En résumé : aucun problème à suivre les frontières sud-est et est de la Turquie à condition de pas aller à la frontière. ce dernier conseil n'est valable que pour la Syrie et L'Iraq. La frontière iranienne ne pose aucun problème.
les nuits (CC + 3 adultes + électricité) :Edirne : Omur Camping > Patronne pas très sympa, camping propre avec piscine. 22€ la nuitAksaray : Camping à côté d'un hôtel. Vieillot et propre, douche. 16€Karatas : Bivouac Bord de mer sur parking d'une paillote qui loue les transats et douche, mangez du Bar frais chez lui !Urfa : Nuit à l'hôtel Harran avec piscine vu la chaleur pas du luxe Dyarbakir :Bivouac entre Diarbakir et Mardin sur le parking d'un resto.Hasankef : Bivouac au bord du Tigre, baignade dans le fleuve.Lac de Van : 1er camping sur la route. pas douche. 30TL et repas de poison d'élevage à 30Tl par personne.Lac de Van : camping ATHAMAR, 1 km de l'embarcadère, douche impec, accueil super > 25 TLDoyubagasit : camping au dessous d'Isak pasha 30 TL avec douche.Ani : camping au pied des remparts. propre. 10 TL et 5 TL la doucheIshan : Bivouac au pied de l'église. petit resto à coté.Sumela : Sumela camping, Sümer restaurant. propre, douche chaude. 40TL + repas assez cher mais bon.Tokat : Bivouac au resto Yasil vadi > sympa mais noces jusqu'à 23h30.Hatusha : Baskent Camping. Propre mais pas d'ombre. 30 TL. Douche machine à laver gratuite.Hatusha : Asikoglu camping. Propre, ombre et abri + douche. 30 TL.Ankara : Celtimen Kamp. pas top. 20TL sans douche.Silivri : à Selimpasha au SESIMKEMP Mocamp. tres propre bien équipé, piscine. 70 TLSilivri : plus loin vers Tekirdag sur un Kemp, accès à la mer. pas top et 50TL.Silivri : encore plus loin vers Tekirdag, ombragé accès à la mer UNAL CAMPING, cosy à la turque .3 nuits. 40TL la nuit. Un peu bruyant cause nationale tout près mais franchement le mieux sur ce bout de côteEdirne : Aire camping-car en ville.Départ vendredi 1er à 14h:
On passe voir Louis à Croisy, puis gonflage des pneus en face. Route de Gournay, Beauvais, Fitz-James pour voir Quentin. Après les visites, la route : Soissons et Reims. c'est très long sur la nationale. Après c'est l'autoroute. Le soir on dort sur l'aire de KAYSERSLAUTERN.
Le 2 août :
Départ 8h30. Allemagne, Autriche et Hongrie. Nous dormons sur une aire d'autoroute à la frontière Serbe mais côté hongrois à Szeged.
Le 3 aout :
Serbie, Bulgarie et 2h30 pour le passage de frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Les turcs vivants à l'étranger et qui rentrent au pays pour les vacances sont autorisés à voter. Les bureaux de vote sont au poste frontière. Il est 23h00 quand nous arrivons au camping d'Edirne ou nous avons nos petites habitudes. 22€ pour nous 3. Douche bien méritée et nuit également. Elle fut uniquement interompue par l'arrivée triomphante de 7 camping-car italiens. Toujours dans la discrétion...
Le 4 août :
Reveil 7h45 petit dej et départ pour une nouvelle journée à rouler. Nous avons fait Edirne, Istambul, Ankara et enfin Aksaray. Repas de Pidé (voir photos) sur le bord de la route et camping à Arksaray. Les prochaines journées seront plus calmes. D'abord Mersin, puis Gaziantep, Urfa, Mardin, lac de Van et Ishak Pasha; le but ultime du voyage.
5 août :
Départ tranquille vers Adana. En route, nous décidons de ne pas aller à Mersin mais à Karatas. Cela nous évitera de faire 50 à 60 kms pour le lendemain. Le trajet est un peu long alors Valérie fait des selfies avec son appareil.
Nous arrivons à la plage qui comme chacun sait est au bout de la route. On gare le CC et direct sur notre plage 'privée' ou presque. 3 chaises longues la méditerranée chaude. le bonheur...
Finalement, on s'installe. Comme les mauvais élèves qui font leurs devoirs au dernier moment, on prépare les étapes suivantes en sirotant une bière et autres boissons sucrées.
Nous décidons de dormir sur ce parking à côté de la mer. le patron de la paillote est ok. on lui demande de nous faire du poisson pour le repas du soir. des petits bars frais péchés grillés avec une petite salade. Très sympas, sauf que la pluie s'en mêle et le patron nous fait rentrer dans la cuisine avec lui pour manger nos poissons debout. Un petit Tchai et tout le monde au lit avec vue sur mer.
Pour info : le 1 € = 2.84 TL au change en banque.
Le 6 août :
Départ pour Urfa. Route sans pb avec repas sur l'autoroute 'comme au boulot'. Arrivée en début d'après-midi. on se gare dans un grand parking en ville. Nous partons en exploration pour la citadelle et le jardin avec le bassin d'Abraham. En chemin, nous passons devant un hôtel avec piscine. La tentation est trop grande : on prend une chambre. Ensuite visite de la ville. Au retour on pique une tête dans la piscine. Super... ils préparent un mariage. les tables sont installées jusqu'au bord de la piscine. Repas dans la rue : 'Adana keybab', 'Urfa keybab' et salata.
Le 7 aout :
Petit dej à l’hôtel. Retour au camping-car resté toute la nuit dans un OTOPARK. Direction la Syrie, à 19 kms de la frontière, une grande angoisse pour Domi avant de partir. En fait, tant que l’on ne se promène pas sur la frontière, la vie est tranquille et sûr sur le territoire turc, le conflit ne déborde pas. Nous allons donc visiter Harran, village biblique où se trouve des maisons en forme de termitière, architecture d’origine Syrienne, construite pour renvoyer la chaleur dans le pain de sucre et conserver une température convenable au niveau habitable. Village où se trouve aussi la ruine d’une mosquée du 12ème et de remparts. Puis direction Diyarbakir que nous atteignons en début d’après-midi, c’est une ville peuplée essentiellement de Kurdes. Marche à pied auprès des remparts les plus longs après la Muraille de Chine paraît-il, sa couleur noire est dû aux pierres volcaniques. Valérie a repéré un café avec vaporisation d’eau et nous nous y installons pour une heure ou deux avec boissons et glaces turques. Nous reprenons la route vers Mardin. En chemin, on voit un resto avec un grand parking. On demande pour dormir : c’est ok. Nous demandons pour manger vers 19h30. Nous y allons à l’heure dite. Il nous présente son étale pour choisir à la lampe solaire, ce sera poulet. Ils n’ont pas l’électricité. Nous mangeons dehors mais finissons à l’aveugle car la nuit est tombée. Il nous explique qu’il y aura de l’électricité vers 9h. En fait, à 9h l’éclairage publique se met en marche, raccord sur le lampadaire et voilà le tour est joué. La nuit est un hachée pour moi car les gars avaient l’air un peu curieux. Finalement, pas de problème.
Le 8 aout : saint Dominique…
Nous atteignons Mardin dans la matinée. Visite à pied de la vieille ville, maisons anciennes comme si nous étions dans l’ancien temps plutôt gréco romain, il est 9h et c’est le début de la cuisson pour nous. Courageux nous prolongeons la promenade pendant 1 heure. Puis nous faisons les 7 km qui nous séparent du monastère de DEYR AZ ZAFERAN. Très joli l’arrivée sur celui-ci. Il se trouve sur un promontoire au milieu d’une montagne désertique et face à la plaine vers la Syrie. La visite pour 6 LT par personne est un peu décevante car très courte : 3 pièces et merci messieurs dames. Les moines araméens qui y résident, on le sens du commerce. A midi, nous arrivons à Midyat. Visite de la vieille ville en plein cagnard, il fait environ 40°, engagés dans les ruelles nous finissons par tomber sur une des magnifiques maisons du village qui est ouverte aux visiteurs, jolie récompense. Une Française du 9.5, est entrain d’y faire ses photos de mariage. Route vers HASANKEYF. Vers 15h nous sommes installé au bord du Tigre. Nous y trempons les pieds avant de nous installer sur un petit salon au bord du fleuve. Nous y passons l’après-midi à finir de cuire. Discussion avec des turcs, repas de poisson ‘surgelés’. Nous nous déplaçons d’une centaine de mètres pour un bivouac sauvage au bord du Tigre. Bonne nuit même s’il a fallu attendre longtemps la fraicheur 25°C vers 4h du mat, c’est bon.
Le 9 août :
Visite de HASNKEYF. Mausolée Zeyn el Abdin du 13ème avec faïences bleue, minarets du 12ème, vieux pont dont il ne reste que les piles, normal le reste était en bois, habitats troglodytes tout au long du village qui surplombe le Fleuve. Départ pour Batman, Oui ! oui ! il était dans la région (lol). Nous enchaînons avec Tatvan. Un peu plus loin, baignade dans le lac de Van malgré les détritus. C’est beurk !!! C’était mieux dans le Tigre !!
