je voulais revoir mon bresil!!j y etais en 73!!! durant presque 4 ans!
tout le monde me deconseille car parait il que de nos jours on se fait attaquer avec armes et
tout ça de partout au bresil???????
je projette d y aller en routarde de decembre a mars????
bien sur j atterrirai a rio puis irai vers le nord et aussi le minas gerais ; manaus bellem?????
vous pensez vraiment que ça craint ???????
etant habituée a l asie où là; c est cool!!!!!!!!!!je me demande si je fais le bon choix pour mon hiver ???????merci si vous y etes maintenant de me dire vos impressions car je pense acheter le billet tres bientot
martine
Est-Ce une bonne excursion à faire?
Bonjour,
Je pars pour 3 semaines en septembre et j'ai quelques questions. Dans un premier temps je vais rester sur Rio quelques jours puis ensuite direction Iguazu. Ensuite je compte aller dans le Minas Gerais Tiradentes Ouro Preto Mariana puis finir sur Paraty et ses alentours.
J'aimerai louer une voiture car je pense plus pratique pour se déplacer mais je lis que c'est dangereux de conduire au Brésil même dans le guide du lonely il déconseille. Est ce vraiment si dangereux certains ont ils testé la conduite dans ce secteur ?
Ensuite ma question concerne la sécurité j'ai lu pas mal de chose sur Rio peut on sortir quand même son téléphone pour prendre des photos car ça m'ennuie de ne pas avoir de souvenirs.
Et en dehors de Rio peut on se balader tranquille avec un sac a dos et faire des photos avec son appareil à Tiradentes Ouro
Merci
Je pars pour 3 semaines en septembre et j'ai quelques questions. Dans un premier temps je vais rester sur Rio quelques jours puis ensuite direction Iguazu. Ensuite je compte aller dans le Minas Gerais Tiradentes Ouro Preto Mariana puis finir sur Paraty et ses alentours.
J'aimerai louer une voiture car je pense plus pratique pour se déplacer mais je lis que c'est dangereux de conduire au Brésil même dans le guide du lonely il déconseille. Est ce vraiment si dangereux certains ont ils testé la conduite dans ce secteur ?
Ensuite ma question concerne la sécurité j'ai lu pas mal de chose sur Rio peut on sortir quand même son téléphone pour prendre des photos car ça m'ennuie de ne pas avoir de souvenirs.
Et en dehors de Rio peut on se balader tranquille avec un sac a dos et faire des photos avec son appareil à Tiradentes Ouro
Merci
Bonjour,
Nous sommes 3 jeunes d'une trentaine d'année à partir au Brésil du 27 février au 17 mars. Nous louerons une voiture et prévoyons l'itinéraire suivant :
Mercredi 27 février à Dimanche 3 mars : 5 jours à Rio pour visiter la ville et vivre le Carnaval.
Lundi 4 à Mardi 12 mars : roadtrip de 9 jours au nord, > soit dans la région du Sergipe, grosso modo : Maceio, Sao Paulo dos Milagres, Porto do Galinhas, Praia de Maragogi, Olinda et Récife, > soit dans le Nordeste, entre Ilhéus, Barra Grande, Maro de Sao Paulo, Boipeba et Salvador da Bahia
Mercredi 13 mars - jeudi 14 : 2 j / chutes d'Iguazu 2 jours pour voir le côté Argentin et brésilien Vendredi 15 à dimanche 17 mars : 3j à Rio pour visiter Rio sans l'affluence du canarval et dernier achats souvenirs.
Pour la partie Roadtrip, nous hésitons entre les 2 options. Les 2 destinations ont l'air tout aussi intéressantes. Nos estimations budgétaires sont équivalentes. Dans les 2 cas nous devrons probablement payer des frais supplémentaires pour ne pas rendre la voiture au point de départ, sauf peut-être à Salvador si on fait une boucle. La partie Sergipe semble plus facile d'accès avec la voiture, peut-être moins de diversité dans les points d'intérêts (plutôt des plages) et plus touristiques (barres hôtelières ?) De son côté, la zone entre Ilhéus et Salvador permettrait d'alterner entre la ville, les plages et des randos, mais nous serions à Salvador en plein dans le carnaval (ce qu'on voudrait éviter car bondé, plus cher, et nous aurons déjà bien profité du carnaval à Rio) et les autres points d'intérêts semblent parfois difficiles d'accès (fleuves à traverser notamment.)
Pour ma part ce sera ma 1ère fois au Brésil donc je n'ai aucune idée des distances, de qui serait plus sympa à découvrir ni de l'état des routes dans ces 2 régions. Avez-vous des recommandations pour l'une ou l'autre de ces 2 options ? Des conseils pour choisir entre les 2 ? Un itinéraire plus "simple" pour bien profiter de ces 9 jours sans courir ? Je ne souhaite pas que nous roulions la nuit, trop dangereux.
A noter que le reste du programme est bien fixe...
Merci pour vos avis, MC
Nous sommes 3 jeunes d'une trentaine d'année à partir au Brésil du 27 février au 17 mars. Nous louerons une voiture et prévoyons l'itinéraire suivant :
Mercredi 27 février à Dimanche 3 mars : 5 jours à Rio pour visiter la ville et vivre le Carnaval.
Lundi 4 à Mardi 12 mars : roadtrip de 9 jours au nord, > soit dans la région du Sergipe, grosso modo : Maceio, Sao Paulo dos Milagres, Porto do Galinhas, Praia de Maragogi, Olinda et Récife, > soit dans le Nordeste, entre Ilhéus, Barra Grande, Maro de Sao Paulo, Boipeba et Salvador da Bahia
Mercredi 13 mars - jeudi 14 : 2 j / chutes d'Iguazu 2 jours pour voir le côté Argentin et brésilien Vendredi 15 à dimanche 17 mars : 3j à Rio pour visiter Rio sans l'affluence du canarval et dernier achats souvenirs.
