Visiter Laas Gaal, Berbera et Sheikh (Somaliland)
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Si vous avez eu la très bonne idée de venir jusqu’à Hargeisa, il est un peu dommage de ne pas se rendre à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, près du village de Duhbato, pour aller admirer les peintures rupestres de Laas Gaal.

Depuis les dernières élections présidentielles (transparentes et régulières) qui répondent à tous les critères démocratiques (autant le souligner pour un territoire de la Corne que l’UA comme les autres organisations internationales ne reconnaissent toujours pas après près de 20 ans d’indépendance de fait et sur un continent où la démocratie évolue (positivement) mais toujours (trop) lentement), il n’est plus possible de rallier les grottes (ou plutôt Duhbato) par soi-même avec le laissez-passer d’un général de la police.

Nouveau président, nouvelles mesures. Si le voyageur échappe dorénavant aux vautours du ministère du tourisme prompts à ponctionner tout ce qu’ils pouvaient, il doit maintenant composer avec une escorte réellement obligatoire.

Je suis loin d’être convaincu qu’il soit possible d’embarquer « son » protecteur (flic armé) dans un transport collectif. Vous devrez donc passer par votre hôtel (pour un véhicule et son chauffeur) ou tenter votre chance en en parlant autour de vous à Hargeisa. Cette seconde option ne doit pas être impossible mais relève de la loterie !

Etant donné que tout à un coût, vous pourriez, tant que vous y êtes, vous arranger pour un déplacement un peu plus consistant et pousser jusqu’à Berbera et Sheikh (en plus de Laas Gaal)

Lorsque j’y étais (seconde semaine de novembre), Burao (Burcao) posait problème. Des fondamentalistes avaient/auraient été signalés dans le coin et l’idée même d’aller jusque là donnait des frissons à tous les officiels (et les gens impliqués dans le tourisme au Somaliland)

En fait, avec l’objectif d’être enfin reconnu comme état à part entière, les autorités du Somaliland comme les rares acteurs du tourisme de ce territoire (si cela existe) sont bien conscients que si Al Shabab ou un autre groupe inféodé à la mouvance islamiste venait à « dégommer » l’un ou l’autre occidental, cela signerai l’arrêt de mort du tourisme (embryonnaire) au Somaliland mais, plus ennuyeux encore, stopperait toute idée de reconnaissance par la communauté internationale. L’UA et la Somalie (Mogadiscio) n’acceptant de toute façon pas ce scénario et tiennent mordicus à cette chimère de la réunification.

Dans ces conditions et malgré que le pays soit globalement calme (bémol pour l’extrême est, près du Puntland), le voyageur occidental est surprotégé et ne quitte pas la capitale comme il veut (ni où il veut !)

Les peintures rupestres de Laas Gaal se trouvent à 6-7 kilomètres du petit village de Duhbato. Il y a une piste qui y mène. L’embranchement se trouve entre deux « maisons », il n’y a pas un panneautage clair. Au cas où la situation viendrait à évoluer (Abdi Abdi et toutes les personnes impliquées dans le tourisme au Somaliland tentent de faire sauter ces contraintes, au moins pour cette partie du territoire), il est impossible de se perdre une fois sur la piste (si vous venez seul)

Un check-point (barrière) se trouve peu avant le bâtiment administratif. C’est là qu’au plus tard vous remettrez le permis (reçu à Hargeisa) et les 10 dollars. Il y a de fortes chances (si vous y allez tôt, ce qui est préférable), que vous croisiez dès Duhbato l’un ou l’autre policier/garde de la police touristique qui vit au village.

Le paysage n’est pas désertique au sens premier du terme mais le végétation est très réduite et le sol est un mélange de cailloux et de sable. Près des peintures et où le sol laisse apparaître les roches, il y a une pléthore de cristaux.

Les grottes (trois localisations) qui regroupent les peintures ne sont pas (ou plutôt plus) complètes et les peintures sont maintenant plus abritées par un plateau qui couvre celles-ci qu’incluses dans une grotte au sens premier. J’imagine que par le passé, elles ressemblaient plus à l’image de grottes que l’on a d’habitude.

Je n’ai aucune connaissance particulière en histoire ni en peinture (quelles qu’elles soient) mais ai apprécié ma visite pour plusieurs raisons. La première n’a rien à voir avec le site et les peintures mais est simplement le fait que de cette manière, vous pouvez quitter la capitale et voir « comment c’est » en dehors d’Hargeisa !

En fait, lorsque vous êtes voyageur indépendant, habitué à vous débrouiller et à circuler par vous-même, vous souffrez au Somaliland d’une certaine frustration. Cette obsession de la protection est franchement castratrice. Hormis aller au marché aux dromadaires (et autres animaux), parcourir Independance Road (les Champs Elysées d’Hargeisa mais la comparaison ne tient que dans vos rêves…) et parcourir les souks, vous avez vite fait le tour…

Bref, même si vous êtes escorté, c’est plutôt sympa d’aller voir ailleurs.

Pour avoir déjà vu des peintures rupestres, les peintures sont bien conservées, sont lumineuses (pigments bien conservés et comme vous êtes « le nez dessus », vous appréciez grandement le spectacle. Seules quelques unes sont abimées soit par le sable qui s’est « abattu » sur elles entrainé par le vent ou les animaux qui sont venus dans le bas, se frotter aux parois.

