Voyage de six semaines au Mexique
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
GE
J’ai récemment fait un voyage de 6 semaines au Mexique avec Y, ma compagne Thaïlandaise. Pour être exact, nous y avons passé 43 jours plus une dernière demi-journée avant de nous rendre à l’aéroport de Mexico pour prendre notre vol de retour en Europe.

Je m’étais déjà rendu au Mexique il y a …. près de 40 ans ! Mais ce n’avait été que pour une grosse semaine entre Mérida et la frontière du Bélize.

Avant tout peut-être, je devrais préciser que je n’ai jamais vu une plage au Mexique. Je dis ça au vu des discussions sur le Mexique qui semblent graviter inexorablement autour de la Costa / Riviera Maya.

Commençons par une vue d’ensemble de ce voyage. Notre circuit peut être divisé en deux moitiés :

- - Première moitié: Querétaro, San Miguel de Allende, Morelia, Guanajuato, Mexico “CDMX” (la capitale). - - Deuxième moitié: Palenque, San Cristóbal de Las Casas, Chiapa de Corzo, Oaxaca, Puebla, Cholula, et enfin Mexico CDMX.

Pour le passage de l’une à l’autre de ces deux parties du voyage, nous avons pris un vol de Mexico CDMX à Villahermosa, d’où nous avons pris un bus pour Palenque.

En 6 semaines, nous avons visité peut-être un quart ou un cinquième du pays (voyez les cartes jointes). Le Mexique fait bien 3 fois la taille de la France ! Et encore, quand je dis « visité », il ne s’agit peut-être que d’une visite rapide, de quoi se faire une première impression. Je comprends bien qu’il n’est pas possible pour certains de passer plus d’une ou deux semaines en vacances dans un pays donné, mais ce n’est pas ma définition du voyage. Personnellement, je dirais qu’un pays aussi riche à tout point de vue que le Mexique vaudrait plusieurs mois de voyage avant qu’on puisse déclarer « l’avoir vu ».

Dans le message suivant, je vais faire une récapitulation des dépenses. Cela pourra peut-être aider des voyageurs futurs à préparer leurs voyages. On ne part pas dans un pays pour plusieurs semaines (ou plus) sans penser aux questions budgétaires ! D’ailleurs, l’un de ces voyageurs futurs au Mexique, c’est nous-mêmes, car disons le tout de suite, nous avons été enthousiasmés par le Mexique et nous comptons bien y retourner.
IN Intothetrees Regular ·
Bonjour,

Beau voyage que celui que vous avez fait !

J'attends avec impatience la suite de votre compte-rendu.

Je crois bien que le Mexique est mon pays préféré, à bien des niveaux (architecture, ambiance, nourriture, gentillesse des gens, etc.), mais effectivement impossible de dire qu'on a "vu" le Mexique tellement le pays est grand et tellement il y a des choses à voir.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour,

Beau voyage que celui que vous avez fait !

J'attends avec impatience la suite de votre compte-rendu.

Je crois bien que le Mexique est mon pays préféré, à bien des niveaux (architecture, ambiance, nourriture, gentillesse des gens, etc.), mais effectivement impossible de dire qu'on a "vu" le Mexique tellement le pays est grand et tellement il y a des choses à voir.

Bonjour Frédéric,

Nous pouvons nous tutoyer si tu le veux bien.

Je suis 100% d'accord avec toi: gentillesse (et spontanéité) des gens, leur joie de vivre et leur convivialisme, architecture, diversité culturelle et ethnique, géographique etc etc. La liste est longue. Après avoir bien bourlingué, je dirai aussi que c'est mon pays préféré.

La suite du récit viendra un peu au goutte-à-goutte …..
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
En ce qui concerne les dépenses….

Hôtels

Nous avions fait des réservations tout le long dans des hôtels à peu près corrects mais sans chercher le luxe. Le logement nous est revenu à 30 Euros en moyenne, typiquement entre 30 et 35 Euros, et totalisant un petit tiers de nos dépenses. Il faut dire que nous sommes passé à certains endroits qui semblent être nettement plus chers qu’ailleurs, à savoir :

- Querétaro – probablement parce que c’est une ville agréable qui attire beaucoup de visiteurs venant de la capitale (le tourisme Mexicain est très développé). - Guanajuato – une petite ville très courue et en plus pendant la période du fameux festival « Cervantino » (il y avait foule). - Oaxaca – même commentaire que pour Guanajuato, mais c’était pendant la fameuse fête « El dia de Muertos ». En plus des touristes Mexicains, les touristes étrangers étaient très visibles. C’est d’ailleurs là que nous avons trouvé le logement le plus cher pour ce qu’on nous donnait …. - Nos deux dernières nuits à Mexico, dans un hôtel un tout petit peu plus « classe » que d’habitude, histoire de se recomposer avant le retour en Europe.

A l’exception de ces endroits « chers », nous faisions plutôt dans les 25 à 30 Euros la nuit. Une question qu’on se pose naturellement est de savoir si le petit déjeuner est compris ou non dans les réservations d’hôtel. Le plus souvent, ce n’était pas le cas, et même quand un petit déjeuner était inclus, c’était presque toujours tellement sommaire (genre café très peu dosé, « pan dulce » et/ou cornflakes sans aucun choix) que nous avions à manger qqc en dehors de l’hôtel pour compléter.

Je ne parle bien sûr pas de ce qui pourrait être le cas pour des séjours dans des hôtels de la Riviera Maya, ou dans des hôtels de standard plus élevé.

Repas et Boissons

Cela représente grosso modo un autre tiers de nos dépenses. Mais c’est assez difficile à « décortiquer » parce que nous avons sauté des repas. Par exemple quand nous partions le matin en bus, nous nous contentions des snacks qu’on peut acheter dans les terminaux de bus (c’est assez maigre en général). Aussi, nous avons fait des achats de nourriture ici et là, au lieu d’aller dans des restaurants. Nous avons mangé sur les marchés mais nous sommes aussi allés un nombre de fois dans des restaurants « corrects » (sans jamais faire du luxe).

Si on fait l’exception des snacks des stations de bus, nous avons dépensé en moyenne dans les 8 Euros pour le petit déjeuner. On peut très bien manger pour 10-12 Euros. A midi, 10-15 Euros et le soir 12-20 Euros. Jamais plus de 30 Euros. Tout ça bien sûr pour 2 personnes.

Il faut ajouter les boissons en dehors des repas. Sans être des ivrognes, nous aimons bien prendre un petit verre (ou plus), pas tous les jours mais quand-même assez souvent - on est en vacances, hein ! Comment ne pas goûter les bières locales (pas top, sauf parfois les « cervezas de barril ») ? Comment résister à la tentation de quelques bonnes margaritas ? (mais elles n’étaient pas toutes si bonnes que ça….). Enfin, comment ne pas partir à la découverte du fameux « mezcal » ? J’ai particulièrement apprécié le mezcal, mais ça gonfle rapidement les coûts !

En résumé, les boissons, les snacks et les achats de nourriture en dehors des repas nous sont revenus à quelques 10 Euros en moyenne par jour.

Total « repas + boissons » pour la journée : ça tournait un poil en dessous de 1000 MXN (pesos), soit dans les 45 Euros par jour en moyenne. Je pense qu’avec ça, en prenant un peu de recul, nous ne nous sommes pas privés. On peut certainement faire moins cher, je pense qu’on peut toujours facilement trouver à manger à moins de 30 Euros par jour pour 2 personnes (je donne ça au pif), sans trop souffrir. Et si on ne fait pas trop fort sur les margaritas et le mezcal!
FR Frmi31 Veteran ·
C'est apzu prés ce que nous dépensons sans nous priver car ce sot les vacances
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je continue sur "l'économie du voyage". Cela barbera certains, j'en suis sûr, mais comme dit, je fais ça pour moi-même en premier lieu. Et maintenant que j'ai entamé le sujet, il faut bien que je continue. Par la suite, je le promets, je passerai à nos impressions de voyage agrémentées de quelques photos. Patience!

Bus et transports locaux

Bus et transports locaux = 12% de nos dépenses. Nous avons souvent pris les bus des compagnies Primera Plus et ADO, qui sont parmi les meilleurs, sinon les meilleurs que l’on puisse prendre. En tout, nous avons dû faire 2500 kms en bus et à deux cela nous est revenu à 8,300 MXN, soit un poil plus que 400 Euros. A cela, il faut ajouter le vol de Mexico à Villahermosa qui nous a coûté 106 Euros pour 2 personnes. Ce vol (Interjet) a pris 1 :30 pour couvrir 750 kms. Nous aurions peut-être pu faire ça en bus, mais cela nous aurait pris toute une journée et nous aurait probablement coûté dans les 80-120 Euros à deux. Donc prendre l’avion s’imposait.

Il y a bien sûr d’autres façons de voyager, que ce soit en passant plus ou moins de temps par endroit visité, et donc moins ou plus de transports à payer pour une durée de voyage déterminée. Nous avons passé 3 jours par endroit en moyenne, mais parfois 1 jour seulement ou, comme ça a été le cas pour Mexico et Oaxaca, jusqu’à 5 jours. On peut donc faire plus vite …. mais alors ça devient de la course. Trop de gens se présentent sur VF avec des projets de circuit infernaux (je vois ça beaucoup sur le site Inde part exemple). Bon, à chacun ses préférences. Nous, Y et moi-même, nous aimons bien pouvoir souffler un peu, avoir le temps de faire un peu de lessive, de flairer l’ambiance locale etc.

Pour ce qui est des transports locaux (taxis, bus locaux sur petites distances), nous avons fait 3 Euros par jour en moyenne. De nouveau, il faut tenir compte de notre rythme de voyage. Mais de toute façon, il est clair que ce n’est pas une grosse dépense. Les taxis sont très bon marché. Le métro à Mexico coûte une bagatelle. Bien sûr, si on fait un voyage de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, ça finit par compter.

On me demandera : les taxis, comment c’est au point de vue sécuritaire ? Nous avons surtout commandé des taxis à partir de nos hôtels, donc pratiquement garantis. Mais nous avons aussi arrêté des taxis dans la rue et nous n’avons jamais eu d’ennuis. A part une fois ou nous avons eu l’impression d’être « promenés » pour gonfler l’addition, nous avons trouvé que les conducteurs étaient toujours parfaitement honnêtes. Ce serait peut-être une autre histoire dans les heures tardives de la journée et/ou dans des quartiers éloignés d’une grande ville…..

En résumé, tous ces transports nous ont coûté 12 à 13 Euros par jour en moyenne.

Bonne journée à mes lecteurs!
FR Frmi31 Veteran ·
Les transports sont moins chers que la voiture de location qui a l'avantage de permettre plus de liberté de mouvement
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Les transports sont moins chers que la voiture de location qui a l'avantage de permettre plus de liberté de mouvement

C'est sûr, et j'y pense sérieusement pour mon prochain voyage.
RO Rouquine38 Globetrotter ·
Bonjour Georges, Je vais suivre votre périple car n'ayant été pour l'instant que dans la péninsule du Yucatán, le reste du Mexique m'attire énormément 🙂.
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
OU Ouvergnate ·
Bonjour Georges Partant pour le Mexique et Guatemala 2 mois , avec 2 amies, bientôt, j'attends votre compte rendu de voyage avec impatience et vous en remercie par avance! Il est vrai que le Mexique est immense et je redoute un peu le "trop" de temps passé dans les trajets, car notre itinéraire comprend Mexico, 3 villes coloniales , puis une "descente" sur Oaxaca, San Cristobal, etc... jusqu'à Cancun , où nous abandonnerons une copine, (la pauvre , elle travaille! )pour continuer à 2 sur le Guatemala. Mais courir n'est pas notre devise en voyage, on pourra réduire la voilure , si besoin, sur place, car comme vous le dites, il est important de humer l'ambiance et de savoir se poser pour cela! A bientôt sur le forum, et ne croyez pas "barbants " tous vos détails , ils sont très utiles pour préparer le voyage, et c'est pour cela que le forum existe, j'ajouterai que votre budget ressemble à ce que nous prévoyons aussi
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges, Je vais suivre votre périple car n'ayant été pour l'instant que dans la péninsule du Yucatán, le reste du Mexique m'attire énormément 🙂.

