San Miguel de Allende - 1
San Miguel n’est qu’à 60-70 kms de Querétaro. Le bus nous coûte 190 pesos à deux, une bagatelle. Par contre, le taxi qui nous a pris à l’hôtel à Querétaro nous a chargé 150 pesos ce qui me semble excessif, malgré la distance parcourue jusqu'au terminal de bus, qui est assez loin du centre-ville, il faut le reconnaître. Mais que dire ? 😐
Aucun problème pour acheter nos billets de bus au guichet. Il y a plusieurs bus par jour et il n’y a pas besoin de réserver à l’avance. Les terminaux de bus sont en général très bien agencés au Mexique. Ils sont propres, il y a de quoi s’asseoir et il y a toujours des toilettes propres pour 4 à 6 pesos l’entrée. Mon seul reproche, c’est que le plus souvent il n’y ait pas grand choix question boire ou manger. A entendeur, salut ! Faites donc vos provisions avant de vous rendre aux terminaux. Il est vrai qu’on vous donne presque systématiquement une boisson et un snack au moment de monter dans le bus, mais ce n’est vraiment pas grand-chose….
Cela me donne un prétexte pour « aligner » l’un de mes multiples commentaires dans la rubrique « Au Mexique, il y a des milliers de ci et de ça » :
« Au Mexique, il y a des milliers de toilettes publiques ». Même dans les petits patelins, on trouve toujours de nombreux « Baños » ou « Sanitorios », parfois à seulement 3 pesos. C’est quand-même bien pratique, non ? Combien de fois on se retrouve en France, ou d’autres pays Européens, en pleine ville avec un besoin urgent, à chercher un grand magasin où avec un peu de chance on trouvera des toilettes gratuites…… A noter que le « siège » porte le nom amusant de « inodoro » en Espagnol. Aucun besoin de traduire, j’espère, non ? Quant aux urinoirs, ils sont désignés par le terme « mingitorio », dis donc, les Mexicains, ce sont des gens sophistiqués ! 😏
San Miguel est une ville plus petite que Querétaro. D’un bout à l’autre de la « partie utile » de la ville, ça prend un maximum de 30 minutes. Il y a plusieurs églises, plusieurs places, et sur les places plusieurs bancs :
« Au Mexique, il y a des milliers d’églises, des milliers de places et des milliers de bancs publics». Cette multitude de places et de bancs publics facilitent la convivialité du pays. Il fait bon se promener un peu partout, on tombe sur tellement d’endroits sympathiques où se reposer et regarder le monde passer. En plus, c’est toujours propre, bien ombragé et il y a des tas de fontaines publiques (il faut que je rajoute les fontaines publiques à « ma liste »). Et en plus, elles fonctionnent presque toujours, les fontaines !
Cette propreté, c’est remarquable. Visiblement, le pays fait des efforts. Et ça donne du travail parce que … « il y a des milliers de gens employés à nettoyer les lieux publics » (je ne l’ai pas raté, cette fois !).
Je n’ai pas de photos pour montrer les places etc…. Mais j’en aurai certainement quand nous arriverons aux villes suivantes. Croyez-moi, San Miguel est très joli.
Au centre, on trouve donc une place tout à fait typique, avec bans publics, arbres, fontaines et au centre un kiosque pour les concerts. Un schéma qu’on retrouve presque partout. La place est dominée par la « Parroquia de San Miguel Arcángel », une église remarquable par ses teintes rosées et son style un peu « à la Gaudi » (c’est du néo-gothique et ça date du 17-ème siècle). L’intérieur est magnifique, comme d’habitude. Ce sont les deux premières photos.
Quelques 300 mètres plus loin, il y a une autre église remarquable, le « Templo de Nuestra Señora de La Salud » sur la « Plaza de la Soledad ». Ce sont les deux photos suivantes : belle porte en bois sur le côté gauche de la première, somptueuses couleurs crème de l’autel couronné de plusieurs statues jusqu’à la voute (un style fréquent).
