En 2007, c'est la fois où il n'a pas pu faire escale à Tripoli ? ou l'histoire de la panne à Alexandrie ? ou autre chose ?
Les 3, mon capitaine ! [:)]
Je reprends ici mon journal de bord de l'époque sur ce moment épique de cette croisière..
Vendredi 16 novembre 2007 : en mer
Ce matin, c’est le pot « VIP », celui que nous aimons, comme nous aimons toutes les réunions « en petit comité »… Ah… enfin un « truc » qui évoque la « première classe »… Nous sommes une cinquantaine, tous bien habillés en vraie « tenue de ville », malgré l’heure matinale… Le commandant, lui, se limite au « service minimum »… [:|] Une poignée de main à l’entrée… Tiens ? même pas de photo… Mais bon, il ne parle pas français, sans doute, ou il est très timide… Au contraire de celui du Victoria, en Septembre, qui était venu avec nous discuter un bon quart d’heure (avec au moins 5 ou 6 photos à la clé), tandis que l’hôte francophone était resté une heure à notre table… Il faut dire que nous étions alors les seuls francophones de la réunion…
C’est au cours de cette réunion que nous apprenons le « pétage de plomb » (encore un) du colonel libyen, et l’annulation de l’escale Tripoli… Grosse déception… en septembre (ndlr : 2007, Costa Victoria), on avait choisi la visite de Tripoli (guide charmant, absolument pas prosélyte, ville propre, accueillante, gens charmants, même les policiers touristiques), en reportant à novembre, à la température moins violente, la visite de site comme Sabratha ou Leptis Magna… Tunis remplace, et nous ne pouvons qu’admirer la rapidité de Costa à gérer cette crise et à trouver escale et excursions de remplacement… Même si bien sûr, nous sommes très déçus, Tunis, Carthage, Sidi Bou, on connaît par cœur…
Tout ceci est confirmé par un courrier que nous trouvons en cabine après le déjeuner, avec fiche d’inscription (éventuelle) pour une excursion à Tunis… qui file direct poubelle, nous avons fait déjà une ou plusieurs fois toutes les excursions proposées…[:|]
16 heures… tiens, la TV de cabine nous montre que le bateau ne navigue qu’à dix nœuds… on doit être en avance…
20 heures 45… Ce soir, on dine au « Club Europa », le restaurant « gastronomique » de bord auquel les passagers Costa Pearl et/ou des suites sont invités… Tiens, là, on n’a pas eu d’invitation Costa Club… donc juste une au lieu des trois habituelles… et même six en septembre, sur le Victoria, du fait de la « double » croisière… Mais cela sera suffisant… Pour la première fois, après les « Clubs » des Fortuna, Magica, Mediterranéa, Concordia, et Victoria qui avaient été de vrais « plus » à notre croisière, et auxquels nous sommes retournés au moins deux fois, nous avons été déçus… [:/] Le cadre d’abord… c’est juste un « coin » du buffet du pont 11, lequel est fermé le soir (sur les grands bateaux, les buffets sont ouverts le soir… ). La musique jouée sur un piano « huitième » ( ?) de queue est bien lointaine… Lumières quelconques… Service enfin, tout à fait moyen… Accueil qui n’a rien à voir avec les autres bateaux où le style était au « grand restaurant »… Enfin plats servis tout à fait moyens aussi… Dès 22 heures, nous savons que nous ne reviendrons pas… Et la cinquantaine d’euros de pourboires habituelle reste dans ma poche… [:|]
22 heures 30 : annonce (d’abord en italien, où le terme « securita de la nave » attire notre attention, même si ne comprenons pas grand-chose... puis en français…) : un des deux moteurs est défectueux, sinon en panne… ah… voilà ce qui explique le 10 nœuds…[:P] nous n’atteindrons pas Alexandrie avant demain midi… La réparation sera effective demain soir, et nous pourrions repartir dans les temps, mais sans faire les excursions au Caire… Or Costa a jugé préférable de privilégier les excursions égyptiennes (oh ! seuls de très mauvais esprits pourraient voir là un intérêt économique en termes de chiffre d’affaire ! [;)] ) et donc nous resterons deux jours à Alexandrie, pour faire Dimanche les excursions prévues pour la journée de Samedi… Toute la croisière est décalée d’un jour… et donc Tunis passe à la trappe…
23 heures : effervescence dans le hall du bureau d’accueil, et la pauvre Flo a bien du mal à contenir le mécontentement des nombreux francophones qui sont là… J’adore ce genre de situation de crise, j’en ai eu souvent à gérer dans ma vie, et je lui donne un bon coup de main en expliquant aux passagers que Costa n’est pas responsable de la politique touristique de la Libye (curieusement, y en a qui jubilent, ce sont ceux qui disaient trouver scandaleux que Costa ose choisir la Libye comme port d’escale, et droits de l’Homme par ci, et démocratie par là… ). Et que si Costa est effectivement responsable de ses moteurs, il n’y aurait faute que si on démontrait que les procédures d’entretien n’ont pas été respectées… Et que je ne doute pas que Costa saura prendre la décision d’offrir des compensations, vu que, cette fois, on aura une escale en moins… Et surtout, j’essaie de faire comprendre aux passagers avec qui je discute que ce genre de décision, ce n’est pas le Commandant qui les prends, mais très probablement le Siège, à Gènes… Le Commandant est « maître à bord après Dieu » pour tout ce qui est sécurité du navire, mais pas pour ce qui met en jeu des données financières Costa qui dépassent le navire… [:|]
