Ce compte-rendu d’un bref séjour au Kenya était destiné à notre entourage, mais pour occuper un peu de notre temps et du vôtre, pour étoffer aussi les colonnes de plus en plus désertées de Voyage Forum en ces semaines de confinement où la pérégrine ou le pérégrin ne peut voyager que dans sa tête, nous avons décidé de présenter les 25 pages de mes élucubrations agrémentées des photos de Yolande, d’un séjour hors du commun dans la Réserve Nationale du Masai-Mara. Nous avons attendu que les deux précédents échanges sur ce même thème, agrémentés de magnifiques photos, initiés par Régis puis par Claire, tantôt concordants, tantôt divergents mais toujours riches d’enseignement à quelques détails près, s’essoufflent un peu pour nous y coller, du moins, nous allons essayer.
Précisons que l’une se prétend photographe débutante et que l’autre n’est qu’un contemplateur impénitent et modeste prosateur, que nous avons souvent assouvi nos passions chacun de notre côté, Yolande avec son Maître et moi avec un incomparable pisteur, d’où, parfois des photos décalées avec les écrits ou le contraire.
Nous vous souhaitons une bonne lecture de ce fastidieux texte, dont la longueur n’est pas commune dans les différentes rubriques de VF, sauf bien sûr chez Mr Voyajou : mille excuses d’être sortis des sentiers battus.
Cette année, nous dérogeons à nos habitudes de voyager individuellement, Yolande souhaitant améliorer ses connaissances dans le domaine de la photo animalière, ce que, bien sûr, elle ne peut faire avec moi qui ai troqué le Pentax argentique et la Beaulieu super 8 depuis fort longtemps contre une paire de Leitz. Faute de pouvoir embarquer avec l’ami Max pour observer la migration, deuxième en Afrique, des sassabis et autres cobs dans les vastes plaines inondables et marais des parcs de Gambella en Éthiopie et de Boma au Sud-Soudan, nous nous sommes rabattus à la recherche d’un voyagiste spécialisé sur celle plus réputée du Masaï-Mara/Serengeti. Le Festival International de Montier-en-Der est un endroit propice pour ce genre de rencontre et nous y avons croisé plusieurs voyagistes et photographes de renom dont MDH, avec qui le courant est tout de suite passé.
Pour fêter nos 70 ans (déjà) et après avoir cassé la tirelire, nous nous sommes inscrits auprès de l’agence qui gère les affaires de notre bonhomme. Nous nous envolons, le 5 octobre, pour Nairobi où nous sommes accueillis par le chauffeur qui nous accompagnera pendant ce court séjour. Il se nomme Mickaël, est Kikuyu, père de famille, souriant, prévenant et parfaitement anglophone. À 8 h 30, après une nuit réparatrice suivie d’un solide petit-déjeuner, nous embarquons dans son gros 4x4 pour groupe de 6 à 8 passagers et filons par les rues animées de la capitale vers la fameuse Réserve Nationale du Masaï-Mara où nous étions déjà venus, moi en 1974 puis tous les deux en 1980 : un sacré bail, d’ailleurs, nous ne reconnaissons rien de la ville, de sa banlieue grouillante, de la campagne puis de la brousse. La circulation est infernale et plus encore lorsque la route bascule le long de l’escarpement où Mike décide unilatéralement d’une pause-café près d’un impressionnant alignement de cahutes aux couleurs rouge et blanc d’une célèbre mais addictive, qui plus est détestable, boisson. Le paysage est très spectaculaire aux abords de la colossale faille qu’est la Rift-Valley avec les volcans Longonot vers le nord et Suswa au sud. En fin de matinée, nous pénétrons dans Narok, capitale des Hommes Rouges et vers 14 h 40 nous arrivons à Sekenani Gate, l’aventure commence.
nous avons décidé de présenter les 25 pages de mes élucubrations agrémentées des photos de Yolande,
Quelle bonne idée! [:)] (la même chose un peu plus tard pour la Zambie? )
J'embarque donc avec plaisir pour le Masaï Mara (et un 3ème avis sur ce prestataire....)
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
La photographe débutante est aussi une peintre (peintresse ? peinturluresse ? ) talentueuse. Souvenir de quelques œuvres finement exécutées présentées dans un carnet antérieur...
Dans ce même carnet, la débutante photographe avouait être peu douée pour l'informatique alors... aurait-elle besoin de conseils pour que s'insèrent dans le texte et s'affichent en grand les photos attachées en vignettes ?
Afin de juger de visu si débutante est abusivement utilisé par le modeste prosateur qui, pour le moment, se taille la part du lion.
Avec plaisir, ce récit est à 4 mains je répondrai pour la photo et Jacky pour le texte.
Il y aura un petit décalage pour les photos, J'espère que cela ne sera pas gênant.
J'attends la technicienne Kola pour m'aider à insérer les photos dans le texte.
La photographe va tenter de remédier au problème de présentation de ses photos, je crois qu'elle a trouvé une âme charitable. En ce qui me concerne, j'ai décidé que l'informatique était un domaine trop compliqué pour moi.
Je suis plus à l'aise avec "la plume" même si l'écriture reste simple. Il faudra donc s'armer de courage pour lire les 25 pages.
Si ce premier essai est concluant, nous nous lancerons dans la Zambie, mais ce sera la même punition car le texte, lui aussi, n'était pas destiné aux colonnes de VF.
Le confinement me permet de rattraper le retard dans la mise à jour de mes dernières notes. L'Ethiopie 2015 et l'Afrique du Sud 2016 puis 2017 sont au programme mais le confinement risque de ne pas être assez long ! Je vais tenter de les présenter, plus sous forme de carnet de voyage que d'un récit en m'inspirant de la belle présentation de Régis (plus le Masai-Mara que les Philippines).
Ce troisième volet consacré au Masai-Mara n'a rien à voir avec les deux précédents, au niveau du prestataire, comme tu pourras le lire dans les jours prochains.
Bonjour Kola
Une belle démonstration de mon incompétence informatique.
Je t'ai envoyé un 1er message mais il n'est pas arrivé.
Quelle mémoire!!! La "peinteresse" bien grand mot "amateuseuse de peinture seulement" avait un peu décroché depuis plus d'un an et avait décidé de s'y remettre, elle est donc retournée à l'atelier debut mars... très bonne idée.
Je te remercie de me proposer ton aide pour mettre les photos dans le texte effectivement cela me permettra de mettre une légende et peut être cela sera plus lisible aussi.
Bonne journée
Bien cordialement
Yolande
Pour afficher une photo dans le texte, et ainsi entrecroiser à part égale les talents du conteur et de l'illustratrice, la moitié de la procédure est déjà acquise puisque les images sont visibles en vignettes attachées.
Lorsque la photo vient juste d'être téléchargée apparait en dessous un bandeau bleu clicable "Ajouter au texte".
Positionner le curseur à l'endroit du texte où tu souhaites insérer la photo et ensuite cliquer sur ce bandeau.
Cliquer sur "Prévisualiser" pour juger du résultat : la photo s'affiche en grand.
Ajouter éventuellement une légende...
