salut à vous
à votre avis en sulawesi nord en juillet peut on se limiter à un traitement anti paludéen dans le parc national seulement ou faut-il l'envisager partout , j'aimerai rester 1 mois là bas de Manado jusqu'à Ampana en séjournant surtout aux iles togeans ...Faire donc quelques nuités dans le parc national et donc prevoir 1 semaine de traitement (avant/apres) ?
que faut-il là bas : Malarone ou le docy.. Suffit ?
merci !
Bon deja juillet c'est la saison seche donc les risques sont moindres.
Ceci dit a Togian y a le palu de sur (je l'ai chope deux fois la-bas), a Tongkoko je sais pas.
Malarone laisse tomber, ca coute une fortune.
Tu peux acheter des medocs sur place pour une poignee de figue.
Tiens, un copier coller d'un topo sur la question tire de mon blog:
La malaria, appelée aussi paludisme...
Pas la peine d'acheter les médocs chez nous, ça va vous coûter un bras comme on dit de nos jours. Sur place vous en trouverez facilement, les locaux vivent avec ce parasite depuis des millénaires, ils connaissent. Pour schématiser on peut dire qu'il y a 4 grands types de malaria:
-falciparum, ou neuro palu, très dangereuse, tue n'importe qui en 3 jours maxi, pas bon de la choper sur une île déserte ou en plein milieu de la jungle.
Pour éviter le cassage de pipe avant l'heure il suffit d'avoir les cachetons avec soi.
Un traitement à base de chloroquine marche souvent mais hélas dans certains coins le parasite est devenue résistant. Dans ces cas là on peut prendre de la sulfadoxine, mais même s'il y a moins de résistance qu'avec la chloroquine il commence malgré tout à y en avoir (bien que peu, du moins en Indonésie et en Papouasie).
Le meilleur médoc, car le dernier en date, c'est l'artésunate, dérivé de l'armoise chinoise ou artémésine, très utilisée en Afrique où il sauve de nombreuses vies. Et en plus il est bien moins cher que le l...m, ou la m...ne.
Renseignez-vous quand même avant de partir, ce type de malaria ne se trouve pas partout, loin s'en faut. Elle est très présente en Afrique et en Indonésie, mais seulement dans certains endroits, à Java et Bali par exemple il n'y en a point. On la trouve surtout dans les petites iles reculées au moment de la saison des pluies, et en Papouasie où là par contre c'en est infesté, attention si vous partez dans la jungle de basse altitude et dormez dans ces villages battis sur des pilotis au dessus de marais, vous me suivez...
Au chapitre bonne nouvelle cette variété de malaria ne revient pas une fois soignée (enfin à moins qu'on se refasse piquer par un moustique infecté bien sûr), et comme dit un pote:
ou tu la tues ou elle te tue.
-vivax:
celle là elle te tue pas, mais une fois soignée elle se planque dans ton foie et se rappelle à ton bon souvenir quand ça lui chante, souvent dans des périodes où on est fatigué, ou si on se fait une petite crise de foie pour cause de trop ou mal mangé.
Elle se soigne relativement facilement, avec de la quinine, ou de la chloroquine, ou de la méfloquine (je ne recommande pas celle ci, elle a beaucoup d'effets secondaires lourds, c'est celle qui entre dans la composition du l...m pour ceux qui connaissent) mais PAS la sulfadoxine (ça j'en suis sûr) ni l'artésunate (à vérifier mais je suis quasi sûr), attention !
La chloroquine est à mon avis la meilleure, elle marche bien, n'est pas chère et n'a pas trop d'effets secondaires.
-les deux autres variétés sont assez bénignes et se soignent la plupart du temps par elles mêmes.
Comment savoir qu'on a chopé la malaria?
Les premiers symptômes sont mal au foie, envie de vomir (voire petit gerbe en passant) mais à ce stade là ça pourrait encore être une indigestion. Vient ensuite la fièvre alternée de tremblements (car on a très froid et on grelotte comme au pôle nord), à ce stade là ça pourrait être aussi la dengue car elle présente les mêmes symptômes, avec toutefois plus de douleurs articulaires. La dengue, soit dit en passant, se soigne toute seule, il faut juste faire gaffe à la variété hémorragique qui est mortelle mais de toute façon quand on en est à ces symptômes on va chez le doc (à part les tronches dures dur (e) s au mal, mais y en a peu), sauf si on connait déjà et qu'on sait quoi faire.
Et en dernier lieu l'eau et tout ce qu'on boit prend un goût bizarre, que je ne saurai comment décrire, les indonésiens utilisent le mot "amer" mais c'est pas tout à fait ça. En tout cas qui l'a eu une fois dans sa bouche s'en souvient et si ça recommence quelques mois plus tard on sait qu'on va vers une crise.