Pause au dit « camping » à 3 kilomètres de l’embarcadère pour l’ile d’Akdamar où se trouve une église Arménienne du 10ème siècle, Cathédrale du Vaspourakan, connaissez-vous ? Nous pas. Nous mangeons sur place des truites fraîchement sortie des bacs d’élevage. Le chef nous prend 20 LT pour le repas (par personne) et 30 LT pour le camping ou il n’y a rien, de rien, excepté des toilettes qui auront été bien utiles car tout le monde à un petit problème avec ses boyaux. Une semaine de salade, clim et haute température ont eu raison de nous, heureusement, Super Valérie dégaine la pharmacie. Vu le prix nous décidons de tenter notre chance ailleurs, le lendemain.
Le 10 Aout :
Départ pour l’ile d’Akdamar. Arrivés à l’embarcadère, nous attendons 50 mn qu’il y ait suffisamment de monde pour que le bateau parte. 10 TL la traversée, et 5 TL pour l’église. Visite et retour. Nous allons à un autre camping beaucoup moins cher que la veille : 25 TL pour le camping avec douche, électricité et internet. 30TL pour nos 3 repas et nos boissons, ils ne nous prennent pas pour des Américains et sont aux petits soins, c’est dimanche, beaucoup de Turcs sont dans ces parc aménagés à tous faire (possibilité de faire son barbecue, de manger à au petit resto, de s’installer à l’ombre d’installer son samovar au feu de bois ‘enfumage garantie’) et pour ce camping, parc, etc, nous avons en plus la plage. C’est beaucoup moins crade qu’a Tatvan, mais on ne peut pas dire que la population se sente concernée par les déchets.
Le 11 Août :
Douche et petit dej. Départ vers Cavustepe. Visite du site. Les filles vont jusqu’en haut et voient les signes cunéiformes sur les tables de basalte. Valérie a des soucis avec l’appareil photo et râle après coup. Finalement, c’est l’autofocus qui n’est pas mis. Ensuite achat de petits souvenirs fait par le gardien qui est le seul à connaitre la signification des signes. Apparemment, il connait bien également la signification de l’argent !!
Route vers Dogubayasit. Au passage, nous mangeons aux cascades. Vers 17h arrivée à Isack pasha et vue sur le mont Ararat (légende de l’arche de Noé). On fait quelques photos avant de redescendre au camping d’où nous avons la vue sur Isack Pasha. Nous y rencontrons quelques français de retour d’Iran. Echanges avec eux. Ils n’ont pas de carnet de passage en douane, ils étaient en transit sur 7 jours. Affaire à vérifier pour un prochain périple.
12 Août :
Matin visite de ISCHAK PASHA. Très joli palais avec très belles portes et salle de réception. Après ce moment agréable, nous partons vers ANI. Dans l’après-midi, nous prenons une piste, pas bonne pour le camping-car. Cela me fâche (et c’est peu dire ! Val). Après quelques kilomètres nous ressortons sur la route qui va de Esenkent à Ani. Après s’être approché des fabuleux murs d’enceinte. On se gare sur l’otopark qui fait camping. Gros orage le soir sur la ville. Nous dormons avec la grande porte tournée vers les remparts. Rien entre nous et les remparts.
13 Août : Très longue visite du site de 8h30 à 11h30. Parsemés sur le site, églises arméniennes, palais Seljukides, première mosquée construite en Anatolie XIIème, les ruines de maisons du 13ème avec, cuisine et plomberie en pierre d’époque, certains debout, d’autres coupé en deux, et d’autres en cours de restauration. Site calme et impressionnant, un de nos préférés. Nous reprenons la route après un petit rafraichissement. En fin de journée, 200 kms plus loin, nous décidons de ‘monter’ vers Ishan ou se trouve une église géorgienne restaurée. La route ou devrais-je dire la piste monte sur 5 kms avec des parties en terre ou coule de l’eau qui fait patiner le cc. Encore une fois ce n’est pas un chemin pour ce type de véhicule. Nous arrivons enfin au village. Peut-on descendre à l’église avec le cc ? un habitant nous fait signe que oui. Hésitation puis nous nous engageons. Ça passe mais faudrait pas être plus large ou plus long… on se gare sur la place derrière l’église. Visite de l’église ou nous rencontrons une jeune femme turque, étudiante sage-femme, qui nous emmène prendre le thé dans sa famille. Arrive sa cousine qui est prof d’anglais. Cela facilite la discussion avec la famille. Vers 19h30 nous prenons congé… au-dessus du parking, il y a un petit resto ou nous mangeons. Nous lui demandons l’électricité qu’il nous fournit avec plaisir.
14 août :
Descente tranquille de la piste et route vers Göle et Yusufeli. Entre yusfeli et Ispir, 90 km de distance. Au début petite route suivie de 25 km de piste avec trous et bosses, cailloux et autres joyeusetés. J’en ai marre de ces soit disant routes. Ispir direction RIZE avec petits arrêts en approchant de la côte car des plantations de thé apparaissent à flanc de coteaux. Ne trouvant rien pour dormir sur la côte de la mer noire, nous prenons la route pour Trabzon et le monastère de Sumela soit 120 km. Avant le monastère (17km) nous nous arrêtons au Sumela Camping (Sümer restaurant). Attention au moins deux Sumela Camping. Nous mangeons sur place. Les filles testent le ‘çumak’ sorte de welshe (fondue savoyarde). Finalement, le repas plus le camping et la bière fraîche nous coûtent 120 TL. Oups… mais nous avons la douche chaude. Nuit un peu chaude.
15 août : Matin traînant, nous arrivons au Monastère à 10 h et surprise, 200 gendarmes jalonnent les 4 derniers kilomètres ? Nous sommes le 15, c’est l’assomption, et le Pape Orthodoxe célèbre la messe au Monastère. Retransmission en direct, il y a le gratin en robe chic sur le parvis qui suit la messe. C’est un peu compliqué pour nous d’aller admirer les fresques. Nous reprenons la route vers Maçka, déjeuner et retour sur la côte en direction de Giresun, une petite plage (payante) de sable noire nous tend les bras, il faut dire que la côte est occupée par l’autoroute, que les plages sont pratiquement inexistantes, rochers, galets, et bandes d’arrêt d’urgence pour les atteindre sont le quotidiens des Turcs qui vont se baigner le soir. Un bain frais et nous rejoignons la montagne à la recherche d’un Bivouac. 19h un parking au pied d’une Mosquée à flanc de montagne fera l’affaire. Il fait frais nous dormons bien.
Le 16 Août :
Route vers Tokat ou nous arrivons vers 13h. Petit resto de pidé et visite des curiosités de la ville : le Konak de Latifoglu (maison typique restaurée et meublée pour la famille du Paça), le Tas Han (ancien caravansérail transformé en centre pour artisans) et par hasard la vraie médersa de Tokat. Le resto du midi nous a donné une adresse de camping pour le soir. C’est un resto, parc à thé, mais il accepte que l’on dorme sur son parking. Fin d’après-midi à siroter quelques boissons gazeuses et du thé, en attendant le dîner et le mariage prévu sur le site.
Le 17 Août :
Début de nuit un peu agitée. A 23h30, fin de la musique et départ des invités. A 2h30, un gars passe la tête par la vitre de la salle de bain et nous demande en criant fort si on veut changer de place. Nous lui disons non. Après ce dernier réveil nuit tranquille.
Route de Tokat vers Amasya. Repas à Amasya, photos des konaks et des tombeaux du royaume du pont (4 siècles av JC). Nous reprenons la route vers la très ancienne cité d’HATTUSAS. Nous y arrivons vers 17 heures. Camping BASHKENT. Dominique se jette sur une boutique qui vend de la bière Efes bien fraîche et Valérie fait deux tournées de machine à laver. Nous avons une connexion internet donc maj du blog et envoi de mails.
Le 18 Août :
Visite du site principal. Comme il y a 5km à faire, c’est prévu pour les voitures. Entrée = 8TL/pers. Ville basse et son temple, ville haute avec ses portes et ses ruines de temples et de maisons… Nous enchaînons avec le site d’YAZILIKAYA et ses belles sculptures dans le rocher. Suivi du repas en ville et du camping pour passer un après-midi de repos.
19 Août :
Route Ankara. visite du mausolée d'ATATURK. déplacement du CC. nous trouvons une place sur un otopark pas loin de la citadelle et du musée des civilisations Anatoliennes. Repas dans un petit resto. Valerie goûte les petits raviolis turcs 'manti'. Elle trouve ça très bon. Périnne teste les gözlemes. c'est plus bourratif. Visite du musée et redescente vers le cc à pieds en passant par le quartier bazar de la ville. Nous allons dans un camping donné dans le guide du routard. c'est 20 TL avec l'electricité mais globalement pas terrible.