Pour la partie Roadtrip, nous hésitons entre les 2 options. Les 2 destinations ont l'air tout aussi intéressantes. Nos estimations budgétaires sont équivalentes. Dans les 2 cas nous devrons probablement payer des frais supplémentaires pour ne pas rendre la voiture au point de départ, sauf peut-être à Salvador si on fait une boucle. La partie Sergipe semble plus facile d'accès avec la voiture, peut-être moins de diversité dans les points d'intérêts (plutôt des plages) et plus touristiques (barres hôtelières ?) De son côté, la zone entre Ilhéus et Salvador permettrait d'alterner entre la ville, les plages et des randos, mais nous serions à Salvador en plein dans le carnaval (ce qu'on voudrait éviter car bondé, plus cher, et nous aurons déjà bien profité du carnaval à Rio) et les autres points d'intérêts semblent parfois difficiles d'accès (fleuves à traverser notamment.)
Pour ma part ce sera ma 1ère fois au Brésil donc je n'ai aucune idée des distances, de qui serait plus sympa à découvrir ni de l'état des routes dans ces 2 régions. Avez-vous des recommandations pour l'une ou l'autre de ces 2 options ? Des conseils pour choisir entre les 2 ? Un itinéraire plus "simple" pour bien profiter de ces 9 jours sans courir ? Je ne souhaite pas que nous roulions la nuit, trop dangereux.
A noter que le reste du programme est bien fixe...
Merci pour vos avis, MC
Bonsoir,
Je vais me rentre pendant 3 semaines au Brésil et j'aimerai avoir des conseils pour acheter une carte sim prépayé pour essentiellement whatsapp, uber, facebook. Je pense que 1-1,5gb de data seront largement suffisant pour la durée de mon séjour.
Pouvez vous me dire quel carte sim choisir? Quel est le tarif? Et puis je l'acheter en arrivant a l'aéroport de sao Paulo?
Merci pour votre aide
Je vais me rentre pendant 3 semaines au Brésil et j'aimerai avoir des conseils pour acheter une carte sim prépayé pour essentiellement whatsapp, uber, facebook. Je pense que 1-1,5gb de data seront largement suffisant pour la durée de mon séjour.
Pouvez vous me dire quel carte sim choisir? Quel est le tarif? Et puis je l'acheter en arrivant a l'aéroport de sao Paulo?
Merci pour votre aide
Bonjour,
J'envisage un voyage en famille au Brésil au printemps prochain. Je ne souhaite pas de circuit groupé mais un circuit privé à la carte. J'ai déjà quelques idées des endroits que nous souhaiterions visiter. Je recherche une agence spécialiste du Brésil qui propose des voyages à la carte ? Auriez-vous quelques recommandations à me faire svp ? Car je ne souhaite pas choisir au hasard... Merci d'avance pour votre aide.
J'envisage un voyage en famille au Brésil au printemps prochain. Je ne souhaite pas de circuit groupé mais un circuit privé à la carte. J'ai déjà quelques idées des endroits que nous souhaiterions visiter. Je recherche une agence spécialiste du Brésil qui propose des voyages à la carte ? Auriez-vous quelques recommandations à me faire svp ? Car je ne souhaite pas choisir au hasard... Merci d'avance pour votre aide.
Hi everyone,
We’re making a family dream come true: spending a month in Brazil from July 19 to August 20. We’ll land in Rio and spend 6 days there (we’ve finalized a home exchange for a lovely apartment in the Copacabana neighborhood). After that, we’re heading to Minas Gerais by rental car for 11 days (Tiradentes, Ouro Preto, and the Inhotim Institute), then the Costa Verde, and finally 2 days in São Paulo.
We’ll be traveling with our three kids, ages 17, 14, and 9, who are real travelers and good hikers. Goes hand in hand, right? 😄
For now, we’ve planned to visit Ilha Grande (4 days) and then Paraty and its surroundings (3 days). What do you think? Ilha Grande appealed to us for its hikes and beaches, but couldn’t we do that along Paraty’s coast? I’ve read mixed reviews about Ilha Grande...
Thanks for your tips, opinions, and anything else! !
We’re making a family dream come true: spending a month in Brazil from July 19 to August 20. We’ll land in Rio and spend 6 days there (we’ve finalized a home exchange for a lovely apartment in the Copacabana neighborhood). After that, we’re heading to Minas Gerais by rental car for 11 days (Tiradentes, Ouro Preto, and the Inhotim Institute), then the Costa Verde, and finally 2 days in São Paulo.
We’ll be traveling with our three kids, ages 17, 14, and 9, who are real travelers and good hikers. Goes hand in hand, right? 😄
For now, we’ve planned to visit Ilha Grande (4 days) and then Paraty and its surroundings (3 days). What do you think? Ilha Grande appealed to us for its hikes and beaches, but couldn’t we do that along Paraty’s coast? I’ve read mixed reviews about Ilha Grande...
Thanks for your tips, opinions, and anything else! !
Bonsoir,
J'aimerai avoir un avis sur cet itinéraire prévu en février 2020 :
dimanche 9/02 arrivée 7H00 le matin visite RIO lundi10/02Visite de RIO mardi 11/02 Départ pour Salvador en avion 8 h 40 arrivée 10 h 45 mercredi 12/02 Visite de Salvador bus de nuit pour Lencois jeudi 3/02 Chapada Diamantina treck 3 jours vendredi 14/02 Chapada Diamantina samedi 15/02 Chapada Diamantina dimanche 16/02 Chapada Diamantina bus de nuit vers Salvador arrivée 4h30 lundi 17/02 retour à RIO en avion 6 h 20 Salvador arrivée + 2h00 à Rio ensuite bus pour Abraao +Ferry mardi 18/02 Ilha Grande mercredi 19/02 Ilha Grande jeudi 20/02 Paraty vendredi 21/02 Paraty samedi 22/02 Paraty dimanche 23/02 retour Paris à 16h30 de Rio (14h30 aéroport)
Je m'interroge le trajet qui commence le dimanche 16 /02 à 23h30 à Lencois et qui se termine le lendemain soir à Ilha Grande ; est il possible d'arriver par le bus le matin vers 4h30 et de prendre un avion à 6h30 ....à Salvador ?