Pas d'affolement mais il faut quand même prendre tout ça au sérieux. Étant de nature dur au mal, et aussi très entêté pour ne pas dire tête de cochon pour ne pas dire pire, j'en ai failli avaler mon acte de naissance à l'aube du millénaire, c'est ce qui est raconté dans le chapitre 4.
Quand on en est au stade des fièvres et du froid le mieux est d'aller faire une prise de sang afin de savoir quelle variété on a attrapé.
Ceux qui sont coutumiers de la chose savent assez vite s'ils ont falciparum ou vivax (car falciparum monte beaucoup plus vite et beaucoup plus fort et surtout beaucoup plus haut), mais quand c'est la première fois mieux vaut ne pas jouer. Et toujours avoir avec soi des médocs au cas où on serait trop loin d'un hôpital car même si ce n'est pas le bon traitement et n’éradique pas la chose ça la ralentira toujours suffisamment pour réussir à atteindre un hôpital.
En résumé, de la chloroquine, de la sulfadoxine et de l'artésunate.
Les savarine et autres nivaquine commencent à dater, de plus en plus de résistance, pas recommandées à mon avis.
Les dosages (pour adultes):
-une tablette de sulphadoxine habituellement c'est sulphadoxine 500 mg+ pyrimethamine 25 mg, vous en prenez 3, d'un coup, et c'est fini, facile, non? (si vos tablettes ont un dosage différent comptez donc 1500 mg de sulfadoxine, et 75 mg de pyrimethamine, à prendre en une fois).
Pour artésunate, normalement une tablette c'est 200 mg, vous en prenez une par jour pendant 3 jours et basta! Mais lisez quand même la notice, surtout si vous utilisez une autre marque qui aurait un dosage en artémésine différent.
Pour chloroquine le premier jour c'est 600 mg, suivis après 6 heures de 300 mg, puis le deuxième jour encore 300, et le troisième une dernière de 300. Mais idem, lisez quand même la notice, je tiens à mes lecteurs:-)))
Et notez que ces dosages sont donnés pour la molécule base, lisez attentivement la notice, des fois un cachet peut avoir par exemple un dosage de 500 mg mais équivalent à seulement 300 mg base de principe actif, vous voyez ce que je veux dire.
Le préventif ?
Je ne pratique pas et ne peux donc guère en parler, désolé.
Sachez toutefois que même que si ça peut être valable quand on ne part que quelque temps dans une zone vraiment infestée, les effets secondaires, si on en prend pendant longtemps, font du dégât au niveau du foie, des reins, de la flore intestinale, parfois aussi au cœur, sans parler d'autres effets secondaires qu'ont certaines personnes comme perte de cheveux, cauchemars, déprime, changement de l'humeur...
Et aussi que la plupart de ces médocs ne peuvent être pris en préventif pendant de périodes longues, en général c'est maximum deux mois.
À bon entendeur...
MERCI pour ce long post particulierement détaillé
en fait tu me conseillerais de ne rien prendre sinon qu'apres le ressenti des premiers symptomes...En curatif , je pensais que ça ne fonctionnait pas. Je posais justement la question à ce sujet car également convaincu des effets secondaires de ces traitements auxquels je n'ai pas envie d'exposer ma fille... Qu 1 mois de ce traitement est peut etre dommageable pour le foie et inutile ..Maintenant mieux vaut prendre ce risque que de s'exposer au palu ! c'est pourquoi je pensais ne le prendre que dans les zones à risque : la foret, et donc d'apres toi aux togeans aussi ..
Merci encore pour toutes ces infos.
Ouais enfin le preventif c'est pas juste tu prends trois cachets pendant trois jours. Faut commencer un peu avant d'arriver dans la zone, et continuer apres en etre parti.
C'est toi qui vois...
Bonjour
Pas de commentaire (je préfère...) sur ces "recommandations" sinon qu'elles sont extrêmement dangereuses.
Demandez à votre médecin s'il est prêt à vous prescrire du Fansidar (ou un sulfamide en général) comme cela (produit aux effets secondaires possiblement mortels)
L'artésunate est très intéressant en injectable, l'utilisation seule en comprimé des dérivés de l'artémisine par contre est déconseillée voire interdite dans certains pays.
La chloroquine laissera évoluer le falciparum qui pourra vous tuer.
Il est vrai que vous trouverez pour quelques piécettes des contrefaçons de ces divers produits, pouvant contenir n'importe quoi...
Bref: Demandez à votre médecin ce qu'il en pense. Ou si vous voulez exposer votre vie (c'est votre choix), ne faites pas prendre de risques à votre fille...
Bon retour à la case départ ...Puisque j'aimerais sejourner au moins 3 semaines aux togian et faire une petite incursion en foret tropicale ce serait donc 1 mois de traitement avec 1 semaine de plus apres mon depart....Le mieux est de consulter le site de l'Oms et surtout de prendre conseil aupres d'un medecin pour connaitre le traitement approprié.
