Bonjour,
Quelqu'un peut-il me dire si mars est un mois recommandé pour la randonnée dans la vallée du Baliem? Forcément les guides me disent que oui mais ils peuvent ne pas être objectifs ...
Si ce n'est pas recommandé, quelle autre partie de l'irian jaya peut être envisagée? Manokwari? Quelqu'un a t'il des infos sur cette région?
Merci de votre aide,
Pacoloco
Bonjour, 😇
j'envisage de me rendre en indonésie et n ai pas d'itinéraire précis mais je pense peut etre aller à Bornéo (indonésie) ou en Irian Jaya? Si qqn à des infos sur
ces régions ?!? (itineraires possibles ?)
Une autre question : Qqn connaît il des ONG qqui oeuvrent en indonésie ou il serait possible d'apporter un soutient en se rendant sur place??
Merci d'avance ...🙂
Une autre question : Qqn connaît il des ONG qqui oeuvrent en indonésie ou il serait possible d'apporter un soutient en se rendant sur place??
Merci d'avance ...🙂
Bonjour
Cet été nous partons pour 7 semaines, notre voyage commencera par le Kalimantan (Pontianak) et ensuite nous voulons aller en Papoua. Nous sommes à la recerche d'informations sur Papoua, où atterrir, nous voulons profiter de l'océan ! Si vous avez des infos sur Kalimantan, nous sommes preneurs.
Merci
Cet été nous partons pour 7 semaines, notre voyage commencera par le Kalimantan (Pontianak) et ensuite nous voulons aller en Papoua. Nous sommes à la recerche d'informations sur Papoua, où atterrir, nous voulons profiter de l'océan ! Si vous avez des infos sur Kalimantan, nous sommes preneurs.
Merci
BONJOUIR
prochainement en voyage en Papouasie occidentale je cherche des infos sur la possibilité de rencontrer un guide locale indépendant pour un périple dans le valée de Bailem et plus si possible
avez vous ce genre de renseignement
merci
ALBERT
avez vous ce genre de renseignement
merci
ALBERT
bonjour a tous.......
je suis toujours a la recherche d 'infos sur l iran jaya......... on a laisser tomber l 'idée délirante des croisieres plongées vu les prix ...... la folie...... on cherche donc des infos en tout genre au départ de sorong éventuellement, guest houses pas trop cher et clubs de plongée.... meme si c 'est un peu roots no problem.....
y a t il possibilite de louer une "bebek" pour se deplacer?????
merci a tous salut!!!!
Bonjour
Nous prevoyons de de passer 3 semaines en Irian Jaya, vol A/r Jayapura-Jakarta du 1er au 21 decembre 2012
Il y a si peu d'infos sur cett region que nous sommes un peu perdus, nous avons prévu :
1) quelques jour autour du Lac SEntani (3 ou 4 jours?)
2) 7 jours a Baliem : un vol A/R pour Wamena (avec des ballades et un mini trek pas cher improvisé avec un guide qu on espere trouver sur plac en prenant le tmps)
Pour les 10 jours restants que conseillez vous? On reste sur l'ile? On vole pour Ambon? Pour Makassar? Pour Bali?
C'est notre premier voyage en indonesie, nous passerons 40 jours en asie du S.E avant d'atteindre Jayapura (Birmanie, Laos, Cambodge). Nous sommes en couple.
Voila :) qui peut nous conseiller? :D
Bonjour à tous🙂,
j'espère pouvoir partir cet été en Papouasie occidentale 2 semaines et j'aimerais beaucoup voir les Korowais.
La liaison par avion Wamena Yaniruma se fait elle régulièrement(tous les jours?), y a t-il moyen de réserver sur place, et avez vous une idée du prix aller-retour?
Existe t-il une solution moins chere pour aller voir les Korowais(toujours en 2 semaines)?
Merci pour vos réponses🙂
Bonjour à tous,
Je viens vers vous cher voyageurs, pour éclairer mes sentiers.
Mon frère et moi partons 1mois en février sur les routes d’Indonésie..... et oui malheureusement cette fois-ci juste 1mois...
Je me tourne donc vers vos expériences pour me conseiller dans notre Itinéraire.
Sachant que nous voulons sortir des sentiers battus, faire crier nos muscles de "douleur" pour entendre la terre gronder de très près, aller à la découverte de terres authentiques, la rencontre de peuples et cultures indonésiennes.
Bien entendu vous l'aurez compris les circuits "touristes c'est par la" ne nous ressemble pas, même si forcement nos chemins se croiserons...
Nous n'avons pas besoin de beaucoup de confort, nous nous acclimatons a beaucoup de situations.
Comme c'est la première fois que je pars avec mon petit frère, ça me tient vraiment a cœur de lui donner le gout du voyage comme j'ai pu l'avoir au cours de ces dernières années.
Je suis convaincue que plusieurs personnes ont ici, des bons plans à nous faire partager, des conseils que je n'ai pas trouvés dans les récits de voyage ou dans le bouquin.
Alors je suis toute ouïe, j'ai soif de vos expériences et de connaissance.
Nous ne sommes pas très plage, mais pensons quand même consacrer 3ou4jour en fin (?) de voyage pour de la plongée ou snorkeling. Le reste nous aimerions le consacrer à un trek (ou plusieurs?), l'ascension de volcans, la découverte de rizières, de villages reculé. Nous voulions faire la vallée du Baliem, mais je pense que c'est devenu très "touristique" et j'ai peur que les Dani se sentent "observés", je n'aime pas trop le principe de débarquement des touristes qui mitraillent les tribus en photos, qui leur "volent" leur "âme" quelque part sans réellement "s’intéresser" a leur façon de vivre. J'ai peur de l'effet "Padaung" (femmes girafes parquées pour les touristes...) auquel je n'adhère PAS DU TOUT!!
Je sais que 1 mois c'est très court, mais si quelques-uns d'entre vous ont vécu des expériences avec des familles locales ça m’intéresse aussi...
Enfin voila en espérant avoir des réponses amis amies de la route !
Laure
coucou les voyageurs!
je parts à la fin de l'année avec mon conjoint pour 7 semaines. nous avons eu la chance de faire un long sejour en indonésie en 2009/2010 🙂. nous connaissons sumatra, java, bali, lombok, sumbawa et flores😉.
j'aimerais approfondir mon expérience indo et me rendre à Sulawesie. c'est vrai qu'en decembre/ janvier ce n'est peut etre pas la meilleure période à sulawesie, à cause de la pluie.......bon, à voir..... prendre le temps et rester 7 semaines rien qu'a sulawesie, cela peut etre top et c'est ce que j'aimerais faire je crois. ( mais du coup, il me faut encore ce visa indo avant de partir....alala)
sinon, j'avais pensé faire 1 mois sur sulawesie ( c'est peut etre un peu juste?) et 3 semaines aux philippines sud, palawan ou mindanao? les philippines ne m'ont jamais vraiment attirée, mais finallement je connais rien d'elles, alors pk pas?
et puis y'a aussi les molluques!!!!! elles m'attirent beaucoup....mais je n'ai pas trop d'infos sur ces dernières....
alors please, vous qui connaissez, vous feriez quoi 🤪? sachant que 7 semaines c'est cool mais pas beaucoup aussi.... et encore, connaissez-vous un bon guide(livre) touristique rien que sur sulawesie? merci beaucoup pour vos suggestions @+
je parts à la fin de l'année avec mon conjoint pour 7 semaines. nous avons eu la chance de faire un long sejour en indonésie en 2009/2010 🙂. nous connaissons sumatra, java, bali, lombok, sumbawa et flores😉.
j'aimerais approfondir mon expérience indo et me rendre à Sulawesie. c'est vrai qu'en decembre/ janvier ce n'est peut etre pas la meilleure période à sulawesie, à cause de la pluie.......bon, à voir..... prendre le temps et rester 7 semaines rien qu'a sulawesie, cela peut etre top et c'est ce que j'aimerais faire je crois. ( mais du coup, il me faut encore ce visa indo avant de partir....alala)
sinon, j'avais pensé faire 1 mois sur sulawesie ( c'est peut etre un peu juste?) et 3 semaines aux philippines sud, palawan ou mindanao? les philippines ne m'ont jamais vraiment attirée, mais finallement je connais rien d'elles, alors pk pas?
et puis y'a aussi les molluques!!!!! elles m'attirent beaucoup....mais je n'ai pas trop d'infos sur ces dernières....
alors please, vous qui connaissez, vous feriez quoi 🤪? sachant que 7 semaines c'est cool mais pas beaucoup aussi.... et encore, connaissez-vous un bon guide(livre) touristique rien que sur sulawesie? merci beaucoup pour vos suggestions @+
la papouasie est en asie politiquement parlant, mais comme geographiquement c est en oceanie je poste ca ici aussi, en esperant que ca en aide certains...
donc c est de wamena jusqu a la cote sud, par les chemins et les rivieres.
bon deja pour s embarquer dans ce genre de trip il faut parler un minimum d indonesien(si vous le parlez bien ce n est que mieux), de facon a pouvoir un peu communiquer et apprendre des locaux et aussi de maniere a ne pas etre trop dependant des guides. il faut du temps aussi, avec un visa d un mois c est difficilement faisable et plutot que se retrouver a charteriser un bateau pour une fortune ou depasser la limite du visa il vaut mieux partir avec un de deux mois.
quoi emmener? alors a jayapura faut stocker de la bouffe, genre gateaux, sauces et condiments et autres suivant vos gouts, du repulsif a moustique, des medocs contre la malaria(chloroquine et combinaison fansidar plus quinine), parce qu a wamena y a pas grand chose et apres y a plus rien. au niveau riz, nouilles, patates douces et quelques legumes c est possible de se ravitailler en route. si vous comptez rester longtemps dans les montagnes il vous faudra des vetements chauds et soit une tente soit au minimum un "terpal"(sorte de grande bache impermeable, achetable a jayapura)car il y a des chances que vous ayez a dormir dehors vu que des fois les bleds sont loin les uns des autres. mais ne vous chargez pas trop car une fois dans les plaines tout ca sera inutile. pour les plaines un hamac mousticaire peut etre utile, mais une fois encore le terpal fera l affaire, le guide papou vous montera une armature en bois en deux deux et vous fera un beau petit lit de feuilles douillet. il faut une bonne carte aussi, celles du guide periplus irian jaya sont pas mal, sinon au bureau maf ils en ont une avec toutes les pistes d atterrisage qui ira bien. les classiques aussi, une lampe de poche, un drap pour dormir, une natte ou un plastique comme matelas, une couverture de survie...
le permis(surat jalan): pas complique, faut le faire a jayapura chez les flics, a wamena c est pas possible.
a wamena: les guides sont super chers(200000 rps pour un guide anglophone, 100000 pour les autres)et meme s il y en a des sympas il y a aussi un tas de fripouilles qui vont prendre des comms dans tous les endroits ou vous dormirez et sur tout ce que vous acheterez. il y a eu aussi des histoires de vols et de guides menacant de vous lacher en plein milieu de nulle part si vous ne donnez pas plus d argent que c etait convenu au depart. et oui, a wamena ils sont habitues aux blancs, vous voila prevenus. en fait il n y a pas besoin de prendre de guide depuis wamena car au debut les chemins sont facile a suivre, il y a plein de villages et de gens qui passent.
couts: un guide dans les petits bleds c est 50000 rps par jour et c est sympa de lui payer sa journee de retour. a chaque bled il faut en changer, de maniere a ce que tout le monde travaille et pour etre sur que le gars connaisse bien la route. une nuit dans une de leur hutte c est 10000 rps mais mettez bien les choses au clair car certains ont tendance a s imaginer qu ils ont un 4 etoiles et peuvent demander des prix incroyables.
attention!! les papous marchent super vite, donc quand ils disent qu ils mettent une journee comptez plutot deux, voire trois si comme moi vous etes plus tortue que lievre. ils n ont pas trop la notion du temps non plus donc s ils disent deux heures ca veut pas dire grand chose... si pour une raison ou une autre vous avez a prendre un avion pour rentrer precipitamment sur wamena ne croyez pas en avoir un rapidos, il se peut que vous ayez a attendre une semaine ou plus, a moins que vous ne soyez TRES chanceux. bien sur vous pouvez en charteriser un de 5 places, mais meme la c est pas garanti que vous l ayez le jour dit quoi que vous en diront les locaux.
en route! si vous voulez aller a holuwon n essayez pas de longer la vallee du baliem, meme les papous disent que c est hyper dur et dangereux(ravins, eboulements, des endroits ou il n y a carrement pas de chemins), mieux vaut passer par ninia. de wamena prenez un taxi collectif jusqu au "pos" qui est un peu avant kurima puis commencez a marcher et passez le pont de seima. avec mes potes on a marche tout seuls jusqu a yogosem puis de la on a pris des guides. de yogosem vous pouvez aller soit a angguruk(assez dur et surement une nuit en altitude), soit a ninia(un peu moins dur mais pas mal quand meme, une nuit dehors aussi). a yogosem je recommende comme guides yanus et simeon pahabol, des gars sympas et fiables. donc maintenant c est vous qui voyez pour l itineraire... a ninia je recommende pak yeremias, un fier papou qui connait son affaire. a uam il faut demander a la radio de prevenir sumo pour qu ils envoient un canoe a sulum pour venir vous chercher. donnez 50000 rps par rameur, on n est pas des esclavagistes que diable!! :-))))))) a un moment ou a un autre vous allez arriver a dekai(si vous survivez les marais et les sangsues). de la y a des bateaux en bois pour timika, mais je deconseille de le faire en une fois. deja c est un peu dommage de passer aussi vite, et puis en plus ca prend dans les 3-4 jours, ce sont en general des petits bateaux et le soleil a vite fait de vous rotir... sans parler que la mer peut etre mauvaise entre atsj et timika. il y a aussi des perintis(sorte de cargos)pour merauke une fois toutes les morts d eveque mais des fois ils ne vont que jusqu a binem. les charters c est tres cher, genre dekai binem dans les 3, 5 ou 4 millions...
les korowais. et oui, c est la que tout le monde veut aller. bon deja faut pas se leurrer, on est en 2006 et presque partout ils commencent a etre christianises, ils connaissent le fer et l argent, le cannibalisme a disparu et ils ont eu des contacts avec l exterieur, si pas avec des blancs du moins avec des indos cherchant le fameux kayu gaharu-sorte de bois de santal de tres haute qualite et tres cher-dont la region est claffie. en fait d apres les dires des marchands de kayu gaharu et les missionnaires il ne reste que deux zones ou ils ne soient encore pas du tout du tout christianises et vivent a l arrache, mais je pense qu il ne faut pas y aller, vous allez comprendre pourquoi. donc avec mes potes cousin et tantine que j embrasse affectueusement au passage(on s est quittes la larme a l oeil cet apres midi)on est donc montes vers une de ces deux zones. on est arrives dans un 1 er village korowai ou ils ne sont pas chretiens mais n habitent deja plus dans des maisons dans les arbres et ont des vetements. le lendemain on devait partir plus haut sur la riviere voir les vrais rastaquoueres mais naps se sentait mal et n a pas suivi. il etait cense alle le surlendemain tout seul voir d autres villages a a peine quelques heures de marche pour comparer avec ceux qu auront vu les potes mais helas un neuro palu fulgurant l a terrasse(vraiment terrible)et il a rien vu du tout(un peu rageant quand meme d aller aussi loin et de flancher a 4-5 h du but mais c est la vie)car apres y avait plus assez de temps. donc cousin et tantine de retour m ont conte ce qui suit: les korowais en question, s ils vivent bien a poil dans la jungle en tout cas ils connaissent le fer et les gosses jusqu a 15 ans ont deja des vetements. ils etaient assez craintifs a la vue de blancs et en fait mes amis n ont pas du tout pu communiquer avec eux, chaque groupe ethnique observait l autre de loin. dans un village ils n ont pas eu le droit de dormir, on leur a refuse l acces des maisons dans les arbres et en fait il ressort de tout ca que ces gens n ont pas du tout envie d avoir de contacts avec nous, car comme disaient cousin et tantine: on se demandait ce qu on fouttait la, on n aurait jamais du venir et leur fouttre la paix!!! de toute facon il ne reste plus que quelques villages isoles, ces gens sont en train de se faire rattraper par l an 2006... en fait si vous voulez voir les korowais c est mieux d aller dans la region au nord de yaniruma. la ils sont deja un peu christianises et ont l habitude de voir des blancs vu que c est la que tout le monde va, mais au moins vous serez bien accueillis et ils sont encore bien traditionnels . par contre vu que c est aussi le terrain de jeu des groupes organises mettez bien au clair le prix pour dormir et autres car ils ont tendance a nous prendre pour une mine d or. et marchandez dur le prix des speed boats a senggo car ce sont une belle bande d escrocs qui vont chercher a tirer le maximum de vous!!! ensuite pour redescendre jusqu a la cote sud prevoyez du temps car il n y a pas de bateaux tous les jours et meme si les locaux vous disent qu il y en a "banyaaaaaaaaak"(beaucoup)ne les croyez pas. voila voila, c est a peu pres tout. en conclusion je dirais que c est un tres beau trip, tres special, mais qu il faut etre en forme, surtout mentalement.
bon deja pour s embarquer dans ce genre de trip il faut parler un minimum d indonesien(si vous le parlez bien ce n est que mieux), de facon a pouvoir un peu communiquer et apprendre des locaux et aussi de maniere a ne pas etre trop dependant des guides. il faut du temps aussi, avec un visa d un mois c est difficilement faisable et plutot que se retrouver a charteriser un bateau pour une fortune ou depasser la limite du visa il vaut mieux partir avec un de deux mois.
quoi emmener? alors a jayapura faut stocker de la bouffe, genre gateaux, sauces et condiments et autres suivant vos gouts, du repulsif a moustique, des medocs contre la malaria(chloroquine et combinaison fansidar plus quinine), parce qu a wamena y a pas grand chose et apres y a plus rien. au niveau riz, nouilles, patates douces et quelques legumes c est possible de se ravitailler en route. si vous comptez rester longtemps dans les montagnes il vous faudra des vetements chauds et soit une tente soit au minimum un "terpal"(sorte de grande bache impermeable, achetable a jayapura)car il y a des chances que vous ayez a dormir dehors vu que des fois les bleds sont loin les uns des autres. mais ne vous chargez pas trop car une fois dans les plaines tout ca sera inutile. pour les plaines un hamac mousticaire peut etre utile, mais une fois encore le terpal fera l affaire, le guide papou vous montera une armature en bois en deux deux et vous fera un beau petit lit de feuilles douillet. il faut une bonne carte aussi, celles du guide periplus irian jaya sont pas mal, sinon au bureau maf ils en ont une avec toutes les pistes d atterrisage qui ira bien. les classiques aussi, une lampe de poche, un drap pour dormir, une natte ou un plastique comme matelas, une couverture de survie...
le permis(surat jalan): pas complique, faut le faire a jayapura chez les flics, a wamena c est pas possible.
a wamena: les guides sont super chers(200000 rps pour un guide anglophone, 100000 pour les autres)et meme s il y en a des sympas il y a aussi un tas de fripouilles qui vont prendre des comms dans tous les endroits ou vous dormirez et sur tout ce que vous acheterez. il y a eu aussi des histoires de vols et de guides menacant de vous lacher en plein milieu de nulle part si vous ne donnez pas plus d argent que c etait convenu au depart. et oui, a wamena ils sont habitues aux blancs, vous voila prevenus. en fait il n y a pas besoin de prendre de guide depuis wamena car au debut les chemins sont facile a suivre, il y a plein de villages et de gens qui passent.
couts: un guide dans les petits bleds c est 50000 rps par jour et c est sympa de lui payer sa journee de retour. a chaque bled il faut en changer, de maniere a ce que tout le monde travaille et pour etre sur que le gars connaisse bien la route. une nuit dans une de leur hutte c est 10000 rps mais mettez bien les choses au clair car certains ont tendance a s imaginer qu ils ont un 4 etoiles et peuvent demander des prix incroyables.
attention!! les papous marchent super vite, donc quand ils disent qu ils mettent une journee comptez plutot deux, voire trois si comme moi vous etes plus tortue que lievre. ils n ont pas trop la notion du temps non plus donc s ils disent deux heures ca veut pas dire grand chose... si pour une raison ou une autre vous avez a prendre un avion pour rentrer precipitamment sur wamena ne croyez pas en avoir un rapidos, il se peut que vous ayez a attendre une semaine ou plus, a moins que vous ne soyez TRES chanceux. bien sur vous pouvez en charteriser un de 5 places, mais meme la c est pas garanti que vous l ayez le jour dit quoi que vous en diront les locaux.
en route! si vous voulez aller a holuwon n essayez pas de longer la vallee du baliem, meme les papous disent que c est hyper dur et dangereux(ravins, eboulements, des endroits ou il n y a carrement pas de chemins), mieux vaut passer par ninia. de wamena prenez un taxi collectif jusqu au "pos" qui est un peu avant kurima puis commencez a marcher et passez le pont de seima. avec mes potes on a marche tout seuls jusqu a yogosem puis de la on a pris des guides. de yogosem vous pouvez aller soit a angguruk(assez dur et surement une nuit en altitude), soit a ninia(un peu moins dur mais pas mal quand meme, une nuit dehors aussi). a yogosem je recommende comme guides yanus et simeon pahabol, des gars sympas et fiables. donc maintenant c est vous qui voyez pour l itineraire... a ninia je recommende pak yeremias, un fier papou qui connait son affaire. a uam il faut demander a la radio de prevenir sumo pour qu ils envoient un canoe a sulum pour venir vous chercher. donnez 50000 rps par rameur, on n est pas des esclavagistes que diable!! :-))))))) a un moment ou a un autre vous allez arriver a dekai(si vous survivez les marais et les sangsues). de la y a des bateaux en bois pour timika, mais je deconseille de le faire en une fois. deja c est un peu dommage de passer aussi vite, et puis en plus ca prend dans les 3-4 jours, ce sont en general des petits bateaux et le soleil a vite fait de vous rotir... sans parler que la mer peut etre mauvaise entre atsj et timika. il y a aussi des perintis(sorte de cargos)pour merauke une fois toutes les morts d eveque mais des fois ils ne vont que jusqu a binem. les charters c est tres cher, genre dekai binem dans les 3, 5 ou 4 millions...
les korowais. et oui, c est la que tout le monde veut aller. bon deja faut pas se leurrer, on est en 2006 et presque partout ils commencent a etre christianises, ils connaissent le fer et l argent, le cannibalisme a disparu et ils ont eu des contacts avec l exterieur, si pas avec des blancs du moins avec des indos cherchant le fameux kayu gaharu-sorte de bois de santal de tres haute qualite et tres cher-dont la region est claffie. en fait d apres les dires des marchands de kayu gaharu et les missionnaires il ne reste que deux zones ou ils ne soient encore pas du tout du tout christianises et vivent a l arrache, mais je pense qu il ne faut pas y aller, vous allez comprendre pourquoi. donc avec mes potes cousin et tantine que j embrasse affectueusement au passage(on s est quittes la larme a l oeil cet apres midi)on est donc montes vers une de ces deux zones. on est arrives dans un 1 er village korowai ou ils ne sont pas chretiens mais n habitent deja plus dans des maisons dans les arbres et ont des vetements. le lendemain on devait partir plus haut sur la riviere voir les vrais rastaquoueres mais naps se sentait mal et n a pas suivi. il etait cense alle le surlendemain tout seul voir d autres villages a a peine quelques heures de marche pour comparer avec ceux qu auront vu les potes mais helas un neuro palu fulgurant l a terrasse(vraiment terrible)et il a rien vu du tout(un peu rageant quand meme d aller aussi loin et de flancher a 4-5 h du but mais c est la vie)car apres y avait plus assez de temps. donc cousin et tantine de retour m ont conte ce qui suit: les korowais en question, s ils vivent bien a poil dans la jungle en tout cas ils connaissent le fer et les gosses jusqu a 15 ans ont deja des vetements. ils etaient assez craintifs a la vue de blancs et en fait mes amis n ont pas du tout pu communiquer avec eux, chaque groupe ethnique observait l autre de loin. dans un village ils n ont pas eu le droit de dormir, on leur a refuse l acces des maisons dans les arbres et en fait il ressort de tout ca que ces gens n ont pas du tout envie d avoir de contacts avec nous, car comme disaient cousin et tantine: on se demandait ce qu on fouttait la, on n aurait jamais du venir et leur fouttre la paix!!! de toute facon il ne reste plus que quelques villages isoles, ces gens sont en train de se faire rattraper par l an 2006... en fait si vous voulez voir les korowais c est mieux d aller dans la region au nord de yaniruma. la ils sont deja un peu christianises et ont l habitude de voir des blancs vu que c est la que tout le monde va, mais au moins vous serez bien accueillis et ils sont encore bien traditionnels . par contre vu que c est aussi le terrain de jeu des groupes organises mettez bien au clair le prix pour dormir et autres car ils ont tendance a nous prendre pour une mine d or. et marchandez dur le prix des speed boats a senggo car ce sont une belle bande d escrocs qui vont chercher a tirer le maximum de vous!!! ensuite pour redescendre jusqu a la cote sud prevoyez du temps car il n y a pas de bateaux tous les jours et meme si les locaux vous disent qu il y en a "banyaaaaaaaaak"(beaucoup)ne les croyez pas. voila voila, c est a peu pres tout. en conclusion je dirais que c est un tres beau trip, tres special, mais qu il faut etre en forme, surtout mentalement.
SECOND TOME, CHAPITRE XII - COUSIN ET TANTINE
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas �� cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqué ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas �� cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqué ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...
Hi there!
Discussions are rare and not recent, so I’m giving this a little bump—hope some folks are still around! ;-)
I’d love to head to Wamena and trek south through the Valley over 5-6 days on foot.
From what I’ve seen, finding your way isn’t exactly straightforward, and it seems best to hire a guide. I’ve never done that before because the encounters just aren’t the same...
Has anyone here explored the area? Is it feasible to trek down along the Baliem River, from Sogokmo to Kulise, then to Wamerek, cross over, and head back up along the river?
I’ve heard you should bring supplies to offer your hosts, which I’m happy to do!
What do you all think? The carefree spirit of my 20s is long gone, but I’d love to find it again, even just for a little while. ;-)
Thanks so much in advance for any tips or advice! Juliette
Has anyone here explored the area? Is it feasible to trek down along the Baliem River, from Sogokmo to Kulise, then to Wamerek, cross over, and head back up along the river?
I’ve heard you should bring supplies to offer your hosts, which I’m happy to do!
What do you all think? The carefree spirit of my 20s is long gone, but I’d love to find it again, even just for a little while. ;-)
Thanks so much in advance for any tips or advice! Juliette
Bonjour,
Mon copain et moi prévoyons de partir 3 semaines en Papouasie occidentale. Nous souhaitons aller plonger à Raja Ampat et faire un trek dans la vallée de Baliem.
Nous souhaiterions être au plus proche des habitants et éviter les circuits touristiques et nous sommes donc à la recherche de tips pour dormir chez l'habitant durant notre trek.
Merci d'avance pour vos précieux conseils.
Nous sommes aussi tout ouï pour d'autres conseils liés à la Papouasie occidentale.
Julie et Yves
Mon copain et moi prévoyons de partir 3 semaines en Papouasie occidentale. Nous souhaitons aller plonger à Raja Ampat et faire un trek dans la vallée de Baliem.
Nous souhaiterions être au plus proche des habitants et éviter les circuits touristiques et nous sommes donc à la recherche de tips pour dormir chez l'habitant durant notre trek.
Merci d'avance pour vos précieux conseils.
Nous sommes aussi tout ouï pour d'autres conseils liés à la Papouasie occidentale.
Julie et Yves
bonjour
je veux aller a irian jaya en juillet 2010 et je voulais savoir si une personne est aller récemment la-bas
je compte y passer 2 semaines , en général j'ai tous les infos qu'il me faut , sauf les prix récemment constater pour les avions missionnaires de wamena a yaniruma , je veux pas charteriser une avion entière car c'est très cher , mais je sais qu'ils vendent les places dans ces avions en détails , vous connaissez les prix actuels ?
pareil pour les prix des speed-boat pour timika
merci tous les monde
les compagnons des voyage sont bienvenus
voulons à 4 faire un trek début aout dans la vallée de la Baliem avant le festival, faut-il organiser à l'avance pour cette période ou peut-on trouver en arrivant sur place y compris l'hébergement.Quels sont les prix pratiqués ?
un arrêt sur Biak vaut-il le coup? Ou peut-on voir des oiseaux de paradis?Merci de votre expérience
Bonjour,
Nous serons en novembre à Raja Ampat pendant 2 à à3 semaines, sachant que nous serons 30 jours en indonésie.
Nous pensons aller sur l'ile de Kri , qui est visiblement la moins chère. Je cherche à moins de 350 000 avec une connexion internet possible avec carte sim et un endroit sympa pour faire du snorkeling?
Pensez vous que cela vaille le coup d'aller voir la vallée du Baliem , malgré que nous soyons pas des grands marcheurs?
D'avance merci.
Bonjour,