Oui, il est grand temps de se rendre compte qu'il n'y a pas que le Yucatán au Mexique - tout aussi intéressant que le Yucatán puisse être. Mais d'un autre côté, moins il y a d'étrangers ailleurs, mieux c'est!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges Partant pour le Mexique et Guatemala 2 mois , avec 2 amies, bientôt, j'attends votre compte rendu de voyage avec impatience et vous en remercie par avance! Il est vrai que le Mexique est immense et je redoute un peu le "trop" de temps passé dans les trajets, car notre itinéraire comprend Mexico, 3 villes coloniales , puis une "descente" sur Oaxaca, San Cristobal, etc... jusqu'à Cancun , où nous abandonnerons une copine, (la pauvre , elle travaille! )pour continuer à 2 sur le Guatemala. Mais courir n'est pas notre devise en voyage, on pourra réduire la voilure , si besoin, sur place, car comme vous le dites, il est important de humer l'ambiance et de savoir se poser pour cela! A bientôt sur le forum, et ne croyez pas "barbants " tous vos détails , ils sont très utiles pour préparer le voyage, et c'est pour cela que le forum existe, j'ajouterai que votre budget ressemble à ce que nous prévoyons aussi

Ah ben voilà! Ça ressemble assez à ce que nous avons fait en 6 semaines (plus bien sûr le passage au Guatemala). Que du bonheur en perspective!
RO Rouquine38 Globetrotter ·
Bonjour Georges, Je vais suivre votre périple car n'ayant été pour l'instant que dans la péninsule du Yucatán, le reste du Mexique m'attire énormément 🙂.

Oui, il est grand temps de se rendre compte qu'il n'y a pas que le Yucatán au Mexique - tout aussi intéressant que le Yucatán puisse être. Mais d'un autre côté, moins il y a d'étrangers ailleurs, mieux c'est!

Tout à fait mais pour une première approche du Mexique, le Yucatan c’est très bien 😊 De plus, il est facile de louer une voiture et de faire soi même son circuit. J’avais regardé pour parcourir Mexico Cancun en voiture mais ça semble plus difficile 😕

J’attends donc ce récit pour imaginer un futur voyage au Mexique 😀
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Habits et souvenirs

Habits et souvenirs = 18% de nos dépenses. C’est une partie du budget qui varie énormément, presque par définition, d’une personne à l’autre. Certains ne dépenseront pas un kopek, d’autres claqueront allégrement des fortunes entières avec tout ce qu’il y a à acheter dans un pays aussi riche que le Mexique.

Je vais essayer de décomposer nos dépenses pour aider ceux que ça intéresse. Disons que nous avons dépensé sur les catégories suivantes :

Habits et chaussures : bon marché, de qualité tout à fait acceptable et il y a un choix immense. 2 ou 3 pantalons et chemises, 1 chapeau chacun, des chaussures pour Madame (dont une paire assez chère pour faire face au mauvais temps de retour en Europe) etc. Tout ça nous est revenu à 190 Euros. Le plus gros article était les maillots de bain que nous avons achetés stupidement pour passer 1 ou 2 heures seulement dans un « resort » thermal (dont l’entrée était assez chère qui plus est). Mais passons, ça peut encore être utile par la suite, je mets donc ça au même titre que le reste.

Bijoux : il y a de l’argent partout ! Comment résister ? Mais nous sommes restés raisonnables. Seulement 130 Euros en tout, le plus gros article étant un bracelet en argent pour 100 Euros.

Artisanat : j’inclus là-dedans les chemises type Indien, c.à-d. avec ces broderies florales typiques. Pourquoi là et pas avec les Habits ? Parce que c’est nettement plus cher (mais il y a moyen de ne pas se ruiner non plus). Plus les couvertures, draperies, châles, un hamac et je ne sais trop quoi encore ? Ah oui, j’y colle les 2 bouteilles de mezcal achetées à l’aéroport. C’est bien artisanal aussi, non ? Bon, le tout pour un prix d’ami : juste un poil en dessous de 500 Euros.

Comme vous êtes tous allés à l’école primaire (je l’espère du moins), vous arriverez facilement au grand total de 820 Euros. Comme dit, il est très facile de faire moins cher ou plus cher, je laisse ça à votre discrétion.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je me rends compte que jusqu'à présent je n'ai posé aucune photo dans mon récit, et que ça devient assez aride. Alors en acompte sur les photos à venir (quand je me lancerai dans le vécu au jour le jour), voici un stand de fringues à Oaxaca, une vue de la place principale d'Oaxaca avec, oui vous l'avez deviné, des stands de fringues, de chapeaux, de babioles diverses. Je ne le répéterai pas assez: le Mexique est une gigantesque caverne d'Ali Baba!

Les boissons font partie des souvenirs, n'est-ce pas? Voici un verre de mezcal à côté d'un breuvage dont je ne me rappelle pas le nom (le verre bordé de "sal de gusano"); Quelque chose de solide pour la route, quoi! (Hips!!!!)

Et quid de manger, me dites-vous? Ce n'est pas mal du tout, il y a de la variété et c'est très bon marché. Mon petit déjeuner favori (toujours à Oaxaca): des "tacos de coloradito". Super bon et ça cale bien pour le début de journée.

Allez, j'ai été radin avec les photos jusqu'ici, alors en voici quelques autres, toujours à Oaxaca : une femme (probablement une Zapotec) faisant de la vannerie au marché; un grand verre de "chocomio" frais, extra; la place de la cathédrale en fin d'après-midi.

Et puis, pour changer, le marché Indien devant la cathédrale de San Cristobal de las Casas. Il faisait assez frais et il pleuvait…..
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Querétaro

J’ai passé assez de temps à décortiquer nos dépenses. Nous avons eu quelques petits frais supplémentaires mais il suffira de dire qu’ils n’étaient effectivement que « petits ». Tout ça reste relatif au temps passé, bien entendu. Sur 6 semaines, ça finit par chiffrer un peu : quelques 200 Euros pour des affaires de toilette, laver nos habits etc, mais surtout pour des sacs où fourrer tout le bric-à-brac que nous avons acheté en route et même une valise Samsonite le dernier jour à Mexico. Quant aux visites de sites archéologiques et musées, ce n’est vraiment pas cher au Mexique alors il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Beaucoup de musées sont gratuits ! La visite la plus chère, et de loin, ça a été le canyon de Sumidero (750 pesos à deux).

Il y a souvent des discussions sur VF sur les taux de change. J’ai vérifié nos dépenses en Euros, tous frais compris : les retraits, tels qu’ils ont été répercutés sur les deux comptes bancaires que j’ai utilisés, ont été faits à un taux moyen de 20.0 MXN par Euro ; et ce que nous avons payé par carte de crédit a été facturé à un taux moyen de 20.2 MXN par Euro. Comme disait l’autre, c’est donc « kif kif bourricot » ! A savoir cependant que les frais de retrait varient beaucoup d’une banque à l’autre. Le pire que j’ai vu, c’était une taxe de 81 MXN par retrait chez HSBC ou chez BBVA …. retraits que je n’ai donc pas faits ! Par contre, Citybank ou City Banamex ne charge que 31 MXN. J’ai fait 11 retraits en tout au Mexique et cette différence de 50 pesos par retrait m’aurait fait une dépense supplémentaire de 11*50= 550 pesos c.à-d. 27.5 Euros, de quoi payer pour un bon repas à deux dans un restaurant correct. Ce n’est quand-même pas trivial.

En tout, ça nous a fait arriver à une centaine d’Euros par jour à deux personnes. Pour ceux que cela pourrait intéresser, je donne un « camembert » récapitulatif de tous les frais.

Voilà, donc je peux me tourner maintenant vers le récit du voyage à proprement parler. A l’arrivée à Mexico, nous avons immédiatement pris le bus pour Querétaro (850 pesos à deux, à partir de l’aéroport). Cette ville, dans la région dite « coloniale » du Mexique, se situe à 220 kms de Mexico. C’est une jolie ville de près d’un million d’habitants où on peut agréablement se promener à pied. Le centre se définit facilement, entre le Jardín Zenea, la Plaza de Armas et la Plaza Constitución, et comprend entre autres lieux d’intérêt le Templo de San Francisco de Asís et juste à côté le Museo Regional. Le terme « templo » semble être utilisé fréquemment pour désigner une église. Mais avant d’entrer dans l’un ou l’autre, on tombe inévitablement sur la statue d’un Indien dansant.

Une fête a lieu quand nous y arrivons. Flonflons, danses et dans la soirée feux d’artifice. En fait, rien qui sorte vraiment de l’ordinaire car il semble que presque partout où nous sommes allés au Mexique, il y avait une fête, un festival ou autre célébration !

Sur la petite place de l’ »Indien dansant », un panneau à l’entrée d’une boutique propose des « pedos de monja ». Mais oui, ça doit être des « pets de nonne », ces petits beignets que nous avons aussi chez nous en France, non ? On se retrouve en terrain familier, ça fait plaisir ! Comme je suis un grand curieux, je suis allé voir comment on dit en Espagnol « officiel » : on dit « buñuelos de viento », c.à-d. des « beignets de vent », et paraît-il ça remonte au 10-ème siècle et aux juifs sépharades qui étaient alors nombreux en Espagne.

Vous ne manquerez pas de remarquer sur la photo une policière lourdement armée. Il est vrai que ce n’est pas rare au Mexique …..

Nous avons bien repéré le Templo de San Francisco mais tout d’abord la faim nous amène aux stands de la Plaza de Armas. Nous nous installons. Il y a plein de choses devant nous et nous n’avons aucune idée de ce qui pourra nous contenter. Nous finissons par manger 2 ou 3 « sopes » garnis de je ne sais trop quoi mais c’est vraiment très bon. Les « sopes » sont des tortillas sur les quelles on vous sert ce qu’il y a dans les pots devant vous, à vous de choisir. Avec 2 grands verres d’orgeat, ça nous coûte 115 pesos.

En fait, après 6 semaines dans le pays, j’ai l’impression que tout est à base de tortillas, que ce soit des tacos, des quesadillas, des « chilaquiles » etc…. Le Mexique est un pays où il y a des milliers ou des millions de tout ce que vous voulez, entre autres des millions de tortillas. Partout où on va, on prépare des tortillas, à la main ou à la machine pour aller plus vite et faire en quantité ….. des millions tous les jours! Ce sont des galettes de mais, l’équivalent Mexicain des « chapatis » Indiens (de l’Inde).

Ah, j’entends déjà la question : « mais vous n’avez pas peur de manger sur les marchés ? ». Je peux tout de suite vous rassurer, nous avons souvent mangé sur des marchés et nous n’avons jamais eu le moindre problème. La fameuse « revanche de Montezuma », si elle existe vraiment, semble prendre d’autres cibles que nous !

Nous y passons 3 jours, à Querétaro, une introduction en douceur à notre voyage. Nous finissons bien sûr par entrer dans le Templo de San Francisco. Mon enfance catholique remonte à la surface (oui, j’ai pris des distances depuis….), ça m’aide à apprécier. Moi qui ne voulais pas entendre parler d’autre chose que du Roman et du Gothique, je me trouve bien obligé de le dire : je trouve l’église somptueuse et je vais vous l’avouer, je ne peux m’empêcher d’être ému. De son côté, Y, qui est bouddhiste, ne se pose pas de questions : tout ce qui bouge (ou ne bouge pas) et qui ressemble à un dieu ou à un saint, voire une idole, ça y est, elle se signe ou fait un "wâï" à la Thaïe, s’assied et se met à prier. Et elle apprécie autant que moi l’architecture et la décoration magnifiques.

Le Museo Regional est adjacent au Templo. Si je me rappelle bien, l’entrée est gratuite. J’aime bien les musées où le bâtiment même est lui aussi une pièce de musée. Je suis servi : voyez cette cour aux grandes arches (typiques, on retrouve ce style ailleurs) et la tour au fond, c’est le Templo. On y trouve des explications sur les populations indigenas (on ne dit pas indio qui serait assez péjoratif, et encore moins indiano qui désigne qqc d’autre), leurs origines, leurs coutumes et leur mode de vie. Dans la région, il s’agit surtout des Otomís (Hñahñu ou Ñano) et des Pames. Nous prenons donc notre premier contact avec certains aspects typiques de la vie des « Indigènes » : ces broderies magnifiques comme on en voit pratiquement partout et jusqu’en Amérique Centrale; ces masques de démons dont l’usage mériterait tout un chapitre.

Une partie du musée est consacrée au rôle important que la ville a joué dans l’histoire post-hispanique du pays. Nous n’y passons pas trop de temps (Y n’est pas portée sur l’érudition), mais cela mériterait 2 ou 3 heures.

Et puis il y a aussi des reproductions de frontons d’églises locales. Très intéressant, je vous en donne un exemple.