.... et puis reprendre le cours du récit. [:)]
Bonjour Yolande et Jacky,
Cela va être un double plaisir pour moi de suivre ce carnet:
Le premier qui me permettra de passer agréablement mes journées de confinement
Le deuxième qui me permettra de rêver à ce que j'aurais pu voir et découvrir ces deux prochaines semaines car nous avions un séjour de prévu au Masaï Mara
Merci à vous
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
Des zébus paissent dans le secteur, sous l’œil vigilant de leurs propriétaires et à proximité de gnous, de zèbres, d’impalas, de gazelles et de damalisques sans que cela ne perturbe ni les uns ni les autres, du moins en apparence. Plus loin, ce sont des élans, une belle harde de buffles, une famille de phacochères, des éléphants dans un bosquet, il n’y a pas de temps mort. Mickaël est très attentionné mais peu habitué aux désidérata des photographes, ne s’arrêtant jamais pile-poil là où la lumière et l’angle sont les meilleurs. De plus, il semble hésitant sur la direction à prendre car nous ressortons du parc vers Bushra pour y pénétrer à nouveau près d’une cabane déglinguée et d’une barrière rouillée et tordue où il faut, cependant, montrer laissez-passer, quittance et passeports à des rangers renfrognés. Les bergers, plus discrets ici, sont en limite du parc, leur bétail ne se mêlant pas ou peu aux nombreux animaux sauvages qui broutent à perte de vue dans la plaine ondulée qui nous environne. On peut observer des zèbres, des gazelles de Thomson, de nombreux troupeaux de gnous, des buffles se vautrant dans les marigots et, au loin, une concentration de Toyota. Comme dans n’importe quel sanctuaire en Afrique, qui dit attroupement, dit félin, c’est bien entendu le cas, devant les 12 véhicules garés en arc de cercle sur le bas-côté se trouvent une guéparde et ses quatre rejetons couchés à une vingtaine de mètres de la piste. Maman est stoïque, habituée certainement à une telle situation, mais les petits regardent les étranges machines qui les importunent avec agitation. N’appréciant pas outre mesure ce genre de situation, nous repartons rapidement au grand étonnement de notre pilote qui attendait son tour pour se placer au plus près : bizarre ces loustics, doit-il se dire ? L’immense savane qui nous entoure a retrouvé sa tranquillité, car tout ce que compte de touristes dans le secteur va affluer pour la photo de famille. Ça nous laisse tout loisir d’observer les presque laissés-pour-compte que sont les milliers d’herbivores qui peuplent ces vastes étendues, principalement des gnous, des zèbres, des thommies, des bubales et des damalisques.
j'aime bien les plans serrés
Des zébus paissent dans le secteur, sous l’œil vigilant de leurs propriétaires et à proximité de gnous, de zèbres, d’impalas, de gazelles et de damalisques sans que cela ne perturbe ni les uns ni les autres, du moins en apparence. Plus loin, ce sont des élans, une belle harde de buffles, une famille de phacochères, des éléphants dans un bosquet, il n’y a pas de temps mort. Mickaël est très attentionné mais peu habitué aux désidératas des photographes, ne s’arrêtant jamais pile-poil là où la lumière et l’angle sont les meilleurs. De plus, il semble hésitant sur la direction à prendre car nous ressortons du parc vers Bushra pour y pénétrer à nouveau près d’une cabane déglinguée et d’une barrière rouillée et tordue où il faut, cependant, montrer laissez-passer, quittance et passeports à des rangers renfrognés. Les bergers, plus discrets ici, sont en limite du parc, leur bétail ne se mêlant pas ou peu aux nombreux animaux sauvages qui broutent à perte de vue dans la plaine ondulée qui nous environne. On peut observer des zèbres, des gazelles de Thomson, de nombreux troupeaux de gnous, des buffles se vautrant dans les marigots et, au loin, une concentration de Toyota. Comme dans n’importe quel sanctuaire en Afrique, qui dit attroupement, dit félin, c’est bien entendu le cas, devant les 12 véhicules garés en arc de cercle sur le bas-côté se trouvent une guéparde et ses rejetons couchés à une vingtaine de mètres de la piste. Maman est stoïque, habituée certainement à une telle situation, mais les petits regardent les étranges machines qui les importunent avec agitation.
N’appréciant pas outre mesure ce genre de situation, nous repartons rapidement au grand étonnement de notre pilote qui attendait son tour pour se placer au plus près : bizarre ces loustics, doit-il se dire ? L’immense savane qui nous entoure a retrouvé sa tranquillité, car tout ce que compte de touristes dans le secteur va affluer pour la photo de famille. Ça nous laisse tout loisir d’observer les presque laissés-pour-compte que sont les milliers d’herbivores qui peuplent ces vastes étendues, principalement des gnous, des zèbres, des thommies, des bubales et des damalisques.
Nous avons rendez-vous dans le sous-bois où nous camperons pour la nuit mais Mike ne connaît pas l’endroit aussi tournons-nous en rond un bon moment avant d’apercevoir la silhouette filiforme de l’assistant de MDH qui s’avance à notre rencontre dans les hautes herbes où se reposent trois énormes buffles qui décampent à son arrivée ou au bruit du moteur. Nous lui emboîtons le pas dans le dédale de la forêt galerie pour aboutir dans une clairière. Nous sommes accueillis par notre hôte qui nous salue avec la formule légendaire « M. and Mrs B….., I presume ! », il nous offre un pot et nous présente Motoron. Étrange sobriquet pour un fier guerrier, me direz-vous ? Sa mère l’aurait prénommé ainsi car à sa naissance, il était moribond et n’aurait démarré dans la vie qu’après plusieurs « secousses ». Il est âgé d’une trentaine d’années, bigame, plus exactement « trigame » sans enfant mais propriétaire d’un joli troupeau de bovins, son anglais est excellent, son visage est souriant, plein de gentillesse et son regard perçant. Il jouit d’une notoriété flatteuse car il compte trois lions à son tableau de chasse et est considéré comme un incomparable traqueur. Il est à la fois cuisinier, plongeur, majordome et comme je l’ai écrit précédemment pisteur, mais surtout maître des lieux car sa famille est propriétaire de ce lopin de terre, il accompagne notre photographe depuis son plus jeune âge, autant dire qu’ils se connaissent parfaitement. Le premier contact est cordial ce qui est de bon augure pour la suite, aussi bien avec le jeune que son aîné que je vais vous présenter en deux ou trois mots car je ne pense pas qu’il souhaite qu’on parle beaucoup de lui. Il est un peu moins âgé que nous, réputé être l’un des meilleurs photographes animaliers en ce bas monde (les remarquables ouvrages qu’il a réalisés avec son épouse le prouvent), spécialiste du secteur où il traîne sa carcasse depuis une trentaine d’années au point d’avoir été nommé citoyen d’honneur du Kenya, d’avoir l’autorisation de sortir des pistes avec certaines restrictions cependant, de pouvoir camper à l’intérieur du parc et d’être un excellent connaisseur de cette région, comme certains de ses confrères. Il n’accueille, quatre ou cinq fois par saison, que deux photographes, un qu’il emmène le matin et l’autre en soirée, ce qui, pour Yolande est inespéré puisque je n’ai même pas glissé un appareil jetable 12 poses dans mon sac. Il ne sillonne pas le bush dans tous les sens à la recherche du scoop ou d’une foison d’images, mais se concentre sur deux ou trois sujets, voire un, par virée en quête de la photo exceptionnelle, car il a tout vu et tout fait ici. Hormis la grande richesse du lieu, nous sommes venus pour assister aux fameuses traversées de la Mara que les anglophones nomment « crossing ». Les pluies ayant été abondantes dans le Serengeti voisin, les troupeaux tardent à se lancer dans leur folle équipée et nous manquerons certainement ces poignantes mais terribles scènes : tant pis car le spectacle s’annonce permanent ! Mister M a tout de suite vu que nous étions des habitués de la vie en plein air mais nous prodigue malgré tout les conseils habituels, règles de sécurité et recommandations relatives à la douche et aux toilettes où outre le PQ, on doit se munir d’un briquet pour éliminer ce dernier, je n’entre pas dans le détail. Nous dormirons, Yolande et moi sur la galerie de notre 4x4, notre hôte sur celle du sien, notre Kikuyu et notre Massaï, chacun sous une tente de sol : si les deux ethnies ont cessé de guerroyer et affichent une entente cordiale, elles n’en sont pas venues à partager la même toile. Le vieux Land, équipé spécialement pour la prise de vue (côté chauffeur et sur le toit ouvrant) servira à Yol, l’élève et à son professeur qui est plus demandeur de gens à son écoute que de personnages qui ont tout vu et tout fait comme il y en a beaucoup en safari, l’autre véhicule pour le reste de l’équipe, autant dire de promiscuité nenni et ça, j’aime par-dessus tout : « le bonheur s’installe » !