20 Août :
Route vers Istanbul puis les plages de la mer de Marmara. nous ne trouvons pas celui visé. Finalement, nous allons au Sesim MOCAMP qui n'est pas auprès de la plage. beau gazon, des arbres et une petite piscine agréable en fin d'après-midi.
Finalement le prix est de 70 TL. La mer manque à Valérie donc nous allons changer d'endroit.
21 Août :
Départ pour la route qui longe la côte. quelques kilomètres plus loin nous repérons des tentes. Nous y allons et nous finissons sur un 'camp' avec de l'ombre, de l'électricité et la mer. Pour le reste, c'est pas top. Nuit à 50 TL. nous changerons demain.
petite sieste et bain dans l'après-midi. nuit tranquille.
22 Août : changement de camping. Encore quelques kilomètres et le décor parait cette fois plus accueillant.Nous y passerons surement trois jours de repos avant le retour en France. Cerise sur le gateau, il y a internet dans la partie café du camping. c'est donc face à la mer Marmara que j'écris ces lignes en grignotant un petit dessert lacté turque.
En partage, un petit album commenté qui en 30 photos vous fait traverser
le plateau anatolien de l’Ouest vers l’Est avec 40 ans d’écart.
L’occasion d’adresser un salut amical aux anciens lignards croisés sur l’Iran,
la Jordanie et la Syrie 😏
Sans ouvrir une énième discussion, je rappellerai une réalité aujourd’hui oubliée.
Quand j’ai débuté en T.I.R sur le Moyen-Orient en 1975-76, après la traversée de l’Anatolie,
entrés en Iran, on découvrait un autre monde !
Bâtiments neufs, infrastructures modernes, électricité dans le moindre village, routes asphaltées, éclairage public, voitures récentes ......
Une situation exactement inverse à celle rencontrée en 2017 où le formidable développement économique de l'Anatolie contraste avec une société Iranienne en autarcie.
Là où il y a convergence, c'est dans la ré-ismalisation culturelle, avec des changements profonds et durables en Anatolie où l'on décroche les portraits de Mustafa Kemal en retirant ses filles des écoles laïques pour les envoyer voilées dans les écoles religieuses.
Le récit débute avec cette photo prise l’été 1977 au poste frontière Iranien de Bazargan.
Il se termine exactement au même endroit, 40 ans plus tard, en mars 2017 !
Clic sur « i » pour afficher les textes sur la droite des photos:
Mon homme et moi venons d'acheter un camping car, car nous avons un projet pour cet été: Partir de Nantes à Istanbul avec notre C25 de 1991!
Voilà notre itinéraire prévu:
Nantes - Ancône
Ancône - Split ( Ferry)
Montenegro
Albanie
Thessalonique
Istanbul
Constanta
Bucarest
Belgrade
Sarajevo
Ljubjana
Retour en France
Nous avons 1 mois et 3 semaines, nous sommes assez souple et les lieux sont donnés à titre indicatif... Nous aimerions privilégier les visites natures, les spots d'escalade, et les baignades.
A votre avis cet itinéraire est il envisageable avec si peu de temps ?
Pour ceux qui auraient pratiqué la traversée en Ferry, peut on dormir dans notre CC ?
Bonjour, voila je part en Turquie pour y vivre le problème c'est que n'est pas de visa donc je serais considérer comme touriste alors je sortirai tout les 90 jours et je rentrerai pour être en règle, mon problème c'est pour la location car je ne sait pas comment sa se passe je n'est qu'une carte d'identité et de l'argent liquide, je n'est pas de compte bancaire et du coup je ne sait pas comment louer un appartement, payez l'eau, l"électricité et l'assurance de l'appart sans compte bancaire et en étant juste touriste avec une carte d'identité. J'aimerai savoir comment se passe la location et comment je peut faire merci.
Et malgre la richesse des forums sur la Turquie l'argent n'y figure pas du moins sous "moyens de payement"
J'ai 2 membres de ma famille qui vont partir mercredi a Antalya 8 jours.
( moi c’était en routard il y a 50 ans !)
Au tel le complexe hotelier 5* a repondu qu'ils acceptaient les euros sans probleme. Evidemment bien sur.
Oui mais le cireur, le vendeur de rahat loukoums sur la plage ou la superette prennent ils les euros ( même s'ils rendent en livres ?
Disons dans ces zones hyper touristiques et pas dans les villages du Kurdistan.
Afin de savoir s'il faudra passer a la banque la bas pour acheter des livres.
Et zut ce jour l'Office de Tourisme de Turquie est ferme.
Mais ici on va me répondre.
A noter par exemple qu'aux Indes en 1965 n'importe quel vendeur de cacahouetes dans les rues acceptait les dollars et pas seulement aux Indes ..mais certainement pas les francs.
Et en Turquie ?
bonjour
je part en croisiere sur le coral cap vers Istanbul et la Grèce le 25 juin accompagnée de mon mari et de mes deux enfants de quatre ans et six mois.et j'aimerai savoir si à bord on peut me chauffer le biberon à tout moment ou bien je dois prévoir le chauffe biberon, stérilisateur, ....
et pour les excursions qu'est ce que vous me conseillez une poussette(encombrante😠) ou un simple porte bébé
merci à tous
je serais très intéressée par la croisière en goélette "côtes turques et iles greques " de chez Marmara ; j'ai lu beaucoup d'indications intéressantes sur le forum mais j'ai deux questions très précises :
- y a-t-il une prises 220 V dans la cabine ( j'ai besoin de brancher un appareil la nuit)
- quand on est au moullage dans une crique je suppose que l'on peut se baigner ; vu la hauteur du bateau par tapport à l'au y a-t-il une "échelle de coupée" qui permet de descendre dans l'eau et surtout de remonter sur le bateau ( je ne suis pa une grande sportive )
tout autre information sera la bienvenue, merci d'avance
Nous sommes en Turquie depuis 5 semaines et voici les adresses où nous avons séjourné avec notre camping car. Pour info, la majeure partie des gérants s'expriment en Allemand et en Anglais. La langue de Molière est très peu usitée car la Turquie est une destination boudée par les français.
Côte méditerranéenne : à TASUCU, camping AKCAKIL à 3 km du centre ville, en bord de mer, eau chaude, douche, lave-linge, internet, restaurant
à ANTALYA : camping Bambus club (The Sould Shied sur l'enseigne), en centre ville à 10 mn du port à pied, en bord de mer
internet, sanitaires corrects, douches à revoir, pas d'eau chaude. On peut confier son linge à laver au gérant, retour séché le lendemain
à BOZDOGAN près d'Anamur : camping Pullu, nous y étions en novembre dernier, pas d'électricité, pas d'eau chaude, pas d'entretien des installations hors saison
à INCEKUM: grand camping en périphérie de la ville , l'enseigne est noyée dans les arbres, à éviter hors saison car pas d'entretien des installations en conséquence, les sanitaires déplorables et tout à l'avenant ; par contre, le prix, lui, n'est pas hors saison !!
à PAMUKKALE: Pamukkale Camping, à 5 mn à pied des travertins, restaurant hôtel camping très correct, accueil sympathique , lave-linge et sèche-linge, internet , sanitaires impeccables
à SIDE : Istanbul camping - 800 mètres du centre ville - 5 minutes à pied des ruines de l'ancienne cité - pension , quelques places pour les camping-car, internet, toilettes et douche corrects - électricité
à CESMELI : camping sauvage à côté d'une paillotte sur la plage - gérant de la paillotte très serviable
à SULTANHYIMI : camping à l'arrière d'un hôtel implanté face à une station service à l'extérieur de la ville - internet - toilettes et douches corrects (ceux de l'hôtel sont mis à la disposition des camping caristes) - électricité
Et bien de retour de notre périple estival, je vous fais un petit topo avec des nouvelles fraiches. Nous n'avons vu qu'un tout petit bout de Turquie mais nous n'avons qu'une envi y retourner le plus vite possible.
Pour les guides : guide bleu incontournable pour les visites, le lonely planet côte turque et cappadoce est très bien avec de très bonnes adresses et de bons plans de ville à l'inverse le routard Turquie est très décevant. Routard Italie du nord est pas mal.
Transport : voiture perso. Itinéraire : route jusqu'à Ancona, ferry (cie Anek Lines rien à redire) pour Igoumenitsa et autoroute via le nord de la Grèce (autoroute qui est cette année entièrement terminée et gratuite) puis entrée en Turquie. Passage de la frontière très rapide.
Camping Turquie :le prix correspond à 2 personnes avec tente, voiture et électricité.
* Caravan camping à Pergame : petit camping assez ombragé, patron très sympa, les sanitaires sont corrects, restau avec piscine, 25 YTL la nuit.
* Camping Dereli à Selçuk : très bon camping au bord de mer avec une très grande plage, très ombragé, sanitaires impec, une très bonne adresse 35 YTL.