Voilà donc, ces 3 premiers jours au Mexique se sont passé en douceur et ont été très enrichissants. Dire que nous avons été impressionnés, c’est peu dire ! La beauté des places et des églises, la propreté des rues, la gentillesse, les sourires et la spontanéité des gens etc.

Ah, avant de quitter Querétaro, il faut que je mentionne notre visite dans un magasin de chaussures – eh oui, on ne peut pas ne pas remarquer l’ubiquité des chaussures au Mexique ! Et j’en connais une pour qui c’est aussi important que les églises et les musées !

Le matin de notre départ vers San Miguel de Allende, nous prenons un petit déjeuner à un stand de « tacos » sur un marché local …. pour une bouchée de pain : 61 pesos !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J'avais oublié de coller le "camembert" récapitulatif des dépenses. Le voici. Ceux qui aiment bien préparer soigneusement leur budget de voyage seront servis!
OU Ouvergnate ·
ça y est , nous sommes à Queretaro et je vous suis pas à pas car pour nous aussi, ce sera la première étape après Mexico! Visiblement nous ne serons pas déçues! J'ai déjà pris une réservation d'hôtel , mais les comparaisons sont toujours intéressantes. Vous souvenez vous où vous aviez logé? et si l'hébergement était bien ...ou pas? Merci, et à bientôt pour les nouveaux épisodes.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
ça y est , nous sommes à Queretaro et je vous suis pas à pas car pour nous aussi, ce sera la première étape après Mexico! Visiblement nous ne serons pas déçues! J'ai déjà pris une réservation d'hôtel , mais les comparaisons sont toujours intéressantes. Vous souvenez vous où vous aviez logé? et si l'hébergement était bien ...ou pas? Merci, et à bientôt pour les nouveaux épisodes.

Bonjour Martine,

Comme tout ça se trouve bien! Vous allez adorer, j'en suis sûr.

Nous étions dans un hôtel assez modeste à 10-15 minutes du centre (à pied bien sûr), quelque part au fond de la Calle 5 de Mayo. Plus près du centre, tout le long de cette rue, il y a plusieurs hôtels qui nous ont semblé attirants mais probablement plus chers que les 42 Euros par jour que nous avons payés pour une chambre minuscule avec le bruit des gens qui passaient dans le corridor, et avec un petit déjeuner diminutif. Je l'ai dit, Querétaro est assez cher question logement, sans aucun doute dû à la proximité de la capitale.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
San Miguel de Allende - 1

San Miguel n’est qu’à 60-70 kms de Querétaro. Le bus nous coûte 190 pesos à deux, une bagatelle. Par contre, le taxi qui nous a pris à l’hôtel à Querétaro nous a chargé 150 pesos ce qui me semble excessif, malgré la distance parcourue jusqu'au terminal de bus, qui est assez loin du centre-ville, il faut le reconnaître. Mais que dire ? 😐

Aucun problème pour acheter nos billets de bus au guichet. Il y a plusieurs bus par jour et il n’y a pas besoin de réserver à l’avance. Les terminaux de bus sont en général très bien agencés au Mexique. Ils sont propres, il y a de quoi s’asseoir et il y a toujours des toilettes propres pour 4 à 6 pesos l’entrée. Mon seul reproche, c’est que le plus souvent il n’y ait pas grand choix question boire ou manger. A entendeur, salut ! Faites donc vos provisions avant de vous rendre aux terminaux. Il est vrai qu’on vous donne presque systématiquement une boisson et un snack au moment de monter dans le bus, mais ce n’est vraiment pas grand-chose….

Cela me donne un prétexte pour « aligner » l’un de mes multiples commentaires dans la rubrique « Au Mexique, il y a des milliers de ci et de ça » :

« Au Mexique, il y a des milliers de toilettes publiques ». Même dans les petits patelins, on trouve toujours de nombreux « Baños » ou « Sanitorios », parfois à seulement 3 pesos. C’est quand-même bien pratique, non ? Combien de fois on se retrouve en France, ou d’autres pays Européens, en pleine ville avec un besoin urgent, à chercher un grand magasin où avec un peu de chance on trouvera des toilettes gratuites…… A noter que le « siège » porte le nom amusant de « inodoro » en Espagnol. Aucun besoin de traduire, j’espère, non ? Quant aux urinoirs, ils sont désignés par le terme « mingitorio », dis donc, les Mexicains, ce sont des gens sophistiqués ! 😏

San Miguel est une ville plus petite que Querétaro. D’un bout à l’autre de la « partie utile » de la ville, ça prend un maximum de 30 minutes. Il y a plusieurs églises, plusieurs places, et sur les places plusieurs bancs :

« Au Mexique, il y a des milliers d’églises, des milliers de places et des milliers de bancs publics». Cette multitude de places et de bancs publics facilitent la convivialité du pays. Il fait bon se promener un peu partout, on tombe sur tellement d’endroits sympathiques où se reposer et regarder le monde passer. En plus, c’est toujours propre, bien ombragé et il y a des tas de fontaines publiques (il faut que je rajoute les fontaines publiques à « ma liste »). Et en plus, elles fonctionnent presque toujours, les fontaines !

Cette propreté, c’est remarquable. Visiblement, le pays fait des efforts. Et ça donne du travail parce que … « il y a des milliers de gens employés à nettoyer les lieux publics » (je ne l’ai pas raté, cette fois !).

Je n’ai pas de photos pour montrer les places etc…. Mais j’en aurai certainement quand nous arriverons aux villes suivantes. Croyez-moi, San Miguel est très joli.

Au centre, on trouve donc une place tout à fait typique, avec bans publics, arbres, fontaines et au centre un kiosque pour les concerts. Un schéma qu’on retrouve presque partout. La place est dominée par la « Parroquia de San Miguel Arcángel », une église remarquable par ses teintes rosées et son style un peu « à la Gaudi » (c’est du néo-gothique et ça date du 17-ème siècle). L’intérieur est magnifique, comme d’habitude. Ce sont les deux premières photos.

Quelques 300 mètres plus loin, il y a une autre église remarquable, le « Templo de Nuestra Señora de La Salud » sur la « Plaza de la Soledad ». Ce sont les deux photos suivantes : belle porte en bois sur le côté gauche de la première, somptueuses couleurs crème de l’autel couronné de plusieurs statues jusqu’à la voute (un style fréquent).

Certains me diront que j’exagère un brin avec les églises mais ne pas aller les voir quand on voyage au Mexique serait une erreur grave. Elles sont extraordinaires. 😎 Je suis beaucoup plus frappé par les églises au Mexique que je ne l’avais été durant mon voyage de 5 semaines en Colombie l’an dernier. Et ne pas être Chrétien ou ne pas être croyant ne serait qu’une excuse stupide pour ne pas les visiter.

En courant d’après-midi, le premier jour, et n’ayant rien mangé depuis le matin, nous entrons dans une « cantina », la « 21 Única » à un coin de la Calle Jesús, à 2 minutes de la place centrale. Une « cantina », c’est une taverne ou pour mieux dire un « saloon » comme on en voit dans les films « western », avec une porte d’entrée à deux battants. On peut être intimidé a priori, on ne voit pas très bien ce qu’il y a dedans, mais il ne faut pas hésiter, nous l’avons fait un nombre de fois et n’avons jamais eu de mauvaise surprise.

Il est tôt et nous sommes les seuls clients. Nous prenons une soupe qui est tellement bonne que nous en recommandons un grand bol chacun. 😛 Ayant satisfait notre faim, nous jetons un second regard, plus inquisitif, sur la carte. Et plus précisément sur la section portant le titre prometteur de « Tragos » - terme espagnol désignant les « coups à boire ». Cette section est richement développée. Elle commence par une parole de sagesse ancestrale : « mas vale arriegarse que quedarse con las ganas » - « mieux vaut se risquer que de rester sur ses envies ». Oui, mais que choisir, il y a tellement de choix ! Nous hésitons entre plusieurs douzaines de Tequilas (à remarquer que ça figure au masculin, ce n’était pas évident au départ) et de Mezcales. Et le Mezcal le moins cher est à 130 pesos ! Nous nous rabattons sur la section des cocktails : Y prend une margarita, et j’opte pour un compromis : un « mezcalilla », ce qui me permettra de prendre un premier contact indirect avec le mezcal. Nous ne sommes pas déçus, c'est bon et bien dosé et nous en reprenons.

Nous commençons à prendre meilleure note de l’entourage. Les murs portent plusieurs messages instructifs du genre « les propriétés de la Tequila » : c’est bon pour l’insomnie, pour mieux absorber le calcium et donc avoir des os plus solides, pour perdre du poids, pour se faire des amis. La gaîté sans avoir bu n’est pas une vraie gaîté, nous explique-t-on, etc etc. Ah, il y a un autre client, assis au bar ! Le voici qui vient à nous, nous l’invitons à s’asseoir. Il n’en est visiblement pas à son premier verre, mais se comporte amicalement. Et le voici qui commence à chanter, surtout pour le bénéfice de Y qui de toute évidence lui tape dans l’oeil. Il chante très bien pour son état d'ébriété avancée. Il a plusieurs « amigas », dit-t-il, mais aucune aussi jolie. « Ah, ces yeux, ces cheveux, cette bouche ! ». Il ne tarit pas d'éloges sur la beauté de Y mais, souligne-t-il, « con respeto », avec respect.

Après quelques bons verres et cet intermède musical sympathique, nous rejoignons notre logis, ce qui nous fait traverser une fois de plus une grande partie de la ville.

Le lendemain est une journée tranquille, nous flânons de ci, de là. Nous prenons un deuxième petit déjeuner sur l’une des terrasses qui bordent la place centrale. A la table voisine, un couple d’Américains d’un certain âge est rejoint par 1, puis 2 puis plusieurs autres Américains, tous visiblement familiers avec l’endroit et bruyants. De plus, ils nous ont pratiquement forcés à nous déplacer pour leur faire place, sans la moindre parole de politesse. Ils sont des caricatures vivantes de gringos se conduisant en terrain conquis. Nous finissons rapidement nos consommations et allons voir ailleurs. C’est la meilleure stratégie.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
San Miguel de Allende - 2

Cette invasion d’Américains nous avait presque gâché notre petit déjeuner sous les arcades de la place centrale (café + huevos rancheros pour 200 pesos). Quelques minutes à déambuler dans le centre et nous retrouvons notre bonne humeur. Les couleurs rouge, ocre et rose dominent, les rues sont couvertes de pavés ou de grandes pierres plates. La propreté nickel, comme toujours. Sur le coup de midi, nous mangeons 2 plats avec un demi-litre de jus d’orange frais dans un snack-bar de la rue Collegio, juste à côté de la Plaza de la Soledad (150 pesos).

Parlant d’Américains, nous avons pris contact avec des amis eux aussi Américains et résidents à San Miguel. Tous les Américains ne sont pas des gens insupportables, bien sûr ! Nos amis nous donnent rendez-vous pour le soir sur la terrasse du Rosewood. C’est un hôtel « classe » situé un peu hors du centre-ville ce qui pour la taille de San Miguel ne représente en fait qu’une bonne dizaine de minutes à pied partant de la place centrale. Comme nous avons tout le temps devant nous, nous faisons un petit crochet par le parc Benito Juárez. Un endroit très agréable, ombragé, boisé, où on vient jouer, faire son jogging, piqueniquer, s’asseoir sur un banc (« des milliers …. », rappelez-vous), lire un livre etc.

Je recommande d’aller faire un tour au Rosewood, un bâtiment magnifique d’une architecture originale que je qualifierais d’italianisante. A l’intérieur, un grand hall circulaire présente plusieurs oeuvres d’art d’excellente qualité qui méritent le détour. C’est presque un musée ! C’est là que nos amis nous attendent.

Il y a beaucoup de monde sur la terrasse (« rooftop ») mais nous trouvons une bonne place. Après une petite discussion comme l’usage le veut, nous allons prendre des photos car la vue est tout simplement magnifique. Les couleurs chaudes de fin d’après-midi, les toits de tuiles rouges, les pins perçant la verdure, les églises se détachant en arrière-plan, tout ça fait très méditerranéen. De nouveau, l’Italie me vient à l’esprit.

Nos amis nous emmènent à une autre « cantina », El Manantial, au coin de Huertas et de El Chorro. Il n’aurait fallu que 10 minutes à pied pour y aller mais nos amis insistent pour prendre un taxi (ce sont des Américains après tout !). Nous goûtons l’une des spécialités de la maison, les margaritas au gingembre. Pas mal mais Y et moi-même tombons d’accord : nous préférons les margaritas classiques. Comme nous n’avons fait que picorer des amuse-gueules sur la terrasse du Rosewood, nous commandons à manger. A quatre personnes, l’addition arrive au maximum de ce que nous avons vu durant nos 6 semaines au Mexique : 800 pesos (40 Euros). Mais c'est pour 4 personnes.