Pendant que nos amis kenyans établissent le campement et élaborent le dîner, nous partons tous les trois pour admirer les dernières couleurs du jour si caractéristiques de l’Afrique et observer la faune omniprésente autour de nos quartiers pour une première leçon près d’un trio d’impressionnants buffles puis un regroupement de bubales, de zèbres, de gnous, de gazelles et de topis qui se préparent à passer la nuit : les images sont féeriques dans le couchant, parmi les silhouettes sombres des acacias. Quand je dis images, je ne parle pas de celles emprisonnées dans les objectifs des Canon et autre Nikon mais celles que mon regard contemple. Nous sommes de retour au crépuscule, la température est douce et l’atmosphère délicieuse. La table est dressée sous l’auvent et éclairée par des spots. Nous trinquons à cette intronisation dans le monde sauvage puis partageons un excellent repas composé d’une entrée, d’un plat élaboré à base de morceaux de langoustes (et oui !) et de crevettes (dommage que le chef ait trouvé le fumet de la sauce crustacé désagréable à son nez et qu’il l’ait jetée) accompagné de petits légumes mijotés et d’une excellente salade de fruits frais. Notre homme est un fin gourmet qui a su organiser sa vie pour ne manquer de rien même au fin fond de la brousse.
On oublierait presque que l’on est au milieu de nulle part, entourés de bêtes sauvages et dangereuses, sauf Mickaël pour qui cette situation est toute nouvelle car il n’a jamais dormi sous une tente, jamais dîner en brousse, encore moins au milieu d’un parc et je le sens très anxieux ! De notre côté, tout va très bien, nous savourons avec délectation notre café et cette première nuit étoilée, ponctuée par la sérénade africaine dominée par les chants des « Nightnoises » : le grognement de l’hippopotame, le rugissement du lion, le jappement du chacal, le hululement des oiseaux de proie et surtout le ricanement de la hyène, manque, à mon goût, les stridulations du criquet, mais il n’y en a pas pour le moment. À 22 h 20, après un « Number One » à deux pas de l’habitacle, on n’est jamais trop prudent, nous grimpons sur notre toit.
Content que tu t'embarques pour cette longue pérégrination au Masai-Mara qui n'est ni comme celle de Régis, ni comme celle de Claire, mais qui malheureusement n'est plus possible actuellement, le "Maître" ayant levé le pied !
Je constate que le programme était chargé cette année et en grande partie consacré à la plongée.
Si j'ai été très passionné par cette activité, il y a bien longtemps que j'ai remisé mes palmes et je crois, qu'à part quelques immersions corses, mes dernières explorations remontent à très longtemps et c'était à Panglao chez un français mais certainement pas le même que toi. Je garde le souvenir d'un tombant exceptionnel et riche. Mes plus belles plongées, je les ai faites à Sanganeb (1979) au large de Port-Soudan.
En fin d'année, nous aurons "Masai-Mara, le retour".
Le sommeil aura été réparateur quoique jalonné de nombreux éveils à l’écoute du moindre bruissement et des envoûtants cris qui l’accompagnent. Nous ouvrons l’œil vers 5 h 00 et quittons le site après un copieux petit-déjeuner, les artistes d’un côté, les voyeurs de l’autre. Le jour est à peine levé et il y a déjà six ou sept voitures qui circulent à travers les hautes herbes à la recherche d’une hypothétique panthère, dont Motoron a entendu le feulement vers minuit dans notre voisinage. Il me précise que ces véhicules sont en infraction, car pour être là de si bonne heure, ils ont nécessairement quitté leurs Lodges bien avant l’aube mais surtout que non seulement ils sont sortis du chemin mais qu’ils ratissent le terrain pour satisfaire une addiction féline excessive écrasant la végétation et peut-être les petits animaux qui y vivent. Une hyène s’enfuit de sa démarche chaloupée, loin de ce remue-ménage, nous sommes les seuls à lui accorder attention, et pour cause cet animal est celui que je préfère. Notre destination est Olare Orok River, territoire de chasse d’un guépard, bien connu de tous les visiteurs, le magnifique mâle est exact au rendez-vous, mais une quinzaine d’équipages lui file le train. Il trotte tranquillement en direction d’une gazelle, qui alertée par le ronron des moteurs s’éloigne rapidement, c’est perdu pour cette fois-ci. J’informe mes amis que je ne désire pas m’éterniser dans ce rassemblement qui ne cesse de grandir et que je préfère une approche moins prestigieuse mais plus tranquille, ce qui ne manque pas ici, car la majorité des gens fait peu de cas des herbivores (une photo de chaque espèce puis on se consacre presque essentiellement aux Big 5) et moi, tout m’intéresse. La chance est avec nous, puisque pas très loin dans un vallon isolé, nous croisons une maman damalisque mettant bas. La scène est émouvante, surtout lorsque le bébé tente de se redresser sur ses pattes. Dans une heure, il sera capable de trotter avec sa mère, mais il est préférable de ne pas trop les gêner, nous pourrions attirer un chasseur ou notre coursier qui là-bas a agrandi le cercle de ses admirateurs : 20 ou 25 bagnoles et il en arrive d’autres ! La rivière est presque à sec, les rares points d’eau sont occupés par des buffles qui s’y vautrent, un hippopotame pâture à proximité et huit lions digèrent tranquillement leur dernier repas, s’étirant, baillant, se faisant des câlins. C’est une belle scène même si elle est un peu statique, de plus, nous sommes seuls auprès de la famille qui compterait seize individus.
Bébé gazelle de Thomson
Nous retrouvons nos complices qui, après le lever du soleil en quête d’une prise de vue unique, par exemple la silhouette d’une girafe se détachant sur le cercle flamboyant de l’astre solaire, sont venus dans le secteur pour observer ces félins. Un groupe d’éléphants composé de deux adultes, deux adolescents et quatre nouveau-nés progresse prudemment sur la rive opposée, protégeant sa progéniture car la matriarche a certainement senti la présence des félins. Vers le lieu-dit « Tiaktiak », près d’un tronçon inondé, nous apercevons deux magnifiques mâles à la crinière longue et foncée, les cadors de la phratrie, qui se repaissent de la carcasse d’un gnou, un couple de hyènes et un marabout attendent une opportunité pour prélever un lambeau de chair, de peau ou d’os.
Essai photographique en surexposition de la phratrie de lions
Vers 9 h 00, après un café serré et une poignée de biscuits, nos lascars nous abandonnent pour s’en aller quérir l’eau pour la douche et le ravitaillement qui les attendent dans je ne sais quel endroit. Nous partons de notre côté pour une exploration du secteur que Mikaël ne connaît pas beaucoup, n’étant venu dans le passé que de rares fois avec l’agence qui l’emploie. Ça ne fait rien, on roule au hasard, car les animaux sont partout et tous nous passionnent, des petites mangoustes rayées qui peuplent les ravins de la rivière aux éléphants croisés précédemment en passant par les hippopotames qui pataugent dans un bain noir et puant, aux buffles et autres herbivores. La piste qui longe le cours d’eau a été abandonnée par les tour-opérateurs, ce dont nous ne nous plaindrons pas, d’autant plus que la faune est riche dans les parages, girafes, hippos, lions, élans, et les incontournables zèbres, gnous, gazelles et damalisques. Ce sont les mastodontes amphibies qui nous titillent le plus car parmi eux se trouve un bébé, joli poupon gris rosâtre d’au moins cinquante kilos. On se demande comment il n’est pas écrasé par ses congénères, tellement il y a d’agitation et de bousculade dans cette minuscule mare. À chaque fois que je vois cette bestiole, je repense à une mésaventure survenue lors de notre descente en canoë sur le Zambèze de Chirundu à la frontière mozambicaine où nous étions tombés nez à nez avec une maman et son nouveau-né, ce nourrisson était gros mais surtout rose comme un cochon : nous avions certainement dû notre salut au fait que le poupard dormait sur la croupe de sa génitrice plus qu’à nos coups de pagaie forcenés.