* Kas camping à Kas : camping en terrasse en bord de mer, assez ombragé tout dépend de l'emplacement en fait, patron est gentil mais ne pas se laisser faire pour le choix des emplacements 🙂, restau, sanitaires un peu spartiates mais ça va dans l'ensemble, pour l'eau chaude c'est plutôt le soir 😉, 25YTL.
* Kaya Camping à Gorème (cappadoce) : très beau camping avec vue magnifique sur la région, grands emplacements, piscine, sanitaires impec mais pas toujours d'eau chaude. Il fait assez froid le soir donc ne pas oublier son duvet 🙁, pour l'eau chaude .... et bien jamais eu au mieux du tiède, 26 YTL. Le patron organise tous les matins des balades en montgolfière, je vous donne le prix pour info : 230 euros pour 2.
Pension Turquie :
Ozmen pension à Antalya : une très bonne adresse dans Kaleici, 30 euros avec pt déj en réservant sur booking, chambre très correcte et spacieuse, très belle vue de la terrasse, possibilité de laver le linge, wifi, parking gratuit dans la rue de la pension, une très bonne adresse !!!
Camping Grèce :
* Kouyouni à Gerakini : super camping avec sa petite plage de sable, de grands emplacements bien ombragés, sanitaires impeccables, patronne super sympa, bar avec piscine, transats sur la plage à disposition, camping grec familial très calme, idéal pour se reposer sur la route du retour. Le restau est bon avec des prix corrects, 30 euros.
Camping Italie :
* International camping à Modène: tout de suite après la sortie Modène nord de l'autoroute sur la gauche, grand camping avec bar et piscine, ombragé si vous êtes dans la 1ère partie du camps, assez bruyant car derrière l'autoroute mais rien de pénible non plus, sanitaires bien entretenus, très bien placé pour visiter la région car au milieu de l'axe Parme-Bologne, c'est surtout un camping de passage, 30 euros.
* Madonna Ponte à Fano juste avant Ancone : toujours aussi bien ce petit camping familial au bord de mer, grand emplacement ombragé, rien à redire, le restau n'est pas terrible, 30 euros.
Restaurants Turquie :
+ Ephèse restaurant à Selçuk : petit restau avec un cadre très agréable, prix très modique.
+ Okumus Mercan Restaurant à Selçuk : une très bonne adresse du lonely planet, super restau, serveurs super dispo et gentils, plats très parfumés, adresse à ne pas rater !!!!!
+ Bahce Restaurant à Kas : dans un joli cadre avec petites fontaines, très belle cour intérieure, plats savoureux, un peu plus cher mais on a beaucoup aimé.
+ El Naturel à Kas : très bonne adresse du lonely ne pas rater les raviolis et le curry d'agneau un délice, service impec.
+ Ikbal restaurant à Kas : très bonne adresse un peu plus chère que les autres mais cuisine délicieuse et parfumée notamment les plats du jour. Quand vous êtes au restau Bahce prendre la rue sur la droite c'est qqs mètres après le tombeau lycien.
+ Restau de la Villa Perla Antalya dans kaleici : pas mal du tout, cadre magnifique, prix raisonnables pour Antalya, ça dépanne en fait, patron gentil comme tout.
+ Alaturca à Gorème : assez cher mais très copieux.
Beaucoup d'endroits pour manger sur le pouce que ce soit en bord des routes ou des pide-kebab dans les villes. A Antalya ne pas hésiter à sortir du quartier Kaleici et du port pour manger.
Restaurants Grèce :
+ Taverne Oasis : tables sur le sable face à la mer, prix très raisonnables et service impec, bcp de monde, une très bonne adresse à qqs minutes du camping en voiture.
Restaurants Italie :
+ Caffé concerto à Modène : sur la place face au duomo bar très agréable endroit idéal pour prendre un verre, petit buffet à disposition ; le restaurant est très bien et assez chic. Les plats coutent entre 10 et 20 euros plutôt cher, service impeccable, rien à redire. Les tortelli sont fameuses....
+ Pizzéria sur la place de la synagogue à Modène prix raisonnable pour les pizzas mais niveau gout pas génial.
+ Le sorelle Picchi à Parme : très bonne adresse du routard, idéal pour un déjeuner en ville. Ne pas rater les tortelli di zucca et les tortelli d'erbetta !!
+ Très bonnes glaces au K2 en face de l'église San Giovanni.
+ Osteria dell'Orsa à Bologne : petit restau agréable, patron super sypa qui vous explique en français les plats du jour et la carte 🙂, une bonne adresse pour manger sur le pouce un plat.
Visites :
Un sacré budget en Turquie (un peu plus de 300 euros à 2), ne pas hésiter à choisir les sites selon ses attentes !!
Les +, plusieurs coup de coeur : Priène, Milet et Didyme 3 sites que l'on peut faire en une journée ; Aphrodisias pour son stade qui conserve tous ses gradins ce qui est très rare ; Aspendos et son théâtre le plus beau vu à ce jour, Patara un petit site perdu dans la montagne ne pas hésitez à partir en visite avec le gardien (70 ans et il conserve la forme 😉) très beaux tombeaux lyciens ; Phaselis pour sa plage juste à coté des ruines à l'ombre des pins; Myra pour ses tombes ; et la Cappadoce bien sûr incroyable 🙂🙂. Hiérapolis est un très beau site (la nécropole et le théâtre) compter une bonne journée pour faire le site et Pamukkale.
Les - : Ephèse beaucoup de monde que ce soit à 9h à midi 🤪🤪, des cars en permanence, le guide bleu dit un jour (????) compter plutôt une matinée ; Perge pas grand chose à voir pour 10 euros/pers théâtre non accessible; Troie est aussi un site cher et il ne reste que des ruines donc ce n'est pas une visite incontournable ; Pergame (35 YTL par pers) est un très beau site mais assez cher ; Pamukkale beaucoup de monde mais site incroyable !!!
En Italie nous avons adoré Ferrare et Parme deux très belles villes, Bologne est à ne pas rater !!! Beaucoup de magasins sont fermés entre le 15 et le 30 aout dans ces villes !!! Cette région est magnifique une belle découverte !!
Nous avons adoré la Turquie, les Turcs sont d'une gentillesse et très chaleureux !!! A chaque fois qu'on s'arrêtait sur le bord de route ou dans la rue, un Turc venait spontanément nous proposer son aide, je vous conseille vraiment ce pays !!!
Voilà j'ai fait le tour pour les questions je suis dispo !!
Je connais un peu les efforts que la Turquie fait afin d'adhérer à l'Union Européenne. (Ex.bannissement de la peine de mort).
Croyez-vous que ce pays saura être admis au sein de l'UE avant la fin de la décennie ? Quelles seraient les mesures à prendre par celle-ci afin de justifier son adhésion ?
J'attends impatiemment vos commentaires (et en particulier ceux de Nil) afin de me donner une meilleure idée de ce qui ce passe et se passera par là-bas.
Ce lien est très pertinent à ce sujet : http://www.turquieeuropeenne.org/article832.html
Adrem
c’est en réponse à une certaine Anne vivant en Turquie et qui considère que c’est une affabulation que de dire que l’on peux aller en prison pour un simple fossile d’oursin acheté légalement dans une boutique à touriste.
Je suis désolé de la contrarier, je m’appel Marc et c’est à moi que cette histoire est arrivée. Je viens de sortir de prison grâce à une caution de 6000 euros que m’on père à du payer pour m’a libération.
Vous allez croire peut-être, que j’avais acheté une véritable antiquité d’une valeur inestimable et bien non c’était un simple fossile d’oursin qui se vend par centaines pour une valeur entre 1 et 5 millions de livres turque. Notre guide ne nous a rien dit, pourtant il en connaissait les conséquence. La vente est interdite, pourtant les commerçants non jamais été inquiété. La seul chose que je sais, s’est qu’a l’aéroport d’Antalya on a fouillé mes bagages, que l’on a sorti mon fossile et que l’on m’a arrêté.
La première nuit j’ai dormi sur une planche en bois. Le lendemain j’ai du subir tout se que l’on fait subir aux pires criminels. Après quoi on m’a jeté dans la prison D’Antalya. Nous étions 15 dans la cellules que des étranger. C’est là que j’ai appris qu’il était monnaie courante que d’arrêter de temps en temps un touriste pour ces raisons. Une centaine par an pas plus n’y moins.
J’encourais une peine de prison allant de 5 à 10 ans et que seul mon jugement déterminerait si l’on m’accorderai de sortir ou pas en payant une caution de 6000 euros.Vous devinerez les angoisses que j’ai du subir pendant les 43 jours que j’ai attendu avant d’être jugé. Pas le droit de téléphoner pas le droit d’écrir sauf en Turc un isolement total accompagné de malnutrition, racket, la douche tout les 10 jours il fallait tout payer même son électricité.
Un Allemand de 37 ans s’est pendu dans la cellule. Il avait ramassé un caillou, non, pas une pierre antique, non un caillou et s’était là, la raison de son incarcération.