Nous nous rendons en papouasie occidentale, est-ce quelqu'un a les dernières infos concernant le permis que nous devons nous procurer ?
Doit-on l'acheter sur place à Sorong par exemple, ou à l'avance ? Nous faisons Bali - Makassar - Sorong
Merci =)
Ah oui, autre chose, est-ce que nous avons besoin d'acheter aussi le fee pour le park maritime de raja ampat, à savoir que nous ne faisons pas de plongée mais que du snorkeling ?
Nous nous rendons en papouasie occidentale, est-ce quelqu'un a les dernières infos concernant le permis que nous devons nous procurer ?
Doit-on l'acheter sur place à Sorong par exemple, ou à l'avance ? Nous faisons Bali - Makassar - Sorong
Merci =)
Ah oui, autre chose, est-ce que nous avons besoin d'acheter aussi le fee pour le park maritime de raja ampat, à savoir que nous ne faisons pas de plongée mais que du snorkeling ?
Bonjour, je m'intéresse aux blogs de la Papouasie occidentale depuis peu, j'ai regardé les discussions et j'ai vu que certains parlent d'une autorisation pour visiter des lieux? Si je veux simplement aller sur une ile et aller dans la vallee du Baliem faire un trek et assister au festival en aout, est-ce que je dois avoir cette autorisation????? Je ne suis pas certaine de comprendre...
Merci de m'aider!!!!!!
Bonjour,
J'ai l'intention de partir en Papouasie occidentale seule avec mon fils de 10 ans fin octobre. J'ai l'habitude de voyager seule avec lui en baroudant mais pour la Papouasie, je pense qu'il est difficile de trouver sur place. c'est pourquoi, j'aimerai organiser ce voyage un peu à l'avance.
J'aimerai trouver un guide qui pourrait nous emmener de villages en village, excursion d' 1 semaine pour terminer notre séjour sur les iles Réja ampat.
Je suis inéeressée par toute information quelle quelle soit.
Merci par avance pour votre aide.
A bientôt
Val
J'ai l'intention de partir en Papouasie occidentale seule avec mon fils de 10 ans fin octobre. J'ai l'habitude de voyager seule avec lui en baroudant mais pour la Papouasie, je pense qu'il est difficile de trouver sur place. c'est pourquoi, j'aimerai organiser ce voyage un peu à l'avance.
J'aimerai trouver un guide qui pourrait nous emmener de villages en village, excursion d' 1 semaine pour terminer notre séjour sur les iles Réja ampat.
Je suis inéeressée par toute information quelle quelle soit.
Merci par avance pour votre aide.
A bientôt
Val
Bonsoir,
Je prépare un voyage en Iryan Jaya ( Nouvelle guinée) , Quelqu'un pourrait il me passer des tuyaux sur : Visites à faire (hors plongée) - adresse eventuelle d'un guide - adresses de guest Houses - et un ordre de prix par jour nourriture et Guest House. ce voyage est prévu en Dec ou Janvier prochain Merci d'avance
Je prépare un voyage en Iryan Jaya ( Nouvelle guinée) , Quelqu'un pourrait il me passer des tuyaux sur : Visites à faire (hors plongée) - adresse eventuelle d'un guide - adresses de guest Houses - et un ordre de prix par jour nourriture et Guest House. ce voyage est prévu en Dec ou Janvier prochain Merci d'avance
Coucou les voyageurs,
J ai le projet de me rendre 5-6 semaines cet ete en Irian Jaya, mais j en connais peu sur cette region et j aimerais avoir vos lumieres sur ce coin recule. Quels sont les interets touristiques ? Aller voir des papous, c est bien mais cela necessite combien de temps ? Ou vivent les asmat et les korowais ? combien de temps faut il pour aller les voir ? quelles sont les regions sympas en termes de paysages (ex dans le genre sepik en PNG) et d aventure? se deplace t on facilement a l interieur de l irian jaya (ok c est pas java, mais comment on bouge ?) quelles sont les plages sympas (attention je suis exigeante) ? et les spots de plangee ? et tous les trucs que j aurais oublie !...
Merci pour vos conseils
Keep cool
Cat
J ai le projet de me rendre 5-6 semaines cet ete en Irian Jaya, mais j en connais peu sur cette region et j aimerais avoir vos lumieres sur ce coin recule. Quels sont les interets touristiques ? Aller voir des papous, c est bien mais cela necessite combien de temps ? Ou vivent les asmat et les korowais ? combien de temps faut il pour aller les voir ? quelles sont les regions sympas en termes de paysages (ex dans le genre sepik en PNG) et d aventure? se deplace t on facilement a l interieur de l irian jaya (ok c est pas java, mais comment on bouge ?) quelles sont les plages sympas (attention je suis exigeante) ? et les spots de plangee ? et tous les trucs que j aurais oublie !...
Merci pour vos conseils
Keep cool
Cat
Hi everyone,
so glad the forum’s back up!
I’m planning a trip for next June but I’m still torn between Papua and Papua New Guinea.
Solo backpacking trip, about 3 weeks (trekking, culture, and a tiny bit of beach time).
It’s still tough to find recent info—anyone know if backpacking is doable there?
Thanks in advance for your tips!
carpediem
Bonjour à tous,
je voyage depuis 9 mois, le but étant d'aller de France jusqu'à Bangkok sans prendre l'avion. Or j'ai atteint Bangkok il y a plus de deux mois, et comme tout le monde le sais, quand on goûte au voyage, on ne s'arrête plus! Actuellement en Malaisie, je souhaite donc maintenant de traverser l'Indonésie jusqu'à Papua sans prendre l'avion, d'où je serai contraint de prendre mon premier vol pour le Népal/Inde, et rentrer tranquillement par la route de la Soie.
Je serai à Sumatra dans quelques jours en provenance de Singapour et disposerai d'environ un mois en Indonésie.Premièrement, je souhaiterais acheter une moto à Sumatra et la revendre sans doute à l'est du Nusa Tengarra. J'ai lu pas mal de choses, notamment concernant les problèmes de propriété, de transfert de dossier à la Police lors du changement de Province, ... J'aimerais donc savoir si l'achat est possible, si certains l'ont déjà fait, même si tout n'est pas très légal (comme souvent!), quelles sont les démarches indispensables? Sachant que je ne souhaite pas revenir sur mes pas, la location n'est donc pas la bienvenue! Bref, je prends toute information concernant ce sujet, je n'arrive pas à trouver suffisamment d'infos.Deuxièmement, j'aimerais rejoindre Papua par bateau, mais Papua, c'est loin! Et je ne trouve pas les bons horaires pour la Pelni (société qui gère les transports maritimes en Indo). Donc où puis-je trouver les bons calendriers/tarifs? Combien de temps dure le trajet si on considère que je serai à l'est de Nusa Tengarra ou au Timor? Autrement, d'où faut-il que je prenne le bateau?Merci pour votre attention! Bien entendu, si vous avez quelconque question à me poser, n'hésitez pas à me contacter en privé ou sur le blog. Bonne route à tous!
je voyage depuis 9 mois, le but étant d'aller de France jusqu'à Bangkok sans prendre l'avion. Or j'ai atteint Bangkok il y a plus de deux mois, et comme tout le monde le sais, quand on goûte au voyage, on ne s'arrête plus! Actuellement en Malaisie, je souhaite donc maintenant de traverser l'Indonésie jusqu'à Papua sans prendre l'avion, d'où je serai contraint de prendre mon premier vol pour le Népal/Inde, et rentrer tranquillement par la route de la Soie.
Je serai à Sumatra dans quelques jours en provenance de Singapour et disposerai d'environ un mois en Indonésie.Premièrement, je souhaiterais acheter une moto à Sumatra et la revendre sans doute à l'est du Nusa Tengarra. J'ai lu pas mal de choses, notamment concernant les problèmes de propriété, de transfert de dossier à la Police lors du changement de Province, ... J'aimerais donc savoir si l'achat est possible, si certains l'ont déjà fait, même si tout n'est pas très légal (comme souvent!), quelles sont les démarches indispensables? Sachant que je ne souhaite pas revenir sur mes pas, la location n'est donc pas la bienvenue! Bref, je prends toute information concernant ce sujet, je n'arrive pas à trouver suffisamment d'infos.Deuxièmement, j'aimerais rejoindre Papua par bateau, mais Papua, c'est loin! Et je ne trouve pas les bons horaires pour la Pelni (société qui gère les transports maritimes en Indo). Donc où puis-je trouver les bons calendriers/tarifs? Combien de temps dure le trajet si on considère que je serai à l'est de Nusa Tengarra ou au Timor? Autrement, d'où faut-il que je prenne le bateau?Merci pour votre attention! Bien entendu, si vous avez quelconque question à me poser, n'hésitez pas à me contacter en privé ou sur le blog. Bonne route à tous!
j'aimerai aller dans les partie les plus recullées de l'irian jaya...
qui peut m'aider a faire ce voyage et avec qui partir ?
merci
qui peut m'aider a faire ce voyage et avec qui partir ?
merci
Pour ceux qui ne sont pas au courant, organiser son séjour aux raja Ampat en indépendant est devenu tout bonnement impossible depuis quelques semaines!
En effet le site phare qui donnait toutes les infos et les contacts des différentes Guest house du coin (Stayrajaampat.com) vient d'anonymiser les contacts des proprios et se transformer tout bonnement en une plateforme de réservation!
Ils motivent leur décision en évoquant le bien être des locaux et leur désarroi devant les réservation non honorées par les voyageurs : Grosso mode, le voyageur choisissait une guest house, appelait ou envoyait un sms au proprio pour reserver mais des fois ne se présentait pas, donc perte sèche pour la Guest house! Maintenant en passant par la plateforme de résa, on choisit, on reserve et on paie direct dans la foulée avec bine entendu une commission versée a Stay raja Ampat!!
certes ce site a ete une bouffée d'oxygene pour les voyageurs voulant se rendre dans le coin et eventuellement pour le différents locaux qui se sont lancées dans le tourism mais en grattant un peu (forum anglophone) il s'avere que c'est une site detenu exclusivement par des occidentaux basés a Bali et Singapour!!
Ce changement sonne definitivement le glas pour les voyageurs indépendants et surtout pour les guest houses lointaines type Manyaifun, Selpele ou encore Gam ouest qui intéressaient presqu exclusivement ce genre de voyageur qui ne reserve pas..au contraire des visiteurs qui viennent aux raja Ampat pour une semaine ou dix jours sans visiter le reste du pays (comme cela se faisait avant) et qussi au profit des GH les plus populaires sur KRI ou sud de GAM qui sont deja bien installés et souvent la propriete des elites locales, donc pas besoin de revenus touristiques!
Les raja Apat se transforment doucement en une destination de luxe apres une petite fenetre democratique: les frais du permis, le transport jusqu a Sorong puis les transferts vers les GH puis encore le cout sur place augmente de la nouvelle commission du site et enfin les prix des activités....ca fait bcp!
Juste pour info et aussi pour exprimer un peu mon desaccord ....il reste cependant des milliers d 'autres iles dans le pays qui valent autant ou mieux et ou on peut vivre une experience totale a moindre frais
Bon voyage a tous
En effet le site phare qui donnait toutes les infos et les contacts des différentes Guest house du coin (Stayrajaampat.com) vient d'anonymiser les contacts des proprios et se transformer tout bonnement en une plateforme de réservation!
Ils motivent leur décision en évoquant le bien être des locaux et leur désarroi devant les réservation non honorées par les voyageurs : Grosso mode, le voyageur choisissait une guest house, appelait ou envoyait un sms au proprio pour reserver mais des fois ne se présentait pas, donc perte sèche pour la Guest house! Maintenant en passant par la plateforme de résa, on choisit, on reserve et on paie direct dans la foulée avec bine entendu une commission versée a Stay raja Ampat!!
certes ce site a ete une bouffée d'oxygene pour les voyageurs voulant se rendre dans le coin et eventuellement pour le différents locaux qui se sont lancées dans le tourism mais en grattant un peu (forum anglophone) il s'avere que c'est une site detenu exclusivement par des occidentaux basés a Bali et Singapour!!
Ce changement sonne definitivement le glas pour les voyageurs indépendants et surtout pour les guest houses lointaines type Manyaifun, Selpele ou encore Gam ouest qui intéressaient presqu exclusivement ce genre de voyageur qui ne reserve pas..au contraire des visiteurs qui viennent aux raja Ampat pour une semaine ou dix jours sans visiter le reste du pays (comme cela se faisait avant) et qussi au profit des GH les plus populaires sur KRI ou sud de GAM qui sont deja bien installés et souvent la propriete des elites locales, donc pas besoin de revenus touristiques!
Les raja Apat se transforment doucement en une destination de luxe apres une petite fenetre democratique: les frais du permis, le transport jusqu a Sorong puis les transferts vers les GH puis encore le cout sur place augmente de la nouvelle commission du site et enfin les prix des activités....ca fait bcp!
Juste pour info et aussi pour exprimer un peu mon desaccord ....il reste cependant des milliers d 'autres iles dans le pays qui valent autant ou mieux et ou on peut vivre une experience totale a moindre frais
Bon voyage a tous
Finis les embouteillages, la pollution et la vie trépidante javanaise, nous voici arrivés depuis le debut d'apres midi, avec mon pote BRICE, en papouasie , à sentani près de jayapura.
Les visages ont changés, les têtes sont plus rondes, les cheveux crépus et les dents usées par l'acidite de la noix de bétel.
Les papous sont de petites tailles meme si ici , vivent encore beaucoup d'indonésiens venus de java.
Nous partons demain faire un aller-retour sur jayapura y réserver un vol pour wamena et acheter de la nourriture de base , riz , pates, sucre.....pour préparer nos treks ainsi qu'un laisser passer indispensable pour pouvoir continuer notre route.
L'air est saturée en humidité et la température avoisine les 35, autant dire que l'on est trempés du matin au soir et que la douche(casserole) n'y change rien.
Les papous sont très amicaux et attachants et un tantinet plus timides que les indos.
le concours de massacre de moustiques dans la chambre avec brice est en cours......
Ces 2 derniers jours, nous préparons tranquillement notre périple d'une quarantaine de jours dans la vallée de balliem. L'autorisation de territoire (surat jalan)est acquise depuis hier en payant le prix normal.
Nos sacs sont prêts mais nous avons dû nous séparer de quelques affaires, surtout vestimentaires pour alléger notre sac et nos epaules qui vont être contraintes a dure epreuve.Nous les laissons a santani, elles nous epargnent aussi de payer une surtaxe a l'aeroport.
Afin de préparer nos treks du mieux possible, nous venons d'acheter sardines en boite, céréales, café, sucre, nouilles et 4 kg de riz qui s'averent indispensables mais rajoutent du poids a nos sacs, en plus du lyophilisé ramené de france. Nous apportons aussi duvet, couverture de survie, câpe de pluie, médicaments, filtre a céramique, couverts et gamelles pour cuisiner, bâche de protection, , moustiquaire, ....et le strict minimum vestimentaire. Nous estimons donc commencer par un trek d'une dizaine de jours avec porteurs a travers la montagne dans les tribus yali, ethnies de chasseurs cueilleurs.
je ne vous cache pas que l 'on est emplis de questions, que l 'excitation monte et que l 'on ne sait du tout ce qui nous attend.... Nous arrivons donc a wamena....Les transports sont les pires qu'il soit...jamais vu pires poubelles ailleurs !!!!!! Le tableau de bord est absent, mais en option, un bidon faisant office de réservoir tapit le plancher corrodé. La rouille, presente partout, traverse les tôles. Les sieges sont dechiquetés , toutes lumières et poignées restent aux abonnées absentes depuis bien longtemps. On peut clairement penser que ce sont des troisiemes generations....... Aujourd'hui, on est montés a 17 dans une toyota break...ce sont de vraies bétailleres!!! Faut pas perdre de place alors brice avait le levier de vitesse entre les jambes, et moi, j'ai fini le trajet a l'exterieur, ...maintenu a l'arriere comme je pouvais. On est d'ailleurs tombés en panne d'essence.....sans jauges, c'est pas evident!!! Bon que je decrive un peu ses occupants... Devant moi, un jeune, casquette en arrière style rappeur avec T.shirt troue. Toujours devant, un rasta, dredlogs et bonnet jamaicain sur la tête. Légèrement sur la gauche, un type, torse nû , la quarantaine, une plume jaune sur le front tenue par une ficelle. Encore plus a gauche, une mère allétant son enfant de 3 ans tout en fumant une clope!!! Un autre type aussi, portant un maillot de foot passé de quelques années et aborant un collier de coquillage imposant au cou....... Et juste a cote de moi, un vieux...a poil, la peau frippée, portant son cache sexe....et un parapluie!!! A qui donner la prime de la distinction ?????? Puisque je parle vestimentaire......a noter que le made in china en europe est de bonne qualité....comparé a la merde qu'ils leur balancent ici.....mais oui les chinois peuvent faire encore plus merdique que merdique!!!!!
Nous partons ce matin en solitaire en vue d'y effectuer un trek de plusieurs jours .Nous essaieront de trouver des porteurs en arrivant dans le premier village, tomisa...... ......Et a notre arrivee dans ce hameau, les papous se rassemblent autour de nous avec une curiosité a notre égard très inattendue.Quand nous avancons d'un pas, le cercle papou recule en poussant des hoooo...craintifs.Les enfants fuyent en pleurant retrouver les bras de leurs mères. Apres de longues minutes avec le chef du village, nous tombons d'accord sur un prix pour dormir dans la chapelle, a même la paille...et les puces!!! Le lendemain, 2 porteurs nous accompagnent...seulement 1h, car nous entrons dans la jungle et en territoire ennemi, ainsi ....les porteurs risquent leur vie et doivent nous laisser seuls, pas de cadeaux entre tribus!!! Ils nous assurent cépendant que nous les blancs, ne risquons rien!!! C'est donc comme cela que nous nous retrouvons seuls, sans porteurs, avec des sacs de plus de 20 kg sur les épaules dans le but de rallier le village de pong. L'enfer vert allait parler.... Pendant une dizaine de jours, nous effectuons une trentaine de km quotidiennement dans un univers terrible sans connaitre auparavant le relief puisqu'aucune carte le mentionne. Ainsi, nous grimpons jusqu'a 3300m d'altitude dans une jungle éxuberante ou les arbres sont rongés et etouffés par les attaques incessantes de l'humidité, des plantes parasites, des lichens et des épaisses mousses. Sans cesse nous montons et descendons des montagnes en gravitant des murs de pierres, en chevauchant troncs et racines. Les seules zones plates sont des marécages ou la boue nous vient jusqu'au genoux. Il faut ramper sous des arbres, marcher en équilibre sur des troncs surplombants des rivières ou la moindre erreur peut etre fatale. la mousse recouvre tout, troncs, pierres, racines , créeant un univers ultrat glissant et un sol en suspension ou parfois nous passions une jambe a travers. bref, ce fut un melange de boue, de racines, de troncs, de pierres dans une jungle de montagne complètement hallucinante. Pour le bivouac, nous essayons de trouver une zone a peu près plate . Ensuite, nous débitons un jeune arbre en 4 pour réaliser l'ossature de notre campement a laquelle nous tendons une bâche au dessus. Apres avoir attaché nos capes sur les cotés, nous couvrons le sol de feuilles et d'une bâche pour limiter la remontée de l'humidité. Ensuite vient le moment de se faire un feu (parfois 1h pour l'allumer) et de se faire la popote....riz sardines, pates et produits lyophilises. Point de vue sommeil....on se contente de ce que l'on a....parfois les duvets sont trempés, et a 3000m, ca caille!!! Nous attendons le 6 ème jour pour se laver dans une rivière, a proximité d'une grotte ou l'on crêche.C'est un grand moment de bonheur....on en profite aussi pour laver nos fringues puantes.
Bon...., le pire moment revient au matin lorsqu'on doit enfiler ses chaussettes et chaussures trempées, boueuses et froides. Nous n'avons jamais trouvé le village de pong car apres 6 jours passés dans la jungle sans avoir croisé personne et sans savoir combien de temps il était encore nécessaire pour y parvenir, errintes, nous faisons le choix de rebrousser chemin de peur aussi de ne pas être sur la bonne piste. Nous croisons plus tard pour la premiere fois une famille papou....tous surpris de se retrouver là...au milieu de rien. Ils nous informent apres un bon serrage de main que le village de pong n'est pas très loin...mais ça veut dire quoi pas très loin??... Je ne pense pas qu'il existe pire jungle que celle ci ailleurs....même a 3300m là ou les autres jungles laissent place aux roches ou petits arbustes, ici....la jungle est la même, exubérante, les arbres tombant sous les attaques climatiques et végétales. Chaque pas, chaque appui, chaque prise nécessite un maximum de concentration dans un milieux ultra glissant avec des pluies très fréquentes.Nous ne comptons plus les chutes!!! La moindre entorse ou piqure vénimeuse serait catastrophique a quelques jours de marche de wamena. A wamena justement, nous arrivons.....errintes!!! Alors nous restons plusieurs jours pour désinfecter nos plaies, soigner les ampoules, surveiller les multitudes de coupures aux mains et jambes.Brice ressent aussi le besoin de reposer ses 2 genoux et moi....mon tendon d'achile droit qui m'a fait souffrir au moins pendant 30km hier.On aurait dit que l'on revenait de la guerre du vietnam hier.....on en rigole bien!!!! on s'est jetés sur le coca (pas de bières ici) et on a mangé comme 4 hier soir!!!!! On doit aussi reprendre du poids... J'ai dû me rendre 2 fois a l'hôpital pour realiser des soins afin de résorber mes 4 infections aux jambes.De belles plaies a l'origine qui se sont infectées a cause de mouches venant s'agglutiner dessus. bon....l'hosto, ..c'est folklo !!!.....je raconte... Des taches et trainées de sang sur des murs attaqués par l'humidité Des compresses imbibées de sang sur un sol dégueulasse Un médecin pas très rigoureux qui asceptise les pansements une fois sur deux Des locaux qui rentrent et qui sortent des salles comme dans un moulin Des infirmières papous maladroites qui ne savent pas tenir des cotons au bout d'une pince. Il faut vraiment ouvrir grand les yeux pour s'assurer que les soins soient effectués dans les meilleurs conditions. Bon...on ne peut pas tout avoir....les soins et medocs sont gratuits!!!!
Afin de soigner mon talon d'achille.....je me suis rendu a la pharmacie et aie du montrer sur mon corps la différence entre un tendon et un muscle.Pour le pharmacien, tout était muscles!!! il ignorait l'existence des tendons et ligaments, et c'est la 2 ème boutique que je faisais!!!! Alors, en feuilletant son larousse des medocs, j'ai retrouvé le voltarène qu'il possédait de plus, en rayon... Tout sourire, le pharmacien m'a remercié plusieurs fois et m'a pris en photo avec lui!!!! dingue!!!!
Pendant ce temps, brice revenait de la poste sans avoir pu poster son courrier....penurie de timbres!!! Pas de timbres avant une semaine lui dit le postier avant de rajouter.....et il y a beaucoup de vols chez nous!!! durant ces quelques jours, nous organisons notre trek en pays korowai..... Le premier guide que nous rencontrons, mr MARTINUS, se perd dans les chiffres et nous propose 15 jours pour 1 milliard de roupies, avant de retomber a 100 millions....petite erreur d'un zero....rien que ça!!!! .....et 10 mn apres, notre trek ne vaut plus que 37 millions.....impossible de faire confiance a un tel loulou.....j'imagine même pas dans la jungle!!!! Nous organisons finallement notre trek avec mr PELNIUS....encore un sacre coco!!!! Je ne peux plus mettre mes chaussures...ce n'est pas une tendinite mais serait une ou plusieurs microfractures au talon d'achille. Je prefere cela car je peux marcher en botte sans probleme. Nous arrivons a dekai avec notre guide et decouvrons notre piece de vie....un lino pourri pose sur un plancher ou les cafards gravitent.Les murs sont à peine plus epais qu'une planche de balza. C'est le grand départ pour le trek, tout est pret....sauf penius qui s'est assez logiquement fait tirer son portable (il ne savait de toute façon pas s'en servir). Alors une armée de potes a motos se deploient pour faire justice eux même en vue de récuperer l'appareil.......qui ne sera pas retrouvé et nous perdons une journee... Le lendemain matin au depart..... pelnius....explique nous, tu as prévu 5 porteurs pour 7 gros sacs.....comment comptes tu faire?? Effectivement.....il y a un probleme, ainsi nous récuperons 2 porteurs de plus. Apres une heure de marche, pelnius nous demande si nous possedons des coupes-coupe....et bien non, c'est a toi de prevoir mon pote!!! Ainsi ni le guide ni les 7 porteurs n'en detiennent!!! on hallucine!!!! Nous nous arretons pour manger....pendant 3H.......3/4 d'heure pour trier le riz !!!!! On reprend ensuite la marche pendant.....20 mn pour traverser une rivière, de l'eau jusqu'aux mollets seulement.....et installons le campement !!! Quelle organisation!!!! la tente fournie par le guide juste montée, ....le temps se dechaine et la pluie s'invite dans notre etroit foyer. une tente passoire!!!!! Alors que l'on avait preté a notre imbécile de guide, nos bâches, car il n'avait rien prevu...on lui reprend de furie!!!!! Ainsi , sous une pluie battante et dans l'obscurité, je coupe et débite de jeunes arbres et avec brice, nous étendons la bache dessus la tente.Le mal est fait, nous dormons dans des duvets trempés!!!! Pelnius, notre guide, est considéré par ses pairs de wamena comme un des meilleurs de la valleé....c'est peu dire le niveau!!! Pour brice et moi, c'est le pire guide que nous avons pû rencontrer parmi nos differents voyages....et de loin.Les criteres papuas sont très différents du reste du monde!!! Alors qu'il a plu toute la nuit, nous redécouvrons la rivière.....qui s'est métamorphosée en fleuve!!! pas grave, on l'a passée hier soir mais.....cher guide, il y a t'il d'autres fleuves a traverser aujourd'hui ??? Oui, repond t'il en ricanant....deux a traverser et plus importants!!! Avec brice , on est montés en regime!!! ....bon alors, on fait quoi now, on laisse le fleuve continuer a monter derrière nous et on continue la marche pour rester bloquer entre deux fleuves...et combien de temps??? Alors qu'il pleut sans discontinuer, sans l'accord du guide, nous choisissons de faire demi tour dans la minute, ....mais le fleuve est il traversable?? Discretement, les porteurs approuvent notre décision, mais quelle inconscience du guide!!! Les porteurs, alors entament la traversée...de l'eau jusqu'au cou, les sacs sur la tête, accrochant fermement leurs pieds musclés sur les roches face au courant !!! mais comment font ils??? Brice, devant moi, se retrouve a l'horizontal dans l'eau et ne pouvant plus faire face au courant, lâche la main de son porteur et finit a la nage....par chance, au bon endroit du courant....ouf!!! Notre tarlouze de guide, retire son petit pantalon pour ne pas le mouiller, le pose sur sa tête et se fait aider d'un porteur sur toute la traversée.....pffff !! L'apres midi, nous portons quelques affaires, un porteur étant victime de la malaria. Pour espérer voir les korowais...une dernière option s'offre a nous, chartériser un longboat...pour 12 millions de roupies!!! c'est chose faite, pendant ces 2 jours, nous remontons le fleuve cirek non sans mal.Nous passons la premiere nuit a binam et arrivons a maboul....... et là, .... nous assistons a une scene irréaliste...... ..Comme a l'accoutumée dans chaque village lorsque nous arrivons, les groupes se forment autour de nous. Mais ce soir........ ..........une dispute eclate entre 2 familles korowai. Le mari, peut être fauché, se fait reprocher de ne pas avoir payé sa dote de 5 cochons, 2 millions de rupiah, un coupe coupe et des colliers de coquillages pour les parents de sa femme. vous suivez toujours?? La tenson est palpable, des mots qui se durcissent....et ca tourne en pujilat!!! Des coups partent puis tout le village se disperse en courant dans tous les sens, certains en poussant des cris aigus...ah ou - ah ou - ah ou, .... ou ah eh - ou ah eh- ......et le village s'embrase!!!! les hommes s'arment en quelques secondes de leurs arcs , et les fleches fusent alors en tout sens...et nous, ...on nous tire par les bras en quatrieme vitesse pour se foutre a l'abri. Mais quelle scène hallucinante!!!
Ce matin....nous retrouvons une fleche plantée sur notre bungalow. Va t'on pouvoir partir ce matin, car nos nouveaux porteurs du village seront disponibles que si une entente est trouvée dans le village. oui......c'est ok !!! Nous arrivons dans l'apres midi chez une famille korowai qui niche dans un arbre a 10 mètres de haut. On y monte par de simples encoches taillées dans un tronc assez fin. Le plancher irregulier de la tree-house laisse entrevoir la vegetation 10 mètres plus bas. Des peaux de serpents, plumes, carapaces de tortues, nageoires de poissons ou ossements de cochons ou casoars ornent le plafond. 2 pieces séparent la cabane, celle des hommes et celles des femmes. ils vivent independamment.chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidite!!! Les femmes seins nus, portent un pagne tandis que les hommes se suffisent d'une feuille sur le penis...replie en 2 !!! aie!!! Nous partageons leur repas du soir.....vers de sagou, criquets, et des gros vers blancs(sagou) coinces entre 2 pates de sagou, genre sandwich!!!