Je vous remercie de votre aide et de vos remarques. Falbala
dimanche 9/02 arrivée 7H00 le matin visite RIO lundi10/02Visite de RIO mardi 11/02 Départ pour Salvador en avion 8 h 40 arrivée 10 h 45 mercredi 12/02 Visite de Salvador bus de nuit pour Lencois jeudi 3/02 Chapada Diamantina treck 3 jours vendredi 14/02 Chapada Diamantina samedi 15/02 Chapada Diamantina dimanche 16/02 Chapada Diamantina bus de nuit vers Salvador arrivée 4h30 lundi 17/02 retour à RIO en avion 6 h 20 Salvador arrivée + 2h00 à Rio ensuite bus pour Abraao +Ferry mardi 18/02 Ilha Grande mercredi 19/02 Ilha Grande jeudi 20/02 Paraty vendredi 21/02 Paraty samedi 22/02 Paraty dimanche 23/02 retour Paris à 16h30 de Rio (14h30 aéroport)
Je m'interroge le trajet qui commence le dimanche 16 /02 à 23h30 à Lencois et qui se termine le lendemain soir à Ilha Grande ; est il possible d'arriver par le bus le matin vers 4h30 et de prendre un avion à 6h30 ....à Salvador ?
Je vous remercie de votre aide et de vos remarques. Falbala
Bonjour à tous,
Nous sommes un couple et allons au parc Lençois cet été. Nous aimerions savoir s’il est facile de réserver des excursions sur place pour 1 jour où 1/2 journée ? Et les prix qui sont pratiqués ?
Merci à tous :)
Nous sommes un couple et allons au parc Lençois cet été. Nous aimerions savoir s’il est facile de réserver des excursions sur place pour 1 jour où 1/2 journée ? Et les prix qui sont pratiqués ?
Merci à tous :)
Bonjour,
Je pars début juillet au Brésil pour 2 mois. Je compte emporter des euros. Quelle est la meilleure solution pour changer des euros contre des rials : la banque ou le bureau de change ? Si c’est le bureau de change, y a t-il des différences importantes d’un bureau de change à un autre ? Si oui, pouvez-vous m’indiquer un bureau de change avec un taux avantageux, dans le centre de Rio ou du côté de Copacabana ?
Merci d’avance.
Cordialement,
Dominique
Je pars début juillet au Brésil pour 2 mois. Je compte emporter des euros. Quelle est la meilleure solution pour changer des euros contre des rials : la banque ou le bureau de change ? Si c’est le bureau de change, y a t-il des différences importantes d’un bureau de change à un autre ? Si oui, pouvez-vous m’indiquer un bureau de change avec un taux avantageux, dans le centre de Rio ou du côté de Copacabana ?
Merci d’avance.
Cordialement,
Dominique
Bonjour à tous,
Actuellement en voyage en Amérique du Sud, nous aimerions visiter le Pantanal d'ici 1 mois au Brésil. Notre choix se portait sur le Pantanal Sud à partir de Campo Grande/Corumbà mais après avoir lu pas mal de choses sur le sujet, il semblerait que la faune soit plus abondante dans le Nord. Il serait aussi plus facile d'observer des jaguars. Nous voilà donc face à un léger soucis, comment rejoindre Cuiabà au Brésil depuis Santa Cruz en Bolivie ? Cela parait bien plus difficile que de rejoindre Corumbà. Certains d'entre vous ont-ils déjà fait ce trajet ? Pouvez vous confirmer que le Pantanal Nord est mieux que le Sud ?
Merci à vous.
Actuellement en voyage en Amérique du Sud, nous aimerions visiter le Pantanal d'ici 1 mois au Brésil. Notre choix se portait sur le Pantanal Sud à partir de Campo Grande/Corumbà mais après avoir lu pas mal de choses sur le sujet, il semblerait que la faune soit plus abondante dans le Nord. Il serait aussi plus facile d'observer des jaguars. Nous voilà donc face à un léger soucis, comment rejoindre Cuiabà au Brésil depuis Santa Cruz en Bolivie ? Cela parait bien plus difficile que de rejoindre Corumbà. Certains d'entre vous ont-ils déjà fait ce trajet ? Pouvez vous confirmer que le Pantanal Nord est mieux que le Sud ?
Merci à vous.
Nous revenons d'un séjour de 24 jours au Brésil du 26 octobre au 19 novembre, en couple, qui nous a mené de Rio à Sao Luis, puis par la rota das emociones des lençois maranhenses à Fortaleza via Atim, Caburé, le delta das Americas, Jericoacora puis après Fortaleza (ville étape), Olinda et nous avons terminé à Pipa par quelques jours de repos (relatif).
