y emmener. Tant pis, on en fera quand même un bout au départ de Khorog.

Parmi les plus belles routes du monde Sinon, la Pamir highway enchaîne les soubresauts en permanence, que ce soit dans ses parties goudronnées ou dans ses tronçons en piste. Il vaut mieux avoir un œil sur l'état de la route avant d'admirer le paysage au risque de se casser le dos. La première moitié traverse un haut plateau désertique où ne survivent que quelques loups errants. L'autre moitié est une longue descente dans une vallée verdoyante arrosée par un torrent aux eaux turquoise. Pour donner une image, ce serait un peu comme une haute vallée aragonaise avec les plus hauts sommets des Alpes en arrière plan.

Khorog : une ville du tiers-monde Hormis son parc, la ville n'a pas beaucoup de charme mais comparé à Murghab, ici c'est l'opulence. On a même une salle de bain dans notre homestay avec de la vraie eau chaude, c'est vous dire. Et en plus le climat et l'altitude (2000m) ont changé, ce côté ci du Pamir est plus chaud et plus ensoleillé.

A deux pas d'ici, c'est l'Afghanistan, misérable, quasi inaccessible. Mais sans danger car le couloir de Wakham que nous devrions emprunter demain vers Ishkashim (côté tadjik) n'est pas aux mains des talibans. D'autres photos...

6- PAMIR A VELO Mieux vaut y réfléchir à deux fois Dimanche 16 septembre 2018 Le Pamir est une région réputée pour les randonneurs cyclistes au long cours. L'attentat de juillet où quatre d'entre eux (dont un français) ont été volontairement fauchés puis égorgés par des djihadistes ne les a en rien dissuadés. On en voit un ou deux de temps à autre sur la route, chargés comme des mules, en train de slalomer autour des nids de poules.

Deux d'entre eux, des français, ont fait étape dans la même guesthouse que nous. Il en ressort que, compte tenu des difficultés de la route, pédaler ici exige une énorme force de volonté car : - tu dois constamment surveiller ta trajectoire à cause des nids de poule, du coup tu ne profites même pas du paysage - on dépasse difficilement les 40 km par jour en raison de l'état des routes et des conditions climatiques - ce qui fait qu'il faut parfois deux jours pour monter un col - même dans les descentes il faut souvent pédaler à cause de la piste trop sablonneuse - on peut passer plusieurs jours sans voir de village, il faut donc prévoir le matériel de bivouac et le ravitaillement en conséquence - quand le vent souffle, il souffle, et c'est généralement de face - à 4000 m, ca caille ! Du coup, tu te retrouves avec un ensemble vélo + matériel qui pèse près de 50 kg, et qu'il faut souvent pousser dans les raidillons.

J'avais bien compris tout ça en farfouillant sur les forums. Mon projet initial d'une partie de la route de la soie à vélo est vite passé à la trappe. Mes prochaines itinérances à vélo, ce sera en Europe ou en Amérique du Nord.

7- KHOROG Taxi partagé, ne pas se laisser monter sur les pieds Dimanche 16 septembre de lignes de bus dans le Pamir, le relief et l'état des routes ne le permettent pas. Il faut donc utiliser le taxi, en général un 4X4, qui peut être privé ou partagé. Pour le taxi privé, on paye à la course et on partage selon le nombre de personnes.



Comme ça tourne autour des 100 dollars (pour 100 à 200 km) ça ne devient intéressant qu'à quatre car on gagne beaucoup de temps.

Pour le taxi collectif, il faut se rendre au point de rassemblement et trouver un chauffeur qui accepte de vous conduire, mais il faut attendre que le véhicule soit rempli avant de partir. Mieux vaut donc arriver tôt. Dans ce cas, ça coûtera 10 dollars pour 200 km. Les prix sont fixes, même si je pense que les autochtones payent souvent un peu moins cher.

Voilà pour le postulat de départ Mais rien n'est simple car l'enjeu pour le chauffeur est double : - Faire le plein de son taxi (7 ou 8 passagers) - Trouver des passagers qui vont jusqu'à son terminus, puisque ceux là paieront le prix maximum, alors que ceux qui descendent à mi parcours ne paieront que la moitié. Ceci étant posé, j'en arrive au fait.

Ce lundi matin nous trouvons très rapidement un taxi qui va nous emmener de Khorog à Langar, dans la vallée de Wakham, une étonnante région dont je reparlerai tout à l'heure. Langar, ça tombe bien pour lui, c'est son terminus. Le prix, 10 dollars pour 200 km, ne se négocie même pas. En plus, avec nous, il affiche complet, 7 places assises : nous deux, un polonais habile négociateur russophone que nous avions connu à Osh, un américain photographe également russophone, un archéologue australien d'origine polonaise lui aussi russophone, deux autochtones partis faire des achats et que nous devrons attendre une demie heure, dont l'un doit descendre à mi parcours (élément important pour la suite). Tout s'annonce donc bien...

A qui les meilleures places ? Ça frotte un peu au moment de la répartition des places. La meilleure, celle de devant, est objectivement attribuée à l'Américain en raison de son gabarit. La banquette centrale, la plus confortable, nous nous l'attribuons d'office avec le polonais, après tout nous payons plus cher et les autres ne sont pas revenus du marché. L'archéologue ne rechigne pas à la banquette arrière. Les deux autochtones finissent par arriver et s'installent aussi derrière sans trop rechigner non plus. A sept passagers, le taxi est donc complet et prêt à partir.

Mais voilà que surgit un autochtone à casquette et yeux bleus, dont on finit par comprendre qu'il veut monter avec nous. Il nous demande de nous pousser pour monter à quatre sur la banquette centrale. Cet enf... de chauffeur n'intervient pas bien sûr, d'autant plus que le bonhomme va jusqu'au terminus. (En fait ils se connaissent bien, on le découvrira plus tard). Le type compte bien que nous accepterons sans rechigner. Mais il se fourre le doigt dans l'œil car il est hors de question que nous soyons serrés comme des sardines toute la journée, ce qu'on ne manque pas de lui faire savoir. Le mec tente alors une installation en force sur la banquette arrière, mais forcément ça coince. Du coup, il tente à nouveau sa chance avec nous, mais là encore il se fait proprement rembarrer et le chauffeur en prend pour son grade (mon premier coup de gueule dans ce pays) : si le gus monte, nous on se tire !

Le rapport de force est donc en notre faveur et le chauffeur l'a bien compris. A lui maintenant de gérer la situation. Et après 10 bonnes minutes de palabres en Tadjik, c'est finalement le pauvre mec qui devait descendre à mi parcours qui se fait éjecter ! Je ne l'ai pas vu mais je crois bien qu'il nous a gentiment bénis...

Pour couronner le tout, à mi parcours, le chauffeur a retenté le coup, cette fois-ci avec sa propre frangine (soit-disant) qui attendait sur le bord de la route. Mais les regards apitoyés de l'une et de l'autre ne nous ont pas fait céder d'un pouce. Nous partîmes donc à 7 et arrivâmes à 7. Enfin presque, car à deux kilomètres de l'arrivée, nous avons pris avec nous un enfant qui sortait de l'école. Celui là, nous aurions eu des scrupules à le laisser au bord de la route, la nuit commençait à tomber...

Aux portes de l'Afghanistan Sinon, la route (souvent goudronnée) que nous avons empruntée remonte le cours de la rivière frontière entre le Tajikistan et l'Afghanistan. D'un côté "l'opulence" du 18eme PIB ( par ordre décroissant) et de l'autre celle du 10eme. D'un côté un semblant de route goudronnée, des téléphones portables et des bagnoles. De l'autre, une simple piste, des maisons en terre et des paysans qui avancent à pied ou à dos d'âne. Mais le paysage est d'une beauté sauvage et harmonieuse dans sa première partie. Par la suite, la rivière s'étale dans une vallée élargie et assez verte.