aujourd'hui, on les suit dans la jungle.....et on en prend plein les yeux!!!! Il faut s'imaginer a l'époque du néanderthal avec des hommes et femmes coupant des arbres a la hâche de pierre, fabriquant le sagou avec des techniques ancéstrales au beau milieu de la jungle en utilisant tout ce que la nature a à offrir. ....s'imaginer aussi voir des femmes attrapper un serpent a main nu et le partager au menu apres avoir fait le feu comme je l'ai decris plus haut. .....s'imaginer aussi voir des hommes fabriquer des pièges ingénieux pour la chasse et la pêche ou des femmes faisant leurs courses (insectes) dans la nature comme on va au supermarché.... Les enfants de 2 ans s'essaient au coupe coupe ou a la hâche , ...et fument a 8 ans des bangs dès 5h du matin!!!! Les sourires, l'envie de faire partager, les crises de fou rires alimentent nos appetits. Nous dormons ce soir dans une treehouse de 10m de haut, pas la meilleure nuit qui soit, avec l'ancien qui alimente son feu toute la nuit, le chien qui jape ou la mémé qui tousse et crache, mais ce fût une belle experience......et sans cafards ni moustiques pour une fois. vivre et partager quelques instants avec ces hommes, femmes et enfants fut une experience exceptionnelle. Merci a vous, korowai, qui vivez dans un autre temps, toujours en harmonie avec la nature, et qui transmettez vos valeurs et votre savoir de générations en générations. Dans un monde ou le superficiel grandit, ...nous avons trouvé de simples gens.
Lors du dernier jour, pour l'anecdote, nous avons acheté un cacatoes pour 4 euros a un gamin qui l'avait délogé de son nid.Tout heureux de lui redonner sa liberté, brice monte a 3m de haut pendant que je filme...... ....il lache la bête.....qui plonge la tête la premiere dans l'herbe!!! Ils lui avaient coupé une aile....dégoutés, on leur revend l'oiseau ......chit !!! Question faune justement, ..les oiseaux et insectes sont rois. Aigles, perroquets, toucans, cacatoés, perruches peuplent la jungle et on a pu apercevoir jusqu'a 30 cacatoés voler ensemble. Les insectes sont énormes, difformes, multicolores et omniprésents.
Et vint ce fameux retour en bateau sur dekai.... A l'origine, une journée devait suffir..mais c'était sans compter sur l'habilité et la maitrise du boat man.....incroyable!!! Toute la journee, ses choix de navigation restent aléatoires, il manque de nous faire chavirer stupidement ou cale son moteur pour de multiples raisons.....parce qu'il a un joujou mais ne sait pas s'en servir!!! Bon...il finit par casser son lanceur...a 2 reprises !!! ......et c'est plus tard le carburateur qui lache!!! De nuit alors, armés d'une lampe de poche au milieu du fleuve, nous tentons de trouver une une cabane ou passer la nuit.ce sera chose faite mais pas sans mal.... le lendemain..le longboat avance mais manque de puissance....jusqu'a la panne de gasoil!! apres 2h de rames (bouts de bois) a contre courant, il faut se rendre a l'évidence, c'est peine perdue... le boatman part alors dans la jungle rallier un village et reviendra 4h30 après a bord d'un autre bateau et d'un bidon de gasoil. Notre bateau ne demarrant toujours pas , on se fait tracter par le second...qui tombe en panne a son tour, puis c'est l'un puis l'autre....une vingtaine de pannes plus tard , nous arrivons enfin.... nous revenons sur dekai.... Ce dimanche , la messe se deroule dans notre chambre.........qui sert aussi de dortoir pour tribus de passage. les hommes se mettent ensuite a la couture et les femmes préparent a manger dans la cuisine située dans le poulailler et la porcherie.je déconne pas!!! Allez.... je decris une mamie a coté de moi...elle est vétue d'un twed (jupe ecossaise style set de table des annees 60), d'un maillot de foot, d'un bonnet mi peruvien, mi jamaicain et de tongues a fleurs. Un homme aussi...porte une epingle a nourrice a l'oreille.... Bon....c'est un peu tout ça la papouasie....c'est déconcertant, envoutant, déroutant!!!! Il faut ainsi avoir une sacre pêche et une bonne dose de patience. la papousie...faut pas la subir!!!
Bon nous devons quitter dekai pour rejoindre wamena puis jayapura....mais c'est pas simple!!! Dimanche, il n'y avait pas de vol pour wamena. Lundi...un vol, mais jamais vu l'avion. Hier, nous attendons a l'aeroport de7h a 14h , mais l'avion promis ne viendra pas. Aujourd'hui 3 vols étaient prevus, puis 0, puis 1 ou 2, puis aucun!!! Un vol d'une autre compagnie a ete affrêté au dernier moment...on s'est mis sur le coup grâce a une connaissance du guide sans divulguer l'info....ca se passe comme ça ici!!!! Personne ne sait jamais rien , faut avoir des nerfs d'acier, même les pilotes ne sont pas informés!!! Des noms sont effacés des listes pour en ajouter d'autres via les backchiches, un avion qui vient mais qui ne vient plus, la météo changeante......et aucune organisation!!! On peut aussi se ballader sur la piste pendant un décollage ou rentrer et sortir de l'aéroport comme au bon vouloir.... En papouasie, demain signifie peut être, demain ou dans 15 jours, ...ils n'ont aucune notion de temps , de distance et ne connaissent pas leur age. "jam karek" signifie....temps élastique !!! une expression qui n'existe pas dans notre language..... Pour conclure ce chapitre ....les cafards cohabitaient dans notre avion, un twin otter, et lors de l'ouverture des soutes... un rat resistait a la capture des bagagistes....pieds nus. bon...on espere avoir un vol demain pour les moluques a ambon........
Ces 2 derniers jours, nous préparons tranquillement notre périple d'une quarantaine de jours dans la vallée de balliem. L'autorisation de territoire (surat jalan)est acquise depuis hier en payant le prix normal.
Nos sacs sont prêts mais nous avons dû nous séparer de quelques affaires, surtout vestimentaires pour alléger notre sac et nos epaules qui vont être contraintes a dure epreuve.Nous les laissons a santani, elles nous epargnent aussi de payer une surtaxe a l'aeroport.
Afin de préparer nos treks du mieux possible, nous venons d'acheter sardines en boite, céréales, café, sucre, nouilles et 4 kg de riz qui s'averent indispensables mais rajoutent du poids a nos sacs, en plus du lyophilisé ramené de france. Nous apportons aussi duvet, couverture de survie, câpe de pluie, médicaments, filtre a céramique, couverts et gamelles pour cuisiner, bâche de protection, , moustiquaire, ....et le strict minimum vestimentaire. Nous estimons donc commencer par un trek d'une dizaine de jours avec porteurs a travers la montagne dans les tribus yali, ethnies de chasseurs cueilleurs.
je ne vous cache pas que l 'on est emplis de questions, que l 'excitation monte et que l 'on ne sait du tout ce qui nous attend.... Nous arrivons donc a wamena....Les transports sont les pires qu'il soit...jamais vu pires poubelles ailleurs !!!!!! Le tableau de bord est absent, mais en option, un bidon faisant office de réservoir tapit le plancher corrodé. La rouille, presente partout, traverse les tôles. Les sieges sont dechiquetés , toutes lumières et poignées restent aux abonnées absentes depuis bien longtemps. On peut clairement penser que ce sont des troisiemes generations....... Aujourd'hui, on est montés a 17 dans une toyota break...ce sont de vraies bétailleres!!! Faut pas perdre de place alors brice avait le levier de vitesse entre les jambes, et moi, j'ai fini le trajet a l'exterieur, ...maintenu a l'arriere comme je pouvais. On est d'ailleurs tombés en panne d'essence.....sans jauges, c'est pas evident!!! Bon que je decrive un peu ses occupants... Devant moi, un jeune, casquette en arrière style rappeur avec T.shirt troue. Toujours devant, un rasta, dredlogs et bonnet jamaicain sur la tête. Légèrement sur la gauche, un type, torse nû , la quarantaine, une plume jaune sur le front tenue par une ficelle. Encore plus a gauche, une mère allétant son enfant de 3 ans tout en fumant une clope!!! Un autre type aussi, portant un maillot de foot passé de quelques années et aborant un collier de coquillage imposant au cou....... Et juste a cote de moi, un vieux...a poil, la peau frippée, portant son cache sexe....et un parapluie!!! A qui donner la prime de la distinction ?????? Puisque je parle vestimentaire......a noter que le made in china en europe est de bonne qualité....comparé a la merde qu'ils leur balancent ici.....mais oui les chinois peuvent faire encore plus merdique que merdique!!!!!
Nous partons ce matin en solitaire en vue d'y effectuer un trek de plusieurs jours .Nous essaieront de trouver des porteurs en arrivant dans le premier village, tomisa...... ......Et a notre arrivee dans ce hameau, les papous se rassemblent autour de nous avec une curiosité a notre égard très inattendue.Quand nous avancons d'un pas, le cercle papou recule en poussant des hoooo...craintifs.Les enfants fuyent en pleurant retrouver les bras de leurs mères. Apres de longues minutes avec le chef du village, nous tombons d'accord sur un prix pour dormir dans la chapelle, a même la paille...et les puces!!! Le lendemain, 2 porteurs nous accompagnent...seulement 1h, car nous entrons dans la jungle et en territoire ennemi, ainsi ....les porteurs risquent leur vie et doivent nous laisser seuls, pas de cadeaux entre tribus!!! Ils nous assurent cépendant que nous les blancs, ne risquons rien!!! C'est donc comme cela que nous nous retrouvons seuls, sans porteurs, avec des sacs de plus de 20 kg sur les épaules dans le but de rallier le village de pong. L'enfer vert allait parler.... Pendant une dizaine de jours, nous effectuons une trentaine de km quotidiennement dans un univers terrible sans connaitre auparavant le relief puisqu'aucune carte le mentionne. Ainsi, nous grimpons jusqu'a 3300m d'altitude dans une jungle éxuberante ou les arbres sont rongés et etouffés par les attaques incessantes de l'humidité, des plantes parasites, des lichens et des épaisses mousses. Sans cesse nous montons et descendons des montagnes en gravitant des murs de pierres, en chevauchant troncs et racines. Les seules zones plates sont des marécages ou la boue nous vient jusqu'au genoux. Il faut ramper sous des arbres, marcher en équilibre sur des troncs surplombants des rivières ou la moindre erreur peut etre fatale. la mousse recouvre tout, troncs, pierres, racines , créeant un univers ultrat glissant et un sol en suspension ou parfois nous passions une jambe a travers. bref, ce fut un melange de boue, de racines, de troncs, de pierres dans une jungle de montagne complètement hallucinante. Pour le bivouac, nous essayons de trouver une zone a peu près plate . Ensuite, nous débitons un jeune arbre en 4 pour réaliser l'ossature de notre campement a laquelle nous tendons une bâche au dessus. Apres avoir attaché nos capes sur les cotés, nous couvrons le sol de feuilles et d'une bâche pour limiter la remontée de l'humidité. Ensuite vient le moment de se faire un feu (parfois 1h pour l'allumer) et de se faire la popote....riz sardines, pates et produits lyophilises. Point de vue sommeil....on se contente de ce que l'on a....parfois les duvets sont trempés, et a 3000m, ca caille!!! Nous attendons le 6 ème jour pour se laver dans une rivière, a proximité d'une grotte ou l'on crêche.C'est un grand moment de bonheur....on en profite aussi pour laver nos fringues puantes.
Bon...., le pire moment revient au matin lorsqu'on doit enfiler ses chaussettes et chaussures trempées, boueuses et froides. Nous n'avons jamais trouvé le village de pong car apres 6 jours passés dans la jungle sans avoir croisé personne et sans savoir combien de temps il était encore nécessaire pour y parvenir, errintes, nous faisons le choix de rebrousser chemin de peur aussi de ne pas être sur la bonne piste. Nous croisons plus tard pour la premiere fois une famille papou....tous surpris de se retrouver là...au milieu de rien. Ils nous informent apres un bon serrage de main que le village de pong n'est pas très loin...mais ça veut dire quoi pas très loin??... Je ne pense pas qu'il existe pire jungle que celle ci ailleurs....même a 3300m là ou les autres jungles laissent place aux roches ou petits arbustes, ici....la jungle est la même, exubérante, les arbres tombant sous les attaques climatiques et végétales. Chaque pas, chaque appui, chaque prise nécessite un maximum de concentration dans un milieux ultra glissant avec des pluies très fréquentes.Nous ne comptons plus les chutes!!! La moindre entorse ou piqure vénimeuse serait catastrophique a quelques jours de marche de wamena. A wamena justement, nous arrivons.....errintes!!! Alors nous restons plusieurs jours pour désinfecter nos plaies, soigner les ampoules, surveiller les multitudes de coupures aux mains et jambes.Brice ressent aussi le besoin de reposer ses 2 genoux et moi....mon tendon d'achile droit qui m'a fait souffrir au moins pendant 30km hier.On aurait dit que l'on revenait de la guerre du vietnam hier.....on en rigole bien!!!! on s'est jetés sur le coca (pas de bières ici) et on a mangé comme 4 hier soir!!!!! On doit aussi reprendre du poids... J'ai dû me rendre 2 fois a l'hôpital pour realiser des soins afin de résorber mes 4 infections aux jambes.De belles plaies a l'origine qui se sont infectées a cause de mouches venant s'agglutiner dessus. bon....l'hosto, ..c'est folklo !!!.....je raconte... Des taches et trainées de sang sur des murs attaqués par l'humidité Des compresses imbibées de sang sur un sol dégueulasse Un médecin pas très rigoureux qui asceptise les pansements une fois sur deux Des locaux qui rentrent et qui sortent des salles comme dans un moulin Des infirmières papous maladroites qui ne savent pas tenir des cotons au bout d'une pince. Il faut vraiment ouvrir grand les yeux pour s'assurer que les soins soient effectués dans les meilleurs conditions. Bon...on ne peut pas tout avoir....les soins et medocs sont gratuits!!!!
Afin de soigner mon talon d'achille.....je me suis rendu a la pharmacie et aie du montrer sur mon corps la différence entre un tendon et un muscle.Pour le pharmacien, tout était muscles!!! il ignorait l'existence des tendons et ligaments, et c'est la 2 ème boutique que je faisais!!!! Alors, en feuilletant son larousse des medocs, j'ai retrouvé le voltarène qu'il possédait de plus, en rayon... Tout sourire, le pharmacien m'a remercié plusieurs fois et m'a pris en photo avec lui!!!! dingue!!!!
Pendant ce temps, brice revenait de la poste sans avoir pu poster son courrier....penurie de timbres!!! Pas de timbres avant une semaine lui dit le postier avant de rajouter.....et il y a beaucoup de vols chez nous!!! durant ces quelques jours, nous organisons notre trek en pays korowai..... Le premier guide que nous rencontrons, mr MARTINUS, se perd dans les chiffres et nous propose 15 jours pour 1 milliard de roupies, avant de retomber a 100 millions....petite erreur d'un zero....rien que ça!!!! .....et 10 mn apres, notre trek ne vaut plus que 37 millions.....impossible de faire confiance a un tel loulou.....j'imagine même pas dans la jungle!!!! Nous organisons finallement notre trek avec mr PELNIUS....encore un sacre coco!!!! Je ne peux plus mettre mes chaussures...ce n'est pas une tendinite mais serait une ou plusieurs microfractures au talon d'achille. Je prefere cela car je peux marcher en botte sans probleme. Nous arrivons a dekai avec notre guide et decouvrons notre piece de vie....un lino pourri pose sur un plancher ou les cafards gravitent.Les murs sont à peine plus epais qu'une planche de balza. C'est le grand départ pour le trek, tout est pret....sauf penius qui s'est assez logiquement fait tirer son portable (il ne savait de toute façon pas s'en servir). Alors une armée de potes a motos se deploient pour faire justice eux même en vue de récuperer l'appareil.......qui ne sera pas retrouvé et nous perdons une journee... Le lendemain matin au depart..... pelnius....explique nous, tu as prévu 5 porteurs pour 7 gros sacs.....comment comptes tu faire?? Effectivement.....il y a un probleme, ainsi nous récuperons 2 porteurs de plus. Apres une heure de marche, pelnius nous demande si nous possedons des coupes-coupe....et bien non, c'est a toi de prevoir mon pote!!! Ainsi ni le guide ni les 7 porteurs n'en detiennent!!! on hallucine!!!! Nous nous arretons pour manger....pendant 3H.......3/4 d'heure pour trier le riz !!!!! On reprend ensuite la marche pendant.....20 mn pour traverser une rivière, de l'eau jusqu'aux mollets seulement.....et installons le campement !!! Quelle organisation!!!! la tente fournie par le guide juste montée, ....le temps se dechaine et la pluie s'invite dans notre etroit foyer. une tente passoire!!!!! Alors que l'on avait preté a notre imbécile de guide, nos bâches, car il n'avait rien prevu...on lui reprend de furie!!!!! Ainsi , sous une pluie battante et dans l'obscurité, je coupe et débite de jeunes arbres et avec brice, nous étendons la bache dessus la tente.Le mal est fait, nous dormons dans des duvets trempés!!!! Pelnius, notre guide, est considéré par ses pairs de wamena comme un des meilleurs de la valleé....c'est peu dire le niveau!!! Pour brice et moi, c'est le pire guide que nous avons pû rencontrer parmi nos differents voyages....et de loin.Les criteres papuas sont très différents du reste du monde!!! Alors qu'il a plu toute la nuit, nous redécouvrons la rivière.....qui s'est métamorphosée en fleuve!!! pas grave, on l'a passée hier soir mais.....cher guide, il y a t'il d'autres fleuves a traverser aujourd'hui ??? Oui, repond t'il en ricanant....deux a traverser et plus importants!!! Avec brice , on est montés en regime!!! ....bon alors, on fait quoi now, on laisse le fleuve continuer a monter derrière nous et on continue la marche pour rester bloquer entre deux fleuves...et combien de temps??? Alors qu'il pleut sans discontinuer, sans l'accord du guide, nous choisissons de faire demi tour dans la minute, ....mais le fleuve est il traversable?? Discretement, les porteurs approuvent notre décision, mais quelle inconscience du guide!!! Les porteurs, alors entament la traversée...de l'eau jusqu'au cou, les sacs sur la tête, accrochant fermement leurs pieds musclés sur les roches face au courant !!! mais comment font ils??? Brice, devant moi, se retrouve a l'horizontal dans l'eau et ne pouvant plus faire face au courant, lâche la main de son porteur et finit a la nage....par chance, au bon endroit du courant....ouf!!! Notre tarlouze de guide, retire son petit pantalon pour ne pas le mouiller, le pose sur sa tête et se fait aider d'un porteur sur toute la traversée.....pffff !! L'apres midi, nous portons quelques affaires, un porteur étant victime de la malaria. Pour espérer voir les korowais...une dernière option s'offre a nous, chartériser un longboat...pour 12 millions de roupies!!! c'est chose faite, pendant ces 2 jours, nous remontons le fleuve cirek non sans mal.Nous passons la premiere nuit a binam et arrivons a maboul....... et là, .... nous assistons a une scene irréaliste...... ..Comme a l'accoutumée dans chaque village lorsque nous arrivons, les groupes se forment autour de nous. Mais ce soir........ ..........une dispute eclate entre 2 familles korowai. Le mari, peut être fauché, se fait reprocher de ne pas avoir payé sa dote de 5 cochons, 2 millions de rupiah, un coupe coupe et des colliers de coquillages pour les parents de sa femme. vous suivez toujours?? La tenson est palpable, des mots qui se durcissent....et ca tourne en pujilat!!! Des coups partent puis tout le village se disperse en courant dans tous les sens, certains en poussant des cris aigus...ah ou - ah ou - ah ou, .... ou ah eh - ou ah eh- ......et le village s'embrase!!!! les hommes s'arment en quelques secondes de leurs arcs , et les fleches fusent alors en tout sens...et nous, ...on nous tire par les bras en quatrieme vitesse pour se foutre a l'abri. Mais quelle scène hallucinante!!!
Ce matin....nous retrouvons une fleche plantée sur notre bungalow. Va t'on pouvoir partir ce matin, car nos nouveaux porteurs du village seront disponibles que si une entente est trouvée dans le village. oui......c'est ok !!! Nous arrivons dans l'apres midi chez une famille korowai qui niche dans un arbre a 10 mètres de haut. On y monte par de simples encoches taillées dans un tronc assez fin. Le plancher irregulier de la tree-house laisse entrevoir la vegetation 10 mètres plus bas. Des peaux de serpents, plumes, carapaces de tortues, nageoires de poissons ou ossements de cochons ou casoars ornent le plafond. 2 pieces séparent la cabane, celle des hommes et celles des femmes. ils vivent independamment.chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidite!!! Les femmes seins nus, portent un pagne tandis que les hommes se suffisent d'une feuille sur le penis...replie en 2 !!! aie!!! Nous partageons leur repas du soir.....vers de sagou, criquets, et des gros vers blancs(sagou) coinces entre 2 pates de sagou, genre sandwich!!!
aujourd'hui, on les suit dans la jungle.....et on en prend plein les yeux!!!! Il faut s'imaginer a l'époque du néanderthal avec des hommes et femmes coupant des arbres a la hâche de pierre, fabriquant le sagou avec des techniques ancéstrales au beau milieu de la jungle en utilisant tout ce que la nature a à offrir. ....s'imaginer aussi voir des femmes attrapper un serpent a main nu et le partager au menu apres avoir fait le feu comme je l'ai decris plus haut. .....s'imaginer aussi voir des hommes fabriquer des pièges ingénieux pour la chasse et la pêche ou des femmes faisant leurs courses (insectes) dans la nature comme on va au supermarché.... Les enfants de 2 ans s'essaient au coupe coupe ou a la hâche , ...et fument a 8 ans des bangs dès 5h du matin!!!! Les sourires, l'envie de faire partager, les crises de fou rires alimentent nos appetits. Nous dormons ce soir dans une treehouse de 10m de haut, pas la meilleure nuit qui soit, avec l'ancien qui alimente son feu toute la nuit, le chien qui jape ou la mémé qui tousse et crache, mais ce fût une belle experience......et sans cafards ni moustiques pour une fois. vivre et partager quelques instants avec ces hommes, femmes et enfants fut une experience exceptionnelle. Merci a vous, korowai, qui vivez dans un autre temps, toujours en harmonie avec la nature, et qui transmettez vos valeurs et votre savoir de générations en générations. Dans un monde ou le superficiel grandit, ...nous avons trouvé de simples gens.
Lors du dernier jour, pour l'anecdote, nous avons acheté un cacatoes pour 4 euros a un gamin qui l'avait délogé de son nid.Tout heureux de lui redonner sa liberté, brice monte a 3m de haut pendant que je filme...... ....il lache la bête.....qui plonge la tête la premiere dans l'herbe!!! Ils lui avaient coupé une aile....dégoutés, on leur revend l'oiseau ......chit !!! Question faune justement, ..les oiseaux et insectes sont rois. Aigles, perroquets, toucans, cacatoés, perruches peuplent la jungle et on a pu apercevoir jusqu'a 30 cacatoés voler ensemble. Les insectes sont énormes, difformes, multicolores et omniprésents.
Et vint ce fameux retour en bateau sur dekai.... A l'origine, une journée devait suffir..mais c'était sans compter sur l'habilité et la maitrise du boat man.....incroyable!!! Toute la journee, ses choix de navigation restent aléatoires, il manque de nous faire chavirer stupidement ou cale son moteur pour de multiples raisons.....parce qu'il a un joujou mais ne sait pas s'en servir!!! Bon...il finit par casser son lanceur...a 2 reprises !!! ......et c'est plus tard le carburateur qui lache!!! De nuit alors, armés d'une lampe de poche au milieu du fleuve, nous tentons de trouver une une cabane ou passer la nuit.ce sera chose faite mais pas sans mal.... le lendemain..le longboat avance mais manque de puissance....jusqu'a la panne de gasoil!! apres 2h de rames (bouts de bois) a contre courant, il faut se rendre a l'évidence, c'est peine perdue... le boatman part alors dans la jungle rallier un village et reviendra 4h30 après a bord d'un autre bateau et d'un bidon de gasoil. Notre bateau ne demarrant toujours pas , on se fait tracter par le second...qui tombe en panne a son tour, puis c'est l'un puis l'autre....une vingtaine de pannes plus tard , nous arrivons enfin.... nous revenons sur dekai.... Ce dimanche , la messe se deroule dans notre chambre.........qui sert aussi de dortoir pour tribus de passage. les hommes se mettent ensuite a la couture et les femmes préparent a manger dans la cuisine située dans le poulailler et la porcherie.je déconne pas!!! Allez.... je decris une mamie a coté de moi...elle est vétue d'un twed (jupe ecossaise style set de table des annees 60), d'un maillot de foot, d'un bonnet mi peruvien, mi jamaicain et de tongues a fleurs. Un homme aussi...porte une epingle a nourrice a l'oreille.... Bon....c'est un peu tout ça la papouasie....c'est déconcertant, envoutant, déroutant!!!! Il faut ainsi avoir une sacre pêche et une bonne dose de patience. la papousie...faut pas la subir!!!
Bon nous devons quitter dekai pour rejoindre wamena puis jayapura....mais c'est pas simple!!! Dimanche, il n'y avait pas de vol pour wamena. Lundi...un vol, mais jamais vu l'avion. Hier, nous attendons a l'aeroport de7h a 14h , mais l'avion promis ne viendra pas. Aujourd'hui 3 vols étaient prevus, puis 0, puis 1 ou 2, puis aucun!!! Un vol d'une autre compagnie a ete affrêté au dernier moment...on s'est mis sur le coup grâce a une connaissance du guide sans divulguer l'info....ca se passe comme ça ici!!!! Personne ne sait jamais rien , faut avoir des nerfs d'acier, même les pilotes ne sont pas informés!!! Des noms sont effacés des listes pour en ajouter d'autres via les backchiches, un avion qui vient mais qui ne vient plus, la météo changeante......et aucune organisation!!! On peut aussi se ballader sur la piste pendant un décollage ou rentrer et sortir de l'aéroport comme au bon vouloir.... En papouasie, demain signifie peut être, demain ou dans 15 jours, ...ils n'ont aucune notion de temps , de distance et ne connaissent pas leur age. "jam karek" signifie....temps élastique !!! une expression qui n'existe pas dans notre language..... Pour conclure ce chapitre ....les cafards cohabitaient dans notre avion, un twin otter, et lors de l'ouverture des soutes... un rat resistait a la capture des bagagistes....pieds nus. bon...on espere avoir un vol demain pour les moluques a ambon........
Salut
Est-ce qu'il faut toujours un permis pour entrer en Irian Jaya et où est-ce qu'il se procure? Le consulat d'Indonésie m'assure que oui mais n'en dit pas plus... Est-ce aisé d'accéder à l'Irian Jaya quand on est à Flores ou Alor? Si non, par où passer? Est-ce que l'un (e) de vous a déjà assisté au Baliem Valley festival ? Comment c'était? Est-ce que quelqu'un connaît la date de ce festival pour le mois d'août prochain? Merci!
Est-ce qu'il faut toujours un permis pour entrer en Irian Jaya et où est-ce qu'il se procure? Le consulat d'Indonésie m'assure que oui mais n'en dit pas plus... Est-ce aisé d'accéder à l'Irian Jaya quand on est à Flores ou Alor? Si non, par où passer? Est-ce que l'un (e) de vous a déjà assisté au Baliem Valley festival ? Comment c'était? Est-ce que quelqu'un connaît la date de ce festival pour le mois d'août prochain? Merci!
(puisque vous m'avez demandé plus de texte, c'est chose faite ...et avec les photos....bonne lecture !!!)
Finis les embouteillages, la pollution et la vie trépidante javanaise, nous voici arrivés depuis le debut d'apres midi, avec mon pote Brice, en papouasie , à Sentani près de Jayapura.
Les visages ont changé, les têtes sont plus rondes, les cheveux crépus et les dents usées par l'acidité de la noix de bétel.
Les papous sont de petites tailles même si ici , vivent encore beaucoup d'indonésiens venus de java.
Nous partons demain faire un aller-retour sur Jayapura y réserver un vol pour Wamena et récupérer notre laisser passer indispensable(surat jalan) pour pouvoir continuer notre route. L'air est saturé en humidité, la température avoisine les 35°, autant dire que l'on est trempés du matin au soir et que la douche(casserole) n'y change rien. Bon...il est temps pour nous de nous rendre a Wamena....ce que nous effectuons avec un petit vol d'une heure et demi. A Wamena, comme dans le reste des villes de papua, les indonésiens rapportés de java et d'ailleurs dû a la politique de sédentarisation du gouvernement contribuent aux changements de mode de vie des papous. Ainsi la ville est a la croisée des civilisations....Pendant que des papous pantalons-baskets arborent fièrement un t.shirt troué de thierry henry ou ronaldo importé de jakarta, d'autres d'un autre temps, arrivant tout droit de la jungle munis de leurs coupe-coupe, se distinguent avec un très léger étui pénien!!!
Tout est contraste......les maisons bétonnées aux toits tolés cotoient les huttes paillées traditionnelles en campagne, alors qu'en ville, ...l'eglise flirte gentillement avec la mosquée.
En l'espace de 2 minutes, on peut tout aussi bien s'imaginer dans une bourgade quelconque d'indonésie, ou plonger tout droit dans le néolithique.
Ces 2 derniers jours, nous préparons tranquillement notre périple d'une quarantaine de jours dans la vallée de balliem et chez les korowais, et visitons aussi quelques villages Dani.Ces derniers ont mis un pied et demi dans notre civilisation , seuls les vieux papous perpetuent les traditions avec bien sur aujourd'hui, la notion de l'argent en plus.....Ils sont très amicaux et attachants et un tantinet plus timides que les indos.