Inutile de dire que nous sommes enchantés de ce voyage rempli de bonnes surprises, d'émerveillement: Rio, ben oui, c'est exceptionnel, aussi bien depuis le Corcovado ou le pain de sucre qu'au raz des plages, pour des ambiances populaires joyeuses, festives bon enfant (Flamengo, Copacabana, Ipanema) et des tas d'autres lieux en ville (hébergement chez Michel, Fanny et Mireille, épatant!). Sao Luis, ses rue pavées, ses vieux édifices et placettes colorés, animés par des orchestres énergiques les week end (Pousada portas da Amazonia: belle demeure de style colonial, beaux volumes, coursives en bois, c'est chaleureux) - Alcantara (1h15 de bateau depuis Sao Luis) ça rafraîchit, mais sur place, le cagnard! Barreirinhas et les Lençois, époustouflant, paysage de dunes de sable blanc, animées en surface par un vent vigoureux et, dans les creux, des petits lacs d'eau douce habités par des bancs de petits poissons, s'y baigner est un moment (parmi bien d'autres)...de bonheur absolu! (pousada Murici, au bord du rio Preguicas, simple, sympa, avec une déco kitchouille bien personnalisée, cadre très agréable et bon accueil), la balade en bateau via les mangroves jusqu'à Caburé vaut la peine, et puis sur l'eau, il y a de l'air, c'est appréciable! Le delta des Amériques, fantastique, Mangroves énormes (10% de la totalité au Brésil), nichée d'ibis rouges, les Guaras et les hérons blancs, iguanes, jacaré, Quaxi, boa (si, si!), et des tas d'autres bestioles aux noms indiens et en plus si vous faites le safari noturno avec Julio de la pousada casa do caboclo (accueil super, lieu magnifique dominant depuis une falaise bras du delta et mangroves), alors là le guiness book est à sa portée: en pleine nuit, il vous pêche et c'est peu dire un caiman (jacaré en brésilien) à mains nues (ben voyons) ou banalement il vous dégotte un boa constrictor de derrière le feuillage d'un arbuste plongé dans l'obscurité...Bon passons.
Après bien d'autres péripéties, Jericoacoara, "the place to be", bon d'accord, comme c'est sur le chemin, pourquoi pas, le fameux coucher de soleil sur la dune, pas mal, le spot de kite ou windsurf, sûrement, belle plage, ouais mais pas que là, une foultitude de pousadas, et un endroit voué à un désastre écologique par une surexploitation touristique, plages d'accès depuis Camocim sillonnées par 4x4 et bugys et dans un avenir proche construction à proximité d'un aéroport...
Fortaleza et son marché artisanal sur la plage de Meireles, le soir, ambiance garantie, échoppes innombrables, les prix les plus compétitifs de cadeaux à ramener , de notre voyage, et puis les orchestres, les bateleurs...pour une courte étape, le bon plan...et Olinda, la capitale du Frevo, ses septs collines couronnées de belles demeureset de végétation, ses rues et ruelles pentues pavées, bordées de charmantes maisons aux couleurs pastel, un remarquable patrimoine d'églises et monastères baroques portugais, des ambiances de quartiers emportées par la bossa nova, le Frevo, ou les previas (défilés pré carnavalesques...le fameux carnaval d'Olinda)) et cela depuis la pousada dos quatro cantos, magnifique demeure du début XXè, point de passage de tous les défilés ou manifestations festives d'Olinda, cadre superbe, chaleureux, boiseries, bibelots, peintures, superbes volumes, bougainvilliers, belle verdure, prix raisonnables hors haute saison...faite vous plaisir, allez y.
Et pour terminer, Praia da Pipa à la pousada hôtel Oka da Mata, au milieu d'un parc écologique, vue imprenable sur la mer, accueil au top, excellente cuisine, remarquable confort des chambres (en fait des suites...), on casse un peu la tire lire , mais c'est une fin de séjour, les plages magnifiques aux falaises rouges couvertes de végétation tropicale, ballet des dauphins à marée basse, des tortues...à marée haute (ben oui, faut se coordonner), la lagune de Tibau do Sul, sorte de fjord brésilien (!), mangroves, hauts fonds sableux, manguiers, crevettes, coques, croisière avec Aude, inoubliable.
Et bien sûr, l’extrême gentillesse des brésiliens, de toute condition, en toutes circonstances...Violence, insécurité...elles sont exprimées ici ou là, nous ne les avons pas vraiment ressenties. Quel Pays!
Bonjour à tous,
Le 15 aout nous irons de Sao Paulo à Salvador de Bahia (en avion, quelle compagnie choisir?) pour y passer une dizaine de jours. N'ayant pas eu de vacances depuis 2 ans, nous aimerions ne pas trop passer notre temps sur les routes mais découvrir de jolis coins pittoresques, pas trop envahis de touristes... Quels conseils? Nous pensons déjà passer 2-3 jours à Salvadore et ensuite?? Je pense que 2 autres destinations proches d'où nous pourrions nous ballader serait l'idéal: Praia do Forte, Itaparica, Lorro de Sao Paulo, Cachoeira, autres lieux incontournables?
Merci pour votre aide
Bonjour à tous,
Je pars pour Rio le week-end prochain et, en tant que fan de sport, voir un match à Rio me tente beaucoup. Ca tombe bien, il y a le derby Vasco contre Fluminense dimanche prochain à 17h.
J'aurais quelques questions à propos de l'organisation: - Le match se déroule au Stade Olympique (Estadio Olimpico Joao Havelan) et j'ai vu qu'il était en dehors du centre. Est-il possible de s'y rendre en métro ou faut-il prendre un taxi (et pour quel prix) ? - Comment se procurer les billets? Est-il simple d'aller au guichet à l'entrée du stade ou le match risque d'être à guichet fermés ?
Merci pour vos renseignements !
Marc
Je pars pour Rio le week-end prochain et, en tant que fan de sport, voir un match à Rio me tente beaucoup. Ca tombe bien, il y a le derby Vasco contre Fluminense dimanche prochain à 17h.
J'aurais quelques questions à propos de l'organisation: - Le match se déroule au Stade Olympique (Estadio Olimpico Joao Havelan) et j'ai vu qu'il était en dehors du centre. Est-il possible de s'y rendre en métro ou faut-il prendre un taxi (et pour quel prix) ? - Comment se procurer les billets? Est-il simple d'aller au guichet à l'entrée du stade ou le match risque d'être à guichet fermés ?