Samedi 17 novembre : Alexandrie
0 heure 30 : Aïe ! que se passe-t-il… des gouttes d’eau tombent au pont 8, de la colonne d’ascenseur avant droite… Je monte à pied… Au pont 9 c’est une cascade devant la porte de l’ascenseur, Au pont 10 aussi, avec quelques jolies étincelles… La loi de Murphy ferait-elle qu’après la panne de moteur nous aurions croisé la route d’un iceberg ? [:P] Serions nous en train de couler ? Ici, au large de la Libye, cela semble quand même peu probable… L’arrivée au pont 11 me donne l’explication… C’est la piscine qui a débordé ! bien débordé, même, il n’y a pas loin de 10 cm d’eau sur tout le pont, et les personnels de services sont tous sur le pont (qui a ri, dans le fond de la salle ? ), entassant des serviettes bleues pour en faire des digues… mais les digues cèdent, l’eau atteint la moquette du palier, puis les cages d’ascenseur…
Moi, je suis hilare, et le décide de prendre quelques photos souvenir (ça c’est du souvenir, de la vraie anecdote à raconter, et je ne crois pas que cela desserve Costa, quand on explique en même temps à quel point cet « accident » a été bien géré)… Il y a là le directeur de croisière (un « Jean Nohain » plus vrai que nature, très sympathique) et puis Flo… Quelques français, aussi hilares que mo, i entonnent « plus près de toi, mon Dieu »… Allons bon, ma prise de photos n’est pas du goût d’un contremaître qui appelle « Securita »… Deux malabars s’approchent de moi, et là, j’ai pas du tout, mais alors pas du tout aimé… Et je le fais immédiatement savoir à « Jean Nohain » en lui demandant de demander à ses « sbires » de *ne pas me toucher* ! Je lui fais remarquer que depuis deux heures, je prends la défense de Costa contre des francophones en colère… Je mens un petit peu (mais pas complètement après tout), en disant que je suis un invité privilégié de George Azouze… Il doit comprendre que je ne plaisante plus du tout, car il intime un ordre sec en italien, les malabars font marche arrière et devant tout le monde, il me présente ses excuses et celles de Costa, « ce n’est pas ainsi qu’on doit traiter un passager »… [:)]
Retour à ma cabine… la 1105… Les connaisseurs du plan de l’Europa et de la disposition de cet incident ne seront pas surpris si je leur dis que la moquette, dans la cabine, fait « spouic spouic » dans tous le « coin bureau »… Et malgré tout ce qui sera fait par les cabiniers dès le lendemain en matière d’assèchement, il faudra bien compter trois ou quatre jours Encore, pour qu’on ne ressente plus, pieds nus, la sensation de « mouillé »…
13 heures : nous arrivons à Alexandrie… Certains passagers déjà inscrits pour le Caire, demain, donc, ont regretté de ne pouvoir faire *aussi*, en s’inscrivant à la dernière minute, l’excursion de ½ journée à Alexandrie, puisqu’elle a lieu cet après-midi… J’ai essayé d’expliquer qu’on n’improvise pas des « triplettes car-chauffeur-guide » à la dernière minute… même en y mettant beaucoup d’argent… je ne suis pas sûr que tous aient admis cet argument…
En rentrant du restaurant, nous trouvons en cabine le « Cadeau Costa », qui va au-delà de ce que j’avais imaginé car encore une fois, si on relit bien toutes les « petites lignes » (parfois perverses, il est vrai, et léonines) du contrat de voyage, j’ai l’impression qu’ils ne devaient rien… [:|] C’est un geste purement commercial… Et si je m’attendais à une proposition de réduction (là, ils nous offrent 20%) sur une prochaine croisière, je ne pensais pas qu’ils proposeraient l’option « 10% remboursés cash sans condition »… Certes il y aura encore des gens, mais minoritaires, pour dire « ils auraient pu faire plus »… la mesure est globalement appréciée et fait tomber complètement la grogne…[:|] Même si les « primocroisiéristes » choisiront sans doute majoritairement l’option de remboursement… sur le raisonnement inductif fallacieux « comme ça une fois comme ça toujours »… Mais parmi les « Pearl », l’option 2 devrait quand même être majoritaire…
Et en ce samedi soir, pour la première fois de toutes nos croisières, nous passons une nuit à quai… Ca fait bizarre, au lit, de ne pas sentir vibrer le bateau… [:|]
Voilà... et cette nuit là, paradoxalement, on a mal dormi, alors que d'habitude, en croisière, on dort comme des bébés... [;)]