Nous acquérons l'autorisation de territoire (surat jalan) sans aucun problème auprès de la police locale. le concours de massacre de moustiques dans la chambre avec Brice est en cours......mais d'ou sortent ils !!!! Nos sacs sont prêts mais nous avons dû nous séparer de quelques affaires, surtout vestimentaire pour alléger notre sac et nos épaules qui vont être contraintes a dure epreuve.Nous les laissons a Santani, elles nous épargnent aussi de payer une surtaxe a l'aéroport.
Afin de préparer nos treks du mieux possible, nous venons d'acheter sardines en boite, céréales, café, sucre, nouilles et 4 kg de riz, en plus du lyophilisé rapporté de france, qui s'avèrent indispensables mais rajoutent du poids a nos sacs. Nous prévoyons aussi duvet, couverture de survie, cape de pluie, médicaments, filtre a céramique, couverts et gamelles pour cuisiner, bâche de protection, , moustiquaire, ....et le strict minimum vestimentaire. Nous estimons donc commencer par un trek d'une dizaine de jours avec porteurs a travers la montagne dans les tribus yali, ethnies de chasseurs cueilleurs.



L 'excitation monte....on ne sait du tout ce qui nous attend...... Les transports sont les pires qu'il soit...jamais vu pires poubelles ailleurs !!!!!! Le tableau de bord est absent, mais en option, un bidon faisant office de réservoir tapit le plancher corrodé. La rouille, présente partout, traverse les tôles. Les sièges sont déchiquetés , toutes lumières et poignées restent aux abonnées absentes depuis bien longtemps. On peut clairement penser que ce sont des troisièmes generations....... Aujourd'hui, on s'est entassés a 17 dans une toyota break...ce sont de vraies bétailleres!!! Faut pas perdre de place alors Brice avait le levier de vitesse entre les jambes, et moi, j'ai fini le trajet a l'exterieur, ...maintenu a l'arrière comme je pouvais.