Merci pour vos renseignements !
Marc
Bonjour,
Nous venons de passer en couple 6 semaines au Brésil en octobre/novembre. C'était notre premier voyage en Amérique du Sud. Les infos très générales ci-après seront peut être utiles aux débutants comme nous.
Depuis la France
Nous avons utilisé la TAP depuis Lyon, jusquà Brasilia à l'aller et depuis Natal au retour.Achat fait directement sur leur site, qui s'est révélé le moins cher frais de CB inclus. Voyage sans histoire, sauf retard de bagages au retour. Prestations très moyennes.
Trajets intérieurs.
Les dimensions du pays rendent l'avion inévitable. Nous avons fait 3 trajets, chaque fois sur GOL. Billets achetés quelques jours en avance sur Internet, après navigation sur les comparateurs. Grosses différences de coûts. Conseils: - naviguer en privé surSkyscanner ou Liligo pour avoir une idée des horaires et des prix.- Acheter via un 3° comparateur pour ne pas être reconnu . - GOL est systématiquement moins cher sur le nord-est, et prend les bagages de soute gratuitement. Nous avons donc acheté via Kayak chez Voyages-sncf pour Brasilia/Manaus, chez Expédia pour Santarem/Belem, et chez Kiwi pour Fortaleza/Natal. Pour ces 3 vols, budget de moins de 150€ par personne. Les vols du mardi dont souvent moins chers, ceux du week-end ( jeudi soir jusqu'au lundi) beaucoup plus. Fuir pour les tarifs les agences de voyage traditionnelles et celles des compagnies aériennes. Comment SNCF fait-elle pour vendre un billet trois fois moins cher que la Cie aérienne elle-même ?
L'autre must de l'Amazone, c'est le trajet en bateau sur le fleuve. Nous avons choisi Manaus/Santarem en cabine. Le hamac, c'est un peu juste à notre âge .Et de fait, on ne voit plus les rives une heure après le départ de Manaus. 36 heures sont donc suffisants pour se faire une idée du voyage. Conseils: -Énormes risques d'arnaque à l'achat des billets: -les "agences" agréées sur le quai de Manaus ( une table roulante et un parasol) nous ont demandé la première 600 réals pour deux, la seconde (Anderson) 300 seulement. Au guichet officiel du port, on nous demande 1200, mais un employé nous tire ensuite par la manche pour nous proposer 1000. Sans doute les bateaux changent-ils, mais ils partent à la même heure ( pour franchir les passages difficiles de jour), et une cabine, c'est toujours un placard en tôle de. 4 m2, avec une ampoule et une clim. Les deux couchettes superposées sont plutôt confortables et larges.- Se méfier de la nourriture à bord, préparée à l'avance et vaguement tenue au frais. Les ressources du bar sont limitées, mais il y a de l'eau potable rafraîchie à volonté. Toilettes/douches correctes. On ne descend pas du bateau aux escales, qui ne durent que quelques minutes. Au total, limiter la durée du voyage et apporter de la nourriture qui se conserve.
Bus longues distances. Une vraie bonne surprise: les bus sont en très bon état, très confortables, la conduite prudente. Attention aux bus annoncés comme "léitos", cad couchettes, qui ne sont que semi- léitos. Pas besoin sur nos trajets (Belem/Sao Luis et vers Fortaleza) de réserver à l'avance, nombreuses places disponibles. Par contre, les tarifs se rapprochent de ceux de l'avion, et nécessaire souvent d'aller prendre le billet et le bus en gare routière dans de lointaines banlieues.
Bus urbains. Il y a partout de bons réseaux, avec des billets à moins de 3 reals, même depuis/vers les aéroports. On monte en général par l'arrière, où il y a un tourniquet avec un receveur. Si vous avez de lourdes valises' on vous laissera monter au milieu ou à l'avant, vous retournez payer ensuite par l'intérieur.Si vous le demandez, on vous indiquera votre arrêt
Hotellerie. C'est à mon avis la fin des guides traditionnels du type Routard et LP. Les meilleures offres se trouvent sur Booking ou Hôtels.com., même la veille pour le lendemain.Un exemple:nous avions réservé par précaution notre première nuit à Manaus dans l'AJ habituelle des voyageurs à petit budget, pour 135 reals. À ce prix nous avions une double minuscule avec sdb partagée, un ptit dej moyen avec vaisselle à faire ensuite... Le lendemain nous avons trouvé en 10 mn un trois étoiles certes décati, mais avec une chambre de 35 m2 et un buffet à volonté fastueux, celà pour 80 reals (Taj Mahal hôtel, en plein centre et à deux minutes du théâtre). Conseils: emporter tablette ou ultra-portable, il y a du wi-Fi partout pour réserver sur Internet, souvent sans payer d'avance.- Lire quelques avis avant de choisir, les présentations sont souvent dytirambiques, ou les photos retouchées.- Se méfier de la proximité des églises évangélistes et assimilées dont les sonos peuvent être ravageuses.
Restauration. Les lanchonnettes proposent plats garnis et boisson pour 15/20 reals. Les restaurants sont à la carte, ou au poids( 30/50 reals le kg) .Le petit café est le plus souvent offert.Tous les brésiliens boivent de l'eau en bouteille: défiance vis-à-vis de leur réseau ? Attention aux horaires bizarres d'ouverture.Ne pas avoir faim le dimanche.
Argent. Ce peut être une vraie difficulté. Oublier les chèques voyage, les chéquiers français. Les DAB sont nombreux mais souvent vides, ou en panne, ou limitent votre retrait. Les banques ne changent pas les euros, sauf attentes interminables pour un résultat non garanti. Éviter les DAB "banco 24 horas" qui prennent une commission
énorme en sus des frais habituels, et les bureaux de change d'aéroport. À Brasilia, change intéressant avec le concierge de l'hôtel Nacional. À Manaus, bureau de change dans la rue des agences à 100 m du théâtre.