Le lendemain, suivant les conseils de nos amis, nous prenons un bus local, un « camión», sur Calzada de la Luz, au débouché de la Calle Relox. Direction Atotonilco, à une vingtaine de kms. C’est un patelin de moins d’un millier d’habitants rendu célèbre par son église (et quoi d’autre donc, nous sommes au Mexique !). Le Santuario de Jesús Nazareno est classé au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, pour son architecture et décoration baroques (ça date du 18-ème siècle). Pour les Mexicains, c’est aussi un haut-lieu spirituel : pendant la guerre d’indépendance du Mexique, le curé Miguel Hidalgo avait saisi l’étendard de la Vierge de Guadalupe pour mener l’armée des insurgés.

C’est chouette mais nous sommes un peu déçus par la naïveté de l’intérieur, après toutes ces merveilles que nous avons vues à Querétaro et San Miguel. De dehors, ça fait très « Mexique » : grand soleil, couleurs blanc et ocre, route pavée …. Ah oui, j’oubliais : et bancs publics !

Nos amis Américains nous ont vanté les charmes d’un établissement balnéaire juste en dehors d’Atotonilco. « 10 minutes à pied », nous disent les bonnes sœurs qui tiennent la cafétéria à côté de l’église. Il nous faut plus d’une demi-heure pour arriver à Escondido Place, sous un soleil qui devient graduellement impitoyable. Nous avons rasé les murs là où il y avait un peu de végétation. Bon, c’était par moments assez joli, voyez ces belles statues religieuses encadrées par de grands cactus que nous avons rencontrées sur notre chemin.

L’entrée pour Escondido Place est à 150 pesos chacun. Ce n’est pas donné. En plus, il a fallu acheter des maillots de bain. Pas beaucoup de choix dans une boutique minuscule et voilà comment nous avons claqué 1000 pesos, même après un peu de marchandage. Nous ne sommes pas trop tentés par la piscine, l’endroit est joli mais l’eau est froide, ça se voit tout de suite. Et Y est une grande frileuse (elle est Thailandaise). Qu’à cela ne tienne, il y a ces « grottes » où l’eau est très chaude, naturellement si j’ai bien compris. Les grottes par contre ne sont pas naturelles, elles ont été construites. Murs et voûtes de briques nues, c’est assez joli. Nous sommes presque seuls à profiter de l’endroit. Au fond, l’eau jaillit bien chaude et à grands jets puissants, c’est un bonheur de se placer juste devant pour en prendre plein la figure, c’est comme un massage intense. Il y a assez de place pour faire quelques petites brasses….

Sur le chemin du retour, que nous prenons avec un peu d’appréhension, c’est presque 2 kms et il fait très chaud, nous avons la chance de nous faire ramasser par un pick-up. Le conducteur a dû être tout étonné quand il s’est rendu compte que nous étions des étrangers ! Mais c’est un exemple parmi tant d’autres de la gentillesse de ces gens.

Au « centre-ville » de Atotonilco (voir jpeg ci-dessous), nous avons à attendre une bonne demi-heure pour le passage du « camión » qui nous ramènera à San Miguel. Nous faisons le bonheur d’un paysan vendant ses fruits. Nous payons 20 pesos pour 2 avocats délicieux – « au Mexique il y a des millions d’avocats » - et 15 pesos pour un truc bizarre mais aussi bon à manger, ça s’appelle « camaca » si je me souviens bien.

Le « camión » prend littéralement le chemin des écoliers pour le retour vers San Miguel. En effet, il doit y avoir une bonne vingtaine d’adolescents dans le bus, tout droit sortis de leur école. La physionomie des gens montre nettement l’importance du sang indigena dans la campagne. Nous passons par des petites routes à travers quelques villages. L’environnement rural me fait penser à l’Isaan, la province de Y en Thailande.

En fin de journée, nous prenons un bon repas au Café de la Parroquia. L’endroit est agréable, le service souriant, la nourriture est bonne et les margaritas extra. Y est heureuse , elle approuve comme vous pouvez le voir sur la photo (mais pardonnez moi de lui avoir masqué le visage par discrétion). De tout notre voyage au Mexique, ce sera donc dans la Calle Jesús que nous aurons pris nos meilleures margaritas. Celles de la « cantina 21 Única «, à un demi-jet de pierre du Café de la Parroquia, étaient excellentes elles aussi.
OU Ouvergnate ·
Merci pour cet épisode fort intéressant J avoue que j attends toujours avec impatience la suite...😎
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Morelia 1

Nous prenons un bus local le matin de bonne heure sur la Calzada de la Luz, pour nous rendre au terminal routier. Coût de l’opération : 32 pesos à deux, et en prime la chance de nous faire masser nos fessiers et nos épines dorsales dans un bus brinquebalant. 🏴‍☠️ Au terminal, nous prenons nos billets pour Morelia : 335 pesos par personne pour faire 170 kms, avec Primera Plus. Deux départs par jour : 7 :30 et 19 :30.

Il y a 2 ou 3 lacs assez grands sur le parcours, entre ce qui semble bien être des volcans. Ces lacs sont certainement peu profonds car la route les traverse au lieu de les contourner. Peut-être Mexico et Tlaxcal-Puebla ressemblaient à ça avant de devenir surpeuplées ? Morelia fait 1 million d’habitants grosso modo, et c’est la capitale de l’état de Michoacán. Le centre-ville historique se trouve sur une hauteur au milieu d’une grande vallée. On voit les montagnes tout autour.

Après avoir déposé nos maigres bagages à l’hôtel, nous allons sur la Plaza de Armas manger pour midi. Nous sommes assis sur la terrasse d’un restaurant avec un parc devant nous et juste derrière la grande cathédrale de Morelia. C’est sur ce genre de place qu’on retrouve presque systématiquement les restaurants et cafés assez corrects d’une ville Mexicaine. Tous les gens autour de nous appartiennent de toute évidence à la classe bourgeoise de la ville, et sont tous des blancs. Cela par contraste avec tous les colporteurs, musiciens et autres amuseurs publics qui passent et repassent sans cesse pour se faire un peu de monnaie, presque tous plus sombres de peau et sans le moindre doute des métis sinon des indigenas de pure souche.

Ce que je dis là n’étonnera pas ceux qui ont voyagé en Amérique Latine. Cette séparation sociale selon des lignes de démarcage physiologique, nous avions aussi remarqué ça en Colombie, l’année dernière. Un Espagnol que nous avons rencontré par la suite dans un terminal routier (c’était à Tuxtla) m’a expliqué que non, bien sûr, je ne suis pas un gringo, mais plutôt un « güero » ou « güerito». C’est ainsi qu’on désigne les gens de peau claire au Mexique. Je ne suis pas sûr qu’on puisse dire que les gringos sont eux aussi des güeros, je crois que non.

Tous ces gens qui essaient de se faire de l’argent sur les places publiques au Mexique, ça devient parfois un peu pénible. Allez, vous m’avez vu venir :

« au Mexique, il y a des milliers de colporteurs et de gens qui font la manche ».

Pas loin de la Plaza de Armas, le Mercado de Dulces y Artesanías est un endroit intéressant à visiter. Morelia semble entre autres choses être fière de ses pâtes de fruit et nous ne manquons pas d’en goûter et d’en acheter (Y est particulièrement friande de celles faites avec du tamarind). 😛 Et nous arrivons au Jardín de Las Rosas. C’est mignon mais ce n’est pas bien grand, on en fait le tour en quelques petites minutes. Ce qu’on remarque vite sur cette minuscule place, c’est la statue de Cervantés. La plaque commémorative est datée de 1947. Elle est instructive : « en créant la folie de Don Quichote de la Manche, Cervantés forgea le monument éternel du génie hispanique. La Castillane et très noble Morelia rend hommage, en ce 4-ème siècle depuis sa fondation, à la grandeur éternelle du soldat de Lepanto».

Cette citation ouvre plusieurs avenues de réflexion. Premièrement, il est remarquable que la ville de Morelia affiche aussi franchement son pédigrée « Castillan ». Cela ne fait-il pas un peu trop Espagnol et, osons le dire, « conquistador » ? A oublier complètement les indigenas conquis. Ne serait-ce que les 150,000 Purépechas de l’état de Michoacán …. C’est peut-être banal de nos jours de le dire, mais personnellement j’ai une fibre sensible pour tous ces peuples que nous, les Occidentaux, avons écrasés. Je sais, je sais, je tombe peut-être dans le piège bien connu du « mythe du bon sauvage », mais je ne peux m’empêcher de trouver beaucoup de beauté chez ces peuples (je colle une jpeg de Purépechas que j’ai trouvée sur Wikipédia). Et sans le moindre doute, il ne s’agissait pas de « sauvages », loin de là !

Deuxièmement, je me suis souvent demandé ce qu’il y avait d’extraordinaire dans cette histoire de Don Quichote. Voilà que je commence à mieux comprendre. Et en même temps, je commence à mieux comprendre ce qui gravite dans la culture Espagnole. Il faut aller en Amérique Latine pour mieux comprendre l’Espagne….

Troisièmement, de toute la vie de Cervantés, et à p)art son oeuvre littéraire, la ville de Morelia mentionne sa présence en tant que soldat à la bataille de Lepanto. Bataille de la Sainte Ligue, catholique bien entendu, pour bloquer l’expansion des Ottomans, les ennemis musulmans (c’était bien sûr l’esprit de l’époque). Morelia, comme tout le Mexique, terre catholique par excellence. On ne voit plus tellement ça chez nous, en Europe…..
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Morelia 2

Plus que les places, les bancs publics et les églises, ce sont les grandes arches des bâtiments dans le centre-ville qui saute aux yeux à Morelia. Presque toutes les maisons en ont dans leurs cours intérieures. On voit bien sur les deux photos que j’ai piquées sur Wikipédia. Et aussi, ce sont les portes magnifiques. J’en donne quelques exemples ci-dessous. Des superbes portes, on en voit presque partout, d’ailleurs, un régal pour les amateurs. Allez, tous en choeur :

« au Mexique, il y a des milliers de superbes portes en bois ». 😎

Autrement, sinon, c’est une belle ville à explorer, elle aussi. Fatalement, on retombe sur la place de la cathédrale, très animée. Aujourd’hui, il s’y tient un marché au nom d’un mouvement de protestation politique, le FNLS, le « Frente Nacional de Lucha por el Socialismo » (pas besoin de traduire). Ce mouvement est actif dans plusieurs états du centre et du sud du Mexique (Michoacán, Hidalgo, Puebla, Chiapas). Une grande banderole clame haut et fort « 527 ans de résistance et de lutte contre le terrorisme d’état et pour le socialisme ». 527 ans, ça nous fait retourner en arrière à la « découverte » du « Nouveau Monde » par Christophe Colomb (il atteint les Bahamas en octobre 1492). On voit donc bien contre quoi ce mouvement se dresse : contre la colonisation. C’est assez étonnant de voir ça étalé sur la voie publique, sachant que ce genre de mouvement politique peut souvent mener à la violence armée. 😇 😕 En tout cas, ça fait très « Amérique Latine ».

Mais nous ne sommes pas là pour nous plonger dans la politique locale. Nous passons notre chemin et entrons dans la cathédrale. Elle date de la fin du 17-ème siècle et elle est connue pour être la plus grande cathédrale du pays. Un bel édifice, aucun doute. Un style un relativement sobre à l’intérieur qui est loin de déplaire.