La route est l'unique axe de circulation. Ici s'affiche la vie rurale toute grouillante de la vallée. Un régal pour les yeux, avec en prime comme toile de fond, à seulement une dizaine de kilomètres, le massif de l'Hindou Kouch, frontière avec le Pakistan. Régulièrement des vallons perpendiculaires laissent entrevoir d'audacieux sommets enneigés. Inoubliable !

Grâce entre autres aux russophones, les relations se sont bien détendues avec le chauffeur et le huitième passager. Au point qu'avant d'arriver, le taxi qui fait aussi guesthouse propose de nous héberger pour 15 dollars en demie pension, habilement renégocié à 10 dollars par notre ami polonais (quelle perle celui-là !)

Quand au huitième passager, celui qui voulait passer en force, au premier point d'arrêt juste en face de l'Afghanistan, il a voulu me faire croire que des talibans en embuscade allaient nous tirer dessus, ce qui m'a particulièrement gonflé. Finalement à la fin du voyage, toujours grâce aux russophones, on s'est (presque) congratules !

Un air d'île grecque La guesthouse est située 500 m après le village, dans une superbe vallée suspendue, au pied des pics Marx et Engels. C'est en fait une belle propriété toute blanche, nous sommes bien étalés dans plusieurs chambres, l'accueil est convivial. Un coup de cœur instantané pour ce lieu quasi magique et totalement inattendu. Pour un peu on se croirait sur une île grecque. Du coup, nous allons revoir notre projet et probablement finir ici notre séjour au Pamir. D'autres photos...

8- LANGAR Marx et Engels, un peu frustrants les cocos Mercredi 19 septembre Notre guesthouse est à 500 m du départ du trek vers le pic Engels. C'est une belle rando qui conduit à un lac d'où émerge au loin la masse blanche du pic. Nous avons voulu pousser au-delà du lac avec l'ambition d'aller toucher la glace.



Pour y parvenir, il faut franchir la moraine du glacier * qui est épouvantablement longue. Au bout d'une heure de grimpe dans la caillasse et les blocs instables, nous avons dû faire demi tour. Il faut en fait deux jours pour atteindre le glacier. En plus la randonnée ne permet pas non plus de voir son voisin, le Karl Marx. Bilan : plus de 20 km, d+ 1200, un peu frustrant...

Journée plus calme le lendemain avec une randonnée vers les ruines d'un fort vieux de plus de 2000 ans, importante étape sur la route de la soie. La frontière afghane est à deux pas, juste de l'autre côté du ravin, presque à toucher depuis le fort. L'endroit, très isolé, est assez unique et envoûtant. Pour y aller nous avons pris un raccourci qui passe près du camp militaire et nous nous sommes fait gentiment (sans ironie) raccompagner sur la bonne route par une patrouille.

A propos des tadjiks C'est l'occasion de dire qu'ici les gens sont simples, pauvres même pour la plupart, mais jamais personne ne te demande quoi que ce soit, ne te sollicite pour ceci ou cela, n'exige un bakchich. Quand on t'adresse la parole, c'est souvent pour échanger quelques mots d'anglais. C'est agréable de savoir qu'il n'y a pas d'arrière pensée. Beaucoup de dignité chez les tadjiks. Je suis très admiratif.

Notre guesthouse est au cœur d'une vallée agricole où pousse un blé sans doute très bio mais bien peu productif. La récolte, le battage, le tri, tout se fait à la main ou plus rarement avec d'antiques machines. Ce tableau d'une campagne idéalisée me rappelle les scènes rurales des célèbres enluminures médiévales "les riches heures du duc de Berry" que j'utilisais comme support pour mes leçons d'histoire.

* Au retour, après avoir étudié le paysage sur Google, je me suis aperçu qu'on a remonté la moraine du mauvais côté. Si vous tentez l'aventure, ne suivez pas les cairns à gauche, mais longez la moraine par la droite.

9- KHOROG L'instit arrondit ses fins de mois Jeudi 20 septembre 2018 Retour à Khorog pour une courte étape avant de filer sur Douchanbé, la capitale. Le taxi qui nous amenés, hébergés, nous fournit aussi le retour. Un vrai tour opérateur. Le voyage est plus calme qu'à l'aller et nous arrivons à Khorog sans histoire après une journée de route. La patronne de notre guesthouse est institutrice. L'occasion de parler métier. Ici, une moitié des enfants va à l'école le matin, l'autre moitié l'après midi. Je comprends mieux pourquoi on voit circuler les enfants en uniforme (tenue bleu marine pour les filles avec ruban blanc, costard cravate sombre pour les garçons) matin, midi et soir. Et notre hôte est au même régime, elle travaille de midi à 16h. Elle a 25 filles et garçons dans sa classe bilingue tadjik- russe, et les enfants ont aussi une prof d'anglais.

L'avenir ici n'est pas bien rose pour ces enfants. Deux des filles de notre hôte travaillent à Moscou, ainsi que son mari...

Pas sûr que le métier rapporte beaucoup, pas plus que la guesthouse. Preuve en est, elle nous a demandé de payer notre pension avant que le marché ne ferme pour pouvoir acheter les œufs du petit déjeuner...

Et puisqu'on est dans la pédagogie... Hier soir, à Langar, la maîtresse de maison vient me voir avec son fils de 10 ans. Elle me montre un cahier d'écolier et un bouquin d'histoire où figure une photo d'un vase grec. Je finis par comprendre qu'elle voudrait que je fasse le dessin à la place du gamin. Dans mon anglais approximatif, je lui explique qu'en tant qu'ex instit, je ne peux pas. Pour un enseignant, peu importe que le dessin soit réussi ou non. Ce qui compte, c'est que ce soit l'enfant qui le fasse. Ce qu'elle semble avoir compris puisqu'elle n'insiste pas. Sauf que 5 minutes après, en jetant par hasard un œil dans le salon familial, j'aperçois la grande sœur consciencieusement appliquée à faire le dessin...

10- KHOROG Are you going to Douchanbé ? Vendredi 21 septembre 2018 L'instit guesthouse nous l'avait promis "Douchanbé ! No problem !" Tu parles... La ligne aérienne est interrompue depuis deux jours. Dommage, on ne va pas profiter d'un magnifique vol au ras des pics enneigés. A la place, on va devoir se taper encore une très très longue journée de taxi tape-cul.

Arrivés à 8 h au point de regroupement, à côté de l'aéroport, on s'étonne du faible nombre de véhicules, et personne pour nous sauter dessus. Comme il n'y a toujours pas de vol, les taxis ont vite été remplis. Seuls restent les derniers à la recherche de l'ultime passager qui fera le plein. Impossible de partir à deux et l'unique place restante a doublé de prix.

On reste là à se demander comment on va se sortir de ce pétrin, quand soudain déboule un véhicule en apparence bien équipé en sièges confortables. En descend une jeune femme plutôt classe : - Are you going to Douchanbe ? Ouf ! La chance est avec nous, et aussi avec les deux jeunes cyclistes françaises qui viennent de débarquer.

La jeune femme travaille à Moscou dans l'import et le traitement de pierres précieuses. Coincée par l'absence de vol pour Douchanbe et la saturation des taxis, elle a demandé à son beau-frère de l'amener. Trois femmes tadjikes et la fille de la bijoutière - qui n'arrête pas de vomir - complètent l'équipage. Et nous voilà donc partis normalement pour une quinzaine d'heures de voyage, toujours le long de la frontière afghane, mais pour une fois en galante compagnie.

