😛, tu me pousses là, dans mes travers 😄
Bon, lors de l'acquisition du langage chez le tout petit le " non", précède le "oui" d'environ un mois. Il s'agit pour ce tout petit d'évaluer la valeur de son "je" et son impact sur l'environnement affectif familial.
Si il se heurte à un édredon, il en déduira que "je" a peu d'intérêt et d'impact sur cet environnement. S'il se heurte à un mur il en déduira que "je" n'a aucune place, s'il rencontre un dialogue, alors, il pourra passer plus facilement au "oui" qui est une mise en place de "je" face à "tu" ou "il" . C'est dans cette relation que se construit la personnalité, - est-ce que j'existe ? Si oui, je le mesure dans le regard de l'autre .
A l'adolescence, dans nos sociétés où il n'y a plus d'initiation, qui étaient des rites de passage de l'enfance à l'âge adulte, de réception dans la collectivité d'un nouveau membre ( la communion solennelle a pendant longtemps servi cet objectif ), le jeune s'oppose aux usages pour en éprouver leur valeur, pour s'assurer de leur bien fondé et pour s'assurer de sa liberté personnelle de les admettre . Et là aussi, s'il se heurte à un édredon, il déduira que ces valeurs que la société veut lui imposer sont du flan, et s'il se heurte à un mur, au lieu de se recroqueviller comme le ferait un tout petit, il va chercher par des actions excessives à attirer l'attention.
Lorsqu'on regarde le fonctionnement des sociétés traditionnelles, on se rends compte que toutes ces étapes de maturation émotivo-affectives débouchant sur la socialisation, sont réglées comme du papier à musique de façon empirique, sans qu'il soit besoin de psychologie pour l'analyser, le soupeser, le mesurer et le dire sous forme de "savoir" .
Dans nos sociétés, où il suffit d'ouvrir un journal féminin pour trouver les élucubrations du dernier pédopsychiatre à la mode, tout le monde le sait mais plus personne ne sait comment s'y prendre. C'est devenu "matière à connaissance" donc suspect et difficile.
🙂 Nos sociétés "évoluées" ont des comportements de rejet, d'adolescents caractériels. Peut-être finirons nous pas trouver un rythme de croisière à défaut d'inventer de nouveaux usages ?
En tous cas, dans les sociétés traditionnelles tout est mis en place pour que chaque individu trouve sa place, la "perte" d'un individu ( s'il s'isole du groupe c'est comme s'il était mort), affaiblit le groupe . Dans nos sociétés, ou la plus pat des groupes sociaux ont éclaté, n'existent plus, les individus n'ont pas grande valeur. Un des intervenants dit, et il a raison, que si un voisin meurt, tout le monde s'en fout . C'est justement dans cette perte d'existence des individus en tant que tels que se tisse le si inconfortable, individualisme qui n'est pas un renforcement de la personnalité mais au contraire un déficit .
Lorsque nous rencontrons une société traditionnelle, c'est cette nostalgie de notre propre individualité que nous rencontrons, parce qu'on est accueillis comme des individus faisant partie momentanément du groupe. Comme des personnes existant réellement en tant que tel dans le groupe.
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
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