Nous avons découvert où bien manger pour midi et pour pas cher. C’est au Mercado San Juan, également nommé Mercado Revolución, qui se trouve à 1 bon km de la cathédrale. Les gens sont super sympas à l’intérieur, nous bavardons avec plusieurs vendeurs et acheteurs. Les Mexicains sont très ouverts et spontanés et en règle générale tout à fait charmants. Le restaurant, donc, si on peut dire, c’est sur le côté du marché où on vend des poissons (deuh !). Nous nous installons à un comptoir et nous faisons préparer deux grandes écuelles de « caldo pescado y camarón », de la soupe au poisson et aux crevettes (Y est une fanatique des crevettes). C’est excellent, surtout accompagné de ces sauces bien épicées disposées sur le comptoir, il suffit de choisir la bonne bouteille. Nous payons 160 pesos et nous avons le grand sourire du patron en prime. 😎

L’après-midi, nous allons voir le Museo de Arte Colonial. C’est gratuit, comme d’hab’. On y trouve des centaines de crucifix (non, cette fois, je ne remets pas ma petite chanson). Ils font très fort dans le genre, les Mexicains, on voit bien l’influence du catholicisme Espagnol. Ce n’est certes pas ce qui excite le plus Y….. et à vrai dire, moi non plus. Je m’arrête cependant devant un tableau dépeignant la Sainte Vierge. On passe devant tant de tableaux sans chercher à comprendre ce qu’ils représentent….. Là, je suis tombé sur une perle car il y a des explications. Sur le côté gauche du tableau, la Sainte Vierge tend le bras pour repêcher une âme des flammes du Purgatoire. De l’autre côté, un ange à genoux tend un panier dans lequel l’Enfant Jésus dépose des coeurs enflammés (ah, dis donc….). En haut du tableau, deux chérubins viennent déposer une couronne de pierres précieuses sur la tête de la Sainte Vierge. Ça en bouche un coin, non ? 😮

Une petite diversion vient nous rafraîchir après cette religiosité un tant soit peu morbide, il s’agit d’une maquette des trois coquilles de noix sur lesquelles Christophe Colomb avait entrepris son fameux voyage. L’ironie de la chose, c’est qu’il n’est jamais venu au Mexique, dont bien sûr l’Europe n’avait encore jamais entendu parler.

Et pour nous rafraîchir un peu plus, nous nous dirigeons vers le Jardín de Las Rosas, qui se trouve 200 mètres plus loin, et nous accordons des margaritas bien méritées sur l’une des terrasses. 😉 Deux chacun, ça éclaircit les pensées. Et comme c’est déjà la fin de journée, nous y mangeons, bien. Le tout pour 550 pesos.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Morelia 3

Le lendemain, notre dernier jour à Morelia, nous visitons la Casa de Artesanías del Estado de Michoacán. C’est situé juste à côté du Templo San Francisco, un bâtiment imposant sur la place du même nom.

C’est toute une exposition des produits artisanaux des communautés indígenas de l’état, à savoir les Purépechas, les Nahua, les Mazahua et les Otomís. C’est impressionnant. Entre autres, on trouve bien évidemment une collection de figurines représentant des morts. Eh oui, ça se retrouve partout, est-ce peut-être parce que nous nous rapprochons de la fameuse fête du « Día de los Muertos » ? A part ça, il y a beaucoup de meubles en bois souvent richement coloriés, beaucoup de poterie, de vaisselle, de textiles et je ne sais trop quoi d’autre, tout vraiment très chouette. 🙂

Tout est en vente. Nous ne regardons pas les prix mais nous savons qu’en règle générale ce qu’on trouve aussi bien exposé, dans un lieu aussi agréable, est bien plus cher que ce qu’on peut trouver sur les marchés ou dans les boutiques. Toujours est-il que ça donne bien envie. Si j’habitais au Mexique, je me ferais un bonheur d’équiper mon logis avec ce genre de produits. Mais comment acheter quand il faut se coltiner ses bagages pendant plusieurs semaines, et quand les bagages sont tellement limités par les compagnies aériennes ?

Nous avons été un peu déçus, le soir, par la Plaza Villalongin, à 1 km de la cathédrale. On en disait du bien sur le guide (pour une fois que j’utilise le Lonely Planet !). Certes, il y a un petit parc agréable et l’avenue de l’aqueduc est bien ombragée, mais peu d’endroits vraiment attirants où s’asseoir, prendre un verre, manger un morceau. S’il y en a, ça ne saute pas aux yeux.

A vrai dire, Nous commençons à nous ennuyer un peu. Le mot est un peu fort, mais disons que cette ville n’est pas aussi excitante pour nous que San Miguel, par exemple. Sans aucun doute, c’est une ville très agréable et bien tranquille, et si nous y avions qqc de bien défini à y faire (des cours d’Espagnol par exemple), nous nous y installerions avec plaisir pour quelques semaines. Il n’y a pas le moindre signe de troubles comme ceux dont on parle sans arrêt à propos du Mexique. Mais de 3 jours, nous n’avons pas vu le moindre étranger par ici….

Sur le pas d’une porte, juste à côté de notre hôtel, un squelette armé d’une faux gigantesque nous fait un grand sourire, 😎 mais ne nous arrête pas. En route pour le terminal de bus. Taxi 70. Biscuits et cafés 60. En route pour Guanajuato !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Guanajuato 1

Si vous regardez la carte du Mexique, vous vous demanderez pourquoi être passé de San Miguel à Morelia, puis de Morelia à Guanajuato qui est proche de San Miguel (San Miguel se trouve dans l’état de Guanajuato). Morelia représentait un crochet assez lointain. C’est que nous nous étions retrouvés coincés entre les dates de nos réservations et le festival Cervantino de Guanajuato, un petit problème de logistique quoi.

Il faut savoir que Guanajuato est situé entre tout un tas de collines escarpées et que, dû à sa topographie « torturée », le terminal routier se trouve à plusieurs kms de la ville. Nous nous posions un peu des questions dans le taxi, où allait-il bien nous emmener ? Nous avons réservé un logis dans le quartier de Pastita (les quartiers ou districts s’appellent des « colonias » au Mexique, curieux, non, ). Pastita est juste en dehors du centre-ville à proprement parler. Le chauffeur de taxi a un mal fou à trouver l’adresse, mais persiste. Il s’arrête plusieurs fois pour demander aux gens. Nous finissons par trouver, en haut d’une ruelle qui ferait peur à certains, une fois la nuit tombée. 😕

Il est assez difficile de s’y retrouver, à Guanajuato. Plusieurs rues ou routes passent en-dessous ou au-dessus l’une de l’autre. Erreurs de parcours garanties, surtout le soir avec un coup dans le nez ! Mais je vais essayer de vous guider un peu. A un certain endroit sur l’artère qui s’appelle Sostenes Rochas, on arrive à Del Campanero : c’est l’entrée de la zone piétonnière. Si vous tournez le dos à la zone piétonnière, vous voyez une espèce de petite place au décrochage de la rue qui monte vers Pastita. Là, il y a le café Sostene Rocha , c’est aussi un coin sympathique où s’asseoir, boire un café ou plus. Et juste un peu plus loin sur Sostenes Rochas, vous trouverez la Plaza Allende avec les statues de Don Quichote et Sancho Panza, juste devant le Teatro Cervantes (évident).

Prenez donc la rue Del Campanero et passez sous le Puente Campanero (vous verrez des gens assis sur le pont au-dessus de vos têtes, assis sur la terrasse d’un café à un autre niveau). Vous débouchez sur le triangle que forment deux rues qui bifurquent devant vous. Au coin, il y a le premier petit restaurant où nous avons mangé à Guanajuato. C’était super bon. Nous avons bien apprécié les gros piments légèrement grillés. Avec une bière chacun nous nous en sommes sortis pour 320 pesos, avec en plus la conversation amicale du patron qui nous vantait ses sauces.

Une fois rassasiés (c’était en milieu de journée), nous avons continué par la rue de gauche, qui arrive au Templo de San Francisco, une église toute rose que …. non, celle-là nous n’y sommes pas entrés. Juste à côté, il y a le Museo Iconográfico del Quijote. Une autre statue de Don Quichote : l’arrêt photo s’impose.

Deux cents mètres plus loin, on arrive auJardín de la Unión. C’est peut-être le centre de la ville, quoique cela se dispute, cette ville est tellement tordue. Avant d’aller plus loin, nous tournons à gauche le long du Teatro Juarez (petit marché où je m’achète un chapeau pour 150 pesos) et nous arrivons au funiculaire qui nous mène au sommet d’une colline, celle où se trouve le monument Pipila. A la sortie du funiculaire, plusieurs boutiques vous attendent pour vous proposer tout ce que l’artisanat local a de bien. J’ai déjà un chapeau, merci ! Mais crac, ça ne loupe pas, Y a flashé sur l’argenterie ! Longue histoire mais voilà : quelques instants plus tard, Y se pavane avec un joli bracelet en argent au poignet…. et le porte-monnaie s’est allégé de quelques 1000 pesos et quelques. Bon, ce n’est pas tous les jours non plus !

Sur la place du monument, il y a beaucoup de monde, surtout des touristes Mexicains mais aussi quelques rares étrangers : Japonais, Américains, quelques Européens. Superbes vues sur la ville encerclée par plusieurs collines. 😎
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Guanajuato 2

Guanajuato est malheureusement paru dans les nouvelles internationales, pour la mort de 12 policiers en l’espace d’une semaine. 🏴‍☠️ C’est bien connu, il y a des gangs criminels extrêmement violents au Mexique. Mais la vérité est que ce n’est pas un pays aussi dangereux que bien des gens disent. Quel visiteur étranger aurait l’idée d’aller passer quelques jours à Culiacán, dans l’état de Sinaloa, où le cartel de El Chapo semble faire la loi ? Vous me direz, oui, mais ça c’était à Guanajuato, un haut-lieu touristique ! Certes, mais précisons : la plus grande partie de ces troubles récents se sont déroulés dans l’état de Guanajuato, pas dans la ville de Guanajuato-même.

Et en fin de compte, même si, quel est le risque de se trouver au milieu d’une fusillade entre police ou armée d’un côté et cartels de l’autre ? Il y a près de 40 millions de visiteurs étrangers par an, au Mexique, bien plus par exemple qu’en Thailande. Et combien d’étrangers finissent par tomber dans une sale affaire, fusillade ou kidnapping ?

En fin de compte …. Il n’y a pas de « fin de compte » car chacun pourra jouer avec les statistiques et chacun en jouera selon sa philosophie du voyage. Pour moi-même, je me dis que j’ai autant de chance de me faire braquer à Paris qu’au Mexique. Le Mexique est grand et je ne vois pas pourquoi j’irais à Culiacán, ou près de la frontière avec les USA, réputés dangereux.

Revenons à Guanajuato. C’est une ville superbe où on fait des découvertes intéressantes à tout coin de rue.😎 Jugez-en par les photos ci-jointes. Comme nous étions arrivés au Jardín de la Unión, nous remarquons par exemple cette énorme statue intrigante plantée entre la Iglesia de San Diego et le Teatro Juarez. Certains aimeront, d’autres pas.

Je n’ai pas de photo du Jardín de la Unión lui-même. Probablement, j’étais trop pris par tout ce qui se passe dans cet espace, assez petit à vrai dire : fontaines et bancs publics ( !), groupes de mariachis jouant leurs balades aux consommateurs assis aux terrasses des cafés et restaurants, colporteurs de tout poil etc etc. C’est très animé. Sans doute plus que d’habitude puisque le festival Cervantino bat son plein.

A la suivante, je vais parler un peu plus du festival, et aller plus loin dans Guanajuato, au-delà de la basilique extraordinaire de Nuestra Señora de Guanajuato.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Guanajuato 3

La basilique de Nuestra Señora de Guanajuato est absolument à voir. Construite vers la fin du 17-ème siècle, c’est une version relativement sobre du baroque Mexicain. La statue de la Vierge, un don du roi Carlos I, date en fait du 16-ème siècle. Je n’en dis pas plus, je vous laisse juger avec les photos.

Pour en finir avec les églises, basiliques, cathédrales etc (au moins pour le moment), il faut que je vous colle quelques photos du Temple de la Compagnie de Jésus, juste à côté de l’Université et à peine 200 mètres derrière l’artère principale où se situe la basilique de Nuestra Señora de Guanajuato. Plus récente (fin 18-ème siècle), elle serait plutôt de style dit néo-classique. Je suis frappé (!) par la représentation du Christ flagellé. Le morbide hispanique, n’est-ce pas ….. cela n’en reste pas moins magnifique.

L’artère principale, en fait ce n’est qu’une rue un peu plus dégagée, venant du Jardín de la Unión et quand on débouche sur la basilique. C’est là que commence l’avenue Benito Juarez. En fin de journée, il y a foule. Nous avons pris quelques margaritas acceptables sur une des terrasses. Plus loin, après quelques contorsions de l’avenue (Guanajuato a vraiment une topographie torturée), nous avons trouvé une cantina plus populaire que celles que nous avions « testées » à San Miguel. Je crois que c’est juste après le Mercado Hidalgo. « Los Barrilitos » : c’était immédiatement un Mexique plus humble. Un bar poussiéreux avec une rigole tout le long où, m’a expliqué quelqu’un, on pouvait pisser il fut un temps. Mais de nos jours, on va dans un coin de la cantina pour se soulager – c’est seulement pour les hommes. On est à peine séparé de la salle par une petite murette. J’avais vu ce dispositif plusieurs fois en Colombie. Il n’y avait d’ailleurs que des hommes. On aurait pu se croire dans un film western, avec les gueules patibulaires de clients difficiles. Pas du tout ! Les gens avaient été très agréables. Surprise, après plusieurs chansons Mexicaines, le juke-box nous avait passé un titre d’Abba ! Eh bé, il faut venir au Mexique pour voir ça !