Mon avocat sur place a fait un très bon travail, il a rassemblé beaucoup de preuves, il est même retourné en Cappadoce prendre des photos des étalages des commerçants. Accompagné de la police et d’un arquéologue il a fait faire une déposition au vendeur qui m’avait vendu le fossile.
Mais tout ça n’a servi a rien.Le but final de se complot était de me soutirer 6000 euros. Mais cette histoire m’a coûté bien plus, 12000 euros, un casier judiciaire et un préjudice morale et physique du au condition de tétention.
😠Du 24 au 31 mars 2003, nous avons fait un voyage organisé à partir d'Antalya en Cappodocce, voyage sans histoire avec des personnes sympathiques et de tous âges. Tout le monde est satisfait, mais quelle ne fût pas notre surprise à notre retour à l'aéroport d'Antalya, une personne de notre groupe est arrêté à la douane. pour un fossile acheté 5 euros dans la Vallée des Amoureux en Cappadocce. Pas trop d'inquiétude sur le moment, nous pensons que c'est une histoire de quelques minutes, les douaniers vont garder la pierre et le laisser partir, pas du toût, il est arrêté et nous nous partons sans lui, car nous ne pouvons rien faire.
Il est sorti de prison, hier le 13 mai, soit 43 jours d'emprissonnement pour un fossile acheté en toute légalité. Pas de mise en garde de notre guide francophone sur ce sujet durant le séjour.
En prison, ce n'était Midnigt Express, mais presque. Beaucoup d'étrangers, surtout des Allemands pour des faits similaires, avocat commis d'office qui réclame tout de suite 2000 euros d'avance, prison payante, même l'electricité, il doit 3000 euros à la prison, son père lui a écrit un fax en français, la traduction a couté 150 euros, j'en passe et des meilleures.
A Paris, sa famille était au Quai d'Orsay, et à l'Ambassade deTurquie, au quai d'Orsay, les diplomates lui ont dit de ne pas trop bouger, car si les Turques voient que l'on s'intéresse à lui, la somme va être plus importante.
Je trouve inadmissible que l'on prévienne pas les personnes de ce genre de pratique, pour un pays qui veut rentrer dans l'Europe, il y a beaucoup à faire .....
Bonjour à toutes et à tous.
Nous sommes un groupe de 5 personnes francophones à partir pour cette croisière. Le départ à bord du Norwegian Jade se fera à Venise le Samedi 8 Juin.
C'est la première fois que vous effectuons une croisière à bord de ce bateau. Bien que nous ayons pu lire des avis très positifs sur cette croisière, nous aimerions malgré tout en savoir davantage.
En outre, nous aimerions beaucoup être informé sur les points suivants:
1 - Les excursions.
Voici nos escales -> Venise + Dubrovnik (Croatie) + Le Pirée (Athènes) + Izmir (Turquie) + Split (Croatie)
2 - L'organisation à bord du bateau.
Des programmes journaliers sont-ils distribués afin que l'on soit informé sur les diverses activités se déroulant à bord ?
Est-il facile de se repérer sur un si grand bâtiment ?
3 - Les repas.
La nourriture est-elle variée ? Tous les restaurants sont-ils accessibles gratuitement ? Y a t-il possibilité d'avoir un service en cabine sans avoir à payer un supplément ?
4- Activités à bord.
Toutes les animations sont-elles accessibles gratuitement ou faut-il ajouter des suppléments pour certaines activités ? (je pense notamment aux salles de sport, aux jacuzzi, etc...)
Par avance, merci pour vos réponses.
Bonne fin de journée.
Daidey.
Français, nous voyageons en famille (1 couple, 2 enfants, 1 caravane) depuis 2 mois. Nous sommes actuellement en Grèce. Nous visons Istambul dans 3 semaines environ. J'ai toujours rêvé de cette ville, mais plus les jours passent et plus j'angoisse. Je redoute de rater mon séjour du fait de ne pas trouver ce que je cherche en hébergement. Nous avons bien gérer pour l'Italie et la Grèce mais la Turquie semble beaucoup plus compliquée. Et trouver un camping à Istambul à l'air d'être mission impossible ! Je cherche donc une personne ou une famille francophone qui serait intéressée pour nous recevoir à un tarif raisonable.
Je cherche qq'un qui puisse m'expliquer par quel bout prendre la ville qui semble complexe, m'indiquer les sites à ne pas rater pour les enfants et capable de me fournir un schéma de visite pour ne pas piétiner inutilement. Notre caravane est toute équipée nous sommes autonomes. J'ai juste besoin d'un endroit clos et sûr pour la caravane et de beaucoup de conseils pour découvrir seul la ville avec ma famille.
Voici l'adresse de notre blog : http://europetour2013.canalblog.com
N'hésitez surtout pas à prendre contact.
Retour hier de vacances au club Rexene bodrum.
Nous avons beaucoup voyagés avec Marmara depuis quelques années, parfois deçus par la nouriture ou par le all in mais jamais par l'état des chambres d'un hotel 4 étoiles.
C'est pourtant le cas à l'hotel rexene prés de Bodrum, les chambres sont sales, délabrées, la moquette est immonde, pleine de taches, les douches ont plus de cinquante ans, c'est la catastrophe.
Au restaurant, il y a toujours des files interminables pour obtenir au final un ou deux morceaux de viande grillée, le all in est mini, les boissons payantes sont parfois coupées d'eau, il y a eu deux bagares pendant notre séjour, seul les animateurs font le maximum pour nous distraire.
Qui a déja séjourné dans cet hotel?
Merci de nous donner votre avis, je ne pense pas etre le seul mécontent.
Je ne comprends pas que Marmara vende encore cette préstation.
Hotel à éviter.
Hum... je nage dans les pas très rationnels "Et si..." et les "Tu ne te rends pas compte..." alors si quelqu'un a un bel article ou lien susceptible de décrire le bon fonctionnement du système hospitalier en Turquie (si ça fonctionne mal, pas la peine de m'en informer 😉) à me fournir, ça me permettrait de tranquilliser les inquiets 🙂.
bonjour ç tous,
j'aimerais savoir s'il y a des campings en Turquie, un peu, beaucoup ? dans toutes les régions du pays ?
si oui, quelqu'un pourrait - il m'indiquer les tarifs (tente + 5 personnes) ?
merci
Je part dans une semaine pour la turquie que j'ai découvert l'année passée.
Nous sommes tombés amoureux de ce pays.
Nous allons signés les papiers officiels de l'achat d'une maison que nous avons fait construire, par un ami turc.
Mon mari à déjà son numéro d'imposition.
Comment maintenant cela va t'il se passer?
1/ Ya t'il des questions que nous devons poser, et des informations à avoirs.
2/ Qu'allons nous devoir payer??
3/ Y t'il des papiers spécifique à apporter?
Nous aimerions vérifier les dires d'un amie turc, qui nous à informé que les ventes pour les étrangers avaient été bloqués d'avril au 4 juillet, mais que maintenant c'était rétablis???
Bonjour à tous,
Quelqu'un peut il m'indiquer l'itinéraire le plus sage (climat, température...) pour traverser la turquie d'Ouest en Est (Istanbul > Iran) en AVRIL?
Mieux vaut il passer par le nord en longeant la mer Noire ou bien par l'intérieur?
Merci pour votre aide
Romain
www.raidpariscalcutta.org
Bonjour,
Je compte traverser la Turquie d'Ouest en Est vers la Géorgie au mois de Décembre, et j'ai plusieurs questions:
Combien coûtent les trajets en bus ou taxis collectifs hors transports en ville (donc de ville à ville ou village)?
Y a t'il des trajets passant par les montagnes?
Quelles sont les températures à cette période de l'année (j'imagine qu'il y a différents climats vu la taille du territoire)?
Bonjour à tous,
Actuellement à Goreme (mon dieux quelle splendeur que Zelve visité aujourd'hui !), nous allons ensuite nous diriger vers le Nemrut Dagi. J'ai du mal à comprendre la géographie du lieu. Est-il possible d'aller au bout de la route en camping-car ? Certains d'entre vous y sont allés je sais, où avez-vous bivouaqué ?
Merci
Thérèse and co
Bonjour
Voila le 30 juillet je fait un voyage luxembourg antalya vol de 6h00 je rentre le 13 aout et j'aurais aimé savoir quel type d'appareille aurions-nous.
Et j'aurais également aimé savoir comment est l'interrieur de la cabine.
Quelqu'un connait-il cet hôtel ?
En regardant le site il a l'air très attractif, , mais j'aimerai correspondre avec quelqu'un qui y est allé
personnellement....Comment sont les animations, les repas, les animateurs parlent-ils le francais ?..