La débrouille à la tadjik Et ce n'est pas parce que nous voguons vers la capitale que la route est meilleure ! Très souvent en descente, elle emprunte les méandres de la rivière grossissante. Ici les montagnes desséchées s'érigent en canyons pour soudain débouler dans de larges vallées fertiles où on découvre que chez les Afghans, il n'y a pas que des pauvres.

La bagnole était pas trop mal de l'intérieur, mais on n'avait pas fait gaffe au reste. Fallait bien que ça arrive : la crevaison. Et la roue de secours quasi à plat. Je sais pas comment, mais on était arrêté dans un hameau de trois maisons, et bien le chauffeur est revenu avec un pneu en bon état qu'il a fait monter trois kilomètres plus loin dans un de ces garages complètement paumés qui agrémentent les bords de route. La débrouille façon tadjike... N'empêche qu'à 18 heures, on n'était encore qu'à Kalaikum, à mi chemin, et la nuit commençait à tomber.

Et pour couronner le tout, on est tombé en panne. Normalement soit ça se répare vite, soit on passe la nuit ici. Du coup, apprenant qu'un taxi était en rade, le patron de l'hôtel d'en face s'est précipité pour nous louer des chambres. Trop drôle !

On n'aurait vraiment pas dû repartir Finalement, après plus de deux heures d'attente, nous voilà repartis. Mais on aurait vraiment dû dormir là, car rouler de nuit dans ce pays, c'est un sacré défi. Résultat, avec la batterie out, un phare en panne, la visibilité plutôt faiblarde, on s'est pris une vache dans le buffet. Bilan pour la bagnole : capot défoncé, phare gauche en vrac (heureusement celui qui était déjà out), pare choc dans le fossé. Quant à la pauvre vache, on ne sait pas ce qu'elle est devenue vu que le chauffeur ne s'est pas arrêté de suite.

Avec tout ça, et après plusieurs checkpoints où le chauffeur donnait chaque fois son bakchich, on a quand même fini par arriver entiers à Douchanbé à sept heures du matin, après 22 heures de route pour faire un peu moins de 600 km!

Au pays des soviets Ici on a trouvé un hôtel à bon prix qui a eu ses heures de gloire au bon temps du communisme triomphant. Maintenant, il est à l'image de l'idéologie et de son personnel : pas mal décrépit. Pour ce qui est de la capitale, avec ses riches avenues, ses bâtiments à l'architecture soviétique revue façon Las Vegas, on a du mal à imaginer que le pays autour d'elle est si dépourvu de tout. D'autres photos...

11- MONTS FAN C'est toujours le même qu'on emm... Lundi 24 septembre 2018 Départ pour les monts Fan à 200 km au nord de la capitale. Cette fois ci, il y a pléthore de taxis et c'est la ruée pour nous proposer des places. Du coup les prix chutent de façon vertigineuse et atteignent le plancher en moins de trente secondes. Le taxi est un sept places. Celle de devant est déjà prise.



Pas de problème pour avoir la banquette du milieu dans la mesure où les locaux qui payent moins cher prennent celle du fond. Sur notre banquette, il y a encore la place du milieu qui malheureusement ne reste pas vide longtemps.

Sauf que c'est une jeune vierge en habit coloré qui débarque. Et là, pas question qu'elle se mette au milieu. Soit disant qu'elle a tendance à gerber. Tu parles. Et comme je suis le plus petit gabarit, une fois de plus c'est moi qu'on veut pousser au milieu. Mais là encore, niet, je ne bougerai pas !

Finalement, la masse agglutinée autour de moi qui me faisait pression finit par céder, et la fille se barre avec sa poupée emballée dans un énorme paquet rose. Le taxi râle aussi, mais il n'a pas de peine à trouver un mâle viril pour la remplacer. Comme le voyage ne dure "que" cinq heures, c'est pas un problème.

En conclusion, si tu veux être peinard, n'espère pas que la place du milieu soit vide, achète-la !

La route est à péage alors qu'il n'y a que deux voies de circulation. En fait, on casque pour des tunnels à l'aménagement basique où ça frôle l'asphyxie. C'est une belle route qui serpente sur du goudron, entre montagnes et canyons. Perdu l'habitude de pousser des pointes à cent à l'heure.

Sympas les tadjiks Artuch, le village de départ du trek, est au fond d'une vallée. On y vit comme dans la montagne espagnole il y a un siècle, le portable en plus. Pour nous trouver un hébergement, les locaux qui étaient dans le taxi ont prospecté avec leur portable. Puis ils m'ont tendu le téléphone. Après un premier échec avec quelqu'un dont je ne comprenais pas le charabia, j'ai eu le "calife" du village qui, dans un très bon français, a pris tous les renseignements sur nos intentions. Peu après, un hébergeur anglophone a appelé. Vraiment sympas les tadjiks.

L'hébergement est plus que sobre, je le qualifierais même de "médiéval". Les montagnes Fan sont à la pointe occidentale de l'Himalaya. Trek du jour jusqu'au lac Kulikalon, aussi beau que les lacs des Rocheuses canadiennes. D'autres photos...

12- SAMARCANDE Les avantages du plat pays Mercredi 26 septembre 2018 J'aurais jamais imaginé passer un jour la frontière entre le Tajikistan et l'Ouzbékistan. Mais voilà, c'est fait. En plus, les formalités et contrôles sont rapides, il n'y a pas d'attente.



Un bus régulier nous a ensuite amenés à Samarkand pour 2000 soums (20 c d'euros !). Comme a dit Christian :" à ce prix là, on peut acheter le bus" (voir anecdotes des taxis). Eh oui, 1 € vaut 10 000 soums! Il n'y a pas de gros billets, tout le monde se promène avec des liasses impressionnantes dans les poches.

Au programme, les trois cités incontournables de la route de la soie, classées au patrimoine mondial : Samarkand, Boukhara et Khiva. Terminée la corrida des taxis collectifs pour se déplacer. Ici, vu que le pays est tout plat, ce sera en train. Et même si la saison est bien avancée, il faudra quand même partager ces merveilles avec les tours opérateurs nippons, chinois, français, italiens... D'ailleurs ici, à Samarcande, ça parle français à tous les coins de rue. Les premières photos

Madrasas, mosquées, mausolées... en veux-tu en voilà ! Coup de chance aujourd'hui c'est tout gratuit, journée internationale du patrimoine touristique (enfin un truc comme ça ). Cependant, quand on voit sur les photos anciennes l'état de tout ça il y a un siècle, on constate que tout est refait, remonté... Sur certaines façades, il ne reste que quelques fragments des mosaïques d'origine. D'autres photos...

13- BOUKHARA Une ville (un peu) morte Vendredi 28 septembre 2018 En moins d'une heure trente le train rapide tout confort te propulse de Samarcande à Boukhara, à travers un paysage qui alterne terres désertiques et champs de coton où s'affairent des ramasseurs pas forcément volontaires (voir le reportage de l'équipe d'Elise Lucet sur le coton ouzbek). Boukhara ne manque pas de charme, mais la restauration du centre de la cité en a fait une ville musée, vidée de ses habitants et remplie par les touristes. Toutes les madrasas sont occupées par des vendeurs de tissus, souvenirs et autres pacotilles. Au moins ça met de la couleur sur les photos ! Et vu qu'on est en fin de saison touristique, ils ont un peu tendance à sauter sur le client, mais ça reste raisonnable, rien à voir avec le Maroc.