Dans ce quartier, on voit plusieurs hôtels qui seraient peut-être à essayer la prochaine fois. Bien situés encore dans le centre-ville, d’aspect encore acceptables et sans doute moins chers que ce qu’on trouve dans le centre-ville plus chic.

Deux soirs de suite, nous avons tourné autour de la Plaza de San Fernando. C’est notre lieu privilégié à Guanajuato. Très sympa, plein de restaurants tout autour de la place, terrasses animées et tout. Il y avait des spectacles tous les soirs, au titre du festival Cervantino. Un spectacle m’avait bien plu : de part et d’autre de l’estrade, un chanteur et un guitariste Espagnols faisant du flamenco, contrastant avec un groupe folklorique de l’état de Guerrero. Les pas des danseurs Mexicains, un homme et une femme, rappelaient clairement la danse du style flamenco, quoique bien plus simple … mais les coups de talons y étaient bien ! Je m’en veux de ne pas avoir pris plus de photos….

Sur notre retour à notre logis, en fin de soirée, Don Quichote et Sancho Pança nous saluent une dernière fois : Guanajuato, plus encore que Morelia, ville dédiée à Cervantès !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Intermède : les Saints

Mon récit est sans doute aride par endroits et a découragé les lecteurs, à en juger par le peu d’interaction. Je vais donc faire une pause avant de continuer sur Mexico, la capitale, et parler d’autre chose. Avec toutes ces églises visitées jusqu’ici, on commence à avoir l’impression que la religion catholique a une place importante dans la vie des Mexicains. On y trouve toujours du monde en train de se recueillir ou de prier.

Mais justement, à qui adressent-ils leurs prières ? A Dieu, à Jésus et à la Vierge Marie, bien sûr (avez-vous remarqué que personne ne prie jamais le Saint-Esprit ?). Mais aussi à une tripotée de saints, et là je vais vous dire, si jamais il vous arrive de vous trouver dans le pétrin ou d’avoir à faire face à une situation particulièrement difficile, d’être confus et de ne plus savoir à quel saint vous vouer, ne désespérez pas ! Les Mexicains sont là pour vous aider car eux sauront à quel saint vous adresser. Ils en ont une ribambelle qu’ils peuvent « consulter » en cas de besoin. Voici une petite liste qui pourra donc vous être fort utile, le jour venu :

San Judas Tadeo, pour les cas désespérés San Ramón Nonato, que l’on prie pour se protéger des gens qui disent du mal des autres San Pafnucio, pour retrouver les objets perdus ou volés, et pour sauver les femmes qui ont pris le chemin de la perdition Santa Úrsula, patronne des petites filles Santa Alodia, patronne des enfants qui souffrent et sont abusés Santo Antonio de Padua, patron des gens perdus et également protecteur des femmes qui cherchent à se marier San Rafael Arcángel, patron des chemins, des conducteurs et des voyageurs San Gerardo Mayela, patron des maîtresses de maison San Pascual Bailón, patron des maîtresses de maison San Francisco de Asís, patron des animaux (y compris les animaux domestiques) Santo Niño de Atocha, qui nous délivre de la violence et du danger San Juan Soldado, uniquement connu dans le nord du Mexique, près de la frontière des Etats Unis, protecteur des immigrants illégaux. Comme il se doit vu sa spécialité, ce saint est lui-même « illégal », si on peut dire, car il n’est pas officiellement reconnu par Rome. Il faudrait que le Vatican envoie un jour une délégation enquêter du côté de Tijuana ou El Paso…..

A citer aussi le culte de la Virgen de Guadalupe, à laquelle les femmes offrent leurs cheveux en signe d’adoration.

Si vous ne trouvez pas le saint ou la sainte qui convient à votre cas particulier dans cette petite liste, il ne vous reste plus qu’à prendre l’avion pour le Mexique et aller demander conseil aux gens que vous y rencontrerez. Ils sont tellement aimables, ils vous conseilleront sans aucun doute car ils semblent être bien équipés pour ce genre de choses ! Et si jamais vous n’aviez pas de chance avec l’église, vous pourriez vous tourner du côté des « brujos » (sorciers), on dit du bien de certains….
MI Michant Veteran ·
Bonsoir,

Mon récit est sans doute aride par endroits et a découragé les lecteurs, à en juger par le peu d’interaction.

Non, je le suis depuis le début et j'attendais patiemment la fin pour réagir. Je le suis avec d'autant plus d'intérêt que votre itinéraire est peu ou prou similaire à mon projet pour un prochain voyage au Mexique, mais en quatre semaines maximum. Dans un premier temps, comme vous, les villes coloniales au nord de Mexico peut-être jusqu'à Zacatecas, puis un vol vers le Chiapas OU Oaxaca. Mais j'ai le sentiment qu'Oaxaca est plus intéressant. Quelles ont été vos impressions à ce sujet?

Intéressante, cette escapade spirituelle vers les Saints Patrons. Je crois que certains d'entre eux, issus du syncrétisme avec les religions autochtones ne sont pas reconnus par le Vatican. En Bolivie, nous avions remarqué une multitudes de cultes à la Vierge: la Virgen de ceci, la Virgen de cela, chaque patelin semble avoir sa propre Virgen. Étonnant, cette sorte de syncrétisme entre les anciens dieux incas et le catholicisme.

Quant à l'Esprit Saint, détrompez-vous, on l'invoque dans de nombreuses prières.

Merci pour le partage. 🙂
OU Ouvergnate ·
Pas d inquiétude Georges! Je suis avec ...assiduité. Mon voyage commence le 8 février à Mexico . Même itinéraire Merci pour vos infos et textes variés
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Pas d inquiétude Georges! Je suis avec ...assiduité. Mon voyage commence le 8 février à Mexico . Même itinéraire Merci pour vos infos et textes variés

Bonjour Martine,

Merci de te manifester. Je te souhaite un super voyage!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonsoir,

Mon récit est sans doute aride par endroits et a découragé les lecteurs, à en juger par le peu d’interaction.

Non, je le suis depuis le début et j'attendais patiemment la fin pour réagir. Je le suis avec d'autant plus d'intérêt que votre itinéraire est peu ou prou similaire à mon projet pour un prochain voyage au Mexique, mais en quatre semaines maximum. Dans un premier temps, comme vous, les villes coloniales au nord de Mexico peut-être jusqu'à Zacatecas, puis un vol vers le Chiapas OU Oaxaca. Mais j'ai le sentiment qu'Oaxaca est plus intéressant. Quelles ont été vos impressions à ce sujet?

Intéressante, cette escapade spirituelle vers les Saints Patrons. Je crois que certains d'entre eux, issus du syncrétisme avec les religions autochtones ne sont pas reconnus par le Vatican. En Bolivie, nous avions remarqué une multitudes de cultes à la Vierge: la Virgen de ceci, la Virgen de cela, chaque patelin semble avoir sa propre Virgen. Étonnant, cette sorte de syncrétisme entre les anciens dieux incas et le catholicisme.

Quant à l'Esprit Saint, détrompez-vous, on l'invoque dans de nombreuses prières.

Merci pour le partage. 🙂

Bonjour Michel et Chantal,

Sympa de vous savoir à l'écoute!

4 semaines pour les villes coloniales - quelques unes seulement car il y en a des quantités - et ou le Chiapas ou Oaxaca, c'est jouable mais ce sera un peu la course et il y aura des déplacements fréquents. Je considère que passer 2 nuits dans un endroit donné, ça va de temps à autre mais il ne faut pas que ce soit la règle sinon ça finit par fatiguer …. 3 nuits, c'est plus tranquille. Et puis, il y a des endroits où c'est vraiment dommage de ne pas passer plus de temps. Oaxaca ou la ville de Mexico par exemple. Donc, 4 semaines, c'est bien mais il faut faire des choix, on ne peut pas tout voir.

En anticipant sur la suite de mon récit, nous (Y et moi-même) avons bien aimé San Cristobal de las Casas mais surtout Oaxaca qui vaut bien 4 jours ou plus. Nous avons passé 3 nuits à Palenque et c'était trop. La ville n'a strictement aucun intérêt, c'est une ville récente qui n'existe que parce qu'on a "découvert" les ruines. Palenque, il ne faut y aller que pour les ruines. A la limite, une nuit aurait suffi : après la visite des ruines le lendemain matin, nous aurions pu prendre le minibus pour San Cristobal l'après-midi, en passant par les cascades (Misool Ha et Agua Azul). Nous aurions aussi pu faire une nuit de moins à Morelia.

Pour en venir aux questions religieuses, le culte de la Vierge est bien évidemment prominent dans tous ces pays d'Amérique Latine profondément catholiques. La Vierge de Guadalupe est peut-être la tête de proue, si on me permet l'expression, du catholicisme Mexicain. Elle serait apparue à un Mexicain indigena en 1531. La basilique de Notre-Dame-de-Guadalupe de Mexico serait paraît-il le lieu de dévotion catholique le plus visité au monde après le Vatican, c'est peu dire.

La liste des saints que j'ai donnée plus haut, je l'ai tirée de la nouvelle Mexicaine "Santitos". L'auteur, María Amparo Escandón, traite de la question avec beaucoup d'humour, assez pince-sans-rire. Comme cette histoire du saint "illégal" San Juan Soldado.

Je n'ai nullement l'intention d'imposer mes vues, mais étant issu d'un milieu catholique je ne me rappelle pas la moindre prière faite au Saint Esprit. A ce que je sache, il n'y a aucune mention de telles prières dans les Ecritures. Comme je suis un grand curieux, j'ai cherché sur la toile et je trouve par exemple ces lignes :"Ces passages montrent le rôle du Saint Esprit dans la louange ou la prière. Ce n’est pas à lui que nous nous adressons, mais c’est par lui que nous parlons à Dieu, ou au Seigneur Jésus." https://www.bibliquest.net/JAM/JAM-Prier_Saint_Esprit.htm

J'espère qu'on ne me fustigera pas pour passer du temps sur ces questions. Mais visiter l'Amérique Latine en ignorant tout du catholicisme, c'est passer à côté de bien des choses. Je le répète, je n'ai aucune intention de faire du prosélytisme. Je tiendrais un langage similaire si je parlais de visiter des pays Musulmans ou Bouddhistes.
FR Frmi31 Veteran ·
En temps que protestante je n'ai aucune attirance pour les eglise cathokiques de plus le Mexique de la conquête Espagnole que je déteste ne m'attire pas j'y vais pour les MAYAS et ce qu'il reste de leur culture
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
NI Nimou74 Veteran ·
Merci pour ce carnet sur les villes coloniales, peu banal et qui nous change du Yucatan si souvent visité. 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
En temps que protestante je n'ai aucune attirance pour les eglise cathokiques de plus le Mexique de la conquête Espagnole que je déteste ne m'attire pas j'y vais pour les MAYAS et ce qu'il reste de leur culture

Bonjour Marie Françoise,

Comme toi et comme beaucoup d'autres je pense, je regrette toutes les destructions du colonialisme Espagnol (et pas seulement de celui-là), et je ressens un pincement nostalgique à la pensée de toutes ces cultures qui ont été écrasées, sinon anéanties. Cela n'empêche que ce qui a suivi, en l'occurrence ce qui a suivi la conquête Espagnole, présente aussi son intérêt culturel, artistique etc.

Sinon, je dirais qu'on devrait aussi bouder le Taj Mahal puisqu'il est l'expression par excellence de l'art Indo-Persan qui a suivi la conquête brutale d'une très grande partie de l'Inde par les Moghols. Les Moghols étaient Musulmans et ont énormément détruit de temples et monuments Hindous.

Ce serait un bon sujet de réflexion à poster dans la rubrique Pensées et Réflexions de Voyageurs.

Quant à ne pas apprécier les églises catholiques parce qu'on est protestant, soit, c'est un point de vue personnel. Tout ce que je peux dire, c'est que j'apprécie tout autant les belles mosquées, surtout celles de style Persan (Iran, Afghanistan, Inde) mais aussi la mosquée extraordinaire de Cordoue en Espagne - ou les temples Hindous - et bien que Chrétien d'origine (ayant relativisé la religion).