En toute logique, vous serez aussi le seul touriste sur le site. Cela n’a pas de prix…

Bref, c’est sympa.

Si vous ne souhaitez pas y aller à la journée, vous pourriez combiner Laas Gaal avec la visite de Berbera et de Sheikh. Il y a des hébergements dans les deux localités.

Berbera, port de haute mer sur le golfe d’Aden, est une ville sans charme mais où l’on trouve une partie ancienne qui, si elle ne rivalise pas avec Massawa, possède d’anciens bâtiments ottomans (entre autres) qui ont un cachet certain.

Le port, protégé, est hors de portée d’une visite. Les plages sont en dehors de la localité mais n’y ai pas été (pas de tropisme)

L’hébergement est nombreux mais comme c’est un port, les clients le sont aussi. Bref, pas tjrs facile de trouver un toit pour la nuit. Ai fini par trouver un lit dans un des moins cher de la ville et ai eu la bonne surprise de ne pas avoir des sanitaires dans un état déplorable. Chaleur et toilettes pouvant parfois donner des résultats (d)étonnants !

Il est également possible d’aller à Sheikh, situé sur un plateau. L’intérêt est plutôt de profiter du paysage (route de montagne et quelques points de vue) que de la localité en elle-même. Nécropole …encore à mettre au jour. Il faut dès lors la même imagination que pour Adulis… C’est tout dire !

Vous pouvez aussi toujours tailler une bavette avec le directeur de l’école vétérinaire. Un rwandais « perdu » à Sheikh…

Sortir d’Hargeisa, c’est surtout aller voir en dehors et découvrir (sous escorte) quelques coins d’un pays qui n’existe pas.

Ne venir en Afrique que pour le Somaliland n’a pas beaucoup de sens mais profiter de son passage dans le coin (je pense à Harar) pour y venir est tout sauf insensé.

Michel
VI Vigounir Veteran ·
Bonjour Michel, j'ai bien entendu lu ce post avec beaucoup d'intérêt. Votre conclusion est exacte: pas beaucoup de sens de faire du Somaliland un but en soi, mais pourquoi pas une étape après Harar. Il faut encourager les initiatives de ces pays pour sortir du marasme. Et cette "excursion" pour admirer des peintures rupestres en solitaire est bien tentante. Voilà une réponse à tous ceux qui veulent voyager "en dehors des sentiers battus". Amitiés, Virginie
virginie
MV Mvbergen Globetrotter ·
Bonjour Virginie,

Le Somaliland, comme étape d’un voyage qui n’englobe pas que ce territoire peut, selon moi, s’envisager de plusieurs façons.

La plus « classique » est en effet de venir d’Harar par Jijiga et Wajalee. Il n’y a rien de bien sorcier à procéder de la sorte. Une fois à Hargeisa, il y a deux options : ressortir par Wajalee après s’être contenté de la capitale ou avoir organisé une sortie plus ou moins étendue : Laas Gaal, Berbera, Sheikh et Burao (si la situation le permet) avant de rebrousser chemin vers la frontière éthiopienne.

L’idée de repartir vers Djibouti est également possible. Maintenant le trajet est bien plus long (si par voie terrestre), le coût de la vie est conséquent (une fois à Djibouti) et comme le train ne circule plus au départ de Djibouti, une partie de l’attrait s’en est également allé.

Il y a par contre deux autres variantes qui tiennent tout à fait le route.

Venir, en avion, dans la Corne (pour l’Ethiopie principalement) en arrivant par Berbera (via Dubaï) Il faut bien entendu un visa mais pour les européens comme les nord-américains, il est possible de contacter les bureaux de liaison à Londres et Washington et l’obtenir en employant les services d’une société de courrier express.

Vous pouvez aussi contacter un des hôtels de la capitale afin qu’ils effectuent les démarches pour vous et vous adresse une copie de votre visa (servant à pouvoir embarquer dans un vol au départ de Dubaï ou Djibouti) alors que vous obtiendrez l’original à votre arrivée à Berbera ou Hargeisa.

C’est l’hôtel qui se charge de vous le faire parvenir à votre point d’entrée sur le territoire.

L’autre variante est typiquement celle pour un voyage en Overland, par le golfe d’Aden. Il est tout à fait possible de traverser en dhow le golfe d’Aden au départ de Berbera vers Aden. Cette proposition est tout à fait sérieuse et ne relève pas de la psychiatrie.

Le danger lié à la piraterie est nul car les dhows, non assurés, ne sont pas ciblés par les pirates car il n’y a pas d’argent. Avec les téléphones satellites et les bateaux-mères, ils ciblent leurs proies et un dhow yéménite ou somalilandais n’a pas de valeur. Ils sont plus présents vers l’est et dans l’océan Indien qu’entre Berbera et Aden. Trois jours avant que je vienne à Hargeisa, Abdi Abdi avait organisé la traversée d’un néo-zélandais au départ de Berbera. On traverse pour une cinquantaine de dollars.

Il est malgré tout plus facile de traverser dans le sens Berbera – Aden que dans l’autre sens. Berbera est tout petit et n’est pas étendu comme Aden, avec plusieurs localisations. Les sociétés de transports maritimes sont « nombreuses » (pour le pays) et les gens de l’Oriental vous trouvent le contact. Maintenant, confort nul et commodités virtuelles… Ce n’est pas une traversée reprise sous la rubrique croisières…

Il est impératif d’avoir un visa yéménite avant de vouloir faire de la sorte.

Michel

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