On est d'ailleurs tombés en panne d'essence.....sans jauge, c'est pas evident!!! Bon que je decrive un peu ses occupants... Devant moi, un jeune, casquette en arrière style rappeur avec T.shirt troue. Toujours devant, un rasta, dredlogs et bonnet jamaicain sur la tête. Légèrement sur la gauche, un type, torse nû , la quarantaine, une plume jaune sur le front attachée par une ficelle. Encore plus a gauche, une mère allétant son enfant de 3 ans tout en fumant une clope!!! Un autre type aussi, portant un maillot de foot passé de quelques années et aborant un collier de coquillage imposant au cou....... Et juste a cote de moi, un vieux...a poil, la peau frippée, portant son cache sexe....et un parapluie!!! A qui donner la prime de la distinction ?????? Puisque je parle vestimentaire......a noter que le made in china en europe est de bonne qualité....comparé a la merde qu'ils leur balancent ici.....mais oui les chinois peuvent faire encore plus merdique que merdique!!!!!
Nous partons ce matin en solitaire en vue d'y effectuer un trek de plusieurs jours .Nous essaieront de trouver des porteurs en arrivant dans le premier village, tomisa......

......Et a notre arrivée dans ce hameau, les papous se rassemblent autour de nous avec une curiosité a notre égard très inattendue.Quand nous avancons d'un pas, le cercle papou recule en poussant des hoooo...craintifs.Les enfants fuyent en pleurant retrouver les bras de leurs mères.
Apres de longues minutes avec le chef du village, nous tombons d'accord sur un prix pour dormir dans la chapelle, a même la paille...et les puces!!!