Globalement, la vie est nettement moins chère qu'en France, mais pas dans les proportions de l'Asie du Sud-Est ou de l'Afrique. Suivre l'évolution du cours du réal. Et tous les prix se négocient: hôtels, pousadas, taxis, souvenirs.....
Nous restons dispos pour d'autres infos si souhaité, en rappelant que notre expérience est récente et limitée .
Hello,
How good it feels to be back on this forum!!!!
Today, we started looking into traveling in April 2026, either to Chile or Argentina. It’s our first trip to South America. I’ve only been to French Guiana once, about ten years ago, for the space center. In recent years, we’ve usually gone to Asia during the spring holidays.
Based on the flight tickets I’ve found, two arrival and departure options are available: - Arriving in Buenos Aires and departing from Salvador de Bahia. - Arriving in Santiago, Chile, and still departing from Salvador de Bahia.
We’re considering flying business class on the outbound flight so we arrive a bit more rested. The travel class might influence our choice between itinerary A or B.
We’d like to spend two days at Iguazu Falls (both the Argentine and Brazilian sides), which explains the departure from Brazil.
Initially, we thought about arriving in Buenos Aires and staying in Argentina before heading to Iguazu. However, the itinerary forces us to go back through Buenos Aires.
We love nature. The El Calafate region seems to offer beautiful, easily accessible landscapes. Maybe there’s another area we should prioritize.
Here are two itineraries—what do you think? I know it’s short, but we can’t add any more days. We’ll have to make it work.
Option A: D1(Sat): Flight from France to Buenos Aires – arrival at 9:55 PM. D2(Sun): Visit Buenos Aires D3(Mon): Visit Buenos Aires. D4(Tue): Flight from Buenos Aires to El Calafate – 3.5-hour flight – arrival around midday. D4(Tue) – until D11(Tue) – visit the El Calafate region: El Calafate / 121km / El Chaltén / 12km / Mount Fitz Roy / 4km / Cerro Torre Mountain / 132km / Perito Moreno Glacier / 57km / El Calafate. D11(Tue): Flight to Buenos Aires D12(Wed): Morning flight to Iguazu (Argentine side) – flight at 6:40 AM or 8:10 AM – 2-hour flight. D13(Thu): Half-day on the Brazilian side – flight around 7:00 PM to Salvador de Bahia. D14(Fri): Visit Salvador de Bahia (downtown) D15(Sat): Morning visit + midday departure for the airport – flight at 5:45 PM from Salvador de Bahia D16(Sun): Arrival in France.
This itinerary forces us to pass through Buenos Aires twice.
Option B: D0(Fri): Flight from France to Santiago, Chile – departure at 11:20 PM from CDG. D1(Sat): Arrival at 7:45 AM in Santiago, Chile – hotel + city visit. D2(Sun): Visit Santiago, Chile D3(Mon): Departure for Puerto Natales, Punta Arenas, or El Calafate – to be decided. There’s about a 3-hour flight. We need to check the drop-off fees if we pick up the car in Chile and return it in Argentina – see ADEL RENT A CAR. D3(Mon) – until D10(Mon) – visit the El Calafate region: El Calafate / 121km / El Chaltén / 12km / Mount Fitz Roy / 4km / Cerro Torre Mountain / 132km / Perito Moreno Glacier / 57km / El Calafate. D10(Mon): 3.5-hour flight + visit Buenos Aires. D11(Tue): Visit Buenos Aires D12(Wed): Morning flight to Iguazu (Argentine side) – flight at 6:40 AM or 8:10 AM – 2-hour flight. D13(Thu): Half-day on the Brazilian side – flight around 7:00 PM to Salvador de Bahia. D14(Fri): Visit Salvador de Bahia (downtown) D15(Sat): Morning visit + midday departure for the airport – flight at 5:45 PM from Salvador de Bahia D16(Sun): Arrival in France.
The end of the itinerary is the same. This option avoids passing through Buenos Aires twice. Thanks for your feedback.
Today, we started looking into traveling in April 2026, either to Chile or Argentina. It’s our first trip to South America. I’ve only been to French Guiana once, about ten years ago, for the space center. In recent years, we’ve usually gone to Asia during the spring holidays.
Based on the flight tickets I’ve found, two arrival and departure options are available: - Arriving in Buenos Aires and departing from Salvador de Bahia. - Arriving in Santiago, Chile, and still departing from Salvador de Bahia.
We’re considering flying business class on the outbound flight so we arrive a bit more rested. The travel class might influence our choice between itinerary A or B.
We’d like to spend two days at Iguazu Falls (both the Argentine and Brazilian sides), which explains the departure from Brazil.
Initially, we thought about arriving in Buenos Aires and staying in Argentina before heading to Iguazu. However, the itinerary forces us to go back through Buenos Aires.
We love nature. The El Calafate region seems to offer beautiful, easily accessible landscapes. Maybe there’s another area we should prioritize.
Here are two itineraries—what do you think? I know it’s short, but we can’t add any more days. We’ll have to make it work.
Option A: D1(Sat): Flight from France to Buenos Aires – arrival at 9:55 PM. D2(Sun): Visit Buenos Aires D3(Mon): Visit Buenos Aires. D4(Tue): Flight from Buenos Aires to El Calafate – 3.5-hour flight – arrival around midday. D4(Tue) – until D11(Tue) – visit the El Calafate region: El Calafate / 121km / El Chaltén / 12km / Mount Fitz Roy / 4km / Cerro Torre Mountain / 132km / Perito Moreno Glacier / 57km / El Calafate. D11(Tue): Flight to Buenos Aires D12(Wed): Morning flight to Iguazu (Argentine side) – flight at 6:40 AM or 8:10 AM – 2-hour flight. D13(Thu): Half-day on the Brazilian side – flight around 7:00 PM to Salvador de Bahia. D14(Fri): Visit Salvador de Bahia (downtown) D15(Sat): Morning visit + midday departure for the airport – flight at 5:45 PM from Salvador de Bahia D16(Sun): Arrival in France.