Aussi, ma compagne Y étant Bouddhiste et n'ayant aucun parti pris pour une dénomination chrétienne ou une autre a énormément apprécié toutes ces églises au Mexique.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci pour ce carnet sur les villes coloniales, peu banal et qui nous change du Yucatan si souvent visité. 🙂

Avec plaisir Anne-Claire
FR Frmi31 Veteran ·
Je reconnais que ton carnet est bien fait et sort de l'ordinaire Bonnes fêtes a vous
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mexico CDMX 1

Le bus de Guanajuato à Mexico, la capitale, départ 09:40, arrivée 15 :15 avec Primera Plus (les horaires sont en général respectés à quelques minutes près) nous a coûté 1360 pesos pour deux. Du terminal routier à Mexico, nous prenons un taxi qui nous coûte 120 pesos. Dans les terminaux routiers, on trouve souvent un kiosque où on peut prendre un taxi « sécurisé » et à prix fixe (on paye au kiosque). 120 pesos, c’est 6 euros ce qui pour une course d’une bonne heure n’est vraiment pas cher.

Nous voici arrivés à l’hôtel, dans le centre historique. Simple mais propre. Nous mangeons sur place (220 pesos) puis allons nous balader. Le centre historique est « user friendly » (la traduction française « convivial » recommandée ne traduit pas exactement l’expression anglaise), on peut facilement marcher dans les rues. Bien évidemment, nous commençons par un petit tour de reconnaissance vers la grande place centrale, la Plaza de la Constitución ou plus simplement le Zócalo. Le terme « zócalo « qui désigne la place centrale de plusieurs villes Mexicaines vient de ce qu’au 19-ème siècle on avait voulu ériger un monument au milieu de cette grande place mais que pour des raisons économiques le monument ne fut jamais réalisé et il ne resta …. qu’une grande place, le socle du monument : « socle » = « zócalo ». C’est sur cette place que se trouvent la fameuse cathédrale de Mexico et juste à côté les ruines et le musée du Templo Mayor.

Il pleuviote et il fait frais, ce qui n’est pas étonnant vu que la ville est à plus de 2200 mètres d’altitude. Nous nous réfugions autour de 2 margaritas chacun sur une terrasse quelque part entre le Zócalo et le grand parc de l’Alameda Central. C’était une promotion, 2 margaritas pour 100 pesos, et elles n’étaient pas bonnes. Y n’est pas une timide. Elle se lève et va au comptoir demander qu’on lui verse un doigt de tequila supplémentaire. Elle est loin d’être une alcoolique mais n’apprécie pas qu’on charogne sur la gnôle quand elle prend un verre !

Le soir, nous nous trouvons une place au bout du comptoir du bar de l’hôtel. Il n’y a que des Mexicains dans le bar, et que des hommes. Ambiance populaire, c’est tout à fait ce qu’il nous faut. Pour oublier les margaritas médiocres de l’après-midi, nous nous commandons 2 margaritas. Celles-là sont excellentes et (hic !) bien tassées. Le barman est généreux, ou alors il nous a tout de suite pris en amitié ! Nous mangeons un plat, toujours au comptoir. C’est bon. Le tout pour 300 pesos, il n’y a pas de quoi se plaindre. Nous y retournerons, au bar de l’hôtel, c’est un endroit convivial. Quand on ne bavarde pas avec les voisins, il y a même de quoi lire. Les revues populaires qu’on trouve sur le comptoir cadrent bien avec l’endroit, jugez-en par vous-mêmes : un cocktail (hic !) de photos aguichantes et de reportages sanguinolents qui nous rappellent bien que nous sommes au Mexique, au cas où nous l’aurions oublié….
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mexico CDMX 2

Le lendemain, nous retournons sur le Zócalo mais cette fois nous entrons dans la cathédrale. C’est un édifice immense, conçu paraît-il selon le concept de la cathédrale de Séville mais en plus grand. Ayant fait assez sur le sujet des bâtiments religieux, je me contenterai de donner quelques photos et de vous laisser apprécier …. Ou passer plus loin si vraiment vous en avez votre claque des constructions religieuses du Mexique.

Donc : une belle porte d’entrée, en bois évidemment le premier autel qu’on trouve sur ses pas, couvert de dorures (peut-être ou sans doute beaucoup d’or véritable ?); le grand autel du fond, celui-là vraiment surchargé de dorures; deux vues d’ensemble; une statue de la Vierge.

Juste à côté, nous visitons les ruines du Templo Mayor. Il y a une grande maquette représentant ce à quoi ressemblait à l’origine le Templo Mayor avant la destruction par les Espagnols.

Une autre maquette représente la ville de Tenochtitlan telle qu’elle se situait au milieu du lac qui à l’époque occupait presque toute la vallée de Mexico. On voit très bien comment on accédait à la ville par plusieurs longues jetées. Il faut ici citer Bernal Díaz del Castillo, un compagnon de Cortés, qui a écrit en 1568 son Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, la source la plus importante et peut-être la plus réaliste pour comprendre les circonstances de la conquête :

« et nous vîmes la grande place et la multitude de gens qui s’y trouvait, les uns achetant, les autres vendant, et la rumeur des voix et paroles (de ces gens) résonnaient sur plus d’une ligue. Parmi nous, il y plusieurs soldats étaient allés dans plusieurs parties du monde et, que ce soit à Constantinople ou à Rome ou ailleurs en Italie, ils disaient qu’ils n’avaient jamais vu de place d’une telle dimension et contenant autant de gens »

Ça laisse rêveur, non ? 😮

Une autre maquette donne une vue d’ensemble de la vallée de Mexico : le lac, maintenant comblé et englouti par la mégapole, est proéminent, et au fond vers le sud-est (dans le sens où j’ai pris la photo) on voit bien le volcan Popocatépetl et son voisin le volcan Iztaccíhuatl.

Du Templo Mayor, il ne reste à vrai dire pas grand-chose mais cela reste tout de même une visite intéressante. On n’a d’ailleurs certainement pas tout mis à jour. Que resterait-il à trouver si on pouvait faire des fouilles sous la cathédrale ?
ME Memphre Globetrotter ·
J'espère qu'on ne me fustigera pas pour passer du temps sur ces questions. Mais visiter l'Amérique Latine en ignorant tout du catholicisme, c'est passer à côté de bien des choses. Je le répète, je n'ai aucune intention de faire du prosélytisme.

Tout a fait d'accord avec toi…..Cela nous change en effet de tout ces ''carnets de voyage'' sur le Yucatan et cette riviera soi-disant maya….tous aussi insipides et récurents les uns que les autres….

Belle référence à ce Barnal, seul biographe de Cortes dont l'arrivée à VERACRUZ constitue en soi tout un exploit :méconnu et jamais mentionné….🤪

Quelques mots concernant cette ''encomienda'' pratiquée partout par tous les ''conquistadores'' espagnols par et pour le plus grand bien de la Tres Sainte Eglise catholique chère à Isabelle….

Quoiqu'on en pense, quoiqu'on en dise c, était quand même une grande époque :Celle où l' Espagne possédait les 2/3 de toutes les terres connues….😛
On met longtemps à devenir jeune...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
…. Quelques mots concernant cette ''encomienda'' pratiquée partout par tous les ''conquistadores'' espagnols par et pour le plus grand bien de la Tres Sainte Eglise catholique chère à Isabelle….

Sur ces "quelques mots", je ne te suis pas: ton message était-il bien complet ou as-tu oublié d'ajouter qqc?

Quant au "plus grand bien", ça ne s'est pas arrangé après Isabelle. Il semblerait que Charles Quint ait poussé très dur pour tirer le maximum de revenus de ces nouveaux territoires. Il avait de grosses dettes avec ses guerres perpétuelles et ses ambitions Européennes. Il a fait "suer le burnous" à tout le monde et à commencer par l'Espagne où il n'était pas très populaire. Sans parler des colonies où il a tout simplement poussé au crime.

Quant aux 2/3 des terres connues, les Espagnols ont très rapidement eu la concurrence inattendue du Portugal. En fait, ils l'avaient déjà car on peut dire qu'au moment même de la conquête du Mexique le Portugal étaient devenus maîtres de l'Océan Indien.

Merci pour ton appréciation de mon récit. 🙂
ME Memphre Globetrotter ·
Sur ces "quelques mots", je ne te suis pas: ton message était-il bien complet ou as-tu oublié d'ajouter qqc?

Pas du tout….Je ne veux tout simplement pas m'impliquer dans ton récit….suffisamment bien fait, bien écrit, mais mentionner que c, est sur le principe de l, incomienda que les plus beaux édifices religieux furent construits par les indigenes sous domination espagnole bien sur pour le plus grand prestige de l, Eglise catholique….et des communautés religieuses jusqu'à l'expulsion des Jésuites par un certain Bénito Juarez😎(La reforma)
On met longtemps à devenir jeune...
AQ Aquilegia Globetrotter ·
En fait, après 6 semaines dans le pays, j’ai l’impression que tout est à base de tortillas, que ce soit des tacos, des quesadillas, des « chilaquiles » etc…. Le Mexique est un pays où il y a des milliers ou des millions de tout ce que vous voulez, entre autres des millions de tortillas. Partout où on va, on prépare des tortillas, à la main ou à la machine pour aller plus vite et faire en quantité ….. des millions tous les jours! Ce sont des galettes de mais, l’équivalent Mexicain des « chapatis » Indiens (de l’Inde).

Bonjour,

Ce n'est pas vraiment correct que "tout est a base de tortillas", mais on peut dire peut-etre que tout est a base de masa au Mexique. La masa est la pate de maïs, ajoutee avec un tout petit peu de poudre de calcaire. Par exemple, la forme et la preparation de tamales et gorditas est completement differente que la forme et preparation d'un tortilla, mais leur base est la masa.

Je trouve l'itineraire que vous avez fait beaucoup plus interessant que les itineraires 100% au Yucatan qu'on voit souvent dans ce forum.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ce n'est pas vraiment correct que "tout est a base de tortillas", mais on peut dire peut-etre que tout est a base de masa au Mexique.

Merci pour l'explication. Je voyais ça de loin, et de loin tout se ressemble un peu. Alors pour être plus correct, je dirais qu'il y a des millions de choses préparées chaque jour à base de masa au Mexique!

"masa", c'est bien "pâte", non?
MI Michant Veteran ·
Bonsoir,

Mais visiter l'Amérique Latine en ignorant tout du catholicisme, c'est passer à côté de bien des choses.

Bien sûr! Existe-t-il des carnets de voyage sur la Birmanie qui n'évoquent pas le bouddhisme, ou sur l'Iran qui ignorent l'islam chiite?

Cela nous change en effet de tout ces ''carnets de voyage'' sur le Yucatan et cette riviera soi-disant maya… tous aussi insipides et récurrents les uns que les autres.

Entièrement d'accord et c'est ce qui fait tout l'intérêt de ce carnet de voyage! 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mexico CDMX 3

Puisqu’il y a des amateurs de Bernal Díaz del Castillo, voici une autre parole qui résonne bien, tirée encore une fois de son Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne et qui exprime l’étonnement et l’émerveillement des Espagnols quand ils sont arrivés à Tenochtitlan. Le style en Espagnol est très beau, c’est presque de la poésie, je vais donc commencer par citer le texte original:

« Y de que vimos cosas tan admirables no sabíamos que decir, o si era verdad lo que adelante parecía, que por una parte en tierra había grandes ciudades, y en la laguna otras muchas, y veíamoslo todo lleno de canoas, y en la calzada muchas puentes de trecho a trecho, y por delante estaba la gran ciudad de Mexico”

« Et nous vîmes des choses si admirables que nous ne savions pas quoi dire, ou (nous nous demandions) si ce qu’il y avait devant nous était réel. Du côté de la terre ferme, il y avait de grandes villes, et dans la lagune beaucoup d'autres. Et nous voyions tout ça plein de canoës, et sur la chaussée de nombreux ponts de tronçon en tronçon, et devant nous était la grande ville de México »

J’ai montré à ma mère, au retour de ce voyage au Mexique, une petite sélection de mes 2000 photos, et elle eut cette réflexion : « Et ce sont les Espagnols qui nous ont privés de cette culture ? ». Car effectivement, on ne peut pas oublier ce qu’il y avait avant … Cette année 2019, 500 and après l’arrivée de Cortés, le Mexique a demandé 2 fois à l’Espagne de s’excuser pour la conquête …. ce qu’elle n’a pas fait.