Le lendemain, 2 porteurs nous accompagnent...seulement 1h, car nous entrons dans la jungle et en territoire ennemi, ainsi ....les porteurs risquant leur vie, doivent nous laisser seuls, pas de cadeaux entre tribus!!!
Ils nous assurent cépendant que nous les blancs, ne risquons rien!!!
C'est donc comme cela que nous nous retrouvons seuls, sans porteurs, avec des sacs de plus de 20 kg sur les épaules dans le but de rallier le village de Pong.
L'enfer vert allait parler....
Pendant une dizaine de jours, nous effectuons une trentaine de km quotidiennement dans un univers terrible sans connaitre auparavant le relief puisqu'aucune carte ne mentionne la topographie du coin.
Ainsi, nous grimpons jusqu'a 3300m d'altitude dans une jungle éxuberante ou les arbres sont rongés et etouffés par les attaques incessantes de l'humidité, des plantes parasites, des lichens et des épaisses mousses.
Sans cesse nous montons et descendons des montagnes en gravitant des murs de pierres, en chevauchant troncs et racines.
Les seules zones plates sont des marécages ou la boue nous vient jusqu'au genoux.
Il faut ramper sous des arbres, marcher en équilibre sur des troncs surplombants des rivières ou la moindre erreur peut être fatale.
la mousse recouvre tout, troncs, pierres, racines , créeant un univers ultrat glissant et un sol en suspension ou parfois nous passons une jambe a travers.
bref, c'est un mélange de boue, de racines, de troncs, de pierres dans une jungle de montagne complètement hallucinante.
Pour le bivouac, nous essayons de trouver une zone a peu près plate .
Ensuite, nous débitons un jeune arbre en 4 pour réaliser l'ossature de notre campement a laquelle nous tendons une bâche au dessus.
Apres avoir attaché nos capes sur les cotés, nous couvrons le sol, de feuilles et d'une bâche, pour limiter la remontée de l'humidité.
Ensuite vient le moment de se faire un feu (parfois 1h pour l'allumer) et de se faire la popote pour le soir et le lendemain midi....riz sardines, pates et produits lyophilises.
Point de vue sommeil....on se contente de ce que l'on a....parfois les duvets sont trempés, et a 3000m, ca caille!!!
Nous attendons le 6 ème jour pour se laver dans une rivière, a proximité d'une grotte ou l'on crêche.C'est un grand moment de bonheur....on en profite aussi pour laver nos fringues puantes.
Bon...., le pire moment revient au matin lorsqu'on doit enfiler ses chaussettes et chaussures trempées, boueuses et froides.
Nous n'avons jamais trouvé le village de pong car apres 6 jours passés dans la jungle sans avoir croisé personne et sans savoir combien de temps il était encore nécessaire pour y parvenir, errintes, nous faisons le choix de rebrousser chemin de peur aussi de ne pas être sur la bonne piste.
Nous croisons plus tard pour la premiere fois une famille papou....tous surpris de se retrouver là...au milieu de rien.
Ils nous informent apres un bon serrage de main que le village de pong n'est pas très loin...mais ça veut dire quoi pas très loin??...
Je ne pense pas qu'il existe pire jungle que celle ci ailleurs....même a 3300m là ou les autres jungles laissent place aux roches ou petits arbustes, ici....la jungle est la même, exubérante, les arbres tombant sous les attaques climatiques et végétales.
Chaque pas, chaque appui, chaque prise nécessite un maximum de concentration dans un milieux ultra glissant avec des pluies très fréquentes.Nous ne comptons plus les chutes!!!
La moindre entorse ou piqure vénimeuse serait catastrophique a quelques jours de marche de wamena.
A Wamena justement, nous arrivons.....errintes!!!
Alors nous restons plusieurs jours pour désinfecter nos plaies, soigner les ampoules, surveiller les multitudes de coupures aux mains et jambes.Brice ressent aussi le besoin de reposer ses 2 genoux et moi....mon tendon d'achile droit qui m'a fait souffrir au moins pendant 30km hier.On aurait dit que l'on revenait de la guerre du vietnam hier.....on en rigole bien!!!!

Nous nous sommes jetés sur le coca (pas de bières ici) et on a mangé comme 4 hier soir!!!!! J'ai dû me rendre 2 fois a l'hôpital pour réaliser des soins afin de résorber mes 4 infections aux jambes.De bonnes egratinures a l'origine qui se sont infectées a cause de mouches venant s'agglutiner dessus. bon....l'hosto, ..c'est folklo !!!.....je raconte... Des taches et trainées de sang sur des murs attaqués par l'humidité Des compresses imbibées de sang sur un sol dégueulasse Un médecin pas très rigoureux qui asceptise les pansements une fois sur deux Des locaux qui rentrent et qui sortent des salles comme dans un moulin Des infirmières papous maladroites qui ne savent pas tenir des cotons au bout d'une pince. Il faut vraiment ouvrir grand les yeux pour s'assurer que les soins soient effectués dans les meilleurs conditions. Bon...on ne peut pas tout avoir....les soins et medocs sont gratuits!!!!
Afin de soigner mon talon d'achille.....je me suis rendu a la pharmacie et aie du montrer sur mon corps la différence entre un tendon et un muscle.Pour le pharmacien, tout était muscles!!! il ignorait l'existence des tendons et ligaments, et c'est la 2 ème boutique que je faisais!!!! Alors, en feuilletant son larousse des medocs, j'ai retrouvé le voltarène qu'il possédait de plus, en rayon... Tout sourire, le pharmacien m'a remercié plusieurs fois et m'a pris en photo avec lui!!!! dingue!!!!
Pendant ce temps, Brice revenait de la poste sans avoir pu poster son courrier....pénurie de timbres!!! Pas de timbres avant une semaine lui dit le postier avant de rajouter.....et il y a beaucoup de vols chez nous!!!

durant ces quelques jours, nous organisons notre trek en pays korowai..... Le premier guide que nous rencontrons, mr MARTINUS, se perd dans les chiffres et nous propose 15 jours pour 1 milliard de roupies, avant de retomber a 100 millions....petite erreur d'un zero....rien que ça!!!! .....et 10 mn apres, notre trek ne vaut plus que 37 millions.....impossible de faire confiance a un tel loulou.....j'imagine même pas dans la jungle!!!! Nous organisons finallement notre trek avec mr PELNIUS....encore un sacre coco!!!! Lors de notre deuxième pourparler, il finit par prendre une douche dans notre chambre et nous laisse son slip a sécher !!!
Je ne peux plus mettre mes chaussures...ce n'est pas une tendinite mais serait une ou plusieurs microfractures au talon d'achille, enfin je pense..... Je préfère cela car je peux marcher en botte sans problème. Nous arrivons a Dekai avec notre guide qui a essayé de nous faire payer sa surtaxe de poids a l'aéroport en s'eclipsant au bon moment.Mais raté, on ne lâche rien alors Pelnus une fois revenu, se met a bouder et finit par payer.A notre arrivée a Dekai, nous decouvrons notre piece de vie chez un pote du guide.Un lino pourri posé sur un plancher ou les cafards gravitent.Les murs sont à peine plus épais qu'une planche de balza.
Je vais d'ailleurs malencontreusement casser un pan de mur!!C'est le grand départ pour le trek, tout est prêt....sauf pelnus qui s'est assez logiquement fait tirer son portable (il ne savait de toute façon pas s'en servir).
Alors une armée de potes a motos se deploient pour faire justice eux même en vue de récupérer l'appareil.......qui ne sera pas retrouvé et nous perdons une journee.Pendant ce temps, pelnus dort.....quel pacha!!!! puis il boude !!!!
Le lendemain matin au départ.....
Bon, cher guide....explique nous, tu as prévu 5 porteurs pour 7 gros sacs.....comment comptes tu faire?? Alors il boude.....longtemps !!!!!!
Effectivement.....il y a un problème, ainsi nous récuperons 2 porteurs de plus qui sautent dans la benne du camion qui nous conduit au point de départ du trek .
Le camion fait un simple demi tour et stop....et vient le grand moment ou pelnus en seigneur pointe du doigt dans une direction et lance....dekai, ...c'est par là !!! On se met tous a rire, ..le pauvre , il a pas vu le demi tour du camion!!! Alors on comprend qu'il est pas né avec une boussole dans le cerveau.ça craint brice pour la jungle, non?? OUI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Après une heure de marche, pelnus nous demande si nous possédons des coupe-coupe....et bien non, c'est a toi de prévoir mon pote!!! Ainsi ni le guide ni les 7 porteurs n'en détiennent!!! on hallucine!!!!

Nous nous arrétons pour manger....pendant 3H, rien que ça !!!.......3/4 d'heure pour trier le riz !!!!! On reprend ensuite la marche pendant.....20 mn pour traverser une rivière, de l'eau jusqu'aux mollets seulement.....et installons le campement !!! Quelle organisation!!!! la tente fournie par le guide juste montée, ....le temps se dechaine et la pluie s'invite dans notre etroit foyer. une tente passoire!!!!! Alors que l'on avait preté a notre imbécile de guide, nos bâches, car il n'avait rien prevu...on lui reprend de furie!!!!! Ainsi , sous une pluie battante et dans l'obscurité, je coupe et débite de jeunes arbres et avec brice, nous étendons la bache dessus la tente.Le mal est fait, nous dormons dans des duvets trempés!!!! Pelnus, notre guide, est considéré par ses pairs de wamena comme un des meilleurs de la vallée....c'est dire le niveau!!! Pour brice et moi, c'est le pire guide que nous avons pû rencontrer parmi nos differents voyages....et de loin.Les critères papuas sont très différents du reste du monde!!! Alors qu'il a plu toute la nuit, nous redécouvrons la rivière.....qui s'est métamorphosée en fleuve!!! pas grave, on l'a passée hier soir mais.....cher guide, il y a t'il d'autres fleuves a traverser aujourd'hui ??? Oui, repond t'il en ricanant....deux a traverser et plus importants!!! Avec brice , on est montés en regime!!! ....bon alors, on fait quoi now, on laisse le fleuve monter derrière nous et on continue la marche pour rester bloquer entre deux fleuves...et combien de temps??? Alors, il boude...et quant il boude, tu peux toujours causer..., c'est peine perdue !!!!! Alors qu'il pleut sans discontinuer, sans son accord , nous prenons la décision de faire demi tour dans la minute, ....mais le fleuve est il traversable?? Discrètement, les porteurs approuvent notre décision, mais quelle inconscience du guide!!! Les porteurs, alors entament la traversée...de l'eau jusqu'au cou, les sacs sur la tête, accrochant fermement leurs pieds musclés sur les roches face au courant !!! mais comment font ils??? c'est vrai qu'ils ont des pieds larges et ecrasés avec les doigts de pieds tres écartés, ...mais quand même!!! Brice, devant moi, se retrouve a l'horizontal dans l'eau et ne pouvant plus faire face au courant, lâche la main de son porteur et finit a la nage....par chance, au bon endroit du courant....ouf!!! Notre tarlouze de guide, retire son petit pantalon pour ne pas le mouiller, le pose sur sa tête et se fait aider d'un porteur sur toute la traversée.....pffff !! Il se permet même de se faire masser par ses porteurs ou se faire porter son savon a la rivière de temps en temps.
L'apres midi, nous portons quelques affaires, un porteur étant victime de la malaria. Pour espérer voir les korowais...une dernière option s'offre a nous, chartériser un longboat...pour 12 millions de roupies!!! c'est chose faite, pendant ces 2 jours, nous remontons le fleuve cirek non sans mal.Nous passons la premiere nuit a binam sans oublier de passer a la police locale pour le fameux surat jalan .









.....et là, .... nous assistons a une scène surréaliste en arrivant a MABOUL le lendemain: Comme a l'accoutumée dans chaque village lorsque nous arrivons, les locaux curieux et en nombre, nous entourent....... Mais ce soir........ ..........une dispute eclate entre 2 familles korowai. Le mari, peut être fauché, se fait reprocher de ne pas avoir payé sa dote de 5 cochons, 2 millions de rupiah, un coupe coupe et des colliers de coquillages pour les parents de sa femme. vous suivez toujours?? La tension est palpable, des mots qui se durcissent....et ca tourne en pujilat!!! Des coups partent puis tout le village se disperse en courant dans tous les sens, certains en poussant des cris aigus...ah ou - ah ou - ah ou, .... ou ah eh - ou ah eh- ......et le village s'embrase!!!! les hommes s'arment en quelques secondes de leurs arcs , et les fleches fusent ...et nous, ...on nous tire par les bras en quatrieme vitesse pour se foutre a l'abri. Mais quelle scène hallucinante!!!

Ce matin....nous retrouvons une fleche plantée sur notre bungalow. Va t'on pouvoir partir ce matin, car nos nouveaux porteurs du village seront disponibles que si une entente est trouvée dans le village. oui......c'est ok !!! Nous arrivons dans l'apres midi chez une famille korowai qui niche dans un arbre a 10 mètres de haut après quelques heures de marche.




On y monte par de simples encoches taillées dans un tronc assez fin. Le plancher irrégulier de la tree-house laisse entrevoir la végétation 10 mètres plus bas. Des peaux de serpents, plumes, carapaces de tortues, nageoires de poissons ou ossements de cochons ou casoars ornent le plafond. 2 pièces séparent la cabane, celle des hommes et celles des femmes. Chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidité!!!





Les korowais sont au premier abord craintifs, communiquent ensuite en souriant et une fois rassurés, prennent plaisir a nous inviter dans leur demeure, et nous expliquer grâce a un second guide indonésien-papou, leur façon de vivre. Les femmes seins nus portent un pagne, tandis que les hommes se suffisent d'une feuille sur le penis...replié en 2 !!! aie!!! Nous partageons leur repas du soir.....vers de sagou, criquets, et des gros vers blancs(sagou) coincés entre 2 pâtes de sagou, genre sandwich!!!

Chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidité!!!

aujourd'hui, on les suit dans la jungle.....et on en prend plein les yeux!!!!



La journée commence par l'abattage d'un sagoutier a l'aide d'une hâche en pierre.Un serpent, marre d'être secoué, tombe soudainement du haut du palmier.Alors les femmes, , en poussant des cris, se jettent dans la boue pour retrouver la pauvre bête.A mains nus, elles finissent par cueillirent l'animal qui finira..... dans nos petits estomacs. Une fois le sagoutier tombé, les hommes choisissent le meilleur tronçon et les femmes broient ensuite la pulpe a l'aide d'un outil de leur invention.Cette phase est très physique et nécessite au moins 2H de temps. Ensuite, grâce a des techniques ancéstrales, ils fabriquent a l'aide de feuilles, tiges, et branches, un long bac incurvé , avec un filtre a son commencement.Ils mélangent ensuite la pulpe de sagou a l'eau, puis versent le contenu dans ce grand recipient.Le filtre ne laisse passer que l'eau blanchâtre qui finira par déposer une pâte blanche très compacte.....LE SAGOU !!
Les hommes fabriquent pendant ce temps des pièges ingénieux pour la chasse au casoar et cochon sauvage et pour la pêche. (photos préparation sagou+peche en attente du retour de brice).Nous amorçons une bataille de pulpes de sagou et les korowais ne tardent pas a se prendre au jeu. Nous partageons un grand moment de joie et de fou rire, oui...quel bon moment, on ne peut même plus les arreter !!! Les enfants de 2 ans s'essaient au coupe coupe ou a la hâche , ...et une fille de 8 ans a notre réveil a 5h du matin, fume des bangs !!!!!!!!!!
Les sourires, l'envie de faire partager, les crises de fou-rires alimentent nos appetits. Nous avons dormi cette nuit dans une tree-house de 10m de haut, pas la meilleure nuit qui soit, avec l'ancien qui alimente son feu toute la nuit, le chien qui jape ou la mémé qui tousse et crache. Le plancher laissait apparaitre la végétation 10 mètres plus bas et la cabane bougeait a chaque deplacement.....mais ce fût une belle experience, et sans cafards ni moustiques pour une fois!!!!!
De temps en temps, de beaux chants aigus nous arrivent aux oreilles, puis nous découvrons des papous presque nus, arcs et fleches en bandoulière sortir de la jungle. C'est toujours un moment très fort, ou deux mondes, deux civilisations avec 4000 ans d'écart se rencontrent, se dévisagent !!! Nous déconvrons dans une tree-house une femme victime de la gangrène, rongée a une jambe et portant dans ses bras un bébé.Par l'intermédiaire du guide, j'explique a son mari que si sa femme ne va pas a l'hôpital, elle mourra....Mais ici, on ne va pas a l'hosto!!!!
Vivre et partager quelques instants avec ces hommes, femmes et enfants durant cette semaine fût une experience exceptionnelle.
Merci a vous, korowais, qui vivez dans un autre temps, toujours en harmonie avec la nature, et qui transmettez vos valeurs et votre savoir de générations en générations.
Dans un monde ou le superficiel grandit, ...nous avons rencontré de simples gens qui ont su nous faire apprecier leur style de vie grâce a une extrème générosité et gentillesse.
Lors du dernier jour, pour l'anecdote, nous avons acheté un cacatoes pour 4 euros a un gamin qui l'avait délogé de son nid.Tout heureux de lui redonner sa liberté, brice monte a 3m de haut pendant que je filme...... ....il lâche la bête.....qui plonge la tête la premiere dans l'herbe!!! Ils lui avaient coupé une aile....dégoutés, on leur revend l'oiseau ......chit !!! C'est notre guide qui a racheté la bête pour la ramener en ville, finir sa vie dans une cage.Bravo pour un guide!!!! Il a de plus, ramené un arc et des fleches que nous avons dû négocier a sa place......on peut se demander qui sont les touristes et qui est le guide!!!! Question faune justement, ..les oiseaux et insectes sont rois.



Aigles, perroquets, toucans, cacatoés, perruches peuplent la jungle et on a pu apercevoir jusqu'a 30 cacatoes voler ensemble. Les insectes sont énormes, difformes, multicolores et omniprésents.
Et vint ce fameux retour en bateau sur dekai.... A l'origine, une journée devait suffir..mais c'était sans compter sur l'habilité et la maitrise du boat man.....incroyable!!! Toute la journee, ses choix de navigation restent aléatoires, il manque de nous faire chavirer stupidement ou cale son moteur pour de multiples raisons.....parce qu'il a un joujou mais ne sait pas s'en servir!!! Bon...il finit par casser son lanceur...a 2 reprises !!! ......et c'est plus tard le carburateur qui lache!!! De nuit alors, armés d'une lampe de poche au milieu du fleuve, nous tentons d'apercevoir une cabane ou passer la nuit.Ce sera chose faite mais pas sans mal....le lendemain..le longboat avance mais manque de puissance....jusqu'a la panne de gasoil!! apres 2h de rames (bouts de bois) a contre courant, il faut se rendre a l'évidence, c'est peine perdue... le boatman part alors dans la jungle rallier un village et reviendra 4h30 après a bord d'un autre bateau et d'un bidon de gasoil. Notre bateau ne démarrant toujours pas , on se fait tracter par le second...qui tombe en panne a son tour, puis c'est l'un puis l'autre....une vingtaine de pannes plus tard , nous arrivons enfin.... nous revenons sur Dekai.... Ce dimanche , la messe se déroule dans notre chambre.........qui sert aussi de dortoir pour tribus de passage. les hommes se mettent ensuite a la couture et les femmes préparent a manger dans la cuisine située dans le poulailler et la porcherie.je déconne pas!!! Allez.... je decris une mamie a coté de moi...elle est vétue d'un twed (jupe écossaise style set de table des annees 60), d'un maillot de foot, d'un bonnet mi peruvien, mi jamaicain et de tongues a fleurs. Un homme aussi...porte une épingle a nourrice a l'oreille.... Bon....c'est un peu tout ça la papouasie....c'est déconcertant, envoutant, déroutant!!!! Il faut ainsi avoir une sacre pêche et une bonne dose de patience. la papousie...faut pas la subir!!!
Bon nous devons quitter Dekai pour rejoindre Wamena puis Jayapura....mais c'est pas simple!!! Dimanche, il n'y avait pas de vol pour Wamena. Lundi...un vol, mais jamais vu l'avion. Hier, nous attendons a l'aeroport de7h a 14h , mais l'avion promis ne viendra pas. Aujourd'hui 3 vols étaient prévus, puis 0, puis 1 ou 2, puis aucun!!! Un vol d'une autre compagnie a ete affrêté au dernier moment...on s'est mis sur le coup grâce a une connaissance du guide sans divulguer l'info....ça se passe comme ça ici!!!! Personne ne sait jamais rien , faut avoir des nerfs d'acier, même les pilotes ne sont pas informés!!! Des noms sont effacés des listes pour en ajouter d'autres via les backchiches, un avion qui vient mais qui ne vient plus, la météo changeante......et aucune organisation!!! Les papous sédentarisés ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts et font donc la queue au guichet de l'aéroport puis s'eclipsent une fois arrivés en face du fonctionnaire.... alors je leur demande s' ils prennent l'avion et me répondent que non, bon...et bien excusez moi mais vous devez quitter la queue!!!!! Dans les warums( petits restos), ils viennent, s'assoient, ne parlent pas, observent....mais ne commandent rien et.... soudainement, s'en vont sans raisons comme celles qui les ont amené là !!!! Surprenant aussi d'observer les papous a la tâche qui n'ont absolument aucune notion du travail pour la plupart. Pour simple exemple, rouler une brouette quasiment vide sur une planche est un calvaire et de ridicules trous ou cailloux sont un obstacle insurmontable.Incroyable....n'ayant connu que la jungle avant, ce monde est finallement nouveau pour eux. On peut aussi se ballader sur la piste pendant un décollage ou rentrer et sortir de l'aéroport comme au bon vouloir.... En papouasie, demain signifie peut être, demain ou dans 15 jours, ...ils n'ont aucune notion de temps , de distance et ne connaissent pas leur age.Durant ce séjour, a l'exception de wamena, nous avons dû nous passer de lits , salles de bain, chaises ou tables et.....de toilettes!!! Brice a dû mettre parfois beaucoup de temps aux " jungle toilet" car il devait soit se coltiner un papou sur sa route ou devait changer de coin après avoir été repéré.....!!!! Le fossé c'est pas mal, ...mais après des pluies diluviennes, ....tu cherches plûtot vers les bananiers!!! "jam karek" signifie....temps élastique !!! une expression qui n'existe pas dans notre language..... Pour conclure ce chapitre ....les cafards cohabitaient dans notre avion, un twin otter de retour a wamena, et lors de l'ouverture des soutes... un rat resistait a la capture des bagagistes....pieds nus. bon...on espere avoir un vol demain pour les moluques et Ambon.......