Il manque l'odeur.
Topis en alerte
Il est bientôt midi et nous devons rejoindre nos compères pour le lunch. L’endroit se nomme « Intrepide Pique-nique site », Mike ne le situant pas, nous mettons un certain temps pour le localiser. La table est mise sous un acacia, au bord d’une rivière dont je n’ai pas retenu le nom : pour celles ou ceux qui ont été ensorcelés par le film « Out of Africa », c’est ici, enfin presque ! Une famille d’hippopotames réside dans le lit, tandis que deux énormes crocodiles se dorent la pilule de l’autre côté. Michel souligne qu’il s’agit de spécimens courants et que plus tard, il nous en montrera de plus impressionnants. J’estime le plus gros à 3m52 et mon voisin à 3m54, mais il n’y a pas de volontaire pour contrôler qui, de lui ou de moi, a raison ! Le repas simple, copieux et agréable est suivi d’un cours technique dont je suis dispensé et d’une sieste, plus exactement un moment de détente qui me sied mieux. Il est bientôt midi et nous devons rejoindre nos compères pour le lunch. L’endroit se nomme « Intrepide Pique-nique site », Mike ne le situant pas, nous mettons un certain temps pour le localiser. La table est mise sous un acacia, au bord d’une rivière dont je n’ai pas retenu le nom : pour celles ou ceux qui ont été ensorcelés par le film « Out of Africa », c’est ici, enfin presque ! Une famille d’hippopotames réside dans le lit, tandis que deux énormes crocodiles se dorent la pilule de l’autre côté. Michel souligne qu’il s’agit de spécimens courants et que plus tard, il nous en montrera de plus impressionnants. J’estime le plus gros à 3m52 et mon voisin à 3m54, mais il n’y a pas de volontaire pour contrôler qui, de lui ou de moi, a raison ! Le repas simple, copieux et agréable est suivi d’un cours technique dont je suis dispensé et d’une sieste, plus exactement un moment de détente qui me sied mieux.
Ce n'est pas la langue de bois
À 15 h 40, nous levons le camp alors que le vent fraîchissant pousse de lourds nuages gris vers le nord, chargés des pluies tant attendues. Motoron a pris la direction des opérations, avec sa vue perçante et son instinct infaillible, doublés d’une parfaite connaissance du terrain, il nous amène vers Madame Cheetah et ses trois guépardeaux, âgés d’environ quatre mois, nous explique-t-il. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans la brousse car ils sont à moins de dix mètres de nous et nous sommes seuls pour en profiter. L’antique guimbarde (le propriétaire me pardonnera de traiter ainsi sa fidèle auxiliaire, mais il faut admettre qu’à côté des rutilants 4x4 des Lodges, elle détonne, en tout cas, on ne peut pas la manquer !) a bien sûr la priorité pour se placer dans la meilleure position et immortaliser le décor, mais surtout attendre la pose inédite. Nous leur cédons la place et continuons notre balade jusqu’à notre camp, croisant chemin faisant une hyène, femelle pense notre guide, un couple de calaos terrestres, autrement appelés bucorves du sud en quête de sa becquetance, une harde d’éléphants, des buffles, un dortoir léonin mixte où nous dénombrons quinze pensionnaires allongés dans des positions apathiques, un aigle serpentaire, encore des éléphants, des hippopotames, un crocodile monstrueux dans la rivière et toujours une multitude d’ongulés.
Le gang des Acinonyx prépare un coup.
Oh, il part avec le butin !
Réconfort et câlins.
Un peu avant la tombée de la nuit, nous rallions nos quartiers. Le bivouac est vite dressé pendant que le maître queux prépare la popote. Il se débrouille vraiment très bien avec les recettes sélectionnées par Chris, épouse de notre amphitryon. Une critique sans égard des prises de vues suit le succulent dîner dont je n’ai pas noté la composition, j’ai mal pour ma Titite, mais nous étions prévenus, le professeur est intraitable. Quand il a fermé son ordinateur, nous échangeons quelques propos sur nos vies à chacun, sur l’Afrique, la protection de la nature et autres sujets avant de regagner nos lits : nous apprenons à nous connaître. Une pensée pour ce pauvre Mikaël que nous avons vu décontenancé devant le fatras innommable de sa tente : elle est foutue et il devra faire chambre commune avec son coreligionnaire. Je crois que l’un d’entre eux ronfle, mais il y en a d’autres dans l’assistance !
Merci Jacky pour ce très beau texte, on vit pratiquement l'aventure avec vous [;)].
J'adore les petits guépards, les photos sont magnifiques Yolande [:)].
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
Merci à tout le monde pour les compliments concernant les photos et aussi d'apprécier le texte qui est tout de même loin d'un carnet de voyage classique incluant des infos pratiques (ce séjour ne s'y prêtait pas beaucoup).
Les lions et les hippopotames ont braillé sans interruption, nous empêchant de dormir d’une seule traite. Nous nous levons pour prendre le petit-déjeuner afin d’être opérationnel dès le lever du soleil. Vers l’est, une dizaine de ballons multicolores sortent de l’horizon pour un survol de la steppe grouillante de vie : cette concentration, au moins, reste silencieuse et ne cause aucun dommage à la faune et à la flore, sauf en cas d’atterrissage d’urgence ! Pour notre part, nous sommes gâtés car les animaux sont partout en nombre et enfin des oiseaux : deux cigognes à bec jaune pêchant dans une mare, deux bucorves trottinant dans l’herbe, une compagnie de pintades picorant devant nous et plusieurs petits piafs que je n’ai pas eu le temps d’identifier. Le clou est bien sûr cette maman chacal et son chiot mais ils s’enfuient à notre approche, peut-être parce que nous roulons un peu vite, Motoron ayant annoncé qu’une femelle léopard rôderait dans la forêt bordant la rivière Talek.
Magnifique lever de soleil.
Nous filons vers cet hypothétique objectif, à contresens d’une interminable colonne de gnous. Je constate, une fois de plus, que ce félin est la star de la brousse et que plus rien n’a d’importance lorsque sa présence est signalée quelque part. Je me garde bien d’intervenir sachant que le rôle principal du Massaï est pisteur et qu’il est là, aidé de son téléphone et de sa vue perçante, en repérage pour son patron. Le cours d’eau est encaissé et coule péniblement entre les bancs de sable et les rochers, notre arrivée faisant déguerpir plusieurs hyènes, une communauté de mangoustes rayées, c’est aussi l’appellation de la mungo avec de nombreux minots, des hardes de zèbres et un héron solitaire. Seules les girafes ne sont pas effrayées par notre bahut, principalement les deux mâles qui se livrent à un combat l’un frappant sa tête sur le cou de son adversaire et vice-versa, le dernier round est assez surprenant car il se termine par un accouplement : je ne saurai dire si c’est le perdant qui subit ou le contraire. Le spécialiste penserait comme Brennos, chef gaulois vainqueur de Rome en 387 avant JC : « malheur aux vaincus ». La nouvelle de la présence de Cabosso a alerté le voisinage et quinze à vingt voitures surgissent de nulle part à vive allure se rangeant à nos côtés sans oser s’avancer vers les fourrés, car, nous-mêmes sommes arrêtés sur la piste. Lorsque nous décidons de quitter les lieux, certaines se décalent et avancent légèrement dans les hautes herbes mais la Princesse tachetée a certainement filoché au plus profond des fourrés.
Cet hippo passe au ras de la voiture.
Mangoustes rayées hélas dans les herbes.