Dès qu'on quitte le centre historique, plus rien n'est restauré. Il reste pas mal de constructions encore déglinguées, combinées au bric et broc des habitations souvent dans le même état, on a une idée de ce qu'était la ville avant qu'elle ne soit sous tutelle de L'UNESCO. D'autres photos...

14- KHIVA Pour finir en beauté Mardi 2 octobre 2018 Avant de monter dans le wagon du train de nuit qui va me conduire de Samarcande à Khiva, le contrôleur me tapote amicalement l'épaule, d'un air de dire "bon courage mon gars". Mais rodé que je suis aux trains chinois, l'expérience n'a rien d'exceptionnel. En plus, j'ai pris la précaution de prendre la classe business, à quatre par compartiment.



Le wagon est plus vétuste que chez les chinois, et ça puait le chacal quand le contrôleur a ouvert la porte, vu que trois ouzbeks moisissaient là dedans depuis le départ du train à Tashkent.

Mais tout ça s'est vite dissipé en laissant la portière ouverte. Finalement je n'ai pas trop mal dormi, et ce matin au réveil on m'a offert le thé et du pain sec. Au moins ici j'échappe à l'Ouzbékistan ultra touristique, mes compagnons de voyage ne parlent d'ailleurs pas un mot d'anglais. Et ce n'est pas le paysage désertique du Kyzyl-Koum qui va me distraire.

Il reste encore un peu d'eau dans l'Amou Daria, un des deux fleuves qui alimentaient autrefois la mer d'Aral. Plus loin, après la ville sinistrée de Noukous, il ne restera plus rien.

Khiva est la pointe occidentale de ce voyage et mon terminus de la route de la soie. A un jet de pierre, c'est le Turkménistan, et un peu au delà, l'Iran. La vieille ville est bien sûr très restaurée à l'intérieur de ses remparts, mais elle possède un charme fou, plus intime et moins spectaculaire que Samarcande ou Boukhara, tout particulièrement au coucher du soleil. Manquent juste les habitants, les bazars, les bruits, les odeurs...

Mon hôtel est au pied des remparts, c'est une ancienne madrasa reconvertie en caravansérail. Avant moi, c'étaient d'autres chameaux qui devaient loger dans ma chambre. D'autres photos...

15- KHIVA Portrait type du tour opérateur Mercredi 3 octobre 2018 Je sais c'est pas gentil, mais je ne peux pas me priver d'un petit essai sur le sujet, agrémenté d'une mauvaise foi évidente. Et puis peut-être qu'un jour ce sera mon tour. Mais là je revendique le droit à l'euthanasie. Donc le quidam standard du tour opérateur : - Utilise sa bedaine comme support de l'appareil photo (homme) - Descend les marches une à une laborieusement et de côté (femme) - Est obligé de s'asseoir pour subir les explications fastidieuses du guide (femme) - Progresse penché de côté, comme les minarets, en se tenant le dos (femme) - Attaque les escaliers en s'accrochant à la rambarde (tous) - Parvient en haut des marches en soufflant comme un phoque (homme) ou s'arrête à mi parcours pour reprendre son souffle (femme) - Stationne son bus climatisé devant l'hôtel ou le restaurant, là où l'angle photographique est le meilleur - Parle toujours très fort et dans une langue étrangère (tous) - Négocie âprement de l'artisanat made in China (homme) - Foire complètement le cadrage quand vous lui demandez de vous photographier (tous) - Photographie les monuments sous tous les angles, de préférence à contre-jour (asiatique) - Photographie toutes les femmes décorées en les prenant pour des autochtones (homme) - Porte un affreux chapeau mou et un horrible tee-shirt à rayures (homme) - Est capable de trouver de la bière même en terrain intégriste (allemands) D'autres photos...

16- KHIVA Les mamas ouzbèques en route pour la capitale Jeudi 4 octobre 2018 Le train retour pour la capitale lambine en douceur au milieu des sables du désert. Il est en meilleur état que celui de l'aller. Tant mieux car à cette allure le voyage dure quinze heures. Je suis accompagné de deux mamas typiquement ouzbeks, c'est à dire près de cent kilos en costume traditionnel, décorés d'une brochette de dents en or. C'est à se demander si dans ce pays on ne se fait pas arracher les dents exprès !



Passé un certain âge, la femme ouzbèke (entre autres) a tendance a profiter des largesses alimentaires de son pays et de l'invasion des cochonneries "made in USA". Bien loin des femmes tadjikes, toujours minces et élégantes, même au-delà de la ménopause. Faudra se contenter du portrait écrit, ces dames ne désirent pas que je fasse une photo avec elles.

L'autre voyageur est un quadra ouzbek. Je n'en saurai pas plus car aucun ne parle anglais, mais les mamas n'arrêtent pas de bavarder dans la bonne humeur et la rigolade. J'aimerais bien comprendre ce qu'elles se racontent.

Du coup, à même pas 17h, je suis invité à partager leur repas, une sorte de pizza façon ouzbeque, faite d'un pain rond et plat, agrémenté de quelques ingrédients inconnus, et accompagné d'une viande séchée. Me voilà calé pour la nuit.

La mixité du compartiment ne semble déranger personne Juste que les mamas resteront sur les couchettes du bas, car il faut être équilibriste ou grimpeur chevronné pour atteindre celles du haut. Ce n'était pas le cas à l'aller où il semblerait que je sois tombé dans un compartiment uniquement féminin (c'était vers minuit, je n'ai pas bien vu) car le contrôleur m'a rapidement expédié vers un autre compartiment. Et c'est reparti pour des heures de steppe désertique, et l'Amou Daria, lui, n'a toujours pas grossi !...

17- TASHKENT Du passé faisons table rase Vendredi 5 octobre 2018 En rasant les vieux quartiers pour y tracer leurs immenses avenues, et y planter leurs immeubles vétustes avant même d'être habités, les soviétiques n'avaient sans doute pas imaginé que cela profiterait surtout à la bagnole. A moins qu'ils n'aient cru à un monde où chacun posséderait sa Lada. Pauvre piéton qui pour traverser certains carrefours doit piquer un sprint ou s'y prendre à deux fois. Pour sûr, je ne connais aucune autre ville avec autant d'espace dégagé. Et maintenant, c'est aux restes du socialisme d'être rasés à leur tour. Place au neuf, au moderne, à l'audace. Du passé faisons table rase, vive les beaux immeubles d'affaires, -pour l'habitat, on verra plus tard- et la culture Mac Do -mauvaise foi, j'en ai pas vu un-.

Heureusement, il reste encore des îlots de résistance et le quartier de Chorzu en fait partie, avec son grand bazar, ses mosquées, ses madrasas et ses vendeurs de misère. Ici la capitale de l'Ouzbékistan retrouve un peu d'humanité.

L'émir ne voyait pas bien A part ça, Tashkent s'enorgueillit de posséder le plus vieux Coran du monde, VIIème siècle, taché du sang de l'émir qui le lisait quand il fut assassiné. Une pièce unique, même si la légende est plus forte que la vérité. Quant à l'émir, vu la taille des caractères, il devait avoir une très mauvaise vue ! La relique est au centre d'un énorme espace coranique tout neuf. On se demande d'où vient le pognon qui finance tout ça.

Et puis Tashkent a aussi son drapeau, un des plus hauts du monde, en compétition permanente avec Douchanbé et je ne sais plus quelle autre ville. Bof... D'autres photos...

Il est temps de rentrer Le froid humide est arrivé brutalement cette nuit. Ca tombe bien, je dois rentrer, surtout après trois jours d'attente, hébergé dans un appartement à la soviétique, fort heureusement remis à neuf. Pour aller à l'aéroport, c'est simple, inutile de commander un taxi, même à 5h du matin. Il suffit de se mettre au bord de l'avenue et de faire signe à la première bagnole qui passe.