Il est evident qu'emmener ma fille là bas c'est avant tout pour partager avec elle de l'emerveillement pas de l'exposer et encore moins de la condamner ...!
Au depart je souhaitais juste savoir si il y avait moyen de limiter le traitement sans risque sans chercher d'alternative pour autant ni de devoir choisir entre ces deux maux palu ou traitement , le moins pire ...
Bref parmi ceux qui sont partis recemment aux togians avec des enfants quelles precautions ont-ils adopté..?
Sinon cette fois je m'adresse à Naps directement: Bravo pour ton blog !!
ET Merci à vous pour votre participation !
Ah ca y est, monsieur le docteur sans frontieres s'en mele et veut t'envoyer en consultation chez son collegue...
Je ne suis pas docteur mais ca fait un bail que je vis sous les tropiques, et etant tres chanceux de nature j'ai attrape le palu une dizaine de fois. Ca c'est du vecu.
1-La plupart des medecins en France, et a fortiori les generalistes, ne comprennent rien au palu, auquel ils n'ont jamais ete confrontes et dont ils ne connaissent que ce qu'ils ont lu dans les livres. Donc t'en remettre a ton generaliste prefere, ouais, pas mal comme recommendation mais tu peux economiser le prix de la consultation en allant chercher sur le net les recommendations de l'oms ou autre a ce sujet, tu arriveras au meme resultat;-)
Renseigne-toi aupres de gens qui sont rentres en France avec le palu et ils te diront comment les docs sont nuls a ce niveau-la et comment ils peinent ne serait-ce qu'a diagnostiquer la chose.
Les services de medecine tropicale sont mieux informes, ceci dit il est impossible de dire avec exactitude si la variete de palu a tel ou tel endroit resiste a telle ou telle molecule. Et pour couronner le tout certaines varietes du parasite resistent meme aux medocs de derniere generation, a part si de nouveaux sont apparus sur le marche.
2-N'en deplaise au commentateur eclaire ci-dessus la chlorochine m'a sauve la vie une fois, donc dire que "La chloroquine laissera évoluer le falciparum qui pourra vous tuer", ouais, vraiment eclaire.
Si le parasite est resistant a la chlorochine le patient ne va pas mourrir dans les jours qui viennent, il ira un peu mieux, bien que toujours patraque du fait que la chlorochine n'arrive pas a eradiquer falciparum, et aura largement le temps de passer a un autre medoc (une fois j'ai traine falciparum 28 jours).
3-En Indonesie on ne trouve pas que des contrefacons "pour quelques piécettes", on trouve aussi des medocs de marque comme par exemple le fansidar des labos roche. Il a en effet des effets secondaires, ceci dit entre ca et casser sa pipe le choix est vite fait. Et desole pour l'eclaireur mais ce fansidar achete en Indonesie m'a sauve la vie une autre fois (oui, j'ai chope plusieurs fois falciparum).
Et puis dire que "vous trouverez pour quelques piécettes des contrefaçons de ces divers produits, pouvant contenir n'importe quoi" m'apparait un peu reducteur, voire raciste mentalite pere blanc en afrique etc. Parce que fait pas croire, les indonesiens se soignent eux aussi, on trouve des generiques et autres medocs valables. On trouve meme des medocs naturels anti palu (jamu malaria), si la variete de palu qu'on a n'est pas trop costaude ca marche (j'ai teste pour vous;-)) et si ca ne marche pas ca ralentit malgre tout.
4-Quoiqu'on fasse il y a toujours un risque, car on ne se balade pas avec son medecin personnel ni avec de quoi faire des tests sanguins, et meme les traitements preventifs ne protegent pas a 100 %. Je me rappelle d'un gars qui prenait son lariam tous les jours et qui a chope falciparum quand meme, le plus drole c'est qu'on a ete plusieurs a l'attraper mais que le gars avait ete le premier a etre touche!
De meme, si on prend une molecule contre laquelle le parasite a developpe de la resistance on n'est pas du tout protege, et si on attrape le palu on risque d'avoir de grosses complications car son organisme est deja sature de chimique...
5-A Togian je ne suis pas sur qu'il y ait falciparum, mais vivax y est presente de sur.
Si vraiment tu veux minimiser les risques prend du preventif, que je te recommende d'acheter sur place (dans une grande ville) pour ne pas engraisser le lobby pharmacetique en France et ne pas te plomber le porte monnaie,
achete du repulsif local (autan est un des meilleurs, disponible partout) et oublie celui qu'on trouve en France car la plupart de marchent pas (combien de fois ai je vu des etrangers avec leur pchi pchis achetes en Europe se plaindre de leur inefficacite et de leur prix, alors que le autan coute 3 fois rien).
Et surtout, ne paranoye pas car il y a tres peu de gens qui chopent le palu aux Togian, surtout en saison seche:-)