Vers 8 h 30 après la pause-café, MDH décrète de se rendre à la ville, peu éloignée car nous ne sommes qu’à deux pas de la frontière, son moteur ayant subitement des ratés. Son lieutenant l’accompagne, ce sera pour lui l’occasion de voir si ses femmes sont en pleine forme, ce qu’il devrait savoir car quand il ne piste pas ou ne bavarde pas avec son coéquipier ou avec moi, il téléphone, la note doit être salée. Le sujet majeur des photographes, en ce début de matinée, a été consacré à une colonie de hyènes qui vit près d’ici dans un terrier dominant une zone marécageuse bordée de joncs. Yolande sachant que je suis un inconditionnel des hyénidés et particulièrement de la tachetée dite crocuta me propose de m’y emmener, mais elles ont déménagé ou elles roupillent sous terre. Dans la plaine, nous apercevons un guépard, deux voitures sont déjà sur le site mais nous cèdent la place. L’animal a la gueule maculée de sang et halète, il vient tout juste de capturer sa proie et d’arracher une ou deux bouchées mais il n’est pas tranquille regardant sans cesse derrière lui. Ce n’est ni nous ni les vautours africains et oricous perchés sur les arbres qui l’inquiètent mais une lionne qui maraude sur une crête à notre gauche. Celle-ci a sans aucun doute assisté à la chasse et pense s’offrir un repas gratis. Elle s’avance tranquillement, sûre d’elle vers le buisson où s’est réfugié notre coursier qui se lève et s’éloigne dépité. Je crois qu’elle est vicieuse car elle ne fait aucun cas de la dépouille et continue son chemin au cul de notre pauvre guépard qui presse le pas, à son tour elle accélère mais à ce jeu, elle manque de rapidité et décide d’abandonner la poursuite, disparaissant dans un repli de terrain. Peut-être aurait-elle préféré mettre du félin à son menu plutôt que de la gazelle ? Des chacals profitent de la confusion pour ravir un morceau mais doivent s’effacer devant les nombreux charognards qui se dandinent autour de ce maigre festin.
Guéparde inquiète, elle aperçoit une lionne.
L'intruse va la chasser sans prendre sa proie.
Du coup chacun se servira !
Nous nous dirigeons vers Freeman Camp via la traversée acrobatique et très pentue d’un oued où se pavane une magnifique lionne, nous y arrivons un peu avant midi, Michel et son garde nous y accueillent : la mécanique ne tousse plus, son proprio un peu à cause d’un usage immodéré de la cigarette. Nous quittons rapidement le hall d’accueil pour nous installer dans la brousse car c’est l’heure du casse-croûte et d’une première douche au cul du camion, juste avant une forte averse et un tonnerre assourdissant. Vêtu de neuf, je force l’admiration de Motoron qui avec un brin d’humour me lance : « You look like a British ! » Me comparer à un Anglais, pas facile à encaisser, même si, loin de leur triste île, on les dit mieux éduqués que les Français !
L'animal préféré de Jacky.
À 14 h 30, sans le chef mécano plongé sous son capot, nous partons en exploration dans une zone de terre noire fort détrempée appelée localement Black Cotton. La conduite n’est pas aisée et notre gros bahut progresse de travers, dérape, cale mais repart grâce à sa puissance. Des éléphants, à l’orée du bois, se roulent dans cette bauge, leurs simagrées maladroites nous ravissent par contre, ils sont trop éloignés pour l’objectif, y compris pour une photo souvenir : « ça ne rendra rien » me dit Yolande ! Nous nous contentons de nos yeux et de nos jumelles, pour moi pas de problème !
Première confrontation avec des cobs à croissant, à proximité de leur biotope puisque la rivière est à deux pas. Cette belle antilope jouirait d’un statut privilégié auprès des carnassiers car sa chair aurait un goût de vase fort désagréable, comme quoi on peut être omophage et fine gueule. À l’horizon, au bout d’une immense étendue plate peuplée de milliers d’animaux, nous croisons toujours les mêmes, avec aujourd’hui en prime, une multitude d’impalas, des bachelors particulièrement et des hardes d’éléphants avec de nombreux bébés. Je pense que le ronfleur est Mike car notre Massaï ne tient pas à terminer le séjour en sa compagnie, c’est pourquoi, nous avons fait un crochet vers son village où il a une canadienne de secours.
Il a pris sa dose d'Amarula !
Petite famille Topi.
Cobe à croissant sous la pluie.
Partie de chasse.
Vers 17 h 00, nous atteignons une piste d’atterrissage près d’Hippo pools, entièrement recouverte de pistia ou laitue d’eau, une riche avifaune où se mêlent hérons, ibis, aigrettes, ouettes d’Égypte, oies de Gambie, ombrettes, partage le domaine avec des hippopotames dont on ne voit que le dessus du crâne orné de petites rosettes vertes, pour sûr, un joli sujet photographique ! Nous rejoignons Michel et le suivons sur une piste transformée en patinoire.
Miss hippo !
À 18 h 25, nous arrivons à notre aire de camping, sur la rive élevée d’un bras mort de la Mara, vingt mètres à peine nous séparent d’une éléphante et de son nouveau-né qu’elle câline et lave avec l’eau noirâtre du marigot. Le site est somptueux, le repas excellent et la voûte des cieux qui se dégage doucement, ensorcelante dès que Simba (lion) et Fisi (hyène) lancent leurs inimitables avertissements. Le montage de la tente, pourtant minuscule est un véritable casse-tête pour Mikaël, heureusement une âme charitable lui porte secours. S’ensuit une intéressante et surprenante discussion sur les projets de Michel dont nous tairons le sujet, mais aussi ses rencontres tantôt enrichissantes, tantôt intenables.
Merci Jacky et Yolande pour ce beau concert à 4 mains. J'apprécie le texte autant que les images et donc j'attends la suite pour pérégriner un peu plus avec vous pour peu que le texte et les images suivent[:)]. Qu'elle impatience!
PS tu pourrais en MP m'indiquer le nom de ton réceptif...Merci infini aussi étendu que la voute du ciel australe….Je sais je fayotte!
Comme Éric, carnet bien écrit, bien illustré. Je me régale à te lire. Et aussi à admirer les photos de ta blonde.
Tu peux d'ailleurs rassurer Titite/Yolande sur la valeur de ses photos, nous sommes sans aucun doute un certain nombre qui aimeraient bien les avoir faites (ou aussi avoir assisté aux scènes photographiées avec une bonne paire de jumelles). Michel est un critique très sévère mais juste, du moins la plupart du temps, tout le monde peut se tromper. La preuve, un jour il m'a même dit que j'avais fait une bonne photo (bonne, oui, mais par hasard).
Bravo et bonne soirée, prenez soin de vous !
BL
safari photo en Tanzanie et ailleurs https://safari-tanzanie.fr
WILIPI photographie animalière
Voilà qui est encourageant, nous nous posions la question de continuer ou non notre périple en compagnie de VF, tellement les interventions étaient rares. Nous allons nous y remettre dès demain.
Nous n'avions pas la prétention de rivaliser avec le carnet de voyage de Régis illustré de magnifiques photos ou les polémiques (souvent justifiées) de Claire, nous pensions que sans être une mine d'informations, ce troisième témoignage consacré au Masai-Mara, simple mais d'une expérience peu courante, agrémenté de belles images (pour une quasi débutante) pouvait meubler les longues journées de confinement des amoureux de la faune africaine. Mais peut-être y-a-t-il des lecteurs qui n'interviennent pas dans la discussion, les sujets étant tout de même très nombreux sur le forum. Je fais, d'ailleurs, partie de cette catégorie.
Bien cordialement.
Jacky + Yolande.
PS : je vais répondre à ta dernière question mais je dois rechercher la signification précise du mot "réceptif" dans mon dico !
Merci pour les compliments, bien que selon Michel le verdict était plutôt du style : photos souvenirs.
Je crois que comme pour toi j'ai peut être eu droit à une appréciation positive, c'était sûrement un hasard pour moi aussi.
J'ai commis une grave erreur en partant avec un appareil pratiquement neuf dont je ne connaissais pas vraiment les fonctions, j'ai souvent râlé et fait de grosses bêtises.
Mais tout cela est normal car je suis "BLONDE"[:P]
Il est vrai que c'est parfois décourageant quand on rédige un carnet, d'avoir l'impression d'écrire "dans le vide" mais....
peut-être y-a-t-il des lecteurs qui n'interviennent pas dans la discussion
Ce n'est pas "peut-être", c'est sûr! (il n'y a qu'à regarder le nombre d'affichages des posts)....et puis, ceux qui suivent assidûment (comme moi ) n'ont pas toujours quelque chose à ajouter ou demander.