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sarana
MA Mariecurry Globetrotter ·
Merci pour ce compte-rendu et pour ces photos qui me rappellent de beaux souvenirs. Kashgar m'a l'air d'avoir bien changé. Je découvre aussi l'omniprésence des drapeaux chinois, bien visibles sur tes photos.
MA Marathon Globetrotter ·
Merci pour ce récit très intéressant. Quelques remarques de détail au sujet de Kashgar :

tout l'affichage est en chinois et en arabe

Plus précisément, en chinois et en ouïghour, langue de la famille turque qui s'écrit avec l'alphabet arabe (de même que le turc, autrefois)

le centre ville a été bien préservé

Non, le centre ville d'origine a été entièrement détruit dans les années 2009-2011, et un pastiche a été reconstruit ensuite sur une surface réduite. A cette époque là, je me suis promené dans des hectares de ruines - toutes les habitations avaient été méthodiquement éventrées à la pelle mécanique pour les rendre inhabitables et vider ces quartiers de leur population.
SA Sad Regular ·
Excellente chronique!
SA Sarana Regular ·
Merci pour cette précision. Je n'imaginais pas que c'était à ce point. Du coup, cela relativise mon coup de coeur, un peu comme pour les cités ouzbèques. Reconnaissons aux chinois l'art d'être très doués dans la reconstruction.
sarana
VI Vilabel Regular ·
sacré voyage ! merci pour le retour [:)]
JI JianadaRen Globetrotter ·
Excellent retour et bonnes photos. Pour Kashgar, une des choses à voir est le marché des animaux mais c'est le dimanche seulement. J'y suis allé un peu après Marathon et j'ai eu l'occasion de visiter la vieille ville avec un "local" qui nous a fait visiter la résidence de certains de ses amis où nous avons pris un thé. Encore plusieurs rues sont encore là et plusieurs y vivent mais ce n'est pas le grand luxe. Je ne vivrais pas dans de telles conditions. C'est très vieux donc intéressant pour un touriste mais je ne vivrais pas dans de telles conditions. Y a pas de mal à se moderniser. Je suis surpris de ton commentaire sur le prix élevé de la Cité Interdite. Ce n'est que 60RMB (environ 6 euros). Il est possible d'acheter les billets d'avances mais ce n'est généralement pas nécessaire. Et il n'y a pas de marché noir car il n'y a pas de billet comme tel. Quand on paie pour son entrée, notre numéro de passeport est enregistré et à l'entrée on "scanne" notre passeport. C, est d'ailleurs la même chose pour les trains, plus de billets, on ne fait que présenter son passeport (pas toutes les gares pour l'instant). J'ajoute ces précisions pour les futurs voyageurs qui liront ton rapport.
SA Sarana Regular ·
Le marché du dimanche est effectivement un haut lieu de Kashgar, même s'il est loin du centre et forcément très visité par les étrangers. Pour la cité interdite, je suis tombé en période de saturation (il y a des quotas) et il fallait réserver à l'avance. Dans ce contexte j'ai bien été sollicité pour un billet au "black" très cher. Je n'ai pas insisté, j'avais d'autres plans. Je ne me souviens plus du prix d'entrée qui m'avait paru élevé. Peut-être les prix sont fonction de la demande. Je ne sais pas. Malgré tout, il ne faut bien sûr pas louper cette visite.
sarana
FA FabGreg Globetrotter ·
Vendredi 31 août Turpan : les ouïgours sous haute surveillance

Nous avons failli nous voir, car je suis arrivé à Turpan le 01/09/18 venant de Kashgar après transit par Kuqa et Ürümqi.

A Turpan, la surveillance est légère comparée à ce que j'ai observé avant à Kashgar ou à Kuqa. J'ai d'ailleurs pu me balader à pied à Turpan sans le moindre contrôle d'identité, y compris en cheminant à travers le quartier ouïgour jusqu'à la mosquée Emin. Plusieurs expériences d'autostop à l'extérieur de la ville pour rejoindre certains sites archéologiques. Par contre, le marché de nuit était maintenu fermé, signe que tout n'est pas "sécurisé".

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
FA FabGreg Globetrotter ·
Tashkorgan Et ces femmes tadjiques aux étonnantes coiffures et costumes chatoyants.

Pas tout à fait tadjikes. En fait, la population historique est pamirie, en dépit de l'appellation officielle de "Préfecture tadjike de Tashkorgan".

A la différence des ouïgours (et mêmes des kirghizes du Xinjiang), les pamiris sont des musulmans ismaéliens, étrangers au salafisme et sans velléités indépendantistes.

Beaucoup de touristes hans quand j'y étais le 28/08/18, notamment des étudiants avant la rentrée universitaire.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
ME Meg2 Globetrotter ·
Pas tout à fait tadjikes. En fait, la population historique est pamirie

ah, je ne savais pas (je ne suis encore jamais allée dans l'ex Turkestan chinois) , merci pour l'info. Vu "de l'extérieur" , leur langue et leurs traditions sont relativement proches de celle du reste du Tadjikistan, à l'importante "nuance" près qu'ils sont en effet ismaëlites et non sunnites. Nuance particulièrement importante si on s'intéresse à leur conception de l'éducation et au statut des femmes !
FA FabGreg Globetrotter ·
je ne savais pas (je ne suis encore jamais allée dans l'ex Turkestan chinois)

La communauté ismaélienne se retrouve en sus dans le Badakhshan afghan et dans des vallées du nord du Pakistan. Leurs refuges historiques face au fondamentalisme sunnite qui n'est pas récent.

De même qu'on trouve des communautés sunnites minoritaires (par ex. Ahmadiyya, Noorbakhshia, Allahadis...) dans les vallées reculées du Baltistan, y compris côté indien. Souvent considérées hérétiques et donc proies de persécutions religieuses côté Pakistan.

Vu "de l'extérieur", leur langue et leurs traditions sont relativement proches de celle du reste du Tadjikistan, à l'importante "nuance" près qu'ils sont en effet ismaëlites et non sunnites.

De plus, les dialectes pamiris m'ont semblé plus proches du persan que de la langue tadjike.

Nuance particulièrement importante si on s'intéresse à leur conception de l'éducation et au statut des femmes !

Yes! Notamment, une majorité de pamiries parmi les femmes anglophones que j'ai croisées au Tadjikistan.

Il est sûr que l'Aga Khan ne ressemble pas vraiment à Mollah Omar ou à Ben Laden. [;)]

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
JI JianadaRen Globetrotter ·
Le marché du dimanche est effectivement un haut lieu de Kashgar, même s'il est loin du centre et forcément très visité par les étrangers. Pour la cité interdite, je suis tombé en période de saturation (il y a des quotas) et il fallait réserver à l'avance. Dans ce contexte j'ai bien été sollicité pour un billet au "black" très cher. Je n'ai pas insisté, j'avais d'autres plans. Je ne me souviens plus du prix d'entrée qui m'avait paru élevé. Peut-être les prix sont fonction de la demande. Je ne sais pas. Malgré tout, il ne faut bien sûr pas louper cette visite.