Certains me diront que j’exagère un brin avec les églises mais ne pas aller les voir quand on voyage au Mexique serait une erreur grave. Elles sont extraordinaires. 😎 Je suis beaucoup plus frappé par les églises au Mexique que je ne l’avais été durant mon voyage de 5 semaines en Colombie l’an dernier. Et ne pas être Chrétien ou ne pas être croyant ne serait qu’une excuse stupide pour ne pas les visiter.
En courant d’après-midi, le premier jour, et n’ayant rien mangé depuis le matin, nous entrons dans une « cantina », la « 21 Única » à un coin de la Calle Jesús, à 2 minutes de la place centrale. Une « cantina », c’est une taverne ou pour mieux dire un « saloon » comme on en voit dans les films « western », avec une porte d’entrée à deux battants. On peut être intimidé a priori, on ne voit pas très bien ce qu’il y a dedans, mais il ne faut pas hésiter, nous l’avons fait un nombre de fois et n’avons jamais eu de mauvaise surprise.
Il est tôt et nous sommes les seuls clients. Nous prenons une soupe qui est tellement bonne que nous en recommandons un grand bol chacun. 😛 Ayant satisfait notre faim, nous jetons un second regard, plus inquisitif, sur la carte. Et plus précisément sur la section portant le titre prometteur de « Tragos » - terme espagnol désignant les « coups à boire ». Cette section est richement développée. Elle commence par une parole de sagesse ancestrale : « mas vale arriegarse que quedarse con las ganas » - « mieux vaut se risquer que de rester sur ses envies ». Oui, mais que choisir, il y a tellement de choix ! Nous hésitons entre plusieurs douzaines de Tequilas (à remarquer que ça figure au masculin, ce n’était pas évident au départ) et de Mezcales. Et le Mezcal le moins cher est à 130 pesos ! Nous nous rabattons sur la section des cocktails : Y prend une margarita, et j’opte pour un compromis : un « mezcalilla », ce qui me permettra de prendre un premier contact indirect avec le mezcal. Nous ne sommes pas déçus, c'est bon et bien dosé et nous en reprenons.
Nous commençons à prendre meilleure note de l’entourage. Les murs portent plusieurs messages instructifs du genre « les propriétés de la Tequila » : c’est bon pour l’insomnie, pour mieux absorber le calcium et donc avoir des os plus solides, pour perdre du poids, pour se faire des amis. La gaîté sans avoir bu n’est pas une vraie gaîté, nous explique-t-on, etc etc. Ah, il y a un autre client, assis au bar ! Le voici qui vient à nous, nous l’invitons à s’asseoir. Il n’en est visiblement pas à son premier verre, mais se comporte amicalement. Et le voici qui commence à chanter, surtout pour le bénéfice de Y qui de toute évidence lui tape dans l’oeil. Il chante très bien pour son état d'ébriété avancée. Il a plusieurs « amigas », dit-t-il, mais aucune aussi jolie. « Ah, ces yeux, ces cheveux, cette bouche ! ». Il ne tarit pas d'éloges sur la beauté de Y mais, souligne-t-il, « con respeto », avec respect.
Après quelques bons verres et cet intermède musical sympathique, nous rejoignons notre logis, ce qui nous fait traverser une fois de plus une grande partie de la ville.
Le lendemain est une journée tranquille, nous flânons de ci, de là. Nous prenons un deuxième petit déjeuner sur l’une des terrasses qui bordent la place centrale. A la table voisine, un couple d’Américains d’un certain âge est rejoint par 1, puis 2 puis plusieurs autres Américains, tous visiblement familiers avec l’endroit et bruyants. De plus, ils nous ont pratiquement forcés à nous déplacer pour leur faire place, sans la moindre parole de politesse. Ils sont des caricatures vivantes de gringos se conduisant en terrain conquis. Nous finissons rapidement nos consommations et allons voir ailleurs. C’est la meilleure stratégie.