Conclusion: à bientôt...[;)]
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Sommeil bienfaisant et réveil à l’appel du roi de la brousse mais surtout du cri inimitable de l’aigle pêcheur, le favori de Titite (de mon côté, c’est le gypaète barbu, qui comme moi, n’est pas très papotier). Le soleil se lève derrière la canopée inondant le ciel nuageux de ses couleurs éclatantes. La température n’est pas très élevée et le vent souffle, c’est la nouvelle lune, ce qui n’est pas bon signe pour la suite, me dit-on !
Ce matin, je suis invité à participer à une campagne photo dont le sujet devrait être l’éléphant et le crocodile, je serai à l’arrière et du mauvais côté, ne suis-je pas qu’un être contemplatif ? À l’orée du bois, nous débusquons des buffles et une famille de phacochères qui trottine queue en l’air et dérangeons des ouettes qui entonnent un concert de cacardements stridents, perchées sur les hautes branches des kigélias. Comme quoi, on peut se balader dans des branchages avec les pieds palmés ! Après cinq minutes de conduite, nous tombons sur deux grues couronnées en parade nuptiale et un lion majestueux se pavanant avec trois femelles près de l’étang nommé Nakuru. Point de flamants sur le rivage mais des oies de Gambie, des ouettes, des pluviers, des cigognes, des aigrettes et sans doute des hippos, au milieu, cachés sous le tapis de pistia. La scène du jour, nous attend à proximité, ce ne seront ni des sauriens, ni des pachydermes mais un clan de lions, les adultes dévorant une carcasse de gnou tandis que deux lionceaux espiègles nous honorent de leurs jeux désopilants. Jusqu’à 9 heures passées, nous restons près d’eux, Yolande les prenant sous toutes les coutures, le photographe de l’impossible se limitant à des prises lors d’attitudes particulières, moi, simplement comblé de les regarder, parfois avec mes jumelles pour plus de détails. Ces séquences sont un véritable enchantement dont nous profitons dans le calme et la solitude, pas un touriste à l’horizon.
Simba au lever du soleil.
Parade nuptiale de grues couronnées.
Belle petite famille.
Maman recadre un peu le rejeton.
Nous rentrons au camp où Mikaël nous accueille avec le café et les gâteaux secs : il avait besoin d’un peu de calme après ses péripéties successives avec ses guitounes. Nous avons quartier libre jusqu’à l’heure du pique-nique et en profitons pour consacrer du temps aux herbivores qui sont, quand même, les personnages les plus importants de ces terres infinies : impressionnants troupeaux de buffles et d’élans, milliers de gnous, de zèbres et de gazelles, centaines de bubales, de damalisques et parfois des girafes, toutes ces espèces avec la nouvelle génération : je me répète mais comment faire autrement ? Notre chauffeur, rompu au mode de fonctionnement des agences, ne semble pas captiver par tous ces bouffeurs d’herbe et recherche le scoop qu’il aperçoit au loin sous la forme d’une concentration de 4x4 où une centaine de paires d’yeux rivés dans un viseur contemple Madame Duma la guéparde et son bébé. Nous en profitons le temps d’un déclenchement ou deux car ils se lèvent et s’éloignent vers un monticule où ils deviennent vraiment riquiquis. Nous battons en retraite comme certains spectateurs, tandis que d’autres s’approchent en pénétrant dans la prairie, aucun ranger ne pointant alentours.
Duma me cache.
Mais moi je veux voir.
Evidemment il y a les herbes !
Allez on part; il y a trop de monde.
Voilà qui est encourageant, nous nous posions la question de continuer ou non notre périple en compagnie de VF, tellement les interventions étaient rares. Nous allons nous y remettre dès demain.
[•••]
Cela aurait été très dommage ! Il y a toujours une majorité silencieuse, mais de qualité et attentive, s'pas ? Adorable guépardeau, adorables lionceaux !
PS : je vais répondre à ta dernière question mais je dois rechercher la signification précise du mot "réceptif" dans mon dico !
Bonjour Jacky et Yolande,
Ma bible, le T.L.F. donne cette acception :
D. Qui est relatif à la capacité d'accueil (en partic. dans l'hôtellerie). Si la capacité réceptive française est encore la plus importante d'Europe, son avance diminue (JOCARD, Tour. et action État, 1966, p. 193).
et nous avons écrit dans les mots du safari (le nous n'est pas de majesté, c'est simplement que cette page de safari-tanzanie a été écrite en collaboration) :
Réceptif : agence locale de safari travaillant avec un TO non implanté directement dans le pays.
Bonne journée et bonne continuation (de carnet, œuf corse)
BL
PS : vos grues ne sont pas des grues couronnées mais des grues royales, leur nom anglais "Grey Crowned Crane" est trompeur. Les grues couronnées ont le cou noir et non gris. Et leur tache sur la joue est nettement blanche en haut et rouge en bas, comme l'a écrit ma blonde sur oiseaux.net.
safari photo en Tanzanie et ailleurs https://safari-tanzanie.fr
WILIPI photographie animalière
Bonjour à tous les deux
Bien sûr que si il faut continuer ! moi aussi je fais partie de ces personnes qui lisent sans souvent se manifester. Mais je n'en apprécie pas moi.
Bravo en particulier pour ces photos, très réussies. Les bébés lions et guépard me font craquer !
Au fait, vous aviez quoi comme matériel photo ?
A bientôt pour la suite
Chritine
Toujours aussi prompt à répondre même lorsque la réponse n'est pas requise, genre premier de la classe[;)]. Bon réponse prompte certes mais réponse efficace à laquelle il n'y a rien à rajouter.
PS. Peu importe que la grue soit un une grue ou un monte charge, qu'elle soit couronnée ou de sang bleu. Elle est très jolie et c'est cela qui compte[:P].
À midi, nous suivons la rive encaissée de la Mara au milieu d’une végétation éparse où broutent girafes et impalas. Au détour d’un coude, nous tombons sur nos amis qui ont monté la table dans un site idyllique. Nous avalons rapidement notre encas, car le ciel est menaçant. De lourds nuages gris poussés par un vent violent et frais, déversent sur nous une violente giboulée. Nous avons juste le temps de plier bagage et de nous réfugier derrière les vitres. La batterie du Land Rover n’a pas aimé cette chute de température et nous devons le pousser pour qu’il daigne démarrer, heureusement il ne se fait pas trop prier car sur le sol détrempé, l’affaire se serait corsée. Notre première attraction est celle d’une autruche couchée, ailes écartées : elle nous fixe avec inquiétude, se lève laissant apparaître quatre superbes œufs, mais reste sur la défensive. Nous ne l’ennuyons pas davantage et regagnons la rivière dans un secteur nommé Paradise Plain. Comme son nom l’indique, cette vaste étendue quasiment plate est un rassemblement incroyable de topis, de bubales, de gazelles, surtout de gnous et de zèbres. Le phénomène est encore plus impressionnant sur la rive droite plus accidentée où se prépare la grande migration, il y en a certainement des dizaines de milliers. L’Association « Cheetah Forever » est en observation d’un grand mâle, il est très éloigné, difficile à distinguer lorsqu’il ne bouge pas. Par respect pour les spécialistes, nous ne nous éternisons pas dans les parages, tout le monde n’a pas les mêmes égards. Plus loin, nous tombons sur un couple léonin en lune de miel, un second mâle regarde, peut-être avec concupiscence les ébats de son frère lorsque apparaît un troupeau d’éléphants, des femelles, certaines avec de longues défenses, des jeunes mâles et des petits, 21 au total. La cheffe a aperçu les félins et particulièrement celui qui ne fricote pas, elle se détache du groupe, se dirige vers le frangin et le chasse prestement, ce dernier venant se glisser derrière nous, puis les géants se rassemblent à l’ombre d’un gros figuier. Nous téléphonons à Michel pour l’informer de la belle représentation que nous offre la nature, dans un magnifique décor qui plus est ! La piste se dirige vers un promontoire dominant le large lit de la rivière, nous allons nous y poster pensant que c’est, sans aucun doute, à nos pieds que les mastodontes franchiront l’obstacle semé d’embûches car nous avisons plusieurs crocodiles dont certains frôlant les quatre mètres. Ils se mettraient bien sous la dent un bon quartier de bidoche et pourquoi pas un tendre éléphanteau car il n’y a que ça au menu, cet après-midi. C’est sans compter sur la vigilance des mères ou des tantes qui serrent de près leurs progénitures, chassant comme ils l’ont fait précédemment avec les lions, les importuns qui s’approchent trop près. Les sauriens n’insistent pas, ce sera pour plus tard, nous savons ces bestioles très patientes. Après une bonne goulée de flotte, ils gravissent le talus et disparaissent dans la végétation. Nous retournons à nos premiers amours, du moins ceux du roi et de la reine du coin, ils sont toujours à la manœuvre mais le frelot témoin a disparu pour retrouver les autres membres de la famille qui se relaxent à distance.