Après la visite des ruines du Templo Mayor, sous une petite pluie fine mais peu gênante, nous entrons au musée attenant. On peut y passer plusieurs heures non seulement à voir les pièces exposées mais aussi à lire les annotations abondantes. Pour donner une idée, voici quelques photos :

- Ce qu’on trouve dans les fouilles : des crânes entre autres, peut-être quelques unes des 10,000 à 80,000 personnes sacrifiées à l’occasion de l’inauguration du site en 1487 ? - Exemples de l’art Aztèque, parfois vraiment intrigants. Hommes-tortues-cuillères ? Tête-brasero pour brûler le copal, résine aromatique, l’encens Mexicain… - Représentation de ce à quoi pouvaient ressembler les habitants de Tenochtitlan. Les nobles affublés de coiffures invraisemblables faites de plumes.

Il y a plusieurs reproductions d’animaux typiques du pays et on explique comment ils étaient divinisés par les Aztèques. Le jaguar tient une place d’honneur, n’était-il pas l’animal le plus respecté, vénéré peut-être, de toutes les cultures méso-américaines ? Pour les Aztèques, sous le nom de Tepeyollohtli, le « coeur de la montagne», il donnait du courage aux guerriers-jaguars « océlotl » - le mot nahuatl qui a bien sûr donné le mot « ocelot ».

Serpents, crocodiles, tortues et autres, les animaux étaient offerts aux dieux. Il y avait par exemple tout un réseau commercial organisé pour se procurer des crocodiles provenant d’autres régions du Mexique.

Ces pratiques tournant autour des animaux – et les pyramides - ne sont pas sans rappeler la civilisation Egyptienne. Curieux, non ?

La pièce maîtresse du musée est une trouvaille récente. En 2006, lors de travaux de réparation suite à un tremblement de terre, on a trouvé une stèle gigantesque (12 tonnes !) représentant Tlaltecuhtli, une divinité terrestre. Elle est exposée à plat dans une espèce de puits hors d’atteinte et j’ai dû manipuler ma photo pour arriver à voir la tête à peu près comme si elle était de face.

Nous voici dehors. Ce fut une superbe visite et franchement, pour 75 pesos, même pas 4 euros, ça vaut absolument le détour. Encore une photo de belle porte vue aux environs du Templo Mayor (souvenez-vous, au Mexique il y a des milliers de superbes portes !), et je vous laisse pour aujourd’hui.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mexico CDMX 4 - Teotihuacán

Nous avons pris le bus pour Teotihuacán le matin assez tôt. L’aller-retour coûte 104 pesos par personne et il faut une heure pour y arriver. C’est à quelques 50 kms au nord-est de México. L’entrée au site coûte 75 pesos, ce qui est vraiment donné si on considère que c’est sans aucun doute l’un des sites archéologiques les plus fameux au monde. Le Mexique n’est pas cher….

Le site est immense. A l’entrée sur la droite, il y a un musée que nous nous réservons pour plus tard car il vaut mieux visiter les ruines avant qu’il ne fasse trop chaud. Nous commençons par la Pirámide de la Serpiente Emplumada, sur la droite. Par sa taille, c’est la troisième structure du site et elle date d’il y a presque 2000 ans. On l’appelle également Temple de Quetzalcoatl, mais il faut savoir que Quetzalcoatl est un mot Nahua (la langue des Aztèques) et postérieur de plus d’un millier d’années, les Aztèques étant un peuple relativement récent sur la scène précolombienne. En fait, on ne sait pratiquement rien du peuple qui a construit la cité de Teotihuacán (un autre nom Aztèque). On a proposé que c’étaient les ancêtres des Otomís, ou des Totonaques, ou des Nahuas…. Mais grosso-modo, on pense que le cite est postérieur aux Olmèques et antérieur aux Toltèques.

Dans une galerie sous le temple, on a découvert les restes de 200 personnes sacrifiées, probablement pour son inauguration. Décidément, ces peuples méso-Américains avaient quelques coutumes qui ne passeraient pas de nos jours. 🏴‍☠️ Imaginez-vous que le jour où Notre Dame sera enfin réparée, on aurait droit à une grande cérémonie et qu’on y sacrifie quelques centaines de nos concitoyens ? Bon, l’idée pourrait plaire, il y a après tout tant de gens dont on voudrait se débarrasser ! 😉😠

Les 4 premières photos montrent le Tempe de Quetzalcoatl. On devine que ça devait être richement peint à l’origine. En parlant de couleurs, voici sur ma 5-ème photo un habitant sympathique de ces lieux, se dorant au soleil matinal. Non, il ne s’agit ni d’un Otomí, ni d’un Totonaque et encore moins d’un Aztèque. Mais ce petit reptile a certainement droit de cité dans le Temple du Serpent Emplumé ! 🙂

Plus loin, beaucoup plus loin (c’est un site gigantesque), après avoir marché sous un soleil qui commence sérieusement à chauffer (les grands cactus du lieu ne donnent pas beaucoup d’ombre), nous arrivons à la Pyramide du Soleil. C'est la plus grande pyramide des Amériques après celle de Cholula (au sud-est de Mexico). Y monter est un bon exercice … « Allez, Y, encore un effort ! » (les Thaïs ne sont pas de grands adeptes des efforts physiques….). Arrivés au sommet de la pyramide, nous sommes récompensés de notre peine par des vues superbes sur les alentours. La Pyramide de la Lune ponctue la Chaussée de la Mort, au fond.

Il n’est pas encore midi mais il y a de plus en plus de monde et de plus il commence vraiment à faire chaud. Cela fait bien 3 heures que nous crapahutons par ici. Retour à l’entrée. Des flots de visiteurs déferlent entre les magasins (Y s’achète un beau chapeau pour 250 pesos). Y pointe vers quelqu’unpParmi cette foule venant à notre encontre, et me dit « Regarde, on dirait E., notre ami Américain de San Miguel ! ». Oui, oui, bon, d'accord, il y a un air de ressemblance... Je continue mon chemin, puis m’arrête : où donc Y est-elle restée ? Un autre magasin peut-être ? Non, elle s’est arrêtée pour bavarder avec le type en question et …. Mais c’est bien E., incroyable mais vrai. Il est venu accompagner des amis sur ce site qu’il a déjà visité plusieurs fois, sans doute. Le hasard de retrouver des amis comme ça, au milieu d’une telle foule ! 😎😮

Nous voulons aller au musée mais ne le trouvons pas immédiatement et décidons de prendre le bus de retour. Il ne faut pas abuser des bonnes choses, et cela fera qqc de neuf à voir si jamais nous revenons à Teotihuacán. En route pour la ville de Mexico, il y a aussi des musées là-bas … mais surtout des bières bien fraîches ! 😉😛
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mexico CDMX 5

C’est notre 4-ème jour à Mexico. Nous avons déjà bien satisfait les grands besoins touristiques avec la visite de la cathédrale, du Templo Mayor et des ruines de Teotihuacán, donc il est temps de voir ce qui se passe dans la ville, la vie de tous les jours quoi. Rien de tel pour cela que d’aller faire un tour sur un marché. Celui de la Merced est bien placé, dans le centre historique et à une demi-heure à pied de notre hôtel.

Tout le quartier entre la grande place et le marché est très populaire et très animé. On vend de tout dans des milliers de boutiques (non, je ne vais pas recommencer mon petit refrain !) sans compter ce qu’on trouve sur les trottoirs. Avec tous les qui gens chargent ou déchargent leurs voitures et tous les piétons qui marchent au milieu de la rue, ce n’est pas un quartier où on circule facilement.

Nous arrivons au marché de la Merced, c-à.d. celui qui est couvert. C’est énorme et vraiment qqc à voir. Des tas de tous ces produits typiques du Mexique : plusieurs sortes de piments, plusieurs tailles et qualités d’avocats, des tonnes de limes (c’est bon pour les margaritas !), des sacs de sauces « mole » brun sombre ou carrément noir – je crois qu’on achète ça « en dur » et qu’on dilue avec le reste quand on fait la popote – à des prix très doux. On voit bien que c’est un pays qui produit de tout. Tant de choses nous sont venues du Mexique, on se demande comment on pouvait manger en Europe avant sa découverte. 😮

On trouve bien sûr des petits restaurants dans le marché. Sur la photo, là où il y a mon assiette avec du poulet dans une sauce brune, il y a ces feuilles vertes qui ressemblent à des branches de céleri. C’est du « pápalo » nous disent les gens assis à côté de nous. J’ai oublié à quoi ça « goûtait ». A deux, nous mangeons pour 80 pesos : 4 Euros à deux, dis donc, on va nous soupçonner de faire des économies pour pouvoir nous permettre les margaritas ! 😉 Mais Y n’a pas trouvé ça fantastique, elle devient difficile ! Heureusement, nous pouvons toujours nous rabattre sur le bar de l’hôtel, nous sommes en train de nous y faire des amis entre quelques bières ou margaritas, justement, et ah oui, j’oubliais, on y mange bien aussi. Et que je le mentionne, j’ai trouvé la formule parfaite pour le petit déjeuner : les « chilaquiles ». Je les commande « rojos con huevos estrellados », ça arrache bien et c’est super goûteux. 😛
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mexico CDMX 6 – Museo de Arte Popular

Nous avons passé 5 jours à Mexico et, à part notre excursion à Teotihuacán, nous ne sommes pas sortis du centre historique. On me dira qu’il y a tant de choses à voir dans d’autres parties de la ville et je n’en doute pas un instant. Mais le centre historique est déjà bien assez grand pour y passer quelques jours sans s’y ennuyer. Nous ne sommes pas du genre à vouloir tout voir, à nous exciter dans les transports du matin au soir, frénétiquement, pour pouvoir cocher les cases. De toute façon, on ne peut jamais tout voir !

Je vous avais laissés sur le marché de la Merced. Un autre marché où nous sommes allés, c’est celui de San Juan. Il se trouve à quelques centaines de mètres des stations de métro Balderas et Salto del Agua. Nous y avons mangé à un comptoir, au fond, un ceviche et un caldo de camarón avec 2 limonades, pour 250 pesos. Il y avait un spectacle de rodéo sur un écran de télévision devant nous, d’un certain Rancho La Mision de l’état de Guerrero (voir la copie d’une affiche publicitaire). C’était dans un style cowboy vraiment très convaincant et spectaculaire. A se demander si ce serait au Mexique qu’il faut aller voir ça, plutôt qu’aux Etats Unis. A part ce divertissement, nous n’avons pas été emballés comme nous l’avons été au marché de la Merced. Il faut dire que c’est beaucoup plus petit et que ça se traverse en quelques minutes.

Du Mercado San Juan, nous sommes remontés jusqu’au Museo de Arte Popular. Gratuit si je me rappelle bien. Je recommande d’y aller, c’est très bien fait. Nous y avons passé 2 bonnes heures agréables. On y voit les costumes féminins traditionnels des différentes régions du pays, de belles poteries (récentes), des textiles comme cette belle tapisserie Huichol, très haute en couleurs. Mais surtout des diables et démons de toutes sortes et des squelettes mis à toutes les sauces. Ah, dis donc, ils ont un psychisme intéressant, ces Mexicains ! 😇 Je vous en colle une petite sélection. Je suis sûr que vous apprécierez, entre autres :

- L’arène : les spectateurs, le toréador et même le taureau lui-même sont des squelettes ! - La petite sirène-squelette - Les musiciens-squelettes - Le char à boeufs dit « des 7 péchés capitaux ». Les démons montant les boeufs se réjouissent !

- Le « masque du purgatoire » je vous en donne un plan rapproché montrant une âme féminine dévorée par les flammes pendant qu’une autre est happée par les crocs du démon. Et tout en haut (autre plan rapproché), trônant au milieu des flammes et la serviette autour du cou, un démon s’apprête à festoyer d’une âme couchée sur une assiette entourée de carottes et autres légumes. Cela s’intitule « masque du purgatoire » …. On a peur de penser à ce que pourrait être l’enfer ! 🏴‍☠️

Il y a aussi beaucoup d’explications sur les influences Espagnoles et Mauresques (par l’intermédiaire des Espagnols), avec force cartes montrant l’évolution dans le temps des populations Ibériques. Vraiment ça vaudrait de s’y arrêter et de lire, mais je me suis contenté de photographier et de remettre « l’étude » à plus tard.

Enfin, à la sortie (ou à l’entrée, au choix), on peut se pencher sur la diversité des langues indiennes, la plupart encore parlées au Mexique, par l’exemple de ces deux phrases toutes simples : « merci » et « bienvenue ».

Similar discussions

You might also like