Il y a toujours de quotas sur le nombre d'entrée ce qui n'est pas pertinent sauf lors de grands congés chinois auquel cas il est en effet préférable d'acheter d'avance (soi même à l'entrée le veille ou demander à son hôtel de le faire en ligne). Ces billets au "black" c'était définitivement une arnaque.
SA Sarana Regular ·
Pour sûr, et si on en a la possibilité, rien ne vaut une escapade sauvage sur la muraille comme je le raconte dans un autre article.
sarana
TO Toth Veteran ·
Merci pour ce retour, très intéressant.
Ma Galerie Photos
PA Parigino Veteran ·
Après, il y a la ville de Tashkurgan, rien à voir, rien à faire. Désert dès la nuit tombée. Il y a cette immense auberge de jeunesse et ces quelques chinois égarés qui tapotent le smartphone en fumant clopes sur clopes. Cette faune américano européenne tout aussi égarée, qui s'échange des tuyaux sur la manière d'entrer au Pakistan ou au Tajikistan

Tu es dur avec Tashkurgan ! Perso ça m'a beaucoup plu, mais d'une manière générale j'aime bien ces espèces de bout du monde. En plus c'est faux de dire qu'il n'y a rien à faire : il y a le fort ! Bon, en quelques années il est passé de site gratuit à site payant, et le nombre de yourtes installées dans les prairies est devenu ridicule, mais ça reste une balade agréable. Et puis cette ville très calme, c'est une excellente introduction au Tadjikistan voisin
AM AmandineEV ·
Bonjour, J'ai trouvé tout ça super intéressant! Mais, au vu des nombreux contrôles, je me posais une question d'ordre pratique : faut-il un visa spécial pour faire ce genre de parcourt ? (Je sais qu'il y a de petites différences entre la France et la Belgique mais c'est très souvent similaire donc ça peut toujours m'être utile...) En tout cas, vu que j'envisage de faire la route de la Soie d'ici quelques années, c'est typiquement le genre de récit qui donne un point de vue plus concret sur ce type de voyage. Merci pour le partage!
"Tu ne peux pas voyager sur un chemin sans être toi-même le chemin." - Bouddha

Je partage mes aventures de voyage et toutes mes réflexions sur ce que le voyage peut nous apporter sur mon blog : https://etre-et-voyager.com Mon credo ? Rêvez, voyagez et soyez vous-même!
MA Marathon Globetrotter ·
Après, il y a la ville de Tashkurgan, rien à voir, rien à faire. Désert dès la nuit tombée. Il y a cette immense auberge de jeunesse et ces quelques chinois égarés qui tapotent le smartphone en fumant clopes sur clopes. Cette faune américano européenne tout aussi égarée, qui s'échange des tuyaux sur la manière d'entrer au Pakistan ou au Tajikistan

Tu es dur avec Tashkurgan ! Perso ça m'a beaucoup plu, mais d'une manière générale j'aime bien ces espèces de bout du monde. En plus c'est faux de dire qu'il n'y a rien à faire : il y a le fort ! Bon, en quelques années il est passé de site gratuit à site payant, et le nombre de yourtes installées dans les prairies est devenu ridicule, mais ça reste une balade agréable. Et puis cette ville très calme, c'est une excellente introduction au Tadjikistan voisin

Bonjour,

J'ai eu la même réaction (mais je ne suis pas allé au Tadjikistan).

@Sarana Quand j'y suis allé, j'ai été frappé par le fait que quasiment toutes les femmes et tous les enfants portaient des vêtements traditionnels très colorés - c'était en apparence un jour ordinaire; je n'ai pas décelé de fête locale. Je me demande si c'est toujours le cas ?
FA FabGreg Globetrotter ·
toutes les femmes et tous les enfants portaient des vêtements traditionnels très colorés - c'était en apparence un jour ordinaire; je n'ai pas décelé de fête locale. Je me demande si c'est toujours le cas ?

Je ne peux garantir que c'est le cas pour toutes et tous, mais c'était le cas pour toutes les femmes indo-européennes que j'ai croisées à Tashkorgan les 27 et 28/08/18.

Tenues similaires à celles des femmes croisées dans la Vallée du Wakhan au Pamir tadjik. Logique, car elles appartiennent à la communauté pamirie ismaélienne. C'est "l'uniforme" pamiri standard.

En Chine, c'est un attrait "culturel" pour les touristes hans qui y trouvent le dépaysement dans cette partie la plus occidentale de la Chine. Avec des animations un peu dérangeantes...

Les femmes pamiries de Tashkorgan refusaient, et même craignaient, mon modeste appareil photo.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
SA Sarana Regular ·
Bonjour, J'ai trouvé tout ça super intéressant! Mais, au vu des nombreux contrôles, je me posais une question d'ordre pratique : faut-il un visa spécial pour faire ce genre de parcourt ? (Je sais qu'il y a de petites différences entre la France et la Belgique mais c'est très souvent similaire donc ça peut toujours m'être utile...) En tout cas, vu que j'envisage de faire la route de la Soie d'ici quelques années, c'est typiquement le genre de récit qui donne un point de vue plus concret sur ce type de voyage. Merci pour le partage!

Pas de visa spécial, juste le passeport avec le visa d'entrée bien sûr. Surtout ne pas le perdre. Le taxi qui nous emmenait à la frontière nous l'a pris pour des contrôles et nous a laissés sur un parking à Wuqia. Il a disparu plus d'une heure et on commençait à flipper. Mais finalement il est revenu. Ca s'est aussi produit à Tashkurgan justement. Ce qui peut arriver, c'est la fermeture d'un poste frontière. C'est rare, mais ça prévient pas. J'avais envisagé une solution de repli pour Kasghar, au cas où. Mais pour rejoindre Osh, il fallait prendre une vol pour Urumqi, puis pour Almaty, puis Bichkek !
sarana
SA Sarana Regular ·
toutes les femmes et tous les enfants portaient des vêtements traditionnels très colorés - c'était en apparence un jour ordinaire; je n'ai pas décelé de fête locale. Je me demande si c'est toujours le cas ?

Les femmes pamiries de Tashkorgan refusaient, et même craignaient, mon modeste appareil photo.

Fabrice

J'ai dû tomber sur la bonne [:)] https://www.dropbox.com/sh/q8xp1irgyfbp8wc/AADldGsuC7HYzfqTUERc_lRIa?dl=0&preview=IMG_20180904_190152.jpg
sarana
FA FabGreg Globetrotter ·
Jolie photo.

J'avoue ne pas être très insistant pour les photos.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
LE Levelo Veteran ·
Bonjour,

Merci pour ce carnet.

La partie consacrée au Xinjiang m'a vivement intéressé. C'est effrayant et d'une tristesse absolue. Le rouleau-compresseur a malheureusement encore de beaux jours devant lui. La pelleteuse, elle, est déjà passée... Le marché aux bestiaux qui se tenait dans la vieille ville de Kashgar existe-t-il toujours ?

Edith Roux l'a récemment photographiée, son travail est très sensible :

http://www.actuart.org/article-edith-roux-les-depossedes-115106500.html

L.
SA Sarana Regular ·
Le marché aux bestiaux qui se tenait dans la vieille ville de Kashgar existe-t-il toujours ?

L.

Il a été déplacé depuis longtemps à une dizaine de kilomètres. Ca reste incontournable, toujours authentique, à voir bien sûr. Mais que de photographes !
sarana
AM AmandineEV ·
Pas de visa spécial, juste le passeport avec le visa d'entrée bien sûr. Surtout ne pas le perdre. Le taxi qui nous emmenait à la frontière nous l'a pris pour des contrôles et nous a laissés sur un parkin à Wuqia. Il a disparu plus d'une heure et on commençait à flipper. Mais finalement il est revenu. Ca c'est aussi produit à Tashkurgan justement. Ce qui peut arriver, c'est la fermeture d'un poste frontière. C'est rare, mais ça prévient pas. J'avais envisagé une solution de repli pour Kasghar, au cas où. Mais pour rejoindre Osh, il fallait prendre une vol pour Urumqi, puis pour Almaty, puis Bichkek !