Notre aire de pique- nique.
Quelques voisins.
J'adore tirer des portraits de broussards.
Un prétendant...
Un deuxième...
Attention c'est hot !
Traversée de la Mara
Vers 18 h 30, nous sommes de retour dans notre éden au-dessus de la Mara où hippopotames et crocodiles se partagent la vasque noirâtre : un concert de grognements est au programme de la soirée mais aussi une bouteille de champagne, amenée dans nos sacs, elle est presque fraîche. Nos amis kenyans déclinent l’invitation même d’y tremper le bout des lèvres, tant pis, on boira le contenu tous les trois car il est bien connu que ce breuvage n’aime pas être secoué surtout lorsque le bouchon a sauté. Le repas est, ce soir encore, succulent, bien meilleur que les menus servis dans un bon nombre d’établissements du coin et d’ailleurs sur le continent, manquerait un bon verre de vin ou le contraire un verre de bon vin mais peut-être serait-ce exagéré ! Avant d’aller nous coucher, juste derrière nous, Yolande déloge un éléphant que personne n’avait remarqué dans la pénombre et l’enchevêtrement de la végétation. Elle, qui éprouve une peur irrationnelle à l’approche de ces créatures depuis une charge dans le parc de Méru en 1980 suivie d’autres mésaventures en Namibie, en est quitte pour une pétoche contrôlée : elle s’améliore !
Bonsoir Christine
Merci beaucoup pour les appréciations.
Je venais de remplacer mon canon 5D Mark II qui donnait des grands signes de faiblesse par un canon 5D Mark IV waouh un must quand on le maîtrise parfaitement, ce qui n'était pas mon cas équipé d'un 70-200 et l'on m'avait prêté un canon 7D que je ne connaissais pas du tout je l'avais équipé d'un 400. au début je me suis souvent plantée dans la manipulation des 2 appareils. L'un ayant un écran LCD tactile très utile avec sa touche Q pour modifier rapidement les réglages et l'autre pas.
C'était une erreur car je n'avais pas eu vraiment le temps de potasser la notice du Mark IV;
Les photos de nuit sont prises avec un petit canon powershot et Jacky s'en est servi 2 ou 3 fois quand même
Bonne lecture et bonne soirée
Yolande
Mise à pied....... de grue et tournée générale ce soir à la maison pour avoir confondu la "Royale" avec la "Couronnée". Je croyais que ces deux espèces n'étaient qu'une en raison de leur ressemblance. Yolande avait donc raison mais je n'ai pas voulu l'écouter !
Merci pour cette précision, qui, il est vrai, vient d'un spécialiste des volatiles de toutes plumes, plus exactement d'une spécialiste, semble-t-il ?
Ma bible ou plutôt mon dico de chevet est Cnrtl et je n'avais pas lu la définition jusqu'au bout.
Bonsoir Yolande et Jacky,
Quel plaisir de suivre votre carnet de voyage qui permet de rêver en ces temps où les projets d'évasion se font rares [:(]. Merci pour le partage je sais le travail que cela représente.
Les lionceaux et petits guépards sont craquants bien sûr , j'aime bien aussi le "bouquet" de girafes....
Je comprends la prudence de Yolande avec les éléphants j'adore les observer mais je garde aussi des souvenirs de moment de grande frayeur.
Merci beaucoup et nous sommes ravis de te faire partager notre expérience j'ai découvert ton carnet il y a très peu de temps et d'ailleurs je n'ai pas encore fini, c'est vraiment très intéressant, car nous avons nous aussi connu les Aberdares , Mérou et Samburu en 1980, c'était magique mais aussi très dangereux car nous étions partis sur la piste menant au sanctuaire des Adamson dont nous avions lu tous les livres et au cours de ce périple nous sommes tombés sur 2 individus à pied surgis de la brousse et armés, plus patibulaires que sécurisants, nous avons fait demi tour un peu plus loin et filés sans chercher à savoir.
Dans la foulée nous avions appris peu de temps après notre retour l'assassinat d'un couple dans leur voiture à peu près dans le même secteur.
Les éléphants étaient très agressifs car très braconnés et avons eu droit à quelques charges d'où ma crainte de ces mastodontes, mais respect et malgré tout je les aime .
Samburu est certainement la réserve que nous avions préférée pas grand monde à cette époque et peu de lodges.
Le Masaï Mara nous avait aussi enchanté avec une quantité incroyable de mammifères, la plaine était noire à perte de vue, chose que nous n'avons pas retrouvée en 2018.
Nous étions partis 1 mois pas de 4X4 mais une vieille voiture berline Subaru capricieuse au possible.
Merveilleux souvenirs que je revis au travers de ton carnet, merci de ton partage.
Bonne soirée
Yolande
Ah ces belles ambiances africaines, un clap pour la photographe! Le soir à l'étape dormiez vous dans une un tente sise sur le toit? Si le courage est ton guide tu peux toujours aussi lire mon carnet de notre voyage au Kenya de septembre dernier intitulé "d'Olpejetat à Tsavo Ouest", quinze jours de balade dans les parcs animaliers de l'Est du pays:
Mais avec plaisir nous allons nous attelés à la lecture de tes récits de voyages.
Oui nous dormions dans une tente sur le toit en immersion totale, sous le couvert des arbres c'est ce qui nous a vraiment emballés avec de temps en temps la visite des hôtes de ces bois.
Écouter les bruissements, feulements, rire des hyènes, rugissements le tout à proximité c'est un concert propice à l'endormissement........Lol
Bonne nuit
Yolande
Oui nous dormions dans une tente sur le toit en immersion totale, sous le couvert des arbres c'est ce qui nous a vraiment emballés avec de temps en temps la visite des hôtes de ces bois.Écouter les bruissements, feulements, rire des hyènes, rugissements le tout à proximité c'est un concert propice à l'endormissement........Lol
Trop cool[:)]! Mais était-ce confortable? J'ai eu l'occasion de rencontrer à Montier en Der votre guide et sa compagne. Passer comme ils le font, des jours en brousse à prendre des images, j'en ai rêvé.
Circuler avec sa tente sur le toit est une bonne option, surtout, lorsque comme nous, nous apprécions beaucoup l'imprévu et donc ne pas réserver tout son circuit à l'avance, ce qui d'ailleurs ne serait pas aisé lorsque l'on part 6 à 8 semaines. C'est avec ce mode d'"accommodation" que nous voyageons depuis un certain nombre d'années, alternant le confort très acceptable de la tente et des logements en dur, sauf en Ethiopie où ce type de véhicule n'existe pas ou peu et en 2017 en Afrique du Sud où nous avions loué un Bushcamper (on roupille et on peut même casser la croûte à l'intérieur de l'habitacle, mais il n'y a que deux places dans la cabine).