Merci
Premier jour en Turquie Le passage de la frontière turque, ce 1er août, fut plus long que prévu. Premier contrôle rapide au cours duquel on prend votre No de plaque d'immatriculation (c'est ce que j'ai supposé, car ce n'était pas clair du tout). Deuxième contrôle pour les passeports. Troisième contrôle : un tampon spécial apposé sur le passeport. Quatrième contrôle : les douaniers de l'ultime barrière vérifient si on a le tampon du 3ème contrôle. C'est un peu le bazarre car le 3ème contrôle n'est pas signalé et on se retrouve vite à être contraint de faire demi-tour au quatrième contrôle. Bref, les autorités turques pourraient faire plus simple ! ce sera encore pire pour quitter la Turquie. Pour l'aller, je n'ai pas eu de chance non plus car un ordinateur était en panne, il y avait pas mal de voitures turques rentrant au pays et le personnel ne nous a pas bien renseigné. En tous cas je rencontre mes premiers Français, un couple de camping-caristes sympas qui a l'habitude de dormir en plein centre d'Istambul avec leur véhicule, dans un parking gardé. Ils nous y invitent mais n'ayant qu'une tente, cela ne me tente pas trop, si je puis dire 😛! La route est moyenne, je croise pas mal de camions mais surtout quatre charettes et un chien que trois coups de klaxonne de ma par ont empêché de terminer sous mes roues. Dans un premier temps, la région paraît déserte, on traverse peu de localités (la chaussée y est souvent mauvaise). Le paysage est vert et parsemé de collines. Tekirdag, où la route rejoint la mer de Marmara, est la seule ville importante traversée. Les immeubles y sont plutôt modernes. C'est une ville d'Europe méditerranéenne. Pas de curiosités à y visiter à ma connaissance, on poursuit donc notre route vers Istambul. Affamés, on s'arrête dans un retaurant routier dans une station service afin de nous faire notre premier resto turc. Et c'est une bonne surprise : le resto est propre, le gérant avenant, la nouriture bonne et pas chère. Première satisfaction turque, et ce ne sera pas la dernière.
La route longe le plus souvent la mer et on pénètre dans la lointaine banlieue stambouliote. Nous sommes étonnés de voir que tous les immeubles paraissent neufs. Mieux, ou pires, on en aperçoit des grappes entières, par dizaines, étincelant ! J'imagine le gigantesque chantier que la région a dû être quelques années auparavant.
Sur les dizaines de km de banlieue traversés, on ferra souvent le même constat. Pas de quartier délabré ou taudifié dans ce secteur, au contraire ! J'aimerais bien vivre dans un de ces immeubles cossus 😕
Immeubles de standing, banlieue Ouest d'Istambul
On aperçoit plusieurs plages qui ont l'air propre. La route, depuis Tekirdag, est bonne mais fréquentée.
Elle se transforme en double-voie, on se rapproche du centre d'Istambul mais aucun panneau ne correspond à notre destination (Atakoy). Je la cherche vainement du regard lorsqu'une voie d'insertion apparait à droite avec 3 files de véhicules fonçant en prennant la priorité qui m'est pourtant due ! Des camions, des bus ! je freine, j'accélère, je m'énerve devant ces dangers publics, mais comme toujours, ça passe quand même. Et toujours pas de "Atakoy". J'en ai assez, je sors. Evidemment, c'était la bonne sortie ! 😛
C'est pas de la chance, mais de l'instinct masculin. 😎
Toutefois, Atakoy n'est pas indiqué (et ne le sera jamais), mais on arrive dans une localité proche. Les guides touristiques nous ont conseillé le camping Florya, introuvable. J'ai dû passer devant mais il est très mal indiqué. Je me rabats sur le camping Atakoy, par défaut (j'ai lu des critiques négatives à son sujet sur Internet). Pas facile à trouver non plus. Heureusement, il se trouve entre la route et la mer, on arrive finalement devant le"Mocamp Atakoy". Peuvent pas dire camping comme tout le monde ! 🤪 (c'est à cause de ce mot "mocamp" que j'ai du rater celui de Florya)
Ce camping, le plus vieux de Turquie d'après la brochure (et ça se voit, ils ne devraient pas s'en vanter !), est tout en longueur, au bord de la mer. J'y suis déjà venu en 1986 avec mes parents, en camping-car, j'ai même conservé la carte "de visite" du camping ! Impossible de se baigner, des tuyaux déversent leur contenu à proximité. Peu de services, quelques moustiques. Cependant, le camping est bien ombragé et l'électricité est facilement accessible. Les sanitaires sont anciens et pas très propres (surtout les WC). Le tarif ? C'est plus cher que le camping Tiburna, à Rome !
Mais on est proche du centre-ville, un bus passe à côté. En fait, il faut traverser 4 routes (sans aucun aménagement pour les piétons), passer sous une rocade et prendre le bus au pied d'une tour, à quelques centaines de mètres du camping.
En tous cas, on a pas les moyens de prendre un hôtel + un parking (je ne vais pas laisser ma voiture dans une ruelle sombre !), ni le temps, puisqu'on roule depuis Alexandroupolis, en Grèce.
On s'installe et on se dépêche de prendre un bus : on est pas venu à Istambul pour rester au camping !
Premier objectif : se ballader, pas de visite de prévue. Prendre le pouls de cette ville, la plus grande d'Europe. Dans l'abri bus, tout neuf, on rencontre un nouveau couple de Français, du Var. On sympathise.
Le bus arrive, il est moderne, pas de ticket pour le prendre mais l'akbil, sorte de porte-clef magnétique. Je l'ignorais, évidemment. Finalement, on m'autorise à voyager gratuitement (un Turc m'offre 2 tickets !). Les Turcs se montrent polis. Ils sont silencieux. Visiblement c'est une habitude pour eux de ne pas parler dans le bus, je l'ai constaté plusieurs fois par ailleurs, dans le train de banlieue aussi. Et ce n'est pas plus mal.
On parvient au terminus, Eminonu, au pied de la Corne d'or, près du Pont de Galata. Le coeur du centre-ville. Peu auparavant, on longe la célèbre et remarquable muraille byzantine de Constantinople.
C'est le terminus de notre voyage, le point ultime atteint, puisque nous avons suivi l'antique Via Egnatia qui s'arrêtait à Constantinople/Istambul. Mais le voyage du retour sera...un autre voyage ! Finalement, pendant ces 30 jours, j'ai fais peut-être 7 ou 8 voyages !
Retour sur nos premières impressions stambouliotes. J'aperçois même, du bus, la façade du palais impérial byzantin. Puis je vois la rive Nord de la Corne d'or et ce qui me marque le plus, ce sont les gratte-ciel visibles au-delà de la tout de Galata.
Mais qu'est-il arrivé à Istambul ? j'y suis déjà venu en 1986, 1987 et 1988. J'en ai peu de souvenirs. Mais à cette époque, il n'y avait aucun gratte-ciel. Quelles transformations en 20 ans !
Après les immeubles neufs de la banlieue, les bus et les abris bus modernes et les gratte-ciel, vais-je avoir d'autre surprises ?
Sainte-Sophie (VIe siècle)
On quitte les Varois et on grimpe vers Sainte-Sophie, à travers des ruelles où je vois peu de touristes. De ruelle en ruelle, j'arrive à Sultanahmet. On s'assoit sur les bancs en béton situés dans le parc aménagé entre Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue. Là, rien n'a changé depuis 1986 : j'ai des photos prises de cet endroit et mêmes les couleurs des fleurs sont les mêmes.
La Mosquée Bleue (XVIIe siècle)
On redescend par le Sud-Est, vers le quartier touristique des restos et des hôtels. On mange sur une terrasse avec vue (moyenne) sur la mer de Marmara, mais que ça parle français tout autour ! Je n'ai pas vu un Français de Bari à la frontière turque, mais ici ça pullule !
En tous cas les plats sont beaux et bons et pas trop chers.
Au restaurant Magnaura...
Il fait nuit, on reprend le bus pour rentrer au camping. Il arrive tout de suite (coup de chance). Au deuxième arrêt, une horde d'Italiens entre en hurlant. Ils vont bavarder et crier pendant tout le trajet, hommes, femmes, enfants et chiens de concert ! Des Turcs, excédés, quittent leur siège et vont se réfugier au fond. Eux qui aiment le silence dans le bus (et le train). Quel manque de respect ! De plus, ces Italiens appuyent sans cesse sur le bouton "arrêt demandé", à tel point que le chauffeur s'arrête pour les engueuler. Ce qui ne les empêche pas de continuer à brayer.
Je peux vous dire que le 9 juillet 2006, dans les tribunes du stade olympique de Berlin, on ne les a pas entendu du match, jusqu'au dernier tir au but italien. Ils "faisaient" tous dans leur pantalon. 🤪
(ça, c'est pour Glidule 🙂)
Quoi qu'il en soit, on appuye sur notre arrêt supposé (aucun nom n'est visible). Mais il fait noir, on ne reconnait pas suffisamment les lieux. Les Italiens qui avaient hurlé "camping Atakoy ?" en entrant dans le bus restent et semblent sûr d'eux et ne descendent pas.
On a eu tort, c'était le bon arrêt ! 2 Français contre 10 italiens et un chien et on avait raison ! Résultat, on s'arrête au suivant et on prend un taxi (pas cher). Les Italiens, ne se rendant pas compte des distances, continuent à pieds. On est arrivé en 5 minutes. Quant à eux...Le lendemain, je vais les croiser de nouveau : ils avaient tous des super campings-cars de luxe.