Nous partons demain faire un aller-retour sur Jayapura y réserver un vol pour Wamena et récupérer notre laisser passer indispensable(surat jalan) pour pouvoir continuer notre route. L'air est saturé en humidité, la température avoisine les 35°, autant dire que l'on est trempés du matin au soir et que la douche(casserole) n'y change rien. Bon...il est temps pour nous de nous rendre a Wamena....ce que nous effectuons avec un petit vol d'une heure et demi. A Wamena, comme dans le reste des villes de papua, les indonésiens rapportés de java et d'ailleurs dû a la politique de sédentarisation du gouvernement contribuent aux changements de mode de vie des papous. Ainsi la ville est a la croisée des civilisations....Pendant que des papous pantalons-baskets arborent fièrement un t.shirt troué de thierry henry ou ronaldo importé de jakarta, d'autres d'un autre temps, arrivant tout droit de la jungle munis de leurs coupe-coupe, se distinguent avec un très léger étui pénien!!!
Tout est contraste......les maisons bétonnées aux toits tolés cotoient les huttes paillées traditionnelles en campagne, alors qu'en ville, ...l'eglise flirte gentillement avec la mosquée.
En l'espace de 2 minutes, on peut tout aussi bien s'imaginer dans une bourgade quelconque d'indonésie, ou plonger tout droit dans le néolithique.
Ces 2 derniers jours, nous préparons tranquillement notre périple d'une quarantaine de jours dans la vallée de balliem et chez les korowais, et visitons aussi quelques villages Dani.Ces derniers ont mis un pied et demi dans notre civilisation , seuls les vieux papous perpetuent les traditions avec bien sur aujourd'hui, la notion de l'argent en plus.....Ils sont très amicaux et attachants et un tantinet plus timides que les indos.



Nous acquérons l'autorisation de territoire (surat jalan) sans aucun problème auprès de la police locale. le concours de massacre de moustiques dans la chambre avec Brice est en cours......mais d'ou sortent ils !!!! Nos sacs sont prêts mais nous avons dû nous séparer de quelques affaires, surtout vestimentaire pour alléger notre sac et nos épaules qui vont être contraintes a dure epreuve.Nous les laissons a Santani, elles nous épargnent aussi de payer une surtaxe a l'aéroport.
Afin de préparer nos treks du mieux possible, nous venons d'acheter sardines en boite, céréales, café, sucre, nouilles et 4 kg de riz, en plus du lyophilisé rapporté de france, qui s'avèrent indispensables mais rajoutent du poids a nos sacs. Nous prévoyons aussi duvet, couverture de survie, cape de pluie, médicaments, filtre a céramique, couverts et gamelles pour cuisiner, bâche de protection, , moustiquaire, ....et le strict minimum vestimentaire. Nous estimons donc commencer par un trek d'une dizaine de jours avec porteurs a travers la montagne dans les tribus yali, ethnies de chasseurs cueilleurs.




L 'excitation monte....on ne sait du tout ce qui nous attend...... Les transports sont les pires qu'il soit...jamais vu pires poubelles ailleurs !!!!!! Le tableau de bord est absent, mais en option, un bidon faisant office de réservoir tapit le plancher corrodé. La rouille, présente partout, traverse les tôles. Les sièges sont déchiquetés , toutes lumières et poignées restent aux abonnées absentes depuis bien longtemps. On peut clairement penser que ce sont des troisièmes generations....... Aujourd'hui, on s'est entassés a 17 dans une toyota break...ce sont de vraies bétailleres!!! Faut pas perdre de place alors Brice avait le levier de vitesse entre les jambes, et moi, j'ai fini le trajet a l'exterieur, ...maintenu a l'arrière comme je pouvais.


On est d'ailleurs tombés en panne d'essence.....sans jauge, c'est pas evident!!! Bon que je decrive un peu ses occupants... Devant moi, un jeune, casquette en arrière style rappeur avec T.shirt troue. Toujours devant, un rasta, dredlogs et bonnet jamaicain sur la tête. Légèrement sur la gauche, un type, torse nû , la quarantaine, une plume jaune sur le front attachée par une ficelle. Encore plus a gauche, une mère allétant son enfant de 3 ans tout en fumant une clope!!! Un autre type aussi, portant un maillot de foot passé de quelques années et aborant un collier de coquillage imposant au cou....... Et juste a cote de moi, un vieux...a poil, la peau frippée, portant son cache sexe....et un parapluie!!! A qui donner la prime de la distinction ?????? Puisque je parle vestimentaire......a noter que le made in china en europe est de bonne qualité....comparé a la merde qu'ils leur balancent ici.....mais oui les chinois peuvent faire encore plus merdique que merdique!!!!!
Nous partons ce matin en solitaire en vue d'y effectuer un trek de plusieurs jours .Nous essaieront de trouver des porteurs en arrivant dans le premier village, tomisa......


......Et a notre arrivée dans ce hameau, les papous se rassemblent autour de nous avec une curiosité a notre égard très inattendue.Quand nous avancons d'un pas, le cercle papou recule en poussant des hoooo...craintifs.Les enfants fuyent en pleurant retrouver les bras de leurs mères.
Apres de longues minutes avec le chef du village, nous tombons d'accord sur un prix pour dormir dans la chapelle, a même la paille...et les puces!!!


Le lendemain, 2 porteurs nous accompagnent...seulement 1h, car nous entrons dans la jungle et en territoire ennemi, ainsi ....les porteurs risquant leur vie, doivent nous laisser seuls, pas de cadeaux entre tribus!!!
Ils nous assurent cépendant que nous les blancs, ne risquons rien!!!
C'est donc comme cela que nous nous retrouvons seuls, sans porteurs, avec des sacs de plus de 20 kg sur les épaules dans le but de rallier le village de Pong.
L'enfer vert allait parler....
Pendant une dizaine de jours, nous effectuons une trentaine de km quotidiennement dans un univers terrible sans connaitre auparavant le relief puisqu'aucune carte ne mentionne la topographie du coin.
Ainsi, nous grimpons jusqu'a 3300m d'altitude dans une jungle éxuberante ou les arbres sont rongés et etouffés par les attaques incessantes de l'humidité, des plantes parasites, des lichens et des épaisses mousses.
Sans cesse nous montons et descendons des montagnes en gravitant des murs de pierres, en chevauchant troncs et racines.
Les seules zones plates sont des marécages ou la boue nous vient jusqu'au genoux.
Il faut ramper sous des arbres, marcher en équilibre sur des troncs surplombants des rivières ou la moindre erreur peut être fatale.
la mousse recouvre tout, troncs, pierres, racines , créeant un univers ultrat glissant et un sol en suspension ou parfois nous passons une jambe a travers.
bref, c'est un mélange de boue, de racines, de troncs, de pierres dans une jungle de montagne complètement hallucinante.
Pour le bivouac, nous essayons de trouver une zone a peu près plate .
Ensuite, nous débitons un jeune arbre en 4 pour réaliser l'ossature de notre campement a laquelle nous tendons une bâche au dessus.
Apres avoir attaché nos capes sur les cotés, nous couvrons le sol, de feuilles et d'une bâche, pour limiter la remontée de l'humidité.
Ensuite vient le moment de se faire un feu (parfois 1h pour l'allumer) et de se faire la popote pour le soir et le lendemain midi....riz sardines, pates et produits lyophilises.
Point de vue sommeil....on se contente de ce que l'on a....parfois les duvets sont trempés, et a 3000m, ca caille!!!
Nous attendons le 6 ème jour pour se laver dans une rivière, a proximité d'une grotte ou l'on crêche.C'est un grand moment de bonheur....on en profite aussi pour laver nos fringues puantes.
Bon...., le pire moment revient au matin lorsqu'on doit enfiler ses chaussettes et chaussures trempées, boueuses et froides.
Nous n'avons jamais trouvé le village de pong car apres 6 jours passés dans la jungle sans avoir croisé personne et sans savoir combien de temps il était encore nécessaire pour y parvenir, errintes, nous faisons le choix de rebrousser chemin de peur aussi de ne pas être sur la bonne piste.
Nous croisons plus tard pour la premiere fois une famille papou....tous surpris de se retrouver là...au milieu de rien.
Ils nous informent apres un bon serrage de main que le village de pong n'est pas très loin...mais ça veut dire quoi pas très loin??...
Je ne pense pas qu'il existe pire jungle que celle ci ailleurs....même a 3300m là ou les autres jungles laissent place aux roches ou petits arbustes, ici....la jungle est la même, exubérante, les arbres tombant sous les attaques climatiques et végétales.
Chaque pas, chaque appui, chaque prise nécessite un maximum de concentration dans un milieux ultra glissant avec des pluies très fréquentes.Nous ne comptons plus les chutes!!!
La moindre entorse ou piqure vénimeuse serait catastrophique a quelques jours de marche de wamena.
A Wamena justement, nous arrivons.....errintes!!!
Alors nous restons plusieurs jours pour désinfecter nos plaies, soigner les ampoules, surveiller les multitudes de coupures aux mains et jambes.Brice ressent aussi le besoin de reposer ses 2 genoux et moi....mon tendon d'achile droit qui m'a fait souffrir au moins pendant 30km hier.On aurait dit que l'on revenait de la guerre du vietnam hier.....on en rigole bien!!!!

Nous nous sommes jetés sur le coca (pas de bières ici) et on a mangé comme 4 hier soir!!!!! J'ai dû me rendre 2 fois a l'hôpital pour réaliser des soins afin de résorber mes 4 infections aux jambes.De bonnes egratinures a l'origine qui se sont infectées a cause de mouches venant s'agglutiner dessus. bon....l'hosto, ..c'est folklo !!!.....je raconte... Des taches et trainées de sang sur des murs attaqués par l'humidité Des compresses imbibées de sang sur un sol dégueulasse Un médecin pas très rigoureux qui asceptise les pansements une fois sur deux Des locaux qui rentrent et qui sortent des salles comme dans un moulin Des infirmières papous maladroites qui ne savent pas tenir des cotons au bout d'une pince. Il faut vraiment ouvrir grand les yeux pour s'assurer que les soins soient effectués dans les meilleurs conditions. Bon...on ne peut pas tout avoir....les soins et medocs sont gratuits!!!!
Afin de soigner mon talon d'achille.....je me suis rendu a la pharmacie et aie du montrer sur mon corps la différence entre un tendon et un muscle.Pour le pharmacien, tout était muscles!!! il ignorait l'existence des tendons et ligaments, et c'est la 2 ème boutique que je faisais!!!! Alors, en feuilletant son larousse des medocs, j'ai retrouvé le voltarène qu'il possédait de plus, en rayon... Tout sourire, le pharmacien m'a remercié plusieurs fois et m'a pris en photo avec lui!!!! dingue!!!!
Pendant ce temps, Brice revenait de la poste sans avoir pu poster son courrier....pénurie de timbres!!! Pas de timbres avant une semaine lui dit le postier avant de rajouter.....et il y a beaucoup de vols chez nous!!!


durant ces quelques jours, nous organisons notre trek en pays korowai..... Le premier guide que nous rencontrons, mr MARTINUS, se perd dans les chiffres et nous propose 15 jours pour 1 milliard de roupies, avant de retomber a 100 millions....petite erreur d'un zero....rien que ça!!!! .....et 10 mn apres, notre trek ne vaut plus que 37 millions.....impossible de faire confiance a un tel loulou.....j'imagine même pas dans la jungle!!!! Nous organisons finallement notre trek avec mr PELNIUS....encore un sacre coco!!!! Lors de notre deuxième pourparler, il finit par prendre une douche dans notre chambre et nous laisse son slip a sécher !!!
Je ne peux plus mettre mes chaussures...ce n'est pas une tendinite mais serait une ou plusieurs microfractures au talon d'achille, enfin je pense..... Je préfère cela car je peux marcher en botte sans problème. Nous arrivons a Dekai avec notre guide qui a essayé de nous faire payer sa surtaxe de poids a l'aéroport en s'eclipsant au bon moment.Mais raté, on ne lâche rien alors Pelnus une fois revenu, se met a bouder et finit par payer.A notre arrivée a Dekai, nous decouvrons notre piece de vie chez un pote du guide.Un lino pourri posé sur un plancher ou les cafards gravitent.Les murs sont à peine plus épais qu'une planche de balza.
Je vais d'ailleurs malencontreusement casser un pan de mur!!C'est le grand départ pour le trek, tout est prêt....sauf pelnus qui s'est assez logiquement fait tirer son portable (il ne savait de toute façon pas s'en servir).
Alors une armée de potes a motos se deploient pour faire justice eux même en vue de récupérer l'appareil.......qui ne sera pas retrouvé et nous perdons une journee.Pendant ce temps, pelnus dort.....quel pacha!!!! puis il boude !!!!
Le lendemain matin au départ.....
Bon, cher guide....explique nous, tu as prévu 5 porteurs pour 7 gros sacs.....comment comptes tu faire?? Alors il boude.....longtemps !!!!!!
Effectivement.....il y a un problème, ainsi nous récuperons 2 porteurs de plus qui sautent dans la benne du camion qui nous conduit au point de départ du trek .
Le camion fait un simple demi tour et stop....et vient le grand moment ou pelnus en seigneur pointe du doigt dans une direction et lance....dekai, ...c'est par là !!! On se met tous a rire, ..le pauvre , il a pas vu le demi tour du camion!!! Alors on comprend qu'il est pas né avec une boussole dans le cerveau.ça craint brice pour la jungle, non?? OUI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Après une heure de marche, pelnus nous demande si nous possédons des coupe-coupe....et bien non, c'est a toi de prévoir mon pote!!! Ainsi ni le guide ni les 7 porteurs n'en détiennent!!! on hallucine!!!!


Nous nous arrétons pour manger....pendant 3H, rien que ça !!!.......3/4 d'heure pour trier le riz !!!!! On reprend ensuite la marche pendant.....20 mn pour traverser une rivière, de l'eau jusqu'aux mollets seulement.....et installons le campement !!! Quelle organisation!!!! la tente fournie par le guide juste montée, ....le temps se dechaine et la pluie s'invite dans notre etroit foyer. une tente passoire!!!!! Alors que l'on avait preté a notre imbécile de guide, nos bâches, car il n'avait rien prevu...on lui reprend de furie!!!!! Ainsi , sous une pluie battante et dans l'obscurité, je coupe et débite de jeunes arbres et avec brice, nous étendons la bache dessus la tente.Le mal est fait, nous dormons dans des duvets trempés!!!! Pelnus, notre guide, est considéré par ses pairs de wamena comme un des meilleurs de la vallée....c'est dire le niveau!!! Pour brice et moi, c'est le pire guide que nous avons pû rencontrer parmi nos differents voyages....et de loin.Les critères papuas sont très différents du reste du monde!!! Alors qu'il a plu toute la nuit, nous redécouvrons la rivière.....qui s'est métamorphosée en fleuve!!! pas grave, on l'a passée hier soir mais.....cher guide, il y a t'il d'autres fleuves a traverser aujourd'hui ??? Oui, repond t'il en ricanant....deux a traverser et plus importants!!! Avec brice , on est montés en regime!!! ....bon alors, on fait quoi now, on laisse le fleuve monter derrière nous et on continue la marche pour rester bloquer entre deux fleuves...et combien de temps??? Alors, il boude...et quant il boude, tu peux toujours causer..., c'est peine perdue !!!!! Alors qu'il pleut sans discontinuer, sans son accord , nous prenons la décision de faire demi tour dans la minute, ....mais le fleuve est il traversable?? Discrètement, les porteurs approuvent notre décision, mais quelle inconscience du guide!!! Les porteurs, alors entament la traversée...de l'eau jusqu'au cou, les sacs sur la tête, accrochant fermement leurs pieds musclés sur les roches face au courant !!! mais comment font ils??? c'est vrai qu'ils ont des pieds larges et ecrasés avec les doigts de pieds tres écartés, ...mais quand même!!! Brice, devant moi, se retrouve a l'horizontal dans l'eau et ne pouvant plus faire face au courant, lâche la main de son porteur et finit a la nage....par chance, au bon endroit du courant....ouf!!! Notre tarlouze de guide, retire son petit pantalon pour ne pas le mouiller, le pose sur sa tête et se fait aider d'un porteur sur toute la traversée.....pffff !! Il se permet même de se faire masser par ses porteurs ou se faire porter son savon a la rivière de temps en temps.
L'apres midi, nous portons quelques affaires, un porteur étant victime de la malaria. Pour espérer voir les korowais...une dernière option s'offre a nous, chartériser un longboat...pour 12 millions de roupies!!! c'est chose faite, pendant ces 2 jours, nous remontons le fleuve cirek non sans mal.Nous passons la premiere nuit a binam sans oublier de passer a la police locale pour le fameux surat jalan .