This itinerary forces us to pass through Buenos Aires twice.
Option B: D0(Fri): Flight from France to Santiago, Chile – departure at 11:20 PM from CDG. D1(Sat): Arrival at 7:45 AM in Santiago, Chile – hotel + city visit. D2(Sun): Visit Santiago, Chile D3(Mon): Departure for Puerto Natales, Punta Arenas, or El Calafate – to be decided. There’s about a 3-hour flight. We need to check the drop-off fees if we pick up the car in Chile and return it in Argentina – see ADEL RENT A CAR. D3(Mon) – until D10(Mon) – visit the El Calafate region: El Calafate / 121km / El Chaltén / 12km / Mount Fitz Roy / 4km / Cerro Torre Mountain / 132km / Perito Moreno Glacier / 57km / El Calafate. D10(Mon): 3.5-hour flight + visit Buenos Aires. D11(Tue): Visit Buenos Aires D12(Wed): Morning flight to Iguazu (Argentine side) – flight at 6:40 AM or 8:10 AM – 2-hour flight. D13(Thu): Half-day on the Brazilian side – flight around 7:00 PM to Salvador de Bahia. D14(Fri): Visit Salvador de Bahia (downtown) D15(Sat): Morning visit + midday departure for the airport – flight at 5:45 PM from Salvador de Bahia D16(Sun): Arrival in France.
The end of the itinerary is the same. This option avoids passing through Buenos Aires twice. Thanks for your feedback.
Samedi 26 janvier
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d’un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l’archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. �� Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d’un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l’archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. �� Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Bonjour,
Avec ma compagne nous partons en janvier 2018 au Brésil pendant 2 semaines. Nous arrivons à Rio, et nous irons jusqu'aux chutes d'Iguazu.
Nous pensons rester 3/4 jours à Rio et nous arrêter à Paraty, mais autrement nous ne savons pas trop quels endroits faire entre Rio et les chutes.
Avez-vous des conseils à nous donner ?
Merci d'avance 🙂
Romain et Julie.
Avec ma compagne nous partons en janvier 2018 au Brésil pendant 2 semaines. Nous arrivons à Rio, et nous irons jusqu'aux chutes d'Iguazu.
Nous pensons rester 3/4 jours à Rio et nous arrêter à Paraty, mais autrement nous ne savons pas trop quels endroits faire entre Rio et les chutes.
Avez-vous des conseils à nous donner ?
Merci d'avance 🙂
Romain et Julie.
Bonjour à tous,
J'arriverai au Brésil le 18 décembre au soir, à l'aéroport de Salvador de Bahia plus précisément, et j'aimerais savoir s'il est possible de prendre un bus directement de l'aéroport jusqu'à Lençois dans le parc national de la Chapada diamantina, ou s'il faut se rendre à la gare routière de Salvador pour cela.
Merci pour vos réponses, vos infos sur les horaires et vos suggestions pour des balades dans le parc national, sachant que nous ne pourrons rester plus de deux jours.
Merci d'avance
Pascale
Hello,
We’re leaving on February 19th for 13 days in the Northeast of Brazil, with my husband and our two kids (19 and 17). Here’s our itinerary: We’ll arrive in Fortaleza and stay in a guesthouse for 3 nights. Then we’ll hit the road with a private driver, heading to Pipa via the beach of Ponta do Mel, passing through Galinhos, São Miguel, and Natal.
Do you think this is a good itinerary?
Initially, I was planning to go from São Luís to Fortaleza (Lençóis Maranhenses...), but I was advised against it since it’s not really the season and the dunes and lagoons would’ve been empty. I can’t change the itinerary now, but I’m a bit worried I’ll be less impressed by this one. I’d love to know if it’s still worth it?
Thanks in advance!
We’re leaving on February 19th for 13 days in the Northeast of Brazil, with my husband and our two kids (19 and 17). Here’s our itinerary: We’ll arrive in Fortaleza and stay in a guesthouse for 3 nights. Then we’ll hit the road with a private driver, heading to Pipa via the beach of Ponta do Mel, passing through Galinhos, São Miguel, and Natal.
Do you think this is a good itinerary?
Initially, I was planning to go from São Luís to Fortaleza (Lençóis Maranhenses...), but I was advised against it since it’s not really the season and the dunes and lagoons would’ve been empty. I can’t change the itinerary now, but I’m a bit worried I’ll be less impressed by this one. I’d love to know if it’s still worth it?
Thanks in advance!
Hi,
We’re considering a discovery trip to Brazil in summer 2025 for a maximum of 3 weeks, transport included.
Since the must-see sites are very far apart, we’ve selected the ones that seemed the most spectacular and have little or no equivalent elsewhere in the world.
Here’s what we’re thinking:
Outbound: 1 day Paris → São Paulo
Iguaçu: 2 days
Transfer: 1 day via São Paulo or Rio and São Luís
Lençóis National Park: 3 days
Transfer: 1 day via São Luís
Salvador de Bahia: 2 days
Transfer: 1 day via Rio
Rio: 4 days
Return: 1 day
What do you think?
I was thinking of adding a stop that’s easily accessible without flying from one of the places above. Ilha Grande? Tinharé Island? Any other suggestions?
Thanks in advance for your tips!
Virginie
Bonjour,
Je planifie présentement mon voyage en août 2018 au Brésil et je n'aurai pas le choix de choisir entre visiter Salvador et la Chapada Diamantina ou bien le Parc National des Lençois.