Au camping, on bénéficie enfin d'un peu de calme car, pour le lendemain, le programme est chargé : visite du quartier historique de Sultanahmet.
Deuxième jour
Visites effectuées, dans le quartier de Sultanahmet, centre historique d'Istambul :Musée des mosaiques byzantineSainte-SophieHippodrome (ce qui l'en reste, donc le terre-plein central et les obélisques)Mosquée bleueCiterne byzantineGrand bazarBazar egyptienYeni Cami (Nouvelle mosquée)
Programme "classique" pour ce premier jour de visites. Je voulais avant tout voir les merveilles de Constantinople la byzantine ainsi que les impressionnants monuments ottomans.
Au cours de la journée, on rencontrera quelques centaines de touristes de tous les horizons, on est bien loin le calme des régions que j'ai traversé précédemment.
Arrivés du camping par bus (cette fois, j'ai acheté un ticket à un vieux turc lors d'un arrêt), on s'arrête tout d'abord le long de la muraille byzantine, face à la mer, en contre-bas de Sultanahmet. Nous longeons cette muraille qui n'est que rarement percé de porte, passant devant la façade du Palais impérial des empereurs byzantins (grandes façade percée de grande fenêtres encadrées de marbre et..c'est tout !)
Le Palais impérial byzantin On traverse la muraille par une poterne sur laquelle figure une inscription arabe, je n'ai pas vérifié mais je crois que c'est ici qu'en 1453, les Turcs pénètrèrent dans Constantinople.
Dans ces ruelles pentues, les maisons sont traditionnelles, en bois. Puis vient la rue des restos et des hotels pour touristes.
On s'arrête au Musée des mosaiques (byzantines). Beaucoup sont in situ, c'est-à-dire sur place. Le musée a été édifié sur l'ancien palais impérial byzantin. Certaines mosaiques sont en très bon état et vastes. Elles représentent beaucoup de "bestioles" en tous genres, également un satyre, des scènes de chasse, etc.
Monstre mythologique (sorte de griffon) Maisons traditionnelles, près de la Mosquée bleue On grimpe un peu plus haut, passant devant des vestiges de murs byzantins non identifiés, lorsque apparaissent les pointes des minarets de la Mosquée bleue. C'est l'heure de la prière, impossible de la visiter pour le moment.
On se rend auprès des deux obélisques, sur la place de l'hippodrome. L'un, en pierres, n'a que peu d'intérêt. L'autre est un chef d'oeuvre. Il s'agit de la partie supérieure d'un obélisque égyptien de Thoutmosis III (vers - 1400 av J-C), en parfait état. Il repose sur quatre cubes en bronze byzantins qui eux-mêmes se situent sur un énorme bloque de marbre sculpté. Les quatre faces sont d'un grand intérêt. On y voir notamment l'empereur byzantin Justinien (vers 55o ap J-C) dans l'hippodrome, une courses de chars autour du même hippodrome, la narration du tranport et de l'installation de l'obélisque de Thoumosis III. Exceptionnel. Tous les musées du monde se battraient pour avoir l'ensemble de ce chez d'oeuvre.
L'obélisque de Thoutmoisi III (-1400 av J-C) La base en marbre sculptée de l'obélisque (VIe siècle)
Entre les deux obélisques se trouve une colonne de corps de serpents en bronze enlassés qui provient de Delphes (vers 450 av J-C). Les têtes de serpents ont été coupés. Quel dommage !
De l'hippodrome romain et byzantin, il ne reste que ces obélisques et quelques pans de murs que je n'ai pas vu. Ce lieu était le coeur de Constantinople, des dizaines de milliers de Byzantins assistaient aux courses de char. Justinien y fit massacre des milliers de ces citoyens soupçonnés de voulir le renverser.
N'oublions pas la belle fontaine de style oriental mais qui a été offerte à la fin des années 1800 par le Kaiser!
On poursuit notre chemin jusqu'à Sainte-Sohpie, plus vatse église au monde pendant 1000 ans (jusqu'à la construction de st-Pierre de Rome) et gloire de Constantinople que même les Turcs conquérants respectèrent en 1453 (la transformant en mosquée quand même !)
Un premier édifice fut construit dans les année 400, il disparut lors d'un révolte. On en voit des vestiges avant l'entrée latérale de sainte-Sophie. L'édifice actuel, dont la constructions a été ordonnée par Justinien, date des années 500. Aucun église catholique importante de cette époque n'a subsisté dans un aussi bel état.
Tout d'abord, l'intérieur est sombre, alors que sous les byzantins les murs étaient entièrement dorés. Les touristes y étaient très nombreux. Un grand échafaudage s'élance jusqu'à la coupole, en restauration. Architecturalement, c'est cette coupole gigantesque et très élevée qui est exceptionnelle. Elle s'effondra une 1ère fois dans les années 500.
L'intérieur de Sainte-Sophie
Les Turcs ont placé 4 grands boucliers noirs portant des inscriptions arabes, construit un minbar, un mihrab et un édifice circulaire destiné au sultan pour qu'il puisse assister à la prière. Enfin, les Turcs ont recouvert une grande partie des mosaiques chrétiennes byzantines, afin de montrer leur victoire et celle de l'Islam, à partir de 1453.
Une belle vue d'ensemble est possible depuis le premier étage. On y accède par un corridor à gauche du narthex (salle longitudinale située entre la porte principale et la nef (grande salle centrale)
J'ai fait le tour, aidé de mon guide michelin, de toutes les mosaiques byzantines visibles. La plupart sont à l'étage. On y voit notamment un basileus (empereur byzantin) du XIe et son épouse en companie de Jésus-Christ, des saints, la vierge Marie, etc, le tout des IXe-XIIe siècles.
Le Basileus Jean Comnène, son épouse et la Vierge marie en majesté (Mosaique du XIIe siècle)
A l'étage, côté Ouest, à travers les petites fenêtres, on a une belle vue sur la Mosquée Bleue qui semble émergée des petites coupoles des parties basses de Sainte-Sophie.
La Mosquée Bleue vue depuis les coupoles de Sainte-Sophie
A proximité se trouve un mur de marbre percé d'une porte que seuls les grands dignitaires religieux avaient le droit de franchir.
Le clou de la visite se situe à la fin de celle-ci. En sortant par la droite (côté Ouest), par un petit couloir, on voit un grand miroir montrant une mosaique située...derrière nous ! Très bien vu, le dispositif. Cette mosaique des années 900 est unique ! En parfait état, elle montre Justinien offrant une maquette de Sainte-Sophie à la vierge Marie et Constantin (empereur romain et chrétien des années 300) offrant une maquette de Constantinople, ville qu'il a (re)fondé. Mosaique des Donateurs (XIe siècle)
Sainte-Sophie, en dépit de nombreux touristes, des échafaudages et du manque de clarté reste un chef d'oeuvre de l'humanité, à ne surtout pas rater pour qui visite Istambul.
Voulant toujours voir plus profondément Constantinople, on se rend...sous terre pour voir les fameuses citernes byzantines. Quelques unes des 336 colonnes byzantines de la citerne Je les ai vues en 1986 mais je n'en avais qu'un vague souvenir.
De nouveau, le lieu est exceptionnel. D'abord, il fait frais, et ça fait du bien, en ce début de mois d'août (il fit tres chaud toute la journée). Ensuite, on admire une forêt de colonnes byzantines colossales (8m de haut) qui soutiennent le plafond de cette vaste citerne. Le tout est en excellent état de conservation, pour ses 1500 ans ! A noter notamment les 2 bases de colonnes scupltées en forme de tête de méduse, au fond de la citerne, ainsi que les quatre colonnes colossales qui se situent avant la sortie. Il y a même un bar installé dans la citerne. Une des deux têtes de méduse
On mange, enfin, dans un bon petit resto, le resto Mozaic, où on était presque les seuls, près de la citerne. J'y découvre la sauce de grenade en me délectant d'un penne turc succulent ! Le repas complet reste assez cher quand même mais je ne le regrette pas.
Après le repas, on peut enfin se rendre dans la Mosquée Bleue. L'accès pour les touristes ce fait sur le côté. On passe devant le mur muni de nombreux robinets afin de faire les ablutions rituelles. Nouveauté depuis 1986 (je l'avais visité et là je m'en rappelais ! 😎), on trouve du savon liquide près de chaque robinet. Pas bêtes, les gérants de la mosquée 😄
La magnifique Mosquée Bleue
Pour accéder à la salle de prière, il faut se déchausser et se trimballer avc le sac contenant nos souliers. Avbec ces centaines de touristes en sandales et en chaussettes, imaginez les odeurs ! 🤪 Tout le monde devrait faire ses ablutions avant d'entrer !