Super, merci pour ces précisions!
"Tu ne peux pas voyager sur un chemin sans être toi-même le chemin." - Bouddha

Je partage mes aventures de voyage et toutes mes réflexions sur ce que le voyage peut nous apporter sur mon blog : https://etre-et-voyager.com Mon credo ? Rêvez, voyagez et soyez vous-même!
KM Kmiyetdm ·
Merci pour cette précision. Je n'imaginais pas que c'était à ce point. Du coup, cela relativise mon coup de coeur, un peu comme pour les cités ouzbèques. Reconnaissons aux chinois l'art d'être très doués dans la reconstruction.

Kashgar en Août 2015. Les vestiges de la vieille ville étaient encore bien visibles mais à l’état de « vestiges ».
VP VP44 Regular ·
Le récit est enjoué et rigolo à suivre ! Merci de l'avoir publié. Avez-vous vu à quoi ressemblait une école primaire ou un collège tadjike ? Comment est-ce ?
SA Sarana Regular ·
Non nous aurions bien aimé mais nous n'avons pas demandé. Nous avons vu beaucoup d'écoles, mais uniquement de l'extérieur.
sarana
SA Sarana Regular ·
Album photos des années 80 Photos envoyées par Jipeg (Jean-Pierre et Jacqueline)

sarana
SC Schischi Veteran ·
Merci pour ces bons reportages. Je vais ajouter ici quelques souvenirs et photos de l'été 1995 où du nord Pakistan sommes passés en Chine par le col du Kunjerab. Montée sérieuse et vue grandiose. Un torrent furieux a emporté un grand morceau de route, comme souvent. Pendant plusieurs heures de gros blocs de pierre sont placées dans des cages de grillage apportées par des employés et jetées dans le torrent pour que les vans et camions puiisent se frayer un chemin. On a le temps de faire des connaissances. Tashgorgan: hôtel désastreux;" pas de douche", Réponse lapidaire et brutale d'une receptionniste peu amène. En effet l'unique cabine délabrée dans un sombre couloir est remplie de déchets divers, de morceaux de meubles. Tout est cassé. Les robinets collectifs alentour ne donne pas d'eau. Il en faudrait plus pour émouvoir notre mégère. Le lendemain matin: sono gouvernementale gueulante dans toute la ville. Les gens dans la rue semblent habitués. Certaines femmes portent des hautes coiffes colorées. Il est temps d'aller voir ailleurs. Kashgar: gens sympathiques, mosquée pleine ce vendredi, couleur jaune dominante due au vent de sable, vieille ville encore sympa, échoppes, cantines, petits métiers et bien sûr le marché du dimanche.
Schischi
SC Schischi Veteran ·
Kashgar (encore quelques photos). Autre voyage ; En 2000 traversée de la Chine jusqu'à Pékin depuis l' Ouzbékistan, kazakhstan en bus et train et tout transport local. Ouroumsi, Turfan, les vignes et les vieux villages, les majestueuses grottes de Mogao à Dunhuang, la grande muraille et son fort à Jiayuguan, les magnifiques monastères de Xining et Xiahe, détour vers ceux de Langmusi, Lanzhou avec ses remarquables petits chevaux de bronze du musée et enfin Pékin. Les salles d'attente de bus sont très bien conçues, un peu comme des aéroports avec portes d'embarquement. Sur notre Lonely planet les lieux sont aussi écrits en Chinois ce qui nous facilite la tâche. On compare les destinations écrites sur panneaux indicateurs avec les signes de notre guide pour ne pas nous tromper. Des bus aux couchettes plus ou moins confortables ( pas de siège, lit et couette) sont appréciés pour les longues distances. Si nous avons rencontré des gens sympathiques à Zanghye nous avons éprouvé les " mei yo" bien connus des voyageurs. Celui formulé fermement au guichet de la gare routière nous signalait qu'on refusait de nous vendre les tickets. Pensant qu'il n'y avait plus de place, nous avons réitéré une demande pour le lendemain. Mei Yo. Nous avons insisté, mei yo, tempété ( bien qu'on ne doive pas élever le ton en Chine et faire perdre la face). Pas de langue commune, personne désirant nous aider, et des fonctionnaires horripilants et butés. Nous avons bloqué le comptoir. Après un certain temps éprouvant, une autre employée est allée chercher un dictionnaire, a trouvé le mot "attendre" ( nous ne faisions que cela) et en fin de compte on a bien voulu nous vendre 4 billets électroniques pour nous deux. C'était ça ou elle les reprenait. Dur dur.. Quand la préposée à la montée dans le bus nous a indiqué les plus mauvais emplacements sans vraie couchette , nous avons sauté sur le meilleur lit et enfouis sous la couette avons dit haut et fort" nous en sortirons que par la force des baïonnettes". Des Chinois retors, nous en cotoyons pas mal; le chauffeur de taxi qui fait des tours et détours dans différentes directions pour allonger le prix de la course. Dommage pour lui, Gérard a sa boussole ( pas de maps me à l'epoque) et le sens de l'orientation. L'hôtelier qui nous montre une ardoise avec tous les prix des chambres. Celle-ci, la moins chère...mei yo. Celle là ...mei yo. L'hôtel est vide mais il ne reste que la chambre la plus chère. Là encore, pas question de se faire avoir. Grosse discussion et gain de cause. Si vous ne faires pas attention, vous commandez un plat d'un certain prix et au moment de régler... il est plus cher. Nous avions pris l' habitude de régler à la commande et si possible savoir combien payaient les locaux. A l' opposé, des habitants souriants nous ont aidé. Nous nous etions trompé de gare routière. Une employée nous expliquait cela en chinois. Gérard lui a fait comprendre qu'il ne parlait ni n'entendait cette langue en mimant avec ses mains sur la bouche et les oreilles. Elle a compris qu'il était sourd et muet et a alors écrit les infos..en chinois. Après des rires partagés, nous avons éte mis dans la bonne direction. Pékin ..à suivre.
Schischi
PA Parigino Veteran ·
Puisque nous sommes au Xinjiang, voici quelques photos un peu "politiques" de Kasghar en 2019
PA Parigino Veteran ·
Cette série pourrait s'appeler "le touriste chinois face aux minorités"

- Face aux Kazakhs dans les Tian Shi





- Face aux Ouïghours à Kashgar



PA Parigino Veteran ·
A Kuqa, la seconde mosquée du Xinjiang est devenue... pas grand chose







En quittant cette mosquée pour me balader dans la vieille ville (ou ce qu'il en reste avant sa démolition prochaine), j'ai été suivi par un policier pas très discret. La veille, j'avais été arrêté (dans la vieille ville également) pour un contrôle et quelques photos effacées ; une voiture de police m'avait suivi jusqu'à mon retour à l'hôtel.

C'est ça le Xinjiang en ce moment pour les étrangers.
SC Schischi Veteran ·
Merci. Edifiant et dramatique. Les Ouigours s'ils ne sont pas déportés sont condamnés à du folklore....c'était encore bien en 1985...
Schischi
SC Schischi Veteran ·
Je voulais écrire...en 1995...
Schischi
LE Levelo Veteran ·
Merci pour les images...
JI Jipeg Regular ·
Merci pour les nouvelles récentes du Xinjiang que nous avons bien connu en 1985 et en 1988. L'évolution ne nous surprend pas et nous l'avons vu venir et remarqué dans toute la Chine où nous avons passé plus de 3 ans en plus d'une trentaine d'années.Il y avait déjà des tensions très palpables entre les Ouigours et les Chinois. Les chauffeurs de bus qui étaient souvent ouigours refusaient de prendre des chinois même s'ils avaient de la place, de passer les disquettes de musique chinoise quand les étudiants de Hong Kong, les rares touristes dans ces régions à l'époque, le leur demandaient. Nous avons essayé de retrouver des photos de la mosquée de Kuqa que nous avions visitée lors de notre arrêt dans cette petite ville pour aller voir les grottes de Kizil, en vain.... Par contre des photos d'Urumqi en 1985 et 1988 où on voit les débuts de l'urbanisation comme pour comme pour Lhassa ...