Vivre la moitié de sa vie dans la brousse, à photographier ou à simplement observer, c'est certainement le pied, même sur le toit d'un 4x4. Côté cuisine, l'ami MDH se débrouille fort bien, mais il doit aller au ravitaillement régulièrement, surtout pour l'eau si ses clients souhaitent se doucher matin et soir, nous étions beaucoup moins exigeants !
Nous nous levons à 5 h 00, le ciel est dégagé et le vent a chassé les nuages chargés de pluie, il fait doux. Motoron nous annonce que les troupeaux se rassemblent en grand nombre et qu’ils ne devraient pas tarder à se lancer dans leur folle course, ils attendent le signal de départ qui peut survenir aujourd’hui, demain ou…. plus tard ! On sent les crocodiles nerveux, ils sont là, en embuscade, vont et viennent dans les eaux encore claires de la Mara. De prime abord, j’en compte une bonne dizaine, certains énormes, dépassant les 4 mètres et autant de quintaux. La berge de notre côté est basse, facile d’accès mais en face, elle a trois à quatre mètres d’à-pic et est bordée de broussailles épaisses. La présence d’un saurien n’a pas échappé à la vue perçante de notre guide qui nous le montre, couché sur le sable à l’abri des buissons, c’est en réalité une femelle qui monte la garde près de son nid. Nous apercevant, elle se lève et glisse ou plus exactement saute dans l’eau à une vitesse fulgurante, disparaît dans les flots puis refait surface, museau tourné vers les intrus que nous sommes, puis plonge à nouveau : je suis toujours étonné par la vivacité de ces monstres, mais aussi fasciné.
Pendant ces premières heures d’exploration, nous n’avons rien de particulier à nous mettre sous la lentille sinon l’habituel, ce qui, au demeurant est plus que satisfaisant : des éléphants un peu partout, des troupeaux de buffles, des hippopotames qui ont traîné pour le casse-croûte et qui foncent pour retrouver l’abri du milieu humide, des crocos à chaque gué, des girafes, des gnous par milliers mais aussi, un serpentaire au plumage étonnamment pâle et du monde à la recherche du léopard qui a élu domicile dans ce territoire. À Chinese Hill, rien du tout, que de l’herbe…..jaune !
Bonjour et bienvenue.
Girafon ayant encore son cordon.
Maman hippo et son bébé rose.
Cool....
À 8 h 35, nous nous retrouvons pour le goûter au bord de l’eau, juste sous la terrasse de Mara Serena Lodge, admirablement situé. Le paysage est vraiment très joli par ici, fermé à l’horizon par les contreforts de l’escarpement d’Oloololo, piqueté de rares acacias parasols et animé par la présence de nombreux éléphants, d’importantes hardes de buffles et de milliers d’herbivores. On ne se lasse pas d’un tel environnement et nous paressons un bon moment pendant que nos hôtes font les courses. Nous devons, ensuite, nous rendre au confluent de la Talek et de l’Olare Orok, réputé être une traversée importante mais il n’y a que des hippopotames et des crocodiles qui commencent à se languir, ce qui est rare chez ce grand lézard. On peut les voir aller et venir dans le courant tranquille de la confluence, plus loin, un gué encombré de rochers nous permet de traverser la rivière, la pente est raide et glissante mais le pilote maîtrise parfaitement sa machine. Au sortir du rideau d’arbres bordant le rivage, nous pénétrons dans une immense plaine où pullulent les animaux, c’est le summum depuis notre arrivée.
À 12 h 00, nous franchissons à nouveau la Talek, à hauteur de Double-Cross, près d’un inopiné terrain de football et d’Olkiombo Airstrip. Nous sommes à Mara Intrepids/Explorer Camps et c’est là que nous devons régler les entrées pour les quatre jours à venir avant le déjeuner et la sieste, au même endroit que dimanche.
À 15 h 15, Michel sort de sa torpeur et décide de nous emmener vers la Talek sur les traces de la femelle léopard et de son petit, mais ils restent invisibles : serions-nous les premiers clients qui ne verraient pas cette magnifique créature ? Et pourtant, ils étaient là il y a peu, nous affirme Motoron en nous montrant les empreintes et taches du sang frais de sa proie. À Mahira Bush Camp, nous remplissons les réservoirs d’eau et allons nous dégourdir les jambes vers les marais où chantent d’invisibles piafs. Pas âme qui vive autour de ce camp de brousse, je le trouve un peu tristounet mais je pense que parmi les dizaines, peut-être centaines d’établissements qui parsèment cette réserve, les plus magiques, sans commune mesure, sont ceux de notre escapade nomade.
Je vous présente Jacky, Motoron
et Mickaël.
Toutes les 2 heures une pause s'impose !
Un pigeon vert n'est-il pas Bernard ?
Aigle bateleur.
Les salades de fruits frais de Motoron
matin, midi et soir: un régal ! humm
Concours de montage de tentes entre
Mickaël et Motoron.
Bonne nuit....
À voir les photos de Yolande, je trouve vraiment Michel très sévère.
Pour le piafou, c'est bien un pigeon vert africain. Mais en anglais : African Green Pigeon. En français, c'est le "Colombar à front nu", Treron calvus.
Prenez soin de vous
BL
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WILIPI photographie animalière
Merci, merci, mais je savais que Michel était intraitable, j'y suis allée en connaissance de cause, je lui avais demandé d'être sincère sans complaisance. Gagné
De toute façon j'ai beaucoup appris, je me suis améliorée vers la fin et j'ai un peu mieux maitrisé mes appareils.
Ses conseils étaient justes, si parfois je ne l'écoutais pas, parce que je suis un peu têtue et bien paf... je ratais la scène.
dixit Michel "choisis ton sujet, pas les 2 à la fois" et voilà le léopard qui descend de l'arbre pendant que je suis entrain de me tourner vers les lionnes qui avaient piqué la proie. Grrr
Très bonne expérience et bonne entente.[:)]
Bien cordialement
Yolande
J'aime particulièrement la photo des éléphants et ce crocodile bouche ouverte, très , très proche. à moins que tu n'aies zoomé. Vraiment Yolande tu as pris de sacré risque rien que pour nous faire plaisir merci[;)]. L'aigle est bateleur des savanes ou Bateleur, Terathiopius ecaudatus, jolie non ! Les couleurs tirent vers le jaune. Comment as tu réglé ton appareil ?
J'aime particulièrement la photo des éléphants et ce crocodile bouche ouverte, très , très proche. à moins que tu n'aies zoomé. Vraiment Yolande tu as pris de sacré risque rien que pour nous faire plaisir merci[;)].
Totalement d'accord avec toi, Éric ! Mais une vie sans risque manque de piment, s'pas ?
L'aigle est bateleur des savanes ou Bateleur, Terathiopius ecaudatus, jolie non !
En français Bateleur des savanes, en anglais juste Bateleur, nom scientifique Terathopius ecaudatus.
Joli nom effectivement, qui tient à la particularité énoncée dans son nom scientifique d'espèce : ecaudatus = sans queue, ce qui lui donne un équilibre instable, comme les avions de chasse moderne style Rafale, et lui permet les acrobaties aériennes qui l'on fait nommer bateleur...
Les couleurs tirent vers le jaune. Comment as tu réglé ton appareil ?
Si Yolande photographie en RAW, le réglage de l'appareil n'a pas d'importance, c'est en post-traitement que l'on agira si besoin sur la température de couleur, qui semble effectivement un peu chaude sur notre écran calibré, mais juste sur certaines photos (p.e. autruches). Cela dépend aussi de l'heure de prise de vue.
Bonne continuation
Pas mieux ! Prenez soin de vous !
Amicalement
BL
PS : et Terathopius ? Terathos, pas de souci, c'est chasseur (en grec), quant à opius si c'est avec un omicron, οπις, opis en grec, c'est en arrière (parce qu'il peut se retourner ?), ou avec un oméga, ϖπιος, οpios, c'est favorable, propice, opportun (parce qu'il chasse bien ?). Des infos ?
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WILIPI photographie animalière