Est-ce que vous pourriez me donner votre avis pour m'aider à choisir?
Et est-ce que ça vaut vraiment la peine d'opter pour des hébergements 4* ou alors des 3* ou 3* supérieurs peuvent très bien faire l'affaire? (il y a souvent une grande différence sur le prix par nuitée entre les deux types d'hébergements).
Merci!
Je planifie présentement mon voyage en août 2018 au Brésil et je n'aurai pas le choix de choisir entre visiter Salvador et la Chapada Diamantina ou bien le Parc National des Lençois.
Est-ce que vous pourriez me donner votre avis pour m'aider à choisir?
Et est-ce que ça vaut vraiment la peine d'opter pour des hébergements 4* ou alors des 3* ou 3* supérieurs peuvent très bien faire l'affaire? (il y a souvent une grande différence sur le prix par nuitée entre les deux types d'hébergements).
Merci!
Hello à tous ! Voilà je suis sur Rio jusqu'à lundi (16/4) et j'aimerais beaucoup voir une Roda de Capoeira, mais pas dans une école ou en cours, dans la rue (ou encore la plage). Quelqu'un sait-il si cela est possible et si oui, où et quand ? Merci !
Bonjour,
En novembre prochain, j'aimerais visiter la mission jésuite de Sao Miguel das Missoes.
Je viendrai de Posadas en bus. Comment s'effectue la traversée de la frontière Santo Tomé-Sao Borja? En taxi, à pied, en bus? Et ensuite pour rejoindre Sao Miguel en bus?
Merci à l'avance de vos conseils,
Danyflore.
Bonjour
Y a t il, comme sur l'amazone , des bateaux qui remontent le Rio negro? jusqu'à Barcelos?
Est il aussi possible de remonter le rio Branco de Barcelos (un peu avant) jusqu'à Boa Vista?
Muchas gracias
Est il aussi possible de remonter le rio Branco de Barcelos (un peu avant) jusqu'à Boa Vista?
Muchas gracias
Bonjour,
J'aurais aimé savoir s'il est possible d'aller de Rio à Sao Paulo en bateau. Je dois y être en mai et faire ce trajet. Merci pour vos infos, ainsi qu'en plus si vous avez de bonnes adresses de restos pour ces 2 villes et pour Sao Paulo en matière d'hébergement dans des quartiers pas trop glauques.
J'aurais aimé savoir s'il est possible d'aller de Rio à Sao Paulo en bateau. Je dois y être en mai et faire ce trajet. Merci pour vos infos, ainsi qu'en plus si vous avez de bonnes adresses de restos pour ces 2 villes et pour Sao Paulo en matière d'hébergement dans des quartiers pas trop glauques.
Bonjour à tous,
Je pars au Brésil mi-avril et je suis à la recherche d'informations sur les conditions d'accès en voiture au Corcovado, les infos disponibles sur les sites touristiques locaux étant peu clairs.
En effet, nous arriverons en voiture depuis la côte sud et nous pensons aller directement au Corcovado. Nous envisageons de nous garer au parking de la station Paneiras.
La question est la suivante : depuis le parking, est-il possible de monter à pied jusqu'au Christ rédempteur ou bien faut-il nécessairement prendre le petit train ou un van ? Si une de ces deux dernières options est obligatoire, peut-on acheter les billets sur place ou bien faut-il réserver à l'avance ?
Merci d'avance à tous pour votre aide
Thomas
Je pars au Brésil mi-avril et je suis à la recherche d'informations sur les conditions d'accès en voiture au Corcovado, les infos disponibles sur les sites touristiques locaux étant peu clairs.
En effet, nous arriverons en voiture depuis la côte sud et nous pensons aller directement au Corcovado. Nous envisageons de nous garer au parking de la station Paneiras.
La question est la suivante : depuis le parking, est-il possible de monter à pied jusqu'au Christ rédempteur ou bien faut-il nécessairement prendre le petit train ou un van ? Si une de ces deux dernières options est obligatoire, peut-on acheter les billets sur place ou bien faut-il réserver à l'avance ?
Merci d'avance à tous pour votre aide
Thomas
Bonjour tout le monde, je souhaite assister au match Flamengo/Botafogo le 5 novembre prochain. Est ce que quelqu'un sait si c'est possible d'acheter les places sur internet?
J'ai essayé de regarder sur le site du club mais je ne comprends pas grand chose et j'ai l'impression qu'il faut avoir un compte supporter...
Si ce n'est pas possible sur internet, connaissez vous une adresse dans Rio ou je peut acheter les billets?
Merci d'avance pour votre aide!!!!
Bonjour,
Nous comptions traverser l'amazone de Manaus à Belem mais nous ignorons comment nous rendre à Manaus autrement qu'en avion sachant que nous serons en Bolivie. Quelqu'un a-t-il une idée ? On nous a notamment conseillé d'aller jusqu'à Iquitos en bus puis en bateau jusque Manaus mais nous avons peur de faire un voyage très (trop?) long en bateau (Iquitos-Belem). Peut être existe-t-il des bateaux rapides au moins pour faire Iquitos-Manaus ?
+Auriez-vous une idée des prix ?
Merci d'avance pour vos conseils !
Nous comptions traverser l'amazone de Manaus à Belem mais nous ignorons comment nous rendre à Manaus autrement qu'en avion sachant que nous serons en Bolivie. Quelqu'un a-t-il une idée ? On nous a notamment conseillé d'aller jusqu'à Iquitos en bus puis en bateau jusque Manaus mais nous avons peur de faire un voyage très (trop?) long en bateau (Iquitos-Belem). Peut être existe-t-il des bateaux rapides au moins pour faire Iquitos-Manaus ?
+Auriez-vous une idée des prix ?
Merci d'avance pour vos conseils !