L'intérieur de la mosquée est très vaste, lumineux. Des carreaux de faience claire recouvrent la base des murs. Rappelons que cette mosquée a voulu imiter et même dépasser Sainte-sophie, plus de 1000 ans après l'édification de cette dernière. La salle de prière est partiellement fermée aux non musulmans, des barrières limitent un espace réservé aux croyants. Minbar (chaire de l'imam) et mihrab (niche sacrée) de sont donc pas accessibles pour nous.
La Mosquée Bleue, lumineuse et fréquentée La coupole de la Mosquée Bleue
Ma mère m'ayant commandé des épées-brochettes et des petites cuillères pour le thé, on se rend ensuite au Grand bazar. L'intérieur me parait trop neuf, les boutiques semblent toutes vendrent la même chose. Je suis déçu. D'autant plus qu'on nous "resquille" tout le temps, c'est lourd. Oui, je suis blanc, mais je ne m'habille pas comme un touriste "de base" ! Rien n'y fait. Heureusement, je retrouve une toute petite boutique de numismatie où j'étais allé en 1986, quelle joie : Mais elle est fermée aujourd'hui ! 🙁
On s'arrête dans une boutique de tapis muraux. On négocie un prix pour une pièce qui nous intéresse beaucuop. le vendeur baisse, baisse. Puis il accpete notre prix, celui qu'on lui a proposé ! trouvant cela louche, j'essaie de lachement me débiner en arguant que je n'ai pas de monnaie. Il envoie son cousin m'accompagner jusqu'à un distributeur ! Mince, coincé, pas le choix, je lui dis qu'on craint que le tapis soit trop cher. Il ne le prend pas trop mal et on se sauve, vite !
Bien sûr, on l'a regretté par la suite car le tapis était très bien, pour 40 €. J'ignore si ma méfiance était justifiée, mais elle procédait de mes expériences tunisienne (2004) et egyptienne (2005) où on a souvent essayé de m'arnaquer sévèrement.
Bref, on quitte le grand bazar où je ne trouve même pas un seul autocollant "turquie" pour mettre sur ma lunette arrière ! Ils commencent à m'agacer, à tous vendre la même chose, souvent des babioles pour touristes.
On passe au Bazar égyptien, en cette fin de journée. L'impression sera totalement différente, beaucoup plus positive. On fait pas mal d'achats : sauce de grenade, épices, carreaux de faience d'Iznit...mais pas les souvenirs "commandés" par ma mère.
On sort du bazar par le Sud, face à la Corne d'or et à la mosquée Yeni Cami, située à l'entrée du pont de Galata. Elle est peu connu mais vaut le coup; D'abord, comme pour toutes les mosquées, l'entrée est gratuite ! Ensuite, cette mosquée (des années 1600, si je m'en rappelle bien) est très belle, extérieur comme intérieur, où l'on voit notamment beaucoup de carreaux de faience. L'intérieur fait penser à celui de la Mosquée Bleue (motifs de décors, couleurs, matériaux...). La Yeni Cami (XVIIe siècle)
Coupole de la Yeni Cami
Jusqu'ici, on s'est mélanger aux nombreux touristes étrangers. La suite sera différente. On a encore le temps de visiter la grande mosquée de Suleymanye. On s'y rend à pieds, un peu fatigués par toutes les visites de la journée et surtout par la forte pente qui permet de sy rendre. Il commence à faire bien sombre. Peu de voitures, aucun touriste, on vient de dépasser les quartiers touristiques. Quelques turcs se promènent. On hésite. Et si la mosquée est fermée ? La curiosté l'emportant, on continue. On arrive finalement devant l'enceinte de cette gigantesque mosquée. Il fait nuit, c'est l'heure de la prière ! On cherche donc à manger. On ne trouve pas un resto recommandé par un guide. On prend un petit resto pour touristes en face de l'entrée de la mosquée, qui s'averera correct (café H. Sinan).
On repart à pieds pour Eminonu et le bus, pour rentrer au camping.
Pas de taxi sur place, il n'y a pas de touriste à cette heure ! On redescend les ruelles sombres où on ne croise aucune femme turque. Certains Turcs regardent ma copine avec insistance. Quelques sifflets. On passe devant des détritus, des terrains vagues, on est pas forcément rassuré. Toujours aucun taxi. On arrive dans la quartier populaire situé au Nord-Ouest de Yeni Cami. Plus de monde, toujours des hommes. Puis quelques adolescentes, je suis rassuré. Je vois enfin la voie rapide qui longe le rivage. On la suit, il n'y a plus personne.
On arrive directement à l'arrêt bus. Pas d'horaires indiqués ! Personne pour nous renseigner. On attend 40 minutes. La veille, à la gare, un responsable du tourisme nous a dit qu'il y avait des bus jusqu'à minuit. Quel rigolo ! Le dernier passe, d'après mon expérience, avant 21h45.
Donc, plus de bus pour rentrer au camping d'Atakoy ! Taxi ? Ils ne sont pas cher mais jusqu'à Atakoy, de nuit, je devrais "douiller" quand même. Finalement, je prends la meilleure solution : le train de banlieue. Dans la gare d'Eminonu, ce n'est pas compliqué, il n'y a qu'un train pour le départ. Il longe la mer de Marmara passant près d'Atakoy. On le prend. Aucun touriste bien sûr. Les Turcs présents sont tous bien habillés, sans doute appartiennet-ils à la classe moyenne (comme dans le bus que l'on prend), on est complètement rassuré, cela me rappelle même mon train de banlieue Montparnasse/Clamart.
On s'arrête à la station de Bakirkoy. Heureusement, c'est écrit sur le mur, mais de toute façon un turc sympa nous l'a signalé.
La gare de banlieue est toute neuve, cette ville parait plutôt "bourgoise", les alentours de la gare sont très fréquentés, quelle foule à cette heure ! De là on trouve tout de suite un taxi qui nous amène au "Mocamp Atakoy" en quelques minutes.
Je remarque que les spécialistes organisant des circuits en camping-car ne proposent plus la destination Turquie dans leurs catalogues.Quelle peut en être la raison : sécurité incertaine ou autres ??
Certains ont-ils visite ce pays récemment en camping-car ?
Quelles sont vos observations ?
Merci de vos informations .
Comme j'interviens dans les sujets des autres, je me me permets mon propre sujet pour mon voyage prévu en mai 2014.
Je vais voyager en trike, sans attelage, avec 2 sacoches d'un contenance totale de 55L. avec éventuellement la place pour mettre la tente et sac de couchage sur le porte baggage. (voici le type de sacoches: http://i.imgur.com/OfY2JTb.jpg )
Le trike sera un Catrike Expedition jaune, (donc pas la meme sur les photos des sacoches)
Mon itinéraire n'est pas super fixe, c'est vraiment en fonction des rencontres sur la route, qui sait je atterri ailleurs qu'Istanbul?
Je suis dans le sud de la France, je compte traverser la France par les pays de la Loire. (et oui, j'ai jamais vu les chateux de la loire, autant en profiter)
Je ferais peut être un saut au pays bas, Rotterdam, car j'ai de la famille la bas.
Ensuite, direction Allemagne, Leipzig, Prague, Budapest, Bucharest, Constanta, Varna, Burgas, Istanbul.
Le retour se ferai par: Sofia, Sarajevo, Zagreb, Venice, Genoa, et de retour a Montpellier!
J'ai prévu une estimation de 10.000km, donc un bon 9 mois, peut être plus, j'ai aucun "raison" de revenir plus tot.
Je vends tout mes meubles, électroménager etc.. il va rester 4 carton dans un grange, le reste de mes affaires seront sur le vélo.
En attendant le départ, je continue de travailler, si mon trike arrivait je pouvais aussi m'entrainer un peu! (allé encore 1 mois de patience)
Donc, pour ceux qui ont déja fait ce type de voyage, quelles conseils?
J'ai l'intention de m'necomrer au minimum, mais avec une certain luxe, (genre kindle/iPad etc), Je vais m'acheter un chargeur solaire pour les piles des phares/torches, mais aussi pour charger le telephone, l'iPad, le kindle etc..
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander.
Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien !
Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre…
Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux.
Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi !
– T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit.
Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé.
Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté…
Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort.
Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal.
Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde.
Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau.
Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent…
Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une !
Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie.
Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire.
Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire.
Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains !
La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne…
Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux.
Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance…
Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne…
Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé.
Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère.
Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là !
Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas.
– C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour.
– Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile.
– J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule !
– Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire…
Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait.
Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir.
– Alors ?
– Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ?
– Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais !
Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces.
– Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain !
– Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente.
De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés !
On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir.
Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute.
Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire.
L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
nous souhaitons nous arreter quelques jours a istanbul. Nous sommes en camping car et recherchons un camping pas trop cher, un parking ou dormir, ou peut etre un hotel qui accepterait un camping car sur son parking. Si un lecteur habite istanbul et qu il veut bien nous accueillir dans sa cour ce serait encore mieux. Si il y a des campings a eviter peut etre.
Bref toute info est la bienvenue, nous sommes actuellement a la frontiere grece turquie et continuons ensuite direction l iran.