JI Jipeg Regular ·
Bonjour Sarana et Shishi, Maintenant que nous avons compris comment faire passer sur VF les photos, en voici quelques nouvelles sur Kashgar de 1985 et 1988. Tout d'abord des photos de la sortie des la grande prière du Vendredi à la Mosquée Id Kah. Les hommes sortaient de la mosquée entre une haie d'honneur de femmes et de fillettes présentant des gâteaux et des théières. Ils se contentaient de souffler dessus...Si quelqu'un connait la signification????

Le grand marché du Dimanche a été déplacé dans la périphérie entre ces deux dates. Nous avons même remarqué qu'il était couvert maintenant... Quelques photos en complément des précédentes....Selon le couvre-chef on reconnait l'ethnie: ouigours, tadjiks, kirghiz...





Au marché au bétail nous avions été surpris par les transactions qui se faisaient avec les mains cachées sous les manteaux et les femmes participaient en encaissant (souvent des kirghizes, les femmes ouigours portaient des châles marrons)...

Les couteaux de Yingjishah, pas encore pour les touristes...
PA Parigino Veteran ·
Merci pour les photos d'Urumqi il y a 35 ans, elles sont géniales !

Maintenant la ville ressemble à ça



Ce qui a été un quartier ouïghour est devenu une artère commerçante contrôlée par la police et pleine de drapeaux chinois



Ce qu'il reste du quartier est petit à petit démoli et remplacé par des tours d'habitation



Tours d'habitation entourées de barbelés (et protégées H24 par la police, mais je ne me suis pas risqué à prendre une photo)

PA Parigino Veteran ·
En 2013 il y avait encore de l'activité dans les mosquées.

Ici à Urumqi



Là à Kashgar



En 2019, plus rien. Voici la mosquée principale de Hotan un vendredi



Et la rue où elle se trouve, totalement déserte



J'ai pris ces 2 photos rapidement et sans trop m'approcher, je commençais à en avoir marre des contrôles.
SC Schischi Veteran ·
A Parigino, Jipeg, Sarana ...et autres visiteurs de la Chine au "bon vieux temps" ou maintenant. Très intéressantes ces comparaisons ( continuez)....mais peu réjouissantes 2020, Bien moroses les voyageurs !
Schischi
JI Jipeg Regular ·
Il est intéressant de voir l'évolution de ces villes surtout quand les photos sont prises du même endroit....là où il y avait une double voie en 1988, il y a maintenant une autoroute urbaine à 8 voies ...sans compter les buildings. A Lhassa c'était encore plus net au pied du Potala. La rue commerçante avec les drapeaux se retrouve dans toutes les grandes villes...avec les mêmes commerces de luxe souvent vides car trop chers pour la population qui préfère les commerces de quartiers. Encore quelques photos du marché de Kasghar (1985 et 1988) . le marché au bois et les carrioles qui étaient le seul moyen de circuler dans la ville, pour se rendre au marché, à l'unique hôtel pour étranger, le Sanam Binguan , l'ancien Consulat Russe.







La route du Kunjerab avec Tashgorgan (1988) qui se limitait à sa citadelle, une grande rue et un seul hôtel miteux où nos compagnons de voyage pakistanais qui venaient faire du commerce en Chine se défoulaient et appréciaient la "pijio" et tout ce qui était interdit chez eux. Après un mois au Pakistan dans une période très troublée (guerre civile entre le Sind et le Penjab) nous apprécions nous aussi.





Le poste frontière (Khunjerab Pass) à 4700m d'altitude. Il était ouvert depuis peu....

PA Parigino Veteran ·
Au risque de me répéter, vos photos de Tashkurgan sont magnifiques !



Voici un peu la même photo l'été dernier



Alors que j'avais pu m'y balader tranquillement quelques années plus tôt, le fort de Taskhurgan est devenu un site touristique à la chinoise : grandiloquent, cher, avec une petite voiturette qui vous dépose de point de vue en point de vue. Quand j'y étais, nous n'étions qu'une poignée.

Conséquence de tout cela (?), il n'y a quasiment plus de yourtes dans la prairie. Appréciez la différence entre 2013 et 2019





Quant à la "ville", elle a beaucoup changé également.











Les Chinois veulent en faire un spot touristique à inclure dans tout voyage au Xinjiang. D'ailleurs la route en provenance de Kashgar qui longe la frontière avec le Tadjikistan était en pleine réfection. Nul doute qu'elle deviendra au minimum une 2 fois 2 voies parfaitement lisses, ce qui rendra la ville plus accessible. Il y a déjà une auberge de jeunesse gérée par de jeunes chinois qui regroupe un mélange assez hétéroclite de touristes chinois, voyageurs étrangers isolés et pakistanais. Car il y a encore beaucoup de pakistanais à Tashkurgan : étudiants, businessmen... Je n'ai pas prolongé au Pakistan, mais j'ai vu les bus partir depuis la gare routière. Ca ressemble encore à l'aventure [:)]
LE Levelo Veteran ·
Merci pour les images. Souvenir de 1998 d'un coin absolument merveilleux, des yourtes dans la plaine, du fort, du seul hôtel pouilleux de la petite ville, du Mustag Ata et de ses pasteurs... A l'époque on pouvait encore voyager seul entre Sust et Kashgar, en se planquant quand même un peu pour bivouaquer. La présence Han commençait déjà à se faire sentir, mais les vieilles villes étaient encore intactes. L.
SB Sbecker Veteran ·
Superbe voyage [:)], un vrai plaisir que de vous lire.

Le récit de votre passage à Kashgar et le franchissement de la frontière terrestre vers le Kirghizistan m'a renvoyé à mon expérience personnelle tout à fait similaire un an plus tôt . J'ai éprouvé un sacré soulagement en arrivant au Kirghizistan.

Au passage un lien vers un documentaire d'Arte qui traite en particulier de la situation au Xinjiang : https://www.youtube.com/watch?v=8wN3emyA-ew
SC Schischi Veteran ·
Encore quelques clichés de 1995 Kunjerab pass et contrôle des passeports en route. Paysage autour de Tashkorgan. Balade à vélo vers la très jolie mosquée d'Abakh Khoja ( 1640) aux alentours de kashgar. Qu'est-elle devenue? Panneau informatif ( santé) à Kashgar
Schischi
SB Sbecker Veteran ·
la très jolie mosquée d'Abakh Khoja ( 1640) aux alentours de kashgar. Qu'est-elle devenue?

Photo de 2017, elle est toujours là et a même été restaurée:
SC Schischi Veteran ·
A 2h de bus d'Urumchi, été 2000, balade au très beau lac Céleste ( Tianchi). Beaucoup de yourtes peuplées kazakhs. Lieu paisible. On peut y manger le mouton abattu sur place. Pas d'occidentaux mais quelques Chinois venus respirer l'air frais et louer des costumes pour faire des photos. En cherchant maintenant sur internet, j'ai lu que l' entrée du site est payante et qu' il y a un centre commercial ... Des nouvelles fraîches ( ou non)?
Schischi

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