.....et là, .... nous assistons a une scène surréaliste en arrivant a MABOUL le lendemain: Comme a l'accoutumée dans chaque village lorsque nous arrivons, les locaux curieux et en nombre, nous entourent....... Mais ce soir........ ..........une dispute eclate entre 2 familles korowai. Le mari, peut être fauché, se fait reprocher de ne pas avoir payé sa dote de 5 cochons, 2 millions de rupiah, un coupe coupe et des colliers de coquillages pour les parents de sa femme. vous suivez toujours?? La tension est palpable, des mots qui se durcissent....et ca tourne en pujilat!!! Des coups partent puis tout le village se disperse en courant dans tous les sens, certains en poussant des cris aigus...ah ou - ah ou - ah ou, .... ou ah eh - ou ah eh- ......et le village s'embrase!!!! les hommes s'arment en quelques secondes de leurs arcs , et les fleches fusent ...et nous, ...on nous tire par les bras en quatrieme vitesse pour se foutre a l'abri. Mais quelle scène hallucinante!!!


Ce matin....nous retrouvons une fleche plantée sur notre bungalow. Va t'on pouvoir partir ce matin, car nos nouveaux porteurs du village seront disponibles que si une entente est trouvée dans le village. oui......c'est ok !!! Nous arrivons dans l'apres midi chez une famille korowai qui niche dans un arbre a 10 mètres de haut après quelques heures de marche.





On y monte par de simples encoches taillées dans un tronc assez fin. Le plancher irrégulier de la tree-house laisse entrevoir la végétation 10 mètres plus bas. Des peaux de serpents, plumes, carapaces de tortues, nageoires de poissons ou ossements de cochons ou casoars ornent le plafond. 2 pièces séparent la cabane, celle des hommes et celles des femmes. Chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidité!!!






Les korowais sont au premier abord craintifs, communiquent ensuite en souriant et une fois rassurés, prennent plaisir a nous inviter dans leur demeure, et nous expliquer grâce a un second guide indonésien-papou, leur façon de vivre. Les femmes seins nus portent un pagne, tandis que les hommes se suffisent d'une feuille sur le penis...replié en 2 !!! aie!!! Nous partageons leur repas du soir.....vers de sagou, criquets, et des gros vers blancs(sagou) coincés entre 2 pâtes de sagou, genre sandwich!!!


Chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidité!!!


aujourd'hui, on les suit dans la jungle.....et on en prend plein les yeux!!!!




La journée commence par l'abattage d'un sagoutier a l'aide d'une hâche en pierre.Un serpent, marre d'être secoué, tombe soudainement du haut du palmier.Alors les femmes, , en poussant des cris, se jettent dans la boue pour retrouver la pauvre bête.A mains nus, elles finissent par cueillirent l'animal qui finira..... dans nos petits estomacs. Une fois le sagoutier tombé, les hommes choisissent le meilleur tronçon et les femmes broient ensuite la pulpe a l'aide d'un outil de leur invention.Cette phase est très physique et nécessite au moins 2H de temps. Ensuite, grâce a des techniques ancéstrales, ils fabriquent a l'aide de feuilles, tiges, et branches, un long bac incurvé , avec un filtre a son commencement.Ils mélangent ensuite la pulpe de sagou a l'eau, puis versent le contenu dans ce grand recipient.Le filtre ne laisse passer que l'eau blanchâtre qui finira par déposer une pâte blanche très compacte.....LE SAGOU !!
Les hommes fabriquent pendant ce temps des pièges ingénieux pour la chasse au casoar et cochon sauvage et pour la pêche. (photos préparation sagou+peche en attente du retour de brice).Nous amorçons une bataille de pulpes de sagou et les korowais ne tardent pas a se prendre au jeu. Nous partageons un grand moment de joie et de fou rire, oui...quel bon moment, on ne peut même plus les arreter !!! Les enfants de 2 ans s'essaient au coupe coupe ou a la hâche , ...et une fille de 8 ans a notre réveil a 5h du matin, fume des bangs !!!!!!!!!!

Les sourires, l'envie de faire partager, les crises de fou-rires alimentent nos appetits. Nous avons dormi cette nuit dans une tree-house de 10m de haut, pas la meilleure nuit qui soit, avec l'ancien qui alimente son feu toute la nuit, le chien qui jape ou la mémé qui tousse et crache. Le plancher laissait apparaitre la végétation 10 mètres plus bas et la cabane bougeait a chaque deplacement.....mais ce fût une belle experience, et sans cafards ni moustiques pour une fois!!!!!
De temps en temps, de beaux chants aigus nous arrivent aux oreilles, puis nous découvrons des papous presque nus, arcs et fleches en bandoulière sortir de la jungle. C'est toujours un moment très fort, ou deux mondes, deux civilisations avec 4000 ans d'écart se rencontrent, se dévisagent !!! Nous déconvrons dans une tree-house une femme victime de la gangrène, rongée a une jambe et portant dans ses bras un bébé.Par l'intermédiaire du guide, j'explique a son mari que si sa femme ne va pas a l'hôpital, elle mourra....Mais ici, on ne va pas a l'hosto!!!!
Vivre et partager quelques instants avec ces hommes, femmes et enfants durant cette semaine fût une experience exceptionnelle.
Merci a vous, korowais, qui vivez dans un autre temps, toujours en harmonie avec la nature, et qui transmettez vos valeurs et votre savoir de générations en générations.
Dans un monde ou le superficiel grandit, ...nous avons rencontré de simples gens qui ont su nous faire apprecier leur style de vie grâce a une extrème générosité et gentillesse.Lors du dernier jour, pour l'anecdote, nous avons acheté un cacatoes pour 4 euros a un gamin qui l'avait délogé de son nid.Tout heureux de lui redonner sa liberté, brice monte a 3m de haut pendant que je filme...... ....il lâche la bête.....qui plonge la tête la premiere dans l'herbe!!! Ils lui avaient coupé une aile....dégoutés, on leur revend l'oiseau ......chit !!! C'est notre guide qui a racheté la bête pour la ramener en ville, finir sa vie dans une cage.Bravo pour un guide!!!! Il a de plus, ramené un arc et des fleches que nous avons dû négocier a sa place......on peut se demander qui sont les touristes et qui est le guide!!!! Question faune justement, ..les oiseaux et insectes sont rois.




Aigles, perroquets, toucans, cacatoés, perruches peuplent la jungle et on a pu apercevoir jusqu'a 30 cacatoes voler ensemble. Les insectes sont énormes, difformes, multicolores et omniprésents.
Et vint ce fameux retour en bateau sur dekai.... A l'origine, une journée devait suffir..mais c'était sans compter sur l'habilité et la maitrise du boat man.....incroyable!!! Toute la journee, ses choix de navigation restent aléatoires, il manque de nous faire chavirer stupidement ou cale son moteur pour de multiples raisons.....parce qu'il a un joujou mais ne sait pas s'en servir!!! Bon...il finit par casser son lanceur...a 2 reprises !!! ......et c'est plus tard le carburateur qui lache!!! De nuit alors, armés d'une lampe de poche au milieu du fleuve, nous tentons d'apercevoir une cabane ou passer la nuit.Ce sera chose faite mais pas sans mal....le lendemain..le longboat avance mais manque de puissance....jusqu'a la panne de gasoil!! apres 2h de rames (bouts de bois) a contre courant, il faut se rendre a l'évidence, c'est peine perdue... le boatman part alors dans la jungle rallier un village et reviendra 4h30 après a bord d'un autre bateau et d'un bidon de gasoil. Notre bateau ne démarrant toujours pas , on se fait tracter par le second...qui tombe en panne a son tour, puis c'est l'un puis l'autre....une vingtaine de pannes plus tard , nous arrivons enfin.... nous revenons sur Dekai.... Ce dimanche , la messe se déroule dans notre chambre.........qui sert aussi de dortoir pour tribus de passage. les hommes se mettent ensuite a la couture et les femmes préparent a manger dans la cuisine située dans le poulailler et la porcherie.je déconne pas!!! Allez.... je decris une mamie a coté de moi...elle est vétue d'un twed (jupe écossaise style set de table des annees 60), d'un maillot de foot, d'un bonnet mi peruvien, mi jamaicain et de tongues a fleurs. Un homme aussi...porte une épingle a nourrice a l'oreille.... Bon....c'est un peu tout ça la papouasie....c'est déconcertant, envoutant, déroutant!!!! Il faut ainsi avoir une sacre pêche et une bonne dose de patience. la papousie...faut pas la subir!!!
Bon nous devons quitter Dekai pour rejoindre Wamena puis Jayapura....mais c'est pas simple!!! Dimanche, il n'y avait pas de vol pour Wamena. Lundi...un vol, mais jamais vu l'avion. Hier, nous attendons a l'aeroport de7h a 14h , mais l'avion promis ne viendra pas. Aujourd'hui 3 vols étaient prévus, puis 0, puis 1 ou 2, puis aucun!!! Un vol d'une autre compagnie a ete affrêté au dernier moment...on s'est mis sur le coup grâce a une connaissance du guide sans divulguer l'info....ça se passe comme ça ici!!!! Personne ne sait jamais rien , faut avoir des nerfs d'acier, même les pilotes ne sont pas informés!!! Des noms sont effacés des listes pour en ajouter d'autres via les backchiches, un avion qui vient mais qui ne vient plus, la météo changeante......et aucune organisation!!! Les papous sédentarisés ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts et font donc la queue au guichet de l'aéroport puis s'eclipsent une fois arrivés en face du fonctionnaire.... alors je leur demande s' ils prennent l'avion et me répondent que non, bon...et bien excusez moi mais vous devez quitter la queue!!!!! Dans les warums( petits restos), ils viennent, s'assoient, ne parlent pas, observent....mais ne commandent rien et.... soudainement, s'en vont sans raisons comme celles qui les ont amené là !!!! Surprenant aussi d'observer les papous a la tâche qui n'ont absolument aucune notion du travail pour la plupart. Pour simple exemple, rouler une brouette quasiment vide sur une planche est un calvaire et de ridicules trous ou cailloux sont un obstacle insurmontable.Incroyable....n'ayant connu que la jungle avant, ce monde est finallement nouveau pour eux. On peut aussi se ballader sur la piste pendant un décollage ou rentrer et sortir de l'aéroport comme au bon vouloir.... En papouasie, demain signifie peut être, demain ou dans 15 jours, ...ils n'ont aucune notion de temps , de distance et ne connaissent pas leur age.Durant ce séjour, a l'exception de wamena, nous avons dû nous passer de lits , salles de bain, chaises ou tables et.....de toilettes!!! Brice a dû mettre parfois beaucoup de temps aux " jungle toilet" car il devait soit se coltiner un papou sur sa route ou devait changer de coin après avoir été repéré.....!!!! Le fossé c'est pas mal, ...mais après des pluies diluviennes, ....tu cherches plûtot vers les bananiers!!! "jam karek" signifie....temps élastique !!! une expression qui n'existe pas dans notre language..... Pour conclure ce chapitre ....les cafards cohabitaient dans notre avion, un twin otter de retour a wamena, et lors de l'ouverture des soutes... un rat resistait a la capture des bagagistes....pieds nus. bon...on espere avoir un vol demain pour les moluques et Ambon.......


1ere partie :
Longtemps on en a rêvé. Longtemps on se l'est interdit. La Papouasie. Trop loin, trop cher, trop aventureux. Et puis un jour l'envie dépasse la peur sur la balance, et le coeur s'emballe si fort que plus rien ne sert à l'arrêter
On se fout alors soudainement du " Mais pourquoi pas la Thaïlande à la place ?" du docteur consulté avant. Celui-la même qui nous a prescrit une pharmacopée à traiter un pays entier. On se fout soudainement de la malaria, de la dengue, des hydrozoaires et de la multitude de parasites qui nous attendent forcément au rendez-vous dixit les éminents savants. On se fout de la distance, des moustiques, de la chaleur, de l'inconfort et même presque au passage des dangers de cette jungle si redoutable, l'une des plus intacte de notre planète, cet écosystème situé juste sous l'equateur qui bruisse d'une telle multitude d'animaux qu'elle en devient une musique, . Et par dessus tout on se fout de notre présumée incapacité à nous adapter à ce peuple, l'un des plus sauvages et coupés du monde qui soit. Comme nous présumions mal à ce sujet.
Car vous savez quoi ?
Cent fois, mille fois et même un trillion de fois, nous avons eu raison de partir à la rencontre de ces hommes.. Les êtres les plus chaleureux, solidaires et généreux que je n'ai jamais rencontré. Hommes, femmes et enfants ne semblent avoir qu'un seul objectif : vivre exclusivement tournés vers l'essentiel. Cet essentiel tient en peu de mots : Chaque jour bien manger, se protéger des dangers environnants, se respecter et se consoler mutuellement. Toujours et inlassablement. Célébrer la vie enfin à tout moment, au coeur de la jungle ou sur une pirogue avec chants, danses et musiques quotidiennes. Car ils l'ont bien compris, comme le disait un lointain blanc (Jean Giono) ; " La vie est un fruit et notre rôle est de le manger ". A nous pales occidentaux, oserai-je le dire ? Ce peuple a apprit le bonheur. Les pages qui vont suivre relatent mon expérience d'enseignante dans le village de Sapokrenk, île de Waigeo, notre découverte de l'archipel et de ses extraordinaires habitants, ainsi que la plongée de James mon mari, mon meilleur ami à la vie comme en voyage. Il comporte aussi un maximum d'infos pratiques, utiles je l'espere à d'autres qui un jour feraient eux aussi le grand saut...
Et puis entre les lignes, tout ce que je n'ai pas pu traduire avec mes mots blancs d'occidentale si impropres, toute l'affection et l'immense reconnaissance que je porte à ce peuple papou qui m'a accueilli comme l'une des leurs, jusqu'à me faire oublier ma couleur de peau.
Ce compte-rendu tout entier est dédié à Papa Olfam. Papa Olfam ne sait ni lire ni écrire. Il ne sait même pas son âge. Mais je sais que dans son village du bout du monde, quelqu'un lui lira mes lignes dans sa langue et ça me rend heureuse. En mémoire des animaux sauvages qu'il me fit découvrir dans la jungle en pleine nuit après les avoir cherché longtemps pour moi. Pour m'avoir fait découvrir son monde et tout fait pour que je m'y sente bien. Pour sa multitude de connaissances qui se foutent bien d'un livre ou d'un crayon. Pour cet inoubliable tour de pirogue impromptu, pour avoir sans cesse voulu me protéger et pour m'avoir traité comme la reine que je ne suis pas.
Papa Olfam m'a donné deux oiseaux de paradis sculptés de ses mains avant mon départ. Un pour que j'ai du plaisir à me souvenir, et un autre qui puisse me demander à l'avenir de revenir. Je tiendrais ma promesse à ton oiseau Papa Olfam, je reviendrai.
Longtemps on en a rêvé. Longtemps on se l'est interdit. La Papouasie. Trop loin, trop cher, trop aventureux. Et puis un jour l'envie dépasse la peur sur la balance, et le coeur s'emballe si fort que plus rien ne sert à l'arrêter
On se fout alors soudainement du " Mais pourquoi pas la Thaïlande à la place ?" du docteur consulté avant. Celui-la même qui nous a prescrit une pharmacopée à traiter un pays entier. On se fout soudainement de la malaria, de la dengue, des hydrozoaires et de la multitude de parasites qui nous attendent forcément au rendez-vous dixit les éminents savants. On se fout de la distance, des moustiques, de la chaleur, de l'inconfort et même presque au passage des dangers de cette jungle si redoutable, l'une des plus intacte de notre planète, cet écosystème situé juste sous l'equateur qui bruisse d'une telle multitude d'animaux qu'elle en devient une musique, . Et par dessus tout on se fout de notre présumée incapacité à nous adapter à ce peuple, l'un des plus sauvages et coupés du monde qui soit. Comme nous présumions mal à ce sujet.
Car vous savez quoi ?
Cent fois, mille fois et même un trillion de fois, nous avons eu raison de partir à la rencontre de ces hommes.. Les êtres les plus chaleureux, solidaires et généreux que je n'ai jamais rencontré. Hommes, femmes et enfants ne semblent avoir qu'un seul objectif : vivre exclusivement tournés vers l'essentiel. Cet essentiel tient en peu de mots : Chaque jour bien manger, se protéger des dangers environnants, se respecter et se consoler mutuellement. Toujours et inlassablement. Célébrer la vie enfin à tout moment, au coeur de la jungle ou sur une pirogue avec chants, danses et musiques quotidiennes. Car ils l'ont bien compris, comme le disait un lointain blanc (Jean Giono) ; " La vie est un fruit et notre rôle est de le manger ". A nous pales occidentaux, oserai-je le dire ? Ce peuple a apprit le bonheur. Les pages qui vont suivre relatent mon expérience d'enseignante dans le village de Sapokrenk, île de Waigeo, notre découverte de l'archipel et de ses extraordinaires habitants, ainsi que la plongée de James mon mari, mon meilleur ami à la vie comme en voyage. Il comporte aussi un maximum d'infos pratiques, utiles je l'espere à d'autres qui un jour feraient eux aussi le grand saut...
Et puis entre les lignes, tout ce que je n'ai pas pu traduire avec mes mots blancs d'occidentale si impropres, toute l'affection et l'immense reconnaissance que je porte à ce peuple papou qui m'a accueilli comme l'une des leurs, jusqu'à me faire oublier ma couleur de peau.
Ce compte-rendu tout entier est dédié à Papa Olfam. Papa Olfam ne sait ni lire ni écrire. Il ne sait même pas son âge. Mais je sais que dans son village du bout du monde, quelqu'un lui lira mes lignes dans sa langue et ça me rend heureuse. En mémoire des animaux sauvages qu'il me fit découvrir dans la jungle en pleine nuit après les avoir cherché longtemps pour moi. Pour m'avoir fait découvrir son monde et tout fait pour que je m'y sente bien. Pour sa multitude de connaissances qui se foutent bien d'un livre ou d'un crayon. Pour cet inoubliable tour de pirogue impromptu, pour avoir sans cesse voulu me protéger et pour m'avoir traité comme la reine que je ne suis pas.
Papa Olfam m'a donné deux oiseaux de paradis sculptés de ses mains avant mon départ. Un pour que j'ai du plaisir à me souvenir, et un autre qui puisse me demander à l'avenir de revenir. Je tiendrais ma promesse à ton oiseau Papa Olfam, je reviendrai.







